Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- S. E. I» N.'
- Bibliothèque
- BULLETIN
- DE
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- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
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- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE,
- REDIGE
- PAR LES SECRÉTAIRES DE LA SOCIÉTÉ ,|
- MM. COMBES ET PELIGOT ,
- MEMBRES DE ^ACADEMIE DES SCIENCES»
- SOIXANTIÈME ANNÉE.
- DEUXIÈME SÉRIE.—TOME VIII.
- La (Société a été reconnue comme établissement d’utilité publique par ordonnance royale
- du 3 R avril 3834.
- Parts,
- MADAME VEUVE BOUCHARD-HUZARD,
- IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ,
- RUE DE l’ÉPERON-SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS, 5.
- 1861
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- 60' ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. TOME VIII. — JANVIER 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Compte rendu, par M. E. Peligot, d’une délibération d’une commission spéciale, sur l’envoi du Bulletin, à prix réduit, aux associations industrielles.
- Dans la séance du 5 de ce mois, M. le Président a donné communication d’une lettre de M. Henriet, Président de la Société amicale de secours mutuels de Metz.
- Dans le but de développer l’instruction de ses membres participants, cette Société a fondé une bibliothèque qu’elle cherche à enrichir de publications propres à propager les connaissances industrielles dont chaque ouvrier a besoin dans la pratique de son état. A ce titre, le Bulletin a spécialement appelé son attention.
- M. Henriet demande qu’on lui indique le moyen de procurer à l’association dont il est président le recueil des travaux de notre Société.
- La Société d’encouragement s’est toujours empressée d’échanger ses publications avec celles qui intéressent l’industrie et l’agriculture ; elle se félicite aussi de compter au nombre de ses souscripteurs plusieurs sociétés avec lesquelles elle a établi des relations de confraternité.
- Elle porte un intérêt tout spécial aux associations qui, comme la Société amicale de secours mutuels de Metz, créent des bibliothèques à l’usage de leurs membres, et qui concourent aussi à la propagation des meilleurs procédés employés dans l’industrie.
- Le Conseil, mû par ses sentiments, a pris en considération la proposition
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- 4 arts mécaniques.
- qui lui a été faite de rechercher les conditions d’envoi du Bulletin aux sociétés et associations industrielles.
- La Commission spéciale, après en avoir délibéré,
- Considérant que la Société d’encouragement a pour mission de provoquer les découvertes et de propager les connaissances industrielles, et qu’il est d’un haut intérêt que ses publications soient mises à la portée de ceux qui peuvent en faire d’utiles applications,
- Propose :
- 1° De réduire à vingt-cinq francs le prix de l’abonnement au Bulletin pour les sociétés et associations qui sont dans les circonstances précitées ;
- 2° De les faire jouir, relativement aux années antérieures, du prix réduit pour les sociétaires, en se conformant aux arrêtés du Conseil d’administration;
- 3° De décider que toute demande de cette nature sera soumise aux Commissions des fonds et du Bulletin, qui en apprécieront l’opportunité.
- Signé E. Peligot, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 19 décembre 1860.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Tresca, au nom du comité des arts mécaniques, sur le modérateur a bras croisés de MM. Farcot et fils, ingénieurs-mécaniciens, à Saint-Ouen.
- Pour qu’une machine à vapeur fonctionne avec une vitesse constante, il faut nécessairement que le travail résistant soit constamment égal au travail moteur, tout au moins lorsque l’on considère dans son ensemble une révolution entière de l’arbre principal. Si le travail résistant augmente ou diminue, la machine tendra à ralentir ou à accélérer sa marche, et dans un grand nombre d’industries il importe d’éviter ces variations.
- On sait que dans les machines à vapeur le modérateur de Watt a généralement pour objet de maintenir, entre des limites fixées à l’avance, la vitesse de l’arbre moteur. Si cette vitesse vient accidentellement à augmenter, les bras du modérateur, en s’ouvrant, font tourner un papillon qui diminue l’orifice par lequel la vapeur se rend dans la boîte à tiroir, ce qui diminue la pression dans l’intérieur du cylindre et, par suite, le travail moteur. L’effet contraire se produit lorsque la vitesse vient à se ralentir.
- Mais cette propriété du modérateur ordinaire n’est réellement efficace que pour des variations très-faibles dans le travail, et cet organe important n’est
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- plus d’un emploi sûr lorsque les variations du travail résistant peuvent être considérables, comme, par exemple, lorsque la machine à vapeur fait fonctionner des laminoirs, dont la résistance est souvent décuplée au moment du laminage.
- MM. Farcot et fils se sont proposé de construire un modérateur à boules qui puisse cependant satisfaire aux exigences de ces grandes variations de travail, et nous nous proposons d’examiner les moyens par lesquels ils y sont parvenus.
- Le problème à résoudre, envisagé dans toute sa généralité, était celui-ci : maintenir la vitesse constante, quelles que soient les variations du travail dépensé.
- Supposons que cette vitesse de régime soit de 30 tours : si le travail dépensé vient à diminuer, la machine s’accélérera et le régulateur viendra fermer plus ou moins l’orifice d’admission, par cela seul que les boules se seront écartées au premier accroissement de vitesse. Mais, si cette fermeture de l’orifice est celle qui convient au nouveau régime de travail de la machine, il ne sera pas possible de maintenir à la fois l’ancienne vitesse et le nouveau travail, puisque ces deux éléments sont absolument liés entre eux, l’ouverture convenable de l’orifice ne correspondant qu’à une position déterminée des boules, et chacune des positions des boules correspondant à une vitesse différente. Pour que le nouveau régime de travail pût s’établir avec l’ancien régime de vitesse, il faudrait que les boules pussent indifféremment se maintenir à tous les degrés d’écartement possibles, tout en conservant leurs propriétés ordinaires au point de vue de l’ouverture et de la fermeture de l’orifice.
- Si un tel modérateur pouvait être construit, chaque augmentation de vitesse amènerait une fermeture de l’orifice, mais la vitesse convenable pourrait encore être maintenue avec cette fermeture.
- C’est ce but bien défini que l’on a déjà cherché à atteindre avec les modérateurs dits paraboliques, et que MM. Farcot ont vraiment atteint avec leur nouveau modérateur à bras et à bielles croisés, qu’ils ont soumis à la Société d’encouragement.
- Pour apprécier l’influence des différents éléments de la question, il nous faut nécessairement rappeler ( voir pl. 212, fig. 1 ) que si OC représente la tige du pendule, ou la distance entre le centre O de suspension et le centre C de la boule, si, de plus, on désigne la projection OA par H, la distance CA
- par L, et par Y la vitesse de la boule, on a V* = —.
- u
- Soit T le temps d’une révolution, c’est-à-dire d’un parcours de la boule
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- ARTS MÉCANIQUES.
- T 1"
- égal à ïttL, alors qu’en i" on sait que le parcours est V, on aura >
- d’où T = et en mettant pour V sa valeur, T= ]7 5..
- V 7f
- Cette formule suffit pour faire voir que la durée d’une révolution ne dépend, pour un lieu donné, que de la hauteur H ; et s’il était possible, par une disposition particulière, de rendre cette hauteur constante, le pendule réglerait, quelle que fût son ouverture.
- Or la courbe qui satisferait à cette condition est une parabole qu’il sera toujours facile de construire si l’on donne à priori la longueur OA = H.
- On sait, en effet, que, dans cette courbe, la sous-normale est égale au double du paramètre ou de la distance entre le sommet et le foyer de la courbe. Si,
- OA
- nous donnant le sommet S de la courbe ( fig. 2 ), nous prenons SF = ,
- nous aurons immédiatement en F le foyer, et la connaissance de ce point nous permettra de déterminer tous ceux de la courbe elle-même.
- Prenant ST = SF, nous mènerons la directrice DE; nous tracerons une ligne quelconque FP, du point F à la directrice ; par son milieu M nous élèverons la perpendiculaire MN, qui rencontrera en N la perpendiculaire élevée par le point P sur DE ; le point N sera un point de la parabole qui répond à la question, car il sera également distant du foyer F et de la directrice DE.
- On construirait de même autant de points que l’on voudrait de la courbe, et ils jouiraient tous de cette propriété que, si l’on trace une normale quelconque RV, et par le même point R la perpendiculaire RU à SF, on aura VU = 2FS = OA.
- C’est sur cette propriété qu’on a basé la construction des modérateurs paraboliques dans lesquels les boules, au moyen de galets convenablement placés, ne pouvaient jamais quitter la parabole NSR. Ces galets déterminaient des frottements inutiles qui ont fait abandonner ce système , et MM. Farcot réalisent aujourd’hui le même principe d’une manière approximative en remplaçant la parabole par un arc de cercle qui s’en rapproche, autant que possible, ce qui exige que le centre de ce cercle soit quelque part en X, au delà de l’axe de rotation. Ce centre de rotation de l’un des pendules étant ainsi déterminé, le centre de rotation de l’autre sera symétriquement placé en X', et les bras de ces deux pendules seront croisés, ainsi que l’indique la figure 4.
- MM. Farcot indiquent un autre tracé pour la courbe première ainsi qu’il suit : après avoir fixé la longueur SV = OA ( fig. 3 ), ils mènent les horizontales équidistantes 0,1, 2, 3, 4, etc., à partir du point S sommet de la courbe,
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- et après avoir fixé les points équidistants 0', 1', 2', 3', 4', à partir du point Y, ils décrivent les arcs de cercle 0-1, 1-2, 2-3, 3-4, etc., en prenant pour centres successifs des points 0', a3 b3 c, d, tels que chacun d’eux, le point b par exemple, satisfasse à cette double condition que, décrivant de ce point l’arc de cercle 2-3 et limitant cet arc à l’horizontale 3, le rayon 3b passe par la division 3' de l’échelle supérieure. MM. Farcot désignent cette courbe sous le nom de développante, par rapport à la courbe enveloppée O'abcd formée par les rayons successifs considérés comme tangentes, mais elle n’est, en réalité, que la parabole dont nous venons d’indiquer le tracé, et c’est cette parabole qu’ils remplacent par un arc de cercle qui s’écarte d’elle aussi peu que possible, dans les limites des déplacements que les boules de leur modérateur peuvent effectuer.
- L’emploi d’une articulation autour d’un centre ne peut réaliser le problème qu'approximativement : sa circonférence, ayant nécessairement un rayon moindre que le rayon de courbure de la parabole qu’elle renferme, aura une courbure plus prononcée ; ils la disposent de telle façon quelle fasse saillie au dehors de la parabole vers le milieu de l’arc utile, et qu’elle pénètre, au contraire, dans la courbe vers les extrémités de cet arc. Il résulte de cette circonstance que, pour les positions extrêmes, la hauteur H est trop petite, et que, par conséquent, le mouvement de rotation normal du pendule tendrait à s’accélérer ; mais une disposition particulière est prise pour parer à cette légère cause de perturbation.
- Le manchon sur lequel doit agir le système est, à la manière ordinaire, embrassé par la fourchette d’un levier, à l’autre extrémité duquel se trouve la tige qui agit sur l’admission de la vapeur. Cette tige porte, à son extrémité inférieure, un galet qui repose sur une pièce mobile équilibrée par un contrepoids dont la fonction est de régulariser l’action de l’appareil, en même temps qu’il sert à équilibrer le poids de la tige elle-même. Si la portion de levier sur laquelle repose le galet a reçu une courbure convenable, on pourra facilement faire en sorte que l’action de ce contre-poids soit moins énergique pour les positions extrêmes, et qu’ainsi la résistance opposée au fonctionnement du régulateur, étant plus grande, s’oppose plus efficacement à l’accélération que l’on pourrait craindre, par suite de la diminution de la hauteur H.
- Le contre-poids est d’ailleurs mobile sur son levier et permet de régler l’appareil de telle façon que les boules puissent occuper toutes les positions de leur parcours pour les différentes vitesses de régime que l’on cherche à obtenir.
- L’action des boules se transmet toujours au manchon par l’intermédiaire de deux bielles qui sont respectivement articulées sur les bras des boules ;
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- en croisant ces bielles et en les faisant agir sur des points d’attache éloignés de l’axe de rotation, autant que le sont les points d’articulation des pendules, on arrive à ce résultat que les actions du contre-poids et celles des boules restent toujours proportionnelles.
- Nous n’avons pas parlé, jusqu’ici, de l’influence propre du poids des tiges des boules au point de vue de la force centrifuge. Il convient cependant de remarquer que telle portion de ces tiges qui se trouvait à droite de l’axe, pour les positions les plus basses des boules, passe nécessairement à gauche pour les positions les plus élevées, et qu’ainsi leur poids, qui agissait d’abord en sens contraire de celui des boules, vient concourir, dans cette dernière position, avec le leur ; l’action de la force centrifuge serait donc prépondérante pour les positions supérieures des boules, et MM. Farcot compensent cette influence perturbatrice au moyen d’un ressort qui agit sur le manchon, et qui est d’autant plus comprimé que ce manchon est plus relevé. On voit avec quel soin toutes les influences nuisibles sont écartées dans le régulateur de MM. Farcot ; aussi fonctionne-t-il avec une admirable précision.
- Dans tout ce qui précède, nous avons supposé que le modérateur agissait sur une valve d’introduction; mais il est évident qu’il y a tout avantage à le faire fonctionner sur les organes de distribution dans les machines à détente variable, puisque, par ce moyen, on réduit, autant que possible, la consommation de vapeur, eu égard aux dimensions de la machine.
- MM. Farcot nous ont remis la liste de vingt-cinq établissements dans lesquels leur régulateur est maintenant installé ; ces usines sont particulièrement sujettes à des variations considérables de travail dépensé, et c’est dans ces conditons que l’appareil devait être jugé.
- Aucune des forges qui y sont indiquées n’étant à proximité de Paris, nous n’avons pu voir ce modérateur en fonction que dans une scierie ; voici dans quelles circonstances nous avons expérimenté :
- L’atelier des scies, chez MmeÉrard, à la Villette, est assez voisin de la chambre de la machine pour que l’on puisse noter l’instant précis du débrayage de plusieurs des outils.
- Un compteur à pointage étant placé de manière que la bielle même fasse fonctionner l’aiguille de pointage, on pouvait obtenir sur le cadran une trace des différents coups de piston pendant une minute entière, et c’est au milieu de cette minute à peu près que l’on faisait débrayer trois ou quatre scies ; le pointage continuait assez longtemps pour qu’on pût reconnaître si la vitesse s’était accélérée pendant quelques tours.
- Nous n’avons pu reconnaître, à plusieurs reprises, aucune différence dans
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- l’intervalle des points, marqués ainsi d’une manière automatique, alors cependant que l’aiguille indicatrice de la détente variait du cran 2.5 au cran 4 d’admission. La première indication correspondait à une introduction de 4 millimètres ou de y2oo seulement du volume du cylindre ; la deuxième à une admission de 40 millimètres.
- Dans ces conditions, la puissance de la machine a varié brusquement de 3 à 20 chevaux sans aucune variation de vitesse ; le problème est donc résolu de la manière la plus satisfaisante (1).
- Le régulateur de MM. Farcot est donc un appareil d’un emploi sûr, nous dirions presque indispensable, dans tous les cas où les variations de travail sont grandes. La Société rendra un véritable service en appelant sur cet appareil l’attention des chefs d’usine, auxquels elle croit pouvoir le recommander tout spécialement.
- Votre comité vous propose, Messieurs, de remercier ces habiles constructeurs de leur communication, en réservant vos éloges les plus mérités à M. Joseph Farcot fils, qui nous a été plus spécialement désigné comme ayant poursuivi tous les calculs et tous les essais nécessaires pour atteindre le but qu’il s’était proposé.
- L’insertion, au Bulletin, du présent rapport, avec une description et une figure, sera la conséquence obligée de cette première proposition.
- Signé Tresca, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 1er août 1860.
- Depuis la séance dans laquelle ce rapport a été approuvé, le rapporteur a eu occasion de voir, à Saint-Dizier, deux régulateurs du nouveau système, établis dans cette ville, l’un chez MM. Adam Drouot et comp., sur une machine de 80 chevaux, l’autre chez MM. Bonnor Malgras et comp., sur un appareil de 160, et dans ces deux forges on lui a formellement assuré qu’il n’y avait plus à s’occuper de la vitesse des machines depuis l’établissement du régulateur, dont les fonctions s’exécutent avec une précision telle qu'aucun accident ne s’est produit depuis lors. T.
- LÉGENDE DE LA PLANCHE 212 REPRÉSENTANT LE MODÉRATEUR A BRAS CROISÉS
- DE MM. FARCOT ET FILS.
- Fig. 1, 2, 3. Épures relatives au rapport précédent.
- Fig. 4. Vue du modérateur dans un plan perpendiculaire à l’axe du cylindre à vapeur.
- Fig. 5. Autre vue dans un plan vertical parallèle à ce même axe.
- (1) Les membres du comité des arts mécaniques ont été assez heureux pour visiter, à l’occasion de ces expériences, les ateliers de Mme Ërard dans tous leurs détails. Aucune visite ne saurait être plus instructive, soit au point de vue de l’organisation et de l’importance exceptionnelle des ateliers, soit au point de vue des moyens employés pour produire, avec précision et rapidité, les mille organes qui entrent dans la construction d’un piano ou d’une harpe.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Janvier 1861.
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- Les lettres des figures 4 et 5 n’ont aucun rapport de désignation avec celles des figures 1,2 et 3.
- A, A', boules du modérateur.
- B, B', bras croisés du modérateur.
- C, G', centres de rotation des boules.
- D, D', bielles croisées articulées à leur partie supérieure sur les bras B, B', et à leur partie inférieure sur le manchon mobile I; les choses sont disposées de telle sorte que les longueurs BC, B'C' soient respectivement égales à celles des bielles, et que, dans toutes les positions de l’appareil à force centrifuge, les verticales menées des centres C et C' passent constamment par les articulations inférieures des bielles correspondantes.
- E, F, G, H, engrenages d’angle transmettant le mouvement de la machine à l’axe autour duquel tournent les boules et, par conséquent, à l’appareil à boules lui-même.
- I', second manchon mobile, relié au manchon I par une communication établie à l’intérieur de l’axe vertical qui les traverse ; sa position règle l’admission de la vapeur.
- J, levier à bras inégaux, mobile en un point K et articulé d’une part à l’aide d’une fourchette sur le manchon F, et d’autre part sur l’extrémité supérieure de la tige L ; le petit bras est composé de deux parties pouvant rentrer l’une dans l’autre, de manière à permettre un allongement suffisant dans les cas d’inclinaison extrême du levier.
- M, bras fixé à l’une des colonnes de l’arcade en fonte qui surmonte le cylindre à vapeur et servant de support à l’axe de rotation du levier J.
- L, tige verticale agissant sur la distribution de la vapeur au moyen d’une vis sans fin engrenant avec une roue dentée N ; cette tige n’ayant qu’un mouvement oscillatoire vertical, la vis sans fin n’agit sur la roue que comme une crémaillère.
- N, roue dentée sur sa demi-circonférence et calée sur un axe mobile qui commande directement la distribution de la vapeur; un demi-cadran divisé, adapté sur le plat de cette roue, indique, au moyen d’une aiguille fixe placée au centre, l’amplitude des oscillations qui se produisent. Quand le machiniste met en marche, ii agit directement sur la vis sans fin en tournant avec la main le disque O, et partage à peu près l’oscillation en raison du travail.
- P, douille attachée par un bras à la boîte à vapeur et donnant passage à la vis sans fin de la tige L, qui rencontre la denture du disque N par une fenêtre convenablement ménagée; cette douille porte l’aiguille indicatrice du cadran.
- Q, contre-poids destiné à régulariser l’action de l’appareil et à équilibrer le poids de la tige L.
- R, levier mobile au point d’intersection de ses deux bras, dont l’un est rectiligne et l’autre courbé suivant une développante de cercle; le premier porte le contre-poids Q qu’on peut fixer en un point quelconque à l’aide d’une vis de pression, et le second réagit sur la tige L munie, à cet effet, d’un galet qui roule sur la courbe. Le bas de la tige ainsi que le levier R sont placés dans une cage ménagée sous le plancher de la chambre de la machine.
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- S ( fig. 1 ), ressort entourant l’axe de rotation du modérateur et dont l’extrémité supérieure est fixe, tandis que l’extrémité inférieure réagit sur le manchon I' pour compenser l’influence perturbatrice que pourrait produire l’accroissement de la force centrifuge dans les positions élevées des boules ; la tension de ce ressort croît donc à mesure que les boules s’élèvent.
- (M.)
- Rapport fait par M. Amédée-Durand , au nom du comité des arts mécaniques, sur une machine destinée aux opérations préparatoires de la photographie et nommée polisseur mécanique par son auteur, M. Richardin, rue Louis-le-Grand, 37.
- En construisant la petite machine qu’il a présentée à la Société, M. Richardin a eu en vue deux applications; l’une est le polissage des plaques daguer-riennes, et l’autre, devenue bien plus importante aujourd’hui, est le polissage des glaces servant à constituer les clichés négatifs auxquels on doit cette merveilleuse multiplicité d’épreuves sur papier, si justement en possession de l’admiration universelle.
- L’un et l’autre des buts que s’est proposés l’auteur, et surtout le second, a une importance capitale. En effet, dans le premier cas, la perfection de l’image daguerrienne dépend, pour toutes ses conditions de vigueur et de transparence d’ombres, ainsi que de netteté de contours, du poli qu’a reçu la plaque métallique. Dans le second cas, la glace qui sert de support à la substance impressionnée qui constitue l’épreuve négative remplira d’autant mieux le rôle neutre qui lui est dévolu , qu’un poli plus parfait l’aura douée d’une translucidité plus complète.
- Cette opération du polissage des plaques s’est faite primitivement, et se fait encore, en partie, à la main. Si de grands établissements ont appliqué à ce travail la force de la vapeur, il n’en est pas moins resté dans les ateliers privés une quantité assez importante d’opérations de polissage ayant pour objet d’effacer les épreuves non réussies, ou de raviver le poli des plaques restées trop longtemps sans emploi. C’est là qu’intervient très-convenablement l’appareil de M. Richardin pour remplacer le travail manuel, travail considérablement réduit, il est vrai, quant aux plaques daguerriennes, par la prépondérance décisive que les épreuves sur papier ont conquise sur les planches métalliques.
- Si une partie du but que s’était proposé M. Richardin lui échappe, il lui reste incontestablement l’avantage de mettre chaque artiste à même de faire
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- opérer sous ses yeux et économiquement ce dernier degré de poli qui permet à toutes les qualités d’une épreuve de se manifester sans aucune altération.
- Pour faire comprendre, par une simple description, le dispositif adopté par M. Richardin, il est utile de rappeler la manière dont s’effectue le travail à la main qu’il est destiné à remplacer, et qui est des plus simples.
- Une ou plusieurs plaques étant fixées sur un établi reçoivent l’action d’un frottoir dit rabot, assez semblable, pour l’organisation, à ceux employés dans les machines électriques. La plaque de cet outil, en contact avec la plaque de métal ou de verre, est le plus ordinairement en peau garnie d’une poudre dure amenée à son état de plus grande ténuité. Ce rabot, frotté à la main sur les plaques et dans des directions variées, produit le poli désiré.
- Dans le dispositif de M. Richardin, les plaques à polir sont placées verticalement et fixées comme sur des arbres de tour en l’air, qui leur permettent de recevoir successivement des positions angulaires variées à l’infini, reproduisant ainsi les changements de direction que la main imprimait au rabot.
- Si on se représente ces arbres de tour montés sur une plate-forme horizontale animée d’un mouvement rectiligne alternatif assez lent, et passant ainsi devant un ou plusieurs rabots animés d’un mouvement vertical alternatif très-précipité, on aura l’idée du fonctionnement de l’appareil.
- Quant aux éléments qui le composent, on aperçoit qu’ils peuvent être d’une grande simplicité ; aussi se réduisent-ils à une pédale que fait mouvoir l’ouvrier, et qui est le point de départ d’une transmission composée de deux poulies et de deux roues d’angle qui, suivant la vitesse dont ils sont animés, produisent, au moyen de deux bielles, les mouvements accélérés ou lents qui s’appliquent soit à l’action très-vive des frottoirs, soit à la translation lente des plaques.
- Relativement à cette translation des plaques qui, théoriquement, devrait avoir une vitesse uniforme, on peut remarquer que l’auteur, rassuré, sans doute, par les bons résultats obtenus de son appareil, s’est contenté de les demander à un mouvement de manivelle, constituant ainsi un agencement beaucoup plus simple qu’aucun de ceux connus, possédant la propriété d’une translation rectiligne avec uniformité de vitesse.
- Une circonstance, heureusement fort rare, attache un intérêt particulier à la présentation qu’a faite M. Richardin. Privé de l’ouïe et de la parole, cet inventeur a dû joindre à une volonté plus qu’ordinaire, pour mener son œuvre à bonne fin, la perspicacité qui devait le mettre en possession de principes mécaniques dont l’intelligence n’est pas sans difficulté pour ceux même qui ont reçu de la nature l’entière disposition de tous leurs sens.
- L’examen auquel s’est livré le comité des arts mécaniques de l’appareil
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- de M. Richardin l’a conduit à charger son rapporteur d’avoir l’honneur de soumettre au Conseil les propositions suivantes :
- 1° Remercier l’auteur de son intéressante communication;
- 2° Insérer le présent rapport au Bulletin, avec figure et description de l’appareil ;
- 3° Délivrer à l’auteur 200 exemplaires du présent rapport.
- Signé àmédée-Durand , rapporteur. Approuvé en séance, le 29 février 1860.
- DESCRIPTION DU POLISSEUR MÉCANIQUE DE M. RICHARDIN REPRÉSENTÉ PLANCHE 213.
- Fig. 1. Vue de profil de la machine.
- Fig. 2. Vue de face.
- Fig. 3. Vue en dessus.
- Fig. 4. Vue du porte-plaques.
- Fig. 5. Support du porte-plaques vu en bout.
- Fig. 6. Le même en section longitudinale.
- A, bâti en bois portant les différents organes de la machine.
- B, frottoir dit rabot contre lequel sont appliquées les plaques à polir ; il se compose d’une table rectangulaire en bois garnie, sur ses deux faces, d’étoupes recouvertes d’une peau solidement tendue et enduite de la poudre à polir.
- C, châssis portant le frottoir et maintenu verticalement entre les deux montants d’arrière du bâti au moyen de deux coulisses intérieures dans lesquelles il glisse suivant un mouvement rapide de va-et-vient.
- D, axe vertical tenant au châssis et sur lequel est monté le frottoir; il est rendu mobile de manière à permettre le retournement de ce frottoir et à faire servir à volonté l’une ou l’autre des deux surfaces garnies de peau.
- E, petit levier placé à l’extrémité supérieure de l’axe D et servant à opérer le retournement du frottoir; il se fixe à droite ou à gauche dans des crochets à ressort F attachés de chaque côté du châssis.
- G, lame de ressort curviligne fixée au châssis derrière l’axe D et destinée, par la pression qu’elle exerce sur. le petit levier E, à assurer l’immobilité du frottoir, quel que soit le sens dans lequel on le place.
- H, table ou plate-forme sur laquelle est adaptée une espèce de manche en bois I qui porte les plaques à polir; rendue mobile au moyen de deux lames fixées sur ses longs côtés et engagées dans des rainures correspondantes du bâti, elle accomplit un mouvement de va-et-vient horizontal suivant une ligne parallèle au plan du frottoir. Une ouverture rectangulaire J, ménagée suivant le grand axe de cette plate-forme, reçoit, au moyen d’une double patte, la pièce qui supporte le manche I et qu’on peut faire glisser en un point quelconque en desserrant l’écrou à oreilles qui sert à la maintenir en place.
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- I, manche en bois (fig. 4) terminé à l’une de ses extrémités par une tablette également en bois K, sur laquelle on dispose les plaques et les fixe au moyen de six doigts mobiles, munis de vis de pression et placés aux quatre angles et au milieu de cette tablette.
- L’appareil du porte-plaques se compose de trois parties ( fig. 5 et 6 ) :
- 1° D’un support L occupant toute la largeur de la plate-forme H, dans l’ouverture J de laquelle il peut glisser ;
- 2° D’une boîte cylindrique M pouvant glisser sur le support L et s’ouvrant à volonté pour recevoir le manche I garni de ses plaques; deux vis N, N pressant sur des lames de ressort intérieures au couvercle de cette boîte permettent de serrer à volonté le manche l, qui est en outre maintenu en place à l’aide d’un petit levier 0 ( fig. 4 ) qu’on renverse dans une quelconque des encoches du couvercle de la boîte ;
- 3° D’un cylindre P pouvant également glisser sur le support L et contenant un petit piston en bois Q ( fig. 5 ) continuellement chassé contre la boîte M par un ressort à boudin qui a pour but de presser contre le frottoir le manche I des plaques à polir ; la tension de ce ressort se règle au moyen d’une vis placée à l’extrémité du cylindre P.
- Lorsque la machine doit fonctionner, la boîte M et le cylindre P sont maintenus en place sur leur support L au moyen d’une lame élastique R fixée à ce support et munie d’un doigt d’arrêt qui butte contre le cylindre P; au contraire,si on arrête le polissage et qu’on veuille sortir les plaques, on appuie sur la lame R et le ressort à boudin se détendant, le cylindre P recule, et la boîte M n’étant plus dès lors en pression contre le frottoir, on peut l’ouvrir et sortir le manche I.
- Cela posé, voici quels sont les organes à l’aide desquels on parvient en même temps à communiquer un mouvement vertical alternatif au frottoir et un mouvement horizontal alternatif à la plate-forme.
- S, pédale motrice (fig. 1, 2 et 3).
- T, arbre moteur horizontal portant le volant principal et mis en mouvement par la pédale au moyen d’une manivelle et d’une tige à crochet faisant fonction de bielle.
- U, arbre vertical commandant le mouvement de la table H par une manivelle attachée à une tige en fer fixée sous cette table.
- U', petit arbre horizontal recevant le mouvement de l’arbre T par les roues d’angle 1 et 2 et le communiquant à l’arbre U au moyen des pignons et roues 3, 4, 5 et 6.
- Y, arbre moteur du frottoir muni d’un volant et d’une bielle W attachée derrière le bâti au châssis du frottoir.
- X, Y, poulies reliées par une courroie et transmettant le mouvement de l’arbre T à l’arbre Y et par conséquent au frottoir. ( M. )
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- Rapport fait par M. le vicomte Th. du Moncel, au nom du comité des arts économiques, sur le système de sonnerie télégraphique de M. Aubine, construit par M. Mouilleron, place Dauphine, à Paris.
- Messieurs, les sonneries électriques peuvent être construites de deux manières différentes, soit en employant un mécanisme d’horlogerie pour faire tous les frais du mouvement et alors l’électricité n’intervient que comme organe directeur du déclanchement de ce mécanisme, soit en faisant réagir le courant électrique lui-même pour produire un mouvement vibratoire par l’intermédiaire d’un rhéotôme à la fois disjoncteur ét conjoncteur, tel que celui vulgairement connu sous le nom de trembleur. Dans le premier cas, la force électrique nécessaire pour mettre l’appareil en mouvement peut être très-faible; dans le second, elle doit être nécessairement assez forte.
- Sur les lignes télégraphiques, la force dont on dispose étant toujours relativement très-faible, on s’est trouvé dans la nécessité d’employer les sonneries à mouvement d’horlogerie. Pourtant la simplicité des autres sonneries, leur bon marché et l’avantage qu’elles présentent de n’avoir jamais besoin de remontage devaient nécessairement faire rechercher les moyens de les substituer aux premières, et plusieurs inventeurs y sont parvenus, les uns, comme MM. Digney, en donnant aux appareils une très-grande sensibilité, les autres en ayant recours à un relais muni d’un rhéotôme conjoncteur ; enfin d’autres, comme M. Aubine, en prenant ce dernier moyen, mais en faisant en sorte que la sonnerie elle-même pût constituer son relais.
- Ce dernier système, qui a été soumis au jugement de votre comité des arts économiques, est excessivement simple ; il se compose d’une sonnerie trembleuse ordinaire, dont l’armature articulée porte une dent sur laquelle vient appuyer un levier articulé, sans cesse sollicité à s’abaisser par l’action d’un ressort. Ce levier articulé est placé entre deux ressorts dont l’un est en communication avec le fil de ligne, l’autre avec la pile locale de la station où se trouve la sonnerie. Enfin le levier lui-même communique avec celui des ressorts du trembleur qui appuie contre l’armature de l’électro-aimant dont le fil est d’ailleurs en rapport avec la terre.
- Quand le levier articulé est soutenu par la dent de l’armature de l’électro-aimant de la sonnerie, il touche le ressort supérieur, et par cela même la sonnerie est introduite dans la ligne. Sous l’influence du courant envoyé de
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- la station correspondante, l’armature se trouve attirée, et le levier articulé, en se dégageant de la dent qui le retenait, tombe sur le ressort inférieur. La sonnerie change alors de circuit, et, au lieu de rester interposée dans le circuit de ligne, elle se trouve introduite dans le circuit fermé de la pile locale dont le courant a, cette fois, l’énergie nécessaire pour la faire vibrer avec force.
- L’innovation dans cet appareil n’est donc simplement que l’addition d’un rhéotôme disjoncteur et conjoncteur, ou plutôt d’un rhéotôme permutateur à la sonnerie ordinaire. Pour mettre cet appareil en état de fonctionner, il suffit, après chaque appel, d’armer le levier articulé du rhéotôme, ce qui est facile à l’aide d’une pédale placée extérieurement sur la boîte renfermant l’appareil.
- Ce nouveau système de sonnerie a été habilement disposé par MM. Mouil-leron et Gaussin.
- Le comité des arts économiques vous propose, Messieurs, de vouloir bien décider,
- . 1° Que des remercîments seront adressés à M. Aubine pour son intéressante communication ;
- 2° Que le présent rapport soit inséré au Bulletin avec le dessin de l’appareil;
- 3° Que ^00 exemplaires du présent rapport soient adressés à M. Aubine.
- Signé Th. du Moncel, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 15 février 1860.
- DESCRIPTION DE LA SONNERIE DE M. AUBINE REPRÉSENTÉE PLANCHE 214.
- Fig. 1. Vue de l’appareil avec section verticale de la boîte qui le recouvre.
- A, timbre fixé sur la boîte.
- B, marteau dont le manche flexible traverse la boîte par une ouverture dont la forme oblongue est nécessaire aux oscillations.
- C, armature portant le manche du marteau et munie, à son extrémité inférieure, d’une lame élastique destinée à butter alternativement contre deux vis de contact entre lesquelles elle est placée.
- D, console supportant l’axe d’oscillation de l’armature.
- E, bobines de l’électro-aimant constituant le relais.
- F, petite came ou dent disposée en haut de l’armature C avec laquelle elle fait corps, et supportant le levier mobile G lorsque la sonnerie est au repos, ainsi que l’indique la figure.
- G, levier à deux bras, mobile autour de son point d’attache H et communiquant avec la lame de ressort I.
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- I, ressort appuyant constamment contre l’armature C.
- J, autre ressort appuyant sur le petit bras du levier G et tendant ainsi à faire'échapper la came ï1 qui supporte le grand bras.
- K, ressort supérieur communiquant au fil de ligne et avec lequel le levier est en contact lorsqu’il est en prise sur la came.
- K', ressort inférieur communiquant avec la pile locale de la station où se trouve la sonnerie.
- L, bouton où vient s’attacher le fil de ligne.
- M, autre bouton établissant la communication entre l’électro-aimant E et la terre. Le bouton où s’attache le fil de la pile locale en communication avec le ressort K' est placé derrière le bouton L, à l’autre angle du support de l’appareil.
- Les communications que nous avons indiquées sont représentées sur la figure par des lignes ponctuées.
- Les choses étant placées selon la figure, c’est-à-dire le levier étant en prise sur la came, position qui est celle du repos, si le courant vient de la ligne, l’armature C se trouvera attirée, et aussitôt le levier, abandonné par la came F, tombera en venant reposer sur le ressort inférieur K'; à ce moment on voit que la sonnerie se trouvera introduite dans le circuit de la pile locale, et dès lors l'armature C, attirée avec énergie, fera sonner le timbre jusqu’au moment où on relèvera le levier pour le remettre en prise sur la came.
- N, bouton à ressort placé extérieurement contre une des parois de la boîte et tou-
- chant une lame de ressort O fixée verticalement contre la paroi interne correspondante et en face de la queue du petit bras du levier G ; en pressant une seule fois sur ce bouton, on chasse la lame O contre la queue du levier, et celui-ci venant ressaisir la came, la sonnerie cesse aussitôt. ( M. )
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- Rapport fait par M. Gaultier de Claubry, au nom du comité des arts chimiques, sur LES PROCÉDÉS EMPLOYÉS PAR M. DE MlLLY POUR LA FABRICATION
- des acides gras employés à réclairage.
- La découverte des acides gras était venue ouvrir à la science une voie nouvelle ; mais, malgré leurs propriétés combustibles, ce n’est que nombre d’années après que Gay-Lussac et M. Chevreul prirent, pour cette application, un. brevet qui, malheureusement, entre leurs mains, ne produisit pas les résultats qu’ils étaient en droit d’en attendre. La science éclaire l’indus-Tome VIII. — 60e année. 2* série. — Janvier 1861. 3
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- trie, elle ne suffit pas seule pour la pratiquer : aussi ce n’est qu’après que Cambacérès eut inventé les mèches tressées, et MM. Motard et de Millg; substitué aux alcalis solubles la chaux dans la saponification et appliqué l'agitation des acides gras fondus jusqu’à leur prise en masse molle pour empêcher la cristallisation dans les moules, que l’industrie des bougies d’acides gras fut réellement fondée.
- La saponification par la chaux fournissait des produits supérieurs en qualité à ceux qu’on obtenait par le moyen de la potasse et de la soude, et les mèches pouvaient brûler sans pétillement ; elle procurait une grande économie, mais le sulfate de chaux provenant de la décomposition du savon retenait de fortes proportions des acides gras, et comme la quantité de chaux nécessaire pour l’opération, IL pour 100 environ, surpassait énormément celle que ces acides exigeraient pour former des savons neutres, 5,4 pour 100, la perte s’accroissait dans cette proportion, en même temps que celle d’acide destinée à saturer la base.
- Il restait donc beaucoup à faire pour perfectionner cette industrie.
- A l’époque où la France, en guerre avec l’Europe, manquait de presque toutes les matières premières dont elle se pourvoyait jusque-là au dehors, le manque absolu de soude avait fait rechercher tous les moyens de suppléer à son défaut. Les huiles traitées par l’acide sulfurique avaient fourni un produit qui, pour certains usages, avait pu remplacer le savon. Mais on était loin de pouvoir alors penser que cette action donnait précisément naissance aux acides gras qui, avec les bases, constituent les. savons.
- L’action de l’acide sulfurique bien dirigée devint plus tard un moyen de fabriquer les acides gras propres à l’éclairage.
- Gay-Lussac avait démontré qu’un courant de vapeur d’eau ou de gaz déterminait la vaporisation des corps gras amenés à l’état de fusion ; mais ce fait, curieux en lui-même, ne pouvait, en cet état, servir de base à un nouveau procédé de fabrication de ces corps.
- M. Dubrunfaut, en faisant traverser à la température de 200° le produit de l’action de l’acide sulfurique sur les graisses à celle de 100° par un courant très-considérable de vapeur, créa un nouveau mode d’obtention qui, entre les mains de MM. Masse et Tribouillet, fournit de si beaux résultats industriels.
- Ce procédé offre l’avantage important de donner naissance à des produits d’une qualité supérieure, même en opérant sur des matières premières si impures, que par la saponification alcaline il serait impossible d’.en tirer aucun parti utile.
- MM. de Milly et Motard avaient, dès l’époque de leur première fabrica-
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- tion, employé des vases clos pour la saponification par la chaux ; mais les conditions dans lesquelles ils s’étaient placés rendaient ce mode d’opérer sans importance et presque inapplicable : en le modifiant d’après des données nouvelles, M. de Milly l’a amené à l’état pratique le plus remarquable et le plus avantageux ; les détails dans lesquels nous allons entrer en feront comprendre toute la portée.
- James Hall nous paraît être le premier qui s’occupa de vérifier l’action d’une haute température exercée concurremment avec une haute pression sur des composés dont quelques-uns sont volatils.
- Cagniard-Latour, Faraday et postérieurement M. Berthelot, ont obtenu, par l’application de ce moyen, des résultats du plus haut intérêt que nous devons signaler.
- C’est dans ces conditions qu’il a été démontré que Veau seule, à une pression de \ ‘ atmosphères, peut transformer les corps gras en acides gras et en gly -cérine, comme le font la potasse et la soude, même à la température ordinaire, la chaux à celle de Vébullition.
- Ces deux faits expliquent le mode d’action sur lequel est fondé l’important procédé que M. de Milly a soumis à l’examen de la Société, et dont les recherches de M. Pelouse sur l’action exercée par l’eau de savon sur les matières grasses pour les convertir en acides gras et en glycérine rendent parfaitement compte.
- Dans une chaudière, où ils sont soumis à une pression de 8 atmosphères, on introduit de l’eau, les matières grasses et une proportion de chaux qui ne s’élève qu’à % pour 100 du poids de celle-ci, c’est-à-dire beaucoup moindre que celle qu’exige la saturation des acides gras ; la saponification est complète et s’opère chaque jour sur 6,900 kilogrammes de suif, en fournissant les résultats suivants :
- Économie de temps, de main-d’œuvre, de corps gras, de combustible, de chaux, d’acide sulfurique, et production facile et économique de glycérine dont les usages se multiplient continuellement.
- On comprend facilement que, par leur action simultanée, une pression moindre, une moindre proportion de base et la présence d’un savon déterminent les mêmes effets que des actions plus puissantes détermineraient séparément.
- M. de Milly n’est pas parvenu, d’un seul coup et sans avoir à surmonter de nombreuses difficultés, aux résultats que nous venons d’indiquer. Ce n’est, en effet, qu’à cette condition que l’on parvient à doter l’industrie de moyens nouveaux, alors même qu’il ne s’agit que d’appliquer les données
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- de la science ; par sa persévérance et son habileté, il a apporté à la remarquable fabrication des acides gras des perfectionnements qui semblent laisser aujourd’hui peu à désirer.
- C’est dans l’usine qu’il a établi sur la commune de la Chapelle-Saint-Denis qu’il exploite ce procédé, ainsi que celui de la distillation; les produits qu’il livre au commerce sont de nature à démontrer qu’ils n’ont pas à craindre de se trouver en concurrence.
- Les résultats importants dont nous venons d’entretenir le Conseil justifient suffisamment les propositions du comité qui consistent,
- 1° A remercier M. de Milly de sa communication ;
- A insérer le présent rapport au Bulletin avec figure de l’appareil.
- Signé Gaultier de Claubry, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 23 novembre 4859.
- LÉGENDE DE L’APPAREIL EMPLOYÉ PAR M. DE MILLY POUR LA FABRICATION DES ACIDES GRAS EMPLOYÉS A L’ÉCLAIRAGE. ( PLANCHE 214. )
- Fig. 2. Vue de l’appareil.
- A, chaudière en cuivre rouge.
- B, générateur de vapeur.
- C, soupape de sûreté de la chaudière A.
- D, robinet de manomètre.
- E, gaine fermée pour thermomètre.
- F, robinet à trois eaux, auquel aboutit un tuyau pour la vidange descendant jusqu’au bas de la chaudière A.
- G, tuyau d’amenée de la vapeur.
- H, robinet d’introduction de la vapeur auquel aboutit un tube descendant jusqu’au fond de la chaudière A.
- I, trou d’homme.
- J, cuve à suif.
- K, robinet de chargement.
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- RAPPORT DE LA SOUS-COMMISSION DES PROCÉDÉS DE PANIFICATION (1) A S. EXC. LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DU COMMERCE ET DES TRAVAUX PUBLICS,
- SUR LES PROCÉDÉS MÈGE-MOURIÈS.
- Les procédés spéciaux de mouture et de panification dont M. Mège-Mouriès est l’auteur ont leur point de départ dans des recherches théoriques, dont voici le résumé :
- Le grain de blé se compose de couches farineuses concentriques, dont la dureté va en croissant à mesure qu’elles s’éloignent du centre ; autour de ces couches farineuses s’étend la membrane embryonnaire qui contient une substance spéciale désignée par M. Mège-Mouriès sous le nom de céréaline; enfin le grain est recouvert par les enveloppes corticales qui constituent le son. Après les opérations de la mouture ordinaire, on obtient différents produits, dans lesquels se retrouvent ces diverses parties du grain, savoir :
- 1° La farine de blé, ou fleur de farine, qui contient à peu près exclusivement la partie centrale des couches farineuses ;
- 2° Les gruaux blancs, composés des couches farineuses supérieures, d’une légère portion des enveloppes corticales et de la membrane embryonnaire;
- 3° Les farines bises, dans lesquelles ces dernières matières sont mélangées à la farine en proportion beaucoup plus considérable;
- 4° Les remoulages, dans lesquels elles entrent en quantités prédominantes;
- 5° Enfin les sons.
- La farine servant à la fabrication du pain blanc vendu à Paris est formée de la réunion de la farine de blé et des gruaux blancs; elle est à peu près complètement exempte de son et de parcelles de la membrane embryonnaire.
- Cette membrane et la céréaline qu’elle contient ont fait l’objet des études spéciales de M. Mège-Mouriès, et les propriétés qu’il a découvertes dans ces substances constituent le point capital de ses recherches théoriques et pratiques. Sans entrer dans le détail des résultats scientifiques auxquels l’auteur est arrivé à la suite d’analyses contrôlées par l’Académie des sciences, il suffit de rappeler que M. Mège-Mouriès a observé que la membrane embryonnaire et la céréaline sont douées de propriétés Chi-
- li) Cette sous-commission était composée de,
- MM. Payen, membre de l’Institut;
- Colonel Favé, aide de camp de l’Empereur;
- L. Foubert, chef du bureau des subsistances au ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics;
- Salone, directeur de la boulangerie centrale de l’assistance publique ;
- Doisneau, ancien syndic de la boulangerie de Paris;
- J. Robert de Massy, rédacteur au ministère de l’agriculture et du commerce, secrétaire.
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- miques telles que, sous l’influence de la fermentation qui se produit dans le travail de la panification, elles décomposent les farines auxquelles elles se trouvent mélangées.
- Ces observations amenèrent M. Mège-Mouriès à donner une nouvelle explication de la différence que présente le pain bis, sous le rapport de la nuance et de la qualité, comparativement au pain blanc.
- On avait attribué, jusque-là, l’infériorité du pain bis à la présence du son dans les farines qui servent à le fabriquer.
- Suivant l’auteur, ces défectuosités sont dues uniquement à l’influence de la céréa-line et de la membrane embryonnaire, qui sont de véritables agents de décomposition. tandis que les parcelles de son contenues dans la farine conservent isolément la couleur qui leur est propre, mais n’altèrent pas l’ensemble des farines.
- D’un autre côté, M. Mège-Mouriès conclut de ses analyses que les farines inférieures contiennent des éléments précieux pour l’alimentation que ne renferment pas les farines blanches ; que, conséquemment, un pain fait avec ces farines devait posséder des qualités intrinsèques supérieures à celles du pain blanc ordinaire. Il s’est appliqué, dès lors, à trouver un procédé pratique qui permît d’obtenir avec ces farines un pain réunissant ces avantages, sans présenter la coloration et l’altération du pain bis. A la suite d’essais poursuivis dans ce but pendant plusieurs années, M. Mège-Mouriès soumit, en 1856, à l’Académie des sciences un mémoire ayant pour titre : Recherches chimiques sur le froment, sa farine et sa panification.
- Sur les conclusions qui lui furent adressées par une Commission spéciale composée de chimistes éminents (1), l’Académie des sciences donna une entière approbation aux travaux scientifiques de M. Mège-Mouriès, et témoigna, en outre, de l’intérêt et de la confiance que lui inspiraient les moyens d’application présentés par l’auteur, en ordonnant l’envoi du rapport de la Commission aux divers départements ministériels que la question intéressait ( séances des 12 janvier et 2 mars 1857 ).
- Dès le mois de février 1857, avant même de recevoir la communication officielle de l’Académie des sciences, M. le ministre de l’agriculture et du commerce prenait l’initiative de soumettre à l’appréciation de la Commission des procédés de panification, instituée près de son département, le nouveau système de M. Mège-Mouriès, et la chargeait d’étudier ses procédés sous le rapport de leur application à la boulangerie et de leur portée économique.
- Au moment où la Commission recevait cette communication et où elle instituait, pour faire cette étude, la sous-commission dont nous avons l’honneur de vous adresser le rapport, M. Mège-Mouriès annonçait qu’il avait acheté un établissement de boulangerie ( rue Descartes, 8 ) dans lequel il se proposait d’appliquer industriellement les procédés de panification qu’il avait jusque-là expérimentés sur une échelle assez restreinte, dans un four de son laboratoire.
- (1) Cette Commission était composée de MM. Chevreul, Dumas, Pelouse, Payen et Peligot.
- M. Chevreul en était rapporteur. (Voir, pour le rapport de cette Commission ainsi que pour les travaux de M. Mège-Mouriès, la 2e série du Bulletin, t. Y, p. 789, t. VI, p. 580, et t. Vil, p. 152.)
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- Au commencement de juin 1857, M. Mège-Mouriès obtint l’autorisation officielle d’exploiter dans cet établissement son nouveau mode de fabrication. Pendant les premiers mois de cette exploitation. M. Mège-Mouriès s’attacha à consulter le goût du consommateur et à recueillir les observations auxquelles le nouveau produit pouvait donner lieu. Le pain fabriqué dans la boulangerie de la rue Descartes comprenait, à cette époque, outre le pain rond, du pain fendu et des petits pains; c’était déjà un résultat important, car l’impossibilité d’obtenir du pain fendu avait été l’écueil devant lequel avaient échoué toutes les tentatives faites jusque-là dans le but d’introduire des farines basses dans la fabrication du pain de Paris. Tant que le pain livré par M. Mège-Mouriès fut vendu au prix de la taxe et sans désignation spéciale, il paraît qu’aucune réclamation ne se produisit; mais l’inventeur ayant abaissé le prix de 3 centimes par kilogramme, en annonçant qu’il vendait un produit fabriqué d’une manière particulière, des critiques s’élevèrent. On reprocha surtout au nouveau pain de présenter une saveur particulière différente de celle du pain ordinaire, de tremper imparfaitement et d’avoir une mie moins ouverte, plus compacte et plus friable que celle du pain de Paris.
- M. Mège-Mouriès s’appliqua à corriger les imperfections signalées et réclama quelque délai pour apporter à ses procédés les modifications jugées nécessaires pour se conformer au goût du public parisien, avant de soumettre sa fabrication au contrôle de la Commission.
- L’expérimentation officielle commença au mois d’août 1857; 30 quintaux de blé, de qualité moyenne, furent moulus à la boulangerie centrale de l’Assistance publique, dans les conditions indiquées par l’inventeur : tous les produits de la mouture furent obtenus d’un seul jet, et on ne soumit pas les gruaux aux remoutures usitées dans le travail ordinaire.
- La transformation en pain des farines provenant de l’essai de mouture eut lieu à la boulangerie de la rue Descartes vers le milieu du mois de septembre 1857, un délai de six semaines environ ayant été jugé nécessaire pour laisser reposer les farines, afin de les employer dans les conditions habituelles de la boulangerie.
- Dans l’intervalle, la Commission fit examiner par plusieurs de ses membres du pain de la fabrication courante de M. Mège-Mouriès. On trouva que ce pain était plat, peu développé, que la présence des farines bises s’y révélait, soit par une nuance grisâtre, soit par une odeur et une saveur particulières; enfin l’un des membres chargés de l’examen des produits déclara que le pain trempait mal; fait qui avait de la gravité, en raison de l’importance qu’attache au trempage la population de Paris, qui consomme une notable proportion de son pain sous forme de soupe.
- Les expériences directes de panification furent faites sous la surveillance des délégués de la Commission, les 24 et 25 septembre 1857, à la boulangerie de la rue Descartes. Le pain fut fabriqué avec les farines provenant de l’essai de mouture et représentant dans leur ensemble 84 pour 100 environ du poids du blé.
- La Commission compara les produits de cet essai avec le pain de la boulangerie de Paris. A cet effet, des pains furent pris au hasard dans les boulangeries ordinaires,
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- par les soins d’agents du ministère de l’agriculture et du commerce. Ces pains et des échantillons des pains Mège, marqués de numéros destinés à en dissimuler l’origine, furent soumis aux membres de la Commission. Quatre classements furent opérés au double point de vue de l’aspect extérieur et de la nuance intérieure. Dans les deux premiers, le pain Mège fut placé au dernier rang ; dans les deux autres, il soutint mieux la comparaison avec le pain de Paris : sur 11 pains comparés, 8 de la boulangerie ordinaire et 3 pains Mège, ces derniers obtinrent dans l’un des classements les n01 2, 3, 4; dans l’autre, les nos 2, 10 et 11.
- Dans toutes ces expertises, le pain Mège fut reconnu supérieur au pain de munition fabriqué avec de la farine dont le taux du blutage est le même, à peu de chose près.
- La Commission avait l’intention de donner plus d’extension aux essais de panification; mais, après les deux épreuves du 24 et du 25 septembre 1857, elle interrompit ses opérations, sur la demande de l’inventeur, qui réclama un nouveau délai pour améliorer et simplifier sa fabrication (1).
- Au commencement de décembre 1857, M. Mège annonça qu’il avait réalisé des perfectionnements consistant surtout à substituer le sel marin à la levûre pour le traitement des farines inférieures. Il croyait avoir remarqué que la levûre employée en quantités importantes, comme elle l’était précédemment dans son travail, donnait au pain la saveur dont on s’était plaint, et contribuait à rendre la fabrication moins régulière et plus difficile à diriger. L’emploi du sel permettait, en outre, de réunir chaque jour, en une seule opération, la préparation des gruaux bis qui, précédemment, donnaient lieu à des manipulations répétées autant de fois qu’il y avait de fournées à faire.
- Avant de renouveler les expériences rigoureuses de mouture et de panification ana-
- (1) Voici en quoi consistait, à cette époque, le procédé de M. Mège-Mouriès, dont la description ainsi que celle des méthodes adoptées ultérieurement se trouvent détaillées dans les procès-verbaux de la sous-commission, déposés au ministère de l’agriculture et du commerce.
- On employait à la panification la farine commerciale ordinaire, blutée à 70 pour 100 environ, et la proportion de gruaux bis nécessaire pour former, avec la farine à 70 pour 100, un ensemble de produits représentant 84 pour 100 du poids du blé. Les levains étaient faits séparément avec la farine ordinaire du commerce, d’après la méthode ordinaire. Les gruaux étaient soumis à un premier tamisage à sec, qui séparait la partie la plus blanche ; l’autre, plus grise et plus chargée de son, était soumise à un second tamisage par la voie humide. Les résidus de son provenant de ce tamisage étaient recueillis à part ; le liquide farineux était versé dans un vase où l’on introduisait une levûre spéciale, dite levûre Ladwig, adoptée alors par plusieurs boulangers. On ajoutait au mélange les gruaux provenant du tamisage à sec, et on laissait le tout fermenter pendant plusieurs heures ; le liquide ainsi préparé était employé à la place d’eau ordinaire pour le pétrissage des fournées ; la levûre avait pour effet d’empêcher l’action de la céréaline. La préparation qui vient d’être décrite exigeait beaucoup de soins, parce que la fermentation devait être maintenue dans des conditions de durée assez rigoureuses et qui variaient avec la saison et l’état atmosphérique. Le travail était, en outre, assez compliqué, et il le fallait renouveler pour chaque fournée ; enfin l'addition de la levûre avait l’inconvénient de donner au pain une saveur à laquelle le public de Paris n’est pas accoutumé.
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- logues à celles qu’elle avait déjà faites, la sous-commission suivit le travail de la boulangerie Descartes pendant plusieurs jours (du 8 au 12 décembre 1857 ); elle procéda, en outre, à de nouvelles comparaisons entre le pain de cette fabrication et le pain de la boulangerie ordinaire, en prenant toutes les précautions d’impartialité indiquées plus haut. Chaque comparaison porta sur 10 pains : 2 pains Mège, 2 pains de la boulangerie des hospices vendus sur les marchés, 6 de la boulangerie ordinaire.
- La moyenne des 6 classements opérés attribua au pain Mège le 5e rang pour l’aspect extérieur et le 6e rang pour la nuance intérieure. Le pain de la boulangerie des hospices se classa au-dessous du pain Mège, et n’obtint que le 8e rang pour l’apparence extérieure, de même que pour la nuance intérieure.
- Après ces constatations, la Commission reprit ses expériences de mouture et de panification ; des nécessités de service de la boulangerie centrale de l’Assistance publique n’ayant pas permis de recourir, comme précédemment, à cet établissement, les essais de mouture eurent lieu dans un moulin particulier appartenant au sieur Brichard et situé à Ivry, rue Nationale, 38; les opérations furent faites comparativement d’après le système ordinaire et d’après la méthode de M. Mège-Mouriès. Dans ce dernier travail, tous les produits furent obtenus d’un seul jet; dans l’autre, on fit la remouture des gruaux, conformément aux habitudes du commerce. Voici les résultats auxquels on arriva, de part et d’autre, pour 100 parties de blé :
- MOUTURE MÈGE. MOUTURE ORDINAIRE.
- Farines panifiables. Farines panifiables.
- Farine de blé. . . 52 ] Farine de blé . . 51 | 74
- Gruaux blancs... 25,5 } 83,5 Gruaux remoulus. . . . . 23 f
- Gruaux bis. . . . 6 1 Issues 24
- Issues Déchet 16 0,5 100,00 Déchet 2 100,00
- Les farines provenant de ces deux moutures furent employées, dans les proportions respectivement indiquées ci-dessus, à fabriquer des pains d’après le système ordinaire et d’après les procédés de M. Mège-Mouriès.
- Les opérations de panification faites sous la surveillance de la Commission eurent lieu à la Boulangerie commune du syndicat de Paris, du 21 février au 8 mars 1858.
- Le rendement de la farine en pain fut, dans le travail ordinaire, de 132,5 de pain pour 100 de farine, et dans le travail Mège de 131,5. La différence entre les deux systèmes, sous ce premier rapport, parut trop faible pour qu’il y eût lieu d’en tenir compte.
- Pour apprécier la qualité des produits, la Commission compara les pains des expériences entre eux et avec le pain de la boulangerie ordinaire. Les comparaisons portèrent chaque fois sur 10 pains :
- 2 du procédé Mège-Mouriès;
- Tome VIII. — 60e année. 2* série. — Janvier 1861. 4
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- m
- 2 des expériences comparatives de panification faites d’après la méthode ordinaire;
- 6 de la boulangerie ordinaire.
- La moyenne générale des classements attribua le 8e rang au pain Mège-Mouriès, au point de vue de l’aspect extérieur et de la nuance. Le pain fait au syndicat, d’après la méthode ordinaire, se classa, en moyenne, au 7e rang pour l’apparence, et au 6e pour la nuance. La Commission constata que, bien que ces classements ne fussent pas très-favorables au pain Mège, ce pain se rappMèhait beaucoup plus, sous le rapport de la blancheur et de la qualité, du pain ordinaire que lors des comparaisons faites en 1857 ; elle reconnut que le pain ne présentait plus aucune infériorité sous le rapport du trempage, mais elle fut d’avis que, malgré ces incontestables progrès, la fabrication Mège-Mouriès comportait encore certains inconvénients; il lui semblait, d’une part, que les opérations spéciales relatives au tamisage humide et à l’emploi des gruaux bis étaient trop compliquées pour être facilement pratiquées dans la boulangerie de Paris. D’un autre côté, M. Mège-Mouriès faisait usage, pour la préparation des levains, de farines de blé blutées à 50 pour 100, et qui ne sont pas habituellement vendues sous cette forme par le commerce. Il parut que la difficulté de se procurer des farines dans ces conditions pouvait encore être un obstacle à l’application industrielle de ce nouveau système (1).
- M. Mège tint compte de ces observations et annonça qu’il allait faire de nouveaux efforts pour lever les difficultés pratiques qui lui étaient signalées.
- Les laborieuses et persévérantes recherches poursuivies par M. Mège-Mouriès, dans le but d’atteindre ce résultat, motivèrent une interruption de deux années dans les travaux de la Commission, qui, sur la demande de l’inventeur, furent repris au mois de mai 1860.
- Pendant cet intervalle, il s’était produit, dans l’exploitation de la boulangerie de la rue Descartes, des faits sur lesquels l’attention de la Commission fut tout de suite appelée.
- D’abord la fabrication de cet établissement, qui ne comportait en 1858 que 5 sacs de farine par jour en moyenne, s’était élevée à 10 sacs. D’un autre côté, le pain livré
- (1) A cette époque, M. Mège-Mouriès avait déjà apporté à son procédé les modifications suivantes :
- Les levains étaient faits séparément avec de la farine blutée à 50 pour 100; les gruaux blancs représentaient 27 pour 100 environ du poids du blé; ils étaient introduits directement dans la pâte au moment du pétrissage des fournées ; les gruaux bis (6 pour 100 environ du poids du blé) étaient seuls soumis à un tamisage humide, destiné à séparer les sons de la farine ; l’effet de la cé-réaline était ensuite neutralisé par le sel marin que l’on introduisait dans l’eau farineuse provenant du tamisage; le sel marin n’avait plus, comme la levûre, l'inconvénient de produire une fermentation difficile à diriger; le travail était, en-outre, simplifié, car le tamisage, au lieu d’être répété pour chaque fournée, était fait en une seule fois pour toutes les opérations de la journée. On remplaçait d’ailleurs l’eau ordinaire par le liquide farineux chargé de sel pour le pétrissage des fournées.
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- à la consommation était vendu au prix de taxe du pain de première qualité, et la réduction de 3 centimes consentie précédemment avait été supprimée. M. Mège-Mouriès déclara que cette assimilation de son pain au pain de Paris, sous le rapport du prix de vente, au lieu d’être une cause de défaveur, avait eu pour effet, au contraire, de détruire les préventions dont le pain avait été l’objet de la part d’une certaine partie de la population.
- Enfin M. Mège-Mouriès, désirant s’assurer que le pain fabriqué par ses procédés était de nature à satisfaire certaines classes de consommateurs réputées plus difficiles que le public ordinaire, avait soumissionné la fourniture d’établissements publics, tels que l’École1 polytechnique, l’École normale, l’Institution des sourds-muets, les lycées Louis-le-Grand, Napoléon, Saint-Louis, etc. (1).
- Des certificats présentés par M. Mège-Mouriès constatent que ces établissements sont satisfaits de la fourniture du nouveau pain.
- Ainsi, au moment où la Commission a repris ses études, il était démontré, par l’expérimentation industrielle pratiquée dans la boulangerie de la rue Descartes, que les procédés de M. Mège-Mouriès comportaient une fabrication régulière et suivie analogue au travail de la boulangerie ordinaire, et que ses produits étaient facilement acceptés au prix de la taxe par la masse de la population, aussi bien que par certains consommateurs d’une nature spéciale. Ces résultats importants une fois acquis, il ne restait plus à la Commission qu’à apprécier, par des constatations directes, les conditions dans lesquelles la fabrication de M. Mège-Mouriès se maintenait, et à examiner si les farines inférieures y étaient employées dans les proportions indiquées par l’auteur.
- La Commission se transporta d’abord au moulin situé à Ivry, dans lequel les essais de 1858 avaient été faits, et dont M. Mège-Mouriès a pris l’exploitation depuis la fin de l’année 1859.
- C’est dans cet établissement qu’il fabrique, depuis cette époque, les farines nécessaires à la confection de son pain.
- La Commission reconnut que le travail accompli dans ce moulin était plus simple que celui de la meunerie ordinaire, en ce qu’au lieu de soumettre une notable portion des produits à une série de remoutures successives on ne repassait qu’ une seule fois sous la meule une faible portion des gruaux. La moyenne générale des produits de la mouture s’établit ainsi d’après les livres de commerce tenus dans cet établissement :
- (1) Les pains livrés à ces établissements se composent exclusivement de pains fendus de 750 grammes, vendus au poids et au cours de la taxe dans toutes les institutions, sauf à l’Ecole polytechnique, où M. Mège-Mouriès reçoit une plus-value de 1 pour 100 sur le prix de la taxe.
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- Farines panifiables.
- Farines analogues à la farine du commerce. 69,83 1
- Gruaux blancs............................ 7,82 J 82,05
- Gruaux bis............................... 4,40 )
- Sons divers........................................ 15,97
- Petit blé............................................... 67
- Perte et évaporation.................................. 1,41
- Total égal au poids du blé mis en mouture. . . 100,00
- Ces résultats ont été contrôlés indirectement par des appréciations commerciales, faites par des facteurs aux farines de la halle de Paris.
- Ces experts, auxquels des échantillons des produits de la mouture Mège-Mouriès ont été soumis sans qu’ils en connussent l’origine, ont trouvé que la farine blutée à 70 pour 100 était assimilable à la moyenne des farines premières employées dans la boulangerie de Paris. Le prix de ces farines étant alors de 43 fr. 63 c. le quintal, ils ont établi une différence de 13 fr. environ par quintal métrique entre ces farines et les gruaux blancs, et un écart de 12 fr. entre ces mêmes gruaux et les gruaux bis.
- La Commission, après avoir examiné les produits de la mouture, s’est rendu compte du travail de la panification dans la boulangerie de la rue Descartes. Pendant plusieurs jours, deux de ses membres ont suivi dans tous leurs détails les opérations de l’établissement.
- Il est résulté des constatations faites par ces membres que la méthode actuelle de M. Mège-Mouriès ne présente plus, avec le travail ordinaire, que deux différences consistant dans une modification du pétrissage des fournées et dans un tamisage par la voie humide des gruaux bis introduits dans la panification. Ce tamisage a, du reste, été simplifié par suite de modifications que l’on a fait subir à l’appareil dans lequel il est effectué, et l’opération est terminée plus rapidement que précédemment. L’un des inconvénients signalés en 1858 se trouve ainsi notablement diminué. Le sel ajouté précédemment dans l’eau du tamisage ayant été supprimé,! le liquide, une fois recueilli, ne reçoit plus aucune préparation. Enfin, les levains, au lieu d’être faits comme précédemment avec la farine de fleur ( à 50 pour 100 de blutage ), sont préparés avec de la farine ordinaire du commerce, et la seconde^des principales objections faites précédemment contre l’application du procédé se trouve aujourd’hui complètement détruite (1).
- (1) Il paraît inutile d’insister ici sur les détails du procédé actuelfde M. Mège-Mouriès, qui sont indiqués avec beaucoup de développement dans l’instruction pratique annexée au présent rapport. Il importe seulement de faire remarquer que cette nouvelle méthode repose sur un principe différent de celui qui servait de base aux premiers procédés de l’auteur. Au lieu de combattre l’effet de la céréaline à l’aide de substances étrangères, telles que l’acide tartrique, le glucose, la levûre ou le sel marin, qu’il a successivement employés dans ce but, M. jMège-Mouriès empêche maintenant la céréaline d’altérer la farine en arrêtant son action avant qu’elle ait eu le temps de se produire.
- Pour obtenir ce résultat, il n’introduit les farines basses (gruaux blancs et gruaux bis tamisés) qu’au moment du pétrissage des fournées. Ces matières ne restent pas plus d’une heure au contact de la farine avant le moment de la cuisson, et cet intervalle est trop court pour que la décomposi-ion de la farine puisse avoir lieu.
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- Pour ce qui concerne la proportion des farines employées à la panification, il a été reconnu qu elles se composaient moyennement ainsi :
- Farine blanche ordinaire blutée à.......... 70 p. 100.
- Gruaux blancs................................... 7
- Gruaux bis..................................... 5
- Total pour 100 de blé.................. 82
- Ces trois produits représentent 82 pour 100 du poids du blé; le tamisage humide sépare environ 20 pour 100 du poids des gruaux soumis à l’opération; cette dernière proportion, indiquée par M. Mège-Mouriès, a été vérifiée par des expériences directes faites par la Commission. Les 5 parties de gruaux bis se réduisent donc à 4, et l’ensemble des matières qui concourent réellement à la fabrication du pain, dans le système Mège-Mouriès, représente environ 81 pour 100 du poids du blé. Les résidus du tamisage rejetés de la panification peuvent d’ailleurs être utilisés pour la nourriture des animaux.
- Après avoir contrôlé l’ensemble delà fabrication de M. Mège-Mouriès, la Commission a dû se rendre compte de nouveau de la qualité relative des produits au moyen de comparaisons directes, faites avec le pain ordinaire et avec le pain vendu sur les marchés par l’administration municipale.
- Ces comparaisons ont été faites par la Commission elle-même et par des experts pris parmi d’anciens syndics de la boulangerie de Paris retirés des affaires.
- Elles ont porté sur les pains de la fabrication courante de la rue Descartes, achetés dans cet établissement, et sur des pains achetés chez des boulangers de Paris, ainsi que sur des pains fabriqués à la boulangerie Mège, pendant les jours où ses opérations ont été soumises au contrôle de la Commission. Dans toutes ces comparaisons, les pains étaient marqués de numéros qui en dissimulaient l’origine aux personnes chargées du classement.
- Yoici le résultat de ces diverses comparaisons :
- 1° Comparaisons faites par la Commission : sur 14 pains comparés chaque fois, (3 pains Mège, 2 de la boulangerie des hospices, 9 de la boulangerie ordinaire), le pain Mège a obtenu les nos 2, 4, 6 pour l’aspect extérieur, les nos 8, 10, 12, et 11, 12, 13 sous le rapport de la nuance intérieure. Le pain de la boulangerie des hospices a été classé pour l’aspect extérieur 13 et 14, et pour la nuance 7, 14, 8 et 14.
- 2° Comparaisons faites par les experts entre le pain de la fabrication courante de la boulangerie Mège, le pain de la boulangerie ordinaire et le pain des hospices vendu sur les marchés :
- Sur 6 pains comparés chaque fois ( 1 Mège-Mouriès, 1 des hospices, 4 de la boulangerie ordinaire), le pain Mège a obtenu en moyenne, dans 20 classements opérés par les experts, le n° 3 sous le rapport de l’aspect extérieur, et le n° 4 sous le rapport de la nuance.
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- Dans toutes ces comparaisons, le pain des hospices a été constamment classé après le pain Mège.
- Les experts ont constaté en outre que le pain Mège trempait aussi bien que le pain ordinaire, et cette expérience paraît être la plus concluante.
- Il faut ajouter qu’il n’y a été trouvé aucune infériorité sous le rapport du goût.
- 3° Comparaisons faites par les experts entre le pain Mège fabriqué sous la surveillance de la Commission et le pain ordinaire :
- 7 pains comparés chaque fois : 1 pain Mège, 1 pain de la boulangerie des hospices et 5 pains de la boulangerie ordinaire ;
- 4 classements ont été faits d’après l’aspect extérieur et autant d’après la nuance ; le pain Mège a obtenu, pour l’aspect extérieur, les nos 6,2 et 6,5, moyenne 4 1/2 ; pour la nuance, les nos 5,5 et 4,4, moyenne 4 1/2.
- De l’ensemble de toutes ces comparaisons il résulte que le pain Mège peut être considéré comme égal, sous le rapport de la fabrication, à la moyenne du pain de lre qualité, et qu’il s’est classé, sous le rapport de la nuance, un peu au-dessous seulement de cette moyenne ; mais il a été constamment supérieur au pain de la boulangerie des hospices, fabriqué avec de la farine dont le taux de blutage est moins élevé que le sien.
- Ces appréciations ont démontré qu’aux yeux même des praticiens les plus exercés le pain de la fabrication Mège-Mouriès ne présente qu’une très-faible différence avec le pain de Paris sous le rapport de la nuance, et qu’il trempe aussi bien que celui-ci. La Commission, considérant, d’un autre côté, que ce pain se vend journellement au prix de la taxe, en quantité importante, aux consommateurs parisiens, a été conduite à penser que ce pain pouvait être regardé comme commercialement égal au pain de lre qualité de Paris.
- Elle ne doute pas, d’ailleurs, que les perfectionnements que l’on doit attendre encore d’une application plus étendue du procédé aient pour résultat d’améliorer encore la qualité des produits fabriqués avec les mêmes farines.
- La Commission s’est préoccupée, en outre, de déterminer l’économie que l’application des procédés Mège-Mouriès permet de réaliser.
- Cette économie résulte principalement de la substitution, dans la confection du pain, d’une certaine portion de farines inférieures à des farines de prix supérieur. Ainsi, pour obtenir une même quantité de pain, M. Mège-Mouriès, au lieu de 100 kilogrammes de farine ordinaire à 70 pour 100 de blutage, emploie 85 de farine à 70 pour 100, 9 de gruaux blancs et 6 de gruaux bis. L’économie due à l’emploi des 15 parties de gruaux blancs et bis dépend nécessairement de l’écart entre la valeur commerciale des farines et celle des gruaux ; cet écart n’est pas constant ; il s’accroît généralement dans le temps de cherté et diminue aux époques de bas prix 5 de telle sorte que les avantages économiques du procédé devront être d’autant plus importants que la cherté se fera plus vivement sentir.
- Les estimations des produits de la mouture Mège-Mouriès faites, comme il a été dit
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- plus haut, par des facteurs aux farines de la halle de Paris, avaient attribué un prix de 43 fr. 63 c. par quintal à la farine à 70 pour 100, de 30 fr. aux gruaux blancs et de 18 fr. aux gruaux bis. L’économie résultant de l’emploi des procédés Mège-Mouriès se déduit de la comparaison ci-après, d’après ces bases de calcul.
- Système Mège-Mouriès. Système ordinaire.
- Farines à 70 p. 100. 85 k. 37 fr. 08 Farines ordinaires à 70 p. 100 100 k. 43 fr. 63
- Gruaux blancs. ... 9 2 70
- Gruaux bis........ 6 1 08
- 100 40 86 ci........................ 40 86
- Différence par 100 kilogrammes de farine employés.......... 2 77
- Pour un prix de farine ordinaire de 43 fr. 63 c. le quintal, ou de 68 fr. 50 c. le sac, l’économie ressort donc à 2 fr. 77 c. par 100 kil. de farine employés (4 fr. 35 c. par sac ), ou 2 centimes par kilog. de pain. D’après les calculs faits par M. Mège-Mouriès et contrôlés par la Commission, l’économie ressort à 3 fr. seulement par sac de farine, ou à 1 centime et demi par kilog. de pain, lorsque le cours de la farine ordinaire s’abaisse à 50 fr. le sac. L’économie dépasse 7 fr. par sac, ou 3 centimes et demi par kilog. de pain, quand le prix de la farine s’élève à 110 fr. le sac.
- Les chiffres de 50 fr. et 110 fr. indiqués dans ces diverses hypothèses comme prix du sac de farine, représentant les termes extrêmes des variations que subissent les cours des temps d’abondance aux époques de cherté, on peut dire que l’économie résultant de l’application des procédés Mège-Mouriès est comprise entre un minimum de 1 centime et demi et un maximum de 3 centimes et demi par kilog. de pain ; elle s’accroît en outre d’une manière constante des bénéfices réalisés par la simplification du travail de la mouture, et des produits de la vente des résidus du tamisage des gruaux. Ces deux derniers éléments d’économie sont évalués, en moyenne, par M. Mège-Mouriès, à 95 centimes par sac de farine élaborée ( 0 fr. 75 c. pour l’économie de mouture, et 0 fr. 20 c. pour les produits du son humide).
- Ces diverses économies dans le prix de revient du pain, qui, du reste, se trouvent atténuées dans une certaine mesure par un léger accroissement des frais de main-d’œuvre, ne sont pas, dans la pensée de la Commission, le principal avantage que présente le système Mège-Mouriès.
- Le résultat le plus important du procédé consiste à appliquer à la fabrication du pain des farines inférieures, aujourd’hui réservées, dans le plus grand nombre des localités. à la nourriture des animaux. Ainsi, actuellement, les boulangers de Paris n’emploient guère que des farines représentant 70 pour 100 du poids du blé, et dans les villes il paraît y avoir tendance à augmenter également la blancheur du pain, en diminuant le taux du blutage de la farine. Grâce à l’application des procédés de M. Mège-Mouriès, le goût des consommateurs pour le pain blanc serait satisfait avec
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- une extraction d’issues beaucoup moindre, car 100 parties de blé donneraient 80 parties au moins de farines panifiables au lieu de 70; ce qui revient à dire que, pour fournir une même quantité d’un pain d’une nuance et d’une quantité égales, à une population déterminée, il faudrait, avec le système Mège-Mouriès, 100 kilog. de blé au lieu de 114, ou 87 au lieu de 100.
- La mise en pratique du procédé, si elle se généralisait, aurait donc pour effet d’apporter une économie d’un huitième dans la quantité totale du blé employé pendant une année à la fabrication du pain blanc, économie qui correspond à une consommation de quarante-cinq jours; il est facile d’apercevoir les conséquences que produirait un fait semblable sur la richesse alimentaire du pays.
- D’après ces considérations, la Commission pense qu’il est à désirer, dans un intérêt public, que les procédés de M. Mège-Mouriès puissent se propager à Paris et dans le reste de la France ; mais elle ne se dissimule pas que cette propagation devra rencontrer des difficultés et des obstacles très-sérieux.
- Le système Mège-Mouriès, s’appliquant à la mouture des grains et à la fabrication du pain, ne pourra entrer dans la pratique industrielle qu’à la condition que les deux industries y prêteront leur concours.
- Or la Commission considère que, en dehors de tout esprit de parti et de tout sentiment d’opposition systématique, des motifs très-légitimes d’intérêt personnel peuvent éloigner la meunerie et la boulangerie de l’adoption des nouveaux procédés.
- Depuis vingt-cinq ou trente ans, l’industrie meunière a fait de grands efforts pour obtenir du blé la plus grande proportion de farine blanche.
- Le système Mège-Mouriès, en donnant les moyens d’employer les farines inférieures à la confection du pain blanc, enlève aux procédés perfectionnés de la meunerie une partie de leur intérêt, et fait perdre à ces industriels le fruit des sacrifices qu’ils ont faits pour réaliser ces progrès.
- Une industrie ne saurait renoncer ainsi volontairement aux bénéfices d’une situation chèrement acquise, sans y être excitée par la perspective d’une large compensation, et les procédés Mège-Mouriès n’offrent pour avantage, au point de vue de la meunerie, qu’une assez faible économie résultant des simplifications apportées dans le travail.
- D’un autre côté, l’organisation actuelle de la boulangerie rend les industriels qui exercent cette profession très-peu intéressés et souvent contraires à un changement quelconque dans leur fabrication ;car, s’ils parvenaient, à l’aide de nouveaux procédés, à diminuer leurs dépenses, ils seraient exposés à voir réduire d’autant l’allocation réglementaire qui leur est attribuée par la taxe. Ils n'ont donc aucun profit à espérer de perfectionnements qui ont toujours l’inconvénient pour eux de leur faire perdre en partie les avantages de l’expérience que leur a donnée la pratique de leur profession difficile.
- En dehors de ces obstacles généraux qui s’opposent à l’adoption de toute nouvelle méthode dans la boulangerie, il existe certains inconvénients inhérents au procédé
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- Mège-Mouriès, et qui résultent de l’achat de trois farines au lieu d’une, et d’une certaine complication introduite dans le travail de la panification (1).
- D’après les considérations qui précèdent, la Commission n’hésite pas à penser que l'on ne saurait compter sur l’initiative du commerce de la meunerie et de la boulangerie pour l’application industrielle des procédés Mège-Mouriès.
- D’un autre côté, contraindre les boulangers à pratiquer le nouveau système n’a pas paru un seul instant admissible.
- Dans cette situation, voici à quoi la Commission s’est arrêtée :
- L’inventeur a déclaré qu’il consentait à abandonner complètement au Gouvernement sa découverte, dans la confiance que, si les résultats répondaient aux espérances qu’il est en droit de concevoir, l’administration le dédommagerait des déboursés que l’élaboration de ses procédés a nécessités.
- Il appartient donc au Gouvernement de seconder et d’encourager, par tous les moyens en son pouvoir, la propagation des nouveaux procédés.
- (1) Un des membres de la Commission, qu'une longue pratique de la boulangerie a rendu très-compétent pour toutes les questions techniques qui se rattachent à cette profession, a présenté les observations suivantes sur la complication introduite par la méthode Mège Mouriès dans les opérations de la panification, et sur les frais supplémentaires qui peuvent en résulter.
- Il lui semble difficile que les diverses opérations relatives au tamisage des gruaux bis puissent être accomplies sans augmentation de nombre par les ouvriers qui composent les brigades de la boulangerie. Il fait remarquer, en outre, que, dans la fabrication Mège-Mouriès, les opérations relatives au pétrissage des fournées sont doublées, et, bien que les quantités à pétrir soient diminuées de moitié chaque fois, il n’en est pas moins nécessaire d’employer deux hommes pour exécuter le travail qui se fait aujourd'hui par un seul ouvrier.
- De ces diverses considérations il conclut que l’application du système Mège-Mouriès nécessitera l’emploi d’un ouvrier supplémentaire, chargé tout à la fois de tamiser les gruaux et de pétrir une partie de la pâte des fournées.
- Dans la pensée du même membre, un des hommes employés à la confection du pain, d’après la méthode Mège-Mouriès, devrait être investi d'une certaine autorité sur les autres ouvriers, afin d'assurer aux opérations la régularité nécessaire et de prévenir les défectuosités que le travail pourrait présenter, si les détails de la fabrication, et notamment la préparation et l’emploi des gruaux, n’étaient pas rigoureusement surveillés.
- Cette opinion est fondée sur des observations directement faites sur le travail de la boulangerie de la rue Deseartes, et qui ont permis de constater des inégalités assez frappantes dans les produits de cet établissement, inconvénient qu’une meilleure marche ferait disparaître.
- Sous la réserve des observations qui précèdent, la Commission pense avec M. Mège-Mouriès que, dans les villes où le goût public est moins délicat qu’à Paris, où la population ne s’attache pas autant à la finesse et à la blancheur des produits, on pourrait s’affranchir d’une partie des difficultés qui viennent d’être signalées, en supprimant toutes les opérations du tamisage et en introduisant directement les gruaux bis dans la pâte au moment du pétrissage des fournées, comme cela a déjà lieu pour les gruaux blancs. Dans les villes dont il s'agit, l’inventeur affirme qu’il ne serait pas nécessaire de diminuer sensiblement la proportion des gruaux bis. A Paris, au contraire, si l’on voulait supprimer le tamisage, on devrait retrancher à peu près complètement les gruaux bis, et n’introduire que les gruaux blancs. On arriverait encore à un emploi de farines pa-nifiables d’environ 77 à 78 pour 100 de blutage, parce qu'on pourrait augmenter un peu l’extraction des gruaux blancs.
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- Parmi ces moyens, la Commission croit devoir signaler les suivants :
- En premier lieu, la ville de Paris semble la mieux placée pour prendre l’initiative de l’application des nouveaux procédés ; c’est à Paris que le procédé a été expérimenté, et tous les efforts de l’inventeur ont eu pour but de satisfaire au goût des consommateurs de cette ville. De plus, la réunion de la meunerie à la boulangerie, dans un établissement appartenant à l’administration des hospices, offre à la ville de Paris des facilités d’application qui ne se rencontreraient sans doute dans aucune autre ville et dont elle semble devoir profiter.
- La Commission pense donc qu’il conviendrait d’inviter la ville de Paris à appliquer dans la boulangerie des hospices le système Mège-Mouriès avec la coopération de l’inventeur.
- Si les résultats présentaient les avantages que la Commission a lieu d’attendre de cette application, les bénéfices provenant de l’emploi du nouveau système devraient être abandonnés, pendant un certain temps, par la ville de Paris, de manière à couvrir les sacrifices pécuniaires faits par les intéressés.
- En second lieu, aussitôt que l’application des procédés Mège-Mouriès aurait commencé à la boulangerie des hospices, il serait donné, à tous les boulangers de Paris, connaissance de cette fabrication. Dans ce but on pourrait leur adresser des exemplaires de l’instruction pratique que la Commission a fait préparer et qui se trouve annexée au présent rapport. Ces industriels seraient d’ailleurs invités à venir étudier la pratique du procédé à la boulangerie des hospices, et l’administration municipale leur faciliterait l’apprentissage des procédés dans l’établissement.
- L’instruction pratique dont il vient d’être parlé serait également adressée aux municipalités et aux boulangers des principales villes de France.
- Pour encourager la propagation du système, en faisant appel à l’intérêt même des boulangers, les administrations municipales de Paris et des autres villes devraient réserver, pendant un certain temps, par un engagement formel, la jouissance entière des bénéfices de cette fabrication aux boulangers qui en feraient l’application, et régler, en conséquence, à l’égard des boulangers, les calculs de la taxe officielle.
- Pendant ce temps même, la population profitera déjà de l’excédant de rendement du blé en farine et de la diminution qui en résultera dans le prix du pain.
- La Commission croit que les mesures qu’elle indique auront une assez grande efficacité, et elle est portée à penser que, si les boulangers n’étaient pas disposés à changer immédiatement leur mode de fabrication, cette transformation pourrait se trouver accélérée lorsqu’il surviendrait une année de cherté, par suite de l’accroissement de bénéfices que les nouveaux procédés permettraient de réaliser dans ces circonstances : or ce serait aussi à une semblable époque que le développement du système servirait le mieux l’intérêt général, par l’économie qu’il apporterait dans les quantités de blé employées à la consommation.
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- CONCLUSIONS.
- Le pain blanc vendu actuellement à Paris se fait avec de la farine blutée à 70 pour 100 environ.
- M. Mège-Mouriès fabrique un pain de même qualité avec une farine blutée à 80 pour 100 au moins.
- Il y a lieu, dans un intérêt public, d’encourager la propagation des procédés à l’aide desquels l’inventeur obtient ce résultat.
- A cet effet, la Commission exprime à titre de vœux les résolutions suivantes :
- Engager la ville de Paris à appliquer industriellement le système Mège-Mouriès dans la boulangerie centrale de l’Assistance publique, avec le concours de l’inventeur. Les bénéfices de cette application seraient employés, pendant un certain temps, à couvrir les déboursés faits pour l’élaboration du procédé ;
- Donner à tous les boulangers de Paris et des autres villes de l’Empire connaissance des procédés Mège-Mouriès, et les inviter à en faire l’application ;
- Informer, en outre, ces industriels de l’application des procédés faite à la Boulangerie des hospices de Paris, et leur faciliter l’apprentissage de la nouvelle fabrication dans cet établissement;
- Inviter les administrations municipales de Paris et des autres villes à prendre l’engagement de conserver, pendant un certain temps, aux boulangers qui feraient l’emploi des procédés, la totalité des bénéfices résultant de cette application, et à régler, en conséquence, le calcul de la taxe réglementaire.
- La Commission joint au présent rapport l’instruction pratique ci-dessus mentionnée.
- Paris, le 5 septembre 1860.
- Le président de la Commission,
- Payen.
- Colonel Favé , rapporteur,
- L. Foubert,
- Doisneau ,
- Salone;
- J. Robert de Massy, secrétaire.
- INSTRUCTION PRATIQUE POUR L’APPLICATION DES PROCÉDÉS MÈGE-MOURIÊS.
- Mouture.
- Il n’y a rienli changer à l’installation des moulins actuels, ni aucune modification à apporter à la disposition des meules, des appareils de nettoyage ou des bluteries. Le travail de la mouture est seulement simplifié :
- Ainsi, lorsque le grain a été broyé sous la meule et que les bluteries ont séparé les
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- PANIFICATION.
- différentes parties de la boulange, le meunier n’a plus à reprendre qu’une portion des gruaux blancs et les fait repasser une seule fois sous la meule. Tous les autres produits sont obtenus d’un seul jet, et il n’y a plus à y retoucher.
- On réunit, après la mouture, de la manière ci-après indiquée, les différents produits, dont voici moyennement les proportions relatives :
- Farine de première qualité, savoir : ^
- Farine de fleur ou farine de blé.... 80 p. 100
- Gruaux blancs.......................... 7
- Gruaux bis............................. 8
- Total des produits panifiables.......... 82 p. 100.
- Sons ( gros et petits )........................... . 16.5
- Déchet........................................... 1.5
- Poids égal à celui du blé mis en mouture. . . . 100.0
- Parmi ces produits, les farines premières à 70 pour 100 de blutage ( farine de fleur et premiers gruaux repassés ), les gruaux blancs et les gruaux bis doivent entrer dans la panification, et sont vendus à la boulangerie; mais il est nécessaire de maintenir ces produits séparés, parce qu’ils doivent être employés d’une manière distincte pour la fabrication du pain.
- La meunerie n’aura d’ailleurs à vendre, en dehors des produits destinés à la boulangerie, que les 16.5 de sons, gros et petits.
- Panification.
- Pour faire le pain blanc, on prend la farine de première qualité ( à 70 pour 100 ), les gruaux blancs et les gruaux bis; on met de côté les sons divers, gros et petits.
- Il est essentiel de laisser, comme cela se pratique, du reste, dans la boulangerie ordinaire, reposer la farine et les gruaux pendant un mois au moins après la mouture ; cette précaution est particulièrement indispensable pour les gruaux blancs et bis.
- Pour rendre plus facilement saisissables les explications relatives au travail de la panification, on suppose une boulangerie dans laquelle on fait huit fournées de pain et où l’on cuit cinq saCs de farine par jour ou 785 kilog. Les farines employées à la fabrication du pain, d’après le nouveau procédé, devront se composer ainsi :
- Farine lre ordinaire, blutée à 70 pour 100 environ, un peu moins
- de quatre sacs et demi, soit.......................... 670 kilog.
- Gruaux blancs.............................................. 70
- Gruaux bis.................................................. 45
- 785 kilog.
- Ces trois produits sont employés séparément de la manière suivante :
- Le levain chef, le 1er, le 2e levain et le levain de tous points sont faits exclusive-
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- PANIFICATION.
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- ment avec de la farine lre à 70 pour 100. Le pétrissage a lieu dans les conditions ordinaires.
- Les gruaux blancs sont introduits en nature dans le travail, au moment du pétrissage de chaque fournée.
- Les gruaux bis sont soumis à un tamisage par la voie humide, qui a pour but de séparer le son de la farine, et dont voici la description :
- A une heure de l’après-midi en été, à onze heures et demie du malin en hiver, on verse 90 litres d’eau dans un vase en fer-blanc d’une contenance de 300 litres environ. Sur cette eau on étend régulièrement et avec soin les 45 kilogrammes de gruaux bis et on laisse ces gruaux s’imprégner d’eau sans les remuer ni les toucher.
- Au bout d’une heure en été, et de deux heures et demie en hiver, on laisse tomber 135 litres d’eau à l’aide d’un robinet; à mesure que l’eau descend dans les gruaux imbibés, on les remue avec une sorte de spatule semblable à un râteau et ayant la largeur du vase. Cette agitation dure un quart d’heure environ, après quoi l’on sépare le son de la farine ainsi qu’il suit :
- A l’intérieur du vase est adapté un tube en caoutchouc qui, sortant par le fond, s’élève et s’abaisse à volonté ; au-dessous de ce tube se trouve un tamis métallique du n° 50, et au-dessous du tamis un second vase pouvant contenir 250 litres au moins. Ce vase soutient, à l’aide de deux traverses en bois, le tamis qui doit se mouvoir librement.
- Quand le mélange de l’eau et des gruaux bis est fait comme il vient d’être dit, le son tombe peu à peu à la partie inférieure du liquide, et, à mesure que cette séparation se fait, on tire le tube de caoutchouc sur le tamis; alors le liquide, débarrassé de la plus grande partie du son, tombe sur ce tamis et de là dans le vase. Le tamis retient le son restant, et une secousse régulière non-seulement facilite le passage du liquide chargé de farine, mais encore force le son resté sur la toile à gagner une échancrure du tamis, formée d’une petite gouttière de fer-blanc qui conduit le son dans un sac.
- Quand tout le liquide farineux est passé, on remet sur le dépôt de son resté dans le vase supérieur 75 litres d’eau pour épuiser tout à fait ce dernier ; on abaisse encore le tube qu’on avait relevé et on recommence le tamisage, en ayant soin, cette fois, de laisser couler avec l’eau farineuse tout le son qui est reçu dans le sac.
- Ce son humide constitue un bon aliment pour les animaux, et peut être vendu pour cet usage.
- On laisse le liquide farineux au repos, et, à six heures du soir, on le trouve divisé en deux parties : l’une inférieure, chargée de farine; l’autre, qui n’est que de l’eau un peu jaunie. On rejette la moitié de ce liquide à l’aide d’une ouverture pratiquée dans le vase qui le contient.
- La partie farineuse restante est destinée à servir, avec l’eau ordinaire, au pétrissage des fournées. Il est préférable d’employer ce liquide avec l’eau ordinaire, afin de pouvoir régler plus aisément la marche du travail, et obtenir la température convenable.
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- PANIFICATION.
- La quantité de liquide approximativement nécessaire pour chaque fournée est d’environ 15 litres. Il est bon, pour faciliter les opérations, de se servir de seaux ayant cette contenance, et d’employer un vase dont la capacité, au-dessous de l’ouverture par laquelle s’écoule l’eau rejetée, représente autant de fois 15 litres que l’on doit faire de fournées.
- A six heures, on débouche l’ouverture du vase, et l’excès d’eau s’écoule. A ce moment, les levains préparés par les procédés ordinaires sont prêts et l’on commence. Il importe, dans le nouveau procédé, de ne pas se servir de levains qui soient trop avancés; en termes techniques, il faut qu’ils soient jeunes.
- Lorsque le levain de tout point est prêt, il est divisé en deux parties : la première (environ les 3/5es du levain), mélangée avec de la farine ordinaire (à 70 pour 100) et de l’eau, sert de levain de tout point pour la 2e fournée; ce levain est pétri séparément par un premier ouvrier : la 2e partie du levain de tout point (2/5es environ) est destinée à former la pâte de la première fournée. Pour la préparer, un second ouvrier ajoute au levain 15 litres d’eau farineuse provenant du tamisage des gruaux bis, et la quantité d’eau froide ou tiède nécessaire pour la fournée. Il délaye son levain et met sa farine ordinaire (à 70 pour 100) comme d’habitude. Seulement, après la première frase, il ajoute, au lieu de farine, une mesure contenant 9 kilogrammes de gruaux blancs, il termine la pâte, et toutes les autres opérations se font comme dans le travail ordinaire.
- A la seconde fournée, on divise encore le levain en deux parties ; l’une sert à faire le levain pour la troisième fournée; l’autre sert à faire la pâte, comme on l’a dit, pour la première fournée ; les opérations se succèdent ainsi jusqu’à la fin.
- Le boulanger doit s’arranger de manière à ce que la pâte et le levain soient pétris séparément par deux ouvriers travaillant simultanément à chaque extrémité du pétrin.
- Toutes les quantités respectives d’eau, de farine et de gruaux se rapportent à une fabrication évaluée par hypothèse à 5 sacs de farine par jour: on doit les augmenter ou les diminuer, en ayant soin de conserver les mêmes proportions lorsque la fabrication réelle excède 5 sacs ou est inférieure à ce chiffre.
- Dans les pays où l’on s’attache moins qu’à Paris à la blancheur du pain, on peut supprimer le tamisage humide des gruaux bis. Dans ce cas, on fait, comme il est indiqué ci-dessus, des levains indépendants avec de la farine blanche ordinaire à 70 pour 100, et l’on introduit les gruaux blancs et bis en nature au moment du pétrissage des fournées. La proportion des gruaux à employer varie suivant la nuance du pain en usage dans le pays ou dans les établissements où il doit être consommé.
- A Paris, on pourrait aussi supprimer l’opération du tamisage humide, mais on devrait alors éliminer de la panification la plus grande partie des gruaux bis.
- Il importe, toutefois, de faire remarquer que l’extraction pourrait être, dans ce cas, poussée plus ou moins loin, suivant qu’on ferait usage de blé blanc ou de blé roux.
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- ARTS CHIMIQUES.
- REMARQUES AU SUJET DU PROCÉDÉ DE CONSERVATION DES BOIS DU DOCTEUR BOUCHERIE:
- PAR M. A. PETITJEAN.
- Parmi tous les moyens proposés pour augmenter la durée des bois, le procédé du docteur Boucherie a fourni des preuves très-remarquables d’efficacité. C’est celui qui a reçu les applications les plus étendues ; mais, dans ces derniers temps, les résultats n’ont pas répondu aux espérances que les premiers essais pratiques avaient fait concevoir. En groupant les observations relevées jusqu’à ce jour, on est conduit à imputer les effets de décomposition rapide qui ont été constatés, non au procédé, mais à son mode d’application.
- Si Ton étudie les phénomènes qui se produisent quand on prépare une pièce de bois par ce procédé, on voit que l’antiseptique n’agit pas seulement par sa présence ; dans les conditions où se trouvent les traverses de chemins de fer, l’action des eaux pluviales et des variations de température suffirait pour faire disparaître assez rapidement le sulfate de cuivre introduit et ramener le bois, au moins en grande partie, à son état naturel.
- Nous pouvons décomposer comme suit l’action de la liqueur préservative :
- 1° Réaction du sulfate de cuivre sur l’albumine végétale ;
- 2° Réaction entre le sulfate de cuivre et les sels minéraux interposés dans le tissu ligneux; ainsi le sulfate de cuivre, en présence de carbonates alcalins et de carbonate de chaux, abandonne au bois de l’hydrocarbonate de cuivre, et laisse écouler des sulfates alcalins et du sulfate de chaux. — II y a, en outre, chez les résineux, formation d’un composé dans lequel la résine joue le rôle d’acide.
- On conçoit, d’après cela, que la proportion de sel de cuivre fixé puisse varier, dans des parties de bois très-voisines, suivant les proportions de substances organiques ou minérales sur lesquelles il a réagi.
- Ces deux actions sont simultanées : la première, celle du sulfate de cuivre sur l’albumine végétale, est essentielle à la conservation du bois ; elle dénature les principes de végétation ; — la seconde se produit forcément, mais son utilité ne m’est pas démontrée.
- Les réactions que je viens d’indiquer se développent parfaitement en présence de dissolutions à très-faible titre; le sulfate de cuivre est un antiseptique puissant, mais son action sur l’albumine végétale n’est pas complète, quelle que soit, d’ailleurs, la quantité employée, et sa présence ne s’oppose pas d’une manière absolue à la formation des végétations cryptogamiques. C’est peut-être à cette cause que l’on doit attribuer, comme nous le verrons bientôt, les effets de destruction rapide observés sur des bois dans lesquels on retrouvait, après leur décomposition, des quantités très-notables de sulfate de cuivre fixé.
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- Dans les chantiers, pendant toute la durée d’une campagne, le liquide ayant servi à la préparation est recueilli dans un bassin, enrichi par l’addition de sulfate de cuivre en cristaux, puis élevé de nouveau dans les cuves pour repasser ensuite dans les billes mises en chantier. — Le dosage du sulfate de cuivre se fait de la manière suivante : connaissant le cube G de bois préparé en moyenne pendant vingt-quatre heures, sachant, d’ailleurs, que chaque mètre cube de bois doit absorber 5t,500 de sulfate de
- cuivre, ——— est la quantité qui doit être dissoute, par heure, dans le liquide
- recueilli.
- Cette manière d’opérer, très-simple et très-pratique, me paraît devoir présenter de graves inconvénients, non pas sous le rapport du dosage que je crois très-suffisant, mais parce que l’on fait repasser toujours le même liquide dans les bois soumis à la préparation, en se bornant à y ajouter une quantité déterminée de sulfate de cuivre.
- On voit, en effet, d’après ce qui précède, que le bois ne se prépare pas seulement en absorbant du sulfate de cuivre, mais en faisant un échange avec la dissolution qui le traverse; il en résulte que, si la liqueur s’appauvrit en sel de cuivre qu’on lui restitue, elle s’enrichit, d’autre part, en sels alcalins et terreux et en matières azotées qu’on ne lui enlève pas, et qui peuvent paralyser l’action de l’agent antiseptique, si même ils n’activent pas la décomposition des bois dans lesquels on les introduit. Le ferment commence, il est vrai, à se développer sous l’influence des variations atmosphériques, mais il peut se continuer, dans certaines limites, aux dépens des principes constitutifs du ligneux et de la cellulose, et le bois perd alors toute résistance.
- Je citerai quelques observations que j’ai faites sur la manière dont ces dissolutions se comportent : si l’on conserve du liquide ayant servi à la préparation des bois, on voit des végétations cryptogamiques se former à la surface, et ce phénomène persiste pendant longtemps, malgré la présence du sel antiseptique. Lorsque la surface du liquide est exposée à l’air libre, l’action commence à se développer en vingt-quatre heures, et continue tant qu’il y a quelque point de contact avec l’air. Elle s’arrête, au contraire, au bout d’un certain temps lorsqu’elle se produit en présence d’une quantité d’air limitée, non renouvelable, et se montre de nouveau quand l’air est renouvelé. L’expérience suivante fixera mieux encore les idées :
- J’avais pris, dans les cuves d’un chantier en activité, de la liqueur servant à la préparation ; cette liqueur était conservée dans un flacon bouché contenant peu d’air. Les végétations qui se sont formées ont pris rapidement un développement superficiel de 1 centimètre à 15 millimètres, et sont devenues des corps solides, de couleur ocreuse, qui, desséchés, s’écrasaient facilement sous les doigts, et présentaient l’apparence de certains bois décomposés par la pourriture sèche. Sous l’influence d’une plus grande quantité d’air, il s’est formé dans la même liqueur une végétation qui, desséchée, avait une longueur de 0m,09 et présentait le même aspect que les précédentes. Enfin la liqueur filtrée, au bout de deux ans, et conservée dans un flacon ouvert, a donné encore des végétations très-abondantes, accompagnées d’un dépôt brun pulvérulent. Cette dissolution contient 7 grammes de sulfate de cuivre par litre d’eau;
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- elle a une couleur fauve, et les phénomènes que je viens d’indiquer s’y produisent encore après un intervalle de deux ans et demi.
- D’autres circonstances remarquables font également ressortir l’action des matières organiques extraites des bois préparés par ce procédé. Pendant l’opération, il se dépose sur la section par laquelle se fait l’admission du liquide une couche de crasses dont la couleur varie du vert-jaunâtre au noir, et devient d’autant plus foncée, que la date de mise en exploitation du chantier est plus ancienne. Ces dépôts sont souvent assez abondants pour qu’il soit nécessaire de nettoyer plusieurs fois les sections pendant la durée d’une opération.
- J’ai analysé deux échantillons de crasses noires séchées à l’air, et obtenu les résultats suivants :
- 1er ÉCHANTILLON.
- Perte au feu.............................................. 15,030
- Partie insoluble ( sulfate de chaux, silice, argile ).. 66,600
- Peroxyde de fer.......................................... 6,180
- Oxyde de cuivre........................................... 10,356
- 98,166
- 2e ÉCHANTILLON.
- Perte à la calcination..................................... 55,370
- Perte au grillage.......................................... 19,369
- Partie insoluble........................................... 10,357
- Peroxyde de fer............................................ 4,294
- Oxyde de cuivre............................................. 7,864
- Sulfate de soude............................................ 0,632
- 97,886
- Les matières volatiles brûlaient avec une flamme longue et fuligineuse, en répandant une odeur empyreumatique.
- Ces dépôts se comportent donc comme de véritables combustibles, et l’on voit que les réactions entre les éléments constitutifs de la matière ligneuse se développent dans la liqueur employée à la préparation. Lorsque ces réactions se produisent dans le bois même, il me paraît probable qu’elles doivent y exercer une action destructive.
- S’il est admis que l’injection de liqueur contenant des éléments de végétation constitue, pour les bois, une cause active de décomposition, on comprendra comment des traverses de chemins de fer contenant du sulfate de cuivre fixé n’ont pas pu atteindre la moitié de la durée moyenne des mêmes essences non préparées; mais il sera facile d’y remédier en renouvelant complètement les dissolutions de sulfate de cuivre en temps utile et à des intervalles que l’expérience déterminera. Il y aura, il est vrai, perte de sulfate de cuivre; mais, en abaissant préalablement le titre de la dissolution, on réduira la dépense supplémentaire qui résulterait de ce fait, et on pourra, sans interrompre l’opération, se débarrasser entièrement de la liqueur à rejeter, en injectant le bois avec de l’eau pure pendant quelque temps, avant d’employer la dissolution nouvelle.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Janvier 1861.
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- En supprimant ainsi, dans les liqueurs employées pour conserver les bois, la concentration prolongée des matières séveuses non fixées, on retrouvera, je n’en doute pas, les résultats si remarquables qui ont été obtenus par les premières applications de ce procédé.
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- NOTE SUR UN APPAREIL PROPRE A PRODUIRE DU FROID; PAR M. CARRÉ (1).
- « J’ai l’honneur de soumettre à l’Académie une méthode de production du froid au moyen de l’absorption, par l’eau ou par d’autres corps, de gaz liquéfiés ou de vapeurs condensées, absorption suivie de leur retour à l’état liquide primitif par la chaleur appliquée au corps absorbant, ces opérations étant exécutées en vases clos, et pouvant dès lors se répéter indéfiniment.
- « Étant donnée la propriété inhérente à certains corps d’absorber à froid des quantités considérables de gaz ou de vapeurs, et de les émettre lorsqu’on les chauffe, j’ai pensé qu’en se servant de gaz facilement liquéfiables, et pouvant être absorbés en grande quantité par l’eau, on trouverait une source économique de froid, pouvant être mise en œuvre au moyen d’appareils simples, peu coûteux, et d’une manœuvre élémentaire. Parmi les divers gaz qui peuvent concourir à ce résultat, le gaz ammoniac, dont M. Régnault nous a appris qu’il se servait depuis longtemps dans ses expériences, m’avait paru le plus convenable. Sa stabilité, son calorique latent très-élevé, la propriété qu’il a de se dissoudre sans dégager presque de calorique de combinaison, paraissaient lui valoir toute préférence, justifiée, du reste, par les résultats qu’il m’a fournis.
- « Les appareils que j’emploie sont de deux genres; ils sont intermittents ou continus.
- « L’appareil intermittent est d’une simplicité tout à fait rudimentaire. Que l’on se figure deux cornues suffisamment résistantes, d’une capacité respective de 1 à 4 volumes, et dont les deux cols un peu élevés et allongés seraient soudés par leurs extrémités; la plus grande, remplie aux trois quarts d’une solution ammoniacale concentrée, est placée sur le feu, tandis que la plus petite plonge dans l’eau froide. On chauffe la solution jusque vers 130 ou 140°, point où presque tout le gaz s’est séparé de l’eau pour venir se liquéfier dans la seconde cornue; on constate facilement la température sur un thermomètre placé dans un tube fermé qui pénètre dans la solution.
- (1) Antérieurement à cette communication, M. Carré a présenté à la Société d’encouragement un appareil à éther de grande dimension sur lequel M. Ch. Laboulaye a fait un rapport au nom du comité des arts mécaniques. ( Voir Bulletin de 1860, p. 129. )
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- La séparation terminée, on met au contact de l’eau froide le récipient contenant l’eau épuisée; la réabsorption du gaz liquéfié commence immédiatement, et sa volatilisation détermine dans la petite cornue un froid qui peut facilement congeler l’eau dont on l'entoure. Ce froid est intense et peut descendre au-dessous de — 40°. M. Balard, en faisant fonctionner l’appareil au collège de France, a pu solidifier le mercure.
- « Au lieu de cornues, j’emploie dans la pratique de simples récipients cylindriques reliés par un tube. Il est nécessaire que ces vases soient exactement clos et purgés d’air pour faciliter la liquéfaction et l’absorption; celle-ci se trouve en outre favorisée par la disposition en couches superposées du liquide dans le récipient où elle se produit. Cette même disposition intervient encore pour épurer le gaz de vapeur d’eau pendant son dégagement qui a lieu progressivement de bas en haut, à travers des liquides de plus en plus riches qui retiennent la plus forte partie de l’eau entraînée.
- « Malgré le lavage du gaz pendant son dégagement, il entraîne toujours un peu de vapeur d’eau qui reste liquide dans le réfrigérant après chaque opération, et l’appareil se trouverait bientôt hors de service s’il n’était disposé pour restituer l’eau de l’un à l’autre récipient après une série d’opérations. Cette restitution s’opère d’elle-même en maintenant pendant quelques secondes le réfrigérant au-dessus de la chaudière. Cet instrument intermittent, spécialement destiné aux usages domestiques, produit un minimum de 5 kilogrammes de glace par kilogramme de charbon brûlé dans un fourneau de cuisine.
- « L’appareil continu est susceptible de développements presque illimités. Il se compose principalement d’une chaudière chauffée à feu nu ou au moyen de la vapeur, d’un barboleur superposé à la chaudière pour l’épuration du gaz, d’un liquéfacteur tubulaire où le gaz se liquéfie sous l’influence d’un courant d’eau froide, d’un réfrigérant dont la forme est appropriée à la destination et dans lequel le gaz liquéfié s’écoule à mesure, d’un vase à absorption dans lequel le gaz s’élance du réfrigérant pour se dissoudre dans l’eau comme la vapeur d’eau se résout dans un condenseur ordinaire, avec cette différence qu’ici l’eau d’absorption doit être constamment refroidie par un courant d’eau passant dans un serpentin et qui emporte le calorique latent dégagé par l’absorption, d’une pompe qui refoule à la chaudière l’eau saturée dans le vase à absorption, et enfin d’un régénérateur dans lequel l’eau qui doit servir à l’absorption, prise épuisée ou à peu près au bas de la chaudière, échange sa température avec celle de l’eau saturée qui s’y rend en sens inverse.
- « La fonction de la chaudière est assimilable à celle d’un appareil distillatoire, la séparation du gaz ammoniac de l’eau s’y produit facilement, et comme l’eau n’a pas besoin d’être complètement épuisée, puisqu’elle n’est pas écoulée au dehors, il est inutile de multiplier les engins séparateurs. Le barbotage du gaz dans le récipient où arrive la solution au maximum de concentration l’épure suffisamment pour donner de bons résultats ; la liquéfaction du gaz toujours un peu aqueux se produit sous une tension de 6 à 7 atmosphères à la température de 25°.
- « L’absorption du gaz par l’eau est accompagnée d’un dégagement considérable de calorique qui est l’équivalent du froid produit par le calorique absorbé dans le réfri-
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- gérant. Étant donnés, la quantité du gaz ammoniac à absorber, égale à 30 pour 100 en poids de la quantité d’eau, le calorique de dissolution de 1 kilogramme d’ammoniaque égal à 514 calories, on trouve que 1 kilogramme d’eau pour se saturer au point voulu sans changer de température nécessiterait la soustraction de 154,20 calories; l’absorption serait impossible dans la mesure nécessitée par le travail si la solution n’était constamment refroidie par le passage de l’eau froide dans un serpentin placé à l’intérieur du vase où elle se produit.
- « La solution ammoniacale de la chaudière s’est d’abord dépouillée de la plus forte partie de son gaz, et lorsque l’appareil est prêt à entrer en travail de réfrigération, elle se trouve très-appauvrie surtout dans les couches inférieures; mais comme elle contient encore une quantité notable d’ammoniaque, et qu’il y aurait en outre perte majeure à l’écouler chaude, il devient important de la rendre propre à l’absorption en échangeant sa température avec celle de l’eau saturée qui retourne à la chaudière; il résulte de cet échange que la chaudière n’a à fournir que l’équivalent en calories à haute température, de la somme des calories à basse température qui seront absorbées dans le réfrigérant, et sauf des pertes qui ne peuvent être majeures, par rayonnement et imperfection d’échange on peut déterminer à priori, par le pouvoir calorifique d’un combustible, la quantité de calories qu’il pourra soustraire à un corps donné.
- « L’intensité du froid que l’on peut produire avec cet appareil peut varier dans des limites très-étendues, et se déterminer par la quantité de gaz dont on chargera l’eau dans le vase à absorption ; plus elle y passera abondamment, plus l’absorption sera énergique et conséquemment le froid intense; en ne faisant absorber que 15 à 20 pour 100, le froid descendra facilement à — 50 ou — 60°.
- « L’eau entraînée en vapeur avec le gaz ammoniac finirait, en s’accumulant dans le réfrigérant, par paralyser son action ; une extraction intermittente ou continue avec échange de la température du liquide sortant avec celle du liquide entrant obvie à cet inconvénient. L’échange de température est encore pratiqué entre le gaz qui sort très-froid du réfrigérant et le liquide qui y arrive du liquéfacteur à 20 ou 25°; ces échanges s’obtiennent facilement en faisant serpenter l’un des deux tubes abducteurs autour de l’autre.
- « Outre la fabrication de la glace, la production facile et économique du froid peut donner lieu à d’importantes applications hygiéniques et industrielles ; ainsi la réfrigération de l’air peut s’obtenir à prix double seulement de son chauffage par un calorifère pour un même équivalent de calories. L’industrie des produits chimiques y trouvera un puissant auxiliaire. Cette production du froid peut notamment faciliter la cristallisation de divers sels et produits. Je citerai comme exemple la précipitation du sulfate de soude des eaux mères du sel marin, de la paraffine des huiles, la cristallisation de la benzine, de l’acide acétique. L’une des plus importantes salines du Midi, celle de MM. Henry Merle et comp., va appliquer ce procédé sur une très-grande échelle au traitement des eaux salées, d’après les méthodes de M. Balard. On pourra l’appliquer à la séparation de l’eau d’avec les corps qu’elle tient en dissolution et qu’elle rejette en cristallisant, comme fabrication de glace douce et de sels avec l’eau
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- de mer et les eaux minérales ; à condenser directement des produits tTès-wiatü?- à favoriser des réactions qui ne peuvent s’obtenir qu’à une température très-basse , l’hydratation de divers sels* la dissolution de certains gaz; à la concentration par congélation de l’eau de diverses solutions diluées, par exemple des vins, alcools, acides; à modérer réchauffement produit par la fermentation, notamment des vins, bières, vinaigres ; à raffermir, pour faciliter diverses opérations, certains corps que la chaleur rend pâteux, tels que les stéarines, paraffines, suifs, avant la compression qui doit en exprimer les huiles.
- « Les réfrigérants employés à fabriquer la glace consistent principalement en un ou plusieurs alvéoles rentrant dans un récipient clos et entourés du gaz liquéfié. Les réfrigérations d’air, de liquides, les cristallisations se font mieux autour de réfrigérants tubulaires disposés en faisceaux dans des cuves, avec agitation pour renouveler les points de contact ou empêcher l’adhérence des cristaux sur les tubes. L’extraction des produits, l’arrivée des liquides à dépouiller, l’écoulement des liquides épuisés sont continus; les liquides épuisés échangent préalablement leur température avec celle des liquides qui arrivent en circulant en sens inverse dans des appareils tubulaires, de sorte que toute la puissance réfrigérante est utilisée au profit du travail effectif.
- « L’obtention d’eau douce avec l’eau de mer par voie de congélation n’exige qu’une dépense de calories beaucoup moindre que celle qu’exigerait sa vaporisation.
- Étant donnés d’une part : Nous avons d’autre part :
- Calorique latent de vaporisation Calorique latent de congélation
- d’un kilogramme d’eau 537,00 d’un kilogramme d’eau 79,25
- Calorique spécifique de 15 à 100°. 85,00 Calorique spécifique de +15 à — 5. 20,00
- Calorique spécifique sur 1/4 de ré- Calorique spécifique sur 1/4 de ré-
- sidu 21,25 sidu 3,75
- Total 643,25 Total 103,00
- « En faisant geler lentement l’eau de mer, la glace formée est pure. Si elle gèle rapidement, de l’eau salée s’interpose entre les cristaux ; mais on peut expulser celle-ci en concassant la glace et la soumettant à l’action d’une turbine centrifuge.
- « Des précautions particulières doivent être observées dans la construction de ces appareils; le cuivre allié de la plus petite quantité de zinc doit en être proscrit, parce que sa constitution moléculaire est rapidement altérée et sa ténacité détruite. Le cuivre jaune immergé quelques heures dans une solution ammoniacale faible et à froid devient aussi friable que l’argile. Parmi les métaux usuels, le fer, la fonte, l’acier, l’étain, le plomb, résistent sans altération ; les rivures soudées à l’étain ou au plomb ne laissent d’ailleurs possibilité à aucune fuite, condition essentielle pour éviter l’appauvrissement de la solution et permettre un fonctionnement indéfiniment prolongé. »
- (Comptes rendus de l’Académie des sciences.)
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- SUR UN MOYEN DE PURIFICATION DES SUCS VÉGÉTAUX APPLIQUÉ A LA FABRICATION DU SUCRE; PAR M. ÉMILE ROUSSEAU.
- « En 1849, j’ai publié déjà un nouveau mode d’extraction du sucre. Ce procédé est uniquement basé sur l’emploi d’une défécation méthodique, opérée par une quantité de chaux proportionnelle à celle des matières étrangères au sucre contenues dans les jus sucrés, faite à basse température ; et comme conséquence, sur la neutralisation de la chaux à l’aide d’un réactif propre à cette action, soit par l’acide carbonique, comme le plus inoffensif sur le sucre, comme le plus économique et le plus facile à manier en fabrique. Non-seulement ce procédé a triomphé de tous les obstacles qui entourent presque toujours une chose nouvelle, mais encore il a été assez apprécié par l’industrie pour que deux cents usines l’emploient aujourd’hui tant en France qu’en pays étrangers. Malgré ses avantages, ce procédé porte encore avec lui plusieurs inconvénients. Toutefois le succès qu’il a obtenu a été pour moi, dès l’origine, l’engagement moral de continuer l’étude de cette belle fabrication, et de chercher non-seulement à parer aux défauts actuels, mais encore à la rendre plus simple.
- « Dans le suc de la betterave on trouve toujours deux espèces de substances organiques qui s’opposent le plus à l’extraction du sucre.
- « La première espèce appartient au groupe des matières albuminoïdes et caséeuses; elle subit toutes les modifications que les réactifs exercent sur les dissolutions d’albumine et de caséine. Les sels de chaux et la chaux la coagulent, mais, avec cette dernière, soit que, par son action alcaline propre, elle dissolve une partie de la substance végétale, et la retienne en combinaison, ainsi que l’a démontré dernièrement M. Fremy, soit qu’elle mette en liberté de la potasse ou de la soude, les jus sucrés ainsi traités restent toujours alcalins après l’actioii de l’acide carbonique. Ces deux effets se trouvent même réunis, et il en résulte une altération ultérieure des sirops qui se fait surtout sentir dans les bas produits de la fabrication du sucre.
- « La seconde matière est une substance non colorée, le plus ordinairement, tant qu’elle est renfermée dans les cellules du végétal ; mais très-avide d’oxygène, elle se colore rapidement sous l’influence de l’air, et se modifie très-vite par l’action des agents d’oxydation, à ce point d’être en totalité transformée en cette substance brune bien connue qui prend naissance lorsqu’on évapore les sucs végétaux. M. Chatin, dans un travail tout récent, constate à un autre point de vue l’existence de cette substance. Mon assertion se trouve donc encore contrôlée et en tout point confirmée. Cette substance, en effet, lorsqu’elle est dépouillée de toute la matière albuminoïde,
- réduit par la chaleur les sels d’argent, le bioxyde de mercure, etc. Par l’action de
- ce dernier corps, la dissolution prend même la teinte naturelle que possède le sucre exposé pendant longtemps à l’air.
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- « Ces faits établis, les données du problème de la simplification de la fabrication du sucre peuvent être ainsi posées; il fallait trouver :
- « 1° Une substance peu soluble en général, pouvant coaguler toutes les matières albuminoïdes, sans aucune action fâcheuse ni sur le sucre ni sur la santé, pouvant être retirée facilement du suc dans le cas où il en resterait une certaine quantité en solution, et enfin d’un prix peu élevé;
- « 2° Une autre substance d’un pouvoir oxydant pour ainsi dire limité, qui pût, par son action, soit détruire la matière colorable, soit la transformer en matière brune et l’absorber ensuite, réunir aux qualités d’innocuité l’action absorbante du corps précédent, le bas prix et enfin le pouvoir d’être régénérée indéfiniment.
- « Le sulfate de chaux dans quelque état qu’il soit, naturel ou artificiel ( le plâtre cru ou cuit ), est celui, de tous les corps que j’ai étudiés, qui m’a paru remplir le mieux toutes les indications. Il est neutre, condition que je regarde comme essentielle; sans action sur le sucre, très-peu soluble ; unit aux conditions d’innocuité et de bon marché un pouvoir coagulant des plus remarquables sur les matières albuminoïdes des sucs végétaux, de celui de la betterave en particulier. Cette propriété est telle, que sa dissolution suffit même, en quantité relativement fort petite, pour produire cet effet. L’opération de la défécation peut donc être exécutée dans d’excellentes conditions et avec fort peu de matières ; les écumes sont très-consistantes, se rassemblent bien, et le jus peut être très-facilement soutiré, dans un état de limpidité convenable.
- « Le sulfate de chaux, qui enlève parfaitement toutes les substances coagulables, ne touche pas à la matière colorable ; aussi le jus ne tarde-l-il pas, après sa séparation des écumes, à se colorer profondément. Le noir animal est presque sans effet immédiatement après la défécation ; il n’enlève que la matière qui s’est oxydée, car, après son action , le jus , dont la coloration a beaucoup diminué , ne tarde pas à se colorer de nouveau. Il fallait donc un corps oxydant qui pût faire en un temps très-court ce que l’air produit à la longue, ou bien modifier cette substance de manière à la détruire ou à l’absorber.
- « Parmi les nombreux corps que j’ai examinés à ce point de vue, et dont je m’abstiendrai de faire aujourd’hui l’énumération, le peroxyde de fer hydraté offre toutes les conditions les plus avantageuses. Ainsi, lorsque, après avoir enlevé par le sulfate de chaux toutes les matières coagulables d’un suc sucré, si on l’agite, soit à froid, soit à une température qui, dans aucun cas, ne doit atteindre l’ébullition, avec du peroxyde de fer hydraté, la liqueur, filtrée, passe entièrement décolorée et purifiée de la presque totalité des matières étrangères de toutes sortes qu’elle contenait. En outre, le peroxyde de fer, par sa propriété bien connue d’absorber les sels alcalins et terreux, enlève la petite quantité de sulfate de chaux qui était restée en dissolution. Aussi le jus, qui, après la défécation au sulfate de chaux, réduisait le nitrate d’argent, le bioxyde de mercure, etc., ne leur fait-il subir aucune altération après son contact avec l’oxyde de fer.
- « Ce jus, lorsqu’il provient d’un végétal pris dans des conditions normales, après
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- cette purification, est parfaitement neutre aux papiers réactifs, et l’on peut le conserver au contact de l’air pendant plusieurs jours sans qu’il subisse la moindre altération ni coloration, ce qui prouve que toutes les matières pouvant jouer le rôle de ferment en ont été enlevées. Il bout très-bien, ne se colore pas non plus par l’action de la chaleur. Le sirop, amené au point de cuite, ne possède que cette légère teinte jaune propre à tous les sirops les plus purs. Il a fort bon goût, est dépouillé de cette saveur salée et désagréable que l’on trouve dans tous les sirops de betterave, conserve une fluidité et une limpidité remarquables; la cristallisation s’y fait avec facilité, et les cristaux sont blancs. Enfin, comme dernière preuve de la bonne purification du jus sucré par cette méthode, si l’on ajoute à du sirop cuit une quantité d’eau convenable pour le ramener à 25 ou 30° de l’aréomètre, et si on le mêle en cet état avec un grand excès d’alcool à 90°, il ne se fait aucun trouble ni dépôt, même après plusieurs jours : il ne retient non plus aucune trace de fer.
- « Dès lors la fabrication du sucre est donc réduite à ces seules manipulations : chauffer le jus sucré dans une chaudière avec quelques millièmes de sulfate de chaux ( le plâtre naturel est le meilleur ), toutes les matières coagulées se réunissent en écume compacte. Le jus clair, ainsi dépouillé, est ensuite agité avec le peroxyde de fer. Après la séparation de l’oxyde, il ne reste plus qu’à évaporer l’eau, c’est-à-dire à cuire.
- « Le peroxyde de fer hydraté , qui jusqu’ici m’a paru le plus convenable, doit être à l’état de pâte consistante. 1 litre pèse 1,145 environ; il contient 70 à 80 pour 100 d’eau. La quantité qui doit être employée varie en raison de la nature du végétal, de son espèce et de son état de conservation. Elle ne dépasse pas, comme limite extrême, 8 à 10 pour 100 du jus, ce qui revient à 2 pour 100 environ de matière solide, le reste étant de l’eau. Dès à présent son prix est de beaucoup inférieur à celui du noir animal, car il peut être livré à 5 ou 6 francs les 100 kilogrammes, et sans doute ce prix s’abaissera beaucoup encore par la suite.
- « En résumé, le procédé que je propose aujourd’hui n’est plus basé sur des moyens plus ou moins empiriques, ni sur l’action de machines plus ou moins ingénieuses , mais dont les effets sont subordonnés à des conditions variables ou à des tours de main ; il repose sur des relations chimiques déterminées, précises, qui en sont la justification en même temps qu’elles en font la certitude. Le sulfate de chaux et le peroxyde de fer enlèvent les substances étrangères au sucre et ne lui cèdent rien.
- * Pour compléter cet ensemble, concurremment avec mon ami M. Mariotte, ingénieur, nous approprions en ce moment un matériel aussi simple que peu coûteux à cette fabrication, afin de la rendre pratique partout, et particulièrement aux colonies, et pour l’agriculture, à qui la pulpe de betteraves est devenue aujourd’hui presque une nécessité pour l’alimentation du bétail. » ( Comptes rendus de l’Académie des sciences. )
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- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Perfectionnements dans la fabrication du carbonate de soude et utilisation des résidus provenant de cette fabrication, par M. William Hunt.
- L’invention consiste à fabriquer le carbonate de soude en mélangeant le sulfate de soude avec de la houille ou du coke dans la proportion de 4 parties environ en poids du premier pour 3 parties du second. Le mélange est chauffé, dans un fourneau à réverbère, à une température suffisante pour produire la fusion; il en résulte un sulfure de sodium qui est souillé par du coke. On laisse alors refroidir, puis on casse le sulfure en morceaux de 7 à 10 centimètres de grosseur, qu’on place dans des récipients et au milieu desquels on dirige un courant d’acide carbonique pur ou presque pur en même temps qu’on fait entrer une petite quantité de vapeur. L’humidité de cette vapeur favorise la décomposition du sulfure par l’acide carbonique; il se forme du carbonate de soude et de l’hydrogène sulfuré qui se dégage, tandis qu’une petite quantité de soufre libre reste mélangée au carbonate de soude et au coke. C’est alors qu’on lessive à l’eau chaude le carbonate obtenu pour le séparer du soufre et du coke, et il ne reste plus qu’à faire évaporer la liqueur pour le recueillir par cristallisation. Ce lessivage se fait soit dans les récipients mêmes où l’on a reçu l’acide carbonique, soit dans les cuves ordinairement employées pour cette opération.
- Quant à l’hydrogène sulfuré qui se forme en même temps que le carbonate de soude sous l’influence de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau, on le convertit, par combustion, en acide sulfureux, et celui-ci, à son tour, est transformé en acide sulfurique par le procédé ordinaire. Afin de déterminer la combustion complète du soufre de l’hydrogène sulfuré, on introduit le dégagement de gaz dans une petite chambre construite en briques réfractaires et remplie de blocailles de briques ; cette introduction se fait par le bas, et en même temps, par une ouverture convenablement ménagée et qu’on règle à volonté, on y fait pénétrer de l’air atmosphérique. On enflamme le gaz, et la biocaille qu’il est obligé de traverser rougit bientôt et conserve une température suffisante pour entretenir la combustion au cas où le gaz arriverait d’une manière irrégulière.
- Le soufre libre qui reste mélangé au coke après la séparation du carbonate de soude peut être recueilli de la manière suivante : comme il est à l’état de flocons, on l’entraîne facilement par aspersion d’eau, et on dirige le courant dans un réservoir où le soufre arrive avec une petite quantité de matières terreuses et de fines escarbilles; celles-ci, plus légères, surnagent et se laissent facilement écumer, tandis que le soufre et les matières terreuses se déposent au fond et peuvent être retirés de temps en temps. On peut alors obtenir le soufre par voie de combustion ou de distillation, et l’employer à la fabrication de l’acide sulfurique.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Janvier 1861.
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- Au lieu d’agir par aspersion comme il vient d’être dit, on peut simplement chauffer le mélange de coke et de soufre dans une cornue en terre et recueillir ce dernier par distillation.
- Le coke isolé et provenant des différentes opérations qui viennent d’être décrites peut être employé de nouveau et servir, avec du coke frais, à décomposer de nouvelles quantités de sulfate de soude. (Newton s London Journal.)
- Préparation des cyanures de barium et de strontium, par M. William Clarke.
- L’auteur fait passer un courant d’azote à travers un tube chauffé au rouge et contenant un mélange de carbonate de baryte ou de strontiane et de charbon divisé par de la sciure de bois; le courant de gaz est maintenu jusqu’après réduction de la baryte et refroidissement de la matière. On traite ensuite par l’eau, et le produit fournit une quantité notable de cyanure de barium. L’auteur conseille d’opérer comme suit :
- Prendre du carbonate de baryte, le mélanger avec 10 à 30 pour 100 de goudron ou de résine, et y ajouter une certaine quantité de sciure de bois, de charbon de bois ou de coke, de manière à diviser la masse pour la rendre poreuse; calciner ensuite le mélange, et y faire passer lentement un courant d’air atmosphérique ou d’azote à une haute température. L’azote se combine avec les particules de carbone déposées par le goudron, et forme un cyanogène qui détermine la production du cyanure de barium.
- On peut également employer du carbonate de baryte et de la sciure de bois ou du charbon, et faire passer un mélange de gaz d’éclairage et d’azote à la chaleur rouge; ou bien encore on peut prendre un mélange de carbonate de baryte et de matières animales divisé par du charbon de bois ou de la sciure, et introduire un courant d’air ou d’azote.
- Suivant l’auteur, le cyanure de barium ainsi préparé a, sur les cyanures de potassium et de sodium obtenus au moyen de l’azote de l’air, les avantages suivants : 1° la température relativement basse à laquelle se produit le cyanure; 2° l’infusibilité de la baryte qui reste poreuse et plus facilement pénétrable à l’azote; 3° la résistance et la durée de l’appareil; 4° la grande infériorité du prix de la baryte comparativement à celui delà potasse; 5° enfin la possibilité d’obtenir le cyanure de potassium par une double décomposition du sulfate de potasse avec le cyanure de barium. (Ibid.)
- Fabrication d'un bleu-pourpre dindigo pour la teinture et l'impression, par M. John Henry Johnson.
- Prenez, dit l’auteur, une quantité de bisulfate de soude, qui représente de 10 à 20 fois le poids de l’indigo qu’il s’agit de traiter; faites-la fondre et maintenez-la en fusion à une température de 2 à 300°. Prenez alors l’indigo pulvérisé et tamisé, et ajoutez-le graduellement, en ayant soin d’agiter constamment le mélange pour l’empêcher de s’attacher au fond du vase qui le renferme, lequel vase peut être en fer, en platine ou en porcelaine.
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- La masse se boursoufle bientôt, laisse dégager du gaz et prend une couleur foncée. L’opération doit être discontinuée aussitôt qu’on reconnaît, après plusieurs essais successifs, que l’eau claire se colore en violet-rouge par l’addition d’une petite quantité de la matière. A ce moment, le mélange ayant acquis une consistance pâteuse, on le verse dans une grande quantité d’eau (environ 75 litres pour chaque kilog. de matière) , et on remue bien soigneusement; puis on ajoute environ 2 livres (0k,906) de chlorure de sodium (sel ordinaire); on laisse refroidir, et on obtient ainsi,’à l’état brut, une sorte de bleu-pourpre qui a besoin, avant d’être employé, d’être lavé avec soin dans une grande quantité d’eau salée. Au lieu d’eau salée, on peut se servir d’une eau alcaline dans laquelle le bleu n’est pas soluble, comme, par exemple de l’eau contenant de l’acétate de potasse ou du chlorure de potassium. On filtre ensuite pour recueillir le précipité, qu’on fait sécher après avoir eu soin d’en enlever la couche supérieure, laquelle est formée de particules d’un vert noirâtre, et ne se forme en vertu de la légèreté relative de son poids, qu’après un certain temps de repos de la matière dans le filtre. Ainsi séché, le produit est obtenu sous forme de petits cristaux Le sulfate de soude que retient l’eau de lavage peut être extrait de sa solution et transformé, par les méthodes connues, en bisulfate, pour servir à une nouvelle opération.
- Au lieu de fondre en premier le bisulfate de soude, ainsi qu’on l’a indiqué plus haut, pour y ajouter ensuite l’indigo, on peut mélanger de suite les deux substances et les soumettre dans des creusets à une haute température. Le bisulfate de soude peut également être remplacé par le bisulfate de potasse.
- On peut préparer le même bleu-pourpre :
- 1° En traitant l’indigo par un mélange d’acide phosphorique anhydre et d’acide sulfurique (il est convenable d’opérer à chaud, car, à froid, il ne faut pas moins d’un mois pour arriver au même résultat); 2° en soumettant l’indigo aux vapeurs de 3 fois son poids d’acide sulfurique anhydre; 3° ou bien encore en faisant réagir sur lui un mélange de chlorure de potassium et d’acide sulfurique anhydre. Quel que soit le procédé qu’on emploie, il est indispensable de filtrer la matière dès qu’elle est dissoute avant d’y ajouter le sel marin, afin de séparer les parties insolubles. Quant à la pureté de l’indigo à employer, moins elle sera grande et plus il faudra de temps et de chaleur pour obtenir un résultat satisfaisant. (Ibid. )
- De l'emploi du carbone comme agent conservateur des manuscrits , par M. John Spiller.
- L’incontestable supériorité que l’impression typographique ordinaire possède sur les différentes espèces de manuscrits au point de vue de la conservation du texte fait désirer que des recherches soient dirigées dans le but de nous mettre en possession, pour l’écriture à la main, de la substance principale qui entre dans la composition de l’encre d’imprimerie, c’est-à-dire d’une sorte de carbone inaltérable venant remplacer le tannate de fer dans les encres noires ordinaires. Le défaut de stabilité de l’écriture
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- manuscrite semble, en effet, dépendre de la nature de l’encre dont on s’est servi; or la solidité de cette encre ne repose que sur l’affinité, généralement faible, qui existe entre les oxydes de fer et l’infusion végétale employée, et l’on sait que cette infusion, abandonnée à elle-même, tend constamment à se transformer : de là la facilité avec laquelle l’écriture s’altère sous l’action des acides minéraux et organiques étendus d’eau, ainsi que sous l’influence d’une atmosphère humide ou impure.
- Au contraire, le carbone, soit à l’état de noir de fumée, soit à l’état de noir d’ivoire, de charbon de bois ou de graphite, offre des qualités d’inaltérabilité qui sembleraient devoir rendre bien précieuse une encre à écrire dans la composition de laquelle on le ferait entrer. Il est vrai qu’il est détruit ou plutôt oxydé par le feu ainsi que par l’action prolongée des acides les plus énergiques ; mais, dans ce cas, la surface d’essence végétale ou animale sur laquelle il est étendu est incapable elle-même de résister à cette action. Quoi qu’il en soit, pourvu qu’un procédé efficace permette au carbone d’adhérer parfaitement à la surface du papier ou même d’en pénétrer les pores, il y a toute probabilité qu’une matière colorante dans laquelle on l’aura incorporé résistera mieux à l’action du temps, ainsi qu’aux autres causes de destruction, que tout autre produit simple ou composé capable de lui être comparé. L’état de conservation parfaite des gravures et textes typographiques anciens prouve suffisamment la vérité du fait qui vient d’être avancé; et, si l’on y remarque des traces de destruction, il est facile de se convaincre que c’est le papier seul qui a souffert et non l’encre qui le recouvre.
- L’idée de faire jouer au carbone le rôle que nous venons d’expliquer découle de ce fait, que cette substance, qui existe en forte proportion dans certaines matières organiques, par exemple le sucre, la gomme, etc., s’isole sous l’action combinée de la chaleur et des acides, tels que l’acide sulfurique et l’acide phosphorique. Partant de là, si on parvient à faire pénétrer le carbone dans les pores du papier par un procédé qui ne le mette en liberté qu’après que l’encre à écrire dont on se sera servi aura été elle-même absorbée jusqu’à un certain point, on aura résolu le problème. Yoici, à cet égard, les éléments qui entrent dans la composition d’une encre dont on a obtenu les résultats les plus satisfaisants :
- Acide sulfurique concentré, fortement coloré par de l’indigo. . 28?r,34
- Eau..................................................... 170 ,04
- Sucre en pain........................................... 31 ,09
- Mucilage épais de gomme arabique............. de 56&r,68 à 85 ,02
- En écrivant avec une plume d’or trempée dans cette encre, on obtient des caractères qui présentent, en se séchant, une couleur d’un bleu pâle; mais si, après siccité, on passe un fer chaud sur le papier, ou même si l’on expose le manuscrit à la chaleur d’un foyer, l’écriture se colore bientôt en noir par suite de la carbonisation du sucre sous l’influence de l’acide chaud contenu dans l’encre, et s’incorpore si bien au papier qu’il devient d’une extrême difficulté de l’enlever ou de l’altérer à l’aide du grattoir. Comme elle pénètre profondément, le choix du papier n’est pas indifférent, et l’on devra prendre les plus épais, tels que le papier à gargousse blanc, le papier vergé, de
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- préférence à ceux qui sont colorés en bleu par l’outremer et sur lesquels l’acide ne serait pas sans action.
- Tracée avec cette encre, l’écriture semble indélébile; elle résiste à l’action des citrates et des acides oxalique, tartrique et chlorhydrique étendus d’eau, action qui est extrêmement sensible sur les caractères tracés avec de l’encre noire ordinaire ; les solutions alcalines n’exercent également sur elle aucun effet appréciable. Il en résulte donc qu’une telle encre peut offrir d’incontestables qualités dans toutes les circonstances où la conservation d’un texte est de la plus haute importance; mais, d’un autre côté, on doit reconnaître que, dans cet état, elle ne pourrait qu’imparfaitement remplir les conditions qu’un usage courant exige. La chaleur nécessaire au développement de la couleur, le degré de cette chaleur qui doit dépasser quelque peu celui de l’eau bouillante, l’impossibilité, dans le cas d’emploi d’un papier assez mince, d’écrire sur les deux côtés de la feuille, doivent certainement être regardés comme des inconvénients de premier ordre.
- Bien qu’elle ne soit peut-être pas susceptible d’emploi sur le vélin et le parchemin, l’encre dont il vient d’être question pourra très-probablement servir sur le parchemin végétal obtenu, comme on sait, par l’action rapide d’un acide énergique sur le papier ordinaire. ( London chymical News, et Journal of the Franklin Institute. )
- Construction d'un coffre-fort gigantesque par MM. Milner et fils, de Liverpool.
- MM. Milner et fils, de Liverpool, viennent de construire, dans leur usine bien connue du Phénix, un coffre-fort en fer de dimensions extraordinaires destiné à la banque commerciale de l’île Maurice. Ce coffre-fort, qui est à double enveloppe, n’a pas moins de 13 pieds de large (3m,960), 19 pieds de profondeur ( 5m,790 ) et 10 pieds 1/2 de haut ( 3m,20 ). L’enveloppe extérieure est formée de 45 grandes plaques de 0m,012 d’épaisseur, 3m,20 de hauteur et 0m,760 de largeur. Entre elle et l’enveloppe intérieure existe un espace vide de 0m,038; cette dernière est destinée non-seulement à augmenter la solidité du coffre, mais à lui permettre de résister aux atteintes du feu, car elle se compose d’une série de 30 cloisons de 0m,114 d’épaisseur, construites suivant le système particulier à MM. Milner et remplies d’une composition telle que l’intérieur du coffre reste froid tandis que sa chemise extérieure est enveloppée de flammes. La paroi supérieure du coffre est pourvue de cloisons semblables; quant à la base, elle est composée de deux plaques extrêmement épaisses et n’a pas besoin d’être cloisonnée, car elle est destinée à reposer sur une solide dalle de pierre.
- L’intérieur du coffre est divisé en deux compartiments, l’un d’avant et l’autre d’arrière, séparés par une cloison munie d’une double porte à volets. Le compartiment d’arrière est destiné à recevoir les lingots de métaux précieux , il a 3m,657 de large sur 3m,045 de profondeur. Quant au compartiment antérieur, il est fermé par deux portes successives semblables à la précédente, en sorte qu’il faudrait forcer trois serrures de sûreté pour voler les lingots. ( Practical Mechanic's Journal. )
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- Sur le procédé de M. de Paiera pour extraire l'argent de ses minerais, par M. Clément Le Neve Foster.
- M. le docteur Percy, attaché à la direction de l’école des mines de Londres, a imaginé autrefois une méthode d’extraction de l’argent de ses minerais qui, dans ces derniers temps, a été appliquée sur une grande échelle par un des plus éminents chimistes de l’Autriche, M. de Patera. Cette méthode offre surtout de l’intérêt en ce sens qu’elle a de l’analogie avec le procédé du fixage bien connu des photographes, procédé qui consiste à réagir sur le chlorure d’argent ( lorsqu’il n’a pas été impressionné par la lumière ) au moyen de l’hyposulfite de soude. Voici comment cette réaction est utilisée dans le procédé métallurgique dont il s’agit :
- Les minerais dans lesquels l’argent est associé soit avec du soufre, soit avec du soufre et de l’arsenic sont grillés avec de la couperose verte et du sel ordinaire ; il se produit un chlorure d’argent qui peut être dissous par une solution d’hyposulfite. L’argent peut alors être précipité par le sulfure de sodium à l’état de sulfure d’argent. Ce sulfure est ensuite chauffé dans une moufle au contact de l’air; le soufre se dégage sous forme d’acide sulfureux, et l’argent, mis en liberté, est, en dernier lieu, fondu dans des creusets de plombagine et coulé en moule.
- Telle est la description très-sommaire du procédé tel qu’il est, depuis quelques années, employé à Joachimstahl, sur la frontière nord de la Bohême. Les minerais qu’on traite renferment une proportion d’argent qui est, en moyenne, de 2 pour 100 et qui s’élève souvent jusqu’à 10. Quant aux variétés qui en contiennent moins de 1 pour 100, on les fond avec des pyrites dans un fourneau à manche, de manière à obtenir des mattes qu’on traite comme ci-dessus.
- La dépense que nécessite ce procédé est minime; ainsi l’extraction d’une livre d’argent ( 0k,453 ) revient, en moyenne, à 9 sch. 9 d. ( 12f,15 ), tandis que par la méthode de traitement ordinaire on dépense au moins 16 sch. (20 francs). ( Journal of the Society of arts. )
- Recherches sur les matières colorantes des baies du nerprun des teinturiers et sur plusieurs rapports généraux existant entre les principes colorants jaunes, par M. le professeur Bolley.
- Les principaux travaux publiés sur les baies du nerprun des teinturiers (graines de Perse, graines d’Avignon) peuvent être résumés comme il suit :
- 1° M. Kane distingue dans ces baies deux substances tinctoriales différentes; l’une que l’on peut extraire au moyen de l’éther, et qui est jaune, cristallisable en aiguilles, facilement soluble dans l’éther, presque insoluble dans l’eau froide, et nommée par lui chrysorhamnine. Deux analyses ont fait connaître qu’elle contient, en moyenne, 58,02 de carbone et 4,70 d’hydrogène. Si on la dissout à chaud dans l’alcool ou dans l’eau, et que l’on fasse bouillir la solution, elle se décompose, et donne lieu à la formation d’une autre matière colorante, la xanthorhamnine, soluble dans l’alcool et
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- dans l’eau, insoluble dans l’élher et qui, séchée à 160° C., contient 52.55 de carbone et 5.15 d’hydrogène.
- 2° M. Gellatey, en employant l’éther, dit n’avoir obtenu ni chrysorhamnine, ni aucune autre matière caractérisée. Mais l’alcool lui a donné une substance jaune, cristallisable en aiguilles, facilement soluble dans l’eau froide ou chaude, insoluble dans l’éther, composée de 52.10 de carbone et de 5.78 d’hydrogène. Il regarde cette substance comme de la xanthorhamnine pure. Traitée à chaud par l’acide sulfurique étendu, cette substance se décompose ou se divise, et donne, outre de la glucose, un corps, la rhamnétine, soluble dans l’eau, l’alcool ou l’éther, et qui contient 59.41 de carbone et 4.38 d’hydrogène.
- 3° M. Hlasiwetz, dans un travail sur la quercitrine, a discuté les expériences de M. Gellatey, mais il s’y est renfermé dans les considérations de l’analyse élémentaire. Voici le résumé de son travail :
- Le quercilrin, séché à 100°, contient, d’après M. Bolley en 1841, et d’après M. Hlasiwetz en 1859, 52.49 de carbone et 5.03 d’hydrogène.
- La xanthorhamnine de M. Kane contient 52.55 de carbone et 5.15 d’hydrogène.
- La xanthorhamnine de M. Gellatey a donné 52.10 de carbone et 5.78 d’hydrogène.
- La quercétine de M. Rigand a été trouvée composée de 59.23 de carbone et de 4.13 d’hydrogène.
- La chrysorhamnine de M. Kane renferme 58.02 de carbone et 4.70 d’hydrogène.
- La rhamnétine de M. Gellatey a produit à l’analyse 59.41 de carbone et 4.38 d’hydrogène.
- M. Hlasiwetz considère la xanthorhamnine comme identique avec le quercitrin. Il croit aussi que l’on doit regarder comme une même substance la rhamnétine et la quercétine. Au reste, il n’a fait par lui-même aucune expérience sur les baies du nerprun.
- M. Bolley, en présence des contradictions qui résultent des notions précédentes, a cru devoir faire l’analyse des graines de Perse. M. Térisse, de Neuchâtel, qui l’a secondé dans ce travail, a d’abord obtenu, avec l’éther ordinaire du commerce, un riche extrait, ce qui explique peut-être la différence entre les données de M. Kane et celles de M. Gellatey. On a fait évaporer l’éther, traité le résidu par l’alcool, filtré et évaporé la liqueur après avoir ajouté de l’eau. On a ainsi obtenu une cristallisation d’aiguilles jaunes, groupées en étoiles, qui de nouveau, dissoutes, portées à la température de l’ébullition et cristallisées, n’ont pas subi de changement. L’analyse de deux portions de cette substance a donné, pour la première, 58.87 de carbone et 4.66 d’hydrogène, et, pour la seconde, 60.24 de carbone, et 4.18 d’hydrogène. Dans l’éther pur, ces cristaux étaient un peu solubles ; ils se dissolvaient difficilement dans l’eau, mais facilement dans l’alcool. Leur solution, mêlée à celle d’acétate de plomb, a donné un précipité rouge brique ; avec la solution d’argent, on a obtenu d’abord un dépôt rouge de sang, puis la réduction de l’argent. L’auteur avait déjà observé que la précipitation par le plomb est caractéristique pour la quercétine, mais il a remarqué, dans cette occasion, qu’il en est de même pour la précipitation par l’argent. La quercétine, en effet,
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- SG comporte avec ces deux métaux absolument comme il vient d etre dit. On ne peut donc douter que la substance cristallisée et isolée par M. Bolley ne soit de la quercétine. L’auteur regarde comme très-intéressant ce fait, qui démontre dans une substance végétale la préexistence des produits extraits du quercitrin.
- On peut ajouter que la chrysorhamnine de M. Kane, que M. Gellaley n’a pu obtenir, n’est autre que la quercétine, mais M. Bolley, d’après ce qui précède, doute qu’elle se décompose facilement, et qu’elle donne lieu à la formation d’un corps tel que celui qui a été désigné par M. Kane sous le nom de xanthorhamnine. Il n’est pas non plus nécessaire d’admettre une séparation de substances, si, comme le pense M. Hlasiwetz, la rhamnétine ne diffère pas de la quercétine. Ou bien cette séparation se fait-elle naturellement dans certaines baies tinctoriales jaunes, tandis qu’elle ne s’effectuerait pas dans les autres? Cette hypothèse, qui n’est certainement pas invraisemblable, concilierait plusieurs contradictions entre les résultats de M. Gellatey et de M. Kane, et expliquerait pourquoi l’un a obtenu directement par extrait la chrysorhamnine (la rhamnétine ou la quercétine), tandis que l’autre n’a rien remarqué de semblable.
- A cette occasion, l’auteur croit devoir faire observer que, d’après l’opinion générale des teinturiers praticiens, la matière colorante des graines jaunes est considérée comme un peu moins solide que celle de l’écorce de quercitron. Ce qui précède rend cette assertion au moins invraisemblable. Les graines jaunes ont beaucoup baissé, en partie parce que les couleurs d’application qui constituaient presque leur seul débouché sont aujourd’hui beaucoup moins demandées, et en partie parce que l’on emploie, en plus grande quantité d’autres matières colorantes jaunes, telles que l’acide picrique, le lo-tier ou le chromale de plomb. (Schweizerische Polytechnische Zeitschrift, et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Sur l’emploi du sulfate de plomb, produit dans les fabriques d’indiennes, par M. Wichmann, chimiste, à Dresde.
- On a proposé plusieurs moyens pour utiliser le sulfate de plomb qui se précipite dans les fabriques d’indiennes, lors de la fabrication de l’acétate d’alumine. Le plus souvent on l’a traité dans des fourneaux de réduction, avec des flux et d’autres mélanges, pour en retirer du plomb métallique, et ce moyen semble devoir être d’autant plus avantageux que le métal ainsi extrait possède une très-grande douceur. L’absence complète du cuivre et du fer, dans ce sulfate, a engagé l’auteur à l’employer, autant que possible, pour la fabrication des poteries, où un oxyde de plomb très-pur est d’une haute utilité, par exemple pour la fabrication des poêles et des carreaux blancs vernissés.
- Le procédé publié par M. Mohr pour la préparation de la baryte a suggéré à l’auteur l’idée de réduire le sulfate de plomb de la même manière et au moyen de la soude caustique : il y a réussi parfaitement et a déjà traité par ce procédé quelques centaines de quintaux de ce sel.
- On trouve généralement dans les fabriques d’indiennes le sulfate dont nous parlons
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- sous forme d’une pâte d’un brun-rouge plus ou moins foncé. Par le repos, on en sépare un liquide coloré qui contient en solution de l’acétate d’alumine et de l’alun ammoniacal ; la couleur provient du pyrolignite de plomb employé à la décomposition de l’alun. On agite toute cette masse en y faisant arriver de l’eau; il est même bon de la transvaser dans un autre vaisseau, en la passant dans un tamis fin, pour en extraire les corps étrangers, et les petites masses de sulfate qui ne sont pas suffisamment délayées.
- Pour parvenir à la décomposition, il faut préparer une solution de soude caustique, marquant de 28 à 30° Baumé, ou 1.25 environ au densimètre, et aussi exempte que possible de carbonate. On porte cette solution à la température de l’ébullition dans une chaudière en fer, et l’on y introduit, en l’agitant continuellement, une quantité de sulfate de plomb déterminée par une expérience préalable. Lorsque cette quantité approche d’être complète , on doit veiller avec le plus grand soin à n’en pas employer un excès, et le moyen le plus simple de s’en assurer est de goûter le liquide. Tant que ce liquide pique la langue, comme disent les savonniers, il faut ajouter de nouveau sulfate de plomb, mais on doit s’arrêter dès que la langue ne perçoit plus l’impression de la causticité. Il est même bon de laisser encore un peu de soude libre, afin d’être sûr de n’avoir pas de sulfate de plomb dans la couverte; mais la présence de cet excès introduit dans la solution de sulfate de soude un peu d’oxyde de plomb uni à la soude non sulfatée. La décomposition s’effectue rapidement et complètement pendant l’ébullition, mais il se forme une écume blanche lorsque la soude caustique contient encore une certaine quantité de carbonate. Ordinairement il se dégage aussi un peu d’ammoniaque provenant de l’alun qui avait été retenu par le sulfate de plomb.
- L’oxyde de plomb ainsi préparé possède une couleur d’orange pâle, et se compose de petites écailles cristallines très-fines; mais, si l’on emploie une solution caustique plus concentrée, marquant, par exemple, 40° Baumé, on voit se précipiter des cristaux un peu plus gros et d’un rouge foncé.
- Lorsque la décomposition est terminée, on lave convenablement le précipité pour en extraire tout le sulfate de soude; l’oxyde de plomb se dépose facilement, et, lorsqu’il ne retient plus de sulfate de soude, on le fait sécher, puis rougir dans un fourneau où on le laisse refroidir le plus lentement possible. Il présente alors l’aspect d’une poudre extrêmement douce, d’une couleur orangée, et ressemble exactement à de la litharge préparée. Cet oxyde de plomb retient cependant obstinément environ 2 pour 100 d’alumine, qui ne présentent aucun inconvénient pour le vernissage des poteries; il peut aussi renfermer plus ou moins de carbonate de plomb, selon que la lessive caustique contenait elle-même plus ou moins de carbonate de soude.
- On fait évaporer la solution de sulfate de soude, qui contient, à la vérité, de l’alumine, de l’oxyde de plomb uni à la soude, de l’acétate de soude, et même du sel marin provenant de la soude employée. Toutes ces matières entrent dans la fabrication du cristal; et comme, d’ailleurs, le sel est absolument exempt de fer, il est très-volontiers accepté par les verreries. (Polytechnisches Centralblatt et Dinglers Polytechnis-ches Journal.)
- Tome VIII. — 60a année. 2e série. — Janvier 1861s
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- Note sur les modifications éprouvées par la gutta-percha, par M* te professeur
- Hofmam, de Londres.
- Tout le monde sait que la gutta-percha exposée à l’air éprouve, avec le temps, des changements considérables; elle devient de plus en plus cassante et perd presque toute sa cohésion. Cette expérience a été faite dernièrement d’une manière fâcheuse, sur une très-grande échelle, lors de la pose du câble destiné au télégraphe des Indes orientales. Des masses énormes de gutta-percha se sont montrées hors d’usage dans un temps relativement court, et il en est résulté des pertes qui s’élèvent à des milliers de livres sterling. L’auteur, ayant été chargé, par la compagnie actuellement dissoute, d’examiner la substance altérée, a fait plusieurs analyses dont nous allons extraire les principaux résultats.
- La gutta-percha modifiée présente une masse brune, extrêmement friable, qui cependant se ramollit dans l’eau bouillante. Comme les sortes que l’on trouve dans le commerce n’agissent pas toutes de la même manière, l’auteur s’est pourvu d’échantillons non altérés, que l’on employait pour recouvrir le câble, et, par des essais comparatifs, a reconnu que ces échantillons se comportaient avec les dissolvants tout autrement que la gutta-percha altérée. Tandis que les premiers se montraient à peu près insolubles dans l’alcool, la gutta-percha modifiée s’y dissolvait en assez grande quantité. Le traitement par l’éther présentait aussi des différences, et l’auteur cite les résultats de plusieurs analyses où l’on remarque des inégalités considérables dans les proportions et même dans la nature des principes constituants.
- M. Hofmann conclut que le changement éprouvé par la gutta-percha exposée à l’air provient d’une véritable oxydation. Aussi, ce produit, avant d’avoir subi une altération, est-il tout à fait exempt d’oxygène, tandis que, quand il est devenu soluble dans l’alcool, il en contient près de 28 pour 100.
- La proposition qui attribue à une oxydation le changement subi par la gutta-percha au contact de l’air est, au reste, confirmée par le fait bien connu de sa conservation pendant plusieurs années, lorsqu’elle est placée sous l’eau. (Annalen der Çhemie und Pharmacie et Dingîer's Polytechnisches Journal.)
- Conservation des raisins et des autres fruits, par M. le DT Rauch.
- On a tenté beaucoup de moyens plus ou moins efficaces pour conserver les raisins, que l’on peut regarder comme un des fruits les plus agréables et les plus sains, mais aussi les moins durables.
- Un des procédés les plus simples consiste, comme on sait, à suspendre à des perches ou à des cordes, dans une cave ou dans une chambre non chauffée, mais à l’abri de la gelée, les grappes dont on a enduit la queue avec de la cire à greffer. En ayant soin d’enlever de temps en temps les grains qui commencent à pourrir, on peut ainsi conserver les raisins jusqu’à la fin de décembre. Dans les caves, ils gardent généralement leur fraîcheur plus longtemps que dans les chambres où l’air est plus sec, et l’expé-
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- rience a prouvé qu’il en est de même à peu près pour tous les autres fruits. On conçoit, d’après cela, pourquoi on peut conserver des prunes fraîches pendant des mois entiers dans des pots remplis de sable sec, en ayant soin de fermer hermétiquement ces vases et de les enfouir dans la terre. Dans ce cas, la suppression de l’action de l’air doit également contribuer au résultat.
- On emploie dans la Russie méridionale une autre méthode pour conserver les raisins. On les cueille avant qu’ils soient complètement mûrs, on les enferme dans de grands pots, que l’on achève de remplir avec du millet bien sec, de telle sorte que les grains ne puissent se toucher. On couvre les pots avec soin et on les mastique de manière à intercepter complètement le passage de l’air. C’est ainsi emballés que les raisins sont expédiés pour les marchés de Saint-Pétersbourg. Ils peuvent se garder pendant une année entière, après laquelle on les trouve encore très-doux, parce que la maturation qui se complète dans les pots y développe tout le sucre.
- Des expériences récentes ont démontré que le coton possède une propriété utile pour la conservation de plusieurs substances. On a reconnu, par exemple, que si l’on emplit une bouteille de bouillon de viande, et qu’on la ferme faiblement avec du coton, le bouillon se maintient sans altération pendant plus d’une année. Il était naturel, d’après cela, d’essayer si le coton ne pourrait pas exercer la même influence sur d’autres substances. Cependant, si nous ne nous trompons, on ne l’a pas fait encore en Europe. Au contraire, on en a profité depuis longtemps avec beaucoup de succès, en Amérique, pour les raisins. Voici comment on opère :
- On laisse les grappes sur le cep aussi tard que possible, même jusqu’aux premiers froids, pourvu que les gelées soient légères. On les coupe alors avec un couteau bien affilé; et, après avoir enlevé avec des ciseaux tous les grains endommagés, on les laisse pendant quelques jours dans une chambre froide. Alors on les emballe entre des couches de coton ordinaire, dans des vases tels que des boîtes en fer-blanc ou des pots à conserves en verre. On a soin de ne faire qu’un petit nombre de couches, afin que le poids des grappes supérieures ne charge pas trop les inférieures, et de manier les raisins avec beaucoup de ménagements. On ferme alors exactement les vases, et l’on mastique le couvercle avec de la cire à bouteilles. Cette dernière précaution est assurément utile ; cependant les fermiers américains la négligent ordinairement, et n’en ont pas moins de bons raisins souvent jusqu’en avril. On garde les vases dans une chambre fraîche, mais à l’abri de la gelée.
- La conservation des pommes et des poires est encore plus facile dans le coton, qui doit cependant en entraver la complète maturation que la laine favorise au contraire. Les fermiers américains emballent donc pendant quelques jours dans cette dernière matière textile les poires qu’ils destinent à la vente, et qui doivent présenter une belle couleur dorée ; ils retirent des fruits ainsi mûris un prix plus que double de celui des poires encore un peu vertes.
- La méthode la plus récente est due à un Français, M. Charmeux, qui a excité beaucoup l’attention par les raisins qu’il a envoyés dans plusieurs expositions. L’auteur a expérimenté cette méthode l’année dernière, et l’a trouvée très-bonne. Elle repose es-
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- sentiellement sur un des principes que nous avons énoncés ci-dessus, celui d’entretenir toujours une certaine humidité pour conserver les raisins frais, et s’exécute ainsi :
- Les grappes restent attachées au cep aussi longtemps que la saison le permet, et, lorsqu’on les cueille, on laisse adhérent à la queue un morceau du rameau comprenant environ deux nœuds en haut et trois ou quatre en bas. On mastique soigneusement le haut du rameau, dont on plonge l’extrémité inférieure dans une fiole à médecine pleine d’eau où l’on a délayé un peu de charbon en poudre, afin de prévenir la corruption. On ferme ensuite également la fiole avec de la cire. On dispose alors les raisins, en couche, sur de la paille ou du coton dans une chambre froide, mais exempte de gelée. Peut-être serait-il mieux encore de les suspendre, ce qui serait facile, pourvu que les fioles à médecine fussent bien fixées. On n’a plus ensuite qu’à visiter de temps en temps les grappes, pour en retrancher les grains qui s’altèrent. L’auteur a conservé ainsi des raisins depuis l’automne de 1859 jusqu’au commencement d’avril 1860, et les a trouvés très-savoureux. Pour les garder plus longtemps, il suffirait sans doute de les placer dans une cave ou dans un autre endroit où la température fût basse et constante. L’obscurité serait même vraisemblablement avantageuse. (Allgem. deutscher Telegraph et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Préparation facile de l’amalgame d’argent, par M. Guglielmo.
- L’auteur a observé qu’on obtient presque instantanément cet amalgame à l’état de très-grande pureté, en dissolvant 1 partie de nitrate d’argent dans 2 ou 3 parties d’eau distillée, puis en ajoutant 4 parties de mercure métallique.
- La réaction chimique a lieu aussitôt ; le liquide contient ensuite de l’acide nitrique uni à du protoxyde de mercure et aux oxydes des métaux étrangers qui se trouvaient dans l’argent.
- Le mercure séparant de la solution seulement ce dernier métal qui peut ensuite être recueilli à l’état pur par la distillation , il serait possible que cette méthode devînt quelquefois utile pour l’analyse quantitative des monnaies , de la pierre infernale, etc. ( Wittstein’s Vierteljahresschrift für praktische Chemie et Ding 1er’s Polytechnisches Journal.)
- Verre ardent de grande dimension, par M. Brettel.
- M. Brettel, d’Islington, près de Londres, a construit dernièrement un verre ardent de 0m,90 environ de diamètre, et en a obtenu des effets très-remarquables. Le platine, le fer, l’acier, le quartz se fondent au foyer en quelques secondes. Un diamant de 0gr,65, après une exposition d’une demi-heure, ne pesait plus que 0gr,39. Il répandait une fumée blanchâtre, augmentait de volume et s’exfoliait comme le bouton d’une fleur. (Breslauer Gewerbeblatt et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 16 janvier 1861.
- M. le baron A. Séguier, vice-Président, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — M. E. Krafft, ingénieur civil, à Strasbourg, adresse un mémoire sur la graduation du volume d’air employé à la combustion du gaz d’éclairage, et quatre becs construits sur le principe établi dans ce mémoire. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. F. Cantagrel, rue de Buffault, 7, dépose un mémoire à l’appui de la présentation qu’il a faite de son indique-fuites du gaz dans la séance du 7 novembre 1860. ( Renvoi au même comité. )
- M. Georges, ingénieur civil, rue de Saintonge, 91, présente les dessin et description d’un système de pompe atmosphérique, dans lequel l’aspiration du liquide est produite par la raréfaction et le refoulement par la compression de l’air. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Grieu, à Rouen, rue du Champ-des-Oiseaux, 7, soumet un système de pompe analogue au précédent et destiné à l’épuisement des eaux de mines. ( Renvoi au même comité. )
- MM. F. Martin et comp., constructeurs-mécaniciens, à Paris, rue du Champ-de-l’Alouette, 20, sollicitent l’examen d’une machine à fendre les cuirs en tripe, c’est-à-dire avant le tannage, laquelle peut également fendre les cuirs en croûte, pourvu qu’ils aient été préalablement foulés. ( Renvoi au même comité. )
- M. David [Claude), ingénieur-mécanicien, à Batignolles-Paris, rue de l’Église, 29, désire soumettre à l’examen de la Société des appareils et procédés pour la fabrication des tonneaux, ainsi qu’un nouveau système de scie à mouvement alternatif. ( Renvoi au même comité. )
- M. Marillier, à Ische ( Vosges ), auteur de plusieurs instruments agricoles, se recommande à la bienveillance de la Société. (Renvoi à la commission de répartition des dons de MM. Christofle et Besançon. )
- M. Hamel, ancien inspecteur de colonisation en Algérie, rue Lacépède, 23, transmet, par l’intermédiaire de S. Exc. M. le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, l’ouvrage qu’il a publié sur la maladie des plantes alimentaires. ( Renvoi au comité d’agriculture. )
- MM. H. Brossette et comp., rue de Charonne, 100, rappelant la médaille d’argent qu’ils ont reçue de la Société dans la séance générale du 28 mars 1860 (1) pour leur
- (1) Voir Bulletin de 1860, p. 234.
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- système d’argenture des glaces ( procédé Petitjean), expriment le désir de mettre à la disposition du Conseil une somme de 200 francs pour un prix qui serait décerné, cette année, au plus méritant parmi les jeunes dessinateurs. ( Renvoi à la commission des fonds. )
- M. Leuchs ( Jean-Charles ), à Nuremberg ( Bavière ), adresse une note sur l’utilisation des œufs de poissons pour en obtenir l’albumine. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- Melle Brossard- Vidal, rue de Grenelle-Saint-Honoré, 29, dépose une notice descriptive sur l’ébullioscope centésimal ( système Yidal ) et sur les modifications qu’elle a apportées à l’appareil de son frère. ( Renvoi au même comité réuni à celui des arts économiques. )
- M. Salle, rue de la Parcheminerie, 5, soumet à l’appréciation du Conseil le procédé qu’il annonce avoir découvert pour la préparation d’une matière filamenteuse tirée d’une plante connue sous le nom d'ortie de Chine. ( Renvoi aux mêmes comités. )
- M. Molozay, rue d’Angoulême-du-Temple, 68, présente un appareil à frictionner, destiné à remplacer la main de l’homme dans cette fatigante opération. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Boulanger, ferblantier-lampiste, rue du Faubourg-Saint-Denis, 142, a imaginé un mode de fermeture de sûreté pour les boîtes à lait, ainsi qu’une disposition de lampe permettant d’en opérer soi-même le nettoyage, et il exprime le désir que ces deux inventions, qu’il a fait breveter, soient l’objet d’un examen. (Renvoi au même comité.)
- M. E. Hautefeuille, rue des Juifs, 1, à Paris, met sous les yeux du Conseil une nouvelle cheminée de lampe moitié verre et moitié laiton, qui sert de régulateur à la mèche et l’empêche de fumer. ( Renvoi au même comité. )
- M. Félix Maréchal, maire de Metz, président de la commission générale de l’exposition agricole et industrielle qui doit avoir lieu, cette année, dans cette ville, adresse les programmes d’admission à cette exposition.
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts mécaniques, M. Tresca donne lecture d’un rapport sur une machine dite à leviers de MM. Bluzart, Rivière et Aleysson.
- Au nom des comités des arts économiques et mécaniques, M. Th. du Moncel lit un rapport sur les chronographes électriques de M. Gloesner, professeur de physique à l’université de Liège.
- Ces deux rapports paraîtront au Bulletin.
- Communications. — Au sujet du dernier rapport relatif aux chronographes, M. Lis-sajous explique la méthode qu’il emploie pour mesurer le nombre absolu des vibrations qui correspond à un son donné.
- M. Albert Barre, membre du Conseil, donne une description succincte d’un appareil imaginé par M. Cheret, mécanicien, pour faire marcher mécaniquement des balanciers ou découpoirs de toute puissance. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Guérin-Méneville, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture de France, fait hommage à la Société de son rapport à S. M. l’Empereur sur les travaux
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- entrepris par ses ordres pour introduire le ver à soie de l’ailante en France et en Algérie. ( Renvoi au comité d’agriculture. )
- M. de la Bertoche, correspondant de la Société impériale et centrale d’agriculture de France, appelle l’attention du Conseil sur un système de torréfaction des bois appliqué industriellement depuis plus d’une année par l’un des inventeurs, M. de la Gressière, maître de forges, à Buzancy, et fait ressortir les avantages de ce procédé au point de vue de l’agriculture et de la conservation du sol forestier. (Renvoi aux comités d’agriculture et des arts chimiques. )
- Le Conseil se forme en comité secret.
- Séance du 30 janvier 1861.
- MM. le baron A. Séguier, vice-Président, et Dumas, Président, occupent successivement le fauteuil.
- Correspondance. — M. de Caligny, rue de l’Orangerie, 18, à Versailles, adresse une brochure contenant des observations critiques sur l’inslallation, au mont Cenis, d’une de ses machines hydrauliques couronnées en 1839 par l’Institut de France. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Ch. Idoux, ancien graveur sur bois, rue du Cherche-Midi, 57, présente des planches de buis destinées à la gravure, lesquelles sont composées de plusieurs morceaux assemblés par des broches à vis et pouvant se démonter à volonté. ( Renvoi au même comité. )
- M. Lacoste, ancien carrossier, à Toulouse, allée Louis-Napoléon , 5, signale une frette mobile pouvant s’adapter aux voitures à quatre roues et permettant d’y monter et d’en descendre sans arrêter le mouvement et sans courir de danger. ( Renvoi au même comité. )
- M. Bassot fils, tuilier, à Coudun, près Compiègne ( Oise ), transmet le plan d’un tombereau avec frein à double effet, destiné à permettre d’avancer sans pouvoir reculer. ( Renvoi au même comité. )
- MM. André Hermann et comp., fabricants de sonnettes et tableaux électriques, rue Neuve-Saint-Augustin , 8, présentent un appareil télégraphique. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Bernachon, rue Breda, 29, sollicite l’examen d’une plinthe mobile calfeutrante, applicable au bas de toutes les portes. ( Renvoi au même comité. )
- M. Gagnage, à Montrouge, chaussée du Maine, 93, dépose un mémoire traitant de l’azote et de son influence sur la végétation. (Renvoi aux comités des arts chimiques et d’agriculture. )
- M. Dosnon, au port de Charrey ( Yonne ), adresse un précis sur les nouvelles couleurs minérales à base de fer et sur les avantages qu’elles peuvent offrir par leur fixité, leur densité et leur innocuité dans la peinture et l’impression. (Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Bernât ( Friedrich ), à Vienne ( Autriche ), envoie, en langue allemande, une
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- étude sur les ornements ou représentation d’une partie des plantes et des fleurs d’après nature, etc. ( Renvoi à la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie.)
- Mm® Ve Mauvielle, fabricante de bluteries, fait don à la Société d’un modèle de blu-terie dans lequel elle s’est proposé de réunir les tissus et les dispositions les mieux appropriés au blutage. ( Vote de remercîments. )
- Rapports des comités.—Au nom du comité des arts mécaniques, M. Tresca donne lecture d’un rapport sur la fabrication mécanique des épingles de M. Cribier, à Vi-roflay ( Seine-et-Oise ).
- Au nom du comité des arts économiques, M. Th. du Moncel donne lecture des deux rapports suivants :
- 1° Rapport sur les appareils stéréoscopiques de M. Philippe Benoist;
- 2° Rapport sur le nouveau système d’impression des gravures en taille-douce imaginé par M. Chazelle.
- Au nom de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, M. Albert Barre lit un rapport sur un manuscrit légué à la Société par M. Maurisset et traitant de la gravure chromatique sur ivoire.
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Salvétat lit un rapport sur l’emploi, sur porcelaine, de la dorure brillante sans brunissage présenté par MM. Dutertre frères, à Paris.
- Au nom du comité des arts économiques, M. Duchesne lit un rapport sur une nouvelle application du système de moulage de M. Stahl.
- Ces divers rapports paraîtront au Bulletin.
- Nomination d’un membre adjoint. — Conformément à l’arrêté du Conseil du 16 janvier 1855, il est procédé à la nomination d’un membre adjoint au comité des arts économiques.
- M. F. P. Le Roux, répétiteur de physique à l’école polytechnique, professeur de géométrie au Conservatoire des arts et métiers, obtient l’unanimité des suffrages.
- Erratum.
- Dans la table alphabétique des noms des auteurs mentionnés dans la 59e année du Bulletin (voir numéro de décembre 1860 , p. 755 ), il s’est produit, par suite d'une transposition de ligne, une erreur qu’il importe de rectifier. C’est M. Masson, membre du Conseil, dont la mort a été annoncée, et non celle de M. Ferdinand Masson, fabricant de feuilles d’étain ; cette erreur n’existe, du reste, que dans la table des auteurs.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5. — 1861.
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- 60' ANNÉE. DEUXIÈME SERIE. TOME VIII. — FÉVRIER 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Barral, au nom du comité des arts chimiques J sur les travaux de M. Crespel-Dellisse relatifs a la fabrication du sucre de
- BETTERAVE.
- Messieurs, vous avez renvoyé à votre Comité des arts chimiques une lettre en date du 7 novembre 1860, par laquelle M. Crespel-Dellisse demandait l’examen de ses travaux sur la fabrication de sucre de betterave. Cette lettre était accompagnée d’un volumineux dossier, contenant des pièces très-intéressantes concernant Thistoire de l’établissement, en France, de la sucrerie de betterave, et donnant la preuve de la part importante prise par M. Crespel-Dellisse dans cette grande conquête de la chimie au xixe siècle. Il a paru à votre Comité que la Société d’encouragement ferait une chose utile à l’industrie en jetant un coup d’œil en arrière sur les cinquante ans qui se sont écoulés depuis que le premier pain de sucre de betterave est sorti des mains des premiers fabricants, et qu’elle donnerait un bon exemple en montrant à ceux qui, jeunes encore, cherchent à féconder de nouvelles inventions, qu’elle n’abandonne pas les vieillards dont la vie s’est écoulée dans un travail incessamment productif.
- Dans la séance générale tenue le 27 avril 1825 par la Société d’encouragement, Chaptal, alors votre Président, donnait lecture du rapport suivant, Tome VIII. — 60e année. 2e série. -7 Février 1861. 9
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- sur îa fabrique de sucre de betterave établie à Arras par M. Crespel-Dellisse :
- « La possibilité d’extraire économiquement le sucre de betterave a produit une vive sensation en Europe. En effet, cette découverte ne tendait à rien moins qu’à changer nos relations avec le nouveau monde, dont le sucre est le principal produit, et à enrichir l’agriculture européenne de 300 à 400 millions par an.
- « L’importance de cette découverte détermina le gouvernement à en hâter l’exécution; des ordres furent donnés partout pour cultiver des racines; plus de 200 fabriques furent formées pour en assurer l’exploitation en France ; mais les procédés d’extraction étaient encore imparfaits, les lumières manquaient partout, et la plupart de ces établissements ont eu des résultats fâcheux. Bientôt le découragement s’est annoncé de toutes parts, et cette belle industrie aurait disparu de notre sol, si des hommes courageux et éclairés n’eussent persisté et perfectionné les procédés.
- « Gloire soit rendue aux hommes qui ont surmonté toutes les difficultés, supporté des sacrifices, méprisé les plaisanteries grossières et futiles, et conservé à la France une industrie qui doit enrichir son agriculture.
- « Cette industrie a le double avantage de donner à notre sol un produit de plus, et d’augmenter sensiblement, par le marc et les feuilles de la betterave, nos ressources pour la nourriture et l’engrais de nos bestiaux ; elle forme une récolte intermédiaire et prépare admirablement les terres pour la culture du blé ; elle fournit un travail précieux aux colons et aux animaux d’une ferme pendant la saison rigoureuse de l’hiver, ou les travaux des champs sont suspendus ; elle ouvre à l’agriculture une nouvelle source de richesses, lorsque l’abondance des autres récoltes surpasse la consommation et ne présente que des pertes.
- « De tous les citoyens recommandables qui ont obtenu le plus de succès, M. Crespel doit être placé au premier rang. Établi d’abord dans le département du Nord, ses ateliers ont été dévastés par l’irrupt'on des armées étrangères ; ce triste événement n’a ni abattu son courage ni refroidi son zèle; il a réuni les minces débris de sa fortune et est venu s’établir à Arras. Chaque année, il a employé ses bénéfices à étendre ses cultures et à augmenter ses ateliers; il est parvenu à fabriquer aujourd’hui 140 milliers de beau sucre dans son établissement d’Arras, et 40 à 50 dans celui qu'il a créé près de Senlis ; sa fortune s’est accrue rapidement, et vous penserez avec moi que jamais fortune ne fut plus honorable, car elle a pour base le bien public, les lumières et la philanthropie de son auleur ; vous jugerez que la source en est aussi pure que sacrée.
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- « Mais ce n’est pas là le seul mérite qui recommande M. Crespel; loin de soustraire son procédé à l’œil curieux des hommes qui veulent s’instruire, il les appelle, il les provoque, il les admet dans ses ateliers, les fait participer à toutes ses opérations, et leur en confie la direction dès qu’ils sont exercés. Déjà plusieurs de ses élèves se sont établis et prospèrent autour de lui; des seigneurs de l’Ukraine sont venus se former à son école et transportent chez eux cette importante industrie.
- « Les succès de M. Crespel prouveraient seuls que cette branche précieuse de l’agriculture peut être exploitée partout avec avantage ; son noble désintéressement mérite la reconnaissance publique, et la Société d’encouragement, en lui décernant le premier de ses prix, sera l’organe de la France tout entière. »
- Pour bien apprécier les éloges donnés à M. Crespel dans ce rapport qui concluait à lui décerner la médaille d’or, pour se rendre un compte exact de la part qui lui revient dans la grande industrie dont la France a été dotée, il est nécessaire de remonter à l’origine des faits et d’en tracer un historique complet.
- Vers la moitié du siècle dernier (1747), un célèbre chimiste allemand, Margraff, découvrait le sucre dans la betterave; ce n’était alors qu’une expérience curieuse de laboratoire, dont il ne soupçonnait peut-être pas toute la portée. Quarante ans après, en 1787, un autre chimiste allemand, mais d’origine française, Achard, associé au baron Koppi, de Berlin, répétait les expériences de Margraff, et tentait, à plusieurs reprises, d’exploiter en grand cette précieuse découverte, dont la France, quelques années plus tard, allait tirer un si merveilleux parti. En effet, les travaux d’Achard avaient eu un certain retentissement, et malgré les grands événements qui avaient marqué la fin du dernier siècle et le commencement de celui-ci, malgré la préoccupation des esprits, plus avides alors de politique que de science et d’industrie, malgré les moyens encore restreints dont la publicité disposait, on avait appris en France les essais d’Achard, continués jusque vers 1808, grâce à une subvention de 500,000 francs que le gouvernement prussien lui avait accordée.
- C’est à peu près à cette époque que va commencer la carrière industrielle de M. Crespel. Marié de bonne heure, il avait quitté Lille, sa ville natale, au commencement de 1809, pour aller à Béthune entreprendre le commerce de grains, lorsqu’un de ses amis d’enfance, son parent Parsy, vint lui faire part de la découverte de procédés permettant de tirer du sucre de la betterave. Et voilà nos deux jeunes gens, enthousiasmés et pleins de foi dans l’avenir, qui se mettent à l’étude, chacun de leur côté, pour entreprendre des
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- expériences et chercher à reproduire les procédés découverts en Prusse. En les voyant se livrer à de pareils travaux, sans guide, sans connaissances spéciales, on eût, certes, pu les taxer de présomption d’oser tenter de faire passer dans la pratique un procédé encore naissant et mal étudié; en un mot, d’oser tenter de réussir là où un chimiste de mérite avait échoué ; mais le génie de l’industrie était destiné à s’incarner dans l’un de ces deux hommes, et devait le conduire à occuper un rang éminent dans la carrière qu’il se choisissait. v
- Les essais, commencés en 1809 et continués presque sans interruption, donnèrent, en 1810, des résultats tels, que nos deux jeunes gens conclurent une association qui ramena M. Crespel dans sa ville natale. Que d’espé -rances fondées sur cette association ! A cette époque, où le sucre de la canne était rare et cher, le bruit courait que l’Empereur était dans l’intention de décerner un prix de 1 million à la première fabrique de sucre indigène capable de fournir une quantité déterminée de produit marchand.
- Il était vrai que l’Empereur s’était vivement intéressé à la solution du beau problème que les événements posaient à la chimie. M. Flourens, dans son éloge de Benjamin Delessert, dpnt le souvenir est vénéré dans celte enceinte, rapporte en ces termes un des épisodes de l’histoire de la création de la fabrication du sucre : « Lorsque, en 1806, dit l’illustre secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, la France, maîtresse du continent, mais exclue des mers, n’eut plus de communication possible avec ses colonies, Napoléon demanda aux sciences ce que le nouveau monde lui refusait. Il encouragea, il ordonna même de nouvelles recherches. Un membre de celte Académie, Proust, venait de découvrir le sucre de raisin. Le problème n’était pourtant pas résolu. Le sucre de raisin n’est pas le même que celui de canne à sucre. Il fallut donc revenir à celui de la betterave. Deyeux s’en occupa d’abord, puis Chaptal. Je cite deux membres de cette Académie ; je pourrais citer presque tous les chimistes de cette époque.
- « Durant quatre années entières, M. Delessert se livra, dans sa raffinerie de Passy, aux études les plus assidues et les mieux conduites. La difficulté était, à ce moment-là, d’obtenir en grand le sucre de betterave bien cristallisé. Il y réussit.
- « On ne se figure plus aujourd’hui, à cinquante ans de distance, et quand, d’ailleurs, toutes les circonstances ont tellement changé, l’intérêt passionné qui s’attachait alors à ces grands travaux.
- « Le 2 janvier de l’année 1812, M. Delessert annonce son succès à M. Chaptal. Celui-ci en parle aussitôt à l’Empereur. L’Empereur ravi s’écrie : « Il faut aller voir cela ; partons. »
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- « Et, en effet, il part. M. Delessert n’a que le temps de courir à Passy, et, quand il arrive, il trouve déjà la porte de sa raffinerie occupée par les chasseurs de la garde impériale qui lui ferment le passage. Il se fait connaître, il entre. L’Empereur avait tout vu, tout admiré ; il était entouré des ouvriers de la fabrique, fiers de cette grande visite; l’émotion était au comble. L’Empereur s’approche de M. Delessert, et, détachant la croix d’honneur qu’il portait sur sa poitrine, il la lui remet.
- « Le lendemain, le Moniteur annonçait « qu’une grande révolution dans le « commerce français était consommée. » L’Empereur avait raison. La science venait de créer une richesse nouvelle, et qui s’est trouvée immense. »
- En même temps que Chaptal, que Benjamin Delessert et quelques autres hommes dévoués poursuivaient leurs essais avec des succès divers (1), M. Cres-pel-Dellisse travaillait, de son côté, avec une ardeur infatigable. Les nombreux documents authentiques, manuscrits ou imprimés, qui ont été mis sous les yeux de votre comité, vont nous permettre d’établir nettement la part qui lui revient dans la fondation de l’industrie sucrière. On lit dans le rapport du jury départemental du Pas-de-Calais pour l’exposition des produits de l’industrie en 1827 (2) :
- «...........Enfin M. Crespel obtenait du sucre dont il remit, en 1810,
- des échantillons au maire de Lille, M. le comte de Brigode, ainsi qu’à Mme veuve Colle, raffineur, qui les soumit au raffinage, et en obtint un superbe pain de sucre, qui fut exposé à Lille avant l’annonce de celui que MM. Barruel et Isnard produisirent, dans la même année, par des procédés différents.
- « Au commencement de 1810, fort de ce premier succès, il monte un établissement, et doit à lui-même ses machines et ses procédés. Il fabrique, dans la même année, 10 à 12 milliers de sucre brut, qui furent placés aussitôt dans le commerce.
- (1) Il est juste de rappeler ici la fabrique de MM. Schumacher, Remkes et Trons, à Crevelî, département de la Roër, sur laquelle M. Thénard a fait à la Société d’encouragement un rapport approbatif en 1815; dans ce rapport, on constate comme remarquable un rendement en sucre brut de 2 pour 100 du poids de la betterave; aujourd’hui on retire 0 pour 100. Les fabriques élevées à Chaumont-sur-Loire (Loir-et-Cher) par M. Leray de Chaumont, à Toury (Eure-et-Loir) par M. Gre-net-Pélé, à Chàteauneuf (Loiret) par M. de la Nouvelle, à Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or) par le duc de Raguse, h Bellou-sur-Huine ( Orne ) par M. de Beaujeu, à Pont-à-Mousson ( Meurthe) par M. Masson, par M. André, par M. Maguin, et qui sont signalées dans les rapports de M. Costaz et de MM. Héricart de Thury et Migneron sur les expositions nationales de 1819 et de 1823, doivent encore être citées pour compléter ces notions historiques sur les premiers développements de la sucrerie indigène.
- (2) Dans tout ce qui va suivre, il n’est point question de Parsy, car la mort est venue le surprendre en 1812, et M. Crespel, privé de son concours, s’adjoignit alors son beau-frère Dellisse.
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- « En 1811, il a connaissance de l’ouvrage de M. Achard. La cristallisation lente y était enseignée, et c’est précisément celle qu’il avait trouvée, de lui-même, être la plus favorable. Du reste, rien n’était à prendre dans cet ouvrage pour les procédés mécaniques, et M. Crespel reconnut à ses dépens que les moyens qui y étaient indiqués, pour l’extraction de la mélasse, n’étaient point praticables. Il en chercha d’autres, et les obtint avec le secours de la presse à vis et d’une machine particulière qu’il imagina pour détacher les cristaux accumulés les uns sur les autres, et leur faire subir un frottement qui les délivrait de la portion de mélasse qui vient se dessécher à leur surface. Ce moyen, quoique simple, paraît être un de ceux qui ont demandé le plus d’essais à M. Crespel. Peu après, il perfectionna cette machine avec laquelle alors il tint ses succès pour assurés ; et, en effet, sa fabrique fît des progrès rapides et d’autant plus surprenants, que dans le même temps, en 1811, celle de M. Barruel, élevée à Douai par les encouragements du gouvernement, ne réussit pas plus que toutes celles qui s’étaient formées ailleurs.
- « En 1812, M. Crespel apprend que le charbon animal décolore le vinaigre ; il l’essaye pour le jus de betterave, réussit en petit et échoue dans l’application en grand. Il fait part de celte circonstance à M. Derosne, qui se trouvait à Lille pour l’établissement d’une manufacture projetée par le gouvernement et qui n’eut pas lieu. M. Derosne chercha les moyens de cette application en grand et réussit complètement.
- « Jusqu’en 1814, les succès de M. Crespel allèrent toujours croissants; mais les événements politiques de cette époque firent retirer des capitaux qui lui avaient été confiés. Son beau-frère, qui était son associé, se sépara de lui ; il fallut partager et vendre, dans un temps défavorable, 100 milliers de sucre au quart de leur valeur. M. Crespel, resté seul, réduisit sa fabrique en raison des faibles capitaux qu’il possédait et ne cessa pas de produire du sucre de betterave.
- « Cependant l’abondance des denrées coloniales, revenue avec la Restauration, rendait les résultats de cette fabrication à peu près négatifs, et M. Crespel était pressé, par ses plus proches parents et ses meilleurs amis, de quitter une exploitation qui n’avait causé que des pertes à ceux qui s’y étaient livrés, lorsque la cherté du sucre devait procurer des bénéfices ; à plus forte raison ne pourrait-il, lui disait-on, échapper à sa ruine lorsque le prix de cette denrée était baissé des deux tiers. Ces observations, dont la justesse paraissait évidente à tout le monde, ne purent arracher M. Crespel à une industrie dont il pouvait se croire le créateur ; mais elles l’obligèrent à méditer sur des moyens de simplification et d’économie. Des arrangements de famille le privèrent alors du local où sa famille était établie à Lille, et, blâmé qu’il était
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- continuellement par ses parents et ses amis qui ne le traitaient plus que de fou, il la transporta à Arras en 1815.
- « Des contrariétés d’un autre genre l’attendent là à son arrivée. Les cultivateurs des environs, déjà victimes des premiers fabricants de sucre de betterave, ne veulent plus se livrer à la culture de cette plante qu’aux conditions les plus onéreuses. Dans cette année 1815, qui se fit remarquer par une extrême sécheresse, M. Crespel ne put fabriquer que 20 milliers de sucre brut.
- « En 1816, il n’en produisit que 10 milliers, parce qu’une partie de sa récolte fut gelée en terre. Les années 1817 et 1818 commencèrent à le dédommager des deux précédentes. Mais, lorsque la nature venait à son secours, il eut à se défendre contre des contrariétés locales qui menacèrent l’existence de sa fabrique à Arras. Cet établissement fut dénoncé comme incommode et insalubre pour le voisinage. Des procès-verbaux furent produits dans ce sens, et M. Crespel eût peut-être succombé ; les lumières et la prudence du premier magistrat du département (1) suspendirent sa chute, et la présence du duc d’Angoulême à Arras, en 1818, vint le relever tout à fait. Le prince visite l’établissement, est témoin de tous les détails de la fabrication, en admire les résultats, et se répand en expressions de satisfaction et de bienveillance. Sa haute protection est assurée à cette branche d’industrie dont il désire recevoir à Paris des produits traités avec tout le soin possible. Alors un certain appareil est déployé pour constater la fabrication du sucre de betterave destinée au prince, et cinq commissaires, pris dans la Société royale des sciences d’Arras, sont désignés par le préfet pour assister aux plus petits détails de cette fabrication et dresser procès-verbal de tout ce qu’ils auront vu (2). C’est même chez l’un d’eux que le raffinage est traité et s’opère. Il en sort un sucre magnifique qui parait l’emporter, par le grain, la pureté et le goût, sur le sucre de canne, et qui est adressé, avec le procès-verbal des commissaires, au duc d’Angoulême et au ministre de l’intérieur. Les éloges qui en revinrent à M. Crespel firent taire l’envie et disparaître les contrariétés auxquelles il était en butte. On se rapprocha d’un homme qui avait fixé l’attention et mérité les félicitations d’un héritier du trône ; on vit de près ses succès ; il les démontra et en fit voir de pareils à ceux qui voulaient l’imiter; puis il ouvrit ses ateliers, qui devinrent une école pratique pour l’extraction du sucre, et
- (IJ M. le baron Siméon, préfet du Pas-de-Calais.
- (2) Voir ce procès-verbal dans les Mémoires de la Société royale d’Arras (t. I, 1818, p. 379) ; on trouve également dans le même volume, p. 125, un rapport fait par une commission de trois membres, sur la fabrique de M. Crespel.
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- bientôt s’élevèrent autour de lui d’autres fabriques, qui, toutes, ont réussi à la faveur de ses conseils et, au besoin, de sa direction momentanée... »
- Ainsi, de 1815, époque de son arrivée à Arras, jusqu’à 1819, M. Crespel a déjà lutté vigoureusement pour asseoir sa position; mais, doué de cette rare énergie qui ne doit pas l’abandonner un seul instant pendant le cours de sa longue carrière, il est à peine débarrassé des entraves que les circonstances lui créent, qu’il ne songe plus qu’à améliorer son industrie et à résoudre les nombreux problèmes que son esprit essentiellement industriel sait y découvrir. C’est ainsi que, à partir de 1820, il change tout son matériel, substitue à ses presses à vis des presses hydrauliques, construit des chaudières à bascule et parvient à développer tellement sa fabrication, qu’il se décide, en 1823, à établir lui-même une raffinerie. En même temps il monte de nouvelles usines soit pour son compte, soit de compte à demi avec diverses personnes que ses succès attirent dans l’espoir de les partager ; il reçoit même (1826) des propositions de Londres pour venir fonder des établissements en Angleterre ; et, sans l’opposition du gouvernement britannique, ces projets eussent, sans doute, reçu quelque exécution.
- Entraîné par une activité dévorante qui le pousse à perfectionner sans cesse, il construit de nouvelles chaudières de défécation, des pompes d’injection, de nouveaux systèmes de presses hydrauliques ( 1), et bientôt c’est la vapeur qu’il introduit dans son industrie toujours grandissante. Il est l’inventeur d’une grande partie des machines dont il fait usage ; il cultive lui-même la majeure partie de la betterave qu’il consomme, et dans l’année 1828, qui est celle de sa dix-neuvième campagne, il peut déjà produire, à lui seul, 319,000 kilog. de sucre brut.
- Une lettre adressée à Gay-Lussac par M. Crespel-Dellisse, et insérée dans les Annales de chimie et de physique (lresérie, t. XXXVII, 1828, p. 53), permet d’établir la situation de la fabrication du sucre indigène à cette époque, et de la comparer à la situation actuelle. On voit dans cette lettre, qui fit une grande sensation dans le monde savant, qu’en 1827 il existait 39 fabriques de sucre de betterave produisant 1,218,000 kil.; aujourd’hui 350 fabriques produisent 130,000,000 kilogrammes (2).
- En 1828, un nouvel écueil attendait la fabrication du sucre de betterave. La
- (1) Voir la description de ces presses au Bulletin de la Société d’encouragement, t. XXXVI, p. 140.
- (2) D’après les registres de M. Crespel-Dellisse, qui ont été mis sous nos yeux, le sucre brut se vendait, en 1812, de 6 à 7 fr. le kilogramme ; en 1813, de 5 à 6 fr.; en 1814, de 2 à 3 fr. Le sucre raffiné valait 12 fr. le kilogramme en 1812, et 5 fr. en 1814.
- En prenant pour base les documents officiels publiés par le ministère de l’agriculture, on peut
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- sucrerie indigène, accueillie à son début par l’empereur Napoléon Ier comme une rivale puissante du sucre colonial dont l’Angleterre avait, en 1809, le
- établir le tableau suivant donnant, depuis 1816 jusqu’en 1860, la consommation, en France, des sucres tant indigènes que coloniaux, et les prix ( droits compris ) du sucre des colonies bonne quatrième :
- Années. Consommation totale Prix des 100 kilog. de sucre brut des colonies
- du sucre en France. (bonne quatrième).
- 1816 Kil. Fr. à Fr.
- 24,590,000 .... . . . . 174 à 184
- 1820 48,616,000 .... . . . . 148 à 152
- 1822 55,481,000 .... . . . . 123 à 132
- 1825 56,080,000 .... . . . . 149 à 190
- 1827 60,317,000 .... . . . . 150 à 165
- 1836 80,200,000 .... . . . . 130 »
- 1840 . . . 124,700,000 .... . . . . 127 à 150
- 1845 . . . 118,254,000 .... . . . . 120 à 130
- 1849 . . . 115,955,000 .... . . . . 115 à 135
- 1856 . . . 170,000,000 .... . . . . 130 à 150
- 1858 . . . 202,220,000 .... . . . . 110 à 135
- 1859 . . . 208,000,000 .... . . . . 120 à 135
- 1860 . . . 216,000,000 .... .... 120 à 130
- La production, la consommation et le prix du sucre de betterave ont varié, en France , de la manière suivante depuis 1827 :
- Années. Nombre de fabriques en activité. Production. Consommation. Prix'des 100 kil. de sucre brut indigène (bonne quatrième).
- 1827. . . 39 . . . Kil. 1,218,000 . . . Kil. » Fr. à Fr. »
- 1828. . . 58 . . . 2,685,000 . . . » »
- 1836. . . »... 49,000,000 . . . 13,000,000 »
- 1838. . . 555 . . . 47,106,000 . . . 38,216,000 . . . 114 à 130
- 1841. 386 .. . 26,842,000 . . . 27,162,000 . . . 114 à 140
- 1845. . . 303 .. . 37,019,000 . . . 35,132,000 . . 124 à 133
- 1849. . . 288 .. . 54,551,000 . . . 53,793,000 . . 115 à 138
- 1856. . . 345 .. . 92,000,000 . . . 90,000,000 . . 130 à 150
- 1858. . . 340 .. . 151,514,000 . . . 118,820,000 . . 125 à 145
- 1859. . . 349 .. . 132,650,000 . . . 104,974,000 . . 120 à 130
- 1860. . . 336 .. . 126,180,000 . . . 104,273,000 . . 120 a 125
- Depuis le 24 mai 1860, les droits sur le sucre indigène sont fixés à 25 fr
- par 100 kilog. ( 30 fr.
- avec le double décime de guerre ) ; le sucre indigène brut coûte actuellement (mars 1861), droits compris, de 95 à 100 fr., et le sucre des colonies de 98 à 105 fr. Le sucre raffiné, bonne sorte, se vend 125 fr. Ces prix tendent à diminuer de jour en jour.
- Selon M. Mac-Culloch, la production totale du sucre de betterave, en 1856, s’est répartie de la manière suivante entre les différents pays :
- France......................... 92,197,000 kil.
- Belgique.................. 9,180,000
- Zollverein.................... 80,753,000
- Russie........................ 21,207,000
- Autriche. . *.................. 19,102,000
- Total............... 222,439,000
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- monopole, fut protégée par ses encouragements, au nombre desquels le dé-
- D’après le même auteur, l’année 1856 représente assez exactement la production moyenne du sucre de canne pendant les dix dernières années ; cette production est donnée par les chiffres qui
- suivent :
- Cuba.................................... 357,347,000 kil.
- Porto-Rieo............................... 53,377,000
- Brésil.................................. 105,603,000
- États-Unis.............................. 115,713,000
- Colonies françaises...................... 94,000,000
- Colonies danoises........................ 11,204,000
- Colonies hollandaises.................... 18,291,000
- Colonies anglaises (moins Maurice). . 147,911,000
- Indes orientales........................ 58,383,000
- Maurice................................. 106,000,000
- Java.................................... 68,240,000
- Manille.................................. 48,422,000
- Total
- 1,184,491,000
- Selon M. Payen. la production totale du sucre dans le monde entier s’élèverait à 2,550,247,000 ki logrammes ainsi répartis :
- Sucre de canne.. ,
- — de betterave,
- — de palmier.
- — d’érable. . .
- 1,950,000,000 kil. 480,000,000 100,000,000 20,247,000
- Total......... 2,550,247,000
- M. Mac-Culloch évalue comme il suit la consommation du sucre dans les différentes contrées :
- Grande-Bretagne................................ 430,000,000 kil.
- France......................................... 200,000,000
- Allemagne, Hollande, Belgique, Hongrie, Ports
- hanséatiques, Trieste, Venise, etc........... 265,000,000
- Espagne......................................... 35,000,000
- Portugal........................................ 10,000,000
- Russie.......................................... 60,000,000
- Danemark et Suède............................... 13,000,000
- Italie, Malte, Turquie, Grèce et Levant......... 52,000,000
- États-Unis..................................... 360,000,000
- Canada, Australie, cap de Bonne-Espérance. . . 45,000,000
- Total....................... 1,470,000,000
- La consommation annuelle du sucre, par tête, chez les différents peuples, est donnée par les
- chiffres suivants :
- Cuba..........;.................... 28 kil.
- Angleterre et Écosse............... 15
- Hollande........................... 8
- France.......................... . . . 6
- Belgique, Espagne, Suisse.......... 3
- Portugal, Danemark, Pologne. ... 2 5
- Prusse, Suède, Norwége. ...... 1.5
- Italie, Autriche, Russie........... 1
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- cretdu 15 janvier 1812(1); mais elle vécut à peine, dans le principe, à l’abri d’une protection excessive ; elle était condamnée par les incrédules à ne pas survivre au système continental. Cependant, malgré tous les pronostics les plus fâcheux, elle a trouvé, dans la concurrence, de puissants mobiles favorables à son développement et à sa prospérité. Aussi elle commence à exciter l’inquiétude des colonies. Des réclamations sont adressées au gouvernement et donnent lieu à une enquête où doit se discuter la réduction des droits sur l’importation des sucres étrangers. Les fabricants indigènes sont alors appelés devant la commission pour défendre leurs intérêts ; M. Crespel est à leur tête, et prévoyant l’avenir avec une sûreté de vue peu commune : « Laissez faire et laissez passer, dit-il, encore quelques années, et vous verrez surgir du sol français des ressources dont naguère on ne se doutait pas et qui affranchiront notre pays, d’abord du tribut qu’on paye à l’étranger pour les 944,000 kilog. qu’en ce moment on importe, et de celui dont les raffîneurs voudraient grever encore la France par de plus fortes importations. »
- Nous ne rappellerons pas les résultats de cette enquête, qui se termina en faveur de la fabrication indigène, mais qui contenait le germe de celte grande lutte entre les producteurs français et coloniaux qui devait éclater à partir de 1836 (2) et qui, depuis lors, n’a jamais cessé d’exister avec une intensité variable suivant les époques et les tarifs. De là cette question palpitante des sucres qui a préoccupé tant d’économistes, passionné tant d’esprits sérieux et produit parfois bien des ruines. C’est surtout dans ces circonstances difficiles que M. Crespel sut trouver le plus d’énergie et d’expédients, et, tandis que bien des usines avaient cessé d’exister, il fut du petit nombre de ceux qui, sans périr, mais non sans être considérablement affaiblis, réussirent à traverser la crise commerciale de 1830 et à se maintenir en dépit des obstacles de toute nature.
- (1) Voir ce décret au t. XI du Bulletin, p. 25; en voici la substance : —Sont déclarées écoles de chimie pour la fabrication du sucre'de betterave la fabrique de MM. Barruel et Chapelet, dans la plaine des Vertus, et les fabriques de Wachenheim , Douai, Strasbourg et Castelnaudary; cent élèves, pris parmi les étudiants en pharmacie, en médecine et en chimie, et auxquels, à leur sortie, une indemnité de 1,000 fr. sera allouée, seront attachés à ces écoles. — Le Ministre de l’intérieur doit prendre des mesures pour que 100,000 arpents métriques de terre soient ensemencés en betteraves dans l’étendue de l’empire.— Cinq cents licences, exemptant pendant quatre ans de tout octroi et de toute imposition, seront accordées aux fabricants qui produiront au moins 10,000 kilog. de sucre brut, de 1812 à 1813. — Quatre fabriques impériales, devant produire 3 millions de kilog., seront établies. —Une fabrique sera créée sur le domaine de Rambouillet, aux frais de la Couronne.
- (2) Voir le rapport sur le projet de loi relatif au sucre indigène rédigé par M. Dumon, député du Lot-et-Garonne ( 6 juin 1836).
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- A dater de cette dernière époque, M. Crespel se multiplie et trouve, dans les ressources de son infatigable esprit, des éléments suffisants pour soutenir la concurrence et réédifier une fortune qui, dès lors, ne va plus qu’en grandissant. En 1841, la lutte devient vive, tellement vive, qu’il ne s’agit de rien moins que de la suppression de la fabrique indigène ; mais l’orage passe, et M. Crespel grandit encore au milieu des impôts qui le frappent de tous côtés. Il est une autorité déjà respectable, digne d’égards, et à qui le prince Louis-Napoléon Bonaparte adresse de Ham l’exemplaire signé d’une remarquable étude sur la question du jour. Disons-le tout de suite, l’empereur Napoléon III n’a pas oublié l’industriel d’Arras, et lui a donné plusieurs fois, dans ces derniers temps, des marques non équivoques de sa sollicitude.
- Il faut consulter les livres de M. Crespel pour juger de l’accroissement de cette fortune édifiée au milieu des plus grandes difficultés, avec une intelligence qui ne s’est pas affaiblie un seul instant pendant plus d’un demi-siècle, et qui bien des fois et dans différentes parties de la France a su fournir des secours inespérés à des fabricants aux abois, dont il a rétabli les opérations chancelantes.
- Mais nous touchons au moment oh sa prospérité est près d’atteindre son apogée (1849), grâce à un ensemble de moyens admirablement combinés, grâce au prodigieux développement de ses cultures, grâce au concours éclairé que lui prête son fils Tiburce Crespel, le collègue si modeste et si instruit dont nous déplorons la mort récente.
- A cette époque, des commissaires sont nommés par la Société centrale d’agriculture pour aller à Arras visiter ce grand centre d’industrie agricole et manufacturière ; MM. Payen, de Kergorlay et Pommier rendent compte de leur examen dans les termes les plus élogieux (1).
- « La fabrication du sucre indigène, dit M. Payen, n’est pas, il s’en faut, restée stationnaire chez M. Crespel-Dellisse ; les perfectionnements, qui datent de cette année même, portent cette belle industrie aa niveau des plus avancées parmi celles de nos plus habiles fabricants de sucre. On ne devait pas moins attendre du manufacturier qui, seul peut-être en France, n’a jamais désespéré de la sucrerie métropolitaine, qui seul ne cessa jamais, même pour une campagne, sa fabrication au milieu des désastres de' l’invasion, en présence du libre accès, en France, des sucres coloniaux. M. Crespel-Dellisse exprimait, dès lors, l’opinion que la fabrication indigène pouvait soutenir la concurrence des Antilles. Ce qu’il croyait à cette époque, tout le monde en est aujour-
- (1) Voyez années 1848-1849, deuxième partie, p. 580 et suivantes, des Mémoires de la Société centrale d’agriculture.
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- d’hui convaincu ; mais s’il y avait du mérite à comprendre les ressources de l’industrie créée sous la pression du système continental, s’il y eut depuis du courage à soutenir la fabrication à ses risques et périls, il est juste de tenir compte aujourd’hui à M. Crespel d’avoir eu cette confiance, d’avoir montré ce courage et cette persévérance qui conduisent au succès.
- « Où trouverait-on, d’ailleurs, à citer un plus bel exemple des puissants efforts de l’association des industries aux travaux des champs, que cette extension graduée de l’industrie sucrière autour de la fabrique d’Arras ; que l’agglomération successive de nouvelles propriétés labourables au moyen desquelles, plaçant ainsi, chaque année, ses bénéfices, M. Crespel est parvenu à livrer annuellement à la consommation 2 millions à 2 millions et demi de sucre extrait de betteraves presque toutes récoltées sur ses terres, tout en élevant la puissance du sol et en développant la production des céréales et des subsistances tirées des animaux. »
- Au sujet des huit sucreries exploitées alors par M. Crespel, M. Payen ajoute :
- « Dans chacune de ces usines, des générateurs à vapeur fournissent la puissance mécanique et transmettent le chauffage ; on emploie des laveurs mécaniques, des râpes en fonte et des presses hydrauliques. Des grandes bassines à retours d’eau chauffent économiquement le jus ; les chaudières à déféquer, les filtres à écumes et à noir en grains, les chaudières évaporatoires dans le vide, des réchauffeurs à double enveloppe et des caisses-cristallisoirs servent aux opérations successives sur les jus et sirops. Enfin de grandes citernes permettent de prolonger pendant huit mois la cristallisation, avant de livrer le dernier liquide aux applications spéciales qu’il reçoit sous le nom de mélasse.
- « Tous ces ustensiles et ces appareils constituent un immense matériel qui est établi dans des ateliers de forges, d’ajustage, etc., construits à Arras, et dirigés par M. Crespel-Dellisse. C’est aussi dans ces ateliers que se font les réparations de tout le matériel des huit fabriques, la construction et les réparations des instruments aratoires et des divers ustensiles agricoles.
- « D’autres ateliers accessoires sont établis à portée des matières premières pour fabriquer le charbon d’os et révivifier le noir en grains, pour préparer la chaux et les engrais pulvérulents....
- « Un moyen d’action centrale non moins utile, mais tout récemment
- réalisé, s’applique aux produits bruts des sucreries...M. Crespel s’est décidé
- à construire une raffinerie centrale où les produits du clairçage méthodique des sucres bruts et le raffinage par les appareils perfectionnés s’exécutent dès aujourd’hui, et lui permettront de livrer annuellement au commerce
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- 2 millions de kilog. de sucre blanc en pains prêts à entrer dans la consommation.... »
- Plus loin, M. Pommier, rendant compte des cultures de MM. Crespel père et fils, écrit :
- « M. Crespel, le plus grand fabricant de sucre indigène de TEurope et peut-être du monde entier, en est peut-être aussi le plus fort cultivateur, tant par l’étendue des terres qu’il exploite que par la nature même de ses cultures.
- « M. Crespel, ajoute M. Pommier, peut être regardé comme un des fondateurs de la fabrication du sucre indigène..... Outre ses huit fabriques et
- raffinerie, il a neuf exploitations rurales réparties dans quatre départements. Ces exploitations (1) fournissent toutes les betteraves nécessaires aux huit fabriques dont la production s’élève à 2,500,000 kilog. de sucre acquittant, chaque année, pour environ 1,250,000 fr. d’impôts....... »
- Enfin M. de Kergorlay, dans un rapport complémentaire de ceux de ses collègues, ou il est appelé à juger MM. Crespel père et fils au point de vue de l’élevage en grand des bestiaux, termine en ces termes son appréciation :
- « Ainsi, production d’une quantité considérable de viande de boucherie, création d’un grand et bel établissement d’élevage, introduction, clans le pays, d’une race notablement améliorée, et d’un système d’alimentation très-avantageux pour les animaux et très-économique pour l’agriculteur, réunion des soins les plus minutieux pour l’hygiène des animaux, tels sont les résultats que j’avais mission de vous exposer ; en les rapprochant de ceux que mes deux collègues vous ont déjà fait connaître, vous n’hésiterez pas à penser que si le mérite de la création de ces grands établissements doit être reporté à M. Crespel père, qui est regardé, à juste titre, comme le père de la sucrerie indigène en France, M. Tiburce Crespel, qui, presque en sortant des bancs des écoles, en a pris la direction, qui leur a donné de nouveaux développements, et qui y apporte une habileté incontestable, un zèle des plus ardents, une suite infatigable, mérite d’être placé au premier rang parmi les agriculteurs dont la France s’honore.......»
- Telle était donc la position de M. Crespel, alors qu’on sortait à peine des secousses d’une nouvelle révolution, et des embarras financiers qui en sont inévitablement la suite. S’arrêtera-t-elle à ce niveau, ou bien est-elle destinée à grandir encore ? C’est ce que nous apprend le concours universel de
- (1) Ces exploitations comprenaient alors 1,519 hectares de terre sur lesquels on n’entretenait pas moins de 2,300 têtes de bétail de toute espèce.
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- 1855, où l’honorable industriel se présente avec de nouveaux titres acquis dans le seul espace de cinq ans qui sépare l’exposition de la visite des commissaires de la Société d’agriculture. Nous lisons, en effet, dans le rapport du jury international de cette exposition :
- « M. Crespel est aujourd’hui le seul fabricant en activité qui n’ait jamais interrompu les travaux de l’extraction du sucre de betterave depuis 1810 jusqu’à ce jour, ni cessé d’accroître ses usines, ni de développer ses cultures. Il traite annuellement 50 millions de kilogr. de betterave ; la quantité de sucres bruts produits par les sept fabriques (l) qu’il exploite est de 2 1/2 à .8 millions de kilog., d’une valeur de 1 et demi à 2 millions de francs, payant à l’État 1,350.000 à 1,620,000 francs. L’étendue de ses terres en culture est de 2,278 hectares (2)... »
- Arrêtons-nous, car la fortune de M. Crespel va bientôt s’arrêter elle-même; encore trois ans à parcourir, et cette grande œuvre industrielle, longuement et péniblement édifiée pendant un demi-siècle, va tout à l’heure être frappée au cœur, et subir une désorganisation contre laquelle son créateur reste malheureusement impuissant.
- Un conflit dont nous n’avons pas à rechercher les causes, et qu’il ne nous appartient pas de juger, s’est élevé, en 1858, entre l’administration et M. Crespel. Qu’en sortira-t-il? C’est ce qu’il serait difficile de prévoir; mais ce qu’il est impossible de contester, c’est l’espèce de paralysie qui a atteint la majeure partie des usines de l’honorable industriel, et les pertes importantes qui en sont la conséquence.
- Aujourd’hui M. Crespel est accablé par le sort ; il a vu mourir son fils, Tiburce Crespel, qui n’a pu résister à l’impétuosité du coup qui les a frappés ; il a perdu une partie de cette grande fortune si noblement acquise ; mais, malgré ses 71 ans, il a conservé toute son énergie de jeune homme, et, voulant couronner dignement sa longue carrière, se sentant assez fort pour relever sa position, il vient demander à l’État de le soutenir en lui accordant une part dans les prêts destinés à secourir l’industrie nationale.
- La Société d’encouragement, dont M. Crespel est membre depuis trente-deux ans, qui lui a décerné, en 1827, sa plus haute récompense, et qui n’a
- (1) Le nombre de fabriques, qui était de huit lors de la visite des commissaires de la Société d’agriculture, s’est accru pendant un certain temps, puis s’est réduit à sept en 1855, bien que la production n’ait pas cessé de suivre sa progression ascendante.
- (2) On lit également dans le même rapport : « M. Crespel fut un des premiers qui reconnurent les avantages du charbon d’os que lui fournirent MM. Payen et Pluvinet en 1812, et qu’il a constamment employé jusqu’à ce jour... » On sait que la découverte de la propriété décolorante du charbon est due à Lowitz, chimiste russe, et remonte à 1791.
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- cessé d’être mise par lui au courant de tous les perfectionnements qu’il a apportés à son industrie, ne pouvait rester indifférente à cette grande infortune ^aujourd’hui que M. Crespel se présente devant elle avec des titres que personne ne peut méconnaître (1) et que tant de documents attestent, elle est heureuse de le recommander à la bienveillance du Gouvernement, et fait des vœux pour que sa demande, favorablement accueillie, lui permette d’atteindre le but ardent de ses désirs (2).
- Votre Comité des arts chimiques a l’honneur de vous proposer de vouloir bien voter l’insertion du présent rapport dans votre Bulletin.
- Signé J. A. Barral, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 15 février 1861.
- (1) M. Crespel-Dellisse est chevalier de l’ordre du Mérite du Grand-duc de Hesse (1831);
- Chevalier de la Légion d’honneur...................(1832);
- Chevalier de l’Aigle rouge de Prusse...............(1838).
- Il a reçu les récompenses suivantes :
- Mention honorable. Exposition de....................1819.
- Médaille d’argent. Exposition de................... 1823.
- Médaille d’or. Société d’encouragement............. 1825.
- Grande médaille d’or. Exposition de. . . ......... 1827.
- Médaille d’or. Société d’agriculture............. . 1828.
- Médaille de bronze. (Pour un semoir.) Exposition. . . 1834. Médaille d’honneur. Exposition de.................. 1855.
- — — (Pour sa race bovine.) Exposition régionale. 1857.
- (2) Rappelons ici les nombreux témoignages d’estime et d’amitié que M. Crespel a reçus pendant le cours de sa longue carrière, et que lui ont valus la bienveillance et le désintéressement avec lesquels il a constamment accueilli tous ceux qui ont réclamé ses conseils et qui sont venus de tous les pays visiter ses travaux. Tantôt c’est l’école polytechnique de Vienne qui envoie cinq de ses élèves étudier chez lui ; tantôt c’est M. Jacobs, de Potsdam, qui s’instruit à son école, et trouve ainsi les moyens de rapporter à son pays une industrie qui doit bientôt l’enrichir : c’est un célèbre chimiste, M. Liebig, qui, de 1831 à 1836, vient visiter a plusieurs reprises ses usines, dont il remporte les plans détaillés ; c’est le professeur Krans qui lui demande les éléments et matériaux qui doivent servir à la publication d’un ouvrage sur la fabrication du sucre de betterave ; ce sont enfin MM. Beuth, conseiller d’État, président de la Société d’encouragement de Berlin ( M. Crespel en a été nommé membre honoraire sur la proposition de M. Beuth ), le baron de Closen de Bavière, Schubarth, professeur de chimie et de technologie à l’université de Prusse, qui se mettent avec lui en relations suivies. Savants et industriels, tout le monde s’adresse à M. Crespel et s’inspire de ses leçons.
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- Rapport fait par M. Benoît, au nom du comité des arts mécaniques, sur la planchette photographique inventée par M. Chevallier , médecin militaire.
- Messieurs, M. A. Chevallier s’est proposé d’appliquer la photographie aux opérations topographiques : l'instrument qu’il a fait construire, pour réaliser ses idées à ce sujet, ayant été soumis à votre appréciation et renvoyé par vous à l’examen de votre comité des arts mécaniques, je vais avoir l’honneur, au nom de ce comité, de vous fixer sur la portée de cette très-curieuse, quoique très-simple, invention.
- On sait que les opérations de détail des cartes, en général, sont rattachées entre elles par un Canevas, c’est-à-dire par la projection horizontale, à l’échelle adoptée, d’un réseau de triangles ayant pour sommets des signaux naturels ou artificiels, convenablement répartis dans l’étendue de la surface du pays à représenter.
- Pour obtenir cette projection, après avoir mesuré la longueur de la projection de l’un des côtés d’un triangle, choisie pour Base, deux méthodes différentes sont employées. Lorsque l’étendue de pays dont on veut faire la carte est considérable, on mesure avec un cercle répétiteur, ou avec un théodolite qui dispense d’en calculer fa réduction à l’horizon, tous les angles de ces triangles, dont ces instruments donnent l’amplitude en degrés et fractions. Ces opérations terminées, on peut obtenir la projection du réseau soit en traçant de proche en proche, à l’aide d’un Rapporteur ou d’une Table des cordes, tous les triangles à partir de celui qui a fourni la base; soit en rapportant, sur le papier où la carte doit être dessinée, les projections des sommets des triangles du réseau, d’après les coordonnées que l’on en aura calculées, relativement à la méridienne et à la perpendiculaire de l’une des extrémités de la base choisie.
- Lorsque les cartes n’ont pas une grande étendue, on peut en établir le canevas à l’aide d’une Planchette et d’une Alidade à lunette. Cette méthode, évidemment plus simple et plus expéditive que celle ci-dessus indiquée, peut être utilisée avec avantage pour l’établissement des cartes cadastrales.
- Ces diverses opérations, sans être difficiles, sont d’une exécution plus ou moins longue et demandent assez de soins pour éviter les diverses chances d’erreur inhérentes à leur nature : tandis que l’ingénieux procédé photogra-Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Février 1861. 11
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- phique imaginé par M. Chevallier est exempt d’erreur, d’une exécution très-prompte, et n’exige pas, dans le triangulateur, d’autre connaissance spéciale que celle de la pratique de la photographie, ainsi qu’on le reconnaîtra bientôt.
- La Planchette photographique se compose d’un solide trépied de Planchette ordinaire, autour de l’axe duquel peut pivoter un Daguerréotype dont M. Chevallier a modifié la construction et dont l’objectif peut être mis successivement en regard de tous les points visibles de celui où l’instrument est installé.
- La plaque de verre, enduite de collodion ou d’albumine, est circulaire et retenue dans un encadrement concentrique métallique de même forme, dont la périphérie est garnie de dents à la manière des roues d’engrenage et présente encore comme une sorte de virole, reçue à frottement doux, par un évidement pratiqué dans un châssis vertical en bois percé à jour, à sa partie inférieure. Cet encadrement et le disque de verre peuvent ainsi tourner ensemble dans l’évidement du châssis, autour de leur axe commun de figure •qui passe au-dessus de l’image daguerrienne, de sorte que celle-ci se projette entièrement sur la partie inférieure de la plaque et peut y être limitée latéralement par deux systèmes différents de volets ajustés dans un châssis vertical particulier ; soit par deux verticales aussi rapprochées l’une de l’autre que l’on veut; soit par deux droites concourant au centre du disque et embrassant un angle aussi aigu qu’on le désire.
- Il résulte évidemment de ces dispositions que, sans sortir la plaque de l’intérieur du daguerréotype modifié, et qu’en la faisant seulement pivoter autour de son axe de figure, assez pour qu’une nouvelle image daguerrienne se projette à côté de celles déjà reçues, on pourra, en dirigeant successivement l’objectif vers des points différents de l’horizon de la station, obtenir autant de tableaux partiels dont l’ensemble constituera une sorte de panorama de la localité.
- Cet ensemble n’est pas une véritable image panoramique, telle qu’on l’obtient avec le daguerréotype modifié par M. Garella (1) par exemple, mais on a sans doute déjà pensé qu’il est éminemment propre à résoudre le problème topographique que M. Chevallier s’est proposé. En effet, que faudrait-il pour que cet ensemble, tout en montrant l’aspect des divers signaux de la carte à lever, visibles de la station occupée par la planchette photographique, donnât en même temps la projection graphique horizontale des angles embrassés par les directions de ces signaux? Il suffirait évidemment que l’image
- (1) Voir Bulletin de 1856, 2e série, t. III, p. 800.
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- des verticales de ces derniers fût tracée dans les vues partielles dont ils feraient partie, et que ces images qui se croiseraient, par construction, au centre même de la plaque, comprissent, entre elles, des angles égaux aux azimuts correspondants, mesurés à la station, et c’est précisément un tel tracé graphique que M. Chevallier obtient immédiatement avec sa planchette photographique par des dispositions très-simples et très-ingénieusement ajoutées à celles qui ont été précédemment signalées.
- 1° L’image de la verticale du signal observé est fournie par l’interposition d’un crin fin, tendu verticalement entre la plaque et l’objectif et passant par l’axe de ce dernier et par l’axe de rotation de la plaque , parce que le plan que ces axes et le crin déterminent passe par la verticale du signal.
- 2° Les angles azimutaux sont reproduits à l’aide d’un cercle denté, formant le plateau du trépied de l’instrument et d’une communication de mouvement entre ce cercle denté, rendu fixe dans l’espace, et celui du cadre de la plaque. Cette communication est composée de deux petits arbres se croisant à angles droits, communiquant ensemble par deux petites roues d’angle et munis chacun d’un pignon cylindrique engrenant, celui de l’arbre horizontal avec le cadre vertical denté de la plaque, et celui de l’arbre verti-tic-al avec le cercle denté horizontal, fixe, du trépied. Ces engrenages sont combinés de telle sorte que la plaque fasse une révolution entière autour de son axe de figure pendant qu’en faisant tourner un arbre horizontal, dont les supports sont fixés au corps du daguerréotype et qui est muni d’une vis sans fin dont les filets engrènent avec le cercle denté du trépied, on oblige l’instrument à faire exactement un tour d’horizon. Or comme il est évident que, pour que l’axe optique de l’objectif passe de la verticale de l’un des signaux à celle d’un autre signal quelconque, il faut nécessairement que, en détournant l’instrument, cet axe décrive un angle azimutal égal à celui compris entre les deux plans verticaux passant par ces signaux, on voit que les dispositions mécaniques adoptées par M. Chevallier feront décrire exactement par la plaque circulaire et embrasser, sans erreur possible, le même angle, par les images des verticales de ces signaux, si la transmission de mouvement se fait sans temps perdu.
- Ainsi se trouve très-ingénieusement résolu le problème du tracé photographique des éléments du canevas d’une carte topographique, tels qu’on les obtiendrait avec la planchette ordinaire et sans risque d’erreur, parce que l’instrument de M. Chevallier donne le moyen de s’assurer, avant de recevoir l’image daguerrienne, que le plan dans lequel l’axe de rotation de la plaque, l’axe optique et le crin vertical ont été établis passe réellement par le sommet d’un signal proposé. Cette condition essentielle s’obtient en diri-
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- géant vers le signal, une lunette plongeante établie extérieurement de manière que son axe optique particulier se meuve dans le plan du crin, de Taxe de rotation de la plaque circulaire et de Taxe optique de l’instrument,
- 11 est évident que, l’image daguerrienne négative étant obtenue, on pourra en tirer autant d’épreuves positives que l’on voudra, ce qui permettra de les mettre simultanément à la disposition de divers opérateurs.
- Dans le but de garantir son invention contre les atteintes de prétendus perfectionnements qui n’en seraient réellement pas, M. Chevallier a combiné son instrument photographique avec les parties essentielles, limbe et vernier, d’un théodolite ou double graphomètre, à l’aide desquels on peut lire l’amplitude numérique des angles azimutaux, ainsi que celle des angles compris entre les images des verticales des signaux sur la plaque : une boussole y donne, en outre, l’orientation magnétique de ces angles, parce que, en amenant l’axe optique dans le plan du méridien magnétique, l’image du crin représentera la trace de ce plan sur l’horizon. Tel qu’il est constitué et présenté à la Société, cet instrument permet donc à un observateur d’opérer soit trigonométriquement, soit photographiquement, et, dans tous les cas, les deux modes d’opérations devront conduire à des résultats identiques et se servir mutuellement de vérification.
- Si j’ai eu l’avantage de faire apprécier l’invention de M. Chevallier, on reconnaîtra qu’en réduisant l’instrument présenté, à ce qui ne doit constituer que la Planchette photographique, il sera possible de l’établir à un prix modéré, lors même que la plaque circulaire de verre aurait pour rayon la hauteur de la Plaque des photographes, ce qui sera d’ailleurs nécessaire pour que les tracés qu’elle présentera puissent remplacer ceux que l’on obtient avec la planchette ordinaire et l’alidade à lunette.
- Abstraction faite de ses applications topographiques, on voit que l’instrument de M. Chevallier peut fournir facilement, non pas seulement les divers points de vue que l’on découvre de la station, mais encore les divers épisodes, presque simultanés, d’une action générale qui se passe à la ronde, quelle qu’en soit la nature. Pour de telles applications, le mécanisme de communication de mouvement nécessaire aux applications topographiques est inutile ; il suffit d’utiliser le limbe vertical extérieur que l’on voit en arrière de la plaque circulaire de verre et autour de l’axe duquel tourne une aiguille liée à l’encadrement de cette plaque et qui sert à indiquer, au moyen de fiches introduites et laissées dans les trous ouverts sur ses bords, les secteurs de la plaque utilisés et, par conséquent, celles de ses parties encore disponibles, ce qui prévient toute superposition d’images.
- Telles sont, Messieurs, les modifications apportées au daguerréotype par
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- M. Chevallier, et les diverses applications qu’elles lui ont permis de réaliser. Sans prétendre, toutefois, que l’emploi purement topographique de cet instrument doive être substitué à celui de la planchette et de l’alidade à lunette, et tout en constatant que, pour qu’il donnât des résultats d’une exactitude comparable, son mécanisme devrait présenter toute la perfection des instruments de précision, ce qui en élèverait sans doute le prix, votre comité des arts mécaniques espère que vous partagerez la satisfaction qu’il en a éprouvée et que vous encouragerez cet inventeur à raison de la nouvelle voie d’utilisation qu’il a ouverte à un art dont le domaine s’accroît tous les jours.
- Organe de ce comité, j’ai l’honneur de vous proposer, en son nom,
- 1° De remercier M. A. Chevallier de son intéressante communication ;
- 2° D’ordonner l’insertion du présent rapport dans votre Bulletin ;
- 3° De consacrer une de vos planches à la représentation de l’instrument que vous avez sous les yeux, réduit à ce qui est strictement nécessaire pour constituer la Planchette photographique, et d’en donner l’explication dans une légende.
- Signé Benoît, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 27 avril 1859.
- LÉGENDE DE LA PLANCHE 215 REPRÉSENTANT LA PLANCHETTE PHOTOGRAPHIQUE
- DE M. CHEVALLIER.
- Fig. 1. Yue de profil de l’appareil.
- Fig. 2. Section longitudinale partielle suivant l’axe.
- Fig. 3. Yue en bout du côté opposé à l’objectif.
- Fig. 4. Yue en dessus.
- Fig. 5. Élévation du châssis à volets.
- Fig. 6. Section verticale de ce même châssis passant par son axe.
- A, solide trépied de planchette ordinaire portant un plateau circulaire évidé, sur lequel l’appareil photographique est disposé de manière à pouvoir accomplir une révolution entière autour du centre de ce plateau.
- B, axe de rotation de l’appareil photographique; la figure 2 indique que le mode de réunion au plateau a lieu au moyen de deux cylindres ou manchons emboîtant l’un dans l’autre.
- C, chambre noire de l’appareil.
- D, tiroir mobile, dont le mouvement est obtenu au moyen de deux crémaillères engrenant avec des pignons de commande.
- E, E, crémaillères pour la manoeuvre du tiroir.
- F, F, boutons portés par l’axe des pignons de commande et servant à faire sortir
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- ou rentrer à volonté le tiroir; la rentrée est, en outre, facilitée au moyen de ressorts à boudin ( fig. 2 ) attachés d’une part au tiroir et de l’autre à la chambre noire.
- G, objectif fixé au tiroir.
- H, boussole vissée sur la chambre noire et destinée à donner l’orientation magnétique des angles compris entre les images photographiques des verticales des signaux.
- I, galets de support de la chambre noire, lesquels ont pour but de faciliter la rotation de l’appareil photographique.
- J, couronne dentée fixée au plateau sur lequel pivote l’appareil.
- K, arbre moteur de l’appareil, lequel porte une vis sans fin engrenant avec la couronne dentée J et reçoit son mouvement d’une petite manivelle qu’on place à volonté sur l’une de ses extrémités.
- L, châssis contenant une glace circulaire de verre enduite de collodion ou d’albumine; cette glace, montée dans un encadrement circulaire denté N, peut tourner avec lui dans l’épaisseur du châssis et recevoir un mouvement de rotation vertical autour de son axe de figure. La face antérieure du châssis, montée sur charnières, s’ouvre et se ferme au moyen de crochets qu’indique la figure 1 ; le châssis lui-même est maintenu verticalement en place à l’extrémité de la chambre noire, au moyen de pattes mobiles M fixées aux parois de cette chambre.
- N, couronne dentée de même diamètre que la couronne J et garnissant l’encadrement de la glace de verre quelle entraîne dans son mouvement de rotation; cette couronne est visible en ponctué sur la figure 3.
- O, pignon conduisant la couronne dentée N ( fig. 1 ).
- 1, Autre pignon disposé dans un plan perpendiculaire au précédent et engrenant avec la couronne J qui est fixe; entraîné dans la rotation de l’appareil sous l’action de l’arbre K, il tourne donc sur lui-même tant qu’on fait pivoter cet appareil autour de son axe de rotation.
- 2, 3, roues d’angle transmettant au pignon O le mouvement du pignon 1.
- Les pignons 0 et 1 ont le même diamètre ainsi que les roues d’angle 2 et 3.
- Il résulte de ces dispositions que, en faisant tourner l’arbre moteur K qui porte la vis sans fin, l’appareil photographique accomplira, autour de la couronne dentée J qui est fixe sur le trépied, un mouvement de rotation horizontal dont la vitesse se réglera à volonté en même temps que la glace de verre sensible accomplira un mouvement de rotation vertical d’une vitesse angulaire égale.
- P, aiguille double (fig. 1, 2 et 3 ) fixée sur l’axe de rotation de la glace sensible et indiquant, sur un limbe divisé en 360 degrés que porte le châssis L, l’amplitude des angles décrits par l’appareil.
- Q, châssis vertical à volets interposé entre la chambre noire et le châssis L de la glace sensible ( voir le détail, fig. 5 et 6 ) ; il est muni, à sa partie inférieure, d’une fenêtre demi-circulaire ayant le même centre et le même diamètre que la glace sensible et devant laquelle cette glace, dans son mouvement de rotation, vient successivement présenter les différentes parties de sa surface qui doivent être impressionnées par la lumière. L’ouverture de cette fenêtre est variable et se règle à volonté au moyen
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- de deux volets rectangulaires R ou en forme de secteurs S, manœuvrant, ainsi qu’il va être expliqué, dans l’épaisseur du châssis Q; un demi-cercle gradué indique en degrés l’amplitude de l’ouverture.
- R, volets rectangulaires de même hauteur que la fenêtre du châssis et se manœuvrant à la main; on les rapproche ou on les écarte à une même distance de la verticale qui passe par le centre de la fenêtre, de manière à laisser impressionner la glace sensible sur une aussi petite surface que l’on veut.
- S, volets en forme de secteurs fixés par leurs sommets au centre de la fenêtre, autour duquel ils peuvent tourner d’une égale quantité en découvrant sur la glace sensible un angle aussi petit qu’on le désire.
- T, crémaillère dont l’axe passe par le centre de rotation des volets S et servant à la manœuvre de ces volets, qui y sont reliés par des leviers articulés indiqués en ponctué sur la figure 5.
- U, bouton de commande de la crémaillère T, qu’on fait mouvoir à l’aide d’un pignon fixé sur l’axe de ce bouton.
- Y, vis de pression agissant sur la crémaillère pour la maintenir en position et rendre invariable l’ouverture des volets pendant une opération.
- W, pinnule fixée en tête du châssis Q et dont le crin est tendu dans une direction verticale qui passe par l’axe de rotation de la glace sensible ( fig. 3 et 5 ).
- X, autre pinnule placée à l’extrémité d’une alidade fixée au châssis à volets et dont le crin est situé dans le plan vertical qui passe par l’axe de l’objectif et. par l’axe de la glace sensible ; cette pinnule et son alidade sont montées sur charnières et peuvent se replier dans la position indiquée figure 6.
- Les deux pinnules W, X tiennent lieu de la lunette plongeante extérieure mentionnée au rapport. ( M. )
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M: Tresca , au nom du comité des arts mécaniques* sur me machine dite a levier de MM. Bluzart, Rivière et Aleysson, rue Morel, 4.
- Chargé, par votre comité des arts mécaniques, d’examiner la machine à levier de MM. Bluzart, Rivière et Aleysson, nous nous serions borné à vous dire qu’il n’y avait pas lieu de faire de rapport sur cet appareil, si d’une part les intéressés ne demandaient ce rapport avec instance, encore bien qu’ils connussent parfaitement notre opinion, de tous points défavorable, et si d’autre part la présentation de cette machine n’avait été accompagnée d’une appréciation toute différente, qui, dans les questions de ce genre, emprunte à la position du signataire une certaine autorité, et qui pourrait induire
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- en erreur les personnes qui s’intéressent trop facilement aux promesses de résultats chimériques.
- Déjà plusieurs ouvriers ont cru pouvoir tout quitter pour s’occuper de cette question, et ils en sont à se repentir d’avoir mis leur espoir dans la poursuite d’un résultat qui leur échappe; ils ont fait des dépenses auxquelles il importe de mettre un terme, en leur faisant connaître sans réticence l’opinion de la Société.
- À peine est-il nécessaire de dire que cette prétendue machine, destinée à augmenter la puissance des moteurs, a pour organe principal un levier. Ce levier, qui doit être animé d’un mouvement alternatif, agit, par une de ses extrémités, sur une roue à rochet ; il est chargé, en un point quelconque de sa longueur, de poids plus ou moins considérables, et porte à l’autre bout un arc divisé, qui engrène avec un pignon concentrique avec l’arbre moteur.
- Quand ce pignon est solidaire avec l’arbre, il relève l’arc denté, et avec lui le levier et les poids dont il est chargé ; puis la solidarité cesse, et le levier, en retombant, fait tourner, comme nous venons de le dire, la roue à rochet, dont l’action se transmet à-la machine à faire mouvoir.
- Le déclanchement est obtenu au moment convenable par une came, qui dégage une sorte de mentonnet, chargé d’établir la solidarité nécessaire entre l’arbre et le pignon, pendant que celui-ci doit agir sur le levier pour le relever.
- Ce dispositif ne peut fonctionner sans produire de notables secousses à chaque chute du levier, et il ne saurait, non plus que d’autres, conduire au but avoué du rapport que nous avons sous les yeux, et qui ne craint pas de dire que la machine a pour objet d’augmenter la puissance des moteurs, assertion d’autant plus fâcheuse qu’elle est corroborée par de prétendus résultats d’expériences incomplètes et mal appréciées.
- L’appareil a eu un assez grand retentissement pour être visité par plusieurs ingénieurs. Tout en repoussant le principe, quelques-uns d’entre eux ont vu, dans ce mode particulier de transformation d’un mouvement de rotation en un mouvement alternatif, une combinaison qui pourrait avantageusement être appliquée à la manœuvre des leviers à mouvement alternatif employés dans les divers appareils à élever les fardeaux ; mais nous ne saurions même conseiller cette application, puisqu’elle ne pourrait se réaliser que par une double transformation, fort inutile, d’un mouvement alternatif en mouvement circulaire, et d’un mouvement circulaire en mouvement alternatif.
- Par suite de ces observations, nous avons l’honneur de vous proposer, Messieurs, de donner votre approbation au présent rapport, qui sera tenu à la disposition des personnes qui en demanderont communication.
- Signé Tresca, rapporteur
- Approuvé en séance, le 16 janvier \ 861.
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- AGRICULTURE.
- Rapport fait par M. Hervé Mangon , au nom du comité d’agriculture,
- sur le Traité des constructions rurales, 2e et 3e parties (fin), de M. Louis
- Bouchard-Huzard.
- Messieurs, votre comité d’agriculture vous a rendu compte, en 1858 ( séance du 23 juin) (1), de l’examen auquel il s’était livré du premier volume d’une publication considérable, le Traité des constructions rurales de M. Louis Bouchard-Huzard.
- La Société d’encouragement, dans sa séance générale du 4 août 1858, a décerné à l’auteur de cet ouvrage une de ses médailles d’argent.
- Aujourd’hui, l’ouvrage de M. Louis Bouchard-Huzard est complètement terminé, et votre comité d’agriculture est heureux d’avoir à vous dire que l’auteur a pleinement justifié les éloges et les encouragements que la Société lui a donnés.
- Je n’essayerai pas, Messieurs, de vous présenter une analyse détaillée du Traité de M. Louis Bouchard-Huzard ; je me bornerai à indiquer les principales divisions du travail.
- La 2e livraison ( fin du tome Ier ) est partagée en deux chapitres :
- Le premier chapitre comprend une étude très-détaillée des constructions destinées aux récoltes et aux produits d’une exploitation agricole. L’auteur passe en revue toutes les constructions de cette espèce, depuis les plus simples abris à fourrages jusqu’aux féculeries, distilleries, etc. Je signalerai d’une manière toute spéciale la section consacrée aux fumières, ces modestes ouvrages si nécessaires aux progrès de notre agriculture.
- Le second chapitre est consacré aux constructions destinées à recueillir les eaux nécessaires à une exploitation rurale.
- La seconde partie du livre de M. L. Bouchard-Huzard (tome II) traite de la réunion, en corps de ferme, des différentes constructions étudiées isolément dans la première partie. L’auteur donne, pour chaque classe d’exploitation rurale, un grand nombre d’exemples, et discute avec soin leurs avantages et leurs inconvénients respectifs.
- La troisième partie, enfin, est consacrée aux procédés d’exécution des maçonneries et autres ouvrages qui composent les constructions rurales.
- (1) Voir Bulletin de 1858, 2e série, t. V, p. 461.
- Tome VIII. — 60e année. 2* série. — Février 1861.
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- ENGRAIS.
- Les deux dernières parties du Traité des constructions rurales sont enrichies, comme la première, d’un très-grand nombre de figures dessinées avec soin. L’ouvrage complet renferme 151 planches gravées sur bois et tirées à part, et un très-grand nombre de figures intercalées dans le texte.
- En résumé, les deux dernières parties de l’ouvrage de M. L. Bouchard-Huzard sont dignes des éloges donnés à la première. Nous vous proposons donc, Messieurs, au nom de votre comité,
- 1° De remercier l’auteur de son intéressante communication ;
- 2° D’ordonner l’insertion, dans le Bulletin, du présent rapport.
- Signé Hervé Mangon, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 19 décembre 1860.
- ENGRAIS.
- FRAGMENT d’uN MÉMOIRE SUR LES GISEMENTS DU GUANO DANS LES ÎLOTS ET SUR LES CÔTES DE L’OCÉAN PACIFIQUE; PAR M. BOUSSINGAULT.
- « Les gisements de guano (huano de pajaro) sont répartis sur le littoral du Pérou, entre le 2e et le 21e degré de latitude australe. J’ai vu les premiers dépôts dans la baie de Payta. En avançant vers le sud, on en trouve de distance en distance jusqu’à l’embouchure du Rio-Loa. En dehors de ces limites, le guano se rencontre encore, quelquefois même très-abondamment; mais alors il est à peu près dépourvu des sels ammoniacaux et des principes organiques auxquels il doit une grande partie de ses propriétés.
- <c En allant du sud vers l’équateur, les huaneras principales sont celles de : Chi-pana, Huanillos, Pmta de Lobos, Pabellon de Pica, Puerto ingles, Islas patillos, Punta grande, Isla de Iquique, Pisagua, Ilo, Jésus y Cocotea, les îles de la baie d Tslay.
- « Entre May et un point situé à quelques lieues de Pisco, on ne connaît pas de guano de pajaro (guano d’oiseau), les eaux étant principalement fréquentées par des phoques, des marsouins, des loups de mer (lobos) ; aussi les amas de guano, d’ailleurs fort restreints, que l’on aperçoit dans ces parages, sont-ils presque entièrement formés des excréments et des squelettes de ces animaux.
- « Le guano est déposé sur de petits promontoires, sur des falaises, il remplit des anfractuosités; en général, il est là où les oiseaux trouvent un abri contre les fortes brises du sud. _
- « Les roches de cette partie de la côte consistent en granit, en gneiss, en syénite, etsyénite porphyrique; le guano qu’elles supportent est le plus souvent en couches
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- horizontales, quelquefois cependant elles sont fortement inclinées, comme à Chipana où elles deviennent presque verticales. Dans certaines huaneras on observe un mélange d’excréments d’oiseaux et d’excréments de poissons ou de cétacés (lobos). M. Francisco de Rivero signale particulièrement ce mélange à Punta-Lobos, où, sur des strates d’un guano d’un gris obscur, l’on trouve superposées d’autres strates presque noires, d’une épaisseur de 2 pieds, recouvertes à leur tour par de nouvelles couches de couleurs variées. La strate noire est remplie de petites pierres de porphyre, luisantes, elliptiques, que les phoques (lobos) ont l’habitude d’avaler et qui accompagnent toujours leurs déjections.
- « Les dépôts de guano sont ordinairement recouverts par un agglomérat de sable et de substances salines, le caliche, que les ouvriers enlèvent pour commencer une exploitation. Sur quelques points, comme à Pabellon de Pica et à Punta grande, le gite est au-dessous d’un amas de sable descendu des montagnes voisines, et rien n’établit mieux son ancienneté dans cette localité qu’une observation faite par M. F. de Rivero. Sur la roche qui leur sert de base, l’on voit des couches horizontales de guano supportant un dépôt appartenant à l’alluvion ancienne, de 3 mètres de puissance et dans lequel on trouve des empreintes de coquilles marines, et sur cette alluvion, contrairement à ce qui a lieu ordinairement, sont placées plusieurs strates de guano recouvertes par le sable de l’alluvion moderne.
- « Le plus souvent, l’exploitation du guano a lieu à ciel couvert, après avoir décapé le gîte en enlevant la croûte de caliche. Cependant la huanera de Chipana est exploitée par des travaux souterrains poussés au-dessous de l’agglomérat salin et arénacé.
- « Dans la huanera de Pmta de Lobos, le guano de pajaro, en strates horizontales légèrement ondulées, est d’un brun très-foncé et renferme du guano de lobo, comme l’indiquent des ossements de marsouins, de phoques (lobos) et les pierres polies elliptiques qui caractérisent les déjections de ces animaux. On attaque la masse au pic et à la poudre. Le guano, mis en sac, est glissé sur des radeaux (balsas), qui le transbordent ensuite sur de petits bâtiments (guaneros). Les ouvriers reçoivent une piastre (5<r ,40) par jour, la nourriture et de l’eau douce que l’on est obligé d’aller chercher au Rio-Loa quand les navires en chargement n’en apportent pas.
- « La huanera de Pabellon de* Pica prend son nom du village de Pica, placé à 30 lieues dans F intérieur. C’est une montagne conique de 325 mètres d’altitude 5 la roche cristalline, que l’on suit jusqu’à 160 mètres de hauteur, est recouverte par un grès parfaitement caractérisé et très-moderne. La puissance des strates de guano superposées au grès est de 15 à 20 varas. Le produit le plus estimé provient d’un escarpement de plus de 200 varas de largeur que recouvre un amas de sable. Dans la zone inférieure, les strates sont séparées par une alluvion ancienne de 2 à 3 varas d’épaisseur et d’une grande dureté. Une soixantaine d’ouvriers sont établis sur la huanera, dont la rade est assez profonde pour que les bâtiments (guaneros) y jettent l’ancre à 25 varas de l’embarcadère.....
- « Au nord d’Iquique sont les trois îles de Chincha, les plus riches en guano ammo-
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- nïaeaî, par 13 degrés de latitude australe, et alignées du sud au nord. Leurs sommets ne dépassent pas 110 varas; la base, en granit, est entourée de récifs d’autant plus dangereux pour la navigation, qu’il règne presque constamment un vent très-vif, la paracà, depuis 10 à 11 heures du matin jusqu’au coucher du soleil. La réverbération du sol, la poussière élèvent singulièrement la température ; aussi les ouvriers ne travaillent-ils que la nuit.
- « Le guano est en strates horizontales, assez ordinairement ondulées vers les extrémités. Dans les tailles, on remarque des fissures remplies de cristaux de sels ammoniacaux. On trouve dans ces huaneras des œufs pétrifiés, des plumes, des ossements et même des oiseaux momifiés....
- Constitution du guano.
- « Les premières notions sur la nature du guano sont dues à Fourcroy et Vau-quelin. Dans un échantillon rapporté par Humboldt des îles de Chincha, ils ont trouvé (1): •
- « 1° De l’acide urique, en partie saturé par de l’ammoniaque et par de la chaux;
- « 2° De l’acide oxalique combiné à de l’ammoniaque et à de la potasse;
- « 3° De l’acide phosphorique uni aux mêmes bases et à de la chaux;
- « 4° De petites quantités de sulfate de potasse, de chlorure de potassium et de chlorhydrate d’ammoniaque;
- « 5° Un peu de matière grasse;
- « 6° Du sable, en partie quartzeux, en partie ferrugineux.
- « La composition dn guano ammoniacal était définitivement fixée : depuis on y a reconnu de faibles proportions de xanthine, de guanine.
- « De quinze analyses faites par M. Nesbit sur des échantillons provenant des Iles
- de Chincha, on a eu pour la composition du guano :
- Matières organiques et sels ammoniacaux. . . . 52,52 (2)
- Phosphate de chaux.......................... 19,52
- Acide phosphorique........................... 3,12
- Sels alcalins, etc........................... 7,56
- Silice et sable.............................. 1,46
- Eau......................................... 15,82
- 100,00
- Phosphate de chaux soluble ( neutre )........ 6,76
- Phosphate de chaux insoluble ( basique ). . . . 19,52
- Phosphate total................26,28
- Azote dosé.................................. 14,29
- répondant à ammoniaque.................... 17,32
- (1) Annales de chimie, lre série, t. LVI, p. 258.
- (2) Ces matières organiques comprennent l'acide urique et l'acide oxalique. Je donne, dans mon mémoire, les résultats des analyses faites au Conservatoire des arts et métiers.
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- « Les caractères des guanos provenant des gisements éloignés des côtes du Pérou sont une grande richesse en acide phosphorique et l’absence presque complète de matières azotées.
- a II semble d’ailleurs évident que les guanos terreux et les guanos ammoniacaux ont une même origine : les déjections et les dépouilles des oiseaux de mer. La disparition de l’ammoniaque, dans les premiers, est due probablement à des circonstances locales, telles que l’abondance et la fréquence des pluies qui favorisent naturellement la décomposition des substances organiques ou la dissolution des sels à base d’ammoniaque.
- « La partie du littoral de la mer du Sud où gîte le guano ammoniacal offre en effet cette particularité que, sur une étendue considérable, depuis Tumbes jusqu’au désert d'Atacama, la pluie est pour ainsi dire inconnue, tandis qu’en dehors de ces limites, au nord de Tumbes, dans les forêts impénétrables et marécageuses du Cboco, il pleut presque sans interruption. A Payta, placé au sud de cette province, lorsque je m’y trouvai, il y avait dix-sept ans qu’il n’avait plu. Plus au sud encore, à Chocope (lat. 7°46' S.), on citait comme un événement mémorable la pluie de 1726; il est vrai qu’elle dura pendant quarante nuits, car elle cessait pendant le jour.
- « La rareté des pluies dans ces contrées est attribuée à la permanence et à l’intensité des vents S. S. E. C’est en mai et juin qu’ils soufflent avec le plus de force. Le ciel est alors d’une admirable pureté; la température baisse par l’effet de ces courants d’air venus des régions polaires australes, qui annoncent la fin de l’été (verano). Il n’y a pas d’orage sur cette côte péruvienne 5 un habitant de Lima, de Piura, de Se-chura, s’il n’a pas voyagé, n’a aucune idée du tonnerre. Cependant on se tromperait singulièrement si l’on s’imaginait que la sécheresse est permanente sur le littoral. Pendant plusieurs mois la terre est abreuvée sans recevoir de pluie; les vallées, les coteaux se couvrent de verdure. C’est qu’il arrive une époque où le vent des régions australes est remplacé par un vent du nord à peine perceptible, si faible, qu’il a tout juste la force nécessaire pour faire mouvoir une girouette, pour agiter les banderoles des navires; c’est une légère agitation de l’air, un calme indécis, indiquant que la brise S. S. E. a cessé. A partir de ce changement, de juillet à novembre, l'atmosphère prend un aspect tout différent, que le vent, en reprenant peu à peu, avec mollesse, la direction normale S. S. E., ne modifie qu’avec lenteur. On est alors en hiver (m-vierno). A la vive lumière dont le pays était comme inondé, a succédé un demi-jour qui attriste l’esprit. Le ciel est voilé par un épais brouillard; ce n’est plus que rarement, pendant quelques éclaircies, que l’on aperçoit le soleil ; régulièrement, entre 10 heures et midi, de la vapeur vésiculaire s’élève et se maintient à une certaine hauteur où elle devient un nuage. Pendant ce mouvement ascensionnel, une partie du brouillard se résout en bruine, en garua qui mouille la terre à la manière de la rosée. Les garuas, c’est l’expression indienne, ne sont jamais assez abondantes pour rendre les chemins impraticables, pour pénétrer les vêtements les plus légers ; mais par leur persistance elles introduisent dans le sol assez d’eau pour le rendre fertile, pour le maintenir dans un état convenable d’humectation quand le vent du sud,
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- reprenant son impétuosité, les chasse et s’oppose à leur apparition. D’ailleurs, sur des points heureusement assez nombreux du littoral, l’aridité est seulement à la surface; à une certaine profondeur l’on rencontre une nappé aquifère dont l’origine est dans la Cordilière. Les eaux pluviales que reçoivent les montagnes des Andes, à moins d’être extrêmement abondantes, ne parviennent pas toujours jusqu’à la mer; durant un parcours de 20 à 30 lieues elles sont absorbées par le sable, et, comme cela a lieu à Piura, à Sechura, pour les trouver il faut creuser le lit des torrents desséchés. C’est à la fois à cette imbibition d’un sol arénacé et à la fréquence des bruines ou garuas que le pays compris entre Tumbes et le Chili doit de ne pas être un désert sur toute son étendue.
- a C’est précisément dans cette zone, où la pluie est assez rare pour être considérée comme un événement, entre Payta et le Rio-Loa, que sont situés les gîtes de guano ammoniacal. Au delà, plus au nord, comme plus au sud de ces points extrêmes, le guano exposé aux pluies tropicales est généralement dépourvu d’ammoniaque et de sels solubles; un sel insoluble a résisté : c’est le phosphate de chaux, la base et le caractère des guanos terreux.
- « Pour que le guano ait été accumulé en aussi énormes quantités dans les huane-ras, il a fallu le concours de circonstances aussi favorables à sa production qu’à sa conservation : un climat d’une sécheresse exceptionnelle, sous lequel les oiseaux n’aient pas à se garantir de la pluie, des accidents de terrain offrant des crevasses, des anfractuosités où ils pussent reposer, pondre et couver à l’abri des fortes brises du sud ; enfin une nourriture telle qu’ils la trouvent dans les eaux qui baignent la côte. Nulle part au monde le poisson n’est plus abondant; il arrive quelquefois, pendant la nuit, comme j’en ai été témoin à Payta, qu’il vient échouer vivant sur la plage en nombre prodigieux, sans que la mer soit agitée, comme s’il voulait échapper à la poursuite d’un ennemi.
- « Un des navigateurs espagnols qui accompagnèrent les académiciens français à l’équateur, Antonio de Ulloa, rapporte que « les anchois sont en si grande abon-« dance sur cette côte, qu’il n’y a pas d’expression qui puisse en représenter la « quantité. U suffit de dire qu’ils servent de nourriture à une infinité d’oiseaux qui « leur font la guerre. Ces oiseaux sont communément appelés Guanaes, parmi les-« quels il y a beaucoup d'Alcatras, espèce de Cormoran, mais tous sont compris « sous le nom général de Guanaes. Quelquefois, en s’élevant des îles, ils forment « comme un nuage qui obscurcit le soleil. Us mettent une heure et demie à deux « heures pour passer d’un endroit à un autre, sans qu’on voie diminuer leur mulet titude. Ils s’étendent au-dessus de la mer et occupent un grand espace, après quoi « ils commencent leur pêche, d’une manière fort divertissante; car se soutenant dans « l’air en tournoyant à une hauteur assez grande, mais proportionnée à leur vue,
- « aussitôt qu’ils aperçoivent un poisson, ils fondent dessus, la tête basse, serrant les a ailes au corps, et frappant avec tant de force, qu’on aperçoit le bouillonnement de « l’eau d’assez loin. Us reprennent ensuite leur vol en avalant le poisson. Quelque-v « fois ils demeurent longtemps sous l’eau, et en sortent loin de l’endroit où ils s’y
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- « sont précipités, sans doute parce que le poisson fait effort pour échapper'et qu’ils « le poursuivent disputant avec lui de légèreté à nager. Ainsi on les voit sans cesse « dans l’endroit qu’ils fréquentent, les uns se laissant chévir dans l’eau, les autres « s’élevant; et comme le nombre en est fort grand, c’est un plaisir que de voir cette « confusion. Quand ils sont rassasiés, ils se reposent sur les ondes; au coucher du « soleil, ils se réunissent et toute cette nombreuse bande va chercher son gîte. On « a observé, au Callao, que les oiseaux qui se gîtent dans les îles et les îlots situés « au nord de ce port vont dès le matin faire leur pêche du côté du sud, et revienne nent le soir dans les lieux d’où ils sont partis. Quand ils commencent à traverser « le port, on n’en voit ni le commencement ni la fin (1). »
- « La rareté des pluies, comme la prédominance des vents du sud, l’abondance extraordinaire du poisson et des oiseaux pêcheurs sur ces côtes, n’avaient pas échappé à l’attention des premiers Espagnols qui foulèrent le sol péruvien. Un des historiens, qui fut aussi un des acteurs de la conquête, Âugustino Zarate, écrivait au xvie siècle : « Ceux qui ont soigneusement examiné la chose prétendent que la cause naturelle de « ce phénomène (le manque de pluie) est le vent du sud qui règne pendant toute « l’année sur les côtes et dans la plaine, où il souffle avec tant de violence, qu’il « emporte les vapeurs qui s’élèvent de la terre et de la mer sans qu’elles puissent « monter assez haut en l’air pour s’y rassembler et former des gouttes de pluie. Ce « même vent est aussi la cause qui fait que les eaux de la mer du Sud courent tou-
- « jours vers le nord, ce qui rend difficile la traversée de Panama au Pérou.....
- <t Dans la vallée où Lima est situé, ajoute Zarate, le séjour y est fort agréable, « parce que l’air est si tempéré, qu’en aucune saison on n’y est incommodé par le <c froid ou par la chaleur. Pendant les quatre mois durant lesquels on a l’été en Este pagne, l’on sent à Lima un peu plus de fraîcheur qu’il n’en fait dans le reste de « l’année, et il y tombe alors le matin, jusqu’à vers midi, une sorte de rosée menue,
- « à peu près comme les brouillards que l’on voit à Yalladolid......
- « Tout le long de la côte, on y trouve des poissons de toutes espèces, surtout des « veaux marins qui sont la pâture des vautours. Il y a aussi des oiseaux nommés « alcatraz, ressemblant à nos poules ; ils sont fort communs, puisqu’on les observe « partout sur un espace de plus de 2,000 lieues; ces oiseaux se nourrissent de pois-« sons de mer (2). »
- « Sous un climat aussi constant, sur un sol que l’action érosive des météores aqueux ne modifie pas, sur des plages où les marées sont à peine perceptibles, où l’on ne voit nulle part des dunes envahissantes, l’aspect de la nature est immuable. En 1832, sur ces rivages baignés par l’océan Pacifique, j’assistais à ces mêmes scènes qu’avaient décrites Ulloa, Fraizier, et bien avant eux, Zarate. Des alcatraz, des pheni-copterus, des ardéas se livraient à la pêche comme sous le règne des Incas. A Piura, l’on trouvait encore de l’eau en creusant dans le lit du torrent desséché. A Chocope
- (1) Ulloa, t. I, p. 486.
- (2) Zarate, Histoire de la conquête du Pérou, t. I.
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- il n’avaît pas plu depuis 88 ans. Le rio Tumbes entrait dans la mer avec le môme calme, efr peut-être qu’en cherchant bien on aurait reconnu sur ses bords les traces laissées par cette poignée de soldats intrépides qui le franchirent en 1531, pour exécuter, avec un éclatant succès, l’entreprise la plus audacieuse qu’on ait jamais tentée; les bandes de Pizarre et d’Almagro avaient passé par là pour aller s’emparer du Pérou; et pas un de ces hardis compagnons ne daigna jeter un regard sur ces inépuisables gisements de salpêtre, sur ces humeras, dont l’importance dépasse aujourd’hui celle des mines les plus productives du nouveau monde.
- « Les intéressants travaux géodésiques exécutés par M. Francisco de Rivero donneraient pour le volume du guano, dans les huaneras, en 1844 :
- Varas carrées.
- Huaneras du sud.................................... 713,637
- Guano de Punta Grande et guano déjà extrait........
- Iles de Chincha.................................... 1,450,224
- Huaneras de Yiejas y Carretas, Ballesta............
- Varas cubiques. 15,842,814 6,157,186 36,500,000 60,000
- 58,560,000
- « M. Francisco de Rivero a trouvé, pour le poids de la vara cubique, 1,400 livres espagnoles, soit 645 kilogrammes.
- « On aurait alors, pour le poids du guano ayant existé dans les huaneras, 378 millions de quintaux métriques.
- « Dans celte évaluation ne sont pas compris les gisements au sud du Rio-Loa, parce qu’ils appartiennent au Chili, ni ceux que l’on connaît au nord des îles de Chincha jusqu’à Payta, où je les ai vus reposer sur des schistes noirs, argileux, dont les cimes, vues d’une certaine distance, paraissaient couvertes de neige.
- « Les gisements de guano sont tellement considérables, que l’on a douté qu’ils fussent bien réellement formés par des excréments d’oiseaux appartenant à l’époque actuelle. Humboldt était très-enclin à les considérer comme antédiluviens, comme des amas de coprolithes ayant conservé leur matière organique originelle. Il reculait devant l’âge qu’il faudrait assigner à ces dépôts dont l’épaisseur atteint quelquefois 30 mètres, parce qu’il supputait qu’en trois siècles les déjections des oiseaux qui fréquentent les îles de Chincha ne dépasseraient pas une épaisseur de 1 centimètre.
- « M. Francisco de Rivero croit, au contraire, que cette prodigieuse accumulation de guano est tout naturellement expliquée par la multitude des guanaes, désignés sur les côtes du Pérou sous les noms de piqueros, sarcillost gaviotas, alcatraces, pagaro-ninoSy patillos, etc. Si aujourd’hui, dit-il, malgré la persécution qu’ont soufferte et que souffrent encore les guanaes, on en voit néanmoins des milliards se poser sur les récifs ou sur les sommets escarpés des îlots, qu’était-ce avant l’occupation du Pérou par les Européens, lorsqu’ils étaient pour ainsi dire les seuls habitants du littoral? Il ajoute que pour concevoir la formation du guano des îles de Chincha, évalué à 500 millions de quintaux espagnols, il suffit d’admettre, ce qui n’a rien d’exagéré, qu’un guanaes rend chaque nuit une once d’excréments et que toutes les vingt-quatre heures 264,000 de ces oiseaux fonctionnent dans les huaneras. En 6,000 ans,
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- M. Francisco de Rivero ne va pas au delà, par égard pour la date du déluge, le guano déposé pèserait 361 millions de quintaux, et l’on ne doit pas oublier qu’aux déjections s’ajoutaient nécessairement les dépouilles des oiseaux. 264,000 guanaes habitant à la fois les îles de Chincha est unfnombre que l’on ne répugne aucunement à accepter, quand on a vu se mouvoir ces nuées de volatiles dont, pour employer l’expression d’Ulloa, cc on n’aperçoit ni le commencement ni la fin, » qui font naître l’obscurité et, en rasant la surface de la mer, empêchent un navire de manœuvrer. Ce nombre peut d’ailleurs subir une sorte de contrôle. Les guanaes ne pêchent que pendant la journée ; la nuit ils se retirent dans les huaneras. Dans l’hypothèse de M. Francisco de Rivero, les îles de Chincha en recevraient 264,000; la question est donc de savoir si la place ne leur manquerait pas. Or la surface de ces îles est de 1,450,224 varas carrées; un guanaes y pourrait donc disposer de 5,5 varas, soit à peu près 4 mètres carrés sur lesquels il se trouverait parfaitement à l’aise.
- « Que le guano appartienne à l’époque actuelle ou qu’il ait été déposé à une époque antérieure, toujours est-il qu’il représente une masse énorme de substances organiques ayant appartenu aux habitants de l’Océan, et comme les déjections dérivent des aliments, les poissons détruits par les oiseaux pêcheurs en ont été la matière première ; tous les éléments enfouis dans les huaneras ont incontestablement fait partie de leur organisation, et il n’est pas impossible d’estimer la quantité de poisson qui a été consommée.
- « En négligeant ce qu’un oiseau de mer dissipe pendant la combustion respiratoire, l’on est autorisé à croire que la presque totalité de l’azote de la nourriture se retrouve dans les déjections, et par conséquent dans le guano ammoniacal, qui n’est autre chose que la déjection conservée par l’effet de circonstances particulières sur lesquelles j’ai insisté précédemment. L’albumine, l’acide urique ont donné lieu sans doute à une production d’ammoniaque, ou ont éprouvé d’autres modifications dans lesquelles se trouve l’azote qui entrait dans les fèces des guanaes, et, par conséquent, dans le poisson digéré par ces oiseaux. Un poids donné de guano ammoniacal aura donc pour équivalent un certain poids de poisson dans lequel il entrera la même quantité d’azote.
- « Le guano du Pérou quand il vient d’être extrait, lorsqu’il n’est pas avarié, renferme, comme nous l’avons vu, en moyenne, environ 14 pour 100 d’azote.
- « Des recherches que j’ai faites il y a quelque temps m’autorisent à admettre que le poisson à sa sortie de la mer contient 2,3 d’azote pour 100.
- « Ainsi 100 kilogrammes de guano contiendraient l’azote de 600 kilogrammes de poisson de mer, et comme dans les huaneras, avant qu’on eût poussé aussi activement leur exploitation, il y avait 378 millions de quintaux métriques de guano, on aurait 2,268 millions de quintaux de poisson de mer.
- « Telle a dû être, en effet, l’énorme quantité de poissons dévorés dans le cours des siècles par une suite de générations non interrompues de guanaes, et les 53 millions de quintaux d’azote qui s’y trouvaient avaient réellement appartenu à l’atmo-Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Février 1861. 13
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- sphère 5 car l’azote, comme je l’ai énoncé depuis longtemps, n’a pas d’autre gisement primitif (1).
- « Les êtres organisés ont dans leur constitution, indépendamment des sels minéraux, du carbone, les éléments de l’eau et de l’azote. Le carbone, dans les carbonates, dans le graphite, appartient aux plus anciennes formations; le carbone pur, le diamant, accompagnent l’or et le platine dans les détritus du granit, du gneiss, dessyé-nites. L’eau, d’après les belles expériences de MM. de Senarmont et Daubrée, a joué un rôle important dans le métamorphisme des terrains cristallins. Des éléments de l’organisme, l’azote est donc le seul qu’on ne trouve pas fixé dans les roches d’origine ignée ; nous ne le voyons apparaître que dans les dépôts sédimentaires, là où il y a des vestiges d’êtres ayant végété ou respiré sur la terre, et tout nous porte à croire qu’il n’a pénétré dans les tissus des plantes et par suite dans les tissus des animaux qu’après avoir été transformé en acide nitrique ou en ammoniaque, états sous lesquels on le rencontre habituellement dans l’atmosphère.
- « Comme les houillères, comme les dépôts tourbeux, comme les diluviums à ossements et à coprolithes, les humeras recèlent, en les tenant en quelque sorte sous le séquestre, des matériaux des anciens mondes que l’homme, dans son incessante activité, fait entrer dans le monde moderne.
- « En fertilisant un champ avec leurs produits, on métamorphose en aliments les excréments des oiseaux de mer; de même que, en brûlant des combustibles minéraux, on restitue à l’atmosphère du carbone, de la vapeur aqueuse, de l’azote, qu’en avait soustraits la végétation propre à l’époque houillère. C’est ce qu’exprimait avec autant d’esprit que de vérité un illustre ingénieur anglais, G. Stephenson, en voyant avancer à toute vitesse un convoi sur un des nombreux chemins de fer qu’il avait créés : Ce ne sont pas, disait-il, ces puissantes locomotives dirigées par nos habiles mécaniciens qui font marcher ce train, c’est la lumière du soleil; la lumière qui, il y a des myriades d’années, a dégagé le carbone de l’acide carbonique, pour le fixer dans des plantes qu’une révolution du globe a modifiées en houille.
- « Les restitutions des anciens mondes n’ont pas lieu seulement envers l’océan aérien, mais aussi envers le sol. Les huaneras renferment des substances minérales parmi lesquelles figure le phosphate calcaire; dans le guano le plus ammoniacal d'Àngamos ou des îles de Chincha il n’y en a pas moins de 25 pour 100; les guanos terreux en sont presque entièrement formés, et l’on peut, sans aucune exagération, estimer le phosphate de chaux de ces gisements à 95 millions de quintaux métriques, de quoi former le système osseux de quatre billions d’hommes (2), et cependant ce n’est réellement là qu’une parcelle des phosphates répartis dans les divers étages de la série géologique. Dans le guano, tout le phosphate a nécessairement pour origine le poisson consommé par les guanaes, ou, en prenant les choses de plus loin, la terre;
- (1) Annales de chimie et de physique, 2e série, t. LXX1, p. 116; 1839.
- (2) D’après une donnée de notre savant confrère M. Jobert de Lamballe.
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- ce qui a fait dire à M. Élie de Beaumont, avec une grande justesse de vue, que, dans les êtres organisés, « l’azote vient d’en haut et le phosphore d’en bas. »
- « Les matériaux accumulés dans ces ossuaires des temps primitifs que l’on rencontre dans le calcaire jurassique, dans le calcaire néocomien, dans les grès verts, dans les cavernes anciennement habitées par des générations de carnassiers, les co-prolithes n’ont offert, jusqu’en 1847, qu’un intérêt purement scientifique; mais aussitôt que la chimie eut signalé leur richesse en acide phosphorique, l’on comprit que, dans certaines limites, ils devaient agir comme le guano; dès lors on les rechercha avec ardeur. Aujourd’hui l’agriculture européenne reçoit ces phosphates des extrémités du monde : des îles de l’océan Pacifique, de la mer Caribe, du golfe du Mexique, des côtes de l’Afrique et de l’Australie; pour s’en procurer, les navigateurs abordent des bancs de coraux, des récifs qu’ils évitaient autrefois comme de dangereux écueils.
- « Qu’il me soit permis, en terminant, de constater devant l’Académie des sciences que ce grand mouvement commercial, qui a pour résultat la diffusion des matières fertilisantes, a eu pour unique impulsion une observation faite par un géologue éminent, le docteur Buckland, et les analyses si remarquables de l’un de ses membres les plus distingués, M. Berthier. »
- ( Comptes rendus de l’Académie des sciences. )
- ARTS MÉCANIQUES.
- ARDOISIÈRES D’ANGERS.
- On se rappelle que la Société d’encouragement, dans sa séance du 20 février 1856, a décerné une médaille d’or à M. Larivière, gérant de la commission des ardoisières d’Angers, pour les perfectionnements apportés successivement par lui dans l’exploitation de ces importantes carrières ainsi que dans le mode de préparation de leurs produits (1).
- Depuis cette époque et malgré les inondations de 1856, les travaux n’ont pas cessé de se développer pour satisfaire aux besoins d’une consommation toujours croissante. On jugera de l’augmentation considérable de l’exploitation commerciale par le tableau suivant qui met en regard la situation au 31 décembre 1855 avec celle au 31 décembre 1860.
- (1) Voir Bulletins de 1852, 1« série, t. LI, p. 309; 2e série, 1855, t. II, p. 7, et 1856, t. [II.
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- TABLEAU COMPARATIF DE LA SITUATION
- AU 31 DECEMBRE 1335.
- SUPERFICIE DES FONDS EXPLOITÉS. . 22,597 mètres carrés. MACHINES A VAPEUR.
- Fresnais................. 1980“a.06
- Paperie................ 4955 .00
- Gravelle............... 2800 .00
- Petits-Carreaux.......... 3253 .60
- Hermitage................. 3500 .00
- Grands-Carreaux.. . . . 2688 .79
- Porée.................... 2520 .00
- Ruisson................... 899 .55
- Total........ 22597m2.00
- CHEVAUX POUR L'EXPLOITATION. 192 chevaux.
- 34 machines
- d’une force totale de 573 chevaux-vapeur.
- NOMBRE D’OUVRIERS EMPLOYÉS.
- Ouvriers d’en haut..................... 1,030
- — d’en bas.............................. 537
- Journaliers............................. 756
- Enfants. ................................. 168
- Employés................................... 37
- Ouvriers employés à l’atelier mécanique. 12
- Total.......2,540
- f
- FABRICATION.
- Ardoises ordinaires.........'. . . . 138,632,100 ardoises pesant 60,785,872 kilogr.
- modèles anglais........... 1,608,062 — 2,979,495 —
- Pierres travaillées mécaniquement. . . ponr mémoire. — .........
- Total............. 140,240,162 ardoises pesant 63,765,367 kilogr.
- LIVRAISON.
- Ardoises ordinaires.............
- — modèles anglais............
- Pierres travaillées mécaniquement.
- 138,322,500
- 1,126,160
- Pour mémoire.
- Se divisant' comme suit:!
- Par ch. de fer.
- — batellerie.
- — roulage. .
- 30,693,000 ardes pes‘ 14,694,127k 85,653,000 — 36,248,567k
- 24,102,660 — 9,882,090k
- Total
- 139,448,660
- Total. . . 140,448,660 ardes pes* 60,824,784k
- PRODUIT DES VENTES.
- Toutes ardoises réunies,
- 2,803,379 fr. 03 c.
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- DES ARDOISIÈRES D’ANGERS
- AU 3 fl DÉCEMBRE fl 360.
- SUPERFICIE DES FONDS EXPLOITÉS. . 24,983“2,86c-
- Fresnais . . 5599“ 8.50
- Paperie . . 2400 .00
- Petits-Carreaux.. . . . . 6166 .00
- Hermitage . . 2940 .00
- Grands-rarrAair* - . . 2924 .36
- Trélazé . . 4954 .00
- Total. . . , . . 24983“ 2.86
- CHEVAUX POUR L’EXPLOITATION. 213 chevaux.
- MACHINES A VAPEUR.
- 32 machines
- d’une force totale de 537 chevaux-vapeur.
- NOMBRE D’OUVRIERS EMPLOYÉS.
- Ouvriers d’en haut.......................1,344
- — d’en bas............................ 676
- Journaliers............................... 648
- Enfants................................... 148
- Employés................................... 42
- Ouvriers employés à l’atelier mécanique. 25
- Total.......2,883
- FABRICATION.
- Ardoises ordinaires.................. 205,745,100 ardoises pesant 87,276,852k
- — modèles anglais................. 1,106,620 — 2,599,105k,5
- Pierres travaillées mécaniquement.... Pour mémoire* ••••••«•
- Total............ 206,851,720 — 89,875,957k,5
- LIVRAISON.
- Ardoises ordinaires.............
- — modèles anglais............
- Pierres travaillées mécaniquement.
- 222,414,200 .. . / Par ch. de fer. 114,824,600 ardes pest 53,422,587k
- 1,543,570 be dlV1Santt] — batellerie. 94,782,470 — 39,498,591k
- Ponrmémoire.COmmeSUlt:( - roulage. . 14,350,700 — 5,740,280k
- Total......... 223,957,770
- Total. . . 223,957,770 ard” pest 98,661,458k
- PRODUIT DES VENTES.
- Toutes ardoises réunies.
- 3,932,181 fr. 05 c.
- NOTA. La surface de toiture produite par l'ensemble des ardoises livrées en 1860 et employées suivant les règles de Fart du couvreur est égale à 4,281,201 mètres
- superficiels.
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- SILVICULTURE.
- SILVICULTURE.
- DE LA CULTURE ET DE LA RÉCOLTE DU LIÈGE EN ALGÉRIE; PAR M. GAULTIER DE CLAUBRY.
- ( Extrait d’une notice lue dans la séance du 18 juillet 1860. )
- L’écorce du Quercus Suber, connue sous le nom de liège, jouit de propriétés qui la font rechercher pour des usages dans lesquels nul autre produit naturel ou fabriqué n’a pu la suppléer, malgré les nombreux essais tentés, en présence d’une consommation toujours croissante, pour suppléer à l’insuffisance de la matière première.
- Jusqu’ici le liège n’a été trouvé que dans quelques parties méridionales de l’Europe, telles que la Catalogne, la Corse, la Sardaigne, les départements du Lot-et-Garonne et du Var, l’Algérie et le Maroc.
- Les forêts de la Corse et de la Sardaigne, presque entièrement, sinon complètement épuisées par le système de récolte destructif qu’ont suivi des compagnies anglaises, ont laissé presque uniquement peser sur la Catalogne et sur nos deux départements le soin de fournir aux exigences d’une consommation qu’ils sont impropres à satisfaire. Quant à l’Algérie, on l’avait pendant longtemps regardée comme une terre sans aucun avenir pour la silviculture, et par conséquent incapable de fournir en liège ce qui manquait dans les pays qui l’avaient jusqu’alors fourni. Mais la vérité s’est fait jour, et l’on a fini par reconnaître, dans notre colonie, des richesses en forêts que les évaluations les plus modérées n’estiment pas à moins de 1,109,000 hectares.
- Dès 1846, on y a reconnu l’existence de forêts de chêne-liège dont quelques parties, aux environs de la Galle, ont été concédées; et, depuis cette époque, l’Administration en a fait étudier des étendues si considérables, principalement dans la province de Constantine, qu’elle évalue aujourd’hui à 300,000 hectares les parties con-cessibles. Aussi a-t-elle déjà accordé 28 concessions variant entre 2,000 hectares pour un très-petit nombre, et 4 ou 5 pour la plupart des autres, et l’on peut prévoir que, dans peu d’années, la récolte du liège y sera pratiquée sur la plus large échelle.
- En présence d’une question qui touche à la fois aux intérêts de l’État, du commerce et de l’industrie, on doit comprendre que les efforts de l’Administration et des concessionnaires doivent tendre à exploiter ces nouvelles forêts de la manière la plus avantageuse. Or, la culture et la récolte du liège étant connues et pratiquées depuis longtemps, on doit surtout chercher à profiter de l’expérience acquise pour introduire, dans les méthodes suivies jusqu’ici, les améliorations qu’elles sont susceptibles de recevoir.
- Pour acquérir l’épaisseur et les qualités voulues, l’écorce du chêne-liége doit être développée pendant un temps suffisant, mais qui ne saurait être dépassé sans des inconvénients très-graves, et dès lors c’est par un système de rotation intelligemment combiné que la récolte doit en être opérée.
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- SiLVICULTURE.
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- La première écorce, désignée sous le nom de liège mâle, d’où vient le nom de dé-masculage ou démasclage, est dure, profondément crevassée et impropre à aucun usage tant soit peu important, si ce n’est la madrague, qui n’est appelée à en consommer qu’une très-faible partie : aussi ce liège de démasclage devient-il une charge pour les exploitants ; sa présence dans les forêts y augmente et y perpétue les chances d’incendie. Au bout d’un intervalle de huit à douze ans, l’écorce nouvelle, ayant acquis l’épaisseur voulue pour la fabrication des bouchons, est récoltée, et bientôt apparaît une nouvelle écorce qui, à son tour, recevra la même destination lorsqu’elle sera devenue suffisamment épaisse.
- Deux systèmes de récolte sont en présence : l’un qui consiste à rentrer, par périodes régulières, dans les parties des forêts dont le liège a été enlevé; l’autre à n opérer que sur les arbres dont l’écorce a acquis l'épaisseur nécessaire, en laissant celle des autres parvenir au point où elle a toutes les qualités voulues. Cette seconde méthode, seule rationnelle, seule de nature à fournir constamment des produits comparables, à assurer les intérêts des exploitants, est appelée furetage on jardinage. Quant à la première, elle est désignée, par certains forestiers, sous le nom de coupes; mais cette désignation nous semble impropre en ce sens que, bien loin d’abattre les arbres, on les conserve avec le plus grand soin pour la reproduction du liège, et nous préférons lui donner la dénomination de rotation régulière, qui nous paraît mieux appropriée.
- Abstraction faite des qualités telles que le moelleux, Vuniformité de la masse, etc., le liège doit avoir une épaisseur minimum donnée pour être accepté par le commerce; cette épaisseur est de 0m,022 (1). Si, pour la fabrication de quelques espèces de bouchons, l’épaisseur peut être portée jusqu’à 40 et 50 millimètres, il ne peut être indifférent aux producteurs que la masse de liège qu’ils récoltent ait acquis une épaisseur surpassant la moyenne ; car le travail doit la faire disparaître, et dès lors, toute la partie excédante étant perdue pour la fabrication, le liège ne peut être acheté à sa véritable valeur.
- Le système de récolte par coupes ou rotation régulière, ainsi que nous avons cru plus convenable de l’appeler, conduit donc à ce résultat défavorable que, pour le très-grand nombre d’arbres dont l’écorce n’a pas acquis, à l’époque de la rotation, l’épaisseur minimum, on est forcé de laisser s’écouler une nouvelle période avant d’enlever ce liège, qui se trouve alors exposé soit à durcir, à se fendiller, à perdre une partie de sa valeur, soit à acquérir une épaisseur superflue n’offrant aucun rapport entre sa valeur vénale et les dépenses qu’a occasionnées sa récolte. D’où cette conséquence que le jardinage est la seule méthode rationnelle de récolte; mais cette méthode est en opposition directe avec celle des forestiers, et par conséquent avec la manière de voir de l’Administration portée tout naturellement à adopter l’opinion des agents chargés de l’inspection des forêts en Algérie.
- Du jour où le Gouvernement a adopté le système des concessions pour l’exploita-
- it) L’art'cle 23 du cahier des charges pour les exploitations du liège en France dit que « le « liège doit avoir sur....de son étendue une épaisseur de 0m,023. »
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- SILVICULTURE.
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- tion de cette richesse forestière, l’Administration a dû dresser un cahier général des charges destiné à les régulariser. Or celui qui a été rédigé en 1849 par M. Cetto, alors chef du service forestier en Algérie, repose sur une base inacceptable; Y abatage des arbres en forme le principal, la récolte des écorces Y accessoire, c’est-à-dire précisément l’inverse de ce qui devrait être. L’idée qu’on avait alors des bénéfices que pouvait fournir l’exploitation du liège l’avait conduit à borner à quarante années, dont l’insuffisance est aujourd’hui démontrée, les concessions accordées, et à fixer à 10 pour 100 du produit brut pour la première levée du liège de reproduction les redevances à payer à l’État, à 15 pour 100 pour les levées suivantes, et à 30 pour 100 pour la dernière. Une étude plus approfondie de la question n’a pas tardé à démontrer l’erreur de ces évaluations, et l’Administration s’est vue dans la nécessité de refondre complètement le cahier des charges primitif.
- L’importance d’une question à laquelle se rattachent tant d’intérêts divers doit appeler sur chaque détail une discussion sérieuse ; d’ailleurs cette discussion est d’autant plus nécessaire, qu’un inspecteur des forêts de l’Algérie, M. Lambert, auquel sa position a dû permettre de connaître, jusque dans ses plus minimes détails, tout ce qui a rapport à l’exploitation du liège, a publié, sur les conditions à imposer aux concessionnaires, une brochure (1) qui a attiré l’attention de tous ceux qu’intéresse à divers titres cette importante question.
- L’existence des forêts de chêne-liége de l’Algérie une fois bien constatée, il importe de s’appliquer à les conserver et à leur faire rendre tout ce qu’elles sont de nature à fournir. Pour parvenir à ce but, il est, selon nous, indispensable d’adopter, après mûr examen, le système de culture et de récolte le plus approprié au climat et à la nature du sol; d’appliquer ce système dans toutes les conditions d’une bonne exploitation; de favoriser, au lieu de la comprimer par des entraves, l’initiative des concessionnaires; d’offrir enfin, aux capitaux qui consentent à vivifier cette grande indus-trie, des chances honorables et positives d’une large rémunération, seule de nature à les attirer et à les maintenir dans une colonie dont la valeur a été trop longtemps méconnue.
- La rotation de huit années avait été adoptée dans le principe pour l’exploitation du liège, dans la conviction où on était alors de l’influence du climat de l’Algérie sur la rapidité d’accroissement de cette écorce. Mais aujourd’hui des preuves irrécusables ayant démontré qu’à huit ans le liège n’atteint pas l’épaisseur voulue, c’est à une période de dix ans qu’il semble convenable de se fixer. Quel que soit, d’ailleurs, le chiffre de cette période, il ne s’en présente pas moins une difficulté importante : ainsi, par exemple, la récolte ayant lieu par séries, si elle doit être complète dans chacune de ces séries, il pourra se faire que sur beaucoup d’arbres le liège n’ait pas atteint l’épaisseur minima; dès lors il y aura perte pour l’exploitant, car une partie de sa récolte ne sera pas acceptée par le commerce. Faudra-t-il, dans ce cas, laisser huit ou dix ans
- (1) Exploitation des forêts de chêne-liége et de bois d’olivier en Algérie; par Ernest Lambert, inspecteur des forêts. — Paris, 1860, bureau des Annales forestières.
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- de plus le liège sur l’arbre et attendre ainsi une rotation nouvelle? Mais l’épaisseur anormale qu’il prendra donnera lieu inévitablement à une quantité de déchets qui deviendra également une source de perles.
- En présence de ces inconvénients, le système de récolte par furetage ou jardinage est le seul qui nous semble devoir conduire à des résultats normaux, puisqu’il permet d’enlever le liège à l’époque où il a acquis sa véritable valeur.
- Telle n’est pas cependant la conclusion à laquelle arrive M. Lambert, qui, sous le nom d'exploitation rationnelle, propose un système rendant impossible toute large exploitation et nécessitant un plus grand nombre d’agents forestiers. Ce système repose sur la formation de lots parmi lesquels on choisirait, pour en former des séries annuelles, ceux qui offriraient le plus grand nombre de caractères analogues, quelle que fût leur position relative sur la surface d'une concession, et pour lesquels l'exploitation varierait de huit à douze ans.
- Sans aucun doute, il est assez probable que les écorces d’arbres choisis ainsi dans certaines conditions de nature, d’élévation du sol, etc., offriraient des analogies. Mais, d’une part, qui pourrait affirmer que beaucoup d’arbres ne se trouveraient pas en retard sur d’autres, et qu’on ne retomberait pas ainsi dans les inconvénients précédemment signalés ; et, d’un autre côté, comment appliquer ce mode de récolte à des forêts dans lesquelles le démasclage a été opéré par séries ou coupes, de sorte que tous les arbres doivent être regardés comme propres à être récoltés à la fin d’une même rotation? En vérité, ce n’est guère la peine de créer de nouveaux modes de récolte quand le jardinage satisfait complètement à toutes les conditions d’une bonne exploitation.
- Qu’oppose-t-on, en définitive, à ce dernier système? Sont-ce les difficultés de parcourir de grands espaces, l’augmentation de dépenses qui en résulterait pour les exploitants, le danger de récoltes anticipées ou de nature à compromettre les arbres ? Or les concessionnaires nous semblent les meilleurs juges des deux premières questions, et certes il n’en est aucun qui serait disposé à adopter un mode capable de compromettre ses intérêts. Quant à la troisième, ce que nous avons dit sur le maximum d'épaisseur du liège offre une garantie suffisante dans le cours des concessions. A l’approche de leur expiration, il pourrait peut-être se produire quelques tentatives ayant pour but de prélever des écorces qui devraient appartenir aux années postérieures. Mais des mesures administratives convenables pourraient parer à ce danger, et d’ailleurs l’Administration est suffisamment armée à cet égard pour réprimer les délits et en punir les auteurs.
- En résumé, le système de M. Lambert aboutit à une augmentation du personnel forestier ainsi qu’à une plus grande intervention de sa part dans les exploitations, modifications qui, étant la source de plus grandes charges pour les concessionnaires, ne peuvent tendre qu’à surélever le prix des produits au détriment du commerce et de l’industrie. Et qu’on ne pense pas qu’il y ait exagération ou interprétation erronée; c’est dans la brochure même de M. Lambert qu’on en peut trouver la preuve. Construction de maisons dispendieuses au lieu de baraques pour les agents forestiers, établissement de 20 kilomètres de routes carrossables et de 4 0 kilomètres de sentiers Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Février 1861. 14
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- muletiers, défrichement de 1,200,000 mètres carrés de broussailles avec formation de tranchées séparatives, confection d’un plan aussi détaillé que s’il s’agissait de l’aménagement d’une forêt destinée à l’exploitation des bois, telles sont les charges extrêmement lourdes que M. Lambert voudrait voir imposer aux exploitants pour une concession de 3,000 hectares. A ces dépenses, il faut nécessairement en ajouter une foule d’autres, telles que les frais généraux (directeurs et employés); la main-d’œuvre, qui, pour l’enlèvement du liège d’un seul arbre, revient à plus de 0f,15 ( M. Lambert ne l'évalue qu’à 0f,10 ); les intérêts et l’amortissement du capital inévitablement improductif pendant huit ou dix ans (M. Lambert ne l’évalue pas à moins de 500,000 fr.); l’abatage des arbres morts, mal-venants; le repeuplement, qui doit se faire sur grande échelle suivant le système de M. Lambert; etc., etc. Pour subvenir à ces dépenses multipliées, le liège, il ne faut pas l’oublier, constitue le seul revenu dont on dispose; examinons donc quel est le peuplement des forêts par hectare, quelle est la quantité de liège fournie par chaque arbre et quelle est la nature du produit exploité.
- Disons de suite, relativement à ce dernier point, que rien n’autorise, ainsi que le fait M. Lambert, à considérer le chêne-liége d’Algérie comme une variété particulière meilleure que ses congénères d’Europe et à attribuer à son écorce une supériorité de qualité.
- A l’origine des concessions, des rapports émanant des agents de l’Administration forestière portaient de 350 à 360 le nombre d’arbres par hectare, et de 20 à 25 kiiog. la quantité de liège fournie par chacun d’eux; mais ces évaluations étaient exagérées, et, aujourd’hui que la question est mieux étudiée sous ce rapport, on admet, en général, une moyenne de 110 à 120 arbres avec 8 kilog. de liège par arbre.
- Dans son mémoire, M. Lambert fixe à 155 le nombre des arbres ( en réalité 11S, en déduisant les vides), à llk,740 la quantité de liège dans le cas d’une rotation de huit années, et à 17k,293 cette même quantité pour une rotation de dix ans. Pour justifier ses assertions, l’auteur a choisi, dans la forêt de l’Edough, près de Bone, 116 arbres dont les positions lui ont semblé représenter les diverses parties de la concession ; les expériences qu’il a exécutées avec beaucoup de soin et qui ont nécessairement dû fournir des quantités de produits supérieures à celles que peut fournir l’exploitation courante l’ont conduit aux résultats que nous venons de citer.
- Sans entrer dans une discussion détaillée de ses opérations, nous pouvons immédiatement comparer ses chiffres avec ceux fournis par l’exploitation d’un lot de cette même forêt de l’Edough, exploitation opérée sous son inspection et dont les produits reconnus par les agents forestiers ont acquitté la redevance sur son attestation. Or la moyenne de deux récoltes à huit et neuf ans, sur 33,546 arbres, a été de 6k,5 par arbre; d’où il résulte, sur la totalité, une différence considérable avec la proportion qu’on aurait dû obtenir d’après les expériences.
- Nous ne pousserons pas plus loin l’examen du système de M. Lambert, mais nous rappellerons que l’Administration a depuis longtemps acquis la certitude que les conditions primitivement imposées pour l’exploitation du liège devaient être réformées ; les tentatives faites à diverses reprises dans ce sens, les remarquables rapports aux-
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- quels a donné lieu l’étude de cette importante question, les nombreux renseignements qui ont été fournis, ceux qui peuvent se produire encore, ne laissent plus de doute à cet égard. Et quand on pense que d’énormes capitaux ont déjà été appliqués à l’aménagement des forêts de chêne-liége de l’Algérie, que les plus graves intérêts de la colonie sont attachés à cette exploitation, que le commerce, la marine et l’industrie y doivent trouver les plus importants éléments d’action, on ne saurait appeler trop sérieusement l’attention sur les conséquences que pourrait entraîner l’adoption de mesures basées sur des données d’autant p us dangereuses qu’elles semblent être le résultat de faits bien observés.
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- DE L’EMPLOI DU CHARBON DE BOIS COMME FILTRE A AIR POUR LA VENTILATION ET LA DÉSINFECTION DES ÉGOUTS; PAR M. JOHN STENHOUSE,
- ex-professeur de chimie à l’hôpital Saint-Barthélemy de Londres (1).
- Lorsqu’on examine les égouts de Londres, dont le réseau s’étend sur presque tous les points de cette immense cité et présente un développement de plus de 2,400 kilomètres; lorsqu’on considère qu’ils sont en communication plus ou moins directe avec la majeure partie des habitations, il est impossible de méconnaître l’influence qu’ils exercent sur les conditions d’hygiène et de salubrité publiques.
- Un égout établi dans de mauvaises conditions est un foyer permanent d’infection pour les habitants du voisinage, sans cesse exposés aux atteintes d’affections épidémiques; c’est là un fait à l’appui duquel les exemples sont malheureusement loin de manquer et qui se reproduit toutes les fois que les règles de l’hygiène sont négligées. La ventilation des égouts n’est donc pas une précaution secondaire' car, toutes les fois qu’elle n’est pas favorisée soit directement, soit par des moyens artificiels, les gaz délétères engendrés par la fermentation putride des matières organiques contenues dans ces conduits souterrains rencontrent une résistance considérable à leur écoulement et ne tardent pas à s’infiltrer dans les rues et maisons adjacentes en y déterminant souvent des phénomènes d’une haute gravité. Et qu’on ne croie pas que les faits que nous citons soient spéciaux aux quartiers les plus pauvres; souvent les plus riches en offrent des exemples, même dans les villes les mieux dotées. Qu’en résulte-t il? C’est que certains architectes qui ignorent ou qui négligent les règles les
- (1) Cet article est extrait d’une lettre adressée par l’auteur au lord Maire de Londres, M. William Cubitt, sous le titre de : The successful application of charcoal air-filters to the ventilation and desinfection of sewers, Londres, 1861. ( John Churchill, 11, New-Burlington Street. )
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- plus élémentaires du drainage construisent des maisons qui, pour être les plus splendides, ne sont pas toujours les plus salubres.
- Jusque dans ces derniers temps, les cheminées de ventilation des égouts étaient en nombre extrêmement réduit et placées dans l’axe des rues en raison des émanations désagréables et souvent dangereuses qui s’en échappent, principalement dans la saison des chaleurs. Mais aujourd’hui on peut les multiplier et les disposer où l’on veut, grâce à l’application des filtres à charbon de bois, qui non-seulement absorbent, mais détruisent réellement les gaz délétères en les soumettant à une sorte de combustion lente transformant leur carbone en acide carbonique, leur hydrogène en eau et leur azote en ammoniaque. Pour comprendre la nature de ces filtres et le rôle qu’ils sont appelés à jouer, il est nécessaire d’expliquer comment l’idée m’en est venue.
- On sait, depuis longtemps, que le charbon animal et le charbon végétal de différentes espèces possèdent, à divers degrés, surtout lorsqu’ils sont secs, la propriété d’absorber, en majeure partie, les émanations gazeuses. La découverte en a été faite par Lowilz , qui, vers la fin du dernier siècle, démontra qu’à l’aide du charbon de bois on peut désinfecter les matières putrides. Il y a sept ans environ, M. John Turnbull, de Glascow, remarqua qu’en recouvrant des cadavres d’animaux d’une couche de quelques centimètres de charbon de bois en poudre et en les exposant à l’air dans cet état ils ne dégageaient pas la plus faible trace d'odeur désagréable malgré leur décomposition rapide. En 1853, j’ai répété moi-même cette expérience dans mon laboratoire en enterrant un gros chat et deux rats sous une couche de 5 centimètres environ de charbon, et j’affirme qu’elle a complètement réussi; aucune odeur ne s’est décelée, et pas une des huit ou neuf personnes qui fréquentaient chaque jour le laboratoire n’a éprouvé la moindre sensation désagréable.
- Vers la fin de cette même année, étudiant de nouveau les propriétés désinfectantes du charbon de bois, je fus amené à reconnaître que l’explication qu’on avait jusqu’alors donnée de ce phénomène était complètement erronée. On supposait que le charbon agit comme un antiseptique et, par conséquent, retarde la décomposition des matières putrides avec lesquelles il est en contact ; mais c’est tout le contraire qui a lieu. Le charbon, en effet, en raison de l’énorme quantité d’oxygène condensée dans ses pores qui en renferment de 8 à 9 volumes, non-seulement absorbe, mais oxyde rapidement les miasmes putrides en donnant lieu aux composés les plus simples. Toutes les substances poreuses, telles que l’éponge de platine, la pierre-ponce, etc., ont la propriété d’absorber les gaz, mais aucune ne la possède à un degré aussi élevé que le charbon de bois. Dans ses lettres sur la chimie {Setters on chemistry ), Liebig établit que les pores d’un seul pouce cube ( 16e3,386 ) de charbon de hêtre doivent représenter une surface d’au moins 100 pieds carrés ( 9m2,29 ).
- C’est en réfléchissant à cette précieuse et puissante propriété du charbon de bois, c’est en constatant, comme je l’avais fait dans mon laboratoire, qu’il suffisait d’en recouvrir d’une simple épaisseur de 5 centimètres un volume assez important de matières animales en décomposition pour que toutes les émanations infectes fussent ab-
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- soée>, q t e l’idée m’est venue de la possibilité, par un artifice à peu près semblable, c’est-à-dire en interposant le charbon entre deux toiles métalliques, de prévenir les causes d’insalubrité produites par les nombreux foyers d’infection dont les gaz délétères souillent sans cesse l’atmosphère des villes. De là le filtre que j’ai construit et que j’ai, pour la première fois, montré et décrit, il y a quelques années, dans une séance de la Société des arts de Londres (1).
- Ce filtre se compose d’une couche de charbon de bois en poudre grossière, disposée entre deux toiles métalliques fixées dans un châssis; il est applicable aux maisons, aux navires, aux cheminées d’égouts, aux cabinets d’aisances à l’anglaise, aux appareils respiratoires ainsi qu’à beaucoup d’autres usages. En raison des qualités absorbantes du charbon, il ne laisse passer qu’un courant d’air pur et retient ainsi tous les miasmes dont ce courant pourrait être souillé. La grosseur de la poudre de charbon doit varier entre les dimensions d’une petite fève et celles d’une noisette, mais il va sans dire que, toutes les fois que les exhalaisons seront abondantes, elle pourra être augmentée , et la couche , préparée sur une plus grande épaisseur , pourra être aussi bien disposée soit sur des feuilles de zinc perforées, soit sur un simple treillis de gros fils métalliques.
- Vers la fin de 1854 on a posé, à l’hôtel du lord Maire ( Mansion-House) ainsi qu’à l’hôtel de ville de Londres, des appareils de ce genre auxquels on a donné un diamètre de plusieurs décimètres avec une couche d’une épaisseur de 0m,035, et depuis cette époque le charbon n’a pas eu besoin d’être renouvelé une seule fois, n’ayant pas cessé d’agir avec la même énergie comme agent d’oxydation. Peu de temps après, les filtres à air ont reçu de nombreuses applications dans les maisons particulières, surtout pour les drains et les lieux d’aisances ; ils ont été également employés avec succès dans les appareils respiratoires, dont la construction n’a pas cessé, depuis cette époque, de s’élever annuellement à plusieurs milliers (2).
- Au commencement de l’année 1856, un ingénieur éminent, M. Robert Rawlinson, a appliqué mon système aux cheminées d’égouts. Les filtres sont disposés de telle sorte que, tant que le charbon reste sec, il détruit tous les gaz impurs en les décomposant et ne laisse arriver dans les rues que de l’air parfaitement pur. L’extrême porosité de ce charbon ne peut nuire au tirage, mais, en tout cas, toutes les fois qu’il y a crainte de le voir diminué, il vaut mieux, au lieu d’un seul filtre d’une certaine épaisseur, en prendre de plus minces et en disposer plusieurs à une petite distance les uns des autres ; le résultat est le même et la dépense, déjà très-faible, n’est pas sensiblement augmentée. Pendant les quatre années qui viennent de s’écouler, M. Rawlinson a ventilé de cette manière tous les égouts de West-Ham, près Londres, de Swansea,
- (1) Voir le journal de cette Société, année 1853-54, vol. II, p. 245.
- (2) Ces petits appareils, qui se placent sur la bouche et dont l’emploi oblige à n’aspirer l’air que par cet organe et à l’expirer par les narines , sont spécialement construits par M. W. B. Roof, à Kentish, 7, Willow-Walk.
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- Worksop, Buxton, Bowood, résidence de lord Lansdowne, ainsi qu’une partie de ceux de Brighton.
- Le docteur Letheby, professeur de chimie et de jurisprudence médicale au collège médical de l’hôpital deLondres, a publié en 1858 un important mémoire sur l’état des égouts, dans lequel il passe en revue les divers moyens proposés pour les désinfecter. Après avoir examiné avec le soin le plus rigoureux tous ces procédés qui, pour la plupart, sont très-dispendieux, témoin celui qui préconise l’emploi du chlorure de chaux et du permanganate de soude, et qui n’exigerait pas moins de 5 à 6 millions et demi de dépenses annuelles, l’auteur a reconnu que le charbon de bois était le désinfectant le moins cher et le plus efficace. En conséquence et depuis une année, M. Haywood, ingénieur de la Commission des égouts, a commencé, sous la direction du docteur Letheby, à appliquer mon système de filtre dans le quartier de Shoreditch et dans quelques rues adjacentes qui, plus que tout autre district de Londres, ont à souffrir des exhalaisons des égouts. Qu’on emploie, comme M. Haywood, trois ou quatre couches minces de charbon disposées horizontalement à une faible distance les unes au-dessus des autres, ou bien, comme le fait M. Rawlinson, des filtres uniques placés de champ, le résultat est également satisfaisant, et, tant que le charbon reste sec, il conserve avec la même énergie la propriété d’absorber les gaz méphitiques. Quant à la dépense, elle ne comprend, pour ainsi dire, que les frais de premier établissement, d’ailleurs peu considérables. C’est ainsi que dans l’immense district de Shoreditch on n’a dépensé que 25,000 francs pour appliquer les filtres aux égouts, encore cette somme a-t-elle été absorbée, en majeure partie, par les changements qu’il a fallu apporter aux constructions; mais il est évident qu’elle eût été de beaucoup inférieure si, dans le principe, les égouts avaient été disposés en vue de cette application (1).
- Un des grands avantages de ce système de ventilation consiste dans la possibilité qu’il offre de pratiquer, sans ménagement, des ouvertures dans les égouts partout où le besoin s’en fait sentir ; on empêche ainsi les gaz de s’accumuler sur un point quelconque, car la multiplicité des filtres en favorise l’absorption pour ainsi dire à mesure qu’ils se forment. De telles dispositions ont donc une grande analogie avec les drains ouverts, sans en avoir aucun des inconvénients. Cette multiplicité des filtres et, par conséquent, des ouvertures fait en même temps disparaître l’un des plus grands défauts du système d’égouts ordinaire, c’est-à-dire la sous-pression qui tend parfois à soulever les trappes dont sont munis les drains des maisons.
- On a vu que les filtres se plaçaient dans les cheminées d’égouts; mais cette position n’est pas invariable. Ainsi on pourrait les mettre sous les accotements du pavage ou même dans l’épaisseur des murs des maisons, et y conduire les gaz à l’aide de larges tuyaux, en ayant soin, toutefois, de boucher les trous d’air ménagés dans l’axe des rues; on pourrait également utiliser, dans ce but, les candélabres d’éclairage dont on
- (1) Pour tous les détails de construction, l’auteur renvoie à M. Haywood, qui doit publier un mémoire sur ce sujet.
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- élargirait la base, ou bien encore employer des bornes analogues à celles qui servent de boîtes à lettres. Quelle que soit la disposition qu’on adopte, il est essentiel que les filtres soient tenus à l’abri de toute humidité et maintenus constamment en libre communication avec l’atmosphère (1). ( M. )
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- OBSERVATIONS SUR LA FAUCHEUSE WOOD (2), PAR M. LE GÉNÉRAL MORIN.
- Cette machine, qui a obtenu à l’exposition d’agriculture de 1860 la médaille d’or, et qui la méritait, en effet, par l’heureuse combinaison de ses organes, a très-bien fonctionné dans les prairies hautes et peu fournies d’herbage du bois de Yincennes. Dans ces prés, où l’herbe assez rare, composée presque exclusivement de graminées, dont les tiges assez rigides offraient à la scie une résistance modérée et ne pouvaient l’engorger, la faucheuse Wood a été reconnue supérieure aux autres appareils analogues.
- Transportée dans le département du Ras-Rhin, sur des prés plus fournis en légumineuses, au mois de juillet 1860, elle y a aussi donné des résultats satisfaisants; mais cette application a fourni l’occasion de plusieurs remarques que l’on croit utile de consigner ici.
- Les observations faites sur le fauchage des foins ont été exécutées le 9 juillet 1860. L’expérience, commencée d’abord le matin, ayant montré que le sabot en fonte placé en avant de la scie relevait beaucoup trop de foin qui encombrait les pièces mobiles, l’on a été obligé de suspendre les essais et de les renvoyer à l’après-midi; dans cette seconde séance, l’on a employé deux faneuses qui, placées aux angles opposés du pré, suivaient chacune la machine sur deux côtés du rectangle, et débarrassaient la piste à
- (1) En terminant sa lettre, M. Stenhouse indique que, depuis six ans, il ne cesse de préconiser l’emploi de ses filtres à charbon dans les maisons pour les drains, les éviers et les lieux à l’anglaise; à l’égard des water-closets, il indique les dispositions suivantes :
- Au-dessous de la soupape de la cuvette on dispose un conduit secondaire, se branchant sur le conduit principal à une petite distance de cette soupape et venant déboucher au dehors à 25 ou 30 centimètres au-dessus du niveau du siège. C’est sur cette extrémité supérieure ouverte à l’air libre qu’on place le filtre, dont la couche de charbon, ayant de 15 à 20 centimètres d’épaisseur, doit envelopper le conduit sur une hauteur de 6 à 7 centimètres, de manière à lui servir en quelque sorte de coiffe; sous le filtre et à l’intérieur du conduit quelques fils de fer formant treillis sont placés dans le seul but d’arrêter les fragments de charbon qui, par hasard, pourraient tomber. Cela établi, on comprend que, toutes les fois qu’on ouvrira la soupape, les gaz méphitiques refoulés par l’eau et qui, dans les appareils ordinaires, tendent à se répandre dans le cabinet et de là dans l’appartement se rendront dans le conduit secondaire, comme cela a lieu quand la soupape est fermée par son obturateur hydraulique, et seront immédiatement absorbés par le filtre.
- (2) Voir la description de cette faucheuse au Bulletin de 1860, p. 675.
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- parcourir; dans ces conditions, le travail, repris à une heure cinquante minutes, a été continué, sans interruption sérieuse, jusqu’à quatre heures cinquante-cinq minutes.
- L’examen du pré a montré que la coupe ne laissait rien à désirer, et que le travail était, au dire de tous les agriculteurs présents, aussi bon que celui de la faux.
- La machine était mue par un cheval seulement; mais la résistance était trop forte, et, quoique les deux chevaux successivement employés fussent bons et jeunes, après une heure et demie à deux heures de travail, ils étaient en nage et devaient être relevés. Il me paraît douteux qu’ils puissent ainsi fournir une journée de plus de huit heures, en supposant qu’on les attelle ensemble.
- En déduisant quelque temps perdu, faute d’habitude ou pour donner des explications aux personnes qui assistaient à l’expérience, la faucheuse a coupé l’herbe d’une superficie de 0,918 hectare en 4 heures 30 minutes, ce qui revient à i hectare en 4 heures 54 minutes.
- En admettant qu’en fauchant le matin la résistance, et surtout la fatigue causée par la chaleur, fussent un peu moindres, il me paraît plus que probable que deux chevaux attelés ensemble ne pourraient, dans un pré donnant plus de 3,000 à 3,500 kilogr. de foin par hectare, de première coupe, faucher plus de 2 hectares par jour.
- Deux hommes sont nécessaires, l’un pour manœuvrer et surveiller la machine, l’autre pour conduire les chevaux et aider à débarrasser la scie quand elle s’engorge.
- D’après cela, le devis du fauchage du foin, dans les conditions dont il s’agit, peut
- s’établir ainsi qu’il suit :
- 2 journées de cheval, à 3 fr................... 6 francs,
- 2 journées d’homme, à 1 fr. 50................. 3
- Entretien, graissage, réparations.............. 3
- Dépense par jour................ 12 francs
- à répartir sur 2 hectares; soit, par hectare, 6 fr.
- Le prix du fauchage à la main étant de 12 fr., l’économie produite par l’emploi de la machine s’élèverait au plus à 6 fr. par hectare. Ces chiffres peuvent, d’ailleurs, varier notablement avec les conditions locales.
- Passons aux essais faits sur la coupe des regains, au mois de septembre de l’année si pluvieuse que nous venons de traverser.
- Les regains frais, presque toujours, sont beaucoup plus tendres et plus difficiles à couper que le foin. Ils échappent, quand ils sont courts, à l’action de la scie, et, lorsqu’ils sont touffus et abondants, ils engorgent assez fréquemment l’outil, surtout quand le terrain est humide et qu’il y a des taupinières nouvelles ou des fourmilières, ce que l’on ne peut éviter, même avec les plus grands soins. La terre humide empâte la scie, se loge dans ses angles rentrants, et alors l’outil ne coupe plus l’herbe, et l’on est obligé d’arrêter la machine à chaque instant.
- Les herbes trop courtes ou trop tendres n’offrent pas à l’outil assez de résistance; elles ne sont pas coupées, et en définitive il y a, sur la récolte du regain, une perte notable, par rapport au produit obtenu à l’aide de la faux. Le travail moteur néces-
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- saire pour faire fonctionner cette machine sur les regains exige deux bons chevaux, comme pour la coupe des foins, attendu que la plus grande partie de ce travail est absorbée par les résistances passives.
- Ainsi, en quatre heures de temps, on a coupé les regains d’une pièce de pré contenant 1 hect-,20, ce qui revient à 0hect ,30 par heure, ou 2hect*,40 par journée de huit heures. Mais il fallait, pour conduire la machine, l’effort de deux bons chevaux d’artillerie, qui, après trois ou quatre heures de travail, auraient eu besoin de repos. Je doute donc qu’avec l’intervalle d’un repas l’on puisse exiger de ces deux chevaux beaucoup plus de huit heures de travail, ce qui ne correspondrait, comme nous venons de le dire, qu’à 2bect-,40 par jour.
- Dans une autre partie de pré plus humide et plus fournie d’herbe, mais point du tout marécageuse, où il y avait, en certains endroits, des taupinières nouvelles formées pendant l’été, la machine s’est très-souvent engorgée, et le travail a été, en quelques places, très-défectueux. Sur des parties où l’herbe était courte, parce qu’elle avait été fauchée peu de temps auparavant, la scie passait sans rien couper, ou à peu près.
- Dans les endroits où elle fonctionnait le mieux, le travail était peut-être aussi bien exécuté que celui d’un faucheur ordinaire, mais moins bon que celui d’un homme qui fauche pour son compte.
- En général, il convient de dire que, dans le fauchage des regains et des herbes fraîches, le travail de la faucheuse est moins satisfaisant que pour la coupe des foins, des luzernes et des trèfles, et que, comparativement à celui de la faux, il donne lieu à un déchet considérable dans le produit.
- Si donc le travail de la machine à faucher est, pour les foins, assez satisfaisant pour que l’on puisse regarder, sous ce rapport, le problème comme résolu, il n’en est pas de même dans les terrains un peu frais, en ce qui concerne les regains, pour la récolte desquels il serait si important, dans bien des localités, d’avoir une bonne machine capable de couper aussi ras que la faux. (Journal d’agriculture pratique. )
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- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Travaux à la mer. — Décapage, par l’acide chlorhydrique, des roches couvertes de goémon, par M. l’ingénieur Marin.
- Dans les travaux en pleine mer, de leur nature essentiellement discontinus, la croissance rapide du goémon sur les rochers et sur les maçonneries est souvent une cause de retards fâcheux.
- En effet, dix ou douze jours suffisent pour qu’on retrouve la surface complètement recouverte d’un goémon naissant, offrant l’aspect d’un chevelu blanchâtre qui verdit Tome VIII. — 60e armée. 2e série. — Février 1861. 15
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- rapidement. On est obligé de l’enlever complètement pour que la maçonnerie nouvelle puisse faire prise convenablement sur la roche ou sur la partie commencée; il faut donc, au préalable, gratter la surface, ce qui est déjà assez long pour les pierres calcaires; mais sur le granit les petites grattes à main ne sont plus efficaces, et il faut avoir recours à la pointe d’un marteau de tailleur de pierre : alors on use beaucoup de pointes et on passe un temps énorme à l’opération, de telle sorte que, tant qu’on est dans les parties basses, il peut arriver qu’on passe la marée à nettoyer le rocher, et que, l’état de la mer changeant le lendemain, tout cela devienne encore une peine perdue.
- C’était là, du moins, une cause de retards considérables pour l’établissement, sur les rochers granitiques des Barges, des premières maçonneries du phare en construction, et notre attention a dû être appelée sur les moyens de remédier à ce grave inconvénient.
- Recherchant comment le goémon pouvait prendre racine sur un rocher granitique, ehréfléchissant à cette action puissante de l’eau de mer, considérée comme fournissant des éléments calcaires aux nombreux dépôts qui se forment dans son sein, nous fûmes amené à penser que, probablement, la racine du goémon se fixait sur le rocher par un élément calcaire , et que, par conséquent, l’acide chlorhydrique devrait être un agent efficace de décapage. Nous fûmes confirmé dans cette idée par un amateur d’herbes marines, qui nous dit que les grands goémons, dont il faisait des collections, tenaient toujours aux cailloux par quelque chose de blanchâtre. Nous essayâmes donc le décapage sur une pierre granitique prise dans le port; le lendemain, nous répétions l’expérience avec un plein succès sur le rocher des Barges, et, depuis le commencement de la campagne de 1859 , ce procédé , appliqué en grand, nous a rendu les plus grands services, tant pour le décapage du rocher que pour celui des diverses assises de pierres de taille granitiques. On verse l’acide sur le rocher; puis, avec des balais durs ou des brosses de chiendent, on le répand partout en frottant, et au bout de dix minutes on a un décapage complet. Quand la couche de goémon est très-épaisse, il est bon d’enlever un peu le dessus, au préalable, en grattant avec une pelle, pour que les racines soient plus facilement atteintes par l’acide. On lave ensuite à grande eau et à plusieurs reprises, pour se débarrasser, d’une manière bien complète, de l’élément dissolvant, lorsque la mer ne se charge pas elle-même de ce travail.
- L’acide chlorhydrique ne coûtant presque rien, ce procédé joint à l’avantage de la rapidité d’exécution, si essentielle dans les travaux en mer, celui d’être bien moins coûteux que le grattage à la main. Quant à la cause dissolvante, nous croyons, comme nous l’avons dit plus haut, qu’il faut l’attribuer à l’action de l’acide chlorhydrique sur la matière calcaire qui sert à fixer le goémon sur le rocher, car la matière végétale de la plante ne paraît pas attaquée d’une manière bien sensible. L’acide sulfurique, qu’on nous a dit avoir été essayé auparavant, n’avait pas donné de résultats satisfaisants, et on y avait renoncé. Ne peut-on attribuer cette inefficacité de l’acide sulfurique et son impuissance à enlever le goémon d’une manière complète à la for-
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- mation du sulfate de chaux insoluble qui s’oppose à la continuation de l’action commencée ? Dans tous les cas, ce procédé ne serait pas pratique, tant en raison de la cherté de ce produit qu’à cause des précautions qu’exigeraient son transport et son emploi. ( Annales des ponts et chaussées. )
- Sur les huiles minérales de VAmérique septentrionale (1).
- L’emploi de l’huile minérale pour les besoins de l’éclairage n’a commencé à prendre de l’extension aux Élats-Unis que vers 1857, époque à laquelle deux compagnies dites Kerosene oil company et Carbon oil company exploitèrent soit l’huile de pétrole, soit l’huile provenant de la distillation de la houille. Mais cette exploitation ne produisit pas, à son début, des résultats bien satisfaisants, en raison des qualités médiocres de l’huile et de l’insuffisance de sa production, comparativement aux besoins de la consommation , et le public, qui avait commencé par l’adopter avec empressement, y renonça à cause de sa rareté et de son prix trop élevé, jusqu’au moment où la découverte de riches sources d’huile naturelle est venue relever cette industrie et lui donner une grande impulsion.
- Les charbons américains ne sont pas, en général, assez riches en huile pour supporter les frais d’une distillation; leur infériorité, comparativement à ceux de l’Écosse
- et du New-Brunswick, ressort dû tableau suivant : Angleterre. Derbyshire 372u% 28 par tonne anglaise.
- Écosse. I f*he?d t Lesmahago.. . . 544 ,80
- 435 ,84
- New-Brunswick. Albert Coal. . . . 499 ,40
- 1 Pittsburg 222 ,46
- 1 Kanawha 322 ,34
- Amérique. \ Falling Rock. . . 363 ,20
- i Casliocton 335 ,96
- \ Breckenridge.. . 454 ,00 .
- On voit, d’après ce tableau, qu’à part ceux de Breckenridge les charbons américains restent au-dessous de ceux de la Grande-Bretagne; on sait que ces derniers, et surtout la variété dite boghead, fournissent des huiles lourdes dont on extrait une certaine proportion de paraffine utilisée pour la fabrication des bougies.
- La découverte des sources d’huile en Pennsylvanie, et la certitude qu’on a aujourd’hui de leur existence sur de nombreux points , ont ranimé les affaires auxquelles avait déjà donné lieu le commerce de cette substance, et les recherches n’ont pas tardé à se multiplier.
- Il résulte de ces recherches qu’il existe un vaste dépôt qui s’étend presque du nord au sud, à partir du lac Érie, et qui traverse les Étals de New-York, de Pennsylvanie, de l’Ohio, de Virginie, de Kentucky, de Tennessee , d’Alabama et de la Floride. On
- (i) Voir Bulletin de 1839, 2e
- série, l. VI, p. 581. -
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- trouve également l’huile en assez grande quantité dans l’ouest du Canada, et surtout au lieu dit Eniskellen, à environ 20 milles de Porlsarina ; mais, dans cet Etat, elle n’a qu’une faible valeur commerciale, en raison de sa mauvaise odeur qui résiste à tous les traitements.
- Mais ce n’est pas tout 5 l’huile minérale existe aussi en abondance au Texas et sur la côte du Pacifique en Californie, où on la rencontre associée au bitume : ces richesses n’ont cependant pas encore attiré l’attention de l’industrie. On en trouve également à l’ouest du Mississipi, dans l’Illinois et dans quelques autres États de l’Union ; mais l’étendue de ces dépôts n’est pas déterminée.
- Quant au mode d’extraction, il est très-simple, et voici comment on opère :
- On fore, avec le trépan, des trous de sonde de 0m,076 à 0m,152 de diamètre et d’une profondeur qui varie de 15 à 150 mètres ; à cette dernière limite, on abandonne ordinairement le travail s’il n’a rien produit. Lorsque la sonde a rencontré l’huile, on tube le trou et on y installe une pompe que des ouvriers manœuvrent avec les mains ou avec les pieds, et qui déverse le mélange d’huile et d’eau dans des réservoirs placés à proximité; en cas de rendement considérable, c’est la vapeur qui fait marcher la pompe. Le nombre de sources productives est, en ce moment, de 200 environ, principalement en Pennsylvanie, dans la Virginie et l’Ohio, et l’on estime à 2,500 le nombre de points où l’on fait des recherches. Le prix du forage varie nécessairement avec la profondeur du trou; on compte, en général, 6,000 fr. pour ce travail, en y comprenant les frais d’installation des appareils d’extraction. Quant à la production, elle est, en moyenne, sur les points productifs, de 8 barils par jour, soit l,452m ,80. (American railway Review.)
- Sur le procédé de M. Th. Coupler contre la pébrine des vers à soie, par M. de
- Chavannes.
- Il s’agit tout simplement, dit M. de Chavannes, de placer, dans la magnanerie, des vases plats (des assiettes font parfaitement l’affaire) contenant du goudron minéral artificiel (celui produit par les usines à gaz d’éclairage); ce sont ces émanations qui, se répandant dans le local, agissent sur les vers d’une façon si marquée. Chez M. Cou-pier, l’odeur a toujours été très-prononcée. Pour s’assurer si ces exhalaisons, même dégagées à l’excès, nuisaient aux vers, M. Coupier en a renfermé quelques-uns dans des cartons de bureau, à côté d’une soucoupe contenant du coaltar, et ces vers ont supporté fort bien cette atmosphère, pour ainsi dire saturée. Je relate ce détail, afin que les éducateurs ne craignent point de mettre trop de goudron minéral dans leurs ateliers. L’odeur du coaltar est loin d’être agréable, et il faut quelques jours pour s’y accoutumer ; c’est un petit inconvénient avec lequel il n’y a pas à marchander.
- Le procédé, comme on le voit, est des plus faciles à mettre en pratique. Non-seulement la dépense est insignifiante, non-seulement on peut se procurer du coaltar avec la*plus grande facilité dans toutes les usines à gaz, mais son emploi ne nécessite aucun changement dans l’installation des ateliers. Tout se borne à placer dans ies
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- coins quelques assiettes, dont il n’y a plus à s’occuper que pour renouveler le liquide
- qu’elles contiennent lorsqu’il s’est évaporé, et cette évaporation est très-lente..
- ( Journal d'agriculture pratique. )
- Teinture du caoutchouc avec l'aniline, par M. Lieghtfoot.
- On applique aujourd’hui l’aniline sur le caoutchouc comme on applique les autres couleurs, soit en trempant le caoutchouc dans une dissolution rouge d’aniline ou de violet qu’on appelle aussi anileine, soit en recouvrant auparavant le caoutchouc d’une matière gélatineuse. Ce procédé est employé non-seulement pour l’aniline, c’est-à-dire pour le rouge ou le violet d’aniline, mais même pour la murexide. Ainsi, lorsqu’on veut teindre en pourpre, selon M. Lieghtfoot, du caoutchouc ou des fils qui doivent servir à la fabrication des tissus, on n’a qu’à plonger préalablement la matière, lorsqu’elle est sèche, dans une dissolution de gélatine. Si on veut se servir de la murexide, on trempe d’abord à chaud dans une dissolution de bichlorure de mercure, puis dans le bain de teinture.
- L’auteur prétend qu’on peut même produire les couleurs brunes par le même procédé, c’est-à-dire en imprégnant d’abord le tissu de tanin et de colle; quelle que soit la couleur, elle se fixerait ensuite parfaitement. (Teinturier universel.)
- Imperméabilisation des cordages, par M. Grenier.
- L’auteur fait fondre du saindoux, du suif; puis il y mélange de l’huile de lin, de la terre d’ombre et du bioxyde de manganèse. Lorsque ce mélange est devenu homogène par le brassage, il y plonge les cordes et les retire pour les faire sécher.
- Suivant l’auteur, celte manière de revêtir les cordages d’un enduit imperméable serait préférable, sous le rapport du bon marché, à la dissolution de caoutchouc et de gutta-percha. {Ibid.)
- Quantités de houille et de coke entrées à Londres en 1860.
- Londres a reçu, en 1860, des quantités de houille et de coke dont la somme dépasse de beaucoup celles des années précédentes. C’est ainsi que les chemins de fer seuls ont amené 1,477,545 tonnes, réparties comme suit, selon les différentes lignes :
- London and North-Western. . . 693,418 tonnes.
- Great-Northern........... 502,813 —
- Eastern-Counties......... 121,225 —
- Great-Western............. 63,944 —
- Midland................... 58,490 —
- South-Weslern............. 17,589 —
- South-Eastern............. 14,588 —
- Hertfort, Luton and Dunstable. 4,416 —
- London, Tilbury, Southend. . . 958 —
- London and Brigbton........ 104 —
- Total.......... 1,477,545 tonnes.
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- Quant aux importations par mer, elles ont été de 3,573,377 tonnes amenées par 11,226 navires , représentant, comparativement à l’année précédente, une augmentation de 274,207 tonnes et de 533 navires. (The Artizan.)
- Impression héliographique des tissus tels que colon, laine, soie, fil, mousseline. ainsi que du bois, du marbre et autres surfaces, par MM. Dreyfus et Werth, à Paris.
- La surface sur laquelle on veut opérer est baignée successivement dans trois bains dont la composition est donnée ci-après. On doit avoir soin de ne tremper exactement que la partie que l’on veut rendre sensible à l’action des rayons solaires ; résultat qu’on obtient en employant, pour contenir les liquides, une cuvette de forme convenable; on a également soin de laisser sécher après chaque bain.
- Premier bain. — Solution saturée de sel marin dans l’eau ( selon l’intensité de
- l’effet que l’on veut produire ). . . 10, 20 ou 30 grammes.
- Eau distillée.........................100 grammes.
- Deuxième bain.—Nitrate d’argent........................... 5,10 ou 15 grammes.
- Eau distillée.........................100 grammes.
- La proportion de nitrate varie selon le plus ou moins de blancheur du tissu; ainsi on emploie pour :
- Soie demi-teinte, 10 pour 100 de nitrate d’argent.
- Soie teinte foncée, 15 pour 100 —
- Lorsque, après le second bain , la surface a été séchée, on la pose sur un verre ou une glace non étamée, de 5 à 15 millimètres d’épaisseur, puis on y dispose les dessins que l’on veut reproduire ou les objets dont on veut lever le dessin. Cela fait, on recouvre le tout d’une seconde glace transparente qu’on serre sur la première au moyen de quatre vis, de manière à bien aplatir la surface, et on expose le tout à l’action de la lumière pendant cinq à soixante minutes, selon l’état du temps.
- L’exposition de la glace se fait tantôt au soleil et tantôt à l’ombre, d’après la force de la teinte du tissu ou de la surface sur laquelle on opère. Toutefois on peut remplacer la glace inférieure par une table polie et plane de matière quelconque.
- Lorsque l’insolation est terminée, on retire la surface exposée d’entre les deux glaces, et pour assurer et fixer la solidité des nuances on la trempe dans la dissolution suivante, qui constitue le troisième bain :
- Troisième bain. — Hyposulfite de soude cristallisé. . . 10, 20 ou 30 grammes.
- Eau distillée. . . . . . . . 100 grammes.
- La quantité d’hyposulfite de soude qu’on doit employer, ainsi que la durée de l’immersion, dépendent de la force des nuances qu’on veut produire.
- Au sortir du bain, on lave le tissu ou la surface dans l’eau de pluie ou l’eau filtrée, et on la sèche. Si, par hasard, la nuance était trop forte, on pourrait la réduire au gré du fabricant, par l’application du cyanure de potassium mis en bain. (Brevets d’invention, t. XXXIV.)
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- Statistique de Vindustrie des montres à Besançon.
- La fabrication des montres a pris depuis quelques années, à Besançon, un développement considérable que l’exposition qui a eu lieu dans cette ville en 1860 a permis de constater. On peut juger, parle tableau suivant, de la progression croissante qu’a suivie dans cette seule ville, depuis 1848, cette importante branche d’industrie :
- NOMBRE DE MONTRES
- ANNÉES. • — VALEUR.
- en or. en argent.
- 1848 3,175 24,447 1,141,595 francs.
- 1849 6,149 32,431 1,688,495
- 4850 11,235 48,626 2,588,059
- 1851 14,785 53,091 2,983,094
- 1852 19,419 57,052 3,436,236
- 1853 27,742 65,255 4,464,320
- 1854 32,594 73,482 4,795,979
- 1855 49,484 92,459 6,422,568
- 1856 60,511 99,654 7,826,907 iT i i —i 538
- Ainsi la fabrication qui représentait, en 1848, une valeur de 1,141,595 francs s’est élevée, en 1856, au chiffre de 7,826,907, ce qui constitue, dans l’espace de neuf ans, une augmentation qui dépasse 6 millions et demi de francs. t
- Un autre fait non moins remarquable ressort de ce tableau, c’est qu’en ne considérant que les seules montres en or on voit que, de 1848 à 1856 , la production s’est accrue dans la proportion de 1 à 20, tandis que les valeurs correspondantes à ces deux années ne sont que dans le rapport de 1 à 7; résultats qui sont dus entièrement à l’économie de la main-d’œuvre réalisée par l’emploi des machines et de la vapeur comme force motrice.
- Exposition universelle de 1862.
- Les préparatifs de l’Exposition universelle des arts et de l’industrie qui, pour la seconde fois, doit se tenir à Londres en 1862 se poursuivent avec activité. Une charte royale, récemment accordée, autorise les commissaires (1) à faire un emprunt de 250,000 livres (6,250,000 francs), destiné à subvenir aux frais de construction des bâtiments ainsi qu’aux autres dépenses relatives à l’organisation de l’Exposition. Une partie de ces bâtiments doit être provisoire et l’autre définitive, et à cette dernière on consacre une étendue superficielle de 1 acre (4,046 mètres carrés) et une somme
- (1) Ces commissaires sont MM. le comte de Granville, marquis de Chandos, Thomas Baring, Charles Wentworth Dilke jeune et Thomas Fairbairn.
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- de 50,000 livres (1,250,000 francs). En outre, certaines conditions ont été posées parmi lesquelles on remarque les suivantes :
- Si l’Exposition donne des bénéfices, les bâtiments à destination définitive reviendront à la Société des arts, manufactures et commerce (1), qui les utilisera au mieux des intérêts industriels qu’elle représente. Si, au contraire, il y a perte, la Société pourra, une fois l’Exposition terminée, prendre à bail les bâtiments moyennant l’engagement de payer aux entrepreneurs une somme égale à celle qu’ils réaliseraient en démolissant les constructions. *
- Les bâtiments doivent être érigés sur un terrain appartenant aux commissaires royaux de l’Exposition de 1851; et c’est MM. Kelk et Lucas, entrepreneurs bien connus, qui s’en sont rendus adjudicataires. ( The Artizan. )
- Pont tubulaire Victoria, à Montréal ( Canada ).
- On a construit, il y a peu de temps, sur le fleuve Saint-Laurent, un pont tubulaire ditpont Victoria, dont les proportions gigantesques méritent d’être signalées.
- Ce pont, destiné à relier les 500 milles de voie ferrée de la compagnie du Grand-Tronc ( Grand Trunk company ) qui se développent de chaque côté du fleuve, présente une longueur de 9,000 pieds (2,743 mètres) et une hauteur de 60 pieds ( 18m,287) mesurée du centre au niveau de l’étiage. Il contient 3,000,000 de pieds cubes de maçonnerie ( 84,642 mètres cubes) et 8,000 tonnes de fer employées à la construction des tubes dans lesquels circulent les trains du chemin de fer. Le passage s’effectue ordinairement en quatre minutes environ, mais telle est la solidité du pont qu’on prétend que les waggons pourraient en toute sûreté y circuler à une vitesse de 60 milles à l’heure, soit 96,5 kilomètres.
- Grâce à cette oeuvre grandiose dont l’Amérique est redevable au génie de Stephen-son et de Ross, Montréal, la commerçante métropole du Canada, se trouve placée au centre d’un chemin de fer continu d’une étendue de 1,000 milles se dirigeant à l’ouest vers le lac Huron, et à l’est vers Portland, sur la côte de l’Atlantique et vers la rivière du Loup.
- A Detroit, dans l’ouest, un embranchement a été construit sur le réseau américain, de telle sorte que tout voyageur venant d’Europe et débarquant à Quebec ou à Portland peut être transporté directement à Chicago et parcourir ainsi une étendue de plus de 1,000 milles ( 402 lieues ) sans changer une seule fois de waggon.
- A Portland, dans la gare même de la compagnie du Grand-Tronc, on trouve les waggons des chemins de fer de Boston, si bien qu’il existe une communication directe avec toute la Nouvelle-Angleterre, New-York et les États du sud.
- L’extension projetée des lignes d’Halifax et de Saint-Jean devant amener leur réunion près de la rivière du Loup, il s’ensuit que les capitales du Canada, de la Nouvelle-
- (1) On sait que l’Exposition de 1862 estd ue à l’initiative de cette Société. (Voir Bulletin de 1859, 2e série, t. Yl, p. 52 et 373.} t
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- Écosse et de New-Brunswick se trouveront rapprochées et qu’il ne faudra plus qu’une vingtaine d’heures pour se rendre de l’une à l’autre.
- Par suite de ces premiers travaux, le tiers environ de la distance qui sépare l’Atlantique du Pacifique, suivant la ligne directe projetée à travers l’Amérique anglaise, aura sa route terminée; c’est là la première étape d’une entreprise qui, ainsi qu’on doit l'espérer, sera achevée avant une dizaine d’années et qui aura pour résultat inappréciable de permettre à tout voyageur se rendant d’Angleterre aux Indes de traverser le continent américain et de n’employer que dix-sept jours environ pour franchir la distance qui sépare Londres de Hong-Kong. La fertilité du pays que traverse cette nouvelle route, la salubrité qu’il offre en raison de sa position au pied des Montagnes Rocheuses, son étendue qui n’a pas moins de 10,355,524 kilomètres carrés dans les seules possessions anglaises du nord de l’Amérique, enfin ses immenses richesses en forêts, en mines de charbon, de fer, etc., font espérer à l’Angleterre que les émigrants s’y rendront un jour en bien plus grand nombre qu’aux États-Unis et dans les colonies du Pacifique. ( Thepractical mechanic’s Journal. ) ( M. )
- Moyen de décarburer la fonte et de la rendre malléable, par M. le professeur Eaton.
- M. le professeur Eaton, d’Élisabethport (New-Jersey), vient de proposer d’employer l’oxyde blanc de zinc, au lieu de l’oxyde de fer, pour décarburer les objets en fonte que l’on veut rendre malléables. Il entoure donc ces objets d’oxyde de zinc, et les porte à une température élevée. L’oxyde se réduit aux dépens du carbone de la fonte, et le zinc libre se volatilise ; on le recueille en faisant passer la vapeur dans de l’eau. Par les procédés ordinaires, on est obligé de soutenir l’incandescence pendant huit ou neuf jours sans interruption, et l’on a souvent ensuite beaucoup de peine à nettoyer les pièces métalliques auxquelles le cément d’oxyde de fer s’est soudé en quelque sorte. Non-seulement l’emploi de l’oxyde de zinc dispense de ce travail pénible et coûteux, mais encore il accélère ladécarburation, quis’effectue moyennement en quaranteheures et qui exige même une température moins élevée. Le cément, d’ailleurs, n’adhère nullement à la surface des objets. On a déjà opéré par ce procédé, avec le plus grand succès, sur des anneaux, des mors, des étriers, des objets de taillanderie et de petites pièces de machines. Le fer que l’on obtient est de très-bonne qualité, se forge bien, et coûte moins parce que la chaleur n’a pas besoin d’être aussi longtemps prolongée et que l’on recueille en grande partie le zinc contenu dans la poudre de cémentation.
- Un avantage particulier de ce procédé est la sûreté de l’opération ; car, si l’on a soin d’employer un excès d’oxyde de zinc, la cessation de la distillation du métal avertit que la décarburation est complètement terminée. (Dingler’s Polylechnisches Journal.)
- Moyen de réparer le tain des glaces.
- La réparation du tain des glaces est considérée comme une opération très-difficile. Cependant on a décrit récemment, dans la Société polytechnique de Leipzig, un pro-Tome VIII. — 60e année. 2° série. — Février 1861. 16
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- cédé que plusieurs expériences ont permis de recommander comme simple et pratique. Lorsque le tain est endommagé sur une glace, on nettoie la place mise à nu en la frottant doucement avec du coton fin, jusqu’à ce que l’on soit certain qu’il n’y reste aucune trace de poussière ni de graisse. Ce nettoiement doit être fait avec le plus grand soin, si l’on ne veut laisser un cerne autour de la place réparée. On découpe alors avec la pointe d’un couteau, sur le tain d’un morceau d’une autre glace, une surface de même forme que celle de la lacune, mais un peu plus grande. On y dépose ensuite une petite goutte de mercure, de la grosseur d’une tête d’épingle, par exemple, pour une surface égale à la grandeur de l’ongle. Le mercure s’étend aussitôt, pénètre l’amalgame jusqu’au bord de la petite tranchée faite par le couteau, et permet d’enlever le tain pour le porter sur la place que l’on veut réparer. Cette manipulation est la partie la plus difficile du travail. On presse alors doucement sur le verre, avec du coton, le tain que l’on vient d’appliquer; il se durcit bientôt, et la glace présente le même aspect que si elle était neuve. (Dingler’s Polytechnisches Journal.) ( Y. )
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 13 fécrier 1861.
- M. Dumas, Président, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — M. Boulanger, ferblantier-lampiste, rue du Faubourg-Saint-Denis, 142, présente un système de lanterne économique pour indiquer d’une manière apparente les numéros des maisons. ( Renvoi au comité des arts économiques.)
- M. Larivière, gérant de la commission des ardoisières d’Angers, membre de la Société, adresse le tableau comparatif de la situation des ardoisières au 31 décembre 4855 et 1860 ( Voir plus haut, p. 99. )
- M. Jourdier, membre du Conseil (comité d’agriculture), dépose divers échantillons de toiles peintes, provenant de l’établissement de M. Hubner, de Moscou. (Renvoi au comité des arts chimiques. )
- Parmi les ouvrages déposés sur le bureau, l’un de MM. les Secrétaires cite une brochure relative à la dérivation des eaux courantes, publiée par M. l’ingénieur Francesco Colombani, de Milan. ( Renvoi au comité d’agriculture. )
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts chimiques, M. Cahours lit un rapport sur la neutralisation de la nicotine contenue dans la fumée de tabac, par M. Ferrier, pharmacien, à Paris.
- Ce rapport sera inséré au Bulletin.
- A l’occasion de ce rapport, M. Barrai, membre du Conseil, fait observer que la neutralisation de la nicotine n’entraîne pas celle de la nicotianine, et il se demande,
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- en supposant qu'on vienne à supprimer également cette dernière substance, si la fumée de tabac aurait encore pour le fumeur les qualités qui la lui font apprécier.
- Le rapporteur se trouvant incompétent pour répondre à la question de M. Bardai, propose d'ajouter à son rapport une note qu’il se chargerait de demander à M. Schlc-sing, chimiste, attaché à la manufacture des tabacs.
- Communications. — M. Pinondel de la Bertoche met sous les yeux du Conseil :
- 1° Une notice explicative sur les travaux exécutés par le Gouvernement toscan depuis 1828 jusqu’à 1859 pour le dessèchement et l’amélioration des maremmes;
- 2° Une note su'r un système mixte de colmatage employé en Vénétie pour le dessé chement des marais situés sur le littoral, système que l’auteur appelle hollando-italien, car il consiste dans la création de polders que l’on colmate suivant le mode usité dans certaines parties de l’Italie ;
- 3° Un mémoire sur les maremmes de Toscane et un projet de mise en valeur d’une portion de la colmate de Castiglioni dell’Pescala et des territoires avoisinants.
- En présentant ces documents, M. Pinondel de la Bertoche a pour but d’offrir à la Société quelques matériaux utiles à consulter au point de vue des questions relatives à l’emploi du colmatage comme moyen de dessèchement de certaines parties du littoral français sur la Méditerranée. (Renvoi au comité d’agriculture. )
- M. Combes, l’un des secrétaires, décrit le rouleau compresseur mû par la vapeur qu’il a vu fonctionner. Ce rouleau, qui est dû à M. Lemoine, de Bordeaux, et qui présente d’incontestables avantages pour les chaussées macadamisées, pourrait, avec quelques modifications, recevoir un utile emploi dans l’agriculture.
- M. le vicomte du Moncel, membre du Conseil, entretient la Société de l’application faite par M. Gaiffe, graveur, d’un appareil électro-magnétique destiné à graver des cylindres de cuivre pour l’impression des étoffes.
- M. le baron Séguier dit qu’il ne comprend pas comment le procédé de M. Gaiffe peut être plus économique que celui de la gravure ordinaire au moyen des molettes d’acier; M. du Moncel fait alors remarquer qu’il s’agit ici d’un procédé applicable aux dessins à grandes dispositions pour lesquels l’emploi de la molette devient impossible.
- ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. du Moncel développe ensuite l’exposé des recherches auxquelles il s’est livré sur la détermination des constantes voltaïques par la méthode d’Ohm avec des boussoles à multiplication.
- MM. Dumas et baron Séguier présentent, pour devenir membre de la Société, M. Jamin, professeur de physique à l’école polytechnique. En raison des titres du candidat, M. le Président propose que, par dérogation aux règlements, il soit immé-diatement statué sur cette élection.
- En conséquence de cette proposition, M. Jamin est nommé, à l’unanimité, membre de la Société.
- Séance du 27 février 1861.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Correspondance. — M. Ménard-Laurent, à Brunoy ( Seine-et-Oise ), adresse les dessin et description d’une pompe à système rotatif. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Malteau, ingénieur-manufacturier, membre de la Société, à Elbeuf ( Seine-Inférieure), sollicite l’examen d’un mode d’apprêt applicable à toutes les étoffes de laine et de coton, feutrées ou non feutrées, qui ont besoin d’être soumises à l’opération du garnissage ou lainage. ( Renvoi au même comité. )
- M. J. B. Vin, entrepreneur de travaux publics, à laCapelette (Bouches-du-Rhône), transmet les dessin et description de son système perfectionné de laminage au rebours, appliqué spécialement à la fabrication des courbes de bateaux, des boîtes de roues des voitures, etc. ( Renvoi au même comité. )
- M. Ducourneau, ingénieur civil, rue Lacuée, 6, à Paris, dépose un mémoire dans lequel il cherche à démontrer les vices qui contribuent à la destruction des chaussées macadamisées, et indique en même temps les principes qu’il croit les meilleurs pour obtenir une bonne construction de ces chaussées. ( Renvoi au même comité. )
- MM. Bourry frères, fabricants de broderies, à Saint-Denis ( Seine), sollicitent, par l’intermédiaire de M. Desnos-Gardissal, ingénieur civil, l’examen des nouveaux métiers qu’ils emploient. ( Renvoi au même comité. )
- M. N. F. de Chodzko, ingénieur-chimiste, rue de Vintimille, 6, appelle l’attention du Conseil sur un appareil fumivore de son invention, lequel fonctionne chez MM. Yarral, Elwells, Poulot, constructeurs-mécaniciens, avenue Trudaine, 1. (Renvoi au même comité réuni à celui des arts économiques. )
- M. Jobard, directeur du Musée de l’industrie belge, membre correspondant de la Société, adresse un mémoire dans lequel il examine les pertes auxquelles donnent lieu les différents modes de combustion dans le chauffage et l’éclairage.
- Selon l’auteur, on brûle en France, pour le chauffage seul, une quantité de combustible d’une valeur de i ,034,235,500 fr., et la perle due à l’imperfection des appareils ne s’élèverait pas à moins du tiers de cette somme, sans compter celle que produisent en gaz, huile, bougie, suif, etc., les différents modes d’éclairage.
- Mme Ve Cadiat, rue de l’Odéon, 12, présente un nouveau système économique de fourneau à rôtir, pouvant être chauffé au charbon de bois. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Daniel, artiste graveur et guillocheur, rue Neuve-Saint-Augustin, 58, met sous les yeux du Conseil des produits obtenus par l’application du tour à guillocher à la décoration de la porcelaine. ( Renvoi au même comité. )
- M. E. Kopp, chimiste, à Saverne ( Bas-Rhin ), envoie la première partie d’un mémoire traitant des recherches qu’il a entreprises sur la garance d’Alsace. ( Renvoi au même comité. )
- M. Jourdier, membre du Conseil, offre à la Société :
- 1° Des échantillons de draps, de tissus, de toiles peintes de diverses fabriques russes ;
- 2° De la garance en racine et en poudre cultivée en Russie, à laquelle les teintu-
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- riers de ce pays donnent la préférence sur les garances de la France méridionale;
- 3° Des spécimens d’indiennes imprimées, de dentelles en soie, de châles et pointes de dentelle, etc., de M. Rochefort, Français établi à Moscou ( des gravures de mode spéciales sont faites à Paris pour ce fabricant ) ;
- 4° Des échantillons de laines de béliers ordinaires, provenant d’un troupeau ap-parlenant à S. A. I. la grande-duchesse Hélène.
- ( Renvoi au même comité réuni à celui des arts mécaniques. )
- M. le Sénateur maire de Nantes adresse le programme de l’exposition nationale des produits de l’industrie, de l’agriculture, des beaux-arts et de l’horticulture qui doit s’ouvrir dans cette ville le 1er juillet prochain (1).
- On remarque dans ce programme une disposition nouvelle, suivant laquelle chaque jury d’exarùen doit se composer : 1° de la commission organisée pour chaque groupe de produits; 2° des exposants de la classe soumise à l’examen de la commission.
- M. J. Damourette, ancien élève de l’école polytechnique, membre de la Société, rue Saint-Lazare, 66, annonce que, comme correspondant officiel du comité d’action de l’exposition de Nantes, il se met à la disposition des industriels qui pourraient avoir besoin de renseignements spéciaux.
- M. Combes, l’un des secrétaires, indique que l’un des derniers numéros du journal de la Société des arts de Londres contient la Charte royale qui nomme les commissaires de l’Exposition internationale, dont l’ouverture doit avoir lieu à Londres en 1862. (Voir plus haut, p. 119, quelques détails relatifs à cette Exposition.)
- Rapports des comités.—Au nom du comité des arts chimiques, M. Salvétat donne lecture des deux rapports suivants :
- 1° Rapport sur l’ouvrage de M. Kœppelin intitulé , Fabrication des tissus imprimés;
- 2° Rapport sur l’appareil ceram-autopractor de M. Bellay.
- Ces deux rapports seront insérés au Bulletin, et le dernier sera accompagné du dessin de l’appareil.
- Au nom du même comité, M. Barrai lit un rapport sur les travaux de M. Crespel-Dellisse relatifs à la fabrication du sucre indigène.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin.
- Au nom des comités des arts mécaniques et d’agriculture, M. Benoît donne lecture d’un rapport sur le grenier conservateur de M. Pavy.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin avec le dessin de l’appareil.
- Communications. — M. Barrai, membre du Conseil, décrit sommairement un appareil à faire le pain, imaginé par un Anglais, M. Dauglish, dans lequel l’eau chargée de gaz acide carbonique joue le rôle du levain qu’on ajoute à la farine.
- L’appareil se compose d’une sphère pouvant être hermétiquement fermée et contenant un pétrin mécanique à lames fixes et mobiles. Après y avoir introduit la farine
- (1) On peut consulter ce programme, ainsi que celui de l’exposition de Metz , au secrétariat de la Société d’encouragement.
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- et une certaine quantité d’eau chargée d’acide carbonique, on fait le vide à l’aide d’une pompe aspirante, puis, au moyen de la même pompe qui joue alors le rôle de pompe foulante, on fait entrer de l’acide carbonique à haute pression provenant d’un gazomètre installé à côté de l’appareil. Quand le gaz est introduit, on met en mouvement le pétrin, et au bout de quelques minutes on n’a plus qu’à sortir la pâte, qu’on fait couler, par un robinet spécial, dans les moules prêts à la recevoir; il ne reste plus alors qu’à porter au four. (Renvoi au comité des arts chimiques. )
- MM. Combes et Peligot ayant présenté, pour devenir membre de la Société, M. de Senarmont, de l’Académie des sciences, ingénieur en chef des mines, par dérogation au règlement il est procédé de suite à cette élection, ainsi qu’il a été fait pour M. Jamin.
- M. de Senarmont obtient l’unanimité des suffrages.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- La Société d’encouragement a reçu, dans les séances des 16 et 30 janvier, 13 et 27 février 1861, les ouvrages dont les titres suivent :
- Ouvrages offerts à la Société.
- Annales télégraphiques. Novembre et décembre 1860.
- Annales du commerce extérieur. Décembre 1860.
- Annales de l’agriculture française. NoS 11,12, et nos 1, 2, 1860.
- Annales des conducteurs des ponts et chaussées. Novembre, décembre 1860, et janvier 1861. Annales de la Société impériale d’agriculture de la Loire. Livr. 2, 3, 4.
- Annales de la Société d’horticulture de la Haute-Garonne. Septembre à décembre 1860.
- Annales de la Société d’horticulture de la Gironde. N° 6.
- Bulletin des séances de la Société impériale et centrale d’agriculture. N° 7 et n081, 2 de 1861. Bulletin de la Société française de photographie. Janvier et février 1861.
- Bulletin de la Société protectrice des animaux. Novembre et décembre 1860.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Décembre 1860 et janvier 1861.
- Cosmos, revue encyclopédique, par M. l’abbé Moigno. Livr. 26 et lre à 8e, 1861.
- Catalogue des brevets d’invention. N°* 6 à 10.
- Culture ( la ). Écho des comices, par M. Sanson. NoS 13 à 16.
- Cultivateur de la Champagne ( le ). Décembre et janvier, février 1861.
- Génie industrie] ( le ), par MM. Armengaud frères. Janvier, février 1861.
- Invention (T ), par M. Desnos-Gardissal. Janvier, février 1861.
- Journal d’agriculture pratique, par M. Barral. N° 24, 1860, et nos 1 à 4,1861.
- Journal des fabricants de papier, par M. L. Piette. Décembre 1860.
- Journal d’éducation populaire. Novembre et décembre 1860, et janvier 1861.
- Journal de la Société impériale et centrale d’horticulture. Décembre 1860 et janvier 1861. Journal des fabricants de sucre. Nos 38 à 45.
- Journal de la Société d’agriculture des Ardennes. Janvier.
- Journal d’agriculture de la Côte-d’Or. Novembre et décembre 1860, et janvier 1861.
- Lumière (la). N# 52, 1860, et nos 1, 2, 3, 1861.
- Moniteur scientifique ( le ), par M. le docteur Quesneville. Livr. 97 à 100.
- Propriété industrielle ( la ). NoS 156 à 165.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
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- Presse scientifique des deux mondes, sous la direction de M. Barral. N» il, 1860, et noi 1 à 4,
- 1861.
- Revue universelle des mines, de la métallurgie......., sous la direction de M. Th. de Cuyper.
- 5e et 6e livr.
- Répertoire de chimie pure, par M. Wurtz. Décembre 1860 et janvier 1861.
- Répertoire de chimie appliquée, par M. Barreswil. Décembre 1860 et janvier 1861.
- Revue générale de l'architecture et des travaux publics, par M. César Daly. N9S 7, 8.
- Réforme agricole ( la ). Décembre 1860 et janvier 1861.
- Société des ingénieurs civils. Séance du 7 décembre 1860.
- Société d’agriculture, du commerce......du département de la Marne. Année 1860.
- Technologiste (le ), par MM. Malepeyre etVasserot. Janvier et février 1861.
- Avenir de l’exploitation des mines métalliques en France, par M. E. PeTiTGAND, ingénieur civil des mines, directeur de mines et usines métallurgiques. Br. Paris, E. Lacroix, libraire.
- Analyse de l’engrais flamand, par M. J. Girardin, doyen de la faculté des sciences de Lille, correspondant de l’Institut, etc. Br. Lille, 1860. Imp. Leleux.
- Année scientifique et industrielle ( 1’ ), ou exposé..., par M. Louis Figuier. 5e année. 1 vol. in-12. Paris, Hachette et comp., libraires-éditeurs.
- Annuaire des cinq départements de la Normandie, publié par l’Association normande. 27e année.
- 1 vol. in-8. Rouen, impr. de Le Brument.
- Brevets d’invention ( loi de 1844). T. 36.
- Culture de la vigne et vinification, par M. le docteur Jules Guyot. 2e édit. 1 vol. in-12. 1861. Paris, librairie agricole de la Maison rustique.
- Éloge de M. E. Robiquet, prononcé à la séance de rentrée de l’école de pharmacie, le 14 novembre 1860, par M. Gaultier de Claubry, professeur à l’école de pharmacie. Br. Paris, imp. de Thunot.
- Exposé des motifs, projet de loi, statuts sociaux, résumé moral et financier. Constitution d’une banque de prévoyance spéciale au blé, aux réserves, aux approvisionnements, par la création des docks, magasins généraux, etc., par M. Gosset. Br.
- Mémoire sur l’emploi de la main-d’œuvre dans l’industrie, traitant spécialement des moyens d'accélérer le travail des ateliers sans augmenter le capital à y employer, par M. H. Hamers, ingénieur civil ( lu à la Société des ingénieurs civils, séances des 7 décembre 1860 et 11 janvier 1861 ). Paris, br. in-8, Mallet-Bachelier, éditeur.
- Maladie des poiriers et de l’épine blanche, attribuée, en Normandie, à l’influence du voisinage Ù.U juniper us sabina, par M. Victor Chatel. Br. in-18, 1860. Vire.
- Mémoire sur les eaux insalubres, présenté à l’Académie des sciences, par M. Émile Monnier. Br. in-8, 1860.
- Mémoires de l’Académie d’Arras, t. 30,31,32. —1858, 1859, 1860.
- 1° Almanach d’Artois, par M. Auguste Parenty, membre résident;
- 2° Ambassade en Espagne et en Portugal ( en 1582, de R. P. dom Jean Sarrazin, abbé de Saint-Waast, du conseil d’Estat de S .M. Catholique, son premier conseiller en Arthois..., etc.), par Philippe de Caverel, religieux de Saint-Waast. Arras, 1860. 9
- Note sur les rouges d’aniline, par MM. Ch. Lauth et Paul Depouilly. Br. 1860.
- Notice sur l’exposition de Besançon, lue à la Société libre d’émulation, du commerce et de l’industrie de la Seine-Inférieure, dans la séance du 21 novembre 1860, par M. Gaignoeux, vice-président. 1860. Br. Rouen.
- Note sur la cité ouvrière de Mulhouse, par M. Gaignoeux, lue à la même Société dans la séance du 2 janvier 1861. Br. in-8.
- Recherches chimiques sur les sucres destinés au raffinage, par M. Émile Monnier. Br.
- Réforme du service de la poste dans l’intérieur de Paris et des grandes villes, par M. Amédée Sébillot. Br.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
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- Rouge d'aniline (le). Brevets de MM. Renard frères et Franc. Rapport de MM. Persoz, de Luynes et Salvétat. Br. in-4.
- Solanine ( de la). Accidents produits chez les animaux et chez l’homme par l’usage des pommes de terre trop germées et dus à la solanine. Br. in-8, 1861, par M. Victor Chatel. Vire. Journal of the Society of arts. Nos 423 à 431.
- Il nuovo Cimento, par Matteucci e Piria. Novembre et décembre 1860.
- Newton’s London Journal. Janvier et février 1861.
- Polytechnisches Journal, von Max. Dingler. Nos 909 à 914.
- Philosophical Transactions of the royal Society of London. 1841 et les volumes suivants jusqu’à la lre partie inclus, de 1860.
- Proceedings of the royal Society of London. T. VII, 1854 et suivants, le n° 42 du t. XI (1860 ). Philosophical Transactions ( Abstracts of the ). Vol. I ( 1800 ) jusqu’à vol. VI ( 1854 ). Proceedings of the royal Society of Edinburgh. Session 1859-1860.
- Transactions of the royal Society of Edinburgh. Vol. XXII, part. II, for the session 1859-1860. Appendix to the Makerstoun magnetical and meteorological Observations. 1847 à 1855.
- Revista de obras publicas. N° 24, ano VIII, et n°* 1 à 4, ano IX.
- Sull' edificio di estrazione del nuovo modulo d’acqua, per l’ingenere Francesco Colombani. Milano. Br.
- Zeitschrift des œsterreiehischen ingénieur vereines. Septembre 1860.
- Publications périodiques.
- Annales des ponts et chaussées. Juillet à décembre 1860.
- Annales de chimie et de physique. Janvier et février 1861.
- Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences. Nos 25, 26, 27, 1860, et nog 1 à 7,1861.
- Journal des économistes. Janvier et février 1861.
- Revue municipale. Janvier et février 1861.
- Teinturier universel ( le ). Nos 19 à 21.
- The Artizan. Décembre 1860 et janvier, février, 1861.
- The Mechanics’ Magazine. Novembre, décembre 1860, et janvier 1861.
- The Repertory of patent inventions. Décembre 1860, et janvier, février 1861.
- The practical Mechanic’s Journal. Décembre 1860, et janvier, février 1861.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme V9 BOUGHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5. — 1861.
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- 60' ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. TOME VIII. — MARS 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Salvétat, au nom du comité des arts chimiques, sur l'emploi, sur porcelaine, de la dorure brillante sans brunissage présentée par MM. Dutertre frères, à Paris, rue d’Angoulême-du-Temple, 66.
- Messieurs, s’il est un produit qui dans la décoration de la porcelaine ait été l’objet d’efforts persévérants, c’est assurément la dorure brillante sans brunissage. On n’a pas oublié l’émotion produite par le dépôt, dans les collections du musée céramique de Sèvres, des pièces dorées rapportées par le regrettable M. Rrongniart, lors du voyage qu’il fit à Meïssen en 1836. C’est que tout le monde comprenait l’intérêt que présentait une méthode courante, permettant d’appliquer, sur une pièce de porcelaine cuite en blanc, une matière capable de déposer de l’or sous une minceur excessive, partant économique, avec le plus vif éclat métallique, supprimant le brunissage, et susceptible d’être étendue sur tous les points, dans les plus petits replis des surfaces les plus ondulées, là oii le brunissoir eût été sans puissance pour transformer l’or mat sortant du moufle en or poli prêt à la consommation.
- La découverte de cette dorure, que les plus incrédules regardaient comme impossible, mais que faisaient pressentir comme vraisemblable les chatoyants et les lustres d’or importés d’Angleterre vers le commencement de ce siècle, avait été faite en Saxe en 1830, par M. Kühn, directeur de la manufacture royale de Meïssen. Depuis cette époque, les procédés étaient restés secrets» Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Mars 1861. 17
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- ARTS CHIMIQUES.
- et toutes les recherches que nous avons faites ou que nous avons demandé qu’on fit pour nous en Allemagne n’ont pu nous amener à connaître la prétendue publicité qu’auraient reçue les différents procédés propres à fournir la dorure brillante. Les documents que nous avons recueillis ou bien avaient trait aux lustres d’or légers qu’on nomme lustres burgos, ou bien encore ne pouvaient s’appliquer qu’aux lustres chatoyants qu’on appelle lustres d’or. Avant 1851, époque à laquelle MM. Dutertre frères ont pris leur brevet, aucune recette ne conduisait, ainsi que nous nous en sommes assuré par de nombreuses expériences, à d’autres produits que des lustres chatoyants ou burgos; encore les procédés indiqués étaient-ils incertains, incomplets et trop concis ; ils ne permettaient pas de comprendre les conditions nécessaires à remplir, pour obtenir un liquide aurifère propre à la dorure brillante sans brunissage. Ces recettes, en effet, que ce n’est pas le lieu de discuter ici, ne pouvaient produire que des liquides trop peu chargés d’or, se boursouflant sous l’impression de la chaleur, et ne contractant avec la porcelaine aucune adhérence suffisante pour résister au maniement des pièces en fabrication. L’or, après la cuisson, ne tenait que sur les poteries dont la glaçure était ramollissable au feu de dorure; il ne pouvait, par conséquent, être employé dans la décoration des glaçures feldspathiqucs.
- D’après le procédé de MM. Dutertre, on chauffe légèrement un mélange de 32 gr. d’or, 128 gr. d’acide azotique et le même poids d’acide chlorhydrique de commerce ; on ajoute, après dissolution, l8r,2 d’étain et lgr,2 de beurre d’antimoine ; quand tout est dissous, on étend de 500 grammes d’eau ordinaire.
- Cette dissolution d’or dans l’eau régale étendue est décomposée par un baume spécial (1), qu’on forme en dissolvant à chaud, jusqu’à ce que la dissolution prenne une consistance visqueuse et une coloration brun foncé, 16 gr. de soufre et 16 gr. de térébenthine de Venise dans 80 gr. d’essence
- (1) Lorsqu’on met le chlorure d’or en contact avec certains liquides, il peut se présenter plusieurs circonstances :
- 1° Ou l’or est réduit instantanément à l'état métallique; il se précipite sous forme d’une poudre brune plus ou moins volumineuse qu’on emploie pour dorer les porcelaines par les procédés ordinaires ; c’est ce qui arrive avec le protosulfate de fer, le protonitrate de mercure ; l’or, dans ce cas, cuit à l’état mat; il faut lui donner de l’éclat au moyen du brunissoir ; cette préparation est dans le domaine public.
- 2° Ou l’or se réduit lentement à l’état métallique ; il possède alors un certain éclat ; mais il est cristallisé sous forme de petits cubo-octaèdres qui s’aplatissent au broyage et font paillettes ; cet or ne peut être appliqué que difficilement au pinceau. C’est celui qui se prépare, par exemple, avec une dissolution d’acide oxalique.
- 3° Ou l’or se sépare de sa dissolution dans l’eau régale pour contracter une nouvelle combinaison
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- de térébenthine. Quand la dissolution est complète, on ajoute 50 gr. d’essence de lavande; par le refroidissement, il ne doit pas se déposer de soufre.
- On verse alors la dissolution d’or sur le baume de soufre; on chauffe modérément et on brasse lentement, pour amener le contact des deux liquides qui réagissent l’un sur l’autre; le chlorure d’or se décolore et l’or passe entièrement, si l’opération est bien conduite, en dissolution dans le liquide huileux qui devient lourd et résineux par refroidissement.
- On enlève l’eau qui surnage, elle entraîne les acides; on lave à l’eau chaude et, lorsque les dernières traces d’humidité sont éloignées, on ajoute encore 65 gr. d’essence de lavande et 100 gr. d’essence de térébenthine. On fait chauffer jusqu’à dissolution complète, puis on laisse déposer sur un mélange de 5 gr. de fondant de bismuth ( sous-nitrate ).
- On décante enfin la partie claire qui s’est complètement dépouillée d’or réduit et de toute autre substance insoluble ; cette partie claire est amenée, par une concentration convenable, à l’état voulu pour un emploi facile.
- Le produit chargé d’or se présente alors sous forme d’un liquide visqueux à reflets très-légèrement verdâtres ; l’or y est à l’état soluble. La térébenthine de Venise donne à la liqueur la propriété siccative qu’elle doit posséder pour que les décors sèchent promptement ; les résines aurifères abandonnées par le départ des huiles essentielles se décomposent par la chaleur, en donnant à basse température, sans se fondre, un dépôt de charbon chargé d’or qui conserve l’apparence d’une feuille d’or laminé sous une minceur excessive.
- La beauté de la dorure résulte, entre autres faits, de l’absence de toute fusion dans la matière résineuse.
- Une étude attentive des antériorités conduit à reconnaître, comme points véritablement importants et nouveaux dans les procédés de MM. Dutertre,
- avec le liquide en présence. Ce phénomène se présente avec certaines huiles. Il est rare qu’il n’y ait pas en même temps précipitation d’or à l’état de paillettes cristallines.
- Dans quelques cas, l’or qui reste dissous est en proportions minimes relativement au volume du liquide employé; dans d'autres cas, il n’y a que peu d’or séparé sous forme solide, il y en a beaucoup, au contraire, qui conserve l’état liquide et reste en combinaison dans la matière huileuse : le premier liquide, peu chargé d’or, ne donne pas de dorure brillante; il conduit, suivant la quantité d’or qu’il renferme, aru burgos, au chatoyant, au lustre d’or; ces liquides étaient connus, quoique encore leur préparation, spécifiée dans de nombreux brevets, ne pût être effectuée qu’avec de grandes difficultés.
- Lorsqu’il reste beaucoup d’or dans la dissolution, on obtient un liquide propre à la dorure brillante. C’est ce liquide qui constitue la nouveauté du procédé de MM. Dutertre. Sa préparation représente tout un système nouveau.
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- 1° L’addition, à la solution d’or, de l’eau, qui modère l’action trop énergique qu’exerce cette solution sur le baume de soufre et permet que la combinaison se fasse d’une manière plus régulière;
- 2° La substitution, au baume huileux (1), d’un baume spécial obtenu par le mélange des essences de lavande et de térébenthine, dont le but est de rendre le produit aurifère soluble et apte à se réduire sans se boursoufler, quand on l’expose à l’action de la chaleur ;
- 3° L’addition, au baume de soufre dont nous venons de parler, de la térébenthine de Venise, qui doit, d’une part, augmenter la consistance de ce baume, l’empêcher de couler, de s’étendre au delà des parties qu’on veut décorer, et d’exalter, d’autre part, les propriétés adhésives du baume, lorsqu’il est appliqué ;
- 4° Le lavage du produit aurifère, qui a pour but de soustraire ce produit à l’action ultérieure des acides et de le mettre dans les meilleures conditions de conservation;
- 5° L’addition, au produit aurifère obtenu, des essences de lavande et de térébenthine, qui dissolvent ce produit en lui donnant une fluidité suffisante pour qu’on puisse séparer par le repos les matières indissoutes, et concourent à la formation d’un liquide huileux, homogène dans toutes ses parties.
- En négligeant l’emploi de ces divers perfectionnements, ou bien on prépare un liquide trop peu chargé d’or, ou bien on obtient une matière huileuse non siccative, d’un emploi difficile, bouillonnant à la première impression de la chaleur et ne donnant qu’une dorure inégale ; leur ensemble, tel qu’il est défini plus haut, constitue donc un système nouveau qui peut être considéré comme une méthode générale typique autour de laquelle viennent se grouper des procédés dans lesquels on peut substituer, aux opérations et
- (1) Lorsque les huiles réagissent sur le chlorure d’or, il faut modérer la réaction trop énergique de ce produit, il faut et tempérer l’action chimique du chlorure d’or et modifier les huiles elles-mêmes, de telle sorte que, mises en contact avec le chlorure, elles ne réduisent pas l’or à l’état métallique; c’est surtout par l’hydrogène qu’elles renferment que les huiles réduisent; on a donc avantage à chasser l’excès d’hydrogène : on les fait bouillir avec le soufre; il se dégage de l’acide sulfhydrique, et l’huile sulfurée qui reste après la réaction et qu’on nomme baume de soufre peut être mélangée très-intimement au chlorure d’or sans qu’il y ait précipitation d’or cristallisé. Les huiles qui présentent les meilleurs résultats sous ce rapport sont les huiles de térébenthine et de lavande. Cette dernière dissout avec une énergie remarquable la résine qui résulte de l’absorption de l’or par l’huile liquide; elle a été introduite dans cette fabrication pour la première fois par MM. Dutertre.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- matières employées, ou des opérations équivalentes, ou des substances analogues au point de vue de leurs réactions chimiques (1).
- Entre les mains de MM. Dutertre, la dorure brillante est devenue depuis longtemps une entreprise très-considérable ; sortie du domaine de l’expérience elle a grandi dans celui de l'industrie. La maison qu’ils ont fondée, rue d’Àn-goulême-du-Temple, consomme environ 4 kilos d’or par mois, soit en 1859 175,585 francs; la main-d’œuvre qui représente la façon de la dorure figure, dans le même exercice, pour 1,100,000 francs; elle porte sur environ 17,500 pièces par jour. On a cuit, dans l’année, 5,423 moufles. L’atelier emploie près de 500 ouvriers ; il faut ajouter près de 150 femmes occupées à déballer, nettoyer, emballer les pièces que quelques-unes d’entre elles sont très-capables de peindre.
- L’installation de l’usine de MM. Dutertre est parfaitement disposée : chaque atelier correspond avec une série de moufles, avec des séchoirs, avec un dépôt des pièces cuites ou à cuire ; la plus grande économie règne dans tous les temps de la fabrication.
- A côté de l’élément de succès pour les pièces à bon marché, MM. Dutertre accordent une attention particulière aux pièces de luxe, et votre Comité des arts chimiques a remarqué la réussite complète d’un grand nombre de pièces décorées de fonds demi-grand feu, cuites avec pureté et chargées d’or brillant , qui, dans ces conditions, ne laisse rien à désirer comme éclat et comme solidité.
- L’intelligence et l’activité dont MM. Dutertre ont fait preuve dans leur industrie, les difficultés qu’ils ont dû vaincre pour livrer un produit acceptable par le commerce, les débouchés que la dorure brillante ouvre tous les jours à la porcelaine, dont la fabrication s’est notablement accrue, autorisent le Comité des arts chimiques à vous proposer :
- (1) Différentes recettes, les unes brevetées, les autres non brevetées, ont été préconisées pour faire concurrence aux procédés de MM. Dutertre; il en est résulté de nombreux procès.
- La substitution, à la térébenthine de Venise, du galipot, de la poix de Bourgogne, de l'arcanson, de la colophane — celle de l’essence d’aspic à l’essence de lavande; les modifications apportées à la composition du fondant, acide borique, borate de plomb, borate de bismuth — la réaction du chlorure de soufre à froid sur les huiles essentielles pour former le baume de soufre — l’addition de quelque peu d’huile de noix, de lin, etc., aux huiles ordinaires — l’évaporation à sec du chlorure d’or — l’affusion d’une grande quantité d'essences pour éviter l’addition de l’eau — ïa neutralisation des acides par saturation — la filtration remplaçant le décantage pour éliminer les dernières parcelles d’or cristallisé : telles sont, entre autres, des modifications qui n’ont pas été admises par les tribunaux comme constituant des différences essentielles et de nature à permettre la libre concurrence. ( Tribunal de la Seine, jugements des 1er avril 1859 et 17 janvier 1861, et Cour impériale, chambre correctionnelle, jugements des 30 décembre 1859 et 26 mars 1861. )
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- 1° De remercier MM. Dutertre de leur communication;
- 2° De voter l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société.
- Signé Salvétat, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 30 janvier 1861.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Eue. Pihet, au nom du comité des arts mécaniques, sur une
- serrure de sûreté présentée par M. Emile Petit, rue Fondaries 63, à
- Grenelle-Paris.
- M. Émile Petit soumet à l’examen de la Société une nouvelle combinaison de serrure qui paraît tout à fait incrochetable.
- Divers organes sont mis en œuvre pour atteindre ce but.
- Le principal est la combinaison d’une ancre double, dont les deux éléments sont rendus solidaires par une charnière à épaulement et à ressort; un système de bascule destiné à recevoir le mouvement de la clef le transmet à cette ancre double.
- Dans le service régulier de la serrure, l’une de ces ancres tient le pêne au repos, c’est Y ancre de service,
- L’autre ne fonctionne que dans le cas de l’introduction d’une fausse clef, elle s’échappe alors et maintient le pêne immobile, c'est l’ancre de sûreté.
- Pour mettre celte serrure en mouvement, un disque est traversé par une broche et fait corps avec elle.
- Cette broche à laquelle la clef vient s’unir, de forme très-variable, est pourvue de paillettes de longueurs et de positions différentes qui forment par là un premier obstacle à l’introduction d’une clef étrangère.
- Un secteur plus grand que le disque est fixé sur la surface de celui-ci ; il tourne en même temps que la clef, dont il forme, pour ainsi dire, le prolongement.
- Son action, qui est capitale, est de supporter l’ancre de sûreté au moment où, dégagée de son cran de repos, elle se jetterait sur le pêne et le ferait prisonnier par des encoches spéciales.
- Ce secteur, pouvant occuper une position angulaire quelconque sur le disque et se réglant à cette position, présente une seconde série de combinai-
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- sons qui, s’ajoutant aux précédentes, dérouteront certainement l’habileté des malfaiteurs les plus adroits.
- Le mouvement du pêne et celui du demi-tour sont donnés par un engrenage placé dans l’axe du disque, qui l’entraîne au moment convenable par le contact d’une goupille.
- Comme dans les serrures à pompe, la clef présente l’avantage d’être petite.
- Un faux panneton lui sert de guide pour qu’on puisse l’introduire sans difficulté dans le groupe de paillettes de la broche.
- Une disposition ingénieuse l’oblige à s’excentrer pour prendre sa place, et contribue à rendre obscur l’intérieur du canon ; ce qui peut encore gêner les tentatives criminelles.
- Ces diverses dispositions nous paraissent fort bien remplir le but que l’inventeur s’est proposé, et nous les croyons assez intéressantes pour que votre comité vous propose :
- 1° D’adresser ses remercîments à M. Émile Petit pour sa communication ;
- 2° L’insertion, dans votre Bulletin, du présent rapport, avec le dessin qui l’accompagne.
- Signé Eug. Pihet, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 21 novembre 1860.
- DESCRIPTION DE LA SERRURE DE SÛRETÉ IMAGINÉE PAR M. ÉMILE PETIT ET REPRÉSENTÉE PLANCHE 216.
- Fig. 1. Vue de la serrure fermée, la plaque mobile du palastre étant enlevée.
- Fig. 2. Section longitudinale passant par la gorge extérieure de la serrure et montrant la clef engagée dans cette gorge.
- Fig. 3 et 4. Vues du pêne dormant.
- Fig. 5 et 6. Vues de l’ancre double de service et de sûreté.
- Fig. 7 et 8. Vues du disque à mortaise porteur de la broche de la clef.
- Fig. 9 et 10. Vues du disque denté servant à faire mouvoir le pêne dormant et le bec-de-cane.
- Fig. 11 et 12. Vues de la traverse destinée à recevoir le disque à mortaise et le disque denté.
- Fig. 13 et 14. Vues du pied-de-biche servant à maintenir au repos le système d’ancre de sûreté.
- Fig. 15, 16 et 17. Levier à trois branches transmettant au pied-de-biche le mouvement qu’il reçoit de la clef.
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- Fig. 18 et 19. Vues de la clef dans deux plans perpendiculaires.
- Fig. 20. Vue, en dessous, de la même clef.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets sur toutes les figures.
- A, disque à mortaise circulaire porteur de la broche de la clef ( fig. 1,2,7 et 8 ). Cette broche de forme variable, triangulaire ou quadrangulaire, est munie, près du disque, d’une partie cylindrique faisant corps avec elle; en outre, elle est pourvue d’ailettes ou paillettes disposées normalement à sa surface, mais irrégulièrement espacées. On remarquera que la circonférence du disque n’est pas complète et qu’elle présente sur sa tranche une section plane, contre laquelle appuie la branche mobile d’un ressort dont il sera question plus loin.
- B, secteur en cuivre ou autre métal placé contre le disque A qu’il suit dans ses mouvements, et fixé au moyen d’une vis sur la partie cylindrique de la broche de la clef.
- C, disque annulaire denté sur une partie de sa circonférence; il est placé sur l’axe du disque à mortaise A et est muni d’une goupille c, qui glisse dans la mortaise circulaire de ce disque ( fig. 1, 2, 9 et 10) de telle sorte que, tout en restant indépendant, il peut, dans certaine position, être entraîné par le disque à mortaise et participer à son mouvement de rotation.
- D, traverse avec renflement en forme de manchon sur lequel vient s’ajuster, par sa partie annulaire, le disque denté C ( fig. 1,2, 11 et 12 ).
- E, pontet fixé, au moyen de vis, sur la traverse D ( fig. 2 ).
- F, gorge de la clef maintenue par le pontet E.
- G, pêne portant., en dessous, une crémaillère de cinq dents engrenant avec le disque C chargé de le conduire ( fig. 1, 3 et h ) ; sa queue est munie d’une coulisse ou glissière qui lui permet de se mouvoir horizontalement, en embrassant constamment une vis g lui servant de guide et fixée au fond du palastre. L’arête supérieure de ce pêne présente plusieurs encoches, lesquelles servent à en enrayer le mouvement par le jeu de l’ancre double disposée au-dessus.
- H, lame de ressort plate ( fig. 1 ) placée entre le fond du palastre et le pêne et tendant constamment à appuyer la queue de ce pêne contre la tête de la vis g.
- L ancre double, dite ancre de service et de sûreté ( fig. 1, 5 et 6 ), se compose de deux espèces de leviers à mouvements indépendants, I, J, mais rendus solidaires par une charnière à épaulement et tenus en place au moyen du teton K qui leur sert d’axe de rotation. Le levier I a sa partie antérieure terminée par un bec biseauté et par une dent i placée au-dessous; le levier J porte également en dessous une dent j. Un ressort L, s étendant sur l’un et l’autre levier en suivant le contour de la charnière à épaulement, presse constamment sur eux, tendant soit à pousser leurs dents dans les encoches d’arrêt du pêne G, soit à mettre seulement en prise le bec du levier I avec les crans correspondants d’une pièce M dite pied-de-biche. Le levier I constitue l’ancre de sûreté et l’autre l’ancre de service.
- Un ressort N, placé derrière le pêne G et indiqué en ponctué sur la figure 1, appuie sa partie mobile dans un cran de la charnière à épaulement concernant l’ancre de
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- sûreté I, et tend constamment à attirer en bas cette ancre dès qu’elle quitte le pied-de-biche M.
- O est un appendice faisant corps avec l’ancre I sous laquelle il est placé et buttant sur le secteur B, toutes les fois qu’il passe, de manière à être soutenu par lui, combinaison rendue nécessaire par cette raison que le mouvement de bascule du pied-de-biche M ayant lieu, comme on le verra plus loin, pendant le mouvement de rotation du secteur, il s’ensuit que, si, au moment où le pied-de-biche échappe, l’ancre I n’était pas soutenue , sa dent tomberait dans l’encoche du pêne et enrayerait le mouvement de la serrure.
- M, levier à deux bras inégaux, dit pied-de-biche, fixé au fond du palastre par une vis autour de laquelle il peut tourner ( fig. 1, 13 et Ik ). Le grand bras de ce levier porte à sa partie supérieure deux encoches destinées à soutenir, dans différentes positions, l’ancre de sûreté I; le petit bras est terminé par une espèce de fourche.
- P, autre levier à trois branches faisant corps avec un manchon mobile p fixé au palastre par une vis lui servant d’axe de rotation ( fig. 1, 2, 15, 16 et 17 ); deux des branches sont disposées l’une au-dessus de l’autre contre le fond du palastre, celle du dessous étant recourbée et ayant son extrémité engagée dans la fourche du petit bras du pied-de-biche M ; quant à la troisième branche, elle est en avant du manchon p à la même hauteur que la branche supérieure du fond ( fig. 2 ), et se recourbe en équerre pour porter une touche Q qui est engagée dans une fente ménagée à la base de la gorge F de la clef.
- R est un ressort curviligne fixé au palastre ( fig. 1 ) et appuyant sur la branche supérieure de fond du levier à trois branches P, pour maintenir la touche Q dans la gorge de la clef toutes les fois que la serrure est au repos.
- S, bec-de-cane ordinaire avec ressort à boudin le poussant en dehors et bouton extérieur pour la manœuvre à la main ( fig. 1 et 2 ) ; cet organe, identique à celui des autres serrures, n’en diffère que par la manière dont la clef le commande et qui va être expliquée ci-après :
- T est une griffe à trois dents mobile autour de son point d’attache, et dont la queue est engagée dans une mortaise pratiquée dans la tige du bec-de-cane S (fig. 1); cette griffe étant disposée de manière à pouvoir être saisie par le disque denté C, il s’ensuit que, lorsque ce disque tourne sous l’impulsion de la clef après avoir fait rentrer le pêne, c’est-à-dire ouvert la serrure, il vient saisir la griffe T qui agit immédiatement au moyen de sa queue sur le bec-de-cane.
- U est un ressort vertical à deux branches fixé au palastre, immédiatement au-dessus de la tige du bec-de-cane S; sa fonction est d’appuyer constamment contre le disque A afin d’empêcher que le jeu n’en soit trop facile; or, chaque fois que ce disque a opéré la fermeture ou l’ouverture de la serrure, il vient, ainsi qu’il est indiqué figure i, présenter la section plane de sa tranche devant le ressort qui, tendu pendant tout le temps de sa rotation, se détend alors et vient butter avec plus de force en raison de la plus grande surface qu’il rencontre.
- D’après tout ce qui vient d’être expliqué, on voit que c’est le mouvement du disque A et de son secteur B qui commande à tous les organes ; or, ce disque étant Tome VIÎI. — 60e année. 2e série. — Mars 1861. 18
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- lui-même commandé par la clef lorsqu’elle est placée sur la broche du disque, il convient de décrire cette clef et sa fonction.
- La clef V que représentent les figures 18, 19 et 20 est, comme toutes les clefs des serrures à pompe, pourvue d’un panneton et d’un canon foré; la différence consiste ici en ce que le canon porte plusieurs fentes à son extrémité ( fig. 18 ), et à sa surface deux faux pannetons. Ces fentes et ces faux pannetons, disposés normalement à la surface du canon et suivant des génératrices, sont destinés, les premières à recevoir les ailettes ou paillettes correspondantes placées sur la broche du disque A, les seconds à agir sur le levier à trois branches P. Lorsqu’on enfonce la clef dans la gorge F, il est évident que la correspondance indispensable qui doit exister entre les fentes du canon et les ailettes de la broche constitue un premier secret ; d’ailleurs le nombre, la dimension et l’écartement des ailettes et des fentes correspondantes peuvent varier à chaque serrure.
- Le deuxième secret de l’appareil réside dans l’existence des faux pannetons, dont la position est calculée pour faire fonctionner régulièrement le pêne. Pour comprendre cet artifice, voyons comment fonctionne l’ensemble du mécanisme : lorsque , placé en dehors de l’appartement, on veut fermer la serrure dans la position que représente la figure 1, on tourne la clef de droite à gauche ; le disque denté C, conduit par le disque à mortaise A, sollicite le pêne à s’avancer ; à ce moment, un des faux pannetons de la clef ( celui qui est le plus éloigné de l’orifice du canon ), rencontrant la touche Q de l’équerre du levier P, soulève ce levier; ce soulèvement fait basculer le pied-de-biche M, et aussitôt l’ancre L, s’échappant du cran supérieur de ce pied-de-biche, tombe et fait relever l’ancre J; dont la dent/ sort de l’encoche correspondante du pêne où elle était engagée. Mais, ainsi qu’on l’a vu plus haut, lorsque l’ancre I s’échappe, le secteur B, qui a suivi le mouvement des disques, se présente sous l’appendice O, et, empêchant l’ancre de tomber sur le pêne, le soutient jusqu’au moment où le pied-de-biche revient en place et le remet en prise sur son cran inférieur. Immédiatement après le passage du secteur, le mouvement de translation du pêne amène sous l’appendice O un petit épaulement en cuivre X ( fig. 1 ), lequel, fixé au pêne, soulève l’ancre I et la replace sur le cran supérieur du pied-de-biche ; c’est alors que le pêne arrive au bout de sa course et que l’ancre J l’enraye au moyen de sa dent/ qui tombe dans la dernière encoche.
- Lorsqu’on manoeuvre la serrure de l’intérieur de l’appartement, la clef n’étant plus enfoncée du même côté de la gorge, c’est alors l’autre faux panneton qui soulève le levier P en agissant sur la branche pressée par le ressort R. Quant au panneton proprement dit, il ne sert simplement qu’à guider la main pour empêcher que la clef ne soit introduite sur la broche dans un mauvais sens.
- Cela posé, si on veut introduire une fausse clef dans la serrure, on comprend qu’il ne suffira pas d’avoir muni cette clef de faux pannetons, il faudra encore (ce qui n’est pas à supposer dans l’impossibilité où l’on est de prendre des empreintes sur la serrure même ) que ces pannetons soient identiquement disposés comme dans la bonne clef; autrement, dès qu’on agira avec cette fausse clef, la touche Q du levier P sera facilement soulevée, mais ne l’étant pas au moment du passage du secteur B, l’ancre I
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- tombera sans être soutenue, et sa dent i viendra immédiatement enrayer le pêne. Dan« cette position, la clef pourra tourner avec le disque à mortaise, mais le secteur passera constamment-au-dessus de l’appendice O, et le disque denté restera immobile; c’est dans le but de permettre à ce secteur de passer au-dessus de l’appendice qu’il présente en dessous un évidement indiqué par la figure 8. ( M. )
- Rapport fait par M. Tresca, au nom du comité des arts mécaniques, sur LA POMPE A SOUFFLETS DE MM. LASSERRE et DiLLAYE.
- Chargé par le comité des arts mécaniques d’examiner la pompe à soufflets, de nouvelle construction, de MM. Lasserre et Dillaye, nous avons pu faire sur cet appareil, au Conservatoire impérial des arts et métiers, quelques expériences dont les résultats ont été consignés ainsi qu’il suit :
- « Le (1) principe de la pompe de MM. Lasserre et Dillaye est celui des pompes à soufflets ordinaires ; mais quatre appareils semblables sont intelligemment groupés ensemble, de manière à rendre l’effort plus continu et à donner lieu à un débit plus régulier.
- « Considéré isolément, chacun de ces appareils se compose d’un tuyau vertical placé entre deux brides : la bride inférieure sert à loger la soupape d’aspiration, la bride supérieure la soupape de refoulement intermédiaire ; le tuyau se prolonge latéralement et entre ces deux brides, par une poche, qui est fermée par une plaque assemblée avec les bords de l’ouverture par des bandes flexibles de cuir ; cette plaque, étant d’ailleurs garnie d’une charnière, peut, en tournant autour d’elle, s’éloigner ou se rapprocher de l’orifice de manière à augmenter ou diminuer la capacité du tube, qui est ainsi le véritable corps de la pompe. Cette disposition réalise les avantages de toutes les pompes à soufflets ; elle permet d’éviter le frottement des pistons ordinaires, mais en même temps il importe de remarquer que chacune des pulsations exige le développement et le reploiement des bandes de cuir, qui peuvent être, plus ou moins vite, mises hors de service.
- « Mais, si le principe en lui-même ne présente aucun intérêt de nouveauté, il n’en est peut-être pas de même pour le groupement des quatre pompes distinctes. Les quatre tuyaux qui réunissent le tuyau général d’aspiration au tuyau général de refoulement sont disposés aux quatre angles d’un bâti rectangulaire; les plaques se regardent deux à deux et fonctionnent à l’intérieur du bâti 5 un arbre coudé passe entre elles et leur communique alter-
- (1) Extrait du procès-verbal des expériences faites au Conservatoire impérial des arts et métiers.
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- nativement le mouvement de va-et-vient nécessaire au fonctionnement de la machine ; le constructeur a même pu utiliser la hauteur nécessaire du corps de pompe pour établir, vers le haut, un autre arbre parallèle qui est l’arbre moteur, qui porte le volant et qui marche six fois moins vite que celui des pompes.
- « Ce mode d’agencement permet de réduire à un faible volume un appareil puissant, qui demanderait, dans les conditions ordinaires, un emplacement beaucoup plus considérable. La pompe dont il va être parlé, et qui donnait à chaque tour de l’arbre des pompes 8 litres d’eau, ne pesait que 500 kilogrammes.
- « La Société d’encouragement a désiré que des expériences fussent faites sur la pompe de MM. Lasserre et Dillaye , et les résultats de ces expériences sont indiqués ci-après.
- « La pompe était chargée d’aspirer à lm,45, et la hauteur totale d’élévation était de 5m,53.
- « L’eau était recueillie, pour être jaugée, dans un grand canal en fonte de 30mq,315 de superficie; elle s’élevait, dans ce canal, entre deux repères fixes, placés à une distance verticale de 10 ou de 20 centimètres de distance l’un de l’autre.
- « Les quantités d’eau élevées étaient donc, dans chaque expérience, de 3031Ht',5 ou de 6063 litres.
- « Les efforts moteurs mesurés sur un dynamomètre de rotation, dont la poulie avait un diamètre de 0m,82, étaient calculés à raison de 2miU ,9 par chaque kilogramme.
- « Le nombre des tours du dynamomètre était déterminé par un compteur automatique, que l’on embrayait au moment même où l’eau était arrivée au repère inférieur, et que l’on arrêtait aussitôt qu’elle atteignait le point du repère supérieur.
- « Deux expériences seulement ont été faites dans les conditions normales de fonctionnement de l’appareil ; les données en sont réunies dans ce tableau.
- NUMÉROS des expériences. ORDONNÉES moyennes du diagramme. EFFORTS correspondants NOMBRE de tours du dynam. par i\ TRAVAIL total dépensé. EAÜ montée. TRAVAIL utile correspondant. EFFET utile en eau montée. durée de l’expérience.
- 1 2 9 137 8.448 26 484 24 486 375 54 5 54292 28074 6063 0 3031 5 33528 16764 0.617 0 597 21' 25" 8' 10"
- Moyenne. 0.60
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- « Ce rendement, assez faible pour une pompe dans laquelle une grande partie des frottements sont évités, doit, sans aucun doute, être attribué à la mauvaise construction des organes de transmission de mouvement, d’ailleurs assez simples.
- « Il en faut conclure que les frottements des pistons dans les corps de pompe sont tout à fait de même ordre que ceux des organes de transmission, et que c’est seulement aux bons soins de l’exécution qu’il faut, en général, attribuer les avantages de tel ou tel système.
- « Cette pompe a d’ailleurs fourni jusqu’à 371 litres par minute dans la deuxième expérience, ce qui correspondrait à plus de 22 mètres cubes par heure, débit considérable, qui est dû à ce que ce système de pompe peut marcher d’une manière sûre à la vitesse de 50 tours par minute. Dans la deuxième expérience, cette vitesse ne s’est élevée qu’à 47 tours environ. La pompe de MM. Lasserre et Dillaye est surtout recommandable par la facilité de son transport et de son agencement. »
- Malgré les résultats déjà favorables fournis par ces déterminations, les inventeurs s’étaient persuadé qu’ils en obtiendraient de plus satisfaisants encore en modifiant la course de leurs clapets; mais l’expérience même a démontré qu’en gênant cette course ils diminuaient, au contraire, le rendement dans une proportion considérable ; ce rendement s’est abaissé à 0.39 et même jusqu’à 0.32, ce qui suffit pour démontrer que dans les machines de ce genre tous les organes participent pour une grande part à l’effet d’ensemble, et qu’il ne faut perdre de vue, dans aucun d’entre eux, que les orifices doivent être grands et bien disposés, de manière que les accroissements momentanés de vitesse soient, autant que possible, évités, et avec eux les pertes de force vive correspondantes.
- Il n’est pas douteux que le rendement se fût élevé davantage avec des orifices mieux calculés et dans une machine mieux construite.
- Dans cette situation, la Société doit ses remercîments à MM. Lasserre et Dillaye pour leur communication ; ils trouveront dans l’insertion de ce rapport au Bulletin un double avantage, en ce qu’ils pourront faire connaître avec certitude ce que leur machine a déjà réalisé, et en ce qu’ils sauront désormais borner leurs espérances à la juste mesure de ce que leur système peut réaliser d’une manière pratique.
- Signé Tresca, rapporteur.
- Approuvé en séance, le il avril 1860.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Herpin , au nom des comités des arts chimiques et économiques, SUr Un APPAREIL POUR LA PRÉPARATION DES EXTRAITS PHARMACEUTIQUES
- au moyen du vide, et sur divers produits présentés par M. Rerjot jeune,
- pharmacien, à Caen.
- Messieurs, M. Berjot jeune, pharmacien distingué, à Caen, bien connu de vous par de nombreux et intéressants travaux, dont plusieurs ont été honorés de vos suffrages, vous a soumis, il y a déjà quelque temps,
- 1° Un appareil pour la préparation des extraits pharmaceutiques au moyen du vide ;
- 2° Une collection d’extraits et d’échantillons fabriqués à l’aide de son appareil ;
- 3° Des flacons pour la conservation des substances susceptibles d’être altérées par l’humidité atmosphérique.
- Les pharmaciens donnent le nom d’extrait à divers produits que l’on obtient en traitant une substance végétale ou animale au moyen d’un dissolvant approprié, tel que l’eau, l’alcool, l’éther, et faisant évaporer ensuite le dissolvant jusqu’à ce que le résidu ait pris une consistance plus ou moins solide.
- Les extraits ont l’avantage d’offrir, sous un petit volume, les principes essentiels ou actifs des plantes sans qu’ils éprouvent de changements notables dans leur nature et leurs propriétés médicamenteuses.
- Pour éviter l’altération à laquelle plusieurs substances sont exposées par une coction prolongée ainsi que par une température un peu élevée, il est de la plus haute importance de favoriser et de hâter l’évaporation tout en diminuant autant que possible la température.
- L’emploi du vide pour la concentration des sucs végétaux, des jus de betteraves, de cannes, etc., est un procédé usuel aujourd’hui dont les avantages sont reconnus et constatés dans plusieurs industries. Vous connaissez tous, Messieurs, les appareils Degrand, Roth et Rayvet, etc.
- La concentration et l’évaporation dans le vide sont donc très-convenables pour la préparation des extraits pharmaceutiques.
- Déjà M. Grandval, pharmacien en chef des hôpitaux de la ville de Reims, vous a présenté un appareil pour la préparation des extraits pharmaceutiques, du bouillon concentré, etc., au moyen du vide.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- Nous avons eu l’honneur de vous faire sur cet objet un rapport que vous avez approuvé et qui a été publié dans le Bulletin de la Société pour l’année 1853, page 296.
- Mais les appareils employés par M. Grandval et par M. Berjot diffèrent essentiellement l’un de l’autre. M. Grandval produit le vide en faisant condenser, au moyen d’un jet d’eau froide, les vapeurs qui se dégagent des substances en évaporation ; M. Berjot fait usage d’une pompe pneumatique mue par une machine à vapeur.
- L’appareil de M. Berjot consiste en un grand vase en cuivre étamé, formé par deux parties hémisphériques à peu près comme les hémisphères de Magdehourg.
- La paroi de l’hémisphère inférieur est double ; c’est dans l’intervalle de cette double paroi que l’on fait circuler de la vapeur à •+• 70° centig. pour chauffer le liquide à évaporer.
- Dans l’hémisphère supérieur se trouve un conduit circulaire, en forme de serpentin, dans lequel on fait passer un courant de vapeur, qui a pour objet de maintenir dans cette partie de l’appareil une température suffisante pour prévenir la condensation des vapeurs produites par l’évaporation, et surtout pour empêcher que ces vapeurs condensées, qui contiennent souvent une petite quantité de sels déliquescents entraînés mécaniquement par la force de l’ébullition, ne retombent sous forme de gouttelettes dans le produit, dont elles altèrent la saveur en même temps qu’elles nuisent souvent à sa conservation.
- L’appareil de M. Berjot est double ; ce qui permet de faire simultanément deux opérations. Avec le plus grand, on peut faire évaporer 200 à 250 litres d’eau par jour ; l’autre sert à la dessiccation ou à la concentration des extraits et peut produire environ 6 kilogrammes d’extrait sec dans le même espace de temps.
- L’appareil se démonte et se nettoie très-facilement, ce qui est très-important, surtout après la préparation de certains extraits actifs, tels que ceux d’opium, de belladone, de noix vomique, etc.; le service en est commode: La partie qui est destinée à la préparation des extraits secs peut être détachée et transportée facilement dans une pièce convenablement chauffée et séchée, pour en retirer les produits qui seraient susceptibles de s’altérer par leur contact avec l’air humide. Il y a un manomètre barométrique servant à diriger l’opérateur; enfin des ouvertures fermées par des glaces permettent de voir et de suivre la marche des opérations dans l’intérieur de l’appareil. M. Berjot livre annuellement au commerce 2,000 kilogrammes d’extraits secs.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Les échantiilons d’extraits de quinquina, d’opium, de gentiane, etc., qui nous ont été remis par M. Berjot, sont d’une qualité et d’une beauté fort remarquables ; le jury de l’Exposition universelle les a distingués pour leur « excellente qualité. » Enfin M. Isidore Pierre, professeur de chimie, correspondant de l’Institut, a dit à ce sujet : « M. Berjot prépare ajourd’hui, pour la pharmacie européenne, des extraits d’une perfection que l’on a bien rarement atteinte ailleurs et qui n’a été surpassée nulle part. »
- Quelques soins que l’on ait apportés à la préparation de certains extraits, il y en a qui sont très-altérables et d’une conservation fort difficile, parce que, étant hygroscopiques, ils attirent l’humidité de l’air. Pour remédier à cet inconvénient, M. Berjot les conserve dans des flacons en verre dont le bouchon métallique creux, en étain, contient une petite quantité de chaux vive enveloppée dans une étoffe de laine. En ayant soin de la renouveler de temps en temps, cette chaux suffit pour absorber l’humidité de l’air contenu dans le flacon et le maintenir dans un état de siccité convenable.
- Cette disposition, à la fois simple et ingénieuse, aura pour résultat de généraliser l’emploi d’un moyen précieux de conservation dont l’efficacité a été déjà constatée dans plusieurs circonstances analogues.
- D’après ce que nous venons de vous exposer, vous avez pu vous convaincre, Messieurs, que M. Berjot a apporté, dans plusieurs parties de son art, d’utiles et ingénieuses améliorations.
- J’ai, en conséquence, l’honneur de vous proposer, au nom des comités des arts chimiques et économiques,
- 1° De remercier M. Berjot de ses intéressantes communications ;
- 2° D’insérer au Bulletin le présent rapport avec le dessin des appareils dont il y est question.
- Signé Herpin, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 15 février 1860.
- LÉGENDE DE LA PLANCHE 217 REPRÉSENTANT L’APPAREIL POUR LA PRÉPARATION DES EXTRAITS PHARMACEUTIQUES AU MOYEN DU VIDE, AINSI QU’UN SPÉCIMEN DE FLACON POUR LA CONSERVATION DE CES PRODUITS, IMAGINÉS PAR M. BERJOT JEUNE.
- Fig. 1. Élévation longitudinale de l’appareil.
- Fig. 2. Section verticale par un plan parallèle à celui de la figure 1.
- Fig. 3. Vue en dessus.
- Fig. 4. Section verticale, suivant l’axe, d’un flacon à conserver les extraits pharmaceutiques.
- ABC, récipient en cuivre étamé recevant les liqueurs à traiter pour en obtenir les
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- extraits ; il repose sur une table D et est formé de trois parties pouvant se démonter
- à volonté, qui sont :
- 1° Un couvercle cylindro-sphérique A ;
- 2° Un cylindre B ouvert par le haut et fermé par le bas 5
- 3° Une calotte sphérique C formant, avec la base du cylindre B, un double fond destiné à recevoir la vapeur employée pour évaporer les liqueurs.
- La calotte A et le cylindre B sont assemblés ( fig. 2 ) par une double bride circulaire avec languette en caoutchouc pénétrant dans une rainure correspondante ; le tout est réuni à la calotte C par un système de brides boulonnées.
- E, tuyau circulaire disposé dans le cylindre B et dans lequel on fait circuler de la
- vapeur ( fig. 2).
- F, conduite amenant la vapeur du générateur qui, par un simple jeu de robinet, peut être dirigée à volonté dans le double fond C ou dans le tuyau E.
- G, robinet pour vider l’eau de condensation du double fond C.
- H, robinet pour extraire l’eau de condensation du tuyau E ( fig. 3 ).
- I, regards fermés par des glaces, et permettant de voir dans l’intérieur du récipient pour juger de la marche de l’opération.
- J, siphon servant, pendant l’opération, à introduire dans l’appareil une certaine quantité de la liqueur à traiter; cette introduction ne se fait que lorsque le vide a été pratiqué, et c’est alors la simple pression atmosphérique qui fait monter la liqueur dans le récipient.
- K, condenseur se composant :
- 1° D’une cuve conique remplie d’eau froide ;
- 2° D’un récipient creux L fermé par deux calottes sphériques, dans lequel viennent se condenser les vapeurs qui proviennent de la liqueur contenue dans le récipient ABC ( fig. 1 et 3 ). Quatre tubes M, soudés aux deux calottes sphériques comme des tubes de chaudières tubulaires, sont en communication avec l’eau de la cuve et augmentent ainsi la surface de refroidissement; en même temps ils consolident le récipient L et lui permettent de résister plus sûrement aux pressions extérieures de l’eau et de l’atmosphère qui augmentent nécessairement à mesure qu’on fait le vide dans l’appareil.
- N, tuyau établissant une communication entre les récipients A B C et L et conduisant dans ce dernier les vapeurs provenant de la liqueur en traitement. La figure 2 indique le mode d’assemblage de ce tuyau au moyen de manchons à vis permettant de le démonter facilement.
- O, pompe pneumatique à double effet servant à faire le vide dans la capacité L et dans le récipient ABC; manœuvrée à bras ou par une machine à vapeur, elle fonctionne pendant toute la durée de l’opération et extrait de l’appareil l’air et l’eau de condensation.
- P, tuyau par lequel l’air et l’eau sont aspirés.
- Q, manomètre barométrique en communication avec l’appareil et indiquant le degré du vide.
- R, petit tuyau mettant en communication le manomètre et le récipient ABC.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Mars 1861. 19
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- Pour opérer avec cet appareil, on commence par découvrir le récipient ABC en enlevant le couvercle A, et l’on verse la liqueur à traiter; on recouvre ensuite en ayant soin de bien assembler la languette de caoutchouc de manière à prévenir toute rentrée d’air, puis, après avoir assemblé le tuyau N, on met la pompe en action. Quand le manomètre a indiqué le degré de vide voulu, on ouvre successivement les robinets inférieur et supérieur du tuyau de vapeur et on laisse entrer la vapeur dans le double fond C du récipient et dans le tuyau circulaire E. La chaleur, qui ne larde pas à être portée à 60 ou 70°, active l’évaporation de la liqueur, et les vapeurs aspirées viennent se condenser dans le récipient L, dont le contenu est constamment vidé par la pompe. De temps en temps on introduit dans le récipient ABC de nouvelles quantités de liqueur, et il suffit, pour cela, d’ouvrir le robinet du siphon J qui plonge dans le vase contenant cette liqueur. L’opération terminée, il ne reste plus qu’à retirer l’extrait, ce qui se fait en démontant d’abord le tuyau N, puis en enlevant le couvercle A.
- Depuis quelque temps M. Berjot a remplacé le récipient L du condenseur par un serpentin ordinaire, et il a substitué au tuyau circulaire E un petit serpentin qu’il a disposé sous le dôme du récipient ABC et qui agit plus efficacement pour prévenir toute condensation sur les parois de ce récipient.
- Mode de bouchage des flacons.
- a, flacon de cristal à large ouverture et à col droit ( fig. 4 ).
- £>, cylindre creux en étain mastiqué sur le col du flacon; ce cylindre s’infléchit vers le milieu sur le bord du flacon et est terminé à sa partie supérieure par un pas de vis extérieur.
- c, capsule en étain formant le couvercle proprement dit et se vissant sur le cylindre b.
- d, étui de même métal soudé intérieurement à la capsule c; il est percé, latéralement, de petites ouvertures et se ferme au moyen d’un bouchon à vis e.
- », rondelles de caoutchouc placées au fond de la capsule c et destinées à augmenter l’herméticité de la fermeture.
- /, chaux vive enveloppée de laine et placée dans l’étui d pour absorber l’humidité du flacon.
- Nous extrayons du Journal de pharmacie et de chimie ( juin 1856) les quelques lignes qui suivent relatives à l’examen (1) de ce mode de bouchage :
- « Avant de faire quelques expériences pour apprécier les avantages des appareils de M. Berjot, nous avons pensé qu’il était utile de constater l’état dans lequel se trouvait in chaux qui était renfermée dans ces flacons, puisque nous savions qu’ils avaient figuré à l’Exposition universelle, qu’ils avaient été adressés à la Société d’encouragement et qu’ils avaient été ouverts très-souvent. Nous ouvrîmes donc un étui et nous
- (1) Cet examen a été fait par une commission composée de MM. Ducom, Durozier, et Deschamps, rapporteur.
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- reconnûmes que la chaux était en partie divisée en petits grains, représentant assez bien un calcaire oolithique désagrégé, qu’elle contenait de l’eau et de l’acide carbonique, et qu’une grande partie était encore à l’état de chaux vive.
- « Cet examen terminé, nous remîmes l’étui en place et nous nous contentâmes d’ouvrir, plusieurs fois par jour, le flacon que nous avions à notre disposition et de peser chaque fois quelques centigrammes d’extrait que nous remettions dans le flacon; mais nous nous aperçûmes bientôt que cette méthode n’était pas expéditive et qu’il nous faudrait beaucoup de temps pour juger ces appareils; aussi changeâmes-nous de manière d’opérer.
- « Nous retirâmes l’extrait et nous suspendîmes dans le flacon une petite capsule qui contenait une goutte d’eau. La goutte disparut en douze heures ; elle fut remplacée par trois autres gouttes, qui disparurent aussi. Alors nous replaçâmes l’extrait dans le flacon et nous instillâmes dans la capsule d’abord 6 gouttes, puis 50 centigrammes d’eau, et nous abandonnâmes l’appareil. L’eau fut absorbée sans que l’extrait présentât la plus faible modification apparente.
- « Ces expériences suffisaient certainement pour apprécier l’efficacité des appareils de M. Berjot; mais nous voulûmes savoir jusqu’à quel point la chaux qui était contenue dans l'étui pouvait préserver l’extrait, et nous versâmes encore 1 gramme d’eau dans la petite capsule. Yingt-quatre heures après, la surface de l’extrait n’était pas modifiée. Après trente-six heures, l’extrait avait un peu diminué de volume et l’on reconnaissait évidemment qu’il absorbait de l’eau de la capsule, car il s’affaissait de plus en plus et se colorait en brun. Lorsque l’eau fut absorbée, nous trouvâmes la chaux presque entièrement désagrégée : les morceaux qui présentaient encore un certain volume se réduisaient en grains par une faible pression, et la chaux n’était pas complètement hydratée.
- « Cette expérience, qui fut plutôt faite pour connaître le terme de la puissance de la chaux que pour juger ces appareils, n’infirme pas les premiers résultats que nous avons obtenus*, car il est facile de comprendre qu’il faut ouvrir bien des fois un flacon pour que l’air qui y pénètre représente le poids de l’eau que nous avons versée dans la capsule; aussi croyons-nous pouvoir formuler les conclusions suivantes :
- « M. Berjot a inventé un très-bon appareil pour conserver les extraits secs. Il est, nécessaire de changer la chaux de temps en temps, car il n’est pas possible que la quantité de chaux qui peut entrer dans les étuis de ses flacons puisse servir indéfiniment. Il serait préférable de préparer la chaux en calcinant de la chaux hydratée que d’employer de ia chaux ordinaire. Il est bien probable que, si nous avions changé la chaux avant de faire nos expériences, l’extrait ne se serait pas emparé de l’eau de la capsule. » (M.)
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- Rapport fait par M. Albert Barre, au nom de la Commission des beaux-arts
- appliqués à ïindustrie, sur un manuscrit traitant de la gravure chromatique sur ivoire légué à la Société par M. L. Th. Maurisset.
- Un artiste qui s’était fait connaître, pendant ces trente dernières années, par de remarquables gravures sur bois et par de spirituelles eaux-fortes, M. L. Th. Maurisset, a légué à la Société d’encouragement un manuscrit traitant de la gravure chromatique sur ivoire.
- L’art de tracer sur l’ivoire des figures ou des ornements, au moyen des acides, paraît remonter au xvie siècle. A cette époque, et jusque sous le règne de Louis XIII, des applications fréquentes en furent faites pour décorer les meubles et même les bois d’armes à feu.
- Cette branche de la gravure, abandonnée depuis longtemps par suite des variations du goût, n’a pas cessé, cependant, de progresser; en effet, on retrouve encore, sur des jetons de jeu et sur des bâtons d’éventail du dernier siècle, des dessins à colorations variées, tandis que les anciennes plaques d’ivoire gravées ne présentent que des tailles noires rappelant les nielles.
- Parmi les travaux du même genre exécutés à notre époque, les plus remarquables sont dus à un artiste nommé Laprey, qui donna à M. Maurisset les premières notions de la gravure chromatique sur ivoire.
- Les essais, poursuivis avec persévérance par M. Maurisset, le conduisirent à perfectionner et à transformer, pour ainsi dire, les procédés qui lui avaient été confiés; mais ces progrès nouveaux passèrent inaperçus.
- Au milieu de l’indifférence qui accueillait ses études, l’artiste était soutenu par cette pensée que le jour viendrait oii, à l’imitation du xvie siècle, l’industrie moderne réclamerait le concours de la gravure sur ivoire ; et, dans cette prévision, il conserva la trace écrite des procédés qu’il avait complétés et enrichis, assurant ainsi à ceux qui s’engageraient dans la même voie le bénéfice de ses patientes recherches.
- Telle est, Messieurs, l’origine du manuscrit qui vous a été légué, et que nous signalons à l’intérêt des artistes industriels.
- Votre Commission des beaux-arts, appréciant la valeur du legs en lui-même et l’ordre d’idées qui l’a dicté, a l’honneur de vous proposer :
- 1° D’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société ;
- De publier le manuscrit de M. Maurisset;
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- 3° D’en faire tirer à part cent exemplaires, lesquels seraient offerts à MeUe Maurisset, qui s’est faite, auprès de vous, l’interprète des dernières volontés de son frère.
- Signé Albert Barre, rapporteur. Approuvé en séance, le 30 janvier 1861.
- DE LA GRAVURE CHROMATIQUE SUR IVOIRE, OU NOUVEAU PROCÉDÉ POUR OBTENIR DES DESSINS
- DE COULEURS VARIÉES, EN CREUX ET EN RELIEF, AU MOYEN DECIDES COLORANTS;
- PAR M. LOUIS-THÉODORE MAURISSET.
- Ce procédé consiste à exécuter sur ivoire une gravure nette, en creux ou en relief, au moyen d’acides colorants, lesquels, attaquant l’ivoire en profondeur, y laissent une teinture colorée, capable de résister à un lavage, quand ce dernier n’est pas acidulé.
- Choix de l'ivoire. — Vernis.
- L’ivoire doit être d’un grain fin non veiné ; on le dégraisse avec du blanc de Meu-don et de l’alcool.
- On le vernit au pinceau avec le vernis liquide à étendre, employé par les graveurs sur acier et connu sous les noms Deleschamps ou Bruno. Ce vernis doit être déposé en couche plutôt légère qu’épaisse, et, s’il a une tendance à déposer, on agite un peu le flacon. On doit se garder de vernir trop longtemps à l’avance, attendu que le vernis peut s’écailler. Quand la couche de vernis est sèche, on trace avec des pointes de différentes grosseurs pour tous les travaux appelés taille-douce, en ayant soin d’attaquer un peu l’ivoire, afin qu’il soit mieux saisi par l’acide.
- Pour obtenir des reliefs, on compose soi-même un autre vernis plus épais et ne servant qu’à peindre, en faisant défoncer par l’acide autour des dessins tracés avec ce vernis. Ce vernis consiste en une dissolution de bitume de Judée dans l’essence de térébenthine rectifiée, à laquelle on ajoute un peu d’huile de pétrole qui a pour effet dè donner plus d’adhérence au vernis sur l’ivoire, et d’empêcher que les parties délicates du dessin, soulevées par le mordant, ne viennent à se détacher.
- Il importe que ce travail soit bien sec avant d’être soumis à l’action de l’acide.
- Mordants. — Morsure.
- Le seul mordant convenable pour l’ivoire est l’acide hydrochlorique pur à 22°. On l’étend d’eau filtrée et on l’amène, avec le pèse-acide, à 2, 3, 4 et même 5 degrés, selon le genre de gravure et selon la dureté de l’ivoire.
- Lorsqu’on fait mordre une pièce, il est prudent de voir si les tailles croisées n’éclatent pas à leur section ; dans ce cas, on arrête de suite l’effet de la morsure en étanchant avec du papier Joseph, doux et spongieux.
- Les effets de l’acide sont très-prompts. On obtient des tailles d’une moyenne force
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- en deux minutes, les plus fines en une minute, les plus fortes en trois minutes; quant aux nielles ou bas-reliefs, il faut laisser mordre au moins vingt minutes avec un mordant à 5 degrés, tandis que pour la taille-douce moyenne un mordant à 2 degrés suffit. J’ai fait défoncer des ivoires pendant trente et même quarante minutes, mais alors ils étaient durs.
- La température est aussi pour beaucoup dans l’effet des morsures; elle fait agir promptement un acide pendant l’été, tandis qu’elle rend son action plus lente pendant l’hiver.
- si r on veut obtenir une teinte qui ne soit pas très-foncée, mais qui soit creuse néanmoins, il faudra d’abord graver à blanc avec l’acide incolore, puis continuer la gravure avec le mordant coloré.
- Quand on a fait un dessin de diverses couleurs, on ne grave à la pointe que les parties qui doivent être mordues d’abord, soit bleu, soit rouge. On cache avec un vernis épais les tailles qui ont été attaquées par l’acide colorant, afin d’ouvrir ensuite de nouvelles tailles d’une couleur différente. Il y a autant de morsures qu’il y a de couleurs sur le dessin.
- On lave à grande eau chaque morsure avant de dévernir entièrement la pièce d’ivoire 5 de cette manière on évite le mélange des couleurs.
- Décalque.
- Lorsqu’on veut décalquer sur ivoire un dessin fait à la plume et à l’encre de Chine sur papier végétal, on passe d’abord de la sanguine sous le calque avec une houppette en peau, puis on étend de la sauce ( crayon noir très-tendre ) à l’aide d’une estompe en papier; en traçant ensuite avec une pointe sur le calque placé sur l’ivoire, on obtient un décalque d’un noir brun très-convenable. La pointe qui sert à décalquer doit être très-arrondie, pour ne pas écorcher le papier végétal.
- Au lieu d’un calque, on peut dessiner directement sur l’ivoire avec le crayon de mine de plomb, et vernir par-dessus sans craindre d’étendre ou d’effacer la trace du crayon.
- Couleurs dont les résultats sont certains.
- Bleu Wuy en écailles ou indigo purifié séché au soleil (1). — Soluble dans l’acide hydrochlorique, il produit beaucoup de matière colorante; donne un bleu trop foncé si on ne l’étend pas dans beaucoup de liquide ; se conserve longtemps en flacon; change peu à l’air, la pièce ayant été surtout bien lavée à grande eau; en un mot est précieux pour teindre et graver l’ivoire.
- Pour taille-douce, le bleu Wuy mordant se prépare avec de l’acide à 2 degrés; pour nielles, on prend de l’acide à 4 degrés.
- Pour colorer et foncer une taille-douce ou des reliefs, le bleu Wuy non mordant se
- (1) Se trouve à Paris, rue du Temple, près celle de la Verrerie.
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- prépare pour bain sans acide. Un bain d’une demi-heure (une heure au plus) donne un beau bleu assez foncé; ce bleu non mordant ayant encore une tendance à creuser l’ivoire, faire mordre avant, fin et léger.
- Carmin en poudre (1). —On le fait dissoudre dans de l’eau filtrée à laquelle on ajoute quelques gouttes d’alcali volatil, afin de le foncer et de le fixer sur l’ivoire. Cette couleur est magnifique et se conserve encore assez longtemps en flacon bien bouché.
- On fait aussi la même préparation épaisse, qu’on emploie alors au pinceau et qui sert à retoucher les parties d’une teinte trop faible. Il en est de même pour le bleu.
- Une pièce teintée bleu pâle passe au lilas ou violet quand on la plonge dans un bain de carmin, pendant une minute seulement. Un bain trop prolongé donne une gravure baveuse et sale.
- Jaune-safran. — Cette couleur ne se conserve pas longtemps, à moins qu’elle *• soit acidulée.
- On l’achète en feuilles et on la fait bouillir, pendant une heure environ, dans 1 m ordinaire.
- Elle convient pour les bains jaunes sans acide, et sert à faire virer le bleu au vert.
- On obtient aussi un jaune mordant en faisant une infusion à froid de safran dans l’acide à 2 degrés; mais il faut encore passer la pièce dans le bain non mordant, tant le jaune est pâle. Cette préparation doit être filtrée.
- Vert ( muriate de cuivre). — Ce sel est précieux pour donner un vert éclatant, le soir surtout. Il est soluble dans l’acide hydrochlorique ou muriatique à 3 ou 4 degrés; Ja dissolution doit être très-concentrée.
- Il passe à un bleu verdâtre si l’on plonge la pièce dans un bain d’eau de chaux.
- Soumis au bain bleu Wuy, il s’empare de la partie colorante de l’indigo et reste bleu pâle solide; quelquefois la teinte est d’un vert-émeraude, selon l’ivoire.
- On prépare aussi des bains de muriate non mordants en faisant dissoudre du muriate de cuivre dans de l’eau filtrée. La pièce peut y baigner au moins une heure sans danger.
- L’encre Sevin (2) passée sur un ivoire mordu par le muriate de cuivre prend un ton vert-bronze.
- L’ivoire attaqué et teint par le muriate de cuivre vire au bleu pâle quand on trempe la pièce dans un bain d’ammoniaque.
- Une pièce teinte en bleu Wuy pâle qu’on soumet à un bain de muriate de cuivre pendant une ou deux minutes devient plus solide.
- Vert moins éclatant que le précèdent, mais plus net comme gravure. — On l’obtient en faisant mordre d’abord avec le bleu Wuy un peu foncé, puis en laissant longtemps l’ivoire baigner dans un bain de safran non acidulé. Cette nuance est précieuse pour les feuilles et branchages.
- (1) Se vend 2 fr. les 4 grammes, chez Chenal, rue de Rivoli.
- (2) Se trouve rue Saint-Martin près celle de Rivoli.
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- Beau rouge éclatant. — C’est le carmin dissous dans l’eau alcalisée, mais dont la première morsure a été faite par l’acide hydrochlorique à 2 degrés, tenant en dissolution un peu de carmin en poudre sans alcali, rien que pour avoir une morsure rose. L’intensité de la couleur rouge est due à la longueur du bain de carmin non acide.
- Si, après la morsure rose, on met la pièce dans un bain jaune-safran pendant une heure au moins, et qu’on la plonge ensuite dans le bain de carmin pendant deux ou trois heures, on aura un rouge vermillon.
- Rouge-brun ou étrusque. — Teindre d’abord la pièce par le carmin ayant pour base un bain de safran, puis la plonger dans un bain de muriate de cuivre à 3 degrés, pendant quaire minutes environ.
- Un autre moyen consiste à teinter la pièce en jaune-safran foncé par un bain de deux heures environ, et à la plonger ensuite, pendant deux ou trois minutes, dans le. bain de carmin non acide; elle devient d’un rouge sanguin très-convenable pour les fleurs chinoises.
- Violet ou lilas.—C’est la durée du bain qui varie la nuance. Commencez par graver avec l’acide hydrochlorique à 2 degrés teinté rose, ou mieux encore avec un mordant bleu pâle (si le bleu est foncé sur ivoire, vous n’obtiendrez ni violet ni lilas ). Cette première morsure étant d’un bleu clair, passez la pièce au bain carminé alcalisé; vous verrez le bleu tourner au violet ou au lilas. On doit retirer vivement la pièce quand on juge la nuance convenable.
- On ne réussit qu’à la condition que la première morsure sera bleu pâle.
- Noir solide dont la base est le bleu Wuy. — On fait mordre en bleu foncé, et, pour donner plus d’intensité à la teinte, on fait baigner l’ivoire dans un bain bleu sans acide. On étanche et lave, puis, à l’aide d’un pinceau doux, on passe sur les tailles de la gravure un peu d’encre Sevin. Cette encre a la propriété de noircir promptement à l’air; il importe d’en mettre peu à la fois et d’éviter surtout qu’elle ne forme une boue qui élargirait alors la gravure et la rendrait baveuse.
- Même moyen pour les reliefs ou parties défoncées en creux.
- On produit un effet assez joli en faisant mordre tout le dessin en tailles noires comme ci-dessus, puis en cachant avec le vernis tout le fond, on fait mordre et on teint les parties plates en diverses couleurs, si bien qu’on voit le travail de la gravure noire à travers la teinte plate colorée.
- Il est très-important de se rappeler que le bain bleu non mordant, qui est la base du noir, attaque encore un peu l’ivoire en élargissant les tailles, et que l’encre Sevin a aussi une tendance à mordre et élargir; en conséquence, la première morsure devra être très-légère ou très-fine, puisque les bains suivants mordent encore un peu, quoique n’étant pas acides.
- Noir violelé. — C’est d’abord une morsure rouge carminé que l’on recouvre d’une couche légère d’encre Sevin. Le rouge passe au violet et deviendrait très-foncé si on réitérait les applications d’encre.
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- Action (tes acides sy,r l’ivoire.
- On ne s'étonnera pas de voir la matière se boursoufler en sortant d’un bain acide; plus tard la gravure redevient nette. On ne doit pas trop tarder à plonger la pièce dans le bain colorant, afin que les pores ouverts par l’acide n’aient pas le temps de se refermer.
- Comme l’effet d’une partie défoncée creuse est long à se produire, on fera bien de mettre sécher l’ivoire à un soleil doux ou sur un poêle peu chauffé,
- Imitation des dessins en relief des porcelaines du Japon.
- Avec du bon vernis épais et coulant ( peu siccatif), on fait des fleurs ou ornements qui doivent êlre d’un effet large et gras, car, avec un dessin maigre, les parties délicates ne résisteraient pas à l’action du mordant qui doit attaquer le fond. Le vernis étant bien sec, on défonce, avec l’acide à 5 degrés, à une profondeur convenable. Cette morsure se fait à blanc; cependant l’acide laisse, sur l’ivoire, une teinte jaunâtre qui n’est pas déplaisante et qui fait ressortir les parties cachées et réservées par le vernis. Si l’on voulait teinter de suite la pièce et donner une couleur au fond, ce serait le muriate de cuivre qui conviendrait pour bain pendant cinq minutes environ; mais il faudrait laver la pièce à l’eau filtrée avant l’action du muriate, afin d’empêcher le vert d’avoir une teinte jaune. On laisserait bien sécher la teinte donnée par le muriate, puis on passerait à l’Gau filtrée avant de dévernir.
- Quand la pièce est dévernie, on l’essuie avec un linge doux imbibé d’alcool. On revernit en plein sur tous les reliefs avec le vernis liquide à graver, et, quand il est bien sec, on trace à la pointe toutes les retouches du milieu des fleurs ou feuilles. Cela fait, on recouvre, au moyen d’un vernis épais, tous les contours de chaque dessin, précaution sans laquelle l’acide attaquerait le bord des reliefs et le fond serait tout taché. On fera bien également de passer une peau graissée sur les vives-arêtes des dessins avant de vernir au vernis léger; de cette manière, les angles seront mieux préservés, parce que le vernis adhère mieux aux parties arrondies.
- Si le fond doit rester blanc, c’est un dessin vigoureux de ton qu’il faut faire; au contraire, dans le cas d’un fond coloré, un dessin d’un effet clair sera préférable.
- Gravure à •IP' ( relief et taille-douce combinés).
- On procède ainsi :
- Ayant verni au vernis liquide un ivoire bien net, on Irace couleur par couleur avec des pointes variées. Quand toutes les morsures diversement colorées sont faites, on dévernit en plein pour revernir au pinceau et au vernis épais toutes les parties gravées à la pointe, de manière à laisser le fond intact pour le défoncer quand le dessin au vernis épais est bien sec. On fait mordre le fond très creux, si bien que tout le travail en taille-douce se trouve en relief, ce qui produit un bon effet.
- On défonce le fond avec l’acide à 5 degrés et on le colore ensuite; cependant le
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- fond blanc est d’un joli effet, surtout quand le dessin est vigoureux. Au contraire, on donnerait au dessin un effet pâle si le fond était très-coloré.
- Cette manière de procéder étant la plus sûre, je conseille de toujours commencer par la gravure en taille-douce et de terminer par le fond ; par ce moyen le fond n’est jamais taché.
- Il se produit un assez joli effet quand on ne défonce qu’après la gravure en taille-douce, en ce sens que le fond est mat, tandis que les parties gravées à la pointe sont brillantes ; l’effet n’est plus le même quand c’est par le fond qu’on a commencé. Cette dernière manière de graver est aussi la plus commode et la moins fatigante pour la vue.
- On peut défoncer jusqu’à quarante minutes, si l’ivoire est vert et dur, mais trente minutes suffisent ordinairement.
- Plus l’on défonce creux, plus le vert de muriate de cuivre est jaunâtre. En ne faisant mordre le fond que dix minutes au plus, le vert sera réellement vert; mais le défonçage n'est pas assez creux comme effet.
- Gravure à tailles noires recouvertes et colorées par des aplats de couleurs.
- Après avoir tracé à la pointe sur un vernis léger, on fait mordre en bleu, puis on passe à l’encre. On dévernit pour couvrir tout le fond avec un vernis épais, de manière que, si ce sont des fleurs, elles paraissent blanches avec leurs tailles noires. Quand ce vernis épais est sec, on fait mordre en aplat sur les tailles dont la couleur noire ne change pas. Ce genre de gravure est long à exécuter et ne peut convenir qu’aux pièces non sujettes à frottement.
- Les feuilles et branches doivent être gravées en tailles de grosseurs variées, et les fleurs au pointillé varié de points de différentes grosseurs également.
- Imitation de bas-relief en ébène sur Vivoire.
- On procède ainsi r
- Défoncer d’abord à blanc pendant quinze à vingt minutes avec l’acide à 5 degrés; ensuite laisser sécher et passer la pièce au bain bleu mordant à 2 degrés pendant deux minutes au plus. Laisser de nouveau un peu sécher, puis passer à un second bain bleu non acidulé pendant trois minutes environ ; la pièce étant devenue d’un bleu foncé, laisser sécher entièrement. Dévernir à l’essence le vernis épais avec lequel les fleurs ont été faites; bien essuyer et laver à l’alcool. Enfin, pour finir, tremper la pièce, qui, pour le moment, a des effets bleu foncé et blanc d’ivoire, dans un bain bleu mordant pendant une minute seulement, puis dans le bleu acidulé pendant deux minutes, et en dernier lieu dans l’encre Sevin pendant trois minutes environ. On laisse sur l’ivoire une teinte d’encre légère qui, exposée à l’air, deviendra d’un beau noir.
- C’est un dessin largement fait qui convient le mieux à ce genre de gravure.
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- BEAUX-ARTS APPLIQUES A L’iNDUSTRIE.
- 155
- Fond damassé pour jetons et fiches gravés en taille-douce sur ivoire.
- La gravure étant terminée, il s’agit de faire un damas sur le fond de la pièce.
- Après avoir verni en plein avec le vernis liquide sur tout^ la taille-douce gravée au commencement, on trace un fond d’ornements sur le fond du sujet; mais, avant de le faire mordre, on a soin de couvrir avec du vernis épais toutes les parties premièrement gravées, afin d’empêcher qu’elles ne soient mordues à nouveau. On emploie le muriate de cuivre liquide, mordant à 3 ou h degrés. On peut aussi faire mordre le fond tracé à la pointe en bleu pâle, lequel passera au vert, quand on donnera le bain au muriate de cuivre; mais le mieux est le muriate pour les tailles comme pour le fond.
- On laisse agir pendant quatre minutes environ, puis on dévernit le tout. On recommence à couvrir de vernis toutes les parties qui doivent se détacher sur le fond, et, quand le vernis est bien sec, on verse ou on trempe la pièce en plein dans le mordant ( muriate de cuivre ), de sorte que l’acide attaque tout le fond à nu et laisse voir néanmoins le travail à la pointe des ornements qui simulent le damas. Cet effet, quand il est réussi, est très-convenable pour les pièces plates.
- On ne pourrait pas produire ce genre de gravure quand on imite le relief des porcelaines chinoises, parce que, une fois que l’ivoire a sa surface attaquée par l’acide, il est impossible d’y tracer à la pointe un ornement quelconque.
- Attention qu'il faut apporter quand on défonce une pièce en creux pour obtenir
- beaucoup de relief.
- Les différentes natures d’ivoire empêchent de préciser exactement la durée de chaque morsure; ainsi tel ivoire se défoncera en creux en vingt minutes, quand tel autre en demandera trente-cinq à quarante. La température, ainsi qu’on l’a déjà dit, agit aussi sur cette substance ainsi que sur les mordants; ainsi l’ivoire est plus profondément attaqué en été qu’en hiver.
- Comme une morsure de vingt minutes commence à soulever le vernis épais pour relief, je fais mordre en deux ou trois fois; ainsi j’arrête ma première morsure à quinze minutes, je laisse bien sécher, je répare, avec le vernis épais, les parties qui ont pu être endommagées, puis je laisse bien sécher encore ; je reprends et continue la morsure pendant dix ou quinze minutes, je laisse encore sécher, je répare si c’est nécessaire, et je continue de faire mordre si le vernis ne se détache pas, car autrement il vaudrait mieux se priver d’un grand-relief que d’avoir une gravure trop vague.
- C’est donc en procédant par temps d’arrêt qu’on peut éviter que des parties de vernis se détachent; en procédant de cette manière, on a en même temps l’avantage d’obtenir une morsure plus nette qu’en faisant mordre tout d’un jet, surtout quand on prolonge le travail jusqu’à trente-cinq et quarante minutes. Comme l’acide cherche à passer sous le vernis, on doit avoir soin de faire sécher de temps à autre, sans quoi le travail devient baveux sur le bord des fleurs ou ornements.
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- BEAUX-ARTS APPLIQUÉS A l’INDUSTRIE.
- La gravure en taille-douce à la pointe est plus facile à conduire comme morsure ; cependant je dois avertir qu’il y a des ivoires qui sont attaqués en une minute, et d’autres en deux minutes; j’en ai gravé qui étaient même mordus en une demi-minute. Je conseille d’arrêter de minute en minute et, mieux encore, par demi-minute, pour avoir le temps d’examiner les progrès de la morsure. On se rend parfaitement compte de la grosseur des tailles mordues en laissant bien sécher l’ivoire.
- On remarquera qu’une pièce qui sort du bain mordant semble être gravée très-fin; mais, quand l’ivoire se sèche, les tailles grossissent et c’est alors qu’on peut juger de leur profondeur. De même pour les parties défoncées et le relief.
- Couleur sur couleur pour taille-douce.
- On obtient un joli effet en faisant soit un vase, soit une fleur, mordu bleu pour commencer, puis noirci par l’encre; le dessin étant fini et ombré doit donner des ombres en dessous des tailles de couleur que l’on fera ensuite.
- Quand j’ai fait mordre ce premier sujet en noir, pas trop creuoc ni trop large, je dévernis; puis je revernis encore avec le vernis liquide pour tracer ensuite, par-dessus les tailles noires, soit des figures, soit des ornements; j’ai soin de faire peu mordre ces dernières tailles qui doivent être rouges préalablement. Cet effet est très-satisfaisant.
- Outillage.
- L’outillage comprend :
- Quelques éprouvettes de diverses grandeurs bouchées par du liège ; elles servent à faire mordre les manches de couteaux des deux côtés h la fois.
- Plusieurs cuvettes carrées servant à plonger à plat des tablettes d’ivoire destinées à des incrustations sur bois. On renverse la partie tracée sur le vernis sur la surface du liquide mordant.
- Quelques verres à boire pour les jetons et fiches de jeux.
- Une auge en gutta-percha pour les grands bains.
- Un ou deux entonnoirs.
- Quelques bocaux à cols droits bien bouchés au liège graissé pour les sels de cuivre, et le muriate principalement.
- Quelques feuilles de papier joseph pour étancher les pièces sortant du bain.
- Des pointes tranchantes de diverses grosseurs, comme celles dont se servent les graveurs à l’eau-forte.
- Des pinceaux très-fins pour les imitations de relief.
- On use l’ivoire au moyen du papier de verre fin.
- On le rend brillant avec la ponce lavée tamisée fin.
- On le pâlit avec le blanc de Meudon ou du savon noir en pâte et un peu de suif.
- On ravive les couleurs avec l’alcool, puis on passe une peau de mouton graissée de suif. -
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- THÉORIE DE L’ENGRENAGE HYPERBOLOÏDE; PAR M. J. B. BELANGER.
- On emploie depuis assez longtemps, dans les machines de filatures, un genre d’engrenage que, par un trop rapide aperçu, on confond aisément avec un engrenage conique, tandis qu’il en diffère essentiellement, parce que les axes des deux corps tournants ne sont pas dans un même plan. Par cette condition , les axes étant dans la pratique ordinaire à angle droit, le problème de la liaison des deux mouvements de rotation est celui dont la vis sans fin offre une solution ; mais c’est une solution qui ne conviendrait pas dans les machines dont il s’agit par plusieurs raisons et surtout parce que, dans les grandes vitesses, la vis sans fin exige un travail dynamique considérable perdu en frottements.
- L’expérience s’étant prononcée en faveur des engrenages pseudo-coniques que je viens de citer, il était intéressant d’en rechercher la théorie ; c’est le sujet de ce mémoire succinct.
- On sait que le premier pas fait dans l’étude des engrenages cylindriques et coniques consiste à remarquer que la liaison entre les mouvements de deux corps qui tournent, avec un rapport constant de leurs vitesses angulaires, autour d’axes différents situés dans un même plan s’obtient par l’emploi de deux cylindres de friction ( si les axes sont parallèles) ou de deux cônes de friction (si les axes se rencontrent), cylindres ou cônes qui se touchent le long d’une génératrice commune et roulent, sans glisser, l’un sur l’autre. Ces deux surfaces dites primitives une fois déterminées d’après le rapport connu des vitesses angulaires des corps qu’elles entraînent, on les arme le plus souvent de dents, ou plutôt on les remplace par des dents dont les formes doivent être telles que, lorsqu’elles se pressent mutuellement, rien ne soit changé à la loi de liaison des deux mouvements de rotation.
- On a été ainsi conduit à demander quelles seraient les surfaces de révolution qui, en roulant l’une sur l’autre et en se touchant suivant une ligne droite, rempliraient la fonction de surfaces cylindriques et coniques dans le cas le plus général où les deux axes de rotation ne seraient pas dans un même plan. Poser ainsi la question c’est dire que les surfaces cherchées doivent être des hyperboloïdes de révolution, et c’est en effet ce qu’a exprimé le savant auteur d’un ouvrage anglais justement estimé, ayant pour titre Principles of mecanism. Mais, faute d’une étude suffisamment approfondie de la matière, il lui est échappé deux erreurs graves : l’une, d’admettre que deux hyperboloïdes de révolution ayant une génératrice rectiligne commune sont, par cela seul, tangents suivant cette ligne ( will touch along Ihis line ); l’autre, de supposer que la génératrice de contact doit partager la plus courte distance des deux axes en deux parties réciproques aux vitesses angulaires, tandis que, comme on le
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- verra ci-après, lorsque les axes sont à angle droit, ces deux parties, qui sont les rayons des cercles de gorge, doivent être réciproques aux carrés des vitesses angulaires.
- Un modèle en relief très-bien exécuté d’après mes instructions et figures cotées, par M. Clair, habile mécanicien-constructeur, et dont un exemplaire est destiné aux galeries du Conservatoire des arts et métiers, confirme au besoin l’exactitude de la théorie qui va être exposée et dont les résultats s’énoncent d’une manière fort simple ( voir ci-après, page 162). Il est bien entendu que, dans la pratique, un engrenage de ce genre se compose de deux tronçons sensiblement coniques; les surfaces étendues du modèle n’v sont que pour bien faire comprendre quelles doivent être, sur ces surfaces primitives, les directions des génératrices.
- Les considérations qui suivent ne sont que des déductions immédiates de la théorie géométrique due à l’illustre L. Poinsot, sur la rotation des corps solides, qui nous a fait connaître ces deux propositions d’une admirable simplicité :
- 1° Si l’on veut se figurer la relation qui existe entre les vitesses à un même instant des différents points d’un corps solide animé du mouvement le plus général, il suffit d’imaginer ce corps lié à une certaine vis qui tourne actuellement clans son écrou immobile. L’axe de la vis ou axe central du mouvement actuel s’appelle axe instantané
- de rotation et de glissement, instantané parce que, dans le mouvement le plus général du solide, il change continuellement.
- 2° Les positions successives, dans l’espace, de l’axe instantané formant une surface réglée, et ses positions successives dans le système invariable dont fait partie le corps en mouvement en formant une autre, ces deux surfaces sont à chaque instant tangentes tout le long de leur génératrice commune, et elles roulent l’une sur l’autre en glissant suivant cette génératrice qui est l’axe central du mouvement à ce même instant.
- 1. Un corps C tourne autour de l’axe AB, supposé horizontal et dirigé de gauche à droite, avec une vitesse angulaire représentée par la longueur AB et par le nombre w. Un autre corps tourne autour de A'B' supposé dans un plan vertical parallèle à AB, avec une vitesse angulaire représentée par la longueur A'B' et par le nombre —w', le sens de cette rotation autour de A'B étant
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- contraire à celui de la rotation w autour de AB. La plus courte distance ou perpendiculaire commune aux deux axes est l’horizontale AA' = p. L'angle de A'B' et de l’horizontale A'6 parallèle à AB et de même sens est désigné par B'A'6 a.
- Quel est le mouvement du premier corps relativement au second ?
- Imprimons à l’ensemble des deux corps en mouvement une rotation additionnelle contraire à —w'. Le second corps est alors réduit au repos, et le corps C a un mouvement composé de w autour de AB et de w' autour de A'B'. Cherchons l’axe centrai de ce mouvement composé. Pour cela, introduisons autour d’une droite passant par A et parallèle à A'B' ( droite, par conséquent, projetée horizontalement suivant AB, et verticalement suivant A'B' ) deux rotations de grandeurs égales entre elles et de sens opposés : l’une w\ — w', l’autre w'2 — — w'. Les deux rotations w1 et w'2 appartenant ainsi au mouvement relatif du corps C, savoir : w' autour de A'B' et w‘2 de sens opposé autour de l’axe projeté suivant AB et A'B', forment un couple de rotations équivalent à une translation perpendiculaire au plan A A'B', savoir V =pw'. Les deux rotations w et w\, dont les axes représentatifs se coupent en A et se projettent en vraie grandeur en A'6 et A'B', équivalent à une rotation unique AV dont l’axe représentatif se projetterait horizontalement suivant AB et se projette verticalement et en vraie grandeur en A'6"-.
- Le parallélogramme 6A'B'6" donne immédiatement ( voir la figure )
- w
- sin /S'
- J£'_ _ W sin 0 sin «t
- [1]
- trois équations dont deux feront d’abord connaître les angles 0 et 0r'quand les vitesses angulaires ( ou simplement leur rapport ) et l’angle seront donnés, puisqu’on a, par exemple,
- w sin 0 — 10' sin ( & — 0 ) — w' ( sin <* cos 0 — cos «t sin 0 ), d’où
- 1 /ta V WW,
- cos 0 z= — ( —r — cos a. 1; puis on trouvera — ou — à volonté,
- sin a \w } F ta ta'.
- La translation V et la rotation W étant ainsi obtenues, on en conclut, par le moyen connu et comme il suit, la direction de l’axe central et d’abord la vitesse de glissement Yg qui s’y rapporte.
- V perpendiculaire à A'B' se décompose,
- 1° Suivant l’axe A'6" de la rotation W en Vs — V sin H'—pw' sin 0‘zzptc sin 0 [2], formule dont l’interprétation géométrique est très-facile ;
- 2° Perpendiculairement à l’axe de la rotation W, en Y cos 0' = pw' cos translation qui se compose avec W en une rotation simple dont l’axe ayant une vitesse nulle coupe la droite AA' en un point T situé à une distance de A qui, étant désignée par a, est déterminée par l’équation
- W a — pw' cos 0' =z 0.
- La distance TA', désignée par a', serait donnée par l’équation analogue
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Wa’ — pic cos £ = 0,
- ce qu’on vérifie d’ailleurs en ajoutant ces deux équations qui donnent la relation évidente d’après le parallélogramme
- Wp ^ p ( te' cos + io cos Æ ),
- On en conclut par division et en recourant aux équations [lj,
- a wC v cos £'
- W ta A cos /3
- sin $ sin
- X
- cos#' cos j3
- et finalement
- a
- af
- tang g tang /3'
- [3]
- 2. Ainsi se trouve déterminée la position de l’axe instantané de rotation et de glissement du mouvement relatif du corps G, à l’instant où nous venons de le considérer. Que devient ce même mouvement relatif à un autre instant? Gè point À' est resté immobile 5 le point A, qui en réalité est fixe aussi, aura, dans le mouvement relatif dont il s’agit, tourné autour de A'B' en vertu de la rotation additionnelle w' attribuée au système des deux corps pour détruire la rotation —w' de celui qui tourne réellement autour du même axe A'B'. Ce point A décrit donc un cercle autour du centre A' dans un plan perpendiculaire à A'B', Le point T en fait autant; et l’axe instantané passant à chaque instant par ce point, toujours perpendiculaire à A'T et toujours faisant avec une parallèle à A'B’ l’angle constant décrit par conséquent un hyperboloïde de révolution, dont le cercle de gorge a pour rayon la distance a' et dont la génératrice rectiligne fait, nous le répétons, avec une parallèle à l’axe, l’angle /S'.
- Ce raisonnement s’appliquant aussi bien à l’axe AB qu’à A'B', on voit que le même axe instantané décrit autour de AB un hyperboloïde dont le cercle de gorge a pour rayon la distance a = AT et dont la génératrice fait avec une parallèle à l’axe l’angle jS.
- Or, suivant la proposition générale de cinématique rappelée à la page 158, les deux hyperboloïdes ainsi engendrés par Taxe central instantané jouissent de la propriété d’être continuellement tangents tout le long d’une génératrice et de rouler l’un sur l’autre en glissant suivant cette même génératrice. La vitesse \s de ce glissement est donnée par la formule [2].
- 3. Il est d’ailleurs facile de construire ou de calculer les hyperboles qui sont les sections méridiennes des hyperboloïdes. Prenant Taxe des x suivant AB et l’axe des y suivant une verticale passant par A, on a pour la méridienne de l’hyperboloïde autour de AB, projetée verticalement en t'm\
- 1/£*•+•xî et b = , ---- — b fang/3
- formules où l’on mettrait pour tang £ su valeur déduite des équations [1].
- La méridienne de l’hyperboloïde dont l’axe est A'B' est obtenue de même par les équations
- y'=*±r W1
- et b' =
- tang jS'
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- Or il résulte de l’équation [3] que les deux demi-axes non transverses b et b' sont égaux, de manière que l’équation de la méridienne relative à l’axe À'B' peut s’écrire ainsi :
- y' = ± y \/p+x\
- et, si l’on compare les deux ordonnées y et y' qui correspondent à des abscisses x égales, on trouve la proportion très-simple et commode pour construire l’une des courbes quand on a l’autre :
- y_— JL
- y' a' *
- 4. Une autre détermination utile est celle de la longueur de la portion A'M d’asymptote ou de génératrice qui correspond à une abscisse AO ou x donnée. En désignant
- cc
- A'M par z, on a simplement z — » ^ ~. Si donc on veut qu’à deux abscisses x et x' ré-
- X 3s
- ponde la même longueur de génératrice, il faut qu’on ait---- — --; et si l’on
- veut calculer y et y' en fonction de la longueur z, on aura entre ces quantités qu’on peut considérer comme une sorte de coordonnées
- y = jh \/<& z% sin2 /S = \A2 tang2 /3 -+- s2 sin2 $,
- et
- y' = + y/a'2H~ sin2 fi' = + Vb* tang2 & -t- z* sin2 î
- d’où l’on conclut que le rapport égal à quand on fait z = 0, c’est-à-dire
- quand y et y' sont les rayons a et a' des cercles de gorge, approche d’être égal à
- sin (î , , .. , w' , .... .
- -:p ,, c est-a-dire a —, a mesure que z augmente, sans jamais atteindre cette limite.
- 5. La théorie de la composition des mouvements qui nous a dirigé dans cette recherche nous donne la certitude que les deux hyperboloïdes tels qu’ils se sont trouvés déterminés sont tangents tout le long de leur génératrice commune; mais il sera peut-être intéressant de vérifier ce fait directement, par des considérations élémentaires.
- Soit proj'eté en M et en M' un point quelconque de la génératrice commune ; désignons par z sa distance au point T. Ainsi z = A'M. Ce point se trouvant sur l’hyper-boloïde dont l’axe est AB appartient à un cercle vertical dont le centre est 0 et dont le rayon est OMj, obtenu par rabattement en faisant = Mm. La tangente au cercle en ce même point est, en rabattement, MXP perpendiculaire à OM^ Sa trace horizontale est donc P, et la trace horizontale du plan langent au premier hyperbo-loide en M ( lequel plan contient la génératrice qui passe en T) est, par conséquent, la droite TP.
- Le même point (M,M') appartient à un cercle du deuxième hyperboloïde, dont le centre est 0' et dont le rayon est M20't obtenu en rabattant LO' en LO', et L' ( M,M' ) Tome VIII. — 60e armée. 2e série. — Mars 1861. 21
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- en L'M2. La tangente au cercle en ce même point est, en rabattement, M2P' perpendiculaire à M20',, et la trace horizontale du plan tangent au deuxième hyperboloïde en ( M,M' ) est la droite TP'.
- Il s’agit de savoir sous quelle condition les deux plans tangents se confondent, et pour cela écrivons
- PM' _ P'L' m
- TM' “ TL' * • *..................... 11
- 1° A cause du triangle rectangle PM,0 on a
- 2° Évidemment
- _ M M, _______z1 sinJ/3 _
- rJU “ M'O “ a ’
- TM' = z cos j3 ;
- 3° Les triangles semblables P'L'M2 et 0',Mimi donnent
- Or
- et
- 4°
- P'L' _ 0'im1. M2L' — M2m, ’
- M2L'= ML =
- Mm _____ z sin /3
- cos a COS cl ’
- M-jWj = a'; donc
- A "
- TL' = AL = ——
- COS a
- O'pn, = O'M = z sin $',
- P'L' = z sin v z sin & • cos a. a' ’
- z cos
- COS CL
- En substituant dans l’équation [4], on obtient
- z1 sin2 /3 az cos $
- z2 sin g sin £' a' cos cl
- X
- COS CL
- z cos jS' ’
- ou après réduction
- tang/3
- a
- tang £'
- c’est-à-dire l’équation [3] ci-dessus, indépendante de z.
- 6. Résumons en une règle simple les principaux résultats de cette théorie.
- Connaissant l’angle a des deux axes, p leur plus courte distance, w et w' les vitesses angulaires des deux hyperboloïdes qui doivent rouler l’un sur l’autre, en glissant suivant leur génératrice de contact,
- 1° Construisez le parallélogramme 6A'B'6" dont les côtés A'6 et A'B' sont parallèles aux axes et proportionnels aux vitesses angulaires w et w1 : la diagonale A'6" sera parallèle à la génératrice de contact des deux hyperboloïdes [1].
- 2° Menez, perpendiculairement à la diagonale, la droite dont la partie aa! interceptée dans l’angle 6A'B' sera égale à la distance p : elle se trouvera divisée à sa rencontre t avec la diagonale en deux parties at et a’t respectivement égales aux rayons AT et A'T des cercles de gorge des deux hyperboloïdes, ce qui détermine en même temps le point T où la génératrice de contact coupe la perpendiculaire commune aux deux axes [3].
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- 3° Portez de A' en at sur la diagonale une longueur égale à p : si vous imaginez que le point at ainsi obtenu tourne, soit autour de Mb avec la vitesse angulaire w, soit autour de À'B' avec la vitesse angulaire w’, la vitesse linéaire de ce point at est alors égale à la vitesse de glissement des deux surfaces.
- 7. Il serait superflu d’insister sur l’analogie frappante des deux hyperboloïdes tangents avec les cônes et les cylindres de friction employés comme organes de liaison de mouvement entre deux corps tournant autour de deux axes fixes situés dans un même plan, avec des vitesses angulaires qui restent dans un rapport constant. Si en réduisant la distance p à zéro on fait concourir les deux axes, les hyperboloïdes deviennent des cônes 5 si en laissant à la distance p une valeur quelconque, on réduit l’angle a à zéro, les deux axes devenant parallèles, les deux hyperboloïdes dégénèrent en cylindres. Dans les deux cas particuliers, suivant la formule [2], la vitesse de glissement Vs devient nulle.
- En général, qu’on trace sur les deux hyperboloïdes exécutés en relief des stries rectilignes fines et très-rapprochées entre elles suivant les génératrices de ces deux surfaces, et que ces stries également espacées sur chaque hyperboloïde soient en nombres inversement proportionnels aux vitesses angulaires, elles rempliront une fonction analogue à celle des dents d’un engrenage conique avec ces deux différences essentielles :
- 1° Que ces stries, pendant le mouvement des deux roues, glissent longitudinalement avec une vitesse qui croît proportionnellement à la distance p des deux axes, toutes autres choses égales ( formule 2 ) 5
- 2° Que les stries ou génératrices devant être, comme nous venons de le dire, en nombres inversement proportionnels aux vitesses angulaires, ne sont pas espacées de quantités égales sur deux circonférences ayant un point commun sur la génératrice de contact, puisque ( n° 4 ci-dessus) les rayons de ces circonférences sont dans un
- rapport qui varie entre t-n^ ^ et sans atteindre cette dernière limite. En
- 1 tang jg* sin M
- d’autres termes, le rapport des pas sur deux circonférences ayant un point commun approche de l’unité à mesure que ces circonférences augmentent, mais n’a nulle part cette valeur.
- 8. Cas particuliers où les axes sont rectangulaires. Il suffit, pour obtenir les formules relatives à ce cas, de faire et=90o dans celles qui ont été établies ci-dessus.
- On aura donc au lieu de [1]
- w _ cos p —
- La formule [2] devient
- L’équation [3] donne
- w’ wt J* ' * n 1 w
- sin 0 * & tang w
- Ye =zpw sin /S — pw' cos $.
- a ,2/5 W
- a. u w*
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- m
- ARTS MÉCANIQUES.
- La valeur de b ( n° 3 ) devient
- b = -w, - = —= l/W.
- 10 ta
- L’hyperbole méridienne dont la vitesse angulaire est w a pour équation y — + ^ l/62 + x* et son paramètre = 2a\
- L’hyperbole méridienne dont la vitesse angulaire est to' est exprimée par
- a> _________ 26*
- y' = jh, æ2 et son paramètre par = 2a.
- Or on sait, et il est facile de vérifier, qu’au sommet d’une section conique quelconque le rayon de courbure est égal au demi-paramètre ( c’est la sous-normale sur le diamètre au sommet ). Donc,
- Le rayon de courbure du fond de la gorge de l’un des deux hyperboloïdes est égal au rayon du cercle de gorge de Vautre hyperboloïde, de sorte que, s’il est permis d’employer cette image vulgaire, les deux surfaces sont en selle l’une sur l’autre de la manière la plus intime.
- Je me propose d’exposer ultérieurement quelques idées sur les formes qu’il convient de donner aux dents d’un engrenage hyperboloïde et sur les moyens de les exécuter en pratique. Une autre question moins difficile sera de calculer le travail du frottement inévitable dans ce genre d’engrenage.
- DESCRIPTION DE LA MACHINE A COUDRE ( SYSTÈME A DEUX FILS DE GROYER ET BAKER ) PERFECTIONNÉE ET CONSTRUITE PAR M. GOODWIN. ( PLANCHE 218. )
- La machine à coudre que nous allons décrire et que représente la planche 218 diffère essentiellement de celle que nous avons déjà publiée (1). Comme celle-ci, elle appartient à la classe des machines à deux fils, mais au lieu d’une aiguille et d’une navette elle possède deux aiguilles; au lieu du point dit de navette que fait la première, elle produit le point double de chaînette. On a reproché, nous l’avons dit précédemment, aux machines à navette les dimensions limitées de cet organe, imposées par la nécessité de lui faire traverser, toujours d’une manière sûre, la boucle formée par le fil de l’aiguille. C’est pour remédier à cet inconvénient, qui a pour résultat de produire, dans le travail, des intermittences indispensables aux changements de bobine, qu’on a imaginé divers systèmes au nombre desquels celui de MM. Grover et Baker.
- La machine de MM. Grover et Baker, à laquelle M. Goodwin, qui l’exploite, a apporté quelques perfectionnements, comprend une aiguille rectiligne verticale, percée près de la pointe comme celle que nous connaissons déjà, et une seconde aiguille de forme curviligne particulière, destinée à remplacer la navette et recevant, autour d’un
- (1) Voir Bulletin de 1860, 2® série, t. VII, p. 339 et suiv.
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- centre invariable, un mouvement alternatif de rotation dans un plan horizontal. Ces aiguilles prennent leur fil sur des bobines correspondantes de grandeur quelconque, dont l’une est placée au-dessus et l’autre au-dessous de la table de travail ; il y a cette particularité que le fil de l’aiguille curviligne doit être environ moitié moins gros que celui de l’aiguille verticale.
- Les deux aiguilles étant disposées l’une au-dessus de l’autre, leur mouvement relatif est combiné de manière à produire l’effet suivant : l’aiguille verticale descend et pénètre jusqu’aux deux tiers environ de sa longueur au travers de l’étoffe; dès qu’elle remonte, le fil qu’elle conduit forme une boucle dans laquelle l’aiguille curviligne s’introduit peu après avec son fil. Mais l’aiguille verticale continuant à remonter entraîne le fil de l’aiguille courbe et repasse bientôt de l’autre côté, en laissant nécessairement sous l’étoffe une espèce de point qui n’est autre que la boucle du fil supérieur dans laquelle se trouve engagé le fil inférieur. Immédiatement après, l’aiguille verticale redescend pour le point suivant, et pendant cette descente l’aiguille courbe revient sur elle-même en enveloppant avec son fil la boucle nouvelle du fil supérieur dans laquelle, par un mouvement analogue à celui que nous venons de décrire, elle va pénétrer dès que l’aiguille verticale arrivée à fond de course reprendra son mouvement ascendant. De cette double combinaison résulte la production, en dessus de l’étoffe, d’une espèce de piqûre, et, en dessous, d’une sorte de cordon un peu saillant, véritable double point de chaînette dans lequel les boucles successives du fil supérieur sont alternativement traversées et embrassées par celles que forme le fil inférieur. C’est pour diminuer autant que possible la saillie de ce cordon que le fil de l’aiguille curviligne, ainsi qu’il vient d’être dit, doit être moitié moins gros que celui de l’aiguille verticale.
- Dans cette machine, la tension des fils est assurée par un système de rondelles jumelles entre lesquelles ils passent, et dont la pression se règle à volonté. Quant au serrage du point, il est facilité par l’action d’un ressort vertical qui tend constamment à repousser de bas en haut le levier qui conduit l’aiguille rectiligne.
- L’entraînement de l’étoffe n’est plus ici produit par une roue d’alimentation comme dans la machine Callebaut ( système Singer )-, il est déterminé par un double mouvement de soulèvement et de translation dans le sens horizontal obtenu à l’aide d’un excentrique de forme spéciale calé sur l’arbre moteur de la machine.
- Enfin la commande est complètement identique à celle d’un rouet à filer, et la transmission s’obtient à l’aide d’une courroie, en sorte que la machine n’emploie aucune espèce d’engrenage.
- Fig. 1. Section longitudinale de la machine passant par le bord de la plaque de fondation qui porte tous les organes.
- Fig. 2. Yue de bout du côté des aiguilles, avec section parallèle faite perpendiculairement à la plaque de fondation pour montrer les organes placés dessous.
- Dans ces deux figures, tout le bas du bâti de la machine se trouve supprimé.
- Fig. 3. Partie de la figure 2 représentée à une plus grande échelle, avec section verticale de la boîte dans laquelle passent la tige de l’aiguille verticale ainsi que celle du presse-étoffe.
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- Fig. 4. Vue des organes de la figure 3 dans un plan vertical perpendiculaire à celui de cette figure.
- Fig. 5. Plan partiel destiné à montrer la forme de l’aiguille curviligne, ainsi que les organes qui produisent l’avancement de l’étoffe.
- Fig. 6. Vue en dessous d’une portion de la plaque de fondation, montrant les dispositions qui servent à régler l’entraînement de l’étoffe.
- Fig. 7. Positions relatives des deux aiguilles au moment où le point va se faire.
- Fig. 8. Indication amplifiée de la couture, les points étant très-espaces et les fils très-lâches pour montrer leur entre-croisement réciproque.
- A, plaque de fondation portant tous les organes et reposant sur une table en bois B évidée en son milieu, qui est la table de travail; quatre cales en caoutchouc C, disposées aux quatre angles de l’évidement, sont interposées entre la plaque et la table pour amortir les vibrations produites par le jeu de la machine.
- La table B repose sur deux supports en fonte D, entre lesquels est placé le volant moteur E.
- Nous allons, comme nous l’avons fait pour la machine à navette, procéder par la description séparée de chacune des trois fonctions qui concourent à la production de la couture.
- Aiguille verticale. — F, support en fonte fixé à la plaque de fondation A ( fig. 1 ) et portant les bras mobiles G, G' qui font mouvoir les deux aiguilles.
- G, G', bras moteurs des deux aiguilles ( fig. 1, 2, 3 et 4 ), disposés parallèlement et réunis d’une manière invariable par un large coude fixé au support F, en un point H qui leur sert d’axe de rotation; c’est le bras G qui fait mouvoir l’aiguille verticale.
- I, boîte rectangulaire verticale faisant corps avec l’extrémité antérieure du support F, à une distance de 0m,060 de la plaque A, et traversée par le porte-aiguille verticale J et par la tige K du presse-étoffe. La face postérieure de cette boîte, qui est venue de fonte avec le support F, est percée d’une mortaise oblongue pour laisser passer l’extrémité du bras G qui conduit le porte-aiguille J; la face antérieure, qui peut s’enlever ( fig. 3 ), est ajustée avec deux vis et sert à maintenir dans leurs glissières les tiges J et R.
- J, tige portant à sa partie inférieure l’aiguille verticale, qui s’y loge dans une rainure et y est fixée au moyen d’un bouton à écrou L; cette tige, qui se meut dans une glissière pratiquée dans la boîte I, est munie d’un petit galet M ( fig. 3 ) qui vient se placer devant la mortaise postérieure de la boîte et est saisi par le bras G muni, à cet effet, d’une fourche. Par suite de cette disposition, on voit que, si le bras G vient à se mouvoir, il fera monter ou descendre la tige J et son aiguille.
- N, bobine supérieure fournissant le fil à l’aiguille verticale ( fig. i et 2 ) ; elle est librement enfilée sur une broche horizontale, portée par la queue recourbée du support F et dont la longueur, variable avec la hauteur de la bobine, se règle à l’aide d’une vis de pression.
- Le fil, dont la direction est indiquée sur la fig. 1 par des flèches, se rend de la bobine entre deux rondelles jumelles O , portées par le bras G ; la pression de ces ron-
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- d’elles, qu’on règle à volonté au moyen d’un ressort à boudin commandé par une vis, a pour but d’assurer la tension du fil.
- En quittant les rondelles 0, le fil passe dans l’œil d’une petite tringle curviligne P, placée près de ces rondelles et destinée à empêcher qu’il n’en sorte.
- De là, il pénètre dans un petit tube Q (fig. 3 et 4) vissé au bras G près de la boîteï, le long de laquelle il se meut avec ce bras; ce tube reposant sur la tête d’un ressort vertical logé dans un petit cylindre Rattaché à la boîte I, il s’ensuit que, toutes les fois que le bras G descend avec son aiguille pour faire un point, le ressort du petit cylindre R est pressé par le tube Q et subit une tension en vertu de laquelle il tend constamment à repousser le bras G et à tirer en haut le fil pour assurer le serrage du point.
- Du tube Q le fil va rejoindre le bouton à écrou L, qui sert de presse-aiguille, traverse ce bouton et arrive enfin à l’œil de l’aiguille.
- S, support de l’axe de rotation de l’aiguille curviligne; il est vissé sous la plaque de fondation A, et est percé d’une cavité dans laquelle vient se loger l’aiguille verticale chaque fois qu’elle a traversé l’étoffe. Ainsi cette aiguille accomplissant sa descente traverse la plaque de fondation A en perçant l’étoffe et, continuant sa course, s’enfonce avec son fil dans la cavité du support S; mais aussitôt elle se relève en faisant une boucle , et c’est au moment où elle commence à remonter que l’aiguille curviligne , ainsi qu’on le verra plus loin, s’engage dans cette boucle avec son propre fil. Il est essentiel de remarquer qu’au point de contact avec le ressort du cylindre R le petit tube Q est coupé et laisse le fil à jour, en sorte que la tête du ressort appuie sur le fil lui-même. Celte disposition est indispensable afin que, dans le premier moment du relèvement du bras G, le fil ne soit pas tiré de suite et permette à la boucle qui se forme sous l’étoffe de subsister assez de temps pour que l’aiguille curviligne puisse la traverser.
- Les bras G, G' étant invariablement solidaires l’un de l’autre , il suffit donc de commander le second pour que le premier fonctionne et donne le mouvement à l’aiguille verticale.
- Aiguille curviligne.—T est l’aiguille curviligne ; sa tête forme le centre autour duquel elle tourne, sa pointe est située à l’extrémité de la courbe ( fig. 5 ) et enfin elle est munie, extérieurement, d’une gorge ou rainure ( fig. 3 et 4) dans laquelle est placé le fil qu’elle conduit. Fixée horizontalement par sa tête sur un arbre vertical U, elle accomplit autour de son centre deux mouvements de rotation, l’un de gauche à droite et l’autre de droite à gauche, le premier consistant à envelopper les deux brins du fil de l’aiguille verticale au moment où celle-ci arrive au bas de sa course descendante, le second à pénétrer avec son fil dans la boucle que l’aiguille verticale fait en remontant; dans les figures 5 et 6, on voit ce second mouvement près de s’accomplir.
- U, arbre vertical porteur de l’aiguille curviligne ; sa partie supérieure est maintenue dans un collier que lui présente le support S et sa partie inférieure tourne dans une crapaudine à vis qu’on peut élever ou abaisser au moyen d’un écrou. Tordu en hélice vers le milieu de sa hauteur et conduit par le bras G', cet arbre reçoit un mouvement de rotation alternatif, qui a pour effet de produire les deux mouvements de l’aiguille curviligne expliqués ci-dessus.
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- Le bras G’ qui commande l’arbre U porte à cet effet, à son extrémité antérieure, deux entailles parallèles, situées dans deux plans perpendiculaires, l’une horizontale V qui embrasse l’arbre U, l’autre verticale W dans laquelle est engagé un manneton Z animé d’un mouvement de rotation vertical. La rotation de ce manneton détermine donc le relèvement et l’abaissement du bras G’, ainsi que le mouvement de l’arbre U et de son aiguille.
- a est la bobine alimentaire de l’aiguille curviligne (fig. 1 ) • elle est librement enfilée sur une broche horizontale, fixée sous la table B.
- b (fig. 1 et 2) est un système de rondelles jumelles analogue au système O, entre lesquelles passe le fil de cette bobine avant de se rendre à l’aiguille T.
- En sortant de ces rondelles qui le pressent suffisamment pour assurer sa tension, le fil arrive à l’aiguille; il entre librement dans l’intérieur de la courbe vers le coude t (fig. 5 ), passe par un premier œil que lui présente ce coude, suit la gorge extérieure de l’aiguille, et ressort par une autre ouverture ménagée près de la pointe.
- La figure 7 indique les positions relatives des deux aiguilles au moment où celle de dessous va entrer dans la boucle formée par l’aiguille verticale.
- Entraînement de l’étoffe. — c, petite plaque striée ( fig. 3 et 5 ) disposée horizontalement sous l’aiguille verticale, dans un évidement de la plaque de fondation A; c’est sur elle que se place la portion de l’étoffe qui doit recevoir le point.
- d, presse-étoffe maintenant l’étoffe sur la plaque striée c; c’est une patte recourbée, terminée en avant par une fourche dans laquelle passe l’aiguille verticale, et fixée, par son extrémité relevée, à la tige K qui glisse dans la boîte I. Un ressort à boudin entourant le bas de cette tige et prenant son point d’appui contre la boîte I détermine la pression de la patte sur l’étoffe.
- e, levier coudé disposé en haut de la boîte I sur la tige K (fig. 1 et 2) et servant à relever le presse-étoffe par un simple mouvement de bascule.
- Supposons l’aiguille verticale remontant et sa pointe apparaissant au-dessus du presse-étoffe ; à ce moment un point de la couture venant d’être fait, il est nécessaire que l’étoffe soit entraînée aussitôt d’une petite quantité dans le sens de la flèche indiquée sur les figures 2 et 3, afin de présenter sa surface au nouveau point qui va se faire. Or cet entraînement a lieu par un double mouvement de soulèvement et de translation horizontale de la plaque striée c, lequel mouvement est obtenu de la manière suivante :
- f, cadre en fonte fixé sous la plaque de fondation A ( fig. 2 et 3 ) et portant tous les organes disposés sous la table; le support S n’est qu’un appendice de ce cadre, ainsi que celui qui soutient la crapaudine à vis dans laquelle tourne l’arbre U.
- g, plaque verticale mobile, en forme de console, portant la plaque striée c et engagée dans la tête h du cadre f, au moyen d’une fente verticale formée par une double paroi dans laquelle elle peut glisser.
- n', excentrique calé sur un arbre horizontal qui tourne dans deux collets venus de fonte avec les montants du cadre f. Les deux parties de cet excentrique ne forment qu’une seule pièce venue de fonte, et ont chacune une fonction différente :
- La rondelle i de plus grand diamètre porte le manneton Z, conducteur du bras G’; en
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- outre, son épaisseur est variable, et par conséquent, toutes les fois que pendant sa rotation la partie la plus large vient se présenter devant la plaque g, elle repousse cette plaque en la faisant glisser dans la fente du cadre f. Néanmoins l’amplitude de l’excursion horizontale de la plaque g reste indépendante de l’écart entre les épaisseurs maxima et minima de la rondelle i, parce que le talon de cette plaque ne vient pas toucher le parement de la rondelle dans sa partie la moins épaisse.
- Quant à la partie i' sur laquelle repose la plaque g, elle constitue l’excentrique proprement dit, et relève cette plaque au moment même où elle va être repoussée.
- Il suit de là que la plaque g reçoit un double mouvement de soulèvement et de translation horizontale, et la construction de l’excentrique est telle, que ces deux mouvements se produisent l’un à la suite de l’autre en commençant par celui de soulèvement qui dure jusqu’à ce que celui de translation soit terminé.
- Cela posé, on comprend que la plaque striée c, étant elle-même soulevée, va soulever en même temps l’étoffe qui repose sur elle ainsi que le presse-étoffe, et quelle entraînera ensuite l’étoffe horizontalement, en la faisant glisser sous la patte recourbée d\ mais, dès que cet entraînement aura eu lieu, la plaque striée redescendra en place avec le presse-étoffe et, déposant l’étoffe, reviendra sans elle à son point de départ.
- Ce retour au point de départ est obtenu par le jeu d’un ressort à boudin horizontal, attaché à la plaque g et logé dans la fente du cadre / (les figures 3 et 5 indiquent ce ressort en traits ponctués); ce ressort se tend quand la plaque g est poussée horizontalement par l’excentrique et se détend pour la ramener au point de départ.
- La course horizontale de la plaque striée représentant l’espacement des points, il est nécessaire de pouvoir la faire varier à volonté. Voici par quel artifice on obtient ce résultat :
- j est un petit levier courbe fixé sous la plaque de fondation A en un point autour duquel il peut tourner, et dont la queue traverse la plaque g et la tête du cadre f par une fente horizontale (fig. 3, 4 et 5). La fente de la plaque g venant butter contre ce levier, lorsque le ressort à boudin se détend, on comprend que de la position du levier dépend la course de la plaque et, par conséquent, l’espacement des points; or cette position se règle à la main en faisant glisser la queue du levier sous la plaque de fondation A, qui porte, à cet effet, une série d’encoches disposées en arc-de-cercle (voir fig. 6).
- Communication du mouvement. — k est une poulie calée sur l’arbre de l’excentrique i i\ entre les montants du cadre /; ainsi qu’on l’a vu plus haut, elle commande l’entraînement de l’étoffe au moyen de l’excentrique u’ et le jeu des deux aiguilles à l’aide des bras G, G’ et du mannetonZ placé sur la circonférence de l’excentrique.
- Le mouvement est transmis directement à la poulie k par une courroie qui la relie au volant E (fig. 1 ), et celui-ci est commandé par un jeu de bielle et de pédale qu’on a jugé inutile de représenter.
- I est une espèce de soucoupe vissée sous le cadre f et destinée à recueillir l’huile qui s’écoule lorsqu’on vient de lubrifier les organes moteurs.
- Fonctionnement de la machine. — Supposons l’aiguille verticale en haut de sa course, c’est-à-dire prête à descendre; voici quelles sont, à ce moment, les positions relatives des autres organes :
- Tome VIII. — 60e année. 28 série. — Mars 1861.
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- 1. L’aiguille curviligne a sa pointe tournée en avant, la partie rectiligne étant placée parallèlement à l’axe de rotation de la poulie motrice k.
- 2. La plaque striée c vient d’opérer sa translation horizontale en entraînant l’étoffe, et reste encore soulevée avec le presse-étoffe.
- Au moment où l’aiguille verticale redescend, la plaque striée et le presse-étoffe cessent d’être soulevés, et la première revient en place.
- Mais l’aiguille verticale continue à descendre et, aussitôt qu’elle passe dans la fourche de la patte recourbée du presse-étoffe, l’aiguille curviligne, se mouvant le talon en avant, opère une révolution de gauche à droite et vient se placer dans la position des figures 5 et 7, un peu avant que l’aiguille verticale ne soit arrivée au fond de sa course dans la cavité du support S.
- Immédiatement après, l’aiguille verticale se relève, et à peine a-t-elle commencé sa course ascendante, que l’aiguille curviligne, poussant sa pointe en avant, fait une révolution de droite à gauche, s’introduisant alors avec son fil dans la boucle du fil vertical, et vient se remettre dans la position 1.
- Aussitôt qu’elle est revenue dans cette position et au moment où la pointe de l’aiguille verticale va reparaître au-dessus de l’étoffe, c’est-à-dire au moment où le point est terminé, la plaque striée et le presse-étoffe se soulèvent, et la première opère avec l’étoffe son mouvement de translation pendant que l’aiguille verticale termine sa course ascendante-, les organes se trouvent alors dans les positions 1 et 2, et le travail recommence.
- Cette machine fonctionne avec une très-grande rapidité qu’expliquent l’absence de tout engrenage et la commande directe de tous les organes; elle peut faire 1,500 points par minute et elle se prête à un grand nombre de travaux divers, pour lesquels elle emploie, comme dans les autres machines, des guides de différentes formes.
- On peut lui reprocher de fournir une couture moins solide, quoiqu’un peu plus élastique, que celle de la machine à navette de Singer; mais, si l’on songe que, pour que cette couture se défasse, il faut au moins que trois boucles successives en dessus de l’étoffe et trois boucles en dessous parfaitement correspondantes viennent à casser, on reconnaîtra que le travail de cette machine peut être utilisé dans bien des circonstances où l’usure du point est, pour ainsi dire, nulle. ( M. )
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- RECHERCHES CHIMIQUES SUR LES COMBUSTIBLES MINÉRAUX, PAR M. E. FREMI.
- o Les études que je poursuis depuis longtemps sur les tissus des végétaux et dont l’Académie connaît déjà les principaux résultats devaient naturellement me conduire à déterminer les caractères chimiques des combustibles minéraux, et à rechercher si les substances qui les constituent présentent quelque analogie avec celles qui forment les tissus non altérés des végétaux,
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- « En admettant, avec tous les géologues, que la tourbe, le lignite, la houille et l’anthracite se sont formés dans des circonstances différentes et qu’ils appartiennent à des terrains d’âges variables, j’ai voulu suivre, dans ces variétés de combustibles, le degré d’altération du tissu organique.
- « L’étude de la tourbe ne m’a présenté aucun fait réellement nouveau : à côté des organes élémentaires non altérés que l’on rencontre en si grande quantité dans la tourbe fibreuse, j’ai trouvé, suivant l’état d’altération de ce combustible, des proportions variables de ces composés bruns, neutres ou acides, azotés ou non azotés, que nous désignons, dans notre ignorance, sous le nom général de composés ulmiques : la présence de ces corps, qui ont été étudiés déjà par notre confrère M. Payen, vient, du reste, établir une distinction très-nette entre les tourbes et les tissus organiques non altérés.
- « L’examen chimique des iignites devait m’offrir plus d’intérêt.
- a J’ai eu le soin de distinguer, dans mes recherches sur les Iignites, les échantillons présentant encore l’organisation ligneuse d’avec ceux qui offrent souvent l’aspect et la compacité de la houille.
- « Les premiers constituent le lignite xyloïde ou bois fossile; les seconds forment le lignite compacte et parfait.
- « Au point de vue des caractères chimiques, toutes les variétés de lignite que j’ai examinées rentrent dans les deux espèces précédentes.
- « Quoique le lignite xyloïde ait souvent la ténacité et l’apparence du bois ordinaire, j’ai reconnu que, dans ce combustible, le tissu ligneux a éprouvé une profonde modification : il se réduit en poudre fine par la trituration; soumis à l’action d’une dissolution étendue de potasse, il cède à l’alcali une quantité considérable d’acide ulmique.
- « Les deux réactions suivantes viennent établir une différence bien tranchée entre le bois ordinaire et le lignite xyloïde.
- « Lorsque l’acide azotique réagit à chaud sur le bois, il dissout une partie seulement des fibres et des rayons médullaires, et laisse la matière cellulosique très-pure qui se dissout sans coloration dans l’acide sulfurique concentré et qui jouit de toutes les propriétés que notre confrère M. Payen a étudiées avec tant de précision.
- « Dans les mêmes circonstances, le lignite xyloïde est attaqué avec une grande énergie et transformé complètement en une résine jaune, soluble dans les alcalis et dans un excès d’acide azotique.
- « Lorsqu’on soumet comparativement le bois et le lignite xyloïde à l’action des hypochlorites, on constate également entre ces deux substances des différences très-nettes.
- « Les hypochlorites exercent sur le bois une réaction qui peut être comparée à celle de l’acide azotique ; ils dissolvent rapidement une partie des fibres et des rayons médullaires et laissent la matière cellulosique à l’état de pureté.
- « Le lignite xyloïde est attaqué par les hypochlorites alcalins, se dissout presque entièrement dans ce réactif et ne laisse que des traces impondérables de fibres et de rayons médullaires incolores.
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- « Il résulte donc des faits qui précèdent que, lorsque les tissus ligneux sont arrivés à cet état de modification qui constitue le lignite xyloïde, tout en conservant l’apparence du bois, ils ont éprouvé dans leur substance une modification profonde et contiennent alors des principes immédiats nouveaux, caractérisés par leur solubilité complète dans l’acide azotique et dans les hypochlorites.
- « Après avoir déterminé les caractères chimiques du lignite xyloïde, il était intéressant de rechercher si le lignite compacte qui ne présente plus la texture des tissus ligneux, qui est noir et brillant comme la houille, et qui offre souvent avec cette dernière substance des analogies qui mettent en défaut les ingénieurs les plus exercés, conserverait les caractères chimiques du lignite xyloïde ou s’il se rapprocherait des houilles.
- « Au point de vue géologique, cette étude comparée du lignite xyloïde, du lignite compacte et de la houille me paraissait aussi d’une grande importance : si, en effet, il existait un rapport certain entre l’état d’altération des combustibles minéraux et l’âge des terrains qui les contiennent, on comprend quel serait l’intérêt, pour la géologie, de posséder un caractère chimique qui permît d’apprécier nettement le degré de modification du corps organique et de déterminer l’âge d’un terrain d’après l’état d’altération du combustible minéral qui s’y trouve. Je me suis donc appliqué à trouver une série de réactifs chimiques agissant différemment sur les combustibles minéraux, et me permettant d’ordonner la série de leurs variétés suivant leur degré d’altération et les caractères chimiques qu’ils pourraient ainsi présenter. Les réactifs que j’emploie sont la potasse, les hypochlorites, l’acide sulfurique et l’acide azotique : je tiens compte également des caractères excellents qui ont été donnés par M. Cordier.
- « J’ai démontré précédemment qu’il n’était pas possible de confondre le tissu ligneux avec le lignite xyloïde, ce dernier corps étant soluble dans les hypochlorites et dans l’acide azotique. Le lignite compacte, ne présentant plus d’apparence d’organisation, ne peut être confondu qu’avec certaines variétés de houille. Le mode de combustion, la réaction sur le tournesol des produits volatils et la couleur de la poussière forment déjà, comme on le sait, des caractères distinctifs très-importants : les réactifs chimiques viennent donner, à cet égard, un dernier degré de certitude. Lorsqu’on soumet, en effet, un lignite compacte à l’action de la potasse concentrée, on voit quelquefois la liqueur se colorer en brun et dissoudre une petite quantité d’acide ul-mique; mais ordinairement la liqueur alcaline ne réagit pas sur le combustible : ce qui établit immédiatement une distinction entre le lignite xyloïde et le lignite compacte.
- « J’ai toujours reconnu que les lignites qui résistent à l’action de la potasse sont ceux qui, par leur gisement, se rapprochent le plus des terrains houillers.
- « Les lignites compactes, noirs et brillants comme la houille, se dissolvent entièrement dans les hypochlorites alcalins, sont attaqués avec la plus grande rapidité par l’acide azotique, et produisent la résine jaune dont j’ai déjà parlé en traitant du lignite xyloïde.
- « Les deux caractères que je viens d’indiquer ne permettent donc pas de confondre les lignites et les houilles. Ces derniers combustibles, en effet, ne se dissolvent pas
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- dans les hypochlorites et ne sont attaqués que lentement par l’acide azotique. J’ai soumis à l’épreuve des hypochlorites presque toutes les houilles importantes appartenant à des étages différents, et j’ai vu constamment ces combustibles résister à l’action du réactif chimique : ce caractère me paraît avoir une telle valeur, que, lorsqu’on rencontre, par exception, une houille que les hypochlorites attaquent légèrement, il y a lieu d’examiner si le combustible qui offre cette propriété exceptionnelle est réellement de la houille ; car on conçoit que dans les terrains houillers il puisse exister des matières végétales inégalement décomposées.
- « La houille et l’anthracite qui résistent à l’action des dissolutions alcalines et à celle des hypochlorites se dissolvent, d’une manière complète, dans un mélange d’acide sulfurique monohydraté et d’acide azotique : la liqueur prend une coloration brune très-foncée et tient en dissolution un composé ulmique que l’eau peut précipiter complètement.
- « Je ne me suis pas proposé, dans ce travail, d’apprécier les influences qui ont pu transformer les tissus organiques en combustibles minéraux : je dois cependant signaler ici une observation qui me paraît intéressante.
- « J’ai reconnu que le tissu ligneux, exposé pendant plusieurs jours à une température de 200°, éprouve des modifications successives et donne naissance à des corps entièrement comparables à ceux que l’on trouve dans les lignites : les premiers sont solubles dans les alcalis et correspondent au lignite xyloïde ; les seconds sont insolubles dans les alcalis, mais se dissolvent entièrement dans les hypochlorites comme le lignite compacte.
- « Tels sont les faits nouveaux que je voulais soumettre à l’Académie : ils ont pour but, comme on le voit, de faire intervenir les caractères chimiques dans l’étude des combustibles minéraux et me paraissent conduire aux conséquence suivantes :
- « 1° En traitant les combustibles minéraux par les réactifs que j’ai indiqués, on reconnaît qu’avec l’âge les caractères chimiques des tissus s’effacent peu à peu et la matière organique se rapproche d’autant plus du graphite qu’elle est prise dans des terrains plus anciens : j’établis cependant ici une exception pour les terrains qui ont été modifiés sous l’influence du métamorphisme. Mes recherches s’accordent donc complètement avec les travaux de notre confrère M. Régnault, qui était déjà arrivé à la conséquence que je viens d’énoncer dans ses importantes recherches analytiques sur les combustibles minéraux.
- « 2° Le premier degré d’altération du tissu ligneux, qui est représenté par la tourbe, est caractérisé par la présence de l’acide ulmique, et aussi par les fibres ligneuses ou les cellules des rayons médullaires que l’on peut purifier et extraire en quantité très-notable au moyen de l’acide azotique ou des hypochlorites.
- « 3° Le second degré de modification correspond au bois fossile, au lignite xyloïde : il est en partie soluble dans les alcalis comme le corps précédent ; mais son altération est plus profonde, car il se dissout presque entièrement dans l’acide azotique et dans les hypochlorites.
- « 4° Le troisième état d’altération est représenté par le lignite compacte ou par-
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- fait : les réactifs manifestent déjà, dans celte substance, un passage de la matière organique à la houille : ainsi les dissolutions alcalines n’agissent pas, en général, sur le lignite parfait; ce combustible est caractérisé par sa solubilité complète dans les hypochlorites et dans l’acide azotique.
- « 5° Le quatrième degré de modification correspond à la houille, qui est insoluble dans les dissolutions alcalines et dans les hypochlorites.
- « 6° Le cinquième état d’altération est l’anthracite, qui se rapproche évidemment du graphite, qui résiste aux réactifs pouvant modifier les combustibles précédents et que l’acide azotique n’attaque qu’avec une extrême lenteur.
- « On voit donc que les réactions chimiques viennent confirmer ici la classification des combustibles minéraux qui est admise par les géologues.
- « Je suis loin de penser cependant que le lignite, la houille et l’anthracite, qui sont caractérisés aujourd’hui par leur composition élémentaire et par leurs réactions chimiques, constituent les seules modifications que les matières organiques ont éprouvées en se changeant en combustibles minéraux. Il doit exister des transformations intermédiaires des tissus organiques, qui correspondent aux différences que l’industrie a signalées depuis longtemps dans les diverses espèces de lignites et de houilles.
- « Mais les réactifs sont-ils assez sensibles pour caractériser ces différentes variétés dans un même combustible minéral, dans les houilles sèches ou grasses, ou bien dans les différents étages d’une même couche de houille? C’est cette question que j’examinerai dans une prochaine communication. » ( Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences. )
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- action de la lumière sur un mélange de perchlorure de fer et d’acide tar-
- TRIQUE : APPLICATIONS A L’iMPRESSION PHOTOGRAPHIQUE ; NOTE DE M. POITEVIN.
- « Depuis longtemps on a observé que les sels de sesquioxyde de fer sont ramenés à l’état de sels de protoxyde par la lumière et en présence de certains composés organiques, tels que l’alcool, l’éther, etc. Ayant eu pour but d’appliquer cette propriété à l’impression photographique, j’ai recherché des substances réductrices non volatiles. Les sels de sesquioxyde d’urane, réduits eux-mêmes par la lumière en présence des corps organiques (le papier, par exemple), réagissent sur les sels de fer au maximum, par le sel de protoxyde d’urane qui se forme d’abord; l’acétate d’ammoniaque, l’al-loxanthine, la glycérine, et surtout l’acide tartrique, m’ont également fourni des réactions très-nettes et utilisables en photographie. Bien que cette réduction soit commune à tous les sels de fer au maximum, et même au peroxyde de fer que j’ai également expérimenté, je me suis arrêté à l’emploi d’un mélange de perchlorure de fer et d’acide tartrique. Je ne parlerai donc ici que de ces deux corps.
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- « La formation partielle du gallate de sesquioxyde de fer sur le papier ou sur d’au-tres surfaces, pour y produire des images photographiques, est basée sur la réduction du perchlorure de fer en protochlorure, qui se forme seulement aux endroits soumis à l’action de la lumière.
- « L’application des poudres de charbon ou d’autres couleurs et corps vitrifiables repose sur une autre propriété que je crois avoir observée le premier, c’est que le perchlorure de fer et l’acide tartrique, dissous dans de certaines proportions et appliqués sur une surface quelconque, desséchés soit artificiellement, soit spontanément dans l’obscurité, donnent une couche unie d’un composé non cristallin et non hy-groscopique, et qui reste tel tant qu’il est conservé à l’abri de la lumière, mais qui devient déliquescent au soleil ou à la lumière diffuse. J’ai constaté dans les parties influencées par la lumière la présence du protocblorure de fer, qui est déliquescent, et celle d’un corps à réaction acide et très-avide d’eau, qui a dû se former par la réaction du chlore sur l’acide tartrique; c’est surtout ce dernier produit qui joue le plus grand rôle dans l’application des poudres sèches sur les surfaces photogéniques que j’emploie, car il ne s’en forme pas assez pour happer les poudres, lorsque je diminue la dose d’acide tartrique. Voici mes moyens d’opérer :
- « 1° Pour l’impression au gallate de fer (encre ordinaire), je fais une dissolution contenant 10 grammes de perchlorure de fer pour 100 grammes d’eau; j’y ajoute 3 grammes d’acide tartrique, je la filtre et la conserve à l’abri de la lumière. Pour préparer le papier, je verse ce mélange dans une cuvette, et j’applique successivement à sa surface chaque feuille, en observant qu’il ne reste pas de bulles d’air interposées; je la retire aussitôt et la suspends pour la laisser sécher dans l’obscurité, ou bien, après égouttage, je la sèche au feu. Le papier.ainsi préparé peut se conserver longtemps; il est d’une couleur jaune foncé. Pour l’impressionner, on le met dans la presse sous un cliché photographique direct ou sous le dessin à reproduire, on le laisse exposé à la lumière traversant les blancs de l’écran, jusqu’à ce que la couleur jaune ait disparu, et qu’une image en jaune foncé se détache sur le fond blanc du papier. Pour transformer ce dessin en noir d’encre, je plonge rapidement la feuille impressionnée dans de l’eau distillée, puis dans une dissolution saturée d’acide gallique, ou dans une infusion de noix de galle, ou bien d’un mélange d’acides gallique et pyrogallique, selon le ton noir que je désire obtenir. Dans l’un ou l’autre cas, l’acide organique forme de l’encre, seulement sur les parties où le perchlorure de fer n’a pas été décomposé, et il est sans action sur le protochlorure qui recouvre les autres où la lumière a agi. On a donc ainsi une impression directe. Pour fixer cette image, il suffit de la laver à l’eau distillée ou à l’eau de pluie.
- « 2° Impression au charbon et aux couleurs en poudre, vitraux photographiques, peinture sur porcelaine et sur émail, etc.
- « En pratiquant le mode d’impression précédent, j’ai remarqué que le papier impressionné était devenu très-perméable à l’eau dans les parties insolées. J’ai utilisé cette propriété pour y former des images avec des poudres quelconques ; il m’a suffi, pour cela, de mouiller avec de l’eau gommée le revers de la feuille : cette eau traverse
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- le papier et retient les couleurs en poudre que l’on applique avec un pinceau. Plus tard, en remplaçant le papier par des surfaces de verre dépoli, en les recouvrant du mélange précité et les séchant, je remarquai qu’après leur exposition à la lumière à travers un négatif les parties influencées se recouvraient spontanément d’humidité, et que la préparation, de sèche, était devenue déliquescente dans ces parties seulement ; ce fait m’a conduit au nouveau mode d’impression que je vais décrire.
- « Je fais deux dissolutions, l’une contenant 16 grammes de perchlorure de fer pour 100 grammes d’eau, l’autre 8 grammes d’acide tartrique pour 100 grammes d’eau; des volumes égaux de ces deux liquides sont mélangés au fur et à mesure de l’emploi. Sur des surfaces de verre dépoli et douci, et parfaitement nettoyées, ou bien sur des surfaces de glace polie, mais préalablement recouvertes de collodion ou autre subjec-tile, je verse le mélange précité, je l’étends et fais égoutter l’excès; je laisse ensuite sécher spontanément dans l’obscurité ces plaques de verre posées soit sur champ, soit horizontalement, ou les fais sécher au feu, selon l’épaisseur de la couche de préparation que je désire obtenir. La plaque, séchée, peut être conservée très-longtemps avant de l’employer. L’impression se fait à travers un négatif du dessin; elle peut être de cinq à dix minutes au soleil : ce temps varie d’ailleurs selon la saison et l’intensité du négatif. Au sortir de la presse, le dessin est peu visible sur la plaque, mais il le devient bientôt par la buée d’humidité qui se forme seulement sur les parties impressionnées. Celte couche humide me permet de faire adhérer des poudres quelconques partout où elle existe, et le dessin apparaît graduellement sous un pinceau chargé des couleurs sèches. L’épreuve peut être conservée ainsi : elle est inaltérable, mais il vaut mieux enlever à l’alcool acidulé, puisa l’eau, les parties de la préparation non modifiées par la lumière (elles sont peu solubles dans l’eau pure); sécher ensuite la plaque et vernir le dessin. On obtient ainsi un transparent. Si l’on veut obtenir une peinture sur verre, on emploie, pour le poudrage, des oxydes minéraux ou des émaux en poudre, et l’on soumet les plaques de verre dans un moufle à une température suffisante pour liquéfier le fondant ou l’émail; on opère de même sur des surfaces de porcelaine ou émaillées.
- « Lorsqu’il ne s’agit que d’obtenir une épreuve sur papier, j’emploie des poudres de charbon ou autres couleurs insolubles dans l’eau, je verse sur la surface portant le dessin une couche de collodion normal, je lave à l’eau acidulée pour enlever l’excès de préparation et détruire l’adhérence du collodion à la plaque, et j’enlève cette couche au moyen de papier gélatiné; il ne reste aucune trace du dessin sur la surface du verre. Je gomme ou vernis l’image pour la solidifier, et je colle l’épreuve sur carton.
- « J’ai également observé que cette préparation au perchlorure de fer et à l’acide tartrique avait la propriété de retenir les corps gras seulement sur les parties qui ne reçoivent pas l’action de la lumière, et j’en ai fait un nouveau moyen d’impression photographique à l’encre grasse et de gravure chimique. » (Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences.)
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- SÉRICICULTURE.
- NOTE SUR L’OBSERVATION MICROSCOPIQUE DES GRAINES DE VERS A SOIE AVANT ET PENDANT L’INCUBATION, PAR MM. LALLEMAND ET SIRODOT.
- « Le professeur Cornalia, de Milan, a publié tout récemment un aperçu sur la maladie des vers à soie, dans lequel il indique un moyen pratique de décider à l’avance si les graines doivent donner naissance à des vers sains ou malades. Ce procédé consiste essentiellement dans l’observation microscopique des graines après une incubation plus ou moins prolongée, ou même des jeunes vers après l’éclosion. Cette méthode préventive a vivement excité l’intérêt des éducateurs du Midi, qui, forcés de s’approvisionner de graines provenant des pays non infectés par l’épidémie, n’ont aucun moyen de contrôler leur origine, et sont souvent victimes de fraudes commerciales. Ce procédé d’investigation exigeant un fort grossissement et, par suite, une certaine habitude du microscope, quelques éducateurs du Midi nous ont envoyé des échantillons de graines de diverses provenances, avec prière de vérifier les assertions de M. Cornalia.
- « Cette étude nous a conduits à des résultats assez nets pour qu’il nous ait paru utile de les publier, et nous demandons à l’Académie la permission de les lui exposer.
- « D’après les indications du micrographe italien, il suffit d’écraser quelques graines incubées entre deux lames de verre et au sein d’une goutte d’eau ; d’observer ensuite, à un grossissement de 500 à 600 diamètres, la pulpe grisâtre qui s’en échappe : an milieu de gouttelettes ou globules arrondis qui couvrent le champ du microscope, on . constate la présence ou l’absence de corpuscules elliptiques d’apparence celluleuse, que M. Cornalia appelle corpuscules oscillants y probablement parce qu’ils sont doués du mouvement Brownien, commun du reste à toutes les particules très-ténues en suspension dans un liquide. La présence de ces particules ovoïdes serait l’indice de graines déjà infectées et devant donner naissance à des vers malades. Dans fè cas contraire, les graines produiraient des vers sains.
- « Les expériences nombreuses que nous avons faites pendant le mois de janvier nous ont montré que ces corpuscules allongés ont une densité supérieure à celle de toutes les autres matières en suspension dans l’eau, et résident toujours dans la couche inférieure; c’est là seulement qu’on les observe. On les rechercherait vainement dans les couches moyenne et supérieure. Il arrive souvent que les granulations arrondies échappées des cellules organiques sont tellement abondantes, qu’elles masquent la présence des corpuscules ovales. Il est alors avantageux d’introduire entre les deux lames de verre une goutte d’acide acétique concentré qui dissout la plus grande partie des matières en suspension, sans altérer d’une manière appréciable ces particules ovalaires qui apparaissent alors avec une grande netteté.
- a Dans une première série d’expériences, nous avons opéré sur des graines prove-Tome VIII. — 60e année. 2a série. — Mars 1861. 23
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- nant de Bonnieux ( département de Vaucluse ), d’Odmich ( Anatolie), d’Argalas et de Bodémio (Turquie d’Europe), après une incubation de douze jours à la température du corps humain. Nous avons reconnu que la graine de Bonnieux, où l’épidémie sévit depuis longtemps avec intensité, renfermait un nombre considérable de ces corpuscules elliptiques qui nous ont d’autant plus frappés, que l’un de nous avait décrit et figuré (1) des corpuscules tout à fait identiques dans les cellules des taches de la peau des vers à soie malades. Cette circonstance tendrait à prouver que la maladie, indépendamment des influences locales, se transmettrait aussi par les germes. Ces corpuscules ont une forme elliptique un peu allongée; quelques-uns sont cylindriques dans leur partie moyenne : une observation minutieuse fait reconnaître dans leur intérieur un contenu faiblement granulé, les granules apparaissant sous l’aspect de petites taches plus claires ou plus foncées suivant leur position par rapport à l’objectif. Leur diamètre est compris entre et de millimètre, leur longueur est environ double du diamètre.
- « Les graines d’Argalas et d’Odmich nous ont quelquefois offert des corpuscules analogues, mais ils étaient toujours très-rares. Les graines de Bodémio en ont toujours été complètement exemptes.
- « Ces observations ont été répétées tous les jours jusqu’à l’éclosion des œufs, et ont confirmé les premiers résultats.
- « Dans une seconde série d’expériences, nous avons étudié les mêmes graines avant l’incubation. L’intervention de l’acide acétique devient ici nécessaire pour isoler et reconnaître ensuite les corpuscules toujours abondants dans les graines indigènes, moins nombreux toutefois qu’après l’incubation. Il nous a été impossible d’en voir dans les graines d’Argalas, Odmich et Bodémio.
- « Une troisième série d’observations microscopiques a porté sur de nombreux échantillons de graines incubées pendant vingt-cinq jours à une température de 25° centigrades par les soins de quelques éducateurs du Midi. Quelques vers étaient déjà sortis de la coque. Les divers échantillons provenant du département de Vaucluse ont tous présenté un nombre considérable de corpuscules ovoïdes; le champ du microscope en était couvert. Parmi les échantillons de la Turquie d’Europe ou d’Asie , quelques-uns nous en ont offert, et notamment ceux d’Idia et du mont Taurus.
- « Mais ici l’inégalité des résultats obtenus dans les diverses épreuves auxquelles un même échantillon a été soumis nous a conduits à opérer sur un petit nombre de graines choisies. Nous avons alors reconnu que les graines d’un aspect gris-bleuâtre étaient, en général, exemptes de corpuscules, tandis qu’ils étaient plus nombreux dans les graines d’une teinte verdâtre et d’apparence huileuse.
- « Sans rien préjuger sur la nature de la maladie et celle de ces corpuscules, nous avons cherché à nous rendre compte de leur distribution dans l’œuf. Nous sommes parvenus à les distinguer parmi les granulations que renferment les cellules des
- (D Recherches sur les sécrétions chez les insectes ( Annales des sciences naturelles, 4e série,
- t. X, pl. 20 ).
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- graines près d’éclore. Ils se distinguent du noyau des cellules par leur forme et leurs dimensions.
- « En opérant, comme nous l’avons fait, avec un excellent instrument d’Oberhauser, il est impossible de ne pas être frappé des différences bien tranchées que présentent les graines d’origines diverses. Tandis que les graines originaires des pays ravagés par la maladie renferment les corpuscules décrits en nombre surprenant, ils sont très-rares ou font complètement défaut dans les graines exotiques provenant des contrées que le fléau a jusqu’ici respectées. Les résultats obtenus par quelques éducateurs du département de Vaucluse, dans la campagne prochaine nous permettront d’apprécier la portée de ces indications micrographiques, et l’intérêt qu’il convient d’y attacher. Il serait à désirer que les éducateurs des départements séricicoles de la France eussent recours au microscope pour constater l’état de leur graine. Les résultats obtenus dans leurs éducations partielles permettraient de contrôler sur une plus grande échelle la valeur de ce procédé préventif. » ( Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences. )
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- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Action destructive du minium sur les carènes des navires en fer.
- ( Lettre de M. Jouvin à M. Dumas. )
- u L’emploi des enduits au minium pour conserver les objets en fer a pris aujourd’hui dans la marine un développement très-considérable. Borné durant assez longtemps à ceux de ces objets qui étaient plongés dans l’atmosphère, aux œuvres mortes, cet emploi a été peu à peu étendu à ceux qui appartiennent aux œuvres vives, c’est-à-dire qui doivent être immergés dans l’eau. C’est ainsi, par exemple, que l’on a-peint au minium les bâtis en fer des roues de nos bateaux à vapeur, puis, avec le progrès des constructions navales en fer, le minium, gagnant toujours, a fini par s’étaler sur toute la carène de ces dernières, tantôt seul, tantôt associé au bioxyde de mercure, au sulfate mercurique, etc. Les composés mercuriels avaient pour but, en raison de leurs propriétés vénéneuses, d’empêcher les plantes marines et les mollusques de s’attacher à la carène; le minium, pensait-on, préservait le fer dans toutes les circonstances où on l’appliquait.
- « îi y a un an environ, j’ai lu dans un journal anglais que le minium détériorait les carènes en fer. Ce fait, annoncé par M. Mercer (1), n’avait point fixé mon attention et je l’avais complètement perdu de vue lorsque, ces jours derniers, il m’est revenu en mémoire, à l’occasion de l’entrée, dans un de nos bassins, de radoub du magnifique paquebot en fer la Guienne, venu à Rochefort précisément pour repeindre sa
- fl) Voir Bulletin de 1859, 2e série, t. VI, p. 518.
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- carène, enduite au minium un an auparavant. Depuis qu’il est armé, ce paquebot, qui appartient à la ligne du Brésil, n’a fait que trois voyages. Or voici l’état exact de sa carène, au moment où, mise à sec dans notre bassin, elle allait être livrée à la gratte des ouvriers :
- « La partie constamment immergée est presque en totalité recouverte de pustules de fer hydroxydé, disposées en lignes presque parallèles discontinues et offrant une saillie moyenne de 1/2 à 1 millimètre dans leur portion la plus mince et de 5 millimètres à 1 centimètre dans les points les plus volumineux. Chaque pustule ou concrétion est ainsi en forme de massue ou de larme, dont l’extrémité renflée se dirige invariablement vers l’arrière du navire, c’est-à-dire dans le sens du mouvement. Partout où ces oxydations existent, l’enduit a complètement disparu. Cà et là se voient encore quelques plaques de cet enduit, mais boursouflées pour la plupart et rappelant, par leur aspect, ces cloques qui se développent sur les peintures exposées au soleil et qui ont été vernies avant d’être parfaitement sèches. Si l’on perce ces sortes d’ampoules, tantôt elles ne contiennent que de l’air (?), tantôt elles laissent suinter un liquide acide, d’une saveur fortement atramentaire indiquant la présence d’un sel de fer en dissolution. Au fond des ampoules apparaît à nu le fer de la carène tout constellé de cristaux brillants de plomb métallique. Chaque ampoule a ainsi donné lieu à autant à'arbres de saturne microscopiques et est devenue une véritable géode de cristaux.
- « La matière des concrétions, soumise à un examen rapide, m’a fourni une proportion notable de chlorure ferreux à réaction très-acide. C’est aussi ce chlorure qui communique au liquide des ampoules la saveur que je signalais à l’instant.
- « Ainsi, l’enduit au minium appliqué, il y a un an , sur la carène de la Guienne a presque complètement disparu sur toutes les parties immergées. Les ampoules que présentent les portions d’enduit encore existantes me semblent indiquer assez clairement le mode selon lequel cet enduit s’est successivement détaché. La réduction du minium par le fer de la carène n’est-elle pas attestée par les milliers de petits cristaux de plomb qui hérissent cette carène et ne prouve-t-elle pas que l’oxyde de plomb, au lieu de préserver celle-ci, a contribué à sa détérioration? Enfin le chlorure ferreux, produit par la décomposition des chlorures de l’eau de mer, ne doit-il pas sa formation à une influence électro-chimique développée, soit primitivement, soit secondairement, sur l’immense surface de la carène enduite et plongée dans l’eau ? Chose digne de remarque, tout l’enduit situé au-dessus de la ligne de flottaison na subi aucune altération.
- « J’ose espérer, Monsieur, que cette observation vous offrira quelque intérêt et que, en ce cas, vous voudrez bien la communiquer à l’Académie des sciences. Je m’occupe d’analyser la matière des concrétions 5 sitôt que cette analyse sera terminée, j’aurai l’honneur de vous en faire connaître le résultat, si vous le permettez. Dès ce moment, il me paraît hors de doute qu’il faille abandonner absolument l’usage des préparations de plomb pour enduire les carènes en fer destinées à être immergées dans la mer. » ( Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences. )
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- Établissement, à Londres, d'un service urbain de télégraphie électrique.
- Il y a environ deux ans, une compagnie s’est formée pour sillonner Londres et ses faubourgs de fils télégraphiques. L’idée de l’affaire était basée sur cette conclusion raisonnable, qu’avec l’immense population comprise dans un rayon de 10 à 12 milles, à partir de Charing-Cross, il serait possible, en adoptant des tarifs modérés, de réaliser des bénéfices dans une entreprise très-avantageuse aux commerçants et presque nécessaire au public en général.
- De temps en temps, l’ouvrage s’avançant, des fils furent posés sur le sommet des principaux édifices, des postes furent établis dans divers quartiers, et la nouveauté de l’entreprise a fait prendre intérêt à son succès probable. Aujourd’hui plus de cinquante stations télégraphiques sont ouvertes au public dans Londres et dans les faubourgs, et, dernièrement, la compagnie a ouvert sa station centrale de Cannon-Street.
- Par un système analogue à celui de l’administration des postes, toutes les dépêches sont transmises à ce bureau central, qui les transmet à son tour à leurs diverses destinations. La compagnie reçoit également des dépêches pour les provinces et pour le continent à ses diverses stations, en sorte que toutes les parties de Londres vont être, dans peu de temps, en communication télégraphique avec toutes les lignes télégraphiques de l’Europe.
- Les dépêches des provinces ou du continent peuvent être transmises à leur destination par les fils de la compagnie, et de la sorte en éviter la transmission par les piétons, qui fait toujours perdre beaucoup de temps. L’intention de la compagnie est d’employer surtout des femmes; elle en occupe aujourd’hui cent cinquante dans ses divers bureaux.
- L’expérience ayant réussi, plusieurs autres compagnies emploient également des femmes ; c’est donc une nouvelle et fructueuse carrière ouverte aux femmes instruites et intelligentes. Le nombre de demandes d’emploi est incroyable, et le nom et l’adresse de tous les postulants éligibles sont inscrits sur un registre spécial auquel on se reporte dès qu’il arrive une vacance.
- La compagnie établit aussi des fils particuliers, et beaucoup de maisons qui expédient une grande partie de leurs affaires au moyen du télégraphe ont des fils pour leur usage, partant de chez elles et rejoignant la station principale, en sorte qu’elles pourront télégraphier leurs dépêches de leur bureau à destination. ( Annales télégraphiques. )
- Nouvelles expériences d'éclairage électrique.
- On vient de faire des essais sérieux d’éclairage électrique sur la place du Carrousel. Deux lampes électriques de M. Serrin ont été placées d’abord sur la plate-forme de l’arc de triomphe, puis au-dessus de deux colonnes de la grille qui ferme la cour des Tuileries. L’électricité était développée par deux machines magnéto-électriques de la compagnie Y Alliance, mises en mouvement par une locomobile de la force de 4 che-
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- •vaux. Ces deux machines, munies chacune de 96 bobines et d’autant de faisceaux aimantés, étaient placées à 300 mètres environ des lampes auxquelles elles communi-•quaient par de gros fils de cuivre. L’intensité de la lumière était très-sensiblement uniforme, et l’on peut regarder les expériences comme très-satisfaisantes. (Ibid. )
- Teinture de la soie en rouge murexide.
- Pour teindre la soie en rouge au moyen de la murexide, on commence d’abord par passer l’étoffe dans une eau acidulée; l’acide sulfurique, l’acide acétique et l’acide iartrique sont les plus employés. Il ne faut pas que l’eau marque plus de 3 à 4 degrés à l’aréomètre. L’usage le plus habituel chez le teinturier praticien, c’est de goûter la liqueur. Lorsque l’acidité est caractéristique, on plonge la soie dans le bain et on y abandonne l’étoffe pendant une petite heure; à la sortie de ce bain, on la plonge dans l’eau contenant en dissolution de la murexide. Ordinairement on opère à froid ou à une température de 12 à 15°. On abandonne ensuite la soie à elle-même pendant quelques heures, avant de la plonger dans de l’eau contenant quelques gouttes d’une dissolution de bichlorure de mercure. Cette liqueur est nécessaire pour changer la couleur de la murexide en rouge cramoisi. On lave ensuite à grande eau.
- Quoique cette teinture soit très-belle, elle n’a plus autant d’importance depuis la découverte du rouge d’aniline. En impression on en fait encore usage, mais en teinture on s’en sert peu à cause des dangers que présente toujours le sel de mercure et à cause de sa fugacité. ( Le Teinturier universel. )
- Industrie des écorces à tan aux Etats-Unis.
- On se sert principalement, aux États-Unis , de quatre espèces d’écorces de chêne. La première est le chêne d'Espagne qui croit au Maryland, dans le Delaware, la Virginie et dans tous les États au sud du 41e degré nord. C’est aussi l’espèce la plus abondante dans les États de l’Atlantique; en Géorgie et dans les Carolines, on la connaît sous le nom de chêne rouge. Son écorce, qui est épaisse, noire et à profondes rainures, est préférée pour les cuirs grossiers qu’elle rend plus souples et d’une couleur meilleure. Dans les États du sud, le chêne espagnol atteint une hauteur de 24m,30 ; le tronc a un diamètre de lm,215 à lm,520, tandis que dans quelques-uns des États du nord il a 9m,12 de hauteur et 0m,126 à 0m,152 de diamètre. Le chêne rouge commun est très-abondant au Canada et dans le sud de l’État de New-York, dans le New-Jersey, en Pennsylvanie et le long de la chaîne des Àlleghany. Son écorce est d’un emploi général, quoique d’une qualité inférieure à divers égards. Cet arbre atteint 21m,28 à 24m,30 et a 0m,910 à lm,215 de diamètre.
- Le chêne dit rock chestnut se rencontre rarement dans les États-Unis , mais il abonde dans les districts élevés ; sa surface est inégale et rugueuse ; il compose les 9/10 des arbres des Alleghany. De là le nom de rock oak, sous lequel on le désigne sur les bords de l’Hudson et du lac Champlain; en Pennsylvanie, au Maryland et en
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- Virginie, on l’appelle chestnut oak. Son écorce est épaisse, dure et a de profondes rainures; elle diffère des autres écorces en ce que l’épiderme contient beaucoup de tanin, qui, dans les autres espèces, se trouve principalement sous les couches de dessous. En Pennsylvanie et à New-York on n’emploie que l’écorce des petites branches et celle des jeunes arbres pour la tannerie.
- Le quercitron ou chêne noir croît sous la latitude du 43e nord et sur les parties élevées de la Géorgie et des Carolines. Sn écorce, peu serrée, est amère, profondément sillonnée et d’une couleur brune ou noire très-prononcée. Elle donne une couleur jaune au liquide vaseux, et le cuir pour chaussure, tanné de cette façon, laisse parfois une teinte jaune à laquelle on peut remédier au moyen d’agents chimiques peu coûteux. Le quercitron en écorce est abondant, riche en tanin et d’un usage commun. L’arbre atteint souvent 27m,360, et son diamètre est de lm,216 à lm,520.
- On trouve encore d’autres espèces moins connues : le chêne blanc, par exemple, qui croît en Floride et au sud du 46® degré nord. Son écorce est préférée pour le cuir de sellerie et autres industries analogues. Le chêne écarlate existe aussi loin que le 43e degré de latitude nord; son écorce est très-serrée. Le chêne gris existe dans le Maine, le New-Hampshire et le Vermont. Le chêne vert ne se rencontre qu’à 20 milles dans l’intérieur; son écorce est dure, noire, serrée et pleine de tanin.
- La majeure partie des cuirs des États-Unis sont tannés avec l’écorce de l’arbre dit hemlock tree, qui est inconnu dans l’ancien continent. Le chêne commun anglais existe partout en Europe et sert principalement à la tannerie. Au printemps, lorsque la sève circule activement, on trouve que l’écorce contient un tiers de plus de tanin qu’en automne; le moment préférable pour écorcer varie, suivant la latitude, de la fin d’avril au commencement de juillet.
- Les saisons humides et les localités trop arrosées rendent l’écorce d’une qualité inférieure et diminuent la force du tanin. L’écorce des chênes du sud existant dans les localités élevées est plus riche en tanin que celle qu’on rencontre dans les terrains bas et mal desséchés, marécageux, et dans les endroits ombragés. Dans le hemlock bark, la couche intérieure contient environ 8 pour 100 de tanin, celle du milieu environ 5 pour 100, et l’extérieur 3 1/2 pour 100.
- Les relevés officiels du trésor n’indiquent pas le mouvement commercial des écorces, ce produit y étant confondu sous la rubrique générale Bois de teinture. ( Hunt’s Mer chant’ s Magazine. )
- Découverte de minerais argentifères en Californie.
- On a constaté, dans le courant de 1859, dans la vallée de Washoe, la présence de gisements aurifères et surtout argentifères, dont la richesse et l’étendue semblent destinées à ouvrir de nouveaux aspects à l’avenir de la Californie.
- Le hasard a, comme presque toujours, amené la découverte de ces gisements. Cinq mineurs américains qui abandonnaient les placers et les diggings de la Californie, où ils n’avaient pas prospéré, se mirent, après avoir péniblement traversé les montagnes
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- Rocheuses, à la recherche de l’or dans la vallée de Washoe. Ces hommes, absorbés dans leur recherche du précieux métal, avaient rejeté dédaigneusement certains minerais qu’avaient amenés leurs pioches, et dans lesquels ils ne voyaient que des pierres d’une teinte bleuâtre, offrant d’ailleurs à leurs grossiers moyens de trituration une résistance qu’ils ne pouvaient vaincre.
- Or ces prétendues pierres, ayant été examinées par un ingénieur qui, lui aussi, accomplissait en ces lieux une tournée d’inspection, firent apercevoir à son œil exercé des traces d’une précieuse agrégation d’or, d'argent, de plomb et de cuivre. Cet ingénieur en fit immédiatement faire l’essai, et cette épreuve, quoique imparfaite, permit d’espérer du minerai expérimenté un rendement de 3,000 dollars (1) ( 16,000 fr. ) environ par tonne. On ne s’en tint pas là : des recherches plus sérieuses firent reconnaître, dans la même veine, trois filons suivant une ligne presque parallèle, dont deux contenaient plus d’argent que d’or, et le troisième plus d’or que d’argent.
- Ces précieuses mines, si riches en or, mais surtout en argent, se trouvent à 10 milles (un peu plus de 18 kilomètres ) de la vallée de Washoe proprement dite, sur le territoire de Carson, à 8 milles de la rivière de ce nom.
- A Virginia City ou Silver City ( ainsi que la localité est diversement désignée ) ont été ouvertes des mines qui ont donné, sur un espace de quelques centaines de mètres seulement, un rendement presque fabuleux d’argent et, par endroits, même d’or.
- Un essai fait à San-Francisco sur du minerai provenant de celte localité a donné 2,939 dollars d’or et 2,837 dollars d’argent par tonne, tandis que la même quantité de sable noir provenant d’un digging adjacent a donné 3,000 dollars d’argent et seulement 300 d’or. ( Annales du commerce extérieur. )
- Fourneau pour le chauffage, la trempe et le recuit des ressorts d’horlogerie, des lames de scie et des autres bandes analogues en acier, par M. Chesterman.
- L’auteur construit un fourneau muni de plaques en métal ou en fer percées d’ouvertures par lesquelles on fait passer la lame d’acier que l’on veut chauffer. Cette lame traverse ainsi le fourneau, puis passe entre des plaques froides ou dans un liquide dont le contact la trempe ; elle revient enfin sur la voûte du fourneau, où elle se recuit.
- Ce fourneau est traversé par un ou par plusieurs tuyaux abrités par une doublure en briques réfractaires, et ouverts dans le parement des deux murs extérieurs. La flamme entoure ces tuyaux ainsi que leur revêtement en briques, et se rend ensuite dans la cheminée, à l’entrée de laquelle elle chauffe une boîte dont nous aurons bientôt à parler.
- Chacune des bandes d’acier se déroule de dessus un tambour, et passe dans un des tuyaux horizontaux qui traversent le fourneau. Après s’y être échauffée, elle se rend entre les plaques froides, puis entre deux cylindres formant une espèce de laminoir
- (1) 1 dollar = 5 fr. 35 c.
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- et contenus dans une auge pleine d’huile dont ils sont baignés. Elle passe ensuite autour d’un cylindre et revient sur la voûte du fourneau, où elle traverse la boîte que nous avons indiquée et qui est chauffée par la chaleur perdue de la cheminée. Elle s’y recuit et de là va s’enrouler sur un tambour. Dans certains cas, on la conduit directement dans de l’huile, au lieu de la faire passer entre les plaques froides. Alors les deux cylindres et l’auge à l’huile dont nous avons parlé peuvent être supprimés.
- (11 est évident que la chaleur et le refroidissement doivent être dirigés de telle sorte que la lame ne soit pas trop dure, et ne se brise pas lorsqu’on l’enroule autour du cylindre pour la conduire dans la boîte placée à la naissance de la cheminée et lui donner le recuit.) (Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Notice sur le chemin de fer souterrain de communication à Londres, par M. le docteur Schwarz.
- La construction d’un chemin de fer destiné à relier les gares des principaux railways, à Londres, a exigé de si longs préparatifs, que pendant longtemps on a douté de l’exécution de cette intéressante entreprise. On a donc appris avec satisfaction qu’elle est enfin commencée, que les travaux sont pleinement en cours d’exécution, et qu’ils tendent à relier la Cité, centre des affaires, avec les têtes de ligne des nombreux chemins de fer qui partent de Londres.
- La méthode américaine qui consiste à disposer les rails dans les rues ordinaires a été jugée impraticable. II n’a pas paru possible non plus d’élever le chemin sur des viaducs qui auraient obstrué les rues étroites de la Cité , et les auraient privées d’air et de lumière. On ne pouvait donc penser qu’à l’établir dans des tunnels souterrains, et ce projet présentait encore l’avantage d’économiser en grande partie les frais d’achat de l’emplacement de la voie ferrée, frais qui, pour les terrains de la Cité, se seraient élevés à des sommes incalculables. Il n’interrompt pas d’ailleurs sensiblement la circulation.
- La construction des tunnels est fort simple. De distance en distance, on creuse la terre à la profondeur nécessaire, on exécute un plafond en arc renversé, on place dessus les rails, formant tantôt deux, tantôt trois voies, et enfin on construit les pieds-droits et la voûte. On comble alors la tranchée , on aplanit le sol et on le pave. Des regards et des becs de gaz, distribués de distance en distance, fournissent l’air et la lumière nécessaires. On arrive, par des escaliers et des perrons bien ventilés et bien éclairés, aux nombreuses stations souterraines qui se trouvent surtout aux embranchements.
- Les déblais sont emportés sur les rails, posés à mesure que le travail avance.
- Pendant le service, on ne fera partir que de petits convois, retirés dans des gares d’évitement, ménagées près des stations. Pour prévenir les collisions, les stations sont mises en relation par des fils télégraphiques, qui permettent de régler le départ et l’arrivée de chaque train, de telle sorte qu’entre deux convois il se trouve tou-Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Mars 1861. 24
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- jours un intervalle égal à la distance de deux stations. On aura soin, d’ailleurs, de ne marcher qu’à petite vitesse, et de réserver pour la nuit la plupart des trains de marchandises.
- Pour éviter l’incommodité fort grande que la fumée pourrait produire dans ces tunnels, on ne chauffera pas les locomotives pendant le parcours, et on les alimentera d’eau puisée dans des chaudières fixes, établies aux stations extrêmes. Cette eau et sa vapeur seront assez chaudes pour que la tension, à cause de la grandeur des chaudières des locomotives, reste suffisante pendant un parcours double de celui que la locomotive devra exécuter. {Breslauer Gewerbeblatt et Dinglcr's Polytschnisches Journal.)
- Sur un enduit propre à préserver les objets de fer et d'acier, par M. le professeur
- Vogel jeune.
- On sait que les instruments en fer ou en acier, employés dans les ateliers de mécanique et dans les laboratoires de chimie même bien ventilés, se rouillent avec rapidité. Pour s’y opposer, on a coutume de les enduire d’huile d’olive, au lieu d’y appliquer un léger vernis de laque, comme on le fait pour les instruments en laiton. Cet emploi de l’huile est désagréable, et d’ailleurs l’usage enlève continuellement la couche onctueuse que l’on est obligé de renouveler souvent. On peut employer avec beaucoup plus d’avantage la cire blanche dissoute dans la benzine du commerce. A la température ordinaire, 15 parties de benzine dissolvent 1 partie de cette cire; mais il suffit de chauffer modérément pour que la benzine en prenne la moitié de son poids. L’auteur a précédemment employé cette composition à préparer très-simplement du papier ciré.
- La solution faite à froid doit être appliquée bien uniformément sur l’instrument avec une plume ou un pinceau. Après l’évaporation fort rapide de la benzine, il reste sur la surface une couche de cire très-mince, très-égale et très-adhérente qui la préserve parfaitement de la rouille, comme l’auteur s’en est assuré par une longue expérience. Des pièces d’acier ainsi préparées ont même été exposées tout exprès à l’action des vapeurs acides, et n’ont pas laissé apercevoir la moindre trace d’oxydation.
- Cet enduit de cire a d’ailleurs, sur les vernis ordinaires, l’avantage d’être flexible, de ne pas s’écailler et de ne pas nuire, comme l’huile, à l’application immédiate des instruments sur le papier que la couche de cire ne salit pas. ( Dingler's Polytechnis-chçs Journal.)
- Expérience sur la lumière électrique obtenue par l'emploi du mercure, par M. le professeur Way.
- Le Times a rendu compte des expériences faites par M. le professeur Way sur un nouveau moyen d’obtenir une lumière électrique plus brillante encore que par les m&bodes déjà connues, et qui, pour l’éclat et la blancheur, ne peut être comparée qu’à celle du soleil.
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- Ces expériences ont eti fieu à bord d’un yacht qui est parti de Portsmouth le soir, et qui s’est dirigé d’abord sur Cowes, puis sur Osborne, dans file de Wight. L’appareil, suspendu au mât de l’avant, jetait des rayons si purs et si vifs, que les lanternes de la ville et des nombreux navires du port paraissaient être des taches rouges sur un fond noir.
- La lumière était si intense, que l’œil nu ne pouvait la supporter. Lorsqu’on la regardait à travers un verre coloré, elle paraissait avoir environ le diamètre d’une pièce de 50 centimes.
- Celte lumière est produite par l’action d’un courant voltaïque sur un filet mince de raercüf’e qui circule dans l’appareil. Le mercure est contenu dans un ballon en verre, de la grosseur d’une orange, et coule par une petite ouverture dont le diamètre peut être comparé â celui de la pointe d’une aiguille très-fine. Le filet de mercure tombe dans une petite capsule disposée ali-dessous, et de là dans un réservoir d’où il retourne dans le ballon1 dont nous avons parlé. La lumière se produit dès que le courant est fermé et disparaît instantanément lorsqu’on le rompt.
- Ce qu’il y a de remarquable, c’ést que, malgré l’énorme quantité de la lumière et de la chaleur développées, on n’observe qu’une vaporisation minime de mercure. (Breslauer Gewerbeblatt et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Sur Voxydation de Valuminium, par M. Wôhler.
- L’indifférence de l’aluminium fondu et compacte pour plusieurs agents chimiques ne s’étend pas, d’après M. Wôhler, aux feuilles très-minces de ce métal. On sait que M. Degousse est parvenu dernièrement à le préparer en feuilles comparables à celles de l’or battu. Dans cet état, l’aluminium brûle rapidement et avec éclat dans la flamme de l’esprit-de-vin, et s’oxyde dans l’eau bouillante en produisant un dégagement d’hydrogène. Ces phénomènes expliquent plusieurs contradictions apparentes dans les observations publiées sur la décomposition de l’eau par l'aluminium. (Annalen der Che-mie and Pharmacie et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- * Fixation de la puissance du cheval-vapeur en Autriche.
- La Gazette de Vienne ( Wiener Zeitung ) a publié dernièrement la décision suivante :
- A cause des inconvénients occasionnésjusqu’à ce jour dans l’industrie des machines, par l’évaluation arbitraire de la force du cheval, il est enjoint provisoirement de prendre pour travail dynamique du cheval-vapeur 430 pfunds de Vienne, élevés à 1 fuss par seconde (ce qui revient environ à 76 kilog. élevés à 1 mètre aussi par seconde). Cette unité de mesure sera désormais prise pour type officiel dans l’appréciation de la puissance des machines et dans lè jugement des contestations. (Dingler's Polytechnisches Journal.)
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- Sur les différences remarquables observées entre les dimensions des médailles frappées ou fondues dans les mêmes matrices, mais avec divers métaux, par M. Dove.
- On sait que M. Baudrimont a fait connaître les différences qui existent entre les fils de divers métaux tirés par les mêmes trous de filières et qui proviennent de ce que ces métaux n’étant pas également élastiques reprennent des diamètres inégaux après avoir subi la compression. Cette expansion est si réelle qu’aucun fil, excepté le fil d’or, ne peut repasser dans le trou qui vient de le former, à moins que l’on n’emploie une certaine puissance. L’argent est le métal qui en exige le moins.
- L’auteur a donc pensé que l’on doit observer quelques phénomènes analogues quand on frappe les médailles; et que, par conséquent, celles qui sortent des mêmes matrices ne doivent pas présenter les mêmes dimensions, lorsqu’elles sont en différents métaux. Les médailles les plus convenables pour reconnaître ces variations sont celles qui portent, près de leur circonférence, des caractères ou des dessins symétriques, par exemple, celles de l’exposition universelle de Paris. M. Dove a placé dans un stéréoscope une de ces médailles en argent et une autre en bronze. Au bout de quelque temps, ces médailles ont donné lieu à une image qui représentait un écusson circulaire, creux, d’une couleur particulière, telle qu’eût été celle de la combinaison des métaux qui les composaient, et sur le fond duquel apparaissait, évidemment, la non-coïncidence des traits qui présentaient une disposition analogue à ceux d’un nonius. L’auteur a vérifié cette expérience en la répétant sur de grandes médailles d’or et d’argent qui lui ont été confiées par la Monnaie de Berlin.
- Il a supposé, en outre, que des médailles coulées laisseraient apercevoir les mêmes variations, et cette hypothèse a été confirmée par des expériences faites sur des médailles d’étain, de bismuth et de plomb, très-bien fondues, par M. le professeur Riss. ( Poggendorff’s Annalen et Dinglers Polytechnisches Journal.)
- Note sur deux moyens et augmenter la puissance lumineuse du gaz d’éclairage, par M. le professeur Rühlmam.
- Pour tous les becs où la flamme, disposée en éventail ou autrement, affecte une surface plane, on a imaginé avec beaucoup de succès, depuis quelque temps, à Osnabrück, d’employer un fil de platine, courbé en anneau et entièrement enveloppé par la flamme. Le fil vient se souder, par ses deux extrémités, à une douille fendue qui enveloppe le tube, sur lequel on la fixe, en vertu de son élasticité, à la hauteur convenable pour que le plan vertical formé par l’anneau de platine soit entièrement compris dans la flamme.
- L’anneau, lorsqu’il est bien placé, acquiert promptement la température rouge et active tellement la combustion, que, dans des expériences faites en sa présence, l’auteur a vu un photomètre de Bunsen accuser pour un bec, par suite de la présence de l’anneau, un accroissement de lumière représentant celle de deux bougies. MM. Prenzler et Dieckmann ne vendent ce petit appareil que 1 fr. 25 c. environ.
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- On attribue aussi à M. l’architecte municipal Richard un autre moyen d’augmenter la puissance d’éclairage des lampes où, comme dans celles d’Argand, on emploie des cheminées cylindriques en verre.
- L’appareil consiste en une feuille de tôle qui forme un couvercle plein et que l’on place à une hauteur convenable au-dessus de l’orifice de la cheminée; il y est maintenu par trois lames élastiques disposées en trépied et serrant par leur ressort la surface extérieure du cylindre.
- Toutefois, bien que cet appareil produise constamment un accroissement de lumière, il a l’inconvénient d’agiter un peu la flamme qui, par moments, s’allonge en prenant un mouvement incommode. ( Mittheilungen des Hannoverschen Gewerbe vereins, et Dingler’s Polytechnisches Journal. ) ( Y. )
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 13 mars 1861.
- M. le baron A. Séguier, l’un des vice-Présidents, occupe le fauteuil. Correspondance. — M. Bineau jeune, quincaillier, à Tours, adresse les dessin et description d’un outil roidisseur des fils métalliques, lequel s’enlève lorsque le fil est tendu. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Paganetti, fumiste, rue Greneta, 4-8, présente une cheminée-calorifère destinée à chauffer plusieurs pièces et pouvant s’adapter dans les cheminées à foyer ordinaire. ( Renvoi au même comité. )
- M. Dutteau , architecte , à Orléans , dépose un album d’architecture contenant les spécimens d’un procédé architectonique pour lequel il a pris un brevet d’invention, procédé qui consiste dans un système de revêtement en placage de pierre naturelle appliqué à l’extérieur des maisons neuves ou vieilles. ( Renvoi au même comité réuni à la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie. )
- M. Jarre, arquebusier, boulevard des Filles-du-Calvaire, 1, sollicite l’examen d’un mécanisme applicable aux armes à feu, et permettant de tirer avec un seul canon un nombre de coups indéterminé. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. J. B. Bellanger, ingénieur des ponts et chaussées, adresse une notice traitant de la théorie de l’engrenage hyperboloïde. ( Voir plus haut, page 157. )
- M. Combes, l’un des secrétaires, appelle l’attention du Conseil sur la fabrication des verres bruts coulés dits verres de toiture, à laquelle se livre la manufacture de Saint-Gobain. Les feuilles de verre sont blanches ou légèrement verdâtres; l’une des faces est lisse et brillante, tandis que l’autre présente des cannelures qui brisent les rayons
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- lumineux et les transforment en lumière diffuse. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- Mme Ve de Favre, rue du Faubourg-Saint-Martin, 78 bis, présente un petit sac à avoine dit musette, offrant à la respiration des chevaux une surface en mailles de filet tressé. (Renvoi au comité d’agriculture. )
- M. Picard ( Barthélemy ), ancien maire, à Nancy, transmet un échantillon de ligneux extrait de la plante du houblon, en indiquant les ressources que ce produit doit, selon lui, fournir à l’industrie et à l’agriculture. (Renvoi au même comité réuni à celui des arts économiques. )
- M. A. Terreil, aide de chimie au muséum, et M. Delacour, fabricant de conserves alimentaires, rue de la Roquette, 140, sollicitent l’examen des haricots verts conservés par leurs procédés avec leur couleur naturelle, sans l’emploi d’aucun sel métallique. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- MM. Michel, Amédée Cheminot et Picard, à Marseille, adressent des échantillons d’un papier à cigarettes fabriqué avec la feuille même du tabac. (Renvoi au même comité. )
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts chimiques, M. A. Chevallier lit un rapport sur le procédé de peinture sans essence de M. Dorange, mis en pratique par MM. Lefebvre,,entrepreneurs, à Paris.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin.
- Au nom du comité des arts économiques, M. le baron Ed. de Silvestre lit un rapport sur une lampe-modérateur de M. Boulanger, modifiée de manière à rendre le nettoyage facile sans l’intervention du lampiste.
- Ce rapport sera inséré au Bulletin.
- Au nom du même comité, M. Molinos donne lecture des deux rapports suivants :
- 1° Rapport sur le ventilateur fumifuge de M. Ch. Venant, à Orléans;
- 2° Rapport sur l’emploi des toiles métalliques pour arrêter la propagation des flammes et sur leur application à certaines industries, par M. le docteur Surmay, à Ham ( Somme).
- Ces deux rapports paraîtront au Bulletin.
- Communications. — M. Christofle, membre du Conseil, entre dans quelques considérations relatives à la marque de fabrique obligatoire et aux heureuses conséquences qui pourraient découler de son adoption générale. ( Renvoi au comité de commerce.)
- M. le baron A. Séguier entretient le Conseil des cultures forcées de lilas blanc et de roses auxquelles se livre M. Laurent aîné, à Paris.
- Pour produire du lilas blanc avec des arbustes donnant des fleurs violettes, M. Laurent met les plants de lilas dans une serre chauffée à 40* et les arrose plusieurs fois par jour. La serre ne reçoit pas de lumière, en sorte que les plants, croissant dans l’obscurité, ne donnent que des fleurs blanches qui arrivent à un extrême développement.
- L’industrie de M. Laurent représente une valeur de 150 à 200,000 francs.
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- Séance du 27 mars 1861.
- M. Dumas, Président, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — MM. Latry et comp., à Paris, rue du Grand-Chantier, 7, appellent l’attention du Conseil sur les produits de leur fabrication de sciure de bois durci. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Saert, modeleur, à Ménilmontant-Paris, rue de Constantine, 10, présente une machine à tourner les bois qu’il appelle tour multiplicateur. (Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Leprovost, rue de Londres, 51, sollicite l’examen de véhicules en fer laminé pour chemins de fer. ( Renvoi au même comité. )
- M. Collet-Lefrancq, filateur de soie, à Amiens, boulevard du Port, soumet à l’appréciation du Conseil des machines peigneuses pour la bourre de soie. ( Renvoi au même comité. )
- M. Lemielle (Théodore), ingénieur civil, à Valenciennes, et M. Hense ( Joseph-Augustin ), dessinateur à l’école des ponts et chaussées, déposent, par l’intermédiaire de M. Hervé Mangon, les dessin et description d’un système de compteur hydraulique fonctionnant à toutes les pressions et à toutes les vitesses. ( Renvoi au même comité. )
- M. Prestat, forgeron, rue des Vertus, 15, à la Chapeile-Saint-Denis, sollicite le bienveillant concours de la Société et lui présente un appareil à brûler la fumée s’appliquant à tous les foyers. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. P. J. Jager, membre de la Société de géographie, à Montmartre, rue Belhomme, /»., présente une table circulaire sur laquelle est peint un phanisphère, et à l’aide de laquelle on peut résoudre les problèmes de géographie. (Renvoi au même comité.)
- MM. Rogier et Mothes, cité Trévise, 20, dont les appareils obturateurs pour cabinets d’aisances ont été l’objet d’un rapport favorable en 1854 (1), adressent une nouvelle cuvette pour eaux ménagères. ( Renvoi au même comité. )
- M. Âutran [Léopold), rue de la Jussienne, 17, sollicite l’examen de ses chandelles perfectionnées, dont la mèche brûle comme celle de la bougie. (Renvoi au même comité. )
- MM. A. Latry et comp., rue du Théâtre, à Grenelle-Paris, appellent l’attention du Conseil sur leur fabrication de cartes et papiers-porcelaine au blanc de zinc. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. le docteur Reveil, professeur agrégé à la faculté de médecine, membre de la Société, signale, dans un mémoire, l’impureté des opiums de Perse. Ces opiums, qui commencent à se répandre dans le commerce, ne peuvent être considérés que comme des produits falsifiés, puisqu’ils contiennent du sucre et de la mie de pain pulvérisés.
- ( Renvoi au même comité. )
- (1) Voir Bulletin de 1854, 2e série, t. I, p. 204.
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- Communications. — M. Huzard, membre du Conseil, pour son collègue M. Jourdier empêché, donne lecture d’une notice sur le peignage et la filature des laines en Russie. (Renvoi à la commission du Bulletin. )
- Au sujet de ce renvoi, M. Alcan fait remarquer qu’il n’y a rien de nouveau dans l’industrie de la Russie que signale M. Jourdier, et, comme tous les procédés dont il est question ne sont que des applications de ceux que la France et l’Angleterre mettent depuis longtemps en pratique, il insiste sur l’importance qu’il doit y avoir, pour le Bulletin, à ne pas les présenter comme choses nouvelles.
- M. Félix Leblanc, membre du comité des arts chimiques, communique un mémoire sur les poudres de guerre, de mine et de chasse adressé par M. Melsens, membre de l’Académie royale de Relgique et membre correspondant de la Société. Ce mémoire a été rédigé à l’occasion du concours ouvert en Belgique par un arrêté royal du 10 décembre 1859 et posant cette question :
- « On demande si le principe de Joule est applicable aux effets de la poudre dans « les bouches à feu; dans la négative ou dans l’affirmative, déterminer les conditions « des mouvements des gaz produits par la déflagration de la poudre dans l’âme des « bouches à feu, et subsidiairement dans d’autres circonstances. »
- M. le Président rappelle , à cette occasion , que MM. Pouillet et Peligot ont entrepris depuis longtemps des recherches du plus haut intérêt sur la combustion des poudres, et il émet le vœu que ces travaux puissent être bientôt publiés.
- Après une discussion à laquelle prennent part plusieurs membres du Conseil, le mémoire de M. Melsens est renvoyé à l’examen des comités réunis des arts mécaniques et chimiques.
- M. Lenoir, ingénieur-mécanicien, membre delà Société, présente et fait fonctionner devant le Conseil son moteur à gaz, sur lequel il donne quelques explications. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. E. Tremblay, ancien officier de marine et d’artillerie de marine, rue Saint-André-des-Arts, 46, donne lecture d’une note sur son système d’appareils de sauvetage pour les naufragés, qui a déjà été l’objet d’un rapport de la Société. ( Renvoi à la commission du Bulletin. )
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mm'î V4 BOUCHARD-aUZARD, RUE DE l/ÉPERON , 5. — 1861.
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- 60e ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. TOME VIII. — AVRIL 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- DÉCISION RELATIVE A LA NOMINATION DE MEMBRES ADJOINTS.
- Conformément à l’arrêté pris le 16 janvier 1855,
- M. le baron Ed. de Sylvestre entendu dans le comité secret du 10 avril 1861 pour le comité des arts économiques,
- Le Conseil, après délibération, a décidé que ce comité était autorisé à présenter une nouvelle liste de candidats pour la nomination de deux membres adjoints.
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Gaultier de Claubry, au nom du comité des arts chimiques, Sur UN SYSTÈME DE SATURATION PAR L’ACIDE CARBONIQUE DES JUS SUCRES
- et des sirops traites par la chaux, présenté par M. Ozouf, rue de Chabrol, 32 et 36.
- Les procédés proposés ou suivis pour le traitement des jus sucrés dans le but d’en extraire le sucre ont beaucoup varié et présentent, chacun dans leur genre, des avantages et des inconvénients qui les rendent plus ou moins utilement applicables.
- Nous n’avons pas ici à en discuter la valeur relative, mais le traitement Tome VIII. — 60e année. 2e série• — Avril 1861. 25
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- ARTS CHIMIQUES.
- par la chaux adopté dans cette industrie, à examiner la question de savoir si le système qui vous est soumis peut satisfaire avec avantage aux conditions qu’exige un bon travail.
- La chaux, après avoir exercé l’action qu’elle est destinée à déterminer, doit être séparée complètement des liquides qui la renferment; l’acide carbonique étant depuis longtemps appliqué dans ce but, il ne peut donc être question que de sa production et de la manière de le faire agir sur les liquides.
- En brûlant au contact de l’air le charbon et tous les corps qui en renferment, ils fournissent de l’acide carbonique qui, théoriquement, devrait être le seul produit obtenu et serait le seul, en effet, dans des expériences exactes.
- Il en est tout autrement en réalité, surtout dans un travail en grand, et de là des inconvénients plus ou moins graves relativement à la question qui nous occupe, car, outre le manque d’action de l’oxyde de carbone, son insolubilité vient contrarier l’action utile du gaz carbonique.
- En effet, quelque soluble que soit un gaz, le mélange de quelques centièmes seulement d’un autre gaz insoluble suffit pour rendre difficile son absorption par l’eau et même par des dissolutions de nature à s’y combiner plus énergiquement que ce liquide.
- Ainsi l’eau dissout, à la température de 20°, 464 fois son volume de gaz chlorhydrique, et en raison de cette solubilité l’eau s’élève comme dans le vide dans un vase rempli de ce gaz qu’on met en contact avec elle.
- Deux centièmes seulement d’un gaz insoluble apportent à son absorption un tel obstacle, que par l’agitation seule on parvient à le dissoudre.
- À bien plus forte raison un gaz aussi peu soluble que l’acide carbonique, dont l’eau ne prend que son volume, devait être difficile à dissoudre, pour peu qu’il fût mélangé avec quelques gaz insolubles.
- On comprend facilement par là quel excès de leur mélange il devient indispensable de diriger au travers d’un liquide sucré pour enlever à celui-ci la chaux qu’il peut renfermer.
- À la vérité, il ne s’agit pas seulement de dissoudre un gaz ou de le faire absorber par une base qui forme avec lui un sel soluble, mais de produire du carbonate de chaux insoluble qui, en raison de cette insolubilité, se sépare immédiatement et laisse l’action du gaz s’exercer plus facilement sur le reste de la base; mais, alors qu’on dirige, au travers de jus sucrés ou du sirop renfermant de la chaux, le produit de la combustion du charbon , un excès considérable devient indispensable par suite de la présence de la proportion considérable de gaz insoluble qu’il renferme.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- De là, malgré l'économie apparente de ce procédé, est-il loin d’offrir les avantages qu’il semblerait naturel d’en attendre, et c’est précisément ce qui a conduit M. Ozouf à celui qu’il vous a soumis.
- L’acide carbonique préparé à l’état de pureté sous lequel on l’emploie à la fabrication des eaux gazeuses, entièrement absorbable par l’eau et particulièrement par les bases, devait tout naturellement pouvoir servir à l’opération qui nous occupe ; mais son prix de revient, en raison de celui des matières premières servant à le dégager et des appareils producteurs ou récepteurs, semblait un obstacle à son emploi.
- En le supposant même très-soluble, les bulles d’un gaz qui traversent un liquide ne sont jamais complètement absorbées, même au commencement de l’opération ; à bien plus forte raison en est-il ainsi du gaz carbonique peu soluble et agissant sur un liquide qui n’en peut absorber que de faibles proportions.
- Mais si, sans s’arrêter à la plus ou moindre absorption effectuée , toute la partie non absorbée se trouvait recueillie pour être à nouveau portée au contact du liquide sur lequel doit s’exercer son action, il en serait tout autrement, et, de coûteux qu’eût été le gaz pur dans les conditions ordinaires, il aura pu devenir économique s’il se trouve utilisé en totalité, industriellement parlant. Telle a été la pensée de M. Ozouf; voici comment il l’a réalisée.
- Le gaz carbonique est produit par les moyens et dans les appareils employés à la fabrication des eaux minérales. Un gazomètre sert à l’entreposer; des tuyaux convenables le portent au contact du liquide sucré auquel il doit enlever la chaux, et la partie non absorbée retourne au gazomètre, et de cette manière son action s’exerce complètement.
- Mais, si ce gaz traversait le liquide sous la forme de bulles volumineuses, une faible portion seulement de chacune d’elles agirait dans leur passage, et de là la nécessité de ramener à plusieurs reprises la même quantité de gaz au contact du liquide.
- On pouvait le diviser par divers moyens, tels que des plaques percées de très-petits orifices par exemple, mais on augmentait par là la pression , à la fois par les frottements et par le poids de la colonne de liquide traversée, en même temps que l’opération restait intermittente.
- M. Ozouf a eu l’idée heureuse de la rendre continue tout en utilisant une beaucoup plus grande action du gaz, et il l’a réalisée par un artifice très-simple.
- Le liquide sucré se rencontre dans un tuyau qu’il traverse avec le gaz, forcés l’un et l’autre à un contact multiplié par la disposition de l'espèce de
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- robinet qui les reçoit de deux directions différentes et les oblige à cheminer ensuite pour se séparer alors que l’excès de gaz, ayant agi sur la chaux, retourne au gazomètre, tandis que le liquide sucré se rend dans les appareils convenables..
- Pour déterminer cet utile effet, le boisseau du robinet des pompes que doivent traverser ensemble le liquide et le gaz est à claire-voie, et, sans opposer au mouvement une résistance qui augmente la pression et exige une plus grande force d’injection du liquide, présente l’un à l’autre les corps réagissants dans des conditions très-favorables.
- La vue de ce robinet, dont un spécimen est placé sous les yeux du Conseil, rend facilement appréciables les avantages qu’il offre dans son emploi.
- Le système de M. Ozouf a été appliqué dans la fabrique de M. Boucher, au Pecq, où il a produit des résultats extrêmement importants. Une grande partie de l’approvisionnement en betteraves était compromise par la rude température qui s’est subitement développée en décembre dernier; force était, pour ne pas tout perdre, d’opérer avec une excessive rapidité : les appareils de M. Boucher ont permis de le faire et ont diminué, dans un très-grand rapport, des pertes qui pouvaient devenir désastreuses.
- Le rapporteur y a suivi les opérations et vérifié les résultats obtenus.
- Rien de plus facile que leur constatation : l’emploi du papier de curcuma au moment de l’opération, l’examen des sirops dans le laboratoire ont permis de vérifier la présence de la chaux à l’arrivée des sirops et son absence à leur sortie de l’appareil.
- Les sirops, débourbés par le repos qui détermine la précipitation du carbonate de chaux et de toutes les matières étrangères dont ils se trouvent débarrassés, sont cuits à l’ordinaire, et le sucre passé à la turbine, celui-ci a dû être examiné; l’échantillon placé sous les yeux du Conseil a été prélevé dans le cours même de l’opération.
- Celle-ci peut s’exécuter soit sur les jus sucrés, soit sur les sirops, et permet d’opérer également, quel que soit le système de traitement par la chaux qui soit suivi : c’est un avantage qu’il importe de signaler à cause de sa généralité même.
- Il nous semble inutile de décrire en détail l’appareil breveté de M. Ozouf, la seule partie sur laquelle il était nécessaire d’attirer l’attention du Conseil se trouvant le robinet dont nous avons fait connaître l’usage et la disposition générale dont une figure et sa légende rendront l’utilité bien autrement appréciable.
- En résumé, les avantages que procure le système suivi par M. Ozouf consistent dans Yutilisation économique du gaz carbonique pur substitué au produit
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- complexe et provenant de la combustion du charbon, la continuité du travail, la facile saturation de la chaux, la rapidité des opérations, la bonne qualité des produits.
- Votre comité, convaincu de l’intérêt qu’offrent pour la fabrication du sucre de betterave les bonnes conditions de ce système, a l’honneur de vous proposer,
- 1° De remercier M. Ozoufde sa communication ;
- 2° D’ordonner l’insertion, au Bulletin, du présent rapport avec la figure de l’appareil.
- Signé Gaultier de Claubry, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 15 février 1860.
- LÉGENDE DESCRIPTIVE DE L’APPAREIL IMAGINÉ PAR M. OZOUF POUR LA SATURATION,
- PAR L’ACIDE CARBONIQUE, DES JUS SUCRÉS ET DES SIROPS TRAITÉS PAR LA CHAUX.
- ( Planche 219. )
- Fig. 1. Vue longitudinale de l’appareil.
- Fig. 2. Vue de la machine à vapeur et de la pompe aspirante et foulante dans un plan perpendiculaire à celui de la figure 1.
- Fig. 3. Section verticale de la pompe suivant la figure 1.
- Fig. 4. Autre section verticale de la même suivant la figure 2.
- À, cylindre dans lequel se prépare l’acide carbonique destiné à la saturation des jus sucrés ( fîg. 1 ) ; il est fermé à la partie supérieure par un couvercle convexe, et à la partie inférieure par une calotte sphérique.
- B, douille à vis fermant l’ouverture par laquelle on introduit l’eau et le carbonate de chaux.
- C, petit réservoir en plomb ( indiqué en ponctué ) fixé sous le couvercle du cylindre A et contenant de l’acide sulfurique; le fond de ce réservoir est percé d’une ouverture par laquelle on laisse écouler l’acide, en agissant de l’extérieur sur la poignée d’un bouchon cylindro-conique D.
- E, agitateur circulaire ( représenté également en ponctué ) monté sur un axe horizontal qui traverse de part et d’autre le cylindre A au moyen de boîtes à étoupe.
- F, manivelle de l’agitateur.
- G, bouchon de vidange placé à la partie inférieure du cylindre A.
- H, tuyau conduisant le gaz acide carbonique au gazomètre.
- I, cuve en bois du gazomètre.
- J, robinet de purge d’air placé sur la cloche du gazomètre.
- K, tuyau élastique mettant le gazomètre en communication avec l’appareil séparateur.
- L’appareil séparateur se compose de deux réservoirs cylindro-sphériques L, L' mis en communication par le haut au moyen d’un tuyau recourbé M. L’acide carbo-
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- nique entraîné par l’aspiration d’une pompe se rend directement du gazomètre dans la capacité Lr; quant à la capacité L, elle reçoit les jus sucrés, qui y sont refoulés après saturation.
- M, pompe aspirante et foulante à piston plein ( fig. 3 et 4 }.
- N, soupape d’aspiration appelant d’une part l’acide carbonique, et d’autre part le sirop à saturer.
- N', soupape refoulant le sirop saturé et le gaz en excès.
- Ces deux soupapes sont de forme évidée dite à lanterne.
- O, machine à vapeur commandant directement la pompe M ( fig. 2).
- P, récipient où la pompe puise le sirop (fig. 1) ; il est alimenté par un tuyau muni d’un robinet à flotteur s’ouvrant et se fermant de lui-même suivant le niveau du liquide.
- Q, robinet mettant en communication la capacité L' et le récipient P avec la soupape d’aspiration de la pompe; la figure 3, qui représente ce robinet en coupe, montre qu’on peut régler à volonté les quantités relatives de gaz et de liquides aspirées.
- R, tuyau conduisant le sirop h la soupape d’aspiration.
- S, tuyau conduisant le gaz à la même soupape.
- T, tuyau par lequel le liquide saturé et le gaz en excès sont refoulés dans la capacité L. A la partie inférieure de cette capacité se trouve un agitateur analogue à celui du cylindre A et servant à favoriser, au besoin, la saturation du sirop; le gaz en excès se dégage du liquide et retourne, par le coude M, dans la capacité L'.
- U, siphon servant à sortir le liquide saturé.
- Y, robinet de vidange de la capacité L.
- W, robinet de purge d’air placé sur le coude M.
- Z, bâti en fonte aux flancs duquel sont attachées, d’un côté la pompe, et de l’autre
- la machine à vapeur. ( M. )
- STÉRÉOSCOPES.
- Rapport fait par M. le vicomte Th. du Moncel, au nom du comité des mis économiques, sur les appareils stéréoscopiques de M. Philippe Benoist, rue de Lancry, 7.
- Messieurs, M. Benoist, artiste lithographe très-distingué, élève de M. Da-guerre, a soumis depuis longtemps à yotre jugement plusieurs dispositions particulières de stéréoscope qui permettent à cet instrument 1° de fournir à volonté deux grossissements différents d’une même épreuve stéréoscopique ; %° de donner, par une combinaison mécanique très-simple, les effets de mouvement des corps sans leur faire perdre l’apparence du relief. Ces
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- appareils n’ont pas encore été, il est vrai, mis en exploitation, mais le comité a pensé que la manière ingénieuse dont ils ont été combinés était un motif suffisant pour les recommander à l’attention de la Société.
- Il y a déjà longtemps, M. J. Duboscq, voulant ajouter à l’aspect saisissant des objets dans le stéréoscope le mouvement dont ils pouvaient être animés, pensa à combiner les effets du phénakisticope à ceux du stéréoscope, et imagina, dans ce but, un appareil très-intéressant auquel il donna le nom de bioscope; mais cet appareil, exigeant seize images doubles du sujet dans des positions différentes et ne pouvant fournir la vue de ces sujets qu’à travers une fente assez étroite et par réflexion, laissait à désirer, et c’est pour cela, sans doute, qu’il ne s’est pas répandu davantage dans le public. M. Benoist, au moyen des appareils qu’il vous a présentés, semble avoir résolu plus simplement la question.
- Celui de ces appareils qui a paru le plus ingénieux à la commission est fondé sur ce principe que, si on fait succéder assez promptement l’une à l’autre, et sans qu’on s’en aperçoive, deux images dans lesquelles le corps en mouvement est représenté dans ses deux positions extrêmes, l’œil, dans ce changement d’images, pourra rétablir les positions intermédiaires et recevoir, par cela même, l’impression du mouvement accompli dans ses différentes phases : c’est, du reste, un principe analogue à celui du phénakisticope. Toute la difficulté du problème était de produire, sans qu’elle fût par trop visible, la substitution des deux images stéréoscopiques.
- M. Benoist a résolu ce problème en plaçant devant les bonnettes du stéréoscope, à l’intérieur de la boîte, une glace composée de deux parties moitié étamées moitié transparentes, inclinée à 45° et susceptible de se déplacer de côté par l’intermédiaire d’une pédale à ressort afin de faire arriver devant les lentilles des bonnettes tantôt les parties étamées de la glace, tantôt les parties transparentes. Avec cette disposition, en effet, l’une des doubles images stéréoscopiques étant placée verticalement en face des bonnettes et l’autre image étant placée horizontalement au fond de la boîte, l’œil peut percevoir tantôt l’une des images vue par transparence, tantôt l’autre image vue par réflexion, et la substitution des deux images devient ainsi presque insensible, puisque, au moment de cette substitution, les deux images se fondent en quelque sorte l’une dans l’autre. Comme la lumière, dans un pareil stéréoscope, doit éclairer à la fois deux images placées dans des compartiments différents, l’éclairage de la boîte doit se faire de côté et par l’intermédiaire d’une glace dépolie, en ayant soin de n’employer que de la lumière diffuse.
- Avec un appareil bien réglé et la lumière du jour ou la lumière d’une
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- lampe réfléchie par une feuille de papier, l’illusion est très-grande, ainsi que yotre commission a pu le constater.
- Dans une autre disposition d’appareils que vous a présentée M. Benoist pour atteindre le même but, on produit devant les bonnettes du stéréoscope une succession rapide de fermetures d’un diaphragme, fermetures pendant lesquelles s’opère la substitution mécanique d’une image stéréoscopique à l’autre. L’inconvénient de ce système est de fournir, quand l’appareil n’est pas mis très-vite en mouvement, une série d’éclipses assez désagréables à l’œil, ou, quand l’appareil va trop vite, l’apparence d’un mouvement trop précipité de la part de l’objet que l’on regarde.
- La troisième disposition de stéréoscope à effets de mouvement que vous a présentée M. Benoist est fondée en quelque sorte sur un escamotage visuel ; elle consiste, en effet, à boucher alternativement les deux bonnettes du stéréoscope au moyen d’une pédale placée sur le côté de l’appareil et à placer dans celui-ci, au lieu de deux dessins identiques, deux images prises l’une dans une position, l’autre dans une autre position. C’est alors l’œil droit et l’œil gauche qui, en percevant alternativement les deux images, font croire à un mouvement. Ce système, qui est extrêmement simple et qui avait été déjà proposé, il y a cinq ou six ans, par M. Claudet, est aujourd’hui exploité avec un certain succès par M. Furne. On peut cependant lui reprocher deux défauts, d’abord l’absence de relief des objets représentés qui sont réduits, par le fait, à une seule image, et en second lieu le déplacement latéral de ces objets qui ferait croire à un mouvement de transport du sujet entier de gauche à droite et de droite à gauche.
- Le stéréoscope de M. Benoist à deux grossissements se compose de deux boîtes rectangulaires dont l’une, moitié moins longue que l’autre, glisse librement à l’intérieur de celle-ci sous l’influence d’un bouton mobile dans une coulisse. La plus grande de ces boîtes est munie, sur sa face antérieure, d’un verre dépoli, et la plus petite porte l’épreuve stéréoscopique qui, par cette disposition, peut se trouver transportée à 16,2 centimètres et à 8,1 centimètres des lentilles du stéréoscope adaptées à la plus grande boîte. Ces lentilles ne sont, d’ailleurs, que des verres de lunettes disposés de manière que les yeux correspondent aux deux moitiés de ces verres les plus voisines, et au-dessous d’elles se trouve adaptée une petite planchette mobile autour d’une charnière qui porte également deux verres semblables aux précédents et leur correspondant exactement en position. Cette planchette est reliée, par une corde et une poulie, à la boîte mobile, de telle manière que, quand celle-ci porte à 8,1 centimètres des lentilles l’épreuve stéréoscopique, les verres de la planchette viennent s’adapter contre les verres de l’appa-
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- reil, et alors le grossissement est à son maximum. Au contraire, quand la boîte mobile est entièrement descendue, que, conséquemment, l’image stéréoscopique est à 16,2 cent, des lentilles de l’appareil, la planchette se trouve abaissée, et le grossissement est à son moindre degré.
- La simplicité de construction des appareils de M. Benoist et les effets curieux qu’ils produisent ont paru à la commission de nature à valoir à leur auteur l’approbation de la Société, et dans cette intention elle vous prie, Messieurs, de vouloir bien décider,
- 1° Que des remercîments soient adressés à M. Benoist pour son intéressante communication ;
- 2° Que le présent rapport soit inséré au Bulletin.
- Signé Th. du Moncel, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 30 janvier 1861.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. Molinos , au nom du comité des arts économiques, sur le ventilateur fumifuge de M. Ch. Venant, à Orléans.
- M. Ch. Venant soumet à l’examen de la Société un ventilateur fumifuge applicable soit aux cheminées pour activer le tirage, soit à l’aérage des locaux où l’air est vicié par une cause quelconque.
- Cet appareil se compose d’une sphère aplatie, fixée sur un axe vertical et mobile. Cette sphère est formée de lames de tôle disposées à peu près en ailes de moulin, de manière qu’un vent très-léger suffit à la faire tourner. L’axe prolongé dans le tuyau de la chelninée porte lui-même une hélice qui, par le mouvement de l’appareil , produit un appel plus ou moins énergique.
- Appliqué aux cheminées, cet appareil est utile à activer le tirage et surtout à le régulariser en neutralisant l’influence des rafales de vent. Il a été employé dans ce double but au chemin de fer du Bourbonnais pour les poêles des guérites de garde, et a produit de très-bons résultats. On a constaté son efficacité contre l’action du vent; on ne lui a reproché que de donner parfois au tirage une trop grande activité, inconvénient auquel on a remédié par l’addition d’une clef régulatrice.
- L’appareil complet coûte environ 10 francs.
- Appliqué à la ventilation simple, cet appareil présente évidemment les inconvénients de tous les systèmes qui reçoivent le mouvement d’un moteur
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- aussi variable que le vent. Néanmoins, eu égard à son faible prix, il pourra sans doute se généraliser, et, en tous cas, il sera employé avec avantage lorsque le fonctionnement de Fhélice sera assuré par un mouvement propre, comme pour l’aérage des waggons de fumeurs des chemins de fer, des cales de navires, etc.
- En conséquence, le comité vous propose, Messieurs, de remercier M. Venant de sa communication, et d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bulletin avec le dessin de l’appareil et une légende explicative.
- Signé Molinos, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 13 mars 1861.
- LEGENDE EXPLICATIVE DU VENTILATEUR FUMIFUGE DE M. CH. VENANT.
- La figure ci-dessous représente l’appareil de M. Venant avec arrachement d’une partie de la surface du tuyau pour laisser voir l’hélice intérieure.
- À, sphère aplatie composée de lames de tôle disposées à peu près en ailes de moulin. Ces lames sont découpées dans une feuille de tôle au centre de laquelle elles viennent toutes se réunir, et leurs extrémités sont fixées au rebord d’un chapiteau B.
- C, tuyau surmontant la cheminée et coiffé par le chapiteau B qui tient à la sphère.
- D, axe vertical mobile portant la sphère et tournant dans une crapaudine placée dans l’intérieur du tuyau sur une traverse diamétrale; cet axe est entouré d’une hélice destinée à favoriser l’appel.
- E, bras fixes formant arcade, attachés au tuyau C et recevant l’extrémité supérieure de l’axe D dans une ouverture qui lui permet de tourner librement.
- F, petit cône placé au sommet de l’arcade E et servant à recouvrir l’extrémité supérieure de l’axe D.
- La sphère, le chapiteau B, l’axe et l’hélice tournent ensemble.
- (M.)
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- Rapport fait par M. Benoît, au nom du comité des arts mécaniques, sur
- l échelle-rapporteur a boüssole, inventée par M. Trinquier, lieutenant au
- 3üe régiment de ligne.
- Messieurs, bien que les levers réguliers à la Boussole et même au Déclinatoire soient plus expéditifs que les levers à la Planchette, instrument que l’on doit pourtant préférer toutes les fois que l’on se proposera d’obtenir uri lever avec le plus d’exactitude possible, cependant la boussole, telle qu’on l’emploie même.en quadrillant le papier afin de se servir au besoin du Rapporteur complémentaire, est encore un instrument trop lent quand il s’agit de procéder, à la hâte, à de simples reconnaissances topographiques. Les carrés formés par des méridiennes et des parallèles, tracées préalablement, de décimètre en décimètre, sur le papier destiné à recevoir le dessin de la carte, combinés avec le rapporteur complémentaire en corne mince, facilitent singulièrement les moyens de rapporter les angles observés avec la boussole; mais la réduction, à l’aide de l’Échelle et du Compas ordinaire, des distances mesurées sur le terrain ou simplement estimées, afin d’en porter la longueur sur les lignes qui doivent les représenter, est une opération que l’on n’avait pas encore cherché à abréger. C’est ce but que M. le lieutenant Trinquier s’est proposé d’atteindre en même temps que la simplification du tracé des directions observées : et l’on doit reconnaître que c’est par la réalisation d’une idée bien simple, mais néanmoins très-ingénieuse, qu’il y est parvenu.
- M. Trinquier s’est sans doute dit : On a jusqu’ici tracé les levers topographiques sur du papier opaque, mais il est évident que si j’emploie pour cet objet un papier transparent, et que si je dispose, en dessous, un grand disque mobile autour de son centre, dont le bord soit divisé en degrés comme le limbe de la boussole, et sur lequel soient tracés, parallèlement aux diamètres 0° —180° et 90° — 270° de la graduation, deux systèmes de lignes droites équidistantes, ,en fixant au carton qui me servira de tablette un index déterminant avec le centre du limbe une droite parallèle au diamètre nord-sud de la boussole vissée sur ce carton, il est évident dis-je, qu’il me sera possible, en faisant tourner le disque, de rendre un des deux systèmes de droites, parallèle à la direction visée avec l’alidade de la boussole; de sorte
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- que l’une de ces droites passera par le point de station marqué sur le plan, ou qu’elle en sera, dans tous les cas, assez voisine pour que je puisse, en la prenant pour guide, tracer à la main avec le crayon, sur le papier transparent, la ligne qui doit y représenter la direction visée : et qu’enûn le second système de droites, qui est toujours dirigé d’équerre sur le premier, pourra en même temps me servir d’échelle pour indiquer, sur le plan, la longueur de cette direction.
- Cette manière de procéder se pratique facilement à l’aide de Y Échelle-rapporteur, imaginée par M. Trinquier, qui a soumis à l’appréciation de la Société l’exemplaire de cet instrument renvoyé à l’examen du comité des arts mécaniques, et qui est placé sous les yeux du Conseil, accompagné de Y Instruction publiée par l’inventeur pour en faciliter l’usage.
- Dans les reconnaissances topographiques, le pas de l’opérateur sert souvent d’unité de mesure des distances, et, comme le pas moyen a une longueur de 0m,80, les droites de l’un des deux systèmes, tracées à i’encre rouge, sont séparées par des intervalles de 0m,0008 pour servir alors d’échelle : ces lignes sont grossies de cinq en cinq, afin d’en faciliter la lecture. Les droites de l’autre système sont tracées de millimètre en millimètre à l’encre noire, et grossies également de cinq en cinq, pour servir d’échelle lorsque les distances sont mesurées ou estimées en mètres. On conçoit, d’après ce qui précède, que la division en degrés du limbe du disque doit porter deux graduations dont les nombres, correspondants à la même division, diffèrent de 90 degrés et qui sont écrits avec des encres de couleur différente, afin de pouvoir les distinguer à première vue.
- Pour rendre son appareil propre à fournir les indications servant de base au dessin du Relief du terrain, M. Trinquier a pratiqué un évidement dans le couvercle même de la boussole, afin d’y établir un niveau à pendule, dont le corps a la forme générale d’un rapporteur ordinaire métallique, pivotant sur son centre, avec addition d’une aiguille dirigée, dans son plan, perpendiculairement à son diamètre matériel. Deux très-petites pinnules fixées latéralement à ce diamètre et visibles à travers deux ouvertures pratiquées dans l’épaisseur du couvercle permettent de procéder aux nivellements ordinaires.
- Pour mesurer en degrés, soit l’Inclinaison sur l’horizon, soit la Distance zénithale des lignes d’un terrain en pente, ou des rayons visuels dirigés vers les objets observés, le demi-cercle* du pendule est divisé en degrés gradués de zéro à 90 degrés, de part et d’autre de son point le plus bas où le zéro est placé ; de sorte qu’une droite passant par le centre du demi-cercle, tracée sur le fond de l’évidement du couvercle, perpendiculairement à la droite
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- déterminée par les pinnules à crin qui y sont fixées, indique sur ce demi-cercle le degré qui est la mesure de l’angle proposé.
- Enfin, pour pouvoir réduire à l’horizon, sans calcul et sans table spéciale, les distances mesurées sur les terrains inclinés, et pour déterminer aussi, sans calcul et sans table, sur les lignes des terrains en pente, l’écartement des points de passage des Courbes horizontales verticalement équidistantes, qui doivent limiter la longueur des Hachures et en indiquer la direction, M. Trinquier a divisé en millimètres la rive supérieure, taillée en biseau, du diamètre matériel du corps du pendule, et les a gradués de part et d’autre de son point milieu, où est placé le zéro : il a tracé, sur le fond de l’évidement du couvercle et perpendiculairement à la direction donnée par les pinnules, un premier système de droites parallèles comprenant des intervalles d’un millimètre, dont l’une passe par le point de pivotement du pendule, et graduées comme les divisions du biseau auxquelles elles correspondent, et un second système de droites parallèles qui croisent le précédent à angles droits, et dont l’écartement est d’un demi-millimètre. On reconnaîtra facilement que toutes ces lignes, et la rive du biseau du pendule qui reste toujours horizontale, forment ensemble des triangles rectangles dont les longueurs de l’hypoténuse et du côté horizontal sont indiquées en millimètres, et celle du côté vertical en demi-millimètres, et que ces triangles donnent ainsi, à simple vue, la solution immédiate des questions ci-dessus énoncées.
- Ajoutons, pour terminer, que M. Trinquier a adapté à sa boussole deux touches pour arrêter, à volonté, l’aiguille aimantée et le niveau à pendule dans les positions qu’ils occupent au moment des observations, et qu’il a utilisé la partie de l’évidement non occupée par les systèmes de droites décrits, pour y tracer des spécimens des hachures à employer pour la représentation des terrains en pente sur lesquels on opère, spécimens que la position de l’aiguille dont il a été déjà question signale à l’opérateur.
- En résumé, Messieurs, votre comité des arts mécaniques, au nom duquel je viens d’avoir l’honneur de vous entretenir, a vu avec beaucoup d’intérêt l’appareil très-portatif dans lequel M. le lieutenant Trinquier a réuni et très-convenablement coordonné tout ce qui est nécessaire pour procéder rapidement aux Reconnaissances topographiques, puisque l’opérateur n’a plus à se servir de la Règle, de l’Échelle, du Compas ni du Rapporteur, quatre instruments dont il avait dû être muni jusqu’ici sur le terrain, et qu’il ne-conserve de l’ancien matériel que la Roussole à Éclimètre modifié, le Crayon et la Tablette qui se confond avec Y Échelle-rapporteur.
- Le comité des arts mécaniques vous propose, en conséquence,
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- 1° De remercier M. le lieulenant Trinqnier de sa communication ;
- 2° D’approuver l’appareil dont il est l’inventeur breveté, et d’en publier le dessin, relevé sur un de ceux dont la construction a été ordonnée par M. le ministre de la guerre, pour être mis à la disposition de certaines Écoles régimentaires de sous-officiers ;
- 3° Enfin de faire insérer le présent rapport dans le Bulletin.
- Signé Benoît, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 19 décembre 1860.
- LÉGENDE DESCRIPTIVE DE LA PLANCHE 220 REPRÉSENTANT L’ÉCHELLE-RAPPORTEUR A BOUSSOLE IMAGINÉE PAR M. TRINQUIER.
- Fig. 1. Plan de l'instrument complet, disposé pour entrer en opération.
- Fig. 2 et 3. Profils partiels de la boite contenant la boussole et le demi-cercle rapporteur.
- Fig. 4. Vue de face de la même boîte ouverte.
- A, carton rectangulaire épais, servant de tablette d’opération (fig. 1); il est échan-cré sur l’un de ses petits côtés, de manière à faciliter le port de tout l’instrument avec la main gauche qui le saisit en se plaçant dessous.
- B, disque en carton mince fixé sur la tablette A et pouvant, au gré de l’opérateur, tourner dans tous les sens autour de son centre; c’est Y échelle-rapporteur. Le limbe qui forme le bord de ce disque et qui est simplement tracé sur le carton est divisé en 300 degrés, dans le même sens que le limbe de la boussole; en outre, toute la surface intérieure est quadrillée par un double système de lignes perpendiculaires se rapportant à deux modes d’opération, celui qui se pratique au mètre et celui qui se fait au pas. Les lignes parallèles au diamètre 360°—180°, c’est-à-dire les lignes placées verticalement dans la figure 1, sont celles qui correspondent au premier mode d’opérer; elles sont espacées de millimètre en millimètre, c’est-à-dire de 10 mètres à Péchelle de 1/10,000 avec grossissement à chaque 5 millimètres pour en faciliter la lecture. Au contraire, les lignes perpendiculaires aux précédentes et qui sont parallèles au diamètre 270°—90° ne sont espacées que de 0m,0008 ( à la même échelle ) pour servir lorsqu’on opère au pas moyen de 0m,80 ; contrairement à la gravure qui ne pouvait les représenter qu’en noir, elles sont, dans l’instrument, tracées en rouge, ce qui permet de les distinguer plus facilement des autres. Par suite de ces deux espèces d’évaluation des distances, le limbe du disque doit porter, à chaque division, deux sortes de graduations complémentaires différant entre elles de 90°. C’est ainsi que dans l’instrument, à côté de la division 360® inscrite en noir, s’en trouve une autre en rouge de 270°, à côté du nombre noir 350 vient en rouge 260 et ainsi de suite; en sorte que le diamètre noir 360°—180° est marqué également en rouge 270°—90°, et le diamètre rouge désigné en noir par 270°—90° l’est également en rouge par
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- 180°__360°. Dans la figure 1, le limbe du disque n’indique que la seule graduation
- noire qu’on a pu représenter.
- C, index en cuivre fixé à l’un des longs côtés de la tablette A, dans une position telle que sa pointe et le centre du disque B déterminent une droite parallèle à la ligne nord-sud de la boussole ; cette pointe touche le limbe du disque sans l’empêcher, pour cela, de se mouvoir.
- D, quatre pointes dites punaises, piquées sur la tablette À et servant à maintenir sur le disque le papier transparent destiné à recevoir le tracé des opérations.
- E, boussole ordinaire ayant sa boîte vissée à l’un des angles de la tablette A, de manière que son diamètre nord-sud soit, ainsi qu’il vient d’être dit, parallèle au diamètre du limbe qui passe par la pointe de l’index C; son aiguille est, comme à l’ordinaire, munie d’un arrêtoir à touche F.
- G, demi-cercle rapporteur en métal, placé sous verre dans un évidement circulaire pratiqué dans le couvercle de la boîte de la boussole et fixé au centre de cet évidement de manière à pouvoir osciller librement autour de son propre centre ( fig. 4 ) ; son diamètre est divisé en millimètres en allant du centre vers chacune des extrémités.
- H, contre-poids fixé à l’extrémité du rayon vertical du demi-cercle G et constituant, avec ce demi-cercle, un niveau à pendule.
- I, aiguille attachée au centre du demi-cercle perpendiculairement à son diamètre matériel ; aux extrémités de ce diamètre sont disposées deux petites pinnules x (fig. 2 et 3), qui se correspondent.
- J (fig. 2) et J' (fig. 3), ouvertures garnies d’une glace, pratiquées de chaque côté dans l’épaisseur du couvercle de la boîte et correspondant aux pinnules# dans le but de permettre de procéder aux nivellements ordinaires.
- K, bouton vertical mobile, disposé sous le demi-cercle G et pouvant glisser de haut en bas ou réciproquement pour rendre libre ou arrêter à volonté ce demi-cercle pendant les observations. Lorsqu’on veut produire l’arrêt, ainsi qu’il est indiqué figure 4, on pousse avec le pouce un verrou L placé extérieurement au couvercle de la boîte entre les charnières; ce verrou soulève le bouton K et le maintient appliqué contre le demi-cercle. Au contraire, pour rendre libre le demi-cercle, on n’a qu’à retirer le verrou et le bouton retombe dans sa gaine.
- Le fond circulaire de l’évidement du couvercle au centre duquel est suspendu le niveau à pendule est divisé en deux parties par un diamètre horizontal, que l’auteur appelle la ligne de foi et que cache dans la figure 4 le diamètre matériel du niveau ; chacune de ces deux parties porte des indications différentes :
- La partie inférieure M est divisée d’une part, à partir du centre, par des lignes verticales distantes d’un millimètre et dont la graduation est indiquée de cinq en cinq sur le diamètre qui, dans la position horizontale de l’instrument, se confond avec le diamètre matériel du demi-cercle rapporteur; d’autre part, un second système de lignes parallèles, mais espacées d’un demi-millimètre, sont tracées perpendiculairement aux
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- précédentes et ont leur graduation marquée de chaque côté du haut en bas. en dehors du demi-cercle métallique.
- La partie supérieure où se meut l’aiguille I porte, à droite et à gauche de la verticale qui passe par le centre, des lignes exprimant la longueur, l’écartement et la grosseur des hachures qui correspondent aux diverses pentes du terrain et, dans le cas d’un lever militaire, les armes auxquelles ces pentes sont accessibles; c’est l’aiguille I qui, par sa position, indique les spécimens de hachures à employer.
- N, O (fig. 2), N', O' (fig. 3), pinnules découpées dans de petites alidades fixées à la même hauteur sur deux côtés opposés du couvercle de la boîte; les pinnules verticales N, N' sont affectées aux opérations à la boussole, celles horizontales O, O' servent pour opérer avec le niveau à pendule.
- P est une petite lame métallique faisant fonction de ressort, fixée perpendiculairement au couvercle de la boîte sous la plaque des pinnules N, O et servant, lorsque cette boîte est ouverte, à empêcher, au moyen de son extrémité recourbée, le couvercle de se fermer pendant que l’on opère; pour obtenir le rabattement du couvercle, il suffit de ramener à soi ce petit ressort, et l’on peut alors fermer la boîte au moyen de son crochet.
- Cette seconde partie de l’instrument qui vient d’être décrite et que renferme le couvercle de la boite constitue Yéclimètre au moyen duquel on obtient sans calcul :
- 1° Les points de même niveau sur les diverses pentes du terrain;
- 2° La réduction des bases à l’horizon ;
- 3° L’écartement des points de passage de courbe sur chaque pente;
- 4° La différence de niveau entre deux points;
- 5° L’écartement, la longueur et la grosseur des hachures correspondant aux diverses pentes ;
- 6° Les armes auxquelles les pentes sont accessibles ;
- 7° L’inclinaison sur l’horizon et les distances zénithales des lignes du terrain.
- Manière d'opérer avec Vinstrument.
- La boîte étant ouverte et le papier transparent mis en place, au moyen des punaises, sur le disque ou échelle-rapporteur, on prend l’instrument en tenant le carton de la main gauche et en plaçant le pouce de cette main près du verrou L; en même temps on saisit la boussole de la main droite en ayant l’index prêt à agir sur la touche F de l’arrêtoir.
- Nous extrayons d’une brochure imprimée et publiée par l’auteur quelques-unes des instructions qu’il a rédigées.
- Report des directions sur le papier. — Pour tracer sur le papier une direction du terrain dont la déclinaison, observée à la boussole, est 197° par exemple, on fait tourner l’échelle-rapporteur jusqu’à ce que la graduation (noire) 197° corresponde au nord. Le diamètre 180°—360 et toutes les lignes noires qui lui sont parallèles se trouvent dans la direction visée, puisqu’elles forment avec la ligne nord-sud du papier
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- le même angle de 197° que la ligne du terrain fait avec le nord; il n’y a donc qu'à tracer avec le crayon la ligne noire de l’échelle-rapporteur qu’on aperçoit, au-dessous de la feuille, passant par le point donné, ou de mener une parallèle à la plus voisine, pour avoir la direction cherchée.
- Mesure des distances au pas. —Pour mesurer au pas la distance d’un point X à un point X, il faut prendre dans la campagne et en arrière de Y s’il est peu éloigné, en avant s’il l’est beaucoup, un point saillant et distinct, afin de se diriger directement sur ce point, sans dévier à droite et à gauche et cheminer en comptant les pas.
- Report des distances au pas. — Ayant tracé la direction X Y et mesuré au pas la distance du point X au point Y, on placera les lignes noires de l’échelle-rappor-teur dans la direction X Y, et, puisque les lignes rouges sont espacées de dix pas, on n’aura qu’à compter sur la directrice qui passe par le point X autant de lignes rouges qu’il y a de fois dix pas dans le nombre de pas mesurés de X en Y pour avoir le point Y.
- Report des distances au mètre. — Si la distance était mesurée au mètre, comme cela arrive sur les routes kilométrées, on placerait les lignes rouges de l’échelle-rap-porteur dans la direction visée, en amenant la graduation rouge 197° vis-à-vis le nord, et, puisque les lignes noires sont espacées de 10 mètres, on placerait le point Y en prenant, sur la directrice rouge qui passe par ce point, autant de lignes noires qu’il y aurait de fois dix dans le nombre de mètres qui se trouvent entre X et Y.
- Réduction des bases à l'horizon. — Lorsque les distances mesurées au mètre ou au pas se trouvent sur des lignes inclinées, on les réduit à l’horizon, c’est-à-dire qu’on ne porte pas sur le lever leur vraie grandeur, mais leur projection.
- La projection d’une ligne ou sa réduction à l’horizon est donnée (lorsque l’on vise suivant son inclinaison) par la graduation de la ligne de foi, qui se trouve sur la même verticale que la graduation du diamètre de l’éclimètre, qui exprime la vraie longueur de la ligne mesurée.
- Détermination des points de même niveau. — Le diamètre du demi-cercle mobile se tenant toujours horizontal, on obtiendra un point de même niveau que le point où l’on se trouve par l’intersection avec le sol du rayon visuel qui passe par les pinnules du diamètre de l’éclimètre à travers les fenêtres du couvercle de la boîte.
- Mesure de ïécartement des courbes sur une pente. — On vise suivant celte pente avec l'alidade de Vèclimèlre et on lit les intersections des parallèles à la ligne de foi (équidistantes d’un demi-millimètre) avec le diamètre mobile,* leurs projections sur la ligne de foi donnent en millimètres Vécartement graphique des courbes sur la pente visée.
- Voici comment : pour représenter au moyen de courbes les ondulations du sol, on suppose (le relief du terrain étant construit à l’échelle du plan) que l’on trace, sur ce relief, des courbes horizontales espacées verticalement d’un demi-millimètre5 il en résulte que les points de ces courhes sur une pente quelconque sont espacés verticalement d’un demi-millimètre, et leur écartement en millimètres est l’écartement des courbes sur cette pente. Or les horizontales de l’éclimètre espacées d’un demi-millimètre interceptent, sur le diamètre mobile qui a la même inclinaison que la pente du Tome VIII. — 60e année. 2e sé^rie. — Avril 1861. 27
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- Telief et que la pente visée, des points distants verticalement d’un demi-millimètre, dont l’écartement sur ce diamètre est l’écartement des courbes sur la pente du relief, et les projections de ces écartements sur la ligne de foi sont en millimètres l’écartement des courbes de nivellement qui se tracent sur le papier, et qui sont les projections horizontales des courbes tracées sur le relief.
- Les courbes étant équidistantes sur une pente, il suffira d’avoir un écartement, celui, par exemple, compris entre la ligne de foi et l’intersection de la première horizontale pour avoir toutes les autres. Mais le renflement situé au pivot de l’instrument empêchant souvent de voir l’intersection de la première horizontale, on prendra la dixième et on divisera par 10 le nombre de millimètres compris entre cette ligne et la ligne de foi.
- En résumé, pour avoir l’écartement des courbes sur une pente, on prendra la projection en millimètres de l'intersection de la première horizontale avec le diamètre mobile, ou la projection de la dixième horizontale divisée par 10, par exemple : si la dixième horizontale coupe le diamètre mobile au 14me millimètre et que la projection de ce point sur la ligne de foi soit 12 millimètres, les courbes seront espacées de 12 millimètres divisés par 10, c’est-à-dire de 1, 2 millimètres.
- Tracé sur le papier des points de passage de courbe. — Ayant trouvé que l’espacement des courbes sur une pente visée, par exemple, d’un point X est de 1,2 millimètres, on détermine à la boussole la direction de cette pente (par exemple, 147°), on amène la graduation rouge 147° vis-à-vis du nord, et puisque les lignes noires sont espacées d’un millimètre, en prenant sur la ligne rouge qui passe par le point X une ligne noire et 1/5 de l’espace qui la suit, on aura la position du premier point de passage de courbe; deux lignes noires et 2/5 donneront le deuxième, trois lignes noires et 3/5 le troisième, et ainsi de suite.
- Différences de niveau. — Pour trouver la différence de niveau entre deux points, on vise, avec l’alidade de l’éclimètre, de l’un de ces points dans la direction de l’autre et on arrête l’instrument; on mesure ensuite, en se servant des graduations rouges de l’échelle-rapporteur, la distance en millimètres entre ces deux points (sur le dessin), par exemple 35 millimètres; l’horizontale de l’éclimètre qui passe par l’extrémité de la verticale 35 de la ligne de foi donne le nombre de courbes d’équidistance qui exprime la différence de niveau entre ces deux points, par exemple 18.
- Mesure de l'écartement des points de passage, de courbe d'une pente sur laquelle on ne se trouve pas. — On détermine, d’après le problème précédent, la différence de niveau entre deux points quelconques X et Y de cette pente et le point Z où l’on se trouve; soit, par exemple, 25 courbes entre le point Z et le point X, et 18 entre le point Z et le point Y. Il est évident qu’il y aura entre les points X et Y une différence de niveau de 25—18, c’est-à-dire 7 courbes, et si, en mesurant avec l’échelle-rapporteur la distance en millimètres qui existe sur le papier entre X et Y, on trouve, par exemple, 90 millimètres, les courbes seront espacées, sur cette pente, de 90/18, c’est-à-dire de 5 millimètres.
- (M.)
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- Rapport fait par M. A. Chevallier, au nom du comité des arts chimiques, sur
- un procédé de peinture sans essence imaginé par M. Dorange et présenté
- par MM. Lefebvre, rue Saint-Louis, 21. ( Extrait. )
- Messieurs, vous avez renvoyé au comité des arts chimiques l’examen d’un procédé de peinture de M. Dorange, présenté, au nom de MM. Lefebvre, entrepreneurs, à Paris, par M. Lourmand, chez lequel une application en a été faite. Ce procédé, qui exclut l’emploi de l’essence de térébenthine, offre un très-grand intérêt au point de vue de l’hygiène publique, puisqu’on peut, sans danger pour la santé, habiter immédiatement les lieux où il vient d’être mis en pratique ; votre comité a donc pensé qu’il méritait de fixer l'attention de la Société.
- On sait que l’emploi de l’essence de térébenthine dans la peinture est non-seulement nuisible aux ouvriers, mais encore et surtout aux personnes obligées d’habiter des appariements fraîchement peints, et chez lesquelles des accidents plus ou moins graves ont été produits par les seules émanations de cette essence. Si l’on recherche les observations qui ont été faites à ce sujet, on trouve :
- i° Que Pâtissier, dans son Traité des maladies des artisans, etc., 1822, dit, page 122, que « les couleurs à l’essence de térébenthine exhalent une odeur vive et pénétrante qui irrite les voies pulmonaires et gastriques ; » qu’en 1821, ayant visité un appartement où l’on peignait à l’essence , il fut affecté sur-le-champ par une toux sèche et pris de coliques qui se terminèrent par une diarrhée douloureuse.
- 2° Qu’en 1831 M. Corsin, médecin, à la Villette, fut atteint d’une maladie grave suivie de mort, pour avoir habité un appartement nouvellement peint.
- 3° Qu’en 1843 un élève en pharmacie, M. Journeil, a fait connaître les graves symptômes de maladie qu’il avait éprouvés pour avoir couché dans une chambre dont le papier avait reçu un vernis contenant de l’essence de térébenthine (1).
- A9 Que M. Bouchardat, s’étant livré, en 1845, à des expériences sur les
- (1) Le récit de M. Journeil a été inséré dans le Journal de chimie médicale {1843, p. 347
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- effets physiologiques de la vapeur d’essence de térébenthine, a établi que, chaque fois qu’il distillait cette essence sur de la brique et qu’il restait cinq ou six heures au laboratoire dans une atmosphère chargée de vapeurs, il ne ressentait d’abord qu’un peu de céphalalgie en conservant un pouls régulier et un appétit ordinaire, mais que, pendant la nuit qui suivait, des symptômes de maladie commençaient à se manifester. Ces symptômes consistaient en insomnie, agitation continue, chaleur de la peau, pulsations s’élevant de 65 à 86, difficulté d’émission de l’urine, qui possédait alors à un haut degré Codeur spéciale que lui communique la térébenthine ; le lendemain, une courbature excessive , accompagnée de pesanteur et de douleurs dans la région des reins succédait à cette agitation. Enfin un état de lassitude, de défaillance avec incapacité de travail persistait pendant deux ou trois jours. A trois reprises différentes, M. Bouchardat a répété les mêmes expériences, et, chaque fois, les mêmes phénomènes se sont reproduits en présentant des caractères identiques.
- En considérant que les peintres et vernisseurs, continuellement exposés aux vapeurs d’essence, n’éprouvent pas les incommodités qu’il a ressenties, et qu’en général ils ne sont pas affectés comme les personnes qui habitent des appartements fraîchement peints, M. Bouchardat en conclut que l’habitude seule a émoussé leur sensibilité.
- 5° Que M. Marchai de Calvi a fait connaître à l’Académie des sciences, en 1855 et en 1857, deux cas d’empoisonnement par les vapeurs d’essence de térébenthine. La première fois, il s’agissait d’une dame rapidement atteinte par les symptômes les plus alarmants pour avoir habité un appartement fraîchement peint, et qui n’a été sauvée, au bout d’un mois, que grâce à un traitement énergique. La seconde fois, les mêmes phénomènes se sont présentés chez une autre dame pour le seul fait d’avoir fait repeindre les portes et fenêtres de la chambre dans laquelle elle couchait; cette dame a dû être transportée immédiatement dans une autre maison, et ne s’est remise que longtemps après.
- 6° Qu’en 1856 M. Letellier faisait également connaître à l’Académie des sciences, dans la séance du i février, les accidents qu’il avait éprouvés, à trois reprises différentes, pour être resté dans une citerne remplie d’air atmosphérique chargé de vapeurs d’essence de térébenthine. Il avait été pris de vertige, avait éprouvé un peu de moiteur, des fourmillements aux poignets ; mais ces symptômes avaient disparu dès qu’il s’était retrouvé à l’air libre.
- Sans vouloir continuer ces citations, dont la liste pourrait être augmentée d’un grand nombre de cas analogues à ceux qui viennent d’être rapportés,
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- nous dirons, avec M. Marchai de Calvi, dont l’opinion est basée sur les recherches qu’il a entreprises,
- 1° Que la céruse est fixe dans la peinture dont elle forme la base, et qu’elle n’est pour rien dans les accidents qui peuvent résulter d’un séjour dans un appartement fraîchement peint ;
- 2° Que ces accidents sont dus aux vapeurs de térébenthine ;
- 3° Que. le danger est le même dans un appartement fraîchement peint, quel que soit le composé, blanc de plomb ou blanc de zinc, qui forme la base de la peinture ;
- 1° Qu’il y a danger d’empoisonnement par les vapeurs de térébenthine tant que la peinture n’est pas parfaitement sèche; que le plus sûr est de n'habiter un appartement peint que lorsque toute odeur d’essence a disparu.
- C’est pour remédier aux graves inconvénients qui viennent d’être signalés que M. Dorange a imaginé le procédé qu’exploitent aujourd’hui MM. Lefebvre. Nous avons expérimenté ce procédé, et nous allons maintenant vous rendre compte des résultats qu’il nous a été donné de constater.
- N’ayant point, à Paris, de local à notre disposition, nous avons été obligé d’installer MM. Lefebvre dans une petite pièce humide, sur les murs salpê-trés de laquelle l’eau s’était condensée. Cette circonstance nous avait fait craindre d’abord pour les résultats de l’expérience ; mais, hâtons-nous de le dire, l’épreuve n’a pas eu à en souffrir.
- On a commencé par faire un feu vif et continu dans la pièce, puis, après avoir épongé les murs, on les a grattés à vif. Cela fait, on a donné une première couche avec la peinture à l’huile sans essence.
- Cette première couche appliquée, on a procédé au bouchage des trous que présentaient les murs, puis on a donné une seconde couche, fait des encadrements et peint la cheminée et les boiseries.
- Tous ces travaux n’ont pas exigé plus de temps qu’à l’ordinaire, et la peinture nouvelle non-seulement a séché aussi promptement que la peinture à l’huile et à l’essence, mais encore elle s’est parfaitement conservée, malgré l’état des murs. Pendant toute la durée de l’expérience , votre rapporteur n’a pas quitté MM. Lefebvre. Facilement impressionné par l’essence de térébenthine, il n’a éprouvé, dans ces circonstances, aucune sensation désagréable ; aussi est-il convaincu que la nouvelle peinture peut être appliquée partout sans danger ni incommodité.
- MM. Lefebvre nous ont remis les certificats d’un grand nombre de personnes chez lesquelles ils ont employé le procédé de M; Dorange, certificats attestant les résultats les plus satisfaisants, ainsi que la facilité avec laquelle la nouvelle peinture s’est séchée sans déceler la moindre odeur. Sur notre
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- demande, ils nous ont déclaré que le prix de cette peinture n'est pas plus élevé que celui de la peinture à l’essence.
- De tout ce qui précède il résulte pour nous que la peinture dont se servent MM. Lefebvre, et dont la découverte est due à M. Dorange, est d'une application utile sous le rapport de l’hygiène publique, puisqu’elle peut être employée dans les appariements sans qu’il soit nécessaire de les abandonner pendant un certain temps et sans qu’on ait à craindre d’asphyxie ou d’empoisonnement. En conséquence, le rapporteur de votre comité des arts chimiques vous propose :
- 1° De remercier MM. Lefebvre de leur communication;
- %° D’ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin.
- Signé A. Chevallier, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 13 mars 1861.
- COMPOSITION ET MODE DE PRÉPARATION DE LA PEINTURE DE MM. LEFEBVRE DAPRÈS
- LES BREVETS DE M. DORANGE.
- Pour 1 kilogramme de peinture on prend :
- Blane de zinc........................... 494 grammes.
- Colle de Flandre......................... 15 —
- Eau..................................... 319 —
- Huile de lin.............................128 —
- Huile grasse ( lithargirée ).............. 7 —
- Potasse.................................. 12 —
- Siccatif zumatique de Barruel............ 17 —
- Vinaigre.................................. 8 —
- On fait dissoudre à chaud la colle de Flandre dans l’eau; quand la dissolution est opérée, on ajoute l’huile de lin et l’huile grasse, et on fait bouillir le tout pendant cinq minutes, en agitant constamment avec une spatule de bois ; on retire* ensuite du feu, on laisse refroidir à moitié, et on ajoute alors la potasse, le vinaigre et le siccatif zumatique en remuant continuellement pour favoriser le mélange. La préparation liquide terminée, on y incorpore enfin le blanc de zinc en faisant usage soit de la molette, soit d’un autre moyen mécanique, et c’est la peinture ainsi obtenue qu’on emploie sans faire intervenir l’essence de térébenthine. Son application donne un ton mat; mais, si on ajoute de l’huile de lin en plus grande quantité, la peinture n’est plus que demi-mate.
- Lorsqu’on veut avoir une peinture brillante, on a recours à la formule suivante, qui est aussi celle dont on se sert lorsqu’il s’agit de recouvrir des murs humides :
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- Blanc de zinc. .
- Colle de Flandre Caoutchouc.. . .
- Eau.............
- Huile de lin. . .
- Huile grasse. . .
- Litharge........
- Résine- arcanson
- On fait dissoudre le caoutchouc divisé dans une partie de l’huile de lin à l’aide d’une ébullition prolongée ; on ajoute ensuite à cette solution le reste de l’huile de lin, l’huile grasse lithargirée, puis la colle de Flandre dissoute dans de l’eau. Quand le mélange est fait, on le soumet à une ébullition de trois heures, et c’est alors qu’on y verse la résine pulvérisée et qu’on n’a plus qu’à broyer le blanc de zinc qui doit y être incorporé.
- 270 grammes. 3 —
- 13 —
- 125 —
- 560 —
- 5 —
- 5 —
- 19 —
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Rapport fait par M. Salvétat, au nom du Comité des arts chimiques, sur l'ouvrage de M. Koeppelin intitulé, Fabrication des tissus imprimés.
- M. Kœppelin a soumis à l’approbation de la Société le livre qu’il vient de publier sur la fabrication des tissus imprimés. L’opuscule dont nous avons l’honneur de vous rendre compte ne forme que la première partie d’un ouvrage plus complet que l’auteur se propose de faire paraître par publications successives.
- C’est une bonne fortune pour une industrie de rencontrer des hommes assez désintéressés pour livrer généreusement au public le résultat de leurs travaux, le fruit de leurs veilles. Chaque période de quelques années voit, en effet, se produire des perfectionnements qui n’arrivent jamais trop tôt à la connaissance du plus grand nombre. S’il n’est pas possible de blâmer les fabricants lorsqu’ils conservent précieusement les secrets de leurs procédés, puisque les perfectionnements qu’ils ont découverts leur assurent des avantages sur des concurrents habiles et font leur richesse, il n’en est que plus convenable de faire l’éloge de ces praticiens dévoués aux sciences appliquées, qui se croiraient coupables en laissant perdre des documents achetés par une longue expérience. Votre Société remplit un devoir en les encourageant.
- Sept années d’études industrielles passées dans le vaste établissement de Wesserling, une année tout entière consacrée à visiter les plus importantes fabriques de l’Europe, quinze autres années employées à diriger plusieurs
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- établissements considérables, tant en France qu’en Allemagne et en Russie, telle est la garantie d’exactitude offerte au lecteur par M. Kceppelin; elle peut et doit inspirer toute confiance.
- L’auteur a voulu conserver à son livre son caractère essentiellement pratique : il est écrit en style concis et clair; la première partie, la seule imprimée jusqu’ici, traite des opérations à la fois nombreuses et délicates de la fabrication des foulards et des tissus de soie imprimés. Elle comprend quinze chapitres distincts, où sont réunies tour à tour, avec des spécimens réunis à la suite du texte, des recettes importantes sur différents genres, parmi lesquels on remarque les genres vapeurs, les genres garances, les genres dérivés de la cochenille, de la murexide, de l’aniline ( violet ), de l’orseille (pourpre française).
- Votre Comité des arts chimiques ne peut qu'engager l’auteur à poursuivre la publication qu'il a commencée ; il exprime un seul regret, toutefois, c’est qu’il ait cru devoir réserver pour la dernière partie de son livre l’étude des matières tinctoriales, qui, logiquement, aurait dû précéder l’exposé des dosages dans lesquels leur emploi se répète souvent. L’impression des tissus de coton, de laine, et de laine et de coton mélangés, c’est-à-dire l’impression des indiennes, des jaconas et des mousselines, celle des mousselines de laine et des mousselines de laine chaîne coton, intéresse tout autant que l’impression des soies; elle s’applique à la consommation la plus générale. Les documents que M. Kceppelin promet ne peuvent manquer d’être accueillis avec intérêt par tous les manufacturiers qui s’occupent de ces industries.
- Votre Comité des arts chimiques a l’honneur de vous proposer, Messieurs, de remercier M. Kœppelin du don de son ouvrage, et de voter l’impression du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé Salvétat, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 27 février 1861.
- ARTS MÉCANIQUES.
- EXTRAIT D’UNE NOTICE THÉORIQUE ET PRATIQUE SUR l’iNJECTEUR AUTOMOTEUR
- PAR M. GIFFARD (1) ;
- PAR M. COMBES, INSPECTEUR GÉNÉRAL, DIRECTEUR DE L’ÉCOLE DES MINES.
- M. Gifïard a publié lui-même, sur le remarquable appareil dont il est l’inventeur, une notice dont il nous a paru utile de donner un extrait.
- (1) Paris, chez H. Flaud, rue Jean-Goujon, 27 ( 1860 ).
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- Lesfig. 1,2, 3., 4 et 5.de la.pL. 221, qui représentent i’injeeteur, sont empruntées à la publication de M. Gifford-. 11 donne le nom de tuyère au tube ou ajutage conique cc par lequel sort la vapeur émise par la chaudière, et dans l’intérieur duquel peut s’enfoncer plus oü'moins profondément l’aiguille e, terminée par un cône piein. La tuyère peut être elle-même plus ou moins engagéé dans l’intérieur de la cheminée bb, par l’orifice de.laquelle jaillit, dans un espace communiquant avec l’atmosphère, la veine formée-du mélange d’eau liquide amenée par le tuyau H et de la vapeur condensée complètement ou’en partie. Aune petite distance, cette veine est reçue dans l’ajutage divergent aa", légèrement évasé à sa partie antérieure de a en a. La cheminée et l’ajutage sont entourés d’une enveloppe cylindrique percée de quelques ouvertures/?; l’excès.de vapeur et l’eau qui rejaillit, soit lors de la mise en train, soit accidentellement-, sont Feçus dans cette enveloppe et évacués par le tuyau dit de trop-plein o.
- M est la soupape de retenue qui prévient l’issue de la vapeur ou de l’eau de la chaudière, pendant que l’appareil ne fonctionne pas.
- Les proportions données par l’auteur, pour les diverses parties de l’appareil, sont les suivantes :
- Ajutage divergent.
- Le diamètre de la section minimum en a étant représenté par.......................... 1
- La longueur de la partie divergente de a en a" est :
- Pour la-basse pression i environ........................................ 20
- Pour la haute et la moyenne pression............................... .... 30
- Le vide intérieur de l’ajutage divergent est une surface de révolution dont la génératrice est un are de-cercle tournant sa convexité vers l’axe, dont le centre est situé sur le prolongement d-un diamètre de la section a et dont le rayon est égal :
- Pour la basse pression à environ.. ........................................-. 200
- Pour la moyenne et haute pression à. . ....................................300
- 11 en résulte que l’inclinaison de la tangente à la génératrice sur l’axe de l’ajutage est nulle en a et égale respectivement à 6 ou 4 degrés, à l’autre extrémité du tube, suivant que l’appareil est construit pour la basse, ou pour la moyenne et la haute pression, et que le diamètre intérieur de l’ajutage divergent au gros bout est à peu près
- égal à......................................................................... 3
- L’évasement intérieur de l’ajutage de a en a' a pour génératrice un arc de cercle dont le centre est sur le prolongement d’un diamètre de la section transversale minima et
- dont le rayon est égal à...................................................... 7 ou 8
- Le diamètre du tube à l’extrémité de l’évasement est..............................1,8 à 2
- L’intervalle compris entre la cheminée et l’ajutage, dans lequel la veine liquide est soumise à la pression atmosphérique, est..........................................1,9 à 2
- Cheminée.
- Le vide intérieur est formé.par doux troncs de cônes dont les génératrices sont raccordées entre elles par un arc circulaire. Le-second tronc-de cône s’épanouit dans la chambre où arrive l’eau d’alimentâtion par un évasement dont la génératrice est un arc de cercle.
- Tome VIII. — 00e année. 2e série. — Avril 1861.
- 28
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- ARTS MECANIQUES.
- 218
- Diamètre intérieur de l’orifice de la cheminée. . . .................... 1,3
- Épaisseur de la paroi............................. ................... 0,25 à 0,35
- L’arête extérieure est arrondie.
- Demi-angle au centre du premier tronc de cône. ................................2° 3'
- Diamètre intérieur de la grande base du premier tronc de cône ou de la petite base du deuxième.
- Basse pression jusqu’à 3,5 atmos.. . 1,8 Moyenne et haute pression jusqu’à
- 10 atmosphères............ 2,2
- Au-dessus de 10 atmosphères.... 2,5
- ( Basse pression.................. 6
- 10
- Longueur du premier tronc. .............< Moyenne et haute pression._____________
- ( Très-haute pression.............14
- Demi-angle au centre du deuxième tronc de cône. .................. 7° à 7 1/2°
- Longueur de ce tronc de cône................................................. 4
- Diamètre du tronc à l’endroit où il s’épanouit circulairement................2,8 à 3,5
- Rayon de l’arc de cercle d’évasement......................................... 3
- Le raccordement entre les génératrices des deux troncs de cônes est opéré par un arc de cercle d’un rayon égal à.............................................. 30 ou 40
- Tuyère.
- Le vide intérieur de la tuyère et la paroi extérieure sont des troncs de cônes évasés près du point où la tuyère est vissée sur le conduit cylindrique qu’elle termine.
- Le demi-angle au centre de la paroi extérieure de la tuyère est exactement le
- même que celui du deuxième tronc de cône de la cheminée........................7* à 7° 1/2
- Le demi-angle au centre du vide tronc conique intérieur et de la pointe de l’aiguille e. 5° 1/2 à 6°
- Diamètre intérieur de l'orifice i Pour la basse pression.......................... 1,4
- de la tuyère. j Moyenne et haute pression......................... 1,3
- Diamètre extérieur de la tuyère « Basse pression.................................... 1,7
- à l’orifice. { Moyenne et haute................................. 1,8
- Piston ou conduit cylindrique terminé par la tuyère. i Pour appareils jusqu’à 3 millimètres de diamètre de la sec-
- J tion minimum de l’ajutage................................4,8
- Diamètre intérieur. \ Idem de 4 à 6 millimètres de la même section.............4,5
- J Idem de 7 à 10..........................................4,2
- [ Au-dessus de 10. . . ...................................4
- Aiguille.
- Le demi-angle au centre de l’aiguille est de 5° 1/2 à 6°, le même que celui du vide intérieur de la tuyère.
- Diamètre maximum du renflement qui ferme la tuyère :
- Pour appareils jusqu’à 3 millimètres d’entrée d’eau...........................2,6
- Idem de 4 à 6 millimètres.......................................».............2,4
- Idem de 7 à 10........................................................... 2,2
- Idem au-dessus de 10..........................................................2
- La pointe du cône de l’aiguille est enlevée sur une longueur de...................... 1 à 1,5
- et remplacée par une partie arrondie.
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- ARTS MÉCANIQUES. 219
- Course totale de l’aiguille, depuis la fermeture de la tuyère jusqu’à la rentrée suffisante de la pointe dans l’intérieur.........................................9 à 10
- La longueur du pas de la vis est réglée de sorte que l’ouverture entière se fasse en trois tours de manivelle.
- La section totale des petits trous par lesquels la vapeur s’introduit dans l’intérieur du cylindre doit être environ 20 fois celle de la tuyère.
- La largeur de l’espace annulaire compris à la hauteur des trous, entre la paroi externe du piston et la douille qui l’enveloppe, sera d’environ..............1,5
- Voici, d’après M. Giffard, ce que fournit l’injecteur par heure et par millimètre carré de la section minimum de l'ajutage divergent ou de l’entrée, quand l’appareil est aux environs du maximum :
- Pression delà vapeur |
- en atmosphères < 1 at. 1/4, 1 1/2, 2, 2,5, 3, 4, 5, 6, 7,
- dansla chaudière. (
- Quantité d’eau. . . 18 lit., 26, 36, 44, 50, 62, 72, 80, 88,
- Le débit, aux environs du maximum, est donné par la formule
- E 28d2 \/n,
- dans laquelle d est le diamètre de l’entrée ou section minimum de l’ajutage en millimètres, et n la pression de la vapeur en atmosphères. E est exprimé en litres par heure.
- M. Giffard recommande de donner aux tuyaux d’arrivée de vapeur, de refoulement de l’eau et de trop-plein des diamètres beaucoup plus grands que ceux de la tuyère et de l’entrée de l’ajutage; aux soupapes de retenue, un diamètre encore plus grand, etc. Il décrit ensuite la manière de manœuvrer l’appareil. Quand il ne fonctionne pas, le robinet de vapeur doit être fermé et l’aiguille descendue presque au fond de la tuyère; dans ce cas, il est inutile de la fermer entièrement, d’autant plus qu’à la longue le frottement de sa pointe pourrait user et élargir l’orifice de sortie de la vapeur. A haute pression, la section qui doit être ouverte pour la mise en train ne doit pas excéder 1/4 ou 1/5 de l’ouverture entière; à basse pression, elle peut en être la moitié. Dans cet état, pour mettre l’injecteur en marche, on ouvre entièrement le robinet d’admission ; la vapeur qui s’échappe par la section rétrécie de la tuyère fait le vide dans le tuyau d’aspiration de l’eau, et il faut attendre que celle-ci soit arrivée avant d’ouvrir entièrement la tuyère, en retirant l’aiguille. Le temps nécessaire pour cela dépend de la longueur, de la hauteur et du volume du tuyau d’aspiration. Dans les meilleures circonstances, avec la bâche en dessous et très-rapprochée et dans l’application aux machines locomotives, il est très-court et n’atteint pas une seconde.
- Il est nécessaire, en outre, pour que l’appareil fonctionne bien, que l’espace annulaire par lequel l’eau arrive entre la paroi extérieure de la tuyère et le vide intérieur de la cheminée soit convenablement réglé. Si cet espace était trop grand, il arriverait une trop grande quantité d’eau qui, après avoir rejailli autour de l’entrée, s écoulerait par le trop-plein; il faudrait alors rétrécir le passage en enfonçant davan-
- 8, 9, 10
- 95, 102, 108
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-
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-
- Î20 ARTS MÉCANIQUES.
- tage la tuyère dans la cheminée au moyen de la vis latérale f. Si, au contraire, le passage était trop rétréci, et qu’il ne pût arriver assez’d’eau pour opérer la condensation, de la vapeur, que l’on verrait s’échapper par les orifices k et le tuyau de trop-plein, on devra immédiatement diminuer l’affluence de la vapeur, soit en fermant le robinet qui lui livre passage, soit en enfonçant l’aiguille dans la tuyère; puis on augmentera la section du passage annulaire, en retirant la tuyère de l’intérieur de la cheminée au moyen de la vis latérale, après quoi l’on mettra en train, en procédant comme il a été dit précédemment.
- En marche, on reconnaît qu’il faut augmenter ou diminuer la section de passage de l’eau alimentaire, suivant que l’eau qui rejaillit autour de l’orifice et s’écoule par le trop-plein est ou n’es! pas mêlée de vapeur. Quand l’appareil est bien réglé, la totalité du jet sortant de la tuyère est reçue dans l’ajutage, sans qu’il y ait rejaillissement.
- Après avoir donné, sur les meilleures dispositions à prendre dans les divers cas et pour les chaudières de divers genres, des détails que nous ne reproduirons pas, l’auteur expose la théorie de son appareil.
- n désignant la pression effective exprimée en atmosphères de la vapeur dans l’intérieur de la chaudière, D le poids du mètre cube d’eau, H la hauteur d’une colonne qui
- exercerait sur sa base une pression égale à celle de la vapeur, on a H — ; il
- suffirait, abstraction faite des résistances passives, pour que le jet d’eau, dont le poids spécifique est supposé égal à D, pénétrât dans la chaudière, qu’il fût animé d’une vitesse v' égale à ! mais, à cause des frottements et résistances de toute espèce,
- des dépressions, du poids des soupapes de retenue, des différences de niveau et surtout de l’abaissement de densité de la veine liquide et de la réduction de la fnasse de vapeur sortant par l’orifice de la tuyère, il convient que ce jet ait un excès très-notable de vitesse, de façon qu’il soit capable de s’élever dans le vide à une hauteur H' égale à-IPX K, K désignant un coefficient supérieur à l’unité, et qui, suivant M. Giffard, doit être compris entre. 1,7 et 2. Si l’on avait H’ < 1,7H ou >» 2H, il y aurait à craindre, dans le premier cas, l’insuffisance de la force vive de la veine, qui rejaillirait et ne pénétrerait pas dans l’ajutage, et, dans le second, que la veine ne fût trop échauffée et la vapeur imparfaitement condensée. M. Giffard admet donc que la vitesse v du jet doit être égale à v/%HK = v' \/% K étant intermédiaire entre 1,7 et 2.
- Si l’on désigne par J le poids spécifique de la vapeur à la pression de n atmosphères, et si l’on admet que la vapeur sorte par la tuyère en conservant sa densité, elle sera
- animée d’une vitesse Y égale à \ 2<? X —j—? et, en représentant par S l’aire de
- l’orifice de la tuyère, le poids de vapeur sorti dans l’unité de temps sera SJV. M désignant la masse de l’eau entraînée dans l’unité de temps, et m la masse de vapeur débitée, que l’on suppose tout entière condensée et mêlée à l’eau, le principe de la conservation des quantités de mouvement fournit la relation
- mV = (m-f- M)t>,
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-
-
- ARTS MÉCANIQUES.
- d’où
- V — v'
- N/Kzz
- m
- m + M
- y.
- Le rapport des masses m et m-f-M peut être remplacé par le rapport des poids. Or ie poids de la vapeur est SLV. Appelant s la section du jet liquide dans lequel la vapeur est condensée, ou la section de l’entrée du tube divergent, si l’on suppose la densité du jet égale à celle de Peau, on a :
- par conséquent
- d’ailleurs
- donc
- m 4- M — sD«,
- m ______ SJ'
- m -h M «Do ’
- m _____ v #
- m -r M V ’
- v _ SJV S _ Da* Y “ sDv 6 s “ JY2’
- ou, remplaçant u2 par sa valeur ü'2K,
- D’autre part, donc
- S _ Dr'2K
- « ” JV2 ‘
- W* — J'Y2 ;
- s
- L’orifice de la tuyère doit donc toujours être plus grand que l’entrée de l’ajutage divergent.
- La cheminée, dit M. Giffard, est la partie de l’appareil qui a dû être principalement déterminée par l’expérience. Théoriquement, le diamètre de son orifice devrait être le même que celui de l’entrée ou section rétrécie de l’ajutage, avec laquelle elle pourrait se confondre, sans solution de continuité. Dans ce cas, la projection de Peau, quoique inaperçue, et son introduction dans la chaudière, n’en auraient pas moins lieu; mais, afin de faciliter la mise en marche et d’obtenir une stabilité de fonctions plus assurée, on a établi une solution de continuité et il a fallu donner à l’orifice de la cheminée un excès de grandeur, pour qu’elle pût donner issue au jet liquide et en même temps à une certaine quantité d’air ou de vapeur non condensée. Au maximum du débit, la veine liquide n’occupe qu’une partie de ce passage, et, lorsqu’il est aux environs du minimum, sa section n’est pas seulement moindre que l’orifice de la cheminée, mais plus petite encore que l’entrée de l’ajutage; elle est alors animée
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-
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- m
- AETS MÉCANIQUES.
- d’une force vive en excès, c’est-à-dire plus grande que celle qui suffirait pour la faire pénétrer dans la chaudière. L’auteur a trouvé par expérience que la dimension 1,3 était la plus convenable pour l’orifice de la cheminée, qui est ainsi le même, ou à peu près le même que celui de la tuyère.
- Quant à la température du jet, elle dépend de celle de l’eau froide et des proportions d’eau froide et de vapeur condensée qu’il renferme. Appelant t la température de l’eau froide, P le poids entraîné dans l’unité de temps, p le poids correspondant de vapeur et if la température du jet, M. Giffard observe que la quantité de chaleur contenue dans 1 kilogramme de vapeur saturée à la température T qui existe dans la chaudière est, d’après les expériences de M. Régnault, exprimée en calories par la formule
- L = 606,5 4- 0,305T.
- Mais il suppose que la vapeur ne peut communiquer au mélange que la quantité de chaleur qu’elle conserverait, après, s’être dilatée jusqu’à la pression atmosphérique, sa température étant alors réduite à 100 degrés. Chaque kilogramme de vapeur apporterait alors dans le mélange :
- 606,5 -}- 30,5 = 637 unités de chaleur, et la température en supposant que la totalité de la vapeur soit condensée, serait donnée par l’équation :
- d’où
- ou bien en remplaçant
- (P + |j]t' = PXf+|)X 637,
- p
- P + p
- t' = t -h ^ ( 637 — t ).
- Comme la température t' du jet liquide qui traverse l’atmosphère ne peut pas dépasser 100 degrés, on a pour limite supérieure de la température t à laquelle il soit possible de prendre l’eau alimentaire
- 100 — 637 ^ .
- le rapport
- 1 —
- * _t>' v/k V--V—
- v
- V
- ^exprimant le poids spécifique de la vapeur à la pression de la chaudière et D la densité de l’eau.
- Ceci suppose que la vapeur, au moment où elle franchit l’orifice de la tuyère, a
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- ARTS MÉCAMOtÉS.
- conservé la densité qu’elle avait dans la chaudière, et qu’elle est entièrement condensée dans le jet qui serait homogène et entièrement liquide. Mais le défaut de limpidité du jet suffît pour montrer que cette dernière hypothèse n’est point exacte. M. Giffard, en mesurant le poids de l’eau aspirée et le poids de l’eau injectée dans un temps donné, en a conclu par différence le poids de la vapeur qui a déterminé l’entraînement. Nous regrettons qu’il n’ait pas décrit ses expériences en détail ; mais le résultat qu’il annonce consiste en ce que la densité du jet ne serait qu’environ les 60 à 66 centièmes de celle de l’eau, et que le poids de la vapeur ne serait aussi, du moins aux pressions ordinaires, que les 60 centièmes du poids calculé en multipliant l’orifice S de la tuyère par le poids spécifique S de la vapeur saturée à la pression de la chaudière et par la vitesse V que donne la formule
- V = |/2g X 10330»
- Il faut donc que la vapeur se soit détendue dans l’intérieur de l’appareil, avant de franchir l’orifice de la tuyère, et, dans ce cas, elle était animée d’une vitesse plus
- grande que y
- r2g X 330«
- Il est intéressant d’apprécier l’influence que la diminution d’intensité de la vapeur émise par la tuyère et du jet formé par l’eau et la vapeur mélangées exerce sur les résultats. C’est ce qui peut être fait, au moins d’une manière approximative, par un calcul que M. Giffard n’a pas effectué et que nous présenterons ici.
- Désignons par P la pression de la vapeur dans la chaudière, cf étant le poids spécifique correspondant. Soit ^ le poids spécifique du jet de vapeur qui franchit l’orifice de la tuyère et qui sera une certaine fraction de <f. On doit admettre que la vapeur s’est détendue de la densité jusqu’à la densité ^ dans l’intérieur de l’appareil, avant d’arriver à la tuyère. La pression aura diminué dans le même sens que la densité. Si nous supposons qu’elle ait varié proportionnellement, comme pour un gaz permanent maintenu à une température constante pendant l’expansion, le travail moteur dû à la détente de la quantité de vapeur qui sort, dans l’unité de temps, par l’orifice de la tuyère, sera exprimé par ce volume multiplié par la pression P, et par
- P <f
- le logarithme hyperbolique du rapport — ou du rapport — qui est à peu près égal
- P| «i
- au premier. Désignant donc par 6 la section droite de la partie de l’appareil où la détente a été réalisée dans la limite indiquée, par u la vitesse avec laquelle la vapeur à la densité «f, traverse celte section, cette vitesse u sera donnée par l’équation
- d’où
- y‘XY = 6mPi 1oS- hyp- jr-
- M2 P.
- T =* JT
- A
- ô- = 9 -T l°S- hyp- — = 9 J log. hyp. J-
- (1)
- Si nous appelons Vt la vitesse avec laquelle la vapeur qui conserve désormais la dem
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-
-
-
- tu
- ARTS MÉCANIQUES.
- sité ^ franchit l’orifice S de la tuyère et par -r la pression atmosphérique qui s’exerce sur cet orifice, nous aurons l’équation :
- puisque
- (2)
- Ajoutant les équations (1) et (2) membre à membre, nous avons
- «T
- V42_ g 2
- | [ (P log. hyp. ^ + P 1 pJ]
- et finalement
- ('og-hTP^ + i-^).
- Le poids de vapeur écoulé dans l’unité de temps est exprimé par SV,/,.
- Si nous représentons par D, la densité du jet formé par le mélange de l’eau liquide et de la vapeur partiellement condensée, par <p le poids d’eau qui entre dans le mélange et est entraîné par le poids de vapeur SV,/,, par v, la vitesse du jet qui traverse l’atmosphère, à la sortie de la cheminée, nous aurons l’équation :
- SV,/,XV,=[ SV,/, + *)«,.
- D’un autre côté, s étant l’aire de l’orifice de l’entrée de l’ajutage, on a :
- SV, «T, 4- <p = sr,D,,
- donc
- S/,V,2 = sD,c,a.
- Mais la vitesse avec laquelle une colonne liquide de densité D, jaillirait par l’orifice s de l’ajutage sous la pression de la chaudière est égale à
- et l’on doit avoir
- y
- »,* = K x
- /%J (P — rr)
- Di
- 2/7 ( P — 7T
- K étant ce coefficient que M. Gitfard considère comme devant être pris égal à 1,7 ou 2, pour assurer la pénétration complète du jet, eu égard aux résistances passives de toute nature et autres causes de déperdition de force vive qu’éprouve la colonne de liquide lancée dans l’ajutage avant de pénétrer dans la chaudière.
- Portant cette valeur de vt dans l’équation (a), il vient :
- SV,«T, X V, = (SV,«T, + <p) V
- /2gK ( P
- D.
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-
-
-
- ARTS MÉCANIQUES
- équation qui nous donne le poids d’eau ? alimentaire introduite dans l’unité de temps; on a:
- sjyvy i/d;
- — sv,,
- (A)
- l/ 2</K (P — t
- 5 désignant Taire de l’entrée de l’ajutage que la veine liquide traverse avec la vitesse vit on a nécessairement
- SVtD, rr SV^ H- $,
- donc
- SVA = m.D, -j/!£LL^_Ü - ,
- S _ «i2Di _ ____2ffK (P — t )__
- VA
- 2j^(log. hyp--jH-1 - •£;)
- ce qui revient à
- T=Kx4x
- P —
- p(log. hyp.-j-+ !--£•)
- équation qui, lorsqu’on y fait <f =: Ji, P “ P, se réduit à — = K, comme cela de-vait être.
- Exemple : Soit une chaudière contenant de la vapeur à une pression de 8 atmosphères, auquel cas on a :
- P = 10.330 X 8 = S2.640\ -rr= 10.330k, <T=3S94.
- Si nous supposons que la vapeur franchisse l’orifice de la tuyère sans avoir éprouvé d’expansion, nous aurons :
- ir -, /2g X 10.330X7 *nA ,, ,
- V = T/ 0 ».—= 600 métrés par seconde.
- r 3,94
- Le poids de vapeur dépensé dans l’unité de temps sera :
- S X V X <f = S X 600 X 3,94 — SX 2.364 kilog.
- g
- Le rapport — de l’orifice de la tuyère à celui de l’entrée devra être égal au coeffi-
- S
- eient K.
- La vapeur étant supposée entièrement condensée dans le mélange, et le poids spécifique du liquide constituant la veine lancée de l’orifice de la cheminée dans l’ajutage égal à 1.000 kil., le rapport maximum du poids d’eau entraîné au poids des la vapeur dépensée dans l’unité de temps sera donné par l’équation (À), d’où Ton tire :
- ? v. y/p;
- SV A v2jK(P- *)’
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- 226
- ARTS MÉCANIQUES.
- en y faisant : '
- V, = V = 600 mètres ; = J- = 3,94 ; D, = D = 1.000 ;
- observant d’ailleurs que ___________
- V, = V = 1/5HE3; la relation précédente se réduit à :
- ® _ ,/DT < _ t/OÔÔ" 4 _ 15,93 4
- SVcf- v SK v 3,94 K [/üC 1
- Comme K est nécessairement supérieur à l’unité, la limite supérieure du rapport du poids de l’eau entraînée à celui de la vapeur qui est d’ailleurs restituée à la chaudière, est ici 15,93 — 1 = 14,93 ou 15 en nombres entiers. Si l’on prend, avec
- 15 93
- M. Giffard, K = 1,7, cette limite supérieure s’abaisse à --------1 = 11,25, soit 11
- 1,0
- en nombres entiers.
- Si l’on appelle / la température de l’eau d’alimentation, T la température du mélange dans lequel nous admettons, avec M. Giffard, que chaque kilogramme de vapeur apporte 637 unités de chaleur, on aura entre les températures T et t la relation
- 12,25 X T = 637 + 11,25/,
- et, comme T doit rester assez notablement inférieur à 100 degrés, il faudra que la température t de l’eau d’alimentation soit notablement au-dessous de
- 1225 — 637 11,25
- = 52 degrés.
- Admettons maintenant que , conformément au résultat annoncé par M. Giffard , la vapeur franchisse l’orifice de la tuyère à une densité qui soit égale à 0,60<f, et que la densité Dx du jet soit les 0,66 de celle de l’eau liquide, que son poids spécifique soit en conséquence de 660 kil. au lieu de 1.000 kil., la vitesse de la vapeur sera alors déterminée par l’équation :
- v,= (iog-hïP-7i + 1-fj).
- où il faut faire
- enfin
- P —
- 10.330 X 8, «T= 3,94, =
- S _ 100 _ 5 <Tt ~ 60 “ 3’ P, = 0,60P = 6.198 X 8 et
- 0,6 X 3,94 =2.364
- w = 10.330 ;
- g = 9,8088.
- Le calcul numérique effectué donne Yt = 652 mètres par seconde.
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-
- ARTS MÉCANIQUES.
- 227
- Le poids de vapeur dépensé dans l’unité de temps sera exprimé par SV^ = S X 652 X 2,364 = S X 1-541 kilog.
- Le rapport des orifices de la tuyère et de l’entrée de l’ajutage doit être ici
- S ___ S P - TT
- p(ios-hyp-4,+1-F;)
- et, en passant aux nombres,
- ®=KXgX 8
- 1,12 X K.
- est :
- (log. hyp.g+l-^-g.)
- Enfin le rapport G _? - du poids d’eau entraîné à celui de la vapeur dépensée
- &vi«i
- V1 l/D] , 652 1/660
- V/2ÿK ( P - 7T
- 1/2g X 7 X 10-330 \/K
- _ ____i __ i*,og _ i
- \/K
- La quantité d’eau entraînée par chaque kilogramme de vapeur est donc ici moins grande que dans la première hypothèse, et est tout au plus égale à 13 fois le poids de vapeur.
- g
- On remarquera que la valeur —- = 1,7 prise par M. Giffard a été déterminée expérimentalement, et qu’elle se trouve en rapport avec la vitesse de la vapeur à l’issue de la tuyère et la constitution du jet formé non d’eau pure, mais d’un mélange d’eau, de vapeur non condensée et d’air. Au surplus, la valeur attribuée assez arbitrairement au coefficient K n’influe, en ce qui concerne les proportions des diverses parties
- g
- de l’injecteur, que sur le rapport — des orifices de la tuyère et de l’entrée ou section
- rétrécie de l’ajutage. Or la détermination de ce rapport n’a heureusement rien d’absolu et pourrait même varier entre des limites assez écartées, sans entraver les fonctions de l’appareil, ainsi que nous le montrerons plus loin.
- Tube divergent.
- « Lorsqu’une veine fluide, dit M. Giffard, s’introduit dans un cône divergent, le « mouvement du liquide peut s’éteindre de deux façons très-différentes, entre les-« quelles il y a une infinité d’états intermédiaires, suivant l’angle du tube, la vitesse « et la résistance appliquée au mouvement, qui peut tout aussi bien être positive que « négative, quoique dans le cas actuel elle doive toujours être considérée comme « positive. Si l’angle est très-ouvert et le passage du fluide très-rapide, comme dans
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- 228
- ARTS MÉCANIQUES,
- « la figure ci-contre, les parois « n’auronTTpour ainsi dire, au-« cunejnnfluence ; le jet s'écoute lera et s’éteindra sans effet « utile, comme dans un milieu « indéfini; la force vive sera « anéantie par tourbillonne-« ments, remous, mouvements « moléculaires de toute espèce, « et la somme de tous ces petits « tournoiements représentera la « presque totalité de la force vive primitive ; en un mot, il y aura eu seulement « conservation de quantité de mouvement et non pas transformation de force vive « en travail.
- « Lorsque, au contraire, l’angle du tube est petit, comme dans cette autre figure, et
- « comme dans l’application à l’injecteur, les choses se passent tout différemment : <c chaque tranche de la veine a, pour ainsi dire, le temps de s’accroître en section et de « venir glisser contre la paroi et non contre une masse fluide, comme dans le premier « cas; ce n’est plus qu’un simple frottement de fluide contre solide; il faut considérer « chaque tranche liquide comprise entre deux sections différentes, comme sollicitée <c par la tension acquise à s’accroître en dimensions transversales, en perdant inver-« sement le degré de vitesse correspondant. Or, en vertu de la force d’inertie, un « corps quelconque ne pouvant être ralenti sans déterminer antérieurement ou pos-« térieurement contre l’obstacle qui l’arrête un effort d’impulsion ou de traction, il « s’ensuit que chaque élément transversal de la veine détermine successivement et « sans choc contre l’élément antérieur une espèce de propulsion, et la somme de «< tous ces effets ajoutés les uns aux autres dans toute la longueur du tube est préci-« sèment égale ou supérieure à l’effort de la pression intérieure contre la section « d’entrée. »
- Les idées exprimées dans ce passage textuellement emprunté à la notice de M. Gif-fard sont parfaitement justes. Quelques développements et l’emploi du langage algébrique leur donneront peut-être un degré de précision et de netteté.
- Lorsqu’un fluide circule dans un tube conique convergent ou divergent sous un assez petit angle, dont la grandeur dépend peut-être de la nature du fluide et des pa-
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- %<%)
- rois, il ne se manifeste sur aucun point des tournoiements ou remous. Les particules fluides se succèdent dans des trajectoires de forme invariable, constituant ainsi des filets permanents. Le filet axial ou central est rigoureusement rectiligne; les autres sont très-légèrement infléchis suivant des courbes d’autant plus marquées qu’ils s’éloignent davantage de l’axe et se rapprochent plus des parois; mais, pour toutes, le rayon de courbure est toujours très-grand et toutes les tangentes presque parallèles au filet central qui suit l’axe du tube. Enfin , dans tous les filets, le mouvement de progression des particules fluides est de même sens. Il résulte de là que la pression du liquide dans toute l’étendue d’une même section normale à l’axe du tube doit être sensiblement uniforme, ou plus exactement ne doit varier qu’en raison de la pesanteur qui sollicite les particules fluides; car, s’il n’en était pas ainsi, les particules liquides, pressées par des forces inégales dirigées dans le plan normal à l’axe du tuyau, ne pourraient parcourir des trajectoires sensiblement parallèles à cet axe, ainsi que cela a réellement lieu. Cela posé, considérons un filet fluide quelconque. Soient a la section normale à ce filet qui se confond sensiblement avec la section normale à l’axe du tube; lia distance de cette section à une autre section fixe prise arbitrairement comme point de départ sur le même filet; p la pression rapportée à l’unité superficielle dans la section a; m la vitesse avec laquelle les particules liquides successives traversent la section a.
- Soient dl la distance infinitésimale qui sépare la section a de la section infiniment voisine faite dans le même filet fluide ; dp, du, les accroissements différentiels de la pression et de la vitesse des particules liquides en passant de la section a à la section consécutive séparée de la première par l’intervalle dl; -r le poids spécifique du fluide.
- La force ou pression qui sollicite la petite colonne ou tranche fluide dont le volume est adl dans le sens du mouvement est due à la pression p et est exprimée par le produit pa. La seconde base de cette même tranche supporte la pression p -f- dp dirigée en sens inverse de la première, et qui donne lieu à la force totale (p -f- dp)a dirigée en sens contraire du mouvement. Les deux sections infiniment rapprochées doivent être considérées comme égales, parce que, étant entre elles comme les carrés des dimensions linéaires, elles ne diffèrent que d’une quantité infiniment petite du deuxième ordre. La résultante des deux forces opposées qui sollicitent la tranche infinitésimale
- est donc — adp. La masse de cette tranche est si donc nous fajSOns abstraction
- 9
- des frottements latéraux que le filet fluide éprouve de la part des filets ambiants ou de la paroi à laquelle il peut être contigu, l’équation différentielle du mouvement de la tranche considérée est :
- — adp du
- Tradl dt1
- ou bien 9
- — 9dp du
- rrdl dt
- Sur quoi il faut faire attention que la différentielle dp est prise par rapport à la distance l
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-
- 230
- ARTS MÉCANIQUES.
- des deux bases de la franche considérée, c’est-à-dire qu’elle se rapporte à deux sections infiniment voisines faites dans le filet fluide à un instant déterminé, tandis que
- la différentielle du se rapporte à la petite masse liquide considérée au commencement et à la fin de l’intervalle du temps dt. Dans le mouvement permanent, la vitesse et la pression pour les particules fluides qui traversent une section fixe quelconque d’un filet restent invariablement les mêmes et sont indépendantes du temps. Donc, lorsque la tranche considérée aura parcouru un intervalle égal à son épaisseur dl, de sorte que sa base postérieure soit venue occuper la place de sa base antérieure, la pression sur cette base aura précisément varié de la quantité infiniment petite dp qui entre dans l’équation, et sa vitesse u aura varié de manière à devenir égale à celle qui existe constamment dans la section du filet situé à la distance l-\-dl de la section fixe prise pour point de départ; par conséquent, si nous prenons pour l’intervalle de temps dt celui que la tranche fluide emploie à parcourir son épaisseur dl, ce qui est
- exprimé algébriquement par l’équation dt = —, il suffira de porter cette valeur de dt
- dans l’équation (1), pour que les accroissements dp et du de la pression et de la vitesse correspondent à deux sections infiniment voisines faites au même instant dans un même filet fluide. La substitution nous donne
- gdp___udu
- 'jrdl dl
- En supprimant dans les deux membres le facteur dl, qui exprime l’intervalle infiniment petit et d’ailleurs arbitraire de deux sections consécutives il vient :
- — gdp — çr udu,
- où du et dp sont des différentielles indépendantes du temps et fonctions de la seule variable l. L’intégration définie nous donne :
- u 2 — « 2 — {Po—Pt)
- ui W0 --- >
- TT
- dans laquelle uQ et p0 sont la vitesse et la pression dans une section quelconque d’un filet liquide, ux et pt la vitesse et la pression dans une autre section du même filet séparée de la première par une distance finie.
- Si le tube conique divergent sous un petit angle est précédé d’une partie cylindrique où la vitesse soit uniforme pour tous les filets, l’uniformité des vitesses comme des pressions, dans une même section normale à Taxe, se maintiendra sensiblement dans toute l’étendue du tube conique, de sorte que l’hypothèse du parallélisme des tranches se trouvant à peu près réalisée, l’on pourrait appliquer au faisceau tout entier circulant dans le tube l’équation posée pour un simple filet liquide, abstraction faite, bien entendu, de l’influence du frottement contre les parois solides, et de l’adhérence du liquide pour lui-même. Toutes les circonstances qui peuvent justifier
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- ARTS MÉCANIQUES.
- 231
- les conséquences tirées de l’hypothèse du parallélisme des tranches se rencontrent dans la forme de l’ajutage adoptée par M. Giffard, qui se compose d’un tube conique divergent sous un petit angle précédé d’une partie évasée se raccordant avec lui par une partie de forme cylindrique, où la section est un minimum. Il considère cette section comme l’entrée de l’ajutage, et lui donne des dimensions égales à celles qu’il suppose au jet liquide traversant l’atmosphère, de façon que la pression dans la veine à ce passage soit égale à la pression atmosphérique.
- On voit sans peine que cette dernière condition n’est aucunement nécessaire. Pourvu que le cône convergent qui précède la section rétrécie soit évasé sous un angle assez petit, peu différent de celui du tube divergent, et présente une embouchure assez large pour recevoir en entier le jet liquide lancé par l’orifice de la cheminée, l’on pourra appliquer à la colonne liquide circulant dans l’ajutage entier l’équation : ; - :
- u* — w02 2 g
- T
- d’où l’on tire
- Pi =Po + £-g K2—O-
- Si nous désignons par A0 la section transversale du jet liquide dans l’atmosphère, ou, ce qui est la même chose, la section du tube conique convergent à l’endroit où ce jet y pénètre, p0 sera la pression atmosphérique, et u0 la vitesse du jet dans la section A0 par laquelle il s’engage dans le tube qui le reçoit; At désignant une section suivante du tube où la vitesse et la pression sont ui et p,, on aura, en considérant le jet comme entièrement liquide et incompressible :
- et par conséquent ,
- o >
- P,= Po +
- On voit que la pression p, est plus petite ou plus grande que la pression atmosphérique p0, suivant que la section At est plus petite ou plus grande que la section initiale A0 du jet liquide. Lors donc que ce jet entre dans la partie convergente de l’ajutage, la pression tombe au-dessous de celle de l’atmosphère, et diminue jusqu’à la section minimum du tube, augmente ensuite avec la section dans l’ajutage divergent jusqu’à l’extrémité de celui-ci. Elle doit alors avoir acquis une intensité suffisante pour soulever la soupape en surmontant la pression de la vapeur qui s’exerce de l’autre côté, à laquelle s’ajoute le poids ou la résistance propre de la soupape. Si P désigne la pression absolue dans la chaudière, il faudra, en négligeant cette dernière résistance, que la pression p, à l’extrémité de l’ajutage dont At représentera mianle-nant la section soit égale à P, ce qui donne
- "i,
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- Î32
- %
- P — Po
- y'2
- W» =
- 1 V
- Â?
- A 2 ’
- i A°
- Ai*
- En désignant par Y' la vitesse avec laquelle un liquide dont le poids spécifique se* rait égal à celui du jet jaillirait dans l'atmosphère sous la pression de la vapeur contenue dans la chaudière.
- En résumé, la pression dans la section rétrécie de l’ajutage n’est égale à celle de l’atmosphère qu’autant que cette section est précisément celle du jet liquide dans le trajet qu’il parcourt dans l’atmosphère même, entre sa sortie de la cheminée et son entrée dans l’ajutage. Il n’est pas nécessaire que cette égalité existe d’une manière absolue ; mais il importe que la section du rétrécissement ne soit pas plus grande que celle du jet libre ; dans ce cas, en effet, le jet ne remplirait pas la section de l’ajutage; une partie des filets s’infléchirait vraisemblablement à la rencontre de la masse liquide, de façon à rejaillir en arrière. Il est d’ailleurs utile qu’il n’y ait pas trop de différence entre la section du passage rétréci et celle du jet libre, afin d’éviter un allongement du parcours, un accroissement de vitesse et une dépression trop prononcée du liquide dans l’intérieur de l’ajutage.
- L’embouchure du tube en avant de la section rétrécie doit être évasée sous un petit angle, comme la partie divergente du tube.
- Il est naturel de donner à la grande base de l’embouchure une section égale à la section maximum du jet liquide, c'est-à-dire à l’orifice de la cheminée, un peu plus grande même, en prévision du cas où les axes du tube et de la cheminée ne seraient pas exactement sur le prolongement l’un de l’autre.
- M. Giffard donnant à la grande base de l’ajutage divergent un diamètre égal à trois fois à peu près celui de l'entrée ou section minimum, il en résulte que, lorsque le jet li-
- A 2 1
- quide dans l’atmosphère a une section simplement égale à celle de 1 'entrée, £- = - et
- A 8 8 9
- le dénominateur 1 — == -. Par cette seule cause, le coefficient K serait égal à -
- Ats y o
- et la vitesse w0 devrait être égale à la vitesse v’ due à la pression existante dans la
- chaudière multipliée par 1,06.
- Les conséquences pratiques des considérations précédentes se réduisent aux suivantes:
- Le jet liquide ou semi-liquide, entraîné par la vapeur émanée d’une chaudière, ne peut avoir une force vive suffisante pour surmonter la pression existante dans cette même chaudière et pour y pénétrer qu’autant que sa section transversale , dans l’atmosphère libre, est moindre que l’orifice d’émission de la vapeur.
- L’ajutage dans lequel arrive le jet doit avoir la forme d’un cône divergent sous un petit angle, précédé d’une embouchure évasée ou cône convergent aussi sous un petit angle, avec raccordement par une partie cylindrique. La section minima du tube, dans cette partie cylindrique, doit être tout au plus égale à la section minimum du
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- 233
- jet liquide à l’air libre, et par conséquent plus petite, dans tous les cas, que l’orifice d’émission de la vapeur.
- Il suffit que l’orifice de la partie évasée du tube soit égal à l’orifice d’émission de la vapeur, pour recevoir, dans tous les cas, la totalité du jet.
- L’orifice de la cheminée conique par laquelle sort le jet liquide doit être tout au plus égal à l’orifice d’émission de la vapeur.
- Au lieu d’être employé à l’alimentation de la chaudière, l’injecteur pourrait être installé de manière que le jet liquide sortant de la cheminée fût lancé dans une direction déterminée, ou même variable à volonté, si l’on s’était ménagé le moyen de faire pivoter l’appareil autour d’une sphère creuse, interposée sur le tuyau de conduite de la vapeur, et de mettre l’espace compris entre la tuyère et la cheminée en communication avec le réservoir d’eau froide par un tuyau flexible.
- KYl
- La vitesse du jet serait déterminée par l’équation v = jÿj V, V désignant celle
- de la vapeur à sa sortie de la tuyère, m et M les masses ou les poids respectifs de la vapeur et de l’eau entraînée. La hauteur verticale à laquelle arriverait le jet, abstraction faite de la résistance de l’air, serait :
- _ c* _ m2 Y2 h ~ 2g “ ( m -f- M )2 Tg
- y2 p — p
- Or —— est au moins égal à------------, c’est-à-dire à la hauteur d’une colonne de va-
- % *
- peur à la densité t qui existe dans la chaudière et qui exercerait sur sa base, en vertu de son poids, une pression égale à la pression effective P —p qui a lieu dans la chaudière. Appelant H cette hauteur, on a :
- h
- __ m2 „
- 2~g — ( m + M f
- Par exemple, si la pression absolue de la vapeur dans la chaudière est de 8 atmosphères,
- P —p — 10.330 X 7 = 72.310% * = 3,94 et II 18.353m.
- fît
- La vitesse v et la hauteur h seront d’autant plus grandes que le rapport ^ sera
- plus grand, c’est-à-dire qu’il y aura une moindre quantité d’eau ajoutée à la vapeur dans le mélange qui constitue le jet; mais cette quantité d’eau a un minimum déterminé par la condition que le jet puisse exister à l’état liquide, c’est-à-dire que la température soit au plus égale à 100°. t étant la température de l’eau froide, t' celle du Tome VIII. — 60e année. 2° série. — Avril 1861. 30
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- 234
- mélange d’eau et de vapeur condensée* on a, en admettant que chaque kilogramme de vapeur apporte 637 unités de chaleur dans le mélange :
- 637?» -P Mf — ( m -}- M ) t'>
- m
- m + M
- 637 -+- (l
- m
- M+ffl
- ;)' =
- t -f-
- m
- î»4-M
- 637 — t
- d’où L’on tire
- t' — t
- et comme t' doit être égal ou inférieur à 100, le rapport-------— est nécessairement
- tïi * | M
- 100 — t < 637 — <*
- Si l’on suppose t = 10 degrés, le second membre de cette inégalité est égal à
- ~ à très-peu près, c’est-à-dire que la vapeur doit entrer pour au plus en
- poids dans le mélange qui constitue le jet, dont l’eau doit former les 6 autres septièmes; en d’autres termes, la vapeur doit entraîner au moins 6 fois son poids d’eau pour que le jet subsiste à l’état liquide ; à cette limite on aurait
- . 1 _ 18353 Q_.
- h = H =: —--t— = 374 métrés.
- 49 49
- Si, la température de l’eau froide étant toujours supposée de 10°, on voulait limiter
- 1
- celle du jet à 55°, il faudrait que le poids de la vapeur entrât seulement pour — et la
- 14*
- vapeur, entraînant alors 13 fois son poids d’eau, formerait un jet capable d’atteindre
- 374
- la hauteur encore très-considérable de -7— = 93m,50.
- 4
- Au lieu d’un jet animé d’une très-grande vitesse, on peut se proposer d’employer l’impulsion de la vapeur pour l’élévation d’un volume d’eau considérable à une petite hauteur, et l’injecleur pourra être ainsi transformé, ainsi que l’observe M. Giffard, en un appareil d’épuisement très-souple., mais extrêmement défectueux, si l’on compare le travail mécanique représenté par l’élévation de l’eau au travail que développerait la vapeur convenablement appliquée dans une bonne machine.
- Lafig. 4 de la pl. 221 représente la disposition adoptée par M. Giffard pour l’appareil d’épuisement. Il se compose toujours d’un tube conique ou tuyère terminant le conduit qui amène la vapeur. La tuyère pénètre dans la partiejnférieure du tuyau ascensionnel qui est élargie, afin de laisser à l’eau afflaente par un tube latéral un passage annulaire assez grand. Le tuyau ascensionnel va se rétrécissant jusqu’à une petite hauteur
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- ÀilïS MÉCANIQUES.
- è35
- su-dessus de l’orifice de la tuyère, puis il s’évase en forme de tube conique divergent qui se raccorde avec une partie cylindrique recourbée pour déverser l’eau au niveau auquel on veut l’élever. Ici l’aiguille et tout le reste du système qui, dans l’injecteur, sert à régler les quantités de la vapeur émise et de l’eau entraînée sont supprimés. Le tube divergent prolonge, sans solution de continuité, la cheminée ou partie élargie où afflue l’eau à élever.
- Pour que l’émission de la vapeur par f orifice de la tuyère complètement ouvert détermine l'élévation de l’eau, dans Un appareil semblable, il est nécessaire d’établir entre l’aire S de l’orifice de là tuyère et la section s du passage rétréci du tuyau ascensionnel un rapport variable avec la pression delà vapeur dans la chaudière et qui diminue à mesure que celle-ei augmente.
- Voici quelles sont, d’après M. Giffard, lès valeurs cdrrésponèàntes de la pression
- g
- absolue de la vapeur ëxprimée en atmosphères et du rapport pour lesquelles l’issue de la vapeur doikre lieu à Un vide partiel et è une aspiration d’eau. Pour des va-
- g
- leurs un peu plus grandes du rapport —, la vapeur, ne trouvant pas une issue suffisante par la section rétrécie s, s’échapperait en partie par le tube latéral eh refoulant l’eau, au lieu de l’entraîner.
- 1 1/2, 2, 2 1/2, 3, 4, 5, 6, 7, 8,
- 0,83, 0,60, 0,50, 0,42, 0,36, 0,30, 0,25, 0,21, 0,18.
- Le maximum de puissance d’aspiration, au moment de la mise en train, a lieu lorsque les sections de la tuyère sont environ moitié des précédentesj il est environ de 2 mètres pour la pression de 1 atm. 1/2, va en croissant avec la pression, et atteint h à 5 mètres quand celle-ci est de 8 atmosphères. Au surplus, M. Giffard conseille d’installer les appareils, comme cela est indiqué dans la fig. 4, le plus près possible et à la hauteur ou même un peu au-dessous du niveau supérieur de l’eau à élever..
- g
- Le rapport — une fois déterminé, il indique les dimensions suivantes comme étant les plus convenables pour un appareil d’épuisemènt :
- Pression en atmosphères dans la chaudière.
- S
- Valeurs du rapport —.
- Le petit diamètre de la section minimum du tube ascensionnel étant représenté par. Tube divergent. — Rayon de l’arc de cerde qui forme la courbe méridienne génératrice du vide intérieur, environ............................................
- Diamètre au gros bout..........................................................
- Longueur du tube divergent, environ...........................................
- Tuyère. — Diamètre extérieur égal à 1,2 ou 1,3 fois le diamètre intérieur jusqu’à la limite d’épaisseur de 2 ou 3 millièmes pour les grands appareils.
- Demi-angle au centre du tronc de cône formant le vide intérieur et la paroi extérieure de la tuyère...........................................................
- 1
- 200
- 2,4 à 2,5 20
- 5*
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- ARTS MÉCANIQUES.
- La cheminée ou partie inférieure du tube ascensionnel [présente un vide intérieur tronc-conique dont le demi-angle au centre est de 5° comme celui de la tuyère, et qui s’épanouit dans la chambre à eau par un arc de cercle dont le rayon est égal à 4 ou 5. Elle se raccorde avec la section rétrécie du tube par un arc de cercle d’un rayon égal à 40 ou 50.
- Le plan horizontal passant par l’orifice de la tuyère doit correspondre à la naissance de l’évasement de la cheminée, suivant un arc de cercle. Le diamètre de la cheminée en ce point, et la section annulaire, doivent être tels que la vitesse moyenne de l’eau, calculée d’après le débit donné par la formule ci-dessous, y soit à peu près de 4 à 5 mètres par seconde.
- Si on admet que l’appareil d’épuisement soit assez heureusement [disposé pour que la masse liquide m -{- M, animée de la vitesse v dans la région du tuyau ascensionnel voisine et un peu au-dessus de l’orifice de la tuyère, soit composée de filets animés de vitesses sensiblement parallèles entre elles et à l’axe du tuyau , il n’y aura, à partir de ce point jusqu’à l’orifice de dégorgement, que des pertes de force vive peu considérables, et l’on aura très-approximativement, en désignant par H la hauteur à laquelle l’eau est élevée au-dessus du niveau du réservoir inférieur, par u la vitesse moyenne qu’elle conserve à l’orifice de dégorgement :
- (m + M)y = (m + M)ÿH+(m+M)
- qui se réduit à
- — 2</H + uK
- ( Nous supposons la pression dans la région où débouche la*tuyère sensiblement égale à la pression atmosphérique. )
- Si l’orifice de dégorgement a un diamètre égal au triple* de celui de la section dans
- 1
- laquelle existe la vitesse v, u sera — de v, et par conséquent l’équation précédente se réduit à
- = g X %H.
- La vitesse V de la vapeur à la sortie de la tuyère sera au moins égale à
- l/SS,
- p désignant la pression atmosphérique, et <f le poids spécifique de la vapeur à la pression P, qui existe dans^la chaudière.
- De la relation
- rnV = ( m -4- M ) v,
- on tire
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-
-
- ARTS MÉCANIQUES.
- m
- M . V
- ---1 — — :
- m v
- V
- i ( p—i>
- m
- ce qui fait connaître le nombre de kilogrammes d’eau qui peuvent être élevés à la hauteur H par chaque kilogramme de vapeur dépensé.
- S désignant toujours l’orifice de la tuyère, et 5 la section du tuyau ascensionnel ou le mélange de la vapeur et de l’eau liquide entraînée, étant complet, constitue une colonne composée de filets sensiblement parallèles, animés moyennement de la vitesse v, et dont le poids spécifique est D, on aura
- SV2 J' = sî)2D,
- d’où
- S t’sD SDH
- 8 y2 j' p — p'
- On peut admettre ici que la section s est celle du rétrécissement que présente le tube ascensionnel, un peu au-dessus de la tuyère.
- Voici deux applications de ces formules qui ne peuvent être considérées que comme approchées. Soit une chaudière renfermant de la vapeur à une pression absolue de 8 atmosphères, au moyen de laquelle on veut élever de l’eau à 4 mètres de hauteur verticale. Le poids J'du mètre cube de vapeur à 8 atmosphères étant égal à 3k,94, on aura
- M
- m
- !
- V
- § X 10330X7 4 X 3,94
- — 1 = 62,86.
- Chaque kilogramme de vapeur dépensé pourra donc élever près de 63 kilogrammes d’eau.
- S
- Le rapport — de l’orifice de la tuyère à la section du passage rétréci du tuyau ascensionnel serait alors
- ? X 1000 X 4 7 ~ 10330 X ? = 0,°5’
- ce qui donne 0,22 pour le rapport des diamètres, proportion assez voisine de celle qu’indique M. Giffard.
- La vitesse V d’écoulement de la vapeur étant d’environ 600 mètres par seconde, la tuyère débitera par chaque centimètre carré 0k,2364 de vapeur, et le volume d’eau élevé sera, par conséquent, 14 à 15 kilog. par centimètre carré de la tuyère.
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-
- tm
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- Si la pression clans la chaudière est seulement de 2 atm. 1/2, on aura P — p — 10330 Xl,5; <f = 1,36 ;
- le rapport
- M = m
- | X 10330 X 1,5 4 X 1,36
- 1
- 49,32;
- o l X 1000 X 4
- _ — -______________— o 29
- s 10330 X 1,5
- ce qui donne pour le rapport des diamètres de ces sections 0,54.
- La vitesse d’écoulement de la vapeur par l’orifice de la tuyère étant ici d’environ 473 mètres par seconde, la tuyère débitera par centimètre carré de son orifice O\06 de vapeur, elle volume d’eau élevé correspondant sera d’environ 3 kilogrammes.
- ( Annales des mines. )
- EXPÉRIENCES SUR. l’iNJECTEUR AUTOMOTEUR DE M. GIFFARD, PAR M. DEL O Y, SOUS-CHEF DE TRACTION AÜ CHEMIN DÉ PER DE PARIS À LÀ MEDITERRANEE. (È SC trait.)
- M. Deloy, sous-chef de traction au chemin de fer de Paris à la Méditerranée, a également publié, dans les Annales des mines, les résultats d’observations qu’il a faites sur plusieurs types de locomotives, à grande, à moyenne et à petite vitesse, ainsi que des expériences spéciales qui lui ont permis d’étudier, d’une manière plus complète, la marche et les effets des injecteurs. Nous extrayons de son travail la partie relative auï expériences.
- L’injecteur employé avait les dimensions suivantes :
- Diàmètfe dé la section du cône (1) qui donne issue à la vapeur, section que l’auteur désigne
- par a............................................................. 0m,016
- Diamètre de la section la plus étroite du tube injecteur (2), section désignée par 0 ,012
- Rapport ~t — y................................................................ * ,7777
- a
- L’injecteur A était installé (pl. 221, fig. 6 et 7) entre une cuve B, où il aspiraitl’eau par un tuyau F et un réservoir G; fermé complètement, où le jet liquide était refoulé; ce
- (1) C’est ce cône que M. Giflafd nomme tuyère.
- (2) C’est à-dirè, suivant M. Giffard, de l’ajutage divergent.
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- 239
- réservoir pouvait se vider par des robinets P dans un canal Q. La vapeur était prise, par une conduite D et au moyen du robinet E, dans une chaudière de locomotive A ayant 132 mètres carrés de surface de chauffe.
- Un manomètre placé sur la chaudière indiquait la pression de la vapeur; deux autres, disposés près de l’injecteur, marquaient, l’un K, la pression de la vapeur avant son entrée dans l’injecteur, l’autre L, la pression dans la colenne de refoulement m, colonne munie d’un tuyau de vidange S. Ces deux pressions étaient toujours égales et la deuxième était réglée par un robinet à hélice O.
- La pression accusée par le manomètre de la chaudière a toujours été supérieure de 1/2 atmosphère à celle accusée par le manomètre placé à l’extrémité de la conduite de vapeur; cette différence était due à la dilatation de la vapeur dans la conduite.
- Un thermomètre J indiquait la température de la vapeur avant son entrée dans l’injecteur; deux autres, placés, l’un N sur le tuyau de refoulement, l’autre R sur le côté du récipient C, marquaient la température du liquide injecté. Les tuyaux étaient protégés contre le refroidissement extérieur par une enveloppe épaisse de lisière de drap.
- La cuve et le réservoir étaient placés sur des bascules fixes donnant des pesées de 4,000 kilog., avec approximation de 1 kilog, Avant la mise en marche, on interceptait la communication entre la cuve, le réservoir et l’injecteur, au moyen des robinets G et O, puis on faisait arriver la vapeur dans une petite bâche à condensation T, jus-qu’à ce que le tuyau de conduite de vapeur fût suffisamment échauffé pour qu’il n’y eût plus de condensation par l’effet du tuyau. On fermait alors le robinet V qui conduisait la vapeur dans le condenseur, et l’on ouvrait en môme temps les robinets G et 0.
- A la fin de l’opération, on obtenait, par différences successives :
- Le poids de l’eau aspirée, le poids de l’eau et de la vapeur refoulées dans le réservoir C, et enfin le poids de la vapeur écoulée.
- La température de l’eau aspirée, celle de la vapeur avant son entrée dans l’injec-leur, celle du jet, ainsi que les poids d’eau et de vapeur, fournissaient les éléments nécessaires au calcul des pertes de calories qui avaient pu avoir lieu pendent, le travail de la vapeur.
- M. Deloy a fait un assez grand nombre d’expériences à des pressions et à des températures variables. On trouvera une partie du résumé de ces expériences dans le tableau suivant.
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- 1860 22 avril.. . 9 mai. . . 9 mai. . . 20 avril. . . 2 mai. . . 22 avril.. . :i0 avril.. . 11 mai. . . 20 avril.. . 6 mai. . . 30 avril.. . 9 mai. . . 13 mai. . . 22 avril.. . 13 mai. . . 11 mai. . . 13 mai. . . Il mai. . . 11 mai. . . 20 avril. . . 22 avril.. . « DATES.
- ütat^oooo>aooi»^^o»os*»f>)^os ^bOOOCûOOOOOCOO-ÜOk^ütOOOCOCO COOOOOOOOOOOOOOOCrcbiObOk*-©© DURÉE DE l’opération.
- oocoîë^crcÜ^Stouîlï^bs&oo^baobSO^oi© CîOîÜïCîOlÜtOOîOlütOÜlÜtOOWCOOKÜ! ooooooooooooooooooooo TEMPÉRATURE DE l’eAU ASPIRÉE.
- k^ k^. h-* HA k^. k^- kk. k^. k^ kÀ k^ |-k k* k^> k^ k*. k*. kk. kk. 0ï0ï050505C5Üî0^CKÜîCKÜïCJIÜîifs«iü'tfs«lfs>lfï'tC^ Üîlfs.tO^'^^œcOüîtPï'tOtOtôbSOOCXWOJ^gs.O OOOOîOOOOOOOOOOOOOOOOO ooooooooooooooooooooo TEMPÉRATURE DE LA VAPEUR.
- C5ÜîÜîÜÏÜîÜîOî<lClïO:îOOOïÜîC«Olfï'-^IOi(ï'»î»'W o<cœaoo»tKO>4«M.LObec«^<i‘4istow!» OlteteOOOOtOOKOOWOOOOOKttO OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO TEMPÉRATURE DU MÉLANGE.
- 00*J[~a>^10505000ÜïOïÜîCJîatÜîCn:^ils> i£«^Cü_t£> ovitso^ivioîüîo-iwüîûtüiooaMSîiSfttOâ OWOîOOîROOOOtOOOOOOOOKOW," PRESSION dans le générateur.
- J-V <10000005CJTCJïC;îCn:üîÜîlfï'lts'i<i'#s'05CO^'^ OtbûvlüIbSbfiOOüIblJOOOOOiCllOOvIi-^^â OKBOWCltOOOOîOOOOOOOOKOOt? PRESSION DE LA VAPEUR à son entrée dans l’injecteur.
- klM0i05 05CSOJOStIîOtÜ'iÜîCf:0tits>l^<i|i'lli'03W>^ OïiiiMCKistsooaîiiooooüîaoo^i^^ï ©OïOïOOCCKOOOCrcOOOOOOOOCrcOUî? PRESSION DANS LE TUYAU de refoulement.
- ^ 1^- N-* OM»‘-10S»a05»lvIüi||i.0i<IO(>'00OÜI>^<(«iM?! Ift-Siaco^ioo®^^®©-•CO'^lCOQCitï'Crî'^ICrcr Obsaowa^ixwbfitsQcooitctfoai^tî^is POIDS DE l’eau ENTRAÎNÉE.
- k* k^ kk. kkk k». **. kk kkk kk. |kk. M<ix«)ia-*^*oo(»^^o-i»œoio®w 8SM«tS05«0>140üîClî»*OC*(i>M<lli'W05?. !SWiti'M05ÜiWœfc*t8^0®H>'OOSOi!ûOOîOp ^Üïcrecre0000000000-^0^00~400 O POIDS DE LA VAPEUR ÉCOULÉE.
- Nkkk.kkkk.kk.kk.kkkk. kk ^viwiïOtD^^xoox^^œ^cixœotfM O O Üt 00 Üî t* >JI tfi> tP> O O 00 <1 CO O O CO fc* ÜS tD-Jt-^IO<ICrîOOCOit!> WCitO® O) 0^1 -J O O — (ïil|i.MMHiCR©O'^^*>'O»C)OO©«0XOX' O POIDS DE VAPEUR CALCULE d’après la température du mélange.
- O kk b3 kk O O kk O >-* O O O O *k O O O kk O O © O O O^-I 00 O CO CO <1 -a Uî 00 Cïî tft' -1 00 N* CO O Üt S oiH-xxcociîaiowoüîoo^o^o^o^ior IP» DIFFÉRENCE.
- kk kk kk kk kk kk kk kkkk M kk kk kk kk kk kk fc£) i-i.k^bSifïkCOCOltï'OipîkCOOOOîife-i^s.k^CrtOOOOïOO 000>^1000<100k^.|is>oc0coc0bs0-a0 oc'o'ôo COOOO((*'OCO<XCOÜî|ii«bOHk.OO‘^Ilpï'i-k>—-CreOOO RAPPORT ENTRE l’eAU ENTRAÎNÉE et la vapeur écoulée.
- tSfc9t£tCbf>bSbOkkkt£t£)k*.bOb9bO^'bSi-*'^-t£>t>Skd. OSÜlM^OO^OOOOWCOMüîCOCOk.lüikOCfîOkkili.T! ooioo,^o^ifc'a<iü!œivi^t£ikjoi^ioaüi'a- coxoH'O^osxocoxüiMxwoctkicîO^' POIDS DE l’eau ENTRAÎNÉE par seconde.
- ooooooooooooooooooooo Xi bi bi b» bS kk kk kk kk Nk.'XkXkLk'L.Xk^kXk'lkXk'lk © ?! iôtsi*oo®®®oo<ic>esoscsoiOî«kifc<i>ookq-xcokkciO!CP'üuocitKiooo!>-iMa)oo(!,k]kk' POIDS DE LA VAPEUR écoulée par seconde.
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- Tableau indiquant les résultats d’expériences faites sur Vinjecteur Giffard.
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- M. Deloy tire de ses expériences îes conclusions suivantes :
- i° Toute la chaleur renfermée dans la vapeur se retrouve dans le jet. Les pertes qui peuvent exister sont insignifiantes, en supposant même qu’elles soient l’équivalent du travail dynamique produit; car ce travail est faible, relativement à celui développé par la machine.
- 2° On peut faire varier le débit de l’injecteur, soit en faisant varier l’espace annulaire compris entre le cône fixe ( la cheminée) et le cône mobile (la tuyère), l’orifice de la vapeur restant eonstant, soit en faisant varier simultanément ces deux orifices; la différence entre ces deux variations est faible. On peut admettre que le débit
- h i
- de l’injecteur est susceptible de varier entre les rapports — et —.
- 3° Dans le mélange d’eau et de vapeur qui constitue le jet, la température suit la loi de Régnault.
- 4° La température du jet peut s’élever jusqu’à 98°; mais cette température ne doit être considérée que comme une limite extrême, limite que l’on ne peut atteindre dans une alimentation régulière. M. Deloy pense que l’on doit adopter le chiffre 85® pour être assuré d’un jet continu.
- 5° La température de l’eau, avant l’aspiration, doit croître en sens inverse de la pression de la vapeur. Pour une pression de 8 atmosphères, le chiffre 40° peut être atteint avec toute certitude de marche. Cette température est largement suffisante pour obvier aux inconvénients de la gelée dans les tuyaux de raccordement.
- 6° La vapeur qui s’écoule d’un générateur sous une certaine pression peut refouler l’eau dans un récipient où la pression est plus élevée. Le rapport entre la pression maxima, qui peut exister dans le récipient, et celle à laquelle la vapeur est soumise, est égal au rapport qui existe entre l’orifice qui termine le cône creux par, où s’écoule la vapeur, et la section minima du tube injecteur.
- 7° Un injecteur de dimensions convenables est presque l’égal de la pompe pour la facilité avec laquelle on peut régler l’alimentation ; sous le rapport de la certitude dans l’alimentation et de l’entretien, il est supérieur.
- L’absence d’un clapet d’aspiration, ajoute M. Deloy, le clapet de refoulement qui est toujours levé pendant la marche de l’appareil, l’unique garniture du cône creux, enlèvent à l’injecteur tous les inconvénients inhérents aux organes si délicats des pompes.
- L’usure des tuyaux de refoulement, la rupture des chapelles, la détérioration des boulets ou clapets qui sont un sujet de dépense très-appréciable dans une locomotive, en même temps qu’une cause de dérangement dans la marche, disparaissent presque complètement avec l’emploi de l’injecteur.
- Les quantités a et a' ont généralement des valeurs trop élevées pour les injecteurs qui doivent alimenter les locomotives. M. Deloy a fait des essais qui avaient pour but de déterminer la consommation de combustible et d’eau dans différents types de locomotives se remorquant seules, et avec charge. Voici le résumé de ces essais :
- Tome VIII. — 60e année. 2e série.
- Avril 1861.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- TYPES DES MACHINES. SURFACE DE CHAUFFE. POIDS DK LA MACHINE et du tender chargés. CHARGE BRUTE REMORQUEE, Il machine et tender déduits. 1 VITESSE EN KILOMÈTRE par heure. EAU CONSOMMÉE PAR MINUTE pour la machine et le tender. EAU CONSOMMÉE PAR MINUTE pour la charge remorquée. EAU CONSOMMÉE pour la charge totale.
- tonn. lonn. k. k. k. k.
- Roues libres ( vovageurs ) 82 41 104 45 16 21 37
- Id 91 44 136 45 26 21 47
- Id. Crampton 100 44 81 60 32 18 50
- 4 roues couplées (voyageurs ) 85 43 136 45 25 20 45
- 6 roues couplées ( marchandises ). . . 132 49 350 25 14 26 40
- Id 132 54 350 25 20 22 42
- Les résultats donnés dans ce tableau sont les moyennes d’un assez grand nombre d’expériences; en ajoutant à ces chiffres 35 pour 100 de leur valeur, on obtiendra des consommations qui pourront être considérées comme correspondant aux résistances maxima, et d’après lesquelles les quantités a et a> pourront être déterminées.
- En calculant ces dimensions pour un débit de 70 kilog. par minute, et des machines analogues à celles du tableau ci-dessus, on pourra parer à toutes les éventualités.
- Il conviendrait, d’après cela, de donner à la section a un diamètre égal à 0m,0114, à la section «' un diamètre égal à 0m,008, et d’adopter pour f le chiffre 2.
- Il n’y a pas lieu de faire varier les quantités a et dans la construction des in-jecteurs, suivant qu’ils doivent alimenter des machines à marchandises ou des machines à voyageurs, la consommation d’eau dans l’unité de temps étant à peu près la même dans les deux cas; la faculté de pouvoir appliquer un type unique à toutes les séries de machines rend évident l’avantage de cette uniformité.
- M. Deloy a suivi la marche de plusieurs injecteurs qui fonctionnent depuis dix mois sur la ligne de Lyon, appliqués à des machines de types différents. L’alimentation n’a jamais subi la moindre perturbation; il n’y a jamais eu de rupture, ni dans les joints ni dans les tuyaux. Quant à l’influence de ce mode d’alimentation sur la consommation en combustible, on peut dire qu’elle est nulle, et l’on ne voit pas, en effet, de raisons pour qu’il en soit autrement. On doit observer, néanmoins, que l’injecteur, malgré son extrême simplicité, est un organe mécanique nouveau entre les mains des mécaniciens, et qu’il ne peut, à son début, révéler tous les avantages qu’il sera susceptible de donner plus tard, quand ceux qui s’en servent auront appris à en tirer le meilleur parti possible.
- Pour mieux apprécier s’il y avait réellement perte de chaleur dans le travail de la vapeur pendant l’injection, M. Deloy a envoyé directement dans le réservoir C, rempli
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- PRÊTS A L’INDUSTRIE.
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- préalablement d’une certaine quantité d’eau, la vapeur du générateur, en la faisant passer dans l’injecteur et en fermant le robinet du tuyau d’alimentation, pour empêcher l’entraînement de l’eau. La perte de calories, dans ce cas, n’a pas été moindre que pendant la marche de l’injecteur.
- Il a constaté dans ces expériences que la quantité de vapeur qui s’écoulait par la section a était moins considérable lorsqu’elle arrivait directement dans le réservoir C, où elle se condensait, que lorsqu’elle y refoulait l’eau. Ce fait tient, sans doute, à ce que la vapeur se détend beaucoup plus dans le premier cas que dans le second.
- Pour une pression de 7 atmosphères, le poids de vapeur qui s’écoulait pendant la marche de l’injecteur était de 0k,205 par seconde; pour la même pression, le poids de vapeur qui passait directement dans le réservoir C n’était plus que de 0\120 par seconde. [Ibid.)
- PRÊTS A L’INDUSTRIE.
- RAPPORT ADRESSÉ A L’EMPEREUR AU NOM DE LA COMMISSION INSTITUÉE PAR DÉCRET
- IMPÉRIAL DU 5 DÉCEMBRE 1860.
- Sire, je viens, conformément aa* instructions de vos ministres du commerce et des finances, rendre compte à Votre Majesté des travaux de la Commission instituée par le décret impérial du 5 décembre 1860 (1).
- Cette Commission était chargée d’examiner les demandes des industriels, tendant à obtenir des prêts de l’État sur la somme de 40 millions, affectée par la loi du 1er août 1860 au renouvellement et à l’amélioration du matériel de l’industrie.
- Dans sa première séance la Commission a décidé que les demandes de prêts seraient reçues jusqu’au 20 janvier 1861 ; cette décision a été insérée au Moniteur.
- En même temps, Sire, une sous-commission composée des rapporteurs, du directeur du commerce intérieur et du président de la Commission a été chargée de l’in-
- (1) La Commission était composée de :
- MM. Boinvilliers, président;
- De Germigny, gouverneur de la Banque de France;
- De Boureuille, conseiller d’Etat;
- De Lavenay, conseiller d’Etat ;
- Guillemot, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations ; Denière, président du tribunal de la Seine ;
- Chouri, directeur du contentieux des finances;
- Julien, directeur du commerce intérieur, secrétaire;
- Ed. Boinvilliers, maître des requêtes au conseil d'Ètat, rapporteur;
- De Bosredon, maître des requêtes au conseil d’État, rapporteur ; Marbeau, maître des requêtes au conseil d’État, rapporteur.
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- PRÊTS À L’INDUSTRIE.
- struction des affaires ; des renseignements devant être demandés aux préfets, aux chambres de commerce, aux ingénieurs des départements, à la Banque de France et à ses succursales. Dans toutes les affaires, la Commission a statué sur les conclusions écrites du rapporteur et signées par lui.
- Plus de cinq cents demandes, présentant un chiffre d’à peu près 80 millions, ont été produites.
- En examinant avec attention ces demandes si nombreuses, appartenant à des industries diverses, arrivant de tous les points de la France et offrant de sérieuses garanties de remboursement, on est frappé de cette pensée, Sire, que l’industrie française a le sentiment et la conscience de sa force. On la voit se préparer avec activité et s’engager avec résolution dans une lutte dont elle doit sortir victorieuse.
- Quelques demandes ont été formées après l’expiration des délais.
- La Commission a pensé quelle devait examiner même les demandes tardives, laissant aux ministres de Votre Majesté le soin de décider si elles devaient être relevées de la déchéance encourue.
- 272 demandes ne nous ont pas paru devoir être admises.
- 200 ont été accueillies pour une somme de 38,440,000 francs.
- Dans quelques affaires tardivement produites, l’instruction n’est point encore terminée.
- Les 200 demandes admises par nous se partagent ainsi suivant la nature des
- industries :
- Sommes allouées.
- Fers et métaux, 27 demandes........................ 9,110,000 fr.
- Fils et tissus, 88 demandes. ........................ 15,060,000
- Voies de transport, 5 demandes.. ................. 1,200,000
- Mines, 11 demandes.................................... 3,800,000
- Machines, 18 demandes................................. 1,417,000
- Sucres, 6 demandes.................................... 3,250,000
- Papiers et industries diverses, 45 demandes........ 4,583,000 (1)
- La Commission a pensé, Sire, que la loi du 1er août 1860, exceptionnelle de sa nature, et motivée par des circonstances extraordinaires, devait être promptement exécutée j qu’autrement elle perdait sa raison d’être.
- Elle a demandé à ses rapporteurs, dans l’accomplissement d’une tâche délicate, une activité qui ne s’est pas démentie. Elle-même, aussitôt après l’instructioD terminée, s’est constituée en permanence, et a siégé vingt-trois jours, jusqu’au complet achèvement de ses travaux.
- Je dois ici exposer et soumettre à Votre Majesté les règles que nous avons admises et qui nous ont guidés dans la distribution des prêts. Il a semblé à la Commission que les termes et l’esprit de la loi du 1er août 1860 avaient ainsi tracé notre mis-
- (1) En totalisant ces sommes on ne trouve que 38,420,000 fr., ce qui constitue une erreur de 20,000 fr. que nous ne saurions corriger puisqu’elle émane du Moniteur même auquel nous avons emprunté le texte de ce rapport. ( R.}
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- PRÊTS A L’INDUSTRIE.
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- sion : qu’il ne s’agissait nullement d’une indemnité due par l’État, non plus que d’un acte de libéralité de sa part, mais d’un moyen donné à l’industrie française de se transformer pour lutter et prévaloir dans des conditions nouvelles; qu’aucune industrie n’était exclue; que certaines devaient être préférées peut-être, mais comme intéressant plus particulièrement l’avenir industriel du pays.
- Nous avons, d’un autre côté, cherché, autant qu’il était en nous, à constater l’honorabilité des personnes et la vitalité des établissements auxquels devait être donné notre concours.
- Les établissements à fonder et qui n’avaient pas, encore aujourd’hui, d’existence réelle nous ont paru devoir être écartés ; nous avons dû écarter de même les demandes qui intéressaient seulement le commerce ou l’agriculture proprement dite, et non l’industrie.
- La loi du 1er août 1860 porte que des sûretés seront prises pour assurer le remboursement des prêts. 162 emprunteurs sur les 200 que nous proposons d’admettre devront fournir une hypothèque. Ces 162 prêts s’élèvent en totalité à la somme de 33 millions; l’hypothèque devra être donnée le plus souvent pour la totalité, quelquefois pour une partie seulement de la somme prêtée. Les 38 prêts pour lesquels il n’a pas été stipulé de garantie immobilière comprennent une somme de 5,440,000 fr. Dans certains cas, nous avons pensé que l’honorabilité et le crédit commercial d’une maison pourraient être considérés comme des sûretés suffisantes, et nous avons proposé le prêt sans autre garantie; quelquefois des sûretés par voie de nantissements ou de cautionnements ont été exigées. Presque toujours le versement sera fait par tiers avec justification d’emploi avant le versement du second et du troisième tiers.
- La loi était muette sur la durée des prêts; nous avons pensé que le plus long terme donné pour le remboursement complet ne devait pas dépasser douze ans. Le plus souvent le remboursement se fera en dix annuités égales, avec intérêts décroissant chaque année; faute de remboursement d’une annuité, la somme totale deviendrait exigible.
- Lorsque les avis de la Commission auront été approuvés par les ministres du commerce et des finances, la Commission estime que les préfets des départements assistés des agents de l’enregistrement et des domaines devront être chargés de la réalisation des contrats de prêts; ils devront s’assurer que les sûretés offertes par les emprunteurs ou exigées d’eux sont réellement fournies; ils vérifieront notamment l’établissement régulier de la propriété, la capacité de l’emprunteur pour disposer, la liberté du gage et, dans certains cas, sa suffisance.
- Ayant exposé à l’Empereur le résultat de nos travaux et soumis à son approbation les mesures proposées par la Commission,
- Je suis, avec un profond respect.
- Sire,
- De Votre Majesté
- Le très-humble, très-obéissant et fidèle serviteur,
- E. Boinvilliers.
- 25 avril 1861.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Commission impériale de VExposition universelle de 1862 ( Londres — section française ) nommée par décret du 14 mai 1861.
- Première circulaire.
- Une commission instituée par S. M. la reine de la Grande-Bretagne ouvre à Londres, le 1er mai 1862, une Exposition universelle de l’agriculture, de l’industrie et des beaux-arts, à laquelle la France est conviée.
- Chargé, par l’Empereur, d’organiser la section française de cette Exposition, nous venons faire appel aux sentiments patriotiques comme aux intérêts de nos agriculteurs, de nos manufacturiers, de nos négociants et de nos artistes.
- Ce concours se présente sous de meilleurs auspices que les précédents : celui de 1851 succédait à une révolution qui avait ébranlé la plupart des États de l’Europe; celui de 1855 se poursuivait au milieu des luttes et des hasards de la guerre.
- Aujourd’hui la paix règne chez presque tous les peuples du monde; les communications s’étendent et se multiplient; les barrières qui fermaient l’extrême Asie s’abaissent devant le drapeau victorieux de la civilisation, et de récents traités, en améliorant les conditions des échanges, donnent partout un nouvel essor à la production et à la consommation.
- L’Exposition universelle est un vaste marché où l’industrie étale aux yeux du monde entier ses plus précieux échantillons, où les consommateurs et les producteurs, venus de tous les points du globe, peuvent établir entre eux de nouveaux rapports.
- C’est une école mutuelle où chacun enseigne ce qu’il sait et apprend ce qu’il ignore : enseignement opportun à une époque où nous transformons les procédés de notre industrie pour la mettre à même de prendre une part plus large à l’approvisionnement des autres nations et d’approprier ses produits aux besoins et aux goûts qu’elle doit satisfaire.
- Aussi les Expositions universelles tendent-elles, depuis dix ans, à se substituer, dans les deux métropoles commerciales de l’Occident, à nos anciennes Expositions nationales.
- Les producteurs français ne sauraient renoncer à ce puissant moyen de publicité et d’expansion, ni se contenter de ceux que donnent les Expositions régionales qui se constituent spontanément dans toute la France. Pour reprendre avec confiance le chemin qu’ils ont parcouru d’une manière si éclatante en 1851, ils n’ont qu’à jeter les yeux sur les succès qu’ils ont déjà obtenus et sur le tableau du progrès incessant
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- cIg notre commerce. La moyenne de 1 Accroissement Annuel de nos exportations, qui n’était que de 17 millions de frAncs dans la période comprise de 1830 à 1839, a été de 35 millions dans la période suivante, et de 123 millions dans celle qui s’est terminée en 1859. Pour cette dernière année, le chiffre total des exportations, qui ne dépassait pas 500 millions de francs il y a trente ans, s’est élevé à 2 milliards 300 millions.
- Qu’une noble et courageuse émulation vienne ddnc nous soutenir dans cette entreprise 1 Pour conserver le rang que l’opinion nous a assigné aux deux dernières Expositions, n’avons-nous pas toujours les ressources de notre sol et les aptitudes de notre génie national? Le bon goût n’imprime-t-il plus à nos produits un cachet inimitable? L’esprit d’invention de nos savants et de nos manufacturiers ne nous fournit-il pas sans cesse de nouvelles inspirations? Nos dessinateurs et nos ouvriers ont-ils perdu l’instinct de l’élégance et l’intelligence de l’art?
- L’école française des beaux-arts est appelée, comme en 1855, à prouver que les traditions artistiques se perpétuent chez nous. Le palais de Londres ouvre son enceinte à tous le$ chefs-d’œuvre de l’art moderne. Chacun, nous n’en doutons pas, s’empressera d’apporter au jury les ouvrages d’élite dont il sera l’auteur habile ou l’heureux possesseur, et de compléter par ce brillant fleuron la couronne de notre Exposition nationale.
- Acceptons avec confiance l’hospitalité qui nous est cordialement offerte. Que ces relations pacifiques resserrent encore l’alliance de deux grands peuples; qu’elles établissent entre toutes les nations cette solidarité commerciale devant laquelle tombent de jour en jour les préjugés, les méfiances et les rancunes.
- La Commission française, se conformant aux instructions expresses de l’Empereur, fera tous ses efforts pour seconder cette grande entreprise. Elle favorisera les exposants en mettant à la charge de l’État les frais de transport de leurs produits. Elle leur procurera, par ses catalogues et par ses rapports, une publicité plus large et plus prompte que celle qui leur a été offerte dans les précédentes Expositions. Elle ne négligera rien pour donner, par une installation convenable, tout le relief possible aux chefs-d’œuvre de l’art et de l’industrie.
- Mais ce qu’elle réclame instamment, c’est l’action individuelle ou collective des producteurs et des négociants. Elle désire s’aider de leur concours plus qu’il n’a été loisible de le faire en 1851 ; elle n’interviendra que là où ce concours serait insuffisant. Que les chefs d’industrie se concertent donc sur les mesures qu’exige l’Exposition de 1862; qu’ils signalent à la Commission impériale leurs vœux et leurs besoins, et surtout qu’ils s’appliquent à trouver en eux-mêmes les moyens d’assurer leurs succès.
- Les agriculteurs, les industriels et les commerçants sont, par leurs habitudes et par la nature de leurs travaux, mieux préparés que les autres classes de la nation à se passer de la tutelle administrative. Accoutumés à ne prendre pour guide, dans leurs opérations, que la décision spontanée d’un jugement sain et exercé, ayant sous leur direction immédiate une partie considérable de la population, ils sont destinés à exercer une influence prépondérante dans les États libres. Cette intervention de la
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- propriété rurale, du commerce et de l’industrie dans les grandes questions d’intérêt public est une cause de sécurité et un élément de puissance pour les peuples modernes. Nous voudrions qu’elle se manifestât plus souvent dans notre pays, et nous serions heureux de contribuer, autant que le comporte la mission qui nous est confiée, à diriger vers ce but les efforts de nos concitoyens.
- Paris, le 1er juin 1861.
- Le Président,
- NAPOLÉON (Jérôme).
- E. Rouher, Vice-Président.
- F. de Persigny, Michel Chevalier,
- A. Fould, Gervais ( de Caen },
- Mérimée, Thouveneül,
- Arles-Dufour, Schneider,
- Maréchal Vaillant, Baron Gros,
- Drouyn de Lhuys, E. Marchand.
- Le Secrétaire général,
- F. Le Play.
- Sur la dissolution du platine dans Veau régale, par M. le docteur Dullo,
- de Kœnigsberg.
- Lorsque l’on doit dissoudre de grandes quantités de platine, on est obligé de supporter la longue durée de l’ébullition de l’eau régale, et l’on éprouve fort souvent une perte assez considérable due à un dépôt qui ne se dissout pas, et qui consiste en une poudre grise inattaquable par les acides employés. Cette poudre est produite par la plupart des sortes de platine provenant soit de l’Amérique, soit de la Russie, et, d’après les expériences de l’auteur, varie entre 1 et 6 centièmes du poids du platine employé. Elle se compose de chlorure double de potassium et de platine, d’acide silicique, et surtout d’osmium et d’iridium. Le chlorure double et l’acide silicique résultent de ce que le verre est toujours attaqué plus ou moins fortement pendant la longue ébullition de l’eau régale.
- On évite la formation de ce résidu et l’on accélère beaucoup la dissolution du platine, en augmentant la pression sous laquelle a lieu l’ébullition, ce qu’il est facile de faire en fermant le ballon avec une sorte de coiffe en caoutchouc traversée par un tube recourbé en verre, dont la longue branche verticale plonge dans l’eau. M. Dullo a ainsi employé une colonne d’eau de 0m.90 de hauteur 5 il a trouvé que les vapeurs acides avaient surmonté cette pression, et que non-seulement le platine s’était dissous rapidement, mais encore n’avait pas laissé de résidu, bien qu’il fût identique avec celui qui ne se dissolvait pas entièrement sous la pression ordinaire de l’atmosphère. Il a vérifié cette observation sur du platine d’Amérique aussi bien que sur du platine de Russie. (Journal fur Praktische Chernie et Dinglers Polytechnisches Journal.)
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- notices industrielles.
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- Inflammation spontanée du coke.
- On a vu» dans certaines circonstances, du coke que l’on croyait avoir suffisamment éteint avec de l’eau, se rallumer spontanément quelques heures après. M. Freitag explique ce phénomène dangereux en supposant que, dans ce cas, le coke chargé de sulfure de fer et incomplètement éteint avait été entassé dans des lieux humides où l’air était stagnant. Le sulfure pyrophorique de fer s’oxyde en pareil cas, et dégage assez de chaleur pour porter à Fignition les parties voisines du coke, qui propagent ensuite peu à peu l’inflammation dans toute la masse.
- La manière la plus sûre d’obvier à ces accidents consiste à éteindre le coke avec une quantité d’eau surabondante et à l’étaler jusqu’à ce qu’il soit froid.
- Les houilles chargées de pyrites sulfureuses peuvent aussi prendre feu dans les mêmes circonstances. (Verhandlungen des Niederoesterreichischen Gewerbevereins et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Vernis incolore au caoutchouc, par 31. le docteur Bolley.
- Les procédés venus à ma connaissance pour la préparation des vernis au caoutchouc, dit l’auteur, donnent des compositions qui sont plus propres à servir d’enduits imper-* méables que de vernis simples. En liquéfiant le caoutchouc par la chaleur, en le dissolvant dans l’huile essentielle de goudron de houille ou dans l’huile de lin siccative, on n’obtient pas des produits assez incolores ni assez fluides. On sait, d’ailleurs, que. dans plusieurs liquides, le caoutchouc se gonfle beaucoup et se réduit en une sorte de gelée, mais sans éprouver une dissolution complète. Je doute môme qu’aucun des moyens usités donne une solution claire, comprenant la masse entière du caoutchouc. Tous les vernis de ce genre que j’ai vus ne sont pas entièrement transparents, et ceux qui sont étendus restent encore un peu troubles. À en juger par mes expériences, qui, à la vérité, n’ont pas été fort nombreuses sur ce point, on n’obtient des dissolutions claires que quand on renonce à y introduire toute la masse du caoutchouc. Dans plusieurs substances reconnues comme propres à la dissoudre, celte matière, même quand on emploie beaucoup de liquide, laisse toujours des flocons bruns que l’on peut diviser considérablement, mais qui, réellement, ne se dissolvent pas. Le rapport de ce résidu à la quantité dissoute est assez faible lorsque l’on fait digérer dans le sulfure de carbone le caoutchouc coupé en petits morceaux, et que l’on reprend par la benzine la gelée qui s’est formée. Dans ce cas, la quantité dissoute est forte. En passant la solution dans une étoffe de laine, puis en chassant le sulfure de carbone par la distillation au bain-marie, on peut ensuite étendre à volonté le résidu avec de la benzine, et obtenir une solution transparente, mais encore un peu jaunâtre. On peut aussi préparer une solution moins colorée encore et complètement limpide, en faisant digérer, à la température ordinaire, dans de la benzine, du caoutchouc coupé en petits morceaux, que l’on a soin d’agiter pendant longtemps. La gelée qui se forme d’abord se dissout en partie et donne un liquide plus épais que la benzine, et que l’on obtient Tome VIII. — 60e année. 2° série. — Avril 1861. 32
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- très-clair par la filtration et le repos. La benzine peut être brute, mais il faut qu’elle soit incolore pour que la solution le soit également. On peut, en pressant dans un drap fort le résidu floconneux et insoluble, obtenir une sorte de gelée brune et ferme, propre à servir d’enduit agglulinatif. Le vernis ainsi préparé s’incorpore bien avec toutes les huiles grasses ou volatiles. Il possède la propriété avantageuse de se sécher très-vite; il n’est nullement luisant, à moins qu’on ne le mêle avec des vernis résineux. Il est très-flexible, peut s’étendre en couches très-minces, et rester, sans aucun doute, inaltérable par l’air et par la lumière. Autant que je puis en juger les propriétés, je le regarde comme très-utile pour enduire les cartes géographiques ou les estampes, parce qu’il n’altère pas la blancheur du papier, qu’il ne jette pas les reflets désagréables des vernis résineux, et qu’il n’est pas sujet à se fendiller ni à s’écailler. On peut l’employer avec avantage pour fixer les dessins au crayon ou à la mine da plomb, qui, lorsqu’ils en sont couverts, supportent très-bien un léger frottement. Le
- papier non collé, que l’on a imbibé de cette solution, peut recevoir facilement l’écri-
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- ture à l’encre. Sans doute, elle serait propre aussi à vernir les étoffes fines. (Schwei-rische Polytechnische Zeitschrift et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Emploi du silicate soluble de soude pour la greffe des arbres, par 31. Rossler.
- L’auteur a fait dernièrement, avec beaucoup de succès et d’économie, des expé- * riences sur l’usage du silicate soluble de soude pour la greffe des arbres.
- Le procédé est fort simple. On prend seulement la quantité de silicate que l’on doit employer actuellement, on la mêle avec de la craie suffisamment broyée ou même avec de la poussière tamisée, recueillie sur des routes macadamisées avec des pierres calcaires, et l’on en compose une bouillie un peu claire dont on enduit la blessure faite à l’arbre pour la greffe.
- Cet enduit résiste à toutes les intempéries; et, si l’opération a été bien faite, les greffes ne manquent presque jamais.
- Le mélange est d’une application beaucoup plus facile que celle des mastics usités jusqu’à présent, parce que l’emploi de la chaleur est tout à fait inutile. (Würtember-gisches Gewerbeblatt et Dingler’s Polytechnisches Journal. ) ( Y. )
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 10 avril 1861.
- M. Dumas, Président, occupe le fauteuil.
- Correspondance. —M. Carville, constructeur de fourneaux, à Lille, présente un système de générateur à vapeur ayant l’avantage de donner à la surface de chauffe une
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- plus grande étendue. ( Renvoi aux comités des arts mécaniques et économiques. ) M. J. Bretomière, conducteur des ponts et chaussées , à Philippeville ( Algérie ), envoie les dessin et description d’un système de machine à vapeur à rotation directe.
- ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. de Buzonnières, membre de la Société , à Orléans , adresse une réclamation de priorité au sujet de l’invention de M. Desnos, de Nancy, dite barillet, et dont il a été question au procès-verbal de la séance du 21 novembre 1860 (1). ( Invitation à M*. de Buzonnières de compléter ses renseignements. )
- M. Leprevost, ingénieur civil, à Paris, dépose les dessins et description de nouvelles voitures à voyageurs à couloir intérieur, construites en fer laminé. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Dumpfry, à Lyon, sollicite l’examen d’un nouveau système de métier à tisser les étoffes de soie unies et façonnées. ( Renvoi au même comité. )
- M. Clauzel père, de Saint-Hippolyte (Gard), attribuant la pébrine des vers à soie à une maladie des feuilles du mûrier, propose de guérir les vers en traitant les feuilles par le soufre. ( Renvoi au comité d’agriculture. )
- M. Ch. Christofle, membre du Conseil, adresse la lettre suivante :
- « Monsieur le Président,
- « A l’issue d’une des dernières séances, plusieurs membres de la Société ont émis l’opinion que « ce serait une chose très-utile à l’industrie de provoquer une mesure qui mettrait les différentes <( écoles de dessin en concurrence entre elles pour l’obtention d’un prix dont un des comités de « l’association serait juge. Je serai heureux de m’associer à celte pensée en vous priant de vou-« loir bien engager la Société à accepter un don annuel de 500 francs qui sera destiné à l’acqui-« sition de ce que la Société jugerait opportun de donner à titre de prix.
- « Je ne mets pas en doute que, en présence des efforts que l’Angleterre fait pour propager parmi « les ouvriers le goût des arts, beaucoup de personnes ne s’associent à une pensée si utile et « pour l’exécution de laquelle la Société trouvera dans son sein, tant parmi les promoteurs de « cette idée que parmi les autres membres, un bienveillant et intelligent concours.
- « Agréez, etc. »
- Le Conseil vote des remercîments à M. Christofle, et la commission des beaux-arts sera chargée de préparer un programme de prix.
- M. Gery-Griffon, à Sèvres, dépose des appareils pour recevoir et rendre la monnaie, appelés par lui ver se-monnaie. (Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Dumesnil, à Paris, soumet à l’appréciation du Conseil un système de ventilation. ( Renvoi au même comité. )
- M. Le Chatelier, membre du Conseil, fait, au nom de M. Paul Morin, le dépôt d’un paquet cacheté portant pour suscription : Faits relatifs à la teinture.
- Rapports des comités. — Au nom du comité de commerce, M. Block lit un rapport sur un mémoire de M. Victor de Courmaceul intitulé, Élude statistique sur l arrondissement de Valenciennes et considérations sur son état ancien et moderne et sur ses progrès au xixe siècle.
- (H Voir Bulletin de 1860, 2e série, t. VII, p. 737.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin.
- Au nom du comité d’agriculture, M. Huzard lit un rapport sur une musette nu sac à faire manger l’avoine aux chevaux, fabriqué par Mme Ve Defavre.
- Ce rapport sera inséré au Bulletin.
- Au nom du comité des arts économiques, M, Silbermann donne lecture d’un rapport sur un appareil révélateur des fuites de gaz, imaginé par M. Ch. Fournier.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin avec le dessin de l’appareil.
- Au nom du comité des arts mécaniques, M. Ch. Laboulaye donne lecture d’un rapport sur un mécanisme propre à mouvoir mécaniquement les balanciers, inventé par M. Cher et.
- Ce rapport sera inséré au Bulletin avec le dessin du mécanisme.
- Communications. — M. le vicomte Th. du Moncel, membre du comité des arts économiques, présente, de la part de M. Martin de Brettes, de nouveaux chronographes à induction, l’un à pendule conique, et l’autre à diapason ou électro-phonique, construits par M. Hardy, ingénieur en instruments de précision. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- Ce Conseil se forme en comité secret.
- Séance du 2& avril 1861.
- M. Dumas, Président, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — M. Vattemare [ Alexandre), directeur-fondateur du système d’échange international scientifique, littéraire et agricole, rue de Clichy, 39, écrit à la Société que l’attention des économistes et des industriels des Etats septentrionaux de l’Union américaine s’est, depuis longtemps, portée sur un nouveau produit dit fibrilia, obtenu dans le Massachussets et ayant pour but de remplacer le coton dans les circonstances où la récolte n’en est pas abondante. Le fibrilia est une désignation générique des fibres extraites de plantes américaines assez diverses et qui se rencontrent dans les autres parties du monde placées sous la même latitude. (Renvoi à la commission du Bulletin. )
- M. Cabieu, ingénieur-géologue, à Beaulieu (Corrèze), d’après les conseils de S. Exc. M. le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, demande à soumettre à l’examen de la Société un manuscrit ayant pour titre , Simples Observations sur la maladie de la vigne. (Renvoi au comité d’agriculture. )
- M. Hudde, horloger-mécanicien, membre de la Société, à Villiers-le-Beî (Seine-et-Oise), adresse les dessin et description d’un système de charrue à tourne-oreille, fonctionnant chez les cultivateurs de sa commune. (Renvoi au même comité. )
- M. C. Cadinsky, à Saint-Pétersbourg, envoie les dessin et description d’une nouvelle règle à calcul perfectionnée. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Bichel, mécanicien, à Passy-Paris, dépose des manches à pince pour limes, burins, etc. ( Renvoi au même comité. )
- M. Duplan, facteur d’instruments de musique, place du Palais-Royal, 2, appelle
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- SÉANCES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION.
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- l'attention du Conseil sur un instrument qu’il appelle luth-orgue et qui n’est autre qu'un piano et un harmonium réunis en un seul instrument de la dimension d’un piano droit ordinaire. Suivant la volonté de l’exécutant, on peut faire entendre séparément le piano ou l’harmonium ou tous deux ensemble. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Gauthier, fabricant de lampes, rue du Château-d’Eau, 71 , sollicite l’examen d’une lampe à trois mèches dite lampe Sébillat, du nom de son inventeur, et présentant une disposition qui peut lui permettre de servir de veilleuse avec une espèce de caléfacteur pour chauffer les liquides. ( Renvoi au même comité. )
- Rapports des comités. — Au nom du comité d’agriculture, M. Huzard donne lecture des deux rapports suivants :
- 1° Rapport sur un mémoire de M. Guérin-Méneville relatif à l’éducation des vers à soie de l’ailante;
- 2° Rapport sur une brochure de M. Giot 'aîné, cultivateur, à Chevry-Cossigny (Seine-et-Marne), intitulée : la Poule aux œufs d'or pour d'aucuns et la Poule au pot pour tout le monde au moyen d'un poulailler roulant.
- Ces deux rapports paraîtront au Bulletin.
- Communications. — M. Perrigault, meunier, à Rennes, donne, sur son système d’aération graduée des meules, des explications détaillées qui peuvent se résumer ainsi :
- Dans les différents systèmes d’aération des meules, l’air qui a rafraîchi la mouture s’échappe des meules chargé de vapeur, d’eau et de folle farine. Si on le laisse se répandre librement dans l’atelier, il le rend inhabitable; si, au moyen de conduits, on l’envoie dans une chambre de dépôt, la vapeur se condense contre les parois froides et la folle farine se change en pâte au contact de l’humidité.
- M. Perrigault a remédié à ces inconvénients avec son appareil 5 ventiler, qui permet de doser exactement la quantité d’air envoyée sous les meules. Quant à la folle farine, il la conduit, au moyen d’un aspirateur, dans un coffre à compartiments. Le courant d’air qui a rafraîchi la mouture est chassé dans ce coffre avec les folles farines dont il est chargé; il en parcourt les compartiments et n’en sort qu’après y avoir déposé toute cette farine, dont la précipitation s’opère d’une manière complète. Suivant l’auteur, les résultats de son système sont les suivants :
- Plus de pâte dans aucun conduit où passe la farine; les farines folles sont entièrement recueillies à l’état sec; la mouture est aussi froide, aussi bien affleurée que possible; le blutage est plus facile, et enfin les conditions hygiéniques de l’atelier sont considérablement améliorées.
- ( Renvoi aux comités des arts mécaniques et économiques. )
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- BULLEUX BIBLIOGRAPHIQUE.
- Toi
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- La Société d’encouragement a reçu, dans les séances des 13 mars, 10 et 24 avril 1861, les ouvrages dont les titres suivent :
- Ouvrages offerts à la Société.
- Annales du commerce extérieur. Janvier et février 1861.
- Annales de l’agriculture française. NoS 3 à 6, 1860.
- Annales des mines. 3e et 4e livr., 1860.
- Annales des conducteurs des ponts et chaussées. Février et mars 1861.
- Annales de la Société d’horticulture de la Haute-Garonne. Janvier et février 1861.
- Annales télégraphiques. Janvier et février 1861.
- Annales de la Société d’agriculture, sciences et arts du département d’Indre-et-Loire. 4e trimestre. 1860.
- Annuaire de la Société météorologique de France. Feuilles 5 à 10. Tableaux météorologiques, t. 6, feuilles 26 à 30. Bulletin des séances, t. 7..., et feuilles 18 à 27. Bulletin des séances, t. 8* Bulletin du musée de l’industrie, par M. Jobard. Janvier et février 1861.
- Bulletin de la Société chimique de Paris. NoS 1 et 2, 1861.
- Bulletin de la Société française de photographie. Mars et avril 1861.
- Bulletin de la Société de l’industrie minérale. lre livr., t. VI.
- Bulletin de la Société protectrice des animaux. Février et mars 1861.
- Bulletin des séances de la Société impériale et centrale d’agriculture. N08 2 et 3, 1861.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Février et mars 1861.
- Bulletin de la Société philomathique de Bordeaux. 3e et 4e numéros, 1860.
- Bulletin de la Société industrielle d’Angers. 31e année.
- Bulletin du comice agricole de l’arrondissement de Saint-Quentin ( Aisne ). T. IX, 1860. Complément du Dictionnaire des arts et manufactures, par M. Ch. Laboulaye. Livr. 9,10 et 11. Cosmos, revue encyclopédique, par M. l’abbé Moigno. Livr. 9 à 16, 1861.
- Culture ( la ). Écho des comices, par M. Sanson. NüS 17 à 20.
- Cultivateur de la Champagne ( le J. Janvier à mars 1861.
- Génie industriel ( le ), par MM. àrmengaud frères. Mars et avril 1861.
- Invention (P), par M. Desnos-Gardissal. Mars et avril 1861.
- Journal d’agriculture pratique, par M. Barral. N09 S à.8, 1861.
- Journal d’éducation populaire. Février 1861.
- Journal des fabricants de sucre. NoS 48 à 52, et nos 1 et 2, 2e année.
- Journal d’agriculture de la Côte-d’Or. Février et mars 1861.
- Journal de la Société impériale et centrale d’horticulture. Février et mars 1861.
- Journal des fabricants de papier, par M. L. Piette. Mars 1861.
- Lumière ( la). Nos 4, 5, 6, 7, 1861.
- Moniteur scientifique ( le), par M. le docteur Quesneville. Livr. 101 à 104.
- Presse scientifique des deux mondes, sous la direction de M. Barral. Nos 5 à 8, 1861.
- Propriété industrielle ( la ). N08 166 à 173.
- Répertoire de chimie pure, par M. Wurtz. Mars et avril 1861.
- Répertoire de chimie appliquée, par M. Barreswil. Mars et avril 1861.
- Revue générale de l’architecture et des travaux publics, par M. César Daly. N° 9.
- Revue industrielle et agricole de Valenciennes. Novembre et décembre 1860.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
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- Revue universelle des mines, de la métallurgie et des travaux publics, sous la direction de M. Ch. de Cuyper. lre livr., 5e année.
- Société des ingénieurs civils. Séances des 15 février, 1er et 15 mars, et 3 avril 1861.
- Journal of the Society of arts. Nos 432 à 439.
- Journal of the Franklin institute. Mars 1861.
- Il nuovo Cimento, par MM. Matteucci e Piria. Janvier et février 1861.
- Newton’s London Journal. Mars et avril 1861.
- Revue d’industrie, agriculture, commerce... ( en hollandais), par M. le professeur S. Bleckrode.
- 1860, 6 numéros, et 1861, 3 numéros.
- Revista de obras publicas. N09 5 à 8, ano IX.
- Polytechnisches Journal, von Max. Dingler. NoS 913 à 917.
- The photographic journal. N03 107, 108.
- The american journal of science and arts, by professors Silliman et J. Dana. Mars 1861.
- Zeitschrift des cesterreischischen ingénieur vereines. Octobre à décembre 1860 et janvier 1861.
- Analyse des eaux du trou de sonde, des eaux mères, des sels d’eaux mères et des vapeurs d’eau condensées de Salins (Jura), par M. le docteur Reveil. Br. 1861. Paris, Germer-Baillière, édit.
- Analyse sulfurométrique des sources thermales de Cauterets (Hautes-Pyrénées); analyse complète des six sources du groupe des OEufs, par M. le docteur Reveil. Br. 1860. Paris, Germer -Baillière, édit.
- Annuaire de l’Institut des provinces des Sociétés savantes. 1861.
- Annuaire du Cosmos. 3e année. Paris. 1 vol. in-18. Tremblay, directeur du Cosmos, édit. 1861.
- Ailantus glandulosa ( 1’ ) ou le vernis du Japon et le bombyx cynthia. lre éducation. Rapport lu à la séance publique de la Société d’agriculture le 26 août 1859, par M. Rouillé-Tourbe. Br. Tours. 1859.
- Brevets d’invention. Projet de M. Boutarel. 5e et dernière brochure de M. Jobard. In-32. Bruxelles.
- 1861.
- Catalogues explicatifs et illustrés des instruments de physique, d’optique, de météorologie et d’appareils pour la photographie de la maison Arthur Chevalier. Br.
- Exposition universelle de Besançon. 1860. Compte rendu par M. Ch. Joubert. 1 vol. in-12 publié
- ^ par le journal la Propriété industrielle.
- Elude chimique sur l’air atmosphérique de Madrid, par Ramon Torrez Munos de Luna, professeur de chimie générale et inorganique à l’université de Madrid, traduit de l’espagnol avec des notes par M. Gaultier de Claubry. Br. Paris, 1861. Baillière et fils édit.
- De la détermination, dans les eaux naturelles ou minérales, des proportions des acides carbonique ou sulfhydrique libres ou combinés aux bases, par M. Gaultier de Claubry. Br.
- Hygiène de la vue. Conseils indispensables aux personnes qui font usage de lunettes, par M. Arthur Chevallier. Br. 1861.
- Leçons de chimie professées en 1860 par MM. Pasteur, Cahours, Wurtz, Berthelot, Sainte-Claire-Deville, Barral et Dumas. 1 vol. in-8. 1861. Hachette etcomp., édit.
- Notice sur les eaux, les eaux mères et les sels de Salies ( Béarn), par MM. 0. Reveil et O. Henry fils, suivie de notes et observations par M. le docteur Nogaret. Br. Paris, 1860. Germer-Baillière, édit.
- Note sur les opiums de Perse, par M. le docteur O. Reveil. Br.
- Notice sur l’action du fer et du zinc dans les dissolutions des métaux dont les oxydes sont solubles dans l’ammoniaque, par M. Is. Kupfferschlaeger. Br. Liège, 1860.
- Note sur les allumettes chimiques préparées avec le phosphore ordinaire et sur les dangers qu’elles présentent sous le rapport de la santé des ouvriers, de l’empoisonnement et de l’incendie, par M. A. Chevallier. Br. Paris, 1861. Baillière et fils, édit.
- Nouvelle règle à calcul perfectionnée par M. Cadinschy. Br. Saint-Pétersbourg, 1861.
- Les inventeurs et la loi des États-Unis modifiée en 1861. Texte, documents et commentaires de la
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
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- législation des brevets d’invention, dessins et modèles de fabrique aux États-Unis, par M. É. Barrault. Paris, librairie scientifique et industrielle de E. Lacroix.
- Rapport général sur les travaux du Conseil d’hygiène et de salubrité du département de la Seine depuis 1849 jusqu’à 1858 inclusivement, rédigé par M. Adolphe Trébuchet, membre et secrétaire du comité ( publié par ordre de M. le Préfet de police ). Paris, 1861. 1 vol. iü-4. Imprimerie de Boucquin.
- Rapport au ministre des travaux publics du Portugal sur l'enseignement et l’administration forestière, septembre 1858, par M. Auguste Deslandes. 1 vol. in-8. Lisbonne, 1858. {En portugais. )
- Régénération des vers à soie par les éducations automnales à la température ordinaire..., par M. E. Nourrigat, propriétaire, à Lunel ( Hérault ). Br.
- Sur quelques médicaments nouveaux, par le docteur O. Reveil, professeur agrégé à la faculté de médecine et à l’école de pharmacie. Br. Paris, 1861. P. Asselin, libr.-édit.
- Sur l’industrie de la soie en Algérie et sur le ver à soie du Japon introduit en France et en Algérie, pâr M. Guérin-Méneville. Communication faite à la Société zoologique d’acclimatation de l’Algérie, par M. Roucher, professeur à l’école de médecine d'Alger. Br.
- Tableaux des caractères pyrognosliques que présentent les substances minérales traitées seules ou avec les réactifs, par M. Is. Kupfferschlaeger, professeur à l’université de Liège. 1860, Liège. Br.
- Traité de cinématique ou théorie des mécanismes, par M. Ch. Laboulate. 1 vol. in-8, 2e édition. Paris, librairie E. Lacroix.
- Voyage agronomique en Russie. Lettres et notes sur une excursion faite en 1859-1860, par M. Auguste Jourdier. 2e édit., 1 vol. in-12. Paris, 1861, librairie de A. Franck.
- Publications périodiques.
- Annales de chimie et de physique. Mars et avril 1861.
- Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences. N08 8 à 15, 1er semestre
- 1861.
- Journal des économistes. Mars et avril 1861.
- Revue municipale. Mars et avril 1861.
- Teinturier universel ( le ). N° 24 et n08 1, 2. 28 année.
- The Artizan. Mars et avril 1861.
- The Mechanic’s Magazine Journal. Mars 1861.
- The Repertory of patent inventions. Mars et avril 1861.
- The practical Mechanic’s Journal. Février, mars et avril 1861.
- PARIS. —IMPRIMERIE DE Mme V* BOUCHARD-HUZARD , RUE DE L'ÉPERON, 5. — 1861.
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- 60e ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. TOME VIII. — MAI 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- DÉCISION RELATIVE A LA NOMINATION DE MEMBRES ADJOINTS.
- Conformément à l’arrêté pris le 16 janvier 1855,
- M. le baron Ed. de Silvestre entendu dans le comité secret du 10 avril 1861 pour le comité des arts économiques,
- Le Conseil, après délibération, a décidé que ce comité était autorisé à présenter une nouvelle liste de candidats pour la nomination de deux membres adjoints.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Ch. Laboulaye, au nom du comité des arts mécaniques,
- sur UN MÉCANISME PROPRE A MOUVOIR MECANIQUEMENT LES BALANCIERS, inventé
- par M. Chéret, rue d’Angoulême-du-Temple, 66, à Paris.
- Le problème de faire mouvoir, autrement qu’à bras d’homme, les balanciers propres à découper, à emboutir, à estamper, etc., n’avait pu, jusqu’ici, être résolu. Dans les ateliers de construction les plus complets, tandis que toutes les machines-outils sont mues par la machine à vapeur, d’une manière Tome VIII. — 60e année. 2® série. — Mai 1861. 33
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- si économique et si précieuse par la puissance qu’on peut leur appliquer, on voit encore les balanciers mus à force de bras : aussi les a-t-on remplacés, dans quelques cas où cela était possible, par d’autres machines, telles que les découpoirs et machines à percer à excentrique.
- C’était surtout dans les ateliers où se frappent les monnaies, opération pour laquelle le balancier, agissant par percussion, est l’outil par excellence, que l’on pouvait, il y a quelques années, juger de la grande importance de la solution du problème de faire mouvoir mécaniquement les balanciers, en voyant dans des ateliers de premier ordre, tels que celui de la Monnaie de Paris, le grand nombre de manœuvres employés à tirer sur les cordons.
- Les Anglais, qui comprennent si bien l’utilité de remplacer le travail inintelligent de l’homme par un moteur naturel, avaient essayé de résoudre le problème, et depuis longtemps Bolton et Watt avaient fait mouvoir par une machine à vapeur les balanciers de la Monnaie de Londres. Toutefois la solution coûteuse et compliquée à laquelle ils étaient arrivés ne fut nulle part imitée sur le continent, et la presse monétaire, dont l’invention fut surtout inspirée par la recherche de la solution du problème dont nous parlons, est venue se substituer aux balanciers pour la fabrication des monnaies, dans les ateliers placés dans les grands centres, où les réparations sont faciles ; mais pour la frappe des médailles d’un grand relief et des articles divers demandés par le public, l’ancien outil est toujours resté en activité.
- Si la question de mouvoir mécaniquement le balancier a perdu un peu de son intérêt au point de vue des monnaies, par suite de l’adoption de la presse monétaire, il n’en est pas de même pour l’induslrie, qui a vu se multiplier le balancier, qu’aucune autre machine-outil ne saurait remplacer dans une foule de cas, qui se prête avec une facilité bien précieuse à toutes les variations voulues dans la course, l’intensité du choc, etc. 11 y avait donc toujours un grand progrès à réaliser ; c’est ce qu’a tenté de faire M. Chéret.
- Si l’on passe en revue les conditions à remplir pour mettre un balancier en communication avec une machine motrice, on se rend facilement compte des difficultés qui s’opposent à l’emploi des transmissions usitées dans les cas ordinaires. L’arrêt brusque du balancier et le mouvement de translation dans la direction de l’axe de la vis forment les deux obstacles qui ne peuvent être surmontés que par des dispositions toutes particulières. C’était par l’intermédiaire de cordes tirées par des pistons, mus dans des corps de pompe dans lesquels une machine à vapeur faisait le vide, que Bolton et Watt cherchèrent une solution coûteuse et compliquée du problème.
- Nous tenons même de notre habile collègue, M. Barre, que, d’après les notes de son père, notre regretté confrère, qui visita la Monnaie de Londres,
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- elle est imparfaite, et que, si elle suffit pour le monnayage des souverains d’or, elle ne pourrait donner de bons résultats pour frapper notre pièce de 5 francs en argent.
- La disposition présentée par M. Chéret est, au contraire, complète, simple et peu coûteuse ; elle constitue un moyen direct et parfaitement satisfaisant de transmission de mouvement. On peut la considérer comme de la nature des organes agissant par frottement, dont elle a les avantages ; comme les cônes de friction, elle est propre à réunir et à désunir deux parties de mécanisme, suivant les variations de la résistance, et, comme dans les engrenages par frottement, les parties en communication permettent le mouvement de descente du balancier. De la sorte, les conditions spéciales à remplir se trouvent satisfaites ; c’est, au reste, ce que montrera bien la description du mécanisme.
- M. Chéret remplace les boules qui garnissent habituellement les extrémités de la verge du balancier par un volant circulaire en fonte jla couronne pesait 434 kilog. dans celui sur lequel nous avons fait quelques expériences) dont il garnit la circonférence d’un cuir épais. Un axe placé à angle droit avec la vis, et qui reçoit un mouvement de rotation de la machine à vapeur, porte deux plateaux pouvant glisser dans le sens de la longueur, de manière à pouvoir venir en contact avec le volant et, par suite, l’entraîner dans un sens ou en sens contraire, suivant que ce sera le plateau de droite ou le plateau de gauche qui viendra en contact avec le volant. Le mouvement pour frapper est donné au moyen d’un levier mû par une pédale pressée par le pied de l’ouvrier qui travaille au balancier, ce qui lui permet de faire varier à volonté la pression au contact du volant et de l’un des plateaux. Un contrepoids fait cesser le contact dès qu’on n’agit plus sur la pédale, et applique l’autre plateau contre le volant ; celui-ci est ainsi relevé et maintenu en l’air.
- Il m’a semblé que la facilité avec laquelle le mécanisme dont je viens de donner une idée permettait de varier les conditions de travail du balancier devait rendre facile et profitable une étude expérimentale à l’aide de tracés produits directement par les pièces en mouvement : elle m’a fourni quelques résultats assez curieux, et surtout a bien montré avec quelle perfection fonctionnait le mécanisme dont je cherchais à analyser les effets.
- A cet effet, on a adapté à la boîte coulante portée par l’extrémité de la vis un crayon qui traçait sur un petit cylindre en bois garni d’un papier et mis en mouvement par un barillet. Comptant, ce qui était facile avec un compteur à pointage de Bréguet, le temps total du mouvement du volant, on avait, avec assez d’exactitude, la mesure des abscisses (qui représentaient le temps) des courbes tracées sur le cylindre, dont les ordonnées représen-
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- taient l’espace parcouru verticalement par l’axe de la vis. Il était donc facile d’obtenir, en chaque instant, la vitesse de cet axe et, par suite, la vitesse angulaire du volant, de mesurer notamment la force vive qu’il possédait an moment du choc.
- Ceci établi, donnons quelques résultats des expériences :
- L’axe mis en mouvement par la machine à vapeur faisait, dans nos expériences, 190 tours en 70", soit 2,70 tours par seconde. Le plateau moteur porté par cet axe, dont le diamètre est de 0,64, avait donc la même vitesse angulaire, et les vitesses à ces circonférences de rayons 0,20 et 0,267 (ceux à considérer dans l’expérience spéciale dont nous donnerons plus loin les chiffres ) étaient de 3m,39 et 4m,78.
- Le volant monté sur la tête de la vis du balancier est en fonte, et sa section est de 10 centimètres sur 10 centimètres. Il part du repos pour arriver à produire un choc avec une vitesse accélérée. La loi de variation de cette vitesse est dans un rapport facile à déterminer avec celle de la descente de la vis, qui est représentée par les courbes tracées sur l’appareil à rotation. Ainsi, dans l’expérience 5, dans laquelle nous avons frappé sur du cuivre rouge et dans laquelle l’ouvrier qui pressait sur la pédale exerçait une pression bien moindre que s’il s’était agi de frapper sur un métal plus dur, nous trouvons, pour la progression des ordonnées Ae de l’espace parcouru, mesurée sur une même génératrice voisine du point de départ, les valeurs ci-après, jusqu’au moment où commence l’enfoncement dans le métal :
- Ae v ra
- 1 ....... 0,0013............. 0,0002......... 0,131
- 2 ...... 0,0024............. 0,0024......... 0,262
- 3 ...... 0,004 ............. 0,0066......... 0,432
- 4 ...... 0,0067............. 0,0111......... 0,725
- S. ... . 0,0090........... 0,015 0,984
- 6 ...... 0,011 ............. 0,0183......... 1,200
- 7 ...... 0,0123............. 0,020 1,312
- 8 ...... 0,0163............. 0,927 1,771
- 0,0630
- La courbe faisant 7 révolutions complètes, et le temps total étant de 4",25,. y compris le temps perdu de la vis et la durée de l’enfoncement, qui correspondent à 0,75 de révolution, chaque tour, que l’on peut prendre pour l’é-
- ok___rj 7K x Kn
- lément a t du temps, est effectué sensiblement en —1—ÿ—1— = -y- = 0,6
- de seconde. D’où les vitesses en 1" consignées dans la seconde colonne du tableau ci-dessus.
- Le rapport entre les vitesses en ligne droite de la vis et les vitesses circulaires du volant, qu’il s’agissait d’obtenir expérimentalement, se déduit
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- des dimensions relatives des éléments du balancier. Dans celui sur lequel on opérait, le pas de la vis était de 0m,105, et le volant avait 2m,30 de diamètre extérieur, soit 2m,20 pris au centre de la couronne circulaire. On avait donc un tour, soit une vitesse de ^X2m,20 pour 0,105 de déplacement delà vis,
- • ^ y 2 on
- c’est-à-dire que ces vitesses étaient dans le rapport de -- 1Q5 = 65,6 à 1.
- En multipliant donc par 65,6 les nombres précédemment trouvés, on a les vitesses du volant rapportées dans la 3e colonne, qui passent rapidement, d’un peu plus de 1 décimètre par seconde dans le voisinage du point de départ, à près de 2 mètres au moment du choc.
- Enfin ces vitesses permettent de calculer la force vive que possède le volant au moment du choc, c’est-à-dire le travail emmagasiné qui va être détruit, et qui, dans le cas actuel, le volant pesant 434 et la verge transversale 113 kilog., poids comprenant un anneau autour de l’axe, s’élève à 76 k. m., c’est-à-dire à l’action de plus de 5 hommes travaillant au balancier, leur action étant évaluée habituellement à 15 kilog. pour chaque coup.
- Pourtant, dans l’expérience rapportée ici, l’ouvrier pressait peu sur la pédale pour donner peu de vitesse, vu qu’il s’agissait seulement de produire un enfoncement dans du cuivre rouge. Dans une autre expérience, faite pendant qu’on frappait une médaille sur un métal très-dur, la vitesse maximum s’est élevée à 3 mètres, et la force vive a été presque double de la précédente. Le glissement par seconde entraînant une consommation de travail par frottement, qui était, dans la dernière période du frottement, 4,78— 1,71 = 3 mètres, dans notre expérience n’est plus que 4,78 — 3 = 1,78.
- La durée de l’enfoncement dans une plaque de cuivre de 6 millimètres d’épaisseur, pour la réduire à 2m,7 sur une surface de 429 millimètres, a été de 0,15 de seconde, et la courbe décrite pendant cet enfoncement est sensiblement rectiligne. On voit que le diagramme obtenu est tout à fait propre à étudier la difficile question du choc, et que l’heureuse disposition du mécanisme que nous décrivons peut permettre des recherches de physique moléculaire relativement aux lois d’écrasement des corps, question peu connue et d’un haut intérêt. Sans entrer dans de trop longs détails sur cette question, un peu étrangère à l’objet de ce rapport, je dirai seulement qu’on peut obtenir par ce tracé la vitesse à la fin de l’enfoncement, et, par suite, le travail consommé pour la résistance élastique du balancier, celui qui se dissipe en vibrations, partie très-considérable du travail moteur dont il n’a pas été tenu un compte suffisant dans les études faites jusqu’ici sur ce genre d’outils, ce qui conduisait à des conséquences fausses d’accroissement indéfini, avec la diminution de l’écrasement, de la pression susceptible de
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- produire le même effet que le choc. Cette conséquence erronée disparaît, et la théorie du balancier devient très-claire, en faisant, pour un travail effectué dans les conditions normales, la division du travail moteur en trois parties : le travail résistant du métal frappé, les résistances du frottement de la vis le long de ses filets et sur son extrémité, enfin la résistance élastique des côtés de la cage du balancier, division clairement manifestée par les effets calorifiques qui ne peuvent appartenir qu’à la première partie, qui, seule, répond à des déplacements moléculaires permanents. Dans les médailles frappées sur du métal très-dur, de faible épaisseur, réchauffement était nul, comme les déplacements moléculaires extrêmement minimes, tandis qu’il était déjà très-notable sur des plaques de cuivre rouge de 6 millimètres d’épaisseur, lorsqu’une fraction bien plus grande du travail total était consommée par l’écrasement du métal.
- D’un autre côté, la force vive qui subsiste, lorsque le coin cesse de pénétrer, ne peut évidemment être détruite que par la résistance élastique du balancier, par le petit allongement élastique des côtés de la cage qui répond à un effort très-considérable, quantité qui serait presque nulle si le travail •de pénétration était suffisant pour consommer la force vive; ce qui aurait lieu avec des plaques métalliques, d’épaisseur suffisamment grande, d’un métal malléable.
- Pour en revenir au mécanisme inventé par M. Chéret, nous en avons plus haut montré toute la puissance, bien constatée par la pratique de l’industrie, puisqu’on peut à volonté, en variant simplement la pression sur la pédale, lui donner la même puissance que s’il était mû par dix hommes et plus, c’est-à-dire se rapprocher à volonté de la limite que la solidité du balancier peut permettre d’atteindre sans danger de rupture ; aussi M. Barre se loue-t-il beaucoup de l’avoir adopté pour la fabrication des coins de monnaies en acier. Nous n’avons pas besoin d’insister sur sa simplicité, qui permet de varier à volonté les courses sans rien changer au mécanisme ; enfin son prix d’établissement est très-modéré, bien que l’économie qu’il procure soit considérable.
- Le seul soin que doive prendre l’ouvrier, non au point de vue de son travail, mais pour ne pas consommer inutilement de force motrice, est de ne pas presser trop brusquement, au départ, sur la pédale agissant sur un levier qui double la pression. En effet, dans l’exemple cité, le plateau moteur, ayant une vitesse considérable au moment où le volant part avec une vitesse minime, agirait comme frein si la pression était trop forte ; puis bientôt la déférence des vitesses du plateau et du volant diminue assez pour que la différence des chemins parcourus, cause du frottement (cuir sur fonte à sec égal à
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- 0,30 de la pression), soit peu considérable, et, par suite aussi, le travail consommé par ce frottement. Le désir de faire beaucoup produire à l’outil fait peut-être trop oublier la recommandation de i’inventeur, que nous répétons ici, et cela surtout parce que la machine à vapeur faisant toujours fonctionner la transmission, rien ne manifeste l’inutile consommation de travail, qu’il eût été facile d’éviter.
- Nous espérons vous avoir fait apprécier toute l’importance de l’ingénieuse invention do M. Chéret, qui nous paraît avoir rendu un service réel à l’industrie en général, et surtout à l’industrie parisienne, qui fait un usage si multiple du balancier. C’est donc avec une vive satisfaction que nous venons vous proposer, 1° de remercier M. Chéret de sa communication ; 2° de faire insérer au Bulletin le présent rapport, avec le dessin du mécanisme qui y est décrit ; 3° de faire tirer à part ce rapport et d’en offrir 300 exemplaires à M. Chéret.
- Signé Ch. Laboulaye , rapporteur.
- Approuvé en séance, le \ 0 avril \ 861.
- LÉGENDE DE LA TLANCHE 222 REPRÉSENTANT LE MÉCANISME IMAGINÉ PAR M. CHÉRET POUR FAIRE MOUVOIR LES BALANCIERS.
- Fig. 1. Vue de l’appareil dans un plan vertical parallèle à l’axe moteur.
- Fig. 2. Autre vue dans un plan vertical perpendiculaire au précédent.
- Dans ces deux figures on a représenté, en section, le sol sur lequel est établie la machine, afin de montrer la fosse dans laquelle se place l’ouvrier pour travailler.
- A, volant circulaire en fonte, garni extérieurement d’un cuir épais; il remplace les boules que portent ordinairement les extrémités de la verge du balancier et est monté à l’extrémité supérieure de la vis dans une position horizontale et telle que l’axe de cette vis passe par son centre.
- B, arbre moteur disposé horizontalement dans le plan diamétral du volant et mis en mouvement par la machine à vapeur au moyen d’une courroie passant sur la poulie C.
- C, C', poulie de commande et poulie folle de l’arbre moteur.
- D, D', plateaux en fonte calés sur l’arbre B à une petite distance du volant et pou vant, par un faible déplacement horizontal de l’arbre, venir alternativement au contact de ce volant pour lui communiquer, dans un sens ou dans l’autre, un mouvement de rotation auquel correspond nécessairement la descente ou la montée de la vis.
- E, levier de manœuvre agissant sur l’arbre B pour entraîner le plateau D, pendant sa rotation, au contact du volant et produire, par conséquent, la descente de la vis.
- F, pédale servant à l’ouvrier qui est dans la fosse à commander le levier E, lequel, sollicité par deux tringles reliées à l’aide d’un mouvement de sonnette, décrit un angle vertical autour de son point d’attache G.
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- H, autre levier fixé perpendiculairement au précédent et muni d’un contre-poids ehargé, au moment où l’ouvrier quitte la pédale, de ramener le plateau D dans sa première position, manœuvre qui a pour effet d’appliquer le plateau D' contre le volant et, par conséquent, de faire remonter la vis.
- I, demi-cercle fixé au levier H et portant à son centre un galet J, contre lequel le volant vient frotter dès qu’il arrive en haut de sa course; il suit de là que, si le volant arrive avec une trop grande vitesse contre le galet, il soulève le levier H avec son contre-poids, et dès lors le plateau D revient au contact et tend à agir comme frein.
- Pour augmenter l’impulsion à donner au volant lors de la descente de la vis, on peut ajouter un troisième plateau ainsi qu’il est indiqué en ponctué sur la figure i .
- K, K, bâtis en fonte supportant l’axe B; solidement boulonnés au sol, ils sont reliés à leur partie supérieure par une traverse L. ( M. )
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- Rapport fait par M. Salvétat, au nom du comité des arts chimiques, sur
- les verres de toiture présentés par la Compagnie de Saint-Gobain [Aisne).
- Messieurs, la manufacture de Saint-Gobain a soumis à votre approbation des verres spéciaux qu’elle fabrique depuis 1858. Votre comité des arts chimiques, auquel vous en avez renvoyé l’examen, a l’honneur de vous présenter le rapport suivant :
- Les produits brevetés en Angleterre sous le nom de rolled-glass, et que la Compagnie de Saint-Gobain désigne sous celui de verres de toiture, répondent, grâce à leurs grandes dimensions, à leur résistance et surtout à leur prix modéré, à des besoins nouveaux créés par le génie civil et l’art des constructions modernes.
- Les spécimens que vous avez sous les yeux ont, en effet, 4 à 6 millimètres d’épaisseur, et sont d’une valeur assez minime pour avoir accès dans un grand nombre de constructions ; ils sont ou légèrement verdâtres, ou complètement blancs, suivant l’emploi qu’on leur réserve ; l’une des faces est lisse et brillante, l’autre présente de légères rayures saillantes qui brisent les rayons lumineux pour les transformer en lumière diffuse, en empêchant aussi de voir au travers des vitres sans intercepter d’une manière sensible le jour du dehors, contrairement à l’effet produit par le verre mat ou dépoli.
- La face rayée peut être ornée de dessins en relief comme en présèntënt les échantillons à losanges. En Angleterre, où cette fabrication a pris naissance, on varie les dessins à l’infini suivant les applications ; on peut faire
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- même des verres qui simulent, par de fortes nervures, les baguettes de plomb des vitrines de couleurs ; on réunit de la sorte la solidité et la modicité des prix.
- La fabrication de ces verres n’offre rien de particulier; c’est un verre à glace, plus ou moins commun, coulé par les procédés ordinaires, avec cette seule différence que les appareils de coulage sont disposés de manière à donner par moulage les cannelures, rayures et autres ornements. On obtient ainsi des feuilles de verre pouvant aller facilement de 80 centimètres de largeur à 2m,50 de hauteur : l’épaisseur est en quelque sorte illimitée, mais généralement il est inutile de dépasser 5 millimètres pour des surfaces qui arrivent au mètre carré.
- Dans les constructions importantes qui s’exécutent aujourd’hui dans les grands centres industriels, dans les villes importantes, dans les chantiers de la marine et sur les chemins de fer, il doit être important de laisser pénétrer le jour jusque dans les parties les plus centrales.
- Le verre à vitre soufflé ne répond qu’imparfaitement à toutes les conditions que nous venons d’énumérer. Dans certains cas la transparence est nuisible, sinon inutile ; on ne la supprime généralement qu’en perdant beaucoup de lumière, soit par le dépolissage, soit par des rideaux, soit par les badigeons. La faible épaisseur du verre à vitre simple s’oppose à son usage dans les circonstances où la dimension à couvrir est assez considérable. Quant aux verres doubles ou triples, quant aux glaces sans tain qui présentent plus de résistance et pourraient supporter d’assez grandes dimensions, le prix en est trop élevé pour les couvertures où le luxe doit être soigneusement évité.
- Les verres de Saint-Gobain participent à la fois du verre à vitre et de la glace sans tain ; ils ont la solidité des uns, le bas prix des autres ; ils remplissent donc la lacune qui séparait ces produits. Ils s’emploient avec avantage pour couvrir les serres, les passages, les cours et les lanternes des cages d’escalier ; ils se placent même verticalement sur panneaux à larges surfaces pour éclairer les arrière-boutiques et pièces qui ne reçoivent que des jours de souffrance.
- Ils conviennent surtout pour couvrir et vitrer les magasins, les ateliers élevés, les chantiers de construction, les gares de chemin de fer et les hangars à grande portée.
- Des ouvertures faites avec des feuilles de verre de Saint-Gobain qui ont lm,50 à 2 mètres de long sur 0m,35 à 0m,50 de large ne présentent qu’un petit nombre de joints à recouvrements qu’il est facile d’ailleurs de
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- dissimuler en les plaçant au-dessus des pannes qui supportent les chevrons,
- Les feuilles se posent sur les chevrons eux-mêmes, qui peuvent être en bois ou en fer profilé dit fer de vitrage. Dans ce dernier cas, on les maintient économiquement par de petites broches ou goupilles qui les empêchent de glisser ou de se soulever. Établies dans de bonnes conditions, elles résistent à la grêle plus que les couvertures ordinaires et supportent sans avaries le poids des neiges qui peuvent s’y accumuler. Les gares couvertes de cette manière sont parfaitement éclairées sans insolation directe et sans infiltration des eaux pluviales; il en résulte une économie considérable sur les frais d’éclairage des gares proprement dites, ainsi que des salles et bureaux qui les entourent.
- Employées pour croisées, les nouvelles feuilles de verre permettent de supprimer les châssis en bois ou métal qu’il suffit de remplacer par des montants en bois ayant toute la hauteur des baies à vitrer, et maintenus aux deux extrémités dans le mur. On les espace de façon à séparer les baies en un certain nombre d’intervalles égaux qui peuvent varier au gré du constructeur entre 30 et 40 centimètres. On peut réaliser de la sorte une assez grande économie et conserver une remarquable solidité ; cette disposition se recommande d’elle-même pour les bâtiments destinés à servir d’entrepôt, d’ateliers de mécaniciens-ajusteurs, de remises à locomotives, de filatures, etc.
- Les avantagés qui précèdent paraissent au comité des arts chimiques mériter l’attention de tous les consommateurs, ingénieurs, architectes ou constructeurs; et nous avons pensé que ce système de couverture était digne de la plus grande publicité dont vous pouvez disposer; en conséquence, le comité des arts chimiques vous propose,
- 1° De remercier la Compagnie de Saint-Gobain de sa communication ;
- 2° De voter l’insertion de ce rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé Salvétat , rapporteur.
- Approuoê en séance, le 5 juin 1861.
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- Rapport fait far M, Duchesne , au nom du comité des arts économiques, sur
- une nouvelle application de moulage, par M. Stahl, rue Saint-Louù-en-
- l’Ile, 3.
- Messieurs, le 17 juillet 1850 (1), notre honorable collègue M. de Silvestre vous a fait un rapport sur des procédés de moulage des étoffes par M. Stahl, mouleur en chef au Muséum d’histoire naturelle, et, le 20 janvier 1852 (2), le même rapporteur venait encore vous parler de M. Stahl et d’un nouveau procédé pour mouler avec un grand soin et une exactitude remarquable les mollusques à l’état frais ou conservés dans l’alcool.
- Vous avez honoré M. Stahl, dans la séance générale du 29 mars 1849, d’une médaille d’argent, et, dans celle du 11 août 1852, d’une médaille de platine. C’est ce même artiste qui, étendant à d’autres objets ses intéressants procédés de reproduction, vient aujourd’hui mettre sous vos yeux des membres difformes qu’il moule sur nature et dont il modifie si heureusement l’aspect, qu’il peut leur rendre la forme de membres bien faits.
- Vous pourrez en juger par le pied contrefait joint à son mémoire, pied auquel il est parvenu, par des additions appropriées, à donner une forme approchant, autant que possible, de la forme naturelle. Ces additions ont encore l’avantage d’augmenter le point d’appui du membre déformé et de rendre la marche moins pénible.
- M. Stahl avait bien trouvé à prendre ainsi l’empreinte exacte de la difformité, mais il lui fallait pouvoir reproduire avec une matière élastique et légère le bon creux obtenu.
- M. Stahl a d’abord essayé le liège, mais il n’obtenait ainsi qu’un moule approximatif : il est enfin parvenu à faire couler en caoutchouc, et par des procédés particuliers, le modèle obtenu en plâtre ; mais, comme la botte eût été ainsi trop lourde, à cause de l’épaisseur du caoutchouc, il a êvidé la pièce et fait remplir le vide avec du coton ; de cette manière la résistance et l’élasticité existent.
- Ce procédé peut être d’une grande utilité non-seulement dans les difformités du pied, mais encore à la suite des graves opérations faites sur l’extrémité du membre inférieur, comme l’amputation médio-farsienne, l’ampu-
- (1) Voir Bulletin de 1850, t. XLIX, p. 366.
- (2) — — de 1852, t. Ll, p. 598.
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- talion à la partie inférieure de la jambe, etc., opérations qui laissent, après la guérison des malades, des difformités du membre amputé.
- Nous pensons, avec M. Stahl, qu’on pourrait aussi faire en caoutchouc le moulage exact de tous les moignons, et construire alors des appareils artificiels exactement applicables et qui ne blesseraient plus ceux qui sont forcés d’en faire habituellement usage.
- Votre comité des arts économiques vous propose, Messieurs, de vouloir bien décider,
- 1° Que des remercîments soient adressés à M. Stahl pour son intéressante communication ;
- Que le présent rapport soit inséré au Bulletin.
- Signé Duchesne, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 30 janvier 1861.
- COMITÉ DE COMMERCE.
- Rapport fait par M. Maurice Block, au nom du comité de commerce, sur un mémoire intitulé, Étude statistique sur l’arrondissement de Valenciennes , et considérations sur son état ancien et moderne et sur ses progrès au xixe siècle, par M. Victor de Courmaceul.
- Tout le monde comprend l’intérêt qui se rattache à la description d’un grand pays. Son influence sur les événements politiques, ses mœurs, sa richesse, la variété des cultures qui se partagent son vaste territoire, les travaux qui s’accomplissent dans ses usines et manufactures, peuvent exciter notre crainte ou notre sympathie, notre admiration, et pour le moins notre curiosité. Une statistique locale ne présente aucun de ces attraits; mais son étude peut nous paraître attachante à d’autres titres, et les résultats qu’on en tire ne sont pas moins instructifs.
- En effet, dans la description d’un grand pays, on doit procéder par grandes masses et n’envisager que les points saillants. Lorsqu’on examine, au contraire, un territoire peu étendu, on peut porter l’attention sur les détails. On ne néglige plus les causes en apparence petites, on tient même compte de simples nuances. Or, comme, dans bien des cas, nous ignorons encore la véritable cause des effets qui se produisent sous nos yeux, comme le vrai et le faux ne se distinguent souvent que par des nuances peu tranchées, une monographie statistique qui facilite nos études sur un point donné constitue donc un travail méritoire.
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- COMITÉ DE COMMERCE.
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- M. Victor de Courmaceul, en prenant l’arrondissement de Valenciennes pour objet de ses recherches, a eu une heureuse inspiration. Cet arrondissement est non-seulement un de ceux dont les progrès ont été les plus remarquables, c’est encore l’un de ceux où la prospérité est assise sur les bases les plus larges, les plus solides.
- Quelles sont les causes de cette prospérité? Écoutons M. de Courmaceul.
- « Les unes sont, en quelque sorte, primordiales; on les trouve dans le « caractère des habitants, dans les institutions civiles du pays, dans les cou-
- « tûmes et les aptitudes anciennes....
- « Les autres, d’origine plus récente, ressortent des événements modernes, « de ce concours de circonstances fortuites que l’intelligence humaine ne
- « peut prévoir, mais dont elle sait habilement tirer parti... »
- Eh bien, l’arrondissement de Valenciennes a été tout particulièrement favorisé par les circonstances, et ses habitants ont su en tirer un parti tellement habile, qu’ils ont réalisé ce que nous avons toujours considéré comme la perfection économique, savoir: «l’équilibre parfait des forces industrielles, agricoles et commerciales. » Nous avons emprunté, pour formuler notre idéal, les termes mêmes que M. de Courmaceul applique à l’arrondissement de Valenciennes. Des développements qu’il donne sur ce point, nous ne pouvons nous empêcher de citer le passage suivant :
- « De cet équilibre, qu’il faut, avant tout, signaler et admirer, ressort encore « cette union si évidente et si profitable de l’agriculture et de l’industrie, cause « nouvelle de prospérité pour toutes les deux. L’une ne se sent plus, comme « autrefois, sacrifiée à l’autre; plus de jalousie, plus d’antagonisme; de ri-« vales qu’elles étaient, elles sont devenues alliées ; elles marchent de concert « appuyées l’une sur l’autre, à tel point que la plupart de nos fabriques sont « agricoles et que la majeure partie de nos agriculteurs sont industriels. » Cette citation suffit, en même temps, pour faire ressortir l’excellent esprit qui règne dans ce travail. Quant aux nombreux documents statistiques sur la population, l’agriculture,l’industrie, etc., qu’il renferme, nous ne croyons pas utile d’en énumérer la série si longue. Rien d’important ne paraît avoir été omis, et beaucoup de renseignements qui y figurent ne se trouvent nulle part ailleurs. Le tout est présenté avec méthode. Nous regrettons cependant que l’auteur ait omis de dresser une table des matières.
- En résumé, le comité a l’honneur de vous proposer, Messieurs, d’adresser une lettre de remerciaient à l’auteur et d’insérer le présent rapport au Bulletin de la Société.
- Signé Maurice Block, rapporteur. Approuvé en séance, le 10 avril 1861.
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- ÉCLAIRAGE Aü GAZ.
- * ÉCLAIRAGE AU GAZ.
- INSTRUCTION PRATIQUE DONNANT LA MARCHE A SUIVRE POUR LES EXPÉRIENCES RELATIVES
- A LA DÉTERMINATION JOURNALIÈRE DU POUVOIR ÉCLAIRANT ET DE LA BONNE ÉPURATION
- DU GAZ DE LA COMPAGNIE PARISIENNE.
- Depuis l'agrandissement de la capitale, l’Administration municipale ayant été obligée de pourvoir au service de l’éclairage dans des limites plus étendues, il est intervenu entre elle et la Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage par le gaz un traité destiné à régler des conditions nouvelles. Nous extrayons de l’article 12 de ce traité les détails suivants qui ont motivé l’instruction pratique que MM. Dumas et Régnault, membres de FInstitut, ont été chargés de rédiger pour servir à la constatation du pouvoir éclairant et de la bonne épuration du gaz.
- « Le gaz sera parfaitement épuré, et son pouvoir éclairant devra être tel que, sous la pression de 2 à 3 millimètres d’eau, l’éclat d’une lampe Carcel brûlant 42 grammes d’huile de colza épurée à l’heure puisse être obtenu avec une consommation de 105 litres de gaz à l’heure en moyenne. ,
- « La Compagnie sera tenue de fournir les appareils et les locaux nécessaires à la constatation du pouvoir éclairant qui s’effectuera chaque jour de la manière suivante :
- a Les expérimentateurs prendront pour type du brûleur de gaz le bec Benghel en porcelaine, à 30 trous, brûlant sous 2 à 3 millimètres d’eau de pression avec un verre de 0m,2Q de haut sur 0m,049 de diamètre en bas et 0m,052 en haut. Ils en régleront la flamme pour avoir une lumière d’une valeur égale: à celle de la lampe Carcel, brûlant 42 grammes d’huile à l’heure, sous les conditions spécifiées dans l’instruction de MM, Dumas et Régnault, jointe au présent traité.
- « Les deux flammes ayant été maintenues bien exactement égales en intensité pendant le temps nécessaire pour brûler 10 grammes d’huile, les expérimentateurs mesureront le gaz consommé, qui devra s’élever en moyenne à 25 litres , la consommation devant être en moyenne de 105 litres de gaz pôur 42 grammes d’huile.
- « Les essais se feront au moyen de l’appareil décrit et suivant le mode indiqué dans l’instruction précitée de MM. Dûmes et Régnault. Chaque appareil devra être reçu par les ingénieurs de la ville de Paris, et il ne sera mis en service qu’a près avoir été vérifié contradictoirement par les agents de la Ville et ceux de la Compagnie.
- « Les appareils d’essai seront placés dans les bureaux de section de la Compagnie, dans une pièce dont les agents de la Ville auront seuls la clef; ceux de ces bureaux destinés aux essais seront choisis, d’accord avec la Compagnie, vers la région moyenne dn réseau alimenté par l’usine à laquelle correspondra le bureau. Il y aura autant de bureaux d’essais qu’il conviendra à l’Administration municipale d’en établir, mais au moins un par chaque usine à gaz et deux pour les usines importantes.
- « Les essais seront effectués de huit à onze heures du soir. Les expérimentateurs feront trois essais à demi-heure d’intervalle, ehils en prendront la moyenne. Chaque
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- jour, la feuille de service, remise par le directeur du service municipal des travaux publies de la ville de Paris aux essayeurs, désignera les bureaux où les essais devront être effectués. Le nombre d’essais devra être le même pour chaque usine. Le chef de section, ou l’un des ingénieurs de la Compagnie, est autorisé à assister à l’essai et h prendre note de ses résultats; mais il n’intervient en rien dans la conduite de l’opération, dont l’essayeur Tesle seul maître et responsable.
- « Si la consommation du gaz, qui, dans les essais, doit être égale à 25 litres, comme il est dit ci-dessus, dépassait 27Ut\50, il en serait donné immédiatement connaissance à M. le Préfet de la Seine et à la Compagnie.
- « La moyenne des essais de chaque mois devra être égale à 25 litres en nombre rond. Pour calculer cette moyenne, il sera attribué à chaque usine, au commencement de chaque année, un coefficient proportionnel à la fraction moyenne qui représente la part du service de l’usine dans l’éclairage public total. Quand la moyenne d’un mois sera inférieure ou supérieure au type, il sera fait report, aux mois suivants du même trimestre, de la compensation due par la Compagnie ou par la Ville ; à la fin de chaque trimestre, le compte delà compensation proportionnelle entre toutes les usines sera arrêté, et, s’il y a déficit, la Compagnie payera à la Ville une amende égale à la valeur de la lumière manquante, en prenant pour base le prix de l’éclairage public, sous la déduction du droit d’octroi et la moyenne mensuelle de la consommation de l’éclairage public dans le trimestre.
- « Pour une même année, la Compagnie solde le compte en déficit des deux premiers trimestres, en payant une amende égale à la valeur de la lumière qui n’aura pas été fournie, ainsi qu’il vient d’être dit. Si les déficit se représentaient pour un ou deux des trimestres du second semestre de la même année, la Compagnie payerait respectivement pour chacun d’eux une amende égale à deux fois la valeur de la lumière qui n’aurait pas été livrée.
- « Les dispositions des deux paragraphes qui précèdent ne s’appliquent qu’au cas prévu où la lumière en déficit ne dépassera pas 10 pour 100, ce qui correspond à une consommation de gaz qui, dans l’appareil d’essai, ne dépasse pas 27Ut,,50 pour 10 grammes d’huile brûlée.
- « Si ces chiffres sont dépassés dans les essais de deux soirées consécutives, il sera procédé, après un délai de cinq jours, à des expériences contradictoires en présence des agents de la Ville et de ceux de la Compagnie.
- « En cas de désaccord entre les agents des deux services sur le résultat des expériences, il serait immédiatement fait appel à un ingénieur de l’Etat, tiers expert désigné d’avance à cet effet par le Conseil de préfecture, au commencement de chaque année.
- « À partir du jour où le déficit, en dehors des tolérances de 10 pour 100, aura été dénoncé par la Ville à la Compagnie, s’il se reproduit pendant dix jours dé suite, ou pendant quinze jours non continus dans un même mois, la Compagnie sera tenue de payer une amende égale à cinq fois la valeur de la lumière manquante, au prix de l’éclairage public réduit, comme il est dit ci-dessus.
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- « Si le déficit en dessous des tolérances ne s’est pas produit pendant dix jours de suite, ou pendant quinze jours en un mois, la Compagnie sera autorisée à en faire la compensation, comme si ce déficit avait eu lieu dans la limite de la tolérance.
- « La compensation sera admise aussi pour le cas de force majeure; mais, lorsque la Compagnie aura prévu ou constaté quelque cas de force majeure pouvant modifier le pouvoir éclairant du gaz, elle sera tenue de le notifier immédiatement à M. le Préfet de la Seine.
- « Le résultat des procès-verbaux de vérification du pouvoir éclairant, tant journaliers que contradictoires, sera rendu public, quatre fois par an, par le mode que déterminera M. le Préfet de la Seine. »
- Voici maintenant l’instruction pratique.
- VERIFICATION DU POUVOIR ECLAIRANT.
- La flamme de la lampe Carcel prise pour type et celle du bec de gaz normal sont amenées et maintenues à une égale intensité sous le rapport du pouvoir éclairant.
- Quand la lampe a brûlé 10 grammes d’huile, le bec doit avoir Ik-sj-4 brûlé 25 litres de gaz s’échappant sous la pression de 2 à 3 mil-
- limètres d’eau.
- 1° DESCRIPTION DES APPAREILS.
- Lampe Carcel.
- Diamètre extérieur du bec.............................
- Diamètre intérieur du bec (ou du courant d’air intérieur)................................................
- Diamètre du courant d’air extérieur...................
- 23milL,5
- ... 17
- ... 45
- Hauteur totale du verre.... 290
- ... 61
- ... 47
- Distance du coude à la base du verre................
- Diamètre extérieur au niveau du coude...............
- Diamètre extérieur du verre pris au haut de la cheminée...............................................
- Épaisseur moyenne du verre..........................
- Conditions de la mèche.
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- Mèche moyenne dite mèche des phares. La tresse est composée de 75 brins. Le décimètre de longueur pèse 3§r,6. Les mèches doivent être conservées dans un endroit sec, ou, si le local est humide, dans une boîte contenant de la chaux vive dans un double fond; cette chaux sera renouvelée avant sa complète extinction.
- Conditions de l'huile.
- On emploiera de l’hui'îe de colza épurée.
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- Bec à gaz.
- Le.bec d’essai
- est un bec Bengel en porcelaine à 80 trous, avec panier et sans cône, comme le montre la figure ci-contre.
- Hauteur totale du bee. . . . . . . . 80mül" »>>
- Distance de la naissance de la galerie au sommet du ‘ bec. .... . . . 31 »
- Hauteur de la partie cylindrique du bec. . . . 46 »
- Diamètre extérieur du cylindre en porcelaine. 22 5
- Diamètre du courant d’air intérieur. . . . , 9 »
- Diamètre du cercle sur lequel sont percés trous les 16 5
- Diamètre moyen des trous . 0 6
- Hauteur du verre 200 »
- Epaisseur du verre 3 »
- \ en haut Diamètre extérieur du verre | eQ ^ 52 »
- 49 »
- Nombre de trous percés dans le panier. . . . 109 »
- Diamètre des trous du panier 3 »
- Les becs qui seront employés aux essais devront avoir été préalablement comparés aux becs types conservés sous scellés.
- 11° PRÉPARATION DE L’ESSAI.
- L’essai comprend l’allumage et les mesures.
- Allumage de la lampe.
- Mettre une mèche neuve.
- La couper à fleur du porte-mèche.
- Remplir la lampe exactement d’huile, jusqu’à la naissance de la galerie.
- Monter la lampe.
- L’allumer, en maintenant d’abord la mèche à 5 ou 6 millimètres de hauteur.
- Placer le verre.
- Pour régler la dépense, on élève la mèche à une hauteur de 10 millimètres, et le verre de telle sorte que le coude soit à une hauteur de 7 millimètres au-dessus du niveau de la mèche.
- Pour obtenir ces conditions, on fait affleurer la pointe inférieure du petit appareil qui est adapté au porte-mèche avec la mèche elle même, et la pointe supérieure avec un trait au diamant marqué sur le eol du verre.
- La lampe doit consommer 42 grammes d’huile à l’heure, et il importe de la régler à ce chiffre. Quand la consommation descend au-dessous de 38 grammes ou qu'elle s’élève au-dessus de 46 grammes, l’essai est annulé.
- Tome VIII.' — 60e année. 2e série. — Mai 1861.
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- Allumage du bec.
- On allume le bec, en ayant soin de faire porter la partie inférieure du verre sur la base de la galerie.
- On le laisse brûler, ainsi que la lampe, une demi-heure avant de commencer l’opération.
- On- mesure la pression sur le manomètre adapté au porte-bec. Elle doit être de 2 à 3 millimètres d’eau.
- Mesures.
- Tarer la lampe. Pour cela, la placer dans le cylindre fixé à un des plateaux de la balance, et établir l’équilibre au moyen de grenailles de plomb.
- Ajouter, sur le plateau où se trouve la lampe, un petit poids supplémentaire.
- Établir la communication du fléau de la balance avec le timbre.
- S’assurer, au moyen des mires, que la flamme de la lampe et celle du bec sont à la même hauteur et à une même distance de l’écran.
- Ramener au zéro l’aiguille mobile sur l’axe du compteur à gaz, et celle du compteur à secondes. *. *
- III0 ESSAI.
- Se placer derrière la lunette.
- Pour obtenir des lumières égales dans les deux moitiés de l’écran, on fait varier la dépense du gaz au moyen du robinet à vis placé sur le compteur. Il est commode, pour apprécier plus sûrement les intensités relatives des deux lumières, de se servir des petites lames mobiles au moyen d’une vis, qui servent à diminuer le champ de l’instrument.
- Quand le marteau frappe sur le timbre, on fait partir l’aiguille du compteur en tirant à soi le levier qui met en mouvement les deux aiguilles.
- Accrocher le poids B au plateau dans lequel se trouve la lampe.
- Rétablir la communication du fléau avec le timbre.
- Pendant tout le temps que dure l’essai, on doit observer dans la lunette si l’égalité des deux lumières se maintient ; au besoin, on la rétablit en réglant l’arrivée du gaz à l’aide du robinet à vis.
- Au moment où le marteau frappe de nouveau sur le timbre, on presse sur le levier
- pour arrêter les deux aiguilles.
- IV0 RÉSULTAT DE L’ESSAI. — CALCUL.
- Lire la dépense sur le cadran du compteur.
- Lire la pression sur le manomètre adapté au porte-bec.
- Exemple du calcul.
- Le compteur marque.................................................24Ht-,&
- Comme le poids pèse. . ............................................10 gr.
- la dépense de gaz pour 42 grammes d’huile sera 2,45 X ^2 = 102lil,,9.
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- Cet essai sera répété trois fois, de demi-heure en demi-heure. La lampe et le bec allumés au commencement de l’opération, serviront dans les mêmes conditions, pour le reste de l’expérience.
- On prendra la moyenne des trois résultats.
- La consommation normale de la lampe étant de 42 grammes d’huile à l’heure, pour brûler 10 grammes d’huile il faudra 14' 17”.
- Ainsi le compteur à secondes permet de déterminer, dans chaque expérience, la consommation d’huile que la lampe fait par heure, et de reconnaître si l’on est dans les limites indiquées plus haut.
- Par exemple, le compteur à secondes marque 15' 30”, soit 15,5.
- D’après la proportion suivante on aura 10 : 15,5 ; : a? : 60.
- x = 38êr,7, consommation d’huile de la lampe par heure.
- Y0 VÉRIFICATION DU COMPTEUR.
- Elle doit être faite tous les huit jours, en présence d’un agent de la Compagnie.
- Préparation de T expérience.
- Remplir d’eau le^gazomètre.
- Y introduire le gaz. Pour cela, on ouvre le robinet qui donne accès au gaz, et en même temps celui qui laisse couler l’eau.
- Recueillir dans un vase l’eau qui s’échappe et l’introduire dans le réservoir supérieur.
- Le gazomètre étant plein de gaz, fermer le robinet inférieur.
- On doit s’assurer alors s’il n’y a pas de fuite dans l’ensemble des appareils. Pour cela, on ferme le robinet du porte-bec, on ouvre le robinet qui met en communication le gazomètre et le compteur, ainsi que le robinet à vis. On fait couler un peu d’eau du réservoir dans le gazomètre, jusqu’à ce que le manomètre marque une pression de 0m,050 d’eau. Si cette pression n’a pas varié au bout de cinq minutes, il n’y a pas de fuite dans l’appareil.
- Expérience.
- Ramener à zéro l’aiguille du compteur.
- Ouvrir en plein le robinet du compteur et celui du porte-bec.
- Faire écouler l’eau du réservoir dans le gazomètre au moyen du robinet disposé à cet effet.
- On règle l’écoulement de l’eau, au moyen de ce robinet, de telle sorte que la pression indiquée par le manomètre ne dépasse pas 0m,003.
- Quand le niveau de l’eau dans le gazomètre se trouve au zéro de l’échelle, faire partir l’aiguille mobile du compteur.
- Quand le niveau de l’eau arrive dans le gazomètre au degré 25, on arrête l’aiguille du compteur.
- On lit la division marquée par cette aiguille; si ces deux nombres sont d’accord, le compteur est exact.
- Dans le cas où le nombre de litres représenté par la marche du compteur, et celui
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- qui serait indiqué par le gazomètre, ne seraient pas d’accord, on répétera l’expérience trois fois chaque jour pendant toute la semaine, et on prendra la moyenne.
- Si la dépense du compteur, mesurée au gazomètre, présente des variations qui dépassent 1 pour 100, c’est-à-dire 0Ht ,25, ou bien 2,5 divisions pour les 25 litres du compteur, celui-ci doit être mis en réparation ou remplacé.
- VÉRIFICATION DE LA BONNE ÉPURATION DU GAZ.
- L’appareil consiste en un bec de porcelaine B, semblable à celui qui est adopté pour la détermination du pouvoir éclairant. Il est monté sur un petit réservoir à gaz muni d’un manomètre à eau. Le bec traverse un plateau sur lequel on pose une cloche tabulée en verre C. La tubulure communique avec un tube de plomb qui déverse.le gaz au dehors ou dans une cheminée.
- 1° — PRÉPARATION DU PAPIER D’ÉPREUVE.
- Plonger des feuilles de papier blanc, non collé, dans une dissolution d’acétate neutre de plomb dans l’eau distillée, contenant 1 de sel pour 100 d’eau.
- Sécher ces feuilles de papier à l’air, les couper en bandes de 1 centimètre de large sur 5 centimètres de long, et les conserver . dans un flacon à Fémeri, à large goulot.
- Il0 — ESSAI.
- Suspendre une bande de papier F, aiusi préparée, dans la cloche C de l’appareil.
- Ouvrir le robinet R pour y faire arriver le gaz. Le manomètre M doit indiquer une pression de 2 à 3 millimètres d’eau pendant la durée de l’expérience.
- Laisser la bande de papier dans le courant de gaz pendant la durée de l’un des essais relatifs au pouvoir éclairant, c’est-à-dire pendant un quart d’heure.
- Retirer la bande.
- Écrire sur la bande le numéro du bureau et la date.
- •La bande de papier ne doit pas brunir par Faction du gaz. Si elle ne s’est pas colorée, l’essayeur la renferme dans un flacon à Fémeri, à large goulot, où il conserve toute les bandes d’un même 1 trimestre.
- Si la bande de papier, imprégnée d’acétate de plomb, brunit ou noircit par son séjour dans la cloche, on réitère Fessai.
- L’une des bandes, numérotée et datée, est conservée dans le flacon à Fémeri. L’autre bande, également numérotée et datée, et, de plus, revêtue de la signature de l’essayeur, est envoyée, sous pli cacheté, à M. le directeur des travaux publics de la ville de Paris.
- Paris, 12 décembre 1860.
- Signé J. Dumas, V. Régnault.
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- ARTS CHIMIQUES.
- ARTS CHIMIQUES.
- SUR L’HISTOIRE DE LA PARAFFINE; PAR M. CHARLES TOMLINSON, PROFESSEUR ÀU COLLEGE
- ROYAL DE LONDRES.
- Ainsi qu’il en est de la majeure partie des branches de l’industrie, la distillation d'e la houille a été tardive. L’existence de sources de gaz inflammable a été constatée dans les districts houillers de l’Angleterre antérieurement à 1659, époque à laquelle M. Shirley rendit compte à la Société royale de Londres de quelques expériences faites sur un produit gazeux de ce genre qui s’échappait d’un puits situé près de Wigan, dans le Lancashire. Quelques années plus tard, le docteur Clayton entreprit quelques essais directs de distillation de la houille, mais ces essais ne furent pas communiqués à la Société royale, et ce n’est qu’en 1739 seulement qu’ils ont été publiés. L’auteur dit « d’abord il s’est produit un boursouflement de la matière, ensuite est « arrivée une huile toute noire, puis est survenue une sorte d'esprit ( spirit ) que je « n’ai pu parvenir en aucune manière à condenser. » Cet esprit ( ainsi était alors désigné le gaz inflammable non susceptible de condensation) excita alors une curiosité telle, qu’on négligea de s’occuper de l’huile noire qui provenait de la même origine. Mentionnons cependant que déjà, en 1726, le docteur Haies avait publié une notice relative à quelques expériences analogues de distillation et dans laquelle il indiquait la condensation d’une huile volatile dans le récipient faisant suite à son alambic. Enfin, quand nous aurons dit que le docteur Watson a également parlé des huiles qui se forment lorsque la houille est chauffée au rouge en vase clos, nous aurons à peu près rapporté tout ce qu’on savait autrefois des produits liquides de la distillation du charbon.
- En 1781, lord Dundonald obtint un brevet pour « un procédé de fabrication de « goudron, de brai, d’huiles essentielles, d’alcali volatil, d’acides minéraux, de sels « et de coke par le traitement de la houille... a « cette houille étant mise en feu et « fournissant, par sa propre chaleur et sans le secours d’aucun autre combustible,
- « tous les produits ci-dessus désignés prêts à être recueillis dans des récipients con-“ venables... »... « la réussite du procédé dépendant de la quantité d’air admise « dans les fours et que l’expérience seule peut apprendre à régler... »
- Seize ans plus tard (1797), Y Encyclopédie Britannique parle en ces termes du procédé de lord Dundonald. « Il tire parti d’une manière très-lucrative des mines de ?( charbon situées sur ses propres domaines ou dans d’autres propriétés particulières,
- «< en construisant des fours d’une disposition spéciale pour convertir la houille en " c°ke et obtenir en même temps, dans divers récipients, l’alcali volatil, l’huile, le « goudron et le brai qui sont ordinairement perdus dans les procédés de combustion k ordinaire. » Plus loin on lit : <x Cette méthode, comparée avec le procédé ordinaire, u prouve, par les résultats qu’elle fournil, les pertes importantes auxquelles peut don-
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- « ner lieu le défaut d’intelligence dans les grandes applications industrielles. Les « fours sont construits de manière à n’admettre qu’une petite quantité d’air, et le « charbon se décompose de lui-même sous l’influence d’une faible et incomplète « combustion, qui a pour effet de conserver les éléments qui le composent. Le résidu « obtenu dans les fours est un coke de qualité supérieure. » C’est à peu près à la même époque qu’un Français, Faujas de Saint-Fond, aurait importé en France les procédés de lord Dundonald.
- L’article cité ci-dessus rapporte encore que, « en soumettant le charbon à une distiï-« lation en vase clos, il dépose d’abord une liqueur aqueuse, puis une huile volatile et « enfin de l’ammoniaque et une autre espèce d’huile grasse et épaisse qui peut être « transformée en une huile limpide, légère, de couleur jaune-paille, mais passant au « noir lorsqu’elle est exposée à l’air. »
- En 1812 M. le Witte prit un brevet pour un appareil servant à extraire le goudron de la houille, dans le but soit de l’employer comme peinture préservatrice, soit de le faire servir à la préparation de certains vernis; ce brevet relate la production de 10 pour 100 de goudron et d’un résidu composé d’un coke d’excellente qualité.
- En 1849, Théodore de Saussure, opérant sur un calcaire asphaltique provenant des environs de Neuchâtel ( Suisse ), en obtint une huile qu’il compara à l’huile de pétrole d’Amiano.
- En 1824, Chervau fit breveter un mode de distillation de certains schistes situés dans le département de Saône-et-Loire. La distillation produisait 40 pour 100 d’une huile qu’on pouvait brûler dans les lampes à alcool.
- L’année 1829 nous conduit aux travaux de Reichenbach, le propriétaire bien connu d’une importante fabrique de produits chimiques de Moravie. C’est à cette époque que le chimiste allemand, en étudiant le goudron fourni par la distillation sèche du bois de hêtre, découvrit une substance d’apparence cireuse insoluble dans l’eau et dans l’alcool, sans action sur les métaux, inattaquable par les acides et les alcalis, et à qui son manque presque absolu d’affinité pour les autres corps a fait donner le nom de paraffine (parum affinis ). Il existe une huile qui jouit de quelques-unes de ces propriétés et qu’on a appelée huile de paraffine; on l’a employée avec assez de succès pour lubrifier les machines. En poursuivant ses recherches, Reichenbach a constaté la présence de la paraffine non-seulement dans le goudron provenant d’autres bois que le hêtre, mais encore dans le goudron extrait de certains bitumes, et enfin dans celui que fournit la distillation de la houille. Il a également extrait du goudron de bois la naphtaline, la créosote et quelques autres produits (pittamar elpitlacal) qui n’ont été qu’imparfaitement étudiés. En 1833 et 1834, il distilla du charbon en vase clos au contact de l’eau, mais il ne parvint à retirer de 220 livres de combustible (99k,66) que 9 onces ( 254gr,97 ) d’huile volatile. C’est à cette même époque que le docteur Bley, essayant de distiller du lignite, en obtint seulement une petite quantité d’huile et quelques produits ammoniacaux.
- Ces résultats, qu’on peut regarder en quelque sorte comme des insuccès en ce qui regarde le charbon, provenaient de l’ignorance dans laquelle on était sur le degré de
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- température auquel on devait opérer, degré qui diffère essentiellement de celui que réclame le traitement pour la fabrication du gaz. On n’avait donc pas encore essayé d’opérer-à une basse température, lorsque, en 1841, le comte de Hompesch ainsi que d’autres firent connaître de nouveaux appareils de distillation qui permirent d’obtenir de suite des produits liquides. Le brevet du comte de Hompesch comprend « une mé-« thode perfectionnée pour extraire les huiles et autres produits des substances bitu-« mineuses, telles que schistes, roches, minéraux, et pour les purifier et les rectifier.» Son procédé de distillation en vase clos consiste à employer une longue cornue en fer à tête convexe et à base plate, dans laquelle se meut une vis d’Archimède introduisant les matières par le haut et déversant à l’autre extrémité les résidus de la fabrication. Trois tubes communiquant à la cornue et destinés à emporter les divers produits de la distillation se rendent l’un à la partie la plus éloignée du foyer, l’autre à la région la plus voisine et le troisième vers le milieu; l'inventeur dit qu’il obtient ainsi séparément les différentes huiles par une augmentation graduelle de la chaleur et que l’opération s’effectue en quelque sorte sans décomposer la matière. Quant à son mode de purification de l’huile, il consiste à la distiller avec de l’acide sulfurique et à traiter ensuite par une dissolution de potasse caustique.
- En 1845, M. du Buisson prit un brevet pour le même objet, relatant « une mé-« thode nouvelle de distillation perfectionnée des schistes bitumineux et autres ma-« tières de même espèce, ainsi que des procédés de purification, de rectification des « produits obtenus et leur application à divers usages. » Le point capital de la méthode de M. du Buisson, dont l’usine était située à Autun ( département de Saône-et-Loire), consiste dans l’emploi de la vapeur d’eau qui a pour but d’abréger l’opération. « L’introduction de la vapeur d’eau à une haute température, est-il dit dans le bre-« vet, a pour effet de raccourcir de six heures, par chaque seize heures, le temps né-« cessaire à la distillation et d’augmenter de près du double la quantité d’huile pro-« duite dans un temps donné. En outre, par ce moyen, la cornue n’a pas besoin « d’être portée à une aussi haute température, ce qui évite la décomposition des
- huiles et prévient en même temps l’usure de l’appareil. » L’introduction de cette vapeur d’eau produit l’entraînement des vapeurs de la distillation à mesure qu’elles se forment et empêche les flammes du foyer de porter au-dessus de la chaleur rouge la température de la cornue.
- La distillation donne lieu à une espèce de bitume liquide dite huile de schiste brute, à de l’eau ammoniacale et à un résidu charbonneux. Cette huile brute fournit deux sortes d’huiles volatiles, dont l’une peut être brûlée avec avantage dans une lampe spéciale à double courant d’air. La lumière est décrite comme étant « supérieure à * celle du gaz et ne produisant ni odeur ni fumée. La lampe est pourvue d’une che-« minée en verre ordinaire et d’un diaphragme de même diamètre que la mèche « disposé à une petite distance au-dessus du brûleur. » Quant à l’autre huile « elle « peut être également brûlée dans une lampe analogue, mais il faut la mélanger avec « de l’huile de pétrole. » M. du Buisson obtient ensuite une huile grasse et il dit « qu’elle contient une forte proportion de paraffine et qu’elle peut être employée t
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- « pour lubrifier les machines. » En quatrième lieu, il arrive à la paraffine « en opérant « sur les huiles grasses et épaisses par voie de cristallisation. Ainsi obtenue la paraf-* fine est très-pure et ne demande qu’une faible préparation pour donner d’exceî-« lentes bougies. » Enfin il produit également une espèce de goudron noir siccatif.
- Le procédé qu’emploie M. du Buisson pour purifier l’huile brute consiste à la distiller avec de l’acide sulfurique, à écumer l’huile qui surnage, à neutraliser l’acide par une dissolution de soude caustique et à traiter par l’alcool qui fait disparaître la coloration rouge de la matière. En continuant la distillation, il recueille des huiles de densités différentes dans des récipients séparés. Il débarrasse les premiers produits qu’il obtient de leur mauvaise odeur au moyen de l’acide sulfurique, de la soude caustique, de l’hydrate de protoxyde de fer et du sulfate de fer; il recommande surtout de se garder de mettre l’huile en contact avec de l’eau avant l’addition de la soude caustique, car elle brûlerait difficilement dans une lampe et répandrait une mauvaise odeur. Il indique que la séparation de la paraffine « peut être obtenue sim-« plement par pression, comme on le fait pour dégager la stéarine de l’oléine. » La paraffine est alors fondue et filtrée sur une petite quantité de noir animal, puis soumise à l’action de la vapeur ou de l’eau chaude; elle est ensuite bonne à faire de la bougie.
- M. Selligue, en France également, a distillé les schistes d’Autun et les argiles bitumineuses appartenant à la formation houillère; il a obtenu des goudrons et des huiles combustibles qui ont été l’objet d’un commerce assez important.
- En 1847, M. Mansfield s’est fait breveter pour des procédés de fabrication et de purification de liquides volatils extraits du goudron; sa benzine, qu’il fut le premier a obtenir presque pure sur une assez grande échelle, se vendit facilement en raison de sa propriété de dissoudre le caoutchouc.
- Pendant la période 1849-50, on a établi à Weymouth (Dorsetshire ) une usine spéciale pour y appliquer les procédés de M. du Buisson. En même temps, près de Ware-ham, dans le même comté, un établissement analogue fut monté par la Compagnie des schistes bitumineux (biluminous shale Company) qui vendait trois qualités d’huiles :
- « n° 1, huile volatile5 n° 2, huile brute contenant de la paraffine et un certain vernis « gras; n° 3, huile pour machines renfermant de la paraffine, de l’huile siccative,
- « de la liqueur ammoniacale et une espèce d’asphalte. »
- En 1849 on découvrit, en Écosse , cette variété bien connue de charbon dite bog-head camiel, ou encore charbon de la colline de Torbane {Torbanehill minerai), et on commença à en extraire de la paraffine. Il existe un brevet au nom de M. James Young qui date de 1850 et dont la teneur est relative au sujet qui nous occupe; cependant on peut en faire remonter l’origine vers 1847, époque à laquelle le docteur Lyon Playfair appela l’attention de M. Young sur une source d’huile naturelle, découverte dans une ancienne mine de charbon du comté de Derby et qu’il jugea susceptible de fournir des produits industriels. En recherchant l’origine de cette source, on reconnut qu’elle sortait du grès houiller formant le toit d’une couche, à travers lequel elle filtrait pour arriver au jour avec une consistance bourbeuse et des qualités analogues à celles de l’huile de pétrole. M. Young parvint à en extraire quelques huiles à lubrifier, mais,
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- comme son rendement était faible, il conçut l’idée d’arriver aux mêmes résultats en distillant la bouille et choisit alors pour cette opération les variétés de combustible connues sous les noms de parrot-coal, camel-coal, gaz-coal et enfin bog-head. On doit lui attribuer le mérite d’avoir imaginé un certain nombre de procédés pratiques de séparation et de purification de ces huiles, sans avoir eu pour ainsi dire connaissance de ce qui avait été fait avant lui dans la même voie.
- Convaincu de l’avantage qu’il y avait à se placer à portée de la matière première, il entreprit, de concert avec M. Meldrum, l’érection d’une usine sur le lieu même de production du bog-head, à 15 milles de la rivière de Forlh ( Ecosse ). Yoici son mode d’opérer : un four-cornue chauffé par le bas et enveloppé jusqu’aux trois quarts de sa hauteur par une chemise en briques réfractaires reçoit le charbon par une trémie disposée à la partie supérieure. À mesure que le combustible descend, il se distille et fournit des produits qui, au moyen d’un serpentin, sont reçus dans un appareil réfrigérant où ils viennent se condenser. C’est ainsi qu’on obtient d’abord une huile brute qui contient de la paraffine, dont la densité est inférieure à celle de l’eau et qui se distingue du goudron en ce quelle ne se sèche pas au contact de l’air. Pour la rectifier, on lui fait subir deux ou trois distillations au contact de l’acide sulfurique et d’une lessive de soude; on obtient alors de l’huile à brûler, de l’huile à lubrifier et un résidu d’une certaine consistance dont on extrait la paraffine par les procédés ordinaires.
- A l’Exposition universelle de 1851, M. Young obtint une récompense pour la production de la paraffine en grande quantité. Bien que les premiers procédés n’aient pas donné des résultats satisfaisants au point de vue commercial, soit que la production fût insuffisante ou que le prix de revient fût trop considérable, néanmoins on ne saurait méconnaître que c’est à lui qu’on doit d’avoir le premier attiré l’attention sur la valeur industrielle de la paraffine et d’en avoir indiqué les sources les plus productives.
- Des usines analogues ont été établies, en 1855, en Allemagne, à Beuel (près Bone), à Ludwigshafen et à Tôplilz; de même en France, en Autriche et surtout en Amérique où cette industrie a pris un grand développement. Dans ce dernier pays, les premiers essais ont été faits avec des schistes bitumineux de Dorchester, dans le New-Brunswick, puis, en même temps, des établissements importants se sont élevés à Brooklyn, près de New-York, à Pittsburg, à Baltimore et sur plusieurs points échelonnés le long de la vallée et de la rivière de l’Ohio. Les produits de ces fabriques sont l’objet d’une demande considérable, qui a jusqu’ici dépassé la production; ils consistent en différentes huiles qu’on emploie soit comme dissolvants, soit pour l’éclairage, soit pour lubrifier les machines. Les huiles d’éclairage donnent une lumière plus blanche et plus brillante que celle d’aucune espèce d’huile grasse et elles ont en outre l’avantage d’être moins chères, ce qui a déterminé une baisse dans la consommation et le prix des huiles de poisson ; mais, malheureusement, on s’est plaint de leur impureté produite par la présence d’une certaine proportion de goudron et de créosote.
- Les huiles minérales dites photogéniques sont celles que fournissent soit les schistes bitumineux, soit les houilles grasses (variétés cannel et bog-head). Leur pesanteur Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Mai 1861. 36
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- spécifique diffère de celle des huiles extraites de la houille ordinaire, bien que le point d’ébullition reste le même; ainsi, tandis que celles-ci ont une densité de 0,850, la leur varie de 0,820 à 0,830. Lorsque l’huile photogénique accuse une densité supérieure à celle que nous venons d’indiquer, et que son point d’ébullition est très-élevé, c’est quelle contient probablement de la paraffine. On peut également en fabriquer avec de la houille bitumineuse ordinaire, mais il est alors nécessaire d’opérer à une température d’environ 700 degrés centigrades. Le combustible réduit en petits morceaux est introduit dans des cornues en fer, et, dès qu’il entre en distillation, le goudron est reçu dans des réservoirs où il arrive en passant par un large serpentin ; la chaleur nécessaire est fournie par la distillation même du charbon, ou bien elle est obtenue suivant le procédé modifié de lord Dundonald. Le goudron produit et purifié ensuite fournit des huiles de différentes densités dont les plus légères sont ce qu’on appelle les huiles de naphte ou huiles de bog-head ; les plus lourdes reçoivent, en Allemagne et dans quelques autres localités, les noms d'huiles solaires. On purifie ces deux genres de produits au moyen de l’acide sulfurique concentré qui les débarrasse de leur couleur et de leur odeur, et à l’aide d’un alcali qui s’empare de l’acide carbo-lique et de ses congénères, d’une petite quantité d’acide sulfureux et de l’acide sulfurique restant. Eu Angleterre, on mélange les deux variétés lourdes et légères de manière à obtenir un produit intermédiaire. En général, ces huiles, qui ne sont autres que des hydrocarbures, sont d’autant plus inflammables qu’elles sont plus volatiles; dans les produits de la distillation, les parties qui ont le moins d’odeur sont celles qui sont les moins volatiles et qui constituent la véritable huile de paraffine.
- Dans l’usine de Beuel ( Allemagne ), on traite un lignite des environs qui n’est autre qu’une houille foliacée. La distillation opérée dans des cornues en fer chauffées au rouge sombre donne lieu à un goudron noirâtre et à de l’ammoniaque liquide ; du premier de ces produits on retire, dit-on, 90 pour 100 d’huiles, dont un peu plus de la moitié est assez fluide pour être employée à l’éclairage. La purification est obtenue à l’aide de l’acide sulfurique et d’une dissolution alcaline.
- On doit à Yagenmann le procédé suivant pour traiter la houille bitumineuse ; on commence par la réduire en petits morceaux, puis on l’arrose avec un lait de chaux pour la débarrasser du soufre qu’elle contient, et, après l’avoir fait sécher dans un four spécial, on la distille dans des cornues. Les liquides obtenus sont reçus dans un large réservoir, maintenu constamment à une température de 30° centigrades et dans lequel le goudron se sépare de la liqueur ammoniacale; cette dernière est reprise et, mélangée avec le résidu des cornues, elle fournit un assez bon engrais. Le goudron, amené, au moyen d’une pompe, dans l’appareil de purification, est mélangé avec du sulfate de fer, puis distillé, à l’aide de la vapeur surchauffée, dans des récipients d’une capacité de 16 hectolitres environ. Les produits de cette distillation sont condensés dans un appareil en plomb; ils se composent 1° de liquides volatils d’une densité de0,700 à 0,865; 2° d’huiles lourdes à lubrifier ( densité 0,865 à 900 ) ; et 3° de paraffine ( densité 0,900 à 0,930 ). Ces matières sont chacune traitées avec 4, 6 et 8 pour 100 d’acide sulfurique, 1,20 et 2 pour 100 d’acide chlorhydrique et 1 pour 100 de chro-
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- mate acide de potasse, puis on les agite pendant trente minutes, et après les avoir laissées reposer trois heures pour que les impuretés aient le temps de se déposer* on les décante et on les mélange avec 2, 3 et 4 pour 100 d’une dissolution de potasse caustique marquant 30 degrés à l’aréomètre de Baume. Enfin chacun de ces produits ainsi purifiés est introduit dans un alambic et distillé à l’aide de la vapeur surchauffée. Après distillation, le n° 1, mélangé avec une partie du nô 2 de manière à obtenir une densité de 0,820, représente l’huile minérale ou photogénique qu’on brûle dans des lampes spéciales. Partie du nff 2 (densité 0,860 à 0,700} constitue l’huilédite solaire qu’on peut brûler dans les carcels ou les lampes d’Àrgant. Le reste du n° 2, réuni à une certaine quantité du n° 3 , fournit l’huile à lubrifier. Quant au résidu du n° 3 , on le verse dans une cuve où on le fait cristalliser par refroidissement. Au bout de trois ou quatre semaines, la paraffine cristallise en larges plaques et est soumise à l’action de la force centrifuge qui la débarrasse de l’huile adhérente; les machines qu’on emploie à cet effet accomplissent 2,000 révolutions par minute. On fond ensuite la matière pour la mettre sous forme de pains carrés, puis on la fait passer une première fois à la presse hydraulique, après quoi on la refond de nouveau et on la traite par 50 pour 100 d’acide sulfurique concentré, à la température de 180 degrés centig. En deux heures la paraffine se sépare de l’aeide; on la passe alors à l’eau, on la coule en gâteaux et on la livre pour la seconde fois à la presse hydraulique sous laquelle on la place entre deux tissus de crin. Enfin, après l’avoir encore refondue, l’avoir mélangée avec 5 pour 100 de stéarine dans un appareil en plomb et l’avoir maintenue pendant quelques heures à une température de 150 degrés centig., on y ajoute 1 pour 100 d’une dissolution de potasse eaustique à 40 degrés Baumé, et au bout de deux heures toutes les impuretés étant séparées, on peut l’extraire dans un état aussi limpide que l’eau.
- La dernière édition du Dictionnaire des arts et manufactures de Ure contient, sur l’huile photogénique , un article important de M. Greville Williams, dans lequel on remarque un tableau des principales matières premières qui ont été soumises à la distillation avec les proportions correspondantes de goudron et de paraffine. C’est ainsi qu’on y voit figurer le bitume de la Trinité, le hog-head eannel d’Écosse, les schistes de Dorset, la tourbe de Belmar ( Irlande ), le bitume Georges de Neuwied, la houille foliacée avec les lignites de diverses parties de l’Allemagne et le goudron de Rangôun qui est désigné comme le plus riche. Ceci nous amène à dire quelques mots des phénomènes de distillation naturelle.
- La transformation des matières végétales en charbon donne lieu à différents produits bitumineux, au nombre desquels certaines huiles inflammables formant quelquefois d'abondantes sources et prenant fréquemment naissance dans les couches du terrain houiller(l). Telle est, par exemple, l’huile de naphte qui a la propriété d’être transparente et souvent presque incolore, qui brûle avec une forte flamme et une odeur pénétrante sans laisser, pour ainsi dire, de résidu. En creusant une galerie de niveau dans
- (1) Voir Bulletin de 1859, 2® sérié, t. VI, p. 533.
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- le schiste houiller du comté de Derby, on en a découvert une source abondante qui a tout à coup surgi à une assez grande distance; l’huile surnageait sur l’eau de la galerie, et le hasard l’ayant mise en feu, elle a brûlé pendant plusieurs semaines avec une continuité qu’entretenait le jet naturel.
- On connaît également l’huile de pétrole de couleur foncée, de consistance plus épaisse que celle du brai ordinaire et qu’on rencontre en grande abondance dans quelques-unes des couches de dharbon de l’Angleterre et surtout dans le terrain houiller de quelques parties de l’Asie ( l’Inde et la Perse ). Les sources qui la produisent contiennent en même temps un mélange d’eau et de diverses autres substances minérales telles que du bitume, du naphte, de l’asphalte et du goudron; elles sont très-nombreuses et sont, sans doute, le résultat d’une distillation lente produite par la chaleur centrale de la terre. On en trouve également de très-productives à Modène et à Parme ( Italie ), mais les plus riches qu’on connaisse sont celles de l’Irrawadi, dans l’empire Birman ; il y en a là, dit-on, dans une même localité, plus de 500 qui produisent, chaque année, environ 1 million 1/2 d’hectolitres. Quelquefois, ainsi qu’on le voit dans l’île de la Trinité, l’huile de pétrole seule a surgi en grande quantité et s’est épaissie au contact de l’air, en formant des dépôts d’asphalte de différentes qualités.
- Enfin on sait que le bitume est une espèce d’huile minérale devenue épaisse, de couleur brun foncé et répandant une forte odeur de goudron; quelques variétés ont la consistance d’une gelée compacte, offrant une certaine ressemblance avec le caoutchouc et ayant, comme lui, la propriété d’effacer les traces de crayon, ce qui leur a valu le nom de caoutchouc minéral. Le bitume naturel et le bitume artificiel, c’est-à-dire celui qu’on extrait par distillation de certaines espèces de houille, présentent des caractères sinon d’identité, du moins de grande analogie sous le rapport des produits qu’on en tire. La proportion du second varie nécessairement suivant les qualités de la houille et, par conséquent, suivant la nature des transformations que les végétaux ont subies pour arriver soit à l’état de charbon maigre, soit à celui de charbon gras ; c’est ainsi que les quantités de matières volatiles peuvent varier de 10 à 63 pour 100. Le bitume naturel renferme toujours de l’huile volatile toute formée; les espèces qu’on en rencontre ne diffèrent que par la quantité plus ou moins grande de cette huile.
- On a cru, pendant longtemps, que la paraffine extraite du goudron, ainsi que d’autres substances minérales employées pour le chauffage et l’éclairage, n’existait pas à l’état naturel; mais le professeur Bolley a indiqué qu’on en avait découvert à Borystow, en Galicie, dans certains dépôts d’huile de pétrole, et lui-même, au moyen de divers réactifs, il est parvenu à démontrer qu’il s’en trouvait de toute formée dans le schiste de bog-head. Ainsi 1 kilogramme de ce schiste réduit en poudre et traité par l’alcool lui a fourni un résidu solide de 2,14; avec l’éther après siccité, il en a obtenu 2,63. Onctueux au toucher et peu coloré, ce dernier pouvait être redissous dans l’éther et décoloré par le noir animal. Ce résidu, soumis à une simple analyse, a laissé constater 11 pour 100 d’oxygène, et chauffé pendant quelque temps au bain-marie à une température au-dessus de son point de fusion, il a pris peu à peu une teinte jaunâtre. Traité à chaud par une dissolution sodique, il a subi une certaine perte, et la portion non dissoute a fondu à 41 degrés centigrades ; celle-ci, solidifiée ensuite en lames
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- cristallines insolubles dans l’eau, mais légèrement solubles dans l’alcool et dans l’éther, a donné, à l’analyse, 86,33 de carbone et 13,37 d’hydrogène.
- M. Bolley pense que cette série d’opérations pourrait constituer une méthode d’essai permettant de constater le plus ou moins de richesse en paraffine de certaines substances et de décider s’il y aurait utilité ou non à les traiter.
- Aujourd’hui, dans quelques parties du monde, l’huile de pétrole est l’objet d’un traitement suivi pour huile photogénique et paraffine. Les États de Pensylvanie et de l’Ohio, en Amérique, en renferment des sources très-abondantes et, chaque jour, on en découvre de nouvelles dont le rendement est considérable (1). Cette huile est raffinée pour servir à l’éclairage, et l’on affirme qu’elle est au moins égale, sinon supérieure à celle de sperma ceti qui coûte le double ; à l’état brut, elle sert à lubrifier les machines, et les compagnies de chemins de fer en font une grande consommation.
- Un des prodiges accomplis par le commerce et l’industrie modernes réside dans ce fait, que le goudron naturel de Rangoun recueilli sur les bords de l’Irrawadi, dans l’empire Birman, vient jusqu’en Angleterre recevoir un traitement qui permet d’en extraire ces magnifiques bougies de paraffine que tout le monde admire. Le goudron qu’on rencontre dans les couches de grès et d’argile bleuâtre du pays est employé par les indigènes pour l’éclairage et pour la préservation des bois contre les attaques des insectes 5 il est de couleur brun grisâtre, assez épais, aussi doux que de la graisse d’oie et d’une odeur particulière qui n’est cependant pas désagréable. On l’exploite par de petits puits, et il suffit de creuser à une profondeur de 18 mètres environ pour le rencontrer. On l’exporte dans des caisses métalliques hermétiquement fermées pour empêcher les pertes par évaporation. La fabrique de bougies bien connue sous le nom de Price's patent Candie Company et dont M. Georges F. Wilson est directeur-gérant en consomme une assez grande quantité. Le traitement qu’on lui fait subir à l’usine de Sherwood est celui qui a été indiqué par MM. de la Rue et Miller (2). Voici comment on opère :
- En premier lieu, le goudron est distillé avec de la vapeur à 100 degrés centig. ; le produit de cette distillation se compose d’un mélange de divers hydrocarbures volatils, difficiles à séparer les uns des autres en raison de la nature complexe des vapeurs, bien que le point d’ébullition soit différent pour chacun d’eux. En pratique, on opère une seconde et même une troisième distillation, et les produits sont classés suivant leurs densités qui sont comprises entre 0,627 et 0,680, ou bien par rapport à leur point d’ébullition qui varie de 80 à 400 degrés Fahrenheit ( environ 27 à 188 degrés cent. ). Tous ces liquides sont incolores et ont la propriété de dissoudre le caoutchouc. Ceux d’une faible densité possèdent à un haut degré des qualités déter-sives et détachent admirablement la soie sans altérer les couleurs les plus délicates;
- fl) Voir, pour plus de détails sur ces sources, le Bulletin de février 1861, p. 117.
- {2} Les procès-verbaux de la Société royale de Londres ( vol. viii, 1857) contiennent l’extrait d’un mémoire de MM. les docteurs de la Rue et Miller, intitulé, Chemical examinaiion of Bur-mese naphtha or Rangoon tar.
- On peut consulter ces documents à la bibliothèque de la Société d’encouragement. (R. )
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- ceux qui sont plus lourds brûlent avec une flamme blanche très-brillante, et Ton peut les utiliser de cette manière dans des lampes spéciales, pourvues d’une mèche indispensable à rallumage. Comme il arrive quelquefois que ces huiles d’éclairage ne sont pas assez fluides à la température ordinaire pour monter dans la mèche, MM. Price et comp. ont imaginé de prolonger le porte-mèche métallique de manière à le faire plonger dans le réservoir ; il en résulte que le métal, en s’échauffant, élève peu à peu la température de l’huile et lui donne assez de fluidité pour lui permettre d’opérer son ascension.
- Une petite quantité d’hydrocarbures de la série benzoïque m dégage pendant la première opération ; on traite alors par l'acide nitrique et on isole de la nitro-benzine ainsi que d’autres produits qui trouvent dans la parfumerie un emploi avantageux.
- La première distillation laisse environ les trois quarts de la matière première ; on fond ce résidu et on le débarrasse des substances étrangères au moyen de l’acide sulfurique qui produit un précipité noir ressemblant, après lavage, à de l’asphalte naturel. La partie liquide est mise dans un alambic ou l’on fait passer de la vapeur par des tubes en fer pour opérer une nouvelle distillation. Les produits de celle opération sont classés à mesure qu’ils entrent en vapeurs, et suivant des températures qui varient de 300 à 600 degrés Fahrenheit ( environ 141 à 283 degrés cent. ); ceux qu’on obtient à 202 degrés cent, et au-dessus contiennent de la paraffine.
- Le mémoire de MM. de la Rue et Miller indique qu’à 100 degrés cent. 11 pour 100 d’hydrocarbures liquides se dégagent entièrement privés de paraffine; qu’entre 108,50 et 138,20 degrés cent, on obtient 10 pour 100 de produits plus fluides, renfermant seulement quelques traces de paraffine; que de 138,20 à 150,90 degrés la distillation fournit peu de chose ; mais qu’à partir de là jusqu’à la température de fusion du plomb on obtient 20 pour 100 de plus de produits qui, bien que renfermant une proportion appréciable de paraffine, restent encore liquides à 150,90 degrés. À cette période de la distillation, les produits commencent à se solidifier en se refroidissant, et on recueille 31 pour 100 d’une substance assez consistante pour permettre qu’on la soumette à une pression. En continuant à pousser la chaleur jusqu’à un degré très-élevé, on recueille2t pour 100 de matières fluides et de paraffine. Enfin la dernière période de l’opération donne lieu à 3 pour 100 d’une espèce de brai, et il ne reste dans l’alambic qu’un résidu de 4 pour 100 environ de coke mélangé d’une petite quantité de matières terreuses. Les résultats de la distillation peuvent se résumer ainsi :
- À 100 degrés cent, sans paraffine. ..................
- De 108»,50 à 138%20 j
- De 138”,20 à 150“,90 i ««s a® P^oe..................................
- De 150°,90 jusqu'au point de fusion du plomb.— Certaine quantité de
- paraffine, maie encore liquide à 150°,90..........................
- À la température de fusion du plomb. — Consistance suffisante pour
- supporter une pression..............................é ..... .
- Au delà du point de fusion du plomb. —Diminution de la paraffine. .
- Fin de l’opération. — Espèce de brai.................................
- Résidu. — Coke et matières terreuses............................... .
- 11,00 de produits.
- 10,00
- 20,00
- 31,00 21,00 3,.00 4,00
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- Tous les produits de la distillation ont une densité inférieure à celle de l’eau ; ou peut isoler la paraffine par réfrigération, et l’on en obtient finalement de 10 à li pour 100 qui est la proportion qu’en renferme moyennement le goudron de l’empire Birman.
- On n’a pas oublié l’étonnement et l’admiration qui se produisirent, il y a quelques années, à la Chambre des communes lorsqu’un membre irlandais montra une bougie de paraffine extraite de ces immenses gisements de tourbe qu’on rencontre dans les régions stériles de son pays. L’une des nombreuses compagnies tourbières qui s’étaient formées prédisaient alors l’avenir le plus prospère; malheureusement on ne pouvait tirer parti de ces tourbes sous le rapport du nouveau produit, car elles n’en contiennent qu’une trop faible proportion. Il en est de même de certaines autres matières, et la preuve en est, par exemple, pour le bog-head cannel, qu’on traite de préférence au point de vue de l’extraction de gaz, bien que le goudron des usines renferme de la paraffine. A cet égard, il n’est pas sans intérêt de rappeler qu’un procès a été intenté, il y a quelque temps, à une compagnie à gaz qui faisait de la paraffine par des industriels brevetés pour des procédés d’extraction de cette substance. La compagnie répondit qu’elle ne fabriquait pas de paraffine, que cette matière, formée, pour ainsi dire, d’elle-même, n’était qu’un des produits secondaires de l’usine, et que, loin de la vendre, elle s’en servait pour lubrifier ses machines.
- La richesse supérieure du goudron de Rangoun n’est pas la seule raison qui doive faire adopter cette matière première de préférence à toutes les autres; il en est une autre non moins importante qui commande ce choix, c’est la température plus élevée que supporte, sansse fondre, la paraffine qu’on en extrait, qualité bien précieuse pour la fabrication des bougies. Ainsi, tandis que la paraffine de bog-head fond de 108 à 114 degrés Fahrenheit ( 41,53 à 45,37 degrés cent. ), que celle de la houille bitumineuse fond à 42,30 degrés cent., celle de tourbe à 46°,20, la paraffine du goudron de Rangoun ne fond qu’à 60 degrés.
- Ces différences ayant fait penser que la paraffine pure n’avait pas été suffisamment étudiée, des recherches ont été entreprises dans cette voie. Le professeur Anderson, de Glascow (l), établit, par exemple, qu’il en existe, deux espèces dans le bog-head cannel, l’une essentiellement cristalline après fusion et fondant à 45,37 degrés cent., l’autre, granuleuse, ressemblant à de la cire blanchâtre et ne fondant, au contraire, qu’à 51,63 degrés. Quel que soit le point de fusion des différentes variétés de paraffine, l’analyse n’en donne pas moins pour toutes la même composition, soit 85 de carbone et 15 d’hydrogène.
- Le docteur Sullivan a posé en fait, il y a déjà longtemps, qu’aucune des paraffines du commerce n’était un corps défini, mais bien un mélange de différents corps isomères.
- Le docteur Antisell (2), au sujet d’une analyse faite par Filipuzzi sur un échnn-
- (1) British Association report, 1856.
- (2) The manufacture of phologenic or hydro-carbon oiîs from coals, etc. New-York, 1860.
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- tillon de paraffine fabriqué à G!ascow par Young avec du schiste bitumineux, rapporte que cette paraffine était blanche, cristalline, incolore et insipide ; d’une pesanteur spécifique de 0,861 et fondant à 42,30 degrés cent., elle était en partie soluble dans l’alcool et s’en séparait par refroidissement. Lorsque la masse séparée de l’alcool était regardée au microscope, elle laissait voir des cristaux bacillaires, des granulations anguleuses et des espèces d’écailles ayant l’éclat de la nacre de perle. Traitée d’une manière spéciale, cette paraffine fournit neuf variétés distinctes ayant chacune à peu près la même composition et un point de fusion variant entre 45 et 58,35 degrés cent.
- Le docteur Bolley prétend que la majeure partie des paraffines du commerce contiennent de l’acide stéarique. Il explique que le chlore agit facilement sur la paraffine liquide, qui laisse alors dégager des bulles d’acide chlorhydrique et retient en même temps quelque peu de ce gaz pour former un composé dans lequel une certaine quantité d’hydrogène est remplacée par du chlore. Ce composé donne assez facilement, avec la benzine, une solution qu’on peut étendre sur le bois et sur le papier, et qu’on a proposé d’appeler chloroffine. M. Bolley ajoute qu’il a trouvé de la paraffine capable de ne fondre qu’à la température de 149°,9 Fahr. (65°,37 cent.), tandis que Laurent prétend en avoir rencontré une variété qui fondait à 91°,4 ( 31°,86 cent. ).
- En résumé, quelle que soit la composition de cette substance, il est hors de doute qu’en raison de son pouvoir éclairant considérable elle a une valeur extrêmement importante au point de vue de la fabrication des bougies ; ainsi une bougie de paraffine pesant un huitième de livre ( soit environ 56,6 grammes ) donne autant de lumière qu’une bougie de sperrna ceti ou de stéarine du poids d’un sixième de livre (75,5 grammes ). La basse température à laquelle elle fond et la chaleur considérable ( au-dessus de 280 degrés cent. ) qu’elle peut supporter sans se décomposer la rendent fort précieuse pour les bains de laboratoire. On a vu que les produits de la seconde distillation étaient des corps lubrifiants d’excellente qualité. Les huiles de paraffine n’attaquent pas les métaux comme les huiles fixes, qui ont la propriété de former des acides. Le peu d’affinité de la paraffine pour les acides et les alcalis a fait penser qu’on pourrait l’employer avec succès pour garnir les bouchons qui ferment les bom-bonnesj cette propriété a fait songer également à fabriquer avec elle un papier destiné à envelopper les alcalis caustiques. Enfin on peut dire qu’elle satisfait au desideratum posé pendant longtemps pour la recherche d’un carbure d’hydrogène solide ayant toutes les propriétés d’un gaz oléifiant. ( Journal of the Society of arts. )
- (M.)
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- RECHERCHES SUR LA COMPOSITION DE LA FONTE ET DE L’ACIER, PAR M. E. FREMY (1).
- ( Deuxième communication. )
- « Dans une première communication, j’ai eu l’honneur d’annoncer à l’Académie que le fer, l’acier et la fonte ne me paraissent pas liés entre eux par les rapports de composition que l’on admet généralement, et qu’il n’est pas exact de dire que l’acier est simplement une combinaison de fer et de carbone moins carburée que celle qui constitue la fonte.
- « Sans vouloir nier d’une manière absolue l’influence que la quantité de carbone exerce sur les propriétés de l’acier et sur celles de la fonte, je me propose de démontrer cependant que plusieurs autres métalloïdes peuvent modifier aussi d’une manière profonde les caractères de l’acier et de la fonte, que ces corps ne se trouvent pas d’une manière accidentelle dans ces composés, et que toutes les incertitudes que présente particulièrement la fabrication de l’acier tiennent peut-être à cette action des corps étrangers qui, jusqu’à présent, a été peu étudiée.
- « Les expériences que je vais faire connaître aujourd’hui à l’Académie ont eu pour but de déterminer les conditions dans lesquelles l’azote peut se combiner avec le fer.
- « Tous les chimistes savent que la découverte importante de l’azoture de fer est due à notre savant confrère M. Despretz; c’est lui qui a démontré que, sous l’influence d’une température rouge, le fer décompose le gaz ammoniac, fixe l’azote, devient blanc et cassant, et éprouve une augmentation de poids qui peut aller jusqu’à 11,5 pour 100 du poids du métal.
- « Ce corps, soumis à l’action des acides, produit un sel de fer et un composé ammoniacal.
- c( Ces résultats si nets ont cependant été mis en doute par quelques chimistes : les uns ont pensé que l’augmentation de poids du métal était due à une oxydation produite par l’eau ou par l’air que le gaz ammoniac pouvait retenir; les autres ont admis que les modifications dans les propriétés physiques du fer étaient dues à un phénomène alternatif d’oxydation du métal et de réduction de l’oxyde par l’hydrogène de l’ammoniaque.
- « Tout en ayant la persuasion que les expériences de notre savant confrère n’avaient pas besoin de confirmation, j’ai cru devoir cependant reproduire les expé-
- (1) Voir Bulletin de 1860, 2e série, t. VII, p. 688.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Mai 1861. 37
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- riences contestées, en éliminant toutes les causes d’erreur qui pouvaient provenir de l’impureté de l’ammoniaque et de la présence de l’humidité dans le gaz.
- « Je m’empresse de dire que tous mes essais sont venus confirmer de la manière la plus complète le travail de M. Despretz : dans des expériences nombreuses j’ai toujours vu le fer décomposer au rouge le gaz ammoniac et produire le corps blanc et brillant que notre confrère a. décrit sous le nom d'azoture de fer.
- « On avait avancé que le produit de la décomposition de l’ammoniaque par le fer pouvait être une combinaison du métal avec un hydrure d’azote moins hydrogéné que l’ammoniaque.
- « J’ai pensé que cette question pouvait être décidée par l’expérience : en effet, sous l’influence de l’oxygène, le composé étudié par M. Despretz produit du peroxyde de fer. En opérant donc cette décomposition dans un tube de porcelaine communiquant avec des tubes destinés à fixer l’eau que la réaction pouvait produire, il était facile de reconnaître si le composé était un azoture ou un amidure de fer.
- « Cette expérience a été faite avec le plus grand soin : un poids connu de composé azoté a été chauffé au rouge dans un courant d’oxygène; le métal s’est transformé en peroxyde de fer pur, il s’est dégagé de l’azote et les tubes destinés à absorber l’eau n’ont pas éprouvé de variation dans leur poids.
- « Cette expérience me paraît donc concluante, et démontre que le corps qui se produit dans l’action du gaz ammoniac sur le fer est réellement de l’azoture de fer et qu’il ne contient pas d’hydrogène.
- « Ce point essentiel étant une fois constaté, il s’agissait de déterminer les autres circonstances dans lesquelles le fer pouvait se combiner à l’azote.
- « J’ai examiné d’abord l’action de l’azote pur sur le fer métallique.
- « L’azote a été produit soit par la décomposition de l’azotite d’ammoniaque, soit par l’action du cuivre sur l’air atmosphérique : le gaz était purifié et desséché par les moyens les plus efficaces. Il est résulté de ces essais que l’azote ne se combine que très-difficilement avec le fer préparé par les procédés ordinaires de l’industrie , mais qu’il peut s’unir avec le métal lorsque ce dernier se trouve à l’état naissant. Ainsi j’ai obtenu du fer azoté en faisant arriver l’azote sur de l’oxyde de fer au moment de sa réduction soit par l’hydrogène, soit par le charbon.
- « Le cyanogène modifie également les propriétés du fer; mais je me réserve d’étudier cette réaction dans un travail prochain, qui sera consacré à l’étude des phénomènes résultant de l’action combinée de l’azote et du carbone sur le fer.
- « Les procédés dont je viens de parler donnent sans doute de l’azoture de fer, mais les réactions sont lentes et incomplètes.
- « Ainsi, pour azoter presque complètement de petits fragments de fil de fer par 1’; mmoniaque, j’ai été obligé de faire passer le courant de gaz sur le métal chauffé au rouge pendant trois journées entières.
- « Afin de soumettre l’azoture de fer à un examen chimique approfondi et d’étudier surtout l’influence que ce corps peut exercer sur la constitution et les propriétés de
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- l’acier, j’ai dû chercher une méthode nouvelle qui me permît de préparer avec facilité cet azoture métallique.
- a C’est ce résultat que j’ai été assez heureux pour atteindre complètement en décomposant au rouge le protochlorure de fer par le gaz ammoniac sec.
- « J’introduis dans un tube de porcelaine 200 grammes environ de protochiure de fer anhydre : je porte le tube au rouge vif et je fais passer sur ce sel un courant de gaz ammoniac, qui est fourni par l'ammoniaque liquide du commerce que je chauffe légèrement. Le gaz est desséché par de longs tubes remplis de potasse caustique.
- « Sous l’influence du gaz ammoniac, le ehlorure métallique est décomposé rapidement : il se dégage du chlorhydrate d’ammoniaque et un sel amidé fort curieux, que l’eau décompose immédiatement en produisant de l’ammoniaque et de l’oxyde de fer.
- a Après l’opération, on trouve dans le tube une masse boursouflée et fondue en partie ; elle est quelquefois grise et souvent aussi métallique, Manche et brillante : ce corps est l’azoture de fer.
- « J’ai l’honneur de mettre sous les yeux de L’Académie 200 grammes environ d’azoture de fer obtenu dans les conditions que je viens de faire connaître. Ce corps, qui jusqu’à présent était à peine connu des chimistes, pourra donc être préparé dorénavant avec la plus grande facilité; il deviendra, je n’en doute pas, un agent nouveau et précieux que nous pourrons employer dans nos recherches pour fournir de l’azote aux substances minérales ou aux corps organiques.
- « Le procédé que j’ai employé, pour produire F azoture de fer s’applique à la préparation d’autres azotures métalliques; j’ai obtenu, par la même méthode, des combinaisons d’azote avec les métaux, de- la famille du fer : ces composés seront décrits dans un mémoire spécial.
- « J’ai constaté que l’azoture de fer, provenant de la décomposition du protochlorure de fer par le gaz ammoniac, jouissait de toutes les propriétés de l’azoture de fer obtenu en faisant arriver le gaz ammoniac sur te fer chauffé au rouge.
- « Cet azoture est facile à réduire en poudre; il est moins oxydable que 1e fer pur; il est attaqué très-lentement par l’acidte azotique, et, au contraire, avec rapidité par les acides sulfurique et chlorhydrique'.
- « L’azoture de fer, en se dissolvant dans les acides, produit des sel® de fer et des sels ammoniacaux.
- « D'après les essais que M. EU Becquerel; a bien voulu faire à ma demande, l’azoture de fer s’aimante facilement et d?une;manière pesrname®te k la manière de l’acier; seulement cette propriété parait mMus» déxdoppéei que dans l’acier ordinaire.
- « L’azoture de fer est remarquable; par sa fixité* et s© rapproche, sous ce rapport, de l’azoture de titane, étudié avec tant de soins par MM. Wôhier et B. Deville; il supporte, en effet, une chaleur rouge sans se décomposer. L’oxygène ne l’attaque qu’à une température élevée et le transforme en peroxyde; de fer.
- « L’azoture de fer chauffé dans une brasque die; charbon éprouve une modification
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- importante, sur laquelle j’aurai à revenir lorsque je traiterai de la constitution chimique de l’acier; il se transforme, dans ce cas, en une masse métallique présentant de l’analogie avec l’acier et acquérant, comme lui, une grande dureté par l’action de la trempe : si l’azote est resté dans ce nouveau composé, il ne s’j trouve plus au même état que dans l’azoture de fer, car, lorsqu’on chauffe dans un courant d’hydrogène le produit cémenté, il ne se dégage pas de traces d’ammoniaque.
- « la réaction la plus remarquable de l’azoture de fer est celle que ce composé exerce sur l’hydrogène. Lorsqu’on le chauffe légèrement dans ce gaz, il se décompose immédiatement en donnant de l’ammoniaque et en laissant un résidu de fer pur.
- « Cette combinaison directe de l’hydrogène avec l’azote contenu dans un azoture métallique me paraît un fait bien curieux; il démontre , du reste , que l’azoture de fer ne pourra manquer d’être employé pour donner de l’azote à d’autres composés. C’est la décomposition si facile de l’azoture de fer par l’hydrogène sec qui m’a permis d’apprécier les différentes circonstances dans lesquelles le fer peut s’unir à l’azote ; cette expérience ne laisse, en effet, aucune incertitude.
- « Il n’en serait pas de même d’un essai dans lequel l’azoture serait attaqué par un acide et la liqueur décomposée ensuite par la potasse : les réactifs, et principalement la potasse, contiennent souvent des azotates qui, sous l’influence du protoxyde de fer, donnent naissance à de l’ammoniaque.
- « C’est aussi l’action de l’hydrogène sur l’azoture de fer qui m’a permis d’analyser bien facilement ce composé. Pour déterminer la composition de l’azoture de fer, il suffit, en effet, d’apprécier la perte que ce corps éprouve quand on le chauffe dans l’hydrogène sec.
- « Il est résulté de mes essais analytiques que l’azoture de fer obtenu au moyen du protochlorure de fer contient 9,3 pour 100 d’azote, cette composition correspondant à un azoture représenté par la formule Fe5 Az. En faisant réagir le gaz ammoniac sur le fer, M. Despretz a constaté une augmentation de poids du métal qui pouvait aller jusqu’à 11,5 pour 100; l’azoture formé dans ce cas serait représenté par Fe4 Az.
- « Je n’insisterai pas ici sur la formule de l’azoture de fer, car rien ne prouve encore que ce composé ait été produit dans un état de pureté absolue; la température à laquelle il se forme et l’atmosphère d’hydrogène qui l’environne à ce moment peuvent faire varier sa composition.
- « Il est, du reste, à présumer que le fer peut s’unir à l’azote en plusieurs proportions, comme le démontre l’expérience suivante : j’ai soumis pendant vingt heures à l’action du gaz ammoniac et à une température rouge de petits cylindres de fer très-pur, qui étaient assez gros pour que l’action chimique ne fût pas complète ; aussi l’augmentation de poids du métal ne dépassa pas 6 pour 100k
- « En examinant les cylindres métalliques après l’expérience, il était facile de reconnaître qu’ils étaient formés de deux parties bien différentes : l’une externe , presque fondue, très-friable, se détachant par le plus léger choc, et l’autre interne, d’une certaine dureté et encore métallique.
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- « En soumettant à l’analyse la partie externe, j’ai reconnu qu’elle était formée de 9,8 pour 100 d’azote et de 90,2 pour 100 de fer; elle correspondait donc à la formule Fe5 Az. Ainsi l’azoture produit par l’action du gaz ammoniac en excès sur le fer avait ici la même composition que celui qui résulte de la décomposition du protochlorure de fer par l’ammoniaque. La partie interne encore métallique se laissait entamer à la lime; elle était cependant très-cassante, contenait de l’azote, mais en proportion beaucoup plus faible que la précédente ; elle offrait, quant à l’ensemble de ses propriétés, une certaine analogie avec le métal auquel on donne, dans les forges, le nom de fer brûlé.
- « 11 serait bien curieux de rechercher si cet accident de fabrication, qui enlève au fer toutes ses propriétés utiles, ne serait pas dû à une combinaison du fer avec l’âzote; c’est un point que je ne négligerai pas dans mes recherches ultérieures.
- « Tels sont les faits nouveaux, relatifs à l’histoire de l’azoture de fer, que je voulais faire connaître à l’Académie. Je les résumerai en quelques mots :
- « 1° Mes premiers essais ont eu pour but de reproduire toutes les expériences que M. Despretz a décrites dans son travail sur l’azoture de fer et de constater leur parfaite exactitude.
- « 2° J’ ai reconnu ensuite que le corps qui se produit dans la réaction du gaz ammoniac sur le fer chauffé au rouge est réellement de l’azoture de fer et non de l’ami-dure : il ne contient pas d’hydrogène.
- « 3° Il est résulté de mes essais que la combinaison directe de l’azote avec le fer se fait principalement lorsque le métal se trouve à l’état naissant.
- « 4° J’ai trouvé que l’azoture de fer se prépare avec la plus grande facilité en décomposant le protochlorure de fer anhydre par le gaz ammoniac. Cette méthode peut être appliquée à la préparation d’autres azotures métalliques.
- « 5° L’azoture de fer préparé par l’action du gaz ammoniac, soit sur le fer, soit sur le protochlorure de fer, présente, dans les deux cas, la même composition; il contient environ 9,5 pour 100 d’azote et peut être représenté par la formule Fe5 Az.
- « 6° L’azoture de fer, chauffé dans une brasque de charbon, se modifie complètement, n’est plus décomposé par l’bydrogène et paraît se rapprocher de l’acier.
- « Dans un prochain mémoire, je rechercherai si l’azoture de fer peut jouer un rôle dans la préparation de l’acier. » ( Comptes rendus des séances de VAcadémie des sciences. )
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- APPAREILS DR SAUVETAGE.
- APPAREILS RE SAUVETAGE.
- DE LA BALISTIQUE DES PROJECTILES PORTE-AMARRES, PAR M. E. TREMBLAY, ANCIEN OFFICIER DE MARINE ET D’ARTILLERIE DE MARINE (1).
- Principe fondamental. — Tout projectile porte-amarre doit être animé d’une quantité de mouvement considérable et d’une vitesse modérée :
- Quantité de mouvement considérable, afin de ne pas être trop influencé par la résistance que l’air oppose au développement de la corde et par le poids de celle-ci qui sont deux obstacles à la marche du projectile;
- Vitesse modérée, afin que l’inertie de la corde à développer ne soit pas trop considérable.
- Si la quantité de mouvement du projectile était égale à l’inertie de la corde, il y aurait équilibre, et le projectile ne marcherait pas.
- Si la quantité de mouvement du projectile est plus grande que l’inertie de la corde, le projectile marchera et la corde se développera; mais il ne faut pas que la vitesse dépasse une certaine limite au delà de laquelle il y a rupture de la corde.
- 1. Canon de 36 en fonte de fer de la marine.
- Application. — Ce canon, employé comme arme meurtrière, lance, avec une charge de 6 kilog., un projectile plein du poids de 18 kilog:., dont la vitesse initiale, dans ces conditions et sous un angle donné, est de 480m,70.
- Il est certain que, si l’on voulait développer une corde fixée à un boulet animé d’une semblable vitesse, celte corde se romprait. Pour éviter cette rupture, deux moyens se présentent :
- Ralentir la vitesse du projectile en diminuant la charge, le poids de ce projectile restant le même, jusqu’à ce que la corde se développe sans rupture ;
- Ralentir la vitesse du projectile en augmentant le poids de ce projectile, la charge restant la même, jusqu’à ce que la corde se développe sans rupture.
- Dans le premier cas, on n’utiliserait pas toute la puissance du canon.
- Dans le second cas on le ferait certainement éclater, car l’expérience démontre que la vitesse initiale de 120 mètres, qui ne doit pas être dépassée pour développer les cordes sans rupture, est donnée par une charge du cinquantième du poids du projectile; or 50 X 6 kilog. de poudre donnerait un projectile de 300 kilog. qui, lancé par ces 6 kilog. de poudre, ferait infailliblement rompre le canon.
- Pour utiliser toute la puissance du canon, sans avoir à craindre cependant une rupture, l’expérience démontre aussi qu’il faut prendre pour multiplicateur du pro-
- fil Voir Bulletin de 1859, 2e série, t. VI, p. 192.
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- APPAREILS DE SAUVETAGE.
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- jectile et diviseur de la charge un facteur commun. En multipliant le poids du boulet (18 kilog.) par 5, on a 90 kilog., et en divisant le poids de la charge (6 kilog.) par 5, on a 1\200. Le rapport 90 kilog. à lk,200 ou 75 à 1 donnerait une vitesse initiale inférieure à 120 mètres, qui permettrait de développer le fil à voile le plus faible ou le câble le plus fort. Avec le premier, la portée serait très-considérable; avec le second, elle serait très-faible : avec des cordes intermédiaires, les portées seraient inversement proportionnelles aux grosseurs de ces cordes. Les portées augmentant vent arrière , diminuant vent debout et vent oblique sont une moyenne entre celles obtenues dans les deux premiers cas.
- Résultats. — Dans les expériences que j’ai faites à Brëst en 1860 , un projectile cylindrique en plomb, de calibre, pesant 80 kilog., lancé par une charge de poudre de 0k,600, a donné une portée de 360 mètres en développant une corde de 5 à 6 millimètres de diamètre. La faible étendue du champ de tir n’a pas permis d’aller au delà ; mais des essais antérieurs faits avec le mortier de 32 centimètres prouvent qu’avec une charge de lk,600 la portée serait d’environ 600 mètres.
- Dans des expériences faites au Havre en 1859, j’ai employé comme projectile porte-amarre un grappin d’embarcation enveloppé d’une chemise en bois, afin de lui donner le calibre de la pièce. Avec une charge de 0k,900 et une corde de 10toiU',4 de diamètre, le grappin pesant 54 kilog., la portée a été de 210 mètres. Des circonstances particulières n’ont pas permis de pousser plus loin ces premiers essais. L’angle de tir était de 25° pour ces deux expériences.
- 2. Mortier de 32 centimètres en bronze.
- Application. — Cette bouche à feu, employée comme arme meurtrière, lance, avec une charge de 14 kilog., une bombe du poids de 80 kilog., dont la vitesse initiale, dans ces conditions et sous l’angle de 45°, est de 420 mètres. Comme il est évident que ce qui a été dit pour le canon de 36 s’applique au mortier de 32 centimètres, j’arriverai de suite aux résultats obtenus avec la bombe de calibre.
- Dans les essais exécutés au Havre en 1859, où le champ de tir était illimité, j’ai employé une bombe de 32 centimètres, à laquelle j’ai donné un poids de 108 kilog. en la remplissant de plomb. La plus grande portée obtenue avec cette bombe a été de 402m,55 avec une charge de 1\925 ; le vent venait de l’arrière et la corde développée avait 15 millimètres de diamètre. L’angle de tir, invariable, était de 45°. Avec des charges plus fortes, la corde se rompait. Il fallait se tenir au-dessous de 1/50 du poids du projectile.
- Pour obtenir de cette puissante bouche à feu tout son effet utile, afin de lancer des projectiles porte-amarres, il suffit d’appliquer la règle que j’ai indiquée plus haut : multiplier le poids de la bombe ( 80 kilog. ) par 4, ce qui donne 320 kilog. ; diviser le poids de la charge de guerre (14 kilog.) par ce même chiffre, on a 3k,500. Le rapport 320 à 3.5, soit 91 à 1, entre le poids du projectile et celui de la charge, donnerait une vitesse initiale inférieure à 90 mètres (donnée extraite des tables de tir de Lombard), qui permettrait, comme je l’ai dit pour le canon, de développer un fil très-faible ou une corde très-résistante.
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- ECLAIRAGE.
- Quel serait le résultat maximum obtenu dans ces conditions? C’est ce que l’expérience peut seule indiquer.
- Conclusion.
- Je désire que ce qui précède puisse être utile à la question des appareils porte-amarres qui sont encore peu connus, malgré leur utilité incontestable, et j’ai l’espoir qu’à l’avenir les bouches à feu de nos navires de guerre, ainsi que celles qui arment nos côtes, ne resteront plus muettes lorsqu’il s’agira d’établir entre un navire naufragé et la côte, et vice versa, le va-et-vient qui doit servir au salut de tous î La France perd annuellement, dans ses sinistres maritimes, 13 à 1,400 marins. Il est donc important que les appareils de sauvetage, encore trop peu répandus sur nos côtes, se multiplient rapidement. Jusqu’ici trois points seulement de notre littoral sont pourvus d’appareils porte-amarres; il existe bien aussi quelques appareils insubmersibles, mais je n’ai pas à m’en occuper ici.
- Vivement ému des effroyables désastres qui se produisent sur les côtes de France, le Gouvernement vient de nommer une commission chargée d’organiser sur notre littoral un service de sauvetage. En continuant à donner à cette intéressante question les marques d’intérêt qu’elle lui a déjà témoignées, la Société d’encouragement ne peut que faciliter à cette commission la tâche qui lui est imposée, de faire connaître et appliquer les moyens de.sauvetage destinés à secourir les naufragés.
- ÉCLAIRAGE.
- note sur l’éclairage de la rampe dans les théâtres, par m. morin.
- « On a fait, il y a peu de jours, à l’Opéra, l’essai d’un nouveau dispositif de la rampe, destiné à éclairer les acteurs pendant les représentations, et par l’emploi duquel on s’est proposé d’éviter à la fois les inconvénients que présente le dispositif actuel sous le rapport de la sécurité et de la conservation de la vue des artistes.
- « Cette partie importante de l’amélioration du système d’éclairage, de chauffage et de ventilation des théâtres n’avait pas échappé à l’attention de la Commission constituée par M. le Préfet de la Seine, sous la présidence de M. Dumas, Commission qui compte dans son sein plusieurs membres de l’Institut, et qui a pour mission d’examiner les projets présentés pour le chauffage et la ventilation des nouveaux théâtres de la place du Châtelet.
- « Comme il importe que de semblables améliorations, utiles au public, restent dans son domaine, nous avons cru convenable de donner une date certaine aux idées admises par la Commission et aux essais qui ont été faits en sa présence au Conservatoire des arts et métiers, avec un appareil qui, depuis la fin de décembre dernier, est installé dans la galerie publique d’expérimentation de l’établissement.
- « Il avait été exprimé dans le sein de la Commission, dès ses premières séances, par son président M. Dumas (novembre 1860), le vœu que l’on recherchât un moyen
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- ÉCLAIRAGE.
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- d’atténuer les fâcheux effets que l’intensité de la lumière de la rampe produit sur la vue des acteurs, et d’éviter les dangers que la flamme de ces lumières leur fait courir. A cette occasion, le rapporteur a proposé un dispositif qui, tout en satisfaisant à ces deux points de vue, permettrait, en outre, d’utiliser aussi pour la ventilation la chaleur de ces becs de gaz.
- « Des essais ont été faits et répétés au Conservatoire des arts et métiers, en présence de la Commission, et ils ont montré, dès l’abord, qu’il était facile d’envelopper les becs de manière à éviter les chances de feu et d’appeler à l’extérieur les gaz produits par la combustion.
- « Le dispositif proposé consiste à entourer les becs d’une enveloppe cylindrique» dont la partie postérieure, tournée du côté de la salle, est en métal poli et réfléchit la lumière vers la scène, tandis que la partie antérieure serait en verre poli ou dépoli.
- « En arrière des becs, entre eux et l’enveloppe postérieure, est une seconde enveloppe métallique à peu près concentrique à la première, et qui forme avec elle un conduit courbe, qui se termine à un tuyau horizontal parallèle et inférieur à la rampe» lequel communique à chacune de ses extrémités avec des tuyaux verticaux d’évacuation des gaz de la combustion. L’air nouveau est introduit par des ouvertures ménagées en avant des becs.
- « L’enveloppe extérieure en verre doit être placée à une distance convenable» pour que l’action de la chaleur ne la fasse pas rompre ; dans le service courant, il conviendrait, d’ailleurs, de l’échauffer graduellement. Outre cette première enveloppe faite en verre poli ou dépoli, selon ce-que l’observation indiquera, il serait possible de disposer en avant d’autres enveloppes mobiles en verres de couleur, selon les effets lumineux que l’on voudrait produire sur la scène.
- « Les premiers essais exécutés en décembre 1860, avec un appareil dont la construction a été confiée à MM. Chabrié père et fils, ont montré que ce dispositif fonctionnait fort bien, et que l’appel des gaz de la combustion se produisait sans occasionner, dans la flamme des becs, des vacillations désagréables.
- « Mais il était nécessaire, en outre, de faire des expériences photométriques pour constater les différences d’intensité que pouvait occasionner l’emploi des enveloppes en verre poli ou en verre dépoli, afin de régler en conséquence le nombre des becs de gaz à employer. C’est ce qui a été fait au Conservatoire des arts et métiers le 3 et le 25 janvier 1861. La première expérience a été exécutée en présence de la Commission , et la seconde a eu pour objet de donner plus de précision aux résultats numériques.
- « Expériences 'photométriques faites, le 25 janvier 1861, au Conservatoire des arts et métiers. — Dans ces expériences on s’est proposé de comparer l’intensité de la lumière fournie par un bec de gaz contenu dans une enveloppe analogue à celle que l’on a décrite plus haut, selon que cette enveloppe en verre poli est recouverte ou non d’un verre dépoli.
- « On a, de plus, comparé l’intensité de la lumière de ces becs, selon qu’ils étaient alimentés avec du gaz carburé et recouverts de verre poli ou dépoli, afin de s’assurer Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Mai 1861. 38
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- si raccroissement d’intensité lumineuse obtenu avec le gaz carburé compenserait la diminution occasionnée par le verre dépoli.
- Résultats des expériences photométriques.
- DÉSIGNATION DES BECS. DISTANCES des becs au photomètre.
- 1° Bec A, de droite, recouvert de verre
- dépoli 1,26
- Bec B, de gauche, sans verre dépoli.. . 1,46
- 2° Bec A, de droite, recouvert de verre
- dépoli avec gaz carburé 1,66
- Bec B, de gauche, sans verre dépoli avec
- gaz non carburé 1,27
- 3° Même comparaison que ci-dessus en
- retirant les réflecteurs et le verre dé-
- poli
- Bec A, de droite, recouvert du verre dé-
- poli avec gaz carburé 0,95
- Bec B, de gauche, sans verre dépoli et
- avec gaz non carburé 0,53
- CARRE:
- des
- distances.
- RAPPORTS
- des
- intensités.
- 1,5876
- 2,1316
- 2,7556
- 1,5129
- 0,9025 0,2809
- Intensité de A
- Intensité de B Intensité de A
- Intensité de B
- = 0,75.
- = 1,82.
- Intensité de A
- Intensité de B
- = 3,21.
- Nota. — Avant l’exécution de ces expériences, l’on avait eu le soin de régler les becs A et B de manière que, dans des conditions identiques, leurs lumières eussent la même intensité.
- « Conséquences des expériences précédentes. — Il résulte donc de ces expériences : 1° que l'emploi de l’enveloppe de verre dépoli diminuerait l’intensité de la lumière dans le rapport de 0,75 à 1,00, et que, par conséquent, pour obtenir avec cette enveloppe un éclairage équivalent à celui que l’on obtient sans enveloppe, il faudrait augmenter le nombre des becs dans le rapport de 100 à 133 ;
- « 2° Que par une carburation énergique du gaz, telle que celle qui a été obtenue dans l’expérience, on peut augmenter l’intensité de la lumière dans le rapport de 3 à 1 au moins;
- « 3° Que, par une combinaison convenable de la carburation et de l’emploi d’une enveloppe en verre dépoli, l’on peut augmenter l’intensité de la lumière que fournirait un bec ordinaire avec enveloppe de verre dans un rapport voisin de celui de 2 à 1.
- « Mais, en ce qui concerne l’emploi des gaz carburés dans l’éclairage intérieur des lieux publics, la question industrielle de la production des matières propres à opérer cette carburation a paru encore trop incertaine et trop complexe pour que la Commission ait cru devoir, dès à présent, en admettre l’emploi, qui, d’ailleurs, ne paraît pas exempt de dangers. » ( Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences. )
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- â(Mt
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1862.
- ( A LONDRES. SECTION FRANÇAISE. ) * COMMISSION IMPÉRIALE.
- Décision du 20 juin 1861 instituant le jury d’admission de la Seine.
- La Commission impériale,
- Vu les décrets des 14 et 18 mai 1861 instituant la Commission $
- Vu le règlement général du 15 juin 1861, et notamment l’article 26 relatif h l’institution du jury d’admission des produits de l’agriculture et de l’industrie du département de la Seine;
- Vu les décisions des commissaires de S. M. la reine de la Grande-Bretagne en date du mois d’avril 1861, et en particulier l’article 10 qui règle la répartition des objets exposés dans le palais à Londres ;
- Après en avoir délibéré,
- Décide :
- Art. 1èr.
- M. Drouyn de Lhuys, membre de la Commission impériale, est délégué pour présider le jury d’admission du département de la Seine.
- Art. 2.
- Les neuf sections de Ce jury qui doivent procéder séparément à l’admission des produits de l’agriculture et de l’industrie, pour le département de la Seine, sont composées ainsi qu’il suit :
- Première section.
- Matières premières fournies par le règne niinéral ou par les fabriques de produits chimiques.
- Classes du règlement anglais.
- 1. Produits minéraux extraits des mines et carrières * métallurgie.
- 2. Substances et produits chimique^; préparations pharmaceutiques.
- MM.
- Ëlie de Beaumont, président, sénateur, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, inspecteur général au eorps impérial des mines, professeur an Collège de France, membre du jury international de 1855.
- Balard, vice-président, membre de l’Institut, professeur au Collège de France et à la Faculté des sciences, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855.
- Boudault, juge au tribunal de commerce de la Seine, pharmacien-droguiste.
- Càhours, examinateur à l’École polytechnique, essayeur à la Monnaie, membre da Conseil de la Société d’encouragement.
- Callon, ingénieur en chef au corps impérial des minés, professeur à l’École dés mines, membre du jury international de 1855, membre du Conseil de la Société d’emcourâgement..
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- Daubrée, de l’Institut, ingénieur en chef au corps impérial des mines, professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- Delesse, ingénieur au corps impérial des mines, attaché au service des carrières sous Paris, maître de conférences à l’École normale supérieure, membre du jury international de 1855.
- Deville (Henri Sainte-Claire), maître de conférences à l’Ecole normale supérieure, professeur suppléant à la Faculté des sciences, membre du jury international de 1855.
- Drouin ( J. ), maire du 4* arrondissement de Paris, juge au tribunal de commerce de la Seine, négociant droguiste.
- Fère ( V. ), membre du conseil municipal et de la chambre de commercé de Paris, négociant en indigos.
- Guibourt, professeur à l’École de pharmacie.
- Lan, ingénieur au corps impérial des mines, professeur à l’École des mineurs de Saint-Étienne.
- Ménier ( Émile ), fabricant de produits chimiques et pharmaceutiques.
- Mialhe, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris.
- Peligot, de l’Institut, vérificateur des essais à la Monnaie, professeur au Conservatoire des arts et métiers, secrétaire de la Société d’encouragement, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855.
- Petitgand, ingénieur des mines.
- jRivot, ingénieur au co„rps impérial des mines, professeur à l’École des mines.
- COTTIN ] r
- „ ’ I auditeurs au conseil d’Etat, secrétaires.
- Grandïdier, 1
- Deuxième section.
- Matières premières fourmes par Vaqricullure.
- (3. Substances employées pour l'alimentation, y compris les vins.
- Classes u r g ement ang aïs. j ^ jfati£res animales et végétales employées dans les manufactures.
- MM.
- Kergorlay ( le comte Hervé de ), président, député au Corps législatif, membre du conseil général et de la Société impériale et centrale d’agriculture, membre du jury international de 1855.
- Boussingault, vice-président, membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers, membre du conseil général de la Société impériale et centrale d’agriculture, membre du jury international de 1855.
- Arnaud-Jeanti ( Louis ), négociant en grains.
- Aubry-Lecomte, commissaire de la marine, conservateur de l’Exposition coloniale.
- Barral, chimiste, membre du jury international de 1855, membre du Conseil de la Société d’encouragement.
- Bailly (Adolphe), membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, membre du jury international de 1855, membre du Conseil de la Société d’encouragement, maître de poste.
- Darblay jeune, député au Corps législatif, vice-président de la Société d’encouragement, négociant en grains et farines.
- Decaisne, de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, membre du jury international de 1855.
- Dramard, agriculteur, maître de poste.
- Imhaus ( G. ), membre du comité consultatif des colonies.
- Lanseigne aîné, négociant en laine, ancien juge au tribunal de commerce de la Seine.
- Moll (L. ), professeur au Conservatoire des arts et métiers, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855.
- Porlier, chef de bureau à la direction de l’agriculture, au ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- Prévost ( Florent ), aide-naturaliste au Muséum d’histoire naturelle.
- Salone, directeur de la boulangerie générale des hospices.
- Say ( Constant ), membre de la chambre de commerce de Paris, raffineur de sucre. Tisserant, inspecteur général des établissements agricoles de la Liste civile.
- Cohen, i auditeurs au conseil d’État, secrétaires.
- Monnier, j
- Troisième section.
- Machines, constructions.
- 15. Matériel des chemins de fer, y compris les locomotives et les waggons.
- 6. Voitures autres que celles destinées aux chemins de fer et aux voies analogues.
- 7. Machines et outils employés dans les manufactures.
- 8. Machines et instruments en général.
- 9. Machines et instruments d’agriculture et d’horticulture.
- 10. Génie civil, architecture et appareils de construction.
- 11. Génie militaire, armement et équipement, artillerie et armes diverses.
- 12. Architecture navale, objets servant à l’armement des navires.
- MM.
- Combes, président, membre de l’Institut, inspecteur général au corps impérial des mines, directeur de l’École des mines, secrétaire de la Société d’encouragement, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855.
- Mary, vice-président, inspecteur général au corps impérial des ponts et chaussées, professeur à l’École des ponts et chaussées, membre du jury international de 1855.
- Aldrophe (A.), architecte, inspecteur des travaux de la ville de Paris, chargé du service des plans à l’Exposition universelle de 1855.
- Bertrand ( le vicomte ), colonel d’artillerie, inspecteur des manufactures d’armes.
- Béville ( le général baron Yvelin de), aide de camp de l’Empereur, chef de son cabinet topographique, préfet du palais.
- Binder aîné, juge au tribunal de commerce de la Seine, carrossier.
- Cail, constructeur de machines.
- Delaunay ( Charles ), de l’Institut, ingénieur en chef au corps impérial des mines, professeur à la Faculté des sciences et à l’École polytechnique, membre du jury international de 1855. Denion du Pin ( Jules ), administrateur des messageries impériales.
- Desouche, constructeur de voitures et de waggons.
- Durand ( Amédée ), ingénieur-mécanicien, membre de la Société impériale et centrale d'agriculture, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre des jurys de 1839, de 1844 et de 1849.
- Durenne fils aîné, fabricant de chaudronnerie.
- Ehrler fils, carrossier.
- Farcot, fabricant de machines.
- Favé ( J. ), aide de camp de l’Empereur, professeur à l’École polytechnique, colonel d’artillerie. Flachat ( Eugène ), ingénieur-conseil des chemins de fer de l’Ouest et du Midi, membre du jury international de 1855.
- Fourneyron, ingénieur.
- Gastine-Renette, arquebusier.
- Gilbert aîné, de l'Institut, architecte.
- Gouin (Ernest), constructeur de machines, membre du jury international de 1855.
- Hennezel (de), ingénieur en chef au corps impérial des mines, directeur du service des carrières sous Paris.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- 302
- Leblanc, maître des requêtes au conseil d’Élat.
- Leturc, entrepreneur de serrurerie.
- Lorieux, inspecteur général au corps impérial des mines.
- Mangon (Hervé), ingénieur au corps impérial des ponts et chaussées, professeur à l’Ecole des ponts et chaussées, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855.
- Pétiet (J.), ingénieur, chef de l’exploitation du chemin de fer du Nord.
- Talabot (Paulin), ingénieur en chef au corps impérial des ponts et chaussées, directeur de la compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée.
- Trélat (Emile), professeur au Conservatoire des arts et métiers, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855.
- Alcan, professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855.
- Beudant, ingénieur au corps impérial des mines.
- Conche, ingénieur en chef au corps impérial des mines, membre du jury international de 1855.
- Dalloz ( Paul ), l’un des directeurs-gérants du Moniteur universel.
- Düpüit, inspecteur général au corps impérial des ponts et chaussées.
- Mangin, ingénieur de lre classe de la marine.
- Dubois ( le vicomte ), „ .
- „ „ auditeurs au conseil d Etat, secrétaires.
- De Eranqueville,
- Quatrième section.
- Instruments destinés aux sciences et aux arts.
- Classes du règlement anglais.
- 13. Instruments scientifiques et objets se rattachant à leur usage.
- 15. Instruments d’horlogerie.
- 16. Instruments de musique.
- 17. Instruments et appareils de chirurgie.
- MM.
- Mathieu, président, membre de l’Institut et du Bureau des longitudes, examinateur à l’École polytechnique, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855.
- Cloquet (Jules), vice-président, membre de l’Institut, professeur honoraire à la Faculté de médecine.
- Becquerel (Edmond), professeur au Conservatoire des arts et métiers, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855.
- Blanchet fils, fabricant de pianos, ancien juge au tribunal de commerce delà Seine.
- Bouley (Henri), professeur à l’École vétérinaire d’Alfort, membre du jury international de 1855. Broca (Paul), chirurgien de l’hospice de Bicêlre.
- Demarquay, chirurgien de la Maison municipale de santé, membre du jury international de 1855. Despretz, de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences.
- Foucault (Léon), physicien de l’observatoire impérial de Paris, membre du jury international de 1855.
- Froment (Gustave), constructeur d’instruments de précision, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855.
- Halévy (Fr.), de l’Institut, secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts, professeur au Conservatoire de musique, membre du jury international de 1855.
- Larrey (le baron Hippolyte), chirurgien de l’Empereur, membre du conseil de santé des armées. Marqfoy, ingénieur de la compagnie du chemin de fer du Midi. '
- Mo-ynier (Eugène), docteur en médecine, ancien chef de clinique à l’Hôtel-Dieu.
- Schaeffer (de la maison Érard), fabricant de pianos.
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- Séguier (le baron), de l’Institut, vice-président de la Société d’encouragement, internationaux de 1851 et de 1855.
- Tardieu (Ambroise), professeur agrégé à la Faculté de médecine, médecin de sière, membre du jury international de 1855.
- Thomas (Ambroise), de l’Institut, professeur au Conservatoire de musique. Wagner neveu, horloger.
- Wolff (de la maison Pleyel, Wolff et O), fabricant de pianos.
- Taigny (Edmond), I , * , .
- nn \ auditeurs au conseil d Etat, secrétaires.
- Du Bodan, »
- membre des jurys l’hôpital Laribois-
- t'iciquième section.
- Tissus de toutes sortes.
- 118. Cotons.
- 19. Lin et chanvre.
- 20. Soie et velours.
- 21. Laines, laines filées, tissns de laine pur. ou mélangé..
- 22. Tapis.
- 23. Tissus, fils et feutres présenté» comme spécimens d’impression et de teinture.
- 24. Tapisseries,, dentelles, broderies.
- MM.
- Thibaut (Germain) , président, ancien président dé la chambre de commerce de Paris, membre du conseil municipal de Paris, ancien fabricant de tissus de laine, membre du jury international de 1855.
- Sieber (Henri), vice-président, fabricant de tissus de laine.
- Aubry (Félix), négociant en dentelles et broderies, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855.
- Billiet (J.), filateur de laines, membre du jury international de 1855.
- Bouffardi, négociant en tissus.
- Boutarïïr (Aimé), teinturier.
- Carlhian, négociant en tissus.
- Cavaré aîné, ancien négociant en draps.
- Chenest (H. Éd.), fabricant de tissus de laine.
- Chocqueel (W.), fabricant de tapis.
- Cohin aîné, fabricant de toiles, membre du jury international de 1855.
- Delhaye (Liévin), ancien négociant en tulles, membre du jury international de 1855.
- Dreyfous (Frédéric), fabricant de tissus de laine et de soie.
- Fournier (Emile), fabricant de draps.
- Francillon, teinturier.
- Gaussen (Maxime), ancien fabricant de châles, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855;
- Godard (Auguste), ancien fabricant de batistes, membre du jury international de 1855;
- Hébert fils (Frédéric), fabricant de châles de cachemire.
- Larsonnier (Gustave), membre delà chambre de commerce de Paris, fabricant dé tissus de laine. Legentil fils, ancien négociant, membre du jury international de 1855.
- Louvet, maire du 2e arrondissement de Paris, fabricant de passementerie.
- Lucy-Sédillot, ancien président du tribunal de commerce de la Seine, membre de la chambre de commerce de Paris, ancien négociant en tissus de coton, membre du jury international de 1855.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- Mallet (Édouard), fabricant de tulles.
- Payen (Alphonse), membre de la chambre de commerce de Paris, négociant en soieries.
- Persoz, professeur au Conservatoire des arts et métiers, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855.
- Tailbouis, fabricant de bonneterie.
- Talamon (Félix), ancien négociant en tissus de laine.
- Vatin jeune, fabricant de tissus de laine.
- Davin, filateur de laine.
- Bartholony,
- De Meynard,
- Sixième section.
- auditeurs au conseil d’État, secrétaires.
- Ouvrages en métaux ou autres matières minérales.
- Classes du règlement anglais.
- MM.
- 31. Fer et quincaillerie en général.
- 32. Acier et coutellerie.
- 33. Ouvrages en métaux précieux et en imitation; joaillerie.
- 34. Verreries.
- 35. Poteries.
- Peloüze, président, membre de l’Institut, président de la Commission des monnaies^et médailles, membre du conseil municipal de Paris, membre du jury international de 1855.
- Guiod (le général), vice-président, commandant l’artillerie de la lre division militaire, membre du jury international de 1855.
- Bapst, juge au tribunal de commerce de la Seine, bijoutier-joaillier.
- Barbezat, fondeur en métaux.
- Diéterle (Jules), ancien chef des travaux d’art à la manufacture impériale de Sèvres, peintre décorateur, membre du jury international de 1855. '
- Pucel, fondeur de métaux.
- Fossin, ancien juge au tribunal de commerce de la Seine, membre du jury international de 1855.
- Frémy, de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle et à l’Ecole polytechnique, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855.
- Goldsmith (Alfred).
- Houel (de la maison Cail et Ce), ingénieur-mécanicien.
- Maes, fabricant de cristaux, membre de la chambre de commerce de Paris.
- Monnin-Japy, membre du conseil municipal de Paris, fabricant de quincaillerie et de mouvements d’horlogerie.
- Odiot, orfèvre.
- Paillard (Victor), fabricant de bronzes, membre du jury internationaPde 1855.
- Pelletier, de l’Institut, conseiller-maître à la cour des comptes.
- Picault, fabricant de coutellerie.
- Régnault, de l’Institut, ingénieur en chef au corps impérial des mines, administrateur de la manufacture impériale de Sèvres, professeur au Collège de France et à l’Ecole polytechnique, membre du jury international de 1855.
- Savart, fabricant de bijoux doublés en or.
- Thiébaut (V.), fondeur en cuivre.
- Rouher ( Gustave ), | , , .
- T auditeurs au conseil d Etat, secrétaires.
- Legrand ( Arthur ), >
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- Septième section.
- Objets de vêtement, d'ameublement, de goût, de mode, etc.
- 25. Peaux, fourrures, plumes, cheveux, poils et crins.
- 26. Cuirs, y compris la sellerie et les harnais.
- 27. Articles d’habillement.
- 28. Papiers, articles de papeterie, imprimerie et reliure.
- 30. Meubles et ameublements, y compris les papiers peints et les objets
- en papier mâché.
- 36. Produits non compris dans les classes précédentes.
- MM.
- Butenval (le baron de), président, conseiller d’Etat (section du commerce et des travaux publics). Wolowski, vice-président, membre de l’Institut, professeur du Conservatoire des arts et métiers, membre du jury international de 1855.
- Alexandre, mégissier, fabricant de gants, juge au tribunal de commerce de la Seine. Allain-Moulard, fabricant d’objets de fantaisie.
- Aucoc aîné, fabricant de nécessaires.
- Audot, fabricant de nécessaires.
- Barreswil, chimiste, commissaire-expert au ministère du commerce, membre du Conseil de la Société d’encouragement.
- Claye (Jules), imprimeur.
- Délicoürt (Etienne), ancien fabricant de papiers peints.
- Doyon, fabricant de gants.
- Du Sommerard, conservateur du Musée de Cluny, membre du jury international de 1855. Duvelleroy, fabricant d’éventails.
- Fauler, membre de la chambre de commerce de Paris, ancien fabricant de maroquins, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855.
- Fauvelle-Délebarre, fabricant de peignes.
- Fourdinois, sculpteur et fabricant de meubles.
- Godillot (Alexis), fabricant d’équipements militaires.
- Gratiot (Amédée), directeur des papeteries d’Essonne.
- Hachette, libraire-éditeur.
- Huber, sculpteur-ornemaniste.
- Laboulaye (Charles), fondeur en caractères, membre du Conseil de la Société d’encouragement. Lambin, fabricant de sellerie.
- Latour, fabricant de chaussures.
- Laurençot, fabricant de brosses.
- Lémann, fabricant de vêtements confectionnés.
- Lemoine père, fabricant de meubles.
- Masson (Victor), juge au tribunal de commerce de la Seine, membre de la chambre de commerce de Paris, libraire-éditeur.
- Petit (Charles), fabricant de fleurs artificielles.
- Poirier, membre de la chambre de commerce de Paris, négociant exportateur.
- Rossigneux (Charles), architecte, commissaire adjoint au service du bâtiment à l’Exposition universelle de 1855.
- Schloss (Simon), fabricant d’objets de maroquinerie.
- Trélon, ancien fabricant de boutons, membre du jury international de 1855.
- Turgan , l’un des directeurs-gérants du Moniteur universel.
- Williamson, administrateur du mobilier de la Couronne.
- ' auditeurs au conseil d’État, secrétaires.
- — 60* année. T série. — Mai 1861.
- Lut* XUIX,
- De Vaufreland,
- Tome VIII.
- Classes du règlement anglais.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- Huitième section.
- MM.
- Ouvrages et matériel destinés à l’éducation. 29e classe du règlement anglais.
- Giraud (C.), président, membre de l’Institut, inspecteur général de l’enseignement supérieur, professeur à la Faculté de droit.
- Denikre fils, vice-président, président du tribunal de commerce de la Seine, membre du Conseil municipal.
- Audley, attaché au commissariat général de l’Exposition universelle de 1855, membre de la Société des arts de Londres.
- Barbier, directeur de l’école communale du 9e arrondissement de Paris.
- De Larozerie, conseiller référendaire à la cour des comptes.
- Dufau (A.), directeur honoraire de l’institution des Jeunes Aveugles;
- Marguerin, directeur de l’Ecole municipale Turgot.
- Marie, sous-chef à la direction de l’agriculture, au ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, secrétaire de la Société impériale et centrale d’agriculture.
- Mellinet (le général), commandant la lre division de l’infanterie delà garde impériale.
- Michel (C. L.), ancien chef d’institution, membre du jury international de 1855.
- Monjean, directeur du collège municipal Chaptal.
- Rapet, inspecteur général pour l’enseignement primaire:
- Rendu (Eugène), inspecteur général pour l’enseignement primaire.
- Robert (Charles), maître des requêtes au conseil d’État.
- Sarazin, directeur des cours normaux d’enseignement mutuel pour les garçons.
- Valade-Gabel père, directeur honoraire de l’institution des Sourds-Muets de Bordeaux.
- Vallée, directeur de l’institution des Idiots à Gentilly, près Bicêtre.
- Verdeil, chimiste, membre du jury international de 1855.
- Garnier ( Joseph ), professeur d’économie politique à l’École impériale (Tes ponts et chaussées.
- Walckenaer, ).. , ,
- , , , , J auditeurs au conseil d’Etat, secrétaires.
- De Mackau (le baron ), J ’
- neuvième section.
- Appareils photographiques et photographie.
- 11e classe du règlement anglais.
- MM.
- Bayle-Mouillard, président, conseiller à la cour de cassation.
- Delessert (Benjamin), vice-président, membre du jury international de 1855.
- Aguado (le comte Olympe), membre de la Société de photographie.
- Bayard, membre de la Société de photographie.
- Bertsch, membre de la Société de photographie, membre du Conseil de la Société d’encouragement.
- Courmont, chef de la division des beaux-arts au ministère d’État.
- Davanne, chimiste.
- Duboscq, opticien.
- Girard (Aimé), conservateur des collections de chimie à l’École polytechnique.
- Hulot, directeur de la fabrication des timbres-poste à la Monnaie.
- Mailand, membre de la Société de photographie.
- Niepce de Saint-Victor, chef d’escadron, commandant militaire du Louvre.
- Robert, chef des travaux de peinture à la manufacture impériale de Sèvres, professeur de photographie à l’École des ponts et chaussées.
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- NOTICES INDUSTRIELLES. 307
- Delessert {Édouard ), membre de la Société de photographie.
- Hély d Oissel, | au(jpeurs au conseil d’État, secrétaires.
- De Villeneuve, >
- Pour ampliation :
- Le conseiller d’État, secrétaire général,
- F. le Play.
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS .FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Note sur le puddlage de la fonte manganésifère, par M. le docteur Andrée, chimiste à l’usine de Neu-Joachimsthal, appartenant à M. le prince de Fürstemherg.
- Karsten a fait observer que le manganèse paraît se séparer presque complètement pendant l’affinage de la fonte, et M. le docteur List, par des recherches plus récentes, a complètement démontré cette proposition. En effet, la quantité du manganèse égale h 3,56 pour 100, dans une fonte de Siegen, ne s’est plus élevée qu’à 0,48 pour 100, dans les balles brutes, au sortir du puddlage.
- L’auteur s’est proposé de joindre à ces données d’autres observations plus complètes, qui expliquent comment se comporte au puddlage la fonte qui contient du manganèse. En puddlant des fontes provenant des usines de Ruszkitza, de Stephans-berg et de Lunkanye, on avait constamment remarqué un déchet extraordinaire, quoique les opérations n’eussent présenté aucun phénomène singulier. Comme on ne possédait pas d’analyse chimique de ces fontes ni des minerais qui les avaient produites, les employés praticiens de l’usine de Joachimsthal crurent devoir attribuer les pertes de matière à la nature du combustible qui consistait en un mélange de bois de hêtre desséché et de mauvais lignite. Pour s’en assurer, M. l’inspecteur Grosse, dont l’expérience est bien connue et qui avait exprimé cette opinion, fit puddler et réchauffer avec soin, à la forge du prince de Fürstemberg, à Althütten, en Bohême, une certaine quantité de ces trois sortes de fonte, en employant le combustible usité sur les lieux, c’est-à-dire une excellente houille, à longue flamme, tirée du bassin de Radnitz. Mais on observa encore ici les mêmes déchets, plus forts de 6 à 12 pour ÎOff que ceux qui résultaient des fontes de Bohême extraites, avec le charbon de bois, des minerais de la formation silurienne. Ces expériences renversèrent tout à fait l’opinion qui attribuait l’excès du déchet à la nature du combustible; mais comme ce déchef, malgré la différence du traitement, était presque le même pour les trois espèces de fonte, on dut alors penser que dans toutes il existait une matière qui passait plus ou moins dans les scories. Cette supposition d’un habile praticien a été pleinement confirmée par les analyses que l’auteur a exécutées. Voici quelles étaient les propriétés et la composition chimique de ces fontes :
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- 1° Celle de Ruszkitza était une fonte compacte, d’un gris noirâtre, faite à l’air froid avec du charbon de hêtre. Le laitier du haut fourneau était terreux et d un jaune verdâtre. Le minerai contenait des hématites, des morceaux de chaux carbonatée, etc., riches en manganèse. Au puddlage, cette fonte se liquéfiait difficilement, mais bouillait fortement et convenablement. En prenant nature, elle perdait subitement son lai-tier-et devenait très-sèche, en sorte que les balles s’ouvraient dans la presse; mais, après les avoir replacées dans un bain de laitier, on pouvait les laminer sur-le-champ. Le fer se travaillait parfaitement à chaud et à froid; sa texture était résistante et analogue à celle de l’acier. Pour 100 kilog. de fer brut sortant du four à puddler, il fallait 120k,17 de fonte et 145\6 de houille ; la durée d’un puddlage était de deux heures six minutes.
- L’analyse a donné :
- Fonte. Fer brut puddlé. Fer laminé.
- Soufre................... 0.060 0.025 0.017
- Silicium................. 2.570 0.254 0.221
- Manganèse................ 5.090 0.840 0.850
- Carbone.................. 3.177 0.404 0.400
- Cette fonte se distinguait par une proportion de silicium si forte, qu’on en trouve rarement une semblable dans les fontes au charbon de bois ; mais cet excès, aussi bien que celui du manganèse, disparaissait pendant le puddlage.
- Le fer brut du four à puddler perdait encore, par le réchauffage, une petite partie des matières étrangères qui y étaient restées, principalement à l’état d’oxydes et de laitier; ce qui explique pourquoi, lorsqu’il a été réduit en barres, on y a trouvé peu de soufre et de silicium.
- 2° La fonte de Stephansberg était tendre, d’un gris sombre, et convenait parfaitement pour le moulage; elle était fabriquée à l’air chaud, avec le charbon de hêtre; les laitiers étaient d’un vert clair, et présentaient de l’analogie avec la pierre ponce. Les minerais se composaient de fer magnétique, entremêlé de malachite ( dont certains morceaux contenaient jusqu’à 0,43 pour 100 de cuivre), et étaient très-chargés de manganèse. Au puddlage, cette fonte se liquéfiait très-facilement; les laitiers étaient épais et un peu écumeux; le travail marchait bien ; le fer produit se forgeait parfaitement à froid, quoique le réchauffage et le laminage le laissassent plus chargé de soufre et de carbone que le précédent. Il était un peu cassant à chaud. Pour obtenir 100 kilog. de fer brut sortant du puddlage, il fallait 116k,16 de fonte et 130\5 de houille. La durée du travail était d’une heure cinquante-sept minutes. L’analyse a donné :
- Fonte. Fer brut puddlé. Fer laminé.
- Soufre................... 0.105 0.020 0.020
- Silicium................. 1.145 0.012 0.009
- Manganèse................ 3.040 0.008 traces.
- Carbone.................. 3.624 0.514 0.510
- Après le travail de ce fer pour l’usage, on n’y trouvait absolument plus de manganèse. Quoique les minerais employés continssent une proportion notable de cuivre,
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- on n’a reconnu, même dans la fonte, aucune trace de ce métal. La pente à la cassure à chaud provenait assurément des 0,020 de soufre restés dans le fer en barres, puisque, d’après Karsten, le fer est complètement cassant à chaud, lorsqu’il contient 0,03375 de soufre.
- 3° La fonte de Lunkanye était traitée et fabriquée à l’air froid avec le charbon de hêtre. Les laitiers étaient d’un vert clair nuancé de bleu clair et analogue à un émail. Les minerais étaient très-manganésifères, et composés principalement de fer oxydé rouge mêlé à du fer ocreux, jaunâtre et hydraté. La fusion s’opérait très-bien dans le four à puddler; mais le travail, à partir du commencement de l’ébullition, devenait fort pénible; le passage du fer en nature et la formation des balles étaient, au contraire, très-faciles. La texture du fer brut puddlé était, en grande partie, analogue à celle de l’acier; mais ce fer se soudait difficilement et laissait voir, lorsqu’on ne le réchauffait qu’une fois, de la tendance à contracter des pailles et des gerçures. Il se montrait un peu disposé à se casser à chaud. On consommait 122\19 de fonte et 176k,3 de houille pour obtenir 100 kilog. de fer brut puddlé, et le travail d’une charge exigeait deux heures trente minutes. L’analyse a donné les résultats suivants :
- Fonte. Fer brut puddlé. Fer laminé.
- Soufre.................... 0.029 0.000 ~ 0.000
- Silicium.................. 0.484 0.082 traces.
- Manganèse................ 11.110 2.215 1.910
- Carbone................... 3.120 0.330 0.342
- Les minimes quantités de soufre et de silicium contenues dans cette fonte fabriquée à l’air froid s’évanouissaient complètement, comme on le voit, pendant le puddlage, et pourtant le fer était encore cassant à chaud, ce qui prouve une fois de plus que la question si souvent agitée de la cause qui produit constamment ce phénomène n’est pas encore près de recevoir une solution. La quantité de manganèse était si forte, que l’on a dû rarement en rencontrer une semblable. Karsten a trouvé 7,421 de ce métal dans une fonte fabriquée à Hammhütte, près de Sayn, avec du fer spathique et de l’hématite; mais l’auteur ne connaît pas d’analyse où l’on en ait reconnu autant que dans la fonte dont il vient de parler. La forte proportion ( 1,91 ) restée dans le fer en barres ne doit pas surprendre, puisque Karsten a trouvé des fers laminés qui en contenaient 1,85 sans aucun inconvénient. C’est, au reste, la fonte citée en dernier lieu qui s’est comportée le plus mal au puddlage. La consommation de la matière brute et de la houille, ainsi que la durée du travail, ont, pour elle, atteint le maximum, ce qui doit certainement être attribué à la présence de la forte proportion de manganèse.
- La fonte de Stephansberg, qui contient le moins de ce métal, est aussi celle dont le puddlage a exigé le moins de matière, de houille et de temps. Entre ces deux extrêmes se place la fonte de Ruszkitza où la proportion du manganèse est intermédiaire ; mais, pour apprécier exactement le déchet d’après la composition chimique, il ne faut pas perdre de vue la quantité assez forte de silicium qu’elle contient.
- Les faits qui précèdent démontrent évidemment que le manganèse exerce une influence marquée sur le puddlage de la fonte et sur l’importance du déchet, puisqu’il disparaît presque complètement dans les laitiers. Cependant on ne doit pas conclure
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- que la perte soit exactement proportionnelle à sa quantité.
- prouve le tableau suivant :
- Manganèse,
- Fonte de Stephansberg............. 3.040
- — Ruszkitza.................... 5.090
- — Lunkanye... ................ 11.110
- C’est, en effet, ce que
- Déchet.
- 14.29
- 16.79
- 18.17
- A Joachimsthal, on consomme moyennement 108 kilog. de fonte pour obtenir 100 de fer brut puddlé ; mais cette fonte ne contient que fort peu de manganèse, tandis que nelles qui viennent d’être examinées exigent 8, 12 et 14 kilog. de plus. L’opinion qui attribue au puddlage la propriété de purger la fonte du manganèse, du soufre et du silicium est, d’ailleurs, confirmée par ces analyses, et il en est de même de celle de Karsten qui a annoncé que les fontes manganésifères sont très-propres à la fabrication des fers aeiéreux. (Oesterreichische Zeitschrift für Berg-und Hüttenwesen, et Dingler’s Polytechnisches Journal. )
- Sur l’emploi des fils de fer galvanisés pour la construction Ses conducteurs de paratonnerres, par M. C. Kuhn, de Munich.
- Dans un mémoire sur la construction des paratonnerres, publié il y a quelque temps, l’auteur avait émis l’opinion que le fer couvert de zinc, en fils ou en barres, serait sans doute très-convenable pbur la construction des conducteurs de paratonnerres, et que la considération de la dépense serait vraisemblablement le seul obstacle à cet emploi. Cependant, pour s’arrêter positivement à cet avis, il lui manquait plusieurs données, entre autres la densité du fil couvert de zinc et sa résistance à la conductibilité électrique, comparativement à celle du fer.
- Depuis,, .il a reçu des échantillons de fils et de cordes en fer galvanisé qui lui ont procuré les documents dont il manquait, et qui provenaient de la manufacture de M. Reichenberger, à Grœtschenreuth (Palatinat). Ces objets consistent en :
- Poids.
- Fil de fer zingué...................... 0k,062 par mètre.
- Cordes à 3 fils...................... . 0 ,242
- » à 19 fils (n° 9 )................ 0 ,537
- » à 19 fils ( n° 10 ).............. 0 ,763
- » à 19 fils ( n° il ).. . . . . 1 ,181
- » à 19 fils ( n° 12).............. 1 ,331
- Dans les trois dernières cordes, un toron de 7 fils, formant une hélice à pas assez courts, occupe le centre du système et est entouré des 12 autres fils, peu tordus, mais appliqués si exactement que, même sans les maintenir de distance en distance par des viroles en fil, on ne peut les.écarter qu’en employant une force considérable. Cependant ces cordes, malgré leur diamètre assez fort, surtout celles de fil n08 ll et 12, sont encore assez flexibles pour ne présen ter aucune difficulté dans leur emploi comme conducteurs de paratonnerres.
- Quant à leur constitution physique, l’auteur en a essayé trois et a reconnu que, eu égard à l’épaisseur de la couche de zinc dont elles étaient revêtues, elles remplissaient
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- parfaitement les conditions que l’on exige ordinairement des fils de fer galvanisés. Ainsi, avec un fil simple, il a fallu 33 immersions de dix secondes chacune dans une solution étendue de sulfate de cuivre, pour que ( tout le zinc étant dissous) on pût apercevoir sur le fer une faible trace de dépôt de cuivre, et 42 immersions pour que ce fil fût couvert complètement de cuivre sur une longueur de 0m.080.
- La corde de 3 fils a exigé 36 immersions, et celle du n° 11 en a réclamé 30 pour la production du même effet, tandis qu’un échantillon considéré comme normal y est parvenu après 26 immersions seulement de dix secondes chacune.
- Quant à la densité, ces fils ne s’éloignent que très-peu de celle du meilleur fer rond ordinaire, puisque l’auteur a trouvé moyennement 7,57 pour le fil simple et pour la corde, tandis que de très-bon fer rond lui a donné 7,75.
- Pour l’expérience sur la résistance à la conductibilité électrique, on a employé un fil simple de 16m.24 et une corde de même longueur à 3 fils, et on les a comparés avec un fil de fer ordinaire dont on avait formé plusieurs bobines de différentes longueurs. On a reconnu ainsi que la résistance du fer zingué à la conductibilité électrique doit être représentée moyennement par 0,97, lorsque celle du fer a l’unité pour expression.
- Il s’ensuit évidemment que, dans toutes les circonstances où l’on emploie pour conducteur d’un paratonnerre du fer rond pesant lk.114 par mètre, on peut y substituer une corde de fer zingué du poids de lk.059 par mètre.
- Il est facile, par conséquent, de comparer, d’après les prix locaux, les avantages et les frais des deux systèmes.
- La corde indiquée sous le n° 10, pesant 0k.763 par mètre, peut être, en général, considérée comme suffisante pour les ramifications. Les deux numéros supérieurs conviennent avantageusement pour les conducteurs principaux dans les circonstances ordinaires.
- Il importe de faire observer que la dépense des crampons, des anneaux et, en général, de la pose ne souffre aucune augmentation par suite de l’emploi des fers zingués. (Dingler’s Polytechnùches Journal.)
- Note sur le blanchiment des étoffes imprimées avant le passage dans le dernier bain de
- teinture, par M. Loewenthal.
- On sait que les étoffes imprimées avec l’acétate d’alumine ou le mordant ferrugineux exigent un blanchiment complet avant le garançage. Ce blanchiment est destiné à fixer plus solidement le mordant sur le tissu, et à enlever tout à fait la gomme, l’empois ou tout autre corps épaississant.
- On a beaucoup écrit sur ce sujet. Cependant M. Loewenthal n’a pas ouï dire que l’on ait proposé la diastase, dont l’action puissante sur l’amidon est bien connue. Il a donc fait quelques expériences avec cette matière, ou plutôt avec le malt, et il a trouvé que le malt, combiné avec le son ou la bouse de vache que l’on a fait bouillir d’avance, convient parfaitement pour le blanchiment très-rapide des toiles
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- qui ont été imprimées avec le mordant d’alumine épaissi par l’empois. L’effet est un peu plus lent avec le mordant de fer, mais, dans ce cas même, il est incomparablement plus prompt que quand on ne se sert pas de malt. Une température de 44 à 50* centig. suffit pour donner au malt toute l’efficacité désirable.
- On a essayé d’employer le silicate soluble de soude concurremment avec le malt, mais on n’a pas réussi, parce que des taches se produisaient pendant le passage dans le bain. Cependant cet inconvénient n’a été observé qu’avec le malt, et il est possible qu’il n’eût pas lieu si l’on employait de la diastase pure. (Journal fur Praklische Che-mie et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Moyen de prévenir la pourriture du bois.
- Pour empêcher les pieux et les piquets de se pourrir en terre, on a recommandé un enduit d’autant plus convenable qu’il forme sur le bois une couche dont la dureté est comparable à celle de la pierre; cet enduit, imperméable à l’humidité, est, en outre, fort économique. Une expérience de cinq années a donné les meilleurs résultats.
- On prend 50 parties de résine, 40 parties de craie finement pulvérisée, 300 parties (ou moins, selon le cas) de sable blanc, fin et rude, 4 parties d’huile de lin, 1 partie d’oxyde rouge naturel de cuivre et 1 partie d’acide sulfurique. On fait d’abord chauffer la résine, la craie, le sable et l’huile de lin dans une chaudière en fer; ensuite on ajoute l’oxyde, et (avec précaution) l’acide sulfurique. On mêle soigneusement, puis on applique avec un fort pinceau la composition encore chaude. Si l’on trouve qu’elle ne soit pas assez fluide, on l’étend avec un peu d’huile de lin. Cet enduit, lorsqu’il est refroidi et sec, forme un vernis qui a la dureté de la pierre. (Thüringer Gartenzei-tung et Dingler’s Polylechnisches Journal.)
- Remarques sur le sens selon lequel on doit scier les troncs d’arbres pour que les planches se tourmentent peu.
- En examinant avec attention les arbres d’une forêt, on observe que leur tronc n’est pas uniforme de tous les côtés. L’aspect extérieur de l’écorce, au nord et au midi, présente même une différence ; mais, lorsque l’arbre est scié transversalement, on voit que les couches superposées du tissu ligneux ne sont pas régulièrement circulaires. La moelle ou le cœur ne se trouve pas exactement au centre, et les couches qui regardent le nord sont moins épaisses que celles du côté du sud, en sorte que le cœur est placé toujours plus près du nord. La cause de ces phénomènes n’est autre que la différence produite par les rayons du soleil dans la température des deux côtés de l’arbre. Celui du sud est plus abondamment nourri, les cellules y sont plus volumineuses et les couches ligneuses plus épaisses, tandis que, de l’autre côté, le bois est plus ferme et plus dur. Par conséquent, dans un même arbre il existe des inégalités de qualité dont on doit tenir compte avant de mettre le bois en œuvre. Nous nous bornerons ici à tirer une seule conséquence, c’est que, pour refendre l’arbre en planches, on doit conduire
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- le trait de scie perpendiculairement au plan qui s’étendait du nord au midi en passant par le centre, lorsque l’arbre était sur pied. Si l’on débite autrement, les planches, à cause de l’inégalité de leur constitution, sont beaucoup plus sujettes à se déjeter.
- Lorsque les arbres sont employés entiers, par exemple lorsque l’on en fait des charpentes, on doit exposer à la plus grande charge le côté le plus fort, c’est-à-dire le côté du nord. (Gall’s Praktische Mittheilungen et Dingler's Polytechnisches Journal.)
- Note sur la gélatine de Chine, par M. Lipowitz.
- On trouve sous ce nom, dans le commerce, une substance blanche, fort légère, ayant la forme de tubes pliés ensemble et d’environ 0m.30 de longueur. Son aspect est à peu près celui de la moelle d’une plume. Les propriétés de cette matière semblent lui promettre des débouchés abondants.
- Dans l’eau froide, elle s’amollit et se gonfle sans paraître se dissoudre, et forme une masse tubulaire non visqueuse, dans laquelle le microscope ne signale pas une structure définie. Si l’on élève la température, elle se dissout, à partir de 9o°çentig.,pIus facilement que la colle de vessie d’esturgeon, mais moins aisément que la véritable gélatine. Si l’eau contient en dissolution seulement 1 ou 2 pour 100 de gélatine de Chine, on peut facilement la faire passer dans un filtre de papier ou de toile; mais, lorsqu’elle est refroidie, on trouve une gelée très-ferme, blanche, sans odeur, sans goût, transparente et limpide comme de la glace. Une gelée de cette gélatine est plus ferme qu’une autre préparée avec huit fois plus de gélatine d’os, conserve plus longtemps sa consistance, et supporte une chaleur de 30 à 50° centig. avant de redevenir liquide.
- Cette solution a été trouvée indifférente pour l’acide gallique, l’iode et l’acétate neutre de plomb, mais elle a été précipitée par l’alcool et l’acétate tribasique de plomb. Brûlée sur une lame de platine, elle n’a donné aucune odeur indiquant une substance azotée ; cependant, en la calcinant avec la soude à la chaux, on a observé des traces d’ammoniaque. On ne peut donc la confondre avec la gélatine du commerce, qui est d’origine animale et qui contient beaucoup d’azote. On n’aperçoit aucun phénomène en la soumettant à la lumière polarisée.
- Cette gélatine de Chine est d’origine végétale, et paraît provenir d’une plante à peu près inconnue, que l’on désigne dans le pays sous le nom d’Aja, Aja. Elle présente les plus grands rapports physiques et chimiques avec la lichénine, mais sa gelée n’est pas colorée en bleu par l’iode.
- Par ses propriétés, cette matière convient pour les cuisines, les infirmeries et les arts techniques. Dans les ménages, elle pourrait remplacer la gélatine d’os, qui doit être employée à la dose de 4 pour 100 au moins pour former une gelée consistante à la température des appartements, et qui donne aux mets de la viscosité et un goût très-sensible de colle. Au contraire, il ne faut que 1/2 pour 100 de gélatine de Chine pour produire une gelée magnifique, très-blanche, très-transparente, et parfaitement exempte de goût et d’odeur, qui laisse aux vins, et aux sucs végétaux que l’on y in-Tome VIII. — 60e année. 2° série. — Mai 1861, 40
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- corpore, toutes leurs qualités et leur parfum. Comme, en préparant les crèmes, les gelées et les autres mets de ce genre, on se propose surtout de flatter le goût et non de nourrir le corps, la gélatine chinoise convient mieux, par sa légèreté, que les gelées extraites des pieds de veau, des cornes de cerf, des vessies d’esturgeon, de la gélatine d’os, gelées qui, d’ailleurs, s’altèrent beaucoup plus promptement et plus désagréablement.
- La grande fermeté de la gelée formée avec cette substance chinoise, son défaut de viscosité, la facilité avec laquelle elle se sépare des corps sur lesquels on la place, la rendent très-propre au moulage des objets délicats, dont elle ne perd aucun détail, et dont elle permet de prendre plusieurs épreuves en plâtre sans qu’il y ait de déformation à craindre. Il faut, dans ce cas, employer avec l’eau 1 1/2 pour 100 de cette substance. Comme elle est insoluble dans ee liquide froid, les moules peuvent être lavés sans inconvénient avec un pinceau doux. (Polylechnisches IntelligenzblaU et Dinglers Polytechnisches Journal.)
- Épuration des huiles de graines.
- On emploie, dans les provinces rhénanes, la méthode suivante pour l’épuration des huiles de graines :
- On verse l’huile dans une espèce de baratte analogue aux barattes à beurre, et dans laquelle se trouve un moulinet muni de quatre ailes. On introduit alors l’acide sulfurique concentré nécessaire pour la carbonisation des matières étrangères (2 pour 100 d’acide). Deux personnes battent aussitôt le mélange de manière à le rendre très-intime, ce qui exige environ deux heures et demie. On ajoute ensuite de 4 à 8 parties de chaux vive délayée dans une suffisante quantité d’eau; on sature ainsi l’acide sulfurique, et l’on continue de tourner pendant une autre demi-heure.
- L’huile est alors versée dans un tonneau debout dont on a ôté le fond supérieur, et on la laisse reposer pendant sept ou huit jours. Le robinet de décantation est placé à une hauteur telle, que l’eau et les matières impures tombent toutes au-dessous. L’huile soutirée est alors portée dans un autre tonneau debout, muni d’un faux fond qui se trouve à environ 0m.12 ou 0m.15 du fond principal. Ce faux fond, percé de trous, est couvert d’une forte flanelle sur laquelle on place de 0m.08 à 0m.10 de son de froment bien nettoyé, puis 5 paniers plats remplis de sable de rivière. L’huile versée sur ce filtre coule claire et limpide; si elle n’était pas dans cet état, ce qui arrive rarement, on réitérerait la filtration.
- On compose aussi de très-bons filtres avec de la mousse d’arbres bien exémpte de feuilles. Lorsqu’elle est hors de service, on la met sous la presse pour en extraire l’huile qu’elle a retenue, et on la remplace par de la mousse neuve. On achève, en suspendant des lames de zinc dans l’huile, de la délivrer des dernières traces d’acide sulfurique, qui manifestent leur présence eu charbonnant la mèche des lampes ou en oxydant les objets métalliques qui s’y trouvent en contact avec l’huile. L’acide s’en sépare complètement pour se porter sur le métal, et ce moyen est, en général, celui
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- qui convient le mieux pour affranchir absolument d’acide les huiles destinées au graissage des machines. (Gemeinnütziges Pesther Journal et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Scellement des barres de fer dans la pierre.
- On y emploie presque toujours le plomb, qui forme, avec le fer, un couple voltaïque où le fer constitue l’élément positif, ce qui tend à accélérer l’oxydation. Il vaudrait beaucoup mieux recourir au zinc, qui, étant positif par rapport au fer, le préserverait efficacement. (Breslauer Gewerbeblatt et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Moyen de souder à l’aide du chlorure de zinc, par M. Scheefer, de Mayence.
- Il arrive souvent, lorsqu’on soude à l’étain avec le chlorure de zinc, que la solution de ce sel soit trop faible, et que l’on ne puisse, par conséquent, mettre autant de chlorure qu’on le désirerait. Pour rendre celte solution moins coulante et l’épaissir même jusqu’à la consistance de la colle de pâte, il suffit d’y ajouter un peu d’amidon ou de fécule de pommes de terre, que l’on y incorpore à froid, et qui s’y dissout comme dans l’eau bouillante, pour peu que la dissolution de chlorure soit assez forte. 11 en résulte une sorte d’empois que l’on peut étendre, en aussi grande quantité que l’on veut, sur les pièces à souder. Cette addition, qui se charbonne, ne gêne en rien le travail de la soudure, et est facilement enlevée par le lavage, ainsi que le chlorure. {Allgem. Deutscher Telegraph et Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Moyen d’affranchir de mercure les e'toffes teintes avec la murexide, par M. Spiller.
- On fixe ordinairement la murexide sur les tissus au moyen du chlorure de mercure. M. Spiller a fait observer que l’étoffe retient souvent un peu de ce métal, qui y reste à l’état de combinaison insoluble, surtout dans la soie, et qui affecte aussi bien les parties imprimées que celles qui ne le sont pas. Il en résulte qu’avec le temps l’étoffe perd sa couleur ou laisse apercevoir des taches jaunes, surtout lorsqu’elle se trouve exposée à des vapeurs sulfhydriques. M. Spiller a donc cherché une méthode pour enlever, sans nuire à la couleur, le mercure resté dans les étoffes, et il conclut que celle qui réussit le mieux consiste à plonger les tissus dans une solution composée de 1 partie d’acide tartrique et de 1 partie d’eau. On doit ensuite avoir soin de bien laver. (Dingler’s Polytechnisches Journal.)
- Emploi de la benzine pour le dessin, par M. Oelschlager, de Reutlingen.
- La benzine, que l’on trouve en abondance, depuis quelques années, dans le commerce, possède, comme les autres huiles volatiles et comme les huiles grasses, la propriété de donner au papier une transparence prononcée, qui disparaît après la vaporisation du liquide. Cette propriété permet d’éviter, au moyen de la benzine, l’emploi
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- du papier à calque pour le dessin. Il suffit, en effet, d’étendre sur l’objet à copier une feuille de papier ordinaire, et d’humecler de benzine, au moyen d’une éponge, la place que l’ôn veut calquer, pour rendre cette place transparente et pouvoir y tracer, avec un crayon et de l’encre de Chine, le dessin que l’on voit distinctement par-dessous. La benzine ne tarde pas à se vaporiser entièrement, sans laisser aucune trace, et le papier redevient opaque. Le dessin original n’est, d’ailleurs, nullement endommagé. Quant à l’odeur, qui n’est pas absolument désagréable, pourvu que le liquide ne soit pas trop impur, on peut en délivrer le papier dans l’espace de quelques heures, pourvu que l’on ait soin de l’aérer et de le chauffer. ( Wiirtembergisch.es Ge-werbeblatt et Dingler's Polytechnisches Journal.)
- Purification du saindoux pour la parfumerie.
- On prend 14 kilog. de saindoux, et on les fait fondre dans un bain de vapeur ou dans un bain-marie. On y ajoute 31&r.25 d’alun et 62§r.50 de sel marin, puis on écume avec soin. Lorsque la graisse est refroidie, on doit la triturer sur une pierre à broyer et la laver avec de l’eau. Après l’avoir refondue encore une fois, on la trouve pure et exempte d’odeur. (Boettger’s Polytechnisches Notizblatt et Dinglers Polytechnisches Journal.)
- Fabrication des savons fins, par M. Eckstein.
- L’auteur lessive de la soude du commerce, et en extrait du carbonate de soude bien purifié, qu’il convertit en une solution de soude caustique, avec de la chaux et de l’eau en quantité suffisante. Il s’assure, par des réactifs, que la décomposition du carbonate de soude est suffisamment complète, puis il éclaircit la liqueur et la concentre jusqu’à 18° Baumé, pour une température de 17°.5 centig. Il met alors dans la chaudière, pour 200 parties de lessive à 18°, 50 parties d’huile de coco et 50 parties de suif fondu, et fait bouillir jusqu’à ce que la solution savonneuse qui se forme soit complètement transparente, et que les essais, puisés avec une spatule et refroidis lentement, descendent en lames larges et paraissent suffisamment fermes. On verse alors le savon dans les mises, et on l’y agite jusqu’à ce qu’il commence à former une masse presque pâteuse. On y ajoute ensuite un savon préparé d’avance avec de l’acide stéarique purifié par l’acide sulfurique, ou un savon provenant du suif durci par le chromate de potasse et l’acide sulfurique, selon la méthode connue. Dans les deux cas, ce savon est fabriqué avec une lessive de soude caustique à 10°. La solution doit être claire et résulter de la combinaison de 1 partie d’acide stéarique ou de suif durci, avec 2 parties de la lessive dont nous venons de parler. On mêle donc ce savon à celui de coco qui commence à s’épaissir dans les mises, on agite bien avec un râble, on laisse le savon prendre et on le tranche en pains. Pour 100 parties du premier savon, l’auteur ajoute ce qu’il faut du second pour représenter 5 parties d’acide stéarique ou 10 parties de suif durci.
- Les savons ainsi préparés ont un aspect moiré dû au stéarate de soude, et une
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- surface de rupture cristalline et soyeuse; ils sont durs, bien mousseux, et possèdent un léger excès d’alcali qui nettoie parfaitement le linge-, ils peuvent servir pour les tissus légers ainsi que pour la toilette. {Stamnïs lllustrirte Zeitschrift et Dingler’s Poly-technisches Journal.)
- Extraction de la fécule de maïs.
- Depuis l’irruption de là maladie des pommes de terre, l’introduction, en Angleterre, du maïs tiré principalement des ports de la mer Noire et de la mer Méditerranée a pris un tel développement, quelle s’élève maintenant à plus de 5,200,000 hectolitres. Outre l’emploi de la farine de ce grain pour la fabrication du pain, on s’en sert aussi pour la préparation de la fécule, dans le grand établissement de MM. Brown et Poison, à Paisley, où l’on en obtient des quantités très-considérables. Comme le maïs renferme peu de tissu végétal, sa conversion en fécule diffère de l’extraction de l’amidon du froment. Après avoir détaché toutes les ordures par un lavage complet, on fait tremper les grains pendant longtemps dans l’eau et, lorsqu’ils se sont tout à fait gonflés, on les moud sous des meules horizontales qui les réduisent en une bouillie fine que l’on étend avec de l’eau. On fait couler ce mélange par de longues rigoles très-plates et un peu inclinées, dans lesquelles la fécule se dépose, tandis que le gluten et la fibre végétale, par suite de leur plus grande légèreté, parviennent jusqu’à de grandes cuves où on les reçoit. Lorsque l’eau s’est éclaircie par le repos dans ces cuves, on la décante, on recueille le dépôt, on le fait sécher, et on le vend assez cher pour la nourriture des bestiaux. Quant à la fécule, on l’agite de .nouveau dans l’eau pure, et, après l’avoir ainsi lavée à plusieurs reprises, on la place dans des machines centrifuges, pour en extraire la plus grande quantité de l’eau, puis on l’expose à l’air dans des séchoirs bien ventilés, et enfin on la livre au commerce sous le nom de farine de grain patentée de Brown et Poison. (Breslauer Gewerbeblalt et Dingler’s Po-lytechnisches Journal.) ( Y. )
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-YERBAUX.
- Séance du 8 mai 1861.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — M. Jacquet aîné, constructeur-mécanicien, à Arras, appelle l’attention de la Société sur un système de moyeu en fonte pour roues de voitures, muni d’une boîte à graisse construite de manière que l’essieu soit constamment baigné sans qu’il se produise au dehors aucun suintement. (Renvoi au comité des arts mécaniques. )
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- MM. Bourry frères, manufacturiers, à Saint-Denis ( Seine ), avenue Saint-Remi, 8» par l’intermédiaire de M. Desnos-Gardissal, ingénieur civil, sollicitent l’examen de leurs métiers à broder perfectionnés. ( Renvoi au même comité. )
- MM. J. Rival et Chapuzot, rue Beaurepaire, 18, présentent une machine d’épuisement sans pistons et à double corps fonctionnant par la pression directe et la condensation de la vapeur. ( Renvoi au même comité. )
- M. Grandperrin^ rue de Rivoli, 1, soumet à l’appréciation du Conseil un régulateur solaire pour le réglage des horloges, pendules et montres. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. D. Lontin, rue Mouffetard, 195, écrit qu’il a imaginé un appareil régulateur de lumière électrique, dont l’allumage peut s’opérer à distance et instantanément.
- { Renvoi au même comité. )
- M. Leroux, fabricant d’articles de sellerie, rue Yolta, 44, dépose : 1° une musette à grille en ficelle, avec monture en caoutchouc vulcanisé, pour donner l’avoine aux chevaux; 2° un surfaix élastique renfermant du caoutchouc non rapporté, mais introduit dans le tissage. ( Renvoi au comité d’agriculture. )
- Rapports des comités. — Au nom de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, M. Salvétat donne lecture d’un rapport sur la reproduction mécanique des tableaux à l’huile présentée par M. Mèresse.
- Ce rapport sera inséré au Bulletin.
- Au nom du comité des arts économiques, M. Silbermann lit un rapport sur un appareil à écrire pour les aveugles, dit cécirègle, inventé par M. Duvignau.
- Ce rapport sera inséré au Bulletin avec un dessin de l’appareil.
- Au nom du comité des arts mécaniques, M. Benoît lit un rapport sur le niveau de pente présenté par M. Ribot, ouvrier mécanicien chez MM. Cail et comp.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin avec le dessin du niveau.
- Au nom du même comité, M. Tresca donne lecture d’un rapport sur la presse à genoux de M. Samain, mécanicien, à Blois.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin ainsi que le dessin de la presse.
- Au nom de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, M. Albert Barre propose, dans un rapport, de disposer en faveur du jeune Berteaux, âgé de dix-sept ans et demi, élève de l'école municipale dirigée par M. J. Lequien fils, du prix de 1Î00 francs mis par M. Brossette (1) à la disposition de la Société pour être décerné à l’un des élèves des écoles de dessin industriel que ses progrès et la position peu aisée de sa famille recommanderaient à la Société.
- M. le rapporteur rappelle que déjà, l’an dernier, le meme élève a reçu un encouragement de 100 fr. de la Société, et que depuis cette époque il n’a cessé de se distinguer par son application et ses progrès. En soumettant sa proposition, il ajoute que la commission ne saurait oublier le professeur, et qu’elle est heureuse de saisir de
- (1) Voir au procès-verbal du 16 janvier 1861 ( Bulletin de janvier 1861, p. 61 j.
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- nouveau l’occasion qui lui est offerte de rendre justice à l’excellente direction imprimée depuis huit années par M. Lequien fils à l’école de la rue de Chabrol.
- Le Conseil adopte la proposition.
- Communications.—M. Cogniel, manufacturier, membre de la Société, entretient le Conseil des heureux résultats qu’il a obtenus et obtient journellement avec l’emploi de ses bétons agglomérés à base de chaux, dont il n’a cessé de perfectionner la fabrication. Après avoir fait connaître qu’il a établi des fours à chaux d’un nouveau système permettant d’obtenir à bas prix des produits de bonne qualité, il renouvelle au Conseil le désir qu’il a déjà plusieurs fois exprimé de voir son industrie l’objet d’un rapport de la Société. ( Renvoi à la commission des ciments. )
- Le Conseil se forme en comité secret.
- Séance du 22 mai 1861.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — M. Cochot ( Auguste), ingénieur-constructeur de machines, à Paris, rue Moreau, 12 et 14, présente une nouvelle locomobile verticale dont la chaudière se recommande, suivant lui, par la grande surface de chauffe qu’elle offre sous un petit volume, par l’économie de combustible qu’elle permet de réaliser et par un système de bouilleurs qui ne demande aucun nettoyage. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Degrand, ingénieur des ponts et chaussées, membre de la Société, rue Louis -le-Grand, écrit, au sujet de la présentation du moteur à gaz de M. Lenoir, faite dans la séance du 27 mars dernier, qu’il a pris lui-même, le 1er juin 1858 et sous le n® 36861, un brevet dont l’objet est, selon lui, tout à fait semblable à celui de M. Lenoir, qui ne date que du mois de décembre 1859. ( Renvoi au même comité. )
- M. Vattier, tonnelier, à Wasigny ( Ardennes ), dépose un instrument qu’il appelle clanomètre et qu’il annonce devoir servir à déterminer l’angle du joint des douves, ainsi que les proportions coniques de la partie renflée dans la fabrication des tonneaux. ( Renvoi au même comité. )
- M. Boland fils, ingénieur civil, membre de la Société, adresse des renseignements concernant le pétrisseur mécanique de son père, qui a fonctionné en présence d’une commission à la boulangerie des hospices. (Renvoi au comité mixte chargé de faire le rapport. )
- M. Pierre, entrepreneur de serrurerie, à Niort, sollicite l’examen d’un système de croisée en fer. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- MM. Laporte, chimiste, rue des Fossés-du-Temple, 37, et Barastier, lampiste, rue Princesse, 2, soumettent un système de bec de lampe à l’aide duquel ils brûlent l’huile de résine de la même manière que celle de colza, avec cette différence que la lumière obtenue est incomparablement plus blanche et plus éclairante. Ils font remarquer l'économie que leur système permet de réaliser, puisque les huiles de résine ne coû-
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- lent que 30 fr. les 100 kilog., tandis que le prix des autres est de 120 fr. (Renvoi au môme comité. )
- M. Delaunay, rue de l’Arcade-Colbert, présente une composition liquide qui régénère la couleur des cheveux sans l’emploi de teinture. ( Renvoi au même comité. }
- M. Millot-Brulé, de Rethel (Ardennes), est inventeur d’un nouveau procédé curatif de l’oïdium. Il écrit que cette méthode, qui consisterait dans l’emploi de la pyrite sulfureuse, a été l’objet d’expériences nombreuses de la part d’une commission nommée à cet effet par M. le préfet des Ardennes; d’après le rapport de cette commission, la pyrite sulfureuse obtiendrait encore plus de succès que le soufre. S. Exc. M. le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, qui transmet la lettre de M. Millot-Brulé avec les documents à l’appui, prie la Société de renvoyer cette affaire au comité qu’elle a institué pour l’examen de semblables questions.
- M. le marquis G. d’Auxy, rue Lafayette, 74, dépose une note dans laquelle il compare les greniers mobiles connus avec celui dont il est inventeur. ( Renvoi au comité d’agriculture. )
- M. Savart, fabricant de chaussures, à Paris, rue Saint-Martin, 123, présente un mémoire dans lequel il propose une série d’améliorations qu’il croit utile d’introduire dans la législation actuelle des brevets d’invention. (Renvoi à la commission spéciale.)
- M. Grison envoie un exemplaire d’un ouvrage qu’il a publié sous le titre de le Teinturier au xix8 siècle en ce qui concerne les tissus où la laine est la substance textile prédominante. M. Grison prie la Société de vouloir bien en faire l’objet d’un examen. (Renvoi au comité des arts chimiques. )
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts économiques, M. le baron E. de Silvestre lit un rapport sur les appareils gazogènes présentés par M. Warker, de New-York.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin avec le dessin des appareils.
- Au nom du comité des arts mécaniques, M. Benoît donne lecture d’un rapport sur un instrument de géométrie pratique de M. Ant. Raulet, cultivateur, à Petitxivry (Moselle).
- Ce rapport sera inséré au Bulletin.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mm“ Ve BOUGHAftD-HUZARD, RUE DE l’ÉPERQN , 5. — 1861.
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- 60' ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. TOME VIII. — JUIN 1801.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- DÉCISION RELATIVE A LA NOMINATION DE MEMBRES ADJOINTS.
- Conformément à l’arrêté pris le 16 janvier 1855,
- M. le baron Ed. de Silvestre entendu dans le comité secret du 10 avril 1861 pour le comité des arts économiques,
- Le Conseil, après délibération, a décidé que ce comité était autorisé à présenter une nouvelle liste de candidats pour la nomination de deux membres adjoints.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Benoît, au nom du comité des arts mécaniques, sur le niveau de pente présenté par M. Ribot, ouvrier mécanicien, dans rétablissement de MM. Cail et comp.
- Messieurs, M. Ribot, ouvrier mécanicien dans l’établissement de MM. Cail et comp., vous a présenté un niveau à perpendicule, qu’il nomme niveau de pente, à l’aide duquel on peut résoudre immédiatement ces deux problèmes inverses, en quelque sorte, l’un de l’autre, savoir : déterminer la pente par Tome VIII. — 60e année. T série. — Juin 1861. 41
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- ARTS MÉCANIQUES.
- mètre de projection horizontale d’une ligne droite existant dans l’espace, et donner à une droite à établir dans l’espace une inclinaison telle qu’elle ait une pente voulue par mètre de projection horizontale.
- Votre comité des arts mécaniques, auquel vous avez renvoyé l’examen de cet instrument et au nom duquel j’ai l’honneur de vous en entretenir, a trouvé que sa composition le rend très-propre à résoudre, avec la plus grande facilité,
- les deux problèmes énoncés. En effet, cet instrument consiste ( voir la figure ci-contre) en un cadre rectangulaire en bois, dont les deux petits côtés sont prolongés, dans le même sens, de longueurs égales pour lui- servir de pieds, et pour permettre au plomb d’unperpendicule suspendu au milieu du côté supérieur de se placer sous le côté inférieur, au milieu duquel la ligne de foi de l’instrument est tracée. Dans l’épaisseur de l’un des petits côtés du rectangle, M. Ribot a logé une réglette en cuivre divisée en millimètres, et que l’on peut faire sortir plus ou moins, à volonté, en tournant un bouton fixé à l’arbre d’un petit pignon engagé dans les dents d’une crémaillère faisant suite à la partie divisée de la réglette.
- Comme la saillie du bout extérieur de celle-ci, quand cette partie divisée est entièrement rentrée, et celle du bout de l’autre pied, sont réglées de manière à ce que l’instrument puisse servir alors de niveau ordinaire à per-pendicule, on conçoit que, si, lorsqu’il pose sur une droite inclinée, on fait sortir la réglette précisément de ce qui est nécessaire pour obliger le fil du perpendicule à battre sur la ligne de foi, la longueur de réglette sortie sera évidemment la mesure en millimètres de la pente de la droite considérée, pour une longueur de sa projection horizontale, égale à la longueur de l’instrument, ou égale à un mètre, si telle est la longueur de ce dernier.
- On conçoit encore que, si pour un instrument d’un mètre de longueur on fait sortir la réglette d’une quantité égale à la pente que l’on veut donner à une droite à fixer dans l’espace, par mètre de sa projection horizontale, en posant l’instrument sur cette droite et en manœuvrant celle-ci jusqu’à ce que le fil du perpendicule batte sur la ligne de foi, cette circonstance étant réalisée, la droite aura la position voulue.
- Comme le niveau mis sous vos yeux n’a qu’un demi-mètre de longueur,
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- BEAUX-ARTS APPLIQUÉS A L’INDUSTRIE.
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- les divisions de la réglette n’ont qu’un demi-millimètre de grandeur : leur graduation devrait être écrite dans cette hypothèse, si pour un instrument de cette dimension on les faisait d’un millimètre chacune.
- Voyant toujours avec plaisir, comme vous, Messieurs, que de simples ouvriers s’occupent de recherches applicables à l’exercice de leurs professions, et bien que les problèmes énoncés soient journellement résolus, mais moins directement, au moyen d’instruments plus rustiques par les paveurs, les bitumiers, etc., votre comité des arts mécaniques me charge d’avoir l’honneur de vous proposer de remercier M. Ribot de sa communication, d’ordonner l’impression du présent rapport dans le Bulletin et de placer dans le texte une gravure en bois représentant le niveau dont il s’agit.
- Signé Benoît, rapporteur.
- Approuvé en séancet le 8 mai 1861.
- BEAUX-ARTS APPLIQUES A L’INDUSTRIE.
- Rapport fait par M. Salvétat, au nom de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, sur la reproduction mécanique des tableaux a l’huile présentée par M. Méresse, artiste peintre, boulevard Beaumarchais, 109.
- M. Méresse, peintre demeurant à Paris, boulevard Beaumarchais, a soumis à l’examen de la Société ses procédés de reproduction des tableaux à l’huile : vous en avez renvoyé l’étude à la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie; elle vient vous faire aujourd'hui le rapport suivant dont elle vous demande d’adopter les conclusions.
- Le but que M. Méresse s’est proposé peut se résumer ainsi :
- 1° Suppléer à l’insuffisance des moyens ordinaires qui laissent généralement loin du modèle le plus grand nombre des copies;
- 2° Faire beaucoup plus vile et plus économiquement que par les méthodes usitées jusqu’à ce jour, exécuter plus de la moitié du travail par des ouvriers qui peuvent n’avoir aucune notion des arts du dessin.
- Ce but étant atteint doit conduire à la peinture à bon marché.
- Votre commission répond de suite à l’objection tirée de l’application de cette méthode dans ses rapports avec l’art abstrait. Ces procédés ne peuvent être utiles que pour les reproductions, ils ne servent qu’à les préparer; ils ne dispensent pas complètement de toute instruction artistique, car il faut toujours, pour achever, une main exercée, une brosse intelligente. Ces réserves
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- faites, nous rappellerons que toutes les considérations qui ont motivé la faveur avec laquelle le public a, dès l'origine, accueilli la chromo-lithographie, les gravures à plusieurs teintes, etc., tant sur papier que sur verre et porcelaine, trouvent leur place ici. Nous ne croyons pas avoir à les répéter dans ce rapport; mais nous tenons à faire remarquer que la reproduction économique, sur toile, des tableaux à l’huile, dans les mêmes conditions de durée que les originaux eux-mêmes, prend une assez grande importance, lorsqu’on la considère au point de vue des peintures d’églises, des tableaux classiques d’histoire, des sujets de religion, etc.
- La méthode de M. Méresse est essentiellement simple; elle repose sur deux principes distincts :
- 1° La couleur préparée pour la peinture à l’huile passe très-facilement à travers un tissu fin et peu serré, la mousseline par exemple.
- La gélatine, insoluble dans les huiles, n’est pas traversée par les couleurs.
- Si donc sur une toile bien tendue dans un châssis on décalque le contour de la surface à teinte plate qu’il s’agit de reporter, si l’on enduit de gélatine, rendue plus couvrante par une petite addition de blanc de zinc, les parties en dehors de ces contours, il suffira d’étendre sur la mousseline, avec le couteau à palettes des peintres, la nuance voulue pour que la couleur s’étende sur la toile préparée placée sous le châssis, en traversant la mousseline qui ne bouche qu’imparfaitement l’espèce de vignette à jour que M. Méresse emploie et qui fait la base de son système. Que des points de repère permettent de déposer l’aplat dans sa véritable position en procédant de proche en proche, que l’on choisisse convenablement le nombre des châssis et leurs contours, on reproduira certainement et d’une manière complète la couleur du sujet ; on la terminera, suivant les cas, par des aplats juxtaposés ou superposés. Un mécanisme décrit au brevet permet de trouver les repères convenables pour la reproduction du sujet le pliis compliqué.
- L’opération se finit par des retouches qu’exécute alors un artiste exercé, lorsque la couleur est encore molle pour fondre les nuances les unes dans les autres, ou lorsqu’elle est tout à fait sèche, quand on veut tirer parti des glacis.
- U’exposé sommaire que votre Commission vient de faire de la méthode de M. Méresse vous suffira, Messieurs, pour vous mettre à même d’apprécier les services qu’elle peut rendre, surtout lorsqu’il s’agit de reproductions à grand nombre d’exemplaires, quand on sait que le tableau, par sa nature, doit avoir un débit considérable. Vous avez eu sous les yeux des portraits variés, préparés par ces procédés d’une manière assez satisfaisante pour que la com-
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- SÉRICICULTURE.
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- mission des beaux-arts appliqués à l’industrie vienne aujourd’hui vous proposer :
- 1° De remercier M. Méresse de sa communication ;
- 2° De voter l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé Salvétat, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 8 mai 1861.
- SÉRICICULTURE.
- Rapport fait par M. Huzard, au nom du comité d’agriculture, sur un mémoire
- relatif à f éducation des vers a soie de l’ailante, présenté par M. Guérin-
- Méneville.
- Le conseil a renvoyé à l’examen du comité d’agriculture un travail imprimé ayant pour titre , Rapport à Sa Majesté l’Empereur sur les travaux entrepris par ses ordres pour introduire le ver à soie de l’ailante en France et en Algérie, par M. F. E. Guérin-Méneville. Je viens, en son nom, vous rendre compte de ce travail.
- Comme le rapport à Sa Majesté a été inséré au Moniteur, on a été à même de voir qu’il pouvait se résumer par les quatre énonciations suivantes :
- 1° La chenille de l’ailante s’acclimate très-bien en France et en Algérie;
- 2° L’ailante est acclimaté depuis longtemps dans ces contrées, et la nourriture de la chenille y est assurée ;
- 3° Le cocon peut fournir une bonne matière textile ;
- 4° L’élevage de la chenille peut être avantageux à l’agriculture.
- Telles sont les conclusions à tirer de ce rapport.
- Mais le Moniteur n’indique que quelques-uns des faits sur lesquels ces énonciations sont fondées; le rapport, imprimé à part, les énumère bien plus au long; permettez-moi de vous en entretenir un instant.
- première énonciation.
- 1° La chenille de l’ailante s acclimate très-bien en France et en Algérie.
- En octobre 1857, l’auteur recevait de MM. Comba et Griseri, de Turin, trois cocons vivants de la chenille de l’ailante. Ces cocons donnèrent deux mâles et une femelle ; mais la femelle ne fit apparition qu’après la mort des mâles et ne fut point fécondée. Ces cocons avaient été envoyés de Chine par un révérend Père Fanloni.
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- SERICICULTURE.
- En 1858, en juillet, M. Guérin-Méneville reçoit des mêmes personnes des œufs provenant d’un dernier élevage de 1857 fait par elles à Turin. Ces œufs sont en partie mis à l’éclosion et élevés par M. Guérin-Méneville ; ils sont en partie élevés, sous sa direction et par la bienveillance de M. le président de la Société d’acclimatation ; à la ménagerie des reptiles du muséum d’histoire naturelle; d’autres œufs provenant de ce premier élevage sont élevés chez madame Drouyn de Lhuys, à Àmblainvilliers près de Paris, et forment une seconde génération annuelle.
- Tous ces élevages réussissent.
- En 1859, des chenilles sont élevées en plein air sur des arbres, chez M. Aguillon, au château de l’Eygoutier près de Toulon. À Toulon même, des chenilles sont également élevées en plein air, chez MM. de Cerisy, Chieusse et Laure. Dans Indre-et-Loire , M. le comte de Lamote-Baracé , à son château du Coudray-Montpensier, place en plein air 4,500 chenilles et récolte 3,500 cocons. Dans l’Aube, M. Hébert obtient une récolte en plein air et, malgré un temps affreux, n’éprouve qu’une perte de 6 % des chenilles mises sur les arbres. Dans l’Oise M. Leclerc à Trie-le-Château; à Passy, dans Paris, M. Th. Année; dans le Haut-Rhin à Mulhouse, M. Daniel Kœchlin Schouch, tous trois en plein air; dans la Moselle à Metz, M. Ernest de Saulcy; dans la Meurthe à Nancy, M. le baron Dumast, madame la baronne Rolland de Malleloy et mademoiselle de Chevilly ; dans la Loire-Inférieure à Nantes, M. Ranton, réussissent tous bien dans des élevages, dans des chambrées.
- Enfin, en Algérie, M. Guérin-Méneville et M. Hardy, au jardin du Ham-ma, obtiennent une récolte en plein air.
- Voilà pour 1859.
- En 1860, des œufs ont été répandus de divers autres côtés, et des renseignements nouveaux sont envoyés à Fauteur du rapport.
- M. Vagnon, à Saint-Marcellin (Isère), a fait deux élevages successifs en plein air et, malgré des temps froids et pluvieux, a réussi parfaitement.
- M. Lemaire, de la maison Seydoux, etc., au Cateau (Nord), a réussi très-bien dans un petit élevage dans son jardin, sous un filet.
- M. de Morgan, à Huisseau-sur-Cosson (Loir-et-Cher), dans un élevage de 4 à 500 chenilles, malgré un temps excessivement mauvais, a bien réussi.
- M. Leclerc, à Trie-le-Château, a continué ses essais avec un aussi grand succès.
- Madame la comtesse de Mosbourg a fait faire, aux Rouisses, plusieurs élevages en petit, en plein air et en chambrée; ses essais en plein air ont été contrariés par les ennemis des chenilles, dit-elle, et elle a éprouvé des pertes dans les chambrées. Il faut dire, à ce sujet, que ce sont des domestiques qui
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- SÉRICICULTURE.
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- ont conduit les opérations. Elle pense que les élevages de printemps et d’été seront bien plus heureux que les élevages tardifs.
- M. Yallade-Gabel, à Sarlat (Dordogne), dans un élevage très en petit, a été obligé d’abandonner à elles-mêmes ses chenilles sur des arbres en plein air, et, malgré cet abandon et des pluies d’orage, il a retrouvé, à son retour, une partie de ses chenilles en bon état dans leurs cocons.
- M. de Beauvois, à Sainte-Croix, commune de Seiches (Maine-et-Loire), a réussi en petit, en chambrée.
- M. le maréchal Vaillant a réussi également dans une très-petite tentative qu’il a faite en chambrée, à Saint-Cloud.
- M. Ranton a continué ses tentatives en petit et en chambrée, et a réussi comme en 1859.
- M. de la Tour du Pin a envoyé à Paris une centaine de cocons métis avec la variété du ricin ; ces métis du ricin avaient été nourris de feuilles de l’ailante seulement.
- M. Luce de Trémont, à la Guinardière, en Vendée, a réussi dans une petite tentative d’élevage, en chambrée et dans une autre tentative dans son jardin.
- Quelques-uns de nous ont pu voir au bois de Boulogne, l’élevage en plein air que l’auteur du rapport a obtenu l’autorisation d’y faire sur des rejetons d’ailante à l’état forestier, sur lesquels, malgré des pluies abondantes, les chenilles sont parvenues, presque toutes, à faire leurs cocons.
- Enfin M. le comte Lamote-Baracé, qui, dans l’hiver de 1859-1860, par des plantations de drageons, avait porté ses cultures de l’ailante à une étendue de 3 hectares, a récolté plus de 100,000 cocons venus en plein air.
- Par suite de ces faits', la première énonciation du rapport, celle que la chenille de l’ailante supporte parfaitement le climat de la France, est bien établie; on peut même en tirer la conséquence que cette chenille a l’avantage, sur celle du mûrier, de supporter avec plein succès les climats du centre et du nord. Les élevages en plein air, en grand, de M. le comte Lamote-Baracé semblent même devoir enlever toute crainte sérieuse relative aux ennemis extérieurs dans des opérations en grand, puisque les récoltes dont il s’agit n’ont point subi autant de déchet que les élevages des vers à soie faits dans les magnaneries en éprouvent ordinairement. Nous savons, du reste, par le Père d’In-carville, que ces ennemis, en Chine , sont des oiseaux , le corbeau entre autres, puis des guêpes, puis des fourmis ; ennemis dont il est facile sinon de préserver tout à fait les chenilles, au moins de diminuer les attaques de manière à en rendre les résultats presque nuis, et cela avec peu de frais.
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- SÉRICICULTURE.
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- DEUXIÈME ÉNONCIATION.
- T U allante est déjà acclimaté en France et en Algérie.
- Quant à cette énonciation, nous savons que l’ailante tient sa place admirablement bien, depuis longtemps, dans les jardins et dans les parcs, qu’il n’a pas besoin d’être cultivé; nous savons qu’il vient dans les départements du centre et du nord, qu’il n’y gèle pas comme fait le mûrier; de plus, qu’il se contente de mauvais sols de toute nature où le mûrier ne peut prospérer, qu’il devient même très-beau dans les sables siliceux que l’agriculture ne peut s’approprier avec fruit, et où si peu d’arbres peuvent venir ; qu’il drageonne beaucoup, et que, recepé à courte période, il donne des taillis d’une croissance rapide, qui ne peuvent que se prêter avantageusement à l’élevage des chenilles en plein air.
- TROISIÈME ÉNONCIATION.
- 3° Le cocon peut fournir une bonne matière textile.
- Sans aucun doute, la soie de la chenille de l’ailante ne vaut pas celle de la chenille du mûrier; jusqu’à présent on n’a même pu, en France , la dévider; elle ne peut être bonne que comme bourre; mais cette bourre est aussi belle, aussi bonne au moins que celle de la chenille du ricin, avec laquelle des fabricants français ont fait des étoffes diverses d’excellente qualité, qui ont été mises sous les yeux du public, à l’Exposition nationale de 1860. Ces fabricants sont d’avis que la bourre vaut celle du ricin, sinon mieux; on en fait d’ailleurs, en Chine et au Japon, des étoffes qui servent pour vêtements, principalement aux classes moyennes et à celles peu riches, et cela en concurrence avec les vêtements de laine et de coton. Pourquoi n’en serait-il pas de même en France? Les fabricants français sont pour l’affirmative.
- Ainsi, M. Rouillé-Courbe, ancien commerçant en soie ( page 94 du rapport à l’Empereur ), assure qu’il sera fait une grande consommation des filés obtenus de la bourre des cocons.
- Ainsi, M. Sacc, à Wesserling,dit (page96) : Par la raison que la soie de ïallante devant remplacer avec avantage la bourre de la soie du mûrier, la laine et même, dans certains cas, le coton, nul ne peut dire quelle en sera la consommation, qui sera, soyez-en sûrs, immense. Avec votre soie, nous ferons non plus seulement du foulard et du damas, mais du velours et.des draps fins.
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- » QUATRIÈME ÉNONCIATION.
- 4° L’élevage de la chenille de Vallante peut être avantageux aux cultivateurs.
- Sans l’espérance que donne celte énonciation, il n’y aurait rien à tenter ; aussi l’auteur du rapport s’efforce-t-il de lui donner des bases.
- Et tout d’abord, il faut le répéter, là où la réussite de la chenille du mûrier est assurée, là la chenille de l’ailanle ne donnera pas de produits aussi lucratifs, son fil étant d’une beauté ét d’un prix inférieurs.
- Mais là où la chenille du mûrier est difficile à élever, là où le mûrier est exposé à geler, dans le centre et dans le nord de la France par exemple; dans le midi même, dans les mauvais sols où le mûrier exige des soins de culture tout particuliers et où l’ailante n’en demande à peu près pas, là l’élevage de la chenille de l’ailante ne sera-t-il pas productif? — L’auteur du rapport, en estimant qu’il ne faut compter que sur une récolte par année et en adoptant le prix de vente de trois francs le kilogramme de cocons vides, prix auquel un commerçant se porte fort d’acheter ces cocons, l’auteur, dis-je, par des calculs approximatifs, croit à un bénéfice considérable, pour le cultivateur dans les cultures en plein air. — Il estime qu’en dix années l’éleveur intelligent arrivera à doubler son capital roulant, résultat auquel parviennent rarement en France nos cultivateurs.
- Le comité d’agriculture, en voyant dans les calculs de l’auteur la part considérable qu’il fait à l’imprévu et aux mécomptes, est tout disposé à croire au résultat. Si, en outre, on fait la remarque que ce résultat pourra s’obtenir sur de mauvais sols où la culture productive est très-difficile, même sur des sols encore incultes, on ne peut que partager le désir de voir des essais de cette nouvelle industrie agricole se propager.
- L’Empereur a voulu aussi aider les tentatives qui se faisaient ; il a concédé à l’auteur du rapport, dans la ferme impériale de Vincennes , une étendue assez considérable pour y planter des allantes, et y construire des bâtiments nécessaires à une exploitation en grand.
- M. Marchand, négociant à Paris, a formé une association qui fournira les avances nécessaires. Cette association est à l’œuvre. Elle a calculé qu’elle pouvait acheter les cocons vides ou la matière soyeuse seule du cocon à 3 francs le kilogramme ; qu’à ce prix elle concourrait à la propagation de l’industrie, en donnant aux cultivateurs un débouché qu’ils demandent et un bon bénéfice.
- En faisant hommage à la Société d’encouragement de son rapport, l’espoir
- Tome VIII. —- 00e année. 2e série. — Juin 1861. 42
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- de l’auteur a été de mériter l'approbation de la Société, persuadé qu’il est que cette haute approbation sera un moyen de plus pour lui, et un moyen puissant, d’arriver à son but, celui d’exciter de nouvelles tentatives.
- Dans ces circonstances, après un examen attentif du rapport à Sa Majesté, tout en faisant la part de l’entraînement que l’auteur doit éprouver dans l’appréciation de son œuvre, tout en ne dissimulant pas que, dans les questions d’économie publique relatives à la fabrication et à la consommation de produits nouveaux, il surgit parfois des circonstances, des obstacles que la plus grande perspicacité humaine ne peut prévoir, votre comité d’agriculture pense qu’en face des faits acquis il y a lieu à partager l’espérance que l’élevage de la chenille nouvelle peut donner des bénéfices dans beaucoup de localités en France et en Algérie, qu’en conséquence la personne qui a introduit cette chenille (1), et qui, par des efforts de plusieurs années et avec des moyens restreints, a fait naître cette espérance, mérite les encouragements de la Société.
- Le comité a l’honneur, Messieurs, de vous proposer d’approuver les travaux de l’auteur, de lui adresser des remercîments pour sa communication et de faire imprimer le présent rapport au Bulletin.
- Signé Huzard , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 24 avril 1861.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. le baron E. de Silvestre , au nom du comité des arts économiques, sur la modification apportée dans la construction des lampes a modérateur, à l’effet d’en rendre le nettoyage facile, par M. Boulanger, lampiste, à Paris, faubourg Saint-Denis, 1 42.
- Messieurs, M. Boulanger, lampiste, à Paris, a apporté dans la construction des lampes à modérateur une modification ingénieuse, au moyen de laquelle il devient très-aisé de démonter une lampe, de la nettoyer et d’en rajuster les différentes parties. Voici en quoi consiste cette modification :
- La calotte qui couvre le réservoir d’huile, et contre laquelle s’appuie in-
- (1) Bulletin de la Société impériale zoologique d'acclimatation, 1861. Comptes rendus des travaux de la Société en 1860.
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- ARTS ECONOMIQUES.
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- térieurement l’extrémité supérieure du ressort à boudin, est vissée sur le réservoir au lieu d’y être soudée; de telle sorte que le piston, et les autres éléments nécessaires à l’ascension de l’huile, sortent du réservoir quand, après avoir dévissé la calotte, on enlève toute la partie supérieure de la lampe. On peut donc opérer aisément le nettoyage du réservoir et des différentes pièces qu’il renferme.
- Pour empêcher le ressort de se détendre et de sortir du corps de lampe, M. Boulanger se sert d’un frein, ou fil de fer recourbé, qui, embrassant la béquille de commande du piston, l’empêche de tourner en s’arc-boutant contre les montants qui soutiennent le porte-mèche. Avant de placer le frein, il convient défaire monter un peu le piston au moyen de deux ou trois tours de clef, afin, d’une part, que le bord inférieur du piston ne frotte pas contre le fond du réservoir, et, d’autre part, qu’il devienne plus aisé de revisser la calotte quand on a nettoyé le réservoir et tout ce qu’il contient.
- Pour pouvoir procéder aussi facilement au nettoyage des pièces qui composent la partie supérieure de la lampe, M. Boulanger a imaginé de faire supporter toutes ces pièces par un diaphragme percé à son centre pour le passage de l’huile, lequel se visse dans l’intérieur de la gorge ou du rétrécissement qui se trouve au-dessus du réservoir. Il devient donc aisé de mettre aussi à jour toutes les parties supérieures de la lampe et de les nettoyer.
- Au moyen de quelques essais qu’on peut hure à vide, la personne la moins intelligente arrivera bientôt à démonter et à rajuster sa lampe avec la plus grande facilité.
- On pouvait objecter que la solution de continuité qui semble exister à la partie supérieure du réservoir serait peut-être une cause de fuite dans le cas où l’huile atteindrait son niveau le plus élevé ; aussi votre rapporteur a-t-il cru devoir laisser, pendant un temps assez long, la lampe remplie d’huile jusqu’à son orifice supérieur : aucune fuite ne s’est déclarée. Cet inconvénient, qu’on pouvait craindre, M. Boulanger l’a d’ailleurs évité au moyen d’un taraudage soigné et d’une rondelle de cuir convenablement disposée.
- On voit que, par une modification très-simple, M. Boulanger a atteint le but qu’il s’était proposé, et non-seulement son système est applicable à toutes les lampes à modérateur, mais encore il n’en augmente pas le prix ; sous ce rapport, M. Boulanger n’établit, chez lui, aucune différence entre les lampes qui, à calibre égal, sont construites suivant la méthode ordinaire, et celles qui sont modifiées d’après son système.
- Cet avantage de pouvoir aisément nettoyer une lampe dans toutes ses parties sera surtout apprécié dans un assez grand nombre de localités où on n’a pas toujours à sa portée un lampiste exercé et soigneux.
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- PANIFICATION.
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- Votre comité a l’honneur de vous proposer, Messieurs, de remercier M. Boulanger de sa communication et d'ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin.
- Signé E. de Silvestre, rapporteur. Approuvé en séance, le 13 mars 1861.
- PANIFICATION.
- SUR UN NOUVEAU SYSTÈME DE FABRICATION DU PAIN IMAGINÉ PAR M. JOHN DAUGLISH.
- On se rappelle que, dans la séance du 27 février 1861 (1), l’un des membres du Conseil, M. Barra!, a appelé l’attention de la Société sur un procédé inventé par M. Dauglish pour fabriquer le pain avec rapidité sans le concours de la levûre. Ce procédé, qui fonctionne depuis quelque temps en Angleterre, ayant été, en 1859, de la part de M. le docteur W. Odling, l’objet d’une communication faite dans l’une des séances de l’association britannique d’Aberdeen, nous pensons qu’il ne sera pas sans intérêt de reproduire cette communication, que nous empruntons au journal of the Society of arts ol. VII, p. 757).
- On sait, dit M. Odling, que le caractère vésiculaire du pain fabriqué par les procédés ordinaires est le résultat du développement de l’acide carbonique qui se dégage uniformément au milieu de la pâte en fermentation, ce qui permet au produit qu’on ob-tient par la cuisson d’avoir une texture spongieuse, au lieu de la compacité qui résulterait inévitablement de l’absence de ce phénomène. On sait également que la formation de cet acide est due à l’altération de l’un des éléments qui entrent dans la composition de la farine, c’est-à-dire à la transformation de l’amidon ou du sucre. Dans le procédé de M. Dauglish, au contraire, le gaz est produit séparément et ajouté ensuite à la farine, qui, par conséquent, ne subit aucune espèce de décomposition, et c’est là ce qui constitue la nouveauté de l’idée. Voici en quoi consiste l’invention :
- Supposons un gazomètre ordinaire, contenant de l’acide carbonique qu’une pompe refoule dans un cylindre contenant de l’eau ; cette eau saturée de gaz est mélangée sous pression avec de la farine renfermée dans une capacité de forme spéciale; il se forme une pâte qui devient vésiculaire dès qu’on supprime la pression, et il ne reste plus alors qu’à la sortir et à la diviser en pains pour la mettre au four. Entrons maintenant dans quelques détails.
- L’acide carbonique, approvisionné dans le gazomètre, est produit d’après la mé-
- (1) Voir Bulletin de février 1861, p. 125.
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- thode employée par les fabricants d’eau de Seltz. Ainsi, par exemple, on met dans un large réservoir en bois une certaine quantité de calcaire et d’eau constamment remués par un agitateur mis en mouvement, au moyen d’une courroie sans fin, par une machine à vapeur. Un tube en plomb pénètre dans le réseivoir et y conduit l’acide sulfurique nécessaire à la décomposition du calcaire ; ce tube est muni, à son extrémité inférieure, d’une espèce de cuvette qui, recevant d’abord l’acide et n’en laissant tomber dans le mélange que l’excédant qui déborde, agit, pour ainsi dire, comme une soupape. Le gaz produit se rend directement au gazomètre, dont la capacité est de 1,000 pieds cubes (28m3.214). On a expérimenté récemment un nouveau mode économique de production du gaz, et les résultats satisfaisants auxquels on est parvenu ont décidé d’en faire l’application en grand. Pour cela, on met du calcaire dans de petites cornues en fer ressemblant aux cornues des usines à gaz, et on le soumet à une calcination de trois ou quatre heures. Pendant la première phase de la cuisson, on laisse échapper le gaz dans l’atmosphère, en raison de la quantité d’air et de vapeur d’eau qu’il contient, puis on le dirige ensuite dans le gazomètre. On obtient de cette manière, et à peu de frais, de l’acide carbonique très-pur; quant à la chaux qui est dans les cornues, sans être absolument caustique, elle fuse encore suffisamment avec l’eau pour recevoir quelque application.
- Nous avons dit plus haut que le gaz était refoulé par une pompe dans un cylindre contenant de l’eau; mais on peut également le refouler d’abord dans un réservoir où il est comprimé, et de là il peut alors, en vertu de sa seule élasticité, se rendre dans le cylindre. La pompe, qui est à double effet, est, ainsi que les tuyaux qui y aboutissent, plongée dans l’eau pour diminuer la température élevée produite par la compression du gaz; elle peut travailler jusqu’à une pression de 200 livres par pouce carré (14k,05 par cent, carr.); au delà de cette pression, une soupape convenablement disposée laisse retourner l’excédant de gaz au gazomètre.
- L’eau qui se sature de gaz est contenue dans un cylindre en cuivre fermé par deux calottes hémisphériques, et dont les parois intérieures sont parfaitement élamées; il a environ 5 pieds de haut sur 1 pied de diamètre (tm,52 sur 0m,30). Deux robinets placés en dessus le font communiquer, l’un avec un réservoir d’eau supérieur, l’autre avec un tuyau débouchant sur le récipient renfermant la farine. Ce récipient, qui est disposé en dessous, est composé d’une sphère creuse en fonte épaisse de 3 pieds de diamètre (0m,914), traversée par un axe horizontal armé de couteaux analogues à ceux d’un pétrisseur mécanique; un tuyau avec robinet met également sa partie inférieure en communication avec le bas du cylindre en cuivre. En outre, il est muni, en dessus et en dessous, d’une ouverture circulaire ayant moins d’un pied de diamètre; chacune de ces ouvertures présente un siège sur lequel vient se placer un couvercle à rebord garni de caoutchouc, et dont l’application hermétique et capable de résister à une pression intérieure assez considérable se fait au moyen d’une vis agencée comme celle du couvercle du trou d’homme dans les chaudières à vapeur.
- Lorsqu’on veut faire du pain, on commence par introduire de l’eau dans le cylindre
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- de cuivre, de manière à le remplir à peu près aux 3/4, ce dont on peut juger à l’inspection d’un tube manométrique que porte l’appareil; puis on enlève le couvercle supérieur du récipient sphérique, et, à l’aide d’un entonnoir garni d’une trémie en toile, on verse dans ce récipient un sac de farine et 4 livres de sel (1\80). Cela fait, on referme avec soin le couvercle, on ouvre le robinet qui établit la communication entre les parties supérieures de la sphère et du cylindre, et, à l’aide de la pompe aspirante mue par la vapeur, on fait le vide dans ces deux capacités, opération qui ne demande guère plus de deux minutes, et qui a pour but d’empêcher que l’acide carbonique qui va être introduit ne soit mélangé d’air. Le moment est alors venu de refouler le gaz : il entre dans le cylindre par la partie inférieure, en traversant un diaphragme percé de trous qui sert à le diviser en minces filets; il pénètre dans la masse liquide qu’il sature peu à peu et se rend de là, par la partie supérieure, dans le pétrisseur sphérique. Le refoulement du gaz se continue jusqu’à la pression de 100 livres par pouce carré (7k,02 par cent. carr. ), après quoi on ouvre le robinet inférieur du cylindre, fait arriver l’eau gazeuse dans la sphère et met immédiatement en action l’axe du pétrisseur à l’aide de la même machine à vapeur. Le pétrissage qui s’opère dans ce cas diffère essentiellement de celui qu’on obtient à l’aide des pétrisseurs mécaniques ordinaires. En effet, on n’agit ici sous pression que sur un simple mélange de farine et d’eau gazeuse, tandis qu’ordinairement il faut pétrir une masse visqueuse en fermentation, dont l’état spongieux rend difficile l’association des éléments qui la composent. Cette phase de l’opération dure pendant une période qui varie de trois à dix minutes. En règle générale, on peut dire que moins la farine est travaillée, plus blanc et meilleur est le pain obtenu par ce procédé; cependant la qualité de la matière première doit guider, et, s’il est certaines farines dont la pâte doive être pétrie pendant dix minutes pour laisser au gluten le temps d’absorber l’acide carbonique, il en est d’autres, et ce sont les meilleures, avec lesquelles un travail de trois à quatre minutes est ordinairement suffisant.
- Au bout de ce temps on arrête l’opération, et l’on n’a plus qu’à sortir la pâte, que l’acide carbonique, en vertu de sa tension, chasse immédiatement de la sphère, dès qu’on ouvre l’ouverture inférieure. Pour empêcher la matière d’être projetée ou plutôt crachée avec violence, on a eu soin d’adapter à l’orifice de sortie une disposition spéciale qui empêche une trop rapide expansion du gaz et qui interrompt ou rétablit à volonté le débit de la pâte ; celle-ci est reçue dans des formes en tôle ou dans des corbeilles, et, comme elle lève dès qu’elle est au contact de l’air, elle est immédiatement portée dans un four à sole tournante, dont le mouvement est réglé de telle sorte, que le pain qui entre d’un côté sort tout cuit de l’autre.
- Les avantages que M. Dauglish énumère en faveur de son système sont :
- 1° L’extrême propreté de la fabrication, qui supprime le pétrissage à la main et est combinée de telle sorte, que, pendant toutes les phases de l’opération, la pâte n'a besoin d’être touchée en aucune manière;
- 2“ La rapidité du procédé qui permet, dans l’espace d’une heure et demie, de con-
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- vertir en pain un sac de farine, tandis que, par la méthode ordinaire, on sait qu’il ne faut pas moins de huit à douze heures;
- 3° L’inaltérabilité de la farine: lorsqu’on fait du pain par voie de fermentation avec certaines farines, l’action prolongée de l’humidité et de la chaleur transforme une partie de l’amidon en dextrine et donne lien à un pain pâteux et coloré : on sait que, pour remédier à cet inconvénient, on ajoute ordinairement de l’alun au mélange; ici, nu contraire, l’alun devient inutile, et, quelle que soit la qualité de la farine, la rapidité du procédé ne lui permet pas de s’altérer;
- i° La certitude et l’uniformité des résultats : dans la fabrication ordinaire, la fermentation ne se faisant pas toujours d’une manière régulière en raison des variations de la température, de la qualité plus ou moins bonne de la levûre, etc., il en résulte que le pain du jour diffère souvent de celui de la veille;
- 5° Le caractère chimique du pain, en vertu duquel l’analyse reconnaît moins d’altération dans la farine qu’elle n’en constate à l’égard du pain ordinaire; aussi les médecins de Londres préfèrent-ils le nouveau pain pour les malades atteints de dyspepsie ;
- 6° L’économie résultant de la substitution de l’acide carbonique au levain, et la suppression de cette petite perte de matière sucrée, à laquelle donnent lieu les procédés ordinaires;
- 7° Enfin et surtout l’économie de main-d’œuvre et la salubrité de l’opération, qui fait disparaître complètement le travail pénible et barbare du pétrissage à bras.
- (M.)
- ARTS MÉCANIQUES.
- RÉSULTATS DES EXPÉRIENCES FAITES SUR IÉINJECTEUR GIFFARD , PAR M. VILLIERS, INGÉNIEUR DE LA SOCIÉTÉ ANONYME DES HOUILLÈRES DE SAINT-ÉTIENNE.
- Depuis quelque temps on a remplacé, dans le bassin de la Loire, un assez grand nombre de machines servant à l’alimentation des chaudières par l’injecteur de M. Gitfard.
- La force des machines ainsi alimentées varie de 5 à 100 chevaux.
- L’appareil qui a servi aux expériences dont il va être question est installé au puits de l’Eparre ( concession de Méons ) ; il a remplacé une pompe à double effet, mue directement par une petite machine à vapeur de la force de 2 chevaux environ.
- Cette machine, établie depuis huit ans, était à peu près hors de service et utilisait à peine 20 pour 100 de la vapeur dépensée.
- L’appareil devant suffire à l’alimentation de quatre chaudières de lm,30 de diamètre et 13 mètres de longueur a été commandé pour une force de 100 chevaux. Le diamètre de la lance est de 0m,012 et celui du récepteur de 0m,009,
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- ARTS MÉCANIQUES.
- L’installation a été faite dans les conditions suivantes :
- 1° Différence de niveau entre l’appareil et le flotteur des chaudières.......... 0m,00
- 2° Différence de niveau entre l’appareil et le niveau supérieur de l’eau d’alimentation. 2 ,75 3» Différence de niveau entre l’appareil et le niveau inférieur de l’eau d’alimentation. 4 ,50
- 4* Développement maximum des tuyaux d’aspiration................................. 6 ,00
- 5° Développement maximum des tuyaux de refoulement................................ 15 ,00
- 6» Développement maximum des tuyaux de vapeur..................................... 15 ,00
- 7» Diamètre intérieur des tuyaux d’aspiration. . ............................... 0 ,04
- 8* — id. — de refoulement.................................. 0 ,05
- 9» — id. — de vapeur....................................... 0 ,05
- Afin de rendre les expériences aussi faciles et aussi exactes que possible, on a jaugé le tonneau d’aspiration entre deux niveaux donnés, en le remplissant avec de l’eau exactement pesée. Un flotteur, muni d’une tige graduée en millimètres, indiquait les variations de hauteur à 1/2 millimètre près (environ 30 centilitres). Deux thermomètres étaient placés, au moyen de petits stuffîng-boxes, l’un sur le tuyau d’aspiration, l’autre sur le tuyau de refoulement et aussi près que possible du point de travail, afin de pouvoir négliger les pertes de calorique par rayonnement ; deux manomètres indiquaient les pressions de la vapeur et de l’eau refoulée.
- Les expériences ont eu pour but de déterminer :
- 1° La hauteur maxima d’aspiration pour la mise en marche et celle à laquelle l’appareil en marche cesse de fonctionner;
- 2° Les températures maxima de l’eau d’aspiration pour diverses pressions;
- 3° Le rapport maximum et minimum entre la température de l’eau aspirée et la température de l’eau refoulée, par suite les quantités d’eau refoulées par chaque kilogramme de vapeur à diverses pressions;
- 4° La pression maxima vaincue au refoulement pour une pression de vapeur donnée;
- 5° Les vitesses du jet à son passage dans la lance et dans le récepteur, afin de constater si la pratique vérifie la loi de M. Combes;
- 6° Le rapport entre le calorique dégagé par la vapeur et le calorique absorbé par l’eau d’alimentation, par suite la détermination du nombre de calories dépensées.
- Les divers résultats obtenus sont indiqués dans le tableau qui suit :
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- Cf * T98T uinf — '9hl?s ‘99mm .09 — ‘IIIA
- S» CO 05 U) ^0 Üï O Oî O Crt © » o o o o o o r PRESSION DE LA VAPEUR MOTRICE en atmosphères. IA
- Degrés. 121,55 128,85 135,00 140,35 144,95 149,15 TEMPÉRATURE DE LA VAPEUR. bS
- 643.6 645.7 647.6 649,3 650.7 652,0 NOMBRE D’UNITÉS DE CHALEUR contenues dans 1 kilog. de vapeur, d’après Régnault. 05
- Degrés. 38,00 38.75 38,00 j 39.75 42,00 41.75 de l’eau aspirée. t-9 1 H s 3
- Degrés. 65,00 68,00 70,00 74,50 80,00 83,00 de l’eau refoulée. ü i en
- Degrés, j 43 | 44 45 45 46 46 TEMPÉRATURE MAXIMA DE l’eAÜ ASP1RÉB à laquelle l’appareil peut fonctionner. o
- Mètres. 1,40 2,00 2,45 2,80 3,00 3,10 ’ pour la mise en marche. HAUTEUR MAXIMA d’aspiration -i
- en en #s. fi» os g o o ot o en a © o en ® © ® 2 pour que l’appareil en marche cesse de fonctionner. 00
- Kilog. 21.50 19.80 18,00 1 16.50 15,00 13.80 QUANTITÉS MAXIMA D’EAU REFOULÉE par kilog. de vapeur. <0
- en -P* jf* 40 10 150 05 “4 O fs» •'V B Oc Oï O O O: Oc • Contre-pressions maxima] vaincues au refoulement sans pertes au dégorgeoir. p+ o
- Mètres. 1 18,20 21,85 25,10 28,45 31,75 34,80 du mélange de vapeur et d’eau à son passage dans la lance. VITESSES PAR 1" correspondantes au maximum d’eau, P*
- i Mètres. 11,35 13,00 15,00 17,40 20,10 22,55 du jet liquide à son entrée dans le récepteur. ta
- Mètres. 2,80 ( 2,80 3,00 3,00 3,10 3,10 hauteur d’aspiration a laquelle ont été faites les expériences. 03
- 0,035 environ. » » » 9 PROPORTION d’eau ENTRAÎNÉE mécaniquement avec la vapeur.
- tfs, I DÉPENSE PROBABLE DE CALORIES » o « v v » | par gran(je unité dynamique. en
- 05 05 05 bû b© g ^1 05 O 05 bO © gr to S o ls es o ü or O o or © o VITESSE DU JET LIQUIDE A SON PASSAGE dans la lance, d’après M. Combes. M* 03
- 2 oc te « w ^ j» <r Üï #*. b» O bO S o O If»» O M 2 VITESSE d’ÉCOULEMBST DE LA VAPEUR.
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- sanôixrvopi siuy
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- ARTS MECANIQUES.
- Les résultats des colonnes 4 et 5 ont été obtenus au moyen de deux thermomètres placés près l’un de T autre, afin de pouvoir négliger les pertes par rayonnement.
- 11 est possible que les nombres de la 6® colonne varient un peu avec les hauteurs d’aspiration.
- Les hauteurs données par les nos 7 et 8 augmentent un peu avec les diminutions de température de L’eau aspirée, mais dans de faibles limites.
- Les résultats de la -colonne n° 9 ont été donnés par les 8e, 4° et 5e colonnes, mais en faisant les corrections d’après la 14e.
- Les contre-pressions accusées au n° 10 ont été atteintes en étranglant la valve de refoulement et le régulateur d’aspiration jusqu’aux dernières limites, sans qu’il se perde d’eau au dégorgeoir; quelques-unes ont été vérifiées en se servant de la vapeur d’une chaudière pour en alimenter une autre marchant à une pression plus élevée.
- Les vitesses indiquées au n° 12 ont été obtenues en divisant le volume de l’eau aspirée par seconde par la section du récepteur; les vitesses du n° 11 ont été calculées d’après les précédentes, comme il sera expliqué p!us loin.
- Le nombre de calories dépensées par grande unité dynamique a été déterminé d’après une expérience spéciale qui sera également donnée plus loin.
- La 16e colonne a été calculée en divisant la vitesse d’écoulement de la vapeur ( n° 17 ) par les résultats d’expérience de la 9e colonne ( en supposant que la vapeur agisse sans détente ).
- Un des inconvénients les plus graves de cet appareil paraît être la limite de chaleur qu’on peut donner à l’eau d’aspiration ; la température de cette eau ne pouvant dépasser 45 degrés ( n° 6 ), il ne serait généralement pas possible de prendre cette eau immédiatement a la sortie d’un condenseur ou d’un appareil destiné à la chauffer au moyen de la vapeur perdue; dans les locomotives, par exemple, on ne pourrait utiliser, dans de grandes limites, l’excès de vapeur au chauffage de l’eau du tendêr.
- La hauteur d’aspiration est assez faible pour les basses pressions, surtout pour la mise en marche; mais, à 3 atmosphères, cette hauteur devient assez considérable, car on peut placer l’appareil à 3m,50 au-dessous du flotteur des chaudières, ainsi que l’indique la colonne 10 ; dans ce cas, la différence de niveau du bassin et du flotteur peut être de 5 mètres environ.
- Les 7e et 10e colonnes indiquent que cette différence croît rapidement avec la pression; je crois qu’en pratique il ne faut pas trop se rapprocher de ces limites; du reste, il y a un certain inconvénient à placer l’appareil au-dessous des chaudières : c’est que, ayant à vaincre une contre-pression plus grande, il faut, comme on le verra plus loin, donner moins d’eau, et alors l’appareil n’alimente plus une force pour laquelle il avait été commandé; d’un autre côté, la température au refoulement devenant plus élevée, on est obligé d’alimenter avec de l’eau plus froide pour que la condensation s’opère bien.
- Une fois en marche, l’aspiration continue encore pour une hauteur plus grande d’aspiration, ainsi que l’indique la colonne 8 ; mais ceci n’a pas une grande impor-
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- tance, car, si, pour une cause quelconque, on arrête l’appareil, on ne peut plus le remettre en train.
- La quantité d’eau qu'un kilogramme de vapeur peut refouler dans la chaudière suit à peu près la loi indiquée par M. Combes, c’est-à-dire qu’elle croît avec la diminution de pression de la vapeur. Les nombres donnés à la 9e colonne du tableau correspondent à des contre-pressions égales aux pressions de la vapeur motrice; si on voulait vaincre au refoulement des contre-pressions plus grandes, celles indiquées à la tOe colonne, par exemple, on serait obligé de diminuer la quantité d’eau; la contre-pression vaincue s’élèverait alors tant que la condensation de la vapeur serait assez rapide pour être complète au moment où le jet entre dans le récepteur.
- La température de l’eau refoulée peut être portée très-près du point d’ébullition ; cependant, quand on marche au maximum d’eau et au maximum de température de l’eau aspirée, on ne dépasse pas 75 à 90 degrés, suivant que la pression est de 2 ou 4. atmosphères.
- La température maxima de l’eau refoulée paraît donc croître avec la pression; mais cela tient peut-être bien à ce que, dans les expériences, l’aspiration s’est faite, dans les deux cas* à la même profondeur ( 3 mètres environ ). La différence de niveau de l’appareil et du bassin n’a pas permis de vérifier si, avec une hauteur d’aspiration moindre, il ne serait pas possible, pour une pression de 2 atmosphères, de faire fonctionner l’appareil avec de l’eau plus chaude.
- La quantité d’eau aspirée dans l’unité de temps diminue rapidement avec la pression, ainsi que l’indique la colonne n° 12, et cela d’une manière extrêmement sensible $ d’après la théorie de M. Combes, il doit en être ainsi, car le volume d’eau qui entre par seconde dans le récepteur V = v's ( v' représentant la vitesse et s la section ).
- Appelons H la hauteur d’une colonne d’eau capable de produire la vitesse de sortie du jet,
- h! la contre-pression de la chaudière,
- V' la vitesse d’écoulement de la vapeur,
- K le poids d’eau entraîné par kilogramme de vapeur.
- D’après M. Combes, on doit avoir :
- tr+ i ~
- D’autre part, si on néglige les frottements et les coefficients de contraction de la veine liquide, on doit avoir, pour que toute l’eau entre,
- v’ = \/2g (H—-A'], •
- donc «= y fï+7F-*»*'
- Dans cette équation V’ augmente, K au contraire diminue avec la pression ( colonne
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- n° 9 du tableau ) ; done v' et par suite Y' doivent augmenter très-rapidement avec la pression; c’est ce qu’indique la colonne n° 12.
- Si on calculait, d’après la formule ci-dessus, les vitesses v’, on trouverait des résultats qui sont environ de 10 à 12 pour 100 plus élevés que ceux de la colonne 12, ce qui provient probablement des pertes dues aux frottements et à la contraction de la veine liquide.
- Soit V"la vitesse de l’eau et de la vapeur à leur passage dans la lance.
- V' y_____
- Cette vitesse V" = —-----7 = v/2 g H.
- K 4-1 v u
- Or nous venons de dire que, pour que toute l’eau entre dans le récepteur, il faut qu’on ait :
- v' = \/2g{R — h')
- ou «' = y'Y" — 2 g'V;
- d’où V” = \/vf* + %gk.
- h’ et v> étant données par les colonnes 1 et 12, on a calculé, d’après cette formule, la colonne 11 ; on voit que les résultats de celte colonne s’éloignent très-peu de ceux de la colonne 16; la différence, qui est environ de 0,08, s’explique à cause des frottements et du coefficient de réduction qu’il faut donner à la théorie.
- Pour déterminer le nombre des calories absorbées par le travail moteur, on a pesé très-exactement 850 kilog. d'eau, qui ont été aspirés à une température de 23 degrés 1/2; la température au refoulement a été de 60 degrés 1/2 et le poids d’eau recueilli dans une chaudière libre, de 907 kilog.; la pression de la vapeur était de 4 atmosphères 1/4; afin d’être dans les mêmes conditions que si l’appareil eût refoulé dans une chaudière ayant de la pression, on avait étranglé la valve de refoulement jusqu’à ce qu’un manomètre, placé sur le récepteur, accusât 4 atmosphères 1/4.
- Le poids de vapeur dépensé était donc de 57 kilog. Ces 57 kilog. devaient se composer de vapeur et d’eau mécaniquement entraînée de la chaudière motrice. Pour en déterminer la proportion, on a fait arriver un courant de vapeur dans un volume d’eau dont on connaissait le poids et la température; l’augmentation de poids et de température produite par la condensation de la vapeur servit, en regardant la loi de Régnault comme exacte, à calculer les proportions de vapeur et d’eau entraînée ; cette proportion fut de 0,035, soit 2 kilog.; sur les 57 kilog. il y avait donc 55 kilog. de vapeur.
- D’après la loi de Régnault, le calorique dégagé par les 55 kilog. de vapeur est égal à 55 ( 651,5 — 60,5 ) = 32,505 calories; le calorique dégagé par les 2 kilog. d’eau est égal à 2 ( 146,5 — 60,5 ) = 172; total, 32,677. D’autre part, le calorique absorbé par les 850 kilog. d’eau = 850 ( 60,63 — 23,52 ) ( en tenant compte de la différence de chaleur spécifique de l’eau à diverses températures = 31,543).
- Il y a donc eu 1,134 calories disparues.
- Cette chaleur a-t-elle été enlevée par rayonnement pendant le passage de l’eau de la distance d’un thermomètre à l’autre, ou par l’absorption due à la force motrice
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- produite, ou enfin cette perte n’est-elle qu’apparente et provient-elle de quelque erreur dans l’expérience ?
- Le rapprochement des thermomètres ne permet pas de supposer que la perte par rayonnement soit importante.
- La force motrice absorbée est égale à 850 X 37,60 (en supposant une aspiration moyenne de 4 mètres ) -f* 57 X 33,55 = 33,872 kilog.; ce travail s’étant opéré en 944", la force en chevaux est de 0,47.
- A 4 atmosphères 1/4, le travail théorique d’un kilogramme de vapeur sans détente, mais avec condensation, étant de 19,720km, on voit que le poids de vapeur dont la chaleur a dû disparaître est de 1,700 grammes, soit 1,090 unités de chaleur; ce chiffre se rapprochant beaucoup de celui qui a été trouvé, il est très-probable que la disparition des 1,134 calories est due à la production de force motrice; cependant il faut faire observer que l’expérience ayant été faite par des moyens ne garantissant pas plus de 0,001 d’exactitude, il n’est pas tout à fait certain qu’il en soit ainsi; dans tous les cas, ce qui paraît probable, c’est que, si l’injecteur perd du calorique, cette quantité est très-faible et ne dépasse pas beaucoup celle qui correspond au travail produit.
- Nous avons vu précédemment qu’il est très-facile de faire varier la température du jet en ouvrant plus ou moins le régulateur d’aspiration ; il est avantageux, au point de vue économique, d’alimenter en donnant le plus d’eau possible.
- Les expériences faites pour déterminer la quantité d’eau aspirée ont donné 0,9 litre par seconde à 4 atmosphères 1/4. La section de la lance étant de 0,00011, et la vitesse du jet de 32 mètres (colonne 11), il est possible, d’après cela, d’avoir le poids de la vapeur non condensée qui passe par seconde.
- Soient ; V le volume de l’eau aspirée par seconde = 0rac,0009, v le volume d’eau provenant de la vapeur condensée, v' le volume de la vapeur non condensée,
- S la section de l’orifice de la lance = 0,00011, d!la densité de la vapeur = 0,0022, u la vitesse du jet r= 32 mètres.
- On a Sw =. V -j- v -{- v'.
- En supposant le poids d’eau froide aspirée par kilogramme de vapeur égal à 15 kil., et la densité de l’eau = 1, on a ;
- Remplaçant v par cette valeur dans l’équation précédente, on obtient :
- D’où
- 16 V-4-15(1 — d')v! u — Ï5 •
- , _ 15Su —16V * ~ 15(1 — d') *
- D’où on tire v' = 2,5 litres environ ; soit 5,5 grammes.
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- Le poids de vapeur totale qui passe par seconde étant égal à -jg- = 60 grammes,
- il en résulte que, au moment où le mélange sort, 0,9 du poids de la vapeur sont condensés; la condensation complète doit donc s’opérer avant que le mélange n’entre dans le récepteur.
- La section de la lance étant de 0m,00011, la vitesse du jet de 32 mètres par seconde et la quantité d’eau aspirée dans le même temps de 0,9 litres, on voit que près des 3/4 de la section de la lance sont occupés par les 0,10 de vapeur non condensée.
- Lorsqu’on établit l’injecteur qui a servi à ces expériences, on avait pris pour aspirant l’ancienne conduite de tuyaux de la pompe alimentaire; ces tuyaux, avant d’arriver nu bassin, présentaient la forme d’un U renversé, en sorte qu’ils étaient nécessairement toujours pleins d’eau. Cette particularité s’opposa à la mise en marche de l’appareil, et on dut changer la disposition de la conduite de manière que l’eau pût retourner librement au réservoir; il est probable que celle eau, s’échauffant au moment où on donnait la vapeur et ne pouvant se renouveler, finissait par acquérir une température trop élevée pour que l’appareil pût fonctionner.
- A Brassac, dans les ateliers d’agglomération de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon, on avait essayé de prendre l’eau d’alimentation dans un bassin placé en contre-haut de l’appareil ; il ne fut pas possible non plus de marcher dans ces conditions, et on fut obligé de descendre le point d’aspiration. Dans ce cas, l’eau, au lieu d’arriver d’une manière régulière par le tirage produit par le jet de vapeur, affluait avec une vitesse \/%gh variable avec les dénivellations du bassin, et alors le régulateur se trouvait, à chaque instant, ou trop ouvert, ou trop fermé; il en résultait donc un engorgement ou un défaut de condensation. En résumé, il résulte des expériences qui précèdent :
- 1° Que la hauteur d’aspiration pour la mise en marche varie proportionnellement à la pression de la vapeur, qu’elle est de 3 mètres environ pour les pressions de 3 à 4 atmosphères;
- 2° Que l’aspiration continue environ 2 mètres au-dessous du point de mise en marche ;
- 3° Que l’excès de puissance du jet est tel, que, pour des pressions de 3 à 4 atmosphères , l’appareil peut être mis de quelques mètres en dessous des générateurs , pourvu que la température de l’eau d’alimentation et la quantité d’eau refoulée par kilogramme de vapeur soient moindres que si l’injecteur était au niveau des chaudières;
- 4° Que, pour une marche ordinaire, l’appareil étant au niveau des chaudières, la température maxima de l’eau d’aspiration ne doit pas dépasser 45 degrés;
- 5° Que la vitesse du jet est à peu près la même que celle qu’indique M. Combes en ne tenant pas compte de la détente, mais que cela n’a lieu qu’autant que la condensation se fait bien, c’est-à-dire qu’on marche au minimum d’eau et que cette eau n’est pas trop chaude ;
- 6° Que la quantité d’eau introduite par kilogramme de vapeur varie en raison in-
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- verser de la pression, tandis qu'au contraire la quantité d’eau introduite dans un temps donné varie proportionnellement avec cette pression;
- 7° Que le calorique dégagé par la condensation de la vapeur se retrouve dans l’eau d’alimentation, sauf une légère fraction correspondant à peu près au travail théorique dépensé et probablement absorbée par lui.
- If est bien possible qu’il se soit glissé, dans les expériences ci-dessus, des erreurs qui aient pu fausser quelques-unes des conclusions; il est donc à désirer que les ingénieurs qui ont des appareils à leur disposition fassent d’autres expériences et qu’ils publient les résultats qu’ils auront obtenus.
- ( Bulletin de la Société de l’industrie minérale. )
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- recherches sur la composition de la fonte et de l’acier, par m. e. fremy (1).
- ( Troisième, communication. )
- « Les phénomènes qui déterminent l’aciération ont de tout temps préoccupé les chimistes et les industriels, mais aujourd’hui cette étude a une importance exceptionnelle.
- « En effet, la construction des machines et la confection des armes à feu viennent étendre les applications de l’acier et exigent que ce produit, tout en conservant ses propriétés précieuses, soit obtenu dans des conditions économiques.
- a Pour résoudre ce problème qui intéresse à un si haut degré l’industrie métallurgique, et pour faire sortir la fabrication de l’acier de la routine et des incertitudes qui l’arrêtent encore, j’ai pensé que la chimie avait en ce moment un devoir à remplir, et qu’elle devait soumettre à de nouvelles études toutes les questions théoriques qui se rapportent à l’aciération.
- .. « Les théories proposées jusqu’à présent pour expliquer le phénomène de l’aciération sont évidemment insuffisantes pour guider le métallurgiste qui veut produire de l’acier soit en cémentant le fer par le charbon, soit en décarburant la fonte par un .puddlage spécial*
- « Ainsi l’influence du manganèse et celle du tungstène dans l’aciération ne sont pas facilement expliquées ; l’utilité, dans la cémentation, des substances organiques azotées et de certaines matières salines est niée par des métallurgistes expérimentés : les uns pensent que l’acier cémenté de première qualité résulte de l’action du carbone sur le fer pur; d’autres admettent que la cémentation ne peut se former que sous l’influence de l’azote de l’air. Dans tous les cas, la théorie ne nous dit pas pour-
- (1) Vojr Bulletin dé niai 1861, p. 289..
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- quoi certains fers donneront toujours des aciers de première marque, tandis que d’autres, qui paraissent aussi purs que les précédents, ne produiront jamais que des aciers peu estimés. Tout le monde sait que l’acier obtenu par le puddlage présente aussi, dans sa fabrication, des difficultés qui souvent ont découragé les industriels les plus habiles.
- « Cette incertitude dans les méthodes d’aciération se retrouve dans les théories qui ont été proposées pour expliquer la production de l’acier.
- « Quelques chimistes admettent que le carbone solide peut agir directement sur le fer, pénétrer le métal, circuler dans sa masse et le changer en acier.
- « D’autres, parmi lesquels je citerai particulièrement M. Leplay et Laurent, pensent que la cémentation est toujours due à l’action d’un composé carburé gazeux sur le fer : Laurent va même jusqu’à dire que, dans les caisses de cémentation, le carbone se volatilise et que c’est cette vapeur qui produit l’aciération.
- « L’action que les cyanures exercent sur le fer est venue donner une extension nouvelle à la théorie de la cémentation : la pratique a utilisé une expérience qui se faisait depuis longtemps dans les cours de chimie, et qui consistait à aciérer le fer en le chauffant avec un cyanure ou un ferrocyanure alcalin ; récemment encore M. Caron, dans une intéressante communication, annonçait à l’Académie que le cyanhydrate d’ammoniaque, qui peut se former dans les caisses à cémentation, agit sur le fer comme les cyanures alcalins et l’acière rapidement.
- <( Tous les mémoires publiés sur l’aciération ont, sans aucun doute, enrichi la science de faits nouveaux et importants pour l’industrie; ils ont précisé surtout les circonstances qui paraissent déterminer l’aciération avec le plus de facilité, mais ils n’ont pas jeté de nouvelles lumières sur les questions théoriques qui se rapportent à la constitution chimique de l’acier ; on admet encore que l’acier est un carbure de fer qui, par sa composition, vient se placer entre le fer du commerce et la fonte.
- « Les idées que j’apporte sur la composition de l’acier sont entièrement différentes de celles qui ont été professées jusqu’à présent : je crois pouvoir démontrer que l’acier n’est pas un carbure de fer, et qu’il existe une série d’aciers résultant de la combinaison du fer avec des métalloïdes, des métaux et même des corps cyanurés.
- « Je ne connais pas une seule expérience rigoureuse démontrant que l’acier est une combinaison de carbone pur et de fer : de faibles proportions de corps étrangers, que l’analyse ne constate pas toujours, peuvent modifier les propriétés du fer. Lorsqu’on s’est proposé d’étudier l’action du carbone pur sur le fer, on a mis nécessairement en présence d’autres corps que ceux dont on voulait déterminer l’action mutuelle : sans parler des impuretés que le creuset devait donner, on a méconnu soit l’influence des gaz du foyer qui pénètrent dans les appareils, soit l’action des éléments de l’air que le charbon n’absorbe pas, ou bien la présence des substances diverses contenues dans le charbon même.
- « Dans une expérience faite avec la poussière de diamant et que je répéterai prochainement, ces influences de corps étrangers ont été également méconnues.
- « Je rappellerai, à cette occasion, le fait que j’ai déjà soumis à l’Académie, c’est que
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- l'acier, en se dissolvant dans les acides, laisse un résidu qui ne ressemble en rien à du carbone pur et qui, par ses propriétés et sa composition, se rapproche beaucoup de certains produits cyanurés : ainsi tes expériences synthétiques et analytiques sont loin de prouver que l’acier ne contient que du carbone et du fer.
- c Pour déterminer la constitution véritable de l’acier et rechercher s’il n’existe pas une série de corps pouvant différer entre eux par leur composition, comme l’acier au tungstène diffère de l’acier au charbon, mais se rapprochant les uns des autres par certaines propriétés communes, je me suis proposé de soumettre le fer à l’action de tous les corps pouvant intervenir dans le phénomène de l’aciération.
- « J’ai pensé que l’azote devait être examiné sous ce rapport en premier lieu : tel était le but de la dernière communication que j’ai faite à l’Académie.
- « On sait que dans ce travail je me suis appliqué à dégager l’azoture de fer de l’excès de métal qu’il pouvait retenir et à produire autant que possible un composé défini.
- « Mais l’azotation du fer présente, comme sa carburation, des degrés différents : avant de former, sous l’influence de l’azote, des écailles qui se soulèvent, et qui, d’après mes analyses, contiennent 9,5 pour 100 d’azote, le métal éprouve d’abord, dans ses propriétés générales, des modifications profondes ; tout en conservant une certaine malléabilité, il prend du grain et devient blanc : dans cet état le fer est encore métallique et se trouve cependant profondément azoté. C’est ce fer azoté que je mets sous les yeux de l’Académie, et qui a été soumis à des influences d’aciération que je vais décrire.
- « Voulant étudier l’action successive ou simultanée de l’azote et du carbone sur le fer, j’ai dû chercher d’abord une méthode de carburation simple, facile à graduer, qui présentât toutes les certitudes qu’offrait le procédé d’azotation du fer par l’ammoniaque.
- « L’action du gaz d’éclairage sur le fer a réalisé tous ces avantages, c En effet, j’ai reconnu que, lorsqu’on fait passer, pendant deux heures, à une température rouge, du gaz d’éclairage desséché sur du fer, on obtient une carburation très-régulière et on convertit le métal en une fonte grise, graphiteuse, très-malléable et comparable en tous points aux plus belles fontes produites par le charbon de bois : je présente à l’Académie la fonte qui se forme dans cette circonstance.
- « J’avais donc, dans l’emploi de l’ammoniaque et du gaz d’éclairage, deux procédés d’une régularisation facile, et qui me permettraient d’étudier, isolément ou d’une manière simultanée, l’action de l’azote et du carbone sur le fer.
- « Il est résulté de mes essais que, lorsqu’on soumet le fer à l’action du gaz de l'éclairage, on n’obtient que de la fonte; mais, lorsqu’on fait réagir le corps carburant sur un fer qui a été préalablement azoté, on voit alors apparaître dans le composé métallique les caractères de l’acier. Il se présente ici un fait bien remarquable, c’est que les propriétés de l’acier dépendent en quelque sorte de la quantité d’azote qui a été donnée primitivement au fer. Si l’azotation n’a pas été poussée pendant un temps suffisant, le gaz de l’éclairage, en agissant sur le fer, produit un corps qui est intermédiaire en quelque sorte entre la fonte et l’acier ; si, au contraire, le métal a éprouvé Tome VIII. — 60° année. 2# série. Juin 1861. 4A
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- une azolation suffisante, le gaz de l’éclairage donne naissance à un acier d’un grain magnifique : les aciers que je présente à l’Académie ont été produits dans ces conditions.
- « C’est ainsi qu’il m’a été possible de réaliser les prévisions de notre confrère M. Despretz et de démontrer toute l’influence que l’azoture de fer peut exercer sur le phénomène de l’aciération.
- « Lorsqu’au lieu de faire réagir successivement sur le métal l’azote et le carbone je fais arriver sur le fer, chauffé au rouge, un mélange d’ammoniaque et de gaz d’éclairage, j’opère alors immédiatement une aciération qui varie avec les proportions relatives des deux gaz.
- « Dans les expériences que je viens de décrire, je crois donc être arrivé, pour la première fois, à produire de l’acier au moyen de l’action successive de deux gaz sur le fer 5 l’un le gaz ammoniac qui fournit l’azote, l’autre le gaz d’éclairage qui apporte du carbone : ce qui me paraît donner encore plus d’intérêt à l’acier obtenu dans les conditions que je viens de faire connaître, c’est qu’ici la cémentation n’est plus opérée avec du charbon de bois, mais avec fin gaz qui dérive de la houille. Je demanderai aux métallurgistes si ces essais qui, au point de vue théorique, me paraissent éclairer le phénomène de la cémentation ne sont pas destinés aussi à être utilisés dans la pratique. Ne serait-il pas curieux de voir un jour, dans la cémentation du fer, le charbon de bois être remplacé par les produits de la distillation de la houille?
- « Tous ces faits établissent déjà d’une manière positive le rôle important que joue l’azote dans le phénomène de l’aciération ; il me restait à rechercherai l’azote, qui est un agent évident de cémentation, reste dans le composé métallique ou s’il n’est destiné, comme on l’a dit, qu’à présenter au fer le carbone dans un état favorable à la combinaison chimique.
- « Pour résoudre cette question intéressante, j’ai soumis l’acier, obtenu au moyeu de l’ammoniaque et du gaz d’éclairage, à l’influence de l’agent qui peut dénoter la présence de l’azote dans l’acier avec le plus de certitude : j’ai eu recours à l’hydrogène pur et sec.
- « En chauffant dans l’hydrogène l’acier que j’avais préparé dans mon laboratoire, j’ai reconnu immédiatement la présence de l’azote dans ce composé métallique, car, pendant toute la durée de l’expérience, il a dégagé des quantités considérables d’ammoniaque.
- « Après avoir ainsi retrouvé l’azote dans l’acier que j’avais obtenu par l’action de l’ammoniaque et du gaz d’éclairage sur le fer, il était intéressant de soumettre aux mêmes épreuves les aciers du commerce et de rechercher si ces composés métalliques sont également azotés.
- « Dans ce but, j’ai opéré sur des aciers de provenances très-différentes et fort estimées dans le commerce; mes expériences ont été faites successivement sur l’acier français de Jackson, sur l’acier anglais de Hunlsmann et sur l’acier allemand de Krupp.
- Ges corps ont été réduits en limaille très-fine ; la poudre métallique débarrassée de toute matière étrangère a été soumise au rouge à l’action de l’hydrogène sec. -
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- « Dans ces trois essais, la limaille a dégagé aussi, pendant toute la durée de l’ex périence, des quantités très-notables d’ammoniaque.
- « Cette expérience ne peut laisser aucun doute dans l’esprit et démontre que l’azote, contrairement aux idées admises jusqu a présent, fait partie constituante de l’acier.
- « L’acier ri est donc pas un carbure simple, mais un fer azoto-carburë.
- « Si je ne me fais pas d’illusion sur la portée de mes recherches, il me semble qu’elles doivent exercer une certaine influence sur les opérations métallurgiques qui se rapportent à l’aciération. Ainsi, dans la cémentation du fer, on devra désormais réaliser toutes les conditions qui peuvent donner au métal non-seulement le carbone, mais encore l’azote : il est probable que les différentes marques de l’acier dépendent de la durée de la cémentation, et aussi des proportions relatives des deux éléments qui peuvent se combiner au fer.
- « Dans la préparation de l’aciér par le puddlage, il sera également important de déterminer quelles sont les variétés de fonte qui peuvent apporter la proportion d’azote utile à la constitution de l’acier, ou celles qui, étant azotées d’une manière insuffisante, doivent recevoir de l’azote au moment de l’aciération.
- « Je viens de parler d’un acier qui est à base de carbone et d’azote; mais ce composé n’est pas le seul alliage de fer dont l’industrie ait intérêt à connaître la composition et les propriétés : il est probable que les corps qui ont quelque analogie soit avec te carbone, soit avec l’azote peuvent aussi produire des aciers; ne sait-on pas déjà que le fer à grains, qui est plus dur que le fer ordinaire et qui se rapproche en quelque sorte de l’acier, s’obtient principalement dans la réduction des minerais phosphoreux!
- « Si la combinaison du fer avec le carbone et l’azote doit être considérée comme le type de l’acier, il sera bien curieux de déterminer les modifications que ce corps éprouve lorsqu’on remplace le carbone ou l’azote par d’autres corps simples : c’est ce point intéressant que je traiterai dans une prochaine communication, en démontrant que les aciers sont nombreux et qu’ils forment toute une famille de composés qui doivent être examinés successivement.
- e Les faits nouveaux que je viens de faire connaître à l’Académie me paraissent donc conduire aux conséquences suivantes :
- « Ie Pour étudier l’action successive ou simultanée de l’azote et du carbone sur le fer, on peut employer avec avantage l’ammoniaque qui fournit l’azote, et le gaz de l’éclairage qui donne le carbone : les réactions chimiques produites ainsi par des gaz, donnent des composés purs; elles peuvent être facilement suivies et régularisées.
- « 2° Lorsque le fer n’a pas été soumis pendant un temps trop long à l’action du gaz ammoniac, il ne produit pas d’écailles d’azolure de fer, il est simplement azoté, devient alors d’un blanc de zinc, conserve en partiq sa malléabilité et ressemble à un véritable alliage.
- « 3° Le fer chauffé dans un courant de gaz d’éclairage se carbure immédiatement et se transforme en fonte grise, graphiteuse, très-douce, qui m’a paru d’une grande fusibilité, et qui doit sè prêter parfaitement aux opérations les* plus fines du moulage :
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- dans cette réaction du gaz de l’éclairage sur le fer, l’acier ne prend jamais naissance.
- « 4° Le phénomène de l’aciération se manifeste lorsqu’on fait réagir sur le fer le carbone et l’azote.
- « 5° Le fer pur, qui, sous l’influence du gaz de l’éclairage, se transforme en fonte très-fusible, perd sa fusibilité et se change en acier par l’action du gaz de l’éclairage, s’il a été préalablement azoté. Des fragments du même métal ont été azotés pendant des temps très-différents et soumis ensuite à l’action du gaz de l’éclairage : ceux qui retenaient une faible proportion d’azote ne s'aciéraient que très-incomplétement ; ceux, au contraire, qui ont été fortement azotés ont produit un acier magnifique : c’est donc en quelque sorte la proportion d’azote qu'un fer contient qui, au moment de la carburation, déterminera le degré de l’aciération.
- « 6° Il ne me paraît plus possible d’admettre que la cémentation soit produite exclusivement par un corps carburé volatil, puisque le gaz de l’éclairage, agissant au rouge sur le fer, ne forme que de la fonte ; tandis que la présence préalable de l’azote dans le métal donne immédiatement naissance à l’acier.
- « 7° Lorsque le fer se transforme en acier, le carbone n’élimine pas l’azote, car j’ai reconnu que tous les aciers du commerce sont azotés et dégagent en abondance de l’ammoniaque lorsqu’on les soumet à l’action de l’hydrogène sec.
- « 8° Tous ces faits conduisent donc à la conséquence suivante qui résume mon travail ; c’est que l’acier n’est pas, comme on l’a cru jusqu’à présent, un carbure de fer, mais bien un fer azoto-carburé.
- c Pour exprimer la composition de l’acier, j’ai adopté la dénomination de ferazoto-earburé, parce qu’elle exprime bien mon opinion sur la constitution de ce corps dans lequel des proportions très-faibles de métalloïde modifient d’une manière si profonde les propriétés du fer. »
- Remarques de M, Dumas,
- « D’après le travail dont l’Académie vient d’entendre la lecture, la théorie de la production de l’acier proprement dit paraît désormais fixée, et l’on peut espérer qu’elle produira de grandes conséquences pratiques.
- « Qui ne prévoit, par exemple, et il appartient à M. Fremy d’en poursuivre la démonstration, tout le parti qu’on peut tirer de ces nouveaux procédés d’aciération méthodiques, réguliers et constants, lorsqu’on a besoin de durcir seulement la surface ou le tranchant de certains instruments ou outils en fer? Après les avoir forgés, limés et façonnés à l’état de fer, on les aciérera plus ou moins profondément dans un courant de gaz ammoniac et de gaz carburé. On pourra régler la profondeur de la couche d’acier par la durée de cette cémentation gazeuse, avec une certitude que la cémentation dans les poudres ou l’emploi de la corne et des matières animales dans le procédé empirique de la trempe en paquets n’obtenaient jamais.
- « Mais c'est à M. Fremy qu’il convient de poursuivre de telles études : l’Académie
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- ne peut que l’y encourager, en le félicitant des succès qu’il a déjà obtenus et du désintéressement avec lequel il livre au public le fruit de son important travail. »
- Remarques de M. Morin.
- « Les recherches de M. Fremy expliquent les résultats d’une foule de recettes empiriques, ou de procédés employés pour la fabrication des aciers cémentés, et pour les opérations que l’on désigne sous les noms de trempe à la volée, trempe au paquet, etc.
- « Dans la plupart de ces procédés, on emploie des mélanges qui contiennent, dans des proportions diverses, du carbone et des substances plus ou moins azotées, telles que des sels ammoniacaux, des râpures de corne, des débris de cuir, de la suie, etc., etc.
- « Le résultat est une cémentation plus ou moins profonde selon la destination des pièces, et par suite une disposition de leur surface extérieure à se durcir par la trempe proprement dite.
- « M. Morin croit aussi devoir faire observer que la nature des aciers provenant de divers modes de fabrication varie à l’infini, non-seulement d’après les différences de ces procédés, mais encore pour des procédés en quelque sorle identiques.
- « Il y a plus : certaines sortes d’aciers et, à ce qu’il paraîtrait, en particulier les aciers obtenus par le procédé du puddlage, semblent susceptibles, après avoir éprouvé plusieurs corroyages énergiques, de perdre les propriétés caractéristiques de la dureté et de l’élasticité acquises par la trempe, et de se rapprocher beaucoup des fers les plus ductiles.
- « Enfin les aciers fondus produits par les nouveaux procédés de fabrication, quand ils ont été convenablement forgés, présentent une résistance élastique qui persiste sous des efforts de traction bien supérieurs à ceux que l’on avait constatés jusqu’à ce jour. »
- Remarques de M. Chevreul.
- « Première remarque. — Sur la fonte noire. — A la fin du siècle dernier (1799), l’illustre Proust observa que la fonte noire, traitée par l’acide sulfurique faible, donnait lieu à la formation d’une matière huileuse dont une portion était entraînée par le gaz hydrogène et graissait les tubes de l’appareil, tandis que l’autre portion restait mêlée au résidu noir, duquel on pouvait l’extraire au moyen de l’alcool. Je n’ai jamais manqué l’occasion de citer cette belle observation de mon illustre concitoyen comme un exemple de la possibilité de produire, par les forces chimiques, des composés analogues à ceux de la nature organique. L’expérience m’ayant démontré depuis longtemps que la vapeur d’eau, en réagissant sur le charbon, ne donne, outre l’acide carbonique ou l’oxyde de carbone, que de l’hydrogène et non de l’hydrogène carboné, comme on le croyait (i), l’union du carbone de la fonte avec l’hydrogène naissant
- fl) Huitième leçon de Chimie appliquée à la teinture, p. 23 et 24.
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- me semblait difficile à admettre; c’est ce qui oie fait conjecturer que, dans l’expérience de Proust, de l’eau pouvait concourir à la production de la matière huileuse, en môme temps que le carbone et l’hydrogène. Maintenant les observations de M. Fremy sur l’acier me paraissent éclaircir le sujet en indiquant que ce n’est pas du carbone te! qu’on se le représentait, qui donne lieu à la formation de la matière grasse.
- ce Deuxieme remarque. —- Composition des aciers. — Indépendamment de toute science, on n’a jamais confondu ensemble des corps doués de propriétés différentes; aussi, du moment où l’on a remarqué l’existence d’un fer qu’un refroidissement subit durcit, on l’a distingué du fer qui conserve sa ductilité première après avoir subi ce même refroidissement. De là le nom d'acier donné au premier pour le -distinguer du fer proprement dit, ou, en d’autres termes, de là la distinction de Yacier que la trempe durcit d’avec le fer que la trempe ne durcit pas.
- « Lors du renouvellement de la chimie, on attribua la différence de l’acier d’avec le fer à la présence, dans le premier, de quelques millièmes de carbone. Plus tard, on reconnut l’influence que différents corps exerçaient sur les propriétés de l’acier. M. Berthier parla du chrome, MM. Faraday et Sîodart de l’aluminium, du platine et des métaux qui l’accompagnent; mais un fait qui m’a toujours paru d’une grande importance, c’est la production de l’acier, que MM. Faraday et Stodart obtinrent au moyen du fer fondu avec quelques centièmes d’iridium et d’osmium, acier qui ne donna, à i’afiaîyse qu’ils en firent, aucune trace de carbone.
- « En laissant de côté la question de savoir si l’acier est un composé indéfini de fer et d’un ou de plusieurs corps simples, réparti dans toute la masse de l’acier, ou bien un composé défini de fer et d’un ou de plusieurs corps simples, réparti en proportion indéfinie dans le fer en excès aux éléments de ce composé défini, j’ai conclu de l’ensemble des faits que je viens de rappeler qu’il fallait, dans un traité de chimie, envisager l’acier en général, non comme un corps défini par la nature de ses parties constituantes, mais comme un état particulier du fer, produit par l’union de ce métal avec des corps dont la nature peut varier, et c’est conformément à cette manière de voir qu’a près avoir défini Y acier, indépendamment de toute considération scientifique, du fer qui se durcit par la trempe, je distinguai dans ma quatorzième leçon de Chimie appliquée à la teinture, imprimée en 1829, p. 78 :
- a 1° Des aciers formés de fer et de carbone;
- « 2° Des aciers formés de fer, de carbone et d’un troisième corps;
- « 3° Des aciers formés de fer et d’un autre corps qui n’est pas le carbone, ou des aciers sans carbone.
- « Les résultats des expériences intéressantes de M. Fremy sur l’acier sont, à mon sens, plus faciles à rattacher aux connaissances acquises, si on se place au point de vue que je viens d’exposer, au lieu de les envisager du point de vue ordinaire.
- « Il importe maintenant de savoir : 1° s’il est vrai, comme Guyton l’a dit, qu’on peut aciérer le fer avec du diamant en poudre, 2° et, dans le cas où cela serait, si l’aciération a lieu sans l’intervention de l’azote. »
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- Réplique de M. Fremy aux observations précédentes.
- « M. Fremy est très-heureux de constater l’intérêt que l’Académie prend à se$ recherches sur l’acier; il remercie ses confrères qui ont parlé avec tant de bienveillance de ses travaux.
- « Il n’a voulu traiter, dans cette communication, que de l’influence exercée par l’azote et le carbone sur les propriétés du fer; mais toutes les questions qui intéressent la fabrication de l’acier et celle de la fonte sont soumises depuis longtemps, dans son laboratoire, à des études complètes et donneront lieu à des communications successives, portant sur les points suivants :
- « 1° Proportions relatives d’azote et de carbone qu’il est convenable d’introduire dans le fer pour constituer un bon acier;
- a 2° Circonstances qui s’opposent à l’aciération ou qui altèrent les qualités d'un acier une fois formé ;
- « 3° Mode de pénétration du carbone dans la masse métallique;
- « 4° Explication de l’influence de ces quantités si faibles de carbone et d’azote qui transforment le fer en fonte ou en acier;
- « 5° Étude des aciers contenant des métaux, tels que le manganèse, le chrome, le tungstène, l’aluminium, etc.;
- et 6° Classification des différentes fontes; examen du rôle que jouent, dans ces composés, le silicium, le phosphore, l’arsenic et le soufre; étude des fontes qui conviennent le mieux à la fabrication de l’acier puddlé. » (Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences. )
- RECHERCHES SUR LA COMPOSITION DE LA FONTE ET DE L’ACIER, PAR M. H. CARON.
- « M. Fremy m’ayant fait l’honneur de me citer dans le mémoire qui précède, je demande à l’Académie la permission de lui adresser quelques observations sur les interprétations qui peuvent être données à l’expérience à laquelle M. Fremy fait allusion avec une obligeance dont je ne saurais trop le remercier.
- « La communication de M. Fremy est la suite d’un premier mémoire, auquel je prierai qu’on veuille bien se rapporter (1),Obligé,par mes fonctions, d’être au courant de tous les détails bibliographiques et techniques que je peux recueillir sur l’acier, je dois dire que les faits décrits par M. Fremy comme nouveaux m’étaient tous connus et. quej’enaitenu comptedansles travaux journaiiersdontje suis chargé et qui m’occupent d’une manière spéciale. Mais, comme mon assertion ne suffirait pas en pareille occasion, qu’il me soit permis de citer un résumé de la question, exposé dans un livre élémentaire qui fait autorité dans la science par sa haute valeur et le nom de ses auteurs (2).
- 'il Voir Bulletin de mai 1881, p. 289.
- 2) Otto-Graham, Traité de chimie, 3? édition, 18oî>, t. 11, p. 713.
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- « Azoture de fer, — Quand on fait passer, pendant un certain temps, du gaz « ammoniac sur du fil de fer chauffé au rouge, le fer absorbe de l’azote. Le fer azoté « qui en résulte est blanc, cristallin, cassant, peut être réduit en poudre, est attirable « à l’aimant et se comporte généralement vis-à-vis des réactifs comme le fer ordi-« naire. L’hydrogène, en passant sur cette matière portée au rouge, lui enlève de « l’azote, et il se produit de l’ammoniaque (1). Dissous dans de l’acide sulfurique « étendu, le fer donne lieu à un dégagement d’hydrogène et d’azote, en même temps « qu’il y a production d’un sel ammoniacal.
- « La quantité d’azote fixée par le fer dans cette expérience est très-variable. « M. Despretz a trouvé une augmentation de poids qui varie de 7 à 11,5 pour 100 « (Pogg. Ann., t. XVII, p. 296). M. Buff a observé une augmentation de 6 pour 100 « (Ann. der Chem, und Pharm., t. LXXXIII, p. 375). M. Régnault indique une « augmentation de poids de 12 à 13 pour 100, et fait remarquer que le fer azoté * s’obtient plus rapidement encore lorsqu’on fait passer du gaz ammoniac sur du « protochlorure de fer porté au rouge, et que le produit de cette réaction est une « masse spongieuse blanc d’argent ( Cours de chimie, t. III, p. 46, 2* édition). Dans « certaines circonstances, la fixation de l’azote par le fer, quand on fait passer de « l’ammoniaque sur du fil de fer, semble n’être que passagère, le fer n’augmente pas « de poids et n’est modifié que dans ses propriétés physiques.
- « On a récemment avancé, à plusieurs reprises, que la fonte de fer et l’acier rente ferment toujours à côté du carbone une petite quantité d’azote, qu’ils contiennent « vraisemblablement à l’état de paracyanogène ; mais Marchand a obtenu des résulte lats négatifs à ce sujet ( Schafhaütl, Pretchtl’s, Encyclopédie, t. XV, p. 364 ; Buff, a Ann. Ch. und Ph., t. LXXXIII, p. 375 ; Marchand, Journ. fur pract. Ch., t. XL1X, « p. 351 ). Qu’il existe une combinaison du fer avec l’azote et le charbon, vraisem-« blablement à l’état de paracyanogène, cela ne semble pas douteux, puisque Ram-« melsberg a trouvé dans le résidu de la calcination du bleu de Prusse 14 pour 100 « de carbone et presque autant d’azote. »
- « Cependant on trouve dans les publications de M. Fremy un fait capital qui pourrait, en effet, être utilisé de la manière la plus heureuse dans les analyses. En faisant passer de l’hydrogène sur l’azoture de fer, le savant chimiste transforme intégralement l’azote en ammoniaque, si bien que la perte de poids subie dans de pareilles conditions par le fer azoté suffit pour l’analyse de cette curieuse matière.
- « Mais je ne crois pas que l’expérience de M. Fremy, qui fait passer du gaz de l’éclairage sur du fer azoté, soit en rien différente de la mienne, qu’il veut bien citer. Car le gaz de l’éclairage contient de l’hydrogène et du charbon libre à cette température; or, d’après ses propres expériences, l’hydrogène en contact avec le fer azoté se transforme en ammoniaque, et, d’après M. Langlois, l’ammoniaque et le charbon se transforment au contact en cyanhydrate d’ammoniaque; donc c’est en réalité du
- (1) M. Fremy admet que l’ammoniaque est le seul produit de cette réaction.
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- cyanhydrate d’ammoniaque que M. Fremy a développé au contact du fer en deux opérations que j’avais réunies en une seule (1).
- « Enfin M. Fremy a obtenu de l’ammoniaque par la réaction de l’hydrogène sur de l’acier fondu de diverses origines. Je me permettrai de faire observer que ce sont surtout les quantités qu’il importe de fixer dans des recherches de ce genre. La question de la présence de l’azote dans les aciers, si souvent admise et si souvent contestée, ne peut plus être qu’une question de quantité. On le comprendra en réfléchissant que les aciers de la meilleure qualité renferment seulement quelques millièmes de charbon, qui en est l’élément dominant; que ceux qui ont trouvé le plus d’azote dans ces aciers n’en ont jamais accusé que des centièmes du poids de charbon, de sorte que c’est sans doute le chiffre des cent-millièmes, peut-être des dix-millièmes, qu’il faudra fixer pour connaître la proportion de l’azote dans les aciers, si l’on parvient à l’y démontrer d’une manière incontestable. Dès lors la limaille d’acier fondu faite dans l’air humide avec des limes cémentées ( qui peuvent être oxydées, et l’oxyde de fer est ammoniacal ) ne peut servir à de pareilles analyses, surtout quand on se rappelle l’expérience de M. Becquerel, qui rend l’eau alcaline et ammoniacale en y trempant simplement un clou de fer.
- « Je conclus en exprimant l’opinion que cette question, si controversée, de la composition des aciers ne pourra être résolue que par des analyses quantitatives donnant des résultats positifs avec la matière essayée, et des résultats négatifs quand on opère à blanc. D’un autre côté, on ne sera assuré d’avoir obtenu de l’acier par une méthode quelconque que lorsqu’on aura trempé un barreau malléable d’abord, qui sera devenu cassant, dur, élastique et tenace. C’est la trempe qui est le seul caractère spécifique de l’acier; la dureté, la force coercitive par rapport à l’aimantation, les aspects extérieurs les plus divers peuvent appartenir également au fer impur et à la fonte.
- « Je n’ai adressé ces observations à l’Académie que pour me réserver le droit de poursuivre mes recherches sur la cémentation, qui ont été commencées par moi avec la connaissance pleine et entière des faits qu’a signalés M. Fremy. »
- REMARQUES DE M. FREMY, A L’OCCASION DE LA NOTE DE M. CARON.
- « Il me serait bien facile de réfuter les assertions de M. Caron et de démontrer que mes travaux sur l’azoture de fer, la recherche de l’azote dans l’acier de cémentation ou dans le composé brun produit par l’action des acides sur les aciers fondus, la for-
- (1) Je ferai remarquer, en outre, que le gaz de l’éclairage contient beaucoup d’azote et de l’ammoniaque que la calcination des houilles y développe, et dont on ne le dépouille que par des moyens très-grossiers relativement à la précision des opérations analytiques de cette espèce. Le gaz oléfiant aurait été préférable, et il a été en effet employé à la cémentation , concurremment avec l’ammoniaque, par M. Saunderson, qui admet que l’azote est indispensable pour la cémentation , sans oser se prononcer sur la présence ni l’absence de Pazote dans l’acier lui-même. ( Po-lytechnisches Journal, 1860, p. 156. )
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Juin 1861.
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- mation de l’acier par l’action successive de l’azote et du carbone, constituent un ensemble de démonstration fondé sur l’analyse et sur la synthèse qui m’appartient entièrement.
- a On pourra défendre l’ancienne théorie que j’ai attaquée, mais lorsqu’on viendra dire que l’azote est indispensable à la production de l’acier, on devra reconnaître que ce fait important, qui doit guider la pratique, n’avait jamais été établi avant moi.
- « J’ai encore à communiquer à l’Académie des faits trop nombreux sur l’acier et sur la fonte pour me laisser distraire de mes expériences par une discussion prématurée.
- « Les membres les plus compétents de l’Académie ont bien voulu déclarer que mes résultats sur l’aciération étaient nouveaux et importants. Des fabricants d’acier m’écrivent que mon travail leur ouvre les yeux, et que le rôle que j’attribue à l’azote dans l’aciération lève toutes les incertitudes que présentait leur industrie.
- « Ces déclarations spontanées, si précieuses pour moi, ont répondu d’avance aux critiques qui peuvent m’être adressées.
- « Je n’ai, du reste, aucune raison pour entrer en discussion avec M. Caron, qui s’occupe avec tant de succès de l’aciération par les cyanures : je souhaite vivement que la méthode employée par M. Caron donne un acier présentant toutes les qualités désirables-, car alors les cyanures viendront se placer en tête des substances azotées qui peuvent, comme la suie, la corne, les os, les déjections animales, les sels ammoniacaux, etc., déterminer une aciération rapide. L’action de toutes ces substances azotées sur le fer vient confirmer les idées que j’ai émises sur la composition de l’acier et démontre que ce corps n’est pas simplement un carbure de fer.
- « Lorsque, dans une séance prochaine, je donnerai la théorie de la cémentation, j’insisterai sur le double rôle que joue l’azoture de fer; ce corps cède non-seulement au métal l’azote utile pour l’aciération, mais, se trouvant réduit par les composés hydrogénés, rend le fer poreux et permet alors au carbone fourni par les gaz carburés de s’introduire dans la masse métallique.
- « Dans la cémentation, l’azoture de fer exerce donc une influence qui est à la fois chimique et mécanique. » ( Comptes rendus des séances de V Académie des sciences.)
- ARTS CHIMIQUES.
- RECHERCHES EXPÉRIMENTALES PROPRES A ÉTABLIR LA THÉORIE DE LA TEINTURE, PAR
- m. chevreul. (XIe Mémoire; première partie.)
- « Le Mémoire que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie est le XIe de mes recherches chimiques; il ne pouvait être publié qu’après l’ouvrage actuellement à l’impression, concernant le moyen de définir et de nommer les couleurs d’après une méthode précise et expérimentale; aussi viendra-t-il immédiatement à la suite de cet
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- ouvrage, et fous les deux composeront le XXXIIIe volume des Mémoires de /’Académie des sciences. Les planches coloriées de Digeon (1), dont l’Académie a bien voulu faire les frais, et le texte qui les explique, démontreront la possibilité de définir les couleurs à tous ceux qui prendront connaissance de mon travail avec la volonté de l’étudier avant de le juger. Loin de moi la prétention que ma publication est l’expression du mieux possible : je suis le premier à en signaler le défaut principal; mais, dans la position subordonnée où je me suis trouvé, le reproche de ne m’être pas approché du but plus que je ne l’ai fait ne peut m’atteindre, parce que ma conscience me dit qu’aucun effort ne m’a coûté pour rendre mon travail moins imparfait. On saura, plus tard, l’origine des obstacles que j’ai eu à surmonter dans lès années qui viennent de s’écouler.
- « Quelle que soit, au reste, la valeur de ce travail, l’exécution n’en a été possible qu’à la condition du cumul; une chaire au Muséum d’Histoire naturelle avec la direction des teintures des Gobelins. Hors du Muséum, j’aurais manqué des secours précieux que j’ai trouvés dans ceux de mes confrères chargés de la conservation des collections de ce grand établissement, et je n’aurais point rencontré une personne qui, comme le jardinier en chef, M. Pépin, m’aurait remis des échantillons de fleurs et de feuilles soigneusement étiquetés, qui, au nombre de plus de quinze mille, ont servi à mes déterminations. Hors des Gobelins, je n’aurais pu me procurer les échantillons qui ont été teints avec tant d’habileté et de zèle par feu Lebois, chef de l’atelier de teinture; sans le concours des chefs des ateliers de tapisseries et de tapis, MM. Laforest, Lebeau, François et Legrand, il m’eût été impossible de réaliser en dix cercles chromatiques et dans les dégradations des 72 gammes franches du 1er cercle la conception de la construction chromatique-hémisphérique. En outre, dans la détermination des couleurs sous lesquelles la matière colorée nous apparait en général, et en particulier les étoffes teintes, les matières employées par les peintres, les espèces chimiques qui ne sont pas blanches, les minéraux, les plantes et les animaux, j’aurais toujours conservé des doutes et craint la fatigue de mes yeux, si seul je m’étais livré à ce travail; mais avec le concours de M. Peyret, chef actuel de l’atelier de teinture, j’ai pu arriver à mon but, et présenter au public le résultat de mes observations avec quelque assurance.
- « Les psychologistes et les physiologistes, en suivant eux-mêmes mes publications sur la vision des couleurs et sur la perspective proprement dite, verront que, dans la science proprement dite, plus d'un point que l’on croyait connu ne l’était pas cependant; ils verront, dans le travail qui est à l’impression, que les rayons lumineux colorés ne nous affectent de la couleur spéciale par laquelle nous les désignons qu’après avoir été raréfiés à un certain degré; car, concentrés, autant que possible, par une lentille, leur couleur spécifique cesse, pour ainsi dire, d’être sensible, et ils nous affectent alors à l’instar de la lumière blanche pour ainsi dire. Ils verront dans le même
- (1) Voir Bulletin de 1858, 2e série, l. V, p. 257.
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- ARTS CHIMIQUES.
- travail, quelque imparfait qu’il soit, la possibilité de définir la couleur dans des limites convenables, et comment on passe de Y indéfini entredeuxlimit.es, à savoir d’une couleur quelconque indéfinie entre le blanc et le noir, au fini de cette couleur en la distinguant en vingt tons homogènes et finis en allant du blanc au noir. Après avoir donné un exemple de la manière dont on peut introduire, dans les sciences descriptives, des expressions précises pour parler d’attributs qui avaient été considérés comme variables, je montrerai, dans un écrit spécial, en quoi consiste la méthode naturelle relativement à la connaissance et à la description des individus d’une espèce vivante, envisagée à l’instar de Y espèce chimique. Si ces rapprochements n’intéressent pas les naturalistes, j’espère qu’ils fixeront l’attention de ceux qui s’occupent de la philosophie des sciences, considérées en général au point de vue de leurs analogies et de leurs différences.
- « Yoilà, en définitive, l’objet de l’ouvrage actuellement sous presse et dont cinq cents pages «ont imprimées.
- « Je vais donner maintenant un aperçu du onzième Mémoire de mes recherches chimiques sur la teinture; l’impression suivra immédiatement celle du précédent ouvrage.
- « Le onzième Mémoire s’ouvre par un résumé des trois séries de recherches que j’ai publiées depuis mon entrée aux Gobelins. Ce résumé était d’autant plus nécessaire que, dans les Mémoires IY et V (imprimés dans le XVIIIe volume du Recueil de l'Académie des sciences), où je parle des changements de couleur qu’un grand nombre d’étoffes teintes éprouvent par leur exposition, soit à la lumière, soit à la chaleur, dans le vide et différents milieux fluides-élastiques, je n’ai point apprécié ces changements d’une manière précise, faute de types définis auxquels je pouvais comparer les étoffes qui avaient subi l’exposition, soit à la lumière, soit à la chaleur. Heureusement, ayant conservé les étoffes exposées et leurs normes respectifs, j’ai pu comparer tous ces échantillons de mes anciennes recherches avec les types des cercles chromatiques, de sorte qu’aujourd’hui la publication du onzième Mémoire fera disparaître la lacune dont je viens de parler.
- « Le onzième Mémoire, que je dépose aujourd’hui sur le bureau de l’Académie, se compose de deux parties fort inégales en étendue.
- « La première partie renferme tes preuves nouvelles que je donne à l’appui de mon opinion sur la part qui revient à Y affinité chimique dans l’art de la teinture.
- « La deuxième partie concerne l’influence de la température, l’influence du passage à la vapeur des étoffes teintes et l’influence de différents corps appelés vulgairement mordants, sur la stabilité des matières colorées appliquées par le teinturier sur les étoffes de laine, de soie et de coton.
- « J’avais pensé pouvoir exposer aujourd’hui un aperçu de chacune de ces deux parties à l’Académie; mais on m’a fait observer qu’il serait plus convenable de me borner, dans cette séance, à la première partie ; dans la séance prochaine j’entretiendrai l'Académie de la seconde partie.
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- PREMIÈRE PARTIE DU ONZIÈME MÉMOIRE DE MES RECHERCHES CHIMIQUES SUR LA TEINTURE.
- De l’intervention de l’affinité dans les opérations de la teinture.
- « Dans mon huitième Mémoire (1), j’ai démontré que les étoffes colorées par des procédés du ressort de la teinture peuvent devoir leur couleur :
- « 1° A l’affinité chimique;
- <t 2° A une simple adhésion à la surface de l'étoffe ou à Vinterposition, entre ses filaments , d’une matière colorée;
- a 3° A la fois à ces deux causes.
- « J’admets en principe qu’une étoffe plongée dans un bain dont la matière colorante est en solution chimique ne peut s’y teindre qu’en vertu de l’affinité mutuelle de l’étoffe et de la matière colorée qui s’y fixe; car, à mon sens, pour la réalisation de cet effet, il n’y a que l’affinité capable de surmonter celle du dissolvant pour la matière qu’il tient en solution.
- « J’ai hésité d’autant moins à revenir sur cette influence de l’affinité dans la teinture, qu’elle a été méconnue depuis quelque temps, quand elle a été l’objet de raisonnements plus ou moins développés pour combattre, comme une erreur, l’opinion de ceux qui la reconnaissent en principe comme réelle.
- « S’il existe une preuve de l’intervention de l’affinité dans la fixation des matières colorantes sur les étoffes, c’est assurément la diversité de coloration qu’on observe en plongeant simultanément, dans un même bain colorant, des poids égaux de laine, de soie et de coton, et la définition que l’on fait ensuite de la couleur fixée sur chaque étoffe, relativement à la gamme et à la hauteur du ton auxquelles la couleur des étoffes se rapporte respectivement. Il est entendu qu’en faisant varier le bain de matière colorante les trois étoffes des différents lots sont identiques. Sans cette condition, les résultats pourraient différer de ceux que je vais exposer.
- I. Acide picrique.
- la laine a pris à froid dans un bain aqueux d’acide picrique. . . . jaune 8 ton.
- La soie.......................................................... 2 jaune S ton.
- Le coton........................................................ zéro couleur.
- « La conséquence est donc :
- « 1° Que le coton n’a aucune affinité pour l’acide picrique, ou plutôt qu’il n’en a pas une suffisante pour l’enlever à l’eau ;
- « 2° Que la soie en a une sensiblement moindre que la laine.
- « A chaud les résultats sont semblables; mais lorsque la soie a pris 1 jaune 6 ton, la laine a pris 5 orangé-jaune 9 ton.
- (1) Recueil de Mémoires de l’Académie des sciences, t. XXIV.
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- ARTS CHIMIQUES.
- IL Carlhamine.
- « Dans un bain dont la composition était définie :
- 50ec do earthamate de soude.
- 150ec d’eau et d’acide acétique.
- « Durée de l’immersion, 3 heures.
- La laine a pris.... le 5 rouge A- 1,75 ton.
- La soie............le 4 violet-rouge 6 ton.
- Le coton...........le 3 violet-rouge 6 ton.
- Conclusion.
- « La soie et le coton ont pris un ton égal.
- « La laine en a pris un bien moins élevé.
- « Dans un bain composé de
- •100ec de earthamate de soude identique au précédent. 1200cc d’eau et d’acide acétique.
- « La durée du bain a été de 12 jours.
- La laine a pris. ... 1 orangé 3 ton.
- La soie............... 4 ronge 10 ton.
- Le coton........... 4 violet-rouge 9 ton.
- « Les résultats sont donc correspondants aux précédents, sauf que la soie a pris un ton de plus que le coton.
- III. Acide s-ulfindigotique.
- La laine a pris............ 1 bleu il ton.
- La soie.................... 1 bleu 11,33 ton.
- Le coton................... 1 bleu 5 ton.
- a La durée de l’immersion avait été de 20 heures.
- « A l’égard de l’acide sulfindigotique, la laine et la soie ont à peu près la même aptitude à se teindre; le coton en a beaucoup moins.
- « C’est donc un résultat inverse de celui que présente le carihame, puisque la soie et le coton ont à peu pies la même aptitude à prendre la cartbamine, tandis que la laine en a très-peu.
- IY. Rocou.
- Laine..................... 5 orangé 10 ton.
- Soie...................... 3 orangé 11 ton.
- Coton.................... 1 orangé 11 ton.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- « L’immersion a été de 48 heures.
- « Le rocou diffère donc des trois matières colorantes précédentes, en ce que les trois étoffes ont à peu près la même aptitude à prendre la matière colorante du rocou.
- INFLUENCE DU TEMPS.
- Acide sulfmdigotique.
- Immersion de 3 heures. De 48 heures.
- Laine.................. 10,75 ton........... 11 ton.
- Soie................... 12 ton........ 11,33 ton.
- Coton.................. 5,5 ton............. 5 ton.
- « Ainsi la soie et le coton ont pris des tons plus élevés après 3 heures qu’après 48 heures, et la laine a pris plus de ton après 48 heures qu’après 3 heures; et il semble même que la laine serait susceptible d’enlever de la couleur h la soie et au coton.
- Rocou.
- Immersion de 3 heures. Oc 48 heures.
- Laine..................... 7,5 ton............... 10 ton.
- Soie...................... 10 ton............ 11 ton.
- Coton..................... 10 ton............ 11 ton.
- « Résultat un peu différent du précédent, mais prouvant toujours l’influence du temps.
- Conclusions.
- « En définitive, toutes ces expériences démontrent une affinité élective entre les différents principes colorants et les différentes étoffes, laine, soie et colon. » (Comptes rendus des séances de VAcadémie des sciences.)
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Exposition universelle de 1862 (à Londres. — Section française). — Produits de Vagriculture et de Vindustrie. — Commission impériale. — Avis aux producteurs qui désirent être admis à VExposition.
- Demandes d’admission.
- Chaque producteur du département de la Seine doit remplir un bulletin d'inscription et l’expédier ( non affranchi ) conformément à l’adresse imprimée au verso dudit bulletin.
- Ces bulletins sont délivrés chaque jour gratuitement :
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- 1° Au secrétariat de la Commission impériale, palais de l’Industrie ( porte n° 1) ;
- 2° Au secrétariat de la chambre de commerce de Paris, place de la Bourse, 2 ;
- 3° À l’École impériale des mines, rue d’Enfer, 30 ;
- 4° A l’École impériale des ponts et chaussées, rue des Saints-Pères, 28;
- 5° Au Conservatoire impérial des arts et métiers, rue Saint-Martin, 292 ;
- 6° A l’École centrale des arts et manufactures, rue des Coutures-Saint-Gervais, 1 ;
- 7° A l’École supérieure du commerce, rue Saint-Pierre-Popincourt, 24.
- Un jury composé de neuf sections, institué à Paris depuis le 1er juillet, donne son avis sur les demandes qui seront ainsi expédiées avant le 1er août 1861.
- La liste des membres du jury d'admission de la Seine est distribuée gratuitement avec le bulletin d’inscription.
- Les producteurs des autres départements doivent former leurs demandes selon les règles établies par MM. les préfets.
- Des jurys d’admission institués par MM. les préfets dans les principales localités donnent leur avis sur les demandes formées dans leur circonscription.
- La Commission impériale, assistée par un jury central de révision, statue définitivement sur les demandes examinées par tous les jurys d’admission de l’Empire.
- Service des renseignements.
- Tous les producteurs de l’Empire trouveront dans le règlement général du 1 § juin 1861 l’ensemble des mesures adoptées au sujet de l’Exposition.
- Ce règlement se distribue gratuitement :
- A Paris, aux lieux indiqués ci-dessus pour le bulletin d’inscription.
- Dans les départements, aux lieux indiqués par MM. les préfets.
- Les personnes qui ont à faire, au sujet de l’Exposition, des communications écrites, doivent les adresser :
- A Paris ( non affranchies ), à M. le conseiller d'Etat, secrétaire général de la Commission impériale, au palais de l’Industrie ;
- Dans les départements, aux fonctionnaires désignés par MM. les préfets.
- Les personnes qui désirent donner ou recevoir des communications verbales doivent s’adresser :
- A Paris, au bureau des renseignements du secrétariat de la Commission impériale, au palais de l’Industrie ( Champs-Elysées ), porte n° 1 ;
- Dans les départements, aux lieux indiqués par MM. les préfets.
- Paris, le 2 juillet 1861.
- Le conseiller d'Etat, secrétaire général de la Commission impériale,
- F. le Play.
- Sur le borate sodico-calcique du Pérou ( tinkalzite ), par M. Salvètat.
- « M. T. L. Phipson a publié l’analyse qu’il a faite du borate double de soude et de
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- chaux; ce sel remplace actuellement en grande partie le borax et l’acide borique dans leurs usages industriels.
- « Je demande à l’Académie la permission de compléter les indications que fournit la note de M. Phipson insérée dans les Comptes rendus (1861, t. lu, p. 406).
- « C’est en 1851, à l’époque de l’Exposition de Londres, que l’hydroborocalcite ou borate de chaux, analysé par M. Hayes et nommé liayessine par les minéralogistes anglais, fixa l’attention. Les besoins des arts céramiques, qui, comme on le sait, consomment la plus grande partie de l’acide borique produit, éveillèrent la curiosité des membres du jury, qui purent vérifier, à Londres même, la composition de la hayes-sine. Les analyses faites en 1846 par M. Hayes, et celles de M. Ulex en 1850, n’avaient pu faire apprécier la valeur de ces matières intéressantes, qui n’étaient conservées que comme spécimens de substances rares et comme échantillons de collection. A la suite des demandes faites par les négociants anglais, des quantités considérables de cette nouvelle source d’acide borique furent importées en Europe, et des essais intelligents furent faits pour les faire entrer directement dans la pratique des arts céramiques.
- « Des échantillons de puretés différentes furent envoyés, à cette époque , à la manufacture de Sèvres; j’en fis l’analyse et j’en publiai les résultats en 1857 (1) : je les reproduis ici.
- i. il. m.
- Eau. . 41,25 45,50 35,00
- Acide borique 12,11 30,18 34,74
- Chaux 16,32 11,00 15,78
- Soude 8,95 7,24 8,33
- Acide sulfurique. . . . 10,66 1,72 0,34
- Chlore 2,71 1,73 0,49
- Sodium correspondant. 1,50 1,13 0,32
- Matières terreuses.. . . 8,00 2,50 2,90
- Iodures et bromures.
- « Depuis cette époque j’ai constaté, dans les nodules de borate double de chaux et de soude, des quantités très-appréciables de nitrate de soude, irrégulièrement réparties.
- « Ces analyses et celles de M. Lecanu publiées dans les Comptes rendus des séances de rAcadémie des sciences, t. XXXVI, p. 580, démontrent que le borate de chaux pur et cristallisé se trouve souvent associé dans le même gisement avec du borate double de soude et de chaux, du quartz concrétionné, de la glaubérite, des sulfates, des chlorures et des nitrates. L’analyse III représente le borate double à peu près à l’état de pureté ; elle s’accorde avec celles de MM. Phipson et Kletzinski.
- « Il s’est établi, vers 1856, à Bordeaux, une usine pour le traitement de ces matières; elle a livré du borax et de l’acide borique de bonne qualité jusqu’au moment
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- (1) Leçons de céramique, 1.1, p. 228.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Juin 1861.
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- où le propriétaire s’est mis d’accord, pour ne plus fabriquer, avec M. Wood, qui tient à Liverpool le monopole de l’acide borique et du borax.
- « Je fais usage, depuis plusieurs années, du borate naturel de soude et de chaux, dans mon service de la manufacture de Sèvres. Je ne le soumets à d’autre traitement que celui qui résulte d’un simple épluchage. Encore, pour obtenir les émaux colorés en brun, les épluchures peuvent-elles servir.
- « Les émaux pour terre cuite contiennent :
- Pegmatite de Saint-Yrieix................. 1000
- Minium................................... 1500
- Borate double de soude et de chaux. ... 500
- « On ajoute les oxydes colorants dont on doit faire usage-, on fond, on coule à l’eau, puis on lave à l’eau chaude; les sels qui n’ont pu se combiner à la silice restent comme fiel de verre et sont éliminés par les lavages.
- a J’ai pensé qu’il pouvait être utile de faire connaître ces vernis qui sont d’une belle limpidité, alors que le goût des objets d’art et de curiosités donne à la reproduction des terres dites de Bernard Palùsy un certain intérêt. Les vernis dont la composition précède peuvent être fixés sur des poteries suffisamment.cuites avec des colorations qui n’offrent aucune tressaillure. » (Comptes rendus des séances de ïAcadémie des sciences. )
- Forage dhm puits artésien à Wolverhampton ( Angleterre ), par M. J. F. Bateman.
- La ville de Wolverhampton a été, jusque dans ces derniers temps, alimentée par les eaux de deux puits creusés à peu près à la même profondeur de 300 pieds environ ( 91™,43 ), l’un dans les couches inférieures au nouveau grès rouge, l’autre dans le nouveau grès rouge proprement dit. Dans le principe, on avait compté qu’ils fourniraient un rendement considérable, mais les prévisions ont été loin de se réaliser, et l’on ne recueille par jour que 200,000 gallons (908 mèt. cub.}, que des pompes puisent, d’une part, à la profondeur de 180 pieds (54m,85), et, d’autre part, à celle de 246 pieds (74m,98).
- L’insuffisance de cette production ayant nécessité d’autres travaux, M. Bateman a été chargé de faire une dérivation de la rivière Worih, au pont de Corford, à une distance de 9 milles environ de Wolverhampton et de 3 milles de Shiffnall, dans le comté de Salop. Les travaux sont faits pour un approvisionnement journalier de 2 millions de galions (9,080 mèt. cub.), et l’eau qui alimente la ville est élevée à une hauteur de 500 pieds (152m,40).
- La rivière Worth, à l’endroit où l’établissement hydraulique a été érigé, n’ayant qu’une élévation de 40 ou 50 pieds (12m,20 à 15m,20) au-dessus de la Severn, qu’elle rejoint à Bridgmoulh, à une distance de 8 à 10 milles environ, on peut la considérer comme placée au fond d’un bassin d’une faible élévation au dessus du niveau de la mer. Or, du relief du sol environnant et de l’inclinaison des couches de
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- grès rouge est résultée, pour M. Bateman, la presque conviction de la possibilité de trouver, dans ce terrain, une nappe d’eau importante capable de fournir une source artésienne, malgré les résultats défavorables fournis par les deux puits situés sur le plateau élevé de Wolverhampton. En conséquence, il a demandé à la Compagnie des eaux et obtenu l’autorisation de vérifier ce fait par un sondage convenablement placé.
- Un trou de sonde de 12 pouces de diamètre (0m,305) a donc été creusé, et continué ainsi jusqu’à 70 pieds (21ra,33) de profondeur; à partir de ce point, il a été réduit à 7 pouces ( 0m,178) et poussé à 190 pieds plus loin (57m,9G) ; profondeur totale, 260 pieds (79m,23). L’eau a été rencontrée, pour la première fois, à 25 pieds h pouces ( 7m,72) ; à dater de ce moment, elle s’est élevée à la surface en augmentant, de volume, à mesure que le forage descendait plus bas, et, au moment où le travail a cessé, le rendement a été par jour de 210,000 gallons (953,4 met., cub. ).
- Pendant le travail du forage, la nature des couches du terrain a peu varié; le grès, presque toujours dur, alternait cependant quelquefois avec quelque banc plus tendre. ( Mechanic s Magazine. )
- Projet d’un pont suspendu de 3,000 pieds de longueur (91im,38), par
- M. W. Barloiv.
- M. Peter W. Barlow, ingénieur anglais, ayant visité l’Amérique dans le but d’examiner avec soin le pont suspendu du Niagara, sur lequel passe un chemin de fer, et dont la solidité a été bien des fois mise en question en Angleterre, est, depuis son retour, tellement convaincu des avantages que présente ce système, qu’il propose d’en faire plusieurs applications dans des cas spéciaux. C’est ainsi qu’il veut d’abord relier Liverpool à Birkenhead par un semblable pont, dont la portée n’aurait pas moins de 3,000 pieds (914m,38). Son élévation au dessus de la rivière serait de 150 pieds (45m,72); les passagers seraient hissés à l’une des extrémités, et descendus à l’autre par un mécanisme mû par la vapeur; enfin le prix de cet ouvrage gigantesque est estimé à la somme de 1 million de livres sterling (25 millions de francs).
- Parmi les œuvres de ce genre dont M. Barlow croit la réalisation possible et surtout avantageuse, il propose encore :
- Un pont allant de New-York à Brooklyn, avec une portée de 2,000 pieds (609m,58);
- Deux ponts dans les rues mêmes de Londres, et destinés à faciliter la circulation toujours encombrée sur certains points : l’un partant de la jonction de Tottenham Court Road avec Oxford Street, et passant derrière la Banque pour aller à Whitecha-pel ; l’autre ayant son origine au point de réunion des voies désignées sous les noms de Kent, Newington, YValworth, et aboutissant près de la station de Shoreditch du chemin de fer de l’Est. Il estime que la dépense pour un tel viaduc, ayant une portée de 1,000 pieds (304m,80) et pouvant livrer passage à une double ligne de voitures à marchandises, correspondant avec des voies de fer qu’on établirait dans les rues, suivant la méthode américaine, ne s’élèverait pas à plus de 150,000 livres (3,750,000 fr.)
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- par mille de développement. En faisant remarquer que le seul terrain qu’exigent ces constructions est celui nécessaire à l’emplacement des piliers de soutènement en fonte, il pense qu’on pourrait, de la même manière, relier les rues d’Holborn et de Newgate, pour éviter la montée si rude de la première, projet souvent^étudié et toujours ajourné, en raison des acquisitions onéreuses de propriétés que nécessiterait son exécution par les moyens ordinaires.
- Enfin le hardi constructeur, continuant à appliquer le même système, voudrait, à Runcorn, à l’endroit même où Telford avait déjà, en 1814, conçu un projet de pont, jeter sur la Mersey un pont de trois travées, dont la plus grande aurait 1,000 pieds et chacune des deux autres 500 ; il en évalue la dépense à 100,000 livres (1,250,000 fr.), et propose de l’exécuter pour cette somme à ses risques et périls. ( Practical Mecha-nie’s Journal. )
- Renseignements sur le commerce de la librairie en Angleterre.
- *
- Les relevés statistiques faits, chaque année, par le Conseil de commerce ( Board of trade), établissent qu’en 1859 il a été importé de divers pays 6,520 cwt de livres (331,085 kilog. ) (1), tandis qu’on en a exporté 33,543 cwt (1,703,313 kilog.), d’une valeur déclarée de 12 millions de francs environ, auxquels il conviendrait de joindre encore 18 tonnes de livres étrangers. On voit, par ces chiffres, que l’exportation a dépassé de plus de cinq fois l’importation.
- La France fournit le tiers du chiffre d’importation, tandis que sur l’exportation elle n’en reçoit que 27,268 kilog. $ en revanche, la majeure partie des livres anglais est expédiée en Amérique et dans les nombreuses colonies que possède la Grande-Bretagne.
- Les droits à l’importation se sont élevés à 132,375 fr., à raison de 73 fr. 80 c. par chaque 100 kilog. pour tous livres autres que ceux des colonies ou des pays avec lesquels il existe des traités réciproques de propriété littéraire, lesquels ne payent que 36 fr. 90 c. ; mais à partir de 1860, grâce au nouveau tarif dû à l’initiative de M. Gladstone, le droit d’importation a été réduit, pour tous les ouvrages en toutes les langues, à une taxe uniforme de 39 fr. 30 c. par 100 kilog. Les livres anciens imprimés avant 1801 sont exempts de droits. (Journal of the Society of arts.)
- Exploitation de la résine du lentisque dans Vile de Chio.
- Il existe en Afrique, en Syrie, en Grèce et surtout dans l’île de Chio (archipelgrec), un petit arbre appelé lentisque, qui sécrète une substance résineuse, employée en médecine, connue sous le nom de mastic de Chio, et que les Anglais désignent par mastic tree. Ce petit arbre, dont la hauteur excède rarement 2m,45, a ses feuilles toujours
- (1) La douane anglaise se contente de peser les livres sans les compter.
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- vertes et ressemblant à celles du pistachier-térébinthe ( turpentine tree). Le produit de cet arbrisseau constitue l’une des principales ressources de Chio; pour l’extraire, il suffit de pratiquer plusieurs incisions sur le tronc, et la résine coule d’elle-même. Avant 1850, la récolte était, par année, de 45,000 à 50,000 ocques (1 ocque vaut à peu près ll,03) ; à dater de cette époque, elle ne s’est plus élevée qu’à 20,000, les arbres ayant considérablement souffert de la gelée. Le lenlisque ne peut être cultivé que dans le nord de l’île; tous les essais tentés pour l’élever sur d’autres points ont complètement échoué. (Ibid.)
- Traitement des minerais de cuivre pauvres par l'acide chlorhydrique.
- A une petite distance du village de Twista, dans la principauté de Waldeck (Allemagne), on rencontre plusieurs couches importantes d’un grès plus ou moins imprégné de cuivre carbonaté vert. Bien que d’une teneur extrêmement variable, ne fournissant en moyenne que 2 pour 100 de cuivre, ce minerai fut, dans le principe, exploité et traité par la méthode ordinaire de fusion; mais il paraît que les résultats obtenus ne furent pas satisfaisants, car on finit par abandonner ce traitement.
- La nature insoluble de la gangue quartzeuse qui accompagne le cuivre suggéra, il y a quelques années, à M. Rodius, attaché à l’usine métallurgique de Linz, l’idée d’opérer sur ce minerai avec l’acide chlorhydrique; le procédé, ayant parfaitement réussi, a donné lieu à l’érection d’un établissement important, où il est appliqué en grand. Cet établissement comprend une machine à broyer qui réduit le minerai en petits fragments, 16 cuves de dissolution, et un grand nombre de réservoirs destinés à recevoir les liqueurs cuivreuses, et dans lesquels s’opère la précipitation du métal au moyen d’une certaine quantité de ferraille. Les cuves de dissolution, qui ont lm,20 de hauteur et 4 mètres de diamètre, sont pourvues, chacune, d’un agitateur en bois ; tous ces agitateurs sont mis en mouvement par un arbre unique qui passe au-dessus d’eux et que commande une puissante roue hydraulique. Cette vaste organisation permet de traiter par jour 20 tonnes de minerai, qui produisent de 355 à 400 kilog. de cuivre. Chaque opération est terminée en vingt-quatre heures, grâce à l’emploi de pompes en bois au moyen desquelles les liqueurs sont transvasées des cuves de dissolution dans les réservoirs de précipitation. Le minerai, rendu à l’usine, revient à 5 fr. la tonne.
- L’acide dont on se sert à Twista provient des environs de Francfort; il contient.16 pour 100 d’acide pur et se paye 5 fr. 50 c. les 100 kilog. Chaque tonne de minerai exige 180 kilog. d’acide qui, avant d’être employés, sont additionnés d’eau, de manière à amener la richesse à 10 pour 100 seulement. La précipitation d’une tonne de cuivre demande une tonne 1/4 de ferraille, coûtant 106 fr. 25 c. la tonne. En 1856, on a produit, de cette manière, 120 tonnes de cuivre métallique et réalisé un bénéfice net de près de 50 pour 100.
- Cette méthode de traitement, d’une extrême simplicité, doit probablement pouvoir
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- s’appliquer aux variétés les plus pauvres de carbonates et d’oxydes de cuivre qu’on rencontre dans d’autres localités; mais, pour opérer dans des conditions avantageuses, il est nécessaire que le minerai puisse être extrait à prix extrêmement réduit et que la gangue contienne très-peu de calcaire et, en général, très peu de substances autres que le cuivre, qui soient solubles dans l’acide chlorhydrique étendu. Il est essentiel également que la mine se trouve au voisinage du lieu de fabrication de l’acide, afin d’éviter les frais de transport; il faut enfin s’assurer d’un approvisionnement de ferraille suffisant et à bon marché. ( Records of mining and metallurgy, by J. Arthur Phillips and John Darlington. )
- Production du caoutchouc à San Salvador.
- Il existe au Salvador, comme sur toutes les côtes de l’Amérique centrale, un grand nombre d’arbres de l’espèce qui donne le caoutchouc. Cependant l’exportation de ce produit est presque nulle, en raison probablement de l’ignorance où l’on était resté jusqu’ici de la manière de le préparer pour lui donner la valeur qui le fait accepter sur les marchés d’Europe. En effet, jusque dans ces derniers temps, on se contentait de recevoir sur une couche de terre glaise le suc s’écoulant du tronc de l’arbre incisé à la hache ou au couteau. On laissait figer ce suc, et, lorsqu’on le recueillait ensuite, il était nécessairement souillé par un mélange do matières étrangères qui en diminuaient de beaucoup la valeur.
- Un Hongrois, du nom de Schlessinger, a sollicité et obtenu, en 1860, du gouvernement le privilège de l’extraction du caoutchouc, pendant un an, sur tous les terrains vagues appartenant aux communes ou a l’État, à la condition de créer un établissement modèle pour la préparation de cette gomme, et de donner à tous ceux qui viendraient le consulter des renseignements sur les soins que cette préparation exige. Un droit d’une piastre par quintal est, en oir.re, également établi, pendant un an, au profit du concessionnaire, sur tous les caoutchoucs exportés du Salvador et produits dans d’autres lieux que ceux où le privilège mentionné plus haut est accordé.
- Le suc cle l’arbre, que l’on continuera d’obtenir au moyen d’incisions plus ou moins profondes, est recueilli dans des jattes de bois et passé à travers une feuille de fer-blanc perforée à peu près connue une écumoire, pour en séparer les morceaux d’écorce ou autres matières qui s’y trouvent mêlés. On le délaye ensuite dans une double quantité d’eau pure, puis, après avoir passé la liqueur à travers un linge, on ia verse dans un réservoir, où l’on ajoute une nouvelle quantité d’eau égale à la précédente, en sorte qu’il y a 4/5 d’eau et 1/5 de suc. On laisse reposer pendant vingt-quatre heures; le suc, étant plus léger que l’eau, s’élève à la surface, et l’eau est écoulée peu à peu avec précaution par des robinets placés au fond du réservoir. Cette première eau enlevée, on en ajoute cle l’autre en même quantité, et, après un nouveau repos de vingt-quatre heures, on la sort avec les mêmes précautions, pour empêcher qu’elle n’entraîne quelques parcelles de caoutchouc. L’opération se renouvelle autant de fois qu’il est nécessaire, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’eau, qui sort d’abord
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- sale et trouble, devienne parfaitement limpide. Cela fait, le suc est mis, pendant vingt-quatre heures, dans des vases percés de petits trous par lesquels s’échappe l’eau qu’il peut renfermer encore. Il ne s’agit plus, dès lors, que de lui donner de la consistance; à cet effet on prend, par quintal de suc brut recueilli, une demi-bouteille d’eau chaude dans laquelle on a fait dissoudre une once d’alun en poudre, puis l’on verse et l’on mêle à plusieurs reprises. Bientôt le suc commence à durcir; on le met alors sous presse, où il achève de se solidifier en se débarrassant des dernières traces d’humidité qu’il contient. Au sortir de la presse, le caoutchouc est tenu à l’ombre et emballé pour l'exportation.
- Le sieur Schlessinger calcule que le quintal de caoutchouc ainsi préparé reviendra, au Salvador, à 10 piastres, prix qui assurerait un bénéfice considérable au producteur. ( Annales du commerce extérieur. )
- Sur les compagnies américaines d’éclairage au gaz.
- On compte en Amérique :
- Dollars.
- Dans les États dits de l’Union.. . 318 compagnies à gaz représentant un capital de 17,911,215 (1)
- Dans les provinces anglaises. . . 23......................................... 2,112,040
- À Cuba, au Mexique et dans
- l’Amérique du Sud............ 19............................................ 6,500,000
- Le prix du gaz, aux États-Unis, varie de 3 à 10 dollars par 1,000 pieds cubes (28m3,2l4), suivant la distance de l’usine au lieu d’extraction du charbon.
- On doit s’étonner qu’il y ait aussi peu d’usines à gaz dans un pays d’étendue aussi considérable que l’Amérique. Considérons, par exemple, l’État de New-York, avec sa surface de 46,000 milles carrés (119,085 kilorn. carr. ), dont la plus grande longueur est de près de 480 milles et la largeur de 310, avec sa population d’au moins 4 millions d’âmes, réparties dans 800,000 familles environ, lesquelles occupent 600,000 habitations comprises dans 45 comtés ; eh bien, l’on n’y compte pas plus de 71 usines ! Cependant on y rencontre presque partout des villes et villages riches et populeux, et l'on peut dire qu’à de rares exceptions près ils sont tous dans des conditions favorables à l’établissement du gaz. Yoilà l’État de Pensylvanie, dont la' surface et la population sont à peu près les mêmes, qui se divise en 63 comtés, et qui n’a que 48 usines. Le Massachussets en possède 49, pour un développement de plus de 8,000 milles carrés (20,710 kilorn. carr.) et une population qui dépasse 2,000,000 d’habitants. L’Illinois n’en compte que 13, pour une étendue de 55,400 milles carrés ( 143,419 kilom. carr.). L’Ohio, qui se divise en 87 comtés, avec une superficie de 40,000 milles carrés ( 103,552 kilom. carr. ), n’a que 30 usines.
- Quelle différence avec la Grande-Bretagne, qui, pour une superficie totale de
- (1) Le dollar vaut 5f,-ii.
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- 88,000 railles carrés (227,815 kilom. carr.), possède plus de 1,100 usines à gaz! C’est environ trois fois autant qu’en renferment les Etats de l’Union. Si l’on rapproche ces chiffres de ceux du seul État de New-York, on voit que, pour un territoire qui n’est pas tout à fait le double de celui de cet État, l’Angleterre renferme 15 usines pour une. ( Practical Mechanic's Journal. )
- Production de combustibles minéraux, en 1858, dans le monde entier.
- On estime au moins à 130 millions de tonnes la production totale, dans le monde entier, d’anthracite, de houille et de lignite ; la répartition peut en être ainsi faite :
- Grande-Bretagne......................
- États-Unis d’Amérique................
- Prusse...............................
- Belgique.............................
- France...............................
- Autriche.............................
- Saxe.................................
- Hanovre..............................
- Hesse électorale, Schauenbourg-Lippe. .
- Bavière..............................
- Espagne..............................
- Grand-duché de Hesse.................
- Grand-duché de Bade..................
- Autres contrées......................
- Houille . . . . 66,048,787 tonnes,
- Houille . . . 14,920,996 —
- Anthracite ... 6,867,944 —
- Houille . . . 10,417,296 —
- Lignite 2,425,627 —
- Houille . . . . 8,925,714 —
- Houille . . . . 8,400,000 —
- Houille 1,180,245 —
- Lignite . . . . 920,602 —
- Houille . . . . 1,400,400 —
- Lignite . . . . 210,000 —
- Houille . . . . 450,000 —
- Houille . . . . 250,000 —
- Lignite , . . . 50,000 —
- Houille . . . . 270,000 —
- Houille ... 215,000 —
- Lignite . . . . 50,000 —
- Houille 2,500 —
- Houille . . . . 7,000,000 —
- On voit que le royaume uni de la Grande-Bretagne fournit à lui seul plus que la moitié de cette quantité de combustibles minéraux; l’Amérique (États-Unis), près du sixième ; la Prusse, le dixième; la Belgique, un quatorzième et demi, etc.
- Dans l’ordre d’importance de la production, la Prusse occupe maintenant le troisième rang; les exploitations de ce pays se sont, en effet, rapidement développées depuis 1850, époque à dater de laquelle cette production s’est accrue de 150 pour 100.
- On a calculé, pour cette même année 1858, la production et la consommation de houille par habitant pour les cinq États principaux producteurs de ce combustible ; voici les résultats approximatifs auxquels on est arrivé :
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- GRANDE-BRETAGNE. ÉTATS-UNIS. PRUSSE. BELGIQUE. FRANCE.
- Population en nombre rond en 1858 Production en houille. . . Consommation en houille. Production par habitant. . Consommation id. . . . 29,000,000 66,048,787 ton. 59,414,832 2,278 kil. 2,049 28,000,000 14,920,996 14,920,996 533 533 17,800,000 10,417,296 9,418,296 585 529 4,600,000 8,925,714 5,042,003 1,930 1,292 37,000,000 8,400,000 13,612,946 227 368
- ( Annales des mines. )
- Sur les mines de cuivre d’Acton, province de Montréal [Canada), par M. Gauldrée-Boilleau, consul de France à Québec. ( Extrait. )
- C’est au hasard qu’est due la découverte des masses de sulfure de cuivre qui semblent concentrées autour d’Acton. Ce petit village, situé dans le comté de Bagot, à 49 milles de Montréal, est subitement devenu le centre de recherches et de spéculations qui n’ont pas été toutes heureuses. 11 s’est produit, sur une échelle plus restreinte, une sorte de fièvre analogue à celle occasionnée par les placers aurifères de la rivière Frazer et les mines d’argent de Washoë. Quelles seront les conséquences d’une pareille excitation? C’est ce qu’il serait difficile d’apprécier actuellement; ce qu’il importe d’établir de suite, c’est qu’il y a eu beaucoup d’exagération dans les rapports mis en circulation sur les richesses minérales d’Acton. En réalité, il n’y a, pour le moment, qu’une seule exploitation qui ait complètement réussi et qui donne de larges bénéfices; elle appartient à M. Davies, de Montréal, et est située à 1 kilomètre environ de la station du chemin de fer. C’est moins une mine qu’une carrière. Les travaux ont lieu à ciel ouvert; ils n’embrassent, d’ailleurs, qu’une faible étendue et suffisent à peine pour donner une idée complète de la formation métallifère.
- Le cuivre est contenu dans une roche calcaire qui appartient à l’étage silurien et paraît devoir être rattachée au groupe de l’Hudson. Ce calcaire est de couleur grise; il est dur et cristallin. La pyrite de fer s’y rencontre assez fréquemment en cristaux cubiques ; la chaux carbonatée en lamelles blanches y forme aussi de petites veines, mais les débris fossiles y sont rares. Le minerai de cuivre est à l’état de sulfure; on l’appellepurple ore (minerai pourpré), à cause de sa couleur violacée et des reflets irisés que l’on aperçoit dans la plupart des échantillons. La roche cuprifère forme une couche qui semble courir du nord-est au sud-ouest, et dont l’inclinaison moyenne est d’environ 30 degrés. On n’en connaît encore ni la puissance ni les limites, mais peut-être n’est-ce qu’un amas de grandes dimensions, ainsi qu’est porté à le croire sir William Logan, géologue de la province. La pyrite de cuivre accompagne quelquefois le sulfure simple, et l’on observe également des carbonates bleus et verts qui sont ordinairement à l’état terreux dans une couche de schistes de 0m,40 au plus. Ces Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Juin 1861. 47
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- schistes et îe calcaire cuprifère auquel ils sont superposés viennent immédiatement au-dessous des dépôts d’alluvion, dont l’épaisseur varie de 2 à 4 mètres.
- Les travaux consistent en des tranchées pratiquées, à peu près au hasard, par un entrepreneur auquel M. Davies a loué son terrain, à la condition de lui livrer en payement le tiers des produits. Le schiste est friable et se détache facilement avec le pic; quant au calcaire, on le brise au moyen de la poudre. Les excavations étant peu profondes, il n’y arrive qu’une très-petite quantité d’eau, qu’on enlève avec une pompe manœuvrée par deux hommes. Cent cinquante ouvriers sont employés, les uns à excaver le sol et les autres à préparer le minerai qu’on en retire ; parmi ces derniers figurent des femmes et des enfants, payés à raison de 1 fr. 25 c. par jour. Les gages d’un manoeuvre sont de 4 fr. pour neuf heures de travail. Il n’y a qu’un très-petit nombre de mineurs dans le sens propre du mot; ceux-là gagnent par mois 40 dollars, soit 212 fr.
- Si l’exploitation est simple, la préparation mécanique l’est encore davantage. On soumet la roche cuprifère à un triage grossier, puis on la casse en morceaux de la grosseur d’un œuf de canard, que l’on empile dans des barils à farine; les poussières sont également ramassées et réunies dans des récipients séparés. Ces différents produits sont acheminés sur Boston, où se trouvent les usines à cuivre et où ils subissent, avant d’être traités, un double essai dont les résultats doivent concorder. On évalue leur richesse moyenne à 15 pour 100. Le prix se déduit de l’analyse ; jusqu’à présent, il a varié de 3,50 à 4,50 liv. sterl. pour chaque unité de métal contenue dans la tonne. En prenant des moyennes, la tonne de 1,000 kilog., transportée à Boston, y a été payée 315 fr. Entre Àcton et Boston, le fret de la tonne par chemin de fer n’est que de 21 fr. On peut juger, par ces chiffres, des énormes bénéfices que doit donner l’exploitation dans sa forme actuelle et toute primitive. Les carrières de cuivre peuvent aisément rendre 500 tonnes de minerai par mois, représentant, à Boston, 30,000 liv. sterl. (750,000 fr. ), et ne coûtant, tant pour l’extraction que pour la préparation et le transport, que le quart de cette somme. (Ibid. )
- Procédé de purification du plomb du commerce, par M. William Baker de Sheffield.
- Le plomb du commerce contient souvent une certaine quantité d’impuretés composées principalement de soufre, d’antimoine, d’arsenic, de fer et autres métaux dont la présence en altère la douceur et la ductilité. Le procédé de M. William Baker a pour but d’enlever ces impuretés par l’emploi d’agents oxydants ajoutés au plomb lorsqu’il est porté à une température supérieure à celle de son point de fusion. Les substances qu’il regarde comme les plus efficaces sont les nitrates et les bisulfates de soude et de potasse, bien qu’on puisse se servir également du sulfate de fer, d’un mélange de bisulfate de soude et de potasse avec du sel commun, etc., à la condition de ne les employer qu’à une haute température. Quels que soient les sels ou le mélange de sels qu’on adopte, on ne devra les employer qu’à l’état de dissolution ou de division extrême, et c’est seulement lorsque le plomb aura été fondu dans un creuset
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- convenable, qu’à l’aide d’une poche on les versera dans le métal liquide. Sous l’action des agents oxydants, les impuretés s’élèveront à la surface du bain et pourront être écumées. Traité de cette manière, le plomb est rendu plus pur, plus doux et, par conséquent, se laisse mieux travailler.
- En faisant remarquer que les quantités de sels nécessaires à ce traitement doivent nécessairement varier suivant le degré d’impureté du plomb, M. William Baker indique les proportions suivantes pour une certaine variété de plomb anglais (english flag lead), auquel sa méthode est spécialement applicable. Ainsi, lorsqu’il se sert des nitrates alcalins, il prend une partie en poids de sel sec pour chaque 100 parties en poids de métal. S’il s’agit des bisulfates de soude et de potasse, 2 parties de l’un ou l’autre sel sont ajoutées à 900 parties de plomb. Enfin, avec le sulfate de fer ou avec un mélange de bisulfate de soude ou de potasse et de chlorure de sodium, les proportions sont de 3 parties du sel ou du mélange de sels pour 100 parties de plomb. (Practical Mechanic s Journal.)
- Sur le second voyage du Great-Eastern à New-York.
- On n’a pas oublié le gigantesque navire en fer, dernière œuvre de Brunei, auquel les Anglais ont consacré tant de capitaux, et qui, tour à tour appelé Great-Eastern et Leviathan (1), a fini par reprendre sa première dénomination. On sait également qu’après avoir longtemps attendu ses derniers aménagements que le manque de fonds empêchait de compléter, ce fameux bâtiment a pu enfin réaliser un premier voyage en Amérique, où il s’est rendu avec un nombre de passagers très-restreint. Depuis lors il est revenu en Angleterre, et ce n’est qu’au mois de juin dernier qu’il a tenté un nouveau voyage à New-York, sur lequel nous trouvons, dans le journal de Londres the Ârtizan, quelques renseignements qui ne manquent pas d’intérêt. Voici ce qu’à bord du navire on écrivait à la date du 10 mai 1861 :
- « Nous sommes à 180 milles de New-York où nous espérons entrer demain soir à dix heures. Tout s’est bien passé pendant la marche, et nous n’avons eu pour ainsi dire aucun arrêt depuis le départ, bien que nousayons eu de très-mauvais temps et supporté un épais brouillard qui nous a enveloppés après le quatrième jour. L’arbre de l’hélice ne décèle aucuneusure et les injecteurs fonctionnent bien. Nous n’aurons besoin d’aucune réparation à New-York, et par conséquent nous serons prêts à repartir à première réquisition. Nous aurons fait la traversée en un jour et demi de moins qu’au précédent voyage, et si l’on considère qu’on n’a eu que bien peu de chose à faire aux machines à Milford, si l’on a égard aux mauvais temps que nous venons d’essuyer, j’estime qu’il sera possible de franchir la distance en huit jours. Nous n’avons pu nous rendre compte s’il y avait économie dans la consommation du combustible, car nous n’avons que des chauffeurs inexpérimentés, mais, si nous pouvons les conserver pour le retour, il nous sera facile de faire des expériences à cet égard. Ci-joint un extrait du livre de bord.
- (1) Voir Bulletin de 1858, 2e série, t. V, p. 707.
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- Extrait du livre de bord du Great-Eastern. — Second voyage à New-York. Mai 1861.
- CO
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- DATE de chaque jour finissant à midi. MACHINES DES ROUES A PALETTES. MACHINES DE L’HÉLICE. QUANTITÉ TOTALE DE CHARBON consommée par jour. NOMBRE DE NOEUDS FOURNI par les roues à palettes. NOMBRE DE NOEUDS FOURNI par l’hélice. DISTANCE PARCOURUE par le navire estimée en noeuds.
- NOMBRE DE TOURS ^ par jour. i NOMBRE MOYEN de tours par minute. PRESSION MOYENNE de la vapeur en atm. dans la chambre des machines. TONNES DE CHARBON consommées par jour. J NOMBRE DE TOURS par jour. 1 NOMBRE MOYEN de tours par minute. PRESSION MOYENNE de la vapeur en atm. dans la chambre des. machines. | TONNES DE CHARBON | consommées par jour.
- Jeudi. Mai. 2 8,716 9 » 89.00 34,930 36,5 » 159.00 248 213 236 208
- Vendredi. — 3 13,887 9,5 » 126.00 54,095 37,5 » 169 00 295 366.1 390 332
- Samedi. — 4 13,986 9,5 » 122.10 54,305 37 » 159.10 282 367 393 342
- Dimanche. — 5 14,188 9,65 » 116.10 54,990 37,4 » 162.10 279 370.2 388 335
- Lundi. — 6 14,165 9,61 » 113.00 54,969 37,57 » 160.00 273 367 391 340
- Mardi. — 7 11,013 7,53 » 103.00 50,941 35 » 143.00 246 291 366 215
- Mercredi. — 8 14,113 9,7 » 11300 53,169 36,5 » 155.00 268 373 382 325
- Jeudi. — 9 14,075 3,54 » 119.10 56,776 38,46 5 157.10 277 368 398 350
- Vendredi. — 10 14,175 9,81 » 118 00 56,295 38,9 » 154.00 272 377 404 300
- Samedi. — 11 14,653 10,35 » 124 00 54,806 53,38 » 153.00 277 385 394 270
- Totaux 132,971 » » 1143.30 525,276 » )) 1571.30 2717 3477.3 3742 3017
- Moyennes » 9,48 1,50 » D 37,44 1,20 » » » » »
- OBSERVATIONS.
- A 9 h. 1S. Pleine vitesse.
- Brise légère, mer calme.
- Roulis.
- Fort roulis.
- Id.
- Grands coups de vent S. O.; demi-vitesse 4h.
- 1/2.
- Brouillard épais. Fort roulis.
- Brouillard épais. Arrêt des machines 10 h.
- Arrêt des machines pour sonder ; arrêt 6 h. 1/2
- A 11 h. 30 du soir arrivée au phare flottant.
- Densité de l’eau dans les chaudières, 1 3/4. — Vide dans les machines des roues à palettes, 25 1/2 ; dans les machines de l’hélice, 26. — Diamètre extérieur des roues a palettes, 16m, 153. Diamètre effectif, 15m,543; circonférence, 48m,80. — Hélice, hauteur, 13m,410 : en quittant Milford-Hayen, immersion à Pavant de 7m,360, à I arrière de 8m,024. ^
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- Filtrage des eaux par le procédé Souchon (i).
- Ce filtrage consiste à faire passer les eaux sur de la laine toniisse à laquelle on a fait subir, au préalable, un traitement qui a pour objet de détruire et d’entraîner les matières végétales qui ont servi à la teinture et de la recouvrir d’une couche de tannate de fer qui la rend inputrescible. Ce traitement se pratique de la manière suivante :
- La laine lavée est plongée, pendant cinq à six heures, dans un bain fait avec
- Eau de javelle................ 1 litre.
- Carbonate de soude............. 250 grammes.
- Eau............................. 25 à 30 litres.
- On élève la température jusqu’à 50 à 60° et on lave.
- La laine est ensuite plongée, pendant cinq heures, dans un bain bouillant composé comme suit :
- Alun........................... 250 grammes.
- Crème de tartre................. 30 —-
- Eau..........'.................. 12 litres.
- À la sortie de ce bain, la laine reste exposée à l’air pendant quelques heures; ensuite on la fait bouillir, pendant deux heures, avec une infusion de noix de galle ainsi préparée :
- Noix de galle. .......... 200 grammes.
- Eau bouillante................. 10 litres.
- Après cet engallage, elle est plongée dans un bain bouillant d’acétate de fer. On répète encore une fois l’engallage et le bain ferrugineux, en laissant séjourner la laine dans le deuxième bain pendant quelques heures. On la fait sécher sans la laver et enfin on la tient plongée, pendant une heure, dans le bain suivant de carbonate de soude :
- Carbonate de soude. .......... 250 grammes.
- Eau tiède..................... 20 litres.
- On lave la laine jusqu’à ce que l’eau sorte limpide et sans saveur.
- Le filtre Souchon est appliqué à plusieurs fontaines publiques de Paris. Plusieurs établissements, tels que l’École polytechnique, l’Intendance militaire, en font usage, et la ville de Niort l’emploie pour filtrer toutes ses eaux. (Rapport du Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine.)
- Perfectionnements à la fabrication des bougies, far M. Bouligny.
- L’opération consiste à enlever aux vapeurs nitreuses toute trace d’acide nitrique, dans le but d’obtenir une plus grande quantité d’acides gras solides, propres à la fabrication des bougies. À cet effet, les vapeurs nitreuses produites soit par la décomposition de l’acide nitrique en présence de corps organiques, soit par la décomposition d’un azotate au moyen de la chaleur sont dirigées dans un bain d’acide sulfurique à 66° Baumé; on sait que cet acide a la propriété de décomposer l’acide nitrique et de le
- (1) Voir Bulletin de 1839, lr9 série, t. XXXVIII, p. 98.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- transformer en acide hypoazotique. Ainsi épurées, les vapeurs nitreuses sont dégagées clans le corps gras préalablement mis en fusion, si sa consistance l’exige.
- Voici les détails de l’opération, en admettant l’emploi de l’acide nitrique, qui est plus facile à manipuler que les azotates.
- D’une part, 4,000 kilog. de corps gras desséché, afin d’avoir un poids net, sont placés dans une cuve doublée de plomb. D’autre part, un demi pour 100 d’acide azotique du commerce (soit 5 kilog.) est introduit dans une capacité en fonte doublée de plomb, et dans laquelle on a eu le soin, auparavant, d’introduire un corps organique; l’auteur indique, à cet égard, que la sciure de bois lui fournit les meilleurs résultats.
- De la partie supérieure de cette capacité part un tube en plomb destiné à porter les vapeurs nitreuses dans une autre capacité semblable, renfermant de l’acide sulfurique à 66° Baumé, en quantité égale à celle d’acide nitrique, que l’on décompose à la fois. Ce tube plongeant jusqu’à environ 0m,05 du fond, on comprend que le gaz nitreux est forcé de barboter à travers cette couche d’acide sulfurique.
- Ainsi débarrassés de toute trace d’acide azotique, les gaz nitreux sont dégagés au sein de la matière grasse en fusion par un tube en plomb posé à la partie inférieure de la cuve et percé de petites ouvertures faites sous des angles différents. Cette dernière disposition a pour but d’établir, au sein du corps gras, de nombreux courants qui, en renouvelant les surfaces, favorisent l’absorption des gaz.
- La réaction de l’acide nitrique sur la sciure de bois se fait seule et d’elle-même, sans le concours de la chaleur. Néanmoins on pourrait entourer le générateur des vapeurs nitreuses d’une enveloppe en tôle dans laquelle on injecterait de la vapeur d’eau.
- Lorsque le dégagement des vapeurs nitreuses a cessé, on peut immédiatement commencer la saponification alcaline; mais on a reconnu qu’il était préférable d’attendre quelques jours, car les acides hyponitrique et nitreux, réagissant, avec le temps, sur les éléments des corps gras, permettent d’obtenir, au bout de quelques jours, un rendement de matières solides plus considérables que si l’on saponifiait immédiatement après leur action. Les corps gras, ainsi traités, subissent ensuite toutes les opérations successives de la saponification. (Brevets d'invention, t. XXXIV.) (M.)
- Fabrication du goudron sulfuré.
- On obtient cette espèce d’asphalte en faisant fondre du soufre brut avec du goudron de houille, purifié ou non. Il faut que la fusion ait lieu avec assez de lenteur pour que la combinaison s’opère et atteigne la dureté que l’on désire, et qu’il est facile de déterminer en faisant refroidir successivement de petites quantités.
- La proportion la plus ordinaire est de 2 parties de soufre brut et de 3 parties de goudron de houille, de consistance sirupeuse. Ce nouveau produit peut être mélangé ou combiné avec beaucoup d’autres. Il convient pour préserver de la pourriture ou de
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- l’altération le bois, la pierre, etc. Pour l’employer, il faut le faire fondre, en ménageant la température, et l’appliquer liquide sur les objets que l’on veut proléger. On peut aussi le dissoudre dans le sulfure de carbone et l’appliquer à froid. ( Die neues-ten Erfindungen et Dinglers Polytechnisches Journal.)
- Traitement d'une brûlure par le phosphore.
- Lors d’une explosion survenue dans le laboratoire de chimie, à Stuttgart, un des préparateurs fut atteint, sur le revers de la main, par un peu de phosphore enflammé. Les douleurs cruelles qui en résultèrent cessèrent presque entièrement lorsque le blessé trempa sa main dans une forte solution de sous-acétate de plomb (eau de Gou-lard), mais reprirent avec la même intensité après un intervalle de huit heures, dès que l’on voulut retirer le liquide. Il était évident qu’elles étaient renouvelées par l’action de l’air sur le phosphore. On eut donc l’idée de plonger la main malade dans une solution étendue d’eau de javelle, destinée à compléter l’oxydation par la voie humide, et dans laquelle on délaya un peu de magnésie. En cinq minutes les douleurs disparurent, et l’on n’aperçut plus à l’air de vapeurs ni de phosphorescence. A défaut d’eau de javelle, il est probable que, dans un cas semblable, on pourrait employer avantageusement du chlorure de chaux délayé dans l’eau. ( Dingler’s PohjtecJmi sches Journal. ) (V.)
- Expériences relatives au degré d'ébullition de différents liquides, par M. Tate.
- M. Tate a fait des expériences avec diverses solutions soit de chlorure de sodium, de potassium, de barium, de calcium et de strontium, soit de nitrate de soude, de potasse, de chaux et d’ammoniaque, soit enfin de carbonates de soude et de potasse ; pour toutes ces solutions il a trouvé que l’augmentation de température du point d’ébullition était à peu près représentée par une certaine puissance du chiffre exprimant la proportion de sel dissous.
- Les sels qui viennent d’être énumérés peuvent être divisés en quatre groupes distincts : 1° les chlorures de sodium, de potassium et de barium et le carbonate de soude; 2° les chlorures de calcium et de strontium; 3° les nitrates de soude, de potasse et d’ammoniaque; 4° le carbonate de potasse et le nitrate de chaux. Dans chacun de ces groupes les augmentations de température, relativement au point d’ébullition des solutions, sont en rapport constant pour des poids égaux de sels dissous.
- L’auteur a également démontré par des expériences que, pour des poids égaux de sels, les températures du point d’ébullition sont approximativement en raison inverse des équivalents chimiques des bases, et pour le nitrate de chaux et le carbonate de potasse en raison inverse des équivalents chimiques des sels eux-mêmes. Bien que ces lois n’aient pas un caractère de stricte généralité, elles sont cependant assez curieuses pour encourager les recherches dans cette voie; d’ailleurs les cas où elles sont applh
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- cables sont trop nombreux pour qu’on doive les attribuer à des circonstances accidentelles, et, comme il est incontestable que la composition chimique d’une substance influe sur la tempérarure du point d’ébullition de sa solution, de nouvelles expériences apprendront s’il est d’autres cas où ces lois se vérifient. (Méchantes Magazine. )
- Papier fabriqué avec le blé indien.
- L’emploi de l’écorce du blé indien à la fabrication du papier a été pratiqué avec succès au xvme siècle en Italie, mais il paraît que les procédés s’en étaient perdus. Aujourd’hui, M. Moritz Diamant, d’Autriche, vient, dit-on, de les retrouver, et c’est M. le comte Charles de Lippe-Weissenfeld qui les exploite. Voici quelques-uns des avantages qu’on attribue à cette nouvelle fabrication : papier supérieur, sous plusieurs rapports, à celui de chiffon; emploi d’une très-petite quantité de colle pour l’encollage du papier à écrire; procédé de blanchiment simple et rapide. La pâte ayant naturellement une légère coloration, le blanchiment devient inutile lorsqu’il s’agit de papier d’emballage.
- Ce nouveau papier est plus fort que celui de chiffon; il n’est nullement cassant comme le papier de paille ordinaire, lequel doit ce défaut à la grande quantité de silice contenue dans la matière première. Le procédé inventé par M. Moritz Diamant ne demande aucune espèce de machine pour réduire en pâte la matière fibreuse du blé, en sorte qu’il réunit les conditions les plus favorables de simplicité, de facilité et de bon marché; il est exploité en Suisse avec un remarquable succès. ( Ibid. )
- Mastic pour sceller les chaudières, par M. Hamelin.
- Pour un poids donné de sable prenez 2/3 en poids de pierre de Portîand en poudre, et à chaque 560 livres de ce mélange (253k,68) ajoutez 40 livres (18k,10) de litharge, 0\90 de verre en poudre, 0k,45 de minium et 0k,90 d’oxyde gris de plomb. Passez le mélange au tamis et conservez-le en poudre pour l’employer. Lorsqu’on doit s’en servir, on en prend une certaine quantité qu’on broie avec de l’huile végétale dans la proportion de 605 livres de poudre (274k,065) pour 5 gallons d’huile (22lu,70) ; on broie jusqu’à ce que le mélange prenne l’apparence du sable humide, et c’est alors qu’on peut en faire usage. On doit avoir soin de s’en servir le jour même où l’huile a été ajoutée, car il se solidifie rapidement. (The Artizan.)
- Sur le commerce du mercure.
- On sait le rôle important que joue le mercure dans les sciences et l’industrie ; il est employé dans le traitement par amalgamation des minerais d’or et d’argent, dans la dorure, dans la préparation du vermillon, dans l’étamage des glaces, dans la fabrica-
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- ion des baromètres et des thermomètres ; on l’utilise sous diverses formes en médecine, il sert, à l’état de nitrate, à feutrer artificiellement certaines peaux d’animaux, etc., Autrefois on le recevait dans des sacs en peau de mouton, et pendant un certain temps il en est venu de Chine dans de petits cylindres de bambou; ces cylindres, qui n’avaient de hauteur que l’espace compris entre deux nœuds consécutifs du bois et qui contenaient environ 9 kilog. de mercure, étaient fermés avec de la poix et enveloppés dans des linges mastiqués avec soin. Depuis quelques années, le transport en est fait dans des bouteilles en fer forgé du poids de llk,30 (1), renfermant 34k,40 de matière, et hermétiquement fermées par des bouchons à vis; c’est en Angleterre qu’on les fabrique.
- L’Espagne et l’Amérique sont les deux principaux pays de production du mercure. Dans ce dernier, il existe, sous le nom de New~Almaden, des mines considérables situées à San José (environ 60 milles de San Francisco), qui ont fourni jusqu’à 30,000 bouteilles par an, soit 103,200 kilog.; malheureusement les travaux sont interrompus, et, comme la consommation n’a cessé d’augmenter, le prix du mercure, qui autrefois était de 5 fr. 50 c. le kilog., s’est élevé aujourd’hui à près du double.
- La Californie, pour le traitement de ses quartz aurifères, n’en emploie pas moins de 3,000 bouteilles par an, qu’elle tire de la mine de Santa Clara, moins riche que les précédentes, au voisinage desquelles elle est située. Cette mine, qu’exploite une compagnie de Baltimore, est depuis trois ans l’objet de travaux considérables destinés à augmenter sa production ; le minerai de cinabre (sulfure de mercure) est traité dans des cornues en fonte, au lieu des anciens fourneaux en briques qui laissaient perdre, par évaporation et par absorption, une trop grande quantité de matière.
- De 1854 à 1859 inclusivement, la Californie a exporté les quantités suivantes es-
- timées en bouteilles :
- 1854. ...... . . 20,963 1857. .... .... 25,400
- 1855. ...... . . 28,917 1858 24,132
- 1856 . . 23,024 1859. .... 3,339
- Cette énorme diminution, qu’on trouve en regard de la dernière année, est due à la fermeture des mines de New-Almaden, ordonnée par le gouvernement vers la fin de 1858 ; or, comme il s’agit d’une question de titres à établir, il n’est pas probable que les travaux puissent être bientôt repris.
- Outre la mine de Santa Clara dont nous avons parlé, il y a encore celle de Guadaloupe qui a produit, en 1858, 1,892 bouteilles, et, tout récemment, on a ouvert un nouveau champ d’exploitation au sud-est, et à 130 milles de San Francisco.
- Voici quelles ont été, pendant une période de quatorze ans, les quantités de mercure importées dans le royaume uni et réexportées par lui :
- (1) On sait que le fer est le seul métal qui ne soit pas attaqué par le mercure.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Juin 1861.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- Importations. Kilog. Exportations. Kilog.
- 1846........... 288,576........... 718,704
- 1849........ 1,207,166...... 563,673
- 1851 ........... 12,316........... 394,483
- 1852 ......... 750,933........... 352,530
- 1855......... 1,447,747........... 722,844
- 1858 ......... 144,325........... 340,560
- 1859 ....... 1,422,165......... 1,051,171
- Les principaux pays où l’exportation est faite sont la France, la Russie, les Indes orientales et le Pérou.
- On ne doit pas oublier que l’Espagne a fourni aussi à l’Angleterre d’importantes quantités de mercure qui, pour 1854, se sont élevées à 1,103,167 kilog.
- (The Technologist.) (M.)
- Des tuyaux atmosphériques et de leur application au transport des dépêches en
- Angleterre, par M. J. Grosjean.
- Plusieurs journaux ont parlé d’un projet d’établir entre la direction générale des lignes télégraphiques et la bourse de Paris un tuyau atmosphérique, destiné au transport des dépêches entre ces deux points ; quelques-uns même ont annoncé que les travaux d’installation allaient incessamment commencer. Nous ne pensons pas que la solution de la question soit aussi avancée; nous aurons, sans doute, à y revenir, mais, en attendant, nous allons faire connaître en quelques mots les établissements de ce genre qui existent et fonctionnent en Angleterre.
- M. Baron, directeur divisionnaire, récemment chargé d’une mission en Angleterre, a bien voulu nous communiquer ses diverses observations, et nous mettre à même de donner les renseignements qui suivent.
- Il existe à Londres quatre tuyaux atmosphériques qui relient la station centrale de la Compagnie électrique à quatre succursales voisines, dont la plus éloignée se trouve à 1,400 mètres.
- Les tuyaux sont en métal d’une composition dans laquelle le plomb domine; ils ont de 5 à 6 centimètres de diamètre intérieur, et sont enfermés dans des tuyaux en fonte pour les traversées des rues. Ils sont enfouis dans le sol à 80 centimètres environ de profondeur.
- Les dépêches sont enfermées dans des étuis en cuir, qui glissent à frottement le long des parois intérieures des tuyaux; ils ont 10 centimètres environ de longueur.
- Les quatre conducteurs arrivent dans le poste central de Londres, et communiquent avec un réservoir en fer dans lequel une machine à vapeur fait le vide.
- Réservoir et machine sont installés dans les caves.
- Les communications entre le réservoir et les conducteurs sont établies à l’aide de petits tuyaux en plomb munis de robinets dans l’intérieur même du poste central.
- En ouvrant ces robinets, l’air des conducteurs se raréfie.
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- La manœuvre est donc très-simple.
- La succursale qui a une dépêche à transmettre au poste central sonne l’employé de ce poste à l’aide d’un fil télégraphique souterrain. A l’instant où la sonnerie fonctionne, l’étui porteur de la dépêche de la succursale doit être dans le tuyau, et au moment même l’employé du poste central met ce tuyau en communication avec le réservoir en ouvrant un robinet. La pression atmosphérique force l’étui porteur à s’acheminer vers le poste central et l’y conduit lentement (1).
- A l’aide d’une disposition très-simple, les dépêches sortent automatiquement des tuyaux et tombent sur la table de l’employé. A cet effet, chaque tuyau est muni, à quelques centimètres de son extrémité qui est hermétiquement fermée, d’une petite porte de la dimension de l’étui ; cette porte, maintenue ouverte par un ressort, se ferme sous l’action de la pression atmosphérique, quand on met le tuyau en communication avec le vide; au moment où l’étui arrive au-dessus de la porte, la pression atmosphérique devient égale des deux côtés, le ressort fait ouvrir la petite porte et l’étui tombe sur la table de l’employé.
- C’est par cette même porte qu’on introduit l’étui qui doit être envoyé à l’autre station.
- Les ingénieurs anglais ne se servent pas de l’air comprimé pour envoyer les dépêches du poste central dans les succursales; ils ont préféré conduire, jusque dans ces stations, de petits tubes en plomb communiquant avec le réservoir du vide dans l’hôtel de la Compagnie, et avec les conducteurs dans les succursales. Ces tubes sont munis de robinets semblables à ceux qui fonctionnent dans le poste central, de sorte que la manœuvre, quand il s’agit d’envoyer dans une succursale une dépêche de l’administration centrale, est la même que celle que nous venons de décrire.
- L’employé de cette succursale, averti par la sonnerie du poste central, ouvre le robinet du vide et attend la dépêche.
- Le poste central de la Compagnie électrique est situé au troisième étage. Ce détail n’est pas sans intérêt, il indique en effet que les tuyaux peuvent être fortement coudés sans arrêter le passage de l’étui.
- On tient à la station centrale un réservoir rempli d’eau, dont on peut faire usage lorsque, par accident, l’étui à dépêches se trouve arrêté au milieu de son trajet. L’eau, lancée dans le tuyau d’une certaine hauteur, chasse par sa pression l’étui, et le conduit à l’extrémité du parcours.
- En ce moment une nouvelle Compagnie anglaise fait fabriquer des tuyaux en fonte d’environ 60 centimètres de diamètre, pour installer un service de transport atmosphérique entre les gares de chemins de fer et le grand bureau de poste de Londres.
- Les chariots porteurs des paquets seront munis de roues roulant sur des rails placés à la partie inférieure des tuyaux. Ces chariots seront appelés par l’air dilaté. Cette Compagnie ne se servira pas non plus de l’air comprimé.
- (1) L’étui porteur ne met pas moins de quelques minutes pour franchir cette distance de 1,400 mètres,
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- Avec de semblables dimensions de tuyaux, on ne pouvait plus penser à établir, comme dans le cas précédent, des réservoirs de vide, et les ingénieurs anglais ont tourné la difficulté d’une façon ingénieuse.
- Le vide sera fait par une roue creuse tournant rapidement devant l’ouverture des uyaux. La face de la roue regardant l’ouverture des tuyaux sera percée de trous communiquant à des trous d’égale dimension situés sur la même circonférence.
- On comprend que, lorsque la roue sera animée d’un mouvement rapide de rotation, l’air des tuyaux sera attiré par les ouvertures percées sur sa face, pénétrera dans la roue et tendra, sous l’action de la force centrifuge, à s’échapper par les cheminées pratiquées sur sa circonférence (1).
- À cela se borne l’emploi que font aujourd’hui les Anglais des tuyaux atmosphériques, qui ont excité à leur apparition, il y a quelque trente ans, chez nous et chez nos voisins, des espérances que l’expérience n’a pas encore réalisées (2).
- (Annales télégraphiques.)
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 5 juin 1861.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — M. C. Derriey, graveur-fondeur en typographie, membre de la Société, rue Nolre-Dame-des-Champs, 6, présente : 1° une presse de bureau à timbre humide pour estampiller et numéroter; 2° des appareils à numéroter remplaçant les composteurs et les timbres humides. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M, Ch. Delaporte, ingénieur civil, à Nantes, rue J. Jacques, 8, signale les applications de la dioptrique et de la catoptrique aux jets d’eau pour les rendre lumineux la nuit h volonté avec coloration de l’une ou de plusieurs couleurs du spectre. (Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Paris, fabricant de fer controxydé, d’émaux, etc., membre de la Société, à Bercy-Paris, rue de Bercy, 107, sollicite l’examen d’un masque qu’il appelle masque hygiénique, et qui est destiné à permettre aux ouvriers de travailler sans danger dans un milieu rendu insalubre par les poussières qu’on y respire. (Renvoi au même comité. )
- MM. Camus et Bernard, place du Trône, avenue du Bel-Air, 7, ont imaginé, pour
- (t) Cet appareil est analogue aux ventilateurs dont on se sert pour l’aération des mines.
- (2) On sait que le tuyau atmosphérique de la rampe de Saint-Germain, le dernier qui ait fonctionné, vient d’être définitivement abandonné.
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- former des élèves comptables, une espèce de meuble dit meuble classificateur, qu’ils expriment le désir de soumettre à l’examen de la Société. ( Renvoi au même comité réuni à celui de commerce. )
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts chimiques, M. Sahétat donne lecture d’un rapport sur les verres de toiture présentés par la Compagnie des verreries de Saint-Gobain. (Voir Bulletin de mai 1861, p. 264. )
- Au nom du même comité, M. Gaultier de Claubry lit un rapport sur les tuyaux en plomb étamés de M. Ch. Sebille, de Nantes.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin avec l’appareil imaginé par M. Sebille pour l’étamage de ses tuyaux.
- Communications. — M. E. Peligot, l’un des secrétaires, au nom de M. Barresvcil, entretient le Conseil des procédés de MM. Machard et Bachet pour obtenir du papier avec les rondelles de bois dont la matière incrustante a été convertie en glucose. A la note de M. Barresvvil sont joints des échantillons de papiers fabriqués à Cran, près Annecy ( Savoie ), par M. Aussedat d’après les procédés de MM. Machard et Bachet. (Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Bertsch, membre du Conseil, démontre théoriquement que, sous le rapport de l’effet artistique et de la vérité, il y a intérêt à faire d’abord les épreuves photographiques avec des objectifs à court foyer et à grandir ensuite ces épreuves. Il montre ensuite deux appareils dont l’un, servant à obtenir de petits clichés spécialement propres aux grossissements, présente un volume extrêment réduit et est construit de manière que la mise au point est réglé d’avance; l’autre appareil est destiné aux grossissements des clichés.
- La communication de M. Bertsch sera prochainement insérée.
- Séance du 19 juin 1861.
- M. Dumas, Président, occupe le fauteuil.
- Correspondance. MM. Moreaux frères, membres de la Société, rue d’Enghien, 22, appellent l’attention du Conseil sur un nouveau genre d’apprêt dont ils se servent dans leur fabrication de devants de chemises unis et brodés. (Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Léger, ferblantier-lampiste, rue des Bourdonnais, 24, sollicite l’examen de ses tubes acoustiques en métal, destinés à transmettre la voix à des distances plus ou moins éloignées dans l’intérieur des appartements et dont l’application a déjà été faite par lui dans plusieurs administrations. ( Renvoi au même comité. )
- M. Troccon (Paulus ), à Lyon, adresse une note sur un verre de lampe ovoïde fu-mivore, pouvant s’adapter à tous les genres de lampes et appliqué principalement à celles dont se servent les tisseurs. ( Renvoi au même comité. )
- M. J. Baranowski, ingénieur civil, rue de Parme, 3, dépose les dessin et description d’un système complètement automatique des signaux de chemins de fer pour protéger chaque train de distance en distance. (Renvoi au comité des arts mécaniques. )
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- M. Dumontier, mécanicien, à Elbeuf, envoie un mémoire traitant des avantages et des inconvénients que présentent les divers systèmes de méliers à tisser les draps.
- ( Renvoi au même comité. )
- M. Ducourneau jeune fait connaître les perfectionnements qu’il a apportés à son système de mortier concasseur des pierres, dont le modèle a été déposé par lui il y a quelque temps. ( Renvoi au même comité. )
- H. Perra, fabricant de produits chimiques, au Petit-Vanves ( Seine ), rappelle que dans la séance du 25 avril 1860 il a présenté des échantillons d’acide picrique à l’état brut et purifié et que, par suite d’une instance judiciaire, l’examen qu’il sollicitait avait dû être ajourné; aujourd’hui que les causes d’ajournement ont cessé d’exister, il exprime le désir que ses produits soient l’objet d’un rapport. (Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Mosselmann, membre de la Société, adresse plusieurs petites brochures imprimées traitant de l’emploi de la chaux comme amendement et destinées à en propager l’emploi. ( Renvoi au comité d’agriculture. )
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts chimiques, M. Jacquelain donne lecture d’un rapport sur les procédés de M. Callias pour l’extraction de la fécule du marron d’Inde.
- Ce rapport sera inséré par extrait au Bulletin.
- Communications. — M. Chandor, de New-York, expérimente son générateur à gaz d’éclairage sur lequel M. l’abbé Moigno fournit quelques explications.
- Au bas du grand escalier qui conduit à la salle des séances, M. Chandor avait installé son générateur, récipient cubique en métal ayant 0m,50 de côté, lequel contient environ 40 litres d’un liquide facilement vaporisable et composé d’un mélange à parties égales d’huile de naphte et d’essence de térébenthine, purifiées à l’acide sulfurique' et distillées au sein d’un courant d’hydrogène. Une roue à ailes courbes (ou tambour), presque semblable au tambour des compteurs à gaz, est montée sur un axe horizontal dans l’intérieur du récipient, et est mise en mouvement par un mécanisme analogue à celui d’un tournebroche ; le niveau du liquide dépasse un peu le centre de ce tambour. Le récipient est percé de deux ouvertures munies de robinets-, l’un de ces robinets donne entrée à l’air atmosphérique 5 l’autre donne issue à ce même air transformé en gaz par les vapeurs hydrocarburées dont il s’est chargé. Un tube en caoutchouc d’un diamètre convenable reçoit le gaz sortant d’un petit réservoir cubique de 25 centimètres environ de côté, et le conduit aux tuyaux de circulation et de distribution. Dans l’hôtel de la Société, ce tuyau avait 21 mètres de développement; il aboutissait à un tube horizontal muni de dix robinets et de dix pas de vis, sur lesquels on avait monté divers becs à gaz. Ces becs, dont la lumière était d’un éclat remarquable, ont brûlé pendant toute la séance et eussent pu, au dire de l’inventeur, avec la seule quantité de liquide contenue dans le générateur, brûler pendant toute la nuit et les sept jours suivants.
- M. Chandor indique que pour que son liquide se vaporise facilement, il faut qu’il ait une température d’au moins 18 degrés, et que, par conséquent, il devra être
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
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- chauffé légèrement toutes les fois que le milieu dans lequel sera placé le générateur ne sera pas à une température convenable.
- ( Renvoi aux comités des arts chimiques et économiques. )
- Le Conseil se forme en comité secret.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- La Société d’encouragement a reçu, dans les séances des 8 et 22 mai, 5 et 19 juin 1861, les ouvrages dont les titres suivent :
- Ouvrages offerts à la Société.
- Annales du commerce extérieur. Mars et avril 1861.
- Annales de l’agriculture française. Nos 7, 8, 9, 10, 1860.
- Annales du Conservatoire impérial des arts et métiers, publiées par MM. les professeurs, sous la direction de M. Ch. Laboulaye. N°. 4,
- Annales télégraphiques. Mars et avril 1861.
- Annales des conducteurs des ponts et chaussées. Mai 1861.
- Annuaire des engrais et des amendements pour 1860, par M. F. Rohâbt, chimiste-manufacturier.
- Paris, Bouvier édit. 1 vol. in-32, 1860, et 3 livr. de 1861.
- Annuaire de la Société météorologique de France. Feuilles 1 à 5. Bulletin des séances.
- Bulletin du musée de l’industrie, par M. Jobard. Mars 1861.
- Bulletin des séances de la Société impériale et centrale d’agriculture. Nos 3,4 et 5, 1861. Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Avril et mai 1861.
- Bulletin de la Société protectrice des animaux. N° 4, 1861.
- Bulletin de la Société française de photographie. Mai 1861.
- Bulletin de la Société chimique de Paris. N° 3, 1861.
- Cosmos, revue encyclopédique, par M. l’abbé Moigno. Livr. 17 à 24, 1861.
- Culture ( la). Écho des comices, par M. Sanson. NüS 21 à 24.
- Cultivateur de la Champagne ( le ). Avril et mai 1861.
- Génie industriel (le), par MM. Armengaud frères. Mai et juin 1861.
- Gravure et fonderie de M. Derriey. Br. Prospectus illustré.
- Invention (P ), par M. Desnos-Gardissal. Mai 1861.
- Journal d’agriculture pratique, par M. Barral. Nos 9 à 11,1861.
- Journal d’éducation populaire. Avril et mai 1861.
- Journal des fabricants de sucre. NuS 3 à 10.
- Journal des fabricants de papier, par M. L. Piette. Avril et mai 1861.
- Journal de la Société impériale et centrale d’horticulture. Avril et mai 1861.
- Journal d’agriculture de la Côte-d’Or. Avril 1861.
- Journal de l’éclairage au gaz. N° 24.
- Lumière (la). Nos 8, 9 et 10, 1861.
- Mémoires et comptes rendus des travaux de la Société des ingénieurs civils. Octobre, novembre et décembre 1860.
- Moniteur scientifique (le), par M. le docteur Quesneville. Livr. 103 à 108.
- Presse scientifique des deux mondes ( la ), sous la direction de M. Barral. N°* 9 et 10, 1861.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- Propriété industrielle ( la ).-. NûS 175 à 181.
- Répertoire de chimie pure, par M. Wurtz. Mai et juin 1861.
- Répertoire de chimie appliquée, par M. Barreswil. Mai et juin 1861.
- Revue générale de l’architecture et des travaux publics, par M. César Daly. N9 11 et 12.
- Revue universelle des mines, de la métallurgie et des travaux publics, sous la direction de M. Ch. de Cüyper. 2e livr., 5e année.
- Société des ingénieurs civils. Séance du 19 avril 1861.
- Technologiste ( le ). Mai et juin 1861.
- Institution of civil engineers. Séance du 12 mars 1861.
- Il nuovo Cimento, par MM. Matteucci e Piria. Mars et avril 1861.
- Journal .american of science and arts, by Silliman. Mai 1861.
- Journal of the Franklin institute. Avril et mai 1861.
- Journal of the Society of arts. Nos 440 à 446.
- Newton’s London Journal. Mai et juin 1861.
- Photographic journal. NoS 109 et 110.
- Polytechnisches Journal, von Max. Dingler. NoS 918 à 921.
- Proceedings of the royal Society of London. N° 43.
- Proceedings of the royal geographical Society of London. N° 1.
- Revista de obras publicas. Nos 9 à 11.
- Catalogue commercial ou prix courant général des drogues simples, produits pharmaceutiques et chimiques, plantes médicinales, etc. 5e édit. 1 vol. in-8 illustré. Menier, pharmacien-droguiste, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 37.
- De l’amendement des terres par la chaux. Br.
- Cochenille et vernis de laque, analyse de la betterave, par M. H. Violette. Br.
- Etude comparative sur le marnage et le chaulage. Br.
- Expériences comparatives sur la lampe Marmet. 1861. Nevers.
- Guide pour l’emploi de la chaux en agriculture. Br.
- La fertilité du sol résultant de l’emploi des amendements calcaires et principalement de la chaux vive, par M. Ed. Vianne. Br.
- Publications périodiques.
- Annales des ponts et chaussées. Novembre et décembre 1860.
- Annales de chimie et de physique. Mai et juin 1861.
- Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences. N0916 à 23,1er semestre
- 1861.
- Revue municipale. Mai et juin 1861.
- Teinturier universel ( le ). Nos 3 à 6.
- The Artizan. Mai et juin 1861.
- The Mechanic’s Magazine. Avril et mai 1861.
- The Repertory of patent inventions. Mai et juin 1861.
- The Scientific american. Nos 18 à 26.
- paris.
- imprimerie de Mme ve bouchard-huzàrd, rue de l’éperon, 5. — 1861.
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- 60e ANNÉE. DEUXIÈME SERIE. TOME VIII. — JUILLET 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- DÉCISION RELATIVE A LA NOMINATION DE MEMBRES ADJOINTS.
- Conformément à l’arrêté pris le 16 janvier 1855,
- M. le baron Ed. de Silvestre entendu dans le comité secret du 10 avril 1861 pour le comité des arts économiques,
- Le Conseil, après délibération, a décidé que ce comité était autorisé à présenter une nouvelle liste de candidats pour la nomination de deux membres adjoints.
- ARMES A FEU.
- Rapport fait par M. le baron A. Séguier , au nom du comité des arts mécaniques, sur les fusils de chasse et les carabines se chargeant par la culasse de M. Lenoir, rue d’Anjou, au Marais, 15.
- Messieurs, les meilleures inventions peuvent être parfois compromises par quelques légers inconvénients, qui se révèlent seulement à la suite d’une longue pratique ; c’est ainsi que le fusil Robert, après avoir été accueilli par tous les chasseurs comme la solution la plus ingénieuse des armes chargées Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Juillet 1861. 49
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- ARMES A FEU.
- par la culasse , a fini par être abandonné pour d’autres combinaisons qui ne présentent ni la même simplicité ni la même sécurité.
- 11 a été donné à un artiste persévérant, et attentif à toutes les observations faites par ceux qui se servent des armes de chasse, de débarrasser le fusil Robert de tous les obstacles qui avaient fait renoncer à son emploi. Les modifications apportées par M. Lenoir à ce fusil ont pour base l’usage d’une cartouche spéciale, très-ingénieusement combinée pour satisfaire à la condition essentielle du maximum de portée avec le minimum de poudre ; cette cartouche est en papier roulé avec un simple culot de pâte à papier embouti au balancier. Elle est intérieurement garnie, au fond, d’une espèce de parasol formé de douze rondelles de papier superposées et non collées entre elles. La pression produite par les gaz développés par l’inflammation de la poudre tend à faire ouvrir ces rondelles, qui forment une fermeture d’une complète efficacité ; le parfait emploi de la poudre est obtenu par une im-flammation inverse de celle ordinairement usitée. Sur nos indications personnelles, M. Lenoir communique le feu à la charge de haut en bas, enflammant tout d’abord les grains les plus voisins du projectile; ceux-ci transmettent l’ignition à tous ceux qui sont au-dessous d’eux sans pouvoir les projeter, comme un tir sur la neige indique que cela arrive souvent.
- Pour qu’il en soit ainsi, M. Lenoir traverse centralement, par une broche de métal, son culot de pâte de papier, les rondelles formant parasol sous toute la charge de poudre; cette broche traverse également toute la charge de poudre qui est recouverte par une bourre grasse en carton-laine percée au centre, dans laquelle se trouve placée une capsule de chasse ordinaire ; un disque en zinc placé entre cette bourre et le plomb de chasse sert de point d’appui à la capsule pour la percussion. Pour la balle, le disque en zinc est supprimé, la balle étant suffisante pour servir d’enclume.
- Le feu se trouve ainsi mis à la charge par le bout qui avoisine le projectile ; on comprendra, en effet, que la poudre, commençant à s’enflammer en cet endroit, se convertit en gaz élastique, forme comme un ressort qui, d’un bout, pousse le projectile, et de l’autre maintient le surplus de la charge dans le fond de la cartouche ; la totalité de la charge est donc utilisée au profit de la portée, qui devient tout ce quelle peut être pour une quantité de poudre donnée.
- La certitude de contenir tous les gaz du côté de la culasse par la combinaison de sa cartouche a permis à M. Lenoir de ne plus se préoccuper de l’ajustement de la pièce mobile qui ferme le canon ; aussi peut-on dire que cette pièce, dans son fusil, n’est plus un obturateur, mais un point d’appui seulement. Le culot de pâte de papier embouti qui termine la cartouche
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- présente une telle résistance, que la cartouche n’a pas besoin d'être complètement engagée dans le canon au moment de l’explosion; par cela même, elle devient, après le tir, très-commode a retirer sans le secours d’aucun engin, pouvant être facilement saisie entre le pouce et l’index. L’élasticité de l’espèce de papier qui compose la douille de cette cartouche la laisse se gonfler sans se fendre; la propreté du tonnerre de l’arme est ainsi garantie : son diamètre n’étant jamais diminué par aucun encrassement, l’introduction et l’extraction de la cartouche ne deviennent jamais difficiles. A tous ces avantages elle joint encore celui de l’imperméabilité ; la poudre y est conservée dans toute sa siccité, malgré l’humidité de l’air.
- Nous avons dit qu’une telle cartouche était la base des modifications apportées par M. Lenoir au fusil Robert; décrivons-les successivement.
- La queue de la bascule a été supprimée; l’axe de rotation de cette pièce, très-judicieusement placée au-dessous du centre du canon, la prédispose à se fermer au moment de l’explosion; dès lors plus de crainte de la voir s’ouvrir, plus de nécessité de la fixer par un appendice verrouillé dans la crosse; un simple ressort, à la manière de ceux agissant sur le talon des lames des couteaux ployants, maintient en position la bascule ouverte ou fermée.
- La platine est réduite à trois organes, savoir :
- Un grand ressort servant tout à la fois de noix et de chien ;
- Un ressort de détente faisant lui-même gâchette par son prolongement ;
- Une troisième pièce dite de sûreté, paralysant le départ ; elle agit à la fois sur les deux organes de percussion dans les fusils doubles.
- De nombreuses expériences de tir, avec plombs de divers numéros, prouvent que le fusil modifié par M. Lenoir tient tout ce que l’on est en droit d’attendre des notions scientifiques sainement appliquées ; la pratique prolongée de cette arme dans les mains des chasseurs, par des temps de chaleur sèche ou humide, démontre que les inconvénients que M. Lenoir s’était proposé d’éviter sont bien réellement écartés; la simplicité et les avantages de la cartouche d’un tel fusil ont fait penser à son auteur qu’il pourrait devenir une arme de guerre ou même une carabine de tir. Pour qu’il en soit ainsi, M. Lenoir a pratiqué dans la paroi du canon une soustraction partielle de matière, qui permet à trois ou un plus grand nombre de nervures de rester au diamètre primitif du canon, c’est-à-dire en saillie.
- Cette manière d’opérer la rayure d’une arme a pour but d’exiger un moindre emploi de la force de projection pour mouler le projectile dans la rayure du canon, puisque, au lieu de refouler toute la matière du projectile qui ne correspond pas à la rayure comme dans une arme ordinaire, le
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- projectile de M. Lenoir, dont le diamètre correspond à celui de la partie enlevée du canon, n’éprouve que la résistance nécessaire à l’impression des seules rayures en relief dans sa propre matière.
- Des expériences publiques, répétées à Yincennes à l’école de tir, ont donné les résultats suivants :
- 100 balles tirées à 400 mètres, dans la cible réglementaire, ont toutes atteint la cible.
- A 800 mètres, 33 pour 100 des balles tirées ont frappé la cible.
- Un tir de vitesse à bras francs, par un vent violent, opéré à 400 mètres, de 50 coups en sept minutes vingt secondes, a donné pour résultat, sur les 50 coups tirés, 23 balles logées dans un panneau de lm,50 de large sur lm,80 de haut.
- La pénétration a été de 5 panneaux 6/io à 400 mètres, et de 4 panneaux à 600 mètres, avec ûn projectile de 17 millimètres 5/10 de diamètre.
- Un tir prolongé de 300 coups, avec le même fusil, en quarante-cinq minutes, par une température de 34 degrés, a prouvé qu’aucun encrassement ne se produisait, le canon se trouvant lubrifié et nettoyé par une bourre en carton-laine suiffée, insérée à cet effet dans la cartouche et appuyée sur la poudre ; la balle cylindro-conique ou sphérique porte des stries circulaires contenant aussi de la graisse, et à l’aide de ces deux moyens le coup qui succède nettoie complètement celui qui précède.
- Enfin au pendule balistique il a été reconnu que l’inflammation de la poudre, par le haut de la charge au contact du projectile, donnait une augmentation de puissance de 20 à 23 pour 100 sur une quantité semblable de poudre enflammée à l’ordinaire, c’est-à-dire par le bout de la charge touchant à la culasse.
- De tels résultats nous ont paru, Messieurs, dignes de vous être signalés ; nous pensons que M. Lenoir, en les obtenant par de longs essais et une persévérance peu commune, a bien mérité de l’armurerie.
- Nous vous proposons donc de lui témoigner toute votre sympathie pour ses travaux, en votant l’insertion de ce rapport dans votre Bulletin avec le dessin de son arme et de sa cartouche ; nous vous demandons encore d’accorder à M. Lenoir 500 exemplaires de ce rapport.
- Signé baron A. Seguier, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 4 juillet 1860.
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- LÉGENDE DE LA PLANCHE 223 REPRÉSENTANT LE FUSIL DE CHASSE SE CHARGEANT PAR LA CULASSE, AINSI QUE LE SYSTÈME DE CARTOUCHE DE M. LENOIR.
- Fig. 1. Section longitudinale partielle d’un fusil double non armé.
- Fig. 2. Autre section longitudinale, montrant le fusil ouvert et, par conséquent, armé.
- Fig. 3, h et 5. Sections verticales de trois espèces de cartouches.
- Fusil. — Le fusil de M. Lenoir n’étant qu’un perfectionnement du fusil Robert déjà publié par le Bulletin ( lre série, t. XXXIII, p. 177 et planche 583 ), nous pensons qu’il suffira d’indiquer brièvement chacune des pièces du mécanisme. Nous aurons soin, du reste, de désigner, autant que possible, les organes principaux par les mêmes lettres que celles qui ont été employées dans la description du fusil Robert, en sorte qu’il sera plus facile de se rendre compte de l’analogie et de la différence qui existent à la fois entre les deux systèmes.
- À, canons ouverts à leur partie postérieure.
- B, espèce de culasse mobile faisant corps avec le levier C.
- C, levier ou bascule qu’on élève ou abaisse à volonté en opérant avec le pouce sur son extrémité D, comme on opérait autrefois avec les fusils à pierre pour ouvrir la batterie du bassinet; ici cependant il faut mettre plus de force pour le soulèvement de la bascule, car il s’agit de tendre les deux grands ressorts de la batterie.
- E, joues ou plaques de côté, faisant suite au levier C et embrassant de part et d’autre les canons du fusil pour venir se fixer en un point F qui sert d’axe de rotation au système.
- F, tourillons noyés de chaque côté dans l’épaisseur des joues E et fixant ces joues aux canons, élargis à cet effet extérieurement près de leur base et de telle sorte que la rotation du système puisse se faire librement.
- GH, pontet de sous-garde, composé d’un pontet ordinaire G abritant les détentes et d’un appendice H de forme spéciale destiné à loger les queues des grands ressorts.
- J, leviers porte-galets parallèles, placés sous les canons et fixés aux joues E par une barre au-dessous de l’axe de rotation F, de manière à faire avec le levier C un angle invariable ; destinés à tendre les grands ressorts devant chacun desquels ils sont placés, c’est ce que dans le fusil Robert on appelle les bandeurs.
- K, galet placé à l’extrémité libre de chaque levier J.
- L, grands ressorts, dont la branche fixe est vissée à la sous-garde et dont la branche travaillante est munie, à son extrémité supérieure, d’un petit marteau M qui est l’organe de percussion. On remarquera que ces ressorts, qui servent à la fois de noix et de chiens, sont ici disposés d’une tout autre manière que dans l’ancien fusil Robert, où ils étaient couchés dans une direction parallèle aux canons. Derrière le talon du marteau est un petit crochet destiné, quand on bande le ressort, à être saisi par l’extrémité recourbée du ressort de détente correspondant.
- N, ressorts de détente faisant gâchettes par leur prolongement, c’est-à-dire terminés
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- à leur extrémité libre, par un mantonnet destiné à retenir le grand ressort correspondant lorsqu’il est bandé, ainsi qu’on le voit sur la figure 2.
- O, petits goujons ou pistons mobiles logés dans le corps de la bascule C, dans des évidements cylindriques correspondants à chacun des grands ressorts L; maintenus en saillie sous la bascule par des lames de ressort qui leur sont perpendiculaires et auxquelles ils présentent des échancrures (voir le ponctué des figures 1 et 2), ils deviennent, au contraire, saillants au-dessus de cette bascule lorsque le fusil est armé, parce qu’ils sont repoussés par les marteaux des grands ressorts sur la tête desquels ils appuient dans ce cas. Ainsi, dans la figure 2, qui représente le fusil armé, si l’on venait à rabattre la bascule ouverte, les pistons O seraient repoussés au dehors par les marteaux M et resteraient extérieurement en saillie tant que les coups ne seraient pas tirés, c’est-à-dire tant que les grands ressorts ne seraient pas revenus dans la position indiquée figure 1. Dans le fusil Robert, ces pistons sont placés différemment, de manière à faire saillie dans l’ouverture du pontet.
- P, mantonnets placés à l’extrémité des ressorts de détente N, et saisissant les grands ressorts L lorsqu’on arme le fusil.
- Q, vis à écrou placée à l’intérieur de la platine et fixant les ressorts de détente N.
- R, R', détentes dont l’action décrochant les mantonnets P rend libres les grands ressorts.
- S, gâchette de sûreté se manœuvrant comme les détentes : c’est un simple levier
- dont la queue est placée dans le pontet G et dont la tête, terminée par un crochet, peut, ainsi que l’indique le ponctué de la figure 2, venir se rabattre entre les deux marteaux M et pincer ainsi les deux grands ressorts de manière à les empêcher de partir par accident. -
- On comprend la manœuvre du fusil : pour cela on soulève la bascule C avec le pouce ( position de la figure 2), et immédiatement les leviers porte-galets J décrivant le même espace angulaire que la bascule appuient énergiquement sur les grands ressorts L et les mettent en prise avec les mantonnets P. On met alors les deux cartouches en place et on n’a plus qu’à rabattre la bascule.
- T est un fort ressort fixé intérieurement en avant des leviers porte-galets, et dont l’extrémité libre et fourchue appuie constamment sur la barre qui attache ces leviers aux joues de la bascule C, de manière à maintenir toujours en position la bascule soit qu’elle se trouve levée, soit qu’elle se trouve abaissée, et à empêcher qu’elle ne se meuve d’elle-même.
- Cartouche. — a, broche percutante en zinc traversant toute la charge de poudre ( fig. 3 ) ; c’est elle qui reçoit le choc du marteau de la batterie.
- 6, culot en pâte à papier embouti dans une matrice et percé du même coup de balancier.
- c, petite chambre ménagée extérieurement à la cartouche au centre même du culot 6, et dans laquelle la broche a présente sa tête; c’est dans cette chambre que s’abat le marteau de la batterie.
- d, bourre grasse en carton-laine placée au-dessus de la poudre; elle est découpée
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- et percée au centre pour loger la capsule, au fond de laquelle vient aboutir l’extrémité de la broche percutante.
- e, plomb de chasse 5 entre le plomb de chasse et la bourre d, une rondelle en zinc est placée sur l’amorce même pour servir de point d’appui à la percussion.
- /, bourre en carton légèrement collé dans l’enveloppe générale de la cartouche.
- gr, rondelles de papier, en forme de parasol, placées sous la charge de poudre par simple superposition sans collage; découpées en forme de circonférence, elles sont ensuite embouties ensemble dans une matrice sans être serrées, de manière à faciliter un développement d’une certaine étendue que leur permettent les plis que leur fait prendre la matrice; il résulte de ce développement que, au moment de l’explosion, le parasol prend la forme exacte de l’intérieur du culot b.
- h, goupille recourbée, en cuivre, traversant la broche au fond du parasol et maintenant cette broche en position ; entre cette goupille et le fond du parasol est une petite rondelle en zinc, destinée à empêcher la goupille de couper les rondelles de papier g.
- i, enveloppe de la cartouche descendant jusqu’à la tête du culot b, dont le diamètre plus grand lui permet de faire saillie; cette enveloppe est parfaitement collée sur le culot avec de la gélatine.
- Les cartouches des figures 4 et 5 diffèrent peu de celle que nous venons de décrire. Ainsi, dans la cartouche à balle sphérique (fig. 4), il n’y a de changement que dans l’épaisseur plus grande de la bourre / et dans l’absence de la rondelle en zinc qui, dans la cartouche précédente, est superposée directement sur la capsule; ici cette rondelle est supprimée parce que la balle, faisant elle-même enclume, offre à la percussion un point d’appui suffisant.
- Dans la cartouche à balle cylindro-conique (fig. 5), cette plaque de zinc est également supprimée ainsi que la bourre f; quant au projectile, il porte des stries contenant du suif destiné à lubrifier et nettoyer le canon de l’arme. (M.)
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Cahours , au nom du comité des arts chimiques, sur
- la NEUTRALISATION DE J A NICOTINE CONTENUE DANS LA FUMÉE DE TABAC ail moyen
- d'une préparation particulière de coton imaginée par M. Fermer.
- M. Ferrier, pharmacien, à Paris, a soumis à l’examen de la Société d’encouragement une préparation spéciale de coton qu’il désigne sous le nom de coton antinicotique, en raison de la propriété dont il jouit d’arrêter la nicotine qui se dégage à l’état de vapeur lorsqu’on fume du tabac soit dans une
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- ARTS CHIMIQUES,
- pipe, soit à l’état de cigare. L’envoi de cette substance était, en outre, accompagné d’un petit appareil ayant pour but de constater l’efficacité de sa préparation. Je viens, au nom du comité des arts chimiques, vous rendre brièvement compte du procédé fort simple imaginé par M. Ferrier, ainsi que des avantages qu’il est susceptible de présenter.
- Pour rendre le coton dont il fait usage apte à retenir les vapeurs nico-tiques, M. Ferrier le trempe dans une solution aqueuse de tanin très-étendue. Après une digestion suffisante pour en imbiber toutes les parties, il le retire, le presse fortement et l’abandonne quelque temps à l’étuve jusqu’à complète dessiccation.
- La matière étant ainsi préparée, son emploi devient excessivement simple. Il suffit, en effet, d’en introduire une pincée dans un porte-pipe ou porte-cigare spécial qui se compose d’un tuyau creux, très-évasé à l’une de ses extrémités, terminé par une ouverture assez étroite à l’autre. Cette dernière est mise en communication avec les lèvres, tandis qu’on fixe dans l’ouverture opposée l’extrémité du cigare ou du tuyau de la pipe qu’on se propose de fumer en y engageant ce dernier par l’intermédiaire d’un bouchon. L’air extérieur aspiré parla bouche, traversant des couches successives de tabac porté au rouge, détermine la combustion lente de cette substance. Une partie de la nicotine se brûle dès lors, tandis qu’une autre se trouve entraînée sous forme gazeuse avec les vapeurs empyreumatiques, résultant d’une véritable distillation que subit une portion de la matière organique. Ces vapeurs, en traversant le coton imbibé d’acide tannique, y déposent alors toute la nicotine dont elles sont chargées.
- Il est facile de s’en assurer en faisant communiquer deux pipes semblables, également bourrées, avec l’appareil imaginé par M. Ferrier. Celui-ci se compose d’une petite pompe aspirante en cuivre, se reliant à deux éprouvettes qui communiquent avec les pipes mises en expérience. Chacune des éprouvettes contient de l’eau distillée ; chaque pipe est munie de l’ajutage dont nous avons parlé plus haut, le premier renfermant dû coton ordinaire, le second du coton préparé. On peut alors, à l’aide des réactifs, constater la présence de la nicotine dans l’éprouvette qui communique avec la première* pipe, tandis que l’autre n’en renferme pas la plus légère trace.
- Le coton imprégné de tanin, jouissant de la propriété d’arrêter la petite quantité de nicotine entraînée par la fumée de tabac, présente donc ce grand avantage d’empêcher l’introduction, dans l’économie, d’une substance douée de propriétés toxiques très-énergiques et qui, quoique n’y pénétrant qu’en quantités très-minimes, doit cependant exercer à la longue une action funeste
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- sur certaines organisations. Mais si le coton tannique arrête les vapeurs de nicotine, il n’en est pas malheureusement de même à l’égard des vapeurs empyreumatiques, qui prennent naissance simultanément, et dont la saveur désagréable et si pénible pour les personnes qui ne peuvent fumer sans en avaler une partie s’oppose souvent à ce qu’elles puissent persévérer.
- La fumée de tabac qui a traversé le coton antinicotique de M. Ferrier, comparée à celle qui n’a pas été tamisée par cette substance, nous a paru tout aussi désagréable. Malheureusement nous sommes un juge peu compétent dans une appréciation de cette nature, ne pouvant fumer un cigare tout entier sans éprouver des nausées. Néanmoins, en supposant que la fumée ne perde pas de son âcreté dans les circonstances précédentes, comme le moyen fort simple imaginé par M. Ferrier permet de la débarrasser d’un principe dont l’action continue sur l’économie ne saurait être contestée, je viens proposer à la Société de le remercier de son intéressante communication et demander l’insertion du présent rapport dans son Bulletin.
- Signé Cahours, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 13 février 1861,
- CÉRAMIQUE.
- Rapport fait par M. Salvétat, au nom du Comité des arts chimiques, sur /appareil mécanique a mouler les pâtes céramiques, inventé par M. Bellay, rue du Faubourg-Poissonnière, 189(1).
- Messieurs, lorsqu’on suit attentivement la fabrication des poteries, on est étonné de voir le façonnage s’exécuter à la main, sur le tour ou la tournette, mus d’une manière indépendante pour chaque ouvrier, par le pied du tourneur ou par un enfant, alors que le mouvement mécanique a pénétré partout, alors qu’il est si simple de transmettre à chaque tour son mouvement de rotation au moyen d’un moteur unique.
- On trouve l’explication de cette anomalie dans la nécessité de varier, à chaque instant et dans des limites très-étendues, la vitesse du tour, pour qu’elle soit en rapport avec le travail des mains ou de l’outil de l’ouvrier. La difficulté de satisfaire à cette condition impérieuse n’est cependant pas in-
- (1) L’invention de M. Bellay est brevetée sur demande en date du 3 juillet 1855.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Juillet 1861. 50
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- CÉRAMIQUE.
- surmontable, et plusieurs membres du Comité des arts chimiques connaissent une manufacture importante dans laquelle tous les tours d’un même atelier sont mis en mouvement par le même moteur.
- M. Bellay a proposé, dès 1855, une solution générale du problème à résoudre : le façonnage mécanique des pièces de poterie, quelles qu’elles soient. Il a modifié les conditions de l’ébauchage ordinaire, en rendant le travail en quelque sorte automatique. Ses expériences ont cela de remarquable, qu’elles ont conduit à des résultats pratiques et satisfaisants, lorsque ceux de ses devanciers qui faisaient usage du balancier pour façonner mécaniquement par moulage les pâtes céramiques avaient complètement échoué. On se rappelle les tentatives de M. Matelin, mécanicien d’Orléans, pour obtenir le moulage des pâtes dites de creux et de platerie : elles sont restées purement historiques.
- M. Bellay, en prenant dans les travaux antérieurs le principe du calibrage, l’a fort heureusement complété, comme nous allons le dire. Le plateau qui reçoit la pâte en balle ou en croûte, suivant la pièce qu’on veut préparer, est la tête d’un tour qui prend son mouvement directement d’un moteur commun sur une poulie folle; en appuyant sur une pédale, on embraye; le tour tourne alors, en même temps qu’une sorte d’estèque guidée par deux tiges descend pour donner la forme à la pâte placée dans le moule boulonné sur le tour. Lorsque l’ébauchage est terminé, l’estèque remonte par l’effort d’un contre-poids qui ne peut agir que lorsque la pédale est relevée.
- Par un certificat d’addition en date du 30 septembre 1855, M. Bellay a mis en relation directe, avec le tour à façonner, un second appareil accessoire qui peut travailler isolément ou simultanément ; c’est un tour à préparer les croûtes.
- La croûte se fait au moyen d’un véritable calibrage dont le jeu correspond à celui du tour principal. L’estèque qui travaille est un rouleau de bois entouré de gutta-percha ; on le surcharge d’une plaque de plomb et d’une boîte dans laquelle on met de l’eau qui, s’échappant goutte à goutte lorsque l’estèque est abaissée, vient lubrifier la surface de la pâte. L’estèque, ainsi préparée, est articulée sur un levier à guides parallèles et soulevée, par la partie opposée à l’articulation, au moyen d’une corde enroulée sur des poulies ; cette corde vient se relier en un point de celle qui suspend l’estèque dans l’appareil principal; ce point est choisi de telle sorte, que le poids de l’estèque à croûte s’abaisse quand le tour marche. Les deux tours sont alors en fonction, et l’ouvrier prépare sa croûte en même temps qu’il transforme la dernière croûte démoulée.
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- On obtient avec ce système une grande rapidité d’exécution, un travail régulier, une économie notable applicable aux usages céramiques les plus variés. Tel qu’il est actuellement, il fonctionne sans plus de fatigue pour l’ouvrier que dans les procédés ordinaires, et la pratique y trouvera certainement, dès à présent, un auxiliaire utile. Cette dernière considération engage votre Comité des arts chimiques à vous prier de le faire connaître par la voie de votre Bulletin ; il a l’honneur, en conséquence, de vous proposer
- 1° De remercier M. Bellay de sa communication ;
- 2° De voter l’impression du présent rapport dans le Bulletin, avec un dessin faisant comprendre le jeu de l’appareil.
- Signé Salvétat, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 21 février 1861.
- LÉGENDE DE L’APPAREIL MÉCANIQUE IMAGINÉ PAR M. BELLAY POUR MOULER LES PATES CÉRAMIQUES. (PLANCHE 224.)
- L’appareil comprend un tour à façonner et un tour à préparer les croûtes pour les pièces plates telles qu’assiettes, plats, soucoupes, etc.
- Fig. t. Vue partielle, de face, du tour à finir.
- Fig. 2. Vue, de profil, du même tour, ainsi que du tour à préparer les croûtes.
- À, cylindre à axe horizontal recevant directement le mouvement du moteur général.
- B, arbre du tour à façonner.
- G, D, E, poulies fixées sur l’arbre B, dont l’une G est folle, l’autre D reçoit, à l’aide d’une courroie, le mouvement du cylindre À, et la troisième E sert à le transmettre de la même manière.
- F, tête du tour sur laquelle on place le moule qui doit recevoir la pâte en balle ou en croûte et donner la forme extérieure au produit.
- G, table du tour.
- H, H, guides conduisant, dans son mouvement de va-et-vient, le noyau qui sert à donner la forme intérieure.
- I, plate-forme horizontale destinée à recevoir les noyaux ou l’estèque solidement fixés.
- J, tige à laquelle est suspendu l’outil qui descend dans le moule.
- K, plaque de fonte boulonnée au bâti, munie de deux consoles qui, au moyen de . deux colliers L placés l’un au-dessus de l’autre, maintiennent la tige J dans une position strictement verticale.
- M, arcade en fer destinée à donner de la rigidité au système.
- N, levier à secteur commandant, au moyen d’une chaîne de suspension, la montée et la descente de la tige J portant l’outil.
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- GAZOGÈNES.
- O, support fixé sur la plaque de fonte K et servant d’axe de rotation au levier N.
- P, contre-poids du levier produisant le relèvement de la tige et de son outil.
- Q, tiges verticales mobiles, munies de deux galets et servant à entraîner la courroie de commande R sur la poulie D par le mouvement de la pédale S.
- 5, pédale servant'à abaisser la tige J et tout le système qui s’y relie.
- T, planche verticale fixée, à sa partie inférieure, à la pédale S et portant, de chaque côté, les bras U, U qui relient les guides H, H au-dessous des points où ils traversent la table G.
- V, anse pour relever la planche et la pédale lorsque le système ne remonte pas assez vite.
- W, chevalet servant de support à tout l’appareil.
- a, arbre du tour à préparer les croûtes ( fig. 2 ).
- 6, tête du tour.
- c, rondeau sur lequel se préparent les croûtes.
- d, courroie à l’aide de laquelle l’arbre B du tour à façonner commande l’arbre a.
- e, support en fonte boulonné sur le châssis dans lequel tourne l’arbre a.
- f, bloc ou rouleau pour faire les croûtes.
- g, boîte pleine d’eau pour lubrifier la surface de la pâte à étendre.
- h9 masse de fonte servant à surcharger le rouleau f.
- t, levier portant le bloc f et fixé au support en fonte e, en un point qui lui sert d’axe de rotation.
- /, guide du levier i.
- k, courroie ou chaîne attachée, d’une part, à la tête du bloc f et, d’autre part, au levier N du tour à façonner qui en commande, par conséquent, le mouvement.
- l, petite poulie sur laquelle passe la chaîne k.
- Les deux tours que nous venons de décrire peuvent donc travailler simultanément et sont desservis par un même ouvrier. ( M. )
- GAZOGÈNES.
- Rapport fait par M. le baron E. de Silvestre, au nom du comité des arts économiques, sur les appareils gazogènes présentés par M. Warker, de New-York.
- Messieurs, M. Warker, de New-York, vient de soumettre à l'examen de la Société un nouvel appareil à eau gazeuse. Ce système portatif comprend deux parties principales et distinctes : la première, composée de deux flacons et destinée à la production du gaz, ressemble, pour la forme, aux nombreux appareils connus sous le nom de gazogènes, mais elle en diffère essentiellement par la disposition de ses organes intérieurs ; la seconde est un réservoir
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- GAZOGÈNES.
- mi
- d’une assez grande capacité relative, dans lequel on met l’eau qu’il s’agit de saturer de gaz. Ce réservoir, en verre épais, a la forme d’un cylindre vertical, fermé et arrondi à ses extrémités, et dont la partie supérieure est percée, à son centre, d’une ouverture par laquelle on verse l’eau dans le réservoir. Un bouchon métallique, convenablement approprié et muni d’une soupape de sûreté, clôt hermétiquement cette capacité. Le réservoir est enfermé dans une petite cuve cylindrique en tôle destinée à recevoir, au besoin, de l’eau fraîche ou de la glace et munie d’un robinet de vidange placé à la partie inférieure.
- Comme dans presque tous les appareils gazogènes, le flacon inférieur reçoit le mélange des poudres salines; quant au flacon supérieur, il reçoit de l’eau qui est destinée en partie à fournir le liquide nécessaire à l’action réciproque des sels, et en partie à laver le gaz avant qu’il n’aille se dissoudre dans le réservoir. Les deux flacons sont maintenus dans leurs positions respectives par une garniture en métal qui les réunit à la cuve, et à laquelle ils s’adaptent au moyen de la monture à vis de leurs goulots.
- Cette garniture métallique est formée de deux pièces, l’une qui est fixe, cylindrique et solidement fixée à la cuve par une de ses extrémités ; l’autre qui est mobile et à laquelle s’adaptent les deux flacons : celle-ci porte à son milieu une douille creuse qui s’introduit dans l’axe de la première pièce où elle se trouve maintenue à demeure, mais de telle sorte que les flacons puissent tourner ensemble, à droite et à gauche, dans un plan vertical.
- Après avoir introduit les poudres dans le flacon inférieur et le liquide dans le flacon supérieur, on fait tomber de l’eau sur le mélange salin en inclinant les flacons. Une soupape, qui n’est autre chose qu’une bille de verre agissant par son poids, permet, en s’écartant, l’écoulement d’une certaine quantité de liquide, et le dégagement de gaz commence. On redresse alors le générateur, et la bille reprend sa place pour jouer son rôle de soupape. Le gaz, en se formant, passe au travers d’un diaphragme percé de trous qui entoure le siège de la soupape, traverse l’eau, et se rend, ainsi purifié, au sommet du flacon laveur. De là il entre dans un tube de verre percé d’un très-petit trou à son extrémité supérieure, et il est conduit au fond du grand réservoir par un canal qui, faisant suite au tube de verre, perce la cuve en suivant l’axe de la douille.
- Lorsque l’ébullition cesse dans le générateur, il suffit d’incliner les flacons pour qu’une nouvelle quantité d’eau tombe sur le mélange salin et pour qu’un nouveau dégagement de gaz ait lieu.
- Si on veut que ce dégagement se continue de lui-même, on donne, de prime abord, au générateur une inclinaison suffisante pour que l’eau tombe
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- sur les poudres sans discontinuité, en telle quantité qu’on voudra, et de manière que le dégagement de gaz se fasse aussi lentement ou aussi rapidement qu’on le jugera convenable.
- On donne issue à l’eau chargée de gaz par un robinet qui est placé à la partie supérieure de la cuve, et auquel elle arrive par un second tube qui plonge jusque vers le fond du réservoir.
- On voit, d’après ce qui précède, que l’appareil de M. Warker ne serait pas, à cause de son volume, d’un emploi commode pour le service de la table ; aussi n’est-ce pas précisément à cet usage qu’il est destiné. Pendant la saison d’été il se fait en Amérique, comme dans beaucoup d’au 1res pays, une assez grande consommation d’eau gazeuse en dehors des repas; il était donc très-utile que, dans chaque famille, on pût préparer, soi-même et avec facilité, une provision d’eau à peu près suffisante pour les besoins de la journée. C’est pour atteindre ce but que M. Warker a imaginé son appareil qui a déjà eu un véritable succès parmi ses concitoyens, bien qu’il n’eût pas encore atteint le degré de perfection où il est arrivé aujourd’hui. Venu en France pour y faire connaître son invention, pour l’y perfectionner et pour mettre à profit l’habileté de nos ouvriers dans la construction de tous les genres d’appareils, M. Warker a désiré vivement, avant son prochain départ pour l’Amérique, obtenir l’approbation de la Société d’encouragement.
- Un autre petit appareil gazogène a été, en même temps, déposé sur votre bureau par M. Warker; il sert à produire, à volonté, de l’eau gazeuse pour boisson, ou du gaz pour usage médical. Il se compose de deux flacons disposés comme ceux dont il a été parlé plus haut; c’est, en un mot, le grand appareil, moins le réservoir. Seulement deux robinets ont été adaptés à la garniture, l’un pour la sortie de l’eau gazeuse, et l’autre pour l’écoulement de l’acide à l’état de gaz, lequel, au moyen d’un tuyau en caoutchouc, peut être conduit au dehors selon l’application qu’on en veut faire. Une soupape de sûreté attenante à la garniture prévient tout danger d’explosion. La thérapeutique fait aujourd’hui de nombreuses applications du gaz acide carbonique dans le traitement des maladies tant internes qu’externes ; il était donc important d’avoir à sa disposition un appareil portatif qui pût fournir non-seulement un gaz lavé, mais encore un gaz dont l’écoulement, à peu près constant, pût être réglé soit par l’opérateur, soit par le malade lui-même. Or c’est précisément l’avantage qu’offrira à la science le gazogène de M. Warker, surtout quand il aura subi quelques modifications qui, bien qu’essentielles, sont néanmoins simples et d’une facile exécution (1).
- (1) Nous citerons, par exemple, l’inconvénient suivant qn’on pourrait reprocher à l’appareil,
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- Votre comité, Messieurs, qui pense que les deux appareils de M. Warker peuvent être, chacun en ce qui le concerne, d’un très-utile emploi, a l’honneur de vous proposer
- 1° De remercier M. Warker de sa communication ;
- 2° D’ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin avec figures des appareils.
- Signé E. de Silvestre, rapporteur. Approuvé en séance, le 22 mai 1861.
- description des appareils gazogènes de m. warker représentés planche 224.
- Fig. 3. Section verticale de l’appareil principal.
- Fig. 4. Vue, en dessous, de la petite soupape à boulet.
- Fig. 5. Section verticale de la soupape de sûreté.
- Ces deux dernières figures sont représentées en demi-grandeur d’exécution.
- AA', générateur du gaz, comprenant les deux flacons À et A' réunis l’un au-dessus de l’autre par une garniture métallique; le flacon inférieur reçoit les sels et le flacon supérieur contient l’eau dont une partie sert à agir sur ces sels et l’autre à laver le gaz produit.
- B, garniture métallique embrassant le col de chaque flacon qui y est monté à vis.
- C, soupape à boulet composée d’une bille en cristal, laquelle repose sur un siège métallique fixé à la garniture B dans le col du flacon inférieur. Le siège de cette soupape est percé, à sa base (fig. 4), d’une série de petits trous qui permettent au gaz produit dans le flacon inférieur de se rendre dans le flacon supérieur; lorsqu’il y a excès de pression, le gaz se dégage également par l’ouverture de la soupape, mais la bille n’est pas suffisamment soulevée pour laisser passer de l’eau.
- D, réservoir en verre contenant l’eau à saturer de gaz; sa partie supérieure se termine par un col de bocal sur lequel est ajustée une garniture métallique munie d’un pas de vis.
- E, bouchon métallique se vissant sur la garniture du réservoir D; il est formé d’une douille cylindrique surmontée d’une tête creuse munie de deux oreilles F qui servent à la dévisser.
- G, soupape de sûreté disposée à la partie supérieure du bouchon E, et fonctionnant
- inconvénient qui, dans certains cas, présenterait un véritable caractère de gravité et auquel, pourtant, il est aisé de remédier ; dans le maniement et même dans le simple transport de l’appareil, une petite quantité d’eau acidulée pénètre dans le tube de verre du flacon laveur, passe avec le gaz dans le tuyau en caoutchouc, et peut, après s’y être accumulée, être projetée sur la plaie ou dans l’organe soumis au traitement. Il est aisé d’éviter ce danger en adaptant, entre le robinet d’écoulement et l’origine du tuyau en caoutchouc, un petit réservoir destiné à recueillir l’eau qui sort du tube; on pourrait également employer une boîte à éponge ou tout autre artifice aussi simple. ( Noie du rapporteur. )
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- lorsque le gaz refoulé dans le réservoir D a une trop grande tension ; l’inspection de la figure 5 permet d’en comprendre facilement le jeu.
- H, cuve en tôle enveloppant le réservoir D et recevant la glace destinée à rafraîchir l’eau gazeuse; elle est munie d’un couvercle s’ajustant par un rebord et percé, à son centre, d’une ouverture qui laisse passer le bouchon E.
- I, douille en métal fixée solidement à la cuve H et supportant le générateur AA' au moyen d’un tuyau d’emboîtement J, qui permet au générateur de tourner dans un plan vertical autour de ce tuyau considéré comme axe de rotation ; en inclinant le générateur, la bille C se déplace et laisse tomber dans le flacon A une certaine quantité d’eau.
- E, tube en verre percé d’un petit trou à son extrémité supérieure et maintenu en place par le tuyau J dans lequel il s’emboîte ; c’est par ce tube que le gaz, après avoir traversé l’eau du flacon supérieur, se rend dans le réservoir D.
- L, tuyau conducteur du gaz faisant suite au tuyau J et passant dans la cuve H pour arriver dans le col du réservoir D.
- M, tube en verre se raccordant au tuyau L et plongeant dans l’eau du réservoir où il amène le gaz.
- N, tube de sortie de l’eau gazeuse.
- O, robinet pour la sortie de l’eau gazeuse.
- P, robinet de vidange de la cuve H.
- La figure 6 représente le second appareil de M. Warker, servant à produire, à volonté, de l’eau gazeuse ou seulement du gaz.
- Comme dans l’appareil que nous venons de décrire, les deux flacons du générateur sont réunis par une garniture métallique à l’intérieur de laquelle est la soupape à boulet. Ici le flacon supérieur est plus grand, parce que l’eau qu’il contient est celle-là même qu’on utilise en boisson et qu’on sort par le robinet Q.
- Le gaz en excès, se rendant dans le tube R, est extrait, quand on le veut, par le robinet S, auquel est adapté un tube en caoutchouc muni d’un ajutage et contenant, dans sa douille d’assemblage, une petite éponge destinée à absorber les gouttelettes de liquide qui pourraient être entraînées; il est entendu qu’on ne doit ouvrir le robinet S que lorsque l’autre est fermé.
- T est une soupape de sûreté adaptée à la garniture des flacons et construite de la même manière que celle qui existe dans l’appareil précédent.
- Lorsqu’on veut produire du gaz, il suffit, comme précédemment, d’incliner légèrement l’appareil, et la soupape à boulet laisse passer de l’eau du flacon supérieur dans le flacon inférieur où sont renfermés les sels. (M.)
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. L. Molinos, au nom du comité des arts économiques, sur /’emploi des toiles métalliques pour arrêter la propagation des flammes, et leur application à certaines industries, par M. le docteur Surmay, de Ham.
- Messieurs, toutes les industries qui se rattachent à la fabrication de l’alcool sont exposées aux dangers de l’incendie ; elles ne peuvent y échapper qu’au prix de précautions minutieuses et incessantes, qui sont loin d’être toujours efficaces. L’alcool émet des vapeurs à la température ordinaire, de manière à constituer, dans un espace clos, une atmosphère inflammable, dès que les surfaces d’évaporation sont un peu considérables, et surtout si la température subit une légère élévation. Dans les distilleries où on doit travailler la nuit, on conçoit sans peine que cette propriété impose des sujétions incommodes, qui ne suffisent jamais à écarter toutes chances d’accidents, et tout le monde sait, d’ailleurs, que les incendies de matières alcooliques présentent un caractère spécial de gravité.
- M. Surmay a imaginé un moyen simple et ingénieux de soustraire à ces dangers les distilleries et toutes les industries analogues. Se fondant sur la propriété bien connue des toiles métalliques de s’opposer à la propagation de la flamme, qui a déjà inspiré à Davy l’idée de la lampe des mineurs, il propose de fermer au moyen de toiles métalliques les divers appareils qui dans une distillerie sont exposés au contact de l’air, comme l’éprouvette dans laquelle on recueille l’alcool pour le goûter, et les grands bacs ou empotoirs dans lesquels il se rend avant d’être mis en fût.
- Dans l’intérieur des tuyaux qui conduisent l’alcool d’un appareil à l’autre, sont également placés des diaphragmes de toiles métalliques, de manière à isoler les divers appareils entre eux. Ces toiles métalliques sont en fil de laiton ; les mailles ont environ 5/7 de millimètre de côté.
- Au moyen de ces précautions, M. Surmay rend impossible tout incendie. Si même quelques portions d’alcool prises à l’éprouvette venaient à s’enflammer, ce qui est l’origine la plus fréquente des incendies, cet accident ne présenterait aucune gravité, car il ne serait jamais que très-local et ne pourrait s’étendre aux autres portions de l’appareil.
- Pour démontrer l’efficacité du procédé, M. Surmay s’est livré à une série d’expériences dont nous décrirons rapidement les principales, que nous Tome VIII. — 606 année. 2e série. — Juillet 1861. 51
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- STATUE DE THENARD.
- avons répétées avec lui sur un petit modèle d’appareil et dont les résultats seront, d’ailleurs, facilement acceptés.
- i0 Si on chauffe, même jusqu’à l’ébullition, cle l'alcool contenu dans un vase, et que l’on recouvre le vase d’un couvercle de toile métallique qui s’y applique exactement, on peut allumer la vapeur alcoolique au-dessus de la toile, sans que jamais l’ignition se communique à la vapeur enfermée sous cette toile.
- L’expérience inverse réussit de même.
- T On place au milieu d’un tuyau un diaphragme de toile métallique. On établit dans ce tuyau un courant d’alcool, de manière qu’il ne soit qu’à moitié plein ou à peu près ; on allume l’alcool à l’entrée du tuyau. Il brûle jusqu’au diaphragme; au delà, quelles que soient la durée de l’expérience et la température du tuyau, l’alcool coule toujours non enflammé.
- L’emploi de ces toiles métalliques ne semble, d’ailleurs, devoir présenter aucun inconvénient pratique^pour des produits de distillation qui ne peu-vent obstruer ou détruire les toiles. Il nous a donc paru que l’application proposée par M. le docteur Surmay constituait un excellent moyen préventif applicable aux industries relatives à l’alcool, aux éthers, aux essences, aux huiles de schiste, etc. Ce moyen a, de plus, l’avantage d’être très-peu coûteux, et de pouvoir s’adapter, avec une égale facilité, à tous les appareils* quel que soit leur système.
- En conséquence, votre comité vous propose de remercier M. le docteur Surmay de sa communication et d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Signé Molinos, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 13 mars 1861.
- INAUGURATION DE LA STATUE DU BARON THENARD
- A SENS.
- Au mois d’août de Tannée dernière, M. Deligand, maire de la ville de Sens, informait la Société d’encouragement pour l’industrie nationale qu’un décret impérial autorisait cette ville à élever une statue à M. le baron Thénard au moyen di’ime souscription publique, et exprimait l’espoir que la Société, lui prêtant son concours, s’empresserait de s’associer à cet hommage rendn à l’illustre savant,
- Heureuse de prendre part à cette manifestation de la reconnaissance pu-
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- bliqtie envers la mémoire de son ancien Président, la Société d’encouragement, sur la proposition du Bureau et de la Commission des fonds, décida, dans une réunion de son Conseil d’administration, l’ensemble des mesures à prendre pour donner à sa coopération toute l’efficacité désirable (1).
- Une circulaire fut immédiatement adressée à tous les membres de la Société, pour leur annoncer qu’un registre de souscription était ouvert à l’hôtel de la rue Bonaparte. A cet appel tout le monde s’est hâté de répondre, et la Société a constaté avec bonheur l’élan avec lequel chacun est venu concourir à la réalisation d’un projet auquel le Gouvernement accordait son appui.
- Mais la Société d’encouragement n’était pas seule à prêter son concours à ce projet. Toutes les institutions, tous les établissements auxquels Thénard avait appartenu, qu’il a illustrés et dans chacun desquels il a laissé d’impérissables souvenirs, tenaient à honneur d’avoir une part dans l’accomplissement de l’œuvre, de telle sorte que la souscription, prenant un caractère de véritable nationalité, ne tarda pas à assurer les ressources suffisantes à l’érection d’un monument digne du savant que la France voulait honorer après sa mort comme elle l’a honoré pendant sa vie.
- C’est le 20 juillet que la cérémonie d’inauguration a eu lieu, sur une place publique de Sens, en présence d’un concours immense de spectateurs. La statue, due à l’habile ciseau de M. Droz, représente l’illustre chimiste vêtu de la toge universitaire, dans cette attitude de bonhomie n’excluant pas la noblesse, connue de plus de quarante mille élèves qui ont suivi ses cours, pendant le professorat le plus brillant dont les annales de chimie gardent le souvenir. Deux médaillons représentent les allégories de la science et de la bienfaisance, deux mots qui caractérisent la vie de Thénard.
- Les députations étaient nombreuses, et plusieurs orateurs ont pris la parole, parmi lesquels notre Président actuel, M. Dumas, au nom de M. le Ministre de l’Instruction publique, et M. Barrai, au nom de la Société d’encouragement, qui, du reste, était représentée à cette solennité par un membre de chacun de ses comités. En outre de ces deux discours que nous reproduisons ci-après, on a entendu M. Deligand au nom de la ville de Sens, M. Arsène Houssaye au nom de M. le Ministre d’État, M. Javal, député, au nom du département de l’Yonne (2), M. Balard au nom de l’Académie des sciences, M. Stanislas Julien au nom du Collège de France, M. Hébert au nom de la
- (1) Voir, à cet égard, le rapport qui a été publié en 1860 ( 28 série du Bulletin, t. VII, P* 641).
- (2) M. le baron Tbenard a représenté deux fois ce déparlement aux anciennes assemblées législatives.
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- Sorbonne, M. Pasteur, directeur de l’École normale supérieure, M. Lecanu, professeur à l’École de pharmacie, enfin M. Boudet, au nom de cette Société des amis des sciences dont la création est un dernier et touchant témoignage de sollicitude de Thénard pour les plus nobles infortunes.
- (M.)
- DISCOURS DE M. DUMAS.
- Messieurs, le 21 juin 1857, l’Académie des sciences apprenait qu’un grand malheur l’avait frappée; elle avait perdu le vénérable Thénard, et, toute à sa douleur, levant la séance, elle se séparait, par une honorable et rare exception, en signe de deuil.
- Sa cendre était à peine refroidie, et déjà l’illustre secrétaire perpétuel, ajournant tout autre devoir, prononçait son éloge devant un auditoire plein de ses souvenirs.
- Quatre ans à peine se sont écoulés, et la villed e Sens, sa patrie, avec le concours spontané de la France et du monde, élève à Thénard, sur une de ses places publiques, une statue de bronze destinée à transmettre aux générations futures le souvenir et l’image d’un concitoyen illustre.
- Ce n’est pas seulement le chimiste éminent que l’Académie entendait honorer ainsi, ce ne sont pas seulement ses découvertes immortelles que ce monument de votre piété consacre et glorifie; les manifestations de l’admiration publique, quand elles ne s’adressent qu’au génie, se font attendre plus longtemps. Les sympathies contemporaines qui, dans leur empressement, devancent ainsi les sentences de l’avenir s’adressent davantage à la personne; elles confondent alors en un même hommage la générosité du cœur, la grandeur du caractère et l’éclat des services.
- Sous le regard de cet homme, qui fut le serviteur de la vérité et l’esclave de la justice, en présence de sa fidèle image si dignement transmise à la postérité par la main d’un grand artiste noblement inspiré, notre devoir est de le dire, comme il l’aurait dit lui-même, et d’ailleurs cette leçon porte avec elle sa moralité. Sa science était bien grande, et pourtant elle n’aurait point amené ce concours et elle ne justifierait pas ce recueillement. Mais ce bronze, qui consacre les découvertes immortelles du génie heureux, a aussi pour mission de garder des souvenirs plus périssables, plus personnels, ceux de l’éminent professeur, du maître vénéré, de l’administrateur paternel, qui mérita d’être aimé de tous, et à qui il est beaucoup rendu, parce qu’il a lui-même beaucoup aimé.
- De tels honneurs, décernés presque au lendemain de la mort, ne se prodiguent pas. Quand une cité en conçoit la pensée, que le Gouvernement l’accueille, que le sentiment public la ratifie, et que les plus nobles intelligences tiennent à s’y associer, il faut y voir, sinon le jugement de la postérité, du moins celui du pays lui-même tout entier.
- Thénard aurait pu attendre celui de nos neveux; il n’avait rien à en redouter ; mais notre devoir était de le devancer et de rappeler quel rare spectacle cet homme éminent avait offert au monde pendant soixante années d’une vie noblement occupée.
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- Savant, il comptait parmi les premiers d’un siècle qui en a produit tant d’illustres; professeur, il fut le modèle de l’Europe; administrateur, il a donné à l’Université des règles qui ne changeront pas; homme, son cœur fut ouvert à tous.
- L’Académie, qui lui témoignait une déférence singulière, se souvenait qu’il touchait presque à Lavoisier par ses débuts, qu’il avait été l’élève de Vauquelin et de Berlhollet, le commensal de Laplace, le rival de Davy, l’ami de Berzélius, le collaborateur de Gay-Lussac, et qu’au niveau de toutes ces gloires il était pour elle une lumière et une force. Elle aimait à suivre son impulsion ferme et généreuse, à l’entendre émettre son avis avec l’autorité d’un juge qui formule son arrêt, et à le voir attribuer tout haut son vote au mérite, non comme un bien dont il eût été maître, mais comme un débiteur qui acquitte sa dette. Par un heureux et rare privilège, Thénard avait, au milieu d’elle, le droit de distribuer l’éloge sans faire de jaloux, tant on était confiant en son équité, et le blâme sans soulever un murmure, tant on était sûr qu’après avoir cédé au besoin de la justice il allait panser lui-même la blessure d’une main aussi bienveillante qu’empressée.
- Quand, à la fin du siècle dernier, Lavoisier, avec le concours de ses collaborateurs, dévoilait enfin la composition si longtemps ignorée de l’air et de l’eau, la nature si longtemps méconnue des métaux, du soufre et du charbon; qu’il expliquait la composition des plantes et celle des animaux; qu’il analysait les phénomènes de la combustion et ceux de la respiration, la philosophie naturelle fondée sur des bases si nouvelles en recevait un essor qui, après avoir absorbé sa vie trop courte, celle de Ber-thollet, de Schéele, de Priestley, de Proust, laissait encore les imaginations en travail, de riches moissons à récolter et de grands problèmes à résoudre.
- Au moment où ces nobles figures disparaissaient de la scène, Dalton, Davy, Berzélius, Gay-Lussac et Thénard y prenaient place à leur tour, et, parleurs efforts réunis, la chimie, recevant sa dernière forme, devenait pour la philosophie naturelle ce qu’est la géométrie pour les sciences de calcul, la méthode des inventeurs.
- Thénard apportait dans ce tribut de suprêmes efforts : sa belle étude des éthers complexes; sa part dans la décomposition de la potasse et de la soude par les seuls efforts delà chimie; dans l’extraction abondante du potassium et du sodium, métaux si étranges par leur légèreté, l’énergie de leurs réactions et leur combustion brillante et facile; dans l’analyse de la plupart des gaz connus; dans la connaissance des lois qui règlent la composition des matières organiques; enfin, et sans partage, la plus admirable des créations de la chimie, celle de l’eau oxygénée. OEuvres d’élite, dignes des plus grands maîtres, qui assurent au nom de Thénard une place dans la mémoire des hommes, tant que les sciences seront cultivées.
- L’ouvrage qu’il a publié de concert avec Gay-Lussac et où les deux amis ont raconté les conquêtes de cette campagne glorieuse qui dura quatre années, le laboratoire de l’École polytechnique, .incessamment en feu, chaque jour voyant éclore quelque nouveauté sortie de leurs mains habiles et favorisées, reste comme un modèle inimitable.
- Sous le titre modeste de Recherches physico-chimiques, il offre, par l’importance
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- des découvertes, l’abondance et la précision des détails, la noble convenance du style et la beauté de la méthode, le seul de nos livres qui soit fait pour prendre place à côté des œuvres de Lavoisier, dont il est le digne et nécessaire complément.
- Voilà sur quels titres s’appuyait, en se présentant devant le public, ce professeur si admirablement doué d’ailleurs, qui, par trente années d’un enseignement dont la fortune n’avait jamais été atteinte et ne sera jamais dépassée, a initié à la connaissance de la chimie et à celle de la méthode expérimentale plus de quarante mille élèves français et étrangers.
- Grand et prodigieux succès, dont la durée resterait un problème étrange, si on ignorait que Thénard, guidé par l’instinct le plus sûr, tout en enseignant la même science à la Sorbonne, au Collège de France et à l’École polytechnique, avait varié son procédé dans chacune de ces trois chaires.
- A la Sorbonne, devant quinze cents auditeurs à leur début, il restait professeur. Son enseignement classique, choisi, élémentaire, contenu, devenait pénétrant à force de clarté, puissant à force de sobriété et de justesse. Il donnait à l’auditoire ce qu’il est nécessaire de savoir, rien de plus; et, dans cette foule attentive, tous avaient compris, la plupart avaient retenu.
- Au Collège de France, entouré de trois cents élèves déjà préparés par de préalables études, il prenait l’attitude du maître. Il montrait le chimiste lui-même opérant dans son laboratoire. Plus familière et plus expansive, sa parole embrassait le champ de la science tout entier, s’arrêtant dès que le fait et la certitude allaient lui faire défaut et que la conjecture et l’hypothèse allaient prendre leur place.
- A l’École polytechnique, il était en famille, comme un père au milieu des siens. Ce n’est pas seulement à l’auditoire qu’il s’adressait, c’était à chaque élève; il avait charge d’âmes. La parole du professeur demeurait toujours grave, mais celle de l’ami mêlait aux préceptes de la science les leçons d’un grand administrateur, les conseils d’une expérience consommée. Il n’oubliait jamais qu’il s’adressait aux généraux futurs de nos armées, aux directeurs futurs des grands travaux de l’État, et il ieur apprenait, par d’heureuses diversions qu’aucun autre ne se serait permises, comment on gouverne les hommes et au prix de quels soins on maîtrise les forces de la nature.
- L’action de Thénard sur ce jeune auditoire était vive et durable; mais partout il exerçait le même ascendant; dès qu’on entrait dans sa sphère, il fallait le subir. On était subjugué par cette physionomie ouverte, cette bonne humeur sympathique, celle argumentation nette, cette franchise gauloise, avant de s’apercevoir qu’on était emporté par une volonté qui n’aimait pas la résistance. L’honnête homme rayonnait si noblement en lui, qu’on sentait qu’un cœur pur, une raison droite, une conscience sans reproche pouvaient seuls animer de tels regards, inspirer de tels accents. A peine assis sur les bancs de son amphithéâtre, on lui appartenait; jamais une âme bien née n’essaya de lui échapper, et il faudrait plaindre ou redouter quiconque l’ayant approché s’en serait éloigné.
- Mais dans l’enceinte de ces murs témoins des luttes, des travaux et des joies de sa jeunesse, au milieu de cette École polytechnique où la passion qu’il portait à chaque
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- élève donnait à son enseignement une note plus personnelle et plus émue, il subissait, sans s’en apercevoir, l’influence d’un théâtre plein de souvenirs. A l’occasion d’un fait, d’une expérience, d’une théorie, involontairement il mettait en scène ses collaborateurs et lui-même. Tel corps, c’est là qu’il fut découvert, à cette place même et par tel procédé; cette réaction, c’est ici qu’elle fut tentée; ce mélange détone, mais nous l’avions prévu quand il fut éprouvé pour la première fois, disait-il, et les murs vous montrent encore les traces de sa première explosion. L’auditoire, entraîné par cette science remontant à sa source, prenait le même intérêt que lui à ressaisir les détails de sa vie de laboratoire, qu’une mémoire aussi sûre qu’étendue lui retraçait en ces occasions avec une merveilleuse fidélité.
- C’est pâr l’épreuve de ce triple enseignement, si fortement constitué, que s’étaient classés, ordonnés et épurés les excellents matériaux de son Traité de chimie, ouvrage qui n’a pas été remplacé, véritable monument de la science dans les premières années du siècle. Tout y porte l’empreinte du maître : détails infinis, toujours corrects; méthode neuve, d’une logiqué saillante ; plan simple, où dès ses premiers pas l’élève marche sans guide. Grandes et rares qualités que peuvent seules réunir ces œuvres où un professeur heureux résume l’expérience de sa vie, et qui ne se rencontrent jamais dans ces livres écrits loin du contact de la jeunesse, même quand ils le sont par les savants les plus dignes de la diriger.
- Thénard était né professeur. Les heures qu’il passait au milieu de ses élèves ont été les plus pleines de sa vie. Sa réputation européenne, l’éclat de ses découvertes, sa parole noble et abondante, sa dignité, son attitude magistrale, l’ordre savant de ses idéés, la clarté de son exposition et le choix heureux de ses expériences, tout contribuait à établir entre son auditoire et lui cette harmonie et ces rapides communications; sous l’excitâtion desquelles le professeur s’enflamme, s’élève, embrasse et parcourt d’un regard assuré le champ de la science qu’il vient de dérouler, saisit dans la chaleur de l’improvisation des aperçus nouveaux et jette dans toutes les âmes cette fièvre de l’invention dont il est dévoré lui-même.
- Noble mission, de toutes la plus noble, lorsque le professeur, dominant son sujet, peut atteindre ainsi la poésie de la science, tout en restant ainsi l’apôtre de la vérité; si Thénard s’en est laissé distraire, c’est qu’ayant reçu beaucoup de la France il ne se crut jamais le droit de refuser son concours au gouvernement de son pays.
- Combien de travaux ignorés et d’études poursuivies sans retentissement, pour donner à l’administration publique des lumières nécessaires à la bonne préparation des règlements ou des lois 1 Membre du comité consultatif placé près du ministre du commerce, son savoir étendu, son sens droit, son esprit ferme et pratique n’y laissaient aucune question sans réponse, aucune difficulté sans solution.
- Mêlé, comme Ghaptal, au jugement de toutes les expositions des produits de l’industrie, président, après lui, de la Société d’encouragement, ses conseils, ses excitations; ses éloges exerçaient sur tous nos manufacturiers une profonde influence. Ils ne l’ont point oublié, et quand, au dernier jour de sa vie, il tendit près d’eux la maîri en faveur des orphelins et des veuves de la science, leur générosité répondit
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- noblement à son appel, et vous-mêmes, quand vous les avez sollicités, à votre tour, de concourir à l’érection du monument que nous inaugurons, vous savez quel a été leur empressement.
- Si la richesse publique s’est améliorée en France, si l’agriculture et l’industrie on tiré mieux parti des produits du sol, si le niveau des fruits du travail s’est élevé, si la concurrence intérieure a baissé les prix et si la concurrence étrangère est devenue presque acceptable, l’enseignement public de Thénard dans sa chaire, à la Société d’encouragement et au jury central, y a pris une grande part.
- Il en ressentait une juste fierté, et si le discours remarquable qu’il prononçait devant le Roi, à la clôture de l’Exposition de 1844, se borne à dérouler le tableau exact et merveilleux des conquêtes de l’industrie unie à la science, on sent que l’orateur n’ignore pas qu’il aurait eu le droit, en remontant aux causes, de s’en enorgueillir à la fois pour lui-même et pour la France. Non point parce qu’il avait imaginé un nouveau bleu minéral, une céruse nouvelle, ou même un procédé toujours employé pour la purification des huiles, mais parce qu’il avait, plus que personne, fait pénétrer dans les ateliers, à côté du sentiment inné du goût qui caractérise notre nation, la connaissance des données exactes de la science et l’emploi de cette méthode expérimentale qu’elle a fondée et à laquelle rien ne résiste.
- Au moment où Thénard était au plus haut de sa popularité et de sa gloire, comme professeur, il fut appelé au Conseil de l’instruction publique, à la tête duquel il prit place, plus tard, comme chancelier de l’Université. Qu’il ait porté dans l’accomplissement de ses nouveaux devoirs l’esprit de suite, la modération, la passion du bien, les saintes colères même en faveur du juste et du vrai, qui étaient comme le tempérament de son âme, personne n’en doute et l’Université ne l’oubliera pas.
- Mais rappelons ici, car c’est une part de sa gloire, le mouvement de prospérité durable qu’il a su imprimer aux collèges et aux lycées, aux facultés des sciences et à l’École normale. Parmi les domaines étendus de l’Université, c’est là qu’il avait marqué le sien; s’il n’aimait pas à en sortir, il entendait n’y être point troublé; les grands résultats qui ont signalé sa gestion lui appariiennent donc.
- Thénard aimait les vues nettes, les plans simples; dans chaque affaire, il choisissait une idée, s’y arrêtait et la poursuivait résolûment. Dans les collèges et les lycées, il porta les finances à la prospérité la plus haute. À l’École normale rien ne fut négligé pour créer des professeurs éminents. Dans les facultés il voulut des savants.
- Faites des économies, disait-il sans cesse aux proviseurs; si le ciel se maintient prospère, elles vous serviront à grandir; s’il se met à l’orage, elles vous défendront.
- Pour les élèves de l’École normale, il créait des bibliothèques, des laboratoires, des ateliers; il voulait que ses successeurs futurs eussent, comme lui, l’intelligence, la parole et la main également prêtes. Tout conspirait, sous sa persévérante tutelle, à leur donner la passion de la science, à leur inspirer l’amour de la jeunesse, ces deux vertus nécessaires du professeur, dont il leur offrait en sa personne le plus noble modèle.
- Il disait enfin aux professeurs de facultés : Travaillez pour l’Institut. Si c’est l’Uni-
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- versité qui yous donne le titre, c’est l’Académie qui vous donne le crédit. Sûr de votre mérite, votre auditoire sera souple et confiant. Inquiet de sa propre opinion, il vous délaissera. Avec un maître sans autorité, il n’y a pas de succès possible dans les études.
- Qui songerait à rien changer à d’aussi sages directions?
- C’est au milieu de ces travaux et de ces soins que s’écoulait le dernier tiers de sa vie, où, malgré son passage à la chambre des députés et son long séjour à la chambre des pairs, la politique ne prit jamais une bien grande part. Se contentant d’administrer, car il était sûr d’en être capable, il laissait à d’autres la politique, n’aimant jamais entreprendre ce à quoi il n’était pas préparé.
- Certes, s’il eût réservé à la science et au laboratoire ces années mises au service de l’administration, les titres de gloire qui l’accompagneront dans la postérité en eussent été plus nombreux et les chimistes sauraient quelque chose de plus, car la verve inventive de Thénard demeura intacte et jeune jusqu’à la fin de sa vie, malgré ses quatre-vingts ans.
- Mais ne servait-il pas aussi la science, lorsqu’il la faisait honorer, en sa personne, de l’administration et du pays, en montrant quel rôle elle joue dans la pratique des affaires d’un grand peuple; lorsqu’il mettait au service de l’Université une expérience et une autorité sans égales?
- Ces années de sa vie n’ont-elles donc pas contribué au progrès de la science française?Qui oserait en regretter l’emploi, lorsque, parmi ceux qui en sont l’honneur aujourd’hui, il n’en est aucun dont il n’ait deviné la vocation, soutenu les premiers pas ou décidé les succès. Comme il savait écouter et louer tout ce qui était utile et bon ! Comme il savait deviner les découragements et les défaillances pour les guérir par de sages conseils et de douces paroles! Comme il était serviable pour le mérite modeste et combien il se montrait sensible à tous les mécomptes du talent méconnu!
- C’était pour la jeunesse vouée au culte de la science un protecteur près de l’Académie, un avocat près du Gouvernement, un ami dans son salon, un père dans son cabinet. Que de travaux ont été entrepris pour lui plaire et que de découvertes dont l’auteur s’est cru récompensé dès que Thénard en était satisfait 1
- Oui, il servait ainsi la science et noblement, car si la France possède une admirable école de physiciens et de chimistes, la fondation lui en est due pour une grande part; et quand on l’a vu consacrer tant d’attention et de temps au gouvernement de ces jeunes intelligences, on se demande où il avait trouvé celui qu’il consacrait à la gestion de ses affaires pourtant si bien ordonnées.
- Vous l’avez tous vu, au milieu des soins qu’il donnait à cette jeunesse d’élite et qu’elle lui rendait. Comblé de titres, d’honneurs et de tous les dons de la fortune, couvert de gloire, exerçant un grand pouvoir, environné de reconnaissance, d’affection et de respect. Comme un patriarche, il marchait dans la vie plein de sécurité, appuyé sur une compagne qui en était le charme, sur deux fils qui en étaient l’espérance, sur deux familles étroitement unies à la sienne, qui en méritaient et qui en partageaient les prospérités. Le même toit les abritait tous, et le passant était tenté de Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Juillet 1861. 52
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- s’écrier : s’il est sur la terre un homme qui ait le droit de s’appeler heureux, il est là! Mais avant de dire d’un homme qu’il fut heureux, attendez qu’il soit mort!
- Quelques années s’étaient à peine écoulées, il avait renoncé aux honneurs et résigné son pouvoir. Sous des coups soudains et répétés il voyait disparaître, avant l’heure, la compagne de sa vie, l’un des fils qui devait lui fermer les yeux, les deux familles qui avaient confondu leur existence avec la sienne, et parmi les proches qu’avait attirés l’ombrage protecteur de sa noble demeure, nombre de ceux que son cœur avait distingués. Aux premières atteintes du malheur, si sa douleur se montra expansive et touchante, les dernières frappèrent un chrétien résigné, refoulant au fond d’un cœur brisé chaque peine nouvelle et ne laissant échapper de ses lèvres tremblantes d’autres murmures que ceux de la prière et de l’élévation vers Dieu.
- O vous qui demandez aux travaux de la science la gloire, les honneurs, la richesse peut-être, il a été donné à Thénard de vous offrir deux fois, en traversant les deux grandes épreuves de la vie, les plus nobles exemples!
- Il avait résisté à la bonne fortune. Quand la Providence le comblait de ses dons, nul ne s’est aperçu que son cœur en fût changé. Quel est l’ami qu’il ait perdu? Quelle est l’amitié qu’il ait dédaignée? N’était-il pas le même, chancelier de l’Université et pair de France, que lorsqu’il débutait comme répétiteur à l’Ecole polytechnique; millionnaire que lorsqu’il arrivait à Paris pauvre et ignoré? Sa vie et ses goûts n’étaient-ils pas demeurés également simples et n’était-il pas plus accessible même; plus bienveillant, plus serviable, à mesure que la destinée le portait plus haut? Si le sort le rapprocha des grands, oublia-t-il jamais qu’auprès d’eux il représentait la science et qu’elle a droit à leur respect? S’il se montra courtisan, n’est-ce pas seulement auprès de ces jeunes mérites dont il saluait la naissance avec amour, dont il signalait les succès avec tendresse et au milieu desquels il vivait comme le plus indulgent des pères, comme le plus sûr des amis?
- Il résista à l’adversité. Cette âme vraiment noble, qui n’avait joui du pouvoir que pour servir le talent, de la fortune que pour faire le bien, du bonheur que pour le répandre sur les autres, puisa de nouvelles forces dans les tristes épreuves qui vinrent la surprendre. L’Académie le vit plus assidu, la science plus attentif à ses progrès, l’Université plus occupé de ses dangers, l’amitié plus affectueux, la douleur plus sympathique. On sentait bouillonner en lui les élans d’une charité qui cherchait à se faire jour, que le malheur attirait et qui réclamait comme un droit le partage de toutes les souffrances. Aussi, quand vint la pensée de fonder cette Société des amis des sciences, l’espoir des familles des savants enlevés avant l’heure, la tutrice de leurs enfants, quel réveil d’ardeur et de jeunesse ! Le vieillard ne se rappelait son âge, le blessé ses douleurs, que pour se répéter qu’il fallait se hâter et que le terme de la vie était proche. Debout dès l’aurore, écrivant de sa main des lettres par centaines, arrivant à l’improviste chez tous ceux dont il espérait le concours, sollicitant avec autorité et grâce, animant les cœurs dévoués et réchauffant les tièdes, un jour vint où l’œuvre était fondée et où, voulant assurer sa durée, il en confiait les destins à ses amis les plus chers dans des notes touchantes, qui furent les dernières pensées de sa
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- vie et les derniers mots tracés de sa main, comme si, ce devoir accompli, ilnelui restait qu’à s’élever vers le Seigneur, en disant à son tour : Nunc dimittis servum tuum, Domine !
- Encore quelques années, et les auditeurs des cours de Thénard auront disparu ; ses travaux, comme administrateur, s’éloignent déjà de nous; son Traité de chimie est devenu un livre de bibliothèque, la jeunesse ne le connaît plus; la génération qui dirige les ateliers ignore peut-être son influence sur l’industrie ; ses dignités, ses titres ont duré moins que lui; ils ont disparu emportés par les orages; son nom même serait déjà relégué dans l’histoire, s’il n’était conservé dans tout son éclat en un fils qui s’est montré digne de le porter, digne de le rajeunir.
- Mais tant que le goût des fortes études n’aura pas disparu de notre pays, tant qu’il restera de nobles infortunes à secourir parmi les martyrs de la science et des cœurs pieux pour veiller sur elles, on s’arrêtera avec respect au pied de cette statue pour contempler les traits de l’un des auteurs des Recherches physico-chimiques, du créateur de l'eau oxygénée et du fondateur de la Société des amis des sciences.
- Les événements de ce monde passent; les actes de ceux qui ont administré ses affaires s’oublient; il n’y a d’éternel que les lois qui gouvernent la nature, heureux qui les dévoile à notre admiration 1 que les vertus qui descendent de Dieu, heureux qui en mourant en laisse après lui le souvenir durable et comme le parfum, pour la consolation de ses proches et pour l’édification de tous !
- Messieurs, le pays attentif à cette cérémonie imposante sera reconnaissant à la ville de Sens d’avoir payé la dette qu’il avait contractée.
- Son Excellence le ministre de l’instruction publique, que d’impérieux devoirs en ont tenu éloigné, en me chargeant de la présider, a voulu que du moins son nom n’en fût point absent et que l’Université y fût représentée à tous les degrés.
- Son Excellence M. le maréchal Vaillant, ministre de la Maison de l’Empereur, qui fut l’ami de Thénard et qui de son héritage a pieusement recueilli la plus noble part, la présidence de la Société des amis des sciences, retenu par le service de Sa Majesté, me charge de vous en exprimer son sincère et profond regret.
- S. M. l’Empereur, qui aime les sciences, qui au temps de l’adversité et de l’exil en fit sa consolation, qui au jour de la puissance et de la gloire y cherche ses délassements, ne pouvait rester étranger à cette manifestation. Il a voulu concourir personnellement à l’érection du monument que nous inaugurons; son cœur est toujours avec son peuple lorsqu’il s’agit d’honorer les nobles fils de la France.
- Sûre de répondre aux sentiments de la cité et d’ajouter aux enseignements de celte journée, Sa Majesté a choisi ce moment pour reconnaître les services de votre premier magistrat, et elle a daigné me charger de remettre en son nom la croix de la Légion d’honneur à M. le Maire de Sens.
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- DISCOURS DE M. BARRAL.
- Messieurs, la Société d’encouragement pour l’industrie nationale est née avec le XIXe siècle; fondée par une phalange d’hommes dévoués qui avaient pour chefs des hommes illustres, Monge, Berthollet, Conté, Chaptal, elle ne tarda pas à demander la collaboration de tous ceux qui à une science solide joignaient un vif amour de la grandeur de la patrie. La France avait besoin de développer énergiquement les arts industriels pour garder le sceptre de la puissance matérielle et morale qu’elle avait conquise sur le monde. Thénard entra à la Société dès 1804, et pendant 58 ans il lui a appartenu, 28 ans comme membre du comité des arts chimiques, 13 ans comme président assidu, 12 ans comme président honoraire. Durant cette longue période, qui a vu s’accomplir les plus merveilleuses, les plus incroyables découvertes, Thénard n’a pas cessé de donner l’exemple du travail le plus actif et de la protection la plus éclairée.
- Les progrès des sciences n’atteignent tous leurs développements qu’autant que des laboratoires les vérités descendent dans les ateliers, qu’autant que la théorie donne libéralement la main à la pratique pour y puiser de nouvelles forces et y trouver de plus solides appuis. Thénard concourut d’abord au progrès des arts par d’ingénieuses inventions et par les avantages dont ses découvertes en chimie pure dotaient les industries les plus diverses. Il est nécessaire de faire preuve de puissance créatrice pour pouvoir donner utilement des conseils à ceux qui sont constamment aux prises avec les faits. En créant le bleu qui porte son nom et qui permet de recouvrir d’un riche éclat les poteries de nos célèbres fabriques; en donnant le moyen de purifier l’huile de colza de manière à lui enlever toute mauvaise odeur et à la faire brûler avec la plus grande facilité ; en appliquant l’eau oxygénée, sa plus belle découverte en chimie pure, à la résurrection des couleurs des tableaux des maîtres, dont les chefs-d’œuvre étaient effacés par le temps; en s’occupant utilement de la composition des principaux liquides de l’organisme animal, de l’action des mordants dans la teinture, de la fabrication de la céruse, de la destruction des animaux nuisibles à l’agricullure, de la préparation des enduits hydrofuges pour les peintures murales, de l’assainissement des lieux bas et humides, Thénard acquérait cette grande autorité qui fut acceptée sans conteste par les agriculteurs et les industriels, lorsque, dans les trois grandes Expositions nationales de 1834, 1839 et 1844, le président de la Société d’encouragement fut élu, par ses collègues, président du jury central chargé de décerner ces récompenses qui, en signalant les succès obtenus, marquent les rangs dans la hiérarchie du travail.
- Les paroles de l’illustre chimiste étaient écoutées comme des oracles, parce qu’on savait qu’il avait pratiqué, qu’il mettait toujours la main à l’œuvre. Ses conseils étaient aveuglément suivis. Il fut de ceux qui convainquirent les industriels qu’il est plus utile pour eux de divulguer leurs recettes empiriques que de continuer à les tenir cachées comme faisaient leurs ancêtres, parce que la science, en résolvant mille difficultés, en simplifiant les procédés, produit plus de bénéfices que l’emploi des méthodes
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- secrètes presque toujours compliquées et imparfaites. Du reste, donnant l’exemple constant de l’assujettissement au devoir, Thénard avait le droit de stimuler le zèle de tous. On se souvient avec quelle verve et en même temps avec quelle bonhomie il adressait des allocutions touchantes à ceux qui venaient recevoir de ses mains des médailles destinées à récompenser le passé et à encourager pour l’avenir.
- La rapidité des progrès de l’industrie ne dépend pas seulement des chefs; les contre-maîtres et les simples ouvriers exercent une énorme influence sur le succès de la plupart des opérations. Thénard l’avait compris de bonne heure, et, comme président de la Société d’encouragement, il attachait la plus grande importance aux médailles décernées aux bons services des ouvriers et des chefs d’ateliers; c’était une joie pour lui de serrer les mains durcies par le maniement de l’outil et de féliciter, avec des paroles chaleureuses sorties du cœur, les travailleurs émérites qui avaient concouru à faire les chefs-d’œuvre dont s’enorgueillit l’histoire de l’industrie française.
- Enfant d’un simple cultivateur, il se souvint toujours de son origine; il aimait à se retrouver au milieu des champs, à suivre les progrès si remarquables de l’agriculture nationale. En laissant une grande fortune à son digne fds, il lui a enseigné les devoirs du grand propriétaire-agriculteur dans les sociétés modernes.
- Les jeunes hommes qui voulaient se vouer à l’étude des sciences trouvaient dans Thénard toutes sortes de secours; il les encourageait lorsqu’ils avaient quelque succès; il remontait leur énergie lorsqu’ils éprouvaient quelque découragement; il les aidait de toutes les façons dans les heures d’épreuve. Si, par hasard, il lui est arrivé de ne pas protéger un homme dont il avait ignoré le zèle et les efforts, avec quel empressement, quelle ineffable bonté il courait à lui le jour où il apprenait que ses encouragements eussent été bien placés 1 Aussi nous tous, Messieurs, qui avons connu Thénard, qui avons été ses élèves aimés à l’Ecole polytechnique, nous venons dire à la génération qui nous suit : Saluez respectueusement cette statue; elle rappelle la mémoire d’un homme de bien en même temps que d’un homme de génie.
- Déjà la Société d’encouragement pour l’industrie nationale avait, avant ce jour, concouru à l’inauguration des monuments élevés à quatre de ses fondateurs, à Monge, à Berthollet, à Conté, à Chaptal. Thénard était lui-même sur la place de Séez, lorsqu’on découvrit la statue de son illustre parent, de Conté, l’aïeul de ses enfants; il était loin de penser que le même sculpteur, qu’il remerciait avec l'effusion de la reconnaissance, pourrait être, un jour, chargé de mouler la statue que ses concitoyens lui élèveraient non loin du lieu où il était né.
- Messieurs, la solennité qui nous réunit ici autour du bronze qui doit léguer à la postérité les traits du second président de la Société d’encouragement, le discours éloquent de l’illustre savant qui a succédé à Thénard dans cette présidence, les souvenirs de tant d’œuvres immenses accomplies depuis le commencement de ce siècle-excitent notre admiration. Mais pourrons-nous jamais être les dignes successeurs de la pléiade d’hommes extraordinaires qui nous a devancés dans la carrière ? Nous avons le devoir de nous efforcer de suivre les exemples qui nous ont été donnés. Que la mémoire de Thénard, notre maître, nous protège I
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- DE LA MÉTALLURGIE DU PLATINE ET DES MÉTAUX QUI L’ACCOMPAGNENT (PL. 225).
- Entrait d’un mémoire de MM. H. Sainte-Claire Deville et H. Debray.
- Le mémoire de MM. H. Sainte-Claire Deville et H. Debray, qu’on trouvera in extenso dans les Annales de chimie et de physique (3e série, t. LXI, p. 5), contient la série détaillée des études qu’ils ont entreprises à la demande du Gouvernement russe pour déterminer, sur une échelle relativement assez grande, les conditions pratiques de traitement du platine fondées sur l’emploi des moyens de la voie sèche; on se rappelle que le Bulletin a déjà donné, par extrait, quelques détails relatifs aux procédés de cette métallurgie nouvelle, précédemment publiés dans un premier mémoire (1 ).
- Le travail des auteurs est divisé en cinq chapitres et comprend :
- 1° Une méthode par voie sèche, pour traiter avec facilité et rapidité le minerai de platine en quantités illimitées;
- 2° Une méthode mixte pour la purification des minerais au moyen de l’eau régale, plus expéditive que la méthode actuelle ;
- 3°<Une méthode par voie sèche pour la purification et la fonte des iridiums bruts de la Monnaie de Russie;
- 4° Des méthodes de fusion et de moulage applicables à des quantités illimitées de platine pur ou allié, dans des appareils faciles à construire et d’un emploi industriel;
- 5° Des procédés économiques de fabrication de l’oxygène, fondés sur la décomposition, par le feu, du sulfate de zinc ou de l’acide sulfurique plus ou moins concentré.
- CHAPITRE PREMIER.
- Méthode de coupellation sur une échelle moyenne appliquée aux minerais de l’Oural.
- Le minerai ordinaire de la Monnaie de Russie, disent les auteurs, présente l’aspect et la composition de celui qui a été déjà décrit dans notre précédent mémoire. Le nombre des pépites de 3 à 4 grammes est très-peu considérable; ce qui domine, ce sont des grains d’un millimètre cube environ.
- Attaque. — Le minerai brut (on suppose une quantité variable de 3 à 10 kilog.), passé au pilon pour broyer les plus gros fragments, est mélangé intimement avec son poids de galène ( alquifoux des potiers) dans un assez large creuset et chauffé au rouge
- (t) Voir Bulletin de 1859, 2® série, t. Vf, p. 611.
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- vif. A la masse qui s’est métallisée parce que le fer du minerai g réduit la galène et s’est combiné en’ partie avec le platine, on ajoute du plomb pauvre en quantité moitié de celle de la galène et on chauffe un peu plus vivement encore.. On obtient alors un alliage de platine et de plomb, et une matte plombeuse qui doit attaquer les derniers grains de minerai qui ont échappé à la galène, excepté ceux cVosmiure d’iridium qui pourraient peut-être se rencontrer et qui résistent alors à toute dissolution. Le creuset peut être chauffé dans un fourneau alimenté d’air par un soufflet ou un. ventilateur; la chaleur doit s’élever au moins jusqu’au point de fusion de l’or. Après avoir mêlé avec une baguette en terre les diverses couches de matière, jusqu’à ce que tous les grains de minerai soient attaqués, on découvre le creuset bien chaud et on y injecte de l’air au moyen d’un soufflet dont la base assez longue est en fer. Il se produit un abondant dégagement d’acide sulfureux; le cuivre et le fer s’oxydent en donnant des crasses; le plomb se réduit et vient se mêler à l’alliage de platine. On interrompt l’insufflation dès que la chaleur baisse assez pour que les crasses noircissent* puis on chauffe de nouveau et on recommence à souffler dans l’intérieur du creuset, jusqu’à ce que toute odeur d’acide sulfureux ait disparu et que des lilhorges persistantes se forment. On ajoute alors 2 pour 100 de peroxyde de manganèse, 10 pour 100 environ de verre, et on fond le tout de manière à obtenir une scorie bien liquide.. On peut scorifier les oxydes à haute température et obtenir immédiatement le plomb plalinifère destiné à la coupellation; mais alors le creuset est presque toujours perdu. Lorsqu’on veut le faire servir à d’autres opérations, on adopte les modifications suivantes ; au fur et à mesure que les crasses se forment à la surface du bain, on les enlève avec une cuiller de fer et on découvre la surface du bain jusqu’à ce qu’en prolongeant l’insufflation les fumées d’acide sulfureux disparaissent et que la production de la litharge devienne manifeste et permanente. On arrête alors brusquement l'opération pour éviter l’action destructive de la litharge sur le creuset, et on coule en lin-gotières le plomb plotinifère pour recommencer immédiatement une nouvelle opération. Le plomb platinifère se coupelle par l’un des procédés suivants. Quant aux crasses, il faut leur faire subir un traitement spécial qui les débarrasse de toutes, les matières plombeuses et platinifères dont elles sont toujours imprégnées.
- Coupellation des plombs platinifères. — A. Essai préalable. — On prend une coupelle d’os de la plus petite dimension, et dont on diminue l’épaisseur au moyen d’une râpe grossière. Cette coupelle CC (PI. 225, fig. 2) (1) est placée dans un trou cylin^ drique creusé dans un morceau de charbon de bois PP, de manière qu’elle y soit presque entièrement enfermée et qu’elle ait une inclinaison de 20 à 30° par rapport à l’horizon; on fait arriver dans cette coupelle la flamme oxydante d’un chalumeau.à gaz (fig. 3), composé d’un tube à trois courbures H EFG, glissant en I dans un tube plus large de façon qu’on puisse abaisser ou élever à volonté les deux branches verticales, et mobile également en K. de manière que la branche F G puisse se déplacer
- (1) Dans toutes les figures de cette planche les objets désignés par les mêmes lettres, n’ont aucun rapport entre eux.
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- comme on voudra dans un plan vertical. Ce tube conduit du gaz d’éclairage introduit par le robinet R jusqu’à son extrémité G, où on l’enflamme.
- Un tube plus petit B C D amène de l’air jusqu’à l’extrémité D, sur laquelle on ajuste des bouts de chalumeau à ouvertures variables. Une articulation en C lui permet de suivre tous les mouvements de la branche F G, à laquelle il est fixé par un écrou L; un robinet r permet de graduer la vitesse de l’air à la sortie D. Cet air vient d’un soufflet ordinaire, ou bien d’une trompe dont il sera question plus loin.
- Pour coupeller, on lance d’abord le dard du chalumeau convenablement incliné jusqu’au centre de la coupelle; quand on l’a bien chauffée, on introduit peu à peu du plomb, et au moyen des deux robinets R et r, et en faisant varier la distance M G (fig. 2), on obtient une flamme en même temps chaude et oxydante. La litharge, à mesure qu’elle se produit, s’écoule par une petite rainure pratiquée en I, et on ajoute du plomb peu à peu, au fur et à mesure que le bain diminue. A la fin de l’opération, la coupelle est assez chaude pour que le charbon s’enflamme tout autour d’elle. Cette combustion lente et la chaleur du chalumeau suffisent pour rougir toute l’épaisseur de la coupelle, que la litharge traverse alors librement pour venir se réduire à l’état de plomb au contact du charbon. Le plomb se loge dans les fentes du charbon de bois, au fur et à mesure qu’il s’en forme aux dépens de la litharge. La coupelle fait, en réalité, l’office d’un filtre qui laisse passer la litharge et retient le plomb platinifère. Quand le bouton s’est solidifié, malgré la chaleur qu’on rend maximum, on le fond avec précaution au moyen du chalumeau à gaz tonnants (1), et on le pèse; cette méthode permet de faire passer de grandes quantités de plomb dans une très-petite coupelle (2).
- Quand l’opération doit durer longtemps, il est préférable de substituer au soufflet une petite trompe qui permet d’obtenir, sans aucune peine, un vent très-puissant ou un souffle très-faible et qui donne un jet continu et régulier. Celle que nous allons décrire et dont nous nous servons habituellement donne 600 litres à l’heure, avec une pression de 20 à 30 centimètres d’eau.
- Cette trompe se compose, à sa partie supérieure, d’une boîte B (fig. 1) placée au niveau du réservoir qui fournit l’eau; celle-ci entre par le tuyau E. Deux tubes TT, de 0m,01 environ, pénètrent dans la boîte et peuvent être fermés en S par une soupape mobile au moyen des deux tringles R, R qui traversent deux boîtes à cuir C, C. En Z, ces tubes sont légèrement étranglés, et au-dessous de cet étranglement sont pratiquées de petites ouvertures de 3 millimètres environ , au nombre de 7 à 8, par où l’air pénètre dans la trompe. Les tubes TT se rendent au fond d’un cylindre U qui pose sur le sol.
- (1) Voir le premier mémoire au Bulletin de 1859, 2e série, t. VI, p. 611.
- (2) Quand on opère sur 15 à 20 grammes de matière à la fois, il est bon d’avoir un jet de chalumeau assez large et assez puissant pour entretenir au rouge toutes les parties de la coupelle; il faut alors que le bout du chalumeau par où arrive l’air soit percé d’un trou de 1 millimètre de diamètre environ.
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- Le cylindre U, qui est en fer-blanc ou tôle plombée, présente en A une tubulure par laquelle l’air se rendra dans le laboratoire au moyen d’un tuyau de plomb ou de caoutchouc, sur le parcours duquel se rencontrera un robinet de sûreté destiné à laisser s’échapper la plus grande partie du vent lorsqu’on voudra opérer à de très-faibles pressions. Le tube en verre N est un indicateur de niveau. Le robinet O laisse s’écouler la plus grande partie de l’eau qui arrive dans la trompe. On ouvre les robinets M et M' ou on les ferme, suivant qu’on veut avoir une pression de 30, de 60, de 90 centimètres d’eau; en les fermant tous les deux l’eau s’échappe en P, et, si la trompe est bien réglée par l’écoulement en S et en O, la pression peut se mesurer par la distance verticale OP, qui est la pression maximum qu’on peut obtenir avec l’appareil que nous figurons. Sur le trajet de l’air et près du chalumeau se trouvent le robinet Q qui permet, lorsqu’il est à demi-ouvert, de laisser sortir une partie de l’air (pour les essais au chalumeau), et une vessie en caoutchouc qui sert de régulateur|et donne au vent une constance plus grande.
- B. Coupellation par le gaz. — La coupelle employée est un tronc de cône en tôle (fig. 6) fermé du côté de la petite basent rempli de cendres d’os fortement comprimées et battues, suivant la méthode des laveurs de cendres. On y a creusé, du côté de la grande base, une petite sole CME de 12 à 15 centimètres d’ouverture. Les bords EL et CG ont une épaisseur de 3 centimètres; ce dernier est un peu évidé en forme de gouttière pour donner issue à la litharge qui va être produite. Une petite voûte INK, faite avec un têt à rôtir fortement échancré en Kl et surbaissé en N, recouvre la coupelle. En Kl vont pénétrer, sous un angle de 45° environ, les flammes de trois chalumeaux D, alimentés par le gaz d’éclairage et le vent de deux petites buses amenant l’air de la soufflerie. Les flammes sortiront dans l’espace N G, qui est assez rétréci pour les forcer à lécher et à échauffer la gouttière placée en G, et y maintenir en fusion la litharge qui va s’y rendre.
- Sur la sole CME on introduit peu à peu un lingot Q de plomb platinifère, après avoir allumé le gaz des chalumeaux. On chauffe d’abord en maintenant le gaz et l’air dans des proportions telles-que la chaleur soit maximum. Quand le bain est bien liquide, que la gouttière G est bien chaude, on envoie de l’air par les deux petites buses placées au-dessous des chalumeaux, et dont le vent doit venir converger sur le bain métallique un peu en avant du point vers lequel convergent aussi les trois dards des chalumeaux. Alors la coupellation commence, la litharge fondue imbibe d’abord les bords delà coupelle, puis elle coule en un petit filetparla gouttière G; onia recueille dans une cuiller de fer. On ajoute, par l’ouverture Kl, du plomb platinifère en lingots Q qui fondent au furet à mesure que le bain métallique s’oxyde et de manière à maintenir continu le filet de litharge.
- La conduite du feu se fait en réglant l’arrivée du gaz d’éclairage par un robinet spécial R. Le vent de la soufflerie, mise en rapport séparément avec les tubes à air des chalumeaux et avec les deux petites buses placées en dessous, est commandé par deux robinets qui permettent d’envoyer l’air dans chacune des deux parties de l’appareil iso-
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- lément. On doit faire varier la vitesse du gaz et du vent avec l’état du bain métallique qui doit être constamment en pleine oxydation, et avec la chaleur communiquée par la flamme à la gouttière G où la litharge doit toujours être fondue. Yoici la disposition des chalumeaux et des buses :
- Un gros tube de fer AB (fig. 7), de 0m,04 de diamètre intérieur, est traversé dans son milieu par trois autres tubes en fer CD de 0m,02 de diamètre, dont le second lui est perpendiculaire et les deux autres inclinés. Dans les parties situées à l'intérieur de AB, les tubes CD sont percés de larges trous e, e qui permettront au gaz d’éclairage venant par R, R d’arriver jusqu’aux trois ouvertures D. Les extrémités A et B du gros tube, ainsi que celles C des petits tubes, sont fermées par des bouchons ; ceux-ci sont traversés en A et B par les tubes à robinets R, qui amènent le gaz d’éclairage. Les bouchons placés en C laissent passer les tubes de cuivre G,G terminés par des bouts de chalumeau, et mis en communication par des tubes de caoutchouc avec un petit réservoir dans lequel se rend l’air d’un bon soufflet de forge ou d’une trompe.
- D’après cela, le gaz d’éclairage, venant de RR, traversant les trous ee, pourra s’écouler par les ouvertures D, et les flammes, poussées et alimentées par l’air des chalumeaux G dont les bouts auront un trou de 0m,0015, viendront converger à quelques centimètres au delà des extrémités D, et frapper le bain métallique à coupeiler un peu en avant de son centre.
- Deux petites buses en cuivre H, H terminées par des bouts de chalumeau dont les ouvertures auront de 1 1/2 à 2 millimètres, et communiquant, par un tuyau à robinet r, avec le réservoir d’air de la soufflerie, amèneront également le vent.sur un seul point du bain métallique situé un peu en avant du point de convergence des dards des chalumeaux. Le robinet ne devra être ouvert que lorsque le bain sera très-chaud et que la coupellation sera commencée. L’air de la soufflerie devra sortir des buses et des chalumeaux sous une pression de 5 à 10 centimètres de mercure.
- Pour opérer, on charge la coupelle (fig. 6) de plomb plalinifère, on ouvre les robinets R (fig. 7) qui amènent le combustible qu’on allume aux orifices D ; on donne le vent en ayant soin de tenir le robinet r fermé. Les flammes doivent être aussi chaudes que possible et peu oxydantes. Une fois le plomb liquide, la chaleur monte bien vite jusqu'au point où la litharge se forme et se fond; alors on introduit le vent des buses H, H en ouvrant le robinet r, et quand la chaleur est maximum, que la gouttière G (fig. 6) de la coupelle est bien chaude , on diminue peu à peu la proportion du gaz d’éclairage jusqu’à ce que, l’écoulement de la litharge étant très-rapide, la chaleur en G soit suffisante pour la maintenir en pleine fusion et empêcher la formation d’un nez de matière figée.
- Lorsque la proportion de platine dans l’alliage en a diminué la fusibilité à tel point que la solidification est imminente, on supprime le Yent des tubes H, H, on règle l’arrivée du gaz d’éclairage de manière à rendre la température considérable sans que la flamme soit réductrice, et, saisissant rapidement la coupelle avec des pinces, on coule le plomb platinifère en lingotière par la gouttière G, pour recommencer l’opération tant que l’état de la coupelle le permet.
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- Le platine plombifère ainsi obtenu n’est pas suffisamment dépouillé de plomb ; on le concasse en fragments et on l’expose, pendant quelques heures, dans des coupelles d’os ou de chaux à l’action de la chaleur et de l’air dans un moufle très-fortement chauffé. L’alliage ne fond plus désormais, mais il se transforme en laissant exsuder de la litharge en une sorte de mousse ou de chou-fleur d’un blanc pur, et qui peut être alors fondu directement et affiné au moyen de l’oxygène, comme il sera expliqué plus loin.
- C. — Coupellation au creuset. On prend un creuset, assez épais, en terre de bonne qualité, qu’on perce d’un trou S (fig, 4) à sa partie inférieure 5 on le remplit de fragments de coke très-dense, ou mieux de charbon de cornue. On y fait entrer par le haut une coupelle CG assez épaisse, qu’on soutient au moyen de deux petits barreaux de fer maintenus eux-mêmes dans quatre échancrures intérieures, pratiquées dans la matière du creuset; la coupelle doit dépasser de 0m,01 environ les bords du creuset. Dans un moufle ordinaire en terre M, on perce au travers de la paroi inférieure un trou circulaire qui ait exactement la largeur de la coupelle, et on pose le moufle sur les bords du creuset, de manière que la coupelle soit un peu en saillie dans l’intérieur du moufle. Enfin on introduit, à quelques centimètres au-dessus du fond du moufle, la buse T d’un petit soufflet de laboratoire. On chauffe tout l’appareil, soit en le plongeant dans les charbons d’un fourneau à bon tirage, soit en faisant arriver par sa partie supérieure la flamme de la houille placée dans un foyerÉvoisin, de façon que cette flamme, arrivant sur la partie supérieure du moufle, soit obligée de lécher les parois du creuset. La seule précaution à observer, c’est que l’ouverture 00 du moufle qu’on ferme avec une porte soit libre, et que le trou S communique avec l’extérieur.
- Quand toutes les parties du creuset et de la coupelle sont chaudes, on introduit peu à peu le plomb, qui, une fois rouge, est brûlé par l’air de la buse T. Les litharges qui se forment sont absorbées par la coupelle ; elles filtrent avec une rapidité extrême au travers de sa substance, jusqu’à ce que, une fois arrivées à la partie inférieure, elles rencontrent l’atmosphère d’oxyde de carbone produite par les charbons incandescents, et se réduisent en gouttelettes de plomb. Celui-ci traverse les charbons, sort par le trou S et est reçu dans une cuiller de fer. On doit avoir soin de couvrir la partie plane du moufle d’une couche d’argile sèche, afin de la faire passer entre le moufle et le creuset dès qu’il se forme un Yide; sans cette précaution, il se détermine un Courant d’air entrant par le trou S, et brûlant inutilement le charbon destiné à la réduction des litharges. Au fur et à mesure que la surface du plomb platinifère s’abaisse, on ajoute dans le bain de nouvelles quantités de matières à coupeller, jusqu’à ce que celles-ci soient devenues presque infusibles. Alors on les enlève avec une cuiller de fer rouge, quand la coupelle est en bon état, et on recommence l’opération, ou bien on pousse le feu et on transforme le platine plombifère en choux-fleurs bons à être fondus dans l’oxygène. Dans le premier cas, on rôtira le platine plombifère comme il va être indiqué tout à l’heure; dans le second, on enlèvera la coupelle,
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- on remettra dans le creuset du charbon, on ajustera une nouvelle coupelle et on fera fonctionner de nouveau l’appareil (1).
- Rôtissage. — Quand on extrait cle la coupelle le platine plombifère en le coulant en lingotière à haute température, il n’est pas assez riche pour être introduit immédiatement dans les fours en chaux et pour être affiné par l’oxygène. On doit le purifier par rôtissage et l’amener à cet état de choux-fleurs où le platine ne retient plus que 5 à 7 pour 100 de plomb. Pour cela on peut l’exposer, en fragments de la grosseur d’une noisette, à la chaleur et à l’oxydation dans un moufle très-chaud; on le met sur une coupelle en terre d’os ou en chaux, laquelle s’imbibe de la litharge qui se forme et qui ne se volatilise pas. On peut encore introduire les fragments de cet alliage dans un grand creuset, dont le fond est percé d’un trou; au-dessus cle ce trou, on met des morceaux d’os calcinés, puis le platine plombifère , enfin un couvercle également percé d’un trou. Le creuset est placé sans hausse, autrement dit sans fromage, dans un fourneau à vent d’un bon tirage, et chauffé d’abord au rouge, puis au rouge-cerise très -clair. 11 se produit un courant d’air dans l’intérieur du creuset, dont le fond percé repose sur les barreaux de la grille; cet air, traversant les fragments d’os calcinés, s’échauffe et oxyde le plomb de l’alliage placé au-dessus. La majeure partie de la litbarge ainsi produite se volatilise, et s’échappe par le trou du couvercle du creuset qu’on doit tenir toujours libre. Une autre partie imprègne les fragments d’os calcinés, coule par le trou inférieur du creuset et est recueillie dans une cuiiler placée dessous.
- Le platine plombifère qui reste après cette opération ne contient plus que quelques centièmes de plomb ; il est poreux, quoique très-dense, s’aplatit très-bien sous le marteau, et possède la couleur de l’argent légèrement mat. Le plomb platinifère retiré de la coupelle lorsqu’il est en fusion, mais au moment où il va se solidifier, contient environ 28 pour 100 de plomb. Rôti dans le moufle après avoir été mis en fragments et amené à l’état d’un métal blanc et malléable à sa surface, il contient environ 10 pour 100 de plomb. Enfin les choux-fleurs obtenus en terminant à haute température le rôtissage dans la coupelle même où l’opération a commencé ne contiennent plus que 5 pour 100 environ de plomb. Il faut noter qu’alors l’iridium se sépare souvent à l’état d’iridiate de plomb noir et cristallisé qu’il faut éviter de perdre.
- Fusion du plomb platinifère. —Quand on n’opère que sur 4 ou 5 kilog. de platine, il est bon d’avoir une petite plate-forme, mobile autour de deux tourillons comme ceux de la fig. 9 de la planche 183 du Bulletin de 1859 (2e série, t. YI). Celte plateforme (fig. 5, pi. 225) est munie de quatre rainures dans lesquelles glissent quatre équerres plates P en fer, qui peuvent être fixées à volonté par des vis de pression V. Entre les équerres on place un four en chaux (semblable à celui de la fig. 7, pl. 183,
- (1) Les auteurs recommandent de pratiquer un trou dans la partie postérieure du moufle, afin de verser dans la cheminée les vapeurs d’oxyde de plomb, qui sont dangereuses surtout lorsqu’elles renferment de l’acide osmique provenant de l'osmiure d’iridium qui accompagne le minerai de platine.
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- t. VI du Bulletin) qu’on maintient solidement en serrant les vis Y. On introduit les fragments de platine plombifère par le trou T (voir la pl. 183 citée) quand le four est bien chaud intérieurement , et on remplit peu à peu en entretenant une flamme oxydante qui chasse le plomb en fumées de litharge jaunes et très-épaisses. Ces fumées ne cessent que lorsque, ayant rempli entièrement le four, on a prolongé la fusion pendant quelque temps. Les flammes qui sorlent doivent être incolores et exemptes de l’odeur d’osmium qui disparaît en dernier. On coule alors le platine dans une lingotière de charbon de cornue ou de chaux (voir plus loin), qu’on approche de la gouttière du four, et on relève peu à peu la queue X (fig. 5, pl. 225) de la plate-forme qui porte le four en chaux.
- Traitement des crasses et des matières platinifères. —Les crasses ferro-cuivreuses obtenues à la suite des attaques de minerai par la galène au creuset contiennent des globules de plomb platinifère qu’il faut enlever mécaniquement autant que possible; mais, comme elles peuvent aussi renfermer un peu de minerai qui aurait échappé à l’action de la galène, il faut leur faire subir un traitement fort simple. Les dosages que nous avons employés doivent varier considérablement avec la nature et l’aspect des matières. La composition la plus habituelle de nos matières à fondre a été la
- suivante :
- Sable siliceux............................................................... 100
- Litharges provenant de la coupellation des plombs platinifères...............200
- Crasse du traitement des minerais par la galène.............................. 100
- On y ajoute le résidu du lavage des balayures de l’atelier, qui contiennent du plomb, du platine ou du minerai, et enfin la quantité de litharge et de charbon nécessaire pour obtenir le plomb du culot quand les crasses ne contiennent plus de galène (ce dont on s’aperçoit par l’absence d’odeur d’acide sulfureux lorsqu’on les chauffe au rouge sur une petite cuiller de fer).
- L’appareil se compose de deux grands creusets de même taille, dont l’un entre de près de moitié dans l’autre. Le creuset supérieur B (fig. 8) est percé, en dessous, d’un trou C. Le creuset inférieur D est muni d’un bec F, par lequel les matières scoriacées pourront s’écouler au dehors. Quand on n’a qu’un seul de ces appareils à chauffer, on le dispose au milieu des charbons dans un fourneau ordinaire, sans le supporter par un fromage. Quand on en a un certain nombre, on les range sur la sole d’un petit four à réverbère dont la voûte est percée de trous placés au-dessus de l’ouverture de chaque creuset, et par lesquels on pourra verser la matière à fondre; ces trous se ferment par un tampon mobile, exactement comme dans les fours où l’on fond l’acier en réverbères. Au début de l’opération, on obstrue le trou C avec un gros morceau de verre, et on emplit à moitié le creuset supérieur B avec le mélange à fondre. Quand l’appareil est bien chaud, la chaleur maximum ayant lieu à la hauteur du bec F, le mélange se scorifie, le verre fond et laisse passer la matière contenant le plomb platinifère fondu et la scorie bien liquide qui s’écoule en F, après avoir abandonné les parties métalliques qu’elle contenait et qui vont se réunir au fond du creuset D. On remplit avec de nouvelles matières le creuset supérieur à mesure qu’il se
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- vide, et, quand on suppose qu’il y a assez de plomb au fond du creuset inférieur, on enlève l’appareil pour couler le plomb platinifère et on le remet de suite en place pour recommencer l’opération.
- Méthode de coupellation sur une grande échelle.
- Attaque en réverbère (1). — Un petit foyer de 0m,40 de profondeur sur 0m,27 de large, chauffant une petite sole carrée de 0m,40 de côté et de 0m,04 environ de profondeur moyenne, peut servir à l’attaque d’une trentaine de kilogrammes de platine au moins par opération ; on creusera la sole plus ou moins, suivant la quantité de matière à y mettre. Cette sole est faite avec un cadre de fonte semblable à celui que représentent les figures 9 et 10, mais ayant des dimensions différentes : 0m,10 de haut, 0m,50 de large et 0m,40 de longueur. En avant, deux clavettes C, C maintiennent solidement une cloison mobile en fer RR, qui ferme en avant une partie de ce parai-lélipipède creux. On y fait battre par un laveur de cendres une coupelle très-solide et assez compacte pour être entamée avec peine par le couteau. On fait sécher la coupelle sur un feu de braise couvert; les intervalles en forme de grille laissés sur le plancher du cadre de fonte (fig. 9) facilitent beaucoup la dessiccation, qui ne doit produire aucun fendillement. On enlève les clavettes et la plaque de tôle placée en avant, ce qui permettra par la suite de coupeller en pratiquant une rainure (fig. 10), si on le juge à propos. On introduit alors la coupelle dans le réverbère, en ayant soin d’en garnir les bords avec des briques sur une épaisseur de 0m,10. En avant de la coupelle, on ménage une petite porte de travail placée juste au-dessus du bord de cette coupelle, du côté où on a enlevé les clavettes; en arrière est un trou pour une buse en fer de 0m,025 de diamètre, qui amène le vent d’un bon soufflet. La voûte du réverbère présente un trou fermé par une plaque de terre, par où l’on introduira les matières à traiter.
- Toutes ces dispositions sont, aux dimensions de la coupelle près (2), figurées dans la figure 16. On voit que la coupelle est placée sur des galets, qui lui permettent une certaine mobilité. A côté est un second four où sont disposés des vases G, G dans lesquels se fabrique l’oxygène, et qui seront chauffés par la chaleur perdue de l’opération principale. On mélangera 50 de minerai et autant de galène et de plomb. Après avoir broyé et bien mêlé, on commencera par étendre sur la sole 25 de galène pulvérisée, puis on versera la masse de minerai, de galène et de plomb de manière à lui donner la forme d’un cône un peu aigu, dont on recouvrira la surface d’une quantité de galène pulvérisée égale à celle qu’on a étendue, en commençant, sur la sole. On chauffe alors, autant que possible, en atmosphère réductrice; lorsque toute la masse commence à rougir, la réaction s’effectue partout. Cette réaction terminée, on pousse le feu ; le cône, qui s’est solidifié, s’affaisse peu à peu, et, à mesure que la chaleur augmente, la li-
- (1) Les auteurs indiquent que l’attaque peut se faire également dans un creuset de terre.
- (2) La coupelle représentée dans cette figure est destinée à une autre opération décrite plus loin.
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- quéfaction s’opère. En même temps que la chaleur augmente, les flammes deviennent oxydantes, et du plomb se forme aux dépens de la galène; on voit également surnager des crasses composées desulfurede fer, de cuivre et de plomb,qui augmentent à mesure qu’on pousse le feu et qu’on donne un peu de vent, et qui finissent par s’oxyder. On passe alors sur la coupelle un petit ringard en terre pour mélanger toutes les parties de la masse métallique, puis, quand toute réaction est terminée, on enlève avec soin toutes les crasses au moyen d’une spatule de fer. On peut alors enlever le plomb avec une cuiller de fer oxydée à sa surface, ou continuer la coupellation en faisant une rainure dans la coupelle (fig. 10). Nous préférons le premier moyen, et, après avoir versé le plomb platinifère dans des lingotières, nous le coupellons dans un appareil distinct; de cette manière, la sole devient libre et peut servir à une autre opération.
- Coupellation des plombs platinifères. La coupelle que nous avons employée a été battue avec des cendres d’os dans un cadre de fonte en forme de caisse parallélipipé-dique (comme celui que nous avons déjà vu fig. 9 et 10), dont le fond est une sorte de grille II, et dont la plaque antérieure RR est retenue par des clavettes C, C. Cette coupelle étant battue, on y ménage une cavité ellipsoïdale destinée à recevoir le plomb à traiter, et ayant une capacité telle qu’elle se trouve, à la fin de l’opération, entièrement remplie de platine piombifère riche de 72 pour 100 de platine, le plomb platinifère devant être ajouté au fur et à mesure que la coupellation s’opère, de manière que le bain métallique ait un niveau constant.
- La fig. 16 représente le four dans lequel on met la coupelle bien sèche. Toutes les parties saillantes doivent être recouvertes de briques reliées à l’autel A et au mur D. La buse du soufflet est en B dans la paroi postérieure; P est un trou carré pour le passage des lingots, et K une ouverture fermée par un tampon en terre réfractaire, pratiquée dans la voûte et destinée à introduire les masses volumineuses de litharge qu’on a souvent intérêt à refondre dans la coupelle, quand elles contiennent des grenailles de plomb platinifère. Toutes ces dispositions sont analogues à celles du procédé ordinaire de la coupellation de l’argent.
- On chauffe le four à la houille dans les premières heures, puis avec un mélange de bois et de houille, et enfin avec du bois seulement quand la coupellation est en train. Après avoir commencé par gorger la coupelle avec des plombs platinifères d’une très-faible teneur, on introduit des plombs un peu plus riches pendant que la litharge coule par la gouttière antérieure de la coupelle; on donne du vent qu’on augmente progressivement, puis bientôt on fait filer dans le bain le plomb platinifère riche, et l’on conduit l’opération comme une coupellation de plomb argentifère, mais avec moins de difficultés, parce qu’on n’a pas à craindre qu’il se perde du platine par les fumées. Peu à peu la coupelle se remplit d’un alliage peu fusible, et, lorsqu’elle est à peu près pleine, on donne un bon coup de feu. On interrompt ensuite le vent, on ferme toutes les ouvertures du four, hormis le registre de la cheminée, et, lorsque le bain a été bien chauffé au bois, on y puise le platine piombifère avec une cuiller de fer chaude à laquelle s’attache le métal, qu’on en détache ensuite par un coup sec frappé sur la
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- poignée. On vide ainsi à peu près la coupelle, et on n’a plus qu’à recommencer une nouvelle opération.
- Rôtissage. — Le platine plombifère obtenu dans l’opération précédente contient encore 22 pour 100 de plomb, quantité beaucoup trop grande pour qu’on puisse économiquement fondre et affiner.l’alliage dans l’oxygène; on lui fait alors subir un rôtissage qui peut s’opérer de diverses manières.
- Le mode le plus énergique consiste à chauffer le platine plombifère sur la sole d’un petit four à réverbère (1) et en pleine flamme oxydante de bois sec, dans des coupelles de cendres d’os ou de chaux. Au milieu de cette flamme, si le feu est bien conduit, l’oxydation marche très-énergiquement, et les litharges se volatilisent ou s’imbibent dans les coupelles très-rapidement. On peut même se passer de coupelles et rôtir directement sur une sole faite avec de la cendre d’os ou de chaux fortement tassée.
- Fusion. — La fusion du platine plombifère, convenablement rôti, est une opération très-facile et très-peu coûteuse, parce qu’elle peut se faire dans des fours à fusion continue, construits en chaux comme ceux que nous avons décrits dans notre premier mémoire. En effet, le platine plombifère n’exerce aucune action destructive sur les parois du four; la iitbarge qui s’y produit, sous l’influence d'une température extrêmement élevée, en sort à l’état gazeux et n’a pas même le temps de mouiller les parois de la sole en contact avec le platine plombifère ou de la voûte, qui est aussi chaude que le platine lui-même. Il s’en condense seulement de larges lames transparentes dans les parties du four que la chaleur n’atteint pas.
- Le métal affiné se coule dans une lingolière parallélipipédique, faite avec quatre plaques de charbon de cornue assujetties par du fil de fer. Le métal coulé dans du charbon ne donne pas de bons lingots;mais les lingotières en charbon sont très-ma niables, peu coûteuses, et, comme les lingots sont presque toujours destinés à la refonte, ce sont ces lingotières qu’il faut employer de préférence.
- Pour estimer la quantité d’oxygène exigée par l’affinage du platine plombifère dans les plus mauvaises conditions, nous avons soumis à l’expérience une matière composée de 13.2 de plomb et de 86,6 de platine, et, en opérant sur 2k,259, nous avons trouvé que la quantité d’oxygène dépensée pour fondre et affiner 1 kilog. de plomb platinifère était, en maximum, de 133 litres; en continuant la fusion dans le même four, cette quantité descend à 100 litres.
- Traitement des crasses et des matières riches en platine. — On les mêle avec 200 de litharge et 100 de sable, on y ajoute une quantité de lilharge et de charbon de bois pulvérisé (1 de charbon fournit 30 de plomb) nécessaires pour produire la quantité de plomb dont on a besoin, et on les passe à l’appareil à double creuset de la figure 8, décrit plus haut (voir page 421).
- Traitement des scories, litharges, débris de fabrication et autres matières très-pauvres en platine. — Ces matières hétérogènes, soit pulvérulentes, soit concassées en
- (lj Les auteurs engagent les opérateurs à se servir du four qui est représenté fig. 1, pl. 183 de leur premier mémoire. ( Bulletin de 1859, 2* série, t. VI, p. 611. )
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- morceaux de la grosseur d’une noix, ont été mêlées avec leur poids de verre, un peu de calcaire et de chaux fluatée, et passées à un petit four à manche ayant une cuve carrée de 0m,30 de côté (fig. 12) et analogue, aux dimensions près, à ceux qui servent pour le traitement des galènes et des cendres d’orfévres. Cependant, ayant de procéder à cette opération, il a été fait quelques essais avec les matières sur une échelle moyenne, et pour cela le petit appareil suivant a été employé.
- On prend un creuset de 0m,35 de hauteur et de 0m,12 de large (fig. 13), on tasse un peu de cendres d’os dans sa partie inférieure, pour lui faire un fond plat incliné, et on perce deux trous l’un à l’opposé de l’autre et suivant une ligne inclinée; l’un de ces trous doit être placé au niveau inférieur du plan de cendres d’os et l’autre à 2 ou 3 centimètres plus haut. On fait arriver par le trou le plus élevé la buse d’un soufflet de lampe d’émailleur, et on emplit le creuset entièrement de menu charbon de bois allumé. On donne le vent, et, quand le charbon baisse, on charge alternativement du charbon de bois menu et les matières plombeuses en petits fragments et mêlées grossièrement avec une forte préparation de borax. Bientôt par le trou resté libre en face de la tuyère on voit couler du plomb et une scorie liquide, et qui pour cela doit renfermer encore de la lithargeen assez grande proportion, combinée au borax fondu. On peut avoir aussi des scories fusibles à 400° ou 500°, qu’on recueille dans un petit creuset chaud et au fond desquelles le plomb platinifère se rassemble parfaitement.
- Fusion directe des minerais de platine.
- Nous avons donné, dans notre premier mémoire, quelques détails sur le mode de fabrication du platine par un procédé de fusion directe, qui laisse dans le métal affiné tout l’iridium et tout le rhodium que contient le minerai, et qui en expulse le fer, le cuivre, le palladium, l’or, l’osmium et le sable. Nous avons expérimenté, celte fois-ci, sur une plus grande échelle et sur le minerai de l’Oural. La simplicité de ce procédé est telle, que nous avions seulement à faire une vérification des résultats déjà acquis, et à constater quelques résultats numériques pour établir le prix de revient du platine ainsi obtenu (1).
- Pour fondre 1 kilogramme de minerai qui donne 80 pour 100 de platine, il faut, au maximum, de 400 à 500 litres d’oxygène.
- La méthode de fusion directe est si simple, qu’on est tenté de l’adopter à l’exclusion de toute autre. Son seul inconvénient consiste dans la destruction des fours en chaux, dont le prix cependant doit être considéré comme très-minime à cause de la valeur intrinsèque très-faible de la chaux cuite et de la facilité avec laquelle cette matière se travaille, soit sur le tour, soit avec la scie, le ciseau, la mèche, les forets, etc.
- (1) Cette dernière partie du premier chapitre comprend l’essai préalable du minerai et le traitement proprement dit, qui se compose d’une première et d’une seconde fusion dans des fours en chaux analogues à ceux décrits dans le premier mémoire plusieurs fois cité ; enfin on y indique un traitement par l'acide muriatique des débris de fours de fusion.
- Tome VILL — 60e année. 2e série. — Juillet 1861.
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- CHAPITRE II (1).
- Traitement des minerais par voie mixte.
- Nous avons songé à appliquer un procédé nouveau très-expéditif, pouvant donner du platine d’une très-grande pureté, et qui nous paraît plus économique qu’aucune des méthodes par voie humide proposées jusqu’ici. Il est fondé sur l’attaque des minerais par l’eau régale, l’évaporation et la décomposition des chlorures par le feu, enfin la séparation par un simple lavage du platine réduit et de tous les métaux qui l’accompagnent, lesquels sont restés à l’état d’oxydes.
- Appareils pour le traitement en grand. —- La dissolution se fait dans les appareils ordinaires-, il vaudrait mieux se servir de vases en alliage de platine et d’iridium, contenant 25 à 30 pour 100 d’iridium, tels qu’ils sont fabriqués par MM. Desmoutis, Chapuis et Quennessen, et qui résistent parfaitement à l’action de l’eau régale, quand, après les premiers contacts avec l’acide, ils ont été martelés à plusieurs reprises. Une fois le minerai attaqué, on sépare l’osmiure d’iridium par la décantation, et on évapore lentement le chlorure de platine et des métaux qui l’accompagnent jusqu’à obtenir un commencement de décomposition. La poudre rouge, ainsi obtenue, est calcinée au rouge dans un grand creuset en terre ou en platine fermé, muni d’un col fixé sur la partie supérieure de ses parois et qui mène les gaz dans une cheminée, en retenant les poussières fines d’oxyde et de chlorure de fer qui sont entraînées quelquefois assez loin. Une fois cette calcination opérée, on porte la poudre de platine dans une sébile et on la lave à la manière de l’or ou du minerai de platine lui-même. La poudre dense et brillante de platine pourrait être réunie par la compression ; il vaut mieux la fondre immédiatement, ce qui est toujours moins coûteux et très-facile à cause de sa densité considérable (2).
- Traitement des oxydes. — Les oxydes légers sont recueillis, mis en pâle avec de l’acide sulfurique concentré et chauffés à près de 300°5 le fer, le cuivre, un peu de palladium se dissol vent, et il reste de l’iridium et du rhodium mélangés, qu’on calcine fortement dans un creuset de charbon de cornue entouré d’un creuset de terre, pour ramener les oxydes à l’état métallique et leur donner une grande compacité, ce qui est un avantage dans les opérations auxquelles on doit les soumettre. En effet, ce qu’il y a de mieux à faire, c’est de les mêler par fusion au platine pour obtenir des alliages qui sont manifestement préférables au métal pur.
- (1) Le commencement de ce chapitre est consacré à la description du procédé de préparation du platine employé par la Monnaie de Russie, procédé qui repose sur l’attaque, par l’eau régale, du minerai réduit en poudre fine, puis sur sa réduction en chlorure platinico-calcique qu’on transforme en sel solide par des évaporations successives. Le sel solide est ensuite calciné dans un moufle, et, après lavage à l’acide muriatique, on obtient de la mousse de platine qu’on soumet à l’action de la presse hydraulique, et en dernier lieu à un forgeage à chaud qui donne enfin le métal, mais dans un état qui n’est pas très-pur.
- -(*2) Cette méthode de traitement n’est applicable qu’aux minerais préalablement essayés par des procédés décrits par les auteurs.
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- Essais à tenter pour obtenir, par mie sèche, du platine chimiquement pur. — Si on avait intérêt à obtenir du platine chimiquement pur, il faudrait coupeller du platine plombifère contenant du rhodium et de l’iridium à une température très-élevée. On sait, d’après ce qui a été dit, que le platine s’agglomère en choux-fleurs métalliques, tandis que l’iridiate de plomb et l’oxyde de rhodium se séparent sous forme d’une poudre noire cristalline, qu’il est très-facile d’enlever au platine par un lavage fait à l’eau et avec la brosse ; on détache ainsi tout l’iridiate de plomb qui pourrait adhérer au métal, mais ordinairement cette adhérence n’a pas lieu, et il suffit de retourner la coupelle pour faire tomber tout l’iridiate de plomb.
- L’oxyde de rhodium et l’iridiate de plomb pourraient être utilisés simplement, en les ajoutant au platine que l’on veut fondre et transformer en alliages. L’oxyde de plomb se volatilise, les oxydes des métaux précieux se réduisent et se dissolvent dans le platine à la température développée dans les fours en chaux.
- Cette méthode que nous esquissons ici, nous n’avons pu l’étudier d’une manière sérieuse, faute de matériaux suffisants.
- CHAPITRE ni.
- Iridium.
- La matière première que nous avons employée nous a été envoyée par le Gouvernement russe sous le nom & oxyde d’iridium. Ce n’est pas un produit pur, mais c’est, il paraît, une matière dont on peut se procurer d’assez grandes quantités à la Monnaie de Saint-Pétersbourg, et dont il était naturel de chercher les applications. Nous ne pensons pas que l’iridium puisse être employé aujourd’hui à un meilleur usage que la fabrication de ces alliages si précieux de platine que nous avons proposés, et qui commencent à s’introduire dans le commerce.
- Préparation économique de l’iridium métallique (1). — Nous ne reviendrons pas sur les procédés de grillage et de fusion qui nous ont servi à transformer l’osmiure d’iridium en iridium pur, susceptible d’être allié au platine; on trouvera ces détails dans notre premier mémoire déjà cité. Nous décrirons seulement la méthode à l’aide de laquelle nous avons purifié l’iridium brut de la Monnaie de Russie. Elle peut également servir de méthode d’essai pour ces matières.
- On calcine au rouge l’iridium brut dans un creuset de charbon; l’oxyde se réduit et le métal prend de la compacité ; on le lave à l’eau bouillante, on sèche la poudre et on l’arrose d’acide sulfurique concentré qu’on fait chauffer jusqu’à son point d’ébullition; les sels solubles, le fer et le cuivre disparaissent dans ces deux opérations. Si l’on a déterminé d’avance la proportion de platine que contient le métal et qu’on veuille l’y laisser, il ne reste plus, après avoir lavé l’iridium, qu’à le chauffer au
- (1) Cette partie du mémoire est précédée de plusieurs modes d’essai de l’iridium brut, donnant les quantités d’iridium, de platine, de palladium, de rhodium et des autres métaux communs.
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- blanc soudant, pour l’agglomérer fortement et permettre de l’introduire sans perte dans le four en chaux, où on le fond avec les précautions qui vont être indiquées. Si, au contraire, on veut déterminer le platine ou l’extraire pour avoir de l’iridium pur, on traite la poudre métallique qu’on vient de laver à l’acide sulfurique par l’eau régale, qui dissout le platine et un peu d’iridium. Les deux métaux se séparent l’un de l’autre, et on isole également un peu de rhodium par des procédés déjà décrits :
- Traité ainsi, l’iridium brut de la Monnaie de Russie donne les résultats suivants :
- Matières volatiles......................... 28,0
- Matières solubles.......................... 12,0
- Oxydes de fer, de cuivre et palladium.... 1,7
- Rhodium..................................... 1,8
- Platine. ..................:............. 3,8
- Iridium et pertes.......................... 52,7
- 100,0
- Fusion de l’iridium pur. — C’est dans la chaux et au moyen d’un chalumeau à gaz hydrogène et oxygène qu’il faut fondre l’iridium pur, préalablement agrégé par la chaleur. On trouvera la description complète de cette opération dans notre premier mémoire; nous n’y reviendrons que pour parler d’une expérience vraiment curieuse que nous avons faite, et dans laquelle nous avons réussi à fondre et couler en lingo-tière une masse de 1,805 grammes du métal qui est, après l’osmium et le ruthénium, le plus réfractaire que nous connaissions.
- Nous avons employé un petit four en chaux de 8 à 10 centimètres de diamètre, monté sur la plate-forme mobile de la fîg. 5 (pl. 225). L’hydrogène était produit dans un appareil de Richemond contenant 150 kilog. de zinc en grosses barres, et constamment refroidi à l’extérieur. L’oxygène, fourni par des gazomètres qui seront expliqués, s’écoulait avec une vitesse de 1,000 à 1,200 litres à l’heure. La lingoiière était un parallélipipède creux en chaux, dont la cavité avait 0“,02 dans la petite dimension. Elle était formée avec deux plaques carrées de 0m,12 de côté et de 0m,03 d’épaisseur, maintenues latéralement par deux petits prismes à base carrée de 0m,02 de base et de 0m,12 de hauteur. Le fond était formé d’un prisme de chaux taillé de manière à le clore entièrement. Cette lingotière, enfermée dans deux lames de tôle mince représentées par la fîg. 15, était, en outre, fortement serrée par des fils de fer qui empêchaient ses diverses parties de se désunir. Elle était maintenue au devant du trou de coulée par deux aides qui la portaient au moyen d’un barreau de fer assez long, au milieu duquel elle était liée par un gros fil de fer. Quand la fusion de l’iridium a été complète, on a versé le métal dans la lingotière; celle-ci a été remplie, et le métal, pénétrant dans toutes ses parties, s’est moulé sur ses parois avec tant de perfection, qu’on a pu retrouver à la surface du lingot la reproduction parfaite des coups de lime et des traits de scie dont la chaux était sillonnée.
- La quantité d’oxygène nécessaire pour fondre 1 kilog. d’iridium peut être évaluée à 200 ou 300 litres au plus; mais il faut employer l’hydrogène pur et non le gaz d’éclairage.
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- CHAPITRE IV.
- Traitement du platine des anciennes monnaies russes.
- Nous avons reçu 1 poud ou 16 kilog. environ de roubles laminés. Le métal, sali par le laminoir et chauffé au rouge, paraît aigre et se sépare souvent en feuillets qui indiquent une grande imperfection dans le mode de fabrication de ce platine.
- Essai et analyse. — Le mode d’essai applicable à ces matières consiste à les fondre avec précaution et à les affiner dans l’oxygène, opération déjà décrite; elles perdent environ 3 pour 100, proportion variable avec leur état de propreté et de pureté. Pendant la fusion, on constate la production de vapeurs de cuivre et d’osmium, dont l’odeur caractéristique ne peut être méconnue. Ce sont les métaux communs et l’osmium qui donnent au métal l’aigreur qu’il décèle.
- Fusion et affinage. —Le seul mode de purification économique qu’il soit convenable d’appliquer est la fusion et l’affinage au chalumeau à gaz oxygène. Cet affinage se faisant, d’ailleurs, pendant et par la fusion, nous ne parlerons que de cette opération, qui s’applique aussi bien aux anciennes monnaies de platine qu’aux alliages quelconques de ce métal.
- Notre premier mémoire ayant déjà traité de la fusion de ce platine pour des quantités au-dessous de 8 à 10 kilog., nous supposerons, dans ce qui suit, qu’on veuille opérer sur 20 à 25 kilog. Notre four, que la fig. 11 représente à l’échelle, est elliptique, avec une voûte percée de deux trous qui laissent passer les tubes de deux chalumeaux déjà décrits, et de même grandeur que ceux employés pour de plus petites opérations. Le bout de ces chalumeaux est percé d’un trou de 2 1/2 à 3 millimètres de diamètre. Le combustible employé était du gaz de l’éclairage de la ville de Paris; l’oxygène provenait de la décomposition du manganèse.
- Voici comment le four a été construit : nous avons pris un cylindre elliptique en tôle forte, fermé, à sa partie inférieure, par une plaque de tôle munie, à sa partie supérieure, de deux rainures au moyen desquelles on le fixe, avec des boulons, à l’appareil à tourillons décrit dans notre premier mémoire (pl. 183, fig. 9 du Bulletin de 1859, 2e série, t. VI); ce cylindre servait de chemise pour la construction de la sole. Il peut être fermé en AA (fig. 11, pl. 225) par des boulons qu’on ne serre que quand l’appareil est monté. On remplit le cylindre avec des morceaux de chaux taillés avec soin, de manière à s’ajuster exactement les uns contre les autres, et qui doivent avoir d’abord toute la hauteur du cylindre et le dépasser en haut de 0m,02 environ. Le dernier morceau placé en G au trou de coulée doit, en outre, présenter un bec de 2 ou 3 centimètres de saillie, de manière que le platine puisse couler à une assez grande distance de la chemise de tôle. On serre alors fortement les boulons À, et avec une gouge on creuse facilement la sole du four et le trou de coulée C, qui doit, en même temps, servir à l’introduction du platine à fondre et auquel on donne 0m,03 de large sur 0m,01 de hauteur. La voûte du four est faite également au moyen de morceaux de chaux, qu’on encastre solidement dans un cylindre elliptique en tôle
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- de même base que le premier, mais do hauteur moindre. La chaux doit dépasser, en bas, de 1 à 2 centimètres cette ceinture de fer, et, quand elle est fixée, on la maintient solidement en serrant les boulons À placés à l’extrémité du grand axe de l’ellipse. La surface inférieure de ces morceaux de chaux est nivelée en les usant, par frottement doux, sur une pierre calcaire plane et saupoudrée de sable fin. Enfin, aux deux foyers de l’ellipse, on perce avec une mèche deux trous coniques par lesquels on introduira les extrémités des deux chalumeaux à gaz, dont l’enveloppe extérieure en platine ne devra pénétrer que d’une petite quantité dans la chaux; la saillie des bouts des chalumeaux se règle au moyen des vis de pression X X.
- Lorsqu’on veut opérer, on ajuste lune sur l’autre, bien exactement, les deux parties du four, qu’on fixe d’une manière invariable au moyen de trois clavettes placées l’une en EE, les deux autres en avant et en arrière de l’appareil. On allume alors le gaz des deux chalumeaux en donnant un peu d’oxygène, et on les introduit dans les trous B B avec leurs flammes, qu’on règle au moyen des robinets RR. On chauffe lentement en donnant progressivement accès aux deux gaz, et, quand la chaleur étant maximum, le platine se maintient en fusion sous les dards, on forme peu à peu un bain dans lequel on introduit du platine au fur et à mesure qu’il disparaît dans la masse incandescente. On facilite l’opération en chauffant préalablement dans un moufle les lames de métal, qu’on introduit ensuite, rouges, dans le four de fusion.
- Une fois que le four est rempli, on l’échauffe au delà du point de fusion en diminuant un peu l’oxygène, afin que les gaz soient plutôt réducteurs qu’oxydants pour éviter le rochage. Le métal se coule cans une lingotière de fer ou de chaux, et, dans ce dernier cas qui est préférable, les précautions sont moindres et on peut couler très-chaud sans inconvénient. Dès que le four est vide, on rend aux gaz leur vitesse primitive et on recommence l’opération, qui se fait dans deux fois moins de temps en raison de la chaleur acquise du four, et qui n’exige qu’une dépense moitié moindre en oxygène.
- Les deux fusions qui ont été faites dans le même four ont donné les résultats
- suivants :
- Platine fondu, er tout................ 30k,200
- Oxygène dépensé................. 1900 litres.
- En moyenne parkilog. de platine...... 66,2 —
- Vitesse moyenne de l’oxygène à l’heure. 1328,0 —
- Moulage du platine.—On peut couler, ainsi qu’il a été dit plus haut, dans deslin-gotières en fer ou en chaux. Dans le premier cas, le fer doit être oxydé à sa surface et frotté ensuite avec de la plombagine pur éviter toute adhérence entre le platine fondu et le fer; ces lingotières doivent êtro massives et de forme telle que le lingot soit au moins aussi haut que large et peu épais; munies de deux anses solides, elles sont tenues par deux aides qui, pendant la roulée, impriment un mouvement de va-et-vient, afin que le platine fondu se répartisse bien également sur toute la surface, et surtout pour que le métal ne tombe pas toujours sur le même point de la lingotière, qui pourrait alors entrer elle-même en fusion,
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- Dans le second cas, on prend deux lames de tôle plus ou moins épaisses, suivant la dimension des lingots à faire, on les plie sur l’enclume en leur donnant la forme indiquée par la fig. 15, et telles qu’en rapprochant les deux parties de cet appareil elles constituent un parallélipipède ouvert à l’une de ses extrémités. On y encastre deux grandes plaques de chaux vive de 0m,02 environ d’épaisseur, et qui couvrent entièrement les deux faces les plus larges. Le fond et les parois latérales sont également garnis par des plaques ou des prismes de chaux, qui maintiennent les plaques principales à la distance déterminée par l’épaisseur à donner au lingot. On met toutes ces parties en place, on rapproche les deux enveloppes de tôle qu’on serre fortement avec du fil de fer, et la lingotière est ainsi faite. Les faces intérieures étant parfaitement polies et nettes de toute poussière, le platine y est coulé, et il s’y moule avec une telle perfection, que des empreintes de fossiles se remplissent souvent de métal qui en reproduit les parties les plus délicates (1).
- CHAPITRE V.
- Préparation de l’oxygène et de l’hydrogène (2).
- Appareils de production de Voxygène.—On trouvera, dans la fig. 16 (pl. 225), lacoupe du four qui nous a servi en même temps à faire nos coupellations de platine et à préparer l’oxygène au moyen du manganèse. Quand on ne se servait pas de la coupelle, on remplissait avec des briques l’intervalle qu’elle doit occuper, de manière à prolonger l’autel jusqu’en D. Nous avons d’ailleurs constaté que la chaleur perdue de la coupellation suffisait pour décomposer complètement le bioxyde de manganèse.
- On charge le foyer F avec de la houille. Dans la seconde partie du four, on place à demeure quatre grands cylindres en terre de 0m,20 de diamètre intérieur ; ce sont des manchons destinés à recevoir la flamme du foyer, fermés à leur partie inférieure par la portion de la sole sur laquelle ils viennent s’appuyer, et à la partie supérieure par
- (1) Les auteurs ont également fait un essai de moulage dans le sable. En opérant comme pour le moulage de la fonte de fer et de cuivre, ils ont obtenu une petite roue d’engrenage en platine admirablement bien venue.
- (2) Au début de ce chapitre, MM. H. Sainte-Claire Deville et H. Debray parlent des longues études auxquelles ils ont été obligés de se livrer, pour arriver à produire de l’oxygène à bas prix avec des appareils d’un emploi industriel et d’une manière continue. Ils ont employé un grand nombre de variétés de manganèse d’origine et de prix divers, et indiquent la méthode d’essai à laquelle ils ont eu recours. Ils font remarquer que tous les manganèses dont ils se sont servis dégageaient plus ou moins d’azote avec l’oxygène, mais qu’au point de vue pratique ce phénomène ne présente aucun inconvénient et ne nuit pas aux opérations de fusion du platine. Enfin ils indiquent qu’en essayant le pouvoir eomburant de l’oxygène au moment où il commençait à se dégager dans leurs appareils ils ont eu plusieurs fois une explosion très-violente; ils expliquent cette explosion par la présence de matières organiques mélangées accidentellement ou par fraude au minerai, et recommandent, en conséquence, d’avoir toujours la précaution d’essayer les gaz au moyen d’une petite éprouvette quand on préparera de l'oxygène avec un manganèse qu’on n’aura pas encore expérimenté.
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- des briques convenablement taillées et percées d’un trou pour laisser passer le col des bouteilles G. Ces quatre manchons sont reliés au massif supérieur du fourneau par des briques cimentées avec de la terre, et qui forment la continuation de la voûte du réverbère.
- Dans ces manchons on introduit des bouteilles en fonte G, munies d’une panse destinée à recevoir le manganèse, et d’un col qui sort du manchon par un trou ménagé dans une brique mobile servant de fermeture à ce manchon. Ces bouteilles elles-mêmes sont fermées par un obturateur conique en fer ajusté sur l’ouverture, et qu’on enfonce après l’avoir enduit d’un mélange de terre à poêle et de bourre de vache. L’obturateur est maintenu par des vis de pression YY, qui le traversent et traversent également un collet T ménagé à la fonte sur le col de la bouteille. Enfin l’obturateur porte un crochet qu’il faut fixer au collet T, et auquel est attachée une corde; celle-ci s’enroule autour d’une poulie et soutient un poids qui équilibre exactement celui de la bouteille contenant sa charge de 20 kilog. de manganèse. Sans cette précaution, les parois de la fonte rougie s’affaisseraient sur elles-mêmes, et augmenteraient de diamètre au point de ne plus pouvoir sortir du manchon dans lequel la bouteille doit pénétrer avec un jeu de 0m,02.
- Avant de faire fonctionner ces appareils, on les remplit d’eau pour s’assurer que la fonte n’est paspercée, puis on les chargede manganèse concassé en morceaux de 0m,02 d’épaisseur au plus; on ajoute alors un tube de fer taraudé L, qui se visse dans un trou muni d’un pas de vis qu’on a pratiqué à la partie supérieure du col de la bouteille un peu au-dessous du collet. On garnit les joints avec de la terre à poêle et du poil de vache, on ajuste les obturateurs avec les précautions déjà indiquées, et on met les bouteilles en place dans leurs manchons. Avec des tuyaux de caoutchouc on fait communiquer chacun des tubes L avec un petit barillet en cuivre, tel que celui dont il est question dans notre premier mémoire (pl. 183, fig. 6 daBulletin de 1859). L’eau condensée et le gaz s’échappent ensemble, et, traversant un flacon tubulé à sa partie inférieure dans lequel l’eau se rassemble, se rendent dans le laveur, puis enfin dans le gazomètre.
- Le laveur (fig. 18, pl. 225) est une double caisse cylindrique, en cuivre ou en plomb, composée de huit cylindres tous concentriques, en y comprenant le tube d’arrivée dd' qui doit plonger jusqu’à la moitié de la hauteur de la caisse. La seconde cloison, terminée en a", est percée de trous e de 0m,005 de diamètre, pratiqués sur un même plan horizontal et à un niveau supérieur de quelques millimètres à l’extrémité d du tube d’arrivée. La quatrième cloison, terminée en a', est également percée de trous e’ de 0m,002, placés un peu au-dessus du niveau des trous e. La sixième cloison «plonge jusqu’au fond de la caisse et clôt l’appareil par une fermeture hydraulique. Toutes les cloisons de rang paira", a', a sont, ainsi que le tube dd\ fixées par des soudures bien jointes à la partie supérieure p de la caisse, et, une fois qu’ellesp ngentdansl’eau que cette caisse doit contenir, elles interceptent toute communication directe entre leurs cavités cylindriques. K est le tube de sortie du gaz.
- Un autre système de cloisons cylindriques empêche aussi le mélange des liquides de
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- ces différentes capacités. La cloison extérieure ÀA ferme la caisse; les cloisons cylindriques A', A", A'", qui sont soudées à la paroi inférieure P et qui vont presque joindre la partie supérieure p en laissant pourtant un petit intervalle par où passeront les gaz, interceptent toute communication entre les diverses parties du liquide contenu dans la caisse.
- Des trous q sont percés à la partie inférieure de la paroi a. Un large trou O, pratiqué dans la cloison A' et placé un peu au-dessous des ouvertures e, fait communiquer le dernier intervalle annulaire avec le troisième; celui-ci communique avec le premier intervalle annulaire par un trou O' placé à la partie inférieure de la cloison A" ; enfin un trou O", placé un peu au-dessous de l’orifice d, met le cylindre extérieur en communication avec le premier intervalle annulaire. Le liquide qui arrive par le robinet R peut s’échapper par le tube T, muni lui-même d’un robinet r. Un indicateur de niveau N montre la hauteur du liquide dans l’intérieur de la caisse.
- Le gaz arrivant par le tube dd' soulève le liquide laveur, passe dans le second intervalle annulaire par sa partie supérieure, traverse le liquide par les trous e, passe encore, par la partie supérieure, dans le quatrième espace annulaire, traverse une troisième fois le liquide par les trous e et sort enfin par le tuyau K pour se rendre dans le gazomètre.
- Le liquide laveur, qui est ici de la soude caustique en dissolution faible, arrive par le robinet R, traverse les trous ÿ, pénètre par le trou O dans le second intervalle annulaire réservé au liquide, et fait le tour de l’appareil en descendant pour arriver au trou O'; de là il fait un nouveau tour en montant, pour arriver par le trou O" dans le cylindre extérieur, d’où il s’échappe en descendant par le tube T.
- Toutes les surfaces cylindriques qui cloisonnent les gaz a, a", les tubes K et dd' tiennent à la paroi supérieure p, et peuvent être séparés du reste de l’appareil ; ce qui permet de le nettoyer et d’enlever les dépôts qui peuvent s’y former. Les cloisons A, A', A", Aw tiennent seulement à la paroi inférieure P.
- Enfin un niveau L permet de donner à l’appareil une position horizontale, de manière que le gaz s’écoulant par tous les trous e, e\ e" à la fois, le lavage s’effectue sur toute la surface des cloisons. L’appareil ne donne qu’une pression de 1 à 2 centimètres au gaz qui doit le traverser ; un petit manomètre à air libre M indique cette pression. Quant à la pression du gaz et de la vapeur d’eau au sortir des bouteilles, elle est donnée par un autre manomètre disposé sur le barillet dont il a été question. Le gazomètre est construit de telle façon qu’on peut annuler la pression due au laveur ; la pression indiquée par le manomètre M devra donc être un peu inférieure à la pression extérieure, et, dans l’indicateur de niveau N, le liquide laveur devra s’abaisser un peu au-dessous de la partie moyenne de l’appareil. La limite des pressions, soit en plus, soit en moins, par rapport à la pression ambiante qu’on peut communiquer au gaz arrivant par dd', est mesurée par une colonne du liquide laveur égale à la moitié de la hauteur totale de l’appareil, hauteur qui est de 0m,35.
- Le gazomètre (fig. 14), en tôle de 2 à 3 millimètres d’épaisseur, rivée avec soin, est un grand cylindre de lm,10 de haut sur im,60de diamètre; les deux parois horizon-Tome VIII. — 60e année. 29 série. — Juillet 1861. 55
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- taies sont réunies par un grand nombre de tirants en fer, dont quelques-uns seulement sont représentés sur la figure. Un trou d’homme placé à la partie supérieure laisse passer deux tubes à robinets, dont l’un LL mène le gaz au fond du gazomètre, et dont l’autre MM très-court permet de lui donner issue. Un gros robinet à soupape SS, terminé par un large tube de caoutchouc T légèrement relevé par le bout pour empêcher la rentrée de l’air, donnera issue à l’eau dont on suppose le gazomètre plein quand on voudra introduire l’oxygène, et accès à. l’eau d’un réservoir de 2 ou 3 mètres d’élévation quand on voudra se servir du gaz. Le gazomètre dont nous nous sommes servis contenait 2m3,25 de gaz, quantité suffisante pour fondre 30 à 40 kilog. de platine.
- Voici comment on conduit l’opération : quand les bouteilles sont chargées et mises en place, que la partie supérieure des manchons est bien fermée, qu’on a placé et luté les bouchons des bouteilles, établi toutes les communications, sauf celles qui mettent le barillet en relation avec le laveur, on met le feu au foyer et on le pousse le plus activement possible. Bientôt l’eau distille dans le barillet qu’on refroidit par un filet d’eau. Le gaz qui passe en premier lieu éteint les bougies et n’est pas absorbable par la potasse, c’est de l’azote; puis souvent il devient explosif, ce qui exige qu’on en fasse l’essai au moyen d’une éprouvette, au lieu de se servir d’une simple allumette enflammée qui pourrait déterminer une explosion. Quand l’oxygène rallume vivement une bougie présentant un point en ignition, on met en communication les appareils de condensation et de purification avec le tube LL du gazomètre (fig. 14). On fait arriver un petit filet de soude caustique étendue par le robinet R du laveur (fig. 18), de manière à donner une vitesse d’écoulement de 1 à 1 1/2 litre par heure, et on en fait écouler autant par le robinet r, pour que le niveau de l’eau dans l’indicateur reste constant; on ouvre entièrement le robinetSS du gazomètre (fig. 14), et on règle la hauteur de l’extrémité du tube de caoutchouc T, de manière que la pression soit nulle dans les bouteilles de fonte.
- A partir de ce moment, l’appareil ne demande plus aucun soin; il se règle de lui-même. On pousse le feu sans ménagement, de manière que la vitesse de dégagement du gaz peut aller jusqu’à 800 litres à l’heure. Si on a mis le foyer en feu à sept heures du matin, le four n’est rouge qu’à midi et la production de l’oxygène n’est à son maximum qu’à trois heures. Vers six heures du soir, on charge le fourneau, on ferme presque entièrement le registre de ia cheminée et on relève un peu le niveau du tube T (fig. 14) du gazomètre, de manière à maintenir dans tout l’appareil une pression un peu plus forte que la pression extérieure, ce que l’on estime facilement au moyen du manomètre à eau placé sur le barillet ; on laisse ainsi l’opération à elle-même pendant toute la nuit. Le lendemain, on ferme les robinets du gazomètre, on met le tube T en communication avec le réservoir d’eau, et on en fait entrer un peu dans le gazomètre, jusqu’à ce que le manomètre à air libre P (fig. 14) revienne exactement au zéro. On ferme alors le robinet SS, et, si l’on remplace les bouteilles de fonte par de nouvelles pleines de manganèse, l’appareil peut fonctionner immédiatement. Dans une fabrication courante, il faudrait avoir plusieurs gazomètres et préparer l’oxygène
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- d’une manière continue; on réaliserait ainsi une grande économie de combustible.
- Le gaz était mesuré par un compteur très-sensible placé entre le laveur et le gazomètre.
- En opérant sur du manganèse de Giessen, 66 kilog. de minerai ont fourni 3,410 litres d’oxygène, ce qui donne à peu près 51 litres de gaz par kilog. Le charbon dépensé en moyenne par mètre cube a été de 25\2.
- Le résidu de la fabrication de l’oxygène a été vendu à un fabricant de produits chimiques, au prix de 10 francs les 100 kilog. ; il était destiné aux verriers, qui le préfèrent au manganèse cru, parce qu’il a perdu 12 pour 100 d’eau et d’oxygène, qui n’ont qu’une influence mauvaise ou nulle dans la préparation du verre.
- Les prix de revient du mètre cube d’oxygène sont les suivants pour les manganèses des provenances ci-dessous :
- Prix des 100 k. Prix du mètre cube d’oxygène.
- Romanèche. . 10 fr 4fr ,86
- Espagne 16 3 ,45
- Pyrénées 18 3 ,86
- Giessen 27 4 ,87
- Italie 40 5 ,98
- Pour une industrie qui aurait intérêt à préparer l’oxygène, et qui serait à proximité d’une usine où le manganèse fût employé dans des opérations de voie sèche, la matière première, prenant après sa calcination une valeur plus grande qu’auparavant, pourrait n’être pas comptée dans le prix de revient. Dans ce cas, l’oxygène reviendraità 1 fr. 34c. le mètre cube, ou 1 fr. le kilog. en fabrication intermittente; en fabrication continue, ce prix serait considérablement moindre.
- Fabrication de l’oxygène au moyen du sulfate de sinc{ 1).—Le sulfate de zinc, résidu de la production de l’électricité voltaïque, est une matière dont on cherche l’emploi aujourd’hui; on n’a jamais pensé k en extraire l’oxygène, qu’il fournit pourtant avec une extrême facilité, ainsi qu’on va en juger.
- Nous avons pris du sulfate de zinc du commerce, que nous avons desséché et introduit ensuite dans une cornue de grès. Les gaz sortant de la cornue se rendaient, par l’intermédiaire d’un petit tube de platine refroidi par un courant d’eau, dans un laveur à acide sulfureux, représenté fig. 17 (pl. 225) et qu’on trouvera décrit plus loin. L’acide sulfureux provenant de la décomposition du sulfate de zinc s’y condense, et l’oxygène se rend dans un compteur à gaz ou dans un gazomètre gradué. La cornue doit être chauffée au rouge un peu plus clair que pour la décomposition du manganèse, et l’on y trouvera, à la fin de l’opération, de l’oxyde de zinc très-léger, légèrement coloré en jaune et qui ne retient plus que des traces d’acide. Il distille un peu d’eau, et, à la fin, on trouve dans le tube de platine un peu d’acide sulfurique fumant. La cornue,
- (1) Avant de décrire ce nouveau mode de fabrication, les auteurs passent en revue les différentes expériences qu’ils ont faites pour préparer l’oxygène soit avec le chlorate de potasse, le chlorure de chaux, le nitrate de soude ou le nitrate de baryte ( procédé de M. Boussingault ).
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- après l’opération, est parfaitement intacte; l’oxyde de zinc, en effet, ne se combine que très-difficilement avec la silice.
- 100 kilog. de sulfate de zinc anhydre, d’après nos expériences, donneront 6m3,8 d’oxygène, c’est-à-dire beaucoup plus que le meilleur manganèse du commerce, en laissant un résidu utilisable (pour la peinture ou la fabrication du zinc) de 51 kilog. d’oxyde de zinc, et en produisant 22 kilog. d’acide sulfureux. Les appareils de fabrication en grand seraient très-simples. On emploierait une cornue à gaz de petite dimension, ou des cornues à zinc de la Vieille-Montagne, posées horizontalement dans un four, et les gaz, lavés dans l’appareil déjà décrit pour le manganèse ou dans celui de la fig. 17, se rendraient dans le gazomètre de la fig. 14. Les appareils de fermeture employés pour les cornues à gaz et adaptés à des appareils plus petits conviendraient parfaitement à cette fabrication.
- Fabrication de l’oxygène avec l’acide sulfurique. — L’acide sulfurique a la propriété de se décomposer au rouge naissant, d’une manière complète, en acide sulfureux et oxygène. L’acide sulfureux est très-fréquemment employé dans l’industrie, soit à l’état de dissolution aqueuse saturée, soit à l’état de sulfite de soude ou à celui d’hy-posulfite de soude, qu’on obtient au moyen du sulfite de soude et du soufre. Pour tous ces usages, l’acide sulfureux pur et dépouillé d’azote s’obtient par la décomposition de l’acide sulfurique au moyen d’un corps réducteur; il était donc naturel d’essayer de préparer l’acide sulfureux en utilisant l’oxygène. En y réfléchissant bien, nous avons vu que l’oxygène préparé avec le manganèse est encore à un prix tel que, même en perdant l’acide sulfureux, nous pouvions essayer d’obtenir le gaz avec bénéfice par la décomposition de l’acide sulfurique.
- Nos premières expériences ont été faites dans une cornue en grès tubulée C, semblable à celle de la fig. 17. Elle avait une capacité de 10 litres et était rempiede farg-mentsde briques réfractaires, qui résistent indéfiniment à l’action de l’acide sulfurique. Un tube de fer F, surmonté d’un tube en S, laissait arriver jusqu’au fond de la cornue l’acide provenant d’un flacon de Mariotte M, muni d’un robinet de verre. Un tube de cuivre T, entrant à frottement dans un bouchon en charbon de cornue B, amenait les vapeurs dans un serpentin A. L’appareil ainsi construit fonctionnait très-bien, en donnant une vitesse de 150 litres à l’heure. Mais il vaut mieux d’abord remplacer le tube de fer par un tube de platine scellé dans la tubulure de la cornue, au moyen d’un lut en terre à poêle et poil de vache, maintenu par des tessons de porcelaine et recouvert par une enveloppe E ou tube en grès qui le protège contre le contact des charbons et de la flamme. Nous avons ensuite remplacé le tube en cuivre T par un petit tube en platine, en le mastiquant avec du lut argileux dans le bouchon B, et en lutant celui-ci également au col de la cornue avec un mélange de terre à poêle et de bourre de vache. Enfin nous avons diminué considérablement le volume de la cornue, en l’emplissant avec des lames minces de platine accumulées depuis la panse jusqu’aux parties du col qui sont encore rougies par le feu. Ainsi, avec une cornue de 1 litre seulement, nous avons obtenu une vitesse de 60 litres à l’heure; avec une cornue de
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- 5 litres, on irait facilement à la vitesse de 200 litres. C’est la disposition qui est représentée dans la figure 17 (1).
- L’eau volatilisée avec l’acide sulfureux et la petite quantité d’acide sulfurique échappée à la décomposition se condensera dans le serpentin en plomb A (fig. 17) et s’écoulera dans le vase florentin D. La jonction entre le tube de platine T et le tube de plomb du serpentin se fait avec un tube en caoutchouc en un point tel, que l’eau du réfrigérant puisse mouiller partout et refroidir la surface du caoutchouc qui, sans cela, s’échaufferait d’une manière dangereuse au contact des gaz.
- L’acide sulfureux se sépare de l’oxygène d’une manière absolue par le lavage à l’eau, qui retient cinquante fois son volume de gaz acide. Cette séparation peut se faire soit dans le laveur employé pour la purification de l’oxygène du manganèse (%. 18), soit au moyen d’un flacon ( fig. 17) de 12 à 15 litres, plein de gros morceaux de ponce sur lesquels on fait couler constamment un large filet d’eau réduite en pluie par une pomme d’arrosoir en plomb ou en cuivre G. L’eau s’échappera par le tube recourbé L, dont on mettra l’ouverture au niveau de l’extrémité N du tube qui amène l’acide sulfureux et l’oxygène. On pourra, au moyen du tube d’écoulement T de l’eau dans le gazomètre (fig. 14), maintenir dans le flacon H (fig. 17) une pression moindre que la pression extérieure; alors l’eau s’élèvera dans ce flacon d’une quantité constante et déterminée à l’avance, le gaz barbotera ainsi au travers du liquide, sans que la pression s’élève dans la cornue et sans que l’air puisse rentrer par le tube L (2). Enfin le gaz va barboter dans un peu de lessive de soude mise dans un dernier flacon I, qui sert surtout à montrer la vitesse du gaz et à recevoir un petit manomètre K qui en mesure la pression. Du flacon I le gaz se rend dans le gazomètre.
- La cornue C (fig. 17 ), où s’opère la décomposition de l’acide sulfurique, doit être chauffée au rouge franc par du coke, et la chaleur devra être d’autant plus élevée que l’on voudra obtenir plus d’oxygène dans le même temps. D’après quelques-unes de nos expériences, d’une part 3k,01 d’acide nous ont donné 300 litres d’oxygène, et, d’autre part, 4k,31 ont fourni 400 litres; enfin, dans une autre circonstance, nous avons obtenu, avec 2k,437 d’acide, 240 litres de gaz. Ces expériences, faites avec des acides de différentes densités, ont démontré que ceux qui marquent 60° et 66°
- (1) L’appareil le plus commode et le plus économique serait un serpentin en platine dont le pas de l’hélice serait aussi petit que possible, serpentin rempli de mousse de platine et chauffé par une flamme oxydante de coke ou de bois. Dans le serpentin, l’acide devra tomber sur une petite capsule de platine mobile, sur laquelle il s’évaporera pour y laisser les traces de sulfate de plomb qu’il peut contenir.
- (2) Si on veut faire arriver dans le flacon H, non pas de l’eau, mais une lessive alcaline caustique pour préparer du sulfite ou du bisulfite de soude, il sera prudent de relever un peu le niveau du tube L de manière à maintenir une pression de 0m,01 d’eau environ dans la cornue, parce que, le liquide alcalin venant du robinet R et devant couler avec lenteur pour se saturer ou même se sursaturer, la moindre diminution accidentelle et subite de pression dans le gazomètre pourrait provoquer la rentrée d’un peu d’air dans le tube L.
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- donnent les mêmes résultats. Ce qu’il y a de remarquable dans cette opération, c’est la constance dans la production de l’oxygène et sa continuité. Si on mesure, à une époque quelconque, le dégagement de l’oxygène, on le trouve toujours le même, et, en multipliant la vitesse à l’heure ainsi calculée par le nombre d’heures qu’a duré l’opération, on trouve toujours une coincidence parfaite entre les résultats prévus et les résultats observés.
- Quant au prix de revient de cet oxygène, il doit être calculé sur le prix d’achat de l’acide sulfurique. En portant à 7 ou 8 kilog. de coke ou de houille la quantité de combustible dépensée par mètre cube, on aura un maximum qui ne fera jamais monter le prix du mètre cube à plus de 1 franc, y compris la main-d’œuvre. Si l’on conduit l’eau de lavage saturée d’acide sulfureux dans le générateur de vapeur qui alimente les chambres de plomb d’une fabrique d’acide sulfurique, on transforme l’acide sulfureux en acide sulfurique aux dépens de l’oxygène de l’air. Nous avons calculé qu’il suffisait de brûler, dans le four à soufre d’un appareil à acide sulfurique, le double du soufre que renferme la dissolution concentrée d’acide sulfureux, pour pouvoir utiliser entièrement ce dernier gaz; de sorte qu’une fabrique pourrait, sans augmenter sensiblement sa dépense, consacrer le tiers de l’acide sulfurique qu’elle produit à la préparation de l’oxygène. Calculé sur ces bases, le prix de revient est tellement faible, que nous n’osons en donner le chiffre. En effet, on n’a plus à compter dans ce prix que la valeur des petites quantités de charbon nécessaires pour maintenir au rouge un appareil de faible dimension, et celle du nitrate de soude servant à fixer sur l’acide sulfureux l’oxygène de l’air5 car ce procédé consiste, au fond, à emprunter par voie indirecte l’oxygène à l’air atmosphérique.
- Préparation de l’hydrogène.
- Le procédé qui est incontestablement le plus économique de tous est celui qui consiste à préparer ce mélange d’hydrogène et d’oxyde de carbone, qu’on appelle le gaz de l’eau. Voici l’appareil donnant une vitesse maximum de 300 litres que nous avons monté :
- Une bouteille à mercure, contenant lk,130 de coke en petits fragments, était couchée horizontalement dans un fourneau chauffé au coke. Les deux bases du cylindre, qui forment la bouteille, étaient percées de deux trous laissant passer deux canons de fusil. L’un, plein d’amiante non tassé, laissait arriver par un tube en U un filet d’eau venant d’un vase de Mariotte muni d’un robinet, comme le vase M de la fig. 17 (pl.225). L’amiante s’imbibait d’eau, et, par la chaleur que lui communiquait le foyer, se desséchait avec régularité et par conséquent empêchait toute introduction brusque d’eau liquide dans l’intérieur de l’appareil. L’autre canon de fusil communiquait avec un serpentin et un laveur analogues à ceux de la fig. 17. Le gaz, ainsi refroidi et lavé, se rendait, en passant par un compteur, dans le chalumeau d’un four à fondre le platine.
- L’eau qui tombe sur l’amiante arrive à l’état de vapeur sur le charbon, s’y trans-
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- forme en mélange d’hydrogène, d’oxyde de carbone et d’un peu d’acide carbonique; l’eau en excès reste dans le serpentin, l’acide carbonique se dissout dans la soude du laveur, en sorte que le gaz devenu libre peut être utilisé. On donne au gaz une vitesse constante en ouvrant le robinet d’arrivée de l’eau d’une quantité déterminée à l’avance. Cette vitesse varie avec une admirable précision, de la même manière que la vitesse d’écoulement de l’eau, pourvu qu’on ne dépasse pas la quantité d’eau maximum que le cylindre plein de charbon peut décomposer entièrement. Cette limite, pour notre petit appareil de 5 litres de capacité, était de 300 litres.
- Nous avons observé que la fusion du platine, au moyen du gaz extrait de l’eau, se faisait à peu près aussi bien qu’avec l’hydrogène pur obtenu par le procédé du zinc et de l’acide sulfurique, et incomparablement mieux qu’avec le gaz de l’éclairage de Paris. L’emploi de ce combustible équivaudra donc à une économie d’oxygène assez considérable. En insistant sur cet emploi, nous devons dire qu’il faudra, dans ce cas, pour se laisser toute liberté dans l’usage de cet hydrogène, établir sur un point quelconque de son parcours un petit appareil de sûreté, consistant en un tube en T, dont une des branches plongera dans un flacon contenant de 5 à 10 centimètres d’eau. Grâce à cette disposition, on pourra, sans changer la quantité d’eau liquide qui tombe dans le générateur et en règle la vitesse, manœuvrer à volonté les robinets du chalumeau qui donnent accès à l’hydrogène, et même les fermer complètement. Quand le gaz trouverait une issue insuffisante ou même ne pourrait plus se dégager, il traverserait la couche de 5 à 10 centimètres d’eau du flacon et se répandrait dans l’atmosphère, ou mieux pourrait être conduit, au moyen d’un tube en caoutchouc, hors du laboratoire, pour se mettre à l’abri de l’oxyde de carbone qui l’accompagne.
- Résumé et conclusions.
- 1° Le minerai de platine peut être traité par la galène et la coupellation. Le traitement par ce procédé de 100 kilog. de platine revient en matières premières, dont le prix comprend la main-d’œuvre à 101 francs; chaque kilogramme de minerai de platine coûte donc 1 fr. 01 pour sa transformation en alliage incomparablement supérieur au platine. En outre, le rendement est d’un dixième en sus du rendement par voie humide et donne, par conséquent, une plus-value de 6,000 ou 7,000 fr. par 100 kilog.; ce qui non-seulement annule toute dépense par rapport à l’ancien procédé, mais encore produit un bénéfice de 6,000 à 7,000 francs par 100 kilog. de minerai, en comptant le platine en lames à 1,000 francs le kilog.
- 2° Le procédé de la fonte directe coûte 1 fr. 23 par kilog. de minerai. L’avantage considérable de ce second procédé, c’est d’exiger des frais d’installation presque nuis. Un seul ouvrier habile, sachant manier le chalumeau, suffira pour la conduite de l’atelier; les autres opérations peuvent être confiées à de simples manœuvres, tandis que la coupellation exige un homme expérimenté qui connaisse déjà cette opération, sache battre une coupelle, etc.
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- 3° Nous ne pouvons indiquer ici l’économie réalisée par le procédé intermédiaire qui a été décrit; elle dépend de la méthode employée et à laquelle on voudra le substituer; le rendement est de beaucoup supérieur.
- 4° La fonte des minerais de Russie et la révivification du platine usé sont des opérations dans lesquelles la fusion remplace la dissolution d’une manière avantageuse; elle a de plus l’avantage de dépouiller, sans frais, le platine de toutes les impuretés introduites par les opérations chimiques ou par l’usage. Aujourd’hui le platine coûte, pour sa révivification par la voie humide, 250 fr. par kilog., soit 25 pour 100 de sa valeur. La mise en lingots par notre procédé revient à 0 fr. 24 c. par kilog., soit 1 million seulement du prix actuel.
- Nous serions extrêmement heureux et entièrement dédommagés de nos peines et d’un travail très-pénible de plusieurs années, si nos recherches amenaient comme résultat l’abaissement dans le prix d’un métal que les chimistes utilisent merveilleusement, et que son prix élevé empêche encore d’introduire en quantité suffisante dans les laboratoires et dans les ateliers industriels.
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- DU COMMERCE, DU PEIGNAGE ET DE LA FILATURE DES LAINES MÉRINOS EN RUSSIE.
- {Extrait d’une communication de M. Jourdier faite dans la séance du
- 27 mars 1861) (1).
- I. Qualités et commerce des laines.
- Les laines mérinos de Russie sont généralement remarquables par leur finesse et leur souplesse.
- Jusqu’à présent, les éleveurs ou les directeurs des bergeries se sont appliqués à maintenir, autant que possible, la pureté des races. Mais, si la finesse de la matière première est très-estimée pour la draperie, en revanche le peu de longueur qu’elle présente et son manque de nerf presque absolu la rendent très-souvent impropre au peignage.
- Dans le commerce, on rencontre trois sortes de laines :
- 1° Les laines en suint;
- (1) A la lecture de cette note, M. Alcan a fait remarquer qu’il n’y avait absolument rien de neuf dans l’industrie russe que signalait M. Jourdier, et il a insisté sur l’importance qu’il y avait pour le Bulletin à ne pas indiquer comme nouveaux des procédés appliqués depuis longtemps en France et en Angleterre. ( R. )
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- 2® Les laines lavées à dos dites pêrégones;
- 3e Les laines lavées au lavoir.
- C’est à la seconde catégorie que les filateurs russes les plus compétents donnent la préférence, et voici sur quels motifs ils basent leur choix : les laines en suint, en Russie, sont d’un transport très-difficile en raison des trajets, qui sont partout d’une extrême longueur; il en résulte des frais considérables qui augmentent le prix de revient de la matière, sans compter que, par suite de l’humidité des pluies auxquelles elle est exposée en route, elle finit souvent par se détériorer.
- Un lavage consciencieux et pratiqué dans de bonnes conditions, sur place, serait, sans aucun doute, plus avantageux; mais en Russie moins qu’ailleurs on ne peut compter qu’une opération de ce genre soit exécutée d’une manière convenable. Il s’est commis et il se commet encore de telles fraudes, qu’un fabricant intelligent ne saurait courir les chances de la probité plus ou moins douteuse des laveurs. Les laines lavées de cette manière donnent lieu à des déchets importants; en outre, les propriétés hygrométriques qu’elles possèdent facilitent aux voituriers, pendant les transports, des soustractions qu’il est toujours difficile de faire constater.
- Le lavage à dos évite aux fabricants une partie de ces inconvénients. Les toisons séparées se tassent mieux, sont moins exposées, dans cet état, aux influences de l’atmosphère, et se prêtent moins au vol en en rendant la constatation plus facile ; enfin un dernier avantage, appréciable autant pour le vendeur que pour l’acheteur, c’est que les laines lavées à dos peuvent se conserver longtemps.
- Malgré ces avantages, il est un grand nombre de propriétaires qui ne sont pas partisans du lavage à dos, parce qu’ils prétendent qu’on a de la peine à obtenir une bonne main-d’œuvre; l’irrégularité inévitable du lavage ados crée des difficultés, et le manque de soins cause souvent la mort d'un grand nombre de sujets. Aux objections qu’on leur présente relativement à la laine en suint, ils répondent que la création des voies ferrées doit tendre à faire disparaître les inconvénients signalés.
- Tout en n’étant pas partisan du lavage à dos, nous devons ajouter que les fabricants arguent en faveur de ce système que, s’il est pratiqué d’une manière consciencieuse, les propriétaires y trouvent, entre autres avantages, celui de pouvoir garder leurs laines, toutes les fois que les prix de vente sont trop bas, jusqu’à l’époque où les cours viennent à se relever. Mais on peut leur répondre, d’une part, qu’il est presque impossible d’obtenir un travail consciencieux, et, d’autre part, que la gêne fréquente qui existe chez le propriétaire russe ne lui permettant pas toujours d’attendre, il est souvent obligé de se débarrasser à perte de sa marchandise pour faire de l’argent.
- N’oublions pas de mentionner que certains propriétaires ne veillent pas assez à ce que leurs troupeaux ne puissent se rouler dans la poussière et le sable, après qu’on leur a fait traverser la rivière ; il en résulte un surcroît de poids contre lequel les fabricants réclament avec juste raison ; mais l’inconvénient le plus grave, c’est que la saleté se met dans la laine et favorise l’introduction des insectes qui la détériorent en la rongeant.
- Tome VIII. —- 60e année. 2e série. — Juillet 1861.
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- II. De Vassortissage des laines à peigne.
- En Russie, l’assortissage des laines donne lieu à la formation de quatre catégories :
- 1° Les parties les plus longues et les plus nerveuses, destinées à la fabrication des naînes de tissus ;
- 2° Les parties intermédiaires un peu plus courtes, réservées pour les demi-chaînes et les trames de belle qualité ;
- 3° Les parties plus courtes et jaunâtres, servant à la fabrication des trames inférieures et des gros numéros ;
- 4° Les déchets tels que patins, bouts goudronnés, etc., mis au rebut pour la draperie.
- Tout fabricant russe qui n’est pas en position d’utiliser convenablement ses déchets est dans de mauvaises conditions relatives. Aussi MM. Alexeieff, de Moscou, dont la Société d’encouragement a pu apprécier les produits par les échantillons qui ont été mis sous ses yeux, ont-ils parfaitement compris l’avantage qu’il y avait, pour eux, à réunir les deux industries, et c’est pourquoi ils ont monté dans le même établissement une filature et une fabrique de drap.
- III. Du lavage.
- Le lavage des laines à peigne est pratiqué à peu près partout suivant la méthode française; M. le comte Lamsdorff en offre un remarquable exemple dans son usine de Saint-Pétersbourg, habilement dirigée par notre compatriote, M. Turpin.
- La quantité de savon employée dépend du plus ou moins de propreté de la matière première. Généralement, les laines qui sont préalablement lavées à dos passent successivement dans trois eaux; te n’est qu’au troisième lavage qu’elles sont complètement débarrassées du suint. On se sert ordinairement de cuves en bois alimentées, au moyen de conduits, par de Feau chauffée soit par une prise directe de vapeur, soit par la vapeur perdue de la machiné. Après avoir laissé macérer la laine pendant quelque temps* on la soumet, pour la sécher plus promptement, à l’action d’une calandre composée de deux gros cylindres en fonte ; déposée sur un tablier qui l’amène entre ces deux cylindres, elle sort fortement pressée et vient tomber dans un panier ou dans une boîte. Dans l’usine du comte de Lamsdorff, une seule calandre suffit pour desservir plusieurs cuviers, grâce à d’ingénieuses dispositions et à un petit chemin de fer qui permet de la déplacer facilement.
- IY. Du cardage.
- La laine lavée, et souvent peu ou même point séchée, on la soumet au cardage. Rien de particulier dans cette opération, qui, ainsi que chez nous, varie suivant les usines. C’est ainsi que plusieurs fabricants emploient une certaine quantité d’huile
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- pour donner plus de souplesse à la matière et la rendre moins cassante, tandis que d’autres travaillent la laine dans un état plus ou moins humide.
- Les cardes à laine les plus employées se composent d’un avant-train et de deux ou trois tambours munis de travailleurs et de déchargeurs. La laine, disposée en quantités égales sur un tablier, est amenée aux cylindres chargeurs; elle se transmet d’un tambour à l’autre et est reçue, à sa sortie, sur une bobine qui l’enroule en large ruban. Mais, à cet état, les filaments ne se présentent pas encore dans un sens parallèle ; pour obtenir ce résultat, on fait passer les rubans sur des machines dites gills, qui ne sont autres que des peignes dont l’action a pour effet de redresser les filaments et de retenir une partie des boutons qui s’amassent à la racine des dents.
- V. Du peignage.
- Le travail du peignage est identique au nôtre, et a pour but de produire des filaments tout à fait lisses, autrement dit le peigné, ainsi que la blousse, qui forme les résidus.
- Parmi les nombreux systèmes qu’on a essayés en Russie, ce sont ceux deHeilmann et de Noble qui ont jusqu’ici prévalu. Cependant nous devons dire que M. Turpin préfère le dernier, en alléguant qu’il produit une quantité de peigné supérieure à celle que fournit le système Heilmann. Il admet bien que ce dernier donne des fils plus nets et plus lisses, mais il ajoute qu’il rend plus de blousse, et que cette blousse, sortant en flocons roulés, est de vente plus difficile, parce qu’elle est moins estimée pour la draperie que la blousse en rubans.
- Nous ne décrirons aucune de ces machines, qui sont parfaitement connues; nous dirons seulement que la peigneuse circulaire de Noble, travaillant des laines mérinos de Russie, produit, en douze heures, un maximum de peigné qui varie de 47 à 57 kilog., et une quantité de blousses qui est de 10 à 20 pour 100, suivant la qualité et la longueur de la laine.
- La laine une fois peignée, on fait passer les rubans aux gills, afin d’en redresser les filaments et de la débarrasser de l’huile et des impuretés provenant des opérations qu’elle a dû subir, après quoi on la soumet au lissage.
- Les diverses lisseuses se composent, en général, d’un ou de plusieurs bacs remplis d’eau de savon, de rouleaux chauffés à la vapeur et de gills. Les rubans traversent les bacs, où ils se lavent complètement; ils se roulent dans leur parcours sur les rouleaux, et se redressent aux gills pour se bobiner en dernier lieu.
- VI. Filature.
- Le peignage ayant produit des rubans entièrement lisses, il ne s’agit plus que d’en diminuer progressivement le volume ou la grosseur, de manière à obtenir la plus grande régularité possible; on arrive, comme on sait, à ce résultat, au moyen de dé-
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- doublages successifs et en faisant passer les rubans entre des peignes, des rouleaux de pression et des étireurs. Enfin, en dernier lieu, les rubans, réduits à la grosseur voulue, sont livrés aux mull-jennys, qui les transforment en fils de différentes grosseurs ou numéros.
- La fabrique du comte de Lamsdorff, que nous avons citée, emploie annuellement de 80 \ 85,000 kilog. de laines lavées à dos, et produit 32,000 kilog. de fil n° 40.
- Le nombre de broches en activité est de 2,000, travaillant jour et nuit.
- Le moteur est une machine à vapeur de 10 chevaux, mais le générateur est de la force de 15, en raison des prises de vapeur dont on a besoin pour le lavage et le peignage de la laine.
- Enfin la machine est pourvue du régulateur de MM. Moison de Mouy, dont M. Tur-pin loue l’extrême sensibilité, ainsi que les avantages économiques qu’il procure (1).
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du Z juillet 1861.
- M. A. Chevallier, membre du comité des arts chimiques, occupe le fauteuil. Correspondance. — M. François Durand, ingénieur-mécanicien, membre de la Société, rue Claude-Vellefaux, 11, sollicite l’examen de ses nouvelles machines à filer, à tisser et à préparer les fils. { Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Mandet, mécanicien, à Marseille, rue de Rome, 209, annonce l’envoi d’un modèle de son système de rail. ( Renvoi au même comité. )
- M. Roussel présente une machine à trancher la pierre en tous sens, à tourner des colonnes, etc., en indiquant qu’elle fonctionne dans l’établissement de M. Leroy, rue Folie-Regnault, 44. ( Renvoi au même comité. )
- MM. Inibs frères, manufacturiers, à Brumath ( Bas-Rhin ), par l’intermédiaire de M. Émile Barrault, ingénieur civil, expriment le désir que la Société veuille bien se
- (1) Afin de permettre à la Société d’encouragement de juger des progrès accomplis depuis quelques années dans quelques industries de la Russie, M. Jourdier a mis sous les yeux du Conseil de nombreux échantillons provenant de plusieurs usines de ce pays, en faisant remarquer combien il importait, pour notre commerce, de savoir comment on travaillait dans cet immense empire qui va bientôt être ouvert à la France par une voie de fer pour ainsi dire continue de Paris à Nijni-Novgorod en passant par Saint-Pétersbourg, Moscou et Vladimir.
- C’est en vue de ce futur courant des hommes et des choses vers l’Orient européen que M. Jourdier a publié récemment à la librairie Franck, rue Richelieu, plusieurs ouvrages d’intérêt économique et international, avec cartes statistiques et géographiques.
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- faire rendre compte de leur fabrication de tapis, chaussons, couvertures, etc., obtenus au moyen de tissus et de ouates assemblés par couture mécanique, le tout étant ensuite foulé de manière à ne former qu’un seul corps. ( Renvoi au même comité. )
- M. Henri Robert, horloger de la marine de l’État, dépose un compteur des services de rondes de nuit, qui offre cet avantage de marquer le service pendant huit jours et de ne nécessiter le changement indicateur des rondes qu’une fois par semaine. (Renvoi au même comité. )
- S. Exc. M. le Ministre de la marine et des colonies transmet le procès-verbal des expériences entreprises à Brest, par son ordre, sur le système d’aération graduée des meules imaginé par M. Perrigault, expériences dont il a été question dans la séance du 24 avril dernier (1). (Renvoi à la commission chargée d’examiner le système de M. Perrigault.)
- M. Gelmek, chaussée de Clignancourt, 22, présente un orgue portatif à clavier de piano. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- H. Gouezel, conducteur des ponts et chaussées, à Belle-Isle-en-Mer ( Morbihan ), envoie la description d’une conduite barométrique à effet continu ou intermittent, pour établir l’équilibre entre les matières liquides ou gazeuses qu’elle met en communication. ( Renvoi au même comité. )
- MM. Prunier, Mignot et Guitta, à Lyon, adressent les dessin et description d’un système de générateur et d’un mode de transformation des combustibles en gaz pour le chauffage des fours et appareils industriels. ( Renvoi au même comité réuni à celui des arts chimiques. )
- M. Jean de Balabine, à Saint-Pétersbourg, par l’intermédiaire de M, Jourdier, membre du Conseil, présente des échantillons de parfumerie russe au jaune d’œuf.
- ( Renvoi aux mêmes comités. )
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts mécaniques, M. Benoît donne lecture des deux rapports suivants :
- 1° Rapport sur un petit appareil dit table de Pythagore latente, imaginé par M. Philippe Benoist;
- 2° Rapport sur un instrument destiné à faciliter l’exécution des dessins géométriques, inventé par M. Vigreux, ancien élève de l’Ecole centrale.
- Ces deux rapports paraîtront au Bulletin accompagnés de dessins.
- Au nom du même comité, M. Ch. Laboulaye lit un rapport sur les presses à timbre humide de M. Derriey pour estampiller, numéroter, etc.
- Ce rapport sera inséré au Bulletin avec le dessin des presses.
- Au nom du comité des arts économiques, M. Leroux lit successivement trois rapports sur des régulateurs de lumière électrique inventés l’un par M. Serrin, l’autre par M. Spakovoski, de Saint-Pétersbourg, et le troisième par M. Lantin.
- Ces trois rapports ainsi que les appareils paraîtront au Bulletin.
- (1) Voir Bulletin d’avril 1861, p. 253.
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- Communications. — M. l’abbé Moigno, au nom de l’invenleur M. Tosélîi, présente et explique un appareil à rotation horizontale pour la fabrication artificielle de la glace.
- Le Conseil se forme en comité secret.
- Séance du 17 juillet 1861.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
- Nécrologie. — A l’ouverture de la séance, M. le Président annonce la perte regrettable que la Société vient de faire de M. Vaumlliers, l’un des membres les plus assidus de son Conseil, qu’une mort récente et imprévue vient d’enlever à l’affection de ses collègues.
- M. Vauvilliers ( Geneviève-Jean-Victor ) faisait partie du Conseil d’administration (commission des fonds) depuis 1848. Ancien conseiller d’Etat, ancien secrétaire général du ministère de la marine, il a, comme administrateur, constamment apporté à la Société un concours que rendaient précieux ses connaissances variées et étendues.
- On n’a.pas oublié que son frère, inspecteur général des ponts et chaussées, a fait également partie de la Société comme membre du comité des arts mécaniques et comme l’un de ses vice-Présidents. Son souvenir est encore vivant au sein du Conseil et ajoute en quelque sorte à l’amertume des regrets que fait naître la nouvelle perte qui vient d’être annoncée.
- Correspondance. — M. Aubry, mécanicien, à Montmartre-Paris, rue de l’Empereur, 20, présente un système de pompe foulante et aspirante, à double effet et à un seul cylindre horizontal; elle est rotative ou à balancier et utilise comme volants les roues servant à la transporter. (Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Salicis, répétiteur à l’Ecole impériale polytechnique, rue des Fossés-Saint-Victor, 43, informe que les perfectionnements qu’il a apportés à son appareil moteur au moyen du poids de l’homme lui ont permis d’en faire l’application à une scie à ruban, à des outils à pratiquer les mortaises, etc. ( Renvoi au même comité. )
- M. Hébert fils ( L. Frédéric ), fabricant de châles, membre de la Société, rue du Mail, 13, annonce la création d’un produit nouveau pouvant être, selon lui, considéré comme la solution du prob'ème de l’économie de la matière première perdue ordinairement par le découpage des tissus brochés. 11 ajoute qu’un de ses ateliers fonctionnant depuis cinq ans a produit déjà pour 250,000 francs de châles spouiinés. ( Renvoi au même comité. )
- M. Poivret, manufacturier, à Troyes (Aube ), rue du Palais-de-Justice, adresse les dessin et description d’un moteur rectiligne mécanique pour la fabrication des tissus de bonneterie. ( Renvoi au même comité. )
- M. Sajou, fabricant de dessins et d’ouvrages à l’aiguille, membre de la Société, rue de Rambuteau, 52, dépose un recueil de modèles de tricot, dont les explications sont écrites au moyen d’un nouveau procédé inventé par lui et auquel il donne le nom de
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- tricographie. ( Renvoi au même comité réuni à la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie. )
- M. Oudry ( L. ), membre de la Société, prie le Conseil de désigner une commission pour venir visiter, dans son usine électro-métallurgique d’Auteuil-Paris, les opérations de cuivrage galvanique auxquelles il soumet, par ordre de l’Administration municipale, les fontaines monumentales qui décorent la place de la Concorde. ( Renvoi aux comités des arts chimiques et économiques. )
- M. Dalemagne ( Léon), rue de Seine-Saint-Germain, 43, dépose une traduction de la stéréo-chromie, par le docteur J. N. Fuchs, qu’il a fait précéder de quelques notes sur la silicatisation des pierres appliquée à la conservation des monuments. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Muré, tapissier, rue du Faubourg-Montmartre, 75, appelle l’attention du Conseil sur la décoration des appartements au moyen d’ornements en acier. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. H. Chambon Lacroisade, rue du Faubourg-Saint-Denis, 186, présente un système d’appareil portatif pour chauffer économiquement différents instruments, tels que fers à repasser, lisser, etc. ( Renvoi au même comité. )
- M. Edrac, médecin, à Toulouse, envoie un petit appareil de son invention dit énucloir, pour enlever rapidement les noyaux des cerises, olives, etc. ( Renvoi au même comité, )
- M. Carie, gérant de la tonnellerie de MM. Prou-Gaillard, à Marseille, sollicite l’examen d’un fût qu’il présente comme rendant impossible le coulage des liquides. ( Renvoi au même comité. )
- M. Saurel, rue Poissonnière, 8, dépose une lame de ressort, en forme de large collier, destinée à faciliter le travail de l’aiguille par son interposition dans l’intérieur des chaussures à tige où il est nécessaire de faire des coutures. (Renvoi au même comité.)
- M. Sirey ( Jules ), rue de Malte, 3, écrit qu’il est inventeur d’une poudre ayant la propriété de désinfecter instantanément les matières fécales, ainsi que toutes les matières animales en putréfaction. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Léon Malo, directeur des mines de Seyssel, à Pyrimont-Seyssel, désirant prendre part au concours ouvert par la Société depuis quelques années pour la fabrication des béions propres aux constructions sous-marines, adresse un mémoire sur la construction des blocs artificiels en béton d’asphalte. ( Renvoi à la commission spéciale. )
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts mécaniques, M. Benoît lit un rapport sur une disposition à donner à la graduation et à la disposition des bâtons dits rabdologiques pour en former des tables d’une lecture facile, présentée par M. Philippe Benoist.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin avec un dessin.
- Au nom du comité des arts chimiques, M. A. Chevallier donne lecture d’un rap-
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- port sur la fabrication de pâte de pommes et de poires desséchées de M. Mirland, à Bavay (Nord).
- Ce rapport sera inséré au Bulletin avec dessin.
- Communications. — M. le Président fait connaître que la fête d’inauguration de la statue de M. le baron Thénard, érigée à Sens, étant prochaine, les divers comités assemblés sur l’invitation de M. Dumas pour nommer chacun des délégués à cette cérémonie (1) ont désigné :
- Bureau, M. E. Peligot ;
- Commission des fonds, 1. le baron Eug. de Ladoucette;
- Comité des arts mécaniques, M. Tresca ;
- Comité des arts chimiques, M. Barrai ;
- Comité des arts économiques, M. Lissajous ;
- Comité d agriculture, M. Hervé Mangon ;
- Comité de commerce, M. Lainel ;
- Commission des beaux-arts, M. Albert Barre.
- M. Âbigeat de Buran jeune, quai de l’Horloge, 35, présente un nouveau modèle de siphon à eau gazeuse dit système Mège, se distinguant des autres appareils de ce genre par sa garniture exclusivement composée de porcelaine et de caoutchouc. (Renvoi au comité des arts économiques. )
- Nomination d’un membre du conseil. — Conformément à l’arrêté du 16 janvier 1855, le Conseil procède à la nomination, au scrutin, d’un membre adjoint au comité des arts économiques.
- Est élu M. de Sénarmont, de l’Institut, ingénieur en chef des mines.
- (1) Voir plus haut, p. 402, le compte rendu de cette cérémonie.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mm* V« BOUCHARD-HÜZARD, RUE DE L'ÉPERON, 5. — 1861.
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- 60e ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. TOME VIII. — AOUT 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Gaultier de Claubry, au nom du comité des arts chimiques, sur les tuyaux en plomb étamé fabriqués par M. Ch. Sebille, à Nantes.
- Le plomb reçoit avec la plus grande facilité toutes les formes que nécessitent ses divers emplois et, sous ce point de vue, offre des avantages précieux qui le font rechercher pour une foule d’applications ; mais le peu de résistance de ce métal à l’écrasement, sa facile altérabilité par un grand nombre d’agents, les fendillements qu’il est exposé à présenter, les dépôts qu’y forment les liquides auxquels il donne passage ou que l’on y entrepose, et par-dessus tout les propriétés nuisibles qu’il manifeste à un si haut degré quant à la santé des individus qui le travaillent ou aux liquides en contact avec lui, en font rejeter ou en diminuent l’emploi dans des circonstances où rien ne peut le remplacer avec avantage.
- Des résultats souvent reproduits démontrent, de la manière la plus absolue, que les eaux naturelles et potables peuvent acquérir, dans leur contact avec ce métal, des propriétés toxiques, et nous pourrions citer, à ce sujet, des faits nombreux et récents, dont il nous semble seulement nécessaire de rappeler ici l’importance.
- Un autre métal, d’une innocuité parfaite, inattaquable dans les conditions où le plomb ne peut être employé sans inconvénient, dont nos pères ont Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Août 1861. 57
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- usé sur la plus grande échelle, même pour la vaisselle de luxe, à une époque où l’argenterie était une rareté, et sur lequel s’est exercé le talent des artistes dans des pièces que nos musées conservent précieusement, rendrait, sous le point de vue qui nous occupe, d’immenses services, si son prix en permettait un emploi plus général. On comprend que nous voulons parler de l’étain.
- Étamer, c’est-à-dire recouvrir exactement la surface du plomb d’une couche d’étain qui la pénètre par alliage, satisferait aux conditions désirables en maintenant les produits à un prix en rapport avec les emplois auxquels on les consacre, en laissant au plomb la flexibilité qui lui permet de se prêter à tous les usages en même temps qu’on ferait disparaître ses qualités nuisibles.
- C’est ce but que s’est proposé M. Sebille, dans son usine, à Nantes, où votre rapporteur a pu suivre dans tous ses détails cette intéressante fabrication.
- Si l’on n’avait à considérer la question que sous le point de vue de l’innocuité des tuyaux destinés à la conduite des eaux, l’étamage pourrait être intérieur seulement, mais leur conservation étant aussi un point important à considérer, il ne peut être douteux que leur étamage extérieur ne soit véritablement indispensable. Aussi est-ce cette double opération que pratique M. Sebille.
- Les tuyaux sont fabriqués par pression sur le bain de plomb, au moyen d’une presse hydraulique; un bassin spécial, qui peut à volonté communiquer avec la portion de tuyau déjà fabriquée, renferme l’étain qui vient lubrifier celle-ci extérieurement et intérieurement en même temps qu’on la fait monter et redescendre par le jeu d’un robinet, de manière à donner à la couche préservatrice l’épaisseur voulue.
- Lorsque la portion de tuyau sur laquelle on opère a été convenablement étamée, une roue conduit celui-ci sur un long châssis d’où il passe sur un tambour autour duquel il s’enroule.
- Dans les conditions de l’opération, l’étain non-seulement adhère à la surface du plomb, mais s’y allie et pénètre dans toutes les fissures ou dépressions qu’elle peut offrir, et la convertit en une couche préservatrice que rien n’en peut séparer.
- L’étamage, avons-nous dit, peut être d’une épaisseur variée qui va de 1/4 à 1 /2 et à 1 millimètre, suivant le prix auquel le consommateur veut s’élever.
- Le plus faible peut s’opérer avec 1 kilogramme d’étain pour une surface de 2“,25 de plomb. D’où résulte que, pour étamer intérieurement et exté-
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- rieurement un tuyau de 0m,G54 de diamètre intérieur sur 13 mètres de longueur ou 5m,050 de développement, il faut 2 kilogrammes d’étain.
- On peut facilement s’assurer de l’épaisseur de l’étamage en coupant, sur la longueur du tuyau, une virole dont on mouille la tranche avec un peu d’eau; en un quart d’heure environ le plomb s’est oxydé d’une manière sensible, tandis que l’étain conserve son brillant.
- On obtiendrait un effet beaucoup plus marqué en se servant d’une eau sulfureuse qui noircit immédiatement le plomb.
- Des conduites d’eau exécutées au moyen de pareils tuyaux offriront donc des qualités précieuses, et l’on ne saurait trop répandre, dans l’intérêt de la santé publique comme de l’hygiène privée, ces utiles avertissements : aussi le Comité consultatif d’hygiène établi près du ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, appelé à se prononcer sur les avantages qu’ils peuvent offrir, a signalé les efforts de M. Sebille comme très-dignes d’attention pour les améliorations qu’il a apportées à la fabrication de ce genre de tuyaux sous le rapport de l’hygiène publique et de la perfection des produits.
- Mais les eaux potables ne sont pas les seules qu’il s’agisse de conduire à distance, et les eaux minérales qui jouent un très-grand rôle dans la médecine, et en particulier celles dont l’un des éléments est le soufre à divers états, méritent de fixer l’attention d’une manière particulière.
- Pour ces dernières le plomb ne peut être employé, leur seul contact suffirait pour l’altérer en même temps que l’eau elle-même le serait profondément dans sa constitution; aussi était-on, jusqu’à ces derniers temps, dans l’obligation de se borner à l’emploi de tuyaux en bois ou de conduites en ciment dont il est facile de comprendre les inconvénients. Les tuyaux en plomb élamé de M. Sebille sont venus apporter une immense amélioration dans l’aménagement de ces eaux.
- Les principes nombreux et variés que renferment les autres eaux minérales ne déterminent pas immédiatement, comme l’acide sulfhydrique et les sulfures,l’altération du plomb; mais employées comme boisson, et souvent à doses très-élevées, il importe qu’elles ne se trouvent pas en contact avec ce métal : ici encore les tuyaux étamés rendent d’éminents services.
- C’est toujours à l’expérienee qu’il faut en appeler dans des questions du genre de celle qui nous occupe; elle fournit des éléments précieux que rien ne peut suppléer : votre rapporteur s’est occupé de les recueillir auprès de l’habile ingénieur en chef des mines que ses fonctions mettent à même d’observer sur l’échelle la plus étendue.
- Après des essais multipliés et des vérifications nombreuses de leur bonne
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- conservation, M. Jules François, auquel on doit tant et de si importants travaux sur l’aménagement des eaux minérales, a utilisé les tuyaux de plomb étamé, tant pour conduite que pour buvettes, aux eaux sulfureuses de Cauterets, Bonnes, Baréges, Saint-Sauveur, Luchon, Amélie-les-Bains, Àix-les-Bains, et Marlioz, et aux eaux salines de Plombières et de Luxeuil.
- L’emploi sur une aussi grande échelle, dans des circonstances aussi variées, ne doit laisser aucun doute sur la bonne nature des produits, et peut être cité avec une assurance entière comme répondant complètement à tous les désirs à ce sujet, et quand on voit les tuyaux étamés satisfaire à toutes les exigences, lorsqu’il s’agit de liquides aussi énergiques que les eaux minérales que nous venons de citer, on ne peut qu’exprimer le désir de voir ces tuyaux employés partout en ce qui touche les eaux potables.
- Dans un travail récent d’un très-grand intérêt, M. Bobierre a publié les résultats de nombreuses analyses d’étamage de vases culinaires qui renfermaient de grandes proportions de plomb ou de zinc, et souvent de ces deux métaux à la fois.
- Bien que le zinc ne soit pas sensiblement attaqué par l’eau, il importe que l’étain employé à l’étamage des tuyaux n’en renferme pas : quant au plomb, il doit être proscrit de la manière la plus absolue ; c’est précisément dans le but de se préserver de son action que M. Sebille les étame.
- Dans l’intérêt de sa fabrication qui peut rendre de grands services, ce fabricant ne saurait donner au public trop de garanties, et une estampille, appliquée sur ses tuyaux, deviendrait un moyen de la fournir à tous les consommateurs.
- L’utilité des produits dont nous venons de nous occuper, les services qu’ils sont appelés à rendre sous le point de vue des eaux potables ou minérales, aussi bien que pour la conduite des gaz de l’éclairage, justifieront complètement les conclusions du comité, qui vous propose
- D’ordonner l’insertion, au Bulletin, du présent rapport, avec dessin, et de remercier M. Sebille pour son intéressante communication.
- Signé Gaultier de Claubry, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 5 juin 1861.
- LÉGENDE DE LA PLANCHE 226 REPRÉSENTANT LA MACHINE A FABRIQUER LES TUYAUX EN PLOMB ÉTAMÉ DE M. CH. SEBILLE.
- Fig. 1. Section verticale de l’appareil passant par l’axe de la presse hydraulique.
- Fig. 2, 3 et 4. Détails relatifs à la partie de l’appareil où se forme le tuyau et par où arrive l’étain liquide; ces détails sont au quart de grandeur d’exécution.
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- À, presse hydraulique disposée dans une fosse ( fîg. 1 ).
- B, piston de la presse hydraulique agissant sur le plomb au moment où il commence à se solidifier, c’est-à-dire à la température de 280 à 300 degrés.
- C, plomb contenu dans un cylindre en fer et destiné à être transformé en tuyau par la pression du piston B.
- D, outil spécial servant à former le tuyau ; il est composé d’une filière et d’un mandrin, dont les dispositions seront expliquées plus loin en détail.
- E, tuyau continu sortant de l’outil D.
- F, chaudière contenant l’étain en fusion; elle est placée sur un petit foyer à un niveau élevé au-dessus du sol de l’atelier.
- G, tuyau amenant l’étain dans l’intérieur du tuyau de plomb.
- H, cheminée dans laquelle est enfermé le tuyau G pour empêcher l’étain de se refroidir.
- I, robinet d’introduction de l’étain dans le tuyau G.
- J, robinet d’introduction de l’étain dans le tuyau de plomb.
- K, robinet de purge pour vider l’étain.
- L, bassin recevant, par le robinet K, l’étain qui sort du tuyau de plomb après en avoir baigné la paroi intérieure.
- M, capacité dans laquelle on verse, avec une poche, l’étain qui doit servir à parer la surface extérieure du tuyau de plomb.
- N, poulie recevant le tuyau de plomb au fur et à mesure qu’il s’élève après l’étamage et le conduisant sur le châssis O.
- O, châssis à rouleaux recevant le tuyau de plomb continu qui vient s’y refroidir.
- P, tambour sur lequel s’enroule le tuyau de plomb en quittant le châssis 0.
- Q, pinceau chargé de couleur, placé verticalement en haut du châssis et fixé en un point autour duquel il peut tourner. Lorsqu’on veut métrer le tuyau, on n’a qu’à tirer le cordon R qui est attaché à l’extrémité inférieure du pinceau, et celui-ci se rabattant immédiatement, dépose une marque au point voulu. En abandonnant la corde, le pinceau se redresse de lui-même par l’effet du contre-poids S.
- Voici maintenant le détail de l'outil spécial que nous avons désigné dans la figure 1 par la lettre D.
- a, mandrin en fer vissé sur le croisillon à quatre bras b ( fig. 2 ).
- ù, croisillon en acier composé de quatre bras disposés en équerre et encastrés horizontalement à l’extrémité supérieure du cylindre renfermant le plomb liquide. Deux des bras de ce croisillon sont creux et sont placés en prolongement du tuyau qui amène l’étain par le tuyau G.
- c, filière, percée au centre, laissant un espace annulaire entre elle et la surface extérieure du mandrin a pour le passage du plomb refoulé en tuyau.
- d, tuyau en plomb qui a été primitivement fendu en quatre parties au passage du métal à travers les bras du croisillon 6, et qui vient souder ses fentes en appuyant fortement contre le mandrin et la saillie e placée à l’intérieur de la filière.
- A vide ménagé au centre du mandrin et recevant l’étain qui y arrive par le bras
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- gauche du croisillon 6; des trous x ( fig. 3 ), disposés tout autour et vers le bas du mandrin, permettent à l’étain de s’introduire dans le tuyau de plomb et d’en venir baigner la surface intérieure.
- g, place qu’occupe l’étain destiné à étamer extérieurement le tuyau ( c’est ce qui est désigné fig. 1 par la lettre M ).
- h, forte rondelle maintenant en place la filière, le mandrin et le croisillon pour les empêcher d’être soulevés par l’action de la presse, qui agit avec une force de 180,000 kilog. Cette rondelle, que nous désignons par la même lettre sur la figure î, est assujettie par un système d’écrou très-solide.
- La figure 3 est une section horizontale partielle faite suivant la figure 2 à la hauteur des trous x du mandrin.
- La figure 4 indique, en section horizontale, la construction en dessous du croisillon b.
- Cela posé, l’opération, qui est basée sur la différence qui existe entre les températures de fusion du plomb et de l’étain, est conduite de la manière suivante : lorsque le plomb qui a été coulé dans le cylindre où agit le piston de la presse hydraulique commence à se solidifier, on fait manœuvrer la presse qui, en refoulant le métal par le croisillon et la filière, le force à sortir en tuyau. Lorsqu’une longueur de 0m,30 environ de tuyau est sortie, on ouvre un peu les robinets de manière à laisser pénétrer une petite quantité d’étain au centre du mandrin f le robinet K, fig. 1, est seul fermé). Dès que le tuyau, qui continue à s’allonger, est arrivé à hauteur du centre de la poulie N, on laisse alors couler l’étain à plein tuyau. Comme le tuyau de plomb s’élève très-lentement, on a le temps d’ouvrir le robinet K pour faire sortir l’étain, puis de le refermer pour faire monter plusieurs fois le métal liquide dans le tuyau de manière à augmenter à volonté l’épaisseur de l’étamage. ( M. )
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Renoît, au nom du comité des arts mécaniques, sur un instrument de géométrie pratique de M. Ant. Raulet, cultivateur, à Petitxivry (Moselle).
- Messieurs, M. Ant. Raulet, cultivateur, à Petitxivry (Moselle), a présenté à la Société un instrument de géométrie pratique, qu’il nomme Trigonomètre mécanique, destiné à faciliter le mesurage des surfaces agraires réduites à l’horizon, en donnant, sans calcul spécial, la longueur de toute ligne observée sur laquelle on se trouve, ainsi que la longueur de la perpendiculaire abaissée de l’extrémité de cette ligne, sur toute autre direction passant par le centre de la station que l’observateur occupe.
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- Cet instrument est accompagné d’un mémoire descriptif, où son application à l’arpentage est expliquée et de deux grandes feuilles de dessins dans lesquelles M. Raulet indique des dispositions et des additions qu’il croit en être des perfectionnements.
- Le trigonomètre se compose, en dernière analyse, de deux parties distinctes; la première consiste en un cercle horizontal d’un décimètre de rayon sur lequel pivotent, à volonté, autour de son axe, deux alidades dont les plans de visée peuvent être amenés dans les verticales de points quelconques du terrain, assignés et visibles.
- La première de ces alidades se prolonge au delà du limbe du cercle qui est divisé en degrés, et son prolongement est divisé en millimètres, sur une longueur de 0m,i8 de celle de ses rives dirigée vers le centre afin de servir de ligne de foi. Une règle dont une des rives est aussi divisée en millimètres sur une longueur de Qm,25, est assemblée à coulisse avec la seconde alidade, et d’équerre à celle de ses rives prise pour sa ligne de foi. Le bord de la règle divisé, est placé du côté et à 0m,10 de distance du centre de l’instrument, et reste ainsi toujours tangent à la circonférence du cercle mentionné.
- On voit, par cette disposition, que, tant que l’ouverture de l’angle compris entre les plans verticaux des alidades permettra à la direction de cette règle à coulisse de rencontrer le prolongement de la première alidade, ce qui aura lieu tant que cet angle ne dépassera pas 68° 12', les rives de ces trois pièces dessineront un triangle rectangle, dont le côté donné par la seconde alidade aura constamment une longueur de 100 millimètres, et dont les longueurs de l’hypoténuse et de l’autre côté seront indiquées, en millimètres, par les graduations de la première alidade et de la règle, correspondant aux sommets qui s’y trouvent placés. Ces deux graduations seront donc évidemment les valeurs des Sécante et Tangente trigonométriques de l’angle compris entre les alidades, pour un rayon de 100 parties.
- Cette application aux opérations d’arpentage, d’un instrument donnant un triangle semblable au triangle de même forme que l’on a imaginé sur le terrain n’est pas une chose nouvelle, on en trouve plusieurs exemples dans les anciens traités de géométrie pratique. Mais on doit croire, comme M. Raulet l’affirme, qu’il n’avait aucune connaissance de ces publications quand il a imaginé et construit de ses mains, pour son usage, l’instrument en bois qui est l’objet de ce rapport.
- La seconde partie de l’instrument de M. Raulet est destinée à donner la mesure de la distance à laquelle les points du terrain observés se trouvent de 1 opérateur. Elle consiste en trois alidades dont une est fixée d’équerre et à demeure, sur le milieu d’une règle fractionnée, de part et d’autre d’une
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- ligne de foi, en parties égales à environ 0m,00159, et sur laquelle peuvent se mouvoir deux glissières portant chacune une des deux autres alidades. Celles-ci sont inclinées sur l’alidade fixe, sous des angles tels que, lorsque les glissières sont amenées sur les divisions graduées 10, les points d’intersection de leurs directions et de celle de l’alidade fixe, qui sont les points de visée, se trouvent à des distances de 25 mètres et 250 mètres de la station. On conçoit bien que, théoriquement, les glissières étant progressivement déplacées par une vis de rappel, jusqu’à correspondre aux divisions graduées 100, les points de visée puissent se trouver déplacés, proportionnellement et finalement éloignés de la station, jusqu’à des distances de 250 mètres pour la première alidade et de 2,500 mètres pour la seconde; mais il est évident que les angles compris entre les lignes de visée devant toujours être égaux respectivement à 2' 11",16 et 13", 12, le maintien de telles amplitudes à l’intersection de deux lignes de visée ne peut être invariablement assuré que par un instrument de grande précision spécial, lors même qu’il entre, dans sa composition, d’excellentes lunettes.
- Cette partie de l’instrument de M. Raulet n’est pas non plus chose nouvelle : dans ses Istruzionipratiche per ïingerjnero civile, etc., publiées en 1774, Jos. Ant. Alberti, donne la description d’un instrument presque identique destiné au même usage, et de son invention, qu’il nomme Squadra monicometra. M. Raulet ignore probablement encore cette circonstance aussi bien que l’existence des diverses Stadia, ce qui prouve que faute de s’enquérir de ce qui a été fait pour la réalisation d’une idée à laquelle on s’attache, on s’expose, et cela doit être souvent, à ne reproduire que des moyens déjà proposés et quelquefois remplacés, comme c’est ici le cas, par d’autres plus parfaits soit dans leur principe, soit dans leur exécution.
- Étranger aux instruments de précision topographiques, M. Raulet, qui s’occupe de culture, ne sait pas, sans doute, qu’au moyen d’un simple Vernier on obtient plus d’exactitude dans la mesure des fractions des divisions d’égale longueur, des lignes droites et des lignes circulaires, qu’avec les systèmes d’engrenages qu’il propose comme perfectionnement de son instrument, dans les dessins et le mémoire ci-dessus mentionnés. L’un de ces systèmes mené par une crémaillère faisant corps avec la règle adaptée à coulisse sur la seconde alidade, et terminé par une aiguille tournant sur un cadran gradué, ne se compose pas de moins de onze roues et pignons, et doit, suivant l’inventeur, indiquer les millièmes de millimètre parcourus par celte règle, pour aller aboutir au prolongement de la première alidade. L’autre système, mis en communication avec une crémaillère courbe que le limbe présente, devrait indiquer, en secondes sexagésimales, l’angle décrit par l’alidade
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- mobile : tandis qu’en réalité, et abstraction faite de la complication de ces moyens, d’ailleurs théoriquement exacts, les Temps perdus dans la transmission de mouvement par crémaillères et engrenages seraient de nature à conduire à des lectures moins exactes que des estimations faites à la simple vue.
- Votre comité des arts mécaniques, au nom duquel je viens d’avoir l’honneur de vous entretenir, tout en regrettant que M. Raulet ait appliqué l'intelligence dont il a fait incontestablement preuve à la composition d’un instrument qui, bien que basé sur les principes mathématiques, serait trop compliqué dans ses détails et pas assez précis dans ses indications pour remplacer les instruments plus simples et néanmoins plus exacts dont la pratique a consacré l’usage, vous prie, Messieurs, de remercier M. Raulet de sa communication et de faire insérer ce rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé Renoît, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 22 mai 1861.
- Rapport fait par M. Tresca, au nom du comité des arts mécaniques, sur LES PRESSES A GENOUX DE M. SaMAIN, de Blois.
- M. Samain, mécanicien à Blois, a soumis à votre examen un nouveau système de presse, à genoux et à leviers articulés, pour laquelle nous sommes chargé de vous faire connaître, par ce rapport, les appréciations de votre comité des arts mécaniques.
- La presse à losange n’est pas d’invention moderne; elle paraît avoir été employée depuis longtemps, et nous trouvons dans l’ouvrage du capitaine Ramelli : le diverse et artificiose Machine, imprimé à Paris en 1588, une description fort curieuse de l’une des premières applications qui en aient été faites.
- « Chap. CLXVI. Ceste-ci est une sorte de machine par laquelle un homme « seul eslargira ourompera facilement et avec peu de bruit les barreaux d’un « treillis ; d’autant plus que ledict homme faict tourner par le moyen de la « manivelle la vis notée À, dedans les entailles de laquelle entrans les reliefs « de la roue G, elle se tourne par les retournements d’icelle et en tournant « faict virer la vis V sur laquelle elle est fichée ; laquelle vis passant avec ses « bouts par les deux escrouës qui sont dessus et dessoubs des deux traverses « notées ST, les faict avec ses retournemens hausser l’une etabbaisser l’autre
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Août 1861. 58
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- « dedans les renures de fer notées INOR, par le moyen de certains nœuds « et avec les quatre chevilles faictes en la façon que Ton voit, elles s’eslar-« gissent quand ces traverses se restreignent, et s’estendent petit à petit, « eslargissant par ce moyen et rompant les susdits barreaux du treillis, les-
- « quels elles prennent avec les cavités qu’elles ont à la cime.Et faut ad-
- « viser que lesdites barres se peuvent mettre plus longues et courtes selon « que le besoin le requerre. »
- Nous reproduisons (fig. 4, pl. 227) en même temps que le texte, l’une des gravures qui l’accompagnent : dans celle que nous avons omise, on voit un soldat occupé à écarter, au moyen de cet instrument, les barreaux d’une grille qui ferme la muraille d'une ville à la sortie d’un canal. Les griffes qui terminent les bras agissent horizontalement sur deux barreaux verticaux déjà déformés. L’emploi, pour ce même objet, d’un outil semblable ne serait pas déplacé encore aujourd’hui.
- La puissance, appliquée à l’extrémité d’une manivelle, agit par l’intermédiaire d’une vis sans fin sur un arbre fileté dont les extrémités ou tourillons sont maintenus dans deux plateaux, entre lesquels se trouvent les deux écrous que la rotation de l’arbre rapproche ou éloigne l’un de l’autre; ces écrous, bien guidés dans leur marche, portent les quatre bras, dont les extrémités libres doivent exercer l’effort final de la machine, qui sont assemblés à charnières sur ces écrous et sur les obstacles que l’on se propose de vaincre. Les extrémités sont garnies de griffes dont le déplacement est très-petit par rapport à celui de la manivelle et qui peuvent, par cela même, vraincre des résistances considérables.
- MM. Pouillet et Leblanc, dans le portefeuille industriel du Conservatoire, page 171, ont consacré un assez long article à la presse horizontale à vis et à losange que MM. Judds Barker, Adkins et comp., de Rouen, avaient présentée à l’Exposition de 1834. Les organes de cette nouvelle machine avaient une grande analogie avec ceux que nous venons examiner, puisque le travail qui doit servir à effectuer la pression se trouve successivement transmis par une manivelle, une paire de roues dentées, et enfin par une vis qui rapproche les écrous mobiles auxquels les bras du losange sont articulés deux à deux.
- La pression se fait encore par les sommets horizontaux du losange, qui sont, chacun, armés d’un piston, de telle manière que cette presse était à double effet, mais avec cette condition assez défavorable que l’effort maximum s’exercait à la fois des deux côtés, tandis que, dans les presses hydrauliques dites à double effet, le chargement se fait librement dans l’une des
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- bâches, tandis que îe piston de l’autre exerce successivement son action sur la matière à comprimer.
- Celte simultanéité d’effort n’a pas été sans doute un des moindres motifs de l’abandon dans lequel est restée la presse d’Àdkins, malgré la faveur avec laquelle elle avait été accueillie tout d’abord.
- Nous pourrions citer beaucoup d’autres exemples d’applications analogues, mais nous nous bornerons à indiquer, comme se rapprochant davantage de la presse de M. Samain, la machine à briques de M, Mannoury à l’Exposition de 1844, dont la figure 5 (pl. 227) reproduit les dispositions. La pression s’y faisait dansîe sens vertical, et l’articulation supérieure était fixe comme dans la machine actuelle. L’application du principe des presses à losange à la compression des terres était d’autant plus rationnelle que, dans cette fabrication, on connaît, à l’avance et une fois pour toutes, le degré de compression qui doit correspondre à une course déterminée. Au reste, le plateau inférieur était, pour la commodité de la manœuvre, rendu mobile, et il se relevait à la hauteur voulue au moyen d’une crémaillère.
- Dans la nouvelle presse qui est soumise à votre appréciation, les quatre bras sout articulés deux à deux au moyen de deux pièces à écrous, et aussi deux à deux avec deux sommiers en fonte, dont l’un présente une large face horizontale, pour servir de plateau de presse.
- Le sommier supérieur est relié au plateau de fondation de la machine au moyen de quatre tirants en fer, qui assurent à ce sommier, qui représente le sommet supérieur du losange, une position presque invariable.
- La vis à filets opposés, qui tournent dans les deux pièces à écrous, est ma-nœuvrée au moyen d’un volant à quatre bras, sur lesquels on agit directement à la main, et l’on voit que, par suite des dispositions qui viennent d’être indiquées, la machine présente cette particularité que la vis avec ses écrous descend, à mesure que l’on presse, d’une quantité précisément égale à la moitié du parcours du plateau inférieur. La figure 6 indique cette disposition, dans laquelle AB représente le sommier fixe, CD et C D' les positions successives du plateau inférieur, EF et E'F', GH et G'Bfi, celles des pièces à écrous sur lesquelles les bras sont articulés. De cette manière tout le déplacement, dans le sens vertical, est effectué par le plateau CD dont nous étudierons bientôt le mode d’action.
- L’écartement des différents points d’articulation permet de donner à toutes les parties de la construction la résistance indispensable pour les grands efforts que l’on veut exercer; mais, au point de vue théorique, la machine est identiquement dans les mêmes conditions que si elle était simplement formée des quatre bras du losange ÂECG (fig. 7), et pour calculer les efforts que
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- l'on pourra exercer avec cet appareil, il suffira de le considérer sous cette dernière forme, le mouvement du point C étant produit par le raccourcissement de la diagonale EG.
- Il suffira, par conséquent, pour connaître le rapport de la puissance à la résistance, de déterminer le rapport entre les deux déplacements simultanés C C' et EG-E' G' ; il est facile de voir que si l’on désigne AC par 2 a, EG par Ce' 6
- 26, on doit avoir =—(1 ) ; et que, par conséquent, en appelant P l’ef-
- P b
- fortquitendà rapprocher les deux bras, et Q l’effort exercé enC, -, d’où
- Q=P|.
- L’effort que pourra exercer le plateau sera donc, dans tous les cas, mesuré par l’effort moteur P, multiplié dans la proportion du rapport entre les deux diagonales.
- Ce rapport augmente constamment à mesure que les deux sommets, situés sur la même verticale, s’éloignent l’un de l’autre, ce qui montre que cette machine jouit de cet avantage précieux que l’effort moteur restant constant, celui qui est exercé par le plateau va constamment en augmentant, et celui-ci deviendrait même aussi grand que l’on voudrait à mesure que les bras se rapprocheraient davantage du parallélisme.
- Les quatre pièces qui remplacent, dans l’exécution, les sommets du losange sur lequel nous venons de raisonner permettent d’approcher, autant que possible, de cette condition, malgré l’existence des tirants intérieurs qui sont tous placés en dedans des points d’articulation.
- La relation Q = P | peut d’ailleurs se simplifier encore, si l’on désigne
- par ? la moitié de l’angle AEC (fig. 7); on a alors a = b tang 7, et par suite Q=P tang y, ce qui montre que les pressions peuvent augmenter proportionnellement à la tangente trigonométrique de la moitié de l’angle obtus du losange. À la limite, cet angle 7 devient droit et la pression serait théoriquement infime, lorsque le piston arriverait à l’extrémité de sa course.
- Dans ce qui précède, nous avons négligé de parler d’un levier à rochet, à l’aide duquel, lorsque le travail au volant est devenu trop dur, on peut encore faire tourner la vis à double filet : le chemin du point d’application de la
- (1) En effet, si c est la longueur commune des quatre bras, on aura dans toutes les positions
- da a
- a* q- ¥ = c% d’où 2ada + 2Mb — o; d’où enfin — = — — ; et, comme ici d b est négatif et égai à — ( E G — E' G1 ), cette relation revient à celle indiquée ci-dessus.
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- puissance est alors beaucoup agrandi et, par conséquent, les efforts à exercer peuvent être amoindris dans une grande proportion.
- Il résulte des indications qui viennent d’être données que l’on pourrait, avec ce levier, exercer des efforts capables de rompre la machine; M. Samain a compris ce danger et l’a combattu de la manière la plus heureuse, au moyen d’une disposition qui empêche l’opérateur de dépasser une certaine limite de pression.
- Cette disposition accessoire mérite une description toute particulière. Les quatre tirants verticaux qui relient le sommier à la caisse inférieure, dans le pressoir à genoux de M. Samain, ne sont pas absolument droits; ils sont au contraire courbés à dessein, dans une certaine partie de leur longueur, et, puisqu’ils résistent à un effort de traction, on comprend qu’ils doivent se redresser plus ou moins pendant le fonctionnement de la machine. C’est ce redressement que M. Samain a utilisé pour faire mouvoir une aiguille sur un index divisé, qui donne une évaluation approximative de la pression en chaque instant. Entre certaines limites, les tirants se comportent comme un véritable ressort dynamométrique. Mais, lorsque la pression a atteint un chiffre fixé d’avance, l’aiguille s’est suffisamment rapprochée de la tige du levier moteur, pour qu’un mantonnet, que porte cette aiguille à son extrémité, retienne le levier dans le mouvement de retour, qu’il accomplit après l’action de chaque effort moteur, sous l’influence d’un contre-poids placé à demeure à son autre extrémité, pour la facilité de la manœuvre.
- L’opérateur est ainsi prévenu que la pression-limite est atteinte, et, voulût-il continuer à presser, il ne pourrait le faire qu’en démontant l’aiguille ou en la forçant.
- L’adjonction de l’appareil dynamométrique à la machine est, à ce point de vue, d’un véritable intérêt.
- Nous avons eu occasion de voir les premiers essais de M. Samain vers 1856, nous avons pu lui en faciliter la réalisation, et nous nous sommes intéressé, dès le premier jour, à ces tentatives d’un ouvrier qui est, en quelques années, devenu un véritable constructeur. Les nombreuses récompenses qu’il a reçues dans les expositions et les concours agricoles des départements ont été sanctionnées par une médaille d’or au concours national de Paris, en 1860. Ces succès sont dus certainement aux avantages qu’offre réellement la nouvelle machine, lorsqu’on la compare aux appareils le plus généralement employés jusqu’ici.
- Il importe, toutefois, de ne pas exagérer ces avantages et d’indiquer en même temps les inconvénients que ce mode de construction entraîne nécessairement avec lui.
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- Les articulations, à moins d’être construites très-solidement, doivent nécessairement fatiguer, et cette partie de la machine devra faire l’objet d’une surveillance attentive.
- Le frottement est certainement plus considérable dans cette machine que dans les presses hydrauliques qui sont, il est vrai, d’un prix plus élevé.
- Mais si l’on compare la machine actuelle aux pressoirs à vis centrale que l’on construit si bien et si simplement aujourd’hui, on reconnaîtra facilement que, là où l’écrou ordinaire frottera sur la vis sous un effort égal à la pression totale, l’effort qui détermine le frottement de lavis de M. Samain est diminué dans le rapport des deux diagonales du losange. C’est aussi pour cette raison que la vis elle-même est d’un diamètre bien plus faible dans la machine qui nous occupe.
- Le pressoir à genoux et à leviers articulés peut atteindre 100,000 kilog. avec deux hommes seulement : le prix de la machine seule ne dépasse pas 1,700 francs. Un pressoir de 20,000 kilog. ne coûte que 400 francs sans les accessoires.
- Pour cette application, les montants verticaux se trouvent noyés dans le marc; et c’est là, sans aucun doute, un inconvénient grave qui ne peut être racheté que par la plus grande simplicité de la machine. Dans les pressoirs à vis, le liquide trouve une issue autour des filets, ce qui assure, dans une certaine mesure, la régularité du travail : il ne serait sans doute pas impossible d’obtenir le même effet, sous ce rapport, autour des montants du pressoir de M. Samain.
- Ce qu’il faut surtout recommander dans celte industrie, c’est l’emploi d’une course suffisante pour épuiser la matière en une seule passe et sans recalage. La presse à vis ordinaire permet toujours d’atteindre ce résultat, parce que l’effort produit ne dépend pas de la course déjà parcourue par l’organe compresseur. Dans les pressoirs à genoux, au contraire, on ne pourra déterminer le degré de pression nécessaire que pour une course déterminée, et l’on devra toujours, au moyen de cales appropriées, se placer a priori, et en s’aidant des opérations antérieures, dans les conditions les plus convenables à la matière spéciale sur laquelle on doit opérer.
- Les presses que construit également M. Samain pour les matières sèches diffèrent seulement des pressoirs, en ce que l’articulation inférieure du losange porte un piston qui peut descendre jusqu’à une certaine distance au-dessous d’un sommier fixe auquel les tirants sont attachés. Des montants verticaux, qui relient ce sommier au plateau inférieur, laissent entre eux une chambre disposée pour recevoir les matières à comprimer; les prix de la machine complète varient de 200 à 3,000 francs. Vous devez voir, Messieurs,
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- m
- combien est facile le fonctionnement du petit modèle qui est devant vous et qui est construit pour 2,000 kilog. Les inconvénients résultant de la présence des montants ne sont plus à craindre dans cet appareil. Comme presse de laboratoire, il est vraiment d’un emploi plus commode que la plupart des dispositions employées jusqu’ici pour le même objet.
- Au reste, ce qui constitue surtout le mérite de la presse de M, Samain sous toutes ses formes, c’est que la pression y est nécessairement graduée et progressive, par le fait même de la disposition du mécanisme. Prompte, mais relativement faible d’abord, l’action devient bientôt plus lente et plus énergique; et ces conditions essentielles, ce sont celles qui favorisent au plus haut point la réussite des opérations de cette nature.
- Nous vous proposons, Messieurs, de vous associer aux nombreux témoignages qui sont déjà acquis à cette machine, en donnant votre approbation à la nouvelle presse de M. Samain ; 500 exemplaires du présent rapport pourraient, si vous le jugiez convenable, être remis à l’inventeur après insertion au Bulletin de la Société.
- Signé Tresca, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 8 mai 1861.
- LÉGENDE DESCRIPTIVE DE LA PLANCHE 227 REPRÉSENTANT UNE PRESSE A GENOUX
- DE M. SAMAIN.
- Fig. 1. Vue de face d’une presse à genoux pour matières sèches.
- Fig. 2. Vue de profil de la même presse.
- Fig. 3. Détail du levier moteur.
- Fig. 4. Vue perspective d’uri ancien modèle de presse (figure reproduite d’après l’ouvrage du capitaine Ramelli ).
- Fig. 5. Vue de face de la machine à faire les briques de M. Mannoury.
- Fig. 6 et 7. Epures relatives au rapport précédent.
- Les mêmes lettres ne désignent les mêmes objets que dans les seules figures 1, 2 et 3 qui vont faire l’objet de cette description.
- À, sommier supérieur de l’appareil.
- B, sommier inférieur.
- C. table ou plateau de fondation recevant les matières à presser.
- DD, D'D', montants verticaux au nombre de quatre, consolidés par des S et reliant le sommier inférieur au plateau de fondation de manière à former une espèce de chambre.
- EE, E'E', tirants verticaux au nombre de quatre également, reliant le sommier su-
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- périeur au sommier inférieur ; rectilignes vers le haut, ils sont courbés à leur partie inférieure de manière que leurs concavités soient deux à deux en regard les unes des autres.
- F, G, H, I, leviers articulés, disposés en forme de losange vertical ; F et G sont articulés sur le sommier À, tandis que H et I le sont sur une pièce de fonte J qui se meut avec eux et s’abaisse ou s’élève entre les tirants E, E'. Ce système de losange est double, en sorte qu’il y a réellement huit leviers symétriquement placés dans les mêmes positions correspondantes.
- K, K.', écrous placés de chaque côté des tirants E E' suivant line direction qui leur est perpendiculaire, et sur lesquels vient s’articuler le double système de leviers F G HI.
- L, vis motrice à filets opposés tournant dans les écrous K, K'.
- M, petit volant à quatre bras calé sur la vis L et servant à mettre l’appareil en action pour les faibles pressions.
- N, tige du piston O traversant la pièce J, à laquelle elle est solidement assujettie au moyen d’un écrou.
- O, piston exerçant la pression sous l’action des leviers articulés; il est réuni à la tige N au moyen d’un assemblage à rotule qui lui permet de tourner et de s’incliner en tous sens.
- P, cylindre perforé en tôle étamée, placé sur la cuvette Q et destiné à recevoir les matières à comprimer; il est muni de deux anses qui permettent de l’enlever facilement.
- Q, cuvette plate avec déversoir, placée sur la table C et servant à recueillir les liquides provenant des matières pendant la compression.
- R, levier à contre-poids ou balancier permettant, lorsque la manœuvre du volant M devient trop dure, d’agir sur la vis à double filet pour exercer un effort plus considérable; il est composé de deux parties assemblées en R par une articulation.
- S, roue à double rochet calée solidement sur la vis L entre les tirants E Ef et présentant, entre les deux rochets, une espèce de gorge sur laquelle vient se placer le balancier R au moyen d’une échancrure convenablement disposée ( fig. 3 ).
- T, double cliquet articulé sur le balancier et qu’on rabat pour mettre en prise sur la roue à rochet lorsqu’on veut agir avec le balancier.
- Dynamomètre et frein de l’appareil. — U, aiguille indicatrice fixée à l’un des tirants E ( fig. 1 ), de manière à pouvoir osciller de gauche à droite sur un index portant des divisions; vers son milieu elle est coudée et porte un cran ou mantonnet tourné du côté du balancier.
- Y, petit levier boulonné d’une part sur le tirant de face E', et se reliant d’autre part à l’extrémité inférieure de l’aiguille U.
- Y, tasseau d’acier ( fig. 1 et 3 ) faisant corps avec le balancier, près de l’articulation duquel il se trouve placé.
- Cela posé, les quatre tirants E E' étant soumis à un effort de traction qui augmente
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- AGRICULTURE.
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- à mesure que les deux écrous K, K' se rapprochent l’un de l’autre, il en résulte que leur arc de courbure diminue et que, par suite, le levier Y agit sur l’aiguille indicatrice dont la pointe s’avance vers la droite en indiquant le nombre de kilogrammes de pression obtenu. Lorsqu’à l’aide du balancier R on est arrivé à la limite de pression que peut supporter l’appareil, l’aiguille qui n’a pas cessé de se rapprocher peu à peu de ce balancier vient tout à coup mettre son mantonnet en prise sur le tasseau Y, en sorte qu’au moment où on veut continuer à relever le balancier pour agir sur la vis, la partie antérieure seule se soulève jusqu’à l’articulation R', tandis que la partie postérieure qui porte le contre-poids reste enrayée.
- Pour faire cesser la pression, il suffît de tourner en sens inverse le volant M, manœuvre qui s’opère très-rapidement.
- Le modèle de presse que représentent les figures 1, 2 et 3 est une réduction d’un appareil qui peut fournir 2,000 kilog. de pression.
- Les pressoirs de M. Samain diffèrent de l’appareil que nous venons de décrire, en ce que le sommier supérieur B est supprimé; les quatre tirants E E' sont prolongés et vont alors s’attacher directement à la table G ; enfin le piston et sa tige sont remplacés par un plateau de presse, sur lequel s’articulent les extrémités des leviers inférieurs des losanges et qui est guidé dans sa course verticale par les tirants qui le traversent dans toute son épaisseur. ( M. )
- AGRICULTURE.
- Rapport fait par M. Huzard , au nom du comité d’agriculture, sur une musette, ou sac a faire manger l’avoine aux chevaux, fabriquée par madame veuve Defavre, faubourg Saint-Martin, 78.
- On voit assez fréquemment, dans nos villes, des chevauxattelés et au repos manger l’avoine dans des sacs en forte toile qu’on appelle musettes. Pour que l’avoine ne puisse être projetée au dehors, ces sacs sont assez profonds, et ils ne peuvent être larges : il en résulte que les narines, entièrement plongées dans ces sacs, ne peuvent aspirer une quantité d’air suffisante pour une bonne respiration; il en résulte également que la poussière qui reste parfois dans l’avoine, et qui est soulevée par les premiers souffles, est inspirée et augmente la gêne de la respiration. Enfin, parfois encore, dans une inspiration profonde provoquée par cette même gêne, le sac se trouve attiré et collé sur les naseaux, et l’animal serait suffoqué, si le sac n’était dérangé. J’ai vu, en face de la Monnaie, un cheval de fiacre tomber par suite de cette suffoca-Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Août 1861. 59
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- tion momentanée. Elle n’est pas sans danger pour l’organe pulmonaire, dont les cellules aériennes peuvent se trouver déchirées.
- Pour remédier à cette insuffisance de circulation de l’air dans les musettes, on a encadré dans la toile, sur la face antérieure, un treillis métallique à trame fine, à mailles assez serrées pour que l’avoine ne puisse sortir à travers, mais qui permet à un courant d’air assez direct de s’établir vers les narines. La poussière soulevée par les premières expirations peut même s’échapper du sac.
- • Mais ce treillis métallique est assez coûteux à installer ; il est exposé à être tordu, brisé même par les mouvements de l’animal ; il est donc peu employé.
- Madame veuve Defavre a imaginé de le remplacer par des mailles de filet tressées en ficelle solide. Non-seulement ces mailles se trouvent placées au devant de la musette, à l’endroit des naseaux, mais encore elles forment le fond du sac; il résulte de cette autre disposition, selon l’inventeur, que l’avoine peut être débarrassée des corps étrangers plus petits que son diamètre, que le mouvement qu’elle subit précipite au fond du sac. Pour les chevaux qui émettent beaucoup de salive en mangeant l’avoine, qui la mouillent beaucoup, comme l’on dit, il en résulte encore, toujours selon l’inventeur, que la salive trop abondante peut couler par le bas du sac, en entraînant avec elle un peu de la poussière de l’avoine.
- En n’accordant pas plus d’importance qu’il ne convient à ces avantages prétendus, mis en avant par l’auteur, nous pensons que les musettes, pourvues, à leur fond et surtout à l’endroit des narines du cheval, de mailles de filet tressées en ficelle, sont avantageuses en ce qu’elles diminuent sensiblement la gêne de la respiration que font éprouver aux chevaux les musettes qui ne reçoivent d’air que par leur partie supérieure.
- Quant à la supériorité que l’inventeur attribue à ses musettes sur celles pourvues d’ouverture à treillis métallique, le prix de vente et la durée résoudront la question.
- Nous avons l’honneur de vous proposer de remercier l’inventeur de sa communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé Huzard , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 10 avril 1861.
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- NOTE SUR L’ASPHALTE, SON ORIGINE, SA PRÉPARATION, SES APPLICATIONS, PAR M. LÉON
- MALO, ÉLÈVE DE L’ÉCOLE CENTRALE, ANCIEN INGÉNIEUR DES CHEMINS DE FER DU
- MIDI.
- Considérations générales.
- Parmi les produits minéralogiques que la puissante activité industrielle de ce siècle a tirés de l’obscurité pour leur donner un rôle important dans les travaux publics, nul assurément n’est plus digne d’étude que l’asphalte. Prodigué par les anciens dans leurs édifices, comme l’attestent les ruines de Babylone et de Memphis, délaissé ensuite, on ne sait pourquoi, pendant quatre ou cinq mille ans, enfin retrouvé et apprécié par les modernes, l’asphalte a reconquis rapidement la place que les civilisations égyptienne et assyrienne lui avaient faite et que les Romains, si soigneux cependant de leur grande renommée de constructeurs, n’avaient pas su lui conserver.
- Depuis une vingtaine d’années, les applications de l’asphalte, limitées auparavant à l’établissement des chapes et à l’étanchement des maçonneries, ont pris une telle extension, que l’on doit s’étonner de voir avec quelle indifférence les savants traitent encore ce produit; c’est à peine si les ouvrages spéciaux lui accordent quelques lignes, et le plus souvent c’est pour en donner, ou une description imparfaite, ou une analyse insignifiante. Plusieurs ingénieurs éminents ont pourtant abordé sérieusement la question, mais dans un but tout spécial. Ainsi MM. Darcy et de Coulaine, le premier dans un remarquable rapport sur les chaussées macadamisées de Londres et de Paris (1), le second dans un mémoire des plus intéressants sur l’application des substances bitumineuses aux chaussées (2), ont développé avec beaucoup d’expérience et d’autorité la partie du sujet qui se rapporte à la voirie $ mais leurs travaux sont distancés aujourd’hui par ceux qui s’exécutent en ce moment sous la direction des ingénieurs du service municipal de Paris. M. Henri Fournel, inspecteur général des mines, est peut-être celui qui s’est le plus occupé de l’asphalte ; malheureusement une faible partie de ses recherches a été publiée. La monographie de l’asphalte est donc à faire; nous n’avons point l’intention de l’entreprendre ici, cependant nous croyons qu’on trouvera, dans la note qu’on va lire, l’esquisse de ce qu’il y aurait à écrire sur ce sujet.
- Le premier point, c’est d’établir la valeur des définitions et des mots. De cet abandon où la science a laissé jusqu’ici presque tous les produits bitumineux, il est résulté une confusion dans les termes qui nuit singulièrement à la clarté des transactions commerciales. Nous avons pensé qu’un travail comme celui-ci serait avantageusement précédé d’un projet de classification des matières où le bitume entre comme
- (1) Annales des ponts et chaussées, 1850, 4° cahier, p. 1. {2j Annales des ponts et chaussées, 1850, 2e cahier, p. 240.
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- élément utile, et nous proposons la suivante qui nous servira dans le courant de cette noie.
- Définition et classification des matières bitumineuses.
- Le principe des matières bitumineuses est un corps complexe, dont la composition générale est celle-ci :
- w(C*H') + m( C^H^O’),
- c’est-à-dire un mélange en proportions diverses de plusieurs hydrogènes carbonés simples, accompagnés, dans les variétés solides ou visqueuses, de plusieurs carbures d’hydrogène oxygénés.
- L’expression la plus concrète des bitumes est la houille.
- Carbone............................ 89.31
- Hydrogène........................... 4-92
- Oxygène et azote.................... 5.77
- Houille. ................. 100.00 (1)
- La plus simple expression connue du bitume est le naphte.
- Carbone............................ 88.20
- Hydrogène.......................... 11.80
- Naphte.................. 100.00(2)
- Entre ces deux extrêmes se déroule toute la série des bitumes, soit à l’état libre, soit emprisonnés dans des gangues ou matières minérales. Pour faire mieux comprendre notre classification, nous allons la résumer dans le tableau suivant où nous indiquerons les principales formes sous lesquelles le bitume est admis dans l’industrie.
- Tableau synoptique des matières bitumineuses.
- 1° à l’état î 1° pur (liquide ou visqueux), libre : ]
- I 2° impur (solide).
- 2° mélangé à une gangue terreuse.
- BITCJUB :
- 3°
- mélangé à une gangue quartzeuse.
- 4° Imprégnant des schistes.
- 5° Imprégnant des calcaires ( asphalte ).
- 1
- Huile de naphte.
- Pétrole de Gabian, de Baku, etc.
- Malthe de la mer Morte.
- Fontaine de Poix ( Auvergne ).
- Diverses espèces de houille.
- Bitume terreux du Mexique.
- — — de Cuba.
- — — de l’île de Trinidad.
- Sables bitumineux de Pyrimont-Seyssel.
- — — de Clermont.
- — — de Bastennes, etc.
- Schistes bitumineux d’Autun.
- — — de Buxières-la-Grue (Allier).
- — — du Dauphiné, etc.
- Asphalte de Seyssel.
- — du Val-de-Travers.
- — de Lobsann.
- — de Chavaroche.
- — de Clermont, etc.
- (1) M. Régnault.
- (2) M. Dumas.
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- Comme on le voit parle tableau ci-dessus, les manifestations du bitume sont nombreuses j sous toutes ses formes il a reçu dans le commerce, l’industrie ou les constructions, des applications considérables, et chaque jour lui‘en crée de nouvelles. Le produit que nous détachons de cette riche nomenclature pour en faire l’objet de cette étude est, après la houille, celui dont les services sont le plus incontestables, et pourtant à peine sait-on d’où il vient, ce qu’il est avant de s’étendre sur nos trottoirs ou de couvrir nos terrasses; on n’est pas même d’accord sur le nom qu’on doit lui donner.
- Il est donc juste et nécessaire de fixer l’individualité de ce corps par une expression invariable qui ne soit plus laissée au hasard des localités ou au caprice du langage, et nous proposons d’appeler définitivement asphalte, non pas, comme font les chimistes, le bitume oxygéné, mais la roche calcaire imprégnée de bitume; cette dénomination est presque partout consacrée par l’usage, elle est en vigueur dans toutes les mines de calcaire bitumineux; enfin son étymologie (àcçetAi'Ç®, je fortifie) indique assez que les anciens n’ont jamais entendu l’appliquer au bitume libre, qui, solide ou liquide, est incapable de remplir le rôle de ciment.
- Chaque fois que dans les âges géologiques une masse de matières organiques, emprisonnée par des obstacles puissants, a été soumise à la fois à une forte pression et à une haute température, un bitume s’est formé.
- Ainsi, lorsque des amas de grands végétaux se sont trouvés enfouis sous les terrains de transition et exposés à la chaleur considérable que dut rayonner pendant longtemps l’écorce mal refroidie du globe, leur composition s’est modifiée, leur oxygène a presque entièrement disparu, et une matière bitumineuse très-fixe, riche en carbone et en hydrogène, la houille, est restée.
- On peut voir, par la comparaison des deux analyses suivantes, quelle transformation s’est opérée à la suite de cette espèce de distillation :
- Cellulose. Houille.
- Carbone...................... 44.44 89.31
- Hydrogène..................... 6.18 4.92
- Oxygène...................... 49.38 5.77
- 100.00 (1) 100.00 (2)
- Si, au lieu de végétaux, c’est sur des animaux que cette action s’est exercée, elle a donné naissance à un bitume plus volatil qui tantôt s’est condensé au lieu même de sa formation, tantôt s’est échappé dans l’atmosphère pour aller imprégner, ici des marnes feuilletées comme dans le bassin de l’Ailier, là des grès tendres ou des pou-dingues comme à Bastennes ou à Pyrimonî, ailleurs des calcaires de la formation jurassique pour produire l’asphalte de Seyssel et du Val-de-Travers.
- On pourrait encore mettre en présence les deux analyses ci-dessous pour expliquer la modification moléculaire qu’a éprouvée la matière animale en passant à l’état bitumineux.
- (1) et (2) M. Régnault.
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- Chair musculaire. Bitume de Pechelbronu.
- Carbone.................... 62.78 87.00
- Hydrogène.................. 6.96 11.20
- Oxygène.................... 13.48 1 80
- Azote...................... 16 78 »
- 100.00 (1) 100.00 (2)
- Enfin, quand, par un phénomène dont on retrouve encore aujourd’hui des exemples en plusieurs contrées, le bitume est lui-même exposé h des actions volcaniques souterraines et permanentes, comme à Baku en Perse, il donne, dans cette seconde distillation, une huile plus ou moins volatile, que, lorsqu’elle est pure et incolore, on nomme naphte, et que, si elle est souillée de bitume oxygéné, on appelle pétrole.
- On a soutenu que le bitume pouvait être une matière ignée, préexistante à la solidification de la croûte terrestre et condensée en même temps que les roches de fusion ; nous ne croyons pas que personne reconnaisse aujourd’hui ce système, les traces organiques sont évidentes dans les gisements bitumineux, et d’ailleurs rien n’est plus facile que de reproduire dans le laboratoire l’opération à laquelle est due la création du bitume.
- Ainsi nous admettons que, à des époques indéterminées, des masses considérables de végétaux ou d’animaux enfouies sous des couches sédimentaires et chauffées soit directement par la chaleur centrale, soit par l’invasion des courants volcaniques, ont, dans une immense distillation, donné naissance à tous les bitumes. Il est certain que cette action gigantesque s’est exercée d’une manière très-variée; que, selon le lieu, la température, la pression, la nature des roches voisines, l’époque de l’opération, l’espèce des matières premières, le produit obtenu a dû différer de forme, d'aspect, de composition et de propriétés. Mais le mode de formation a été le même partout et les corps résultants renferment un principe identique, le principe bitumineux, qui n’est semblable à celui d’aucun autre corps et sur lequel il n’est pas permis de se méprendre.
- Nous laisserons de côté le bitume particulier appelé houille et ceux qui ont un rôle spécial dans l’industrie, pour ne nous occuper que de l’asphalte et des bitumes qui interviennent dans sa préparation ou dans ses applications. Nous quittons donc les généralités pour entrer dans notre sujet.
- De l’asphalte.
- 1° Principaux gisements d’asphalte. — Le bitume libre est abondamment répandu sur la surface du globe; il se rencontre dans presque tous les terrains volcaniques et imprègne souvent les molasses superposées à la formation jurassique. Ainsi on le trouve en grande quantité et sous les aspects les plus divers aux environs de Clermont-Ferrand, tantôt à l’état de liberté parfaite comme dans la Fontaine de Poix,
- (1) M. Régnault.
- (2) M. Boussingault.
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- tantôt mélangé avec des sables Iîds comme a Chamalière et Gerzat, tantôt disséminé dans les cavités d’une marne spongieuse comme à Pont-du-Château. La forme la plus ordinaire du bitume libre est celle de mélange avec les sables quartzeux ou molasses vertes de la formation néocomienne, ainsi qu’on l’exploite à Pyrimont-Seyssel (Ain) et à Bastennes (Landes) (ce dernier gisement épuisé aujourd’hui). Le bitume libre se montre encore en Judée dans le lac asphaltique; dans la mer Caspienne, surnageant à la surface5 aux Antilles (îles de la Trinité) souillé d’une base terreuse et solide à la température ordinaire.
- Le bitume à l’état de combinaison ou de mélange intime est plus rare; sous l’espèce de schiste on le rencontre encore assez facilement dans le bassin houiller d’Au-tun (Saône-et-Loire), dans celui de Buxières (Allier), en Provence, en Dauphiné, dans le Nord et ailleurs; mais sous celle de calcaire on ne compte guère en Europe que trois à quatre mines avantageusement exploitables.
- Le schiste bitumineux est la matière première d’une industrie récente et déjà considérable; on en extrait, par une double distillation, une huile légère et incolore qui défraye l’important commerce des huiles à éclairage minéral; nous n’avons point à nous en occuper dans cette note.
- Quant au calcaire bitumineux ou asphalte proprement dit, la plus rare des manifestations de bitume, c’est une roche formée de 90 à 94 pour 100 de carbonate de chaux pure, et de 10 ou 6 pour 100 de bitume. Son aspect est celui de la pierre à plâtre, sa couleur celle du chocolat foncé; lorsqu’on la coupe, la surface entamée présente cette apparence blanchâtre que le couteau laisse aussi sur le chocolat; le grain est fin, et, lorsqu’on en examine attentivement la structure, on reconnaît que chaque molécule de calcaire est environnée d’une couche presque atomique de bitume; tout grain est ainsi isolé de son voisin par un vernis qui sert en même temps à les coller énergiquement l’un à l’autre. Pendant les chaleurs, ce vernis devient visqueux, et souvent le poids seul d’un bloc suffit pour le rompre en deux ou plusieurs fragments; dans l’hiver, au contraire, le bitume devient sec et la roche prend une dureté remarquable.
- Les gisements d’asphalte se comptent; la nature s’est montrée avare de cette précieuse matière, et l’on ne saurait guère déterminer par quelle loi les gîtes les plus riches connus, on peut dire les seuls exploitables, se trouvent presque réunis dans une zone très-resserrée delà carte d’Europe. On voit, en effet, que si l’on tire une ligne droite du nord au sud, depuis Wissembourg jusqu’à Chambéry, cette ligne traversera les quatre mines qui défrayent aujourd’hui l’industrie des dallages : Lob-sann, le Val-de-Travers, Seyssel et Volant, enfin Chavaroche. Il n’entre point dans le cadre de cette note de développer les conclusions qu’on pourrait tirer d’une telle situation géographique, ainsi que de la coïncidence de cette ligne avec la direction des monts Jura, ce serait entrer dans une discussion trop pleine d’hypothèses. Nous ne nous étendrons pas non plus sur le mode probable d’imprégnation des calcaires bitumineux, les avis sont partagés sur ce point; quelques-uns veulent que, à la suite des distillations souterraines dont nous avons parlé plus haut, les vapeurs se soient
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- répandues dans l’atmosphère et frayé un passage à travers les fentes des roches dures pour aller se loger dans les roches tendres; d’autres préfèrent que les bitumes libres de Judée ou d’autres pays éloignés soient venus, véhiculés à la surface des eaux par un déluge universel, imprégner à froid les calcaires. De graves objections, tirées de la structure même de la matière, peuvent être opposées à l’un et à l’autre de ces systèmes; l’origine de l’asphalte doit donc, jusqu’à ce que de nouvelles études aient été faites, rester dans le doute.
- Quoi qu’il en soit de sa formation, le banc d’asphalte, qui paraît être du même âge dans les quatre gisements que nous avons cités, appartient à la partie supérieure du terrain jurassique et se trouve situé immédiatement au-dessous des molasses vertes.
- Outre les mines précédemment indiquées, il existe, dans plusieurs régions de la France et de l’Espagne, des affleurements de calcaire bitumineux de richesse très-inférieure et de pureté douteuse.
- 2° Extraction, pulvérisation, tamisage. — On exploite l’asphalte à la manière du moellon avec la poudre et la barre à mine ; souvent la roche est assez tendre pour qu'on puisse pratiquer les trous de mine à la tarière. L’extraction s’opère soit à ciel ouvert comme à Pyrimont-Seyssel et au Val-de-Travers, soit sous galerie comme à Volant et à Chavaroche (1).
- Les moellons d’asphalte sont empilés sur le carreau de la mine par tas de 100 mètres cubes; une partie est expédiée sur les travaux à l’état de roche, le reste est envoyé aux usines de fabrication du mastic. On a soin ordinairement d’éviter les grands approvisionnements en été, parce que les chaleurs font décrépiter la roche, qui tombe d’elle-même en poussière. Cet inconvénient cesse si les approvisionnements sont emmagasinés dans les galaries. L’été est aussi la saison la plus redoutée des mineurs qui travaillent à ciel ouvert ; sous l’action du soleil, le banc d’asphalte se ramollit au point que les coups de mine sont sans effet et qu’on est obligé de se contenter du pic, du levier et du coin. Les frais de main-d’œuvre doublent quelquefois de l’hiver à l’été.
- La roche destinée à la fabrication du mastic est concassée, puis pulvérisée.
- Cassage. — Le cassage de la roche est un travail simple, mais qui ne laisse pas de prendre une certaine importance dans l’ensemble des opérations, par suite d’une circonstance spéciale que nous avons déjà signalée plus haut. Nous avons dit que l’asphalte, très-dur en hiver, se ramollit considérablement dans les chaleurs; il en résulte que le cassage, facile dans les froids, devient très-laborieux en été, impossible même quelquefois lorsque les blocs à débiter ont été exposés à un soleil ardent. Sous l’action du soleil, le bitume d’imprégnation se liquéfie, la matière devient lâche et le casseur ne frappe plus que sur une espèce de pâte qui s’aplatit sans se fendre. Aussi évite-t-on d’avoir ce travail à faire en été, à moins qu’il ne s’effectue dans les galeries mêmes où s’extrait la roche. On peut admettre qu’en moyenne la main-d’œuvre de cassage du calcaire bitumineux varie, de l’hiver à l’été, dans la proportion de 3 à 5.
- La roche est cassée ordinairement à la grosseur des cailloux qui servent à l’empier-
- (1) A Lobsann l’exploitation est également souterraine.
- (R.)
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- rement des routes; elle est emmétrée pour le toisage; on trouve qu’un tas de roche en bloc, transformée en roche cassée, perd environ 20 pour 100 de son volume.
- Le calcaire bitumineux cassé est ensuite pulvérisé, puis tamisé.
- La pulvérisation peut s’opérer de deux manières :
- A chaud, par la décrépitation ;
- A froid, par l’écrasement.
- Pulvérisation à chaud. — La roche cassée est placée dans des caisses découvertes en tôle mince de lm,00 X 0,60X0,20. Ces caisses sont introduites dans des cornues plates en fonte, analogues aux cornues horizontales employées à la distillation des schistes bitumineux; on entretient sous ces appareils une chaleur douce et uniforme; le phénomène suivant se produit : le bitume dont la roche est imprégnée , solide à la température ordinaire, se ramollit et se fond ; les molécules calcaires se séparent les unes des autres et tombent en poussière. On secoue les caisses de temps en temps pour présenter successivement toutes les parties d’asphalte à l’action de la chaleur, puis on verse la matière ainsi étonnée sur une aire plane où on la pilonne, afin d’achever la pulvérisation ; enfin on la passe au tamis qui retient certaines parties plus résistantes nommées grahons; ces grabons sont écrasés à part à coups de maillet et restitués au tamis. La poudre obtenue est apte à être transformée en mastic.
- On produit aussi la décrépitation dans des appareils spéciaux, dont nous parlerons à propos des chaussées en roche d’asphalte comprimé.
- La pulvérisation par décrépitation, telle que nous venons de la décrire, est le premier système qui ait été employé ; elle présente ce grand avantage de n’exiger aucun moteur, mais elle paye cet avantage par de nombreux inconvénients. S’il était possible de soumettre toutes les parties’de la matière à une température uniforme et qui se maintînt constamment entre le point de ramollissement du bitume d’imprégnation et celui de son évaporation, nul système ne serait préférable assurément; mais cette condition, qu’on obtiendrait peut-être dans un laboratoire avec une attention soutenue, est presque impossible à réaliser dans la pratique. Quelque soin qu’on y apporte, on dépasse toujours la température de volatilisation, et on perd ainsi une certaine quantité de bitume qu’il faut restituer ensuite artificiellement; d’autre part, toute la matière ne pouvant être également chauffée, on n’arrive à la décrépitation des parties intérieures qu’en brûlant celles qui touchent aux surfaces de chauffe.
- La pulvérisation par décrépitation est donc , dans l’état actuel de sa pratique , une opération essentiellement défectueuse; on®n’y doit avoir recours que lorsqu’on ne peut pas faire autrement, c’est-à-dire toutes les fois qu’on n’a pas une force motrice suffisante à sa disposition. Cependant on ne peut nier que l’idée de réduire en poudre le calcaire par le simple ramollissement de ses huiles d’imprégnation est une idée séduisante, et l’on ne saurait être surpris de voir que, même encore aujourd’hui, elle n’est pas complètement abandonnée; on y reviendra certainement le jour où l’on sera parvenu à chauffer uniformément et méthodiquement la roche, de façon que la tempé-Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Août 1861. 60
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- ASPHALTE.
- rature reste toujours inférieure au point où le bitume prend l’état de vapeur. C’est un appareil à trouver (1)-.
- Cependant la poudre employée à rétablissement des chaussées en asphalte comprimé s’est jusqu’à présent obtenue par la décrépitation. Nous reprendrons cette question en son lieu.
- Pulvérisation à froid. — Dans les usines où le mastic d’asphalte se prépare en grand, on pulvérise la roche à froid.
- On emploie deux espèces d’appareils :
- Le molleton,
- Le moulin à noix.
- Le premier système n’est autre que la meule verticale en pierre ou en fonte, munie du racloir et des autres accessoires que l’on voit partout.
- Le second représente assez bien le moulin à café ordinaire en grande dimension ; c’est un cône en fonte de 9m,60 à 0m,70 de base et de 0m,80 de hauteur, monté sur un arbre vertical et se mouvant dans une coquille de même métal; le cône et la coquille sont garnis de dents qui brisent la pierre et la réduisent en poussière.
- Au sortir du moulin, la poudre tombe dans des blutoirs cylindriques à maille de 0m,02 environ; la poudre tamisée est bonne à être livrée à la cuisson, les grabons sont rendus aux moulins.
- 3° Cuisson. — Pour fabriquer le mastic d’asphalte tel qu’il est employé daDS les travaux, on fait subir à la roche une cuisson dans les conditions suivantes :
- On se sert de chaudières demi-cylindriques en fonte, de 2 mètres de longueur sur 1 mètre de diamètre, placées horizontalement sur des fourneaux à retour de flamme. Un arbre fixé dans l’axe du cylindre* et porteur de lames dirigées dans le sens du rayon, agite la pâte et en met successivement toutes les parties en contact avec la surface de chauffe ; chaque appareil est surmonté d’un couvercle en tôle, demi-cylindrique aussi, qu’on soulève de temps à autre pour introduire la matière et surveiller la marche de l’opération; enfin des tuyaux de dégagement sont adaptés aux flancs des chaudières, pour écouler les vapeurs d’eau qui s’échappent abondamment au commencement de la cuisson.
- On jette d’abord dans chaque chaudière 90 à 100 kilog. de bitume libre qui entre bientôt en fusion; quand il a atteint à peu près sa température de volatilisation, on met l’agitateur en mouvement et l’on jette pelletée par pelletée la poudre d’asphalte; la poudre, en tombant dans le liquide chaud, décrépite et se mélange intimement avec lui; on continue l’introduction jusqu’au moment où le mélange va cesser d’être pâteux pour devenir friable, ce qu’on reconnaît à ce que la matière commence à s’atta-
- (1) Depuis, quelques mois seulement, on emploie un moyen qui paraît être la solution du problème et qui consiste à introduire un jet de vapeur dans un cylindre où l’on renferme la roche ; sous cette action, la roche tombe en poussière au bout de dix minutes. Les applications de ce système sont à l’élude.
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- cher au fond de la chaudière et aux lames de l’agitateur. A cet instant, l'appareil a reçu environ
- 100 kilog. de bitume libre,
- 1,400 kilog. de poudre d’asphalte.
- Après avoir chauffé et agité pendant six heures, on procède à la coulée.
- On coule le mastic dans des moules cylindriques, composés chacun d’une tôle recourbée en demi-cercle, de façon à former des pains de 0m,30 de diamètre sur 0m,10 à 0m,12 de hauteur et pesant 25 kilog. environ. Une marque de fabrique, incrustée dans l’une des tôles, imprime son relief sur chaque pain pour attester son authenticité; ce sont ces pains qui, expédiés sur les travaux, sont refondus dans les chaudières ambulantes pour l’établissement des trottoirs ou autres ouvrages d’asphalte.
- Que se passe-t-il pendant cette période de la cuisson? Quelle modification s’opère dans les éléments de l’asphalte? Par suite de quelle métamorphose la roche bitumineuse devient-elle un mastic puissant, facilement fusible et si différent de sa matière première? Il est bien difficile de le connaître. Le bitume libre qu’on ajoute est évidemment absorbé par celui déjà logé dans les pores du calcaire; véhiculé par lui, il pénètre jusque dans les plus intimes cavités de l’asphalte, comme une goutte d’huile suit le chemin tracé par une autre goutte; mais on ne saurait prétendre que le bitume libre apporte avec lui des propriétés nouvelles; ses fonctions sont purement accessoires; il aide à la fusion de la roche; il supplée aux huiles imprégnantes perdues par l’évaporation, il prépare la pâte pour la trituration et la cuisson, comme la salive, si l’on veut nous permettre cette comparaison, humecte les aliments, les dispose pour la mestication et favorise leur transformation.
- Quoi qu’il en soit de cette action du bitume ajouté, il est un fait constant, c’est que plus ce bitume a d’analogie géologique avec celui dont la roche est imprégnée, meilleur est le mastic obtenu. Nous dirons ailleurs quelle peut être l’influence de ce plus ou moins de ressemblance sur la durée des ouvrages en asphalte.
- Le mastic fabriqué avec de la roche abondamment et également imprégnée, fine de grain, additionnée d’un bitume à peu près congénère, est un corps noir à reflets rougeâtres, élastique, infusible au soleil le plus ardent et doué d’une odeur bitumineuse presque agréable. Nous reviendrons sur ses propriétés spéciales quand nous parlerons de ses applications.
- 4° Extraction et préparation des bitumes qui interviennent dans la fabrication du mastic. — On vient de voir que le bitume libre joue un rôle important dans la fabrication du mastic d’asphalte ; il en remplit un autre non moins sérieux lors de son application; nous ne pouvons donc nous dispenser d’entrer, avant d’aller plus loin, dans quelques détails à son sujet.
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le bitume se rencontre, soit à l’état de liberté absolue, soit, et le plus ordinairement, agglutinant des sables quartzeux, soit enfin mélangé avec des matières marneuses ou terreuses.
- Dans le premier cas, dont la fontaine de Poix est un exemple, on se borne à recueillir le bitume à sa sortie de terre, à le purger par un simple raffinage de toutes les
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- impuretés dont il peut être souillé, et l’on obtient ainsi un corps visqueux d’un beau brillant noir, le bitume pur, en un mot.
- Dans le second cas, on exploite, comme à Pyrimont-Seyssel, à Bastennes ou à Clermont, des bancs très-irréguliers de molasse saturée de bitume; les blocs qu’on extrait sont cassés en morceaux de 0m,07 à 0ra,08 de côté, jetés dans des chaudières pleines d’eau bouillante et brassés pendant une heure environ. Le bitume porté à 100 degrés se liquéfie, la molasse tombe en sable et le bouillonnement de l’eau agissant mécaniquement, chaque grain se dépouille de son enveloppe bitumineuse qui vient surnager; on écume la surface pour recueillir le bitume, et le sable reste blanc au fond; on enlève ce sable, on recharge la chaudière et l’opération recommence. Lorsque la molasse est à gros grain, comme on en trouve à Lussat (Auvergne), le sable est complètement précipité et le bitume est presque pur; mais il est fort rare que la molasse ne soit pas très-fine de grain, et alors la matière enlevée à l’écumoire renferme toujours une grande quantité de grès désagrégé, entraîné par l’ébullition et disséminé dans le bitume.'Pour purger les écumes de ce sable, on les fait bouillir, l’eau s’évapore, le sable gagne le fond en vertu de sa densité et l’on décante. Le bitume obtenu par cette seconde opération est absolument pur, mais le sable resté au fond de la chaudière en conserve encore un volume presque égal au sien, et qu’il est impossible de lui retirer pratiquement. Ce système d’extraction, dispendieux et barbare, a été décrit par d’Àlembert (1) tel qu’on l’emploie encore aujourd’hui; il n’a pas fait un pas depuis cent ans. Cependant de nouveaux procédés sont à l’étude; quoiqu’ils n’aient pas encore donné les résultats espérés, on peut prévoir qu’il sera bientôt possible de supprimer des méthodes aussi en arrière des progrès de l’industrie.
- Dans le troisième cas, celui où le bitume est mélangé avec des matières terreuses, on est obligé d’avoir recours à d’autres moyens. Les bitumes de la Trinité, par exemple, s’étendent en immenses lacs desséchés, dont le fond est entièrement composé d’une sorte de roche noirâtre, qui n’est autre que le bitume solidifié par la présence des matières étrangères et par l’évaporation d’une certaine quantité d’huiles essentielles. On extrait cette roche que l’on transporte en France, où on la soumet au traitement suivant : on distille une partie de ce bitume solidifié, et l’on obtient au serpentin une huile bitumineuse, analogue aux huiles lourdes de schiste ; cette huile sert à dissoudre dans des chaudières spéciales trois autres parties de bitume solide. La dissolution se fait à chaud ; les gangues terreuses plus denses vont au fond, et par un décantement on en sépare le bitume pur, qu’on embarille et qu’on expédie sur les travaux.
- En général, toutes les matières bitumineuses, calcaire, schiste, sable, roche solide de la Trinité, donnent à la distillation le même produit, un carbure d’hydrogène multiple oxygéné, le pétrole des anciens; quelquefois l’arome varie, le bitume de Clermont, par exemple, exhale une forte odeur alliacée qu’on ne retrouve point ailleurs;
- (1) Encyclopédie. — Article Asphalte.
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- mais, chez tous, l’aspect, la composition, la combustion sont sensiblement identiques; on a donc été conduit à substituer dans certains cas, et lorsqu’on a trouvé économie à le faire, les différentes huiles les unes aux autres. Ainsi, dans l’opération qui consiste à dissoudre le bitume brut de la Trinité dans sa propre huile de distillation, on a pu remplacer cette huile par celle qu’on obtient en distillant les schistes bitumineux.
- Les principales espèces de bitume qui servent, soit dans la fabrication, soit lors de l’application du mastic asphaltique, sont celles que nous venons d’énumérer; nous les rappelons :
- Le bitume natif (Clermont);
- Le bitume provenant du lessivage des molasses (Pyrimont-Seyssel, Bastennes, Pecbelhronn, etc.) ;
- Le bitume de la Trinité épuré.
- En dehors de ces trois espèces, on emploie encore :
- Le bitume provenant de l’épuration des huiles lourdes de schiste;
- Le bitume résidu de la distillation de la houille;
- Les bitumes mixtes dits bitumes de suif.
- On utilise sans désavantage les bitumes de schiste lorsqu’ils ne sont pas trop concentrés; leur composition esta peu près la même que celle des bitumes naturels, et, s’il n’était pas très-difficile de les obtenir toujours semblables à eux-mêmes, nous ferions peu de différence entre leur usage et celui des meilleurs bitumes naturels. Quant aux bitumes ou goudrons de houille et de suif, on doit èn proscrire, autant que possible, la présence dans les ouvrages d’asphalte de mince épaisseur. Le bitume de houille, appelé aussi goudron de gaz, rend le mastic cassant en hiver et mou en été, il répand, à l’application, une odeur insupportable-, enfin ses huiles essentielles, étant très-volatiles, s’évaporent promptement au contact de l’air-, les dallages dans la composition desquels il entre deviennent friables et s’usent promptement lorsqu’ils ont une circulation fréquente à supporter. Le bitume de suif, plus encore peut-être que celui de houille, est à redouter dans les travaux. Les éléments graisseux qu’il renferme, loin de s’unir au bitume d’imprégnation de l’asphalte, le dissolvent au contraire, et en font une pâte malléable qui se détruit rapidement sous les pieds des passants. L’un et l’autre de ces bitumes sont incapables de constituer de bons trottoirs, et, si leur bas prix les fait encore admettre par quelques entrepreneurs, ils doivent être sévèrement interdits par les architectes et les ingénieurs.
- 5° Application de l’asphalte. — Les applications de l’asphalte sont indéfinies; notre dessein n’est ni de décrire toutes celles qui sont trouvées, ni d’indiquer celles qui restent à découvrir : ce serait le fait d’un traité spécial ; nous nous bornerons à sh gnaler les principaux usages qu’on en fait, soit dans la voirie, soit dans les travaux hydrauliques, et nous suivrons, comme le plus logique, l’ordre que voici ;
- I- Application de l’asphalte brut.
- IL Application du mastic d’asphalte.
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- I. Application de l’asphalte brut.
- Chaussées en asphalte comprimé. — Dès l’origine de l’asphalte, on put lui reconnaître la propriété suivante : les charrettes qui transportaient la roche de la mine aux lieux de traitement (1) laissaient souvent tomber sur le chemin des fragments que les roues écrasaient. Lorsque la route était couverte de ces débris, l’été survenait, la chaleur ramollissait le bitume d’imprégnation, les voitures qui se succédaient comprimaient la matière, et il se formait une croûte solide, dense, élastique, facile aux pieds des chevaux et d’une usure presque nulle. Nous avons vu, dans presque toutes les mines d’asphalte, de semblables chaussées, et l’on en peut remarquer une à Pyri-mont-Seyssel, dont les vestiges, encore robustes, malgré le système barbare d’enrayage en vigueur dans le pays, sont âgés aujourd’hui de près de soixante ans.
- Ce n’est que vers 1850 qu’on mit volontairement à profit cette leçon du hasard. Un ingénieur suisse, M. Mérian, établit, à cette époque, dans le petit village de Travers (canton de Neufchâtel), une chaussée en roche d’asphalte chauffée et comprimée. Dans l’expérience de M. Mérian, l’asphalte était simplement répandu sur la chaussée macadamisée et soumis au rouleau ; rûalgré l’instabilité de l’assiette et l’irrégularité de l’entretien, la route de Travers est encore en assez bon état.
- La même année, M. Darcy, inspecteur général des ponts et chaussées, au retour d'une mission spéciale à Londres, publiait dans les Annales un long et savant mémoire où, après avoir exposé et discuté tous les systèmes employés à Londres et à Paris, il déclarait que la solution du problème était « dans V emploi de la roche asphaltique posée à froid. » Les expériences faites à Paris dans ce sens ne donnèrent cependant que des résultats incomplets; on y renonça. Un ingénieur aussi compétent en matière de voirie que l’était M. Darcy ne pouvait se tromper à ce point; aussi a-t-il été reconnu plus tard que sa seule erreur fut d’avoir prescrit l’emploi de l’asphalte froid. La roche d’asphalte chauffée, pulvérisée par la décrépitation, établie sur la forme de la chaussée, pilonnée et comprimée au rouleau, reprend, par le refroidissement, l’état où elle se trouvait dans ses gisements; c’est ce qui fait sa force, son élasticité, son homogénéité, sa solidarité. On ne peut évidemment pas arriver au même but avec la roche asphaltique posée à froid.
- Vers la même époque, un autre ingénieur distingué du corps des ponts et chaussée, M. de Coulaine, faisait, sur le pont de Saumur et sur les routes du département de Maine-et-Loire, des essais analogues, dont il rendit compte aussi dans les Annales.
- Enfin, il y a six ans environ , la chaussée en asphalte comprimé obtint son entrée au théâtre obligé de toute expérience sérieuse : elle pénétra dans Paris.
- Son premier pas fut fait rue Bergère, le long du Conservatoire de musique, après quoi on attendit quatre ans le résultat. Le résultat fut tel que, vers la fin de 1858, la place du Palais-Royal, le point le plus fatigué de tout Paris , fut désignée par l’adini-
- (1) Avant que l’on songeât à appliquer l’asphalte à l’établissement des trottoirs et des chaussées, on le distillait pour en obtenir une huile d’éclairage analogue à l’huile de schiste.
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- nistration pour être macadamisée en asphalte; depuis ce moment, nombre de rues ont échangé leur pavé contre le nouveau système, et rien ne donne à supposer que ce succès doive se ralentir. C’est à MM. Homberg, ingénieur en chef, Yaudrey et Veys-sières, ingénieurs ordinaires du service municipal de Paris, que sont dues cette belle élude et ces remarquables applications.
- Voici comment on procédé pour 1 installation des chaussées en asphalte comprimé :
- La roche asphaltique, extraite de ses gisements et cassée à la grosseur des cailloux qui servent a 1 empierrement des routes macadamisées, est décrépitée comme nous l’avons indiqué plus haut (1), mais dans des appareils spéciaux qui consistent en de grandes caisses de tôle, soutenues sur des pieds en fer et sous lesquelles est placé un fourneau ; on transporte ces appareils sur le lieu du travail, ou dans un terrain proche, afin de faire perdre à la poudre décrépitée le moins de chaleur possible. La forme de la chaussée a été préalablement recouverte d’une couche de béton dont l’épaisseur est ordinairement de Ûm,10, mais varie avec la solidité du sol. Sur certains terrains, comme les bonnes routes macadamisées et bien entretenues, on pourrait arriver à supprimer entièrement le béton ; sur d’autres, où la terre est mal tassée, on est obligé de le porter à 0m,15. Sur ce béton bien damé, nettoyé et réglé suivant la pente exigée (2), on répand la matière décrépitée que l’on pilonne et dont on fait une couche de 0m,04 ou 0m,05, selon la circulation qu’elle doit supporter. On régularise ensuite la compression en promenant sur la surface un rouleau du poids de 2,500 à 8,000 kilogrammes; deux heures après, la chaussée peut être livrée aux voitures.
- La chaussée en asphalte ainsi construite présente une surface unie, douce au roulage des voitures, facile au tirage des chevaux, absorbant complètement le bruit des roues ; la boue ni la poussière ne s’y produisent, parce que l’asphalte ne s’use qu’impereep-tiblement (3), et, si l’on en voit quelquefois sur les chaussées établies à Paris, c’est que, ces chaussées étant presque toutes de faible longueur, la poussière et la boue y refluent des pavés voisins; l’abolition de ces deux fléaux (la poussière surtout, si redoutable aux étalages des magasins) assurera à elle seule le succès du système. L’imperméabilité de la couche bitumineuse est aussi une précieuse propriété, elle protège le terrain sous-jacent et supprime une cause d’insalubrité que le pavé porte toujours avec lui : les joints du pavé emmagasinent sans cesse des matières organiques que
- (1) A l’article Pulvérisation, p. 473.
- (2) Le bombement de la chaussée doit être extrêmement faible; il ne faut pas qu’il dépasse celui strictement nécessaire à l’écoulement des eaux; avec les chaussées en asphalte comprimé, il est un inconvénient qu’on ne peut éviter, mais qu’il faut réduire autant que possible ; c’est à lui qu’on doit les seuls accidents qui s’y soient produits. A Lyon, où le bombement des chaussées en asphalte comprimé a été fait le même que celui des chaussées pavées, des chevaux de cavalerie se sont abattus, et l’autorité militaire, sans tenir compte des causes de l’accident ni de l’opinion des ingénieurs, a exigé la démolition du travail. A Marseille, au contraire, où la chaussée en asphalte a été établie presque plate, aucun accident n’est arrivé, et cependant toute la circulation entre la ville et le port de la Jolyette, la plus énorme circulation qui soit, passe dessus.
- (3) On a pu calculer que l’usure moyenne était environ d’un millimètre par an.
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- les détritus des habitations et des eaux ménagères leur fournissent; ces matières fermentent, se putréfient, et l’action du soleil en répand les miasmes dans l’atmosphère, au grand dommage de l’hygiène publique. On pourrait ajouter à ces avantages : la fonte rapide des neiges, la simplicité de l’entretien et l’absence complète d’ébranlement dans les constructions riveraines.
- Il est certain que les chaussées en asphalte comprimé sont des chaussées de luxe, et que les villes d’une certaine importance peuvent seules se les permettre ; mais les avantages en sont si nombreux et si incontestablement établis aujourd’hui, que toutes les rues fréquentées des villes de province sont désignées d’avance pour en recevoir l’application. La question de prix est d’ailleurs moins difficile à aborder qu’elle ne semble de prime abord, car la chaussée en asphalte coûte de premier établissement un tiers de moins que le pavé de petit échantillon, et d’entretien près des trois quarts de moins que le macadam des boulevards de Paris (1).
- Ruisseaux en asphalte comprimé. — Dans les rues en pavé, les eaux qui s’écoulent sur les deux versants de la chaussée viennent se réunir dans l’angle rentrant que forme chaque versant avec la face verticale de la bordure du trottoir, et de là se rendent aux bouches d’égout. Quelquefois cet angle est muni d’une pierre concave, nommée caniveau, qui règne le long de la bordure et forme souvent une seule pièce avec elle.
- Le ruisseau en caniveau de pierre est cher ; le ruisseau en pavé est malsain, nous avons dit plus haut pourquoi. On a essayé de substituer au caniveau en pierre un caniveau en asphalte, c’est-à-dire qu’on a remplacé les deux ou trois derniers rangs de pavé, voisins de la bordure, par une rigole en roche d’asphalte comprimé à chaud par le même procédé que nous avons décrit pour les chaussées ; en un mot, au lieu de couvrir la chaussée entièrement en asphalte , on ne couvre que deux bandes longitudinales qui servent de caniveau. Ce système a été employé, l’année dernière, pour la première fois, à Bordeaux, rue Huguerie.
- Les caniveaux en asphalte coûtent, suivant qu’ils sont établis plus ou moins proche des mines d’asphalte, d’un tiers à moitié des caniveaux en pierre.
- II. Application du mastic d’asphalte.
- Trottoirs. — La plus considérable de toutes les applications de l’asphalte est la confection des trottoirs. On ne peut pas citer, croyons-nous, d’innovation dont le premier
- (1) Depuis que cet article a été écrit, un incident s’est produit que nous ne pouvons passer sous silence. Vers le mileu de l’hiver dernier, la chaussée de la rue Neuve-des-Petits-Champs a été entièrement reconstruite en asphalte comprimé; au bout de quelques jours, des fissures et des Haches nombreuses se sont manifestées d’un bout à l’autre de la rue. Ces accidents, qu’on n’avait encore constatés nulle part, ont surpris les ingénieurs qui ont voulu en découvrir la cause; on a démoli la chaussée et on a reconnu que l’asphalte avait été posé sur un béton tellement humide, que l’eau vaporisée par la chaleur de la poudre avait pénétré la couche asphaltique et rompu complètement sa ténacité. La chaussée a été reconstruite en entier et s’est depuis parfaitement comportée. ( L. M., avril 1861. )
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- succès ait été plus bruyant, et que la spéculation ait plus audacieusement exploité ; les catastrophes financières, dont elle fut la cause involontaire, sont devenues proverbiales, et les immenses services rendus par elle à* l’industrie et aux travaux publics n’ont jamais pu faire oublier le bruit qui s’est fait autour de son nom et les désastres qui ont accompagné ses premiers pas.
- C’est qu’en effet, avant l’asphalte, le trottoir n’existait pas; car il n’était pas permis d’appeler trottoirs les choses sans nom sur lesquelles on circulait à Paris, non plus que l’affreux pavé pointu réservé aux piétons dans toutes les villes du midi. L’apparition de l’asphalte fut donc] un bienfait, et l’on ne doit pas s’étonner de l’accueil exagéré qui jlui fut fait; mais l’excès même de cet accueil nuisit singulièrement au nouveau système, non point à Paris où il fut répandu dès le premier moment avec prodigalité, non pointé Lyon, qui, voisine des mines de Seyssel, ne pouvait nier leur existence, mais presque partoutjailleurs ; nombre de villes, et des plus considérables, ne savent pas encore ce que c’est que l’asphalte.
- Il faut convenir que le véritable asphalte ne s’implanta point à Paris sans difficulté; en même temps que lui, à côté de lui, peut-être même avant lui, cent imitations avaient surgi, au milieu desquelles on devait le distinguer, et dont il endossait souvent les insuccès. Nous parlerons plus loin de ces imitations, et nous dirons le tort qu’elles ont fait à l’asphalte, sans pouvoir|l’étoufiér cependant; car, malgré les scandales qui ont entouré sa naissance, malgréf les contrefaçons qui l’ont poursuivi et compromis pendant vingt ans, ilja fini par prendre place parmi les plus florissantes industries de ce temps.
- Tout le monde a vu faire les trottoirs, et après les explications que nous avons données sur l’origine de l’asphalte et la fabrication du mastic, il nous reste peu de choses à dire à ce sujet. Nous compléterons cependant ce qui précède par quelques détails techniques indispensables.
- Un trottoir en asphalte se compose de :
- Une couche de béton de 0m,05 à 0m,10,
- Une couche de mastic de 0m,0i5 à 0m,020.
- Lorsqu’on veut construire un trottoir, on commence par s’assurer que le terrain sur lequel il reposera est ferme et sans germe de tassement ; le tassement est la mort des trottoirs en asphalte. Après avoir damé fortement le sol, on coule le béton.
- Le béton doit être fabriqué avec de la chaux parfaitement éteinte , dans la proportion ordinaire; si la chaux renferme des parties encore vives, il arrive souvent que ces parties s’éteignent, soit au moment où la couche d’asphalte vient d’être posée, soit longtemps après; dans les deux cas, des soufflures se forment dans l’asphalte, et le trottoir périt s’il n’est pas immédiatement réparé.
- Lorsque le béton, réglé et pilonné, est parfaitement sec, on procède à la coulée du mastic.
- Le mastic, avant d’être coulé, est mélangé de^gravier en proportion convenable, selon l’épaisseur de la couche, la circulation probable et la température maxima de la localité; le gravier est non-seulement utile comme madère inerte chargée de diminuer
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Août 1861. 61
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- la quantité de mastic employée, c’est un élément indispensable destiné à atténuer l’action de la chaleur ambiante et des rayons du soleil ; plus le mastic renferme de gravier, moins le dallage est fusible.
- Le mastic qui sert au dallage des trottoirs de Paris est ainsi composé :
- Par mètre :
- Mastic d’asphalte de Seyssel.............. 23 kil.
- Gravier................................... 15
- Bitume libre pour aider à la fusion....... lk.5
- L’opération est conduite de la manière suivante :
- Dans une chaudière construite spécialement pour ce genre d’ouvrage, et placée à côté du travail à exécuter, on met d’abord une certaine quantité de bitume destiné à aider à la fusion du mastic, et à remplacer les huiles perdues par l’évaporation; pour les chaudières ordinaires, contenant la valeur de 9 mètres carrés de dallage, la quantité de bitume est à peu près de 12 à 15 kilogrammes.
- Le bitume fondu, on jette dedans les pains de mastic brisés en hui tou dix morceaux, et on laisse chauffer. Lorsque la liquéfaction est complète, on verse le gravier et on brasse le mélange jusqu’à ce qu’il soit bien liquide et que tous les grains de gravier soient imprégnés : alors on procède à la coulée. Un manœuvre verse avec un pochon sur la couche de béton la matière qu’un autre ouvrier, Vapplicaleur, étend avec une spatule, lisse d’une manière uniforme et saupoudre de sable fin. Le rôle de l’applicateur est très-délicat, et ce n’est qu’après une longue expérience qu’un ouvrier parvient à bien saisir le moment où le mélange est bon à couler, à l’étendre sur le béton avec assez de précision pour rendre la couche uniforme et à opérer assez rapidement pour que le mastic ne se refroidisse pas avant d’être réduit à l’épaisseur voulue; le choix des ouvriers applicateurs est donc d’une grande importance pour l’exécution des travaux d’asphalte, et c’est par leur inhabileté que souvent des trottoirs, même construits avec de bons matériaux, ont péri.
- La durée des trottoirs en asphalte, établis dans de bonnes conditions, n’est pas encore connue ; des trottoirs construits dès l’origine de la découverte, c’est-à-dire en 1838, 1839 et 1840, existent encore; on en voit à Lyon, place des Célestins, place des Terreaux et sur le quai de l’Hôpital, qui, depuis vingt-deux ans, ont à peine été réparés. En supposant une épaisseur de 0m,022, on peut fixer à vingt-cinq ans la durée maxima; mais on doit limiter la durée moyenne à vingt ans. Un trottoir bien fait doit s’user, pour ainsi dire, jusqu'à la corde avant de se détruire; on admettra donc qu’un trottoir établi soigneusement, avec des matières authentiques, perdra tous les ans 1 /25e de son épaisseur, et ne succombera que lorsque cette épaisseur ne sera plus que de 0m,003 à 0m,004.
- Le prix des trottoirs en asphalte est, à Paris, en y comprenant une forme de 0“,10 de béton, de 6 francs par mètre carré.
- Chaussée. — On fait aussi, dans plusieurs villes, à Lyon surtout, des chaussées en mastic d’asphalte. Ces chaussées se composent d’une couche de 0m,05 de^ mastic mélangé à 2/5 de gravier, superposée à une forme de 0m,10 de béton. A Lyon, où l’on compte près de 10,000 mètres carrés de chaussées, on en est très-satisfait, et c’est
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- une des raisons pour lesquelles on n’accueille qu’avec une certaine froideur Vasphalte comprimé. Partout ailleurs, ce système ne s’emploie que partiellement pour les traversées de rues, des dallages de cour ou de portes cochères, et dans ce cas on a l’habitude destrier la surface pour empêcher le glissement des chevaux; cependant, à Lyon, on n’a jamais redouté ce glissement.
- Terrasses. — La confection des terrasses est, après celle des trottoirs, un des plus grands débouchés de l’asphalte ; c’est, en effet, un système économique qui permet de couvrir des toitures plates et de réserver des promenades sur les maisons : on fait les terrasses soit, lorsqu’on le peut, en plaçant entre le dallage et la charpente une couche de béton, soit en étendant directement le mastic sur la volige, dont on le sépare par une simple feuille de carton; on couvre aussi en asphalte les bâtiments dont la charpente offre peu de pente ; au-dessus de 7 à § pour 100, le mastic pourrait couler par les grondes chaleurs.
- Chapes. — On emploie beaucoup l’asphalte pour assécher les voûtes de ponts, de caves ou de toute autre construction que l’humidité pourrait compromettre; on étend sur l’extrados une couche mince de mastic qui suffit pour assurer l’imperméabilité.
- Bassins et silos. — Dès la plus haute antiquité, on a eu recours à l’asphalte pour la construction des bassins et des silos; on retrouve encore en Égypte les débris de ces immenses greniers souterrains où s’accumulait le blé des années d’abondance; les silos étaient asphaltés à l’intérieur, et c’est ce qui explique ce fait étrange de grains de blé retrouvés dans les magasins de Pharaon, semés sur la terre du xix* siècle et portant des fruits comme s’ils avaient été recueillis à la dernière récolte.
- On a aussi découvert des restes de bassins dont l’asphalte avait fourni les enduits.
- Aujourd’hui, l’usage des silos, en Europe du moins, est peu suivi; mais on a construit en mastic d’asphalte et en maçonnerie de briques un grand nombre de bassins qui, pour la durée, valent au moins ceux en ciment.
- Applications diverses. — Nous ne saurions décrire toutes les applications qu’a reçues et que reçoit tous les jours l’asphalte; nous rappellerons seulement au hasard :
- L’assainissement des maisons humides, dans lesquelles une seule assise en maçonnerie, jointoyée de mastic d’asphalte, préserve la partie supérieure des murs de l’invasion des eaux inférieures;
- La construction des citernes ;
- Le revêtement des fosses d’aisances;
- Le dallage des écuries et des granges;
- La fabrication des tuyaux de conduite;
- Et une foule d’autres trouvées ou à trouver, dont nous ne citerons plus qu’une toute récente, et qui semble devoir, si elle tient ce qu’elle promet, changer le système actuel des fondations maritimes.
- Blocs en béton d’asphalte. —- Les digues, jetées et autres travaux maritimes reposent sur d’énormes masses d’enrochements formés de blocs naturels de 1 à 2 mètres cubes, défendus eux-mêmes par un revêtement de blocs artificiels de 9,10, 15 et jus-
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- qu’à 20 mètres cubes. Ces derniers blocs sont quelquefois en maçonnerie, le plus souvent en béton de chaux hydraulique ou de ciment. Il est malheureusement constaté aujourd’hui que bien peu de mortiers à base de chaux peuvent résister à l’action décomposante des sels marins; presque partout, après un séjour plus ou moins prolongé dans la mer, les silicates qui forment la partie résistante des mortiers sont attaqués par les sels de magnésie et perdent leurs propriétés cohésives; rien n’empêche alors la désagrégation des maçonneries ou bétons. L’auteur de cette note, frappé de cette impuissance des meilleurs ciments à défier les attaques de l’eau salée, pensa qu’en substituant le mastic d’asphalte aux matières hydratées dont se composent les mortiers on parviendrait peut-être à vaincre cette redoutable action. En effet, dans le mastic d’asphalte chaque molécule de calcaire est environnée d’une couche de bitume, qui l’isole d’une manière absolue des influences extérieures; les sels marins devraient donc détruire cette enveloppe avant de pénétrer jusqu’au carbonate de chaux qu’elle protège, et qui, lui-même, est inattaquable. Or le bitume est insensible aux acides les plus énergiques et n’est soluble que dans l’éther, l’alcool et l’essence de térébenthine; rien de semblable à ces dissolvants n’existe dans l’eau de mer. On peut donc admettre que les sels marins sont absolument inoffensifs pour Pasphalte, et qu’un bloc en mastic bitumineux résisterait indéfiniment.
- Mais l’asphalte est une matière coûteuse, et tous les ports de mer étant situés à une grande distance des mines où il se recueille, il n’en est pas où un bloc de 10 mètres cubes n’eût valu au moins 2,500 francs, c’est-à-dire que, dans ces conditions, le système était tout simplement impossible.
- Après quelque temps d’études, voici à quoi on s’est arrêté (1) :
- On a établi quatre plates-formes en planches clouées sur des madriers, et de dimension à supporter un bloc de 10 mètres cubes. Sur chacune de ces plates-formes on a monté les quatre ais d’un moule analogue à ceux qui servent à la fabrication des blocs en béton ordinaire. Au fond de ce moule, on a coulé, à une épaisseur de 0m,08, un mélange composé de 2/5 de mastic d’asphalte et 3/5 de pierre cassée, cuits et brassés ensemble ; sur cette première couche, on a monté le bloc en maçonnerie ordinaire, tout en laissant entre les faces de ce bloc et les parois intérieures du moule un vide de 0m,08 à 0m,10. Lorsque la maçonnerie a été prise, on a versé dans le vide réservé le même mélange qui avait servi à faire la base, en le pilonnant à mesure qu’on le coulait; enfin on a étendu sur la face du bloc une couche absolument semblable à la couche inférieure; lorsque ces différents enduits ont été refroidis, on a démoulé. On a obtenu ainsi quatre blocs en maçonnerie ordinaire, revêtus, chacun sur toutes ses faces, d’une couche d’asphalte ou plutôt de béton d’asphalte de 0m,08 à 0m,10 d’épaisseur.
- (1) L’opération que nous décrivons a été exécutée au commencement de l’année 1860 à la Pointe de Grave ( embouchure de la Gironde ) par l’ordre de M. Droëling, ingénieur en chef du département de la Gironde, et sous la direction de M. Robaglia, ingénieur des ponts et chaussées, chargé des travaux de défense de la Pointe de Grave.
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- On a lancé ces blocs à la mer dans le mois d’avril 1860 ; jusqu’à ce jour (1), ni le soleil, ni la gelée, ni le galet, ni les lames, ni les sels marins n’ont eu aucune action fâcheuse sur eux.
- Le prix de revient, en admettant le noyau en maçonnerie commune, est à peu près celui des blocs en ciment.
- L’avenir dira la valeur de ce nouveau système. En ce moment, les ingénieurs qui l’ont adopté paraissent y avoir confiance, et ceux du port de Marseille se disposent à faire d’autres essais; jusqu’à présent rien, à leur sujet, n’a encore démenti les prévisions de la théorie (2).
- 6° Des imitations de /’asphalte. — Comme toutes les matières dont le débouché est considérable et dont les lieux de production sont restreints, le mastic asphaltique a eu de nombreuses imitations. Les unes, loyales et sérieusement étudiées, sont parvenues à créer les produits dont l’application, pour n’être pas étendue, n’en est pas moins remarquable; les autres, pures contrefaçons, n’ont cherché leur succès que dans la difficulté où l’on est de les distinguer à priori des asphaltes authentiques quelles ont compromis partout où elles ont pénétré, en leur faisant endosser la responsabilité de leurs propres échecs.
- Nous avons dit que l’asphalte ou calcaire bitumineux est une alliance du bitume et du calcaire pur ; on a tenté de reproduire artificiellement cette combinaison; on ne pouvait songer à contrefaire la roche elle-même, c’était impossible et même inutile, on a imité le mastic : on a pris du calcaire blanc de Meudon, par exemple, et du bitume qu’on a mélangé à chaud et soumis à une cuisson prolongée. On a obtenu ainsi une matière qui, coulée dans des moules, a donné quelque chose de semblable, en apparence, au mastic d’asphalte naturel; c’est ce qu’on a nommé dans l’industrie le bitume factice. Mais, si les deux matières étaient identiques par l’aspect, leur constitution intérieure et leurs qualités à l’usage se trouvaient loin de l’être. La combinaison qu’on cherchait à imiter dans une chaudière par le mélange d’un corps solide et d’un corps liquide sans affinité l’un pour l’autre, celui-ci destiné à pénétrer celui-là, elle est, dans l’asphalte naturel, le résultat d’une de ces opérations colossales de la nature qu’il est interdit à l’homme de répéter. Le bitume qu’on trouve dans l’asphalte est, sans doute, arrivé là à l’état de vapeur, poussé par quelque pression incommensurable, dans des conditions enfin qui lui ont permis d’imprégner le calcaire jusque dans ses éléments les plus cachés; aussi la force qui l’y retient est si énergique, qu’une exposition indéfinie à l’air ne parvient à l’en arracher que sur une épaisseur inappréciable. C’est sur cette précieuse propriété que repose la durée considérable des trottoirs en asphalte, et c’est son absence qui limite celle des trottoirs en bitume fac-
- (1) Avril 1861.
- (2) Les ingénieurs du port de Marseille n’ont pas encore adopté ce système, mais l’administration de la marine s’en préoccupe. MM. Courbebaisse, directeur, et Taratte, ingénieur des constructions hydrauliques à Rochefort, viennent de faire couler deux blocs en asphalte au fort Boyard, un des points les plus dangereux de la côte pour les travaux maritimes.
- ( L. M., avril 1861. )
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- tice. On peut cependant assigner à ce dernier produit un rôle qu’il remplira toujours bien s’il sait s’en contenter. Ainsi, dans les sous-sols, les fondations des maisons humides, les chapes recouvertes de maçonnerie, et en général dans tous les ouvrages éloignés du contact de l’air ou qui ne sont point exposés au frottement continu des pieds ou des roues, on pourrait l’admettre, sans trop de désavantage, à cause de son bas prix ; mais sa présence dans le dallage des trottoirs est presque toujours, pour ceux-ci, le germe d’une ruine prochaine et inévitable.
- Les premiers bitumes factices étaient faits de craie et de goudron de gaz; les trottoirs construits avec cette matière n’eurent qu’une durée insignifiante et furent repoussés; partout on y renonça d’une manière absolue.
- Depuis, la contrefaçon s’est perfectionnée ; on emploie maintenant dans la fabrication du bitume factice les goudrons naturels, et cette amélioration a pu tromper un instant, mais le vice fondamental n’a point disparu; la pratique confirme tous les jours sur ce point les affirmations de la théorie, .et en comparant les dates de divers travaux exécutés sur les trottoirs de Paris, en comparant aussi l’état dans lequel ces trottoirs se trouvent aujourd’hui, on reconnaît que la durée des dallages en asphalte naturel est singulièrement supérieure à celle des compositions factices, et que leur faible différence de prix est loin de compenser leurs différences d’usage.
- Nous avons essayé de concentrer dans cette note, en élaguant les détails inutiles, tout ce qui concerne l’asphalte; nous croyons avoir donné, autant qu’il se peut faire en quelques pages, une idée de son importance, de sa préparation et de ses usages ; mais rien n’est informe comme des notions de ce genre, si l’on ne les complète par une étude, sur place, des matières et des procédés décrits. Nous ne saurions donc trop engager ceux qu’une telle élude peut tenter à visiter les mines où l’asphalte s’exploite, les principaux établissements où il est traité et les grands travaux qu’il défraye ; nous ne craignons pas de trop dire en leur assurant qu’ils y trouveront un intérêt dont nous n’avons pu deur donner qu’un faible aperçu dans le travail qu’ils viennent de lire. ( Annales des ponts et chaussées. )
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- DISCUSSION DES PROCÉDÉS EMPLOYÉS POUR BLANCHIR LES TISSUS DE LAINE AU MOYEN DE L’ACIDE SULFUREUX, PAR M. G. LEUCHS (i). (Extrait.)
- On connaît, jusqu’à présent, trois moyens de blanchir les matières organiques solides. Ces moyens consistent :
- 1° A rendre les substances qui les colorent solub les dans l’eau, les savons et les al-
- (1) Ce mémoire a obtenu, tons la séance du 5 décembre 1859 de la Société d’encouragement de Prusse, le prix mis au concours par cette Société.
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- calis 2° à détruire ces substances par des réactions chimiques , 3° enfin à les unir ayec d’autres substances de manière à en former des combinaisons blanches.
- On ne peut recourir au premier de ces moyens que quand les corps sur lesquels on opère sont eux-mêmes peu altérables. De ce genre sont les filaments végétaux, dont on détruit la coloration par la fermentation et par l’action de l’air et de la lumière, qui laissent ces filaments blancs, ou par l’influence du chlore, dont l’application doit être interrompue assez tôt pour qu’ils ne soient pas endommagés. Mais, pour les filaments beaucoup plus facilement altérables, qui proviennent du règne animal, on ne peut recourir à ces procédés ; et, après avoir enlevé , par le lavage, toutes les substances solubles dans l’eau et dans les savons et les alcalis, on se borne à achever le blanchiment avec l’acide sulfureux.
- Il convient de rappeler d’abord le traitement ordinaire, et d’exposer ensuite les expériences sur lesquelles s’appuient les procédés que l’on doit employer.
- PREMIÈRE PARTIE. — PROCÉDÉS USITÉS.
- a. Composition de la laine et des poils.
- La laine des brebis et le poil des chèvres se composent, en très-grande partie, d’une matière assez chargée de soufre, présentant de l’analogie avec l’albumine ; mais, lorsqu’on les sépare de l’animal, les filaments sont souillés par du suint, de la poussière, etc.
- Le suint, d’après les expériences de M. Chevreul, contient :
- 1° Une matière savonneuse, soluble dans l’eau, et dont la base est alcaline;
- 2° Des sels, en partie solubles et en partie insolubles, tels que du carbonate de potasse, du chlorure de potassium, du carbonate de chaux, etc. ;
- 3° Un corps indifférent, analogue à la cire et susceptible de cristalliser en petites aiguilles : ce corps n’est pas soluble dans l’eau, et n’est pas saponifié par les alcalis qui le transforment seulement en une émulsion d’où les acides le précipitent, sans qu'il ait subi d’altération ;
- 4° Un autre corps, également analogue à la cire : ce corps ne diffère du précédent que parce qu’il se fond à 15° G. ;
- 5° Enfin une substance qui contient du soufre, qui ne peut être extraite par l’eau, l’alcool ni l’éther, et qui paraît avoir beaucoup de rapports avec celle qui constitue principalement la laine.
- La laine, délivrée du suint par l’ébullition dans l’alcool et dans l’éther, se compose, d’après Scherer, de :
- Azote............................. 17,710
- Carbone........................... 50,643
- Hydrogène......................... 7,020
- Oxygène........................... 24,603
- Soufre et matières inorganiques,
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- b. Désuintage.
- Pour délivrer la laine des matières étrangères et du suint, on la lave avant ou après la tonte. Dans le premier cas, on place l’animal dans une eau courante* et l’on y frotte sa toison jusqu’à ce que l’eau s’échappe claire; dans le second, on traite la laine par l’urine putréfiée ou par la soude ouïe savon.
- On réitère ordinairement le désuintage avant le blanchiment.
- Pour désuinter la laine :
- a. Avec l’urine putréfiée. — On la plonge dans un bain composé de 5 parties d’eau tiède et d’une partie d’urine, et on chauffe à 30° ou 40° C. On la fait ensuite égoutter, et on la porte dans une eau courante. La même urine peut servir plusieurs fois.
- b. Avec les alcalis, le désuintage peut être effectué de différentes manières.
- a. Avec le carbonate de soude et le savon.
- Pour 40 pièces d’étoffe :
- 1. On emploie un bain composé de 11 kil. de soude, 2 kil. 800 de savon, et l’on y fait passer trois fois les tissus ; on porte la température à 40° C. environ. Pendant le cours de l’opération, il faut, en outre, ajouter 300 grammes de savon par pièce.
- 2. On passe ensuite deux fois dans l’eau chauffée à 40° C.
- 3. Puis trois fois dans un bain semblable au premier.
- Une autre méthode consiste à laver 100 parties de laine, en poids, dans un bain composé de 5 parties de savon et de 1 partie de potasse, chauffé à 40° ou 50° C., et dont on prolonge l’action pendant dix-huit à trente minutes; on rince ensuite dans l’eau pure, et l’on procède au désuintage en employant, pour 30 pièces de 30 mètres environ.
- 1° Le foulage, pendant vingt minutes, dans un bain contenant 10 kilog. de soude ou de potasse, et chauffé à 30° C. ;
- 2° Puis, pendant 10 minutes, dans un bain à 40° C., contenant 3 kilog. 50 à 4 kil. de savon ;
- 3° Enfin on termine en foulant les tissus dans un bain de carbonate d’ammoniaque, ou même d’ammoniaque caustique.
- Blanchiment proprement dit. Le blanchiment des tissus de laine s’opère exclusivement au moyen de l’acide sulfureux, employé soit à l’état gazeux, soit à l’état liquide. On peut aussi s’en servir à l’état de sulfite alcalin. Lorsque l’on recourt à l’acide gazeux, il faut toujours mouiller auparavant les tissus. On se le procure, dans ce cas, par la simple combustion du soufre. On prolonge l’action de six à vingt heures, selon les cas.
- Ce traitement décolore assez bien la laine, mais l’effet n’est pas durable ; et, pour obtenir un blanchiment parfait, il faut répéter plusieurs fois le soufrage, en l’alternant avec des passages dans un bain contenant de la soude et du savon. Ordinairement, on donne ensuite à la laine une légère nuance bleue, en l’immergeant dans une solution d’indigo.
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- Une des meilleures méthodes de blanchiment que l’on puisse employer pour les étoffes qui ont été désuintées par le premier des procédés que nous avons cités plus haut consiste (pour 40 pièces)
- 1° A exposer, pendant douze heures, à l’acide gazeux provenant de la combustion de 11 kilog. de soufre;
- 2° À passer trois fois dans un bain semblable au deuxième indiqué pour le désuin-age;
- 3° A donner un deuxième soufrage semblable au premier;
- 4° A passer encore trois fois dans un bain semblable au deuxième du désuintage;
- 5° A laver une fois dans de l’eau chauffée à 40° C. ;
- 6° A exposer une troisième fois, pendant douze heures, à l’action du gaz sulfureux;
- 7° A laver d’abord dans l’eau chaude, puis dans l’eau froide;
- 8° A azurer avec du carmin d’indigo.
- Blanchiment des étoffes désuintées par la seconde méthode.
- Pour 50 kilogrammes :
- 1° Soufrage, pendant douze à quinze heures, avec 3 à 4 kilog. de soufre;
- 2° Répétition des traitements désignés par les numéros 1, 2, 3;
- 3° Azurage avec le carmin d’indigo.
- DEUXIÈME PARTIE. — DISCUSSION DES PROCÉDÉS ET DES RÉACTIONS.
- a. Réactions pendant le désuintage.
- I. Avec l’urine putréfiée.
- Le principe qui agit dans ce cas est le carbonate d’ammoniaque développé par la fermentation. Ce sel se combine avec les corps analogues à la cire, aux graisses ou à l’albumine ; et, bien qu’il ne les rende pas solubles dans l’eau, il les sépare à l’état, d’émulsion. Le composé savonneux et les autres matières étrangères qui n’adhèrent que mécaniquement peuvent alors être extraits par le lavage dans l’eau, et le premier y est même en partie soluble.
- Ce composé savonneux se décompose, sous l’influence de l’eau, en un sel basique, soluble dans ce liquide, et en un autre sel acide qui y est insoluble. Le premier contribue à la dissolution des corps gras et favorise, par conséquent, l’action du carbonate d’ammoniaque. La petite quantité des combinaisons azotées que contient le suint favorise aussi la même action, en produisant du carbonate d’ammoniaque.
- II. Avec la soude (ou la potasse), le savon et l’ammoniaque.
- Tandis que, dans la méthode précédente, l’influence décomposante de la putréfaction produit un effet indépendant de la dissolution, le désuintage par la soude, etc., n’agit que par dissolution. Les substances analogues au savon, à la cire et aux graisses Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Août 1861. 62
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- se comportent comme précédemment, c’est-à-dire que la première se dissout dans l’eau, tandis que les autres n’y produisent qu’une émulsion.
- La combinaison sulfureuse se dissout au moins en partie, et donne naissance à du sulfure de sodium ; aussi, par l’ébullition, la solution alcaline dégage-t-elle toujours de l’hydrogène sulfuré, et l’acétate de plomb est-il précipité en noir.
- Le carbonate de soude, ne possédant qu’à un faible degré la propriété de dissoudre les corps analogues à la cire ou aux graisses, doit toujours être accompagné par du savon, qui, comme on l’a dit plus haut, agit en formant une combinaison basique soluble dans l’eau. La soude caustique doit être rejetée, parce qu’elle attaque les filaments. Une température de plus de 40 ou 50° C. agit de la même manière et exerce même une influence nuisible sur la teinture qui suivra plus tard.
- b. Réactions pendant le blanchiment.
- On donne généralement, sur ces réactions, deux théories fort différentes.
- La première suppose que l’acide sulfureux, sous l’influence de la lumière, opère la destruction de la matière colorante.
- La seconde admet, au contraire, que l’acide sulfureux forme, avec cette matière, une combinaison incolore qui adhère aux filaments d’une manière permanente.
- La première théorie se fonde sur la facilité avec laquelle l’acide sulfureux passe à l’état d’acide sulfurique; la seconde s’appuie sur l’analogie et sur la propriété que possède l’acide sulfureux de former des combinaisons blanches avec les matières colorantes de la rose, de l’œillet, de l’indigo, etc., qui ne sont cependant pas détruites, puisque l’on peut les faire revivre par des réactifs.
- Selon la première théorie, la matière colorante est détruite; d’après la seconde, elle est amenée à l’état d’une combinaison blanche qui recouvre les filaments.
- Pour déterminer maintenant celle des deux qui est la plus exacte ou qui s’écarte le moins de la réalité, l’auteur s’est proposé de rechercher :
- 1° Si les matières colorantes de la rose, de l'œillet, des antres fleurs rouges et de V indigo forment, avec l'acide sulfureux, des combinaisons blanches gui, pour les premières, restent adhérentes aux filaments;
- 2° Si le même phénomène se produit sur la matière colorante de la laine.
- Avant d’entrer dans cette discussion, il est bon de faire observer qu’un peu de réflexion suffit pour démontrer l’insuffisance de la seconde théorie, qui n’explique pas tous les phénomènes. À quoi servirait, en effet, l’emploi subséquent et. réitéré de la soude et du savon, si les filaments n’étaient plus chargés que d’une combinaison incolore? On ne peut admettre qu’il soit destiné à augmenter la fixité de ce composé ou à enlever l’acide sulfureux surabondant, car on atteindrait plus facilement ce but par un simple lavage dans l’eau; il aurait, au contraire, plutôt pour résultat de saturer l’acide sulfureux et d’en séparer la matière colorante.
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- EXfimen des phénomènes qui se produisent, pendant Vaction de Vacide sulfureux, sur
- les roses, les œillets, l'indigo, etc.
- L’auteur a exposé, pendant six heures, une certaine quantité de pétales d’œillets et de roses aux émanations de l’acide sulfureux liquide. Les effets ont été les mêmes sur ces deux espèces de fleurs, et l’on peut, par conséquent, les confondre.
- Les pétales commencèrent par devenir presque complètement blancs.
- M. Leuchs en a traité alors : a Une partie par de l’eau à 40° C.
- h Une autre partie par de l’eau froide, dont il l’a humectée pour en extraire l’acide libre U a ensuite pressé cette partie entre des feuilles de papier à filtre et 1 a exposeeà
- J* £|1 f #
- ' Il a aussi exposé à l’air les pétales traités par l’eau chaude. Celte eau était complètement incolore, mais il n’en est ainsi qu’entre certaines limites de température. Le refroidissement ou réchauffement du liquide, poussé trop loin, a développé une nuance rougeâtre qui a disparu lorsque la température a été ramenée au degré
- convenable.
- La solution rougissait la teinture de tournesol et sentait fortement l’acide sulfureux; elle" en contenait, par conséquent, une certaine quantité à l’état libre. Pour l’en délivrer l’auteur l’a fait bouillir pendant une heure au bain-marie, jusqu’à ce quelle ne dégageât plus d’acide, ce dont il s’est assuré en maintenant au milieu de la vapeur un papier bleui par le sirop de violette.
- Quoique l’on pût admettre alors que l’acide sulfureux s’était complètement dégagé, la solution n’en exerçait pas moins une réaction acide. S’il s’était formé une combinaison entre la matière colorante et l’acide, cette combinaison devait être contenue
- dans le liquide.
- L’addition d’acide chlorhydrique, d’acide sulfurique, d acide acétique et d autres acides forts a développé une coloration tres-intense et produit un fort dégagement d’acide sulfureux.
- La matière colorante a pu être reproduite par une grande quantité d’alcool, qui a donné un liquide rougeâtre et opalin, par l’acide sulfhydrique et enfin par les alcalis, qui l’ont rendue violette. Le chlore et 1 iode ne 1 ont pas fait reparaître.
- Ces faits prouvent que la matière colorante n’est pas détruite par l’acide sulfureux, puisque les acides plus puissants la rétablissent, et même qu’elle n’est pas désoxygé-née, puisque des substances propres à réduire les oxydes, c est-à-dire 1 alcool et l’acide sulfhydrique, la rétablissent également. On doit donc admettre qu’elle se combine avec l’acide sulfureux et forme un composé blanc soluble dans l’eau.
- Les réactions qui précèdent démontrent bien la présence de l’acide sulfureux dans la solution, mais elles ne décident pas s il s y trouve ou non un peu d acide sulfurique.
- Cependant cela ne paraît pas possible, car, dans ce ca», la solution présenterait une nuance rouge.
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- Toutefois M. Leuchs, pour s’en assurer, a préparé une nouvelle solution dans laquelle le chlorure de barium a produit un précipité blanc rendu aussitôt complètement soluble par une addition d’acide chlorhydrique étendu. En ajoutant préalablement à une partie de la même solution une certaine quantité d’acide acétique et en chauffant àlOO°C., on n’observait aucun précipité produit par le chlorure de barium. L’absence complète de l’acide sulfurique est donc bien démontrée.
- (Nota. Pour que ces expériences réussissent, il faut s’assurer que l’acide sulfureux employé ne contient pas d’acide sulfurique*, se servir d’eau distillée préalablement portée à l’ébullition; enfin ne pas exposer à l’air les pétales soumis à l’action de l’acide sulfureux. )
- La combinaison dont nous venons de parler est très-stable, si sa solution aqueuse est suffisamment concentrée. En la conservant dans des vases clos, on ne la voit pas rougir dans l’espace de quatre à six semaines, et l’acide sulfurique ne s’y forme que très-lentement. Mais, si l’on expose les pétales à l’air (voyez l’expérience b ci-dessus), ils deviennent violets et l’acide sulfurique se développe promptement.
- Les pétales de l’expérience c n’ont éprouvé que fort peu de changement.
- Les œillets traités plusieurs fois par l’acide sulfureux et chauffés dans l’eau à 40° C. n’ont été que très-faiblement rougis par l’acide sulfurique, ce qui prouve que toute leur matière colorante avait été enlevée et était passée dans la solution.
- Il résulte de ce qui précède que la seconde théorie est exacte quant à la formation d’une combinaison incolore, mais non quant à la permanence de l’union de cette combinaison avec les filaments.
- Le composé formé est, au contraire, facilement soluble dans l’eau, et le lavage n’a d’autre effet que de rendre plus sensible la blancheur naturelle des filaments.
- Discussion de cette théorie par rapport à la laine.
- Si les réflexions qui précèdent peuvent être légitimement appliquées au blanchiment de la laine, tous les réactifs dont nous avons parlé doivent, dans ce cas, produire des phénomènes semblables ou du moins analogues.
- L’auteur a donc soumis aux expériences suivantes non-seulement de la laine, mais encore des étoffes de cette matière.
- Les tissus désuintés à la manière ordinaire ont été exposés, pendant vingt heures, au gaz provenant de la combustion du soufre. On a ensuite traité la laine, pendant un quart d’heure environ, par l’eau portée à 40° C., puis on a fait chauffer davantage, au bain-marie, la solution obtenue, jusqu’à ce que tout l’acide libre ait été dégagé. La solution était complètement incolore ; elle exerçait une réaction acide sur le papier de tournesol; par conséquent, la matière colorante y était encore contenue à l’état de combinaison acide.
- Par une addition d’acide chlorhydrique ou d’acide acétique et l’élévation à une température modérée, on précipitait de la solution concentrée la matière colorante en flocons d’un brun jaunâtre. Cet effet était produit d’une manière beaucoup plus
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- marquée par une addition de soude ou d’un autre alcali, qui rendait la liqueur brune lorsque la quantité ajoutée était en exces.
- La matière colorante était séparée par les acides plus forts que l’acide sulfureux, et l’on observait un dégagement considérable de cet acide.
- D’autres réactifs, tels que le chlore, l’iode, l’alcool, l’acide sulfhydrique, opéraient des précipités analogues dans la solution. Pour l’alcool, ce phénomène était fort peu marqué.
- L’emploi du chlorure de barium et de l’acide chlorhydrique a démontré, comme dans les expériences précédentes, la présence de l’acide sulfureux et l’absence de l’acide sulfurique.
- Pour la laine soufrée, l’exposition à l’air a produit de l’acide sulfurique, et la solution contenant la combinaison de la matière colorante s’est également montrée fort stable.
- En concentrant cette solution par l’ébullition, on a vu une partie de la matière colorante s’en séparer en flocons qui ne se sont pas redissous lors du refroidissement. Il paraît donc que l’acide sulfureux s’en est séparé pour se dégager.
- La matière colorante, extraite par une de ces méthodes, n’était pas en quantité suffisante pour que l’on pût admettre la dissolution complète de toute celle qui existait, et d’ailleurs la laine soufrée n’était pas encore blanche, à beaucoup près.
- M. Leuchs, après l’avoir lavée dans l’eau, l’a donc traitée par de la soude, à laquelle il avait ajouté un peu de potasse caustique, et il a obtenu une solution brune. Dans cette solution, dont la nuance suffirait pour indiquer qu’elle contenait la matière colorante, les réactifs ont démontré la présence de cette matière, aussi bien que celle de l’acide sulfureux.
- Il s’ensuit que la combinaison de la matière colorante de la laine avec l’acide sulfureux est assez soluble dans l’eau pure et beaucoup plus dans l’eau alcaline, même dans celle où l’alcali est à l’état de carbonate.
- Il a paru intéressant de déterminer le poids perdu par la laine. M. Leuchs a donc désuinté avec du savon et du carbonate de soude 300 grammes de cette matière. La perte a été de 100 grammes. Les 200 grammes restants ont été partagés en deux lots égaux.
- Le premier lot, de 100 grammes, a été soufré pendant dix heures, puis pressé dans du papier à filtre, et enfin séché à 15° C. dans de l’air privé d’humidité. La laine a perdu 3 grammes.
- Le deuxième lot, soufré de la même manière, puis traité par l’eau à 40° C., et enfin séché comme le précédent, a perdu 5 grammes.
- Les 97 grammes de la première expérience, aussi bien que les 95 grammes de la seconde, et que 100 grammes de nouvelle laine, n’ont tous pesé que 95 grammes, après avoir été traités par le carbonate de soude à 15°, et séchés comme il a été dit précédemment.
- ( Nota. Pour procéder plus sûrement encore, l’auteur a recommencé la première expérience, en chauffant rapidement la laine jusqu’à 40° C., au lieu de la presser dans
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- du papier à filtre. Il a chassé ainsi l’excès d’acide sulfureux et a séché les filaments comme pour les autres expériences. Il a obtenu le même résultat.)
- La laine soufrée et séchée ou passée dans l’eau est rude et perd toute la douceur qu’elle possède naturellement; mais, chaque fois qu’on la traite par le carbonate de soude, elle reprend sa première flexibilité.
- En ce qui concerne ses propriétés physiques, on peut ajouter que cette matière n’est pas, à beaucoup près, rendue aussi blanche par l’acide sulfureux que le ferait supposer la formation d’un composé blanc sur une matière blanche aussi elle-même. La laine reste jaunâtre dans beaucoup d’endroits, principalement dans ceux où l’humidité s’est accumulée. Le traitement par l’eau à 40° C. diminue, jusqu’à un certain point, ces taches jaunes, et le foulage produit encore cet effet à un plus haut degré.
- Si l’on soufre encore une fois la laine traitée par l’eau, et :
- 1° Que l’on en fasse sécher une partie à l’air, après l’avoir préalablement chauffée à 40°G,, pour chasser l’excès d’acide sulfureux,
- 2° Que l’on en traite une autre partie avec du carbonate de soude et du savon, et qu’on la fasse sécher, on observe des résultats fort différents; car la laine traitée par la première méthode devient brune, tandis que celle qui a subi la seconde manipulation atteint une blancheur remarquable.
- Or, s’il s’était réellement formé une combinaison blanche fixée d’une manière permanente sur les filaments, on ne comprendrait pas pourquoi le dégagement de l’acide sulfureux superflu ne suffirait pas pour rendre la laine parfaitement blanche.
- (Nota. On a observé le même phénomène en traitant cette matière avec de l’eau, et en la séchant ensuite.)
- On pourrait supposer, en consultant la première théorie, que la formation d’une combinaison blanche à la surface des filaments est susceptible de diminuer la transparence de la laine; mais la loupe n’a rien fait observer de semblable; cette matière, sous l’influence du soufrage, paraissait même être devenue plus translucide. Ces faits sont évidemment favorables à la seconde théorie.
- Pour confirmer ses conclusions, l’auteur s’est proposé d’isoler la matière colorante combinée avec l’acide sulfureux; il y est parvenu par la méthode suivante, qui lui a donné un résultat assez satisfaisant.
- Extraction de la matière colorante en combinaison avec l’acide sulfureux.
- Après avoir désuinté la laine, l’auteur, pour en écarter toute trace de corps gras et ne conserver aucun obstacle à la cristallisation, a soumis la matière à l’action de l’ammoniaque caustique, et, après l’avoir bien lavée dans l’eau, l’a soufrée pendant six heures.
- Il l’a ensuite traitée par le carbonate de soude dissous dans l’eau; et, après avoir concentré la liqueur brune qu’il a obtenue, il en a précipité la matière colorante par l’acide acétique; il a enfin filtré et bien lavé le précipité avec de l’eau aiguisée d’acide acétique et d’acide chlorhydrique.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- La matière colorante, ainsi recueillie, avait un aspect terreux, d’un gris brun ; avant d’avoir été séchée, elle se dissolvait incomplètement dans l’eau chargée d’acide sulfureux, et bien exempte d’acide sulfurique. La solution incolore, ainsi obtenue, a été filtrée et concentrée au bain-marie, jusqu’à pellicule, avec beaucoup de précaution.
- , Le refroidissement a séparé la combinaison cherchée en paillettes cristallines, incolores, brillantes, qui rougissent le tournesol, possèdent une saveur acide, sont dépourvues d’odeur, se dissolvent facilement dans l’eau, sont colorées en brun par les solutions alcalines, et laissent dégager l’acide sulfureux lorsqu’on les traite par les acides plus puissants. En les chauffant, on les décompose et l’on isole la matière colorante.
- La quantité fournie par un demi-kilogramme de laine était si petite, que l’on ne pouvait la compter que par centigrammes.
- Résumé.
- Le blanchiment de la laine par l’acide sulfureux ne repose pas sur une destruction, comme beaucoup de personnes l’ont admis jusqu’à présent, ni sur la formation d’un composé incolore recouvrant la laine d’une manière permanente, mais sur la simple extraction de la matière colorante sous forme d’une combinaison soluble dans l'eau et les alcalis.
- La blancheur de cette combinaison n’a qu’une importance secondaire.
- Lorsque le désuintage a enlevé les matières grasses, savonneuses ou analogues à la cire, ainsi qu’une partie de la matière colorante; qu’il a ramolli la laine et l’a préparée à l’action de l’acide sulfureux, le soufrage a pour effet de rendre soluble la matière colorante qui a échappé aux premières opérations. Il n’est nullement nécessaire que, dans la formation du composé soluble, le liquide reste toujours incolore, et il parait même, au contraire, qu’une partie de la matière colorante se dissout dans la combinaison qui s’est formée d’abord et teint en jaune la solution.
- Les passages suivants et successifs dans le carbonate de soude, le savon et l’acide sulfureux, achèvent d’enlever la matière colorante qui disparaît totalement.
- Le traitement par le carbonate de soude a encore pour but de rendre à la laine le moelleux dont l’acide sulfureux l’a privée.
- Comme les dernières traces de matière colorante pourraient être de nouveau rendues apparentes par l’action de la soude, on comprend pourquoi il est d’usage de ne laver qu’avec de l’eau après le dernier soufrage.
- L’acide sulfureux, à l’état de gaz, ne peut agir qu’avec beaucoup de lenteur ; mais, en mouillant les étoffes, on le dissout dans l’eau dont elles sont imprégnées, et l’on abrège beaucoup le temps du travail. L’emploi des sulfites alcalins serait une faute contre l’économie, car ces sulfites se forment naturellement pendant le cours des opérations. [Mémoires de la Société d'encouragement de Berlin, et Dingler's Polytechnisches Journal. )
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- DENSITÉ DE LA VAPEUR.
- DENSITÉ DE LA VAPEUR.
- RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LA DENSITÉ DE LA VAPEUR D’EAU A TOUTE TEMPÉRATURE,
- PAR MM. W. FAIRBAIRN ET T. TATE.
- Mémoire lu à la Société royale de Londres le 10 mai 1860 (1).
- MM. W. Fairbairn et T. Tate ont déterminé la densité de la vapeur d’eau saturée et la loi de dilatation de la même vapeur surchauffée à un grand nombre de températures, tant supérieures qu’inférieures à la température ordinaire d’ébullition. Le principe de leur méthode consiste à introduire un poids connu d’eau dans un récipient de capacité connue vide d’air, à mesurer exactement la température à laquelle la totalité de l’eau est vaporisée et à observer les changements de pression qui résultent d’une élévation ultérieure de température, le volume occupé par la vapeur demeurant sensiblement constant. A cet effet, le récipient où l’eau se réduit en vapeur communique avec une des branches d’un siphon renversé plein de mercure, dont l’autre branche communique avec un espace rempli de vapeur saturée qui environne le premier récipient et possède, par conséquent, exactement la même température. Aussi longtemps que la totalité de l’eau du premier récipient n’est pas vaporisée, la pression est évidemment la même dans les deux branches du siphon renversé et le mercure s’y élève à la même hauteur. A l’instant où la vaporisation est complète, le mercure commence à s’abaisser dans la branche qui communique avec l’espace où la vapeur est constamment saturée, et, si l’on continue à chauffer, l’observation de la différence du niveau fait connaître la différence qui existe entre la pression d’une vapeur saturée et la pression d’une vapeur surchauffée qui a exactement la même température et dont la densité est facile à calculer, puisqu’on connaît son poids et son volume.
- Aux températures supérieures à 100 degrés, la pièce principale de l’appareil était un ballon de verre d’un peu plus d’un litre de capacité, dont le col très-long était recourbé deux fois et contenait du mercure dans sa deuxième courbure. Ce ballon était placé au centre d’un grand vase de cuivre qui fonctionnait comme bain de vapeur, mais le col recourbé était logé dans un tube de verre qui communiquait avec le bain de vapeur et qui était lui-même entouré d’un bain d’huile à parois de verre. Les différences de niveau étaient relevées au cathétomètre, les températures étaient mesurées par des thermomètres directement plongés dans la vapeur, mais corrigés de l’influence de la pression.
- Au-dessous de 100 degrés, l’appareil était notablement modifié et, d’après la description très-succincte qu’en donnent les auteurs, il paraît que sa construction se rapprochait beaucoup de la construction d’un appareil de M. Régnault.
- Les expériences ont montré que la densité de la vapeur saturée ou surchauffée est constamment supérieure à celle qu’on déduirait de la densité théorique par l’applica-
- (1) Philosophical Magazine, 4e série, t. XXI, p. 230.
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- DENSITÉ DE LA VAPEUR.
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- tion des lois de Mariotte et de Gay-Lussac. En particulier, lorsque la vapeur est saturée le volume et la pression de l’unité de poids de vapeur sont liés ensemble par la formule suivante, où la pression est censée exprimée en pouces anglais de mercure :
- V = 25,62
- 499,3 P 4- 0,72'
- Le ta“bleau suivant contient les résultats directs des expériences :
- température de la vapeur saturée en degrés centigrades. VOLUME DE L’UNITÉ DE POIDS DE VAPEUR.
- Observé. Calculé.
- Degrés.
- 58,20 8266 8183
- 68,50 5326 5326
- 70,75 4914 4900
- 77,20 3717 3766
- 77,50 3710 3740
- 79,40 3433 3478
- 83,50 3046 2985
- 86,85 2620 2620
- 92,65 2146 2124
- 117,17 941 ; 1937 ’
- 118,23 906 906
- 118,46 891 900
- 124,17 758 758
- 128,41 648 669
- 130,67 634 628
- 131,78 604 608
- 134,87 583 562
- 137,46 514 519
- 139,21 496 496
- 141,81 457 461
- 142,36 448 456
- 144,74 432 428
- 1
- Un second tableau contient les résultats des expériences sur la dilatation de la vapeur surchauffée, t y désigne la température où la vapeur était saturée, T et T -f- ê les limites de température entre lesquelles l’expérience a eu lieu, /? le coefficient de dilatation à volume constant rapporté à la température T comme température initiale,
- et le coefficient analogue pour l’air, c’est-à-dire la valeur de l’expression 4 , ou
- 1
- a0 désigne le coefficient ordinaire
- JàkO
- Tome VIII. —- 60e année. 2e série. — Août 1861.
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- 498 DENSITÉ DE LA VAPEUR.
- 76° ,6
- 343,7
- 390,2
- 116,7
- 412,4
- 165,6
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- On doit remarquer dans ce tableau la grandeur du coefficient de dilatation au voisinage de la température de saturation et la rapidité avec laquelle il diminue à mesure qu’on s’écarte de cette température. Il paraît très-probable que la valeur de ce coefficient se rapproche de la valeur du coefficient de l’air, à mesure que la vapeur se dilate.
- Depuis que les résultats de MM. Fairbairn et Tate ont été publiés, M. Clausius a fait remarquer qu’ils s’accordaient de la manière la plus remarquable avec uue formule théorique proposée par lui dans son premier mémoire sur la théorie mécanique delà chaleur. (Voyez les Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 16 avril 1861.) ( Annales de chimie et de physique. )
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- CINQUIÈME MÉMOIRE SUR UNE ACTION DE LA LUMIÈRE INCONNUE JUSQU’ICI ;
- PAR M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR.
- « En continuant mes expériences sur l’action que la lumière exerce sur tous les corps poreux ou rugueux, en leur donnant une activité persistante pendant longtemps pour réduire les sels d’argent et décolorer les étoffes, j’ai constaté quelques faits nouveaux que je vais rapporter.
- « Ainsi, en exposant à un fort soleil, pendant deux ou trois heures, une partie fraîchement cassée de la tranche d’une assiette de porcelaine opaque et l’appliquant ensuite sur un papier préparé au chlorure d’argent, on obtient, après vingt-quatre heures de contact, une réduction du sel d’argent dans la partie correspondante à celle qui a été frappée par la lumière, et rien dans celle qui en a été préservée. Certaines porcelaines tendres acquièrent plus facilement cette activité.
- « Une plaque d’acier, polie dans une partie et dépolie dans l’autre au moyen d’une assez forte action d’eau forte et parfaitement nettoyée à l’alcool, a été ensuite insolée trois ou quatre heures dans les conditions suivantes : moitié de la plaque polie et dépolie sous un écran opaque et l’autre moitié sous un verre blanc. La plaque a été ensuite recouverte par un papier préparé au chlorure d’argent albuminé. Après vingt-quatre heures de contact, j’ai obtenu une impression de la partie dépolie qui avait été frappée par la lumière, mais rien dans la partie polie, ni dans celle dépolie placée sous l’écran.
- « Une lame de verre fortement dépolie et parfaitement nettoyée à l’eau distillée a donné les mêmes résultats que Ja plaque d’acier.
- « Je dirai que la lumière a moins d’action sous un verre violet que sous un verre blanc.
- « Ces expériences démontrent donc qu’il n’est pas nécessaire, pour que la réduc-
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- tion des sels d’argent ait lieu, qu’il y ait une action chimique comme lorsque l’-on insole un sel métallique avec une matière organique, ou simplement une des deux matières.
- « M. Arnaudon, chimiste de Turin, a répété quelques-unes de mes expériences dans les différents gaz, et les résultats ont été les mêmes qu’à l’air libre. Moi, je me propose de les répéter dans le vide lumineux.
- « Avant de passer à d’autres expériences, je rappellerai que j’ai constaté que la terre insolée donnait des traces de cette activité jusqu’à la profondeur de 1 mètre, épaisseur qui doit varier selon la nature des terrains et selon le degré d’insolation. Mais cette activité démontre bien l’action continue de la lumière dans la végétation, et l’expérience suivante viendrait à l’appui : Dans un tube de fer-blanc, tapissé d’un carton imprégné d’acide tartrique et insolé au point de réduire fortement l’azotate d’argent, j’ai placé au milieu du tube, sans contact, une petite vessie renfermant une faible solution d’amidon; après quarante-huit heures, j’ai constaté que cet amidon réduisait faiblement la liqueur de Barreswil; un autre amidon, placé dans les mêmes conditions excepté l’insolation, n’a rien produit dans la liqueur.
- « Cette activité acquise par un corps insolé a donc, dans beaucoup de cas, la même propriété que la lumière; mais je vais citer une expérience où elle n’agit pas de même. Ainsi, on sait que les bitumes comme les résines s’oxydent à l’air et à la lumière; eh bien, je n’ai pas pu, avec celte activité acquise par un corps insolé, solidifier un vernis au bitume de Judée, de même qu’un bitume insolé ne réduit pas les sels d’argent. Cela tient peut-être à ce que cette activité, comme la lumière, ne peut pas pénétrer et se fixer dans la couche lisse du bitume de Judée?
- « Une plaque de fer oxydée dans l’ombre ne réduit pas les sels d’argent, mais elle les réduit si elle est insolée.
- « Voici maintenant des expériences que j’ai faites dans le but de savoir, comme cela a été annoncé plusieurs fois, si la lumière aimantait un barreau d’acier. Eh bien, après avoir écarté toutes les causes d’erreurs, il m’a été impossible d’attirer une aiguille à coudre suspendue à un cheveu, par une autre aiguille insolée très-longtemps sous un faisceau de lumière concentrée par une forte lentille, soit avec la lumière blanche, soit en faisant à celle-ci traverser un verre violet.
- « J’ai ensuite enveloppé une aiguille dans un papier imprégné d’azotate d’urane ou d’acide tartrique et insolé, de même j’ai suspendu une aiguille horizontalement dans des tubes contenant des cartons imolés, et les résultats ont toujours été négatifs ; ce qui prouve que cette activité, dont j’ai parlé plus haut, n’est point due à l’électricité, comme on l’a prétendu.
- c J’ai ensuite répété les premières expériences sur des aiguilles très-faiblement aimantées, pour voir si je parviendrais à les désaimanter; résultats toujours négatifs.
- « Conclusions. Il résulte de l’ensemble de mes expériences que cette activité persistante donnée par la lumière à tous les corps poreux, même les plus inertes, ne peut même pas être de la phosphorescence, car elle ne durerait pas si long-temps, d’après les expériences de M. Edmond Becquerel; il est donc plus probable que c’est un
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- rayonnement invisible à nos yeux, comme le croit M. Léon Foucault, rayonnement qui ne traverse pas le verre.
- « Quant à l’aimantation et à la désaimantation, il m’a été impossible de rien obtenir avec la lumière seule. » ( Comptes rendus de l"Académie des sciences. )
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Nettoyage de la toile métallique dans les machines à fabriquer le papier.
- Dans les machines à fabriquer le papier, la toile se salit facilement et produit, lorsqu’on ne la nettoie pas à temps, des parties claires, quelquefois des trous et, en tous cas, un résultat désagréabledansle tissu du papier. Ordinairement, pour nettoyer la toile, on y verse une dissolution de sel de soude en la brossant et, quand elle renferme des matières durcies qui obstruent complètement une ou plusieurs mailles, on y applique la flamme d’une lampe ou simplement d’un morceau de papier en combustion. Mais ces procédés sont défectueux, le premier parce que le brossage finit par déformer la toile, le second parce que le flambage y produit souvent des trous. Le meilleur moyen de la tenir constamment propre sans la détériorer, c’est de placer sous la table de fabrication, à l’endroit où la toile retenue par le rouleau le plus bas forme saillie, une caisse triangulaire, en bois ou en métal, mise en communication à l’aide d’un petit tuyau avec la prise de vapeur la plus rapprochée, et disposée de manière que la toile y plonge au fur et à mesure qu’elle tourne. On remplit la caisse d’une dissolution de soude, on ouvre le robinet pour donner accès à la vapeur et on fait bouillir; les impuretés se dissolvent, et il est rare qu’au bout de peu de temps la toile ne soit pas entièrement propre : on la lave alors et on la brosse très-légèrement. (Journal des fabricants de papier.)
- Applications industrielles de la stèatite.
- On sait qu’il existe dans la nature un silicate de magnésie, classé parmi les roches sous le nom de stèatite, et dont les gisements sont nombreux et parfois très-abondants. Sa douceur au toucher et sa facilité à se laisser tailler lui auraient, sans doute, permis de recevoir de plus nombreuses applications, n’était sa fragilité extrême, qui ne permet de la travailler qu’avec de grandes précautions. Pour remédier à cet inconvénient M. Schwartz a imaginé de lui faire subir une cuisson avant de la livrer aux outils. A cet effet, la pierre est d’abord débitée en plaques ou morceaux de la dimension voulue; puis, ainsi divisée, elle est chauffée au rouge, pendant quelques heures, dans un moufle ou dans un creuset; après quoi, on la laisse refroidir graduellement.
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- NOTICES INDUSTRIELLES,
- Grâce à cette opération, la matière devient dure et peut servir, comme en Allemagne, à faire des objets divers, tels que camées, boulons, etc.; aujourd’huion l’emploiemême sur une grande échelle pour fabriquer des becs à gaz, qui ont l’avantage de ne pas se corroder comme les becs métalliques. Cette dureté résultant de la cuisson est telle, que la roche peut supporter l’action de la lime et qu’elle fait feu au briquet; dans cet état, elle est susceptible de recevoir un très-beau poli. (Praclical Mechanic's Journal.)
- Sur le baume du Pérou.
- Le baume importé en Angleterre sous le nom de baume du Pérou provient du département de Sonsonate, dans la république de San-Salvador, et est produit sous forme de gomme par des arbres qui s’étendent le long de la côte, sur un développement de plusieurs lieues. Dans le seul district de Cuisnaga, il y a 3,574 arbres qui, dans une année, fournissent à peine une récolte de 600 livres de gomme ( 271l,80 ) ; il est vrai qu’avec plus de soin chaque arbre pourrait en rendre à lui seul 2 à 3 livres, ce qui porterait de suite la récolte au chiffre de 4,000 à 4,500 kilog. L’abondance des pluies exerce d’ailleurs une influence fâcheuse sur le rendement, et, lorsque la saison a été mauvaise, les Indiens ne manquent pas de soumettre à l’action du feu le tronc de l’arbre, expédient qui favorise l’écoulement de la gomme, mais qui a le désavantage de faire invariablement périr le sujet. Cette pratique, qui se renouvelle trop souvent et qui ne peut tendre qu’à dépeupler la côte de ses arbres, a éveillé l’attention du Gouvernement, et des mesures conservatrices doivent être prises pour réglementer cette exploitation.
- A Calcutta on fait une récolte plus considérable. Pendant les mois de décembre et de janvier, la gomme coule d’elle-même; c’est une substance de couleur orange, volatile, d’une odeur âcre et pénétrante, et qu’on nomme dans le pays calcauzate.
- En 1855 on a exporté de San-Salvador 10,330 kilog. de cette matière représentant une valeur de près de 100,000 francs. Sur la côte de Chiquimulilla au Guatimala, on trouve également des arbres à baume, mais jusqu’ici on n’a pas cherché à les exploiter.
- Le baume s’extrait au moyen d’incisions faites à l’arbre; il coule alors de lui-même et est recueilli par absorption, au moyen de chiffons de coton qu’on introduit dans les entailles. Quand ces chiffons sont bien imbibés, on les enlève, et après en avoir mis d’autres à leur place, on les jette dans l’eau chaude à laquelle ils abandonnent la matière dont ils sont imprégnés. Le baume, en vertu de sa faible densité, vient surnager à la surface du liquide; on le recuille alors par un simple écumage et on le met dans des calebasses pour le livrer au commerce.
- . Le bois de l’arbre à baume est d’un tissu serré ; bien veiné, il est un peu plus rouge que l’acajou, conserve longtemps une odeur pénétrante qui n’est pas désagréable et est susceptible de recevoir un beau poli. Son emploi serait donc précieux pour l’ébé-nisterie s’il était plus abondant, mais, au contraire, il est rare, car on abat rarement les arbres tant qu’ils peuvent fournir leur précieuse gomme. ( The Technologist. )
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
- LISTE DES PRIX PROPOSÉS POUR ÊTRE DÉCERNÉS DANS L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE MAI 1862. ( L’envoi des pièces justificatives devra être fait avant le 15 février 1862. )
- Prix Émile Dollfus ( à décerner en mai 1869).
- Pour une découverte, invention ou application, faite dans les dix années précédentes, et qui, au jugement de la Société, sera considérée comme ayant été la plus utile à une des grandes industries exploitées dans le Haut-Rhin ( médaille d'or et 6,000 fr.).
- Prix Daniel Dollfus ( à décerner en mai 1864 ).
- Mêmes conditions que celles exprimées pour le prix ci-dessus, avec lequel il alternera, de cinq ans en cinq ans. (Pour l’année 1864, le prix se composera seulement d'une médaille d’or et d’une somme de 600 francs. — Par la suite, il sera de 6,000 francs avec la médaille d’or. ) ( Idem. )
- Arts chimiques.
- 1. Pour une théorie de la fabrication du rouge d’Andrinople ( médaille d'argent).
- 2. Pour un procédé utile à la fabrication des toiles peintes ou des produits chimiques
- ( 2,500 fr. ou médaille d’or, d’argent ou de bronze).
- 3. Pour un alliage métallique propre à servir pour racles de rouleaux ( méd. d’or).
- 4. Pour livraison, aux fabriques du Haut-Rhin, de 2,000 kilog. au moins, ou de la
- quantité équivalente en poudre, de racines de garance récoltées la même année dans une seule propriété en Algérie ; ou pour moitié de cette quantité, dans les mêmes conditions ( médaille d’or et médaille d’argent ).
- 5. Pour un moyen certain et pratique de constater le mélange ou la sophistication
- des huiles ( médaille d’argent ).
- 6. Pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ( méd. d’or ).
- 7. Pour le meilleur mémoire sur le blanchiment des toiles de coton écru (méd. d'arg.).
- 8. Pour un mémoire relatif aux mordants organiques naturels de la laine, de la soie,
- du coton, etc. ( idem ).
- 9. Pour un moyen de rendre les rouges de murexide moins altérables aux émana-
- tions sulfureuses ( médaille d’or ).
- 10. Pour un mémoire sur la fabrication des extraits des bois colorants ( médaille de
- bronze ).
- 11. Pour une amélioration notable faite dans la gravure des rouleaux (méd. d’or ou
- d'argent).
- 12. Pour le meilleur système de cuves de teinture et de savonnage (méd. d'argent).
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
- 13. Pour la fabrication.d’un outremer qui, épaissi à l’albumine et fixé à la vapeur de
- la manière ordinaire, n’éprouve aucune altération ( idem ).
- 14. Pour la théorie du coton impropre aux couleurs, désigné sous le nom de coton
- mort ( idem ).
- 15. Pour la découverte de l’acide oxynaphtalique, ou pour une préparation des acides
- chloroxynaphtaliques, ou pour un mémoire sur les applications des couleurs de Laurent à la teinture et aux toiles peintes ( médaille d'or ).
- 16. Pour un procédé de teinture ou de fabrication de toiles peintes par les alcaloïdes
- ( idem ).
- 17. Pour une couleur rouge métallique, ou vert métallique foncé, ou violet métal-
- lique ou grenat plastique, susceptible d’être imprimée au rouleau avec l’albumine ( idem ).
- 18. Pour l’introduction, dans le commerce, de l’acide ferro-cyanhydrique ou des
- ferro-cyanures de calcium ou de barium ( médaille d'argent).
- 19. Pour la préparation de laques de garance foncées, au fer et à l’albumine ( idem ).
- 20. Pour les meilleurs manuels pratiques sur : 1° la gravure des rouleaux.servant à
- l’impression ; 2° la gravure des planches servant à l’impression ; 3° le blanchiment des tissus de coton, laine, laine et coton, soie, chanvre et lin ( selon le mérite respectif des ouvrages) ( mèd. d'or, d'argent ou de bronze ).
- 21. Pour le meilleur mémoire sur le cachou ( médaille d’argent).
- 22. Pour l’emploi en grand de l’ozone dans la fabrication des toiles peintes ( idem).
- 23. Pour une substance qui puisse servir d’épaississant pour couleurs, apprêts et
- parements, et qui remplace avec une économie d’au moins 25 pour 100 toutes les substances employées jusqu’ici ( 500 francs ).
- 24. Pour un mémoire indiquant l’action de l’ammoniaque sur les matières colorantes
- ( médaille d'argent ).
- 25. Pour l’analyse des rouges, des bleus ou des violets d’aniline, et des produits se-
- condaires de la production de ces couleurs ( médaille d'or ).
- 26. Pour un mémoire sur les conditions les plus favorables à la production de la ben-
- zine dans la distillation des combustibles ( médaille d'argent).
- 27. Pour un moyen de fixer les gris de charbon autrement et plus solidement que par
- l’albumine ( idem ).
- 28. Pour un mémoire indiquant comment les substitutions moléculaires affectent les
- composés colorés organiques ( idem ).
- 29. Pour l’analyse du lokao, ou vert de Chine ( idem ).
- 30. Pour l’application, à la fabrication des toiles peintes, de l’action de la lumière ou
- de l’électricité sur des matières colorantes, ou sur des matières qui se colorent sous l’action de ces agents ( médaille d'or).
- 31. Pour une application nouvelle et pratique de la lumière ou de l’électricité à l’in-
- dustrie des toiles peintes ( idem ).
- 32. Pour une substance pouvant remplacer, sous tous les rapports, l’albumine sèche
- des œufs, dans l’impression des couleurs sur les tissus, et présentant une économie de 25 pour 100 sur le prix de l’albumine. — L’albumine du sang, par-
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE. 505
- faitement décolorée, sera admise au concours ( 17,500 fr. et médaille d’or).
- 33. Pour l’introduction de l’alizarine dans le commerce (médaille d’argent).
- 34. Pour un mémoire faisant connaître si l’indigo peut être régénéré de ses composés
- sulfuriques ( médaille de bronze ).
- 35. Pour la séparation du blanc d’œuf du jaune, lorsqu’ils sont mélangés d’une ma-
- nière homogène ( médaille d’or ).
- 36. Pour un mémoire indiquant les degrés d’humidité et de chaleur convenables à la
- prompte décomposition des mordants acétatés ( médaille d’argent ).
- 37. Pour un mémoire sur la composition chimique des briques réfractaires employées
- en Alsace ( idem ).
- 38. Pour une nouvelle source d’aniline, autre que la nitrobenzine [idem).
- 39. Pour un mémoire sur l’emploi des résines dans le blanchiment des tissus de coton
- ( idem ).
- 40. Pour un nouvel emploi du jaune d’œuf ( médaille d’or ).
- 41. Pour un empois propre à coller solidement les chefs de pièces des tissus de coton
- ( médaille d’argent ).
- 42. Pour une encre indélébile à marquer les étoffes ( idem ).
- 43. Pour un procédé pratique de dosage de la benzine, de la nitrobenzine et de
- l’aniline du commerce ( idem }.
- 44. Pour un procédé de fabrication du violet d’aniline, produisant une nuance aussi
- belle que celle des violets les plus estimés, et qui, à l’état sec, ne coûtera pas soixante fois plus que la nitrobenzine de première qualité ( médaille d’or et 2,000 francs ).
- 45. Pour une nouvelle machine à rouleaux permettant d’imprimer au moins huit
- couleurs à la fois ( idem et 5,000 francs ).
- 46. Pour un mémoire indiquant un procédé propre à rendre le bleu de quinoléine,
- dit cyanine, suffisamment solide dans ses applications, principalement en teinture sur soie ( idem et 10,000 francs ).
- 47. Pour un moyen de conserver les dissolutions acides et alcalines de gluten, ou de
- donner aux couleurs de cet épaississant une fixité égale à celle des couleurs d’albumine ( médaille d’or ).
- 48. Pour un moyen pratique de doser l’albumine ( médaille d'argent ).
- Arts mécaniques.
- 1. Pour un mémoire sur la filature de coton N08 80 à 200 métriques ( méd. d’or).
- 2. Pour la fabrication et la vente de nouveaux tissus dans le département ( médaille
- d’argent ).
- 3. Pour le meilleur mémoire sur l’épuration des différentes espèces d’huiles propres
- au graissage des machines ( médaille d’or de 500 francs ).
- 4. Pour une amélioration à introduire dans la construction des cardes de filature de
- coton ( médaille d'argent ).
- Tome VIII. — 60e année. !2e série. —
- Août 1861.
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
- 5. Pour un mémoire sur le mouvement et le refroidissement de la vapeur d’eau dans
- les grandes conduites ( médaille d’argent ).
- 6. Pour un mémoire complet sur les transmissions de mouvement (médaille d’or).
- 7. Pour plans détaillés et description complète de toutes les machines d’une filature
- de laine peignée, d’après les meilleurs systèmes connus aujourd’hui ( médaille d’argent ).
- 8. Pour une machine à vapeur rotative ( médaille d'or de 1,000 francs ).
- 9. Pour invention et application d’une machine ou d’une série de machines dispo-
- sant toute espèce de coton longue soie, avec avantage sur les procédés connus pour être soumis à l’action du peignage ( médaille d’or de 2,000 francs ).
- 10. Pour invention ou application d’une machine ou d’une série de machines propres
- à ouvrir et nettoyer toute espèce de coton courte soie, de manière à le disposer convenablement à l’action des cardes, des épurateurs, des peigneuses, etc.
- ( idem de 1,000 francs ).
- 11. Pour invention et application d’une peigneuse, ou d’une série de machines pei-
- gneuses, pour le coton courte soie, et remplaçant avantageusement le cardage, le battage et l’épluchage, comme le fait la peigneuse Heilmann (idem).
- 12. Pour un mémoire sur la construction des bâtiments et l’arrangement des ma-
- chines d’une filature de coton, ou d’un tissage mécanique (médaille d’or).
- 13. Pour l’application la plus complète, à l’ensemble des machines d’un établisse-
- ment industriel du Haut-Rhin, des dispositions nécessaires pour éviter les accidents ( idem ).
- 14. Pour une nouvelle machine à laver ou dégorger ( idem ).
- 15. Pour un mémoire sur le chauffage à la vapeur des ateliers et, en particulier, des
- ateliers de filature ( médaille d’argent ).
- 16. Pour un mode d’emballage des filés en bobines ou canettes, plus économique que
- celui actuellement employé ( idem ).
- 17. Pour un projet complet de retenue d’eau, appliqué à l’un des cours d’eau du
- Haut-Rhin, dans le but de prévenir les débordements et de former un réservoir pour l’agriculture et l’industrie ( médaille d’or de 1,000 francs ).
- 18. Pour l’invention et l’application d’un compteur de vapeur (médaille d’or).
- 19. Pour l’invention et l’application d’un nouvel appareil compteur à eau, applicable
- aux générateurs à vapeur ( médaille d’or de 1,500 francs ).
- 20. Pour un moyen de déterminer la quantité d’eau entraînée avec la vapeur hors
- des chaudières à vapeur ( médaille d’or ).
- 21. Pour un système de pompe ou autre appareil à employer dans les ateliers de
- blanchiment pour faire monter dans les cuves les dissolutions d’acides employées pour le blanchiment des tissus (médaille d'argent).
- 22. Pour un mémoire sur la force motrice nécessaire pour mettre en mouvement les
- diverses machines d’une filature ou d’un tissage mécanique ( médaille d’or).
- 23. Pour les meilleurs mémoires sous forme de manuels, s’appliquant à l’une ou
- l’autre des industries ci-après, et destinés principalement à être mis entre les
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
- mains des chefs d’ateliers, contre-maîtres ou ouvriers, savoir : filature du coton; filature de la laine peignée; tissage du coton; retordage du coton, de la laine ou de la soie; fabrication du papier; construction de machines (selon le mérite respectif des ouvrages) ( 2 méd. d’or, 2 méd. d’argent et 2 mèd. de bronze).
- 24. Pour un mémoire sur les constructions à rez-de-chaussée à l’usage des filatures
- et tissages mécaniques ( médaille d’or ).
- 25. Pour l’invention et la construction d’un dynamomètre totalisateur (idem).
- 26. Pour l’invention et l’application, dans un établissement du Haut-Rhin , d’un ap-
- pareil ou d’une disposition propre à éviter, pour les ouvriers, les accidents causés par les machines ou transmissions de mouvement ( médaille d’argent ).
- 27. Pour plans et devis de maisons analogues à celles des cités ouvrières de Mulhouse,
- donnant un rabais de 20 pour 100 sur le prix de revient de celles déjà construites ( 6,000 francs).
- 28. Pour une amélioration nouvelle dans la construction des chaudières à vapeur du
- type à bouilleurs ( médaille d’or ).
- 29. Pour des analyses de gaz sortant des cheminées de chaudières à vapeur (idem).
- 30. Pour la fabrication et la vente, dans le Haut-Rhin , de briques moins chères que
- celles actuellement en usage ( idem ).
- 31. Pour un procédé de séparation, dans des réservoirs hors de la chaudière, des sels
- calcaires et autres contenus dans les eaux de puits de Mulhouse (idem et 1,000 francs ).
- 32. Pour les plus habiles chauffeurs de chaudières à vapeur de machines fixes (5 me-
- dailles d’argent et 100, 50 ou 25 francs ).
- 33. Pour une nouvelle machine à rouleaux permettant d’imprimer au moins huit
- couleurs à la fois ( voir le n° 45 des arts chimiques) ( méd. d’or et 5,000 fr. ).
- Histoire naturelle et agriculture.
- 1. Pour une description géognostique ou minéralogique d’une partie du départe-
- ment du Haut-Rhin (médaille d’argent ou de bronze).
- 2. Pour plantation, dans les arrondissements de Mulhouse ou de Belfort, de 4,000 pieds
- de houblon, ou de 1,000 pieds (idem).
- 3. Pour le catalogue raisonné des plantes de l’un des arrondissements de Mulhouse
- ou de Belfort, ou seulement d’un ou plusieurs cantons de ces arrondissements ( idem ).
- 4. Pour un travail sur la Faune de l’Alsace (médaille d’argent).
- 5. Pour un travail sur les cryptogames cellulaires du Haut-Rhin ( médaille dargent
- ou de bronze ).
- Commerce.
- 1. Pour un mémoire traitant des différents emplois de l’alcool dans les arts indus-
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
- triels, et indiquant un moyen nouveau et pratique de dénaturer ce liquide ( médaille d’or ).
- 2. A une maison française établie en Chine, au Japon, en Australie ou dans les Indes anglaises, qui, la première, aura vendu en un an pour 100,000 francs de produits de l’industrie du Haut-Rhin ( idem ).
- * Histoire et statistique.
- Pour : 1° l’histoire complète d’une des branches principales de l’industrie du Haut-Rhin; 2° l’histoire de l’industrie et du commerce dans le Haut-Rhin, dans une partie du département ou à Mulhouse; 3° la biographie complète d’un ou de plusieurs des principaux inventeurs ou promoteurs des grandes industries du Haut-Rhin ; 4° des recherches statistiques sur la population ouvrière de Mulhouse, son histoire, sa condition et les moyens de l’améliorer; 5° une carte du département du Haut-Rhin à l’époque gallo-romaine; 6° une carte des seigneuries féodales existant dans le département du Haut-Rhin avant la réunion de l’Alsace à la France; 7° une carte des circonscriptions ecclésiastiques du département du Haut-Rhin en 1789; 8° une carte des circonscriptions administratives du département du Haut-Rhin en 1789; 9° une carte des établissements industriels du département du Haut-Rhin en 1789 et en 1861. — Ces cartes devront être accompagnées de notes historiques et justificatives ( selon le mérite du travail présenté ) ( médaille d’or, d’argent ou de bronze ).
- Industrie du papier.
- 1. Pour la production et l’application, en France, d’une matière filamenteuse, à
- l’état de mi-pâte, pouvant servir à la fabrication du papier ( médaille d'or et prime
- de 4,000 fr. ).
- 2. Pour le meilleur mémoire traitant de la décoloration du chiffon et de son blan-
- chiment (médaille d'or de 500 francs).
- 3. Pour le meilleur mémoire sur le collage des papiers ( médaille d’or ).
- 4. Pour le meilleur mémoire sur l’épuration des pâtes à papier (médaille d'argent).
- Prix divers.
- 1. Pour une amélioration importante dans une branche d’industrie du département
- ( médaille d’or, d’argent ou de bronze ).
- 2. Pour l’introduction d’une nouvelle industrie dans le Haut-Rhin , ou pour un
- mémoire sur les industries à améliorer ou à introduire dans le département {idem).
- 3. Pour avoir fait cesser complètement, avant le 30 avril 1862, dans au moins cent
- cinquante ménages d’ouvriers, l’emploi du bois, pour y substituer celui plus économique de la houille ( 1,000 /rawcs).
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ÀDMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du Zi juillet 1861.
- M. Benoît, membre du comité des arts mécaniques, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — M. Lebreton, receveur des domaines, à Rennes, transmet, par l’intermédiaire de S. Exc. M. le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, une notice relative à un procédé curatif de l’oïdium de la vigne. Ce procédé consiste dans l’emploi d’une solution aqueuse d’acide sulfureux, que l’auteur propose également d’employer pour la maladie des vers à soie. (Renvoi à la commission spéciale. )
- M. Alluys, peintre, rue des Bourdonnais, 12, soumet à l’appréciation du Conseil un enduit qu’il croit propre à remplacer le minium. C’est ainsi qu’à la composition de cire et de résine déjà examinée par la Société (1) il ajoute de l’asphalte et du charbon minéral pour former un goudron artificiel qui s’applique à froid et, suivant lui, garantit le fer de l’oxydation, même dans le plâtre et dans l’eau. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Dumesnil, rue des Messageries, 3, signale le procédé qu’il a imaginé pour préserver de la casse, dans un grand nombre de circonstances, les produits de la céramique et de la verrerie. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Sallon ( Napoléon ), mécanicien, à Belleville-Paris, rue des Cendriers, 27, dépose les dessin et description d’un système de foyer à vapeur fumivore, pour lequel il est breveté. ( Renvoi au même comité. )
- M. Ch. Grandemange (2), professeur de calcul mental, à Orléans, faubourg Saint-Jean, 11, sollicite l’examen de sa méthode de calcul mental. (Renvoi au même comité réuni à celui des arts mécaniques. )
- M. C. Rimbaud, fabricant d’allumettes, avenue de Saint-Ouen, 80 (Seine), adresse la formule d’une pâte à allumettes sans phosphore, qu’il regarde comme un progrès au point de vue de l’hygiène et de la sécurité publiques. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. S. de Luca, professeur de chimie, à Pise, membre correspondant de la Société, appelle l’attention du Conseil sur ses recherches relatives au fer réduit par l’hydrogène et à la manière de le préserver de l’oxydation. ( Renvoi au même comité. )
- M. Perny de Maligny, chez MM. Pinard et comp., propriétaires de l’usine de Marquise ( Pas-de-Calais), envoie la description d’un nouveau système de voie ferrée, qui
- (1) Voir Bulletin de 1859, 2e série, t. VI, p. 69. (2J M. Grandemange est né sans bras ni jambes.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- dispense de l’emploi des longrines et traverses en bois ordinaires. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Guérin, ingénieur civil, rue Cloche-Perce, 14, dépose 1° les dessin et description d’une nouvelle presse hydraulique ; 2° une notice sur de nouveaux appareils de sondage. ( Renvoi au même comité. )
- M. le docteur Kemmerer, à Saint-Martin (île de Ré), appelle la bienveillance de 1a. Société sur divers appareils de M. Gallois-Foucault, tels que cloches automatiques se plaçant en haut des mâts des navires, sonneries à flotteur, disques automatiques pour chemins de fer, charpente mobile en fer, pressoir roulant, etc. (Renvoi au même comité. )
- M. Guérin-Méneville, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture de France, communique, relativement à la culture de Y allante dans l’ouest et le sud-ouest de la France, les renseignements recueillis par lui dans le voyage récent qu’il a entrepris par ordre de M. le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics. (Renvoi au comité d’agriculture. )
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts mécaniques, M. Tresca donne lecture d’un rapport sur le moteur à gaz de M. Lenoir.
- Ce rapport ainsi que le dessin du moteur à gaz paraîtront au Bulletin.
- Au nom du même comité réuni à celui d’agriculture, M. Benoît lit un rapport sur le silo agricole ou grenier mobile de M. le marquis d’Auxy, rue de Lafayette, 57.
- Ce rapport sera inséré au Bulletin avec le dessin du silo mobile.
- Communications. — M. Tresca appelle l’attention du Conseil,
- 1° Sur une presse à copier de MM. Filliette, passage du Ponceau, 19, fondée sur le principe de la presse à coin et agissant par la fermeture même de l’appareil;
- 2° Sur un moyen exécuté par M. Normand, ancien constructeur de presses mécaniques, rue Saint-Honoré, 370, pour rendre uniforme le mouvement de deux arbres ne se trouvant pas dans le même prolongement et réunis par le système de joint universel.
- ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Hervé Mangon, membre du comité d’agriculture, rend compte des expériences intéressantes de labourage à vapeur auxquelles il a assisté, en Angleterre, au concours ouvert à Leeds par la Société royale. Il décrit les nouveaux perfectionnements apportés par M. Fowler à son système de charrue à vapeur, perfectionnements qui concernent principalement la transmission par câble de la force de la locomobile. Après quinze jours d’expériences dans des conditions de sol et de cultures aussi variées que les circonstances l’ont permis, le jury a décerné à M. Fowler les premières récompenses.
- Nomination d’un membre du conseil. — Conformément, à l’arrêté du 16 janvier 1855, le Conseil procède de nouveau à la nomination, au scrutin, d’un membre adjoint au comité des arts économiques.
- Est élu M. Jamin, professeur de physique à l’École polytechnique.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- La Société d’encouragement a reçu, dans les séances des 3, 18 et 31 juillet 1861, les ouvrages dont les titres suivent :
- Ouvrages offerts à la Société.
- Annales du commerce extérieur. Mai et juin 1861.
- Annales de l’agriculture française. NoS 11, 12 et nos 1, 2. T. 18.
- Annales de la Société d’horticulture de la Haute-Garonne. Mars et avril 1861.
- Bulletin des séances de la Société impériale et centrale d’agriculture. N° 6, 1861.
- Bulletin de la Société de l’industrie minérale. Octobre, novembre et décembre 1860.
- Bulletin de la Société protectrice des animaux. Mai et juin 1861.
- Bulletin du musée de l’industrie, par M. Jobard. Juin 1861.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Juin 1861.
- Bulletin de la Société d’agriculture et du commerce de Caen. 2e semestre de 1860 et numéros de janvier à avril 1861.
- Bulletin de la Société française de photographie. Juin et juillet 1861.
- Cosmos, revue encyclopédique, par M. l’abbé Moigno. Livr. 25, 26 et liv. 1 à 4 du tome 19. Culture ( la). Écho des comices, par M. Sanson. N“s 1, 2.
- Collection des dessins distribués aux élèves de l’École impériale des ponts et chaussées, texte et atelas. 4e livraison. ïn-folio.
- Cultivateur de la Champagne (le ). Juin et juillet 1861.
- Journal des fabricants de papier, par M. L. Piette. Juin 1861.
- Journal d’agriculture de la Côte-d’Or. Mai et juin 1861.
- Journal des fabricants de sucre. NoS 11 à 16.
- Journal de l’éclairage au gaz. N° 6.
- Journal d’agriculture pratique, par M. Barral. Nos 12 à 14,1861.
- Journal de la Sqciété impériale et centrale d’horticulture. Juin 1861.
- Journal d’éducation populaire. Juin 1861.
- Invention (P ), par M. Desnos-Gardissal. Juillet 1861.
- Lumière (la). N° 12, 1861.
- Mémoires et comptes rendus des travaux de la Société des ingénieurs civils. Janvier, février et mars 1861.
- Moniteur scientifique ( le ), par M. le docteur Quesneville. Livr. 110.
- Presse scientifique des deux mondes ( la ), sous la direction de M. Barral. Nos 13 et 14, 1861. Propriété industrielle ( la ). NüS 182 à 187.
- Répertoire de chimie pure, par M. Wurtz. Juillet 1861.
- Répertoire de chimie appliquée, par M. Barreswil. Juillet 1861.
- Revue générale de l’architecture et des travaux publics, par M. César Daly. N°* 1, 2, 3.
- Revue agricole et industrielle..de Valenciennes. Mars et avril 1861.
- Société des ingénieurs civils. Séances des 7 et 21 juin 1861.
- Technologiste ( le ), par MM. Malepeyre et Vasserot. Juillet 1861.
- Journal of the Franklin institute. Juin et juillet 1861.
- Journal of the Society of arts. Nos 448 à 453.
- Journal ameriean of science and arts, by Silliman. Juillet 1861.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- Newton’s London Journal. Juillet 1861.
- Polytechnisches Journal, von Max. Dingler. NoS 922, 923, 924.
- Proceedings of the royal geographical Society of London. N° 2.
- Patent office report ( agriculture). Washington, 1859. 1 vol. in-8.
- Photographic journal. N° 111.
- Revista de obras publicas. Nos 12, 13, 14.
- Transactions of the State agricultural Society. Albany. 1859. 1 vol. in-8.
- A son Altesse Royale Monseigneur le duc de Brabant, sur les moyens de doubler la propriété de la Belgique en dédoublant l’axiome des économistes. Bruxelles, br., imprim. de Labroue et Martens. 1861.
- Allocution prononcée à l’inauguration de la statue de Thénard, à Sens ( Yonne ), le 20 juillet 1861, par M. le Canu. Br.
- Coloration artificielle du sirop de groseille, moyen de le reconnaître, par M. Gaultier de Claubry. Br. Paris, 1861, typ. de Renou et Maulde.
- Cours de mathématiques à l’usage des candidats à l’École centrale des arts et manufactures, par Th. de Comberousse. Tome deuxième, 1 vol. in-8. Mallet-Bachelier, édit.
- Le thé et le chocolat dans l’alimentation publique, par Eug. et Aug. Pelletier. Paris, 1861. Br. à la Compagnie française des chocolats et des thés, boulevard de Sébastopol, 26.
- Production artificielle des oxydes de manganèse et de fer cristallisés, et cas nouveaux d’épigénie et de pseudomorphisme, par M. Fréd. Kuhlmann. Br.
- Rendiconto de labori esëgniti nel laboratorio di chimica dell’ universita di Pisa, sotto la direzione del prof. S. de Luca. Dispensa. 1. Br. Pisa, 1861.
- Ricerche di chimica agraria fatte nel laboratorio dell’ universita di Pisa, da Giuseppe Ubaldini, sotto la direzione del prof. S. de Luca. Pisa, 1860.
- Sur les oxydes de fer et de manganèse et certains sulfates considérés comme moyens de transport de l'oxygène de l’air sur les matières combustibles, par M. Fréd. Kuhlmann. 4 parties.
- Sur la préparation de l’orseille, par M. Gaultier de Claubry.
- Addition à la note sur la fabrication de.l’orseille. Br. Chez Mallet-Bachelier.
- Publications périodiques.
- Annales de chimie et de physique. Juillet 1861.
- Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences. Nos 24 à 26, et 4 à 4 du 2e semestre, 1861.
- Journal des économistes. Juillet 1861.
- Revue municipale. Juillet 1861.
- Teinturier universel ( le ). Nos 7, 8.
- The Artizan. Juillet 1861.
- The Mechanic’s Magazine. Juin 1861.
- The practical Mechanic’s Journal. Juillet 1861.
- The Repertory of patent inventions. Juillet 1861.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HÜZARD, RUE DE L'ÉPERON, 5. — 4861.
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- P R K S-S K À \(M \. PAR M. SAM.MN
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- 60 ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. TOME VIII. — SEPTEMBRE 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Th. du Moncel, au nom des comités des arts économiques et mécaniques, sur le nouveau système d’impression des gravures en taille-douce imaginé par M. Chazelle, rue Dauphine, 16.
- Messieurs, les presses ordinaires pour la gravure en taille-douce se composent, comme vous le savez, de deux cylindres formant laminoir entre lesquels on fait passer une espèce de planche appelée table, sur laquelle est placée la plaque gravée qu’il s’agit de tirer. Pour que cette table puisse passer entre les deux cylindres et recevoir la pression nécessaire pour l’impression, les coussinets du cylindre supérieur sont mobiles dans des rainures adaptées aux montants de l’appareil et viennent butter contre des piles de morceaux de carton dont l’élasticité est suffisante pour que, grâce au biseau qui la termine, la table puisse passer avec une forte pression entre les cylindres, sous l’influence d’un tourniquet adapté à l’un de ceux-ci.
- Pour l’impression des cartes de visite et autres travaux de ce genre qui doivent présenter deux surfaces également lisses, on adapte au cylindre supérieur, précisément au-dessus de la plaque gravée, une feuille mince de tôle polie ; mais, pour le tirage des gravures ordinaires, on substitue à cette plaque de tôle une pièce d’étoffe de laine pliée en trois ou quatre doubles, à laquelle on donne le nom de langes; seulement, comme la longueur des planches qu’on a à imprimer ne correspond pas toujours au développement Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Septembre 1861. 65
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- ARTS MÉCANIQUES.
- de la surface des cylindres, on ne peut fixer cette pièce sur le cylindre, et son ajustement, à chaque impression, est cause d’une grande perte de temps. Nous verrons à l’instant comment M. Chazelle, dans l’appareil qu’il a imaginé, a fait disparaître cet inconvénient; mais ce défaut des presses ordinaires n’est pas le seul, e^ pour qu’on puisse s’en faire une juste idée, il est essentiel que nous indiquions les diverses manières dont s’opèrent les tirages.
- Quand il ne s’agit pas de gravures soignées, on peut faire un tirage à deux pressions, c’est-à-dire faire passer la table munie de la gravure entre les deux cylindres et ramener cette planche à sa première position par un mouvement en sens contraire du tourniquet. Ce mode d’impression est le plus expéditif, mais les traits de la gravure ainsi tirée ne sont jamais aussi purs que si une seule pression très-forte avait été produite. Quand on a des gravures très-soignées à tirer, il est donc nécessaire de n’employer qu’une seule pression, et alors les presses doivent être munies, au lieu d’un simple tourniquet, d’un système à engrenages composé d’un pignon et d’une roue dentée de grand diamètre, car, en raison de la pression considérable qui est exigée dans ce cas, un homme n’aurait jamais la force de faire passer la planche à l’aide du tourniquet seulement. Ce genre de tirage va, par cela même, beaucoup plus lentement que l’autre, et à ce retard vient s’ajouter celui plus grand encore du changement de position de l’ouvrier, qui est obligé de placer sa gravure après l’encrage tantôt d’un côté de la presse, tantôt du côté opposé. Aussi les tirages à une seule pression sont-ils payés beaucoup plus cher que les tirages à deux pressions.
- D’un autre côté, comme il est essentiel, pour que la feuille de papier ne se salisse pas et ne présente pas de fausses empreintes, qu’elle ne soit pas, avant la pression, mise en contact avec la planche fraîchement encrée, il faut un soin tout particulier de la part des ouvriers imprimeurs pour empêcher ce contact, et ce soin est bien rarement pris ou exige la présence d’un aide.
- Ce sont toutes ces difficultés que M. Chazelle a surmontées de la manière la plus ingénieuse. A cet effet, il a disposé la presse en taille-douce,
- 1° De manière à produire l’impression simple avec les mêmes moyens que l’impression double ;
- 2° De manière que les langes puissent s’étendre d’eux-mêmes avec une parfaite régularité sous l’influence même de la marche de l’appareil ;
- 3° De manière à pouvoir fonctionner sous l’influence d’un moteur marchant d’une manière continue et toujours dans le même sens ;
- 4° De manière que la feuille de papier puisse être, sans le secours de l’ouvrier, maintenue toujours à distance de la planche gravée jusqu’au moment de l’impression.
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- Pour obtenir ces divers résultats, M. Chazelle établit d’abord sous l’appareil un fort contre-poids qui est mis en relation avec une pédale et le cylindre supérieur, de telle manière que, quand le contre-poids est soulevé par la pédale, le cylindre s’abaisse, et réciproquement. Il en résulte que la table d’impression peut passer librement entre les deux cylindres ou subir une pression suivant qu’on abaisse ou on élève la pédale, et, comme cette table est rappelée en avant par des contre-poids adaptés à des courroies qui passent circulairement en avant et au-dessus du cylindre supérieur, il suffit de relever la pédale pour que la table se trouve toujours ramenée à sa position initiale. De plus, les langes étant fixés aux courroies des contrepoids de la table, ils se trouvent toujours tendus et se développent carrément sur la table à mesure qu’elle passe entre les cylindres.
- Pour obtenir, avec le système précédent, la pression suffisante pour une belle impression, M. Chazelle adapte à la pédale un petit mécanisme extrêmement simple qui a pour effet, quand la table est dans sa position normale et qu’on abaisse la pédale, d’introduire dans les rainures de la presse, au-dessus des coussinets du cylindre supérieur, deux pièces de bois destinées à faire obstacle au relèvement de ce cylindre ; l’introduction de ces pièces de bois ne peut d’ailleurs avoir lieu que quand la table est dans la position quelle doit occuper avant l’impression, car celle-ci présente seulement alors une concavité correspondante au cylindre, et celui-ci ne descend assez bas, pour l’introduction des pièces de bois, que quand il vient se loger dans la concavité en question. Maintenant il est facile de comprendre que les pièces de bois, une fois introduites au-dessus des coussinets du cylindre, la table entraînée, présentant entre les cylindres une épaisseur plus considérable, provoque une pression qui peut d’ailleurs être réglée au moyen des piles de cartons placées dans les rainures de l’appareil.
- Le dégagement des pièces de bois des rainures, après que l’impression a été terminée, s’effectue d’une manière aussi simple que leur introduction, car, un peu avant d’atteindre l’extrémité de sa course, la table, par l’intermédiaire des courroies qui doivent la rappeler à sa position primitive, réagit sur le mécanisme qui a provoqué l’introduction des pièces de bois et met en action un contre-poids qui a pour effet de repousser ces pièces de côté, jusqu’à ce qu’une nouvelle action de la pédale les ramène dans les rainures.
- De cette manière les trois premiers problèmes que s’était proposés M. Chazelle se trouvent résolus, car la table revenant à sa position primitive après chaque impression, sous l’influence seule de contre-poids, le mécanisme moteur, quand bien même il serait mis en mouvement par la vapeur, peut continuer à tourner dans le même sens sans entraîner la table.
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- La quatrième partie du problème a été réalisée au moyen d’un châssis en zinc, adapté en avant de la presse et disposé de manière à être entraîné avec la table au moyen de deux dents fixées sur celle-ci. Ce châssis, dont un des côtés s’abaisse un peu pour venir affleurer la table, glisse dans deux coulisses horizontales qui, à leur terminaison près du cylindre, se relèvent un peu de manière à faire échapper le châssis à l’action des dents de la table qui l’avaient entraîné jusque-là. Ce châssis, d’ailleurs, peut être soulevé facilement pour qu’on puisse marger à son aise la planche gravée sur la table, et c’est au-dessus de lui, après qu’il a été abaissé, qu’on place la feuille de papier destinée à recevoir l’impression. On comprend facilement, d’après cette disposition, que cette feuille ne peut toucher la planche gravée, et ce n’est que quand le châssis, entraîné par la table, a présenté cette feuille au cylindre que le contact de celle-ci avec la planche gravée a lieu ; comme le châssis reste alors au repos, la feuille glisse successivement jusqu’à ce qu’elle ait disparu avec la planche, entraînées toutes deux par les cylindres.
- Bien que cet appareil paraisse au premier abord un peu compliqué, ses fonctions sont si nettes et si simples à remplir, qu’il fonctionne de la manière la plus régulière et la plus expéditive. L’expérience a démontré que l’impression simple par ce procédé était aussi prompte que l’impression double, et qu’on obtenait tous les avantages de la pression simple telle qu’on la pratique par les procédés ordinaires dans leurs meilleures conditions. Or, comme la pression simple coûte beaucoup plus cher que la pression double précisément par suite de l’augmentation de main-d’œuvre, on peut en conclure que le procédé de M. Chazelle réalise un grand perfectionnement au point de vue économique, perfectionnement dont pourront profiter à la fois le commerce et les imprimeurs qui feront usage de ce procédé, et encore plus les ouvriers qui n’auraient plus à faire mouvoir la machine, la vapeur y étant appliquée.
- En conséquence, les comités des arts économiques et mécaniques vous proposent, Messieurs, de décider,
- 1° Que des remercîments soient adressés à M. Chazelle pour son intéressante communication ;
- 2° Que le présent rapport soit inséré au Bulletin avec les plans et la description complète de l’appareil de M. Chazelle.
- Signé Th. du Moncel, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 30 janvier 1861.
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- DESCRIPTION DE LA PLANCHE 228 REPRÉSENTANT LE NOUVEAU SYSTÈME DE PRESSE POUR l’impression EN TAILLE-DOUCE, IMAGINÉ PAR M. CHAZELLE.
- Fig. 1. Vue de face de la presse.
- Fig. 2. Vue de profil du côté de la commande de la machine.
- Fig. 3. Vue en bout.
- Désignons d’abord les organes principaux et nous examinerons ensuite comment les mouvements de chacun d’eux sont obtenus.
- À, A, montants parallèles du bâti, dits jumelles, disposés comme dans tous les bâtis de presses ordinaires.
- B, cylindre inférieur.
- B', cylindre supérieur.
- C, table d’impression recevant la planche à tirer et l’entraînant avec elle entre les cylindres; ses bords antérieur et postérieur sont terminés ( fig. 2 ) par un biseau qui facilite son introduction entre les cylindres.
- D, langes ayant une largeur à peu près égale à celle de la table et une longueur plus grande que celle des langes employés dans les autres presses, de manière à rester constamment tendus, quelle que soit la largeur de la planche à tirer.
- Cylindres. — Le cylindre inférieur B tourne sur des coussinets fixes; c’est le cylindre moteur.
- E, volant à manivelle donnant le mouvement à ce cylindre par l’intermédiaire d’un pignon et d’une roue dentée.
- F, G, roue dentée et pignon transmettant au cylindre B le mouvement du volant.
- Quant au second cylindre B', il est disposé de telle sorte qu’il peut descendre ou
- monter avec ses coussinets dans le plan vertical qui passe par l’axe du cylindre B. A cet effet, les coussinets, qui sont placés dans une ouverture rectangulaire ménagée dans chacune des jumelles, sont reliés par quatre câbles H à un bloc de fonte ou contre-poids I, lequel est suspendu, par le moyen de deux leviers J, à un axe mobile J' soutenu horizontalement par les mêmes jumelles sous le cylindre B.
- Quatre petites poulies de renvoi K, fixées de chaque côté des jumelles, en avant et en arrière du cylindre B' et au-dessus de son axe de rotation, reçoivent les câbles H, disposition qui indique que, dans l’état de repos de la machine, le contre-poid£ maintient levé le cylindre B', tandis que, si l’on vient à appuyer fortement sur l’extrémité antérieure des leviers J, le contre-poids est soulevé, les câbles se détendent, et le cylindre B', abandonné à lui-même, descend avec ses coussinets, se rapprochant ainsi du cylindre inférieur jusqu’à ce que les câbles soient tendus de nouveau; c’est la position voulue pour procéder au tirage.
- Au lieu d’agir sur les leviers J on agit directement sur l’axe J' au moyen d’un troisième levier à pédale L, sur lequel l’ouvrier appuie de tout son poids. Comme celte pression, à chaque épreuve qu'on imprime, doit être maintenue pendant un certain temps, l’ouvrier a soin, dès qu’il a agi sur la pédale, de tourner de 90 degrés une
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- tringle verticale M fixée en avant du bâti, manœuvre qui a pour effet d’amener perpendiculairement sur le levier un étrier M' qui le maintient abaissé.
- N, N représentent deux piles de feuilles de carton insérées, de part et d’autre, dans l’ouverture de chaque jumelle au-dessus des coussinets du cylindre B' qu’elles suivent dans ses mouvements de descente et d’ascension. Serrées entre des plaques de fer horizontales par des liges filetées à écrous et maintenues dans un écartement constant par un système de barres transversales qui assure la simultanéité de leurs mouvements , ces piles de carton servent à transmettre et à adoucir en quelque sorte, par leur élasticité, la pression que doit recevoir indispensablement le cylindre B' pendant l’opération du tirage, pression qu’on obtient au moyen de cales mobiles en bois O et qu’on fait varier suivant l’épaisseur de la table C.
- Les cales O, que les figures 1 et 3 représentent dans leur position normale alors que la machine ne fonctionne pas, sont disposées, à l’intérieur de la presse, de manière à pouvoir glisser horizontalement dans des coulisses et s’écarter l’une de l’autre pour entrer dans les ouvertures correspondantes des jumelles, dès que les cartons N descendent avec le cylindre B'5 en venant occuper au-dessus de ces cartons le seul espace qui reste libre, elles empêchent le cylindre B' de se soulever pendant le tirage et l’obligent à presser la planche gravée qu’entraîne avec elle la table C.
- Le double mouvement de chaque cale est obtenu à l’aide de deux contre-poids P et P' descendant jusqu’à terre et reliés, au moyen de cordes et de tringles, à une tige coudée O' traversant l’ouverture de chaque jumelle et fixée à la cale correspondante. Les contre-poids P, passant sur des poulies de renvoi, agissent directement sur les tiges coudées et tirent les cales dans les jumelles dès que les ouvertures sont libres. Les contre-poids P', qui sont moitié moins gros, agissent sur les mêmes tiges coudées au moyen d’autres poulies qui renversent le mouvement de telle sorte que leur action produit l’effet contraire, c’est-à-dire force les cales à sortir des jumelles et à revenir à leur position initiale.
- Par suite de l’excès des contre-poids P sur les contre-poids P', on comprend que les premiers, tendant constamment à tirer les cales dans les jumelles, détermineraient ainsi des frottements nuisibles au libre mouvement de descente des cartons N et rendraient impossible l’action des contre-poids plus faibles, qui doivent agir à un moment donné pour faire sortir les cales et permettre au cylindre B' de remonter lorsqu’on décroche la pédale L. Il est donc nécessaire qu’à ce moment l’action des contrepoids P soit suspendue pour permettre à la table C, qui vient de passer entre les cylindres, de revenir en place librement; or l’on verra tout à l’heure que c’est cette table même qui, lorsqu’elle arrive au bout de sa course, annihile, en les soulevant, l’action des contre-poids.
- Table d'impression.— La table C se meut dans la direction indiquée figure 2 par une flèche. À l’avant elle porte sur deux rangs parallèles de galets Q, munis de joues à grand diamètre qui servent à la maintenir constamment dans une voie rectiligne; ces galets, qui se répètent également à l’autre extrémité de la table, sont reliés deux à
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- deux, à l’avant et à l’arrière, par des axes portant sur des ressorts à boudin qui donnent une certaine élasticité au mouvement de translation de la table.
- À son extrémité postérieure, la table se prolonge en un appendice qui porte une double traverse en fer R ayant une longueur un peu plus grande que l’écartement des jumelles, lesquelles sont munies, par derrière, de deux buttoirs S. Il suit de cette disposition que, lorsque la table a accompli entièrement son mouvement de progression entre les cylindres et qu’elle revient à son point de départ, sa course de retour est forcément limitée par les buttoirs contre lesquels vient s’arrêter la traverse R, ainsi que l’indique la figure 2. Ces buttoirs, placés sur deux crémaillères horizontales parallèles sur lesquelles ils peuvent glisser, n’ont pas une position invariable ; on peut les avancer ou les reculer à volonté suivant la dimension de la planche à tirer, puis on les arrête solidement en place au moyen de vis de pression.
- T, T sont deux courroies fixées sous la traverse inférieure R et qui, s’avançant parallèlement de chaque côté de la table jusqu’au devant des jumelles, passent sur des poulies et sur un rouleau de renvoi, montent au-dessus du cylindre B', et retournant en arrière vont s’enrouler et s’attacher sur des poulies U disposées derrière la machine sur un axe mobile porté par un châssis spécial. Aux extrémités du même axe sont deux autres poulies U' sur lesquelles s’enroulent, en sens inverse des courroies T, d’autres courroies descendant jusqu’à terre et auxquelles sont suspendus des contrepoids Y. Cela posé, on voit que, dès que la table sera entraînée par le mouvement des cylindres, les courroies T se développeront et les courroies des contre-poids V s’enrouleront d’une quantité à peu près égale à l’espace qu’aura parcouru la table ; celle-ci, arrivée au bout de sa course, sera donc sollicitée à revenir en place par les contre-poids Y, mais, comme l’action de ces contre-poids n’est pas suffisante pour faire repasser la table entre les cylindres au repos, ce mouvement de retour ne s’accomplira qu’alors qu’on aura lâché la pédale L et fait remonter le cylindre Bh
- On sait déjà que, pour que le cylindre B' puisse remonter, il faut que les cales O sortent des jumelles, et nous avons dit que ce mouvement, déterminé par les contrepoids P'. ne pouvait se produire qu’autant que l’action des contre-poids plus lourds P était annihilée pendant un moment; c’est donc à l’instant où la table va revenir à son point de départ que cet effet doit avoir lieu, et voici comment il est obtenu :
- W est une espèce de potence formée de plusieurs tringles de fer ( fig. 2 ), laquelle supporte le poids P et est soutenue à son tour par la corde qui se rattache, ainsi qu’il a été expliqué plus haut, à la tige coudée O' de la cale correspondante ( la même potence existe nécessairement pour chaque contre-poids P ) ; l’une des tringles est maintenue dans l’anneau d’une patte fixe X qui, sans empêcher le système de s’élever ou descendre, assure la verticalité de ses mouvements.
- A côté de la corde qui agit sur la tige coudée de la cale en est une autre Y, qui passe dans la potence W, monte le long de la jumelle, redescend au moyen de poulies de renvoi et va passer derrière la double traverse R de la table au moyen d’une ouverture ménagée à l’extrémité de cette traverse. Un arrêt formé sur cette corde par un nœud ou par un plomb, etplacé en un point convenable variable avec la course de la table,
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- va produire l’effet suivant : dès que la table arrivera au bout de sa course, la traverse R, qui s’est éloignée du buttoir S, va rencontrer le nœud de la corde Y, et faisant traction sur cette corde soulèvera, par conséquent, la potence W ainsi que le contre-poids P qui s’y trouve suspendu; l’action de ce contre-poids sera donc annihilée, et dès lors le contre-poids P', n’étant plus contre-balancé, agira immédiatement sur la cale correspondante pour la faire sortir de la jumelle. Cet effet se produisant simultanément sur les deux cales, le cylindre B' pourra donc remonter avec les cartons, et la table reviendra immédiatement en place sous l’action des contre-poids V. Dès que la table accomplit son mouvement de retour elle abandonne les nœuds des cordes Y, et les potences reprennent leur premier mode de suspension, laissant aux contre-poids P toute leur action pour le moment où la table C fera un nouveau voyage; en même temps de petits contre-poids Z sont chargés de ramener en place les cordes Y pour être prêtes à être saisies de nouveau par la table.
- Langes. — La figure 2 indique la position qu’occupent les langes D lorsque la machine ne fonctionne pas.
- Une barrette a, portant des pointes ou picots, est clouée au-dessus et en arrière du cylindre B' sur les deux courroies T qui conduisent la table, et dans une direction parallèle à l’axe des poulies U, U'. Sur ces pointes est piquée l’extrémité supérieure des langes, qui s’étendent alors entre les deux jumelles, rencontrent en avant l’axe b et le rouleau de renvoi c (fig. 1 et 2 ) sur lesquels passent déjà les courroies T, et, suivant parallèlement ces courroies jusqu’au-dessous du rouleau c, retournent brusquement en arrière et vont se tendre derrière la table sur une seconde barrette, qui ne diffère de la première a qu’en ce qu’elle est un peu moins longue et qu’elle est entièrement libre. Une petite corde terminée par un poids d est fixée au milieu de cette dernière barrette et assure, d’une manière convenable, la tension des langes tout en les suivant dans leur mouvement. Lors donc que la table accomplit un voyage, les courroies T, qui se meuvent de haut en bas, entraînent les langes avec elles et les ramènent en place aussitôt que la table revient à sa position initiale.
- Le rouleau c est mobile et peut se déplacer parallèlement à lui-même dans un plan vertical; à cet effet, il est suspendu, d’une part, à des cordes à contre-poids e, et, d’autre part, il porte en dessous, à chaque extrémité, un système d’attache f, qui le relie par deux poulies de renvoi aux extrémités antérieures des leviers J, moteurs du bloc de fonte I. Lorsqu’on agit sur la pédale L pour faire descendre le cylindre B', et qu’on met la table en mouvement, le rouleau c descend d’une certaine quantité et amène ainsi les langes sur la planche gravée, pour retenir la feuille de papier qui doit recevoir l’impression.
- Dans le cas où la surface de la planche gravée nécessiterait des langes de grandes dimensions, on augmenterait la course des courroies T, en les enlevant de dessus les poulies U, pour les reporter, ainsi que la barrette supérieure a, sur d’autres poulies g fixées en haut du même châssis.
- Fonctionnement de la machine. — En résumé, voici comment on opère avec cette machine : la planche gravée étant encrée, on commence par la mettre sur la partie
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- horizontale de la table C, et, après y avoir placé convenablement une des feuilles de papier destinées à recevoir l’impression, on monte sur la pédale L et la met en prise sous l’étrier M\ Immédiatement le cylindre B', les cartons N et le rouleau c s’abaissent; en même temps les cales O entrent dans les jumelles, et c’est alors qu’on agit sur le volant pour mettre en mouvement le cylindre B. Par suite de la pression exercée sur le cylindre supérieur, la table et les langes sont entraînés avec la planche couverte de son papier, et l’impression a lieu comme à l’ordinaire. Arrivée de l’autre côté des cylindres, la table rencontre, vers la lin de sa course, les plombs des cordes Y; elle tire ces cordes, et les contre-poids P se trouvant soulevés, les cales sortent des jumelles en cédant à l’action des contre-poids P'. A ce moment on arrête le volant, on décroche la pédale L, et le cylindre B' remonte en place en même temps que les cartons et le rouleau c, pendant que la table et les langes, sollicités par les contre-poids Y, reviennent à leur position première. On retire l’épreuve obtenue et l’on continue à opérer comme précédemment.
- Lorsqu’on a plusieurs presses du même genre à faire fonctionner, on peut, au lieu de commander à bras les cylindres inférieurs, caler sur leur axe une poulie fixe et une poulie folle et, à l’aide de courroies, leur donner le mouvement par une machine à vapeur.
- La figure 2 représente, en ponctué, le châssis en zinc que l’on ajoute au devant de la machine lorsqu’on veut faire des impressions très-soignées, c’est-à-dire tenir la feuille de papier à distance de la planche gravée sans le concours de l’ouvrier, jusqu’au moment où toutes deux vont s’engager entre les cylindres.
- Ce châssis se compose d’une feuille de zinc d’une largeur à peu près égale à celle de la table, et dont la longueur peut être augmentée à volonté au moyen d’une rallonge h; elle est maintenue entre deux coulisses i qui s’étendent jusque contre les jumelles et entre lesquelles elle peut glisser. Le châssis est fixé de telle sorte qu’il puisse être soulevé facilement dans la position de la figure 2, et dans ce cas on le soutient avec des cordes j ; lorsqu’on l’abaisse pour opérer, il repose sur deux vis k qui permettent à la feuille de zinc de venir se placer tout près et au-dessus de la table sans la toucher. Deux espèces de cames, fixées sur les côtés de cette table, sont disposées de telle sorte que, lorsqu’on rabat le châssis, la feuille de zinc est saisie et suit immédiatement la table dans son mouvement de progression, jusqu’à ce qu’elle arrive contre les jumelles où elle s’arrête pendant que la table continue son trajet.
- Si donc, après avoir placé la planche gravée sur la table et l’avoir convenablement margée, on rabat le châssis et qu’on place le papier sur la feuille de zinc, aussitôt que la table se mettra en mouvement le papier marchera parallèlement au-dessus sans toucher la planche gravée, jusqu’au moment où, la feuille de zinc s’arrêtant, le papier sera saisi entre les cylindres auxquels son bord se présentera, et la planche gravée arrivant presque en même temps, l’impression s’exécutera aussitôt pendant que la table entraînera le tout jusqu’au bout de sa course.
- (M.)
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- GAZ D’ÉCLAIRAGE.
- Rapport fait par M. Silbermann, au nom du comité des arts économiques, sur le procédé pour révéler les fuites de gaz dans les appareils d’éclairage et de chauffage, imaginé par M. Ch. Fournier , trésorier du ministère de la guerre.
- Messieurs, M. Ch. Fournier a soumis à votre appréciation et vous avez renvoyé à l’examen de votre comité des arts économiques un procédé pour révéler les fuites de gaz dans les appareils de chauffage et d’éclairage ; je viens vous en rendre compte au nom de ce comité.
- On sait combien les fuites de gaz sont fréquentes et nombreuses, et il n’est pas besoin que je rappelle ici les dangers qu’elles créent dans les habitations. D’ailleurs, à diverses reprises, plusieurs moyens tendant à les prévenir vous ont été présentés, et vous connaissez déjà quels sont les plus efficaces parmi ceux qui ont été jusqu’ici proposés et dont quelques-uns sont en usage.
- Aujourd’hui M. Fournier vous soumet un procédé nouveau, dont il a trouvé l’idée dans l’application de deux principes de physique et de chimie. Ce procédé comprend un premier appareil dit révélateur qui indique l’existence des fuites, et un second appareil qui permet d’en découvrir exactement le siège.
- Le révélateur se compose d’un robinet différant peu de la forme ordinaire, et d’un tube en U rempli d’eau colorée et faisant fonction d’éprouvette ma-nométrique différentielle. Ce robinet remplit trois buts, et pour cela il peut prendre trois positions différentes : dans la première, il ferme la conduite de gaz, dans la seconde il l’ouvre, et dans la troisième il la ferme de nouveau, mais cette fois pour la mettre en communication avec le tube en U. Dans cette dernière position, le gaz arrive dans l’une des branches du tube par le robinet, tandis que l’autre branche ne peut le recevoir que des ramifications qui s’étendent jusqu’aux becs d’éclairage. Or, si de part et d’autre la pression du gaz est la même ( ce qui devra être en cas d’absence de fuites et de fermeture des becs ), le liquide dans les deux branches du tube se tiendra au même niveau, tandis qu’il y aura nécessairement, dans le cas contraire, une dénivellation facile à constater.
- Par conséquent, toutes les fois qu’on voudra savoir s’il y a fuite dans les ramifications qui amènent le gaz aux becs, on commencera d’abord par provoquer la même pression partout, et pour cela on fermera les becs et on
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- mettra le robinet dans sa seconde position pour établir, ainsi quil a été dit plus haut, la libre circulation du gaz ; dans ce cas, le gàz arrivant par le robinet dans les deux branches du manomètre, les deux colonnes liquides Se tiendront au même niveau. A ce moment on interceptera la communication directe, c’est-à-dire qu’on mettra le robinet dans sa troisième position. S’il n’y a pas fuite dans les ramifications, les deux colonnes liquides devront rester à la même hauteur en vertu de l’égalité de pression qui devra se maintenir; au contraire, s’il y a quelque fuite, la pression n’étant plus la même du côté des becs, l’équilibre sera rompu et le liquide montera dans la branche du tube qui reçoit le gaz des ramifications en même temps qu’il s’abaissera dans l’autre branche de la même quantité. Cette dénivellation, qui se manifestera d’autant plus rapidement que la fuite aura plus d’importance, a pour limite celle que produit la pression du gaz venant par le robinet diminuée de la pression atmosphérique, et cette limite est représentée par une hauteur de 3 à 4 centimètres d’eau.
- On comprend la facilité d’exécution de cette première épreuve et son instantanéité à montrer, par une simple indication de dénivellation ou d’égalité de niveau dans le manomètre, s’il y a fuite ou non dans les conduites soumises à l’essai. Quant aux fuites qui pourraient exister entre le robinet de garde de la Compagnie à gaz et le robinet révélateur, on opérera de la même manière. Ainsi, en supposant bouchées toutes les fuites de la canalisation, on établira d’abord la même pression partout ( seconde position du robinet révélateur et fermeture des becs ), puis on fermera le robinet de garde, et, s’il y a fuite, la colonne liquide de la branche du manomètre située du côté de ce robinet devra immédiatement s’élever.
- Nous venons d’expliquer le moyen imaginé par M. Fournier pour permettre au consommateur de constater rapidement s’il y a fuite ou non dans la canalisation qui lui distribue le gaz ; voyons maintenant le second appareil à l’aide duquel, la fuite une fois révélée, on peut en découvrir facilement le siège.
- Ici M. Fournier emploie un procédé d’une grande simplicité et d’une certitude infaillible. Au gaz en circulation il mêle une certaine dose d’ammoniaque, dont la présence signale immédiatement le lieu même des fuites soit à la seule inspection de l’odorat, soit à l’aide de l’acide chlorhydrique, qui, en présence de l’ammoniaque, développe une fumée blanche, soit enfin au contact du papier réactif rougi que le moindre dégagement d’alcali fait passer au bleu.
- Parmi les divers procédés qui permettent d’introduire du gaz ammoniac dans la circulation, M. Fournier donne la préférence au suivant : à l’aide
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- d’un raccord s’adaptant sur le tuyau qui conduit le gaz aux becs, raccord muni d’une cloison qui interrompt la circulation directe, il force le gaz à passer dans une éprouvette contenant des morceaux de pierre ponce sur lesquels il a versé environ 30 grammes d’ammoniaque liquide. Arrivant dans l’éprouvette par sa partie inférieure et obligé de traverser la couche de pierre ponce imbibée, le gaz se charge d’ammoniaque et remonte dans la conduite de l’autre côté de la cloison, pour de là se répandre dans toutes les ramifications qui conduisent aux becs. Or, ces becs étant fermés à l’avance pour l’expérience, si on laisse au gaz un temps suffisant pour se répandre dans tous les branchements, si en même temps on a soin de laisser ouverts le robinet de garde ainsi que le robinet du révélateur, il suffira, pour découvrir les fuites, de parcourir tous les détours de la ramification, et l’odorat, l’acide chlorhydrique ou le papier tournesol en préciseront infailliblement le siège.
- Lorsqu’on est pressé de faire l’exploration, on peut fermer successivement chaque bec dès que l’ammoniaque décèle l’arrivée du gaz dans le tube qu’il alimente.
- Une expérience faite à l’École centrale des arts et manufactures a permis à votre commission de se rendre compte de l’efficacité des appareils de M. Fournier. Grâce à l’intervention d’un de nos collègues, l’administration de l’école, avec une bienveillance toute particulière, avait mis à notre disposition une ramification d’un étage comprenant une centaine de becs.
- Le robinet du révélateur et l’appareil à ammoniaque ayant été interposés sur la conduite s’élevant de l’étage inférieur, l’expérience révélatrice nous indiqua d’abord qu’il y avait fuite sur quelque point, mais la lenteur du mouvement de dénivellation qui s’opéra dans le tube en U nous prouva que cette perte était de peu d’importance. Cependant, pour nous en rendre compte, nous avons ouvert plus ou moins l’un des becs et nous en avons conclu qu’elle était loin d’équivaloir au débit d’un bec à moitié ouvert.
- Cette constatation une fois faite, on introduisit environ 30 grammes d’ammoniaque liquide dans l’éprouvette du second appareil, en disposant les choses comme il a été expliqué précédemment. Alors, en parcourant les conduits et opérant avec les réactifs indiqués, nous avons découvert successivement le siège des fuites qui, au nombre de deux, furent indiquées par l’acide chlorhydrique, par le papier de tournesol et même par le flambage ordinaire.
- Ces fuites bouchées, l’appareil révélateur n’indiqua plus qu’une perte insignifiante, probablement due à la porosité des tubes. Sans chercher à les découvrir, nous tenions cependant à les évaluer plus ou moins exactement, et voici alors le moyen que nous avons employé : choisissant un bec à trou
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- unique, nous l’avons ouvert, et, après l’avoir allumé, nous en avons diminué la flamme jusqu’à son extrême limite, c’est-à-dire jusqu’à un point où la quantité de gaz émise était tellement faible, qu’il ne nous était plus possible de rallumer le bec après avoir soufflé dessus pour l’éteindre ; et cependant l’odeur de l’ammoniaque était toujours sensible, et l’acide chlorhydrique ainsi que le papier de tournesol conservaient encore une assez grande activité.
- Après avoir répété plusieurs fois cette dernière expérience, afin d’établir un classement entre les divers moyens de constatation suivant leur degré de sensibilité, nous avons reconnu que le moins sensible est le flambage, puis vient l’odorat, ensuite l’acide chlorhydrique et enfin le papier de tournesol rougi à l’acide acétique et mouillé ; ce dernier moyen est d’une sensibilité extrême, car il suffit de voir bleuir quelques fibres du papier pour en conclure la présence de l’ammoniaque et, par conséquent, un faible dégagement de gaz.
- De toutes nos expériences il résulte que le procédé imaginé par M. Fournier pour révéler les fuites de gaz et en préciser le siège est des plus ingénieux, des plus pratiques et d’une sensibilité qui dépasse de beaucoup les besoins de la pratique. Ce procédé est une heureuse application des principes de la physique et de la chimie ; tous les éléments en étaient connus, mais, avant M. Fournier, personne, que nous sachions, n’avait songé à en faire une aussi heureuse application en les mettant au service d’une question d’économie publique (1).
- En conséquence , nous vous proposons, Messieurs,
- 1° De remercier M. Fournier de son intéressante communication;
- 2° D’ordonner l’insertion du présent rapport dans votre Bulletin, en y joignant le dessin des appareils dont il a été question.
- Signé Silbermann, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 10 avril 1861.
- LÉGENDE DESCRIPTIVE DE L’APPAREIL RÉVÉLATEUR DES FUITES DE GAZ IMAGINÉ PAR M. CH. FOURNIER. ( PLANCHE 229. )
- Fig. 1. Vue de l’appareil complet, avec section de l’éprouvette servant à opérer le mélange de gaz et d’ammoniaque.
- Fig. 2. Section verticale partielle de l’appareil révélateur.
- (1) Nous devons ajouter que l’Académie des sciences a eu l’occasion d’examiner le procédé^de M. Fournier et qu’elle a décerné à son auteur l’un des deux premiers prix de la commission des arts insalubres.
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- GAZ D’ÉCLAIRAGE.
- Fig. 3 et 4. Sections verticales du robinet du révélateur dans deux positions différentes.
- Révélateur.
- A, conduite alimentaire du gaz; le côté gauche amène le gaz et le côté droit le conduit aux diverses ramifications qui alimentent les becs.
- B, cadran fixé sur la conduite et au centre duquel se meut la clef du robinet G ; cette clef porte ( fig. 1 ), près de la poignée, une aiguille indicatrice qu’on arrête sur l’un des trois mots révélateur, éclairage, fermeture, suivant l’un des trois effets que l’on veut produire et dont l’explication va être donnée.
- G, robinet remplaçant le robinet réglementaire et pouvant prendre, à volonté, l’une des trois positions indiquées sur le cadran B; le trou de ce robinet est terminé, d’un côté et perpendiculairement à sa direction (fig. 2), par une entaille D de 25 à 30 millimétrés de long sur 5 de large.
- E, F, petits canaux obliques (fig. 2) pratiqués dans le boisseau du robinet, et dont l’un E est disposé de manière à correspondre avec l’entaille D pour certaines positions du robinet ( fig. 3 et 4 ).
- G G', manomètre composé de deux tubes en verre très-épais, communiquant par un coude en cuivre et remplis d’eau colorée; le tube G correspond au canal E et le tube G' au canal F. Ce manomètre est assujetti hermétiquement au boisseau du robinet, et le coude en cuivre est ajusté dans chaque tube au moyen d’une garniture en caoutchouc.
- H, petit curseur servant à marquer le niveau du liquide dans les deux tubes du manomètre; mobile sur une tige fixée entre ces deux tubes, on l’arrête à la hauteur voulue au moyen d’une vis de pression.
- Cela posé, voici l’explication des trois positions que peut prendre le robinet C et qui correspondent aux trois indications du cadran :
- Fermeture. —C’est la position des figures 1 et 2; dans ce cas, tout passage du gaz est intercepté et l’extinction des becs a lieu.
- Eclairage. — Le robinet est ouvert ( fig. 3 ) et les becs peuvent être allumés. Le gaz circulant partout pénètre en même temps dans les tubes G, G' par les canaux E, F, et, pressant également sur les deux colonnes liquides, les maintient à un niveau égal qu’indiquent les deux pointes du curseur H.
- Révélateur. — Après avoir fermé tous les becs ou s’être, avant de les allumer, bien assuré qu’ils sont fermés, on fait tourner le robinet de manière que l’aiguille indicatrice vienne se placer au centre du mot révélateur du cadran (position de la figure 4). Par suite de cette manœuvre, il y a interruption entre le côté gauche et le côté droit de la conduite A, mais l’entaille D du robinet se trouvant en communication avec le petit canal E, le gaz arrivant est chassé dans le tube G sous l’influence de la pression permanente qu’il subit. D’un autre côté, le gaz qui est emprisonné à droite de la conduite A entre le robinet et les becs d’éclairage, et qui, au moment de la fermeture
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- GAZ D’ÉCLAIRAGE.
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- de ces becs, y était condensé sous la même pression, est poussé, par sa force d’expansion , dans le canal F et arrive dans le tube G .
- Si la pression qui s’exerce dans les deux tubes est égale, ce qu’indique l’égalité de niveau des deux colonnes liquides, c’est qu’évidemment il n’y a pas de fuite depuis le robinet jusqu’aux becs.
- Si, au contraire, le niveau du liquide s’abaisse dans le tube G pour se relever dans le tube G', c’est qu’il y a inégalité de pression et qu’il existe une ou plusieurs fuites ; dans ce cas, la dénivellation est d’autant plus rapide que la perte de gaz est plus
- considérable.
- Cette sensibilité du manomètre est telle, que, si on perce à 60 ou 80 mètres de distance une petite fuite donnant lieu, lorsqu’elle est allumée, à une flamme bleue de 0m,001 de haut sur 0m,002 de large et consommant un litre de gaz à l’heure, elle est signalée par l’appareil dans l’espace de quelques secondes.
- Le révélateur doit être placé le plus près possible du point d’introduction du gaz dans les ramifications à protéger 5 mais l’inventeur conseille, pour plus de sûreté, d’en installer plusieurs lorsque ces ramifications parcourent une étendue de plusieurs centaines de mètres.
- Appareil pour découvrir le siège des fuites.
- Cet appareil n’est pas permanent comme 1e précédent ; il n’est mis en usage que lorsqu’une fuite a été révélée.
- I, raccord interposé sur la conduite A ( fig. 1 et 2 ) près du robinet révélateur, entre ce robinet et les becs d’éclairage; ce raccord est fermé par une plaque munie, sur la face qui regarde l’intérieur de la conduite A, d’une cloison J ( fig. 2 ) qui interrompt la communication directe entre l’amont et l’aval de cette conduite.
- K, robinet avec ajutage placé à gauche de la cloison J ( fig. 1 ) et donnant passage au gaz que l’on dirige dans l’appareil à ammoniaque.
- L, autre ajutage situé à droite de la cloison et par lequel le gaz chargé d’ammoniaque rentre dans la conduite.
- M, éprouvette en verre épais, d’une forme spéciale, remplie de morceaux de pierre ponce sur lesquels on a versé de l’alcali volatil ; elle est fermée à sa partie supérieure par un couvercle métallique muni de deux oreilles et garni intérieurement d’une rondelle en caoutchouc.
- N, tringles verticales maintenues, d’une part, dans les oreilles du couvercle de l’éprouvette et portant à leur partie inférieure un pas de vis qui s’engage dans les oreilles d’un collier O, sous lesquelles de petits écrous, qu’on serre à volonté, permettent d’assujettir hermétiquement le couvercle et sa garniture en caoutchouc.
- P, tubulure placée à la partie inférieure de l’éprouvette et débouchant dans une espèce de chambre ménagée sous l’étranglement qu’entoure le collier O; un tuyau en caoutchouc, dont l’amorce est seule indiquée sur ia figure 1, met cette tubulure en communication avec l’ajutage du robinet K et amène dans l’éprouvette le gaz qui arrive en amont de la cloison J.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Q, ajulage avec robinet fixé sur le couvercle de l’éprouvette et relié également par un tuyau en caoutchouc avec l’ajutage L du raccord I ; c’est par ce second tuyau que le gaz, après s’être chargé d’ammoniaque, sort de l’éprouvette pour rentrer dans la conduite en aval de la cloison J. Le robinet de l’ajutage Q ne sert qu’à vérifier si le gaz prêt à sortir de l’éprouvette est mélangé d’ammoniaque.
- R, bouchon de plomb fermant un petit entonnoir faisant corps avec le couvercle de l’éprouvette ; c’est par cet entonnoir qu’on verse la liqueur ammoniacale.
- Lorsque le raccord I n’est pas trop éloigné du sol, les tuyaux en caoutchouc qui partent des ajutages K et L peuvent être assez longs pour permettre de placer l’éprouvette M à terre ou sur une table; dans le cas contraire, une double chaînette attachée aux extrémités supérieures des tringles N sert à suspendre l’éprouvette à la conduite même.
- Ces dispositions expliquées, on voit que le gaz arrivant en K sera forcé, par la cloison J, de se rendre dans l’éprouvette; là il se mélangera à l’ammoniaque, et les deux gaz arrivant ensemble dans la conduite rempliront également toutes les ramifications qui conduisent aux becs; on n’aura plus alors, ces becs étant fermés, qu’à promener le long des ramifications une baguette de verre trempée dans l’acide chlorhydrique ou bien du papier de tournesol rougi, et la production d’un jet de vapeur blanche ou le bleuissement du papier de tournesol indiquera le siège de chaque fuite. Souvent l’odorat suffira à lui seul pour arriver au même résultat.
- Avant de rechercher l’endroit où la fuite existe, il convient de s’assurer que l’ammoniaque parvient bien dans toute l’étendue de la canalisation ; à cet effet, on ouvre le bec d’éclairage le plus éloigné du point d’introduction du gaz, et l’on s’assure, par l’un des trois moyens indiqués, si le courant arrive jusque-là. (M. )
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Benoît, au nom du comité des arts mécaniques, sur une table de Pythagore latente, inventée par M. Philippe Benoist.
- Messieurs, M. Philippe Benoist a présenté à la Société une Table de Pythagore latente, ou qui ne présente à la vue le produit de deux quelconques des nombres 2, 3, A, 5, 6, 7, 8 et 9 que lorsqu’on les y a amenés l’un au-dessous de l’autre. En conséquence du renvoi que vous lui en avez fait, votre comité des arts mécaniques a examiné cette table, au moyen de laquelle des enfants peuvent s’interroger isolément, se stimuler, s’ils sont en nombre, et vérifier, après avoir répondu à une question, s’ils ne se sont pas trompés ; table qui, mise dans leurs mains, pourrait sans doute leur procurer un divertissement profitable.
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- Disons d’abord comment cette table est disposée et comment on la fait fonctionner. Les nombres 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 sont inscrits dans cet ordre de gauche à droite, sur la rive supérieure de huit rainures ou mortaises parallèles, dans chacune desquelles on peut faire glisser, à volonté , une touche portant un seul des huit chiffres mentionnés, qui, à l’état de repos, se place naturellement à gauche de la série de chiffres dépendant de la rainure. En poussant la touche de gauche à droite, et en maintenant, sous celui de ces chiffres que l’on veut, le chiffre qu’elle porte, cette simple manœuvre fait apparaître, dans une lucarné ouverte à gauche de l’ensemble des rainures, le produit des deux chiffres ainsi rapprochés.
- Aucun engrenage n’entre pourtant dans la construction de cette table, et c’est par un moyen ingénu, sinon très-ingénieux, que M. Benoist obtient le résultat mécanique signalé. Huit feuilles de papier fort sont placées à gauche de la lucarne et disposées les unes sur les autres; chacune d’elles est liée, à droite, avec une des touches mentionnées, qui est liée elle-même avec une lanière de caoutchouc fixée, par bout, à gauche de l’encadrement général. C’est l’élasticité de ces lanières qui rappelle à leur position de repos, lorsqu’on les abandonne, les touches qu’on avait déplacées malgré la résistance élastique de ces lanières. On voit, par cette disposition, qu’en poussant une touche quelconque on fera passer derrière la lucarne une bande de la feuille de papier correspondante, et qu’il suffira d’y inscrire, de droite à gauche, les produits des nombres de la série 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9, par celui que la touche porte, pour que le produit relatif à chaque position de la touche se présente à la lucarne (1), ainsi qu’il a été dit.
- Le Conseil, n’ayant jamais refusé son appui moral à tout ce qui peut faciliter la diffusion de l’instruction primaire, verra, sans doute avec intérêt, une invention dirigée vers ce but, et dont l’efficacité a été constatée par les heureux résultats que M. Benoist en a obtenus pour cette partie de l’instruction de ses propres enfants, qu’il s’était proposée.
- (1) Il est facile de concevoir que le mode de construction de la table de Pythagore latente de M. Philippe Benoist permet de lui donner un degré d’utilité de plus en ouvrant, de part et d’autre de sa lucarne, sur une ligne perpendiculaire aux rainures, deux autres lucarnes, derrière lesquelles passeraient aussi des bandes particulières des feuilles de papier mentionnées, pouvant être utilisées de la manière suivante. Sur les bandes correspondant à la lucarne supérieure, on pourrait écrire, à la place convenable, les sommes des nombres de la touche et de celui de la rainure en regard duquel on l’aurait amené, et l’on aurait ainsi une table d’addition latente. Sur les bandes passant derrière la lucarne inférieure, on pourrait inscrire les différences des nombres désignés, et l’on aurait encore une table de soustraction latente, dans laquelle les différences négatives pourraient être distinguées des différences positives, soit par la seule couleur des encres employées pour leur écriture, soit par la dissemblance des chiffres. ( Note du rapporteur. )
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Par suite de ce qui précède, votre comité des arts mécaniques m’a chargé de l’honneur de vous proposer, Messieurs,
- 1° De remercier M. Philippe Benoist de son intéressante communication;
- 2° D’approuver la table de Pythagore latente qu’il a inventée ;
- 3° D’ordonner l’impression du présent rapport dans le Bulletin de la Société ;
- 4° Enfin de faire graver soit sur cuivre, sur bois le dessin de la table dont il s’agit, pour le mettre à l’appui du texte de cette publication.
- Signé Benoît, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 3 juillet 1861.
- LÉGENDE RELATIVE A LA TABLE DE PYTHAGORE LATENTE DE M. PHILIPPE BENOIST
- REPRÉSENTÉE PLANCHE 229.
- Fig. 5. Vue de la table de Pythagore.
- Fig. 6. Détail d’une touche portant la série des produits par 2 des nombres 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9.
- • Fig. 7. Vue en élévation de cette même touche montrant la lanière de caoutchouc qui lui sert de rappel.
- La table se compose d’un petit plateau rectangulaire en carton a de 0m,01 environ d’épaisseur.
- Huit rainures horizontales b, pratiquées dans l’épaisseur de cette table, portent, au-dessus et sur le bord de chacune d’elles, les nombres 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 qui représentent les multiplicandes. Ces rainures, qui s’étendent d’un bout à l’autre de la table, ne sont visibles que sur le tiers environ de leur longueur. Dans chacune d’elles et à gauche est disposée une touche mobile portant l’un des multiplicateurs 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, inscrits successivement dans l’ordre où les représente la figure 5.
- Chaque touche se compose d’un petit dé de carton c (fîg. 6 et 7), collé sur une bande de carton de largeur à peu près égale à celle de la rainure dans laquelle elle doit se mouvoir; c’est à l’aide de ce dé qu’on tire la bande de carton de gauche à droite pour amener le multiplicateur qu’elle porte sous le multiplicande qu’on s’est donné. (La main ponctuée qu’indique la fîg. 5 montre la manière d’opérer par la position du pouce qui a amené la touche du multiplicateur 5 sous le multiplicande 9 de la quatrième rainure. )
- La bande de carton qui porte, à son extrémité de droite, le dé et son multiplica leur est munie, à son extrémité de gauche, d’une feuille de papier d (fig. 6 et 7 ) au bas de laquelle sont inscrits, de droite à gauche, les produits successifs des nombres 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 par ce multiplicateur.
- A moitié hauteur de la table est la petite lucarne e ( fig. 5 ) où l’on fait apparaître tel produit que l’on veut, suivant que l’on tire telle ou telle touche, en arrêtant son multiplicateur sous le multiplicande voulu; c’est ainsi que, dans la figure 5, la quatrième touche étant tirée et son multiplicateur 5 étant maintenu par le pouce sous le multiplicande 9, le produit 45 apparaît dans la lucarne.
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- Une lanière de caoutchouc f ( fig. 7 ), collée, d’une part sous chaque touche et, d’autre part, à l’extrémité gauche de la rainure correspondante, rappelle en place le multiplicateur dès qu’on abandonne la touche, et le zéro apparaît alors à la lucarne.
- Les feuilles de papier d, qui portent les produits, sont en recouvrement les unes des autres et dans un ordre correspondant à la position des différents multiplicateurs. Pour les multiplicateurs 2, 3, 4 et 5, ces feuilles sont placées comme celle de la figure 6 ; pour les multiplicateurs 6, 7, 8 et 9 qui se trouvent en-dessous de la lucarne, elles sont disposées en sens inverse, c’est-à-dire leur bord inférieur tourné vers la lucarne. En outre, leur hauteur est égale à la distance verticale à la lucarne du multiplicateur correspondant; on comprend qu’il en doive être ainsi, puisque tous les produits devant se présenter devant le même orifice, il est nécessaire que les tranches horizontales sur lesquelles ils sont inscrits se trouvent parfaitement en recouvrement les unes des autres. ( M. )
- AGRICULTURE.
- Rapport fait par M. Huzard, au nom du comité d’agriculture, sur le poulailler roulant de M. Giot, à Chevry-Cossigny (Seine-et-Marne).
- Messieurs, vous avez renvoyé au comité d’agriculture une brochure intitulée, la Poule aux œufs d’or pour d’aucuns et la Poule au pot pour tous, au moyen d’un poulailler roulant. Je viens vous entretenir un instant de ce travail.
- Sous ce titre se produit une idée qui, peut-être, pourra, dans quelques circonstances exceptionnelles, se transformer en fait; nous disons dans quelques circonstances exceptionnelles seulement, parce que nous estimons qu’il ne peut en être autrement, quoique l’auteur prétende que son système est généralement applicable. Selon lui, un poulailler en charpente peut être mis sur des roues et transporté journellement, pendant la belle saison, d’un champ dans un autre ; et ce poulailler, toujours selon l’auteur, payera ses frais de toute nature avec un bénéfice considérable, en ce que les poules fertiliseront les champs par leurs déjections, pondront sans avoir besoin d’être nourries, et enfin détruiront une multitude considérable d’insectes nuisibles à l’agriculture, ce qui augmentera singulièrement, prétend-il, le rendement des récoltes.
- C’est un cultivateur praticien qui a écrit la brochure ; ce cultivateur a mis en pratique son système à Chevry-Cossigny, dans Seine-et-Marne ; un modèle du poulailler roulant a été mis sous les yeux du public à. l’exposition nationale d’agriculture de 1860 ; enfin l’auteur a soumis son système à la So-
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- ciété. Ces circonstances nous ont paru motiver, sinon un jugement, au moins une appréciation de la part de votre comité d’agriculture.
- Le peu de mots qui précèdent ont suffi pour faire comprendre tout le système. Est-il économique? Là est la question.
- Sans aucun doute, des poules peuvent être nourries en partie, pendant la belle saison, sur des champs en friche et sur des champs nouvellement labourés ; on peut même, à l’égard de certaines cultures, laisser les poules pâturer dans ces cultures à quelques époques, sans qu’il en résulte de dommages pour les plantes; mais rien ne prouve que l’idée d’un avantage pour les cultures soit fondée. Les calculs de l’auteur, par rapport aux bénéfices, sont tout à fait hypothétiques. Bien fou qui s’y fierait, pour parler un peu dans le style de l’auteur.
- Les cas exceptionnels où il pourrait y avoir quelques présomptions de bénéfices seraient ceux où l’on posséderait de vastes parcs enclos de murs, où les poules n’auraient point d’ennemis à redouter. Dans ces parcs, on pourrait mettre le poulailler roulant, l’abandonner à lui-même dans le jour, le faire fermer pendant la nuit pour le faire ouvrir ensuite le matin, puis, quand une localité aurait été exploitée parles poules et purgée d’insectes, transporter le poulailler roulant dans une autre partie, même sur des terres labourées récemment s’il s’en trouvait dans le parc, même auprès des terres en cultures si les cultures pouvaient supporter la présence des poules. Nous dirons, à l’égard du changement de place du poulailler, qu’il est facile d’accoutumer les poules à revenir coucher à ce poulailler en leur donnant auprès, le soir, au moment où l’on va fermer la porte, un peu d’avoine ou d’orge ; nous ajouterons que, pour ne pas exposer les poules à la négligence de la personne chargée d’ouvrir la porte le matin, on doit ménager aux volailles une issue facile toujours ouverte dans quelque partie élevée du poulailler, et inaccessible aux ennemis nocturnes.
- De cette manière, dans un parc bien enclos, les poules n’ayant aucun danger à courir, on peut tenter l’essai d’un poulailler roulant. Mais faire garder ce poulailler dans les champs par un homme accompagné d’un chien, nous doutons très-fort d’un résultat économique.
- Là nous bornerons notre rapport ; son but est seulement de faire connaître l’idée de l’auteur, pour qu’elle soit appliquée, si le lecteur se croit dans la position de tenter l’application.
- Nous proposons de remercier l’auteur de sa notice et de faire insérer ce rapport au Bulletin.
- Signé Huzard , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 24 avril 1861.
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- DE L’AMPLIFICATION DES ÉPREUVES, PAR M. BERTSCH (1).
- Déjà beaucoup de choses ont été dites sur les grandissements, bien des questions de détail ont été résolues, sans que le côté sérieux de celle application ait jamais été traité.
- Occupé depuis plus de dix ans d’appliquer scientifiquement les amplifications photographiques aux recherches d’histoire naturelle, nous avons pour nous une expérience qui nous permet de donner aux personnes encore peu familières avec ce genre de travail quelques renseignements utiles, et nous allons essayer de poser quelques principes qui nous semblent indispensables à connaître pour procéder avec certitude dans l’exploration de cette voie nouvelle toute pleine d’avenir.
- Pour transporter du domaine de la science dans celui du pittoresque les instruments qui nous ont permis d’obtenir les résultats que connaissent beaucoup de nos confrères, nous n’avons eu qu’à augmenter les surfaces et les foyers de nos lentilles, ce qui est d’ailleurs plus facile que de les diminuer. Un grossissement de 100 fois, déjà considérable pour un paysage, peut être aisément obtenu par des méthodes qui nous ont permis de pousser l’augmentation des surfaces jusqu’à 900,000 fois, avec une grande netteté.
- Avant d’entrer dans l’analyse des conditions à remplir pour agrandir convenablement, disons un mot des clichés dont on doit se servir et des avantages considérables qu’il y a, au point de vue de la vérité de la forme et de la perspective, à en augmenter les dimensions. Un rêproche que les photographes ont longtemps mis sur le compte de la jalousie, bien qu’il soit des plus sérieux et des mieux fondés, est journellement adressé par les artistes et les gens de goût aux épreuves photographiées. Les paysages manquent de premiers plans, la perspective n’y est pas exacte; rien n’y indique l’échelle véritable et le relief y est peu senti. Quand bien même un amour aveugle pour les paysages photographiés nous empêcherait de nous rendre à l’évidence, les lois de l’optique nous démontreraient que ces observations sont fondées. Loin de représenter ce que l’œil voit dans la nature, une photographie n’est bien souvent, il faut l’avouer, qu’un contre-sens qui blesse le goût et le sentiment du vrai. Nous serons d’autant plus à l’aise pour démontrer d’une manière irréfutable qu’il en doit être ainsi, que les procédés de grandissement vont nous permettre de nous garantir des défauts reprochés jusqu’à ce jour à la photographie pittoresque. Afin d’être compris par les personnes les plus étrangères à la science de l’optique, nous éviterons les formules,
- (1) Communication faite par l’auteur dans la séance du 5 juin 1861. (Voir Bulletin de juin, p. 381. )
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- les termes techniques, pour nous renfermer dans les limites d’expériences que tout le monde peut faire au moyen d’une lentille.
- Comparons l’image qui se peint au fond de notre œil sur la rétine avec celle qu’une lentille réfracte au fqnd d’une chambre noire sur une glace dépolie, et voyons s’il n’y aurait pas entre ces deux images un désaccord qui explique tous les défauts reprochés à la photographie.
- Soit une lentille convergente LL : objectif simple ou double, peu importe, les phénomènes se ressembleront.
- Devant cet objectif, plaçons trois points rayonnants, A, B, C, et inégalement distants. Ces trois points sont trois plans différents du paysage que nous voulons réfracter en arrière de la chambre noire, sur la glace dépolie. En vertu de la loi des foyers conjugués que les photographes connaissent et appliquent journellement, et dans l’analyse de laquelle il serait, par conséquent, superflu d’entrer, le point ou l’objet A sera réfracté en A', B en B' et C en C'. Les points A, B, C, constituant, nous l’avons dit, trois plans différents dans le paysage, seront aussi réfractés en arrière de la lentille sur les trois plans différents A', B', C'. Admettons que A soit l’horizon, B les plans moyens et C les premiers plans du paysage, nous voyons immédiatement que n’ayant à sa disposition qu’un seul plan, qui est la glace sensible, le photographe sera dans l’impossibilité d’obtenir une image nette de ces trois points. S’il place sa glace à un point tel, que l’image du point B y soit nettement réfractée, le point C, qui représente les premiers plans, ne convergera pas encore, tandis que A sera devenu divergent. C et A seront donc reproduits avec des formes étalées, sans contours précis, mal éclairés et, en un mot, sans aucune espèce de vérité. Quelque parti que prenne le photographe, l’image qu’il pourra obtenir sera nécessairement défectueuse et sans aucun rapport avec celle qui se produit sur la rétine. Ce qui est pour nous le mieux arrêté sera justement dans l’épreuve ce qu’il y aura de plus vague, en sorte que, la perspective aérienne se trouvant complètement détruite, le résultat final n’aura rien de commun avec l’impression que nous fait la nature elle-même.
- Nous devons donc malheureusement poser ce principe, qui est rigoureux et sans exception : un objectif d’un foyer quelconque ne peut, par l’application cle la loi des foyers conjugués, réfracter nettement en arrière que les objets situés en un même plan. Dans de telles conditions, un objectif est donc impropre à reproduire, avec quelque apparence de vérité, une perspective d’une certaine profondeur et ne doit être employé qu’à photographier des gravures, des façades de monuments ou tout autre objet
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- d’un faible relief. Le triomphe de la photographie, dit-on, c’est la reproduction des monuments, des bas-reliefs et des dessins ; mais elle est insuffisante pour rendre la nature. Nous allons voir que la manière seule dont on emploie les instruments est cause de cette insuffisance, et qu’une application plus rationnelle des lois de l’optique nous permet de reproduire avec la vérité la plus saisissante un paysage quelconque, fût-il composé d’une quantité infinie de plans différents.
- Faisons une seconde expérience, tout aussi simple et tout aussi concluante que la première.
- Prenons cette même lentille et visons un point éloigné A dont nous remarquerons avec soin l’image réfractée en A', sur la glace dépolie. Prenons maintenant un autre point B encore plus éloigné, et mesurons également la distance à laquelle il se réfracte en arrière en B'; nous verrons que cette distance n’aura pas varié. Visons le point C beaucoup plus rapproché, nous rentrerons alors dans la première expérience, c’est-à-dire que C sera réfracté en C' sur un plan plus éloigné de la lentille que A', B'. Mais, si nous nous éloignons de C jusqu’à ce qu’il vienne se réfracter nettement dans le plan A'B', nous remarquerons que les points A', B' auront néanmoins conservé eux-mêmes toute la netteté de leurs contours.
- Donc pour tout objectif il y a une distance, à partir de laquelle les angles de divergence sont tellement semblables entre eux, et à partir de laquelle tous les points rayonnants ont, eu égard au faible diamètre des diaphragmes, une parallaxe si petite, que les rayons réfléchis peuvent être considérés comme parallèles entre eux, de quelques points qu’ils arrivent à partir de cette distance.
- Pour le photographe, cette loi est de la plus haute importance, car il peut, comme nous allons le démontrer, en s’y renfermant, être assuré de rendre la nature exactement comme nos yeux la voient.
- La distance à la lentille du plan unique sur lequel viennent se peindre nettement tous les objets extérieurs, quel que soit leur éloignement, se nomme en optique le plan du foyer principal de la lentille. Nous sommes, d’après ce qui précède, en droit d’émettre ce principe fondamental et incontestable : dès qu'un objet sera suffisamment éloigné d'une lentille convergente, pour que son image vienne nettement se réfracter à son foyer principal, tous les objets situés à des distances inégales et encore plus éloignées viendront aussi se peindre dans le même plan.
- Nous conclurons de ce principe que, si un objectif est de courbes bien calculées pour la correction de l’aberration sphérique et diaphragmé de manière à arrêter les
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- pinceaux trop obliques, il donnera à son foyer principal l’image nette de tous les objets compris sous un angle normal de 30 degrés dont il est le sommet.
- Pour nous rendre un compte exact des images que nous pourrons obtenir en nous renfermant rigoureusement dans la loi du foyer principal, faisons une dernière expérience. Examinons le rapport qu’il y a entre la distance la plus rapprochée A et celle de son image A' à la lentille. En mesurant ces deux distances, nous verrons que la dernière est contenue 99,99 dans la seconde. Ceci est rigoureux et invariable. Qu’en devons-nous conclure? C’est que toutes les fois que l’objet le plus rapproché d’une lentille sera réfracté en arrière en une image qui représentera le centième de sa hauteur ou le dix-millième de sa surface, il sera réfracté au foyer principal du système. Comme conséquence de ceci, nous dirons que tout objet peut se peindre nettement sur un plan en arrière d'un objectif quelconque, concurremment avec des objets plus éloignés que lui, pourvu que par sa distance le premier soit réduit au dix-millième de sa surface.
- Donc, en plaçant une chambre noire à une distance telle des premiers plans d’un paysage, qu’ils soient réfractés au foyer principal de l’objectif, on peut être assuré d’obtenir une image nette, tant de ces premiers plans que de l’horizon.
- Voyons quelles seront les conditions à remplir pour obtenir une pareille image sur une surface de 50 centimètres carrés.
- La diagonale de ce carré étant de 70 centimètres, et un objectif ne pouvant donner comme champ de netteté que la moitié de sa longueur focale, il nous faut pour une pareille image une lentille d’un foyer de lm,40. En vertu des principes émis, à quelle distance des premiers plans devons-nous nous placer pour que le paysage soit net jusqu’à l’horizon? A 140 mètres! A cette distance, quelle sera la hauteur d’un homme placé au premier plan pour servir d’échelle? 18 millimètres ! Jugez du reste et des détails de ces mêmes premiers plans, si importants cependant pour l’effet de la perspective. Si vous doublez les dimensions d’une telle photographie, ce même homme, au lieu de gagner de l’importance, sera quatre fois plus petit, c’est-à-dire de la hauteur d’une mouche. Dira-t-on qu’une pareille épreuve rend la nature telle que nous la voyons; non certes, car, pour voir un paysage, jamais un artiste ne se placera à 140 mètres de ses premiers plans. Les grandes photographies prises directement d’après nature ne peuvent être autre chose que des rideaux de fond. Plus les différents plans y seront rendus nettement, plus elles manqueront d’échelle et de perspective : ceci est mathématiquement et physiquement vrai. Quel peintre se placera, pour copier un paysage, à la distance incommensurable où le photographe est forcé de mettre sa chambre noire quand il veut obtenir de la netteté pour tous ses plans? C’est pour cela que les grandes photographies prises directement ne peuvent être que des fonds de tableaux, et ne peuvent donner aux artistes que des idées fausses.
- Tandis qu’à 10 mètres de nos yeux, c’est-à-dire à la distance où nous nous plaçons pour voir un ensemble, un arbre, un objet quelconque d’un mètre de diamètre, sous-tend un angle de plus de 5 degrés et nous dérobe plus du cinquième de l’horizon ; tandis que par son importance il repousse les seconds plans, éloigne l’horizon
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- et nous donnerait à lui seul le sentiment de la perspective et de l’étendue; placé à 100 mètres, il ne sous-tend déjà plus qu’un angle de 34 secondes, et dans une photographie de la grandeur que nous venons d’indiquer il devient un fil qui se confond aisément avec les objets distants d’un kilomètre.
- Condamnés d’une part, s’ils appliquent la loi des foyers conjugués, à laisser dans le vague les horizons ou les premiers plans, forcés d’autre part, s’ils se renferment dans la loi du foyer principal, à ne reproduire que des objets très-éloignés, les photographes, n’ont jusqu’à présent jamais pu faire d’épreuves pittoresques même de dimensions moyennes, qui ne méritassent pas les reproches que les artistes leur ont toujours et avec raison adresses.
- Nous aimons trop la photographie pour en exposer ainsi les défauts si nous ne pouvions présenter le remède à côté du mal.
- Les lois de l’optique nous permettent heureusement de résoudre d’une manière complète l’important problème de la reproduction photographique de la nature, en ce qui touche la vérité de la perspective et la vraie relation des plans. Le lecteur a déjà compris que nous voulions parler du grandissement.
- Pour obtenir l’image des objets dans les conditions où nous les voyons nous-mêmes, qu’y a-t-il à faire? Construire un instrument pour lequel l’infini, si nous pouvons nous exprimer ainsi, commence à la distance où nous nous plaçons, où se met un artiste pour regarder ou copier un paysage; une chambre noire qui soit, en un mot, comme un véritable œil conservant l’impression qu’il reçoit des objets extérieurs.
- C’est par cela que nous avons commencé.
- Nous avons construit un petit appareil auquel nous avons donné le nom de chambre automatique, parce qu’elle ne se met pas au point; elle se trouve réglée à l’avance et le point est fixé pour tous les plans. Essayée déjà par un grand nombre d’amateurs, elle a donné d’excellents résultats.
- C’est une petite boite d’un décimètre carré, dont l’objectif, réglé comme nous l’avons indiqué par des moyens micrométriques et sur l’image aérienne, donne un champ de-netteté d’une grande finesse, dont la diagonale est de 85 millimètres et suffisant pour couvrir une glace de 6 centimètres carrés. Cette chambre noire se place dans une boîte de la dimension de celle .des peintres paysagistes, laquelle contient les produits chimiques nécessaires pour plus de cent épreuves, et sert de laboratoire pour opérer en pleine campagne par la voie humide. Réduit à des proportions aussi insignifiantes, le bagage du photographe permet d’explorer les sites d’un accès difficile, de s’installer partout et seulement à une douzaine de pas des objets dont on veut faire les premiers plans. Reproduisant le paysage à la distance où nous nous plaçons naturellement pour le regarder, posée sur une planchette d’un diamètre calculé pour que les deux images soient faites à l’écartement moyen de nos yeux, elle donne, en même temps que des épreuves qui supportent un très-fort grossissement, des stéréoscopes d’un relief naturel et qui ne présentent pas l’aspect de découpures de carton sans épaisseur.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Septembre 1861.
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- Les plans de ces images conservant entre eux, à quelque dimension qu’on les amène, les rapports qu’ils ont pour nos yeux dans la nature, les artistes n’auront plus à reprocher à ces épreuves agrandies le manque de perspective et de profondeur.
- Après avoir démontré que, pour obtenir par grandissement d’une épreuve photographique rëfîet d’un véritable dessin, il faut d’abord que cette dernière soit prise à la distance où nous nous placerions nous-même pour bien voir, et ensuite qu’elle soit très-nette depuis les premiers plans jusqu’à l’horizon, nous n’ajouterons que quelques mots sur l’opération même du grandissement.
- Nous nous contenterons de poser quelques principes, dont l’expérience comme la théorie nous ont démontré l’importance (1).
- Pour Véclairage. — Si on emploie les lentilles qui concentrent l’action du soleil, il est nécessaire de replacer, au moyen d’une lentille négative d’un foyer complémentaire de la première, le faisceau convergent dans les mêmes conditions que si la lumière venait de l’infini. La lumière solaire doit traverser le cliché perpendiculairement à son plan.
- Tout cliché éclairé, comme dans l’appareil américain, par un faisceau de lumière convergente, ne peut donner une image nette.
- Pour Vamplification. — Tout objectif dont la surface entière des lentilles ne sera pas employée à la formation de l’image et qui ne sera pas diaphragmé à la distance de son foyer principal donnera lieu à une aberration d’autant plus nuisible à la netteté des résultats que l’image sera plus grande.
- Nous avons proposé pour l’opération du grossissement les dispositions rationnelles que nous employons depuis dix ans dans nos expériences, et qui nous ont permis d’atteindre, avec une netteté qui ne sera contestée par personne, l’énorme amplification de 1,600,000 surfaces. Dans ces dispositions, la lumière traverse le cliché perpendiculairement à son plan en un faisceau de rayons parallèles entre eux, lequel tombe ensuite sur toute la surface de l’objectif diaphragmé à son foyer principal. Aucun phénomène de diffraction ne se produit avec cet appareil, l’image est nette et également éclairée jusqu’aux bords; la lumière est vive et l’opération est, par conséquent, relativement rapide.
- Du reste, nous ne sommes pas très-partisan des épreuves tirées directement sur papier au chlorure d’argent, ou même sur papier négatif dont les tons ne nous semblent pas favorables.
- Par sa lenteur, cette méthode donne lieu à tant d’insuccès, à tant de mécomptes, que, malgré ses apparences de simplicité, elle demande plus de peine que celle dont nous nous servons, et ne donne pas à beaucoup près d’aussi bons résultats.
- Nous avons préféré proscrire de nos instruments les lentilles concentratrices qui, n’étant pas achromatiques et absorbant beaucoup de lumière à cause de leur épaisseur, n’apportent qu’un supplément d’éclairage bien inférieur à celui que P oh sup-
- (1) Voir, pour les détails des procédés d’amplification et de la chambre automatique, le Bulletin de la Société française de photographie, année 1860, pages 170 et 204.
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- pose. Il nous a semblé préférable de faire construire, pour grandir les épreuves de la chambre automatique et celles des stéréoscopes, un appareil simple, peu pesant, qui se manie avec facilité, n’échauffe pas les clichés et en donne des images nettes, même sur une surface de plusieurs mètres. Il se compose simplement d’un mouvement pa-rallactique permettant de placer incessamment le soleil dans l’axe de l’instrument, d’un miroir qui l’y réfléchit et d’un objectif qu’on met au point au moyen d’un boulon. Il donne d’excellents résultats, même sur papier au chlorure d’argent, parce que le soleil, par la position du diaphragme, ne peut dévier d’une seconde de l’axe des lentilles sans disparaître complètement. L’image ne peut donc pas glisser sur la surface du papier sensible et donner lieu à la superposition imparfaite de plusieurs impressions successives. Mais, comme nous l’avons dit, à cause de sa lenteur, des ébranlements occasionnés à Paris, pendant l’opération, par le passage des voitures, du mouvement imprimé bien souvent à la glace par le vent, nous avons renoncé à l’emploi du procédé sur papier, qui ne donne d’ailleurs qu’une image unique. Nous aimons mieux tirer soit sur collodion sec, soit sur albumine, une petite épreuve positive dont nous réglons l’intensité comme nous le voulons. Placée dans l’appareil à grandir, cette petite épreuve est mise au point sur un carton, auquel on substitue une glace coliodionnée. La pose est, par cette méthode, d’une petite fraction de seconde, pendant laquelle on n’a à craindre ni le déplacement du soleil, ni aucune espèce d’ébranlement. On a presque toujours et du premier coup, par ce procédé, un excellent négatif qui permet de tirer ensuite des épreuves.
- Nous terminerons en faisant remarquer que tout ce que nous avons dit à propos du paysage peut également s’appliquer aux portraits et autres objets de haut relief.
- Avec un objectif quelconque, tout portrait fait plus grand qu’au centième de sa hauteur ou au dix-millième de sa surface sera nécessairement déformé, ne pouvant présenter au point qu’un seul plan. Comme les déformations croissent avec le carré des grossissements, le lecteur se rendra compte du triste effet qu’ont produit sur lui les portraits grandis, dont les types n’ont pas été faits conformément à cette loi inflexible.
- Il est indispensable, pour obtenir de bons résultats, sinon de s’y renfermer rigoureusement, du moins de s’en rapprocher assez pour que ces déformations, qui font à juste titre crier les artistes et sont désagréables à tout le monde, deviennent à peu près insensibles. Plus le type primitif sera petit (1), plus l’épreuve grandie sera d’un dessin exact et conforme à la nature.
- Nous démontrerons prochainement comment aux déformations résultant de i’aber-
- (1) Pour obtenir les épreuves microscopiques, qui ne sont visibles que sous un fort grossissement, M. Bertsch a construit une petite chambre noire spéciale, dont la mise au point est invariable et rigoureusement déterminée par une distance quelconque à partir d’un mètre. On peut reproduire ainsi, avec des clichés ordinaires, des épreuves positives microscopiques de la plus grande finesse. Toutes les opérations sont les mêmes que pour obtenir une épreuve positive à la chambre noire; on doit seulement avoir soin d’employer un collodion bien fluide et ne donnant pas de réseau.
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- ration de sphéricité et de la mise en pratique de la loi des foyers conjugués, surtout lorsqu’on place les instruments à de faibles distances, viennent s’ajouter d’autres déformations curieuses, toutes les fois qu’on se sert de lentilles d’un diamètre supérieur à celui de l’écartement moyen de nos pupilles.
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- SAUVETAGE DU PHASE, PAQUEBOT EN FER DE 370 CHEVAUX, PAR M. DELACOUR,
- S. INGÉNIEUR DE LA MARINE, DIRECTEUR DES TRAVAUX DES MESSAGERIES IMPÉRIALES.
- ( Planche 230.)
- Pendant la nuit du 27 septembre 1858, le paquebot le Phase, faisant route de Messine sur Marseille, s’est échoué sur la pointe sud de la rade d’Agincourt ( côte de Sardaigne), dans la petite passe des bouches de Bonifacio.
- Le flanc de tribord a été déchiré par une roche saillante de granit, dont la figure 4 donne la forme approximative.
- Les tôles du revêtement extérieur, les fers d’angle des membrures et les varangues ou triangles de tôle formant les fonds du paquebot ont été coupés sur une longueur de 20 mètres. La tête du rocher est demeurée logée sous les chaudières ( fig. 5 ), ce qui constituait une des difficultés principales du sauvetage.
- Le navire se remplissant instantanément avait rencontré un fond peu régulier, il est vrai, mais suffisant pour lui servir d’appui dans ces parages relativement calmes. Perdant sa stabilité de forme par suite de l’introduction de l’eau à l’intérieur, il s’était incliné sur bâbord, circonstance heureuse qui l’avait en partie dégagé du rocher. Toutefois l’effort sur un plateau de roches et les efforts dus aux coups de mer que le paquebot eut à essuyer pendant les six semaines qu’il est demeuré dans la même situation avaient profondément déformé le flanc de bâbord, ainsi que l’indique la figure 5.
- La carène s’était ainsi emboutie sans qu’il en résultât des rentrées d’eau importantes. Quant à la quille, elle s’était déformée et avait pris l’aspect de la figure 2; le gabord ou revêtement du fond s’était cassé et ouvert.
- Pour procéder au sauvetage, on a commencé par débarquer d’abord tout le chargement. Au moyen de trois scaphandres continuellement sous l’eau et de relèves de plongeurs, on est parvenu à extraire des cales 390,000 kilogrammes consistant en marchandises, lest en fonte, charbon et armement.
- L’eau des chaudières, d’un poids de 40 tonneaux au moment de î’échouage, devant se vider ultérieurement par le pompage, il en résultait un allégement total de 430,000 kilog. que les données techniques et les sondages assignaient comme suffisant pour dégager le navire, tout en laissant un poids de 80 tonneaux à charger pour le matériel de sauvetage.
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- On a établi, en dehors du navire, des toiles, des couvertures et des matelas susceptibles de boucher à peu près les grandes lésions, et on a coulé, à l’intérieur, du ciment de Vassy et de la Nerthe qui, séchant rapidement, constituait une carène nouvelle.
- Sous les chaudières, dans le voisinage de la roche, on a d’abord mis le ciment avec tout le soin possible du côté de la chambre de chauffe; puis on a coulé derrière les chaudières, entre elles et la paroi du bâtiment, un mélange de ciment et de chaux du Theil séchant moins vite que le ciment seul et qui a rempli exactement tous les intervalles. Une enveloppe avait été établie autour de la roche pour empêcher le ciment d’y adhérer.
- L’exécution de ces travaux délicats s’est compliquée de beaucoup de difficultés de détails qu’il est inutile d’énumérer ici, parce qu’elles n’ont qu’un intérêt particulier et que le but principal de cette note est d’exposer les moyens qui, dans les échoue-ments de navires, peuyent être employés pour les renflouer.
- La quantité de ciment nécessaire a été de 48,000 kilog.; il était employé pur ou avec un mélange de moitié sable pris sur la plage. Dans des circonstances de cette nature, il y a toujours un grand intérêt à éviter le poids et à limiter les mélanges de pierres et même de sable.
- C’est le 29 octobre que les pompes ont commencé à fonctionner.
- Les appareils consistaient en deux machines locomobiles d’une force collective de 15 chevaux, attelées sur deux pompes rotatives et à force centrifuge de Cwynne placées au panneau-arrière, en quatre grandes pompes Letestu à deux pistons de 40 et 25 centimètres de diamètre, et en huit autres petites pompes. On épuisait ainsi environ 550 tonneaux à l’heure.
- L’arrière s’est rapidement vidé. La cloison séparant la chambre des machines de la cale-avant était devenue étanche de nouveau ; c’est dans cette partie que le ciment a toujours bien résisté. Au contraire, dans la cale-avant, le ciment s’est brisé et le travail s’est gravement avarié; le poids considérable qui portait sur la portion du navire dont on voit la quille courbée sur la figure 2 en a été la cause. Dès que le bâtiment s’est soulagé, la carène a pris une forme nouvelle qui a déterminé la rupture du ciment. Il faut ajouter que la situation s’était compliquée d’un mauvais temps qui est survenu pendant l’opération et a produit de forts mouvements de roulis.
- Afin de le tenir à la bande et d’éviter, en cas de redressement, la rentrée du rocher dans le flanc, le navire était bridé par de solides apparaux à terre, dont l’effet a été de le dégager complètement en le rappelant de ce côté.
- Tel a été le résultat de la première tentative, à la suite de laquelle on a remis l’eau dans le navire et on l’a rééchoué. Cette détermination a dû'être prise rapidement, car un vent violent de travers, auquel a succédé une tempête qui a duré trois jours, venait de se lever, et le navire ne pouvait pas, sans danger d’être brisé, continuer à prendre des mouvements sur les rochers où il pesait encore de l’avant.
- Au retour du beau temps, les travaux ont été repris, et la seconde tentative de sauvetage, qui a été la dernière, a complètement réussi. La portion arrière, depuis la façade en avant des chaudières, n’avait pas été gravement détériorée; quelques conso-
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- lidations ont suffi. Les parties avariées dans la cale-avant ont été ensuite déblayées, et des planches fortes mises extérieurement au moyen de deux scaphandres, l’un en dedans, l’autre en dehors, ont été disposées comme l’indiquent les figures 3 et 6 et tenues par des boulons serrés sur des planchettes; on comprend la difficulté d’un pareil travail exécuté à une assez grande profondeur. Ce planchéiage avait pour but de servir d’appui à une grande toile ralinguée, qui a été appliquée sur toute la longueur de l’avarie et serrée dans son contour sur la carène du navire au moyen de deux cordes ou ventrières ( fig. 2 ) qu’on est parvenu, non sans peine, à faire passer par-dessous.
- Dans la nuit du 11 au 12 novembre, on a mis de nouveau les pompes en action et avec succès; l’eau a été enlevée comme précédemment dans la partie arrière. Dans le but d’aspirer fortement la toile extérieure pour la faire coller sur la carène, un gros siphon fait avec les tuyaux à vapeur, de 0m,25 de diamètre, avait été disposé pour verser les eaux de la cale-avant dans l’arrière du navire à un moment donné. Le débit de ce siphon joint à celui des pompes représentait un total de 20 tonneaux enlevés par minute. La cale-avant a été rapidement vidée, et le navire, sorti des écueils comme les calculs préalables l’avaient indiqué, a été remorqué par le Passe-Partout de la marine impériale jusqu’au port de la Madeleine en face du lieu de l’échouage. On doit ajouter qu’il avait été de suite enveloppé dans une grande chemise façonnée à l’avance suivant le plan des formes, et qu’après avoir appliqué une seconde chemise par-dessus celle-ci on a coincé les fonds sur le gabord, ainsi que le montre la figure 7.
- La machine a été retrouvée en bon état, et le Phase a pu rentrer à Marseille, à la vapeur, après une traversée rapide.
- La figure 1 de la planche 230 représente une section longitudinale du navire dans la position où il est échoué.
- La figure 2 est une vue en dessous correspondant à la figure 1, indiquant la déformation de la quille et le déchirement du flanc de tribord.
- Fig. 3. Croquis montrant la position occupée par les planches extérieures boulonnées.
- Fig. k. Section transversale du paquebot passant par le foyer antérieur de la chaudière d’avant.
- Fig. 5. Section transversale partielle faite sur le panneau d’avant.
- Fig. 6. Autre section transversale partielle suivant la cloison étanche d’avant.
- Fig. 7. Coupe partielle par le milieu de la chaudière d’avant.
- À, locomobiles (fig. 1 ).
- B, pompes rotatives à force centrifuge.
- C, pompes Letestu.
- D, planchéiage ( fig. 3 et 6 ).
- E, indication ponctuée de la toile ralinguée qui a été appliquée extérieurement sur le planchéiage de manière à couvrir toute la longueur de l’avarie ( fig. 2 ).
- F, indication ponctuée des ventrières destinées à serrer la toile; l’une de ces ventrières ainsi que la toile sont visibles sur la figure 7.
- G, ciment; G', ciment et chaux (fig. 4, 6 et 7).
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- H, ligne ponctuée (fig. 5) indiquant la forme primitive de la carène.
- I, gros siphon ( fig. 1 et 6 ) disposé pour verser les eaux de la cale-avant dans l’arrière du navire. ( M. )
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- SUR LE PUITS FORÉ DE PASSY, PAR H. DUMAS (1).
- « M. le Président m’ayant demandé de faire connaître à l’Académie les principales circonstances qui se sont présentées dans le cours de l’opération terminée à Pnssy d’une manière si heureuse, je vais essayer, en l’absence de notre honorable secrétaire perpétue! M. Élie de Beaumont, qui l’a suivie avec une attention particulière, de répondre à l’intérêt que nos confrères portent à cette grande et curieuse expérience.
- « Depuis dix ans, l’augmentation toujours croissante de la population dans Paris et autour de Paris n’a pas cessé d’être, pour l’Administration municipale, l’objet des plus sérieuses réflexions. Que de questions, en effet, qu’il fallait prévoir et résoudre, lorsqu’on voyait, par un passage rapide de 1,200,000 âmes à 1,700,000 âmes, l’agglomération parisienne multiplier les causes d’infection pour la Seine, en même temps que les besoins d’eau pour le service domestique et pour le servie public!
- « Purifier le cours de la Seine dans la traversée de Paris, régulariser l'emploi de ses eaux et leur trouver des auxiliaires, telles étaient les principales questions posées.
- « Les égouts collecteurs des deux rives qui reçoivent en grande partie et qui bientôt recevront en totalité les eaux infectes de la cité et qui les renverront au loin en aval de Paris, jusqu’à ce que l’agriculture les utilise, auront pour effet de débarrasser le parcours de Paris de leurs émanations. Les améliorations introduites dans le service des machines qui élèvent l’eau de la Seine et qui en ont assuré le service naguère si chanceux, les soins dont le canal de l’Ourcq a été l’objet, assurent à Paris une eau plus abondante et meilleure, mais insuffisante encore, soit pour le volume, soit pour la qualité.
- « L’Administration étudiait donc, en vue d’accroître les quantités d’eau disponibles, les diverses sources du bassin de Paris de nature à être amenées dans les hauts quartiers de la ville, et le sous-sol de Paris qui se prêtait au percement de nouveaux puits artésiens, lorsque cette dernière solution des difficultés qui 1 occupaient se présenta, il y a sept ans, sous un aspect imprévu.
- « La ville de Paris repose sur une masse de craie de k à 500 mètres d’épaisseur, recouverte d’une cinquantaine de mètres de couches diverses de terrains tertiaires et recouvrant elle-même une cinquantaine de mètres de marnes ou argiles qui touchent aux sables verts dans lesquels se trouve la couche d’eau que le puits de Grenelle utilise. Comme ces sables se montrent en diverses localités, comme à Lusigny près
- (1) Voir Bulletin de 1856, 2e série, t. III, p. 421 et 471.
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- Troyes, par exemple, à 125 mètres au-dessus du niveau de la mer, on avait pu espérer que l’eau des pluies qu’ils reçoivent remonterait jusqu’à la surface du sol à Grenelle, qui est seulement à 37 mètres au-dessus de ce même niveau.
- « L’expérience donna raison à cette opinion. M. Mulot obtint, il y a vingt ans, de l’eau jaillissante, par un travail d’upe rare persévérance, secondé par M. Arago qui, pour assurer le succès de cette entreprise, mettait en jeu la double autorité du savant et du président du Conseil municipal, et par notre confrère M. Héricart de Thury, dont le souvenir doit demeurer attaché à cette intéressante opération.
- «x Un premier principe se trouvait donc établi : l’eau reçue loin de Paris par les couches des sables verts pouvait, au moyen d’un forage approprié, remonter au niveau du sol de Paris et même à 30 ou 40 mètres au-dessus.
- « L’expérience était faite pour des trous de sonde de 20 à 30 centimètres de diamètre et pour des débits de 2,000 à 4,000 mètres cubes par jour. Percer un puits de plus dans de telles conditions paraissait donc chose facile et sûre.
- « L’Administration s’y serait décidée sans doute, lorsque M. Kind, ingénieur bien connu pour avoir opéré nombre de sondages hardis et heureux, lui offrit de percer un nouveau puits de 60 centimètres de diamètre au fond, dont le rendement atteindrait 13,300 mètres cubes par jour à 25 mètres au-dessus du sol des parties les plus élevées du bois de Boulogne. La dépense ne devait pas dépasser 350,000 francs; un an ou deux devaient suffire à l’exécution. M. Kind était si sûr du succès de cette entreprise, qu’il insista pour qu’il fût stipulé que, au cas où la somme de 350,000 francs ne serait pas employée, la ville et lui se partageraient l’économie réalisée.
- « En effet, les procédés de sondage de M. Kind méritaient entière confiance, et ce n’est pas à eux qu’il faut attribuer les mécomptes qui ont ralenti l’opération, non plus que les doutes que le projet a inspirés à quelques personnes jusqu’à la dernière heure.
- « Mais quand on se demandait, avant d’adopter son plan , 1° si l’on pouvait percer un nouveau puits sans nuire au puits de Grenelle, 2° si la distance de Grenelle à Passy était suffisante, 3° enfin si l’accroissement du diamètre augmenterait le débit, autant on était d’accord sur les deux premiers points , autant on était divisé sur le troisième.
- « Tous les membres de la Commission de surveillance (1), qui, depuis la naissance du projet jusqu’à sa conclusion, n’a pas cessé de lui accorder les soins les plus assidus, admettaient la possibilité de percer le sol du département de la Seine d’une cinquantaine de puits placés à 3,250 mètres environ de distance, et versant ensemble 100 ou 200,000 mètres cubes d’eau que les divers centres de population pourraient utiliser.
- « Mais, tandis que M. Kind estimait à 39,600 mètres cubes la quantité d’eau que
- (1) La Commission de surveillance était composée de MM. Élie de Beaumont, Pelouze, Poncelet, Mary, Juncker, Lorieux, Michal, Alphand. M. Darcel lui a été adjoint. J’avais l’honneur de la présider, et M. le Préfet de la Seine, qui dès leur origine a suivi les travaux de Passy avec la plus constante attention, a pris part à toutes ses délibérations.
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- devait fournir son puits, quoiqu’il ne se fût engagé que peur 13,300, environ le tiers, la plupart des ingénieurs considéraient cette espérance comme fort exagérée; quelques-uns soutenaient que l’accroissement du diamètre ne ferait qu’accroître la dépense, mais que, quant au débit, il’n’en serait point influencé, st qu’avec 20 centimètres de diamètre ou 100 on aurait le même volume d’eau qu’à Grenelle, ni plus ni moins. La majorité de la Commission de surveillance ne partagea pæ leur avis.
- « L’Administration et le Conseil municipal, en présence des doutes de la science, jugèrent qu’une expérience devait être faite et qu’il appartenait à la ville de Paris de l’effectuer. En effet, si elle ne l’accomplissait point, quelle Compagnie , quelle cité serait jamais en mesure de la tenter ?
- « Les personnes qui en réclamaient l’exécution, au nom de l’intérêt de la science vivement engagé dans cette tentative, faisaient remarquer que, en réduisant même à 2 ou 3,000 mètres cubes par jour le débit du nouveau puits, la ville aurait encore fait de ses finances un sage emploi ; à plus forte raison si les promesses de M. Kind se réalisaient.
- « C’est ainsi que, malgré les offres faites à la ville de Paris par d’autres sondeurs très-dignes de sa confiance, elle donna la préférence à M, Kind, dont les procédés se prêtaient mieux au forage d’un puits de grand diamètre.
- « Le 23 décembre 1834, il y a presque sept ans, on décidait donc que le puits serait foré et qu’il le serait dans l’intérieur des fortifications, à proximité du bois de Boulogne où la haute température de ses eaux pourrait être utilisée, près d’un égout qui pourrait en évacuer les eaux trbubles, enfin à proxim té de terrains à remblayer. Toutes ces conditions se trouvaient réunies à l’angle de revenue de Saint-Cloud et de la rue du Petit-Parc.fCet emplacement fut choisi.
- « M. Kind n’avait pas fait une assez large part malheureusement aux difficultés que lui préparaient les argiles qu’il avait à traverser. Chose assurément très-digne de remarque, dans un parcours de 587m,50, profondeur de son forage, il n’y en a pas 30 qui lui aient offert de graves obstacles, et on peut dire qie tout le travail qui s’accomplit dans la craie s’opère sans embarras et qu’il n’y a le chances redoutables que celles qu’on rencontre soit dans les argiles qui sont au-dessus de la craie, soit dans celles qui se trouvent au-dessous.
- « Le 31 mars 1857, le forage était déjà parvenu à la jrofondeur de 528 mètres, l’arrivée de l’eau était imminente, on pouvait prévoir eu’elle jaillirait au bout de quinze ou vingt jours, lorsque tout à coup le tube en tôle qui retenait les argiles fut écrasé par elles à 30 mètres au-dessous du niveau du sol. Ce fut un retard de près de trois ans et une augmentation considérable dans la dépense. Les premières dispositions prises avec M. Kind furent résiliées, la ville de Paris prit le travail à son compte et sous sa responsabilité, voulant pourtant que, en ce qui louchait au sondage proprement dit, M. Kind en fût toujours chargé, d’accord avec la Commission de surveillance.
- « Le 13 décembre 1859, un faux puits de 53m,46 était construit à partir du sol, à travers toutes les couches dangereuses à travefser ; partie en fonte avec maçonnerie intérieure, partie en tôle. Il a 3 mètres de diamètre pendaut les deux tiers de sa hau-Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Septembre 1861. 69
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- leur et lm,70 pour le reste; il s’appuie sur la craie. La pose en fut longue et pénible. Des tubes en fonte de 0m,035 d’épaisseur se fendillaient sous la pression des argiles, comme une vitre qui s’étoile. Plus d’une fois les ouvriers renoncèrent à ce travail menaçant, et les ingénieurs de la ville, qui ont toujours mis au service de ces longues tentatives autant de zèle que de science, durent donner l’exemple de la confiance en descendant les premiers au fond du puits abandonné et y séjournant.
- a Le puits primitif de 528 mètres fut curé. Le forage recommença, mais de nouveaux accidents devaient se produire au moment du tubage.
- « Le tube préparé d’avance se composait d’un cuvelage en bois de 0m,78 de diamètre, formé de pièces fortement unies par des armatures en fer. A la partie inférieure, il se terminait par un tube en bronze, dont 2 mètres étaient engagés dans le tube en bois et dont 12 mètres libres avaient été fenestrés dans toute leur longueur pour rendre l’accès de l’eau plus facile, quand le tube serait plongé dans la masse de sable aquifère.
- a Le système ainsi constitué descendit sans encombre jusqu’à 550 mètres au-dessous du sol. Là il demeura engagé d’une manière qui parut irrémédiable.
- a Après diverses tentatives infructueuses, on se trouvait de nouveau en présence de difficultés analogues à celles qu’on avait rencontrées à l’entrée du puits, mais d’une solution moins facile. Cependant, après avoir constaté, par un examen complet et minutieux des échantillons rapportés par la sonde auquel M. Elie de Beaumont voulut bien se livrer, que l’on était très-près de la couche aquifère, on résolut de faire au fond du puits un sondage d’essai, sur un faible diamètre, suivi, au besoin, d’un autre qui élargirait le puits à son diamètre normal.
- « L’eau fut rencontrée, pour la première fois, à 577m,50; mais, après quelques oscillations, elle s’arrêta à quelques mètres au-dessous du niveau de l’orifice du puits, sans jaillir.
- « Un second tube en tôle de 0m,70 de diamètre, de 0m,020 d’épaisseur et de 52 mètres de longueur, dont 12 mètres fenestrés, fut glissé dans le précédent et descendu à son tour ; engagé bientôt dans les argiles, il s’y arrêta.
- « Le forage, repris hardiment alors au diamètre plus large du puits, atteignit l’eau jaillissante le 24- septembre, à midi; les promesses de M. Kind se trouvèrent dépassées et ses espérances presque réalisées. Le volume d’eau fourni atteignit du premier coup 15,000 mètres cubes, s’éleva jusqu’à 25,000, et n’est pas redescendu au-dessous de 21 ou 22,000.
- « Le tube de bronze est resté en place jusqu’ici, mais le tube concentrique de tôle, de 0m,70, est descendu à 580 mètres, restant engagé de 20 mètres dans le tube de bois et bronze. Ainsi, quant à présent, la partie fenestrée du tube en bronze est fermée par la portion pleine du tube en tôle, et la partie fenestrée du tube en tôle se trouve engagée dans la première nappe d’eau que le forage avait rencontrée.
- « On aura, du reste, une idée plus nette de cette situation en lisant le rapport fait à la Commission de surveillance, le 30 .septembre, par l’inspecteur général chargé de la direction des travaux de Paris, M. Michal.
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- « M. Michal rapporte que la Commission avait ordonné la descente d’un tube en a tôle de 0m,70 de diamètre, terminé à sa base par une lanterne de 12 mètres, de « manière à franchir les 27 mètres d’argile interposés entre la base du cuvelage en « bois arrêté à la cote 550 mètres et la nappe jaillissante trouvée à la cote 577 mè-a très, et à pénétrer dans cette nappe. Le travail assez délicat et très-pénible de la « descente d’un tube qui, compris les tiges de suspension, pesait plus de 30 tonnes « s’est accompli dans de bonnes conditions et sans accidents importants, le tube ne « s’étant arrêté, par suite des frottements, qu’une seule fois dans sa marche, jusqu’à « ce qu’il reposât sur le fond du forage à grand diamètre qui s’étendait jusqu’à la « cote 555 mètres environ. A partir de ce jour, on a curé les sables dans l’intérieur, « le tube suivant le mouvement d’approfondissement. Quelque temps après, le cu-a rage était en avance sur la base du tube, mais, en frappant sur la partie supérieure,
- « on l’enfonçait à peu près comme un pieu ; on est parvenu ainsi jusqu’à la cote « 579m,50. Cet enfoncement s’est heureusement effectué sans que l’on ait rencontré « le trépan muni d’un agitateur, qui était resté au fond du puits et qu’on avait la « crainte de rencontrer couché en travers du chemin à parcourir. A la cote 579m,50, « on a trouvé des argiles, et on a arrêté l’enfoncement du tube afin*de ne pas l’en-« gager avec sa lanterne dans un sol imperméable dont on ne connaissait pas Pèse paisseur. Mais on a continué le forage dans ces argiles jusqu’à la cote 586m,50, où a l’on a rencontré, le 24 septembre 1861, à midi, une nouvelle couche de sables « aquifères j l’eau a jailli alors en assez grande abondance, le courant augmentant « d’une manière continue.
- « Le 25 au matin, le débit était de 15,000 mètres cubes par vingt-quatre heures; a à midi, de 20,000 mètres, à 6 heures du soir, de 25,000 mètres; il semble n’avoir « pas varié depuis ce moment. L’eau est chargée, d’ailleurs, d’argile en suspension; « sa température est de 28° centigrades, son degré hydrotimètre de 11.
- « Le débit observé au puits de G-renelle est resté, comme précédemment, de « 900 mètres cubes par vingt-quatre heures, jusqu’au 25, à midi; mais le même jour, « à minuit, il était tombé à 806 mètres; le 26, à 6 heures du matin, à 777 mètres ; « il semble être resté stationnaire depuis cette époque.
- « L’eau de la nappe artésienne, s’étendant à 3,500 mètres entre les deux puits, « semble avoir mis ainsi trente heures pour passer de l’état statique à l’état « dynamique.
- « M. Michal ajoute qu’au puits de Grenelle le débit, qui était de 2,000 litres par «. minute au niveau du sol, étant descendu à 630 litres lorsqu’on a élevé le plan de « déversement de 33 mètres, il est probable qu’il y aura une diminution du débit du « puits de Passy lorsqu’on élèvera les eaux A 25 mètres au-dessus du forage, pour les « envoyer dans les réservoirs. »
- « L’écoulement de l’eau au puits de Passy a donc été suivi d’une diminution dans le débit du puits de Grenelle. Avant d’en rechercher les causes ou les conséquences, ce qui donnera lieu à des études qui ne font que commencer et où l’on doit s’attendre à plus d’un mécompte, établissons les situations respectives des deux forages rapportés au niveau de la mer :
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- Puits de Grenelle.
- , , | le 24 septembre 1861
- Altitude du sommet de la gerbe j ]e 2 0Jbre lg6, _ _
- Altitude du sol au pied du trottoir de la tour........................................ -36 ,62
- Altitude de l’extrémité du tube dqns la nappe aquifère................................— 510 ,88
- Puits de Passy.
- Altitude du sommet de la gerbe, en supposant que les eaux soient amenées au ré-
- servoir de Passy dans une conduite de 0m,50 de diamètre.......................... 77m,50
- Altitude du sol dans l’atelier....................................................... 53 ,17
- Altitude de la première nappe artésienne...............................................— 523 ,33
- Altitude du bas du tube de 0m,70 dans la première nappe artésienne.....................— 526 ,83
- Altitude du fond du sondage dans la deuxième nappe artésienne..........................— 533 ,33
- « Voici le tableau comparatif du débit des deux puits jusqu’au 2 octobre :
- EAU FOURNIE.
- PUITS DE GRENELLE,
- par minute.
- PUITS DE PASSY,
- en 24 heures.
- Septembre 24 à midi 630
- 25 à minuit 560
- , 26 à 6 heures du matin.. . 540
- 30 heures J à \ 540 mètres cubes. 1 à midi à 6 heures du soir. . . . 540 540
- à minuit 27 à 6 heures du matin. . . 540 540
- 7 à midi 540
- à 6 heures du soir. . . . 520
- i à minuit 500
- 1 28 à 6 heures du matin.. . 500
- 1 à midi. 500
- 72 heures J à \ 500 mètres cubes, j à 6 heures du soir. . . . à minuit 500 500
- 29 à 6 heures du matin. . . à midi 500 500
- 1 à 6 heures du soir. . . . 500
- à minuit 500
- V 30 à 6 heures du matin. . . 500
- à midi 500
- 1 à 6 heures du soir. . . . 500
- à minuit 500
- Octobre 1 à 6 heures du matin. . . 470
- a 6 heures du soir. . . . 470
- a minuit 460
- 2 à 6 heures du matin.. . 460
- Jaillit. Débit, environ 6 à 7,000rac.
- 6 heures du matin. . 15,000
- Midi................ 20,000
- 6 heures du soir. . . 25,000
- 25,000
- i
- Dans la nuit du 27 au 28
- 25,000
- 22,000
- Stat.
- Stat.
- On place l’ajutage à lm,50 au-dessus de l’ouverture précédente.
- 20,000
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- « Ainsi, au bout de trente heures environ, le puits de Grenelle a commencé à baisser, et n’a pas cessé de perdre de son rendement jusqu’au moment actuel. Cet effet serait-il dû à la masse d’eau débitée par les deux puits, et surtout par le puits de Passy? La diminution considérable qu’il a subie ne s’explique-t-elle pas assez naturellement par l’élévation du niveau des sables dans le bas du forage, où ils sont remontés de 5 à 6 mètres environ ?
- « Il faut l’espérer, la diminution de pression est la - cause principale de la diminution de débit observée à Grenelle, et la colonne du puits de Passy étant rehaussée à 78 mètres au-dessus du niveau de la mer, comme on en a le projet, le débit du puits de Grenelle se rétablira plus ou moins complètement dans son état primitif.
- « En résumé, les faits constatés actuellement établissent que les terrains traversés à Passy correspondent, à quelques mètres près, pour la nature et la position, à ceux que l’on avait rencontrés à Grenelle; les études auxquelles notre illustre secrétaire perpétuel s’est livré ne laissent aucun doute à ce sujet, et on a pu prévoir, à leur aide, l’arrivée de l’eau à quelques heures près.
- « Ils montrent, contrairement aux présomptions que l’on s’était formées à cet égard, que deux puits percés à 3,500 mètres de distance exercent l’un sur l’autre une influence incontestable. Reste à savoir si, avec le temps, cette influence ne s’é-, tendra pas à des puits plus éloignés. L’attention des ingénieurs des départements, où il existe des puits percés dans les sables verts, a été appelée sur ce sujet délicat.
- « Quant à la nature de l’eau, tout indique qu’il existe la plus grande analogie entre les produits des deux puits. Avant de prononcer sur leur identité absolue, il faut cependant attendre des analyses chimiques plus complètes, mais les premiers essais montrent une conformité générale suffisante pour établir que leur origine doit être la même.
- « La température est aussi la même, de 28°.
- « Une différence qu’il faut signaler s’est manifestée entre les deux forages. A Grenelle, une immense quantité de sable et d’argile fut évacuée avec l’eau, pendant les premiers jours. On avait prévu que le même fait se reproduirait à Passy, et on s’était mis en mesure de loger tous ces débris. Il n’est presque rien sorti avec l’eau, fait qui s’explique, peut-être, par la présence de quelques mètres de sables filtrants à la base du forage. Quoi qu’il en soit, l’eau apporte en poids 0,0033, et en volume 0,00125 de sable ou d’argile. Le sable fait la majeure partie du produit et se dépose vite; l’argile reste en suspension dans l’eau et la maintient longtemps nuageuse. Au total, il n’a pu sortir du puits de Passy, jusqu’à présent, qu’environ 200 mètres cubes de produits insolubles entraînés par 160,000 mètres cubes d’eau, ou à peu près.
- « La population de Paris, avec raison, ne sépare pas le nom de M. Mulot du souvenir du forage de Grenelle. Un premier principe était mis en évidence alors, la possibilité de faire jaillir à Paris les eaux infiltrées au loin dans les sables verts.
- « Elle conservera également unis dans son souvenir le nom de M. Kind et le forage de Passy. Un second principe a été affirmé par ce sondeur habile et mis hors de doute par son travail, savoir qu’en augmentant, dans les conditions où il a opéré, le dia-
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- mètre d’un puits foré, son débit peut en être considérablement accru, contrairement à l’opinion de quelques ingénieurs habiles aussi, et spéciaux cependant.
- « Un troisième principe reste à soumettre à l’épreuve de l’expérience. On peut craindre à présent que des forages nombreux, s’arrêtant à la même profondeur, ne puissent pas fonctionner ensemble sans se nuire, mais on suppose que les sables verts, qui ont été atteints par les deux sondages de Grenelle et de Passy, et qui, dans ces deux cas, ont été à peine entamés, pourraient bien avoir, sous Paris, 2 ou 300 mètres d’épaisseur, avec alternances de couches plus ou moins limitées d’argiles. Dès lors il serait utile d’examiner si, en traversant une épaisseur considérable de ces sables, on n’obtiendrait pas des puits plus indépendants les uns des autres et peut-être plus abondants.
- « Sans doute -l’administration municipale, encouragée par les deux succès qu’elle a obtenus, se décidera à faire une troisième expérience dans ce sens; mais il est à présumer qu’à l’égard du puits de Passy elle songera plutôt à s'assurer les avantages que la nature vient de lui donner qu’à augmenter, comme on le lui conseille déjà, cette richesse par de nouvelles tentatives plus ou moins inquiétantes.
- « Un troisième puits à creuser marchera vite et coûtera bien moins, car on fera du premier coup ce qu’on a été conduit à exécuter pour le second, après beaucoup de temps et d’argent perdus.
- « Le puits actuel, qui aura coûté près d’un million, en l’état des choses restera, tel qu’il est, une bonne affaire, si son débit se soutient. Il aura remboursé en trois ans la mise de fonds qu’il a exigée, laissant à la postérité une source perpétuelle et gratuite d’une eau très-bonne, pouvant suffire aux besoins domestiques de 500,000 habitants, source que la nature avait refusée à la cité parisienne, mais dont la science et l’art l’auront dotée.
- a Si, plus tard, par trois ou quatre nouveaux puits percés à diverses profondeurs, on obtenait des sources jaillissantes indépendantes, chacune d’importance égale à celle de Passy, on aurait ajouté aux ressources hydrauliques de Paris des éléments de la plus grande valeur; mais, si l’expérience de Passy doit rendre plus confiant dans les promesses de l’industrie et de la science, elle a offert assez d’imprévu pour rendre circonspects les administrateurs qui ont la responsabilité du bien-être des habitants de la cité. » (Comptes rendus des séances de VAcadémie des sciences.)
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- SUR LES PRODUITS QUI RÉSULTENT DE L’ACTION SIMULTANÉE DE L’AIR ET DE L’AMMONIAQUE
- SUR LE CUIVRE , PAR M. E. PELIGOT.
- « J’ai déjà eu l’occasion d’appeler l’attention de l’Académie sur les phénomènes qu’on observe quand le cuivre métallique se trouve en contact avec l’ammoniaque et l’air. J’ai montré que la dissolution de cuivre qu’on obtient ainsi possède à un
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- haut degré la propriété de dissoudre la cellulose, la soie et plusieurs autres substances organiques qui résistent à l’action des dissolvants ordinaires. Cette liqueur a remplacé avec avantage l’hyposulfate de cuivre ammoniacal employé par M. Sehweitzer, de Zurich, auquel on doit la découverte de ce curieux phénomène.
- « Dans le mémoire que j’ai lu sur ce sujet à l’Académie à la fin de l’année 1858, j’avais signalé dans cette dissolution l’existence d’un sel de cuivre fourni par un acide oxygéné de l’azote que je croyais être l’acide azotique', celui-ci résultant de la combustion de l’ammoniaque par l’oxygène atmosphérique en présence du cuivre. J’ai reconnu un peu plus tard que l’acide qui prend naissance est l’acide azoteux; en saturant, en effet, par l’acide azotique pur la liqueur bleue céleste, qu’on obtient si rapidement, celle-ci fournit, par l’addition de l’azotate d’argent, un précipité cristallin d’azotite d’argent.
- « Cette production de l’acide azoteux avait été constatée antérieurement et à mon insu par M. Schœnbein, qui a publié à la même époque, dans les journaux allemands, un mémoire dans lequel il fait voir qu’en arrosant avec de l’ammoniaque du platine spongieux il se produit de l’azotite d’ammoniaque. L’habile chimiste de Bâle montre que le même sel se produit en présence du cuivre. « Le cuivre, dit-il, à la lempéra-« ture ordinaire quand il se trouve dans l’ammoniaque, fixe de l’oxygène et forme de « l’azotite d’ammoniaque. Si dans un flacon rempli d’oxygène ou d’air atmosphérique « on introduit 50 grammes de cuivre finement divisé, la masse s’échauffe et il se « forme des vapeurs blanches qui ne sont autre chose que de l’azotite d’ammoniaque; « car, si l’on plonge dans le flacon une bande de papier amidonné à l’iodure de pool tassium, celle-ci, préalablement acidulée, bleuira immédiatement... La dissolution « bleue de cuivre produite ne contient pas uniquement de l’oxyde de cuivre, mais « aussi de l’azotite d’ammoniaque. »
- « M. Schœnbein n’a pas séparé de cette dissolution le produit dont il a signalé la formation. Aussi la connaissance de son travail ne m’a pas détourné de l’étude plus complète que j’avais commencée sur ces curieux phénomènes d’oxydation.
- « Le procédé qui m’a le mieux réussi pour obtenir en grande quantité la dissolution ammoniacale de cuivre, qui est, pour ainsi dire, la matière première de cette recherche , consiste à introduire dans de grands flacons de 12 à 15 litres 15 à 20 grammes de cuivre et 60 à 80 centimètres cubes d’ammoniaque concentrée. Le métal, qui provient de la réduction d’un sel de cuivre par le fer ou par le zinc, est promené contre les parois mouillées du vase de manière à y adhérer sous forme de couche mince. Au bout de quelques minutes, le flacon s’échauffe et se remplit d’épaisses fumées blanches; celles-ci, condensées sur un corps froid et mouillé, donnent tous les caractères de l’azotite d’ammoniaque.
- « Quand la réaction paraît terminée, on change, à l’aide d’un soufflet, l’atmosphère du flacon qui n’est plus que de l’azote. On fait cette opération à plusieurs reprises, en ayant soin de renouveler également les points de contact du métal et des produits de son oxydation avec le liquide ammoniacal et l’air. On renverse, on fait égoutter les flacons et on les lave plusieurs fois avec de l’ammoniaque liquide. Indé-
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- pendamment de la dissolution bleue qu’on obtient, il reste un produit insoluble dans l’eau et dans l’ammoniaque, d’une couleur non uniforme, verte-olive, brune ou jaune. C’est un mélange des deux oxydes de cuivre et du métal non attaqué. La liqueur bleue ne renferme que le quart ou le cinquième du cuivre employé.
- « La présence d’un sel ammoniacal active singulièrement cette réaction. En employant de l’ammoniaque liquide préalablement saturée de sel ammoniac, en peu d’instants tout le cuivre se trouve attaqué, pourvu qu’il se trouve en présence d’une quantité suffisante d’air atmosphérique. La dissolution du métal est alors complète ; ce qui tient sans doute à la tendance qu’ont les sels de cuivre à se combiner avec les sels ammoniacaux.
- a En évaporant à une température très-ménagée et même à froid dans le vide la dissolution bleue qu’on obtient avec le cuivre, l’air et l’ammoniaque ( sans l’addition d’un sel ammoniacal dont la présence compliquerait beaucoup la séparation, déjà difficile, des produits qui se forment ), on obtient un produit non homogène, violet, bleu et vert, par places : l’eau froide en sépare de l’azotite d’ammoniaque à peu près exempt de cuivre ; mais on sait que ce sel ne peut pas être obtenu à l’état isolé, sa dissolution fournissant de l’eau et de l’azote à mesure qu’elle devient plus concentrée.
- « Soumise à l’ébullition, la dissolution bleue dont j’ai indiqué la préparation donne de l’oxyde de cuivre noir et de l’azotite d’ammoniaque; celle qu’on obtient avec le concours du sel ammoniac fournit un résidu vert cristallin d’oxychlorure de cuivre.
- « Les dissolvants ordinaires ne permettent pas d’isoler du résidu laissé par l’évaporation faite à froid ou à une température ménagée les produits qu’il renferme. Après avoir longtemps cherché les procédés propres à cette séparation, je suis arrivé à des résultats très^nets en employant comme dissolvant l’alcool préalablement saturé de gaz ammoniac. J’ai pu ainsi obtenir à l’état cristallisé le sel qui est le produit principal de la réaction. Les propriétés de ce nouveau corps expliquent parfaitement la production et la nature du résidu complexe que fournit la dissolution bleue, quand on la concentre ou quand on la soumet à l’évaporation rapide ou spontanée.
- « Pour l’obtenir en grande quantité, on évapore à sec, au bain-marie, dans une capsule de porcelaine, la liqueur bleue produite par l’action simultanée de l’air et de l’ammoniaque sur le cuivre. Le résidu est pulvérisé et soumis à l’action de l’alcool ammoniacal bouillant. La liqueur filtrée laisse, par le refroidissement, déposer ce sel sous forme de prismes aiguillés d’une belle couleur bleue-violacée. L’eau mère dont on le sépare peut servir de nouveau à traiter de la même façon le résidu laissé par l’alcool ammoniacal ou bien une nouvelle quantité du produit brut qu’a donné l’évaporation de la dissolution de cuivre. La matière qui résiste à l’action de ce dissolvant est l’oxyde de cuivre en excès que renfermait cette dissolution.
- « La composition du sel bleu cristallisé, desséché à la température ordinaire, est représentée par la formule suivante :
- Az O3, CuO, Az H4 O, HO.
- Soumis à la température de 100°, ce sel prend une couleur verte, et perd peu à peu
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- la totalité de l’eau et de l’ammoniaque qu’il renferme. Il est nécessaire, pour arriver à ce résultat, de le maintenir pendant plusieurs jours à cette température. Le produit qui reste est de l’azotite de cuivre anhydre; il a pour composition
- Az O3, Cu 0.
- « L’analyse de l’azotite de cuivre et d’ammoniaque présente des difficultés qui m’ont laissé longtemps dans le doute sur sa véritable composition. Comme ce sel se décompose avec déflagration quand on le chauffe, il n’est pas possible de doser, par calcination, l’oxyde de cuivre qu’il renferme. La séparation de ce dernier corps par la potasse caustique donne toujours une surcharge, malgré les soins qu’on apporte à laver à grande eau l’oxyde de cuivre précipité; alors même que les eaux de lavage sont exemptes d’alcali, l’oxyde, après avoir été chauffé au rouge, en renferme une notable quantité; il offre, en effet, une réaction alcaline prononcée. Le seul procédé qui m’ait réussi a consisté à calciner le sel avec du quartz étonné et pulvérisé. Il laisse ainsi 35,2 pour 100 d’oxyde de cuivre; c’est exactement la quantité qu’exige la formule qui précède.
- « Une petite quantité d’azotite de cuivre et d’ammoniaque enveloppée dans du papier et placée sur un tas d’acier détone par le choc du marteau.
- « En contact avec une petite quantité d’eau, ce sel se dissout en produisant beaucoup de froid; une partie de l’ammoniaque devient libre et se dégage quand on abandonne cette dissolution à l’évaporation spontanée. On obtient ainsi de l’azotite d’ammoniaque et un sel vert cristallisé, dont la composition est représentée par cette formule :
- AzO3, 3 Cu O, AzH40.
- « La production régulière de ce sel, que fournit également la dissolution obtenue directement par l’air, l’ammoniaque et le cuivre, est assez difficile; car il est lui-même décomposable par l’eau employée en plus grande quantité.
- « L’eau agit, en effet,, d’une manière remarquable sur ces différents produits. Quand on en verse une assez grande quantité, soit dans la dissolution bleue fournie directement par le cuivre, l’ammoniaque et l’air, soit sur les deux produits que je viens de décrire et,qui dérivent de cette dissolution, on obtient un précipité d’un beau bleu turquoise. Ce corps est l’hydrate de cuivre Cu 0, HO. Il donne, par la cal* cination, 80 à 81,5 d’oxyde de cuivre noir. La formule Cu 0, HO exige 81,6.
- « Cet oxyde paraît être le même que celui qui se forme quand on traite un sel de cuivre soluble par la potasse ou la soude employées en excès. Mais tous les chimistes savent que l’hydrate de cuivre ainsi préparé n’est pas stable. Il perd son eau, il noircit au bout de quelques instants, même en le lavant avec de l’eau froide. L’oxyde bleu que j’ai obtenu résiste à l’action de l’eau bouillante; on peut le chauffer à la température de 100° sans l’altérer. Il retient, à la vérité, des traces d’ammoniaque que je n’ai pas pu en séparer par des lavages répétés ; mais la quantité de ce corps n’est pas plus forte que celle des substances étrangères qu’on trouve toujours, en les cherchant Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Septembre 1861. 70
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- bien, dans tous les oxydes et les sels obtenus par voie de précipitation 5 elle est seulement plus facile à déceler à cause de la sensibilité des réactifs qui servent à reconnaître la présence de l’ammoniaque.
- « L’hydrate bleu de cuivre, que j’ai lieu de considérer comme une acquisition nouvelle, utile à la science et à l’industrie, absorbe lentement, sans changer de couleur, l'acide carbonique de l’air. C’est un précipité cristallin, très-divisé, dont la belle coloration sera sans doute mise à profit par la peinture, par l’industrie des toiles peintes et par celle des papiers peints. Si cet hydrate ne se produisait que dans la circonstance que je viens d’indiquer, son emploi industriel serait assurément fort limité. Mais, en étudiant ses propriétés, j’ai été conduit à le préparer par plusieurs procédés avec tous les sels de cuivre solubles dans l’eau, notamment avec le sulfate de cuivre. J’ai observé, en effet, qu’on l’obtient en trâitant par un alcali un sel de cuivre dissous dans beaucoup d’eau et préalablement additionné d’un léger excès d’ammoniaque. On le prépare également en versant de la potasse ou de la soude dans un sel de cuivre mélangé avec un sel ammoniacal. Enfin ce même corps prend naissance quand on ajoute beaucoup d’eau à une dissolution faiblement ammoniacale d’azotate de cuivre. Ainsi la préparation économique de cette matière colorante n’offre aucune difficulté. On ne peut pas d’ailleurs la confondre avec le produit qu’on connaît dans le commerce sous le nom de cendres bleues anglaises, produit dont la préparation a toujours été tenue secrète. Les cendres bleues anglaises sont du carbonate de cuivre dont la nuance, d’ailleurs un peu plus foncée, est ordinairement moins pure que celle de l’hydrate de cuivre.
- « L’ammoniaque liquide concentrée dissout 7 à 8 pour 100 de cet hydrate. Cette dissolution, dont la couleur bleue est celle de tous les sels de cuivre en contact avec un excès d’ammoniaque, est assurément le meilleur dissolvant de la cellulose et des autres substances plus ou moins solubles dans le réactif de M. Schweitzer. Il présente cet avantage que la substance dissoute peut être précipitée sans altération par l’addition d’un acide; tandis que, en opérant dans les mêmes circonstances avec la liqueur bleue résultant de l’action de l’air et de l’ammoniaque sur Je cuivre, l’acide azoteux qui devient libre agit plus ou moins énergiquement sur la substance organique que renferme la dissolution. C’est d’ailleurs à la présence de cet oxyde, qui se trouve dans cette liqueur en simple dissolution dans l’ammoniaque, que la dissolution obtenue par l’action directe de l’air et de l’ammoniaque sur le cuivre doit elle-même la propriété de dissoudre la cellulose : car en mettant cette dernière substance en contact avec l’azotite de cuivre et d’ammoniaque pur, préalablement dissous dans une petite quantité d’eau, elle ne fait pas gelée et elle ne disparaît pas, ainsi que cela arrive quand on se sert, soit de la dissolution ammoniacale d’oxyde de cuivre, soit de la liqueur fournie par le cuivre sous l’influence simultanée de l’air et de l’ammoniaque.» ( Comptes rendus des séances de VAcadémie des sciences. )
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- CONSIDÉRATIONS RELATIVES A LA DISTILLATION DES PRINCIPALES SUBSTANCES QUI FOURNISSENT DE L’ALCOOL, PAR M. PAYEN (1).
- « Depuis quelques années l’industrie de la production de l’alcool tend de plus en plus à se propager dans les campagnes, en formant une annexe des fermes.
- a A mesure que ses procédés se perfectionnent, ils deviennent en même temps plus simples et d’une exécution plus facile ; et, chose bien remarquable, les résultats généraux de cette extension des distilleries rurales sont d’accroître la masse des aliments pour les animaux, par suite les subsistances destinées aux hommes et la 'production des engrais : en définitive, d’élever graduellement la puissance du sol.
- « Cette tendance actuelle et ces heureux résultats sembleront plus remarquables encore si on les rapproche des faits tout exceptionnels qui leur ont donné naissance.
- « Ce furent effectivement les désastres passagers dans les récoltes de nos plantes féculentes, de nos vignobles et de nos céréales, qui, tout à coup amoindrissant la quantité des substances alcoogènes, conduisirent les savants, les agriculteurs et les manufacturiers vers l’étude, la culture et les transformations des produits agricoles qui pouvaient offrir d’autres matières premières à la fabrication de l’alcool.
- « L’une des plus importantes, qui présentait les plus grandes ressources et dont le traitement a réalisé dans nos fermes les plus remarquables progrès, fut sans aucun doute la betterave.
- oc Dès l’année 1834, Mathieu de Dombasle avait signalé les avantages de l’application de cette racine saceharifère à la fabrication de l’alcool; il croyait pouvoir en conclure que la préférence donnée sous ce rapport à la pomme de terre lui serait ultérieurement dévolue.
- « A différentes époques la même pensée fut reprise et réalisée sans succès durable; ce ne fut qu’à dater du moment où l'on éprouva un déficit considérable dans les produits de nos vignes, que la préparation de l’alcool de betterave prit un véritable essor.
- « Dans le cours de l’année 1854, lorsque parut la première édition de mon Traité sur cette distillation spéciale, j’indiquais les motifs qui me faisaient croire à la stabilité de cette industrie dans nos fermes, en signalant non-seulement les avantages directs qu’en retirerait notre agriculture, mais encore le profit que trouveraient ultérieurement les viticulteurs à réserver, pour la préparation des eaux-de-vie potables et des vins
- (1) Ces considérations ont été présentées par l’auteur à l’Académie des sciences à l’occasion de la deuxième édition de son Traité complet de la distillation.
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- de France, la partie des vendanges de nos régions méridionales abandonnée jusqu’alors à la distillation.
- « A cette époque la fabrication de l’alcool de betteraves pouvait déjà fournir annuellement au commerce 80,000 hectolitres d’alcool à 90°. La production, actuellement répartie entre trois cent cinquante agriculteurs manufacturiers, est plus que triplée; elle s’élève à la moitié au moins de la production totale de l’alcool en France.
- « Dès lors aussi les relations internationales, qui tendaient à se développer, me semblaient devoir ouvrir de plus larges débouchés à nos vins, surtout en Angleterre, où les appellent l’intérêt du commerce, le goût et l’hygiène des populations.
- « Les nouveaux traités de commerce depuis intervenus ont donné beaucoup de poids à cette opinion, et dans ce sens réalisent déjà de très-notables progrès.
- « Nous pouvons donc admettre que, sous cette heureuse influence, les récents travaux scientifiques relatifs aux fermentations, dont je me suis efforcé de rendre un compte fidèle et de signaler les applications pratiques, acquerront une plus haute importance agricole, en même temps que les perfectionnements nouveaux dans les procédés d’extraction des jus sucrés, dans les méthodes d’alimentation des animaux avec les résidus, enfin dans la construction des appareils distillatoires, auront, aux yeux des agronomes manufacturiers et des économistes, un plus haut intérêt.
- « A ce dernier point de vue, l’un des appareils inédits dont j’ai pu donner les dessins exacts et décrire le mode de fonctionnement ajoute à toutes les améliorations connues une disposition nouvelle, digne d’une sérieuse attention , utilisant non-seulement la chaleur de la condensation des vapeurs alcooliques, mais aussi une grande partie de la chaleur naguère emportée par le liquide bouillant dépouillé d’alcool, au sortir de la chaudière distillatoire, de telle sorte que la consommation théorique du combustible, abstraction faite des déperditions par les parois extérieures, pourrait se représenter par la quantité de chaleur nécessaire pour élever seulement à la température de 75° le résidu liquide d’où l’on a extrait l’alcool.
- « A l’économie qui résulte de cet échange de chaleur entre la vinasse expulsée et le vin entrant dans l’appareil, s’ajoute l’avantage d’une réaction plus modérée sur les betteraves découpées en lanières, qui laisse celles-ci chargées des principes alibiles étrangers au sucre et dans un état plus favorable à la nutrition des animaux que sui vant la méthode précédente, qui traitait les betteraves à la température du liquide bouillant.
- « A cette occasion, je demanderai à l’Académie la permission d’expliquer dans quelle mesure, à mon sens, le nombre d’animaux entretenus dans la ferme peut aug menter la masse des engrais et la puissance du sol, et comment aussi l’industrie rurale de la distillation peut accroître la nourriture destinée aux animaux et développer l’aisance du fermier.
- « Dire que le bétail est producteur d’engrais, c’est exprimer directement une pensée scientifiquement inexacte; en effet, parmi les principes que les herbivores consomment, soit en les assimilant, plus ou moins modifiés, soit en exhalant leurs pro-
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- duits transformés en gaz ou vapeurs, se rencontrent des substances azotées et grasses, des matières organiques non azotées, fécule, inuline, cellulose, sucres et leurs congénères, enfin des substances minérales. Lorsque les animaux nourris, engraissés et vendus sortent de la ferme, ce qu’ils y ont laissé dans leurs déjections solides et liquides ne représente qu’une portion bien amoindrie des matières contenues dans leurs fourrages et qui auraient pu concourir au développement d’une végétation nouvelle. A ce point de vue général, les animaux ne sont donc pas producteurs d’engrais, puisqu’ils prélèvent, consomment, exhalent ou emportent une grande partie des substances propres à la nutrition végétale.
- « Pour bien comprendre l’utilité de leur intervention, il faut reconnaître d’une part que dans les actes de leur digestion se trouvent éliminés, sous forme d’eau et d’acide carbonique, la presque totalité des principes immédiats à composition ternaire ( féculents ou sucrés ), qui seraient inutiles dans les engrais applicables aux terres en culture, où les résidus des récoltes précédentes (chaumes, racines, etc.) peuvent fournir en surabondance les mêmes éléments ( carbone, hydrogène, oxygène).
- « Or, de ce que les substances tertiaires se trouvent ainsi éliminées, il résulte que les matières azotées et minérales restent dans les déjections solides et liquides en plus fortes proportions relatives que dans les fourrages-, de là encore l’utilité constatée, dans les régions où l’agriculture est très-avancée, d’ajouter à la ration des animaux la plus grande quantité possible des pailles hachées.
- « D’un autre côté, les matières minérales et organiques utiles aux plantes que renferment les déjections animales s’y trouvent bien plus solubles ou fermentescibles et bien plus favorables à la fermentation et à la dissolution des éléments de fertilité contenus dans le sol que ne le seraient les récoltes fourragères elles-mêmes, directement appliquées comme engrais sur les terres cultivées.
- a Maintenant nous démontrerons bien facilement la grande influence des distilleries de betteraves sur la production des fourrages et, par conséquent, de la viande et des engrais les mieux appropriés au sol : il nous suffira de rappeler qu’à surface égale, dans les terrains convenables, la betterave est l’une des plus productives parmi les plantes sarclées, qu’en la traitant suivant les procédés nouveaux on parvient à réserver pour la nourriture des animaux de nos fermes presque la totalité des principes azotés, gras et salins renfermés dans son tissu, transformant en alcool vendable seulement la matière sucrée dont le rôle serait sans importance dans les engrais, et qu’en outre les pulpes humides et chaudes, résidus des distilleries, mélangées avec divers fourrages hachés de qualité inférieure, permettent, à l’aide d’une simple macération et d’une légère fermentation spontanée, d’améliorer ces fourrages en les hydratant et les rendant plus facilement digestibles. » ( Comptes rendus des séances de VAcadémie des sciences. )
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- PRODUCTION D’UNE NOUVELLE MATIÈRE TINCTORIALE BLEUE, LE BLEU DE PARIS (1), PAR MM. PERSOZ, V. DE LUYNES ET SALVÉTAT.
- « M. Hofmann (1), en étudiant l’action du bichlorure de carbone sur l’aniline, fut conduit à la découverte d’une nouvelle base à laquelle il assigne la formule C38H17 Az3. Pour la purifier et la séparer des matières avec lesquelles elle se trouve mélangée, il suffit de la laver à l’alcool froid et de la faire cristalliser une ou deux fois dans l’alcool bouillant. Dans ce cas, la base cristallise, l’alcool retenant en dissolution une substance d’un cramoisi magnifique.
- « Les recherches que nous poursuivons depuis longtemps sur les dérivés colorés de l’aniline nous ont conduits à étudier quelle relation pouvait exister entre la matière cramoisie signalée par M. Hofmann et la matière tinctoriale rouge découverte par MM. Renard et Franc, de Lyon, et à laquelle nous avons donné le nom d’acide fuchsique.
- cc Nous avons trouvé qu’il n’y avait aucune analogie entre ces deux substances.
- « En effet, la matière rouge de Lyon est complètement soluble dans les alcalis, vis-à-vis desquels elle se comporte comme un véritable acide ; elle se combine avec l’ammoniaque, la potasse, la baryte, etc., pour former, avec ces bases, des combinaisons solubles; ces solutions, traitées par l’acide acétique, peuvent servir à teindre dans les nuances les plus pures. C’est en nous fondant sur la solubilité de la matière rouge de Lyon dans les alcalis, que nous avons pu extraire une même substance colorante de tous les produits livrés au commerce sous des noms si divers.
- « En nous plaçant rigoureusement dans les conditions d'expérience indiquées par M. Hofmann, nous avons obtenu, comme ce savant chimiste, une huile visqueuse, se solidifiant peu à peu avec une structure cristalline, et nous avons constaté que l’alcool qui avait servi à purifier la base qu’il recherchait restait coloré en cramoisi, la teinte cramoisie étant plus ou moins pure suivant les circonstances de l’opération.
- « Nous avons reconnu également que le produit insoluble dans l’eau, formé pendant la réaction, se dissout dans l’acide chlorhydrique, et que la solution chlorhydrique donne, avec la potasse, un précipité d’un rouge sale, qui se dissout dans l’alcool, en le colorant en riche cramoisi. M. Hofmann pense que cette matière colorante est de même nature que celle dont nous venons de parler; mais nous sommes portés à croire qu’il n’en est pas ainsi, et qu’elle est formée par le mélange de deux principes, l’un bleu et l’autre rouge.
- « Cette matière cramoisie, résistant à l’action des alcalis bouillants, ne peut pas
- (1) Comptes rendus, 20 septembre 1858, t. XLYIT, p. 492.
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- être rapprochée de l’acide fuchsique, et si, dans l’expérience de M. Hofmann, cet acide pouvait prendre naissance, on ne le retrouverait que dans les eaux alcalines, dans lesquelles il n’existe qu’en quantités infiniment petites 5 encore faut-il que certaines circonstances de masse, de température ou de temps permettent à cette matière tinctoriale de se développer ou de se conserver.
- a En effet, en chauffant pendant trente heures le même mélange qui nous avait donné des colorations très-sensibles de cramoisi, soit dans la partie soluble, soit dans le résidu, nous avons vu que cette coloration n’existait plus dans les produits obtenus à la température de 180°.
- « Ce résultat n’a rien d’étonnant, puisque, comme nous nous en sommes assurés, un mélange de 3 parties de fuchsine solide et de 10 parties de bichlorure de carbone, chauffé dans les conditions indiquées ci-dessus, ne fournit plus que des liquides colorés en jaune clair. Toute matière rouge a disparu.
- « Il y a plus : en modérant la température, la durée de l’expérience et les proportions respectives de l’aniline et du bichlorure de carbone, nous avons produit des matières certainement plus riches en principes colorants que celles obtenues par M. Hofmann. La fuchsine existe bien alors, mais à la condition qu’on ait su saisir le moment auquel elle prend naissance. Elle est accompagnée, d’ailleurs, de la matière rouge signalée par M. Hofmann, qui est dominante et qui s’en distingue par son insolubilité dans la potasse.
- « Ces observations nous ont naturellement conduits à savoir ce que deviendrait, dans les conditions de l’expérience Hofmann, le mélange de bichlorure d’étain anhydre et d’aniline qui fournit le rouge de Lyon.
- « 9 grammes de bichlorure d’étain et 16 grammes d’aniline, chauffés pendant trente heures, dans un tube scellé, à la température d’environ 180°, n’ont plus fourni ni du rouge, ni du violet, mais un bleu très-vif et très-pur, qui n’exige qu’un traitement par l’eau pour teindre les fibres animales en nuances dont l’éclat ne laisse rien à désirer.
- « Ce bleu, qui résiste aux acides, fonce par les alcalis faibles, et passe au groseille violacé par les alcalis concentrés. Comme il conserve sa nuance et sa pureté à la lumière artificielle, l’industrie ne peut manquer d’en tirer parti ; nous le désignerons sous le nom de bleu de Paris. 11 vient s’ajouter à la série très-remarquable des riches couleurs dérivées de l’aniline. » ( Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences. )
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- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Progrès de la couture mécanique en Amérique et prolongation de la patente
- de M. Howe.
- La machine à coudre de M. Helias Howe a été inventée en 1846 (1) ; c’est de son système à deux fils que découlent, en général, toutes les machines de ce genre qui emploient la navette. Or la patente de M. Howe expirait, et, par une exception assez rare, la durée vient d’en être prolongée de sept années en vue des avantages extraordinaires qu’a permis de réaliser cette machine, la première véritablement pratique. Il est résulté de l’enquête à laquelle on s’est livré que le travail de la couture , dans les Etats dits de l’Union américaine, représente, dans une seule année, la valeur énorme de 1400 millions de francs, et que la machine de M. Howe, fût-elle même employée dans son état primitif, serait capable d’économiser au public les deux tiers de cette somme. On a reconnu que jusqu’ici la couture mécanique a transformé trente-sept industries distinctes, soit par des créations nouvelles, soit seulement au moyen des développements qu’elle a fait naître. Dans la seule ville de New-York, par exemple, on compte déjà, par année, une économie de 37 1/2 de millions dans la confection des vêtements, de plus de 2 millions dans la chapellerie et de plus de 4 millions dans la chemiserie. ( Journal of the Society of arts. )
- Nouveaux renseignements sur les sources d'huile minérale de l’Amérique.
- Toutes les nouvelles publiées jusqu’ici sur ces curieuses sources et sur leur richesse continuent à se confirmer. Leur rendement sera-t-il toujours aussi considérable? C’est ce qu’il n’est pas possible d’établir, bien que l’étude des lieux et l’étendue qu’on suppose au gisement semblent devoir prédire, pour plusieurs années au moins, une exploitation fructueuse que ne manquera pas de favoriser l’établissement de quelques lignes nouvelles de chemins de fer. Dans les États dits de l’Union, les principales sources sont voisines de l’une des stations de la nouvelle ligne Atlantic and Great-Western, en Sorte que les produits peuvent arriver à peu de frais jusqu’à New-York. Au Canada (2) l’huile est éloignée de 12 milles environ de la station de Wyoming du
- (1) Voir Bulletin de 1860, 2e série, t. VII, p. 342.
- (2) Dans le Bulletin de février 1861, p. 115, où il a déjà été question de ces huiles, il est dit que celles de l’ouest du Canada ont une mauvaise odeur qui les fait rejeter; ce n’est sans doute pas de celles-là qu’on veut parler ici, à moins que les premiers renseignements ne soient erronés.
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- Great-Western of Canada Railway, et, comme les routes sont très-mauvaises, il sera nécessaire, pour la transporter jusque-là, de prendre quelques dispositions spéciales. Là même où l’extraction est la plus active se trouvait, il y a deux ans à peine, une forêt presque vierge; aujourd’hui on y compte une population stable de plus de 100 habitants, qui tend constamment à s’accroître. Déjà, l’hiver dernier, les voitures venant de la station de Wyoming amenaient par jour, en moyenne, 50 personnes sur lesquelles il en était toujours plusieurs qui achetaient des terrains et s’établissaient sur ces placers d’un nouveau genre. Des hôtels ont été créés qui regorgent sans cesse de monde; des maisons s’élèvent et des chantiers s’organisent de tous côtés au milieu de la plus grande activité. En ce moment on compte environ 100 puits en activité qui tous fournissent de l’huile. Les terrains sont concédés par acres et demi-acres pour une durée de 99 ans ( l’acre vaut 0 hectare,404 ) au prix de 1,500 fr. avec une redevance, au propriétaire, du tiers de l’huile extraite.
- On commence par creuser les puits sur un diamètre de lm,20 à 2m,10, et on y fait un cuvelage jusqu’à ce qu’on rencontre la roche, c’est-à-dire pendant une profondeur de 40 à 60 pieds ( 12m,19 à 18m,28 ); dans quelques circonstances on trouve l’huile presque à la surface, mais elle est de qualité médiocre et de provenance douteuse. Quand on est arrivé à la roche, alors on sonde à 12 ou 20 mètres plus bas, limites entre lesquelles on est toujours à peu près sûr de rencontrer une source d’huile. Près de chaque puits sont des réservoirs en bois d’une capacité de 500 à 2,000 gallons ( 2,270 à 9,080 litres ) ; l’huile y arrive au moyen de pompes convenablement installées, et de là elle est reprise pour être embarillée et expédiée sur les marchés de vente.
- Le forage des puits n’exige pas de grandes dépenses, et il est, dans le pays, des entrepreneurs qui se chargent de les creuser à forfait. Dans la terre on paye 2 1/2 dollars par pied, soit environ 45 fr. par mètre, et pour sonder dans la roche 40f‘,30 par mètre également; ordinairement un mois suffit, au maximum, pour faire le travail. En calculant sur ces bases, on peut faire creuser un puits, avoir une pompe avec ses accessoires et un réservoir de 454 litres pour la somme totale de 2,500 francs. Lorsqu’on arrive à l’huile, un ouvrier peut facilement, dans une journée qui lui est payée à raison de 5 fr., tirer 4,000 gallons ( 18,172 litres). En comptant sur une production journalière de 600 gallons (2,724 litres), le prix de revient de l’huile rendue au réservoir est de lfr,10 par hectolitre, y compris les dépenses de toute nature. Presque partout les pompes marchent à bras, le mauvais état des chemins n’ayant pas encore permis de faire venir des machines à vapeur ; d’ailleurs, jusqu’ici, un homme a toujours suffi pour extraire la production journalière d’un puits. On a calculé que les 100 puits existant actuellement et fournissant chacun, en moyenne, 600 gallons par jour donnaient ensemble, dans une année, 18,720,000 gallons, soit environ 85 millions de litres. ( Journal of the Society of arts. )
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Septembre 1861.
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- Fabrication de couleurs à base d’antimoine destinées à être employées comme enduits.,
- par M. George Hallelt.
- L’oxyde d’antimoine natif, dont la couleur varie du jaune pâle au jaune rougeâtre, se rencontre ordinairement, en masse dépourvue d’homogénéité. C’est un minerai dans lequel l’antimoine est combiné à l'oxygène; en proportions variables et qui contient généralement de l’antimoine sulfuré, de l’oxyde de fer, de. la silice, de l’eau et souvent aussi, de l’arsenic.
- Après l’avoir débarrassé, autant que possible, de sa gangue par un cassage et un lavage préalables, on réduit le minerai, en poudre et le passe* au tamis, puis on lui fait subir un grillage dans un moufle-ou dans un creuset à la chaleur du rouge-sombre et au contact de l’air; on doit avoir soin de remuer de temps en temps et d’empêcher la température de s’élever au delà dus point voulu. Ce grillage a pour effet de produire des vapeurs d’eau, de soufre et d’acide sulfureux qui se dégagent avec, des fumées d’antimoine et d’arsenic en même temps que la poudre devient plus pâle et moins fusible. Au bout de deux ou trois heures le dégagement des vapeurs cesse, et le grillage est terminé; presque tout l'antimoine: contenu dans le minerai est alors passé à l’état d’acide antimonieux anhydre.
- Ainsi produit, cet acide est très-impur. On reprend la matière, on la pulvérise et on la traite par l’eau pour la réduire, autant que possible, en poudre impalpable,, puis on la fait sécher; c’est dans cet état qu’on la broie avec de l’huile ou du vernis pour en faire une couleur. On peut mélanger, avec la poudre ainsi produite, de l’oxyde de zinc, du carbonate ou du chromate de plomb, et l’on obtient un enduit de bonne qualité.
- M. Hallett emploie également l’oxyde d’antimoine pour fabriquer une couleur jaune. À, cet effet, il prend 8 parties de cet oxyde, 3 parties de minium ou de litharge et une partie d’oxyde de zinc. Il réduit le tout en poudre fine, le mélange bien intimement et le fait, calciner au rouge jusqu’à ce qu’il y ait combinaison. Au sortir du creuset la matière est broyée et, mélangée avec de l’huile ou du vernis, elle peut être immédiatement employée. ( Newton’s London Journal. )
- Sur le nitrate de soude naturel du Pérou.
- Iquique, dans la province de Tarapaca ( Pérou ), est une petite ville formant le centre d’une population de 15,000 âmes, dont la, majeure partie sloccupe plus, ou moins du< commerce du nitrate de soude. Ce sel, associé, à d’autres, se trouve en couches puissantes et, pour ainsi dire, inépuisables dans la plaine d’Iamarugal, c’est-à-dire entre la vallée de Camarones au nord et la rivière Lox qui sépare,, au midi., l.e Pérou de la Bolivie. C’est principalement à l’ouest, de cette ligne d’au moins 150 milles de développement qu’on trouve la précieuse substance, et, ce qu’il y a de plus avantageux, c’est que les gisements ne sont éloignés du port d’embarquement que de 18 à 36 milles.
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- Bien qu'abondants, ces gisements sont extrêmement irréguliers; situés à une faible profondeur sous la surface du sol et recouverts souvent par de l’argile, ils ont une épaisseur qui est, au minimum, de 0m,15. Au voisinage on trouve également des carbonates et sulfates de soude, des biborates de chaux et de soude, de l’alun magnésien et du chlorure de sodium. Quant au nitrate de soude, il renferme des traces d’iode, et presque toutes les eaux de la plaine contiennent de l’acide borique en petites proportions.
- Depuis 1830 que cette industrie existe dans le pays, les procédés d’extraction et de fabrication sont restés tout à fait rudimentaires en dépit des tentatives d’améliorations qui ont été faites à diverses reprises. Le mineur ( barralero ) creuse un large trou èn terre et le remplit jusqu’à la gueule avec une poudre de mine grossière préparée sur place. Le peu de soin qu’il apporte à ce travail en rend le résultat très-variable; cependant un seul coup de mine produit quelquefois jusqu’à 300 livres ( 136 kilog. ) de déblais. On procède alors à un premier cassage pour enlever les parties terreuses, et la matière utile est chargée sur des mulets et envoyée à l’usine. Là on fait un nouveau cassage pour réduire le minerai en petits morceaux et en séparer les parties plus riches; celles-ci sont jetées dans une grande cuve remplie d’eaü sous laquelle on allume du feu, en ayant soin de remuer constamment pour séparer les substances terreuses et insolubles qu’on rejette au dehors. Après une cuisson qui varie de deux à quatre heures, on verse dans la cuve une certaine quantité d’eaux mères provenant des opérations précédentes, puis on transvase la liqueur dans un bassin de dépôt où elle abandonne encore une grande quantité de substances terreuses, et de là on la fait passer aux cristallisoirs.
- Le prix de revient de la fabrication à l’usine varie de 6 1/4 à 8 1/4 réaux (1) par quintal, suivant l’habileté des ouvriers et en raison de la distance à laquelle ils doivent aller chercher l’eau et le combustible. La moyenne du transport jusqu’à la côte est de 5 1/2 à 7 1 /2 réaux. Quant au bénéfice du fabricant, il n’est guère què les 3/4 d’un réal par quintal.
- Le mineur est paye 1 réal par quintal de minerai, le salineur ( fondeador) reçoit autant; le casseur, 1/4 de réal par quintal; enfin les autres ouvriers gagnent de 1 à 2 dollars par jour.
- Il est question, depuis quelque temps, de simplifier le traitement du minerai par l’application d’une méthode inventée par M. Gamboni; cette méthode, qui repose sur l’emploi de la vapeur dirigée sur la matière de manière à la priver de tout le sel qu’elle contient et à permettre de recueillir de suite une liqueur cristallisable, a l’avantage de procurer une économie notable de main-d’œuvre et de combustible.
- Les principaux ports d’embarquement du nitrate de soude sont Iquique, Patillos, Mexillones et Pisagua. De 1830 à 1854, la quantité de sel qu’on a exportée en tous pays s’est élevée à 8,036,108 quintaux. ( Journal of the Society of arts.}
- (1) Le réal vaut Ofr-,26.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- Droits ou prohibitions établis sur les chiffons dans les principales contrées
- de l’Europe.
- Les droits à l’exportation des chiffons sont :
- Par tonne.
- En Russie ( par les ports de la Baltique et de la mer Blanche ) de....... 155 fr-,70
- — ( par les ports de la mer Noire )................................. 52 ,05
- En Suède..................................................................... 62 ,16
- En Norwége pour vieux chiffons............................................... 95 ,30
- — pour vieux cordages........................................... 31 ,75
- En Danemark.................................................................. 57 ,80
- En Hollande ( chiffons )................................................ 210 ,40
- — (vieux cordages)........................................... 62 ,50
- En France ( exportation permise pour l’Angleterre et la Belgique seulement).
- — ( chiffons de toutes sortes, excepté ceux de laine et pâte à papier). 121 ,45
- — ( vieux cordages goudronnés ou non ).............................. 36 ,65
- Hambourg. — Libre exportation................................................. »
- Espagne. — Prohibition........................................................ j>
- Belgique. — Prohibition pour tout autre pays que la France, et dans ce cas les
- droits sont les mêmes que ceux établis par ce dernier pays. . . »
- Portugal.................................................................... 152 ,60
- Italie....................................................................... 40 ,00
- Autriche.................................................................... 181 ,25
- Hongrie, Croatie, Esclavonie ( par les ports de Trieste et de Fiume et par
- permission du ministre des finances)..................................... 90 ,65
- Zollverein ( chiffons ).................................................... 228 ,75
- — (vieux cordages).............................................. 30 ,00
- Suisse....................................................................... 40 ,90
- États du Pape (par la Méditerranée).......................................... 71 ,25
- — ( par l’Adriatique )....................................... 41 ,25
- Grèce......................................................................... 1 ,25
- Turquie. — Ad valorem.................................................... 8 p. 100
- ( The practical Mechanic’s Journal. )
- Fabrication d’un savon à dégraisser, par MM. Teyson et Rivoire, à Lyon.
- Ce savon est préparé de la manière suivante, avec des doses variables, suivant la matière ou la couleur des objets à dégraisser.
- Terre glaise. ............................................ 100 parties.
- Infusion de saponaire et de morelle noire, plus ou moins, pour ne pas altérer les nuances.
- Sel de soude................................................. 2
- Sel ammoniac................................................ 2
- Cendres de ceps............................................. 14
- Fiel de bœuf................................................. 6
- Alun et tartre en poudre..................................... 3
- Les parties indiquées sont les parties en poids et non en volume. Ce mélange est
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- transformé en savon par les opérations communes à toutes les savonneries. ( Brevets dJ invention, t. XXXVII. )
- Application de l’acide hydrofluosilicique à la teinture et à l’impression des tissus en général, par MM. Rousseau.
- L’acide hydrofluosilicique peut être substitué, avec économie, dans les bains de teinture et dans les couleurs d’impression, à l’acide tartrique, à la crème de tartre, au tartre brut, etc. En outre, par la facilité avec laquelle il dissout les divers oxydes terreux ou métalliques, il produit des mordants qui non-seulement jouissent des propriétés ordinaires des mordants, mais en ont encore de spéciales.
- Pour la préparation des mordants, il suffit de faire dissoudre l’oxyde dans l’acide, et l’on filtre la liqueur, s’il est nécessaire. Ainsi, l’albumine se dissout en très-grande proportion dans cet acide. lien est de même de l’hydrate de fer; mais celui-ci, chose remarquable et toute spéciale, donne une solution incolore d’un sel de fer, au maximum.
- . L’emploi de l’acide hydrofluosilicique ne présente aucune difficulté ni aucun inconvénient; il peut être produit industriellement et à bas prix. La quantité qu’il faut en mettre dans un composé «st proportionnelle à celle qu’on emploierait d’acide tartrique ou de crème de tartre, c’est-à-dire que l’on doit en mettre une quantité équivalente pour saturer au mémo degré une même quantité de base, puisqu’il agit sur la potasse, par exemple, comme le fait l’acide tartrique. ( Ibid., t. XXXVI. )
- Préparation d’un bain donnant aux cornes de toute espèce, et spécialement à la corne de buffle, une souplesse et une élasticité inaltérables, par M.. Damé.
- Dans une cuve contenant 1 litre d’eau froide, on verse successivement :
- Acide nitrique. . . . Acide pynligneux..
- Tanin..............
- Bitartrate de potasse, Sulfate de zinc... .
- 3 litres. 2
- 5 kilog. 2
- 2,500
- Ce bain ainsi composé, on y fait tremper pendant dix jours la corne qu’on veut employer. Quand elle est débitée et qu’on lui a donné la forme définitive sous laquelle on veut la mettre dans le commerce, et avant le polissage, on lui fait subir une nouvelle trempe dans le même biin. C’est alors qu’elle a acquis toutes les qualités de souplesse et d’élasticité désirêbles. ( Ibid. )
- Procédé d’extraction du sd ordinaire ( chlorure de sodium ) et du chlorure de potassium pur des eaux mères des salines en général, par MM. Lillo et comp.
- Green a trouvé que, en mélangeant un lait de chaux avec de l’eau salée renfermant
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- des sels magnésiens, ceux-ci étaient décomposés, la magnésie se précipitait, et il se formait du chlorure de calcium qui, en réagissant sur le sulfate de soude, produisait du chlorure de sodium et du sulfate de chaux se précipitant également.
- Ce moyen, qui permet de se débarrasser des sels magnésiens dans les eaux destinées à la fabrication du sel et qui est depuis longtemps en pratique dans toutes les salines, a conduit les auteurs à la découverte de leur procédé. C’est, en effet, ce même moyen de purification qu’ils proposent d’appliquer au traitement des eaux mères pour en retirer d’abord du sel superfin , puis le chlorure de potassium qu’elles renferment dans un grand état de pureté. Voici comment ils indiquent l’opération :
- On verse dans les eaux mères un lait de chaux préparé avec de l’eau salée saturée, en quantité suffisante pour décomposer les sels magnésiens, particulièrement le sulfate, car le chlorure de magnésium ne nuit pas aux opérations ultérieures.
- On fait chauffer jusqu’à l’ébullition pour opérer plus complètement la décomposition, après quoi on fait passer les eaux épurées dans des bassins où le dépôt s’opère assez promptement quand les eaux mères ne marquent, avant leur mélange avec la chaux, que 26 à 27 degrés à l’aréomètre. Le dépôt une fois effectué, on décante, on liait passer les eaux dans une poêle semblable à celles qu’on emploie dans les salines pour extraire le sel par évaporation ignée, èt on procède au salinage comme il est d’usage. On obtient ainsi du sel superfin que l’on purifie comme il sera dit ci-après.
- Aussitôt que l’on s’aperçoit, par un essai préalable, que le chlorure de potassium commence à cristalliser par refroidissement, on arrête le feu et l’on fait passer les eaux bouillantes dans des cristallisoirs. 11 se précipite d’abord du sel ordinaire qui était en suspension ; puis, par l’effet du refroidissement, de petites quantités du même sel et du chlorure de potassium.
- Lorsque la température s’est abaissée à 60 ou 70 degrés, on fait couler la dissolution, qui est alors très-claire, dans d’autres cristallisoirs, où le chlorure de potassium cristallise par refroidissement.
- On enlève les dernières eaux mères, que l’on reporte dans la poêle avec des eaux mères épurées et les cristaux de sel impur formés dans les premiers cristallisoirs ; on saline de nouveau, on fait cristalliser, et ainsi de suite, jusqu’à ce que les dernières eaux mères renferment trop de chlorure de magnésium pour être soumises à un nouveau salinage. Les cristaux de chlorure de potassium retirés des cristallisoirs sont déposés sur des bancs d’épuration, où ils perdent, par égouttement, le chlorure de magnésium adhérent.
- Le sel superfin obtenu est mis dans des tonneaux coniques placés sur des chevalets et percés, au sommet, d’une ouverture qu’on ferme avec un bouchon de paille. On verse dessus une dissolution chaude de sel qui, en s’infiltrant dans la masse, enlève le chlorure de magnésium. Deux ou trois lavages suffisent pour purifier le sel. [Ibid., t. XXXVII.) (M. )
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- Expériences sur la composition et la fonte des coussinets.
- Les coussinets et les crapaudines où tournent les arbres horizontaux ou verticaux forment, comme on le sait, une partie importante des machines, et leur mauvais état peut en augmenter beaucoup les frais d’entretien. D’ailleurs, la sûreté du service d’un chemin de fer peut, jusqu’à un certain point, reposer sur la bonté d’un coussinet.|
- Cette bonté dépend cependant moins de la construction, dont on ne s’occupera pas ici, que du rapport entre les métaux qui constituent l’alliage et même de la manière de les combiner en les fondant.
- Entre autres machines, les martinets et les scieries, à cause des chocs répétés que produit le travail, exigent de bons coussinets, sous peine d’avoir à supporter des réparations et des chômages très-onéreux. Comme, d’ailleurs, ces usines sont presque toujours mues par des chutes d’eau éloignées des établissements de construction, elles sont souvent réduites à se contenter des produits tels quels du fondeur plus ou moins habile d’une petite ville voisine.
- L’auteur de cet article a une fois éprouvé ces obstacles pour l’exécution des coussinets d’une usine à fabriquer le fer battu. Après avoir essayé les produits de plusieurs fondeurs sans en être satisfait, il observa constamment que les coussinets ou s’usaient trop vite, ou échauffaient les tourillons, ou enfin se brisaient sous la pression. Il essaya enfin l’alliage dit de Fenton, et y fut d’abord déterminé par l’extrême bon marché de cette composition.
- Or il l’a trouvée à la fois économique et d’un excellent usage, mais à condition que la fonte en fût bien exécutée.
- Cet alliage se compose de
- 80 parties de zinc,
- 5 1/2 parties de cuivre,
- 14 1/2 parties d’étain pur.
- Cette formule ayant été proposée au directeur d’une grande fonderie, celui-ci fit quelque difficulté de s’en charger, parce qu’il trouvait la proportion du zinc trop considérable. Il y consentit cependant sans garantie; mais les coussinets qu’il livra se brisèrent comme du verre. On changea les proportions, en rendant la composition plus chère et sans obtenir un meilleur résultat. L’auteur entreprit alors de vaincre lui-même les obstacles , et, au moyen d’un tour de main que nous allons indiquer, il y réussit complètement, soit en employant la composition même de Fenton, soit en pesant séparément et en alliant ensemble les métaux qui la constituent. Les coussinets résistèrent alors parfaitement et beaucoup plus longtemps que ceux qu’il avait jusqu’alors employés. Même sans graisse, ils s’échauffaient peu, et les arbres y tournaient, pour ainsi dire, comme dans du suif.
- Le tour de main dont il s’agit consiste à abaisser le plus possible la température lqrs de la coulée, pour empêcher l’alliage de se prendre en lamelles pendant son refroidissement.
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- En effet, lors de la rupture des premiers coussinets, on avait reconnu dans leur structure une cristallisation si largement prononcée, qu’il était impossible que leur cohésion fût considérable.
- Voici donc comment on doit opérer : on porte d’abord, comme à l’ordinaire, le cuivre dans le creuset; puis, dès qu’il est près de fondre, on ajoute l’étain. Le contact des deux métaux entre eux abaisse un peu le point de fusion du premier. Dès que tout est liquide, on retire le creuset du feu et l’on attend, pour mettre le zinc, que la température soit redescendue au rouge sombre. Aussitôt que le zinc est dans le creuset, on agite le mélange avec une tige de fer jusqu’à ce que la fusion soit complète et que le charbon soit presque consumé. On retire les scories, et on laisse l’alliage se refroidir autant que possible, en lui conservant cependant une fluidité suffisante et en l’agitant continuellement. On le coule alors dans des moules qui ne doivent pas être trop froids. La température convenable est assez difficile à saisir, cependant on y parvient sûrement avec un peu d’habitude. (Saechsische Industrie-Zéitung et Dinglers Polytechnisches Journal. )
- Méthode pour distinguer les fils différents, dans les tissus mêlés, par M. le docteur Ziurek.
- La notice suivante est empruntée à un mémoire lu par l’auteur dans une des séances de la Société d’encouragement de Prusse.
- Le mélange de la laine et du coton dans les tissus, dit M. le docteur Ziurek, a beaucoup contribué à l’extension de l’industrie. Outre l’avantage du bon marché, il présente celui de corriger, par un choix et par un assortiment judicieux, les défauts propres aux deux sortes de filaments, et d’obtenir des tissus jouissant de qualités nouvelles et utiles; mais on ne saurait en dire autant du mélange de la laine et du lin. La nature de ces deux matières offre tant de points de similitude, qu’il est difficile de modifier leurs propriétés les unes par les autres. Il ne résulte donc de ce mélange aucun avantage, tandis que la durée est d’autant plus diminuée que le tissu renferme plus de coton. Mais, dans la fabrication des lainages, on outre-passe souvent la proportion de coton qui convient pour le juste équilibre des propriétés. Ainsi, par exemple, le mélange bien connu, qui porte à tort dans le commerce le nom de laine de vigogne, au lieu de résulter d’un mélange de parties égales de laine et de coton, contient souvent 60 et même 90 pour 100 de cette dernière matière. L’intérêt des fabricants, des marchands et des consommateurs réclame donc impérieusement non-seulement un moyen de reconnaître l’existence du mélange dans les tissus, mais encore une méthode pour en déterminer quantitativement le rapport. Comme bases fondamentales de cette méthode, on peut employer les réactions des agents chimiques, ou tirer parti de la constitution physique des filaments.
- Le chanvre, le lin et le coton sont d’origine végétale, tandis que la soie et la laine proviennent du règne animal. Les premiers se composent de charbon, d’hydrogène et d’oxygène ; la soie et la laine contiennent, en outre, de l’azote, et l’on trouve même
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- du soufre dans la dernière. Un moyen général d’analyse pour distinguer les filaments végétaux des filaments animaux consiste à doser, en le transformant en ammoniaque, l’azote que contiennent ces derniers ; mais ce moyen n’est pas assez facile pour être admis dans la pratique industrielle.
- Les filaments végétaux se composent principalement de cellulose qui se comporte comme une matière indifférente à l’égard d’un grand nombre de réactifs, ce qui présente le désavantage que les moyens chimiques de la doser sont, pour la plupart, de nature négative.
- La méthode connue et publiée officiellement pour reconnaître l’existence du coton dans les tissus de lin consiste à affranchir ces-tissus de l’apprêt qui les couvre, en les lavant bien dans de l’eau tiède de savon, à les faire sécher, puis à les plonger pendant une minute et demie dans l’acide sulfurique à 66° Baumé, à les laver ensuite légèrement dans de l’eau sans les tordre, et à les faire sécher sur du papier à filtre. Le colon qui pouvait s’y trouver est alors complètement anéanti. M. Ziurek recommande de veiller particulièrement, dans l’emploi de cette méthode, sur l’extraction complète de l’apprêt, et de substituer à l’eau de savon, dans cette vue, une solution chaude de soude. Pour des expériences privées, cette méthode est suffisante, mais elle ne serait pas assez précise pour les expertises judiciaires, surtout quand le lin et le colon sont mêlés dans le même fil. Les filaments animaux sont moins indifférents que les végétaux à l’égard des agents chimiques. Ainsi la soie est promptement dissoute par les acides minéraux, surtout par l’acide azotique. L’oxyde de cuivre uni à l’ammoniaque dissout complètement la soie, même à une basse température. L’oxyde de nickel dissous dans l’ammoniaque exerce aussi une action singulière et caractéristique sur la soie, qui commence par se gonfler en changeant de couleur et se dissout rapidement, tandis que la cellulose résiste beaucoup plus longtemps. La laine se montre plus indifférente que la soie pour les acides , mais se dissout facilement dans les alcalis caustiques ; elle est surtout facile à distinguer par la manière dont elle se comporte vis-à-vis des substances tinctoriales, et l’emploi de l’alloxantine et de l’ammoniaque permet de la distinguer du coton, car elle y prend une belle nuance cramoisie, tandis que le coton y reste incolore. Quelque caractéristiques et tranchées que soient séparément ces réactions, on ne possède cependant encore aucune méthode simple et décisive pour effectuer uniquement, par des opérations chimiques, la séparation des matières filamenteuses.
- La structure physique des fils et l’usage du microscope fournissent un moyen suffisant pour exécuter cette séparation. Cette méthode présente encore des difficultés, mais l’auteur les a surmontées en combinant avec le microscope l’appareil de polarisation de la lumière. On peut ainsi, au moyen d’un faible grossissement et en agrandissant le champ, distinguer instantanément, avec une facilité remarquable, les nuances et les stries qui caractérisent les différentes sortes de filaments. Un instrument de ce genre, construit dernièrement par M. Wappenhans, de Berlin, a permis d’appliquer cette méthode non-seulement aux tissus ordinaires, mais encore à des échan-
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. —- Septembre 1861. 72
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- tillons qui contenaient des fils de jute, de chanvre de Manille, d’aloès, de lin de la Nouvelle-Zélande, de cocons étrangers, de soie brute, de laine et d’autres spécimens de tissus et de fils. ( Verhandlungen des vereins zur Befôrderung des Gewerbefleisses in Preussen, et Dingler’s Polytechnisches Journal. )
- Moyens de teindre la corne en blanc, en jaune et en écaille, par M. Mann.
- De toutes les méthodes usitées pour teindre la corne, il n’en est aucune qui donne, d’une manière satisfaisante, le blanc, le jaune et l’écaille. Ces méthodes reposent presque exclusivement sur la combinaison du plomb, du mercure ou de l’argent avec le soufre contenu dans la corne, et ne produisent guère que des tons compris entre le noir et le rouge-brun.
- L’auteur, après plusieurs recherches, est parvenu aux résultats suivants :
- La teinture de la corne en blanc, par des moyens analogues à ceux qui sont connus, n’a pas été possible, soit faute d’appareils convenables, soit parce qu’elle est plus difficile que le procédé indirect auquel l’auteur a été conduit par ses expériences.
- Il a, en effet, reconnu que plusieurs autres combinaisons métalliques peuvent être fixées dans la substance de la corne, ce qui permet d’obtenir des couleurs très-variées.
- Pour teindre la corne en blanc, l’auteur l’a d’abord colorée en brun avec le minium par la méthode ordinaire; puis il a décomposé le sulfure de plomb formé, avec de l’acide chlorhydrique exempt d’arsenic et d’oxyde de fer. Il s’est dégagé de l’acide sulfhydrique reconnaissable par son odeur, et il s’est produit du chlorure de plomb resté dans la corne à l’état de dépôt blanc. Ce chlorure donne une belle nuance couleur de lait, et prend bien le poli. Lorsque l’opération est conduite avec soin, le succès est infaillible. Plus la corne est transparente, plus le blanc est pur. Ce, moyen peut être utile pour la fabrication de beaucoup d’objets, notamment pour celle des peignes et des boutons.
- Il est évident qu’après avoir fixé du chlorure de plomb dans la corne on peut, en décomposant ce sel, obtenir beaucoup de nuances diverses.
- L’acide chromique, notamment, décomposant le chlorure de plomb, chassant le chlore et donnant un jaune de la plus belle nuance, l’auteur plonge la corne, préalablement teinte en blanc, dans une solution de bichromate de potasse, et obtient immédiatement la couleur jaune. Ce procédé peut aussi servir aux fabricants de cannes et aux tourneurs, car il permet d’imiter la couleur du buis.
- Pour obtenir l’éclat de l’écaille, on teint d’abord la corne en brun, puis on la plonge, à froid, dans l’acide chlorhydrique très-étendu, et on la voit presque instantanément donner des reflets argentés semblables à ceux de l’écaille. Le but est alors atteint, car la structure de la matière rend l’imitation frappante, et l’œil exercé peut seul distinguer de l’écaille brune la corne ainsi préparée.
- Cette dernière méthode peut surtout être employée par les fabricants de boutons. ( Würtembergisches Gewerbeblatt, et Dingler’s Polytechnisches Journal. )
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- Sur les moyens d’essayer les laines d’alpaga, par M. le docteur Schwartz.
- L’auteur, ayant été chargé par les autorités de Breslau de reconnaître si des laines d’alpaga étaient naturellement grises ou avaient été soumises à la teinture, a examiné d’abord les filaments dans le microscope.
- Il y a reconnu un mélange de filaments gris et de filaments suspects dont la structure écailleuse présentait la plus grande analogie avec la laine ordinaire. Les blancs étaient transparents comme du verre, tandis que ceux qui étaient colorés ne laissaient passer qu’une lumière faible et d’un bleu violet. Ce premier caractère permettait déjà de supposer qu’ils étaient teints, parce que les filaments naturellement noirs sont toujours plus transparents et présentent une nuance brunâtre.
- En les traitant à chaud, sous le microscope, avec de l’acide sulfurique et avec de l’acide chlorhydrique moyennement étendus, on vit, au bout de quelque temps, disparaître la couleur bleu violet.
- Une chaleur très-douce, au contraire, leur donna une nuance d’un rouge intense, et en ajoutant, à chaud, un peu d’acide dans un verre à expériences, on vit se former un liquide rouge. La lixiviation avec de l’eau froide ou chaude fit passer les filaments du rouge au brun, et cette dernière nuance résista à un lavage prolongé, phénomène que le microscope rendit particulièrement frappant. Les filaments, qui étaient d’abord d’un bleu noir, parurent alors d’un brun clair, presque entièrement transparents, et présentèrent nettement les caractères extérieurs de la laine ordinaire. L’acide chlorhydrique et le chlorure de chaux les rendirent visiblement plus pâles, mais ne les décolorèrent pas entièrement.
- La solution rouge, extraite par l’acide chlorhydrique, ayant été saturée par l’ammoniaque, reprit sa couleur violette. Le prussiate jaune de potasse n’y indiqua pas la moindre trace de fer. Une liqueur noirâtre préparée avec du tanin et du fer fut aussitôt décolorée par la solution acide; mais s’il ne trouva pas de fer, l’auteur réussit, au contraire, à reconnaître une coloration due au bois de campêche et à l’oxyde de chrome, et désignée usuellement sous le nom de noir de chrome.
- Pour y parvenir, il incinéra complètement quelques grammes de laine. Le résidu fut ensuite fondu dans un creuset de platine avec un peu de salpêtre, jusqu’à ce qu’il n’y restât plus aucune trace de charbon. Il obtint ainsi une masse fortement jaune à chaud, mais beaucoup plus pâle à froid, que l’eau chaude put dissoudre presque sans résidu et qui donna, par la filtration, une liqueur d’un jaune clair. Cette liqueur devint presque incolore lorsqu’on la satura par de l’acide azotique. L’acide azoteux qui se forma réduisit, en effet, l’acide chromique à l’état d’oxyde de chrome que l’on obtint à l’état de précipité d’un vert grisâtre, en ajoutant de l’ammoniaque et du sulfure d’ammonium.
- Pour démontrer plus nettement la présence de l’acide chromique, on décomposa la liqueur jaune, encore alcaline, avec du chlorure de barium, on fit bouillir, et l’on obtint, par la filtration, un liquide incolore qui contenait tout l’acide azoteux. Le précipité était faiblement jaunâtre et devait composer de carbonate, de chromate et
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- d’un peu de sulfate de baryte. On le lava soigneusement avec de l’eau bouillante, on le fît dissoudre dans quelques gouttes d’acide azotique pur préalablement un peu étendu, on le chauffa jusqu’à l’ébullition, et on le sépara, par la filtration, du sulîate insoluble de baryte qui le troublait. Le liquide ainsi obtenu était faiblement jaunâtre et contenait de l’azotate et du chromate de baryte dissous dans de l’acide azotique libre. On y versa alors une solution bien claire d’acétate de plomb.
- Le noir de chrome, préparé avec l’oxyde de ce métal et le bois de campêche, donne précisément, avec les acides, les mêmes réactions que celles qui ont été produites par les filaments examinés.
- Ces filaments n’avaient d’ailleurs reçu aucun passage à l’indigo, et le carbonate de soude n’a fait reconnaître aucune trace de cette matière colorante.
- L’auteur a conclu que les filaments soumis à ses recherches contenaient de la laine d’alpaga naturellement brune, dont on avait changé la nuance par le noir de chrome. ( Breslauer Gewerbeblatt, et Dingler’s Polytechnisches Journal. )
- Fabrication galvanoplastique des fers à dorer pour les relieurs.
- Les fers employés par les relieurs pour fixer les ornements dorés sur le cuivre et le carton sont en laiton, d’environ 0m,012 à 0m,014 d’épaisseur, et. portent la gravure des dessins à reproduire. Leur cherté peut donner de l’intérêt à une méthode galvanoplastique qui permet de les fabriquer sans aucune difficulté.
- On se procure d’abord un modèle gravé sur laiton ou même sur bois, que l’on doit faire travailler de nouveau, afin d’enfoncer plus que pour l’impression ordinaire les parties qui ne doivent pas venir sur la dorure.
- On prend ensuite, avec de la gutta-percha, une épreuve de ce modèle, en l’entourant d’une bordure en fer-blanc d’environ 0m,027 de hauteur, et en taillant un morceau de bois de bout qui remplisse bien le vide compris dans celte bordure.
- Pour empêcher l’adhérence de la gutta-percha, on frotte soigneusement le modèle en bois avec du graphite pulvérisé aussi fin que possible, jusqu’à ce qu’il paraisse d’un éclat métallique. On coupe dans une planche de gutta-percha bien épurée une pièce de la grandeur du modèle, on la chauffe sur quelques charbons, sans la mettre dans l’eau, jusqu’à ce qu’elle commence à devenir un peu poisseuse, et on l’enduit de graphite que l’on y étend rapidement et que l’on frotte encore jusqu’à ce qu’il ait pris le brillant d’un métal. On étend alors la pièce, après l’avoir un peu réchauffée, s’il en est besoin, sur le modèle; on la pétrit avec les doigts de manière à la faire pénétrer dans les creux les plus fouillés, et on la relève même de temps en temps pour enduire de graphite les places qui paraissent en manquer.
- Pour rendre égal, sur le revers, le niveau des places les plus creuses, on introduit dans ces profondeurs de la gutta-percha fortement ramollie, mais exempte de graphite, de manière à égaliser le plus possible le niveau. On place alors sur cette surface à peu près unie le morceau de planche dont nous avons parlé, et l’on soumet le tout à l’action d’une presse; cette action doit être convenablement modérée, et la pratique
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- enseigne bientôt le point le plus favorable pour la perfection du travail. Après avoir serré la vis, on laisse refroidir le tout jusqu’à ce que la gutta-percha soit complètement refroidie et durcie; on enlève la bordure en fer-blanc destinée à empêcher la matière de s’extravaser sous la pression tandis qu’elle était encore molle, et l’on sépare l’épreuve du modèle, ce qui est très-facile lorsque l’application du graphite a été bien faite.
- Le moule en gutta-percha ainsi obtenu doit alors être enduit de graphite très-fin, calciné fortement dans un creuset fermé : on le porte ensuite dans l’appareil galvanoplastique.
- Comme les parties de la surface qui ne doivent pas imprimer sont très-saillantes sur le moule de gutta-percha, et que ce sont les parties destinées à produire les caractères qui se trouvent en creux et qui, dans le bain électrolytique, se couvrent de cuivre les dernières, il importe, pour la facilité de la réussite, que le graveur du modèle ne donne aux creux que la profondeur nécessaire, c’est-à-dire 0m,007 tout au plus. Il convient aussi que les côtés ne s’élèvent pas trop perpendiculairement, mais plutôt soient un peu inclinés sur le plan général du fond. Lorsque le dépôt galvanoplastique a atteint environ 0m,002 d’épaisseur, il faut augmenter cette épaisseur suffisamment et rendre uniforme la surface du revers.
- C’est ici que se rencontre le côté le plus faible de cette méthode, parce qu’il est difficile de trouver une matière qui satisfasse à toutes les exigences. L’alliage des caractères d’imprimerie ( plomb et antimoine ) paraît convenir le mieux, parce que l’on y augmente la proportion de l’antimoine de telle sorte que les fers, quand ils sont chauds, puissent résister à l’action de la presse. Après avoir bien étamé le revers de la coquille galvanoplastique, on l’entoure d’une bordure convenable et l’on y coule l’alliage auquel on donne l’épaisseur nécessaire. ( Monatsblatt des Hannoverschen Gewerbevereins, et Dinglers Polytechnisches Journal. )
- Moyen d’obtenir du cuivre très-dmsé, par M. Schiff.
- Si l’on met dans un matras, à parois épaisses, une solution saturée de sulfate de cuivre pur, et que l’on y ajoute un excès peu considérable du même sulfate réduit en poudre grossière, il suffit d’introduire dans le matras une quantité convenable de zinc en grenaille, et d’agiter le tout sans le chauffer pour décomposer le sel de cuivre, précipiter ce métal, et obtenir une solution de sulfate de zinc. A mesure que le sulfate de cuivre se décompose, celui qui est en excès se dissout, et comme l’agitation frotte les grains de zinc les uns contre les autres et en détache la couche de cuivre qui tend à les recouvrir, la réaction se prolonge aussi longtemps que le vitriol bleu et le zinc se trouvent en présence. On peut obtenir ainsi, en peu de temps, de grandes quantités de cuivre très-divisé. On porte ce cuivre sur un filtre, on le lave soigneusement avec de l’eau purgée d’air, on exprime le liquide par la pression sans chauffer et en empêchant le plus possible l’accès de l’air, en sorte que, malgré sa division et son humectation, le métal s’oxyde très-peu.
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- La réaction est fortement activée par une élévation de température qui se produit spontanément et qui est telle, qu’on pourrait s’en servir pour démontrer le développement de la chaleur par les combinaisons chimiques. Il suffit de quelques minutes pour que la main ne puisse supporter le contact du matras. ( Ânnalen der Chemie und Pharmacie, et Dingler's Polytechnisches Journal. )
- Niveau d'eau en caoutchouc.
- Cet instrument permet de prendre directement et facilement la différence de niveau qui existe entre deux poinls séparés par un obstacle.
- Il se compose de deux fioles d’environ 0m,30 de hauteur et 0m,02 de diamètre, ouvertes à leurs deux extrémités et mises en communication par un tuyau de caoutchouc vulcanisé suffisamment long.
- L’extrémité inférieure de chacune des fioles est scellée dans une douille en laiton qui sert à la fois de fermeture et de support, et où l’on a soudé latéralement un tuyau sur lequel on fixe solidement le tube en caoutchouc. Ce tuyau est muni d’un robinet.
- Pour connaître la différence de niveau qui existe entre deux points, on porte une des fioles auprès de chacun de ces points, on remplit l’appareil avec de l’eau qui prend naturellement son niveau et qui donne, par conséquent, la mesure demandée. Les deux robinets servent à fermer le tuyau lorsque l’on veut transporter l’appareil. ( Zeitschrift des Vereins deutscher Ingenieure, et Dingler's Polytechnisches Journal.)
- Moyen d'éteindre promptement la houille enflammée.
- Les fabricants et les possesseurs d’établissements dans lesquels on fait de grands feux de houille ont souvent besoin d’éteindre ces feux sur-le-champ et de mettre ainsi leurs fourneaux hors d’activité. Entre autres moyens d’y parvenir, on peut employer le suivant qui donne depuis longtemps de bons résultats dans une usine de Saxe.
- On mêle 3 kilog. de sel marin, 4 kilog. de cendre de tourbe ou de bois tamisée et 0S50 de sulfate de zinc, dans un vase contenant environ 150 litres d’eau. Quand on veut se servir de ce liquide, on l’agite et l’on en jette sur le feu, qui s’éteint subitement. Ce moyen pourrait même être utilement employé dans d’autres cas. ( Saechsische Industrie Zeitung, et Dingler's Polytechnisches Journal. )
- Sur la falsification du lait par le borax, par M. Kletzinsky.
- M. Kletzinsky pense que les cas où l’on falsifie le lait par le mélange d’une petite quantité.de borax ne sont pas très-rares. Cette addition empêche, en effet, le lait de s’aigrir et de se coaguler par la chaleur; elle en prévient la fermentation, le maintient à l’état d’émulsion, le rend plus doux, plus épais et plus semblable à la crème. Elle n’expose pas non plus le beurre à la saponification. Pour cet usage, le borax est même bien préférable à la soude ou à la potasse.
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- Il est facile de démontrer l’existence de cette falsification ; car il suffit de faire évaporer à siccité, dans une petite capsule de porcelaine, sur un bain de sable, le lait incriminé. On brûle ensuite le résidu sur une lampe à esprit-de-vin, puis on verse sur les cendres de l’alcool bien rectifié auquel on ajoute 1 ou 2 pour 100 d’acide sulfurique, on fait bouillir et l’on filtre la solution. Le liquide, à cause de la présence du borax, brunit le papier de curcuma, et, chauffé sur la lampe à alcool dans une petite capsule, il brûle en donnant une flamme dont les bords sont verdâtres. Bien que l’on ne puisse préciser le degré d’insalubrité de cette addition de borax dans le lait, il n’en est pas moins vrai, comme le dit M. Klelzinsky, que, dans cette incertitude et au point de vue de la police sanitaire, on doit la condamner et ne pas admettre dans la consommation un lait qui peut être plus ou moins nuisible, surtout aux jeunes enfants. ( Monatschrift des Gewerbevereins de Cologne, et Dinglers Polytechnisches Journal. )
- Moyen de nettoyer les figures en plâtre.
- On se sert ordinairement, dans cette vue, d’un vernis auquel on mêle de la céruse, mais on nuit, de cette manière, à la délicatesse des détails. Après de nombreux essais infructueux faits avec le gypse, la craie et d’autres corps blancs qui empâtent aussi et ne couvrent pas, le sulfate de baryte, dit blanc fixe, qui, dans un excipient aqueux, possède un haut degré d’opacité, a paru remplir le mieux les conditions exigées. Si l’on prend ce produit en pâte, état sous lequel on le trouve dans le commerce, et qu’on le délaye dans une solution de gélatine de manière à en former un lait assez clair, il suffit d’en donner successivement deux ou trois couches à la figure la plus noircie pour lui rendre toute l’apparence d’une statue neuve. ( Miltheilmgen des Nassauer Gewerbevereins, et Dinglers Polytechnisches Journal. )
- Substitution de l’hydrate vert d’oxyde de chrome au vert de Schweinfurt pour la fabrication des stores et des tapis, par M. Meyer.
- »
- M. Meyer, d’Augsbourg, vient de remplacer, pour la fabrication des stores et des tapis, le dangereux vert de Schweinfurt par un vert composé d’hydrate d’oxyde de chrome, qui ne présente pas les mêmes inconvénients. Ce vert est fort solide, d’un très-bel effet, et ne se détache pas des étoffes, qu’il ne rend pas poudreuses, comme celui de Schweinfurt. Déjà le conseil d’administration de la Société polytechnique de Bavière a donné son approbation à cette utile substitution. ( Dingler’s Polytechnisches Journal. )
- Moyen facile de régulariser la pose des coussinets.
- Cette opération, comme on le sait, exige une grande exactitude, surtout lorsque des arbres partiels doivent être assemblés, au moyen de manchons rigides, de manière à former un système d’une grande longueur, par exemple, comprenant un to-
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- tal d’une vingtaine de mètres. On y parvient facilement en plaçant, dans chacun des deux coussinets voisins que l’on veut accorder, un demi-cylindre de bois bien ajusté, mesurant de 0m,30 à 0m,60 de longueur, et tourné de telle sorte que son plan diamétral se trouve par-dessus. Ce plan doit porter une ligne fortement tracée qui en indique exactement l’axe. On bornoie alors les deux lignes et l’on hausse, on baisse ou l’on tourne les deux coussinets, jusqu’à ce que les axes se confondent avec précision selon une même droite. ( Zeitschrift des Vereins deutscher Ingenieure, et Dingler's Polytechnisches Journal. )
- Moyen d'appliquer, sur la porcelaine, de fortes couches de platine, par M. le
- docteur Elsner.
- On prend du noir de platine préparé par un des procédés connus, noir qui n’est que du platine très-divisé, on le broie avec de l’essence de térébenthine, et on l’applique avec un pinceau sur la pièce de porcelaine refroidie. On enferme alors cette pièce dans une cazette, et on l’expose à la chaleur la plus forte d’un four à porcelaine. Après le refroidissement, on la trouve couverte d’une couche solide de platine brillant. Les vases de forme convenable, revêtus intérieurement de platine par cette méthode, peuvent être employés dans les travaux chimiques et dans les arts, comme les vases de platine. Le noir de ce métal, en poudre très-fine, exposé au feu le plus violent d’un four à porcelaine, a formé, après le refroidissement, une petite masse douée de l’éclat métallique qui, vue à la loupe, présentait des angles arrondis et ressemblait beaucoup à du platine natif.
- Il résulte de ces observations que le noir de platine, exposé au feu le plus intense des fours de la manufacture de porcelaine de Berlin, peut y être réduit en fusion.
- Un des meilleurs moyens de préparer le noir de platine est celui que l’on doit à M. le professeur Bôttger, et qui consiste à précipiter le chlorure de platine en le faisant bouillir pendant quelques minutes avec un peu de glucose et de carbonate de soude, en recueillant le noir de platine précipité, en le lavant bien sur un filtre, et en le faisant sécher à la température ordinaire. ( Elsner's Chemisch technische Mitthei-lungen, et Dingler’s Polytechnisches Journal. ) ( V. )
- PARIS. —1 IMPRIMERIE DE Mme V« BOUCHARD-HüZARD, RUE DE i/ÉPERON, 5. — 1861.
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- 60' ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. TOME VIII. — OCTOBRE 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Tresca, au nom du comité des arts mécaniques, sur le moteur a gaz de M. Lenoir, 6, rue des Filles-du-Calvaire.
- M. Lenoir a pris, le M janvier 1860, un brevet d’invention pour un moteur à air dilaté par la combustion des gaz ; ce moteur, pour le fonctionnement duquel le seul combustible à employer est du gaz d’éclairage puisé dans les conduits de la distribution publique, a fonctionné dès le mois de mars dans les ateliers de M. Levesque, rue Rousselet, à Paris.
- Chacun de vous, Messieurs, a voulu le visiter à son début : toutes les publications technologiques s’en sont occupées, et, aujourd’hui encore, l’attention publique n’a pas cessé de suivre, avec une ardente curiosité, ses progrès.
- C’est qu’en effet, si le moteur Lenoir n’est pas essentiellement nouveau dans son principe, il faut reconnaître que, le premier, dans cette direction, il a réellement fonctionné dans l’industrie et que son emploi s’y est assez propagé pour que deux ateliers de quelque importance soient aujourd’hui consacrés exclusivement à sa construction.
- L’un de ces ateliers est celui que dirige M. Lenoir lui-même, rue de la Roquette, n° 117; c’est celui dans lequel s’est rendu votre comité des arts mécaniques, avec un certain nombre de nos collègues des autres comités. L’autre, beaucoup plus important, a été créé par MM. Marinoni et Levesque, Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Octobre 1861. 73
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- ARTS MÉCANIQUES.
- avenue de Saxe, n° 47. Votre rapporteur doit à l’obligeance de M. l’abbé Moigno de l’avoir vu en détail, et d’avoir pu se rendre compte des excellentes dispositions qui y ont été prises pour arriver bientôt à une production importante.
- M. Lenoir s’est jusqu’à présent adressé en son nom personnel à la Société d’encouragement : le rapport que j’ai l’honneur de vous présenter s’occupera donc plus spécialement de ce que nous avons constaté dans l’atelier de la rue de la Roquette, en attendant qu’il nous soit permis de nous livrer à des expériences du même ordre sur les machines de l’avenue de Saxe.
- Votre rapporteur a déjà publié, sur la machine qui nous occupe, deux notices dans les Annales du Conservatoire (1), mais c’était pour lui un devoir d’opérer à nouveau, sous le contrôle de l’inventeur, afin de donner à celui-ci tous les moyens de faire fonctionner son appareil dans les conditions les plus favorables. D’ailleurs la pratique de l’atelier amène chaque jour de petits perfectionnements, dont il était important de constater l’influence sur la bonne marche et sur la consommation de la machine.
- Pour répondre au mandat que vous aviez bien voulu lui confier, votre rapporteur s’est mis, dès le commencement du mois de juin dernier, à la disposition de M. Lenoir, et, le 21 de ce mois, on avait organisé sur une machine neuve, la première que M. Lenoir ait construite sur d’aussi grandes dimensions, une expérience au frein, dont les résultats peuvent être résumés ainsi qu’il suit :
- Durée de l’expérience............................. lh 50'
- Nombre de tours pendant ce temps.................. 5200
- Bras de levier du frein........................... 2,00 mètres.
- Charge du frein...................................14.00 kilogrammes.
- Consommation totale du gaz........................ 9200 litres.
- De ces chiffres, fournis par l’observation directe, on peut facilement déduire les données relatives à la puissance de la machine et à sa consommation :
- Travail par tour en kilogrammètres, 2t X2mX 14k.........— 175 93
- 47.27
- Travail par seconde, 175.93 X ..........................= 138.45
- oü
- Travail en chevaux, 138.45 :75 .........................= 1.85
- Consommation de gaz par heure, 9200 : lh 50'............= 5018 1.
- Consommation par force de cheval et par heure, 5018 : 1.85. . =• 2712
- Cette consommation est presque identique à celle qui avait été accusée
- (1) Annales du Conservatoire impérial des arts et métiers, numéros d’avril et de juillet 1861.
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- dans nos premiers essais du Conservatoire : il ne paraît pas que l’augmentation des dimensions de la nouvelle machine ait conduit à une consommation plus favorable, eu égard au travail produil ; disons, toutefois, que M. Lenoir avait substitué, un peu à la hâte, cette plus grande machine à celle dont il se servait, depuis quelque temps, dans son atelier, et que le rodage des surfaces n’avait peut-être pas été assuré encore par un fonctionnement assez prolongé.
- Cette machine, dont la planche 231 indique toutes les dispositions, avait un cylindre de diamètre D = 0.30, et une course L = 0.30, ce qui correspond à un volume par coup de piston Y = 21, 20 litres; l’admission se faisait à demi-course, le volume d’admission par tour était donc d’environ 21 litres de mélange gazeux. D’un autre côté, nous pouvons calculer la consommation du gaz en divisant la consommation totale par le nombre des tours 9200 : 5200 = 1.77. Le gaz entre donc pour 1.77 litre dans un mélange de 21.00 litres ; son volume représente 1.77 : 21 = 0.084 du volume total ; on fonctionnait sous ce rapport exactement dans les mêmes conditions que dans nos précédentes expériences du 22 mars : cette proportion de 0.084 ou de 1:12 paraît être la plus favorable à la bonne utilisation du combustible.
- Dans la marche précédente, la machine fournissait son maximum de travail : on était si près de sa limite supérieure, qu’elle s’est arrêtée trois fois par défaut d’inflammation ; les détonations étaient bien marquées, mais sans être très-bruyantes. Nous avons fait, le même jour, une autre expérience en chargeant seulement le frein de 10 kilog. L’allure de la machine était peut-être plus satisfaisante, les détonations étaient à peine sensibles, mais dans ces nouvelles conditions le travail s’est réduit à 1.42 cheval, encore bien que la consommation se soit élevée à 3435 litres par heure et par cheval.
- Pendant la durée de cette nouvelle observation, nous avons pu mesurer l’eau consommée pour le refroidissement de la machine : 697 litres d’eau ont été portés de 14° à 50°, ce qui constitue, pour la mesure de la chaleur perdue, 697 x 36° = 25092 calories. La chaleur produite par la combustion du gaz peut être estimée dans le même temps à 4888.5 x 6 = 29320 calories : la proportion entre la chaleur perdue par l’eau de refroidissement et la chaleur totale s’est donc élevée à 25092 : 29320= 0.85 : ce chiffre est supérieur à celui de nos précédentes expériences ; mais il faut remarquer que nous n’étions plus ici dans les meilleures conditions d’utilisation.
- Nous avons tracé quelques diagrammes à l’indicateur : celui que nous avons reproduit dans la figure 5 (planche 231) montre encore quelques petites différences d’un coup au suivant : on voit que, malgré le peu d’inertie du piston
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- de cet instrument, le lancé a encore une grande part au tracé ; la pression maxima s’élève à 6 atmosphères, et l’on voit qu’à la fin de la course la pression est encore supérieure à la pression extérieure ; les orifices d’émission paraissent d’ailleurs insuffisants, si l’on en juge par les extrémités de la courbe, qui ne s’abaissent au zéro qu’à une certaine distance de la fin de la course.
- Cette machine, qui porte le n° 24 de construction, pour l’atelier de la rue de la Roquette, diffère en quelques points de détail de celles essayées précédemment.
- Le piston, au lieu d’être guidé par une simple tige, glissant dans deux orifices alésés, est conduit par une double glissière solidement établie, et l’ensemble de la machine est fixé à un bâti de fondation, très-résistant, scellé sur une bonne pierre.
- Les lumières, au lieu de donner passage à des filets isolés d’air et de gaz, sont entièrement libres et très-étroites, de manière à être rapidement fermées.
- Pour rendre aussi faible que possible l’effet sur la conduite d’amenée, M. Lenoir se borne à interposer une petite outre en caoutchouc, dont la contenance ne dépasse pas 20 litres, et qui produit un excellent effet.
- Depuis les premiers essais du 21 mai sur une petite machine de 1 cheval, 11 machines ont encore été mises en construction : on a allongé les lumières jusqu’à leur donner une hauteur égale au diamètre du cylindre ; on a donné au cylindre une plus grande longueur par rapport à son diamètre, pour utiliser un peu mieux la pression ; on a réglé les contacts de manière que l’inflammation se fasse un peu plus près du milieu de la course; on a disposé, au-dessus du tiroir d’admission, une petite cloche aboutissant à une plaque horizontale percée de trous, et disposée de telle manière que, tandis que le gaz entre en lame mince, animée d’un mouvement horizontal, l’air y pénètre par filets verticaux, qui assurent un mélange plus parfait.
- La machine n° 31 présente toutes ces modifications, et les tracés à l’indicateur que nous avons obtenus le 30 de ce mois indiquent que, si l’inflammation est encore trop en retard, cependant la pression centrale est plus grande et elle se maintient plus élevée pendant toute la durée de la course du piston. La course du piston est encore de 30 centimètres; mais son diamètre est réduit à 0.16; c’est sur cette machine que nos expériences définitives ont été faites, et elles ont indiqué, comme M. Lenoir nous l’avait annoncé, une très-bonne marche.
- Voici d’ailleurs tous les chiffres recueillis :
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- Expérience du 30 juillet 1861.
- Bras de levier du frein.......................... 1 mètre.
- Poids an frein................................. 9 kilog.
- Durée de l’expérience............................ lh 30'
- Nombre de tours total de la machine.............. 7300
- Nombre de tours par minute.......................81.11
- Travail en kilogrammètres par seconde............ 76.50
- Travail en chevaux-vapeur........................' . 1.02
- Consommation totale de gaz....................... 4350 litres.
- Consommation par heure........................... 2880 litres.
- Consommation par cheval et par heure............. 2878
- Volume d’eau de circulation...................... 800 litres à l’heure.
- Température de l’eau d’introduction................ 18°
- Température à la sortie............................ 40°
- Température des gaz d’échappement................. 280°
- L’augmentation de dépense tient sans doute à la plus grande vitesse de la machine, et aussi à une perte notable par le tiroir d’échappement.
- La concordance que l’on remarque entre ces nouveaux chiffres et les précédents vous paraîtra sans doute de quelque intérêt, en ce qu’elle constate tout à la fois une grande exactitude dans les déterminations faites, et une assez grande sûreté de marche dans le fonctionnement des différentes machines essayées.
- M. Marinoni a modifié ses machines dans une autre voie, et, s’il nous avait été permis de faire quelques constatations, nous aurions trouvé peut-être quelque autre amélioration dans la dépense. Il a, dans le moteur de son atelier, pour lequel D = 0.35, L = 0.35, doublé le nombre des inflamma-teurs pour plus de certitude, et il attend de très-bons résultats d’une disposition particulière pour laquelle l’admission étant réduite au quart, la période du travail à moitié de la course, il permet à l’échappement de commencer longtemps avant la fin de la course. Cette disposition, qui est représentée fig. 6, lui donne d’ailleurs l’avantage d’agir pendant faction motrice sur la manivelle, sous un angle plus favorable et plus voisin de l’angle droit.
- M. Marinoni a déjà livré plus de 60 de ces machines, ce qui forme, avec celles de M. Lenoir, un total de 100 environ.
- Vous vous rappelez, Messieurs, que M. Lenoir, lors de la présentation qu’il fit à l’une de vos séances, alimenta sa machine avec de l’air atmosphérique chargé de carbures volatils ; ce mode d’alimentation réussit imparfaitement, lors de la visite du comité des arts mécaniques à l’atelier de la rue de la Roquette; mais ce que nous avons vu plus récemment permet de concevoir quelque espérance de ce procédé, qui paraît n’entraîner qu’une dépense assez minime d’hydrocarbure liquide, qu’il est facile de se procurer à 0.50 ou
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- 0.60 centimes le litre, comme produit accessoire des usines à gaz, ou de celles qui s’occupent de la distillation de la houille et des schistes bitumineux.
- Au moyen d’un vase spécial, une partie de l’air seulement est mise en communication avec le carbure, dont le récipient peut d’ailleurs être chauffé par une lampe à alcool ou mieux encore par les gaz de l’échappement. Un tube qui s’applique, d’une part au réservoir d’hydrocarbure, d’autre part à l’orifice d’entrée d’air de la machine, et qui est muni dans son parcours d’un réseau de toiles métalliques et d’une soupape, suffit pour qu’on puisse appliquer immédiatement le nouveau combustible à une machine à gaz ordinaire.
- Le fonctionnement est également régulier, et, encore bien que l’air ainsi chargé de vapeur combustible consomme très-peu de liquide, nous nous sommes assuré que la machine, ainsi modifiée, déterminait une quantité de travail suffisante pour soulever, dans les mêmes conditions que précédemment, le frein chargé de 9 kilog.
- La transformation peut donc se faire, sans diminuer en rien la puissance que la machine aurait fournie par son alimentation avec le gaz d’éclairage.
- Ce principe est celui que M. Lenoir veut appliquer aux machines mobiles. Nous avons vu, parmi les appareils en cours d’exécution chez lui, une petite voiture sur le tablier de laquelle on installe en ce moment deux machines à gaz accouplées, et un petit bateau à hélice, d’une longueur totale de 6m,40, qui doit être mû par un seul cylindre ; celui-ci, bien qu’horizontal, transmet son mouvement à un arbre vertical qui, par le moyen d’une paire de roues d’angle, agit sur l’arbre de l’hélice.
- Cette disposition de machines horizontales, agissant sur un arbre vertical, est extrêmement commode, et on la néglige trop fréquemment dans des circonstances où. elle serait très-utilement employée.
- M. Lenoir nous préviendra aussitôt que des expériences pourront être faites sur sa voiture et sur son bateau : sans nous prononcer en aucune façon sur la dépense de ces appareils, nous ne craignons pas de dire qu’ils nous paraissent répondre à l’objet de leur destination, quant à l’agencement des organes et quant à leur mode de fonctionnement.
- 11 faut ajouter toutefois que M. Lenoir rencontrera de grandes difficultés pour refroidir suffisamment les cylindres de ces machines : nous avons vu qu’il ne fallait pas moins de 500 litres d’eau, par cheval et par heure, pour satisfaire à cette condition indispensable.
- Déjà pour les machines fixes, cette dépense d’eau n’est pas sans inconvénient, surtout pour les applications à faire dans les petits ateliers des étages supérieurs de nos maisons, et c’est là surtout que la machine Lenoir serait d’un utile secours.
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- Pour l'examen complet de toutes les questions qui se rattachent à la machine Lenoir, la Société d’encouragement aurait dû faire appel à ses Comités des arts chimiques et des arts économiques. Puisqu’il y a combustion, les affinités chimiques sont en jeu et les investigations de l’analyse doivent fournir de précieux enseignements.
- Nous nous bornerons à quelques indications sommaires.
- Examen des gaz de la combustion.
- Quelques détails sont peut-être nécessaires pour que l’on puisse apprécier exactement les conditions dans lesquelles se produit la combustion dans les machines à gaz.
- D’après les analyses de M. Payen, le mètre cube de gaz d’éclairage est moyennement composé de la manière suivante :
- Hydrogène protocarboné................... 0.59
- Hydrogène bicarboné...................... 0.09
- Oxyde de carbone......................... 0.07
- Hydrogène................................ 0.21
- Azote.....................................0.04
- Total.......................... 1.00
- L’hydrogène protocarboné exige, pour être complètement brûlé, deux volumes d’oxygène, l’hydrogène bicarboné trois volumes, l’hydrogène et l’oxyde de carbone un demi-volume seulement, et tous calculs faits, 1,60 mètre cube, correspondant à 7,510 mètres cubes d’air atmosphérique.
- On voit donc qu’en admettant les deux gaz dans la proportion de 1,60 à 7,510, ou de 0,13 à 1,00, on pourrait à la rigueur obtenir la combustion de tous les éléments du gaz employé.
- La proportion de 0,077, que nous avons pu déduire de la consommation au compteur pendant la même expérience, ne représente que 0,077 : 0,13 = 0,6 de ce chiffre; la proportion du gaz d’éclairage pourrait donc être augmentée dans une certaine mesure, et la chaleur dégagée par la combustion se trouvant alors reportée sur un moindre volume de produits gazeux, la température et, par conséquent, la pression due à l’explosion seraient plus considérables; mais alors aussi réchauffement du cylindre serait plus grand et les difficultés de la marche pourraient être exagérées par cette cause.
- Au reste, nous avons eu soin, dans nos expériences, d’ouvrir en plein le robinet communiquant avec le compteur, et nous avons, par conséquent, admis le plus grand volume de gaz que comportaient les conditions actuelles de la machine.
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- Les conditions qui précèdent doivent influer d’une manière notable sur la combustion : lorsque l’une des étincelles manque absolument, le gaz combustible est perdu sans s’enflammer, et nous ayons vu que, dans certaines circonstances, il détonait en pure perte à l’extrémité de la conduite.
- Mais ces accidents sont rares, et, dans l’examen qui a été fait des gaz brûlés, nous avons eu soin de n’opérer que sur ceux qui avaient été recueillis pendant la meilleure marche de la machine.
- M. Boussingault a bien voulu se charger de l’analyse de ces gaz, elle a été faite sous sa direction par M. Brustlein.
- Nous entrerons dans quelques détails sur les éléments de cette analyse, dont les résultats nous paraissent d’un assez grand intérêt.
- Les produits de l’échappement ont été amenés dans un petit ballon, au moyen d’un long tube qui plongeait de lm,20 dans le tuyau d’émission. On a fait passer dans ce tube environ 25 litres de gaz d’échappement, afin d’être bien assuré que l’air avait été complètement expulsé, et le produit contenu dans le ballon a été analysé de la manière suivante :
- Ce gaz humide avait un volume de 20,3 centimètres cubes, à la température de 13°,3, et sous une pression de 759,9 millimètres de mercure — 40,7. En réduisant ce volume à 0 et à la pression de 760 millimètres de mercure, on trouve qu’il équivaut, dans ces conditions, à 17,98 centimètres cubes.
- Pour déterminer la proportion d’oxygène, le gaz a été soumis, pendant vingt-quatre heures, à l’action du phosphore ; le volume a été réduit, sous cette action, à 19,52 centimètres cubes à la température de 13°, et sous la pression de 755,2 millimètres — 36,3. Réduction à 0 et à 760 millimètres, 17,46 centimètres cubes : la différence 0,52 donne le volume de l’oxygène.
- L’absorption de l’acide carbonique a ensuite été faite par la potasse, qui, en même temps, a desséché le gaz; volume de gaz sec, 17,85 centimètres cubes à la température de 15°,25, et sous la pression de 750,2—31,4. Réduction à 0 et à 760 millimètres, 15,99 centimètres cubes. La différence 1,47 donne le volume 1,47 de l’acide carbonique.
- L’oxyde de carbone a été absorbé par le protochlorure de cuivre ; volume de gaz sec après l’absorption 18,05, à la température de 14°,3, et à la pression de 749,1 — 40,0. Ce volume, réduit à 0 et à 76, étant de 16 centimètres cubes, on doit conclure de cette détermination que le gaz soumis à l’analyse ne contenait pas d’oxyde de carbone.
- Le résidu a été introduit dans un eudiomètre ; mesuré de nouveau après ce transvasement, son volume a été de 18 centimètres cubes, à 13°,4 et à la pression 758,5 — 44,7; volume à 0 et à 760, 15,95 centimètres cubes; on
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- n’a pas tenu compte de la petite différence 0,05, qu’il faut attribuer à la perte faite dans cette opération.
- Après introduction d’une certaine quantité d’oxygène dans l’eudiomètre, on a trouvé que le volume de gaz humide s’élevait à 29,4 centimètres cubes, à la température de 13°,5 et à la pression 758,4—40. Le volume calculé étant dans ces conditions 26,05, on voit qu’il a été introduit 10,10 centimètres cubes d’oxygène.
- Après la détonation, la réduction de volume a été telle que le gaz occupait 28,4 centimètres à 13°, et à la pression 762,3 — 45,8; soit à 0° et à 760 25,16 centimètres cubes. La réduction de volume est donc de 0,89 centimètres cubes, et il faut maintenant établir quelle est la composition des gaz ainsi brûlés.
- Après l’absorption par la potasse, le volume du gaz humide restant est de 27,75 centimètres cubes, à la température de 13°,1, et à la pression 763,4— 36,0, soit de 24e,95 après toutes réductions effectuées. La différence 0,21 centimètres cubes représente de l’acide carbonique, qui ne peut provenir que d’une certaine quantité d’hydrogène protocarboné.
- Ce volume d’acide carbonique correspond à un volume égal d’hydrogène protocarboné, qui a consommé, pour sa combustion, deux fois son volume d’oxygène, soit 0,42 centimètres cubes.
- Les 0,89 centimètres cubes qui représentent la réduction du volume, lors de l’inflammation, sont donc formés pour 0,42 centimètres cubes d’oxygène, et les 0,47 restants correspondent aux produits de la combustion d’une certaine quantité d’hydrogène, dont le volume est donné par la relation 0,47 x 2/3 = 0,31 centimètres cubes.
- L’azote se trouve maintenant connu par différence, et la composition du gaz soumis à l’analyse peut être établie comme il suit, tant par rapport au volume primitif de 17.98 qu’en centièmes :
- Oxygène . . 0.52 2.89
- Acide carbonique . . 1.47 8.18
- Hydrogène protocarburé. . . . . 0.21 1.17
- Hydrogène . . 0.31 1.72
- Azote . . 15.47 86.04
- Totaux................ 17.98 100.00
- On peut tout d’abord conclure de ces chiffres que la combustion se fait bien dans le cylindre de la machine, puisque trois centièmes seulement en volume sont restés à l’état d’hydrogène libre ou à l’état d’hydrogène carboné. Il était nécessaire qu’il en fût ainsi pour tirer tout le parti possible du gaz employé, et à cet égard nos expériences paraissent avoir été faites dans de Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Octobre 1861. 74
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- très-bonnes conditions. Mais cette observation n’est pas la seule que l’on puisse déduire de l’analyse de M. Brustlein, et il était utile de rechercher si cette composition du gaz brûlé correspond, avec quelque exactitude, à celle que l’on pourrait calculer d’après les proportions relatives de l’air et du gaz d’éclairage, qui ont été simultanément introduites dans le cylindre de la machine.
- À cet égard, nous avons été conduit dans cette même expérience à admettre pour composition moyenne du mélange explosif en volumes :
- Gaz d’éclairage............................. 0.077
- Air atmosphérique............................0.923
- Total........................ 1.000
- En admettant que le gaz d’éclairage eût ici sa composition moyenne, les chiffres précédents reviendraient à ceux-ci :
- 0.077 de gaz d’éclairage formé de :
- Hydrogène protocarboné . . 0.077 X 0.59 0.045
- Hydrogène bicarboné . . 0.077 X 0.09 0.007
- Oxyde de carbone. . . 0.077 X 0.07 0.005
- Hydrogène . . 0.077 X 0.12 0.016
- Azote . . 0.077 X 0.04 0.003
- 0.923 d’air atmosphérique formé de :
- Oxygène . . 0.923 X 0.213 0.197
- Azote . . 0.923 X 0.7S7 0.726
- Total............................................ 0.999
- L’hydrogène protocarboné, ainsi qu’il a été dit plus haut, exige deux fois son volume d’oxygène, l’hydrogène bicarboné trois fois son volume, l’oxyde de carbone et l’hydrogène un demi-volume seulement; de sorte que l’on peut tout à la fois former le tableau suivant des éléments de la combustion et des produits qui en doivent résulter, en tenant compte des modifications de volumes qui y correspondent.
- PROPORTIONS eu volumes. OXYGÈNE employé dans la combustion. ACIDE 1 carbonique formé.
- Hydrogène protocarboné 0.045 0.090 0.045
- Hydrogène bicarboné 0.007 0.021 0.014
- Oxyde de carbone 0.005 0.0025 0.005
- Hydrogène 0.016 0.008
- Oxygène 0.197
- Azote 0.729
- Totaux 0.999 0.122 0.064
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- En ne tenant aucun compte de la quantité d’eau produite, on voit qu’en définitive les gaz brûlés devraient être formés de 0,064 d’acide carbonique; 0.197 — 0.122 = 0.075 d’oxygène et 0.726 d’azote, pour un volume total de 0,865.
- En appliquant ces éléments à un volume représenté par 100, nous pouvons maintenant mettre en regard la composition déduite de l’analyse, et
- celle déduite du calcul ainsi qu’il suit : Composition réelle Composition calculée
- en volume. en volume.
- Oxygène 2.89 8.67
- Acide carbonique 8.18 7.40
- Hydrogène protocarboné 1.17 » »
- Hydrogène 1.72 » »
- Azote . . . . . 86.04 83.93
- 100.00 100.00
- Ce rapprochement nous semble très-remarquable en ce que les chiffres à comparer sont presque identiques, pour ce qui concerne l’azote et l’acide carbonique. Seulement une proportion plus grande d’oxygène a disparu, ce que l’on pourrait expliquer en supposant qu’une certaine quantité d’huile s’est brûlée, ou que quelque partie de métal se sera oxydée à la température évidemment trop grande, à laquelle la machine est exposée.
- Toujours est-il que la combustion de tous les produits combustibles a été aussi parfaite qu’on peut l’espérer dans des expériences de cette nature.
- A un autre point de vue, la composition des produits de la combustion doit encore appeler notre examen.
- M. Boussingault, lors des premières analyses qu’il a bien voulu faire sur les gaz de la combustion, avait soupçonné la présence d’un acide dans l’eau qui avait été employée dans ses déterminations eudiométriques.
- Bans nos essais sur une autre machine, nous avons pu recueillir à l’échappement 49 grammes d’eau condensée : elle était sensiblement colorée en jaune, et elle rougissait énergiquement le papier de tournesol.
- M. Boussingault a pris la peine d’en faire l’analyse complète, et il se trouve que chaque litre de ce liquide renfermerait :
- Acide nitrique................... 0.02175 gramme.
- Ammoniaque....................... 0.106
- Oxyde de fer.....................0.612
- Acide sulfurique.................0.305
- Matières organiques.............. traces.
- L’azote se combine avec un peu d’oxygène sous l’influence de l’étincelle, et l’acide nitreux, en réagissant sur l’acide sulfureux ou plutôt sur le sul-
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- fure de carbone, dont le gaz courant n’est jamais entièrement dépouillé, reproduit dans toutes ses phases le procédé classique de la fabrication de l’acide sulfurique.
- L’ammoniaque provient de la combinaison, sous les mêmes influences, de l’hydrogène et de l’azote; mais, quant à l’oxyde de fer, il ne peut provenir que des parois de la machine ou des tuyaux, sous l’action des acides libres, résultant des réactions gazeuses.
- Dans notre dernière expérience la machine consommait près de 5,000 litres de gaz par heure, et l’on peut, d’après les données précédentes, calculer la production totale d’acide sulfurique ainsi qu’il suit :
- Chaque mètre cube de gaz fournit 1.57 mètre cube de vapeur d’eau, dont le poids est donné parle produit 0.622 x 1.293 x 1.57 = 1L256.
- Une machine de 2 chevaux consommant 5 mètres cubes de gaz par heure fournirait donc 5 x 1.256 = 6.280 kilog. d’eau condensable, soit 6.280 litres, et ce volume d’eau contiendrait, d’après l’analyse de M. Boussingault :
- Acide azotique...............0 s.02175 X 6.280 = 0.137 gramme.
- Ammoniaque.................. 0 .106 x 6.280 = 0.666
- Oxyde de fer................ 0 .612 X 6.280 = 3.843
- Acide sulfurique............ 0 .305 X 6.280 = 1.915
- L’acide sulfurique est ici l’agent le plus énergique ; il s’en formerait près de 2 grammes par heure, et 20 grammes en une journée de 10 heures.
- Ainsi, en 50 jours de travail, la machine aurait produit près d’un kilog. d’acide sulfurique.
- Nous ne pensons pas que cette production soit un obstacle très-sérieux à l’emploi des machines à gaz; mais c’est cependant un ennemi qu’il importe de ne pas laisser dans la place, et dont la présence ne peut être évitée qu’en employant des gaz bien dépourvus d’hydrogène sulfuré.
- A notre avis, et pour ces motifs, l’avenir des machines à gaz repose, pour une grande part, sur une meilleure épuration du gaz employé.
- Pour les physiciens, le fonctionnement de la machine Lenoir soulève des questions d’un autre ordre, et au point oii en est arrivée la théorie mécanique de la chaleur, il convient de se demander si cet agent est mieux utilisé, ou tout au moins aussi bien que dans les meilleures machines à vapeur.
- Dans celles-ci le maximum d’effet utile correspond à i kilog. de houille, soit à 8,500 calories pour produire, pendant une heure, le travail d’un cheval vapeur ou 270 000 kilogrammètres, soit 32 kilogrammètres par calorie.
- Dans la machine Lenoir, les 2,700 litres de gaz que l’on consomme pour le même produit représentent 2700 x 6 = 16 200 calories : on dépense donc deux fois autant de chaleur, et chaque calorie ne produit plus que
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- 270 000 : 16 200 = 16,6 kilogrammètres. Quant à la dépense de la pile, nous avons cherché à nous en rendre compte en employant deux éléments de Bunsen, avec charbons de 25 centimètres, immergés seulement jusqu a 0m,18.
- Nous nous sommes d’abord assuré qu’un seul de ces éléments ne suffisait pas pour enflammer le gaz dans le cylindre.
- Dans une expérience faite le 20 mars, la pile a fonctionné pendant 4.\ 75. Elle avait été chargée avec 3\349 d’eau acidulée avec l’acide sulfurique et marquant 16° à l’aréomètre, et avec 0k,630 d’acide azotique à 38°. Ces dissolutions marquaient respectivement 19° et 35° à la fin de l’expérience, et le poids des zincs nouvellement amalgamés avait diminué de 19 grammes. Dans l’expérience du 22, pour cinq heures, les chiffres sont à peu près identiques : eau acidulée à 15°, 3k,414, marquant 17° à la fin; acide azotique à 38°, 0\667, réduit à 35° à la fin de l’expérience; poids du zinc dissous 19 gr.
- Mais il importait de contrôler ces résultats des pesées par une analyse exacte des liquides qui avaient servi dans la pile.
- Le liquide, chargé de sulfate de zinc, avait un volume total de 2,895 litres; l’analyse qu’en a faite M. Saint-Edme a porté seulement sur 30 centimètres cubes, ou elle a décelé la présence de 0.272 gr. de zinc métallique; ce dosage
- 2 895 V 0 2?2
- correspondrait à une teneur totale en zinc de ———----------------=26,248 gr.
- Nous pensons que cette évaluation est plus exacte que celle qui résulte de la pesée directe des éléments, encore humides, immédiatement après leur sortie de la dissolution. Du reste, cette consommation pourrait être plus considérable si le zinc était mal amalgamé et nous l’évaluerons pratiquement à 30 gr. pour cinq heures ou à 6 gr. par heure. M. Becquerel a bien voulu faire, d’après ces indications, l’évaluation de la dépense en argent.
- D’après les réactions de la pile, chaque équivalent de zinc doit consommer, pour passer à l’état de sulfate de zinc, un équivalent d’acide sulfurique, et en même temps un équivalent d’acide azotique doit être décomposé, en telle sorte que la dépense totale a lieu dans les proportions suivantes :
- Zinc, Zn..................................... 32 75
- Acide sulfurique, So2 HO.....................49
- Acide azotique, AzO5 4HO.................... 90
- En rapportant ces dépenses à notre consommation de 6 grammes de zinc nous trouvons :
- 0.006 kil. zinc à 0.80 le kilog'............. 0.0048
- 0.008 acide sulfurique à 0.18 le kilog............. 0.0015
- 0.016 acide azotique à 0.56 le kilog............. 0.0090
- Total.....................0.0153
- Soit environ un centime et demi pour les deux couples et.par heure.
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- En réalité la dépense est plus considérable en ce que les acides ne peuvent pas servir jusqua complet épuisement, et, pour tenir compte de cette circonstance, M. Becquerel l’estime au double de celle qui vient d’être calculée, soit à 3 centimes par heure. C’est en doublant de la même façon le chiffre théorique que l’on évalue habituellement la dépense des piles employées dans l’industrie, dépense qui est amoindrie de beaucoup, dans le cas actuel, par suite des intermittences de l’action.
- En résumé, les deux éléments employés pour le service de la machine sur laquelle nous avons expérimenté ne coûteraient que 30 centimes pour un travail de dix heures. Cette dépense est relativement très-faible.
- Avant de terminer ce rapport, nous avons, Messieurs, à vous entretenir d’un fait qui s’est produit depuis que nous avons été chargé de l’examen de la machine Lenoir.
- M. Degrand, ingénieur des ponts et chaussées, dont la Société a déjà eu l’occasion d’apprécier les travaux, nous a saisi d’une réclamation de priorité basée sur son brevet du 1er juin 1858, brevet qui, sous le titre de Machines motrices, a effectivement en vue l’application des principes mêmes qui ont été mis en œuvre par M. Lenoir.
- Nous nous sommes refusé de faire porter sur cette demande les investigations de la Société d’encouragement : comme principe, il est au moins présumable que M. Degrand, non plus que M. Lenoir n’est pas le premier en date : nous n’avons vu que la machine Lenoir, et c’est d’elle seule que nous vous parlerons.
- Plusieurs années de travaux incessants ont amené M. Lenoir à livrer à l’industrie des machines motrices qui fonctionnent utilement, surtout là où elles sont employées à remplacer les moteurs animés ; l’industrie est aujourd’hui en possession d’un appareil qu’on peut installer là où l’on ne pourrait être autorisé à installer une machine à vapeur.
- L’expérience a prouvé que la dépense était, à égalité de puissance, beaucoup plus grande qu’avec la machine à vapeur. C’est là, sans doute, un inconvénient grave, mais la machine Lenoir a aussi ses avantages propres, qui résultent surtout de la facilité de son installation, de l’absence de chaudière, d’un fonctionnement immédiat; il y a bien des circonstances dans lesquelles on aura grand avantage à dépenser % 700 litres, soit 0.80 centimes par force de cheval et par heure.
- Nous vous proposons, Messieurs, de féliciter M. Lenoir de sa persévérance, de le remercier de sa communication, et d’appeler une fois de plus l’attention publique sur un procédé qui, pour les petites forces, est réellement d’un grand intérêt.
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- Votre complète approbation n’offre aucun danger lorsqu’elle porte, avec elle, des chiffres précis qui permettent à chacun d’agir en parfaite connaissance de cause. Le fonctionnement de la machine est d’ailleurs régulier, bien que, pour les petites forces surtout, les moindres circonstances puissent amener des perturbations, que l’on ne saurait combattre que par des soins continuels. Comme régularité de vitesse et de marche, on est loin encore de la machine à vapeur.
- Nous ne serions pas assez équitable si nous ne laissions entrevoir que ces conditions actuelles pourront recevoir des modifications heureuses, soit par l’abaissement du prix du gaz courant, que l’on pourrait certainement livrer dès aujourd’hui à 20 centimes, soit par les éventualités de l’emploi des vapeurs d’hydrocarbures liquides avec l’air atmosphérique.
- Signé Tresca, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 31 juillet 1861.
- LÉGENDE DESCRIPTIVE DE LA PLANCHE 231 REPRÉSENTANT LE MOTEUR A GAZ
- DE M. LENOIR.
- Fig. 1. Vue de profil de la machine du côté du tiroir d’échappement des gaz brûlés.
- Fig. 2. Section horizontale passant par Taxe du cylindre.
- Fig. 3. Section verticale, perpendiculaire à l’axe du cylindre et passant par le milieu des tiroirs d’admission et d’échappement des gaz.
- Fig. 4. Coupe de l’un des inflammateurs faite suivant son axe.
- Fig. 5 et 6. Épures relatives au rapport qui précède.
- Dispositions générales.
- A, bâti creux en fonte solidement boulonné au sol et portant tous les organes de la machine.
- B, cylindre dans lequel se produit l’inflammation des gaz; il est muni d’une double enveloppe, dans laquelle circule un courant d’eau continu.
- C, C, couvercles creux du cylindre, dont les capacités sont en communication avec celle de la double enveloppe de manière que l’eau en circulation puisse pénétrer partout.
- D indique les capacités constamment remplies par le courant d’eau.
- E, E; F, F, lumières réservées dans la double enveloppe et venues de fonte avec elle ; les premières servent à l’introduction, dans le cylindre, du mélange de gaz à enflammer, et les secondes donnent issue aux gaz brûlés.
- G, piston moteur dont la garniture est formée de cercles concentriques formant ressort.
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- H, réservoir en fonte boulonné sur l’un des flancs du cylindre (fig. 3) ; ce réservoir, qui a la forme d’une bouteille renversée, est fermé par le haut et ouvert à sa partie inférieure pour recevoir le gaz que lui amène un tube muni d’un robinet.
- I, I, petites ouvertures ménagées dans le réservoir H ( fig. 2 ), et servant alternativement à laisser passer le gaz dans le tiroir d’admission.
- J, tiroir d’admission muni d’une cavité tournée vers les lumières E et glissant entre les surfaces bien dressées du réservoir H et du cylindre ; sur sa surface externe et en regard de la paroi du réservoir qui porte les ouvertures I ( fig. 2 ) est un orifice qui donne passage au gaz, suivant qu’il se trouve en face de l’une ou de l’autre ouverture I. Une petite gaine demi-cylindrique en cuivre K ( fig. 2 et 3 ), percée de trous, est fixée devant cet orifice sur toute la hauteur du tiroir, et divise ainsi le gaz en minces filets au moment même où il entre dans le tiroir pour se mêler à l’air. Quant à ce dernier, il est aspiré directement par le jeu du piston dans la cavité du tiroir, où il pénètre par une fente libre ménagée en dessous de cet organe. Cela étant, on voit de suite que, suivant la position du tiroir par rapport à l’une ou l’autre lumière E, le mélange de gaz et d’air pénétrera dans le„ cylindre devant ou derrière le piston.
- L est le tube muni d’un robinet régulateur qui, fixé au réservoir H, y amène le gaz ( fig. 3 ).
- M, autre réservoir fixé de l’autre côté du cylindre dans une position symétrique à celle du réservoir H, dont il ne diffère que par le sens inverse dans lequel il est tourné (fig. 3 ) et par la communication constante qui existe entre sa capacité et celle du tiroir d’échappement ; ce second réservoir reçoit les gaz brûlés et les laisse échapper au moyen d’un tuyau qu’on adapte à son orifice.
- N, tiroir d’échappement muni, comme le tiroir J, d’une ouverture qui le met en relation continuelle avec le réservoir M, dans lequel il envoie les gaz brûlés sortant alternativement par les lumières F.
- O ( fig. 1 et 3 ), tuyau placé au bas du cylindre et amenant dans sa double enveloppe l’eau de circulation.
- P, tuyau donnant issue à l’eau de circulation à sa sortie de la double enveloppe du cylindre.
- Q, arbre moteur à manivelle avec son volant.
- R, poulie de transmission calée sur l’arbre Q.
- S, bielle à fourche reliée d’une part à la tige du piston qui passe dans un stuffing-box, et d’autre part à la manivelle de l’arbre Q auquel elle transmet le mouvement du piston.
- T, glissière conduisant la tige du piston.
- U, U', excentriques calés sur l’arbre moteur et conduisant les tiroirs à la manière ordinaire au moyen de tiges.
- Inflammateurs et appareil de distribution de l’électricité.
- Y, Y', inflammateurs du gaz, vissés l’un dans le couvercle d’avant et l’autre dans le
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- couvercle d’arrière du cylindre ( fig. 1 et 2 ) ; chacun d’eux, ainsi que l’indique la figure 4, se compose d’un boulon métallique taraudé, traversé par un polit cylindre isolant en porcelaine, dans lequel sont insérés parallèlement deux fils de platine conducteurs de l’électricité. Débouchant dans le cylindre, en face des lumières E (fig. 2 ), ces inflammaleurs font une légère saillie qui nécessite, sur les deux faces du piston, une petite cavité où elle vient se loger et sans laquelle le piston ne pourrait arriver complètement à fond de course.
- X ( fig. 4 ), fil correspondant avec le pôle positif d’une bobine d’induction de Ruhmkorfï (1) mise en action par une petite pile.
- Y, fil correspondant avec le pôle négatif de la bobine ; il est recourbé à ses deux bouts, d’une part pour se mettre en communication avec le métal du boulon et, par conséquent, avec le cylindre lui-même, et d’autre part pour se rapprocher de l’extrémité du conducteur X et provoquer le jaillissement de l’étincelle aussitôt le passage du courant.
- Le gaz devant être enflammé tantôt en avant et tantôt en arrière du piston, l’étincelle doit donc être alternativement produite par les deux inflammateurs; or cette alternance, qui est le résultat de fermetures et d’interruptions successives du courant, est obtenue au moyen du petit appareil suivant :
- , barrette de cuivre horizontale ( fig. 1 ) en communication constante avec le pôle positif au moyen d’un fil indiqué sur la figure par le signe -f-.
- , b\ autres barrettes disposées, sans se toucher, dans le prolongement l’une de l’autre et parallèlement à la barrette a; la barrette b est reliée par un fil conducteur avec l’inflammateur Y, et la barrette b' par un autre fil avec l’inflammateur Y'.
- Ce système de barrettes est maintenu dans un plan vertical devant la glissière au moyen d’une plaque isolante, fixée par deux supports de fonte sur le bâti de la machine. Un fil, désigné sur la figure par le signe — et attaché à l’un de ces supports, met en communication continue avec le pôle négatif les organes métalliques de la machine et, par conséquent, l’enveloppe en fonte des deux inflammateurs.
- Tous les fils conducteurs sont recouverts de gutta-percha.
- c, languette isolante, fixée h la crosse de la lige du piston perpendiculairement à la direction des trois barrettes et portant, en regard de ces barrettes, une touche de cuivre frottant constamment sur la barrette a et alternativement, suivant le mouvement du piston, sur les barrettes b et b'.
- Il suit de là que, lorsque la touche est en contact avec la barrette b, le courant est fermé à l’avant du piston et l’inflammateur Y produisant l’étincelle, le piston est chassé à l’arrière du cylindre, position qu’indique la figure 2 où il est représenté arrivant à la fin de sa course. Dans le mouvement inverse qui se produit, la touche ne peut arriver au contact de la barrette b' qu’en passant sur l’intervalle qui la sépare de la barrette 6; le courant est alors interrompu pour être rétabli, immédiatement après, du côté de l’inflammateur Y', et le phénomène de l’inflammation a lieu en ar-
- (t) Voir la description de cette bobine au Bulletin de 1855, 2e série, t. II, p. 765.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Octobre 1861.
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- ARTS CHIMIQUES.
- rière du piston. Cette succession de fermetures et d’interruptions du courant a lieu très-rapidement.
- Mise en marche de la machine.
- Supposons la machine arrêtée dans la position que représente la figure 2, où le piston, poussé à l’arrière du cylindre, a fait le vide de ce côté en chassant les gaz brûlés; pour mettre de nouveau en mouvement, on agit sur le volant et l'on fait ainsi tourner l’arbre moteur de manière à avancer le piston d’une certaine quantité.
- A un moment donné, le tiroir d’admission va laisser pénétrer, en arrière du piston, le gaz et l’air aspirés par le vide qui s’y trouve; pendant cette aspiration, le courant électrique est interrompu, mais il ne tarde pas à se rétablir, et l’étincelle se produisant, l’inflammation a lieu instantanément; les gaz se dilatent et, en vertu de leur expansion, ifs chassent le piston jusqu’à l’extrémité de sa course d’avant.
- Mais le volant surmontant l’action du point mort ramène immédiatement en arrière le piston ; alors le gaz et l’air sont introduits dans le compartiment antérieur du cylindre, et l’inflammation ayant lieu de ce côté, le piston revient vers son point de départ, chassant devant lui, grâce à l’action combinée du tiroir d’échappement, les gaz brûlés qui ont produit leur effet dans la course précédente, et ainsi de suite.
- Parmi les modifications que M. Lenoir a introduites dans ses nouvelles machines il faut encore mentionner celles qui concernent la circulation d’eau et l’admission du gaz. Dans le premier cas, l’eau s’introduit par le réservoir d’admission du gaz et sort par le réservoir d’échappement après avoir baigné, comme à l’ordinaire, les parois du cylindre; ces deux réservoirs sont munis d’une double enveloppe. Dans la seconde modification, l’admission du gaz est réglée par un régulateur à force centrifuge, analogue à celui des machines à vapeur et installé sur la glissière qui conduit la tige du piston moteur. (M.)
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Gaultier de Claubry, au nom du comité des arts chimiques, sur l’ouvrage intitulé, nouvelles Manipulations chimiques simplifiées, par M. Henri Violette.
- Messieurs, chaque jour la chimie rend d’éminents services à l’industrie, en éclairant ses opérations, lui procurant des produits nouveaux, lui fournissant les moyens de connaître la valeur et la pureté de ceux dont elle fait usage.
- Si, dans un très-grand nombre de circonstances, pour se livrer à d’utiles travaux dans ce but, la connaissance approfondie de la science, l’habitude des recherches les plus délicates sont indispensables, il en est beaucoup
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- ARTS CHIMIQUES.
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- d’autres où le manufacturier peut appliquer utilement des notions scientifiques, sans qu’il lui soit nécessaire de quitter l’atelier et de recourir à de plus savants que lui.
- Mais, pour l’exécution des recherches les plus simples, il lui faut des instruments de toute nature qu’il ne lui est pas toujours possible, souvent même facile de se procurer ; en un mot, un laboratoire dans lequel il rencontre, à point donné, tous les ustensiles et les produits nécessaires.
- Un laboratoire est à la fois coûteux et encombrant, et, faute de pouvoir exécuter un certain nombre d’opérations qui faciliteraient leurs recherches, beaucoup de ceux qui y trouveraient les plus utiles documents sont forcés d’y renoncer et s’habituent forcément à les négliger.
- Pouvoir dans un espace très-restreint, avec des dépenses qui ne resteront jamais en disproportion avec les services qu’on est en droit d’en attendre, se familiariser avec l’usage des appareils, exécuter un nombre presque illimité d’opérations, s’assurer de la pureté des produits, vérifier des résultats qui permettront plus tard des applications industrielles, est, sans contredit, choses d’une utilité incontestable et que, malgré les facilités toujours croissantes offertes chaque jour à ceux qui s’occupent de l’étude de la chimie, on ne saurait trop multiplier et rendre plus simples à la fois.
- Un ouvrage parvenu aujourd’hui à sa huitième édition, et que son auteur a soumis à l’examen de la Société, a déjà rendu des services et ne peut manquer d’en rendre à ceux qui le consulteront.
- M. Violette, ancien élève de l’École polytechnique et commissaire des poudres, a cherché les moyens de procurer à toute personne intelligente la facilité d’exécuter de nombreuses opérations chimiques dans des conditions d’espace et d’économie qui méritent une sérieuse attention.
- L’étude dans les livres, l’audition des nombreux cours où ils peuvent trouver un enseignement étendu, la vue des opérations au moyen desquelles les professeurs le rendent si utile, sont insuffisantes pour acquérir le degré de connaissances qu’exige aujourd’hui l’état de nos arts et de notre industrie ; c’est en opérant soi-même qu’on parvient à l’acquérir.
- Sous ce point de vue, l’ouvrage de M. Violette ne peut manquer d’être très-utile à ceux qui le prendront pour guide. À son aide, ils apprendront à confectionner eux-mêmes des instruments et des appareils dont la simplicité apparente ne diihinue en rien futilité, et nul doute qu’ils trouveront dans ce seul volume de quoi satisfaire à de nombreuses opérations. C’est à ce titre que votre comité des arts chimiques, auquel l’examen en a été confié, le considère comme de nature à rendre de véritables services et croit devoir en recommander l’étude.
- La première édition de l’ouvrage de M. Violette est de 1839 ; depuis celte
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- époque, l’auteur, sans rien changer à sa base, y a apporté des modifications importantes, en profitant de notions puisées dans les Manipulations chimiques de l’illustre Faraday, et dans le Précis d’analyse chimique de Gherardt et Chancel ; on trouve dans l’édition dont nous nous occupons la description d’un grand nombre d’instruments ou d’appareils qui complètent le laboratoire économique que l’auteur a eu en vue de décrire.
- L’ouvrage est divisé en deux parties :
- La première est consacrée à la description du laboratoire ;
- Dans la deuxième, M. Violette étudie successivement les métalloïdes et leurs combinaisons entre eux, les métaux et leurs composés, la marche à suivre pour reconnaître la nature d’un sel, et enfin les procédés propres à leur analyse. De nombreux tableaux complètent cette partie de l’ouvrage; des figures en bois intercalées dans le texte représentent avec détail les instruments et appareils décrits.
- A l’exception de quelques très-légères erreurs de détail que le comité a remarquées, l’ouvrage de M. Violette offre des caractères qui le distinguent au milieu de tous ceux que peuvent avoir entre leurs mains des personnes ayant besoin de se familiariser avec les manipulations de chimie.
- Sous ce point de vue, le comité pense qu’il peut être utilement classé parmi lès livres que la Société distribue en récompense aux contre-maîtres, et il vous propose de l’y comprendre.
- Signé Gaultier de Claubry, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 14 août 1861.
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- Rapport fait par M. Silbermann, au nom du comité des arts économiques, sur Vappareil dit cécirègle, donnant aux aveugles le moyen d’écrire en noir, imaginé par M. Duvignau, rue de la Bourse, 6.
- Messieurs, M. Duvignau, atteint de cécité, a imaginé un appareil à écrire pour les aveugles, qu’il a soumis à votre appréciation.
- Déjà plusieurs appareils de ce genre ont été, à diverses époques, présentés à la Société. C’est ainsi que, dans son rapport du 29 octobre 1856 (1), M. Ch. Laboulaye, après avoir rappelé les appareils de MM. Saint-Léger, Foucault, etc., a décrit ceux de MM. Rruno, Massé et Colard-Vienot, qui reposent sur un même moyen, l’emploi du papier à calquer.
- (1) Voir Bulletin de 1857, 2° série, t. IV, p. 70.
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- M. Duvignau s’est proposé de construire un appareil qui permît d’écrire à la plume ou au crayon, de se servir de papier de toute sorte, d’écrire sur le recto et le verso de toutes les pages, de varier la largeur des marges, d’indiquer le point de la ligne où l’on s’est arrêté, d’employer des interlignes larges ou étroits, de mettre soi-même l’adresse à une lettre, enfin d’apposer sa signature ou d’écrire sur une feuille détachée.
- L’auteur a donc dirigé ses recherches de manière à réunir dans son appareil les éléments épars dans les autres, et ce n’est qu’après avoir, par un usage prolongé, acquis la conviction de l’utilité de son invention, qu’il a pensé rendre service aux personnes atteintes, comme lui, de cécité, en mettant entre leurs mains un auxiliaire aussi utile.
- M. Duvignau, dans une instruction qu’on trouvera à la suite de ce rapport, a donné la description de son appareil, la manière de s’en servir, et étendu son application à l’éducation des jeunes aveugles. Sans entrer dans la description des diverses dispositions heureusement combinées par lui, le comité dira qu’il a vu fonctionner l’appareil, et qu’il a pu apprécier les services réels qu’il rend à M. Duvignau, ainsi qne les difficultés que l’auteur a eues à surmonter pour arriver à son but.
- Mais les autres aveugles pourraient-ils apprendre, avec facilité, à manier cet instrument et à en obtenir les mêmes avantages ?
- Sur cette question, le comité a voulu connaître l’opinion d’un juge compétent, et nous ne pouvons mieux faire que de transcrire ici la lettre que M. Ballu, habile professeur à l’Institution des jeunes aveugles, a adressée à M. Duvignau :
- « Monsieur, j’ai examiné avec attention et un vif intérêt l’appareil de « votre invention, dit cécirègle, qui fournit aux aveugles le moyen d’écrire « en noir. Cet ingénieux instrument me semble avoir les caractères des « bonnes inventions ; les difficultés de la question m’ont paru étudiées avec « un grand soin et résolues par les moyens les plus simples; la main, gui-« dée d’une manière sûre, conserve toutefois une liberté d’action suffisante « et nécessaire. Les deux règles spécialement destinées aux aveugles de nais-« sance doivent bien faciliter l’étude de l’écriture pour l’élève ; rien n’a été << oublié pour faire de cet appareil un instrument commode; je le regarde « comme bien supérieur à tous ceux du même genre qui ont été imaginés « jusqu’à ce jour. Toutes les personnes qui perdent la vue, sachant déjà « écrire, devraient faire usage du cécirègle. Quant aux aveugles de nais-« sance, l’écriture à la plume et au crayon prend, pour eux, une importance « très-diverse, suivant le point de vue auquel on se place ; mais, quoi qu’il « en soit du rôle qu’elle doit jouer dans leur instruction, toujours est-il que,
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- « lorsqu’un aveugle de naissance voudra apprendre à écrire à la plume, il « ne pourra mieux faire que de se servir du cécirègle.
- « Les aveugles doivent donc regarder cette invention comme une heu-« reuse innovation appelée à leur rendre de réels services.
- « Agréez, etc.
- « Signé Victor Ballu. »
- Après examen attentif de cette intéressante communication, le comité des arts économiques vous propose, Messieurs, d’adresser à M. Duvignau des félicitations sur le résultat de ses efforts, et d’insérer ce rapport au Bulletin, avec la description et la gravure sur bois de son appareil (1).
- Signé Silbermann, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 8 mai \ 861.
- DESCRIPTION DE L’APPAREIL DE M. DUVIGNAU.
- Fig. 1. Vue au 1/5 de réduction de l’appareil disposé pour écrire.
- Fig. t.
- a, cadre ou châssis rectangulaire en bois, dont les angles supérieurs sont consolidés par de petites cornières plates en cuivre vissées sur l’épaisseur du bois.
- (1) Nous devons ajouter que M. Duvignau s’occupe des moyens qui pourront permettre à tout aveugle de lire l’écriture tracée au moyen de son appareil, et qu’il est en très-bonne voie de réussite. 11 se propose de présenter à la Société le fruit de ses nouvelles recherches, dès qu’elles auront atteint un degré de pratique suffisant.
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- 6, ô, coulisses métalliques fixées symétriquement l’une à droite et l’autre à gauche du châssis, en dehors et contre ses longs côtés. Ainsi que l’indique la figure 2 ( gran-
- Fig. 2. deur d’exécution ), qui est une section transversale de l’une des coulisses, on voit que cette coulisse est une espèce de tube rectangulaire dont la face supérieure porte une fente dans toute sa longueur, tandis que la face inférieure est percée longitudinalement de deux séries parallèles de trous espacés dans l’une de 0m,012 et dans l’autre de 0m,009;. c’est l’écartement de ces trous qui représente les interlignes.
- c, c, guides glissant dans les coulisses 6. Ce sont ( voir fig. 3, échelle de 1/3 ) deux Fig. 3 petites plaques de 0m,004 d’épaisseur, portant en dessus un goujon d ainsi qu’une lame de ressort e, sous l’extrémité de laquelle se trouve
- ^ e une petite dent. En enfilant ces guides par le haut des coulisses et les
- faisant descendre de la même quantité, les dents des ressorts s’engagent de part et d’autre dans les trous symétriques, de telle sorte que les goujons d se trouvent toujours placés suivant une ligne parallèle aux petits côtés du cadre. La forme oblique des dents ne permet pas aux guides de remonter, c’est-à-dire qu’on ne peut dégager ces dents des trous dans lesquels elles sont qu’en tirant les goujons vers le bas des coulisses, et ce mouvement même, qui produit un bruit semblable à celui du cliquet d’une roue à rochet, permet à l’aveugle d’apprécier immédiatement la longueur de la course qu’il a fait parcourir aux guides, c’est-à-dire la hauteur à laquelle sa main se trouve sur le châssis.
- f, règle cylindrique percée aux deux bouts (fig. 1 ) et se fixant, par chacun de ses trous, sur les goujons des guides c.
- g, g, curseurs à vis de pression glissant sur la règle et destinés, par leurs positions respectives, à indiquer à la main qui écrit le commencement et la fin des lignes.
- h, bande d’acier ou de cuivre parallèle aux longs côtés du châssis et munie, dans toute sa longueur, d’une fente dans laquelle on introduit la feuille double ou le cahier de papier qui doit recevoir l’écriture, de manière à lui faire occuper la position indiquée par la figure 1 ; un curseur à vis de pression i arrête, à hauteur convenable, la feuille ou le cahier, dont les dimensions doivent naturellement être toujours moindres que celles du châssis. Cette bande h, que l’auteur appelle talon, est reliée de part et d’autre à deux tiges ou bielles / fixées intérieurement au châssis, suivant son axe de figure, en des points qui leur permettent de tourner librement. La bande et les bielles forment donc un rectangle articulé à angles invariables, pouvant se mouvoir autour de l’axe de figure du châssis qui représente le quatrième côté de ce rectangle; en outre, la bande h est mobile sur elle-même, grâce aux deux petites douilles qui servent à la réunir aux bielles.
- L’appareil qui vient d’être décrit est destiné aux personnes frappées accidentellement de cécité. Pour les aveugles de naissance, il ne diffère que dans l’emploi de deux autres règles qui se placent, comme la règle /*, sur les goujons des guides. La figure 4 d’autre part ( échelle au 1/5 ) représente l’une de ces règles, celle qui sert pour l’écriture majuscule.
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- Elle se compose d’une règle plate en bois k biseautée sur sa face supérieure et d’une petite lame métallique parallèle m, dont la surface est inclinée de 30° environ vers la règle de bois et dont la rive supérieure est garnie de crans espacés entre eux comme
- Fig. 4.
- doivent l’être les lettres à tracer. C’est entre cette règle et cette lame métallique que l’on doit écrire, ainsi quion le verra plus loin.
- n est un fil de fer parallèle à la lame m, à laquelle il est invariablement lié; l’espace qui les sépare sert à mettre les accents.
- o, o, pattes munies de trous servant à accrocher, de part et d’autre, le système sur les guides des coulisses du châssis.
- La distance de la lame m à la règle k n’est pas invariable, c’est-à-dire qu’on peut l’augmenter ou la diminuer à volonté suivant la dimension des majuscules qu’on veut faire; il suffit, à cet effet, de tourner les deux petites visp, qui permettent alors à la lame m de glisser avec son fil de fer dans les rainures internes qui la retiennent aux pattes o.
- Avec celte règle, la longueur des lignes est invariable.
- L’autre règle est destinée à l’écriture cursive; c’est un prisme pentagonal, dont la
- section est celle-ci et dont l’arête supérieure est munie de crans analogues à
- ceux de la règle précédente ; deux curseurs semblables aux curseurs g (fig. 1 ) servent, comme pour la règle /, à déterminer le commencement et la fin des lignes.
- Manière de se servir de l’appareil.
- Instruction concernant les aveugles par accident. — Quiconque veut faire usage de l’appareil en prendra, au préalable, une connaissance exacte parle toucher et étudiera le jeu des pièces qui le composent, à mesure qu’on lui lira la description qui précède. Ensuite le cécirègle étant posé à plat sur une table, on enseignera à l’aveugle à opérer de la manière suivante :
- 1° Ouvrir le cahier ou la feuille de papier, l’introduire dans la fente du talon du rectangle articulé jusqu’à ce que ce talon soit au contact du pli du papier et fixer ce papier à l’aide du curseur à vis de pression; la partie large du talon doit rester en dehors. Refermer ensuite le cahier ou la feuille de papier et l’amener ainsi avec le rectangle à la gauche du châssis.
- 2° Introduire les guides dans les coulisses, par le haut, jusqu’au premier ou au second trou, selon la portée de la main, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’on entende une fois ou deux le bruit de cliquet produit par la dent du ressort des guides.
- 3° Placer la règle ordinaire sur les goujons des guides, et en fixer les curseurs se-
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- Ion la longueur des lignes et la largeur de marge qu’on veut avoir. Les vis des curseurs doivent être tournées vers le bas ( voir fîg. 1 ).
- 4° La main étant placée dans la position naturelle pour écrire, appuyer contre la règle la première phalange de l’annulaire en la faisant légèrement fléchir. Au commencement de chaque ligne, ce doigt prend son point de départ contre la tête de vis du curseur de gauche, et, à mesure qu’on écrit, il avance le long de la règle en glissant sur le papier jusqu’à ce qu’il,rencontre la tête de vis du curseur de droite. La
- vue perspective ci-contre ( fig. 5 ) permet de comprendre la position de la main.
- 5° La ligne d’écriture terminée, faire descendre la règle en tirant l’un après l’autre les guides dans le trou suivant des coulisses. Quand on arrive au bas de la page, les guides échappent des coulisses.
- 6° Pour écrire sur le verso d’une page, tourner d’abord la feuille, et, tandis qu’on maintient d’une main le papier contre le talon du rectangle, de l’autre on soulève le châssis et le transporte de droite à gauche. Ce mouvement de translation a pour effet de changer la position du rectangle qui, en venant se placer contre le côté droit du châssis, amène au milieu du cadre le verso de la page.
- 7° Lorsqu’on est parvenu au milieu du cahier ou à la troisième page d’une feuille double, on doit, pour plus de commodité, faire tourner le talon du rectangle sur lui-même, de manière à le placer sur son autre face. C’est ce qu’indique la figure 5 où l’on voit la partie large du talon placée à droite de la fente, inversement à la position qu’elle occupe sur la figure 1.
- 8° Lorsque, en écrivant, on veut s’arrêter au milieu d’une ligne, on amène le curseur de droite au point où la main se trouve afin d’avoir un point de repère, puis on le replace à sa première position quand on recommence à écrire.
- 9° Pour écrire l’adresse d’une lettre, appuyer celle-ci contre le haut du châssis, de manière à la mettre d’équerre avec la règle-, puis la maintenir de la main gauche, placer les guides au premier trou des coulisses, et l’on n’a plus qu’à écrire en réglant la distance à l’aide des curseurs.
- 10° Pour apposer sa signature sur une feuille détachée, soulever le châssis du côté où n’est pas le talon et faire passer la feuille en dessous, de manière à la poser sur le cahier et à la maintenir en même temps par le poids du châssis.
- Tome VIII. — 60e année. 21e série. — Octobre 1861.
- Fig. 5.
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- 11° Les coulisses étant exactement de la même dimension, les guides peuvent être indifféremment introduits dans l’une ou dans l’autre. Insérés d’une manière, ils donnent des interlignes étroits; insérés inversement, c’est-à-dire en mettant le guide de droite dans la coulisse de gauche et réciproquement, ils produisent des interlignes plus larges, artifice qui est dû à la disposition dissimétrique des dents qui, suivant la position qu’elles occupent dans les coulisses, les fait correspondre à l’une ou l’autre des deux séries de trous.
- 12° Si l’on veut écrire à la plume, comme on ne sait pas à quel moment il faut prendre de l’encre, on doit se servir d’un porte-plume à réservoir. Dans le cas où l’on veut écrire au crayon, alors on doit employer un crayon muni d’un curseur, destiné à fournir au doigt un point de repère.
- Instruction concernant les aveugles de naissance. — Deux genres d’écriture peuvent être enseignés aux aveugles de naissance : l’écriture cursive et l’écriture en lettres majuscules, qui est moins longue à apprendre que la première. Dans les deux cas, on commence par donner à l’élève la notion de la forme des lettres en lui en faisant toucher de semblables en relief ( des lettres piquées par exemple ).
- Ecriture cursive. — Employer la même méthode que pour les voyants; seulement, afin que l’élève comprenne bien ce qu’on lui demande, lui tracer soit le jambage, soit la lettre, sur le creux de la main avec un crayon; et, quand il est parvenu à les reproduire, les lui faire transporter sur le papier avec l’aide du cécirègle; — se servir de la règle à cinq faces garnie de crans ( prisme pentagonal dont il a été question dans la description ci-dessus). L’élève apprend à distancer les lettres et à laisser entre elles le même intervalle, en suivant attentivement sur les crans avec l’index de la main gauche à mesure qu’avance la main droite. Le professeur décide du moment où il faut commencer à se servir de la plume.
- Ecriture majuscule. — Faire usage de la double règle ( représentée d’autre part, figure 4); la partie en bois doit être tournée vers le bas; — appuyer sur elle, d’équerre et à plat, l’index de la main gauche en faisant porter son extrémité sur les crans de la lame de métal. Le rôle de ce doigt, qui ne quitte pas la règle, consiste, comme dans le cas précédent, à donner, en suivant les crans, une indication précise pour distancer les lettres et, déplus, à servir de point d’appui au crayon pour faire les traits verticaux. — Tracer les lettres de toute la hauteur de l’espace compris entre la règle de bois et la lame métallique, et, à mesure qu’on acquiert de l’habitude, diminuer peu à peu cet écartement jusqu’à écrire en lettres de la plus petite dimension.— Placer les apostrophes et les virgules dans le même espace, les premières un peu plus bas que d’ordinaire et les secondes un peu plus haut; quant aux accents, leur place est réservée au-dessus de la petite lame, dans l’intervalle compris entre celle-ci et le fil métallique. — Avec ce mode d’écriture en ne se sert jamais que du crayon.
- (M.)
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- Rapport fait par M. Benoît, au nom du comité des arts mécaniques, sur
- UN INSTRUMENT DESTINÉ A FACILITER L’EXÉCUTION DES DESSINS GEOMETRIQUES ,
- imaginé par M. L. Vigreux , ancien élève de l'École centrale, et nommé par
- lui MACHINE A DESSINER.
- Messieurs, notre honorable collègue M. Faure vous a présenté, au nom de M. Vigreux, son inventeur, une Machine à dessiner dont vous avez renvoyé l’examen à votre comité des arts mécaniques, qui m’a chargé de vous en entretenir. Cette machine ou plutôt cet instrument à faciliter le tracé des dessins géométriques se compose, en dernière analyse , d’une longue équerre à dessiner, en bois, qui peut être déplacée parallèlement à elle-même au moyen d’un grand curseur ajusté à frottement doux sur une règle de cuivre que l’on peut fixer, à volonté, sur la feuille de papier où le dessin doit être tracé.
- Une des rives de l’équerre mobile, divisée en parties égales quelconques, en millimètres par exemple, reste toujours perpendiculaire aux deux rives de la règle momentanément fixée, lesquelles sont divisées aussi en parties égales aux précédentes ou autres, et des verniers tracés sur le grand curseur donnent le moyen d’estimer, en dixièmes de ces divisions, le déplacement que l’on fait subir à l’équerre. Enfin un petit curseur, guidé par une verge cylindrique fixée par ses extrémités au corps de l’équerre, peut glisser le long de sa rive divisée et sert, à l’aide d’un vernier particulier, soit à relever, en dixièmes des divisions, la distance d'un point assigné sur le papier à la règle de cuivre, soit à tracer une droite parallèle à celle-ci, à une distance voulue.
- Jusque-là l’instrument de M. Vigreux ne diffère pas de quelques instruments du même genre dont on a fait usage, tels que le Grammomètre décrit et figuré dans le Mémoire sur la boussole et le grammomètre, publié en 1818 par M. le commandant Maissiat, qui a pour objet de faciliter le tracé de systèmes de droites parallèles comprenant des intervalles proposés et faisant des angles voulus avec une droite donnée sur le papier.
- Voici ce qui caractérise l’instrument de M. Vigreux et le rend propre à faciliter l’exécution des dessins géométriques. 1° La règle de cuivre à laquelle le grand curseur est adapté est fixée à l’alidade mobile d’un Rapporteur ou demi-cercle de même métal divisé en degrés, et l’on peut estimer les frac-
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- tions de degré au moyen d’un vernier tracé à l’extrémité de l’alidade dont la règle forme ainsi le prolongement. En arrêtant le rapporteur sur une place quelconque du dessin à faire, au moyen de deux vis à tête faisant fonction de punaises, c’est-à-dire terminées en pointe très-aiguë, qui traverse sa règle diamétrale par leurs écrous qu’on y a adaptés, on conçoit qu’il est possible de diriger la règle de cuivre, la rive divisée de l’équerre et le bord de son petit curseur, dans toute direction voulue relativement à la droite du dessin sur laquelle le diamètre géométrique du rapporteur a été disposé. On pourra donc, en déplaçant l’équerre et en suivant sa rive avec le tire-ligne ou le crayon, tracer un système de droites perpendiculaires à la direction dans laquelle la règle alidade a été amenée et arrêtée au moyen de la vis à tête et à pointe aiguë, adaptée vers son extrémité : et, pour toute position de l’équerre, en utilisant son petit curseur, on pourra tracer encore un système de droites parallèles à cette direction.
- â° Une autre partie caractéristique de l’instrument de M. Vigreux 'consiste en un mécanisme destiné à opérer le déplacement de l’équerre, en tournant une petite manivelle qui entre dans sa composition. Dans l’instrument présenté au Conseil, cette manivelle est fixée sur l’axe d’un cylindre maintenu parallèlement aux rives de la grande règle, au moyen de deux supports faisant corps avec elle. Dans une gorge creusée à la surface de ce cylindre, suivant une hélice dont le pas est d’un centimètre, s’engage, à volonté, un croissant qui termine une tige cylindrique pouvant s’élever, descendre et pivoter dans un trou alésé suivant l’axe d’une colonnette occupant la partie centrale du grand curseur, et qui est maintenue dans la position qu’on lui donne sur la colonnette, par le moyen d’une vis de pression latérale.
- On voit clairement, d’après cela, que, lorsque l’on tourne la manivelle dans un sens quelconque, une des berges de la rainure hélicoïde pousse le croissant vers un des bouts de la grande règle, de sorte que le grand curseur et, par conséquent aussi, l’équerre en bois sont déplacés dans le même sens, et peuvent être arrêtés soit lorsque le vernier indique toute longueur parcourue assignée, soit lorsque la rive de l’équerre a atteint un point du dessin proposé, dont on veut relever les coordonnées.
- Pour avoir un moyen d’estimer ou de régler le déplacement de l’équerre sans recourir à la lecture du vernier, un petit encliquetage est placé en tête du cylindre à gorge hélicoïde, entre la manivelle et le premier support, et c’est par le bruit du cliquet à ressort, tombant dans les 40 crans de la roue à rochet, que ce déplacement est estimé ou réglé. On voit ainsi avec quelle facilité on peut tracer encore un système de parallèles dont les écartements successifs doivent être soumis à une loi connue.
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- Tels sont, Messieurs, les renseignements que votre comité des arts mécaniques m’a chargé de vous donner sur un instrument qu’il considère comme pouvant être employé, avec avantage, dans l’exécution des dessins géométriques ; puisqu’il facilite singulièrement le tracé des parallèles, soit équidistantes, soit soumises à une loi d’écartement successif donnée ; qu’il peut servir à mesurer les angles, à les former et à diviser la circonférence en parties égales, ainsi qu’à relever les coordonnées d’un dessin exécuté, relativement à deux axes quelconques indiqués sur le dessin, et à tracer, par points, tout dessin dont les cotes sont données pour deux axes quelconques.
- J’ai, en conséquence, l’honneur de vous proposer, au nom de votre comité des arts mécaniques,
- 1° De remercier M. Vigreux de sa communication ;
- 2° D’approuver son instrument breveté ;
- 3° De consacrer une planche simple de votre Bulletin à la représentation de cet instrument ;
- 4° Enfin d’insérer dans votre Bulletin, à la suite du présent rapport, l’instruction publiée par M. Yigreux, pour signaler les emplois et faciliter l’usage de son instrument.
- Signé Benoît, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 3 juillet 1861.
- LÉGENDE DESCRIPTIVE DE LA PLANCHE 232 REPRÉSENTANT LA MACHINE A DESSINER
- DE M. L. VIGREUX.
- Fig. 1. Élévation de l’instrument.
- Fig. 2. Vue en dessus.
- Fig. 3 et 4. Détails de différents organes.
- Fig. 5. Section verticale partielle suivant X Y de la figure 2.
- A, équerre en bois disposée perpendiculairement contre la règle de cuivre E et portant sur l’arête perpendiculaire à cette règle une échelle en centimètres et millimètres s’étendant jusqu’au 45e centimètre.
- B, petite verge cylindrique maintenue le long de l’échelle des divisions par deux supports vissés aux extrémités de l’équerre; elle permet au curseur G qui l’embrasse de glisser sur toute sa longueur.
- C, curseur muni d’un vernier se déplaçant à volonté et se fixant sur la verge B au moyen de la vis de pression D.
- E, règle de cuivre contre laquelle l’équerre est disposée pour se mouvoir; les deux rives de cette règle sont également divisées en centimètres et millimètres.
- F, vis à pointe d’acier servant à fixer sur le papier l’extrémité droite de la règle de cuivre.
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- G, grand curseur en cuivre portant un vernier et reliant l’équerre à la règle contre la rive de laquelle il l’entraîne en se déplaçant. La figure 5 indique le mode d’assemblage de ce curseur à la règle, ainsi que celui de l’équerre au curseur.
- H, H, petites vis horizontales, destinées à serrer plus ou moins le curseur contre la règle.
- I, large embase à tête de vis faisant corps avec l’équerre et la maintenant sous la double patte du grand curseur G.
- J, petit vernier fixé sur l’équerre et glissant avec elle le long de la règle de cuivre.
- K, alidade maintenue invariablement par deux vis à la règle E.
- L, rapporteur ou demi-cercle en cuivre, au centre duquel l’alidade K est fixée de telle sorte qu’elle puisse, avec la règle dont elle est solidaire, se mouvoir autour du limbe qui est divisé en 180 degrés.
- M, vernier circulaire disposé dans la fenêtre de l’alidade K.
- N, vis de pression servant à régler le jeu de l’alidade sur le demi-cercle.
- O, O, vis à pointe d’acier servant à fixer sur le papier la position du demi-cercle ; une fois celte position arrêtée, on n’a qu’à faire tourner l’alidade pour placer la règle et l’équerre dans la position qu’exige le tracé du dessin.
- P, vis sans fin en cuivre disposée sur la règle à une certaine hauteur et dans une direction parallèle à ses rives; le pas de cette vis est de 0m,01.
- Q, Q, supports de la vis sans fin.
- R, tige terminée par un croissant (voir le détail, fig. 4) et glissant verticalement dans l’axe d’une colonnette fixée sur le grand curseur G et sous la vis sans fin ; ce croissant, qui fait fonction d’écrou, a un diamètre suffisant pour embrasser la vis sans fin et peut être fixé par une vis de pression S à une hauteur telle, que, si la vis sans fin vient à se mouvoir, elle entraîne le croissant et avec lui la colonnette, le curseur G et, par conséquent, l’équerre.
- T, roue à rochet divisée en 40 crans et calée sur l’axe de la vis sans fin, en dehors du support de gauche.
- U, cliquet à ressort servant, par le bruit qu’il fait en tombant dans les crans de la roue à rochet, à estimer le déplacement de l’équerre sans recourir à la lecture du vernier.
- V, manivelle motrice de la vis sans fin.
- La figure 3 représente, vus de face, le palier de la vis sans fin , la roue à rochet, la manivelle et le cliquet à ressort.
- L’instrument que représente la planche 232 a été gradué en centimètres et millimètres; mais, lorsqu’on veut se servir d’une graduation différente, on a des échelles spéciales exécutées sur des bandes métalliques et qu’on adapte facilement sur la règle et l’équerre au moyen de vis à tête molettée.
- Instruction pour se servir de l'instrument.
- Tracé des parallèles horizontales. — Dans tous les dessins d’architecture ou de rua-
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- chines, on adopte sur la feuille de papier dont on se sert une direction première, indiquée par une ligne droite divisant la feuille en deux parties égales ; cette direction c’est l’horizontale à laquelle il convient de rapporter toutes les opérations du dessin, si l’on veut obtenir quelque exactitude.
- Cette ligne une fois tracée (si l’on ne s’est point servi de l’appareil pour la tracer), on y applique l’arête de l’équerre perpendiculaire à la règle de la machine et on fixe l’appareil sur la table ou la planchette qui porte la feuille de papier au moyen des vis à pointes d’acier de la règle ; de cette façon, on n’a plus à s’occuper de maintenir l’instrument avec la main, et l’on est certain que toutes les lignes tracées avec l’équerre seront toutes parfaitement parallèles à la direction adoptée. En tournant la manivelle de la vis sans fin montée sur la règle, l’équerre, entraînée dans le mouvement du grand curseur qui porte le croissant, se déplacera le long de la règle, et l’on pourra tracer toutes les lignes parallèles que le dessin exigera.
- Comme on a généralement à sa disposition un croquis coté de l’objet que l’on veut représenter, l’échelle divisée que porte la règle et le vernier fixé sur l’équerre permettent de tracer ces parallèles à la distance indiquée par le croquis, sans le secours du compas à pointes sèches, dont l’emploi ne laisse pas que d’être toujours un peu défectueux en même temps qu’il nuit à la propreté du dessin.
- Cette manière d’opérer se vérifie en même temps quelle s’effectue. En effet, tout dessinateur, pour être certain de l’exaclitude des cotes qu’il relève en faisant un croquis, doit les cumuler; c’est une règle de pratique que l’expérience consacre tous les jours; or cette opération, dans la mise au net, fait qu’une erreur provenant de la lecture inexacte d’une cote sur la division de la règle ou de l’équerre ne peut influer sur la cote suivante; d’ailleurs l’œil s’aperçoit immédiatement du manque de proportions dans les distances respectives des trois dernières parallèles tracées, et, en tous cas, l’erreur commise n’oblige à effacer qu’une seule ligne pour la remplacer à l’instant par celle qui convient. Au contraire, en se servant du compas à pointes sèches et portant les cotes les unes à la suite des autres, chaque ouverture de compas prise sur une échelle ordinaire de proportion est, par le fait, erronée, et une mesure fausse portée sur le dessin a fréquemment pour conséquence d’obliger à effacer, puis à recommencer en entier toute la partie du dessin èxécutée après cette erreur.
- M. Vigreux faisant remarquer que l’emploi de la règle à calcul, comme échelle de proportion, offre sur la construction et l’usage des tables vulgaires un grand avantage, il en conclut que l’emploi de la machine à deviner combiné avec celui de la règle à calcul pour l’exécution des dessins est d’une grande commodité, en même temps qu’il permet de réaliser une promptitude et une précision que l’on ne peut obtenir autrement.
- Tracé des parallèles verticales. — Pour passer de l’horizontale à la verticale et placer convenablement l’instrument pour le tracé des parallèles verticales, on fait usage de l’appareil goniométrique, composé du rapporteur autour duquel peut se mouvoir la règle, et du vernier circulaire que porte l’alidade fixée à cette dernière. A cet effet, on peut procéder de deux manières, l’instrument étant placé pour le cas précédent ;
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- ARTS MÉCANIQUES.
- 1° On peut descendre l’équerre le plus bas possible le long de la règle sans déranger celle-ci, puis, en maintenant cette équerre avec la main, on relève les pointes et on fait glisser à son tour la règle aussi bas que possible, sans que l’équerre se déplace; on fixe le rapporteur par ses deux pointes et on fait décrire à la règle un angle de 90°, puis on la fixe par son autre extrémité ;
- 2° Ou bien, après avoir tracé l’horizontale la plus basse possible, on ramène l’équerre dans le haut de l’appareil; puis on enlève l’appareil et on le transporte de façon que l’équerre se trouve de nouveau sur l’horizontale mentionnée; alors on fixe le rapporteur et on décrit l’angle de 90°.
- L’appareil étant placé, on procède pour le tracé des verticales comme pour celui des horizontales.
- Tracé des 'perpendiculaires. — Il s’effectue de la même manière que précédemment, en adoptant de préférence la première solution, qui ne charge point le papier de lignes inutiles.
- Exécution des angles sur le papier. — Si, par un point donné d’une droite donnée, on veut en faire passer une autre faisant, avec la première, un angle donné , on applique l’équerre de l’instrument sur la droite donnée ou sur une parallèle à sa direction ; on fixe le rapporteur sur lequel on mesure l’angle en faisant tourner la règle, puis on amène l’équerre à passer par le point donné, et le problème est résolu.
- Exécution, sur le papier, des profils d'un terrain.— L’équerre étant placée perpendiculairement à la ligne de niveau, on porte les cotes de longueur en les mesurant sur la règle ; les cotes de hauteur se mesurent en même temps sur l’équerre en faisant glisser le vernier à coulisse qu’elle porte sur la division qui y est indiquée. De cette façon, on peut, sans changer l’instrument de position, exécuter le profil entier avec une exactitude et une promptitude très-grandes.
- Il est bon de remarquer que, dans les dessins géométraux de toute nature, le même avantage peut se présenter pour la mise à l’encre immédiate de telle ou telle partie qu’il faudrait inévitablement faire au crayon si l’on n’avait pas l’instrument.
- Division d'une circonférence en parties égales.— Application au tracé et à la division des roues d'engrenages.— Supposons qu’on ait à diviser une circonférence en un nombre quelconque N de parties égaies ; on commence par placer le zéro du vernier circulaire sur le zéro du rapporteur, on fait passer l’arête de l’équerre par le centre de la circonférence,
- 360°
- puis on fixe le rapporteur; on décrit alors, avec le vernier circulaire, l’angle de
- correspondant à la Nlème partie de la circonférence à diviser, et on fait glisser l’équerre jusqu’à ce qu’elle passe au centre; on trace le rayon ou le diamètre, et on continue ainsi jusqu’à la fin.
- Ce procédé permet, dans le tracé des engrenages, qui exige tant de soins et de précision, de développer le pas sur les circonférences primitives. L’angle correspondant
- i> i i> . , , ’ . 360 P 180 P
- au pas P de l engrenage sera donne par la formule = ——- ; 180 et t étant
- 2tR 7; il
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- ARTS CHIMIQUES.
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- des constantes, la formule, dans l’emploi de la règle à calcul, devient ——,Rétant
- K
- le rayon de la circonférence primitive sur laquelle ori opère. Celte application offre un avantage considérable sur l’emploi du compas, au point de vue de la précision et de la rapidité.
- Emploi de la machine pour quadriller le papier, pour faire des hachures et pour ombrer au tire-ligne. — On fixe la machine suivant l’inclinaison des hachures ou du quadrillage à exécuter; puis, le bras gauche appuyé sur la table de façon à supporter le corps, de la main droite on tient la pointe traçante, et de la gauche on tourne la manivelle. Le mouvement de la vis entraîne l’équerre, et le bruit de l’encliquetage sert à évaluer la distance entre les lignes tracées.
- Remarques. — Pour les distances très-grandes, au lieu de se servir de la vis et afin d’éviter de perdre du temps, on fait tomber le croissant ou écrou, et l’équerre se meut indépendamment de la vis.
- La règle et l’équerre restant constamment perpendiculaires entre elles, si l’on donne des cotes de distances entre des lignes parallèles inclinées d’une façon quelconque, il est toujours possible de les mesurer sur la règle de l’instrument.
- ARTS CHIMIQUES.
- NOTE SUR L’aVENTURINE ARTIFICIELLE, PAR M. E. HAUTEFEUILLE.
- I.
- L’aventurine artificielle était, depuis des siècles, un produit dû exclusivement à l’industrie vénitienne.
- Son nom vient d’un mot italien qui veut dire hasard, soit que, selon la légende, sa découverte soit due à la chute fortuite de limaille de cuivre dans un creuset plein de verre en fusion, ou bien que sa réussite dépende du hasard. Cette dernière manière d’envisager la question d’étymologie pourrait bien être la vraie, car l’analyse de trois veines d’un même bloc d’aventurine présentant des différences en couleur, en grosseur de cristaux et même non cristallisée, n’en donne pas dans les chiffres des divers composants, et de plus, si on fait fondre dans une moufle une veine d’aventurine non cristallisée et qu’on la laisse refroidir lentement, on obtient de l’aventurine cristallisée.
- Nous devons aux meilleurs chimistes des analyses de ce joli produit, ainsi que des théories sur son mode de fabrication, ainsi que le démontre ce qui suit :
- « 1°U résulte des expériences faites au laboratoire, sur la fausse aventurine, que cette « substance est un verre ordinaire composé de silice, de potasse, de chaux, et d’un « peu de fer et de manganèse, dans lequel est disséminé, d’une manière irrégulière, « du cuivre métallique en petits grains cristallisés régulièrement. Le métal s’y trouve Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Octobre 1861. 77
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- £RTS CHIMIQUES,
- « dans la proportion de 1 à 3 centièmes, selon que le verre est plus ou moins eo-« loré; les parties qui entourent les particules métalliques ont une teinte brune, « qu’elles doivent à du protoxyde de cuivre. »
- (Extrait des registres du laboratoire de l’École des mines.) Paris, le 6 décembre 1833.
- P. Bertbier.
- 1° ANALYSE DE L’AVENTüMNE, PAR M. WOHLER, 1842.
- Silice........................ 652
- Acide stannique........... traces.
- Acide phospborique........ 15
- Acide borique............. traces.
- Cuivre......................... 30
- Sesquioxyde de fer............ 65
- Chaux.......................... 80
- Magnésie....................... 45
- Soude.......................... 83
- Potasse........................ 21
- traces.
- Acide sulfurique,
- M. Schnedermann, après avoir donné ces nombres, ajoute :
- « C’est à Murano, près de Venise, que se fabrique ce verre. Hausmann y alla sans « succès en 1819; Gahn, à Fahlun, en 1807, lui montra les cristaux, et depuis il « les retrouva dans une scorie d’affinage de Biber, en Hesse.
- « Les paillettes sont du cuivre métallique, séparé en cristaux du verre en fusion, « par l’addition d’une matière propre à la réduction. On obtient des cristaux octaé-« driques semblables en traitant un sel de cuivre par les acides phosphoreux et « sulfureux. »
- 2° ANALYSE DE L’AVENTURINE ARTIFICIELLE, PAR M. E. PELIGOT.
- « Un échantillon de ce curieux produit, qui venait des fabriques de Bigaglia, à « Murano et à Venise, m’a donné les résultats suivants :
- Silice . . 677
- Chaux 89
- Sesquioxyde de fer 35
- Oxyde d’étain. 23
- Cuivre métallique 39
- Oxyde de plomb 11
- Potasse. . . . 55
- Soude 71
- 1,000
- « Ce verre contient, en outre, des traces d’alumine, de magnésie, et d’acide phos-« phorique ou borique.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- « Les nombres qui précèdent s’accordent assez bien avec ceux de l’analyse d’un « produit analogue qui a été publiée, en 1842, par M. Wohler. Néanmoins ce chi-« raiste fixe à 0,065 la proportion de fer, à 0,045 celle de la magnésie, et à 0,015 « celle de l’acide phosphorique ; il n’a trouvé que des traces d’étain ; il n’a pas si-oc gnalé l’existence du plomb.
- « L’aventurine artificielle de Venise présente une pâte très-peu colorée en jaune, « transparente sur une faible épaisseur, dans laquelle se trouvent répartis les petits « cristaux de cuivre. 11 est probable que l’étain et le fer agissent d’abord simultané-u ment pour déterminer la formation de ces cristaux; après qu’ils sont formés, il est « aussi probable que l’étain se maintient sous forme de silicate de protoxyde, car, à « l’état d’acide stannique, il donnerait à la masse vitreuse une opacité qu’elle ne pré-« sente pas.
- « Le plomb se trouve en si faible proportion dans l’aventurine, qu’il est vraisem-a blable qu’il a été introduit dans la composition à l’état d’alliage de plomb et « d’étain.
- « La composition de l’aventurine de Venise diffère beaucoup, comme on voit, de « celle que doit présenter le verre que MM. Fremy et Clemendot ont obtenu en fonce dant un mélange de 300 parties de verre pilé, 40 parties de protoxyde de cuivre et « 80 parties d’oxyde de fer des batlitures ; ce verre contiendrait au moins 0,20 a d’oxyde de fer, et 0,08 à 0,09,5 de cuivre et d’oxyde de cuivre. Aussi il offre une « opacité et une couleur foncée que n’ont pas les produits vénitiens. »
- Depuis longtemps, sa reproduction en France a exercé la sagacité de nos plus habiles verriers et fabricants d’émaux, et, quoique quelques spécimens se soient montrés à diverses expositions, je ne sache pas que sa fabrication ait eu de la suite; car on trouve, au Compte rendu des séances de VAcadémie des sciences du 24 février 1846 :
- « 1° MM. Fremy et Clemendot annoncent qu’ils viennent de réussir à préparer a l’aventurine artificielle, matière précieuse employée dans les arts, et préparée jus-« qu’à ce jour exclusivement, à Venise, par des procédés tenus secrets. Les analyses « de MM. Wohler et Barreswil avaient déjà démontré que cette substance est formée « par du verre fondu, dans lequel se trouvent des cristaux octaédriques de cuivre « métallique.
- « MM. Fremy et Clemendot l’obtiennent en soumettant à la fusion un mélange de « verre pilé, de battitures de fer et d’oxyde de cuivre ; dans cette réaction, le silicate « de protoxyde de fer s’empare de l’oxygène du protoxyde de cuivre, le réduit et se « transforme en silicate de peroxyde de fer, qui ne colore pas sensiblement la masse ; « le cuivre régénéré cristallise alors en octaèdres parfaitement réguliers, mais il faut « se placer dans des circonstances que la pratique peut seule indiquer, ce qui rend « cette fabrication alors difficile.
- « Les auteurs de celte découverte la livrent libéralement à la publicité. » ( Constitutionnel. )
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- 2° 2 mars 1846, Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences.
- « M. Hautcfeuille envoie divers échantillons d’aventurine artificielle, échantillons « dont quelques-uns, suivant lui, ressemblent tout à fait aux aventurines de Venise; « mais il annonce l’intention de ne faire connaître ses procédés que lorsqu’il aura « complètement résolu le problème, c’est-à-dire qu’à l’époque où ses produits seront « acceptés par le commerce, en concurrence avec ceux de Venise et à prix égal.
- « Cette restriction ne permet pas à l’Académie de renvoyer les produits qui lui « sont présentés à l’examen de la Commission déjà chargée de faire un rapport sur « les aventurines artificielles. »
- 3° Extrait des Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences du 9 mars 1846.
- « M. Marion-Bourguignon, à l’occasion des communications faites récemment à «c l’Académie sur la production de l’avenlurine artificielle, revendique en son nom et « au nom de son beau-père, feu M. Bourguignon, la priorité sur les procédés de faix brication qui leur appartient. On a pu voir, dit-il, en 1834, à l’Exposition de rince dustrie, un échantillon de nos aventurines. Cet échantillon, que j’ai l’honneur de « mettre sous les yeux de l’Académie, ressemble beaucoup à l’aventurine de Venise; « seulement une grande partie des parcelles de cuivre, au lieu d’être à l’état cristal-« lisé, ont dépassé dans leur révivification cet état de cristallisation et se sont réunies a en petits culots.
- « M. Bourguignon ajoute que, pour cette sorte d’industrie, le problème à résoudre « ne réside pas dans la composition de la pierre artificielle, composition depuis long-« temps connue de tous les verriers, mais dans la détermination de certaines circon-« stances du procédé opératoire, circonstances qui décident de la bonne couleur de la « pâte et de la dissémination uniforme des cristaux métalliques.
- « Relativement à ce dernier point, l’échantillon présenté par M. Marion lui-même « n’est pas parfaitement satisfaisant, puisqu’une portion du cuivre révivifié s’est, « comme il le déclare lui-même, réunie en culot. »
- 4° Opinion de M. Bontemps sur l’aventurine.
- « On a aussi un exemple de la couleur jaune produite par l’oxyde de fer dans la « fabrication de l’aventurine artificielle. On sait que cette aventurine est produite en « exposant un verre mou, contenant de fortes proportions d’oxyde de cuivre et de fer,
- « à une température au-dessous de son point de fusion ; pendant cette exposition, le « cuivre est réduit à l’état de cristaux métalliques, et le verre, qui n’est plus coloré « que par l’oxyde de fer seul, prend une couleur jaune brunâtre, et plus est grande « la réduction du cuivre, plus le verre est jaune. t>
- II.
- Plus heureux que mes prédécesseurs, dès 1841 je suis parvenu, non sans peine, à obtenir ce produit, et, comme on a pu s’en convaincre, sous un assez gros volume,
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- par les échantillons qui ont été mis à l’Exposition universelle de 1855, et pour lesquels j’ai obtenu une mention honorable.
- Mes occupations ne me permettant plus de me livrer à cette fabrication, je viens remplir la promesse que je faisais à l’Académie des sciences dans sa séance du 2 mars 1846, et donner la théorie qui m’a servi à trouver le tour de main pour obtenir sûrement un verre aventuriné, et je serai heureux d’apprendre que, par ce que je vais dire, j’aurai aplani la route à un successeur.
- Ma théorie est que les cristaux triangulaires et hexagonaux qui se trouvent dans l’aventurine, et qui lui donnent la couleur, ne sont que du silicate de protoxyde de cuivre en suspension dans un verre alcalin non dévitrifiable, et non du cuivre métallique cristallisé, comme tous les auteurs précédemment cités se sont plu à le répéter. On peut, d’ailleurs, s’en convaincre par l’expérience suivante due à M. Levol. L’aventurine, finement pulvérisée et traitée par une dissolution bouillante de potasse caustique, s’y dissout entièrement, mais, si on s’arrête au moment où le verre seul est dissous, on obtient une couleur violette verdissant à l’air ; et si, après avoir recueilli les cristaux, on les traite par un sel mercuriel, ils doivent, si c’est du cuivre, devenir blancs en s’amalgamant avec le mercure précipité, et, comme ils ne changent pas de couleur, on doit en déduire qu’ils ne sont pas du cuivre métallique, mais bien du silicate de protoxyde de cuivre.
- En outre, un verre si chargé de cuivre métallique devrait donner, par sa fusion seule, un bouton de cuivre plus ou moins gros, ce qui n’a jamais lieu.
- Pour vérifier l’exactitude de cette théorie, j’ai fondu dans un creuset le mélange
- suivant :
- Glace Saint-Gobain............. 2,000
- Nitrate de potasse............... 200
- Baltitures de cuivre............ 125
- Peroxyde de fer.................. 60
- Le résultat fut un verre coloré par du bioxyde de cuivre, par conséquent transparent et de couleur verte, et, pour me conformer à la légende, qui dit que ce corps était le résultat d’un métal tombé fortuitement dans le creuset, j’ai ajouté la quantité de fer métallique en limaille (38 grammes) nécessaire pour ramener, dans ce verre en fusion, le bioxyde de cuivre à l’état de protoxyde rouge et non transparent; puis, laissant refroidir très-lentement, j’ai obtenu du premier coup un verre aventuriné partout, de la couleur rose exigée par le commerce, et dont l’analyse a donné :
- Silice 0,616 L’aventurine de Venise analysée par M. Levol. 0,605
- Alumine 0,023 0,022
- Protoxyde de fer.. . 0,042 0,037
- Chaux 0,059 0,068
- Protoxyde de cuivre. 0,050 0,048
- Alcalis 0,210 0,220
- 1,000 Acide sulfurique. Traces. 1,000
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- Sa densité était égale à 2,615. Ce verre est facile à pulvériser ; sa poussière est d’un blanc sale dans laquelle on ne distingue plus de paillettes, si ce ri est en la mouillant; ces paillettes sont jaunes et brillantes ; le nitrate de mercure ne les blanchit aucunement.
- La poudre d’aventurine mise en vase clos, en contact avec rammoniaque liquide, donne une liqueur incolore bleuissant au contact de l'air.
- L’acide nitrique faible ri attaque point les paillettes.
- On voit que ces chiffres sont à peu près identiques, et bien différents de ceux donnés par l’analyse calculée du produit obtenu par la recette indiquée par MM. Fremy et Clemendot, et qui sont :
- Silice.............................. 52
- Alumine................................ 1
- Protoxyde de fer.................... 20
- Chaux.................................. 6
- Protoxyde de cuivre.................. 10
- Potasse............................... 7
- Soude.................................. 4
- 100
- Aussi, quand on cherche à vérifier cette recette, on obtient une masse noire dévitrifiée en partie.
- Le corps que l’on jette clans le creuset peut être du fer, du charbon, de la pyrite de fer, du cuivre métallique, de l’étain, du zinc, du cobalt et du manganèse métallique, pourvu qu’il ramène le bioxyde de cuivre à l’état de protoxyde; on aura toujours de l’aventurine par un refroidissement lent.
- Ainsi donc, pour obtenir de l’aventurine, on fondra l’un des mélanges suivants :
- Glace de St.-Gobain.
- Nitre................
- Battitures de cuivre. Peroxyde de fer. . .
- 2,000 200 Sable. ....
- Craie
- 125 Carbonate de soude sec.
- 60 Carbonate de potasse. . Nitre
- Battitures de cuivre. . .
- 1,500 Verre 1,200
- 357 Sable 600
- 801 Carbonate de soude. 650
- 143 Nitre 200
- 200 125 Battitures 125
- Quand le verre sera bien liquide, on ajoutera 38 grammes de fer ou de fonte en tournure fine, par portions de 12 grammes à la fois, enveloppées dans du papier; on les y incorporera en maclant le verre au moyen d’une lige de fer rougie, et, quand tout y sera, on verra le verre être devenu rouge sang et opaque, et, de liquide, être devenu pâteux et bulleux; alors, arrêtant le tirage du fourneau, fermant le cendrier, couvrant de cendre le creuset recouvert de son couvercle, et laissant refroidir très-lentement, le lendemain, en cassant le creuset, on trouvera la masse aventurinée.
- Ci-joint quelques exemples d’expériences faites pour vérifier les analyses données précédemment.
- 1° Pour refaire de l’aventurine d’après l’analyse de M. Wohler,
- J’ai fondu en grand :
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- ARTS CHIMIQUES.
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- Talc. Os calcinés... • Craie . 18 k. 5 9,7
- Battitures de cuivre 4,5
- Battitures de fer 5,3
- Fer 0 5
- Carbonate de potasse à 53 pour 100. . . 3,9
- Carbonate.de soude à 53 pour 100.... . 15,0
- Sable ; . 54,0
- 115,9
- La fonte a duré trente-quatre heures; le résultat, après refroidissement, fut un verre très-brun, à cassure rayonnée, aventuriné, très-fin, et commençant à se dévi-trifier par place.
- 2° Pour refaire de l’aventurine d’après l’analyse de M. Peligot, j’ai fondu :
- Sable............................ 1,350
- Chaux. ............................ 178 = Craie. . . 319
- Fer................................. £9
- Étain.............................. 50
- Battitures de cuivre................ 97
- Plomb. ............................. 20
- Nitre.............................. 241
- Carbonate de soude sec............. 417
- Cet essai ne monte pas après refroidissement ; masse rouge sang, trace d’aventurine. 3° Moyenne d’après l’analyse de M. Feligot et la mienne, j’ai fondu :
- Verre.................................. ....... ... 1,200
- Sable............................................... 600
- Carbonate de soude sec. . . . . . ...... ... ... . . . . 650
- Battitures de fer.................................... 108
- Battitures de cuivre................................... 108
- Et les 2 kilog. de matière précédemment obtenus. .,. . 2,000
- Le résultat, toujours après refroidissement, fut un verre bien cristallisé et d’une belle cassure.
- J’en conclus qu’il ne faut pas s’éloigner des nombres suivants, que j’ai toujours obtenus par les nombreuses analyses que j’ai faites de l’aventurine rose du commerce, et qui sont :
- Silice.. ........................... 60,39
- Alumine. .............................. 3>71
- Protoxyde de fer....................... 2,50
- Protoxyde d’étain...................... 2,48
- Chaux.............................• 8,61
- Magnésie.............................. 0,08
- Oxyde de plomb......................... 0,69
- Protoxyde de cuivre. . . . . .......... 4,05
- Potasse......................*.. 5,70
- Soude............................... 11,31
- Oxyde de manganèse. ................... 0,21
- Acide phosphorique ou borique........traces.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Je ferai remarquer que ce n’est que récemment que l’on trouve de l’étain et du
- plomb dans l’avenlurine du commerce, qui est d’une couleur plus tendre que l’an-
- cienne, qui était d’une couleur plus foncée, et surtout de la plus ancienne, qui était presque transparente et de couleur verte. L’analyse de cette aventurinebrune a donné :
- Levol. Hautefeuille.
- Silice. . 60,50 .
- Chaux. 6,25 . 8,63
- Protoxyde de cuivre. . 4,86 . ..... 3,89
- Protoxyde de fer. . . . 4,10 . 4,90
- Alumine 2,25 .
- Alcalis . 22,04 . 21,92
- 100,00 . 100,00
- Suivent diverses densités d’aventurine.
- Venise verte ancienne . . . 2,70
- — brune ancienne . . . 2,63
- — rouge nouvelle . . . 2,69
- — rouge cristaux fins. . . , . . . 2,61
- — rouge cristaux très-fins. . . . 2,76
- — veine non cristallisée.. , . . . 2,71
- Pour éviter les recherches à ceux qui voudront suivre ces indications, je joins ici
- l’analyse des divers produits dont on peut se servir :
- 1° Glace de Saint-Gobain. 2° Verre blanc.
- Silice 735 . . 700
- Chaux 60 . , 83
- Potasse 106
- Soude 170 . . 58
- Magnésie 7
- Alumine 25 . . 17
- Manganèse............)
- Oxyde de plomb.......................... 1
- 1,000 ............... 0,979
- 3° Os calcinés.
- Acide phospliorique.............................. 400
- Chaux............................................ 490
- Acide carbonique................................. 110
- 4° Talc. Silice. . Alumine. Chaux.. Magnésie, Alcali. . Eau. . .
- 1,000
- 0,594
- 0,016
- 0,011
- 0,250
- 0,063
- 0,063
- 0,997
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- HYGIÈNE.
- 617
- Tout ce que je viens de dire paraît bien simple ; on obtient, en effet, à chaque fois, du verre cristallisé; néanmoins le produit commercial est difficile à obtenir, par suite de l’irrégularité qui se fait dans la masse, qui est tantôt trop veinée, tantôt cristallisée trop finement, ce qui diminue sa valeur.
- HYGIÈNE.
- de l’étamage des vases destinés aux usages alimentaires ; par m. Adolphe bobierre,
- PROFESSEUR DE CHIMIE A L’ÉCOLE PRÉPARATOIRE DES SCIENCES DE NANTES.
- Chargé récemment, par le conseil d’hygiène et de salubrité de la Loire-Inférieure, d’analyser la composition de l’étamage des vases destinés aux usages alimentaires à l’occasion des symptômes d’empoisonnement que toute une famille de Nantes avait éprouvés, M. Bobierre a eu à examiner plusieurs questions importantes dont les détails ont été consignés dans une brochure (1) à laquelle nous allons faire quelques emprunts.
- 1° Quelle est la composition des alliages employés par les étameurs de Nantes? — Dix-huit analyses faites avec soin sur des échantillons pris à différentes sources ayant démontré à l’auteur que la richesse moyenne en étain était de 72 pour 100, d’où 28 pour 100 de métaux étrangers, zinc, plomb, etc., il conclut 1° que la dose d’étain employée par les étameurs de Nantes est le plus souvent trop faible; 2° que le plomb entre en proportion véritablement abusive dans la composition de certains alliages destinés aux usages alimentaires; 3° que le zinc est employé par quelques étameurs soit pour favoriser l’adhérence de l’alliage au métal des vases, soit pour obtenir une économie blâmable dans le prix de revient de l’opération.
- 2° La santé publique est-elle intéressée à ce que le zinc soit proscrit de Vétamage?— Cette question n’est pas nouvelle ; depuis longtemps et à diverses reprises elle a été mise à l’étude. C’est ainsi qu’en 1812 Yauquelin et Deyeux, se livrant à des expériences sur l’emploi des ustensiles en zinc, publiaient le résultat de leurs observations au sujet de la formation de l’hydrate de zinc résultant du contact de l’eau chauffée dans un récipient fait avec ce métal. On a contesté, dit M. Bobierre, que de petites proportions de cet hydrate fussent réellement dangereuses. S’il y a divergence sous ce rapport, il y a presque unanimité lorsque ce n’est plus de l’eau, mais bien une substance acide qui doit se trouver en contact avec le zinc, ainsi que cela arrive dans les opérations culinaires.
- A cet égard, M. Bobierre cite le rapport de Proust à l’Académie des sciences en 1742, celui de Maeaire et de Montigny à la même Académie en 1748, tendant à pros-
- (1) Etudes chimiques sur l'étamage des vases destinés aux usages alimentaires, par Adolphe Bobierre, docteur ès sciences, etc., 1860. Nantes, imprimerie de Ve Mellinet.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Octobre 1861.
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- crire l’alliage de zinc et d’étain pour la confection des casseroles; il rappelle le rejet des casseroles en fer étamé au zinc présentées en 1802, et le jugement porté en 1813 par Berthollet, Deyeux, Guyton-Morveau, Portai et Vauquelin, qui, réunis en commission au sujet de la même question soulevée par les Ministres de l’intérieur et de la guerre, concluaient que « le zinc est attaqué par l’eau même la plus pure, par les « acides végétaux les plus faibles, l’acide du citron, de l’oseille, du tartre, du lait, « des fruits, parle vinaigre et les sels formés avec les acides dont nous venons de « parler. 11 est également reconnu que ce métal est attaqué par le bouillon des viandes, « par les acides végétaux empyreumatiques, enfin par les substances oléagineuses « disposées à la rancidité ou altérées par la chaleur. »
- M. Payen, continue M. Bobierre, a constaté que le séjour, pendant deux heures, de 2 litres d’un vin blanc ordinaire dans un vase en zinc avait suffi pour faire dissoudre 2?r,22 d’oxyde de zinc dans ce liquide. De son côté, M. Schauefele a déterminé les proportions d’oxyde de zinc cédées aux aliments par le contact de ce métal pendant quinze jours. Voici les résultats qu’il a obtenus ;
- LIQUIDES EMPLOYÉS. 1 litre. OXYDE DE ZINC
- retiré du vase en zinc. retiré du vase en fer galvanisé.
- Grammes. Grammes.
- Vinaigre 31,75 66,75
- Lait 5,13 7,00
- Vin. 3,95 4,10
- Eau salée 1,75 0,40
- Eau-de-vie 0,95 0,70
- Bouillon gras. . 0,86 1,00
- Bouillon maigre 0,86 1,76
- Eau de fleurs d’oranger. . . 0,50 0,75
- Eau de Seltz 0,35 0,30
- Eau distillée Traces. Traces.
- Eau commune 0 0
- Huile d’olive (1) 0 0
- Tous ces précipités d’oxyde de zinc contenaient de l’oxyde de fer, alors surtout
- (1) Bien que, dans les expériences ci-dessus, l’huile d’olive n’ait pas dissous d’oxyde de zinc, M. L. V. A.udouard, de Béziers, a reconnu que cette huile, au contact du zinc, se charge, à froid, d’une quantité assez considérable de ce métal en formant avec lui des oléates et des margarates, insolubles il est vrai, mais pouvant être facilement décomposés et transformés en sels solubles par les acides contenus soit dans l’estomac, soit dans les aliments pour la préparation desquels l’huile est employée. ( Chevallier, Dictionnaire des substances alimentaires, t. II, p. 545. )
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- qu’ils provenaient du vase en fer galvanisé. Dans le fer galvanisé, le fer est donc attaqué, malgré la présence du zinc.
- De son côté, M. Bobierre voulant s’éclairer directement par lui-même, il a procédé à trois séries d’expériences.
- Dans la première, cherchant à se rendre compte de l’aspect et de l’altérabilité des enduits d’étamage où entre le zinc,, il a fondu cinq alliages différents d’étain, plomb et zinc dont les proportions avaient été bien déterminées, puis il a fait éiamer, à l’aide de ces alliages, cinq plaques de cuivre.
- Dans la seconde série, il s’est proposé de constater si l’alliage fixé sur le cuivre était bien l’alliage du bain employé (question qui peut, ainsi qu’il le fait remarquer, avoir son importance lorsqu’il s’agit d’établir un délit). A cet effet, il a raclé avec soin la_ couche brillante des plaques et il a analysé les raclures.
- Enfin, dans la troisième, voulant apprécier la solubilité comparative des alliages, il a pris avec soin la surface des plaques étamées et a immergé celles-ci dans du vinaigre à la température de 10 degrés cent., pendant l’espace de huit jours, au bout desquels il a constaté des déperditions augmentant avec la proportion du zinc allié à l’étain.
- Le tableau suivant résume ces trois séries d’expériences.
- ÉTAIN PLOMB ZINC CUIVRE PERTE
- NUMÉROS -——-— et perte dans
- des contenu trouvé contenu trouvé contenu trouvé de le vinaigre
- alliages. dans dans dans dans dans dans l’étamage par
- le bain l’étamage le bain l’étamage le bain l’étamage raclé. cent, carré. [
- d’alliage. raclé. d’alliage. raclé. d’alliage. raclé.
- Grammes.
- 1 65 64,86 20 19,30 15 14,79 1,05 0,00338
- 2 70 67,72 20 19,50 10 10,00 2,78 0,00211 |
- 3 75 72,69 20 19,99 5 5,00 2,32 0,00133 1
- 4 82 80,87 18 18,00 0 0,00 1,13 0,00195 S
- 8 1 100 97,51 0 0,00 0 0,00 2,49 0,00119
- II résulte des premières expériences que l’étamage avait un aspect d’autant plus satisfaisant que la dose d’étain était plus grande. En général, pour tous les alliages, l’étamage était de nature à être parfaitement accepté par la consommation; mais, au bout de quelques jours et à mesure que l’oxydation de la surface se manifestait, il était facile de voir que la différence la plus tranchée était celle qui se montrait entre les plaques des alliages 3 et 4.
- Les analyses de la seconde série démontrent bien qu’il y a identité à peu près complète entre la composition du bain d’alliage employé et celle de l’alliage fixé sur le cuivre ; mais l’auteur fait observer qu’il se peut qu’un étameur opérant sur une grande échelle arrive insensiblement à modifier son bain, aussi bien par l’oxydation inégale
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- qui doit s’y produire que par la fusibilité différente des métaux et leur aptitude distincte à s’appliquer sur la surface à étamer. Il ajoute que, depuis quelque temps, il a pu obtenir des étamages avec un alliage de 25 zinc, 30 plomb et 45 étain, et que cet étamage est parfaitement convenable à première vue, bien que son emploi présente un danger évident. •
- Quant aux dernières expériences, elles sont concluantes; les doses de matières dissoutes sont considérables; le liquide en contact avec l’alliage n° i était trouble en raison de sa richesse en acétate de zinc. D’après cela, on voit qu’une casserole de moyenne grandeur, ayant 8 décimètres carrés de surface et enduite de l’alliage n° 1, abandonnerait au vinaigre une quantité de zinc représentée par 2sr,704. A vrai dire, les pratiques culinaires ne comportent pas l’emploi du vinaigre pur baignant une aussi grande surface ; mais il ne faut pas oublier qu’une température élevée favorise, en pareil cas, les réactions, et le zinc ne fût-il dissous et transporté dans les organes digestifs que par fractions de décigramme, que le fait n’en serait pas moins très-fâcheux et très-digne de la sollicitude des Conseils d’hygiène.
- 3° Vintroduction du plomb à haute dose dans létamage ou dans la fabrication des vases et instruments destinés à l'usage alimentaire est-elle dangereuse? — L’Autorité a plusieurs fois consulté la science sur cette question, et, bien que les savants n’aient pas toujours répondu d’une manière identique, l’Administration n’a jamais négligé de s’opposer, autant qu’il était en elle, à un emploi trop important du plomb dans la fabrication des objets destinés à être en contact avec les substances alimentaires. C’est ainsi que la confection des mesures légales pour les liquides, des appareils à eaux gazeuses, des tuyaux de brasseries, des comptoirs de marchands de vin, etc., a été l’objet de dispositions réglementaires basées sur les données de la science.
- Après avoir rappelé les opinions de Bayen ( 1779), de Yauquelin, de Proust, celle de M. Payen et de tant d’autres chimistes qui recommandent de n’admettre le plomb qu’en faible proportion, M. Bobierre se demande si les mesures de police adoptées répondent à toutes les nécessités. Sans doute, dit-il, le Préfet de police de Paris a rendu une ordonnance utile ( 28 février 1853 ) en prescrivant que les vases d’étain employés pour contenir, déposer, préparer ou mesurer les substances alimentaires ou des liquides, ainsi que les lames du même métal qui recouvrent les comptoirs des marchands de vin ou de liqueur ne devront contenir au plus que 10 pour 100 de plomb ; mais celte prescription est-elle bien suivie? Beaucoup d’industriels fabriquent encore à l’ancien titre de 18 de plomb pour 82 d’étain, et récemment M. Boudet signalait, entre autres, une garniture de biberon composée de 77,97 de plomb et 22,03 d’étain.
- Etant admis comme fait avéré, ajoute en terminant M. Bobierre, qu’il y a avantage pour la santé publique à limiter la dose de plomb des alliages du commerce, il semble donc prudent d’avoir abaissé à 10 pour 100 la quantité de ce métal; mais ce qu’on ne saurait trop regretter, c’est que la réglementation formulée dans l’ordonnance de 1853 et qu’on a cru devoir étendre à l’étamage des vases employés par les restaurateurs, pâtissiers, charcutiers, confiseurs, etc., en prescrivant l’étain fin pour cet usage, n’ait pas également atteint l’étamage ordinaire en fixant un maximum pour le plomb
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- qu’il peut contenir. S’il y a convenance à fixer un maximum de plomb pour les vases qui ne sont en contact avec des liquides alimentaires que pendant quelques minutes ( et c’est le cas des mesures métalliques ), à plus forte raison doit-on l’appliquer à l’étamage des casseroles, des bassines, et en général des vases qui, sous les influences combinées de la chaleur, des matières salines, des corps gras plus ou moins altérés, sont nécessairement destinés à une altération constante. L’étude analytique des alliages et la simple logique conduisent à cette conclusion aussi élémentaire dans sa formule que dans son application.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1862.
- ( A LONDRES. — SECTION FRANÇAISE.) — COMMISSION IMPÉRIALE.
- Décision du 3 novembre 1861 instituant le jury central de révision.
- La Commission impériale,
- Vu les décrets des 14 et 18 mai 1861 instituant la Commission ;
- Vu le règlement général du 15 juin 1861, et notamment l'article 16 relatif à l’institution du jury central de révision ;
- Vu la décision du 20 juin 1861 instituant le jury d’admission de la Seine ;
- Après en avoir délibéré,
- Décide :
- Art. 1er.
- Le jury central de révision, institué en conformité de l’article 16 du règlement général, se compose de 130 membres, dont la moitié à désigner par les jurys des localités qui ont présenté le plus d’exposants, et la moitié nommés directement par la Commission impériale.
- Art. 2.
- M. Drouyn de l’IIuys, membre de la Commission impériale, est nommé président du jury central de révision.
- Art. 3.
- Sont nommés membres du jury central de révision :
- MM.
- Alcan, professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855, rue Laffitte, 45.
- Aubry (Félix ), négociant en dentelles et broderies, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855, rue du Faubourg-Poissonnière, 35.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- MÈ
- Barral, chimiste, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, membre du jury international de 1855, rue Notre-Dame-des-Champs, 82.
- Barreswil, chimiste, commissaire-expert au ministère du commerce, membre du Conseil de la Société d’encouragement, rue Saint-Florentin, 16.
- Batard, membre de la Société de photographie, me du Port-Mahon, 14.
- Bertrand (le vicomte), colonel d’artillerie, inspecteur des manufactures d'armes, rue du Bac, 53.
- Gallon, ingénieur en chef au corps impérial des mines, professeur à l’Ecole des mines, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855, rue de Condé, 24.
- Cloquet ( Jules ), membre de l’Institut, professeur honoraire à la faculté de médecine, place Vendôme, 21.
- Combes, membre de l’Institut, inspecteur général au corps impérial des mines, directeur de l’Ecole des mines, secrétaire du Conseil de la Société d’encouragement, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855, rue d’Enfer, 30.
- Dalloz ( Paul ), directeur-gérant du Moniteur universel, quai Voltaire, 13.
- Delessert ( Benjamin ), membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855, rue Montmartre, 172.
- Délicourt ( Étienne), ancien fabricant de papiers peints, rue Saint-Honoré, 43.
- Demarquay, chirurgien de la maison municipale de santé, membre du jury international de 1855, rue de la Victoire, 43.
- Desouche, constructeur de voitures et de waggons, avenue des Champs-Elysées, 40.
- Diéterle (Jules), ancien chef des travaux d’art à la manufacture impériale de Sèvres, peintre-décorateur, membre du jury international de 1855, rue Rochechouart, 64.
- Drouin ( J. ), maire du 4e arrondissement de Paris, juge au tribunal de commerce de la Seine, négociant-droguiste, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 21.
- Düfau ( A. ), directeur honoraire de l’institution des Jeunes Aveugles, rue de Vaugirard, 62.
- Dupuit, inspecteur général au corps impérial des ponts et chaussées, rue du Chercho-Midi, 14.
- Du Sommerard, conservateur du musée de Cluny, membre du jury international de 1855, hôtel de Cluny, rue des Mathurins-Saint-Jacques.
- Fauler, membre de la chambre de commerce de Paris, ancien fabricant de maroquins, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855, rue de Rivoli, 194.
- Flachat ( Eugène ), ingénieur-conseil des chemins de fer de l’Ouest et du Midi, membre du jury international de 1855, rue de Londres, 51.
- Fossin, ancien juge au tribunal de commerce, membre du jury international de 1855, rue de Richelieu, 62.
- Fourdinois, sculpteur et fabricant de meubles, rue Amelot, 46.
- Fourneyron, ingénieur, rue Saint-Georges, 52.
- Froment ( Gustave), constructeur d’instruments de précision, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855, rue Notre-Dame-des-Champs, 85.
- Gastiwz-Renette, arquebusier, avenue d’Antin, 39.
- Gaussen ( Maxime ), ancien fabricant de châles, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855, avenue de Saint-Cloud, 26.
- Giraud (Ch. ), membre de l’Institut, inspecteur général de l’enseignement supérieur, professeur à la faculté de droit, rue de la Ferrne-des-Mathurins, 50.
- Godard (Auguste ), ancien fabricant de batistes, membre du jury international de 1855, rue de Cléry, 40.
- Guiod (le général ), commandant l’artillerie de la lrc division militaire, membre du jury international de 1855, rue de Lille, 5.
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- Hachette, libraire-éditeur, rue Pierre-Sarrazin, 14.
- Hennezel (de), ingénieur en chef au corps impérial des mines, directeur du service des carrières sous Paris, rue de Tournon, 20.
- Làboulaye ( Ch. ), fondeur en caractères, membre du Conseil de la Société d'encouragement, rue de Grenelle-Saint-Germain, 39.
- Larsqnnier (Gustave ), membre de la chambre de commerce de Paris, fabricant de tissus de laine, rue des Jeûneurs, 23.
- Laugier, membre de l’Institut ( Académie des sciences ), rue Notre-Dame-des-Champs, 70.
- Leblanc, maître des requêtes au conseil d’État, rue du Cherche-Midi, 57.
- Lémann, fabricant de vêtements confectionnés, rue Croix-des-Petits- Champs, 21.
- Maes, fabricant de cristaux, membre de la chambre de commerce de Paris, passage des Petites-Écuries, 9.
- Mangin, ingénieur de lre classe de la marine, rue de Bruxelles, 15.
- Mangon ( Hervé ), ingénieur au corps impérial des ponts et chaussées, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855, rue de Grenelle-Saint-Germain, 42.
- Masson (Victor), juge au tribunal de commerce de la Seine, libraire-éditeur, place de l'École-de-Médecine, 1.
- Mathieu, membre de l’Institut et du Bureau des longitudes, examinateur à l’École polytechnique, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855, rue Notre-Dame-des-Champs, 76.
- Mellinet, général de division, commandant la lre division d’infanterie de la garde impériale, à l’École militaire.
- Menier (Émile), fabricant de produits chimiques et pharmaceutiques, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 37.
- Michel ( C. L. ), ancien chef d’institution, membre du jury international de 1855, rue Garancière,
- 10.
- Monnin-Japy, membre du conseil municipal de Paris, fabricant de quincaillerie et de mouvements d’horlogerie, rue du Château-d’Eau, 11.
- Nélaton (le docteur), professeur de clinique à la faculté de médecine, chirurgien à l’Uôtel-Dieu, membre du jury international de 1855, quai Voltaire, 1.
- Paillard (Victor), fabricant de bronzes, membre du jury international de 1855, rue Saint-Claude, au Marais, 6.
- Payen ( Alphonse ), membre de la chambre de commerce de Paris, négociant en soieries, rue de Cléry, 9.
- Pelouze, membre de l’Institut, président de la commission des monnaies et médailles, membre du conseil municipal de Paris, membre du jury international de 1855, quai Conti, 11.
- Petit ( Charles ), fabricant de fleurs artificielles, rue Neuve-Saint-Augustin, 20.
- Petitgand, ingénieur des mines, rue Bleue, 5.
- Persoz, professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855, rue de Madame, 57.
- Porlier, chef de bureau à la direction de l’agriculture au ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, rue Garancière, 7.
- Rapet, inspecteur général pour l’enseignement primaire, rue de la Visitation-des-Dames-Sainle-Marie, 6.
- Robert ( Charles), maître des requêtes au conseil d’État, rue Barbet-de-Jouy, 42.
- Sarazin, directeur des cours normaux d’enseignement mutuel pour les garçons, rue Relier, 8.
- Tardieu (Ambroise), professeur agrégé à la faculté de médecine, médecin de l’hôpital Laribois-sière, membre du jury international de 1855, rue de Seine, 76.
- Thibaut ( Germain ), ancien président de la chambre de commerce de Paris, membre du conseil
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- municipal de Paris, ancien fabricant de tissus de laine, membre du jury international de 1855, rue du Sentier, 41.
- Thomas (Ambroise), de l’Institut, professeur au Conservatoire de musique, rue Saint-Georges, 5. Trélàt (Émile), professeur au Conservatoire des arts et métiers, membre du Conseil de la Société d’encouragement, membre du jury international de 1855, rue de la Tour-d’Auvergne, 37. Trélon, ancien juge au tribunal de commerce de la Seine, ancien fabricant de boutons, membre du jury international de 1855, rue de Richelieu, 34.
- Turgan, directeur-gérant du Moniteur universel, quai Voltaire, 13.
- Wolff ( de la maison Pleyel, Wolff et comp. ), fabricant de pianos, rue Rochechouarl, 22. Wolowski , membre de l’Institut, professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers, membre des jurys internationaux de 1851 et de 1855, rue de la Victoire, 14.
- ♦ Art. 4.
- Les jurys d’admission qui désigneront chacun un de leurs membres pour faire partie du jury central de révision sont ceux de Lyon, Rouen, Bordeaux, Lille, Marseille, Saint-Etienne, Dijon, Beauvais, Amiens, Valence, Nantes, Besançon, Toulouse, Melun, Montpellier, Troyes, Strasbourg, Versailles, Saint-Quentin, Valenciennes, Rennes, Vienne, Nîmes, Angoulême, Nevers, Nancy, Grenoble, Laon, Metz, Tours, Tournon, Reims, Douai, Caen, Sedan, Chaumont, Albi, Périgueux, Limoges, Aubus-son, Avignon, Clermont-Ferrand, Évreux, Boulogne, Châlons-sur-Marne, Bourges, Castres, Montauban, Bar-le-Duc, la Rochelle, le Mans, Châlons-sur-Saône, Chartres, Orléans, Sainl-Brieuc, Blois, Mulhouse, Mirecourt, Vire, Niort, Cambray, Auch, Mâcon , Hazebrouck, Bayeux.
- Chaque jury notifiera immédiatement à la Commission impériale le nom du membre qu’il aura désigné.
- Art. 5.
- Les producteurs adresseront leurs réclamations, quels qu’en soient la nature ou l’objet, savoir : ceux du département de la Seine, par lettre ( non affranchie ) au secrétariat général de la Commission impériale ; ceux des autres départements, à leurs jurys respectifs, qui les transmettront, avec leur avis, à la Commission impériale.
- Art. 6.
- Le jury central de révision fonctionnera en permanence pendant le mois de novembre. Les membres auront la faculté de donner individuellement leur avis à l’époque qui se trouvera à leur convenance. Ils pourront également se réunir par groupes correspondant aux diverses branches de l’industrie. Un local dépendant du secrétariat général sera affecté à ce service, pendant toute la durée du mois de novembre, de neuf heures du matin à six heures du soir.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Sur la dissémination naturelle de l'or, par M. Eckfeldt.
- L’essayeur en chef de la Monnaie de Philadelphie, M. Eckfeldt, se livrant, il y a peu de temps, à des recherches ayant pour but d’établir les nombreuses substances naturelles qui renferment de l’or en quantités plus ou moins appréciables, comme, par exemple, plusieurs variétés de galène, certain plomb métallique et souvent aussi le cuivre, l’argent, l’antimoine, etc., a donné de curieux détails sur un gisement qui n’est peut-être pas très-connu et sur lequel repose la ville même de Philadelphie. Il s’agit d’une épaisse couche d’argile sous-jacente, dans laquelle différentes analyses auraient constamment accusé la présence du métal précieux. Yoici ce que dit à cet égard M. Eckfeldt :
- « Sous le sol pavé de Philadelphie existe une couche d’argile d’une grande étendue, et qu’on n’estime pas à moins de 15 pieds (4m,50) d’épaisseur. Une analyse de cette terre y ayant indiqué par hasard de l’or, nous avons jugé à propos de la répéter; à cet effet, nous avons choisi, pour extraire une nouvelle quantité d’argile, un point situé à peu près au centre de la couche. Les caves du nouveau marché ouvert dans Market Street, près la 11° avenue, se trouvant précisément dans cette position centrale, nous avons fait creuser jusqu’à 14 pieds (4m,05), profondeur suffisante pour écarter toute idée de remblai, et nous avons pris dans la couche un échantillon de dimension convenable. 130 grammes bien séchés et traités avec soin nous ont fourni 1/8 de milligramme d’or, bien dûment accusé par une balance d’une extrême sensibilité. Ayant constaté que la matière, telle qu’elle sortait de la couche, perdait par siccité environ 15 pour 100 de son poids, nous en avons déduit que l’or s’y trouvait renfermé dans la proportion de 1 à 1,196,000. Ce résultat est l’expression de plusieurs expériences que nous avons eu l’occasion de renouveler, en prenant dans une briqueterie de l’un des faubourgs de la ville plusieurs échantillons d’argile provenant de la même couche.
- « En moyenne, 1 pied cube (0m3,028) de cette argile pèse 120 livres (54,35) (sa densité étant de 1,92) et fournit 7/10 de grain (0S*',0448) d’or d’une valeur de 3 cents (0f,162). Partant de ces données et estimant à 4,180 millions de pieds cubes (117,040,000 mètres cubes) la masse d’argile qui s’étend sous nos rues et nos maisons, nous trouvons que la quantité totale d’or qu’elle renferme ne s’élève pas à moins de 125 millions de dollars (676,250,000 francs). (The american Journal of science and arts.)
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- Méthode d'extraction de l'argent contenu dans la galène.
- On sait que le procédé ordinairement employé pour extraire l’argent contenu dans la galène (sulfure de plomb) consiste à obtenir d’abord du plomb métallique qui retient l’argent, puis à oxyder le premier de ces métaux dans un four spécial, après avoir quelquefois enrichi la matière par voie de cristallisation, suivant l’opération imaginée par M. Pattinson (1). Ce mode d’opérer donne lieu à des pertes de plomb et de combustible, et c’est pour les éviter qu’a été imaginée la méthode suivante, consistant à enlever à la galène môme le métal le plus riche.
- La galène argentifère étant un sulfure de plomb associé à une proportion variable de sulfure d’argent, et ces deux sulfures fondant à la même température, si avant d’opérer la fusion on y mélange une certaine quantité de chlorure de plomb, il se produira une double décomposition, donnant lieu à du chlorure d’argent facile à séparer et à une nouvelle quantité de sulfure de plomb.
- Suivant l’inventeur de ce procédé, il faut mélanger en poids 100 de galène, 1 de chlorure de plomb et 10 de sel commun; la quantité de chlorure de plomb doit être augmentée lorsque la galène est très-argentifère. On fait fondre le tout ensemble et l’on voit au bout d’un certain temps le chlorure d’argent venir à la surface avec une certaine quantité de sel, tandis que la galène privée d’argent se rend au fond de la masse en fusion. On écume alors le mélange de chlorure d’argent et de sel, et on le traite par de la chaux et du charbon, ou par tout autre moyen qui permette d’obtenir une masse métallique bonne à coupeller. ( Journal of the Franklin institute.)
- Sur la présence du bisulfure de carbone dans le gaz d’éclairage, par le docteur
- E. Herzog.
- M. le docteur Herzog indique la méthode suivante pour déterminer la présence du bisulfure de carbone dans le gaz d’éclairage.
- On prend, d’une part, de l’alcool absolu qu’on sature de gaz ammoniac; d’autre part, on prépare une solution concentrée d’acétate de plomb dans l’eau, en ayant soin de laisser dans la liqueur une petite quantité de sel solide, pour assurer la saturation. Ces deux liqueurs doivent être renfermées dans des flacons bien bouchés.
- Après avoir disposé, pour le dégagement du gaz destiné à l’expérience, un tuyau en caoutchouc vulcanisé à l’extrémité duquel on a adapté un tube de verre étroit, d’une longueur de 0m,12 à 0m,15, on verse, dans une éprouvette, 5 gouttes de la liqueur plombeuse auxquelles on mélange 60 à 70 gouttes de l’autre liqueur; cette dernière aura dû être conservée de manière à n’absorber aucune trace d’acide carbonique, sans quoi le mélange donnerait lieu à un précipité. C’est dans ce mélange qu’on fait passer
- (1) Voir Bulletin de 18S9, 2e série, t. VI, p. 691.
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- le gaz d'éclairage, en y plongeant le tube de verre qu’on a disposé pour son dégagement. Dans le cas où il contient du bisulfure de carbone, la liqueur se colore peu à peu, et bientôt après il se forme un précipité jaune-rougeâtre, qui passe au brun si l’action continue. Lorsque, dans le principe, le gaz renferme de l’acide carbonique, la couleur jaune-rougeâtre est rendue plus claire par la formation d’une certaine quantité de carbonate de plomb blanc.
- On peut vérifier l’expérience précédente en faisant passer simplement le gaz dans l’alcool ammoniacal seul; alors, en ajoutant la liqueur plombeuse, la présence du bisulfure de carbone devra être décelée par un précipité orangé, qui se formera immédiatement ou peu de temps après. Comme on pourrait attribuer cette réaction à de l’hydrogène sulfuré, on fera d’abord passer du gaz dans une petite quantité de la liqueur plombeuse, et l’on verra que la plus faible trace d’hydrogène sulfuré teint la liqueur en noir, tandis que le bisulfure de carbone ne l’altère en aucune façon.
- On remarquera que, si on laisse dans la liqueur le précipité jaune-rougeâtre, il change peu à peu de couleur, et devient blanc au bout de 24 heures environ ; au contraire, si on le recueille immédiatement sur un filtre, qu’on le lave légèrement et qu’on le fasse sécher, il ne tarde pas à passer au brun foncé. {Ibid.)
- Perfectionnements dans la préparation de l'indigo, par M. August Leonhardt,
- de Manchester.
- Le procédé de M. Leonhardt consiste à désoxyder l’indigo brut pour la teinture et l’impression, et à raffiner le même produit en le traitant avec des métaux réduits à un état de division extrême en présence d’un alcali, d’une terre alcaline ou d’un carbonate alcalin.
- On prend 30 livres (13\60) d’indigo de première qualité réduit en poudre fine, et on les met dans 10 gallons d’eau (45Ut-,43) ; d’autre part, on réduit en poudre impalpable 9 livres d’étain (4\062), et on en fait un mélange intime avec 20 livres (9%07) de soude caustique. On commence par faire cuire la liqueur d’indigo, puis on ajoute peu à peu les autres matières et on laisse le mélange sur le feu jusqu’à ce qu’il présente une couleur jaune, indice de la réduction complète de l’indigo.
- Au lieu d’étain, on peut prendre une même quantité de zinc ou bien 7 livres de fer ou d’arsenic (3\170), 30 livres de plomb (13\60), ou enfin 10 livres d’antimoine (4k,530), et on ajoute, comme précédemment, de la soude caustique.
- La chaux peut être substituée à la soude caustique, et, dans ce cas, il vaut mieux employer l’étain. Cette chaux devra être éteinte avant d’être ajoutée, de manière à être réduite à l’état pâteux; on en prendra 13 livres (6\80).
- Préparé d’après cette méthode, l’indigo peut être étendu d’eau dans la cuve suivant les moyens ordinaires. S’il est destiné à l’impression, on peut le laisser épaissir, et, dans ce cas, la soude doit être adoptée dans la préparation, de préférence aux autres alcalis.
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- Pour produire de l’indigo pur ou raffiné, on le prépare comme ci-dessus et on le précipite ensuite par un acide. (Newton s London Journal.)
- Nouveau système de fonçage des piles tubulaires au moyen de l'air comprimé,
- par MM. Castor et Hersent.
- L’emploi de l’air comprimé pour enfoncer des tubes ou pilots cylindriques creux en fonte, destinés à supporter les piles d’un pont, pour enlever les déblais et les remplacer par de la maçonnerie, a permis, depuis une dizaine d’années, d’exécuter, avec plus ou moins de facilité, tant en Angleterre qu’en France et en Allemagne, des fondations qu’il eût été presque impossible de bien établir par d’autres procédés. On sait que c’est à un Français, M. Triger, qu’est due l’invention de cet ingénieux système qui, grâce à l’air comprimé (1), fait du tube-pilot une véritable cloche à plongeur, au fond de laquelle les ouvriers peuvent enlever les déblais, puis maçonner quand ils arrivent au terrain solide, comme ils le feraient à sec; il y a, pour chaque pile, plusieurs pilots semblables, dont le nombre varie avec la section qu’elle doit avoir.
- Dans les détails de ce système, MM. Castor et Hersent signalent les inconvénients suivants :
- 1° L’emploi des poids morts suspendus autour de l’écluse à air pour déterminer l’enfoncement de l’appareil, comme on l’a pratiqué au pont de Tzegedin (Hongrie), nécessite une manœuvre longue et dispendieuse toutes les fois qu’il s’agit d’allonger le tube-pilot par l’addition d’un nouvel anneau en fonte; en outre, l’action de cette charge sur le haut de la colonne rend plus difficile la direction du fonçage.
- 2° L’emploi des presses hydrauliques, comme on l’a fait au pont de Bordeaux, est sans doute préférable à celui des poids morts, en ce qu’il est plus facile de les manœuvrer et d’en faire varier la puissance; mais la conduite de ces machines exige une grande habileté et une surveillance toute particulière.
- 3° L’épaisseur donnée aux parois des tubes (0m,04) ne les garantit pas suffisamment contre les chances de destruction qui résultent de l’oxydation de la fonte, et, dès lors, si la maçonnerie qui les remplit est défectueuse sur quelques points, si elle est trop faible pour supporter la charge qui pèse sur elle, l’ensemble de la construction peut être un jour gravement compromis.
- C’est pour remédier à ces inconvénients que les auteurs ont imaginé un nouveau système, pour lequel ils ont pris un brevet.
- Dans ce système, les tubes de fondation ne sont plus en fonte, mais en tôle. La partie inférieure, réservée aux ouvriers chargés de fouiller le sol, constitue la chambre de travail. Cette chambre, d’une hauteur de 2 mètres à 2m,20, doit être imperméable et construite en tôle épaisse d’une manière très-solide. Elle est munie d’un plafond
- (1) Voir, pour les détails de l’appareil à air comprimé, les Bulletins de 1859, 2e série, t. VI, p. 38, et 1860, t. VII, p. 449.
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- au centre duquel est ménagé un orifice circulaire, d’où rayonnent des armatures en fer destinées à renforcer les parois. Sur cet orifice vient s’assembler une cheminée en tôle de moindre épaisseur, au sommet de laquelle est adaptée l’écluse à air ; c’est par cette cheminée qu’on envoie l’air comprimé, et c’est aussi par là que se fait le service des déblais.
- Sur le plafond de la chambre de travail et tout autour de la cheminée, on établit la maçonnerie sur un diamètre égal à celui de la chambre, et on la revêt extérieurement d’une enveloppe circulaire en tôle mince, qui a pour but de faciliter sa pénétration dans le sol en diminuant les frottements. Cette maçonnerie constitue donc une colonne cylindrique, dont la cheminée occupe le centre et qui s’allonge à mesure que le système s’enfonce.
- Le tout est supporté par des tiges dont l’extrémité inférieure s’accroche aux parois de la chambre de travail, et dont la partie supérieure est reliée à un ensemble de verrins disposés, comme à l’ordinaire, sur la plate-forme des échafaudages.
- Les avantages que les auteurs attribuent à leur système peuvent se résumer ainsi :
- Avantages au point de vue de la sécurité. — La construction du système ayant lieu d’une manière uniforme, il en résulte une charge constante de 20 tonnes environ par mètre de hauteur; dès lors il n’y a plus à craindre les effets de soulèvement que la sous-pression tend à produire dans l’ancien système, lorsqu’il y a insuffisance de charge. Une soupape de sûreté, réglée suivant la hauteur de la colonne d’eau, doit toujours suffire à équilibrer les excès de pression, dans le cas de sols imperméables.
- Avantages au point de me de l’économie. — L’emploi de la tôle, même de faible épaisseur, pour l’enveloppe de la maçonnerie, est suffisant comme résistance et présente l’immense avantage de diminuer le poids du métal. Quant à la maçonnerie, elle ne se fait plus dans l’air comprimé, mais bien à l’air libre; car, à l’aide des verrins, on maintient toujours le système, de telle sorte qu’il présente la tête hors de l’eau.
- Une colonne de 3m,60 de diamètre et de 22 mètres de hauteur, dont 12 mètres sont dans l’eau et 10 mètres ont pénétré dans le sol, n’exige que 15,000 kilog. environ de tôle, tandis que, s’il s’agissait de fonte, il n’en faudrait pas moins de 65,000 kilog.
- Avantages au double point de vue de la facilité et de la rapidité d’exécution.—La maçonnerie étant établie sur le plafond de la chambre de travail, il en résulte une charge uniforme sur presque toute la hauteur du système, et, par conséquent, une facilité à diriger l’enfoncement suivant la verticale, plus grande que lorsque toute la charge est appliquée en tête, ainsi qu’il arrive dans l’emploi des poids morts ou des presses hydrauliques.
- Le mode de suspension au moyen de verrins ayant leur point d’appui sur les échafaudages facilite la pénétration de la colonne dans le terrain, en permettant d’équilibrer les différences de résistance du sol, auxquelles on peut encore obvier sans inconvénient en surélevant la maçonnerie sur les points qui ne se trouvent pas de niveau.
- En obturant à volonté, au moyen d’un clapet, l’orifice de communication de la
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- chambre de travail avec la cheminée centrale, on peut conserver l’air comprimé dans cette chambre et empêcher ainsi la rentrée de l’eau, ce qui évite l’opération du sipho-nage à chaque déplacement de l’écluse à air que nécessite l’allongement de la cheminée.
- La légèreté de la tôle, comparativement au poids de la fonte, permet en même temps de déplacer l’écluse et de rallonger la cheminée avec plus de facilité et de rapidité. De cette manière, le travail du fonçage n’a à subir que des interruptions très-courtes.
- Enfin l’établissement, dans l’écluse même, d’un treuil mû parla vapeur active l’enlèvement des matériaux et diminue le travail toujours pénible des ouvriers.
- Travail après fonçage. — Le fonçage achevé, on procède, ainsi qu’on le fait dans le système de tubage en fonte, au remplissage de la chambre de travail avec de la maçonnerie qu’on établit avec le secours de l’air comprimé. Lorsque cette maçonnerie est parvenue au plafond de la chambre, on la termine, à l’entrée de la cheminée, par une sorte de voûte renversée ou cuvette destinée à résister aux poussées et à mettre la cheminée à l’abri des sources de fond, qui ne peuvent d’ailleurs pénétrer une maçonnerie établie dans de bonnes conditions, sur une épaisseur de 2 mètres à 2m,20.
- Ce travail terminé, l’écluse à air devient inutile; on l’enlève, et tout en démontant la cheminée en tôle on en remplit l’espace avec une bonne maçonnerie, dont la construction est d’autant plus facile et rapide, qu’elle se fait dès lors à sec et à l’air libre, que le volume n’en est pas considérable et que les ouvriers ne sont pas gênés.
- Enfin, si, pour terminer la tête de l’ouvrage, on préfère une maçonnerie de pierres de taille à une colonne en fonte ou en fer, on peut, grâce aux dispositions du nouveau système, en poser le socle même sous l’eau. Il suffit, pour cela, d’adapter à l’enveloppe en tôle qui entoure la colonne de fondation en maçonnerie un batardeau mobile également en tôle, qu’il est facile et peu coûteux de démonter ensuite, en employant des boulons à embase ainsi que de longues tiges. (Brevets d'invention, 1860.)
- Renseignements sur l’Exposition universelle de 1862.
- M. le capitaine Fowke, architecte constructeur du palais qu’on érige en ce moment à Londres pour l’Exposition universelle de 1862, vient de publier, sur l’organisation des travaux qu’il dirige, une brochure à laquelle nous empruntons les détails suivants :
- L’architecte, en arrêtant ses plans, a eu en vue quatre objets principaux : 1° pour les galeries de peinture, élever des constructions solides, complètement à l’abri des injures du temps, très-bien aérées et éclairées par le haut; 2° pour Y Exposition des produits de l'industrie, préparer de vastes espaces de formes diverses, éclairés dans différents sens et disposés en cours et galeries; 3° créer des plates-formes et de larges voies pour cortèges et cérémonies; 4° enfin installer convenablement les buffets.
- La grande galerie de peinture qui s’étend le long de la voie dite Cromwell road est construite en briques et les murs sont revêtus de bois; les commissaires pensent que l’on pourra y suspendre des tableaux jusqu’à 9 mètres de hauteur, si on le désire. Au
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- milieu de la façade formée par cette longue galerie, s’élèvera un portique monumental percé de trois portes à plein-cintre, ayant une largeur de 6 mètres sur 15 de hauteur; les piliers de ce portique mesurent 4m,27 de largeur, sur une épaisseur de 2m,14; ils reposent sur une masse de béton épaisse de lm,53.
- Les visiteurs pénétreront, par cette vaste entrée, dans un vestibule et une salle de 46 mètres sur 34 mètres, conduisant aux cours intérieures et aux galeries de l’industrie. Deux escaliers, d’une largeur de 6 mètres, placés de chaque côté de la salle, mèneront aux galeries de peinture.
- Les constructions affectées aux produits de l’industrie seront exécutées principalement en fer, bois et verre. Les deux dômes placés aux points de rencontre des extrémités de la nef avec les deux transsepts seront les plus vastes qui aient jamais existé ; ils auront 76 mètres de haut sur 49 de diamètre. Leur coupole sera en verre avec une galerie intérieure et extérieure; on a proposé d’établir, au sommet de l’un d’eux, un appareil dioptrique et de l’éclairer la nuit.
- Le niveau général du sol intérieur étant de lm,53 au-dessous de celui des voies publiques qui l’entourent, l’architecte a tiré parti de cette circonstance pour établir sous chaque dôme une plate-forme, d’où l’on domine à la fois toute la nef et le transsept correspondant. On monte aux galeries du premier étage par des escaliers disposés dans le voisinage de la nef; ces galeries ont près de 2 kilomètres et demi de développement.
- La galerie ou annexe spécialement destinée aux machines est tout entière en bois de charpente.
- Enfin on s’est préoccupé, en plaçant les buffets au nord et au premier étage, de les tenir à l’abri de la chaleur et de leur ménager une vue agréable sur les jardins de la Société royale d’horticulture.
- Les travaux de construction ont commencé le 9 mars 1861. Les fondations, creusées dans un lit de gravier, reposent sur un massif de béton qui soutient des piliers en briques avec des dés de pierre d’York pour recevoir les colonnes de fonte. Les dés qui portent les colonnes des grands dômes pèsent plus de 1,000 kilog.
- Voici quelques nombres qui donneront une idée de l’importance des constructions qui s’élèvent. Il y entre plus de 10 millions de briques; 166 colonnes rondes en fonte, de 0m,30 de diamètre, reliées par un égal nombre de pilastres, soutiendront la nef et les transsepts; 312 colonnes rondes de 0m,20 et 149 colonnes carrées de 0m,30 porteront les galeries de l’Exposition industrielle; 298 colonnes carrées, dont 160 de 0m,25 et 138 de 0m,20 , porteront celle des beaux-arts; enfin les toitures vitrées des cours intérieures reposeront sur 62 colonnes rondes. 11 ne faudra pas moins de 1,165 poutres, 3,480 mètres de,conduites, 4,500 mètres de gouttières, 4,200 mètres de garde-corps, etc., le tout représentant un poids de fonte de 4,000 tonnes. Quant aux ouvrages en fer forgé, on estime leur poids total à 1,200,000 kilog.
- On a calculé qu’il faudrait environ 25,000 mètres cubes de bois. On compte, pour l’éclairage des galeries de peinture, 4,190 mètres carrés de châssis et de vitrages, et
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- pour relui des galeries inférieures 100 fenêtres, dont 32 de 4m,80 sur 3m,190 et 68 de 4m,80 sur 2m,10. Les fenêtres ogivales de la nef et des transsepts emploieront 1,600 mètres linéaires de châssis vitrés de 7m,60 de hauteur, et les cours intérieures plus de 48,000 mètres courants de châssis et de feuilles de verre.
- La charpente de la galerie des machines est préparée sur place.
- La grande galerie de peinture sera couverte en ardoise et les autres parties en feutre, à l’exception de celles où l’on voudrait montrer le genre de décoration qui serait exécuté plus tard (1). (Journal of the Society of arts.)
- Création d’une monnaie de nickel en Belgique.
- Depuis peu de temps on a créé, en Belgique, une monnaie de nickel, ainsi qu’on l’a fait en Suisse quelques années auparavant. À cet effet, une loi a été rendue le 20 décembre 1860, en vertu de laquelle il a été décidé qu’on frapperait des pièces de o, de 10 et de 20 centimes en cuivre, contenant 20 pour 100 de nickel. Celle nouvelle monnaie a l’aspect de l’argent; elle est petite, légère, ne s’oxyde pas, et, par conséquent, ne laisse aucune odeur aux doigts. La pièce de 10 centimes pèse 4 1/2 grammes, celle de 20 centimes 7 grammes et celle de 5 centimes 3 grammes.
- Il existe, en Belgique, des mines de nickel en pleine exploitation. Pour traiter le minerai, on commence d’abord par lui faire subir une espèce de grillage pour le débarrasser de l’arsenic qui y est presque toujours associé, puis on le mélange avec du sable et du carbonate de soude, on fait chauffer, et le nickel pur se sépare.
- Le nickel métallique, en raison de son aspect argenté, est employé avec succès à la fabrication d’un grand nombre d’ornements. A l’état d’oxyde, il est de couleur noire et sert à colorer le verre et la porcelaine. (Ibid.)
- De l’industrie du papier en Russie.
- On a commencé, en Russie, à s’occuper de la fabrication du papier beaucoup plus tard qu’on ne l’a fait des autres industries; son développement ne date guère que de
- (1) On sait que les commissaires britanniques ont pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer la permanence du palais dans l’intérêt des futures expositions décennales. Dans ce but, la Société des arts s’est garanti pour 99 ans la possession d’une partie de ces bâtiments. Les commissaires de l’Exposition de 1851, propriétaires de l’emplacement du palais actuel, se sont engagés à n’en pas disposer au moins pendant 10 ans, à la charge, par les commissaires de 1862, de servir une rente annuelle de 25,000 fr., ou de payer une somme de 250,000 fr. Le palais que l’on construit subsistera donc, si les bénéfices de l’Exposition de 1862 permettent de remplir ces conditions. Pour y parvenir, on a dû renoncer à toute dépense qui n’était pas imposée par les besoins les plus urgents de celte Exposition. Les bâtiments actuels sont donnés au public comme une ébauche, mais ils se compléteront avec le temps, et, à mesure que les ressources financières s’accroîtront, on y ajoutera les décorations qui doivent en faire un édifice national.
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- 1840. Actuellement le papier mécanique tend de plus en plus à se substituerai! papier à la cuve.
- La plupart des fabriques se trouvent dans les gouvernements de Saint-Pétersbourg, Kalouga, Moscou, Viatka, Wilna, Toula, Orel et Jaroslaff. D’après les données officielles pour 1857, il y avait 161 fabriques, occupant 11,730 ouvriers et produisant pour une valeur de 18,127,616 fr.
- En général, on peut dire que la fabrication du papier en Russie est dans une situation avantageuse, et cependant le Gouvernement s’est plusieurs fois cru obligé d’avoir recours, en faveur de cette industrie, à des mesures restrictives très-énergiques. C’est ainsi que, de 1822 à 1841, l’importation du papier à écrire était entièrement prohibée et le papier d’impression frappé d’un droit élevé. Le tarif de 1857 a accordé quelques facilités pour l’importation, mais le droit de 6 roubles par poud (24 fr. pour 16k,38, soit 146 fr. 50 c. par 100 kilog.) restreint considérablement encore la concurrence étrangère. Aussi la fabrication du papier en Russie est-elle encore très-faible par rapport à celle de l’Europe; les prix sont très-élevés et la qualité du produit laisse à désirer.
- Les chiffres de l’exportation ne sont pas satisfaisants non plus. De 1827 à 1831, elle s’est élevée, en moyenne, à une valeur de 132,276 fr. par an ; de 1832 à 1836, elle a été de 71,984 fr.; de 1837 à 1841, de 88,932 fr.; de 1842 à 1846, de 81,333 fr.; et, les années suivantes, elle n’a pas augmenté. Il est encore essentiel de remarquer que cette exportation se faisait exclusivement en Perse et dans l’Asie centrale. (Annales du commerce extérieur.)
- Sur un procédé de désinfection des égouts.
- Parmi les nombreux moyens proposés pour désinfecter les égouts, en voici un essayé avec succès à Londres par la Commission de salubrité du district de Saint-Tho-mas’s Exeter ;
- L’an dernier, cette Commission reçut de nombreuses plaintes au sujet de la bouche d’un égout, dont les émanations incommodaient fortement le personnel d’une administration de chemin de fer voisine. En conséquence, elle s’était décidée à déplacer la bouche de cet égout, et à le reporter plus loin jusqu’à la rivière Exe qui en aurait reçu les produits. Ce simple déplacement n’exigeait pas moins de 30,000 fr. de frais, et la Commission était sur le point de l’exécuter, lorsque son attention fut appelée sur un procédé appliqué avec succès par M. Mac-Dougal à la désinfection des égouts de Carlisle, procédé consistant dans l’emploi de l’acide carbolique. Après avoir longuement discuté et expérimenté le moyen, elle s’est déterminée à l’adopter et est arrivée au but qu’elle voulait atteindre dans les conditions les plus économiques. Ainsi, au lieu de dépenser une somme de 30,000 fr. qui, au résumé, n’aurait fourni qu’un médiocre résultat, puisqu’il aurait fallu souiller les eaux d’une rivière, on a simplement recours à l’acide carbolique dont il ne faut, chaque jour, que pour lf,05 pour obtenir une désinfection complète. ( Journal of the Society of arts. )
- Tome VIII. -— 60e année. T série. — Octobre 1861.
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- SÉANCES DU CONSEIL DAOMINISTRATION.
- Sur le blanc d'ablette qui sert à la fabrication des perles fausses, par M. Barreswil.
- « Le blanc d’ablette, tel que l’emploient les fabricants de perles, est une matière organique; la matière nacrée bien purifiée est un principe immédiat pur.
- « Toutes les propriétés de cette belle matière, son insolubilité dans l’eau, dans l’ammoniaque et dans l’acide acétique, la manière dont elle se comporte au feu, soit seule, soit sous l’influence de l’hydrate de potasse; sa solubilité dans les acides sulfurique, nitrique et chlorhydrique; la manière très-caractéristique de cristalliser des sels résultant de cette dissolution; la facile décomposition, par l’eau, de la combinaison sulfurique; la production, par évaporation, de la dissolution nitrique d’un composé jaune que la potasse transforme en une matière rouge; la précipitation du sel nitrique par le nitrate d’argent et les caractères de cette réaction : toutes ces propriétés, dis-je, sont les mêmes que celles attribuées à la guanine d’Unger. L’essai comparatif de la matière nacrée et d’un échantillon de guanine provenant du laboratoire de M. Liebig, et qu’a bien voulu m’envoyer M. Knapp, ne me laisse aucun doute sur l’identité des deux substances.
- « Dans une prochaine communication je donnerai, avec les résultats de l’analyse élémentaire, les conséquences de ce fait au triple point de vue chimique, physiologique et industriel. » ( Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 14 août 1861.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — S. Exc. M. le Ministre de t agriculture, du commerce et des travaux publics informe que deux bourses entières, parmi celles réservées aux candidats de la Société, sont disponibles pour le 1er octobre à l’école impériale des arts et métiers d’Angers. (Renvoi au jury d’examen. )
- MM. E.Fièvel et comp., à Roubaix (Nord), sollicitent l’examen d’un appareil breveté servant à la carburation du gaz d’éclairage. (Renvoi aux comités des arts chimiques et économiques. )
- MM. A. de Cartier et comp., à Bruxelles, chaussée de Louvain, 1, présentent une couleur à base de fer destinée à remplacer avec économie le minium pour la préservation du bois et des métaux. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. F. Wilmot fils, chimiste-manufacturier, à Saint-ïmier ( Suisse ), communique
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- SÉANCES DU CONSEIL D* ADMINISTRATION.
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- un procédé de dorure galvanique permettant d’imiter l’or a ses différents titres par l’emploi de trois bains dont il donne la composition. ( Renvoi au même comité. )
- M. Vuadel, entrepreneur d’appareils à gaz, rue de la Pompe, 13, dépose un nouveau système de réflecteur en porcelaine. (Renvoi au comité des arts économiques.)
- M. Gutmann, à Batignolles-Paris, rue Saint-Germain, 6, sollicite l’examen de ses planches et cartons enduits d’une pâte qui, suivant l’auteur, les rend imperméables et ininflammables, et permet de les employer avec avantage pour couvrir les bâtiments. ( Renvoi au même comité. )
- M. Minich ( Jean-François ), ingénieur-mécanicien, soumet à l’appréciation du Conseil les perfectionnements qu’il a apportés à sa machine à triturer. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- Rapports des comités. —-Au nom du comité des arts chimiques, M. Gaultier de Claubry lit un rapport sur la 13" édition de l’ouvrage de M. Henri Violette intitulé , nouvelles Manipulations chimiques simplifiées.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin.
- Au nom du comité des arts économiques, M. Silbermann donne lecture d’un rapport sur la lampe à trois mèches de M. Sebillat présentée par M. Gauthier, ferblantier-lampiste.
- Ce rapport sera inséré au Bulletin.
- Communications.—M. l’abbé Moigno présente les produits de la savonnerie établie près de Paris, au port Saint-Ouen, par MM. Auguste Gontard, de Marseille, et Schmidt.
- M. l’abbé Moigno entre dans quelques détails sur l’historique de la fabrication du savon. Il rappelle l’édit de Louis XIV, du 5 octobre 1678, destiné à réglementer cette industrie et à réprimer les fraudes. Il cite les décrets de 1811 et 1812, qui autorisèrent l’emploi d’une huile quelconque dans la préparation des savons et accordèrent aux produits de Marseille une marque particulière. Quoique non abrogés, ces décrets sont tombés en désuétude, et les sophistications n’ont pas tardé à pénétrer dans cette industrie comme elles ont pénétré dans beaucoup d’autres, ce qui faisait déjà dire en 1849 à M. Balard : on est forcé de regarder la production des savons comme ayant fait des pas rétrogrades.
- Animés du désir de combattre la fraude, MM. Gontard et Schmidt ont entrepris de livrer au marché de Paris du véritable savon marbré pur, dit savon de Marseille. L’usine qu’ils ont établie à Saint-Ouen sur des proportions considérables fournit, par jour, en une seule cuite, 13,000 kilog. de savon. Les matières premières qu’ils emploient sont tirées de diverses provenances, telles que l’Inde pour la graine de sésame, l’Afrique pour les arachides, l’Italie, l’Espagne, l’Algérie, la Provence pour les huiles d’olive. Enfin ils ont établi des fours pour fabriquer la soude nécessaire à leur consommation.
- ( Renvoi aux comités des arts chimiques et mécaniques. )
- M. Troccon, de Lyon, montre plusieurs spécimens de son système de lampe à verre ovoïde fumivorc. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- M. le Président annonce que la Société suspendra, comme à l’ordinaire, ses séances pendant deux mois pour les reprendre au 20 octobre; néanmoins, pendant cet intervalle, les comités et commissions pourront se réunir toutes les fois qu’ils le jugeront utile.
- Séance du 23 octobre 1861.
- M. Chevallier, membre du comité des arts chimiques, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — M. Viollet, ingénieur civil, rue Bonaparte, 88, présente une note sur le choix des points du quart de cercle qui correspondent au minimum d’erreur dans les observations faites avec les boussoles des tangentes, les galvanomètres et les boussoles de sinus, pour la mesure des courants électriques. (Renvoi aux comités des arts mécaniques et économiques. )
- M. Ant. Cochot, ingénieur-mécanicien, rue Moreau, 12 et 14, sollicite l’examen d’une machine à scier le bois en grume commandée par le Gouvernement pour envoyer à Saigon ( Cochinchine ) ; cette machine, n’ayant besoin ni de fosse ni de maçonnerie, peut scier dans les forêts mêmes les arbres les plus longs. (Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. jFichet (Anatole), ingénieur civil, rue de Grenelle-Saint-Germain, 39, appelle l’attention du Conseil sur un instrument destiné à tracer des lignes droites ou courbes, parallèles et équidistantes, pour produire des fonds unis ou moirés. ( Renvoi au même comité. )
- M. Royer, fabricant d’instruments de précision, rue de l’Ancienne-Comédie, 12, dépose plusieurs compas perfectionnés. (Renvoi au même comité. )
- M. Barret ( J. B. ), rue du Cherche-Midi, 34, espérant avoir trouvé un nouvel emploi de la force dans les lois du plan incliné et du levier, présente les dessin et description d’un système d’échappement applicable à diverses industries. ( Renvoi au même comité. )
- M. Pourret, à Marseille, boulevard du Nord, 20, envoie un mémoire sur un projet de machine à vapeur à action et réaction combinées. ( Renvoi au même comité. )
- M. J. Aubry, rue des Moulins-Batignolles, 8, adresse un mémoire descriptif sur un système de chemin de fer à courbes de petits rayons. ( Renvoi au même comité. )
- M. Mandet, ouvrier mécanicien de Marseille, à Bercy, rue Villiot, 14, présente un système de rail à crémaillère pour empêcher le patinement des roues dans les rampes de chemins de fer. ( Renvoi au même comité. )
- M. Jonnard, rue Saint-Jacques, 358, sollicite l’examen d’un mécanisme destiné à donner le mouvement d’avance ou d’arrière à un véhicule quelconque, au moyen d’un volant. ( Renvoi au même comité. )
- Mme Helbronner (Sophie), rue Castiglione, 6, demande à communiquer un procédé pour faire la tapisserie nuancée à l’aiguille par un moyen mécanique. ( Renvoi au même comité. )
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- SÉANCES DU CONSEIL d’ADMINISTRATION.
- (337
- M. Thierry fils, ingénieur-mécanicien, rue des Marais-Saint-Martin, 91, envoie les dessin et description d’un appareil surchauffeur fumivore, sur lequel des expériences favorables ont été faites par M. Ser, ingénieur de l’Assistance publique. (Renvoi au même comité réuni à celui des arts économiques. )
- M. G. Barreaux, ingénieur civil, soumet au Conseil une notice sur les dispositions à donner aux carnaux pour brûler la fumée produite par la combustion de la houille. ( Renvoi aux mêmes comités. )
- M. Lelandais ( Alexandre ), distillateur, à Nantes, transmet un mémoire sur l’emploi de la vapeur pour l’extinction des incendies, ainsi que le plan d’une chaudière locomobile affectée à l’application de ce système. ( Renvoi aux comités des arts chimiques et économiques. )
- M. Bardou, constructeur d’instruments d’optique, rue de Chabrol, 65, met sous les yeux du Conseil une lunette à objectif de 0m,045 de diamètre, montée en aluminium sans soudure. (Renvoi aux mêmes comités. )
- MM. Rousselot et comp., à Charonne-Paris, rue de la Cour-des-Nonnes, 2 et 4, écrivent qu’iis obtiennent l’acier de fusion de prime abord avec toutes espèces de fers vieux ou neufs, et qu’ils sont parvenus à donner aux métaux mous la dureté que l’acier acquiert par la cémentation. (Renvoi au comité des arts chimiques. )
- MM. E. Mouvet et comp., à Àndenoe ( Belgique ), présentent des creusets réfractaires annoncés comme supportant, sans la moindre détérioration, les plus brusques changements de température. ( Renvoi au même comité. )
- M. Fabre-Volpelière, pharmacien, à Arles (Bouches-du-Rhône), adresse une note sur une nouvelle altération frauduleuse du safran en poudre. ( Renvoi au même comité. )
- M. Croc ( Louis), chimiste, à Aubusson (Creuse), sollicite l’examen d’une encre qu’il considère comme indélébile. (Renvoi au même comité. )
- M. Saurel, rue de Viarmes, 6, propose de substituer certaine pierre réfractaire à la brique dans la construction de la sole des fours à cuire le pain. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- MM. Lesueur, boulevard des Amandiers, 78, signalent les perfectionnements apportés par eux aux panneaux en faïence pour appareils de chauffage. (Renvoi au même comité. )
- M. Mauban, ferblantier-lampiste, rue Boileau, 5, dépose un nouvel appareil à tube aérifère pour l’allaitement. ( Renvoi au même comité. )
- M. Tarade ( Émile de), propriétaire, au château de Belleroche (Indre-et-Loire), voulant donner à l’opérateur le moyen d’éviter le danger qu’il court en retirant des cuves les marcs de raisin, propose l’emploi d’un tuyau de caoutchouc dont un bout serait appliqué aux lèvres, les narines étant bouchées, tandis que l’autre bout irait puiser au dehors l’air propre à la respiration. ( Renvoi au même comité. )
- M. Brunet, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 4, sollicite l’examen d’une liqueur dite kind-peel. ( Renvoi au même comité. )
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- M. Durand, à Blercourt ( Meuse ), présente un système de miroir à verres de différentes couleurs pour la chasse aux alouettes. ( Renvoi au même comité. )
- M. Larisse, agronome, à Mozat ( Puy-de-Dôme), soumet plusieurs procédés pour planter la vigne et la préserver de l’oïdium, pour empêcher la gelée de se fixer sur les arbres à fruils, etc. ( Renvoi au comité d’agriculture. )
- M. Rollet, à Lyon, avenue de Saxe, 96 (Brotteaux), adresse une note relative aux moyens qui lui paraissent propres à produire une diminution dans le prix de la viande de boucherie. ( Renvoi au comité de commerce. )
- M. Teyssier, à Bordeaux, propose une série de procédés pour appliquer les combinaisons numériques à la confection de dessins réguliers pour la marqueterie. (Renvoi à la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie. )
- M. Gelin (Félix), rue Neuve-Saint-Augustin, 11, demande à communiquer un procédé exploité aux Etats-Unis, lequel aurait pour but de supprimer la gravure sur bois en durcissant ou pétrifiant, pour ainsi dire, sous la main le travail du dessinateur. ( Renvoi à la même commission. )
- M. Lhoest, ingénieur civil, rue Fontaine-au-Roi, 55, sollicite l’examen d’une machine au moyen de laquelle il transforme un buste en une médaille de relief et de dimension quelconques. (Renvoi à la même commission réunie au comité des arts mécaniques. )
- Rapports des comités. — Au nom du jury d’examen pour les écoles impériales d’arts et métiers, M. Benoît rend compte du concours ouvert par la Société pour les places mises à sa disposition, celte année, par M. le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics.
- Un extrait de ce compte rendu paraîtra au Bulletin.
- M. Amédèe-Durand, membre du Conseil, au nom de M. O. Hempel, ingénieur en instruments de précision, quai des Grands-Augustins, 55, appelle l’attention de la Société sur un système de balance d’analyse de haute précision, au sujet de laquelle il entre dans quelques explications. ( Renvoi aux comités des arts mécaniques et économiques. )
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- La Société d’encouragement a reçu, dans les séances des 14 août et 23 octobre 1861, les ouvrages dont les titres suivent :
- Ouvrages offerts à la Société.
- Annales des mines, livr. 5 et 6, 1860, et lre, 2e livr. ,1861.
- Annales du commerce extérieur. Juillet et août 1861.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
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- Annuaire de la Société météorologique de France. Feuilles 6 à 11. Bulletin des séances.
- Annales des conducteurs des ponts et chaussées. Juin, juillet, août 1861.
- Annales télégraphiques. Juillet et août 1861.
- Annales de l’agriculture française. Nos 3 à 6.
- Annales de la Société d’horticulture de la Haute-Garonne. Mai et juin 1861.
- Bulletin du musée de l’industrie, parM. Jobard. Juillet 1861.
- Bulletin de la Société chimique de Paris. Nos 4, 5, 1861.
- Bulletin de la Société protectrice des animaux. Juillet et août 1861.
- Bulletin de la Société de l’industrie minérale. Janvier, février, mars 1861.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Juillet, août, septembre 1861.
- Bulletin des séances de la Société impériale et centrale d’agriculture. Nos7, 8, 1861.
- Bulletin de la Société française de photographie. Août, septembre 1861.
- Cosmos, revue encyclopédique, par M. l’abbé Moigno. Livr. S à 16.
- Culture ( la ). Écho des comices, par M. Sanson. Nos 3 à 8.
- Cultivateur de la Champagne ( le ). Août, septembre 1861.
- Génie industriel ( le ), par MM. Abmengaud frères. Juillet, août, septembre, octobre 1861. Invention (P), par M. Desnos-Gabdissal. Août, septembre 1861.
- Journal d’agriculture pratique, par M. Barral. N0315 à 20, 1861.
- Journal de la Société impériale et centrale d’horticulture. Juillet, août, septembre 1861. . Journal d’éducation populaire. Juillet, août, septembre 1861.
- Journal d’agriculture de la Côte-d’Or. Août 1861.
- Journal des fabricants de sucre. N03 17 à 28.
- Lumière ( la ). N0313 à 19.
- Moniteur scientifique ( le), par M. le docteur Quesneville. Livr. 111 à 115.
- Presse scientifique des deux mondes ( la ), sous la direction de M. Barral. Nos 15 à 20.
- Propriété industrielle ( la ). N03 188 à 199.
- Publication industrielle des machines, outils et appareils, par M. Armengaud aîné. Vol. XIII. Répertoire de chimie pure, par M. Wurtz. Août, septembre et octobre 1861.
- Répertoire de chimie appliquée, par M. Barreswil. Août, septembre et octobre 1861.
- Revue générale de l’architecture et des travaux publics, par M. César Daly. N03 4 à 7.
- Revue agricole et industrielle...de Valenciennes. Mai, juin, juillet et août 1861.
- Société des ingénieurs civils. Séances des 2 août, 6 septembre et 4 octobre 1861.
- Technologiste ( le ), par MM. Malepeyre et Vasserot. Août,septembre et octobre 1861.
- Annuaire des engrais, par M. F. Rohart. Liv. 9 à 12.
- Almanach des progrès de l’industrie et de l’agriculture, par M. Ch. Laboulaye. 1 vol. in-32. Pa-gnerre et Lacroix, édit. 1861.
- Chimie photographique, par MM. Barreswil et Davanne. 1 vol. in-8, 2e édit. Mallet-Bachelier, édit.
- Congrès scientifique de France. 27° session. T. Ier, 1861.
- Catalogue des brevets d’invention. N03 1 à 5.
- Description des machines et procédés brevetés ( loi de 1844 ). T. 38.
- De l’emploi de la chaîne à augets comme moteur, par M. L. Ordinaire de Lacolonge. Br. Viclor-Dalmont, édii. Paris, 1861.
- Des causes morales de l'insuffisance et de la surabondance périodiques de la production du blé en France, par M. Herpin, de Metz. Br. Cherbourg, Aug. Mouchel, édit.
- Extrait des séances du congrès scientifique de France tenu à Cherbourg en septembre 1860. — Réponse aux lre et 2e questions de botanique, par MM. Besnon et Lachenecé. Br. Cherbourg, Aug. Mouchel, édit.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- Mémoire sur les propriétés désinfectantes et thérapeutiques des permanganates alcalins, par M. Bondy. Br. J. B. Wyber, impr.
- Notice sur la distillerie de MM. Rolland et comp., à la Rochefoucauld, par M. Ordinaire de La-colonge. Br. Bordeaux, typ. Guenouilhou.
- Relation générale des fêtes célébrées les 19, 20,21 juillet 1861, dans la ville de Sens, pour l’inauguration de la statue de Thénard, suivie des discours prononcés à cette occasion et d’une notice de M. E. Jacob sur le mariage de saint Louis à Sens. Br. Sens, Chapu, impr.-édit.
- American journal of science and arts. N03 90, 91.
- Il nuovo Cimento, par MM. Matteucci e Piria. Juillet et août 1861.
- Journal of the Society of arts. N03 454 à 465.
- Newton’s London Journal. Août, septembre et octobre 1861.
- Nieuw Tijdschrift... van prof. S. Bleekrode. Cah. VIII et IX.
- Proceedings of the royal Society of London. Vol. X, 1860, et n08 43, 44, 45, vol. XI.
- Proceedings of the royal geographical Society. NoS 3 et 4.
- Philosophical Transactions of the royal Society of London. Yol. 150, part. 1 à 11.
- Photographic journal. Ncs 112 à 114.
- Polytcchnisch.es Journal, von Max. Dingler. N° 925.
- Revista de obras publicas. N0315 à 19. Ano IX.
- Publications périodiques.
- Annales de chimie et de physique. Août, septembre et octobre 1861.
- Annales des ponts et chaussées. Novembre et décembre 1860.
- Annales du Conservatoire impérial des arts et métiers. N03 5 et 6.
- The Artizan. Août 1861.
- Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences. N03 5 à 16.
- The Mechanic’s Magazine. Juillet 1861.
- Practical Mechanic’s Journal ( the ). Août 1861.
- Repertory of patent inventions ( the ). Août 1861.
- Revue municipale. Août et septembre 1861.
- Teinturier universel ( le j. N03 9 à 14.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme V« BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5. — 1861.
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- 60e ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. TOME VIII. — NOVEMBRE 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- AGRICULTURE.
- Rapport fait par M. Benoît, au nom des comités des arts mécaniques et d’agriculture réunis, sur le silo agricole ou grenier mobile de M. le marquis d’Auxy, rue de Lafayette, 57.
- Messieurs, M. le marquis d’Auxy vous a présenté, sous le nom de Silo agricole, un grenier mobile que vous avez renvoyé à l’examen de vos comités réunis des arts mécaniques et d’agriculture qui m’ont chargé de vous rendre compte de leurs appréciations. Le silo agricole dont il s’agit a une grande analogie de forme générale avec le grenier mobile de M. Valéry, décrit avec figures dans la 38e année du Bulletin de la Société, pages 123 à 129, et planches 761, 762 et 763; car il est cylindrique comme lui, et son axe est horizontal. Cela devait être, puisque M. d’Auxy s’est précisément proposé d’en simplifier la composition et la construction, et de lui appliquer un autre mode de mouvement, afin d’en mettre le prix et la manœuvre plus à la portée des exploitations agricoles que ne l’ont été le prix d’achat, les frais d’installation et de mise en mouvement de l’ancien grenier mobile.
- M. d’Auxy a pensé, avec raison, que les exploitations agricoles ont rarement Besoin de greniers propres à renfermer plus de 100 hectolitres de blé, et que, pour la plupart des cultivateurs, des greniers d’une capacité de 3 mètres cubes, dans laquelle la manutention d’une réserve de 25 hectolitres de blé peut être facilement opérée, suffisent.
- Tome VIII. — 60e année. 2° série. — Novembre 1861.
- 81
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- AGRICULTURE.
- Le grenier ou silo agricole que vos comités ont examiné et vu manœuvrer à la Villelte a une capacité de 2,7 mètres cubes; il peut contenir de 22 à 23 hectolitres de blé; son diamètre est de 2 mètres, sa largeur de 0m,8ô et son poids de 250 kilogrammes. Son tambour cylindrique est divisible en deux parties, suivant un plan passant par Taxe, en retirant les boulons qui les réunissent. Les faces circulaires de ce tambour sont formées de fortes planches jointives, assemblées à rainure et languette, avec encadrement, et le tout est consolidé par des bandes de fer vissées au bois, perpendiculairement au plan diamétral de division du tambour, à l’endroit des boulons d’assemblage.
- La périphérie ou surface cylindrique du silo consiste principalement en feuilles de zinc perforées, de 0m,002 millimètres d’épaisseur, fixées sur les" rives des faces circulaires, desquelles l’écartement est maintenu, sur l’arbre central du silo, par quelques douves extérieures en bois. Dans deux de celles-ci, opposées, sont ménagées des portes que l’on ouvre pour procéder à l’ensilement du grain, et ces portes en présentent elles-mêmes de plus petites, qui, étant ouvertes dans la position la plus basse qu’elles peuvent recevoir, servent à désensiler le blé, qui s’écoule alors naturellement. Quelques cadenas suffisent ainsi pour mettre le contenu du silo à l’abri des mains infidèles.
- Le silo agricole est supporté par un patin en bois de forme ordinaire, muni de coussinets en fonte dans lesquels peuvent tourner les tourillons de l’arbre central. Les dispositions adoptées pour le mouvoir sont des plus simples ; seize chevilles en bois sont fichées d’équerre sur chacune de ses deux faces circulaires et près de leurs bords. Deux leviers terminés par une fourchette pouvant leur donner un point d’appui, sur ou sous l’arbre central qu’on lui fait embrasser, servent, en pressant les chevilles situées à la hauteur de cet arbre, à déplacer plus ou moins le centre de gravité de la masse de blé que le silo renferme : et l’on conçoit que, si l’on dégage les leviers des chevilles qu’ils ont pressées, en les écartant des faces du silo , sans séparer leur fourchette de son arbre, ce silo oscille naturellement comme un pendule. Lorsque, après avoir rétrogradé, les chevilles poussées se meuvent de haut en bas, les opérateurs peuvent facilement engager les leviers sur les chevilles suivantes, arrivées à la hauteur de l’arbre, les presser à leur tour, et continuer cette manœuvre jusqu’à ce que les premières chevilles poussées se représentent à l’action des leviers, moment auquel le silo aura effectué une révolution entière sur son axe.
- Il est clair, d’après cela, qu’à chacun des déplacements successifs que l’on fera ainsi subir au silo, la surface supérieure du blé renfermé, horizontale
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- AGRICULTURE.
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- au repos, changera de position dans l’espace, et y prendra une inclinaison de plus en plus grande, jusqu’à devenir égale au talus naturel du blé ; de sorte que, à partir de ce moment, chaque nouvelle cheville pressée, correspondant à une augmentation de ce talus, déterminera nécessairement l’é-boulement d’une couche de blé qui descendra frapper la paroi intérieure cylindrique, dont les jours laisseront sortir la poussière et les mauvaises graines, s’il en existe.
- Lorsque les 5/6 de la capacité du silo sont occupés par le blé, un seul homme, par un travail de dix minutes, lui fait décrire un tour entier ; mais, si le silo contient moins de blé que cette charge normale, le concours de deux hommes peut devenir nécessaire, parce qu’alors le centre de gravité du blé ensilé est plus éloigné de l’axe, appui des leviers de motion.
- Il est évident que toutes les tranches de blé éboulées seront situées à la même distance de l’axe, qui est celle de cet axe à la surface du blé au repos, de sorte que, si cette distance n’est pas nulle, c’est-à-dire si le grenier est plus d’à moitié plein de blé, il n’y aura de grain déplacé ou pellé, par la manœuvre indiquée, que celui situé au dehors d’un cylindre tangent à cette surface et ayant le même axe que le silo ; tandis que tous les grains de cette partie du blé ensilé conserveront toujours leurs mêmes positions relatives, malgré le déplacement du grenier. Les oscillations communiquées au silo agricole seront donc impuissantes pour garantir le cylindre de blé désigné, contre les atteintes du charançon et autres insectes qui détruisent ordinairement les céréales abandonnées au repos, et, pour empêcher un tel effet de se produire, il faudra désensiler cette partie de blé en la faisant écouler par une des petites portes amenée au bas du silo, et la cribler au besoin, ou mieux encore la passer au tarare avant de la réensiler.
- Ce désensilement, duquel, toutes choses égales d’ailleurs, l’emploi du grenier mobile Yallery dispense, est la suite de la suppression que M. d’Auxy a faite, des cloisons qui divisent la capacité de ce grenier en compartiments séparés; car ces compartiments pivotant autour de l’axe du grenier, leur arête commune, à chaque révolution de cet axe tous les grains du blé, dont ils ne sont qu’en partie remplis, obéissent successivement à l’action de la gravité et changent de position relative ou se meuvent les uns à l’égard des autres, ce qui n’a pas lieu, comme nous l’avons vu, pour la partie de blé placée tout à l’entour de l’axe du silo agricole.
- Pour déterminer le volume du cylindre de blé qui reste au repos relatif dans le silo agricole, on peut faire usage de la formule assez simple
- 0,0087266® —|sin ® )r\ donnant la surface du segment de cercle dont la corde sous-tend l’angle au centre dans un cercle de rayon r. En y suppo-
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- AGRICULTURE.
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- sant « = 112° 48', par exemple, on trouve que cette surface est égale à 0,52343 r2, qui, à 1 dix-millième 2/3 près, est exactement le sixième 0,52359r2 de la surface v-r2 du cercle section transversale du silo; et comme cos 4 112° 48' = 0, 55339, on voit que le rayon du cylindre dont il s’agit est égal à 0,55339 r, c’est-à-dire aux 55 centièmes } environ du rayon du silo. Il résulte de là que le volume de ce cylindre occupe le tiers de la capacité du silo, c’est-à-dire précisément l’excès des 5/6 sur le 1/2 de cette capacité, comme cela doit être, puisqu’une charge de blé qui ne dépasserait pas Taxe du grenier serait pellée dans toutes ses parties. Le cylindre dont il s’agit représente donc les 4/10es du blé ensilé.
- Il est d’ailleurs facile de s’assurer de l’opportunité du désensilement, en introduisant dans le silo une sonde pour en retirer un échantillon du blé voisin de l’axe. L’état dans lequel ce blé se trouvera démontrera la nécessité ou l’inutilité actuelle de cette opération.
- Les parties qui composent le silo agricole peuvent, comme nous l’avons dit, être facilement séparées les unes des autres en ôtant les boulons qui les assemblent. Les deux moitiés du tambour ou silo proprement dit sont alors aisément transportées à bras, peuvent passer par les portes ordinaires des bâtiments ruraux, et être promptement réassemblées là ou l’on veut. Si de tels silos sont placés les uns au-dessus des autres, on pourra conserver une plus ou moins grande réserve de grains sur un emplacement horizontal restreint, et le contenu de l’un quelconque de ces silos pourra être, au besoin, dirigé dans un des silos inférieurs, à l’aide d’un simple tuyau convenablement coudé.
- Le silo agricole dont j’ai eu l’honneur d’entretenir le Conseil paraissant satisfaire aux conditions que son inventeur s’est imposées, et pouvant ainsi rendre des services aux petits cultivateurs en ajoutant aux procédés dont ils font ordinairement usage un nouveau moyen peu coûteux de conservation de réserves de céréales qu’ils ont souvent intérêt à faire d’une récolte à l’autre, vos comités d’agriculture et des arts mécaniques m’ont chargé, Messieurs, de vous proposer
- 1° De remercier M. le marquis d’Auxy de sa communication ;
- 2° De publier le présent rapport dans le Bulletin de la Société et de consacrer une de ses planches à la représentation du silo agricole.
- Signé Benoît, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 3 juillet 1861.
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- ECLAIRAGE.
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- LÉGENDE RELATIVE AU GRENIER MOBILE DE M. D’AUX Y REPRÉSENTÉ PLANCHE 233.
- Fig. 1. Vue de profil de l’appareil.
- Fig. 2. Vue de face.
- Ces deux figures n ont pas d’échelle, parce que l’appareil varie de dimension suivant la quantité de blé qu on veut y mettre et suivant l’espace dont on dispose pour le loger.
- A, tambour cylindrique formé de deux demi-cylindres réunis, suivant le plan de leur axe commun, par un système de boulons et d’écrous facile à démonter. La surface de ce tambour est formée de feuilles de zinc perforées, dont les trous ont 0m,0025 de diamètre.
- B, B, joues du tambour composées de planches jointives, assemblées par languette et rainure avec encadrement polygonal; c’est sur la rive circulaire de ces joues que sont fixées les feuilles de zinc.
- C, bandes de fer vissées sur les joues du tambour perpendiculairement aux joints des planches.
- D, douves maintenant l’écartement des joues du tambour.
- E, E, portes à coulisses pour l’introduction du grain.
- F, F, petites ouvertures servant à désensiler le blé lorsque, par la rotation du tambour, on les amène à la partie inférieure de l’appareil.
- G, axe de rotation du tambour tournant dans des coussinets en fonte.
- H, H, tréteaux en bois supportant les coussinets de l’arbre G; ils reposent sur des semelles reliées entre elles par des traverses et des tringles boulonnées.
- I, chevilles fixées perpendiculairement aux joues du tambour sur l’encadrement polygonal ; elles sont au nombre de seize pour chaque joue et disposées deux à deux à la même hauteur.
- J, J, leviers de manœuvre disposés de chaque côté du tambour pour agir sur
- l’arbre G, et faire peu à peu tourner le système en agissant successivement sur les chevilles. ( M. )
- ÉCLAIRAGE.
- Rapport fait par M. Silbermann, au nom du comité des arts économiques, sur la lampe a trois mègiies, système Sibillat, présentée par M. Gauthier, rue du Château-d’Eau, 71.
- Messieurs, la lampe qui a été soumise à votre appréciation, et dont l’examen a été renvoyé à votre comité des arts économiques, ne diffère du système ordinaire des lampes à modérateur que par la réunion de trois mèches
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- ÉCLAIRAGE.
- de calibres différents dont on peut faire usage soit alternativement, soit d’une manière simultanée.
- Ainsi que j’ai pu m’en convaincre par des essais prolongés, le service de ces trois mèches n’apporte aucune entrave au bon fonctionnement de l’appareil, et soit qu’on allume la mèche dite de 8 lignes, soit qu’on fasse brûler celle de 16, la dépense d’huile et l’intensité de lumière sont les mêmes qu’avec des lampes ordinaires d’un calibre correspondant.
- La troisième mèche est une simple veilleuse qui, au moyen d’un jcaléfac-teur disposé pour remplacer le verre de la lampe, peut servir à chauffer de la boisson.
- Le but de cette lampe est facile à comprendre ; il consiste dans la facilité qu’elle offre d’obtenir, avec le même appareil, une quantité de lumière plus ou moins grande par la seule manœuvre du bouton spécial dont chacune des trois mèches est munie. Si, par exemple, la mèche de 16 lignes est allumée et qu’on veuille moins de lumière, on montera la mèche de 8 lignes qui prendra feu au contact de la précédente, et l’on n’aura plus qu’à abaisser celle-ci. L’inverse sera aussi facile à obtenir, et l’opération se fera de la même manière pour la veilleuse. Dans ce dernier cas, la consommation de l’huile devant être extrêmement réduite, il est essentiel que le liquide n’arrive pas en trop grande quantité, sans quoi l’on serait obligé de remonter la lampe au milieu de la nuit. Pour éviter cet inconvénient, l’inventeur a disposé sur la galerie de la lampe une petite aiguille dont l’action sur un régulateur diminue à volonté l’affluence du liquide.
- En résumé, on voit que cette lampe, grâce aux dispositions peu compliquées que nous venons d’essayer de faire comprendre, peut remplacer, avec avantage et sans augmentation très-notable de prix, trois lampes différentes exigeant nécessairement plus de place et plus de soins pour leur entretien.
- Le comité des arts économiques a donc pensé qu’il n’était pas sans intérêt de faire connaître cet appareil, et il m’a chargé, en conséquence, de vous proposer de remercier M. Gauthier de sa communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé Silbermann, rapporteur. Approuvé en séance, le 14 août 1861.
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- Rapport fait par M. Le Roux , au nom du comité des arts économiques, sur
- UN RÉGULATEUR AUTOMATIQUE DE LUMIERE ÉLECTRIQUE présenté par M. SERRIN ,
- rue Meslay, 5.
- Messieurs, dès le 13 avril 1859, M. Serrin a fait fonctionner sous les yeux des membres de la Société un régulateur automatique de lumière électrique. Depuis cette époque il n’a cessé de perfectionner son appareil, journellement soumis à des épreuves délicates dont il sort victorieux, et le succès mérité de cet instrument nous a intéressé à l’examen approfondi de son ingénieuse disposition.
- Le but du mécanisme imaginé par M. Serrin est double : 1° maintenir les charbons à une distance aussi constante que possible ; 2° permettre à l’appareil de s’allumer seul, ou de se rallumer si, par une cause fortuite, les charbons venaient à se toucher. Disons tout de suite que M. Serrin n’a pas la prétention d’avoir inventé cette dernière fonction , mais de l’avoir réalisée par la disposition élégante que nous allons décrire.
- Qu’on se figure (voir planche 234, fig. 1, 2 et 3) une tige AB, verticale, suffisamment pesante, taillée en crémaillère ; elle porte à sa partie supérieure un bras horizontal auquel est fixé, suivant la verticale, le charbon supérieur C D. La crémaillère engrène dans une roue dentée F, solidaire elle-même d’une poulie G sur laquelle s’enroule une chaîne métallique qui, passant sur une seconde poulie J, vient s’attacher à une tige K verticale, servant à porter le charbon inférieur. On voit, d’après cela, que, à mesure que le charbon supérieur descend, l’inférieur monte, et que le rapport de leurs marches est déterminé par celui des rayons de la poulie G et de la roue F. Qu’on ajoute au système que nous venons d’esquisser un électro-aimant, destiné à arrêter le mouvement des charbons en agissant sur la roue F par une série d’engrenages, et on aura une première idée de l’appareil dont il s’agit.
- Jusqu’ici il semble que M. Serrin n’a fait qu’employer, avec des modifications de détail, un principe commun à bien des appareils déjà connus. Mais une disposition simple et ingénieuse vient, sans compliquer le mécanisme que nous venons de décrire, en changer immédiatement le caractère. Elle consiste à rendre la poulie J capable d’un déplacement vertical de quelques millimètres, ce qui est réalisé au moyen d’un parallélogramme ar-
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- ticulé R ST U (fig. 1), ce déplacement étant d’ailleurs commandé par l’électro-aimant dont nous venons de parler.
- On conçoit dès lors ( et c’est là le point original de l’invention de M. Ser-rin ) que le mouvement de déclic qui embraye le mouvement de la crémaillère ne fait qu’ébaucher, si l’on peut s’exprimer ainsi, l’écart des charbons, et que ceux-ci, par l’effet du mouvement oscillant dont est doué le charbon inférieur, peuvent prendre, à chaque instant, le degré d’écartement que comporte l’intensité électrique. Cet effet est bien différent du mouvement produit par l’engrenage, en ce que celui-ci ne permet jamais aux charbons de revenir sur leurs pas, tandis que, dans l’effet que nous venons de décrire, le charbon inférieur conserve une parfaite liberté de marcher soit d’avant en arrière, soit d’arrière en avant.
- Cela suffit, je crois, pour faire comprendre le système dont M. Serrin est l’auteur. Quant aux leviers, arrêts, vis réglantes, ressorts destinés à équilibrer Faction de la pesanteur sur certaines pièces, tout cela est du domaine de la légende descriptive. J’attirerai seulement, Messieurs, votre attention sur la disposition de F électro-aimant à laquelle on doit attribuer, plus même peut-être que Fauteur ne le suppose, l’excellent fonctionnement de l’appareil. Tout le monde sait avec quelle rapidité diminue la puissance attractive d’un aimant lorsqu’on s’éloigne des pôles ; l’effet d’une variation donnée de distance est évidemment d’autant plus sensible que cette distance est moindre. Il en résulte que, si l’armature est très-proche des pôles, il faut ne lui laisser faire que de très-petits mouvements, sans quoi l’appareil perd toute sensibilité. Mais, lorsqu’on restreint ainsi le jeu de l’armature, il faut, pour en obtenir quelque effet, le multiplier par des combinaisons de leviers, et l’effet devient souvent incertain. Au contraire, dans l’appareil de M. Serrin, l’armature de l’électro-aimant régulateur décrit un chemin égal à celui des organes qu’elle fait mouvoir et auxquels elle est immédiatement attachée. La disposition de cette armature est d’ailleurs telle, que l’attraction varie moins rapidement avec la distance que dans les dispositions usitées jusqu’alors. L’électro-aimant employé est rectiligne ; il est placé horizontalement. L’armature est formée par un morceau de fer P Q (fig. 3) recourbé à angle droit à ses deux extrémités, de manière que les parties extrêmes se trouvent à % millimètres environ des pôles O et O'. Il est facile de se rendre compte que l’attraction exercée sur une telle armature varie moins rapidement avec la distance que celle d’une armature placée presque au contact des pôles d’un électro-aimant.
- Le plan de l’appareil de M. Serrin est donc des mieux conçus. Quant à sa construction, on peut dire que c’est une machine parfaitement étudiée dans
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- ses moindres détails, tant sous le rapport des fonctions à remplir que sous celui de l’économie des organes et de la place qu’ils occupent.
- Les résultats pratiques consistent dans des centaines d’expériences des plus satisfaisantes. Votre rapporteur a pu voir fonctionner l’appareil dans les circonstances les plus diverses, s’allumer seul au haut d’un mât, les charbons brûler dans l’eau aussi régulièrement que dans l’air, etc.; il marche également bien soit avec le courant d’une pile, soit avec celui des machines magnéto-électriques. On doit même dire que M. Serrin a apporté un utile concours dans cette question, en offrant à la machine magnéto-électrique un régulateur assez sensible pour pouvoir utiliser, sans être obligé de les redresser, les courants alternativement de sens contraire que fournissent ces appareils.
- De ce que nous louons sans réserve tant l’ingénieuse disposition que l’excellent fonctionnement de l’appareil présenté par M. Serrin, cela veut-il dire que cet appareil suffira à tous les emplois que l’on voudrait faire de la lumière électrique? Évidemment on ne peut demander à un instrument une aptitude universelle.
- L’appareil de M. Serrin, une fois mis en place, s’allume seul et brûle jusqu’au bout ses charbons sans interruption. Veut-on une fixité absolue du point lumineux, elle est ici, comme dans tous les appareils jusqu’ici en usage, subordonnée à l’usure régulière des charbons. Si, au contraire, on veut faire varier la hauteur du point lumineux, il faudra faire monter ou descendre l’appareil tout entier. Enfin, puisque la pesanteur est la force motrice, que le poids d’une partie des organes est équilibré par des ressorts, il va sans dire qu’il ne faudra jamais faire varier beaucoup l’inclinaison de l’appareil pendant la marche; je me suis assuré que l’appareil étant réglé pour la position verticale, une inclinaison moindre qu’une dizaine de degrés suffisait pour en déranger les fonctions. Il faudrait aussi éviter des soubresauts violents, et on ne devrait pas, sans quelque précaution particulière, faire fonctionner cet appareil sur une voiture ou sur un bateau violemment ballotté par les vagues. Ce sont évidemment là des cas particuliers qui réclament des dispositions spéciales, et ce que nous disons ici n’a d’autre but que de rappeler aux personnes qui voudraient se servir de cet appareil qu’elles doivent le placer dans les conditions convenables.
- Enfin, Messieurs, au moment de vous demander de vous associer à la vive satisfaction que nous a fait éprouver l’étude du système imaginé par M. Serrin, nous croyons nécessaire de dire expressément, pour éviter toute méprise, qu’en applaudissant à l’heureux résultat de ses efforts, en proclamant que l’application de l’électricité doit à cet inventeur un instrument utile,
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Novembre 1861. 82
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- nous ne voulons pas dire que, indépendamment de la régularité due à un bon mécanisme, sa lampe électrique fournisse plus de lumière qu’aucune autre fondée sur la combustion du charbon. Nous croyons de même utile de rappeler, pour les personnes étrangères à la physique, que l’intensité de la lumière produite dans ces circonstances ne dépend que de la quantité d’électricité mise en jeu et de la nature des corps entre lesquels elle circule. Quant à l’à-propos et à l’économie de l’emploi de cette lumière, c’est aux personnes intéressées à étudier cette question, et nous ne pouvons mieux faire, en attendant de nouveaux documents, que de les renvoyer au rapport si complet (1) où M. Edmond Becquerel a traité cette question à propos d’un appareil destiné au même but que celui que nous venons d’examiner.
- Messieurs, votre comité vous propose
- 1° De remercier M. Serrin de son intéressante communication ;
- 2° D’insérer le présent rapport au Bulletin, ainsi que la gravure et la description de l’appareil.
- Signé Le Roux , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 3 juillet 1861.
- LÉGENDE DESCRIPTIVE DE LA PLANCHE 234 REPRÉSENTANT LE RÉGULATEUR AUTOMATIQUE DE LUMIÈRE ÉLECTRIQUE DE M. SERRIN.
- Fig. 1. Élévation de l’appareil privé de son porte-charbon supérieur.
- Fig. 2. Vue du porte-charbon supérieur.
- Fig. 3. Section verticale suivant la ligne X Y de la figure 1.
- I, II, III, IV, lignes ponctuées représentant la cage en cuivre dans laquelle est renfermé tout le mécanisme de l’appareil.
- ABC, porte charbon supérieur dont la tige verticale AB, munie, à partir de sa base, d’une crémaillère qui s’élève jusqu’à une certaine hauteur, sollicite sans cesse, par son poids, les deux charbons à se rapprocher.
- C D, charbon supérieur fixé au porte-charbon par une vis de pression 5 c’est le charbon positif.
- E, tube fixe, servant de guide au porte-charbon supérieur dans lequel ii se meut.
- F, roue dentée engrenant avec la crémaillère de la tige AB, et servant à transmettre au charbon inférieur le mouvement du charbon supérieur pour opérer leur rapprochement.
- G, poulie calée sur l’axe de la roue F et commandant le mouvement du charbon inférieur au moyen de la petite chaîne Galle H.
- La roue F et la poulie G sont construites de manière que leurs rayons soient dans
- fl) Voir Bulletin de 1857, 2® série, t. IV, p. 524.
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- un rapport égal au rapport des chemins parcourus par les deux charbons, lesquels, ne s’usant pas de la même quantité, doivent marcher d’une manière inégale, si l’on veut que le foyer lumineux reste toujours sensiblement à la même hauteur.
- H, chaîne Galle attachée, d une part, à la poulie G et, d’autre part, au porte-charbon inférieur par l’intermédiaire d’une espèce de console I.
- J, petite poulie de renvoi placée dans le plan vertical de la précédente, et sur laquelle passe la chaîne H avant de se rendre au porte-charbon inférieur. Cette poulie, étant fixée à une pièce mobile, peut osciller avec elle de quelques millimètres; une petite vis placée au-dessus de son diamètre vertical a pour but d’empêcher la chaîne de sortir de la gorge.
- K, porte-charbon inférieur, composé d’une tige mobile supportée à sa base par la chaîne H.
- L, charbon négatif fixé à sa tige par une vis de pression.
- M, tube dans lequel se meut le porte-charbon K; il est muni, à partir de son extrémité inférieure, d’une fente longitudinale nécessaire au passage de la queue de la console I qui conduit le porte-charbon.
- N, électro-aimant, dont les pôles O, O' sont disposés dans un plan perpendiculaire à celui de la roue F.
- P Q, armature coiffant en quelque sorte l’électro-aimant et sur laquelle sont fixées toutes les pièces du système oscillant, qu’elle met en jeu par le mouvement d’attraction qu’elle subit pendant le passage du courant.
- R S TU représente le parallélogramme articulé ou système oscillant qui produit l’écart des charbons ; il se compose
- 1° D’une plaque verticale S T portant la poulie J au moyen d’un petit bras recourbé, ainsi que le tube M ;
- 2° D’un levier RS soutenant, d’une part, la tête de la plaque ST au moyen d’une petite fourche et, d’autre part, embrassant par une bifurcation circulaire la base du tube E ;
- 3° D’un cadre horizontal, formé de deux leviers parallèles T U réunis par deux pièces transversales.
- Le parallélogramme est articulé sur pointes à tous ses angles, et les extrémités S et T produisent avec une grande sensibilité le déplacement vertical de la plaque, en décrivant de petits arcs de cercle autour des extrémités opposées des leviers auxquels ils correspondent.
- Tout ce système étant solidaire de l’armature PQ, on voit que, dès que le courant passera dans la bobine de l’électro-aimant, l’armature sera attirée et en même temps entraînera, vers le bas, la plaque ST, le tube M, la poulie J, et par conséquent le porte-charbon inférieur ; suivant que cette attraction sera plus ou moins grande, tout ce système pourra descendre et remonter alternativement, subissant des oscillations que la disposition articulée du parallélogramme rend extrêmement sensibles.
- Y est un petit bras faisant corps avec la plaque ST dans le plan de laquelle il est placé; ce petit bras fait fonction de buttoir en se mouvant entre deux vis opposées
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- ( fig. 2), dont la saillie des pointes règle nécessairement l’amplitude des oscillations du parallélogramme.
- W, premier ressort antagoniste fixé, d’une part,à l’une des platines du rouage et, d’autre part, à l’armature PQ.
- Z, deuxième ressort antagoniste ( fig. 2) disposé symétriquement de l’autre côté de l’armature et venant s’accrocher, par sa partie supérieure, à l’extrémité d’un levier mobile a dont l’inclinaison variable permet d’en régler à volonté la tension.
- a, levier mobile servant à régler la tension du ressort Z ; fixé au support du tube E en un point autour duquel il peut tourner, il se termine, par le haut, en une espèce de queue sur laquelle on agit par pression au moyen de la vis b.
- ô, vis ou bouton de réglage traversant la cage de l’appareil et permettant d’agir sur la queue du levier a, selon la puissance du courant électrique dont on dispose, pour diminuer ou augmenter l’intensité de l’arc voltaïque.
- On a vu, au début, que c’était le poids de la tige AB qui produisait le rapprochement des charbons, c’est-à-dire la descente du charbon supérieur, et par l’intermédiaire de la roue F, des poulies G, J et de la chaîne H, la montée du charbon inférieur; il est donc essentiel de remarquer que le porte-charbon inférieur peut être actionné de deux manières différentes ; ainsi, pour s’élever en même temps que le charbon supérieur s’abaisse, il obéit à l’action de la chaîne H et se meut indépendamment du tube M qui reste fixe, tandis que, pour descendre, il est entraîné avec ce tube par suite de l’abaissement de la poulie J résultant de l’attraction que subit l’armature PQ.
- c, moulinet d’encliquetage mis en mouvement par la roue F au moyen de roues et de pignons intermédiaires, et destiné à subir l’action d’une touche d’arrêt d pour enrayer, au moment voulu, la marche des charbons l’un vers l’autre.
- <2, touche d’arrêt agissant sur le moulinet c quand la plaque ST, à laquelle elle est fixée, s’abaisse avec l’armature sous l’action du courant électrique.
- e, f, g, h, i, roues intermédiaires et pignons transmettant au moulinet c le mouvement de la roue F.
- j, double ailette disposée sur l’axe commun du moulinet et du pignon i et servant de modérateur de vitesse.
- La roue e, qui sert de premier intermédiaire entre l’engrenage F et le moulinet c, est montée folle sur l’axe du pignon g; mais, au moyen de la roue à rochet k qui est calée sur ce même axe et d’un cliquet à ressort porté par la roue e, les deux parties du rouage sont rendues solidaires. Grâce à cette disposition, on peut relever rapidement le porte-charbon supérieur avec la main, car en lui imprimant un mouvement brusque les deux parties du rouage se débrayent pour s’embrayer de nouveau aussitôt qu’on abandonne le porte-charbon à lui-même.
- /, lame métallique fixée, d’un côté, au support du tube E et, de l’autre, au tube M ; la forme ondulée qu’elle affecte est motivée par l’élasticité qu’elle doit avoir pour suivre les mouvements du système oscillant, dans lequel elle amène le courant électrique.
- m, chaîne attachée, d’une part, au moyen d’une équerre, au support du tube E et,
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- de l’autre, à la console I du porte-charbon inférieur ; elle joue le rôle de contre-poids et est destinée, en s’élevant, à compenser, dans le système oscillant, la perte de poids que subit le charbon inférieur en s’usant. À l’aide de cet artifice, l’appareil n’a pas besoin d’être réglé pendant qu’il fonctionne, et peut ainsi conserver toute sa sensibilité.
- n, bouton isolé correspondant au pôle zinc ou négatif de la pile.
- o, bouton non isolé correspondant au pôle cuivre ou positif.
- Ces deux boutons, qui sont fixés en face l’un de l’autre et de chaque côté du support du tube E, n’ont pu être indiqués qu’en traits ponctués sur la figure 3, en raison de la position de la coupe que cette figure représente.
- p est une patte vissée au bas du porte-charbon supérieur et qui, embrassant l’une des platines du rouage, sert de guide au porte-charbon pendant sa marche.
- q, chapiteau enfilé librement sur le tube M ; il sert à rejeter sur la cage de l’appareil les cendres provenant de la combustion des charbons et à prévenir ainsi leur introduction au milieu du rouage.
- Toutes les pièces de cet appareil sont en métal, et voici quelles sont les parties qu’on a isolées par des plaques d’ivoire interposées ; l’attache de la lame ondulée l avec le support du tube E, les attaches du tube M avec la plaque ST du parallélogramme oscillant, l’attache de la chaîne H avec la console I, enfin les attaches de chaque extrémité de la chaîne contre-poids m.
- Fonctionnement de l'appareil. — Le fil de la bobine N étant attaché, d’une part, au bouton négatif n et, d’autre part-, à l’extrémité de la lame /, voyons comment fonctionne l’appareil.
- 1° Supposons que le courant électrique ne circule pas ; dans ce cas, l’électro-aimant étant inactif, tout le système oscillant reste soulevé par l’action des ressorts W et Z à une hauteur déterminée par la position de la vis supérieure qui agit sur le buttoir V ; alors la touche d’arrêt d étant hors de l’atteinte du moulinet d’encliquetage, le poids du porte-charbon supérieur a toute son action, les rouages fonctionnent et les charbons se mettent en contact.
- 2° Supposons maintenant l’introduction du courant; entrant par le bouton o, il suit le tube E et arrive au charbon supérieur; de là, et puisqu’il y a contact entre les charbons, il passe dans le charbon inférieur, descend le tube M et, par l’intermédiaire de la lame ondulée Z, parvient à l’électro-aimant, pour sortir enfin par le bouton négatif n.
- Au moment de la fermeture du circuit, l’armature est attirée par l’électro-aimant et, avec elle, tout le système oscillant s’abaisse; par suite de ce mouvement, le charbon inférieur descend et, comme en même temps la touche d’arrêt met en prise le moulinet d’encliquetage, les rouages restent inactifs et le charbon supérieur ne peut se mouvoir. Il y a donc séparation des deux charbons et formation instantanée de l’arc voltaïque.
- Mais les charbons continuant à brûler, leur écartement augmente; par suite, l’arc voltaïque devient plus grand et la force attractive de l’électro-aimant diminue ; or il arrive un moment où elle n’est plus assez forte pour retenir l’armature et vaincre l’action des ressorts antagonistes : c’est alors que le système oscillant remonte, et aussitôt
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- ÉCOLES INDUSTRIELLES.
- le moulinet d’encliquetage se trouvant dégagé, les rouages fonctionnent et les deux charbons se rapprochent d’une fraction de millimètre. Pendant ce rapprochement, l’électro-aimant redevient plus actif, de nouveau le système oscillant est entraîné par 'armature, et les charbons sont arrêtés dans leur marche l’un vers l’autre jusqu’à ce qu’une nouvelle usure provoque un nouveau rapprochement, et ainsi de suite.
- (M.)
- ÉCOLES INDUSTRIELLES.
- Extrait du rapport fait par M. Benoît, au nom de la commission d’examen pour l’admission aux écoles impériales d’arts et métiers, sur le concours
- de 1861.
- Par une lettre datée du 5 août 1861, S. Exc. M. le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics a informé M. le Président que deux bourses entières, parmi celles réservées à la Société d’encouragement, étaient, cette année, disponibles à l’École impériale d’arts et métiers d’Angers.
- En conséquence, un jury d’examen choisi parmi les membres du Conseil et composé de MM. Benoît, Faure, Froment, Gaultier de Claubry, Le Roux, Eug. Pihet et Silbermann s’est réuni au siège de la Société et a procédé à l’examen des candidats. Voici quel a été le classement de ceux qui ont satisfait aux épreuves écrites et orales :
- MM.
- 1. Charles ( Émile-Arnaud ),
- 2. Joubert,
- 3. Martin Bigot ( Pierre-Auguste ),
- 4. Fousse,
- 5. Smolikowski,
- 6. Rommetin,
- 7. Mitouflet,
- 8. Parent,
- 9. Dumont,
- MM.
- 10. Koenig,
- 11. Courrier,
- 12. Cohendet,
- 13. Bernard,
- 14. Morda,
- 15. Manthé,
- 16. Signoret,
- 17. Ciiabaud,
- 18. Caisso.
- D’après ce classement, les deux candidats Charles et Joubert ont été proposés pour l’admission. Mais le jeune Joubert ayant renoncé au bénéfice de sa position et préférant, pour des raisons de famille, se rendre à l’École de Châlons, M. le Ministre a nommé MM. Charles et Martin Bigot, les let et 3e de la liste, élèves à bourse entière à l’École d’Angers.
- Signé Benoît, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 23 octobre 1861.
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- STATISTIQUE.
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- STATISTIQUE.
- SUR LA PRODUCTION DU SEL (CHLORURE DE SODIUM) DANS LE ROYAUME UNI.
- Les documents que nous offrons au public sur la production du sel en Angleterre émanent des bureaux du Board oftrade et ont été adressés à M. Combes ; ils sont, par conséquent, dignes de toute confiance.
- Les lieux principaux de production du sel en Angleterre sont dans le Cheshire, et en particulier dans la vallée de la Weaver. La plus grande partie du sel gemme ou du sel raffiné dans le Cheshire est expédiée par la Weaver à Liverpool, où il est vendu pour la consommation intérieure ou l’exportation.
- Voici le tableau des quantités de sel gemme et de sel raffiné expédiées annuellement par la Weaver de 1803 à 1844 :
- 1 ANNÉES. SEL GEMME. SEL BLANC ou raffiné. TOTAL. ANNÉES. SEL GEMME. SEL BLANC ou raffiné. TOTAL.
- Tonnes. Tonnes. Tonnes, Tonnes. Tonnes. Tonnes.
- 1803 57,699 122,537 180,236 1824 121,459 162,365 283,824
- — 4 57,087 126,775 183,862 — 5 89,551 252,876 342,427
- — 5 60,830 180,498 241,328 — 6 51,522 232,026 283,528
- — 6 52,620 157,124 209,744 — 7 45,829 271,535 317,364
- — 7 54,187 180,165 234,352 — 8 66,883 289,225 356,108
- — 8 47,916 123,693 171,609 — 9 82,830 321,462 404,292
- — 9 63,520 192,590 256,110 1830 97,077 336,245 433,322
- 1810 50,564 205,800 256,364 — 1 90,742 301,679 392,421
- — 1 49,277 120,487 169,764 213,504 — 2 94,400 345,896 440,296
- ~ 2 54,140 159,364 — 3 95,706 383,669 479,375
- — 3 47,230 149,074 196,304 334,324 — 4 82,179 376,220 458,399
- — A 101,075 233,249 — 5 61,505 298,543 360,048
- — 5 88,741 236,373 325,114 — 6 83,637 295,816 379,453
- — 6 74,286 121,728 196,014 — 7 82,998 334,239 417,237
- — 7 59,446 148,709 208,155 — 8 98,419 390,840 489,259
- — 8 93,582 214,931 308,513 — 9 108,380 121,458 378,855 487,235
- — 9 85,935 179,939 265,874 1840 431,706 553,164
- 1820 82,956 188,808 271,764 — 1 109,355 360,833 470,188
- i — i 91,867 147,822 239,689 — 2 104,299 345,571 449,870
- — 2 110,785 151,431 262,216 296,059 — 3 71,632 476,014 547,646
- Lîl 125,658 170,401 — 4 91,693 461,419 553,112
- N. B. Jusques en 1823 le sel était sujet à un droit d’excise de 15 shillings par bushel, ce qui correspond à 600 shillings ou environ 750 fr. par tonne anglaise de 1,015 kilog. En 1823, le droit fut réduit à 2 shillings par bushel, 100 fr. par tonne (1). U est complètement supprimé depuis le 5 janvier 1825.
- Aux quantités portées dans le tableau précédent, il faut ajouter le produit de quelques sources salées situées dans d’autres contrées, et les sels du Cheshire qui ne sont pas envoyés à Liverpool et que l’on évaluait, en 1851, à 100,000 tonnes.
- (1) C’est le droit auquel le sel est actuellement soumis en France depuis 1849.
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- STATISTIQUE.
- La production totale du sel dans le royaume uni, pendant l’année 1860, a été comme suit :
- Dans le Cheshire :
- Quantités expédiées par le Weaver, j 75^ 486^ I* ' * 830,529 tonn.
- — Id. — par le canal de Bridgewater et les chemins de fer
- en provenance des districts de Winsford et de Northwich.......... 525,000
- Dans le Woreestershire, de Stoke et Droitwich. . . ................ 197,000
- En Irlande, de Duncan près Carrickfergus........................... 18,443
- Production totale......................................... 1,570,972
- L’emploi du sel dans les manufactures de produits chimiques et dans l’agriculture a puissamment contribué au développement de cette branche d’industrie.
- La consommation annuelle de sel dans les manufactures de sulfate de soude, cendres de soude (soda ash), soude caustique, carbonate de soude et cristaux de soude, poudre pour le blanchiment, chlorate de potasse, etc., est évaluée à 260,000 tonnes environ ; la consommation pour l’agriculture, à 100,000 ou 120,000 tonnes.
- Voici le tableau des quantités de sel exportées du royaume uni, de 1827 à 1860 :
- SEL EXPORTÉ 1 11 b ii.ii.wm. nim SEL EXPORTÉ
- en bushels en tonnes angl.
- de 56 livres. de 1,015 kilpg. en bushels. en tonnes angl.
- 1827 7,475,025 186,876 1844 13,476,884 336,422
- — 8 8,993,124 224,328 — 5 14,319,482 357,987
- — 9 10,574,951 264,374 — 6 12,876,381 321,910
- 1830 10,499,778 262,494 — 7 16,271,927 406,798
- — 1 9,932,214 248,303 — 8 18,959,322 473,983
- - — 2 10,561,861 264,046 — 9 18,604,907 465,125
- — 3 11,670,434 291,761 1850 15,819,664 395,492
- — A 11,093,674 277,342 — 1 18,233,405 455,835
- — 5 8,317,029 207,926 — 2 19,823,349 495,584 !
- — 6 9,622,427 240,561 — 3 20,850,960 521,274
- — 7 . . 9,961,884 249,047 — 4 19,543,360 488,584
- — 8 11,398,662 284,967 — 5 25,027,044 625,676
- — 9 11,837,594 295,940 — 6 29,831,520 745,788
- 1840 12,847,663 321,192 — 7 25,727,560 643,189
- — 1 10,637,953 265,949 — 8 23,708,760 592,719
- — 2 10,776,129 269,403 — 9 22,625,760 560,644
- — 3 12,946,453 323,661 1860 27,869,000 696,725
- La consommation totale du sel dans le royaume uni peut être déterminée en retranchant de la production totale le montant de l’exportation.
- Ainsi, en 1860, la production s’est élevée à............. 1,570,972 tonnes.
- L’exportation à.......................... 696,725
- Reste pour la consommation intérieure.............. 874,247 tonnes.
- (C.C.)
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- ARTS MÉCANIQUES.
- SUR LE SPIRAL RÉGLANT DES CHRONOMÈTRES ET DES MONTRES, PAR M. PHILLIPS,
- INGÉNIEUR DES MINES (1).
- En faisant hommage à la Société de mon mémoire (2) sur le spiral réglant des Chronomètres et des montres, j’ai cru devoir lui présenter un résumé succinct des principaux résultats obtenus dans ce travail.
- On sait que, dans les appareils portatifs qui servent à mesurer le temps, l’ensemble du ressort spiral et de son balancier remplit l’office de régulateur, tout comme le pendule dans les horloges.
- ' Dans la pratique, deux espèces de spiraux sont employés : le spiral plat et le spiral cylindrique.
- Fig. 1.
- 01»
- Fig.f2.
- Le premier (fig. 1), appliqué ordinairement aux montres, se compose d’une courbe spirale plane, formée d’un certain nombre de spires, généralement de huit à douze, se rapprochant, autant que possible, de la forme circulaire et tracées autour de l’axe du balancier.
- Quant au spiral cylindrique, fig. 2, dont on fait usage plus spécialement dans les chronomètres, ses spires affectent, en projection horizontale, la forme d’un cercle concentrique à l’axe du balancier, et il se termine en général par deux courbes adoucies, qui se rapprochent du centre à une distance ordinairement égale à environ la moitié du rayon. Sa forme rigoureuse est celle d’une hélice à pas extrêmement court, d’où le nom de spiral cylindrique.
- Malgré quelques contestations soulevées à l’origine , il paraît aujourd’hui bien démontré que c’est à Huyghens que l’on est redevable de celte importante découverte, de même que l’on doit à P. Leroy celle de la possibilité de l’isochronisme du spiral.
- Mais, si la théorie du pendule est établie depuis Galilée et Huyghens, il n’en est pas de même de celle du spiral, la forme essentiellement complexe
- (1) Communication faite par M. Phillips dans la séance du 6 novembre 1861.
- (2) Ce mémoire a été publié aux Annales des Mines, t. XIX; 1861.
- Tome VIII. — 60e année. T série. — Novembre 1861. 83
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- de ce ressort échappant à toutes les formules connues des lois dé Tédasticifé.'C’est cette lacune que j’ai, par des combinaisons particulières, réussi à remplir.
- Le principe qui m’a servi de point de départ est celui de Taxe neutre, et j’observe, de plus, que j’ai démontré que, dans les circonstances du problème, il rentre rigoureusement dans la théorie mathématique de l’élasticité, telle qu’elle a été fondée principalement par les,travaux de Navier, Poisson, Cauchy, MM. Lamé et Cla-peyron, etc. J’ajouterai que j’ai soumis à l’expérience, dans les circonstances les plus diverses, toutes les conséquences de la théorie et que l’accord s’est toujours trouvé aussi parfait qu’on pouvait le désirer.
- Je vais maintenant exposer sommairement les résultats principaux qui découlent de mon travail.
- La première loi à laquelle je suis arrivé est celle qui fait connaître la durée de chaque oscillation d’un balancier réuni à un spiral donné; la formule qui l’exprime est la suivante :
- dans laquelle
- T est la durée d’une vibration simple rapportée à la seconde ;
- - L est la longueur développée du ressort spiral;
- M, le moment d’élasticité de celui-ci ; *
- -t, le rapport de la circonférence au diamètre,
- Et A le moment d’inertie du balancier.
- Cette formule indique l’isochronisme des vibrations, puisqu’elle ne dépend pas de l'amplitude des arcs. Elle offre, comme on voit, une grande analogie avec celle du pendule. Ainsi, par exemple, elle indique que la durée des vibrations du spiral est, toutes choses égales d’ailleurs, proportionnelle à la racine quarrée de sa longueur développée, de môme que, pour le pendule, les oscillations se font dans des temps proportionnels à la racine quarrée de sa longueur, et cette analogie est d’autant plus remarquable qu’il n’y a, dans les deux cas, aucune similitude soit entre le corps en mouvement, soit entre les forces qui le font mouvoir.
- La formule précédente fait aussi connaître la manière dont varie la durée des vibrations, si le balancier ou la section transversale du spiral venaient à changer.
- Elle permet, enfin, de calculer immédiatement la longueur du pendule simple, qui ferait ses oscillations dans le même temps qu’un spiral et un balancier donnés.
- Je me suis occupé aussi de la question de l’isochronisme. Le calcul indique qui! y a alors deux conditions fondamentales auxquelles il convient de satisfaire :
- 1° Que le centre de gravité du spiral entier soit sur l’axe du balancier et y reste pendant le mouvement;
- 2° Que le spiral n’exerce, dans son fonctionnement, aucun effort latéral contre les pivots du balancier.
- ... En examinant plus spécialement le spiral cylindrique,-j’ai démontré que cette dernière condition, à savoir l’annulation de toute poussée latérale contre l’axe du balancier, peut être transformée en cette autre d’une réalisation plus simple, que le spiral., pendantson jeu, s’ouvre et se ferme toujours bien concentriquement à l’axe.
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- Or on peut satisfaire à cette obligation par certaines formes des courbes terminales du spiral, formes dont j’ai déterminé la loi; et il est remarquable que les mêmes courbes remplissent en même temps la première condition qui vient d’être mentionnée plus haut, et qui consiste en ce que le centre de gravité du spiral entier soit et reste toujours sur Taxe du balancier.
- Ï1 existe donc des types de courbes extrêmes présentant d’ailleurs une infinité de formes différentes et qui satisfont à la fois à toutes les conditions indiquées. La loi de construction de ces courbes est très-simple et est relative à. la position de leur centre de gravité.
- Fig. 3.
- Elle consiste en ce que (voir fig. 3) :
- 1° Le centre de gravité G d’une.telle courbe doit se trouver sur la perpendiculaire O G, menée par le centre O des spires au rayon extrême OC de cette courbe, là où elle se réunit aux spires;
- 2° La distance O G de ce centre de gravité au centre des spires doit être égale à une troisième proportionnelle à la longueur développée de la courbe et au rayon des spires, c’est-à-dire que
- OG =
- OC
- ABC*
- Fig. L
- J’ai indiqué, dans mon travail, une méthode très-simple pour déterminer graphiquement, dans tous les cas possibles, les formes de courbes extrêmes satisfaisant aux conditions précédentes, et j’en ai donné un assez grand nombre d’exemples obtenus de cette manière. On remarquera, parmi eux, outre certains types plus ou moins analogues à ceux employés dans la pratique, quelques-uns présentant des circonstances nouvelles, telles que des courbes aboutissant au centre des spires et d’autres, au contraire, venant se terminer en un point de la circonférence de ces dernières. Par exemple, on y voit (fig. 4) une courbe formée de deux quarts de cerclé réunis par une ligne droite, chacun de ces quarts de cercle ayant un rayon moitié de celui des spires-, un autre type se compose (fig. 5) d’une demi-ellipse, dont le grand axe est ie diamètre des spires et le demi-petit axe est les 0,58 du rayon.
- La forme des courbes extrêmes est complètement indépendante des dimensions transversales de la lame et même de la longueur totale du spiral, de sorte que, quel que soit l’angle suivant lequel se projetteraient, sur un plan perpendiculaire à l’axe, les rayons aboutissant aux naissances des courbes extrêmes d’un même spiral, celui-ci jouirait toujours des mêmes propriétés.
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- Mais il y a plus encore, ces courbes ont aussi pour résultat de faire disparaître certaines perturbations nuisibles pour l’isochronisme ou pour sa conservation. Ainsi l’absence de toute pression contre l’axe du balancier fait qu’elles réalisent le spiral libre, c’est-à-dire celui dans lequel cet axe, n’éprouvant aucune pression, est soustrait, autant que possible, au frottement et aux variations de celui-ci, résultant de l’épaississement des huiles.
- De plus, le spiral s’ouvrant et se fermant toujours bien concentriquement à l’axe, au lieu d’être jeté de côté et d’autre de celui-ci, dans les vibrations, comme elle a lieu ordinairement, on évite sensiblement, par là, la perturbation introduite par l’inertie du spiral.
- Tou les les propriétés précédentes, dues à ces courbes, subsistant, quel que soit l’espace angulaire qui sépare en construction les deux courbes terminales d’un même spiral, on possède, dans cet angle ou, ce qui revient au même, dans la longueur totale du spiral, un élément dont on peut disposer pour obtenir les dernières limites d’isochronisme pratique, en tenant compte des influences secondaires, qu’il était impossible de faire entrer dans les calculs, comme les huiles, l’échappement, etc. Cet élément est; du reste, précisément celui dont on dispose ordinairement, et d’après la règle de Pierre Leroy, pour arriver, aussi bien que possible, à l’isochronisme.
- Le calcul n’indique pas qu’il n’y ait pas d’autre manière possible d’atteindre l’isochronisme, mais il met celle ci-dessus tout à fait en évidence.
- Quant au spiral ordinaire qui est employé spécialement dans les montres, en traitant la question par la même méthode on arrive à cette conclusion, qui est d’ailleurs d’accord avec l’expérience: qu’on ne peut satisfaire à l’isochronisme que pour de faibles oscillations du balancier. Cependant on obtient de meilleurs résultats avec le spiral plat, dit ramené, dont le bout qui correspond à son extrémité fixe se termine sous forme d’une courbe ramenée plus près du centre, laquelle a pour objet de le faire développer plus concentriquement à l’axe et d’améliorer son fonctionnement. Il convient alors de prendre, pour cette courbe, un des lypes théoriques décrits précédemment.
- À la suite des sujets précédents, j’ai encore traité diverses autres questions, d’une importance moins capitale, mais néanmoins très-notable.
- Ainsi il était fort intéressant de savoir quels sont les allongements et raccourcissements proportionnels que subit le spiral pendant les déformations; la formule simple qui les fait connaître est
- . _ e *
- ,_2L’
- où i est l’allongement ou le raccourcissement proportionnel ;
- e, l’épaisseur du fil du spiral ;
- L, sa longueur totale,
- et ci l’angle dont le balancier est écarté de sa position d’équilibre, mesuré dans un cercle dont le rayon serait l’unité.
- On voit, par là, que l’etTort qui mesure le travail du fil est, toutes choses égales
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- d’ailleurs, proportionnel à son épaisseur et à l’angle de rotation du balancier, et en raison inverse de la longueur du spiral.
- Tout le monde sait l’influence exercée par les changemenls de température sur la marche d’un chronomètre ou d’une montre. Cette cause d’irrégularité a été déjà combattue par l’emploi du balancier compensateur. J’ai recherché en outre l’effet exercé par cette même cause sur le spiral lui-même; j’ai indiqué notamment le moyen d’arriver au résultat essentiel que le spiral, étant posé primitivement dans un état libre, continue à l’être lorsque la température vient à changer, et en outre pour que, malgré la dilatation ou la contraction qui en résulte, il conserve toujours la forme théorique donnée, en construction, à ses courbes terminales.
- Enfin j’ai examiné la question des frottements du balancier et démontré, conformément aux idées reçues que, pour que ceux-ci soient négligeables, il convient que l’amplitude des oscillations soit la plus grande possible.
- J’ai cru utile de montrer, par un certain nombre de citations empruntées aux auteurs et expérimentateurs qui se sont le plus occupés de ces questions, que la plupart des principes auxquels j’ai été amené par la théorie concordent tous parfaitement avec les idées admises généralement et auxquelles la pratique a successivement conduit. Telles sont les conditions relatives au mouvement du spiral concentriquement à l’axe, au centrage du spiral, à sa liberté, c’est-à-dire à la suppression de la poussée latérale et du frottement qui en résulte, etc. Je mentionnerai à ce sujet Ferdinand Berthoud, Yurgensen, Ch. Frodsham, etc., dont lés noms font autorité dans l’art chronométrique.
- Le mémoire se termine par la description détaillée de toutes les expériences de vérifications auxquelles je me suis livré; elles portent sur deux points principaux > 1° la formule qui donne la durée des vibrations d’un spiral et d’un balancier donnés ; 2° les propriétés des courbes extrêmes théoriques.
- La formule de la durée des vibrations a été vérifiée de deux manières.
- En premier lieu, je l’ai appliquée à un certain nombre de montres et de chronomètres existants.
- Voici, parmi ceux-ci, quelques exemples.
- DURÉE D’UNE VIBRATION.
- Constructeurs. Par la théorie. Par l’observation.
- Montre ( spiral plat )...... Lépine............ 0",20151 0",200
- Chronomètre................. Winnerl. .... 0 ,2486........... 0 ,250
- Grand spiral cylindrique. . . Paul Garnier.. . 1 ,244. . ..... 1 ,247
- J’ài aussi fait la preuve expérimentale de cette loi, semblable à celle du pendule et d’après laquelle, toutes choses égales d’ailleurs, la durée des vibrations est proportionnelle à la racine quarrée de la longueur du spiral. Voici le résultat de quelques-unes des observations. .
- Montre de Lépine.
- Spiral plat de 0m,1524 de long.
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- On coupe un bout de 0m,032, ce qui réduit la longueur à 0m,1204, et l’on remonte le spiral raccourci. En comparant les marches dans les deux cas, on a :
- Rapport des temps......................... =0,8913.
- Rapport des racines quarrées des longueurs. ..........=0,8889.
- En coupant encore 0m,0309, on a :
- Rapport des temps ..................................... =0,7746.
- Rapport des racines quarrées des longueurs. ...... = 0,7663.
- Grands spiraux de M. Paul Garnier.
- Ce sont deux grands spiraux cylindriques, montés sur des balanciers égaux. Ils sont formés du même acier; mais les longueurs diffèrent et sont respectivement de 1ID,6855 et de 1“,3816. En comptant les oscillations des deux appareils pendant un
- même temps, on obtient :
- Rapport des temps.............................................= 0,904.
- Rapport des racines quarrées des longueurs. . . . . . . = 0,905.
- Spiraux de M. Rozé.
- M. Rozé, membre de la Société des horlogers, a aussi construit des spiraux pour répéter cette expérience : ils sont au nombre de deux, montés sur des balanciers égaux et sont faits d’un même fil d’acier à spiral; leurs longueurs sont 1” et 0m,810.
- On a :
- Rapport des temps......................... = 0,8988.
- Rapport des racines quarrées des longueurs...............= 0,9000.
- HI. Rozé a, depuis, modifié cet appareil de la manière suivante :
- II a fait 3 spiraux, montés sur 3 balanciers égaux.
- Les longueurs sont respectivement :
- 0m,9958, 0m,80617, 0™,666.
- Puis, en 182 secondes, le 1" fait 180 vibrations, le 2* 200 et le 3e 220.
- En comparant le 1er et le 2e, on a :
- Rapport des temps. . . , ............................... 0,9000,
- Rapport des racines quarrées des longueurs, ....... 0,8998.
- En comparant le 2e au 3e, on a :
- Rapport des temps. ... . ........................= 1,1000.
- Rapport des racines quarrées des longueurs...............= 1,1002.
- On peut donc regarder cette loi comme tout à fait exacte.
- Je passe aux expériences qui se rapportent aux courbes extrêmes théoriques. A ce
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- sujet, j’a^ vérifié d’abord l’influence de ces courbes sur la déformation du spiral et constaté, par de nombreux appareils construits à cet effet, que, avec de telles courbes, le spiral se déforme toujours d’une manière parfaitement cylindrique et concentrique à Taxe, tandis qu’il s’en faut de beaucoup qu’il eu soit ainsi avec les spiraux dans lesquels les courbes s’éloignent à dessein des condilions théoriques. J’ai donné, dans mon Mémoire, un grand nombre de tracés obtenus de cette manière, et où cette circonstance est de la plus entière évidence. De plus, on peut le constater soi-même par les appareils qui existent encore.
- J’ai fait aussi une série d’observations ayant pour but de constater le point'suivant : si dans un spiral la tension, c’est-à-dire la force tangentielle nécessaire pour l’ar-mer ou pour le maintenir écarté d’un angle déterminé de sa position d’équilibre, était toujours proportionnelle à cet angle, d’après les principes fondamentaux de la mécanique, on serait dans les conditions les plus favorables pour obtenir l’isochronisme. Cette notion est, de plus, répandue maintenant partout dans la pratique et a servi de point de départ aux recherches de divers expérimentateurs, tels que F. Berthoud, Houriet du Locle, Ch. Frodsham, etc. C’est aussi de cette façon que j’ai procédé, et j’ai constaté, à l’aide d’un appareil fondé sur ce principe, que la loi de proportionnalité que je viens de mentionner est toujours beaucoup mieux satisfaite avec tout spiral muni de courbes théoriques qu’avec ceux terminés par des courbes quelconques.
- Enfin j’ai signalé plus haut un fait important, dont la vérification expérimentale offrait un grand intérêt ; c’est, pour un spiral théorique, l’annulation complète de toute poussée latérale du balancier contre ses pivots, ainsi que du frottement qui en résulte. L’appareil construit, dans ce but, par M. Rozé est très-simple. Il se compose d’un spiral à courbes théoriques monté sur un balancier. L’axe de celui-ci est soutenu par en bas, mais sa partie supérieure est complètement libre. Par conséquent, le moindre effort exercé latéralement, pendant le jeu du spiral, par celui-ci contre le balancier, aurait pour effet d’imprimer à l’axe un mouvement oscillatoire de part et d’autre de la verticale et au balancier des perturbations correspondantes à son mouT vement simple de rotation. Or, dans le fonctionnement de l’appareil, l’axe reste parfaitement vertical et le balancier horizontal, ce qui confirme, d’accord avec la théorie, l’annulation de la poussée du spiral contre le balancier. Au contraire avec un appareil de comparaison qui a été fait semblable, mais avec des courbes terminales non théoriques, l’axe du balancier éprouve un mouvement oscillatoire des plus prononcés.:
- Enfin il m’a paru utile, en terminant, de mentionner des exemples de courbes qui, dans la pratique, ont donné de très-bons résultats de marche et qui sont tout à fait analogues à certains des types auxquels j’ai été conduit par la théorie.
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- AFFINAGE DE LA FONTE POUR FER ET ACIER PAR LE PROCÉDÉ BESSEMER ; PAR M. GRUNER, INGÉNIEUR EN CHEF, PROFESSEUR A L’ÉCOLE DES MINES.
- Lorsque, il y a quatre ans, M. Bessemer fit connaître, devant l’Association britannique réunie à Cheltenham ( en août 1856 ), sa nouvelle méthode d’affinage, il y eut un toile presque général d’incrédulité, et je dois avouer que j’étais du nombre de ceux qui doutaient, avec la réserve toutefois que le procédé nouveau « pourrait donner des produits de qualité convenable, soit fer, soit acier, en opérant sur des fontes pures (1). » Mais alors M. Bessemer avait la prétention de produire du bon fer avec n’importe quelle fonte; et c’est cette prétention surtout qui rn’avait paru exorbitante, et qui sans doute aussi était pour le grand nombre le principal motif d’incrédulité. Les essais entrepris dans.les ateliers du Great-Norlhern et dans les forges de Saint-Pancrace et d’Ebbw-vale prouvèrent, en effet, que la méthode nouvelle ne réalisait pas les promesses faites. Ces échecs néanmoins ne découragèrent pas M. Bessemer ; il en chercha les causes et s’appliqua dès lors à traiter surtout des fontes peu chargées de matières étrangères. Une usine fut établie à Sheffield; des essais nombreux furent faits à l’arsenal royal de Woolwich, et le procédé nouveau est même déjà appliqué, depuis deux ans environ, dans une forge de Suède. Fort de l’expérience acquise, M. Bessemer exposa, le 24 mai 1859, devant l’Association des ingénieurs civils de Londres les résultats obtenus, et présenta, à l’appui de ses assertions, de nombreux échantillons de fer et d’acier affinés par sa méthode. Il fit connaître sommairement le procédé lui-même et les avantages qui devaient en résulter. Quelques doutes furent encore émis par divers membres de l’Association ; on rappela spécialement le complet insuccès des premiers essais; mais les faits annoncés par M. Bessemer furent formellement confirmés par le directeur de l’arsenal de Woolwich, le colonel E. Wilmot, qui avait été chargé officiellement de suivre les essais et d’éprouver les produits nouveaux. Ce dernier, comme M. Bessemer, avoua d’ailleurs que la méthode n’était pas applicable aux fontes sulfureuses et phosphoreuses} que les échecs subis à l’origine provenaient de là, mais qu’en traitant des fontes pures, même siliceuses, la méthode Bèssemer bien appliquée donnait réellement des produits excellents et à des prix relativement bas. Ce qui confirme d’ailleurs ces expériences, c’est que d’autres forges, à la suite d’essais répétés, montent également les appareils destinés à pratiquer en grand la méthode nouvelle. Ainsi, en juin dernier, je vis les usines de la compagnie de Weardale ( Durham ) se mettre en mesure d’affiner leurs fontes par le procédé Bessemer. Ces fontes s’obtiennent en traitant, aux hauts fourneaux de Towlaw, les fers spathiques
- (1) Bulletin de la Société de l’industrie minérale, t. II, p. 200, et Bulletin de la Société d’encou ragement, 1857; 2e série, t. IV, p. 29-30.
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- et les mines douces mariganésifères qui se rencontrent en filons dans le calcaire carbonifère de Stanhope et d’AUenhead.
- En France, M. Jackson, de Saint-Seurin, a affiné par la même méthode, pour acier fondu, les fontes blanches manganésifères provenant des hématites brunes de Vicdessos. La méthode Bessemer se trouve donc déjà bien réellement dans la phase de son application industrielle et, par ce motif, je vais tâcher, soit d’après le mémoire de M. Bessemer, soit d’après les renseignements verbaux que je dois à l’obligeance de M. Piccard, ingénieur de M. Jackson de Saint-Seurin, de faire connaître l’état présent de la méthode nouvelle.
- Observons d’abord que M. Bessemer affirme, dans son mémoire, qu’il peut produire indifféremment de l’acier ou du fer fondu 5 que c’est tout simplement une question de temps ou de quantité de vent. Toutefois il résulte des renseignements que m’a fournis M. Piccard que la production régulière du fer doux serait difficile; il ne demeurerait pas toujours à l’état fluide et formerait parfois des loups, du moins lorsqu’on n’opère pas sur des masses assez fortes.
- Au reste, comme l’affinage pour fer est nécessairement plus coûteux, puisque la durée de l’opération, le vent absorbé et surtout le déchet sont plus considérables, et que l’acier a d’ailleurs une ténacité à peu près double, il est bien évident que le procédé Bessemer ne sera, dans tous les cas, généralement appliqué qu’en vue de la fabrication de l’acier fondu.
- Lorsque M. Bessemer eut reconnu que sa méthode ne pouvait s’appliquer aux fontes sulfureuses et phosphoreuses, il eut d’abord recours aux meilleures fontes de Suède, et c’est encore elles qu’il affine dans son appareil lorsqu’il veut obtenir de l’acier de première qualité pour la coutellerie ; il réussit également en se servant de fontes au bois venant des Indes et de la Nouvelle-Écosse (1). Il traita ensuite les fontes au coke provenant de la fusion exclusive des hématites rouges ( red ores ) du Cumberland. Elles sont fournies par les deux principales usines de ce comté, Cleator-Moor et Workington. Enfin les fontes de la forêt de Dean et celles de Towlaw, de là compagnie de Weardale (2), ont donné de même de forts bons produits. Celles-ci s’obtiennent en fondant les fers spalhiques ci-dessus mentionnés, et les fontes de la forêt de Dean en traitant, comme dans le Cumberland, des hématites du calcaire carbonifère. Par contre, à cause du phosphore, on eu} toujours des produits peu satisfaisants en affinant les fontes de minerais houillers, même les premières marques de Pontypool et Blaenavon.
- On sait que l’ancien appareil Bessemer (3) est une sorte de petit cubilot à plusieurs tuyères latérales, où la fonte en parfaite fusion est soumise à l’action d’un courant d’air très-violent, sans le concours d’aucun combustible.
- (1) Ces mêmes fontes sont puddlées pour acier à Sheffield par la maison Camel et cornp.
- • (2) D’après les mémoires du Geological survey, les minerais de Weardale et de Çleator-Moor ne renferment que des traces de phosphore et de soufre.
- - (3) Annales des mines, 5e série, t. IX, p. 643, et Bulletin de la Société d’encouragement, 2* série, IV, p. 27, et t. VII, p. 528., >
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Novembre 1861. 84
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- L’appareil nouveau ne diffère du précédent que par la position des tuyères; au lieu d’être latérales, elles sont verticales et placées dans la sole même du four. Ce dernier, comme le montrent les fïg. 3, 4, 6, pl. 233, ressemble de tous points à la panse d’une grande cornue ordinaire de laboratoire. Il se compose d’une forte enveloppe en tôle ou fonte, garnie intérieurement d’une chemise en pisé réfractaire à excès d’alumine. Le (our est mobile autour de deux tourillons, et peut être renversé à droite ou à gauche, comme l’indiquent les fig. 3 et 4, à l’aide d’une manivelle agissant par un pignon sur une roue dentée ou crémaillère circulaire. Sous la sole du four est une sorte de chambre à vent, d’où partent les tuyères verticales; le vent y est amené par les tourillons mêmes pour ne pas gêner les mouvements du four; ils sont donc disposés à la façon dés axes d’une machine à vapeur oscillante.
- Les figures 3, 4, 6, extraites du mémoire Bessemer, indiquent une seule ouverture à la partie supérieure, servant tour à tour pour l’introduction de la fonte, la coulée de l’acier et la sortie des produits gazeux pendant l’opération même. Parfois cependant la cornue présente en outre, vers le haut, deux ouvertures latérales pour la sortie des gaz. Les dimensions de la cornue ne sont pas indiquées par M. Bessemer; elles dépendent nécessairement du poids de la charge traitée par opération. Or l’inventeur déclare qu’il pourrait affiner à la fois jusqu’à 10 à 20 tonnes de fonte. Pourtant il ressort, ce me semble, des termes mêmes dont il se sert, qu’en réalité il n’a jamais opéré sur des masses aussi colossales, Quoi qu’il en soit à cet égard, on monte à Saint-Seurin, à la suite d’essais nombreux poursuivis depuis un à deux ans, deux cornues dont chacune doit pouvoir contenir 500 à 1,000 kilogrammes de fonte par opération. Or, pour pareille charge, les dimensions principales sont approximativement les suivantes : 0m,60 à 0m,65 de diamètre intérieur, 1 mètre à lm,20 de hauteur au-dessus de la sole à vent, 25 tuyères ou jets de vent de 0m,006 de diamètre, avec 2 atm. 1/2 de pression de vent en moyenne (1). Avec ces dimensions, la hauteur du bain métallique serait de 0m,50 pour une charge de 1,000 kilogrammes, et par suite la résistance à l’entrée du vent d’un tiers d’atmosphère.
- La sole du four, ou cloison à tuyères, est formée de plusieurs cônes moulés en terre réfractaire, percés chacun par cinq conduits cylindriques de 0m,006 de diamètre, et cimentés ensemble, au moyen d’argile réfractaire, comme des voussoirs d’une portion de calotte sphérique à très-grand diamètre ( fig. 5 ) (2).
- La fonte que l’on veut affiner peut être prise directement au haut fourneau, ou devra être refondue soit dans un cubilot, soit dans un réverbère; ce dernier appareil est évidemment préférable lorsqu’il s’agit de fonte au bois. C’est un four de ce genre que l’on monte à Saint-Seurin; il est calculé pour une charge de 6,000 kilog., de façon à
- (1) L’usine de Saint-Seurin a acheté pour cette installation les machines qui desservaient le chemin de fer atmosphérique de Saint-Germain.
- (2) Les tuyères de l’appareil figuré dans le mémoire Bessemer sont en fonte ou en fer, comme le montrent les flgures3à6 (planche 233), mais le fourneau de Saint-Seurin est pourvu de vingt-cinq tuyères moulées en terre, semblables à celles de la figure 5.
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- fournir à plusieurs operations successives. La fonte doit être grise, ou tout au moins blanche lamelleuse, fortement carburée.
- Tandis que la fonte est mise en fusion, on chauffe la cornue au rouge intense en la remplissant de coke et en faisant agir le vent. Une heure suffit en général.
- On renverse alors et nettoie l’appareil en retirant avec soin les escarbilles, cendres et mâchefers; puis on le place dans la position indiquée fig. 3, pour y amener la fonte en fusion. Dès que la charge est faite, on relève la cornue, et au même instant on donne le vent pour empêcher la fonte de couler dans les tuyères ( fig. 6 ). Le métal, violemment traversé par les vingt-cinq jets d’air, est fortement soulevé; l’oxydation du fer et des substances étrangères accroît la température; des scories se produisent et sont lancées partiellement, avec des globules de fer, hors de la cornue, sous forme de pluie de feu; la flamme, d’abord violette, passe à l’orange, puis au blanc, et les grandes étincelles que l’on observe à l’origine décroissent peu à peu et se transforment finalement en une sorte de jet lumineux, composé d’une succession continue de points brillants. Ces modifications successives dans l’apparence de la gerbe de feu qui s’échappe par le col de la cornue permettent de juger des progrès de l’opération. Lorsqu’on est arrivé au point voulu, soit acier, soit fer, on incline la cornue en sens inverse de la position première ( fig. k ) ; on arrête le vent et.fait couler le produit fondu soit directement dans une lingotière, soit d’abord dans un chaudron en fer enduit d’argile réfractaire, semblable à ceux dont on fait usage dans les aciéries où l’on coule des pièces de fortes dimensions (1). C’est un chaudron de ce genre qui est représenté par la fig. h. Un trou de coulée fermé par un tampon est pratiqué dans le fond et permet de verser le métal fluide, à l’aide d’une grue, dans une ou plusieurs lingotières.
- Dès que la cornue est vide, on la recharge de suite pour profiter de la chaleur des parois; puis une deuxième opération se fait comme la première. Le travail marche ainsi d’une façon continue jusqu’à ce que la chemise réfractaire soit fortement corrodée, ce qui arrive généralement en moins de vingt-quatre heures; mais avec deux appareils marchant alternativement on peut affiner sans interruption. M. Bessemer assure qu’en Angleterre une chemise en pisé ne coûte que 12 sch. ( 15 fr. ), qu’elle est battue en très-peu d’heures, peut déjà recevoir la fonte en fusion deux heures après la fin du battage et résiste aisément au travail de 70 à 90 tonnes de métal. Au reste, même si nous supposons ces chiffres exagérés, il est bien évident que les frais résultant de ce chef seront, dans tous les cas, fort peu considérables.
- Selon le degré de décarburation auquel on désire amener le produit, la durée d’une opération varie entre dix et vingt-cinq minutes. Le déchet est de 12 à 15 pour 100
- (lj M. Bessemer pense que la durée de l’opéralion pourrait être réglée par une sorte de compteur qui mesurerait le nombre de mètres cubes de vent. Mais cela suppose évidemment que l’air aspiré par la machine soufflante aurait constamment la même densité et la même humidité, qu’il serait toujours fourni au même degré de compression, et enfin que la fonte serait constamment de même nature.
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- pour l’acier, de 20 à 22 pour 100 pour le fer. A ces chiffres il faut d’ailleurs ajouter le déchet qu’entraîne l’étirage de l’acier fondu ordinaire.
- Les lingots d’acier ou de fer sont martelés, laminés, travaillés comme les produits similaires de l’affinage ordinaire, avec cette différence, toutefois, qu’il n’est jamais nécessaire, même pour le fer, de chauffer au blanc soudant; les plus grosses pièces s’obtiennent directement par voie de fusion. Il n’y a plus ni paquetage ni soudage; on étire le fer comme l’acier fondu ; les scories sont expulsées par la fusion même, et le travail mécanique se borne en quelque sorte à donner au métal le profil voulu.
- Un premier martelage est cependant nécessaire pour rapprocher les molécules, accroître la densité et, par suite, la ténacité du produit. C’est d’ailleurs le cas de tout métal fondu; l’acier fondu ordinaire, comme le cuivre et comme le zinc, n’acquiert lé maximum de ténacité qu’à la suite d’un martelage ou laminage plus ou moins prolongé. Cet accroissement de ténacité ressort nettement des chiffres suivants, résultats d’essais faits à l’arsenal de Woolwich sous la direction du colonel E. Wilmot.
- En soumettant les barres à un effort de traction, suivant le sens de leur axe, la rupture eut lieu sous les charges dont voici les moyennes :
- NATURE DU MÉTAL ESSAYÉ (1). CHARGE DE RUPTURE par pouce carré en livres anglaises. CHARGE DE RUPTURE par millimètre carré en kilog.
- Fer fondu en lingots bruts non martelés Fer fondu martelé ou laminé en barres fortes. . . .Fer fondu directement laminé en tôle de chaudières. Acier fondu en lingots bruts ( expériences nombreuses ramenées à 3 moyennes ).. ....... Acier fondu martelé ou laminé en barres ( expériences nombreuses ramenées à 3 moyennes ). . Liv. 41,242 72,613 68,347 45,836 68,259 68,998 154,825 157,881 148,324 28,99 51,04 48,04 32,22 47,98 48,50 108,83 110,98 104,26
- (1) M. Bessemer n’indique pas dans son mémoire la provenance des fontes; mais il résulte de l’en-
- semble du mémoire, et surtout de ce qu’il dit de leur prix, qu’elles proviennent presque tou tes dla fusion des hématites rouges du Cumberland par le coke.
- On voit, par ce tableau, non-seulement que la ténacité s’accroît, dans tous les cas, avec le martelage des lingots, mais que cet accroissement est surtout très sensible pour l’acier. En outre, comme nous le disions plus haut, la ténacité de l’acier martelé est plus que double de celle du fer. Si, d’ailleurs, on compare ces chiffres à la ténacité des fers et des aciers ordinaires, on remarquera que le fer Bessemer est un peu supérieur aux meilleurs fers ordinaires à la houille; car ces derniers résistent rarement à La traction de 40 à 45 kil.; mais ils n’atteignent pas les meilleurs fers au bois, dont la charge de rupture va jusqu’à 60 et 65 kil. La tôle de fer est relativement meilleure, car les tôles ordinaires les plus estimées dépassent de peu la charge de 40 kil. Ainsi,
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- d’après M. Fairbairn, celles du Staffordshire vont à. . . . 45,300 liv. ou 32 kil.
- et celles de Low.moor à................................... 57,120 liv. ou 40 kil.
- Enfin les aciers Bessemer sont réellement d’une ténacité exceptionnelle, puisqu’ils résistent tous à plus de 100 kilog., et plusieurs à 110, tandis que les aciers ordinaires, sont, en général, au-dessous de 100 kilog.
- Il résulte donc, en résumé, des chiffres que nous venons de citer, que la méthode Bessemer convient spécialement pour la fabrication de l’acier, et que cet acier est pour le moins aussi tenace que l’acier fondu ordinaire.
- Quant aux autres qualités du fer et de l’acier, il résulte également des essais faits à Woolwich qu’ils sont l’un et l’autre aussi bons que les produits les plus estimés de la métallurgie anglaise. Le fer peut entièrement se replier sur lui-même sans présenter la moindre crique, et l’acier a servi à la confection de tous les instruments d’alésage et de tournage dont on fait usage dans les ateliers de Woolwich.
- Une analyse faite par le chimiste du département de la guerre ne signale dans le fer Bessemer que 0,0002 de soufre avec des traces de phosphore et de manganèse, mais ni silicium ni graphite, et seulement une minime dose de carbone combiné.
- D’apres ce qui précède, il est bien évident que le prix de revient du fer, et surtout de l’acier Bessemer, doit être fort peu élevé. En dehors du déchet, il n’y a réellement' à compter que les frais de main-d’œuvre et de production du vent; le reste est relativement insignifiant, surtout lorsqu’on prend la fonte directement au haut fourneau, ce qui pourrait se faire très-facilement en France dans les forges au bois.
- M. Bessemer pense que dans le district des hématites rouges ( Cumberland et Lan-cashire), en prenant la fonte directement au haut fourneau, le prix de revient de l’acier ne devrait pas être supérieur à 4 liv. sî.; soit 100 fr. la tonne, le prix des fontes étant de 2 liv. 10 sch. à 3 liv.
- Mais à Woolwich, où le combustible, la fonte et la main-d’œuvre sont plus chers, le prix de revient moyen a été de 6 liv. 10 sch., en opérant sur des fontes de 3 liv. 11 sch. à 3 liv. 15. sch.
- Le détail du prix de revient serait approximativement le suivant pour le fer doux :
- Jiv. icli. liv. sch.
- Fonte à 20 ou 25 pour 100 de déchet.....................................4 10 à 4 15
- Frais de refonte au cubilot.. ........................................ » 5 » o
- Vent, main-d’œuvre, matériaux réfractaires, frais divers et généraux. . 1 10 1 10
- Total.........................6 5 à 6 10
- Si l’on peut se fier aux renseignements qui précèdent, et je ne vois aucun motif pour en douter, la fabrication de l’acier fondu, et en partie celle du fer, serait donc à la veille de changer de face. L’acier fondu pourrait être obtenu à des prix singulièrement réduits.
- Toutes les fontes non sulfureuses ni phosphoreuses, même celles qui renferment peu de manganèse, s’affineraient aisément pour acier fondu dans l’appareil Bessemer. Aussi en France, plus qu’ailleurs, cette méthode nouvelle mérite d’être étudiée. Elle
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- peut être appelée à redonner une vie nouvelle à nos districts de forges au bois, où les fontes sont de qualité supérieure, tels que la Franche-Comté, le Berry, le Périgord et les Pyrénées. On renoncerait à l’affinage comtois, et le charbon de bois servirait exclusivement à la fusion des minerais.
- Cherchons maintenant, pour terminer, sinon à formuler la théorie complète de la nouvelle méthode d’affinage, au moins à en apprécier les points les plus saillants.
- Deux faits surtout frappent tout d’abord : la haute température qui se manifeste en l’absence de tout combustible charbonneux et la rapidité avec laquelle Je travail se fait.
- Quant à la température, rappelons que le même fait se produit, dans l’affinage comtois, lors de l’avalement, et que l’absence du charbon est précisément, jusqu’à un certain point, la condition sine quâ non d’une température fort élevée, puisqu’en présence de ce combustible il y a toujours formation d’oxyde de carbone et, par cela même, refroidissement relatif.
- Dans la méthode Bessemer, le métal est amené fondu dans la cornue, c’est-à-dire à environ 1,600°; puis, au bout de peu de minutes, la chaleur est assez élevée pour maintenir l’acier et même le fer à l’état fluide, ce qui suppose successivement 1,800° et 2,000°.
- L’air, en traversant la fonte, oxyde directement le métal dominant5 c’est la combustion du fer, plus que celle du graphite et du silicium, qui engendre la chaleur, puisque, des trois principaux éléments brûlés, le fer est de beaucoup le plus abondant.
- En opérant sur 1,000 kilog., le métal est amené en dix minutes à l’état d’acier, en subissant un déchet de 12 à 15 pour 100, sur lesquels environ 10 pour 100, soit 100 kilog., sont du fer. Ainsi, par minute, on brûle à peu près 10 kilog. de fer. Or il est facile de montrer que la chaleur ainsi développée est plus que suffisante pour amener le fer successivement à 1,800° et 2,000°.
- D’après Dulong, le litre d’oxygène développe, en brûlant du fer, 6,216 unités de chaleur, ou 1 gramme d’oxygène, 4,327 unités (1).
- D’après M. Desprez, on aurait même 5,325 unités (2).
- Nous admettrons le chiffre inférieur, parce que, dans les expériences calorimétriques, le fer passe à l’état d’oxyde magnétique ou même de peroxyde, tandis que, dans l’appareil Bessemer, le fer reste principalement à l’état du protoxyde-uni à la silice, et qu’il est impossible de savoir dans quel rapport se trouvent les quantités de chaleur développées successivement par la formation graduelle des divers oxydes. On est donc exposé, même en prenant le chiffre de Dulong, à trouver un nombre trop élevé. Néanmoins, comme je néglige, dans le calcul des calories développées, la chaleur fournie par la combustion du graphite et du silicium, je dois plutôt obtenir, en définitive, une somme de chaleur trop faible.
- fl) Annales de physique et de chimie, 3e série, l. VIII. (2) Physique de Pouillet.
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- Les 10 kilog. exigent, pour se transformer en protoxyde ( ~ ) 10k.85d’oxygène et développant, par suite, 2,85 X 4,327 = 12,332 calories.
- En dix minutes, on aura donc 123,320 calories.
- Cette chaleur sert essentiellement à porter le fer, les scories et l’azote à 1,800°. Comme on ne connaît pas la chaleur spécifique des scories et que le fer métallique restant forme les neuf dixièmes de la masse totale, on peut admettre, sans grande erreur, que la chaleur totale absorbée est égale à celle qu’il faudrait pour porter les 1,000 kil. de fer à 1,800°, plus celle qui est nécessaire pour amener l’air tout entier, et non plus seulement l’azote, à la même température de 1,800°*
- Pour le fer qui part de 1,600°, on a :
- 1,00 X 0,13 X 200° — 13,000 calories (1).
- Pour l’air partant de 0° :
- 28',S X X 0,26 X 1,800" = 37,151
- Total. .... 70,154
- La différence entre 70,754 et 123,320 est assez grande pour compenser largement les pertes de chaleur qui peuvent avoir lieu par rayonnement direct, et par les parois de l’appareil, surtout si l’on songe que la chaleur se développe au centre même de la masse de fer sur le chemin des vingt-cinq petits jets d’air qui opèrent la combustion.
- Pendant les dix minutes qui suivent, il se produit encore une chaleur égale, tandis que la chaleur absorbée ne s’accroît que de celle qui est nécessaire pour porter l’air
- de 1,800 à 2,000°, soit de 28,5 X -rav- X 0,26 X 200 — 3,817 calories. On aura
- JàO i
- donc en tout 74,571 calories au lieu de 70,754; or ce n’est pas cette légère différence qui pourrait empêcher le fer doux de rester cà son tour à l’état fondu.
- Il est vrai que la masse de fonte pourrait fort bien être traversée par un excès d’air, d’où résulterait alors une plus forte absorption de calorique. On conçoit que cela puisse surtout arriver lorsqu’on opère sur de trop faibles masses de fonte, et lorsque le courant cl’air n’est pas suffisamment divisé.
- D’ailleurs, en opérant sur de faibles quantités de fonte ( moins de 100 à 200 kilog.), la chaleur absorbée par les parois de la cornue, ou en général la chaleur perdue, est relativement plus forte; aussi, dans ces circonstances, il sera évidemment difficile de prévenir la formation des loups. C’est par ce motif sans doute que M. Bessemer recommande d’opérer sur de grandes masses, et dans son mémoire il attribue même l’insuccès de ses premiers essais tout autant à la petitesse des masses qu’à la présence du soufre et du phosphore dans les fontes. C’est en opérant sur de petites masses que le déchet s’élevait souvent jusqu’à 40 pour 100,
- fi) Ce chiffre est un peu faible, parce que 0,13 est la chaleur spécifique moyenne du fer entre 0 et 300°, et que sa capacité calorifique s’accroît avec la température.
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- Observons encore qu’à l’origine on injectait le vent latéralement et par des buses plus grandes et moins nombreuses, ce qui rendait évidemment l’absorption complète de l’oxygène et celle de la chaleur produite plus difficiles.
- Il suit de là que, au point de vue de la chaleur développée, le procédé Bessemer doit nécessairement d’autant mieux réussir que la colonne de métal fondu sera plus élevée (entre certaines limites, bien entendu), par suite la pression du vent plus forte ; puis aussi le degré de division de ce dernier en menus jets plus avancé (1).
- Il serait intéressant de savoir si, dans le cas des conditions ci-dessus développées, il y a excès d’air ou non. On pourrait y arriver s’il était possible de calculer rigoureusement le volume injecté.
- Mais la section des buses est plus ou moins rétrécie par des engorgements, et la tension du vent plus ou moins annihilée par la pression de la fonte. Il faudrait donc, pour résoudre la question, avoir recours à l’analyse des gaz qui s’échappent de la cornue. A défaut de cela, essayons cependant de nous en rendre compte par le calcul.
- La pression du vent est de 2 atmosphères en moyenne; soit 1 atmosphère en excès sur la tension ordinaire. Dans le cas d’une charge de 1,000 kilog., la colonne de fonte fluide équivaut à peu près, comme on l’a vu, à un tiers d’atmosphère ; mais, en tenant compte des autres obstacles à vaincre, il doit y avoir certainement une perle totale d’une demi-atmosphère. La tension motrice est, par suite, au maximum, d’une demi-atmosphcre. Or, d’après cela, on trouve que les vingt-cinq buses de 0m,006 doivent fournir par minute un volume d’air qui, ramené à 0° et Qm,76, occuperait 13mc,5, et dont le poids serait de 17k,55.
- D’autre part, les 2k,85 d’oxygène absorbés par minute par le fer correspondent à 12k,3fc d’air, et, si l’on y ajoutait celui de l’oxygène absorbé par les 2 à 5 kilog. de graphite et de silicium, on arriverait à très-peu près au chiffre ci-dessus trouvé.
- Il semblerait donc, d’après cela, que peu d’oxygène doit échapper à la combustion, et en effet on comprendrait difficilement qu’il en fût autrement, lorsque, à une température aussi élevée,, la fonte est sillonnée par une série de jets d’air aussi exigus.
- : Passons à l’affinage en lui-même, et voyons par quelles réactions la fonte peut se trouver affinée en si peu de temps.
- Il y a d’abord l’absence du charbon qui, précisément dans l’affinage ordinaire, au bas foyer-, contre-balance sans cesse l’action oxydante de l’air et des scories. Il y a ensuite la température si élevée et le mélange si intime de l’air et de la fonte, qui évidemment doivent oxyder bien plus rapidement et plus uniformément que le brassage imparfait du puddleur sur la sole du réverbère. Dans ce dernier cas, pour que la scorie puisse se mélanger avec la fonte et réagir sur elle, il faut que celle-ci ne soit qu’à demi fluide, et par suite à une température relativement peu élevée ; tandis que, dans l’appareil Bessemer, le mouvement tumultueux communiqué au métal par les vingt-
- (1) L’air chaud accroîtrait évidemment la température du produit, mais si, par la dilatation de l'air, on devait réduire le poids de l’oxygène injecté, il en résulterait forcément, d’autre part, une combustion moins vive et une chaleur locale moins intense.
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- cinq jets de vent mêle sans cesse la scorie et la fonte malgré leur fluidité extrême et leur différence de densité. Les réactions sont, par suite, dans ce dernier cas, plus vives et plus énergiques.
- Supposons maintenant une fonte sans soufre ni phosphore. Le fer est oxydé par l’air, et avec lui, soit directement, soit surtout indirectement (1), le silicium et le carbone, mais d’abord de préférence le premier, à cause de l’affinité de la silice pour l’oxyde de fer.
- L’oxyde de fer en excès attaque d’ailleurs énergiquement les parois de la cornue et forme ainsi, par ce double fait, un silicate basique de fer et d’alumine. Lorsque le silicium est oxydé, le carbone disparaît à son tour, par la réaction de la scorie basique, comme dans le puddlage pour acier, et le produit sera ainsi ramené, selon la durée de l’opération, à du fer plus ou moins carburé. Ce sera de l’acier dur, de l’acier doux, du fer aciéreux, ou même du fer doux. Quelques minutes de plus ou de moins suffisent pour cela ; car la décarburation est encore plus rapide que dans le puddlage pour acier.
- Lorsque les fontes renferment du manganèse, celui-ci s’oxyde en partie directement comme le fer, mais surtout indirectement par l’oxyde de fer. L’oxyde de manganèse, comme base forte, hâtera d’ailleurs le départ du silicium. Les fontes très-siliceuses seront donc plus faciles à affiner si elles renferment en même temps du manganèse. Mais la présence de ce métal n’est pas indispensable dans la méthode Bessemer, comme le prouvent les résultats obtenus avec les fontes du Cumberland, provenant des hématites rouges qui renferment, en général, très-peu de manganèse.
- Le phosphore n’est pas éliminé dans la méthode nouvelle, et le manganèse même ne paraît pas faciliter son départ, puisque les fontes anglaises des minerais houillers, qui toutes sont phosphoreuses et riches en manganèse, ont donné constamment de mauvais résultats.
- Le phosphore ne pourrait être expulsé que sous forme de phosphate de fer ou de manganèse; or le phosphate de fer est ramené à l’état de phosphure par le fer métallique (2), et il en est de même, très-probablement, du phosphate de manganèse. Dans les fineries, les foyers de forge et les fours de puddlage, une partie du phosphore passe dans les scories, parce que le contact entre ces dernières et le fer est moins intime et la chaleur moins intense; mais, lorsque le fer lui-même est fondu et sans cesse mêlé à la scorie par le vent, il doit nécessairement réagir très-énergiquement sur le phosphate momentanément formé. La haute température doit d’ailleurs plutôt diminuer qu’exalter l’affinité de l’acide phosphorique pour l’oxyde de fer.
- Ainsi, dans l’état actuel du procédé, à moins d’un réactif spécial très-énergique, il semble difficile que les fontes phosphoreuses, même manganésifères, puissent être traitées par le procédé Bessemer.
- Le soufre n’est pas facile à séparer non plus. On sait que le sulfure de fer n’est pas
- (1) Voir la notice sur le puddlage pour acier. ( Annales des mines, 5e série, t. XV, p. 291.}
- (2) Page 100 du mémoire ci-dessus cité sur l’acier puddlé.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Novembre 1861. 85
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- décomposé par le protoxyde, et encore moins par le silicate de fer. Sous l’influence directe de l’air, une partie du soufre doit s’échapper, très-probablement, à l’état d’acide sulfureux; mais ce gaz lui-même est aussi décomposé par le fer; en sorte qu’en réalité l’expulsion du soufre est fort imparfaite. A cause de la haute température et du mélange intime des matières, il en est du soufre comme du phosphore; son départ est certainement plus difficile dans l’appareil Bessemer que dans les bas foyers et les fours de puddlage.
- Les scories de forge renferment presque toujours du soufre, et ce soufre ne peut guère s’y trouver que sous forme d’oxysulfures ou de sulfo-silicates.
- Mais les oxysulfures sont des composés peu stables, et à une haute température ils doivent, ce me semble, se partager entre le silicate et le métal; et, quant au sulfo-silicate ou sulfure double de fer et de silicium (1), il doit résister difficilement à la double influence du fer et du vent; il se produit du silicate ordinaire, et le soufre doit de nouveau s’unir au fer. Ainsi, à part la faible proportion qui peut s’échapper sous forme d’acide sulfureux ou de sulfure de silicium, il semble que cet élément tend plutôt à se concentrer dans le métal.
- Pourtant le soufre est moins nuisible que le phosphore, puisqu’on peut obtenir de bon fer et de bon acier avec des fontes au coke ; de plus, comme les fontes provenant des fers spathiques et des fers oxydulés qui sont toujours mélangés de pyrites donnent néanmoins de fort bon acier, il est probable que le manganèse joue ici le rôle de correctif par son affinité bien connue pour le soufre, affinité qui doit se manifester non-seulement au haut fourneau, mais encore dans le travail de l’affinage (2).
- Ainsi, en résumé, ce sont surtout les fontes phosphoreuses qui paraissent rebelles au procédé Bessemer; mais, à part ce cas et celui de certaines fontes trop sulfureuses, il paraît aujourd’hui certain que la nouvelle méthode d’affinage, convenablement appliquée, peut donner de fort bons produits, même en traitant des fontes au coke. Pourtant il est bien évident que, toutes choses égales d’ailleurs, les fontes au bois doivent mériter la préférence; aussi ne saurions-nous assez engager nos maîtres de forges de Franche-Comté, du Berry et du Périgord à essayer la méthode nouvelle. Les fontes de ces districts donneraient certainement des produits supérieurs aux aciers des meilleures fontes au coke du Cumberland.
- P. S. M. Tunner a publié, dans le Jahrbuch de Léoben, d’après les Annales suédoises du lern Kontoret, le compte rendu des essais exécutés en Suède, dans l’usine d’Edsken, jusqu’en juin 1859.
- Jusqu’à cette date, on s’était servi exclusivement de l’ancien fourneau fixe, à un petit nombre de tuyères latérales de 0m,015 à 0ra,02 de diamètre, disposition évidemment moins favorable que celle adoptée aujourd’hui.
- (1) On sait qu’il se dégage du sulfure de silicium de beaucoup de fontes au moment de la coulée.
- (2) Mémoire sur l’acier puddlé, p. 301 et 303.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- Malgré cela, les résultats obtenus en Suède s’accordent avec ceux rapportés ci-dessus.
- Pour avoir un acier suffisamment fluide, il faut un vent fortement comprimé. Les charges variaient de 800 à 1,000 kilog. Le déchet pour acier en lingots était de 12 à 14 pour 100 ; la durée de l’opération, de sept à dix minutes. Des additions de minerais riches et manganésifères, pour faciliter la décarburation, ont paru plus nuisibles qu’utiles.
- L’air chaud a retardé l’opération et développé une température moins concentrée, à cause du poids moindre d’oxygène fourni à la fonte dans l’unité de temps.
- L’acier obtenu peut se comparer à l’acier fondu ordinaire ; et, en résumé, on considérait, dès cette époque, la méthode Bessemer comme passée de la période des essais à celle de son application industrielle, au moins quant à l’acier proprement dit, car on paraît s’être peu préocccupé de l’affinage pour fer. ( Annales des mines. )
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- MÉMOIRE SUR UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE DOSAGE DU SOUFRE CONTENU DANS LES PYRITES DE FER ET DE CUIVRE; PAR M. J. PELOUZE.
- « La fabrication de l’acide sulfurique se faisait presque exclusivement, il y a peu d’années encore, avec le soufre de la Sicile ; cette île en exportait des quantités véritablement immenses, car la part annuelle de la France seule ne s’élevait pas à moins de 30 millions de kilogrammes.
- « Aujourd’hui le soufre tend à être remplacé de plus en plus par la pyrite martiale, ou par des pyrites ferrugineuses plus ou moins riches en sulfure de cuivre. Cette dernière sorte de pyrite est principalement exploitée sur le littoral d’Espagne, d’où elle est expédiée en Angleterre. Elle sert tout à la fois à la fabrication de l’acide sulfurique et à l’extraction du cuivre.
- « La France possède de nombreux gisements de pyrites : les usines de Paris, Lille, Chauny, Rouen, etc., s’approvisionnent principalement à Chessy et à Saint-Bel, près de Lyon; celles du Midi trouvent leurs pyrites dans le voisinage d’Alais; enfin quelques industriels vont les chercher en Belgique et jusque dans la Prusse Rhénane.
- « On comprend qu’il faille demander à des sources diverses une matière dont l’emploi annuel atteint 100,000 tonnes.
- « La composition de ces pyrites étant extrêmement variable, les transactions auxquelles elles donnent lieu sont nécessairement basées sur leur teneur en soufre, et il importe de la déterminer souvent et avec soin. D’un autre côté, il n’est pas moins nécessaire, pour le fabricant, d’apprécier la quantité de soufre qu’il laisse dans le résidu du grillage des pyrites ; il doit chercher à appauvrir le plus possible ces résidus,
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- car jusqu’à présent la pyrite grillée n’a reçu aucun emploi. On a récemment cherché à l’utiliser pour la fabrication d’une fonte de qualité inférieure ; mais on paraît y avoir renoncé : ce qui s’explique quand on sait que le soufre non brûlé, qui reste mêlé à l’oxyde de fer, atteint la proportion de 3 , 4 et 6 pour 100, et que quelquefois même cette quantité est encore plus considérable.
- « Dans l’état actuel des choses, les analyses de sulfures métalliques sont faites en général avec exactitude, mais malheureusement avec une extrême lenteur. On les traite par l’eau régale, on étend d’eau la dissolution, on la filtre, et on précipite l’acide sulfurique qu’elle contient par un sel de baryte. Le poids du sulfate de baryte indique la proportion même du soufre. Ce procédé exige, comme toutes les méthodes d’analyse par voie humide, une certaine habitude des manipulations chimiques.
- <t Je savais que les fabricants d’acide sulfurique appelaient de tous leurs vœux un procédé plus simple et surtout plus expéditif. Celui que je leur propose ne saurait manquer d’être employé, car il n’est, au fond, rien autre chose qu’un essai alcalimé-trique, c’est-à-dire de tous les procédés industriels, sans exception, celui qui est le plus connu et le mieux pratiqué.
- « Cela se comprend quand on sait que la fabrication des sels de soude est tellement liée à la fabrication de l’acide sulfurique, qu’on ne voit jamais dans une usine des fours à soude sans y rencontrer en même temps des chambres de plomb.
- « Mon nouveau procédé est fondé sur la propriété que possède le chlorate de potasse, en présence d’un carbonate alcalin, de transformer en acide sulfurique le soufre contenu dans les sulfures métalliques, notamment dans ceux de fer et de cuivre, les seuls qui soient employés à la fabrication de l’acide sulfurique. Cette réaction, si elle est bien conduite, est complète, c’est-à-dire que la totalité du soufre passe à l’état d’acide sulfurique qui s’unit à la soude ou à la potasse, ou à ces deux bases à la fois, ce qui est indifférent quand on se place au point de vue purement analytique.
- « Il est nécessaire d’employer plus de carbonate de soude que n’en indique la théorie, si on veut être certain de ne pas perdre d’acide sulfurique5 cet excès de carbonate de soude est facile à apprécier par les moyens ordinaires de l’alcalimétrie.
- « La neutralisation du carbonate de soude se fait donc en deux fois : premièrement par l’acide sulfurique formé aux dépens du soufre pendant la calcination du mélange ci-dessus indiqué, et en second lieu par l’acide sulfurique dissous dans l’eau et d’un titre quelconque, pourvu qu’il soit connu.
- « L’acide sulfurique normal se trouvant dans tous les laboratoires, je l’emploie de préférence à toute autre dissolution acide. On se souvient qu’il est tel, que 10 gram. de carbonate de soude pur et sec sont exactement neutralisés par 92cc,4 d’acide normal; ces nombres correspondent à des équivalents égaux de carbonate de soude (Na O, CO2 ) et d’acide sulfurique monohydraté ( SO3, HO ). Un litre d’acide normal contient 100 grammes d’acide monohydraté, dans lequel le soufre entre pour 32,653.
- « Supposons maintenant que dans une analyse de pyrite j’aie employé 5 grammes de carbonate de soude ; je sais qu’il eût fallu 46cc,20 ou 92,40 demi-centimètres cubes
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- d’acide normal pour les neutraliser directement (1); mais si après la combustion de 1 gramme de pyrite, par exemple, je n’ai eu besoin que de 30cc,20 de mon acide, cela indique qu’il s’est formé par l’oxydation du sulfure une quantité d’acide sulfurique précisément égale à celle que contiennent 16 centimètres cubes d’acide normal, car 16 centimètres cubes et 30cc,20 forment bien 46cc,20. Il ne reste donc plus qu’à calculer combien il y a de soufre dans 16 centimètres cubes d’acide normal; j’établis donc la proportion suivante :
- 1000cc : 32,653 : : llcc : x,. x = 0,522 de soufre.
- Ainsi 1 gramme d’une telle pyrite contient 0gr,522 de soufre, soit 52,2 pour 100.
- « Cela dit, je passe à la description de mon procédé. Je suppose qu’il s’agisse de l’analyse d’une pyrite martiale.
- « Je mêle exactement dans un mortier de porcelaine 1 gramme de pyrite porphy-risée, 5 grammes de carbonate de soude pur et sec, 7 grammes de chlorate de potasse, et 5 grammes de sel marin fondu ou décrépité. J’introduis ce mélange dans une cuiller à projection, et je l’expose graduellement pendant huit ou dix minutes à une température d’un rouge sombre; le sel marin a pour but et pour résultat d’empêcher la matière de brûler avec trop de vivacité.
- a Lorsque le mélange est à peu près refroidi, je l’agite avec de l’eau distillée chaude : j’enlève la dissolution au moyen d’une pipette et je la filtre. Je renouvelle ce lavage cinq ou six fois, et, en dernier lieu, je fais bouillir le résidu dans la cuiller même avec de l’eau. Je le reçois sur un filtre où je le lave encore à l’eau bouillante.
- « Une courte pratique apprend bientôt à effectuer, d’une manière complète et sans perte aucune, le lessivage complet de la matière dont il s’agit. La dissolution et les eaux de lavage sont en dernier lieu neutralisées par l’acide sulfurique normal, sans modification aucune de la méthode et des soins prescrits par Gay-Lussac.
- « Supposons qu’il ait fallu employer à la neutralisation 34 centimètres cubes d’acide normal, conformément à ce qui a été dit; nous retranchons ce nombre de 46cc,2, il nous reste donc 12cc,2 qui représentent l’acide sulfurique formé par la pyrite. Ce nombre, multiplié par 32,653 et divisé par 100, nous donne le poids du soufre cherché, soit 0,398 ou 39,8 pour 100.
- « Une gangue quartzeuse, barytique ou calcaire n’apporte aucun trouble dans ce procédé.
- « Le résidu après le lavage doit se dissoudre sans déposer de soufre dans l’acide chlorhydrique. Il est facile de s’en assurer, car dans un essai mal conduit le soufre se sépare de la gangue sous forme de flocons légers, reconnaissables à la flamme bleue et à l’odeur d’acide sulfureux qu’ils donnent en brûlant. Quand un tel cas se pré-
- (1) On a conservé dans le commerce et l’industrie l’indication de Descroizilles sur l’alcalimétrie; on dit que le carbonate de soude marque 94° 1/2, ou plus exactement 94° 4/10 quand il est pur.
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- sente, ce qui est fort rare et indique en général un mélange mal fait, il faut recommencer l’analyse.
- « Je me suis assuré, et c’était là un point essentiel, qu’il ne se dégage pas d’acide sulfureux pendant la combustion des pyrites, en recevant les gaz soit dans une dissolution chaude d’eau régale faible additionnée de chlorure de barium, soit, ce qui vaut mieux encore, dans une dissolution de permanganate de potasse; on ne constate ni le précipité ni la décoloration qui sont les indices de l’acide sulfureux.
- « J’ai fait quelques autres expériences pour constater l’exactitude de mon procédé; voici en quoi elles consistent :
- « 1° Des échantillons de pyrite , en cubes de la plus parfaite netteté, que je devais à l’obligeance de M. Combes, m’ont donné dans six analyses des quantités de soufre toujours comprises entre 53 et 54 pour 100; la formule Fe S2 en indique 53,3.
- « 2° Des échantillons de pyrites naturelles et de pyrites grillées, qui provenaient de l’usine de Chauny, ont été analysés, soit dans le laboratoire de cette usine, soit dans le mien, par l’eau régale et les sels de baryte, et comparativement par mon nouveau procédé.
- « Ces substances ont fourni par ce double traitement des quantités de soufre dont les plus éloignées n’ont pas différé de plus de 1 1/2 pour 100, et qui pour la plupart se confondaient.
- « 3° Le produit de la calcination du mélange ci-dessus indiqué, bien lessivé et saturé par l’acide chlorhydrique, donne, avec la baryte, le même poids de sulfate de baryte que par le procédé ordinaire de l’eau régale.
- « J’ai constaté les mêmes résultats sur plusieurs échantillons de pyrite cuivreuse.
- « Jusqu’ici je n’ai parlé que des pyrites de fer et de cuivre; je vais maintenant dire deux mots de l’application de mon procédé aux pyrites grillées, dont les fabricants d’acide sulfurique ont tant d’intérêt à connaître la teneur en soufre et dont ils sont forcés chaque jour d’analyser un grand nombre d’échantillons.
- « Ici je supprime comme inutile l’emploi du sel marin. Je mêle exactement 5 grammes de pyrite grillée, 5 grammes de carbonate de soude pur et sec, 5 grammes de chlorate de potasse.
- « J’expose le mélange au rouge sombre dans une cuiller à projection. L’oxydation du soufre se fait lentement et sans aucune déflagration. Le reste de l’expérience ne diffère pas de celle que j’ai indiquée pour les pyrites cuivreuse et martiale. A-t-il fallu 40 centimètres cubes d’acide pour la neutralisation, c’est que les 5 grammes de pyrite grillée contenaient 0S',202 de soufre, soit 0gr,0404 pour 1 gramme ou 4,04 pour 100.
- « En terminant, j’insiste sur la nécessité d’un lavage à l’eau bouillante, qui d’ailleurs n’offre aucune difficulté; un lavage à froid serait long et parfois insuffisant. Cela tient sans doute à ce qu’il se forme avec les pyrites à gangue quartzeuse une petite quantité de silicate alcalin, qui ne se dissout facilement que dans l’eau chaude.
- « J’ajouterai que toute perte de carbonate de soude correspond à une augmentation fictive de soufre, ce qui se comprend, puisqu’on juge de la proportion de celui-ci par le volume d’acide normal employé à achever la saturation.
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- « Le carbonate de soude perdu serait à tort considéré comme ayant passé à l’état de sulfate, et le calcul de la proportion de soufre serait établi sur une base fausse.
- « Il est d’ailleurs facile, avec un peu de soin, d’éviter les erreurs de la nature de celle que je viens de signaler.
- « Je n’ai pas besoin de dire que le carbonate de soude doit être parfaitement pur et sec, et qu’il faut le peser avec autant d’exactitude que la pyrite elle-même.
- « Quant au chlorate de potasse et au chlorure de sodium, ce soin n’est plus nécessaire.
- « On peut faire varier la proportion de ce dernier sel avec la combustibilité des pyrites et l’augmenter jusqu’à ce que l’oxydation du mélange se fasse sans déflagration.
- « Enfin la précaution la plus nécessaire de toutes consiste à porphyriser très-finement la pyrite et à rendre très-intime le mélange dont elle fait partie.
- « En résumé, le nouveau mode d’analyse des sulfures métalliques consiste dans la combustion du soufre par le chlorate de potasse, en présence du carbonate de soude. Le soufre passe tout entier à l’état d’acide sulfurique, qui neutralise une partie du carbonate alcalin. L’excès de ce sel est connu par le volume d’acide sulfurique normal employé à parfaire la saturation. On retranche ce volume de celui qu’auraient exigé 5 grammes de carbonate de soude pur pour être directement neutralisés, et la différence indique l’acide sulfurique produit par la pyrite.
- « De la proportion d’acide sulfurique, on déduit par le calcul celle du soufre.
- « La nouvelle opération dont il s’agit n’exige pas plus de trente à quarante minutes : les erreurs qu’elle comporte n’excèdent pas 1 à 1 1/2 pour 100 du poids du soufre qu’il s’agit de déterminer. » ( Comptes rendus des séances de VAcadémie des sciences. )
- SUR LES MATIÈRES ÉTRANGÈRES QUI SE TROUVENT DANS LE ZINC DU COMMERCE ET DANS LE RÉSIDU DE SA DISSOLUTION PAR LES ACIDES, PAR MM. ELIOT ET STORER.
- MM. Eliot et Storer, pour vérifier et concilier les données incomplètes et souvent contradictoires que présentent les expériences publiées sur la composition du zinc du commerce, ont réuni un certain nombre d’échantillons de diverses origines, et les ont soumis avec beaucoup de soin à une analyse qu’ils ont publiée dans les Mémoires de l’Académie américaine des sciences. Ils ont été ainsi amenés à conclure que plusieurs matières que l’on regardait comme généralement répandues dans le zinc du commerce ne se trouvent réellement que dans quelques sortes, et encore ne s’y rencontrent pas constamment, tandis que d’autres y sont contenues, tantôt en quantités assez considérables, tantôt en proportions minimes.
- Les sortes analysées sont :
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- 1° Du zinc de Silésie, )
- 2° Du zinc belge de la Vieille-Montagne, ! en saumons ;
- 3° Du zinc américain de New-Jersey, )
- 4° Du zinc de Pensylvanie, tiré de l’usine de Pensylvanie et de Lehigh (Bethléem);
- 5° Du zinc de la Vieille-Montagne, tel que l’emploie la Monnaie des États-Unis;
- 6° Du zinc purifié, tiré de Paris;
- 7° Du zinc en planche, tiré de Berlin ( origine inconnue );
- 8° ] Du zinc I de Wrexham Galles septentrionale ;
- 9° I anglais. des mines royales de Neath, Glamorganshire ;
- 10° J Origine des usines de MM. Dillwyn et comp., de Swansea ;
- 11° ) authentique des usines de M. Vivian, de Swansea.
- Les métaux étrangers trouvés sont rangés dans l’ordre où ils sont indiqués par les auteurs. Le tableau exprime en centièmes du poids total les résultats moyens des analyses quantitatives. La série des chiffres, à gauche, renvoie aux numéros des échantillons que nous venons de citer. On exposera aussi les détails des expériences.
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- NUMÉROS CADMIUM
- des CUIVRE. PLOMB. FER. et
- échantillons. étain.
- 1 0 1,46 » 0,0546 Pas d’étain, sauf peut-être des traces incertaines.
- 2 0 0,292 )) 0,0281 Globules visibles, vraisemblablement d’étain.
- 3 0,1298 0,079 0,209 0,4471 Globules notables d’étain, essayés au chlorure d’or.
- 4 0 0,000 » »
- 5 0 0,494 0,057 0,0098 Pas d’étain.
- 6 0 0,106 » 0,0406 Légères traces d’étain.
- 7 0 1,297 0,611 0,0178 Globules visibles, vraisemblablement d’étain.
- 8 0 1,192 » 0,0070 Pas d’étain.
- 9 0 0,823 » 0,0041 Traces douteuses d’étain.
- 10 0 1,661 » 0,0035 Faibles traces d’étain.
- 0 1,516 » 0,0285 Globules visibles d’étain, essayés au chlorure d’or.
- Les nombres relatifs au cadmium et à l’étain désignent un résidu obtenu par l’action de l’acide sulfhydrique sur la solution acide, puis traité par l’acide azotique et enfin chauffé au rouge. La quantité en était si faible que l’on n’a pas séparé l’étain du cadmium, et que l’on n’a pu examiner ce résidu autrement qu’au chalumeau. Les résultats de cet examen sont inscrits dans la dernière colonne à droite.
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- Plomb. — Ce métal paraît accompagner presque toutes les sortes de zinc, puisque le zinc de Pensylvanie en a seul été trouvé exempt. Voici comment on l'a dosé. Le zinc a été dissous dans l’acide sulfurique faible préalablement saturé de sulfate de plomb. Cet acide résultait du mélange de 1 partie d’acide sulfurique concentré du commerce avec 4 parties d’eau, et que l’on avait séparé, par décantation, du précipité formé. On avait pris cette voie pour s’assurer que la solution étendue ne pourrait plus dissoudre d’oxyde de plomb, ce que les auteurs ont d’ailleurs vérifié par une expérience directe. (La rédaction du Journal für Praktische Chemie fait observer qu’ils ne paraissent pas avoir essayé si l’acide ainsi préparé ne pouvait pas, en dissolvant le zinc, laisser déposer, à l’état métallique, une partie du plomb qu’il contenait sous forme de sulfate. ) Le plomb, précipité après la dissolution du zinc, a d’abord été séparé du sulfate de zinc par décantation, évaporé à siccité après l’addition de quelques gouttes d’acide azotique, lavé ensuite avec la solution de sulfate de zinc, puis avec l’acide sulfurique étendu, recueilli sur un filtre d’un poids déterminé d’avance, enfin séché et pesé. Les auteurs avaient eu aussi le soin de s’assurer qu’une solution de sulfate de zinc ne dissout pas de sulfate de plomb.
- Étain et cadmium. — Le liquide, filtré, a été traité par l’acide sulfhydrique après la séparation du plomb, et le précipité, soumis d’abord à l’action de l’acide azotique, a été ensuite chauffé au rouge. On a obtenu ainsi une poudre d’un brun-jaunâtre, si ce n’est pour le zinc de New-Jersey, qui a donné un précipité noir chargé d’oxyde de cuivre. (Les rédacteurs du Journal für Praktische Chemie font encore observer ici que l’absence du plomb dans le précipité produit par l’acide sulfhydrique confirme leur supposition précédente et indique que l’acide sulfurique chargé de plomb avait dû laisser déposer ce métal en présence du zinc.)
- Cuivre. — On n’en a trouvé que dans l’échantillon de New-Jersey. On l’a précipité par l’acide sulfhydrique, recueilli sur un filtre et séché. On a alors incinéré le filtre dont on a humecté la cendre avec du sulfhydrate d’ammoniaque 5 puis, après l’avoir amené à l’état de sulfure Cu S, on l’a chauffé au rouge dans un courant d’hydrogène, et enfin pesé.
- Fer. — On doit s’attendre à en trouver dans tous les zincs du commerce. Il provient, comme Karsten l’a démontré, des appareils en fer ou en fonte dans lesquels on traite le zinc. Les auteurs ne l’ont dosé que pour une partie de leurs échantillons et ont opéré au moyen du caméléon.
- Carbone. — Quoique l’on admette généralement la présence du carbone dans tous les zincs du commerce, ce métalloïde ne s’y trouve que par accident et à l’état de mélange; il n’y est même pas abondant. Pour en constater l’existence, les auteurs ont fait rougir le résidu de la dissolution du zinc par les acides avec du chromate de plomb dans un tube et fait passer dans de l’eau de chaux les gaz qui se sont dégagés. De tous les échantillons essayés, celui de New-Jersey et trois autres de zinc anglais sont les seuls qui aient donné des traces appréciables, mais faibles, de l’existence du carbone.
- Soufre. — On en a trouvé dans toutes les sortes de zinc, mais en si petite quantité,
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Novembre 1861. 86
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- que l'on n’a pu en constater la présence que par le noircissement du papier imprégné d’une solution d’acétate de plomb. Il a fallu employer, dans ce cas, pour dissoudre le zinc, une solution d’acide chlorhydrique parfaitement exempte de chlore, d’acide sulfureux et d’acide sulfurique.
- Arsenic. — Il se trouve dans le zinc beaucoup plus rarement qu’on ne le pense généralement, d’après l’opinion de Proust. Si, depuis quelque temps, l’emploi de l’appareil de Marsh a paru en faire découvrir souvent dans le zinc du commerce, on doit sans doute attribuer fréquemment ce fait à l’acide sulfurique employé pour la dissolution. Les auteurs se sont mis en garde contre cette cause d’erreur et contre toutes les autres, et, après avoir fait fonctionner pendant une heure un appareil de Marsh perfectionné , iis n’ont trouvé de traces d’arsenic que dans une partie de leurs échantillons.
- Ils ont aussi essayé la possibilité de précipiter, au moyen de l’acide sulfhydrique, le zinc de ses dissolutions acides, point qui a été l’objet de discussions récentes. Ils ont reconnu que la précipitation est causée par une grande quantité d’eau contenue dans la solution, ou par l’insuffisance de l’excès d’acide. Par exemple, une solution de chlorure de zinc préparée avec 10 centimètres cubes d’eau, 05r,2118 d’oxyde de zinc et 3 centimètres cubes d’acide chlorhydrique à 1,1 de densité, n’était pas précipitée par l’acide sulfhydrique, après avoir reçu une addition de 500 centimètres cubes d’eau; au contraire, en n’employant que 2 centimètres cubes d’acide chlorhydrique et toujours 500 centimètres cubes d’eau, on observait déjà, au bout d’une heure, un précipité remarquable de sulfure de zinc. En doublant la quantité d’eau, on a trouvé tout le zinc précipité au bout de dix-huit heures. [Journal für Praktische Chemie, et Dinglers Polytechnisches Journal. ) ( Y. )
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- NOTE SUR LES EFFETS THERMIQUES DE LA COMPRESSION DES LIQUIDES;
- PAR M. JOULE (1).
- (Lue à la Société royale de Londres, le 25 novembre 1858.)
- On sait que tous les expérimentateurs qui ont cherché à constater un dégagement de chaleur dans la compression des liquides n’ont obtenu que des résultats incertains ou négatifs. M. Régnault, en particulier, a établi qu’une compression de dix atmosphères, exercée subitement sur l’eau, ne produit pas une élévation de température d’un cinquantième de degré centigrade.
- (1) Transactions philosophiques pour 1858, p. 133.
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- D’un autre côté, M. William Thomson a déduit, de la théorie mécanique de la chaleur, que la compression d’un liquide est toujours accompagnée d’une élévation de température ô, déterminée par l’équation
- _ (273-t-t) JP 6 ““ EGD *
- où t représente la température exprimée en degrés centigrades, J le coefficient de dilatation à la température /, P la pression rapportée en décimètre carré et exprimée en kilogrammes, E l’équivalent mécanique de la chaleur exprimé en dixièmes kilo-grammèlres, C la chaleur spécifique rapportée au kilogramme et D la densité.
- Il n’y a aucune contradiction entre ces deux résultats. Par suite de la faible dilatation de l’eau dans les basses températures, la formule de M. Thomson n’indique, pour ce liquide, que des effets thermiques extrêmement faibles tant qu’on ne sort pas des limites ordinaires de la température d’un laboratoire. Ainsi, à la température de 18°, on trouve ê ~ 0°,013, puis une pression de dix atmosphères, c’est-à-dire un nombre inférieur à la limite assignée par M. Régnault.
- Ces considérations ont conduit M. Joule à reprendre l’étude de la question, en appliquant à la mesure des températures les procédés thermo-électriques très-délicats qui lui avaient servi dans ses recherches sur les effets thermiques de la traction et de la compression des corps solides (1). 11 n’a expérimenté que sur deux liquides, l’eau et l’huile de baleine. L’un et l’autre ont été renfermés dans un vase de cuivre de 30 centimètres de haut sur 10 centimètres de large, communiquant à la partie supérieure avec un cylindre de 35 millimètres de diamètre intérieur, fermé par un piston qu’on chargeait de poids à volonté. La soudure d’un élément thermo-électrique fer et cuivre était placée au centre du vase; les deux branches de l’élément, isolées par des enveloppes de gutta-percha, sortaient du vase par des orifices latéraux et communiquaient avec les extrémités d’un galvanomètre à circuit court et à aiguille astatique. La sensibilité de cet instrument était augmentée par la présence d’un aimant situé à quelque distance et agissant en sens contraire de l’action terrestre; l’influence perturbatrice des courants d’air était évitée par une disposition qui permettait de faire le vide sous la cloche du galvanomètre; enfin les dimensions de la graduation permettaient de mesurer aisément une déviation de 2'. Cette déviation répondait,
- 1,1
- selon la conductibilité du circqit, à une variation de — a ggg de degré centigrade
- dans la température de la soudure. Les instruments offraient donc toute la sensibilité désirable pour le genre d’expériences auquel on les destinait. Ils avaient été d’ailleurs très-soigneusement comparés au thermomètre centigrade.
- Pour faire une expérience, on chargeait et, on déchargeait tour à tour le piston d’un poids connu, et, quarante secondes après chacune de ces opérations, on notait la
- (1) Voyez Annales de chimie et de physique, 38 série, t. LU, p. 126.
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- situation de l’aiguille du galvanomètre. On répétait plusieurs fois les observations et on prenait la moyenne des résultats obtenus. La durée de quarante secondes qu’on laissait écouler avant de faire une lecture était précisément la durée dont l’aiguille du galvanomètre avait besoin pour se fixer dans une position d’équilibre.
- M. Joule s’est préoccupé d’apprécier ou d’écarter l’influence de quelques causes perturbatrices. Il s’est d’abord demandé si le froid produit par la dilatation du vase de cuivre, qui résulte nécessairement de la pression exercée sur le piston, ne pourrait pas exercer quelque influence sur les résultats. Pour le savoir, il a examiné l’effet d’un échauffement temporaire de ce vase, et en le soumettant à l’action d’une source de chaleur assez vive il a reconnu qu’il fallait plus d’une minute, lorsque le vase était plein d’eau, pour que l’influence de cette élévation de température se fît sentir sur le couple thermo-électrique placé au centre de l’appareil. II n’y avait donc pas à craindre que, pendant les quarante secondes qui précédaient l’observation du galvanomètre, un effet perturbateur sensible fût produit par le très-faible refroidissement de l’enveloppe métallique.
- Il ne semblait guère probable à priori qu’une pression uniforme exercée sur toute la surface d’un couple métallique pût modifier le pouvoir thermo-électrique de ce couple. Néanmoins, afin de ne conserver aucun doute à ce sujet, en présence des expériences de M. Thomson sur la grande influence d’une pression ou d’une traction longitudinale (1), M. Joule a fait l’expérience suivante : il a chauffé les soudures métalliques extérieures à l’appareil, de manière à produire un courant thermo-électrique assez puissant, mais il a rappelé au zéro l’aiguille du galvanomètre par l’action d’un aimant convenable. Ensuite il a agi sur le piston comme dans une expérience ordinaire. Il est clair que, si la pression avait exercé quelque influence sur le pouvoir thermo-électrique de la soudure intérieure à l’appareil, il en serait résulté une modification du courant thermo-électrique, qui, en se superposant à l’effet propre de réchauffement du liquide comprimé, aurait établi une différence sensible entre les résultats de cette expérience et ceux d’une expérience faite à la manière ordinaire. Rien de pareil ne s’est manifesté.
- Enfin les pressions exercées ne pouvaient être regardées comme rigoureusement égales aux quotients des charges par la surface du piston, à cause de l’influence du frottement. Les corrections nécessaires ont été déterminées, après l’achèvement des expériences, en ajoutant à l’appareil un manomètre à air comprimé.
- Le tableau suivant contient les nombres relatifs à l’eau. On remarquera qu’ils s’accordent assez bien avec la formule de M. William Thomson.
- (1) Voyez Annales de chimie et de physique, 3* série, t. LIV, p. 114.
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- TEMPÉRATURE de l’expérience. PRESSION en kilogrammes par décimètre carré. VALEUR Observée. DE ô. Calculée.
- O k O O
- 1,20 2618,6 0,0083 0,0071
- 5,00 Id. 0,0044 0,0027
- 11,69 Id. 0,0244 0,0197
- 11,69 Id. 0,0166 0,0197
- 18,00 Id. 0,0312 0,0333
- 18,76 Id. 0,0315 0,0317
- 30,00 Id. 0,0544 0,0563
- 31,37 1616,8 0,0394 0,0353
- 40,40 Id. 0,0450 0,0476
- Il est digne de remarque que la théorie et l’expérience s’accordent à montrer un minimum d’effet calorifique aux environs du maximum de densité.
- Les expériences sur l’huile de baleine n’ont différé des précédentes que parce qu’on a laissé écouler trois minutes au lieu de quarante secondes avant d’observer le galvanomètre. On avait reconnu en effet que, par suite de la viscosité du liquide, cette durée était nécessaire pour une communication complète de l’élévation de température au couple fer et cuivre. La densité de cette huile à 0° était 0,915-, sa chaleur spécifique aux environs de 16° était 0,5523 et son coefficient de dilatation 0,0007582. On a obtenu les nombres suivants :
- VALEUR DE ô.
- TEMPÉRATURE PRESSION
- de en kilogrammes — . ]
- l’expérience. par décimètre carré. Observée. Calculée.
- O k 0 0
- 16,00 819,1 0,0792 0,0886
- 17,29 1616,8 0,1686 0,1758
- 16,27 2618,6 0,2633 0,2837 —(
- ( Annales de chimie et de physique. )
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- ARTS CHIMIQUES.
- ARTS CHIMIQUES.
- SUR LA PRÉPARATION DE L’ORSEILLE, PAR M. H. GAULTIER DE CLAUBRY.
- I.
- « La remarquable découverte de l’orcine par Robiquet démontrait l’existence, dans les lichens-orseille, d’une substance incolore qui, sous l’influence combinée de l’air et de l’ammoniaque, se transforme en une belle couleur violette, de même que l’indigo, incolore dans les plantes qui le fournissent, passe à l’état bleu par l’action de l’air. Divers produits naturels, tels que l’acide lécanorique, extraits des lichens, donnent, sous diverses influences, naissance à l’orcine, qui ne serait peut-être qu’un produit dérivé. L’obtention de la couleur désignée par le nom â'orseille, comme les plantes elles-mêmes, est le but du traitement qu’on fait subir à celles-ci, et c’est toujours sous l’influence réunie de l’air, de l’ammoniaque et de l’eau qu’elle prend naissance. L’urine a été pendant longtemps utilisée dans ce but, et, dans un important travail sur cette fabrication, Cocq proposait d’y substituer l’ammoniaque, que longtemps avant déjà on employait en Allemagne, ainsi que le démontre un Mémoire de Hermbstaedt (Magasin für forber, I, 290). Divers agents peuvent enlever aux lichens les produits qui se transforment en orcéine; l’eau, l’alcool, les dissolutions alcalines fournissent les moyens de les séparer. Malgré les nombreux travaux publiés sur ce sujet, il est impossible de se prononcer aujourd’hui sur leur véritable état dans les plantes, et celles-ci offrent des différences très-marquées, sous ce point de vue, tant par leur nature que par leur origine.
- « Le produit connu sous le nom d’orseille n’est pas formé d’une seule substance colorée; quoique de teintes semblables, il en existe plusieurs inégalement résistantes
- l’action de divers agents et qui, confondues dans le produit tinctorial, lui donnent, suivant leur nombre et leurs proportions relatives, des qualités particulières dans leur application à la teinture.
- « Les lichens-orseille ne fournissent au plus que 10 à 12 pour 100 de produits utilisables; en les séparant de la masse du végétal pour les soumettre seuls à l’influence de l’air et de l’ammoniaque, on parvient, dans des conditions éminemment plus favorables que par les procédés ordinaires, à obtenir le produit tinctorial.
- « Dans le cours de ses recherches sur les lichens-orseille, Stenhouse a appliqué la chaux, comme Héeren avait, de son côté, fait usage de l’ammoniaque pour extraire les produits qui fournissent la couleur. Ce mode d’opérer peut servir en effet; mais, suivant la manière de l’appliquer, on obtient des résultats entièrement opposés, quant à l’état sous lequel on les retrouve, et par suite, à leur utilisation pour la fabrication de l’orseille. « Il suffirait, dit Stenhouse, de couper les lichens et de les
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- faire macérer dans un lait de chaux, et de saturer la dissolution par l’acide chlorhydrique ou acétique, pour recueillir tout le produit colorable qui, traité postérieurement par l’aœmoniaque au contact de l’air, fournirait l’orseille. » Le résultat annoncé se vérifie, mais dans une circonstance donnée seulement, c’est que la macération ne soit prolongée que pendant un très-court espace de temps, comme le démontrent les résultats que nous donnerons plus loin. Or le nom de macération, lorsqu’il n’est pas accompagné de l’indication du temps pendant lequel doit durer le contact du corps avec le liquide, laisse dans une complète incertitude, d’où résulte la réussite ou l’insuccès de l’opération; et comme généralement elle est pratiquée pendant une douzaine d’heures, qu’elle peut et doit même durer beaucoup plus dans un grand nombre de cas, l’indication des conditions à remplir est indispensable pour arriver au résultat voulu.
- « Quelque temps qu’elle dure, la chaux enlève également les produits colorables, mais avec cette énorme différence que, dans un cas, un acide la précipitera en entier et qu’on pourra, dès lors, obtenir, sous un faible poids et volume, le produit qui se transformera en orseille, en le traitant par l’ammoniaque, ou retrouver tous les corps colorables dans le liquide seulement, ce qui obligerait à opérer sur celui-ci pour obtenir l’orseille et ferait complètement disparaître les avantages que l’on cherchait dans le traitement par la chaux. Les résultats suivants le démontrent complètement. On a placé 100 grammes de lichen-orseille de Madagascar dans 600 grammes de lait de chaux, renfermant 30 grammes de chaux. Après les temps qui suivent, on a jeté les produits sur un tamis de crin et lavé le résidu; on a ajouté ensuite à la liqueur un excès d’acide chlorhydrique. Chaque précipité obtenu a été recueilli sur une toile, lavé et desséché; le liquide écoulé a été saturé par l’ammoniaque et concentré, après quoi on y a versé un excès de cet alcali; on a conservé ces liquides partie à la température ordinaire, partie dans une étuve chauffée de 50 à 60 degrés, et on a
- obtenu ; Après 15 minutes Partie solide. 12 gr. fournissant beaucoup d’orseille. Liquides. A peine production de couleur.
- 1 heure 12,5 id. Couleur orseille très-marquée.
- 2 id. 9,3 moins. — vive.
- 3 id. 8 moins encore. — plus vive.
- 4 id. 4 moins. — plus prononcée.
- 6 id. 2,7 moins. — plus riche encore.
- 8 id. 2 très-peu. Belle orseille.
- 12 id. 1,1 à peine. id.
- 24 id. 48 id. | ne se colorant pas sensiblement. id.
- « En répétant l’expérience avec le double de chaux, dès la deuxième heure le précipité est devenu plus faible et la liqueur fournissait, au contraire, beaucoup d’orseille.
- « Ces nombres ne peuvent être donnés comme absolus, mais démontrent, de la ma-
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- ARTS CHIMIQUES.
- nière la plus positive, qu’en soumettant les lichens à l’action d’un lait de chaux on peut, suivant les conditions de l’opération, obtenir toute la matière colorable précipitable par un acide, ou la retrouver inversement en entier dans la dissolution.
- « L’eau seule détermine, mais beaucoup plus lentement, un effet analogue. Par un contact longtemps prolongé, elle fait passer successivement les produits colorables à l’état de dissolution, tandis qu’après quelques instants de contact elle peut les séparer par une simple action mécanique. »
- II.
- « Ainsi que je l’ai indiqué plus haut, un lait de chaux peut enlever, par le seul contact, aux lichens-orseille tous les produits colorables, mais avec cette différence extrêmement importante que, suivant qu’il est plus ou moins.longtemps continué, ces produits peuvent être précipités de la dissolution par un acide, ou ne peuvent être précipités, d’où résultent des conditions extrêmement différentes si l’on veut, par leur moyen, obtenir la couleur orseille.
- « Si, au lieu d’opérer à la température ordinaire, on porte la liqueur à l’ébullition pendant trois ou quatre minutes seulement, l’addition d’un acide ne sépare plus qu’une matière brune dont la couleur s’exalte par le contact avec l’ammoniaque sans fournir, ni à la température ordinaire, ni à une température élevée, la moindre quantité d’orseille.
- « Si au lait de chaux on substitue divers sels solubles, tels que les phosphates de soude, de potasse ou d’ammoniaque, le borax, le carbonate de potasse ou de soude, etc., à froid la transformation des produits colorables s’effectue très-rapidement, et à l’ébullition quelques minutes seulement suffisent pour que les acides ne donnent plus lieu à aucun précipité.
- « Les alcalis puissants, comme la potasse, la soude, la baryte, la strontiane, effectuent encore plus rapidement que la chaux la transformation dont il s’agit.
- « Ainsi que je l’ai signalé, le produit connu sous le nom <¥ orseille renferme plusieurs matières colorantes résistant inégalement à l’action de divers agents. Lorsqu’il est obtenu à une température de 60°, il renferme une plus grande proportion de la couleur la moins altérable ; mais, préparé à la température ordinaire dans les barques, il en contient une proportion plus ou moins considérable.
- « Depuis longtemps on a appliqué la chaleur à la préparation de l’orseilie, soit en France, soit à l’étranger ; on l’obtient ainsi plus rapidement et dans des conditions plus économiques. » ( Comptes rendus des séances de VAcadémie des sciences. )
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- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Nouveau moyen d’acie'rer la surface du fer, par M. Martignoni.
- Le procédé imaginé par M. Martignoni pour aciérer la surface du fer rend de bons services dans un assez grand nombre de fabriques allemandes qui ont acheté le droit de s’en servir. Il consiste à frotter bien uniformément par-dessous, à la température rouge, avec un cément, la pièce de fer que l’on veut aciérer. On la chauffe ensuite dans le feu, jusqu’à ce que le cément soit comme brûlé, et l’on trempe la pièce dans l’eau. Les principaux avantages de cette méthode consistent dans la facilité de la manipulation, et en ce que le fer ne prend de dureté qu’à sa surface, tandis que son intérieur reste doux. Pour composer le cément, on prend 5 parties de corne ou de sabots de bœuf réduites en râpure fine, 5 parties de quinquina, 2 1/2 parties de sel marin ordinaire, 2 1/2 parties de prussiate de potasse, 1 1/2 partie de nitrate de potasse, et 10 parties de savon noir. On mêle bien toutes ces matières et l’on en forme une pâte que l’on roule en cylindres d’environ 0m,02 de diamètre, afin d’en rendre l’emploi plus facile. {Monatschrift des Gewerbevereins zu Coin, et Dingler' s.Polytech-nisches Journal. )
- Emploi du chlorure de chaux contre les insectes, les chenilles et les rats.
- Personne n’ignore que le chlorure de chaux est employé avantageusement à combattre les épizooties, mais on sait beaucoup moins généralement que son odeur déplait à un grand nombre d’animaux. Toutes les espèces de mouches et surtout les mouches piquantes peuvent, par son emploi, être chassées d’une écurie en une seule nuit. Il suffit, pour cela, de placer un peu de ce chlorure sur une planche suspendue à une certaine hauteur et de laisser entr’ouverte une fenêtre que l’on doit avoir soin de fermer le lendemain de bonne heure. Ce chlorure, loin de nuire au bétail, lui est, au contraire, utile par son influence sur les miasmes. Il va sans dire que l’on doit employer souvent ce moyen, par exemple au moins une fois par semaine, ce qui est d’autant plus facile, qu’il n’exige que très-peu de dépense et de préparatifs* Une pièce où se trouve du chlorure de chaux est aussitôt désertée par les rats et les souris, et on en a fait l’expérience avec un succès étonnant dans un vaste hôtel de Nuremberg. Le chlorure de chaux préserve aussi parfaitement les plantes des insectes, et il a suffi d’en arroser des champs de choux pour mettre en fuite les puces de terre, les chenilles et les papillons. Pour cela, on fait un lait de ce chlorure et l’on en asperge les plantes avec un balai, autant que possible, le soir ou le matin de bonne heure. On a vu une pièce de terre ainsi préparée être complètement épargnée par les chenilles, tandis que Tome VIII. — 60e année. 2e série, — Novembre 1861. 87
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- les pièces environnantes étaient entièrement dévastées. Lorsque l’on veut s’en servir pour éloigner les chenilles des arbres fruitiers, on en prend 1 partie que Ton mêle avec 1/2 parlie de saindoux, et l’on forme du tout une pâte que l’on enveloppe dans de l’étoupe et que l’on suspend autour du tronc de l’arbre: Toutes les chenilles se laissent tomber des branches et ne tentent pas de remonter par le tronc. Les papillons mêmes fuient l’arbre dont les feuilles ont été aspergées d’eau chlorurée. ( Deulscher Télégraphe et Dingler's Polytechnisches Journal. )
- Sur la conservation des bois, des toiles à voiles et des cordages au moyen de la solution de créosote dans le carbonate de soude, par M. le docteur Vohl.
- L’emploi immense et de jour en jour croissant que l’on fait de nos bois de charpente pour la construction et le service des chemins de fer dépassant déjà de beaucoup la rapidité de la production, il a fallu chercher les moyens de préserver les bois de l’altération et de la corruption. Les sels métalliques, tels que le sublimé corrosif, le chlorure de zinc, les sels de fer, le sulfate de cuivre, et plusieurs autres ont été successivement employés, puis presque généralement abandonnés, pour les huiles lourdes extraites du goudron de houille et indûment désignées dans le commerce sous le nom de créosote. Les propriétés antiseptiques de cette matière , signalées par Reichenbach, ont fait désirer depuis longtemps un procédé pour la fabriquer avec une économie telle que l’on pût l’employer à la conservation des bois. Il était donc évident que les huiles lourdes, vendues à très-bas prix sous ce nom, ne manqueraient pas d’être bientôt réclamées par l’industrie.
- L’usage en est cependant assez embarrassant et exige des appareils qui laissent à désirer sous le rapport de la simplicité. Or, si l’on examine la composition de ces huiles, on reconnaît qu’elles ne contiennent réellement que de 6 à 10 pour 100 de créosote ou d’acide carbolique. Comme leurs propriétés ne dépendent que de la quantité qu’elles en renferment, leur effet est beaucoup moindre que si l’on employait une substance plus riche. De plus, indépendamment de son inutilité, l’huile présente le grave inconvénient de rendre plus difficile l’absorption de la créosote par le bois.
- La pénétration d’un liquide dans un corps solide dépend surtout de la facilité avec laquelle ce dernier peut être mouillé par le liquide. On sait aussi qu’une surface ligneuse, imprégnée d’eau, ne saurait absorber aucune huile. Or le bois ne peut être séché complètement qu’avec beaucoup de difficulté, et d’ailleurs, quand on l’expose sec à faction de l'atmosphère, il en absorbe évidemment l’humidité hygrométrique. Tel qu’on l’emploie pour les traverses et les poteaux des chemins de fer, il ne peut donc être considéré comme absolument sec, et, à cause de l’humidité contenue dans ses pores, il résiste d’une manière marquée à l’absorption des huiles de goudron. Son exposition dans des espaces où l’on a fait le vide ne peut certainement pas obvier à cet inconvénient, aussi fimbibition est-elle ordinairement fort incomplète. On n’en loue pas moins avec ardeur cette méthode, et l’on assure qu’elle conserve suffisamment le bois, parce que les secousses incessantes ébranlant les coussinets et les rails, les tra-
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- verses doivent nécessairement être remplacées, même quand elles ne seront pas pourries. Il est impossible d’admettre ce raisonnement, puisque le changement des traverses donne tous les jours la preuve que celles même qui ont été imprégnées d’huile de goudron sont atteintes par la pourriture bien avant que les coussinets cessent d’être solidement fixés.
- En appliquant, au contraire, au bois une solution aqueuse de créosote, on ne l’exposerait pas aux inconvénients de la présence de l’huile, et l’on obtiendrait l’imbi-bition avec plus de facilité et moins de dépense.
- Or on fabrique maintenant à Beuel, chez MM. Wiesmann et comp., une combinaison de soude et de créosote qui, étendue d’eau et réduite à 1,05 de densité, peut fournir la solution de créosote nécessaire.
- Le produit en question contient moyennement 38 pour 100 de créosote et d’acide carbolique. Sa valeur intrinsèque est donc six ou sept fois plus grande que celle des huiles de houille, et la solution pénètre avec beaucoup plus de facilité dans le bois. Les pièces que l’on veut imprégner sont simplement enduites de ce liquide étendu, ou placées dans des caisses où on les couvre du même liquide. On les y porte, par le moyen de la vapeur d’eau, à la température de 100° centig., puis on les laisse refroidir lentement. On donne ensuite dessus une couche de solution étendue de sulfate de fer, ou bien on les immerge dans cette solution qui sature la soude, met en liberté la créosote dans les pores de la pièce et y fait déposer le protoxyde de fer qui absorbe promptement l’oxygène de l’air encore renfermé dans le bois, et passe bientôt à l’état de sesquioxyde.
- On prépare de la même manière les toiles à voiles et les cordages.
- De ce qui précède l’auteur conclut que l’on doit employer, pour la conservation des bois, la solution de créosote dans la soude, préférablement aux huiles lourdes extraites du goudron de houille. ( Allgemeiner deutscher Telegraph, et Dingler’s Poly-technisches Journal. )
- Sur de nouvelles méthodes employées pour Vextraction de l'argent des minerais de Californie et de Washoe, par M. G. Kustel.
- Depuis la découverte des mines de Washoe, San-Francisco est devenu une sorte de laboratoire où l’on s’occupe constamment de créer de nouvelles méthodes pour l’extraction de l’argent. On ne s’est nullement occupé des manipulations ordinaires, parce que l’amalgamation, la fusion, etc., exigeaient, pour l’argent, plus de connaissances et de puissance d’exécution que l’amalgamation de l’or, qui est accessible à tout le monde. Les expérimentateurs étaient, en effet, des hommes de tous les métiers, et il n’y avait point parmi eux de métallurgistes. Cependant, comme il arrive souvent qu’à force de persévérance, et par des expériences multipliées, faites même au hasard, on parvienne accidentellement à des découvertes, la Californie croit avoir réussi à inaugurer une époque remarquable dans la métallurgie de l’argent.
- On a donc annoncé successivement un** foule de nouveaux procédés dont l’un a ex-
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- cité un vif intérêt dans la Californie, et a même, pendant plusieurs mois, fait suspendre l’adoption de tout mode d’exploitation par les compagnies de Washoe, parce que le patenté leur demandait un prix exagéré pour travailler leur minerai. Au reste, c’était moins le mérite réel de l’invention qui influait sur les compagnies que l’intérêt pris dans la patente par une puissante maison de San-Francisco.
- Ce procédé consistait à mêler 2,000 parties de minerai pulvérisé avec 160 parties de sciure de bois, 160 parties de charbon en poudre, et 100 parties d’argile, puis à former, avec la pâte ainsi obtenue, des briques plates que l’on calcinait dans un fourneau. On se proposait de réduire ainsi tout l’argent à l’état métallique; mais on ne put éviter, dans la pratique, la formation du sulfate d’argent. Les auteurs de la patente ne s’occupaient pas du traitement qui devait suivre la réduction du métal. En ajoutant à ce mélange 6 pour 100 de sel marin, on amenait l’argent à l’état de chlorure, et, si le patenté eût tiré parti de cette circonstance, il eût pu recueillir des bénéfices dont ceux qui ont tenté sa méthode ont été privés.
- La compagnie dite des Mines d’Ophir, après avoir hésité aussi, se décida à essayer l’amalgamation dans des tonneaux. Elle fît donc venir tous les mécanismes nécessaires et les installa dans la vallée de Washoe à 26 kilomètres de la mine, parce que l’on y trouvait assez d’eau et de bois, bien que le transport du minerai, à cette distance, coûtât 54 fr. par 1,000 kilog.
- A peine les constructions étaient-elles terminées, que l’on reçut de l’administration, à San-Francisco, l’avis de suspendre l’exploitation jusqu’à l’issue des pourparlers entamés avec un nouvel inventeur, M. Smith, qui, effectivement, exploite aujourd’hui, à San-Francisco, les minerais de celte compagnie, et dont le procédé a permis de traiter déjà 10 à 15,000 kilog. de minerais. Ce procédé surpasse, dit-on, par l’économie, la rapidité et le rendement, toutes les autres méthodes usitées.
- Comme l’auteur a reconnu, par lui-même, la rapidité des moyens, la quantité et la pureté de l’argent aurifère obtenu, il ne s’agit plus aujourd’hui, pour lui, que d’apprécier exactement les frais, pour savoir si ce procédé justifiera les grandes espérances qu’il a fait naître.
- Les appareils se composent principalement de dix chaudières en fer de lm,50 de diamètre, munies chacune de son foyer, et disposées comme les auges circulaires d’un moulin à broyer le mortier.
- Le minerai, amené à l’état de poudre fine, est versé sans autre préparation dans une chaudière, avec la moitié de son poids de mercure et avec assez d’eau pour former une bouillie très-claire. On y ajoute une poudre dont la composition est encore tenue secrète. Le tout est broyé et mêlé pendant quatre heures par quatre meules tournantes qui circulent dans l’auge. On laisse ensuite s’écouler le liquide terreux, et le mercure, avec le métal qu’il a dissous, reste seul dans l’auge, où l’on renouvelle les charges jusqu’à ce que l’amalgame contienne assez d’argent.
- L’auteur a vu 120 kilog. environ d’argent ainsi extrait et qui était au titre de 0,997, bien que le minerai contînt une quantité notable de cuivre.
- Ce minerai se compose principalement de blende, de pyrites ferrugineuses, de sul-
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- fure d’argent, d’antimoine argentifère, d’argent et d’or natifs, de pyrites cuivreuses, de galène, et parfois de carbonate de plomb et de cuivre. La quantité du plomb varie ordinairement de 5 à 10 pour 100. Celle de l’antimoine est souvent très-considérable, et l’on peut en juger par ce fait que, quand on fond le minerai à San-Francisco, il arrive de temps en temps que le plomb soit si chargé d’antimoine que la vue du bain métallique soit absolument cachée à l’ouvrier par l'oxyde répandu dans l’air, et que cet homme doive opérer sa coulée à l’aveugle. Comme le plomb est fort riche en argent, on observe, non-seulement à l’intérieur de l’atelier, mais même au dehors, un dépôt d’un beau rouge rose, qui a entraîné 1 pour 100 de son poids d’argent. (Berg-und Hüttenmannische Zeitung, et Dingler’s Polytechnisches Journal. )
- Couleur pour marquer les colis, par M. le professeur Bôttger.
- On emploie ordinairement, pour marquer les tonneaux ou les caisses, du noir de fumée délayé dans l’huile de lin ou dans quelque aulre liquide, mais on n’obtient ainsi qu’une couleur de mauvaise qualité qui s’épaissit quand on la laisse pendant quelque temps dans un vase ouvert, comme on le fait communément, et qui est encore sujette à d’autres inconvénients. Il vaut beaucoup mieux dissoudre de l’asphalte dans un liquide très-volatil, tel que l’huile de schiste rectifiée. La couleur sèche alors très-vite et convient parfaitement aussi pour la peinture du fer et du cuir. En y ajoutant de l’huile de lin pure, on peut même la rendre propre à la fabrication des cuirs vernis, parce que le mélange possède alors la propriété de rester élastique et mou, et de ne pas s’écailler. ( Bôttger’s Polytechnisches Notizblatt, et Dingler’s Polytechnisches Journal. )
- Procédé pour préparer l’or faux en poudre, par M. Brandeis.
- L’auteur, pour obtenir une poudre plus brillante et plus semblable à l’or, a remplacé les moyens ordinaires par le procédé suivant qu’il juge beaucoup plus simple et plus rapide.
- Au lieu des rognures et des déchets de cuivre battu, que l’on ne peut souvent se procurer en quantité suffisante, il prend du cuivre brut qu’il fait fondre avec du zinc, en proportions variables, selon la nuance qu’il veut obtenir. Il lamine l’alliage et le fait battre entre des peaux par un marteau que met en mouvement une machine à vapeur. Lorsque les feuilles sont assez amincies pour que 1 kilog. couvre 106 mètres carrés environ, il les place dans un tamis en fil de fer de k\ mailles au décimètre, et les soumet à l’action d’une brosse métallique, suffisamment rude, en faisant tomber dessus, par un robinet, de l’huile d’olive ou une graisse fondue. Le mélange descend, à travers le tamis, dans un vase disposé dessous, puis on le broie au moyen d’une machine qui ne présente rien de particulier et qui, comme le marteau et l’appareil à tamiser, est mue par la vapeur. L’huile empêche la poudre de se ternir pendant qu’on la broie, inconvénient que l’on éprouve fréquemment quand on emploie les méthodes
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- ordinaires, et qui rend souvent le produit tout à fait incapable de servir. L’auteur, selon le degré de finesse qu’il veut obtenir, broie pendant une heure et demie, deux heures et un quart, moyennement trois heures, et, pour les sortes très-fines, pendant quatre heures. Il extrait l’huile surabondante au moyen d’une forte pression et de l’eau bouillante. ( Kunst und GewerbeblaU für Bayern, et Dingler’s Polytech-nisches Journal. )
- Influence de la résine sur la fermentation alcoolique, par M. Leuchs.
- L’auteur a observé que la colophane empêche la formation de l’acide acétique dans les liqueurs vineuses, mais sans nuire à la fermentation alcoolique. Le houblon paraît donc devoir sa propriété bien connue d’empêcher l’acidification, plutôt à la grande quantité de résine qu’il contient qu’à son huile volatile qui se dissipe en grande partie pendant la fabrication de la bière. La résine que l’on a coutume, en Grèce, d’ajouter au vin doux, et dont l’excès se dépose dans la lie, semble aussi avoir pour effet de prévenir la formation du vinaigre qui serait la conséquence presque inévitable de la chaleur du climat et du défaut de soin que l’on apporte ordinairement à la fabrication du vin. ( Dingler’s Polytechnisches Journal. )
- Sur le grillage des minerais par la vapeur, et sur l’extraction de l’argent, au moyen de l’hyposulfite de soude, à Joachimsthal, par M. E. Vogel (1).
- Les minerais d’argent de Joachimsthal, qui contiennent du cobalt, du nickel, de l’arsenic, de l’antimoine et du zinc, ne conviennent pas, d’après les expériences qui en ont été faites, pour l’amalgamation, parce que le cobalt et le nickel forment, avec l’arsenic, des combinaisons très-stables qui ne se décomposent pas, même à une haute température, et qui s’opposent à la chloruration de l’argent. M. de Patera prépare avantageusement ces minerais en les grillant, au moyen de la vapeur avec du sel marin, du sulfate de protoxyde de fer, ou des mattes crues. En présence de la vapeur d’eau, l’acide chlorhydrique qui se dégage agit plus énergiquement, déplace l’arsenic et amène l’argent à l’état de chlorure, et la perte de métal précieux que l’on éprouve dans le grillage ordinaire des minerais arsenicaux diminue d’au moins 10 pour 100. On extrait ensuite du minerai grillé le chlorure d’argent par le moyen de l’hyposulfite de soude; on précipite l’argent de la solution avec le sulfure de sodium, et l’on décompose enfin le sulfure d’argent en le fondant avec du fer. Les premières expériences ont si heureusement réussi, que l’on espère obtenir 97 1/2 pour 100 de la quantité réelle du métal, et n’en laisser dans les résidus que 2 1/2 pour 100.
- (1) Bien que cette note soit relative au procédé de M. de Patera, déjà décrit au Bulletin de janvier 1861, p. 54, nous pensons qu’elle n'est pas inutile en raison des détails plus étendus qu’elle fournit. ( R. )
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- La voie humide présente des avantages décidés sur les procédés de fusion, car les frais de combustible sont dans le rapport de 0,81 à 3,18; les autres dépenses de main-d’œuvre dans celui de 0,90 à 1,26-, le rendement d’argent dans le rapport de 97,5 à 96,5; enfin le total des frais d’extraction dans la proportion de 62 à 100. Mais la voie humide exige plus de frais pour l'extraction du cobalt et du nickel qui, dans les procédés de fusion, se réunissent, sans frais additionnels, en un culot d’alliage. L’emploi de la vapeur double au moins la consommation du combustible dont une partie est employée pour fournir la vapeur, tandis qu’une autre partie devient nécessaire pour échauffer davantage le fourneau de grillage, que l’admission de la vapeur tend à refroidir. Or, tandis que la présence du cobalt et du nickel à l’état de combinaisons arsenicales très-stables rend avantageux l’emploi de la vapeur et l’admission de l’air pendant le grillage, on a reconnu, au contraire, que, pour le travail de la galène, l’usage de la vapeur était moins efficace que celui de l’air seul, et augmentait la consommation du combustible. On n’a pas observé, dans ce cas, que l’acide sulfureux formé pendant le grillage par l’effet de l’introduction de l’air, concurremment avec la vapeur, réagît sur l’acide sulfhydrique dégagé et se décomposât en soufre et en eau. Quand l’amalgamation est possible, si on la compare avec la méthode fondée sur l’emploi de l’byposulfite de soude, on reconnaît que cette dernière coûte trois fois plus cher, sous le rapport des déboursés d’extraction, et qu’elle augmente également les frais généraux, parce qu’elle exige le travail manuel des hommes pour la plupart des opérations, tandis que la première recourt surtout aux appareils mécaniques.
- Or, comme l’emploi d’une solution de sel marin est plus économique que l’amalgamation, le grillage à la vapeur est, à plus forte raison, plus dispendieux encore. On sait, en effet, qu’avec la solution de sel marin le travail se fait presque spontanément, sans emploi de machines, et que ce sel est moins cher que le mercure. ( Oesierreichische Zeitschrift für Berg und Hültenwesen, et Dingler's Polytechnisches Journal. )
- Pierre ponce artificielle pour les ébénistes, par MM. Worbes et docteur Sauerwein.
- M. Worbes, à Berka, près de Weimar, prépare une composition propre à doucir le bois et la désigne sous le nom de pierre ponce artificielle. Cette composition se vend en petites masses d’environ 0m,016 d’épaisseur, et l’usage en est plus commode que celui de la pierre ponce ordinaire, sujette à s’émietter un peu, ce qui n’arrive pas pour ce mélange.
- D’après les expériences de M. le docteur Sauerwein, la pierre ponce artificielle n’est autre chose que de la poudre bien fine de pierre ponce ordinaire, agglutinée par une solution de colle forte. L’auteur, en essayant de l’imiter, a reconnu qu’il importe d’employer une solution qui ne soit ni trop ni trop peu chargée de colie. Dans le premier cas, la masse trop dure se polit par le frottement et n’attaque pas le bois; dans le second, elle se réduit trop facilement en poussière. La proportion la plus convenable paraît être de 3 à 4 parties de colle forte dissoutes dans 30 à 40 parties d’eau,
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- et de 100 parties de pierre ponce réduite en poudre fine. Les pains ne doivent pas être séchés à l’étuve, parce que la colle se rassemblerait près de la surface et y durcirait trop la composition. Il vaut beaucoup mieux employer la solution chaude, presser légèrement la masse après le mélange, et ensuite laisser les pains sécher à l’air libre. Dans l’usage, on doit éviter d’appuyer trop sur le bois, parce que la pierre se polirait et cesserait de mordre. ( Monatsblatt des Hannoverschen Gewerbevereins, et Dingler’s Polytechnisches Journal. )
- Moyen simple d’empêcher ïefflorescence du carmin d’indigo pendant sa dessiccation,
- par M. le docteur Pohl.
- La propriété fâcheuse que possède le carmin d’indigo de se couvrir d’une efflorescence blanche plus ou moins considérable, lorsqu’on le fait sécher ou qu’on le conserve, est sans doute la principale cause qui fait que cette substance est livrée en pâte à la consommation. Cette efflorescence est due à la quantité de sel contenue dans l’eau de lavage que l’on emploie pour la fabrication, et que l’on rend exprès saline pour prévenir les pertes notables que ferait éprouver la solubilité de la matière colorante dans l’eau pure. D’un autre côté, l’état de pâte présente des difficultés pour le transport et donne lieu de soupçonner que le produit est falsifié par une surabondance d’eau. Or M. Pohl a reconnu, par des expériences, que l’addition d’une petite quantité de glycérine empêche l’efflorescence du carmin d’indigo durant la dessiccation, et permet de le conserver pendant un an sans que l’on observe la moindre altération dans la beauté du produit, ainsi que dans les résultats de son emploi pour la teinture ou l’impression des étoffes. Il suffit de trois ou tout au pius de quatre centièmes de glycérine en poids ( du carmin supposé sec ) pour faire atteindre ce but, et le prix de cette substance est aujourd’hui si bas, que la dépense ne peut être considérée comme un obstacle. ( Dingler’s Polytechnisches Journal. )
- Construction de bassins et de réservoirs inattaquables par la plupart des solutions, et notamment par les lessives alcalines bouillantes, par M. Kalisch, chimiste, à Trêves.
- L’industrie réclame depuis longtemps, pour les réservoirs, un ciment ou un enduit capable de résister aux lessives alcalines bouillantes.
- Le problème n’a encore été que très-imparfaitement résolu, bien que l’on connaisse plusieurs compositions qui satisfont à cette condition ; mais elles s’usent trop vite par le frottement lorsqu’on les emploie comme enduits superficiels, ou bien elles sont trop coûteuses lorsqu’on les dispose en revêtements épais.
- On peut cependant résoudre la question fort économiquement en doublant le fond et les parois du réservoir avec des lames bien dressées de spath pesant ( sulfate de baryte ) et en remplissant les joints avec un mastic préparé de la manière suivante : on hache très-fin 1 partie de caoutchouc, et on la fait digérer avec 2 parties d’essence
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- de térébenthine jusqu’à ce que la dissolution soit opérée ; on mêle ensuite au liquide h parties de spath pesant pulvérisé.
- Un réservoir ainsi construit résiste à l’action des lessives bouillantes de potasse ou de soude caustique, de la plupart des sels organiques ou inorganiques, tels que les sulfates de cuivre, de fer ou de zinc, le sel marin, le salpêtre, les silicates alcalins solubles, la crème de tartre ; enfin il n’est pas attaqué sensiblement par la plupart des acides, notamment à chaud, par l’acide chlorhydrique et l’acide phosphorique, ni à froid par l’acide sulfurique étendu.
- La durée de semblables réservoirs ne laisse rien à désirer, et leur indifférence à 1 égard d un grand nombre de réactifs chimiques doit en recommander puissamment l’usage. (Allgemeiner Deutscher Télégraphe et Dingler’s Polyteclmisches Journal.)
- (V.)
- Valeur, comme engrais, des produits des égouts de Londres.
- Dans une récente brochure (1), M. G. Rochfort Clarke, juge de paix du comté d’Oxford, élève des plaintes très-vives contre le système de vidange par les égouts pratiqué en Angleterre, système qui, on le sait, a pour résultat d’envoyer aux rivières des quantités considérables de matières fertilisantes des plus riches et de souiller les eaux au détriment de l’alimentation des villes. L’auteur cite quelques rares exemples comme à Rugby, à Mansfïeld, etc., où ces matières et surtout les liquides sont utilisés en irrigations intelligemment appliquées. Il voudrait qu’on proscrivît l’usage du water-closel qui emploie des quantités d’eau considérables et qu’on établit, comme à Manchester, des fosses bien aérées et désinfectées, susceptibles d’être souvent vidées. Après avoir montré, par des chiffres, que le travail dans les égouts fait périr plus d’hommes que celui dans les fosses, et posé en principe que chaque maison doit à elle seule fournir assez d’engrais pour la production des substances végétales qu’elle consomme, il cite le travail auquel le docteur Parkin s’est livré pour estimer la valeur, comme engrais, des produits perdus par les égouts de Londres.
- « La valeur des eaux d’égout, dit M. Parkin, peut être calculée de différentes manières. Il résulte d’analyses faites par les chimistes les plus dignes de foi que l’égout du biez de King’s collège, par exemple, débite par jour, en pure perte, des quantités considérables de matières contenant :
- Tonnes anglaises. Valeur.
- Ammoniaque............................................... 2 1,200 fr.
- Acide phosphorique ( combiné à la chaux et à la magnésie ). . 1........ 75
- Potasse................................................. 1.............. 75
- 4......... 1,350
- (1) Le titre de cette brochure est : Reform the sewers and rescue the rivers. Where shall we bathe? What shall we drink? Or manure wasted and land starved. (Reformons les égouts et sauvons les rivières. Où nous baignerons-nous? Que boirons-nous? Ou l’engrais perdu et la terre appauvrie. ) Londres, 1860, chez James Ridgway, 169, Piccadilly.
- Tome VIII. — 60* année. 2e série. — Novembre 1861. 88
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- « En supposant que les autres égouts contiennent la même proportion de matières fertilisantes, on arrive, pour l’estimation de la perte totale, à un chiffre de 10 à 12 millions de francs, et encore dans ce chiffre n’est pas comprise la valeur des matières solides qui contiennent une forte proportion d’ammoniaque n’entrant jamais dans les égouts.
- « Nous devons donc procéder par un calcul différent. Ainsi, suivant-Liebig, 100,000 personnes produiraient, en une année, 24,440 tonnes d’engrais, tant solides que liquides, contenant environ 3 pour 100 ( soit 733 tonnes ) d’azote, quantité suffisante pour amender 20,233 hectares de terre. 11 suit de là qu’une population de 2 1/2 millions d’habitants fournirait 611,000 tonnes d’engrais, dont 18,330 tonnes d’azote applicables à 505,963 hectares. La valeur de 733 tonnes d’azote, toujours d’après Liebig, étant de 300,000 fr., on arrive, pour la population totale, au chiffre de 7,502,046 fr. Il reste maintenant à évaluer les phosphates terreux ainsi que les sels neutres et alcalins, en un mot toute la partie solide dont il n’a pas été tenu compte, et dont l’action favorable sur les plantes est incontestable. Or, si nous nous en rapportons à M. Chadwick, qui nous dit qu’en Flandre les excréments d’un homme valent, pour toute l’année, 43f,75, nous voyons que ceux de tous les habitants de Londres vaudraient, à ce taux, 109,375,000 fr.
- « Si nous suivons une autre voie, nous allons arriver à un chiffre plus considérable encore. En estimant à 226 kilog. la quantité d’urine fournie annuellement par une seule personne, 1,000 personnes en donneront 226 tonnes qui, au prix de 250 fr. l’une, suivant le professeur Johnson (c’est le prix du guano), représenteront une valeur de 56,500 fr.; de là, pour une population de 2 1/2 millions dames, on trouve la somme énorme de 141,250,000 fr.
- « Les chiffres suivants, donnés par les professeurs Hembstadt et Schübler, d’après des expériences faites avec différents engrais, montrent que l’urine a même plus de valeur que le guano.
- Sans engrais on obtient......................
- Avec engrais de feuilles, herbages, etc......
- — fumier de vache.........................
- — fiente de pigeon (c’est presque du guano).
- — fumier de cheval........................
- — urine humaine...........................
- — fiente de mouton........................
- — sang....................................
- 3 fois la quantité de grains semés.
- 5 —
- 7 —
- 9 —
- 10 —
- 12 —
- 12 —
- 14 —
- « D’un autre côté, sous le rapport de la culture du blé , on a, comme rendement,
- Gluten. Amidon. Son, etc.
- Avec urine humaine.......... 35,1 39,3 25,6
- — sang.................... 33,2 41,3 .... . 25,5
- — vidanges................ 33,1 41,4 25,5
- — fumier de cheval...... 13,7........... 61,6.......... 24,7
- « Enfin citons le professeur Playfair, qui estime à plus de 200 millions la valeur des engrais solides et liquides qui se perdent à Londres dans une seule année. »
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- De l'emploi des câbles me’talliques pour transmettre la force à de grandes distances.
- On sait la précieuse faculté que possèdent les transmissions par câbles métalliques de franchir l’espace sans perte notable de force, et le Bulletin a déjà publié à ce sujet, en 1858, une note de M. G. Ad. Hirn, qui a été insérée 2e série, t. V, p. 37. Depuis cette époque, ce mode de transmission si simple et si économique a reçu de nombreuses applications, surtout en Alsace, par suite de la facilité avec laquelle il permet d’amener des forces considérables à des distances inadmissibles pour des transmissions ordinaires.
- La Société industrielle de Mulhouse, qui a eu plusieurs fois l’occasion de s’occuper de cette importante question, a publié, il y a quelques mois, dans son recueil, un rapport de MM. Leloutre et Zuber, dont les conclusions, basées sur de nombreuses expériences, sont celles-ci :
- « 1° Les pertes de travail occasionnées par les transmissions par câbles métalliques sont très-faibles, comparées à celles des transmissions ordinaires avec arbre en fer;
- « 2° Elles dépendent principalement des frottements des divers axes dans leurs tourillons;
- « 3° Les pertes d’une transmission donnée peuvent être considérées comme indépendantes de la force transmise et comme proportionnelles aux vitesses;
- « 4° Les pertes de travail ne sont pas proportionnelles à la distance franchie, et l’excès dû à cette distance ne provient que des frottements des axes des poulies intermédiaires.»
- A la suite de ce rapport on trouve, sur le développement qu’a pris ce mode de transmission et sur les principaux éléments du prix de revient, des détails intéressants fournis par M. Stein, fabricant de câbles métalliques :
- M. Stein a fabriqué, jusqu’à ce jour, 56,000 mètres de câbles, ce qui représente une distance totale franchie de 28,000 mètres environ.
- Cette longueur se répartit entre 274 transmissions, dont 69 ont été établies à l’étranger et principalement en Allemagne, en Belgique et en Suisse : il en existe en Russie, en Danemark, en Espagne, mais pas encore en Autriche ni en Italie. Voici quelles sont les distances franchies par ces 274 câbles :
- 13 transmissions à 20 mètres et moins d'axe en axe des poulies extrêmes.
- 25 — entre 20 et 30 mètres —
- 45 — — 30 et 50 — —
- 87 — — 50 et 100 — —
- 86 — — 100 et 200 — —
- 14 — — 200 et 300 — —
- 2 — — 300 et 500 — —
- 1 — à 1025 — —
- 1 — à 1150 — —
- Il n’est pas possible de dire exactement la force transmise par ces 274 câbles ; on peut néanmoins l’évaluer approximativement à 3,000 chevaux, en faisant remarquer qu’ordinairement la force transmise est de 4 à 8 chevaux pour des distances infé-
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- rieures à 50 mètres, de 10 à 15 chevaux pour des distances comprises entre 50 et 100 mètres, et que les forces les plus considérables se répartissent entre les distances de 100 à 200 mètres.
- On doit installer ce système pour transmettre à 954 mètres une force de 100 chevaux.
- Les seuls prix de revient qu’il soit possible d’indiquer, indépendamment des circonstances particulières à chaque contrée, sont ceux des câbles et des poulies du nouveau modèle breveté par M. Hirn. Les prix des câbles ont déjà baissé notablement en même temps que leur fabrication s’est améliorée ; ainsi, au lieu de se servir invariablement de 36 fils répartis entre six torons, M. Stein en emploie 42 ou 48 de calibre proportionné suivant qu’il y a à rechercher plus de souplesse ou de résistance à la rupture.
- La réduction des droits sur les produits anglais permettant d’espérer qu’on pourra introduire en France des fils de fer fabriqués en Angleterre, M. Stein estime que les prix de ses câbles se résumeront par un minimum de 0f,45 par mètre pour les petits diamètres, et par un maximum de 0f,95 pour les gros diamètres. En attendant, les câbles de 0m,015, dont l’emploi se répand chaque jour davantage à mesure que les forces transmises deviennent plus considérables, se vendent de 0f,95 à lf,25 par mètre, selon qu’ils contiennent 36, 42 ou 48 brins.
- Quant aux poulies, M. Hirn les a modifiées de la manière suivante : il emploie des volants à jante en fonte aussi légère que possible. Au pourtour de cette jante, on creuse une rainure en queue-d’aronde, dans laquelle on matte à froid et à coups de marteau une bande de gutta-percha à section carrée et déterminée d’après les dimensions de la rainure. La gutta-percha est ensuite tournée et légèrement creusée suivant un arc de cercle. Ainsi disposée, elle ne donne lieu qu’à une usure presque insignifiante, comme on peut le constater au Logelbach où Inapplication en a été faite depuis l’année dernière. Les câbles marchent parfaitement dans les gorges de cette espèce, tandis que primitivement, dans les gorges garnies de cuir, l’usure était si considérable qu’ils subissaient un déplacement latéral donnant lieu à un mouvement transversal et produisant un frottement destructeur des torons les uns sur les autres.
- Les poids des poulies ainsi établies sont :
- Diamètre. Poids.
- 0n %900 ...... 80 kilog.
- 1 ,500 190
- 1 ,800 .330
- 2 ,000 250
- 3 ,500 650
- Elles coûtent de 70 à 90 fr. les 100 kilog., gutta-percha comprise; il y a en outre un droit de brevet qui n’est pas compté, mais qui est de peu d’importance. Quant aux arbres, paliers, etc., ils varient suivant les localités. ( Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. )
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- Sur un moyen d enlever l apprêt des étoffes au moyen de la diastase, par M. Mathias Paraf.
- Enlever l’apprêt des tissus est un travail qui demande du temps par les procédés ordinaires, et qu’abrège singulièrement l’emploi de la diastase à l’état de dissolution. Voici comment M. Mathias Parai pratique cette opération, qui repose sur la propriété que possède la diastase de transformer l’amidon en sucre et d’en faciliter la dissolution dans l’eau.
- Pour 600 mètres de calicot ou d’indienne fortement apprêtés, il faut macérer pendant une heure ou deux, dans 10 litres d’eau tiède, 600 à 700 gram. d’orge germée et moulée grossièrement. Après avoir remué de temps en temps afin de favoriser l’action de l’eau sur le malt, il filtre à travers un tamis de crin et verse la liqueur dans une cuve remplie d’eau à 45 ou 50 degrés centig. Les 600 mètres d’étoffe apprêtée sont alors mis dans cette cuve et soumis, comme pour un savonnage, à un mouvement qui dure vingt minutes.
- Si le malt est bon, tout l’amidon et toute la fécule auront disparu au bout de ce temps. Au contraire, lorsqu’il est mauvais, il est nécessaire d’en ajouter une nouvelle quantité et de continuer l’opération jusqu’à saccharification complète de l’amidon.
- La même eau peut servir pour un grand nombre d’opérations, à la condition de l’alimenter convenablement de diastase. En opérant à 80 degrés, la dissolution de la fécule a lieu plus rapidement. ( Ibid. ) ( M. )
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 6 novembre 1861.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
- Il annonce la perte que la Société vient de faire de M. Jobard, directeur du musée industriel de Bruxelles, membre correspondant bien connu par son activité, son dévouement à l’industrie et son zèle à défendre les intérêts des inventeurs. M. Jobard, que les hasards de la vie avaient fixé depuis longtemps en Belgique, était né à Baissey ( Haute-Marne ) le 14 mai 1792.
- Correspondance. — M. Reydemorande transmet, par l’intermédiaire de S. Exc. M. le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, un mémoire relatif à un nouveau système de régénération de la vigne et de destruction de l’oïdium. (Renvoi à la commission spéciale. )
- M. le docteur Kemmerer, à Saint-Martin ( île de Rhé ), adresse un mémoire sur la culture des huîtres. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
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- m
- M. Rouget de Lisle, rue du Faubourg-Poissonnière, 132, dépose les dessins et descriptions de divers systèmes de bouteilles et de bouchages hermétiques pour les appareils siphoïdes à eau gazeuse. ( Renvoi au même comité. )
- MM. Monnier et Poupel, rue du Val-Sainte-Catherine, 2, et rue Saint-Martin, 177, présentent un système de brosses pour le nettoyage des ponts de navires et pour le frottage des appartements. ( Renvoi au même comité. )
- MM. Clément [Jean-Antoine), mécanicien, et Crozy [Antoine), horticulteur, à Lyon, sollicitent l’examenM’un compteur hydraulique à compensation manométrique et d’un système de robinet au moyen duquel on obtient l’eau, même pendant les fortes gelées, et qui évite le coup de bélier. (Renvoi au comité des arts mécaniques.)
- M. Ed. Servier, ingénieur, sous chef du service des usines de la Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage par le gaz, rue des Martyrs, 33, appelle l'attention du Conseil sur un appareil dit auto-régulateur à gaz. ( Renvoi au même comité. )
- M. Grandblaise (Jean-Baptiste), mécanicien, à Passy-Paris, rue des Réservoirs, 5, soumet à l’appréciation du Conseil divers appareils perfectionnés, tels qu’appareils de sondage, assemblages d’arbres de transmission, etc. (Renvoi au même comité. )
- M. Payen, de l’Académie des sciences, membre du Conseil de la Société, fait hommage de la 2e édition de son Traité complet de la distillation. Cet ouvrage renferme les détails de plusieurs nouveaux et notables perfectionnements apportés dans la construction des appareils distillatoires.
- M. Barrai, membre du Conseil, dépose la 2e édition de son Aide-mémoire du cultivateur.
- MM. Barreswil, membre du Conseil, et Davanne, membre de la Société photographique, font hommage de la 3e édition de leur Chimie photographique.
- M. Ch. Laboulaye, membre du Conseil, dépose son Almanach des progrès de l’industrie et de l’agriculture.
- Communications. — M. Gaultier de Claubry, membre du Conseil, appelle l’attention de la Société sur les procédés à l’aide desquels M. Kœlitz, fabricant, à Maisons-Àlfort, obtient le vinaigre d’alcool. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Phillips, membre du comité des arts mécaniques, expose un résumé du mémoire qu’il a publié sur le spiral réglant des chronomètres et des montres. (Voir plus haut, page 657. )
- M. Lissajous, membre du Conseil, présente différents objets en aluminium soudés par les procédés de M. Mourey. M. Lissajous fait remarquer que ces procédés ont reçu, depuis le rapport fait en 1860 par M. Levol (1), des perfectionnements qui assurent aux pièces soudées une solidité à toute épreuve et comparable à la soudure h l’argent. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- (1) Voir Bulletin de 1860, 2e série, t. VII, p. 401.
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- Séance du 20 novembre 1861.
- M. Dumas, Président, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — M. Lequien fils, sculpteur, rue de Chabrol, 18, directeur de l’École municipale de dessin et de sculpture fondée en 1835, prie le Conseil de vouloir bien, ainsi qu’il 1 a déjà fait les années précédentes, nommer une commission pour visiter l’exposition des travaux de ses élèves. ( Renvoi à la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie. )
- M. J. Girardin, professeur de chimie et doyen de la Faculté des sciences de Lille, adresse à M. le Président la lettre suivante :
- « J’ai l’honneur d’offrir à la Société d’encouragement, de concert avec M. Victor Masson, un « exemplaire de la 4e édition de mes Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts industriels.
- « Cet ouvrage, pour lequel la Société a cru devoir me donner un témoignage de satisfaction, « alors qu’il paraissait pour la première fois, a été considérablement augmenté et amélioré , sur-« tout au point de vue des applications, et, dans son état actuel, il me paraît plus digne des suf-« frages de l’éminente Société.
- « Je serais heureux qu’elle voulût bien le comprendre dans la liste de ceux qu’elle a adoptés « pour faire partie de sa Bibliothèque des arts industriels et qu’elle décerne aux contre-maîtres « dans ses séances publiques. Ce serait la récompense la plus flatteuse de mes efforts.
- • « Je vous prie, Monsieur le Président, de vouloir bien soumettre ce désir à la Société et l’ap-« puyer de votre bienveillant patronage.
- « Les sacrifices qu’a faits mon éditeur, M. V. Masson et fils, pour donner à mon ouvrage un « plus haut degré d’intérêt, en l’enrichissant de 647 gravures sur bois et de 137 échantillons co-« loriés, me paraissent devoir leur mériter les encouragements de la Société qui, dans toutes les « occasions, a montré des sympathies si vives pour les auteurs et les éditeurs qui travaillent en « vue de l’éducation scientifique de la population industrielle et artistique du pays. »
- ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Bourgeois, membre du Conseil, appelle de nouveau l’attention de la Société sur les avantages que présente, au point de vue de la beauté des produits, l’opération de l’incision annulaire de la vigne sur laquelle il a été déjà publié une note ou Bulletin (1).
- M. D. Gonfreville, à Bleré ( Indre-et-Loire ), rappelle à la Société la médaille d’or qu’elle lui a décernée en 1832 pour ses travaux relatifs à l’emploi d’une matière exotique dans la teinture des étoffes, et exprime l’espoir qu’elle voudra bien examiner le résultat de ses nouvelles recherches dans l’art de la teinture et de l’impression des tissus. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Carvès, ingénieur-directeur des usines de la société de carbonisation des bassins houillers de la Loire, du Rhône et de la Saône, à Saint-Étienne, adresse, pour être soumis à l’appréciation du Conseil, la série complète des nombreux produits qu’il fabrique, tels que coke, goudron, brai, benzine et tous ses dérivés, ammoniaque et sels ammoniacaux, etc. (Renvoi au même comité réuni à celui des arts économiques. )
- M. le marquis de Montagu, rue de Grenelle-Saint-Germain, 122, présente un appareil conique à coiffer les cheminées, destiné à préserver les appartements de la fumée. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- (lj Voir année 1858, 2* série, t. Y, p. 42.
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- SÉANCES DU CONSEIL D ADMINISTRATION.
- M. Coignet ( François ), quai Jemmapes, 220, renouvelle la demande qu’il a déjà adressée plusieurs fois à la Société d’examiner ses produits en ciment aggloméré.
- Renvoi à la commission spéciale. )
- M. Hess, mécanicien, à Poissy, rue de Paris, 124, envoie les dessin et description d’un frein pour chemins de fer. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Lewandoski ( Charles ), boulevard de Strasbourg, 23, sollicite, par l’intermédiaire de M. Armengaud jeune, l’examen d’un système de signal avertisseur des trains de chemins de fer. ( Renvoi au même comité. )
- M. J. Schneider, comptable, à Plaisance-Paris, rue de l’Ouest, 35, présente un traité pratique de comptabilité en partie simple et en partie double. ( Renvoi au comité de commerce. )
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts économiques, M. Peligot, pour M. Du Moncel empêché, donne lecture d’un rapport sur les appareils construits par M. Berjot, de Caen, pour la fabrication des eaux gazeuses.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin avec le dessin des appareils.
- Communications. — M. le docteur V. Burq, cité Trévise, 5, lit une note sur la méthode de filtrage, d’aération et de rafraîchissement des eaux destinées à l’alimentation des villes, méthode reposant sur le phénomène de rafraîchissement bien connu des alcarazas. (Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Briand, arquebusier, boulevard de Sébastopol, 23, explique lui-même un système de fusil à bascule, dont les canons sont assujettis par un verrou se manœuvrant par le seul déplacement de la main droite. (Renvoi au comité des arts mécaniques.)
- M. Lalement, médecin-dentiste, rue du Faubourg-Poissonnière, 62, donne quelques explications sur un procédé pratique qu’il a imaginé pour partager une circonférence en un nombre indéterminé de divisions, et qui peut être appliqué au tracé des engrenages. Ce procédé repose sur l’élasticité du caoutchouc et consiste dans une bande de cette substance portant un certain nombre de divisions qu’on peut rendre, à volonté, double ou triple suivant la tension qu’on lui fait subir. ( Renvoi au même comité. )
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mm« V* BOUCHARD-HÜZARD, RUE DE l/ÉPERON, 5. — 1861.
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- Il AP PAR KII. H K SS KM K U POUR
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- 60e ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. TOU VIII. — DÉCEMBRE 1861.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CHRONOGRAPHIE ÉLECTRIQUE.
- Rapport fait par M. le comte Th. du Moncel, au nom du comité des arts économiques, sur les chronographes électriques de M. Gloesener , professeur à l’Université de Liège.
- Messieurs, les chronographes sont, comme vous le savez, des appareils de précision à l’aide desquels on peut estimer des temps excessivement courts. En raison de la rapidité extrême de transmission de l’électricité, on a cru qu’on pourrait, avec avantage, faire intervenir cet agent physique comme organe sensible dans ces appareils, et plusieurs savants ont proposé, dans ce but, divers systèmes plus ou moins ingénieux, dont un particulièrement, celui du capitaine Navez, a été déjà mis en pratique avec avantage dans plusieurs pays pour l’étude de la balistique. On voit par là que ces appareils ont, par eux-mêmes, une grande utilité, et que la découverte d’un chro-nographe électrique parfait serait de la plus grande importance.
- Parmi les chronographes et chronoscopes que l’on a imaginés jusqu’ici, les uns marquent sur un cylindre tournant d’un mouvement uniforme des points dont l’espacement, rapporté à la vitesse de rotation du cylindre ou à des traces marquées de seconde en seconde sur ce cylindre, donne l’intervalle de temps que l’on veut apprécier; les autres fournissent cette indication par l’intermédiaire d’un pendule dont le mouvement, soumis à des lois connues, permet de déduire, par la mesure des arcs décrits, des valeurs Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Décembre 1861. 89
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- de temps; dans d’autres ces valeurs sont fournies par des déviations plus ou moins grandes d’un galvanomètre; enfin d’autres fournissent les indications en question par l’intermédiaire d’un compteur à rouages qui se trouve déclanché et renclanché électriquement en temps utile de manière à laisser sur un cadran une indication facile à interpréter.
- Relativement au mode d’action de l’électricité, le mécanisme de ces appareils a été extrêmement varié : tantôt l’indication est fournie par un électroaimant dont l’armature, en tombant, fournit elle-même une trace par l’intermédiaire d’une pointe, d’une plume ou d’un crayon; tantôt cette indication résulte de l’action mécanique d’un électro-aimant qui provoque le dé-bridement et l’embridement d’un mécanisme d’horlogerie ; tantôt l’électricité est employée comme organe traceur à la manière des télégraphes électro-chimiques , tantôt comme organe perforateur à la manière des appareils perce-carte, etc. J’ai consacré un long article à ces différents appareils dans mon Exposé des applications de Vélectricité (l).
- Le système que M. Gloesener a soumis à votre appréciation appartient à la catégorie des chronographes qui fournissent des indications tracées par l’organe électrique.
- Dans ces sortes d’instruments, l’inconvénient capital est, comme on le sait, celui qui résulte de l’emploi d’électro-aimants dont le magnétisme rémanent, qui est plus ou moins grand suivant les différentes intensités du courant, empêche un détachement régulier et uniforme de l’armature et entraîne des variations de temps, de chute de celle-ci, quelquefois plus grandes que les intervalles de temps que l’on veut mesurer. Il est vrai que plusieurs savants ont cherché, par des combinaisons ingénieuses, à pallier cet effet, mais ils n'ont pas encore résolu complètement le problème, du moins dans ces conditions. M. Gloesener a pensé qu’en employant des multiplicateurs galvanométriques au lieu et place des électro-aimants, et en faisant produire les différentes indications nécessitées pour l’étude de la balistique par un seul multiplicateur, on pourrait obtenir plus de précision dans les appareils électro-chronographiques, et c’est en partant de cette idée qu’il s’est trouvé conduit aux deux appareils qu’il vous a présentés.
- Le plus important de ces appareils se compose d’un cylindre horizontal mis en mouvement par un mécanisme d’horlogerie et sur lequel peut appuyer, au moment de la rupture d’un circuit électrique, une plume ou une pointe portée par le barreau aimanté d’un multiplicateur vertical. Ce bar-
- il) Paris, librairie L. Hachette et comp.
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- reau est fixé par son centre sur un pivot horizontal muni de deux leviers placés l’un horizontalement, l’autre verticalement. Le premier porte un contre-poids que l’on peut avancer ou reculer, au moyen d’un pas de vis, pour augmenter plus ou moins la sensibilité de l’appareil; le second est muni d’un cliquet qui, en réagissant sur un rhéotome particulier, fait en sorte que le barreau, après s’être abaissé sous l’influence de la rupture d’un circuit, se trouve relevé instantanément pour pouvoir s’abaisser de nouveau sous l’influence de la rupture d’un autre circuit. Il en résulte que les indications sont placées les unes à la suite des autres et que, se trouvant produites par le même organe électro-magnétique, elles sont en dehors des variations d’inertie qui sont la conséquence d’appareils distincts. De plus, comme le magnétisme rémanent n’existe pas dans ces sortes d’organes électromagnétiques, la différence de résistance des circuits en rapport avec les cibles n’exerce plus d’influence fâcheuse.
- Considérant que l’exactitude des indications dans les appareils chronogra-phiques dépend beaucoup de l’uniformité du mouvement, M. Gloesener s’est appliqué d’une manière toute particulière à la régularisation de ce mouvement et, pour y arriver, il a adapté au mécanisme moteur un modérateur à force centrifuge qui, en réagissant sur un levier coudé, permet à un bec de plume d’appuyer plus ou moins sur le cylindre suivant que le mécanisme tourne plus ou moins vite. La commission a été témoin des expériences faites chez M. Hardy pour la démonstration de funiformilé du mouvement ainsi réglé, et elle a constaté que les différences susceptibles d’être produites étaient moindres que les erreurs qui pouvaient résulter des influences perturbatrices provenant des expériences chronographiques elles-mêmes (1).
- (1) Pour démontrer l’uniformité de ce mouvement, MM. Gloesener et Hardy, avec l’aide de M. Kœnig, fabricant d’appareils acoustiques, ont employé plusieurs méthodes de vérification.
- Ils ont d’abord enveloppé le cylindre tournant d’une bande de papier enduite de noir de fumée, et à côté ils ont adapté convenablement, sur un petit chariot, un diapason normal muni, à l’une de ses extrémités, d’un brin de plume ou d’un crin. Ce diapason produisait 870 vibrations simples par seconde.
- Lorsque le cylindre avait tourné six à sept minutes, M. Kœnig donnait un coup d’archet au diapason et avançait ensuite le chariot parallèlement à l’axe du cylindre. Les vibrations du diapason, s’effectuant dans le sens de la génératrice de ce cylindre, devaient donc produire sur le noir de fumée une ligne ondulée en spirale dont les inflexions devaient être en parfaite correspondance d’une spire à l’autre, en admettant un mouvement rigoureusement uniforme de la part de celui-ci. Or ces Messieurs, après avoir tracé sur la bande de papier une ligne exactement parallèle â l’une des génératrices du cylindre, ont reconnu que non-seulement le nombre des on-
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- Dans les chronographes à cylindre, on ne peut généralement apprécier que de très-petites durées, de sorte que, pour obtenir l’enrëgistration d’une série d’expériences ou des durées un peu longues, on est obligé de faire avancer longitudinalement le cylindre à mesure que s’accomplit son mouvement de rotation ; M. Gloesener a pensé que la vis et l’écrou mobile nécessités pour la réalisation de cet effet étaient un obstacle à Tuniformité de ce mouvement et, pour l’éviter, il adapte à son appareil un second cylindre qui, tournant huit fois moins vite que le premier, peut, au moyen d’un multiplicateur disposé comme celui dont il a été déjà question et traversé par le même courant, enregistrer les diverses époques des expériences, c’est-à-dire indiquer si le point marqué sur le premier cylindre s’est produit au deuxième, troisième..., huitième tour.
- Le second appareil de M. Gloesener est un chronographe à pendule dans lequel l’organe traceur, qui est un multiplicateur analogue à ceux dont il a été question précédemment, est fixe et placé devant un limbe mobile adapté au
- dulations à partir de la ligne tracée était parfaitement égal pour les différents tours des spires, mais encore que les inflexions de ces ondulations se correspondaient parfaitement d’une spire à l’autre.
- La seconde méthode employée par M. Gloesener consistait à mettre un pendule électro-type à secondes en rapport avec le galvanomètre b ( flg. 1, pl. 235 ), de manière à lui faire fournir, sur le cylindre N, une trace toutes les secondes. Avec cette disposition, on comprend que, si le cylindre accomplit sa rotation dans une demi-seconde, l’uniformité de mouvement comporte que toutes les traces produites doivent être superposées aux deux extrémités d’un même diamètre du cylindre, mais que, si le cylindre tourne un peu plus ou un peu moins vile, ces traces doivent s’échelonner les unes à la suite des autres, et, dans ce cas, on peut constater l’uniformité du mouvement par l’égal espacement de ces traces. Or l’expérience a démontré que cet espacement était toujours le même, non-seulement d’une trace à l’autre, mais encore entre les traces fournies aux deux extrémités d’un même diamètre du cylindre.
- La troisième méthode de vérification consistait^ adapter à l’appareil un compteur frappant un coup chaque fois que l’appareil avait accompli huit tours, et à compter le nombre de coups frappés en une minute à l’aide d’un chronomètre à pointage. Dans une première série d’expériences, M. Gloesener a compté quatre fois 31 coups et une fois seulement un peu plus de 30. Dans une seconde série d’expériences, il a trouvé quatre fois 31 coups et une fois 31 plus 1/6. Or, en admettant le nombre 31, le cylindre aura fait 31 X 8 ou 248 tours par minute, 4‘,13 par seconde ou 1 tour en 0",242, par conséquent une de ses divisions aura passé en 0",00048. En prenant 31 1/4 au lieu de 31, le cylindre aura fait 246 tours par minute, 1 tour en 0",2439. Enfin, dans la supposition que le compteur eût parlé trente-deux fois par minute, le cylindre aurait fait 1 tour en 0",234, et une de ses divisions aurait été parcourue en 0" ,000468. On voit par là que, si on commettait une erreur d’un battement et par suite de 8 tours du cylindre ( chose impossible ) en prenant par exemple le nombre 32 pour 31, ou vice versa, on trouverait même dans ces deux cas des nombres très-peu différents pour le temps mis par le cylindre à décrire une division, la différence entre 0",00048 et 0",00046 n’étant que de 1/50000.
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- pendule ; ce n’est, comme on le voit, qu’un diminutif de l’appareil précédent, et les indications se déduisent des formules bien connues du mouvement d’oscillation du pendule.
- Ces appareils, très-bien construits par M. Hardy, ont paru à la commission bien entendus dans leur disposition et susceptibles d’une application facile dans les recherches chronographiques. En conséquence, le comité des arts économiques vous prie de vouloir bien décider
- 1° Que des remercîments soient adressés à M. Gloesener pour son intéressante communication ;
- 2° Que le présent rapport soit inséré au Bulletin avec le dessin et la description d’un des appareils de M. Gloesener.
- Signé Th. du Moncel, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 1 6 janvier 1861.
- LÉGENDE DESCRIPTIVE DE LA PLANCHE 235 REPRÉSENTANT L’UN DES CHRONOGRAPHES
- ÉLECTRIQUES DE M. GLOESENER.
- Fig. i. Élévation de l’appareil.
- Fig. 2. Vue en dessus.
- A, cylindre en laiton de 0m,12 de long sur 0m,10 de diamètre, dont la surface est divisée en 500 parties égales.
- B, axe de ce cylindre reposant sur quatre galets C, à la manière de Taxe de la grande roue dans une machine d’Atwood.
- D, manivelle communiquant le mouvement de rotation au cylindre A et le recevant elle-même d’un mécanisme d’horlogerie commandé par le poids E et le treuil F.
- GG, volant modérateur de ce mécanisme d’horlogerie.
- H, régulateur à force centrifuge mis en mouvement par le mécanisme d’horlogerie et devant, par l’intermédiaire de leviers, réagir sur le cylindre A pour en rendre la marche uniforme.
- IJ KL, système de leviers coudés et articulés, servant d’intermédiaire entre le régulateur à force centrifuge et le cylindre A. Le levier IJK pousse la pièce IM contre la joue du cylindre A aussitôt que les boules du régulateur s’écartent, et le bec de plume M qui termine cette pièce IM fait en quelque sorte l’office d’un frein en appuyant d’autant plus que la vitesse de l’appareil est plus grande. ( Dans la fig. 2, la pièce IM a été supprimée pour ne pas compliquer le dessin. )
- N, second cylindre enregistreur placé sur l’axe du troisième mobile du mécanisme d’horlogerie; il porte 400 divisions et va huit fois moins vite que le cylindre A.
- O, O, vis calantes servant à équilibrer l’appareil.
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- P, galvanomètre vertical servant d’organe traceur.
- Q, barreau aimanté fixé par son centre de figure à une tige horizontale oscillant sur deux pointes R, R.
- S, pointe traçante terminant la partie supérieure dn barreau aimanté Q ( fig. 2 ).
- T, petit levier muni d’un contre-poids pour entraîner le barreau contre le cylindre, une fois l’appareil livré à lui-même.
- U, tige verticale munie d’un cliquet pour réagir sur la roue V et oscillant entre deux buttoirs.
- W, W', W", ressorts constituant, avec la roue Y, le rhéotome conjoncteur dont il a été question dans le rapport; sa fonction est de renvoyer successivement le courant d’un circuit dans un autre à mesure que ceux-ci se trouvent coupés, et de fournir des indications nouvelles pour chaque circuit au moment de sa rupture.
- A cet effet, la roue V porte trois petites goupilles en platine a, a', a", contre lesquelles peuvent appuyer successivement les ressorts W, W', W" lorsque, par suite de trois mouvements successifs du cliquet U, trois dents de la roue V ont échappé. Au moment de la première expérience, la goupille a doit être en contact avec le ressort W, qui lui-même, étant en rapport avec la borne 1, établit le courant à travers le circuit de la cible n° 1 et le galvanomètre P. Celle-ci étant brisée par le boulet, le courant se trouve interrompu, la pointe S du barreau aimanté tombe sur le cylindre A et laisse une marque sur le noir de fumée dont sa surface est enduite.
- En même temps un cliquet X fait avancer la roue V d’une dent, ce qui met la goupille a' en contact avec le ressort W' et fait échapper la goupille a; le courant se trouve alors rétabli par la borne 2 avec la deuxième cible, et celle-ci venant à son tour à être coupée, il est reporté absolument de la même manière dans la troisième cible, et ainsi de suite.
- b, second galvanomètre vertical, exactement semblable au galvanomètre P et agissant sur le cylindre N en même temps que le galvanomètre P réagit sur le cylindre A, ces deux appareils étant interposés dans les mêmes circuits. Comme le cylindre N tourne huit fois moins vite que l’autre, les indications qu’il donne sont moins espacées et permettent de suivre les ruptures des cibles dans l’ordre où elles ont été successivement opérées.
- Depuis la présentation de son appareil à la Société, M. Gloesener lui a fait subir quelques perfectionnements dans le détail desquels nous ne pouvons entrer. Ces perfectionnements se rapportent au cylindre N que l’auteur dispose de manière à donner des indications plus étendues, et au rhéotome conjoncteur qu’il a simplifié et rendu plus sensible en employant, comme intermédiaire, des relais galvanométriques à fourchette plongeant dans le mercure, analogues à ceux imaginés dans le principe par M. Wheatstone pour le télégraphe.
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- CHIMIE MÉTALLURGIQUE.
- RECHERCHES SUR LA COMPOSITION CHIMIQUE DE LA FONTE ET DE L’ACIER.
- Résumé des communications faites à l'Académie des sciences par MM. E. Fremy, Caron, Boussingault, Gruner, Mène, Rouis.
- L’année dernière, M. le capitaine Caron (1), chef des travaux chimiques du laboratoire du dépôt central de l’artillerie, et immédiatement après lui M. E. Fremy (2), de l’Institut, ont communiqué à l’Académie des sciences les premiers résultats des recherches auxquelles ils se livraient, chacun de leur côté, sur la composition chimique des fontes et des aciers. Cette importante question, déjà étudiée autrefois en Allemagne par Berzélius, Schœffhault, R. F. Marchand et plus récemment en Angleterre par MM. Saunderson et Binks, ne pouvait manquer d’exciter l’intérêt des métallurgistes à une époque où la fabrication de- l’acier emprunte encore à l’empirisme quelques-uns de ses vieux procédés et où l’on cherche, par des méthodes nouvelles, à produire ce métal dans des conditions qui permettent de le livrer à un prix peu élevé.
- A leurs premières communications MM. E. Fremy et Caron en ont ajouté, cette année, plusieurs autres qui, en élargissant le champ de la discussion, ont excité les recherches de plusieurs chimistes compétents. Nous avons reproduit les premières (3) et nous allons donner un résumé des secondes dans l’ordre où elles se sont produites.
- On se rappelle que M. Fremy avait posé en principe que l’acier n’était pas un carbure, mais bien un azotocarbure de fer. Dans une quatrième communication (4), il s’est proposé de prouver, au moyen de l’analyse chimique, que l’acier cesse d’exister quand on lui enlève son azote, et que toutes les opérations tirées de la pratique sont une confirmation de ce fait. Les conclusions auxquelles il arrive sont celles-ci :
- « 1° J’avais établi jusqu’à présent la constitution de l’acier en démontrant que ce corps contient toujours de l’azote, que l’on retrouve dans la matière insoluble dans les acides, ou que l’on dégage par l’hydrogène 5 j’avais établi que l’acier se forme facilement sous des influences azotantes, et que l’aciération dépend de la proportion d’azote que l’on donne au métal, mais je n’avais pas encore démontré qu’on désacière l’acier et qu’on le fait retourner à l’état de fer en le désazotant par l’hydrogène; c’est cette démonstration analytique que j’ai placée en tête de ce mémoire.
- « 2° Pour répondre aux partisans de l’ancienne théorie de l’aciération, qui ne com-
- (1) Voir Bulletin de 1860, 2° série, t. VII, p. 686 et 725.
- (2) Id. — — — — P- 688-
- (3) Id. — de 1861, mai, p. 289, et juin, p. 343 et 351.
- (4) Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, 1er avril 1861, p. 626.
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- prennent pas que le fer puisse s’azoter dans des caisses qui ne contiennent en apparence que du carbone, j’ai prouvé que, dans les caisses de cémentation, le fer pouvait emprunter l’azote non-seulement aux produits gazeux qui circulent dans les appareils, mais aussi au charbon qui est toujours azoté.
- « 3° L’influence incontestable de tous les composés organiques azotés dans l’aciération vient confirmer ma théorie; j’ai obtenu des charbons azotés très-actifs, en azo-tant préalablement des corps organiques ternaires comme le sucre.
- « k° Dans la cémentation, l’azote n’agit pas seulement chimiquement en se combi-, nant au carbone et en formant une sorte de composé cyanure qui paraît être l’élément essentiel de l’acier; il exerce encore une action mécanique, il devient un agent de carburation ; l’azoture de fer en excès est réduit par le gaz carburé ; il se produit là un véritable phénomène de substitution ; l’azote fait donc la navette, il s’est d’abord combiné au fer pour céder ensuite sa place au carbone en rendant le métal poreux; c’est ainsi que l’on peut expliquer la pénétration du fer par le carbone et la formation des ampoules qui caractérisent l’acier de cémentation.
- « 5° Dans la formation de l’acier par l’affinage de la fonte, l’azotation se produit au moment où le fer prend nature ; l’azote peut être fourni par la fonte, par les gaz de la combustion et même par l’air atmosphérique.
- « 6° J’ai démontré que la qualité de l’acier ne dépend pas de la nature chimique de tel minerai appartenant à quelques localités privilégiées; elle repose uniquement sur la pureté du fer et des fontes que l’on emploie; les fabricants français pourront donc, en épurant leurs produits, obtenir des aciers de première marque. Mes expériences établissent que certains métalloïdes ont, par rapport à leur combinaison avec le fer, en quelque sorte des droits de préséance. Je me suis assuré que l’azotation du fer devient impossible lorsque le métal est siliceux, phosphoreux eu sulfureux. Les fabricants d’acier s’épuiseront donc en vains efforts lorsqu’ils voudront produire de l’acier avec des fers impurs ou des fontes blanches sulfureuses.
- «7° Les métaux qui paraissent exercer une influence utile dans l’aciération, comme le tungstène, sont précisément ceux qui forment des composés métalliques azotés. Les différents corps qui composent la famille des aciers ont donc pour base un azoture de carbone ou des azotures métalliques.
- « Ainsi les recherches du laboratoire et les observations de la pratique viennent confirmer l’utilité de l’azote dans l’aciération, et démontrent que l’acier n’est pas simplement un carbure de fer. »
- De son côté M. Caron (1), ayant dit que le cyanogène est l’agent de Vaciération par cémentation, prétend démontrer que, toutes les fois qu’on cémente le fer industriellement, on le met constamment en contact avec du cyanhydrate d’ammoniaque gazeux ou des cyanures volatils. Suivant lui, cette tâche n’est pas difficile, car, d’après M. Saunderson, le charbon pur ne cémente pas, et d’après ses propres
- (1) Comptes rendus, 1er avril 1861, p. 635.
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- expériences, c’est à la présence de l’azote concurremment avec l’alcali des cendres et par suite à la formation du cyanure de potassium qu’est due l’aciération dans les caisses de cémentation. Après avoir fait voir que des substances autres que les cya-t contenant du charbon sans azote, telles que le gaz des marais très-pur et le gaz d éclairage (1), peuvent convertir le fer en acier, pourvu que la température ne soit pas assez élevee pour les décomposer et qu’on ne prolonge pas trop leur action , il conclut qu il regarde comme inutile de se préoccuper de la présence de l’azote dans les aciers, puisque de nombreuses expériences lui ont permis de produire des cémentations en dehors de la présence de ce gaz. Enfin il ajoute que si l’on veut se rappeler que Marchand, dans ses analyses si scrupuleuses et si délicates, n’a jamais pu trouver que des quantités d’azote ou nulles ou réellement négligeables, que Schœffhault, le grand partisan de la présence de l’azote dans les aciers, a été obligé de reconnaître l'exactitude des observations de Marchand, on arrivera naturellement à la même conclusion que le célèbre chimiste allemand : « S’il y a de l’azote, il appartient nécessaire rement à des matières mélangées au fer, matières qui ne font pas plus partie inté-« grante du métal que les scories qu’ou y trouve mêlées (2). »
- Poursuivant ses recherches, M. Caron est parvenu, en employant un mélange de carbonate de baryte naturel et de charbon pulvérisés et mélangés ensemble, à cémenter le fer superficiellement ou à cœur suivant le degré de température auquel il soumet le métal (3). Les conclusions qu’il en tire à l’appui de sa théorie sont :
- « 1° Que, dans la cémentation industrielle, l’aciération est toujours produite au moyen d’un cyanure qui se forme naturellement dans les caisses de cémentation par l’action réciproque du charbon, de l’azote et des alcalis qui s’y trouvent toujours ; c’est pourquoi la présence de l’azote y est indispensable.
- a 2° Que, néanmoins, dans certaines circonstances, il est possible de cémenter en dehors de la présence de l’azote, ce qui prouve, en passant, que l’acier n’est pas un azotocarbure de fer comme on a voulu le démontrer.
- <r 3° Que, pour cémenter, il faut et il suffit que l’agent de cémentation soit un composé carburé gazeux ou volatil, en même temps qu’indécomposable par la chaleur à la température que l’on emploie; de celte façon le charbon est apporté à l’état de combinaison jusque dans les pores du fer, où ce métal se l’approprie à l’état naissant.
- « k° Que le carbonate de baryte naturel, mélangé de charbon, est susceptible de devenir un des agents de cémentation les plus industriels et les plus économiques, à cause de son inaltérabilité et de sa puissance. »
- Intervenant un instant dans le débat, M. Gruner, professeur de métallurgie à l’école des mines de Paris, est venu d’abord rappeler les expériences de Mac-Inlosh sur i’acré-
- (j) Purifié par l’acide phosphorique et la potasse solide; c’est le procédé expérimenté, en Angleterre, par M. Mac-Intosli.
- (2) Journal für praclische Chernie, Y. Erdmann utid marchand, 1850, t. ALIX, p. 362.
- (3) Comptes rendus, 8 avril 1861, p. 677.
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- ration au moyen du gaz d’éclairage seul (l). Pour obtenir de l’acier par ce procédé, il n’est nul besoin, dit-il, de faire intervenir au préalable l’ammoniaque afin d’azoter le fer. A la vérité, le gaz de houille renferme toujours de l’ammoniaque, et sans vouloir davantage trancher la question de la présence ou de l’absence de l’azote dans les aciers, il ajoute que ce qui lui paraît évident, c’est que, s’il y a de l’azote dans les aciers, il doit en exister également dans la fonte.
- Parmi les expériences de M. Fremy il en est une surtout dont M. Caron conteste les résultats, c’est celle qui tendrait à démontrer que l’hydrogène retire à l’acier toutes ses qualités précieuses en lui enlevant simplement l’azote, considéré comme principe essentiel de la constitution des aciers (2). En faisant passer de l’hydrogène rapidement et à haute température sur de l’acier, M. Caron s’était bien aperçu que l’acier perdait toutes ses qualités, du moins à la surface des barreaux chauffés dans ce gaz. Un examen très-attentif ne tarda pas à lui faire reconnaître qu’il fallait attribuer ces modifications à l’influence seule des impuretés qui accompagnent toujours l’hydrogène. En effet, dit-il, si on n’enlève pas à l’hydrogène, avec un soin minutieux, l’eau et surtout l’air qui l’accompagnent inévitablement, on conçoit que, dans un temps même très-court, ces agents doivent faire disparaître la petite quantité de carbone qui, après le fer, bien entendu, est l’élément dominant sinon exclusif de l’acier.
- En procédant à de nouvelles expériences avec de l’hydrogène scrupuleusement purifié, M. Caron a trouvé que l’acier n’était pas altéré et qu’il avait conservé toutes ses propriétés; il a recueilli, il est vrai, à l’état d’ammoniaque, une faible quantité d’azote inférieure à 1/35000 du poids de l’acier (nombre donné par Marchand) ; mais en supposant que cette quantité si minime ne vienne pas des appareils ou de causes encore inaperçues, il en déduit que son élimination ne produit aucune altération, et que par conséquent elle ne paraît en aucune façon nécessaire à la constitution de l’acier. De là il conclut que la différence essentielle qui existe entre les résultats annoncés par M. Fremy et ceux qu’il vient de donner tient très-probablement à ce que M. Fremy a traité l’acier par de l’hydrogène impur. Ce qui le prouve, suivant lui, bien clairement, c’est que M. Fremy, en enlevant à l’acier toutes ses propriétés caractéristiques, lui a fait perdre en même temps, comme il le dit lui-même, un pour cent de son poids, c’est-à-dire la totalité du charbon qu’il contenait naturellement. Ce n’est donc pas parce qu’il a enlevé à l’acier une quantité d’azote à peine pondérable que M. Fremy est parvenu à transformer cet acier en fer, mais bien parce qu’il en a brûlé le carbone au moyen de l’air ou de l’eau, qui souillent toujours l’hydrogène quand on n’a pas le soin de le purifier.
- À cela M. Fremy répond (3) que, pour obtenir la désaciération de l’acier par l’hydrogène, il est essentiel d’apprécier les conditions de température favorables à l’expé-
- (1) Comptes rendus, 8 avril 1861, p. 681.
- (2) — Jd. — 13 mai, — p. 960.
- (3) — Id. — 20 id., — p. 998.
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- rience; qu’en opérant à une température trop élevée la désaciération pourra ne pas être obtenue, parce que le gaz sera inactif, ou bien que la chaleur rendra la formation de 1 ammoniaque impossible. Quant à l’hydrogène dont il s’est servi, il l’a toujours purifié, mais il ne l’a jamais desséché avec des soins minutieux, parce qu’il ne voyait pas l’utilité de cette précaution. « En effet, dit-il, mon but était de démontrer qu’au moment de la désaciération par l’hydrogène l’azote de l’acier se dégageait à l’état d’ammoniaque, mais je savais bien qu’il m’était impossible d’enlever l’azote sans éliminer en même temps le carbone, car l’ammoniaque qui se forme dans l’expérience entraîne le charbon à l’état de cyanhydrate d’ammoniaque. »
- Après avoir passé en revue toutes les questions de priorité qui lui ont été opposées et en avoir fait la part, après avoir démontré l’impossibilité d’aciérer sans la présence de l’azote, M. Fremy explique que l’opinion qu’il tient essentiellement à combattre est celle qui consiste en général à considérer la fonte comme une combinaison de fer et de carbone, et à regarder les autres substances qui s’y trouvent comme étant de peu d’importance et étrangères en quelque sorte à la constitution du composé métallique. C’est cette opinion qui, suivant lui, nuit aux progrès qui tendent à s’introduire dans la fabrication du fer et dans celle de l’acier, parce que l’industriel, qui n’envisage que le carbone dans la fonte, néglige les corps étrangers qu’il doit éliminer pour obtenir un bon fer, et souvent ne tient pas un compte suffisant des éléments qu’il doit conserver dans le métal pour produire un bon acier puddlé. Pour M. Fremy, les fontes sont des composés divers, dans lesquels les propriétés du fer sont plus ou moins modifiées p3r l’influence des corps très-nombreux que l’analyse constate facilement. Quelques-uns de ces corps sont sans doute dominateurs et impriment un caractère spécial à certaines espèces de fonte, mais il est d’avis qu’on ne connaîtra bien les relations qui existent entre le fer, les fontes et l’acier que lorsqu’on aura déterminé par des expériences synthétiques, ainsi qu’il s’occupe de le faire, les degrés de modification que les corps simples isolés ou réunis peuvent apporter dans les propriétés du fer.
- « Je me suis gardé, ajoute M. Fremy, de donner des déterminations quantitatives de l’azote contenu dans les aciers, parce que je crois que les méthodes employées jusqu’à présent manquent d’exactitude; mais en admettant que ces quantités soient aussi faibles qu’on l’a dit, croit-on que ces proportions soient sans influence sur les propriétés du composé métallique? Qui ne sait, en effet, que des quantités impondérables de soufre, introduites dans un bon fer de Suède, le rendent rouverin et lui ôtent toute qualité? En combinant 1/10000 de bismuth ou de plomb à l’or, on le rend cassant comme l’antimoine; des traces de plomb ou d’étain modifient toutes les propriétés du mercure. Il faut donc bien se garder de croire que des corps qui ne se trouvent dans les alliages qu’en quantités presque impondérables n’y jouent aucun rôle. Les progrès de la métallurgie dépendent de la recherche de ces quantités infiniment petites qu’on néglige trop souvent. »
- M. Fremy conclut :
- « 1° Les matières azotées étaient employées depuis longtemps dans la fabrication
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- de l’acier, mais, comme elles contiennent du carbone, leur action n’établissait pas l’influence de l’azote dans l’aciération ; je crois avoir démontré cette influence par une série d’expériences synthétiques qui m’appartiennent réellement.
- « 2° On avait constaté, dans certains aciers, l’existence de l’azote, mais on n’avait jamais démontré avant moi que ce corps était constitutif.
- « 3° J’ai prouvé que, dans tous les cas où on a cru aciérer sans azote, cet élément intervient toujours. On le retrouve dans l’acier produit, et, lorsque le composé n’est pas azoté ou qu'il ne contient pas de corps jouant le rôle de l'azote, il ne présente plus alors les qualités de l’acier.
- « 4° Les fontes employées dans l’aciération contiennent toujours assez d’azote pour se transformer en acier, lors même qu’elles sont recouvertes d’un bain de scories sur la sole du four à puddler. Cependant il serait quelquefois utile, dans la fabrication de l’acier puddlé, d’employer une matière azotée qui pût maintenir dans le corps métallique l’azote que l’affinage enlève souvent.
- « 5° Quand on fait réagir l’hydrogène sur l’acier dans les conditions que j’ai indiquées, on le désacière toujours en dégageant l’azote à l’état d’ammoniaque. En variant les conditions de l’expérience, l’opérateur pourra à volonté désaciérer en dégageant soit de l’ammoniaque, soit de l’azote, ou ne produire aucune désaciération. Tous les corps qui agissent sur le carbone peuvent aussi décomposer l’acier.
- « 6° L’aciération dépend de la pureté du métal, des proportions relatives des composés azotants et carburants que l’on emploie et des conditions dans lesquelles la combinaison s’effectue.
- « Tout démontre donc que l’aciération n’est pas une simple carburation du fer, et quel’azoture de fer découvert par M. Déprelz doit jouer un rôle important dans cette opération. »
- Dans la même séance où M. Fremy venait de lire les conclusions précédentes, M. Boussingault, sans vouloir intervenir dans le débat, a parlé des essais qu’il tentait, dans l’espoir de trouver une méthode.qui permît, de décider s’il existe des azotures, des cyanures dans les aciers, les fontes et les fers de diverses origines. Pour arriver à la solution de la question, il a eu recours à la mémorable expérience de Lavoisier : la décomposition de l’eau par le fer.
- 42 grammes la première fois et la seconde fois, 13gr,66 d’acier fondu étiré en fils bien décapés, ont été introduits dans un tube de porcelaine maintenu au rouge-cerise pendant le passage de la vapeur. L’eau qui fournissait cette vapeur était complètement privée d’ammoniaque. L’expérience a duré, d’une part, 2 heures 45 minutes, et, d’autre part, 8 heures 50 minutes. L’eau échappée à la décomposition occupait, la première fois, un volume de 250 cent, cub., et la seconde un volume de 439 cent, cub.; on l’a mise dans l’appareil destiné au dosage de l’ammoniaque des eaux pluviales, où on l’a distillée en fractionnant les produits. Dans la première prise, la première expérience a fourni 0gr,00023 d’ammoniaque, d’où 0*?r,0001,9 d’azote, et la seconde 0gr,00081 d’ammoniaque, d’ou 0gr,00067 d’azote; dans la seconde prise
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- aucune des expériences n’a donné des traces d’ammoniaque. Il est impossible de méconnaître que la faible quantité d’ammoniaque constatée chaque fois ne soit due à l’action de la vapeur aqueuse sur l’acier. Quand le tube de porcelaine ne renfermait pas d’acier, la vapeur engendrée parla même eau, une fois condensée, n’a pas donné le moindre indice d’alcali. Durant tout le cours de ces expériences, le gaz hydrogène dégagé avait une odeur d’acide sulfhydrique parfaitement caractérisée; il noircissait d’ailleurs le papier humecté avec la solution de sous-acétate de plomb. M. Boussin-gault a fait remarquer que le procédé qui vient d’être décrit n’est point un procédé quantitatif; mais il le considère comme éminemment propre à déceler les azotures, les cyanures, les matières carbo-azotées unis au fer, car, toutes les fois que par la combustion du métal dans la vapeur aqueuse il y aura formation d’ammoniaque, celte ammoniaque ne saurait avoir d’autre origine que ces composés, le seul agent employé étant l’eau qu’il est toujours facile d’obtenir exempte d’ammoniaque.
- Continuant à discuter la théorie de M. Fremy, M. Caron fait remarquer (1) que, si Marchand a primilivement reconnu la présence de l’azote dans les aciers, on ne doit pas oublier qu’à la suite de nombreuses analyses faites par des procédés variés et avec une admirable précision il a déclaré que la présence de cet agent n’était pas constante et que, s’il se trouvait dans les aciers, ce devait être à l’état d’azolure de titane. M. Caron reproche à M. Fremy l’absence d’une analyse quantitative de l’ammoniaque qu’il recueille; si M. Fremy avait fait comme lui, recueilli et pesé cette ammoniaque, il se serait aperçu que le vingt - millième d’azote qu’on obtient ainsi ne devait pas lui suffire pour appuyer de nouveau l’idée déjà abandonnée par Marchand et Schœffhault.
- « Mais, continue M. Caron, supposons commune à tous les aciers cette minime proportion d’azote, il faudrait encore, avant d’admettre que l’acier est un azotocarbure de fer, démontrer qu’il n’y a pas de cémentation même imparfaite sans azote; c’est ce que j’ai réfuté clairement en soumettant du fer pur, préalablement chauffé dans un courant d’hydrogène, à l’action d’une quantité relativement faible d’hydrogène protocarboné chimiquement pur. J’ai obtenu ainsi des barreaux cémentés, très-malléables et en tout semblables au fer cémenté par les procédés ordinaires.
- « Je ferai remarquer, en outre, que l’expérience dans laquelle M. Fremy emploie, il paraît à dessein, de l’hydrogène impur pour chasser de l’acier l’azote qu’il peut contenir, ne prouve rien en faveur du rôle qu’il fait jouer à l’azote dans l’acier. M. Fremy reconnaît lui-même que, dans ce cas, l’azote et le charbon disparaissent en même temps. Auquel de ces deux corps a-t-il le droit d’attribuer les propriétés caractéristiques de l’acier, propriétés qui disparaissent avec eux? Pourquoi serait-ce à l’azote plutôt qu’au charbon? Mon expérience, au contraire, prouve qu’en enlevant l’azote sans enlever le charbon on laisse à l’acier toutes ses qualités. Donc ce n’est pas l’azote
- fi) Comptes rendus, 27 mai 1861, p. 1063.
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- qui conslitue la différence qui existe entre l’acier et le fer, c’est le charbon ; et d’ailleurs, M. Fremy n’a-t-it pas dit que la fonte, l’acier et le fer contenaient de l’azote? Coin ment admettre alors que l’acier ne doive ses propriétés qu’à la présence de ce dernier corps? Bien plus, en supposant, comme ledit explicitement M. Fremy, que dans ces conditions le charbon soit chassé à l’état de cyanhydrate d’ammoniaque, il est évident qu’il a entièrement négligé l’influence de l’eau et de l’air que contenait son hydrogène; il n’a pas réfléchi non plus que, pour enlever à l’état de cyanhydrate d’ammoniaque le centième de charbon contenu dans son acier, il fallait qu’il y supposât la présence de plus de deux centièmes d’azote, car pour transformer 1 gramme de charbon en cyanhydrate d’ammoniaque il faut 2gr,33 d’azote; or la quantité maximum d’azote que M. Fremy est autorisé à admettre aujourd’hui dans les aciers est de deux centièmes seulement du poids du charbon....... »
- En traitant la question de cémentation du fer, M. Caron s’est préoccupé des impuretés que l’on rencontre ordinairement dans ce métal, telles que le soufre, le phosphore, le silicium, etc., et il a voulu rechercher à son tour l’influence que leur présence pouvait avoir sur l’action des céments (1). Laissant de côté le soufre et le phosphore sur les effets desquels il pense qu’il ne reste plus rien à dire après Réaumur, il a étudié surtout le silicium qui ne lui semble pas aussi nuisible que les deux autres corps et qui, laissant encore au fer sa malléabilité, lui communique dans certains cas des propriétés particulières.
- Si plusieurs expérimentateurs, parmi lesquels M. Saunderson, ont essayé sans succès de cémenter le fer avec de l’oxyde de carbone pur, tandis que d’autres ont affirmé y être parvenus, M. Caron croit pouvoir attribuer cette différence dans les résultats à la présence du silicium, et voici par quelle expérience il le démontre : Si l’on prend du siliciure de fer pur que l’on peut préparer, soit en chauffant du fer avec 10 ou 15 pour 100 de son poids de silicium fondu, soit en chauffant au blanc dans un creuset un mélange de fluosilicate de potasse, de sodium et de tournure de fer dans des proportions convenables, on obtient dans les deux cas un culot qu’il est facile de briser; plaçant ensuite des fragments de cet alliage dans une nacelle et dans un tube de porcelaine chauffés à la température de fusion de la fonte, on fait passer dans ce tube un courant d’oxyde de carbone bien pur. Dans cette opération, le fer du siliciure n’est en aucune façon attaqué par le gaz, mais le silicium, décomposant l’oxyde de carbone, se transforme en silice qui surnage, et le charbon mis en liberté se combine avec le fer pour donner de la fonte ordinaire, de sorte qu’au bout de peu de temps le siliciure de fer est transformé en carbure de fer. Il en est de même lorsqu’on essaye de cémenter du fer par l’oxyde de carbone ; si ce fer se trouve être silicé, le gaz pénètre dans ses pores et est décomposé sur place par le silicium, en abandonnant au métal son charbon qui est à l’état naissant; si le fer est pur, au contraire, il n’y a pas de cémentation.
- (1) Comptes rendus, 10 juin 1861, p. 1190.
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- En terminant, M. Caron fait remarquer la différence essentielle qui existe entre les combinaisons du fer avec le soufre, le phosphore et le silicium, et les combinaisons de ce métal avec le carbone. Les trois premières se font en toutes proportions et ne changent ni par la trempe ni par le recuit; elles donnent indistinctement des produits mauvais pour l’usage, et présentant dans certains cas des qualités particulières qui n’ont aucun rapport avec celles de l’acier. La fonte et l’acier au contraire semblent, ainsi qu’il a déjà été dit, n’être qu’une dissolution de carbone dans le fer, faite à haute température, dissolution particulière dont se sépare le charbon par un refroidissement lent, comme dans la fonte grise et l’acier recuit, et dans laquelle il reste à l’état combiné lorsqu’il y a refroidissement brusque, comme dans la fonte blanche et l’acier trempé.
- Le débat engagé entre MM. Fremy et Caron devait, nous l’avons dit, éveiller l’attention des métallurgistes. M. Ch. Mène a fait diverses analyses de fers provenant de quelques usines de la Loire et du Creusol; voici les résultats de deux d’entre elles qu’il a adressées à l’Académie (1) :
- 1° Fer dit brûlé provenant du Creusot, facettes larges, très-cassant à froid et ne pouvant se corroyer; densité 7,0321. L’analyse par l’oxyde de cuivre (méthode de M. Régnault) a décelé des traces de carbone et une quantité d’azote beaucoup plus forte que celle qui a été trouvée, dans d’autres échantillons, par d’autres observateurs ; 2° fonte très-graphiteuse, densité 6,2631.
- Fer brûlé. Fonte graphiteuse.
- Silicium...................... 0,7352 1,6555
- Carbone....................... 0,0105.............. 4,7832
- Soufre........................ 0,0017 0,0082
- Phosphore..................... 0,0923 0,9737
- Azote......................... 1,6103 0,3773
- Fer et perte................. 97,5500 92,2021
- 100,0000 100,0000
- D’un autre côté M. Bouis, chargé par M. le général Morin de comparer entre elles les compositions d’aciers de provenances diverses, a fait connaître le tableau suivant qui résume, au point de vue de l’azote cherché, les travaux auxquels il s’est livré.
- (1) Comptes rendus, 10 juin 1861, p. 1192.
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- 1 DURÉE PROPORTION
- POIDS. NATURE DU CORPS. de OBSERVATIONS. j
- l’action. d’azote.
- Br • 8,522 Spirale d’acier, Krupp. 3 h. 08,00085 Hydrogène non purifié et mal des-
- séché.
- J 21,340 Id. 5 0,00011 Spirale très-mince lavée à l’éther
- 197,510 Sept lames d’acier fondu. 11, 30 m. 0,00059 avant l’opération. Lames présentant une surface de j
- 380 cent, carrés. 1
- 180,130 Id. 7 0,00037 Beaucoup de boursouflures. j
- 148,200 Cinq lames. 5, 30 0,00031 Lames précédentes limées de nouveau.
- 25,000 Acier fondu Jackson. il, 30 0,00058 En copeaux fins obtenus à la ma- j
- chine à raboter. j
- 17,850 Acier Wootz. 11, 30 0,0012 En copeaux très-fins et très-minces.
- 194,210 Cinq lames fer doux. 3, 30 0,0018 Surface de 200 cent, carrés. j
- 67,915 Fil à cardes. 16 0,0014 Fil de 350m de long de l’usine de Lods 1
- enlevé sur un rouleau de 31 kilom.
- 150,000 Fonte blanche, petits 4 0,0015 Fonte manganésifère très-dure. j
- fragments.
- 140,070 Fonte grise en fragments. 12 0,0000 Le poids n’a pas varié. |
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- Il résulte des expériences précédentes que, toutes les fois qu’on chauffe i’acier ou le fer dans l’hydrogène, on voit apparaître des vapeurs blanches qui traversent les dissolutions acides sans se condenser. Ces vapeurs, d’une odeur forte de matière organique brûlée différente de celle de la calcination de la corne, ne se produisent que pendant quelques instants.
- Tous les aciers que M. Bouis a soumis à l’action de l’hydrogène ont fourni de l’ammoniaque, et l’opérateur s’est assuré que l’hydrogène n’enlève rapidement l’azote qu’à la surface du métal, car des barreaux d’acier ayant subi l’action de l’hydrogène pendant une journée entière et limés de nouveau ont produit les mêmes quantités d’azote qu’à la première opération. Ce procédé ne peut donc indiquer la totalité de l’azote, à moins d’opérer soit sur des copeaux, soit sur des fils très-fins, ou de faire durer l’opération très-longtemps. Toutefois les proportions d’azote sont îrès-faibles dans l’acier. Le fer en contient souvent assez pour que, en l’ints oduisant bien décapé dans un courant d’hydrogène circulant dans un tube chauffé, il dégage immédiatement de l’ammoniaque bleuissant le papier rouge de tournesol.
- Enfin, dans une dernière communication (1), M. Caron est venu exposer qu’il avait de nouveau tenté de cémenter le fer pur au moyen de l’hydrogène car-
- (i) Comptes rendus, il juin 1861, p. 1246.
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- boné pur, opération le conduisant à ne pas admettre la présence de l’azote dans l’acte de la cémentation. Après avoir entouré son expérience des plus grandes précautions, il a obtenu, au bout de six à sept heures, des pièces cémentées à une profondeur de 0m,0015 environ, ayant toutes les qualités de l’acier de cémentatio et présentant quelques-unes à leur surface les bulles ordinaires de l’acier poule, dépendant, comme on le sait, de la présence d’une petite quantité de scories dans-le fer employé. M. Caron prétend donc, d’après cela, qu’il ne lui est plus possible d’admettre qu’il se trompe, lorsqu’il prétend :
- « 1° Qu’on peuUaciérer le fer pur hors de la présence de l’azote ;
- « 2° Que toute théorie n'expliquant pas nettement ce fait si facile à vérifier est entièrement inadmissible. »
- Dans la même séance (1), M. Fremy a répondu qu’il croyait avoir suffisamment réfuté toutes les objections qu’on oppose à sa théorie. Suivant lui, toutes ces aciérations obtenues sous l’influence de corps exclusivement carburants sont dues à la présence de l’azote qui existe dans tous les fers en quantité suffisante pour produire une cémentation superficielle. L’aciération du fer pur par du carbone pur est donc impraticable, parce qu’il regarde comme impossible d’enlever au fer en barre, par l’hydrogène ou par tout autre procédé, les composés aciérants qui s’y trouvent et qui, en s’ajoutant au carbone, produisent l’aciération.
- En résumé, dans l’opinion des contradicteurs de M. Fremy, la fonte et l’acier résultent simplement de la dissolution faite à haute température du carbone dans le fer. D’après sa manière de voir, au contraire, la constitution de la fonte et de l’acier est beaucoup plus complexe qu’on ne le pense généralement; les métalloïdes qui existent dans ces composés, tels que le carbone, l’azote, le phosphore et le silicium, doivent être considérés comme réellement constitutifs.
- On voit, par tout ce qui précède, que les arguments ont été développés assez longuement de part et d’autre; mais la discussion ne saurait être épuisée, et aujourd’hui que les recherches sont dirigées activement dans cette voie, il est à espérer que quelque fait nouveau viendra résoudre, d’une manière entièrement irréfutable, une question qui intéresse à un si haut degré l’industrie sidérurgique. Avant de terminer, nous reproduirons le travail extrêmement important que M. Boussingault a lu à l’Académie sur le dosage de l’azote des azotures contenus dans le fer et dans l’acier (2).
- A la suite des dernières communications de MM. Caron et Fremy, M. Boussingault avait exposé (3) le procédé qu’il avait imaginé pour doser l’azote dans le fer et dans l’acier, en brûlant le métal dans la vapeur du sulfure de mercure; on obtient ainsi l’azote à l’état gazeux, comme on l’obtient quand la combustion du fer a lieu par Fin-
- it) Comptes rendus, 17 juin 1861, p. 1248.
- (2) — 1er juillet, — p. 5.
- (3) — 17 juin, — p. 1249.
- Tome VIII. — 60e année. série.
- Décembre 1861.
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- tervention de l’oxygène. A cette occasion, M. Boussingault avait parlé des difficultés qu’il avait rencontrées en cherchant à doser l’azote des azotures unis au fer par un moyen rapide et d’une extrême simplicité, consistant en une détermination d’ammoniaque par des liqueurs titrées, l’ammoniaque provenant de la transformation de l’azoture pendant la dissolution du fer dans un acide. Ces difficultés consistaient en ce que, malgré tous les soins apportés dans la préparation des réactifs, le fer, considéré comme pur et dans lequel par conséquent on ne devait pas, en raison de son origine, soupçonner la présence de l’azote, fournissait néanmoins de l’ammoniaque. Tant qu’on n’aurait pas découvert et éliminé la cause d’erreur à laquelle cetlé anomalie était due, M. Boussingault regardait donc comme impossible d’accepter son procédé de dosage.
- c< Aujourd’hui, dit M. Boussingault, j’ai la satisfaction d’annoncer qu’étant parvenu à éliminer la cause de perturbation, les résultats qu’on obtient par la voie humide sont de la plus grande netteté.
- « Je rappellerai ici comment je procède : le fer ou l’acier est dissous dans un acide. La dissolution acide étendue d’eau est placée dans un appareil dislillatoire, un ballon de verre communiquant par un tube avec un réfrigérant 5 l’oxyde de fer est précipité par un alcali mis en excès. On distille et on dose l’ammoniaque dans les produits successifs de la distillation, recueillis par volumes ou prises de 50 centimètres cubes. Le mode de dosage de l’ammoniaque par les liqueurs titrées est d’une extrême précision ; cependant les résultats présentaient entre eux des différences considérables, et les proportions d’azote que l’on trouvait excédaient toujours celles que fournissait la sulfuration du métal par le sulfure de mercure; procédé plus direct, mais beaucoup plus lent. On était donc fondé à croire qu’il y avait une source occulte d’ammoniaque, quoique les réactifs parussent exempts de cet alcali. L’acide sulfurique ou l’acide chlorhydrique (car l’un et l’autre peuvent être employés à la dissolution du fer), quand on leur communiquait, par la teinture d’indigo, une nuance bleue à peine visible, conservaient cette teinte même après ébullition prolongée. On avait donc la certitude que dans ces acides il n’y avait pas la plus légère trace d’acide nitrique, condition essentielle, puisque ce dernier acide est transformé en ammoniaque pendant la dissolution du fer. L’eau était exempte d’ammoniaque; on l’avait préparée comme si l’on avait eu à traiter une question de végétation, et, pour plus de sûreté, on la faisait bouillir au moment d’en faire usage. La potasse caustique employée pour décomposer le sel de fer était chauffée au rouge dans un creuset d’argent, afin de détruire les matières organiques qu’elle renferme ordinairement, et on la dissolvait dans de l’eau pure préalablement soumise à l’ébullition. Aussi, en concentrant la dissolution alcaline dans un appareil distillatoire, l’eau volatilisée et condensée ne renfermait pas d’ammoniaque; et si, par les procédés les plus délicats de l’analyse, il était impossible de déceler la présence de l’ammoniaque dans chacun des réactifs examinés isolément, on ne la décelait pas davantage dans une expérience à blanc, c’est-à-dire en saturant l’acide dilué par un grand excès d’alcali, et soumettant le mélange à la distillation; l’eau condensée ne donnait aucun indice d’ammoniaque. Il y a plus : si l’on dissolvait quelques grammes de zinc dans l’acide, et si, après avoir sursaturé la dissolution
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- par la potasse, l’on distillait, l’eau était aussi exempte d’ammoniaque que dans Y expérience à blanc. Mais les choses se passaient tout autrement quand au zinc l’on substituait du fer, que, d après son origine, on avait lieu de considérer comme pur; toujours l’eau condensée tenait de l’ammoniaque, représentant une proportion d’azote répondant quelquefois à un millième du poids du métal ; et dans les nombreuses analyses de fer et d’acier, faites d’ailleurs sur un nombre assez restreint d’échantillons, puisqu’il s’agissait uniquement d’étudier un procédé, les proportions d’azote constatées étaient tellement élevées, que je ne les aurais pas considérées comme exactes, alors meme que je n’aurais pas eu pour les contrôler celles fournies par la combustion du métal dans la vapeur de sulfure de mercure.
- « Il était de la plus complète évidence que dans le traitement par la voie humide, tel que je le pratiquais, il existait une cause occulte qui formait de l’ammoniaque quand on opérait sur du fer, et qui n’en produisait pas lorsqu’on opérait sur du zinc.
- « La première idée qui se présenta pour expliquer cette formation anormale d’ammoniaque fut l’intervention de l’atmosphère, l’azote qui est à l’état gazeux dans l’air pouvant, au contact d’une lame de fer d’où il émanerait de l’hydrogène, donner naissance à de l’ammoniaque. Une série d’expériences que j’exécutai, ne fut point favorable à cette supposition.
- « Des fils de zinc, des fils de fer étant plongés dans de l’eau acidulée par de l’acide sulfurique exempt d’acide nitrique, condition indispensable à remplir par la raison que j’ai alléguée précédemment, on faisait arriver, pendant tout le temps de la dissolution qui avait lieu à la température ordinaire, un courant de gaz azote; ce gaz passait donc continuellement sur la surface des métaux d’où sortait le gaz hydrogène.
- « La dissolution de sulfate de zinc ne donna pas la moindre quantité d’ammoniaque; la dissolution de sulfate de fer n’en donna pas plus que ce que l’on obtenait ordinairement, quelques dix-millièmes du poids du métal.
- « Les résultats furent exactement les mêmes quand, au lieu de faire passer du gaz azote pur dans les liquides acides où les métaux se dissolvaient, l’on fit passer un courant d’air, c’est-à-dire un mélange de gaz azote et de gaz oxygène.
- « Malgré la très-grande probabilité de la nullité d’action du gaz azote dans les phénomènes que j’étudiais, je modifiai le procédé que j’avais adopté, en prenant des dispositions pour que la dissolution du fer, la précipitation de l’oxyde, la distillation eussent lieu à l’abri du contact de l’air, dans une atmosphère de gaz acide carbonique. Les liquides employés, l’acide, l’eau, la solution alcaline, étaient introduits en pleine ébullition dans cette atmosphère; et les personnes qui ont bien voulu assister à mes expériences, je puis citer M. Bouis et le capitaine Caron, sont restées convaincues que le fer précipité par la potasse était entièrement à l’état de protoxyde, que l’oxygène de l’air et, par conséquent, l’azote qui l’accompagne étaient complètement éliminés.
- « Malgré toutes ces précautions, malgré l’exclusion absolue de l’air atmosphérique, les résultats ne furent pas plus satisfaisants ; on obtint toujours de l’ammoniaque du fer considéré comme devant être pur, et le fer et l’acier donnèrent ces proportions
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- d’azote évidemment exagérées que l’on avait obtenues en dissolvant es métaux à l’air libre.
- « J’ai été conduit à découvrir l’origine de l’ammoniaque qui jetait une si grande perturbation dans les dosages par la voie humide, en discutant une centaine de résultats que j’avais groupés dans un tableau par ordre de dates. En consultant ce tableau, on voyait les proportions d’azote rester constantes pendant un certain nombre de jours, pour augmenter ou diminuer pendant les jours suivants. Or, des réactifs dont on disposait, la potasse étant celui que l’on renouvelait le plus fréquemment, je dus supposer qu’elle recélait la cause d’erreur. Un examen attentif de cet alcali me fit reconnaître qu’il renfermait du nitrate et du nitrite, dont la quantité devait nécessairement varier suivant la température à laquelle on l’avait calciné. Comment ce nitrate pouvait-il donner lieu à une production d’ammoniaque? En ce qui concerne le zinc, il était établi qu’il n’exerçait aucune action sur l’oxyde précipité, mais il pouvait en être autrement pour le fer, dont le sous-oxyde très-avide d’oxygène est doué de propriétés réductives très-énergiques. Des expériences ont bientôt démontré la réalité de cette action ; je me bornerai à en citer une seule.
- « On a fait un dosage d’azote sur du fer par le procédé que j’ai décrit. Les premiers 50 centimètres cubes de liquide retirés par la distillation ont contenu la totalité de l’ammoniaque dosant l’azote. La deuxième prise de liquide, toujours de 50 centimètres cubes, ne tenait plus d’alcali volatil. Sans interrompre l’opération, on a introduit dans le ballon où le mélange était en ébullition 0gr,l de nitrate de potasse pur. La distillation continuait ; dans les premiers 50 centimètres cubes de liquide qui sortirent du réfrigérant après cette addition, l’on dosa 0gr,004 d’ammoniaque.
- « Le protosulfate de fer cristallisé, précipité par l’alcali exempt de nitrate, donna à la distillation un liquide sans la moindre alcalinité ; mais aussitôt que l’on eut introduit du nitrate dans le mélange bouillant, le liquide condensé contint de l’ammoniaque.
- « Dans une seule expérience, j’ai vu 0gr,l de nitrate de potasse pur produire, en réagissant sur l’hydrate de protoxyde de fer en présence d’un grand excès de potasse, presque l’équivalent de son acide, en ammoniaque, 0gr,016 au lieu de 0gr,017 ; toutefois, dans le plus grand nombre de cas, le nitrate n’a fourni en ammoniaque que le quart ou le cinquième de ce qu’il aurait dû donner. Le prôtoxyde de fer, dans ces circonstances, à une température supérieure à 100°, sous l’influence d’un alcali caustique et d’un nitrate, agit donc comme s’il décomposait l’eau. Je suis bien loin d’affirmer que cette décomposition ait lieu (1) : je me borne à constater le fait de la production d’une certaine quantité d’ammoniaque, et, comme conséquence de cette production, à recommander de faire usage pour le dosage de l’azote d’un alcali ne renfermant pas de composés nitrés. Il est certain que l’ammoniaque est bien formée sous l’influence du protoxyde réagissant sur le nitrate, car, en traitant le bichlorure
- (1) M. Chevreul m’a dit qu’il avait eu l’occasion de constater la décomposition de l’eau par le protoxyde de fer.
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- CHIMIE MÉTALLURGIQUE.
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- de fer par un alcali contenant du nitrate de potasse, l’oxyde rouge mis en liberté n’en produit pas (1).
- « Afin d éloigner la cause de perturbation que je viens de signaler, j’ai remplacé la potasse par la chaux pour décomposer le sel de fer et éliminer l’ammoniaque. On étemt la chaux vive ; 1 hydrate est lavé à grande eau, puis calciné pour reconstituer de la chaux vive.
- « Depuis la substitution de la chaux à la potasse dans laquelle il y a presque toujours des composés nitrés, les dosages exécutés sur la même matière ont donné les résultats les plus concordants; le fer pur n’a plus fourni d’ammoniaque, et les proportions d’azote trouvées dans le fer ou dans l’acier se sont accordées avec celles obtenues soit par la sulfuration, soit par l’oxydation. Ainsi le fer azoturé par la méthode de notre savant confrère M. Despretz a donné :
- Par la voie humide................................................azote 0,02655
- Par la sulfuration...................................................... 0,02660
- Acier fondu par la voie humide.......................................... 0,00042
- Acier fondu par la sulfuration (2)...................................... 0,00057
- « Par la voie humide dosé :
- Fer pur préparé par M. Peligot.................................azote
- Fil de fer de carde, soumis par M. Bouis à l'action du gaz hydrogène humide, au rouge.......................................................
- Fil de fer de carde avant le traitement par l’hydrogène humide.......
- Fil de fer doux, soumis par M. le capitaine Caron à l'action du gaz hydrogène humide, au rouge................................................
- Fil de fer doux............................................. ........
- Corde de piano de Berlin.............................................
- Corde de piano.......................................................
- Acier employé pour les frettes de canons. . . .......................
- 0,00000
- 0,00000
- 0,000045
- 0,000050
- 0,000075
- 0,000070
- 0,000086
- 0,000070
- Ainsi qu’on vient de le voir, termine M. Boussingault, le procédé par la voie humide a uniquement pour objet le dosage de l’azote des azotures contenus dans le fer et dans l’acier. Quant au résidu carburé laissé par les acides après la dissolution du métal, pour en doser l’azote, il faut nécessairement avoir recours à l’emploi de la chaux sodée. La détermination de la quantité absolue d’azote renfermée dans le fer, l’acier et la fonte présente, par conséquent, deux phases distinctes : le dosage de l’azote des azotures et le dosage de l’azote des matières carburées.
- (1) Je n’ai trouvé nulle part une preuve, appuyée sur l’expérience, de cette curieuse réaction du protoxyde de fer sur un nitrate en présence d’un alcali ; mais M. Fremy paraît avoir pressenti cette réaction, puisqu’on lit dans la communication qu'il a faite à l’Académie dans la séance du 25 février 1861 : « Les réactifs, et principalement la potasse, contiennent souvent des azotates qui, « sous l’influence du protoxyde de fer, donnent naissance à de l’ammoniaque. »
- (2) Deux échantillons différents d’une même provenance.
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- NOTICES INDUSTRIELLES
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Densités de l’alcool à la température de 15°, extraites de la Table originale de Gay-Lussac, et garanties conformes par M. Collardeau (1).
- « £ H O g g, -B DENSITÉS. H U t» £ 1 3 .ST DENSITÉS. fà U » H » « H 2 s & -ST DENSITÉS. en H U SC w * £ H 2 s S. 'ë -ST DENSITÉS. en U U « H
- H O 'W H O -M P s ‘H S O -W
- M O Cm & K O Cm K ô Cm H U PM
- v es S U CS p U cS p U Pë5 p
- 0 10000 15 15 14 14 13 13 13 12 13 11 12 11 11 11 10 10 10 10 25 9711 11 10 11 11 11 12 12 12 13 14 13 14 14 15 15 16 16 17 17 17 18 18 18 19 19 50 9348 19 20 20 20 21 21 21 21 22 22 22 23 23 23 23 23 24 24 24 25 25 25 26 26 26 75 8779 26 27 27 27 27 28 28 29 29 29 30 30 31 32 33 34 34 36 36 38 40 42 44 46 49
- î 9985 26 9700 51 9329 76 8753
- 2 9970 27 9690 52 9309 77 8726
- 3 9956 28 9679 53 9289 78 8699
- 4 9942 29 9668 54 9269 79 8672
- 5 9929 30 9657 55 9248 80 8645
- 6 9916 31 9645 56 9227 81 8617
- 7 9903 32 9633 57 9206 82 8589
- 8 9891 33 9621 58 9185 83 8360
- 9 9878 34 9608 59 9163 84 8531
- 10 9867 35 9594 60 9141 85 8502
- 11 9855 36 9581 61 9119 86 8472
- 12 9844 37 9567 62 9096 87 8442
- 13 ' 9833 38 9553 63 9073 88 8411
- 14 9822 39 9538 64 9050 89 8379
- 15 9812 40 9523 65 9027 90 8346
- 16 9802 41 9507 66 9004 91 8312
- 17 9792 42 9491 67 8980 92 8278
- 18 9782 43 9474 68 8956 93 8242
- 19 9773 y 10 10 11 10 11 10 44 9457 69 8932 94 8206
- 20 9763 45 9440 70 8907 95 8168
- 21 9753 46 9422 71 8882 96 8128
- 22 9742 47 9404 72 8857 97 8086
- 23 9732 48 9386 73 8831 98 8042
- 24 9721 49 9367 74 8805 99 7996
- 25 9711 50 9348 75 8779 100 7947
- ( Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences. )
- (1) L’Académie royale des sciences d’Amsterdam a publié, l’an dernier, un travail de M. E. H. Yon Baumhauer, ayant pour titre : Mémoire sur la densité, la dilatation, le point d’ébullition et la force élastique de la vapeur de l’alcool et des mélanges d’alcool et d’eau. Nous en extrayons les lignes qui suivent :
- « Nous avons, dit l’auteur, fait nos expériences sur deux échantillons d'alcool, qui tous deux ont été traités de la même manière : l’un nous avait été livré sous le nom d’alcool absolu par la fa-
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- in
- Sur les produits végétaux du royaume de Siam, par M. H. Schomburgk, consul
- général d’Angleterre.
- Les produits végétaux du royaume de Siam sont très-nombreux, grâce à l’étendue considérable de ce royaume, à son voisinage des tropiques et à la périodicité des pluies qui en arrosent le sol. Les principaux sont le sucre, le poivre et le riz qui se consomme pour une partie sur place et s’exporte en Chine en grandes quantités. Les variétés de cette dernière plante sont très-nombreuses et l’on en compte au moins quarante, mais on n’en cultive réellement que quatre qui sont : 1° le riz ordinaire de couleur blanche ressemblant beaucoup à celui de la Caroline, 2° le riz de montagne, 3° le riz gluti-neux, et 4° le riz rouge; c’est la première espèce qu’on exporte le plus, car en 1838 on en a expédié plus de 100,000 tonnes dont la majeure partie est allée en Chine.
- Le riz se cultive dans toute la plaine de Siam; quant au sucre, les principaux centres de production sont Nakhou-Yaisi, Petrio, Paklat, Bangpasoi, Chantibou et Petchaburi. Les fabricants cultivent rarement la canne eux-mêmes; ils préfèrent l’acheter d’avance et sur pied aux cultivateurs, en leur prêtant, au commencement de la saison, une certaine somme qui les aide dans leurs premiers travaux. Ceux-ci, qui sont en grande partie des Chinois, s’engagent, en retour, à vendre toute leur récolte au prix qui a été fixé et à payer l’intérêt de l’argent qui leur a été avancé. Les procédés de traitement de la canne sont encore dans l’enfance, et l’on semble ignorer les perfectionnements qui, dans d’autres pays, permettent aujourd’hui d’en extraire le maximum de jus pour en fabriquer un sucre de qualité supérieure.
- Sur les frontières de l’empire Birman, on rencontre de vastes forêts de teck. Lorsque le bois en grume est assez sec, on en fait des radeaux et on l’amène ainsi par eau jus-
- brique bien connue du docteur Marquardt, à Bonn; l’autre, également sous le nom àf alcool absolu, par MM. Groote et Romeny, chimistes, à Amsterdam.
- « Environ 10 litres furent traités pendant deux jours avec du carbonate de potasse calciné, et distillés après décantation. Le produit de la distillation fut ensuite remué pendant quelques jours avec des morceaux de chaux vive de la grandeur de noisettes, à une température d’environ 30°, et ensuite distillé sur une nouvelle portion de chaux vive. Cette opération fut répétée jusqu’à ce que le produit de la distillation ne changeât plus de densité par une nouvelle opération ; ce dernier produit fut encore distillé à une température d’environ 75° C., tandis que les premiers deux tiers furent recueillis séparément.
- « Les densités des divers produits de la distillation du second alcool donneront une idée des grandes difficultés qu’on rencontre lorsqu’on veut dépouiller l’alcool des dernières traces d’eau. Nous donnons ces densités, sans correction, déterminées à 15° C. et comparées à l’eau à 13® C.
- Alcool avant la distillation....................................... 0.7990
- — après la distillation sur le carbonate de potasse........... 0.7982
- — lre distillation sur 1a, chaux...................... 0.7979
- — 2e » » » ».............................. 0.7970
- — 3e » » » ».............................. 0.7958
- — 4® » » » ».............................. 0.7953
- _ 5e » » » ».............................. 0.7947
- — 6* » » » ».............................. 0.7947
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- qu’à Bangkok, où il est ordinairement scié en madriers de 0m,127 d’épaisseur, dimension regardée comme la plus convenable pour l’exportation. Il existe, en outre, dans l’intérieur du royaume, d’autres variétés de bois parmi lesquelles celle connue sous le nom de takieng, qui peut rivaliser parfaitement avec le teck et possède la précieuse qualité de se laisser courber facilement. Sur différents points et particulièrement sur la côte orientale du golfe de Siam existe l’espèce du genre pin, qui peut fournir d’excellente et abondante résine.
- Les bois de teinture sont loin d’être rares, et l’on exporte surtout le sapan ( Cœsal-pinia sappan ), qui croît spontanément dans les régions du Nord et sur les collines limitrophes de la province indienne de Tenasserim; la majeure partie des envois qui se font à Bangkok provient de Soupan et de Bang-Chang. On doit également mentionner le jacquier (A rtocarpus integrifolia ), dont le cœur produit une belle couleur jaune très-brillante et qui pourrait peut-être servir à l’ébénisterie; le Morinda citrifolia, dont les racines fournissent aux indigènes une couleur rouge éclatante; une espèce particulière de manglier qui donne une couleur semblable ; enfin la variété commune ( Rhizophora Mangle ) dont l’écorce est employée pour le tannage.
- Plusieurs plantes sauvages donnent de l’indigo, mais on n’est pas encore parvenu à en tirer parti. Des huiles pyroligneuses ou baumes résineux sont obtenus de plusieurs essences d’arbres et, entre autres, du Dipterocarpus trinervis; elles donnent au bois de teck un très-beau poli et sont employées dans les maisons du pays pour peindre les portes, les châssis de fenêtres, etc.
- Parmi les matières textiles du règne végétal et qui sont l’objet d’une certaine culture, on doit citer une espèce de chanvre qu’on dit fournie par une plante ayant quelque ressemblance avec l’ortie; il s’agit peut-être de YUrtica tenacissima, dont les fibres ont été comparées à celles bien connues du China-grass. Le chanvre ordinaire est également cultivé, mais c’est moins pour ses qualités textiles que pour ses propriétés enivrantes, car on en fabrique un produit dit gancha, qui n’est autre que le haschisch des Arabes et que les indigènes fument avec autant de passion que les Chinois fument l’opium; il va sans dire que celte drogue n’est pas moins pernicieuse et que l’état de prostration dans lequel elle vous plonge, après vous avoir procuré quelques instants de gaieté, ne manque pas de conduire peu à peu à un abrutissement complet.
- Le pays fournit aussi du coton, mais en petite quantité; c’est surtout dans le district de Laos qu’on s’en occupe, et quelques échantillons ont été envoyés en Angleterre. Plusieurs motifs ont nui jusqu’ici au développement de cette culture; c’est d’abord le grand éloignement de Bangkok des centres producteurs, puis la rareté des bras et surtout l’encombrement de la matière qui rend toujours les transports difficiles et onéreux lorsqu’elle n’est pas réduite, par pression, à son minimum de volume. En attendant que le Gouvernement anglais puisse favoriser, dans ce pays, la production d’une matière première qui lui est aussi nécessaire, il a commencé par apprendre aux souverains de Siam ce qu’on fait ailleurs pour transporter les cotons, et parmi les présents qu’il leur a envoyés on a pu remarquer une superbe presse hydraulique. ( Journal of the Society of arts. )
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- Emploi du cyanure de potassium pour souder les métaux, par M. le docteur Vogel.
- Toutes les fois qu’il s’agit de souder des métaux, on sait qu’il est essentiel que les surfaces à réunir soient nettes et brillantes, afin que la soudure fondue puisse y adhérer fortement; aussi, dans le but de les protéger contre l’action oxydante de l’air, est-on dans l’usage de joindre à la soudure, pour les en frotter, certaines matières fusibles qui forment sur elles une légère couche capable non-seulement de les protéger, mais encore d’exercer une action réductrice. Pour soudure légère, on emploie ordinairement un mélange de résine, de térébenthine, d’huile d’olive ou de suif, de sel ammoniac en poudre auquel on ajoute quelquefois une solution très-concentrée de chlorure de zinc; pour forte soudure, on se sert de borax ou d’un mélange fondu de borax, de potasse, de sel commun, et, lorsqu’il s’agit de fer, on y joint une certaine quantité de verre à bouteille réduit en poudre. Or ces substances, qui agissent avec plus ou moins d’efficacité, peuvent être remplacées avantageusement, ainsi que de nombreux essais l’ont prouvé, par le cyanure de potassium ordinaire du commerce, qui fond très-facilement et est bien connu comme un agent réducteur très-actif. Son action sera donc surtout efficace dans les circonstances assez fréquentes où les surfaces métalliques ne peuvent être entièrement décapées par les procédés ordinaires. Son mode d’application est le même que pour le borax ; on en pulvérise une certaine quantité qu’on renferme dans un flacon hermétiquement bouché, et, au moment de s’en servir, on en prend la dose voulue., on l’humecte et on en saupoudre les parties à souder. Lorsque l’opération exige une très-haute température, ce que la pratique apprend facilement, il est plus avantageux d’employer un mélange de borax et de cyanure de potassium, dans le but, d’une part, d’augmenter l’action faiblement réductrice de la première substance et, d’autre part, de diminuer la facilité avec laquelle la seconde tend à se volatiliser. On ne doit pas oublier de mentionner que l’emploi du cyanure de potassium ne produit, pendant l’opération, aucune vapeur corrosive, avantage qui doit le rendre préférable au chlorure de zinc, surtout lorsqu’il s'agit de souder des outils. ( Journal of the Franklin Inslitute. }
- Fabrication de fils télégraphiques sous-marins, par M. Johnson.
- M. Johnson, de Londres, vient de prendre un brevet pour un nouveau système de câble sous-marin. La matière isolante est formée de caoutchouc, de soufre et de silice en poudre fine. Cette matière est préparée en broyant environ 20 parties de caoutchouc et 5 de soufre, dont on forme une pâte, suivant le procédé ordinaire de fabrication du caoutchouc vulcanisé. On mélange avec ce composé 75 parties de silice pure en poudre fine. On peut remplacer la silice par du verre ou toute autre matière non conductrice de l’électricité.
- Le composé ainsi préparé est prêt à subir la vulcanisation, qui s’exécute à la manière ordinaire, le degré de chaleur étant tel qu’il donne à la matière une flexibilité suffisante pour être appliquée sur le fil télégraphique.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série. — Décembre 1861.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- La pesanteur de cette matière est d’environ £,65 elle ne se ramollit qu’à la température de 300 degrés Fahrenheit, et elle est plus flexible que la gutta-percha. Le composé doit être appliqué sur le fil conducteur, soit en tirant ou forçant ce dernier à travers des ouvertures convenables, soit en entourant le fil de bandes en forme de spirale, soit en le passant à travers des cylindres cannelés. On peut supprimer le soufre et la vulcanisation, et l’on obtient un composé isolant formé de 25 parties de caoutchouc et 75 de silice, proportion qu’on peut faire varier pour modifier la flexibilité ou la pesanteur spécifique de la masse. ( Annales télégraphiques. )
- Construction d'un nouveau pyromètre, par M. A. Nobel.
- On sait les difficultés que présente la construction d’un pyromètre d’une grande exactitude. Un ingénieur de Saint-Pétersbourg, M. Nobel, s’est livré à l’étude de cette question, et c’est après avoir fait des recherches suivies sur la marche d’une grande variété de fours qu’il s’est arrêté à l’appareil suivant. Cet appareil se compose d’un cylindre en platine ou en toute autre matière essentiellement réfractaire, capable de supporter une température très-élevée. Ce cylindre, qu’on place dans le four, est en communication, par le moyen d’un tube, avec un manomètre de Bourdon placé au dehors; le tube traverse le four par une ouverture lutée avec soin.
- Partant de cette donnée qu’à une température de 1600 degrés la pression de l’air contenu dans le cylindre serait d’environ 6 atmosphères et qu’il en pourrait, pour des températures plus élevées, résulter des inconvénients pour l’enveloppe métallique, M. Nobel se sert d’un gaz raréfié, et voici les résultats qu’il obtient :
- 1/4 atmosph......................... 0° cent.
- 1/2 — .............................. 266°
- 1 1/4 — . . . .................... 1600°
- L’auteur fait remarquer que le gaz contenu dans le tube extérieur de l’appareil n’étant pas à une température égale à celui du cylindre, il doit en résulter des erreurs dans les indications, mais que ces erreurs peuvent être rectifiées par le calcul, et que, d’ailleurs, il est facile d’en diminuer l’importance en donnant au tube un diamètre extrêmement réduit; quant à sa longueur, elle dépend du point où l’appareil est placé, et, si la partie extérieure est très-courte, elle peut être maintenue dans un bain d’eau froide. ( Journal of the Franklin Institute. )
- Statistique de la filature du coton dans le Massachussets ( Amérique ).
- Le tableau suivant, extrait du rapport annuel du Board ofTrade de Boston donnera une idée de l’augmentation progressive du nombre de broches de filature dans l’État de Massachussets depuis 1830.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
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- AUGMENTATION
- ANNÉES. BROCHES.
- totale. pour 100.
- 1831 339,777
- 1840 624,540 284,763 83
- 1845 817,483 192,943 30
- 1850 1,288,091 470,608 57
- 1855 1,519,527 231,436 18
- 1860 1,688,471 168,944 11
- On voit que de 1850 à 1860 la différence a été de 400,380, ce qui, pour cette période de dix ans, se traduit par une augmentation de 31 pour 100.
- En 1845, la consommation du coton, dans le même État, a été de 25,753,799 kilog. qui, répartis sur les 817,483 broches, font, pour chaque broche, 31k,50. En 1855, la consommation a plus que doublé, mais, comme le nombre de broches a augmenté dans la même proportion, le chiffre de 31k,50 est resté à peu près le même. ( Ibid. )
- (M.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 4 décembre 1861.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
- Correspondance. — M. Gauthier, gérant de la société Iverneau, Gauthier et comp., rue Neuve-Saint-Augustin, 4, présente des briques fabriquées avec un béton composé de mâchefer et de chaux. ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Barre [Auguste), rue des Fossés-Montmartre, 23, sollicite l’examen d’un porte-fût à bascule en fer et fonte, destiné k faciliter le soutirage des liquides. ( Renvoi au même comité. ) *
- M. Dufossé ( Eugène ), à Paris, place de Valenciennes, 1, soumet à l’appréciation du Conseil un système de siège hygiénique à air libre continu. ( Renvoi au même comité. )
- M. Gauthier-Bouchard, fabricant de couleurs, rue du Parc-Royal, 14 et 16, dépose des échantillons provenant de son usine d’Aubervilliers, tels que prussiate de potasse,
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
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- bleu de Berlin, bleu de Prusse obtenu directement des matières à gaz, bleu de Prusse anglais, etc. ( Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. J. A. Sicard, à Grenelle-Paris, quai de Javelle, 9, appelle l’attention de la Société sur l’établissement de chaudronnerie par procédés mécaniques dont il est gérant, et dont le matériel ainsi que les brevets sont la propriété de M. Th. Jonet. (Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. P. Laforgue, à la Chapelle-Paris, rue Marcadet, 82, dépose un mémoire sur l’emploi d’un rail tubulaire à champignon mobile, se posant directement sur le ba-last comme le rail Barlow et pouvant être chauffé par un courant de vapeur ou d’eau chaude pour empêcher le verglas et les amas de neige. ( Renvoi au même comité. )
- M. C. Cuit, fabricant de grils, présente un système de frein pour chemins de fer. ( Renvoi au même comité. )
- M. le docteur Duchesne, membre du comité des arts économiques et du Conseil d’hygiène et de salubrité, fait hommage de son mémoire traitant de la colique de plomb chez les ouvriers émailleurs en fer et des moyens proposés pour les préserver de cette maladie.
- Rapports des comités. — Au nom du comité des arts économiques, M. Duchesne donne lecture des deux rapports suivants :
- 1° Rapport sur la potagère ou soupe-conserve de MM. Blanche et Tourneur, rue de la Sourdière, 25 ;
- 2° Rapport sur le masque hygiénique de M. Paris, fabricant de fer contre-oxydé ou émaillé, à Bercy-Paris.
- Ces deux rapports paraîtront au Bidletin.
- Au nom des comités des arts mécaniques et chimiques réunis, M. Ch. Laboulaye lit un rapport sur l’appareil de M. Melsens pour l’essai des poudres de guerre.
- Ce rapport paraîtra au Bulletin avec le dessin de l’appareil.
- Communications. — M. Alcan, membre du comité des arts mécaniques, exprime, au nom de la Société industrielle d’Amiens, le désir d’établir des relations avec la Société d’encouragement. ( Renvoi au Bureau et»à la commission du Bulletin. )
- M. Alcan appelle en même temps l’attention du Conseil sur une musette de M. Loignon-Casse, d’Amiens, en faisant remarquer que ce sac à faire manger l’avoine est muni d’un treillis en ficelle, dont les mailles sont tissées avec le corps du sac. ( Renvoi au comité d’agriculture. )
- M. Hervé Mangon, membre du comité d’agriculture, présente, au nom de M. C’a-birol, une lampe sous-marine sur laquelle il donne quelques explications. (Renvoi au comité des arts économiques. )
- Séance du 18 décembre 1861.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
- A l’ouverture de la séance, M. le Président annonce deux pertes douloureuses que le Conseil vient de faire. .
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
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- 1° Celle de M. Alexandre Levol, chimiste très-distingué, essayeur près la commission des monnaies et médailles, enlevé presque subitement à ses travaux dans un âge peu avance. M. Levol, entré au Conseil en 1847 (comité des arts chimiques), a donné à la Société un actif concours ; il laisse dans le Bulletin une série de rapports consciencieusement étudiés sur diverses industries.
- 2° Celle de M. Boulard, notaire honoraire. M. Boulard était membre de la commission des fonds depuis 1850; une longue pratique des affaires administratives lui a permis de rendre à cette commission des services qui ne peuvent être oubliés.
- Correspondance. — M. P. Condor, constructeur d’instruments d’agriculture, à Gémeaux (Côte-d’Or), envoie les dessin et description d’un levier moteur à engrenages. ( Renvoi au comité des arts mécaniques. )
- M. Journaux-Leblond, fabricant de machines à coudre, rue d’Arcole, 11, sollicite l’examen d’une nouvelle machine à coudre, exécutant à volonté trois espèces de coulures différentes. ( Renvoi au même comité. )
- M. Crubellier, à Montmartre-Paris, rue du Chemin-des-Deux-Frères, 1, présente : 1° un modèle de machine à laver la laine, lequel est exposé au Conservatoire impérial des arts et métiers ; 2° une machine à fabriquer les orifices et mortaises des becs de clarinette et de flageolet. ( Renvoi au même comité. )
- M. F. Laurent, notaire honoraire, à Montmartre-Paris, passage de l’Arcade, 4, soumet à l’appréciation du Conseil un appareil plongeur, différent de ceux en usage en ce qu’il est à air libre tandis que les autres sont à air comprimé. ( Renvoi au co-mité des arts économiques. )
- M. Laborde, rue Mouffelard, 176, dépose un modèle de balance hydrostatique avec un mémoire tendant à démontrer, à l’aide de cet appareil, le système spécifique de matière du globe. ( Renvoi au même comité. )
- M. Galli, entrepreneur de chauffage, cité Bergère, 18, transmet les dessin et description d’un système fumivore applicable à tous les appareils de chauffage. ( Renvoi au même comité. )
- M. Pateau (Thomas), tanneur-corroyeur, à Châteaudun (Eure-et-Loir), écrit qu’il est en possession de procédés qui lui permettent de tanner le veau en trois jours, la vache en deux mois et le bœuf en trois ou quatre mois. (Renvoi au comité des arts chimiques. )
- M. Serre (Philippe), propriétaire, à la Brande (Corrèze), propose un nouveau procédé de guérison de l’oïdium de la vigne, consistant principalement dans l’enlèvement des feuilles après la formation des grains. (Renvoi à la commission spéciale.)
- M. Moulin, artiste lithographe, rue Saint-Antoine, 90, appelle la bienveillante attention de la Société sur les perfectionnements qu’il a apportés dans les procédés de chromo-lithographie. (Renvoi à la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie.)
- Rapports des comités.— M. le comte Th. du Moncel donne lecture des deux rapports suivants :
- 1° Au nom des comités réunis des arts mécaniques et économiques , rapport sur la presse lithographique de M. Debax-Talabas$
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- SÉANCES DU CONSEIL D ADMINISTRATION.
- 2° Au nom du comité des arts économiques, rapport sur le contrôleur électrique des services de surveillance de M. Hermann.
- Ces deux rapports seront insérés au Bulletin.
- Au nom du comité des arts mécaniques, M. Baude lit un rapport sur les voitures en tôle avec couloir extérieur pour chemins de fer, présentées par M. Prévost, ingénieur civil.
- M. le rapporteur propose d’insérer au Bulletin le rapport accompagné du dessin des voitures. ( Adopté. )
- Communications. — M. Lingée, membre de la Société, fabricant de ciments, avenue Victoria, 2, donne, à l’aide d’un modèle en petit, quelques explications sur le système de coiffe qu’il a imaginé pour les fours dans lesquels il calcine le calcaire, système qui, par l’aspiration énergique qu’il détermine, empêche la vapeur et les gaz de se répandre dans l’usine et d’incommoder les ouvriers. Cette coiffe n’est autre qu’une sorte d’entonnoir renversé, terminé par un tuyau et qu’à l’aide de contre-poids on élève ou on abaisse à volonté sur l’orifice du four. ( Renvoi à la commission des ciments. )
- M. Mousseron, rue Folie-Méricourt, 30, présente ses appareils de chauffage. Son système, que décrit M. l’abbé Moigno et qui a déjà reçu l’approbation de la Société des architectes, consiste dans l’établissement d’un tuyau unique s’élevant de la cave au sommet des maisons et dans lequel, à chaque étage, débouchent, sans se contrarier, les tuyaux séparés des diverses cheminées. Le point important est que la somme des sections de chaque tuyau de cheminée ne soit pas supérieure à la section du grand tuyau principal.
- M. Mousseron est également auteur d’un calorifère pyrométrique.
- ( Renvoi au comité des arts économiques. )
- M. Guérin-Méneville lit une note sur le dévidage en soie grége du ver à soie de l’ailante ( Bombyx cynthia vrai ) et de tous les cocons analogues, ce qui leur donne une valeur égale à celle des cocons fermés du chêne et autres espèces semblables.
- On sait que l’infériorité des vers à soie de l’ailante dont M. Guérin-Méneville s’efforce, depuis quatre ans, d’introduire l’élevage dans la grande culture tient à ce que les cocons, étant laissés ouverts par la chenille qui les a construits, n’avaient pu se dévider en soie grége par les procédés employés pour le cocon du ver à soie du mûrier, en sorte qu’on était réduit à en faire de la bourre au moyen du cardage. Aujourd’hui cette infériorité n’existe plus, puisqu’on vient de découvrir le moyen de convertir ces cocons percés en une belle et bonne soie grége ; ces grèges ne sont pas encore tout à fait propres aux usages de l’industrie, mais on ne peut tarder à produire des instruments pour mouliner ces soies. Cet important résultat est dû aux efforts de Mm9 la comtesse Vernède de Corneillan et de M. le docteur Forgemol, à Tournan.
- ( Renvoi aux comités des arts mécaniques et d’agriculture. )
- Le Conseil se forme en comité secret pour délibérer sur les titres des candidats présentés pour devenir membres adjoints au comité des arts économiques, nouvelle adjonction décidée dans la séance du 3 juillet 1861.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- La Société d’encouragement a reçu, dans les séances des 6 et 20 novembre, 4 et 18 décembre 1861, les ouvrages dont les titres suivent :
- Ouvrages offerts à la Société.
- Annales du commerce extérieur. Septembre 1861.
- Annales des mines. 3e et 4e livr., 1861.
- Annales de ragriculture française. Nos 7, 8, 9, 10. T. XVIII.
- Annales de la Société d’émulation des Vosges. 111* cah. T. X. 1860.
- Annales des conducteurs des ponts et chaussées. N08 9, 10.
- Annales de la Société d’horticulture de la Haute-Garonne. Juillet et août 1861.
- Bulletin du musée de l’industrie. Septembre 1861.
- Bulletin de la Société française de photographie. Octobre 1861.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. Octobre, novembre 1861.
- Bulletin des séances de la Société impériale et centrale d’agriculture. N° 9, 1861.
- Bulletin de la Société protectrice des animaux. Septembre, octobre, novembre 1861.
- Bulletin de la Société de l’industrie minérale. Avril, mai, juin 1861.
- Cosmos, revue encyclopédique, par M. l’abbé Moigno. Livr. 17 à 24.
- Culture (la). Écho des comices, par M. Sanson. Nos 9, 10, 11, 12.
- Cultivateur de la Champagne ( le ). Octobre, novembre 1861.
- Génie industriel ( le ), par MM. Armengaud frères. Novembre, décembre 1861.
- Invention (T), par M. Desnos-Gardissal. Octobre 1861.
- Journal des fabricants de papier, par M. L. Piette. Septembre, octobre, novembre 1861.
- Journal d’agriculture pratique, par M. Barral. Nos 21, 22, 23,1861.
- Journal d’agriculture de la Côte-d’Or. Septembre, octobre 1861.
- Journal des fabricants de sucre. NliS 29 à 35.
- Journal de la Société impériale et centrale d’horticulture. Octobre, novembre 1861.
- Journal d’éducation populaire. Octobre, novembre 1861.
- Journal de l’éclairage au gaz. Nos 16, 17.
- Lumière ( la ). Nos 20 à 23.
- Moniteur scientifique ( le ), par M. le docteur Quesneville. Livr. 117, 118, 119.
- Publication industrielle des machines, outils et appareils, par M. Armengaud aîné. Vol. XIII. Presse scientifique des deux mondes ( la ), sous la direction de M. Barral. N08 21 à 24.
- Propriété industrielle ( la ). N°s 200 à 207.
- Répertoire de chimie pure, par M. Wurtz. Novembre 1861.
- Répertoire de chimie appliquée, par M. Barreswil. Novembre 1861.
- Revue universelle des mines, de la métallurgie et des travaux publics, sous la direction de M. Ch. de Cuyper. 4e livr., 5e année.
- Revue agricole et industrielle..de Valenciennes. Septembre 1861.
- Société des ingénieurs civils. Séances des 18 octobre et 8 novembre 1861.
- Technologiste ( le ), par MM. Malepeyre et Vasserot. Novembre et décembre 1861.
- Journal of the Society of arts. Nos 446 à 473.
- Journal of the Franklin Institute. Octobre, novembre 1861.
- Journal american of science and arts, by Sillimann. Novembre 1861.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- Il nuovo Cimento, par MM. Matteucci e Piria. Septembre et octobre 1861.
- Newton’s London Journal. Novembre, décembre 1861.
- Nieuw Tijdschrift... van prof. S. Bleekrode. Cah. 10, 11, 12.
- Photographic journal. N°" 11S à 116.
- Proceedings of the royal Society of London. N° 46.
- Polytechnisches Journal, von Max. Dingler. N° 930.
- Revista de obras publicas. N°* 20 à 23.
- Bon Fermier ( le ), aide-mémoire du cultivateur, par M. Barral. 2® édition, 1861-1862. 1 vol. in-12. Librairie agricole de la Maison rustique.
- Cartes géologique et hydrologique de la ville de Paris, par M. Delesse. Br.
- Description d’un nouveau ver à soie du chêne ( Bombyx Yama-maï ) provenant du Japon, par M. Guérin-Méneville. Br.
- Décortication, conservation des grains, moyen d’augmenter de 10 pour 100 le rendement en farine des blés, seigles, orges, méteils..., etc., d’après le système Poissant, par M. Decharme. Amiens, impr. de T. Teunet. Br. 1861.
- De la culture du coton en Algérie. — Mémoire adressé à S. M. l’Empereur des Français par M. Clergeaud. Br. Paris, Dentu, libr.
- Des lampes de sûreté pour les mines de houille. Lampe de M. Laurent-Lermusiaux h ouverture pneumatique, par M. Prouteaux. Br. Impr. d’Augros.
- De la convention du 16 novembre 1860 et de la pêche du hareng, par M. J. Legal. Br. Dieppe.
- Direction des aérostats. — Système nouveau, par M. H. Guilbaut, de Saintes. Br. Mallet-Bachelier, édit.
- Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts industriels, par M. J. Girardin. 4e édition entièrement refondue. 2 vol. avec figures et échantillons de teintures et d’indiennes. Victor-Masson et fils, édit.
- Mémoire sur la densité, la dilatation, le point d’ébullition et la force élastique de la vapeur de l’alcool et des mélanges d’alcool et d’eau, par M. E. H. Von Baumhauer. Amsterdam. C. G. Van der Post. 1860.
- Mémoire sur le spiral réglant des chronomètres et des montres, par M. Phillips, ingénieur des mines. Br. Paris, Dunod, édit.
- Traité complet de la distillation..., par M. Payen. 2e édition revue et augmentée. Paris, impr. de M® V® Bouchard-Huzard. 1 vol. in-8.
- Une visite à l’Exposition d’Amsterdam, par M. J. Legal. Br. Dieppe, impr. de E. Delevoye.
- Publications périodiques.
- Annales des ponts et chaussées. Mars et avril 1861.
- Annales de chimie et de physique. Novembre 1861.
- Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences. Noe 17 à 24.
- Journal des économistes. Novembre et décembre 1861.
- Revue municipale. Novembre et décembre 1861.
- Teinturier universel ( le ). N0i 15, 16, 17, 18.
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- LISTE
- DES NOUVEAUX MEMBRES FRANÇAIS ET ÉTRANGERS ADMIS EN 1861
- A FAIRE PARTIE DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- MM.
- Academia ( la Real ) de ciencias de Barcelone ( royaume d’Espagne ).
- Baratte {Alphonse de), banquier, à Cambray ( Nord ).
- Blanpied, fabricant de bougies, à Lyon ( Rhône ).
- Conte, ingénieur des ponts et chaussées, a Chambéry ( Savoie ).
- Dalifol ( René-Alfred ), manufacturier, à Paris.
- Doyen {le) de la Faculté des sciences de Lille, à Lille ( Nord ).
- Dreyfus, ingénieur civil, à Paris.
- Duray de Bruignac {Albert), ingénieur, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Duvivier, mécanicien pour les machines à coudre, à Paris.
- Pau { Auguste ), filateur de laines, à Castres-sur-l’Agoût ( Tarn ).
- Gruyer {Achille), manufacturier (ombrelles et parapluies ), à Paris.
- Jamin, professeur de physique a l’École impériale polytechnique, à Paris.
- Lasserre, pharmacien, à Lavaur ( Tarn ).
- Leblanc ( Ernest ), maître des requêtes au Conseil d’État, à Paris.
- Legrand, ancien négociant, vice-secrétaire de la
- Société de secours des Amis des sciences, à Neuilly ( Seine ).
- Lingée, ancien membre du Conseil général des manufactures, à Paris.
- Luuyt, ingénieur des mines, à Lyon (Rhône ).
- Mandet, pharmacien, à Tarare ( Rhône ).
- Mène ( Charles ), chimiste, à Lyon ( Rhône ).
- Minich, ingénieur-mécanicien, à Paris.
- Mondollot frères, fabricants d’appareils pour les eaux gazeuses, à Paris.
- Morel {Gustave), constructeur-mécanicien et pei-gneur de laines, à Roubaix ( Nord ).
- Nauzières fils, fabricant de tissus, à Castres ( Tarn ).
- Noël {Léon), ingénieur civil, à Paris.
- Paris, fabricant d’émaux et de fer contre-oxydé, à Paris.
- Pety { Charles ), brasseur, à Cambray (Nord ).
- Quillac, constructeur-mécanicien, maire de la ville d’Anzin ( Nord ).
- Rohart, chimiste manufacturier, à Paris.
- Sénarmont {de), de l’Académie des sciences, ingénieur en chef des mines, inspecteur des études à l’École impériale des mines, à Paris.
- Toulet, mécanicien, à Albert ( Somme ).
- Trinquier, lieutenant au 32e régiment de ligne, à Napoléon-Vendée (Vendée).
- Tome VIII. — 60e année. 2e série.
- Décembre 1861.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS
- DANS LA SOIXANTIÈME ANNÉE DU BULLETIN.
- A.
- Àbigeat de Buran. Siphon à. eaux gazeuses, 448^
- Aleysson, Bluzart et Rivière. Machine dite à levier, 87.
- AUuys. Préparation d'un enduit destiné à remplacer le minium, 509.
- Andrée. Note sur le puddlage de la fonte mangané-sifère, 307.
- Aubine. Système de sonnerie télégraphique, 15 ( pl. 214 ).
- Aubry. Pompe foulante et aspirante, 446.
- Autran ( Léopold ). Chandelles perfectionnées, 191.
- Auxy { d’). Système de grenier mobile, 641 ( pl. 233 ).
- B.
- Bachct et Machard. Fabrication de papier avec les rondelles de bois converties en glucose, 381.
- Baker ( William ). Procédé de purification du plomb du commerce, 370.
- Barasüer et Laporte. Système de bec de lampe pour brûler l’huile de résine, 319.
- Barlow (W.). Projet d’un pont suspendu gigantesque, 363.
- Barrai. Rapport sur les travaux de M. Crespel-Dellisse relatifs à la fabrication du sucre de betterave, 65.
- — Observations sur la fumée de tabac, 122.
- — Communication sur une machine à fabriquer
- le pain au moyen de l’acide carbonique substi* tué au levain, par M. Dauglish, 125.
- — Discours prononcé au nom de la Société d’encouragement, lors de l’inauguration, à Sens, de la statue du baron Thénard, 412.
- — Aide-mémoire du cultivateur, 2e édition, 702.
- Barrault (E.). Sur les inventeurs et la loi des Etats-
- Unis modifiée, 255.
- Barre ( Albert). Rapport sur un manuscrit traitant de la gravure chromatique sur ivoire et légué à la Société d’encouragement par M. L. Th. Mau-risset, 148.
- Barre ( Auguste ). Porte-fût pour le soutirage des liquides, 731.
- Barreswïl. Sur le blanc d’ablettes qui sert à la fabrication des perles fausses, 634.
- — et Davanne. Chimie photographique, 2eédit., 639.
- Barreaux (G.). Système fumivore pour brûler la
- houille, 637.
- Bassot. Système de frein pour tombereau, 63.
- Bateman (J. F. ). Forage d’un puits artésien à Wolverhampton (Angleterre ), 362.
- Baumhauer ( E. H. Von). Mémoire sur la densité, la dilatation, le point d’ébullition et la force élastique de la vapeur d’alcool et des mélanges d’alcool et d’eau, 726.
- Bélanger [J. B.). Théorie de l’engrenage hyper-boloïde, 157 ( dessin sur bois ).
- Bellay. Appareil mécanique à mouler les pâtes céramiques, 393 (pl. 224).
- Benoist (Philippe). Appareils stéréoscopiques, 198.
- — Table de Pythagore latente, 528 (pl. 229).
- Benoît. Rapport sur la planchette photographique
- de M. Chevallier, 81 ( pl. 215 ).
- — Rapport sur l’échelle-rapporteur à boussole de M. Trinquier, 203 ( pl. 220 ).
- — Rapport sur un niveau de pente de M. Ribot, 321 ( dessin sur bois ).
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- — Rapport sur e trigonomètre mécanique de M. Raulet, 454.
- — Rapport sur un système de table de Pylhagore latente de M. Philippe Benoist, 528 (pl. 229).
- — Rapport sur un instrument de M. L. Vigreux, destiné à faciliter l’exécution des dessins géométriques, 603 (pl. 232).
- — Rapport sur le grenier mobile de M. d’Auxy, 641 (pl. 233).
- — Rapport sur les examens aux écoles d’arts et métiers, 654.
- Berjot jeune. Appareil pour la préparation des extraits pharmaceutiques au moyen du vide et système de bouchage des flacons, 142 ( pl. 217 ).
- Berleaux. Prix de 200 fr. à lui accordé par la Société, 318.
- Berthier (P.). Analyse de l’aventurine artificielle, 609.
- Bertsch. Communication au sujet des épreuves photographiques obtenues d’abord avec des objectifs à court foyer et grandies ensuite avec un appareil spécial, 381.
- Bloch ( Maurice ). Rapport sur un ouvrage de M. Victor de Courmaceul intitulé, Etude statistique sur l’arrondissement de Valenciennes et considérations sur son état ancien et moderne et sur ses progrès au xixe siècle, 268.
- Bluzart, Rivière et Aleysson. Machine dite à levier, 87.
- Bobierre (Adolphe). De l’étamage des vases destinés aux usages alimentaires, 617.
- Boilleau (Gauldrée ). Sur les mines de cuivre d’Acton ( Canada), 369.
- Boinvilliers (E.). Rapport à l’Empereur au nom de la Commission chargée de statuer sur les demandes de prêts à l’industrie, 243.
- Bolley. Recherches sur les matières colorantes des baies du nerprun des teinturiers et sur plusieurs rapports généraux existant entre les principes colorants jaunes, 54.
- — Vernis incolore au caoutchouc, 249.
- — Expériences sur la paraffine, 284, 288.
- Bottger. Préparation d’une couleur pour marquer
- les colis, 693.
- Bouchardat. Expériences sur les effets physiologiques de la vapeur d’essence de térébenthine,
- 211.
- Bouchard-Huzard (Louis). Traité des constructions rurales, 2e et 3° parties, 89.
- Bouis. Analyses d’aciers de diverses provenances,
- 719.
- Boulanger. Modification apportée dans la construction de la lampe-modérateur, 330.
- Boulard, membre de la commission des fonds. Nouvelle de sa mort, 733.
- Boury. Métier à faire la broderie, 318.
- Boussingault. Fragment d’un mémoire sur les gisements de guano dans les îlots et sur les côtes de l’océan Pacifique, 90.
- — Analyse des gaz brûlés provenant de la machine à gaz de M. Lenoir, 584.
- — Recherches des azotures et des cyanures dans l’acier, la fonte et le fer, 716, 721.
- Boutigny. Perfectionnement dans la fabrication des bougies, 373.
- Brandeis. Préparation de l’or faux en poudre, 693.
- Bretonnière (J.). Machine à vapeur à rotation directe, 251.
- Brettel. Fabrication d’un verre ardent de grande dimension, 60.
- Droites ( Martin de ). Chronographes, 252.
- Briand, Fusil à bascule, 704.
- Brossard-Vidal. Perfectionnements à l'ébullioscope centésimal, 62.
- Brossette et comp. Prix de 200 francs offert par eux, 62.
- Brown et Poison. Fabrication de la fécule de maïs, 317.
- Buisson (du). Procédé de distillation des schistes bitumineux, 279.
- Burq ( V. ). Système de filtrage, d’aération et de rafraîchissement des eaux d’alimentation, 704.
- Buzonnières (de). Réclamation de priorité au sujet du barillet à vapeur de M. Desnos, de Nancy,
- 251.
- G.
- Cabieu. Observations sur la maladie de la vigne, 252.
- Cabirol. Lampe sous-marine, 732.
- Cadiat ( Mme Ve). Fourneau économique, 124.
- Cahours. Rapport sur une préparation particulière de coton, imaginée par M. Ferrier, pour neutraliser la nicotine contenue dans la fumée de tabac, 391.
- Carie. Système de fût rendant impossible le coulage des liquides, 447.
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- Caron. Recherches sur la composition de la fonte et de l’acier, 351, 712, 714, 717, 721.
- Carré. Sur un appareil propre à produire de la glace, 42.
- Cartier (A. de) et comp. Substitution au minium d’une couleur à base de fer, 634.
- Carville. Chaudière à vapeur, 250.
- Castor et Hersent. Nouveau système de fonçage des piles tubulaires au moyen de l’air comprimé, 62S.
- Chandor. Système de générateur à gaz d’éclairage alimenté par des hydrocarbures, 381.
- Chavannes. Sur le procédé de M. Th. Coupier contre la pébrine des vers à soie, 116.
- Chazelle. Nouveau système d’impression pour la gravure en taille-douce, 513 (pl. 228).
- Cheminot ( Amédée ), Michel et comp. Papier à cigarettes fait avec la feuille du tabac, 190.
- Cheret. Mécanisme propre à mouvoir les balanciers, 257 ( pl. 222 ).
- Chervau. Distillation des schistes, 278.
- Chesterman. Fourneau pour le chauffage, la trempe et le recuit des ressorts d’horlogerie, des lames de scie et des autres bandes analogues en acier, 184.
- Chevallier [A.]. Rapport sur le procédé de peinture sans essence de M. Dorange, 211.
- Chevallier. Planchette photographique, 81 (pl. 215).
- Chevreul. Remarques au sujet des recherches de M. Fremy sur la composition de la fonte et de l’acier, 349.
- — Recherches expérimentales propres à établir la théorie de la teinture, 354.
- — Expériences sur la composition du suint, 487.
- Chodzko ( N. F. ). Fourneau fumivore, 124.
- Christofle. Offre d’un prix de 500 fr. pour les écoles
- de dessin, 251.
- Clarke (William). Préparation des cyanures de barium et de strontium, 50.
- Clarke ( G. Rochefort ). Sur le système de vidange par les égouts pratiqué en Angleterre, 697.
- Claubry ( Gaultier de ). Rapport sur les procédés de fabrication des acides gras par M. de Milly, 17 (pl. 214).
- — De la culture et de la récolte du liège en Algérie, 102.
- — Rapport sur le système de saturation, par l’acide carbonique, des jus sucrés et des sirops traités par la chaux, imaginé par M. Ozouf, 193 (pl. 219).
- — Rapport sur la fabrication des tuyaux en plomb étamé de M. Ch. Sebille, 449 (pl. 226).
- — Rapport sur un ouvrage de M. Henri Violette
- intitulé, Nouvelles Manipulations chimiques simplifiées, 594.
- — Sur la préparation de l’orseille, 686.
- Clayton. Essais de distillation de houille au
- xviie siècle, 277.
- Clémendot et Fremy. Préparation d’une aventurine artificielle, 614.
- Clément ( Jean-Antoine ) et Crozy. Compteur hydraulique, 702.
- Clergeaud. De la culture du colon en Algérie, 736.
- Cochot ( Auguste ). Système de machines locomo-biles, 319.
- — Machine a scier le bois en grume, 636.
- Cogniet. Nouvelles applications de ses bétons agglomérés, 319.
- Combes (Ch.). Communication sur un rouleau compresseur à vapeur pour chaussées en macadam inventé par M. Lemoine, 123.
- — Extrait de la notice de M. Giffard sur l’injec-teur automoteur, 216 ( pl. 221 et dessins sur bois ).
- Condor (P.). Levier moteur à engrenages, 733.
- Cornalia. Sa méthode d’examen des graines de vers à soie, 177.
- Coupier ( Th. ). Procédé contre la pébrine des vers à soie, 116.
- Courmaceul ( Victor de). Etude statistique sur l’arrondissement de Valenciennes et considérations sur son état ancien et moderne et sur ses progrès au xixe siècle, 268.
- Croc (Louis). Préparation d’une encre indélébile, 637.
- Crozy et Clément ( Jean-Antoine ). Compteur hydraulique, 702.
- Crubellier. Machine à laver la laine, 733. — Autre machine a faire les orifices des becs de clarinette, ib.
- Cuit (C.), Frein pour chemins de fer, 732.
- D.
- Damé. Préparation d’un bain donnant à toute espèce de corne, et spécialement à la corne de buffle, une souplesse et une élasticité inaltérables, 565.
- Daniel. Application du tour à guiilocher à la décoration de la porcelaine, 124.
- Dauglish. Fabrication du pain au moyen de l’acide carbonique substitué au levain, 125, 332.
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- Davanne et Barreswil. Chimie photographique,! 2e édit., 639.
- David ( Claude). Machine à fabriquer les tonneaux, 61.* *
- Defavre (MeVe). Sac à avoine dit musette peur faire manger les chevaux, 463.
- Degrand. Réclamation de priorité au sujet du moteur à gaz de M. Lenoir, 319, 590.
- Delacour, s.-ingénieur de la marine. Sauvetage du paquebot en fer à vapeur le Phase, de 370 chevaux, 540 (pl. 230).
- Delacour et A. Terreil. Conserves alimentaires,
- 190.
- Delaporte (Ch.). Applications de la dioptrique aux jets d’eau pour les rendre lumineux la nuit, 380.
- Deloy. Expériences sur l’injecteur automoteur de M. Giffard, 238 ( pl. 221 ).
- Despreiz. Découverte de l’azoture de fer, 289.
- Deville (H. Sainte-Claire et H. Debray). De la métallurgie du platine et des métaux qui l’accompagnent, 415 (pl. 225).
- Diamant ( Moritz ). Emploi du blé indien pour la fabrication du papier, 376.
- Dillaye et Lasserre. Système de pompe à soufflets,
- 139.
- Dorange. Procédé de peinture sans essence, 211.
- Dougal (Mac-). Sur un procédé de désinfection des égouts, 633.
- Dove. Sur les différences remarquables observées entre les dimensions des médailles frappées ou fondues dans les mêmes matrices, mais avec divers métaux, 188.
- Dreyfus et Werth. Impression héliographique des tissus tels que coton, laine, soie, fil, mousseline, ainsi que du bois, du marbre et autres surfaces,
- 118.
- Duchesne. Rapport sur une nouvelle application de moulage faite par M. Stahl, 267.
- — Mémoire sur la colique de plomb chez les ouvriers émailleurs en fer, 732.
- Ducourneaux. Mémoire sur la construction des chaussées, 124.
- Dullo. Sur la dissolution du platine dans l’eau régale, 248.
- Dumas, Sénateur, Président de la Société. Remarques au sujet des recherches de M. Fremy sur la composition de la fonte et de l'acier, 348.
- — Discours prononcé au nom du ministre de l’instruction publique, lors de l’inauguration, à Sens, de la statue du baron Thénard, 404.
- — Sur le puits de Passy, 543.
- — et Régnault ( V. ). Instruction pratique donnant la marche à suivre pour les expériences relatives à la détermination journalière du pouvoir éclairant et de la bonne épuration du gaz de la Compagnie parisienne, 270 ( dessins sur bois ).
- Du Moncel ( vicomte Th. ). Rapport sur le système de sonnerie télégraphique de M. Aubine, 15 (pl. 214).
- — Communication sur une application faite par M. Gaiffe de l’électro-magnétisme à la gravure des rouleaux d’impression, 123.
- — Rapport sur les appareils stéréoscopiques de M. Philippe Benoist, 198.
- — Communication sur les chronographes de M. Martin de Br elles, 252.
- — Rapport sur un nouveau système d’impression pour la gravure en taille-douce imaginé par M. Chazelle, 513 (pl. 228).
- — Rapport sur les chronographes électriques de M. Gloesener, 705 ( pl. 235 ).
- Dundonald ( lord ). Procédé de fabrication des huiles essentielles de houille, 277.
- Duplan. Système de piano et harmonium réunis en un seul instrument, 252.
- Durand ( Âmédée ). Rapport sur une machine destinée aux opérations préparatoires de la photographie et nommée polisseur mécanique par son auteur M. Richardin, 11 ( pl. 213 ).
- Durand ( François ). Nouveau métier à filer, tisser et préparer les fils, 444,
- Durupfry. Métier à tisser, 251.
- Dutertre frères. Emploi, sur porcelaine, de la dorure brillante sans brunissage, 129. '
- Dutteau. Procédé architectonique breveté, 189.
- Duvignau. Appareil dit cécirègle, donnant aux aveugles le moyen d’écrire en noir, 596 (dessins sur bois).
- E.
- Eaton. Moyen de décarburer la fonte et de la rendre malléable, 121.
- Eckfeldt. Sur la dissémination naturelle de l'or, 625.
- Eckstein. Fabrication des savons fins, 316.
- Eliot et Storer. Sur les matières étrangères qui se trouvent dans le zinc du commerce et dans le résidu de sa dissolution par les acides, 679.
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- Elsner. Moyen d'appliquer sur la porcelaine de fortes couches de platine, 576.
- Erard (Mme Ve). Atelier de fabrication des pianos,
- 9.
- F.
- Fairbairn (W.) et T. Taie. Recherches expérimentales sur la densité de la vapeur d’eau à toute température, 496.
- Farcot et fils. Système de modérateur à bras croisés, 4 ( pl. 212 ).
- Favè (colonel). Rapport de la sous-commission des procédés de panification à S. Exc. le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, sur les procédés Mège-Mouriès, 21.
- Ferrier. Préparation particulière du coton pour neutraliser la nicotine contenue dans la fumée de tabac, 391.
- Fichet (Anatole). Instrument servant à dessiner des fonds unis ou moirés, 636.
- Fiévet (E.) et comp. Appareil pour la carburation du gaz d’éclairage, 634.
- Filliette. Système de presse à copier, 510.
- Foster ( Clement le Neve ). Sur le procédé de M. de Paiera pour extraire l’argent de ses minerais, 54.
- Fournier (Ch.). Procédé pour révéler les fuites de gaz, 522 (pl. 229).
- Fouoke. Renseignements sur les travaux d’édification du palais de l’industrie à Londres, 630.
- Freitag. Sur l’inflammation spontanée du coke, 249.
- Fremy ( E. ). Recherches sur les combustibles minéraux, 170.
- — Recherches sur la composition de la fonte et de l’acier, 289, 343, 351, 353, 711, 714, 723.
- — et Clémendot. Préparation d’une aventurine artificielle, 614.
- G.
- Gaiffe. Application de l’électro-magnétisme à la gravure des rouleaux d'impression, 123.
- Galli. Appareil fumivore s’appliquant à tous les foyers, 733.
- Gauthier. Système de lampe à trois mèches, 253 645.
- Gay-Lussac. Densités de l’alcool à la température de 15° ( extrait de la lettre originale ), 726.
- Georges. Pompe atmosphérique, 61.
- Giffard. Notice théorique et pratique sur son in-jecteur automoteur, 216 ( pl. 221 et dessins sur bois).
- Giot. Système de poulailler roulant, 531.
- Girardin (J.). Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts industriels, 4e édition, 703.
- Gloesener. Chronographes électriques,705 (pl. 235).
- Gontard (Auguste) et Schmidt. Fabrication du savon dit de Marseille, 635.
- Goodwin. Perfectionnements à la machine à coudre de Grover et Baker, système à deux fils, 164 (pl. 218).
- Grandperrin. Régulateur solaire pour l’horlogerie, 318.
- Grenier. Imperméabilisation des cordages, 117.
- Gressière (delà). Système de torréfaction des bois, 63, 325.
- Grisou. Le teinturier au xixe siècle, 320.
- Grosjean (J.). Des tuyaux atmosphériques et de leur application au transport des dépêches, 320.
- Gruner. Sur l’affinage de la fonte pour fer et acier par le procédé Ressemer, 664 ( pl. 233 ).
- — Sur les expériences de Mac-Intosh pour aciérer le fer au moyen du gaz d’éclairage, 713.
- Guérin-Méneville. Rapport à l’Empereur sur les travaux entrepris par ses ordres pour introduire le ver à soie de l’ailante en France et en Algérie, 62, 325.
- — Du dévidage en soie grége du cocon du ver à soie de l’ailante, 734.
- Guglielmo. Préparation facile de l’amalgame d'argent, 60.
- Guitter, Mignot et Prunier. Système de générateur, 445.
- Gutmann. Pâte produisant l’imperméabilisation et l’incombustibilité du bois et du carton, 635.
- Guyot ( Jules ). Culture de la vigne et vinification (2e édit. ), 127.
- H.
- Haies. Expériences de distillation de houille au xvin* siècle, 277.
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- Hallett (Georges). Fabrication de couleurs à base d’antimoine destinées à être employées comme enduits, 562.
- Hamel. Sur la maladie des plantes alimentaires,
- 61.
- Hamelin. Mastic pour sceller les chaudières, 376.
- Hamers. Mémoire sur l’emploi de la main-d’œuvre dans l’industrie, 127.
- Hautefeuille ( E. ). Cheminée de lampe, 62.
- — Note sur l’aventurine artificielle, 609.
- Helbronner [madame). Moyen de faire la tapisserie
- nuancée par procédé mécanique, 636.
- Hempel (O.). Système de balance d’analyse, 638.
- Hense ( Joseph-Augustin ) et Lemielle ( Théodore ). Compteur hydraulique, 191.
- Hermann (André) et comp. Appareil de télégraphie électrique, 63.
- Hermbstaed. Mémoire sur la fabrication de l’orseille en Allemagne, 686.
- Herpin. Rapport sur un appareil pour la préparation des extraits pharmaceutiques au moyen du vide et sur divers produits présentés par M. Ber-jot jeune, 142 ( pl. 217 ).
- Hersent et Castor. Nouveau système de fonçage des piles tubulaires au moyen de l’air comprimé, 628.
- Herzog (E). Sur la présence du bisulfure de carbone dans le gaz d’éclairage, 626.
- Hess. Frein pour chemins de fer, 704.
- Hofmann. Note sur les modifications éprouvées par la gutta-percha, 58.
- — Action du bichlorure de carbone sur l’aniline, 558.
- Hompesch ( comte de ). Appareils de distillation de la houille, 279.
- Howe (Helias). Prolongation de la patente américaine pour sa machine à coudre, 560.
- Hudde. Système de charrue, 252.
- Hunt ( William). Perfectionnement dans la fabrication du carbonate de soude et utilisation des résidus provenant de cette fabrication, 49.
- Huzard. Rapport sur un mémoire de M. Guérin-Méneville relatif à l’éducation du ver à soie de l’ailante, 325.
- — Rapport sur un sac à avoine dit musette pour faire manger les chevaux, construit par Me Ve Defavre, 465.
- — Rapport sur le poulailler roulant de M. Giot, 531.
- 1.
- Idoux (Ch.). Système de planches en bois de buis pour la gravure sur bois, 63.
- Imbs. Fabrication de chaussures, tapis et couvertures par un système spécial, 444.
- Iverneau, Gauthier et comp. Briques fabriquées avec un béton de mâchefer et de chaux, 731.
- J.
- Jacquet. Moyeu en fonte pour roues de voitures,
- 317.
- Jobard. Mémoire sur la combustion, 124.
- — Nouvelle de sa mort, 701.
- Johnson (John Henry). Fabrication d’un bleu-pourpre d’indigo pour la teinture et l’impression, 50.
- — Fils télégraphiques sous-marins, 729.
- Joubert ( Ch. ). Compte rendu de l’Exposition universelle de Besançon, 255.
- Joule. Sur les effets thermiques de la compression des liquides, 682.
- Jourdier. Voyage agronomique en Russie, 256.
- — Communication sur le commerce, le lavage, le peignage et la filature des laines mérinos en Russie, 440.
- Journeaux-Leblond. Système de machine à coudre faisant trois coutures différentes, 733.
- Jouvin. Lettre à M. Dumas relative à l’action destructive du minium sur les carènes des navires en fer, 179.
- K.
- Kalisch. Préparation d’un ciment pour bassins et réservoirs destiné à les rendre inattaquables par les lessives alcalines bouillantes, 696. Kletsinsky. Sur la falsification du lait par le borax, 574.
- Kœlitz. Fabrication du vinaigre d’alcool, 702.
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- Kœppelin. Ouvrage sur la fabrication des tissus imprimés, 215.
- Kopp ( E. ). Mémoire sur la garance d’Alsace,
- 124.
- Krafft ( E. ). Graduation du volume d’air employé à la combustion du gaz d’éclairage, 61.
- KüKn. Découverte de la dorure sans brunissage sur porcelaine, 129.
- — Sur l’emploi du fil de fer galvanisé pour la construction des conducteurs de paratonnerres,
- 310.
- Kustel (G.). Sur de nouvelles méthodes employées pour l’extraction de l’argent des minerais de la Californie et de Washoe, 691.
- L.
- Làborde. Balance hydrostatique, 733.
- Laboulaye {Ch.}. Traité de cinématique (2e édition ), 256.
- — Rapport sur un mécanisme propre à mouvoir les balanciers imaginé par M. Cher et, 257 (pl. 222).
- — Almanach des progrès de l’industrie et de l’agriculture, 702.
- Laforgue [P.). Rail tubulaire à champignon mobile pour chemins de fer, 732,
- Lalement. Moyen pratique de tracer les engrenages, 704.
- Lallemand et Sirodot. Note sur l’observation microscopique des graines de vers à soie avant et pendant l’incubation, 177.
- Laporte et Barastier. Système de bec de lampe pour brûler l’huile de résine, 319.
- Larisse. Méthode de plantation de la vigne, 638.
- Lasserre et Dellaye. Système de pompe à soufflets, 139. ’
- Latry et comp. Fabrication de produits en sciure de bois durci, 191.
- Laurent. Système de culture forcée des lilas blancs et des roses, 190.
- Lebreton. Méthode de guérison de l’oïdium de la vigne, 509.
- Léger. Tubes acoustiques pour transmettre la voie à distance, 381.
- Lelandais (Alexandre). Emploi de la vapeur d’eau
- liques pour transmettre la force à de grandes distances, 699.
- Lemielle ( Théodore ) et Hense ( Joseph-Augustin ). Compteur hydraulique, 191.
- Lemoine. Rouleau compresseur à vapeur pour les chaussées en macadam, 123.
- Lenoir, arquebusier. Fusils de chasse et carabines se chargeant par la culasse, 385 (pl. 223).
- Lenoir. Moteur à gaz, 577 (pl. 231).
- Leonhardt ( August). Perfectionnements dans la préparation de l’indigo, 627.
- Leprevost. Système de voitures à voyageurs, 251.
- Le Roux. Rapport sur le régulateur de lumière électrique de M. Serrin, 647 (pl. 234).
- Leroux. Articles de sellerie, 318.
- Leuchs {J.}. Discussion des procédés employés pour blanchir les tissus de laine au moyen de l’acide sulfureux, 486.
- — Influence de la résine sur la fermentation alcoolique, 694.
- Levol. Analyse de l’aventurine de Venise, 613.
- — Nouvelle de sa mort, 733.
- Lewandoski ( Charles). Signal avertisseur des trains de chemins de fer, 704.
- Lieghtfoot. Teinture du caoutchouc avec l’aniline, 117.
- Lillo et comp. Procédé d’extraction du chlorure de sodium et du chlorure de potassium pur des eaux mères des salines, 565.
- Lingée. Système de coiffe pour les fours à chaux destinée à absorber la fumée et les gaz, 734.
- Lipowitz. Noie sur la gélatine de Chine, 313. ,
- Loewenthal. No'e sur le blanchiment des étoffes imprimées avant le passage dans le dernier bain de teinture, 311.
- Loignon-Casse. Nouvelle musette pour faire manger les chevaux, 732.
- Luca {S. de). Recherches relatives au fer réduit par l’hydrogène, 509.
- Luynes [V. de), Persoz et Salvétat. Fabrication d’un nouveau bleu pour la teinture dit bleu de Paris, 558.
- M.
- Machard et Bachet. Fabrication de papier avec les rondelles de bois converties en glucose, 381.
- 94
- pour éteindre les incendies, 637.
- Leloutre et Zuber. Sur l’emploi des câbles métal-
- Tome VIII. — 60* année. 2e série. — Décembre 1861.
- r
- S*-,:
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- Malo [Léon). Blocs artificiels en béton d’asphalte, 447.
- — Note sur l’asphalte, son origine, sa préparation, ses applications, 467.
- Malteau. Mode d’apprêt pour les étoffes, 124.
- Mangon ( Hervé ). Rapport sur le Traité des constructions rurales ( 2e et 3eparties) de M. Louis Bouchard-Huzard, 89.
- — Communication sur le concours de labourage à vapeur de Leeds (Angleterre), 510.
- Mann. Moyen de teindre la corne en blanc, en jaune et en écaille, 570.
- Mansfield. Fabrication de la benzine, 280.
- Manufacture de Saint-Gobain. Fabrication de verres pour toiture, 264.
- Marchai de Calvi. Empoisonnement par les vapeurs d’essence de térébenthine, 212.
- Marin. Méthode de décapage par l’acide chlorhydrique des roches couvertes de goémon, 113.
- Marinoni. Modifications à la machine à gaz de M. Lenoir, 581.
- Martignoni. Nouveau moyen d’aciérer la surface du fer, 689.
- Martin (F.) et comp. Machine à fendre les cuirs en tripe, 61.
- Maurisset ( feu L. Th. ). De la gravure chromatique sur ivoire ou nouveau procédé pour obtenir des dessins de couleurs variées, en creux et en relief, au moyen d’acides colorants, 149.
- Melsens. Mémoire sur les poudres de guerre, de mine et de chasse, 192.
- Ménard-Laurent. Système de pompe, 124.
- Mène. Analyse de différents échantillons de fer au point de vue de l’azote qu’ils peuvent contenir, 719.
- Méresse. Reproduction mécanique des tableaux à l’huile, 323.
- Merian. Etablissement de la première chaussée en roche d’asphalte chauffée et comprimée, 478.
- Meyer. Substitution de l’hydrate vert d’oxyde de chrome au vert de Schweinfurt pour la fabrication des stores et tapis, 575.
- Michel, Amédée Cheminot et comp. Papier à cigarettes fait avec la feuille du tabac, 190.
- Miller et de la Rue. Extraction de la paraffine du goudron de Rangoun, 285.
- Millot-Brulé. Procédé curatif de l’oidium de la vigne, 320.
- Milly (de). Procédé de fabrication des acides gras,
- 17 (pl. 214).
- Milner et fils. Construction d’un coffre-fort gigantesque, 53.
- Minich. Machine à triturer, 635.
- Molinos (L.). Rapport sur le ventilateur fumifuge de M. Ch. Venant, 201 ( dessin sur bois ).
- — Rapport sur l’emploi des toiles métalliques pour arrêter la propagation des flammes, appliqué à certaines industries, par M. Surmay, 401.
- Monnier et Poupel. Système de brosses pour appartements et ponts de navires, 702.
- Moreau. Nouveau genre d’apprêt, 381.
- Morin ( général ). Observations sur la faucheuse de Wood, 111.
- — Note sur l’éclairage de la rampe dans les théâtres, 296.
- — Remarques au sujet des recherches de M. Fremy sur la composition de la fonte et de l’acier, 349.
- Mourey. Perfectionnements aux procédés de soudure de l’aluminium, 702.
- Mousseron, Système d’appareils de chauffage, 734.
- Mouvet et comp. Fabrication de creusets réfractaires, 637.
- N.
- Niepce de Saint-Victor. Cinquième mémoire sur une action de la lumière inconnue jusqu’ici, 499.
- Nobel (A.). Construction d’un nouveau pyromètre, 730.
- O.
- Odling ( W. ). Sur le système de fabrication mécanique du pain au moyen de l’acide carbonique imaginé par M. Dauglish, 332.
- Oelschlager. Emploi de la benzine pour le dessin, 315.
- Ozouf. Système de saturation par l’acide carbonique des jus sucrés et des sirops traités par la chaux, 193 ( pl. 219 ).
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- P.
- Paraf [Mathias). Sur un moyen d’enlever Papprêl des étoffes au moyen de la diastase, 701.
- Parkin. Valeur, comme engrais, des produits des égouts de Londres, 697.
- Pateau [Thomas). Système de tannage du cuir, 733.
- Paiera [de). Procédé pour extraire l’argent de ses minerais, 54, 694.
- Pâtissier. Remarques au sujet des couleurs à l’essence de térébenthine, 211.
- Payen. Considérations relatives à la distillation des principales substances qui fournissent de l’alcool, 555.
- — Analyse du gaz d’éclairage, 583.
- —- Traité complet de la distillation, 2e édition, 702.
- Peligot [E. ). Compte rendu d’une délibération d’une commission spéciale sur l’envoi du Bulletin à prix réduit aux associations industrielles, 3.
- — Sur les produits qui résultent de l’action simultanée de l’air et de l'ammoniaque sur le cuivre, 550.
- — Analyse de l’aventurine artificielle, 610.
- Pelouze [J.). Mémoire sur un nouveau procédé
- de dosage du soufre contenu dans les pyrites de fer et de cuivre, 675.
- Perny de Maligny. Système de voie ferrée avec suppression des longrines et des traverses, 509.
- Perrigault. Système d’aération graduée des meules, 253.
- Persoz, V. de Luynes et Salvétat. Production d’un nouveau bleu pour la teinture dit bleu de Paris, 558.
- Petit [ Émile ). Serrure de sûreté, 131 ( pl. 216 ).
- Pelitgand. Avenir de l’exploitation des mines métalliques en France, 127.
- Petitjean [A.]. Remarques au sujet du procédé de conservation des bois du docteur Boucherie, 39.
- Phillips [ ingénieur des mines). Sur le spiral réglant des chronomètres et des montres, 657 ( dessins sur bois).
- Picard [ Barthélemy ). Ligneux extrait de la plante du houblon, 190.
- Pihet [Eug. ). Rapport sur une serrure de sûreté de M. Émile Petit, 131 ( pl. 216 ).
- Pinondcl de la Bertoche. Note sur le colmatage de la Toscane, 123.
- Pohl. Moyen simple d’empêcher l'efflorescence du carmin d’indigo pendant sa dessiccation, 696.
- Poitevin. Note sur l’action de la lumière sur un mélange de perchlorure de fer et d’acide tartri-que; applications à l’impression photographique, 174.
- Poivret. Moteur rectiligne mécanique pour les tissus de bonneterie, 446.
- Poison et Brown. Fabrication de la fécule de maïs, 317.
- Poupel et Monnier. Système de brosses pour appartements et ponts de navires, 702.
- Prunier, Mignot et Guitler. Système de générateur, 445.
- R.
- Rauch. Conservation des raisins et autres fruits, 58.
- Raulet. Instrument d’arpentage dit trigonomètre mécanique, 454.
- Régnault [V.). Détermination des effets thermiques de la compression de l’eau, 682.
- — et J. Dumas. Instruction pratique donnant la marche à suivre pour les expériences relatives à la détermination journalière du pouvoir éclairant et de la bonne épuration du gaz d’éclairage de la Compagnie parisienne, 270 ( dessins sur bois).
- Reichenbach. Découverte de la paraffine, 278.
- Reveil. Sur l’impureté des opiums de Perse, 191.
- Reydemorande. Système de régénération de la vigne, 701.
- Ribot. Système de niveau de pente, 321 ( dessin sur bois).
- Richardin. Machine à polir les plaques de photographie, 11 ( pl. 213 ).
- Rimbaud [ C.). Pâte sans phosphore pour allumettes chimiques, 509.
- Rivière, Bluzart et Aleysson. Machine dite à levier, 87.
- Rivoire et Teysson. Fabrication d’un savon à dégraisser, 564.
- Robert [Henri). Compteur pour services de rondes de nuit, 445.
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- ( )
- Rodius. Traitement des minerais de cuivre pauvres par l’acide chlorhydrique, 365.
- Roessler. Emploi du silicate soluble de soude pour la greffe des arbres, 250.
- Rousseau {Emile). Sur un moyen de purification des sucs végétaux, appliqué à la fabrication du sucre, 46.
- Rousseau frères. Application de l’acide hydrofluo-silicique à la teinture et à l’impression des tissus, 565.
- Roussel. Machine à trancher la pierre et à tourner les colonnes, 444.
- Rousselot et comp. Fabrication de l’acier de fusion avec toute espèce de fer, 637,
- Rühlmann. Note sur deux moyens d’augmenter la puissance lumineuse du gaz d’éclairage, 188.
- s.
- Saert. Tour multiplicateur, 191.
- Salicis {de). Application de son appareil moteur par le poids de l’homme, 446.
- Sallon ( Napoléon ). Foyer à vapeur fumivore, 509.
- Salvétat. Rapport sur le procédé de dorure sans brunissage de la porcelaine imaginé par MM. Du-tertre, 129.
- — Rapport sur l’ouvrage de M. Kœppelin intitulé, Fabrication des tissus imprimés, 215.
- — Rapport sur les verres pour toiture de la fabrique de Saint-Gobain, 264.
- — Rapport sur le système de reproduction mécanique des tableaux à l’huile imaginé par M. Mè-resse, 323.
- — Sur le borate double de soude et de chaux du Pérou dit tinkalzite, 360.
- — Rapport sur un appareil mécanique à mouler les pâtes céramiques inventé par M. Bellay, 393 (pl. 224). ,
- — V. de Luynes et Persoz. Fabrication d’un nouveau
- * bleu pour la teinture dit bleu de Paris, 558.
- Samain. Presse à genoux, 457 (pl. 227).
- Sauetrwein et Worbes. Sur une pierre ponce artificielle pour les ébénistes, 695.
- Saussure (Théodore de). Extraction de l’huile de pétrole, 278.
- Schauefele. Proportions d’oxyde de zinc cédées aux aliments par leur contact avec ce métal, 619.
- Scheefer. De la soudure à l'aide du chlorure de zinc, 315.
- Scherer. Analyse de la laine débarrassée de son suint, 487.
- Schiff. Moyen d’obtenir du cuivre très-divisé, 573.
- Schmidt et Auguste Gontard. Fabrication du savon dit de Marseille, 635.
- Schœnbein. Découverte de l’azotite d’ammoniaque produit en versant de l’ammoniaque sur du platine spongieux, 551.
- Schomburgk ( H. ). Sur les produits végétaux du royaume de Siam, 727.
- Schwartz. Applications industrielles de la stéatite, 501.
- — Sur les moyens d’essayer les laines d’alpaga, 571.
- Schwarz. Notice sur le chemin de fer souterrain
- de communication à Londres, 185.
- Sebille {Ch.). Fabrication des tuyaux en plomb étamé intérieurement et extérieurement, 449 (pl. 226).
- Seguier (baron). Communication sur le système de culture forcée de lilas blancs de M. Laurent,
- 190.
- — Rapport sur les fusils de chasse et les carabines se chargeant par la culasse, construits par M. Lenoir, 385 (pl. 223).
- Selligue. Distillation des schistes d’Autun, 280.
- Serre { Philippe ). Procédé de guérison de l’oïdium de la vigne, 733.
- Serrin. Nouvelles expériences d’éclairage avec la lampe électrique, 181.—Description de sa lampe électrique, 647 ( pl. 234 ).
- Servier ( Ed. ). Appareil auto-régulateur pour le gaz d’éclairage, 702.
- Shirley. Expériences faites en 1659 sur les produits gazeux sortant d’un puits de mine, 277.
- Sibillat. Système de lampe à trois mèches, 645.
- Silbermann. Rapport sur un procédé de M .Fournier pour révéler les fuites de gaz, 522 (pl. 229).
- — Rapport sur un appareil dit cécirègle, donnant aux aveugles le moyen d’écrire en noir, 596 (dessins sur bois).
- — Rapport sur la lampe à trois mèches de MM. Sibillat et Gauthier, 645.
- Silvesire ( baron E. de). Rapport sur une modification apportée à la construction de la lampe-modérateur, par M. Boulanger, 330.
- — Rapport sur les appareils à fabriquer les eaux gazeuses de M. Warker, 396 (pl. 224).
- Sirey {Jules). Poudre désinfectante, 447,
- Sirodot et Lallemand. Note sur l’observation mi-
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- ----- ‘ ' ’ ! j,
- ( 7» )
- croscopique des graines de vers à soie avant et pendant l’incubation, 177.
- Société de carbonisation de la Loire. Produits dérivés de la houille, 703.
- Société industrielle de Mulhouse. Liste des prix proposés pour être décernés en mai 1862, 503.
- Souchon. Procédé de filtrage des eaux, 373.
- Spiller [John). De l’emploi du carbone comme agent conservateur des manuscrits, 51.
- — Moyen d’affranchir de mercure les étoffes teintes avec la murexide, 315.
- Stahl. Nouvelle application de moulage, 267.
- Stein. Fabrication de câbles métalliques pour transmettre la force à de grandes distances, 699.
- Stenhouse ( John ). De l’emploi du charbon de bois comme filtre à air pour la ventilation et la désinfection des égouts, 107.
- — Recherches sur les lichens-orseille, 686.
- Storer et Eliot. Sur les matières étrangères qui se
- trouvent dans le zmc du commerce et dans le résidu de sa dissolution par les acides, 679.
- Surmay. Emploi des toiles métalliques pour arrêter la propagation des flammes et leur application à certaines industries, 401.
- T.
- Tate. Expériences relatives au degré d’ébullition de différents liquides, 375.
- — et W. Fairbairn. Recherches expérimentales sur la densité de la vapeur d’eau à toute température, 496.
- Terreil [A.) et Delacour. Conserves alimentaires, 190.
- Teysson et Rivoire. Fabrication d’un savon à dégraisser, 564.
- Thierry. Appareil surchauffeur fumivore, 637.
- Thomson [ William). Effets thermiques de la compression des liquides, 682.
- Tomlinson [Charles). Sur l’histoire de la paraffine, 277.
- Toselli. Appareil à produire de la glace, 446.
- Trébuchet [ Jdolphe ). Rapport général sur les travaux du conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine, 256.
- Tremblay [E.). De la balistique des projectiles porte-amarres de sauvetage, 294.
- Tresca. Rapport sur le modérateur à bras croisés de MM. Farcot et fils, 4 ( pl. 212 ).
- — Rapport sur un système de machine à levier de MM. Bluzart, Rivière et Aleysson, 87.
- — Rapport sur une pompe à soufflets de MM. Lasserre et Dillaye, 139.
- —Rapport sur les presses à genoux de M. Samain, 457 (pl. 227).
- — Rapport sur le moteur à gaz de M. Lenoir, 577 (pl. 231). ^
- Trinquier. Échelle-rapporteur à boussole, 203 (pl. 220).
- Troccon. Verre de lampe ovoïde, 381.
- Tunner. Compte rendu des essais faits en Suède du procédé d’affinage de la fonte de M. Bessemer, 674.
- V.
- Vagenmann. Traitement de la houille bitumineuse pour en extraire la paraffine, 282.
- Vattemare [ Alexandre ). Présentation d’un substitut du coton dit fibrilia, 252.
- Vattier. Instrument pour déterminer l’angle de joint des douves des tonneaux, 319.
- Vauvilliers (Geneviève-Jean-Fictor). Membre de la commission des fonds. Nouvelle de sa mort, 446.
- Venant ( Ch. ). Ventilateur fumifuge, 201 ( dessin sur bois).
- Vigreux (£,.). Instrument destiné à faciliter l’exécution des dessins géométriques, 603 (pl. 232).
- FiUiers. Expériences sur l’injecteur-automoteur de M. Giffard, 335.
- Fin (J. B. ). Système de laminage, 124.
- Violette [Henri). Ouvrage intitulé Nouvelles Manipulations chimiques simplifiées, 594.
- Vogel. Sur un enduit propre à préserver les objets de fer et d’acier, 186.
- — Sur l’extraction de l’argent des minerais au moyen de l’hyposulfite de soude, 694.
- — Emploi du cyanure de potassium pour souder les métaux, 729.
- Vohl. Conservation des bois, des toiles à voiles et des cordages au moyen de la solution de créosote dans le carbonate de soude, 690.
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- W.
- tVarker. Appareils à fabriquer les eaux gazeuses, 396 (pl. 224).
- Way. Expérience sur la lumière électrique obtenue par l’emploi du mercure, 186.
- Werth et Dreyfus. Impression héliographique des tissus tels que coton, laine, soie, fil, mousseline, ainsi que du bois, du marbre et autres surfaces, 118.
- Wichmann. Sur l’emploi du sulfate de plomb produit dans les fabriques d’indiennes, 56.
- ffilmot (F.). Procédé de dorure galvanique, 634.
- fFitte [le). Appareil pour extraire le goudron de la houille, 278.
- Wifhler. Sur l’oxydation de l’aluminium, 187. Analyse de l’aventurine, 610.
- W orbes et Sauerwein. Sur une pierre ponce artificielle pour les ébénistes, 695.
- Y.
- Young. Distillation de la houille, 280.
- Z.
- Ziurek. Méthode pour distinguer les fils différents dans les tissus mêlés, 568.
- Zuber et Leloutre. Sur l’emploi des câbles métalliques pour transmettre la force à de grandes distances, 699.
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- TABLE
- ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LA SOIXANTIÈME ANNÉE DU BULLETIN.
- A.
- Aride. Emploi de 1’, carbonique au lieu de levain, pour la fabrication du pain, par M. Dauglish, 125, 332.
- — Traitement par 1’, chlorhydrique des minerais de cuivre pauvres, par M. Rodius, 365.
- — Discussion des procédés employés pour blanchir les tissus de laine au moyen de 1’, sulfureux, par M. G. Leuchs, 486 ( voy. Laine).
- — Application de T, hydrofluosilicique à la teinture et à l’impression des tissus, par MM. Rousseau, 565.
- .Acides gras. Procédés pour la fabrication des, par M. de Milly ; rapport de M. Gaultier de Clau-bry, 17 (pl. 214).
- Acier. Fourneau pour le chauffage, la trempe et le recuit des bandes d’, pour ressorts d horlogerie, lames de scie, etc., par M. Chestermjm, 184.
- —. Recherches sur la composition de la fonte et de T, par M. E. Fremy, 289, 343, 353, 711, 714, 721. — Remarques de M. Dumas, 348. — Remarques de M. Morin, 349. — Remarques de M. Chevreul, ib. — Réplique de M. Fremy, 351.
- — Note sur le même sujet, par M. Caron, 351,
- 712, 714.717, 721. — Remarques de M. Gruner,
- 713.
- — Fabrication de T, de fusion avec toute espèce de fer, par MM. Rousselot et comp., 637.
- — Recherches des azotures et des cyanures dans 1% la fonte et le fer, par M. Boussingault, 716, 721.
- — Analyses de plusieurs sortes d’, par M. Rouis, 719.
- — Sur l’affinage de la fonte pour fer et, par le procédé Bessemer; par M. Gruner, 664 (pl. 233).
- Acoustique. Tubes pour 1’, destinés à transmettre la voix à distance, par M. Léger, 381.
- Agriculture. Traité des constructions rurales (2e et 3e parties), par M. Louis Bouchard-IIuzard; rapport de M. Hervé Mangon, 89.
- — Communication sur le concours d’, ouvert à Leeds (Angleterre), par M. Hervé Mangon, 510.
- Albumine. Note sur l’utilisation des œufs de poissons pour en obtenir 1’, par M. Leuchs (Jean-Charles), 62.
- Alcool. Considérations relatives à la distillation des principales substances qui fournissent de 1’, par M. Payen, 555.
- — Fabrication du vinaigre d’, parM. Eœlitz, 702.
- — Densités de T, à la température de 15°, d'après la table originale de Gay-Lussac, 726.
- Allumettes chimiques. Pâte sans phosphore pour, par M. C. Rimbaud, 509.
- Aluminium. Sur l’oxydation de 1’, parM. Voh-ler, 187.
- — Perfectionnements à la soudure de P, par M. Mourey, 702.
- Aniline. Teinture du caoutchouc avec F, par M. Lieghtfoot, 117.
- — Action du bichlorure de carbone sur 1’, par M. Hofmann, 558.
- Antimoine. Couleur à base d’, pour enduit, par M. Georges Hallett, 562.
- Apprêt. Mode d', pour les étoffes, par M. Mal-teau, 124.
- — Nouveau genre d’, par MM. Moreau frères, 381.
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- — Sur un moyen d’enlever 1’, des étoffes au moyen de la diastase, par M. Mathias Paraf, 701.
- Architecture. Système d’, applicable à l’extérieur des maisons neuves ou vieilles, par M. Dutteau, 189.
- Ardoises. Situation de l’exploitation des, dans les carrières d’Angers, 99.
- Argent. Procédé pour extraire 1’, de ses minerais, par M. de Paiera, 54, 694.
- — Préparation facile de l’amalgame d’, par M. Guglielmo, 60.
- — Découverte de mines d’, en Californie, 183.
- — Méthode d’extraction de l’, contenu dans la galène, 626.
- — Sur de nouvelles méthodes employées pour l’extraction de l’argent des minerais de Californie et deWashoe, parM. G. Kustel, 691.
- Armes à feu. Fusils de chasse et carabines se chargeant par la culasse, par M. Lenoir; rapport de M. A. Sêguier, 385 (pl. 223).
- — Fusil à bascule, par M. Briand, 704.
- Arpentage. Instrument d’, dit trigonomètre
- mécanique, par M. Raulet; rapport de M. Benoît, 454.
- Asphalte. Blocs artificiels en béton d’, par M. Léon Malo, 447.
- — Note sur P, son origine, sa préparation, ses applications, par le même. — Considérations générales, 467. — Définition et classification des matières bitumineuses, 468.—Principaux gisements d’asphalte, 470. — Application de l’asphalte brut, 478. — Application du mastic d’asphalte, 480. — Des imitations de l’asphalte, 485.
- Aventurine. Note sur 1’, artificielle, par M. E. Hautefeuille, 609.
- Aveugles. Appareil dit cecirègle donnant aux, le moyen d’écrire en noir, par M. Duvignau ; rapport de M. Silbermann, 596 (dessins sur bois).
- B.
- Balance. Système de, d’analyse, par M. O. Hem-pel, 638.
- — Hydrostatique, par M. Laborde, 733.
- Balanciers. Mécanisme propre à mouvoir les, inventé par M. Chéret; rapport de M. Ch. La-boulaye, 257 (pl. 222).
- Balistique. De la, des projectiles porte-amarres de sauvetage, par M. E. Tremblay, 294.
- Baume. Sur le, du Pérou, 502.
- Benzine. Emploi de la, pour le dessin, par Oelschlager, 315.
- Bétons. Nouvelles applications des, agglomérés, par M. Cogniet, 319.
- Blanchiment. Note sur le, des étoffes imprimées avant le passage dans le dernier bain de teinture, par M. Loewenthal, 311.
- — Discussion des procédés employés pour le, des tissus de laine au moyen de l’acide sulfureux, par M. G. Leuchs, 486 ( voy. Ijaine).
- Blé. Emploi du, indien pour la fabrication du papier, par M. Moritz Diamant, 376.
- — Grenier mobile pour la conservation du, par M. d’Auxy; rapport de M. Benoît, 641 (pl. 233).
- Bois. Remarques au sujet du procédé de conservation des, du docteur Boucherie, par M. A. Petitjean, 39.
- — Système de torréfaction des, par M. de la Gres-sière, 63.
- — Planches en, de buis pour la gravure, par M. Ch. Idoux, 63.
- — Fabrication d’objets avec la sciure de, durci, par MM. Latry et comp., 191.
- — Moyen de prévenir la pourriture du, 312.
- — Pierre ponce artificielle pour doucir les, d’ébé-nisterie, par MM. Worbes et Sauerwein, 695.
- — Des essences diverses de, du royaume de Siam, par M. H. Schomburgk, 727.
- Bonneterie. Moteur rectiligne mécanique pour tissus de, par M. Poivret, 446.
- Borax. Sur la falsification du lait par le, par M. Kletzinsky, 574.
- Bouchage. Système de, des flacons, par M. Ber-jot jeune, 146 (pl. 217).
- Bougies. Procédé de la fabrication des acides gras pour la fabrication des, par M. de Milly ; rapport de M. Gaultier de Claubry, 17 (pl. 214).
- — Perfectionnements dans la fabrication des, par M. Boutigny, 373.
- Boussole. Echelle-rapporteur à, par M. Trin-quier ; rapport de M. Benoît, 203 (pl. 220).
- Briques. Système de, fabriquées avec un béton de mâchefer et de chaux, par MM. Iverneau, Gauthier et comp., 731.
- Broderie. Métiers à faire la, par MM. Boury, 318.
- Brosses. Système de, pour ponts de navires, par MM. Monnier et Poupel, 702.
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- Brûlure. Traitement d’une, produite par le phosphore, 375.
- Bulletin. Délibération d’une commission spéciale sur l’envoi du, de la Société à prix réduit aux associations industrielles ; rapport de M. E. Peligot, 3.
- Bulletin bibliographique, 126, 254, 383, 638, 735.
- G.
- Câbles. De l’emploi des, métalliques pour transmettre la force à de grandes distances, par MM. Leloutre et Zuber, 699.
- — Système de, sous-marins pour la télégraphie électrique, par M. Johnson, 729.
- Caoutchouc. Teinture du, avec l’aniline, par M. Lieghtfoot, 117.
- — Vernis incolore au, par M. Bolley, 249.
- — Production du, à San Salvador, 366.
- — Niveau d’eau en, 574.
- Carbone. De l’emploi du, comme agent conservateur des manuscrits, par M. John Spiller, 51.
- — Action du bichlorure de, sur l’aniline, par M. Hofmann, 558.
- — Sur la présence du bisulfure de, dans le gaz d’éclairage, par M. E. Herzog, 626.
- Céramique. Appareil mécanique à mouler les pâtes pour la, par M. Bellay; rapport de M. Sal-vétat, 393 (pl. 224).
- Chandelles. Fabrication de, perfectionnées, par M. Àutran [Léopold), 191.
- Charbon. De l’emploi du, de bois, comme filtre a air pour la ventilation et la désinfection des égouts, par M. John Stenhouse, 107.
- —.Quantités de, de terre entrées à Londres en 1860, 117.
- Charrue. Système de, par M. Iludde, 252.
- Chaudières à vapeur. Système de, par M. Carville, 250.
- — Système de, par MM. Prunier, Mignot et Quitter, 445.
- Chauffage. Appareils de, pour appartements, par M. Mousseron, 734.
- Chaussées. Rouleau compresseur à vapeur pour les, macadamisées, par M. Lemoine, 123.
- — Mémoire sur la construction des, par M. Du-courneaux, 124.
- Tome VIII. — 60* année. 2e série.
- — Confection des, en roche d’asphalte chauffée et comprimée, par M. Léon Malo, 478 (voy. Asphalte).
- Chaux. Emploi du chlorure de, contre les insectes, les chenilles et les rats, 689.
- — Coiffe pour les fours à, destinée à aspirer la fumée et les gaz, par M. Lingée, 734.
- Chemins de fer. Notice sur le, souterrain de communication à Londres, par M. Schwarz, 185.
- — Système de voitures à voyageurs pour, par M. Leprevost, 251.
- — Suppression des longrines et traverses dans les, par M. Perny de Maligny, 509.
- — Système de, à courbes de petits rayons, par M. J. Aubry, 636.
- — Frein pour, par M. Hess, 704.
- — Signal avertisseur des trains de, par M. Lewan-doski [Charles), 704.
- — Rail tubulaire à champignon mobile pour, par M. P. Laforgue, 732.
- — Frein pour, par M. C. Cuit, 732.
- Chiffons. Droits ou prohibitions établis sur les,
- dans les principales contrées de l’Europe, 564.
- Chrême. Substitution de l’hydrate vert d’oxyde de, au vert de Schweinfurt, pour la fabrication des stores et tapis, par M. Meyer, 575.
- Chronographes. Système de, par M. Martin de Brettes; communication de M. Th. duMoncel, 252.
- — Disposition de, électriques, par M. Gloesener; rapport de M. Th. du Moncel, 705 (pl. 235).
- Ciment. Préparation d’un, pour bassins et réservoirs, destiné à les rendre inattaquables par les lessives alcalines bouillantes, par M. Kalisch, 696.
- Coffre-fort. Construction d’un, gigantesque, par MM. Milner et fils, 53.
- Colmatage. Note sur le, de la Toscane, par M. Pinondel de la Bertoche, 123.
- Combustibles. Recherches chimiques sur les, minéraux, par M. E. Fremy, 170.
- — Production de, minéraux, en 1858, dans le monde entier, 368.
- Combustion. Mémoire sur la, par M. Jobard,
- 124.
- — Sur la, spontanée du coke, par M. Freitag, 249.
- Compression. Sur les effets thermiques de la,
- des liquides, par M. Joule, 682.
- Compteur. Système de, hydraulique, par MM. Lemielle Théodore et Hense [Joseph-Augustin), 191.
- — Décembre 1861.
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- ( 754 )
- — Modèle de, pour services de rondes de nuit, par M. Henri Robert, 445.
- — Système de, hydraulique, par MM. Clément {Jean-Antoine) et Crozy [Antoine], 702.
- Conseil d’administration. Décision du,
- • relativement à la nomination de membres adjoints au comité des arts économiques, 193, 257, 321, 385.
- Conservation. Remarques au sujet du procédé de, des bois du docteur Boucherie, par M. Petitjean, 39.
- — Des raisins et autres fruits, par M. Rauch, 58.
- — Procédé de, des légumes, par MM. A. Terreil et Delacour, 190.
- — Sur la, des bois, des toiles à voiles et des cordages au moyen de la solution de créosote dans le carbonate de soude, par M. Fohl, 690.
- Constructions» Traité des, rurales ( 2e et 3e parties), par M. Louis Bouchard-Huzard; rapport de M. Hervé Mangon, 89.
- Cordages. Imperméabilisation des, parM. Grenier, 117.
- Corne. Préparation d’un bain donnant à toute < espèce de, et spécialement à la, de buffle, une souplesse et une élasticité inaltérables, par M. Damé, 565.
- — Moyen de teindre la, en blanc, en jaune et en écaille, par M. Mann, 570.
- Coton. Substitut du, dit fibrilia, présenté par M. Alex. Vattemare, 252.
- — De la culture du, et des autres produits végétaux du royaume de Siam, par M. H. Schom-burgk, 727.
- — Statistique de la filature du, dans le Massachussets, 730.
- Couleur. Fabrication d’une, de bleu-pourpre d’indigo pour la teinture et l’impression, par M. John Henry Johnson, 50.
- — Teinture de la soie en, rouge murexide, 182.
- — Production d’une nouvelle, bleue pour la teinture dite bleu de Paris, par MM. Persoz, V. de Luynes et Salvétat, 558.
- — à base d’antimoine pour enduit, parM. George Hallett, 562.
- — Perfectionnement dans la préparation de la, d’indigo, par M. August Leonhardt, 627.
- — Substitution au minium d’une, à base de fer, par MM. A. de Cartier et comp., 634.
- — Préparation d’une, pour marquer les colis, par M. B'ôttger, 693.
- Coussinets. Expérience sur la composition et la fonte des, 567.
- — Moyen facile de régulariser la pose des, 575.
- Couture. Machine à faire la (système à 2 fils
- de Grover et Baker), perfectionnée et construite par M. Goodwin, 164 (pl. 218). — Autre système par M. Journeaux-Leblond, 733.
- — Progrès de la, mécanique en Amérique et prolongation de la patente de M. Howe, 560.
- Creusets. Fabrication de, réfractaires, par MM. E. Mouvet et comp., 637.
- Cuir. Machine à fendre le, en tripe, par MM. F. Martin et comp., 61.
- — Système de tannage du, par M. Pateau [Thomas), 733.
- Cuivre. Traitement des minerais de, pauvres par l’acide chlorhydrique, par M. Rodius, 365.
- — Sur les mines de, d’Acton ( Canada ), par M. Gauldrèe-Boilleau, 369.
- — Sur les produits qui résultent de l’action simultanée de l’air et de l’ammoniaque sur le, par M. E. Peligot, 550.
- — Moyen d’obtenir du, très-divisé, par M. Schiff, 573.
- Cyanure. Préparation du, de barium et de strontium, par M. William Clarke, 50.
- — Emploi du, de potassium pour souder les métaux, par M. Vogel, 729.
- B.
- Densité. Recherches expérimentales sur la, de la vapeur d’eau à toute température, par MM. W. Fairbairn et T. Taie, 496.
- Dépêches. Des tuyaux atmosphériques et de leur application au transport des, par M. /. Gros-jean, 378.
- Désinfection. Poudre de, parM. Sirey (Jules), 447.
- Dessin. Emploi de la benzine pour le, par M. Oelschlager, 315.
- — Instrument destiné à faciliter l’exécution du, géométrique, par M. L. Yigreux; rapport de M. Benoît, 603 (pl. 232).
- — Instrument servant à produire en, des fonds unis ou moirés, par M. Anatole Fichet, 636.
- Dévidage. Du, en soie grège du cocon du ver à soie de l’Ailante, par M. Guérin-Méneville, 734.
- Discours prononcé par M. Dumas, au nom du ministre de l’instruction publique, lors de l’inau-
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-
- ( 755 )
- guration de la statue du baron Thénard, à Sens, 404.
- — Prononcé par M. Barrai, à la même cérémonie, au nom de la Société d’encouragement, 412.
- Distillation. Considérations relatives à la, des principales substances qui fournissent de l’alcool, par M. Payen, 555.
- Dorure, procédé de, brillante sur porcelaine sans brunissage, par MM. Dutertre; rapport de M. Salvélat, 129.
- — Fabrication galvanoplastique des fers employés pour la, par les relieurs, 572.
- — Procédé de, galvanique, par M. F. Wilmot, 634.
- E.
- Eaux. Filtrage des, par le procédé Souchon, 373.
- — Système de filtrage, d’aération et de rafraîchissement des, d’alimentation, par M. F. Burq, 704.
- Eaux gazeuses. Appareils à fabriquer les, par M. WarTter; rapport de M. E. de Silvestre, 396 (pl. 224).
- — Siphon à, par M. Abigeat de Buran, 448.
- Eaux mères. Procédé d’extraction du chlorure
- de sodium et du chlorure de potassium pur des, des salines, par MM. Lülo et comp., 565.
- Éfmllioseogse* Perfectionnements à 1’, centésimal, par Melle Brossard-Vidal, 62.
- Ébullition. Expériences relatives au degré d’, de différents liquides, par M. Tate, 375.
- Éclairage. Nouvelles expériences d’, électrique avec la lampe deM. Serrin, 181. — Rapport de M. Le Roux, 647 (pl. 234).
- — Système d’, électrique au moyen du mercure, par M. Way, 186.
- — Note sur 1’, de la rampe dans les théâtres, par M. Morin, 296.
- Écoles industrielles. Examens pour l’admission aux, d’arts et métiers; rapport deM. Benoît, 654.
- Égouts. De l’emploi du charbon de bois comme filtre à air pour la ventilation et la désinfection des, par M. John Stenhouse, 107.
- — Sur un procédé de désinfection des, inventé par M. Mac-Dougal, 633.
- — Valeur comme engrais des produits des, de Londres, par M. Parkin, 697.
- Électro-magnétisme. Application de 1’, à la gravure des rouleaux d’impression, par M. Gaiffe; communication de M. Th. du Moncel,
- 123.
- Encre. Préparation d’une, indélébile,par M. Louis Croc, 637.
- Enduit. Action destructive du minium employé comme enduit sur les carènes des navires en fer; lettre de M. Jouvin à M. Dumas, 179.
- — Sur un, propre à préserver les objets de fer et d’acier, par M. Vogel jeune, 186.
- — Préparation d'un, destiné à remplacer le minium, par M. Alluys, 509.
- — Fabrication de couleurs à base d’antimoine destinées à être employées comme, par M. Georges Halleit, 562.
- Engrais. Fragment d’un mémoire sur les gisements du guano dans les îlots et sur les côtes de l’océan Pacifique, par M. Boussingault, 90.
- — Valeur comme, des produits des égouts de Londres, par M. Parkin, 697.
- Engrenage. Théorie de 1’, hyperboloïde, par M. J. B. Belanger, 157 (dessin sur bois).
- — Moyen pratique de tracer un, par M. Lalement, r 704.
- Etamage. Moyen de réparer 1’, des glaces, 121.
- — Appareil pour 1’, intérieur et extérieur des tuyaux en plomb, par M. Ch. Sebille; rapport de M. Gaultier de Claubry, 449 (pl. 226).
- — De 1', des vases destinés aux usages alimentaires, par M. Adolphe Bobierre. — Quelle est la composition des alliages employés par les éta-meurs de Nantes ? 617. — La santé publique est-elle intéressée à ce que le zinc soit proscrit de l’étamage ? ib. — L’introduction du plomb à haute dose dans l’étamage ou dans la fabrication des vases et instruments destinés à l’usage alimentaire est-elle dangereuse ? 620.
- Exposition. Annonce de 1’, agricole et industrielle de Metz, par M. Félix Maréchal, 62.
- — Renseignements sur 1’, universelle projetée à Londres pour 1862,119,246,631.—Institution du jury d’admission de la Seine par la Commission impériale, 299. — Avis aux producteurs qui désirent être admis à cette Exposition, 359. — Décision instituant le jury central de révision, 621.
- — Programme de 1’, de Nantes, 125.
- Extraits pharmaceutiques. Appareil
- pour la préparation des, au moyen du vide, par M. Berjot jeune; rapport de M. Herpin, 142 (pl. 217).
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- F.
- Faucheuse. Observations sur la, de Wood, par M. le général Morin, 111.
- Fécule. Extraction de la, dn maïs, 317.
- Fer. Recherches relatives au, réduit par l’hydrogène, par M. S. de Luca, 509.
- — Couleur à base de, remplaçant le minium, par M. A. de Cartier et comp., 634.
- — Nouveau moyen d’aciérer la surface du, par M. Martîgnoni, 689.
- — Analyses de différents échantillons de, au point de vue de l'azote qu’ils peuvent contenir, par M. Mène, 719.
- Fermentation. Influence de la résine sur la, alcoolique, par M. Leuchs, 694.
- Filature. De la, des laines mérinos en Russie; communication par M. Jourdier, MO.
- Fil de fer. Sur l’emploi du, galvanisé pour la construction des conducteurs de paratonnerres, par M. C. Kuhn, 310.
- Filtre. Système de, pour les eaux, par M. Sou-chon, 373.
- Fleurs. Système de culture forcée des, par M. Laurent; communication de M. le baron Sé-guier, 190.
- Fonte. Moyen de décarburer la, et de la rendre malléable, par M. Eaton, 121.
- — Recherches sur la composition de la, et de l’acier, par M. E. Fremy, 289, 343, 353, 711, 714, 721. — Remarques de M. Damas, 348. — Remarques de M. Morin, 349. — Remarques de M. Chevreul, ib. — Remarques de M. Gruner, 713.
- — Mémoires de M. Caron sur le même sujet, 351, 712,714, 717, 721.
- — Note sur le puddlage de la, manganésifère, par M. Andrée, 307.
- — Affinage de la, pour fer et acier, par le procédé Bessemer, par M. Gruner, 664 (pl. 233).
- — Recherche des azotures et des cyanures dans la, et dans l’acier, par M. Boussingault, 716, 721.
- Frein. Système de, pour tombereau, par M. Bas-sot, 63.
- — Modèle de, pour chemins de fer, par M. Hess, 704.
- — Système de, pour chemins de fer, par M. C. Cuit, 732.
- Fourneau. Système économique de, par MmS Ve Cadiat, 124.
- — Description d’un, pour le chauffage, la trempe et le recuit des ressorts d’horlogerie, des lames de scie et des autres bandes analogues en acier, par M. Chesterman, 184.
- Fumivorité. Système de, par M. N. F. Chodzko,
- 124.
- — Foyer à vapeur procurant la, par M. Sa lion (Napoléon), 509.
- — Appareil surchauffeur avec système de, par M. Thierry, 637.
- — Système de, pour brûler la houille, par M. G. Barreaux, 637.
- — Appareil de, s’appliquant à tous les foyers, par M. Galli, 733.
- Fusil. Système de, de chasse et de carabine se chargeant par la culasse, par M. Lenoir; rapport de M. A. Séguier, 385 (pl. 223).
- — Disposition de, à bascule, par M. Briand, 704.
- G.
- Galvanoplastie. Application de la, à la fabrication des fers à dorer pour les relieurs, 572.
- Garance. Mémoire sur la, d’Alsace, par M. E. Kopp, 124.
- Gaz d’éclairage. Graduation du volume d’air employé à la combustion du, par M. E. Krafft,
- 61.
- —• Note sur deux moyens d’augmenter la puissance lumineuse du, par M. Rühlmann, 188.
- — Instruction pratique donnant la marche à suivre pour les expériences relatives à la détermination journalière du pouvoir éclairant et de la bonne épuration du , de la Compagnie parisienne, par MM. J. Dumas et F. Régnault, 270 ( dessins sur bois ).
- — Sur les compagnies américaines de, 367.
- — Générateur à, alimenté par des hydrocarbures; système de M. Chandor, 381.
- — Procédé pour révéler les fuites de, par M. Ch. Fournier; rapport de M. Silbermann,522 (pl.229).
- — Moteur à, parM. Lenoir; rapport de M. Tresca, 577 (pl. 231).
- — Sur la présence du bisulfure de carbone dans le, par M. E. Herzog, 626.
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- — Appareil servant à la carburation du , par MM. Fiévet et comp., 634.
- — Auto-régulateur du, par M. Ed. Servier, 702.
- Gélatine. Note sur la, de Chine, par M. Li-
- powitz, 313.
- Glace. Sur un appareil propre à produire de la, par M. Carre, 42.
- Goémon. Décapage par l’acide chlorhydrique des roches couvertes de, par M. l'ingénieur Marin, 113.
- Goudron. Fabrication du, sulfuré, 374.
- Gravure. Planches de buis destinées à la, sur bois, par M. Ch. Idoux, 63.
- — Appareil électro-magnétique employé à la, des cylindres de cuivre pour l’impression des étoffes, par M. Gaiffe; communication de M. Th. du Moncel, 123.
- — Manuscrit traitant de la, chromatique sur ivoire, par M. L. Th. Maurisset ; rapport de M. Albert Barre, 148. — Choix de l’ivoire; vernis, 149. — Mordants, morsure, ib. — Décalque, 150.— Couleurs dont les résultats sont certains, ib.—Action des acides sur l’ivoire, 153. — Imitation des dessins en relief des porcelaines du Japon, ib. — Gravure à effet (relief et taille-douce combinés), ib. — Gra,vure à tailles noires recouvertes et coloriées par des aplats de couleur, 154. — Imitation de bas-relief en ébène sur l’ivoire, ib. — Fond damassé pour jetons et fiches gravés en taille-douce sur ivoire, 155. — Attention qu’il faut apporter quand on défonce une pièce en creux pour obtenir beaucoup de relief, ib.— Couleur sur couleur pour taille-douce, 156. — Outillage, ib.
- Greffe. Emploi du silicate soluble de soude pour la, des arbres, parM. Roessler, 250.
- Grenier mobile. Système de, par M. d’Auxy; rapport de M. Benoît, 641 (pl. 233).
- Guano. Fragment d’un mémoire sur les gisements de, dans les îlots et sur les côtes de l’océan Pacifique, par M. Boussingault, 90.
- Gutta-pereha. Note sur les modifications éprouvées par la, par M. Hofmann,, 58.
- Horlogerie. Statistique de T, des montres à Besançon, 119.
- — Régulateur solaire pour 1’, par M. Grandperrin,
- 318.
- — Sur le spiral réglant des chronomètres et des montres, par M. Phillips, 657 (dessins sur bois).
- Houblon. Ligneux extrait de la plante du, par M. Picard (Barthélemy), 190.
- Houille. Quantités de, et de coke entrées à Londres en 1860, 117.
- — Moyen d’éteindre promptement la, enflammée, 574.
- — Produits extraits de la, par la Société de carbonisation des bassins houillers de la Loire, du Rhône et de la Saône, 703.
- Huiles. Sur les, minérales de l’Amérique septentrionale, 115, 560.
- — Epuration des, de graines, 314.
- 1.
- Imperméabilisation. Procédé d’, des cordages, par M. Grenier, 117.
- — Pâte produisant F, et l’incombustibilité du bois et du carton, par M. Gutmann, 635
- Impression. Nouveau système d’, des gravures en taille-douce, par M. Chazelle; rapport de M. Th. du Moncel, 513 (pl. 228).
- Impression des tissus. Fabrication d’un bleu-pourpre d’indigo pour la teinture et 1’, par M. John Henry Johnson, 50.
- — Procédé héliographique d’, tels que coton, laine, soie, fil, mousseline, ainsique du bois, du marbre et autres surfaces, par MM. Dreyfus et Werth, 118.
- — Ouvrage sur i’, par M. Kœppelin; rapport de M. Salvétat., 215.
- — Application de l’acide hydrofluosilicique à la teinture et a F, par MM. Rousseau, 565.
- Indigo. Fabrication du bleu pourpre d’, pour la teinture et l’impression, par M. John Henry Johnson, 50.
- — Perfectionnement dans la préparation de F, par M. August Leonhardt, 627.
- — Moyen simple d’empêcher l’efflorescence du carmin d’, pendant sa dessiccation, par M. Pohl, 696.
- Injecteur. Notice théorique et pratique sur F, automoteur, par M. Giffard; extrait par M. Corn-
- * bes, 216 (pl. 221 et dessins sur bois).
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- — Expériences sur T, de M. Giffard, par M. De-loy, 238 ( pl. 221 ).
- — Autres expériences sur le même, par M. Vil-tiers, 335.
- Ivoire. Gravure chromatique sur, par L. Th. Maurisset ; rapport de M. Albert Barre, 148.
- J.
- Jets d’eau. Application de la dioptrique aux, pour les rendre lumineux pendant la nuit, par M. Ch. Delaporte, 380.
- L.
- labourage. Concours de, à vapeur de Leeds (Angleterre) ; communication de M. Hervé Man-gon, 510.
- Laine. Du commerce, du peignage et de la filature de la, mérinos en Russie ; communication par M. Jourdier, 440.
- — Discussion des procédés employés pour blanchir les tissus de, au moyen de l'acide sulfureux, par M. G. Leuchs, 486. — Composition de la laine et des poils, 487. — Désuintage, 448. — Blanchiment proprement dit, ib.~Réactions pendant le désuintage, 489. — Réactions pendant le blanchiment, 490. — Examen des phénomènes qui se produisent, pendant l’action de l’acide sulfureux, sur les roses, les œillets, l’indigo, etc., 491. — Discussion de cette théorie par rapport à la laine, 492. —Extraction de la matière colorante en combinaison avec l’acide sulfureux, 494. — Résumé, 495.
- — Composition de la, débarrassée du suint, par M. Scherer, 487.
- — Sur les moyens d’essayer la, d’alpaga, par M. Schwartz, 571.
- — Machine à laver la, par M. Crubellier, 733.
- Lait. Sur la falsification du, par le borax, par
- M. Kletzinsky, 574.
- Laminoirs. Système de, par M. /. B. Vin,
- 124.
- Lampe. Cheminée de, par M. E. HautefeuilU, 62.
- — Nouvelles expériences avec la, électrique de M. Serrin, 181. — Rapport de M. Le Roux, 647 (pl. 234).
- — Système de, électrique au mercure, par M. Way, 186.
- — Système de bec de, pour brûler l’huile de résine, par MM. Laporte et Barastier, 319.
- — A trois mèches, par MM. Sibillat et Gauthier, 253. — Rapport de M. Silbermann, 645.
- — Modification apportée dans la construction de la, modérateur, par M. Boulanger; rapport de M. de Silvestre, 330.
- — Verre de, ovoïde, par M. Troccon, 381.
- — Système de, sous-marine, par M. Cabirol, 732.
- Lettre. De M. Christofle, membre du Conseil,
- offrant un prix de 500 fr. destiné aux écoles de dessin, 251.
- Léviathan. Sur le second voyage du ( Great Eastern), à New-York, 371.
- Librairie. Renseignements sur le commerce de la, en Angleterre, 364.
- Liège. De la culture et de la récolte du, en Algérie, par M. Gaultier de Claubry, 102.
- Liste des nouveaux membres français et étrangers admis, en 1861, à faire partie de la Société, 737.
- M.
- Maeliiaie. Système de, à fendre les cuirs en tripe, par M. F. Martin et comp., 61.
- — à fabriquer les tonneaux, par M. David (Claude), %b.
- — Système de, dite à levier, par MM. Bluzart, Rivière et Aleysson, 87.
- — à faucher de Wood; observations par M. le général Morin, 111.
- — à coudre ( système à deux fils de Grover et Baker), perfectionnée et construite par M. Goodwin, 164 (pl. 218). — Autre système, par M. Jour-neaux-Leblond, 733.
- — à tourner les bois, par M. Saert, 191.
- — à filer, tisser et préparer les fils, par M. François Durand, 444.
- — à trancher et à tourner la pierre, par M. Roussel, ib.
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- — à dessiner, par M. L. Vigreux; rapport de M. Benoit,, 603 (pi. 232).
- — à triturer, par M. Minich, 635.
- — à scier le bois en grume, par M. Cochot, 636.
- — à produire des fonds unis ou moirés, par M. Anatole Fichet, 636.
- — à faire la tapisserie nuancée, par Mme Hel-bronner, 636.
- — à fabriquer les orifices des becs de clarinette, par M. Crubellier, 733.
- Machines à vapcui*. Modérateur à bras croisés pour, par MM. Farcot et fils; rapport de M. Tresca, 4 ( pl. 212 ).
- — Fixation de la puissance du cheval-vapeur en Autriche, 187.
- — Système de, à rotation directe, par M. J. Bre-tonnière, 251.
- Machines loeomobiles. Système de, par M. Cochot [Auguste ), 319.
- Manuscrits. De l’emploi du carbone comme agent conservateur des, par M. John Spiller, 51.
- Mastic. Préparation d’un, pour sceller les chaudières, par M. Harnelin, 376.
- Médailles. Sur les différences remarquables observées entre les dimensions des, frappées ou fondues dans les mêmes matrices, mais avec divers métaux, par M. Dove, 188.
- Mercure. Sur le commerce du, 376.
- Meunerie. Système d’aération gradué, par M. Perrigault, 253.
- Mines. Découverte de, d'argent en Californie,
- 183.
- — Sur les, de cuivre d’Acton ( Canada ), par M. Gauldrée-Boilleau, 369.
- Moteur. Appareil, au moyen du poids de l’homme, par M. de Salicis, 446.
- — Système de, à gaz, par M. Lenoir; rapport de M. Tresca, 577 (pl. 231).
- — Levier, à engrenages, par M. P. Condor, 733.
- Moulage. Nouvelle application de, par M. Stahl;
- rapport de M. Duchesne, 267.
- — Appareil mécanique pour le, des pâtes céramiques par M. Bellay; rapport de M. Salvétat, 393 (pl. 224).
- Murexide. Teinture de la soie en rouge de, 182.
- — Moyen d’affranchir de mercure les étoffes teintes avec la, par M. Spiller, 315.
- N.
- Navire. Action destructive du minium sur la carène d’un, en fer; lettre de M. Jouvin à M. Dumas, 179.
- — Sur le second voyage à New-York du, le Great Eastern ( Leviathan), 371.
- — Sauvetage du, le Phase, paquebot à vapeur en fer de 370 chevaux, par M. Delacour, s.-ingénieur de la marine, 540 (pl. 230).
- Nécrologie. Mort de M. Vauvilliers, membre de la commission des fonds de la Société, 446.
- — Mort de M. Jobard, membre correspondant de la Société, à Bruxelles, 701.
- — Mort de M. Levol, membre du comité des arts chimiques, 733.
- — Mort de M. Boulard, membre de la commission des fonds, 733.
- Nerprun. Recherches sur les matières colorantes des baies du, des teinturiers et sur plusieurs rapports généraux existant entre les prin cipes colorants jaunes, par M. Bolley, 54.
- Nettoyage. Procédé de, de la toile métallique, dans les machines à fabriquer le papier, 501.
- — Recette pour le, des figures en plâtre, 575.
- Nickel. Création d’une monnaie de, en Belgique,
- 632.
- Nicotine. Neutralisation de la, contenue dans la fumée de tabac, au moyen d’une préparation particulière de coton, imaginée par M. Ferrier; rapport de M. Cahours, 391.
- Niveau. Système de, de pente, par M. Ribot; rapport de M. Benoît, 321 ( dessin sur bois ).
- — Construction d’un, en caoutchouc, 574.
- O.
- Opium. Sur l’impureté de 1’, de Perse, par M. Reveil, 191.
- Or. De la dissémination naturelle de 1’, par M. Eckfeldt, 625.
- — Procédé pour préparer 1’, faux en poudre, par M. Brandeis, 693.
- OrseàSSe. Sur la préparation de T, par M. Gaultier de Claubry, 686.
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- Ouvrages nouveaux. Sur la maladie des plantes alimentaires, par M. Hamel, 61.
- — Rapport à l’Empereur sur les travaux entrepris par ses ordres pour introduire le ver à soie de l’ailante en France et en Algérie, par M. Guérin-Méneville, 62.
- — Avenir de l’exploitation des mines métalliques en France, par M. Petitgand, 127.
- — Culture de la vigne et vinification, par M. Jules Guyot ( 2e édit. ), ib.
- — Mémoire sur l’emploi de la main-d’œuvre dans l’industrie, par M. H. Hamers, ib.
- — Fabrication des tissus imprimés, par M. Kœppe-Un; rapport de M. Salvèial, 215.
- — Compte rendu de l’exposition universelle de Besançon, par M. Ch. Joubert, 255.
- — Les inventeurs et la loi des États-Unis modifiée; traduction de M. E. Barrault, 255.
- — Rapport général sur les travaux du conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine, par M. Adolphe Trébuchet, 256.
- — Traité de cinématique, par M. Ch. Laboulaye (2e édit.), ib.
- — Voyage agronomique en Russie, par M. Jour-dier, ib.
- — Le Teinturier au xixe siècle, par M. Grison, 320.
- — Nouvelles Manipulations chimiques simplifiées, par M. Henri 'Violette ; rapport de M. Gaultier de Claubry, 594.
- — Chimie photographique par MM. Barreswil et Davanne, 2 édition, 702.
- — Traité complet de la distillation, par M. Payen, 2e édition, 702.
- — Aide-mémoire du cultivateur, par M. Barrai, 2e édition, 702.
- — Almanach des progrès de l’industrie et de l'agriculture, par M. Ch. Laboulaye, 702.
- — Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts industriels, par M. J. Girardin, 4e édition, 703.
- — Mémoire sur la densité, la dilatation, le point d’ébullition, etc., de l’alcool, par M. E. H. F on Baumhauer, 726.
- — Mémoire sur la colique de plomb chez les ouvriers émailleurs en fer, etc., par M. Duchesne, 732.
- — De la culture du coton en Algérie, par M. Cler-geaud, 736.
- P.
- Panification. Rapport de la sous-commission des procédés de, à S. Exc. le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics sur les procédés Mège-Mouriès, par M. le colonel Favé, 21. — Instruction pratique pour l’application des procédés Mège-Mouriès, 35.
- — Système de, par M. Dauglish; communication de M. Barrai, 125. — Note sur ce système, par M. W. Odling, 332.
- Papier. Fabrication d’un, à cigarettes avec la feuille du tabac, par MM. Michel, Amèdée Cheminot et comp., 190.
- — Fabrication de, avec le blé indien, par M. Mo-ritz Diamant, 376.
- — Préparation du, avec les rondelles de bois converties en glucose, par MM. Machard et Bachet, 381.
- — De l’industrie du, en Russie, 632.
- Paraffine. Sur l’histoire de la, par M. Charles
- Tomlinson, 277.
- Paratonnerres. Sur l’emploi des fils de fer galvanisés pour la construction des conducteurs de, par M. C. Kuhn, 310.
- Parfumerie. Purification du saindoux pour la,
- 316.
- Peinture. Procédé de, sans essence, par M. Dorange; rapport de M. A. Chevallier, 211.
- — Reproduction mécanique des tableaux de, à l’huile, par M. Méresse; rapport de M. Salvétat, 323.
- Perles. Sur le blanc d’ablettes qui sert à la fabrication des, fausses, par M. Barreswil, 634.
- Phosphore. Traitement d’une brûlure produite par le, 375.
- Photographie. Application de la, aux opérations topographiques par M. Chevallier ; rapport de M. Benoît, 81 ( pl. 215 ).
- ~ Impression en, sur tissus tels que coton, laine, soie, fil, mousseline, ainsi que sur bois, marbre et autres surfaces, par MM. Dreyfus et Werih, 118.
- — Note sur l’action de la lumière sur un mélange de perchlorure de fer et d’acide tartrique, par M. Poitevin, 174.
- — Communication de M. Bertsch au sujet des épreuves de, obtenues d’abord avec des objectifs à court foyer et grandies ensuite avec un
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- appareil spécial, 381, 533 (dessins sur bois).
- — Cinquième mémoire sur une action de la lumière inconnue jusqu’ici, par M. Niepce de Saint-Victor, 499.
- Pianos. Note de M. Tresca au sujet de l’atelier de fabrication des, de Mme Erard, 9.
- — Système de, avec harmoniums réunis, par M. Duplan, 252.
- Platine. Sur la dissolution du, dans l’eau régale, par M. Dullo, 248.
- — De la métallurgie du, et des métaux qui l’accompagnent, par MM. H. Sainte-Claire Deville et H. Debray, 415 (pl. 225). — Méthode de coupellation sur une échelle moyenne, appliquée aux minerais de l’Oural, ib. — Méthode de coupellation sur une grande échelle, 422. — Fusion directe des minerais de platine, 425. —Traitement des minerais par voie mixte, 426. — Iridium, 427. — Traitement du platine des anciennes monnaies russes, 429. — Préparation de l’oxygène et de l’hydrogène, 431. —- Résumé et conclusions, 439.
- — Moyen d’appliquer sur la porcelaine de fortes couches de, par M. Elsner, 576.
- Plomb. Sur l’emploi du sulfate de, produit dans les fabriques d’indiennes, par M. Wichmann, 56.
- — Procédé de purification du, du commerce, par M. William Baker, 370.
- Polissage. Machine pour effectuer le, des pla-3* ques de photographie, par M. Richardin; rapport de M. Amédée-Durand, 11 ( pl. 213 ).
- Pompe. Système de, atmosphérique, par M. Georges, 61.
- — Autre système de, par M. Ménard-Laurent, 124.
- — Nouvelle, à soufflets, de MM. Lasserre et DU-laye; rapport de M. Tresca,, 139. ,
- — Système de, foulante et aspirante, par M. Aubry, 446.
- Pont. Détails sur le, tubulaire Victoria de Montréal ( Canada ), 120.
- — Projet d’un, suspendu gigantesque, par M. W. Barlow, 363.
- — Nouveau système de fonçage des piles tubulaires de, au moyen de l’air comprimé, par MM. Castor et Hersent, 628.
- Porcelaine. Tour à guillocher pour la décora-
- • tion de la, par M. Daniel, 124.
- — Dorure brillante sur, sans brunissage, par MM. Dulertre ; rapport de M. Salvétat, 129.
- Tome VIII. — 60e année. 2e série.
- — Moyen d’appliquer sur la, de fortes couches de platine, par M. Elsner, 576.
- Poudres. Mémoire sur les, de guerre, de mine et de chasse, par M. Melsens, 192.
- Poulailler. Système de, roulant, par M. Giot; rapport de M. Huzard, 531.
- Presse. Système de, à genoux, par M. Samain; rapport de M. Tresca, 457 (pl. 227).
- — à copier, par M. Filliette; communication de M. Tresca, 510.
- — Nouveau système de, pour la gravure en taille-douce, par M. Chazelle ; rapport de M. Th. du Moncel, 513 (pl. 228).
- Prêts. Rapport à l’Empereur au nom de la commission instituée pour statuer sur les, à l’industrie, par M. E. Boinvilliers, 243.
- Priorité. Réclamation de, au sujet du barillet à vapeur de M. Desnos, de Nancy, par M. de Buzonnières, 251.
- — Réclamation de, au sujet du moteur à gaz de M. Lenoir, adressée par M. Degrand, 319, 590.
- Prix. Somme de 200 fr. offerte en, par MM. Bros-setle et comp., 62. — Accordé au jeune Ber-teaux de l’institution de M. Lequien fils sur le rapport de M. Albert Barre, 318.
- — de 500 fr. offert par M. Cristofle, membre du Conseil, pour être décerné aux écoles de dessin, 251.
- — Liste des, proposés par la Société industrielle de Mulhouse, pour être décernés en mai 1862, 503.
- Procès-verbaux des séances du Conseil d’administration.—Séance ordinaire du 16 janvier 1861, 61; — du 30 janvier, 63;— du 13 février, 122; — du 27 février, 123; — du 13 mars, 189; — du 27 mars, 191 ; — du 10 avril, 250; — du 24 avril, 252; — du 5 juin, 380;—du 19 juin, 381; —du 3 juillet, 444; — du 17 juillet, 446; — du 31 juillet, 509; — du 14 août, 634; — du 23 octobre, 636; — du 6 novembre, 701; — du 20 novembre, 703; — du 4 décembre, 731 ; — du 18 décembre, 732.
- Puits artésien. Forage d’un, à Wolverhamp-ton (Angleterre ), par M. J. F. Bateman, 362.
- — Sur le, de Passy, par M. Dumas, 543.
- Pyromètre. Construction d’un nouveau, par
- M. A. Nobel, 730.
- — Décembre 1861.
- 96
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- R.
- Réfrigération. Sur un appareil de, par M Carré, 42.
- — Autre appareil de, par M. Toselli, 446. Résine. Exploitation de la, du lentisque dans
- Eile de Chio, 364.
- — Influence de la, sur la fermentation alcoolique, par M. Leuchs, 694.
- Bouleau eoiugiresseur. Système de, mû par la vapeur, par M. Lemoine; communication de M. Combes, secrétaire, 123.
- S.
- Sae. Système de, pour faire manger l’avoine aux chevaux, par Mme Ve Defavre; rapport de M. Euzard, 465.
- — Système de, dit musette, par M. Loignon-Casse, 732.
- Saindoux. Purification du, pour la parfumerie,
- 316.
- Sauvetage. De la balistique des projectiles porte-amarres dans les appareils de, pour les naufragés, par M. E. Tremblay, 294.
- — Note sur le, du Phase, paquebot en fer de 370 chevaux, par M. Delacour, s.-ingénieur de la marine, 540 (pl. 230).
- Savon. Fabrication de, fin, par M. Eckstein,
- 316.
- — Préparation d’un, à dégraisser, par MM. Teysson et Rivoire, 564.
- — Fabrique du, dit de Marseille, par MM. Auguste Gontard et Schmidt, 635.
- SceSleanesat. Sur le, des barres de fer dans la pierre, 315.
- Sciage. Remarques sur le sens selon lequel on doit pratiquer le, des troncs d’arbres pour que les planches se tourmentent peu, 312.
- — Machine pour le, du bois en grume, par M. A. Cochot, 636.
- Sellerie. Articles de, par M. Leroux, 318. Sériciculture. Procédé contre la pébrine des vers à soie, par M. Th. Coupier, 116.
- — Note sur l’observation microscopique des grai-
- nes de vers à soie avant et pendant l’incubation, par MM. Lallemand et Sirodot, 177.
- — Mémoire relatif à l’éducation du ver à soie de l'ail ante, par M. Guérin-Méneville ; rapport de M. Huzard, 325.— La chenille de l’ailante s’acclimate très-bien en France et en Algérie, ib. — L’ailante est déjà acclimaté en France et en Algérie, 328. — Le cocon peut fournir une bonne matière textile, ib. — L’élevage de la chenille de l’ailante peut être avantageux aux cultivateurs, 329.
- — Du dévidage en soie grège du cocon du ver à soie de l’ailante, par M. Guérin-Méneville, 734.
- Serrure. Système de, de sûreté, par M. Emile Petit; rapport de M. Eug. Pihet, 131 (pl. 216).
- Sirops. Système de saturation par l’acide carbonique des jus sucrés et des, traités par la chaux, par M. Ozouf; rapport de M. Gaultier de Ctau-bry, 193 ( pl. 219 ).
- Soude. Perfectionnements dans la fabrication du carbonate de, et utilisation des résidus provenant de cette fabrication, par M. William Hunt, 49.
- — Emploi du silicate soluble de, pour la greffe des arbres, par M. Roessler, 250.
- — Sur le borate double de, et de chaux du Pérou dit tinkalzite, par M. Salvétat, 360.
- — Sur l’exploitation du nitrate de, naturel du Pérou, 562.
- — Sur la solution de créosote dans le carbonate de, employée à la conservation des bois, des toiles à voiles et des cordages, par M. Fohl, 690.
- — Emploi de l’hyposulfite de, pour extraire l’argent des minerais, par M. E. Vogel, 694.
- Soudure. De la, à l’aide du chlorure de zinc, par M. Scheefer, 315.
- — Perfectionnements à la, de l’aluminium, par M. Mourey, 702.
- — Emploi du cyanure de potassium pour la, des métaux, par M. Vogel, 729.
- Soufre. Mémoire sur un nouveau procédé de dosage du, contenu dans les pyrites de fer et de cuivre, par M. J. Pelouze, 675.
- Statistique. Note sur la, de l’horlogerie des montres à Besançon, 119.
- — Étude de, sur l’arrondissement de Valenciennes et considérations sur son état ancien et moderne et sur ses progrès au xixe siècle, par M. Victor de Courmaceul; rapport de M. Maurice Bloch, 268.
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- c 7f>;
- — Renseignements de, sur le commerce de la librairie en Angleterre, 364.
- — Sur la production des combustibles minéraux en 1858 dans le monde entier, 368.
- — Sur le commerce du mercure, 376.
- — Sur la production du sel (chlorure de sodium), dans le Royaume-Uni, 655.
- — Sur la filature du coton dans le Massachussets. 730.
- Statue. Inauguration de la, du baron Thénard, à Sens, 403. — Discours prononcé par M. Dumas au nom du ministre de l’instruction publique, 404. — Discours de M. Barrai au nom de la Société d’encouragement, 412.
- Stéatite. Applications industrielles de la, par M. Schwartz, 501.
- Stéréoscope. Systèmes de, par M. Philippe Benoist; rapport de M. Th. du Moncel, 198.
- Sucre. Sur un procédé de fabrication du, de betterave. par M. Émile Rousseau, 46.
- — Travaux de M. Crespel-Dellisse relatifs à la fabrication du, de betterave ; rapport de M. Barrai, 65.
- — Système de saturation par l’acide carbonique des jus traités par la chaux et destinés à la fabrication du, par M. Ozouf; rapport de M. Gaultier de Claubry, 193 (pi. 219).
- Suint. Expériences sur la composition du, des laines, par M. Chevreul, 487.
- T.
- Tabac. Observations de M. Barrai sur la fumée de, 122.
- — Papier à cigarettes, fabriqué avec la feuille du, par MM. Michel, Amédée Cheminot et comp., 190.
- — Préparation particulière de coton pour neutraliser la nicotine contenue dans la fumée de, par M. Ferrier; rapport de M. Cahours, 391.
- Table île Pyiliagore. Système de, latente, par M. Philippe Benoist ; rapport de M. Benoît, 528 (pl. 229).
- Tau. Industrie des écorces à, aux États-Unis, 182.
- Tannage. Système de, des cuirs, par M. Pa-teau (Thomas), 733.
- Tapis. Fabrication de, et chaussons, au moyen d’un système spécial, par MM. Imbs, 444.
- 3 )
- Tapisserie. Machine à faire la, nuancée, par Mme Helbronner, 636.
- Teinture. Fabrication d’un bleu-pourpre d’indigo pour la, et l’impression, par M. John Henry Johnson, 50.
- — Procédé de, de la soie en rouge murexide, 182.
- — Moyen d’affranchir de mercure les étoffes dans la, par la murexide, par M. Spiller, 315.
- — Recherches expérimentales propres à établir la théorie de la, par M. Chevreul, 354.
- — Production d’une nouvelle couleur pour la, dite bleu de Paris, par MM. Persoz, F. de Luynes et Salvélat, 558.
- — Application de l’acide hydrofluosilicique pour la, et l’impression des tissus, par MM. Rousseau, 565.
- Télégraphie électrique. Système de sonnerie de, par M. Aubine; rapport de M. Th. du Moncel, 15 ( pl. 214 ).
- — Appareil de, par MM. André Hermann et comp., 63.
- — Établissement, à Londres, d’un service urbain de, 181.
- — Fabrication de câbles sous-marins pour la, par M. Johnson, 729.
- Tissage. Nouveau système de métier de, par M. Durupfry, 251.
- Tissus. Méthode pour distinguer les fils différents dans les, mêlés, par M. Ziurek, 568.
- Toiles métalliques. Emploi des, pour arrêter la propagation des flammes et leur application à certaines industries, parM. Surniay; rapport de M. L. Molinos, 401.
- — Nettoyage des, dans les machines à fabriquer le papier/501.
- Toiture. Verres pour, fabriqués par la Compagnie de Saint-Gobain; rapport de M. Salvétat, 264.
- Tonneaux. Appareils pour la fabrication des, par M. David { Claude ), 61.
- •— Instrument pour déterminer l’angle de joint des douves des, par M. Vattier, 319.
- — Système de, rendant impossible le coulage des liquides, par M. Carie, 447.
- — Appareil à supporter les, dans les caves pour le soutirage des liquides, par M. Barre (Auguste), 731.
- Topographie. Planchette photographique pour la, par M. Chevallier ; rapport de M. Benoît, 81 (pl. 215).
- — Échelle-rapporteur à boussole pour la, par
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- M. Trinquier; rapport de M. Benoît, 203 (pl.
- 220).
- Tuyaux. Étamage intérieur et extérieur des, en plomb, par M. Ch. Sebille; rapport de M. Gaultier de Claubry, 440 (pl. 226).
- V.
- Vapeur. Recherches expérimentales sur la densité de la, d’eau à toute température, par MM. W. Fairbairn et T. Taie, 496.
- — Emploi de la, pour éteindre les incendies, par M. Alexandre Lelandais, 637.
- Ventilateur. Système de, dit fumifuge, pour activer le tirage des cheminées, par M. Ch. Venant; rapport de M. Molinos, 201 (dessin sur bois). *
- Vernis. Préparation d’un, au caoutchouc, par M. Bolley, 249.
- Verre. Fabrication d’un, ardent de grande dimension, par M. Brettel, 60.
- — Fabrication de, pour toiture, par la Compagnie de Saint-Gobain; rapport de M. Salvétat, 264.
- Vers à soie. ( Voy. Sériciculture. )
- Vert. Substitution du, d’hydrate d’oxyde de
- chrome à celui de Schweinfurt, pour la fabrication des tissus et tapis, par M. Meyer, 575. Vigne. Observation sur la maladie de la, par M. Cabieu, 252.
- — Procédé curatif de la maladie de la, par M. Millot-Brulé, 320.
- — Moyen de guérir l’oïdium de la, par M. Lébreton, 509.
- — Méthode pour planter la, par M. Larisse, 638.
- — Système de régénération de la, par M. Reyde-morande, 701.
- — Procédé de guérison de la maladie de la, par M. Serre [Philippe), 733.
- Voiture. Système de, à voyageurs pour chemins de fer, par M. Leprevost, 251.
- — Moyeu en fonte pour roue de, par M. Jacquet,
- 317.
- Z.
- Zinc. Sur les matières étrangères qui se trouvent dans le, du commerce et dans le résidu de sa dissolution par les acides, par MM. Eliot et Storer, 679.
- *
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- TABLE DES PLANCHES ET DES DESSINS.
- PLANCHES.
- PI.
- PI.
- PI.
- PI.
- PI.
- PI.
- 212, double.
- 213, double.
- 214, simple.
- 215, double.
- 216, simple.
- 217, triple.
- PI. 218, double. PI. 219, triple.
- PI.
- PI.
- PL
- PL
- PI.
- 220, simple.
- 221, triple.
- 222, simple.
- 223, simple.
- 224, double.
- PL 225, triple.
- PL
- PL
- PL
- 226, double.
- 227, triple.
- 228, triple.
- PL 229, simple.
- PL
- PL
- PL
- PI.
- PL
- PL
- 230, triple.
- 231, triple.
- 232, simple,
- 233, simple,
- 234, simple
- 235, simple
- Pages.
- Modérateur à bras croisés, par MM. Farcot et fils. ..................... 10
- Polisseur mécanique pour la photographie, par M. Richardin.............. 13
- A, sonnerie télégraphique, par M. Auoine. B, appareil pour la fabrication des acides gras employés à l’éclairage, par M. de Milly............ 16
- Planchette photographique, par M. Chevallier............................ 85
- Serrure de sûreté, par M. Émile Petit. .............•................... 137
- Appareil pour la préparation des extraits pharmaceutiques au moyen du vide, et flacon pour la conservation de ces produits, par M. Berjot jeune. 146 Machine à coudre (système Grover et Baker) perfectionnée et construite par
- M. Goodwin...................................................; ' * ; ’ 167
- Appareil pour la saturation par l’acide carbonique des jus sucres et des
- sirops traités par la chaux, par M. Ozouf............................. *97
- Échelle-rapporteur à boussole, par M. Trinquier..........• •............207
- Applications de l’injecteur automoteur de M. Giffard, et expériences relatives à cet appareil.................................;................‘ " ^
- Mécanisme propre à mouvoir les balanciers, par M. Cheret................ 2b*2
- Fusil de chasse se chargeant par la culasse, par M. Lenoir..............389
- A, appareil mécanique à mouler les pâtes céramiques, par M. Bellay.
- B, appareils gazogènes, par M. Warker....................• • • ; • •
- Métallurgie du platine et des métaux qui l’accompagnent, par M. H. bamte-
- Claire Deville et H. Debray..........................................
- Fabrication des tuyaux en plomb étamé, par M. Ch. Sebille...............
- Presse à genoux, par M. Samain...........• • • • ; • ..........* ’ ‘ *
- Nouveau système de presse pour l’impression en taille-douce, parM. Chaule.....................................................................
- A, révélateur des fuites de gaz, par M. Ch. Fournier. — B, table de Pytha-
- gore latente, par M. Philippe Benoist.................................. -
- Sauvetage du Phase, paquebot en fer de 370 chevaux...................... 541
- Moteur à gaz, par M. Lenoir. ...........................................
- Machine a dessiner, par M. L. Vigreux..........................; : ' * ’
- A Grenier mobile, par M. d’Auxy. -B, appareil Bessemer pour 1 affinage
- ’ ........644
- de la fonte.....................................;/ ' ' ; ’
- Régulateur automatique de lumière électrique, par M. Sernn. ......
- Chronographe électrique, par M. Gloesener......................... . . .
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- DESSINS.
- Pages.
- Théorie de l’engrenage hyperboloïde, par M. J. B. Belanger. — 1 figure...................... 158
- Ventilateur fumifuge, par M. Ch. Venant. — 1 figure.........................................202
- Théorie de l’injecteur automoteur, de M. Giffard. — 2 figures. .............................228
- Appareils pour la vérification du pouvoir éclairant et de la bonne épuration du gaz. —
- 3 figures..................................................................... 272, 273 et 276
- Niveau de pente, par M. Ribot. — 1 figure...................................................322
- Théorie de l’amplification des épreuves photographiques, par M. Bertsch. —2 figures. 534 et 535 Appareil pour écrire en noir à l’usage des aveugles, par M. Duvignau. —
- 5 figures.............................................................. 598, 599, 600 et 601
- Mémoire sur le spiral réglant des chronomètres et des montres, par M. Phillips. —
- 5 figures.......................................................................... 657 et 659
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme V* BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L'ÉPERON, 5. — 1861.
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