Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- BULLETIN
- DE LA
- S. E. I. N.
- Bibliothèque
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE
- ,0-ÿ
- s 5
- PUBLIÉ
- SOUS LA DIRECTION DES SECRÉTAIRES DE LA SOCIÉTÉ
- MM. E. PELIGOT & COLLIGNON
- QUATRIÈME SÉRIE. — TOME IV. — 1889
- Pour faire partie de la Société, il faut être présenté par un membre et être nommé par le Conseil d’administration
- (Extrait du Reglement.)
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- PARIS
- SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ, RUE DE RENNES, 44
- 1889
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- SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ
- Communications, dépôts, renseignements, abonnements au Bulletin tous les jours, de 1 à 4 heures.
- RÉDACTION DU BULLETIN
- Renseignements tous les jours, de 1 à 4 heures.
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- 88" ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- JANVIER 1889.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR IUINDUSTRIE NATIONALE
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES ET DES MEMBRES HONORAIRES ARRÊTÉE DANS LA SÉANCE DES ÉLECTIONS DU 28 DÉCEMBRE 1888
- pour l’année 1889
- BUREAU.
- Arméo de lVntrée nu Conseil.
- Président.
- ^8(19, _ Haton de la Goupillière (O. #), membre de l’Institut, directeur de l'École nationale supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60.
- Vice-présidents.
- 1862. — De Luynes (#•), professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue de Vau-girard, 61.
- 1866. — Tisserand (G. O. #), conseiller d’État, directeur au Ministère de l’agriculture, rue du Cirque, 17.
- 1872. — Troost (O. #), membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences, rue Bonaparte, 84.
- 1876. — Sebert(C. #), colonel de l'artillerie de marine, directeur du laboratoire central, inspecteur des fabrications d’artillerie (ministère de la marine), rue de la Cerisaie, 13.
- Secrétaires.
- 1836. — Peligot (E.) (G. 0. #), membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers, quai Conti, 11.
- 1876. — Collignon (Ed.) (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, inspecteur de l’École des ponts et chaussées, rue des Saints-Pères, 28.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1889.
- Année de l’entrée au Conseil.
- Trésorier.
- 1868. — Goupil de Préfeln (#), rue des Mathurins, 30.
- Censeurs.
- 1864. — Legrand (Al.), vice-secrétaire de la Société des amis des sciences, avenue des Champs-Élysées, 37.
- 1884. — Bordet, inspecteur des finances, ancien élève de l’École polytechnique, boulevard Saint-Germain, 181.
- Membres honoraires du bureau.
- 1846. — Becquerel (Ed.) (G. #), membre de l’Institut, professeur-administrateur au Muséum d’histoire naturelle et professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue Cuvier, 57. Président honoraire.
- 1864. — Lavollée (Ch.) (#), rue de Passy, 78. Vice-président honoraire.
- Commission des fonds.
- 1864. — Legrand (AL), vice-secrétaire de la Société des amis des sciences, avenue des Champs-Élysées, 37.
- 1868. — Goupil de Préfeln (&), rue des Mathurins, 30.
- 1873. — Mengin-Lecreulx (G. 0. *fc), général de division, rue de Yaugirard, 58.
- 1876. — Bischoffsheim (#), ingénieur civil, rue Taitbout, 3.
- 1879. — Fourcade (0. #), ancien manufacturier, ancien membre de la Chambre de commerce de Paris, rue d’Amsterdam, 67.
- 1884. — Lutsciier, ancien banquier, place Malesherbes, 22.
- 1884. —Bordet, inspecteur des finances, ancien élève de l’École polytechnique, boulevard Saint-Germain, 181.
- 1887. —Pereire (Henry), ingénieur des arts et manufactures, boulevard de Gour-
- celles, 33.
- 1888. — Fouret, examinateur d’admission à l’École polytechnique, rue Washington, 16.
- Comité des arts mécaniques.
- 1867. — Lecoeuvre (P.) (#), ingénieur, ancien professeur à l’École centrale des arts et manufactures, boulevard Voltaire, 62.
- 1869. — Haton de la Goupillière (O. <fc), membre de l’Institut, directeur de l’École
- supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60.
- 1876. — Pierre (A.-C.-P.) (C. #), colonel d’artillerie en retraite, rue de Varennes, 14. 1850. — Collignon (Ed.) (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, inspecteur de
- l’École des ponts et chaussées, rue des Saints-Pères, 28.
- 1877. —Goulier (C.-M.) (C. #), colonel du génie en retraite, rue d’Estrées, 6.
- 1877. — Boutillier (ÿjf), ingénieur en chef, professeur à l’École des ponts et chaussées et à l’École centrale des arts et manufactures, rue de Madrid, 24.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ----- JANVIER 1889. 5
- Année de l’entrée au Conseil.
- 1878. —De Comberousse (Ch.) (&), ingénieur, professeur au Conservatoire des arts
- et métiers et à l’École centrale des arts et manufactures, rue Saint-Lazare, 94.
- 1879. — Redier (O. #), horloger-mécanicien, cour des Petites-Écuries, 8.
- 1881. — Simon (Ed.), ingénieur, boulevard Arago, 78.
- 1884. — Lévy (Maurice) (O. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France et à l’École centrale, boulevard Saint-Germain, 258.
- 1884. — Brüll, ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, boulevard Maies-
- herbes, 117.
- 1885. — Tresca (Alfred), professeur à l’École centrale des arts et manufactures, pro-
- fesseur à l’Institut national agronomique, rue Turbigo, 57.
- 1886. — Farcot (Joseph) (O. #), constructeur-mécanicien, avenue de la Gare, 13, à
- Saint-Ouen (Seine). .
- 1886. — Hirsch (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur au Conser-
- vatoire des arts et métiers, rue Castiglione, 1.
- 1887. —Gauthier-Yillars (O. #), imprimeur-éditeur, ancien élève de l’École poly-
- technique, quai des Augustins, 55.
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- Comité des arts chimiques.
- 1836. — Peligot (E.) (G. 0. *fc), membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers, quai Conti, 11.
- 1862. — De Luynes (Victor) (#), professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue de Yaugirard, 61.
- 1872. — Troost (0. #), membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences, rue Bonaparte, 84.
- 1876. —Schutzenberger (P.) (0. &), professeur au Collège de France, membre de l’Académie de médecine, rue Claude-Bernard, 53.
- 1876. — Girard (Aimé) (0. üfc), professeur au Conservatoire des arts et métiers et à l’Institut national agronomique, boulevard Henri IV, 44.
- 1876. — Bérard (E.-P.) (ifc), secrétaire du Comité consultatif des arts et manufactures, rue Casimir-Delavigne, 2.
- 1880. — Vincent (C.) (#), ingénieur, professeur à l’École centrale des arts et manufactures, boulevard Saint-Germain, 28.
- 1880. —Jungfleisch (#), professeur à l’École de pharmacie, membre de l’Académie de médecine, rue des Écoles, 38.
- 1883. —Carnot (Adolphe) (#), ingénieur en chef des mines, inspecteur de l’École
- nationale supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60.
- 1884. — Cailletet (#), membre de l’Institut, boulevard Saint-Michel, 75.
- 1885. — Le Chatelier (Henri) (#), ingénieur des mines, professeur à l’École natio-
- nale supérieure des mines, rue Notre-Dame-des-Champs, 73.
- 1885. —Biver (Hector) (#), administrateur de la Compagnie de Saint-Gobain, rue Meissonnier, 8.
- 1885. — Poirrier (#), manufacturier, président de la Chambre de commerce, rue La-fayette, 105.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1889.
- Année de l’entrée au Conseil.
- 1887. — Roussin (Z.) (#), ancien professeur à l’École du Val-de-Grâce, boulevard de la Tour-Maubourg, 48.
- 1887.—Vée (Amédée), fabricant de produits pharmaceutiques, rue Vieille-du-Temple, 24.
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- Comité des arts économiques.
- 1840. — Becquerel (E.) (G. #), membre de l’Institut, professeur-administrateur au Muséum d’histoire naturelle et professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue Cuvier, 57.
- 1861. — Le Roux (F.-P.) (#), examinateur d’entrée à l’École polytechnique, professeur
- à l’École de pharmacie, boulevard Montparnasse, 120.
- 1862. — Peligot (Henri) ($), ingénieur, rue Saint-Lazare, 43.
- 1866. — Bouilhet (Henri) (O. #), ingénieur-manufacturier, rue de Bondy, 56.
- 1876. — Paris (F.-E.) (G. C. #), vice-amiral, membre de l’Institut et du bureau des longitudes, au Louvre (musée de la marine), et rue Jacob, 22.
- 1876. — Rousselle (H.) (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, rue de Bellechasse, 72.
- 1876. — Fernet (E.) (0. #), inspecteur général de l’Instruction publique, rue de Mé-dicis, 9.
- 1876. — Sebert (H.) (O. #), colonel d’artillerie de marine, directeur du laboratoire central, inspecteur des fabrications de l’artillerie (ministère de la marine), rue de la Cerisaie, 13.
- 1883. —Bardy (&), directeur du laboratoire central des contributions indirectes, rue du Général-Foy, 26.
- 1883. — Mascart (O. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, directeur du bureau central météorologique, rue de l’Université, 176.
- 1883. — Laussedat (C. #), colonel du génie, directeur du Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin, 292.
- 1885. — Prunier (L.), professeur à l’École supérieure de pharmacie, boulevard de
- Port-Royal, 125.
- 1886. — Becquerel (Henri) (*fc), ingénieur des ponts et chaussées, professeur suppléant
- au Conservatoire des arts et métiers, rue Cuvier, 57.
- 1887. — Carpentier (&), ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, rue du
- Luxembourg, 34.
- 1888. — Raymond (#), directeur de l’École professionnelle supérieure des télégraphes,
- rue de Maubeuge, 23.
- 1888. — Mayer (O. #), ingénieur en chef conseil de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, rue Moncey, 9.
- Comité d’agriculture.
- 1864. — Boitel (A.) (C. #), inspecteur général de l’enseignement agricole, rue du Bac, 32. 1864. — Chatin (O. #), membre de l'Institut, rue de Rennes, 149.
- 1866. —Tisserand (Eug.) (G. O. #), conseiller d’État, directeur au ministère de l’agriculture, rue du Cirque, 17.
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- Année de l’entrée au Conseil.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- JANVIER 1889.
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- 1866. — Heuzé (G.) (0. #), inspecteur général honoraire de l’agriculture, rue Ber-thier, 27, à Versailles (Seine-et-Oise).
- 1869. — Hardy (A.) (0. #), directeur de l’École nationale d’horticulture, rue du Potager, 4, à Versailles (Seine-et-Oise).
- 1876. — Pasteur (L.) (G. G. #), membre de l’Institut, rue Dutot, 25.
- 1879. — Risler (0. #), directeur de l’Institut agronomique, rue de Rome, 35.
- 1879. — Schlqesing (0. &), membre de l’Institut, directeur de l’École d’application des
- manufactures de l’Etat, quai d’Orsay, 67.
- 1880. —Ronna (G. #), ingénieur civil, membre du Conseil supérieur de l’agriculture,
- rue de Grammont, 25, et Schwartzenberg platz, 3, à Vienne (Autriche).
- 1881. — Lavalard (Ed.) (0. #), membre du conseil supérieur de l’agriculture, maître
- de conférences à l’Institut national agronomique, rue Gounod, 8.
- 1882. — Muntz (Achille) (#), professeur à l’Institut national agronomique, rue de
- Condé, 14.
- 1882. — Prillieux (E.) (#), inspecteur général de l’enseignement agricole, professeur à l’Institut national agronomique, rue Cambacérès, 14.
- 1884. — Muret (#), membre de la Société nationale d’agriculture de France, place du
- Théâtre-Français, 4.
- 1885. —Le baron Thénard (Arnould), chimiste-agriculteur, place Saint-Sulpice, 6.
- 1888. — Liébaut (#), vice-président de la Chambre syndicale des ingénieurs constructeurs-mécaniciens, rue Galilée, 59.
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- Comité des constructions et des beaux-arts.
- 1876. — Bunel (H.) (#), ingénieur, architecte en chef de la préfecture de police, rue du Rocher, 67.
- 1876. — Davanne (#), président du comité d’administration de la Société française de photographie, rue Neuve-des-Petits-Champs, 82.
- 1876. — Dieterle (J.) (0. #), administrateur honoraire de la manufacture nationale de Beauvais, rue Pierre-Charron, 62.
- 1876. — Dufresne de Saint-Léon (comte) (0. #), inspecteur général de l’Université, rue Pierre-Charron, 61.
- 1876. — Guillaume (Eug.) (C. #), membre de l’Institut, rue de l’Université, 5.
- 1876. — Popelin (Claudius) (#), artiste peintre, rue de Téhéran, 7.
- 1876. — De Salverte (Georges) (#), maître des requêtes au Conseil d’État, avenue Marceau, 54.
- 1876. —Dumas (Ernest-J.-B.) (#), essayeur du bureau de la garantie de Paris, rue Guénégaud, 4.
- 1876. — Huet (E.) (0. #), inspecteur général des ponts et chaussées, sous-directeur des travaux de Paris, boulevard Raspail, 12.
- 1879. — Voisin Bey (0. #), inspecteur général des ponts et chaussées, rue Scribe, 3.
- 1879. — Rossigneux (Ch.) (#), architecte, quai d’Anjou, 23.
- 1884. — Schlemmer (0. #), inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, boulevard Saint-Germain, 70.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1889.
- Année
- de l'entrée
- au Conseil.
- 1885. — Armand-Dumaresq (O. #), artiste peintre, rue d’Offemont, 3.
- 1885. — Romilly (Félix de) (#), rue Bergère, 22.
- 1885. — Appert (Léon) (O. &), ingénieur-manufacturier, rue Boursault, 1.
- 1887. — Plon (#), imprimeur-éditeur, rue Garancière, 8.
- Comité du commerce.
- 1856. — Block (Maurice) (#), membre de l’Institut, rue de l’Assomption, 63, à Auteuil.
- 1858. — Rondot (Natalis) (O. #), délégué de la Chambre de commerce de Lyon, château de Chamblon, près d’Yverdon (Suisse).
- 1864. — Lavollée (Ch.) (#), rue de Passy, 78.
- 1866. — Legentil (A.-L.) (#), membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue de Paradis, 51.
- 1866. — Say (Léon), sénateur, membre de l’Institut, rue Fresnel, 21.
- 1869. — Ciiristofle (Paul) (0. #), manufacturier, rue deBondy, 56.
- 1869. — Roy (Gustave) (C. #), ancien président de la Chambre de commerce de Paris, membre du Comité consultatif des arts et manufactures, avenue Hoche, 1 bis.
- 1873. — Magnier (E.) (#), négociant, rue de l’Arcade, 16.
- 1877. — Daguin (J.-B.-E.) (0. *fr), ancien président du tribunal de commerce de la Seine, rue Castellane, 4.
- 1887. —Cheysson (0. &), ingénieur en chef des ponts et chaussées, boulevard Saint-Germain, 115.
- MEMBRES HONORAIRES.
- 1844. — Cahours (C. #), membre de l’Institut, boulevard Haussmann, 40.
- 1846. —Féray(E.)(C. &), sénateur, manufacturier, à Essonnes (Seine-et-Oise).
- 1855. — Phillips (E.) (0. #), membre de l’Institut, inspecteur général des mines, rue
- de Marignan, 27.
- 1856. —Trélat (Émile) (0. #), architecte, professeur au Conservatoire des arts et
- métiers, boulevard Montparnasse, 136.
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- SÉANCE GÉNÉRALE.
- JANVIER 1889.
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- SÉANCE GÉNÉRALE DU 28 DÉCEMBRE 1888
- PRÉSIDENCE DE M. BECQUEREL
- PRÉSIDENT, MEMBRE DE L’iNSTITUT
- La Société d’Encouragement pour l’industrie nationale a procédé, le 28dé-cembre 1888, en*séance générale, à la distribution des récompenses instituées par elle (prix et médailles).
- Le fauteuil de la présidence était occupé par M. Ed. Becquerel, président membre de l’Académie des sciences.
- A ses côtés siégeaient : MM. Haton de la Goupillière et Lavollée, vice-présidents, et M. Collignon, secrétaire, et MM. Guillaume, Fouret et Schlœ-sing, membres du Conseil.
- M. le Président ouvre la séance par la lecture d’un rapport de M. Fouret pour la commission des fonds et d’un rapport de M. Bordet pour les censeurs.
- M. le Président, à l’occasion de l’installation du buste de M. Dumas dans la salle des’séances, remercie M. Guillaume du don qu’il a fait à la Société de la reproduction galvanoplastique de ce buste et de la façade qui surmonte l’hôtel; puis il lui remet une médaille au nom du conseil.
- M. Schlœsing lit une notice sur les travaux de M. LIervé Mangon.
- Les récompenses sont ensuite distribuées.
- La Société étant réunie en assemblée générale pour procéder une seconde fois aux élections du bureau de 1889 et ratifier les élections faites depuis la précédente assemblée générale, la séance est terminée par le dépouillement du scrutin et la proclamation du résultat des élections (1).
- (1) Voir ce résultat au procès-verbal de la séance. Décembre 1888, p. 710.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Janvier 1889.
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- 10 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- JANVIER 1889.
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ
- RAPPORT DE M. FOURET, MEMBRE DE LA COMMISSION DES FONDS, SUR LES COMPTES DE L’EXERCICE 1887.
- Messieurs, j’ai l’honneur, conformément à l’article 31 des -statuts, de vous faire connaître, au nom de la Commission des fonds, le résumé des comptes de l’année 1887.
- Nous allons examiner successivement les trois parties dont se compose notre comptabilité : fonds généraux, fonds d’accroissement, fondations et dons spéciaux.
- Irc PARTIE.
- FONDS GÉNÉRAUX.
- Les recettes de l’année 1887 ont été les suivantes :
- fr. c.
- 1° Excédent de recettes reporté de 1886................. 5.484 72
- 2° Cotisations arriérées................................... 320 90
- 3° Cotisations de l’année 1887........................ 20.316 »
- 4° Locations à diverses sociétés......................... 9.150 »
- 5° Abonnements au Bulletin............................... 3.744 »
- 6° Vente de numéros du Bulletin............................ 251 50
- 7e Intérêts des sommes déposées au Crédit foncier.......... 108 32
- 8° Arrérages de rente................................... 60.444 30
- 9° Divers.................................................. 364 30
- Total......... 100.184 04
- Les dépenses se décomposent comme il suit :
- 1° Bulletin, tiré à 900 exemplaires, frais de rédaction, d’impression et d’expédition ................................... 19.576 19
- 2° Impressions diverses, procès-verbaux, circulaires .... 3.201 »
- 3° Bibliothèque, mise en ordre, reliures et acquisitions . . . 2.606 30
- 4° Agence et économat, traitements des agents et employés,
- frais divers............................................ 13.802 12
- 5° Jetons de présence................................... 6.660 »
- 6° Hôtel delà Société, réparations; acquisitions et entretien du
- mobilier, impôts, assurances, éclairage et chauffage. . . 6.971 66
- 7° Récompenses et encouragements, prix, médailles. . . . 11.279 20
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. — JANVIER 1889, 1 1
- fr. c.
- 8° Subventions à des écoles ou à diverses œuvres; souscrip-
- tions....................................................... 200 »
- 9° Pensions.................................................... 3.949 80
- 10° Grand prix de la Société, annuilé prélevée sur les fonds généraux...................................................... 1.800 »
- 11° Fondation Jpllivet ; 4e versement au compte de la réserve de 100 000 francs qui doit être constituée, et complément de l’annuité représentant les intérêts de cette réserve. 15.629 35
- 12° Divers; addition au legs Bapst............../........... 334 80
- Total............. 86.010 42
- L’excédent des recettes sur les dépenses est donc de . . . . 14.173 62
- Total égal à celui des recettes......... 100.184 04
- Le produit des locations, consenties à diverses sociétés savantes ou philanthropiques, s’est encore accru dans le courant de l’année 1887, et a doublé depuis deux ans. Au point de vue des revenus de la Société, l’aliénation d’un titre de 4500 francs de rente, qui avait été consacré aux travaux d’agrandissement de l’hôtel, se trouve dès aujourd’hui compensée.
- *c PARTIE.
- FONDS D’ACCROISSEMENT.
- Fondation destinée à perpétuer l’œuvre commencée par le comte et la comtesse Jollivet.
- Dans le but d’assurer, sur des bases plus larges, l’avenir de la Société, il a été décidé, comme vous vous en souvenez, dans l’assemblée générale du 22 décembre 1882, que l’on continuerait l’œuvre du comte et de la comtesse Jollivet, en capitalisant, pendant cinquante ans, les intérêts d’une somme de 100000 francs empruntée à notre avoir. Mais, au lieu de réaliser immédiatement cette somme, on a opéré chaque année, sur les revenus de la Société, des prélèvements suffisants, pour la constituer peu à peu augmentée des intérêts accumulés. Un prélèvement de 15623 fr. 35 a été affecté en 1887 à cette capitalisation.
- L’avoir de la fondation, au 31 décembre 1887, était représenté par un titre de 3798 francs de rente, et par un solde en caisse de 1618 francs. Il suffira de faire en 1888 un dernier emprunt aux fonds généraux, pour constituer l’inscription de rente nécessaire à cette fondation ; de sorte que, à partir de 1889, une part importante des revenus de la Société redeviendra disponible.
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- 12 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. --- JANVIER 1889.
- 3° PARTIE.
- FONDATIONS ET DONS SPÉCIAUX.
- Nous avons à vous exposer la situation des diverses fondations que la Société a la mission de gérer, conformément aux intentions des donateurs.
- 1° Prix fondé par le marquis d’Argenteuil.
- Le marquis d’Argenteuil, en léguant à la Société un titre de 1 647 francs de rente, a fondé un prix de 12 000 francs destiné à recompenser, tous les six ans, les découvertes les plus importantes pour le développement de Findustrie nationale.
- Le prix, ayant été attribué en 1886, devra l’être de nouveau en 1892.
- Au 31 décembre dernier, il restait en caisse une somme disponible de 15727 fr. 54.
- 2° Legs Bapst.
- Cette fondation se compose de deux parties. La première, destinée à donner des secours aux inventeurs malheureux, consiste en une rente de 1565 fr. 20.
- Le total des secours, distribués dans l’année, ayant atteint 1900 francs, nous avons dû, pour parer à l’insuffisance du revenu de la fondation Bapst, prélever 334 fr. 80 sur les fonds généraux de la Société.
- La seconde partie, qui doit servir à faciliter des découvertes, a fourni à cette destination une somme de 1400 francs. L’excédent du revenu non utilisé a été capitalisé, comme les années précédentes, de sorte que la rente annuelle dont jouit actuellement la fondation se trouve portée à2944 fr. 80.
- Il restait en outre en espèces disponibles, au 31 décembre dernier, une somme de 1807 fr. 55.
- 3° Fondation de MM. Paul Christofle et Bouilhet pour la délivrance des premières
- annuités de brevets.
- Conformément aux intentions des donateurs, dix premières annuités de brevets ont été accordées, et représentent une dépense de 1 030 francs.
- Par suite du placement d’une partie du revenu, resté sans emploi en 1886, la rente que possède cette fondation a été portée à 1036 francs et a été employée presque intégralement en 1887. Il y avait encore néanmoins, au 31 décembre dernier, un reliquat disponible de 492 fr. 65, provenant des années antérieures.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- JANVIER 1889.
- 13
- 4° Fondation de la princesse Galitzin.
- La donatrice, en versant une somme de 2000 francs, a voulu permettre la création d'un prix à décerner par le Comité des arts économiques. Jusqu’à présent les intérêts ont été capitalisés.
- Cette fondation possédait, au 31 décembre dernier, douze obligations de chemins de fer, produisant un revenu de 174 fr. 60, et une somme, en espèces disponibles, de 374 fr. 06.
- 5° Fondation Carré.
- Instituée pour le même objet que la précédente, par le versement d’une somme de 1000 francs, cette fondation possédait, au 31 décembre 1887, cinq obligations de chemins de fer, rapportant 72 fr. 75 et une somme en caisse de 138 fr. 98.
- 6° Fondation Fauler (industrie des cuirs).
- Destinée à donner des secours à des ouvriers ou contremaîtres malheureux de l’industrie des cuirs, ayant rendu des services appréciés, elle possédait, au 31 décembre, trente-huit obligations de chemins de fer, donnant un revenu annuel de 552 fr. 90 et une somme disponible de 593 fr. 20.
- 7° Fondation Legrand (industrie de la savonnerie).
- Cette fondation a pour but de venir en aide aux ouvriers ou contremaîtres malheureux de l’industrie de la savonnerie, ayant rendu des services appréciés.
- Un secours de 200 francs a été accordé en 1887. Le revenu de 762 fr. 68 est produit par cinquante-deux obligations de chemins de fer. Le reliquat, disponible au 31 décembre dernier, s’élevant à 925 fr. 44, permettra, au moyen d’un nouveau placement, d’accroître encore les ressources de cette fondation.
- Nous pensons qu’il y a lieu d’appeler d’une manière spéciale l’attention des industries intéressées sur les fondations Fauler et Legrand : les ressources notables, offertes par ces deux fondations, permettraient à notre Société de distribuer des secours importants, si des demandes justifiées lui étaient adressées.
- 8° Fondation Christofle et Bouilhet (en faveur des artistes industriels malheureux).
- Une pension de 900 francs a été allouée, comme les années précédentes, à la veuve d’un artiste graveur.
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- JANVIER 1889.
- Le capital de la fondation est représenté par vingt-six obligations de chemins de fer, rapportant annuellement 388 francs.
- Une somme de 391 fr. 76 restait disponible au 31 décembre dernier.
- 9° Fondation de Milly (industrie de la stéarine).
- Cette fondation est destinée à venir en aide à des ouvriers et contremaîtres malheureux ou blessés dans l’exercice de leur profession.
- Elle possède trente-deux obligations de chemins de fer, produisant un revenu de 465 fr. 60.
- Aucun secours n’ayant été alloué en 1887, le reliquat disponible s’élevait au 31 décembre dernier à 1023 fr. 22.
- 10° Fondation de Baccarat (industrie de la cristallerie).
- Cette fondation, destinée à secourir les ouvriers et contremaîtres malheureux de la cristallerie, possédait au 31 décembre dernier sept obligations de [chemins de fer, produisant un revenu de 101 fr. 80, et une somme en caisse de 201 fr. 53.
- Aucun secours n’a été alloué en 1887.
- 11° Fondation Ménier (industrie des arts chimiques).
- Elle possédait, au 31 décembre 1887, neuf obligations de chemins de fer rapportant 150 fr. 35. Aucun secours n’ayant été accordé, le solde en caisse était à cette date de 330 fr. 09.
- 12° Grand prix de la Société d’Encouragement.
- Notre Société décerne, tous les six ans, un grand prix de 12 000 francs à l’auteur de la découverte la plus utile à l’industrie française. Ce prix alterne avec celui de même importance fondé par le marquis d’Argenteuil, et devra être décerné l’année prochaine.
- La somme nécessaire est obtenue au moyen d’une annuité de 1 800 francs, prélevée sur les fonds généraux de la Société et placée à la Caisse des dépôts et consignations, où elle s’accroît de ses intérêts capitalisés.
- La réserve ainsi constituée s’élevait, au 31 décembre dernier, à la somme de 22038 fr. 70.
- 13° Fondation Gustave Roy (industrie cotonnière).
- Cette fondation doit servir à décerner, tous les six ans, un prix de 4000 francs à l’auteur d’un progrès important ou d’une découverte utile dans l’industrie cotonnière.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JANVIER 1889.
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- Les ressources consistaient, au 31 décembre dernier, en quarante-trois obligations de chemins de fer, rapportant ensemble 625 fr. 60, et en une somme disponible de 12432 fr. 65.
- Une somme de 2000 francs sur les 4000 francs, qui forment la valeur du prix, ayant été allouée, à titre d’encouragement, en 1883, le prix à décerner en 1889 pourra être de 6 000 francs.
- 14° Fondation Elphège Baude (industrie du matériel des constructions).
- Cette fondation a pour but de récompenser, par une médaille d’or d’une valeur de 500 francs, décernée tous les cinq ans, les progrès réalisés dans le matériel et les procédés de constructions.
- L’emprunt momentané fait aux fonds généraux de la Société, pour assurer le fonctionnement de cette fondation, était complètement remboursé au 31 décembre dernier.
- Le revenu de 174 fr. 60 en obligations de chemins de fer, augmenté du solde disponible de 148 fr. 13, sera plus que suffisant pour fournir le montant du prix à décerner en 1890.
- 15° Fondation Fourcade (industrie des produits chimiques).
- Instituée par les exposants de la classe des produits chimiques en 1878, dans le but de récompenser chaque année, par un prix de 800 francs, un ouvrier choisi de préférence parmi ceux des donateurs, comptant le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement et jugé le plus digne par la Commission de la Société d’Encouragement.
- Le prix a été décerné l’année dernière à M. Betmann. Les ressources de la fondation consistent en un titre de rente de 759 francs et une somme en caisse de 233 fr. 05.
- 16° Fondation du général comte d’Aboville.
- Le comte d’Aboville a légué à la Société une somme de 10 000 francs, qui a été divisée en trois parts, pour fournir, avec les intérêts capitalisés, le montant de trois prix à décerner à trois manufacturiers qui auront employé à leur service, pendant une période déterminée, des ouvriers estropiés, amputés ou aveugles, et les auront ainsi soustraits à la mendicité.
- Le premier de ces prix, d’une valeur de 3 900 francs, a été décerné en 1885. Le second, ajourné une première fois l’année dernière, doit encore subir cette année un nouvel ajournement, le seul candidat proposé au Conseil ne lui ayant pas paru remplir les conditions fixées par le donateur. Les deux
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
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- derniers prix pourront être attribués, si l’occasion s’en présente, en 1889.
- La fondation possède dix-huit obligations de chemins de fer rapportant 261 fr. 80, et un solde en espèces de 1 532 fr. 90.
- 17° Legs Giffard.
- La somme de 50000 francs, léguée à la Société par M. Henri Giffard, a pu être employée, dans le cours de l’année 1885, à l’achat d’un titre de rente de 1949 francs. Les revenus cumulés s’élevaient, au 31 décembre dernier, à la somme de 4 394 fr. 45.
- Suivant les intentions du donateur, ces revenus doivent être employés en prix et en secours, dans les conditions qu’il appartient au Conseil d’administration de prescrire. 11 a été fondé, à l’aide de ces ressources, sous le titre de Grand prix Henri Giffard, un prix de 6000 francs, qui sera décerné tous les six ans, à partir de l’année 1890, à une personne ayant rendu des services signalés à l’industrie française.
- 18° Fondation Meynot.
- MM. Meynot père et fils ont fait don à la Société d’une somme de 20000 francs, pour la création d’un prix destiné à récompenser soit l’invention, soit le perfectionnement d’un instrument, ou d’une machine, propre à la moyenne ou à la petite culture.
- Le capital versé par les donateurs a été placé en un titre de rente de 730 francs.
- Le prix sera décerné tous les deux ans et pour la première fois en 1889 ; sa valeur sera de 1 200 francs.
- Au 31 décembre 1886, les revenus acquis à la fondation s’élevaient à 865 fr. 20.
- 19° Fondation Melsens.
- Mme veuve Melsens a fait don à la Société d'une somme de 5000 francs, pour fonder un prix destiné à récompenser l’auteur d’une application de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène. Ce prix, d’une valeur de 500 francs, sera décerné tous les trois ans, à partir de 1889.
- Le capital reçu a été employé à acheter treize obligations de chemins de fer. L’emprunt que, pour cet achat, il avait fallu faire momentanément aux fonds généraux de la Société, était entièrement remboursé au 31 décembre dernier, et la fondation avait déjà, en caisse, un excédent de 170 francs.
- Le revenu annuel de 189 fr. 20 sera plus que suffisant pour en assurer le fonctionnement.
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- 20° Fondation des exposants de la classe 50 (matériel des industries alimentaires)
- à l’Exposition de 1867.
- A la suite de l’Exposition de 1867, le baron Thénard avait proposé aux exposants de la classe 50 (matériel des industries alimentaires) de faire don à la Société d’Encouragement d’un reliquat de 6326 fr. 14 resté sans emploi. Quelques exposants ont adhéré formellement à cette proposition et abandonné ainsi une somme totale de 1500 francs. Pour le reste, les intéressés n’ont donné aucune réponse, et les sommes pouvant leur revenir devront leur être restituées, dans le cas où ils viendraient à les réclamer avant l’expiration du délai légal de 30 ans.
- C’est sous cette réserve que la Société a reçu la somme de 6326 fr. 14 des mains de M. Savalle, devenu le représentant de la classe 50.
- Ce capital a été employé à l’achat de seize obligations de chemins de fer, rapportant annuellement 232 fr. 80. Il existait en outre, au 31 décembre dernier, un solde en caisse de 383 fr. 79.
- Le Conseil a décidé de créer, au moyen des ressources disponibles de cette fondation, un prix de 2000 francs, à décerner,, en 1889, à l’auteur du perfectionnement le plus important apporté à la fabrication du sucre de betteraves.
- En ajoutant à la somme de 1500 francs, dès à présent acquise à la Société, les revenus de la fondation pendant trois années, on aura largement constitué, en 1889, le montant du prix annoncé.
- 11 nous reste, Messieurs, pour terminer, un agréable devoir à remplir. Vous connaissez le soin et le dévouement que notre trésorier, M. Goupil de Préfeln, apporte dans l’accomplissement de son importante mission : nous sommes donc certains d’interpréter fidèlement vos sentiments, en vous proposant de lui exprimer notre vive reconnaissance pour les services qu’il rend à notre Société.
- Les comptes, dont nous venons de vous donner le résumé, ont été établis par lui avec la plus grande exactitude : nous vous demandons de vouloir bien en voter l’approbation.
- Signé : G. Fouret, rapporteur.
- Tome IV. — 88e année. 4e série.
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- RAPPORT DE M. BORDET, AU NOM DES CENSEURS, SUR l’eXAMEN DES COMPTES
- de l’année 1887.
- Messieurs,
- Conformément à l’article 31 des statuts, les censeurs que vous avez nommés dans votre dernière assemblée générale doivent vous faire un rapport sur la situation financière de la Société.
- Cette situation est assez prospère pour que notre tâche soit facile : à la fin de l’exercice 1887, en effet, les excédents de recettes accumulés, c’est-à-dire les revenus non employés, s’élevaient à 14173 fr. 62. Les ressources qui appartiennent en propre à la Société sont donc assez importantes pour assurer le fonctionnement de tous ses services et lui permettre d’accomplir sa mission par de larges distributions de récompenses, de secours et d’encouragements.
- Nous remplirions mal cependant les fonctions que vous nous avez confiées si nous omettions de vous signaler que, depuis plusieurs années, le nombre des membres de la Société et celui des abonnés au Bulletin sont en diminution constante et assez notable. Il ne faut voir là sans doute qu’une défaillance passagère, mais quelques efforts sont nécessaires pour nous ramener promptement au régime de développement continu qui doit être celui d’une société comme la nôtre.
- Les fondations dont de généreux bienfaiteurs nous ont confié la gestion sont nombreuses et s’accroissent presque chaque année : pour quelques-unes les revenus sont toujours et complètement utilisés, mais pour d’autres, en raison des affectations spéciales qui leur ont été imposées, nous avons souvent le regret de ne pas trouver l’emploi de toutes les sommes dont nous pourrions disposer.
- En ce qui concerne le grand prix de la Société, le prix du marquis d’Ar-genteuil et la fondation Gustave Roy, nous devons faire remarquer que les ressources actuellement accumulées sont beaucoup plus considérables qu’il ne faut pour fournir le montant des prix; on pourrait donc, en capitalisant définitivement l’excédent, augmenter l’importance de ces récompenses ; nous appelons sur ce point l’attention du Conseil d’administration.
- Les comptes de l’année 1887, dont le résumé vient de vous être présenté au nom de la Commission des fonds, ont été examinés par nous et reconnus parfaitement exacts ; nous vous proposons donc de les approuver et en même temps nous sommes heureux d’adresser à notre trésorier nos plus
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- ALLOCUTION DU PRÉSIDENT.
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- vifs remerciements pour tout le soin et le dévouement qu’il apporte dans
- raccomplissement de sa tâche. 0. , T ™
- r oigne : Lucien Bordet, rapporteur.
- Approuvé en séance le 28 décembre 1888.
- allocution de m. becquerel, président du conseil.
- Nous inaugurons aujourd’hui, dans la grande salle de la Société, le buste de J.-B. Dumas qui fut notre président pendant près de quarante années.
- L’illustre savant fut nommé membre du Conseil en 1829, membre titulaire en 1837, vice-président en 1841, puis président en 1845, et il conserva ces fonctions depuis cette époque jusqu’à la fin de sa vie. Ses deux prédécesseurs à la présidence, depuis 1801, date de la fondation de la Société, avaient été Chaptal et Thénard dont l’esprit pratique, comme chez lui, était uni à la science la plus élevée.
- La grande intelligence de Dumas s’était appliquée à des études très diverses, scientifiques, industrielles et administratives, et dans toutes il avait apporté la puissance et la netteté d’un esprit supérieur. Aussi son rôle n’a-t-il pas été moins grand dans l’industrie dont il savait comprendre et encourager le développement que dans les sciences où ses découvertes ont exercé sur les progrès de la chimie une influence considérable. Malgré ses nombreuses occupations, notre Société a toujours été l’objet de son affection particulière ; vous savez avec quel zèle il a dirigé nos travaux et avec quel dévouement il s’est occupé de nos intérêts.
- Au moment où, par un nouvel usage qui va s’introduire dans la Société d’après le vœu de la majorité du Conseil, mes fonctions de président vont cesser, c’est avec le plus vif sentiment de gratitude que je salue l’image de celui qui fut un de mes maîtres, qui n’avait cessé de me témoigner toute sa bienveillance et à l’obligeance duquel j’avais dû d’être désigné à vos suffrages : son souvenir restera toujours profondément gravé dans mon cœur.
- Ce buste est la reproduction galvanoplastique faite dans les ateliers de nos collègues MM. Christofle et Bouilhet du magnifique marbre dû à notre cher collègue M. Eugène Guillaume ; nous devons déjà à sa générosité la belle statue qui orne le fronton de cet hôtel. Je suis heureux d’être aujourd’hui l’interprète de la Société en priant M. Guillaume de vouloir bien accepter une médaille en souvenir de cette inauguration et comme un témoignage de la reconnaissance de ses collègues.
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- BIOGRAPHIE. --- JANVIER 1889.
- BIOGRAPHIE
- NOTICE SUR LES TRAVAUX DE M. HERVÉ MANGON, PAR M. TH. SCHLCESING,
- MEMBRE DU CONSEIL.
- Le 15 mai dernier, la Société d’Encouragement perdait l’un de ses membres les plus éminents : Hervé Mangon succombait à une longue et cruelle maladie. Suivant sa volonté formelle, ses obsèques ont été dépourvues de toute pompe, et aucun représentant de l’Académie des sciences ni des autres compagnies auxquelles il appartenait n’a pris la parole sur sa tombe.
- Cependant un homme d’une si haute valeur ne peut pas disparaître sans qu’une voix s’élève pour rappeler ses mérites. Qu’il me soit permis de remplir ce pieux devoir. Ami et confrère de Mangon, j’ai été à même de le bien connaître et de l’apprécier. En repassant sa vie et ses travaux, je l’ai vu grandir encore dans mon estime. Aussi voudrais-je rendre à sa mémoire un digne hommage. Je ne crois pouvoir mieux y réussir qu’en redisant simplement ce qu’il a fait, car il était de ceux que leurs oeuvres suffisent à louer.
- C’est surtout aux applications de la science, non à la science pure, que Mangon s’est voué dès ses débuts. Pour réussir dans cette voie, il réunissait les conditions les plus heureuses. Il avait l’énergie morale et l’activité physique nécessaires aux hommes d’action. A l’École Polytechnique et à l’École des Ponts et Chaussées, il avait puisé cette solide instruction théorique qui est la base des travaux tels que ceux qu’il entreprit. Sa puissance de travail était presque merveilleuse. Il eut enfin, en choisissant les opérations de l’agriculture pour sujets de ses recherches scientifiques, la bonne fortune de sortir des sentiers battus et d’explorer un domaine jusque-là trop négligé.
- Sorti de l’École des Ponts et Chaussées en 1843, Mangon fut attaché successivement, suivant l’usage, à des services différents : celui des études du chemin de fer de Strasbourg, celui de la construction du chemin de fer du Centre, puis le service ordinaire du département du Loiret. Dans ce dernier, il trouva et saisit l’occasion qui s’offrait d’étudier l’assainissement et l’amélioration agricole de la Sologne. Il écrivit sur ce sujet, alors nouveau, un mémoire qui fut très remarqué. Bientôt il était nommé répétiteur des cours de construction à l’École des Ponts et Chaussées. Paris devenait sa résidence,
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- BIOGRAPHIE.
- JANVIER 1889.
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- avantage qu’apprécient toujours les travailleurs et dont il sut faire bon usage.
- Son premier soin, dans son nouveau poste, fut de créer un laboratoire de chimie, où l’étude des matériaux de construction serait complétée par l’examen de leur constitution élémentaire. Dans sa pensée, les attributions de ce laboratoire, assez spéciales d’abord, ne devaient pas tarder à s’étendre à bien des objets, aux recherches concernant les eaux naturelles, les terres végétales, les engrais, les produits agricoles. L’analyse chimique, appliquée à tous ces composés, lui apparaissait avec raison comme l’instrument indispensable des travaux scientifiques qu’il méditait. Et l’introduction à l’Ecole des études de laboratoire profiterait largement aussi à l’instruction des élèves. Les ingénieurs sont, en effet, en contact permanent avec les populations rurales ; bon nombre de leurs travaux sont essentiellement agricoles. Il est donc utile de leur faire connaître les grandes lois des productions végétale et animale, et de leur montrer comment la chimie les a dévoilées.
- Les premières recherches de Mangon eurent pour objet le drainage. De tout temps on a su combattre la stagnation des eaux dans les champs par des fossés ouverts ou par des tranchées au fond desquelles on plaçait des fascines ou des lits de cailloux et que l’on comblait ensuite. Il faut croire que ces procédés laissaient à désirer, puisque l’élimination des eaux stagnantes n’est devenue une opération courante, lucrative et d’un succès certain qu’après l’invention des canalisations souterraines, faites de simples tuyaux juxtaposés et formant tout un réseau de conduites qui recueillent les eaux, en abaissent le plan et les rejettent hors des champs. Le fonctionnement d’un drainage nous est devenu si familier que nous ne voyons plus l’originalité de l’invention. Substituer aux larges surfaces filtrantes que procurent les fascines et les pierrailles, la surface imperméable de très petits tuyaux en poterie, renverser la fonction ordinaire des joints et faire de leur imperfection le seul mode d’accès de l’eau dans une conduite, de pareilles conceptions ne sont-elles pas opposées aux idées reçues ? Elles ne seraient peut-être encore venues à l’esprit de personne, si l’on n’y avait pas été amené par l’emploi des canaux en tuiles plates ou rondes dont on a réduit progressivement les dimensions jusqu’à en faire de simples tuyaux de quelques centimètres de diamètre.
- Or, en 1850, lorsque Mangon appela l’attention du ministre des travaux publics sur la pratique du drainage inventée et déjà largement développée en Angleterre, lorsqu’il sollicita et obtint une mission pour aller l’étudier
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- sur place, en France on citait à peine quelques travaux du même ordre; le mot même de drainage était presque inconnu. Dès son retour, notre ingénieur publia dans le Dictionnaire des arts et manufactures un article très étendu sur cette importante question. C’était la première publication originale sur le drainage dans notre pays ; elle eut un grand retentissement et fut comme une révélation. Un peu plus tard, sur l’ordre du ministre, l’auteur réunit toutes les données recueillies par lui en un volume intitulé « Instructions pratiques sur le drainage », destiné spécialement aux agents de l’État qui étaient appelés à prêter leur concours bénévole aux agriculteurs. Ce livre est le plus petit et le meilleur de tous ceux qui ont été écrits depuis sur le même sujet. Il obtint le prix Morogues décerné par l’Académie des sciences à l’auteur de l’ouvrage le plus utile à l’agriculture publié dans les dix années précédentes. La distinction était d’autant plus flatteuse que l’Académie, si bien dotée en prix pour les sciences exactes et physiques, ne peut en offrir qu’un seul à l’agronomie une fois en dix ans.
- Mangon a joint l’exemple au précepte et a drainé plus de 2 000 hectares. Au cours de ces travaux, il a fait d’intéressantes observations sur les obstructions des drains par les dépôts calcaires ou ferrugineux qui peuvent se produire quand l’air se renouvelle dans les canalisations, et a enseigné à les éviter. Les eaux chargées de bicarbonate de chaux exhalent alors dans l’atmosphère souterraine de l’acide carbonique et déposent du carbonate de chaux, et celles qui tiennent en dissolution du protoxyde de fer combiné à certaines matières organiques, empruntent à cette atmosphère de l’oxygène qui suroxyde le fer et détermine la précipitation de sa combinaison devenue insoluble. Pour prévenir ces accidents, il suffit d’immobiliser l’atmosphère des drains au moyen des regards pneumatiques dans lesquels le tuyau de sortie des eaux est placé à quelques centimètres au-dessus du tuyau d’arrivée. Dès lors celui-ci est noyé et bouché pour l’air.
- Il serait superflu d’insister ici sur les bienfaits du drainage; il suffira, pour la mémoire de Mangon, de rappeler qu’il a vulgarisé en France et perfectionné cette importante opération et qu’à ce titre il a pris place dès le début de sa carrière parmi les hommes qui ont bien mérité de notre agriculture.
- Ces premiers travaux avaient appelé sur leur auteur l’attention de Dumas. L’illustre chimiste avait manifesté depuis longtemps son goût pour l’étude des êtres vivants ; il aimait l’agriculture, dont le but est précisément de produire ces êtres, végétaux ou animaux. Remarqué par lui et reçu dans sa
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- maison, Mangon obtint bientôt toute sa confiance, toute son affection et devint son gendre.
- Vers la même époque, il fut nommé professeur adjoint du cours d’hydraulique agricole, à l’Ecole des Ponts et Chaussées, cours dont Nadault de Buffon était le professeur titulaire. Il en fut lui-même titulaire quatorze ans après, en 1867.
- Le drainage n’est qu’un chapitre détaché de tout un ensemble de grands travaux nécessaires au développement agricole de la France. L’irrigation en est un autre chapitre, le plus important de tous, puisqu’elle est applicable et devient une source de richesses partout où l’eau peut être amenée sans trop de frais. On a beaucoup écrit sur l’irrigation. D’excellents traités décrivent toutes les pratiques en usage dans tous les pays du monde pour capter les eaux, les emmagasiner, les conduire au loin et les épandre sur le sol. Mais ils ne traitent guère la question qui intéresse essentiellement l’alimentation et le développement des récoltes, nous voulons parler des rapports que l’irrigation établit entre l’eau, le sol et la plante, rapports qui règlent la répartition et l’emploi des principes fertilisants. Leur étude pleine de difficultés est encore très incomplète. Mangon, le premier, l’a courageusement abordée dans un travail qui est resté classique et l’un de ses plus beaux titres scientifiques.
- « Quand on considère, dit-il, la pratique des arrosages en diverses contrées, on observe, non sans étonnement, que les cultivateurs emploient, en général, d’autant plus d’eau que le climat sous lequel ils se trouvent est plus froid et plus humide. » Le volume d’eau employé dans les Vosges, par exemple, est de 50 à 200 fois plus considérable que celui qui est donné à la même surface de terrain en Provence, en Espagne ou en Algérie. Il est évident que l’abondance de l’eau dans le Nord et sa rareté dans le Midi sont la cause première de cette extrême différence; mais elles laissent entière la question de savoir pour quel motif les arrosages du Nord dépassent dans une si large mesure l’approvisionnement d’eau nécessaire à l’entretien de la végétation. Faut-il voir dans cette irrigation à outrance une simple tradition de la routine ou bien une pratique vraiment utile? A priori, Mangon devait adopter la seconde hypothèse. Il savait bien que les usages invétérés des cultivateurs, surtout quand ils imposent un surcroît de travail, sont fondés sur quelque bonne raison. En chercher l’explication, au lieu de les critiquer, est presque toujours pour le savant une occasion de s’instruire. Au reste, à cette épo-
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- que, on savait que l’ammoniaque, les nitrates, la potasse contenus dans l’eau d’irrigation sont des aliments des plantes, et l’on pouvait supposer que les arrosages à grands volumes ont pour but de compenser les très faibles proportions de substances fertilisantes de l’eau, de manière à fournir aux récoltes tout l’engrais dont elles ont besoin. Mais les hypothèses les plus vraisemblables doivent être vérifiées par la mesure des phénomènes qu’elles prétendent expliquer. Que de fois cette mesure, après avoir renversé des idées reçues, a conduit à la découverte de vérités qu’on ne soupçonnait pas!
- Très simple était le programme des expériences à instituer pour mesurer ce qu’une prairie peut bien emprunter aux eaux d’irrigation. D’une part, il fallait déterminer par l’analyse combien de chaque principe utile l’eau contient quand elle entre dans la prairie, et combien quand elle en sort, afin de savoir combien elle y laisse. D’autre part, il fallait déterminer combien de ces principes se trouvent dans la récolte. Après quoi, il ne restait plus qu’à comparer ce que l’eau a perdu, ce que la récolte a gagné, afin de connaître la part de l’eau dans l’alimentation des plantes récoltées.
- Mais autant ce programme était simple, autant son exécution était difficile et laborieuse. Une seule expérience ne pouvait suffire ; il était nécessaire d’en faire dans le Nord et dans le Midi, puisqu’il s’agissait avant tout de comparer les arrosages à grands et à petits volumes d’eau. Il fallait, dans chaque terrain désigné, installer tous les moyens de mesurer les volumes d’eau pour chaque arrosage à l’entrée et à la sortie, prélever chaque fois et expédier au laboratoire de Paris des échantillons destinés à l’analyse, prendre toutes les dispositions nécessaires pour évaporer dans le vide de grandes quantités d’eau, pour y doser les gaz dissous et les matières fixes, pour analyser les échantillons des récoltes. Ce fut toute une organisation compliquée de mille détails, qui demandait une grande habitude de l’expérimentation. Six prairies furent choisies, deux dans les Vosges arrosées par la Meurthe, quatre dans le Vaucluse arrosées par la Durance ou la Sorgues. Les irrigations et les récoltes furent faites absolument par les méthodes en usage dans ces localités; on laissa faire les cultivateurs afin que leurs habitudes fussent entièrement respectées ; on n’intervenait que pour mesurer et échantillonner les eaux et les récoltes.
- Ce long et beau travail, qui a exigé des milliers de jaugeages et de déterminations analytiques, a fourni finalement des résultats d’une parfaite clarté. 11 a démontré que dans les Vosges et autres régions froides où l’on
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- pratique l’irrigation à grands volumes, les eaux apportent réellement aux récoltes tout l’engrais nécessaire. On peut dire qu’elles concentrent sur la prairie des principes fertilisants épars au loin, qu’elles ont recueillis en cheminant. En effet, les quantités de ces principes qu’elles abandonnent à la prairie, dépassent celles que l’on retrouve dans les récoltes. La différence représente ce qui est resté dans le sol pour l’enrichir ou ce qui a été perdu par les infiltrations. Dans le Midi, au contraire, les apports de l’eau sont très inférieurs aux quantités de principes alimentaires fixés dans les récoltes. Le fumier et le concours de l’atmosphère sont indispensables et doivent fournir ce que l’eau n’a pu donner. Pour fixer les idées, il suffît de reproduire deux chiffres parmi tous ceux que Mangon a déduits de ses expériences : dans les Vosges, la quantité d’azote fournie par les eaux s’est élevée jusqu’à 250 kilogr. par hectare ; elle n’a pas dépassé 23 kilogr. dans le Vaucluse.
- En tout cas, l’eau n’abandonne qu’une fraction des aliments qu’elle tient en dissolution, 30 p. 100 au plus de son azote, à ne considérer que l’aliment qui restera toujours le plus important en matière d’engrais. La proportion prélevée par la prairie varie d’ailleurs avec la température ou, ce qui revient au même, avec l’intensité de la végétation. Elie varie encore selon la composition minérale des eaux. Certaines eaux aussi riches que d’autres, à en juger par l’analyse seule, leur sont cependant inférieures, parce qu’elles cèdent au sol et à la récolte une moindre proportion d’engrais.
- Ces résultats n’intéressent pas seulement la science agricole ; ils sont aussi un enseignement pour le législateur; ils lui montrent qu’il commettrait une erreur profonde s’il soumettait le régime des irrigations dans toute la France à une règle unique et invariable. En pareille matière, il est au contraire indispensable de tenir le plus grand compte de la diversité des usages locaux.
- Après avoir montré la valeur et le rôle en agriculture des matières dissoutes dans les eaux naturelles, Mangon devait être conduit à étudier au même point de vue les matières insolubles ou limons que les rivières tiennent en suspension dans leurs eaux.
- La question des limons est intimement liée à celle du boisement et du gazonnement des montagnes, de la réduction des torrents, du colmatage et et du limonage, questions qui intéressent au plus haut degré les productions forestière et agricole. Elles ont toutes un point de départ commun, le phé-Tome IV. — 88e année. 4e série. — Janvier 1889.
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- nomène de la décomposition des roches par les agents naturels. Ce phénomène a été et est encore le grand producteur des sols ; car il prépare sans cesse une énorne quantité de détritus, qui deviennent de la terre végétale, qu’ils soient retenus aux flancs des montagnes, ou que, entraînés par les eaux, ils aillent engraisser les anciens champs ou en former de nouveaux.
- La nécessité des mesures s’impose encore ici dès l’abord. Elle est d’autant plus évidente que les grands travaux qui se rattachent aux alluvions incombent le plus souvent à l’État, et doivent être discutés par les pouvoirs publics. Mieux que les meilleures descriptions, les mesures mettent en évidence l’amplitude des phénomènes et la grandeur des résultats à obtenir. Dès lors les discussions ont une base assurée; les convictions se forment, et les résolutions s’imposent.
- Lorsque Mangon entreprit ses déterminations des matières suspendues dans les cours d’eaux, on possédait déjà des dosages de ce genre en assez grand nombre, mais trop isolés, correspondant à des états particuliers des rivières et ne pouvant servir à calculer fidèlement les quantités totales de limon charriées dans le cours d’une année. De tels calculs doivent reposer sur des séries continues d’observations quotidiennes, longtemps prolongées, par lesquelles on détermine le débit des eaux et leur teneur en limon. Ainsi a procédé Mangon dans ses études sur la Durance et le Yar, qu’il a pris pour types des rivières torrentielles et dévastatrices, sur la Loire, la Marne, la Seine, qui représentent les cours d’eaux relativement tranquilles et presque toujours bienfaisants. Son travail, plein de chiffres et de détails relatifs à chaque rivière, ne peut guère être résumé en peu de lignes. Nous citerons cependant quelques nombres pour donner une idée de l’importance des alluvions dont la plupart sont encore perdues pour l’agriculture. Dans les eaux de la Durance, il a passé à Mérindol, du 1er novembre 1859 au 31 octobre 1860, en un an, 28 millions de tonnes de limon, lequel, étendu sous une épaisseur de 20 centimètres, donnerait 6000 hectares d’un sol de première qualité. Le poids d’azote combiné contenu dans cette masse de limon s’élevait à 14000 tonnes; c’est ce que renfermerait un troupeau de 700000 bœufs. A la même époque, le Yar emportait à la mer des quantités presque égales d’azote et de limon. Mais la Seine, la Marne, en charrient à peine la centième partie. Il y a dans ces différences considérables un fait frappant et inattendu ; il en ressort que les torrents sont bien, selon l’expression de Mangon, ces infatigables terrassiers, ravisseurs de richesses immenses qui vont se perdre dans les mers. 11 est d’ailleurs de toute
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- évidence que le colmatage ne peut retenir dans les vallées qu’une très minime fraction des limons suspendus dans les eaux. C’est à leur origine même qu’il faut combattre et réduire les torrents, en rendant aux montagnes les forêts et les pâturages dont les ont dépouillées leurs propres habitants.
- A la suite dçs grands travaux que nous venons de rappeler, nous devons encore mentionner deux mémoires pleins d’intérêt, qui concernent aussi la constitution et l’emploi des eaux : l’un est relatif à l’assainissement des villes, l’autre à l’amélioration sanitaire et agricole de laDombes.
- Le premier, qui remonte à 1856, nous apprend que la discussion sur les moyens d’assainir les grandes villes, discussion qui passionne encore aujourd’hui tant de gens, s’agite depuis plus de trente ans, sans avoir conduit à une opinion unanime. « De nouveaux projets, dit l’auteur, sur-« gissent chaque jour, dont le principe consiste dans l’emploi de pompes « destinées à transporter hors de Paris les principes fertilisants et à les « répandre sur les champs. Trois systèmes sont en présence : le coulage « direct à l’égout, les fosses étanches, une canalisation spéciale pour les « déjections humaines. La lenteur apportée à leur exécution montre que « le problème présente des difficultés de plus d’un genre. » Mangon préconise la désinfection et l’utilisation des matières par l’irrigation. Il vient d’expérimenter avec plein succès sur les vinasses de betterave, en les épandant sur un terrain drainé. Il n’y a plus à douter de l’utilisation des produits résultant de la combustion des matières organiques dans le sol, depuis que Boussingault a démontré que la terre végétale est une véritable nitrière, convertissant en nitrate l’azote de ces matières, et que ces nitrates sont assimilés par les plantes pour reproduire des matières azotées. Il ne reste donc qu’à régulariser pour les résidus des villes le travail de la nature.
- Le mémoire sur l’amélioration sanitaire et agricole de la Dombes a été présenté au ministre de l’agriculture et des travaux publics au nom d’une commission nommée en 1858 pour étudier les remèdes à apporter à l’état déplorable de cette région. Ce n’en est pas moins pour Mangon une œuvre toute personnelle. Une première partie est consacrée à l’étude complète de la Dombes et de sa population. L’auteur y démontre que l’insalubrité provient uniquement du mode d’exploitation du sol parles étangs. Elle n’existait pas avant leur création qui s’est poursuivie du xiv° au xvm° siècle ; elle disparaîtra certainement avec eux. Vient ensuite l’exposé de la marche à
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- suivre pour rendre à la Dombes son ancienne prospérité. Dans un pays où la population est débilitée par la fièvre, où le bétail est misérable, où les engrais et les capitaux font défaut, il ne faut pas songer à revenir d’emblée aux procédés d’une agriculture perfectionnée. Le seul système immédiatement applicable est celui de la pâture pour les terres médiocres et de la prairie irriguée pour les autres, parce qu’il demande peu de travail et prélève sur les eaux et l’atmosphère des quantités d’engrais qui s’ajoutent d’année en année et accroissent la fertilité; et comme la transformation sera forcément lente, il convient de procéder au dessèchement par zones successives allant de la circonférence au centre du pays, d’après un plan adopté dès le début des travaux. La terre de la Dombes ne contient pas de chaux ; mais le calcaire occupe d’importants gisements peu éloignés; son transport justifierait la création d’un chemin de fer traversant la région. Tout ce programme est étudié par Mangon dans ses moindres détails; les dépenses de toute sorte, les profits de la nouvelle culture sont calculés; le temps même nécessaire pour l’achèvement de l’œuvre est marqué et estimé à vingt ans.
- Les propositions de Mangon ont eu la bonne fortune, assez rare, d’être suivies d’effet. Elles sont devenues le point de départ de la loi du 7 avril 1863 qui a décidé l’exécution du chemin de fer de la Dombes et assuré la réalisation des mesures projetées. L’amélioration sanitaire si désirée est aujourd’hui un fait accompli, bien qu’il n’v ait pas eu dans les travaux tout l’ensemble recommandé. Une simple comparaison résume les progrès réalisés sous ce rapport : la vie moyenne, qui était comprise autrefois entre 14 et
- 29 ans, selon le degré d’insalubrité des localités, est maintenant revenue à son chiffre normal de 35 ans.
- Tout ce qui précède relève de l’hydraulique agricole. Considérons à présent l’œuvre de Mangon à d’autres points de vue.
- Sa précoce notoriété en avait fait de bonne heure le membre désigné des jurys des expositions agricoles. Il avait trouvé dans ces fonctions mille occasions de satisfaire son goût très vif pour la mécanique. Chargé d’écrire des rapports, il avait dû approfondir l’étude de tout ce qu’on voit dans ces exhibitions, produits des champs, des étables, des ateliers de construction. D’ailleurs son étonnante faculté de travail et sa curiosité toujours éveillée lui avaient permis de noter et de classer une foule d’observations recueillies pendant ses voyages pédestres à travers champs, qui furent toujours son exercice de prédilection, ou au cours de ses nombreux voyages en France,
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- en Espagne, en Angleterre, en Écosse, en Irlande, en Belgique, en Hollande, en Algérie. Ce fut ainsi que le professeur d’hydraulique se trouva un jour en possession de tous les éléments nécessaires à la constitution d’un cours complet de génie rural, et eut l’honneur d’en fonder l’enseignement dans deux grands établissements de l’État, l’École des Ponts et Chaussées et le Conservatoire des Arts et Métiers. Gasparin est le premier créateur d’un cours de ce nom ; le premier, il a réuni dans son grand ouvrage sur l’agriculture les notions jusque-là éparses de météorologie, de construction et de mécanique agricole. Mangon a remanié tous ces matériaux, y a ajouté toutes les applications de l’hydraulique, et en a composé un ensemble nouveau devenu le type des cours de génie rural.
- Il eut le mérite bien rare d’avoir pratiqué lui-même toutes les opérations qu’il décrivait; de là la grande autorité de son enseignement. S’agissait-il d’hydraulique : il avait drainé et irrigué des centaines d’hectares ; il avait lutté avec la mer, quand il dirigeait, de 1852 à 1855, les travaux des polders de Bourgneuf. Fallait-il parler des machines? Il les avait toutes étudiées et comparées pendant leur travail dans les champs ou dans les granges. L’outillage de France, d’Angleterre, des États-Unis, lui était si bien connu qu’à la première vue d’une machine il en nommait le constructeur. Ingénieur des ponts et chaussées, il ne pouvait rien ignorer de ce qui concerne les constructions. Quant à la météorologie, nous verrons bientôt qu’il avait le droit de l’enseigner en maître.
- Malgré cette rare compétence, Mangon a poussé le scrupule du professeur jusqu’à écrire d’avance toutes ses leçons. Il avait cependant la parole facile ; mais il tenait à rendre sa pensée en termes précis, fixés dans sa mémoire par la rédaction. Se tenant toujours au courant du progrès, il modifiait et perfectionnait sans cesse son enseignement. Ce rajeunissement constant d’un cours est pour le maître la seule manière d’échapper à la monotone répétition de leçons pour ainsi dire stéréotypées. A l’École des Ponts et Chaussées, devant une jeunesse d’élite, Mangon donnait à la partie théorique de ses cours tous les développements qui éclairent l’application. Au Conservatoire des Arts et Métiers, en face d’un auditoire moins préparé aux démonstrations abstraites, il était surtout vulgarisateur, et excellait dans ce rôle, sachant toujours entretenir l’attention de ses auditeurs et les reposer de leurs efforts d’intelligence par une foule d’expériences intéressantes, imaginées le plus souvent par lui. Il a été l’un des plus sympathiques et des plus populaires professeurs du Conservatoire.
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- Ces détails ne paraîtront pas superflus dans une notice sur ses travaux. La création de cours importants doit compter dans l’œuvre d’un savant. Il y faut beaucoup de science, d’érudition et de dévouement. Cependant, après quelques années, ceux-là mêmes qui en profitent ne savent plus à qui ils le doivent. Aussi n’est-il pas inutile de consigner dans nos annales le souvenir d’un enseignement qui n’est pas un des moindres titres de notre ancien collègue à la reconnaissance du monde agricole.
- La création du cours de génie rural complétait les titres scientifiques de Mangon. Il fut dès lors désigné pour occuper à l’Académie des Sciences la première place qui deviendrait vacante dans la section d’économie rurale. Il y fut nommé en 1872 à la presque unanimité des suffrages.
- Mangon se proposait de publier toutes ses leçons. Des six volumes annoncés, un seul a paru, celui qui traite de la mécanique. Il a été écrit à la fois pour les constructeurs et les agriculteurs. Aux premiers, il indique toutes les conditions que leurs appareils doivent remplir pour répondre aux besoins de la culture; aux seconds, il donne les notions théoriques qui doivent les guider dans l’achat et l’usage des instruments. Il enseigne donc, dans la mesure nécessaire, aux mécaniciens les travaux des champs, aux agriculteurs les principes de la mécanique. Cette double tâche pleine de difficultés, l’auteur l’a remplie avec bonheur. Son livre, accompagné de magnifiques planches, restera le témoin fidèle de l’état de tout l’outillage agricole à l’époque de sa publication.
- Il y a, comme on sait, entre les plantes qui couvrent les champs et les phénomènes météorologiques des relations continues pleines de vicissitudes. L’atmosphère n’est pas seulement le réservoir des aliments gazeux qui prennent corps dans le végétal et lui donnent sa constitution chimique; c’est aussi le milieu mouvementé dont tous les accidents, humidité, pluie, vent, transparence, réagissent sur les plantes, accidents que leur seule intensité rend fâcheux ou bienfaisants à tous les degrés, depuis le mal extrême jusqu’à l’extrême bien. La météorologie a donc une place marquée dans la somme de connaissances qu’on appelle la science agricole. Avec son besoin de savoir tout ce qui touche à l’agriculture, Mangon devait être météorologiste. Il le fut avec passion, surtout pendant les dernières années de sa vie. Déjà en 1860 il avait imaginé son pluvioscope, destiné à enregistrer l’heure, la durée et l’intensité de chaque pluie. Le pluviomètre ordinaire peut, à la rigueur, fournir ces indications sous la condition peu pratique
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- d’être observé sans relâche. En pareil cas, l’automatisme vaut mieux que l’observateur le plus dévoué. Dans le pluvioscope enregistreur, une bande de papier enfermée dans une boîte et animée d’un mouvement régulier et continu, passe lentement devant un orifice, seul point de l’enveloppe par lequel la pluie puisse passer et atteindre le papier. Celui-ci a été sensibilisé par un trempage dans un sel de protoxyde de fer, suivi d’un frottage à sec avec une fine poussière de noix de galle et de sandaraque. Une goutte d’eau vient-elle à tomber sur une surface ainsi préparée, elle y produit un disque à teinte noire dont le diamètre dépend de celui de la goutte. Une pluie très fine, un brouillard qui tombe se traduisent seulement par une teinte d’un gris plus ou moins accentué. Avec cet appareil, Mangon a fait l’étude complète, pendant dix années consécutives, des pluies tombées à Paris et dans sa propriété de Brécourt, en Normandie. Les mémoires dans lesquels il a réuni toutes ses observations échappent à notre analyse; mais, en les lisant, on comprend combien intéressantes pour la définition et la comparaison des climats seraient de pareilles séries d’observations instituées dans des stations bien choisies.
- On doit à Mangon un autre pluviomètre qui enregistre les quantités d’eau tombées, un anémomètre enregistreur de l’intensité et de la direction du vent adopté dans toutes les stations météorologiques, une balance combinée avec le concours de M. Redier pour enregistrer les variations de poids comme celles, par exemple, d’une plante enracinée dans un pot.
- Au premier rang des applications de la météorologie est la prévision du temps, chose si importante pour le marin et le cultivateur. Les lois des mouvements de l’atmosphère ne sont pas encore connues dans le détail; on peut néanmoins déduire de l’observation des mouvements passés la probabilité de mouvements futurs. Depuis longtemps exercé à ce genre de calcul, Mangon fut, pendant le siège de Paris, en situation de prédire la durée d’un vent régnant et même de marquer sur une carte les points où il devait souffler en même temps. De telles indications avaient un prix inestimable, en un 'moment où les ballons offraient le seul moyen de correspondance entre la ville assiégée et le reste de la France. On sait avec quel dévouement, quel patriotisme, Mangon se donna tout entier à ce service. Il put dire plus tard, avec une joie légitime, qu’aucun ballon parti au jour marqué par lui ne s’était égaré.
- Il était pourtant bien imparfait, ce service postal par des messagers porteurs de tant d’interrogations demeurées sans réponses. Aussi, après le siège,
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- il y eut une recrudescence d’études sur la navigation aérienne. Des hommes jeunes, pleins de foi dans l’avenir de l’aéronautique, se groupèrent autour de Mangonqui partageait leurs espérances. Interrompus dans leurs recherches par une catastrophe, ils n’ont pas résolu le problème. Cependant, celui qu’ils s’étaient donné pour chef a pu voir dans les airs le premier ballon qui ait réellement été dirigé, remontant le courant d’un vent faible ou dérivant dans un sens voulu, par un vent trop fort. Il salua devant l’Académie, en termes émus, ce premier succès de la navigation aérienne mise au service de nos armées.
- Revenons aux mouvements de l’atmosphère. Pour connaître le trajet d’un mobile, on observe ses positions dans l’espace à divers moments de sa course; on peut ensuite donner une représentation graphique de son trajet en reportant sur le papier, selon certaines conventions, les positions observées ; ce sont autant de points de la ligne qui va être en petit l’image de celle que le mobile a réellement parcourue. Il faut procéder de même pour connaître et représenter un mouvement de l’atmosphère ; le papier devient alors une carte sur laquelle on marque les points où le mouvement a été successivement reconnu. La règle est simple, mais combien difficile en est l’application ! Quand il s’agit de l’air, le mobile est invisible ; ce n'est plus un corps ayant une figure, c’est une masse indéfinie, n’ayant aucun lieu entre ses parties, agitée de mouvements intestins et se déplaçant à travers une atmosphère qui se déplace elle-même. De tous ces mouvements compliqués on ne peut connaître qu’une résultante, c’est-à-dire un vent dont la girouette enregistre la direction et l’intensité. Néanmoins, en multipliant les stations où le vent est constamment observé, en les mettant en relation avec une station centrale chargée de réunir et de comparer toutes les observations simultanées, on doit arriver à dégager de ces documents accumulés les mouvements généraux et particuliers de notre atmosphère. Tels sont, en quelques mots, l’organisation et le but du service international de météorologie que Leverrier a eu la gloire de fonder, en vue surtout de prédire les tempêtes et d’en avertir les ports.
- Cependant, les phénomènes qui agitent notre atmosphère, si formidables en regard de notre faiblesse, risquent de perdre leur importance aux yeux de savants habitués à mesurer des forces, des masses, des distances d’un ordre infiniment supérieur. Il n’est donc pas surprenant qu’un jour les météorologistes aient désiré que le service qui les intéressait fût séparé de celui de l’Observatoire astronomique et prît une existence indépendante. Il
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- n’eut été ni juste ni sage de l’enlever à Leverrier; mais, après la mort de l’illustre astronome, la réorganisation de cet important service fut mise à l’étude, et le décret du 14 mai 1878 créa le bureau central météorologique. Sous ce nom sont compris les divers services des avertissements, de la climatologie, de la météorologie générale, placés sous les ordres d’un directeur, et le conseil chargé de l’administration supérieure. Les membres du Conseil proposent, et le ministre de l’instruction publique nomme l’un d’entre eux pour les présider pendant une période de trois ans. Appelé à cet honneur dès l’application du décret de 1878, Mangon se rendit si nécessaire qu’il devint en réalité président à vie. Sous son impulsion, les services météorologiques ont rapidement grandi dans notre pays, et n’ont pas tardé à reprendre, parmi les services analogues qui fleurissent à l’étranger, la place qu’ils n’auraient jamais dû perdre.
- 11 y a deux parts à faire dans ce grand succès : l’une appartient à l’éminent directeur du service actif et à ses collaborateurs de tout degré ; l’autre revient au conseil du bureau central incarné dans son président. Rien n’est plus instructif, à cet égard, que les rapports annuels écrits par Mangon et lus en assemblée générale des délégués des commissions départementales. En les examinant par ordre de dates, on constate la rapidité et la continuité des progrès. Il y avait fort à faire au dehors et au dedans du service, pour réparer le temps perdu. Il y avait à rétablir et à entretenir les relations avec les services météorologiques étrangers; il y avait, sans sortir de France, d’autres relations plus nécessaires encore avec les représentants du pays qui font les budgets, avec les ministres qui les dépensent. Le personnel des observateurs et leur matériel dépendaient de sept ministres, ceux des affaires étrangères, de la guerre, de la marine, des travaux publics, des postes et télégraphes, de l’agriculture, de l’instruction publique. Pour les intéresser au service météorologique et obtenir d’eux les subsides et les agents, il fallait les instruire de beaucoup de choses qu’ils ne connaissaient pas, et recommencer souvent cette instruction. C’était presque toujours Mangon qui s’en chargeait. Il n’en suivait pas avec moins de soins tous les détails des services intérieurs. Il tendait sans cesse à en accroître les attributions et l’importance. Les observations intéressant la physiologie végétale ou animale, les études sur le magnétisme, les conférences météorologiques, l’expédition du cap Horn dont il fut l’un des principaux promoteurs, les observations sur la hauteur et la vitesse des nuages, les stations de montagne comme celles du Pic du Midi, du mont Ventoux, du Puy de Dôme, de l’Aigoual, ont Tome IV. — 88e année. 4e série. — Janvier 1889.
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- été successivement préconisés par lui dans ses rapports, et y ont été l’occasion de développements pleins d’une haute science et d’une chaleur entraînante.
- Quand il se faisait solliciteur pour la météorologie, Mangon mettait au service de sa science préférée des amitiés contractées depuis longtemps avec les hommes politiques auxquels il s’adressait. En effet, les principes qui régissent la France depuis dix-huit ans étaient les siens dès sa jeunesse. Il en faisait profession à l’Ecole Polytechnique, et les a toujours conservés, sans en faire mystère quand ils pouvaient lui nuire, sans les étaler quand ils pouvaient lui être utiles. La communauté d’idées le lia de bonne heure avec ceux qui furent appelés plus tard à gouverner le pays. Lui-même voulut à son tour jouer un rôle au service des institutions de son choix. Il brigua les suffrages de ses concitoyens de la Manche, et fut nommé député. A la Chambre, il devint le rapporteur nécessaire des commissions chargées d’examiner les questions qui touchaient de près ou de loin aux applications scientifiques. Sa considération grandissant, il fut ministre de l’agriculture. Certes il était là dans son rôle; mais le temps lui manqua pour faire le bien qu’il méditait. Abandonné de ses électeurs, il se retira aussitôt dans la vie privée.
- Sa fin approchait. Un mal imprévu vint tout à coup lui ravir ses forces. Après dix-huit mois de langueur, malgré tous les soins de la noble compagne de sa vie, il s’éteignit sans secousse à l’âge de soixante-sept ans.
- J’ai cherché à retracer dans ce qui précède l’œuvre de Mangon ; je l’ai fait en n’envisageant que ses principaux travaux, ceux qui ont pris dans la science et l’enseignement une place définitive et qui perpétueront sa mémoire. Mais sa prodigieuse activité s’est appliquée à bien d’autres objets, à beaucoup de ces œuvres qui ne sont connues que des contemporains et ne gardent pas le nom de leur auteur. Pour avoir moins d’éclat, pour moins attirer la renommée, ces œuvres-là n’en sont souvent ni moins importantes, ni moins utiles, ni moins méritoires.
- C’était bien un des traits du caractère de Mangon que de se dépenser sans calcul, sans arrière-pensée de gloire, pour tout ce qui lui semblait digne de son attention et de ses efforts. Et ici, bien que je me sois donné pour mission de ne comprendre dans cette notice que ce qui a trait à sa carrière scientifique, je ne puis résister au désir de sortir un moment de mon cadre, pour rendre hommage aux vertus de l’homme privé. Cette généreuse nature se donnait volontiers, non seulement aux choses qui méritaient d’occuper
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- son esprit, mais aussi aux personnes : les jeunes savants que Mangon conseillait et ses nombreux amis l’ont éprouvé. Il apportait dans ses relations une simplicité qui leur donnait un grand charme. Son amitié était sincère et sûre. A tout cela il joignait le désintéressement le plus absolu et le patrio-trisme le plus élevé.
- Sa belle existence, si remplie, si noblement occupée, peut servir de modèle à ceux qu’anime la passion du travail, de la science et de la patrie.
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- Rappport de M. Raymond, sur les titres de M. Émile Raudot à la GRANDE MÉDAILLE d’AmPÈRE.
- Messieurs,
- Vous avez à décerner cette année la grande médaille à l’effigie d’Am-père, que la Société d’Encouragement accorde, tous les six ans, pour les plus importants progrès réalisés dans le domaine des applications de la Physique. Le comité des Arts économiques, appelé à vous présenter un candidat, a résolu, à l’unanimité, de vous proposer d’attribuer cette haute récompense à M. Émile Raudot, ingénieur des télégraphes, pour son appareil imprimeur à transmissions multiples et les perfectionnements qu’il y a apportés dans ces dernières années.
- Vous connaissez depuis longtemps ce remarquable appareil. M. le comte du Moncel, qui vous l’avait présenté à la séance du conseil d’administration du 26 janvier J 877, et qui vous en a entretenu plusieurs fois (1), le considérait, et vous le signalait dans l’un de ses rapports, comme « un chef-d’œuvre de mécanique, faisant l’admiration de tous les techniciens ». Il a déjà valu à son auteur, en 1882, une médaille d’or de la Société d’Encouragement. Nous n’entreprendrons pas, ce qui serait d’ailleurs sans intérêt, de le décrire de nouveau; il suffira d’en rappeler le principe, d’exposer les transformations qu’il a subies et d’indiquer les résultats obtenus, pour faire apprécier la valeur de l’invention, le mérite et les efforts persévérants de l’inventeur.
- Le problème que M. Baudot a cherché tout d’abord à résoudre et qui s’est posé, dès que la télégraphie électrique a pris un certain développement, était d’augmenter le débit ou le « rendement » des fils, c’est-à-dire le
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement : séance du Conseil d’administration du 26 janvier 1877 ; séance générale du 8 décembre 1882.
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- nombre des télégrammes pouvant être expédiés, par chacun d’eux, dans un temps donné et de permettre ainsi d’abaisser les tarifs ou d’accroître le trafic, sans sacrifier la rapidité et la régularité des communications.
- Dans les divers systèmes télégraphiques, les lettres ou les chiffres sont représentés par des signaux conventionnels, qu’il faut composer ou préparer au départ, lire ou traduire à l’arrivée. Le temps nécessaire pour l’envoi d’un signal est généralement assez court, plus court que celui employé pour le préparer et le traduire. La ligne reste ainsi inoccupée pendant les intervalles qui séparent les signaux. La transmission multiple consiste à utiliser ces intervalles pour d’autres transmissions. Ce résultat s’obtient en espaçant régulièrement soit les signaux élémentaires qui composent les lettres, soit les lettres elles-mêmes.
- Un organe spécial, appelé le « distributeur », qui affecte diverses formes, met successivement le fil à chaque révolution à la disposition de plusieurs opérateurs et règle le temps que chacun d’eux peut consacrer à sa transmission. Le synchronisme du mouvement des appareils, aux deux extrémités de la ligne, est entretenu ou corrigé par le courant électrique.
- Ce mode de transmission, qui avait été indiqué par M. Rouvier en 1858, a été réalisé, pour la première fois en 1871, par M. Meyer, inventeur d’un appareil autographique bien connu; mais l’usage de l’alphabet Morse que M. Meyer avait conservé, en modifiant légèrement la forme des lettres, obligeait à traduire les signaux et à transcrire les télégrammes à l’arrivée et prolongeait la durée de la transmission.
- M. Baudot, élargissant la question, s’est proposé non seulement d’utiliser encore plus complètement la ligne, mais de faire transformer les signaux par l’appareil lui-même en lettres usuelles imprimées sur une bande de papier. Il a imaginé dans ce but un nouvel alphabetet créé une série d’organes nouveaux.
- Ses recherches remontent à l’année 1872. Après de nombreux essais préliminaires, il fit exécuter en 1876, avec le concours de l’administration des télégraphes, un premiertype d’appareil à cinq claviers, permettant à cinq opérateurs de transmettre simultanément par le même fil. Cet appareil fut essayé sur la ligne de Paris à Bordeaux. A l’Exposition universelle de 1878, M. Baudot obtint un grand prix.
- Quoique les essais eussent été encourageants, ce premiertype avait soulevé plusieurs objections. Il était encombrant, son installation très compliquée. De trop nombreux contacts électriques rendaient difficiles l’entretien et le réglage des divers organes.
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- Un second type, dans lequel M. Baudot s’était efforcé de remédier à ces inconvénients, fut construit en 1880 ; il figura à l’Exposition internationale d’électricité de 1881 ; mais il fut bientôt remplacé par un troisième en 1882.
- Ces rapides transformations témoignent de la fécondité de l’inventeur; elles avaient pour but de simplifier l’appareil, d’ajouter à sa précision et de l’adapter à toutes lignes.
- Le moment de l’émission d’un courant, pour l’envoi d’un signal, est déterminé, au poste de départ, par le passage d’un frotteur sur l’une des divisions du distributeur, comme l’heure est indiquée par le passage d’une aiguille sur l’une des divisions du cadran d’une horloge. Or le courant envoyé doit parvenir au poste d’arrivée à l’instant précis où le frotteur d’un deuxième distributeur passe sur la division correspondant à celle qui a servi à l’émission. Si on réfléchit à l’obligation de faire tourner synchroniquement les distributeurs pendant des journées entières, à raison de 165 révolutions par minute, sans que les frotteurs puissent, à aucun instant, être éloignés de la position qu’ils occupent, l’un par rapport à l’autre, de plus de 1/300 de tour, on peut déjà se faire une idée de la précision des moyens employés pour obtenir ce résultat. Il faut ajouter que dans un appareil à six transmissions, par exemple, la durée des courants électriques envoyés es de 1/100 de seconde environ, et que ces courants doivent parvenir au poste d’arrivée à un moment qui ne peut être avancé ou retardé de plus de 1/600 de seconde, sans qu’il en résulte une perturbation dans les réceptions des signaux.
- Plusieurs causes, telles que la nature et la longueur de la ligne, l’état de l’atmosphère, les courants telluriques et d’autres encore, peuvent d’ailleurs faire varier la durée de l’intervalle qui sépare l’émission d’un courant de sa manifestation à l’autre extrémité du fil. Dans la disposition des appareils, on doit tenir compte de toutes ces influences qui déterminent la vitesse de la transmission et le nombre des opérateurs.
- : Enfin, dans une grande exploitation, il est essentiel que les règles soient uniformes et que les types d’appareils employés puissent s’adapter aux variations du trafic et aux divers cas qui se présentent.
- Pour satisfaire à toutes ces conditions, M. Baudot s’est inspiré de tous les travaux antérieurs sur la propagation du courant, et s’est livré à une analyse minutieuse des opérations qui s’effectuent dans les diverses phases de l’envoi d’un signal.
- Il s’est attaché d’abord à substituer à l’action des courants électriques
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- des combinaisons purement mécaniques, et, par application du principe de la division du travail, il a affecté à chaque opération un organe distinct, n’ayant qu’un seul mouvement à effectuer pour chaque lettre transmise ou reçue. Cette multiplicité des organes, qui a pour conséquence la simplicité des fonctions, est l’un des caractères de l’appareil Baudot du dernier type.
- Plusieurs organes mériteraient de fixer l’attention. Nous citerons le relais récepteur des courants, le régulateur isochrone qui a été présenté à l’Académie des sciences, au mois de juillet dernier, le traducteur avec son combinateur (1).
- M. Baudot est ainsi arrivé, par des perfectionnements incessants, à faire, d’un appareil compliqué en apparence, un instrument dont le fonctionnement est sûr et régulier dans toutes les circonstances. Il a adopté pour les distributeurs une vitesse de rotation uniforme de 165 tours par minute environ, en groupant, suivant la longueur ou la nature de la ligne, et les besoins du trafic autour d’un seul distributeur, deux, trois, quatre ou six traducteurs et claviers. Il a même, dans un but d’uniformité, appliqué le principe à une installation simple, ne se prêtant qu’à la transmission d’un seul télégramme dans le même sens, ce qui peut être utile pour des cas particuliers; mais en se réservant la faculté de doubler encore le rendement par le système de transmission duplex.
- Le nombre des mots transmis s’élève pour chaque opérateur à raison d’une lettre par tour du distributeur, à 1500 par heure environ. On peut ainsi obtenir, avec un appareil double, 3000 mots par heure, avec un quadruple, 6000 et avec un sextuple, 9000. Cette puissance de transmission et la souplesse du système à s’adapter aux diverses lignes a pour résultat d’en étendre l’usage de jour en jour. Il ne desservait tout d’abord que les lignes principales; il se répand sur les lignes secondaires, et commence à être employé dans le service international.
- Depuis le mois de janvier 1888, il fonctionne entre Paris et Borne, avec relais translateur à Turin. Cette application nouvelle, sur une ligne de 1725 kilomètres', présentait des difficultés particulières. Il s’agissait d’obtenir, par le même fil, non seulement deux transmissions simultanées dans le même sens, mais une transmission et une réception simultanées, ce qui est
- (I) L’idée peut-être la plus originale et en quelque sorte fondamentale a été d’emmagasiner les signaux au fur et à mesure par des organes distincts pour les faire traduire, après coup, par un nombre suffisant de traducteurs, sans retarder en aucune façon l’arrivée des signaux suivants.
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- beaucoup plus difficile, à cause du temps perdu par la durée de la propagation du flux électrique, à chaque changement de sens de la transmission. C’est en utilisant l’intervalle qui sépare le passage à Turin des deux signaux, venant l’un de Paris, l’autre de Rome, que M. Baudot a surmonté cet obstacle. Le temps perdu, qui aurait été de 8/100 de seconde, pour une vitesse de rotation de 165 tours par minute, est employé à l’envoi des courants de correction du synchronisme. Un commutateur automatique, ayant la forme du distributeur, est placé au poste intermédiaire, qui partage la ligne en deux parties sensiblement égales, et Turin règle ainsi la marche des appareils à Rome et à Paris.
- Le succès a été complet, et l’administration italienne, après avoir constaté ce résultat, a adopté l’appareil Baudot pour ses grandes lignes. Le même principe vient d’être appliqué en France sur le fil direct de Paris à Nice, l’un des plus longs de notre réseau, qui fonctionne avec relais et correction à Lyon.
- Un autre essai très intéressant se poursuit en ce moment même. On conçoit que la transmission multiple permette, non seulement d’envoyer simultanément plusieurs télégrammes entre deux villes déterminées, par une seule ligne, mais encore de relier par le même fil plusieurs localités situées sur son parcours, soit un centre commun, soit entre elles, en réservant à chaque ville, pour ses communications avec les autres, une ou plusieurs fractions de la période de révolution du distributeur. M. Baudot a étudié la question et les essais se font sur la ligne à fil unique de Paris à Auch et à Tarbes, et sur celle du Havre à Rennes et à Brest.
- Nous aurions encore, si nous ne devions nous borner, à mentionner d’autres travaux du même inventeur, ayant pour but l’accélération des transmissions sur les lignes télégraphiques souterraines, la transmission automatique, etc.
- M. Baudot n’a donc pas cessé un instant de perfectionner et d’améliorer son œuvre primitive. C’est un chercheur heureusement doué et un travailleur opiniâtre. Il a justifié toutes les espérances qu’il avait laissé concevoir, lorsque la Société d’Encouragement lui a décerné une médaille d’or.
- Le Comité des arts économiques n’hésite pas à vous le recommander pour une distinction plus haute.
- Signé : L. Raymond, rapporteur.
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- PRIX DES ARTS MÉCANIQUES.
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- PRIX FOURCADE
- Pour les ouvriers des fabriques de produits chimiques.
- Rapport de M. Fourcade sur le prix fondé par les exposants de la classe 47 a l’Exposition universelle de 1878.
- Prix de 800 francs.
- Après avoir pris connaissance des diverses demandes qui ont été adressées à la Société pour l’obtention en 1888 du prix qu’elle décerne chaque année à l’ouvrier en produits chimiques ayant le plus grand nombre d’années consécutives de travail dans la même maison, il y a lieu de présenter au Conseil de la Société un candidat indiqué par MM. Lefranc et Cie, fabricants de couleurs, à Issy (Seine), en leur lettre du 2 décembre courant. Ce candidat, nommé Jacques Wallach, est entré dans l’usine Lefranc le 13 septembre 1841 ; il y est resté sans interruption jusqu’à ce jour, soit pendant quarante-sept ans consécutifs.
- Aucun candidat présenté n’ayant réuni un si long état de service dans la même maison, il y a lieu de vous présenter le sieur Wallach comme méritant pour 1888 le prix de 800 francs, que la Société décerne chaque année pour récompenser la fidélité chez les ouvriers.
- Signé : A. Fourcade, rapporteur.
- PRIX DES ARTS MÉCANIQUES
- Rapport de M. Hirsch sur le concours pour le meilleur dispositif
- DE CLAPET DE RETENUE POUR VAPEUR.
- Prix de 2000 francs.
- La Société d’Encouragement a proposé un prix cfe 2 000 francs pour un clapet de retenue pour vapeur. Le prix, aux termes du programme, peut être décerné en 1888.
- Le clapet de retenue pour vapeur est un appareil de sûreté, qui a pour objet de limiter et d’atténuer les conséquences des explosions de chaudières, en interceptant automatiquement la communication entre la chaudière écla-
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- tée et les chaudières voisines. Il a été rendu obligatoire par le décret du 29 juin 1886, dans le cas de chaudières de grand volume groupées en batteries sur un collecteur de vapeur.
- Trois concurrents se sont présentés : M. P. Carette, d’Hamégicourt ; la maison Lethuillier et Pinel, de Rouen, et M. Labeyrie, garde-mines principal à Paris.
- Les clapets de retenue de MM. Curette et Labeyrie sont bien connus des lecteurs de nos bulletins, qui en contiennent les descriptions accompagnées de dessins.
- Le clapet Carette consiste en un organe mobile entre deux sièges, intercalés sur la conduite de vapeur; suivant que le courant de vapeur est dirigé dans un sens ou dans l’autre, l’organe mobile s’appuie sur l’un ou l’autre siège ; à l’état normal, et dans le but d’éviter la fermeture, qui se produirait même avec des débits très faibles de vapeur, le clapet est maintenu dans sa position moyenne, à distance des deux sièges, par une fourchette branchée sur un arbre, qui sort à joint étanche de la boîte à clapet, et porte un levier à contrepoids ; la fermeture n’a lieu que lorsque le courant de vapeur devient assez vif pour que le contrepoids soit soulevé.
- Le clapet Labeyrie est également à double action ; il a la forme d’une sphère, reposant dans le fond d’une cavité, sur le trajet de la vapeur; si le débit de vapeur devient suffisamment intense, la sphère est appliquée sur l’un ou l’autre siège et la conduite se trouve fermée.
- Le clapet de MM. Lethuillier et Pinel est un disque, placé, sur le parcours de vapeur, à petite distance au-dessous d’un siège horizontal; lorsque le courant devient assez rapide, le disque est soulevé par un effet de succion, et appliqué sur son siège. On peut, par quelques additions simples, transformer cet appareil, de telle sorte qu’il donne la fermeture dans les deux sens.
- Ces trois clapets de retenue ont reçu un grand nombre d’applications ; ils n’ont donné lieu, en service, à aucun incident notable. Ils semblent, les uns et les autres, répondre à la plupart des conditions insérées dans le programme du concours. Néanmoins nous ne proposerons pas de les mettre tous les trois sur le même rang.
- Pour ce qui concerne le clapet Carette, il est réglable, c’est-à-dire que sa sensibilité peut être augmentée ou diminuée par un déplacement du contrepoids. C’est là une propriété précieuse, qui permet d’accommoder l’appareil aux conditions variables de l’industrie à desservir. Mais ici le réglage se
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- PRIX DES ARTS CHIMIQUES.
- JANVIER 1889.
- fait par l’extérieur : par conséquent il est à la disposition du chauffeur, qui peut ainsi, et sans difficulté, paralyser le jeu de l’appareil. En outre, le clapet Carette comporte un joint à frottement étanche, et par conséquent plus ou moins exposé à s’entartrer et à devenir dur, c’est-à-dire que le fonctionnement n’est pas assuré.
- L’appareil Lethuillier et Pinel ne présente pas ces inconvénients; mais une fois établi, on ne peut plus régler sa sensibilité sans le démonter complètement.
- Le clapet Labeyrie a été muni, par son auteur, d’un perfectionnement qui permet d’en modifier la sensibilité, même en service; de plus, l’organe de réglage est facile à mettre à l’abri des tentatives du chauffeur. Cet appareil est composé de pièces simples; il ne comporte aucun frottement, il ne présente aucune chance de dérangement. 11 nous paraît répondre d’une manière satisfaisante aux conditions du programme.
- En conséquence, votre Comité de mécanique est d’avis qu’il y a lieu d’accorder le prix de 2 000 francs à M. Labeyrie pour son clapet de retenue pour vapeur à réglage.
- Il propose, en outre, d’accorder une médaille d’argent à M. Carette et une médaille d’argent à MM. Lethuillier et Pinel pour leurs clapets de retenue pour vapeur.
- Signé : J. Hirsch, rapporteur.
- PRIX DES ARTS CHIMIQUES
- Rapport de M. Le Chatelier sur le concours pour une étude expérimentale
- DES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES MÉTAUX.
- Prix de 3 000 francs.
- M. Osmond, ancien ingénieur du Creuzot, poursuit depuis plusieurs années des recherches très importantes sur la constitution et les principales propriétés des aciers. Dans un premier mémoire publié en commun avec M. Werth, et inséré en 1885 aux Annales des Mines sous le titre : Théorie cellulaire de l’acier, ces savants avaient été conduits à formuler les conclusions suivantes (1) :
- « Le fer peut exister sous deux états moléculaires distincts a et £. La
- (1) Voir l’historique des travaux relatifs à cette question, dans une note publiée par M. Brisse au Bulletin de la Société d’Encourageinent, septembre 1887, p. o02.
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- PRIX DES ARTS CHIMIQUES.
- JANVIER 1880.
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- « variété * domine dans les aciers refroidis lentement à partir du rouge et « d’autant plus exclusivement que ces métaux s’approchent davantage du « fer pur.
- « La variété (3 dure et cassante se forme :
- « 1° Artificiellement, par l’action de toute pression mécanique appliquée « au-dessous du rouge très sombre, et produisant une déformation per-« manente;
- « 2° Spontanément, à une certaine température critique restée indéter-« minée. Mais la modification inverse peut ne pas se produire, ou ne se pro-<( duire qu’incomplètement pendant un refroidissement brusque et en « présence de certains corps étrangers : carbone, manganèse et tungstène.
- « La plupart des propriétés physiques d’un métal donné dépendent enfin :
- « 1° Des proportions relatives de fer a et de fer (3 qu’il contient actuelle-« ment, proportions qui dépendent elles-mêmes de la composition chimique « du métal et des conditions physiques auxquelles il a été antérieurement « soumis;
- « 2° De la présence et de la proportion de substances étrangères inter-« posées. »
- L’existence de ces deux variétés moléculaires du fer et leur influence sur les propriétés mécaniques des aciers étaient des faits entièrement nouveaux, mais il faut l’ajouter aussi, insuffisamment démontrés. Il n’était pas prouvé que les propriétés des différents aciers ne résultaient pas directement, suivant la théorie généralement admise, des différents états de combinaison du carbone. D’après la théorie de MM. Osmond et Werth, le carbone n’aurait, d’autre rôle que d’augmenter le degré de stabilité de la variété de fer [3.
- Dans un travail présenté à la Société d’Encouragement, M. Osmond a repris l’étude de cette question, en employant la méthode expérimentale proposée par Régnault, pour l’étude des transformations moléculaires du soufre. L’expérience montre que toute transformation moléculaire des corps est accompagnée d’absorptions ou de dégagements de chaleur plus ou moins considérables. Il en résulte que l’étude de la loi de refroidissement ou d’échauffement d’un corps permettra de reconnaître à l’existence de perturbations passagères la production de transformations semblables. L’emploi de cette méthode a permis à M. Osmond d’obtenir des résultats nouveaux et très intéressants, au sujet des différents états de combinaison du carbone et des deux variétés moléculaires du fer.
- États de combinaison du carbone. En étudiant la loi d’échauffement et de
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- refroidissement d’un acier bien caractérisé, d’un acier dur tenant 1,25 p. 100 de carbone, M. Osmond a observé un temps d’arrêt très longtemps prolongé, pendant lequel la température est restée stationnaire. Ce temps d’arrêt, analogue à celui que l’on observe quand on fait passer un corps par sa température de fusion, indique une transformation se produisant avec absorption de chaleur pendant réchauffement et par suite avec dégagement de chaleur en sens inverse. Dans une première série d’expériences, le temps d’arrêt à réchauffement s’est produit à 705 degrés et au refroidissement à 675 degrés. Mais ces températures ne sont pas complètement fixes, elles dépendent des vitesses d’échauffement ou de refroidissement. En doublant la vitesse de refroidissement le point d’arrêt s’est abaissé de 30 degrés, il est tombé à 645. On doit donc en conclure que le point normal de transformation est très vraisemblablement le même dans les deux sens, comme cela s’observe dans tous les phénomènes analogues ; mais cette inégalité des deux températures inverses ne pourrait être expérimentalement réalisée qu’avec des vitesses d’échauffement infiniment petites. Cette température normale peut être fixée au voisinage de 700 degrés. Les analogies montrent, en effet, que dans tous les phénomènes semblables, les retards sont bien moindres à réchauffement qu’au refroidissement. Cela résulte de ce que la vitesse de toute transformation chimique croît avec la température absolue d’une part et d’autre part avec l’excès de cette température sur celle qui correspond au point de transformation. Au-dessus de ce point critique les deux grandeurs sont de même signe, leur influence s’ajoute, la vitesse croît indéfiniment. Au-dessous, elles sont de signe contraire, leur influence se compense partiellement de telle sorte que la vitesse croît d’abord, passe par un maximum, puis finit par s’accumuler complètement. D’après les expériences de M. Osmond, ce maximum se produirait vers 340 degrés.
- M. Osmond a reconnu de plus que, pour un refroidissement suffisamment rapide tel que celui de la trempe, la transformation normale ne se produirait pas. L’acier trempé n’est donc que la variété d’acier normalement stable au-dessus de 700 degrés qui, par un refroidissement brusque, a été amené à une température assez basse pour que la vitesse de transformation y devienne nulle comme elle l’est pour le soufre prismatique et sans doute aussi pour le soufre mou au-dessous de — 30°. Mais si on réchauffe l’acier de façon à le ramener dans la zone de température où les transformations sont encore possibles, si on recuit l’acier, on ramène progressivement le carbone à l’état de combinaison qui est normalement stable au-dessous de 700 degrés.
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- De la même façon le soufre prismatique stable au-dessus de 97°,5, le soufre mou stable au-dessus de 270 degrés, se transforment rapidement quand ils sont recuits à une température convenable, vers 70° environ, en soufre octaédrique, seule variété stable à froid ; dès la température ordinaire cette transformation commence à se produire, mais avec une lenteur extrême.
- Cette transformation réversible des aciers se fait dans un sens tel que la variété stable à chaud contienne le plus de chaleur : elle rentre donc dans une des lois fondamentales de la chimie qui veut que toute transformation réversible, produite par une élévation de température, soit accompagnée d’une absorption de chaleur (fusion, volatilisation, dissociation).
- L’acier trempé, qui n’est autre que la variété stable à chaud, doit donc contenir plus de chaleur que le même acier recuit. M. Osmond a vérifié le fait par des mesures calorimétriques en dissolvant l’acier dans une solution de chlorure de cuivre ; il a obtenu les élévations des températures :
- Acier recuit. . .....................................................1°,89
- Acier trempé.........................................................2°,05
- On peut prévoir, en s’appuyant sur les analogies, que le produit renfermant le plus de chaleur doit aussi être le plus altérable aux réactifs. M. Osmond a signalé en effet dans son premier travail publié avec M. Werth que le carbone de l’acier trempé était beaucoup plus profondément attaqué par l’acide azotique étendu que celui de l’acier recuit. Dans le premier cas, une partie du carbone se dégage à l’état de produits gazeux, ce qui met en défaut la méthode d’Eggertz pour le dosage de ce corps.
- De ces premiers résultats fort intéressants, M. Osmond tire une conséquence qui n’en découle pas nécessairement et nous semble fort contestable. Le carbone de recuit serait combiné au fer, et cette combinaison se dissocierait en absorbant de la chaleur à la température de 700 degrés. C’est le contrepied de la théorie de Caron qui considérait comme combiné au fer le carbone de trempe. En réalité, le carbone sous ses deux états est combiné au fer : cela est démontré par son altérabilité dans l’un et l’autre cas en présence des acides qui sont sans action sur le carbone libre. La seule chose certaine est qu’il existe deux états de combinaisons distincts, différant soit par les proportions des corps en présence, soit seulement par leur état moléculaire, les proportions étant les mêmes. Quanta la question de savoir si c’est une combinaison à proportion définie, une véritable combinaison chimique, ou à proportion variable comme une dissolution, un verre, c’est là un problème que ne permet de trancher aucun des faits observés par
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- M. Osmond. Il est donc préférable d’éviter soigneusement les termes carbone libre, carbone combiné, qui ne correspondent à aucun fait démontré et de conserver les termes carbone de trempe et carbone de recuit, pour désigner les deux états stables le premier au-dessus de 700 degrés, le second au-dessous.
- Poursuivant ses recherches expérimentales, M. Osmond a étudié l’influence des proportions de carbone allié au fer, et a reconnu qu’elle ne se fait pas sentir sur la température de transformation qui reste invariable.
- La quantité de chaleur absorbée varie au contraire; elle tend vers zéro quand on part de l’acier dur pour se rapprocher du fer doux, ce qu’il était facile de prévoir; mais elle diminue aussi sans cependant s’annuler quand on part de l’acier dur à 1,25 p. 100 de carbone pour se rapprocher de la fonte blanche à 4,10 p. 100 de carbone. Gela semblerait indiquer qu’une partie du carbone, même après un refroidissement lent, reste à l’état de carbone de trempe. Ce résultat concorde bien avec la fragilité de la fonte blanche, qui la rapproche de l’acier trempé. Il est confirmé encore par des expériences récentes de M. Werth, qui a reconnu que dans la fonte blanche la presque totalité du carbone présentait les mêmes caractères chimiques que le carbone de l’acier trempé. Un excès de carbone augmente donc la stabilité de la combinaison qui se produit aux températures élevées.
- Certains corps étrangers ajoutés au fer en présence du carbone modifient les conditions de transformation des combinaisons du carbone. Le manganèse abaisse la température de transformation et finit par s’opposer complètement à sa production. Un acier manganésé à 1 p. 100 présentait déjà un abaissement de 40 degrés. Des ferro-manganèses à 20 p. 100 et au delà ne donnent plus aucune transformation.
- Le tungstène se comporte d’une façon analogue.
- Le chrome à la teneur de 10 p. 100 et le silicium à celle de 3 p. 100 n’empêchent pas la transformation du carbone; ils élèvent seulement un peu la température correspondante.
- Etats moléculaires du fer. —Les deux états moléculaires du fer signalés par MM. Osmond et Werth dans leur travail antérieur ont également été l’objet d’observations très importantes de la part de M. Osmond. L’existence de ces deux états semble définitivement démontrée par l’étude de la loi du refroidissement du fer pur. Si dans ce corps la perturbation de 700 degrés a complètement disparu, une autre s’est développée à une température notablement supérieure, 860 degrés (855 au refroidissement et 867 à réchauffement).
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- 11 ne semble pas qu’un refroidissement brusque puisse ramener et conserver à la température ordinaire, au moins dans le cas du fer pur, la variété Jâ stable normalement à chaud.
- Quand on étudie des fers de plus en plus riches en carbone et se rapprochant des aciers, on voit la perturbation correspondant à la transformation du fer p en fer a diminuer d’intensité et en même temps se produire à des températures de plus en plus basses, jusqu’à se confondre avec la transformation de la combinaison carbonée quand on arrive à l’acier dur. Les deux phénomènes, bien que se produisant à une même température, semblent néanmoins conserver une existence propre, car le recuit après trempe d’un semblable acier donne deux dégagements de chaleur bien distincts : l’un, à 350 degrés qui se rapporte à la combinaison carbonée. M. Werth a reconnu en effet qu’après cette température, le carbone aurait repris toutes les propriétés chimiques du carbone de recuit. Un second dégagement de chaleur se produisant à 660 degrés ne peut être attribué qu’à la transformation moléculaire du fer. Cette expérience apprend en même temps que la variété {3 peut en présence du carbone être conservée à la température ordinaire par l’action de la trempe, ce qui ne peut être réalisé en l’absence du carbone.
- La présence de corps étrangers exerce sur la transformation du fer une action de tous points identiques à celle qu’elle exerce sur la combinaison du carbone, c’est-à-dire que le manganèse et le tungstène abaissent le point de transformation du fer et finissent par annuler complètement cette transformation. Le fer p devient de plus en plus stable à froid. Le chrome et le silicium produisent l’effet inverse ; la température du point de transformation est élevée.
- En voyant le parallélisme si complet entre la transformation moléculaire du fer et celle du carbone combiné, on est conduit à se demander si cette dernière ne résulte pas simplement de la transformation du fer dans sa combinaison carbonée.
- M. Osmond, en partant de ces résultats expérimentaux, a été conduit à une théorie très séduisante des propriétés des aciers. Ceux-ci seraient constitués par un mélange de fer pur et d’un carbure de fer qui pourraient tous deux exister sous deux modifications différentes.
- Le fer (3, normalement stable au-dessous de 855 degrés, serait dur, tenace et non magnétique (acier trempé, acier au manganèse sans carbone).
- Le fer a, normalement stable au-dessous de 855 degrés, serait malléable, peu tenace et magnétique (acier recuit ou fer doux).
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- Le carbone interviendrait surtout en augmentant à froid la stabilité du fer p. A ce point de vue, son rôle se rapprocherait de celui du manganèse.
- Quelque opinion que l’on puisse avoir sur la valeur de ces considérations théoriques, il n’en est pas moins certain que les recherches de M. Osmond ont établi d’une façon définitive un certain nombre de données expérimentales entièrement nouvelles et fort utiles pour l’industrie. La détermination exacte des températures de trempe et de recuit des aciers n’avait pas encore été faite; on n’avait pas étudié d’une façon aussi précise le rôle du manganèse, du tungstène, du silicium et du chrome dans les fers carburés.
- Il reste encore des recherches intéressantes à poursuivre dans la voie où s’est engagé M. Osmond. Les transformations moléculaires des corps sont accompagnées de variations simultanées de toutes leurs propriétés. La mesure exacte des changements de volume, de résistance mécanique se produisant ainsi aux diverses températures dans les fers, les aciers et les fontes pendant le refroidissement lent, la trempe et le recuit présenteraient un intérêt trop évident pour qu’il y ait lieu d’y insister. Des déterminations semblables sur les alliages du cuivre qui présentent des transformations analogues seraient également très intéressantes.
- C’est véritablement faire œuvre d’encouragement national à l’industrie que récompenser des recherches de cette nature, qui sont utiles à une industrie tout entière, mais ne peuvent rapporter aucun bénéfice direct à leur auteur. Aussi la Société d’Eneouragement n’hésite-t-elle pas à décerner un prix de 3000 francs à M. Osmond, et l’engage-t-elle vivement à persévérer dans la voie féconde où il s’est engagé.
- Signé : IL Le Chatelier, rapporteur.
- PRIX DES ARTS CHIMIQUES
- Rapport de M. Le Chatelier sur le concours pour une étude
- DES PROPRIÉTÉS DES CIMENTS.
- Prix de 1500 francs.
- Les mortiers de ciment Portland gâchés à l’eau de mer ont une prise bien plus lente qu’à l’eau douce; ce fait, connu depuis longtemps, n’avait pas reçu jusqu’ici d’explication satisfaisante. M. Candlot s’est proposé d’élucider, par de nouvelles expériences, le mécanisme de ce phénomène. Se
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- préoccupant d’une question purement théorique au début, il a été conduit à la découverte de faits nouveaux et très importants, susceptibles d’applications industrielles immédiates.
- Les eaux de la mer diffèrent des eaux douces par une teneur assez élevée en sels solubles.
- Chlorure de sodium........................... 30 grammes dans 1 litre.
- Chlorure et sulfate de magnésium............. 3 —
- Sulfate de chaux............................. 1,3 — —
- On a conservé ici le mode de répartition des acides et des bases généralement admis, mais d’une exactitude plus que douteuse. Il est à peu près certain que la majeure partie du magnésium et du calcium sont à l’état de chlorure, et l’acide sulfurique combiné à la soude. Si l’on se place à ce point de vue, ce seront les chlorures seuls dont il faudra étudier l’action ralentissante sur la prise du ciment, puisque c’est à cet état de combinaison que se trouve la majeure partie des trois bases contenues dans les eaux de la mer.
- Des dissolutions de chlorure de sodium renfermant depuis 10 grammes jusqu’à 50 grammes de sel par litre n’ont donné aucune différence appréciable dans la durée de la prise. Ce sel, bien que le plus abondant dans les eaux de la mer, n’est donc pour rien dans le phénomène étudié.
- Le chlorure de magnésium, au contraire, à la dose de 10 grammes par litre, donne des prises très lentes tout à fait comparables à celles obtenues avec l’eau de mer. Mais on sait que les sels de magnésie sont immédiatement décomposés par la chaux contenue dans les ciments : il était donc vraisemblable que les sels de chaux correspondants auraient la même action retardatrice. Cette propriété est bien connue des fabricants de ciment en ce qui concerne le sulfate de chaux, et M. Candlot a reconnu la même propriété au chlorure de calcium. Voici les résultats d’expériences effectuées avec un ciment Portland normal :
- Solutions à 10 grammes par litre.
- Eau douce. Eau de mer. MgO SO3. Mg Cl. CaCl.
- Durée de prise. . . .... 0h,25' 7h,30' 4h,40' 12h ICE
- Il faut remarquer, en comparant ces nombres, que les sels de magnésie des eaux de la mer sont équivalents à 5 grammes de CaCl, et les 10 grammes de MgCl employés à Il8r,3 de CaCl. Quant au sulfate de magnésie, il donne une quantité de sulfate de chaux supérieure à celle qui peut exister en dissolution.
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- M. Candlot s’est plus particulièrement préoccupé de l’étude du chlorure de calcium; il a d’abord étudié l’influence de la concentration de ce sel. Contrairement à ce que l’on pouvait prévoir, la durée de prise, après avoir été en croissant avec la quantité du sel employé, passe par un maximum et se met à décroître rapidement, comme le montrent les chiffres suivants :
- Poids de CaCl par litre. 0sr 2sr 5sr 10§r 20sr 40sr 60§r 100»r 200g1’ 300sr
- Durée de pris*e. Oh,25' 1& 10h 10h 12h 8*> 6U Oh,20' Oh,9' 0h,8'
- On observe donc bien un maximum de durée de prise qui se produit ici avec la solution à 20 grammes et qui pour d’autres ciments reste compris entre 10 grammes et 40 grammes par litre.
- Entre 60 grammes et 100 grammes il y a par contre une accélération brusque de la prise, mais aussi les réactions chimiques qui accompagnent le durcissement changent en même temps. Au-dessous de 60 grammes, on voit se former les lamelles habituelles d’hydrate de chaux en forme d’hexagone ; les réactions sont les mêmes qu’en présence de l’eau pure; le chlorure ne joue aucun rôle chimique. Au-dessus de 100 grammes, on voit se former de longues aiguilles d’oxychlorure de calcium. Les résultats obtenus par M. Candlot sont bien d’accord avec ceux des anciennes expériences de M. Ditte, qui avait montré que l’oxychlorure de calcium ne pouvait se former à la température ordinaire qu’en présence de dissolutions de chlorure de calcium renfermant plus de 85 grammes par litre.
- Ces premiers résultats obtenus, M. Candlot a cherché à approfondir encore le phénomène et à préciser le mécanisme par lequel le chlorure de calcium pouvait faire varier la durée de la prise. On sait que le durcissement de tous les ciments est accompagné de la dissolution passagère des composés anhydres mis au contact de l’eau. Il était assez naturel d’admettre que toute circonstance faisant varier cette solubilité influait dans le même sens sur la rapidité de la prise. Des trois composés : silicate, aluminate et hydrate de chaux, qui se forment peu dans la prise des ciments, le dernier est le seul dont la solubilité puisse être l’objet de mesures précises ; c’est le seul aussi dont M. Candlot se soit occupé. Voici ses résultats rapportés à 1 litre :
- Poids de CaCl...................... 0sr 15s1, 36sr 6lsr 100sr
- Poids de GaO........................ lsr,298 lsr,003 lsr,032 lsr,121 lsr,312
- On voit que les solubilités varient dans le même sens que la rapidité de la prise; il est donc bien difficile de se refuser à voir un rapport de cause à
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- effet entre ces deux phénomènes connexes. L’explication proposée par M. Candlot est en tout cas appuyée sur des expériences aussi précises qu’on peut les désirer.
- Ces propriétés de chlorure de calcium pouvant être l’objet d’applications industrielles, M. Candlot a dû se préoccuper de rechercher quelle serait l’influence de la présence de ce sel sur la résistance des mortiers. Les expériences ont été faites en immergeant pendant vingt-quatre heures les briquettes, puis les retirant de l’eau au bout de ce temps et les laissant durcir
- à l’air :
- 10gr CaCl par litre 20gr —
- 50gr —
- Eau pure............
- 7 jours. 28 jours. 3 mois.
- 11 23 29
- 12 25 29
- 13 24 34
- 10 16 22
- Les résistances deviennent donc à la longue plus considérables avec les dissolutions faibles de CaCl qu’avec l’eau pure, de même que cela a lieu pour l’eau de mer.
- Les dissolutions concentrées de chlorure de calcium, mais ne marquant pas plus de 20 degrés Baume, se comportent d’une façon un peu différente. Après avoir donné au début des résistances beaucoup plus fortes que l’eau pure, l’augmentation du durcissement se ralentit, et au bout d’un an la résistance est la même qu’à l’eau pure. Ces résultats sont obtenus avec les ciments frais. Les ciments éventés donnent une prise moins rapide, des résistances moins fortes au début, mais la résistance finale reste la même. L’emploi de ciments éventés donne pourtant lieu à une particularité importante à signaler. Ils ne peuvent être gâchés avec des solutions de chlorure de calcium marquant plus de 20 degrés Baumé, sans que le durcissement soit accompagné de fendillements et de gonflements qui enlèvent bientôt au produit toute résistance. ,
- Ciment frais.
- 24 heures. 48 heures. 28 jours. 1 an.
- Eau pure..................................... 0 12 36 52
- CaCl à 10°.................................. 6 36 47 65
- — 20°................................. 12 29 50 57
- — 32°................................... 17 41 50 57
- Ciment en sac depuis 2 mois.
- Eau pure..................................... 0 13 38 54
- CaCl à 10°................................... 0 22 49 56
- — 20°................................... 7 21 45 56
- — 32°..................................gonflement
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- Cet emploi du chlorure de calcium pour ralentir ou accélérer à volonté la prise a été immédiatement l’objet d’applications industrielles intéressantes.
- La lenteur de prise des mortiers de ciment est très importante à obtenir pour certains emplois particuliers, notamment dans la confection des bétons. Il est essentiel, pour avoir une masse bien homogène sans surface de décollement, que la prise n’ait pas le temps de se produire d’une façon complète pendant les interruptions momentanées du travail, la nuit ou aux heures de repos des ouvriers. L’emploi d’une solution de chlorure de calcium à 10 grammes par litre permet d’obtenir des mortiers faisant prise seulement au bout de quinze heures, c’est-à-dire donnant pour le travail une marge bien plus considérable qu’il n’est nécessaire. La dépense est insignifiante, car le prix de revient du mètre cube de mortier n’est augmenté quedeOfr. 50. Ce procédé, éminemment pratique, a été mis immédiatement à l’essai dans des travaux publics importants, et si les résultats obtenus sont aussi satisfaisants que permettent de l’espérer les expériences de laboratoire de M. Candlot, l’emploi du chlorure de calcium aura sans doute lieu sur une très grande échelle.
- L’emploi du chlorure de calcium en solution concentrée a été utilisé pour faire des scellements dans la pierre ou des réparations de moulures, se substituant ainsi au ciment à l'oxychlorure de zinc, dit ciment métallique, qui est habituellement employé à cet usage et qui coûte beaucoup plus cher.
- Une application plus franchement industrielle encore a été faite de ce procédé à la confection de briques réfractaires pour fours à ciment. De la roche de ciment bien cuite, concassée en petits morceaux, est mêlée à du ciment moulu, puis le tout est gâché avec une dissolution de chlorure de calcium marquant 30° Baumé. Les briques confectionnées avec ce béton sont très réfractaires, attendu que, sous l’influence de la vapeur d’eau, le chlorure de calcium est décomposé avec élimination d’acide chlorhydrique, et fournit de la chaux. Le ciment à cuire ne colle pas sur ces briques, comme il le fait sur les briques siliceuses avec lesquelles il forme des produits fusibles; cela permet d’employer pour la cuisson des ciments les fours coulants, comme on le fait pour la chaux. La dépense de combustible est ainsi réduite de près de moitié.
- Le travail de M. Candlot donne un exemple remarquable des résultats auxquels on peut arriver par l’usage des méthodes scientifiques dans les questions industrielles. Des études chimiques faites au laboratoire ont conduit à des procédés industriels dont l’application a été .immédiate. Votre
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- Comité a trouvé dans ce travail une confirmation précieuse de l’exactitude du point de vue auquel il s’était placé en proposant un prix pour de semblables recherches scientifiques.
- En conséquence, la Société d’Encouragement, sur l’avis de son Comité des arts chimiques, décerne un prix de 1 500 francs à M. Candlot et l’engage à continuer ses recherches intéressantes.
- Signé : H. Le Cuiatelier, rapporteur.
- PRIX DES ARTS CHIMIQUES Rapport de M. de Luynes sur le concours pour l’utilisation
- DES RÉSIDUS DE FABRIQUE.
- Prix de 1OOO francs.
- Messieurs,
- La Société a fondé un prix pour l’utilisation des résidus de fabrique. Un seul mémoire a été présenté par M. Kolb.
- Ce mémoire a pour objet l’application du chlorure de calcium à la fabrication des sels de baryte et de strontiane.
- L’auteur rappelle d’abord que l’industrie du chlorure de baryum et du sulfate de baryte a été créée par M. Kuhlmann en 1854 et que la consommation de ces produits en France a pris une importance assez grande pour représenter environ une production actuelle de 800000 kilogrammes par an, tant sous forme de chlorure desséché ou cristallisé que sous forme de chlorure transformé en blanc fixe.
- Le procédé employé jusqu’ici consistait à faire réagir à froid l’acide chlorhydrique du commerce sur le carbonate de baryte naturel. Ce dernier étant en excès, il se produisait une dissolution neutre de chlorure de baryum, contenant un peu de chlorure de calcium. Le chlorure de baryum était obtenu cristallisé ou en poudre.
- Dans ces dernières années, le prix du chlorure de baryum s’est considérablement élevé pour deux causes : d’abord la hausse sur le carbonate de baryte, matière relativement peu abondante; ensuite l’élévation croissante du prix de l’acide chlorhydrique qui devient plus rare, à mesure que la fabrication de la soude à l’ammoniaque se développe.
- Il y avait donc intérêt à remplacer le carbonate de baryte par un minerai moins cher et à supprimer l’emploi de l’acide chlorhydrique.
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- En 1858, M. Kuhlmann avait tenté de préparer le chlorure de baryum en traitant le sulfate de baryte par le charbon et le chlorure de manganèse provenant de la fabrication du chlore ; mais par suite de la facile oxydation du sulfure de manganèse une partie du sulfate de baryte était régénérée aux dépens du chlorure de baryum déjà formé, et d’autre part la présence de sulfures doubles légèrement solubles nuisait à la blancheur du produit.
- M. Kolb est arrivé, depuis un an, à résoudre ce double problème de la suppression de l’acide chlorhydrique et du carbonate de baryte.Son procédé repose sur l’emploi du sulfate de baryte naturel qu’on trouve en abondance et à bas prix et sur l’utiiisation du chlorure de calcium liquide, tel qu’il sort de l’appareil Weldon, résidu sans valeur et que les usines envoient au ruisseau.
- Le nouveau procédé consiste à faire réagir par voie de fusion un mélange de sulfate de baryte, de charbon et de chlorure de calcium.
- M. Kolb avait d’abord essayé de réduire le sulfate de baryte par le charbon, et de faire agir par voie humide le chlorure de calcium sur le sulfure obtenu ; mais alors une partie du charbon est brûlée inutilement, tandis que lorsqu’il est imprégné de chlorure de calcium, la perte est assez faible. De plus, la réaction du chlorure de calcium sur le sulfure de baryum est incomplète, une partie de la baryte restant à l’état de sulfure de baryum.
- Le sulfate de baryte est broyé sous une meule avec le charbon et le mélange est arrosé avec le chlorure de calcium de manière à former une bouillie qui contient environ :
- 1000 kilog. de sulfate de baryte naturel ;
- 500 kilog. de charbon maigre ;
- 110 litres de chlorure de calcium de Weldon.
- Cette bouillie est enfournée, séchée et fondue ensuite dans un four à réverbère analogue au four à soude Leblanc. Le traitement est continu grâce à une disposition particulière du four dont la chaleur perdue est utilisée pour la concentration du chlorure de calcium et la dessiccation de la bouillie.
- La cuisson est terminée lorsque la fusion grasse de la matière s’opère. La température du four est moins élevée que celle d’un four à soude. M. Kolb l’évalue à 900 degrés environ. Le four produit 13 à 14000 kilogrammes de chlorure de baryum brut par vingt-quatre heures ; le chlorure brut donne couramment en chlorure de baryum 96 à 98 p. 100 du sulfate employé. La transformation est donc à peu près totale.
- La masse brute à peu près fondue est cassée à la masse en gros frag-
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- ments, puis lessivée. Le sulfure de calcium insoluble ayant une consistance boueuse qui s’oppose au lavage par déplacements, le lessivage se fait dans un délayeur de 3 mètres de diamètre et de lm,80 de hauteur avec un agitateur faisant dix à douze tours par minute. Le soutirage a lieu après cinq ou six heures de dépôt et donne 8 à 900 litres de lessives claires à 27° B. qui vont aux citernes de désulfuration. Le résidu est épuisé méthodiquement par des lessives de moins en moins fortes.
- Les résidus du chlorure brut contiennent surtout du sulfure de calcium 31 à 42 p. 100, de la chaux 10 à 15 p. 100, un peu de sulfate de baryte de 2 à 3,8 p. 100, et des traces seulement de chlorure de baryum. La perte de ce sel au lessivage est donc insignifiante.
- La désulfuration des lessives est une opération importante d’où dépend la qualité des différents produits commerciaux. On la réalise par une forte insufflation d’air dans le liquide pour transformer les sulfures en hyposul-fites, puis en ajoutant un peu de chlorure de chaux en bouillie, et en chauffant entre 50 et 60 degrés afin de transformer les hyposulfites en sulfate de baryte qui se précipite et qui est recueilli tous les quinze jours pour être employé au blanc fixe. Les lessives sont ensuite soumises à la série des opérations ordinaires, c’est-à-dire concentration, puis cristallisation ou pêchage et calcination, ou transformation soit en nitrate de baryte, soit en blanc fixe.
- L’auteur discute les causes de perte qui peuvent se produire, et il arrive à cette conclusion que la perte sur le sulfate de baryte naturel et non converti en chlorure de baryum à l’état de lessive ne dépasse pas 4 à 5 p. 100 dans une opération bien conduite. La différence de prix des matières premières dans les deux procédés est, pour 100 kilog. de chlorure de baryum, égale à 13 fr. 34 moins 1 fr. 98 = 11 fr. 36 qui restent pour les frais de broyage, fusion, lessivage, oxydation et pertes, ce qui permet d’apprécier la marge considérable qui existe entre les deux procédés.
- Les mêmes procédés s’appliquent au traitement du sulfate de strontiane, à sa transformation en chlorure de strontiane et à la production, au moyen de ce dernier sel, du nitrate de strontiane.
- Les sels de baryte sont aujourd’hui obtenus par ce procédé dans les manufactures de produits chimiques du Nord.
- En résumé, M. Kolb a trouvé un emploi très intéressant et important du chlorure de calcium, qui dans plusieurs industries constitue un résidu extrêmement abondant et complètement perdu. Le procédé qu’il décrit dans son
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- mémoire est l’objet d’une fabrication industrielle active. Votre Comité est d’avis que ce travail remplit complètement le programme posé; et il vous propose de décerner à M. Kolb le prix de 1000 francs fondé par la Société.
- Signé : de Luynes, rapporteur.
- PRIX DES ARTS CHIMIQUES
- Rapport de M. de Luynes sur le concours pour les progrès réalisés dans le soufflage du verre, pour les appareils destinés aux usages scientifiques ou industriels.
- Prix de 1 500 francs.
- Messieurs,
- Le 18 février 1863, le Conseil a entendu la lecture d’un rapport fait, au nom du Comité des arts économiques, sur des objets en verre fabriqués et présentés par M. Alvergniat. Les plus importants étaient des tubes de Geissler jusqu’alors exclusivement fournis par l’habile constructeur de Ronn. Leur construction présente de grandes difficultés, que M. Alvergniat était parvenu à surmonter; et en peu de temps il avait pu mettre à la disposition des cabinets de physique toute une série de ces appareils d’une construction irréprochable. A cette époque, l’art du souffleur était peu cultivé en France en ce qui concerne les instruments à l’usage des sciences, et votre Société a cru devoir encourager les débuts de M. Alvergniat en lui décernant une médaille d’argent dans sa séance du 6 avril 1864.
- Depuis ce temps-là, M. Alvergniat a donné un grand développement à ses travaux, et peu à peu il est arrivé à créer ou à produire tous les objets en verre nécessaires aux travaux des laboratoires et aux applications les plus variées de la science moderne.
- Parmi les appareils qui sont sortis de ses mains, on peut citer les tubes de Gassiot dans lesquels il était parvenu à reculer la limite de la raréfaction des gaz, toutes les variétés de tubes à vide pour la construction desquels il emploie les pompes à mercure, modifiées ou perfectionnées par lui, les trompes à eau, les radiomètres, les appareils de Grookes, les appareils calorimétriques de M. Rerthelot, enfin toute la verrerie de précision. La grande difficulté de la plupart de ces constructions réside surtout dans les fermetures qui ne peuvent être obtenues que par l’emploi de robinets en verre ;
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- ces robinets dont l’usage était inconnu en France, sont fabriqués aujourd’hui d’une manière courante par M. Alvergniat qui a su leur donner la solidité et la précision désirables. Ce résultat n’a pas été obtenu sans peine, car on sait combien il est difficile de souder à des objets minces des pièces de verre épaisses comme ces robinets. Leur application a rendu possible la construction des cloches à vide, des dessiccateurs à vide, dont les chimistes se servent à chaque instant. Enfin, on peut dire que c’est chez M. Alvergniat qu’on va chercher ou faire faire les instruments en verre, employés dans presque tous les laboratoires.
- L’impulsion donnée par M. Alvergniat à ce genre de fabrication, modeste en apparence, mais si utile aux travaux scientifiques, lui a suscité des imitateurs qui rendent aussi des services. De plus, M. Alvergniat a créé chez lui un atelier où il a formé des souffleurs très habiles qui sauront mettre un jour à profit les leçons de leur maître et les utiliser dans l’intérêt de la science. On s’est demandé souvent ce que seraient aujourd’hui les sciences physiques et chimiques sans l’usage du verre; il est aussi légitime de se demander ce qu’elles deviendraient si l’on ne savait pas le travailler conformément aux exigences actuelles.
- M. Alvergniat a donc été plus qu’un constructeur habile, il a été un initiateur dont l’influence a déjà produit les plus heureux résultats : votre Comité vous propose donc, Messieurs, de lui décerner le prix de 1 500 francs fondé par la Société.
- Signé : de Luynes, rapporteur.
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- Rapport de M. Aimé Girard sur une publication intitulée le laboratoire
- DU BRASSEUR.
- Prix de 1000 francs. *
- La littérature de la brasserie française, malheureusement assez pauvre aujourd’hui encore, vient de s’enrichir d’un livre d’étendue modeste, mais que ses qualités rendent singulièrement recommandable. Ce livre auquel son auteur a donné le titre de Laboratoire du brasseur, est dû à un malteur de Marseille, M. Louis Marx.
- Dans un volume de 170 pages in-8°, l’auteur s’est proposé de faire con-Tome IV. — 88e année. 4e série. —
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- naître à nos brasseurs les conditions que doivent remplir les matières premières dont ils font usage, lorsqu’ils veulent, de ces matières premières, obtenir des produits de qualité supérieure, comme aussi les procédés à l’aide desquels l’existence de ces conditions peut être constatée et la qualité de ces produits reconnue.
- M. Louis Marx était particulièrement bien placé pour donner aux brasseurs français tous ces renseignements. Après avoir étudié l’art de la brasserie en Allemagne, M. Louis Marx est allé, en 1885, travailler à Copenhague, dans le laboratoire de M. Hansen, et là, mis au courant des belles découvertes par lesquelles celui-ci, développant les travaux primordiaux de M. Pasteur, a, dans ces dernières années, éclairé l’bistoire des levures, il est devenu familier avec le maniement, la caractérisation, la conduite de ces agents essentiels de la production de la bière.
- Dans cet ouvrage, se rencontrent côte à côte les procédés auxquels, depuis longtemps, la pratique recourt, et ceux que la science moderne enseigne. Jamais l’auteur ne rejette les premiers, lorsqu’il en a reconnu l’efficacité; il s’efforce, au contraire, d’en expliquer, a posteriori, la valeur théorique; puis il insiste comme il convient sur les procédés analytiques que la chimie, la physique, la micrographie mettent à la disposition du brasseur intelligent et jaloux de la qualité de ses produits.
- Toutes les matières premières qui interviennent à la production de la bière sont successivement l’objet de son attention : c’est l’eau d’abord, c’est l’orge ensuite, puis c’est le malt, le houblon, et enfin ce sont les levures.
- Dans l’eau que sa cuve-matière doit recevoir, le brasseur apprend alors à reconnaître, au besoin à doser, les matières salines et les matières minérales qui peuvent en modifier l’action. L’orge, le malt, sont étudiés tour à tour sous le rapport de leurs caractères organoleptiques, de leur densité : la première, sous le rapport de ses facultés germinatives; le second, sous le rapport des quantités d’extrait qu’il peut fournir, l’une et l’autre sous le rapport de*leur richesse en matière amylacée, en albuminoïdes, en phosphates, etc. ; le houblon, à son tour, la bière enfin sont, de la part de l’auteur et au point de vue de la détermination de leurs qualités, l’objet d’une étude attentive.
- Quel que soit cependant l’intérêt des chapitres qui viennent d’être cités, c’est dans le chapitre par lequel l’ouvrage se termine que réside l’intérêt principal de celui-ci; c’est à l’étude des levures diverses — levures sauvages et levures cultivées — que les fermentations livrées à elles-mêmes dévelop-
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- pent, que ce chapitre est réservé. L’influence de ces diverses levures sur la qualité des bières est précisée avec soin, et les procédés qu’on doit à M. Hansen, pour la purification des levures de brasserie, pour la culture de levures définies, sont décrits en détail.
- L’ouvrage est écrit avec entrain, clarté et concision. On y reconnaît la plume d’un auteur absolument maître de son sujet, aussi bien au point de vue pratique qu’au point de vue scientifique, et on le doit considérer comme appelé à rendre à la brasserie française des services importants.
- Guidé par ces considérations, le Comité des arts chimiques a pensé que le Laboratoire du brasseur de M. Louis Marx répondait, d’une façon tout à fait satisfaisante, au but que la Société d’Encouragement s’est proposé en fondant un prix divisible de 4000 francs pour les publications (traités ou mémoires) utiles à l’industrie chimique; et, en conséquence, il a l’honneur de proposer à la Société d’attribuer à M. Louis Marx, pour cette publication, un prix de mille francs.
- Signé : Aimé Girard, rapporteur. <•
- PRIX D’AGRICULTURE
- Rapport de M. Roitel sur le concours pour la meilleure étude
- CONCERNANT LES CULTURES ET LE CLIMAT DE L’ALGÉRIE.
- Prix de 2000 francs.
- Les concurrents au prix institué pour la meilleure monographie de l’Algérie sont au nombre de quatre, savoir :
- M. Pochard, instituteur à Aïn-Fares, près Mascara;
- M. Gaillardon, journaliste, à Fontenay~aux-Roses, Grande-Rue, 140;
- M. Leroy, agriculteur, à Nangis (Seine-et-Marne) ;
- M. Millot, propriétaire, à Aïn-n’Sara par Chabet-el-Ahmeur, province d’Alger.
- M. Pochard décrit d’abord le Tell, le Sahara, les Hauts Plateaux, et il indique sommairement les productions de ces trois grandes divisions du territoire algérien.
- Les chapitres suivants ont trait à la configuration du sol, ou plutôt à l’orographie de la colonie et à son hydrographie. La zone qui comprend le Tell envoie ses eaux à la Méditerranée, tandis que l’autre zone, plus au
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- sud et séparée de la première par les hauts plateaux, dirige ses eaux au sud dans le Sahara. Cette partie de l’Afrique n’est pas aussi déserte et aussi improductive qu’on le pense généralement. Ces terres, arrosées par des rivières souterraines et par des eaux artésiennes, produisent des dattes et les parties privées d’eau se couvrent, pendant la saison des pluies, d’herbes spontanées qui servent à l’alimentation des troupeaux.
- Les rivières du Tell tarissent en été au grand détriment des cultures. Pour y pratiquer les irrigations d’été, il faut par des barrages emmagasiner, dans de vastes bassins, de grandes quantités d’eau pendant la saison des pluies ou bien obtenir, par des sondages, des eaux artésiennes permettant d’utiliser les nappes souterraines qui descendent des montagnes de l’Atlas.
- En ce qui concerne la climatologie, M. Pochard résume les données consignées dans différents ouvrages relatifs à l’Algérie, notamment dans une notice imprimée à l’occasion de la réunion à Alger des membres de l’Association française pour l’avancement des sciences. 11 signale les dangers des variations brusques de température, et Futilité des vêtements de laine, pour en combattre les funestes effets. Le sirocco ou vent du désert est un véritable fléau pour les habitants de l’Algérie : les plantes en souffrent autant que les animaux. 11 dure généralement deux ou trois jours. C’est en août et septembre qu’il souffle le plus fréquemment.
- L’auteur décrit ensuite la culture des céréales, des plantes fourragères. Parmi ces plantes, il recommande principalement la culture de la pimpre-nelle. Il est vrai qu’elle résiste assez bien à la sécheresse, mais elle est très inférieure à la luzerne et à plusieurs autres légumineuses fourragères.
- Les procédés de culture et les soins à donner aux animaux ne sont pas suffisamment développés : le colon nouvellement débarqué en Algérie ne trouvera pas dans ces différents chapitres les renseignements dont il aura besoin pour exécuter dans de bonnes conditions les différents travaux de son exploitation.
- M. Gaillardon a fait un travail plus important que celui de M. Pochard. Il l’a divisé en deux parties.
- La première partie comprend cinq chapitres définis comme il suit :
- 1° Aperçu général sur les productions du pays ;
- 2° Immigration, conditions de salubrité et d’hygiène;
- 3° Description physique, hydrographie, mines et carrières;
- 4° Agrologie, climatologie, météorologie;
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- 5° Voies de communication, valeur des terres et des constructions, main-d’œuvre et outillage agricole ;
- Les chapitres de la deuxième partie sont :
- 1° Les différents systèmes de culture;
- 2° Engrais, chaulage, marnage, semences;
- 3° Céréales et plantes fourragères ;
- 4° Hydraulique agricole, barrages;
- 5° Prairies, fourrages, bétail, ensilage;
- 6° Cultures industrielles;
- 7° Horticulture;
- 8° Culture et industries diverses;
- 9° Calendrier;
- Il règne une certaine confusion dans la répartition de ces différents chapitres. L’hydraulique agricole et les barrages ne devraient pas être distraits et séparés de l’hydrographie.
- Le bétail se trouve intercalé entre les cultures. Il eût été plus logique de placer les spéculations animales après l’exposé de toutes les cultures. L’agrologie demanderait de plus longs développements : l’auteur n’y consacre que quelques lignes, pas plus que pour les mesures hygiéniques à observer et les plantes médicinales à employer en cas de maladie.
- Le même reproche peut s’appliquer a la climatologie; les climats de l’Algérie sont bien connus maintenant et peuvent être déterminés avec plus de développements et de précision.
- Le chapitre de l’outillage agricole ne s’applique pas plus à l’Algérie qu’à toute autre partie de la France. C’était le cas cependant de parler des défrichements des terres incultes, des difficultés spéciales qu’on y rencontre, et de ceux qu’on a intérêt à exécuter avec les puissantes charrues à vapeur.
- Les autres chapitres intitulés Systèmes de cultures, engrais, chaulage, marnage, ne contiennent que des généralités qu’on trouve dans tous les traités d’agriculture; ils ne s’appliquent pas plus à l’Algérie qu’à certaines autres régions de la France. L’auteur recommande l’usage du guano, ignorant sans doute que les gisements de ce premier engrais sont complètement épuisés. Les chapitres suivants consistent principalement en des extraits que l’auteur a tirés des ouvrages d’agriculture. Ce travail n’est pas l’œuvre d’un praticien, c’est une collection de notes puisées dans les traités généraux d’agriculture et dans quelques publications spéciales à l’Algérie.
- M. Leroy, agriculteur distingué du département de Seine-et-Marne, a
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- envoyé un mémoire de 80 pages sur l’Algérie et la Tunisie; il y résume les observations qu’il a publiées dans un volume intitulé VAlgérie et la Tunisie.
- C’est une relation de voyage faite par un habile agriculteur qui a l’esprit d’observation et qui rapporte sous une forme intéressante la foule de renseignements qu’il a recueillis sur place à travers les différentes provinces de l’Algérie et de la Tunisie. Il a constaté tout d’abord que l’Algérie offre d’excellentes conditions d’exploitation à ceux qui peuvent faire de l’agriculture avec leurs propres capitaux. Les colons qui arrivent sans ressources en Algérie font des emprunts à un taux exorbitant qui les mettent dans l’impossibilité de mener à bonne fin leurpremière entreprise. Les pluies, très abondantes en hiver, deviennent rares en été ; la sécheresse et le sirocco font sécher l’herbe sur pied. La période des chaleurs correspond à l’hiver pour les régions tempérées. On éprouve les mêmes difficultés pour l’alimentation des animaux.
- M. Leroy a parcouru les collines du Sahel, le Tell, les hauts plateaux et quelques points du Sahara. Les propriétaires du Tell se livrent à d’importantes plantations de vignes. Le vin est de bonne qualité quand, à l’époque des vendanges, les fermentations ne deviennent pas tumultueuses par suite de l’élévation de la température. Cet accident, assez fréquent chez les débutants, produit un vin doux et sucré, de peu de valeur. La bonne installation du cellier, la cueillette du raisin avant sa parfaite maturité, son refroidissement avant la mise en cuve et d’autres soins permettent d’obtenir dans bien des cas un excellent vin de consommation.
- L’auteur du mémoire indique ensuite les différents modes de défrichement : on l’exécute à la pioche ou à la charrue à vapeur. 11 décrit la plantation de la vigne. Elle revient, à la troisième feuille, à 400 ou 500 francs l’hectare dans la plaine, et à 800 ou 900 francs sur les coteaux pleins de pierres et de cailloux. A la troisième feuille, les vignes de la plaine rapportent 10 à 15 hectolitres de vin à l’hectare, et 120 à 140 quand elles sont en plein rapport. Les vignes des coteaux ont un rendement inférieur d’au moins 25 p. 100, mais le vin est d’une qualité supérieure.
- Le blé prend une place importante dans les exploitations de la plaine occupée par les Européens. Les uns exploitent directement leurs propriétés; les autres, et c’est le plus grand nombre, préfèrent l’exploitation par métayage. Le rendement du blé est 10 à 12 hectolitres à l’hectare chez les Arabes et 14 à 16 chez les Européens.
- On cultive des blés durs vendus pour la fabrication des pâtes, et des blés
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- tendres, estimés plus chers, pour la mouture. L’avoine et l’orge sont moins importantes que le froment. On cultive l’avoine pour l’exportation et l’orge pour la consommation des chevaux.
- Les fourrages résultent de la végétation spontanée des chaumes.
- Les luzernes, arrosées et fournissant 7 à 8 coupes, sont de rares exceptions; les troupeaux jouissent d’une copieuse alimentation sur les chaumes pendant l’hiver. M. Leroy conseille avec raison de récolter et de faire sécher une partie de ce fourrage. On l’utiliserait en été quand les animaux n’ont plus rien à manger dans les champs et sont vendus à vil prix pour ne pas les voir mourir de faim.
- L’oranger, bien cultivé, donne de beaux bénéfices, environ 1000 francs par hectare au bout de douze ans de plantation. L’olivier rapporte beaucoup moins par suite de l’avilissement du prix des huiles d’olive.
- Les hauts plateaux, au dire de M. Leroy, sont peu habités et peu cultivés. On y récolte de l’alfa pour l’industrie du papier, et on y fait vivre sur d’immenses pâturages des troupeaux de moutons, de chèvres et de chameaux.
- L’auteur donne peu de renseignements sur le Sahara.
- Il ne semble pas avoir beaucoup séjourné dans les oasis.
- A latin de son mémoire, M. Leroy revient sur les avantages des irrigations en Algérie. Partout où des barrages permettent d’assurer les cultures en été, le sol se montre d’une fécondité prodigieuse. Il en conclut qu’on devrait, par tous les moyens possibles, tenir en réserve, dans de vastes réservoirs, les eaux des rivières, quand elles sont abondantes en hiver, pour s’en servir en été quand tous les cours d’eau sont desséchés. Il faut en outre appliquer, à l’arrosage des cultures, les sources et les nappes souterraines dont les unes sont jaillissantes et dont les autres peuvent être relevées par des machines. On ne saurait trop le répéter : en Algérie, l’eau vaut plus que la terre.
- Les constructions à adopter sont de simples hangars; ils suffisent pour abriter les animaux contre la pluie et le soleil.
- Les instruments à préférer sont les mêmes qu’on voit dans les fermes bien dirigées de la France. Les animaux de trait comprennent des chevaux, des mulets et des bœufs. Le mulet est plus résistant et plus solide que le cheval.
- M. Leroy traite ensuite de l’élevage et de l’engraissement du bétail. Les animaux sont engraissés à l’herbe des pâturages pendant l’hiver. Les bêtes à
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- cornes sont de petite taille; il pense qu’il serait utile de les croiser avec la race tarent aise. La race de Guelma est recherchée pour ses qualités laitières et de boucherie. Le pays produit d’excellents chevaux de selle, propres à la remonte de la cavalerie. Le bétail souffre de la disette des fourrages pendant la sécheresse de l’été. On remédierait à cet état de choses si, dans les plantureux herbages du printemps, on récoltait du foin sec, destiné à nourrir les troupeaux en été, quand ils ne-trouvent plus d’herbe dans la prairie.
- M. Leroy consacre un chapitre aux voies diverses de communications. Il se plaint du mauvais état des routes qui desservent les cantons les plus éloignés des villes importantes.
- Sa dernière conclusion est que l’Algérie offre de grandes ressources au point de vue de l’agriculture. Il y voudrait plus de routes et mieux entretenues, une meilleure utilisation des eaux de sources et de rivières. Il déplore qu’il y ait encore de vastes plaines incultes et envahies par le jujubier et le palmier nain.
- La Tunisie ressemble à l’Algérie sous le rapport du climat et du sol. On y trouve les trois grandes divisions de l’Algérie : le Tell, formant une bande étroite parallèle à 1a. Méditerranée; le Hauts Plateaux, sorte de bourrelet montagneux entre le Tell et le désert; enfin le Sahara, avec ses oasis disséminées au milieu des dunes et des étendues immenses de surfaces incultes, et pour la plupart improductives. La culture est encore en grande partie entre les mains des indigènes. Les plaines et la fertile vallée de la Medjerdah produisent du blé, suivi d’un pâturage de plusieurs années. Les herbes qui poussent spontanément dans le chaume aux premières pluies de l’automne constituent un pâturage excellent et d’une abondance extraordinaire. Le blé semé directement sur le pâturage ne reçoit qu’un seul labour servant à recouvrir la semence. On met 230 à 240 litres de semence à l’hectare : le rendement dépasse rarement II à 12 hectolitres. Par une culture plus soignée, les Européens doubleraient facilement ce rendement.
- Les colons dirigent leurs efforts moins sur la culture des céréales que sur celle de la vigne, dont ils espèrent de très gros bénéfices. On manque partout de routes et de moyens de transport. En raison de l’importance des pâturages, les indigènes tiennent plus au bétail qu’aux céréales. Ils se livrent à l’élevage et à l’engraissement des moutons et des bêtes à cornes. Ils élèvent encore des chameaux, des ânes, des chèvres, des mulets et quelques chevaux. Ces races sont petites et n’ont été l’objet d’aucune tentative d’amélioration.
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- Là, plus qu’en Algérie, les bonnes routes font défaut, et les eaux de toute nature, si précieuses sous ce climat brûlant, sont négligées et sans utilité pour les irrigations.
- Le mémoire de M. Leroy est une description fort intéressante de l’agriculture algérienne et tunisienne. Ce sont des observations et des renseignements pris à la hâte dans un voyage d’excursions. Cette lecture plaît à quiconque désire avoir une idée des productions diverses de notre colonie africaine; mais ce travail ne rentre pas exactement dans le programme du concours, il ne peut servir de guide au colon nouvellement débarqué en Algérie. Celui-ci a besoin d’être initié à toutes les pratiques et à tous les procédés reconnus les meilleurs pour la bonne exploitation du sol.
- M. Millot, propriétaire à Aïn-n’Sara, présente un manuscrit de 366 grandes pages. C’est un travail considérable, destiné à être imprimé sous le titre de Manuel du Colon algérien. L’auteur décrit la culture de l’Algérie en homme qui a vécu au milieu des champs et qui, par un séjour de vingt-deux ans en Algérie, a pu s’initier aux meilleures pratiques agricoles de la colonie. Il a noté avec soin toutes les notions nécessaires au colon, dans le but de lui épargner des mécomptes et d’assurer le succès de son entreprise. Ses observations sur le climat, le sol, les cultures, les animaux, les machines et les constructions rurales seront d’une grande utilité aux étrangers venus en Algérie pour faire de l’exportation agricole dans des conditions toutes différentes de celles de leur pays originaire. M. Millot s’est bien rendu compte des aptitudes diverses des travailleurs étrangers et indigènes. Les Arabes, les Kabyles, les Espagnols, les Italiens et les Français ont un rôle spécial à jouer dans l’œuvre de la colonisation. En mettant chacun à la place qui lui convient, les travaux sont mieux faits et plus productifs.
- Il faut lire ce travail tout entier pour l’apprécier à sa juste valeur. Les limites de ce rapport m’obligent à parcourir rapidement le programme adopté par l’auteur.
- Le chapitre premier a trait à la climatologie de l’Algérie. Eu égard aux cultures, l’auteur distingue le climat maritime où le thermomètre descend rarement au-dessous de 2° et ne monte pas au delà de 30°. Le climat des Hauts Plateaux est plus froid et plus chaud que le maritime; la température descend parfois à — 5° et monte à +- 48°.
- Le vent du nord, bienfaisant et frais en été, donne des pluies torrentielles en hiver. Le vent du sud fatigue les animaux et les plantes. S’il tourne au sud-sud-est, c’est le sirocco, plus pénible encore que le vent du sud; le vent Tome IV. —
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- d’est est dominant en été. On le confond avec le sirocco; les indigènes le disent plus nuisible que ce dernier. Le vent d’ouest, le plus violent de tous, fait beaucoup de mal aux plantes non abritées sur les hauteurs ou aux bords de Ja mer.
- Les pluies, rares de mai à septembre, deviennent fréquentes en septembre et presque continuelles en novembre, décembre et février. Il tombe plus d’eau à Constantine qu’à Alger, plus à Alger qu’à Oran. Les rosées sont abondantes en été. Il gèle rarement en hiver et au printemps. De loin en loin, quelques vignes ont eu à souffrir des gelées printanières, notamment sur les hauteurs.
- Les indigènes sont au nombre de 3 millions, 2 millions d’Arabes et 1 million de Kabyles. L’Arabe est fort, intelligent et paresseux; le Kabyle est plus laborieux et plus apte aux travaux des champs. Les Européens sont représentés par 180000 Français, 108000 Espagnols, 120000 Italiens, Maltais, Grecs, etc.
- Les Français possèdent la plus grande partie du territoire de la colonie. Ceux qui ne sont pas propriétaires exercent diverses professions dans les villes. Les Espagnols sont laborieux et économes. Presque tous s’adonnent à l’agriculture. Les Italiens, notamment les Mahonnais, sont d’excellents horticulteurs. Ce sont, après tout, les Arabes et les Kabyles qui fournissent la plus grande partie de la main-d’œuvre. On la paie moitié moins que celle des Européens : par le fait, elle revient aussi cher, parce qu’ils font moitié moins de travail.
- Le chapitre II se rapporte à l’agrologie. L’auteur n’est pas dans le vrai quand il conteste l’utilité de la géologie dans l’étude des terrains.
- Le même chapitre contient d’autres erreurs en ce qui concerne l’analyse du sol par les plantes.
- Exclusivement préoccupé de l’état d’humidité du sol, il ne fait de toutes les terres de l’Algérie que deux catégories : les terres fraîches et les terres sèches. Il est évident qu’une telle classification est insuffisante ; elle n’indique rien sur les propriétés physiques et chimiques du sol. qui avec l’humidité ont tant d’influence sur les résultats des cultures.
- Les terres arrosables valent dix fois plus que les autres.
- La richesse du sol se devine à l’aspect des cultures et de la végétation arbustière.
- La valeur vénale du sol varie suivant une foule de circonstances.
- Les terres irrigables se vendent près des villes 1000 à 1500 francs l’hec-
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- tare. D’autres terres à blé dans des cantons éloignés valent de 180 à 200 francs l’hectare; elles atteignent 400 à 500 francs, dans le département d’Alger. Du côté d’Oran elles sont moins chères, parce qu’elles sont plus sèches faute de pluies.
- M. Millot recommande au colon de faire grande attention aux débouchés. 11 ne doit produire que des objets d’une vente facile et avantageuse. Au chapitre III, l’auteur expose les différents modes d’exploitation. Il y en a quatre : l’exploitation directe, le fermage, le métayage et le khammès. Le khammès est un colon qui ne possède rien, auquel on fournit tout ce qui est nécessaire pour l’exploitation de la ferme. Il donne ses soins et sa main-d’œuvre en échange du cinquième des produits. C’est le mode d’exploitation le plus usité dans toute l’étendue de la colonie.
- Le journalier européen gagne 2 fr. 50 à 3 fr. par jour et 4 fr. en été; l’indigène gagne moitié moins. Les femmes arabes ne participent en rien aux travaux de la ferme. On peut mieux utiliser les femmes kabyles. La servante kabyle est payée 5 à 10 francs par mois avec la nourriture et deux ou trois vêtements ou bracelets dans l’année.
- Au chapitre V, M. Millot traite des capitaux dont on doit disposer pour faire valoir une ferme dans de bonnes conditions de succès. — Il démontre qu’une propriété de 10 000 francs exige un capital d’exploitation de 10 000 francs et un capital de roulement de 3 000 francs.
- Le chapitre VI se rapporte à l’installation de la ferme. On doit rejeter tout emplacement qui manque de bonne eau et qui n’offre pas de bonnes conditions de salubrité. Tout est pour le mieux quand au centre de la propriété on trouve un point élevé bien ventilé et pourvu de bonne eau en abondance pour tous les besoins de la ferme. L’auteur indique comment on doit bâtir la maison d’habitation, les bâtiments de la ferme, les matériaux à employer, les plantations destinées à abriter le corps de ferme. Il fait ressortir la nécessité d’établir de bons chemins d’exploitation.
- Au chapitre VII, l’auteur traite des travaux des champs.
- Les défrichements se donnent à la tâche à des Espagnols, des Italiens ou des Marocains; le prix varie suivant la difficulté. Une friche de joncs, d’asphodèles, de scilles maritimes coûte de défrichement 300 francs à la pioche et 200 francs à la charrue par hectare. C’est 400 francs pour un hectare de broussailles, 500 francs pour des palmiers nains et 7 à 800 francs pour des jujubiers sauvages. Le bois et le charbon, quand il y en a, viennent en déduction du prix de défrichement. On l’exécute quelquefois par la charrue à vapeur.
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- 11 expose ensuite les différents modes de labour et de semailles. 11 explique les effets du hersage, du roulage. La moisson se fait avec le concours des Marocains et des Kabyles, quelquefois avec des machines à moissonner. Les indigènes se servent de la faucille et rarement de la faulx. Le travail de la faucille coûte plus cher, mais il est plus parfait et perd moins de grains sur le terrain. Le battage a lieu en plein air au rouleau ou à la machine; le grain, vanné une seconde fois, est vendu immédiatement, ou conservé tantôt dans des greniers et mieux dans des silos où il est à l’abri des insectes et des rongeurs.
- Chapitre VIII : Amendements, engrais, assolements. Sous ce titre, Fauteur comprend les travaux destinés à arrêter et à fixer les eaux pluviales sur le sol, les plantations formant abri contre les vents les plus violents, l’écobuage pratiqué sur les terres argileuses, le terreautage, les irrigations. Il indique comment on doit exécuter ces divers travaux d’amélioration avec toute l’économie possible. Le chapitre des irrigations s’adapte parfaitement aux conditions de l’Algérie. Il traite ensuite la question des engrais. Il conseille de faire beaucoup de fumier et d’y appliquer des soins intelligents. 11 s’élève contre l’habitude de vendre le fumier dans certaines exploitations. A propos du traitement du fumier, il recommande, à tort, selon nous, de le remuer une ou deux fois dans l’année. Cette pratique faciliterait ses déperditions. Au sujet des engrais chimiques, M. Millot cite des sels peu employés et passe sous silence les plus usités et les plus efficaces. Ce paragraphe est à remanier.
- Ici apparaissent les assolements. Il eût été plus rationnel de les placer après les cultures. M. Millot fait, à ce propos, une théorie très hasardée sur les fonctions des racines. L’assolement triennal, embrassant un tiers de la surface en céréales et les deux autres tiers en fourrages et plantes sarclées, lui semble le plus avantageux et le mieux répondre aux conditions de l’Algérie pour les terres fraîches. Le plus usité en terres sèches est un assolement triennal portant en première année une céréale, en seconde année un pacage sur les végétaux spontanés du chaume. C’est celui des Arabes qui a bien ses avantages. M. Millot conseille de le remplacer par le triennal suivant : première année, pacage; deuxième, blé; troisième, blé ou légumineuse. M. Millot fait une critique injuste et malveillante contre l’exploitation de Roville. La mémoire de Mathieu de Dombasle a droit à plus de respect et de reconnaissance.
- Le chapitre IX intitulé : Du Bétail, ne devrait pas précéder les chapitres
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- consacrés aux cultures. Il discute d’abord les avantages et les inconvénients des croisements. Au croisement acceptable pour les animaux de boucherie, il préfère l’amélioration par la sélection et l’alimentation pour les races indigènes. Il décrit les différentes races de chevaux. L’Européen n’a aucun avantage à élever des chevaux. Cette production doit rester entre les mains des indigènes. On trouve dans ce chapitre de précieux renseignements sur l’alimentation du cheval à la paille, à l’orge, à l’avoine et à la caroube. On peut en dire autant des chapitres concernant le mulet, les bêtes à cornes, les moutons, le porc et les volailles. Le colon y trouvera des conseils et des avis d’un homme compétent et très expérimenté. Les prairies naturelles et artificielles ne réussissent pas généralement en Algérie ; on y supplée par les pâturages spontanés sur les terres cultivées et sur les terrains incultes. Sur les Hauts Plateaux, les végétaux les plus abondants sont :
- L’alfa, dont les parties utiles sont la feuille, la racine, l’épi;
- Le diss ou stipa tenacissima;
- Le thym ordinaire ;
- Le thym jaune ;
- Une fétuque rouge, mangée seulement par les chameaux;
- Le chrysanthème jaune;
- La silène;
- Un cytise herbacé ;
- Une infinité de plantes purgatives. Puis le sylphium Cyrenaicum ou thapsia et bonncifa, mortel pour les chameaux.
- Le cheval de passage mange la racine de l’alfa et l’épi vert, touche peu à la feuille. Il mange aussi le diss. A tout il préfère la racine de l’alfa, qu’on lui arrache ou qui se déchausse.
- Le chameau se nourrit en automne et en hiver de l’alfa et du diss, dont il mange les feuilles et jamais la racine. Du printemps à l’automne, il cesse de paître l’alfa et mange les chardons et les petites herbes.
- Le mouton ne mange que les petites herbes, thym, chrysanthème, du diss et de l’alfa en temps de neige. Les bêtes à cornes ne vivent pas sur de tels pâturages.
- En ce qui concerne les fourrages artificiels, la vesce d’hiver réussit comme récolte à conserver à l’état sec. Les fourrages verts à consommer au printemps se composent de seigle, d’avoine, d’orge et de moutarde blanche. En août, on peut consommer du maïs ou du sorgho, et en conserver en silos pour d’autres époques de l’année.
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- La deuxième partie est intitulée : Pratique des cultures.
- L’auteur y expose tous les détails pratiques des cultures des céréales, des légumineuses, des racines, des plantes fourragères et maraîchères. ‘
- Il traite ensuite de l’arboriculture, de la viticulture et de l’apiculture.
- Il enseigne avec beaucoup de détails comment on doit cultiver le blé dur, le blé tendre, l’orge, l’avoine, le maïs, le sorgho et les millets. Il en décrit les maladies et les moyens de les combattre.
- L’orge veut un terrain meuble et perméable. Le blé s’accommode d’une terre plus forte et plus consistante. L’avoine, inconnue avant la conquête, est la moins exigeante de toutes sous le rapport du sol, des engrais et des soins d’entretien. Le cheval algérien la consomme comme l’orge sans inconvénient.’ Le sorgho douro se cultive communément en Kabylie, où il est la base de la nourriture du montagnard kabyle.
- L’alpiste [phalaris canariensis) vient spontanément comme plante adventice dans le froment. Au battage, on le recueille soigneusement pour vendre le grain aux indigènes qui en sont très friands sous diverses préparations. Cette graine atteint un prix élevé, 22 francs à 30 francs le quintal. On le cultive quelquefois comme le blé, mais sa réussite est plus ou moins incertaine.
- Les légumineuses les plus communément cultivées sont la fève, la fèverole, la gesse, la lentille et le pois chiche. L’auteur en décrit les procédés de culture et les avantages que le cultivateur peut en retirer. Ce sont des plantes alimentaires.
- La fève est cultivée pour l’exportation. La gesse sert à l’alimentation des indigènes qui l’achètent 15 à 20 francs l’hectolitre. Le haricot passe pour très épuisant. Une variété connue sous le nom de dolique est très recherchée des indigènes et des Espagnols. La lentille n’est guère cultivée que dans la Grande Kabylie et dans certaines tribus de l’intérieur. Le pois chiche est tellement épuisant que dans certaines contrées le propriétaire en interdit la culture. Les Espagnols, les Italiens et les indigènes en sont les principaux consommateurs.
- L’auteur décrit ensuite les cultures de la luzerne, du sainfoin d’Espagne et de la vesce, les seules légumineuses fourragères qu’on puisse cultiver en Algérie.
- Dans sa reproduction, le sainfoin d’Espagne se traite autrement que les autres légumineuses; on l’obtient tantôt spontanément, tantôt par semis artificiel.
- La culture de la betterave, du navet, de la patate, de la pomme de terre,
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- du topinambour, sont décrites telles qu’on doit les pratiquer en Algérie, par des procédés qui diffèrent sensiblement de ceux usités en Europe.
- Le chapitre XV est consacré aux plantes industrielles. L’auteur expose avec beaucoup de compétence et de détails- l’exploitation de l’alfa sur les Hauts Plateaux et le mode de végétation de cette singulière graminée. L’arachide et la canne à sucre se cultivent à titre d’essai. Le chanvre, difficile à venir en Algérie, est cultivé par parcelles dans les montagnes de la Kabylie. On y utilise sa filasse, sa graine et sa feuille ; les feuilles servent à fabriquer le fameux kif ou haschich et des conserves narcotiques.
- Le colza réussit en Algérie ; néanmoins sa culture est peu pratiquée.
- La coriandre n’est cultivée que par les indigènes. La culture du coton est abandonnée depuis qu’elle n’est plus avantageuse. Le géranium rosat et les autres plantes à parfum n’ont quelque importance que dans le département d’Alger, dans le rayon restreint de la fabrication des parfums.
- Le lin prend une place importante dans les assolements. Il est cultivé tantôt pour sa filasse et sa graine, tantôt pour sa graine exclusivement. Ces deux cultures donnent lieu à des procédés différents, décrits par l’auteur.
- La ramie vient bien, et on n’attend que des débouchés pour en étendre la culture.
- La culture du tabac donne de bons résultats. On la fait par métayage : c’est le seul mode de culture praticable pour une plante qui exige beaucoup de main-d’œuvre et des soins très minutieux. M. Millot consacre quelques lignes au palmier nain, à la garance, au carthame et au ricin.
- Le chapitre XVI ne comprend que des plantes maraîchères de primeurs : telles sont l’artichaut, le chou-fleur, les melons, les petits pois. Ces produits sont destinés à l’exportation.
- Le chapitre XVII contient une description très détaillée de la culture de la vigne, des vendanges et de la fabrication du vin. On sait l’importance qu’a acquise la production du vin dans la colonie. Ce chapitre offre un grand intérêt pour les colons. M. Millot conseille la culture de l’amandier et du caroubier ; elle réussit et donne des fruits d’une valeur incontestable. Quant au châtaignier, il n’est productif que sur les points les plus élevés de l’Algérie. Le figuier convient au climat, n’est pas difficile sur le sol; ses produits se vendent facilement à des prix avantageux. Le figuier de Barbarie est d’une grande ressource pour les indigènes : ils vivent de son fruit pendant deux mois. Il forme des abris et des haies qui ont l’inconvénient de servir de refuge aux rongeurs et à une foule d’insectes nuisibles. L’olivier fructifie mal
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- sur le littoral, mais sa culture est productive en montagne à l’exposition du nord. L’oranger exige un sol perméable, des abris contre les vents violents, de l’eau et des fumures en abondance; le citronnier, le mandarinier se cultivent comme l’oranger et montrent les mêmes exigences de sol, d’eau et de fumures.
- La pêche et l’abricot précoces peuvent donner de beaux bénéfices pour le commerce d’exportation. On doit cultiver les variétés mûres avant le 10 juillet.
- Parmi les essences forestières, le chêne-liège et l’eucalyptus sont les plus importantes. Le premier produit le liège, et le second sert comme arbre de plantations destinées à donner de l’ombre autour des fermes, des abris contre les vents violents, et du bois de service toujours rare et cher en Algérie.
- La sériciculture, productive autrefois, est complètement délaissée. On lui reproche d’exiger trop de main-d’œuvre, et de ne plus donner aucun bénéfice, par suite de l’avilissement des prix de la soie.
- En raison de la flore variée et de la succession des fleurs pendant une grande partie de l’année, l’apiculture bien conduite donne des produits exquis et abondants.
- En résumé, M. Millot a rédigé un manuel très complet, qui sera d’une grande utilité pour les colons. C’est l’œuvre d’un praticien habile et expérimenté. Ses cultures sont très bien décrites et fournissent à l’exploitant tous les renseignements dont il peut avoir besoin pour exécuter dans de bonnes conditions les travaux de son exploitation. En homme qui a bien étudié les spéculations du pays, ses conseils ont une valeur inestimable et sont très précieux pour quiconque désire se livrer aux productions les plus certaines et les plus rémunératrices. On y trouve d’excellents renseignements sur les mœurs des populations, la main-d’œuvre qu’on peut en obtenir, et les avantages qu’on doit espérer des spéculations animales et végétales propres au pays.
- C’est au praticien que ce manuel s’adresse, et c’est à lui qu’jl doit rendre le plus de services. Sous ce rapport, on peut louer sans réserve l’œuvre de M. Millot.
- L’auteur prête à la critique quand il se place sur le terrain scientifique. On y rencontre des théories hasardées en physiologie végétale. Il n’a pas une idée bien nette des avantages des engrais chimiques. La classification des terres est trop simple et trop incomplète.
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- Malgré ces imperfections que l’auteur s’est engagé à faire disparaître dans le volume à faire imprimer, ce travail est le meilleur qui ait paru sur les cultures de l’Algérie. Il répond dans une large mesure au programme imposé aux concurrents. Le Comité d’agriculture vous propose en conséquence d’accorder à M. Millot le prix de 2 000 francs destiné à la meilleure étude des cultures de l’Algérie.
- Signé : A. Boitel, rapporteur.
- PRIX D’AGRICULTURE.
- Rapport de M. Risler sur le concours pour la meilleure organisation
- DES CHAMPS DE DÉMONSTRATION.
- Prix de 1000 francs.
- Depuis soixante ans, le produit moyen du blé en France a monté peu à peu de 11 hectolitres à près de 16 hectolitres par hectare, et l’on entrevoit la possibilité d’élever ce rendement à 18, 20 hectolitres, peut-être plus encore, par le bon choix des semences, par les engrais destinés à compléter le fumier de ferme et par tous les perfectionnements de la culture, semis en lignes, etc. Évidemment, on pourrait également faire beaucoup de progrès dans les autres branches de la production agricole comme produit brut, et, ce qui est surtout important, comme produit net.
- Mais pour cela, il faut d’abord déterminer, pour chaque climat et pour chaque type de terrain, quels sont les variétés de semences et les engrais qui conviennent le mieux; et quand cette détermination aura été faite dans les champs d’expériences des stations agronomiques, des écoles d’agriculture et des cultivateurs qui prennent part à ces recherches, il faudra la faire connaître aux autres cultivateurs, non seulement par les livres et les conférences, mais par la vue des résultats, en plein champ, à côté de ceux que donnaient les anciens modes de culture. C’est là le but des champs de démonstration ; c’est 1’enseignement par les yeux ou par les choses, qui seul peut convaincre la plupart de nos cultivateurs. C’est la méthode que Franklin employa jadis pour vulgariser l’emploi du plâtre dans la culture du trèfle. Il s’agit d’appliquer cette méthode aux autres engrais, au choix des semences, etc., et plus cette connaissance des procédés perfectionnés de culture se répandra et se vulgarisera rapidement sur tous les points de notre territoire, plus l’augmentation du produit moyen sera également sensible.
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- PRIX d’agriculture. --- JANVIER 1889.
- Par ses circulaires du 19 et du 24 décembre 1885, M. Gomot, ministre de l’agriculture, a recommandé aux professeurs départementaux d’agriculture de multiplier les champs de démonstration. Le Parlement a voté des crédits pour leur organisation et, sous l’active direction de notre collègue M. Tisserand, un mouvement de progrès considérable s’est produit dans toutes les régions de la France.
- La Société d'Encouragement pour l’industrie nationale a voulu prendre part à ce mouvement et elle a offert un prix de 1000 francs pour la meilleure organisation des champs de démonstration.
- Pour ce prix, nous avons quatre concurrents :
- 1° M. Magnien, professeur départemental d’agriculture delà Côte-d’Or;
- 2° M. Allard, professeur départemental d’agriculture de la Haute-Saône;
- 3° M. Marcel Vacher, propriétaire-cultivateur à Montmarault, secrétaire de la Société d’agriculture de l’Ailier ;
- 4° M. Émile Masson, professeur à l’École pratique de viticulture de Beaune.
- I. M. Magnien décrit, dans son rapport, une organisation très complète de 8 champs d’expériences et de 16 champs de démonstration dans les divers cantons du département de la Côte-d’Or. Il a soin de donner des détails très précis sur l’origine géologique et sur la composition chimique des terrains où ils sont placés, sur les engrais et cultures des années précédentes, sur le climat de la contrée, etc... Les expériences et démonstrations de la campagne 1886-87 ont porté sur la culture du blé partout, et seulement dans trois localités sur l’avoine et les pommes de terre. Leurs résultats sont résumés dans des tableaux qui montrent à la fois les produits bruts et les bénéfices en argent ou pertes donnés par les différentes variétés et les différents engrais.
- Mais il était difficile de tirer des conclusions générales de cette première série. Dans certaines localités, ce sont les blés anglais : rouge d’Écosse, Hickling, Chiddam, etc., qui ont tenu la tête; dans d’autres, ce sont les blés de Bordeaux ou le blé blanc de Flandre, mais partout quelques-unes de ces variétés nouvelles ont surpassé les blés habituellement cultivés dans le pays, le blé mouton et le Blé Villard. On a donc bien démontré la possibilité d’augmenter la production de quelques quintaux par hectare uniquement par un meilleur choix des semences, mais on n’a pas encore démontré pour chaque localité quelles sont les variétés qu’il y a lieu d’adopter définitivement.
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- Quant aux engrais, partout l’addition des phosphates fossiles en poudre au fumier de ferme a donné un bénéfice qui s’élève quelquefois à plus de 100 francs par hectare dès la première année, quand même son effet ne doit pas être épuisé pendant cette première année.
- Ces phosphates employés directement sur les terres ont également donné de bons résultats, mais le bénéfice a été moins grand que là où ils étaient mêlés au fumier de ferme, et presque toujours le superphosphate les a surpassés. Le nitrate de soude et le sulfate d’ammoniaque, appliqués sur le blé au printemps, ont généralement été bien payés par l’augmentation de la récolte; tantôt l’un, tantôt l’autre qui a le mieux réussi, mais le nitrate de soude plus souvent que le sulfate d’ammoniaque.
- Le seul défaut que l’on pourrait reprocher à l’organisation de M. Magnien, c’est qu’il n’a pas assez bien fait la distinction entre les champs d’expérience et ceux de démonstration ; il faudrait, autant que possible, réserver ces derniers pour les variétés de blé et les engrais dont la supériorité a été bien constatée par plusieurs années d’expériences. Mais évidemment il était impossible de le faire pendant cette première campagne. Peu à peu quelques-uns des résultats des champs d’expériences deviendront plus nets et il faudra les réserver pour les champs de démonstration.
- IL Dans la Haute-Saône, M. Allard, professeur départemental, a aussi montré beaucoup d’activité. Il a réussi à organiser dès la première année 30 champs de démonstration.
- Mais, dans son rapport, la nature du sol des divers champs n’est pas aussi bien définie et les résultats des récoltes données par les diverses parcelles sont loin d’être exposés d’une façon aussi complète que dans celui de M. Magnien. Ces expériences ou démonstrations ont porté sur trois variétés de blé : le golden dropp, le blé bleu de Noé et le blé du pays. Le premier s’est montré inférieur, et le deuxième supérieur aublé du pays. Dans le nord-est du département où le grès des Vosges forme un sol sablonneux et où les féculeries sont nombreuses, on a comparé les rendements de diverses variétés de pomme de terre. Partout on a fait des essais comparatifs d’engrais chimiques. M. Allard a eu l’heureuse idée de prier les instituteurs des communes où se trouvent des champs d’expériences, de lui faire le plan exact de ces champs et de lui envoyer des notes sur l’état de la végétation des diverses parcelles qu’ils vont visiter de temps en temps avec leurs élèves, de faire les pesées des récoltes, etc... Une dizaine de feuilles annexées au rapport montrent que ce travail est en général fait avec beaucoup de zèle et d’intelligence.
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- PRIX d’agriculture. --- JANVIER 1889.
- Les instituteurs du département de la Haute-Saône ont des connaissances agricoles plus complètes que dans la plupart des autres départements. Cela provient de ce que le conseil général fait passer aux élèves-maîtres sortant de l’Ecole normale une année dans une école pratique d’agriculture.
- De plus, tous les ans, une trentaine d’instituteurs font, aux frais du département et sous la direction du professeur, un voyage d’études dans une des régions de la France les plus avancées en agriculture.
- III. M. Marcel Vacher, propriétaire-agriculteur à Montmarault (Allier) et secrétaire de la Société départementale d’agriculture, a commencé à organiser un champ d’expériences et de démonstration dès 1879, et il l’a fait à ses frais. Il est vrai qu’il y trouve son intérêt, car son premier but est de convaincre ses métayers, et il y a fort bien réussi. Mais il a voulu en faire profiter l’ensemble de la région et il a créé un champ de démonstration spécial pour les élèves de l’école primaire de Montmarault. Depuis 1882, il donne chaque semaine à ces élèves une leçon d’agriculture pour laquelle le champ de démonstration sert d’application pratique.
- Les expériences et démonstrations de M. Marcel Vacher ne concernent que la partie granitique du département où se trouve situé Montmarault. Mais elles ont été faites avec tant de dévouement et d’intelligence que le Comité d’agriculture a cru devoir lui donner une part dans les récompenses de la Société d’Encouragement.
- En conséquence, ce Comité propose de partager le prix de 1 000 francs pour la meilleure organisation des champs de démonstration, de la manière suivante :
- 600 francs à M. Magnien, professeur départemental d’agriculture de la Côte-d’Or, à Dijon ;
- 400 francs à M. Allard, professeur départemental d’agriculture de la Haute-Saône, àVesoul;
- Et d’attribuer une médaille d’or à M. Marcel Vacher, propriétaire-agriculteur à Montmarault (Allier).
- Signé: Risler, rapporteur.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT. --- JANVIER 1889.
- MÉDAILLES
- I. LISTE DES MÉDAILLES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ POUR DES INVENTIONS OU DES PERFECTIONNEMENTS AUX ARTS INDUSTRIELS
- P2 Q Ph O "fl o NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- 1 MM. Hélouis. MÉDAILLES MM. Luynes (de). D’OR Fils métalliques d’ornement.
- 2 Milliau. Muntz. Procédés pour reconnaître les falsi-
- 3 POURIAU. Boitel. fîcations de l’huile d’olive. . Ouvrage sur la laiterie.
- 4 Quillacq (de). Brüll. Machines à vapeur perfectionnées.
- 5 Rolland. Boitel. Création d’oasis en Algérie.
- 6 Rousseau. Risler. Étude sur la culture de la vigne dans
- 7 Roux. Brüll. l’Aude. Pompe à colonne d’eau.
- 8 Schlumberger. Bérard. Papiers et encres de sûreté.
- 9 Verdol. Simon. Ensemble de ses travaux relatifs aux
- 1 MM. Ghaligny et Guyot- MÉDAILLES DE MM. Hirsch. métiers à tisser. PLATINE Condenseur double à eau régénérée.
- 2 Sionnest. Geneste et Hers- Rousselle. Étuves à désinfection.
- 3 CHER. Manuel-Perjer. Rossigneux. Agrandissement des dessins par pro-
- (Rappel de médaille.) jections optiques.
- 4 Meyer (Mme veuve). Carpentier. Appareils télégraphiques.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- 1 MM. Alibert. MM. Carpentier. Cheville pour instruments à corde.
- 2 Blanzy et Poure. Gauthier-Yillars . Cachet-crampon.
- 3 Bretonneau. Lavalard. Musette pour chevaux.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT. --- JANVIER 1889.
- P5 Q O "q NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- 4 M MM. Ducretet. IÉDAILLES D’A F MM. Biver. IG EN T (Suite) Filtrage des huiles de graissage.
- 5 Grenet. Becquerel (H.). Système de paratonnerre.
- 6 Grouazel. Layalard. Harnais.
- 7 Paquelin (docteur). Bardy. Nouvel éolipyle.
- 8 Ravelli. Brüll. Système d’engrenages.
- 9 SCHMID. Hirsch. Soupape de sûreté.
- 10 Terme et Deharre. Hirsch. Chaudière à vapeur.
- 11 Valette. Brüll. Frein pour ascenseur.
- 1 MM. Beaussier (de). MÉDAILLES DE MM. Tresca. BRONZE Pompe à sangle.
- 2 Boudard. Bardy. Appareil à écrire pour les aveugles.
- 3 Breton. Mascart. Poêle mobile, système Cadé.
- 4 Ghandor. Bardy. Bougeoir à pétrole.
- 5 Castel. Colonel Sebert. Appareil à écrire pour les aveugles.
- 6 Gérentes (MmC). Simon. Nouvelle dentelle.
- 7 Maître. Chatin. Paragel pour la vigne.
- 8 Marx. Colonel Pierre. Chaise roulante pour enfants.
- 9 Minier. Layalard. Harnais.
- 10 Reuille (Elie). Luynes (de). Impression multicolore instantanée.
- Les Secrétaires du Conseil de la Société,
- Ed. COLLIGNON.
- E. PELIGOT,
- Membre de l’Institut.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT. --- JANVIER 1889.
- DISTRIBUTION DES MÉDAILLES décernées pour les inventions utiles ou les perfectionnements
- DANS LES ARTS INDUSTRIELS (Extraits des Rapports des différents comités.)
- (Voir le tableau I.)
- MÉDAILLES D’OR
- 1. Fils métalliques d’ornement, par M. Hélouis, ingénieur, boulevard Rochechouart, 13, à Paris.
- M. Hélouis est l’inventeur d’un procédé au moyen duquel il produit, à la surface de fils de cuivre et d’autres métaux, les colorations les plus vives et les plus variées, par voie d’oxydation sèche. Ces produits ont reçu dans la passementerie des applications nombreuses et intéressantes. La Société décerne à M. Hélouis une médaille d’or.
- 2. Procédés pour reconnaître les falsifications de l’huile d’olive,
- par M. Milliau, savonnier à Marseille.
- M. Milliau, étudiant les moyens propres à décéler les falsifications des huiles, a communiqué à la Société une série de procédés, empreints d’un véritable caractère scientifique, et qui sont très supérieurs à ceux qui étaient connus jusqu’à ce jour. L’huile d’olive est celle qui est la plus exposée à la fraude, et a fait l’objet d’une étude plus particulière. La communication de M. Milliau présente donc le plus haut intérêt, tant par le degré de certitude des résultats que par les services qu’il rend au commerce et à l’industrie. En conséquence, la Société d’Encouragement décerne à M. Milliau une médaille d’or.
- 3. Ouvrage sur la laiterie, par M. Pouriau, ancien professeur des Écoles d’agriculture.
- M. Pouriau, ancien professeur de chimie et de technologie aux écoles d’agriculture de Grignon et de la Saulsaie, a publié cette année une nouvelle édition de son ouvrage intitulé la Laiterie. Cette quatrième édition a été complétée par la description des nouveaux procédés appliqués dans ces derniers temps à toutes les branches de l’industrie laitière. Ce savant a étudié
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- en France et à l’étranger la fabrication du beurre et du fromage. Le livre où il a consigné toutes ses observations fournit de précieux renseignements aux agriculteurs qui se livrent aux diverses productions de l’industrie laitière. La Société d’Encouragement accorde à M. Pouriau une médaille d’or pour le service qu’il a rendu aux agriculteurs qui entretiennent des vacheries, soit pour la vente du lait en nature, soit pour la production du beurre ou du fromage.
- 4. Perfectionnement dans les machines à vapeur, par M. de Quillacq,
- à Anzin (Nord).
- M. A. de Quillacq, membre de la Société, constructeur-mécanicien des plus estimés, a introduit en France, dès 1880, la construction des machines à vapeur, du système de l’inventeur américain J. Wheelock. Il a étudié et construit avec succès un grand nombre de ces moteurs dont l’originalité réside particulièrement dans le mode de distribution et dans la simplicité de construction.
- Depuis quelques années, il a appliqué à ces moteurs un perfectionnement important, combiné par l’inventeur.
- Avec ces machines, on peut pratiquer les détentes les plus longues et utiliser ainsi au mieux la force d’expansion de la vapeur. La machine Whee-lock est économique dans son acquisition et dans son fonctionnement; la marche en est régulière et silencieuse.
- M. de Quillacq, en construisant avec grande perfection la machine Wheelock, a certainement rendu des services à l’industrie nationale. Pour ce motif, la Société lui attribue une médaille d’or.
- 5. Création d’oasis en Algérie, par M. G. Holland, ingénieur des mines.
- M. Rolland, ingénieur des mines, a contribué à la création de plusieurs oasis dans le Sahara de la province de Constantine. Par ses recherches, et avec le concours de M. Jus, des eaux jaillissantes d’un volume considérable ont été découvertes et utilisées pour l’établissement de trois nouvelles oasis. La Société de Batna et du Sud algérien, constituée par les soins de M. Rolland, a mis en valeur plus de 400 hectares de terrains auparavant stériles, et planté environ 50000 palmiers.
- La Société d’Encouragement accorde une médaille d’or à M. Rolland pour la part importante qu’il a prise dans le développement des oasis de l’Oued Rir.
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- 6. Étude sur la culture de la vigne dans l’Aude, par M. Rousseau,
- inspecteur des forêts.
- Le livre de M. Rousseau, inspecteur des forêts, offre un grand intérêt, non seulement dans l’Aude, mais dans tous les départements voisins qui cherchent à reconstituer par les plants américains leurs vignobles, détruits par le phylloxéra. M. Rousseau a parcouru la plus grande partie du département de l’Aude, et décrit les essais de reconstitution qu’il a observés. Les descriptions ont d’autant plus de valeur qu’elles reposent sur une connaissance parfaite de la constitution géologique du pays.
- La Société d’Encouragement, voulant reconnaître les services que M. Rousseau rend à l’agriculture, lui décerne une médaille d’or.
- 7. Pompe à, colonne d’eau, système de M. Ch. Roux, inspecteur au Creuzot.
- M. Ch. Roux a apporté d’importants perfectionnements aux machines à colonne d’eau. La nouvelle machine actionne des pompes d’épuisement aux mines de Rlanzy et à celles du Creuzot. On a remarqué combien elle était particulièrement appropriée à ce genre de service par son volume restreint et sa grande simplicité.
- La machine Roux fonctionne noyée comme à l’air libre, sans graissage et presque sans surveillance. Elle est appelée à rendre de grands services à l’exploitation des mines : c’est pourquoi la Société d’Encouragement décerne une médaille d’or à M. Ch. Roux.
- 8. Papiers et encres de sûreté, par M. Schlumberger, chimiste, rue Bausset, 1, à Paris.
- M. Schlumberger, sous le nom de procédés cryptographiques, a imaginé tout un ensemble de dispositions permettant d’éviter les fraudes en matière d’écritures commerciales. Pour arriver à ce résultat, M. Schlumberger a inventé des pâtes à papier et des encres qui laissent apparaître des réactions chimiques colorées lorsque les fraudeurs emploient des réactifs falsificateurs. D’autres dispositions, dues au même auteur, permettent de distinguer les titres d’action ou d’obligations véritables, d’avec des titres qui auraient été imités.
- La Société d’Encouragement, appréciant les longues recherches de M. Schlumberger et leurs résultats, les récompense par une médaille d’or.
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- MÉDAILLES d’eNCOURAREMENT. --- JANVIER 1889.
- 9. Perfectionnements dans las machines à tisser, par M. Verdol, mécanicien,
- passage des Mûriers, 10, à Paris.
- Dès 1883, la Société (l'Encouragement, reconnaissant l’importance des perfectionnements réalisés par M. Yerdol, afin de substituer le papier au carton sur la mécanique Jacquard, attribuait à cet inventeur une médaille de platine.
- Depuis lors, MM. Verdol et Cie, sans négliger la construction du premier appareil, ont successivement établi, sur le même principe, une mécanique-armure et un repiquage automatique. Le rapport déposé au nom du Comité des arts mécaniques, et approuvé en séance du conseil le 10 février 1888, nous dispense de revenir sur les avantages économiques de ces créations; mais il convient de constater que le nouvel outillage prend une place de plus en plus considérable à l’étranger (en Écosse, en Angleterre, en Belgique, en Italie, en Russie], aussi bien que dans notre pays.
- La comparaison des dessins lus et piqués, du 1er juillet au 31 octobre des années 1887 et 1888, dans les succursales seulement de la maison de Paris (à Roubaix, à Fresnoy-le-Grand et à Lyon), démontrent la faveur croissante avec laquelle le système est accueilli par la fabrique française ; le nombre des cartons, il faudrait dire des cartom-qmpier, est passé, d’une période à l’autre, de 363000 à 719000, soit un accroissement de 356 000 durant les quatre mois correspondants.
- La médaille d’or, décernée aujourd’hui à MM. Verdol et Cic, est la juste récompense d’un ensemble de travaux qui apportent de précieux éléments de succès au tissage des étoffes façonnées.
- MÉDAILLES DE PLATINE
- 1. Condenseur double à eau régénérée, par MM. Chaligny et Guyot-Sionnest, ingénieurs-constructeurs, rue Philippe-de-Girard, 54, à Paris.
- MM. Chaligny et Guyot-Sionnest, ingénieurs-constructeurs à Paris, ont imaginé et construit un appareil, qu’ils ont désigné sous le nom de condenseur double à eau régénérée.
- Le but qu’ont cherché à atteindre les inventeurs, c’est de permettre de pratiquer la condensation dans les machines à vapeur, tout en ne dépensant qu’une quantité d’eau minime. A cet effet, ils refroidissent l’eau sortant du condenseur en la faisant tomber en pluie au travers du courant d’air lancé par un ventilateur. L’eau est ainsi suffisamment refroidie pour servir
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- de nouveau à la condensation. La solution ainsi obtenue a une réelle importance industrielle dans les cas où l’eau est chère ou peu abondante. La Société décerne à MM. Chaligny et Guyot-Sionnest un médaille de platine.
- 2. Étuves à désinfection, par MM. Geneste et Herscher, ingénieurs-constructeurs,
- rue du Chemin-Vert, 42, à Paris.
- MM. Geneste et Herscher ont fait part à la Société d’Encouragement des procédés qui ont été imaginés par eux pour perfectionner et faciliter la désinfection et l’épuration des objets de literie, linge et vêtements.
- On sait combien, à la suite de décès et après certaines maladies, il importe de détruire les germes qui peuvent propager le mal : aussi, à cause de l’importance des résultats obtenus, la Société accorde à MM. Geneste et Herscher une médaille de platine.
- 3. Agrandissements des dessins par projections optiques, par M. Manuel-Périer,
- rue du Trou-à-Sable, 1, à Paris.
- M. Manuel-Périer a présenté ün procédé d’agrandissement des dessins à l’aide des projections optiques. Ce système, où l’auteur fait usage des appareils à projection et de la photographie, a déjà fait ses preuves, et rendu de nombreux services à l’art et à l’industrie. En conséquence, la Société décerne à M. Manuel-Périer une médaille de platine.
- 4. Appareils télégraphiques, par Mme Vve Meyer.
- M. Meyer, auteur d’un télégraphe autographique et d’un télégraphe multiple, est mort avant d’avoir pu donner un corps à ses dernières conceptions, et c’est sa veuve qui, à l’aide des documents laissés par lui et au prix de lourds sacrifices, a réussi à mettre au jour l’œuvre du défunt. Le système a été breveté par Mmc Meyer sous le nom d’appareil télégraphique automatique universel; les expériences ont donné de bons résultats, sans toutefois avoir pu être adopté en France. La Société, rendant hommage au bel exemple de Mme Meyer, lui décerne une médaille de platine.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- 1. Cheville pour instruments à cordes, par M. Alibert, rue Mazagran, 2, à Paris.
- M. Alibert a imaginé un système de chevilles pour pianos qui est d’une manœuvre facile et permet de donner l’accord d’une manière simple et
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- précise sans se desserrer et en gardant l’accord. M. Alibert a fait une nouvelle application très pratique de ce système de chevilles au violon, à l’alto et au violoncelle; la Société, reconnaissant l’utilité de cette application, lui décerne une médaille d’argent.
- 2. Cachet-crampon, par MM. Blanzy, Poure et Cie, à Boulogne-sur-Mer.
- MM. Blanzy, Poure et Cie ont dernièrement présenté un mode de fermeture des lettres au moyen du cachet-crampon; ce système assure l’inviolabilité des correspondances postales, tout en ne possédant pas les inconvénients des systèmes de fermeture ordinairement employés; aussi la Société tient à reconnaître le mérite de cette invention en accordant aux inventeurs une médaille d’argent.
- 3. Musette pour chevaux, par M. Bretonneau, 23, rue de Terre-Neuve, à Paris.
- M. Bretonneau a présenté une musette automatique qui, au moyen d’un léger ressort, fait remonter les aliments près de la bouche du cheval à mesure qu’ils diminuent. De plus, une bandelette de toile cousue à l’intérieur au niveau des naseaux isole la bouche de la musette. Considérant l’intérêt qu’il y a à encourager cette invention, la Société décerne à M. Bretonneau une médaille d’argent.
- 4. Appareils pour filtrer l’huile de graissage des machines, par M. Ducretet,
- rue Claude-Bernard, 75, à Paris.
- M. E. Ducretet a imaginé des appareils filtreurs qui permettent de purifier d’une manière continue, sans dépense et en utilisant la chaleur perdue, les résidus des huiles minérales qui servent au graissage des moteurs à gaz et à pétrole. L’emploi de ces appareils, qui sont très appréciés, procure une économie notable dans l’entretien des petits moteurs.
- La Société d’Encouragement reconnaît le mérite de l’invention de M. Ducretet en lui décernant une médaille d’argent.
- 5. Système de paratonnerre, par M. Grenet, à Paris.
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- M. Grenet a soumis à l’examen de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale les installations de paratonnerres faites depuis plusieurs années sous sa direction, et qui aujourd’hui sont établies par MM. Ch. Mildê fils et Cte, constructeurs.
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- Ces installations dépassent actuellement le chiffre de 1 200 en France et à l’étranger.
- Le point caractéristique du système de protection employé par M. Grenet est la substitution de rubans de cuivre rouge aux conducteurs en fer réglementaires.
- La facilité de la pose a permis de réduire le prix de l’installation à la moitié et parfois au tiers de ce qu’il serait en employant les conducteurs en fer et les grandes tiges.
- Tout en formulant des réserves sur la longueur des tiges employées par M. Grenet, il a paru que ce constructeur a fait un emploi judicieux de toutes les ressources que lui donnaient les bâtiments qu’il a protégés, et pour lesquels la protection a été efficace.
- A ce titre, la Société décerne à M. Grenet une médaille d’argent.
- 6. Harnais, par M. Grouazel, sellier-harnacheur, à Ernée (Mayenne).
- M. Grouazel a envoyé plusieurs modèles des colliers les plus employés avec un mémoire qui est une étude raisonnée sur le harnachement des chevaux. M. Grouazel est un sellier habile et les colliers qu’il a présentés sont bien compris; la Société, tenant à reconnaître son mérite, lui accorde une médaille d’argent.
- 7. Éolipyle, par M. le Dr Paquelin, place Vendôme, 12, à Paria,
- M. le Dr Paquelin, connu par l’invention de son thermocautère, a combiné un petit appareil destiné à remplacer les éolipyles à alcool et qui, tout en présentant de sérieux avantages, n’en possède aucun des inconvénients, • Ce nouvel éolipyle brûle de l’essence, est par conséquent très économique et rendra des services à l’industrie.
- En conséquence, la Société d’Encouragement décerne une médaille d’argent à son inventeur.
- 8. Système d’engrenages, par M. J. Ravelli, avenue des Ternes, 4, à Paris.
- M. J. Ravelli a cherché à améliorer le fonctionnement des engrenages à roue et vis sans fin, en ne laissant subsister, pour chaque filet de la vis, que la portion strictement nécessaire pour faire avancer la roue de la quantité voulue. Il a aussi combiné certains dispositifs dérivant de l’engrenage à roue et vis sans fin qui peuvent rendre des services dans des cas particuliers.
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- La Société d’Eneouragement décerne à M. J. Ravelli une médaille d’argent.
- 9. Soupape de sûreté, par M. Schmid, ingénieur, à Zurich (Suisse).
- M. A. Schmid, constructeur à Zurich, a imaginé une soupape de sûreté à deux sièges, chargée par un ressort. Cet appareil, fort bien conçu et exécuté, offre, sous un volume restreint, de larges issues à la vapeur.
- La Société d’Eneouragement décerne à M. Schmid une médaille d’argent.
- 10. Système de chaudière à vapeur, par MM. Terme et Deharbe, constructeurs,
- boulevard Voltaire, 81, à Paris.
- Les générateurs dits à petits éléments occupent, dans l’industrie, une place tous les jours plus importante, à cause de leur légèreté et de la sécurité qu’ils présentent. MM. Terme et Deharbe ont inventé et établi des générateurs de ce genre, qui réunissent, à des dispositions générales bien entendues, des détails de construction fort intéressants. Ces générateurs, mis en service par plusieurs industriels, et notamment par la Compagnie parisienne des bateaux-omnibus, se sont jusqu’ici bien comportés.
- La Société d’Eneouragement décerne à MM. Terme et Deharbe une médaille d’argent.
- 11. Frein pour ascenseur, par M. Valette, boulevard d’Italie, 25, à Paris.
- M. J. Valette a créé un frein à mâchoires qui entre rapidement en action par suite de la rupture du câble de suspension des cages de monte-charges. La construction de cet appareil est assez simple; son entretien est facile et son efficacité certaine.
- La Société d’Eneouragement, reconnaissant que M. J. Valette a apporté une bonne solution à un problème assez difficile, lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- 1. Pompe à sangles, par M. le comte de Beaussier, à Gompiègne (Oise).
- M. de Beaussier a modifié avantageusement les dispositions adoptées pour les pompes à cordes en substituant des sangles aux cordons flexibles et a ainsi augmenté le rendement de cet appareil rustique. Pour cette raison, la Société accorde à M. le vicomte de Beaussier une médaille de bronze.
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- 2. Appareil à écrire pour les aveugles, par M. Boudard, ingénieur, rue Jacob, 46, à Paris.
- M. Boudard a soumis à l’appréciation de la Société un appareil très simple qui permet aux aveugles de les guider pour écrire en caractères ordinaires. La Société, appréciant les services qu’il est appelé à rendre dans un grand nombre de cas, accorde une médaille de bronze à son inventeur.
- 3. Poêle mobile, système Cadé, par M. Breton, quai de la Râpée, 60, à Paris.
- M. Breton a présenté à la Société un poêle mobile, système Cadé, qui offre deux particularités le distinguant des autres poêles du même genre : son foyer est à rayonnement direct et il s’éteint de lui-même si le tirage vient à être renversé, circonstance importante au point de vue de la salubrité. La Société d’Encouragement accorde à M. Breton une médaille de bronze.
- 4. Bougeoir à pétrole, par M. Chandor, de New-York.
- Le bougeoir de M. Chandor est destiné à se substituer à la bougie stéarique et elle réalise une forte économie tout en donnant un éclairage beaucoup plus intense; il n’a ni les inconvénients ni les dangers des lampes à essence. La Société d ’Encouragement, reconnaissant le mérite de cette invention, décerne à M. Chandor une médaille de bronze.
- 5. Appareil à écrire pour les aveugles, par M. Castel, boulevard de la Gare, 16,
- à Paris.
- M. Castel, employé à la Compagnie des chemins de fer du Sud de l’Autriche, a présenté un appareil simple et pratique qui permet aux personnes qui ont perdu la vue de continuer à écrire en caractères ordinaires. La Société, reconnaissant le mérite de cette invention, décerne une médaille de bronze à M. Castel.
- 6. Nouvelle dentelle, par Mme Vve Gérentes, rue Saint-André-des-Arts, 31, à Paris.
- M,no veuve Gérentes a créé un nouveau genre de dentelles en utilisant, au moyen de fuseaux de dimensions appropriées, les grosses matières textiles telles que la chenille, la laine-mèche ou laine-édredon, le lacet, etc.
- L’invention est de nature à fournir un nouvel aliment à la main-d’œuvre féminine. Témoin des efforts désintéressés de Mme Gérentes pour faire profiter les ouvrières du Puy de son invention, la Société d’Encouragement décerne une médaille de bronze à cette habile dentellière.
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- 7. Paragel et fermeture de sacs à raisins, par M. Er. Maître, d’Auvers (Seine-et-Oise).
- M. Maître a présenté un paragel et une fermeture perfectionnée de sacs à raisins ingénieusement conditionnés, qui seront avantageusement employés par les amateurs d’horticulture. La Société d’Encouragement, appréciant leur utilité, accorde à M. Maître une médaille de bronze.
- 8. Chaise roulante pour enfants, par M. Marx, rue Ménilmontant, 113, à Paris.
- M. Marx a présenté une chaise roulante pour enfants qui offre plusieurs avantages, ceux, entre autres, d’être simple et légère, de pouvoir se replier ou s’allonger, et d’avoir des ressorts auxquels on peut donner la tension voulue. La Société d’Encouragement, reconnaissant les mérites de ces perfectionnements, décerne une médaille de bronze à M. Marx.
- 9. Harnais, par M. Minier, sellier-harnacheur à Mondoubleau (Loir-et-Cher).
- M. Minier a présenté une sous-ventrière avec une garniture spéciale très simple pouvant s’appliquer à toute espèce de harnais, surtout aux bricoles et aux sangles. Ce système a pour avantages une grande souplesse et une extrême solidité : aussi la Société accorde-t-elle à son auteur une médaille de bronze.
- 10. Impression multicolore, par M. Élie Reuille, rue Saint-Ambroise, 9, à Paris.
- M. Reuille est parvenu à construire des petites planches d’impression dans lesquelles la couleur est fournie par des petits réservoirs en caoutchouc à des fils de coton entourés d’une enveloppe de gélatine. 11 a réalisé ainsi des impressions multicolores. La Société a décidé d’encourager les essais de M. Reuille en lui décernant une médaille de bronze.
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- D ORDRE
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- II. LISTE DES CONTREMAITRES ET OUVRIERS AUXQUELS ONT ÉTÉ DÉCERNÉES DES MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT
- & O h NOMS ET PRÉNOMS. ANNE]
- MM.
- i Barbet (Amédée) 39
- 2 Beaugendre (Joséphine) .... 39
- 3 Beaujard (Lazare) 45
- 4 Bergeret (Guillaume) 50
- 0 Blanchard (Louis) 41
- 6 Blanchard (Laurent) 39
- 7 Bouchenelle (Ernest-Alexis). . . 56
- 8 Bourgoin (Étienne) 53
- 9 Bourgoin (François) 31
- 10 Briga (François) 41
- 11 Brosse (Pierre) 38
- 12 Brosse (Alexandre) 38
- 13 Canonne (Alexis-Florentin) . . . 37
- ÉTABLISSEMENTS
- AUXQUELS
- ILS APPARTIENNENT.
- Mécanicien chez MM. Poure O’Kelly et Cie, manufacturiers, à Boulogne-sur-Mer.
- Trieuse de laine chez MM. Rime et Æenfm^manufacturiers, à Orléans.
- Mineur à la Société des houillères et du chemin de fer dEpinac.
- Forgeron à la Société des houillères et du chemin de fer d'Epinac.
- Ouvrier confiseur chez MM. Sain-toin frères, confiseurs, à Orléans.
- Ouvrier confiseur chez MM. Sainfoin frères, confiseurs, à Orléans.
- Contremaître à Y imprimerie du service géographique de l'Armée, à Paris.
- Maréchal-ferrant à Vusine Hache-Julien et Cie, à Yierzon.
- Anciennement contremaître dans une tannerie à Paris.
- Gardien de nuit à la Société Cha-meroy, à Lyon.
- Riveur à la Société Chameroy, à Lyon.
- Riveur à la Société Chameroy, à Lyon.
- Mouleur à la Société des anciens établissements Cail, à Paris.
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- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Janvier 1889.
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- MÉDAILLES DECOURAGEMENT. - JANVIER 1889.
- w Ph w ÉTABLISSEMENTS
- JZ> "p O K NOMS ET PRÉNOMS. t * 5 H 6 Xfl A P AUXQUELS ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- 14 Chansselle (Jacques-Napoléon). 40 Prote chez M. Plon, imprimeur-éditeur, à Paris.
- 15 Chereix (Louis) 35 Scieur à la Compagnie générale des Omnibus, à Paris.
- 16 Deschamps (Eugénie). ..... 37 Ouvrière chez M. Monmoureau, fabricant de limes, à Orléans.
- 17 38 Ouvrière chez MM. Gourdin et Gra-
- vier, manufacturiers, à Orléans.
- 18 Filquin (Louis) 34 Ajusteur-raboteur sur métaux chez M. Buxtorf, ingénieur-mécanicien, à Troyes.
- 19 Francoz (Émile) 44 Chef d’équipe chez M. Gauthier- Vil-lars, imprimeur-libraire, à Paris.
- 20 Fremiot (Virginie) 43 Ouvrière chez M. Basson, facteur d’orgues, à Paris.
- 21 Gaudrin (Jean) 43 RiveuràlaiSWé^é Chameroy,h. Paris.
- 22 Héraud (André) 33 Gardien au Musée d'artillerie, à Paris.
- 23 Héron (Constant) 34 Cadraniste à la Compagnie générale des Omnibus, à Paris.
- 24 Lacombe (Quirin) 40 Chef maçon à la glacerie de Cirey-sur-Vezouze.
- 25 Le Cudennec (René) 33 Compositeur chez M. Gauthier-Vil-lars, imprimeur-libraire, à Paris.
- 26 Libois (Charles-Louis) 47 Menuisier aux Ateliers de Sotteville (Cie des chemins de fer de l’Ouest).
- 27 Moufle (Louis-Nicolas) 45 Menuisier à la Société des anciens établissements Cail, à Paris.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT. --- JANVIER 1889.
- w P3 O PS O "o Z NOMS ET PRÉNOMS. ANNÉES DE SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- 28 Quarré (Jean) 36 • Menuisier aux Ateliers de voitures à Paris (Gie des chemins de fer de P.-L.-M.).
- 29 Rivet (Auguste-Pierre') 35 Chef régleur à la Compagnie de l'Ouest.
- 30 Roidot (Antoine) . 36 Outilleur au Dépôt de Paris (Gie des chemins de fer de P.-L.-M.).
- 31 Salvetat (Jean-Raptiste). . . . 37 Ajusteur aux Ateliers d’Oullins (Cie des chemins de fer de P.-L.-M.).
- 32 Tardy (Étienne) 38 Contremaître à Y usine Hache-Julien et Cie, à Vierzon.
- 33 Thévenin (Antoine) 39 Chef équarrisseur de glaces à la gla-cerie de Montluçon.
- 34 Toureaux (Léon-Louis). .... 25 Contremaître chez M. Garnier, imprimeur, à Chartres.
- 35 Yidal (Georges) 69 Contremaître charpentier aux Mines de Carmaux.
- 36 Voisin (Jean) 41 Comptable à Y usine Hache-Julien et Cie, à Vierzon.
- 37 Wiart (Louis) 39 Chef des magasins de glaces polies à la glacerie de Montluçon.
- Les Secrétaires du Conseil de la Société,
- Ed. collignon. e. peligot,
- Membre de l’Institut.
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- 92 MÉDAILLES I)’eNCOURAGEMENT. —
- MÉDAILLES
- DÉCERNÉES AUX CONTREMAÎTRES ET OUVRIERS DES ÉTABLISSEMENTS MANUFACTURIERS
- ET AGRICOLES.
- (Voir le tableau II.)
- 1. M. Barbet (Amédée).
- M. Barbet, âgé de cinquante-huit ans, est entré comme mécanicien à la fabrique de plumes métalliques de MM. Blanzy, Poure et Cie (actuellement Poure, O’Kelly et Cie), le 8 octobre 1849, en qualité de mécanicien. Commis à la surveillance et à l’entretien des machines à vapeur, il n’a cessé, pendant trente-neuf ans, de mériter la confiance de ses chefs par sa bonne conduite et son assiduité.
- 2. Mme Beàugendre (Joséphine).
- Mme Beàugendre est entrée en 1849, comme trieuse de laine, dans la fabrique de couvertures de MM. Rime et Renard; elle est actuellement employée comme ourdisseuse et compte trente-neuf ans de bons services; c’est une femme honnête, laborieuse et probe.
- 3. M. Beaujard (Lazare).
- M. Beaujard, âgé de soixante ans, a servi la Compagnie des houillères d’Épinac en qualité de mineur pendant quarante-cinq ans sans interruption et à la satisfaction de ses chefs.
- 4. M. Bergeret (Guillaume). '
- M. Bergeret, âgé de soixante-quatre ans, a servi la Compagnie des houillères d’Épinac en qualité de forgeron pendant cinquante ans; il a toujours montré beaucoup d’exactitude et de zèle dans son travail.
- 5. M. Blanchard (Louis).
- M. Blanchard, ouvrier confiseur chez MM. Saintoin frères, fabricants de chocolat à Orléans, est entré à l’usine le 15 novembre 1847 ; il s’est toujours fait remarquer par sa conduite et son assiduité.
- 6. M. Blanchard (Laurent).
- M. Blanchard, ouvrier confiseur chez MM. Saintoin frères à Orléans, est entré à la fabrique de chocolat le 1er septembre 1849. Son assiduité et sa bonne conduite l’ont toujours fait remarquer.
- 7. M. Bouchenelle (Ernest-Alexis).
- M. Bouchenelle, né le 3 février 1817, est employé au service géographique de
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- MÉDAILLES d’eNGOURAGEMENT. --- JANVIER 1889.
- 93
- l’armée depuis juillet 1832. Il fut cité à l’ordre du jour en 1854 pour les travaux extraordinaires fournis par l’imprimerie des cartes à l’occasion de la guerre de Crimée; il fut nommé contremaître en 1862. M. Bouchenelle est un imprimeur d’une grande habileté, un employé très dévoué et d’une parfaite honorabilité.
- 8. M. Bourgoin (Étienne).
- M. Bourgoin, né à Orçay (Loir-et-Cher) le 25 juin 1809, est entré en 1835 à la fabrique de porcelaines de M. Hache-Jullien et Gie, à Vierzon, en qualité de maréchal-ferrant. Ouvrier très méritant, il n’a cessé pendant cinquante-trois ans de se distinguer par sa bonne conduite et son travail.
- 9. M. Bourgoin (François).
- M. Bourgoin, né à Bligny (Aube), le 9 octobre 1817, est entré le 15 mars 1849 en qualité de contremaître à la tannerie Albert Marteau (ancienne maison Ventujol et Chassang), à Paris. Pendant trente et un ans ses chefs n’ont jamais eu qu’à se louer de son travail et de sa conduite ; il ne les a quittés qu’à la liquidation de la maison.
- 10. M. Briga (François).
- M. Briga, né à Pont-Beauvoisin (Isère) le 15 mai 1821, est entré le 28 mars 1847 à la Société des tuyaux Chameroy, à Lyon, où il remplit les fonctions de gardien de nuit. Il compte quarante et un ans d’excellents services non interrompus.
- 11. M. Brosse (Pierre).
- M. Brosse, né à Jallien (Isère) le 25 janvier 1825, est entré le 16 mars 1850 à la Société des tuyaux Chameroy, à Lyon, où il remplit actuellement les fonctions de riveur. Il compte trente-huit ans de très bons services.
- 12. M. Brosse (Alexandre).
- M. Brosse, né à Jallien (Isère) le 8 novembre 1833, est entré le 15 mars 1850 à la Société des tuyaux Chameroy, à Lyon, où il est employé en qualité de riveur. Il compte trente-huit ans de très bons services.
- 13. M. Canonne (Alexis-Florentin-Édouard).
- M. Canonne, né à Cambrai le 28 décembre 1823, est entré en février 1851 à la Société des établissements Cail. Il est mouleur à la fonderie de cuivre et compte trente-sept ans de bons services ; c’est un ouvrier sérieux, laborieux et capable.
- 14. M. Chansselle (Jacques-Napoléon).
- M. Chansselle est employé depuis quarante ans à l’imprimerie E. Plon, Nourrit et Cie, où il est entré dès sa jeunesse. D’abord compositeur, puis correcteur, contremaître et enfin prote, il s’est toujours montré travailleur intelligent et infatigable, plein de dévouement et d'une parfaite honorabilité.
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- 15. M. Ghereix (Louis).
- M. Chereix, né en 1827, est employé depuis trente-cinq ans à la Compagnie générale des Omnibus en qualité de scieur. Sa bonne conduite et son travail lui ont toujours mérité l’estime de ses chefs.
- 16. Mme Deschamps (Eugénie).
- Mme Deschamps est entrée dans les ateliers do M. Monmoureau, fabricant de limes à Orléans, le 15 septembre 1851, à l’âge de trente-deux ans. Bonne ouvrière et très recommandable, elle compte trente-sept ans d’excellents services.
- 17. Mme Dupuis (Cécile).
- Mme Dupuis est employée chez MM. Gourdin et Gravier, manufacturiers à Orléans depuis le 15 mars 1850. Elle compte trente-huit ans de services non interrompus; c’est une ouvrière excellente, d’une très bonne conduite et recommandable sous tous les rapports.
- 18. M. Filquin (Louis).
- M. Filquin, né à Troyes le 12 décembre 1835, est occupé dans les ateliers de M. Emmanuel Buxtorf, en qualité d’ajusteur-raboteur depuis trente-quatre années consécutives. Il a toujours été un modèle d’assiduité, de zèle, d’activité et d’intelligence.
- 19. M. Francoz (Émile).
- M. Francoz, né le 30 août 1830 à Montrouge (Seine), est entré à l’imprimerie Bachelier (actuellement : imprimerie Gauthier-Villars) le 1er mai 1844 comme apprenti ; il est devenu metteur en pages, fonctions qu’il remplit encore; comme chef d’équipe, il a dirigé la composition de travaux d’une rare difficulté, et a ainsi rendu de véritables services à la science.
- Parmi les nombreux témoignages, on peut citer celui de Le Verrier, à la séance de l’Académie des Sciences du 12 janvier 1874 :
- « L’Observatoire publie aujourd’hui le tome X des Mémoires. Le tome XI est sous presse. L’ensemble du travail marche rapidement et avec précision, grâce à l’imprimerie de M. Gauthier-Villars, qui tient à nous donner des premières épreuves exemptes de toute faute. » (C. R., t. LXXVIII, p. 109.)
- M. Francoz a été récompensé d’une médaille de bronze à l’Exposition de 1867, à titre de collaborateur.
- M. Francoz a eu aussi le rare mérite de se donner tout entier à ses camarades, pour les guider, les instruire et leur faire connaître les bonnes traditions de la composition mathématique.
- 20. M118 Frémiot (Virginie).
- Mlle Frémiot est née à Metz le 19 mars 1828 ; depuis le 9 février 1845, elle a travaillé sans interruption à la manufacture d’orgues de M. Busson. Elle a eu le
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- mérite de soutenir sa mère et son frère malade pendant de longues années, grâce à son travail et aux privations qu’elle s’est imposées.
- ' 21. M. Gaudrin (Jean).
- M. Gaudrin, né à Paris le 5 avril 1833, est riveur à la Société des tuyaux Ghameroy, à Paris. Entré le 16 mai 1843, il est resté quarante-trois années consécutives dans cette usine, donnant l’exemple d’une bonne conduite et d’un travail assidu.
- 22. M. Héraud (André).
- M Héraud, gardien au Musée d’artillerie, où il est entré le 1er juillet 1862, est un excellent serviteur; en y comprenant un congé au régiment, il compte trente-trois ans de service à l’Etat.
- 23. M. Héron (Constant).
- M. Héron, ouvrier de la Compagnie générale des Omnibus à Paris, est né en 1829. Employé comme cadraniste, il compte trente-quatre ans d’excellents services.
- 24. Lacombe (Quirin).
- M. Lacombe, âgé de 63 ans, compte cinquante-quatre années de bons services aux manufactures de glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey. Il est employé comme chef-maçon à la glacerie de Cirey-sur-Vezouze.
- 25. M. Le Cudennec (René).
- M. Le Cudennec, né le 22 août 1832, à Duault (Gôtes-du-Nord), est entré à l’imprimerie Bachelier (actuellement Gauthier-Yillars), en qualité de compositeur, le 1er mars 1855; il est devenu rapidement metteur en pages, fonctions qu’il remplit encore actuellement. Pendant cette longue période, il s’est acquitté avec un grand mérite de la direction d’importants travaux qui ont valu à la maison les plus hautes récompenses dans les diverses expositions. M. Le Cudennec a obtenu une mention honorable à l’Exposition de 1867 ; on peut répéter pour lui ce qui a été dit pour M. Francoz, et il a eu également le mérite de former des camarades au difficile travail de la composition mathématique.
- 26. M. Libois (Charles-Louis).
- M. Libois, menuisier aux ateliers de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, est entré le 4 septembre 1841. Pendant quarante-sept ans, il a toujours donné l’exemple du travail et de la bonne conduite.
- 27. M. Moufle (Louis-Nicolas-Alexandre).
- M. Moufle, né à Versailles le 6 décembre 1815, est entré en novembre 1857 à la Société des établissements Cail, en qualité de menuisier. Cet ouvrier, très sérieux et très honnête, compte quarante-cinq ans de bons services.
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- 28. M. Quarré (Jean).
- M. Quarré, âgé de soixante-cinq ans, menuisier aux Ateliers de voitures de Paris, est entré à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée le 28 juin 1852; il s’est particulièrement fait remarquer par son exactitude, sa conduite exemplaire, ses aptitudes professionnelles et sa parfaite honorabilité depuis trente-six ans qu’il est à la Compagnie.
- 29. M. Rivet (Auguste-Pierre).
- M. Rivet, chef-régleur, est entré à la Compagnie du chemin de fer de l’Ouest le 2 novembre 1853, en qualité de monteur de locomotives. Pendant trente-cinq ans, M. Rivet a toujours donné l’exemple du travail et de la bonne conduite; c’est un ouvrier intelligent et très habile.
- 30. M. Roidot (Antoine).
- M. Roidot, né le 24 juin 1823 à Saint-Emiland (Saône-et-Loire), est entré à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée le 15 mars 1852, en qualité d’ouvrier ajusteur au dépôt de Paris; il est actuellement outilleur.
- Pendant trente-six ans, M. Roidot a eu une conduite exemplaire; c’est un ouvrier habile et laborieux.
- 31. M. Salvétat (Jean-Baptiste).
- M. Salvétat, ajusteur aux ateliers d’Oullins, compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée, a été occupé dans cet établissement depuis 1851. Il s’est toujours fait remarquer par son exactitude, sa conduite exemplaire et sa parfaite honorabilité.
- 32. M. Tardy (Étienne).
- M. Tardy, né à Foëcy (Cher) le 17 mai 1836, est entré à la fabrique de porcelaine de MM. Hache-Jullien et Cie, àVierzon, le 20 février 1850; il est actuellement contremaître depuis 1879. Il compte trente et un ans de bons services, n’ayant quitté l’usine que pour le service militaire où il a fait la campagne d’Afrique et d’Italie.
- 33. M. Thévenin (Antoine).
- M. Thévenin, âgé de cinquante-trois ans, chef-équarrisseur de glaces à la glacerie de Montluçon, manufacture de Saint-Gobain, Chauny et Cirey, compte trente-neuf années de service. Il s’est toujours fait remarquer par son intelligence et sa très grande adresse.
- 34. M. Toureaux (Léon-Louis).
- M. Toureaux, compositeur-typographe, est entré en 1865 à l’imprimerie Garnier, à Chartres. Actuellement contremaître, il s’est toujours distingué par son
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- intelligence et a rendu à l’imprimerie des services exceptionnels. Il est l’auteur d’un Manuel d’imprimerie qui est entre les mains des apprentis.
- 35. Vidal (Georges).
- M. Vidal, né à Carmaux le 25 février 1811, est entré au service des mines de Carmaux en 1819.11 a été nommé maître-charpentier en 1829 ; il était aussi chargé de pourvoir à l’entretien du matériel de la houillère. Il s’est toujours distingué par son travail et son intelligence.
- En 1851 et en 1862, à la suite des incendies au puits du Castillan, il a activement contribué au sauvetage du personnel. Il est l’auteur d’un système de guidage appliqué d’une manière exclusive aux mines de Carmaux. Malgré ses soixante-seize ans, M. Vidal exerce encore une active surveillance; il compte soixante-neuf ans de services consécutifs.
- 36. M. Voisin (Jean).
- M. Voisin, né à Issoudun (Indre) le 17 mars 1812, est entré comme comptable à la manufacture de porcelaines de M. Hache-Jullien et Cie, à Vierzon, le 1er juillet 1847, où il rend encore des services dans le même emploi. Il s’est toujours fait remarquer par son exactitude et sa parfaite honorabilité.
- 37. M. Wiart (Louis).
- M. Wiart, âgé de cinquante-trois ans, est entré en 1849 aux manufactures de glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey. Il est actuellement chef des magasins des glaces polies à la glaeerie de Cirey-sur-Vezouze, remplissant ses fonctions depuis trente-neuf ans avec une exactitude et une intelligence remarquables.
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Détermination de l’indigotine dans les divers indigos du commerce, par M. Christophe Rawson. — Le journal The Chemical News publie un mémoire important de M. Christophe Rawson, membre de la Société chimique de Londres, sur l’estimation des indigos eu égard à leur teneur en indigotine, dans lequel il examine les diverses méthodes en usage pour cette estimation.
- Voici le résumé de ses recherches et de ses conclusions :
- 1° L’indigo, quand il est finement pulvérisé, est complètement dissous par l’acide sulfurique concentré ordinaire, à 90 ou 95 degrés centigrades, dans l’espace d’une heure environ.
- 2° La méthode d’essai par le permanganate conduit rapidement à une ap-Tome IV. — 88e année. 4e série. — Janvier 1889. 13
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- NOTICES INDUSTRIELLES. ---- JANVIER 1889.
- proximation de la valeur de l’indigo; mais, comme les autres substances, solubles dans les acides dilués, sont en même temps plus ou moins modifiées, les résultats qu’on obtient sont généralement quelque peu trop élevés.
- 3° Si on sature la solution d’indigo avec du chlorure de sodium, on précipite la matière colorante. Après lavage du précipité, si on le redissout dans l’acide sulfurique et que l’on titre avec le permanganate de potasse, on obtient des résultats pratiques suffisamment dignes de confiance. Le rouge d’indigo et rindigotine sont déterminés de cette façon simultanément, grâce à cette modification du procédé d’essai.
- 4° Parmi tous les procédés volumétriques inventés pour la détermination de l’indigotine, la méthode au moyen de l’hyposulfite de soude est celle qui donne à la fois les résultats les plus rapides et les plus sûrs. Mais, ainsi qu’il a été démontré, il faut les plus grands soins et les plus grandes précautions dans les manipulations.
- Si la solution d’indigo, qu’il s’agit de titrer par l’hyposulfite, contient du fer à l’état d’oxydation maximum, le résultat obtenu sera trop élevé.
- 5° D’autres corps que l’indigotine en présente dans les indigos, peuvent subir une modification lors de la sublimation, dans cette méthode, et l’indigotine est elle-même partiellement décomposée en une substance d’un brun foncé, qui ne se volatilise point, à moins de le décomposer complètement. Dans cette méthode, suivant les natures d’indigos, les résultats qu’on obtient seront par suite ou trop élevés ou trop bas.
- 6° Les procédés par réduction du poids (gravimétrie réduction process) sont loin d’être aussi certains qu’on le croit généralement. Les résultats fondés sur l’emploi de l’hyposulfite de soude et de l’eau de chaux sont au contraire très sûrs et méritent toute confiance. La réduction est complète en moins d’une demi-heure. Lorsqu’il faut obtenir une analyse chimique exacte, l’auteur considère que cette méthode donne les meilleurs résultats obtenus jusqu’à ce jour.
- (Chemical News.)
- Ininflammabilité du bois. — A la requête du ministère des Travaux publics du royaume de Belgique, MM. Boudin etDonny, professeurs de l’imiversité de Gand, ont exécuté une série d’expériences et de recherches sur les méthodes qui peuvent rendre le bois ininflammable.
- Voici le résumé de leurs conclusions, dans le rapport qu’ils ont rédigé :
- Quoiqu’il soit pratiquement impossible de rendre le bois à ce point incombustible, qu’il ne puisse être détruit par la chaleur, il est toutefois fort possible de le rendre apte à ne pas prendre feu ni à le communiquer; pour atteindre ce dernier but, il suffit de le recouvrir d’une couche d’une composition donnée.
- Il ne suffit cependant point que cette composition ou substance possède à un
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- haut degré la propriété de rendre le bois ininflammable ; il faut qu’elle remplisse encore d’autres conditions.
- Il faut que le traitement n’entraîne pas à des dépenses hors de proportion avec le but que le bois doit remplir dans ses applications et que le procédé ne conduise pas à des ralentissements dans l’exécution des travaux. Enfin, la substance employée ne doit pas être susceptible d’attaquer les parties métalliques qu’il peut être nécessaire d’associer au bois. L’application doit en être facile, à l’aide d’un pinceau, par exemple, unique manière à l’aide de laquelle on peut l’étendre à des constructions déjà existantes. Le bois ainsi recouvert doit présenter une apparence nette et doit pouvoir-recevoir une couche ordinaire de peinture par-dessus la composition qui doit produire l’ininflammabilité ; de plus, les deux couches superposées doivent ne pas donner lieu à une altération, sinon après un laps de temps suffisamment long.
- Si, au milieu de l’application par couche au pinceau, on a recours à la méthode d’injection, il faut écarter certaines substances, entre autres le chlorure de calcium, qui offrent l’inconvénient inévitable de maintenir le bois constamment humide. La méthode d’injection est aisée à appliquer pour de petites pièces, par une simple immersion, et il est, dans ce cas, préférable d’employer une solution chaude, sinon bouillante. La diminution de résistance du bois par suite d’une injection, de quelque nature qu’elle soit, doit également être prise en considération, quoique les conclusions des essais entrepris n’aient point été décisives sur ce point spécial.
- Il résulte des considérations précédentes que le bois ne peut pas être rendu incombustible, ou, pour parler plus exactement, non altérable par la chaleur ; mais sa non-inflammabilité peut être assurée jusqu’à un haut degré, de manière à préserver les édifices d’un incendie limité et temporaire, ou tout au moins jusqu’à l’arrivée des secours. Il est, bien entendu, inutile d’espérer conserver sans dommages une construction encombrée de substances inflammables.
- Les méthodes pour préserver le bois de l’incendie sont de deux sortes : l’injection de solutions salines et l’application d’une couche ou peinture. La première méthode paraît peu pratique, et, sauf preuve du contraire, elle doit être considérée comme dangereuse pour le cas des pièces de grandes dimensions : la seconde est au contraire applicable à des petites pièces de bois. Parmi toutes les substances recommandées, c’est le phosphate d’ammoniaque en dissolution qui réussit le mieux, et l’emploi de cette substance, malgré son prix élevé, doit être préféré sans conteste, dans tous les cas où la question de dépenses n’est pas dominante. Pour la plupart des cas, toutefois, la solution pratique de la question consistera dans une application au pinceau de la substance ignifuge, et les substances les plus recommandables pour être employées de cette manière sont : le silicate de potasse et la peinture à l’asbeste.
- Point de congélation des mélanges d’eau et de glycérine. — Dans une
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- NOTICES INDUSTRIELLES. ---- JANVIER 1889.
- série d’expériences entreprises pour obtenir des liquides n’attaquant ni le fer ni le bronze et résistant à la congélation à des températures données, on a examiné
- des mélanges en proportions variées de glycérine et d’eau.
- La méthode employée consistait à préparer un mélange réfrigérant de divers sels avec de la glace et à les disposer autour de tubes d’essai remplis d’alcool. Le mélange de glycérine et d’eau était à son tour placé dans un tube d’essai de moindre diamètre et plongé dans le tube d’alcool, la température de ce dernier étant mesurée exactement à l’aide de thermomètres à alcool étalons. La glycérine employée a été essayée et reconnue comme pure; l’eau mélangée était de l’eau distillée.
- Les résultats obtenus sont consignés dans le tableau graphique ci-dessus dans lequel les températures sont marquées en degrés centigrades, et la courbe, tracée par interpolation ou par mesure directe géométrique, permet de déterminer les proportions d’eau et de glycérine qui résisteront à la congélation à une température voulue.
- DEGRÉS DE CONGÉLATION. PROPORTION POUR 100 DE OBSERVATION.
- FAHRENHEIT. CENTIGRADES. GLYCÉRINE. EAU.
- 32 0 0 100
- 29,8 — 1,58 10 90
- 9,5 — 12,50 36 64
- 9,6 — 12,65 46 54
- — 21,5 — 29,72 58 42
- — 27,4 . — 33,07 70 30. . . . Ne se congèle pas à cette température de — 33°07
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- (Journal of the Society of Arts.)
- Paris. — Typ. Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. — 23899.
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- 88e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- FÉVRIER 1889.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Rrüll, au nom clu Comité des arts mécaniques, sur la
- machine a vapeur système Wheelock, construite par M. de Quillacq, à
- Anzin.
- A la séance du 26 octobre, M. A. de Quillacq, ingénieur-mécanicien à Anzin (Nord), membre de la Société, a fait une communication sommaire sur un nouveau type de machine à vapeur qu’il construit d’après le brevet pris en France en 1885 par l’inventeur américain Wheelock. M. de Quillacq soumettait son œuvre à l’appréciation de la Société, et lui demandait de faire examiner une machine de ce système qu’il exposait et faisait fonctionner à Bruxelles, au grand concours international des sciences et de l’industrie.
- Chargé de cet examen auquel il fallait procéder rapidement à cause de la prochaine fermeture de l’exposition, nous sommes allé à Bruxelles le 31 octobre et nous avons l’honneur de vous rendre compte de ce que nous avons pu observer, tant sur les plans que sur la machine en marche.
- Mais avant de le faire, il convient de décrire dans ses traits principaux l’invention de M. Wheelock.
- Rappelons d’abord que le système Corliss, présenté au public industriel à l’Exposition universelle de 1867, consiste en un ensemble de moyens propres à rendre effectives les grandes détentes dans un cylindre unique. La capacité de l’espace mort, aux deux extrémités de la course du piston, est réduite au delà de ce qu’on avait pu réaliser auparavant. La vitesse du piston est augmentée. La vapeur est admise aux deux extrémités du cylindre à la partie supérieure de celui-ci et s’échappe parle bas. Les organes qui Tome IV. — 88e année. 4e série. — Février 1889. 1 i
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- ARTS MÉCANIQUES.
- FÉVRIER 1889.
- produisent l’admission et ceux qui permettent l’échappement sont indépendants. Ces organes ont la forme de robinets distributeurs cylindriques oscillant autour de leur axe (invention Sickles, 1843). Les orifices d’admission s’ouvrent rapidement et se ferment brusquement par l’effet d’un mouvement de déclic. C’est le régulateur qui modifie l’introduction de façon à conserver la vitesse malgré les variations de la pression et du travail résistant. Enfin, et pour mémoire, le bâti de la machine prend une forme particulière et nouvelle.
- Le perfectionnement atteint par Corliss était considérable. La consommation de vapeur était réduite dans une forte proportion et, de plus, les machines pouvaient être construites économiquement.
- L’effet produit dans le monde de la mécanique fut immense. De toutes parts on combina des types divers de machines Corliss. Le nom de l’inventeur devint, dans la langue technique, un terme générique désignant toute une classe de moteurs à vapeur.
- A l’Exposition universelle de 1878, parmi les nombreuses Corliss provenant de divers pays, on remarqua tout particulièrement la machine de M. Jérôme Wheelock de Worcester, Massachussets,U. S. A., qui mettait en mouvement les sections américaine, suédoise et norvégienne de la salle des machines et à laquelle le jury décerna le grand prix.
- Le prix de vente de ces moteurs était inférieur à celui de la plupart des autres systèmes et cependant on garantissait, pour la machine à condensation, une consommation de 850 kg. de houille moyenne ordinaire par cheval et par heure.
- Cette simplicité de construction et cette bonne utilisation étaient obtenues à l’aide de quelques dispositions caractéristiques.
- L’admission de la vapeur au cylindre et son échappement au condenseur se font à chaque extrémité du cylindre par un seul et même orifice placé à la partie inférieure du cylindre, ce qui permet une notable réduction de l’espace nuisible.
- Le distributeur oscillant qui produit par cette lumière unique l’admission et l’échappement présente plusieurs perfectionnements : il est légèrement conique, ce qui permet de corrigeiyle jeu causé par l’usure; l’axe du distributeur sort du couvercle de son boisseau par une virole en acier trempé qu’on peut avancer ou reculer à volonté et s’appuie par un épaulement contre la tranche de la virole. Ce joint, préalablement rodé, donne autant d’étanchéité qu’un presse-étoupes, avec plus de douceur de mouvement.
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- Ce distributeur est construit et actionné de façon que, comme dans un tiroir ordinaire, l’échappement se fait par le creux du tiroir et que la vapeur serait admise par le dos pendant toute la course du piston s’il n’y avait pas un organe spécial de détente.
- ' Mais, au voisinage immédiat du distributeur, il y a un autre obturateur conique, dont l’axe est parallèle à celui du premier et qui est disposé d’une façon analogue. Cet obturateur ferme l’admission au point de la course du piston qui correspond à la position du régulateur. Il agit comme le tiroir de détente par rapport au tiroir de distribution dans le système Meyer.
- Le mécanisme qui commande la distribution est simple en comparaison de ceux qu’emploient les autres machines Corliss. Un excentrique unique calé sur l’arbre moteur gouverne les deux clefs de distribution. On peut débrayer facilement et manœuvrer ces clefs à la main pour la marche en avant ou en arrière. Quant aux clefs de détente, elles sont actionnées par un déclic qui, suivant la position du manchon du régulateur à boules, n’agit pas on entre en prise à un point ou à un autre de la course du piston. La rotation de la clef est produite par la chute d’un contrepoids aidée par un léger ressort.
- Les visiteurs de l’Exposition de 1878 s’arrêtaient volontiers devant cette machine à l’aspect un peu exotique, mais au fonctionnement tranquille et rassurant. On suivait avec intérêt les démonstrations que faisait souvent l’inventeur, soit en produisant à la main la distribution, soit en faisant tomber la courroie du régulateur, ce qui arrêtait la machine, soit encore en retirant les obturateurs d’une extrémité du cylindre pour simuler le cas d’une visite ou d’une réparation, la machine marchant alors à simple effet. Ces exercices, auxquels les machines àvapeurne se prêtent pas d’ordinaire, excitaient singulièrement la curiosité.
- Les avantages du système Wheelock devaient naturellement attirer l’attention de M. de Quillacq qui construisait depuis longtemps à Anzin des moteurs à vapeur pour les mines, pour les élévations d’eau, pour les ateliers et qui s’était acquis la confiance des industriels et des mineurs, autant par le choix heureux et l’étude intelligente des types adoptés que par le soin et le fini dë l’exécution.
- L’habile constructeur qui s’était adonné à la production des machines Sulzer, résolut d’y joindre celle des machines Wheelock. Il prit des arrangements avec l’inventeur, étudia les divers éléments de la machine nouvelle et, dès 1880, il commença à livrer des machines Wheelock.
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- Ces machines ont été bien accueillies. On en a fait de diverses forces, de 50 à 700 chevaux, avec ou sans enveloppe de vapeur, tantôt à échappement libre, tantôt à condensation, les unes à un seul cylindre, les autres à détente étagée.
- Les machines Wheelock ont reçu les emplois les plus variés : extraction des mines, ventilation, meunerie, élévation d’eau, laminoirs, éclairage électrique, filatures.
- Les résultats ont été, en général, satisfaisants. Le système est économique et lorsque les machines ont pu être maintenues soigneusement en bon état, cette économie a persisté.
- Mais il n’en aurait pas été partout ainsi et il serait arrivé quelquefois que les distributeurs coniques ou frottaient durement dans leurs boisseaux ou laissaient fuir la vapeur. De là découlaient de nombreux inconvénients et si l’on ne réussissait pas à remettre aussitôt les choses en état, la machine donnait de médiocres services et tout l’avantage du système disparaissait.
- Ces inconvénients se sont présentés avec une gravité particulière aux Etats-Unis où la machine Wheelock s’est beaucoup répandue.
- Tels sont, semble-t-il, les motifs qui ont amené M. Wheelock à combiner, en 1885, de nouveaux organes pour la distribution et la détente, tout en conservant à sa machine les mêmes dispositions générales.
- M. de Quillacq accepta la modification avec empressement et il en a fait, depuis quelque temps déjà, des applications importantes. C’est d’après le nouveau type qu’il construit en ce moment les machines qu'il a entrepris de livrer au Ministère de la Guerre, à la Ville de Paris et à divers services de l’Exposition universelle de 1889. C’est aussi sur ce type qu’est, établie la machine de cent chevaux qu’il nous a montrée à Bruxelles.
- Le perfectionnement recherché portant exclusivement sur les organes de distribution et de détente, il nous suffira, après ce qui vient d’être exposé, d’expliquer la nouvelle combinaison de ces organes.
- La distribution et la détente sont obtenues dans la nouvelle machine par des tiroirs plans glissant sur des tables planes, et il est vraiment piquant de noter, au passage, ce retour d’un novateur désabusé à une forme anciennement éprouvée pour laquelle les inventeurs de soupapes et de distributeurs ne pouvaient pendant un temps trouver assez de dédains.
- Ces tiroirs, il est vrai, sont d’un genre particulier : ce sont des tiroirs à grille qui se meuvent sur une glace à quatre lumières parallèles, étroites et
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- de grande longueur. De plus, le tiroir ne frotte sur la grille que par d’étroites portées encadrant chaque lumière.
- Mais ce qui caractérise surtout les tiroirs dont il s’agit, c’est la façon particulière dont ils sont placés dans la machine. Dans les cavités coniques qui recevaient, dans l’ancien type Wheelock, les quatre distributeurs oscillants, on enfonce des bouchons fixes en fonte. Ces bouchons, que représente la figure 1, exactement tournés suivant la forme même de la cavité qu’ils
- Fig. 1. — Obturateur avec tiroir démonté.
- remplissent, orientés à l’aide de repères, se fixent sans boulon et sans garniture par un simple coup de maillet.
- C’est dans ces bouchons de fonte, découpés dans la partie située à l’intérieur du cylindre, que se trouve la glace de tiroir. Sur cette table joue la
- Fig. 2. — Obturateur avec grille de détente articulée.
- grille de distribution ou de détente, conduite, à l’aide de leviers articulés en genouillère,par un axe oscillant, ainsi que le montre la figure 2.
- Ces axes sont disposés comme l’étaient, dans le type ancien, les axes des clefs de distribution et de détente. Le mécanisme qui les actionne est resté aussi le même. On trouvera sur la planche 26 les détails de ce mécanisme.
- Ces dispositions font de ce tiroir un organe nouveau doué de propriétés remarquables.
- Grâce à la multiplicité des lumières, il suffît d’un mouvement de peu d’amplitude pour ouvrir à la vapeur un passage de grande section. L’étroitesse des bandes de contact permet à la vapeur d’agir sous la grille dès que celle-ci a fait un léger mouvement. Les leviers à genouillère donnent une grande force pour vaincre le frottement quand les barrettes sont en contact et une grande vitesse pour l’ouverture et pour la fermeture des lumières. Ce tiroir possède ainsi une très grande douceur de mouvement unie à une grande vitesse d’action ; il ne laisse pas plus de 1 et demi p. 100 d’espace nui-
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- sible; il obéit à l’action du régulateur de vitesse. Enfin, et surtout, le tiroir et sa glace forment une pièce facilement amovible, qu’on peut enlever en peu d’instants pour la visiter ou la réparer ou qu’on peut remplacer rapidement par une pièce en bon état, que l’on a tenue en réserve pour rechange.
- Nous ayons pu constater à Bruxelles toutes les qualités qui viennent d’être énumérées. Elles ont valu à M. de Quillacq un diplôme d’honneur avec médaille d’or. Nous aurions aimé à faire, sur cette belle machine, des expériences de consommation de vapeur; mais l’installation ne se prêtait pas à des essais de ce genre : la machine de 100 chevaux ne pouvait en effet produire qu’une dizaine de chevaux de travail utile. Les diagrammes qui ont été relevés sous nos yeux ne présentent, pour ce motif, qu’un intérêt restreint. Ils montrent que la détente s’effectue régulièrement aux plus faibles admissions, ils prouvent que la vapeur ne fuit pas par le piston, que le condenseur a produit un vide excellent, mais ils ne donnent pas d’indication sur le degré d’utilisation de la vapeur dans le cylindre.
- On nous a montré, comme le montrait M. Wheelock en 1878, que la chute de la courroie du régulateur produit simplement l’arrêt de la machine, que l’on peut gouverner à la main la distribution de la vapeur et produire à volonté la marche en avant ou en arrière, que le remplacement des organes de distribution peut se faire en un quart d’heure, que la vitesse reste régulière malgré les variations du travail résistant, et que la machine peut fonctionner à simple effet. Ajoutons enfin qu’en comparant le moteur de M. de Quillacq aux autres machines fixes qui se trouvaient à l’exposition, nous avons été frappé de la simplicité et de l’élégance de ses formes ainsi que la perfection du travail.
- Après les longs et honorables services rendus à l’industrie par M. de Quillacq, vous penserez sans doute avec nous que l’application qu’il a réalisée avec succès dans ces dernières années des perfectionnements apportés par l’inventeur étranger à son système si apprécié, mérite les félicitations et les encouragements de la Société.
- Nous vous proposons, Messieurs, de remercier M. de Quillacq de son importante communication et d’ordonner l’impression du présent rapport au Bulletin de la Société avec les dessins représentant la vue d’ensemble d’une machine, les coupes du cylindre et les détails de la distribution.
- Signé : Brüll, rapporteur.
- Approuvé en séance le 9 novembre 1888.
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- légende de la planche 26 relative a la machine a vapeur système Wheelock.
- Fig. 1 et 2. — Elévation et plan de l’emsemble de la machine.
- A, Cylindre.
- B, Tuyau d’arrivée de la vapeur.
- b, Yalve d’introduction de vapeur.
- C, Tuyau d’échappement conduisant la vapeur détendue au condenseur D.
- E, Excentrique commandant la distribution.
- F, Régulateur à force centrifuge dont l’action est transmise aux tiroirs par la coulisse G et la tringle H.
- Fig. 3. — Coupe longitudinale du cylindre.
- II, Logements des tiroirs d’admission.
- KK, Logements des tiroirs d’échappement.
- Le cylindre est à enveloppe de vapeur vive; il porte un revêtement en bois, cerclé de cuivre.
- La vapeur vive arrive dans l’enveloppe en c] q\\ d se trouve le purgeur.
- Fig. 4. — Coupe transversale du cylindre.
- La vapeur arrive du générateur par le tuyau B; elle est admise dans la boîte à tiroirs e, par la manœuvre d’une valve f, qui se fait au moyen d’un levier étoilé b. La tige de la valve porte une butée rodée g, qui forme joint et évite l’emploi d’un presse-étoupes.
- Fig. o et 6. — Coupe transversale et coupe longitudinale des tiroirs.
- L, Table en forme de grille, taillée dans le bouchon qui est fixé dans chacun des logements I et K.
- M, Tiroir à grille portant deux oreilles N, sur lesquelles sont articulées.des petites bielles h.
- i, Leviers à genouillères actionnant les bielles h.
- k, Axe en acier, sur lequel sont calés les leviers i. Ces axes sont commandés par le mécanisme de distribution O.
- Fig. 7. — Elévation du mécanisme de la distribution.
- P, Levier recevant à sa partie supérieure l’action de l’excentrique. A sa partie inférieure, il est calé sur la tête saillante de l’axe i du tiroir d’échappement.
- Le levier P porte sur sa droite, et un peu en dehors de son axe, l’articulation d’une fourchette Q, dont la branche droite se termine par une saillie inférieure m. Sur le même axe que la tête de la fourchette, est articulée une tige cylindriques qui sert de guide à petit dé en acier p ; ce dé se termine par un mentonnet, qui est, suivant le cas, en prise ou non avec la saillie m de la fourchette.
- Le dé p porte deux tourillons oscillant dans la tête supérieure du levier à deux branches R; la branche inférieure du levier R est articulée sur un contrepoids S
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- qui reçoit à sa partie inférieure un ressort à boudin. Le levier R est calé sur la tige qui commande le tiroir d’admission.
- T, Levier oscillant, fou sur la tige du tiroir d’admission. La tète de ce levier porte deux cames q et r.
- Le levier T est attelé à sa partie inférieure sur la tringle H (fîg. 1 et 2), qui est commandée par le régulateur : la position des cames q et r ainsi dépendantes du régulateur règle le soulèvement de la fourchette Q, dont la branche courbe vient porter sur les cames. Lorsque la fourchette est soulevée, le mentonnet du dé P est lâché par la saillie m de la fourchette; le contrepoids S et le ressort dont il est garni abaissent la branche inférieure du levier R, font tourner l’axe du tiroir et ferment l’admission. Cette fermeture se fait plus ou moins tôt, suivant l’action du régulateur.
- L’ouverture du tiroir d’admission s’effectue, par la fourchette en prise avec le dé p qu’elle entraîne en soulevant le contrepoids S et en tendant le ressort qui est à sa base.
- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait par M. H. Le Chatelier, au nom du Comité des arts chimiques, sur l’alliage désigné sous le nom de métal delta.
- M. Freundler a présenté à la Société d’Encouragement un alliage métallique breveté en 1883 par M. Alexandre Dick, ingénieur danois, qui est établi actuellement à Londres. Cet alliage, désigné par l’inventeur sous le nom de métal A, d’après l’initiale de son nom, n’est autre chose qu’un laiton surchargé en zinc et renfermant quelques centièmes de fer ou de métaux de la même famille : manganèse, aluminium, etc. Ce métal posséderait une résistance bien supérieure à celle des meilleurs laitons, tout en conservant les mêmes allongements de rupture ; se laisserait forger et estamper avec la plus grande facilité aux températures voisines de 500 degrés, qualité que les laitons ne possèdent aucunement et les bronzes très peu; serait moins altérable aux agents atmosphériques que les laitons les plus riches en zinc; enfin aurait un prix de revient semblable à celui des laitons ordinaires et bien inférieur par conséquent à celui des bronzes d’étain.
- L’influence considérable de quelques centièmes de fer sur les propriétés des laitons a été remarquée depuis longtemps et a été le point de départ de
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- ARTS CHIMIQUES. -- FÉVRIER 1889. 109
- nombreux brevets (Kein en 1779; Stirling vers 1850; Aich en 1860; Ros-thone, etc.). Mais l’usage de ces alliages ne s’est pas répandu jusqu’ici par suite, sans doute, de la difficulté d’obtenir des produits homogènes et non bridés. L’oxydation de ces alliages est très difficile à éviter pendant leur fusion; elle suffit pour réduire à néantl’allongement de rupture et diminuer de moitié la résistance.
- L’invention de M.Dick consiste essentiellement dans l’emploi de matières phosphoreuses (phosphure de zinc, de fer, de cuivre, de manganèse) qui permettent l’incorporation du fer dans un bain métallique complètement réduit. D’après le brevet le plus récent, le fer, le manganèse et le phosphore seraient introduits simultanément dans l’alliage sous forme de ferro-manga-nèse-phosphoreux.
- Il est juste de rappeler ici que la Société d’Encouragement avait dès 1885 accordé un secours pécuniaire à Mmc Zacharie, née Tavernier, pour l’aider à mettre en exploitation une invention analogue. Cet inventeur préparait un laiton tenant de 40 à 45 pour 100 de zinc en fondant poids égaux de cuivre et de zinc, puis y introduisait successivement deux matières dont la composition était tenue secrète.
- M. Dick obtient des alliages plus ou moins durs suivant les usages auxquels ils sont destinés en variant les proportions de fer et de manganèse ou en ajoutant de petites quantités d’aluminium et d’étain.
- Trois variétés de ces alliages nous ont été remises pour les soumettre à des essais. Le n° 1 devait présenter le plus grand allongement de rupture; il était donné comme renfermant de l’aluminium; le n° 4, qui est le métal courant, devait donner la plus grande résistance; enfin le n° 8, plus facile à couler, serait spécialement destiné au moulage.
- Ces trois échantillons ont été analysés à l’École des Mines : le tableau suivant contient en outre les analyses du métal Stirling et du métal Tavernier, faites également au bureau d’essai de l’École des Mines :
- Date Désignation Cu Zn Fe Mn ' Al ’ Sn Pb Ni
- de l’analyse. du métal.
- 18 juin 1888. Mêlai A u° 1. . ,. oo,2 41,4 1,19 1,12 traces 0,64
- — Métal A n° 4. . . 55,6 41,6 0,77) 0,34 traces 0,21 0,86
- —. Métal An0 8. . . 61,5 35,6 1,22’ 0,55
- — Métal Stirling. . (51,4 1 53,1 35,4 36,0 4,90 2,70 2,70 4,30 4,00 0,60 3,60
- — Métal Tavernier. ( 55,2 ( 51,2 42,5 47,o 1,63 0,46 0,53 0,67
- Tome IV. — g 00 GO , — Fc •crier 1889. i 0
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- ARTS CHIMIQUES.
- FÉVRIER 1889.
- Des déterminations de points de fusion, faites au laboratoire de l’École des Mines, ont donné les résultats suivants :
- Métal A n° 1........................................................ 900°
- Métal A n° 4........................................................ 940°
- Métal A n° 8........................................................ 860°
- Bronze d’étain à 20 p. 100.......................................... 765°
- Bronze d’aluminium à 10 p. 100...................................... 960"
- Avant la fusion, une transformation moléculaire manifestée par une absorption de chaleur très nette se produit pour les différentes variétés de métal A à 840 degrés.
- Il était important de vérifier les chiffres élevés de résistance et d’allongement des ruptures annoncées pour le métal A. M. Sauvage, professeur à l’École des Mines et ingénieur des ateliers de machines à la Compagnie des chemins de fer du Nord, a bien voulu faire exécuter dans ses ateliers, en présence de votre rapporteur, des essais de forgeage, puis de rupture. Les résultats de ces expériences ont été consignés dans un procès-verbal dont sont reproduits ici les passages principaux :
- Forgeage. — Les lingots nos 1 et 4 se sont bien forgés. A la température rouge sombre, le métal de ces lingots se travaille aussi facilement que le plomb; mais il faut éviter de le trop chauffer, car alors il s’égrène et tombe par morceaux sous le choc du pilon; en le martelant trop froid, il devient pailleux et cassant.
- Le lingot n° 8 n’a pu être forgé; à la température rouge sombre, il s’est égrené sous le choc du pilon et il est tombé par morceaux; pour ce motif, on n’a pu obtenir d’éprouvettes dans le lingot n° 8.
- Essais à la traction. — Les essais ont été faits sur des barreaux forgés à 25 millimètres de diamètre et réduits au tour à 45 millimètres.
- Métal.
- Métal A n° 1.. . . . Métal A n° 4 Ier lingot
- — 2e lingot.
- Résistance Allongement Observations.
- par p. 100.
- millimètre carré. —
- . . 47k,2 37,5 | Cassure soyeuse, grain très serré jaune paille.
- . . 53k,l 23,0 | Cassure fibreuse rou-
- , . 53k,4 26,0 ( geâtre.
- . . 55k,l 28,5
- . . 55k,l 27,5
- Essais de pliage. — Des essais de pliage ont été faits sur quatre éprouvettes de 26/12 sur 250 millimètres de longueur.
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- Métal A n° 1. — Rupture lorsque les branches de l’angle formé sont venues au contact. Cassure soyeuse jaune paille.
- Métal A n° 4. — Trois éprouvettes ont criqué respectivement sous des angles de 45, 90 et 80 degrés. Cassure à grain très serré, rougeâtre, pailleux.
- Essais de torsion. — Un essai de torsion a été fait sur des éprouvettes à section rectangulaire de 25/12 sur 250 millimètres de long. Une des extrémités de l’éprouvette était serrée entre les mors d’un étau et l’autre extrémité recevant l’effort de torsion. — Les éprouvettes du métal A n° 1 et n° 4 ont pu être tordues de façon à opérer un tour complet sur elles-mêmes sans qu’il se manifeste de criques.
- Tous ces essais relatifs au métal forgé nos 1 et 4 sont donc extrêmement satisfaisants.
- Il aurait été intéressant de répéter les mêmes expériences avec le métal fondu ; dans ce but, on a repris les déchets des essais précédents que l’on a refondus pour en couler des barrettes d’épreuves. Mais, par le fait de cette seconde fusion, la nature du métal a été complètement altérée.Le grain spécial duhnétal A de couleur blanc rougeâtre avait disparu au centre de tous les barreaux qui présentaient une cassure jaune, rappelant celle du laiton à 40 p. 100 de zinc avant sa transformation par l’introduction de métaux étrangers. Ce laiton à 40 p. 100 est extrêmement fragile et ne présente aucun allongement à la rupture. Les essais de traction faits avec le métal refondu ont donné des résistances variant de 15 à 30 kil. avec des allongements de 1 à 10 p. 100.
- La conséquence à tirer de cette seconde série d’essais est surtout que la fusion du métal A est une opération très délicate qui exige des précautions et des tours de main spéciaux. Ces résultats ne sauraient être opposés aux chiffres qui ont été communiqués par M. Freundler à la Société d’Encou-ragement, les chiffres se rapportant à du métal parfaitement sain comme le témoignent les éprouvettes cassées qui ont été mises sous les yeux de la Société.
- Il n’a été fait aucune expérience pour vérifier l’inaltérabilité du métal A aux agents atmosphériques, ce que l’on sait des laitons de composition analogue donnant toute confiance à ce sujet.
- En résumé, le métal A/alliage de 57 parties de cuivre avec 43 parties de zinc plus quelques centièmes de métaux étrangers, est un produit extrêmement intéressant :
- 1° En raison de la facilité avec laquelle il se forge et s’estampe au rouge sombre (500°);
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- 2° Des résistances et des allongements considérables qu’il possède et par lesquels il se rapproche des aciers :
- Métal. Résistance. Allongement
- kilo". p. 100
- Fil écroui • 90 0
- Métal laminé 62 12
- Métal forgé 50 25
- Métal fondu (1er juin) 40 30
- 3° De son inaltérabilité aux agents atmosphériques qui serait un peu plus grande que celle du laiton de même composition;
- 4° Enfin de son bas prix de revient, puisqu’il est de tous les alliages du cuivre celui qui renferme la plus petite quantité de ce métal. Le prix de revient ne paraît pas devoir dépasser celui des laitons ordinaires.
- Le seul inconvénient que présente cet alliage est la difficulté de le fondre sans altération. Il perd très facilement du zinc puisque son point de fusion ne diffère guère de celui de l’ébullition de ce métal; enfin il est très sensible à l’action de l’oxygène de l’air et des matières oxydées. C’est cette cause sans doute qui avait empêché jusqu’ici l’emploi industriel d’un alliage dont les propriétés remarquables avaient été reconnues depuis si longtemps déjà.
- En conséquence, le Comité des arts chimiques vous propose de remercier M. Freundler de son intéressante communication et d’insérer à&nslQ Bulletin de la Société le présent rapport.
- Signé : H. Le Chatelïèr, rapporteur.
- Approuvé en séance le 23 novembre 1888.
- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait par M. de Luynes,«w nom du Comité des arts chimiques, sur le
- PROCÉDÉ DE COLORATION DES MÉTAUX POUR LA PASSEMENTERIE, par M. HÉ-
- louis, ingénieury à Paris.
- Ce rapport est en quelque sorte la suite de celui qui a été lu dans la séance du 28 mars 1879 par notre très regretté collègue M. Debray. M. Hé-louis avait présenté à la Société une série d’échantillons de fils et de lames
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- minces en métal blanc ou irisées employées dans la passementerie. M. Debray signalait surtout à l’attention du Conseil les colorations variées et agréables obtenues en déposant par voie galvanique sur des lames métalliques des couches de peroxyde de plomb de diverses épaisseurs. C’était une application intéressante des phénomènes de coloration découverts par Nobili et particulièrement étudiés par Becquerel. L’éminent rapporteur ajoutait qu’il est toujours délicat de prévoir ce que peut devenir une fabrication soumise, comme celle dont il est question, au caprice delà mode, et que, quoiqu’il dût arriver, M. Hélouis avait certainement apporté un complément intéressant à la belle découverte de ses deux illustres prédécesseurs.
- Depuis cette époque, M. Hélouis a renoncé à l’emploi de la pile, et c’est en oxydant les métaux par voie sèche qu’il les recouvre de couches minces d’oxydes dont l’épaisseur dépend à la fois de la température à laquelle ils sont portés et de la durée de l’application de la chaleur. Il arrive aussi, en réglant avec une extrême précision la température et la marche du fil, à obtenir le développement de couleurs d’une uniformité parfaite. Les effets sont encore rendus plus variés par la superposition de plusieurs métaux dont les colorations se mélangent en produisant des reflets nacrés d’un grand éclat. Ces produits reçoivent aujourd’hui des applications nombreuses dans la passementerie, la haute nouveauté pour dames, les galons riches; ils constituent, pour ces différents genres d’ornements, une palette de nuances uniformes ou irisées très remarquable.
- La fabrication des fils irisés de M. Hélouis donne lieu à un chiffre d’affaires de 5 à 600 000 francs par an, et occupe quarante ouvrières : cela permet d’en apprécier l’importance.
- Votre Comité des arts chimiques a l’honneur de vous proposer de remercier M. Hélouis de sa très intéressante communication et de voter l’insertion de ce rapport au Bulletin de la Société.
- Signé : de Luynes, rapporteur.
- Approuvé en séance le 23 novembre 1888.
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- AGRICULTURE
- Rapport fait par M. Müntz, au nom du Comité d’agriculture, sur les procédés de M. Ernest Milliau pour reconnaître la falsification de l’huile d’olive par les huiles de graines et en général des huiles les unes par les autres.
- Depuis un certain nombre d’années, la fraude qui s’exerce sur les huiles a pris des proportions considérables. Ces sophistications avaient toujours pour but de vendre aux consommateurs des produits contenant des huiles d’une valeur vénale moindre, à la place des huiles pures. Cette fraude a pu se pratiquer pendant de longues années sans que les chimistes aient découvert des moyens certains pour la déceler.
- Un intérêt considérable s’attache à la recherche et à la constatation de cette fraude, qui a été ruineuse pour une branche importante de l’agriculture indigène. De si grandes difficultés se présentent dans l’examen de la pureté des huiles, qu’on ne saurait trop encourager ceux qui y apportent un perfectionnement réel.
- M. Ernest Milliau, fabricant de savons à Marseille, ancien élève de l’École des Hautes-Études à la Faculté des Sciences, a communiqué à la Société une série de procédés empreints d’un véritable caractère scientifique et qui sont très supérieurs à ceux qui étaient connus jusqu’à ce jour, en ce sens qu’ils ont une sensibilité beaucoup plus grande et une sûreté qui permet de les appliquer dans les cas les plus difficiles* A l’heure actuelle, grâce à ces nouveaux procédés, qui sont venus compléter et améliorer ceux qu’on connaissait auparavant, la recherche de la falsification des huiles est devenue une opération des plus faciles.
- Les experts se trouvent donc aujourd’hui suffisamment armés pour affirmer la fraude devant les tribunaux et il devient dès lors possible de poursuivre et même de supprimer une falsification qui a causé de si graves préjudices à l’agriculture, au commerce et à l’industrie.
- L’huile d’olive est celle qui de tout temps a été la plus exposée à la fraude. Un grand nombre de procédés ont été proposés pour reconnaître celle-ci. La Société d’Eneouragement, qui a toujours témoigné un vif intérêt pour cette question, a déjà eu l’occasion de récompenser des procédés qui avaient réalisé un progrès considérable.
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- M. Milliau a fait plus récemment une étude approfondie de la question des huiles ; il a soumis au contrôle les diverses méthodes d’analyse usitées avant lui, en a signalé les imperfections et s’est attaché à les faire disparaître. U a été ainsi amené à des méthodes nouvelles dont la supériorité est frappante.
- Il ne s’est pas borné àl’étude des falsifications des huiles d’olive ; il a passé en revue les huiles commerciales les plus importantes et sa communication contient une étude d’ensemble qui en rehausse considérablement l’intérêt.
- L’huile d’olive est principalement falsifiée par les huiles de coton et de sésame; nous passerons rapidement en revue les procédés de M. Milliau pour reconnaître la présence de ces huiles.
- Huile de coton. — Au lieu d’employer l’huile en nature pour produire les réactions de l’huile de coton, M. Milliau procède à une saponification préalable au moyen de la soude et opère sur les acides gras extraits du savon formé. Il fait réagir sur eux une solution d’azotate d’argent. La présence d’une petite quantité d’huile de coton donne naissance à un précipité miroitant d’argent métallique qui colore en noir les acides gras. Cette réaction est d’une extrême sensibilité et permet de reconnaître un ou deux pour cent d’huile de coton dans un mélange.
- La saponification préalable lui donne une sensibilité beaucoup plus grande que celle du procédé signalé par M. Bechi. Elle a pour effet d’éliminer tous les produits accidentels ou secondaires qui peuvent masquer ou troubler la réaction et lui enlever son caractère de précision.
- Huile de sésame. — On utilise généralement, pour reconnaître la présence de cette huile, une réaction basée sur l’emploi de l’acide chlorhydrique mélangé de sucre, qui produit avec elle une coloration rose. Cette coloration est d’une grande sensibilité, mais elle a le grave inconvénient de se produire souvent avec des huiles d’olive pures ; elle n’offre donc pas une garantie suffisante.
- En opérant non sur les huiles en nature, mais sur les acides gras retirés par la saponification, M. Milliau a su donner à ce procédé toute la certitude désirable. L’huile de sésame seule donne alors naissance à cette réaction, qui devient absolument caractéristique et peut dès lors être reconnue dans un mélange, quelque minime que soit sa proportion.
- La saponification appliquée à la recherche des huiles de coton et de sésame dans les huiles d’olive constitue une méthode nouvelle, à laquelle on peut avoir recours en toute confiance, non seulement dans les cas des
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- huiles d’olive comestibles, mais aussi dans celui des huiles industrielles.
- Dans le travail de M. Milliau, il y a lieu de signaler encore :
- 1° L’application de la saponification sulfurique de M. Maumené aux huiles concrètes. Les huiles de palmiste, de coprah, etc., ne donnent qu’une élévation de température d’environ 22°, tandis que celles de graine donnent une élévation variant de 56° à 100° environ.
- Cette différence si grande permet de reconnaître la présence de petites quantités d’huiles de graine dans les huiles concrètes et de découvrir ainsi une falsification très fréquente.
- 2° La recherche de l’huile de ricin dans l’huile de sésame, qui s’opère en traitant l’huile suspecte par quelques gouttes d’acides sulfurique et azotique. L’huile de sésame pure noircit immédiatement; en présence de l’huile de ricin, la coloration ne se produit pas. Il y a là un moyen rapide de découvrir une falsification fréquente des huiles de sésame destinées à la fabrication des savons.
- 3° La réaction des acides gras de l’huile de coton signalée plus haut permet de reconnaître cette huile :
- Dans les saindoux et huiles de lard dont l’Amérique consomme et exporte des quantités considérables très souvent falsifiées avec des huiles de coton ;
- Dans les beurres de vache adultérés avec la margarine de l’huile de coton ;
- Dans les savons à l’huile d’olive, etc.
- En résumé, la communication de M. Milliau présente le plus haut intérêt, tant par la généralité des procédés qui y sont décrits que par un caractère de précision et un degré de certitude dans les résultats, qui leur donnent une supériorité incontestable sur les méthodes en usage jusqu’à ce jour.
- Le Comité d’agriculture a l’honneur de vous proposer de remercier M. Milliau de son importante communication et de voter l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Signé : Müntz, rapporteur.
- Approuvé en séance le 23 novembre 1888.
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- de la falsification de l’huile d’olive et des procédés nouveaux ou perfectionnés
- POUR LA RECONNAÎTRE, PAR M. ERNEST MILLIAU.
- L’huile d’olive, comme toutes les autres huiles végétales, est un mélange d’éthers neutres de la glycérine : oléine, stéarine, palmitine, etc., et d’une quantité variable d’acides gras libres. Elle est l’huile alimentaire par excellence, et le midi delà France doit une partie de sa prospérité à la culture de l’olivier. Depuis quelques années pourtant, bien que la consommation ne cesse d’augmenter et que la réputation de l’huile d’olive soit devenue à juste titre universelle, la culture de l’olivier est peu rémunératrice. Il ne faut attribuer ce résultat regrettable qu’à la fraude vraiment sans bornes dont l’huile d’olive est l’objet; les huiles de coton, sésame, arachide, qui valent en moyenne 50 francs de moins par 100 kilogrammes, y entrent pour une si large part, que les consommateurs qui ne sont pas placés sur les lieux de production, en arrivent par les mélanges successifs, opérés d’abord au moulin même, puis chez l’exportateur, et enfin chez l’épicier, à ne plus connaître le goût de l’huile qu’ils croient acheter.
- La similitude de composition et de réactions des diverses huiles végétales a rendu jusqu’à ce jour la constatation de cette fraude extrêmement difficile, surtout pour reconnaître un mélange fait dans de faibles proportions. Car si, pour la vente au détail, certains fraudeurs livrent de l’huile de graine en guise d’huile d’olive et obligent pour ainsi dire les chimistes à rechercher l’huile d’olive dans l’huile de graine, dans la vente en gros la proportion de l’huile de graine ne dépasse souvent pas 10 p. 100. Donc, pour qu’un procédé puisse être considéré comme absolument sûr, il faut qu’il donne déjà, et sans terme de comparaison, des indices nets au-dessous de 10 p. 100.
- Procédés généraux qui permettent de retrouver les huiles d’arachide, de sésame, de coton,
- dans l’huile d’olive.
- Aucun ne donne le moyen de constater sûrement un mélange de 5 à
- 10 p. 100.
- 1° Densité. — La densité de l’huile d’olive varie entre 0,9155 et 0,917.
- On trouve : 0,917 à 0,918 pour l’arachide en coque ;
- — ' 0,920 à 0,921 pour l’arachide décortiquée;
- — 0,923 pour le sésame ;
- — 0,922 à 0,924 pour le coton ;
- — 0,924 pour le pavot oeillette.
- La variabilité de densité de l’huile d’olive empêche donc de reconnaître un faible mélange d’une façon certaine.
- Néanmoins on doit, en analysant une huile, prendre d’abord sa densité.
- 2° Saponification sulfurique. — M. Maumené a proposé d’observer l’élévation Tome IY. — 88e année. 4e série. — Février 1889. 16
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- de température qui se produit lorsqu’on mélange rapidement et intimement de l’acide sulfurique et de l’huile.
- En prenant 50 grammes d’huile et 10cc d’acide sulfurique pur à 66°, on observe une élévation de température de :
- 42° centigr. pour l’huile d’olive ;
- 56° — — arachide ;
- 66° — — sésame et coton
- O OO — — pavot œillette.
- Il convient d’opérer dans des circonstances extérieures identiques et de prendre la moyenne de plusieurs expériences, on peut alors arriver à ne trouver qu’une variation de 2 degrés au maximum pour la même huile.
- M. Milliau se sert d’un verre à expérience d’une contenance de 100cc environ. Après avoir pesé l’huile, il note la température, verse l’acide, retire le thermomètre et mélange rapidement les deux liquides, pendant une minute, avec un simple agitateur en verre plein. Il plonge alors le réservoir du thermomètre, qu’il ne cesse de tourner lentement dans le mélange, pour noter, au bout de quelques instants, l’élévation de température obtenue.
- Il est facile d’observer qu’avec 10 p. 100 d’huile de coton, par exemple, dans 50 grammes d’huile d’olive, on aura, au lieu de 42°, 44°,4, ce qui n’est pas concluant puisque l’huile pure peut elle-même donner ces variations.
- On a de meilleurs résultats avec l’huile de pavot, mais, en somme,, ce n’est qu’à partir de 20 p. 100 que les différences seront assez sensibles pour être utiles.
- Application nouvelle de la saponification sulfurique, par M. Milliau. —M. Milliau, s’écartant un instant du sujet, signale qu’il a appliqué la saponification sulfurique aux builes végétales concrètes, en opérant à 2° ou 3° au-dessus du point de fusion de ces huiles.
- Il est nécessaire de faire cette expérience dans une pièce chaude si l’on est en hiver, d’agiter vivement l’huile, avec le thermomètre, au moment de verser l’acide, afin d’obtenir une température exacte, et enfin d’opérer avec un acide à la même température que l’huile.
- Ici, les résultats ont été beaucoup plus satisfaisants : pour les huiles de palmiste, coprah, etc., il a obtenu d’une façon constante la très faible élévation de température de 21°,5. Il y a donc, entre l’huile de palmiste et les huiles de graine suivantes, une différence d'élévation de température de :
- 62°,5 pour l’huile de pavot;
- 44°,5 — sésame;
- 34°,5 — arachide.
- Cette forte différence permet alors de constater facilement 10 p. 100 et au-dessous d’huile de graine dans les huiles de palmiste, coprah, etc. Ce résultat
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- est d’autant plus heureux que l’adultération des corps gras concrets s’opère sur une vaste échelle et que les moyens pour la découvrir, surtout dans de faibles proportions, faisaient entièrement défaut.
- 3° Procédé Cailletet. — On doit à M. Poutet le premier procédé pour reconnaître la falsification de l’huile d’olive. Il est basé sur la transformation de l’oléine en sa modification isomérique, l’élaïdine, par l’action des vapeurs nitreuses. Il a été modifié par d’autres chimistes, MM. Boudet, Fauré, Cailletet, mais le principe est toujours le même.
- La manière d’opérer de M. Cailletet est à la fois sûre et simple, elle consiste à faire réagir pendant cinq minutes, à la chaleur de l’eau bouillante, sur 20 grammes d’huile d’olive, les vapeurs nitreuses produites par 10 gouttes d’acide azotique à 1,40 et 10 gouttes d’acide sulfurique à 1,84.
- A la sortie du bain, si l’huile d’olive contient seulement 10 p. 100 d’huile d’arachide, elle est rouge vineux; si l’huile d’olive est pure, elle est au contraire jaune citron. On plonge ensuite le tube dans l’eau à 15° et au bout de deux heures environ, on observe une solidification complète de l’huile d’olive, qui a l’aspect du beurre frais très pâle. Avec un mélange de 15 p. 100, la solidification ne se produit pas. Ce procédé très exact donne de bons résultats, surtout pour déceler l’huile d’arachide et l’huile de pavot.
- Modifications. — Le tube dont se sert M. Milliau pour cette expérience a une longueur de 10 centimètres et un diamètre de 2cent-5; les gouttes sont versées à l’aide d’un compte-gouttes Lebaigue.
- Il met seulement 6 gouttes d’acide sulfurique pur à 66°, et 9 gouttes d’acide azotique pur à 40°, en agitant une minute après chaque addition. Il prend 20 grammes d’huile d’olive s’il s’agit d’une huile à fabrique ou lampante, et 25 grammes pour une huile comestible.
- Le procédé est ainsi rendu plus sensible.
- Il est aussi préférable de plonger le tube à la sortie du bain-marie, dans un bain maintenu entre 8° et 10° centigrades, c’est la température la plus favorable.
- M. Milliau a également obtenu de bons résultats en appliquant ce procédé à la recherche des huiles de graine liquides dans les huiles concrètes.
- La densité des huiles, les procédés généraux de la saponification sulfurique et de la transformation de l’oléine en élaïdine fourniront donc des indications précieuses dans un mélange à 20 p. 100.
- On peut aussi considérer comme de bons procédés généraux la détermination du poids moléculaire et du point de fusion des acides gras. Malheureusement la variation de composition d’une même huile, suivant sa provenance, rend ces procédés scientifiques peu sensibles, lorsqu’il s’agit de déterminer de faibles proportions. Pourtant, en recherchant les poids moléculaires des huiles de palmiste et de coprah, d’après la méthode Ferrier, on obtient une différence
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- assez sensible pour distinguer un mélange de ces huiles concrètes. C’est d’ailleurs le seul caractère chimique qui les distingue.
- Les mêmes observations sont applicables aux procédés basés sur l’absorption du brome ou de l’iode par les corps non saturés des acides gras, provenant de la saponification des huiles.
- Dans la détermination du point de fusion, il se produit des phénomènes inexplicables et il arrive fréquemment qu’en mélangeant deux acides gras et en déterminant la température à laquelle a lieu la fusion du mélange, on constate qu’elle est ou inférieure ou supérieure à la moyenne qu’on devrait trouver.
- Le procédé de M. Livache, basé sur l'oxydation des huiles en présence du plomb précipité, donne de bons résultats pour les huiles siccatives, mais il ne saurait servir aux huiles non siccatives, la différence d’augmentation de poids entre ces huiles et l’huile d’olive n’étant pas suffisante pour permettre de reconnaître un mélange fait dans d’assez faibles proportions.
- Moyens propres à découvrir dans l’huile d’olive chacune des trois huiles qui servent presque exclusivement à la falsifier : arachide, sésame, coton.
- Arachide. — La densité est presque la même; il faut se servir de la saponification sulfurique, et surtout du procédé Cailletet modifié.
- Avec 10 p. 100 d’arachide, on obtient la couleur rouge vineux et la solidification ne s’opère pas par le refroidissement.
- Comme contrôle on peut employer le procédé Levallois, qui consiste à saponifier dans un ballon gradué de 50 centimètres cubes 5 grammes d’huile avec 10 centimètres cubes d’une solution au cinquième de potasse dans l’alcool à 95°. On chauffe légèrement, la saponification terminée, on amène le liquide au volume de 50 centimètres cubes, avec de l’alcool à 95°, on plonge alors le ballon dans de l’eau à 15°; si l’huile d'olive contient de l’arachide, le savon se solidifie et il se dépose des cristaux d’arachidate de potasse.
- Acide arachidique.— On peut aussi isoler l’acide arachidique C22H4l02, d'après le procédé Renard. Cette expérience a l’inconvénient d’être longue et délicate. L’huile d’arachide contient au maximum 5 p. 100 d’acide arachidique : donc, en opérant sur 20 grammes d’huile d’olive contenant 10 p. 100 d’arachide, on doit trouver, en ne tenant pas compte des pertes inévitables, la très faible quantité de 1 décigramme d’acide arachidique dont il faudra prendre le point de fusion.
- M. Milliau, pour obtenir assez rapidement l’acide arachidique, conseille d’opérer de la façon suivante : On saponifie 20 grammes d’huile par 20cc d’une liqueur de soude caustique à 36°, étendue dans 150cc d’alcool à 90°. On précipite directement le savon au moyen d’une solution au demi d’acétate de plomb neutre et pur dans l’alcool à 90°; après précipitation complète, on décante à chaud, on
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- lave le résidu à l’alcool, et après l’avoir trituré dans un mortier, on l’agite dans 200cc d’éther; cette opération est répétée trois fois pour enlever les dernières traces d’oléate de plomb, soluble dans l’éther. On place alors le résidu dans une grande capsule contenant plusieurs litres d’eau distillée et 50ocHClpur. Quand la décomposition est complète, on décante et on lave soigneusement les acides gras à l’eau distillée. On les porte à l’étuve pour enlever les dernières traces d’eau, puis on les dissout dans 40cc d’alcool à 90°, on ajoute une goutte HCl et on refroidit à 15°. L’olive pure reste limpide, l’arachide dépose d’abondants cristaux d’acide arachidique. On les recueille et on fait deux lavages chaque fois avec 20cc d’alcool à 90° à froid, puis, trois lavages avec 20°° chaque fois d’alcool à 70° dans lequel l’acide arachidique est complètement insoluble.
- Le lavage est terminé lorsque quelques gouttes évaporées ne laissent plus de résidu.
- On chauffe alors légèrement et on traite par l’alcool absolu. Après filtration et lavage à l’alcool absolu, on porte la dissolution à l’étuve à 100°, jusqu’au moment où le poids reste invariable. On se trouve alors en présence de l’acide arachidique dont le point de fusion varie entre 73° et 75°.
- Sésame. *— Pour reconnaître la présence d’huile de sésame dans l’huile d’olive, on peut se servir de la densité, de la saponification sulfurique et du procédé Cailletet, mais surtout du procédé Camoin qui consiste à agiter l’huile avec de l’acide chlorhydrique sucré. Si l’huile d’olive contient la moindre trace do sésame, on voit apparaître une coloration rose caractéristique.
- M. Merhling prétend que cette coloration est due à l’action du réactif sur une substance résineuse contenue dans l’huile de sésame et soluble dans l’acide acétique glacial.
- Malheureusement, ce procédé d’analyse peut donner lieu à des erreurs regrettables. Ainsi, certaines huiles d’olives parfaitement pures, d’Algérie, de Provence, de Molfetta (Italie) et surtout celle de Bitonto (Italie), donnent souvent la coloration rose ou rouge.
- Dans ce cas, cette teinte provient de la matière colorante contenue dans la partie aqueuse qui s’écoule en même temps que l’huile, quand on met le fruit à la presse. On peut s’en convaincre en traitant cette partie aqueuse isolée, par l’acide chlorhydrique sucré : on obtient alors, suivant la proportion employée, une coloration rose ou rouge qui rappelle celle que donne l’huile de sésame.
- Procédé Milliau. —M. Milliau saponifie 15cc de l’huile à examiner au moyen d’un mélange de I0CC d’une solution de soude caustique à 40° et de 10cc d’alcool à 92°. Il verse alors de l’acide sulfurique au dixième pour déplacer les acides gras qui sont portés à l’étuve à 105°, à l’état pâteux et sans lavage. Lorsque leur poids devient invariable, on les verse sur 8 à 10cc d’acide chlorhydrique pur,
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- dans lequel on vient de faire dissoudre à froid du sucre pulvérisé (il est préférable que ce dernier soit en léger excès). On agite vivement et on obtient alors la coloration rose ou rouge caractéristique, quelle que soit la proportion d’huile de sésame contenue dans l’huile d’olive à examiner; les acides gras de Xhuile d’olive pure n’en donnent aucune, même en employant les huiles que nous avons citées plus haut, et qui donnaient malgré leur pureté une coloration rose ou rouge par le procédé Camoin.
- Ce procédé a l’avantage de pouvoir servir également à déceler l’huile de sésame dans les savons, soit à l’huile d’olive pour industrie, soit aux huiles de palmiste et arachide pour l’épicerie.
- M. Milliau signale, à propos de l’huile de sésame, un procédé usité pour reconnaître sa pureté. Lorsqu’on agite 10cc d’huile de sésame, d’abord avec 5 gouttes d’acide sulfurique à 53°, puis avec 5 gouttes d’acide azotique à 28°, on obtient une gamme de couleurs, partant du vert clair pour aller jusqu’au rouge, en prenant graduellement toutes les colorations intermédiaires. Quand on a obtenu dans cette oxydation progressive de la matière colorante la couleur rouge finale, on s’aperçoit en l’isolant qu’elle jaunit par l’action des alcalis et reprend la couleur primitive sous l’influence des acides. Ce procédé curieux offre le grave inconvénient de réussir quelquefois avec des huiles de sésame contenant jusqu’à 30 p. 100 d’une autre huile, et de ne pas réussir pour une huile pure, surtout parmi celles extraites par la pression à chaud.
- Procédé Milliau. — M. Milliau a imaginé le procédé suivant très sensible, surtout pour reconnaître l’huile de ricin dans l’huile de sésame. On agite pendant une minute 10cc d’huile de sésame avec 4 gouttes d’acide sulfurique à 66°, puis on ajoute une goutte d’acide azotique à 40° et on agite vivement : ïhuile pure noircit immédiatement, l'huile de sésame contenant de l’huile de ricin ne change pas de couleur. On peut alors, pour contrôler, séparer l’huile de ricin au moyen de l’alcool à 95°, et essayer les réactions qui caractérisent l’huile de ricin, production d’alcool octylique par la distillation en présence de la potasse caustique, formation d’acide sébacique, etc.
- Ce procédé expéditif est utile pour les huiles de sésame destinées à la fabrication du savon. Il arrive souvent, en effet, que les fabricants d’huile, ne trouvant pas l’emploi du ricin extrait par la deuxième pression, les écoulent dans les sésames à fabrique, ce qui peut causer un grave préjudice au fabricant de savon, le ricin produisant un savon défectueux et de qualité inférieure.
- Coton. — La fabrication'de l’huile de coton a pris une extension immense. Après avoir été « démargarinée » par des procédés qui peuvent souvent la rendre nuisible au point de vue de l’alimentation, elle sert principalement à falsifier l’huile d’olive. Avec un mélange à 20 p. 100, on a de bonnes indications, en prenant la densité et en employant le procédé Cailletet et la saponification sulfurique.
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- Les autres procédés sont généralement basés sur des colorations sans caractère chimique défini.
- Il est facile de concevoir que ces colorations peuvent varier d’intensité et même ne donner aucun résultat, suivant l’origine de l’huile d’olive, le mode de fabrication, d’épuration, ainsi que son degré d’altération, qui peut provenir des causes les plus diverses, fermentation du fruit, vieillesse, exposition à la lumière, filtration défectueuse, etc.
- Le procédé de M. Bechi offre les inconvénients suivants :
- 1° D’après les conclusions de la Commission italienne, chargée de l’étudier, les résultats ne sont absolument certains que lorsque le mélange contient 15 p. 100 d’huile de coton, ce qui est insuffisant, et lorsque l’huile à examiner ne renferme ni glycérine, ni acides gras libres, ni acides formique et acétique, ce qui rend le procédé impraticable puisque toutes les huiles d’olive contiennent une quantité variable d’acides gras.
- 2° Pour employer l’huile de colza comme réactif, ainsi que M. Bechi l’indique, il faudrait d’abord connaître les moyens de constater sa pureté absolue nécessaire à un réactif, sans cela, on introduit une seconde huile, qui peut elle-même être impure et fausser le résultat.
- 3° En opérant sur l’huile elle-même, qui peut contenir des matières étrangères prenant part à la réaction, on se heurte à l’inconvénient suivant, qui est malheureusement capital : Avec certaines huiles parfaitement pures de la Provence et de l’Algérie, on obtient des colorations permettant de douter de la pureté (consulter le tableau comparatif), même en opérant les filtrations recommandées par l’auteur. D’ailleurs, en employant le procédé de M. Ernest Milliau : 1° sur l’une des huiles en question ; 2° sur la même huile, additionnée de 5 p. 100 d'huile de coton, on obtient, dans le premier cas, une réaction nulle, et dans le second cas, une réaction très nette.
- Ces résultats sont donc concluants.
- Procédé Milliau. — On fait réagir les acides gras en solution alcoolique sur l’azotate d’argent.
- Mode opératoire. — Dans une capsule en porcelaine de 250“ environ, on chauffe 15“ de l’huile à examiner, jusqu’à 110° environ, on verse alors lentement sur l’huile un mélange de 10“ d’une solution de soude caustique dans l’eau distillée à 38° Bé et de 10“ d’alcool à 92°. Dès que la masse en ébullition est devenue limpide et homogène, indice de la saponification complète, on ajoute 100“ d’eau distillée et chaude. On sépare alors les acides gras au moyen d’une solution au dixième d’acide sulfurique pur. Dès que la séparation est complète et que l’acide sulfurique est en très léger excès, on recueille, à l’aide d’une petite cuillère en argent, 5“ d’acides gras non fondus, précaution très importante, l’aldéhyde particulière à l’huile de coton étant, comme l’aldéhyde ordinaire, soluble dans l’eau
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- (il est facile de s’en convaincre en soumettant les acides gras hydratés du coton à l’action d’une douce chaleur, la partie aqueuse qui se sépare des acides gras donne par l’azotate d’argent le précipité caractéristique). On verse donc les acides gras à l’état pâteux, dans un tube à essai de 2 centimètres de diamètre intérieur sur 9 centimètres de long ; on les dissout dans 15uc d’alcool éthylique à 92°, on ajoute 2CC d’une liqueur d’azotate d’argent (30 grammes Az03Ag pour! 000cc d’eau distillée) et on place le tube dans un bain-marie chauffé à 90° environ.
- Pour avoir un bain-marie commode, il suffit de percer sur une plaque de plomb des trous dans lesquels on place les tubes et de mettre cette plaque sur une capsule pleine d’eau. En recouvrant le tout d’une feuille de papier noir, on opère à l'abri de la lumière, et on se place ainsi dans les meilleures conditions possibles. Au bout de quelques instants, la réaction se produit :
- Quelle que soit la provenance de Vhuile d’olive, ses acides gras restent inaltérés si l’huile est pure; si au contraire il y a mélange d’huile de coton, dans une proportion quelconque, on observe un précipité miroitant d’argent métallique (caractère des aldéhydes) qui colore en noir les acides gras du mélange.
- Si l’on veut accentuer la réaction, en prolongeant l’opération, il suffit de remplacer de temps en temps dans le tube l'eau qui s’évapore.
- D’ailleurs la réduction est assez rapide et sensible pour qu’on puisse se passer de cette précaution.
- Cette réaction chimique permet donc de reconnaître un mélange d’huile d’olive et d’huile de coton, même dans la très faible proportion de 1 p. 100.
- A 5 p. 100, la différence devient si sensible qu’elle peut être appréciée par l’œil le-moins exercé. On ramène, par ce procédé scientifique, toutes les huiles d’olive au même type, tout en opérant la meilleure des filtrations ainsi qu’une épuration complète, faisant disparaître les impuretés qui peuvent être une cause d'erreur : matières mucilagineuses, résinoïdes, glucosides, etc.
- Si l’on veut encore augmenter cette sensibilité plus que suffisante pour une analyse, on peut en saponifiant, non pas l’huile elle-même, mais la partie soluble dans l’alcool à 95°, et opérant comme il a été dit, retrouver des traces d’huile de coton. Dans ce cas, à la sortie du bain-marie, la partie aqueuse, qui s’est séparée des acides gras, se trouve elle-même fortement colorée en noir par l’argent précipité.
- Une pareille sensibilité n’avait jamais été atteinte dans l’analyse des huiles.
- Analyse quantitative. — On peut déterminer dans un mélange la teneur en huile de coton. En effet, à 5 p. 100, la coloration obtenue, au lieu d’être noire, est marron foncé.
- Il suffit donc de mélanger l’huile suspecte avec une huile d’olive pure, en augmentant graduellement les proportions de cette dernière, pour obtenir des acides gras donnant, par le réactif argentique, la coloration que l’on trouve à
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- Tableau comparatif des expériences
- faites à l’Institut national agronomique dans les laboratoires de M. Müntz.
- PROCÉDÉ BECHI. PROCÉDÉ MILLIAU.
- N° 1. — Huile d’olive pure mise dans des fûts ayant contenu de l’huile de coton Coloration nulle. Réaction sensible.
- N° 2. — Huile d’olive vierge (Aix) contenant 5 p. 100 coton extra à bouche Coloration nulle. Réaction très nette.
- N° 3. — Même huile contenant 10 p. 100 de la même huile de coton. . Coloration légère. Réaction très nette.
- N° 4. — Huile d’olive de ressence (Var) contenant 10 p. 100 coton. . Coloration visible au bout d’une demi-heure. Réaction très nette.
- • N° 3. — Huile d’olive pure d’Algérie rapportée par M. Muntz. Coloration foncée indiquant la présence du coton. Réaction nulle.
- N° 6. — Même huile filtrée avec soin, suivant les recommandations de M. Bechi Coloration moins foncée, mais permettant de douter de la pureté. Réaction nulle.
- N° 7. — Huile d’olive pure (Var). . . . Coloration très foncée. Réaction nulle.
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- BIOGRAPHIE.
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- 5 p. 100. On pourra alors au moyen d'une simple proportion déterminer approximativement la richesse en coton de l’huile suspecte.
- En opérant sur les acides gras, on a le très grand avantage de pouvoir étendre le procédé : 1° au saindoux et à l’huile de lard dont l’Amérique consomme et exporte des quantités colossales presque toujours falsifiées avec de la margarine de coton et de l’huile de coton, qui suit d’ailleurs les variations de prix de ces produits ;
- 2° A l’oléo-margarine ;
- 3° Aux savons à l’huile d’olive pour industrie;
- 4° Enfin, résultat d’une grande importance, à la recherche de la margarine du coton dans les beurres de vache adultérés, quelle que soit la proportion du mélange.
- Ces expériences ont été faites sur cent vingt-huit échantillons de provenances diverses.
- La science se trouve donc en possession d’une réaction chimique qui lui permet d’obtenir simultanément des résultats si longtemps cherchés, et on peut espérer que ce procédé, employé déjà avec succès, rendra de grands services à l’agriculture, à l’industrie et au commerce.
- BIOGRAPHIE
- NOTICE SUR M. H. DEBRAY, PAR L. TROOST, MEMBRE DU CONSEIL.
- Le bureau de la Société d’Encouragement a été cruellement éprouvé dans l’année qui vient de s’écouler : deux de ses vice-présidents ont succombé. Après Hervé Mangon mort le 15 mai, c’est Debray qui le suit dans la tombe, le 19 juillet.
- Frappé d’une manière inattendue dans toute la plénitude de son talent et de sa puissante intelligence, Henri Debray, membre de l’Institut, professeur à la Sorbonne, maître de conférences à l’École normale et directeur du laboratoire des hautes études, nous a été enlevé par une courte maladie qui ne faisait nullement prévoir une issue fatale.
- Ses collègues ont perdu un ami dévoué, ses élèves un maître bienveillant, toujours prêt à leur venir en aide. L’enseignement a vu s’éteindre une de ses lumières; la science, un de ses représentants les plus éminents.
- Il faisait partie du Comité des arts chimiques de la Société d’Encouragement, depuis 1868. Lorsqu’il y est entré, appelé par le suffrage unanime du Conseil, il était déjà en possession de la notoriété que lui avaient si jus-
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- tement valu ses services dans l’enseignement, ses travaux scientifiques et sa connaissance des industries chimiques.
- Pour montrer l’étendue de la perte que nous avons faite, il me suffira de retracer rapidement devant vous cette existence si bien remplie, si digne de servir d’exemple, d’un confrère auquel m’unissait une amitié de quarante années.
- Jules-Henri Debray était né à Amiens le 26 juillet 1827. Enfant, il maniait la lime et le marteau dans l’atelier de son père, qui exerçait, rue des Orfèvres, la profession de serrurier-mécanicien. Il manifesta de bonne heure un goût prononcé pour l’étude, et se fit remarquer à l’école primaire. Puis quand, à l’âge de quinze ans, il eût appris tout ce qu’il était possible d’y apprendre, il suivit les cours publics de la ville d’Amiens, où l’on enseignait les éléments des mathématiques, de la mécanique, de la physique, de la chimie et de la botanique. Au bout de l’année, il remporta tous les prix. Le père de Debray, heureux du succès de ce fils, qu’il destinait à lui succéder, pensait que des notions de sciences ne seraient pas inutiles à un mécanicien. Il allait le reprendre auprès de lui, lorsque quelques personnes, avec lesquelles il était en relation d’affaires, et que les succès du jeune Debray avaient intéressées, lui représentèrent qu’il avait déjà un fils mécanicien, qu’il serait naturel de laisser le second suivre une autre voie pour laquelle il montrait de grandes dispositions, et qu’enfin un professeur demandait à le prendre à l’essai pendant six semaines, pour juger de ses aptitudes aux études littéraires. Debray put ainsi avoir des leçons de latin, tout en continuant à suivre les cours de sciences, et deux ans après, à dix-huit ans, il était reçu bachelier.
- Henri Debray fut alors envoyé à Paris, à l’institution Favart, pour suivre le cours de mathématiques spéciales du lycée Charlemagne. A la fin de l’année, il obtint le premier accessit de chimie au concours général des lycées et collèges de Paris et de Versailles. Son père, qui trouvait qu’à dix-neuf ans il était grand temps d’avoir un état, consentit cependant à le laisser encore une année au lycée, bien résolu à le rappeler à Amiens, s’il ne réussissait pas à entrer soit à l’École polytechnique, soit à l’École normale.
- A la fin de cette seconde année, Debray remporta le premier prix de chimie au concours général et se présenta à l’École normale
- C’était un moment critique dans son existence. Le sort semble un instant lui être contraire, il a mal compris l’énoncé de la composition de mathématiques. Au lieu de la racine carrée de la somme des carrés de certaines
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- distances, il introduit dans le calcul la racine carrée de la somme de ces distances elles-mêmes. Le problème qu’il traite est complètement différent de celui qui a été posé. Dans ces conditions, plusieurs des membres du jury sont d’avis qu’il ne doit pas être déclaré admissible.
- Mais c’est M. Joseph Bertrand qui a corrigé les compositions de mathématiques : il ne s’arrête pas à l’énoncé, il distingue les qualités du candidat et insiste avec une grande énergie pour qu’il soit inscrit sur la liste, affirmant que l’élève se relèvera aux épreuves orales. On cède à son insistance et Debray est classé le dernier. A l’examen oral, il justifie les prévisions de M. Bertrand et est admis. Il ne sera décidément pas serrurier.
- C’est un des meilleurs souvenirs de notre excellent secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, qui n’en est plus à compter les témoignages d’intérêt qu’il a donnés à la jeunesse de nos Ecoles.
- Entré à l’École normale en 1847, Debray s’y créa immédiatement de nombreuses sympathies, et lorsqu’en 1848, le gouvernement de la République voulut, par l’organe de Lamartine, avoir sous la main, à titre d’officiers d’ordonnance, des représentants des grandes Écoles, Debray fut, à l’unanimité, élu pour représenter la section des sciences à côté de son camarade, M. Mézières, qui représentait la section des lettres.
- Reçu agrégé en 1850, il fut immédiatement attaché, comme agrégé-préparateur au laboratoire de chimie, où quelques mois plus tard, Balard, appelé au Collège de France, cédait la place de maître de conférences à H. Sainte-Claire Deville. Debray eut ainsi la bonne fortune de rencontrer, au sortir de l’École, le savant dont il devait être, pendant trente ans, le dévoué collaborateur dans les découvertes qui ont jeté tant d’éclat sur la chimie française en général, et, en particulier, sur le laboratoire de l’École normale.
- Le premier travail important de Debray a porté sur le glucinium et ses composés. Ce métal, extrait de l’émeraude de Limoges, et isolé pour la première fois par Wôhler en 1827, n’était connu qu’à l’état de poudre noire très altérable. Debray, à la suite d’expériences fort pénibles, a réussi à l’obtenir en lames parfaitement malléables, se rapprochant beaucoup de l’aluminium par leurs propriétés. Ce travail lui valut le grade de docteur ès sciences en 1855.
- Mais depuis plusieurs années déjà, Debray secondait son maître dans les recherches laborieuses qui devaient doter lascience et l’industrie de procédés nouveaux pour la fabrication du sodium et de Y aluminium.
- En 1856, il fit connaître la préparation et les remarquables propriétés du
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- bronze d’aluminium, qui, à la belle couleur de l’or, joint la dureté et la ténacité de l’acier.
- Jusque-là, Debray a consacré tout son temps au laboratoire ; il a mis toute son activité, toute son intelligence au service de la science, secondant les idées et l’admirable initiative de Henri Sainte-Claire Deville.
- Mais à partir de la fin de 1856 et pendant les dix années suivantes, il ne pourra plus consacrer aux recherches expérimentales que le temps que lui laisseront les exigences de la carrière universitaire. En effet, le moment était arrivé où il fallait compter avec les nécessités de l’existence. Debray avait trouvé la digne compagne qui, devait l’entourer de soins dévoués et d’une constante affection. 11 avait épousé MUe Michel, fille du directeur de l’École normale et belle-sœur de M. Redier, notre collègue du Comité des arts mécaniques.
- Il prit dans la petite rue Neuve-Saint-Étienne-du-Mont (aujourd’hui rue Rollin) un appartement modeste comme l’était son traitement de professeur suppléant au lycée Ronaparte (aujourd’hui Condorcet). Il était venu retrouver là un groupe d’amis et de collègues, presque tous jeunes commme lui, sympathiques les uns aux autres, se complétant sans se gêner, car tous n’avaient que des espérances à long terme, espérances qui devaient se réaliser pour quelques-uns, et qui, pour d’autres, devaient être brisées par une mort prématurée.
- Du lycée Ronaparte, Debray passa au lycée Charlemagne, et après avoir suppléé pendant trois ans son ancien professeur, M. Rary, qui était fier de son élève, il devint titulaire en 1860. Il y resta jusqu’en 1869. À cette époque, et pour se rapprocher de l’École normale, il demanda la place devenue vacante au lycée Napoléon (aujourd’hui Henri IV).
- Deux ans après, Debray était lui-même obligé de se faire suppléer, et d’aller dans les Pyrénées demander à Amélie-les-Rains la guérison d’une affection du larynx.
- A son retour, il fut nommé examinateur d’admission à l’École Polytechnique et recouvra ainsi une liberté presque complète pour se livrer, au moins pendant les trois quarts de l’année, à ses travaux personnels.
- Pendant ces dix années d’enseignement, Debray n’avait pas déserté le laboratoire. Il avait publié d’importants mémoires sur Y acide tungstique et les tung-states, sur le molybdène, sur les acides phosphomolybdiques et les phosphomo-lybdates, et sur la reproduction artificielle d’un grand nombre de minéraux.
- Dès 1857, il avait commencé avec H. Sainte-Claire Deville des recherches
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- sur les métaux de la mine du platine, recherches qu’ils devaient bientôt reprendre pour obtenir Y iridium nécessaire à la confection des mètres et des kilogrammes en platine iridié, demandés par le bureau international des poids et mesures.
- Dans ce long travail, poursuivi en commun pendant près de 25 ans, Deville et Debray ont créé une nouvelle métallurgie du platine et des métaux qui l’accompagnent dans ses minerais. Ils ont fait connaître un grand nombre de leurs propriétés physiques et imaginé pour leur fusion un appareil nouveau, d’une admirable simplicité, un véritable four à réverbère, formé avec deux morceaux de calcaire ou de chaux vive et dans lequel on a pu fondre à la fois 250 kilos de platine iridié.
- Debray est toujours revenu avec une prédilection marquée à ces recherches sur les métaux du platine, où sa compétence et son autorité étaient absolument hors de pair et universellement reconnues ; il les a continuées après la mort de son illustre maître et ami, et il y a quelques mois à peine, le 28 mai dernier, il publiait encore, en collaboration avec M. Joly, un mémoire sur le ruthénium et ses principaux composés.
- En 1868, M. Dumas, qui avait apprécié en Debray les mérites du savant en même temps que la droiture du caractère, le fît nommer à la Monnaie, pour diriger avec son fils, M. Ernest Dumas, notre collègue du Comité des beaux-arts, le service de la garantie des matières d’or et d’argent, service important qui, par la confiance qu’il inspire, par la sécurité qu’il procure aux transactions, assure dans le monde entier une place privilégiée à l’orfèvrerie française.
- Debray s’y signala par d’intéressantes recherches sur les essais de Vargent contenant du mercure, sur la présence du sélénium dans l’argent d’affinage, sur le chlorure d’or, sur le pourpre de Cassius.
- Ses travaux de chimie appliquée ne le détournaient pas des études purement scientifiques. C’est en effet de 1867, c’est-à-dire de l’époque où il fut débarrassé des soucis de l’enseignement, que datent les recherches qu’il regardait avec raison comme les plus importantes, comme l’œuvre capitale qui ferait vivre son nom.
- H. Sainte-Claire Deville, qui par ses remarquables travaux avait attiré l’attention de tous les savants sur son laboratoire, venait de mettre le comble à sa réputation par la découverte de la Dissociation, découverte que Dumas appelait l’une des plus belles inventions de ce siècle, l’une des plus grandes conquêtes de la Philosophie naturelle.
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- Mais si II. Sainte-Claire Deville avait bien établi la nature et les conditions fondamentales du phénomène de la dissociation, s’il avait bien montré l’analogie de ce phénomène chimique avec le phénomène physique de la vaporisation d’un liquide, ses expériences ne permettaient pas les mesures exactes qui devaient en préciser les lois. C’est le but que se proposa Debray. Il sut habilement choisir les composés qui présentaient le phénomène dans sa plus grande simplicité, et se prêtaient à des mesures rigoureuses. Ses recherches devenues classiques sur la dissociation du carbonate de chaux et sur Y efflorescence des sels hydratés ont fixé les lois de la dissociation.
- Dans ses expériences sur le carbonate de chaux, il montre que le spath d’Islande porté en vase clos à la température d’ébullition du cadmium, se décompose partiellement et dégage de l’acide carbonique jusqu’à ce que ce gaz exerce sur lui une pression de 85 millimètres. La décomposition s’arrête, dès que cette tension est atteinte. Si on diminue cette tension, en faisant le vide, une nouvelle portion du carbonate de chaux se décompose et de l’acide carbonique se dégage jusqu’à ce que la tension redevienne égale à 85 millimètres, pour s’arrêter aussitôt que la pression primitive est rétablie. Si, après avoir ainsi plusieurs fois fait le vide et constaté que la même pression se rétablit, on introduit au contraire de l’acide carbonique de manière que la pression dépasse 85 millimètres, immédiatement la chaux provenant de la décomposition du spath absorbe cet excès d’acide carbonique, il se reforme du carbonate de chaux jusqu’à ce que la tension soit redevenue égale à 85 millimètres. Cette valeur delà tension est donc la condition nécessaire et suffisante de l’équilibre à la température de l’expérience. Le phénomène présente le même caractère à la température d’ébullition du zinc, et seule la valeur numérique de la tension de l’acide carbonique change, elle devient 520 millimètres; cette tension demeure invariable, tant que la température reste la même.
- Ainsi la tension de dissociation du carbonate de chaux reste constante pour une température donnée et elle croît avec la température ; elle est indépendante de l’état de décomposition plus ou moins avancé du carbonate de chaux.
- Ce phénomène chimique rappelle le phénomène physique de la vaporisation partielle d’un liquide en vase clos; la vapeur émise par le liquide acquiert en présence d’un excès de liquide générateur une tension qu’elle ne peut dépasser et qu’on appelle sa tension maximum. Cette tension maximum
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- est constante pour une température déterminée, comme la tension de dissociation du carbonate de chaux; elle croît comme cette dernière avec la température et est indépendante de la proportion du liquide vaporisé, comme la tension de dissociation est indépendante de la proportion du carbonate de chaux décomposé.
- Les lois de la dissociation ainsi établies ont donné naissance à des applications imprévues qui en ont consacré la valeur aux yeux de ceux-là mêmes qui n’en avaient pas dès l’abord compris l’immense portée.
- En 1875, la santé de Debray, complètement raffermie, lui permit de rentrer dans l’enseignement comme maître de conférences à l’École normale. Il se consacra de nouveau à ses recherches favorites, l’étude des propriétés des métaux de la mine du platine.
- En 1877, il fut élu président de la Société chimique, et la même année, l’Académie des Sciences consacra ses titres scientifiques en l’appelant à occuper la place laissée vacante, dans la section de chimie, par la mort de son premier maître, M. Balard.
- Enfin en 1881, lorsque H. Sainte-Claire Deville succomba, épuisé par un labeur incessant, les travaux de Debray et sa longue collaboration avec son maître et ami le désignaient comme son successeur ; il prit la direction du laboratoire des hautes études, créé et illustré par les mémorables travaux de H. Sainte-Claire Deville.
- Avec sa bonté naturelle, Debray continua les traditions de bienveillance et de dévouement à la jeunesse dont il avait eu sous les yeux un si bel et si constant exemple : de nombreux et importants travaux y ont été exécutés par les agrégés-préparateurs, indépendamment de ceux des maîtres de conférence de l’École normale ou de la Sorbonne, des professeurs de lycée ou de Faculté, des ingénieurs et des savants français et étrangers. C’est auprès de Debray que M. Moissan a trouvé, avec des conseils, toutes les ressources nécessaires pour son brillant travail sur l’isolement du fluor.
- Debray fut également appelé à succéder à son maître dans sa chaire delà Faculté des sciences, où il avait à traiter des propriétés et de la métallurgie des métaux. 11 eût été difficile de trouver un savant ayant une connaissance aussi approfondie des métaux, un professeur aussi bien préparé à en faire l’objet de son enseignement, et à continuer dans la chaire de la Sorbonne la tradition de Dumas, de Balard et de H. Sainte-Claire Deville.
- En même temps qu’il succédait à M. Deville à l’École normale et à la Sorbonne, Debray était choisi pour le remplacer au Comité des arts et ma-
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- nufactures, réunion de savants, d’ingénieurs, de hauts fonctionnaires et d’anciens industriels, aux lumières desquels l’administration a recours avant de prendre une décision, toutes les fois qu’elle se trouve en présence de questions techniques touchant à la science ou à l’industrie. Debray, grâce à ses études approfondies, à la rapidité de ses conceptions et à l’expérience qu’il avait acquise dans les applications scientifiques, y apportait les vues les plus justes, les observations les mieux appropriées, même sur des sujets en apparence absolument étrangers à ses occupations habituelles.
- Il remplaça également H. Deville à la section française du Bureau international des poids et mesures, et en devint le vice-président. Il y fit toutes les analyses du platine iridié pour les mètres et les kilogrammes qui serviront de type chez les nations, aujourd’hui nombreuses, qui ont reconnu la nécessité d’admettre le système métrique français.
- Debray se trouvait ainsi chargé, en dehors de sa carrière universitaire, de plusieurs travaux importants qui lui avaient été pour ainsi dire imposés. Il suffisait à tous, il les accomplissait tous avec la même conscience, avec la même autorité.
- Chevalier de la Légion d’honneur depuis 1864, il avait été nommé officier en 1885.
- Vous rappellerai-je la nature sympathique de H. Debray, la douceur et la franche gaieté de son visage, toutes ses qualités de cœur qui laisseront un ineffaçable souvenir partout où il a passé ?
- L’aménité de ses rapports, la sûreté de ses jugements donnaient une grande autorité à ses avis toujours présentés avec une grande bonhomie, mais bonhomie pleine de finesse : c’est ce qu’appréciaient si justement ses collègues, lorsqu’ils l’élurent à l’unanimité pour représenter le personnel enseignant de la section des sciences de l’École normale au Conseil supérieur de l’instruction publique.
- Debray était depuis trois ans vice-président de la Société d’Eneourage-ment pour l’industrie nationale.
- Il semblait devoir jouir pendant de longues années de la situation considérable que sa valeur scientifique et ses qualités morales et intellectuelles lui avaient acquise. Il vivait entouré de ses enfants et de ses petits-enfants qu’il adorait.
- Ses amis savent quelle gaieté communicative, quel entrain il apportait dans les réunions de famille. Tout semblait lui promettre un long avenir de bonheur.
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- Ce légitime espoir devait être déçu. Fatigué depuis quelques mois, sans cause bien déterminée, il aurait dû s’arrêter; mais entraîné par ses occupations, il remettait sans cesse au lendemain. Un jour vint où il fut obligé de garder la chambre; une semaine de repos sembla le remettre, mais une nouvelle complication plus grave le força à s’aliter, et quelques jours après, le 19 juillet, il succombait au milieu de l’affliction et des larmes de tous ceux qui lui étaient chers. Il n’avait pas 61 ans.
- L’affluence des confrères, des collègues, des amis et des élèves qui ont tenu à l’accompagner à sa dernière demeure, a montré quelle place il occupait, et quel vide il laisse, dans la science, dans l’université et dans les conseils administratifs ou industriels.
- Cette unanimité de regrets aurait apporté quelque adoucissement, s’il en était de possible, à l’immense douleur de sa famille, atteinte en pleine prospérité du coup si imprévu qui lui enlève son chef, objet de son juste orgueil et de sa plus chère affection.
- La modestie de H. Debray nous a privés d’entendre sur sa tombe les éloges qui lui étaient dus, mais elle n’a pu empêcher sa mémoire d’être dignement honorée à l’Institut (1) et à la Sorbonne (2) ; elle n’a pu empêcher ses confrères et ses collègues de rappeler que, pendant un tiers de siècle, il a été l’habile collaborateur de H. Sainte-Claire Deville; et la postérité, ne séparant pas ceux que la science et l’amitié ont si longtemps réunis, associera éternellement le nom de Debray au nom de l’homme de génie qui, au moment où les éclatants progrès de la chimie organique passionnaient tous les savants de l’Europe, a su relever et faire revivre en France l’antique renom de la chimie minérale.
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- RÉSUMÉ DES VŒUX ÉMIS AU CONGRÈS DES INDUSTRIELS DE FRANCE A PROPOS DE LA LOI
- SUR LES ACCIDENTS DU TRAVAIL.
- La loi sur les accidents du travail qui a été votée récemment par la Chambre et qui va être présentée au Sénat préoccupe le monde industriel ; le résumé des vœux
- (1) Discours du président M. Janssen (Comptes rendus de VAcadémie des sciences, t. CVII,p. 201, et Bulletin de la Société d'Encouragement, octobre 1888, p. 560).
- (2) M. le doyen Hébert (Rapport au Conseil académique sur la situation de renseignement supérieur pendant Vannée 1887-4888).
- M. le professeur Ditte (Revue scientifique, cours de la Faculté des sciences, t. XLIII, p. 65).
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- émis au Congrès des industriels français dans les réunions qui ont eu lieu du mois de juin au mois de décembre 1888 trouve naturellement sa place dans le Bulletin, la Société ne s’étant jamais désintéressée des questions relatives à l’organisation du travail.
- O
- VAssociation des Industriels de France pour préserver les ouvriers des accidents du travail a pris l’initiative de réunir en congrès (1), en plus de ses membres, les Chambres syndicales industrielles, les Sociétés industrielles et toutes les associations que la nouvelle loi peut intéresser.
- Se sont fait représenter au Congrès : l’Association de l’Industrie française, l’Association amicale des anciens élèves de l’École Centrale des Arts et Manufactures, la Société industrielle de Lille et du nord de la France; les Sociétés industrielles de Lyon, de Reims, de Saint-Quentin, d’Elbeuf, de Nancy ;le Syndicat cotonnier des Vosges, l’Association nationale de la Meunerie française, l’Association des Fabricants de papier de France ; les Compagnies de chemins de fer du Nord, de l’Ouest, de l’Est, de Paris-Lyon-Méditerranée; les Chambres syndicales des Industries du Bâtiment de Paris et des départements; les Chambres syndicales des Produits chimiques, des cuirs et peaux, de la bijouterie, joaillerie et orfèvrerie, des fabricants de jouets, des entrepreneurs de travaux publics, des filateurs de laine de la Seine-Inférieure, de l’Eure et du Calvados, des constructeurs et entrepreneurs électriciens, des fabricants de couverts, des constructeurs-mécaniciens, des fondeurs, des distillateurs, de l’horlogerie, de l'industrie métallurgique, etc., et un grand nombre d’industriels employant beaucoup d’ouvriers.
- Toutes ces Associations, Chambres syndicales, Sociétés, etc., représentent de 25 à 30 000 industriels français.
- Considérations générales. — Les accidents qui se produisent dans le travail peuvent être rangés, quant à leurs causes, en quatre classes :
- (I) Le bureau du congrès est composé comme il suit :
- M. Émile Muller, O. #, président de l’Association des Industriels de France pour préserver les ouvriers des accidents du Lravail, industriel, professeur à l'École Centrale, ancien président de la Société des ingénieurs civils.
- MM. Gignou, ©, vice-président, vice-président du Conseil des Chambres syndicales de l’industrie et du bâtiment, président de la Chambre syndicale des entrepreneurs de serrurerie ;
- Ferd. Mathias, O. vice-président, ingénieur-chef du matériel et de la traction au chemin de fer du Nord;
- Mozet, O. 0, vice-président, président de la Chambre syndicale des entrepreneurs de maçonnerie, ancien juge au tribunal de commerce;
- Périsse, #, vice-président, ingénieur-expert des tribunaux, vice-président de la Société des ingénieurs civils. •
- MM. H. Mamy, 0, secrétaire, ingénieur des Arts et Manufactures;
- Ch. Talaxsier, secrétaire, ingénieur des Arts et Manufactures.
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- 1° Ceux qui proviennent de la faute exclusive du patron (1) ;
- 2° Ceux qui proviennent à la fois d’une faute du patron et d’une faute de l’ouvrier (2) ;
- 3° Ceux qui proviennent de la faute exclusive de l’ouvrier (3) ;
- 4° Ceux qui ont pour causes le cas fortuit ou la force majeure (4).
- Remarquons que cette classification, juste en théorie, n’est pas toujours facile en pratique, et qu’il y a bien des cas où la véritable cause de l’accident reste inconnue.
- Quel est l’état actuel de la législation qui régit cette question des accidents du travail?
- Il n’y a pas de législation spéciale au point de vue de la responsabilité. C’est le droit commun qui intervient par application notamment des articles 1382 et suivants du Code civil, 319 et 320 du Code pénal, qui rendent chacun responsable de sa faute, de sa négligence ou de son imprudence.
- Art. 1382. — Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.
- Art. 1383. — Chacun est responsable du dommage qu’il a causé, non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou son imprudence.
- Art. 1384. — On est responsable, non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre ou des choses que l’on a sous sa garde.
- Art. 319. — Quiconque, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des règlements, aura commis involontairement un homicide ou en aura été la cause involontaire, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante francs à six cents francs.
- Art. 320. — S’il n’est résulté du défaut d’adresse ou de précaution, que des blessures ou coups, le coupable sera puni d’un emprisonnement de six jours à deux mois et d’une amende de seize francs à cent francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.
- Au point de vue du droit strict, au point de vue de la justice absolue, cette législation est-elle sujette à critique? Nous ne le pensons pas. Nous croyons qu’elle est l’expression même de l’équité et qu’elle est irréprochable.
- Signalons cependant une école nouvelle de jurisconsultes qui l’attaquent dans son application aux questions d’accident et qui prétendent trouver dans le contrat de louage de services la véritable source de la responsabilité du chef de maison en matière d’accidents de travail.
- (1) Un ouvrier travaille à une meule en émeri, animée d’une trop grande vitesse pour sa résistance. Elle éclate : l’ouvrier est blessé par les éclats.
- (2) L’ouvrier est saisi par les engrenages non recouverts d’une machine, en voulant les nettoyer en marche, malgré la défense qui lui en a été faite.
- (3) L’ouvrier employé à une machine dont les engrenages sont recouverts, enlève le couvre-engrenages pour nettoyer les roues dentées en marche, malgré la défense du patron.
- (4) Une pièce de machine bien construite se casse sans que rien ait pu faire prévoir, ni expliquer l’accident; elle blesse ou tue l’ouvrier.
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- Tout en reconnaissant et en déclarant que le droit commun actuel est l’expression même de l’équité, ne donne-t-il pas lieu, dans son application, à certaines critiques de détail ?
- Tout le monde paraît d’accord sur ce point.
- On reconnaît que la procédure est trop longue et qu’elle retarde beaucoup trop le règlement des affaires. Il y a urgence pour l’ouvrier, à la suite d’un accident, à recevoir rapidement l’indemnité à laquelle il peut avoir droit. — Il est donc juste que la procédure en cette matière soit accélérée.
- Un certain nombre d’industriels s’en tiennent là et estiment que cette abréviation de procédure, qu’une solution immédiate, est la seule amélioration qu’il convient d’apporter à l’état de choses actuel.
- D’autres vont plus loin et pensent que la loi ne doit pas se préoccuper seulement de la justice stricte, mais que les considérations d’humanité ne doivent pas lui rester étrangères et que Y assistance peut être une obligation légale et ne pas rester uniquement du domaine de la volonté privée.
- Çe principe semble généralement admis. Il en résulte que l’assistance des ouvriers peut être organisée par une loi, qui s’appuiera, par conséquent, sur les considérations d’humanité et non pas seulement de droit strict.
- En fait, d’ailleurs, cela existe déjà, puisque la contribution pour l’Assistance publique est prélevée obligatoirement sur tous les citoyens.
- Étant admis que les considérations d’humanité peuvent intervenir dans la loi, est-il désirable, à ce point de vue, de voir modifier l’état de choses actuel?
- Oui, la grande majorité du Congrès le pense, parce que d’après la législation actuelle, l’ouvrier n’a droit à une indemnité que lorsque l’accident est dû à la faute du patron, soit, d’après les documents fournis à la Chambre, dans 10 à 18 p. 100 des cas d’accidents.
- Restent, d’après la même statistique, 88 à 90 p. 100 des accidents (68à70p. 100 de cas fortuits et 15 à 20 p, 100 provenant de la faute de l’ouvrier) dans lesquels l’ouvrier n’a droit à aucune indemnité.
- Or, pour les cas fortuits et de force majeure surtout, l’humanité souffre de voir l’ouvrier victime d’un accident qui n’est pas dû à sa faute, rester sans secours et sa famille exposée à tomber dans la misère et le dénuement.
- Il est donc désirable qu’il reçoive un secours et que Vassistance soit organisée.
- Mais alors se pose immédiatement cette question : Faut-il mettre cette indemnité à la charge d’une caisse d’Assistance publique générale, alimentée par tous les contribuables?
- Ou bien faut-il demander les ressources de cette assistance à une caisse spéciale, n’empruntant ses ressources qu’à l’industrie, dans son ensemble ou par catégories?
- Ces deux doctrines ont leurs partisans et peuvent également se défendre.
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- Au fond, que la question soit résolue par la création de Caisses de prévoyance et de secours spéciales à chaque industrie, ou par des Caisses départementales, réclamées par quelques syndicats, ou par une caisse générale des Invalides du travail, ou par une Caisse nationale d’assistance publique, c’est toujours une mesure d'assistance, dont les frais doivent peser sur une collectivité plus ou moins grande et non pas sur le seul patron dans l’atelier duquel se sera produit l’accident, ainsi que le détermine la loi votée par la Chambre.
- Il y a lieu de faire une loi sur les accidents du travail. — De ces considérations générales il ressort qu’à cette question : Y a-t-il lieu de modifier l’état actuel des choses et de faire une loi spéciale sur les accidents du travail? on peut répondre, ainsi que l’a fait la presque unanimité du Congrès : Oui, il y a lieu de faire cette loi, soit qu’on veuille, en maintenant le droit commun, accélérer simplement la procédure de ces sortes d’affaires, soit qu’on veuille en même temps assurer une indemnité à la victime de cas d’accidents fortuits ou de force majeure, sous une forme qui serait à étudier.
- Principe de la loi. — Quel sera le principe de la loi ? — Etant admis qu’une loi doit être faite sur la matière, de quel principe s’inspirera-t-elle?
- La loi votée en seconde délibération par la Chambre met l’indemnité à laquelle ont droit la victime ou ses représentants à la charge du chef de l’entreprise dans tous les cas, sauf si la victime a intentionnellement provoqué l’accident.
- Il est admis que nous sortons du droit strict et que les considérations d’humanité vont motiver certaines dispositions de la loi, mais avec cet article premier on sort véritablement beaucoup trop du droit, on crée une responsabilité injuste, universelle, trop lourde pour les patrons et une irresponsabilité trop absolue des salariés.
- Les chefs de maison admettent très bien qu’ils doivent supporter, comme tout le monde, la responsabilité des accidents dus à leur faute, négligence ou imprudence ; un grand nombre même sont disposés à accepter, en tout ou en partie, la charge des accidents dus au cas fortuit ou à la force majeure ; mais ils refusent absolument, au nom de l’équité, de subir la responsabilité d’accidents qui auront eu pour unique cause, bien constatée, la faute de la victime, alors que souvent, eux, patrons, auront défendu expressément, par tous les moyens imaginables, d’accomplir l’acte qui a entraîné l’accident et auront pris toutes les mesures nécessaires pour protéger l’ouvrier contre le danger auquel il pouvait être exposé.
- Il est donc à désirer que les accidents soient classés et traités comme suit :
- 1° Ceux qui sont dus à la faute du patron et dont la responsabilité lui incombe tout entière;
- 2° Ceux qui sont dus au cas fortuit ou à la force majeure et dont la charge pourrait être supportée à la fois par le patron et par l’ouvrier;
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- 3° Ceux qui sont dus à la faute de Vouvrier et qui, par conséquent, ne doivent pas être à la charge du patron.
- Tout en donnant satisfaction plus grande à l’équité, cette classification n’empêcherait même pas les victimes de la troisième catégorie de recevoir une indemnité de secours, du fait de l’assistance; mais, si une assistance de cette nature était possible, ce ne serait pas le chef de la maison qui supporterait la charge de cette indemnité.
- Pour éviter la création d’une caisse spéciale affectée aux indemnités de cette troisième catégorie, certains industriels ont pensé à faire payer ces indemnités par l’ensemble des ouvriers, tout en laissant à la charge exclusive des chefs de maison les accidents des deux premières catégories, et cela au moyen d’une disposition spéciale qui laisse subsister l’article premier du projet de loi, tout léonin qu’il soit.
- Cette disposition consiste à rendre obligatoire l’assurance contre les accidents et à faire payer aux ouvriers 20 p. 100 de la prime.
- De cette façon, étant admis qu’il y a environ 2 p. 100 des accidents qui sont dus à la faute des ouvriers et que, par conséquent, 80 p. 100 du chiffre total des indemnités doivent être payés par les patrons, ce résultat serait obtenu . les patrons paieraient 80 p. 100 de la prime d’assurance et les ouvriers 20 p. 100.
- Il en résulterait que la classification donnée plus haut pourrait être négligée et que tout accident, quelle qu’en fût la cause, donnerait droit à une indemnité qui serait acquise à la victime, sauf à la fixer d’avance. — Satisfaction serait ainsi donnée, à la fois, à l’équité et à l’humanfté.
- C’est ce qu’avait proposé M. Le Gavrian.
- La seule objection qu’on ait faite à cette solution, c’est que, dans le cas où il y a faute du patron, l’ouvrier ne peut pas, en droit, être tenu de contribuer en quoi que ce soit à l’indemnité qu’il reçoit et qui doit être payée tout entière par le chef de la maison.
- On peut répondre à cela que, puisque pour faire la loi nouvelle il faut, de toute façon, sortir du droit strict, ce n’est plus qu’une question de mesure dans laquelle il faut s’efforcer de traiter de la même manière les deux parties. Or, si dans 15 à 20 p. 100 des cas, on fait payer aux ouvriers 1/5 de prime qu’ils ne doivent pas; d’autre part, dans 60 p. 100 des cas, on fait payer aux chefs de maisons 4/5 des primes qu’ils ne doivent pas non plus. Il y a donc encore avantage en faveur des ouvriers, au point de vue de l’équité, en même temps que l’indemnité leur est assurée dans tous les cas.
- De rassurance obligatoire. — Cette solution paraît très bonne si l’on accepte le principe de l’assurance obligatoire. Mais cette condition est nécessaire, car il est bien évident que la combinaison repose tout entière sur le jeu de l’assurance
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- et que, si celle-ci n’est pas rendue obligatoire, rien ne garantira le paiement des indemnités aux victimes en cas de non-assurance, surtout par les petits industriels, à ressources limitées, qui forment les 4/5 de ce qui constitue l’industrie française.
- Reste donc à savoir si le Congrès est disposé à accepter l’assurance obligatoire ou s’il la repousse.
- Il semble que la majorité des industriels accepteraient assez facilement cette obligation, avec la participation des ouvriers au paiement de la prime et la faculté de s’assurer soit à l’Etat, soit à des syndicats mutuels, soit à des Compagnies offrant des garanties de contrôle.
- Objections. — On a fait diverses objections à l’assurance obligatoire. Et d’abord, au point de vue du principe, il semble que Y Etat n’a pas le droit de Y imposer à un industriel ou à un ouvrier.
- C’est, dit-on, une question d’intérêts privés, dont chacun doit rester juge et dans laquelle les pouvoirs publics n’ont pas le droit d’intervenir. C’est une mesure de prévoyance; elle peut être conseillée, mais non imposée. Chacun doit rester maître de décider s’il entend prendre à sa charge les conséquences de l’accident ou s’en garantir par une assurance.
- 1 Voici une autre objection très sérieuse:
- Vobligation de s'assurer entraînera Vobligation de fournir à l'industriel un assureur.
- L’Etat devra donc assurer tous ceux qui s’adresseront à lui, soit spontanément, soit qu’ils aient été repoussés par les Compagnies d’assurances.
- Or, il arivera ceci : les industriels d’une incurie habituelle et notoire, négligents, insoucieux des mesures préventives, seront repoussés par les Compagnies et retomberont à la charge de l’Etat; certains d’être nécessairement assurés par lui, ils ne deviendront pas plus prudents, ne prendront pas de mesures préventives et grèveront d’une lourde charge la caisse de l’État.
- D’autre part, tous les industriels insolvables, repoussés aussi par les Compagnies, retomberont également dans l’assurance par l’État et constitueront pour lui une source de pertes. — Que fera l’État à leur égard? Refusera-t-il à leurs ouvriers le bénéfice de l’assurance, ou bien la leur donnera-t-il en la prélevant, par conséquent, sur l’impôt?
- En ajoutant que l’assurance faite exclusivement par l’État entraînerait à des frais considérables, nous avons résumé les objections présentées au Congrès contre l’assurance obligatoire.
- Réponse aux objections. —• Ses partisans, au contraire, font remarquer qu’il ne faut pas, pour la repousser, invoquer le droit strict, puisqu’il est entendu, une fois pour toutes, que le projet de loi doit nécessairement s’en écarter si l’on veut améliorer la situation actuelle; dès lors, ce n’est plus qu’une question de mesure,
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- il s’agit de trouver la combinaison la meilleure pour sauvegarder les intérêts opposés qui sont en présence, sans faire de la justice stricte une condition absolue.
- En ce qui concerne les industriels négligents, on peut leur faire subir la conséquence de leur incurie en établissant, pour une même industrie, plusieurs classes de risques et faisant payer la prime la plus élevée à ceux dont les mesures seront le moins bien prises. On peut également, lorsque l’accident sera dû à leur faute, les frapper d’une amende variable, qui ne serait pas couverte par l’assurance, et qui constituerait un supplément de prime.
- Enfin, s’il y a déficit provenant des insolvables, l’Etat pourra être conduit à élever ses primes, et, dans ce cas, comme on sera libre de s’assurer aux compagnies ou aux syndicats mutuels, les industriels solvables n’auront pas à souffrir de cette élévation de prime. D’ailleurs l’Etat pourrait réduire beaucoup le nombre des insolvables en recouvrant la prime d’avance, comme un impôt, par l’intermédiaire des percepteurs.
- Il semble donc que l’assurance obligatoire, avec les tempéraments indiqués, peut être acceptée sans grande difficulté par l’industrie, étant donné, d’autre part, qu’elle est indispensable pour assurer le fonctionnement de toute loi reposant sur le principe d’assurance, et qu’en fait, beaucoup d’industriels sont déjà librement assurés.
- Un grand nombre d’industriels demandent enfin que le payement des indemnités soit assuré dans tous les cas, sans contestation des Compagnies d’assurances, et que celles-ci ne puissent pas se substituer aux patrons pour discuter directement avec les ouvriers, ce qui a lieu présentement.
- Après l’exposé de considérations générales, le Congrès a passé à l’examen des divers articles du projet de loi et recherché les améliorations dont ils sont susceptibles.
- Discussion des articles de la loi. — Article premier. — Si le principe de l’assurance obligatoire, avec participation des ouvriers à la prime, est accepté, il entraîne comme conséquence que tout accident, quelle qu’en soit la cause, donne droit à une indemnité en faveur de la victime.
- Si l’assurance obligatoire avec participation des ouvriers à la prime est repoussée, le droit à indemnité n’existe plus que pour la première catégorie d’accidents (faute du patron).
- Or, l’article premier voté par la Chambre met à la charge du chef de l’entreprise l’indemnité dans tous les cas d’accidents, sauf lorsque l’accident a été intentionnellement provoqué par la victime.
- Quelques industriels acceptent cette disposition, mais à la condition qu’elle ne s’applique qu’à certaines industries, bien déterminées par la loi, et qui seraient celles qui présentent le risque professionnel, limité très nettement.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Février 1889.
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- Les autres industries, ne présentant pas ce risque, resteraient dans le droit commun actuel.
- Une difficulté sérieuse se présente : c’est de classer les industries et de déterminer ce risque professionnel. Il existe, à un degré variable, partout dans l’industrie. On engloberait donc l’industrie tout entière.
- Cette solution semble absolument inacceptable au Congrès.
- D’autres industriels pensent, avec raison, que pour rendre cet article premier admissible, il faudrait, tout au moins, exclure des accidents donnant droit à l’indemnité ceux qui auraient pour cause la faute bien constatée de la victime; à moins, nous le répétons, que le principe de l’assurance obligatoire avec participation de l’ouvrier à la prime ne soit admis, auquel cas le droit à indemnité existerait toujours.
- C’est ici que le Congrès est appelé à se prononcer sur cette question de principe qui domine toute la loi :
- Faut-il accepter le principe de Vassurance obligatoire avec participation des ouvriers au paiement de la prime et faculté de s’assurer soit à la caisse de l’Etat, soit aux syndicats mutuels, soit aux Compagnies d’assurances ?
- A l’unanimité moins cinq voix, le Congrès a répondu : Oui.
- On réaliserait ainsi trois avantages :
- 1° On supprimerait bien des contestations ;
- 2° On ne s’exposerait pas à ruiner la petite industrie;
- 3° On assurerait le paiement des indemnités aux ouvriers dans tous les cas.
- Art. 2. — L’article soulève la question de la fixité de l’indemnité pour chaque nature d’accident et de la limite minima de cette indemnité :
- Faut-il admettre que l’indemnité puisse varier entre un minimum et un maximum pour un accident déterminé, ou bien est-il préférable de la fixer invariablement à une certaine fraction du salaire?
- L’avantage de cette dernière solution est de supprimer toute contestation, tou. appel, et de diminuer les causes du procès. Il est à prévoir, en effet, que l'ouvrier à qui on n’aura accordé que le minimum de l’indemnité afférente à sa nature d’incapacité du travail, interjettera souvent appel dans l’espoir d’obtenic le maximum.
- Mais, d’autre part, il semble équitable de faire varier cette indemnité suivant le degré de responsabilité qui incombera respectivement à l’ouvrier et au chef de maison dans l’accident.
- Si l’accident est dû entièrement, par exemple, à la faute de l’ouvrier, il ne semble pas juste que celui-ci soit indemnisé aussi fortement que s’il n’était en aucune façon cause de l’accident et que celui-ci fût dû entièrement à la faute du chef de maison ou de ses agents. L’élasticité de l’indemnité entre un minimum et un maximum permet de tenir compte de ces degrés divers de responsabilité, et, pour ce motif, cette solution est acceptée par la majorité du Congrès.
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- Quant aux minima absolus de 400 francs de rente viagère pour les hommes et de 250 francs pour les femmes, plusieurs industriels en ont demandé la suppression, s’appuyant sur ce que, dans les industries agricoles et dans certaines régions, le salaire des ouvriers est tel que cette somme de 400 francs représenterait le maximum de l’indemnité à laquelle ils peuvent avoir droit, et que la variabilité que la loi a voulu donner à cette indemnité cesserait ainsi, en fait, d’exister.
- À ht. 3. — Un certain nombre d’industriels ont demandé que l’article 3 fût suivi d’un tableau indicatif des différents cas d’incapacité partielle, avec le tarif de l’indemnité afférente à chacun d’eux.
- Cette disposition aurait l’avantage de supprimer toute incertitude de la part du juge, en même temps qu’une cause de procès incessants. Cette taxation devrait être, d’ailleurs, proportionnée au salaire moyen de la victime.
- On a objecté à cela que cette taxation serait assez délicate à faire et que, de plus, elle serait une cause d’injustice. En effet, le même accident n’a pas les mêmes conséquences dans les diverses industries, au point de vue de la capacité professionnelle.
- Un accident léger, la perte du pouce par exemple, ne permet plus à un compositeur d’imprimerie de travailler de son métier, tandis que la perte des deux jambes peut permettre à un dessinateur ou à un comptable de continuer son travail.
- Il paraît donc plus juste de faire entrer cette considération en ligne de compte dans la fixation de l’indemnité, puisqu’elle est un des éléments du préjudice causé, et de laisser par conséquent au juge la faculté d’appréciation dans chaque cas particulier.
- Art. 4. — L’article 4 fait croître les indemnités avec le nombre d’enfants de la victime.
- Si l’assurance obligatoire n’était pas admise et si les indemnités restaient, par suite, à la charge du chef de maison, cet article aurait pour conséquence naturelle de fermer la porte aux ouvriers mariés et chargés de famille, c’est-à-dire à ceux qui ont le plus besoin de travail. — Les industriels auraient tout intérêt, en effet, à prendre des ouvriers célibataires ou, au moins, peu chargés de famille.
- De plus, si l’indemnité est à la charge du chef de maison, celui-ci ne peut être rendu responsable, au point de vue de la justice, que du préjudice causé. Or, ce préjudice, c’est la perte du salaire et pas autre chose. Il ne dépend nullement de l’importance numérique de la famille, et, par suite, il y a injustice à faire varier cette indemnité avec le nombre des enfants. La seule base de l’indemnité doit être le salaire.
- Que l’humanité, au contraire, placée en face de cette considération de famille y soit sensible et y satisfasse en faisant varier l’indemnité avec l’importance de la
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- famille, rien de mieux; mais alors cette indemnité, ce secours, ne peut être mis à la chargé exclusive du patron. Sinon, la conséquence que nous avons indiquée se produira naturellement.
- Avec l’assurance obligatoire, toutes ces difficultés peuvent disparaître et l’humanité peut recevoir satisfaction sans que le chef de maison soit lésé dans ses intérêts.
- En effet, il sera possible aux Compagnies d’assurances de tenir compte, dans les règlements des sinistres, des situations de famille, au moyen d’un accroissement de prime relativement très faible.
- Quelques industriels estiment que les chiffres des indemnités prévues dans le projet de loi sont trop élevés. —Ils font remarquer que le minimum de 400 francs de rente, s’il était maintenu, exigerait en moyenne un capital de 6000 francs, et que beaucoup de petits patrons et d’associations ouvrières n’ont pas même un fonds de roulement de cette importance. Si donc ils ne s’assurent pas, ce sera la ruine pour eux.
- Avec l’assurance obligatoire, au contraire, ils n’auront qu’à payer des primes en rapport avec leurs ressources.
- Art. 12. — L’article 12 soulève une très grave et très importante question, celle de la responsabilité civile du chef de maison.
- Cette responsabilité doit être fixée dans tous les cas par les dispositions de la présente loi, même lorsque l’accident est le résultat de la faute du patron et qu’une condamnation pénale est intervenue contre lui?
- Ou bien y aura-t-il des cas où cette limitation ne sera pas applicable et où elle devra être remise à la décision du tribunal?
- La presque unanimité des industriels demandent que la responsabilité civile soit fixée dans tous les cas par les dispositions de la loi et que les paragraphes 2 et 3 de l’article 12 soient supprimés.
- Ce qui effraye surtout, c’est que les indemnités puissent être illimitées et que les industriels ne soient pas fixés sur les charges qu’ils peuvent avoir à subir. Eu les limitant, on éviterait de nombreux procès.
- Dans l’appréciation des responsabilités pénales, le tribunal devra d’ailleurs tenir compte des mesures de protection et de sécurité prises par l’industriel.
- La grande majorité du Congrès se rallie à ïamendement présenté par MM. Faire et Camescasse. (Voir page 146, article 12.)
- Art. 14. — Le projet de loi ne donne que 24 heures pour faire la déclaration de l’accident. C’est un délai bien court dans certains cas et qui pourrait, sans inconvénient, être porté à 48 heures.
- A la campagne, par exemple, on n’a pas toujours un médecin sous la main ; il peut n’arriver que plusieurs heures après l’accident. Le patron peut n’être pas sur le lieu du sinistre et n’en être informé que trop tard pour pouvoir faire
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- soigner la victime et faire la déclaration, accompagnée du certificat du médecin, dans les 24 heures. Un délai maximum de 48 heures permettrait, au contraire, d’accomplir aisément ces formalités.
- Art. 19. — Un certain nombre d’industriels craignent qu'en accordant de plein droit à l’ouvrier blessé le bénéfice de l’assistance judiciaire, il y ait là pour lui une sorte d’excitation à faire dans tous les cas un procès à son patron, puisqu’il n’aurait rien à perdre et ne pourrait qu’y gagner. Ils désireraient que 1 e président du tribunal restât juge d'accorder ou de refuser Vassistance judiciaire.
- Art. 20. — Peut-être y a-t-il imprudence à rendre de suite exécutoire un jugement qui peut être modifié par la Cour d’appel.
- Art. 23. — En cas de récidive, dans l’année, de l’omission des formalités de l’article 13, la loi établit qu’un emprisonnement de six jours à un mois pourra être prononcé, en outre d’une amende de 500 à 2 000 francs.
- Cette peine de l’emprisonnement paraît excessive et devrait être supprimée.
- Art. 26. — Le délai de révision des pensions et indemnités est fixée à un an. Cependant il arrive que des infirmités, considérées comme incapacités permanentes de travail, se guérissent après plusieurs années, tandis que, réciproquement, des blessures d’abord légères donnent lieu, après un temps assez long, à des incapacités permanentes. Il serait donc à désirer qu’il y eût toujours lieu, ou au moins pendant cinq années, de part et d’autre, à révision des pensions et indemnités, sur avis d’un médecin expert nommé par le tribunal.
- Art. 34. — La loi a voulu favoriser la création des syndicats d’assurance mutuelle, mais elle a rendu leur formation très difficile en décidant que les industriels seraient solidairement responsables des avances faites par l’Etat, ce qui permettrait à celui-ci de poursuivre contre un seul des membres le recouvrement total de sa créance. Cette menace écartera les industriels des syndicats mutuels, inconvénient qui n’existerait pas si on remplaçait le mot solidairement par le mot proportionnellement.
- ; En tenant compte de toutes les observations formulées ci-dessus, le Congrès s’est trouvé amené à proposer le contre-projet suivant qui repose sur l’établissement de T assurance obligatoire.
- Contre-projet de loi reposant sur l’adoption de l’assurance obligatoire.
- — Article premier. — Tout accident survenu dans leur travail, par le fait de ce travail lui-même ou à son occasion, aux ouvriers et employés occupés, même pour le compte de l’Etat, des départements, des communes ou des établissements publics, dans les usines, manufactures, chantiers,, entreprises de transport, de chargement et de déchargement, de travaux de constructions et de bâtiments, mines, minières, carrières, travaux souterrains, dans toute exploitation où il est fait usage d’un outillage à moteur mécanique, et dans tout travail où l’on produit ou emploie des matières explosibles, donne droit, au profit de la victime
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- ou de ses ayants droit, à une indemnité dont l’importance et la nature sont déterminées ci-après :
- Les employés et ouvriers dont les appointements dépassent 4000 francs ne bénéficieront que jusqu’à concurrence de cette somme des dispositions de la présente loi.
- Il ne sera dû aucune indemnité à la victime qui aura intentionnellement provoqué l’accident.
- L’accident résultant de l’ivresse sera considéré comme intentionnellement provoqué, à moins que l’enquête n’établisse que le patron ou ses agents ont constaté l’état d’ébriété de l’ouvrier et l’ont néanmoins laissé travailler.
- L’indemnité est réglée au moyen de l’assurance obligatoire prévue ci-après.
- Fixation des indemnités. — Art. 2. — Lorsque l’accident aura occasionné une incapacité permanente absolue de travail, la victime aura droit à une pension viagère dont le montant pourra varier, suivant les circonstances de cet accident, entre le tiers et les deux tiers du salaire moyen annuel.
- Est considérée comme incapacité permanente absolue de travail, la perte complète de la vue, de la raison ou toute infirmité incurable qui rende le travailleur impotent.
- Art. 3. — Si l’accident n’a occasionné qu’une incapacité permanente partielle de travail, la pension attribuée à la victime par l’article précédent sera diminuée dans la proportion de la capacité de travail restante.
- Art. 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11. — Comme au projet de loi.
- Art. 12. —Au moyen des indemnités ci-dessus fixées, toute action civile en réparation du dommage éprouvé est entièrement et définitivement réglée vis-à-vis de tous auteurs des quasi-délits ou des délits qui ont pu être la cause de l’accident, ou de ceux qui en seraient civilement responsables.
- Il n’est en rien dérogé à l’exercice de l’action publique.
- Art. 13. — Comme au projet de loi.
- Art. 14. — Comme au projet de loi, sauf 48 heures au lieu de 24 heures, pour le délai maximum de la déclaration de l’accident.
- Art. 15, 16, 17, 18. — Comme au projet de loi.
- Art. 19. — Le président du tribunal décidera si l’assistance judiciaire doit être accordée à la victime de l’accident.
- Art. 20, 21, 22.—Comme au projet de loi.
- Art. 23. — Seront punis d’une amende de 50 francs au moins et de 500 francs au plus, les chefs d’industrie ou leurs préposés, qui auront contrevenu aux dispositions des articles 14 et 27 de la présente loi.
- En cas de récidive dans l’année, l’amende sera élevée de 500 francs à 2 000 francs.
- L’article 463 du Code pénal est applicable aux condamnations prononcées en vertu des paragraphes précédents.
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- Art. 24, 25. — Comme au projet de loi.
- Art. 26. — Il pourra y avoir lieu, pendant cinq ans, à révision des pensions viagères, sur avis d’un médecin-expert nommé par le tribunal.
- De Vassurance. — Art. 27. — Dans toutes les industries déterminées par la présente loi, l’assurance contre les accidents du travail est obligatoire.
- L’assurance est contractée par les soins du patron. L’ouvrier ne peut être tenu de contribuer au paiement de la prime que jusqu’à concurrence du cinquième (20 p. 100), sans que le montant de la retenue correspondante puisse excéder cinq centimes par jour.
- Cette assurance devra garantir le paiement des indemnités stipulées par la présente loi.
- Art. 28. — L’assurance pourra être contractée, soit à la Caisse créée par la loi du 11 juillet 1868, soit aux Syndicats d’assurance mut'uélle prévus par la présente loi, soit aux Compagnies d’assurances approuvées par l’Etat et conformes à un règlement d’administration publique édicté à cet effet.
- Art. 29. — Indépendamment des pénalités prévues par l’article 23 de la présente loi, l’industriel qui ne se sera pas conformé à l’article 27 de cette loi, et qui, par conséquent, peut compromettre le paiement de l’indemnité à l’ouvrier en cas d’accident, par sa faute volontaire ou sa négligence, devra, en cas d’accident, payer à l’ouvrier qui en a été victime, ou à ses ayants droit, le montant total des indemnités prévues par la loi. Tl pourra être contraint de verser à la Caisse des retraites le capital nécessaire à la constitution des rentes.
- De Vassurance par les syndicats d’assurance mutuelle. — Art. 30 à 36. — Comme au projet de loi (28 à 34), sauf dans l’article 36, où le mot proportionnellement est substitué au mot solidairement.
- De l'assurance sous la garantie de l’État. — Art. 37 à 51. — Comme au projet de loi (35 à 49).
- Art. 52, 53 et 54. — Comme aux articles 50, 51 et 52 du projet de loi.
- Art. 55. — Toute convention contraire à la présente loi est nulle de plein droit.
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Sur le verre facile à travailler par M. O. Schott. — Il est reconnu que certaines variétés de verre, lorsqu’on les soumet au feu, même peu de temps, deviennent opaques et leur surface rugueuse. Certains produits de la Thuringe au contraire jouissent d’une réputation méritée, parce que les verres sortant de
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- çertaines usines de cette région supportent, sans altération et à plusieurs reprises, la fusion, le ramollissement, le soufflage et le recuit. On attribue cette propriété à l’introduction dans la masse du verre d’un sable provenant des environs du village de Martinsroda. Il était donc intéressant de connaître la composition chimique de ce sable ; M. O. Schott en donne l'analyse suivante ; le même auteur donne également, du verre fabriqué avec le sable de Martinsroda, l’analyse ci-contre :
- Sable Verre fabriqué
- de Martinsroda. avec le sable
- de Martinsroda.
- Silice 91,38 67,74
- Alumine 3,66 3,00
- Oxyde de fer 0,47 0,42
- Chaux 0,31 7,38
- Magnésie. . . . . . . » 0,26
- Oxyde de manganèse traces 0,32
- Potasse 2,99 3,38
- Acide arsénieux 0,24
- Soude 0,o0 16,01
- Totaux 99,31 98,9o
- La proportion constante d’alumine dans les sables et dans le verre est remarquable et a appelé l’attention. Pour arriver à une certitude suffisante de l’influence de cette base, on a procédé à divers essais de verre, les uns constitués avec de la silice pure et les autres fabriqués en introduisant, dans le mélange, une quantité d’alumine à peu près équivalente à celle contenue dans le sable de Martinsroda en conformité de l’analyse ci-dessus.
- En soumettant les divers verres ainsi préparés aux opérations nécessaires pour recuire les verres de lanterne, on constata qu’elles réussissaient plus aisément avec les préparations alumineuses qu'avec celles qui ne contenaient point d’alumine. Ces essais, réalisés en grand, ont conduit à ces résultats : c’est que, de fait, le mélange du feldspath ou de l’alumine communique au verre une plus grande résistance et permet un travail plus facile.
- Ce n’est pas à la présence de l’alumine seule qu’est dû exclusivement le caractère de cette résistance, puisque le cristal ordinaire jouit de propriétés semblables; il faut toutefois reconnaître que ce dernier est exposé à des modifications profondes, dues à la réduction du minium à l’état de plomb métallique, dès qu’on le maintient par inadvertance dans une flamme réductrice, ce qui n’a pas lieu pour le verre alumineux.
- L’auteur, M. Schott, attribue à l’alumine contenue dans le verre la propriété d’atténuer la volatilisation des alcalis des couches superficielles. Puisque par l’addition d’alumine, dans certaines variétés de verre, qui sont à tendance fortement cristalline, lorsqu’ils contiennent abondamment des bases terreuses, on
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- arrive à diminuer notablement ce défaut, ne pourrait-on pas admettre que l’opacité des verres soumis au feu ne dépend point de la volatilisation superficielle des alcalis, mais soit due plutôt à la tendance que le silicate double de chaux et de soude possède à cristalliser, tendance que l’alumine combattrait?
- [IJ Industriel. )
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
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- Séance du 11 janvier 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière, président.
- M. le Président prononce l’allocution suivante :
- Messieurs et chers collègues,
- C’est, pour un nouvel élu, un usage tellement établi de débuter par une profession de foi de reconnaissance et de modestie, que l’expression en est devenue un peu banale. Il m’est pourtant absolument impossible de vous l’épargner aujourd’hui.
- Ma gratitude est profonde ; car vous m’avez élevé, avec un accord qui m’est particulièrement sensible, à une dignité que je n’avais pas briguée; non que j’en méconnusse la valeur, mais bien au contraire, parce que je la plaçais trop hant pour cela.
- Quant à ma crainte de rester au-dessous de ma tâche, elle est également sincère. Et comment pourrait-il en être autrement? Lorsque je regarde en arrière, je rencontre une série de noms que je ne dirai pas intimidants, mais écrasants. C’est Ghaptal, c’est Thénard, c’est Dumas, c’est Becquerel. Ne craignez pas que je perde votre temps à vous parler des premiers. Que pourrait-on ajouter à leur gloire? Mais il y aurait au contraire une réelle ingratitude de ma part, en même temps qu’il resterait dans l’expression des sentiments de la Société une lacune que vous seriez en droit de me reprocher, si ma première pensée, en montant à ce fauteuil, n’était de témoigner ma respectueuse affection pourM. Becquerel, ainsi que la reconnaissance que lui garde la Société d’Encouragement pour les soins persévérants qu’il a pris de ses intérêts pendant une si longue période, et pour l’éclat que sa grande personnalité scientifique a contribué à jeter sur notre Compagnie.
- M. Edmond Becquerel aétédepuis 1846, c’est-à-dirependant quarante-trois ans déjà, membre du Comité des arts économiques. Vous l’avez nommé censeur en 1870, vice-président en 1876, président en 1885, à la mort de Dumas. Rapporteur Tome IV. — 88e année. 4e série. — Février 1889. 20
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- fécond et si utile dans son Comité, M. Becquerel s’est, depuis dix-neuf ans, trouvé mêlé de plus en plus directement à l’administration de notre Société; et il a pu ainsi acquérir l’expérience la plus consommée de son fonctionnement.il nous est précieux à tous de penser que son bienveillant concours ne nous laissera pas privés dans l’avenir d’une ressource aussi utile.
- Je ne surprendrai certainement aucun d’entre vous, si j’ajoute qu’àmonavis, la Société d’Encouragement ne trouvera jamais une circonstance tout à la fois plus juste vis-à-vis de l’un de ses membres, et plus honorable pour elle-même, qu’en inaugurant sur le nom respecté de M. Becquerel l’application de l’article 7 de son règlement, qui autorise le Conseil d’administration à décerner le titredVm-noraire, avec la désignation de la fonction remplie pendant trois ans au moins, à ceux des membres de son bureau qu’il en jugera dignes. Je prendrai donc personnellement l’initiative de proposer au Conseil la nomination de M. Edmond Becquerel au titre de Président honoraire de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale.
- Là ne s’arrête pas, Messieurs, la liquidation des dettes contractées par notre Société. Le bureau dont j’avais l’honneur de faire partie a été cruellement décimé dans ces derniers temps. Un hommage complet a été rendu, ou va l’être dans la prochaine séance, aux deux noms de Mangon et de Debray, et par des voix si autorisées que je n’entreprendrai certainement pas d’y rien ajouter moi-même. Mais il me reste heureusement une mission plus consolante à remplir, en exprimant à notre cher collègue M. Lavollée, aux côtés duquel je me suis trouvé si honoré de siéger pendant ces derniers temps, combien la Société tient à lui témoigner sa reconnaissance pour les longs services qu’il lui a consacrés depuis 1864, pour sa vice-présidence des trois dernières années, et pour le remarquable travail qui a été accompli par lui en qualité de rapporteur de la Commission chargée par vous de préparer la charte qui nous régit désormais. Je ne serai assurément que l’écho de la pensée du Conseil en vous proposant également, Messieurs, de décerner à M. Lavollée le titre de vice-président honoraire de la Société d’Encouragement.
- La proposition de M. le Président relative à la nomination de M. Ed. Becquerel comme président honoraire, et de M. Lavollée comme vice-président honoraire, sera soumise au Conseil réuni en comité secret.
- M. Lefebvre, rue de la Corderie, 8. — Mécanisme kilométrique à adapter aux voitures de place. (Arts mécaniques.)
- M. Badaire, directeur du Bulletin de la Brasserie française, rue Tourlaque, 4, appelle l’attention de la Société sur sa publication. [Bulletin.)
- M. Lavigne, ajusteur à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest. — Rail très solide, empêchant tout déraillement. (Arts mécaniques.)
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- M. Vanlaer, rue Marianne, 18, à Bagnolet (Seine).—Projet de régulateur applicable aux moteurs à vapeur. (Arts mécaniques.)
- M. P. de Viviès, au château de Tauriac, par Salvagnac (Tarn). — Perfectionnement des engrenages, supprimant le frottement des dents. (Arts mécaniques.)
- ' M. J.-B. Lonjon, directeur d’école communale, à la Barouillère près Saint-Étienne (Loire). — Etude sur l’agriculture et l’économie rurale du département de la Loire. (Agriculture, concours 1889.)
- M. Emile Petit, ingénieur des arts et manufactures. — Appareil nommé télégrade pour la transmission à distance de la pression d’un gaz ou d’une vapeur. (Arts économiques, concours 1889.)
- M. Chameau, ingénieur, boulevard de Pontoise, 5, à Argenteuil. — Fours de verrerie chauffés au gaz avec régénération du gaz et de l’air sans renversement des gaz. (Arts chimiques.)
- M. le docteur Paquelin, place Vendôme, 12. — Appareil propre à fournir rapidement de hautes températures pour les petits ateliers industriels. (Arts économiques, concours 1889.)
- M. Valentin Pelosse, secrétaire adjoint de la chambre de commerce de Lyon. — Etude sur l’agriculture et l’économie rurale du département du Rhône. (Agriculture, concours 1889.)
- M. A.-M. Villon, ingénieur-chimiste, rue de la Guillotière, 27, à Lyon. — Etude sur la théorie du tannage. (Arts chimiques, concours 1889.)
- : MM. Lesourd et Serpollet, rue du Gherche-Midi, 56. —Mémoire sur le générateur à production de vapeur instantanée, système Serpollet. (Arts mécaniques, concours 1889.)
- M. Maxwell-Lyte, à Londres. — Procédé pour la fabrication de la céruse. (Arts chimiques, concours 1889.)
- M. Corblin, rue Claude-Bernard, 84. — Appareil à enregistrer la pression barométrique à grande distance. (Arts économiques, concours 1889.)
- MM. Richard frères, à Paris. — 1° Mémoire sur un pyromètre destiné aux petites installations; 2° Mémoire sur un appareil permettant de transmettre à grande distance la pression d’un gaz ou d’une vapeur; 3° Transmission de la pression barométrique à distance. (Arts économiques, concours 1889.)
- M. Ralloppeau, professeur, à l’École centrale des arts et manufactures. — Etude expérimentale des propriétés physiques et mécaniques des fers fondus. (Arts chimiques, concours 1889.)
- • M. Fernand Jeannet, rue des Bourets, 16, à Suresnes (Seine). — Système d’accrochage des wagons. (Arts mécaniques, concours 1889.)
- M. Albouy,Instituteur, à Lunet, par Saint-Geniez (Aveyron). — Application de l’électricité pour éviter les accidents de chemin de fer. (Arts économiques.)
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- MM. Trenta frères, constructeurs, rue Claude-Bernard, 6, à Lyon. — Contrôle des rondes des gardes de nuit. (Arts mécaniques.)
- M. Muller, rue de Tournon, 9. — Système d’accrochage des wagons. (Arts mécaniques, concours 1889.)
- M. le Secrétaire du patronage industriel des enfants de l’ébénisterie envoie la composition du bureau pour l’année 1889, et recommande le patronage aux récompenses de la Société. (Commission des fonds.)
- M. Michel Moritz, rue du Mont-Cenis, 143. Dispositif dit démarre-tramway. — (Arts mécaniques.)
- M. Baranger, ingénieur, rue Louis-le-Grand, 3, offre, au nom de M. Louis Maicheet Cie, de se charger de l’éclairage électrique delà Société. (Commission spéciale.)
- M. Émile Ledru, rue des Gravilliers, 25. — Perfectionnements apportés au tour à portrait. (Arts mécaniques.)
- M. Mermet, quai Henri IV, 8. — Mémoire suri 'isoline, matière pouvant servir à remplacer la gutta-percha dans l’isolement des fils électriques. (Arts mécaniques, concours 1889.)
- M. Jobert, mécanicien, rue des Croisades, 10, à Plaisance. — Mémoire sur un moyen d’annoncer le passage des trains de chemins de fer. (Arts économiques, concours 1889.)
- M. Georges Lépicier, peintre, à Etrepy-sur-Saulx (Marne). — Perfectionnement aux tricycles et aux bicycles. (Arts mécaniques.)
- M. Perratone, rue Davy, 23. —Matériel de chemins de fer perfectionné. (Arts mécaniques.)
- M. P. Aymé, rue Kelier, 21. — Petit moteur destiné à un atelier de famille. (Arts mécaniques, concours 1889.)
- M. Théophile Foucault. — Procédés pour utiliser avantageusement le pétrole. (Arts économiques, concours 1889.)
- M. Georges Jacquemin, préparateur de chimie à l’école de pharmacie de Nancy. — Fabrication d’un vin et d’une eau-de-vie d’orge. (Agriculture.)
- M. Bourgoin, mécanicien, boulevard Diderot, 38. — Coussinets à galets à portées différentielles pour voitures. (Arts mécaniques.)
- M. Loyer, rue de l’Échiquier, 42. — Serrure-chaîne. (Arts mécaniques.)
- M. Ferbach, horloger, rue de Sèvres, 110. — Description d’un nouveau galvanomètre. (Arts économiques.)
- M. Ducornot, ingénieur du canal de Gignac (Charente), — présente : 1° une brochure sur la reconstitution des territoires du Midi détruits par le phylloxéra. (Agriculture.) — 2° Notice sur le chauffage. (Arts économiques.)— 3° Dessins indiquant les principaux ouvrages d’un canal d’irrigation. (Agriculture.)
- M. le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts adresse à la Société
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- les comptes rendus de la Société de la Nouvelle-Galles du Sud. (Bibliothèque.)
- M. May, conseiller honoraire de la Société marseillaise des ateliers d’aveugles, envoie une série de documents de cette Société. (Commerce.)
- M. Larpent fait hommage d’une brochure intitulée : Histoire de F invention des moyens de ralentir la vitesse des trains à l’aide de la contre-vapeur.
- M. Carré fait hommage d’une brochure intitulée : Sur des méprises judiciaires à propos de charbons à lumière fabriqués à la filière.
- Nomination de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Osmond, ingénieur, à Paris, membre à vie, présenté par M. Le Chatelier;
- . M. Vieille, ingénieur des poudres et salpêtres, à Paris, présenté par M.Le Chatelier;
- M. Henri Morin, chimiste des douanes, à Paris, présenté par M. de Luynes.
- Rapports des comités. — M. Troost, membre du Comité des arts chimiques, demande au Conseil de déclarer une vacance dans ce comité.
- Cette proposition est adoptée.
- M. Le Chatelier, au nom du Comité des arts chimiques, donne lecture d’un rapport sur un ouvrage de M. Bonnami intitulé : Fabrication et contrôle des chaux hydrauliques et ciments.
- Le Conseil décide que ce rapport sera déposé aux archives (de la Société et que, conformément aux conclusions du rapporteur, des remerciements seront adressés à M. Bonnami.
- Communications. — Utilisation des mauvais combustibles. — M. G.-Alexis Godillot fait une communication sur ses appareils réalisant la combustion méthodique.
- M. Godillot a imaginé une disposition de grille, qu’il a appelée grille-pavillon, et qui permet de brûler les déchets ligneux en réalisant la combustion méthodique. D’un autre côté, il faut brûler de très grandes quantités de ces mauvais combustibles ; ce qui nécessite une main-d’œuvre considérable et une ouverture incessante de la porte occasionnant des rentrées d’air défavorables. M. Godillot supprime ces deux inconvénients par l’adaptation à son foyer d’un mécanisme de chargement qu’il appelle l’hélice à auget croissant.
- La grille-pavillon est composée de barreaux en fonte superposés et affectant en plan la forme d’un fer à cheval. Le diamètre de ces barreaux décroît constamment de la base au sommet, de façon à donner à la grille la forme d’un demi-cône. Ils reposent les uns sur les autres par des nervures; et il ne peut ainsi rien tomber dans l’intérieur de la grille. Cette grille réalise bien la combustion méthodique : la matière se sèche, au fur et à mesure qu’elle avance dans le foyer, descend lentement la pente du pavillon, commence à brûler, et enfin achève de se consumer sur la grille horizontale.
- M. Godillot montre ensuite et explique les dessins de deux types de ses in-
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- stallations, l’un destiné aux déchets humides, copeaux, résidus de chêne à 62 p. 100 d’humidité; l’autre, aux matières sèches, copeaux de machines à raboter. Pour les combustibles humides, la grille-pavillon est logée dans un fourneau réalisant une chambre fermée, relié à la chaudière par un carneau. Cette disposition a l’avantage d’éloigner des points où se produit la combinaison des gaz, une cause de refroidissement sur le corps de la chaudière. Dans le cas des matières sèches, la trémie est éloignée du rayonnement du foyer pour éviter l’incendie de la provision de déchets.
- En résumé, les améliorations apportées par M. Godillot sont les suivantes :
- 1° Meilleur rendement en vapeur et fumivorité complète résultant de la combustion méthodique; 2° Sécurité contre les coups de feu, due à la régularité de la marche; 3° Économie de main-d’œuvre, provenant du chargement mécanique.
- On admet que la meilleure chaudière avec le meilleur charbon donne un rendement d’environ 70 p. 100. Se basant sur les chiffres consignés dans le procès-verbal de l’essai fait par M. Walther-Meunier sur des copeaux de chêne contenant 62,2 p. 100 d’humidité; admettant pour la puissance calorifique du ligneux desséché 3 800 ; M. Godillot prouve par le calcul que ses appareils donnent, dans ces conditions, un rendement de 90 p. 100. Du reste, pour mieux faire ressortir par quelques chiffres pratiques l’économie considérable que peuvent apporter les appareils, un seul exemple est cité : c’est celui de MM. Lite et Patin, dont l’économie constatée est, par jour, de 18 tonnes de charbon (près de 2 wagons).
- Avant de terminer, M. G.-Alexis Godillot annonce qu’il a réussi tout dernièrement à appliquer ses appareils aux mauvais charbons, avec le même succès obtenu pour les mauvais ligneux. Il montre le dessin de l’installation en préparation à l’Exposition de 1889, où il brûlera des fines de houille ou de coke avec un rendement, espère-t-il, bien supérieur à celui que donne le tout-venant.
- M. le Président remercie M. Godillot de son intéressante communication, qui est renvoyée an Comité des arts mécaniques.
- Chemin de fer glissant. — M. Barre, rue de Provence, 39, donne communication à la Société des perfectionnements et des additions qu’il a apportés au chemin de fer glissant à propulsion hydraulique de L.-D. Girard.
- Il rappelle brièvement les différentes phases par lesquelles a passé cette curieuse invention du célèbre hydraulicien et explique pourquoi elle n’a pu recevoir d’application jusqu’à présent.
- Examinant ensuite les trois principaux organes expérimentés par L.-D. Girard. le patin, le rail et le propulseur, M. Barre expose :
- 1° Que pour donner plus de stabilité au patin et diminuer sa dépense, il a descendu le point d’appui de la tige de suspension au-dessous du plan qui passe
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- par le centre de poussée et qu’il a augmenté les points d’interruption des rainures creusées dans les rebords ;
- 2° Qu’il a adopté pour les rails un joint à broches de guidage ne permettant le désaffleurement dans aucun sens, avec un cordon de caoutchouc assurant l’étanchéité et la dilatation des rails;
- 3° Qu’il a ajouté au propulseur une vidange automatique de la buse afin de préserver cette dernière contre les effets de la gelée, ainsi qu’un frein hydraulique intérieur pour éviter les chocs du clapet contre son siège lors de la fermeture.
- M. Barre donne également la description sommaire des organes complémentaires qu’il a ajoutés aux précédents pour permettre l’exploitation industrielle du système et qui se composent :
- a. D’un appareil formé de cylindres remplis de glycérine qui sont placés sous les wagons, et dont les tiges impriment un mouvement d’oscillation à des barres de fer creux régnant sur toute la longueur du train, pour ouvrir ou fermer les robinets de manœuvre des propulseurs. Ce mouvement se commande du ten-der au moyen d’air comprimé qu’on fait agir sur les conduites de glycérine;
- b. Des aiguilles conjuguées de tête et de queue, manœuvrées à l’avant et à l’arrière par un seul levier, et d’un avertisseur électrique assurant la concordance des deux leviers pour l’ouverture et la fermeture des propulseurs par le train, quel que soit le sens de la marche;
- c. D’amortisseurs paraboliques à chaînes flottantes et à toiles métalliques,
- destinés à détruire la puissance vive de la colonne d’eau propulsive à sa sortie de la turbine rectiligne portée par les wagons; ••
- d. D’un robinet placé sous le tender, à l’origine de la conduite d’alimentation
- des patins, se manœuvrant à la main et permettant les arrêts automatiques aux gares terminus ; * ,
- e. De papillons placés à l’entrée des patins et manœuvrés par le châssis du
- wagon, pendant la flexion des ressorts de ce dernier, de façon à régler automatiquement l’arrivée de l’eau selon la charge supportée. \
- M. Barre explique que, dans les pays tempérés, les froids d’hiver ne peuvent pas interrompre le service. A cet effet, les tuyaux et appareils de propulsion sont placés dans des coffrages en maçonnerie ou en bois, et l’eau qui y circule étant toujours la même est entretenue à une certaine température à l’origine du refoulement, c’est-à-dire dans le bâtiment des pompes. La mince couche de glace qui peut se former sur les rails après le passage d’un train est enlevée sans résistance appréciable par le train suivant.
- M. Barre termine en rappelant les propriétés inhérentes au système et indique quelques-unes de ces principales applications :
- Chemins de fer dans les pays de montagnes;
- Chemins de fer en sous-sol ;
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- RECTIFICATION, -- FÉVRIER 1889.
- Chemins de fer aériens ;
- Transport de masses d’un poids considérable et indivisible.
- M. le Président remercie M. Barre de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Système pour fusils de chasse. — M. Déchandon. arquebusier, rue de l’Heurton, 24, à Saint-Etienne, présente un système d’éjecteur automatique de cartouche, applicable aux fusils à percussion centrale, canons basculants. Depuis l’invention de Lefaucheux, le fusil dès le début se chargeait avec des douilles munies d’une broche ressortant à l’extérieur du canon qui facilitait leur extraction. Le fusil à percussion centrale remplaça avantageusement le précédent : la cartouche ne comportait plus de saillie extérieure comme la cartouche Lefaucheux ; il fallut chercher un mécanisme pratique pour son extraction de l’intérieur de l’arme. A cet effet, on munit le nouveau système de fusil d’un extracteur faisant sortir à l’extérieur de quelques millimètres la douille tirée, au moyen d’un excentrique placé à la charnière de la bascule. Mais il fallait encore retirer la douille, ainsi extraite faiblement, avec les doigts, et quelquefois se servir d’un crochet arrache-cartouche. M. Déchandon a voulu remédier à ces inconvénients par l’éjection directe et automatique de la cartouche. L’extraction s’opère, comme on l’a dit, par Teffet d’un excentrique placé autour de la goupille de la bascule. L’inventeur emploie toujours le même excentrique et le munit à ses parties latérales de deux cames sur lesquelles vient s’appuyer un fort ressort. Lorsque l’excentrique a achevé son œuvre au basculage du canon, le ressort placé en avant de la charnière, venant à presser fortement sur le plan incliné des cames, oblige brusquement l’extracteur à repousser la douille en dehors. D’après cette description sommaire, les deux cartouches seraient projectées toutes les deux, le tire-cartouche les entraînant ensemble, si un système mû par les platines du fusil ne venait arrêter l’éjection de la cartouche non tirée. L’inventeur termine en faisant manœuvrer son système d’éjecteur de cartouche devant l’assemblée.
- M. le Président remercie M. Déchandon de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- RECTIFICATION
- Dans le Bulletin de janvier 1889, page 9, ligne 8 en remontant,
- Au lieu de : et de la façade qui surmonte l’hôtel ;
- Lisez : et de la statue qui surmonte la façade de l*hôtel de la Société.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. - 23975,
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- 88e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- MARS 1889.
- BULLETIN
- D1-]
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport fait par M. Rossigneux, au nom du Comité des constructions et des beaux-arts, sur le procédé d’agrandissement a la main des dessins a l’aide des projections optiques de M. Manuel-Perier.
- Messieurs,
- Dans la séance du 9 novembre, M. Manuel-Perier a présenté à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale un procédé d’agrandissement des dessins à l’aide des projections optiques.
- M. Manuel-Perier n’est pas un nouveau venu chez nous. L’an dernier, il nous a soumis son procédé de décoration du bois et du cuir par la gravure à la pointe de feu. Notre Société lui a décerné une médaille de platine pour ce procédé, la pyrogravure.
- La nouvelle communication de M. Manuel-Perier mérite également notre attention.
- Comme pour la pyrogravure, il se sert d’instruments et de moyens connus, mais dont il a fait une application nouvelle : son procédé d’agrandissement utilise, en effet, les appareils à projections et la photographie. Aussi, Messieurs, nous n’avons pas cru devoir rédiger la partie technique du procédé sans nous entourer de renseignements exacts. Nous avons fait appel à la compétence toute spéciale de notre éminent collègue et ami M. Davanne (1). C’est d’accord avec lui que nous montrerons ce qu’il y a de nouveau et de pratique dans cette ingénieuse application.
- (1) Président du Comité d’administration et vice-président de la Société française de photographie.
- Tome IV. —
- — Mars 1889.
- 88e année. 4e série.
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- MARS 1889.
- Ce procédé a déjà reçu un très bon accueil dans les ateliers de peinture où M. Manuel-Perier a été le premier à le produire et à l’employer. Ce n’est donc pas une invention à son début que nous allons décrire, mais un système qui a fait ses preuves et que nous croyons intéressant de vulgariser pour en faire profiter l’art et l’industrie.
- Agrandissement des dessins. — Anciens procédés. — On nomme agrandissement ou grandissement, suivant le terme usité dans les ateliers, l’opération qui a pour but de reproduire en grand une petite esquisse, c’est-à-dire de la dessiner à ses dimensions définitives. Les agrandissements se font à toutes les échelles. Pour les surfaces de faible étendue, l’artiste dispose de moyens nombreux, tels que : le caoutchouc tendu, le compas de proportion, la photographie et le pantographe inventé en 1615 par M. de Marolais et perfectionné de nos jours par M. Gavard.
- Mais les agrandissements atteignent, le plus souvent, des proportions auxquelles aucun de ces moyens ne peut se prêter.
- D’ordinaire, les esquisses se font au dixième de l’exécution ; il faut même les agrandir jusqu’à trente-trois fois pour les décors de théâtre. Des travaux de pareilles dimensions ne pouvaient être exécutés qu’au moyen de la mise aux carreaux.
- Mise aux carreaux. — Ce procédé est très ancien ; on en trouve des traces sur les dessins des xvc et xvi° siècles au musée du Louvre. Voici en quoi il consiste : On trace sur l’esquisse à agrandir des lignes horizontales et verticales qui la divisent en un grand nombre de petits carrés. La surface qui doit recevoir l’agrandissement est divisée en un nombre égal de grands carreaux. Le dessinateur copie dans chaque grand carreau la partie de l’esquisse contenue dans le petit carreau correspondant.
- On comprend les lenteurs et les difficultés de ce travail. Il exige, pour une bonne exécution, une main habile; aussi, le plus souvent, n’est-il qu’une simple mise en place et non la reproduction, le fac-similé agrandi de l’esquisse.
- C’était là, cependant, le seul moyen auquel les artistes et les industriels pouvaient recourir, jusqu’au jour où M. Manuel-Perier a prouvé la possibilité d’utiliser les projections optiques pour le tracé à la main rapide et rigoureusement exact d’un dessin agrandi.
- Procédé Manuel-Perier. — Ce procédé est une application de l’optique, comme le pantographe est une application de la géométrie.
- L’idée de dessiner une projection a dû venir à l’esprit de tout le monde.
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- Elle est si naturelle qu’elle doit être contemporaine des projections elles-mêmes. Aussi se demande-t-on, tout d’abord, ce qu’il peut y avoir de nouveau dans l’application qui nous a été soumise.
- Bien certainement l’idée n’est pas nouvelle, et, comme M. Manuel-Perier l’a fait remarquer dans sa communication, elle a dû naître avec la lanterne magique, si même elle ne remonte pas à l’invention des miroirs métalliques concaves dont les magiciens de l’antiquité se servaient pour leurs évocations.
- Plus anciennement encore, on a pu songer à fixer avec un charbon l’ombre projetée par le soleil. Pline ne dit-il pas qu’une jeune fille grecque, Dibutade, dont le père était potier à Corinthe, voulant conserver les traits de son fiancé partant pour la guerre, traça son profil en suivant avec un charbon les contours de l’ombre projetée par une lampe. Le grand naturaliste de l’antiquité voit dans ce fait l’origine du dessin.
- M. Manuel-Perier a repris une idée très ancienne et se sert d’appareils certainement bien connus : le mégascope et la lanterne magique décrite par Kircher en 1675.
- L’idée existait donc et les appareils étaient connus ; mais un obstacle, qui paraissait invincible, s’opposait à l’emploi des projections pour l’agrandissement des dessins. Cet obstacle, c’est la déformation de l’image par la distorsion.
- M. Manuel-Perier a vaincu cet obstacle. Pour créer son procédé d’agrandissement des dessins à toutes les échelles et sur les plus grandes surfaces horizontales ou verticales, planes ou courbes, concaves ou convexes, voici de quelle observation il est parti :
- La déformation d’une image étendue n’est pas perceptible à l’œil dans la partie centrale d’une projection; cette déformation se perçoit et s’accentue d’autant plus que les lignes s’éloignent davantage du centre.
- Cette partie centrale serait donc utilisable. Quelles en sont les dimensions? '
- Pour s’en rendre compte, M. Manuel-Perier a projeté un verre quadrillé par centimètres. Le nombre des carrés projetés sans déformation apparente a déterminé la grandeur que ne doit pas dépasser la réduction photographique d’un dessin pour que sa projection soit utilisable en entier. Avec un objectif ordinaire de 0m,12 de foyer, l’épreuve ne doit pas dépasser 0m,04 à 0m,05 de côté. Cette dimension peut être dépassée si l’on emploie l’objectif aplanetique Steinheil.
- Les esquisses de grandes dimensions, surtout lorsqu’elles sont pâles et
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- chargées de détails, ne peuvent pas se réduire sur un verre aussi petit. Cette réduction fût-elle possible, elle manquerait de netteté et elle exigerait un recul et un éclairage puissant dont on dispose raremen t.
- Dans ces conditions, l’emploi des projections restait toujours impossible.
- M. Manuel-Perier eut alors l’idée, au lieu de réduire les dessins à d’aussi petites dimensions, d’en faire, tout au contraire, de grandes épreuves, qu’il fractionnerait et dont il ramènerait successivement chaque partie au foyer de l’appareil. Cette idée simple et pratique est la base du nouveau procédé.
- Description du procédé. — Suivant la puissance de l’éclairage, le recul dont on dispose, les dimensions et la netteté de l’esquisse, on fait de celle-ci des photographies totales ou partielles sur des verres 13/18 ou 24/30. La réduction doit ramener à 0m,04 de côté les carrés précédemment tracés sur l’esquisse. On divise en un nombre égal de carrés, de 01U,50, 1 mètre, 2 mètres, etc., suivant l’échelle de l’agrandissement, la surface sur laquelle on doit opérer.
- La projection de cette grande épreuve peut se faire à l’aide de n’importe quel appareil à projections. On dispose simplement la glissière pour permettre la mise au foyer de toutes les parties du sujet. Il n’y a plus alors qu’à faire coïncider la projection de chaque petit carré avec le grand carré correspondant. Le dessinateur (1), sans aucune crainte d’erreur, peut tracer immédiatement même à l’encre les projections successivement faites dans chaque carré. L’agrandissement sera exact dans son ensemble parce qu’il sera formé du dessin de plusieurs projections non déformées.
- Le quadrillage de l’esquisse et de la surface à dessiner n’a pour but que de déterminer des points de repère. Avec un peu d’habitude, ces quadrillages deviennent inutiles : les points de repère sont donnés par le raccordement de chaque projection fractionnée avec le dessin* tracé à l’aide de la projection précédente.
- Démonstration. — Travaux exécutés. — Dans la séance du 9 novembre, M. Manuel-Perier a fait, sous nos yeux, la projection, le tracé et le raccordement d’un dessin. Il a ainsi montré pratiquement le fonctionnement et les avantages de son système.
- Tous les appareils à projections, avons-nous dit, peuvent être employés. Ceux que M. Manuel-Perier a construits pour son usage et celui avec lequel il a opéré en séance ne se distinguent que par leuè grande simplicité et l’in-
- (1) On peut travailler deux et trois sur la même projection.
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- génieuse disposition d’une glissière mobile en tous sens et utilisable pour les épreuves de toutes dimensions. L’éclairage est donné par une lampe à pétrole ordinaire.
- C’est avec ces appareils presque rudimentaires que M. Manuel-Perier a déjà exécuté d’importants travaux pour les artistes peintres. Nous citerons entre autres :
- L’agrandissement des dessins de M. Ch. Lameire pour le tympan de la salle du Trocadéro (35 mètres X 8 mètres).
- Le Serment du Jeu de Paume, peint par M. L.-O. Merson, d’après l’esquisse au lavis de David (10 mètres X 7 mètres).
- La grande carte des Explorations modernes en Afrique, pour M. F. de Lesseps, qui a figuré à l’Exposition universelle de 1878, etc., etc.
- Ces travaux ont été exécutés par lui seul et en très peu de jours.
- Avec le seul aide de son ami, René Lacker, artiste peintre, M. Manuel-Perier a fait : •
- L’agrandissement des dessins de M. G. Boulanger pour la mairie des Gobelins (200 mètres carrés).
- Le plafond et les panneaux décoratifs de MM. Boulanger, Barrias, Lix et Clairin pour le théâtre de Monaco.
- Trois grands rideaux de théâtre, etc,, etc., et enfin :
- Sept grands panoramas (1) tant en France qu’à l’étranger.
- L’exécution de l’agrandissement, sur chacune de ces immenses toiles panoramiques, n’a pas exigé plus de trente jours. L’ensemble de leurs superficies est de 12 000 mètres carrés.
- Attestations. — M. Manuel-Perier a mis sous nos yeux de nombreuses attestations de nos plus éminents artistes :
- MM. P. Baudry. G. Boulanger, Cabanel, L. Coignet, Ch. Garnier, Gérome, Lelimann, Levasseur, Meissonier et Signol, membres de l’Inslitut.
- MM. Barrias, Bourdais, Clairin, de Neuville, Détaillé, Grévin, Lavastre jeune, Lix, L.-O. Merson et Viollet-le-Duc, etc., etc.
- Tous ces artistes, qui jusque-là n’avaient connu que la mise aux carreaux, ont été frappés par la rapidité, l’exactitude et la simplicité du nouveau procédé.
- Nous regrettons de ne pouvoir citer ici toutes ces élogieuses attestations, nous nous bornerons à donner ce passage d’une recommandation de notre regretté maître, M. G. Boulanger, membre de l’Institut :
- Je crois rendre un véritable service à mes confrères, en leur recommandant M. Manuel-
- (1) Entre autres, les deux panoramas de MM. Détaillé et de Neuville.
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- Perier, qui fait par un procédé simple des agrandissements très exacts et avec une extrême rapidité. C’est donc une économie de temps énorme sur la « mise aux carreaux » et un gros ennui de moins pour le peintre.
- Application du procédé à ïindustrie. — C’est à sa rapidité et surtout à son exactitude que le nouveau procédé a dû son adoption dans la peinture d’art. Désormais, l’artiste pouvait donner plus de soins à son esquisse, certain d’en avoir la reproduction rigoureusement exacte, ce qui était impossible avec la « mise aux carreaux ».
- Les industries d’art : vitraux, tapisseries, étoffes, tentures, etc., etc., sont aussi intéressées que la peinture à l’emploi de ce procédé. Il est regrettable qu’il ne soit pas suffisamment répandu et surtout qu’il soit souvent mal compris par beaucoup de ceux qui le pratiquent sans en bien connaître le fonctionnement. '
- Un bon agrandissement par les projections ne dépend pas, en effet, comme on le croit généralement, de la puissance d’éclairage des appareils; il dépend de l’emploi judicieux du fractionnement.
- Nous espérons que la description que nous avons donnée du système sera suffisante pour en faire comprendre et pour en faciliter l’emploi. Ce procédé peut d’ailleurs se résumer dans cette appréciation de notre collègue M. Davanne :
- Le procédé d’agrandissement de M. Manuel-Perier est très pratique et les observations sur lesquelles il l’a établi, m’ont paru nouvelles. Je ne crois pas que l’on puisse contester à M. Manuel-Perier l’invention :
- 1° üu « remplacement » des petites épreuves à projection (de 0m,10 X 0m,8o) par de grandes épreuves (13/18 ou 24/30).
- 2° Du « fractionnement » de ces épreuves et de l’emploi exclusif du centre non déformé des projections. L’ensemble de ces projections donne un agrandissement rigoureusement exact, quelle que soit son étendue.
- 3° De la « glissière mobile » qui facilite la mise successive au foyer de chaque partie de la grande épreuve photographique.
- 4° De la « chambre obscure roulante » imaginée pour dessiner, en plein jour, l’agrandissement sur les toiles circulaires panoramiques. Cette vaste chambre, renfermant un ascenseur pour l’appareil, roule sur les rails circulaires et fait successivement l’obscurité sur chaque partie de la vaste toile.
- Avant ces innovations, il est certain que l’on a souvent agrandi des portraits à l’aide d’une projection totale; mais ce n’est qu’après ces modifications profondes apportées par M. Manuel-Perier que l’on a pu obtenir des agrandissements exacts et sans limites, quelles que soient la position et la forme de la surface destinée à les recevoir.
- Dans les travaux qu’il a exécutés pour les peintres, M. Manuel-Perier opérait en leur présence et sans mystère ; mais il n’a fait jusqu’ici aucune publication de sa manière d’opérer. Sa communication et l’appel qu’il fait à
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- notre Société ont pour but de vulgariser et de bien faire connaître un procédé qu’il est heureux d’offrir à tous les artistes et à tous les industriels.
- Le patronage de notre Société, soucieuse de tout ce qui intéresse l’art et l’industrie,, ne saurait manquer à M. Manuel-Perier pour atteindre le but qu’il se propose.
- En conséquence, Messieurs, votre Commission des constructions et des beaux-arts vous propose de remercier M. Manuel-Perier de son intéressante communication et de voter l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé : Rossigneux, rapporteur.
- Approuvé en séance le 23 novembre 1888.
- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait par M. Rérard, au nom du Comité des arts chimiques, sur les papiers de sûreté et les encres présentés par M. Schlumberger, chimiste, ï, rue Bausset, à Paris.
- Messieurs,
- .J’ai déjà eu l’honneur d’entretenir le Conseil de la Société d’Encourage-ment des travaux de M. Schlumberger pour mettre le commerce et l’industrie à l’abri des tentatives des faussaires. Ces travaux, que le Conseil de la Société a appréciés et récompensés, sont poursuivis et perfectionnés par leur auteur avec une constance et un esprit de suite qui nous semblent dignes de fixer de nouveau votre bienveillance et votre approbation.
- M. Schlumberger soumet actuellement au jugement de la Société des papiers qui se fabriquent régulièrement et se vendent avec succès à un prix qui n’est que de 15 p. 100 supérieur aux prix ordinaires, et qui sont destinés à déjouer les tentatives frauduleuses (1).
- Dans la pâte de ces papiers, on a incorporé des substances susceptibles de donner une coloration sous l’action des réactifs chimiques employés par les faussaires : par exemple, du prussiate de potasse et des sels de fer
- (I) Ces papiers sont fabriqués par MM. Blanchet frères et Kléber de Rives, qui ont pris des brevets en nom collectif avec M. Schlumberger, et qui ont donné à l’inventeur le concours de leur habileté et de leur expérience.
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- qui donnent par leur réaction réciproque du bleu de Prusse. Mais cette réaction est comme suspendue dans la pâtegrâce à l’interposition d’un savon résineux qui évite tout contact entre les agents chimiques. Si l’on vient à toucher le papier avec un acide, ces agents chimiques, en s’y dissolvant à la fois, laissent apparaître une large tache bleue. Par un artifice analogue, le papier se colore en brun sous l’action des alcalis, du chlore, si bien que toutes les manœuvres des faussaires pour altérer par des réactifs le texte d’un effet se trouvent mises en évidence,que l’effet est perdu et ne peut plus être présenté.
- Si, d’un côté, les colorations produites sur les papiers peuvent déceler les manœuvres criminelles, d’un autre côté, ces mêmes réactions, préparées sur certains points du papier servant à confectionner des valeurs, peuvent être employées comme marques distinctives et fournir, à un comptable qui est au courant du secret, un moyen de reconnaître en faisant apparaître les réactions des titres vrais et les distinguer des titres faux que l’on présenterait à sa caisse. J’ai déjà indiqué certaines dispositions de ces titres à secret. M. Schlumberger s’est attaché à les perfectionner, comme il s’était attaché à perfectionner les papiers de sûreté, en donnant à la fois plus de stabilité à la matière et plus de sensibilité à la réaction, et il a réussi à faire accepter les papiers et les titres par plusieurs grandes compagnies de chemins de fer ou sociétés financières.
- Enfin, M. Schlumberger a préparé aussi des encres à écrire, à copier, à oblitérer qui résistent aux agents chimiques les plus énergiques, tels que le chlore, les acides, le permanganate de potasse et le bisulfite de soude. Les traits marqués avec ces encres se maintiennent lisibles malgré ces réactifs et en même temps changent de couleur, ce qui dévoile la tentative de falsification. Les encres à oblitérer, dont la solidité est trop souvent négligée, doivent, ainsi que l’admet fort justement M. Schlumberger, devenir, au contraire, l’objet de soins particuliers. Si un timbre-poste, par exemple, est oblitéré avec une encre que l’on peut facilement enlever, il deviendra aisé d’en faire un double ou un triple usage. Pour empêcher ces abus, M. Schlumberger a préparé des encres dont la recette, déposée sur votre bureau en pli cacheté, a été confiée à votre rapporteur. Il n’y a dans ce fait rien qui choque les usages de la Société. Vous avez toujours admis que, dans des conditions semblables, des procédés puissent rester secrets sans cesser de mériter vos encouragements.
- Les procédés imaginés par M. Schlumberger ont fixé l’intérêt de grandes
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- administrations et cette circonstance nous impose une discrétion à laquelle nous ne devons pas manquer.
- Votre Comité des arts chimiques estime qu’il y a lieu de remercier M. Schlumberger de sa très intéressante communication et de voter l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société.
- Signé : E.-P. Bérard, rapporteur.
- Approuvé en séance le 23 novembre 1888.
- ARTS ÉCONOMIQUES '
- Rapport fait par M. le colonel Sebert, au nom du Comité des arts économiques, sur un appareil a écrire a l’usage des aveugles, inventé par
- M. Costel, 16, boulevard de la Gare, à Paris.
- En dehors des appareils destinés à permettre aux aveugles de naissance d’écrire en faisant usage de caractères spéciaux, on a cherché, à l’aide de diverses méthodes, à donner aux personnes qui viennent accidentellement à perdre la vue, le moyen de continuer à écrire en caractères ordinaires à l’aide d’un style ou d’un crayon.
- Notre collègue M. Bardy a décrit, avec éloges, dans la séance du 13 avril 1888, un appareil de ce genre inventé par M. Boudard et il en a rappelé l’analogie avec celui dont faisait usage Jacques Arago.
- M. Costel, employé à la Compagnie des chemins de fer du Sud de l’Autriche, a fait présenter à la Société un appareil analogue au rectographe de M. Boudard, et qui permet d’obtenir le même résultat.
- Comme celui-ci, l’appareil de M. Costel se compose d’un petit pupitre donnant appui à la main de l’aveugle, et portant une petite fenêtre dans laquelle vient s’encadrer l’écriture et qui est munie d’un guide pour la main qui écrit.
- Mais tandis que, dans l’appareil Boudard, il y a autant de fenêtres que de lignes à tracer, de sorte que la plaque supérieure forme une sorte de grille, et que la plaque du fond sur laquelle repose le papier est légèrement creusée pour encadrer le corps des lettres, dans l’appareil Costel il n’y a qu’une seule fenêtre ménagée dans la plaque qui recouvre la feuille de papier et Tome IV. — 88e année. 4e série. — Mars 1889. 22
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- ARTS ÉCONOMIQUES. --- MARS 1889.
- c’est celle-ci qui se déplace en s’enroulant sur un petit cylindre en bois placé à la partie supérieure de l’appareil. On fait tourner ce cylindre d’un cran après avoir terminé chaque ligne.
- Malgré cette addition d’un nouvel organe, l’appareil reste simple et d’un usage commode, car le mode de fixation de la feuille de papier sur le cylindre est d’une manœuvre facile même pour une personne privée de la vue.
- L’appareil ainsi constitué a l’avantage d’être peu encombrant, de maintenir la main de la personne qui écrit toujours à la même distance du corps et de
- faire disparaître toutes difficultés pour reprendre, à la place voulue, l’écriture interrompue. Le guide qui conduit la main qui écrit est formé par une petite règle légèrement en saillie sur la planchette et qui est maintenue par deuxtenons àdistance convenable en-dessous de la fente
- Fig. 1. — Appareil à écrire pour les aveugles, par M. CosteÇ donne paSSRge aU
- crayon.
- Cette fente n’a que la largeur voulue pour la hauteur de l’écriture ordinaire. Un petit curseur, terminé par un bouton, coulisse dans la fente el sert à marquer l’endroit où s’arrête à chaque instant l’écriture, de façon à éviter d’embrouiller les lettres ; il suffit, pour cela, que l’aveugle pousse ce curseur de la main gauche, de façon à suivre le déplacement de la main droite qui écrit.
- Celle-ci est arrêtée, au bout de chaque ligne, par la rencontre de l’extrémité droite de la fenêtre.
- Il suffit alors de ramener le curseur et le crayon à l’extrémité gauche, après avoir fait tourner d’un cran le cylindre sur lequel la feuille de papier est fixée.
- La tête de ce cylindre est divisée en quatre crans, dans lesquels pénètre un léger ressort, qui assure les positions successives des lignes.
- On peut retourner la feuille et remplir le verso après avoir écrit au recto,
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- et l’appareil permet aussi, comme l’appareil Boudard, d’écrire sur feuille double.
- Il permet même d’écrire à l’encre, car le guide est construit de manière à se tenir à une certaine distance du papier pour ne pas effacer les caractères qui viennent d’être tracés. L’appareil ne donne pas à la personne qui s’en sert le précieux avantage de pouvoir se relire et se corriger, avantage qui se trouve dans l’instrument, beaucoup plus complet, imaginé par M. Mauler et sur lequel un rapport a été fait dans notre séance du 13 mai 1887.
- Mais tel qu’il est, et bien qu’il existe déjà un grand nombre d’appareils ayant le même but, il présente des avantages suffisants pour qu’il soit utile de le faire connaître.
- Le meilleur éloge que l’on en puisse faire, c’est de rappeler que M. Costel l’a fait construire pour venir en aide à un malheureux employé, son beau-frère, qui avait été frappé de cécité à l’âge de quarante ans, et qui a pu, avec son aide, reprendre son emploi et continuer à faire son travail d’écriture.
- Plusieurs personnes, récemment privées de la vue, ont déjà eu l’occasion de recourir à l’appareil de M. Costel et sont arrivées en peu de jours à écrire lisiblement, et même à l’encre, avec son aide. L’appareil peut, d’ailleurs, être construit à peu de frais et luvré au commerce au prix de 13 à 20 francs.
- En présence des services que peut rendre cette invention, dans des cas malheureusement trop nombreux, votre Comité vous propose de remercier M. Costel de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin avec un dessin représentant l’appareil dont il s’agit. *
- Signé : Colonel Sebert, rapporteur.
- Approuvé en séance le 23 novembre 1888.
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- Rapport fait par M. J. Carpentier, au nom du Comité des arts économiques, sur le télégraphe multiple de Mme Vve Meyer.
- Dans la séance publique du [13 avril 1888, les membres du Conseil ont pu remarquer des appareils télégraphiques qui avaient été déposés dans la salle, pour être soumis à l’appréciation de la Société d’Encquragement.
- Ces appareils représentaient la réalisation d’un système imaginé par un
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- télégraphiste, M. Meyer, auquel d’importants travaux ont fait un nom parmi les inventeurs. M. Meyer, auteur d’un télégraphe autographique et d’un télégraphe multiple, est mort avant d’avoir pu donner un corps à ses dernières conceptions, et c’est sa veuve qui, à l’aide des documents laissés par lui, et au prix de lourds sacrifices, a réussi à mettre au jour l’œuvre du défunt.
- Le système a été breveté par Mme Meyer sous le nom de système d’appareil télégraphique automatique universel.
- Ainsi que cette dénomination l’indique, la transmission se fait à l’aide de bandes perforées. Un composteur spécial permet d’exécuter la composition préalable, en petits trous circulaires disposés sur deux lignes d’après les combinaisons de l’alphabet Morse lui-même. Mais, outre les perforations qu’il produit, le composteur inscrit à l’encre, sur la bande, des signaux transversaux tantôt pleins, tantôt déliés, destinés à réaliser une écriture plus facile encore que les perforations à lire pour les télégraphistes habitués au Morse.
- Mais le point caractérique du système se trouve dans le récepteur : ce récepteur, en effet, est combiné de manière à donner une bande identique à la bande de transmission, c’est-à-dire portant, à côté de signaux encrés, des trous perforés, de telle sorte que la bande reçue puisse d’emblée, et sans aucune autre préparation, servir pour une réexpédition.
- Les organes nécessaires à la constitution du système sont, en nature et en nombre, faciles à concevoir. Il n’entre pas dans le cadre de ce rapport de décrire le détail des dispositifs adoptés. Chacun de ces dispositifs pris à part se retrouverait, à peu de chose près, dans quelque appareil déjà connu : ce qu’il convient spécialement de signaler, c’est le groupement des organes.
- Nous avons parlé de composteur. On peut se demander s’il était bien nécessaire d’accompagner les perforations d’une deuxième série de signaux encrés, qui ne reproduisent l’écriture Morse qu’à la différence près d’une nouvelle convention. Il semble que la lecture des perforations elles-mêmes ne demanderait pas un apprentissage plus long. Cette réserve posée, il faut reconnaître que le traceur fonctionne d’une manière satisfaisante.
- Pour l’expédition, un moteur d’horlogerie, muni d’un régulateur, tire la bande. Le transmetteur se compose essentiellement de deux petits balais en fils métalliques fins qui traînent sur la bande et prennent contact, à travers le papier, sur des pièces également métalliques, dès qu’un [trou vient le leur permettre.
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- Examinons maintenant la réception. Le récepteur rappelle exactement le composteur : seulement, au lieu d’être actionné à la main, il est actionné par deux électro-aimants qui obéissent aux ordres venus de la ligne. Bien que, en principe, les courants de transmission puissent sembler bons à utiliser directement pour commander ces électros, il est presque inutile de dire que ces courants sont tout à fait insuffisants pour produire un travail mécanique notable. On est donc obligé de recourir à l’emploi d’un relais et d’une pile locale. En ce qui concerne l’entraînement de la bande de réception, il se fait à l’aide d’un moteur d’horlogerie, comme celui de la bande d’expédition. D’ailleurs, comme chaque poste comporte un transmetteur et un récepteur, ces deux appareils, tout à fait distincts dans leur fonction, empruntent, par raison d’économie, le mouvement qui leur est nécessaire au même moteur d’horlogerie. Il n’y a à cela aucun inconvénient.
- Quand il s’agit d’apprécier des appareils télégraphiques, aucun examen ne vaut l’épreuve de la mise en ligne. Les appareils de Mme Meyer ont été expérimentés dans les bureaux de l’administration, et la commission consultative des postes et des télégraphes a eu à fournir son avis sur leur adoption.
- Les expériences faites, bien entendu, en dehors du service régulier, ont donné de bons résultats; les appareils ont rendu ce qu’en attendait Mme Meyer elle-même, et ont mérité d’être placés dans un rang intermédiaire entre le Morse et le Hughes.
- La commission néanmoins s’est prononcée contre l’adoption du système, parce que son économie même est en discordance avec les exigences du service sur notre territoire. Il faut noter, du reste, que l’adoption d’un type nouveau d’appareils, entraînant de grandes modifications dans le matériel, ne peut se justifier que par des avantages tout à fait exceptionnels qui ne se rencontrent pas dans l’espèce.
- La commission a signalé, d’autre part, qu’à son avis le système trouverait une heureuse application sur les longues lignes terrestres desservant l’extrême Orient.
- Au point de vue de la construction, les appareils, tout en réclamant certains perfectionnements, témoignent d’une étude très consciencieuse. Les points qui restent à améliorer sont principalement : l’évacuation des déhou-chures du papier, et la commande des poinçons du récepteur qui exige actuellement l’emploi d’une pile locale beaucoup trop considérable. Mais ce sont là des difficultés dont triomphe une patiente recherche, comme celle dont on voit la marque dans le travail que nous avons eu à examiner. ’
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- Avant de conclure, il est nécessaire de signaler que l’idée d’un récepteur télégraphique perforateur n’est pas nouvelle : elle appartient au domaine public. Néanmoins l’ensemble présenté par Mme Vve Meyer fournit une application très digne d’intérêt, une application non pas théorique, mais réalisée et presque sanctionnée.
- En conséquence, le Comité des arts économiques, regrettant de ne pouvoir adresser ses encouragements à l’inventeur, et rendant hommage au bel exemple qu’a donné sa veuve en poursuivant l’achèvement du travail interrompu par le mort, propose de remercier Mme Vve Meyer de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé : J. Carpentier, rapporteur.
- Approuvé en séance le 14 décembre 1888.
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- Rapport fait par M. Risler, au nom du Comité d’agriculture, sur une étude
- SUR LES VIGNES AMÉRICAINES DANS l’AüDE, par M. ROUSSEAU. •
- Le livre que nous envoie M. Rousseau, inspecteur des forêts à Carcassonne, ne répond pas à la définition du prix pour lequel il concourt, définition qui est « la meilleure description de l’agriculture d’une région ou d’un département de la France ». C’est une Etude sur les vignes américaines dans l’Aude. Mais c’est un travail qui a de grands mérites et qui peut être utile, non seulement à l’Aude, mais à tous les départements qui cherchent à reconstituer par les plants américains leurs vignobles détruits par le phylloxéra. Cette reconstitution fait de grands progrès. Mais elle échoue dans certains terrains et il importe de trouver les causes de ces échecs et les moyens de les prévenir.
- M. Rousseau a parcouru la plus grande partie du département de l’Aude, et il décrit les essais de reconstitution de vignes qu’il y a observés. Ses descriptions ont d’autant plus de valeur qu’elles reposent sur une eonnais-naissance parfaite de la géologie du pays.
- Le Riparia, dit-il, convient très bien aux terres franches profondes, friables et riches, déposées sous formes d’alluvions par les torrents et les rivières, mais il souffre de la chlorose dans les terrains compacts et imper-
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- méables qui sont les plus abondants dans l’Aude. Dans ces terrains, le Jac-quez réussit beaucoup mieux. Dans tous les cas, il faut les défoncer énergiquement jusqu’à 35 ou 40 centimètres; une profondeur de 60 à 80 centimètres vaudrait encore mieux ; on y arrive par les charrues à vapeur. De plus, comme les plants américains ont un développement de racines considérables, il faut les planter à 2 mètres d’écartement en tous sens ou à 3 mètres dans une direction et lm,50 à lm,75 dans l’autre.
- Le Jacquez peut servir de producteur direct. Mais il peut, aussi bien que les Riparia, être greffé en vieux plants français, Aramon, Carignan, Terret-noir, Petit-Bouschet, ou en hybrides, tels que l’Alicante-Henri-Bouschet.
- Je ne cite que quelques-uns des principaux résultats de l’enquête faite par M. Rousseau.
- Le volume entier mérite d’être lu avec attention par tous les viticulteurs qui se préoccupent de la question si importante de l’adaptation des plants américains aux divers sols.
- Le Comité propose de remercier M. Rousseau de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : Risler, rapporteur.
- Approuvé en séance le 14 décembre 1888.
- CHIMIE
- SUR LA COMPOSITION UES ALLIAGES MONÉTAIRES ; PAR M. EUG. PELIGOT, MEMBRE DE L’iNSTITUT, DIRECTEUR HONORAIRE DES ESSAIS DE l’aDxMINISTRATION DES MONNAIES ET MÉDAILLES (1).
- Les alliages d’or et de cuivre, d’argent et de cuivre qui servent à fabriquer les monnaies, les médailles, les bijoux, les pièces d’orfèvrerie, etc., sont-ils des composés chimiques homogènes, ou bien des mélanges existant dans des proportions variables, malgré le soin qu’on apporte à brasser les matières fondues avant de les verser dans la lingotière? Cette question intéresse au plus haut degré l’art de l’essayeur et par conséquent le commerce et l’emploi des métaux précieux.
- (1) Extrait des mémoires publiés par la Société philomathique à l’occasion du centenaire de sa fondation en 1888.
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- En ce qui concerne les alliages d’argent et de cuivre, elle a été l’objet de nombreuses recherches. Les travaux de d’Arcet en 1824, de Merckleim, à la Monnaie de Strasbourg en 1834, de Levol en 1852 et en 1854, de Chandler Roberts, chimiste de la Monnaie de Londres en 1878, etc., ont établi que les lingots d’argent et de cuivre ne sont pas homogènes dans leurs différentes parties. Néanmoins, en comparant l’essai fait à la goutte sur un alliage contenant 718,9 d’argent et 281,1 de cuivre aux essais exécutés sur des parcelles détachées de lingots au même titre, coulés soit dans un moule cubique, soit dans un moule sphérique, Levol a admis l’existence d’un alliage homogène, qu’il considère comme une combinaison définie formée de 3éq d’argent et de 4*q de cuivre. Les autres alliages seraient des mélanges de ce composé avec des excès variables de l’un des deux métaux employés (1).
- Les résultats obtenus par Levol et les conséquences qu’il en déduit ont été, en partie, contestés par M. Chandler Roberts (2). En prenant comme point de départ les expériences faites en 1860 par Matthiessen sur les conductibilités électriques, cet habile chimiste a mis en doute l’existence de l’alliage homogène de Levol. Ce doute lui fut confirmé par les expériences qu’il fît pour déterminer le point de fusion des alliages d’argent et de cuivre. En représentant par une courbe ce point de fusion, il constata que celle-ci s’abaisse rapidement du point de fusion de l’argent pur à celui de l’alliage à de fin (qui est celui des monnaies anglaises) ; il supposait que l’alliage de Levol était celui dont le point de fusion devait être le moins élevé, tandis que l’expérience démontre que l’alliage au titre de fond à une température plus basse. Celui-ci correspond à la formule AgCu.
- Ce dernier alliage avait aussi présenté des particularités de conductibilité électrique qui l’avaient signalé à Matthiessen comme devant avoir une constitution moléculaire particulière.
- La liquation sur les alliages d’argent et de cuivre serait due à l’inégalité du refroidissement de la masse métallique. Les effets ne paraissent pas dépendre de la densité relative des métaux en fusion.
- D’une manière générale, on peut admettre, d’après les expériences nombreuses exécutées à diverses époques, à la Monnaie de Paris, par Rréant, Pelouze, Levol et moi-même, que les lingots à haut titre, à partir de de fin, sont plus riches au centre qu’à leur périphérie : l’effet inverse se pro-
- (!) Annales de Chimie et clé Physique, 3e série, t. XXXVI.
- (2) Ibid., oc série, t. XIII.
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- Titres d’échantillons pris dans une bande d’alliage d’argent monétaire.
- duit pour les lingots à bas titre. Pour l’alliage monétaire à la goutte étant au titre de le centre supérieur a donné à Levol -®-, tandis que la partie inférieure était deCes différences se font même sentir dans les lames amenées à l’épaisseur voulue pour le découpage des rondelles ou flans monétaires. Ces lames, qui proviennent de barres coulées dans des lingo-tières verticales en fer, fournissent habituellement quarante flans pour les pièces de 5 francs. Le flan n° 1, pris à la partie supérieure de la lame, étant à -^p, le flan n° 40 est à De plus, j’ai constaté qu’en découpant, au moyen d’une scie, des bandes d’une lame ayant donné le titre de ^r, la bande centrale est au titre de-^-, tandis que les bords sont à ainsi que le représente la fîg. 1. •
- Aussi, pour avoir le titre moyen d’une pièce de cinq francs, il est nécessaire d’en faire l’essai
- en opérant sur une dou- iMMiMii892'
- zaine de rondelles prélevées à l’emporte-pièce. Pelouze a fixé, par des expériences très précises, le poids que doivent avoir ces rondelles et la place à laquelle elles doivent être prises pour obtenir le titre vrai de la pièce, c’est-à-dire celui qu’on aurait en analysant la pièce entière.
- D’après les expériences de M. Chandler Roberts, on obtient des résultats différents selon que le refroidissement de la masse est lent ou rapide. Ainsi un lingot sous forme de cube, refroidi rapidement, a donné pour le centre un titre plus élevé de ^ que pour les parties extérieures, tandis que le même alliage refroidi lentement n’a présenté dans ses différentes parties qu’une différence- de L’alliage monétaire, sous forme de cube, à-^jg-, accuse une différence de entre le centre et les angles, étant refroidi rapidement, et de si le refroidissement est lent. 11 ne paraît pas possible d’expliquer, quant à présent, la cause de ces variations.
- Quoiqu’il en soit, la détermination du titre d’un lingot d’argent présente de sérieuses difficultés en raison du choix de la place à laquelle il convient de faire la prise pour l’essai. Alors même qu’on connaît approximativement la composition de la masse, il n’est pas possible de fixer cette place avec certitude. Le seul mode d’opérer pour avoir le titre moyen consiste à faire l’essai à la goutte, c’est-à-dire sur une grenaille obtenue en versant dans Tome IV. — 88e année. 4e série. — Mars 1889. 23
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- l’eau une petite quantité de métal fondu. Mais cette manière de procéder ne peut s’employer que dans des conditions exceptionnelles : il entraîne à des frais et à des pertes de temps considérables. Aussi les Administrations monétaires n’acceptent guère que des lingots d’argent à titre très élevé, supérieur à de fin, pour lesquels la liquation est à peu près nulle.
- Alliages d’or et de enivre. Les mêmes prescriptions existent pour les matières d’or. Elles sont loin, néanmoins, d’avoir la même importance. Les alliages d’or sont-ils, comme ceux d’argent, soumis aux effets de la liquation? Cette question l étant pas encore résolue avec une entière certitude, il ne m’a pas paru superflu de la soumettre à un nouvel examen.
- Des expériences nombreuses sur les alliages d’or, d’argent, etc., ont été faites à la fin du siècle dernier à la Monnaie de Londres ; elles sont décrites avec détail dans un Travail entrepris par Cavendish et Hatchett sur l’invitation d’une grande Commission nommée en 1798 pour s’occuper de l’état des monnaies (1). Pour les alliages monétaires, c’est an moyen de la balance hydrostatique qu’on déterminait la densité des diverses parties de lingots d’or ou d’argent. Les résultats fournis par cette balance sont bien loin de démontrer que les alliages d’or et de cuivre sont homogènes. La pesanteur spécifique a varié pour le même alliage entre 17,372 et 16,979. Un lingot d’or amené par le cuivre pur au titre des monnaies anglaises a donné 18,492 pour le bout supérieur et 16,659 pour le bout inférieur. Dans une autre expérience, deux morceaux essayés par Bingley, essayeur royal, ont accusé le même titre; la pesanteur spécifique a été trouvée égale à 17,035 pour le bout supérieur, et 17,364 pour le morceau inférieur.
- Bien que les travaux de cette Commission soient intéressants sous d’autres rapports, notamment en ce qui concerne le frai des monnaies, on peut considérer comme non avenues les déterminations que la balance hydrostatique donnait à cette époque.
- Les seules expériences précises sur l’état plus ou moins homogène des alliages d’or et de cuivre sont dues à Levol : elles sont consignées dans le travail qu’il a publié en 1853. Il a analysé six alliages qu’il a produits dans des proportions atomiques. Tous ces alliages, dit-il, ont été reconnus homogènes par les essais qui ont été faits tant à leur superficie qu’intérieurement.
- (1) Expériences et observations sur les différents alliages de l’or, leur pesanteur spécifique et leurs propriétés comparées par rapport au frai comme monnaie. Par Ch. Hatchett, écuyer, membre de la Société royale de Londres, an XII (1804).
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- Levol ne donne pas le détail de ses expériences. Nous savons néanmoins qu’il n’avait à sa disposition qu’une petite quantité de métal précieux. Il insiste sur la nécessité « de se mettre en garde contre deux circonstances assez difficiles à écarter complètement : l’oxydation d’une part et de l’autre le peu de tendance qu’ont les deux métaux à s’allier, surtout pour les matières à bas titre, dont la fonte et le brassage doivent être exécutés à diverses reprises ».
- « L’oxydation, ajoute-t-il, paraît avoir une influence considérable, dont l’effet consiste dans l’impossibilité presque absolue d’obtenir dans une masse d’or, même légèrement oxydée, un titre uniforme sur la périphérie des sphères, tellement qu’alors on peut trouver des différences de plusieurs millièmes entre des parties diamétralement opposées d’une même zone. J’ai remarqué, pendant la solidification de l’alliage d’or et de cuivre oxydé, que les parties les plus altérées sont expulsées des parties centrales vers la superficie ; mais cette élimination est très capricieuse, parce qu’elle se trouve soumise à des influences bien difficiles à maîtriser. »
- En présence de ces divers résultats, j’ai dû saisir récemment l’occasion de soumettre à un examen attentif un lingot au titre de d’or, de forme et de poids commerciaux, versé au change de la Monnaie de Paris. Ce lingot pesait 6ks,303. Il est assez rare qu’un chimiste ou un essayeur ait le temps et la faculté de soumettre à des essais multipliés une masse d’or représentant une valeur d’une vingtaine de mille francs. Un écart de de millième existait entre le titre accusé par le commerce et celui trouvé par les laboratoires d’entrée et de sortie de l’administration des Monnaies. Cet écart devait-il être attribué à l’état peu homogène de la matière ou bien à des essais manquant de la précision habituelle? On sait que le mode d’essai des matières d’or donne le titre vrai à^sr ou -rarPrès. Cette approximation est celle que fournit la balance à or, dont la sensibilité est réglée à raison de -f de milligramme.
- On a fait le prélèvement de six peuilles aux endroits indiqués par la figure 2.
- Chacune des peuilles a été essayée en double par un essayeur très expéri-
- ;. 2. — Prises d’échantillons sur un lingot d’alliage d’or monétaire.
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- mente, M. Desmarais, et par moi : les douze essais se sont parfaitement accordés , ils ont tous accusé le même titre dans les limites de l’écart indiquées ci-dessus. Ils confirment les résultats constatés antérieurement par Levol.
- On peut admettre, en conséquence, que les alliages d’or et de cuivre son! homogènes. Ce fait se trouve d’ailleurs confirmé par les expériences exécutées par M. Chandler Roberts sur la densité de divers alliages, déterminée par des procédés beaucoup plus précis que ceux de Hatchett. En opérant sur des flans, il a constaté que les densités moyennes trouvées expérimentalement concordent avec les nombres donnés par le calcul; ce qui permet de supposer qu’il n’y a pas changement de volume par suite de l’alliage des deux métaux et de déduire le titre des monnaies d’or de leur densité. Cette méthode, dit M. Roberts, permet de vérifier rapidement la valeur d’une quantité considérable de pièces d’or sans les détruire, ce qui peut être d’un certain intérêt, en Angleterre, pour la vérification des deniers de boîtes. Ce procédé n’est pas d’une aussi grande exactitude lorsqu’il s’agit de déterminer le titre d’une seule pièce, les causes d’erreurs ayant beaucoup plus d’importance pour les petites masses que pour les grandes.
- La possibilité de déterminer le titre par la densité avait déjà été discutée avec une grande compétence, par M. le Dr Rroch, de Christiania, directeur du Rureau international des poids et mesures. D’après M. Rroch, l’erreur probable d’une seule observation sur un poids de 90sr environ peut être de ± 0,0014, correspondant à une erreur de -niw- On pourrait, en conséquence, déterminer la différence de titre de deux masses de monnaies d’or avec cette approximation en les pesant successivement dans l’air et dans l’eau. La présence dans ces alliages de métaux autres que l’or et le cuivre aurait peu d’influence sur le résultat, pourvu que leur densité ne différât pas sensiblement de celle du cuivre.
- La nécessité d’employer une quantité de matière cent quatre-vingts fois plus grande que celle qui sert aux essais ordinaires limite beaucoup l’adoption delà balance hydrostatique dans ces conditions. Mais les résultats observés par M. Rroch et par M. Chandler Roberts viennent à l’appui des conclusions de cette étude sur l’homogénéité des alliages d’or et de cuivre.
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- RAPPORT DE LA COMMISSION DES PONTS SUR LE DANUBE; DEMANDE D’AVIS DU GOUVERNEMENT ROUMAIN (l). '
- Exposé. — Pour relier le chemin de fer construit entre la ville de Cernavoda, sur le Danube, et la ville de Constantza, sur la mer NoiTe, avec le chemin de fer en construction de Bucarest à Cernavoda, deux grands ponts à voie unique avec tabliers métalliques sont projetés sur les deux bras du Danube, un peu en aval de la gare de Cernavoda, située sur la rive droite du fleuve.
- Yoici les dispositions principales arrêtées par les ingénieurs roumains pour ce qui concerne la partie métallique :
- Le pont sur le bras principal aura une ouverture libre de 660 mètres divisée en quatre travées indépendantes de 165 mètres chacune.
- Le point le plus bas du tablier devra se trouver à 30 mètres au-dessus du niveau des plus hautes eaux.
- Le pont sur le bras de la Borcea aura une ouverture libre de 495 mètres divisée de même en trois travées de 165 mètres chacune.
- Le point le plus bas du tablier devra se trouver à 11 mètres au-dessus du niveau des plus hautes eaux.
- Les tabliers des deux ponts seront horizontaux et en alignement droit.
- Chaque travée comportera deux poutres métalliques à semelle inférieure droite et à semelle supérieure semi-parabolique. L’intervalle libre entre les deux poutres sera au minimum de 4 mètres. Le contreventement des deux poutres devra laisser une hauteur libre minimum de 5 mètres au-dessus des rails, pour le passage des machines.
- Chacun de ces ponts sera suivi, sur bile comprise entre les deux bras du Danube, d’un viaduc métallique à voie unique destiné à raccorder le niveau de la voie des ponts avec celui de la plate-forme générale du chemin de fer. Ces deux viaducs comprendront ensemble 52 travées indépendantes de 50 mètres d’ouverture, présentant une pente générale de 10 millimètres par mètre.
- Chaque travée comportera deux poutres droites à semelles parallèles, supportant le tabliér à leur partie supérieure. L’écartement d’axe en axe des poutres principales est fixé à 4 mètres.
- On voit, en résumé, que la partie métallique de l’ensemble de l’ouvrage comprendra 7 travées indépendantes de 165 mètres d’ouverture, et 52 travées indé pendantes de 50 mètres d’ouverture.
- (1) Extrait des Annales des Ponts et Chaussées. ,
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- PONTS MÉTALLIQUES. ---- MARS 1889.
- Toutes les dispositions du projet ont été élaborées par le ministère des Travaux publics à Bucarest. Mais les avis des ingénieurs roumains ont été partagés sur la préférence qu’il y aurait à donner à l’emploi du fei• ou de Y acier doux Siemens-Martin pour la partie métallique, et le gouvernement roumain, en présence du désaccord de ses ingénieurs sur ce point essentiel, a consulté les ingénieurs français, plus familiers, dit la dépêche officielle, avec ces questions et plus compétents en pareille matière.
- Avis demandé au Conseil général des Ponts et Chaussées. — Voici en quels termes M. le Ministre des Travaux publics a saisi le Conseil général des Ponts et Chaussées, par une lettre adressée à son président, de la demande faite par le gouvernement roumain :
- « M. le Ministre de Roumanie, à Paris, a demandé, au nom de son gouvernement, que le Conseil général des Ponts et Chaussées soit officiellement consulté et appelé à formuler un avis motivé sur la préférence qu’il y aurait à donner à Y emploi du fer ou de Y acier Siemens-Martin pour le revêtement métallique d’un grand pont projeté sur le Danube. Je vous serais obligé de soumettre à l’examen du Conseil général dès Ponts et Chaussées le point spécial indiqué par M. Flou-rens, et de me faire connaître, le plus tôt possible, l’avis émis à ce sujet. »
- Commission nommée par le Conseil. — Une Commission (1) désignée par le Conseil, dans sa séance du 25 juillet 1887, s’est aussitôt mise à l’œuvre et elle vient aujourd’hui rendre compte du résultat de ses travaux, en présentant un avis motivé sur le point spécial soumis à son examen, c’est-à-dire sur la question de savoir si pour des poutres de 165 mètres et de 50 mètres d’ouverture, remplissant les conditions rappelées en tête de ce rapport, il est préférable d’employer le fer ou Y acier doux Siemens-Martin.
- Premiers essais de l’acier. — La Commission rappellera d’abord, en quelques mots, les premières tentatives faites pour substituer l’acier au fer. Ces premières tentatives, il faut le reconnaître, ont été désastreuses.
- Marine anglaise. — L’emploi de l’acier dans les constructions navales a été essayé en Angleterre vers 1860. Les aciers mis en œuvre offraient une grande résistance à la traction, mais ils manquaient de ductilité, lia fallu quinze ans de persévérance pour obtenir de bons résultats. La cause des insuccès résidait principalement dans le manque d’homogénéité et dans le travail défectueux des matières employées.
- Essais de chaudières en acier. — Vers la même époque, l’essai des tôles d’acier pour la fabrication des chaudières donnait lieu aux mêmes déceptions. La Commission peut citer l’exemple de 12 chaudières de locomotives construites en 1872 qui paraissaient en parfait état à la sortie des ateliers et sur lesquelles on constata
- (1) Cette Commission est ainsi composée : MM.. Robaglia, président ; Guillemain, desOrgeries, Prompt; Ricour, rapporteur.
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- bientôt des ruptures spontanées. Il fallut mettre au rebut les chaudières presque neuves et revenir aux tôles de fer.
- Cependant, aujourd’hui en France, la tôle d’acier est employée avec toute sécurité pour les chaudières des bateaux et il en est de même en Amérique pour les chaudières des locomotives. C’est que l'expérience a fait connaître, comme la Commission l’indiquera plus loin, les qualités spéciales qu’il faut demander au mode de fabrication et les soins spéciaux qu’exige la mise en œuvre à l’atelier.
- Expériences faites en Hollande. — Enfin, un exemple souvent cité est celui des expériences faites en 1877, en Hollande, sur des longerons rivés à la suite desquelles l’emploi de l’acier a été abandonné dans ce pays.
- Causes de Vinsuccès. — La Commission, après s’être rendu compte des conditions dans lesquelles ces expériences ont eu lieu, en attribue l’insuccès princi. paiement à la dureté et au manque d’homogénéité des matières; ainsi, des barrettes prélevées sur les tôles ont donné des résistances à la rupture comprises entre 46 et 76 kilogrammes par millimètre carré; les allongements ont varié entre 5 et 21 p. 100. A l’épreuve, les cornières et les semelles des longerons ont subi des ruptures successives qui ont commencé à se produire sous des charges très faibles.
- Des expériences analogues, faites récemment à l’usine des Batignolles, mais avec des aciers homogènes, ont donné des résultats absolument différents.
- Homogénéité et ductilité. — Ces premières indications mettent en évidence l’influence capitale de l’homogénéité et de la ductilité sur la manière dont se comportent les aciers dans les constructions.
- État actuel de la question. — Depuis que l’emploi de l’acier s’est étendu, les procédés de fabrication se sont perfectionnés, les propriétés spéciales de cette matière sont mieux connues, le travail qu’on lui fait subir à l’atelier s’est plié aux précautions minutieuses qu’exigent la manutention, le dressage, le planage, l’ajustage en général et particulièrement le rivetage.
- Prix comparatif du fer et de l’acier. — En même temps l’écart entre les prix des aciers et des fers a diminué et cet écart, qui tend de plus en plus à s’effacer, n’est plus aujourd’hui que de 10 p. 100 environ avant le travail à l’atelier.
- Sécurité. Diminution de poids. Économie en argent. — D’autre part, les résultats obtenus tant en France qu’à l’étranger, soit dans les constructions navales, soit dans les constructions civiles, démontrent que, dans un grand nombre de cas, l’acier de bonne qualité peut être substitué avec toute sécurité au fer, et qu’il résulte de cette substitution, outre une diminution de poids qui est souvent avantageuse, une économie dans les dépenses qui l’est toujours. La Commission donne, dans une annexe à ce rapport, de nombreux renseignements qui confirment cette manière de voir.
- Cahier des charges de la marine française. — C’est à la marine française que
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- revient l’honneur d’avoir la première établi d’une manière rationnelle les qualités spéciales qu’il convient de demander à l’acier pour l’exécution des grands travaux et d’avoir posé des règles pratiques et précises pour constater expérimentalement l’existence de ces qualités dans les produits des usines. C’est elle aussi qui, la première, a construit en acier, avec plein succès, les bâtiments de guerre.
- Coques de navires et 'poutres de ponts. — Les coques en acier des grands navires sont assimilables à des poutres de ponts; elles sont exposées à des efforts analogues pendant les tempêtes, tantôt portées par leurs extrémités sur deux vagues, tantôt soulevées par leur milieu. Elles sont exposées aussi à des chocs de toute nature d’une extrême violence.
- L’acier, à tous ces points de vue, a fait ses preuves; aussi son emploi va sans cesse progressant.
- Travées de 165 mètres [acier). — Examinant le point spécial sur lequel elle est appelée à donner son avis, à savoir la préférence qu’il y aurait à donner à Xemploi du fer ou de l'acier Siemens-Martin pour les tabliers métalliques des travées de 165 mètres et de 50 mètres des ponts du Danube, tels qu’ils sont décrits par l’administration roumaine, la Commission estime que, pour les travées de 165 mètres,il y a lieu de donner la préférence à T acier Siemens-Martin. Outre l’économie en argent que procurera l’emploi de l’acier, le levage sera rendu plus facile par suite de la diminution d’environ 40 p. 100 du poids des poutres, et les piles, dont les fondations sont particulièrement difficiles sur un fond peu consistant, auront à supporter une moindre charge.
- Travées de 50 mètres [acier ou fer). — Les avantages de la substitution de l’acier au fer, qui viennent d’être indiqués, — économie en argent, levage plus facile, piles moins chargées, — deviennent de moins en moins importants à mesure que l’ouverture des travées diminue; pour des travées de 50 mètres de portée, la diminution de poids, 20 à 25 p. 100 environ, n’est pas assez prononcée pour qu’il y ait nécessairement économie en argent dans les conditions où se présentent actuellement les prix comparatifs du fer ou de l’acier, lesquels peuvent être influencés par des circonstances qui échappent à la Commission, telles
- que la proximité plus ou moins grande des usines, leur outillage spécial, etc.
- La Commission est en conséquence d’avis qu’il n’y a pas lieu d’imposer l’emploi de l’acier pour les travées de 50 mètres, qu’il convient au contraire de laisser la liberté du choix aux usines qui concourront à l’adjudication.
- Qualités de l’acier. — Les avis de la Commission supposent que Y acier Siemens-Martin sera soumis à des conditions de réception qu’il définit ainsi :
- Forme des barrettes d’épreuve. Allongement minimum. — On découpera des barrettes dans un certain nombre de feuilles de tôles ou de cornières prises au hasard dans chaque livraison. Ces barrettes seront façonnées de manière à avoir
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- pour section un rectangle dont le petit côté aura l’épaisseur de la tôle ou de la cornière et dont le grand côté aura 30 millimètres.
- La longueur de la partie prismatique soumise à la traction sera toujours exactement de 200 millimètres et délimitée par deux coups de pointeau à partir desquels il y aura un congé de raccordement avec les têtes de telle sorte que la rupture ait toujours lieu en dedans des coups de pointeau.
- Dans aucun cas les barrettes ne devront être recuites.
- Les barrettes ainsi préparées devront remplir les conditions suivantes :
- La charge de rupture par millimètre carré devra être en moyenne au moins de 45 kilogrammes sans pouvoir descendre au-dessous de 42 kilogrammes.
- L’allongement correspondant à la limite de rupture sera au minimum de
- 21 p.100.
- Pour aucune pièce, la somme des nombres donnant la charge de rupture et l’allongement ne devra être inférieure à 65.
- Pour les tôles, les barrettes devront être prises en nombre égal, en long et en travers, et les limites de résistance et d’allongement seront les mêmes dans les deux sens.
- Toutefois pour les plates-bandes, c’est-à-dire pour les tôles dont la largeur est inférieure à 400 millimètres, il sera accordé, pour les éprouvettes prises dans le sens transversal, une tolérance en moins de 2 kilogrammes sur les charges (moyenne et minimum) de rupture, et une tolérance, en moins de 2p. 100 sur l’allongement, qui pourra, par suite, s’abaisser à 19 p. 100. Pour les cornières et les barres profilées, les barrettes seront prises dans le sens longitudinal seulement.
- Limite d’élasticité. — La charge correspondant à la limite d’élasticité ne devra pas être inférieure à 24 kilogrammes.
- Trempe. — Pour les essais de trempe, on découpera dans les feuilles de tôle ou les cornières des barrettes de 26 centimètres de longueur sur 4 centimètres de largeur; l’acuité des angles pourra être enlevée à la lime douce. Ces barrettes seront chauffées uniformément de manière à être amenées au rouge cerise un peu sombre, puis trempées dans l’eau à 28 degrés.
- Pliage. — Ainsi préparées, elles devront pouvoir prendre, sous l’action de la presse, sans présenter de traces de rupture, une courbe permanente dont le rayon minimum, mesuré intérieurement, ne devra pas être supérieur à l’épaisseur de la barrette, expérimentée pour les tôles et plates-bandes, et à une fois et demie cette épaisseur pour les cornières et barres profilées.
- Pour les tôles et plates-bandes, les barrettes seront prélevées en nombre égal dans le sens longitudinal et dans le sens transversal. Pour les cornières et les barres profilées en général, les barrettes seront prises dans le sens du laminage seulement.
- Essais à chaud. — Les essais à chaud doivent être prescrits pour les cornières Tome IV. — 88e année. 4e série. — Mars 1889. 24
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- et les barres profilées qui sont sujettes à subir un travail de forge; on peut s’en passer pour les tôles et plates-bandes.
- Cornières. — Les cornières seront soumises aux épreuves suivantes :
- Avec un bout coupé dans une barre prise au hasard dans chaque livraison, il sera exécuté un manchon tel qu’une des lames de la cornière restant dans son plan, l’autre lame forme un cylindre dont le diamètre intérieur soit égal à trois fois et demie la largeur de la lame restée plane. Un autre bout coupé dans une autre barre sera ouvert jusqu’à ce que les deux faces intérieures soient sensiblement dans le même plan. Un troisième bout, coupé dans une troisième barre, sera fermé jusqu’à ce que les deux lames arrivent en contact. Les cornières soumises à ces épreuves ne devront présenter ni criqures, ni gerçures, ni fentes.
- Barres profilées. — Les barres profilées de formes plus ou moins compliquées seront soumises à des épreuves équivalentes, à étudier dans chaque cas particulier.
- Coefficient du travail, des tôles d'acier : 12 kilogrammes, poutres ; 9 kilogrammes, pièces de pont. — D’après le cahier des charges, les dimensions admises pour les diverses parties des ouvrages doivent être justifiées par des calculs détaillés et contrôlées par des épures établies d’après les méthodes de la statique graphique. Dans les calculs, on doit déduire les trous de rivets, tant à la compression qu’à la traction, c’est-à-dire qu’on ne doit considérer que les sections nettes.
- Dans ces conditions, la Commission est d’avis que le travail de l’acier doit être limité à 12 kilogrammes par millimètre carré pour les poutres de rive, efforts du vent compris, c’est-à-dire à la moitié de la charge qui correspond à la limite d’élasticité (fixée à 24 kilogrammes). Pour les pièces de pont et en général pour toutes les pièces soumises plus directement aux chocs ou à des efforts très variables, le travail de l’acier devra être limité à 9 kilogrammes par millimètre carré.
- Planage. — Le planage et le dressage des tôles à l’atelier devront être faits sans chocs violents et autant que possible à la machine à rouleaux. Sur le chantier, on pourra employer les maillets de cuivre, mais l’emploi des marteaux dé fer devra être interdit.
- Recuit. — Les pièces travaillées à chaud devront être soumises au recuit.
- Rabotage des bords. — Les pièces cisaillées devront avoir leurs bords rafraîchis à la machine à raboter, sur une épaisseur de 2 millimètres.
- Alésage des trous. — Les trous poinçonnés devront être agrandis par alésage, de manière à enlever sur le pourtour 2 millimètres de matière.
- Rivetage à la machine. — Le rivetage devra être fait exclusivement à la machine aussi bien à l’atelier que sur le chantier. Les rivets seront chauffés au four.
- (L’étude du projet devra être conduite de manière à rendre tous les rivets accessibles à la machine.)
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- Nature des rivets. — En ce qui concerne la préférence à donner à l’acier ou au fer pour les rivets, tous les constructeurs ne sont pas encore d’accord, mais la majorité de la Commission estime qu’il est préférable d’employer l’acier extradoux de la qualité dite « fer fondu », pouvant supporter une charge minima de rupture de 38 kilogrammes et subir un allongement minimum de 28 p. 100 avant la rupture. Le travail des rivets d’acier sera limité à 7 kilogrammes par millimètre carré.
- Paris, le 30 novembre 1887.
- Les Membres de la Commission :
- Robaglia, président; Guillemain, des Orgeries, Prompt;
- Ricour, rapporteur.
- Annexe au rapport de la Commission.
- analyse des documents examinés et de l’enquête faite par la commission.
- De nombreux et volumineux documents sur l’état actuel de la question ont été fournis à la Commission, soit par diverses usines ou administrations, soit par des ingénieurs qui se sont particulièrement occupés de constructions métalliques. Nous les analyserons aussi brièvement que possible au point de vue spécial de l’avis demandé au Conseil général des ponts et chaussées. Nous les présenterons dans l’ordre suivant (1) :,
- 1° Usine des Batignolles ;
- 2° Usine de Fives-Lille ;
- 3° Usine du Creuzot;
- 4° Usine Cad ;
- 5° Usine de Terre-Noire ;
- • 6° Compagnie de P.-L.-M. ;
- 7° Marine française ;
- 8° Amirauté anglaise et Board of Trade ;
- 9° Renseignements sur divers ponts en acier construits ou en construction en France, en Angleterre et en Amérique ;
- 10° Avis de quelques ingénieurs français.
- Pour plus de clarté, nous nous attacherons à dégager des documents fournis les éléments suivants :
- Poids comparatifs du fer et de l’acier, pour diverses ouvertures ;
- Prix comparatifs du fer et de l’acier ;
- Limites d’ouvertures au delà desquelles l’acier est plus économique que le fer ;
- . Qualités de résistance, de ductilité, d’élasticité, que doit présenter l’acier à la sortie du laminoir ;
- Rivetage, précautions spéciales qu’exige l’emploi de l’acier.
- Usine des Batignolles. — Poids comparatifs du fer et de l'acier pour diverses ouvertures. — D’après les ingénieurs de cette Société, les limites d’ouverture, au delà desquelles l’emploi de l’acier est plus économique que celui du fer, varient suivant les conditions de la construction et notamment suivant le mode de mise en place par
- (1) Les documents principaux ont seuls été insérés pour éviter les répétitions.
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- lançage ou par lavage, mais les éléments principaux de la question sont les poids relatifs et les prix des matières employées.
- Voici les résultats d’une étude comparative du poids des tabliers, en acier et en fer de trois ouvertures différentes :
- 100m 150m
- 0,69 0,62
- 1,45 1,61
- Pour des ouvertures de 50 et de 165 mètres, ces rapports seraient :
- /acier \
- 1 / fer N a V acier j
- 0,75 0,60
- 1,33 1,67
- Ouvertures.......................................60m
- ' acier
- « Rapport du poids ^ ^
- 1 u , . /fer
- - Rapports inverses
- 0,74
- 1,35
- Qualités et travail de l’acier. — Dans les calculs de résistance des travées, la Société a admis pour l’acier un effort de 10 kilogrammes sous l’action des surcharges et de 12 kilogrammes sous l’action combinée des surcharges et du vent. Elle a admis comme condition de qualité des aciers les données suivantes :
- Charge de rupture...............45 à 50 kilogr.
- Allongement.....................18 à 20 p. 100 (barrettes de 200 millim.).
- avec faculté de compenser une réduction de la charge de rupture par une augmentation du coefficient d’allongement.
- Rivets en acier. — La Société des Batignolles emploie des rivets en acier extra-doux.
- Prix comparatifs du fer et de l’acier. — La différence entre les prix de l’acier et du fer après le travail à l’usine est évaluée à 9 ou 10 francs par 100 kilogrammes.
- Cette indication se trouve confirmée par les résultats de l’adjudication des fermes métalliques de la grande nef du palais des machines de l’Exposition de 1889.
- L’adjudication avait d’abord été tentée pour des fermes en acier, au prix de 45 francs les 100 kilogrammes ; mais il n’y a eu d’offres qu’avec de fortes augmentations, entre 54 francs et 56 fr. 50.
- L’adjudication a été refaite au même prix de 45 francs pour des fermes en fer. La Société des établissements Cail et la Compagnie de Fives-Lille ont été déclarées adjudicataires des deux lots, moyennant les rabais très faibles de 0 fr. 10 et 0 fr. 20 par 100 francs.
- L’élévation des prix d’adjudication s’explique en partie par les difficultés du levage (l’articulation du sommet est à plus de 40 mètres au-dessus du sol) et en partie par la cherté des droits d’octroi (pour les fers, ces droits sont de 3 fr. 60 par 100 kilogr.).
- Pour les ponts du Danube, les difficultés de levage ne seront pas moins grandes. Si, d’après ce qui précède, on suppose, à titre de simple indication, pour le fer le prix de 40 francs les 100 kilogrammes et pour l’acier le prix de 50 francs, le rapport des prix du fer et de l’acier mis en place sera approximativement de
- 40
- B = — ou 0,80.
- 50
- Fer ou acier. Dépenses comparatives pour les ouvertures de 50 et 165 mètres. — Or nous
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- avons vu que le rapport inverse a du poids de l’acier et du fer des tabliers pour des ouvertures de 50 et de 165 mètres est approximativement de
- et de
- a = 0,75 dans le premier cas, ot = 0,60 dans le second.
- 11 y aurait équilibre entre les dépenses, s’il y avait égalité entre les rapports a et fi. On voit que le rapport a augmente à mesure que la portée diminue ; mais, d’après les indications que nous venons de donner, la valeur de a est encore inférieure à celle de fi pour l’ouverture de 50 mètres. Il y a donc, au point de vue delà dépense, un avantage considérable dans l’emploi de l’acier pour la grande ouverture de 165 mètres et un avantage moindre pour l’ouverture de 50 mètres ; en un mot, si la dépense est repré-
- sentée par 1 pour une travée de 165 mètres en acier, elle sera représentée par ^ — \ ^333
- pour la même travée en fer. • •
- Et de même, si la dépense est représentée par 1 pour une travée de 50 mètres en
- 80
- acier, elle sera représentée par —= 1,066 pour la même travée en fer.
- Nous ajouterons, pour fixer les idées sur ces avantages relatifs, que si les prix des métaux s’abaissaient à 30 francs pour le fer et à 40 francs pour l’acier, il serait indifférent d’employer le fer ou l’acier pour les ouvertures de 50 mètres et que, pour les
- 75
- ouvertures de 165 mètres, au lieu du rapport 1,333 cité plus haut, on aurait ^ =1,250,
- c’est-à-dire que le tablier en acier coûtant 1, le tablier en fer coûterait 1,25.
- Levage rendu plus facile par l'emploi de l'acier. — En faveur de l’acier pour les grandes ouvertures, la Société des Batignolles fait encore observer que, comme il s’agit de travées indépendantes qui ne peuvent être lancées et devront être levées à de grandes hauteurs et dans des conditions très difficiles, la condition de légèreté est capitale. Or la substitution de l’acier au fer peut abaisser le poids de ces grandes travées de 2 080 à 1 200 tonnes et, par suite, ramener à un chiffre acceptable, bien que très considérable encore, la dépense de l’outillage à créer pour le levage, tandis qu’avec des poutres en fer, cette dépense atteindrait des proportions devant lesquelles la Société reculerait.
- En un mot, pour les grandes ouvertures de 165 mètres, l’acier s’impose; pour les ouvertures de 50 mètres, il n’en est pas de même, car on se trouve très près de la limite vers laquelle l’emploi du fer ou de l’acier est indifférent.
- Influence du perçage des trous par poinçonnage, par forage. — Citons encore les expériences comparatives faites par la Société des Batignolles sur l’influence du perçage des trous, dans les tôles d’acier, par forage ou par poinçonnage.
- Des expériences ont été faites en grand nombre sur des tôles de 10 millimètres d’épaisseur, dans lesquelles on poinçonnait deux trous et on forait un troisième. Les trous poinçonnés avaient 20mm,5 de diamètre. Tant que le trou foré n’a pas atteint un diamètre supérieur de 6 millimètres à celui des trous poinçonnés, la rupture s’est produite dans les trous poinçonnés.
- Pour un léger écart au delà de 6 millimètres, la rupture s’est produite tantôt dans les trous poinçonnés, tantôt dans l’autre.
- D’où l’on peut conclure que, dans les tôles d’acier de 10 millimètres d’épaisseur,
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- un trou foré peut avoir 6 millimètres de diamètre de plus qu’un trou poinçonné, sans affaiblir davantage la résistance du métal à la rupture.
- Compagnie P.-L.-M. — Fer ou acier. Dépenses comparatives pour des travées de 150 et de 70 métrés. — La compagnie P.-L.-M. a fait, comme la Société des Batignolles, une étude comparative du poids des tabliers en acier et en fer pour un même ouvrage. Yoici les résultats pour deux ouvertures, l’une de 150 mètres, l’autre de 70 mètres :
- POIDS TOTAUX. PRIX DE REVIENT. ÉCONOMIE
- RAPPORT —^ ——... - —» „
- ACIER. FER. DES POIDS acier. fer. ACIER 40 fr. les FER 30 fr. les TOTALE . l'. 100.
- 100 kil. 100 kil.
- kilog. kilog. fr. fr. fr.
- Travée de 150 mètres
- d’ouverture pour deux voies.... 1200 2200 0,55 480 000 660 000 180 000 27 p. 100
- Travée de 70 mètres
- d’ouverture pour 160 232 0,69 64 000 69 600 5 600 8 p. 100
- une voie
- Prix comparatifs du fer et de l’acier. — La différence de prix entre l’acier et le fer est évaluée à 10 francs par 100 kilogr. après le travail à l’atelier.
- On voit par le tableau qui précède que plus les portées sont grandes, c’est-à-dire plus le poids propre du tablier par mètre de longueur augmente, plus l’économie réalisée est importante et, par suite, plus l’emploi de l’acier s’impose.
- Pour une travée de 50 mètres, la dépense serait à peu près la même pour le fer et l’acier. Mais la fabrication de l’acier s’est tant développée dans ces derniers temps et la fabrication du fer est devenue si défectueuse, que l’on a tout intérêt à employer l’acier de préférence, parce que l’on a un métal plus homogène.
- Qualités de l'acier. — Les qualités exigées pour l’acier sont les suivantes, pour les tôles et les barres profilées :
- Charge de rupture, 42 kilogr.; allongement, 20 p. 100 (barrettes de 100 millim.); limite d’élasticité, 26 kilogr., avec tolérance de 2 kilogr. en plus ou en moins, étant entendu que la somme des chiffres représentant la charge de rupture et l’allongement ne sera pas inférieure à 62 kilogr.
- Les épreuves de trempe et de pliage sont à peu près les mêmes que celles imposées par la marine.
- Dans l’établissement des projets, la Compagnie P.-L.-M. admet pour toutes les pièces fléchies un coefficient de 10 kilogr. par millimètre carré de section et, pour toutes les pièces tendues ou comprimées, notamment les barres de treillis, 8 kilogr. seulement. La limite d’élasticité étant de 26 kilogr., on a un écart de sécurité de 16 kilogr. au minimum.
- La limite d’élasticité du fer n’est que de 15 kilog. ; comme on fait généralement
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- travailler ce métal à 6 kilogr., l’écart de sécurité n’est que de 6 à 9 kilo.gr. au maximum. Au point de vue de la sécurité, l’avantage de l’acier sur le fer est incontestable.
- Rivets en fer. — Jusqu’à présent, la Compagnie P.-L.-M. n’a employé, dans les ponts en acier, que des rivets en fer. Toutefois, elle n’hésiterait pas à préférer les rivets d’acier extra-doux, si le rivetage pouvait être fait entièrement à l’atelier, avec des riveuses soit à vapeur, soit hydrauliques. Mais il faut tenir compte de la rivure sur le chantier. Là, en effet, les conditions sont tout à fait différentes de celles de l’usine, les rivets sont moins bien chauffés, parce qu’on ne dispose généralement que des forges volantes; les rivets sont plus difficiles à poser qu’à l’usine et on emploie souvent des ouvriers qui sont moins habiles que ceux de l’atelier. 11 en résulte, pour les rivets placés dans ces conditions, des causes multiples de refroidissement qui font que lorsqu’un rivet est mis en place, la tête qui vient d’être forgée est noire, au lieu d’être encore rouge, comme cela a lieu avec la machine hydraulique. Le problème à résoudre consisterait dans l’invention d’une machine à river portative d’un emploi commode, et pouvant atteindre les rivets placés dans des conditions difficiles. Jusqu’à ce qu’un nouveau progrès ait été accompli dans ce sens, la Compagnie P.-L.-M. s’en tient à l’emploi de rivets en fer fort supérieur.
- Alésage des trous. — L’alésage des trous des rivets est exigé dans les conditions suivantes: pour les tôles et barres profilées dont l’épaisseur est égale ou inférieure à 10 millimètres, l’alésage des trous poinçonnés sera de 3 millimètres ; pour les tôles et barres profilées dont l’épaisseur est supérieure à 10 millimètres, l’alésage sera de 4 millimètres, soit 2 millimètres, sur le pourtour du trou.
- L’alésage exécuté dans ces conditions revient à 1 fr. 25 par 100 kilogr., non compris les frais généraux et d’outillage, et à 2 fr. 19 environ, tous frais compris.
- Recuit. — Toutes les pièces d’acier travaillées à chaud doivent être recuites.
- Board of Trade. — Le Board ofTrade, de qui relève la construction des ponts, admet pour le travail de l’acier le coefficient de 10 kilog. 5 par millimètre carré (1).
- M. Edwing Matherson est d’avis que ce coefficient est trop faible et qu’il convient drait de le porter à 13 kilog. pour l’acier, avec au moins autant de sécurité que 8 kilog. pour le fer : le Board of Trade admet ce coefficient de 8 kilog. pour le fer.
- M. Siemens est d’avis que le rapport entre le travail permis et la charge de rupture peut être plus considérable avec l’acier doux qu’avec le fer. Pour toutes les constructions rivetées, il ne faut employer, dit-il, qu’un acier très doux; ce métal est plus sûr que le fer, par la raison qu’il présente une résistance très uniforme dans toutes ses parties et que, s’allongeant de 20 p. 100 au moins, il permet aux efforts inégalement distribués de se répartir uniformément.
- Renseignements sur divers ponts en acier. France. — Parmi les ponts en acier exécutés ou récemment adjugés en France, on peut citer les suivants :
- Ponts de Lyon, adjugés à..............
- Ponts de la ligne de Tours à Sargé . . .
- Divers ponts de la Compagnie P.-L.-M. .
- Pont sur la Seine, à Rouen............
- Ponts tournants de Caen et de Bordeaux.
- (1) Ce prix élevé de 57 francs s’explique par cette circonstance que le marché comprenait à la fois les maçonneries et les tabliers métalliques.
- (2) M. Matherson, Inst, of civil Engineers. Séance du 28 février 1882. - ...
- 43f,00 les 100 kilogr. 39f,50 —
- 39f,00 —.
- 57f,00 (2) —
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- Ponts de Lyon (en arcs). — Les ponts de Morand et Lafayette à Lyon se composent d’une travée centrale de 66m,90 d’ouverture et de travées de rive de 63m,25.
- Les qualités de l’acier sont ainsi définies :
- Charge de rupture.....................47 kilogr.
- Limite d’élasticité...................24 kilogr.
- Allongement...........................24 p. 100 (barrettes de 100 millim.).
- avec une tolérance de 3 kilog. en plus ou en moins sur les résistances, à condition que l’allongement soit toujours de 24 p. 100. Le coefficient de travail admis dans les calculs est de 10 kilog. Les rivets sont en acier.
- Ponts de la ligne de Tours à Sargé. — Les deux ponts en acier à poutres droites de la ligne de Tours à Sargé ont l’un 13 mètres et l’autre 37 mètres de portée. Le cahier des charges exige les conditions suivantes pour l’acier.
- Résistance à la rupture (moyenne) avec tolérance de 4 kilog. en plus ou en moins, soit : 44k ± 4k.
- Limite d’élasticité......................24 kilogr.
- * Allongement...............................24 p. 100 (barrettes de 100 millim.).
- Le coefficient de travail admis dans les calculs est de 10 kilog.
- Les rivets sont en acier (rupture, 38 kilog. : allongement, 28 kilog.). Ils travaillent à 7 p. 100.
- Ponts delà Compagnie P.-L.-M. — Pour les ponts de la Compagnie P.-L.-M., nous avons déjà fait connaître les conditions de réception des aciers.
- Ponts de Rouen (en arcs). — Les ponts de Rouen comprennent trois travées en acier dont les ouvertures sont respectivement de 40 mètres, 4-8™,80, 54m,60.
- Les conditions de réception des aciers sont les suivantes :
- Résistance à la rupture..............50 kilogr.
- Limite d’élasticité. ....................22 kilogr.
- Allongement..........................18 p. 100 (barrettes de 200 millim.).
- Rivets en fer. — Rien n’est stipulé en ce qui concerne le rivetage, mais les rivets sont en fer.
- Pont tournant de Caen. — Le pont tournant de Caen, mis en service en 1883, a une longueur totale de 31m, 20.
- Les conditions de réception des aciers sont les suivantes:
- Résistance à la rupture..............50 kilogr.
- Limite d’élasticité..................25 kilogr.
- Allongement minimum..................25 p. 100 (barrettes de 100 millim.).
- Coefficient du travail............... 10 kilogr.
- Rivets en acier. — Trous de rivets forés, rivets en acier.
- Une étude comparative avait été faite d’un pont tournant en fer; il résulte de cette étude comparative 'qu’à l’avantage d’une légèreté plus grande du pont en acier est venue se joindre une économie sur le prix de revient de premier établissement.
- Ponts tournants de Bordeaux. — Deux ponts tournants en acier construits dans des conditions analogues en 1876, sur les écluses du bassin à flot de Rordeaux, fonctionnent depuis leur construction de la manière la plus satisfaisante. L’emploi de l’acier au lieu du fer, dans ces ponts, avait permis de réaliser une réduction de 23 p. 100 du poids de chaque travée.
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- Ponts roulants de Fives-Lille. — Enfin, la Compagnie de Fives-Lille se sert, dans ses ateliers, de plusieurs chariots en acier de grandes dimensions, véritables ponts roulants où l’acier travaille à 11 kilog. et résiste parfaitement à de violentes vibrations. Les premiers de ces appareils ont été mis en service en 1872.
- Angleterre et Australie. — Le pont le plus considérable du monde entier est actuellement en construction en Angleterre; c’est le pont du Forth. Ce pont a été adjugé au prix de 1 600000 livres sterling, il a 2 413 mètres de longueur. Il comprend deux ouvertures de 518 mètres chacune et d’autres moins importantes. Le poids de l’acier formant la partie métallique du pont est de 45 000 tonnes sur lesquelles 25 000 tonnes au moins sont travaillées à l’heure qu’il est.
- Les conditions de résistance sont les suivantes :
- Charge de rupture à la traction.......... 47 à 52 kilog. par millim. carré.
- Allongement de....................... 20 p. 100.
- Les rivets sont en acier :
- Résistance à la traction.....................................42k,5
- Allongement de...............................................30 p. 100
- En Australie, le pont sur la rivière Ilawkesburg doit être exécuté entièrement en acier; sa longueur totale est de 882 mètres, divisée en sept travées.
- Amérique. — Nous passerons sous silence les ponts en arc très nombreux où l’acier résiste surtout par compression, pour ne parler que des ponts avec poutres à barres ou à treillis.
- Pont de Glascow. — Le pont sur le Missouri, près de Glascow, a été construit en 1878-1879 pour la Compagnie du chemin de fer de Chicago à Kansas-City. Ce pont est composé de cinq travées ayant chacune une portée de 96 mètres d’axe en axe des piles. Il a été construit pour une seule voie de chemin de fer placée au niveau de la semelle inférieure dans les trois premières travées à partir de la rive gauche et au niveau de la semelle supérieure dans les deux autres travées. Chaque travée est composée de deux poutres en acier de 11 mètres de hauteur et à semelles parallèles. Les entretoisements des poutres et les contreventements sont également en acier.
- Pont de Plattsmouth. — Le pont de Plattsrnouth sur le Missouri (chemin de fer de Chicago-Burlington et Quincy) a été livré à la circulation en 1880.
- Il comprend deux travées principales ayant chacune 123m,5Q de portée. Il donne passage à une voie de fer. Chaque travée se compose de deux poutres en acier à semelles parallèles ayant 15m, 24 de hauteur. Les barres du treillis sont inclinées à 45 degrés. L’acier travaille à 10k, 8. Le poids du métal est de 3 650 kilog. par mètre courant.
- Pont de Bismarck. •— Le pont de Bismarck a été construit en 1882. Il comprend trois travées en acier à poutres droites de 123 mètres déportée. L’acier travaille également à 10k, 8. Le poids du métal est de 3 700 kilog. par mètre courant.
- Pont de Poughkcepsie. — Le pont sur VHudson à Poughkeepsie se compose de deux travées de 61 mètres de portée chacune et cinq travées intermédiaires de 160 à 167 mètres chacune. Il est à deux voies. Les rails sont placés à 64 mètres au-dessus du niveau de l’eau. Tout le pont est en acier, même les rivets.
- Résumé deVenquête.—Nous résumons ci-après, sous forme de tableau synoptique, les renseignements déduits de l’enquête qui précède en ce qui concerne les qualités, le travail et le prix de l’acier, ainsi que la nature des rivets, le mode de perçage des trous, etc.
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- ALLON- TRAVAIL DE L’ACIER rapport ÉCONOMIE
- CHARGÉ jEMENT LIMITE ——-—- du NATURE TROU p. 100 en faveur
- de p. 100 BARRETTES d’élasticité POUTRES de PIÈCES de pont. PRIX DE L’ACIER et des des DE L’ACIER.
- RUPTURE. de 200 BARRES DU EER. RIVETS. RIVETS. TRAVÉES DE
- millimètres. rive. de treillis. P 165 mèt. 50 mèt.
- fer
- Usine des Batignolles . 45 à 50k 20 àl8 » 10à 12 » —0 RO acier alésés 25 à 33 0 à 7
- fer+10 U’ U
- Usine de Fives-Lille 45 à 50 20 » 10 à 11 9 * —0 87 fer alésés 12 à 15 0 à 8
- 1,15 U’~;
- Usine du Creuzot. 42 à 45 22 à 20 24 » )) 1 —0 87 acier poin- çonnés
- 1,15
- Usine Cail 20 12 )) —0 95
- 4o A* 1,05
- Usine de Terre-Noire " . 42 à 45 22 à 20 22 à 25 10 10 30
- Compagnie P.-L.-M 42 20(*) 26 10 8 4Ô=0’7a fer alésés 27 à 30 0 à 8
- Marine / Tôles de 6 à 8 millim. 43 21 » )) » )) j fer ou i alésés
- française : ( Tôles de 8 à 20 millim. 42 22 acier 1
- Amirauté anglaise 42 à 49 20 )) 10,5 » )>
- Ponts du Firtn of Fortli 47 à 52 20 )) 11,8 ?) )) acier forés
- Ponts de Lyon 47 24 O 24 10 » )) acier
- Ligne de Tours à Sargé 44 ± 4 24 O 24 10 » )) acier
- Ponts de Rouen 50 18 22 » » » fer
- Pont tournant de Caen ..... 50 25 (*) 25 10 )) » acier forés
- Pon ts de Plattsmouth et de Bismarck . » )> )> 10,8
- (*) Les barrettes n'ont que 100 millim. de longueur.
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- Charges de rupture. — On voit par ce tableau que les limites extrêmes de la charge de rupture de l’acier oscillent entre 42 et 52 kilog.
- Allongements. — Que les allongements varient entre 18 et 22 p. 100; tous les allongements ne sont pas rapportés à la longueur normale de 200 millim. des barrettes d’épreuve. Dans quelques cas, la longueur des barrettes d’épreuve a été réduite à 100 millim.; on peut estimer approximativement que l’allongement de 24 p. 100 mesuré sur des barrettes de 100 millim. est équivalent à l’allongement de 20 p. 100 mesuré sur des barrettes de 200 millim.
- Limites d’élasticité. — Les limites d’élasticité correspondent aux charges de 22 à 26 kilog. par millimètre carré.
- Coefficient de travail. — Le travail admis pour l’acier dans les poutres de rive varie entre 10 et 12 kilog. Quelques ingénieurs anglais pensent que ce travail pourrait être porté à 13 kilog.
- Nature des rivets. — Les opinions sont partagées sur la préférence à donner au fer ou à l’acier pour les rivets.
- Alésage des trous, rabotage des bords. -— Mais il y a presque unanimité pour recommander l’alésage des trous poinçonnés et le rabotage des bords cisaillés de manière à enlever sur une épaisseur de 1 ou 2 millim. la matière altérée par le poinçonnage ou le cisaillage.
- Fer ou acier. Travées de 165 mètres. — En ce qui concerne la préférence à donner au fer ou à l’acier pour les travées de 165 mètres, toutes les opinions exprimées sont favorables à l’acier. Léconomie en faveur de l’acier est évaluée à 12, 15, 30 et 33 p. 100 avec l’avantage d’un levage plus facile. L’une des usines consultées considère mme que l’emploi de l’acier est seul possible industriellement.
- Travées dé 50 mètres. — En ce qui concerne les ouvertures de 50 mètres, les avis exprimés sont moins affirmatifs, bien que favorables à l’emploi de l’acier. L’ouverture de 50 mètres n’est pas éloignée de la limite vers laquelle l’emploi du fer ou de l’acier devient indifférent au point de vue économique. Cette limite est d’ailleurs essentiellement variable avec les prix relatifs du fer ou de l’acier; elle s’abaisse quand le rapport des prix se rapproche de l’unité, et telle est la tendance actuelle.
- Avis de quelques ingénieurs français. — Plusieurs ingénieurs des plus compétents en matière de travaux métalliques ont adressé à la Commission, sur sa demande, des rapports fort instructifs, dont il nous reste à dire quelques mots.
- M. l'ingénieur en chef Dupuy.— M. l’ingénieur en chef Dupuy estime que dans l’état actuel, eu égard aux prix du fer et de l’acier, c’est à partir des ouvertures de 30 mètres que l’acier doit être préféré au fer, au point de vue économique. L’économie augmente avec la portée, et l’emploi de l’acier s’impose pour les ouvertures dépassant 50 à 60 mètres.
- Le mémoire de M. Dupuy renferme des indications très intéressantes sur les relations intimes des pièces assemblées par rivetage et sur certaines actions qui, bien que faibles, produisent par leur répétition des effets désastreux. Des planches annexées mettent en évidence la marche progressive de l’usure et des ruptures de rivets des ponts à treillis de la ligne de Capdenac. Ces considérations ne se rattachent pas directement à la question sur laquelle la Commission est consultée.
- M. l'ingénieur en chef Boutillier. — M. l’ingénieur en chef Boutillier est d’avis que les épreuves à froid constatant la résistance à la rupture et la faculté d’allongement du métal doivent donner : pour la charge de rupture, 42 à 45 kilog. ; pour l’allongement, 22 à 25 p. 100 (barrettes de 200 millim.).
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- Le rivetage peut être fait avec des rivets d’acier (charge de rupture, 40 kilog. allongement, 26 à 30 p. 100). Il conviendrait d’imposer la rivure hydraulique même sur le chantier de montage et de prescrire l’alésage des trous poinçonnés. Pour avoir une appréciation exacte de l’économie en poids et en argent que peut procurer la substitution de l’acier au fer, il faut, dans chaque cas particulier, faire un projet comparatif.
- M. l'ingénieur en chef Considère. — D’après M. l’ingénieur en chef Considère, l’expérience prouve que l’acier des rails de chemins de fer, qui a 60 à 70 kilog. de résistance, supporte parfaitement, non seulement les efforts statiques, mais encore des chocs beaucoup plus violents que ceux auxquels les ponts métalliques sont exposés. Ce sont les dangers que présentent les pièces forgées qui seuls motivent, pour les constructions navales, l’exclusion des aciers ayant plus de 50 kilog. de résistance. On fera preuve, dit M. Considère, d’une prudence probablement excessive en employant dans les ponts, au lieu de métal à rails, des aciers à 53 kilog. de résistance moyenne, qui sont très ductiles, peu fragiles et faciles à produire industriellement. Il définit, en conséquence, de la manière suivante les conditions à imposer à l’acier :
- 1° Exiger en moyenne une résistance à la rupture par traction de 55 kilog. ;
- Une limite d’élasticité de 30 kilog. avec un maximum de 32 kilog. ;
- Un allongement de 19 p. 100;
- Une contraction de la section de rupture de 42 p. 100 avec un minimum de 37 p. 100 ;
- Une teneur en phosphore inférieure à 0,8 p. 100;
- 2° Imposer des essais de trempe et de pliage.
- 3° S’assurer par la mesure d’une empreinte que la dureté de toutes les barres poinçonnées, sans aucune exception, est comprise entre des limites déterminées.
- M. Considère attache la plus grande importance à ce que les trous de rivets soient forés ou alésés. D’après lui, la dépense supplémentaire entraînée par l’alésage des trous ne dépasse pas 0 fr. 60 à 1 franc par 100 kilog.
- Emploi de la riveuse hydraulique partout où il est possible. Fixation de la pression qu’elle doit exercer et de la température d’écrasage du rivet ; emploi exclusif de l’équar-rissoir, à l’exclusion de la broche, pour faire coïncider les trous; emploi pour les rivets d’un métal d’excellente qualité. Telles sont les prescriptions qu’il paraît indispensable d’imposer pour le rivetage.
- Dans ces conditions, M. Considère recommande pour les rivets l’emploi, de préférence au fer, d’un acier ayant 45 à 50 kilog. de résistance à la rupture, 22 p. 100 d’allongement, et 50 p. 400 de contraction.
- L’emploi de rivets d’acier permet de réaliser, sur l’ensemble des pièces de l’ouvrage, une économie de 2,6 p. 100 sans changer la disposition des assemblages, qui forment les sections dangereuses. Au point de vue de la résistance aux chocs et aussi à celui de la flexion statique, il y a un intérêt considérable à ce que la résistance des sections entières ne dépasse que le moins possible celle des sections dangereuses, afin que les premières cèdent davantage et produisent un plus grand travail ou un plus grand moment de flexion, avant la rupture des secondes.
- A ce point de vue encore, l’emploi des rivets d’acier présente un sérieux avantage, surtout pour les pièces du tablier qui travaillent par flexion et qui sont particulièrement exposées aux chocs.
- D’après les calculs de M. Considère, l’emploi de l’acier procure une économie croissant avec la portée des ouvrages.
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- En étudiant les poids comparatifs du fer et de l’acier pour les deux ouvertures de 50 et de 165 mètres, d’abord en adoptant la méthode de calcul suivie en France, où le même coefficient de travail est admis pour toutes les pièces, et ensuite la méthode de calcul suivie en Allemagne, où l’on fait dépendre le maximum de l’effort imposé à une pièce de la variation des charges qu’elle supporte, M. Considère a obtenu les résultats suivants :
- Ouvertures. . ... a rapport des poids
- - rapports inverses oc
- ... 50m 165m
- acier j [ Méthode française. . . . . . . 0,74 0,59
- fer <{ t Méthode allemande. . . . . . . 0,77 0,62
- fer j ; Méthode française. . . . . . . 1,33 f ,70
- acier 1 1 Méthode allemande. . . . . . .1,30 1,60
- Ces nombres concordent aussi exactement que possible avec ceux donnés par la Société des Batignolles, que nous transcrivons ci-après :
- a.
- 1
- a
- 0,75 0,60
- 1,33 1,67
- Les conclusions sont naturellement les mêmes au point de vue de l’économie en argent, laquelle ne dépend plus que du rapport (J existant entre les prix unitaires du fer et de l’acier mis en place.
- Paris, le 30 novembre 1887.
- Les Membres de la Commission :
- Robaglia, président ; Guillemain, des Orgeries, Prompt ; Ricour, rapporteur.
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
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- Séance du 2$ janvier 1889.
- Présidence de M. Eaton de la Goupillière, président.
- M. Béchade, fils, impasse de Châlon, 3. — Petit moteur occasionnant peu de dépense. (Arts mécaniques.)
- M. Robert Personne, ingénieur, rue de Châteaudun, 53, propose de faire actionner par le mécanisme du frein continu un verrou momentané automatique, qui empêcherait les voyageurs de sortir des voitures avant l’arrêt complet du train. (Arts mécaniques.)
- M. Genard, rue Louis-Blanc, 23. — Bougies électriques ayant les avantages des régulateurs et bougies Jablochkoff. (Arts économiques.)
- M. Bretonneau, rue des Couronnes, 85. — 1° Machine pour soulager les blessés. — 2° Appareil pour mesurer l’air contenu dans les poumons humains. (Arts mécaniques.)
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- La Société dé horticulture de Bruxelles donne avis de la fondation d’une chambre de commerce horticole, à Bruxelles. [Bulletin.)
- M. le comte de Salis, à Beauvais, se présente comme candidat à la succession ouverte parla mort de M. Mangon dans le Comité d’agriculture. (Agriculture.)
- M. Clercy, rue des Tilleuls, 28, à Boulogne (Seine). — Recherches pour déterminer la quantité d’alcool étranger ajouté à une boisson contenant par elle-même de l’alcool provenant de la fermentation, telle que vin, bière, cidre, etc. (Agriculture.)
- M. du Marais, rue des Feuillantines, 5. — Pompe monoclapet sans réservoir d’air, d’un rendement annoncé de 92 p. 100 en refoulant à 31 mètres de hauteur. (Arts mécaniques.)
- MM. J. Fritsch et Guillemin, chimistes. — Culture et distillation de la betterave et du topinambour. (Agriculture.)
- Les ouvrages et articles suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Notice sur la nouvelle machine à disque de M. Desroziers, par M. R. Arnoux. [VElectricien.)
- Bulletin du ministère des Travaux publics, novembre 1888. —-Tableau des accidents survenus dans l’exploitation des chemins de fer en 1887, dans la Grande-Bretagne et l’Irlande.
- Association française pour Pavancement des sciences. — Communication faite, au congrès d’Oran, sur les eaux souterraines, par M. André de Llauradô, membre correspondant de la Société d’Encouragement.
- Les Caisses de secours et de prévoyance à la Compagnie houillère de Bessèges, par M. J.-B. Marsault, ingénieur en chef de la Compagnie.
- Nomination des membres de la Société. — Sont nommés membes de la Société :
- M. Candlot, chimiste de la Société française des ciments de Boulogne-sur-Mer, présenté par M. Le Cbatelier.
- M. N. Duval constructeur-mécanicien, à Paris, présenté par M. Lecœuvre.
- M. Besnard, fabricant d’appareils d’éclairage et de chauffage, à Paris, présenté par M. Raffard.
- M. Camille Kranlz, maître des requêtes au Conseil d’Etat, à Paris, présenté par MM. Bordet et Fouret.
- M. Troost, vice-président de la Société, lit une notice sur M. Debray, meipbre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences et à l’Ecole normale supérieure, vice-président de la Société d’Encouragement, décédé le 20 juillet 1888,
- Cette notice sera imprimée dans le Bidletin de la Société.
- Rapports des Comités. — M. Collignon fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport pour demander au Conseil de déclarer une vacance dans ce
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- Comité, afin de procéder à l’élection d’un membre en remplacement de M. Pihet, décédé. :
- . Cette vacance est déclarée. . :
- M. Bordet fait, au nom de la Commission des fonds, un rapport pour demander au Conseil de déclarer une vacance dans ce Comité, afin de procéder à l’élection d’un membre en remplacement de M. le marquis de Turenne, qui, désirant se retirer, a été nommé membre honoraire du Conseil. :
- Cette vacance est déclarée.
- : Communications. — Eaux et machines Æ irrigation. —M. Müntz présente, de la part de M. Ronna, membre du Comité d’agriculture, le premier volume d’un ouvrage sur les irrigations. Le premier volume traite des Eaux d'irrigation et des machines.
- M. Ronna a fait une œuvre didactique et scientifique admirablement conçue, en évitant le double écueil du manuel et de l’encyclopédie et en attribuant la part qui convient à l’agriculteur, à l’ingénieur et à l’économiste.
- M. Ronna a étudié sur place pendant de longues années les travaux d’irrigation de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de l’Angleterre; il joint à la science de l’ingénieur .celle de l’agronome. Il a rendu un grand service à l’agriculture française par la publication d’un ouvrage qui contient les renseignements les plus précieux sur l’utilisation des eauxà l’augmentation de la production agricole.
- , . . M. le Président remercie M. Müntz de son intéressante présentation, et M. Ronna du don de son ouvrage, qui sera déposé à la bibliothèque.
- Tramway tubulaire souterrain. — M. Berlier, ingénieur, fait une communication snr son projet de tramways tubulaires souterrains qui réaliserait les avantages suivants : passage fréquent des voitures, qui pourront se suivre à moins d’une minute d’intervalle ; rapidité beaucoup plus grande que celle des omnibus; dégagement de la voie publique. Le service se ferait par voitures isolées au moyen de la traction électrique, chaque voiture portant son moteur.
- Le réseau se compose de trois lignes qui sont indépendantes, mais, cependant, reliées l’une à l’autre :
- 10 La ligne de la place de la Concorde au bois de Boulogne. — Longueur de 3 000 mètres environ ;
- 2° La ligne de la place de la Bastille à la place de la Concorde, par les grands boulevards, dont la longueur est de près de 5 100 mètres ;
- 3° La ligne de la porte de Vincennes à la place de la Concorde, par la rue de Rivoli, dont la longueur atteint 7 600 mètres environ. La longueur totale du réseau serait de plus de 16 kilomètres.
- M. Berlier donne la description de son système qui se compose essentiellement d’un tube en fonte, à section circulaire, de 5m,60 de diamètre, dans l’intérieur duquel court une double voie de lm,10 d’écartement intérieur des rails. Une con-
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- struction légère, élevée sur le trottoir de la rue ou du boulevard doit indiquer et recouvrir l’entrée de l’escalier par lequel le public descendra sur le quai, à la station proprement dite, qui sera toujours souterraine. L’auteur donne des détails sur la traction qui s’effectuerait au moyen de l’électricité, sur l’éclairage et la ventilation. Il évalue les frais de premier établissement d'un réseau de tramways souterrains de ce genre à la somme de 54 millions de francs, ce qui ferait ressortir le prix de revient kilométrique à 3 260 000 francs environ.
- En admettant que, sur les 66 voitures qui seraient en service à la fois, 30 soient au démarrage, dépensant 5 chevaux, 30 en palier, absorbant 3 chevaux, et 6 en station, la force nécessaire serait de 450 chevaux pour les machines réceptrices et de 1 250 chevaux pour les machines motrices en comptant un rendement de 30 p. 100.
- En réduisant le travail de moitié pendant le tiers de la journée, 6 heures sur 18, il faudrait donner environ 20 000 chevaux-heure par jour, ce qui, àO fr. 06 le cheval-heure et avec une augmentation de 10 p. 100, donnerait comme dépense annuelle de traction 500 000 francs.
- En employant 2 hommes par voiture pour la conduite, 4 à 5 employés par station et 30 hommes d’équipe par garage, la dépense du personnel de l’exploitation ressortirait à 642 500 francs. Le total des frais généraux serait, dans ces conditions, d’environ 2 400 000 francs. La vitesse moyenne, sur les trois lignes, serait de 20 kilomètres à l’heure. Les départs auraient lieu toutes les deux minutes en moyenne sur la première ligne; toutes les minutes, sur la seconde. Quant à la troisième ligne, il y aurait des départs toutes les deux minutes de la place de la Concorde à la gare de Lyon, et toutes les cinq minutes de la gare de Lyon à la porte de Vincennes.
- M. Berlier a calculé les recettes en comptant sur un transport annuel de 30 millions de voyageurs sur les trois lignes. En admettant un tiers des voyageurs à 0 fr. 30 et deux tiers de voyageurs de 2e classe à 0 fr. 15, il évalue le montant des recettes à 6 millions 'de francs. Si l’on en défalque 2 400 000 francs d’exploitation, il resterait un excédent de 3 600 000 francs.
- M. le Président remercie M. Berlier de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des constructions et des beaux-arts.
- Séance du 8 février 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière, président.
- M. le Président donne lecture de la lettre suivante :
- « Monsieur le Président.
- « J’ai reçu le diplôme m’annonçant que le Conseil de Société d’Encourage-
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- « ment pour l’industrie nationale m’a nommé, dans sa dernière séance, président « honoraire de la Société.
- « Je viens vous prier de vouloir bien être mon interprète auprès de MM. les « membres du Conseil pour leur transmettre tous mes remerciements et leur « exprimer ma reconnaissance pour l’honneur qu’ils ont bien voulu me faire.
- « Veuillez agréer, Monsieur le Président et cher confrère, l’assurance de ma « considération la plus distinguée et de mes sentiments les plus dévoués.
- « Ed. Becquerel. »
- M. le Secrétaire donne lecture de la lettre suivante :
- « Monsieur le Président,
- « Je vous prie de vouloir bien transmettre à mes collègues du Conseil mes « remerciements et mes sentiments de gratitude pour l’honneur qu’ils m’ont fait « en m’accordant le titre de vice-président honoraire. Je sens tout le prix de cette « décision bienveillante et j’en suis bien reconnaissant.
- « Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mon respectueux « dévouement.
- <s C. Lavollée. ))
- M. Michelet, ancien officier supérieur du génie, rue de Rennes, 110, prie la Société d’examiner les ardoises des ardoisières de Rimogne (Ardennes). (Comité des constructions et beaux-arts.)
- M. Potain, boulevard Voltaire, b. — Plan et notice concernant les nouveaux perfectionnements de son j)oêle à gaz hygiénique. (Arts économiques.)
- M. Cluzet, rue du Château, 5. — Pièce orthopédique et jeu. (Objet étranger à la Société.)
- M.Lhéon, rue d’Argenson, 1. — Centimètre conformateur,meXvQ se pliant dans tous les sens, centimètre par centimètre, pour prendre les lignes courbes, etc. (Arts mécaniques.)
- M. Reverchon, à la Bauche, par les Échelles (Savoie). — Inventeur d’une théorie de l’abeille mère et d’une ruche modèle. (Agriculture.)
- M. Feron, rue Saint-Nicolas, 62, à Rouen. — Moyens pour faire partir les trains pendant les grandes neiges.
- MM. les commissaires du congrès de géographie qui doit avoir lieu du 5 au Il août 1889, à la Société de géographie, envoient le programme du congrès et demandent des adhésions.
- M. Cordier, rue de Bercy, 189. — Spécimen d’une pierre dont il ne connaît pas la nature, provenant d’une carrière très abondante et facile à exploiter ; il demande à être renseigné sur ses emplois. (Constructions et beaux-arts.)
- M. Corel, à Pierrelatte (Drôme). — Mémoire descriptif d’un appareil pour la Tome IV. 88e année. 4e série. — Mars 1889. 26
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- démonstration expérimentale du mouvement de rotation delà Terre. (Arts méca niques.)
- M. Marcon, passementier, passage Ménilmontant, 29. — Appareil nouveau pour la fabrication de la passemènterie. (Arts mécaniques.)
- M. Michel Moritz, cocher, rue du Mont-Cenis, 143. — Démarre-tramway, formant frein à volonté. (Arts mécaniques.)
- M. Aubry et Cie, rue Furstenberg, S. — Papier adhésif permettant de bien coller et tendre sur une planche la feuille de papier destinée à recevoir un dessin technique, un lavis ou une aquarelle. (Constructions et beaux-arts.)
- M. Alfred Tresca fait hommage à la Société d’une collection des ouvrages et brochures de feu son père, H. Tresca, membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers et membre du Conseil de la Société d’Encoura-gement.
- M. le Président remercie M. Alfred Tresca du don de cette collection.
- M. Cheysson, membre du Conseil, fait hommage d’une brochure intitulée : le Pain du siège, conférence faite à l’Ecole supérieure de guerre.
- M. Ad. Bouvier fait hommage d’une brochure intitulée : Quelques observations sur le rendement lumineux des becs de gaz usuels.
- M. Bresson fait hommage d’un Mémoire sur la fabrication et les emplois actuels de l’acier déphosphoré.
- La Maison Quantin, rue Saint-Benoît, fait hommage à la Société des ouvrages suivants :
- Les Chemins de fer, par P. Lefèvre, sous-chef du mouvement à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, et G. Gerbelaud, inspecteur du mouvement aux Chemins de fer de ceinture de Paris ;
- Les Sciences expérimentales en 1889, par O. Badoureciu, ingénieur au corps des mines ;
- La Houille et ses dérivés, par O. Chemin, ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur à l’Ecole des ponts et chaussées, et F. Verdier, ingénieur civil.
- Sont signalés dans la correspondance imprimée les articles suivants :
- Compte rendu des séances du 11° congrès des ingénieurs en chef des associations de propriétaires d’appareils à vapeur, tenu à Paris les 7, 8 et 9 novembre 1886;
- Annales des Mines, 5e livraison de 1888. —- Rapport de la sous-commission spéciale (à la commission des substances explosives), sur l’étude des questions relatives à l’emploi des explosifs en présence du grisou, par M. Mallard, inspecteur général des mines ;
- Transactions of the institution of Engineers and shipbiàlders in Scotland. — Etude sur le tirage des cheminées et la combustion forcée, par M. F.-J. Roumn.
- M. le Président annonce la mort de M. Broch, correspondant de l’Institut,
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- ancien ministre de la marine et des colonies de Norvège, directeur du bureau international des poids et mesures, membre correspondant de la Société.
- AL Mascart est prié de faire sur M. Broch une notice pour le Bulletin.
- Nomination de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Lemonnier, ingénieur-constructeur, à Paris, présenté par AL Brüll;
- M. Marx, malteur, à Marseille, présenté par M. Aimé Girard;
- M. Émile Doublet, négociant importateur, à Sydney (Australie), présenté par MM. Périer et Le franc ;
- M. G. Alexis-Godillot, ingénieur à Paris, présenté par AL Brüll.
- Rapports des Comités. — Clapet de retenue. — AI. Hirsch lit, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur un nouveau clapet de retenue pour vapeur de M. P. Curette, à Hamégicourt, qu’il désigne sous le nom de « clapet-pendule » et qui est un perfectionnement de l’appareil analogue déjà décrit dans le Bulletin de la Société.
- Cet appareil construit par M. E. Vaultier, ingénieur, à Saint-Quentin, est déjà établi à un grand nombre d’exemplaires. Il parait présenter un sérieux intérêt.
- En conséquence, le Comité des arts mécaniques a l’honneur de proposer au Conseil de remercier M. Curette de son intéressante communication et d’autoriser l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société avec figure dans le texte et légende explicative.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Debrayeurs électriques. — AI. Brüll lit, pour M. Simon, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur les débrayeurs électriques de AI. Badiguet, rue du Tage, 20, à Paris.
- Depuis 1865, M. Badiguet, fabricant d’instruments de précision, s’occupe de l’application des appareils électriques au désembrayage des machines employées dans les industries textiles et notamment des métiers de bonneterie. Il a pu propager ces débrayages, dont les applications dépassent aujourd'hui huit mille, soit environ quarante mille appareils, chaque débrayeur correspondant à quatre ou cinq dispositifs pour révéler les défauts du tricot, trous ou mailles coulées, la rupture ou l’épuisement des fils, les aiguilles cassées ou simplement faussées.
- Le Comité des arts mécaniques propose au Conseil de remercier M. Badiguet de son intéressante communication et d’autoriser l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec une planche de dessin représentant le débrayage proprement dit et l’une des dispositions adoptées pour l’isolement électrique de plusieurs métiers réunis sur un même bâti métallique.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Combustion méthodique. — M. Brüll lit, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur des foyers à combustion méthodique pour l’utilisation des combustibles pauvres, par M. Alexis Godillot, ingénieur, rue d’Anjou, 50. L’in-
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- venteur produit la combustion sur une grille étagée ou à gradins. Ces grilles anciennement connues n’avaient pas encore été aussi bien disposées pour être alimentées mécaniquement de combustibles pauvres et volumineux. La grille a la forme tronconique à gradins et l’alimentation se fait 'par une hélice à augets croissants.
- il/. Godillot s’est attaché à approprier son système à chaque situation et à chaque genre de combustibles. Il résulte de ses efforts que le système a reçu déjà des applications nombreuses et importantes, notamment dans les sucreries de canne, dans les fabriques d’extraits, dans les tanneries, et qu’il a rendu, pour l’utilisation de déchets sans valeur et encombrants,[des services signalés reconnus par les intéressés et mesurés avec soin par des ingénieurs expérimentés.
- Partout on a constaté une marche régulière de l’appareil, l’absence de la fumée, la bonne conservation des générateurs.
- Ce sont là des résultats remarquables et le Comité propose d’en féliciter l’auteur et de le remercier de les avoir communiqués à la Société avec autant de clarté et de précision. Il propose, en outre, d’autoriser l’insertion au Bulletin du présent rapport auquel serait annexé un des procès-verbaux d’essai du fourneau Godillot. Ce rapport sera accompagné d’une planche de dessin représentant le fourneau à combustion méthodique et d’une légende explicative.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communication. — Coups de feu dans les chaudières à vapeur. — M. Hirsch communique les résultats des expériences qu’il a entreprises pour étudier les circonstances propres à provoquer la production des coups de feu dans les chaudières à vapeur.
- M. le Président remercie M. Hwsch de son importante communication, qui sera insérée au Bulletin.
- Séance du 22 février 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière, président.
- M. Roy eau, carrefour de l’Odéon, il. — Nouvelle machine à chandelles et à bougies et nouvelle chandelle dite du Japon. (Arts chimiques.)
- M. Hertford, rue Saint-Paul, 5. — Machine à fabriquer les anneaux et les ressorts à boudin, etc. (Arts mécaniques.)
- MM. Pierre Barette et Amédée Barette, à Romilly-sur-Andelle, par Pont-Saint-Pierre (Eure). — Fouleuse à mouvement alternatif. (Arts mécaniques.)
- M. Leclercq, mécanicien, avenue des Ternes, 74. — Fabrication de râpes, limes, etc. (Arts mécaniques.)
- M. Maurice Albert, directeur de la Société des grands journaux, demande l’échange de son journal le Constructeur contre le Bulletin de la Société. [Bulletin.)
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- M. Montoüle, boulanger, passage des Taillandiers, 5, Paris-Belleville. — Machine qui permet à l’ouvrier boulanger de faire son levain dès le matin pour la nuit suivante. (Arts chimiques.)
- La Société nationale d'horticulture de Paris annonce la création d’un prix de 2 500 francs fondé par le Dr Joubert de l’Hiberderie, pour un ouvrage sur Vhorticulture maraîchère, l’arboriculture et la floriculture réunies. Un concours est ouvert pour l’année 1889.
- Le Ministre du commerce et de l'industrie adresse un exemplaire des tomes 50 à 55 de la collection des brevets d’invention pris sous le régime de la loi de 1844.
- Le Ministre de l’agriculture adresse des cartes de circulation pour le concours général d’animaux gras de Paris, en 1889.
- M. le Secrétaire fait part de la mort de S. E. Vidal Pacha, directeur de PEcole de droit du Caire, chevalier de la Légion d’honneur, membre correspondant de la Société.
- Le second fascicule du tome II du Cours de machines — Thermodynamique — de M. Haton de la Goupillière, président de la Société, offert par l’auteur pour la bibliothèque de la Société.
- M. N. Basset, auteur du Guide du fabricant de sucre, etc., — présente un Traité théorique et pratique de la culture de la canne à sucre, Ghallamel et Cie, éditeurs. (Agriculture.)
- Le Nématode de la betterave à sucre (Heterodera Schachtii), par Georges Pureau. Bureaux du Journal des fabricants de sucre.
- Le Tubo-moteur et la dynamo Parsons, par Jean Rey, ingénieur civil des mines. Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires.
- Une excursion à San-Saturnino de Noya (Espagne), par J. Sabatier. Librairie agricole de la Maison rustique.
- Notice sur le concours 47 : Électricité. Bruxelles, 1888, Imprimerie des travaux publics.
- M. Hippolyte Leplay, chimiste, rue Lafayette, 104, fait hommage de trois brochures qu’il vient de publier :
- 1° Progrès accomplis dans la culture de la betterave et dans la fabrication du sucre sous l’influence de la loi de 1844, justifiés par la composition des masses cuites de premier jet pendant les campagnes 1884-86 à 1886-87.
- 2° Progrès accomplis dans la culture de la betterave et dans la fabrication du sucre dans la campagne de 1887-88 et au cours de la campagne 1888-89.
- 3° Osmomètre. — Osmométrie. — Endosmose de Dutrochet. — Osmose de Dubrunfaut. — Dialyse de Graham. — Osmomètre.
- Nomination d’un membre de la Société. — M. Joly, présenté par M. Troost, est nommé membre de la Société.
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- Nomination de membres du Conseil. —M. Camille Krantz, maître des requêtes au Conseil d’Etat, ayant réuni la majorité des suffrages, est nommé membre de la Commission des fonds.
- Sont présentés pour le Comité des arts mécaniques :
- M. Lemonnier, ingénieur-mécanicien, et M. Imbs, professeur au Conservatoire des arts et métiers.
- M. Lemonnier, ayant acquis la majorité des voix, est nommé membre du Conseil.
- Déclaration de vacance. — M. Chatin demande au Conseil, au nom du Comité d’agriculture, de déclarer une vacance dans'ce Comité pour nommer un membre en remplacement de M. Hervé Maiigon.
- Cette vacance est déclarée.
- Communications. — Acide carbonique liquide. — M. Gall présente à la Société de l’acide carbonique liquide fabriqué, pour la première fois en France, à l’usine de Villers près Hernies (Oise).
- Ce produit est préparé par compression directe du gaz carbonique très pur obtenu à l’aide d’un appareil basé sur les indications de MM. Ozoux et Moison et perfectionné par M. Gall. Les gaz provenant de la combustion de l’oxyde de carbone d’un gazogène Lencauchez au coke sont lavés soigneusement pour en éliminer l’acide sulfureux et refoulés dans des appareils pourvus d’agitateurs convenables et renfermant des solutions de carbonate de soude ou de potasse. L’acide carbonique est absorbé tandis que l’azote et l’oxygène en léger excès s’échappent dans l’atmosphère. La solution de bicarbonate alcalin est introduite dans une chaudière et soumise à l’ébullition par la chaleur résultant de la combustion des gaz du gazogène qui servent à la production de l’acide carbonique dilué. L’acide carbonique se dégage à l’état de grande pureté, tandis que le monocarbonate sert à une nouvelle absorption.
- Le gaz carbonique est recueilli dans un gazomètre, d’où il est aspiré pour être comprimé dans un appareil à plusieurs cylindres et amené ainsi successivement à 25 et 60 atmosphères. Il est refroidi soigneusement au sortir de chaque cylindre.
- L’acide carbonique liquide est susceptible d’applications les plus diverses, et son emploi paraît susceptible de se généraliser aussi bien dans les industries qui consomment de l’acide carbonique que dans les cas où l’on cherche à produire au moyen d’un gaz comprimé des etfets de pression (élévation des liquides à grande hauteur; compression de l’acier fondu, etc.). Transformé en acide carbonique solide, il peut être manié très aisément à l’air libre. M. Gall en présente à la Société un morceau de près d’un kilogramme conservé pendant 9 heures sans perte sensible. L’emploi de l’acide carbonique solide est destiné à faciliter l’étude des dérivés de cet anhydride et a permis d’obtenir déjà plusieurs combinaisons
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- nouvelles qui ont fait l’objet d’applications dans l’industrie des matières colorantes (action de CO2 sur les dérivés alcalins des phénols : acides oxynaphtoïques, oxyquinoléine, carboniques, etc.).
- M. Gall présente en outre un appareil détendeur permettant de laisser échapper le gaz des bouteilles sous une pression réduite et facile à régler, inventé par M. Froideval, ingénieur à Saint-Quentin.
- M. le Président remercie M. Gall de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- Tourbillons aériens. — M. Mascart présente à la Société les expériences de M. Weyher sur la production des trombes aériennes. A la partie supérieure d’une grande cage cubique ouverte dans le haut et fermée en avant par une glace sans tain, et contenant un bassin d’eau chaude, se trouve une sorte de tambour à ailettes tournant rapidement autour de son axe placé verticalement ; le nuage formé à la surface de l’eau se rassemble bientôt et s’élève jusqu’au tambour en une colonne étroite qui rappelle le phénomène de la trombe. Cette colonne est visiblement animée d’un mouvement hélicoïdal ascendant à l’extérieur. La partie centrale se détache en noir sur le fond blanc ; elle est le siège d’un mouvement descendant; ce qui est mis en évidence au moyen d’un fumeron introduit au centre.
- Un petit ballon gonflé d’air, abandonné dans la cage, décrit autour de la trombe une courbe hélicoïdale, puis s’élève dans celle-ci.
- L’eau chaude est remplacée par de l’eau de savon dans laquelle on forme do nombreuses bulles; ces bulles s’amassent de manière à donner l’image du buisson qui se forme sur une mer moutonneuse. La même expérience est répétée en remplaçant les bulles par une soixantaine de petits ballons.
- Dans la partie centrale de la trombe, et du haut en bas, la pression est inférieure à la pression atmosphérique. Ce qui est visible quand on y introduit un tube en relation avec un manomètre.
- M. Weyher produit encore le cyclone au-dessus d’une table sur laquelle il jette une pièce de monnaie en la faisant tourner autour de ses doigts; la pièce continue à tourner indéfiniment dans la région centrale du tourbillon.
- Une autre expérience met en évidence le calme qui règne au centre d’un cyclone. Un tambour plus large que le précédent et tournant moins vite se trouve à une certaine distance d’une table garnie de petits pavillons. Ceux-ci sont vivement agités dans la région atteinte par le cyclone, excepté ceux du centre.
- La sphère tournante est constituée par un certain nombre de disques de même diamètre, en acier mince, évidés et montés autour d’un diamètre commun qui est l’axe de rotation. Tandis que cette sorte de ventilateur projette vivement des morceaux de papier et autres corps légers, un ballon gonflé de gaz de l’éclairage, abandonné à proximité de la sphère, est vivement attiré et se met à tourner
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- autour d’elle à très petite distance comme un gros satellite, et se maintient dans la région équatoriale.
- Un anneau découpé dans une feuille de papier et d’un diamètre intérieur un peu supérieur à celui de la sphère, approché de manière à être traversé par l’axe de rotation, vient se placer autour de la sphère, dans le plan équatorial, et s’y maintient, donnant ainsi une image de l’anneau de Saturne; si l’on cherche à l’écarter de sa position, il y revient vivement.
- L’expérience de la trombe est répétée à l’air libre.
- M. Weyher montre que la pression dans le voisinage de la sphère est inférieure à la pression atmosphérique et qu’elle devient brusquement plus grande dans le plan équatorial ; il répète quelques expériences montrant qu’un tambour tournant exerce sur un disque qui lui est parallèle une attraction qui paraît varier en raison inverse du carré de la distance, etc.
- M. le Président remercie M. Weyher des expériences qu’il a bien voulu mettre sous les yeux de la Société, ainsi que M. Mascart, pour l’exposition si intéressante qu’il a faite des phénomènes reproduits par M. Weyher.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Georges Chamerot,' .9, rue des Saints-Pères. — 24154.
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- 88e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- AVRIL 1889.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Hirsch, au nom du Comité des arts mécaniques, sur le clapet-pendule de M. P. Carette.
- M. Paul Carette, à Hamégicourt, présente à la Société un nouveau clapet de retenue pour vapeur, qu’il désigne sous le nom de claqiet-pendule, et qui
- Fig. 1 et 2. — Clapet-peudule de M. Carette.
- est un perfectionnement de l’appareil analogue, déjà décrit dans le Bulletin. Ce clapet est susceptible de se fermer dans les deux sens. Les deux sièges Tome IV. — 88e année. 4e série. — Avril 1889. 27
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- 206 ARTS MÉCANIQUES. --- MARS 1889.
- sont obliques dans la boîte à clapet. L’obturateur mobile, formé d’un disque en fonte malléable, est garni, sur son pourtour, de portées en plomb, disposées de manière à amortir le choc lors de la fermeture. Cet obturateur est fixé sur un arbre carré, qui sort de la boîte à joint étanche, et est muni, au dehors, d’un contrepoids maintenant le clapet dans sa position moyenne.
- Il est facile de donner à ce clapet une qualité précieuse, à savoir : la faculté de se fermer du côté de la chaudière sous une très faible dépression, et, au contraire, de n’obstruer l’orifice opposé que dans le cas d’une dépression assez forte. Pour réaliser ce résultat, l’inventeur dispose une lame de ressort, en contact sans pression avec un doigt monté sur le levier du contrepoids.
- Cet appareil est construit par M. E. Vautier, ingénieur à Saint-Quentin. 11 en a été déjà établi un grand nombre d’exemplaires. Il paraît présenter un sérieux intérêt.
- En conséquence, votre Comité des Arts mécaniques a l’honneur de vous proposer de remercier M. Carette de son intéressante communication, et d’autoriser l’insertion du présent rapport dans votre Bulletin, avec figure dans le texte et légende explicative.
- Signé : Hirsch, rapporteur.
- Approuvé en séance le 8 février 1889.
- LÉGENDES DES FIGURES REPRÉSENTANT LE CLAPET-PENDULE SYSTÈME CARETTE.
- A, Côté de la chaudière ;
- BB et CC, Sièges ;
- D, Obturateur;
- aa, Garnitures en plomb;
- EE, Axe de suspension ;
- F, Contrepoids;
- G, Lame de ressort;
- d, Doigt en contact avec la lame G.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport fait par M. Rousselle, au nom du Comité des arts économiques,
- sur les étuves a désinfection de MM. Geneste et Herscher, ingénieurs-
- constructeurs, rue du Chemin-Vert, 42, à Paris.
- Dans la séance du 12 novembre 1886, M. Herscher, en son nom personnel et au nom de son associé M. Geneste, a fait part à la Société d’En-couragement des procédés qui ont été imaginés par eux pour perfectionner et faciliter la désinfection et l’épuration des objets de literie, linges et vêtements.
- On sait combien, à la suite des décès et après certaines maladies, celles surtout qui ont une nature contagieuse ou un caractère épidémique, il importe de détruire les germes qui peuvent propager le mal. Avant d’étudier la disposition des appareils les plus propres à assurer cette destruction, MM. Geneste et Herscher ont voulu se rendre un compte exact des conditions à remplir.
- Dans l’état actuel de la science, il paraît établi par les travaux des plus éminents hygiénistes que les microbes susceptibles de propager des maladies sont difficilement détruits par la chaleur sèche. Ainsi certains microbes placés dans de l’air élevé à la température de 150 degrés pendant deux heures sont bien desséchés par le fait de cet échauffement, mais peuvent être rendus à la vie lorsqu’ils sont ensuite exposés à l’humidité. Au contraire, les mêmes microbes placés dans de la vapeur d’eau sous pression pendant 10 à 15 minutes sont pour la plupart détruits à la température de 100 degrés et ils le sont tous, ainsi que les germes qui en dérivent, à 110 ou 115 degrés.
- Cette considération, sur laquelle nous n’insistons pas davantage pour ne pas sortir des attributions de notre Société, a déterminé le dispositif des appareils imaginés par MM. Geneste et Herscher. Ces habiles constructeurs emploient uniquement la vapeur d’eau élevée à 110 ou 115 degrés et ils se sont appliqués àrendre l’épuration des linges complète, rapide et inoffensive.
- Ils construisent deux systèmes d’étuves : les unes fixes pour les lazarets, les hôpitaux, etc., les autres mobiles, c’est-à-dire susceptibles, comme les pompes à incendie, d’être transportées à l’aide de chevaux sur le lieu où le besoin s’en fait sentir.
- Les étuves fixes sont installées dans une chambre spéciale qu’il est avan-
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- ARTS ÉCONOMIQUES. --- AVRIL 1889.
- tageux de séparer par une cloison en deux parties, l’une pour la réception des objets à désinfecter, l’autre pour la sortie des mêmes objets. L’étuve proprement dite est formée d’un corps cylindrique de lm,30 de diamètre et de 2m,2Q de longueur en tôle de 0m,006 d’épaisseur, recouverte extérieurement par une enveloppe isolante en bois. Le cylindre est fermé à ses deux extrémités par des portes en tôle de 0m,007 embouties en forme de calotte sphérique ayant environ 0m,15 de flèche. Pour obtenir une fermeture hermétique, l’on fixe à chaque extrémité du cylindre une forte cornière en fonte munie d’oreillons pour recevoir les axes de boulons articulés et de saillies traversées par les axes des charnières des portes ; cette même cornière présente une rainure circulaire dans laquelle s’encastre un anneau en caoutchouc. Les portes sont également munies d’un cercle en fer plat et d’un cercle demi-rond qui, lorsque la fermeture est effectuée, vient presser l’anneau en caoutchouc. L’ouverture et la fermeture se font au moyen de fortes charnières en fer forgé; en outre, chaque porte est guidée dans son mouvement par un galet en fonte qui roule sur un rail courbe scellé sur le sol.
- Un chariot en fer à claire-voie, agencé de façon que des matelas puissent y être posés verticalement, trouve sa place dans le cylindre ; il est supporté par des galets qui roulent sur des rails occupant toute la longueur de l’étuve et se prolongeant, de chaque côté au delà, sur une longueur égale. Ces rails extérieurs sont supportés par une charpente légère et sont susceptibles de se relever à l’aide de charnières dans l’étendue nécessaire pour permettre l’ouverture des portes. Le chariot est garni de bois dans toutes les parties susceptibles de toucher les objets à désinfecter; la partie inférieure est enveloppée d’un grillage en fer étamé.
- Dans l’intérieur du même cylindre, deux batteries chauffantes complémentaires, composées chacune de onze tubes en fer, sont attachées, l’une contre la paroi supérieure, l’autre dans le vide qui se trouve en contre-bas du chariot; elles aboutissent à des boîtes de distribution communiquant, les unes avec le tuyau de vapeur venant de la chaudière, les autres avec le tuyau de purge. Le rôle de ces surfaces chauffantes consiste à empêcher les condensations dans l’intérieur de l’étuve, et par suite à éviter les taches et le mouillage, puis à activer le séchage après l’opération; ces surfaces sont desservies par de la vapeur arrivant directement de la chaudière et que l’on maintient à la température de 135 à 140 degrés.
- La chaudière d’alimentation est verticale avec tubes de circulation ; elle est disposée suivant un type qui ne présente aucune innovation notable; elle est
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- timbrée à 6 kilos et elle est pourvue de deux soupapes de sûreté, d’un manomètre, d’un niveau d’eau à tube de verre el de deux robinets. La tuyauterie permet d’envoyer la vapeur dans l’étuve et dans la batterie de chauffe supplémentaire.
- La conduite de l’opération se fait comme il suit : la chaudière, une fois mise en pression, l’on amène la vapeur dans la batterie de chauffe additionnelle et l’on manœuvre le robinet purgeur pour évacuer l’eau condensée. L’étuve étant chaude, on ouvre l’une des portes et l’on pousse le chariot qui contient les objets à désinfecter ; après quoi l’étuve est soigneusement
- Fig. 1. — Étuve mobile à désinfection do MM. Geneste et Herscher.
- refermée. L’on manœuvre ensuite doucement le robinet qui permet à la vapeur d’entrer dans le cylindre en y maintenant la pression entre 1/2 et 7/10 de kilogramme. Cette pression est conservée pendant cinq minutes, puis l’on produit, en soulevant une des soupapes, une dépression qui ramène le manomètre à zéro; après quoi la vapeur est de nouveau introduite, de manière à obtenir la même pression qu’au début. L’opération est terminée 15 minutes après que, pour la première fois, le manomètre a marqué 1/2 kilogramme. L’on ramène alors la pression à zéro ; l’on entr’ouvre la porte de l’étuve opposée à celle par laquelle les objets ont été introduits et on laisse pendant vingt minutes ces objets exposés à la chaleur sèche.
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- Les étuves mobiles (fig. 1) construites par MM. Geneste et Herscher ne diffèrent de celles que nous venons de décrire qu’en ce que l’étuve et le générateur de vapeur sont placés sur un train de voiture à quatre roues disposé pour être attelé à deux chevaux ; celui-ci est composé de deux longerons reposant par l’intermédiaire de ressorts sur les essieux qui prennent appui sur deux roues en bois. Une caisse à combustible, en forme de siège, renferme aussi les outils; à l’arrière de ce coffre est adossée la bâche d’alimentation de la chaudière. Grâce à ce dispositif, l’étuve peut être transportée sur les lieux où les circonstances réclament son emploi et elle peut être très rapidement mise en action.
- MM. Geneste et Herscher ont aussi indiqué comment leurs étuves peuvent être installées sur des grands navires ou sur des chalands.
- La description sommaire qui précède montre suffisamment que les nouveaux procédés de MM. Geneste et Herscher sont d’une efficacité plus sûre que ceux qui sont ordinairement en usage; mais l’on peut se demander si l’énergie de ces procédés n’est pas assez grande pour détruire la solidité des tissus exposés à la vapeur en pression. La réponse à cette objection se trouve dans un rapport présenté à la Société médico-chirurgicale des hôpitaux de Lyon par M. le docteur Yinay, professeur à la Société de médecine de cette ville. M. Vinay a soumis des linges et un tricot de laine à la lessive ordinaire pour servir de témoins ; puis des objets semblables à l’étuve après laquelle ils subissaient la lessive ordinaire; enfin, d’autres linges semblables à l’étuve, au lessivage après lequel ils étaient plongés dans une solution décolorante de chlorozone (hypochlorite de sodium peroxydé).
- Il a constaté que les objets de la deuxième catégorie ressemblent, à s’y méprendre, à ceux de la première; ils n’ont subi aucune modification appréciable dans leur texture ; ils ont la même coloration et présentent la même résistance que les linges témoins qui ont subi le blanchissage ordinaire. Il en est autrement des linges qu’on a trempés dans la solution décolorante; un drap a été à peu près détruit après le quatrième lavage.
- En définitive, l’étuve à vapeur en pression ne paraît pas plus susceptible que le lessivage ordinaire d’enlever sur les linges certaines taches qui sont presque indélébiles, telles que les taches de sang ou de méconium; mais elle ne contribue pas sensiblement plus à la destruction des tissus. Ce qui produit surtout cette destruction, c’est l’emploi des agents chimiques à l’aide desquels on rend au linge qui a été souillé sa parfaite blancheur.
- M. Yinay ajoute du reste à cette conclusion l’observation suivante :
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- « Quand il s’agit d’affections aussi redoutables que la gangrène gazeuse, la diphtérie ou la variole, la destruction des agents pathogènes n’est jamais trop complète, même si cette destruction doit s’accompagner de la détérioration des objets qui en sont imprégnés. Il vaut mieux perdre des objets de literie que perdre des malades. »
- Les documents que MM. Geneste et Herscher ont mis sous nos yeux, les renseignements que nous ont donnés des personnes parfaitement compétentes établissent que les perfectionnements apportés par ces inventeurs aux systèmes de désinfection anciennement employés sont très favorablement jugés par les médecins et les hygiénistes; les étuves à vapeur sous pression ont été appliqués dans plusieurs hôpitaux et dans quelques grandes administrations en France et à l’étranger. M. le docteur Brouardel les a employées avec succès lorsqu’une épidémie de suette miliaire a sévi dans le Poitou. 11 ne nous appartient pas de discuter des appréciations relatives à une question médicale, mais, ce que nous pouvons dire, c’est que, s’appuyant sur des données scientifiques, MM. Geneste et Herscher ont mis leur talent et leur grande expérience au service d’une cause humanitaire. Leurs appareils sont disposés d’une manière logique et ingénieuse et fournissent une solution pratique du problème qu’ils se sont posé.
- Votre Comité des arts économiques a donc l’honneur de vous proposer de remercier MM. Geneste et Herscher de l’importante communication qu’ils ont faite à la Société d’Eneouragement et d’approuver l’insertion au Bulletin du présent rapport accompagné des dessins représentant la disposition des étuves fixes ainsi que des étuves mobiles.
- Signé : Rousselle, rapporteur.
- Approuvé en séance le 14 décembre 1888.
- LÉGENDE DE LA PLANCHE 27 REPRÉSENTANT l’ÉTUVE A DÉSINFECTION DE MM. GENESTE
- ET HERSCHER.
- A, Chambre d’épuration.
- B, Chariot roulant sur rails.
- C, C, Rails intérieurs.
- D, Enveloppe isolante extérieure garnie en bois.
- E, E, Portes en tôle de l’étuve fermant au moyen de boulons articulés.
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- F, F, Galets en fonte roulant sur un rail courbe pour faciliter l’ouverture de ces portes.
- G, Voie ferrée extérieure portant des rails à charnières et formant la prolongation des rails intérieurs. Une voie semblable se trouve également placée de l’autre côté de l’étuve.
- H, H, Batteries de chauffe spéciales additionnelles.
- I, 1, Tuyauterie spéciale à l’étuve, avec robinetterie.
- J, J, Boîte de séparation d’eau condensée et de vapeur.
- K, Manomètres.
- L, L, Soupapes de sûreté.
- M, M, Galets du chariot.
- N, Ecran en tôle placé contre la batterie de chauffe supérieure et protégeant les objets à épurer.
- Cette batterie a pour but d’empêcher les condensations à l’intérieur de l’étuve et par suite d’éviter les taches et les mouillures.
- La batterie du bas est disposée de manière à provoquer le séchage rapide des matières après l’épuration.
- R, Robinet purgeur d’air communiquant avec un tuyau qui descend jusqu’à la partie la plus basse de Tétuve.
- T, Tuyaux de purge de l’eau condensée.
- L’installation comporte en outre une chaudière à vapeur avec ses accessoires et enfin la tuyauterie de raccordement entre ladite chaudière et l’étuve elle-même.
- L’étuve mobile, représentée sur la figure 1 intercalée dans le texte, est construite d’après les mêmes principes que l’étuve fixe.
- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait par M. H. Le Ch atelier, au nom du Comité des arts chimiques, sur ïouvrage de M. Candlot intitulé : Etude pratique sur le ciment
- DE PoRTLAND.
- M. Candlot, ingénieur-chimiste de la Société des ciments français de Boulogne-sur-Mer, a présenté à la Société d’Encouragement un ouvrage intitulé : Etude pratique sur le ciment de Portland. Cette étude a pour nbjet principal la question si importante des méthodes à employer dans l’essai des ciments. Les résultats auxquels conduisent ces essais sont d’une interprétation très délicate, car les chiffres obtenus dépendent généralement
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- beaucoup plus des procédés d’expérimentation employés, de l’habileté de l’opérateur que des qualités mêmes du ciment essayé. Et pourtant, c’est à ses essais seuls que doit s’en rapporter l’ingénieur pour le choix d’un ciment au moment d’entreprendre des travaux considérables, comme une jetée à la mer ou un pont sur un fleuve; ce sont encore ces essais seuls qui décideront de l’acceptation ou de la non-acceptation d’une livraison de ciment, occasionnant ainsi au fabricant un gain ou une perte considérable.
- 11 pourrait sembler, à une lecture un peu rapide de l’étude de M. Candlot, qu’elle ne fait que résumer des faits connus de toutes les personnes qui ont une expérience un peu prolongée des essais de ciments. 11 y a longtemps que l’on a remarqué l’influence de la température sur la rapidité de la prise, celle de la proportion d’eau de gâchage sur le durcissement, etc. Ce qu’il y a de nouveau dans ce travail, c’est d’avoir précisé par des chiffres résultant d’un nombre considérable d’expériences les idées plus ou moins vagues et souvent contradictoires que possédaient sur ce sujet les gens du métier. Les recherches scientifiques de cette nature rendent les plus grands services à l’industrie, en transformant en notions définies, susceptibles d’être transmises par l’enseignement, ces connaissances vagues et inconscientes qu’acquièrent dans chaque métier les praticiens par une longue et pénible expérience.
- Des études analogues ont été poursuivies simultanément au laboratoire des Ponts et Chaussées de Dunkerque, par M. Vétillart, sous la haute direc tion de M. Guillain, qui suivait également les recherches de M. Candlot, le guidant et l’encourageant dans ses travaux. Les expériences faites par le service des Ponts et Chaussées n’ont pas été publiées, elles ont seulement été réservées dans des rapports administratifs autographiés. Dans leur ensemble les résultats obtenus concordent avec ceux de M. Candlot.
- Dans son mémoire M. Candlot passe successivement en revue les différentes méthodes employées actuellement dans les essais de ciment :
- Analyse chimique ;
- Mesure du degré de finesse;
- Détermination de densité;
- Rapidité de prise ;
- Essais de résistance à la rupture.
- Nous suivrons M. Candlot dans cette étude en faisant ressortir les conséquences pratiques qui découlent de son travail.
- 1° Analyse chimique. — L’auteur donne dans un tableau les analyses Tome IV. — 88e année. 4° série. — Avril 1889. 28
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- d’une trentaine de ciments des meilleures marques de France, Angleterre, Allemagne et Belgique. Dans tous ces pays, les compositions sont très voisines, comme le montre le tableau suivant où sont reproduites trois analyses choisies parmi celles qui diffèrent le plus entre elles. La première est celle d’un ciment de bonne qualité de composition moyenne; la seconde, celle d’un ciment peu siliceux et très alumineux; la troisième, d’un ciment très siliceux. A côté de l’analyse de chaque ciment on a donné la composition en équivalents rapportée à 1 équivalent de silice, Si O2.
- 12 3
- Silice 22,20 1 21,30 1 24,85 1
- Alumine 6,72 0,17 10,60 0,27 6,07 0,14
- Oxyde de fer. . . 2,28 0,03 3,60 0,07 2,43 0,04
- Gliaux . 67,31 3,26 62,23 3,14 64,40 2,77
- Magnésie 0,95 0,07 1,4-4 0,10 1,26 0,07
- Divers 0,66 0,83 0,99
- Total.. . . . 100,12 100,00 100,00
- Ces analyses se rapportent à des ciments débarrassés aussi complètement que possible de cendres de combustible. Tout ciment dont la composition s’écarterait notablement des limites données ci-dessus, doit être considéré comme suspect. Mais l’analyse d’un produit marchand indiquant un dosage moyen convenable est une bien faible garantie de qualité. Des irrégularités de 2 à 3 p. 100 dans le dosage des pâtes d’un point à l’autre de la masse rendent impossible toute bonne fabrication ; elles ne peuvent être décelées par l’analyse du ciment en poudre dans lequel l’homogénéité a nécessairement été rétablie postérieurement à la cuisson par le fait du broyage et du tamisage.
- L’analyse chimique peut encore fournir quelques renseignements sur des défauts de fabrication autres que ceux résultant du dosage des pâtes. Une teneur en matières volatiles, eau et acide carbonique supérieur à 3 p. 100, indique une altération à l’air assez considérable pour entraîner une diminution notable de résistance. L’existence d’un résidu inattaquable aux acides, sable siliceux ou charbon, indique un triage insuffisant des mâchefers et scories formés aux dépens des cendres du combustible ou des parois siliceuses des fours. Dans les produits de bonne qualité, la proportion de ces matières insolubles n’atteint pas 1 p. 100. Enfin un dégagement d’hydrogène sulfuré par l’action des acides est souvent l’indication d’une falsification du ciment au moyen d’une addition de laitiers de haut fourneau.
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- L’analyse chimique permet donc seulement d’éliminer quelques ciments certainement mauvais, soit par défaut de dosage, soit par mélange de matières étrangères. Elle ne donne même pas une présomption de bonne qualité pour les produits de composition normale.
- 2° Finesse de mouture.—La finesse de mouture se mesure par la quantité de résidu que donnent des tamis de finesse croissante, par exemple les tamis :
- N° oO à 324 mailles par centimètre carré.
- 80 à 900 — —
- 200 à o000 — —
- Tamis de soie.
- Le degré de finesse est une donnée intéressante à connaître, parce que les grains de ciment trop volumineux n’arrivent pas, même au bout d’un temps très long, à s’attaquer jusqu’au centre; ils se comportent alors en partie comme un sable inerte. M. Candlot pense que, pratiquement, on peut considérer comme inertes tous les grains refusés par le tamis de 900 mailles ; ceux qui passent au tamis de soie et qui constituent la poussière fine ont seuls une action marquée pendant la première période du durcissement, pendant la durée des essais de réception qui n’excède habituellement pas un mois. Tous les grains passant au tamis de 5 000 s’hydratent complètement au bout d’un temps plus ou moins long et concourent par suite, dans les travaux, à la résistance définitive des mortiers au même titre que les poussières fines. ^
- Il est donc indispensable de réduire au minimum la proportion des gros grains, puisque ceux-ci payés comme ciment se comportent comme du sable. Pour ce motif seul la détermination de la finesse de mouture serait un essai utile à faire, mais cette détermination est plus importante encore à cause de l’influence considérable que cette finesse exerce sur certaines des qualités des ciments habituellement soumises aux essais : tels que la densité, la rapidité du durcissement. Les chiffres relatifs à ces derniers essais ne peuvent avoir de signification qu’à condition d’être rapprochés du degré de finesse.
- 3° Densité. — Toutes les fois que l’on parle d’une matière pulvérulente, il est important de distinguer sa densité absolue, ou densité d’un grain isolé, et sa densité apparente ou densité d’un certain volume de la matière pulvérulente. Ces deux densités sont très différentes, car pour les ciments elles sont sensiblement dans le rapport de 3 à 1. La mesure des densités figure au nombre des essais que l’on effectue sur les ciments, parce que l’on admet
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- l’existence d’une relation entre cette densité et le degré de cuisson, et par suite aussi la qualité du ciment.
- La densité absolue des ciments de bonne qualité est voisine de 3,15; mais, d’après des expériences de M. Candlot, ce chiffre varie à peine avec le degré
- de cuisson.
- Roche noire, cuisson normale.........................................3,154
- — vert clair......................................................3,115
- — grise...........................................................3,113
- — gris jaunâtre, incuit..........................................3,108
- Cette variation, qui ne dépasse guère 1 p. 100, est tellement faible que l’on ne saurait songer à utiliser dans les essais les mesures de densité absolues.
- Les mesures de densités apparentes sont les seules usitées aujourd’hui. Mais ces densités apparentes ne dépendent guère non plus du degré de cuisson; elles sont influencées surtout par une série de circonstances accessoires que M. Candlot a précisées par de nombreuses mesures.
- Le tassement d’abord a une influence énorme. Un même ciment jeté librement d’une faible hauteur dans line mesure de 1 litre, ou tassé en frappant seulement contre les parois de la caisse, a donné des densités :
- Dans le 1er cas, de 1,2;
- Dans le 2e cas, de 2,3.
- En tassant le ciment par une pression superficielle de la masse, on obtient des densités se rapprochant de 3 à mesure que la pression croît.
- Il résulte de cette influence du tassement que du ciment jeté librement dans des capacités semblables, mais de volume croissant, prendra des densités de plus en plus grandes par suite de l’action de son propre poids. M. Candlot a obtenu les chiffres suivants :
- Capacité. Densité,
- lit.
- 0,010 1,150
- 1 1,250
- 100 1,450
- La densité dépend encore de la finesse de mouture. En comparant les ciments dont le résidu au tamis de 5000 mailles étaient différents, les chiffres obtenus ont été :
- Refus au tamis de 5000. Densité.
- 62 1,510
- 40 1,300
- 9 1,094
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- La densité de la partie qui avait traversé les tamis de 5000 était dans les trois cas voisins de 1,000.
- Aussi, pour avoir des résultats plus facilement comparables, M. Gandlot recommande-t-il de ne faire les essais de densité que sur la partie du ciment qui a traversé les tamis de 5000. Il admet que les densités sont alors comprises :
- Densité.
- Pour les ciments bien cuils................................... 1,05 à 1,12
- Pour les ciments mal cuits........................................0,93 à 1
- Ces différences sont tellement petites qu’eu égard aux incertitudes inévitables dans les mesures de densité apparente, on doit considérer ce mode d’essai comme ne donnant que des résultats tout à fait illusoires. On attribuait autrefois à la cuisson une influence prépondérante sur la densité apparente, parce que ne tenant pas compte de la finesse de mouture, on comparait des ciments inégalement fins. Les roches de ciment peu cuites sont très tendres et donnent à mouture égale une poudre bien plus fine que les roches cuites à point.
- 4° Durée de prise. — Un ciment gâché avec de l’eau en pâte plus ou moins fluide ne commence à se solidifier, à faire prise qu’au bout d’un certain temps. On mesure la rapidité de cette prise en se servant d’une aiguille chargée d’un poids convenable que l’on pose sans choc à la surface de la pâte. On dit que la prise a commencé lorsque l’aiguille employée cesse de pénétrer dans la masse au delà d’une profondeur donnée, 4 centimètres par exemple. On dit que la prise a fini lorsque la même aiguille ne produit plus de dépression appréciable à la surface du ciment.
- Les durées de prise ainsi constatées dépendent d’abord de la section de l’aiguille et de sa charge, comme le montrent les chiffres suivants :
- Aiguille
- Section. Charge totale. Durées de prise complète pour différents ciments.
- Imm2 0k=,300 24' 2h35 8' 20'
- Imm2,430 lks,430 6 h. 4h13 ih40' 5h40'
- Avec des aiguilles différentes, on obtient des durées de prise différentes sans aucune relation entre elles. Il est donc indispensable dans ces essais de spécifier l’aiguille employée. L’aiguille de 300 grammes pour 1 millimètre carré de section qui a été proposée par Yicat est celle qui est le plus généralement employée.
- Influence de la température. — La durée de prise varie rapidement avec
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- la température, comme le montrent les chiffres suivants relatifs à deux ciments pris au hasard dans les tableaux de M. Candlot :
- Température de la masse. 7° 15° 20“ 25° 30“ 35“
- 1er ciment..............4 h. 3 h. 2M8' 25' 10' immédiate.
- 2e ciment............... 28' 14' 10' 9' 8' id.
- Une variation de température d’une vingtaine de degrés suffit pour faire varier la durée de prise totale de 4 h. à 10', c’est-à-dire dans le rapport énorme de 24 à 1. Les variations de températures inévitables pendant les essais suffisent donc pour amener des perturbations considérables. On voit de plus que les ciments déjà très rapides aux basses températures sont proportionnellement moins influencés par une élévation de température.
- Influence de la proportion d’eau de gâchage. — La durée de la prise augmente rapidement quand on diminue la proportion d’eau employée au gâchage. Cela ressort immédiatement des deux exemples suivants, empruntés aux tableaux de M. Candlot ;
- Proportion d’eau pour 100 de ciment. 24 26 28 30 32 34
- 1er ciment............. 5' 8' 20' 35' 42' 45'
- 2e ciment.............. 1 h. lh20' lh37' 2h30' 3M5' 4 h.
- Les mortiers, mélangés de ciment et de sable, ont toujours une prise plus lente que le ciment pur, parce que la proportion d’eau nécessaire au gâchage est plus considérable pour un même poids de ciments. Les deux ciments de l’exemple ci-dessus employés en mortier ont donné les résultats suivants :
- Rapport en poids du ciment au sable. 1:0 1:1 1:3 1:5
- 1er ciment......................... 8' 25' 45' 3 h.
- 2e ciment..........................Ih20' 2h20' 4 h. 4h50
- Influence des sels dissous. — La présence des sels étrangers dans l’eau employée au gâchage peut modifier considérablement la durée de prise. M. Candlot a reconnu que tous les sels de chaux, chlorure, sulfate, azotate, retardaient la prise tandis que le chlorure de sodium n’avait aucune influence. Des dissolutions de chlorure de calcium de concentration variable ont donné les résultats suivants :
- Poids en grammes de chlorure
- de calcium dans 1 litre. O 2 5 10 20 40' 60
- Durée de prise...........0h52' 1 h. 10 h. 10 h. 12 h. 8 h. 6 h.
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- L’addition de sulfate de chaux broyé au ciment produit un effet semblable, ainsi que cela résulte du tableau ci-dessous :
- Poids de sulfate de chaux p. 100 de ciment. 0 12 3 4
- Durée de prise...................22' 2h43' 4h50' 3h20' 7 h.
- L’eau de mer donne toujours une prise beaucoup plus lente que l’eau
- douce.
- Nature de l'eau. Durée de prise.
- Eau douce.........................................................0h2o'
- Eau de mer........................................................7h30'
- Solution de CaCl à I p. 100.......................................10 h.
- M. Candlot a montré que ce retard était dû exclusivement au sulfate et au chlorure de calcium résultant de l’action des sels de magnésie contenus dans l’eau de mer sur la chaux des ciments.
- Les ralentissements de prise ainsi obtenus varient avec la nature des ciments; ils sont beaucoup moins marqués avec les ciments peu cuits.
- Influence de la finesse. — L’augmentation de finesse par une mouture plus prolongée accroît un peu la rapidité de prise. Cet effet est plus marqué à l’eau douce qu’à l’eau de mer.
- Influence de Valtération à l’air. — Le ciment abandonné au contact de l’air s’altère peu à peu en absorbant de la vapeur d’eau et de l’acide carbonique. Sa rapidité de prise décroît très rapidement, sans qu’au début les qualités de résistance finale du ciment paraissent se modifier. Il en résulte que des essais de prise faits au chantier à différentes époques sur une même fourniture de ciment donneront des rapidités de prise très variables.
- Les expériences ont porté sur du ciment conservé en sac dans un endroit sec; à chaque expérience on mélangeait tout le contenu du sac.
- Durée d’exposition à l’air en mois : 1 2 3 4
- Durée de prise à l’eau douce.................. 40' I h. 4h2o' dlh30'
- Durée de prise à l’eau de mer................. 3 h. 6h40' I0h2o' 14h20'
- La quantité des matières volatiles, eau et acide carbonique fixés sur le ciment, a été, au bout des quatre mois, de 2,45 p. 100. La résistance finale du ciment n’a pas été modifiée par cette altération qui a suffi pour ralentir considérablement la prise.
- Il résulte bien clairement de l’ensemble de tous ces faits que la rapidité de prise est un élément trop variable pour être susceptible de mesures assez précises pour servir à des essais de quelque valeur. D’ailleurs des ciments
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- Portland de bonne qualité peuvent donner des rapidités de prise variant de 10 heures à 10 minutes, cette limite extrême n’étant atteinte qu’avec des produits spéciaux destinés à remplacer les ciments rapides naturels.
- La rapidité de prise doit pourtant toujours être déterminée dans les essais, sinon pour juger de la qualité, au moins dans un but plus terre à terre, pour savoir si le ciment se prêtera à un emploi facile dans les travaux auxquels il est destiné. Mais à ce point de vue c’est la durée seule du commencement de la prise qu’il importe de connaître et non celle de la prise complète. Le ciment ne peut plus être employé sans inconvénients dès qu’il a commencé à faire prise. M. Candlot donne les chiffres suivants, pour les limites inférieures acceptables comme rapidité de prise des Portlands, dits à prise lente. Mais dans la majeure partie des cas il faudra se tenir au-dessus de ces limites :
- Commencement Fin
- Nature de l’eau. de la prise.
- Eau douce............................................10' 20'
- Eau de mer...........................................30' 3 h.
- 5° Résistance a l’arrachement. — On peut chercher à apprécier la qualité des ciments par la dureté qu’ils sont susceptibles d’acquérir lorsqu’ils sont gâchés avec de l’eau, soit purs, soit mêlés à du sable. On les essaie généralement au point de vue de leur résistance à l’arrachement ou à la compression. Ces dernières épreuves, qui donnent les meilleures indications et se rapprochent le plus de la pratique, sont difficiles à exécuter et nécessitent des appareils assez dispendieux ; aussi sont-elles peu usitées. M. Candlot ne s’est occupé que des essais de résistance à l’arrachement. Ces essais présentent des causes d’incertitude très nombreuses. Si l’on casse un certain nombre de briquettes de même provenance qui devraient donner des résultats identiques, on obtient des chiffres très différents les uns des autres. Le nombre des essais faits simultanément est habituellement de six; sur ce nombre les écarts extrêmes des résistances varient, suivant la nature et l’âge des briquettes, de 10 à 50 p. 100 de leur valeur absolue, en supposant les expériences faites avec tous les soins désirables. On est conduit, pour utiliser des résultats aussi peu concordants, à faire certaines conventions arbitraires. On prend tantôt la moyenne des six résistances observées, tantôt la moyenne des trois plus fortes, tantôt la plus forte des six. La résistance attribuée à un produit déterminé variera donc notablement avec la convention faite.
- Une autre difficulté plus grave encore se présente dans ces essais : la
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- résistance à la traction n’est pas, comme on pourrait la croire, proportionnelle à la section des briquettes. En divisant la résistance totale par la section de la briquette, on obtient une résistance par centimètre carré variant dans des limites énormes avec les dimensions des briquettes. On ne peut donc pas considérer une grandeur aussi variable comme spécifique d’un produit déterminé. M. Candlot a obtenu les résultats suivants avec des briquettes de 16e2 et de 5e2 cassées après des durées variables de durcissement. Les expériences se rapportent à deux ciments employés purs et à l’état de mortier.
- Résistances par centimètre carré.
- section 7 jours. 28 jours. 3 mois. 6 mois. 9 mois,
- | 5°2 34\6 33,3 68,9 58 56,5
- Ciment pur. . . [ 16e2 14 37,9 47,2 40 41
- ( 5 e2 13 16 16,5 16,2 18
- Mortier i ; o.. . ( 16e2 8k,l 9,7 10,5 10,6 10,3
- | 5°2 32k,2 58,4 64,9 68,4 72,6
- Ciment pur.. . | 16e2 14k,8 28,7 29,7 32 28,1
- ( 0e2 15k,9 18,6 21,8 24,4 25,4
- Mortier 1:3.. . ’ ( 16e2 8k,4 11,8 12,2 14,7 16,3
- Les résistances semblent croître plutôt proportionnellement aux périmètres qu’à la section
- Loi des variations de la résistance avec le temps. — Le durcissement complet d’un ciment met un temps très long à se produire, généralement plus d’une année. Sa résistance varie progressivement pendant le même laps de temps ; au début, elle croît plus ou moins rapidement et s’élève pour atteindre une limite fixe qui se conservera si le ciment n’est soumis à aucune cause extérieure de dégradation. C’est là la [loi normale des variations de résistances. Mais, dans certains cas, cette loi peut présenter une allure toute différente. Sa résistance, au lieu de tendre vers une limite fixe, peut passer par un maximum, puis décroître, pour tendre finalement vers une limite souvent très inférieure à ce maximum. C’est ce qui arrive, par exemple, pour les ciments renfermant un excès de chaux, ou les ciments insuffisamment cuits. Après avoir atteint parfois une résistance égale à celle des meilleurs ciments, ils se fendillent, se désagrègent et leur résistance tombe à rien au bout d’un an et plus.
- Un phénomène semblable, quoique bien moins marqué, se produit parfois avec des ciments de bonne qualité placés dans certaines conditions. Les Tome IV. — 88e année. 4e série. — Avril 1889. 29
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- briquettes de ciment pur, moulu suffisamment fin et gâché à Veau de mer, présentent généralement un maximum entre le troisième et le sixième mois de prise. Leur limite définitive reste un peu au-dessous de ce maximum. Mais dans ce cas l’anomalie apparente observée est la conséquence des procédés d’expérimentation; elle n’indique pas une diminution réelle de la résistance du ciment, car on ne la retrouve pas dans les mortiers de ciment. Elle ne se manifeste pas non plus dans les expériences à l’écrasement, même avec le ciment pur. Cette diminution apparente de résistance ne se présente qu’avec des briquettes présentant un genre de fragilité analogue à celui du verre; la cassure, au lieu de se faire, suivantla section minima, se fait dans des directions quelconques, partant souvent du point de contact des pinces en fer avec la briquette. Les chiffres de résistance observés dans ces conditions sont très variables d’un échantillon à l’autre ; ils peuvent aller du simple au double. C’est en prenant la moyenne.d’expériences aussi divergentes que l’on arrive à une diminution de résistance; il n’en est plus de même si l’on n’admet comme bonnes que les expériences ayant donné les chiffres les plus élevés.
- Je donne ici quelques chiffres empruntés aux tableaux de M. Candlot et se rapportant inclusivement à des ciments de bonne qualité :
- Résistances par centimètre carré mesurées sur des briquettes de 5e2.
- 7 jours. 28 jours. 3 mois. 6 mois. 9 mois. 12 mois.
- r 22 33 45 50 50 51
- Ciments purs.................< 18 25 32 35 39 41
- ( 14 23 32 47 42 39
- Mortier 1:3................. 9 11 14 16 17
- Comme première conséquence à déduire de ces nombres, on voit que les essais faits à sept et vingt-huit jours, les seuls possibles pour les réceptions de ciment ne peuvent donner qu’une idée bien imparfaite de la résistance finale, la seule intéressante à connaître et qui n’est atteinte que beaucoup plus tard, après des temps variant suivant les ciments de trois mois à deux ans.
- Quantité d’eau de gâchage. — On a l’habitude dans les essais d’employer des quantités d’eau telles qu’avec le ciment pur on obtienne une pâte grasse n’adhérant pas à la truelle et avec le mortier une masse sableuse ayant l’aspect de terre humide. La quantité d’eau nécessaire pour obtenir ces résultats varie avec les ciments purs de 24 à 30 p. 100 de leur poids suivant leur état de conservation et surtout leur degré de finesse, et avec les mor-
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- tiers J : 3 de 10 à 12 p. 100. Des variations de 20 p. 100 dans la proportion d’eau employée ne modifient pas sensiblement les résistances. Mais au delà la diminution devient rapidement très importante.
- Ciment pur gâché à l’eau douce.
- Quantité d’eau. 7 jours. 28 jours. 3 mois. 6 mois.
- 24 p. 100. 30 41 47 49
- 26 — 29 41 48 50
- 28 — • 26 40 47 47
- Mortier 1 : 3 gâché à l’eau douce.
- 8 p. 100. 14 23 19 21
- 10 — . 13 21 21 23
- 12 — 11 20 20 20
- 14 — 7 " il 13 14
- 16 — 3 9 H ’ 12
- On voit donc que les résistances ont sensiblement été les mêmes pour le ciment gâché avec une proportion d’eau variant de 24 à 28 p. 100 et pour le mortier de 8 à 12.
- Nature de l’eau. — Les ciments et mortiers gâchés à l’eau douce ou à l’eau de mer n’ont pas les mêmes résistances, sans que l’on puisse à ce sujet formuler de règles précises. Le sens de la différence varie avec la nature du ciment, la proportion d’eau de gâchage, la quantité de sable mêlé au ciment, etc. Mais l’écart observé n’est jamais très considérable. Voici quelques exemples pris au hasard dans les tableaux de M. Candlot :
- Eau douce. - Eau de mer.
- 7 jours. 28 jour». 3 mois. 7 mois. 28 jours. 1 3 mois.
- Roches pures. . . j j Ciment pur. t Mortier 1:3. . . 45 . . 13 53 21 46 22 59 17 72 19 50 21
- Poussières lourdes, j 1 Ciment pur. . . 22 . . 10 32 40 . 24 f. 10 ' 32 47 12
- j Mortier 1:3. 12 14 11
- Incuits j [ Ciment pur. . . 18 22 32 22 ' 22 32
- [ Mortier 1:3. ... 4 6 ' 6,5 6 8 8,5
- Ces ciments provenaient d’une même fournée; on voit que suivant le degré de cuisson c’est tantôt le ciment pur, tantôt le mortier qui prend à l’eau de mer la résistance la plus forte.
- Température. — La température fait sentir son influence non seulement sur la durée de la prise, mais encore sur la résistance finale qui semble décroître légèrement à mesure que la température s’élève. Mais les résultats des expériences ne sont pas très concluants. Tous les ciments essayés par M, Candlot ont donné un maximum de résistance au bout d’un mois, ce qui
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- semble indiquer des produits à excès de chaux. Pour des produits semblables, l’influence de la température est incontestable; ils donnent des résistances décroissant rapidement à mesure que la température s’élève. Le fait demanderait à être établi d’une façon plus certaine pour les ciments de bonne qualité.
- Influence du milieu. — Les ciments et mortiers abandonnés à durcir sous l’eau ou à l’air prennent des résistances différentes. Dans les expériences de M. Candlot, les mortiers gâchés à l’eau de mer et conservés à l’air ont toujours donné des résistances plus fortes que lorsqu’on les a conservés dans l’eau :
- 3 mois. 6 mois. 9 mois.
- Eau............................................15,6 20,7 19,5
- Air............................................ 29,5 36 42
- A l’eau douce, les écarts ont été tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Mais ces résultats ne sauraient être généralisés ; ils se rapportent seulement à un certain état hygrométrique de l’air. Dans de l’air rigoureusement sec, le durcissement serait nul aussi bien pour les ciments gâchés à l’eau de mer qu’à l’eau douce. L’addition des matières hygrométriques, comme le sont les sels de la mer, favorise le durcissement à l’air en s’opposant à une dessiccation trop complète.
- Influence des surfaces absorbantes. — Le ciment moulé sur une surface absorbante, une aire de plâtre par exemple, et laissé là vingt-quatre heures avant l’immersion, donne au moins pendant les premiers temps du durcissement une résistance beaucoup plus forte que s’il avait été moulé sur une surface non absorbante, en marbre par exemple :
- 7 jours. 28 jours.
- Plâtre...............................................60 k. 70 k.
- Marbre............................................... 36 — 53 —
- A la longue, cet écart tend à s’annuler.
- Nature du sable. — Les mortiers faits avec des sables de nature différente peuvent prendre des résistances très variables qui dépendent de la nature chimique des grains, de leur grosseur, de l’état de leur surface, etc. Voici quelques chiffres se rapportant à des mortiers 1:3 faits avec un même ciment et gâchés avec des quantités d’eau égales à 12 p. 100.
- 7 jours. 28 jours. 3 mois. 6 mois. 9 mois.
- Gravier normal...........................11,1 15,5 16,8 17,1 21
- Laitier.................................. 9,2 7,4 10,1 12,7 17,2
- Gravier de Seine........................ 14,2 14,9 18,5 21 25,7
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- Ces sables ont été passés au tamis de 60 mailles par centimètre carré, et refusés au tamis de 120.
- Proportion de sable. — La résistance des mortiers décroît à mesure que la proportion de sable auquel est mêlé le ciment augmente et cela d’autant plus rapidement que le ciment est moins fin. Voici deux exemples se rapportant à des ciments inégalement fins, comme le montrent les résidus très différents obtenus au tamis de 5000 mailles.
- Résidu au tamis dé 5000. 7 jours. 28 jours. 3 mois. 6 mois. 9 mois
- 29 ciment pur ... 25 44 48 46 51
- — mortier 1:3 ..... 12 19 23 25 26
- — mortier 1:5 11 12 14 15
- 36 ciment pur 28 43 44 47 30
- — mortier 1:3. . . . . 10 19 22 23 23
- — mortier 1:5 4 9 10 11 12
- Les quantités d’eau de gâchage ont été :
- Ciment pur...............................................26 p. 100
- Mortier 1:3............................................ 11 —
- Mortier 1:5...............................................10 —
- Toutes les circonstances influant sur la résistance de ciments dont l’action vient d’être étudiée sont indépendantes de la qualité des ciments ; ce sont seulement des influences extérieures exerçant des actions perturbatrices ui fausseraient les résultats des essais si l’on n’en tenait pas compte.
- Les principales propriétés des ciments influant sur leur résistance sont : la composition, le degré de cuisson, Y état de conservation et la finesse.
- Composition. — Les écarts de composition ont deux actions absolument opposées, suivant que la chaux ou l'argile sont en excès sur leur proportion normale. La chaux en excès, pourvu que cet excès ne soit pas trop exagéré, donne des ciments prenant rapidement une grande dureté, mais se fendillant, se fissurant bientôt et finissant par perdre toute résistance après être passés par un maximum souvent fort élevé. Un excès d’argile, au contraire, donne un ciment qui, s’il est bien cuit, tombe spontanément en poussière par le refroidissement, a une prise et un durcissement beaucoup plus lent que le ciment normal, mais ne se relâche pas à la longue comme les ciments précédents.
- 7 jours. 28 jours. 3 mois. 6 mois. 9 mois.
- Ciment normal , . . 21 38 49 56 58
- — excès de chaux , . . 37 49 41
- Poussières lourdes siliceuses . . . . . . 18 25 35 35 38
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- Cuisson. — Les ciments à dosage normal insuffisamment cuits se comportent comme les ciments à excès de chaux, c’est-à-dire ont une prise très rapide suivie d’un maximum atteint pendant le premier mois.
- Finesse. — La finesse, tant que l’ori ne s’écarte pas des limites d’une fabrication normale, n’a pas d’influence sur la résistance finale du ciment pur; elle accroît au contraire notablement celle des mortiers maigres.
- Eau de gâchage. 7 jours. 28 jours. 3 mois. 6 mois. 9 mois.
- Ciment par A..............26 p. 100 25 44 48 46 50
- — B.................. 26 — 28 43 44 47 - 4!)
- Mortier 1:5 A.............10 — 4,8 10,8 11,5 13,6 15
- — B................. 10 — 4,3 8,8 ' 10,2 11,4 12
- Le ciment A donnait 29 p. 100 de résidu au tamis à 5000.
- — B donnait 39 p. 100 — —
- La conséquence la plus certaine à tirer de ces expériences de i\l. Candlot est que les expériences d’arrachement de briquettes ne peuvent rien apprendre de précis sur les qualités de résistance d’un ciment. Les résistances à la rupture de briquettes dépendent, en effet, d’une infinité de causes autres que la qualité du ciment. En second lieu, les résistances par centimètre carré des briquettes varient avec la section, ce qui rend bien difficile l’interprétation des résultats bruts de l’expérience. Enfin le ciment ne travaille presque jamais à l’arrachement, mais au contraire à la compression et il n’y a pas de rapport constant entre ces deux résistances même pour des briquettes de forme déterminée.
- Essais à Veau chaude. — On a proposé à différentes reprises de remplacer les essais à l’eau froide par des essais à l’eau chaude ; c’est-à-dire de faire durcir les briquettes d’essais dans de l’eau chauffée entre 80 et 100 degrés. Cela accélère considérablement la marche du durcissement. M. Candlot condamne d’une façon absolue cette méthode, mais il n’apporte peut-être pas à l’appui de sa manière de voir des preuves suffisamment précises. Les essais à l’eau chaude ont pourtant deux avantages incontestables : en premier lieu, ils intéressent une proportion beaucoup plus notable du ciment aux essais, attendu que dans le durcissement à l’eau froide après un mois de prise il n’v a encore qu’une fraction du ciment sur lequel l’eau a agi; à chaud, au contraire, il suffit d’un temps moins long pour que la totalité du ciment soit hydratée. En second lieu, ils augmentent et accélèrent la dégradation des ciments renfermant un excès de chaux, soit par suite d’un dosage défectueux, soit par suite d’une cuisson insuffisante. En fait, il est certain que les essais à l’eau chaude établissent une démarcation beaucoup plus nette entre
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- les produits extrêmes : très bons ou très mauvais. Le seul point sur lequel il puisse y avoir discussion est de savoir si les essais à l’eau chaude permettent une classification exacte des produits intermédiaires, qui sont en réalité les produits marchands. Il serait très désirable que M. Candlot poursuive sur ce sujet de nouvelles recherches.
- M. Candlot, après avoir étudié d’une façon aussi minutieuse toutes les circonstances qui influent sur les essais, cherche à formuler une méthode pour exécuter ces essais. Les règles qu’il indique doivent être suivies en effet si l’on veut obtenir de ces essais, non par les résultats les meilleurs, mais les moins mauvais. En réalité, la conclusion la plus nette, bien qu’énoncée nulle part, qui ressort du travail de M. Candlot, est que tous ces essais, quelque soin qu’on y apporte, n’apprennent que bien peu de chose sur les qualités réelles d’un ciment. Ils permettent d’affirmer que, dans certains cas particuliers, un ciment est certainement mauvais, mais jamais qu’il est certainement bon, ce qui serait beaucoup plus intéressant à savoir.
- Ce résultat décourageant tient, en dehors des difficultés inhérentes au sujet, à ce que tous les essais usités actuellement ont pour objet de mesurer la grandeur de certaines qualités des ciments tout à fait étrangères à celles dont on a besoin dans leur emploi: telles sont la composition chimique, la finesse, la densité et même la résistance. Une analogie faussement établie entre les constructions métalliques et les constructions en maçonnerie fait généralement attribuer aux essais de résistance une importance tout à fait exagérée. Il est très intéressant,pour un fer que l’on fera travailler normalement à 10 kilog. par millimètre carré, de savoir si sa limite d’élasticité est à à 15 ou 25 kilog. Mais pour un ciment auquel on ne demandera jamais un effort de 10 kilog. par centimètre carré à l’écrasement, qu’importe qu’il donne aux essais des résistances de 300 ou de 500 kilog.?
- 11 ne semble pourtant pas impossible d’arriver à trouver des méthodes rationnelles d’essais des ciments permettant de mesurer directement la grandeur des qualités mêmes qui interviennent dans leur emploi pratique. Un ciment pour faire un bon emploi doit présenter, entre autres, les qualités suivantes :
- 1° Le ciment doit prendre, lorsqu’il est employé en mortier, c’est-à-dire mêlé à une quantité convenable de sable, une résistance à l’écrasement suffisante, mais qui n’a pas besoin d’être très élevée. Il faudrait, pour essayer cette résistance, déterminer des conditions d’expérience dans lesquelles la
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- résistance par centimètre carré serait indépendante de la section et de la forme des briquettes. 11 y aurait lieu de voir si, en faisant durcir les briquettes à l’eau chaude, on ne pourrait pas raccourcir la durée des épreuves.
- 2° Le ciment doit posséder une résistance d’adhérence suffisante avec les matériaux usuels de constructions : brique et moellon calcaire. Les essais habituels d’arrachement pourraient très simplement être transformés de façon à mesurer cette adhérence.
- 3° Le ciment ne doit pas se désagréger spontanément, se fendiller et gonfler comme cela arrive avec les produits renfermant de la chaux libre. On pourrait faire les essais correspondants en mesurant le gonflement de briquettes de ciment pur mises à durcir aussitôt gâchées dans l’eau chaude. Ces accidents sont en effet considérablement augmentés par l’élévation de température et l’absence de sable dans le mortier.
- 4° Le ciment ne doit pas se désagréger sous l’intluence des variations atmosphériques : sécheresse exagérée de l’air et gelée. La résistance à la sécheresse pourrait se déterminer en mesurant la diminution de résistance éprouvée par un mortier déjà durci quand il vient à être placé pendant un temps suffisant dans de l’air sec et chaud. La résistance à la gelée pourrait être essayée, comme on le fait pour les pierres gélives au moyen du sulfate de soude ou d’un sel analogue.
- 5° Le ciment doit, pour les travaux à la mer, résister aussi longtemps que possible à l’action des sels magnésiens. Cette résistance, comme l’on sait, dépend surtout de la perméabilité du mortier. De nombreux procédés permettent de mesurer cette perméabilité. On pourrait étudier simultanément la diminution de résistance de mortiers après qu’ils ont été traversés par des volumes connus d’eau douce et d’eau de mer.
- Quoi qu’il en soit, le travail de M. Candlot a fait faire un progrès considérable aux méthodes actuelles d’essais des ciments en précisant par de nombreux chiffres l’influence des causes perturbatrices de toute nature qui viennent fausser les résultats de ces essais. Les quelques résultats numériques donnés ici sont extraits des tableaux qui en renferment de centaines semblables, et ces tableaux sont extraits de registres d’expérience qui en renferment des milliers. Des nombres ainsi déterminés méritent une confiance toute particulière.
- En dehors des résultats relatifs aux essais, le travail de M. Candlot renferme des renseignements très utiles sur l’emploi des ciments Portland en
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- général, sur le ciment Portland à prise rapide, et sur l’emploi des dissolutions de chlorure de calcium pour gâcher le ciment Portland. Cette dernière partie, en raison de l’importance de ses applications, a été l’objet d’un rapport spécial.
- En conséquence, votre Comité des arts chimiques vous propose de remercier M. Candlot de son très intéressant mémoire et d’imprimer ce rapport au Bulletin de la Société.
- Signé : H. Le Chatelier, rapporteur.
- Approuvé en séance le 23 novembre 1888.
- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport fait par M. Eugène Plon, au nom du Comité des constructions et des beaux-arts, sur l'ouvrage de M. Monet intitulé: Procédés de reproductions graphiques appliqués a d’imprimerie.
- Messieurs,
- En 1873, M. Monet, alors prote de l’atelier de tirage de l’imprimerie Claye, soumettait à la Société d’Encouragement son Manuel du conducteur de machines typographiques. Dans le rapport que vous en fît M. Charles de Laboulaye, votre regretté collègue recommanda cet intéressant ouvrage non seulement à toutes les personnes qui ont le goût des belles productions typographiques, mais surtout aux praticiens, qui devaient y trouver en effet de précieux enseignements pour augmenter et perfectionner leurs connaissances techniques.
- M. Monet, aujourd’hui directeur de l’importante imprimerie d’Issy, a fait tout récemment paraître un autre livre qu’il s’est empressé de soumettre aussi à votre appréciation. Dans ce nouvel ouvrage, il traite des Procédés de reproductions graphiques appliqués à Vimprimerie. Le sujet est assez complexe, puisqu’il embrasse les divers procédés de la stéréotypie et du clichage, depuis leur origine jusqu’à nos jours; ceux de la galvanoplastie appliqués à la reproduction soit des pages de texte, soit des gravures sur bois; enfin les variétés si nombreuses et si intéressantes de la gravure aux acides, qui prend chaque jour une importance d’autant plus grande que la photographie lui a prêté un concours décisif, et que les graveurs industriels adonnés à ’ce genre de travaux leur ont, ces derniers temps, apporté des perfectionnements tout à fait remarquables.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Avril 1889.
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- Nous n’avons pas à suivre, chapitre par chapitre, M. Monet dans son exposé succinct, et cependant assez complet, des inventions et de leurs perfectionnements successifs, dans sa description des instruments et des machines, dans ses avis à l’adresse de ceux qui les emploient. L’auteur, d’ailleurs, ne s’est pas proposé de mettre en lumière des procédés jusqu’alors ignorés. 11 s’est appliqué au contraire à préciser les avantages et les inconvénients de tous ceux qui ont été tentés ou mis en pratique. Une telle étude critique, faite avec conscience et discernement par un praticien habile, constitue dans sa spécialité un manuel appelé à rendre d’incontestables services.
- En dehors des gens du métier, imprimeurs, clicheurs, galvanoplastes, graveurs, industriels travaillant pour la typographie, un tel livre s’adresse à plus de personnes qu’on ne penserait au premier abord.
- C’est ainsi que les artistes chargés de l’illustration des livres ne sauraient plus ignorer aujourd’hui les divers procédés de la gravure aux acides. Suivant, en effet, qu’ils ont en vue tel ou tel mode de gravure, ils doivent dessiner de préférence au crayon, à la plume ou au lavis; ils doivent employer telle ou telle qualité de papier; plusieurs d’entre eux ont déjà fait l’expérience qu’en négligeant de tenir compte de ces nécessités techniques, ils risquent de sérieux mécomptes dans la reproduction de leurs œuvres.
- M. Monet s’occupe aussi, dans son livre, de l’impression des valeurs fiduciaires. Ses indications sur ce point ne seront pas sans utilité pour les fonctionnaires et directeurs de compagnies, qui ont à se tenir en garde contre les faussaires.
- En résumé, le livre de M. Monet nous a paru présenter un réel intérêt pratique. Le Comité des constructions et des beaux-arts vous propose donc de remercier l’auteur de la communication qu’il en a faite à la Société d’En-couragement et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : Eugène Plon, rapporteur.
- Approuvé en séance le 22 mars 1889.
- ARTS ÉCONOMIQUES
- l'industrie DU NAPHTE A BAKOU, PAR MM. ENGLER ET LISENKO
- La transformation du naphte brut en huiles destinées à l’éclairage et au graissage se fait presque exclusivement dans les usines de Bakou qui sont situées
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- dans ]a partie de la ville appelée la Ville-Noire; on en comptait déjà 136 aux environs de cette ville vers la fin de 1885 et la plus importante était celle des frères Nobel dont la production annuelle est actuellement de 2 millions et demi d'hectolitres de kérosène.
- Le naptite brut extrait dans les environs de Bakou ne présente pas toujours les mêmes caractères et a une pesanteur spécifique variable de 0,860 à 0,885 au moment de l’extraction, et de 0,865 à 0,870 à son arrivée à l’usine à cause du mélange qui s’opère durant le transport.
- Cette densité s’accroît encore pendant le séjour à l’usine par suite de l’éva-, poration des parties les plus volatiles, et la composition du naphte varie en conséquence.
- Le naphte du Caucase contient beaucoup ‘moins d’huile volatile et d’huiles lampantes et plus de résidus que le pétrole de Pensylvanie; leurs proportions sont :
- Pensylvanie. Caucase.
- Huiles volatiles..........................
- Pétrole ou kérosène.............. . . . .
- Huiles lourdes.......................... .
- Résidus................................. .
- 10 à 20 0/0 60 à 73 » » o à 10
- o à 10 0/0
- 27 à 40 3 à 13 36 à 60
- Les résidus des fabriques du Caucase sont plus avantageux que ceux de Pensylvanie pour la préparation des huiles de graissage.
- Les réservoirs qui servent à conserver le naphte brut dans les usines, sont semblables à ceux qui sont établis sur les lieux mêmes d’extraction; l’usine Nobel possède trois de ces réservoirs, d'une contenance de 15 000 hectolitres chaque. Le naphte est conduit par des tuyaux des réservoirs dans les chaudières de distillation ou dans les appareils de réchauffage.
- Dans les usines les plus importantes, on n’a que trois formes de chaudières, savoir :
- 10 Les chaudières cylindriques verticales en tôle ont une hauteur égale à leur diamètre, à fond sphérique et à couvercle en dôme avec serpentin ordinaire conduisant la vapeur au condensateur; remplies aux 3/4 ou aux 4/5, elles contiennent 80 à 100 hectolitres. Le chauffage direct se fait avec les résidus delà distillation. Ce genre d’appareils tend à disparaître et à être remplacé par les suivants.
- 2° La chaudière-wagon en forme de caisse, faite en feuilles de tôle rivées, de 7 mètres de longueur, 4 mètres de largeur et 3 mètres de hauteur, avec un fond cylindrique et un toit légèrement bombé, munie de trois serpentins conduisant la vapeur au condensateur. Cette chaudière est munie d’un trou d’homme et de trois orifices d’évacuation pour les résidus. Le chauffage se fait à la vapeur surchauffée et les générateurs sont chauffés avec les résidus de la distillation.
- Le volume de la chaudière est de 350 hectolitres et en l’emplissant de
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- 300 hectolitres on peut faire 2 chauffes 1/2 en 24 heures, c’est-à-dire distiller 7 à 800 hectolitres de naphte, ce qui produit par jour 200 à 250 hectolitres de kérosène.
- 30 La chaudière cylindrique est construite en feuilles de tôle rivées de 10 millimètres d’épaisseur ; sa longueur est de 5 à 6 mètres et son diamètre de 2 à 3 mètres ; sa contenance varie de 170 à 270 hectolitres. Elle est supportée à son extrémité par des rails entourés de maçonnerie ; un appareil placé à la partie supérieure dirige la vapeur dans le condensateur. Le chauffage se fait au moyen des résidus de la distillation. La chaudière est pourvue d’un trou d’homme et d’un orifice de vidange.
- Dans les établissements les plus importants, il existe des batteries de chaudières desservies par un tuyau commun de remplissage et un autre tuyau d’amenée de vapeur surchauffée, lesquels communiquent avec chaque chaudière par un tuyau d’embranchement. Les conduits de vapeur de pétrole sont pourvus d’appareils à soupapes pour parer aux inflammations possibles par suite de la présence dans ces tuyaux de résidus portés au rouge ; les tiges de ces appareils sont très élevées au-dessus des chaudières et les soupapes peuvent être manœu-vrées facilement de loin, ce qui assure aux chaudières une fermeture hermétique. La plus importante disposition contre les inflammations prise dans l’établissement Nobel est la suivante : devant chaque batterie de chaudières existe un canal ouvert à courant d’eau continu placé au-dessous des tuyaux de vapeur de pétrole, de cette manière chaque goutte de pétrole qui suinte tombe dans l’eau. On a pris également une disposition très importante pour empêcher la rupture des larges tuyaux en fonte qui servent à évacuer les résidus de la distillation portés à une température supérieure à 300°, elle consiste à garnir leur partie inférieure de tuyaux de cuivre en forme de Q .
- Souvent aussi on place, entre le serpentin et le condensateur, ce que l’on appelle un séparateur pour condenser les vapeurs d’huiles lourdes de graissage qui après leur condensation retournent dans la chaudière ou dans un réservoir séparé, pour être soumises à une seconde rectification.
- Dans les chaudières cylindriques on opère aussi deux distillations et demie en vingt-quatre heures, ce qui emploie par jour et par chaudière, suivant les dimensions de celle-ci, de 425 à 675 hectolitres de naphte brut et produit 125 à 200 hectolitres de kérosène ou pétrole rectifié. On emploie presque exclusivement des condensateurs à eau dans la distillation du kérosène; dans la plupart des établissements on les installe derrière les chaudières et on les fait communiquer par des tuyaux en tôle, soit directement avec les alambics, soit avec deux ou trois séparateurs interposés.
- On emploie principalement les deux systèmes suivants de condensateurs :
- 1° Le condensateur en serpentin est formé d’une série de tubes en tôle de 10 centimètres de diamètre recourbés comme les serpentins ordinaires; ce système est
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- de plus en plus abandonné en raison de la difficulté de nettoyer les dépôts des résidus, et de Fusure rapide de la tôle par les vapeurs de pétrole ; on ne l’emploie plus qu’à la distillation des huiles légères, comme labenzine brute, la gazoline, etc.
- 2° Les condensateurs à tubes de fonte sont formés de six rangées ayant chacune quatre tubes en fonte disposés horizontalement; la longueur totale de ces tubes doit être de 60 mètres au moins par chaudière cylindrique; dans les principaux établissements, cette longueur est de 100 mètres et le diamètre intérieur des tuyaux est de 15 à 20 centimètres, c’est-à-dire que les premières rangées ont 0,20 de diamètre, celles du milieu 0,17 et les dernières 0,15.
- Dans les usines de la Société Nobel, des canaux en bois et à courant d’eau continu reçoivent ces tuyaux. Les canaux sont placés derrière les chaudières et reçoivent chacun les tuyaux de deux chaudières.
- Dans les ilsines de naphte du Caucase, on travaille d’une manière périodique ou continue; le premier mode est employé par les plus petites usines et le second par les grandes. '
- Dans les fabriques importantes, on a un ou plusieurs réservoirs où l’on conserve pendant quelques jours le naphte brut, afin de laisser déposer les impuretés, comme le sable, l’eau, etc. ; de là le naphte s’écoule directement dans des réservoirs réchauffeurs, ou y est amené par des pompes. Dans ces réservoirs réchauffeurs, le naphte est porté à la température de 80 à 130 degrés par la chaleur des résidus de la distillation. Dans ce but, on fait écouler le naphte dans des tuyaux placés dans des réservoirs remplis de résidus chauds de la distillation, ou inversement on fait passer les résidus dans des tuyaux placés dans des réservoirs en tôle où Ton fait arriver le naphte.
- Dans les fabriques les plus importantes, on n’amène pas directement le naphte brut dans les chaudières de distillation,on établit au-dessus de celles-ci d’autres chaudières plus petites qui servent à l’évaporation des huiles plus légères et plus volatiles et que l’on chauffe au moyen de serpentins traversés par un courant de vapeur. Le résidu de cette première opération descend ensuite dans les chaudières à pétrole. Ce système est surtout employé pour le naphte le plus riche en huiles volatiles.
- Après chaque opération, on vérifie la densité des produits obtenus et on les dirige par des conduits dans les réservoirs de benzine brute et de pétrole. On opère ainsi une division des produits de la distillation suivant leur ordre de sortie des chaudières, ceci a lieu plus rarement pour les benzines et presque toujours pour les pétroles; ces différents échantillons sont mélangés-entre eux dans des proportions déterminées et donnent les différentes qualités du commerce; les meilleures marques proviennent de la partie intermédiaire. Les résidus sortant à une température supérieure à 300° qui ne sont pas employés au réchauffage du naphte, sont écoulés dans de vastes citernes en maçonnerie de ciment (ces
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- réservoirs ont une contenance de plus de 40 000 tonnes chez les frères Nobel) en passant par des tuyaux placés dans un canal d’eau froide afin de les empêcher de s’enflammer en arrivant au contact de l’air.
- On laisse les chaudières ouvertes se refroidir quelque temps avant de recommencer une nouvelle opération. En comptant sur deux opérations et demie par 24 heures, et sur un rendement en pétrole de 27 à 33 p. 100, on peut facilement calculer la production journalière.
- Lorsque l’établissement produit aussi des huiles pour graissage, pour les obtenir on rectifie à nouveau les résidus des séparateurs au lieu de les faire retourner dans la chaudière et on distille une seconde fois les parties les plus volatiles de ces résidus.
- Les résidus de la distillation sont principalement utilisés comme chauffage, mais si on les distille une seconde fois, en les portant de 313° à 320° à l’aide de la vapeur surchauffée, on obtient : 1° une huile lourde d’éclairage d’une densité égale à 0,870; 2° une huile légère à graisser pour les forets, d’une densité égale à 0,880 à 0,890; 3° une huile à graisser pour les machines, d’une densité jégale à 0,906; 4° une huile lourde à graisser dite à cylindres, d’une densité égale à 0,912 et plus.
- On extrait peu de ces produits secondaires à Bakou parce que l’emploi n’en est pas assez répandu ; on opère, dans ce cas, avec des appareils de moindre dimension et on obtient environ 13 p. 100 d’huile lourde et 20 p. 100 d’huile à graisser.
- Si on soumet les résidus de la distillation précédente à une nouvelle distillation, on obtient de la vaseline, produit solide, mais on se livre peu à cette dernière opération à Bakou, l’industrie extrayant plutôt ce produit de la paraffine.
- En soumettant les résidus à une température supérieure à 400°, ils se décomposent et donnent une nouvelle huile d’éclairage, mais cette opération ne serait pas économique en raison du bon marché du naphte qui ne vaut à Bakou que un demi-centime le kilogramme.
- Enfin, en chauffant les résidus au-dessus de 900 degrés, on obtient le gaz de naphte et 40 p. 100 de goudron contenant de la naphtaline, du benzol, etc., carbures d’hydrogène desquels on tire des matières colorantes ; mais cette fabrication n’existe pas encore à Bakou dans des proportions industrielles.
- Tous les produits résultant de la distillation du naphte, tels que : la benzine brute, le kérosène, les huiles lourdes et de graissage, ne sont livrés au commerce qu’après leur épuration, qui consiste à les agiter en présence de l’acide sulfurique, puis de la soude caustique, à les laver et enfin à les laisser déposer.
- L’acide sulfurique, qui réagit sur tous les dérivés du naphte après une agitation suffisante, se colore en noir et se décompose en partie avec dégagement
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- d’acide sulfhydrique ; l’huile de naphte qui surnage au-dessus de l’acide prend une couleur brune et dégage une forte odeur de violette; en la décantant pour l’agiter avec une dissolution de soude caustique, elle s’éclaircit et prend une teinte jaune clair.
- Cette épuration a pour but et pour résultat d’empêcher les dérivés du naphte de brunir à l’air en déposant du goudron, ce qui nuirait à leur emploi. Les appareils servant à cette épuration sont les agitateurs et les malaxeurs; ils consistent en chaudières en tôle découvertes et doublées de feuilles de plomb, pour l’emploi de l’acide sulfurique. L’agitation est produite au moyen d’un mécanisme à palettes tournantes ou par le passage d’un courant d’air forcé. Ce dernier procédé est le plus répandu, surtout dans les grands établissements; l’agitateur de la Société Nobel contient 20 000 kilogrammes de kérosène et l’épuration complète dure de 6 à 8 heures. La proportion d’acide sulfurique employée pour l’épuration n’est pas la même dans tous les établissements; elle varie de 3/4 p. 100 à 1 1/2 pour 100; la proportion de la solution de soude caustique à 32 degrés Baumé est environ de 1/3 p. 100.
- Les huiles lourdes et à graisser sont aussi épurées, mais elles exigent plus d’acide sulfurique et de soude, ce qui coûte plus cher. Cette opération exige aussi des procédés spéciaux sans lesquels elle ne réussit pas. La benzine brute est épurée également avec de faibles quantités d’acide sulfurique et de soude, mais on ne peut les agiter par le passage d’un courant d’air qui enflammerait les parties les plus volatiles.
- Tous les produits dérivés du naphte sont contrôlés avec soin avant leur sortie de l’usine, pour vérifier s’ils ont bien toutes les qualités voulues pour leur emploi : ainsi, la benzine brute doit avoir une densité déterminée correspondant à sa volatilité, être bien débarrassée, ainsi que les autres dérivés du naphte, des agents chimiques d’épuration.
- Le kérosène doit avoir également une densité déterminée, et ne doit émettre de vapeurs inflammables qu’à une température fixée; sa couleur doit être une certaine teinte jaune; enfin on vérifie les conditions de sa combustion dans les lampes.
- Les huiles lourdes sont soumises aux mêmes épreuves que le kérosène.
- Les huiles à graisser sont soumises, en présence d’une certaine proportion d’acide libre, à des expériences qui font connaître leur densité, le degré auquel elles dégagent des vapeurs inflammables, la rapidité du dégagement de ces vapeurs par une petite ouverture aux températures de 20 à 30 degrés et de 50 degrés. Cette dernière vérification donne la mesure de la viscosité de l’huile, propriété qui a une grande importance pour l’emploi de ce produit. Des appareils spéciaux servent en outre à mesurer les qualités lubréfiantes de l’huile. On vérifie la vaseline en s’assurant principalement qu’elle ne contient pas d’acide.
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- Malgré les faibles proportions d’acide sulfurique et de soude caustique employées à l’épuration des dérivés du naphte, les résidus qui en résultent ne laissent pas que de créer un embarras pour les usines. Ainsi, pour une production annuelle de 500 millions de kilogrammes de kérosène à Bakou, l’emploi de 1 p. 100 d’acide sulfurique et de 0,3 p. 100 de soude caustique donne 50 millions de kilogrammes de résidus d’acide sulfurique et 2 millions de kilogrammes de résidus de soude qu’il faut enlever des usines et enterrer dans des fosses préparées à l’avance.
- La théorie et la pratique démontrent que ces résidus peuvent être régénérés au moins en partie et réemployés sous leur forme primitive. Le prix de l’acide sulfurique à Bakou étant de 0 fr. 15 et celui de la soude caustique de 0 fr. 38 avec le combustible à bon marché, il n’est pas douteux que cette régénération ne puisse donner des bénéfices assurés. Un petit établissement s’est déjà installé à Bakou pour la régénération des résidus d’acide sulfurique et celle de la soude se pratique dans les grandes usines, notamment à l’usine Nobel.
- Les résidus de soude renferment des produits saponifiables, car les dérivés du naphte, principalement les huiles lourdes et de graissage renferment des acides spéciaux ; la combinaison de ces acides avec la soude donne un savon. Une usine s’est établie à Bakou pour la production de ces savons.
- L’acide sulfurique, qui sert à l’épuration des dérivés du naphte à Bakou, est fabriqué dans des usines locales, en employant soit le soufre de Sicile, soit celui de Pétrowsk dans la région transcaspienne.
- La production d’acide sulfurique des usines de Bakou s’élève à 6 500 000 kilogrammes ; cet acide est fabriqué exclusivement dans les usines Nobel.
- La soude caustique provient exclusivement de l’étranger; cependant la région du Caucase est riche en sels de Glauber naturels et il serait facile d’en tirer un bon parti.
- (.Zapiski imperatorskago russkago technitcheskago obchichestwa.)
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Les mines de rubis de Burma, par M. Skelton Streeter. — La région des mines de Burma est située sur le flanc des montagnes et dans la plaine d’une vallée orientée de l’est à l’ouest qui s’élève à une hauteur de 4 500 pieds dans un massif montagneux dirigé perpendiculairement à la vallée de Burmese Yowa. Cette vallée est située à environ 130 kilomètres au nord de Mandalay, capitale du Burma supérieur, mais en raison des difficultés physiques du terrain
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- elle ne peut être atteinte qu’après un voyage de 300 kilomètres. Mandalay est le point de départ de ces mines. On s’embarque sur l’Irrouaddy pour la ville de Thabeit-Kyan, et de là, par des chemins de montagne, on atteint le côté ouest des mines. Après un jour et demi de navigation, on arrive à Thabeit-Kyan et, après un voyage très accidenté de 60 kilomètres, on atteint la région des mines; le chemin contourne la montagne de Khabine-Toun que dominent des pics de gneiss noir, et on arrive à Mogok, centre administratif de la région.
- Le premier Européen qui visita ces mines fut probablement un matelot anglais déserteur vers 1830, qui y fut employé. Le district fut visité aussi en 1881 par des ingénieurs français, et enfin tout récemment, par M. Skelton Streeter, qui raconte son voyage.
- Les mines répandues dans tout ce district peuvent être divisées en cinq espèces; mais avant de les décrire en détail, jetons un regard sur le caractère géologique de la vallée. Les rochers sont formés de gneiss, avec interposition de calcaire granulaire qui renferme le rubis. Par l’action de la pluie et de l’atmosphère, des parties de ces rochers de gneiss ont été désagrégées, tandis que le calcaire a été décomposé et dissous et les débris qui en résultent s’accumulent au pied des montagnes en couches argileuses plus ou moins épaisses, de couleur rouge ou rose, mêlées de fragments dérocher; les minéraux mis en liberté se trouvent renfermés dans l’argile. Ces dépôts ont été en partie délavés par les eaux delà montagne ou les pluies, et charriés dans la plaine où ils ont été mélangés aux alluvions amenées parles grands cours d’eau de la vallée; le désir de mettre à profit ces influences naturelles a créé les différents systèmes d’exploitation.
- La première espèce de mines est connue sous le nom de Loudwin (exploitation par souterrains et fosses), et, bien qu’il n’y ait plus que huit de ces mines, le nombre de celles qui ont été anciennement abandonnées indique l’importance que l’on y attachait autrefois. La plus importante mine de cette espèce se trouve près du village de Baumadan, au nord de Kathey. Ce village est situé dans un creux profond, abrité de deux côtés par des rochers verticaux qui s’élèvent par étages; la terre qui entourait précédemment leurs pics noirs a été remuée pour chercher les trésors qu’ils renfermaient. A mi-hauteur de ces rochers se trouve une ouverture naturelle qui forme l’entrée des souterrains que l’on dit s’étendre à 200 pieds au-dessous des rochers. Des plates-formes ont été établies à l’entrée de cette ouverture pour recevoir les huttes des mineurs. De petites galeries ou tunnels, juste de largeur suffisante pour qu’un homme puisse y ramper, ont été creusées à travers les fissures ou les parties les plus tendres ou désagrégées des rochers, jusqu’à la rencontre d’un filon de calcaire décomposé ou d’une veine de gravier. Ce calcaire ou gravier est amené à la surface et lavé avec soin, et souvent on reconnaît dans le résidu de lavage une proportion de 28 p. 100 de rubis.
- Tome IY. — 88e année. 4e série. — Avril 1889.
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- Une semblable mine donne en général des produits satisfaisants pendant un certain temps, puis les hommes se trouvent arrêtés par des chutes de rochers ou dos gaz délétères, et sont obligés d’abandonner leur exploitation.
- La seconde espèce de mines est connue sous le nomdeMyawdwin (l’exploitation a lieu à flanc de coteau) et s’étend sur tout le côté nord de la vallée; leur exploitation dépend autant de la facilité d’y amener de l’eau que du choix du terrain même, car presque toutes les pentes du côté nord renferment une terre à rubis. Le système hydraulique en usage pour cette exploitation est assez primitif. On choisit une ouverture naturelle à flanc de coteau, située au-dessus d’un ravin. On établit alors des conduites d’eau en creusant des tranchées le long de la montagne jusqu’à l’ouverture pour amener l’eau d’une des sources de la montagne, souvent à une distance considérable. Si l’on rencontre un ravin, on le traverse par un aqueduc en bois et on supporte la conduite formant le canal par des perches que maintiennent de fortes pièces transversales et des étais. L’eau est amenée au sommet de l’ouverture et s’écoule jusqu’au bas par une tranchée comme par une sorte d’écluse. La terre est prise sur les flancs de la montagne et est jetée dans l’écluse, les fragments de rochers et les pierres sont employés à encaisser la tranchée et à former des plates-formes pour recevoir les résidus.
- La chute d’eau, assez forte en tombant sur la terre, l’ameublit et emporte les parcelles d’argile, tandis que le sable et le gravier sont arrêtés au fond de la tranchée; ce résidu est lavé à nouveau, les plus grosses pierres rejetées, et l’on recherche alors les rubis et autres pierres précieuses. Cette manière d’exploiter est souvent dangereuse à cause du manque de précautions prises. Les talus de l’ouverture se minent et il se produit deséboulements qui entraînent les ouvriers.
- Le troisième système d’exploitation est connu sous le nom de Twinlone (ou fosses); il est employé dans le bas de la vallée où l’on creuse des puits à travers le terrain d’alluvion jusqu’au terrain de minerai à une profondeur de 15 à 30 pieds. Des leviers en bambou sont alors installés sur des perches fixées autour du puits et avec des cordes en rotang, on y attache des seaux qui sont descendus et remontés pleins de terre à rubis et d’eau d’infiltration. Lorsque toute la terre à rubis a été extraite, le puits est abandonné, car les mineurs ne veulent pas creuser de galeries de peur que l’argile mobile ne brise les boisages.
- Le quatrième système d’exploitation peut être appelé travail en rivière ; ses difficultés naturelles surpassent les moyens ordinaires des indigènes.
- Les plus intelligents d’entre eux ont une grande foi dans la richesse des dépôts formés dans le lit de la rivière qui parcourt la vallée. La manière d’opérer consiste à établir un barrage en travers d’une partie de la rivière et, dans l’eau dormante ainsi formée, d’extraire des seaux de gravier à la main ou par plongeur, selon la profondeur.
- Le cinquième et dernier système d’exploitation peut être appelé une exploi-
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- tation par carrières. On choisit un coteau calcaire que l’on exploite à la mine; les masses détachées sont brisées au marteau et les rubis en sont ainsi extraits, mais, en raison de ce procédé trop primitif, beaucoup de rubis éclatent, ce qui fait que ce système est peu employé.
- Actuellement les Anglais ont pris des dispositions pour exploiter ces mines d’une manière plus rationnelle.
- , [Society of arts.)
- Gazomètre gigantesque de la Compagnie du gaz de New-York. — On est
- sur le point d’achever, à New-York, le montage du plus grand gazomètre existant en Amérique. Il est situé dans l’avenue C et occupe l’espace existant entre la quinzième et la seizième rue. Pendant tout le cours de l’année dernière, un vaste système de colonnes attirait l’attention des passagers des bateaux à vapeur sur la rivière de l’Est; mais lorsqu’on remplira de gaz l'immense réservoir placé entre ces colonnes et qu’on le verra s’élever, l’impression sera encore plus grandiose.
- Au point de vue de l’art de l’ingénieur, cette construction présente un intérêt particulier. Le problème à résoudre consistait à établir un gazomètre de la plus grande contenance possible sur un terrain qui était non seulement de dimensions assez réduites, mais qui présentait un sous-sol peu résistant même à une grande profondeur. On décida pour ces raisons de ne pas construire, ainsi qu’on le fait d’habitude, un réservoir en briques au-dessous du sol, mais une cuve en fer reposant presque au niveau du terrain.
- Afin de réduire la hauteur, le gazomètre est constitué par trois cylindres rentrant l’un dans l’autre, de manière que lorsqu’il sera plein, sa hauteur totale sera triple de celle du réservoir inférieur.
- Sur l’emplacement du gazomètre on commença par niveler le sol, ce qui obligea d’abord à le déblayer d’environ 2m,50, puis on battit un millier de pieux de 0m,30 de diamètre sur 12 mètres de longueur sur la circonférence extérieure du réservoir projeté; on coula dans l’emplacement ainsi préparé, une couche de béton de 0m,60 d’épaisseur sur laquelle on fit reposer les feuilles de tôle constituant le fond du réservoir. Le diamètre de cette fondation est de 60 mètres.
- L’épaisseur de la tôle du fond du réservoir est de 4mm,4 en deux feuilles de chacune 2mm,2 assemblées à recouvrement; une doublure en feuille de tôle est interposée entre les deux feuilles sur la largeur du recouvrement et l’assemblage est fait à 6 rangs de rivets. L’épaisseur de la tôle est réduite proportionnellement à sa distance du fond. Le diamètre du réservoir est de 58m,60 et sa profondeur de 13 mètres.
- Le bord supérieur du réservoir est terminé par un couronnement de poutres en fer qui supporte 24 colonnes en fer creux servant de guides au gazomètre. Ces colonnes sont entretoisées par des couronnes en fer horizontales et des pou-
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- trelles diagonales assemblées entre elles et avec les couronnes; à la partie supérieure une plus forte couronne en fer réunit toutes les colonnes.
- Tout ce système de colonnes s’élève à 38 mètres au-dessus du réservoir et à 55 mètres au-dessus du niveau de la rue.
- Le gazomètre lui-même, ainsi qu’il a été dit, se compose de trois parties de 12m,50 de hauteur chacune. Sur la couronne supérieure de chacune d’elles sont disposées 24 poulies pourvues de galets qui roulent sur des guidages fixés sur les colonnes.
- Les galets sont disposés de deux manières, radialement et tangentiellement : les premiers sont en usage en Angleterre et en Amérique, les seconds galets tan-gentiels sont d’origine française ; le système consistant dans la réunion de ces deux types sur une même poulie a déjà été employée en Angleterre, et il semble que ce soit la première application que l’on en fasse en Amérique. Dans le gazomètre que nous décrivons, les galets radiaux ont, de plus grandes dimensions et sont fixés plus solidement que les galets tangentiels qui jouent en réalité un rôle moins important.
- Le toit du gazomètre est fixé sur la couronne supérieure qui réunit les colonnes, et repose sur un système radial de chevrons en fer qui s’appuient au centre sur une colonne intérieure.
- En général, ce système de construction rappelle avec de plus grandes dimensions le nouveau grand gazomètre de Birmingham.
- La contenance de ce gazomètre est de 91 000 mètres cubes ; il est pourvu de deux tubes de 0m,80 de diamètre pour l’entrée et la sortie du gaz.
- (Zapiski imper. rus. tech. ob.)
- Précipitation électrique des métaux du groupe du platine, par le professeur jThompson. — Les métaux du groupe du platine pourraient avoir une très grande importance dans l’industrie si on connaissait un procédé économique de précipitation au moyen de l’électrolyse ; il semble que cette lacune est aujourd’hui remplie et que les perfectionnements proposés par le professeur Thompson auront une influence sérieuse sur la réussite de ce problème.
- Ces perfectionnements se rapportent principalement à la précipitation par l’électrolyse des métaux denses tels que le platine, l’iridium, le palladium, le ruthénium, etc., et de leurs alliages; ils ont pour but aussi bien de précipiter ces métaux à l’état métallique brillant que de préparer économiquement les dissolutions servant à cette précipitation.
- On commence d’abord par précipiter le métal ou son alliage au moyen des réactifs chimiques connus, sous la forme d’une combinaison à base de chlore ; puis on fait sécher le précipité à une température modérée, de préférence au-
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- dessus d’un bain-marie et ensuite on le fait dissoudre dans de l’eau distillée ou simplement dans de l’eau bien claire; puis, pour chaque partie du précipité sec existant dans la dissolution, on ajoute 10 à 50 parties de phosphate de soude ou du mélange de sels cité plus bas, dissous préalablement dans l’eau.
- Ce mélange de sels se compose de phosphate de soude, borate de soude, carbonate de soude ou wolframate de soude ; on peut aussi prendre les sels ammoniacaux correspondants et les mélanger avec les sels de soude.
- On chauffe le mélange de la dissolution des métaux combinés avec le chlore et des sels précités, jusqu’à l’ébullition, et alors on y ajoute l’un des sels suivants : sel ammoniac, bromate de soude, carbonate de soude, bicarbonate de soude, carbonate d’ammoniaque, sulfate de soude, chlorate de soude, chlorhydrate de soude, ou un mélange de deux ou de plusieurs de ces sels comme par exemple le sel ammoniac avec le carbonate de soude. Les meilleurs de ces sels sont ceux qui donnent Téclat métallique brillant au précipité, et on les ajoute après les avoir préalablement dissous dans une petite quantité d’eau.
- Après avoir fait chauffer tout le mélange encore une fois, il est indispensable de le neutraliser. Si la réaction est alcaline, on y ajoute quelques gouttes d’acide de chlorhydrique, ou une dissolution de chlore ou un autre acide de même espèce. Si la réaction est acide, on y ajoute du carbonate ou du bicarbonate de soude.
- Le bain préparé de cette manière doit être chauffé à la température de 60° à 90°, après quoi on peut opérer de la manière habituelle en y faisant passer un courant électrique assez fort.
- L’anode peut être en charbon ou en platine ; dans tous les cas, comme pratique journalière, à mesure que le métal se dépose dans le bain, il faut y ajouter par petites parties, préalablement chauffées, une dissolution neutre de la même combinaison métallique, ainsi qu’une dissolution de borate de soude ou de tout autre sel faisant partie du mélange ; il est indispensable aussi de veiller à la neutralité du mélange, en y ajoutant, tantôt du carbonate de soude, tantôt de l’acide chlorhydrique ou de l’eau chlorée.
- Gomme exemple type d’électrolyse d’après ce système, nous présenterons des données relatives à la précipitation du platine en dépôt présentant l’éclat brillant métallique ; pour cela, on prend 60 grammes de chlorure de platine, 360 grammes de borate de soude, 360 grammes de carbonate de soude, 60 grammes de sel ammoniac, et on dissout le tout dans 4ut,50 d’eau.
- Prenant en considération le prix élevé des chlorures de ces métaux pris à l’état de pureté chimique, comme par exemple le chlorure de platine, l’auteur de ce procédé admet la possibilité d’employer les mélanges de chlorure de ces métaux, comme par exemple le chlorure de platine contenant de l’iridium, du ruthénium ou autres métaux d’origine très voisine, tels qu’ils sont extraits de la
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- mine. Le minerai cassé en morceaux se traite à chaud par l’eau régale ; afin d’obtenir les chlorures métalliques en dissolution, on fait évaporer cette dissolution pourchasser l’acide azotique. Ce liquide peut être traité par l’électrolyse : pour cela le minerai concassé est placé sur une plaque de charbon ou sur n’importe quel autre anode de ce genre, on le plonge dans le bain de chlorure métallique et on fait passer le courant électrique ; les parties de minerai les plus solubles se dissolvent. Le résidu peut être traité par l’eau régale.
- Sachant que le chlorure de sodium, le phosphate de soude et le phosphate d’ammoniaque combinés au chlorure de platine ont déjà été proposés pour précipiter par l’électrolyse les métaux nobles, le professeur Thompson n'élève aucune prétention sur l’emploi de ces combinaisons en elles-mêmes, mais seulement sur leur emploi en les mélangeant avec les autres sels et suivant le procédé décrit ci-dessus.
- (Scientific américain.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
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- Séance du 8 mars 1889.
- Présidence de M. Eaton de la Goupillière, président.
- M. le Président donne lecture d’une lettre de M. Eng. Peligot qui se voit obligé, par raison de santé, de donner sa démission de secrétaire de la Société.
- M. le Président exprime les regrets de la Société, et fait part du vote unanime du Conseil qui nomme M. Peligot secrétaire honoraire de la Société, désirant ainsi perpétuer le souvenir des services qu’il a rendus depuis 1845.
- Mme J. Delenil écrit au Président, au nom de son mari, au sujet de la liquéfaction du protoxyde d’azote et de l’acide carbonique, pour rappeler l’historique des procédés et appareils employés pour cette opération ; parmi ceux-ci elle signale la pompe Delenil, construite en 1847 et perfectionnée en 1872.
- M. Merland, propriétaire à Maison-Neuve, commune de Bonnat (Creuse). — Visiophonie ou communication matérielle à distance par le rayon visuel. (Arts économiques.)
- M. Combe, rue Saint-Antoine, 170. — Fumivore distillateur pour brûleurs de tous genres (lampes à gaz, à pétrole, etc.). (Arts mécaniques.)
- M. Fernand Jeannet, rue des Bourets, 16, à Suresnes (Seine). — Perfectionnement au vélocipède. (Arts mécaniques.)
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- M. Horace Bentabol, ingénieur des mines à Madrid. — Mire parlante, à double graduation, permettant les lectures à distances variables. (Arts mécaniques.)
- M. Gustave Kliebhau, rédacteur du journal autrichien des chimistes, à Yienne — Moyen de transformer une substance très abondante dans la nature en un corps d’une grande force explosive. (Arts chimiques.)
- M. Briffaut, rue Davy, 23. — Système de moteur à air. (Arts mécaniques.)
- M. Emile Petit, correspondant delà Société. —Brochure intitulée : la Chlorose de la vigne. (Agriculture.)
- M. Donato Tomasi, docteur ès sciences. — Traité théorique et pratique d’élec-trochimie, 1er fascicule. (Arts économiques.)
- M. Louis Figuier fait hommage d’un exemplaire de Y Année scientifique et industrielle, 32e année (1888).
- Nomination de Membres. — M. Carpentier, membre du Conseil, est nommé membre à vie, sur sa demande et après avoir rempli les formalités voulues par le règlement.
- M. Maurice Macé, fabricant de décors sur porcelaine, à Auteuil, présenté par M. Collignon, est nommé membre delà Société.
- Nomination de Membres du Conseil. — M. Demontzey, correspondant de l’Académie des sciences, inspecteur général des forêts, ayant réuni la majorité des suffrages, est nommé membre du Comité d’agriculture.
- Sont présentés pour la nomination d’un membre dans le Comité des arts chimiques : -
- M. Vieille, ingénieur des poudres et salpêtres; M. Joly, professeur adjoint àla Sorbonne, directeur du laboratoire des hautes études de l’Ecole normale supérieure; M. Riban, maître de conférences et directeur adjoint du laboratoire de la Sorbonne, et M. Livache, répétiteur à l’Institut national agronomique.
- M. Vieille, ayant réuni la majorité des suffrages, est nommé membre du Comité des arts chimiques.
- Rapports. — Etablissements insalubres. — M. C. Lavollée lit, au nom du Comité de commerce, un rapport sur un projet de réforme de la législation sur les établissements insalubres et incommodes, projet qui a été présenté par M. L. Kessler, membre de la Société et membre correspondant du Conseil.
- Après avoir exposé l’historique de la législation, indiqué les critiques développées par M. Kessler contre l’application par les tribunaux civils du décret de 1810 et examiné les principales réformes qui sont proposées, le rapporteur exprime l’avis que la plupart de ces réformes auraient peu de chances d’être accueillies par le législateur, et que, dans l’état actuel, il serait peut-être imprudent pour l’industrie de provoquer une révision du décret de 1810, l’intérêt de l’hygiène publique dominant de plus en plus l’intérêt manufacturier. Il vaut mieux porter ses efforts vers la recherche et l’amélioration des procédés techni-
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- ques qui tendent à diminuer l’insalubrité et l’incommodité dans le travail des usines.
- Le Conseil approuve les conclusions du rapport,qui sera inséré dans le Bulletin.
- Communications. — Bleu égyptien. — M. Fouqué, membre de l’Institut, fait une communication sur le bleu égyptien ou vestorien, très belle matière colorante que les Romains possédaient pendant les premiers siècles de l’ère chrétienne, et qui, à l’époque de l’invasion des Barbares, a cessé d’être fabriquée. Elle est actuellement inconnue dans l’industrie.
- Cette matière a été étudiée par plusieurs chimistes; mais les recherches nombreuses n’ayant pu amener ni la connaissance exacte de sa composition chimique, ni la notion complète de ses propriétés optiques, et surtout sa reproduction étant demeurée incertaine, M. Fouqué & cru devoir en reprendre l’étude.
- Ce bleu est un silicate double de cuivre et de chaux ayant pour formule CaO, CuO, 4Si02. Il n’entre aucune trace d’alcalis dans ce produit. On peut l’obtenir en employant comme matière première des substances rigoureusement exemptes de soude et de potasse. Le poids spécifique est égal à 3,04.
- C’est une substance cristallisée appartenant au système quadratique. Elle se présente sous forme de lamelles aplaties parallèlement à la base du prisme, souvent déchiquetées sur les bords, quelquefois cependant terminées par des contours rectangulaires très nets. Le diamètre de ces lamelles peut atteindre 2 millimètres; leur épaisseur dépasse rarement 0mm,o. Elles sont d’un beau bleu d’azur. Ces lamelles, observées au microscope sur leur tranche, avec interposition d’un nicol, offrent un polychroïsme très remarquable. Avec des rayons vibrant suivant l’axe, elles sont d’un rose pâle; quand les vibrations se font dans la direction perpendiculaire, elles sont d’un bleu intense.
- La plupart des agents chimiques sont sans action sur cette matière, ce qui explique le parfait état des peintures dans lesquelles elle a été employée il y a 1900 ans. On peut la faire bouillir sans l’altérer dans l’acide sulfurique. Le sulfhydrate d’ammoniaque ne la noircit pas, malgré sa teneur en cuivre. La chaux ne l’attaque qu’à haute température. L’acide fluorhydrique seul la dissout aisément. Elle résiste à l’action d’une température assez élevée ; elle ne se produit qu’au rouge vif, mais elle s’altère si l’on dépasse notablement la température à laquelle elle prend naissance. C’est le maintien de la température voulue qui constitue toute la difficulté de sa fabrication.
- Quand on la soumet à une chaleur trop forte, elle se décompose. Il se forme de l’oxydule de cuivre en petits cristaux dendritiques, de la wollastonite en longs prismes incolores et un verre vert clair. La proportion du verre augmente quand la température devient plus élevée, et enfin, au rouge blanc, la wollastonite disparaît et il ne reste plus qu’une sorte d’aventurine formée par le verre vert chargé de petits cristaux d’oxydule de cuivre.
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- Vitruve a décrit la fabrication du bleu égyptien qui fut, dit-il, inventée à Alexandrie et établie ensuite à Pouzzoles.
- M. Fouqué a constaté que le procédé décrit par Vitruve réussissait, mais que le carbonate de soude employé par Vestorius comme fondant n’était pas nécessaire, et qu’il pouvait d’ailleurs être remplacé avantageusement par d’autres sels. Le fondant dont il a tiré le meilleur parti est le sulfate de potasse.
- Les anciens employaient dans leur fabrication un grand excès de silice; la matière bleue, en se formant, se moulait snr les grains du sable employé. M. Fouqué a trouvé plus avantageux d’opérer avec des mélanges bien plus basiques, quitte à nettoyer ensuite à l’aide de l’acide chlorhydrique les produits obtenus.. La purification complète s’achève au moyen de la liqueur dense de Daniel Klein. Il a vainement cherché à remplacer dans le bleu égyptien la chaux par le manganèse.
- La beauté et la solidité de cette matière colorante, qui ne redoute ni l’air ni la lumière, ni la plupart des agents chimiques, la facilité de sa fabrication, le prix très bas auquel on peut la produire font désirer qu’elle reprenne sa place dans l’industrie.
- M. le Président remercie M. Fouqué de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- Soie artificielle ou soie française (1). — M. Du Vivier expose le procédé qu’il emploie pour la fabrication d’un textile exclusivement chimique, qu’il a appelé soie française. Ce produit s’obtient en faisant dissoudre du pyroxyle (cellulose trinitrique) et de la gélatine dans de l’acide acétique cristallisable. La coagulation de ce composé se produit à la sortie d’un orifice à peu près capillaire et donne naissance à un fil qui parcourt trois bains de compositions différentes pour arriver à sa formation complète. Ce fil passe ensuite au cristallisoir, où s’opère sa dessiccation à basse température, et puis, aux appareils de dévidage qui le disposent en écheveaux que l’on fait séjourner dans beau.
- M. Du Vivier répète devant l’assemblée ces diverses opérations et fait voir des échantillons de soie française, écrue et teinte en diverses nuances, ainsi que des tissus obtenus avec ce produit.
- M. le Président remercie M. Du Vivier de sa communication, qui est renvoyée à l’examen du Comité des arts chimiques.
- (1) Depuis la séance du 8 mars, M. le Président de la Société a reçu à ce sujet, de la part de M. Chardonnet, ancien élève de l’École polytechnique, une réclamation de priorité qui sera portée à la connaissance de la Société dans sa prochaine séance.
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- Séance du 22 mars 1889.
- Présidence de M. Eaton de la Goupillière, président.
- M. le Président donne lecture de la lettre suivante :
- « Monsieur le président et cher confrère,
- « Ma santé m’imposant le devoir de résigner mes fonctions de secrétaire, j’ai à vous remercier du titre de secrétaire honoraire que le Conseil a bien voulu me donner. Autant que je le pourrai, je continuerai à servir les intérêts de la science industrielle qui sont ceux de notre Société d’Encouragement.
- « Permettez-moi d’ajouter que j’ai été heureux et fier des termes trop bienveillants que vous avez employés en m’annonçant la décision du Conseil. Je vous en suis bien reconnaissant.
- « Veuillez agréer l’expression de mes sentiments affectueux et dévoués. »
- « Eug. Peligot. »
- M. Lissieux, passementier, impasse de Gênes, 5. — Note relative à un métier de barre dit Jacquard. (Arts mécaniques.)
- M. Verlinde, fabricant à Lille, désire concourir pour le prix d’accrochage des wagons sans danger. Son système est appliqué sur la ligne de Lille à Tourcoing. (Arts mécaniques.)
- Mme la baronne de Pages, place de la Madeleine, 30, petite-nièce de Philippe de Girard. — Note relative aux pièces, mémoires, documents, lettres scientifiques, adressées autrefois par Philippe de Girard à la Société.
- M. Senetz, chimiste, rue Louis-le-Grand, 24. — Procédé pour le platinage de la porcelaine. (Arts chimiques.)
- M. Chardonnet, ancien élève de EEcole polytechnique, à Besançon. — Réclamation au sujet des procédés indiqués par M. Du Vivier, dans la dernière séance, pour la fabrication de la soie artificielle, appuyée sur le jugement du Patent Office des États-Unis qui lui est favorable. (Arts chimiques.)
- M. Moritz, cocher, rue du Mont-Cenis, 143. — Note relative aux appréciations portées sur son système de démarre-tramway. (Arts mécaniques.)
- M. Combe, rue Saint-Antoine, 170. — Goudron et colle anti-salpêtre. (Arts mécaniques.)
- M. Baudin, comptable, rue des Trois-Couronnes, 1. — Solidification de l’essence minérale. — Ininflammabilité des matières combustibles. (Arts chimiques.
- M. Bodel père, boulevard de Reuilly, 25. — Robinet perfectionné, raccortl à manœuvre rapide sans clef ni vis. (Arts mécaniques.)
- M. Edouard Simon, membre du Conseil, adresse pour la bibliothèque de la
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- Société les huit premières années du journal l'Industrie française et les cinq premières du journal le Travail national qui y fait suite.
- M. Maurice de la Sizeranne présente, pour concourir au prix d’Aboville, l’ou-vroir et l’imprimerie des sœurs aveugles de Saint-Paul, rue Denfert-Rochereau, 88. (Commerce.)
- M. le Maire du VIe arrondissement envoie le compte rendu des opérations de la caisse des écoles (séance du 26 octobre 1888).
- M. le Président de l’Alliance syndicale pour la défense des intérêts généraux du commerce et de l’industrie, rue de Lancry, 10, envoie la composition de sonbureau pour 1889. *
- M. Charles Stocker, quai de l’Oise, 35. — Sable-mortier coloré, enduit imitant la pierre et moins cher que le plâtre peint. (Constructions et beaux-arts.)
- M. l'abbé Arthur Leris, curé de Cos, par Montauban. — Tableau mécanique représentant la cathédrale de Harlem, un chemin de fer, etc., avec pièces mobiles. (Arts mécaniques.)
- M. Boucheron, place de la Madeleine, 3. —Appareil de chauffage inventé par M. Heim, de Vienne (Autriche), breveté en France, offrant une entière sécurité et une grande économie de combustible. (Arts économiques.)
- M. Du Vivier, rue Blanche, 61, envoie une note de M. Chassevent, directeur de l’office Desnos, sur la différence des brevets pris par M. Chardonnet et par lui. (Arts chimiques.)
- M. Sevenet, quai de la Tournelle, 25. — Appareil de photosculplure. (Constructions et beaux-arts.)
- M. Rothschild, éditeur, rue des Saints-Pères, 13, envoie un ouvrage de M. J. Moyen : les Champignons, traité élémentaire et pratique de mycologie, avec une introduction par Jules de Seynes. (Agriculture.) i
- M. Léon Appert, membre du Conseil, dépose un pli cacheté portant comme inscription : Procédé de moulage du verre, avec la recommandation qu’il ne soit ouvert que sur sa demande expresse. (Ce dépôt est accepté.)
- M. Malapert. — Brochure intitulée : Des lois sur les brevets d’invention dans leurs rapports avec les progrès de l'industrie. (Commerce.)
- Société d'études économiques. — Les Réformes fiscales, révolution pratique par l'impôt sur les revenus, système de M. Jacques Lorrain, par M. A. Raynaud, maire de Levallois-Perret, avec une préface d'Augustin Galopin. Guillaumin et Cie, éditeurs. (Commerce.)
- Revue de l’Aéronautique théorique et pratique, publication trimestrielle illustrée, directeur M. Henri Hervé. Masson, éditeur. lre livraison 1889.
- M. le Président annonce la mort de M. le vice-amiral de Chabannes, ancien vice-président de la Société. M. de Chabannes avait été obligé de résigner dernièrement cette fonction pour raison de santé, mais le Conseil croit devoir con-
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- sacrer le souvenir des services qu’il a rendus à la Société et exprime tous ses regrets pour la perte de cet ancien collègue.
- Nomination de Membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Séguin, directeur de la Compagnie du gaz du Mans, présenté par M. le colonel Sebert et M. Massart.
- M. Abel Burotte, employé à la Société d’entreprise générale, à Paris, présenté par M. le Roux.
- Rapports des Comités. — Centimètre conformateur. — M. le colonel Goulier fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur le centimètre conformateur présenté par M. Lhéon, rue d’Argenson, 1. — Cet instrument est un mètre articulé qui diffère des mètres ordinaires, en ce que la distance comprise entre deux articulations consécutives, au lieu d’être un simple ou un double décimètre, est seulement un centimètre. Ces lames en celluloïd sont réunies deux à deux, au moyen d’œillets métalliques dont le serrage peut être réglé. Cel instrument permet de prendre les contours des objets et de les reproduire sur le papier, il peut recevoir des applications dans les arts ou dans certaines questions : par exemple, dans le modelage ou la sculpture, la physiologie ou l’anthropologie.
- Le Comité propose au Conseil de remercier M. Lhéon de sa présentation, et d’ordonner l’insertion du présent rapport avec figure explicative dans le Bulletin de la Société.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Verreries du comté de Bitche. — M. Biver, au nom du Comité des arts chimiques, fait le rapport verbal suivant sur les verreries du comté de Bitche :
- Cet ouvrage a été offert à la Société d’Encouragement, dans la séance du 13 avril 1888, au nom de l’auteur, par M. le colonel Goulier qui, sommairement, en a rendu compte.
- M. Marcus, ancien élève de l’Ecole polytechnique et descendant d’une ancienne famille de verriers de la Lorraine, a été pendant vingt ans directeur et administrateur de la cristallerie de Saint-Louis, berceau de l’industrie du cristal au plomb en France. Mieux que personne, il a pu réunir les documents relatifs aux verreries de la contrée.
- L’ancien comté de Bitche, situé vers l’extrémité nord de la chaîne des Vosges, est un pays montagneux, couvert de forêts et sillonné de ruisseaux. Il réunissait toutes les conditions favorables à la création des industries à feu et particulièrement de la verrerie, offrant partout du bois en abondance pour alimenter les foyers, et pour produire des cendres et de la potasse. Les sables et les silex ne faisaient pas défaut pour compléter les éléments de la fabrication du verre.
- M. Marcus fait une étude très intéressante du régime forestier de la contrée qu’il décrit. Après avoir rappelé les origines de l’art de la verrerie, il en expose la situation du xvc au xvme siècle, pendant les guerres fréquentes qui ravagèrent
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- le pays. Il montre les familles des verriers déplaçant leurs ateliers et leurs demeures, à mesure que les bois diminuaient aux alentours, et fondant des villages qui subsistent encore ; il montre également la manière primitive de vendre leurs produits en les colportant eux-mêmes au loin, comme faisaient autrefois les potiers et les faïenciers. Il a indiqué d’une façon très circonstanciée l’origine de la grande manufacture de cristaux de Saint-Louis, l’aînée et l’émule de Baccarat.
- L’ouvrage de M. Marcus est une très intéressante monographie d’une industrie du temps passé qui trouvait ses éléments dans les produits naturels du sol, et que l’habileté des ouvriers portait souvent à un haut degré de perfection. .
- Votre Comité des arts chimiques propose de remercier l’auteur de son envoi, et d’ordonner le dépôt du volume à la bibliothèque.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Reproductions graphiques. — M. Eugène Plon fait, au nom du Comité des constructions ét des beaux-arts, un rapport sur l’ouvrage de M. Monet : Procédés de reproductions graphiques appliqués à /’imprimerie .Le sujet est assez complexe, puisqu’il embrasse les divers procédés de la stéréotypie et du clichage, depuis leur origine jusqu’à nos jours; ceux de la galvanoplastie appliqués à la reproduction soit des pages du texte, soit des gravures sur bois ; enfin les variétés de la gravure aux acides dont l’importance devient d’autant plus grande que la photographie lui a prêté un concours décisif. • . -
- M. Monet s’occupe aussi dans son livre de l’impression des valeurs fiduciaires. Ses indications ne seront pas sans utilité pour les fonctionnaires et directeurs de compagnies qui ont à se tenir en garde contre les faussaires.
- En résumé, le livre de M. Monet présente un réel intérêt pratique, et le Comité des constructions et des beaux-arts propose au Conseil de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin de la Société.
- Ces conclusions sont adoptées. •
- Recueil-poussières. —M. River fait, au nom du Comité des arts chimiques, un rapport sur un appareil dit recueil-poussières présenté par M. Jouanny, fabricant de papiers peints, 72, faubourg du Temple. La production des poussières dans les opérations industrielles est une des plus fréquentes causes d’insalubrité des ateliers. M. Jouanny a imaginé un dispositif qui permet de réunir les poussières et de les recueillir par immersion dans un liquide.
- Son appareil consiste essentiellement en une cloche hémisphérique en tôle, fixée dans la partie supérieure d’une cuve pleine d’eau et d’un diamètre à peu près moitié plus grand. Au sommet de la cloche aboutit un large tuyau, destiné à amener l’air chargé de poussières et poussé par un ventilateur.
- Le recueil-poussières de M. Jouanny se présente avec un véritable caractère
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- de simplicité et de nouveauté; il paraît bien atteindre son but, et il est susceptible d’applications très diverses. Le Comité des arts chimiques propose au Conseil de remercier l’inventeur de son intéressante communication et d’ordonner l’insertion, au Bulletin de la Société, du présent rapport, avec une figure explicative.
- Ces conclusions sont adoptées.
- BIBLIOGRAPHIE.
- La Société (FEncouragement pour l’Industrie nationale reçoit les publications suivantes :
- Anales de la Sociedad Rural Argentina.
- Annales des ponts et chaussées.
- Annales des mines.
- Annales de chimie et de physique.
- Annales du commerce extérieur.
- Annales télégraphiques.
- Annales de VEcole polytechnique de Delft.
- Boletin de la Sociedad de Fomento fabril.
- Bulletin de VAssociation des Elèves de M. Frémy.
- — de V Association p Kilo te clinique.
- — du Ministère de VAgriculture.
- — du Ministère des travaux publics.
- — des Séances de la Société nationale dé Agriculture.
- — officiel de la propriété industrielle et commerciale.
- — de l’Institut égyptien.
- — du Comité des Forges de France.
- — général de la Papeterie.
- — de la Société centrale des Architectes.
- — — d’Economie politique,
- — — de Géographie.
- — •— des Electriciens.
- — — chimique de Paris.
- — — de Photographie.
- — — de lé Industrie minérale (avec Atlas).
- — — des Arts de Genève.
- — — d’Agriculture du Cher.
- — — d’émulation d’Abbeville.
- — — d’émulation de Rouen.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- Bulletin de la Société d’Agriculture de Valenciennes.
- — — des Sciences et Arts du Havre.
- — de la Société industrielle d’Elbeuf.
- — — de Mulhouse.
- — — d'Amiens.
- — — de Valenciennes.
- — de Reims.
- — — de Rouen.
- Bulletin technologique de la Société des anciens élèves des écoles nationales d'Arts et Métiers.
- Chronique industrielle.
- Comptes rendus de l’Académie des sciences.
- Comptes rendus de l’Académie des sciences physiques et math, de Naples. Cosmos.
- Dingler’s polytechniches Journal.
- Engineering.
- Institution of Mechanical Engineers.
- Iron.
- Journal of the Society of Arts.
- — d’hygiène (climatologie).
- — des fabricants de sucre.
- — de la Société nationale d Horticulture de Finance.
- — de !Agriculture, fondé par M Barrai.
- — d’Agriculture pratique.
- — of the Franklin Institute.
- L’Aéronaute.
- L’Année scientifique, par L. Figuier.
- La Chronique Industrielle.
- La Gazette de l’Université de Kief.
- La Lumière électrique.
- La Nature.
- La Science illustrée.
- La Science en famille.
- La Semaine des constructeurs.
- L’Economiste français.
- L’Electricien.
- Le Chercheur.
- Le Gaz.
- Le Génie civil.
- Le Tour du Monde
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- BIBLIOGRAPHIE. ---- AVRIL 1889.
- L’Industriel.
- Mémoires et comptes rendus de la Société des Ingénieurs cw ts Moniteur scientifique du Dr Quesneville.
- Nature.
- Nouvelles Annales de la construction d’Oppermann.
- Porte feuille économique des machines d'Oppermann.
- Proceedings of the royal Society.
- Revue des Deux Mondes.
- Revue scientifique.
- — maritime et coloniale.
- — de U Architecture.
- — de Géographie.
- .— internationale de l'Electricité.
- — générale des Chemins de fer.
- — du Cercle militaire.
- — chronométrique, journal de VHorlogerie française
- — générale des Machines-outils et des appareils de levage.
- — des Arts décoratifs.
- — du Génie militaire.
- Smithsonian Institution.
- The Chemical News.
- The Journal American of Science.
- The Journal of the Society of Chemical industry.
- Transactions of the institution of Engineers.
- Verhandlungen des Vereines zur Bef 'ôrderung des Gewerbfleiszes. Zeitschrift des Vereines Deutscher ingenieure.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. — 24230.
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- 88e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- MAI 1889.
- BULLETIN
- * DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité des arts mécaniques,
- sur les débrayeurs électriques de M. Radiguet, rue du Tage, 20, à Paris.
- Messieurs,
- Depuis 1865, M. Radiguet, fabricant d’instruments de précision, s’occupe de l’application des appareils électriques au désembrayage des machines employées dans les industries textiles et notamment des métiers de bonneterie.
- Dans un rapport, en date du 24 juillet 1868, que nous avons déjà eu l’occasion de citer, Michel Alcan écrivait à l’occasion des premiers appareils brevetés par MM. Radiguet et Lecêne : « Ces moyens sont tellement efficaces que malgré la répugnance que rencontre, en général, l’usage de la pile dans des ateliers qui n’ont pas l’habitude de s’en servir, plusieurs fabricants de bonneterie emploient, à leur grande satisfaction et depuis plus d’un an, les débrayeurs électriques de MM. Radiguet et Lecêne... 11 ne faut qu’une personne là où deux à trois seraient indispensables sans le concours du débrayeur... (1) »
- La répugnance à laquelle faisait allusion le rapporteur de 1868 ne tenait pas seulement à l’inexpérience du personnel, peu habitué au maniement des piles électriques; elle reposait plus encore sur les préjugés d’un grand nombre de fabricants qui, en installant dans leurs ateliers des conducteurs métalliques, redoutaient d’y attirer la foudre et de créer de nouvelles chances d’incendie.
- (1 ) Bulletin, 1869, p. ol4.
- Tome IV. —• 88e année. 4e série. — Mai 1889. 33
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- L’Exposition d’électricité, en 1881, a contribué à détruire ces craintes quelque peu superstitieuses et c’est surtout depuis cette époque que M. Radiguet a pu propager ses débrayages, dont les applications dépassent aujourd’hui 8000, soit environ 40 000 appareils, chaque débrayeur correspondant à quatre ou cinq dispositifs pour révéler les défauts du tricot, trous ou mailles coulées, la rupture ou l’épuisement des fils, les aiguilles cassées ou simplement faussées.
- La multiplicité des organes, ou chûtes, groupés sur un même métier pour produire simultanément un certain nombre de rangées de mailles, a déterminé, d’autre part, l’adoption de ces avertisseurs, sans lesquels la fabrication deviendrait absolument défectueuse.
- Nous ne décrirons pas les perfectionnements de détails imaginés par M. Radiguet, afin d’approprier le désembrayage primitif et les dispositifs complémentaires aux diverses sortes de métiers : nous vous demanderons seulement la permission d’insister sur deux points caractéristiques :
- I. Quelle que soit la cause de l’accident, l’effet est de fermer le circuit électrique, qui produit l’attraction d’une pièce en fer située à proximité d’un électro-aimant et, par le déplacement de la pièce attirée, détermine le fonctionnement instantané et sans choc du débrayage.
- L’arrêt obtenu, il y a intérêt à interrompre le courant qui, autrement, s’écoulerait en pure perte. Dans ce but, le levier de débrayage porte une bosse en saillie, reliée à l’un des pôles de la source électrique aussi longtemps que la marche est normale. Dès que le levier bascule, la bosse dont il s’agit s’écarte d’un ressort métallique formant contact et le courant est de nouveau intercepté. La dépense d’électricité est donc limitée au moment strictement utile pour assurer le débrayage.
- Ajoutons que si un ouvrier négligent voulait remettre la machine en marche sans réparer le défaut qui a motivé l’arrêt, il en serait empêché par l’appareil même, car en relevant le levier à bossage, le circuit électrique se fermerait et ne permettrait pas l’embrayage.
- IL Habituellement, et c’est le cas considéré au paragraphe précédent, les appareils électriques sont groupés sur le bâti du métier, qui forme conducteur et communique avec l’un des pôles. Le fil ou le tricot isole ce conducteur des touches également métalliques, reliées au pôle opposé ; il suffit donc que la matière filée ou tricotée vienne à manquer, poiir que le contact des pièces de métal ferme le circuit. Cette disposition ne présente aucun inconvénient avec des métiers montés sur des bâtis séparés; il n’en
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- serait plus de même, si plusieurs métiers étaient réunis sur un bâti unique. L’arrêt d’un métier déterminerait l’inaction de tous les autres.
- M. Radiguet a étudié ce problème et fait breveter, en 1885, diverses solutions basées sur le même principe. Chaque apppareil est isolé du bâti et relié d’une façon constante avec l’un des pôles par un fil conducteur, puis, d’une façon intermittente (lors d’un accident), avec un second fil ou fil de retour. Les appareils agissent sur le métier dont ils dépendent sans influencer les voisins, puisqu’il n’existe entre ces métiers aucune communication électrique.
- La solution fort simple a trouvé une application inattendue lors de l’installation, à Clichy-la-Garenne, de l’usine Neyret, où il nous a été donné de voir cent métiers circulaires munis des appareils Radiguet. Plusieurs de ces machines dont les bâtis sont distincts, travaillaient antérieurement dans le faubourg Saint-Antoine. Transportés à Clichy, les appareils électriques ne rendaient aucun service. Le mécanicien, qui avait primitivement adapté les débrayeurs, ne trouvant pas d’explication valable, on eut recours à l’électricien. M. Radiguet découvrit que les poutres de la charpente, auxquelles étaient suspendus les métiers, se trouvaient armées de pièces métalliques et constituaient précisément un unique bâti métallique, à travers lequel s’écoulait l’électricité fournie par la machine dynamo (1). M. Radiguet isola chaque métier du poutrage, au moyen de cales en bois et de rondelles en caoutchouc, relia les appareils électriques aux deux pôles de la dynamo dans les conditions indiquées plus haut et les métiers fonctionnèrent comme par le passé.
- Le Comité des arts mécaniques a constaté avec grande satisfaction le chemin parcouru depuis la présentation à la Société des premiers appareils appréciés par Michel Alcan; il vous propose, Messieurs, de remercier M. Radiguet de son intéressante communication et d’autoriser l’insertion, au Bulletin, du présent rapport avec une planche de dessins représentant le débrayage proprement dit et l’une des dispositions adoptées pour l’isolement électrique de plusieurs métiers réunis sur un même bâti métallique.
- Signé : Édouard Simon, rapporteur.
- Approuvé en séance le 8 février 1889.
- (I) Toutes les fois que l’ensemble des métiers 11e dépasse pas 2o, il est économique d’employer la machine magnéto-électrique; au delà de ce nombre, le coût un peu plus élevé d’une dynamo ne constitue pas un obstacle sérieux.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- LÉGENDE DE LA PLANCHE 28 REPRÉSENTANT LE DÉBRAYEUR ÉLECTRIQUE DE M. RADIGUET.
- Groupement électrique de plusieurs métiers de bonneterie sur un meme bâti métallique (système C.-A. Radiguet).
- Fig. 1. — Disposition des fils conducteurs.
- Fig. 2. — Appareil de débrayage vu en élévation.
- Fig. 3. — Détails d’un débrayage vu en plan.
- Nota. — Les memes lettres indiquent les mêmes organes sur les figures 2 et 3.
- A, A,... Bobines d’ôlectro-aimants.
- B, Armature à bascule d’électro-aimant.
- D, Levier d’encliquetage à bascule.
- Ressort métallique en contact avec le levier D. b, Partie saillante du levier D, destinée à rompre le courant au moment du débrayage, en s’écartant du ressort a.
- E, Levier du débrayage à manette.
- F, Ressort hélicoïdal tendant à écarter les griffes du manchon d’embrayage. f, f,... Raccords des appareils électriques avec les conducteurs principaux.
- M, M', M", Métiers circulaires fixés sur un même bâti métallique.
- 1 2, 1' 2', 1" 2'',.. Appareils casse-fils.
- 3, 3', 3",... Appareils avertisseurs de grosseurs et d’aiguilles dessoudées.
- N, N... Fil conducteur du pôle négatif.
- P, P... Fil conducteur du pôle positif.
- S, Machine dynamo.
- T, T,.. Supports des appareils débrayeurs.
- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait par M. Biver, au nom du Comité des arts chimiques, sur l’appareil de M. Jouanny, breveté sous le nom de recueil-poussières.
- La production des poussières dans les opérations industrielles est une des plus fréquentes causes d’insalubrité des ateliers. Leur action n’est pas limitée aux espaces où elles se produisent, mais, à la manière des gaz, elles se répandent au dehors et vont incommoder le voisinage.
- On a fait peu de chose jusqu’ici pour les éviter ou les combattre ; on se contente généralement de les chasser par des courants d’air qui ne font
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- ARTS CHIMIQUES.
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- que les déplacer. Il y aurait assurément un grand intérêt à les supprimer dans les agglomérations d’ateliers trop resserrés et mal aérés.
- M. Jouanny, fabricant de papiers peints, 72, faubourg du Temple, a éprouvé dans son industrie la plupart des inconvénients de l’état de choses actuel. Les poudres colorées et les poussières métalliques ou filamenteuses qui servent à l’impression des papiers de tenture dans ses ateliers, se répandaient dans l’air pendant le travail, incommodaient le personnel, et occasionnaient des pertes. Trouvant insuffisant le remède habituel, c’est-à-dire une énergique ventilation, M. Jouanny imagina un dispositif qui permet de réunir les poussières et de les recueillir par immersion dans un liquide.
- Son appareil consiste en une cloche hémisphérique en tôle^ fixée dans la partie supérieure d’une cuve pleine d’eau, et d’un diamètre à peu près moitié
- Fig. 1. — Recueil-poussières de M. Jouanny.
- plus grand. Au sommet de la cloche aboutit un large tuyau, destiné à amener l’air chargé de poussières et poussé par un ventilateur. A 3 centimètres au-dessus de son bord inférieur, qui est maintenu dans un plan bien horizontal, la paroi de la cloche est percée d’une couronne de trous ronds, de 6 millimètres de diamètre, espacés de 3 centimètres. Un tuyau, avec robinet à flotteur, amène de l’eau dans la cuve, et y maintient le niveau à quelques centimètres an-dessus de la couronne de trous. Un robinet, posé à mi-hauteur dans la paroi, permet d’écouler une partie de l’eau; enfin une bonde de vidange est placée près du fond de la cuve, qui a une inclinaison convenable pour faciliter l’évacuation complète des dépôts qui s’y accumulent. Le local ou l’emplacement dans lequel se produit la poussière, est mis en communication par un conduit de section convenable, avec l’œil d’un ventilateur dont l’orifice de sortie communique, par un autre conduit, avec le tuyau du sommet de la cloche.
- Dès que le ventilateur est mis en mouvement, la pression de l’air fait
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- ARTS CHIMIQUES.
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- baisser le niveau de l’eau à l’intérieur de la cloche jusqu’à la couronne de trous, tandis qu’il s’élève tout autour dans la cuve. L’air s’échappe alors par toutes ces issues, en se divisant en petites bulles qui crèvent contre la paroi extérieure de la cloche; les poussières mouillées et immergées dans le liquide restent dans la cuve, et tombent au fond, ou surnagent, suivant leur densité.
- Pour que l’appareil fonctionne bien, il faut que pendant la marche du ventilateur le niveau de l’eau de la cuve se maintienne à 4 centimètres environ au-dessus de la couronne de trous, ce qui est facile à obtenir en réglant le flotteur du robinet.
- Une série d'expériences ont été faites en notre présence avec le recueil-poussières Jouanny installé dans les ateliers de M. Bourdon, ingénieur-mécanicien. Dans une caisse ou tambour en bois se trouvait un tamis prismatique, destiné à recevoir les diverses poussières sur lesquelles devaient porter les essais; il était mis en mouvement par une corde passant sur une poulie à gorge montée sur l’axe. Un tuyau en zinc à coudes arrondis allait du tambour à l’œil d’un petit ventilateur à force centrifuge, dont la sortie communiquait par un autre tuyau avec le sommet de la cloche de l’appareil. Une porte était ménagée sur ce dernier tuyau, pour pouvoir y introduire des poussières à mettre en expérience, sans les faire passer par le blutoir et le ventilateur.
- Le niveau de l’eau dans la cuve étant à la hauteur convenable et le tamis étant chargé de matières pulvérulentes, on mettait en mouvement le ventilateur et le blutoir. Aussitôt l’air entraînant les poussières pénétrait dans la cloche, faisait baisser le niveau de l’eau et sortait en bouillonnant par la couronne de petits trous.
- Différentes poussières furent mises en expériences. On opéra successivement sur de la fécule, sur des poudres diversement colorées, sur du mica, sur du plâtre, et sur de la poudre de bronze. Toutes ces poussières furent retenues par l’eau de la cuve, sans qu’on pût en apercevoir aucune parcelle qui s’échappât dans l’air.
- Ensuite on expérimenta avec du noir de fumée, de la tontisse de drap et enfin avec des poils coupés, servant à la fabrication des papiers veloutés. Ces substances pulvérulentes ou filamenteuses, difficiles à mouiller, échappèrent partiellement à l’action de l’appareil fonctionnant dans l’eau. On versa alors dans la cuve une certaine quantité d’huile minérale qui forma une couche de quelques centimètres au-dessus de l’eau, et l’on mit le venti-
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- lateur en mouvement. Les poussières qui, précédemment, échappaient à l’eau seule, furent complètement retenues par la couche d’huile.
- Le recueil-poussières de M. Jouanny se présente avec un caractère de nouveauté et de simplicité, et paraît bien remplir son but; il est susceptible d’applications très diverses. Votre Comité des arts chimiques vous propose de remercier l’inventeur de son intéressante communication, et de faire insérer ce rapport avec une figure explicative dans le Bulletin de la Société.
- Signé : H. River, rapporteur.
- Approuvé en séance le 22 mars 1889.
- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait par M. de Luynes, au nom du Comité des arts chimiques, sur le système d’impression multicolore de M. E. Reuille.
- Messieurs,
- M. Reuille a imaginé un système d’impression multicolore qu’il soumet à l’appréciation de la Société.
- Dans ces impressions en couleur, quel que soit le système employé, les couleurs différentes sont en général appliquées les unes après les autres, de sorte que le motif obtenu se compose de la superposition ou de la juxtaposition de teintes plates diversement nuancées. M. Reuille s’est proposé de déposer d’un seul coup, sur le tissu, le papier ou le métal, l’ensemble des couleurs ou des vernis constituant le motif. Il obtient ce résultat au moyen de fils de coton un peu épais de 8 à 10 centimètres de long qu’il enrobe, sur la longueur seulement, de gélatine ou de gutta-percha, les deux extrémités du fil ne recevant aucun enduit. Il dispose les fils ainsi préparés en petits faisceaux renfermant un nombre plus ou moins grand de ces fils, et dont la section représente la forme du motif à imprimer en une même couleur. Ces faisceaux sont ensuite collés ensemble et le tout est encastré dans une planche en bois.
- Les extrémités des fils sont coupées d’un côté presque au ras de la surface du bois qu’ils dépassent un peu, tandis que de l’autre côté ils sortent d’une certaine longueur. De ce dernier côté à chaque faisceau représentant une couleur, sont fixés des tubes en caoutchouc longs et fins qui communi-
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- quent chacun avec un petit réservoir à couleur. Ces dernières suffisamment liquides pénètrent par capillarité dans le fil de coton, et arrivent à l’extrémité du fil qui doit être appliquée sur l’objet destiné à recevoir l’impression. Au fur et à mesure qu’elle est employée, la couleur se renouvelle dans le fil comme l’huile qui alimente la mèche d’une lampe. La manœuvre de la planche est rendue facile par la flexibilité des tubes de caoutchouc. On peut donner à l’extrémité des fils qui déposent la couleur la surface que l’on veut, de aorte que le système s’applique aussi bien aux surfaces courbes qu’aux surfaces planes.
- Ce moyen d’impression en plusieurs couleurs n’est encore qu’à l’état d’essai, et ne paraît pouvoir en tout cas ne s’appliquer qu’à certains genres particuliers. Mais l’idée a paru être ingénieuse à votre Comité, qui vous propose de remercier M. Reuille de sa communication, de l’encourager à continuer ses recherches et de voter l’insertion de ce rapport au Bulletin.
- Signé : de Luynes, rapporteur.
- Approuvé en séance le 14 décembre 1888.
- AGRICULTURE
- RECHERCHES SUR LA CULTURE DE LA POMME DE TERRE INDUSTRIELLE, PAR M. AIMÉ GIRARD.
- L’Allemagne produit, chaque année, 4 millions d’hectolitres d’alcool, et c’est sur la saccharification de la pomme de terre que les trois quarts de cette production reposent.
- En France, la situation delà distillerie est différente; pour produire les 2 millions d’hectolitres que nos statistiques officielles accusent, celle-ci, aujourd’hui que les vins, cidres, etc., ne produisent plus que 100000 hectolitres, doit importer de l’étranger plus de 2 500 000 quintaux de grains et surtout de maïs, détourner de nos sucreries 200 000 tonnes de betteraves, enlever enfin à la sucraterie 150 000 tonnes de mélasses.
- Cette différence profonde dans l’allure de deux industries dont le but (production d’alcool et de drêches) est identique, s’explique par la différence du rendement agricole et de la qualité de la pomme de terre dans l’un et l’autre pays.
- Dans certaines parties de l’Allemagne, la culture de cette plante a été l’objet d’études approfondies dont les effets ont été tels que les rendements de 20 000 et 25 000 kilogrammes à l’hectare, avec des richesses de 17 à 18 p. 100 de fécule anhydre, y sont considérés comme normaux.
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- En France, nous sommes loin de semblables récoltes ; c’est exceptionnellement que nos rendements dépassent 10 000 à 11 000 kilogrammes à l’hectare, avec des richesses de 14 à 15 p. 100. L’infériorité de ces rendements ne saurait être attribuée ni au sol ni au climat ; l’état arriéré de la culture de la pomme de terre en est seul responsable.
- L’amélioration de cet état constitue, au point de vue de la production de la matière alcoolisable par notre agriculture, un problème d’un haut intérêt, et c’est par la considération de cet intérêt que j'ai été conduit à entreprendre et à poursuivre, pendant quatre années, de 1885 à 1888, les recherches dont je résume ici les prémices.
- Les résultats auxquels la culture doit atteindre, si elle veut présenter ses pommes de terre en concurrence avec quelques-uns des produits que la distillerie française emploie, par exemple avec les maïs étrangers, peuvent être précisés à l’avance.
- Pour obtenir (à l’état de flegmes) un hectolitre d’alcool à 100°, la distillerie demande : d’un côté, 310 à 315 kilogrammes de maïs à 63/65 p. 100 d’amidon; d’un autre, 900 à 1 000 kilogrammes de pommes de terre à 17/16 p. 100 de fécule. A l’une et à l’autre de ces matières premières appartient naturellement une même valeur; celle-ci, aux cours moyens du maïs (13 francs les 100 kilogrammes), est de 40 francs à 41 francs; d’où, pour la pomme de terre alcoolisable, une valeur, dans le premier cas de 45 francs la tonne, dans le second de 40 francs, valeur que l’infériorité des drêches doit abaisser à 35 francs ou 40 francs.
- Si à lg, qualité se joint alors un rendement élevé, la culture devient franchement rémunératrice; une récolte de 20 000 à 25 000 kilogrammes assure au cultivateur une recette de 800 francs environ à l’hectare.
- Ces conditions de rendement et de richesse, on les peut exprimer plus simplement en calculant que, pour réaliser cette recette, la culture doit, par hectare, produire 4 000 kilogrammes de fécule anhydre.
- Pour reconnaître si une production aussi élevée peut être, dans notre pays, le fruit d’une culture régulière, je me suis d’abord, et avant toute étude historique, placé au point de vue de la pratique.
- Dans deux terrains très différents, choisis l’iin sur la ferme de la Faisanderie, à Joinville-le-Pont (Seine), l’autre sur le domaine de Clichy-sous-Bois (Seine-et-Oise), le premier relativement pauvre, le second riche au contraire, j’ai, en 1886, 1887 et 1888, soumis aune culture rationnelle de nombreuses variétés de pommes de terre, signalées comme propres aux travaux industriels, et provenant les unes de Saxe, les autres des Vosges et de l’Oise.
- A mes essais de culture, j’ai, suivant une marche prudente, donné une étendue progressivement croissante d’année en année; en 1886, les parcelles d’essai ne mesuraient que l a, 20 ; en 1887, c’est à5 ares que j’ai porté leur superficie, et en 1888, Tome IV. — 88e année* 4e série. — Mai 1889. 34
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- on fin, me plaçant dans les conditions de la grande culture, j’ai donné à l’une d’elles une étendue de 1 hectare, tandis que d’autres mesuraient 18 ares, 15 ares, 4 ares, etc.
- Je ne saurais, dans ce court résumé, détailler les nombreux résultats que m’ont fournis ces trois campagnes; on les trouvera dans mon Mémoire complet, et je me contenterai de donner ici ceux qui se rapportent à l’année 1888 :
- Johrville-le-Pont.
- Rendement à l’hectare
- Teneur ——.
- Surfaces Poids en fécule en en fécule
- Variétés. cultivées. récoltés anhydre. tubercules anhydre.
- Richter’s Imperator. arcs. 2 kg. 1759 18,4 kg. 44000 kg. 8096
- Id 100 33185 17,0 33185 5 808
- Id 2 027 17,7 31 350 5 361
- RedSkinned. . . . 2 580 17,4 29000 5 046
- Magnum bonum . . . 2 592 16,3 29600 4825
- Gelbe rose 2 584 10,1 29 200 4700
- Aurora 2 636 14,7 31 800 4 675
- Red Skinned.... 2 633 14,5 31 650 4589
- Alcool 2 476 17,4 23800 4141
- Jeuxey 2 524 15,8 26190 4138
- Idaho 2 521 15,8 26050 4116
- Magnum bonum. . . 18 5 464 16,3 24800 4042
- Kornblum 4 952 16,3 23 800 3879
- Canada 2 514 14,9 25700 3 839
- Eos 4 938 16,3 23 500 3830
- Gelbe rose 15 3460 16,4 23 050 3780
- Aurélie 4 847 16,6 21200 3 519
- Infaillible 2 449 15,6 22450 3502
- Fleur de pêcher. . . 2 441 15,8 22050 3486
- Daberche 2 427 16,1 21 350 3437
- Jeuxey 15 3332 15,3 22 200 3 396
- Rose de Lippe. . . . 2 451 14,9 22550 3359
- Van der Weer. . . . 2 465 14,0 23250 3255
- Boursier 2 410 15,8 20500 3239
- Chardon 2 430 14,0 21 500 3010
- Total. . . . 200 58 697
- Clichy-sous- Bois.
- Richter’s Imperator. 2,50 1026 19,5 41 072 8000
- Red Skinned. . . . 2,50 909 18,9 36 380 6975
- Jeuxey 2,50 826 18,1 33028 5981
- Gelbe rose 2,50 676 18,1 27040 4 898
- Total.. . . 10,00 3437
- enseignement que portent avec eux ces résultats est décisif. L’année 1<
- été mauvaise pour la récolte des pommes de terre, et cependant, en opérant sur
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- des plants variés, j’ai pu, à Joinville, et comme produit de 2 hectares, passer à la bascule 58 697 kilogrammes de tubercules, et sur 1 hectare récolter plus de 33000 kilogrammes de Richter’s Imperator, riche à près de 18 p. 100 de fécule; sur vingt-neuf essais de culture, seize ont fourni plus de 4 000 kilogrammes de fécule anhydre à l’hectare et satisfont, par conséquent, aux conditions de rendement que j’ai précédemment énoncées.
- Ces résultats, venant s’ajouter aux résultats tout semblables que, malgré des différences marquées dans les conditions météorologiques, m’avaient donnés les campagnes de 1886 et 1887, apportent à la solution du problème que je m’étais proposé un caractère très net de généralité; les uns et les autres établissent, je crois, sans conteste la possibilité d’obtenir normalement, en France, des rendements élevés en tubercules riches; j’indiquerai bientôt les conditions culturales qui assurent ces rendements.
- Les causes 'qui déterminent l’abondance des récoltes de pommes de terre et leur richesse en fécule sont nombreuses.
- En dehors des conditions météorologiques, il y faut compter la profondeur des labours, l’emploi d’engrais appropriés, la date de la plantation, sa régularité, l’espacement des plants, etc. Au cours de mes recherches, j’ai précisé l’influence de ces diverses causes;mais j’ai reconnu aussi que leur importance ne saurait être comparée à celle que possède le choix du plant.
- Bien des recherches ont été faites à propos de ce choix ; elles ne paraissent pas avoir donné de résultats décisifs. C’est, en effet, et presque exclusivement de la grosseur du plant que les expérimentateurs se sont jusqu’ici préoccupés, en y rattachant quelquefois la considération du nombre d’yeux portés par chaque tubercule, alors qu’à ce choix doit intervenir surtout l’appréciation des qualités héréditaires des sujets.
- Prévoyant l’importance prépondérante de ces qualités et après avoir, par une première culture comprenant 1 500 tubercules de poids sensiblement égal, reconnu que, malgré cette égalité, la récolte peut varier de 0kg,500 à 2 kilogrammes par sujet, j’ai adopté un mode expérimental nouveau.
- Pour établir la puissance productive des tubercules de différentes grosseurs, j’ai, pour dix variétés différentes, récolté, en 1886, un certain nombre de pieds dont chacun a été séparément conservé jusqu’à la plantation de 1887. Chaque pied a constitué alors une culture indépendante; tous les tubercules qu’il avait fournis ont été pesés et cultivés côte à côte ; à l’automne, la récolte de chacun d’eux a été pesée à son tour.
- J’ai ainsi reconnu que, pour chaque sujet, les tubercules étant rangés en série croissante d’après leur poids, les petits, malgré une puissance productive quelquefois énorme, donnent des récoltes inférieures, tandis qu’au delà se rencontre une
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- zone comprenant les moyens et les gros, et dans laquelle les récoltes, sauf quelques anomalies, ne varient que dans des limites rapprochées.
- C’est ainsi, par exemple, qu’on voit, pour un pied de Jeuxey composé de vingt tubercules pesant depuis 5 grammes jusqu’à 176 grammes, les neuf plus petits (de 5gr à 51gr) donner des récoltes variant de 0kg,158 à 0kg,725, tandis que les neuf tubercules suivants (de o6sr àl00gr) donnent des récoltes toutes comprises entre lkg,155 et lkg,685.
- De même, pour un pied de Gelbe rose, composé de 17 tubercules pesant depuis 6 grammes jusqu’à 164 grammes, on voit les six plus petits (6e1' à 40gr donner des récoltes variant de 0kg,265 à 0kg,765, tandis qu’au delà 9 tubercules consécutifs (42gr à 93s‘) donnent des récoltes toutes comprises entre 0kg,900 et lkg,360.
- Les tubercules de faible poids, en un mot, malgré leur énergie productive, rendent peu ; les tubercules moyens, c’est-à-dire ceux de 65 grammes à 75 grammes pour la Jeuxey, ceux de 40 grammes à 60 grammes pour la Gelbe rose, ont un rendement comparable à celui des tubercules gros, c’est-à-dire pesant de 75 grammes à 100 grammes pour la Jeuxey, de 60 grammes à 90 grammes pour la Gelbe rose.
- Di x essais tout semblables ont, avec d’autres variétés, abouti aux mêmes résultats.
- Si donc, dans le choix du plant, le cultivateur doit rejeter les tubercules petits, il est inutile qu’il recherche les gros; les moyens lui donneront, à moindres frais, une récolte aussi belle.
- Renouvelés en 1888, sur une échelle plus grande, les essais qui précèdent m’ont permis d’établir, sans conteste, les qualités héréditaires des sujets ; c’est en comparant le rendement de tubercules de mêmes poids provenant de pieds, les uns forts, les autres faibles, que j’y suis parvenu.
- Les données si nombreuses sur lesquelles s’appuie la démonstration de ce fait capital ne sauraient trouver place ici : je me contenterai d’en citer quelques-unes.
- Un pied pauvre de Magnum bonum (0kg,225) comprenait des tubercules de 21 grammes à 30 grammes ; ceux-ci ont, à la récolte, donné treize fois le poids du plant. Un autre pied, très riche celui-là (2kg,240), comprenait des tubercules de même poids : la récolte qu’ils ont fournie représentait trente-trois fois le poids du plant.
- De même un pied pauvre de Jeuxey (0kg,498) comprenait des tubercules de 100 grammes ; ceux-ci ont rendu six fois le poids du plant; un pied riche (lkg,855) comprenait des tubercules du même poids; ceux-ci ont rendu près de onze fois le poids du plant.
- Je pourrais multiplier ces exemples, je pourrais montrer encore des planta-
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- tions importantes comprenant jusqu’à 100 tubercules de poids égal, fournissant des récoltes plus abondantes lorsque ceux-ci provenaient de pieds forts que lorsqu’ils provenaient de pieds faibles.
- Toutes ces données figurent dans mon Mémoire ; leur nombre est assez grand et la netteté, malgré quelques exceptions, en est assez marquée pour qu’il n’existe aucun doute sur la possession par les différents sujets de qualités productives personnelles et transmissibles à leur descendance.
- Les conditions suivant lesquelles le plant doit être choisi dérivent de ces observations ; c’est aux tubercules moyens que. le cultivateur doit s’adresser, et ces tubercules, il les doit demander aux sujets à grande énergie productive. Mes recherches d’ailleurs lui apportent un moyen pratique pour reconnaître ces sujets. Des constatations répétées m’ont permis d’établir expérimentalement qu’entre la richesse de la récolte prochaine et la vigueur des parties aériennes qui la préparent, existe une relation voisine de la proportionnalité ; au pied de tout sujet à riche végétation se forme une récolte abondante. De là, pour opérer la sélection, un procédé très simple; celui-ci consiste à marquer dans le champ les pieds faibles qu’on veut rejeter si l’ensemble de la culture est beau, les pieds forts que l’on veut conserver, au contraire, si ce sont eux qui forment l’exception.
- C’est de la réunion des conditions diverses que j’ai résumées dans cette note que dépend la solution du problème consistant à obtenir normalement, en France, des rendements à l’hectare de 20 000 à 25 000 kilogrammes en pommes de terre riches à 16/17 p. 100 de fécule anhydre.
- La question se ramène, en somme, à consacrer à cette culture des terres de bonne qualité, aies labourer profondément, à leur donner une fumure appropriée à leur composition, à y planter enfin, de bonne heure, en lignes, à espacement bien régulier, des tubercules de grosseur moyenne pris parmi ceux qu’a fournis, sur la culture entière, la sélection des sujets à grand rendement, sujets que caractérise et désigne la vigueur de leur végétation aérienne.
- La recherche des conditions culturales propres à assurer des rendements élevés en pommes de terre riches devait, pour devenir fructueuse, être précédée par l’étude physiologique du développement progressif de la plante. Pendant trois années, en 1886, 1887 et 1888, j’ai poursuivi l’étude de ce développement. Sur dés cultures ordinaires, mais particulièrement soignées, j’en ai d’abord, par pesées et par analyses, caractérisé les phases successives; puis, pour donner aux résultats plus de précision, j’ai, en 1888, entrepris, suivant la méthode que déjà, en 1885, j’avais appliquée à la betterave à sucre, l’étude individuelle des diverses parties de la plante : tubercules, feuilles, tiges et radicelles.
- Sur le terre-plein que j’avais élevé à Joinville, j’ai planté 200 tubercules égaux de Jeuxey, dont le développement progressif a donné lieu à six récoltes. Chaque
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- fois, j’ai déterminé le poids moyen des diverses parties de la plante, mesuré leur surface ou Leur longueur, fixé enfin la composition centésimale de chacune d’elles.
- Les chiffres inscrits ci-dessous donnent le poids moyen de ces diverses parties, aux six époques de récolte :
- Tubercules. Feuilles. Tiges. Radicelles.
- 1888. 3 juillet. . kg. 0,031 kg. 0,338 kg. 0,366 kg. 0,078
- 4 août. . . 0,719 0,458 0,692 0,062
- 28 août.. . 1,270 0,520 1,080 0,062
- 20 septembre 1,530 0,125 0,642 0,065
- 10 octobre. 1,770 Mortes 0,175 Mortes en partie
- 25 octobre. . 1,553 Tombées Mortes Mortes
- Des tubercules. — Très rapide d’abord, plus lent ensuite, leur accroissement reste régulier pendant toute la campagne; dans l’exemple choisi, cependant, on observe, du 10 au 25 octobre, une anomalie d’où semble résulter une diminution delà matière précédemment formée; la composition des tubercules explique cette anomalie ; cette composition est la suivante :
- 3 juillet. 4 août. 28 août. 20 septemb. 10 octobre. 25 octobre
- Eau . 85,22 80,79. 78,16 75,94 80,22 77,05
- Matières solubles.
- Saccharose. . . 1,48 1,12 0,64 0,27 0,10 0,02
- Sucre réducteur. 0,67 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
- Mat. azotées.. . . 1,36 0,81 1,19 2,06 1,99 1,98
- Mat. org. autres. 0,35 0,72 0,13 0,96 1,19 1,14
- Mat. min. . . . 0,86 1,14 1,38 1,31 1,39 1,46
- 4,72 3,87 3,34 4,60 4,67 4,60
- Matières insolubles.
- Fécule . 8,40 13,92 15,67 17,44 13,70 16,38
- Cellulose. . . . . )) 1,23 1,60 1,60 1,31 1,66
- Ligneux azoté. . . 1,66 0,08 0,19 0,32 0,19 0,19
- Mat. min. . . . 0,09 0,09 0,09 0,13 0,06
- 10,06 15,22 17,55 19,47 15,33 18,29
- De l’examen de ces chiffres résulte cette constatation, que la plupart des matières intervenant à la composition des tubercules varient peu à peu dans leur pourcentage, au cours de la végétation, mais que trois font exception : la fécule, l’eau et le saccharose.
- Les proportions d’eau et de fécule varient en sens inverse, mais la somme en est constante; de telle sorte que si, brusquement, du 20 septembre au 10 octobre,
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- le poids des tubercules augmentant, la teneur en fécule s’abaisse de 17,44 à 13,70 p. 100, c est non pas à une consommation de matière, mais à une hydratation accidentelle qu’il le faut attribuer; pendant cette période de vingt jours, le sol a reçu 54 millimètres d’eau, les tubercules se sont chargés d’humidité, mais la fécule n’a pas disparu : et c’est, réciproquement, sous l’influence de la sécheresse succédant à la pluie que, du 10 au 25 octobre, le poids des tubercules s’abaisse et la teneur en fécule se relève.
- L’un des faits les plus remarquables que montre l’analyse des tubercules est la diminution graduelle de leur teneur en saccharose. Entre cette diminution et l’augmentation de la fécule, il est difficile de ne pas entrevoir une relation physiologique, et l’on est porté à se demander si le saccharose ne doit pas être considéré comme la matière première génératrice de la fécule.
- Des feuilles. — La découverte de ce saccharose dans le tissu des feuilles vient à l’appui de cette hypothèse. À chaque récolte, l’analyse en démontre la présence, et la proportion variant de 0,06 à 0,36 p. 100 du poids de la feuille s’en montre d’autant plus grande que la lumière a été plus vive. Cette observation, s’ajoutant à beaucoup d’autres qui, dans les feuilles de plantes variées, m’ont permis de constater la formation du saccharose sous l'influence de la lumière solaire, conduit à voir dans ce sucre l’un des produits primordiaux de la synthèse végétale.
- Les variations que les feuilles subissent dans leur poids sont dignes d’attention ; tout d’abord, ce poids augmente rapidement, puis, à partir du 20 septembre (pour l’exemple choisi) la fanaison commence et aussitôt la production de la fécule diminue pour bientôt s’arrêter.
- Des tiges. — L’étude pondérale et analytique des tiges suffit à en caractériser le rôle; c’est à s’organiser pour constituer aux feuilles un support solide et élevé qu’elles travaillent, mais à travers ce support, à tout moment, circule le saccharose que les feuilles adressent aux tubercules pour y former la fécule.
- Des radicelles. — Le développement en est considérable : en longueur, elles atteignent 1m,80 ; en surface, 0mf‘,43. La composition en est simple; l’eau et le ligneux, variant en sens inverse, forment toujours 98 p. 100 de leur poids.
- En résumé, l’accroissement régulier des tubercules de la pomme de terre, leur enrichissement graduel en fécule ne sont troublés que par les variations météorologiques, et c’est à une hydratation passagère que ce trouble aboutit simplement.
- Tant que les feuilles sont fraîches et vertes, les tubercules croissent rapidement; dès que les feuilles fanent, l’accroissement se ralentit; à leur mort correspond son arrêt absolu.
- C’est donc dans les feuilles qu’il faut chercher l’origine de la fécule; très probablement c’est le saccharose ou un sucre analogue qui en représente la forme initiale; c’est ce sucre qui, se dédoublant ensuite en lévulose gauche et en glucose
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- droit, devient le générateur, d’un côté, du tissu cellulaire, d’un autre, de la fécule que celui-ci emmagasine.
- (Comptes rendus de l’Académie des sciences.)
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- FABRICATION DE LA MAGNÉSIE A SAN-FRANCISCO, PAR M. G. GUTZKOW (1).
- L’extraction du sel de la mer constitue en Californie une assez grande industrie; mais les résidus magnésiens, contenus dans l’eau de mer, étaient absolument sans valeur et abandonnés, lorsque les besoins de quantités considérables de magnésie pour la préparation des composés nitroglycérinés, ou mieux, destinés à absorber la nitro-glycérine, ont amené l’utilisation de ces résidus de cristallisation, pour obtenir la magnésie en poudre fine.
- Dans l’usine établie à une trentaine de kilomètres, au sud de Francisco, sous la direction de M. Gutzkow, les opérations comportent : 1° une précipitation de la magnésie par le lait de chaux, 2° la carbonatation de l’hydrate de magnésie, par l’acide carbonique gazeux provenant de la combustion du coke employé sous les chaudières à vapeur pour fournir à la vapeur et la force motrice ; 3° l’ébullition des liqueurs limpides et leur évaporation à sec après filtrations.
- Il est inutile d’entrer dans les nombreux détails de la fabrication, la plupart dépendent de conditions particulières à la Californie.
- La figure ci-jointe (fig. 1) indique l’installation en cascade des huit bacs ou cuves, où se font les réactions. Les bacs n° 3 et n° 2 sont doubles, pour alimenter d’une façon continue les opérations quotidiennes qui produisent 280 kilogrammes de magnésie par jour. Dans le bac n° 1 on élève les eaux mères, résidus de l’évaporation des eaux de mer. Elles y sont chauffées par un barbotteur à vapeur, en présence d’une proportion de sulfate d’alumine ou alun, qui produit une clarification de la liqueur et l’élimination de nombreux organismes (cyclops et artémies). La proportion normale est de 100 kilogrammes pour 25 mètres cubes; elle varie avec les époques de l’année et avec la teneur en matière organique. Un dépôt volumineux d’argile se produit, il vient se former par l’ébullition à la surface en une croûte de 10 centimètres; on l’élimine avec précaution, afin de ne pas avoir de filtration ultérieure à faire, en faisant déborder le bac et amenant au dehors les croûtes à l’aide de râteaux ou de fourches. On incorpore plus tard une nouvelle quantité d’alun, comme il est dit plus loin. Le volume du bac n° 1 correspond
- (I) M. Gutzkow est déjà connu dans le monde métallurgique par une invention relative à l’affinage d'or et d’argent par l’acide sulfurique, procédé qui fut introduit dans les ateliers de San-Francisco vers 1876.
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- au travail de 10 jours, et, à l'aide d’une règle graduée, l’ouvrier (suivant le contenu en magnésie de la liqueur) fait écouler dans le bac n° 3 la quantité voulue. Le lait de chaux est préparé dans les bacs n° 2 dans les proportions de 130 kilog. de chaux vive et 1 300 kilog. d’eau chaude. Le bac n° 3 contient un agitateur mû à bras, celui-ci mélange la liqueur magnésienne avec le lait de chaux, en proportion correspondante à la teneur en magnésie ; on y maintient la température à 80 degrés, par l’arrivée intermittente d’eau chaude. Le dépôt d’hydrate de magnésie est fait au bout de 2 à 3 heures et occupe environ 0m,54 de hauteur au fond du bac, qui a un mètre de haut et dont le diamètre est de deux mètres. Le lavage du dépôt se fait dans le bac même par l’arrivée successive des nouvelles quantités d’eau qu’on décante. On trouve alors 90 kilogrammes de magnésie dans 5m,66 d’eau; celle-ci contient quelques centièmes de carbonate de chaux, prove-
- Fig. 1. — Schéma de l’appareil h recueillir la magnésie.
- nant tant de l’eau d’un puits artésien que des eaux mères, même après le traitement par l’alun.
- L’hydrate de magnésie, en bouillie assez claire, passe alors au bac n° 4 qui sert de dépotoir; il s’y rassemble en 24 heures 180 kilogrammes de magnésie. La quantité de matière correspondante à chaque opération est séparée dans le bac n° S où elle est amenée, et où on l'additionne d’eau à l’aide d'un agitateur, en se guidant des échelles de niveau fixées sur le bac n° 4, ce qui permet un réglage exact des volumes. Ceci fait, on passe toute la charge du bac n° 5, ainsi préparé, au bac n° 6, où l’on opère la carbonatation de la magnésie hydratée au moyen de l’acide carbonique gazeux.
- Ce gaz est fourni par du coke brûlé sur une grille de 5 mètres de long sur 1 mètre de largn, la chaleur sert à vaporiser l’eau nécessaire à la force motrice (8 chevaux-vapeur) et au chauffage des liquides contenus dans les bacs. Une disposition aisée à imaginer permet de forcer la combustion à l’aide d’une soufflerie ou d'un ventilateur, lorsque la dépense en vapeur doit satisfaire aux deux consommations ; on arrête la soufflerie, lorsqu’il suffit simplement de faire face à la Tome IV. — 88e année. 4e série. — Mai J889. 35
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- dépense de force motrice. Les gaz de la combustion circulent pour les refroidir dans le bac allongé, n° 13, en bois et maçonnerie, recouvert de feuilles de tôle, sur lesquelles on concentre en même temps les liqueurs magnésiennes. Le gaz passe de là dans un nouveau canal n° 12, divisé intérieurement en trois compartiments ; dans deux d’entre eux il circule au milieu de tuyaux remplis d’eau du puits artésien, afin de rafraîchir cette eau artésienne qui a 15°; on ne peut arriver à une température du gaz inférieure à 20°. Ce gaz est absorbé par le compresseur Bæker n° 2, qui l’envoie directement dans le bac n° 6 où se fait la carbonatation de la magnésie hydratée, partie principale de l’appareil, à raison de 120 coups par minute et de 190 litres à chaque coup, à la pression de 73 millimètres de mercure (1/10e d’atmosphère). La hauteur du bac est de 2 mètres, pour qu’il ne se produise aucun écoulement par les bords avec le bouillonnement et les écumes qui accompagnent la réaction du gaz sur la base. La carbonatation donne lieu à la formation d’un sesqui-carbonate, qu’il faut autant que possible éviter; la formation des cristaux de ce sel est très faible, d’après l’expérience acquise, lorsque l’action du gaz acide carbonique sur la liqueur ne dépasse pas une heure et que la liqueur magnésienne contient une partie de magnésie sur 180 parties d’eau; le liquide sesqui-earbonaté retient environ 4 à 5 grammes de magnésie par litre. La communication du compresseur de gaz avec le bac n° 6 est établie à l’aide d’un grand tuyau en fer galvanisé de 0m,15 de diamètre; l’orifice d’écoulement repose au centre de la cuve sur une assise en bois divisée en secteurs qui distribuent le gaz dans toutes les directions, à l’aide de planchettes en cuivre qui rayonnent vers la circonférence du bac, et qu’on nettoie toutes les semaines de leurs incrustations en les passant dans de l’eau légèrement acidulée d’acide sulfurique.
- On pratique 20 opérations par 24 heures, sur lesquelles on compte 4 heures pour le repos des mécaniciens, les réparations légères, etc. La dépense quotidienne est de 33,3 mètres cubes, tenant de 4 à 5 grammes de magnésie par litre ou environ 150 kilogrammes sur 350 kilogrammes de magnésie blanche produite. L’auteur indique des améliorations possibles pour éviter cette perte de magnésie en scindant la manipulation en 40 opérations d’une demi-heure chaque, au lieu de 20 d’une heure : il y aurait augmentation de dépense pour le coke consommé (1000 kilogrammes pour le chauffage et 2000 kilogrammes pour la force motrice par 24 heures), mais elle serait largement compensée parla valeur du rendement en magnésie.
- Le liquide passe enfin du bac n° 6 au bac n° 7 ; comme il n’est pas clair, on fait une addition d’alun, ainsi qu’il a été dit plus haut, à raison de 500 grammes par opération. Celui-ci s’écoule par des robinets en laiton dans la cuve n° 8, qui a lm,83 de hauteur et 2m,60 de diamètre, où s’opère la concentration, par l’ébullition. La conduite de la chaleur est chose de la plus haute importance. Si l’on chauffe rapidement, la précipitation de la magnésie n’a plus le caractère cris-
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- tallin qu’elle doit avoir, d’après expérience, pour qu’elle soit douée de la faculté d’absorption de la nitroglycérine. On altère également le produit par une ébullition prolongée, et par une trop lente évaporation. Les meilleurs résultats ont été obtenus en chauffant rapidement le bain à 70°, puis en le maintenant et le poussant alors lentement à 99°, à ce moment on arrête la vapeur. Le produit est nettement cristallin et sa capacité d’absorption de la nitroglycérine est maxima. On perd volontiers la petite quantité de magnésie qui reste en dissolution, pour ne pas détériorer le produit par une prolongation de l’ébullition. La vapeur arrive dans le bain par une espèce d’orifice conique qui le met en mouvement gyratoire et actionne en même temps un agitateur léger qui empêche le dépôt. L’ébullition demande 12 heures et fournit 70 kilogrammes de magnésie blanche ; l’appareil étant double, la production quotidienne est de 280 kilogrammes et donne 120 kilogrammes de magnésie. La perte est d’environ un fiers, puisque la teneur de la liqueur à l’origine est de 280 kilogrammes d’oxyde; les liqueurs de déchets sont utilisées, après une filtration, pour éteindre la chaux.
- Le séchage se fait dans deux fours n° 13 chauffés par les vapeurs d’échappement de la machine à vapeur n° 14, et sur une épaisseur de 2m,5, on sèche 100 kilos par 24 heures; le surplus de la production est séché, comme il a été dit, sur les plaques de l’appareil n° 13 où circule le gaz acide carbonique provenant de la grille, mais la dessiccation y est moins active que dans les fours n° 13. La magnésie destinée aux usages pharmaceutiques est moulée à l’état de liquide épais dans des moules spéciaux en tôle galvanisée. La magnésie courante est passée au moulin, qui brise les croûtes sèches et en envoie les morceaux à une espèce demoulin, très analogue aux moulins à café, dont la meule courante fait 600 tours par minute. La farine de magnésie est recueillie dans de grands sacs de 1 mètre de diamètre, lm,20 de hauteur et pesant pleins 70 kilogrammes; ce poids correspond à 75 kilogrammes par mètre cube. Les frais sont de 27 dollars 15, soit pour 280 kilogrammes de magnésie produite en 24 heures, 4 1/2 cents par livre ou 0 fr. 516 par kilogramme. Le prix de vente est d’environ 0 fr. 90 à 1 franc le kilogramme variable avec le marché.
- [Ding 1er s polytechnisches Journal.)
- CONSTRUCTIONS
- LE PONT DU FORTH, PAR 31. R. BAKER.
- L’embouchure du Forth coupe l’Ecosse presque en deux parties égales; sa largeur et sa profondeur étaient un grand obstacle aux communications entre les contrées du nord et celles du sud.
- Elle présentait surtout un grand inconvénient pour les compagnies de chc-
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- mins de fer anglaises de l’Ouest et de l’Est, qui, après avoir hésité pendant longtemps, finirent par s’entendre pour la traverser par un pont.
- L’emplacement choisi pour la traversée fut Queensferry, parce que l’estuaire y est relativement moins large et que l'existence de file d’Inchgarvie au milieu du fleuve présente un point d’appui.
- De chaque côté de cette île l’estuaire a plus de 200 pieds de profondeur, ce qui oblige à n’avoir que deux arches de la portée sans précédent de 510 mètres.
- Il n’était pas facile de réaliser une semblable construction d’après les portées usitées jusqu’à ce jour, la plus grande portée de pont ayant été jusqu’ici en Angleterre de 140 mètres pour le pont tubulaire du détroit de Menai.
- La hauteur de cet ouvrage en acier est tout aussi exceptionnelle, car elle égale celle de l’église Saint-Paul, le plus haut édifice de Londres.
- Le type adopté est celui des poutres en acier dont la membrure inférieure résiste à la compression, et la membrure supérieure à la tension (fig. 1).
- Fig. 1. — Disposition des poutres du pont du Forth.
- Les Anglais et les Américains désignent ce genre de poutres sous le nom de cantilever, ou genre console.
- Le pont du Forth se compose ainsi de deux portées formées chacune de deux consoles unies par une poutre droite intermédiaire. Les deux consoles sont constituées ainsi que la poutre intermédiaire par deux membrures, une supérieure et l’autre inférieure, réunies par des croisillons en forme d’X.
- Chacune des trois principales piles est formée de quatre colonnes en maçonnerie et béton de 50 à 70 pieds de diamètre; elles sont fondées sur le rocher ou l’argile pierreuse à des profondeurs allant jusqu’à 90 pieds au-dessous du niveau de l’eau. Leur nombre total est de 12, et elles présentent chacune certaines différences de construction.
- La pile d’Inchgarvie est établie en particulier sur un fond de rocher incliné et fissuré à 72 pieds au-dessous du niveau de la mer dans un estuaire très exposé aux tempêtes.
- La méthode suivante a été adoptée : un vaste caisson en fer forgé de 70 pieds de diamètre et de 50 à 60 pieds de hauteur fut construit sur des voies de lancement comme un vaisseau.
- Le fond du caisson fut établi à 7 pieds au-dessus de l’arête du rocher et on forma ainsi une chambre de 70 pieds de diamètre sur 7 de haut, où l’on pouvait
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- épuiser dans un milieu d’air comprimé. Le caisson en tôle pesait 500 tonnes et lorsqu’il eut été remorqué au-dessus de son emplacement, le béton et la maçonnerie de briques qu’il contenait portèrent son poids à 2700 tonnes. On le remplit alors de béton et lorsque son poids atteignit 3300 tonnes, on le coula au fond de la mer où un lit de sacs de sable avait été préparé pour le recevoir; les ouvriers entrèrent par les chambres à air et commencèrent le dérasement du rocher, dans cette chambre éclairée à la lumière électrique où ils pouvaient travailler, aussi facilement qu’à l’air libre.
- La pression de l’air dans la chambre de travail atteignait en moyenne deux atmosphères, ce qui ne semblait pas gêner beaucoup les ouvriers.
- La superstructure du pont du Forth a nécessité la préparation et l’assemblage sur place de 50 000 tonnes d’acier. Il a été fixé comme règle de faire en forme de tubes les pièces travaillant à la compression et en forme de treillis celles qui résistent à la tension.
- Cette disposition résulte d’un point de vue architectural; il a paru d’un effet plus satisfaisant de voir se détacher sur le fond du ciel toutes les colonnes et les contre-fiches en fortes lignes sombres et les attaches comme une broderie légère.
- Pour faire les tubes, les tôles furent cintrées à chaud, les bords planés et réunis, formant ainsi provisoirement de longs tubes destinés à être percés par des machines spéciales forant toute l’épaisseur des tôles.
- Comme pratique de construction, on peut constater aussi qu’il était plus facile de percer des tôles d’acier d’une résistance de 54 kilogrammes par millimètre carré que des tôles de fer d’une résistance de 35 kilogrammes par millimètre carré.
- Il a été mis en œuvre 1 800 tonnes d’acier par mois au pont du Forth. Quant au degré de confiance que l’on peut avoir dans la résistance de l’acier employé, on peut dire qu’il n’y a pas eu un seul exemple de rupture dans les centaines de mille tôles, barres et rivets qui sont entrés dans la superstructure.
- Ordinairement, les ponts sont construits sur échafaudages, mais ici, eu égard à la grande profondeur de l’eau, ce système de montage eût été impossible.
- La méthode adoptée fut de construire d’abord les grandes tours en acier de 370 pieds de haut (fig. 2), puis d’assembler successivement à gauche et à droite bout à bout les longueurs successives des fermes-consoles jusqu’à leur achèvement (fig. 3). La poutre intermédiaire fut également construite en deux parties égales assemblées successivement aux deux extrémités des consoles.
- Ce système présente une grande sécurité pendantla construction parce qu’il n’y a aucune phase critique pendant le travail, chaque partie étant rivée au fur et à mesure de l’avancement.
- On reconnut amplement l’avantage de ce système, car à aucun moment du travail, les tempêtes qui régnèrent ne firent courir de danger; pendant plusieurs
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- semaines un très violent ouragan ne produisit, même sur ]a partie non boulonnée de l’œuvre, qu’un mouvement de moins d’un demi-pied.
- Les grandes tours furent érigées au moyen de plates-formes mobiles et de grues élevées graduellement du niveau du sol jusqu’à la hauteur de 370 pieds au
- Fig. 2.*'—^Rile'd’Inehgarvie, pont du Forth.
- moyen de vérins hydrauliques placés dans chaque tube d’angle. Lorsqu’on relevait une plate-forme, toute la partie de l’œuvre immédiatement au-dessus et au-dessous était assemblée, boulonnée et rivée. Chaque demi-portée des fermes-consoles fut assemblée de la même manière.
- On acquit là une expérience toute spéciale, et tandis que l’érection fut plus
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- lente et plus coûteuse qu’on l’avait prévu, on vit qu’elle présentait, d’autre part, moins de difficultés et occasionnait moins d’accidents. On avait pensé d’abord que les ouvriers auraient préféré être peu éloignés les uns des autres, au contraire les hommes trouvèrent que des grues situées à 370 pieds en l’air pouvaient élever les matériaux depuis le sol et que les longs câbles d’acier des volées de grue, au lieu d’être difficiles à manœuvrer, possédaient le grand avantage d’envoyer les pièces par un mouvement de pendule à une distance beaucoup plus grande que la volée de la grue.
- Ce résultat d’expérience, joint à la hardiesse des ouvriers, permit de se passer
- Fig. 3. — Construction du pont du Fortb
- de plates-formes mobiles pour les autres portées des fermes-consoles et, au lieu de ce mode d’érection, d’employer des grues à vapeur roulant sur la membrure supérieure et intérieure et commandant par conséquent tout le travail au-dessous. L’expérience ainsi acquise permit de mettre en oeuvre ainsi jusqu’à 2 350 tonnes d’acier en un seul mois.
- Le pont du Forth a été construit sur place de toutes pièces, sauf le laminage des tôles d’acier, ce qui a nécessité l’établissement sur le chantier du plus grand atelier de construction de pont du Royaume-Uni, permettant de mettre en œuvre complète de 1 500 tonnes à 2 000 tonnes d’acier par mois. La dépense de cet établissement ayant été au compte d’une seule entreprise, elle s est trouvée nécessairement plus élevée que si elle eût été répartie, comme c’est l’habitude, entre plusieurs ateliers spéciaux. Plus de 500 000 livres sterling ont été dépensées en machines, échafaudages, rails, bateaux à vapeur, baraquements et éclairages.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- Les piles en granit ont coûté environ 400 000 livres sterling et la construction en acier coûtera environ 1 300 000 livres ; 42 000 tonnes d’acier ont été mises en œuvre jusqu’au mois de février dernier, et il en reste une grande quantité de préparé. On espère terminer le pont pour le mois d’octobre prochain.
- Le nombre d’ouvriers employé s’est élevé parfois à 4 300 et la moyenne, pendant ces cinq dernières années, a été de 2 300.
- La mortalité des ouvriers par accidents a été environ de 1 p. 100, ce qui n’est guère que les deux tiers de la mortalité du personnel d’exploitation de chemins de fer.
- Le pont du Forth est actuellement le plus grand pont connu, mais il ne tardera pas à être dépassé par celui qui est actuellement projeté à New-York.et dont l’entreprise est déjà donnée; ce pont doit avoir 830 mètres de portée.
- [Society of Arts.)
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Dépôts de pétrole dans le Venezuela. — On trouve de notables richesses en asphalte et pétrole dans une partie du département de Colon, dans la région située entre les rivières Santa-Anna, Zuilia et la chaîne montagneuse qui fait la frontière de la Colombie.
- Les chercheurs de baume de copahu, produit qui abonde dans ce terrain très étendu couvert de forêts inhabitées, ont fourni au consul américain de Mara-caïbo les renseignements qui suivent.
- , Au pied de la montagne, près de la rivière Oro, se présente une caverne d’où s’échappent constamment sous forme de globules un bitume épais et consistant; à leur arrivée à l’embouchure de la caverne, ces globules font explosion avec un fracas qui s’entend à de grandes distances et le bitume se réunit en un filet lent qui forme un dépôt sur les bords de la rivière.
- Le territoire tout entier limité entre les rivières Zuilia, Catacumba et la Cordillère est riche en dépôts et nappes d’asphalte et de pétrole, et ce dernier est très abondant vers la région du sud.
- Aune distance d’un peu plus de 7 kilomètres du confluent des rivières Tara et Sardinette, on rencontre un plateau de sable de 8 à 9 mètres de hauteur d’une superficie d’environ 720 mètres carrés, dont la surface présente à l’œil une infinité de trous cylindriques de tous diamètres, d’où s’échappent avec violence des torrents de pétrole et d’eau chaude; le bruit en est très assourdissant. Le sol est
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- imprégné de pétrole à des distances considérables dans le voisinage de cette éruption.
- Les chercheurs de baume de copahu donnent à ce site le nom de Infernito (petit enfer); d’après une expérience faite par eux, un récipient de 16 à 17 litres de capacité a été rempli en une minute d’un pétrole d’excellente qualité, capté sur l’une seulement des sources. La densité est de 87 degrés, ce qui est suffisant pour l’exportation. Le nombre ci-dessus correspondrait à un captage de 26 mètres cubes environ par 24 heures. Jusqu’à présent aucun monopole n’a été concédé par le gouvernement. Le consul américain pense que cette considérable émission et accumulation de gaz inflammables est probablement en relation avec le roulement constant d’éclairs et de tonnerre que tous les navigateurs constatent vers le sud de la barre du port de Maracaïbo, et qu’ils appellent le phare de Maracaïbo.
- (Journal of Society of arts.)
- Influence de l’aluminium sur la fonte. — L’aluminium s’allie facilement au fer et lui donne des propriétés remarquables. Dans la fonte, on distingue le carbone combiné chimiquement et le carbone graphitique; outre cet élément, on trouve dans la fonte le phosphore, le soufre, le silicium, le manganèse, etc. On attribue à la présence du silicium la présence d’une partie du carbone à l’état graphitique ; l’action du soufre et du phosphoré ne paraît pas s’exercer sur la combinaison du carbone combiné.
- Quant à l’influence de l’aluminium introduit dans la fonte, il résulte des nombreuses expériences faites par MM. Mobery, Yone et Keep, en employant le ferro-aluminium de la Compagnie de Cowles comme élément fournissant le métal en question, que :
- 1° La solidité de la fonte est notablement augmentée et l’absence de soufflure est à noter dans le métal correspondant à la proportion de 1/10 d’alumiuium;
- 2° L’aluminium n’est pas expulsé par une refonte ;
- 3° Jusqu’à concurrence de 4 p. 100 d’aluminium, la fonte est d’autant plus douce et plus grise que la proportion d’aluminium est plus grande;
- 4° La présence de l’aluminium empêche toute action secondaire du moule, quelle que soit sa température sur la constitution du grain;
- 5° La présence de l’aluminium dans la fonte donne lieu à des moulages très lisses, et supprime toute adhérence avec le sable des moules;
- 6° La finesse du grain dans une fonte contenant de l’aluminium est beaucoup plus grande que dans une fonte qui n’en contient point;
- 7° L’aluminium, après une série nombreuse d’expériences, donne à la fonte une résistance à la rupture transversale très grande; il s’agit ici d’une résistance obtenue en augmentant progressivement la charge;
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- 8° Celte résistance est bien plus notable et plus grande, si la charge est mise rapidement sur la fonte ;
- 9° La fonte gagne en élasticité par l’addition d’aluminium;
- 10° Elle conserve sa forme primitive beaucoup mieux, lorsqu’elle contient de l’aluminium;
- 11° Le retrait de la fonte contenant de l’aluminium est notablement diminué dans le moulage ;
- 12° Enfin, la masse de fonte semble être plus fluide en présence de ce métal.
- Toutes ces conditions permettent de penser, disent les auteurs, que si la fabrication de l’aluminium parvient, comme il est à espérer, à un prix assez bas, les mouleurs et fondeurs auront tout avantage à l’introduire dans leurs moulages.
- ( Journal of the Franklin Institute.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 12 avril 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière, président.
- M. Pichou, chef de bureau aux chemins de fer du Midi, à Talence (Gironde), rend compte des expériences auxquelles il a soumis, à Bordeaux, la roue universelle construite avec les fonds donnés par la Société d’Encouragement et par l’Association française. (Arts mécaniques.)
- M. Hesz, chimiste à Vienne (Autriche). — Inventeur des diamants artistiques, a découvert un procédé pour retirer l’argent contenu dans l’eau de mer. (Arts chimiques.)
- il/. Jules Garnier, rue de Berlin, 14. — Ses travaux sur le nickel, le cobalt et le fer chromé de la Nouvelle-Calédonie. (Arts chimiques.)
- M. Martin Mann, passage Lathuille, 6, Montmartre, emballeur aux Magasins du Printemps depuis 1868, candidat aux médailles décernées aux ouvriers et contremaîtres. (Bureau.)
- M. Branche, rue de la Goutte-d’Or, 12, à la Chapelle. — Invention d’un trusquin à pointe mobile. (Arts mécaniques.)
- M. Guillaume Lachaud, rue Donnât, 12, Hôtel de Bourgogne. — Nouvelle force motrice. (Arts mécaniques.)
- M. Victor Germain, vue des Martyrs, 75. —Extincteur instantané pour essences et pétroles. (Arts économiques.)
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- M. Froëiy, à Arbois (Jura). — Système pour dételer instantanément un cheval qui s’emporte. (Agriculture.) •
- M. le capitaine Thouvenin, adjoint à la direction d’artillerie, à Vincennes. — Nouvelles brides pour chevaux, garnitures de tête à mors parleur. (Agriculture.)
- M. Dumont, rue des Carmélites, 3, à Pont-Audemer. —Système de voie pour empêcher les déraillements. (Arts mécaniques.)
- M. instituteur public, à Bodilis, par Landivisiau (Finistère). — Charrue-
- bêcheuse-semeuse. (Agriculture.)
- M. Ralwux, chemin des Frais-Vallons, Alger. — Filtre instantané. (Arts chimiques.)
- M. Garola, professeur départemental d’agriculture, à Chartres. — Rapports sur les champs d’expériences et de démonstration en 1886-1887. (Agriculture.)
- M. Kessler, fabricant de produits chimiques, à Clermont-Ferrand. — Lettre relative au rapport présenté dans la séance du 8 mars, au nom du Comité de commerce, au sujet d’un projet de révision de la législation sur les établissements insalubres et incommodes. (Commerce.)
- M. Georges Dumont, ingénieur-électricien, inspecteur principal du mouvement de la Compagnie des chemins de fer de l’Est, rue Lafayette, 92 :
- 1° Note sur le moteur électro-mécanique (système Dumont et Postel-Vinay), destiné à la manœuvre des disques ou signaux à vue de chemins de fer.
- 2° Note sur la remise à l’heure des horloges à grande distance par l’intermédiaire des fils télégraphiques (système Dumont et H. Lepaute). (Arts économiques.)
- M. Bunel, membre du Conseil, fait hommage d’un exemplaire de son rapport fait, au nom de la sous-commission des inventions, au Comité de perfectionnement du régiment des sapeurs-pompiers à Paris.
- M. le Dr Hoffmann, correspondant delà Société, fait hommage d’un beau volume : Adolphe Wurtz, biographie, publié à Brunswick, 1888.
- M. Hallopeau, membre de la Société, fait hommage d’un exemplaire d’une brochure : Emploi de l’acier doux (fer fondu) dans la construction des ponts métalliques pour chemins de fer. Pont de Gagnières (Gard).
- M. Donato Tommasi présente le 2e fascicule de son Traité théorique et pratique délectro-chimie. (Arts économiques.)
- M. Méline, président de la Chambre des députés, annonce qu’un Congrès international d’agriculture se tiendra, sous sa présidence, à l’occasion de l’Exposition universelle, du 4 au 8 juillet 1889. Il en envoie le questionnaire.
- La Société de géographie annonce qu’un Congrès international des sciences géographiques aura lieu, du 5 au 11 août, dans son hôtel, boulevard Saint-Ger-' main, 184. Elle envoie la composition des comités et un programme des questions posées au Congrès. •
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- La Société dé horticulture envoie le programme et le règlement du Congrès international d’horticulture qui sera tenu à Paris du 16 au 21 prochain.
- M. le Ministre de T Instruction publique et des beaux-arts annonce que le mardi 11 juin prochain, à 1 heure et demie, aura lieu, au Ministère de ! Instruction publique, 110, rue de Grenelle, l’ouverture du Congrès des sociétés savantes dont les travaux se poursuivront durant les journées du mercredi 12, jeudi 13 et vendredi 14 juin.
- Il demande à la Société de faire connaître les noms de ses délégués avant le o mai, dernier délai.
- Nomination de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. de Canson, propriétaire à Maisod, présenté par M. Goupil de Préfeln.
- M. Hache-Julien, fabricant de porcelaines, à Vierzon, présenté par M. Rossi-gneux.
- Rapports des comités. — Extracteur de cartouches. —• M. le colonel Pierre fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur Y extracteur de cartouches de M. Dccliandon, armurier, rue de l’Heurton, 24, à Saint-Etienne.
- Les divers systèmes d’extracteurs usités ont tous le grand inconvénient de faire perdre au chasseur un temps très appréciable pendant lequel le gibier s’enfuit et disparaît. Le système de M. Dechandon qui obvie à ce défaut permet de n’expulser automatiquement que la cartouche utilisée.
- Les dispositions imaginées par l’inventeur sont applicables aux fusils existants de différents modèles; elles ne leur enlèvent rien de leur résistance, de leur solidité, ni de leur facilité de chargement et n’en changent pas la forme extérieure. D’après l’avis de plusieurs chasseurs expérimentés, l’arme ainsi modifiée reste susceptible d’un aussi bon service qu’auparavant et est exempte d’un inconvénient qui était la cause d’une perte de temps regrettable. En outre, l’addition de l’extracteur est d’un prix minime comparativement à la valeur de l’arme à laquelle on l’applique.
- En conséquence, le Comité des arts mécaniques a l’honneur de proposer au Conseil de remercier M. Dechandon de son intéressante communication et d’ordonner l’insertion au Bulletin de la Société du présent rapport, accompagné d’une légende et de dessins à l’appui.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Treuil spiral. — M. Tresca lit, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur le treuil spiral à différentielles variables de M. Magna, 20, rue Levert, à Paris.
- M. Magna a imaginé une série d’appareils basés sur le principe du treuil différentiel, en renversant l’appareil primitif et en constituant l’un des tambours par un solide de révolution formé par une génératrice courbe tournant autour de l’axe commun aux deux tambours.
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- M. le Rapporteur entre dans quelques détails sur les conditions d’établissement de ces appareils et décrit une presse de l’invention de M. Magna, permettant de comprimer des matières de grands volumes.
- Il indique ensuite quelles sont les modifications que l’on peut apporter à ce premier appareil en combinant la disposition du treuil différentiel renversé, dont un des tambours est de forme conique, à génératrice courbe, avec un ensemble de poulies mobiles et fixes pour constituer un appareil plus puissant.
- Le Comité des arts mécaniques propose de remercier M. Magna de son intéressante communication et d’insérer le rapport fait sur cet appareil dans le Bulletin avec figures à l’appui.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Fourneau à moufle de laboratoire. — M. de Luynes, vice-président de la Société, présente, au nom de M. Cour tonne, un four à moufle pour incinérations. L’emploi de ce nouveau modèle conduit à une meilleure utilisation de la chaleur, abrège la durée des opérations et rend les manipulations faciles. Le four est à deux étages et peut contenir 32 capsules en platine (modèle de la régie). Une disposition particulière permet de diminuer à volonté ses dimensions, lorsqu’il doit recevoir un nombre moindre de capsules. Dans tous les cas, le chauffage est économique et ne dépasse pas oO centimes par heure.
- M. le Président remercie M. de Luynes de son intéressante communication, qui est revoyée à l’examen des Arts chimiques.
- Filage de l’huile. — M. A. Good, rédacteur en chef du journal le Chercheur, fait une communication sur les procédés imaginés par M. Vivier pour le filage de l’huile en mer. Cet inventeur propose de lancer, à l’aide d’une bouche à feu, un projectile affectant la forme d’un obus, explosible à l’aide d’une fusée à temps et qui, à un moment calculé d’avance, éclaterait, laissant retomber à la surface de la mer une certaine quantité d’étoupe très largement imbibée d’huile. L’emploi de l’étoupe a paru utile à raison de cette circonstance que l’huile répandue librement en présence d’un vent violent se divise en gouttelettes très fines qui sont emportées au loin. Pour éviter que les paquets d’étoupe eussent le même sort au moment de l’explosion, ils seraient mêlés à de petites bandes ou rognures de plomb ou de zinc, qui rendraient leur chute plus rapide et plus verticale, mais dont le poids ne serait pas suffisant pour les empêcher de flotter et de laisser l’huile se répandre à la surface de la mer. *
- L’obus porte-huile, grâce au procédé employé pour le lancer, pourrait être animé d’une vitesse et d’une force initiale suffisantes pour parcourir une distance considérable même contre un vent violent, condition indispensable à remplir pour le cas où un steamer veut continuer sa route avec vent debout ou contre la mer.
- Toutefois les navires d’un tonnage assez fort pourraient seuls être munis facilement d’une bouche à feu, si faibles que fussent son calibre et son poids.
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- Pour les petits caboteurs, les barques de pêche, les chaloupes ou canots non pontés, les embarcations de plaisance, les bateaux de sauvetage, on ne peut songer qu’à des appareils peu coûteux, faciles à emporter à bord, et ne nécessitant aucune installation préalable. Ces conditions ont paru pouvoir être réalisées par une fusée établie dans des conditions de charge qui lui permettent de parcourir une longue trajecLoire, meme contre le vent.
- Cette fusée serait construite exactement comme les fusées à étoiles employées dans les feux d’artifices et qui, à un moment donné de leur course, éclatent en laissant échapper une gerbe de petits feux de couleur.
- L’espace destiné à contenir les artifices serait rempli d’étoupe imbibée d’huile et entremêlée de petites bandes ou rognures de métal, destinées, comme dans la construction de l’obus, à accélérer ou à rectifier sa chute, malgré l’action du vent. La chambre contenant l’étoupe huilée serait enduite à l’intérieur d’un vernis imperméable destiné à éviter la fuite de l’huile à travers les pores du carton, ou, au besoin, doublée d’une feuille métallique très mince, soudée après l’introduction de l’étoupe, et qui serait facilement déchirée au moment où la fusée éclate. Pour éviter que la fusée mouillée par les embruns ne devînt inutilisable, elle serait entièrement revêtue à l’intérieur d’un vernis à la gomme laque. La fusée, au lieu d’être lancée presque verticalement comme cela a lieu pour les signaux ou dans les fêtes publiques, serait envoyée sous un angle convenable pour obtenir une trajectoire horizontale aussi longue que possible. L’obus, faiblement chargé pour éviter une trop grande dispersion de l’huile, aurait une chambre de un décimètre cube environ de capacité; la fusée, une chambre d’un demi-décimètre cube.
- M. Alfred Vivier, dans un but humanitaire, n’a pas voulu retirer de sa découverte un profit pécuniaire, et a désiré en faire profiter gratuitement les marins de tous les pays.
- M. le Président remercie M. Good de sa communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Le cubarithme. — M. A. Good fait une autre communication sur un appareil à calculer pour les aveugles, appelé le cubarithme. M. Oury avait imaginé deux petites chevilles en bois portant à leurs extrémités les signes du système Braille et qu’on plaçait dans les trous octogonaux de la planchette usitée en Angleterre. Un mathématicien distingué, M. Mattéi, entrevit la possibilité de placer en relief sur les faces d’un cube, tous les signes nécessaires pour former tous les chiffres.
- C’est cette idée que M. Martin a rendue pratique, et l’appareil qu’il offre aujourd’hui à l’aveugle a été étudié dans ses plus petits détails, de manière à en rendre le fonctionnement sûr et facile. Il consiste en une boite plate en bois, avec son couvercle, ayant l’aspect d’une pochette de mathématiques de 13 centimètres sur 18, et divisée par des lames de métal mince en 160 casiers, dont 10 sur la largeur et 16 sur la longueur; 60 de ces casiers sont occupés par de petits
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- cubes en métal d’imprimerie, ayant chacun la grandeur d’un dé à jouer, et portant en relief, sur leurs six faces, les divers points qui représentent les chiffres en signes de l’alphabet Braille. , .
- M. Good indique comment un seul de ces petits cubes peut présenter sous le doigt de l’aveugle, selon l’orientation qu’il lui donne, dix-neuf combinaisons différentes, et montre dans un tableau ces combinaisons qui permettent de représenter outre les dix chiffres, les neuf signes les plus usités en arithmétique. M. Martin a construit deux modèles, l’un très simple est destiné aux écoliers ; le prix de ces modèles est de 10 francs pour le n° 1, en forme de pochette, et de 6 fr. 50 pour le n° 2, en forme de casier.
- Les nombreuses expériences faites par M. Martin avec des élèves aveugles, d’intelligence et d’adresse moyennes, ont permis de constater que les opérations avec le cubarithme s’exécutent avec une vitesse trois fois plus grande qu’avec la planche à calculer.
- ' L’ingénieuse simplicité du cubarithme, sa légèreté, le nombre de combinaisons auxquelles se prêtent ses petits cubes d’un maniement si facile, enfin son prix peu élevé, recommandent à l’attention des aveugles cet appareil dont M. Good est heureux de donner la primeur à la Société.
- , M. le Président remercie M. Good de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts économiques.
- Pompe à débit variable, à course et vitesse constantes. — M. Rousseau fait une communication sur la pompe du système Rousseau et Baliand. Cet appareil se compose essentiellement d’un corps de pompe unique, muni d’un clapet d’aspiration et d’un clapet de refoulement, dans lequel se meuvent deux pistons plongeurs ayant même diamètre et même course, dont les bielles sont actionnées par un arbre animé d’un mouvement de rotation continu. Les excentriques reliant ces bielles à l’arbre moteur sont calés l’un à demeure, l’autre de façon à pouvoir faire varier l’angle de calage. Or, quand les excentriques sont placés de façon que leurs centres se trouvent à l’opposé l’un de l’autre, c’est-à-dire quand l’angle de calage est nul, le débit est également nul, et commence seulement quand l’angle prend une valeur, pour augmenter en même temps que cet angle : ce débit croît ainsi, à volonté, de zéro à la valeur du débit total engendré par les deux pistons, quand les excentriques sont calés sur Je même diamètre, mais du même côté de l’arbre.
- On peut ainsi obtenir, en marche, à volonté, et avec la plus grande douceur, toutes les variations de débit. L’appareil est toujours plein d’eau, ce qui supprime tous risques de chocs, et permet de le faire fonctionner à de très grandes vitesses.
- Ses principales applications concernent l’alimentation des appareils à triple effet, dans la sucrerie, le service des presses hydrauliques et à emboutir, la con-
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- struction des graisseurs automatiques, l'alimentation automatique des chaudières à vapeur; la plus originale est certainement celle que permet la réversibilité de l’appareil en un moteur hydraulique à puissance et consommation variables, et à course et vitesse constantes. Cette transformation est obtenue par la suppression des clapets et l’addition d’un tiroir de distribution circulaire. La construction et fonctionnement de cette distribution hydraulique ont pour caractéristique le rapport absolu entre la force produite et l’eau en charge dépensée. On peut, grâce à ce moteur, utiliser la pression des eaux de ville, et employer économiquement des moteurs donnant à volonté 1, 3, 5, 10 kilogrammètres, avec le même appareil, la même vitesse et une consommation d’eau proportionnelle au travail produit.
- M. le Président remercie MM. Rousseau et B al land de leur communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Séance du 26 avril 1889.
- Présidence de M. Haton de là Goupillière, président.
- M. le Président annonce la mort de M. Jules-Pierre-Michel Dieterle, artiste-peintre, administrateur honoraire de la manufacture nationale de Beauvais et membre du Conseil d’administration de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale. Il prie M. Rossigneux de vouloir bien rédiger pour le Bulletin une notice sur les travaux de ce regretté collègue.
- M. Decaux, ingénieur, directeur des teintures des Gobelins et de Beauvais, recommande à la Société la nièce de Gonfreville, auteur d’un ouvrage sur la teinture des laines. (Arts chimiques.)
- M. Schlumberger, rue de Vaugirard, 285, envoie un pli cacheté contenant : 1° la recette d’une encre à oblitérer les timbres-poste, et 2° la recette d’une encre grasse destinée aux appareils télégraphiques.
- Ce dépôt est accepté.
- M. Danaut, élève à l’Ecole centrale des arts et manufactures, présente un manipulateur pour télégraphe Morse, inventé par M. Louis Abram, à Saint-Paul-de-Fenouillet (Pyrénées-Orientales). (Arts économiques.)
- M. Sébillot, rue Laffitte, 40. — Mémoire sur les navires aériens à air dilaté. (Arts mécaniques.)
- M. Calendreau, à Montevrault (Maine-et-Loire). — Moyen d’empêcher les collisions et les déraillements des trains. (Arts mécaniques.)
- M. Georges Dumont, chef du service télégraphique des chemins de fer de l’Est, rue Lafayette, 92, fait hommage d’un Dictionnaire d’électricité, publié avec la collaboration de MM. Leblanc, La Bédoyère, D' Vigouroux, Dv P or te fax, avec introduction de M. Hippolyle Fontaine. (Arts économiques.)
- M. Reverchon, à la Bauche, par les Echelles (Savoie), envoie une série de
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- brochures sur l’apiculture et la statistique des abeilles, et préconise une méthode d’apiculture appelée, suivant lui, à révolutionner cette industrie. (Agriculture.)
- M. Eugène Vimont, professeur au collège d’Argentan, annonce qu’il vient de fonder une revue intitulée : le Cidre et le Poiré, et demande l’échange avec le Bulletin de la Société. [Bulletin.)
- M. Alfred Bazin, à Lillers (Pas-de-Calais), adresse une notice sur quelques appareils nouveaux. (Arts mécaniques.)
- M. Beau de Rochas, ingénieur, avenue des Chasseurs, 14, à Yincennes. — Produire intitulée : la Pénétration du Soudan, considérée dans ses rapports avec la création de grandes oasis sahariennes et l’extinction de l’esclavage en Afrique. (Agriculture.)
- M. Henri Vallin, ingénieur civil. — Durcissement du plâtre par la marmoréine. (Beaux-Arts.)
- M. le D‘ Felnikinne, à Saratotl' (Russie), envoie un prospectus en quatre langues d’une publication qu’il entreprend sous le titre d'Aide à l'enseignement 'par soi-même. [Bulletin.)
- M. Tremplier, ingénieur civil, rue Richer, d, annonce'son départ pour le Tonkin, et fait des offres de service à la Société. (Commerce.)
- M. Guérin, capitaine à la section technique de l’artillerie. — Compteur de résistances électriques, disposé tout spécialement pour vérifier la conductibilité des paratonnerres et mesurer la résistance électrique des prises de terre. (Arts économiques.)
- M. Thouvenin, capitaine adjoint à la Direction d’artillerie de Yincennes, présente : 1° une bride à mors parleur et 2° un phonotélémètre. (Agriculture et Arts mécaniques.)
- M. Théophile Fix, rue de la Mare, 4o. — Nouveau modèle pour cueillir des fruits et des fleurs qui sont hors de portée de la main. (Agriculture.)
- M. Jules Siegfried, correspondant de la Société, adresse une circulaire du Comité d’organisation du Congrès international des habitations à bon marché qui se tiendra à Paris, les 26, 27 et 28 juin prochain, et demande de faire connaître son objet dans le compte rendu des travaux de la Société. [Bulletin.)
- AI. Lincler, inspecteur général des mines, adresse le programme du Congrès international des accidents du travail qui se réunira à Paris, du 9 au 14 septembre prochain, et demande qu’il soit inséré dans le compte rendu de la Société. [Bulletin.)
- M. le Président du Congrès international des mines et de la métallurgie envoie le programme des questions à traiter dans les réunions et conférences de ce congrès qui s’ouvriront le 2 septembre prochain et durera dix jours. Il demande l’adhésion des membres de la Société. [Bulletin.)
- M. Lisbonne adresse le programme des questions qui seront traitées dans les Tome IV. — 88e année. 4e série. — Mai 1889. 37
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- séances du Congrès international de sauvetage, qui se réunira au palais du Troca-déro, du 12 au 16 juin prochain. (Bulletin.)
- M. de Salverte est nommé délégué de la Société au Congrès des Sociétés savantes.
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Les nos 9, 10 et 11 du Bulletin du syndicat des Ingénieurs Conseils en matière de propriété industrielle. Discussion. Projet de réforme de la loi du 5 juillet 1844. Séances du 26 décembre 1888 et du 26 février 1889. (Commerce.)
- Le Galilée, revue des sciences cosmologiques, par Georges Brunei, directeur. Demande d’échange. [Bulletin.)
- M. Ludovic Chassignolle. Brochure intitulée : Destruction infaillible, disparition forcée du phylloxéra, par V antiphylloxerique. (Agriculture.)
- Traité théorique et pratique d’électrochimie, par Donato Tommasi, docteur es sciences, 3e fascicule. (Arts économiques.)
- M. Collignon, secrétaire, fait hommage à Ja Société de deux brochures qu’il vient de publier : 1° Note sur la flexion des pièces droites comprimées. 2° Note sur la détermination des limites de l’effort tranchant dans les poutres droites. (Bibliothèque.)
- Nomination de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Jules Morel, constructeur-mécanicien, à Roubaix, présenté par M. Ed. Simon.
- M. le baron Chappe d'Auteroche, au château de Vert, présenté par M. Eaton de La Goupillière.
- Rapports des comités. — Vide-tourie. — M. Prunier fait, au nom du Comité des arts économiques, un rapport sur le vide-tourie de M. Serrin, ingénieur-mécanicien, boulevard Saint-Martin, 1.
- L’appareil présenté est connu des industriels et est fréquemment employé dans les usines et laboratoires. Il sert à vider les touries, demi-touries, bonbonnes, etc.
- Le Comité propose de remercier M. Serrin de son intéressante communication et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec les figures nécessaires pour faciliter l’intelligence du texte.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Poêle hygiénique. —M. Prunier fait, au nom du Comité des arts économiques, un rapport sur le poêle hygiénique de M. Potain, constructeur, boulevard Voltaire, 6, à Paris.
- Ce poêle se distingue de la plupart des appareils similaires en ce que l’air nécessaire à la combustion est pris en dehors de la pièce, et qu’après la combustion les gaz qui en résultent sont totalement renvoyés à Pextérieur. Le gaz est employé comme combustible, dans tous les modèles construits par M. Potain, ce qui offre des avantages de commodité et de propreté bien connus.
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- Ce système de chauffage se prête à une ventilation très complète, mais peut également fonctionner dans une pièce hermétiquement close. La dépense d’un poêle de ce genre, employé au chauffage d’une pièce de capacité moyenne (70 à 80 mètres cubes), ne dépasse guère 400 à 500 litres de gaz à l’heure.
- En résumé, le système de M. Potain constitue un progrès réel dans cette question du chauffage des appartements.
- Le Comité propose de remercier M. Potain de son intéressante communication et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec les figures nécessaires pour montrer le fonctionnement de l’appareil.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Tramway tubulaire. —- M. Schlemmer fait, au nom du Comité des constructions et des beaux-arts, un rapport sur la communication de M. Berlier, ingénieur, ayant pour objet d’exposer son projet de tramways tubulaires souterrains à traction électrique.
- Le système décrit par M. Berlier consiste essentiellement en un souterrain constitué, sous la voie publique, par un tube en fonte à section circulaire de 5m, 60 de diamètre, dans l’intérieur duquel est établie une double voie de 4m, 10 d’écartement intérieur des rails. Le service du transport en commun des voyageurs se ferait par voitures isolées, au moyen de la traction électrique, chaque voiture portant son moteur; cette traction pourrait aussi se faire au moyen d’un câble télodynamique dans le cas, assez improbable, où la traction électrique ne donnerait pas, dès à présent, tous les résultats attendus.
- L’éclairage électrique du tube souterrain et sa ventilation sur toute son étendue ne laisseraient rien à désirer. Une construction légère sur le trottoir du boulevard ou de la rue indique et recouvre l’entrée de l’escalier d’accès du quai, à la station qui est toujours souterraine. Le réseau du projet de 16 kilomètres environ de longueur totale comprend trois lignes, en communication les unes avec les autres et desservant des directions ou des voies sur lesquelles la circulation est exceptionnellement active.
- En ce qui touche la communication faite par M. Berlier à la Société, le Comité propose de lui en adresser des remerciements, en même temps que des félicitations pour les études considérables qu’il a entreprises, et pour les efforts qu’il a consacrés à l’élaboration d’un projet qui est un progrès dans l’étude de la question du Métropolitain de Paris.
- Le Comité propose, en outre, de décider que le présent rapport sera inséré au Bulletin de la Société, avec un résumé du texte de la communication de M. Berlier et avec les dessins caractéristiques qu’elle comporte.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. —Hélice. —M. Monnier, rue de Sévigné, 12, fait une communication sur un système d’hélice dite hélice composée, qui donnerait, suivant
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- l’auteur, de grands avantages au point de vue de la marche d’un navire et réaliserait de grandes économies de combustible.
- M. le Président remercie M. Monnier de sa communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Filtre. — M. Rahoux présente à la Société un filtre, dit filtre instantané, qui est constitué par une feuille métallique perforée et plissée. Suivant l’auteur, ce système offrirait les avantages suivants :
- 1° Empêcher l’adhérence des papiers ou tissus sur le cornet ou porte-filtre; 2° permettre au liquide de s’échapper sur presque tous les points, le filtrage n’étant pas arrêté par les dépôts des matières en suspension ; 3° offrir par sa contexture en cannelures, sous un volume des plus réduits, le maximum d’effet utile ; 4° faciliter le nettoyage.
- Ce filtre peut recevoir toutes les applications que réclament la chimie, la pharmacie, de nombreux usages domestiques, les petites et les grandes industries.
- M. le Président remercie M. Rahoux de sa communication, qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. — 21399.
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- 88e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- JUIN 1889.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Brüll, au nom du Comité des arts mécaniques, sur
- /'UTILISATION DES COMRUSTIBLES PAUVRES ; FOYERS A COMBUSTION MÉTHODIQUE
- de M. Georges Alexis-Godillot, ingénieur, 50, rue d’Anjou, à Paris.
- M. Georges Alexis-Godillot, ingénieur, 50, rue d’Anjou, à Paris, a fait à la Société, dans la séance du 11 janvier 1889, une communication verbale sur les foyers qu’il a combinés pour l’utilisation des combustibles pauvres et lui a remis divers dessins et documents sur l’application de ces foyers au chauffage des générateurs de vapeur.
- La Société d’Encouragement s’est toujours occupée , depuis l’année même de sa fondation, de l’amélioration de tous les genres de fourneaux : elle a étudié à peu près tous les systèmes de construction proposés, soit pour économiser le combustible ou permettre l’emploi avantageux des divers genres de combustible, soit pour éviter la production de la fumée. Elle a institué, dès 1824, des concours pour le perfectionnement des fourneaux, et ces concours,'qui sont restés ouverts jusqu’en 1843, n’ont pas été sans favoriser le progrès dans les applications diverses de la chaleur et spécialement dans la production économique de la vapeur. Ce sujet si intéressant et si varié a été traité à nombreuses reprises par des hommes comme les Payen, les Combes, les Gaultier de Claubry. Cette persévérante sollicitude montre à la fois l’importance de la question et la difficulté d’y apportei aujourd’hui quelque élément de nouveauté.
- Il nous a semblé cependant qu’il y avait des points nouveaux tant dans les moyens qu’a combinés M. Godillot que dans les résultats qu’il a réalisés Tome IV. — 88e année. 4e série. — Juin 1889. 38
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- ARTS MÉCANIQUES.
- JUIN 1889.
- L’inventeur produit la combustion sur une grille étagée ou à gradins.
- Ces grilles sont anciennement connues, mais n’avaient pas encore été, à notre connaissance, aussi bien disposées pour être alimentées mécaniquement de combustibles pauvres et volumineux.
- La grille étagée est depuis fort longtemps appliquée d’une façon courante dans les usines métallurgiques d’Autriche. Le Play en a vu, en 1852, aux forges domaniales de Neuberg (Carinthie) sous des fours servant à la dessiccation du bois,' ou plutôt à la transformation du bois en ligneux propre aux usages métallurgiques.
- Voici les renseignements donnés par Le Play (1) sur ces grilles :
- « Dans l’origine, ces fours étaient chauffés au bois et l’on consommait alors de 0,12 t à 0,20 t de ligneux, soit moyennement 0,16 t, pour chaque tonne de ligneux préparé. Depuis quelques années, on emploie pour cet usage les escarbilles tombant des grilles de divers fours où l’on brûle du combustible minéral : on néglige donc maintenant, dans la comptabilité de cette usine, la dépense à laquelle donne lieu le chauffage des fours.
- « La grille se compose d’une partie horizontale à barreaux très rapprochés en rapport avec la ténuité des fragments de combustible et d’une partie inclinée composée de sept larges barreaux disposés en escalier pour faciliter l’accès de l’air dans la masse de combustible pulvérulent. Le combustible se charge par-dessus le barreau supérieur. »
- En 1854, MM. C. de Marsilly et Chobrzinski, pensant que le système de Neuberg (2), combiné en vue d’utiliser des combustibles pulvérulents, pouvait conduire à des résultats d’une importance bien autrement considérable, voulurent l’essayer pour le chauffage des générateurs de vapeur. M. de Marsilly fit établir plusieurs de ces grilles à Amiens sous des chaudières d’usine; M. Chobrzinski en pourvut un générateur de 8 chevaux de l’usine Cad et deux chaudières de 60 chevaux à l’atelier central des chemins de fer du Nord. Une grille de ce système chauffait à l’exposition de 1855 une chaudière Farcot de 25 chevaux. Plusieurs locomotives du chemin de fer du Nord reçurent des grilles à gradins et purent brûler sans fumée de la houille au lieu de coke, même pour la traction des trains de voyageurs.
- Les nombreuses expériences faites sur ces grilles ont prouvé qu’elles
- (1) Annales des Mines, 1853. Mémoire de Le Play intitulé : De la méthode nouvelle employée dans les forêts de la Carinthie pour la fabrication du fer.
- Bulletin de la Société, 2° série, t. II, notice sur les appareils propres à prévenir la formation de la fumée, par J.-B. Viollet.
- (2) Mémoires et comptes rendus de la Société des ingénieurs civils, 18oo.
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- fournissaient une production abondante et régulière de vapeur, qu’elles permettaient l’emploi de charbons très divers et en particulier des menus, qu’elles donnaient peu de fumée eu brûlant des houilles même assez grasses.
- Le trait caractéristique de la grille à gradins, c’est l’arrivée directe de l’air sur le combustible par diverses couches ou zones horizontales au travers d’ouvertures d’assez grande section qui ne laissent pas passer les fragments même les plus menus. Le combustible frais est chargé contre la porte sur les barreaux supérieurs et descend à mesure qu’il subit la distillation, la carbonisation et la combustion sur le plan incliné que forme la surface extérieure des barreaux.
- Mais, pour desservir une grille de chaudière à vapeur avec un combustible de peu de densité et d\un faible pouvoir calorifique, il faut en employer beaucoup, et le chargement à la main de ces énormes volumes entraîne une main-d’œuvre coûteuse et exige l’ouverture très fréquente de la porte de chargement, ce qui trouble la marche de la combustion.
- M. Godillot a eu recours, pour éviter ces inconvénients, à un moyen de chargement mécanique du foyer et comme il est plus commode dans ce cas d’envoyer le combustible vers un point de la grille que d’alimenter celle-ci sur toute sa largeur, il a donné à la grille à gradins la forme d’un demi-tronc de cône en disposant les barreaux comme les degrés de l’escalier d’un perron circulaire (pi. 29, tig. 1 à 4). Il suffit alors de diriger un courant continu de combustible vers le plateau supérieur de la grille pour qu’il descende dans toutes les directions de la demi-circonférence et se répartisse sur toute la surface latérale du tronc de cône, puis sur la grille plate disposée au pied de l’escalier.
- Cette alimentation continue se fait à l’aide d’une hélice en fonte qui tourne mécaniquement à une vitesse que l’on peut régler, au bas d’une trémie de chargement. Et pour que le combustible descende sûrement dans les intervalles des filets de cette vis et ne puisse s’y tasser et s’y bourrer, l’âme de l’hélice, au lieu d’être cylindrique, a la forme d’un cône effilé vers le foyer. De cette façon les intervalles des filets, ou si l’on veut les augets de l’hélice, présentent des capacités croissantes : l’hélice, tout en poussant la quantité de matière qu’elle a reçue de la trémie au point le plus éloigné du fourneau, en puise de nouvelles quantités sur toute la longueur de la trémie.
- Telle est en substance la disposition combinée par M. Godillot. Elle comporte, comme on le voit, deux éléments nouveaux : la forme tronconique
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- de la grille à gradins et l’alimentation par une hclice à augets croissants.
- Un combustible humide, amené au sommet d’une grille de ce genre dans un fourneau déjà échauffé, se dessèche d’abord, s’échauffe et s’enflamme, puis descend la pente en couche mince au fur et à mesure que celui qui est au-dessous lui fait delà place; il brûle grâce aux lames d’air qui lui parviennent entre les barreaux et finalement arrive sur la grille horizontale où la combustion s’achève et les cendres s’accumulent. Ces cendres bouchent l’ouverture assez haute ménagée entre la grille étagée et la grille plate ; on les retire, lorsqu’il y en a trop, à l’aide d’un ringard qu’on engage par cette ouverture et on les fait tomber dans le cendrier sous la grille tronconique. On règle le tirage à l’aide du registre.
- La grille peut être disposée sous la chaudière même ou dans un fourneau indépendant d’où sortent les flammes et les produits de la combustion en passant au-dessus d’un autel qui sépare le foyer des carneaux de la chaudière. Dans ce dernier cas, on diminue les pertes de chaleur par les parois du fourneau en établissant autour de celles-ci une circulation de l’air qui se rend au cendrier. La voûte qui couvre le foyer est percée de deux ouvertures rondes qui sont ordinairement fermées par des couvercles. L’une est un regard pour examiner l’état du feu; l’autre, de plus grand diamètre, sert à charger du combustible à la main en cas de besoin.
- M. Godillot s’est attaché depuis quatre ans avec énergie et persévérance à rechercher les cas où son système de grille pouvait rendre de bons services, à l’approprier à chaque situation et à chaque genre de combustible et à obtenir pour ces diverses applications une constatation éclairée et authentique des résultats réalisés. On trouve rarement autant d’ordre et de méthode dans l’utilisation d’un nouveau procédé. Il résulte de ces efforts que le système a reçu déjà des applications nombreuses et importantes, notamment dans les sucreries de canne, dans les fabriques d’extraits, dans les tanneries ; qu’il a rendu, pour l’utilisation de déchets sans valeur et encombrants, des services signalés, reconnus par les intéressés et mesurés avec soin par des ingénieurs expérimentés.
- C’est ainsi que l’inventeur a pu mettre sous nos yeux des renseignements précis relatifs à vingt applications diverses de sa grille à combustion méthodique ; et entre autres sept procès-verbaux d’essais de consommation dressés par les ingénieurs des associations parisienne et alsacienne de propriétaires d’appareils à vapeur et par ceux du comité de l’industrie à l’exposition universelle d’Anvers.
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- Il résulte de ces documents que les combustibles jusqu’à présent utilisés dans le nouveau fourneau sont : la sciure et les copeaux de bois, la bagasse des sucreries, les déchets du teillage et du peignage du lin, les déchets du décorticage de la ramie, la tannée mouillée, les copeaux épuisés et humides des bois de teinture et des bois de chêne et de châtaignier qui servent à fabriquer les extraits de tannin. Quelques-uns de ces combustibles contenaient plus de 60 p. 100 d’eau et n’auraient pu être brûlés utilement dans aucun appareil connu.
- Le fourneau a été appliqué à de fortes chaudières. Nous citerons par exemple les lignes suivantes d’une lettre de M. J. Luc, de Nancy, en date du 14 février 1886 :
- « Avant l’installation de vos fours dans ma fabrique d’extraits et ma corroierie, la consommation journalière de houille était de 18000 kilog. environ ; grâce à vosfours, j’en ai réalisé l’économie complète; les 134 000 kilog. de copeaux de chêne, provenant de mon usine d’extraits et qui, après extraction du tannin, renferment 64 p. 100 d’eau, suffisent au chauffage de mes sept chaudières représentant une surface de chauffe totale de 490 mètres carrés. »
- Partout on a constaté une marche régulière de l’appareil, l’absence de la fumée, la bonne conservation des générateurs, une activité satisfaisante de la production de vapeur et un rendement en vapeur correspondant aux huit dixièmes environ du calorique disponible dans le combustible employé.
- Ce sont là des résultats remarquables et nous avons l’honneur de vous proposer, Messieurs, d’en féliciter l’auteur et de le remercier de nous les avoir communiqués avec autant de clarté et de précision. Nous vous proposons, de plus, d’autoriser l’insertion au Bulletin de la Société du présent rapport auquel serait annexé un des procès-verbaux d’essai du fourneau Godillot. Ce rapport serait accompagné d’une planche de dessins représentant le fourneau à combustion méthodique et d’une légende explicative.
- Signé : Brüll, rapporteur.
- Approuvé en séance le 8 février 1889.
- LÉGENDE DE LA PLANCHE 29 REPRÉSENTANT LE FOYER A COMBUSTION MÉTHODIQUE
- DE M. G. ALEXIS-GODILLOT.
- Les figures 1, 2, 3 et 4 représentent la coupe et les détails d’un foyer à combustion méthodique chauffant une chaudière à bouilleurs établie chez M. Luc,
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- corroyeur à Nancy et faisant partie d’une batterie de trois chaudières dont l’en semble est représenté par les figures 5 et 6.
- Figures 1 à 4. — La figure 1 représente une coupe du foyer suivant ab, cd, la figure 2 est une coupe horizontale suivant gh, la figure 3 représente la vue de la chaudière et une demi-coupe suivant ef\ et la figure 4 représente une coupe horizontale suivant mn.
- A, Foyer.
- B, Trémie de chargement.
- C, Hélice à auget croissant pour le chargement mécanique de la grille.
- D, Grille circulaire à gradins, dite grille pavillon.
- E, Trou d’allumage.
- F, Cendrier.
- G, Regard.
- H, Chaudière avec bouilleur.
- I, I, Carneaux de circulation d’air dans lesquels l’air s’échauffe avant de pénétrer sur la grille.
- J, J, Portes du foyer.
- K, Porte du cendrier.
- L, Transmission de mouvement de l’hélice.
- Figure 5. — Ensemble d’une batterie de trois chaudières, coupes et élévation.
- A, Coupe verticale de la première chaudière.
- B, Coupe du foyer en avant de la grille de la seconde chaudière.
- C, Yue de face de la troisième chaudière.
- Figure 6. — Plan et coupe horizontale de l’ensemble de la batterie.
- B, Plan des fondations de la première chaudière.
- E, Coupe horizontale de la seconde chaudière au niveau inférieur de la grille.
- F, Yue au plan de la troisième chaudière.
- PROCÈS-VERBAL DE l’eSSAI n° 20, EXERCICE 1885, FAIT PAR L’ASSOCIATION ALSACIENNE DES PROPRIÉTAIRES D’APPAREILS A VAPEUR (1).
- Mulhouse, le 8 juin 1885.
- Messieurs J. Luc et Patin, a Nancy,
- J’ai l’honneur de vous rendre compte des résultats des essais de rendement entrepris les 3 et 4 courant, sur les chaudières semi-tubulaires, nos 2199 et 2200 de votre établissement. Ces chaudières, chauffées avec des copeaux humides sor-
- (1) Reconnue dans les départements du Doubs, de la Haute-Saône, de Meurthe-et-Moselle, des Vosges, et le territoire de Belfort, par arrêtés du Ministre des travaux publics, des 22 février et 4 mars 1885.
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- tant des cuves et brûlés dans des fours Godillot, étaient isolées des autres générateurs par des joints pleins placés sur les conduites de vapeur et d'alimentation. L’eau d’alimentation passait par deux cuves, munies chacune d’un tuyau de trop-plein, avant de s’écouler dans le réservoir dans lequel plongeait le tuyau d’aspiration. Le contenu de chaque cuve ayant été, au préalable, déterminé par pesée directe, nous connaissons exactement le poids d’eau introduit dans les chaudières pendant la durée de l’essai, c’est-à-dire le poids de vapeur fourni par ces chaudières, puisque nos inspecteurs ont eu soin de rétablir exactement, avant la fin de chaque essai, les niveaux constatés au commencement et de maintenir la pression de la vapeur égale au commencement et à l’arrêt.
- 3 JUIN. 4 JUIN.
- - DURÉE DE L’ESSAI.
- Il heures. 12 heures.
- Copeaux humides; poids brûlé 6 524kg 14o29kg
- Perte de poids, après 60 heures de séchage 62,3 p. 100 62,3 p. 100
- Poids d’eau contenu dans les copeaux. 3 34f ks 9 0o0kg
- Poids brut des copeaux supposés séchés pendant 60 heures. 2083kg 5477kg
- Poids d’eau alimentée 8340kg 21 581kg
- Température de l’eau alimentée 23°,3 N°
- Poids d’eau (supposée à 0°) convertie en vapeur à la pression 80f8kg 2 i 0o0kg
- moyenne de marche des chaudières. .
- ! Pression moyenne de marche indiquée par l’étalon i 5kg,30 3kg,82
- lkg,500 lkg,484
- T) , , , , 1 en copeaux humides Rendement brut < r , , , ( en copeaux séchés lk=,450 3kg,840 lkg,450 3kg,840
- Poids brut de copeaux humides brûlés par heure et par( 2kg,o0 6kg
- mètre carré de surface de chauffe
- Poids de vapeur fourni par les chaudières, par heure, et par 3kg,6 8kg,7o
- mètre carré de surface de chauffe.
- Température moyenne de la fumée à la sortie des chau-i dières ( f 17° 117°
- Les copeaux contiennent, à leur sortie des cuves, une grande quantité d’eau. Comme on les brûle à l’état humide, la détermination du rendement des chaudières, en copeaux secs, n’a pas grande importance, puisque le degré de siccité est essentiellement variable avec la durée de l’exposition à l’air ou à la chaleur. Néanmoins nous exprimerons ce rendement en copeaux séchés pendant
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- 60 heures et ayant perdu pendant ce temps 62,3 p. 100 de leur poids. Les cendres n’ont pas été recueillies, le poids des résidus de la combustion n’offrant aucun intérêt.
- D’après les dimensions que nous communique M. Donders, la surface de chauffe de chacune des deux chaudières est de 100 mètres carrés.
- Nous résumons dans le tableau précédant les relevés faits pendant les essais et les résultats auxquels ils ont conduits.
- Les résultats obtenus sembleraient indiquer que le rendement des chaudières ne varie guère avec leur production, ni avec la pression de marche; puisque ce rendement est resté absolument pareil les deux jours, bien que le deuxième jour la production des chaudières ait varié plus que du simple au double. Celte augmentation de charge des générateurs s’explique par ce fait que le premier jour d: essai (3 juin) ils n’avaient à fournir que la vapeur nécessaire à la force motrice, tandis que le lendemain ils ont dû fournir également à la demande de vapeur directe.
- L’essai du 3 juin avait donc un double but : 1° détermination de la consommation de vapeur du moteur, 2° détermination du rendement des chaudières dans de faibles conditions de charge, tandis que le 4 juin on a déterminé le rendement des chaudières dans des conditions de travail plus normales. Ce même jour on a fait sur la machine à vapeur des essais partiels dont nous vous enverrons les résultats au plus tard après demain, le planimétrage des diagrammes relevés sur les moteurs à charge aussi variable que celle-du vôtre exigeant passablement du temps.
- Veuillez agréer, Messieurs, etc...
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. le colonel Goulier, au nom du Comité des arts mécaniques, sur le centimètre (1) conformateur, présenté par M. Liiéon, /, rue d’Argenson, à Paris.
- Messieurs,
- L’instrument présenté (fîg. I) est un mètre articulé qui diffère des mètres ordinaires pliants, en ce que la distance comprise entre deux articulations consécutives, au lieu d’être un simple ou un double décimètre, est seulement un centimètre. De plus, chacune des lames est large d’un centimètre, et ses
- (I) On sait que le mètre en ruban dont se servent les couturières, les tailleurs, etc., est appelé par eux un centimètre.
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- extrémités sont limitées par des demi-circonférences ayant pour centre les articulations. Ces lames sont d’ailleurs en celluloïd : blanc pour les lames ordinaires, et noir pour les lames décimétriques. Enfin, ces lames sont réunies deux à deux, non pas au moyen de rivets comme celles des mètres ordinaires, mais bien au moyen d’œillets métalliques dont le serrage peut être réglé. Ce serrage doit être tel que les articulations aient, les unes par rapport aux autres, une raideur convenable pour que, si l’on forme avec un certain nombre de ces lames, une figure quelconque, celle-ci conserve sa forme lorsque l’instrument étant vertical, l’action de son poids tend à le déformer. Au reste, si des articulations devenaient trop libres, de légers coups de marteau y apporteraient remède.
- , Fig. 1. — Centimètre conformateur de M. Lhéon.
- D après cette description, on peut comprendre que si l’on redresse le centimètre conformateur, on peut l’employer comme un mètre pliant ordinaire (en baleine ou en acier), pour mesurer des droites ou des circonférences. Mais, de plus, si l’on appuie sa tranche sur un objet, en lui faisant épouser la forme d’un profil de cet objet, on peut transporter l’instrument sur une feuille de papier, l’y fixer par quelques punaises, et dessiner le profil, en suivant avec le crayon le contour de cet instrument.
- Ce contour n’est pas une ligne à courbure continue ; les éléments dont il se compose sont des droites d’un centimètre au plus, raccordées, les unes avec les autres, par des arcs de cercle de 5 millimètres de rayon. Les irrégularités qui en résultent sont bien tolérables pour les applications de l’instrument aux arts ou à certaines questions scientifiques; par exemple, au modelage ou à la sculpture, à la physiologie ou à l’anthropologie (1).
- (1) On pourrait éviter ces irrégularités en remplaçant le centimètre conformateur articulé par une vergette en plomb. Mais alors, quelque faible qu’elle soit, l’élasticité du métal pourrait être gênante.
- Tome IV. — 88° année. 4® série. — Juin 1889.
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- Son prix, 2 francs, est d’ailleurs modéré.
- Aussi, le Comité des arts mécaniques a-t-il l’honneur de prier le Conseil de remercier M. Lhéon de sa présentation, et d’ordonner l’insertion du présent rapport et d’une figure explicative dans le Bulletin de la Société.
- Signé : Colonel Goulier, rapporteur.
- Approuvé en séance le 22 mars 1889.
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- Rapport fait par M. le colonel Pierre, au nom du Comité des arts mécaniques, sur /'extracteur de cartouches, de M. Déchandon, armurier à
- Saint-Étienne (Loire).
- M. Déchandon, armurier,rue de l’Heurton, 24, à Saint-Étienne (Loire), a présenté à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, qui en a renvoyé l’examen au Comité des arts mécaniques, un éjecteur automatique de cartouches, destiné aux fusils de chasse, à canons basculants, à percussion centrale.
- On croit devoir rappeler d’abord que dans les premiers fusils basculants qui sont à percussion latérale, la broche en saillie sur le bord du culot de la cartouche permet de saisir l’étui et de le retirer avec les doigts ; mais que la cartouche des fusils à percussion centrale étant dépourvue de cette broche, l’extraction de son étui est souvent très difficile, et qu’il a fallu chercher des moyens de la rendre pratique.
- On a muni le fusil d’un extracteur faisant sortir l’étui de quelques millimètres, au moyen d’un excentrique placé à la charnière de la bascule. Malgré ce commencement d’extraction, la cartouche est encore difficile à enlever à la main, et il faut souvent avoir recours à l’emploi d’un crochet-arrache-cartouches. Cette opération fait perdre au chasseur un temps très appréciable, et pendant lequel le gibier s’enfuit et disparaît.
- Il y a donc là un inconvénient majeur qu’il faut supprimer, et c’est à cela qu’arrive M. Déchandon au moyen de son extracteur.
- Cet extracteur se compose d’une plaque évidée suivant le rayon de l’âme des canons, et disposée derrière ceux-ci (fîg. 1 et 2). Elle est munie de deux tiges : l’une, très courte, placée à la partie supérieure, pénètre entre les
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- canons, et empêche la plaque de s’inclinera droite ou à gauche ; l’autre,plus longue, fixée sur la partie inférieure de la plaque, s’enfonce sous les canons jusqu’à hauteur de l’axe de la bascule où elle rencontre un ressort arrêté par une vis au bout antérieur. Un excentrique, relié à l’axe de la bascule et muni de deux cames latérales, agit par celles-ci sur le ressort pendant le rabattement des canons, et l’oblige à repousser violemment l’éjecteur dont la plaque, en pressant sur le rebord de la cartouche, la projette hors du canon.
- Il est à remarquer que Yéjecteur agissant sur les deux cartouches à la fois
- Fig. 1, 2, 3. — Extracteur de cartouches de M. Déchandon.
- les chasse ensemble lorsqu’on ouvre le fusil; ce qui ne doit pas se produire si fun des coups est encore chargé. Pour éviter la double extraction, M. Déchandon fait traverser la culasse, dans le plan vertical de l’axe de chacun des canons, par une goupille qui vient s’engager dans le ressort de la platine correspondante. Actionnée par ce ressort, elle opère, comme lui, un mouvement ascendant ou descendant, suivantqu’on arme ou qu’on désarme le chien. Dans la première position, la tête de la goupille est en saillie sur la culasse (fig. 3), et en appuyant sur la bordure du culot, elle empêche la sortie de la cartouche. Dans la deuxième position, la goupille, arrasant le dessus de la
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- calasse (fig. 2), laisse un libre passage à la cartouche. Il faut donc, pour s’opposer à l’extraction, armer le chien correspondant au canon qui doit rester chargé. Aussitôt que la douille vide est extraite, il faut avoir la précaution, avant de la remplacer par une nouvelle cartouche, de remettre ce chien au cran de sûreté, afin que la secousse qui peut se produire en refermant le fusil ne le fasse pas partir accidentellement.
- Les dispositions imaginées par M. Déchandon sont applicables aux fusils existants de différents modèles, à canons basculants et à percussion centrale. Elles ne leur enlèvent rien de leur résistance, de leur solidité, ni de la facilité de leur chargement, et n’en changent pas la forme extérieure. D’après l’avis de plusieurs chasseurs expérimentés, qui en ont fait usage, ou qui l’ont examinée avec soin, l’arme ainsi modifiée reste susceptible d’un aussi bon service qu’auparavant, et est exempte d’un inconvénient qui était la cause de pertes de temps regrettables.
- En outre, l’addition de l’extracteur est d’un prix minime, comparativement à la valeur de l’arme à laquelle on l’applique.
- M. Déchandon a pris un brevet d’invention en novembre 1888.
- En conséquence, le Comité des arts mécaniques a l’honneur de proposer au Conseil de remercier M. Déchandon de sa communication, et d’ordonner l’insertion, au Bulletin de la Société, du présent rapport accompagné d’une légende et de dessins à l’appui.
- Signé: Colonel Pierre, rapporteur.
- Approuvé en séance le 12 avril 1889.
- LÉGENDE DES FIGURES REPRÉSENTANT L’EXTRACTEUR DE CARTOUCHES DE M. DÉCHANDON.
- Fig. 1. Coupe longitudinale du fusil avant le rabattement des canons. L’une des cartouches est figurée en ponctué.
- Fig. 2. Coupe longitudinale du fusil après le rabattement des canons. La cartouche en partie extraite est figurée partie en traits pleins, partie en traits ponctués.
- Fig. 3. Coupe transversale du fusil à l’extrémité des canons après leur mouvement de bascule.
- Dans ces trois figures les mêmes lettres représentent les mêmes objets.
- A, Extracteur en acier formé d’un éjecteur ou portion de couronne, prenant le culot de la cartouche et portant deux tiges d’inégales longueurs ; l’une très
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- courte empêche la pièce de tourner, et l’autre plus longue sert à transmettre le mouvement d’un ressort à l’éjecteur pendant le rabattement du fusil. Le mouvement de cette dernière tige est limité par une vis.
- B, Ressort placé sous les canons et actionné par un excentrique D relié à l’axe de bascule L.
- G est l’une des cames latérales comprises entre l’axe L et la partie circulaire J attenant aux canons, pressées par le ressort et poussant la tige de l’éjecteur correspondant.
- IA, Chambre dans laquelle se meut la came C.
- E, E, Tiges qui s’engagent dans chacun des ressorts des platines. Quand l’un des ressorts est tendu, c'est-à-dire quand l’un des chiens est armé, la tige corres, pondante fait saillie sur la culasse et arrête le culot de la cartouche ; au contraire, quand le chien est armé, la tige rentre et laisse passer la cartouche. De cette manière la cartouche ne peut être extraite que quand le coup est parti, ou que si l'on a abaissé le chien.
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. A. Tresca, au nom du Comité des arts mécaniques,
- sur le TREUIL SPIRAL A DIFFÉRENTIELLE VARIABLE de M. MAGNA, rue
- Levert, 19., à Paris.
- Lorsqu’on exerce une certaine pression sur un corps compressible, les premières déformations se produisent facilement sous une pression relativement faible, cette pression devant augmenter graduellement à mesure que l’opération se continue.
- S’il s’agit, par exemple, de la compression des fourrages, pour en faciliter le transport à de grandes distances, la pression nécessaire est assez faible, et la course des appareils presseurs assez considérable, au début de l’opération, et, lorsqu’on veut atteindre un degré de compression assez grand la pression finale atteint une valeur beaucoup plus considérable en même temps que le déplacement des organes presseurs devient très faible.
- M. Magna a imaginé une série d’appareils basés sur le principe du treuil différentiel, en renversant l’appareil primitif, et en constituant l’un des tambours par un solide de révolution formé par une génératrice courbe tournant autour de l’axe commun aux deux tambours.
- Si, au lieu d’adopter cette disposition, constituant le principe de l’inven-
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- lion de M. Magna, on se contentait d’adopter la forme ordinaire du treuil différentiel, en le renversant, l’appareil pourrait être constitué comme le représente la figure 1.
- En appelant R et r les rayons des deux treuils, L la longueur du levier ou de la manivelle sur lequel agit l’effort moteur, on a, en ne tenant pas compte des résistances dues à l’emploi de la poulie mobile :
- PR P .
- 2 2 1
- FL
- P étant la pression produite sous l’action d’un effort F.
- D’où l’on tire
- 2 FL
- P —
- R
- Fig. 1. — Treuil différentiel cylindrique.
- On voit sous cette forme que plus la différence R—r devient faible, plus la valeur de la pression P devient considérable.
- Si donc on remplace le treuil cylindrique de plus grand diamètre par un treuil conique àgénératrice courbe, comme l’indique la figure 2, si, à l’aide d’un guide de forme quelconque, on oblige la corde ou la chaîne de manœuvre à s’enrouler d’abord sur la partie du plus grand diamètre, puis, automatiquement, sur des parties de diamètres allant en diminuant, on aura réalisé la condition énoncée plus haut, à savoir, que la pression P ira en augmentant graduellement, à mesure que l’opération se poursuivra, pour arriver à une pression finale aussi grande que l’on veut à la fin de l’opération, en remplissant en outre cette condition que le travail exigé sera constamment le même, ce travail étant produit par l’action continue d’un certain nombre d’hommes sur la manivelle ou le levier de manœuvre.
- R est presque inutile de faire remarquer que le déplacement du plateau presseur étant égal, par tour des tambours, à tï (R—r), le déplacement de ce plateau sera d’autant plus faible que l’on approchera de la période finale.
- Pour obtenir facilement cette variation automatique de diamètre, M. Magna a garni le tambour conique d’une sorte de rainure en spirale
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- guidant ainsi la chaîne pendant son enroulement sur le tambour à diamètre décroissant.
- Les appareils basés sur ce principe peuvent varier de forme et de dimensions suivant les applications et nous décrirons maintenant une presse ver-
- ticale permettant de comprimer facilement des matières sous une grande épaisseur.
- Cette presse à grande course, représentée fîg. 3, est formée d’un bâti en fonte sur lequel on vient monter les quatre tirants cylindriques de la presse, servant en même temps de guide au plateau presseur.
- D’un plateau inférieur au-dessous duquel se trouve disposé un arbre horizontal portant, à l’une de ses extrémités, un tambour cylindrique, avec rainure hélicoïdale pour l’enroulement d’une chaîne à maillons cylindriques, et, à l’autre extrémité, le tambour en spirale formant, avec le premier, les deux éléments principaux d’un treuil différentiel à diamètres variables.
- L’axe de ce treuil est mis en mouvement par une transmission retardatrice à double engrenage, la manivelle motrice étant montée sur un arbre parallèle au premier fixé, ainsi qu’un arbre intermédiaire, sur le même bâti constituant la partie inférieure de la presse.
- Le plateau presseur porte deux poulies de renvoi supportant la chaîne et remplaçant la poulie mobile unique de la disposition théorique indiquée précédemment.
- La chaîne de manœuvre vient s’attacher en un point du tambour-spirale, se dirige verticalement vers Lune des deux poulies mobiles, entoure le plateau presseur à sa partie supérieure, redescend vers le tambour cylindrique et vient s’y fixer. .
- En mettant en mouvement la manivelle motrice par l’action d’un ou deux hommes, on fera tourner lentement le tambour-spirale dans le sens nécessaire pour que la chaîne s’y enroule; l’autre extrémité de la chaîne
- Fig. 2. — Treuil différentiel à générutrice courbe.
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- vient se dérouler du tambour cylindrique d’une quantité plus faible que celle correspondant à l’enroulement sur le premier tambour. L’ensemble des deux poulies mobiles et du plateau se rapprochera du plateau inférieur, d’abord d’une assez grande hauteur par tour de l’axe des tambours et ensuite des quantités de plus en plus faibles à mesure que la matière aura atteint un degré de compression plus élevé.
- L’appareil ainsi disposé ne permettrait que le mouvement du plateau mobile dans la direction de haut en bas. Pour obtenir le déplacement en sens inverse de cet organe presseur, l’appareil porte des contrepoids attachés à l’extrémité de chaînes passant sur des poulies fixées à la partie supérieure de la presse et venant s’attacher aux quatre angles du plateau mobile.
- En agissant sur la manivelle en sens inverse du premier mouvement, et sous l’action des contrepoids, le plateau mobile se relève d’un mouvement allant en s’accélérant à mesure que le plateau se rapproche de sa position de départ.
- Cet outil paraît appelé à rendre les mêmes services que d’autres appareils plus compliqués, et, à ce titre, l’invention de M. Magna est digne d’attirer l’attention de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale. Nous ne saurions être, pour le moment, plus affirmatif, avant que les appareils projetés aient reçu la sanction d’une pratique prolongée.
- Le type de ces appareils peut être modifié dans d’assez grandes limites, la chaîne adoptée dans l’exemple précédent peut être remplacée par une corde, les poulies de renvoi de la corde ou de la chaîne peuvent être plus nombreuses et former ainsi des moufles à plusieurs brins dont l’action vient se combiner avec celle du treuil différentiel pour constituer un appareil encore plus puissant.
- La figure 4 indique une disposition de ce genre.
- Le plateau mobile porte quatre poulies, le bâti inférieur en porte deux autres.
- Une même corde ou chaîne s’aitache sur le tambour-spirale, passe sur la première partie mobile, vient entourer la partie inférieure fixe, s’enroule partiellement sur la deuxième poulie mobile, située à côté de la première, passe au-dessus du plateau mobile pour suivre le même parcours de l’autre côté de la machine.
- L’inspection seule de la figure 4 permet de se rendre compte du mode de fonctionnement de cette presse.
- M. Magna se propose d’appliquer le même principe à la constitution de machines d’usages très variés ; mais nous avons pensé que son application
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- ARTS MECANIQUES
- JUIN 1889,
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- aux presses est de beaucoup la plus importante, et c’est pour cette raison que nous avons décrit ce genre d’applications.
- Fig. 3. — Treuil spiral à différentielle variable de M. Magna.
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- Nous vous proposons, Messieurs, de remercier M. Magna de son intéressante communication, et d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bul-
- Fig. 4. — Treuil différentiel avec poulies mouflées.
- letin de la Société, avec les figures nécessaires pour faire comprendre les descriptions qui précèdent.
- Signé : Alf. Tresca, rapporteur. Approuvé en séance le 12 avril 1889.
- ARTS ÉCONOMIQUES
- RAPPORT FAIT A M. LE PRÉFET DE LA SEINE SUR UNE EXPLOSION DE FARINE DANS UNE EOULANGERIE, PAR M. H. RUNEL (1)
- Monsieur le Préfet,
- Vous m’avez transmis un rapport du régiment des sapeurs-pompiers, vous signalant une explosion chez le sieur Metzlé, boulanger, 42, rue Croix-des-Petits-Champs, et vous m’avez demandé de vous rendre compte de la cause de cet événement.
- (1) Rapport fait au nom du Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine, le 12 avril 1887, par M. Bunel, rapporteur. M. Bunel est membre du Conseil de la Société d’Encouragement.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- JUIN 1889.
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- Avant de vous exposer les faits tels qu’ils paraissent résulter de l’enquête à laquelle j’ai procédé sur place, je crois nécessaire de donner la description des locaux dans lesquels l’explosion s’est produite.
- Rez- de-Chaussée
- i %ue Croix des Petits Champs.
- Caves
- ; Pétrin
- 3*“ Cave.
- mwÆ
- Fournil
- Fig. 1. — Plan de la boutique et de la cave de M. Metzlé.
- Le sieur Metzlé occupe au rez-de-chaussée une boutique sur la rue Croix-des-Petits-Champs (fig. 1), dont la devanture, avec porte d’entrée au milieu, est complètement vitrée en glaces d’un seul morceau. Cette boutique est
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- JUIN 1889.
- séparée par une cloison également vitrée en glaces dépolies à l’acide, d’une arrière-boutique comprenant à droite une salle à manger et à gauche une petite pièce où l’on trouve Fescalier en pierre descendant au fournil. Cette cloison a deux portes vitrées s’ouvrant à l’intérieur et mettant en communication la boutique avec les deux pièces de l’arrière-boutique qui sont séparées par une cloison, pleine en maçonnerie. Dans cette cloison légère, et juste en face l’escalier de cave, est une porte à coulisse manœuvrant dans la salle à manger, au moyen de galets sur une cornière en fer fixée à la partie supérieure de l’huisserie.
- En cave, sous la boutique, le fournil proprement dit avec son four, les supports à pannetons, etc., et sous l’arrière-boutique, en communication avec le fournil par une baie de 1 mètre environ de largeur, une cave dans laquelle se trouve le pétrin à farine. Au-dessus de ce pétrin, un bec de gaz papillon, et à 0m,60 de distance est la glissoire qui amène la farine du deuxième étage.
- Cette glissoire est formée, sur presque tout son parcours, d’un cylindre en métal ayant environ 0m,20 de diamètre et, à l’extrémité près du pétrin, sur une longueur de lm,20 environ, d’un cylindre en treillis ou grosse toile à sacs. Cette manche en toile permet à l’ouvrier de diriger la farine dans les corbeilles ou sur tel point du pétrin qu’il le désire et, au moyen d’une ligature et même à la main, d’arrêter l’arrivée de la farine de la chambre à farine.
- La cave au pétrin est en communication directe, à droite, par une baie de 0m,80 de largeur avec une troisième cave. Le fournil est éclairé et aéré par deux soupiraux sur rue, fermés par des châssis vitrés.
- Le 25 mars, vers 3 heures de l’après-midi, un ouvrier boulanger, après avoir rempli une corbeille de farine, procédait à la ligature de la manche pour arrêter l’arrivée de la farine, quand tout à coup cette manche en toile se déchira le long de la couture et un jet de farine fit irruption et vola comme un nuage dans la cave au pétrin.
- Au contact du bec de gaz, la folle farine prit feu et l’ouvrier, enveloppé par les flammes, put heureusement se jeter de côté et se réfugier dans la troisième cave. Il avait reçu des brûlures assez graves du premier degré au côté et du deuxième et du troisième degrés au bras, et il devra garder le lit plus d’un mois.
- La flamme se précipita ensuite dans le fournil, s’échappa par l’escalier formant cheminée d’appel, vint frapper contre la porte à coulisse que nous
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- avons décrite plus haut, où elle brûla presque complètement un plumeau suspendu à l’huisserie de gauche de cette porte. La cornière de la porte à coulisse fut tordue et arrachée, et la porte renversée à l’intérieur de la salle à manger. La traverse supérieure de l’huisserie est noircie par la fumée, mais au delà de cette porte il n’y a plus de traces de flamme ni de fumée.
- Enfin, sous l’effet de l’explosion, la glace dépolie de la salle à manger vola en éclats ainsi que la glace de la travée de droite de la devanture, et les morceaux violemment projetés au dehors blessèrent légèrement un enfant qui passait sur le trottoir.
- La cloison vitrée subissait en même temps un choc violent et l’on remarque des crevasses à la partie supérieure dans la jonction du plâtre avec les huisseries des deux portes vitrées dont les glaces, d’ailleurs, n’ont pas été brisées.
- M. Metzlé évalue à 200 kilogrammes la quantité de farine qui fit subitement irruption dans le fournil par cette déchirure de la manche en toile.
- Les cas d’inflammation de la folle farine, au contact d’une lumière et brûlant comme la poudre de lycopode, sont bien connus des meuniers et des boulangers ; en projetant sur un bec de gaz de la farine très divisée au moyen d’une brosse, j’ai reproduit exactement les longues flammes que le artificiers obtiennent dans les théâtres ; mais l’on cite très peu de cas d’incendie avec explosion.
- De l’examen des lieux, il paraît résulter qu’il y a eu deux phases distinctes : 1° dans le fournil, en cave et dans l’escalier jusqu’à la porte à coulisse, production d’une longue flamme, mais pas d’explosion, car les vitres des soupiraux sont intactes et ne sont pas brisées; 2° explosion contre la porte à coulisse qui est violemment arrachée, ainsi que dans la salle à manger et dans la boutique où les glaces sont brisées.
- Dans la séance du 14 avril 1878, à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, M. Dumas remettait au Conseil une lettre qui lui était adressée de Louisville (U. S.), par M. Laurence Smith, correspondant de la Société pour les arts chimiques, et signalant une violente explosion survenue dans des circonstances exceptionnelles.
- Le 2 mai dernier, une violente explosion a eu lieu dans un des grands moulins à farine de Minneapolis, sur une des chutes du Mississipi. Ces moulins sont comptés parmi les plus grands du monde; leur force motrice est produite par un appareil hydraulique. La détonation a eu lieu sans aucun avertissement préliminaire. La couverture entière de cet immense édifice a été lancée en l’air et les murailles sont tom-
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- JUIN 1889.
- bées en tuant un grand nombre d’employés. L’effet de cette explosion s’est étendu aux moulins voisins, renversant les murailles et causant un violent incendie qui a détruit cinq des plus grands moulins établis sur cette chute d’eau.
- Quelle est la cause de cette détonation?
- Après les recherches les plus minutieuses, je suis convaincu qu’il y a eu explosion provenant de la présence, dans l’air, de matières organiques excessivement divisées (fleur de farine, etc.), qui ont formé un mélange explosif semblable à celui qui résulte de l’éther, de l’alcool mêlé à l’air. Des faits semblables, mais d’une bien moins grande gravité, ont, je crois, été déjà observés.
- Cet événement mérite la plus sérieuse attention, car il révèle un danger qui n’était pas connu et qui intéresse une importante industrie.
- L’inflammation a dû être causée par réchauffement des meules tournant avec une vitesse excessive (running dizzy). J’ai pensé qu’il convenait de porter cet accident extraordinaire à la connaissance de la Société d’Encouragement française.
- A la suite de cette communication, M. Laboulaye rappelait un mémoire de Carnot (1), relatif à ce genre de détonation. Voici le passage de ce mémoire qui a trait à la question qui nous occupe :
- Parmi les tentatives faites pour développer la puissance motrice du feu par l’intermédiaire atmosphérique, on doit distinguer celles de M. Niepce (2), qui ont eu lieu en France il y a plusieurs années, au moyen d’un appareil nommé par les inventeurs pyréolophore. Voici en quoi consistait à peu près cet appareil. C’était un cylindre, muni d’un piston, où l’air atmosphérique était introduit à la densité ordinaire. L’on y projetait une matière très combustible, réduite à un grand état de ténuité et qui restait un moment en suspension dans l’air, puis on y mettait le feu. L’inflammation produisait à peu près le même effet que si le fluide élastique eût été un mélange d’air et de gaz combustible d’air et d’hydrogène carboné, par exemple; il y avait une sorte d’explosion et une dilatation subite du fluide élastique, dilatation que l’on mettait à profit en la faisant agir tout entière contre le piston. Celui-ci prenait un mouvement d’une amplitude quelconque et la puissance motrice se trouvait ainsi réalisée.
- Rien n’empêchait de renouveler l’air et de recommencer une opération semblable à la première.
- Cette machine, fort ingénieuse et intéressante surtout par la nouveauté de son principe, péchait par un point capital. La matière dont on faisait usage comme combustible (c’était la poussière de lycopode, employée à produire des flammes sur nos théâtres) était trop chère pour que tout avantage ne disparût pas par cette cause ; et malheureusement, il était difficile d’employer un combustible de prix modéré, car il
- (1) Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance, par S. Carnot, ancien élève de l’École polytechnique, à Paris, 1824, chez Bachelier.
- (Carnot (Nicolas-Léonard-Sadi), fils aîné du conventionnel, né en 1796, mort en 1832, victime de l’épidémie cholérique.)
- (2) Niepce (Joseph-Nicéphore), l’inventeur de l’héliographie, né à Chalon-sur-Saône en 1763, mort en 1833.
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- fallait un corps en poudre très fine dont l’inflammation fût prompte, facile à propager, et laissât peu et point de cendre.
- Au lieu d’opérer comme le faisaient MM. Niepce, il nous eût semblé préférable de comprimer l’air par des pompes pneumatiques, de lui faire traverser un foyer parfaitement clos dans lequel on eût introduit le combustible en petites portions par un mécanisme facile à concevoir, etc. (1).
- Il résulte de cet exposé et des recherches auxquelles je me suis livré, que les explosions de farine sont excessivement rares et que l’explosion de la rue Groix-des-Petits-Champs a eu pour cause l’irruption brusque de la folle farine dans un état de divisibilité extrême, qui, formant avec l’air un mélange combustible et explosible, s’est enflammée au contact du bec de gaz et a occasionné les brûlures du garçon boulanger et le bris des deux glaces. Votre délégué ne croit pas qu’il y ait lieu d’imposer aux boulangers des prescriptions autres que celles généralement faites jusqu’à ce jour et qui ont pour but de prévenir les commencements d’incendie assez fréquents d’ailleurs dans ces établissements.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- LISTE DES CONGRÈS INTERNATIONAUX QUI SE RÉUNIRONT A PARIS PENDANT L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Juin
- Congrès international :
- — de sauvetage. Du 12 au 15 juin. — Présid. : M. Lisbonne, rue Saint-Vincent-
- de-Paul, 3.
- — exercices physiques dans l’éducation (pour la propagation des). Du 15 au
- 22 juin. — Présid. : M. Jules Simon, place de la Madeleine, 10.
- — des architectes. Du 17 au 22 juin. — Présid. : M. Bailly, boulevard Bonne-
- Nouvelle, 19.
- — de la Société des gens de lettres. Du 17 au 27 juin. —Présid. .'Jules Simon,
- place de la Madeleine, 10.
- (1) Le mémoire de Sadi Carnot qui, dès son apparition, ne fit pas grande sensation en France, est cependant très intéressant et fut très remarqué en Angleterre, où des essais sur le développement de la puissance motrice de la chaleur par l’air atmosphérique venaient d’être récemment faits (1824). Carnot ne croit pas insurmontables les grandes difficultés que pourrait présenter dans la pratique l’emploi de l’air chaud comme force motrice, et il ajoute que si l’on parvenait à les vaincre, l’air offrirait une supériorité remarquable sur la vapeur d’eau. Quelques années plus tard, l’ingénieur suédois, Ericsson, construisait les premières machines à air chaud, et Hugon et Lenoir inventaient les premières machines à gaz.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- JUIN 1889.
- Congrès international :
- — de la paix. Du 23 au 27 juin. — Présid. : M. Frédéric Passy, rue Labor-
- dère, 8, à Neuilly-sur-Seine.
- — pour la protection des œuvres d’art et des monuments. Du 24 au 29 juin.
- — Présid. : M. Charles Garnier, boulevard Saint-Germain, 60.
- — des habitations à bon marché. Du 26 au 28 juin. — Présid. : M. Siegfried,
- rond-point des Champs-Elysées, 6.
- Juillet
- Congrès international :
- — de boulangerie. Du 28 juin au 2 juillet. — Présid. : M. Cornet, rue Roche-
- chouart, 34.
- — de l’intervention des pouvoirs publics dans le contrat de travail. Du 1er au
- 4 juillet. — Présid. : M. Donnât, rue Chardin, 11.
- — d’agriculture. Du 4 au 11 juillet. — Présid. : M. Méline, Palais-Bourbon.
- — de l’intervention des pouvoirs publics dans le prix des denrées. Du 3 au
- 10 juillet. — Présid. : M. Frédéric Passy, rue Labordère, 8, à Neuilly-sur-Seine.
- — de l’enseignement technique commercial et industriel. Du 8 au 13 juillet.
- — Présid. : M. Gréard, à la Sorbonne.
- — des cercles populaires. Du 11 au 13 juillet. —Présid. : M. Siegfried, rond-
- point des Champs-Elysées, 6.
- — des œuvres et institutions féminines. Du 12 au 18 juillet. — Présid. :
- M. Jules Simon, place de la Madeleine, 10.
- — de prévoyance (des institutions). Du 15 au 20 juillet. — Présid. : N...
- — de bibliographie des sciences mathématiques. Du 16 au 26 juillet. —
- Présid. : M. Poincarré, rue Claude-Bernard, 63.
- — de la participation aux bénéfices. Du 16 au 19 juillet. —Présid. : M. Charles
- Robert, rue de la Banque, 15.
- — d’assistance en temps de guerre (des œuvres). Du 17 au 20 juillet. —Présid. :
- M. de Vogüé, rue Faber, 2.
- — de l’utilisation des eaux fluviales. Du 22 au 27 juillet. — Présid. : M. Guil-
- lemain, rue Bellechasse, 55.
- — de la propriété artistique. Du 25 au 31 juillet. — Présid. : M. Meissonier,
- boulevard Malesherbes, 131.
- — d’assistance publique. Du 28 juillet au 4 août. — Présid. : M. le docteur
- Th. Roussel, rue des Mathurins, 64.
- — des traditions populaires. Du 29 juillet au 1er août. — Présid. : M. Ploix,
- quai Malaquais, 1.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. ----- JUIN 1889. 313
- Congrès international :
- — des questions relatives à l’alcoolisme (pour l’étude). Du 29 au 31 juillet. — Présid. : M. Bergeron, boulevard Haussmann, 157.
- — de chimie. Du 29 juillet au 3 août. — Présid. : M. Berthelot, rue Mazarine, 3.
- — des questions coloniales (pour l’étude). Du 30 juillet au 3 août. —Présid. :
- M. Barbey, rue du Regard, 22.
- — colombophile. Du 31 juillet au 3 août. —Présid. : M. Janssen, observatoire
- de Meudon (Seine-et-Oise).
- — d’aéronautique. Du 31 juillet au 3 août. — Présid. : M. Janssen, observa-
- toire de Meudon (Seine-et-Oise).
- Aôût
- Congrès international :
- — de thérapeutique. Du 1er au 5 août. — Présid. : M. le docteur Moutard-
- Martin, boulevard Haussmann, 136.
- — de la propriété industrielle. Du 3 au 8 août. — Présid. : M. Teisserenc de
- Bort, avenue Marceau, 82.
- — d’hygiène et démographie. Du 4 au 11 août. — Présid. : M. Brouardel,
- Ecole de médecine.
- — de zoologie. Du 5 au 10 août. — Présid. :M. Milne-Edwards, rue Cuvier, 57.
- — de sténographie. Du 4 au 11 août. — M. Grosselin, au Palais-Bourbon.
- — de psychologie physiologique. Du 5 au 10 août. — Présid. : M. le docteur
- Charcot, boulevard Saint-Germain, 117.
- — de dermatologie et de syphiligraphie. Du 5 au 10 août. — Présid. : M. le
- docteur Hardy, boulevard Malesherbes, 5.
- — de l’enseignement secondaire et supérieur. Du 5 au 10 août. — Présid. :
- M. Gréard, à la Sorbonne.
- — de médecine mentale. Du 5 au 10 août. — Présid. : M. le docteur Falret,
- rue du Bac, 114.
- — pour l’amélioration du sort des aveugles. Du 5 au 8 août. — Présid. :
- M. Martin, boulevard des Invalides, 56.
- — des sciences géographiques. Du 6 au 12 août. — Présid. : M. de Bizemont,
- boulevard Saint-Germain, 184.
- — de photographie. Du 6 au 17 août. — Présid. : M. Janssen, observatoire de
- Meudon (Seine-et-Oise).
- — de la propriété foncière (pour l'étude de la transmission). Du 8 au 14 août.
- — Présid. : M. Du verger, à l’Ecole de Droit.
- — d’anthropologie criminelle. Du 10 au 17 août. — Présid. : M. Brouardel, Ecole de médecine.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Juin 1889.
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- 314
- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- JUIN 1889.
- Congrès international :
- — de renseignement primaire. Du 11 au 19 août. — Prend. : M. Gréard, à
- la Sorbonne.
- — des sociétés par actions. Du 12 au 18 août. — Présid. : M. Laromrière, rue
- d’Assas, 16.
- — de l’intervention des pouvoirs publics dans l’émigration et l’immigration.
- Du 12 au 15 août. — Présid. : M. Isaac, rue Sainte-Beuve, 7.
- — d'horticulture. Du 19 au 21 août. — Présid. : M. Hardy, rue du Potager, 4,
- à Versailles.
- — d’anthropologie et d’archéologie préhistoriques. Du 19 au 26 août. —
- Présid. : M. de Quatrefages, rue Geoffroy-Saint-IIilaire, 36.
- — de médecine légale. Du 19 au 24 août. —Présid. : M. le docteur Brouardel,
- Ecole de médecine.
- — des grains et farines. Du 20 au 22 août. — Présid. : M. Durray, place du
- Louvre, 6.
- — d’homéopathie. Du 21 au 23 août. — Présid. : M. le docteur Léon Simon,
- rue de la Tour-des-Dames, 3.
- — des électriciens. Du 24 au 31 août. — Présid. : M. Mascart, rue de l’Uni-
- versité, 176.
- — des officiers et sous-officiers des sapeurs-pompiers. Du 27 au 28 août. —
- Présid. : M. Wolff, avenue Bosquet, 18.
- Septembre
- Congrès international :
- — dentaire. Du 1er au 7 septembre. — Présid. : M. le docteur David, boule-
- vard Saint-Germain, 180.
- — des mines et de la métallurgie. Du 2 au 11 septembre. — Présid. :M. Castel,
- boulevard Raspail, 144.
- — de médecine vétérinaire. Du 19 au 24 septembre. — Présid. : M. Chauveau,
- rue Jules-Janin, 10.
- — de statistique. Du 2 au 6 septembre. — Présid. : M. Levasseur, rue Mon-
- sieur-le-Prince, 26.
- — de chronométrie. Du 7 au 14 septembre. — Présid. : M. de Jonouières.
- avenue Bugeaud, 2.
- — des sociétés coopératives de consommation. Du 8 au 12 septembre. —
- Présid. : M. Clavel, rue de Bourgogne, 2.
- — des accidents du travail. Du 9 au 14 septembre. — Présid. : M. Linder,
- rue du Luxembourg, 38.
- — des procédés de construction. Du 9 au 14 septembre. — Présid. : M. Eiffel,
- rue Prony, 60.
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-
- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- JUIN 1889.
- 315
- Congrès international :
- — monétaire. Du 11 au 14 septembre. — Présid. : M. Magnin, à la Banque.
- — d’otologie et de laryngologie. Du 16 au 21 septembre. — Présid. : M. le
- docteur Duplay, rue de Penthièvre, 2.
- — de mécanique appliquée. Du 16 au 21 septembre. — Présid. : M. Phillips,
- rue de Marig'nan, 17.
- — de météorologie. Du 19 au 25 septembre. —Présid. : M. Renou, observa-
- toire de Saint-Maur (Seine).
- — du commerce et de l’industrie. Du 22 au 28 septembre. —Présid. : M. Poir-
- 1UER, rue Lafayette, 105.
- — du repos hebdomadaire. Du 24 au 26 septembre. — Présid. : M. Léon Say,
- rue Fresnel, 21.
- Octobre
- Congrès international :
- — des sciences ethnographiques. Du 30 septembre au 10 octobre. — Présid. :
- M. Oppert, rue de Sfax, 2.
- — d’hydrologie et de climatologie. Du 3 au 10 octobre. — Présid. : M. Renou,
- observatoire du Parc-Saint-Maur (Seine).
- — des travaux maritimes. Du 7 au 12 octobre. — Présid. : M. Emile Bernard,
- avenue du Trocadéro, 43.
- COMPOSITION DES BUREAUX DES COMITÉS l/ORGANISATION ET DES PROGRAMMES
- DE QUELQUES CONGRÈS
- Congrès international «le Photographie
- BUREAU DU COMITÉ D’ORGANISATION
- Président : M. Janssen, membre de l’Institut et du bureau des longitudes, directeur de l'observatoire d’astronomie physique de Meudon.
- Vice-présidents : MM. Wolf (Ch.), membre de l’Institut, astronome de l’observatoire de Paris ; Davanne (A.), vice-président de la Société française de photographie.
- Secrétaire-trésorier : M. Pector (S.), membre du conseil d’administration de la Société française de photographie.
- programme
- 1. Introduction dans la photographie d'une unité fixe de lumière.
- 2. Uniformité dans le mode de mesure de la longueur focale des objectifs.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- JUIN 1889.
- 3. Uniformité dans l’indication de l’effet photométrique des diaphragmes de
- l’objectif.
- 4. Uniformité dans le mode de mesure du temps d’admission de la lumière,
- réglé par les obturateurs.
- 5. Moyen uniforme et facile d’adapter les divers objectifs sur les diverses
- chambres noires.
- 6. Uniformité dans les dimensions des plasque.
- 7. Unité dans l’expression des formules photographiques.
- 8. Unité dans les dénominations des procédés photographiques.
- 9. Formalité des douanes pour la circulation des préparations sensibles.
- 10. Protection de la propriété artistique des œuvres photographiques. Questiojis annexes. — A. Uniformité dans l’appréciation de l’intensité lumineuse dans les opérations photographiques.
- B. Unité dans le mode de détermination de la sensibilité des préparations photographiques.
- Congrès international «les Mines et «le la Métallurgie
- BUREAU DU COMITÉ d’O R G AN IS ATI ON
- Président : Castel, inspecteur général des mines.
- Vice-présidents : A. Brüll, ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique ; IIaton de la Goupillière, membre de l’Institut, inspecteur général des mines, directeur de l’École nationale des Mines ;
- S. Jordan, professeur de métallurgie à l’École centrale des arts et manufactures ; Rémaury, ingénieur civil des mines.
- Secrétaires : Dujardin-Beaumetz, F. Gautier, E. Gruner, Lodin, ingénieurs civils.
- PROGRAMME
- Mines
- 1. Lampe de sûreté. — M. Le Chatelier, ingénieur des mines, rapporteur.
- 2. Emploi des explosifs dans les mines. — M. Mallard, inspecteur général des mines, rapporteur.
- 3. Applications diverses de l’électricité aux travaux souterrains. — Tirage des mines. Éclairage. Signaux. Transmission de force motrice. — MM. Chalon et. de Bovet, ingénieurs, rapporteurs. — MM. Chansselle et Charousset, ingénieurs, rapporteurs.
- 4. Questions se rapportant à la montée, à la descente et à la circulation des ouvriers mineurs, spécialement question des parachutes et des recettes. —
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. --- JUIN 1889. 317
- M. Reumaux, ingénieur en chef de la Compagnie des mines de Lens, rapporteur.
- Métallurgie
- 1. Progrès récents de l’affinage et de la déphosphoration dans la fabrication des fers et des aciers. — MM. Gruner et G. Bresson, rapporteurs.
- 2. Forgeage comparé au pilon et à la presse. — M. Gautier, rapporteur.
- 3. Alliages ferro-métalliques, fabrication, propriétés et emploi. — MM. Gautier et Brustlein, rapporteurs.
- k. Nouveaux alliages des métaux autres que le fer, et spécialement du cuivre. — MM. Montefiore-Lévy et Weiler (Lazare), rapporteurs.
- 5. Nouveaux procédés de trempe. — MM. Evrard (Alfred) et Weiler (Lazare)
- Congrès international de Mécanique appliquée
- BUREAU DU COMITÉ D’ORGANISATION
- Présidents : M. Phillips, membre de l’Institut, inspecteur général des mines en retraite.
- Vice-présidents : MM. Gottschalk, membre du Comité consultatif des chemins de fer, ancien président de la Société des ingénieurs civils; Farcot (J.), ingénieur-constructeur, ancien président de la Société des ingénieurs civils.
- Secrétaires : MM. Tresca (Alfred), professeur à l’Ecole centrale, membre du Conseil de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale ; Nansouty (Max de), rédacteur en chef du Génie amV; Boudenoot (Louis), ingénieur civil des mines, membre du Comité de la Société des ingénieurs civils.
- PROGRAMME
- Sujets soumis à la discussion.
- I. Unification du cheval-vapeur. (Spécification de la puissance des générateurs
- de vapeur. Rendement.)
- II. Choix des métaux les plus propres à la construction des pièces de machines.
- Bureaux d’essais. Epreuves. Méthodes d’essais et de calculs.
- III. Production mécanique et utilisation du froid artificiel.
- IV. Transmission à distance et distribution du travail par les procédés autres
- que l’électricité (eau, air, vapeur, câbles, etc.).
- V. Machines à vapeur à détente dans plusieurs cylindres successifs.
- VI. Machines thermiques autres que les machines à vapeur d’eau.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- Sujets à traiter en conférence
- I. Progrès réalisés par les machines à vapeur depuis 1878.
- II. Progrès réalisés par les associations de propriétaires d’appareils à vapeur.
- III. Pro grès réalisés par les appareils à production de vapeur. Étude des princi-
- paux types de chaudières à petits éléments.
- Congrès international «les Electriciens
- BUREAU DU COMITÉ ü’O RUA N ISA T ION
- Président: M. Mascart, membre de l’Institut.
- Vice-présidents : MM. Lippmann, membre de l’Institut; Fontaine (Hippolyte), ingénieur, administrateur de la Société des machines magnéto-électriques Gramme; Gariel, professeur à la Faculté de médecine, vice-président de la Société internationale des électriciens.
- Secrétaires : MM. IIillairet, ingénieur-constructeur ; Hospitalier, professeur à l’École municipale de physique et de chimie ; Nerville (de), ingénieur des télégraphes, chef du laboratoire central d’électricité.
- Trésorier : M. Lemonnier, ingénieur-constructeur, président de la Société internationale des électriciens.
- PROGRAMME
- Mesures. Machines d’induction. Transformations. Distribution. Électrochimie. Eclairage. Télégraphie. Téléphonie. Applications diverses. Plectro-physiologie.
- Congrès international «lu Commerce et «le l’In«lustrie
- BUREAU DU COMITÉ D’ORGANISATION
- Président : M. Poirrier (A.), président de la Chambre de commerce de Paris.
- Vice-présidents : MM. Laussedat (le colonel), directeur du Conservatoire des arts et métiers ; Levasseur, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, professeur au Collège de France; Roy (Gustave), ancien président de la Chambre de commerce de Paris.
- Secrétaire général : M. Hayem (Julien), président des comités d’admission et d’installation de la classe 35 à l’Exposition universelle de 1889.
- Secrétaires adjoints : MM. Grelley, directeur de l’École supérieure de commerce; Piault, membre de la Chambre de commerce de Paris.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- PROGRAMME
- Régime économique. De l’enseignement professionnel. Législation industrielle et commerciale.
- Congrès international «l’Agriculture
- BUREAU DU COMITÉ D’ORGANISATION
- Président : M. Jules Méline, président de la Chambre des députés.
- Secrétaire général : M. P.-P. Dehérain, professeur, membre de l’Institut.
- programme
- Section /. — La crise agricole. Ses effets. Ses causes. Remèdes proposés pour la combattre.
- Section IL•—Institutions de crédit et de prévoyance dans les campagnes.
- Section III. — Enseignement agricole. — I. Etablissements d’enseignement agricole proprement dits. — IL Enseignement agricole annexé à des établissements d’enseignement général universitaire. —III. Etablissements de recherches agronomiques et de contrôle.
- Section IV. —Industries agricoles. Cultures industrielles. — I. Sucrerie : A. Production du sucre avec la betterave. —B. Production du sucre avec la canne.
- — C. Production du sucre avec d’autres végétaux saccharifères. — IL Distillerie.
- — III. Industries diverses : Cidres et poirés; Féculerie; Plantes textiles; Tabac; Plantes oléagineuses. — IV. Industrie laitière : I. Situation de l’industrie laitière dans chaque pays. II. Fabrication de fromages avec le lait d’autres espèces que l’espèce bovine. III. Moyens propres à assurer le développement de l’industrie laitière.
- Section V. — Viticulture. Sériciculture. — Viticulture : I. Statistique. II. Culture de la vigne. III. Lutte contre le phylloxéra : A. Submersion; B. Irrigations estivales ; C. Plantation dans les sables ; D. Insecticides. — IV. Vignes américaines : A. Producteurs directs ; B. Porte-greffes. — V. Vinification. — VI. Distillation. — VIL.Vins de Champagne et de liqueurs. — VIII. Vinaigre. —Sériciculture.
- Section VI. — Dispositions internationales relatives à la protection des oiseaux, à la destruction des animaux et cryptogames nuisibles, au repeuplement et. à la police des eaux : I. Protection des oiseaux. — II. Animaux, cryptogames et autres végétaux nuisibles. — III. Aquiculture. Ostréiculture.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. --- JUIN 1889.
- Congrès International des accidents du Travail
- BUREAU DU COMITÉ D’ORGANISATION
- Président : M. Linder, inspecteur général des mines, vice-président du conseil général des mines, président de la commission centrale des machines à vapeur, etc.
- Vice-Présidents : MM. Ricard, député; M. Émile Muller, professeur à l’École centrale, ancien président de la Société des ingénieurs civils.
- Secrétaire : M. E. Gruner, ingénieur civil des mines, ancien directeur des usines de Saint-Montaut.
- Secrétaire adjoint : M. Toqué, ingénieur des mines, secrétaire adjoint de la commission centrale des machines à vapeur.
- PROGRAMME
- Rapport sur l’exposition générale allemande de prévoyance contre les accidents, tenue à Berlin d’avril à juillet 1889.
- Dispositifs adoptés pour prévenir les accidents et figurant à l’exposition de Paris.
- Définition des accidents du travail dans les divers pays ; caractères distinctifs de ces accidents et des incapacités qui en résultent.
- Statistique des accidents, méthodes et résultats.
- Réglementation et inspection officielle des établissements industriels dans les divers pays.
- Associations de propriétaires d’appareils à vapeur.
- Mesures prises par les industriels et par les associations d’industriels, en France et à l’étranger, pour prévenir les accidents.
- Responsabilité civile. — Risque professionnel; responsabilités qui en seraient la conséquence ; catégories de personnes auxquelles ce principe serait applicable.
- De l’intervention des tribunaux pour la fixation des indemnités en cas d’accident du travail. — Bénéficiaires de l’indemnité suivant l’état civil des victimes.
- Assurance obligatoire. — Assurance facultative.
- Organisation par l’État, — parles particuliers, —par les syndicats, — par les compagnies privées (avec ou sans garantie de l’État). — Participation des intéressés aux charges et à la gestion de l’assurance.
- Constitution de capitaux de réserve ou répartition annuelle des charges.
- Différence à apporter dans l’organisation de l’assurance suivant que les incapacités sont de courte ou de longue durée.
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- Congrès international de la Propriété industrielle
- BUREAU DU COMITÉ D’ORGANISATION
- Président d'honneur : M. Bozérian, sénateur, président du congrès de la propriété industrielle de 1878.
- Président : M. Teisserenc de Bort, sénateur, ancien ministre.
- Vice-présidents : MM. Huart, avocat à la Cour de Paris; Lyon-Caen (Ch.), professeur à la Faculté de droit de Paris, vice-président de la Société de législation comparée.
- Secrétaire général: M. Thirion (Ch.), ingénieur-conseil en matière de propriété industrielle, secrétaire général du congrès de la propriété industrielle de 1878.
- Secrétaires : MM. Rendu (A.), avocat à la cour de Paris ; Seltgman (L.), avocat à la cour de Paris.
- Trésorier : M. Christofle, industriel. . •
- programme
- Section I. — Questions internationales. Brevets d’invention. Dessins et modèles industriels. Marques de fabrique ou de commerce. Nom commercial. Lieu de provenance. Questions communes.
- Section IL — Brevets d’invention.
- Section IIP — Marques de fabrique ou de commerce. Nom commercial. Nom de localité. Récompenses industrielles. Marques de fabrique ou de commerce. Nom commercial, raison de commerce, nom de localité. Récompenses industrielles.
- Section IV. — Dessins et modèles industriels.
- Tome IV. — 88e année. 4° série. — Juin 1889.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Le phare et les signaux de trompe par temps de brouillard dans l’île d’Alsa-Graig en Écosse. —L’île d’Alsa-Craig se trouve dans une baie, où la Clyde arrive à son embouchure, à 9 milles marins de Girvan, et présente à l’œil l’aspect d’un immense rocher de 340 mètres de hauteur sur une circonférence de 2 milles et demi (1), inaccessible sur tous les côtés, hormis la partie occidentale, où elle s’infléchit en une terrasse qui domine la mer de 6 mètres, même aux plus hautes marées.
- Les dangers continus, créés par les brouillards à la navigation dans ces parages si fréquentés, ont donné lieu à la formation d’une commission pour l’installation d’un phare sur l’île, avec signaux pour les temps de brouillard; c’est l’ingénieur Stevenson qui a été chargé de la construction.
- Le sommet du pic de l’île eût été naturellement le lieu désigné pour cette construction, surtout au point de vue de la sonorité des signaux qui devaient s’étendre sur la mer : mais les difficultés d’exécution ont fait préférer la terrasse ci-dessus mentionnée, sur laquelle on a créé l’établissement central, dont il va être question, et qu’on a relié à deux sirènes placées à ses deux extrémités nord et sud. Ces sirènes reçoivent l’air comprimé nécessaire d’un atelier englobé dans l’ensemble des constructions du phare, consistant dans la tour, dans la chambre des machines, l’usine à gaz, les habitations des directeurs et des trois surveillants et les magasins.
- La force motrice est produite par cinq moteurs à gaz, système Otto, de 8 chevaux chacun, en ligne : quatre seulement fonctionnent, le cinquième est maintenu en réserve. Ces moteurs mettent en mouvement par courroies deux pompes de compres-
- (i) Le mille marin vaut 1760 yards, ou lk,607.
- Fig. 1. — Chambre de la sirèue.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- sion, qui travaillent chacune à raison de 60 coups de piston par minute, dans un double cylindre de 0m,25 de diamètre, 0m,40 de course et fournissent de l’air à une pression moyenne de 5 atmosphères. Ce travail exige une dépense de 15mc,33 de gaz pur par heure. Le gaz est produit par la distillation d’huile minérale dans 12 cornues en fonte, système Keitt; avant d’être employé, il passe par les appareils de purification et de condensation et est recueilli dans des gazomètres chacun de 300 mètres cubes de capacité; il se rend de là aux machines Otto mélangé à l’air atmosphérique dans les proportions de 63 de gaz et 35 d’air.
- L’air comprimé passe des pompes de compression dans deux réservoirs ou régulateurs et de là dans des conduites en fer forgé, de 0m,0625 de diamètre intérieur, qui communiquent aux deux sirènes : la première se rend à celle du nord et a 950 mètres de longueur; la seconde va à celle du sud et a
- 607 mètres. La distribution et la transmission des signaux se font à la halle centrale même; les gardiens n’ont par suite à se rendre aux sirènes que pour le nettoyage. La figure 1 donne une coupe de l’une des chambres de sirène. A est le cylindre récipient de l’air comprimé, lié à la sirène a.
- Un mécanisme spécial m est installé sur les côtés du cylindre A pour obtenir automatiquement la régularité du ton, ce que nous ne détaillerons point. La sirène du sud donne à courts intervalles un groupement de trois notes, de 280 vibrations pour la note centrale et de 640 pour les notes extrêmes ; la sirène du nord donne un seul ton de 640 vibrations. La confusion des sons est évitée par la pause de 90 secondes (Y 1/2) qui s’écoule régulièrement entre les signaux lancés par chacune d’elles, et cette régularité chronométrique est obtenue à l’aide d’une came H (fig. 2) montée sur l’arbre de couche principal de l’atelier des machines, qui déclanche alternativement deux soupapes et permet ainsi l’écoulement de l’air comprimé tantôt dans la conduite nord, tantôt dans la conduite sud des sirènes; cet arbre fait régulièrement une révolution complète en 3 minutes.
- L’air comprimé, introduit dans le cylindre A (fig. 1) à la pression de 5 atmosphères, lève le petit piston d’un autre petit cylindre, dont le mouvement détermine, par des combinaisons diverses de secteurs, de roues dentées, de leviers à contrepoids, etc., son entrée régulière et pendant un temps fixe et mathématique, dans le corps de la sirène, où il est amené par de petits tuyaux en cuivre. Le mécanisme, aussitôt l’air distribué, revient au repos jusqu’à nouveau déclanchement.
- La sirène représentée en coupe (fig. 3) est du système automatique Holme. Elle est constituée par un cylindre extérieur, percé d’un nombre considérable
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- d’ouvertures longitudinales, dans l’intérieur duquel se meut un cylindre ayant le même nombre d’ouvertures, mais obliquement, et réglé chronométriquement dans sa marche, de façon qu’il ne se puisse produire à la fois qu’une seule note; de cette régularité dépendent la marche uniforme et la distribution à intervalles parfaitement constants des sons des sirènes. La came qui manœuvre les soupapes dont il est question ci-dessus (fig. 2) met également en mouvement un courant électrique S qui se rend à chacune des sirènes et produit en attirant une soupape d’évacuation l’entrée de l’air comprimé venant de la halle centrale. Les dispositions prises sont à la fois simples, efficaces et fort ingénieusement conçues.
- Le phare proprement dit est en métal, d’une construction légère : il contient un appareil dioptrique de 3° classe, et sort des ateliers de MM Barbier etFenestre, de Paris. Le gaz de l’huile minérale employé par les machines Otto est celui qui sert pour la lanterne contenant par un brûleur de Sugg à double mèche ; celui-ci consomme en une heure 420 litres de gaz sous une pression de 0m,027 avec une intensité lumineuse de 100 bougies.
- Le coût de l’installation a été de 600 000 francs et la dépense annuelle d’entretien, personnel compris, est de 16 000 francs.
- (.Dinglers polytechnisches Journal.)
- Le chauffage au naphte à l’exposition de Saint-Pétersbourg en 1888. —
- L’industrie du chauffage au naphte a pris naissance dans la région transcas-pienne de la Russie il y a une vingtaine d’années; on a commencé à l’appliquer au chauffage des chaudières des bateaux à vapeur, puis à tous les autres appareils de chauffage.
- Aujourd’hui ces procédés qui se sont développés parallèlement à l’industrie du naphte ont atteint un grand développement et en particulier sur les bateaux à vapeur de la mer Caspienne ils ont remplacé tous les autres modes de chauffage.
- Propriétés du naphte comme combustible. — Les principaux éléments du naphte sont le carbone, l’hydrogène et l’oxygène; la proportion du premier n’est pas moins de 75 p. 100. L’apparence extérieure du naphte varie avec les proportions de ses éléments : tantôt il est presque translucide, brûlant facilement et d’une odeur caractéristique; tantôt il est inodore et a une couleur noirâtre.
- Sa densité varie de 0,775 à 0,938 à 14 degrés, suivant sa provenance. Exposé à l’air, il prend une réaction acide de plus en plus prononcée, en même temps que par l’évaporation il perd au bout d’un mois plus d’un tiers de son poids.
- Le naphte ainsi que les produits dérivés du naphte ne sont pas solubles dans l’eau, mais l’eau cependant se dissout à la longue dans le naphte, de même qu’elle existe dans ce produit pris à l’état naturel, et lorsqu’il est exposé à l’air,
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- cette eau se dépose dans le fond des vases, quelquefois dans la proportion de 5 p. 100.
- Le premier savant qui ait étudié la composition du naphte d’Europe et d’Amérique, et déterminé sa puissance calorifique, est Sainte-Claire Deville, dont les brillants travaux exposés à l’Académie des sciences de Paris en 1868 servent encore de base dans les applications de ce combustible au chauffage ; c’est lui qui a démontré que la puissance calorifique du naphte du Caucase était supérieure à celle du naphte d’Amérique.
- La pesanteur spécifique du naphte du Caucase varie de 0,866 à 0,877, en même temps que sa température d’inflammation varie de 21°,5 à 28°,5.
- Une substance aussi inflammable est trop dangereuse pour être employée à l’état brut, aussi n’est-elle utilisée comme combustible que sur les lieux mêmes de son extraction, et on n’emploie pour le chauffage dans l’industrie que les résidus de sa distillation.
- On retire du naphte par la distillation de 30 à 40 p. 100 d’huile d’éclairage et il reste de 50 à 60 p. 100 de résidus dont on extrait une petite proportion d’huile à graisser, et la plus grande partie est utilisée comme combustible pour les chaudières des locomotives et des bateaux à vapeur, pour les chaudières et fours de l’industrie en général, de la métallurgie, et pour le chauffage des appartements et des cuisines.
- La pesanteur spécifique des résidus de la distillation varie de 0,906 à 0,940; leur température d’inflammation est beaucoup plus faible que celle du naphte brut, car en projetant des charbons portés au rouge sur ces résidus ils ne s’enflamment pas. Leur puissance calorifique d’après Sainte-Claire Deville est de 10700 unités de chaleur, et d’après des expériences récentes faites à Saint-Pétersbourg, de 10600 à 10650. La quantité de cendres laissées par la combustion n’est que de 0,09 et est formée principalement de chaux, d’oxydes de fer et de traces d’alumine.
- Les résidus de naphte présentent les avantages suivants sur les combustibles solides : leur puissance calorifique est notablement supérieure, leur volume est moindre, ils ne laissent ni cendres ni scories; leur alimentation est plus régulière et leur poids plus réduit; ils n’exigent pas de manipulations dans le foyer ni le nettoyage de celui-ci ; la production de vapeur est plus rapide. Toutes ces qualités ont une importance prépondérante dans les bateaux à vapeur, où il faut réduire l’espace réservé au combustible au strict minimum, ceci explique qu’on y ait appliqué ce combustible tout d’abord.
- Dans les usines de distillation, sur les 60 p. 100 de résidus, on en utilise 7 à 8 p. 100 pour chauffer le naphte brut ; si on retire encore des résidus de l’huile à graisser, cette proportion atteint 24 p. 100, et le reste, c’est-à-dire 36 p. 100, est vendu pour le chauffage ; cette proportion a donné en 1886 dans les usines de
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- Bakou un poids de 1 390 000 tonnes, qui suffirait à la consommation de tout le réseau des chemins de fer russes, dont le développement est de 25 000 kilomètres.
- Aujourd’hui la plus grande partie de cette production sert à alimenter les bateaux à vapeur de la mer Caspienne et du Volga, ainsi que les locomotives de la région transcaspienne, du Caucase et d’autres lignes voisines; on a inventé pour servir à cet usage un grand nombre d’appareils de combustion très ingénieux. Les applications de ce combustible liquide au chauffage des appartements, des cuisines et à la cuisson du pain ne sont pas encore aussi répandues, à cause du défaut, sans doute, d’appareils bien appropriés.
- Les appareils de chauffage par le naphte inventés en Europe et en Amérique sont très nombreux; ils peuvent être divisés, selon leur mode d’opérer, en trois classes, savoir :
- 1° Les appareils brûleurs au moyen de la pulvérisation ;
- 2° Les appareils à becs sans mèches ;
- 3° Les appareils brûleurs avec mèches.
- Examinons les caractères principaux de ces groupes :
- 1° Appareils pulvérisateurs dits forçeurs. —La pulvérisation du naphte peut être produite au moyen de l’air comprimé ou de la vapeur : on fait arriver le naphte dans un courant d’air comprimé ou de vapeur qui le pulvérise et lui permet de brûler comme un gaz. On peut donner à la flamme la forme que l’on veut suivant celle de l’orifice d’arrivée du courant d’air ou de vapeur; ainsi, une ouverture circulaire produira une flamme en forme de balai, et un orifice rectangulaire donnera une flamme aplatie. Un bon pulvérisateur produit une flamme claire, presque incolore, sans production de suie et presque sans fumée, atteignant une très haute température, et capable de fondre non seulement les métaux, mais encore les briques réfractaires lorsqu’elles sont placées sous l’action directe du jet. Une propriété caractéristique de cette flamme est qu’elle arrive dans l’appareil avec une certaine pression, rendant ainsi la combustion plus indépendante du tirage de la cheminée. Les pulvérisateurs sont appliqués aux bateaux à vapeur, aux locomotives, dans différentes industries, notamment dans la métallurgie. Ces appareils ne semblent pas applicables jusqu’à présent au chauffage des maisons d’habitation, d’abord, parce qu’ils exigent des appareils de production de vapeur ou d’air comprimé, ensuite, parce que cette combustion est accompagnée de bruit.
- On peut faire entrer dans ce groupe les appareils dans lesquels la vapeur nécessaire à la pulvérisation est produite dans l’appareil même ; on a exposé plusieurs appareils de ce genre pour le chauffage des maisons.
- 2° Les appareils à becs sans mèches se présentent sous diverses formes d’épis et de coupes munis de dispositifs réglant l’arrivée du naphte ainsi que l’accès de l’air nécessaire à la combustion. Ces dispositifs sont indispensables en raison de
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- la difficulté d’allumage des résidus du naphte et même de leur combustion si l’on n’entretient artificiellement une température suffisante; c’est pourquoi on est obligé de les chauffer préalablement en commençant par brûler du kérosène dans les becs, puis en y faisant arriver des résidus que l’on maintient sous une faible épaisseur. De cette manière ils émettent des vapeurs qui, se mêlant au courant d’air artificiellement produit, brûlent comme un gaz. La combustion complète et la perfection de ces appareils dépendent des dispositions qu’ils présentent pour entretenir une juste proportionnalité entre l’arrivée de l’huile et celle de l’air devant produire un mélange de vapeur et d’air parfait. Aucune expérience scientifique, qui puisse donner des règles pratiques pour la solution de ce problème, n’a encore été faite.
- Les appareils de ce groupe sont appliqués au chauffage des chambres et des cuisines, on les dispose pour cela dans des poêles où s’effectue la combustion dont les produits sortent par des tuyaux ordinaires. L’intérieur de ces poêles doit être garni de briques réfractaires, sans quoi ils sont brûlés rapidement. En outre les conduits de fumée doivent pouvoir se nettoyer facilement, car ce combustible produit plus de suie que le bois. On peut classer dans ce groupe les poêles dans lesquels sont placés des débris de matériaux poreux qui augmentent la surface de chauffe, ainsi que ceux dans lesquels on place des globes en terre réfractaire qui sont portés au rouge parla combustion produite à leur surface.
- 3Ü Les appareils brûleurs avec mèches servent à brûler les huiles plus volatiles, telles que la benzine brute et le kérosène. Ils ont en général la forme de lampes à becs et sont appliqués principalement au chauffage des cuisines.
- (Zapiski.)
- Photomètre de Gross, par M. Krüss. — Ce photomètre est employé pour la lumière polarisée. Le prisme A en spath d’Islande (fig. 1) a été coupé diagonale-
- menten deux parties entre lesquelles se trouve interposée une mince couche d’air ; le rayon ab, tombant sur le prisme, se divise en deux parties : le rayon ordinaire se réfléchit sur la surface ct/au point b et le rayon extraordinaire be traverse le prisme sans changer sa direction. Outre le prisme A, on a une seconde moitié de prisme B, aussi en spath d’Islande, sur lequel tombe un autre faisceau de lumière fg, dont les rayons ordinaires se réfléchissent deux fois : d’abord sur la face AK au point y, puis sur la surface cd du prisme A au point b, de manière qu’il coïncide avec le rayon extraordinaire polarisé abc qui traverse le prisme A.
- En employant deux prismes réflecteurs en verre ordinaire, on obtient un photomètre compensateur (fig. 2). Les rayons émanant de deux sources de lu-
- Fig. 1. — Marche des rayons dans le photomètre.
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- mière et J2, les rayons de J2 se réfléchissent en un seul faisceau pour traverser le prisme A et les rayons de J* sont divisés en deux faisceaux dont l’un ne traverse que le prisme A, tandis que l’autre, en se réfléchissant deux fois dans les prismes B et A, coïncide avec le rayon issu de J2. De cette manière, le champ visuel est divisé en deux parties dont l’une ne reçoit que les rayons issus de J\ et l’autre au contraire les rayons issus de J, et de J2. En raison de la différence des pertes d’intensité subies par les rayons lumineux dans leur passage à travers les prismes, la quantité de rayons Jt traversant la partie de gauche du champ visuel, doit être multipliée par le coefficient constant X. Cette constante est appli-
- Fig. 3. — Marche des rayons
- Fig. 2. — Marche des rayons avec un second Nicole.
- avec un second prisme réflecteur.
- cable à chaque système de prismes en particulier. En soumettant le système à une intensité égale de lumière dans les deux champs visuels du photomètre, et connaissant les distances des deux sources J, et J2 à ce dernier, soient 4 et L ces distances, on a :
- Si l’on ajoute encore un autre prisme de Nicole N (fig. 2), tous les rayons qui n’ont traversé que le prisme A traverseront aussi le prisme N en tournant ce prisme de 90 degrés, ils seront absorbés; le contraire se produira pour les rayons qui ont traversé le prisme B. En présentant le prisme de Nicole sous n’importe quel angle, excepté sous celui pour lequel un des faisceaux de lumière est absorbé, une certaine quantité seulement de rayons de chaque faisceau traversera le prisme et dépendra de cet angle. Les angles de rotation pourront être lus sur une circonférence divisée. On ajoute à l’appareil un tableau donnant les résultats de l’influence des angles de rotation sur l’intensité. -
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- Le résultat pratique de l’emploi du prisme de Nicole est le suivant : En opérant sur deux sources de lumière pour une même position du prisme de Nicole, on peut d’abord combiner leurs rayons en proportion variable, on peut ajouter à volonté des rayons du faisceau plus fort aux rayons du faisceau plus faible ; ensuite pour une position différente du prisme de Nicole, on peut obtenir une intensité différente du champ visuel et par conséquent en obtenir une que l’on puisse mesurer avec la plus grande exactitude. Enfin, par des rotations variées du prisme de Nicole, on peut faire des expériences complètement indépendantes les unes des autres et qui se contrôlent; car, comme il résulte des différentes rotations, des rapports différents entre les intensités, des deux parties du champ visuel, il faudra, pour arriver à l’égalité de leurs intensités, changer la distance du photomètre aux deux sources de lumière, ce qui peut servir de contrôle réciproque.
- Par l’interposition d’un nouveau prisme réflecteur (fig. 3), la constante X disparaît, car on obtient, pour les moments d’intensité égale, la formule ci-dessous :
- J2 XJ, _ L XJ2
- 4* 4* “ /,* + // ’
- d’où i (î -x) = £ (i -x), d’où = !*.
- Comme de cette manière on obtient un mélange complet des faisceaux issus des deux sources de lumière, en raison de quoi les deux parties du champ visuel ont une teinte égale, il devient possible de comparer entre elles l’intensité de deux sources de lumière de couleurs différentes.
- En plaçant le photomètre devant des sources de lumière de même couleur, on peut obtenir, par la rotation du prisme de Nicole, une augmentation ou une diminution proportionnelle de lumière des deux sources lumineuses, mais identique dans les deux moitiés du champ visuel. On obtient une intensité égale lorsque par la rotation du prisme de Nicole, elle reste identique dans les deux moitiés du champ visuel; ce qui contrôle la bonne disposition du photomètre.
- Les écrans St et S2 donnent la facilité d’intercepter les rayons des deux sources de lumière traversant le prisme B, ce qui caractérise les trois modes d’emploi du photomètre : 1° sans compensation, 2° avec compensation d’un seul côté, 3° avec double compensation. De cette manière, on peut changer à volonté les rapports entre les lumières de deux sources, ainsi que l’échelle du photomètre ; ensuite on peut produire les mélanges les plus approchés de rayons provenant de sources de lumières diversement colorées ; et enfin les conditions de l’expérience par l’adjonction du prisme de Nicole peuvent être modifiées dans un but de vérification.
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- PROPOSÉS PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE A DÉCERNER
- DANS LES ANNÉES 1889 A 1894
- GRANDES MÉDAILLES.
- La Société décerne, chaque année, sur la proposition de l’un des six comités du Conseil, une médaille en or portant l’effigie de l’un des plus grands hommes qui ont illustré les arts ou les sciences, aux auteurs, français ou étrangers, des travaux qui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de l’industrie française, pendant le cours des six années précédentes.
- Ces grandes médailles seront distribuées dans l’ordre suivant :
- 1889. Commerce......................... à l’effigie de Chaplal.
- 1890. Arts mécaniques........................ — de Prony.
- 1891. Arts chimiques......................... — de Lavoisier.
- 1892. Architecture et beaux-arts............. — de Jean Goujon.
- 1893. Agriculture............................ — de Thénard.
- 1894. Arts économiques....................... — d’Ampère.
- Dans les années précédentes, ces médailles ont été décernées, savoir : en 1868, pour le commerce, à M. F. de Lesseps; — en 1870, pour la chimie, à M. H. Sainte-Claire Deville ; — en 1872, pour l’agriculture, àM. Boussingault ; — en 1873, pour la physique et les arts économiques, à sir Charles Wheatstone; — en 1875, pour le commerce, à M. Jacques Siegfried; — en 1876, pour les arts mécaniques, à M. H. Giffard; — en 1877, pour les arts chimiques, à M. Walter Weldon; — en 1880, pour l’architecture et les beaux-arts, à M. Ch. Garnier, architecte; — en 1882, pour les arts économiques, à M. Gaston Planté; — en 1883, pour le commerce, à la Chambre de commerce de Paris; —en 1884, pour les arts mécaniques, à M. Joseph Farcot; — en 1885, pour la chimie, à M. Michel Perret; — en 1886, pour les beaux-arts, à M. Barbedienne;— en 1887, à M. Gaston Bazille, pour l’agriculture; — en 1888, à M. Émile Baudot, pour les arts économiques.
- GRAND PRIX DU MARQUIS D’ARGENTEUIL.
- Le marquis d’Argenteuil a légué à la Société d’Encouragement une somme de 40 000 francs pour la fondation d’un prix qui doit être décerné, tous les six ans, à l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de l'industrie française, principalement pour les objets dans lesquels la France n aurait point encore atteint la supériorité sur l’industrie étrangère, soit quant à la qualité, soit quant aux prix des objets fabriqués.
- Le prix de 12 000 francs, ainsi fondé, a été décerné, en 1846, à M. Vicat, pour ses travaux sur les chaux hydrauliques; — en 1852, àM. Chevreul, pour ses tra-
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- vaux sur les corps gras; — en 1858, à M. Heilmann, pour sa peigneuse mécanique; — en 1864, à M. Sorel, pour la galvanisation du fer; — en 1870, à M. Champonnois, pour l’organisation des distilleries agricoles; — en 1880, à M. Poitevin, pour ses découvertes en photographie; — en 1886, à M. Lenoir, pour son moteur à gaz, et l’ensemble de ses inventions.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1892.
- GRAND PRIX DE LA SOCIÉTÉ.
- La Société d’Encouragement décerne, tous les six ans, un grand prix de 12 000 francs à l'auteur de la découverte la plus utile à l’industrie française. Ce prix alterne avec celui qui a été fondé par le marquis d’Argenteuil.
- Il a été décerné, en 1873, à M. Pasteur, pour ses travaux sur l’éducation des vers à soie, sur la conservation des vins et sur la fabrication de la bière et du vinaigre ; — en 1883, à M. Faucon, pour le traitement par submersion des vignes.
- Il sera décerné de nouveau, s’il y a lieu, en 1889.
- GRAND PRIX HENRI GIFFARD.
- La Société a fondé sur les revenus du legs qui lui a été fait par Henri Giffard un grand prix de 6 000 francs qui sera décerné tous les six ans, à partir de l’année 1890, à la personne qui aura rendu des services signalés à l’industrie française.
- Ce prix sera décerné en 1890.
- PRIX POUR LE PERFECTIONNEMENT DE L’INDUSTRIE COTONNIÈRE.
- Les exposants de la classe 27, à l’Exposition universelle de 1867, sur l’initiative de M. Gustave Roy, ont donné à la Société d’Encouragement une somme de 13169 fr. 85 c. pour la fondation d’un prix qui sera délivré, tous les six ans, à celui qui aura contribué le plus efficacement au développement ou aux progrès de l’industrie cotonnière en France. Une somme de 2 000 francs, sur les 4 000 francs qui forment la valeur du prix ayant été donnée, à titre d’encouragement, en 1883, le prix à décerner en 1889 sera de 6 000 francs.
- PRIX POUR LE MATÉRIEL DU GÉNIE CIVIL ET DE L’ARCHITECTURE.
- Les exposants de la classe 65, à la même Exposition universelle, sur l’initiative de M. Elphège Bande, ont donné à la Société d’Encouragement pour l’in-
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- dustrie nationale une somme de 2 315 fr. 75 c. pour fonder un prix qui sera décerné, tous les cinq ans, à l’auteur des perfectionnements les plus importants au matériel et aux procédés du génie civil des travaux publics et de l’architecture.
- Ce prix consiste en une médaille d’or de 500 francs; il sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- PRIX POUR LES OUVRIERS DES FABRIQUES DE PRODUITS CHIMIQUES.
- Les exposants de la classe 47, à l’Exposition universelle de 1878, sur l’initiative de M. Fourcade, ont fondé auprès de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale un prix provenant du produit net en argent d’un capital de 19 011 fr.85 c., qui sera remis chaque année, en séance publique de cette Société, au simple ouvrier des exposants de la classe 47 ayant le plus grand nombre d’années consécutives de service dans la même maison.
- Ce prix est décerné tous les ans; il est de 800 francs.
- PRIX DE LA CLASSE 50 A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867.
- Les exposants de cette classe ont donné à la Société d’Encouragement une somme de 6 326 fr. 80 c. pour la fondation d’un prix qui sera donné en 1889 à l’auteur du perfectionnement le plus important apporté dans la fabrication du sucre de betteraves.
- Le prix à décerner en 1889 sera de 2 000 francs.
- PRIX D’ABOVILLE, POUR LES MANUFACTURIERS QUI EMPLOIENT
- DES OUVRIERS INFIRMES.
- Le général d’Aboville a laissé à la Société une somme de 10 000 francs, qui a été divisée en trois prix à distribuer, avec intérêts échus, à tel manufacturier qui aura employé à son service, pendant une période déterminée, des ouvriers estropiés, amputés ou aveugles et qui, par ce moyen, les aura soustraits à la mendicité ; le premier a été décerné en 1885 à la Société d’ateliers d’aveugles ; les deux autres seront décernés, s’il y a lieu, en 1889 et 1890.
- Prix biennal Meynot aîné père et fils, de Donzère [Drôme), de la valeur de 1 200 francs provenant du don de M. Meynot aîné père et fis.
- Ce prix sera attribué tous les deux ans à celui qui aura inventé ou perfectionné un instrument ou une machine propre à la moyenne ou à la petite culture.
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- L’invention ou le perfectionnement devra avoir pour résultat de réaliser une amélioration notable et avantageuse, soit dans la préparation des terres, soit dans le traitement des plantes et des animaux, soit encore dans les manipulations des produits de l’exploitation.
- Ce prix pourra être encore attribué à celui qui aura introduit un procédé perfectionné de culture ou un végétal, ou un animal nouveau propre à accroître les profits de la petite ou de la moyenne culture.
- Il sera décerné, pour la première fois en 1889, aux concurrents résidant dans la région du Sud-Est, comprenant les départements de la Drôme, de l’Ardèche, de l’Isère, du Rhône et des Hautes-Alpes.
- Il sera attribué en 1893 et 1901 aux concurrents des autres départements de France, en 1897 aux concurrents de la région du Sud-Est et ainsi de suite de façon à revenir tous les six ans dans cette dite région du Sud-Est.
- Au cas où aucun concurrent ne serait jugé digne de la récompense aux époques fixées, le concours sera remis d’année en année jusqu’à ce qu’un mérite suffisant se soit produit.
- En cas de non-attrihution, le montant du prix fera retour au capital pour accroître la valeur du prix à distribuer ultérieurement.
- Les concurrents devront se faire inscrire avant le 1er janvier de l’année du concours.
- Le prix tel qu’il est formulé ne sera pas disputé par de nombreux concurrents ; le champ des inventions d’outils et machines pour la petite et la moyenne culture est en effet limité et il est à craindre que souvent le prix ne puisse être décerné. En conséquence, la Société a admis une variante.
- Le prix tel qu’il a été défini sera décerné tous les six ans. Il sera mis au concours dans toute la France.
- Pendant la période de six ans, il y aura deux prix biennaux qui seront décernés :
- Au cultivateur, viticulteur ou maraîcher qui, cultivant son bien ou le bien d’autrui en qualité de colon à mi-fruits ou à prix d’argent, avec les bras de sa famille, soit seul, soit avec un ouvriers plus, donnera le meilleur exemple par sa conduite, son assiduité au travail, par l’ordre dans son ménage et qui, par l’application des meilleures méthodes de culture et de l’outillage le plus perfectionné,' aura réalisé les meilleurs résultats dans sa petite exploitation.
- Ce prix sera décerné alternativement et successivement dans chacun des départements de la région du Sud-Est; d’abord dans la Drôme, puis dans l’Isère, etc., etc.
- Ce prix aura une certaine importance, il constituera une petite fortune pour celui qui l’obtiendra, et fera bénir le bienfaiteur par les familles laborieuses du pays.
- La Société joindra à la récompense pécuniaire une médaille d’argent qui en perpétuera le souvenir dans les familles.
- Pour atteindre le but et empêcher le prix d’aller à de gros cultivateurs, il
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- faudra tenir la main à ce que les concurrents soient ceux qui cultiveront leur
- bien avec leurs bras, seuls ou avec l’aide d’un ouvrier au plus (homme ou femme).
- SUCCESSION DES PRIX.
- 1er prix en 1889 pour l’invention dans les départements de la région Sud-Est.
- — 1891 prix de petite culture dans la Drôme.
- — 1893 — — dans l’Isère.
- — 1895 pour l’invention dans toute la France.
- — 1897 prix de petite culture dans l’Ardèche.
- — 1899 — — dans le Rhône.
- — 1901 pour l’invention dans les départements de la région Sud-Est.
- — 1903 prix de petite culture dans la Savoie.
- — 1905 prix de petite culture dans la Haute-Saône. Etc.
- , PRIX MELSENS.
- M1*0 veuve Melsens, voulant perpétuer la mémoire de M. Melsens, son mari, a donné à la Société une somme de 5 000 francs, pour fonder un prix destiné à récompenser l’auteur d’une application de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène.
- Ce prix sera décerné tous les trois ans, à partir de 1889; sa valeur sera de 500 francs.
- PRIX SPÉCIAUX PROPOSÉS ET MIS AU CONCOURS
- POUR ÊTRE DÉCERNÉS DANS LES ANNÉES 1890 ET 1891
- ARTS MÉCANIQUES.
- 1° Prix de 2000 francs pour un petit moteur destiné à un atelier de famille, fonctionnant isolément ou rattaché à une usine centrale.
- On a souvent signalé l’intérêt qu’il y aurait, pour le petit fabricant en chambre, à se procurer commodément et à bon marché, toutes les fois qu’il en aurait besoin, la petite quantité de travail pour laquelle il a ordinairement recours à l’assistance momentanée d’un tourneur de roue.
- Un prix est proposé, dans ce but, pour un moteur à arbre rotatif, pouvant mettre à peu de frais, à la disposition de l’ouvrier en chambre, un travail de 6 à 20 kilogrammètres par seconde. Les dispositions proposées devront permettre
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- de faire varier, entre ces limites, la puissance disponible, sans présenter de trop grands écarts dans le rendement; et, s’il est possible, elles devront se prêter aux vitesses les plus convenables, suivant la nature de l’opération à effectuer.
- La solution de cette question aurait pour conséquence de favoriser le travail en famille.
- La Société a décerné quatre fois ce prix : la première fois, à un moteur hydraulique utilisant l’eau des conduites d’une ville ; la deuxième, à un moteur à vapeur; la troisième, à un moteur à gaz; et la quatrième, à un système de transmission de force à domicile. Elle désirerait voir varier la forme et le mode d’action des moteurs qui peuvent recevoir des applications du même genre, et elle a maintenu ce prix au concours pour 1890.
- 2° Prix de 2000 francs pour les progrès à réaliser dans la filature mécanique
- du lin et du chanvre.
- La filature mécanique du lin, dont la prospérité a été surtout la conséquence de la crise cotonnière, laisse encore à désirer. Elle n’atteint pas la limite de finesse obtenue par la main; ses métiers sont plus volumineux, plus lourds, plus chers que ceux des autres filatures. L’intervention de l’eau chaude est indispensable, si ce n’est pour les gros fils, et la force motrice dépensée est bien plus grande, à numéro égal, pour le lin que pour les autres substances textiles.
- Ces faits constituent des inconvénients graves ; ils compliquent les opérations, limitent l’échelle des produits, entraînent à des dépenses considérables, rendent le travail insalubre et expliquent la lenteur du développement normal de l’industrie du chanvre et du lin, qui intéresse particulièrement les pays agricoles. La Société pense que la plupart de ces obstacles tiennent à l’insuffisance de l’assou-plissage et de la désagrégation mécanique et physique des filasses du chanvre et du lin, et que, mieux divisées, celles-ci pourraient se filer à une plus grande finesse, ou bien à finesse égale, avec une dépense moindre et une production supérieure. De légères modifications aux machines en usage suffiraient en ce cas pour procurer les résultats désirés. La division de la matière première devrait néanmoins se borner à une désagrégation physique de la masse des fibres, sans atteindre les inconvénients connus de la cotonisation chimique.
- Certains systèmes de rouissage se rapprochent du but par l’état dans lequel ils mettent la substance filamenteuse. S’ils ne sont pas encore répandus dans la pratique, c’est que les filateurs répugnent à tout essai qui les obligerait à modifier des machines coûteuses, dont le fonctionnement normal est nécessaire à l’établissement.
- La Société d’Encouragement propose un prix de 2 000 francs en faveur de l’industriel qui, le premier, produira, mécaniquement et d’une façon courante, des fils de lin d’une finesse dépassant 100 000 mètres au kilogramme ou des fils de chanvre de 15 000 mètres au kilogramme. La production de ces fils dans tous les numéros sera obtenue avec une économie de 15 pour 100 au moins sur la force motrice, et avec une diminution telle dans la température de l’eau, si
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- l’action de la chaleur restait nécessaire, qu’il n’en résulte pas de buée sensible.
- Pour avoir droit au prix proposé, il faudra avoir livré à la consommation au moins pour vingt mille francs de fils de lin ou de chanvre dans les conditions ci-dessus énoncées.
- Dans le cas où le progrès serait atteint par suite de l’emploi de filasses rouies par l’un des procédés existants, la Société se réserve d’accorder à son auteur une récompense spéciale sous forme de médaille ou de prix.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 3° Prix de 3000 francs pour le moyen de transporter à grande distance
- les forces mécaniques naturelles.
- Les cours d’eau offrent une force motrice considérable, qu’il est souvent facile de recueillir dans les montagnes où des chutes naturelles permettent d’éviter des constructions dispendieuses. Mais souvent les alentours de ces chutes ne se prêtent pas à l’établissement d’usines ou à l’installation de leurs populations ouvrières. Il en résulte que beaucoup d’entre elles ne sont pas actuellement utilisables.
- La Société d’Encouragement voudrait voir les inventeurs tourner leurs investigations vers la réalisation économique du transport, direct ou indirect, de la force motrice à de grandes distances. Selon l’importance des applications économiques qui lui seraient soumises, elle accorderait à ces solutions des prix de 1 000 à 3 000 francs.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890, à la plus importante des applications de cette nature que la Société aura été appelée à constater.
- 4° Prix de 2000 francs pour /’application à la mouture des grains de procédés donnant des résultats meilleurs que le système habituel.
- Depuis quelques années, on applique des procédés de mouture qui donnent des résultats supérieurs à ceux que fournissent communément les meules.
- La Société d’Encouragement pense qu’il est d’un grand intérêt pour la prospérité de la meunerie en France, soi^d’appliquer promptement les procédés perfectionnés connus actuellement ou d’autres meilleurs, soit d'améliorer l’ancien système, de façon à obtenir des résultats plus avantageux.
- En conséquence, la Société met au concours un prix de 2 000 francs, qui sera décerné à l’industriel qui aura fait, en France, à la minoterie, l’application la plus considérable et la mieux entendue, soit de nouveaux procédés, soit de perfectionnements aux procédés actuels, et qui sera parvenu par là à produire des farines dans les conditions les plus avantageuses.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 3° Prix de 2000 francs pour un moteur à combustible liquide.
- Les moteurs thermiques dont le fonctionnement repose sur l’usage des combustibles gazeux se sont beaucoup répandus dans l’industrie depuis quelques
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- années. II n’en est pas de même des moteurs utilisant les combustibles liquides ; quelques tentatives seulement ont été faites pour substituer, dans des machines analogues aux machines à gaz, les vapeurs des essences volatiles au gaz de l’éclairage. Dans un grand nombre de circonstances, l’emploi d’un combustible liquide pour obtenir la force motrice serait fort avantageux.
- Désirant appeler les recherches des inventeurs dans cette direction, la Société d’Encouragement propose un prix de 2 000 francs pour une machine empruntant son mouvement à la chaleur développée par un combustible liquide. Le combustible utilisé pourra être fixe ou volatil. Il est bien entendu que l’action motrice ne sera pas développée par l’intermédiaire de la vapeur d’eau, solution déjà connue et pratiquée.
- Le prix ne pourra être attribué qu’à des moteurs d’une puissance de plusieurs chevaux ayant déjà fonctionné en marche industrielle pendant plus de trois mois.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 6° Prix de 3000 francs pour le meilleur dispositif d'accumulateurs
- hydrauliques.
- L’une des créations qui ont le plus contribué, dans ces derniers temps, à augmenter la puissance des effets mécaniques qu’il nous est donné d’atteindre, et en môme temps à en varier les résultats, est celle des accumulateurs hydrauliques, destinés à soumettre l’eau à de hautes tensions et à produire sur place ou à distribuer à distance, sous cette forme, l’énergie et les plus grandes puissances. Le dernier mot n’a sans doute pas encore été dit dans cette voie, et la Société d’Encouragement serait heureuse de contribuer par un de ces prix à provoquer, dans cet ordre de questions, quelque perfectionnement important.
- Un prix de 3 000 francs récompensera donc le dispositif d’accumulateurs qui sera jugé le meilleur dans son ensemble, ou qui présentera le perfectionnement qui sera jugé avoir le plus de valeur parmi ceux qui auront été brevetés ou dûment constatés depuis le 1er janvier 1880. On appelle notamment l’attention sur la question des accumulateurs àpouvoir multiple, qui évitent une dépense constante d’énergie motrice pour la production de résultats dont la variabilité expose sans cela à des pertes sérieuses. Le prix pourra également être attribué à une application directe de ces appareils présentant elle-même le caractère de perfectionnement qui vient d’être défini. On n’admettra du reste à ce concours que des appareils fonctionnant industriellement et qu’il soit possible de voir à l’œuvre, mais non des projets sur le papier.
- Le prix de 3 000 francs sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 7° Prix de 3000 francs pour l’exécution rapide et économique des sondages profonds.
- Les sondages rendent de grands services pour les recherches géologiques, pour l’exploration des gisements souterrains, pour l’obtention de l’eau, pour l’exploitation de certains produits solides, liquides ou gazeux.
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- Augmenter la rapidité des sondages à grande profondeur, en rendre moins aléatoires l’exécution et la conservation, en diminuer la dépense, serait bien certainement accroître le nombre des cas où le sondeur peut intervenir utilement.
- La Société d’Encouragement voudrait voir s’accuser davantage ces améliorations dans l’art du sondage en France, et elle propose un prix de 3 000 francs pour cet objet.
- Pour avoir droit au prix proposé, le sondeur, Français ou étranger, devra avoir foré, en France ou dans une colonie française, au moins un sondage de 200 mètres de profondeur au minimum. Ce travail devra avoir été exécuté économiquement et en peu de temps. Les difficultés spéciales contre lesquelles on aura eu à lutter dans chaque cas entreront naturellement en ligne de compte dans l’appréciation de ces résultats.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 8° Prix de 3 OOO francs pour un procédé de rouissage industriel du lin
- et du chanvre.
- De nombreux procédés ont été proposés et essayés sans succès durable pour substituer des moyens manufacturiers aux diverses méthodes de rouissage rural (rouissage sur le pré, à l’eau courante, à l’eau stagnante). Sans oublier les expériences de Parent-Duchatelet, tendant à démontrer l’innocuité des eaux de rouissage, sans discuter les travaux d’autres hygiénistes sur le même sujet, il est incontestable que la pratique actuelle présente des inconvénients multiples.
- Non seulement l’émission dans les cours d’eau des liquides provenant des routoirs occasionne la destruction du poisson, mais, au point de vue même de la préparation des fibres, le rouissage, tel qu’il s’exécute généralement, se trouve soumis aux influences atmosphériques, et la qualité de la filasse est souvent altérée par une brusque variation de température.
- D’autre part, les objections faites aux rouissages manufacturiers tiennent : 1° à la difficulté de transporter, dans une usine plus ou moins éloignée des champs de culture, des poids considérables de tiges réparties sur les grands espaces; 2° au prix de revient élevé des traitements.
- A une époque où le personnel des campagnes se familiarise avec l’usage des engins mécaniques et des produits chimiques, où le coût de la main-d’œuvre augmente constamment, l’étude du problème mérite d’être reprise. En conséquence, la Société d’Encouragement propose un prix de 3 000 francs en faveur du procédé qui, tout en faisant du rouissage une opération manufacturière, permettra de traiter les tiges à proximité du lieu de la récolte. Le rendement en filasse, l’épuration et les qualités de la fibre, l’économie de la main-d’œuvre, devront compenser tout au moins le supplément de dépenses occasionné par l’adoption des moyens nouveaux.
- Le prix ne pourra être décerné avant la justification d’une exploitation indus-
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- trielle de deux campagnes, au minimum, et de l’utilisation, par la filature française, des produits rouis durant cette période.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 9° Prix de 3000 francs 'pour une monographie de la pulvérisation
- des liquides.
- La division des liquides à l’état de particules extrêmement fines, ou poussière, s’obtient par des procédés variés. Il a été combiné pour la réaliser un grand nombre d’appareils dont la construction repose sur divers principes.
- Une des grandes applications de la pulvérisation des liquides est l’emploi du pétrole au chauffage des générateurs à vapeur, des chaudières de locomotive et de bateau, surtout en Russie. Parmi d’autres usages, on peut citer : le refroidissement de l’air dans les cylindres des compresseurs, l’entretien de la fraîcheur de l’atmosphère dans les habitations, l’administration de certains médicaments, l’emploi des parfums, l’humectation des tissus et des papiers, la production de certaines réactions chimiques.
- Mais l’emploi des liquides à l’état de poussière paraît appelé à rendre à l’industrie de plus nombreux services.
- La Société ne connaît pas d’ouvrage traitant d'une façon complète de la pulvérisation des liquides. Afin d’encourager les chercheurs à combler cette lacune, la Société met au concours un prix de 3 000 francs qui sera décerné en 1890 à la meilleure monographie de la pulvérisation des liquides. Les manuscrits, écrits en français, devront être déposés au siège de la Société avant le 31 décembre 1889.
- Les auteurs devront analyser le phénomène de la pulvérisation; discuter l’influence sur le résultat des diverses conditions qui le font varier; décrire, avec dessins à l’appui, les appareils existants ainsi que ceux qu’ils auraient pu combiner eux-mêmes ; faire connaître le rendement avec divers liquides des appareils décrits en établissant la variation de ce rendement suivant les pressions, les températures, l’état de ténuité recherché et la nature des liquides pulvérisés.
- Il sera naturellement tenu grand compte des travaux personnels des auteurs en matière d’expérimentation ou d’invention, surtout si ces travaux sont de nature à faciliter de nouvelles applications industrielles de la pulvérisation.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 10° Prix de 5 000 francs pour une machine motrice de 23 à 100 chevaux,
- dépensant au maximum, en travail courant, 7 kilogrammes de vapeur par heure
- et par cheval indiqué.
- L’importance toujours croissante de la machine à vapeur dans tous les travaux de l’industrie a amené, avec la généralisation de son emploi, des perfectionnements qui ont réduit successivement le chiffre de la consommation de vapeur par cheval.
- . La Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, qui a favorisé ce mou-
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- vement par le concours qu’elle a ouvert en 1848, n’a pas cessé, depuis lors, de suivre avec la plus vive sollicitude les améliorations que l’on a obtenues : elle serait heureuse d’avoir à constater de nouveau un progrès marqué.
- C’est dans ce but qu’elle a institué le prix proposé. Dans le cas où plusieurs concurrents atteindraient le même résultat, la préférence sera accordée à celui qui présentera la machine la plus légère et la moins chère. Les expériences devront durer assez longtemps pour que les faits constatés acquièrent une certitude suffisante, et ne pourront être faites que sur des machines ayant déjà fonctionné industriellement pendant une durée d’au moins six mois.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- ARTS CHIMIQUES
- 1° Prix de 2000 francs pour la préparation industrielle de l’ozone
- et pour ses applications.
- Schônbein a constaté l’existence d’une modification de l’oxygène à laquelle il a donné le nom d’ozone.
- Cette modification prend naissance, quand on électrise l’oxygène ou l’air; quand on dégage par certains procédés spéciaux l’oxygène des corps qui en contiennent; quand le phosphore, les essences et certains corps combustibles s’oxydent à froid ; enfin quand l’air est agité par les orages ou modifié par l’action de végétaux vivants.
- L’ozone possède, comme corps oxydant, une activité comparable à celle du chlore. Il oxyde l’argent à froid; il détruit instantanément une foule de substances organiques; il décolore les matières colorantes; il brûle les miasmes, etc. Il aurait tous les avantages du chlore sans en avoir peut-être les inconvénients.
- Si l’industrie avait à sa disposition un procédé qui lui permît de produire l’ozone avec économie et de le conserver ou de l’utiliser facilement, elle pourrait en tirer un parti avantageux; car, après avoir agi sur les matières organiques, par exemple, l’ozone ne laisse que des substances inertes, l’eau et l’acide carbonique. Le chlore donne, comme on sait, de l’acide chlorhydrique, dont il faut se débarrasser ; de plus, il se substitue à l’hydrogène dans une foule de cas et crée ainsi des complications dont il faut tenir compte et que l’ozone ne fait jamais naître.
- La Société est disposée, en conséquence, à favoriser tout effort tendant à produire l’ozone avec économie et facilité, et donnant les moyens de récolte et de conservation nécessaires pour que ce corps remarquable puisse être mis régulièrement à la disposition de l’industrie.
- Le prix est proposé pour une solution complète du problème, mais la Société se réserve d’encourager toutes les tentatives sérieuses, soit de préparation, soit d’application.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
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- 2° Prix de 1 OOO francs pour l'utilisation des résidus de fabrique.
- Il fut un temps où les chimistes rejetaient, comme inutile et sans o’bjei, le résidu, le caput mortuum, de leurs opérations. En tenir compte fut une révélation qui, de proche en proche, conduisit de Glauber à Lavoisier, c’est-à-dire de la manipulation indécise à la théorie la plus sûre.
- Beaucoup d’industries en sont encore à cette période où les résidus de leurs travaux demeurent sans emploi et deviennent, par leur importance, l’occasion de troubles pour l’hygiène publique, ou de lourdes dépenses et de grandes gênes.
- Les laitiers des hauts fourneaux, les charrées des fabriques de soude, les eaux-mères des marais salants, etc., constituent des masses dont l’exploitation sollicite vivement l’attention de l’industrie.
- Tout emploi utile de ces matériaux dégrèverait d’une charge les industries qui les produisent, et réduirait d’autant le prix de revient de leurs produits, au profit du consommateur.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 3° Prix de 1 OOO francs pour de nouvelles applications des corps simples
- non métalliques.
- Le silicium, le bore, le brome, l’iode, le sélénium même, etc., sont des corps rares autrefois et peu connus, aujourd’hui faciles à obtenir et bien étudiés.
- Trouver à ces substances, qui sont douées d’aptitudes si diverses et si variées, des applications nouvelles, est un objet à la fois digne d’attention et de nature à répondre aux efforts tentés dans ce but.
- Le prix sera décerné en 1890.
- 4° Prix de 1 000 francs pour la découverte d'un nouvel alliage
- utile aux arts.
- La plupart des alliages employés dans l’industrie sont connus depuis longtemps. Cependant de nouveaux métaux ont été découverts, et l’un d’eux, l’aluminium, a fourni un bronze doué de qualités extraordinaires dont les arts et les beaux-arts tireront un parti considérable, lorsque son prix de revient le rendra accessible aux emplois communs de la vie.
- Le bronze d’aluminium, éminemment malléable et ductile, partage avec le fer et l’acier la propriété de se laisser forger à chaud et de pouvoir être soudé. Fusible à une température élevée, il se prête à tous les travaux de moulage. Il résiste mieux à l’air et aux agents d’oxydation que les bronzes ou laitons anciennement connus.
- Pourquoi les métaux nouvellement connus ne seraient-ils pas susceptibles de fournir aussi des alliages doués de qualités spéciales dignes de l’attention de l’industrie? Ce sont des études à entreprendre et des essais à tenter : la Société, en les provoquant, tiendra compte, du reste, de tout travail exact, faisant connaître
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- les propriétés des alliages anciens ou nouveaux, lors même que leurs auteurs n’auraient pas trouvé l’occasion de faire sortir de leurs recherches de nouvelles applications industrielles.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- o° Prix de 4000 francs pour la découverte de procédés capables de fournir, par des transformations chimiques quelconques, des espèces organiques utiles, telles que la quinine, le sucre de canne, etc.
- La chimie organique est en possession de doctrines et de méthodes pratiques au moyen desquelles on peut prévoir et réaliser la production, par voie de transformation, d’un grand nombre de substances. L’urée, l’huile d’amandes amères, l’huile volatile de reine-des-prés, l’alcool, l’acide des fourmis, les essences à odeur de fruit, etc., ont été reproduits au moyen de procédés certains, en partant de substances qui semblaient très éloignées de la composition de ces corps, et quelquefois avec autant d’économie que de facilité.
- Il n’y a pas de limites à ces sortes de créations, ou plutôt de ces nouveaux arrangements. Aux yeux de la théorie, il n’y a pas de différence entre la production de l’urée et celle de l’indigo ou de la quinine, entre celle de l’acide formique ou de l’alcool et celle du sucre de canne.
- Aux yeux de la pratique, il n’en est pas de même, et, tandis que les alcaloïdes artificiels connus demeurent presque tous d’un faible intérêt à ses yeux, la découverte de la quinine artificielle aurait un retentissement immense et rajeunirait la gloire de Pelletier et de Caventou.
- La Société d’Encouragement, convaincue que les progrès de la chimie organique permettent d’aborder ces sortes de problèmes, ne craint pas d’engager les chimistes à s’en occuper; s’ils n’atteignent pas le but, ils seront du moins récompensés de leurs efforts par des résultats scientifiques nouveaux.
- Elle fait remarquer, d’ailleurs, qu’il ne s’agit point de la découverte de procédés exploitables au point de vue commercial, mais de la découverte pure et absolue d’un moyen quelconque pour la formation artificielle d’une substance éminemment utile de l’ordre de celles qui sont citées plus haut.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 6° Prix de 3 000 francs pour la fabrication courante d'un acier ou fer fondu doué de propriétés spéciales utiles, par /’ incorporation d'un corps étranger.
- On sait par les recherches de Faraday que plusieurs métaux, le platine, le palladium, le chrome, etc., modifient les propriétés de l’acier, d’une façon notable, dans le cas où ces métaux ne sont alliés au fer qu’en minime proportion.
- Plus récemment, il a été constaté que les aciers sont rendus d’autant plus durs qu’ils renferment plus de tungstène. Leur ténacité statique s’accroît aussi; mais le métal devient plus aigre; il s’allonge moins. Les effets utiles ou nuisibles du
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- manganèse sur l’acier ont été signalés également dans ces derniers temps. Mais il y a loin encore de ces indications plus ou moins vagues à une fabrication régulière et courante.
- Cependant aujourd’hui que, grâce aux procédés Bessemer et Martin Siemens, l’emploi de l’acier et des fers fondus s’est considérablement élargi, l’attention se reporte de nouveau sur les travaux de Faraday. Il importe de connaître l’influence spéciale des métaux étrangers sur les propriétés du fer et de l’acier.
- La Société d’Encouragement, désirant favoriser ces études, décernera un prix de 3 000 francs à celui qui fabriquera, sur une large échelle, et qui aura fait accepter par les arts ou les ateliers de construction un fer fondu doué de propriétés spéciales par l’incorporation d’un corps étranger.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 7° Prix de 2000 francs pour la découverte et la mise en œuvre dlun procédé
- pour l'utilisation du tanin contenu dans des écorces ou autres matières premières
- non encore employées dans la tannerie.
- L’industrie de la tannerie semble limitée, dans son développement, par la difficulté qu’on a à se procurer du tanin à un prix convenable. La principale source de cette substance est l’écorce de chêne, et pour en augmenter la quantité, on a été amené à exploiter le chêne à courte période. Il serait désirable, au contraire, qu’on pût conserver à cet arbre une longévité qui développerait dans son bois des qualités précieuses et très recherchées, qu’on ne retrouve dans aucune autre essence indigène. L’écorce du châtaignier et le sumac, ainsi que d’autres arbustes, ont aussi servi à donner du tanin, mais ces substances ne sont pas en grande abondance et n’ont jusqu’à présent fourni que des quantités utiles très restreintes.
- Le tanin abonde cependant dans un grand nombre de substances végétales, surtout dans les écorces de beaucoup d’arbres; mais ses propriétés et son action y sont neutralisées par la présence d’autres principes, résineux ou extractifs, qui se sont opposés, jusqu’à présent, à ce que ces écorces puissent être utiles dans la tannerie. L’écorce des arbres résineux, par exemple, est très abondante et sans usage, et elle contient des quantités importantes de tanin; ces arbres sont, après le chêne, les plus communs dans les forêts françaises, et il est regrettable de voir détruire chaque année, sans profit, une grande quantité d’écorces qui contiennent des matières précieuses.
- La Société désire provoquer la recherche de procédés, chimiques ou autres, par lesquels on puisse écarter ces principes étrangers, mettre en évidence et à l’état actif le tanin renfermé dans ces écorces ou autres substances végétales. Elle constatera l’emploi industriel qui en aura été fait dans la tannerie, et décernera un prix de 2 000 francs à l’auteur du procédé le plus avantageux et le plus employé.
- Ce prix sera délivré, s’il y a lieu, en 1890.
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- 8° Prix de 2000 francs pour la substitution à Vacide sulfurique dans la teinture, et notamment dans la teinture des soies, d’un autre composé donnant aux
- fibres l’apprêt voulu, mais n exerçant pas sur elles la même action destructive.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 9° Prix de 1 000 francs pour un nouvel emploi industriel d’une substance minérale quelconque abondante et à bas prix.
- La craie, la chaux, le plâtre, l’argile, la silice, le sulfate de soude, le sulfate de baryte, le granit et les roches granitoïdes altérées, les argiles, le fluorure de calcium, le phosphate de chaux, le sel marin, le sulfate de fer, les minerais de fer, etc., sont autant de substances dont tout emploi nouveau crée une richesse, suscite un commerce, développe des trafics de transport et fournit à la population de nouvelles sources de bien-être.
- Trouver de nouveaux emplois à l’une quelconque des substances de cet ordre, constitue donc une amélioration industrielle intéressante que la Société veut provoquer, et qu’elle désire trouver l’occasion d’encourager ou de récompenser.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890, à la plus importante des applications de cette nature que la Société aura été appelée à constater.
- 10° Prix de 1000 francs pour clés perfectionnements apportés en France ci la production et ci l’exploitation des cendres de varech.
- La récolte et l’incinération des plantes marines, ainsi que la séparation des différentes matières qui composent leurs cendres, sont l’objet d’une industrie des plus dignes d’intérêt. Les cendres de varech sont, en effet, préparées par quantités considérables sur la côte de Bretagne, qui, avec le littoral de l’Ecosse, fournit à peu près la totalité des végétaux marins utilisés en Europe. La récolte de ces végétaux est, pour les populations bretonnes, la source de revenus importants.
- Cette industrie s’est établie en France dès la fin du xvne siècle. Elle a d’abord fourni au commerce un mélange de sels alcalins employé par les verriers. Plus tard, elle a isolé le chlorure et le sulfate de potassium. Enfin l’extraction de l’iode a déterminé sa prospérité et son développement.
- La découverte des gisements de sels potassiques de Stassfurt est venue, vers 1862, porter un coup sensible aux lessiveurs de cendres, en avilissant le prix de leurs principaux produits. Plus récemment, l’extraction de l’iode des eaux-mères du nitrate de soude du Pérou a diminué beaucoup la valeur de ce métalloïde, qui entre pour une partie importante dans les revenus de l’exploitation des varechs. Cette dernière se trouve donc atteinte de plusieurs côtés. Menacée de disparaître et d’entraîner dans sa ruine les populations intéressantes qu’elle fait vivre, elle doit suivre l’exemple de beaucoup d’autres industries chimiques et se modifier profondément.
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- Elle peut retrouver son ancienne prospérité, d’une part en augmentant la richesse de sa matière première, d’autre part en perfectionnant les procédés de traitement des cendres.
- Déjà les fabricants ont indiqué les bases de cette rénovation de leur industrie. Depuis quelques années, ils ont donné plus d’attention aux conditions dans lesquelles sont préparées les cendres de varech. Comparant entre eux, au point de vue de leurs richesses en iode et en sels de potasse, les divers goémons qui croissent sur la côte française, ils ont distingué les bonnes espèces des mauvaises. Ils ont aussi cherché à reconnaître l’influence dumode de récolte ainsi que celle des saisons.
- Ils se sont occupés également de l’incinération. Cette opération entraîne, dans les conditions réalisées aujourd’hui, une déperdition d’iode ou une consommation de combustible trop considérables.
- Enfin la séparation des sels qui constituent les cendres se fait actuellement par des moyens peu différents de ceux en usage il y a fort longtemps. 11 est permis de penser que cette partie du traitement doit pouvoir profiter des connaissances acquises dans la statistique des solutions salines. Certaines fabrications voisines fournissent sur ce point des indications précieuses.
- La Société d’Encouragement, désirant favoriser les recherches susceptibles de rendre à nouveau cette industrie florissante, décernera un prix de 1 000 francs à celui qui aura mis en pratique, dans une fabrication réellement industrielle et d’une importance notable, des procédés de production ou de traitement des cendres de varech réalisant un progrès sensible sur ceux qui ont été employés jusqu’à ce jour.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 11° Prix de 2000 francs et de ÎOOO francs pour la fabrication
- industrielle, en France, de l’acide sulfurique fumant et de l’acide sulfurique
- anhydre.
- La fabrication de l’acide sulfurique de Nordhausen a été jusqu’ici le monopole de quelques fabriques de l’Allemagne. La consommation était d’ailleurs limitée à l’emploi qu’on en faisait pour dissoudre l’indigo. Aujourd’hui que l’acide fumant est, pour ainsi dire, indispensable à la production de corps importants tels que l’alizarine artificielle, il serait utile que nos industriels, au lieu de faire venir de loin et à grands frais un produit dont l’usage s’étend déjà beaucoup et s’étendra certainement encore plus dans l’avenir, pussent le tirer des fabriques nationales d’où ils tirent leurs autres produits.
- La Société d’Encouragement a décidé qu’un prix de 2 000 francs serait décerné au fabricant qui produirait le premier, en France, l’acide fumant ou l’acide anhydre, par un procédé plus économique que ceux qui ont été appliqués jusqu’ici.
- Elle accordera une prime de 1 000 francs à l’industriel qui aura mis en œuvre l’une des méthodes déjà connues, en établissant, en France, une fabrication régulière et suffisamment importante.
- Ces prix seront décernés, s’il y a lieu, en 1890.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Juin 1889.
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- 12° Prix de 4000 francs pour une application utile des métaux peu employés jusqu’ici dans l’industrie.
- Depuis quelques années, les métaux soupçonnés par les anciens chimistes ont été mis à nu, d’autres métaux curieux ont été découverts, d’autres enfin, réputés rares, sont devenus communs par suite de la découverte de nouveaux gisements ou de perfectionnements dans leur métallurgie. Le calcium, le magnésium, le baryum, le strontium sont très répandus à la surface de la terre; le thallium et les nouveaux métaux alcalins sont rares, mais doués de caractères spécifiques qui les recommandent à l’attention des expérimentateurs.
- Il est impossible que le génie de l’homme laisse sans emploi des métaux aussi communs que le calcium, aussi étranges que le thallium, aussi rapprochés des métaux nobles par leur densité, leur éclat ou leur inaltérabilité, que le palladium, le nickel, le cobalt, le chrome, etc.
- La Société voudrait susciter des travaux dans cette direction. Elle récompensera donc tout effort utile tenté en vue de préparer et d’utiliser les nouveaux métaux, laissant les expérimentateurs libres de choisir leur voie.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 13° Prix de 2000 francs pour de nouveaux progrès réalisés dans la fabrication du chlore.
- La fabrication de la soude subit, en ce moment, une grave transformation. Au procédé de Le Blanc tend à se substituer, de tous côtés, le procédé de fabrication qui repose sur la décomposition à froid du chlorure de sodium par le bicarbonate d’ammoniaque.
- L’exploitation de ce procédé, tenté déjà à plusieurs reprises, et notamment en 1855, par MM. Schlcesing et Rolland, a, depuis quelques années, pris rang définitivement parmi les grandes industries chimiques, et, dès à présent, elle livre au commerce des quantités de sel de soude dont le prix de revient est, dans une large mesure, inférieur au prix de revient de la soude fabriquée par le procédé Le Blanc.
- Cependant le développement de cette nouvelle industrie se trouve forcément limité par la nécessité, pour la fabrication des produits chimiques, de fournir aux arts non seulement le sodium, mais encore le chlore que le sel contient. En effet, tandis que, dans le procédé Le Blanc, le manufacturier, par la production du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique, utilise ces deux éléments, on voit, dans les procédés à l’ammoniaque, tout le chlore évacué à l’état de résidus et généralement sous la forme de chlorure de calcium. D'où résulte, d’une façon nécessaire et dans une mesure fixée par les besoins du blanchiment, de la papeterie, etc., la conservation actuelle du procédé ancien en face du procédé nouveau.
- Il en serait autrement si, résolvant un problème jusqu’ici considéré comme insoluble, la fabrication des produits chimiques parvenait à retirer des résidus
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- laissés par la fabrication de la soude à l’ammoniaque, le chlore que ceux-ci emportent à l’état inutile. Complétés par cette découverte, les procédés à l’ammoniaque exerceraient une influence de premier ordre sur la valeur des produits chimiques de grosse fabrication, qui, pour nombre d’industries, sont de véritables matières premières, en même temps que la salubrité publique trouverait tout avantage à la suppression de résidus que jusqu’ici les manufacturiers sont obligés d’évacuer dans les cours d’eau.
- La Société d’Encouragement, préoccupée des conséquences importantes qu’entraînerait l’utilisation de ces résidus, propose un prix de 2 000 francs pour celui qui parviendra à en retirer, industriellement, le chlore qu’ils contiennent.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 14° Prix de 3000 francs pour la fabrication de verres destinés aux opérations
- chimiques.
- On sait le rôle important que joue le verre dans la construction des instruments de toutes sortes employés par les chimistes et les industriels dans leurs laboratoires. Le verre destiné à ces usages doit présenter des qualités spéciales que n’offrent pas, en général, les verres préparés pour la gobeletterie. Leur composition doit être telle que, tout en se prêtant aux divers travaux et opérations de laboratoire, ils présentent des conditions de fusibilité et d’inaltérabilité en rapport avec les usages auxquels ils sont destinés. Ils doivent être travaillés dans des conditions d’épaisseur, de forme et de légèreté spéciales. Il est malheureusement certain que les verriers et constructeurs français ne se sont pas encore préoccupés sérieusement de cette question, qui est résolue dans plusieurs pays étrangers.
- La Société propose un prix de 3 000 francs pour celui qui aura constitué une fabrication de verrerie de laboratoire satisfaisant aux conditions qui viennent d’être énoncées.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 13° Prix de 3000 francs pour la fabrication de grès cérames.
- Les poteries que Brongniart a désignées sous le nom de grès cérames présentent des propriétés précieuses, qui permettent de les employer à un grand nombre d’usages. Elles sont solides, dures, imperméables; elles peuvent être fabriquées sous de grandes dimensions, et elles se prêtent, dans l’industrie et dans les constructions, aux applications les plus variées et les plus utiles. La fabrication des grès cérames a été portée à un haut degré de perfection à l’étranger. Il serait désirable que les grès français pussent être obtenus dans des conditions de qualités et de prix qui leur permissent de lutter contre la concurrence étrangère.
- La Société propose un prix de 3 000 francs, qui sera décerné au fabricant qui aurait satisfait à ces conditions.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
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- 16° Prix de 2000 francs pour la fixation de l'azote de l’air, sous forme d’acide nitrique, d'ammoniaque ou de cyanogène.
- L’azote de l’air intervient-il d’une manière directe dans les phénomènes de la nitrification, dans la formation de l’ammoniaque atmosphérique et dans la production des matières organiques azotées d’origine végétale? Ce sont des questions qu’il appartient à la théorie de résoudre.
- Mais l’azote de l’air existe en quantités immenses autour de la terre, et il est à la disposition de l’homme. Il reste seulement à le fixer sous l’une des trois formes qui permettent à l’agriculture et à l’industrie d’en tirer parti : acide nitrique, ammoniaque, cyanogène. Il importe peu laquelle des trois combinaisons serait réalisée directement, puisque les procédés connus de la chimie permettent de passer avec facilité de l’un quelconque de ces composés aux autres.
- Cette fixation peut, d’ailleurs, être faite de plusieurs manières. Ainsi on sait, par des expériences déjà fort anciennes de Curandau, qu’un mélange de potasse et de charbon, calciné fortement au contact de l’air, peut absorber de l’azote en donnant naissance à du cyanure de potassium. M. Desfosses a confirmé et étendu cette observation de Curandau, Journal de pharmacie, 1828, et a fait pressentir qu’elle pourrait recevoir une application dans l’industrie. Plus tard, en effet, la formation du cyanure de potassium au moyen de l’azote de l’air a été proposée et même effectuée très en grand à Newcastle, comme base d’un procédé pour la fabrication du prussiate de potasse ferrugineux. Il paraît que les pertes résultant de la volatilité du cyanure de potassium, à la haute température nécessaire pour sa production, ont fait renoncer à l’emploi de ce procédé, mais d’autres cyanures moins volatils pourraient être mis à profit et servir de base à la préparation subséquente du bleu de Prusse et des cyanures industriels.
- D’autres procédés pourraient être employés pour obtenir des nitrates ou des sels ammoniacaux.
- On sait, d’autre part, avec quelle facilité ces divers produits peuvent, dans des conditions favorables, faciles à réaliser, transformer leur azote en carbonate d’ammoniaque.
- Or le carbonate d’ammoniaque constitue la combinaison dans laquelle l’azote se trouve le plus communément dans les engrais résultant des matières animales en décomposition, c’est celle sous laquelle il paraît le plus propre à fertiliser le sol auquel on le mélange.
- Le problème qu’il s’agit de résoudre, et dont on possède aujourd’hui une solution scientifique, serait d’obtenir, industriellement, le cyanure de potassium ou tout autre composé azoté dans des cond itions économiques acceptables, même pour la fabrication des engrais factices, en empruntant l’azote à l’air atmosphérique, à l’exclusion de toute matière animale.
- C’est à ce point de vue que la Société d’Encouragement propose un prix de 2 000 francs pour la fabrication économique, au moyen de l’azote de l’air, soit
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- des nitrates et des sels ammoniacaux, soit du cyanure de potassium ou des cyanures analogues.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 17° Prix de 3000 francs pour la préparation artificielle du diamant noir
- compact.
- La chimie a prouvé que le carbone ou charbon, le graphite ou plombagine et le diamant constituent des substances identiques. La conversion du diamant en plombagine s’effectue très facilement; l’inverse, c’est-à-dire la conversion du charbon et de la plombagine en diamant, est certainement possible.
- Mais, si le charbon pouvait être changé en un corps dur, identique au diamant, il ne s’ensuivrait pas que ce diamant fût cristallisé et comparable aux diamants des joailliers.
- L’industrie resterait indifférente, du reste, à la découverte d’un moyen propre à réaliser la cristallisation du charbon; elle ne le serait pas à la découverte d’un moyen d’obtenir le charbon en masses dures et amorphes, comparables au diamant noir; car elle y trouverait le meilleur agent pour attaquer et pour polir les corps les plus durs.
- Les détails connus sur le gisement du diamant, et surtout du diamant carbonique, sont encore extrêmement incomplets. L’un et l’autre se trouvent, et sou-vent ensemble, dans des sables d’alluvion provenant de la désagrégation de roches plus ou moins anciennes, qui sont elles-mêmes des terrains de transport. Nous ne possédons aucune notion certaine sur la gangue primitive du diamant, et nous ne connaissons aucune différence de gisement qui permette d’entrevoir une différence correspondante dans le mode de formation de la variété cristalline et de la variété compacte.
- Nous savons seulement qu’il existe des variétés d’anthracite d’une dureté singulière.
- On pourrait, de là, être conduit à penser que les causes qui ont donné naissance à l’anthracite commun, étant modifiées, auraient pu lui assigner une dureté qui le rapprocherait plus ou moins du diamant carbonique.
- La Société d’Encouragement attache une si grande importance à la fabrication du diamant noir, qu’elle se réserve de récompenser libéralement celui qui par une étude plus approfondie du gisement des diamants noirs ou cristallisés, aurait fourni un point de départ plus sûr aux recherches expérimentales relatives à la production artificielle de cette substance précieuse.
- Tout procédé qui permettrait de réaliser cette production serait considéré, d’ailleurs, à quelque prix qu’elle fût effectuée, comme un progrès considérable, promettant pour l’avenir, aux ateliers, un moyen d'action d’une grande puissance pour le travail du fer, de la fonte, de l’acier et des pierres et serait couronné en conséquence.
- Le prix sera décerné, s'il y a lieu, en 1890.
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- 18° Prix de 3000 francs pour une étude expérimentale des propriétés physiques ou mécaniques d’un ou plusieurs métaux ou alliages, choisis parmi ceux
- qui sont d’un usage courant.
- La plupart des procédés industriels reposent sur F utilisation de certaines propriétés des corps (coefficient de dilatation, ténacité, malléabilité, fusibilité, etc.) dont le rôle est généralement connu d’une façon purement qualitative. 11 serait très important de posséder des mesures précises de ces diverses grandeurs, qui permettent d’apprécier exactement leur influence individuelle. Pour ne citer qu’un exemple, on sait que dans le moulage de la fonte une des plus grandes difficultés que l’on rencontre provient du retrait du métal; or, aujourd’hui, l’on ne possède aucune donnée précise sur la loi de dilatation de la fonte et même les expériences capitales de Gore sur les changements brusques de volume que les fers, aciers ou fontes éprouvent au rouge n’ont pas été reprises et sont complètement tombées dans l’oubli.
- La Société espère que la création d’un prix de 3 000 francs encouragera les recherches dans cette voie. Elle se réserve de partager le prix ou de n’en accorder qu’une partie suivant la valeur des travaux qui lui seront soumis.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 19° Prix de 3000 francs pour une étude scientifique d'un procédé industriel dont la théorie est encore imparfaitement connue.
- Un grand nombre d’industries se développent d’une façon purement empirique; les procédés permettant d’obtenir un résultat donné sont connus souvent bien longtemps avant qu’on ne soupçonne la nature ou l’enchaînement des phénomènes mis en jeu. Leur connaissance exacte présenterait pourtant un grand intérêt au point de vue industriel en réduisant le nombre des tâtonnements nécessaires pour arriver à réaliser de nouveaux perfectionnements.
- La Société propose un prix de 3 000 francs pour le meilleur travail qui lui sera soumis; elle se réserve de partager le prix ou même d’en différer l’attribution. Les mémoires les plus intéressants pourront être publiés en entier, ou par extrait dans les bulletins de la Société.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 20° Prix de 4 000 francs pour une publication utile à l’industrie chimique ou métallurgique (traités, mémoires).
- Les progrès rapides de l’industrie font que les traités technologiques cessent, peu de temps après leur publication, d’être au courant des plus récents perfectionnements. La publication de semblables traités présente un grand intérêt pour les industriels qui ne peuvent se tenir au courant des progrès réalisés que par la lecture de mémoires dispersés de tous côtés et difficiles à se procurer.
- A côté des traités purement descriptifs où l’énumération des recettes et pro-
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- cédés particuliers à chaque industrie tient une place prépondérante, il est une catégorie d’ouvrages plus utiles encore au progrès de l’industrie et dont la publication ne saurait être trop encouragée. Ce sont les traités qui font surtout connaître les principes et les méthodes scientifiques des divers procédés industriels, c’est-à-dire montrent comment ces procédés peuvent se déduire de quelques faits plus simples et plus généraux, susceptibles de mesures précises, tels que réactions chimiques, propriétés physiques, dont les expériences de laboratoire ont permis l’étude rationnelle. — La publication d’un traité de chimie métallurgique résumant les travaux parus sur ce sujet dans ces vingt dernières années rendrait les plus grands services à l’industrie française.
- La Société d’Encouragement propose pour de semblables publications un prix de 4 000 francs qu’elle se réserve de diviser. Il ne sera accordé de récompense qu’aux ouvrages d’un mérite réel dont les auteurs auront fait preuve d’une compétence spéciale sur les sujets qu’ils traitent.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 21° Prix de 3 000 francs 'pour une étude scientifique de la combustion dans les fours chauffés par gazogènes.
- Depuis les travaux classiques d’Ebelmen sur l’emploi des combustibles gazeux, il n’a été fait en France aucune recherche d’ensemble sur un sujet si important. Ce mode de chauffage, actuellement appliqué dans les industries les plus variées, est appelé à prendre un développement de jour en jour plus grand et à se substituer complètement au chauffage direct par grille. Les analyses de gaz qui ont été faites, quoique très nombreuses, présentent généralement peu d’intérêt. Elles sont toujours incomplètes, un des éléments importants, l’eau, n’étant jamais dosé; elles se rapportent à des gaz dont les conditions de production ne sont pas spécifiées, et un grand nombre d’entre elles ne présente aucune garantie d’exactitude.
- Il serait très important d’avoir une série d’analyses complètes, se rapportant à des gaz obtenus dans des conditions parfaitement déterminées, comme composition chimique du combustible solide, poids d’eau vaporisée sous la grille, durée de séjour des gaz au contact du charbon, température du gazogène. Des analyses des produits de la combustion devraient être faites parallèlement en les rapprochant de la durée de séjour des flammes dans les fours, de la température de ce dernier, de la vitesse relative d’arrivée des gaz et des sections et positions relatives des carneaux d’émission.
- De semblables données numériques seraient très utiles à l’industrie en faisant connaître par avance les résultats que l’on peut attendre d’un combustible donné, et plus encore en faisant ressortir la nécessité absolue des analyses fréquentes de gaz pour la conduite des gazogènes, — analyses dont l’utilité pratique est loin d’être admise comme elle devrait l’être.
- La Société d’Encouragement propose pour une semblable étude un prix qui
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- pourra s’élever à 3 000 francs. On attachera moins d’importance au nombre des résultats d’expérience obtenus qu’à la précision des analyses, et au soin avec lequel les conditions déterminantes des phénomènes auront été mises en évidence.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 22° Prix de 3 000 francs pour une étude scientifique des propriétés des divers produits hydrauliques.
- La connaissance des méthodes d’essais permettant avec certitude d’apprécier a priori les qualités des chaux et ciments hydrauliques au point de vue de leur emploi aurait une importance considérable. Tous les industriels, fabricants de ciment et tous les ingénieurs consommateurs de ciment sont unanimes sur ce point. En l’état actuel, malheureusement, on en est réduit à des procédés d’essai essentiellement irrationnels et ne donnant le plus souvent que des résultats illusoires. Après avoir constaté que certains ciments reconnus de bonne qualité par un long usage dans les travaux, présentaient certaines qualités de densité, de résistance mécanique, de durée de prise, susceptibles de mesure, on exige par les cahiers des charges des densités, des résistances de môme grandeur. Mais ces propriétés, étant indépendantes de qualités qui sont utiles dans les travaux, peuvent être obtenues par les fabricants avec des ciments médiocres.
- La première qualité d’un ciment est de résister le plus longtemps possible à l’action désagrégeante des actions externes ou internes qui concourent pour sa ruine : gonflement postérieur à la prise de chaux mal éteinte, action de la gelée, de la chaleur combinée à la sécheresse; circulation superficielle ou interne d’eau douce, d’eau de mer, etc. Mais il importe fort peu de savoir si un ciment auquel on ne demandera jamais de travailler à plus de 2 ou 3 kilog. par centimètre carré aura résisté dans les essais à 500 kilog. et plus. La résistance inégale des divers ciments à ces actions désagrégeantes est la conséquence de certaines propriétés physiques et chimiques qui pourraient sans doute être mises en évidence, si on en connaissait la nature, par des essais appropriés.
- Parmi les propriétés dont une étude complète serait utile à ce point de vue, on peut citer, mais seulement à titre d’exemple et sans pensée limitative, le durcissement comparé dans l’eau froide et l’eau chaude; l’influence sur la résistance de la dessiccation dans l’air à des températures plus ou moins élevées ; la perméabilité avec étude simultanée de l’action décomposante d’eau distillée, d’eau douce, d’eau de mer et de dissolutions salines variées; les variations de volume liées au phénomène de durcissement ainsi que celles qui dépendent des pressions extérieures auxquelles les mortiers sont soumis.
- La Société d’Encouragement propose pour de semblables études un prix qui pourra s’élever à 3 000 francs.
- Ce prix sera donné, s’il y a lieu, en 1890.
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- 23° Prix de 3000 francs pour une étude sur la dilatation, l'élasticité et la ténacité des pâtes et couvertes céramiques.
- Les différents produits céramiques présentent au point de vue de la solidité des qualités bien différentes. Les porcelaines et les grès peuvent être environ dix fois plus résistants que les terres cuites et faïences communes; l’addition de fondant à la pâte des faïences fines leur donne à ce point de vue une situation intermédiaire entre les produits extrêmes. Des mesures précises de résistance à l’écrasement, à l’arrachement ou à la flexion de ces divers produits seraient évidemment très utiles si elles étaient rapprochées de la nature et de la proportion des éléments constitutifs des pâtes, de leur température de cuisson.
- L’accord des pâtes et des couvertes est un des problèmes les plus délicats de la céramique ; ce n’est actuellement que par des tâtonnements indéfiniment prolongés, et partant très coûteux, que l’on arrive à quelques solutions particulières plus ou moins satisfaisantes. Ainsi, pour arriver à reconstituer la véritable porcelaine chinoise, il n’a pas fallu moins de trente années de travail. 11 semble que la connaissance exacte des coefficients de dilatation et des limites d’élasticité de pâtes et de couvertes de nature déterminée, en permettant de réduire le nombre des essais analogues, serait d’un bien grand secours pour le perfectionnement de notre industrie céramique.
- Enfin la mesure de la dureté des couvertes présente également un intérêt incontestable.
- La Société d’Encouragement propose pour une semblable étude un prix qui pourra s’élever à 3000 francs, et qui sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 24° Prix de 3 OOO francs pour une étude scientifique des propriétés physiques
- et mécaniques des verres.
- La composition chimique des verres varie avec l’usage auxquels ils sont destinés. Ce ne sont pas seulement la considération de l’abaissement du prix de revient d’une part, et celle de l’éclat, de la transparence, d’autre part, qui motivent ces variations de composition. Les conditions variées de travail et d’emploi du verre exigent des qualités également variées. D’une façon générale le verre doit prendre une fluidité telle que l’affinage soit complet, le dégagement des bulles gazeuses parfaitement assuré. En outre, pour la gobeletterie, il faudra un verre restant longtemps malléable et pouvant se travailler jusqu’à une température relativement assez basse; pour les bouteilles à champagne, il faut un verre résistant et peu altérable; pour les émaux, il faudra des verres ayant une élasticité considérable leur permettant de se prêter aux dilatations inégales des corps qui les supportent.
- Ces diverses qualités sont susceptibles, les unes de mesures rigoureuses, les antres de mesures approchées dont la connaissance présenterait un intérêt incontestable. On peut déterminer la température à laquelle un verre commence à
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- plier sans rompre; puis à se déformer sous son propre poids, à couler comme un liquide et enfin à laisser monter à la surface les bulles gazeuses. On peut également mesurer la ténacité à des températures croissantes. Le coefficient d’élasticité et celui de dilatation peuvent aussi faire l’objet de mesures précises.
- De semblables mesures, bien entendu, ne peuvent avoir d’utilité qu’à condition d’être rapprochées de la composition chimique du verre, des conditions de refroidissement lent ou rapide, en un mot de toutes les circonstances dont ces grandeurs peuvent être fonctions. Des expériences faites sur des matières insuffisamment déterminées seraient totalement dénuées de valeur.
- La Société d’Encouragement propose pour une semblable étude un prix qui pourra s’élever à 3 000 francs, suivant l’importance du travail et des résultats obtenus.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 23° Prix de 2000 francs à décerner an fabricant d’acide sulfurique qui, le
- premier, en employant les pyrites dans sa fabrication, ne livrera au commerce
- que de l’acide sulfurique entièrement exempt d’arsenic.
- On sait que la substitution des pyrites au soufre, dans la fabrication de l’acide sulfurique, a eu pour résultat d’introduire dans cet acide et, par suite, dans les nombreux produits qui en dérivent, de notables quantités d’arsenic. Ce corps s’y rencontre à l’état d'acide arsénieux ou d’acide arsénique.
- Les propriétés vénéneuses de l’arsenic sont trop connues pour qu’il soit nécessaire d’insister sur les dangers que présente, pour la santé publique, l’emploi de l’acide sulfurique arsenifère, intervenant comme matière première dans la préparation de divers produits alimentaires.
- Quoique divers moyens, d’une efficacité certaine, aient été proposés pour dépouiller l’acide sulfurique de l’arsenic qu’il renferme, comme ces procédés ne s’exécutent pas sans quelque dépense, les fabricants ne les ont pas adoptés. Il y a lieu d’espérer qu’on arrivera à trouver un procédé de cette nature, qui puisse être employé sans qu’il en résulte une augmentation sensible dans le prix de revient pour l’acide sulfurique.
- La Société d’Encouragement, vivement préoccupée de la présence de l’arsenic dans une matière première d’une aussi grande importance, propose un prix de la valeur de 2 000 francs pour le fabricant qui, le premier, travaillant avec les pyrites, ne livrera au commerce que de l’acide sulfurique entièrement exempt d’arsenic.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- 1° Prix de 1 OOO francs pour une application nouvelle de l'analyse spectrale
- dans ¥ industrie.
- Depuis les brillantes découvertes de MM. Kirchoff et Bunsen, l’emploi de l’analyse spectrale a rendu des services considérables à la science. Plusieurs métaux nouveaux ont été trouvés ; l’usage du spectroscope en astronomie a révélé les particularités les plus caractéristiques de la constitution physique des astres et de leur composition chimique. Une méthode d’investigation aussi puissante et aussi sûre rendra certainement, quelque jour, des services signalés à l’industrie. Déjà elle a été appliquée à l’étude de la flamme du foyer dans l’acier Ressemer. D’autres applications ne tarderont pas à en être faites, et la Société désire les encourager. Mais, comme l’emploi de l’analyse spectrale peut se produire sous plusieurs formes très différentes, le prix sera décerné à l’application qui paraîtra la plus digne de cette récompense, soit par l’importance des résultats obtenus, soit par la nouveauté des moyens employés.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 2° Prix de 2000 francs pour la dessiccation rapide des bois pour l’ébénis-terie.; par un procédé économique et industriel n altérant pas leurs qualités physiques.
- L’emploi des bois dans les travaux de charpente, de menuiserie et d’ébénis-terie ne peut se faire avec sécurité qu’après une dessiccation préalable, qui mette les constructions et les objets fabriqués à l’abri des déformations et des dislocations produites par le travail des matériaux employés. Le moyen.de dessiccation le plus sûr consiste dans une exposition préalable, à l’air libre, des bois mis en chantier, après qu’ils ont été débités en madriers, en plateaux ou en planches : l’action alternative de l’eau et de l’air amène l’élimination progressive des matières hygrométriques renfermées dans le bois. 11 peut alors subir une division en fragments plus petits qui sont placés sous des hangars, puis dans des séchoirs pourvus d’appareils de chauffage et d’aérage convenables, où il est amené à un degré de dessiccation qui offre toutes les garanties désirables. Malheureusement cette méthode, simple et sûre, exige un temps très long, des approvisionnements considérables qu’il faut renouveler en temps utile et, par suite, l’avance d’un capital important qui est immobilisé.
- Un procédé qui assurerait la dessiccation des bois sans altérer leurs qualités, en leur donnant les propriétés précieuses des bois anciens, rendrait certainement un service signalé aux diverses industries qui emploient cette matière première, principalement à l’ébénisterie, qui est une des branches importantes du commerce parisien. C’est ce genre de recherches que la Société désire encourager. Les expériences devront être faites sur une quantité de bois suffisante pour garantir le
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- succès de l’application en grand; elles devront porter sur les principales essences employées dans l’industrie.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 3° Prix de 2000 francs pour une application industrielle de l’endosmose
- des liquides et des gaz.
- Il y a quarante ans, un illustre académicien français, Du Trochet, découvrit la mystérieuse propriété des membranes végétales et animales, à laquelle il donna le nom d'endosmose.
- Le fait général dont la science lui est redevable peut s’énoncer ainsi : Lorsque deux liquides de composition différente, c’est-à-dire formés par le mélange de substances différentes, sont séparés par une membrane, certaines de ces substances peuvent passer d’un compartiment à l’autre à l’exclusion des autres. La membrane exerce une véritable action élective.
- Un chimiste anglais, Graham, a grandi le cercle de ces phénomènes; nous savons aujourd’hui que les membranes n’agissent que par leur qualité de corps poreux, et non comme corps organisés; des cloisons de plâtre, de porcelaine dégourdie, de graphite, donnent lieu aux mêmes phénomènes que les membranes végétales ou animales. Il y a là une force mécanique moléculaire qui peut vaincre non seulement l’affinité d’un corps pour son dissolvant, mais même des affinités chimiques faibles.
- L’industrie doit, sans doute, tirer un jour le plus grand parti de ces actions physiques d’une nouvelle espèce, pour concentrer des principes disséminés dans de grandes masses de produits naturels ou artificiels, pour en éliminer de nuisibles, pour déplacer les sucs contenus dans des cellules végétales. L’endosmose suffira, dans certains cas, pour provoquer des doubles décompositions qui exigeraient, sans son concours, tantôt des températures trop élevées ou trop basses, tantôt l’influence d’agents trop dispendieux, ou capables d’altérer les produits utiles.
- Déjà, un de nos plus éminents industriels, M. Dubrunfaut, a montré, dans le traitement des mélasses, combien il était facile de donner à l’endosmose une forme industrielle et pratique. Depuis longtemps, on sait que l’alcool se concentre dans les réservoirs membraneux qui le renferment. Certains procédés de tannage ont mis l'endosmose à profit. Il y a donc là une voie à tenter pour un grand nombre d’industries.
- Graham a montré que les membranes ou les corps poreux, mis en présence des gaz, produisaient sur ceux-ci des phénomènes analogues à ceux que Du Trochet a découverts pour les liquides. Les cloisons poreuses ont la faculté de diffuser avec une rapidité très inégale les différents gaz, soit dans le vide, soit dans une atmosphère gazeuse.
- En particulier, la Société verrait avec satisfaction résoudre le problème posé par l’emploi du gaz d’éclairage dans les appartements. Yeut-on se préserver des
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- dangers d’explosion, il faut ouvrir les ventilateurs à la partie supérieure des pièces ainsi éclairées. Mais, si ces pièces sont chauffées par des poêles ou cheminées, l’appel qui se fait par ces ventilateurs en rend l’habitation très incommode et jette quelque doute sur l’efficacité de la ventilation. Il s'agirait de trouver une étoffe ou un diaphragme capable d’arrêter l’air et de livrer issue aux gaz de l’éclairage. Les ventilateurs qui en seraient munis garderaient ainsi leurs bons effets et perdraient leurs inconvénients.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 4° Prix de 1 OOO francs pour la conscrvatio?i des récoltes végétales telles que pommes de terre, oignons, etc.
- Chaque année, vers le mois de mars, au retour du printemps, quelles que soient les précautions prises par les agriculteurs ou les marchands, les pommes de terre provenant de la récolte de septembre entrent en germination, et il est prouvé que, de cette façon, la consommation perd annuellement 20 pour 400 au moins de la fécule renfermée dans les tubercules.
- Les pommes de terre germées ne peuvent, en effet, être utilisées, même pour l’alimentation des animaux, à cause de la présence de la solanine, qui est un poison.
- On a cherché à empêcher cette germination, mais on n’est parvenu jusqu’ici qu’à la retarder, et très faiblement, en employant l’aération des tas de pommes de terre. Toutes les autres recherches faites dans ce but sont restées infructueuses.
- La Société désirerait qu’on trouvât un procédé simple et peu coûteux qui permettrait de suspendre, jusqu’à l’époque de la récolte suivante, la germination des pommes de terre destinées à l’alimentation, sans que les propriétés nutritives et le goût naturel des tubercules fussent altérés.
- Il serait à désirer que la période germinative ne fût que suspendue, et que les tubercules ainsi traités pussent être employés indistinctement et avec le même succès, soit à l’alimentation, soit aux semailles.
- Il serait aussi désirable que le procédé pût s’appliquer à la conservation d’autres produits alimentaires, comme les oignons, carottes, navets, etc.
- Le prix pour la solution de ce problème serait de 1000 francs, et serait décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 5° Prix de 3 OOO francs pour un appareil qui permette de déterminer la puissance calorifique des combustibles.
- La combustion de la houille est le moyen généralement employé dans l’industrie pour produire la chaleur nécessaire à la génération de la vapeur dans les opérations métallurgiques, etc., et la valeur est essentiellement liée à la quantité de chaleur qu’elle peut dégager; il serait d’une grande importance de pouvoir déterminer facilement la puissance calorifique d’une houille que l’on a l’intention d’employer.
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- Les essais aux calorimètres de MM. Favre et Silbermann, de M. Berthelot, exigent des manipulations et des analyses délicates qui ne peuvent être confiées qu’à des mains habiles et exercées; les expériences sous les chaudières à vapeur demandent une installation spéciale et coûteuse et présentent des difficultés sérieuses pour se mettre à l’abri des causes d’erreurs. Un appareil simple, pratique, donnant assez rapidement et avec une appréciation suffisante pour l’industrie la puissance calorifique d’une houille, rendrait les plus grands services.
- Il serait à désirer qu’avec quelques modifications au besoin, il pût servir à déterminer celle d’un combustible industriel quelconque.
- La Société d’Encouragement propose, pour un appareil remplissant les conditions énoncées, un prix de 3 000 francs.
- Ce prix sera donné, s’il y a lieu, en 1890.
- 6° Prix de 2000 francs pour l’invention de procédés nouveaux permettant
- d’utiliser le pétrole avantageusement et sans danger, soit dans l’industrie, soit
- dans l’économie domestique.
- Le pétrole, dont la production augmente de jour en jour et dont l’usage sous des formes diverses tend à se développer, fournit une source précieuse de chaleur et de lumière. Il importe de perfectionner les appareils à l’aide desquels on l’emploie, et cela non seulement au point de vue de futilité que l’on peut en retirer, mais aussi pour éviter complètement, ou du moins pour diminuer autant que possible, les accidents auxquels donne trop fréquemment lieu l’usage du pétrole. La Société d’Encouragement accordera le prix à l’inventeur qui, dans ce double ordre d’idées, aura réalisé les plus grands progrès.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 7° Prix de 2000 francs pour la construction d’une essoreuse
- à effet continu.
- L’industrie des produits chimiques utilise avec grand profit les essoreuses à force centrifuge. Mais dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit d’opérer la séparation et le lavage de précipités, de cristaux, etc., des substances volatiles, l’alcool, la benzine, le chloroforme, etc., avec lesquels ces corps sont mélangés, l’emploi des appareils ordinaires devient très onéreux par suite des pertes occasionnées par la manipulation nécessaire pour retirer les matières solides du panier de l’appareil, ces matières conservant toujours une petite quantité du liquide volatil qu’il s’agissait d’extraire.
- Une essoreuse dans laquelle les matières à séparer s’introduiraient d’une manière continue et qui permettrait de recueillir sans arrêt, d’une part, les substances essorées et de l’autre les liquides, réaliserait un grand progrès dans la séparation des matières industrielles.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1891.
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- AGRICULTURE.
- 1° Prix de 2000 francs pour la meilleure étude sur Vagriculture et Véconomie rurale d'Uneprovince ou d’un département.
- L’agriculture et l’économie rurale des diverses parties de la France présentent des différences dignes de remarque, provenant de causes locales encore peu connues. Il serait très ulile de pouvoir comparer entre elles les méthodes ou systèmes qui y sont mis en pratique. Une série de monographies faisant connaître ce qui se passe dans chaque région agricole permettrait de faire ces rapprochements et contribuerait ainsi puissamment aux progrès de l’agriculture.
- Quelques études de ce genre qui avaient été tentées ont engagé la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale à proposer un prix pour ce genre de recherches, et elle a pu décerner déjà des prix et des mentions honorables aux auteurs de remarquables monographies de ce genre. Ce succès l’a décidée à maintenir la question au concours. Elle propose donc de nouveau un prix de 2 000 francs pour la meilleure description de l’agriculture et de l’économie rurale d’une région agricole. L’étendue de celte région pourra embrasser une province entière ou se borner à un département; mais les investigations dont cette contrée sera l’objet devront être précises et détaillées, et faire connaître, aussi complètement que possible, les pratiques agricoles et surtout les méthodes d’économie rurale qui y sont employées.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 2° Prix de 3 OOO francs pour la meilleure étude sur la constitution physigne et la composition chimigue comparées des terrains d'une des régions naturelles {ou agricoles) de la France, par exemple, de la Brie, de la Beauce, du pays de Caux, etc., etc.
- Les cartes géologiques de détail que publie l’administration des mines indiquent non seulement les divers étages géologiques qui ont formé les terrains superficiels, mais les dépôts de limon quaternaire qui les recouvrent en certains points, sur une épaisseur plus ou moins grande, les dépôts meubles qui, provenant des précédents, sont venus s’accumuler sur les pentes ou former des allu-vions au fond des vallées.
- Ce sont de véritables cartes agronomiques qu’on pourrait rendre encore plus utiles aux agriculteurs en étudiant chacun de ces étages, d’un côté, par l’analyse dans le laboratoire, et, de l’autre, par des essais méthodiques d’engrais chimiques (engrais analyseurs, analyse du sol par les plantes) dans les champs'.
- Un petit nombre d’analyses faites sur des échantillons assez bien choisis, d’après les indications des cartes, pour représenter le type de chacun de ces terrains, pourrait ainsi servir pour tous les champs désignés sur ces cartes par la même teinte.
- Il faudrait employer pour ces analyses des méthodes qui permettent de donner aux agriculteurs des conseils pratiques sur l’emploi de l’acide phosphorique,
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- de la potasse, etc., pour telle culture ou telle autre (par exemple, les méthodes indiquées par M. P. de Gasparin dans son Traité de la détermination des terres arables dans le laboratoire).
- Dans les cas où il serait d’usage dans le pays d’employer de la marne ou de la chaux, il faudrait étudier aussi la composition chimique de ces amendements, leur action sur le sol, etc.
- Le prix sera décerné, s'il y a lieu, en 1890.
- 3° Prix de 2 OOO francs pour la meilleure étude sur les cultures et le climat de la Tunisie et sur les conditions qu’offre ce pays pour la colonisation, de façon à fournir des renseignements utiles aux agriculteurs qui iraient s’y établir en vue d’une entreprise agricole.
- La Tunisie présente, sur un grand nombre de points, d’excellentes conditions d’exploitation. Mais avant d’y tenter une entreprise agricole, il est indispensable d’avoir une idée exacte du climat, de la répartition des pluies dans les différents mois de l’année et aux diverses altitudes de la colonie.
- Les eaux superficielles et souterraines exercent, sous le climat brûlant de l’Afrique, une influence considérable sur les succès des cultures. Il faut, par conséquent, étudier avec attention les ressources qu’offrent sous ce rapport les diverses régions de la Tunisie, si on veut se mettre en mesure de combattre, avec succès, les effets parfois désastreux des longues sécheresses.
- Les émigrants ont besoin de savoir à quelles spéculations ils devront se livrer de préférence, suivant qu’ils occuperont les riches alluvions des plaines basses et des vallées ou la région des hauts plateaux.
- Il est surtout nécessaire de les initier aux pratiques des cultures les plus usuelles, telles que la vigne, les céréales, les fourrages, l’oranger, le citronnier, etc. Il faut leur indiquer les méthodes les plus économiques de défrichement, les meilleurs modèles de constructions rurales à adopter, eu égard au climat, aux matériaux dont on dispose et à la nécessité de mettre les fermes à l’abri des attaques et des entreprises des maraudeurs. Les nouveaux arrivants ont besoin d’être guidés dans le choix des machines et des instruments, et dans celui des bêtes de travail et de vente. Les races indigènes ne répondent pas toujours aux besoins des cultures modernes.
- Il y a lieu de rechercher comment il faut procéder pour obtenir des animaux plus forts et plus aptes au travail et des races de moutons et de bêtes à cornes meilleures et plus avantageuses que les races indigènes. Doit-on importer les races pures de l’Europe? Quelles sont celles qui réussissent le mieux? Faut-il seulement se contenter de croiser ces dernières avec les races indigènes? Le mode d’élevage et d’alimentation à l’étable et au pâturage peut donner lieu à des observations fort intéressantes pour des colons qui viennent de contrées complètement différentes de la Tunisie. Ces derniers ont besoin d’être guidés dans l’emploi des eaux d’arrosage, dans tous les détails des façons aratoires, notamment dans les travaux de la vigne, qui est, pour le moment, l’une des cultures les plus avan-
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- tageuses de la Tunisie. Pour que les vins de Tunisie acquièrent les qualités qu’on recherche dans le commerce, il est utile qu’on sache bien les fabriquer et bien les soigner dans les caves. La Société d’Encouragement offre un prix de 2 000 francs à l’auteur qui, après avoir étudié sur place les cultures de la Tunisie, réunira dans un Mémoire les renseignements les plus utiles aux colons, en prenant pour base le cadre qui vient d’être tracé.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 4° Prix de 2000 francs pour le reboisement et le gazomiement des terres
- incultes des montagnes.
- On sait que les moyens les plus efficaces pour prévenir les inondations des vallées consistent à reboiser les surfaces en pente des montagnes et à développer les pâturages sur les plateaux dont le sol montre de l’aptitude pour la production herbagère. Indiquer les procédés de reboisement à appliquer dans les montagnes, les essences à préférer suivant le sol et l’altitude; dire comment on doit opérer le gazonnement des surfaces propres à la production de l’herbe, énumérer la nature et la proportion des espèces à adopter: telles sont les questions à résoudre quand il s’agit de s’opposer au ravinement des terrains accidentés des montagnes.
- Les surfaces boisées ou gazonnées font pénétrer les eaux pluviales petit à petit dans le sol et le sous-sol et produisent des sources précieuses pour l’arrosage des terrains inférieurs. Si ces eaux sont reçues au contraire sur des surfaces rocheuses et dénudées, elles se précipitent immédiatement dans les vallées, ravinant les terrains en pente et inondant les vallées où elles causent des dégâts considérables sur les récoltes en terre. Les cours d’eau qui prennent leur source dans les montagnes conserveraient plus d’eau en été au profit des irrigateurs si les pentes et les plateaux qui font partie de leurs bassins étaient partout boisés et gazonnés. La Société donnera un prix de 2 000 francs au propriétaire qui aura regarni de bois ou de pâturages des surfaces importantes en montagne.
- Le prix pourra être attribué à l’auteur du mémoire qui aura décrit les meilleurs procédés de reboisement et de gazonnement appliqués à l’une des régions de la France ou de l’Algérie.
- Ce prix sera donné, s’il y a lieu, en 1890.
- 5° Prix de 2000 francs pour les meilleures expériences pour l’alimentation du bétail.
- Certains déchets d’industrie ont une valeur alimentaire qui n’est pas suffisamment appréciée; des expériences précises, suivies pendant un certain temps et contenant les renseignements les plus complets, tant sur la composition de l’aliment que sur son prix et sur les résultats obtenus, soit pour la production du lait, de la viande ou du travail, soit pour l’élevage, rentreraient dans le programme de ce concours. La meilleure utilisation des produits ensilés, l’étude de leur valeur nutritive et de leur influence sur le rendement des produits de la
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- ferme, répondraient également aux vues de la Société, ainsi que la préparation des aliments, la substitution d’un fourrage à un autre, qui réaliseraient une économie ou un progrès réel dans l’alimentation des bêtes bovines ou ovines.
- En résumé, toute expérience bien faite, poursuivie dans une exploitation agricole pendant un temps assez long et conduisant à des résultats avantageux pour la pratique agricole de n’importe quelle région de la France, sera admise à ce concours, mais à la condition qu’elle soit accompagnée d’observations précises et de chiffres dont le contrôle soit possible et qu’elle conduise à une innovation heureuse, à un perfectionnement dans l’emploi des aliments usuels, ou qu’elle constitue une étude approfondie des résultats comparatifs obtenus avec les principales substances alimentaires.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 6° Prix de 1500 francs pour les meilleures variétés d’orges de brasserie.
- Il est ouvert, par la Société nationale d’Encouragement à l’Industrie nationale, un concours pour la culture des variétés d’orges d’hiver et de printemps, en vue de la brasserie.
- Les conditions du concours sont les suivantes :
- 1° Nul ne peut être admis au concours si la culture pour chaque variété n’est pas de deux hectares au moins.
- 2° Le poids à l’hectolitre devra être de 68 kilos au minimum.
- Les caractères qui serviront à l’appréciation du jury sont ceux d’une bonne orge de brasserie, savoir :
- 1° Couleur jaune clair de paille, ou serin ou blanc jaunâtre, uniformément répartie sur tout le grain.
- 2° Cassure blanche, farineuse et de bon goût.
- 3° Odeur franche.
- 4° Bonne conformation des grains (forme bombée, courte, ronde, grains bien nourris et finement ridés).
- 5° Propreté et homogénéité des grains.
- 6° Grande faculté et énergie germinatives (92 à 96 p. 100 de grains germés dans un délai de 3 jours).
- La pureté, la faculté germinative et la composition chimique seront examinées au laboratoire de l’Institut national agronomique.
- Les échantillons exposés devront être de 20 litres; ils seront envoyés en sac scellé et seront accompagnés d’une gerbe.
- La Société aura le droit de disposer de ces échantillons.
- La Société se réserve le droit de faire inspecter, par des délégués, les champs ensemencés et d’assister à la récolte.
- Les concurrents dans leur déclaration devront faire connaître :
- 1° Leur nom et domicile.
- 2° L’étendue de leur culture.
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- 3° L’étendue consacrée à la culture de l’orge.
- 4° La variété d'orge cultivée.
- 5° L’origine ou la provenance des semences d’orge qu'ils emploient.
- 6° La nature du sol et du sous-sol, où se fait leur culture d’orge.
- 7° Les façons données au sol et l’assolement suivi.
- 8° Les fumures — fumiers — engrais complémentaires ou chimiques, — quantité, — époque des applications.
- 9° Époque des semailles, — mode de semailles (en lignes ou à la volée), — quantité de semences employée à l’hectare.
- 10° Sarclage, binage.
- 11° Date de la floraison.
- 12° Date de la moisson.
- 13° Conditions climatériques dans lesquelles elle s’est faite (beau temps, temps froid, pluvieux, etc., et température).
- 14° État de maturité du grain au moment de la moisson
- 15° Mode et durée de la dessiccation des gerbes.
- 16° Mode et époque du battage.
- 17° Mode de conservation des grains.
- 18° Rendement total en grains.
- Rendement en paille.
- 19° Rendement par hectare en grains.
- Rendement par hectare en paille.
- 20° Poids de l’hectolitre du grain au moment du battage et au moment de ] a vente.
- 21° Quantité d’orge vendue en 1888 et en 1889.
- Prix obtenu par hectolitre.
- Prix obtenu par quintal.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 7° Prix de 2 OOO francs relatif à la découverte de moyens pour reconnaître
- les falsifications du beurre.
- Le commerce du beurre a pris un développement considérable; mais en même temps que la valeur de ces produits a augmenté, que leur commerce à l’intérieur et à l’extérieur a pris une grande extension, les falsifications dont ces matières peuvent être l’objet se sont multipliées. Elles se sont accrues au point que plusieurs conseils généraux des régions intéressées se sont émus des préjudices qu’elles causaient à notre agriculture et de l’atteinte qu’elles portaient à la bonne réputation de nos beurres sur les marchés étrangers. Les Associations agricoles s’en sont préoccupées. Nous avons pensé que ce serait rendre un grand service au pays que de trouver des moyens faciles et expéditifs de découvrir les falsifications dont il s’agit. Le comité d’agriculture a, en conséquence, proposé la mise au concours de la découverte de moyens pour reconnaître la falsification du beurre.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
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- 8° Prix de 3000 francs pour le meilleur instrument permettant de mesurer facilement le travail des machines agricoles.
- L’emploi des machines en agriculture s’impose de plus en plus devant l’élévation du taux des salaires et l’abaissement des prix de vente produit par le grand développement donné aux voies de communication.
- Il y a un intérêt considérable à pouvoir se rendre compte avec sûreté de la valeur relative des différents types d’instruments qui peuvent être employés avantageusement pour la culture et en particulier de la quantité de travail mécanique qu’un instrument donné exige pour son fonctionnement.
- L’amélioration du matériel agricole doit être la conséquence de l’établissement d’expériences exactes et complètes dans lesquelles- aucune quantité ne doit être laissée à l’estimation de l’expérimentateur. Pour cela, il est indispensable d’avoir des appareils de mesure évaluant et enregistrant d’une façon continue toutes les données nécessaires.
- En ce qui touche en particulier les instruments de culture, il ne suffit pas d’en déterminer la traction moyenne, il convient de considérer aussi le travail pratique exécuté.
- Le prix proposé par la Société pourra être attribué à l’inventeur d’un appareil spécial pouvant servir à mesurer et à enregistrer d’une façon continue le travail pratique exécuté par les divers instruments de culture : charrues, scarificateurs, herses, rouleaux, semoirs, faucheuses, moissonneuses, etc.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 9° Prix de 1500 francs pour une étude sur les cépages appropriés à des sols
- de diverses natures.
- La reconstitution des vignobles détruits par le phylloxéra exige l’emploi de nombreuses variétés de plants.
- Le prix de 1 500 francs s’applique à la meilleure étude expérimentale sur les cépages donnant dans chacune des régions et suivant la nature du terrain la plus grande résistance au phylloxéra et la production la plus avantageuse.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 10° Prix de 3 000 francs pour une étude des cépages résistant dans les terrains calcaires.
- La reconstitution des vignobles détruits par le phylloxéra présentant des difficultés dans les terrains calcaires et surtout dans les terrains crayeux proprement dits, le prix de 3 000 francs s’applique à la meilleure étude expérimentale sur les cépages résistant nettement au phylloxéra et s’acclimatant dans les diverses régions viticoles de France situées sur ces terrains.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
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- 11° Prix de 2 000 francs 'pour un carnet agricole aide-memoire.
- Le carnet agricole aide-mémoire doit pouvoir se vendre 1 fr. 50, 2 francs au plus, et être aisément portatif.
- Il doit comprendre sous forme de tableaux et de formules simples tous les renseignements dont l’agronome aussi bien que le cultivateur, le statisticien comme l’administrateur, peuvent avoir besoin au point de vue des engrais, de l’alimentation du bétail, des industries agricoles, des ressources du pays, de la législation douanière, des transports des denrées agricoles, des semences, de l’enseignement agricole, etc., etc.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- 12° Prix de 2000 francs pour l’utilisation des tourbes françaises
- en agriculture.
- Il existe en France un assez grand nombre de tourbières, en Bretagne, dans la Somme, le Jura, etc. La tourbe, autrefois très recherchée comme combustible dans les environs des lieux d’exploitation, est maintenant délaissée à cause du bas prix de la houille.
- Il y a donc une grande étendue de terrains aujourd’hui improductifs. L’agriculture cependant pourrait en tirer un grand parti. La mise en culture des tourbières dans l’Allemagne du Nord a donné d’excellents résultats ; on a pu transformer en terres de la plus grande fertilité des terrains jusque-là improductifs. Les terres tourbeuses n’exigent guère que l’emploi d’engrais phosphatés et calcaires. Or, en France, en ce moment, les phosphates sont à un prix très bas et il est même des régions où l’on pourrait employer des craies phosphatées regardées à tort comme sans valeur.
- D’un autre côté, la richesse des tourbes en matières organiques et en azote devrait permettre leur exploitation comme engrais, que l’on utiliserait, soit directement dans certaines terres dépourvues d’humus, soit mélangé à des engrais phosphatés.
- Enfin on sait la grande extension qu’a prise en Hollande l’industrie de la tourbe litière. Jusqu’ici, en France, nous sommes sous ce rapport tributaires de l’étranger. Il y aurait donc lieu de rechercher si nous ne possédons pas des tourbes jouissant des mêmes propriétés que ces tourbes mousseuses du Nord, regardées comme une excellente litière, d’un prix peu élevé, très recommandable pour le couchage des animaux et l’assainissement des écuries. Le cultivateur pourrait même utiliser pour cet usage des tourbes de qualité moindre, dites de surface, qui, mélangées au besoin à de la paille, donneraient une litière économique et pro-duiraient un fumier de première qualité.
- La Société, désireuse de voir l’agriculture tirer parti des tourbes qui existent en si grande abondance sur le territoire national, institue un prix de 2 000 francs pour être décerné au meilleur travail :
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- 1° Sur la mise en culture des terres tourbeuses;
- 2° Sur l’emploi de la tourbe comme engrais organique ou azoté ;
- 3° Sur l’emploi de la tourbe comme litière.
- Çe travail devra comprendre non seulement des considérations théoriques et des observations, mais encore des recherches expérimentales, des essais faits dans les conditions de la pratique, des résultats pouvant servir de guide aux agriculteurs.
- La Société, du reste, n’entend pas fixer un programme, mais simplement indiquer les points qui lui paraissent le plus importants ; elle veut appeler l’attention sur une source de richesses trop méconnue en France et encourager les études qui pourront conduire à leur utilisation.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- COMMERCE.
- Prix de 2000 francs 'pour une étude économique d’un centre industriel
- en France.
- I. — Acclimatation de l’industrie dans la contrée. — Ses transformations successives. — Ses progrès. — Ses crises. — Situation actuelle.
- IL — Organisation des ateliers. — Recrutement du personnel. — Situation et habitudes générales de la famille ouvrière. —Institutions de prévoyance. — Salaires. — Grèves. — Chômages. — Rapports entre le capital et le travail.
- III. — Organisation commerciale. — Comptoirs. — Dépôts. — Approvisionnements des matières premières. — Yente des produits fixés. — Transports. — Action de la concurrence. — Législation douanière. — Débouchés.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1890.
- CONDITIONS GÉNÉRALES
- A REMPLIR PAR LES CONCURRENTS
- 1° Les modèles, mémoires, descriptions, renseignements, échantillons et pièces destinées à constater les droits des concurrents seront adressés franco de port au Secrétariat de la Société dé Encouragement pour l’industrie nationale, rue de Rennes, 44. Ils devront être remis avant le 1er janvier de l’année de la distribution des prix : ce terme est de rigueur.
- 2° Les procédés ou machines seront examinés par des commissaires que la Société désignera.
- 3° Les membres du Conseil d’administration sont exclus des concours;
- 4° Les autres membres de la Société sont admis à concourir; les étrangers le sont également.
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- o° Les concurrents sont avertis que la communication qu’ils font à la Société de leurs procédés ne peut leur tenir lieu d’un brevet d’invention, et que, s’ils veulent prendre le brevet, il faut qu’ils le fassent avant de se présenter au concours.
- 6° Les brevets d’invention n’étant délivrés que sur la description détaillée des procédés, et chacun, d’après la loi du 5 juillet 1844, pouvant en prendre connaissance, la Société se réserve expressément la faculté de publier, en totalité ou en partie, les découvertes qui auront obtenu les prix et médailles, mais les concurrents ne pourront user de cette faculté sous quelque prétexte que ce soit.
- 7° Les auteurs jugés dignes d’une récompense, qui ne se seraient pas pourvus d’un brevet d’invention et qui désireraient garder le secret de leurs procédés, seront tenus d’en déposer sous cachet la description, dont l’exactitude sera attestée par un membre du comité compétent. La durée du dépôt ne pourra excéder quinze ans, à l’expiration desquels la description sera publiée.
- 8° La Société conservera les mémoires descriptifs et les dessins qui n’auront point été couronnés; mais elle permettra aux auteurs d’en prendre copie et elle leur rendra les modèles.
- 9° Les concurrents qui auraient traité plusieurs des questions mises au concours sont invités à envoyer des mémoires séparés sur chacune d’elles.
- 10° Les médailles ou les sommes seront remises à ceux qui auront obtenu les prix ou à leurs fondés de pouvoir.
- Les pièces déposées restent la propriété de la Société.
- MÉDAILLES
- a décerner aux contremaîtres et aux ouvriers des étarlissements industriels
- et des exploitations agricoles.
- La Société d’Encouragement, dans le but d’exciter les contremaîtres et les ouvriers à se distinguer dans leur profession et à encourager ceux qui se font remarquer par leur bonne conduite et les services qu’ils rendent aux chefs qui les emploient, a pensé que le moyen le plus propre à amener ce résultat était d’accorder des récompenses à ceux qu’une longue expérience aurait fait reconnaître comme ayant servi avec zèle, activité et intelligence ; en conséquence, elle a pris l’arrêté suivant :
- 1° Il sera décerné, chaque année, dans la séance générale, des médailles de bronze aux contremaîtres et ouvriers des grands établissements industriels et des exploitations agricoles de France.
- 2° Chaque médaille, à laquelle seront joints des livres pour une valeur de §0 francs, portera gravés le nom du contremaître ou de l’ouvrier, et la désignation soit de l’atelier, soit de l’exploitation agricole à laquelle il est attaché.
- 3° Les contremaîtres et ouvriers qui voudront obtenir ces médailles devront se munir de certificats dûment légalisés, attestant leur moralité et les services
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- RECTIFICATION.
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- qu’ils ont rendus, depuis cinq ans au moins, à l’établissement auquel ils sont attachés. Ces certificats devront être appuyés tant par le chef dé la maison, par le maire et les autorités locales, que par les ingénieurs civils ou militaires, en activité ou en retraite, et par les membres delà Société d’Encouragement qui résident sur les lieux.
- 4° Le contremaître ou l’ouvrier ne pourra être ni le parent, ni l’allié, ni l’associé, par acte, des propriétaires de l’établissement. Il devra savoir lire et écrire et s’être distingué par son assiduité à ses travaux, son intelligence et les services qu’il aura rendus à l’atelier ou à l’exploitation agricole; à mérite égal, la préférence sera accordée à celui qui saura dessiner et qui aura fait faire des progrès à la profession qu’il exerce. Enfin, les certificats, en attestant que ces conditions sont remplies, donneront sur le candidat tous les détails propres à faire apprécier ses qualités.
- RECTIFICATION
- Bans le Bulletin de mai 1889, la légende accompagnant le dessin du Rapport de M. Biver sur l’appareil de M. Jouanny a été omise. Ci-joint cette légende :
- LÉGENDE DE LA FIGURE REPRÉSENTANT LE RECUEIL-POUSSIÈRES DE M. JOUANNY.
- A, Tamis prismatique où se produit la poussière.
- B, Caisse en bois renfermant ce tamis.
- C, Tuyau conduisant l’air chargé de poussières.
- D, Ventilateur aspirant la poussière produite dans la caisse B et la renvoyant à l’appareil ou recueil-poussières.
- E, Tuyau faisant communiquer le ventilateur au recueil-poussières.
- F, Cloche en tôle portant à sa partie inférieure, à 3 centimètres au-dessus du bord, une couronne de trous de 6 millimètres, n'n'.
- G, Cuve d’un diamètre double de celui de la cloche, et contenant de l’eau à un niveau fixe n.
- H, Robinet à flotteur maintenant le niveau constant dans la cuve.
- I, Robinet placé à mi-hauteur.
- J, Tuyau de vidange de la cuve.
- Les poussières aspirées en C et refoulées en E sont absorbés par l’eau de la cuve, ou tout autre liquide qu’elle peut contenir lors du passage de l’air par les trous n'n'.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. Typ. Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. — 244-71.
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- 88e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- JUILLET 1889.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D'ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport fait par M. Schlemmer, au nom du Comité des constructions et des beaux-arts, sur la communication de M. Berlier, ingénieur, ayant pour objet d’exposer son projet de tramways tubulaires souterrains a traction ÉLECTRIQUE.
- Dans la séance du 25 janvier 1889, M. Berlier, ingénieur, membre de notre Société qui lui a décerné, en 1882, une médaille de platine pour son système de vidange pneumatique, a fait une communication sur son projet de tramways tubulaires souterrains à traction électrique, projet présenté par lui, le 1er septembre 1887, avec une demande de concession, au Conseil municipal de Paris.
- On se rappelle, certainement, avec quel intérêt et avec quelle attention cette communication a été écoutée, tant en ce qui concerne les innovations proposées dans le projet, qu’en ce qui touche l’accueil que celui-ci avait reçu de la part de toute la hiérarchie des ingénieurs de la ville de Paris, chargés de l’étude et de l’instruction des propositions de M. Berlier.
- Cette communication a été envoyée au Comité des constructions et des beaux-arts, et c’est en son nom que j’ai à présenter les remarques et les conclusions auxquelles, après examen, le Comité s’est arrêté.
- Le système décrit par M. Berlier consiste essentiellement, comme l’indique son titre, en un souterrain constitué, sous la voie publique, par un tube en fonte à section circulaire de 5m,60 de diamètre, dans l’intérieur duquel est établie une double voie de lm,10 d’écartement intérieur des rails. Le service du transport en commun des voyageurs se ferait par voitures isolées, au moyen de la traction électrique, chaque voiture portant son Tome IV. — 88e année. 4e série. — Juillet 1889. 48
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- moteur; cette traction pourrait aussi se faire au moyen d’un câble télédynamique, dans le cas (dont l’auteur a pris un soin particulier de justifier l’improbabilité) où la traction électrique ne donnerait pas, dès à présent, tous les résultats attendus.
- L’éclairage électrique du tube souterrain et sa ventilation, sur toute son étendue, ne laisseraient rien à désirer.
- Une construction légère, élevée sur le trottoir du boulevard ou de la rue, indique et recouvre l’entrée de l’escalier d’accès du quai, à la station qui est toujours souterraine.
- Le réseau du projet de 16 kilomètres environ de longueur totale comprend trois lignes désignées par les lettres A, B et C, en communication les unes avec les autres et desservant des directions ou des voies sur lesquelles la circulation est exceptionnellement active.
- La ligne A, de 3k,500 environ de longueur, va de la place de la Concorde au bois de Boulogne et comporte 5 stations.
- La ligne B, de 5 kilomètres de longueur environ, va de la place de la Concorde à la place de la Bastille, par la rue Royale et les grands boulevards, avec 11 stations sur son parcours.
- La ligne C, de 7k,500 de longueur environ, va de la place de la Concorde à la porte de Vincennes, par les rues de Rivoli et de Saint-Antoine, franchit à la place de la Bastille, par un pont à ciel ouvert (seul point où le réseau n’est pas souterrain), le bassin de l’Arsenal, pour reprendre le parcours souterrain par la rue de Lyon, le boulevard Diderot et le cours de Vincennes et aboutit, après avoir desservi 12 stations, à la porte de Vincennes, près de la station du chemin de fer de ceinture.
- Les frais de premier établissement de ce réseau sont évalués par l’auteur à 54 millions (ce qui correspond, en moyenne par kilomètre, à un chiffre très voisin de 3500000 francs).
- Dans l’hypothèse que la vitesse moyenne des trains, sur les trois lignes, serait de 20 kilomètres à l’heure, que les départs auraient lieu toutes les deux minutes en moyenne sur la ligne A, toutes les minutes sur la ligne B et que, sur la ligne C, il y aurait des départs toutes les deux minutes, de la place de la Concorde à la gare de Lyon, et toutes les cinq minutes de la gare de Lyon à la porte de Vincennes, l’auteur évalue le total des frais d’exploitation à 2400000 francs par an.
- Il calcule les recettes en comptant sur un transport annuel de 30 millions de voyageurs, pour l’ensemble des trois lignes; dans l’hypothèse d’un tiers
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- de voyageurs à 0 fr. 30, et de deux tiers de voyageurs de 2e classe à 0 fr. 15, il évalue le montant total brut des recettes à 6 millions de francs, ce qui, défalcation faite des 2400000 francs de frais d’exploitation, laisserait une recette nette totale de 3600000 francs.
- Telle est, en résumé, la physionomie générale du projet qui a été l’objet delà communication faite par M. Berlier à notre Société. — Pour reproduire ici l’intérêt avec lequel elle a été écoutée, il faudrait entrer dans le détail des innovations proposées et expliquées par l’auteur, ce qui ne pourrait se faire qu’en dépassant notablement les limites admissibles pour un rapport tel que celui-ci. De pareils développements ne sont d’ailleurs pas indispensables, M. Berlier ayant obligeamment offert de mettre sous les yeux de chacun des membres de la Société qui en exprimerait le désir, l’ensemble des modèles, pièces et documents pouvant servir à l’étude détaillée des dispositions de son projet, et d’y ajouter toutes les explications complémentaires qu’on pourrait souhaiter. . ;
- Votre rapporteur en a, tout naturellement, fait l’expérience; le même accueil obligeant serait fait par i\I. Berlier à tous ses collègues de la Société d’Encouragement.
- Rendant compte de notre visite chez M. Berlier, nous rappellerons, d’abord, avec les éloges que mérite incontestablement une oeuvre de vulgarisation et de démonstration si consciencieusement et si intelligemment exécutée, le modèle en relief que M. Berlier avait apporté à la séance et qui représente à l’échelle du quarantième, d’une façon très exacte, une station et une portion du tube souterrain, avec la place qu’ils occupent sous la voie publique. Tous les détails de ce modèle ont été traités avec le plus grand soin, et la recherche de la vérité, dans la représentation, a été poussée jusqu’à installer un véritable éclairage au moyen de miniatures de lampes électriques qui contribuent à donner à celui qui étudie la question à l’aide du modèle, le sentiment de la réalité et de la vie.
- En outre de ce modèle, qui dépasse singulièrement, on vient de le montrer, le niveau ordinaire de cette catégorie d’objets, votre rapporteur doit mentionner, avec des éloges tout aussi justifiés, dans un autre ordre de productions, la composition, très étudiée et complète comme avant-projet, du dossier dans lequel M. Berlier a présenté son système au Conseil municipal ; elle a probablement contribué à l’accueil favorable que le projet a reçu des ingénieurs de tous grades de la ville de Paris.
- Ce dossier renferme les dix-sept documents ci-après :
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- Le n° 1 est le rapport ou mémoire descriptif et explicatif du projet; il a 54 pages du format administratif, d’une lecture facile et d’un intérêt soutenu.
- Le n° 2 donne sur un plan de la Ville de Paris, à l’échelle de le tracé complet du réseau proposé.
- Les nos 3, 4,5, 6, 7 et 8 sont, respectivement, pour chacune des troislignes de ce réseau, le plan général à l’échelle de g^j, et le profil en long détaillé à l’échelle de 0m,001 par mètre pour la longueur et de 0m,004 par mètre pour la hauteur.
- Le n° 9 donne les types des tunnels;
- Le n° 10, un certain nombre de coupes transversales de la ligne C;
- Le n° 11 fait connaître le mode de traversée des égouts, étudié de concert avec les ingénieurs de la Ville de Paris.
- Le n° 12 indique la disposition des évents et puits de service.
- Le n° 13 donne le plan et les coupes d’une station.
- Le n° 14 est consacré à la traversée du collecteur Sébastopol et le n° 15 à la traversée du collecteur d’Asnières.
- Le n° 16 concerne la construction du pont sur le bassin de l’Arsenal.
- Enfin le n° 17 donne le type de voiture.
- Pour l’examen et l’étude du projet, en outre de ces pièces du dossier, toutes très intéressantes, M. Berlier a mis à la disposition du rapporteur, un recueil imprimé en 1888, pour le Conseil municipal de Paris, qui n’a pas moins de 68 pages, avec ce titre :
- « Rapport présenté par M. F. Sauton, au nom de la troisième commission « (Voirie de Paris, Promenades), sur un projet de tramways tubulaires sou-« terrains présenté parM. J. Berlier, ingénieur civil. »
- Ce rapport, de 25 pages, qui se termine par le projet de délibération proposé au Conseil municipal, est suivi de 6 annexes, d’une lecture très intéressante, dont il convient de mentionner ici notamment les cinq premières.
- L’annexe n° 1 est le rapport très développé et très favorable fait sur le projet de M. Berlier par M. de Tavernier, ingénieur ordinaire de la lre section de la ville de Paris, à la date du 3 décembre 1887 ; il est suivi de l’avis de M. André, ingénieur en chef de la voie publique, à la date du 26 décembre 1887, et de l’avis de M. Allard, directeur de la voie publique et des promenades, à la date du 10 janvier 1888.
- L’annexe n° 2 est une notice très intéressante sur une ligne souterraine en construction « Cité Southwark », passant sous la Tamise, et ayant pour
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- but de mettre convenablement en communication avec la Cité les quartiers populeux qui s’étendent sur la rive sud de la Tamise.
- La notice est extraite du journal Engineering du 7 octobre 1887, et traduite par M. André, ingénieur en chef de la voie publique pour être jointe à son avis précité.
- L’annexe n° 3 est un rapport très intéressant sur l’installation de la traction électrique en Angleterre : Rapport de mission de MM. les Ingénieurs Bienvenu et André, delà ville de Paris, octobre 1887.
- L’annexe n° 4 est l’avis de M. Alphand, directeur des travaux de Paris, sur le projet de tramways tubulaires souterrains de M. Berlier; il est daté du 27 mai 1888.
- L’annexe n° 5, enfin, est un tableau de renseignements sur les tramways électriques actuellement (c’est-à-dire jusqu’à 1888) en exploitation.
- L’annexe n° 6 est un décret du 11 décembre 1864 invoqué par le rapporteur du Conseil municipal à l’appui d’une proposition d’ordre administratif qui demeure étrangère à l’objet spécial du présent rapport.
- Cet ensemble de documents et de renseignements relatifs à l’objet de la communication de M. Berlier est, comme on le voit par l’exposé ci-dessus, si étendu et si complexe dans le détail des appréciations qu’il embrasse, qu’il devient impossible d’en faire le compte rendu, dans le présent rapport, sans risquer d’en dépasser les limites raisonnables. D’ailleurs, tous ces renseignements peuvent être, comme il a déjà été dit, mis à la disposition de chacun des membres du Conseil; le rapporteur se sent, dès lors, justifié de n’avoir pas entrepris ici une analyse qui exigerait de si grands développements.
- Toutefois, votre Comité des constructions et des beaux-arts a pensé qu’il n’est pas inutile de montrer, au moins sommairement, comment le projet de M. Berlier et spécialement ses traits caractéristiques, le tracé du réseau, son mode de construction, son système de traction et d’exploitation, paraissent de nature à faire faire un pas en avant dans l’étude de ce qu’on appelle « le Métropolitain de Paris ».
- Tracé. —Cette question, réellement très compliquée, est demeurée jusqu’ici bien embrouillée, par une foule de raisons dont quelques-unes ne sont pas susceptibles d’être mentionnées et encore moins discutées dans le présent rapport; mais en laissant de côté les luttes de personnes et d’administrations et en restant dans les généralités, on peut du moins constater que le problème du Métropolitain ne semble pas avoir été bien posé, et que
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- les brochures qui se sont accumulées en grande masse pour ou contre le Métropolitain considéré exclusivement soit comme aérien, soit comme souterrain, soit comme étant d’intérêt local ou d’intérêt général, n’ont que médiocrement fait avancer la solution.
- M. Berlier dit, avec raison, dans sa communication, que le fait sur lequel tout le monde se trouve d’accord, c’est la nécessité et, dans une certaine mesure, l’urgence d’améliorer, à Paris, les moyens de transport en commun et à bon marché, et de diminuer l’encombrement auquel la circulation est progressivement arrivée, avec son cortège d’ennuis, de pertes de temps et de dangers.
- Une étude d’ensemble de la distribution de cette active circulation entre les principales rues et avenues de Paris doit, dès lors, être la base du programme des moyens divers à mettre en œuvre (et non d’un moyen unique) pour résoudre le problème; il est clair, en effet, que là où la simple amélioration dans les services actuels du transport en commun sera suffisante, on la réalisera de préférence à la création de voies métropolitaines nouvelles exigeant une dépense de 4 à 12 millions de francs par kilomètre. En d’autres termes, pour le Métropolitain de Paris, il ne peut être question de copier, ni celui de Londres, ni celui de Berlin, ni celui New-York où la physionomie et les besoins de la circulation n’ont pas le même caractère que celle de Paris ; il est indispensable d’étudier celle-ci en elle-même et dans tous ses détails. C’est dans cet ordre d’idées que nous paraît se placer M. Berlier, lorsqu’il déclare, pour justifier le tracé de son réseau, que ses tramways tubulaires souterrains sont destinés au transport en commun des voyageurs, exclusivement sur des directions tellement fréquentées que le nombre des départs des voitures et wagons de la Compagnie des Omnibus ne pourrait plus être augmenté, sans arriver à l’encombrement de la voie publique ; c’est aussi dans cet ordre d’idées que ces tramways peuvent être considérés comme constituant une partie du Métropolitain de Paris.
- Mode de construction. — En ce qui touche leur mode de construction, où M. Berlier propose, de préférence à l’emploi d’anneaux en maçonnerie, celui d’un tube en fonte composé d’éléments assemblés dans l’intérieur d’un bouclier en tôle d’acier affecté à la perforation et à l’avancement de la galerie souterraine, il convient de faire remarquer que, si la sanction de la pratique confirme toutes les prévisions de l’ingénieur, auteur du projet, on réalisera un progrès très important, en évitant d’ouvrir, pour les chantiers, de longues et profondes tranchées dans des voies publiques à grande circula-
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- tion comme la rue de Rivoli, par exemple, où la formation de précipices aussi dangereux serait inadmissible. Sous les voies publiques soit exceptionnellement larges, à circulation presque nulle ou faible, la préférence donnée au tube de fonte qui coûte de deux à trois fois plus qu’un anneau en maçonnerie, pourrait ne plus se trouver aussi bien justifiée, et l’on pourrait même avoir à examiner s’il y a des motifs suffisants pour imposer à la voie la condition de demeurer souterraine.
- Mode de traction. — En ce qui touche le mode de traction de ses tramways souterrains, M. Berlier, il est de toute justice de le faire remarquer, n’a ménagé ni son temps, ni ses soins pour justifier les innovations qu’il propose. La traction électrique, quoiqu’elle n’en soit encore qu’à ses débuts, en Amérique et en Angleterre, présente de tels avantages pour les tramways, surtout pour les voies souterraines, qu’on apprend sans surprise, que les électriciens les plus ingénieux, les plus compétents des deux mondes y concentrent leurs efforts ; les renseignements de jour en jour plus favorables qui arrivent de divers côtés sur le succès de ces efforts, et notamment d’Amérique, sont bien de nature à justifier le degré de confiance que M. Berlier accorde dès aujourd’hui à ce système de traction, sans que l’on puisse contester cependant la sagesse des administrations publiques responsables qui réclament la sanction de l’expérience, par des essais préalables sur des parcours limités, avant de s’engager pour un ensemble de voies d’une certaine étendue.
- Mode d’exploitation. — Le mode d’exploitation est caractérisé par l’emploi de trains légers composés, en général, de deux voitures seulement, portant chacune son moteur et 30 voyageurs de première ou de deuxième classe. Ces trains se suivraient à une ou deux minutes d’intervalle et, par suite de la vitesse de 20 kilomètres à l’heure, se trouveraient espacés de 300 à 600 mètres entre eux.
- Sur ce point aussi, la sanction de la pratique paraît indispensable, pour enseigner si les dispositions projetées donneront au public voyageur toutes les satisfactions nécessaires, malgré l’exiguïté des quais et des escaliers affectés, par l’avant-projet, à l’embarquement et au débarquement, et si une grande affluence de public sur les trottoirs aux abords d’une station, dans des circonstances même exceptionnelles, peut être rendue compatible avec les exigences de la circulation ordinaire.
- M. Berlier est convaincu que les études définitives du projet ne laisseront subsister à cet égard aucune difficulté, aucun doute.
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- En résumé, votre Comité des constructions et des beaux-arts estime que les remarques sommaires ci-dessus suffisent pour montrer dans quelle mesure les innovations caractéristiques du projet de M. Berlier contribuent à faire faire un pas important dans l’étude du Métropolitain de Paris.
- Il pense que la Société d’Encouragement, conformément à ses traditions, n’a aucune appréciation à formuler actuellement sur les innovations ou inventions même, qui sont à la base du projet, et que son avis demeure réservé jusqu’au jour où ce projet aura reçu une application suffisante, complète ou partielle, et la sanction de la pratique.
- En ce qui touche la communication faite par M. Berlier à notre Société, il vous propose de lui en adresser des remerciements, en même temps que des félicitations pour les études considérables qu’il a entreprises, et pour les efforts qu’il a consacrés à l’élaboration d’un projet qui est un progrès dans l’étude de la question du Métropolitain de Paris.
- Votre Comité vous propose, en outre, de décider que le présent rapport sera inséré au Bulletin de la Société, avec un résumé du texte de la communication de M. Berlier, et avec les dessins caractéristiques qu’elle comporte.
- Signé : Schlemmer, rapporteur.
- Approuvé en séance le 26 avril 1889.
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- COMMUNICATION DE M. J.-13. BERLIER, INGÉNIEUR CIVIL, MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ,
- SUR LES TRAMWAYS TUBULAIRES SOUTERRAINS (1).
- Messieurs et chers collègues,
- Depuis tantôt vingt ans qu’elle est sur le tapis, la question du Métropolitain, toujours pendante et jamais résolue, vient périodiquement susciter dans le public un vif mouvement d’espoir, suivi bientôt d’une déception nouvelle.
- En attendant, la circulation s’est faite chaque jour plus active, l’encombrement est arrivé au maximum avec tout son cortège de pertes de temps, de dangers et d’ennuis.
- Est-il donc indispensable d’avoir toujours et en tout recours à l’intervention
- (lj Séance du 27 janvier 1889.
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- de l’État? Les conceptions officielles sont-elles seules susceptibles de réaliser un progrès universellement réclamé ?
- A voir dormir côte à côte dans la poussière des cartons les projets si nombreux (on en compte un par ministère) qui ont eu successivement l’honneur de représenter les idées des pouvoirs publics, il est bien permis d’en douter.
- J’ai donc la conviction que sur ce point, comme sur bien d’autres, c’est à l’initiative privée que doivent être demandées les expériences que ne peuvent se permettre les budgets publics. Et certes, ce n’est pas dans cette enceinte où les novateurs viennent chercher et trouvent toujours un encouragement à leurs labeurs et la sanction de leurs travaux que je crains d’être contredit à cet égard.
- Je reconnais d’ailleurs que l’on comprend aisément les hésitations et les scrupules de ceux qui ont la lourde charge d’administrer les finances nationales; une si grosse responsabilité entraîne nécessairement une grande prudence et lorsqu’il s’agit d’ouvrir en plein Paris de vastes percées, cette responsabilité devient considérable, le spectre des expropriations s’agite devant les édiles et ce n’est pas tout à fait sans raison que la crainte de commettre une erreur irréparable vient paralyser leur bonne volonté.
- Mais lorsque de simples particuliers proposent de faire à leurs risques et périls tous les frais d’une application devenue pratique dans les pays étrangers, ne semble-t-il pas que, loin de décourager leurs tentatives hardies, il est de l’intérêt même de la Ville et de l’État de suivre avec bienveillance les résultats d’essais qui constitueront, pour les études à venir, des jalons précieux?
- J’ai espéré qu’il en était ainsi, et l’accueil qui a été fait par l’administration, en la personne de ses ingénieurs les plus éminents, au projet de tramways tubulaires souterrains que je vais avoir l’honneur d’exposer devant vous, est bien fait pour en asseoir la conviction dans mon esprit.
- Mais c’est près de vous, Messieurs, que je voudrais trouver la consécration, si justement appréciée, de votre haute approbation.
- Comme vous pouvez en juger par l’importance des dossiers, des planches et modèle qui vous sont présentés, j’ai consacré à mes études plusieurs années et des sommes énormes; je serai amplement dédommagé, si la sincérité de mon travail peut me mériter vos suffrages enviés.
- I. Exposé général. — Sous la dénomination de tramways tubulaires souterrains, j’ai soumis au conseil municipal de Paris un projet de création, sur des directions extrêmement fréquentées, d’un nouveau mode économique, puissant et rapide de transport en commun.
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- Cette affaire a été soigneusement étudiée par les commissions, par l’administration et par le conseil municipal lui-même en séance publique.
- Mais les questions extrêmement complexes que soulèvent en ce moment les rapports de la Ville avec les diverses compagnies d’omnibus et tramways, ont fait ajourner les décisions fermes à prendre à mon égard.
- Nul doute, Messieurs, qu’au point de vue technique, votre avis ne soit vivement apprécié lorsque la discussion reviendra à l’ordre du jour.
- Réseau. — Exclusivement destiné au transport des voyageurs sur des directions où la circulation des voitures a depuis longtemps atteint son maximum, le réseau des tramways tubulaires souterrains que je propose ne saurait être considéré comme susceptible d’entraver ultérieurement la création d’un chemin de fer métropolitain réunissant entre elles les gares des grandes lignes et servant au transport des voyageurs et des marchandises.
- Comme vous pouvez le voir, planche 30, j’ai divisé le réseau en trois lignes correspondant, bien entendu, les unes avec les autres et dont l’ensemble réalise intégralement la traversée de Paris dans sa grande largeur.
- Ces lignes mettent en relation les quartiers excentriques avec le centre de la Ville et desservent des voies sur lesquelles la circulation est extrêmement active.
- Le tracé A se rapporte à la ligne de la place de la Concorde au bois de Boulogne.
- Elle comporte cinq stations.
- La seconde ligne (tracé B) se détache de la station centrale de la place de la Concorde pour se diriger jusqu’à la Bastille par la rue Royale et les grands boulevards.
- Le réseau est complété par la ligne de la place de la Concorde à la porte de Vincennes (tracé C) qui se raccorde aux deux premières, aux stations de la place de la Concorde et de la place de la Bastille.
- Le choix de ce tracé est aisé à justifier.
- Si vous voulez bien en effet jeter encore un instant les yeux sur le plan général (pl. 30), vous vous rendrez compte immédiatement que l’ensemble des deux lignes porte de Vincennes-Concorde, Bois-de-Boulogne (tracés C et A) suivent à peu près le cours de la Seine par des voies dont vous connaissez pratiquement la circulation particulièrement active, au moins entre la place de l’Etoile et la gare de Lyon.
- Or les bateaux-omnibus qui suivent une direction analogue transportent annuellement malgré la période de chômage qu’ils subissent en raison des brouillards et des crues, malgré le peu de durée d’un service à peu près limité à la lumière du jour et la difficulté d’accès aux pontons d’embarquement, de 18 à 20 millions de voyageurs.
- Sur la ligne des grands boulevards, d’autre part, les statistiques de la Com-
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- pagnie des Omnibus nous dénoncent un. transport annuel de 11 millions de voyageurs et un rapport officiel de la commission municipale du Métropolitain affirme (ce que les Parisiens ne savent que trop par expérience) que cette compagnie en laisse de côté en moyenne 10 millions par insuffisance de places.
- Je crois inutile, Messieurs, d’insister devant vous sur ces chiffres et j’aurais quelque honte à trop appuyer sur une vérité aussi banale que celle qui consiste à dire que les moyens actuels de circulation sur ces directions sont absolument insuffisants. Il y a longtemps que la question est tout à fait tranchée.
- Systè?ne de construction. — J’arrive maintenant, Messieurs, à la description
- Fig. 1. — Coupe transversale de la voie du tramway tubulaire rue Saint-Antoine.
- du système nouveau que j’ai adopté pour la construction dé ces lignes et qui est la caractéristique de mon projet.
- Pour suppléer à ce que mes explications pourraient avoir d’incomplet, j’ai fait apporter ici un modèle en réduction représentant à l’échelle du quarantième, et d’une façon extrêmement exacte, une station et une portion du tunnel lui-même, avec la place qu’ils occuperaient sous la voie publique. Vous pouvez vous rendre compte du soin avec lequel ont été traités tous les détails de ce modèle où nous avons poussé la recherche de la vérité jusqu’à installer un véritable éclairage au moyen de miniatures de lampes électriques afin de vous donner autant que possible le sentiment de la réalité et de la vie.
- Je vous prierai encore de bien vouloir de temps en temps vous reporter à la figure 1 qui représente une coupe transversale effectuée en travers de la rue Saint-Antoine; et aux figures 2 et 3 où sont représentées d’une façon à la fois exacte et humoristique les vues longitudinale et transversale d’une station des grands boulevards. ' ’
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- Tunnel. — Comme l’indique le nom de tramways tubulaires souterrains, j’ai adopté partout, sauf pour le passage du bassin de l’Arsenal qui se fait à l’air libre sur un viaduc, le tracé du tunnel.
- J’estime en effet qu’il est inadmissible d’installer, dans la rue de Rivoli et sur les grands boulevards, une voie aérienne qui serait odieuse au point de vue esthétique et ne saurait être supportée par les propriétaires et locataires des immeubles en bordure.
- La solution aérienne peut évidemment avoir des applications sur beaucoup
- Fig. 2. — Coupe longitudinale du tramway tubulaire, station de la rue Drouot.
- d’autres voies, notamment sur les boulevards extérieurs qui sont fort larges et présentent des terre-pleins favorables; mais je crois qu’elle ne saurait être admise au cœur même de la capitale.
- J’espère d’ailleurs vous démontrer, Messieurs, qu’un tunnel tel que je le conçois, rigoureusement étanche, largement aéré et luxueusement éclairé sur tout son parcours, sera neuf fois sur douze d’un séjour plus agréable que celui des omnibus actuels qui pourtant se traînent à la surface.
- Les amateurs du pittoresque de la rue auront d’ailleurs toujours la ressource de s’en tenir aux voitures de la Compagnie générale, mais les gens pressés pour lesquels le temps est de l’argent, les travailleurs, qui, après une longue journée,
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- pourront consacrer à leur intérieur l’heure qu’ils passent actuellement, matin et soir, dans un omnibus où ils ont conquis une place à force de patience, apprécieront vivement un moyen de transport rapide, quand bien même il serait souterrain.
- On a du reste beaucoup raisonné sur cette question et il est aisé de plaider le pour et le contre avec un égal succès, puisque manque la sanction de la pratique.
- La réalisation de mon projet présentera donc cet avantage accessoire de servir de base aux décisions ultérieures. Je ne doute pas, quant à moi, du succès de l’expérience.
- Pour les Parisiens, la question est d’être transportés vite et d’une façon confortable, que ce soit en l’air ou sous terre, peu leur importe, à mon avis.
- J’ai dit que le tunnel devait être absolument étanche.
- Cette condition est indispensable pour ne pas avoir l’humidité et par suite la mauvaise odeur que l’on ne peut éviter avec les ouvrages en maçonnerie où fatalement se produisent des infiltrations, surtout si dans une grande longueur du parcours on se trouve en partie dans la nappe souterraine qui règne à quelques mètres au-dessous du niveau du sol.
- Cette condition sine qua non d’étanchéité et par suite de salubrité d’un tunnel ne peut être rigoureusement obtenue que par des parois métalliques dont les assemblages sont faits avec des joints hermétiques.
- J’ai donc été logiquement amené à employer exclusivement le métal dans la construction du tunnel.
- Mais du moment que la chose a été arrêtée en principe, j’ai pu me convaincre qu’à beaucoup d’autres points de vue cette solution devait être préférée.
- Au moyeu de dispositions spéciales, on peut en etfet exécuter le travail absolument en sous-œuvre, à moins d’un mètre au-dessous de la surface du sol, sans interrompre la circulation, sans ouvrir la voie publique.
- Cette dernière question est extrêmement importante au point de vue de la santé publique, car ce n’est pas sans une vive appréhension que les hygiénistes verraient s’effectuer de vastes tranchées, dans la couche superficielle, magma hétérogène des résidus de cent générations, qui compose le sous-sol des rues de Paris.
- Si l’on peut craindre que ce terrain soit particulièrement infecté dé microbes, on est bien sûr au moins qu’il est peu consistant et dès lors, au point de vue même de la sécurité de l’ouvrage, aucune construction ne peut entrer en parallèle avec le tunnel métallique constitué par un immense tube à section circulaire, formant un tout rigoureusement homogène, et opposant aux mouvements de terrain une résistance plus considérable qu’une construction en pierres qui pour une simple fissure est fortement menacée d’un éboulement au moins partiel.
- En admettant même une rupture du métal, il 11e pourrait y avoir envahisse-
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- ment par les terres ou les sables comme cela s’est produit au tunnel de Montrouge sur la Ceinture, où un accident de ce genre a interrompu la circulation pendant une année.
- Si aux avantages que j’ai déjà cités le tunnel métallique joint celui de n’être pas d’un établissement coûteux, je pense qu’il a toutes raisons d’être préféré
- Fig. 3. — Coupe transversale du tramway tubulaire, station de la rue Drouot.
- d’autant plus que ce mode de construction apportera un surcroît de travail vivement apprécié parla métallurgie française fortement éprouvée.
- L’emploi du métal dans l’exécution des travaux souterrains n’est d’ailleurs, à proprement parler, une nouveauté absolue que pour la France. Il existe à l’étranger, notamment en Angleterre, plusieurs constructions de ce genre fort importantes.
- Telle la ligne de « Cité-Southnwark » qui présente un développement de cinq kilomètres environ et passe sous la Tamise.
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- II. Détails techniques. — J’arrive maintenant, Messieurs, à la description du tunnel.
- En vous reportant au modèle et aux figures, vous voyez que le tube est constitué par l’assemblage d’anneaux successifs, obtenus eux-mêmes parla réunion d’un certain nombre de plaques identiques représentant chacune une égale portion du cercle.
- Le diamètre intérieur libre est de 5m,60. Les collets d’assemblage sont intérieurs et constituent des nervures régulières. L’extérieur du tube est complètement lisse.
- L’étanchéité est obtenue par un serrage énergique des collets, au moyen de boulons, sur une matière susceptible de former joint parfait, comme le plomb par exemple. Le bois de sapin soigneusement bitumé a été employé avec succès en ayant soin de terminer le joint par un calfatage d’étoupes extrêmement serré.
- Dans un tunnel ainsi établi, nous sommes absolument sûrs de n’avoir jamais d’infiltrations et nous n’avons en aucune façon à craindre les éboulemenls. Voilà donc, réalisées déjà, deux conditions essentielles du programme : salubrité et sécurité.
- Restent la ventilation et l’éclairage.
- Vous remarquez, Messieurs, sur le modèle en réduction, de petits édicules analogues aux colonnes-affiches et ne tenant pas plus que ces dernières grand emplacement sur le trottoir.
- La partie inférieure de ces colonnes peut aussi recevoir des affiches ; mais la partie supérieure est évidée et le toit est supporté par une grille circulaire du même diamètre que la colonne. Celle-ci est creuse et communique avec l’intérieur du tunnel par une galerie correspondant à l’ouverture laissée libre par la suppression d’une des plaques de fonte des anneaux.
- L’ensemble constitue une cheminée d’appel et l’échange continuel qui se produira entre l’atmosphère du tunnel et celle de l’extérieur, en raison des différences de température et aussi du mouvement rapide des trains, assurera une ventilation d’autant plus facile que la traction et l’éclairage électriques ne donnant lieu à aucuns dégagements de fumées ou de gaz, l’air n’est vicié que par la respiration des voyageurs.
- Toutes les personnes qui ont eu occasion de visiter les égouts ont pu constater combien les bouches sous trottoir ou l’ouverture des tampons y établissent de violents courants d’air.
- J’ai donc lieu de supposer que le nombre des colonnes d’aération que j’ai prévues devra être plutôt restreint qu’augmenté, de façon à assurer dans la mesure du nécessaire seulement la ventilation dont l’excès serait nuisible tout autant que l’absence complète.
- Sur toute sa longueur le tunnel sera largement éclairé à la lumière élec-
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- trique. L’obscurité est en effet une des causes qui produisent le plus ce sentiment de malaise que beaucoup de personnes éprouvent dans les tunnels, alors cependant qu’à l’intérieur des voitures les inconvénients de la fumée et des gaz ne se font pas immédiatement sentir.
- Les voitures seront en outre éclairées intérieurement. A défaut du spectacle de la rue, chacun pourra se plonger dans la lecture de son journal favori.
- Dans ces conditions de lumière distribuée à profusion, d’absence de fumée et d’humidité, de bonne ventilation et de température moyenne paraissant fraîche en été et douce en hiver, il me semble, Messieurs, que les voyageurs transportés dans les confortables voitures des tramways tubulaires souterrains n’auront rien à envier à ceux des omnibus péniblement cahotés à la surface et exposés aux intempéries.
- 11 ne me reste maintenant pour terminer la description du tunnel proprement dit qu’à vous dire quelques mots des dispositions spéciales adoptées pour ne pas apporter de perturbation dans le service des égouts qui seront rencontrés sur le parcours.
- Je ne saurais à cet égard vous donner d’appréciations plus autorisées que celles formulées par M. l’Ingénieur de la voie publique dans le rapport dont je reproduis textuellement le passage suivant :
- C’est, nous devons le dire, sur nos indications et même d’après des éludes détaillées que nous lui avons fournies, que M. Berlier a arrêté les diverses dispositions qu’il propose; c’est dire que nous ne pouvons, en ce qui nous concerne, que considérer ces dispositions comme satisfaisantes.
- En ce qui touche les collecteurs, nous n’avons pas de justifications à produire; les ouvrages proposés sont, sauf cas spéciaux, de simples viaducs ou tubes métalliques étudiés de façon à laisser entre la banquette et le dessous des poutres, la plus grande hauteur possible avec un minimum de lm,60.
- En ce qui touche les égouts secondaires, il nous a paru que, maintenant surtout que l’on tend à y réduire autant que possible l’intervention de l’homme, dans les opérations de curage, on pouvait généralement barrer franchement les galeries, quant à la circulation des hommes, et maintenir simplement l’écoulement des eaux soit au moyen de simples bâches métalliques, soit au moyen de siphons, suivant les différences de niveau entre l’égout et le tramway souterrain.
- D’autre part, le curage des centaines de petits siphons, que l’on peut ainsi être conduit à établir, devant s’effectuer de lui-même et sans l’intervention de l’homme, sauf cas spéciaux, le système de la boule du siphon de l’Alma ne pouvait évidemment être admis, et nous avons préféré prévoir l’établissement, du côté amont, d’un réservoir muni d’un appareil automatique dont la chasse lancée une ou deux fois par jour dans le siphon y empêcherait sûrement le dépôt de toute espèce d’immondices.
- Je n’ai rien, Messieurs, à ajouter à cet exposé précis de la question fait par un des ingénieurs les plus compétents des services municipaux.
- Il ressort, je crois, suffisamment maintenant des explications que je vous ai données au sujet du tunnel métallique que son établissement ne donne pas lieu
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- à de sérieuses objections, et qu’il est au contraire facile, économique et pratique à tous les points de vue.
- Voie. — Je passe maintenant à la description de la voie.
- Là, rien que d’extrêmement aisé.
- Dans le tunnel à section circulaire sont placées, à lm,50 d’écartement, des poutres transversales en bois injecté reposant à leurs extrémités sur des consoles en fonte adhérentes aux parois du tube et soutenues en leur milieu par de petits massifs en briques (fig. 1).
- Sur ces poutres courent deux voies parallèles (aller et retour) constituées au moyen de rails à patins de 25 kilogrammes au mètre courant, fixées au moyen de tire-fonds.
- Au milieu de chaque voie de roulement, vous voyez un rail central isolé par des plaques de caoutchouc des traverses auxquelles il est assujetti. C’est le conducteur électrique sur lequel s’effectuera la prise de courant pour les moteurs des voitures, ainsi que je vous l’exposerai plus longuement lorsqu’il s’agira delà traction.
- Comme dans tout chemin de fer ou tramway, la voie est complétée par des aiguillages, croisements et plaques tournantes suivant les exigences de l’exploitation. Toute cette partie est trop connue pour qu’il soit utile de m’v arrêter.
- Stations. —Il me reste, pour en avoir fini avec les installations fixes, à vous faire la description des stations.
- Les tableaux et le modèle qui sont sous vos yeux faciliteront beaucoup cette tâche.
- Toutes les stations sont souterraines. Elles sont constituées par une excavation rectangulaire de 15 mètres de largeur sur 25 à 30 de longueur, dont des murs épais de soutènement forment les parois, tandis que le plafond sur lequel repose la chaussée est établi au moyen de poutres en fcret.de voûte en briques.
- Les quais sont de plain-pied avec le plancher des voitures, ils sont meublés de banquettes, et l’on pourra y établir des kiosques pour la vente du tabac et des journaux et une cabine téléphonique.
- On accède dans la station par des escaliers débouchant sur le trottoir et recouverts d’une légère et élégante construction qui occupe peu de place.
- Le tunnel étant à peu de profondeur sous le sol, les escaliers ne seront pas une cause de fatigue. Ils seront en général beaucoup moins importants que ceux de la plupart des gares de la Ceinture.
- La station sera complétée par un passage souterrain qui mettra en communication non seulement les quais opposés, mais les deux côtés du boulevard.
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- Ce passage, qui sera mis gratuitement à la disposition du public, rendra sur certains points dangereux et encombrés de la voie publique un véritable service à la population.
- Je n’ai pas besoin d’ajouter que plus que le tunnel encore, les stations et passages seront brillamment éclairés à la lumière électrique.
- Le petit éclairage que nous avons pu installer sur ce modèle vous permet de vous faire une idée très exacte de ce que seront ces réseaux souterrains que quelques-uns se plaisent à représenter comme un horrible séjour.
- Rampes et courbes. — Un dernier renseignement me reste à vous fournir au sujet du tunnel et de la voie.
- Les courbes sont toutes uniformes et présentent un rayon de 83 mètres. Les déclivités les plus importantes ne dépassent pas 15 millièmes, sauf au pont du bassin de l’Arsenal où elles atteignent 25 millièmes.
- Je crois maintenant, Messieurs, vous avoir suffisamment édifiés sur les détails importants de la construction des tramways tubulaires souterrains; nous allons donc, si vous le voulez bien, passer à l’examen des services de l’exploitation.
- Traction électrique. — Dans cet ordre d’idées, le point le plus important est sans contredit l’adoption du mode de traction.
- A priori, certainement, la traction électrique s’impose, car elle résume théoriquement tous les avantages que l’on peut souhaiter. Mais est-elle pratique? Voilà la question que se posent encore à l’heure qu’il est beaucoup de personnes.
- Nous sommes, il faut l’avouer, Messieurs, bien en retard en France à ce point de vue, vis-à-vis d’autres nations.
- Je n’ai pas à rechercher ici si des spéculations malhonnêtes ou simplement malheureuses sont la cause de cette infériorité regrettable.
- Mais il est certain qu’après avoir suscité un très vif enthousiasme, l’électricité a été pendant quelque temps l’objet d’un grand scepticisme pour le public qui avait été mystifié.
- On commence à réagir contre ce fâcheux état d’esprit. Je désire beaucoup, pour ma part, contribuer à cette réaction en vous exposant en quelques mots l’état de la question à l’étranger, surtout au point de vue de la traction; car, pour l’éclairage, nous sommes beaucoup plus avancés que pour la force motrice, dont aucune application sérieuse n’a encore été faite.
- Il y a des choses pour lesquelles la statistique est le meilleur des arguments.
- J’ai sous les yeux un tableau, d’où il résulte qu’au mois de janvier 1888, il y avait en exploitation plus de 200 kilomètres de chemins de fer ou tramways à traction électrique, fonctionnant couramment.
- Dans ce tableau, pas une ligne française, et cependant il ne figure pas encore tous les réseaux étrangers, car on comptait en Amérique, à la fin de 1887, 54
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- nouvelles demandes ou projets pour lignes à traction électrique, et il s’en construit chaque jour de nouvelles!
- Nous en sommes encore, nous, pour seule application au joujou qui fonctionna aux Champs-Elysées et à quelques timides essais au moyen d’accumulateurs.
- N’est-il pas temps, Messieurs, que la France se mette au rang des autres nations? Et peut-on supposer qu’Anglais et Américains, gens pratiques, auraient donné à ce genre de traction un développement aussi important sur tant de lignes différentes s’ils n’avaient trouvé avantage et sécurité à le faire?
- Et cependant, voyez, Messieurs, dans quelles circonstances exceptionnellement favorables se présente cette application aux tramways souterrains. Le conducteur, parfaitement isolé et abrité, n’a pas à craindre les déperditions dues à des causes atmosphériques comme les conducteurs aériens et surtout les conducteurs posés dans un caniveau sur le sol, avec toutes les complications qu’entraîne dans ces conditions la prise de courant pour les moteurs des voitures.
- L’ensemble des rails et du tunnel métallique lui-même offre pour le retour du courant un conducteur tout indiqué.
- Dans de telles conditions, il n’y avait pas à hésiter, et c’est en toute confiance dans le succès, que j’ai décidé d’employer la traction électrique pour les tramways dont j’ai l’honneur de vous entretenir.
- Yoici maintenant les dispositions d’ensemble que j’ai arrêtées après étude des diverses solutions possibles.
- Des usines situées vers le milieu du parcours produiraient l’électricité nécessaire pour actionner les moteurs des voitures et assurer l’éclairage du tunnel et des stations.
- Les voitures porteraient un moteur assez puissant pour que l’une d’elles puisse, en cas d’accident ou d’affluence exceptionnelle, en remorquer une autre.
- Cette disposition ferait que, dans la pratique, deux voitures étant toujours attelées ensemble, un seul moteur travaillerait, l’autre restant en réserve, et que l’on pourrait, à l’occasion, doubler la longueur du train en y ajoutant de simples voitures non pourvues de mécanisme.
- Il est entendu que l’éclairage et la traction seraient deux services distincts et que le matériel fixe des usines serait assez important pour avoir toujours des machines en réserve, afin de parer à tout événement.
- Les voitures seront du type tramway à deux plates-formes. Elles ne pourraient, en raison des courbes, avoir une très grande longueur, car cela obligerait à modifier le profil du tunnel. J’ai préféré en atteler deux ensemble, une de chaque classe, pouvant contenir chacune une trentaine de voyageurs.
- Je compte pouvoir mettre à la disposition du public des trains se suivant à une minute d'intervalle et marchant au moins à 20 kilomètres à l’heure.
- Une telle fréquence dans les passages des trains ne saurait vous paraître un
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- danger lorsque vous saurez qu’à New-York, les trains se succèdent à 300 mètres d’intervalle; les arrêts ne sont que de quelques secondes, 20 au maximum. La vitesse est de 20 à 30 kilomètres à l’heure. Il y a des trains tous les trois quarts de minute (45 secondes) le matin, toutes les 3 minutes dans la journée, toutes les 5 minutes dans la nuit.
- L’accès des stations des tramways tubulaires souterrains sera libre et sans entraves. Pas de salles d’attente, pas de tickets à prendre. Les voyageurs paieront leurs places dans les voitures, et à l’arrivée aux stations, les uns descendront par une extrémité des voitures, pendant que les autres monteront à l’autre bout.
- Je n’ai pas besoin de dire que les voitures seront aménagées avec tout le confortable moderne.
- Tarifs. — J’arrive à la question des tarifs.
- J’ai demandé à l’administration l’application des tarifs de la compagnie des omnibus, soit 0 fr. 30 pour la première classe avec correspondance, et 0 fr. 15 pour la seconde, sauf en ce qui concerne certains tarifs spéciaux.
- Afin de favoriser les travailleurs de toute catégorie, sans les obliger pour cela à prendre des trains déterminés, qui leur occasionnent souvent de grandes pertes de temps, il sera délivré des billets d’aller et retour à moitié prix, valables pour l’aller pendant les deux premières heures' de la journée, et pour le retour par tous les trains.
- III. Frais de construction et d’exploitation. — Prévisions du trafic. —
- Il ne me reste plus, Messieurs, pour que vous soyez tout à fait au courant de la question, qu’à vous soumettre quelques chiffres.
- Mais comme je ne veux pas abuser de l’attention que vous voulez bien m’accorder, je ne citerai que des chiffres récapitulatifs sans entrer dans les détails.
- Je me hâte de dire, cependant, que ceux de nos collègues que ces détails intéresseraient, en trouveront tous les éléments dans le mémoire annexé au dossier du projet que vous avez sous les yeux et que je tiens à votre entière disposition.
- En ce qui concerne le tunnel métallique, les frais de premier établissement comprenant : déblais, leur extraction et leur transport, fontes, joints, rails, isolateurs, traverses, béton, massifs, évents d’aération, pose du tube et de la voie, en un mot tous les travaux et fournitures, ressortent à 2 269 francs par mètre courant.
- Chaque station reviendra en moyenne à 200 000 francs ; les devis varient de 185 000 à 217 000, suivant la profondeur à laquelle elles se trouvent.
- Les dérivations d’égouts, y compris le réservoir de chasse, sont estimées chacune à 3 000 francs environ.
- Le devis des usines, y compris l’achat des terrains, la construction des im-
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- meubles et du matériel fixe et roulant d’exploitation s’élève pour l’ensemble des trois lignes à 4 045 000 francs.
- En résumé, les frais de premier établissement des trois lignes s’élèveraient, d’après nos devis, à 54 millions de francs. Ce qui, pour un développement total de 16 155 mètres, fait ressortir à 3 259 000 francs environ le prix de revient kilométrique des lignes prêtes à fonctionner.
- Je dois, au sujet de ces chiffres, faire une remarque importante. Tous les devis ont été établis à des prix de série, et comme d’autre part il n’y aura pas à faire d’expropriations, il est certain que les prévisions ne seront pas dépassées, ce que l’on ne saurait certifier quand il s’agit de projets comportant des expropriations.
- J’ai tenu avant tout à dresser un projet absolument sincère ; et comme j’ai fait la demande de concession sans demander ni garantie d’intérêt, ni subvention, je n’ai aucune raison pour chercher à tromper, ou moi-même ou les autres. Pourrait-on en dire autant de tous les projets de Métropolitain?
- Quant aux dépenses d’exploitation, je les ai prévues également avec le plus grand soin. Elles comprennent les frais de traction, de personnel, d’usines, les impositions, l’entretien du matériel et de la voie, l’amortissement et l’imprévu, et le total est estimé annuellement à 2 400 000 francs.
- L’évaluation des recettes est forcément plus aléatoire. Cependant, en étudiant d’une façon très serrée les documents statistiques officiels, j’ai pu me convaincre que l’affaire était absolument viable et que l’on pouvait compter sur environ 6 millions de francs de recettes pour l’ensemble du réseau.
- Ces prévisions qui n’ont pas été trouvées exagérées par l’Administration, ainsi qu’il ressort des rapports que je vous ai cités en commençant assureraient au capital une rémunération de 6,48 p. 100, ce qui sans être un bénéfice scandaleux constitue par le temps qui court un placement honnêtement rémunérateur que de beaucoup plus grandes entreprises regarderaient avec envie.
- Je ne saurais en terminant, Messieurs, passer sous silence les conclusions auxquelles a donné lieu l’examen de cette affaire par l’Administration préfectorale.
- Dans son mémoire, en date du 6 mai 1888, M. le Préfet de la Seine, en sa qualité de maire de Paris, apprécie mon projet dans les termes suivants :
- Le nouveau réseau, exclusivement affecté au transport des voyageurs, pourrait être assez rapidement construit, sans qu’il en résultât aucun trouble sérieux ni à la surface, ni dans le sous-sol des voies publiques empruntées, et sans devenir lui-même un obstacle à la création ultérieure d’un véritable Métropolitain.
- Il résoudrait dès aujourd’hui la traversée de Paris dans sa plus grande largeur, en reliant directement tout le centre de la cité à ses deux plus belles promenades, le bois de Boulogne et le bois de Vincennes.
- Il offrirait d’ailleurs à la population parisienne un moyen de transport rapide, commode, économique et toujours suffisant dans des directions où la circulation devient de plus en plus active et où les moyens dont elle dispose ont déjà atteint un maximum qu’il serait difficile de dépasser sans arriver à l’encombrement de la voie publique.
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- Il constituerait, enfin, une entreprise rémunératrcie, qui, loin d’imposer à la Ville aucun sacrifice, aurait au contraire l’avantage de lui réserver dans l’avenir un capital important, étant donné qu’à l’expiration de la concession toutes les installations lui feraient retour.
- Ces conclusions, formulées comme vous le savez, Messieurs, après que le projet a passé par la filière de l’examen de tous les services municipaux intéressés, vous garantissent l’exactitude de mes prévisions relativement à l’importance du trafic et vous assurent en même temps que l’exécution des tramways tubulaires souterrains ne saurait troubler ni le réseau des égouts, ni compromettre la création éventuelle d’un Métropolitain.
- Je suis donc venu en toute confiance soumettre mon projet à votre impartial examen ; heureux si vos suffrages venaient couronner le résultat de bien longs travaux et me dédommager en un instant de mes soucis et de mes labeurs.
- Je vous remercie, Messieurs et chers collègues, de l’attention flatteuse et bienveillante dont vous m’avez honoré et je me tiens à votre disposition pour tous renseignements complémentaires que voudraient bien me demander ceux d’entro vous pour lesquels il resterait quelques points obscurs dans l’exposé que je viens de vous présenter.
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- Rapport fait par M. Prunier, au nom du Comité des arts économiques, sur le poêle hygiénique de M. J.-Ë. Potain, constructeur à Paris.
- Le poêle à gaz présenté par M. Potain se distingue de la plupart des appareils similaires en ce que l’air nécessaire à la combustion est pris au dehors de la pièce, et surtout qu’après la combustion les gaz qui en résultent sont totalement renvoyés à l’extérieur (fîg. 1).
- A cet effet, une double prise d’air amène l’air en FS'P jusqu’au brûleur à gaz LL', alimenté en MM' par une conduite munie de rhéomètres Giroud. Les produits de la combustion s’élèvent dans l’espace cylindrique annulaire qui constitue le corps du poêle et trouvent en DG leur issue au dehors, sans avoir eu, en aucun point de leur trajet, de communication avec l’intérieur de la pièce.
- L’axe du poêle est occupé par un cylindre de cuivre II terminé inférieurement par une partie cintrée qui puise en ASE l’air extérieur. Après s’être échauffé en H, cet air vient ensuite se répandre dans la pièce qui se trouve à la fois chauffée et ventilée.
- Deux diaphragmes S et S', manœuvrés par des clefs, servent à régler
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- l’accès de l’air. Un ou plusieurs robinets, selon le nombre des brûleurs, remplit le même objet pour l’arrivée du gaz.
- L’allumage nécessite, comme toujours en pareil cas, quelques précautions. Il s’effectue à l’aide d’une petite porte K munie d’un regard en mica.
- Les détails de construction paraissent bien compris et étudiés avec soin.
- Lesjointsindispensablessontgarnis d’amiante comprimée, et au besoin agglutinée au moyen d’un silicate alcalin.
- Un socle en fonte donne de la stabilité à l’appareil; enfin le tuyau de dégagement des produits de combustion est muni, à l’extérieur, d’une lanterne ayantpour but d’atténuer les effets des coups de vent, et d’empêcher soit l’extinction du brûleur, soit le reflux des produits de la combustion.
- Différents modèles ont été établis en vue de la puissance de chauffage à obtenir. C’est ainsi qu’en donnant plus de hauteur au poêle on augmente la surface de chauffe et par suite le rendement.
- On peut également augmenter le nombre des cylindres destinés à réchauffement de l’air et en chauffer ainsi plusieurs dans un même appareil dont la puissance augmente d’une manière proportionnelle.
- On peut enfin, au lieu de puiser à l’extérieur l’air qu’il s’agit de chauffer, le prendre dans la pièce elle-même en plaçant simplement en dedans l'orifice inférieur du cylindre H.
- L’inventeur, désireux de satisfaire à diverses indications, a établi plusieurs modèles. Certains d’entre eux effectuent la prise d’air et la sortie du gaz de la combustion au moyen de deux tuyaux concentriques traversant une ouverture unique qu’on peut, à la rigueur, pratiquer dans un simple carreau de fenêtre.
- Fig, 1. — Poêle à gaz de M. Potain.
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- Tous ces modèles, employant le gaz comme combustible, offrent naturellement les qualités de commodité et de propreté bien connues, l’allumage et l’extinction instantanés. De même on échappe complètement aux inconvénients inhérents à l’ouverture indispensable au moment de l’alimentation dans les poêles qui consomment du charbon.
- Ce système de chauffage, à la fois commode et salubre, se prête, comme on l’a vu, à une ventilation très complète, mais peut également fonctionner dans une pièce hermétiquement close.
- Evidemment, il ne saurait avoir en même temps la prétention d’être le plus économique; néanmoins la dépense d’un poêle de ce genre, employé au chauffage d’une pièce de capacité moyenne (70 à 80 mètres cubes) ne dépasse guère 400 à 500 litres de gaz à l’heure.
- En résumé, le système de M. Potain constitue un progrès réel dans cette question du chauffage des appartements dont l’importance est telle au point de vue de l’hygiène que le moindre perfectionnement dans ce sens présente un intérêt tout spécial.
- Le Comité des arts économiques vous propose donc de remercier M. Potain de son intéressante communication et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport avec les figures nécessaires pour montrer le fonctionnement de l’appareil
- Signé : Prunier, rapporteur.
- Approuvé en séance le 26 avril 1889.
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- Rapport fait par M. Prunier, au nom du Comité des arts économiques, sur le
- vide-tourie de M. Serrin.
- Le vide-tourie que M. Serrin a placé sous les yeux de la Société est un instrument bien connu des industriels et déjà fréquemment employé dans les laboratoires.
- Comme l’indique son nom, il sert à vider les touries, demi-touries, bonbonnes, etc.
- Il se compose de deux demi-roues et d’une plate-forme de bois. Les demi-roues sont reliées par des entretoises destinées surtout à donner delà solidité à tout l’appareil.
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- Sur la plate-forme on engage la tourie qu’il s’agit de mettre en vidange; ou la fixe au moyen d’un bâton de frêne ferrée à ses deux extrémités afin de s’accrocher solidement dans les dents d’une crémaillère qui permet de faire varier la grandeur de la tourie à vider.
- 11 n’y a plus alors qu’à faire basculer l’appareil qui, en tournant sur les demi-roues, verse progressivement le liquide contenu jusqu’à la dernière goutte.
- Les figures ci-jointes (1 et 2) font parfaitement comprendre la manœuvre et en même temps, les avantages de cet instrument.
- En terminant, je rappellerai que M. Serrin, bien connu de la Société, est
- l’inventeur du régulateur automatique pour la lumière électrique, qu’elle a été des premières à récompenser, dès 1862, par une médaille de platine et de plus, en 1867, par une médaille d’or.
- Son vide-tourie constitue un appareil très pratique et peu dispendieux, qui permet à un homme seul de manœuvrer de grandes quantités d’un liquide quelconque.
- En conséquence, votre Comité des arts économiques vous propose de remercier M. Serrin de son intéressante communication et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport avec les figures nécessaires pour faciliter l’intelligence du texte.
- Signé ; Prunier, rapporteur.
- Approuvé en séance le 26 avril 1889.
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- Rapport fait par M. le colonel Serert, au nom du Comité des arts économiques, sur un appareil cryptographique imaginé par Mllés Rillaudel.
- Les méthodes employées pour transcrire en caractères secrets les correspondances diplomatiques, militaires ou commerciales, ont été en usage de tout temps, mais elles ont pris une importance plus grande dans ces dernières années, tant au point de vue militaire par suite du développement systématique que Ton a donné aux méthodes de préparation à la guerre, qu’au point de vue diplomatique et commercial par suite de l’extension prise par les communications télégraphiques.
- On a dû, surtout pour l’emploi de ce dernier moyen de communication, cherchera les rendre d’un usage plus commode, tout en s’ingéniant à leur conserver les garanties nécessaires en ce qui concerne la conservation du secret vis-à-vis des étrangers et l’exactitude de la lecture pour les initiés.
- L’étude de ces méthodes, qui sont très nombreuses, constitue une science spéciale, à laquelle on a donné le nom de cryptographie et qui a fait l’objet de plusieurs publications récentes (1).
- Les procédés cryptographiques les plus en usage sont basés sur l’emploi de caractères conventionnels (lettres ou chiffres) qui représentent, soit simplement les caractères de l’écriture à transmettre, soit des mots ou des phrases usuelles consignées dans des dictionnaires spéciaux.
- On appelle écriture chiffrée l’écriture obtenue avec ces caractères conventionnels, et déchiffrement l’opération à faire pour traduire cette écriture en langage clair.
- Si l’on fait usage simplement de lettres convenues et toujours les mêmes pour remplacer les lettres de l’alphabet, ce qui était la méthode employée par Jules César et bien avant lui par les Carthaginois et les Phéniciens, ou si l’on emploie des alphabets dans lesquels les lettres sont remplacées par des signes conventionnels, comme les alphabets dits des Rénédictins, à voyelles remplacées par des points ou par des consonnes, ceux des fraucs-
- (i) On peut consulter notamment sur ces questions :
- Kerckhoffs, la Cryptographie militaire, Journal des sciences militaires, 1883.
- Henri Mamy, la Cryptographie, Science et guerre, Bernard Tignol, 1888.
- Et surtout Josse, la Cryptographie et ses applications à l’art militaire. Revue maritime et coloniale, 1er trimestre 1883.
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- maçons, celui de lord Bacon, ou encore celui de Morse ou les signes sténo-graphiques, le secret est peu assuré, car les mêmes signes reproduisant toujours les mêmes lettres, il est facile, à Laide de certaines règles tirées des particularités de la langue dans laquelle la dépêche chiffrée est écrite, de trouver la dé de l’alphabet employé, et par suite la signification de la correspondance.
- On peut aussi conserver, pour chaque lettre de l’écriture chiffrée, la lettre même du langage clair et obtenir le secret par un arrangement spécial des lettres, par exemple par une transposition opérée suivant une règle plus ou moins compliquée.
- La dé du système est alors constituée par la règle suivie pour opérer la transposition.
- On cite notamment, dans ce système, la méthode par simple inversion, la méthode orientale ou japonaise, où les lettres sont transcrites par séries de lignes verticales, celles par parallélogramme où elles sont distribuées à l’aide de lignes obliques, etc.
- Ces méthodes présentent le même inconvénient que les précédentes, car elles donnent des dépêches relativement faciles à déchiffrer.
- On peut augmenter un peu les difficultés, au détriment de la commodité d’emploi, en combinant ensemble les deux systèmes, c’est-à-dire en appliquant la transposition à une dépêche préalablement transcrite en caractères conventionnels.
- On peut encore augmenter les difficultés, mais toujours avec les mêmes inconvénients, en faisant usage de mots conventionnels ou clés que l’on peut changer à volonté pour régler le mode de transposition adopté.
- De ce dernier genre sont les méthodes par combinaisons de cases comme celle connue sous le nom de méthode du télégraphe aérien avec groupements ternaires des lettres, celles du colonel Roche, et celle dite des diviseurs, à simple et à double transposition, dans laquelle on intervertit, suivant une règle convenue, les caractères de la dépêche préalablement divisés en groupes déterminés.
- Dans tous ces systèmes, on emploie d’ailleurs généralement, pour transformer les mots pris pour clés en une série numérique, la méthode dont les commerçants font ordinairement usage pour marquer en lettres les prix inscrits sur les étiquettes de leurs marchandises, méthode qui consiste à choisir comme clé un mot de dix lettres différentes, et à attribuer à chaque lettre le chiffre qui correspond à son rang dans le classement alphabétique normal.
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- Toutes ces méthodes sont à double clé. On les transforme en méthodes à triple clé quand on les applique à un texte déjà préalablement chiffré en caractères conventionnels. On obtient ainsi un texte que l’on peut considérer comme indéchiffrable, mais elles exigent alors pour leur emploi un temps fort long et exposent à des erreurs.
- On obtient des méthodes plus sûres et d’un emploi plus pratique en faisant usage d’un système dont le principe est dû au physicien Porta et dans lequel on change périodiquement l’alphabet conventionnel employé.
- Le chiffre dont Porta faisait usage, pour l’application de cette méthode, lui donnait onze alphabets différents.
- • Le diplomate Yigenère, en perfectionnant la méthode, créa un système qui porte son nom et qui a été fort employée au xvn° et au xvme siècle. Ce système, dans lequel on dispose de vingt-six alphabets différents, a reçu aussi le nom de chiffre carré parce qu’il comporte l’emploi d’un tableau disposé comme une table de Pythagore à vingt-six colonnes, dans laquelle les lettres de l’alphabet remplacent les chiffres. Il est la base de la plupart des méthodes en usage actuellement pour les correspondances militaires et diplomatiques secrètes.
- On emploie, en effet, dans ces méthodes, des tableaux constitués comme le chiffre carré de Vigenère, mais dans lesquels les alphabets successifs sont obtenus dans un ordre donné par une clé convenue ou même dans un ordre abandonné au hasard.
- On obtient un procédé commode dérivé du tableau de Vigenère en inscrivant deux alphabets sur une règle et une réglette que l’on peut déplacer l’une par rapport à l’autre, de façon à modifier à volonté la position relative des lettres semblables. C’est la méthode dite de Saint-Cyr, parce qu’elle a longtemps été en vogue dans l’école de ce nom.
- Les méthodes employées à l’étranger et désignées sous les noms de méthode allemande, méthode de Hirsch, méthode anglaise de Beaufort, sont également des méthodes dérivées du chiffre de Vigenère. Il en est de même de méthodes plus compliquées récemment proposées, telles que les méthodes d’Auvray, de Delauney, de Josse, etc.
- Quelle que soit la complication de ces méthodes, il a été démontré par Kerckhoffs qu’elles ne peuvent donner une sécurité absolue. Ce spécialiste a fait connaître un système général de déchiffrement qui permet d’espérer obtenir la traduction d’un texte écrit en langage secret lorsque ce texte est suffisamment long et que l’on connaît, d’autre part, un certain nombre
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- de circonstances accessoires concernant la nature probable de la correspondance.
- Les méthodes dont il vient d’être question présentant des difficultés qui en rendent l’usage très lent lorsqu’elles sont choisies assez compliquées pour donner des garanties suffisantes de secret, on a créé un grand nombre d’appareils destinés à en faciliter l’usage.
- Ces appareils sont notamment employés pour la transposition. Ils ont l’avantage d’accélérer les opérations de mise en chiffre et de lecture, mais ils ont l’inconvénient d’exiger un secret absolu sur leur existence ou leurs dispositions et ne peuvent être par suite adoptés pour les usages militaires.
- Parmi ces instruments, on doit citer les grilles imaginées par le mathématicien Cardan et qui consistent en cartons percés de fenêtres réparties dans un ordre déterminé et dans lesquelles on inscrit isolément les lettres du texte de la dépêche en donnant à la grille des déplacements successifs dans un sens convenu.
- De nombreux appareils ont été établis sur ce principe.
- Il existe aussi des appareils mécaniques employés pour la traduction en chiffres et quelques-uns même donnent automatiquement le déchiffrement et l’impression de la dépêche.
- De ce genre sont les cryptographes à cadran Grimai, les appareils de Wheastone, de Paulin Richard, de Iverckhoffs, de Viney et Gaunin, de Kohl, etc.
- Ces appareils, qui facilitent seulement l’emploi des méthodes adoptées, n’en modifient pas l’essence et par conséquent ne leur donnent pas plus de garanties en ce qui concerne la possibilité de déchiffrement.
- Enfin, il existe pour la correspondance secrète des méthodes fondées sur l’emploi de tables et de dictionnaires. Celles-ci ont le grand avantage de permettre de représenter des mots entiers ou même des phrases ou des membres de phrase par des lettres ou des chiffres, ce qui permet d’abréger beaucoup les opérations.
- Ces méthodes se sont surtout développées dans ces dernières années, par suite de la possibilité qu’elles donnent d’économiser des frais pour la transmission des dépêches télégraphiques, tout en permettant d’assurer le secret des correspondances.
- On sait, en effet, que les conventions télégraphiques internationales admettent les dépêches chiffrées pourvu qu’elles soient entièrement écrites avec les caractères d’un même alphabet usuel ou en chiffres arabes.
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- Les principaux dictionnaires chiffrés en usage en France sont ceux de Brachet, Louis, Sittler, Brunswick, Mamert-Gallian, etc. Celui de Sittler en était arrivé en 1886 à sa huitième édition.
- Des ouvrages analogues sont en usage à l’étranger et notamment en Angleterre et en Allemagne.
- On peut augmenter la sécurité d’emploi de ces dictionnaires en en faisant usage avec l’intermédiaire d’une clé conventionnelle qui change la signification des abréviations employées.
- Ces livres chiffrés sont d’un emploi très avantageux quand on prend les précautions voulues pour éviter les inconvénients qui peuvent provenir d’erreurs de copie ou de transmission, mais pour certains emplois et notamment pour les usages militaires, ils ont le grave défaut de pouvoir être perdus.
- Ces explications étaient nécessaires pour faire comprendre l’intérêt qu’il peut y avoir à chercher de nouvelles méthodes ou de nouveaux appareils pour la transmission de correspondances secrètes et pour faire saisir les avantages ou les inconvénients que peuvent présenter de nouvelles propositions.
- De tous temps, d’ailleurs, des hommes éminents ont apporté leur concours au perfectionnement de la cryptographie et la Société d’Encourage-ment ne trouvera sans doute pas indigne d’elle d’arrêter son attention sur ce sujet qui intéresse aujourd’hui, tout spécialement, les industriels et les négociants.
- Déjà, il y a peu de temps, votre Comité des arts économiques a eu à s’occuper d’un appareil cryptographique proposé par M. Doré, horloger-mécanicien à Saint-Ouen, et pour lequel ce dernier a dû prendre un brevet.
- Il s’agissait d’un appareil à cadran de petites dimensions, qui parait devoir présenter certains avantages pour la cryptographie militaire notamment.
- La construction de cet appareil est telle qu’il comporte l’emploi de trois clés et permet de changer, après chaque lettre écrite et suivant une règle facile à observer, l’alphabet conventionnel qui a servi à écrire cette lettre.
- Dans ces conditions, la méthode échappe aux inconvénients que l’on peut reprocher aux systèmes d’écriture chiffrée basés sur l’emploi de notations convenues avec transposition réglée au moyen de clés.
- Un mot qui se présente plusieurs fois dans le texte n’est plus, en effet, reproduit par les mêmes notations, comme cela arrive dans la plupart des
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- méthodes usuelles et ainsi le déchiffrement se trouve rendu à peu près impossible.
- Vous avez accordé à l’inventeur le secours qu’il sollicitait pour prendre un brevet pour cette invention.
- Aujourd’hui, c’est un appareil d’un autre genre qui vous est présenté par trois sœurs, les demoiselles Billaudel, qui habitent à Cernion, par Mau-bert-Fontaine (Ardennes).
- Leur appareil, dont elles ont envoyé une description et un spécimen hâtivement exécuté (fîg. 1), se compose d’une boîte dans laquelle sont enfermées
- Fig. 1. — Crj'ptographe de MUes Billaudel.
- trente réglettes portant chacune, en regard, sur deux colonnes verticales, un double alphabet. Chacun de ces alphabets est formé des vingt-six lettres de l’alphabet ordinaire complétées par les lettres à accent et les chiffres. L’un est écrit en noir, l’autre en rouge, et les caractères de ce dernier sont les caractères conventionnels adoptés pour remplacer les caractères correspondants inscrits en noir.
- Ces derniers sont choisis pour chaque réglette d’après une convention qui n’est pas indiquée dans la description, mais qui est déterminée de telle sorte que la même lettre ne soit jamais représentée par le même caractère conventionnel.
- Chacune des réglettes porte en tête une lettre majuscule.
- Ces lettres servent pour les placer dans un ordre déterminé par une clé convenue, quand on veut chiffrer ou déchiffrer un texte donné.
- A cet effet, on ne fait d’ailleurs usage, chaque fois, que de 12 de ces
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- réglettes, lesquelles sont choisies d’après les lettres majuscules qu’elles portent. Elles sont placées dans 12 rainures ménagées sous un double fond de la boîte et dans lesquelles elles peuvent coulisser librement.
- Ces rainures portent chacune à leur extrémité supérieure une fenêtre, à travers laquelle on peut apercevoir à la fois un caractère noir et le caractère rouge correspondant.
- Toutes ces fenêtres forment une ligne horizontale.
- Pour chiffrer une dépêche, après avoir placé les réglettes suivant la clé convenue, on amène en regard de la fenêtre, en tirant successivement chaque réglette, les 12 premières lettres noires formant le commencement de la dépêche et l’on transcrit ensuite les 12 lettres rouges conventionnelles qui les représentent.
- On recommence ensuite pour les 12 lettres suivantes, en déplaçant de nouveau les réglettes et ainsi de suite.
- L’opération de déchiffrement se ferait par le procédé inverse en amenant par séries de 12 les lettres rouges devant les fenêtres et lisant les lettres noires correspondantes.
- Après s’être servi de l’appareil, on doit sortir les réglettes et les mélanger de façon à ne pas laisser surprendre la clé qui sert à les placer dans l’ordre convenu.
- On voit que cet appareil est dérivé du chiffre de Yigenère, avec l’emploi d’une double clé.
- La méthode ne diffère pas au fond de celle connue sous le nom de chiffre carré interverti régulièrement.
- L’appareil donne seulement un moyen d’améliorer les opérations en permettant d’écrire ou de lire, à la suite d’une opération préalable relativement facile, des séries de 12 lettres consécutives ; mais il a, comme tous les appareils de ce genre, l’inconvénient de rendre les lectures impossibles s’il vient à se perdre ou même seulement à se détériorer.
- Malgré le grand nombre de combinaisons qu’il permet, il n’est pas absolument à l’abri des déchiffrements par la méthode générale indiquée par Iverckhoffs.
- Sous la forme que présente le modèle qui a été établi il est un peu encombrant et sujet à avaries, mais on pourrait l’établir sous une forme plus compacte en remplaçant les réglettes en bois par des lamettes en métal.
- Quoi qu'il en soit, il peut rendre d’utiles services aux personnes qui ont besoin d’entretenir une correspondance secrète, et, malgré la critique générale
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- présentée ci-dessus, il donne, dans la pratique, des garanties bien suffisantes au point de vue du secret.
- En présence de l’intérêt qui s’attache aujourd’hui aux questions de cryptographie, votre Comité vous propose, en conséquence, de remercier mesdemoiselles Billaudel de cette communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin de la Société avec un dessin sur bois représentant l’appareil.
- Signé : Colonel Sebert, rapporteur.
- Approuvé en séance le 10 mai 1889.
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- COMMUNICATION DE M. BECHMANN, INGÉNIEUR EN CHEF DU SERVICE MUNICIPAL,
- SUR LES FONTAINES LUMINEUSES A L’EXPOSITION DE 1889 (1).
- A l’époque où fut arrêté le plan primitif de l’Exposition universelle de 1889 l'éclairage du soir n’étant pas encore décidé, on n’avait pu songer à l’installation de fontaines lumineuses.
- Dans ce premier projet, le parc central devait être orné de quatre pièces d’eau. La plus importante était placée de manière à racheter la différence de niveau entre les parties haute et basse du parc; son tracé était l’œuvre de M. l’architecte Formigé. L’exécution sculpturale des nombreux groupes allégoriques de statues et de figures disposés au centre et sur le pourtour, qui en constituent la décoration, était confiée à M. Coutan.
- Les trois autres pièces d’eau, d’une étendue moindre, devaient se composer de bassins de forme allongée, avec effet d’eau dans la partie centrale, du genre de ceux qui existent aux Champs-Élysées devant le Palais de l’Industrie.
- Ap rès la formation du syndicat international des électriciens en vue de l’éclairage du soir, le Directeur général des travaux se décida à ajouter aux attractions de l’Exposition une ou plusieurs fontaines lumineuses analogues à celles qui ont obtenu un si grand succès aux Expositions anglaises de Londres (1884), de Manchester (1887), de Glasgow (1888).
- Les dispositions du parc ne se prêtaient hpas très aisément à l’installation d’une pareille fontaine; il était, du reste, nécessaire de lui donner plus d’importance pour la mettre en rapport avec la grandeur du cadre. Il y avait donc là toute une étude à faire; MM. Bechmann, ingénieur en chef du service des eaux de l’Exposi-
- (I) Communication faite à la Société d’Encouragement, le 10 mai 1889 ; le texte est celui qui a paru dans le Génie civil.
- Tome IV. — 88° année. 4e série. — Juillet 1889. 52
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- tion, et Formigé, architecte, en furent chargés; ils se rendirent dans ce but à Glasgow, au mois de juillet 1888.
- Les indications rapportées par eux de ce voyage et les résultats de l’étude qui en fut la suite, conduisirent la direction des travaux au projet suivant: les trois petits bassins dont il avait été question primitivement étaient supprimés, on établirait une grande pièce d’eau unique, dont la fontaine, décorée des sculptures de M. Coutan, ferait partie intégrante et dans laquelle on encadrerait la gerbe lumineuse de Glasgow.
- Le dessin général de cette grande pièce d’eau, qui a été confié pour la partie architecturale à M. Formigé, et pour les effets d’eau et de lumière à M. Bechmann, rappelle celui de la cascade de Saint-Cloud.
- Un bassin octogonal, placé au croisement de l’axe longitudinal du Champ-de-Mars et de celui des dômes des palais des Arts, est relié à la fontaine ornée de sculptures par une rivière de forme allongée de 40 mètres de longueur.
- Les jets d’eau qui s’échappent des cornes d’abondance placées sur les flancs du vaisseau symbolique qui domine lafontaine, des urnes fixées au pied des statues qui ornent les côtés, de la gueule des dauphins, etc., alimentent une nappe d’eau que viennent grossir des bouil lonnements figurant des vagues sous la carène du vaisseau.
- Cette nappe retombe en une cascade de 40 mètres de largeur dans la vasque inférieure en communication avec la rivière, qui est elle-même bordé de quatorze gerbes de formes variées, disposées sur deux lignes parallèles. Enfin, le bassin octogonal, placé à l’extrémité, contient dans sa partie centrale des bouquets de roseaux du sein desquels s’échappent des bouillonnements d’eau.
- Le soir, tout cet ensemble s’illumine; les jets d’eau se transforment en jets de lumière, en môme temps qu’une grande gerbe éblouissante surgit des roseaux dans le bassin octogonal, comme le bouquet d’un feu d’artifice.
- Les effets lumineux sont d’ailleurs de couleurs variées, qui se modifient instantanément dans les diverses parties de la pièce d’eau, en produisant une infinité de combinaisons différentes.
- La grande gerbe a seule été confiée à la maison Galloway and Sons de Manchester; les autres parties de l’installation ont été exécutées par le service des eaux de l’Exposition, sous la direction de M. l’ingénieur en chef Bechmann et avec le concours de M. l’inspecteur Richard.
- Il y a eu à surmonter dans l’agencement de la nouvelle pièce d’eau des difficultés considérables en ce qui concerne l’éclairement des jets courbes de grande dimension qui s’échappent des parties supérieures du bassin. Une solution complète n’avait pas encore été trouvée, malgré de nombreuses recherches ; on avait bien éclairé déjà une veine liquide de petit diamètre, mais sans sortir des limites d’une expérience de laboratoire, et c’est la première fois d’ailleurs que se présentait l’occasion de réaliser cet effet sur une très grande échelle.
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- Après de longs efforts, M. Bechmann est parvenu au résultat cherché, grâce à une disposition qui permet l’illumination de jets paraboliques ayant jusqu’à 0m,22 de diamètre et 4m,50 de hauteur. Nous reviendrons sur les détails des procédés très simples qui ont permis d’y arriver.
- La grande gerbe se compose d’un double jet central et de deux couronnes concentriques comprenant respectivement 6 à 10 groupes de jets verticaux.
- Des petites gerbes qui bordent la rivière et qui sont obtenues au moyen d’appareils construits à l’atelier central des machines élévatoires de la Ville de Paris, sous la direction de M. l’inspecteur Meker, les unes sont une réduction de la première et se composent de 17 jets de petite dimension, qui, brisés par la résistance de l’air, retombent en poussière, les autres ont la forme générale d’une fleur dont cinq jets en lame mince et recourbée figurent la corolle, tandis qu’un sixième jet vertical s’échappe de la partie centrale.
- Les jets paraboliques sont au nombre de 14.
- En résumé, l’ensemble comprend 48 effets d’eau distincts et près de 300 ajutages débitant au moins 350 litres d’eau par seconde, soit 1 100 mètres cubes à l’heure. L’eau est fournie par les conduites d’eau de Seine alimentées par le réservoir de Villejuif (altitude : 89 mètres).
- Dix-huit foyers électriques à arc de grande intensité (60 ampères), disposés dans une chambre circulaire sous le bassin octogonal, éclairent la grande gerbe. Les autres effets d’eau sont illuminés au moyen de 30 foyers d’intensité un peu moindre (40 ampères), placés dans des chambres et galeries souterraines entièrement distinctes.
- Les courants électriques qui alimentent ces foyers sont envoyés par une des stations centrales du syndicat des électriciens; la force motrice nécessaire à la production de ces courants est d’environ 300 chevaux.
- Les foyers sont entièrement dissimulés dans les chambres souterraines ou à l’intérieur même des statues, de telle sorte que nulle part on ne voit filtrer un rayon lumineux ; l’énorme quantité de lumière produite est complètement absorbée par l’eau, en vertu du phénomène de la réflexion totale.
- Le changement des couleurs est obtenu par l’interposition de verres teintés, manœuvrés par groupes au moyen do systèmes de transmission actionnés par des leviers. Un seul %ent, placé à distance dans un petit kiosque dissimulé par un bouquet d’arbres, commande par signaux les manœuvres, de manière à faire varier à son gré les effets de coloration, en même temps qu’au moyen d’un autre système de leviers, il agit sur les vannes qui commandent l’alimentation en eau de la grande gerbe, de façon à modifier la hauteur et le nombre des jets qui la composent.
- Dans la chambre circulaire, sous la grande gerbe, les groupes de verres de couleur forment des polygones réguliers ; pour les autres effets d’eau, la même
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- solution est appliquée, mais sous une forme plus générale, les polygones réguliers étant remplacés par des lignes plus ou moins irrégulièrement brisées.
- Cette curieuse installation procure un véritable plaisir des yeux dont le
- Fig. 1. — Foyer de la grande gerbe.
- Fig. 2. — Foyer d’une petite gerbe.
- public ne se lasse pas. C’est un immense feu d’artifice aux mille couleurs, avec battrait de la nouveauté et l’avantage de la durée, sans fumée, sans odeur, sans
- danger d’incendie.
- Il nous reste à compléter la description générale des fontaines lumineuses, en entrant maintenant dans le détail des dispositifs au moyen desquels on obtient les effets précédemment décrits.
- Eclairage des jets verticaux.—Les jets verticaux isolés et les gerbes composées d’un ensemble de jets verticaux \ sont obtenus au moyen d’ajutages d’aussi faible diamètre que possible, amenés à l’extrémité de tuyaux courbes au-
- ---------L dessus d’une dalle en verre; cette dalle est elle-même dis-
- Fis-3- posée horizontalement un peu plus haut que le niveau
- Expérience de M. Colladon. 1 A . 1
- normal de l’eau dans le bassin. Cette disposition s’applique à chacune des cheminées pratiquées dans le toit des galeries ou des chambres souterraines au droit des jets.
- L’éclairage du jet ou de la gerbe se réalise en plaçant sous la dalle le foyer
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- lumineux muni d’un réflecteur ; on obtient ainsi un faisceau de rayons parallèles ou même légèrement divergents qui vient envelopper la masse liquide ainsi que la totalité des gouttelettes qui se forment en retombant.
- Par un effet de réflexion totale, toute la lumière est absorbée par l’eau, qui s’illumine entièrement, sans qu’il y ait déperdition d’aucun rayon lumineux.
- Dans la grande gerbe de MM. Galloway and Sons, le foyer est un régulateur à main, à crayons horizontaux, muni d’un grand réflecteur en étain, dont le sommet présente une large échancrure pour le passage des cendres (fig. 1). Il est placé directement sous la dalle de verre et aune distance assez faible, quoique suffisante pour permettre l’interposition d’un châssis portant cinq cadres mobiles avec des verres teintés de cinq nuances différentes.
- Pour l’éclairage des petites gerbes du canal et de la vasque supérieure, MM. Sautter, Lemonnier et Cie ont réalisé une disposition un peu différente (fig. 2). Le régulateur esta crayons verticaux et à réglage automatique. Le réflecteur est un miroir sphérique en verre argenté, du type de ceux qui servent aux projections à bord des navires; il fournit un faisceau lumineux horizontal, qui est renvoyé dans la direction verticale par un miroir plan incliné à 45°. Le tout est monté sur un châssis unique, pourvu de vis de calage, de manière à permettre un réglage parfait.
- Grâce à cette disposition, la surveillance est rendue plus facile et la chaleur (qui brise souvent les verres de couleur dans le système Galloway) est moindre. Quant à la perte de lumière résultant de la réflexion sur le miroir plan, elle est compensée et au delà par l’avantage d’avoir un miroir argenté au lieu d’un réflecteur en étain et par la suppression de l’échancrure dans ce miroir en raison de la disposition verticale du régulateur.
- Eclairage des jets paraboliques. —L’éclairage des jets courbes qui s’échappent des ajutages horizontaux placés dans les cornes d’abondance, les urnes, les dauphins, etc., est réalisé par une disposition absolument nouvelle, qui a fait l’objet d’une communication de M. Bechmann à l’Académie des sciences (1).
- Le point de départ de cette disposition est l’expérience connue de Colladon (fig. 3) : la veine liquide, s’échappant d’un vase de section parallélipipédique plein d’eau, est éclairée au moyen d’un faisceau lumineux pénétrant par la face opposée et rendu convergent par l’intermédiaire d’une lentille enchâssée dans la paroi du vaêe.
- Dans les proportions d’une expérience de laboratoire, l’éclairement du jet s’obtient facilement avec ce dispositif; mais dès qu’on augmente la section de l’orifice et la pression du liquide en cherchant à réaliser les condititions de fonctionnement des fontaines du Ghamp-de-Mars, on s’aperçoit que, même avec un foyer
- %
- (i) Présentée par M. Troost dans la séance du 18 mars 1889.
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- Fig, 4, — Éclairage d’un jet annulaire.
- lumineux très intense, l’éclairement du jet ne s’obtient plus que sur une longueur très restreinte.
- Si, au contraire, et c’est là l’heureuse découverte due aux recherches de M. Bechmannetde ses collaborateurs MM. Richard et Meker, on remplace le jet
- plein par un jet annulaire à l’intérieur duquel arrive le faisceau lumineux (fig. 4), on constate qu’il est possible d’éclairer une veine de 0m,22 de diamètre sur une hauteur de 4m,50. L’appareil est composé de deux troncs de cône en métal, emboîtés l’un dans l’autre et portant des prolongements cylindriques; la section elliptique est celle qui a donné les meilleurs résultats et qui a été définitivement adoptée pour les ajutages.
- Il est remarquable que l’épaisseur de la veine qui sort de l’orifice annulaire puisse être réduite à 2 ou 3 millimètres, sans que les rayons lumineux même très intenses puissent s’échapper; l’illumination persiste jusque dans les gouttelettes en lesquelles se convertit le jet au delà d’une certaine longueur.
- L’obligation de placer l’ajutage conique d’où s’échappe le jet d’eau à section annulaire dans l’intérieur même des motifs de décoration de la fontaine, créait une difficulté de plus : on ne pouvait, en effet, trouver dans les attributs de l'œuvre de M. Coutan l’espace nécessaire pour installer le régulateur, le réflecteur, les verres de couleur et surtout pour en assurer le réglage et la manœuvre; d’ailleurs, la chaleur produite par le foyer lumineux aurait brûlé le plâtre ou fondu le plomb employés à la confection de ces parties de la fontaine.
- On a tourné ces inconvénients en renonçant à l’éclairage direct et en admettant qu’un miroir plan à 45° renverrait horizontalement dans la partie intérieure de l’aiuta2re le faisceau lumineux sortant verticalement de la cheminée (fig. 5).
- Le faisceau vertical, qui doit être ici convergent, pouvait être éclairé avec l’une
- Fig. 5.
- Éclairage d’un jet horizontal de la fontaine de M. Coutan.
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- ou l’autre des deux dispositions indiquées plus haut, en adoptant soit un régulateur automatique à charbons verticaux, soit un régulateur à main à charbons horizontaux avec réflecteur échancré en étain. Nous avons mentionné les avantages de la première disposition, mais le syndicat international des électriciens, qui a à sa charge la production de la lumière, a cru devoir adopter le deuxième dispositif, soit par économie, soit pour tout autre motif.
- Les verres de couleur sont interposés sur la partie verticale du parcours de la lumière, de façon à se prêter aux mêmes manœuvres que pour les jets verticaux.
- Moyens employés pour dissimuler aux spectateurs la source de lumière. — Pour que l’illusion soit complète, il est indispensable de masquer complètement le foyer lumineux à l’œil du spectateur.
- Pour les jets paraboliques, cela ne présentait aucune difficulté, puisque l’eau et la lumière sortent ensemble du même ajutage, et que l’apparence est complètement celle d’un jet de feu.
- Il n’en est pas de même pour les jets verticaux, car si les spectateurs apercevaient les dalles lumineuses placées au-dessous des ajutages, ils se rendraient immédiatement compte du procédé. On évite totalement cet inconvénient en disposant autour des dalles de verre une sorte d’écran dont la hauteur est calculée de manière à défiler entièrement la dalle par rapport à l’œil du spectateur, quelque position qu’il occupe.
- A Glasgow, l’écran se composait d’énormes massifs de maçonnerie, dont l’aspect lourd et disgracieux rappelait celui des gabions employés par le génie militaire; on a cherché à Paris quelque chose de plus agréable à la vue, plus en harmonie avec l’ensemble, et c’est aux roseaux en fonte déjà employés pour dissimuler les ajutages dans les pièces d’eau de nos promenades publiques, qu’on a donné la préférence.
- Ces roseaux figurent des touffes isolées autour de chacune des petites gerbes de la rivière; il y en a toute une série, formant comme un grand massif, au centre du bassin octogonal, afin de masquer la tuyauterie compliquée disposée sur le fond, ainsi que les dix-sept dalles de la grande gerbe.
- Manœuvre des verres de couleur. — Comme nous l’avons déjà dit, la manœuvre des verres de couleur est obtenue mécaniquement et par groupes, ce qui ne contribue pas peu à compléter l’illusion.
- Pour la grande gerbe d’une part et pour tous les autres effets d’eau d’une autre, les verres forment cinq groupes, qui peuvent recevoir respectivement une coloration différente.
- En faisant varier les nuances pour chacun de ces dix groupes suivant son inspiration, le chef d’équipe chargé de diriger les manœuvres a le moyen d’obtenir line infinité de combinaisons distinctes.
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- Dans chaque groupe, les verres de même couleur sont reliés les uns aux autres, de manière à former un circuit unique qu’un homme peut mettre en mouvement au moyen d’un levier placé en un point du parcours; il suffit de faire décrire au circuit une course de 0m,50 à 0m,60 dans un sens ou dans l’autre, pour amener les verres correspondants devant les foyers lumineux ou pour les effacer à volonté.
- En plaçant les leviers à côté les uns des autres, on conçoit qu’un seul homme puisse suffire pour en manœuvrer un grand nombre ; chaque levier est d’ailleurs muni d’un numéro, ce qui permet à l’employé d’obéir sans hésitation aux ordres transmis par le chef d’équipe.
- Il y a, pour la grande pièce d’eau du Champ-de-Mars, deux séries de leviers
- Fig. 6. — Dessous de la grande gerbe indiquant la manœuvre des verres de couleur.
- de manœuvre : l’une placée dans la chambre circulaire disposée sous la grande gerbe, l'autre dans une chambre pratiquée sous la vasque supérieure de la fontaine de M. Coutan. Chaque série comprend cinq groupes avant chacun cinq verres de couleur ; on a donc vingt-cinq leviers par série, à la manœuvre desquels un seul homme suffit, soit deux hommes en tout.
- Chacun d’eux a devant les yeux un tableau sur lequel viennent s’inscrire électriquement les ordres transmis par le chef d’équipe, qui est placé Lui-même dans un kiosque surélevé, d’où il embrasse d’un coup d’œil l’ensemble de la pièce d’eau.
- Les circuits correspondant aux verres colorés de la grande gerbe forment des polygones réguliers (fig. 6). Les châssis en bois glissent dans des rainures en U et sont reliés les uns aux autres par une simple cordelette de chanvre.
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- Les circuits du reste de la fontaine décrivent des lignes brisées irrégulières, mais pour que le frottement ne soit pas plus grand, on a fait porter les châssis sur de petits galets en bronze roulant sur des rails de manière à obtenir un roulement aussi doux que possible. A tous les angles, les câbles qui sont en fer galvanisé passent sur des poulies mobiles ; grâce à ces précautions, la manœuvre se fait sans effort, malgré les complications auxquelles on se trouvait astreint.
- La chambre circulaire sous la grande gerbe communique par une galerie souterraine avec le kiosque où se tient en permanence le chef d’équipe. Celui-ci, placé à 3m,50 environ au-dessus du sol, dans une chambre vitrée, d’où il domine toute la pièce d’eau sans être remarqué du public, a devant lui :
- 1° Une série de leviers;
- 2° Une rangée de boutons électriques.
- Au moyen des leviers et des tringles qu’ils commandent, il actionne les robinets des effets d’eau de la grande gerbe et les fait varier à volonté : une soupape de sûreté est disposée d’ailleurs pour éviter les effets des coups de bélier, conséquence de ses variations sur les conduites d’amenée de l’eau.
- Au moyen des boutons, il transmet électriquement ses ordres à l’homme chargé de la manœuvre des verres de couleur sous la grande gerbe. A chaque bouton correspond d’ailleurs un deuxième circuit, qui transmet simultanément le même signal à l’homme placé sous la fontaine ornée de sculptures.
- Celui-ci se tient dans une vaste chambre de manœuvre, qui communique avec l’extérieur par un escalier recouvert d’une trappe et d’autre part avec la galerie qui court sous la rivière par deux escaliers symétriques. Au reçu des signaux, il agit sur ses leviers et modifie les colorations des effets d’eau de la fontaine décorée et de la rivière.
- Les changements de couleur se produisent ainsi simultanément dans les diverses parties de la pièce d’eau, obéissant à une volonté unique, de façon à obtenir un ensemble parfait, malgré la séparation complète des deux parties.
- L’honneur de cette intéressante conception qui a un si grand succès, revient à MM. Bechmann et Richard pour les installations hydraulique et optique, et à MM. Formigé et Coutan pour la décoration.
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Préparation de la levure au Japon, par M. Georgeson. — Le professeuT Georgeson, du collège impérial d’agriculture de Tokio, dans un rapport sur la préparation du kogi ou levure au Japon, indique que plusieurs procédés sont en usage pour obtenir le ferment, fabriqué dans les brasseries de sake et dans les Tome IY. — 88e année. 4e série. — Juillet 1889. 53
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- manufactures spéciales du kogi. Les détails de manipulation diffèrent, suivant les localités, mais les principes généraux sont les mêmes.
- Les chambres de fermentation dans les fabriques de kogi sont situées à environ o à 6 mètres en contre-bas du sol, dans des terrains très secs; on y pénètre par des puits; tandis que, dans les brasseries, les chambres sont ordinairement de plain-pied et leurs murs couverts de nattes de paille enduites de boue argileuse, afin d’éviter le rayonnement. Les matières premières employées sont le riz, l’eau et la tane (les feuilles ou la graine). Le riz est ordinairement le riz amidonneux, connu sous le nom de uruki; on ne se sert pas du riz visqueux (mochigome). Le tane, partie essentielle de la fabrication, consiste dans les sporules d’un champignon, appelé Eurotium orizeæ, sous forme de poudre jaune, qui a un moment donné de la manipulation sont incorporés dans le riz. En germant sur les grains de riz, le tane convertit une partie de l’amidon en dextrine et lui communique les propriétés d’un ferment. Le riz a subi au préalable un décorticage qui l’a débarrassé de la fine pellicule superficielle qui enveloppe le grain : sans cette opération, il paraîtrait que les liquides auxquels le kogi serait mêlé ultérieurement, entreraient en putréfaction rapide. Après le décorticage, le riz est lavé à fond dans un bac, jusqu’à ce que toutes les poussières et particules étrangères aient été séparées, et laissé pendant quelques heures en immersion, pour amollir la pulpe. L’ébullition par la vapeur se fait par les procédés ordinaires, à l’aide d’un bouilleur; mais plus fréquemment les manipulations sont plus primitives. Un grand pot plein d’eau est monté sur un fourneau et la vapeur qu’il dégage se rend dans une espèce de cylindre, terminé par deux cercles en bois percés de trous, entre lesquels le riz est assujetti au moyen de toiles et est traversé par les jets de vapeur que produit l’ébullition de l’eau.
- Le riz après l’échaudage est ensuite étendu sur des nattes de paille sur lesquelles il se refroidit, et lorsque la température est descendue à 36° centigrades, on sème à la surface les sporules du tane et on mélange les deux matières intimement.
- La proportion de tane est moins essentielle pour une bonne réussite qu’une parfaite incorporation. On laisse la masse en repos pendant 18 à 20 heures, après l’avoir moulée en boules, et on la recouvre de paillassons; la température de la chambre est maintenue assez basse. Le lendemain le riz est réparti dans de petits baquets plats en bois, d’une contenance de 2 à 3 litres, et en couche très mince ; et ces écuelles sont transportées aussitôt dans une chambre dont la température ne doit pas descendre au-dessous de 25° centigrades; on les empile les unes sur les autres sur le sol, ou mieux on les dispose sur des étagères. Dans quelques ateliers, on arrose quelquefois d’eau et on laisse reposer les écuelles quelques heures, avant de les porter au séchoir ; dans d’autres, on ne les y introduit qu’après deux jours d’incorporation du tane au riz et on les y laisse séjourner jusqu’au
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- surlendemain au matin; dans maints détails, il y a des variantes, sur lesquelles nous n’insisterons pas. Le mélange du tane et du riz contenu dans les écuelles est soumis à des agitations régulières, répétées généralement au moins deux fois par jour, matin et soir : elles consistent essentiellement dans une pulvérisation faite entre les deux paumes de la main, et la matière est répartie entre plusieurs écuelles si l’ouvrier praticien, chargé de cette opération, trouve que l’épaisseur do la couche est trop grande ou insuffisante, selon les cas, d’après les indications qu’une expérience prolongée lui a suggérée. Le maximum de la température qu’atteint la masse, au moment où la période du gonflement est dans sa plus grande activité, varie de 38° à 40° centigrades, et dépasse parfois quelque peu cette limite. La perte en poids du riz, après fermentation, est de 10 à 12 p. 100 du poids primitif; elle est due probablement à un dégagement très abondant d’acide carbonique, ce qui oblige à la ventilation préalable de la chambre à chaque fois que l’ouvrier doit s’y introduire pour les manipulations à exécuter; cette ventilation se fait du dehors à l’aide d’une transmission, par fil de fer ou corde commandant l’orifice d’un vasistas central, en communication avec l’extérieur.
- {Journal of the Society of arts.)
- Salines de Petite-Anse, par M. Garrington Bolton. — Petite-Anse est une île de la côte sud de la Louisiane, d’une surface de 1 012 hectares environ, connue depuis longtemps pour ses dépôts de sel gemme, puisque les premières relations qui les concernent remontent à 1791. Les bancs de sel se trouvent à une profondeur de 4 à 6 mètres au-dessous de couches peu régulières d’argile, sable et gravier et se présentent en une masse sèche, homogène à aspect saccharique. Sa pureté est grande, ainsi qu’il résulte des analyses comparatives suivantes :
- CORPS. SEL GEMME de PETITE-ANSE. I SEL de PETITE-ANSE. II SEL de STASSFURTH. SEL de BERCHTESGADEN. SEL du CHESIRE.
- Chlorure de sodium 98,73 99,880 94,57 99,85 98,3
- — de potassium .... » )) » traces. ))
- — de calcium traces. traces. » traces. )>
- — de magnésium .... 0,013 » 0,97 0,15 0,05
- Sulfate de chaux 1,192 0,126 0,89 )) 1,65
- Silice 0,02 4 )) )) )) »
- Peroxyde de fer 0,01 )) )) . )) ))
- Partie insoluble . » » 3,35 )) J)
- Eau 0,03 )) 0,22 )) »
- Total 100 100,006 100 100 100
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- PROCÈS-VERBAUX. --- JUILLET 1889.
- Le sel est blanc et seulement par parties des bandes noires traversent les cristaux formant un ruban d’une largeur variant de 0m,05 h 0m,15.
- La constitution géologique et l’origine du sel gemme ont été étudiés dans les écrits de Gœsmann et Hilgard.
- Le puits unique de l’exploitation a 51 mètres de profondeur; une galerie d’écoulement située à 48 mètres de profondeur n’a qu’une extension limitée, tandis que celle de la partie supérieure du gisement a un développement de 3 hectares. On exploite la masse par des galeries de lm,80 à 2m,40 de hauteur, et des travaux ascendants de 12 mètres de hauteur, en laissant des piliers d’une grande épaisseur. Le sel envoyé par le puits à la surface est brisé et expédié au marché en grains de différentes grosseurs. La production de l’année 1887 s’est élevée à 44 067 kilogrammes.
- ('Chemical News, et Dinglers polytechn. Journal.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 10 mai 1889.
- Présidence de M. Raton de la Goupillière, président.
- M. Jacques Ravelli, avenue des Ternes, 4, a réussi à construire un engrenage hélicoïdal de grande dimension, applicable aux grues d’un fort tonnage. Cet appareil est monté sur la berge de la Seine, à l’Exposition; il demande qu’il soit examiné. (Arts mécaniques.)
- M. Deleuil, constructeur d’instruments de précision, rue des Fourneaux, 42. — Système de clavette permettant de fixer toute espèce de poulies sur des arbres. (Arts mécaniques.)
- M. le Président du Congrès de mécanique, qui aura lieu du 16 au 23 septembre prochain, envoie le programme du Congrès avec la liste des Comités d’organisation et de patronage. [Bulletin.)
- M. de Gaillac, ingénieur, rue de Yiarmes, 4. — Pompe élévatoire par la pesanteur. (Arts mécaniques.)
- M. Delahaye, hôtel de la Gare, à Doullens (Somme). — Procédé d’enrichissement des craies phosphatées pour engrais chimiques. (Arts chimiques.)
- M. Michel Antoine, à Paysac (Dordogne). — Alambic pour la distillation des cerises, prunes, marcs et toutes matières sujettes à s’attacher au fond des chaudières pendant la distillation. (Arts chimiques.)
- M. Henri, ingénieur civil, à Saint-Dizier (Haute-Marne). — Fabrication de ciments de laitier de haut fourneau. (Arts chimiques.)
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- M. Delaurier, ingénieur électricien, rue Dag’uerre, 77. — Théories nouvelles des causes des maladies et des fermentations. (Arts chimiques.)
- M. Jules Cocu, à La Fère (Aisne). — Nouveau couteau pour produire la cos-sette de betteraves pour la diffusion dans les fabriques de sucre. (Agriculture.)
- M. Archer eau, chimiste, rue du Retrait, 18, qui a contribué à vulgariser autrefois la lumière électrique, aujourd’hui âgé et infirme, rappelle ses inventions à la Société. (Arts économiques.)
- M. Pfeiffer, à Ghâtellerault (Vienne). — Moteur hydrostatique fonctionnant sans chute ni courant. (Arts mécaniques.)
- M. Delamarre, aux Andelys (Eure). — Appareil pour empêcher un cheval de s’emballer. (Agriculture.)
- M. Poncel, rue de Rome, 46, à Marseille. — Chaudière du système Belleville perfectionné. (Arts mécaniques.)
- M. Gruson, rue des Prairies, 22, à Calais. — Nouvel appareil d’attelage des wagons. (Arts mécaniques.)
- MM. Bouge frères, faubourg Tarragnoz, à Besançon. —Nouvel appareil régulateur de machines à vapeur. (Arts mécaniques.)
- MM. Delgorge et Kioque, rue Saint-Maur, 210. —Nouveau système de pompe. (Arts mécaniques.)
- M. Cacheux, secrétaire général du Comité d’organisation du Congrès de sauvetage, qui se réunira du 12 au 16 juin, adresse un exemplaire du projet de l’èglement proposé pour éviter les abordages en mer. [Bulletin.)
- M. Bunel, membre du Conseil, fait hommage du rapport qu’il vient de publier : Explosion de farine dans une boulangerie. [Bulletin.)
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Le Milieu interstellaire et la physique moderne, par M. Emile Schwærer.
- Bulletin de la Société d’encouragement pour le commerce français d'exportation. Séances du Conseil d’administration du 30 janvier et 13 mars 1889.
- Compte rendu des séances clu 12e Congrès des ingénieurs en chef des associations de propriétaires d'appareils à vapeur, tenu à Paris les 7 et 8 novembre 1887.
- M. le Président fait part à la Société de la perte qu’elle vient de faire en la personne de M. Warren de la Bue, l’un de ses correspondants étrangers.
- M. Masccirt donne quelques détails sur la carrière scientifique de M. Warren de la Rue. Ce savant, qui était aussi un industriel, professait pour la science un véritable dévouement. Aussi, il a établi à l’observatoire d’Oxford un système d’observations et a pris à sa charge les frais d’appareils et le traitement de l’observateur. Tout le monde connaît la pile au chlorure d’argent qu’il avait installée dans son laboratoire et portée graduellement jusqu’au nombre de 20 000 éléments. Cette pile a permis d’entreprendre des travaux intéressants, qu’il a publiés dans les Annales de chimie et de physique. A ces titres, on doit ajouter que
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- M. Warren de la Rue, qui était d’origine française et avait fait ses études en France, accueillait les savants français avec la plus grande affabilité.
- Rapports des comités. — Four pour la fabrication du gaz d’éclairage. — M. Bérard fait, au nom du Comité des arts chimiques, un rapport sur un four destiné à la fabrication du gaz d’éclairage présenté par M. André Coz-e.
- Plusieurs dispositions ont été imaginées, mais tour à tour abandonnées, pour obvier aux inconvénients du chargement et du déchargement des cornues à gaz. M. André Coze, directeur de l’usine à gaz de Reims, a inventé un système dans lequel il modifie radicalement les dispositions actuelles des fours à gaz en adoptant des cornues inclinées dont les directions sont en diagonale par rapport à la section rectangulaire du four. Cette disposition avait été déjà essayée sans succès, et M. Coze a le mérite de l’avoir rendue pratique par les perfectionnements qu’il y a apportés.
- Le Comité des arts chimiques estime que le système de cornues à gaz présenté par M. André Coze repose sur une idée neuve et ingénieuse qui mérite d’être encouragée. R propose, en conséquence, de remercier M. Coze de son intéressante communication et de voter l’insertion du présent rapport au Bulletin avec une planche de dessins et une légende explicative.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Cryptographie. —M. le colonel Sebert fait, au nom du Comité des arts économiques, un rapport sur un appareil cryptographique, imaginé par M Billaudel, à Cernion, par Maubert-Fontaine (Ardennes).
- Les méthodes employées pour transcrire en caractères secrets les correspondances diplomatiques, militaires ou commerciales ont été en usage de tout temps, et sont très nombreuses ; leur étude constitue une science spéciale à laquelle on a donné le nom de cryptographie et qui a fait l’objet de plusieurs publications récentes. Elles ont pris une importance plus grande dans ces dernières années, tant au point de vue militaire par suite du développement que l’on a donné aux méthodes de préparation à la guerre qu’au poinL de vue diplomatique et commercial par suite de l’extension des communications télégraphiques.
- On a dû, surtout pour l’emploi de ce dernier moyen de communications, chercher à les rendre d’un usage plus commode tout en s’ingéniant à leur conserver les garanties nécessaires, en ce qui concerne la conservation du secret vis-à-vis des étrangers et l’exactitude de la lecture pour les initiés.
- L’appareil présenté par Mlles Billaudel se compose d’une boîte dans laquelle sont enfermées 30 réglettes portant chacune en regard sur deux colonnes verticales un double alphabet. Chacun de ces alphabets est formé de 26 lettres de l’alphabet ordinaire complétées par les lettres à accents et les chiffres. L’un est écrit en noir, l’autre en rouge, et les caractères de ce dernier sont les caractères conventionnels adoptés pour remplacer les caractères correspondants écrits en noir.
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- En présence de l’intérêt qui s’attache aujourd’hui aux questions de cryptographie, le Comité des arts économiques propose de remercier Mlk’s Billaudel de leur communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin de la Société avec un dessin sur bois représentant l’appareil.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Mors parleur. — M. le capitaine Thouvenin, adjoint à la direction d’artillerie de Vincennes, présente à la Société une garniture de tête à mors parleur.
- Les garnitures de tête ont le grand avantage de pouvoir se transformer successivement et simultanément en licol, en bridon et en bride, sans qu’il soit nécessaire d’enlever la têtière, opération quelquefois difficile pendant les grandes chaleurs, lorsque le cheval a la tête et les oreilles morsurées, d’où il résulte, aussi bien pour les voyageurs, les chasseurs que pour les cavaliers militaires, une économie de temps, une plus grande sécurité comme système d’attache que les nombreux engins connus jusqu’à ce jour, et la suppression de plusieurs pièces de harnachement.
- Le mors peut être enlevé et replacé très rapidement, soit pour attacher le cheval très solidement au moyen du licol, sans lui comprimer le chanfrein, soit pour la distribution de l’avoine pendant une grande halte, soit pour faire rafraîchir la bouche et les anneaux à chaque arrêt, ce qui est bien important pour les cavaliers militaires, pour les différentes administrations des petites voitures, pour les compagnies d’omnibus et pour ceux qui voyagent.
- Le système de réunion du mors aux anneaux carrés porte-mors, système qui, au premier abord, semble n’avoir d’autre but que de pouvoir enlever le mors à volonté, a surtout pour objet d’assurer la fixité du point d’appui et de placer le mors de telle manière que, soumis aux lois de la pesanteur, il ne puisse se déplacer en diagonale par une contraction de mâchoire, inconvénients reconnus par les hommes de cheval de toutes les écoles.
- La disposition particulière de la sous-barbe a aussi pour effet de rétablir, à chaque traction de rênes, l’horizontalité des canons sur les barres et d’empêcher' le mors de remonter contre les molaires, ce qui occasionne une douleur intolérable chez les chevaux ardents qui cherchent à s’y soustraire en ouvrant la bouche et en contractant la mâchoire, l’encolure et par conséquent les muscles.
- La gourmette brutale, qui n’agit de bas en haut que lorsque le mors a déjà abandonné son poste, indispensable avec les brides quelconques en usage, est avantageusement remplacée par la sous-barbe, qui est à la fois plus puissante et infiniment moins brutale.
- Les olives, permettant au mors de monter ou de descendre, invitent le cheval à mâcher constamment son frein, et il devient mécaniquement parleur, d’où le nom de bride à mors parleur ou anti-dècontracteur.
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- Phonotélémètre. — M. le capitaine Thouvenin présente également son phonotélémètre. Les différents moyens utilisés jusqu’ici pour évaluer les distances présentent tous des inconvénients plus ou moins graves.
- Les instruments d’évaluation des distances fondés sur la vitesse des sons présentent en général l'avantage d’être d’un maniement facile, de ne demander aucun apprentissage préalable et de n’exiger, pour les observations, ni mise en station, ni déploiement du personnel pouvant attirer l’attention de l’ennemi.
- Telles sont les qualités que présente le petit instrument que M. le capitaine Thouvenin a fait construire, et auquel il a donné le nom de phonotélémètre.
- Cet instrument se compose : d’une montre avec curvimètre sur le cadran, d’une boussole sur le poussoir, et d’un compteur-télémètre placé au dos de la montre.
- M. le Président remercie M. le capitaine Thouvenin de ces deux communications qui sont renvoyées, la première au Comité d’agriculture, la seconde au Comité des arts mécaniques.
- Fontaines lumineuses. — M. Bechmann, directeur du service des eaux de la Ville de Paris, fait une communication sur les fontaines lumineuses de l’Exposition. Ces fontaines sont analogues à celles qui ont obtenu un si grand succès aux Expositions anglaises de Londres (1884), de Manchester (1887), de Glascow (1888).
- M. le Président remercie M. Bechmann de son intéressante communication, qui sera insérée au Bulletin.
- Séance du 24 mai 1889.
- Présidence de, M. Hatonde la Goupillière, président.
- M. Jules Bosaye, contremaître aux usines de la Pipée, par Fontenoy-le-Châ-teau (Vosges). — Pyromètre à air. (Arts économiques.)
- M. Aristide Sénée, rue du Dragon, 19. — Nouveau système de planche à dessin. (Constructions et beaux-arts.)
- M. Tourtin, rue des Ecouffes, 10. — Nouveau système de cuvette pour cabinet d’aisances. (Arts économiques.)
- M. Delaurier, rue Daguerre, 77. — Nouvelle théorie de l’univers. (Arts chimiques.)
- M. le Rédacteur en chef du journal Y Union nationale du commerce et de T industrie demande l’échange avec 1 eBidletin de la Société. {Bulletin.)
- M. Albert Gauttard, rue des Vinaigriers, 33. — Nouveau levier qui permet aux malades et aux blessés de se soulever seuls dans leurs lits. (Arts économiques.)
- La Société a reçu divers programmes de congrès qui seront insérés au Bulletin.
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- M. Aimé Girard, membre du Conseil, fait hommage d’un exemplaire de l’ouvrage qu’il vient de publier : Recherches sur la culture de la pomme de terre industnelle.
- M. Hirsch, membre du Conseil, fait hommage d’un exemplaire des Annales du Conservatoire des arts et métiers, qui contient l’exposé de ses Expériences sur les coups de feu des chaudières à vapeur,
- M. Charles Lautli, administrateur honoraire de la manufacture de Sèvres, membre de la Société, fait hommage du volume qu’il vient de publier : la Manu-facti^e nationale de Sèvres, 1879-1887. Mon administration, notices scientifiques et documents administratifs.
- Les articles suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Annuaire statistique de la province de Buenos-Ayres, publié sous la direction de M. Albert C. Dessein, directeur du bureau de statistique générale, 7e année, 1887 (édition française).
- La Propriété industnelle, suite et fin d’un article sur la révision de la loi des brevets d’invention.
- Ferrocariles de 7o centimètres, par Enrique Heriz, texte espagnol. Revue de tous les chemins à voie étroite d’Espagne et statistique pour le monde entier.
- M. le Président annonce la perte que la Société d’Encouragement vient de faire en la personne de M. Gaston Planté, membre de la Société, savant bien connu par l’invention des batteries secondaires auxquelles on a donné le nom A'accumulateurs voltaïques et à qui la Société avait décerné, en 1882, la grande médaille de physique.
- Nomination de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. de Chardonnet, ancien élève de l’Ecole polytechnique, présenté par MM. Eaton de la Goupillière et Armand-Dumaresq.
- M. René Berge, ingénieur civil des mines, à Paris, présenté par M. Ed. Becquerel et Henri Pereire.
- Nomination d’un secrétaire de la Société. — M. Aimé Girard est nommé à l’unanimité secrétaire de la Société en remplacement de M. Eug. Peligot, démissionnaire, nommé secrétaire honoraire de la Société.
- Communications. — Trompette électrique. —• M. A. Brüll fait une communication sur la trompette électrique de M. Zigang, capitaine au 130e régiment d’infanterie, en garnison à Domfront (Orne).
- La trompette électrique produit un son musical par la vibration d’une membrane circulaire en tôle d’acier sur un résonnateur en cuivre.
- Cet instrument se compose : 1° d’un électro-aimant; 2° d’un disque de 1,12 à 0,14 de millimètre d’épaisseur au centre duquel est soudée une armature paral-lélipipédique en fer doux; 3° d’une vis dont l’extrémité platinée vient s’appuyer Tome IV. — 88e année. 4e série. — Juillet 1889. 54
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- sur la membrane; 4° d’un socle métallique portant une ouverture circulaire dans laquelle repose la plaque vibrante, cette plaque est serrée sur sa périphérie au moyen d’un anneau vissé ; 5° d’un résonnateur ou pavillon en cuivre fixé sur le socle de l’appareil.
- L’un des pôles de la pile est relié à la vis platinée en contact avec la membrane. Cette membrane est mise en communication avec l’une des extrémités du fil de l’électro-aimant dont l’autre extrémité est reliée au second pôle de la pile.
- Le circuit étant fermé, l’armature de la membrane est sollicitée par l’électro-aimant, la membrane se sépare de la vis en provoquant la rupture du circuit. L’électro-aimant est alors sans effet et la membrane, par son élasticité, vient buter contre l’extrémité de la vis et établir une nouvelle fermeture du circuit.
- Ces mouvements se reproduisent avec une rapidité dépendant de l’élasticité de la membrane, de son serrage, de son diamètre, du poids de l’armature, de l’intensité du courant. Ce sont ces éléments qui, avec la capacité du pavillon résonnateur, font varier l’intensité du son.
- La trompette électrique Zigang est construite par M. Bassée-Crosse, 92, rue de Bondy, à Paris; elle est livrée au commerce sous quatre dimensions.
- L’intensité du son est sensiblement proportionnelle à la tension du courant électrique.
- Le timbre du son est donné par la vis de contact qui est à réglage. Ce timbre varie avec le milieu dans lequel le son se produit.
- Pile électrique. — Dans cette expérience, les trompettes recevaient le courant électrique d’une pile humide inventée par M. P. Germain, chef du service télégraphique à Capdenac (Aveyron).
- On a, depuis l’invention de la pile électrique par Yolta, cherché par bien des moyens à immobiliser les liquides dans les piles. Il suffit de parcourir la collection des brevets pour voir la quantité et la diversité des matières absorbantes qui ont été proposées pour atteindre ce but.
- M. Germain emploie, pour immobiliser les liquides, la cellulose de la noix de coco. C’est une matière légère, à texture très celluleuse, imputrescible, résistant aux réactifs, très absorbante des liquides et des gaz. Sous une assez forte pression, elle les retient bien et leur livre passage assez facilement. Elle n’occupe, dans les pâtes qu’on en forme, qu’une petite fraction du volume total, et ces pâtes présentent une faible résistance électrique. Par l’ensemble de ces qualités et par son bas prix, elle paraît préférable aux absorbants qui ont été proposés pour garnir les piles électriques.
- Les piles en fonctionnement devant l’assemblée sont des piles du genre Le-clanché. La solution de chlorhydrate d’ammoniaque est absorbée par la cellulose de noix de coco. Cette pâte forme un matelas qui estappliqué sur une couche de grains de charbon de cornue et de bioxyde de manganèse. Un charbon méplat est logé
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- au milieu de ces grains ; il porte une tête qui constitue un des pôles de la pile. Deux feuilles de zinc superposées sont placées sur le matelas de cellulose. La feuille extérieure porte le second pôle de la pile.
- Toutes ces matières sont placées dans une boîte en bois. Quatre ressorts disposés entre le zinc et le couvercle de la boîte pressent le matelas de cellulose contre la couche de charbon.
- Des éléments de pile Germain essayés dans différents laboratoires d’électricité ont montré que cette pile se polarisait un peu moins vite que la pile Le-clanché.
- La force électro-motrice d’un élément de pile Germain de 180 millimètres de longueur, 120 millimètres de largeur et 80 millimètres de hauteur, est de 1,5 à 1,6 volt. Un de ces éléments a pu débiter, pendant quelques instants, un courant de 2 ampères.
- Cette pile paraît présenter d’importants avantages pour beaucoup d’applications.
- M. le Président remercie M. Brüll de ses deux intéressantes communications, qui sont renvoyées au Comité des arts économiques.
- Soie artificielle. — M. de Chardonnet, ancien élève de l’Ecole polytechnique, fait une communication sur ses procédés de fabrication de la soie artificielle. La continuité du fil, sa transparence, les jeux de lumière intérieurs, l’éclat soyeux, ne peuvent s’obtenir qu’en filant une solution liquide. La cellulose pourrait servir, mais elle n’a pas de véritable dissolvant; il faut la nitrater, la filer en collodion, et la débarrasser ensuite d’une partie de son acide nitrique.
- On peut employer les diverses celluloses, à condition qu’elles soient pures et non altérées par les réactifs. L’inventeur a principalement porté son attention sur les cotons et les pâtes sulfureuses de bois tendres.
- Avec ces matières, on forme une cellulose octonitrique pure, dissoute à raison de 6,5 p. 100 dans un mélange de 38 d’éther et 42 d’alcool. Ce collodion est renfermé dans un réservoir en cuivre étamé, où une pompe à air entretient une pression de plusieurs atmosphères, et qui contient à la partie inférieure une rampe où sont implantés des tubes de verre terminés par une portion capillaire. Un second tube enveloppe chacun des premiers, et reçoit un excès d’eau par une tubulure latérale. Cette eau, retenue par une garniture inférieure en caoutchouc, retombe autour du tube enveloppant. Le collodion chassé par l’orifice capillaire est immédiatement solidifié à la surface, au contact de l’eau, et tombe avec cette eau, à l’état de fil, autour du tube enveloppant; là une pince, mue automatiquement, le prend et le porte sur des bobines tournant au-dessus. Les fils provenant des becs voisins sont réunis en une sorte de grège. Chaque bec est muni d’un obturateur pour régler la grosseur du fil. Dans l’industrie, afin de ne point perdre le dissolvant, becs et bobines sont renfermés dans une cage vitrée où circule une
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- même masse d’air constamment réchauffée à l’entrée de la machine (pour sécher les fils) et refroidie à la sortie (pour recueillir les vapeurs). Les écheveaux sont ouvrés comme les soies de cocons. On procède ensuite à la dénitratation.
- Les divers pyroxyles perdent de leur acide nitrique dans les bains tièdes réducteurs et même dans l’eau pure, mais la réaction est plus complète dans l’acide nitrique dilué. L’acide nitrique de la cellulose est enlevé par une dissociation qui marche d’autant plus vite que le bain est plus chaud et concentré, mais qui peut être poussée d’autant plus loin que le bain est plus froid et dilué. On emploie l’acide nitrique à la densité de 1,32, la température doit descendre lentement de 33° à 23°. A la fin, la cellulose devient gélatineuse, éminemment apte à absorber par endosme diverses substances, notamment les matières colorantes et les sels. Elle ne dégage plus alors que 100 à 110 centimètres cubes de bioxyde d’azote par gramme. Les dissolvants du collodion n’ont plus d’action, les fils ont perdu leurs propriétés explosives et peuvent servir sans danger dans la plupart des applications, surtout mélangés à d’autres textiles; mais on peut les rendre moins combustibles peut-être que le chanvre ou le coton en leur faisant absorber, au sortir du bain nitrique, du phosphate d’ammoniaque. Cette dernière combinaison de cellulose et de sel dégage, en tenant compte de l’eau hygrométrique, 85 à 90 centimètres cubes de bioxyde d’azote par gramme.
- La densité de la soie artificielle (1,49 environ) est comprise entre celle des grèges (1,66 environ) et celle des soies cuites (1,43 environ). La charge de rupture varie de 25 à 35 kilogrammes par millimètre carré (30 à 45 pour les soies grèges de cocons, 15 à 20 p. 100 de moins pour les soies cuites). L’élasticité est analogue pour les soies naturelles et artificielles (élasticité des essayeurs, c’est-à-dire allongement avant rupture 15 à 25 p. 100; élasticité réelle, 4 à 5 p. 100 envi-r on). Le diamètre des soies artificielles peut varier de moins de 1 g à plus de 40 g; la souplesse peut donc être réglée suivant le but proposé. Le brillant surpasse celui des soies de cocons.
- On peut aussi teindre par les procédés ordinaires : la soie artificielle est même la seule fibre qui se comporte à peu près comme la soie de cocons, à condition de ne pas trop chauffer.
- Les coupes de soie artificielle filée dans l’eau, comme il est dit ci-dessus, montrent chaque brin sous la forme d’un cylindre cannelé; ceci tient au retrait du noyau, après solidification de l’enveloppe. Si l’on remplace l’eau par l’alcool, la pellicule superficielle demeure rétractile et le cylindre est circulaire.
- M. le Président remercie M. de Chardonnet de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. — 21597.
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- 88° ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- AOUT 1889
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait par M. E.-P. Bérard, au nom du Comité des arts chimiques, sur un four destiné a la fabrication du gaz de l’éclairage présenté nar M. André Coze.
- Messieurs,
- La distillation de la houille pour la production du gaz de l’éclairage se fait, depuis l’origine de cette industrie, dans des cylindres, ou préférablement dans des demi-cylindres nommés cornues, disposés horizontalement, par rangées parallèles, dans un même four..Au commencement de chaque distillation, les ouvriers dégagent la plaque demi-circulaire qui ferme chaque cornue et qui est disposée sur la face antérieure du four. Ils projettent dans la cornue et à la pelle la quantité de houille qui est reconnue convenable pour composer un bon chargement en ayant soin de la répartir uniformément sur la surface plane qui forme le fond. Cette manœuvre, qui exige de l’adresse, ne peut être faite que par des ouvriers exercés.
- Lorsque la distillation est terminée, il faut procéder au déchargement du coke qui constitue le résidu. Dans la cornue ouverte et au travers du flot abondant de produits volatils enflammés ou fumeux qui s’en échappe, les ouvriers dirigent des râteaux à longs manches, au moyen desquels ils ramènent en avant le coke incandescent et le précipitent sur le sol de la halle : immédiatement ils font un nouveau chargement dans les conditions que nous avons indiquées plus haut et une nouvelle distillation commence. Ces opérations se font environ toutes les quatre heures; et comme un même four chauffe dans certains cas 9 cornues, on peut dire que l’équipe d’ouvriers qui Tome IV. — 88e année. 4e série. — Août 1889.'
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- fait marcher 2 fours, soit 18 cornues, procède au chargement et au déchargement par chaque intervalle de dix ou quinze minutes.
- Il est impossible de ne pas être frappé, quand on visite une usine à gaz, de l’imperfection de cette double manœuvre et l’on se demande comment une industrie qui, depuis un siècle, a réalisé tant de progrès sur d’autres points, en est restée, pour l’opération dont il s’agit, à l’emploi des forces de l’homme, aidée seulement des plus simples outils et dans des conditions qui rendent cet emploi difficile et pénible. Par une conséquence inévitable, cet emploi est en même temps dispendieux et l’on estime en général que le salaire des ouvriers aux cornues représente les deux tiers du prix de la main-d’œuvre totale exigée pour la fabrication du gaz. Aussi, doit-on se préoccuper, avec un intérêt particulier, des tentatives qui ont été faites pour diminuer l’importance du travail manuel dans les opérations de chargement.
- Les nombreux inventeurs qui ont poursuivi ces tentatives paraissent avoir été surtout dirigés par la pensée de ne rien changer aux dispositions actuelles des fours à distillation : c’est qu’en effet les dispositions de ces fours sont établies sur des principes longuement et mûrement étudiés et dont l’idée première est l’économie du combustible employé pour produire la température nécessaire à une bonne distillation. On a donc songé d’abord à des machines, remplaçant les opérations manuelles du chargeur et projetant par des forces mécaniques la houille dans les cornues. Mais jusqu’à ce jour aucune des chargeuses, pour lesquelles il a été pris de nombreux brevets, n’a pu fournir un travail convenable et économique. Nous avons pu voir, soit en France, soit en Angleterre, reléguées dans un coin des halles de distillation et désemparées, la plupart des machines chargeuses qui avaient été prises à l’essai par diverses compagnies. Les usines de Manchester emploient deux de ces engins et on est obligé de reconnaître qu’ils améliorent singulièrement au point de vue technique le service des fours à gaz ; mais la diminution qu’ils produisent dans le prix de la main-d’œuvre est compensée et au delà par les dépenses de premier établissement et d’entretien, si bien que, si les usines de Manchester n’étaient pas des usines municipales, c’est-à-dire des établissements de luxe, on n’y ferait certainement pas usage de ces coûteux et volumineux outils.
- Par le fait, la seule modification d’un caractère mécanique qui ait été introduite dans le travail du chargement et qui ait pu réussir jusqu’à présent est celle qui consiste àintroduire la houille au moyen d’une cuiller, c’est-à-dire au moyen d’une sorte de demi-cylindre en tôle, ressemblant à une gouttière,
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- qui est chargée d’avance à la pelle, que l’on glisse dans l’axe de la cornue et que l’on retourne ensuite. Le chargement à la cuiller, pour le service de 2 fours nécessite, pour 24 heures, 4 chauffeurs et 2 porte-queues, soit 6 hommes dont le salaire est d’environ 35 à 40 francs pour une production de 4 000 mètres cubes de gaz, soit de 80 centimes à 1 franc pour 100 mètres cubes.
- L’insuccès des tentatives de chargement mécanique a conduit M. André Coze, directeur de l’usine à gaz de Reims, à imaginer un système plus hardi qu’il a soumis à l’examen de la Société d’Encouragement, sur lequel votre Comité des arts chimiques m’a chargé de présenter ce rapport.
- Au lieu de respecter, comme ses devanciers, les dispositions actuelles des fours à gaz, M. André Coze n’a pas hésité à les modifier radicalement en adoptant des cornues inclinées dont les directions sont en diagonale par rapport à la section rectangulaire du four.
- On a déjà et depuis longtemps eu l’idée d’employer pour la distillation des corps solides des cornues verticales ou inclinées dans lesquelles ces solides circulent automatiquement par la seule force de la gravité. Ces cornues, qui se rattachent au système général dit système coulant, ont été employées pour la distillation des os, pour la revivification du noir animal, pour la fabrication du gaz provenant de la décomposition de l’eau et autres industries.
- L’essai de ces cornues pour la distillation de la houille a été tenté en Angleterre par Murdoch en 1804 ou 1805, par John Grafton en 1818, par Vincent Newton en 1851, en France par la Compagnie des mines d’Anzin. Mais la trop forte inclinaison adoptée détermina des tassements et des gonflements de la houille pendant la chauffe, si bien que l’on dut renoncer à poursuivre les expériences.
- L’invention que présente M. André Coze nous paraît marquer sur ces précédents un pas en avant en ce sens que l’auteur a fait une étude approfondie du degré d’inclination qu’il convient d’adopter pour assurer une bonne répartition de la charge de houille en tenant compte de sa densité moyenne, ainsi que de la vitesse de la projection dans la cornue.
- Le système de M. Coze consiste « à donner aux cornues une inclinaison voisine du talus naturel des matières qui doivent y être chargées », de telle façon que le charbon tombant dans la cornue par l’orifice supérieur suive une direction qui corresponde à la limite de son glissement. Inspiré par cette idée, M. Coze a trouvé que l’inclinaison à donner aux cornues était celle de 30 degrés. Il range dans un même four 9 de ces cornues inclinées; elles sont munies chacune de deux ouvertures. L’ouverture supérieure qui se
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- dessine sur le plan supérieur du four sert au chargement que l’on effectue au moyen d’un wagon à bascule contenant toute la charge. Celle-ci est précipitée dans la cornue et s’y répartit très convenablement. Les ouvertures inférieures des cornues sont encastrées dans la muraille de face du four : c’est par elle que se fait le déchargement du coke lorsque la distillation est terminée, et alors apparaît un autre avantage très notable qu’introduit le système de M. Coze. Le déchargeur de coke n’a qu’à dégager la plaque de fermeture de cette ouverture inférieure et à glisser une raclette de fer dans la cornue pour que, toute adhérence étant rompue, la charge de coke soit précipitée incontinent sur le sol de la halle ; en même temps, les flammes et produits fumeux, au lieu de se déverser sur l’ouvrier, s’élèvent, mus par une force inverse, jusqu’à l’ouverture supérieure qui permet leur dégagement.
- Pour chauffer des cornues inclinées et disposées par conséquent d’une façon tout à fait gauche dans un four prismatique, M. Coze a dû modifier profondément les aménagements intérieurs. Il a adopté le mode de chauffage à l’oxyde de carbone, à chaleur tempérée, selon des perfectionnements dus à M. Lencauchez. L’oxyde de carbone produit dans un générateur et mêlé d’air chaud est conduit jusqu’à 15 brûleurs répartis en cinq rangées, et qui lancent la flamme autour des cornues. Ces diverses dispositions, qu’une description ne pourrait expliquer, seront bien comprises grâce aux figures de la planche ci-jointe (n° 31) et à la légende qui est jointe à ce rapport.
- Dix-huit cornues, du système de M. Coze, plus profondes que les cornues horizontales, distillent en 24 heures 18000 kilogrammes de charbon au lieu de 13000 et produisent 5400 mètres cubes de gaz. Leur service n’exige que 4 hommes aulieu de 6, soit une dépense de 50 centimes par 100 mètres cubes, au lieu d’une dépense de 1 franc déjà indiquée pour les anciens fours.
- On objectera peut-être au système de M. Coze que l’inclinaison adoptée par lui pour les cornues pourrait bien ne pas donner toujours une répartition régulière des charbons : la densité de ces matières est variable et le glissement de celles dont la densité atteint les limites extrêmes ne s’effectue pas suivant les mêmes lois. Mais on répond à cette objection en faisant remarquer en premier lieu que l’uniformité qui tend à s’établir entre les cahiers des charges imposées aux Compagnies gazières conduit naturellement à l’emploi de catégories de charbon également uniforme et que l’inclinaison de 30 degrés adoptée par M. Coze correspond à la densité moyenne de ces catégories qui varient entre les limites très voisines de 1,2 à 1,3. En second lieu, on fait remarquer que les dispositions adoptées pour le wagonnet char-
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- geur et pour les trémies coudées en maîtrisant la chute du charbon déterminent sa répartition régulière dans la cornue.
- En tous cas, l’expérience est favorable aux vues de l’inventeur (Ij.
- Déjà, en 1886, nous avons pu voir fonctionner un modèle en bois des cornues inclinées. Mais M. Coze ayant monté, dans son usine de Reims, un four de son système, nous sommes allés, M. Le Chatelier et moi, en examiner le fonctionnement. Nous avons dû reconnaître que le chargement des cornues, que le déchargement du coke s’effectuaient dans des conditions convenables.
- Il est probable que, dans la suite de ses essais, M. Coze rencontrera quelques difficultés, lorsqu’il voudra obtenir un chauffage régulier et économique des cornues, et qu’il devra modifier les dispositions du four auxquelles il s’est arrêté pour le moment, s’il veut éviter d’un côté les coups de feu, de l’autre les insuffisances de température.
- Mais ce sont là des difficultés qui ne paraissent pas insurmontables et que la pratique permettra de lever peu à peu. M. Coze a déjà eu l’occasion de s’attacher à les vaincre dans les usines qu’il a construites d’après son système, en Orient, à Saint-Louis en Amérique, et dans celle qu’il construit actuellement à Suresnes.
- En résumé, Messieurs, votre Comité des arts chimiques estime que le système des cornues à gaz présenté par M. André Coze repose sur une idée neuve et ingénieuse qui mérite d’être encouragée. Votre Comité vous propose de remercier M. Coze de son intéressante communication et de voter l’insertion du présent rapport au Bulletin avec une planche de dessin et une légende explicative.
- Signé : E.-P. Bérard, rapporteur.
- Approuvé en séance le 10 mai 1889.
- (i) Nous donnons ici quelques chiffres tirés des registres d’expériences de M. Coze et repré-
- sentant la moyenne de nombreux essais :
- Cornues en service..........................................9
- Charbon distillé en vingt-quatre heures..................... 10 800 kilos.
- Rendement en gaz pour 100 kilos de houille distillée........28m3,7o
- Gaz produit en vingt-quatre heures..........................3100 mètres cubes.
- Combustible employé au chauffage............................ 1440 kilos.
- (Ce chiffre représente 13,33 p. 100 du charbon distillé.)
- Charge par cornue........................................... 200 kilos.
- Journée-kilogramme de l’ouvrier............................. 4 320 kilos.
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- LÉGENDE EXPLICATIVE DES FIGURES DE LA PLANCHE 31 CONCERNANT LE FOUR A GAZ A CORNUES INCLINÉES DE M. A. COZE.
- Gazogène. —A, Yue en plan (fig. 4).
- B, Section horizontale par le canal de sortie du gaz.
- C, Section horizontale par le foyer.
- D, Yue de face (fig. 2).
- E, Section verticale et transversale par le milieu (fig. 1).
- F, Section verticale et longitudinale par l’axe (fig. 3).
- G, Section verticale et longitudinale entre deux gazogènes.
- Récupérateur. — H, Section horizontale par l’entrée de l’air et disposition de la
- chambre pour recevoir les poteries de circulation (fig. 4).
- I, Section horizontale indiquant la circulation de l’air et de la flamme.
- J, Section horizontale par les canaux de sortie d’air chaud.
- K, Section verticale et transversale par la chambre avant la pose des poteries (fig. 1).
- L, Section verticale et transversale de la chambre avec les poteries indiquant le passage de l’air et des flammes.
- M, Section verticale et longitudinale par l’axe de la chambre indiquant le passage de l’air depuis l’entrée jusqu’à la sortie (fig. 3).
- N, Section verticale et longitudinale entre deux récupérateurs indiquant : en haut, le canal de la sortie d’air, et en bas, le canal de la sortie des flammes.
- Four. — O, Yue en plan, avec barillet, tampons de chargement, wagonnets et rails (fig. 4).
- P, Section horizontale indiquant la rangée de 4 cornues avec les têtes de chargement.
- Q, Section horizontale par la cornue du bas avec sa tête de chargement et de déchargement.
- R, Yue de façade, avec ses têtes de déchargement, colonnes d’ascension et registre pour l’introduction du gaz du gazogène (fig. 1).
- S, Section verticale et transversale par le milieu du four indiquant la disposition intérieure, le collecteur du gaz du gazogène, l’arrivée de l’air chaud et son contact avec le gaz, la circulation et la sortie des flammes.
- T, Section verticale par l’axe du four indiquant la même disposition que S en longueur (fig. 3).
- (Cette figure fait voir la manière du chargement par le wagonnet à bascule.)
- U, Section verticale et longitudinale par la cornue de côté indiquant la circulation et la sortie des flammes.
- Wagonnet. — V, Yue de côté du wagonnet, indiquant les trois positions des boîtes (fig. 5) :
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- 1° Position horizontale avec la charge du charbon ;
- 2° Wagonnet incliné en avant pour versement de la charge ;
- 3° Wagonnet incliné en arrière facilitant le tamponnage de la tête de chargement après la charge.
- X, Vue de face du wagonnet, donnant des vues et sections diverses des bâtis et des boites (fîg. 6).
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- NOTICE SUR M. WARREN DE LA RUE, PAR M. MASCART, MEMBRE DU CONSEIL
- La Société d’Encouragement doit un témoignage de regret sympathique à la mémoire d’un de ses correspondants les plus distingués qui vient de disparaître après avoir noblement rempli une longue carrière.
- M. Warren delà Rue est né en 1815 dans l’île anglo-normande de Guer-nesey, c’est-à-dire presque sur la terre de France. Il aimait à rappeler l’origine de son nom, cette proximité de sa naissance, les souvenirs de ses premières études au collège Sainte-Barbe, ses relations anciennes avec plusieurs de nos compatriotes et les amitiés nombreuses qu’il avait contractées parmi les savants français au cours de ses voyages, comme autant de liens qui le rattachaient à notre pays.
- Associé de bonne heure à l’importante maison de papier et d’imprimerie fondée par son père Thomas de la Rue, il appliqua d’abord ses connaissances scientifiques et son goût particulier pour la mécanique au progrès de son industrie, en améliorant la qualité des produits dont l’excellence est connue dans le monde entier et en imaginant plusieurs appareils ingénieux destinés à perfectionner le travail et à remplacer la main de l’homme. L’une de ses inventions les plus remarquées dans cet ordre d’idées est la machine à fabriquer les enveloppes qui fonctionna et fit sensation à l’Exposition internationale de 1851.
- Le soin des affaires où de grands intérêts sont enjeu ne laisse guère de loisirs; Warren de la Rue savait prendre au besoin sur le temps du repos et trouver une sorte de délassement intellectuel dans des travaux scientifiques de toute nature.
- Dès l’année 1845 il fit paraître un mémoire sur la matière colorante de la cochenille et s’adonna pendant quelque temps à la chimie, mais il trouva
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- bientôt dans une autre direction, dans une série d’études sur l’astronomie physique, la voie qui devait consacrer sa réputation scientifique.
- A l’exemple du grand Herschel, il résolut de construire lui-même le télescope nécessaire à ses recherches, depuis la composition et la fonte du miroir, le travail de la surface, qu’il polit de ses mains par des procédés nouveaux de rectification, jusqu’au dessin de la monture équatoriale qu’il fît exécuter dans ses ateliers de Bunhill Row. Ce bel instrument, de 13 pouces de diamètre, installé d’abord à Canonbury, au voisinage de Londres, dans un jardin entouré de constructions, fut ensuite muni d’un mouvement d’horlogerie perfectionné et transporté dans une campagne à Cranford, à 13 milles de Londres. Là, après les journées d’affaires, le savant passait de longues heures de la nuit ou du matin à épier les moments où les conditions du local et l’état du ciel permettaient quelques observations utiles, soit pour l’examen détaillé des apparences que présentent les planètes, soit pour reproduire les magnifiques épreuves photographiques de la Lune et du Soleil; qui ont été dans la science une sorte de révélation.
- Les éclipses totales de soleil sont particulièrement favorables à la solution de quelques-uns des problèmes que soulève la constitution du Soleil; Warren de la Rue ne pouvait laisser échapper une occasion si heureuse. Dans la célèbre expédition organisée en Espagne pour l’éclipse de 1860, il réussit à obtenir plusieurs photographies pendant la courte durée de la totalité et imagina, au retour, un micromètre nouveau pour mesurer les détails des épreuves.
- Nous ne pouvons pas exposer ici les contributions importantes apportées par Warren de la Rue aux progrès de l’astronomie; je citerai seulement les beaux dessins de Jupiter et de Saturne, obtenus par une méthode presque entièrement graphique et qui ont eu le mérite d’exciter l’admiration de John Herschel, les photographies stéréoscopiques de la Lune qui permettent d’apercevoir le relief des montagnes sur notre satellite, les photographies du Soleil dont l’étude a permis de démontrer que les facules correspondent à des proéminences, enfin les photographies des éclipses d’où l’on a pu conclure avec certitude que les protubérances sont situées dans une atmosphère gazeuse entourant le Soleil.
- Bientôt cependant les soucis croissants de son industrie et les fatigues de l’âge obligèrent Warren de la Rue à renoncer aux observations personnelles, mais il remit à l’observatoire de Kew et à l’observatoire de l’Université d’Oxford les instruments qu’il avait rassemblés et, pour que les travaux qu’il
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- avait commencés ne fussent pas interrompus, il eut soin de compléter ce don généreux en prenant à sa charge les frais de calcul et de publication et même le traitement des observateurs. Ce ne fut pas pour lui la seule occasion de remplir ce rôle si élevé, si rare, meme en Angleterre, et nous pouvons ajouter si difficile, de protecteur éclairé de la science. La grande fortune dont il jouissait simplement était une ressource assurée pour les entreprises scientifiques, les fondations de sociétés ou de publications et pour toutes les bonnes œuvres.
- 11 avait quitté l’astronomie à regret, sans délaisser la science. Voulant reprendre les belles expériences de Gassiot sur la décharge des piles électriques, il fit construire une pile au chlorure d’argent dont il augmenta peu à peu le nombre des couples jusqu’à plus de 15000, en les associant à des condensateurs de capacités considérables. Avec la collaboration de M. Hugo W. Millier, il fit une série remarquable de recherches sur les décharges dans l’air ou dans les gaz à différentes pressions, qui le conduisirent en particulier à des aperçus très ingénieux sur la nature et la hauteur probable des aurores polaires. Les savants du monde entier ont connu ce petit laboratoire de Charlotte Street, où était réunie la plus grande batterie d’éléments qui ait jamais existé. M. Warren de La Rue mettait une complaisance inépuisable à répéter devant ses visiteurs les belles expériences relatives à la production des strates dans les gaz raréfiés, à montrer ces bulles de lumière qui se détachent une à une des électrodes pour prendre successivement leur place dans le tube sous forme de lamelles brillantes et qui retournent ensuite une à une aux électrodes, à la fin de la décharge, comme si elles étaient émises et absorbées par les conducteurs.
- A quelques pas du laboratoire, on trouvait dans Portland Place l’accueil toujours gracieux de sa digne compagne, aujourd’hui inconsolée. Tous ceux qui ont franchi le seuil de cette maison hospitalière en ont emporté un souvenir ineffaçable et les privilégiés qui ont eu la faveur d’y vivre dans une plus grande intimité ne peuvent songer sans un serrement de cœur au vide cruel que la mort y a laissé.
- M. Warren de la Rue appartenait, pour ainsi dire naturellement, à toutes les associations anglaises de science ou de bienfaisance; un grand nombre de sociétés scientifiques à l’étranger se l’étaient attaché comme membre ou correspondant et dans aucun pays il n’avait donné autant qu’en France des témoignages de sa générosité.
- _ Depuis l’année 1851 il faisait partie du jury de toutes les expositions et Tome IV. — 88e année. 4e série. — Août 1889. 56
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- ne tardait pas à y prendre une autorité incontestée par l’étendue de ses connaissances, la finesse et l’impartialité de son jugement. Nous l’avons vu pour la dernière fois à l’Exposition d’électricité en 1881, où son esprit conciliant a contribué au succès d’une tâche difficile. Quoique cette époque soit encore si rapprochée de nous, nombre de ses collègues et amis d’alors l’ont précédé dans la tombe, William Siemens, Spottiswood, Tresca, Jamin, Hervé Mangon, Debray et celui auquel il était le plus attaché par une ancienne affection, Dumas, l’illustre président de notre Société.
- Les quelques noms dont je viens d’évoquer le souvenir et auxquels d’autres se mêlent involontairement dans notre pensée ne semblent-ils pas indiquer que nous assistons à la fin d’une génération qui a contribué aux plus grands progrès de la science moderne? Warren de la Rue y a sa place marquée ; il a illustré un nom qu’il est glorieux de porter.
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- ÉTUDE SUR LES QUALITÉS I)U PAPIER
- L’augmentation croissante, depuis nombre d’années, dans la production et l’emploi du papier, jointe à l’insuffisance de la matière première, le chiffon, qui avait servi jusqu’ici à le préparer, ont fait rechercher différentes substances pour remplacer ce dernier, telles que le chanvre, le coton, la paille, les fibres de bois réduites en pâtes et autres. De ce nombre, le chanvre seul peut être considéré comme un succédané avantageux des fibres de lin du chiffon.
- D’autre part, l’attention a été de plus en plus portée sur les qualités du papier, sur son glacé, sa blancheur et en même temps sur son bon marché. Les fabricants pour satisfaire à ces besoins ont dû soumettre la pâte à un blanchiment plus parfait en forçant la dose d’acides et de chlore, ce qui diminuait la résistance des fibres, et en aj ou tanta la pâte des succédanés à bon marché.
- Toutes ces causes ont fini par donner un produit de qualité inférieure, présentant peu de résistance et peu de durée et quelquefois même voué à une destruction rapide. Cet abaissement de la solidité du papier fut constatée en Allemagne, à la suite d’expériences nombreuses faites sur des échantillons pris dans les bibliothèques de l'Etat, et toutes ces considérations conduisirent à une étude sérieuse des qualités du papier et des conditions auxquelles il doit satisfaire pour avoir la plus grande durée. On fut amené ainsi à établir des types normaux pour les différentes soldes que l’industrie était appelée à réaliser.
- Depuis 1878, on a beaucoup étudié cette question en Allemagne, et aujour-
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- d’hui un laboratoire spécial est installé à l’Institut technique de Charlottenbourg, sous la direction du docteur Martens, pour faire l’essai du papier. Des types normaux dits « papier normal » ont été créés dans ce laboratoire, après de nombreuses expériences, et ont été adoptés pour les fournitures de l’Etat.
- Nous allons exposer, d’après ces expériences], quelles sont les qualités les plus indispensables qui ont été imposées au papier et les méthodes employées à les vérifier, et quelle a été l’influence de ces essais sur la fabrication.
- Les principales qualités du papier sont d’abord la solidité et la durée, ensuite l’élasticité, le collage, l’épaisseur et quelques autres.
- Pour éprouver la solidité, on décida de fixer une bande de papier à l’une de ses extrémités en la laissant pendre verticalement, et d’enrouler la partie inférieure, jusqu’à la rupture de la bande sous son propre poids, la longueur de la partie enroulée devant servir de mesure de solidité. On appela cette longueur longueur de rupture.
- La solidité du papier dépend surtout de la qualité des fibres et des autres substances qui le composent. Au nombre des fibres végétales il faut compter d’abord les fibres de lin provenant de chiffons, puis celles du chanvre et du coton ; les plus résistantes sont celles du chanvre, celles du lin ne viennent qu’après, et enfin celles du coton ; puis viennent différents succédanés, savoir :
- 1° La paille dont la fibre est cassante, peu élastique et qui, mélangée à la pâte, donne un papier fragile et peu résistant.
- 2° La pâte de fibres de bois découpé mécaniquement, les fibres de pin, de sapin, de peuplier, de bouleau et autres. Ce mélange diminue aussi la résistance du papier en raison de la putrescibilité du bois et de ses qualités hygrométriques, ce qui entraîne la division et le ramollissement des fibres. On a constaté par des expériences qu’un papier contenant environ 80 p. 100 de fibres de bois, ayant été soumis 50 fois à des alternatives de sécheresse et d’humidité, avait perdu 10 p. 100 de sa résistance.
- 3° La pâte de fibres de bois traité chimiquement, c’est-à-dire débarrassé du ligneux qui durcit, au moyen d’agents chimiques, est plus propre à la fabrication ; les fibres, étant devenues plus élastiques, se mélangent mieux à la pâte qui est triturée mécaniquement.
- Enfin ce qu’on appelle les succédanés terreux, tels que l’argile, le kaolin, le gypse, l’asbeste et autres ; toutes ces matières sont ajoutées à la pâte soit pour augmenter la blancheur, le brillant, le glacé du papier, soit dans un but typographique pour faciliter l’absorption de l’encre d’imprimerie. L’addition de petites quantités de ces substances diminue peu la résistance et est justifiée par leur rôle qui est même reconnu utile ; mais leur addition en grande quantité altère la résistance du produit, ainsi que l’ont démontré les expériences suivantes : une proportion de 15 p. 100 de gypse diminue la longueur de rupture de 31,2 p. 100
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- et l’élasticité de 17,1 p. 100; la même proportion d’argile diminue la résistance de 30 p. 100 et l’élasticité de 20 à 30 p. 100.
- Il est indispensable de doser, dans les expériences, la proportion de ces substances minérales ; on y arrive en recueillant les cendres résultant de la combustion, car les fibres végétales ne donnant guère que des produits gazeux comme l’acide carbonique et autres, le résidu de cendre contient les substances minérales.
- Relativement au collage, on a constaté qu’indépendamment de la qualité de la matière agglutinante, cette substance influe sur la résistance du papier. On sait qu’il y a deux procédés de collage : le premier et le plus ancien est celui de la colle animale ou gélatine; le second est celui de la colle végétale ou résine blanche.
- L’expérience a démontré que ce second procédé qui est plus commode et plus économique diminue la résistance du produit, en empêchant la pâte de s’étaler sur la toile métallique de la machine. Par contre, le collage à la gélatine augmente notablement la résistance.
- Des expériences ont été faites en 1887 à l’Institut de Charlottenbourg sur des échantillons soumis à des collages répétés à la gélatine, de la manière suivante : la première feuille avait été collée une fois, la deuxième deux fois et ainsi de suite. Les résultats ont été les suivants :
- Longueur de résistance (0123456789 en kilomètres. i 1,70 2,36 2,31 2,59 2,89 2,78 2,79- 2,72 2,68 2,91
- En conséquence, ces collages multipliés avaient augmenté la résistance.
- D’autres expériences ont été faites sur la résistance comparative d’un même papier collé à la résine blanche et à la gélatine, et l’on a trouvé que cette dernière avait augmenté la longueur de rupture de 20 p. 100.
- La résistance du papier à la rupture est mesurée au moyen d’appareils spéciaux, mais ce produit n’est pas soumis dans l’usage journalier à un effort longitudinal, on le chiffonne et on le froisse dans tous les sens; c’est pourquoi on résolut de l’expérimenter sous ces efforts variés : on le tritura et on le froissa entre les mains de toutes manières et on constata sa résistance à ces efforts en établissant une échelle spéciale de résistance à la trituration et au froissement.
- Il est également important d’empêcher la présence dans le papier de matières destructives des fibres, principalement du chlore et des acides libres qui transforment la cellulose en hydrocellulose fragile.
- En résumé, pour essayer le papier en raison des différents usages auxquels il est employé, il convient de reconnaître par les expériences : 1° la solidité et l’élasticité, 2° la résistance à la trituration et au froissement, 3° l’épaisseur, 4° le poids des cendres, 5° de faire l’examen microscopique des fibres et des succédanés,
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- 6° le dossage du chlore et des acides libres, 7° l’analyse de la colle, et d’en constater les qualités.
- 4° Expériences sur la solidité et £élasticité. — Il convient de distinguer d’abord le papier fait à la main de celui fait à la machine : la solidité et l’élasticité du premier diffèrent peu selon la direction de l’effort auquel il est soumis ; il n’en est pas de même du second, qui présente de fortes différences selon qu’on l’essaye dans le sens longitudinal ou dans le sens transversal. Le sens longitudinal est celui de la marche de la pâte à papier sur la toile métallique ; c’est celui qui correspond à la résistance maximum. Cette résistance est moindre dans l’autre sens, qui est perpendiculaire au premier. Cette différence provient de ce que le mouvement de la toile métallique tend à placer les fibres dans un sens . parallèle à sa marche et à augmenter la résistance en conséquence dans cette direction.
- Les expériences ont constaté que, pour le papier fait à la main, les résistances dans le sens transversal et longitudinal étaient entre elles dans le rapport de 3 à 4 et que pour le papier fait à la mécanique, ce rapport était égal à 2/3.
- L’élasticité n’est pas égale non plus dans les deux sens; dans le papier fait à la machine, les rapports sont inverses des précédents, c’est-à-dire que l’élasticité est plus grande dans le sens transversal : ce qui s’explique par le fait que le papier, étant étendu sur les cylindres de dessiccation de la machine et mis en marche uniforme, est plus libre d’obéir au retrait produit par la dessiccation, dans le sens transversal. L’élasticité du papier fait à la main présente peu de différence dans les deux sens.
- Lorsqu’on veut essayer du papier fait à la machine, il faut d’abord distinguer ses deux sens ; pour cela il faut prendre des ronds d’échantillon et les poser sur l’eau de manière à mouiller leur face inférieure seulement, puis les placer sur la main, le papier s’enroule dans le sens transversal. On ne peut faire cette expérience qu’avec du papier collé ; s’il ne l’est pas, il faut le coller préalablement au moyen d’une dissolution de résine blanche dans l’alcool absolu et le laisser sécher avant de s’en servir. Ce résultat s’explique par la différence d’élasticité dans les deux sens, qui fait que le papier s’étend davantage dans le sens transversal par le gonflement des fibres et s’enroule dans cette direction.
- La résistance du papier n’est pas égale dans les différentes parties d’une feuille et dans le même sens, ce qui provient de causes multiples, mais en tout cas elle varie peu.
- Pour les essais de résistance, on prend plusieurs bandes dans chaque sens de l’échantillon. Il convient d’adopter une largeur de 0m,40 et une longueur de 0m,20 pour chaque bande et d’en prendre o dans chaque sens : la moyenne des 5 expériences donnera le résultat cherché. Les bandes doivent être découpées avec le plus grand soin et avoir une largeur uniforme. Elles doivent être découpées
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- pour cela sur une feuille de zinc et la règle à couper doit être en fer nickelé.
- Il existe plusieurs appareils pour expérimenter la solidité et l’élasticité par une seule opération; le meilleur appareil paraît être celui de Gartyg-Reisch; il présente les dispositions suivantes : la bande est placée horizontalement entre deux pinces dont l’une est maintenue par des poids verticaux au moyen d’un levier en forme d’équerre ; l’autre pince est fixée à l’axe d’une roue mobile qui est reliée à un ressort; on tend celui-ci en tournant une roue fixe dont le moyeu sert d’écrou à une vis mobile qui est reliée au ressort, jusqu’à produire la rupture de la bande. Un crayon relié à la roue mobile par une série d’engrenages trace sur un papier le diagramme du mouvement pendant l’opération. Les ordonnées indiquées sur le papier représentent la résistance à la rupture et les abscisses, la force élastique.
- Connaissant le poids de rupture donné par l’instrument qui est par exemple de 5,13 kilos, le poids de la bande essayée qui est par exemple de 0sr,342; sa longueur, de 0m,20 ; on a la longueur de rupture par l’équation suivante :
- x —
- 0,20 x 5130 p42
- = 3 000 mètres.
- 2° Résistance au froissement et à la trituration. —- On prend un échantillon, on le froisse entre les mains et on le triture comme du linge à laver. Cette opération produit beaucoup de trous sur les papiers faibles, un petit nombre sur les plus forts et pas du tout sur les très forts qui sont devenus seulement rudes au toucher. Bien que cette méthode d’essai puisse paraître trop élémentaire, elle ne laisse pas que de remplir son but, comme pouvant d’abord donner une idée de la solidité du papier aux non spécialistes, aux marchands et aux fabricants, puis comme donnant une idée des matières constitutives de l’échantillon : ainsi les succédanés terreux produiront de la poussière, un excès de blanchiment rendra le papier cassant ; en un mot, ce genre d’essai donnera une idée plus complète que les autres de la résistance du papier. On a établi l’échelle ci-dessous d’après ce procédé :
- 0, Extrêmement peu résistant;
- 1, Très peu résistant;
- 2, Peu résistant ;
- 3, Moyen ;
- 4, Assez fort ;
- 5, Fort;
- 6, Très fort ;
- 7, Extrêmement fort.
- Il est facile d’appliquer soi-même cette échelle.
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- 3* Mesure de Vépaisseur. — Cette épaisseur peut se mesurer avec l’appareil Elliot de Londres en plaçant la feuille entre deux pièces dont l’une est fixe et dont l’autre est mobile au moyen d’une vis micrométrique divisée; ou au moyen d’un autre appareil composé de deux règles verticales entre lesquelles se place la feuille et dont l’une mobile est reliée à une aiguille qui indique l’épaisseur sur un cadran divisé.
- 4° Dosage des cendres. — On porte au rouge les cendres résultant de la combustion de l’échantillon; elles contiennent les matières inorganiques provenant des fibres végétales et des autres parties composantes ; les fibres végétales ne donnent pas plus de 1 p. 100 de cendre et la colle pas plus de 2 p. 100 sous forme d’alumine; donc au delà de 3 p. 100 les cendres proviennent des succédanés terreux. On opère en général sur un échantillon de 2 grammes environ que l’on sèche à 100 degrés, on laisse refroidir les cendres au-dessus d’un vase contenant du chlorure de calcium, puis on les pèse.
- 5° Examen au microscope. — Cet examen sert à reconnaître les fibres qui composent le papier et dans quel état elles se trouvent. Il suffit d’employer un microscope grossissant 300 fois, et même seulement 120 fois, ce qui est plus commode pour compter le tant pour 100 de chaque espèce de fibres, parce que l’on opère sur un champ plus grand.
- Il est souvent difficile de pouvoir compter toutes les espèces de fibres parce qu’elles sont plus ou moins défigurées par le travail mécanique, mais on peut les classer en trois groupes en humectant l’échantillon au moyen de la dissolution d’iode qui donne les colorations suivantes :
- 1. Fibres colorées en jaune : le bois réduit en pâte.
- 2. Fibres de couleur cannelle : le chanvre, le lin, le coton.
- 3. Fibi •es incolores : cellulose pure.
- Pour préparer le papier à l’examen microscopique, il faut placer l’échantillon teint par l’iode dans une capsule en porcelaine avec un peu d’eau, y verser ensuite une solution étendue de soude et porter à l’ébullition ; le liquide se colore en jaune si le papier est collé; après un quart d’heure d’ébullition, on lave à l’eau. On remue ensuite la pâte dans un mortier avec un peu d’eau, puis on en étend une partie sur le verre de l’objectif préalablement humecté d’une goutte de solution d’iode, on recouvre du verre obturateur et on place l’objectif sous le microscope. Il est facile de distinguer au microscope les trois groupes énumérés ci-dessus; si l’on voulait en outre distinguer les unes des autres les fibres du chanvre, du lin et du coton, il faudrait étudier leurs caractères spéciaux dans les traités écrits sur la matière.
- 6° Dosage du chlore et des acides libres. — 11 est très rare de rencontrer ces substances dans le papier, d’abord parce qu’elles ont été enlevées par les lavages, ensuite parce qu’on ajoute à la pâte entre les rouleaux de l’antichlore (Na2 S O3),
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- enfin parce que le collage produit une réaction qui forme un sel d’alumine, suivant Würster.
- Ce sel en présence des acides libres les neutraliseraient en formant un autre sel composé.
- Malgré la rareté du cas et pour les papiers non collés, nous allons exposer la méthode à suivre :
- Pour reconnaître le chlore libre, on emploie la réaction de l’iode sur l’amidon; on prépare une solution étendue de potasse et d’iode que l’on porte à l’ébullition; on y ajoute de l’amidon. On plonge dans cette solution une feuille de papier-filtre que l’on fait sécher ensuite et que l’on divise en petits morceaux. D’autre part, on mouille l’échantillon à essayer dans l’eau distillée, on le coupe aussi en morceaux que l’on place sous les morceaux de papier-filtre et l’on recouvre de plaques de verres; si l’échantillon renferme du chlore, le papier amidonné se colore en bleu.
- La constatation des acides libres offre plus de difficultés parce que l’on ne peut employer la réaction connue sur la teinture de tournesol, vu que les ferments qui peuvent exister dans le papier colorent aussi cette teinture en rouge ; Gertzberg préconise pour cette constatation la réaction sur la couleur rouge du Congo (congoroth) qui passe au bleu par l’action des acides et sur laquelle les ferments n’agissent pas.
- 7° Constatation de la présence de la colle et de ses qualités. — Le meilleur réactif pour la colle animale ou gélatine est l’acide tannique, qui la précipite sous forme gélatineuse. Pour s’en servir, on forme avec l’échantillon une pâle étendue dans l’eau distillée, on chauffe ce mélange au bain-marie et on y verse une dissolution concentrée de tannin. Si on a un précipité floconneux, il est formé de gélatine; si le mélange est seulement troublé, on constate l’absence de la gélatine.
- Pour reconnaître la colle végétale, on place des morceaux de l’échantillon dans de l’alcool absolu, puis on chauffe; la résine blanche et une partie des sels qu’elle forme avec l’alumine se dissolvent. Si alors on verse de l’eau distillée, la résine insoluble se précipite.
- Pour vérifier la qualité du collage, quelle que soit la nature de la colle, on opère de la manière suivante : sur une face de l’échantillon, on trace des lignes avec une dissolution de chlorure de fer et on imprègne l’autre face d’une solution de tannin ou d’écorce de noix; si le collage est mal fait, la réaction du chlorure de fer a lieu au travers du papier et produit de l’encre. Quelquefois il suffit d’écrire sur l’échantillon avec de l’encre ordinaire et de voir si les traits s’étalent ou non.
- Nous dirons, pour terminer, qu’il est important de connaître la proportion d’eau contenue dans le papier, car elle influe beaucoup sur la résistance. Pour doser
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- cette eau, on pèse d’abord l’échantillon en notant la température du laboratoire, puis on le soumet à la température de 100 degrés dans un séchoir, après quoi on le repèse et on en conclut la proportion d’eau.
- Toutes ces expériences servent non seulement à constater toutes les qualités du papier, mais à en apprécier la durée relative.
- Nous rendrons compte aussi des différents types de « papier normal » créés à l’Institut de Charlottenbourg et adoptés officiellement par le gouvernement. Ce sont les suivants :
- CLASSEMENT DE 1 A 6 D’APRÈS LA SOLIDITÉ
- Classes. 1
- a. Longueur moyenne de rupture en j ^
- mètres....................... . . \
- b. Élasticité movenne en tant p. 100 / , ..
- ° L > 41 o
- de la longueur...................\ ’
- c. Résistance à la trituration et au \ ^
- froissement......................)
- 2 3 4 5 6
- 5000 4000 3000 2000 1000
- 4 3 2,5 2 1,5
- ü 5 4 3 1
- CLASSEMENT d’aPKÈS LA COMPOSITION
- lrc classe. — Papier composé do fibres exclusivement, donnant 2 p. 100 de cendre au maximum. 2e — Papier composé de fibres, de cellulose, de pâte de paille, mais sans pâte de bois,
- donnant 5 p. 100 de cendre au maximum.
- 0e — Papier composé de substances diverses mais sans pâte de bois, donnant moins de
- la p. 100 de cendre.
- 4e — Papier composé de différentes substances, quel que soit le poids des cendres.
- Influence des expériences faites sur le papier, sur sa fabrication. — On a fait beaucoup d’objections en Allemagne à l’application de ces types normaux, notamment celle-ci : qu’un papier présentant une longueur de rupture très peu inférieure à celle d’une des classes pourrait avoir une élasticité supérieure, et cependant être rangé dans la classe inférieure, bien qu’il puisse être en réalité plus solide; et qu’il eût été préférable d’opérer le classement d’après ce que l’on a appelé le « module du travail », qui serait le produit de la longueur de rupture par la résistance élastique. Si on eût adopté cette méthode, le papier cité ci-dessus aurait pu être plus justement rangé dans la première classe.
- Une objection plus importante encore a été faite par le professeur Würster, c’est d’avoir négligé de tenir compte de la présence des chlorures de sodium et de calcium, qui réagissent sur les sels d’alumine et ont par là une influence nuisible sur la résistance et la durée du papier.
- Nous devons reconnaître par ces objections et par d'autres que l’expéri-Tome IV. — 88e année. 4e série. — Août 1889. 57
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- mentation des qualités du papier, comme toute nouvelle création, en est encore à ses débuts et devra se perfectionner, mais que l’on ne doit pas méconnaître les progrès qu’elle a suscités déjà dans la fabrication; ainsi elle a obligé les fabricants à choisir plus judicieusement les matières composant la pâte, et à diriger plus minutieusement les différentes opérations dont se compose la fabrication.
- En résumé, depuis ces expériences, la qualité moyenne du papier s’est améliorée dans ces dernières années en Allemagne, et l'intervention du gouvernement a eu la plus heureuse influence sur cette industrie.
- La note suivante, sur l’examen microscopique du papier, complète celle qui précède.
- Nous avons appris à séparer en trois groupes, au moyen du microscope et de la coloration donnée par l’iode, les différentes fibres qui peuvent constituer le papier; nous allons maintenant apprendre à distinguer entre elles, au moyen
- du môme instrument, les fibres appartenant à chaque groupe.
- Les fibres des plantes examinées au microscope dans le papier ne présentent pas les mêmes formes que dans leur état naturel, parce qu’elles ont été dénaturées par les procédés de fabrication, c’est pourquoi nous commencerons par exposer leurs caractères histiologiques et ensuite les transformations produites par la fabrication.
- On peut distinguer les unes des autres, d’une manière certaine, au moyen du microscope, les fibres suivantes : 1° celles de la paille; 2° du bois; 3° du tille des plantes dicotylédones; 4° du coton.
- Les fibres de paille employées sont celles : de l’avoine, du blé, de l’orge, du seigle, du maïs, et en Chine, du riz : elles présentent peu de caractères distinctifs entre elles et elles ressemblent également beaucoup à celles du chanvre et du lin, au point qu’il est difficile de les distinguer au microscope. Par contre, il est facile de reconnaître dans le papier les cellules épidermiques des fibres de la paille et même de distinguer à quelle plante elles appartiennent. Ainsi les cellules épidermiques du seigle ont une forme rectangulaire allongée à côtés ondulés comme les fibres de la laine; celles du blé ont la même forme, sauf que les côtés sont droits; celles de l’avoine de même, mais les côtés sont moins ondulés. La figure 1 représente la cellule de seigle grossie 230 fois, la figure 2 celle du riz, la
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- ligure 3 celle du maïs qui a subi Faction de l’acide chromique. Leurs dimen-sions sont les suivantes :
- Paille d’orge. . .
- — de seigle .
- — de blé. . .
- — d’avoine. .
- — de maïs. .
- DIMENSIONS DES CELLULES.
- LONGUEUR,
- LARGEUR.
- 0,103 à 0,244 millimètres. 0,086 à 0,343 —.
- 0,152 il 0,449 —
- 0,187 à 0,448 —
- 0,108 à 0,252 —
- 0,012 à 0,014 millimètres 0,010 à 0,016
- 0,018 à 0,024 —
- 0,012 à 0,017 —
- 0,036 à 0,090 —
- Ces cellules épidermiques sont toujours accompagnées, dans le papier, de cellules vasculaires présentant des renflements caractéristiques sous forme de spirales, d’anneaux, etc. Quelquefois ces renflements sont séparés de la celluleetl’on voitaumieroscope des anneaux et des spirales isolés et autres formes (fig. 4 et 5), lesquelles décèlent par elles-mêmes la présence de la paille.
- Les fibres des bois employés sont d’abord celles des arbres à feuilles aciculées tels que le pin, le sapin et autres; puis celles des arbres à feuilles plates, tels que le bouleau, le peuplier et autres; ces deux groupes de fibres se distinguent assez nettement sous le microscope en ce que celles du premier groupe sont bordées de pores formés de deux petits cercles concentriques et que leurs cellules sont rayonnées, ce qui n’a pas lieu dans les fibres du second groupe (fig. 6 et 7) et inversement dans les fibres du second groupe se trouvent des pores très caractéristiques qui ne ressemblent pas à ceux du premier groupe.
- Quant à reconnaître à quelle espèce d’arbre appartiennent les fibres, il semble bien difficile d'y arriver au moyen du microscope. Il suffira en général de reconnaître dans le papier la présence du bois au moyen de la coloration produite par l’iode et de distinguer entre elles les deux classes de fibres que nous venons d’énumérer.
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- Fibres de la tille des plantes dicotylédonées. — Les fibres de cette espèce les plus employées sont celles du lin et du chanvre et ce sont les plus difficiles à distinguer Tune de l’autre. Il existe à la vérité des caractères histiologiques qui permettent de les reconnaître : ainsi les fibres du lin sont ordinairement affilées par le bout tandis que celles du chanvre sont émoussées et souvent ramifiées. Toutes les deux présentent des parois assez épaisses avec un canal étroit, cependant les parois des fibres du chanvre sont ordinairement plus épaisses et le canal plus large que dans le lin. Néanmoins tous ces caractères ne sont pas assez constants pour donner un cachet de certitude.
- Le professeur Wiesncr a trouvé dernièrement une réaction chimique qui
- permet de distinguer ces deux ’ . espèces de fibres lorsqu’elles
- n’ont pas été dénaturées par la fabrication du papier : c’est l’action de la solution ammoniacale d’oxyde de cuivre sur le tissu cellulaire.
- Ce réactif fait gonfler les deux sortes de fibres, puis leur enveloppe extérieure se dissout et il ne reste que le canal cellulaire intérieur entouré de sa tunique. C’est la forme de ce canal qui résiste le plus long-. temps à l’action du réactif et qui serf à distinguer les deux espèces de fibres. Dans le lin, ce canal vermiculaire n’a pas de replis transversaux et dans le chanvre il est plus large avec de nombreux replis transversaux (fig. 8 et 9).
- Kramer de son côté a donné une méthode qui n’est applicable que lorsque l’on rencontre des morceaux d’épiderme de la tige mêlés aux fibres; cet épiderme présenle des caractères distinctifs dans le chanvre et dans le lin : le premier a très peu de stomates, douze environ par centimètre carré, tandis que le second en a trois mille environ sur la même surface (fig. 40 et 11). De plus, l’épiderme du chanvre présente des trachées isolées capillaires (fig. 12) qui laissent après leur chute des cicatrices assez visibles, tandis que le lin n’en a pas. Seulement on rencontre rarement des fragments d’épiderme dans le papier.
- Lorsqu’il s’agit de distinguer les fibres du chanvre et du lin dénaturées par la fabrication, on rencontre encore de plus grandes difficultés. Pendant le passage
- Fis. 8.
- Fig. 9.
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- des fibres entre les rouleaux, il se forme d'abord des renflements sur les parties les moins consistantes des fibres, là où elles commencent à se diviser; puis elles
- Fig. 11.
- Fig. 12.
- présentent des rayures longitudinales et elles finissent par se séparer en fils très fins (fig. 13, a, b, c) ; mais en général la désorganisation des fibres ne va pas
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- jusqu’à ce dernier degré et elles restent sous les formes représentées fig. 14 et 18
- présentant des nœuds et des rayures et des extrémités chevelues. Leur diamètre moyen à l’état naturel qui était pour le chanvre de 0mm,028 et pour le lin de 0mm,026 est devenu 0mm,008 après la fabrication. A ce moment apparaissent aussi sur ces deux espèces de fibres des lignes transversales (fig. 16, A, B) sur la provenance desquelles on n’est pas encore fixé : Wiesner pense que ce sont les restes des cloisons transversales du tissu cellulaire adhérant aux fibres. Vétillard et Genel les attribuent au déplacement de la tunique de la fibre et provenant d’inégalités de pressions dans la tige pendant la vie de la plante. Ces lignes transversales ne se rencontrent que dans les fibres des plantes dicotylédones comme le lin, le chanvre?
- Fig. 13.
- 1 ortie et auties. Les plantes monocotylédones ne les présentent pas. Ne pouvant
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- A.
- R
- pas trancher cette question, nous nous contenterons de retenir ce caractère comme un des signes servant à distinguer les fibres du ]in et du chanvre de ceux du coton.
- Nous conclurons avec le célèbre botaniste Schacht qu’en dehors des différences que nous avons signalées entre les dimensions des canaux intérieurs des fibres de ces deux plantes, il est à peu près impossible de les distinguer à l’état où elles se trouvent dans le papier.
- Fibres du coton. — Les fibres du coton qui enveloppent les graines contenues dans le gossypium, présentent des cellules longitudinales sans cloisons transversales ; une de leurs extrémités est effilée et l’autre arrondie ; cette forme les distingue déjà des fibres du chanvre et du lin qui sont effilées aux deux bouts. Les fibres du coton sont d’autre part ourlées sur leurs bords et enroulées plus ou moins en spirale autour de leur
- . . Fig. 1(3.
- axe (fig. 17). Cette forme de spirale ne peut servir cependant à les distinguer du lin dont les fibres sont quelquefois contournées d’une manière analogue (fig. 18) et d’ailleurs les fibres du coton quelquefois ne sont pas enroulées du tout. Le caractère typique des fibres de coton est celui que présente la tunique qui l’enveloppe, il est mis surtout en relief par la réaction de la dissolution ammoniacale d’oxyde de cuivre qui fait gonfler les cellules en forme de ballons [c] portant de place en place par touffes
- Fig. 17.
- Fig. 18.
- Fig. 19.
- des débris de tunique déchirée (c'); le canal intérieur offre la forme d’un ruban (fig. 19). Les fibres du coton après leur passage entre les rouleaux présentent
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- aussi des rayures, mais au lieu d’être longitudinales elles sont en biais et donnent à la fibre l’apparence d’une vis. En outre, ces fibres sont moins dénaturées que les précédentes par la fabrication et on peut toujours les distinguer par leur double ourlet longitudinal qui est très reconnaissable (fig. 20).
- Si l’on ajoute à ce caractère l’absence de pores et de nœuds qui existent presque toujours dans les fibres du lin et du chanvre, on reconnaîtra qu’il sera toujours facile de les distinguer de celles-ci.
- Nous n’avons pas fait l’examen des fibres du riz, du sparte et autres qui n’entrent pas dans la composition du papier en Europe, parce qu’elles présentent pour nous moins d’intérêt.
- (Zapiski imper, russ. tech. obch.)
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- SUR LA CONSOMMATION DES CONSERVES ALIMENTAIRES DANS L’AMÉRIQUE Dü SUD,
- PAR M. LE Dr SACC (1)
- Monsieur le Président, en vue de la prochaine Exposition universelle, je prends la liberté d’appeler votre attention sur l’importante question de la conservation des substances alimentaires qui est partie de la France par la belle découverte d’Appert et menace de lui être enlevée, si nous n’y prenons garde, par les autres nations.
- C’est dans un pays isolé au milieu des terres, presque sans relations avec l’extérieur, à cause de l’absence de routes qu’on peut juger l’importance de la découverte d’Appert qui va se perfectionnant sans cesse.
- Le livre des conserves de cet inventeur est devenu fort rare; il est d’ailleurs le guide le plus sûr qu’on puisse choisir, parce que, à côté des succès réalisés, il raconte également les échecs obtenus. Ce livre mérite une nouvelle édition augmentée des découvertes modernes, augmentée également d’une étude sur l’industrie de la salaison des viandes, sur la fabrication des extraits de lait et des biscuits, dont la consommation augmente tous les jours.
- Les conserves américaines sont à bon marché, mais elles sont, en général, mal soignées : celles de l’Angleterre sont beaucoup meilleures enfermées dans des boîtes vernissées comme l’a recommandé Appert, et comme cela est nécessaire dans l’Amérique centrale où les boîtes de tôle s’oxydent vite et par consé-
- (1) Extrait d’une lettre adressée de Cochabomba (Bolivie) à M. le président de la Société d’encouragement.
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- quent se détruisent. Bilbao nous envoie beaucoup de saucisses et de poissons enfermés dans des boîtes vernissées à l’aide d’une préparation jaune qui leurdonne l’apparence de l’or et s'obtient sans doute avec une solution alcoolique de colophane.
- Le danger vient surtout de l'Allemagne qui, dans toutes les directions, fait à nos conserves une concurrence acharnée et bien entendue. Habituellement les viandes sont conservées dans la graisse, ce qui leur donne un aspect désagréable et produit, de tous côtés, des taches : cette graisse est d’ailleurs d’une digestion difficile. Les fabricants allemands ont eu l’excellente idée de préparer des viandes rôties conservées dans une solide gelée de viande, et des ragoûts de mouton, lièvre et perdrix noyés dans une épaisse sauce acidulé qui est appelée certainement à avoir un grand succès quand elle sera imitée par nos fabricants de conserves qui sont et resteront toujours les plus habiles entre tous : c’est ce que montre le prix toujours plus élevé auquel les conserves françaises sont payées.
- C’est en France que, pour la première fois, on a substitué des terrines aux boîtes de tôle pour l’expédition des conserves. On a eu tort de ne pas persévérer dans cette voie puisque cette manière de faire met à la disposition du consommateur un emballage utile et durable, tandis que les boîtes de tôle sont perdues.
- Il y a longtemps que les Américains du Nord, plus prévoyants que nous, emploient pour les conserves domestiques des vases de grès de forme ventrue et de la capacité de 4 à 10 litres. Ces vases sont remplis à l’aide de la préparation bouillante, jusqu’à la moitié du col. A ce point, le vase porte un mentonnet sur lequel on serre une plaque de liège qui entre sans frottement dans le col et sur laquelle on coule une forte couche de plâtre qui empêche la rentrée des ferments, le vase est ensuite fermé à l’aide d’un couvercle en grès également. Disposées dans une cave ou dans tout autre endroit frais, ces conserves ne subissent aucune altération. Une fois vidés d’ailleurs, les vases peuvent servir à une préparation nouvelle.
- Ne serait-il pas possible de substituer à ces grossiers vases de grès des pots élégants de faïence ou de porcelaine qui, résistant mieux aux chocs, seraient plus tard, pour la famille, une fois les conserves consommées, une bonne acquisition?
- Les boîtes de tôle vides sont un véritable embarras. Il y a là une industrie nouvelle à créer qui peut offrir à notre industrie céramique un débouché sérieux.
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- MÉTALLURGIE.
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- MÉTALLURGIE
- FABRICATION ET EMPLOIS ACTUELS DU MÉTAL THOMAS PAR M. G. BRESSON
- M. G. Bresson, dans un travail publié dans la Revue universelle des mines et de la métallurgie, de Liège, sous le titre de Mémoire sur la fabrication et les emplois actuels de l’acier déphosphoré, s’est proposé, comme il l’indique dans son avant-propos, de dissiper autant que possible les malentendus qui se produisent encore aujourd’hui entre les ingénieurs sur les propriétés et les emplois des composés ferreux. Il se sert à dessein de cette expression peu usitée pour comprendre dans un seul terme tous les alliages du fer avec les divers métaux et métalloïdes susceptibles de modifier ses propriétés.
- En conséquence, après avoir montré qu’il ne faut pas confondre le fer et l'acier cléphosphorés qui peuvent être obtenus par divers procédés, avec le métal Thomas qui résulte d’un traitement bien défini dans la cornue Bessemer. U passe à l’étude de ce traitement, et ne mentionne les autres procédés qu’accessoirement et surtout au point de vue des comparaisons à établir.
- Le mémoire de M. Bresson est divisé en cinq parties. Dans la première, intitulée : « Etude sommaire de l’influence du phosphore, du manganèse et du silicium sur les propriétés à chaud et à froid des fers et aciers fondus », J’auteur résume l’influence qu’exerce la présence isolée ou simultanée de ces corps, auxquels il faut joindre, bien entendu, le carbone, sur la résistance absolue, l’allongement, la limite d’élasticité, etc., etc., des alliages ferreux. Il montre que cette étude reste toujours ouverte, car en ce moment on examine plus spécialement le rôle du chrome et de l’aluminium, et à chaque nouvel arrivant, la question se complique, puisqu’il peut agir ou seul ou en combinaison avec les autres métaux ou métalloïdes déjà employés. Pour le procédé Thomas, la présence du phosphore s’impose dans la fonte, et c’est à lui que M. Bresson consacre naturellement la plus grosse part de cet examen préliminaire.
- La deuxième partie du mémoire résume les essais de déphosphoration anté-térieurs au procédé Thomas et Gilchrist. La liste en est longue, et vouloir nommer tous ceux qui ont pris part à ces expériences préparatoires, ce serait nommer à peu près tous les métallurgistes de la France et de l’étranger. Il est un nom que M. Bresson a tenu toutefois à mettre en lumière, c’est celui de Gruner, qui, le premier, a parlé de garnissages basiques, de même que MM. Thomas et Gilchrist ont assuré le succès par la pensée hardie du sursoufflage.
- L’auteur du mémoire montre comment la théorie du procédé, esquissée par les inventeurs lors du meeting de Ylron and Steel Institute de 1878, à Paris,
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- MÉTALLURGIE.
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- s’était déjà complétée lors de la réunion de la même association à Dusseldorf^ en 4880.
- La troisième partie du mémoire renferme d’abord une théorie du procédé Thomas établie sur les données les plus récentes. M. Bresson montre qu’envisagé dans ses termes les plus généraux, il peut être considéré comme l’ancien procédé Bessemer, dans lequel on aurait modifié la nature des combustibles intermoléculaires qui déterminent l’affinage. Etudiant ces phénomènes de combustion intermoléculaire en s’aidant des beaux travaux de MM. Jordan, Lowthian Bell et Pourcel, M. Bresson montre qu’on a été conduit à forcer de plus en plus la teneur en phosphore et à diminuer la teneur en silicium; il donne comme type de la meilleure fonte Thomas celle qui est fabriquée actuellement à Ilsecle, en Hanovre, et dont la composition est la suivante :
- Carbone...............................................3,22
- Phosphore....................................... . , . . 2,92
- Manganèse.............................................2,38
- Soufre. . ............................................0,04
- Silicium........................................ 0,11
- C’est avec le métal Thomas provenant de cette fonte que les Allemands ont pu réussir la fabrication des tôles, dont le succès en France est resté douteux.
- La quatrième partie du mémoire examine les modifications qu’a exigées le procédé Thomas dans les ateliers Bessemer où il a été introduit, ainsi que les dispositions qui ont été adoptées dans les aciéries basiques construites de toutes pièces depuis 1878. C’est l’étude mécanique succédant à l’étude chimique. Les plans d’ateliers sont discutés, et l’auteur décrit spécialement les installations des aciéries Thomas du département de Meurthe-et-Moselle, visitées par la Société de l’Industrie minérale lors de sa session de 1887. Il entre également dans de nombreux détails pratiques sur les opérations qui accompagnent le chargement de la fonte et des additions calcaires dans la cornue, l’enlèvement et l’utilisation de la scorie, la coulée du bain métallique dans la poche, puis dans les lingotières. Les métallurgistes trouveront là des renseignements pris sur place et qui pourront leur être de quelque utilité.
- Pour finir, M. Bresson examine, comme il l’avait annoncé en commençant, l’état actuel de l’emploi du métal Thomas. Il insiste d’abord sur l’importance qu’a prise le commerce des demi-produits, lingots, blooms et billettes, auxquels se sont adonnées les aciéries Thomas, à défaut des rails, pour lesquels elles avaient été construites mais dont les commandes se sont extrêmement ralenties. Les autres produits finis, consommés par les chemins de fer et les diverses industries, sont passées en revue, et la place qu’y occupe actuellement le métal Thomas est clairement indiquée. II s’impose pour la fabrication du petit fer rond en bottes circulaires, désigné sous le nom de machine et de ses dérivés, tels que le fil,
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- la vis, la pointe, etc. Il a gagné beaucoup de terrain du côté des barres marchandes et des divers profilés usités dans la carrosserie, bien que les doutes émis sur sa soudabilité provoquent encore quelques difficultés.
- Un autre inconvénient du métal Thomas, ce sont les soufflures qu’on rencontre principalement dans les nuances douces, qu’on doit surtout rechercher si on veut obtenir la soudure. Ces soufflures sont malheureusement inhérentes au procédé lui-même. Le brassage du bain métallique par l’air insufflé de bas en haut constitue une opération tumultueuse qui favorise évidemment la formation de bulles gazeuses dans le métal, lors de son refroidissement. M. Bresson recommande en conséquence, pour les produits devant présenter des qualités spéciales de résistance (essieux, bandages, tôles de chaudières, etc.), l’emploi du métal déphosphoré sursoie basique. C’est moins la question de la composition chimique que celle de l’élaboration physique et mécanique du métal en fusion qui motive cette préférence que nous avons déjà indiquée dans une séance récente de la Société des Ingénieurs civils. Nous sommes heureux de nous rencontrer à cet égard avec un collègue qui a fait comme nous, mais en se plaçant au point de vue opposé, une étude approfondie des fers et aciers fondus.
- La production du métal Thomas a dépassé 6 millions de tonnes de l’année 1878 à la fin de 1887.
- Commencé avec 20 tonnes en 1878, elle atteignit 1702252 tonnes en 1887, dans l’ensemble des pays producteurs; le chiffre de la France, qui était de plus de 1/10 en 1885, soit 130582 tonnes sur un total de 945317 tonnes, montre un léger recul en 1886, avec 122 711 tonnes sur 1313631 tonnes.
- (Le Génie Civil.)
- NOTICES INDUSTRIELLES
- Les tubes à. nervures de M. Serve. —M. Serve a fait faire un grand progrès à la construction des chaudières à vapeur par son invention de tubes à nervures qui réalise une grande économie de combustible et rend le tirage forcé avantageux et économique. Le but de son invention est d’augmenter la surface de chauffe : ses tubes présentent des côtes radiales intérieures comme l’indique la coupe ci-jointe (fig. 1). Ce but a été atteint, ainsi qu’il résulte d’expériences faites à Brest par ordre du ministère de la marine.
- On a expérimenté ces tubes alternativement avec des tubes en cuivre unis dans les mêmes chaudières et dans des conditions identiques. Le nombre de tubes était dans chaque cas de 64, leur longueur de 2m,02 et leur diamètre extérieur de
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- 76 millimètres. On employa le même charbon pesé exactement et l’eau fut également mesurée.
- Les expériences durèrent six jours avec chaque espèce de tubes et démontrèrent que la même quantité de charbon avec les tubes de Serve évaporait lo p. 100 en plus avec un tirage naturel et 20 p. 100 en moyenne avec un tirage forcé sous une pression variant de 0mm,002 à 0mm,038. Ces résultats furentaccom-pagnés d’une réduction de chaleur dans la boîte à fumée et dans la cheminée de 200 degrés avec le tirage naturel, et de 300 degrés avec le tirage forcé, ce qui indique bien que les nervures absorbent la chaleur et la transmettent à la circonférence des tubes, puis à l’eau.
- Contrairement à la prévision du ministère de la marine, le temps nécessaire à la production de la vapeur ne fut pas plus long qu’avec les tubes unis. Cependant les tubes Serve peuvent être employés économiquement avec un tirage forcé et sans aucune sujétion. Il semblerait ce- Fig- ~ Tube à nervures
- ° J de M. J. Serve.
- pendant que dans les bateaux à vapeur qui emploient le
- tirage naturel on pourrait doubler la production de vapeur ou réduire le nombre de chaudières de moitié en employant les tubes Serve et le tirage forcé; et que dans les bateaux qui emploient le tirage forcé, on pourrait produire 20 p. 100 de vapeur en plus avec le même charbon ou bien réduire proportionnellement le nombre de chaudières. Mais on peut préférer augmenter la vitesse des bateaux.
- Avec un tirage forcé il ne sera pas difficile de nettoyer les tubes, et avec le tirage naturel une brosse tournante sera suffisante ou un disque racleur. Le Board of trade et la Compagnie du Lloyd ont déjà adopté ces tubes.
- (.Iron.)
- Les tramways électriques de Hambourg. — Des expériences comparatives ont été faites par M. Hüber, ingénieur, sur le tramway hambourgeois appelé ligne de Barmbeck, pour établir les conditions de traction à remplir pour la locomotion par l’électricité.
- Une première expérience a étépratiquée sur un train de deux voitures de la Compagnie du tramway, disposées pour le trafic par l’électricité. On constata une trop grande vitesse pour lapremière voiture, la nécessité de ne pas disposer le moteur électrique sous la plate-forme du véhicule, à l’arrière, à cause de divers inconvénients, et de le placer plutôt dans la partie centrale ; enfin l’adoption d’un dispositif permettant au conducteur de ne pas abandonner son poste en avant pour les manœuvres, surtout dans les rues très passagères et de reculer ou avancer à volonté, si cela est nécessaire. * .
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- Une seconde expérience fut faite sur une nouvelle voiture unique : le moteur fut placé au centre ; le système des doubles balais recueillant le courant fut remplacé par un appareil unique, manœuvré par un ressort, et on y adjoignit un dispositif qui permettait la marche en avantou en arrière à volonté, et la suppression totale du courant au besoin.
- On constata encore dans cette expérience, qui ne fut pas poussée bien longtemps, que la vitesse de la voiture était insuffisante et ne pouvait être compensée par une abréviation des temps de relais ou repos; que la position constatée pour le moteur était convenable, ainsi que l’emmagasinage des accumulateurs sous les plates-formes ; que la force motrice développée, eu égard à la longueur de trajet et aux circonstances toutes spéciales à la ville de Hambourg, était insuffisante, mais dans des circonstances normales, la marche s’est présentée assez bonne. A certaines heures de la journée, la consommation en force motrice s’élève soudain ; et surtout les jours de glace, lorsque les sillons de la voie sont remplis de boues congelées, il a souvent fallu, pour vaincre l’effort supplémentaire dans les courbes et dans les pentes, avoir recours à des chevaux de renfort.
- D’après des mesures exactement prises par M. Hüber, la force motrice normalement nécessaire était en moyenne de 300 volt-ampère-heure pour un trajet de 1 kilomètre de longueur. Or, dans certaines journées du mois de décembre, il a fallu déployer jusqu’à 900 volt-ampère-heure, c’est-à-dire le triple de la moyenne. Le moteur doit par suite être agencé de façon à faire face à ces brusques et anormales variations. Ces mêmes variations donnent clairement l’explication du fait constaté par la Compagnie que les chevaux, malgré tous les soins, sur la ligne en question, ne duraient pas plus de cinq ans.
- Le remplacement de la traction par chevaux par celle de la locomotive est un problème qui a fréquemment été agité et discuté à Hambourg. Les résultats du tramway à vapeur de la ligne de Wandsbecker ont été les suivants pour l’exercice de 1888, comparés à ceux de 1887, où le service se faisait par chevaux. On a transporté 3266971 personnes en 79309 voyages doubles (aller et retour), et sur le chemin de ceinture en 98160 voyages 4 032 729 personnes, soit 763 738 personnes de plus par le tramway à un seul cheval. Le voyage de ceinture est de 13 kilomètres 1/3, ce qui faisait faire à un cheval 27 kilomètres et ce qui dépasse de 3 à 7 kilomètres le trajet normal que Ton peut faire faire à un cheval.
- On en est venu à cette conclusion en tenant compte de maintes circonstances, c’est que la traction électrique, si l’on disposait d’un double moteur sur chaque voiture, dont le travail normal n’emploierait que la moitié de la puissance développée par l’un d’eux, serait dans d’excellentes 'conditions : on aurait de la sorte tous les moyens pour ralentir ou augmenter la vitesse, vaincre les résistances dans les rampes et les courbes, etc. Le poids d’une voiture disposée pour 30 voyageurs, 2 employés et 20 voyageurs sur l’impériale, machines comprises, serait de
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- 10 tonnes à peu près ; elle devrait être à trois essieux au lieu de deux, et celui de l’arrière-train serait mobile autour d’un pivot et garni d'accumulateurs.
- D’après les expériences, il est acquis que, pour un trajet del kilomètre, il faut compter sur une dépense en force motrice de 78 volt-ampère-heure par 1000 kilogrammes du poids de voiture. Ces chiffres concordent notablement avec ceux qu’on a constatés en Angleterre, où l’on estime qu’il faut une consommation de 663 volt-ampère-heure pour une voiture de 8 500 kilogrammes et 819 volt-ampère-heure pour une voiture de 10 500 kilogrammes.
- La comparaison des frais, sur les expériences faites à Hambourg, donnent pour prix respectifs : pour une voiture et 1 kilomètre : 14,5 pfennigs ou 1 fr.45 par traction électrique ;
- Pour une voiture et 1 kilomètre : 14,6 pfennigs ou 1 fr. 46 par traction à vapeur ;
- Pour une voiture et 1 kilomètre: 21,6 pfennigs ou 2 fr. 16 par traction de chevaux.
- On espère que les perfectionnements à apporter dans la traction électrique permettront une réduction notable.
- (.Dinglers polytech. Journal.)
- Condenseur à courant d’eau de Kerting, par M. Ludzki. — L’action de ce condenseur est fondée sur ce principe que l’eau réfrigérante y descend verticalement sous la pression très faible de quelques mètres et condense la vapeur après sa détente. Cette condensation fait le vide dans l’appareil et l’eau produite s’écoule par la partie inférieure. Cette disposition ne donne lieu à aucune dépense de vapeur et économise une pompe à air.
- L’économie réalisée par l’emploi de ce condenseur est très importante, même dans le cas où l’on ne dispose pas d’une chute d’eau; car si on est obligé d’élever l’eau au moyen d’une pompe, le rapport entre la force économisée par l’appareil et celle qu’il dépense sera encore à l’avantage de ce dernier, ainsi qu’il résulte de l’exemple suivant qui se rencontre fréquemment dans la pratique :
- Une machine à vapeur de 8 chevaux de construction moyenne, sans condensation, consomme en moyenne environ 25 kilog. de vapeur par heure et par cheval, ou 200 kilog. en totalité. Il faut, pour condenser cette vapeur, 200 x 25 = 5000 litres d’eau par heure. Cette eau doit être amenée au condenseur avec une pression de 4 mètres, et en admettant qu’elle soit puisée à 6 mètres au-dessous de la machine, il faut l’élever en totalité à 10 mètres de hauteur. Une pompe à eau qui servirait à l’élever, dépenserait théoriquement
- 5000
- 360 x 75 “ cheval-vapeur; en comptant 60 p. 100 d'effet utile pour la pompe, on a une dépense de 0,32 cheval-vapeur, ce qui donne, pour une pro-
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- duction de 25 kilog. de vapeur, une dépense d’environ 8 kilog. par heure.
- En comptant que, pour une pression de 3 atmosphères, avec une détente correspondante, la condensation ferait gagner environ 25 p. 100 de vapeur, cela produirait, sur une dépense de 200 kilog., une économie de 50 kilog., et d’après notre calcul, de 8 kilog. de vapeur nécessaire pour la pompe à eau, on aurait une
- Fig. 1. — Condenseur Kerting.
- allation est en conséquence beaucoup seurs.
- , 42 x 100
- économie de ---------- = 21 p. 100
- 200 ^
- de vapeur ou de combustible; ou pour une dépense égale de celui-ci, on augmenterait la puissance de la machine d’environ 20 p. 100.
- Le condenseur de Kerting présente les avantages suivants :
- 1° Pour une même dépense d’eau que les autres condenseurs pourvus de pompes à air, il produit un vide égal, sans nécessiter aucun courant de vapeur ni aucun autre dispositif analogue.
- 2° Il n’exige aucun mécanisme à actionner ni à régler, ce qui l’exempte de toute visite et démontage et de tout arrêt dans sa marche.
- 3° Il peut être installé à toute distance de la machine à vapeur; il ne nécessite aucune fondation; en raison de sa forme tubulaire simple et de son faible poids, il peut être, dans la plupart des cas, suspendu entre les tuyaux de vapeur ; sa dépense d’ins-moindre que celles des autres conden-
- Installation du condenseur. — Il est indispensable qu’il soit installé dans une position verticale et, autant que possible, plus bas que la machine à vapeur.
- L’eau d’alimentation du condenseur doit avoir une hauteur de chute d’au moins 4 mètres et, autant que possible, uniforme. Lorsqu’il n’y a pas dans l’établissement de réservoir à cette hauteur, il faut établir une pompe qui élève l’eau dans le petit réservoir de l’appareil où se produit l’appel uniforme du condenseur. Le travail dépensé par cette pompe estj environ 2 p. 100 de celui de la machine.
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- Les dimensions des tuyaux d’arrivée et de sortie de l’eau ne doivent pas être inférieures à celles données dans le tableau dressé par l’inventeur.
- Le tuyau d’amenée doit être droit autant que possible et sans coudes prononcés; il doit être vertical au moins sur une hauteur de 1 mètre au-dessus du condenseur. Si sa longueur est grande, son diamètre doit être augmenté en proportion; son embouchure dans le réservoir doit être en forme d’entonnoir et l’orifice muni d’une grille. La surface du liquide, à l’arrivée de l’eau de la pompe, ne doit pas être agitée trop fortement. Le robinet B (fig. 1) doit avoir un diamètre égal à celui du tuyau d’arrivée et être complètement ouvert.
- Le tuyau de sortie de l’eau doit avoir d’abord une direction autant que possible verticale et s’assembler avec le tuyau horizontal d’évacuation, de 2 à 3 mètres de longueur, par un coude d’assez grand rayon. Les coudes reconnus indispensables doivent avoir un rayon égal à trois fois au moins le diamètre des tuyaux.
- On devra toujours placer entre le condenseur et le cylindre un clapet de retenue; il est surtout indispensable lorsque le travail de la machine est irrégulier et sujet à des arrêts, et aussi lorsque le condenseur est placé plus haut que le cylindre.
- Le tuyau de sortie de vapeur du cylindre doit être pourvu d’un tube d’échappement spécial, communiquant avec l'atmosphère, et muni du clapet F qui est fermé en marche ordinaire, mais qui s’ouvre lorsqu’on veut marcher sans condensation.
- Le petit robinet d’air E est également indispensable; on doit l’ouvrir chaque fois avant de fermer l’arrivée de vapeur au cylindre ou l’arrivée de l’eau au condenseur.
- Lorsque le condenseur est placé à l’extrémité d’une conduite servant au chauffage d’une habitation, il ne faut pas perdre de vue que cette conduite doit pouvoir résister à la pression d’une atmosphère, et que ses pentes soient réglées de manière que l’eau de condensation puisse s’écouler dans le condensateur.
- Le vacuomètre où se produit la raréfaction de l’air dans le condenseur, doit être pourvu d’un robinet pour prévenir sa détérioration.
- Lorsque la chaudière est alimentée par un injecteur, ce dernier doit être muni, pour les arrêts, d’un clapet de retenue qui s’oppose à la rentrée do l’air dans la chaudière, car l’air agit d’une manière nuisible à l’effet du condenseur. On doit porter aussi une grande attention aux joints des tuyaux, aux robinets graisseurs et autres pièces en communication avec j le condenseur pour s’assurer de leur étanchéité au passage de l’air. Si cette étanchéité est parfaite, le vacuomètre marquerait au bout d’un certain temps le vide presque absolu.
- Poul’ la mise en marche, on ouvre le robinet B d’arrivée de l’eau et le petit robinet d’air E, puis on met la machine en marche sans condensation d’abord, après quoi on ferme le robinet d’air.
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- Pour l’arrêt de la machine, on ouvre le robinet E, on ferme le clapet d’arrivée et enfin le robinet B.
- Le condenseur, établi ainsi qu’il vient d’être dit, ne s’arrête que par manque d’eau ou nécessité de nettoyage.
- Extraction et traitement de l’ozokérite en Galicie, par M. Platz. —Aperçu historique. — L’existence de l’ozokérite enGallicie est connue depuis lexnc siècle, mais les gisements n’en ont été reconnus et exploités que vers l’année 1850 dans les environs de Boryslaw à la suite de la recherche de pétrole qui existe également dans cette localité et qui était déjà exploité depuis plusieurs années.
- On commença à rechercher l’ozokérite pour en retirer de la paraffine dans la proportion de 25 p. 100 environ, cette industrie s’accrut et se perfectionna rapidement et déjà vers 1860 on était arrivé à une importante exploitation d’ozokérite et on en retirait une proportion de 75 à 85 p. 100 de paraffine.
- A la même époque, on reconnut que l’ozokérite traitée au moyen de l’acide sulfurique et du noir animal donnait un produit très semblable à la cire des abeilles, ce produit est appelé cérésine.
- De nombreuses fabriques de cérésine s’établirent rapidement et la production alla toujours en augmentant jusqu’à nos jours où elle est arrivée à un chiffre de 11 à 12 millions de kilogrammes d’ozokérite.
- Ce produit est un hydrocarbure solide riche en gaz appartenant à la classe dont la formule est OH'-n+-. Sa consistance est onctueuse et plastique jusqu’à la dureté du gypse terreux. Sa couleur varie du vert sale au brun et au jaune du soufre. Son point de fusion varie de 55 à 110°, mais plus généralement de 60 à 70°. Son odeur est celle des huiles minérales. La cassure des variétés dures est fibreuse.
- Situation des gisements. — L’ozokérite se rencontre en Gallicie dans l’argile bitumineuse du terrain éocène, aux pieds et le long des Karpathes et en grandes masses à Boryslaw ; il affleure en filons sur une surface de 9 hectares et une longueur de 1 500 mètres exploitée ; la plus grande largeur de cette zone est de 4 à 500 mètres et elle se réduit vers le sud-ouest à la largeur de 50 à 100 mètres.
- Ces filons sont formés dans une faille de l’argile bitumineuse éocène s’étendant au pied d’une surélévation brusque de terrain formé de couches successives de craie, de marne et de grès friable.
- L’épaisseur des couches d’ozokérite varie de 0 à 1 mètre; on le rencontre en outre disséminé dans les pores d’un grès fragile mêlé à du gypse fibreux ; sa gangue est formée de schiste argileux et de grès poreux qui renferme aussi de l’huile minérale et du bitume, souvent du sel gemme et beaucoup d’hydrogène sulfuré.
- La proportion de cire retirée de l’ozokérite est très variable ; elle est de 20 à
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- Les filons d’ozokérite sont en général recouverts d’une couche de 10 à 20 mètres d’alluvion argileuse et de débris de pierres roulées des Karpathes.
- On trouve aussi des gisements d’ozokérite à quelques kilomètres de Boryslaw, à Pomiarki, à Starunja et à Dzwiniacz, mais ils sont moins importants.
- Situation économique. — Ce produit, qui est un des plus riches minerais connus et qui aurait dû développer une puissante industrie dans le pays, y occupe à peine 8 000 ouvriers en raison de la mauvaise situation économique et des conditions mesquines de l’exploitation.
- On a extrait depuis 1862 environ 225 millions de kilogrammes d’ozokérite d’une valeur de 57 millions de francs, et on a construit une ligne de chemin de fer dans le pays. La production annuelle est actuellement de 12 millions de kilogrammes pour une valeur de 9 millions de francs environ.
- Cette quantité n’est qu’une faible fraction de ce que l’on pourrait extraire, car l’exploitation n’occupe qu’une surface de 5 hectares sur 80 de surface totale. La profondeur des mines ne dépasse pas 100 mètres en général, quelques-unes atteignent 160 mètres; on a creusé des galeries de recherche jusqu’à 200 mètres et l’on a reconnu que la richesse allait en augmentant sans que l’on ait atteint la limite de sa profondeur. Il semble que la plus grande puissance des filons soit à une profondeur moyenne de 120 mètres où l’on rencontre une couche nommée « Matka», qui, lorsqu’elle est percée, produit un brusque soulèvement du minerai sous l’influence de la poussée des gaz inférieurs ; il est meme arrivé qu’une de ces éruptions ait amené le minerai jusqu’au jour. On estime actuellement la richesse de ces mines à 4 milliards de francs.
- Il semblerait d’après cela que l’on dût rencontrer dans ce pays une industrie florissante, mais c’est le contraire qui a lieu, à l’exception d’une société française; la raison en est qu’un grand nombre de petits entrepreneurs, juifs pour la plupart, ont morcelé entre eux le terrain exploité en un nombre infini de petites parcelles et qu’il n’y a pas moins de 12 000 puits forés ; leurs propriétaires se font entre eux une guerre continuelle et cette exploitation anarchique, conduite avec les faibles moyens dont ils disposent, en a ruiné un plus grand nombre qu’elle n’en a enrichi ; cependant les réserves de minerai sont si grandes qu’elles laissent encore une grande marge pour une exploitation mieux dirigée.
- Dans les conditions actuelles, la mine est gaspillée et les produits mal préparés; il en résulte un avilissement des prix qui couvre à peine les frais d’exploitation ; ainsi, bien que la cérésine soit presque exclusivement employée comme succédané de la cire des abeilles, celle-ci se vend 388 francs les 100 kilos et la cérésine seulement 77 francs, alors que l’on peut retirer de l’ozokérite 80 p. 100 de cérésine sans beaucoup de frais.
- Mode d’exploitation. — Les petites exploitations se font de la manière suivante : on fonce un puits carré de 3 à 4 mètres de côté, on le boise et on épuise
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- avec une pompe à bras; le déblai et l’eau sont remontés au moyen d’un treuil. Lorsque l’on atteint la roche à minerai qui est imperméable, on monte à l’intérieur de ce puits un autre boisage carré de 1 mètre de côté, et on remplit de glaise battue l’intervalle compris entre les deux puits; on commence alors les galeries dans le minerai en les boisant également. Le minerai est monté au moyen du treuil, et les galeries sont aérées au moyen de ventilateurs mus à la main et de conduites d’air en zinc. Les grandes exploitations emploient des ventilateurs à force centrifuge mus par la vapeur.
- Les courants d’huile minérale abondants en gaz, qui existent dans le minerai, obligent à une puissante ventilation. 11 se produit souvent des explosions de gaz dans les galeries, ce qui oblige à s’éclairer exclusivement à la lampe de mineur. On emploie généralement celle de Museler.
- L’abatage du minerai tendre se fait au pic, et l’on emploie ^quelquefois la dynamite pour la roche plus dure.
- L’exploitation de la Société française est faite sur une plus grande échelle; elle a établi deux puits cylindriques maçonnés de 2 mètres de diamètre intérieur avec tubage en fonte, l’un pour l’avancement, l’autre pour l’épuisement. L’extraction du minerai est faite au moyen d’une machine couplée qui élève du puits en 8 heures 150 000 kilogrammes déminé, d’une profondeur de 120 mètres. L’aérage est produit au moyen de deux ventilateurs de Schiele de 400 chevaux de force chaque, mus par la vapeur.
- Triage du minerai. — Le minerai, appelé « lep », retiré du puits, est soumis à l’opération du triage qui consiste à séparer l’ozokérite des déchets de ce produit et des parties terreuses : l’ozokérite est porté à la fonderie, les déchets sont versés dans une cuve où ils sont brassés jusqu’à les débarrasser complètement des matières étrangères qui se dissolvent ou viennent flotter à la surface, on en fait alors la séparation. Le résidu rejeté après ce triage un peu primitif contient encore de 2 à 3 p. 100 d’ozokérite.
- Fonderie. — L’ozokérite brute obtenue par le triage renferme encore des débris de bois et de pierre adhérents à la masse; on la soumet dans des chaudières en fonte contenant environ 200 kilogrammes à une température de 60 à 110 degrés suivant sa richesse; les matières terreuses se déposent, et l’on coule la matière dans des moules en forme de cône tronqué du poids de 50 kilogrammes environ ; c’est ainsi qu’elle est vendue dans le commerce sous le nom de cire fondue. Les résidus de la chaudière en contiennent encore environ 10 p. 100 que l’on retire en les réchauffant dans l’eau. La Société française a amélioré ces procédés de fusion en soumettant les résidus de la chaudière et les déchets lessivés à un lavage à la benzine dans un établissement spécial ; la benzine est récupérée avec peu de pertes.
- Extraction de la paraffine et de la cérësine. — Ces opérations sont très simples.
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- Pour extraire la paraffine, on distille l’ozokérite dans des alambics au moyen d’un courant de vapeur d’eau ; on recueille dans les tuyaux de condensation de petites quantités d'un produit très fluide et volatil, très riche en paraffine. Lorsque la distillation a été faite au moyen de l’air chaud, ce produit contient de 75 à 80 p. 100 de paraffine. *
- Cette paraffine brute, purifiée au moyen de l’acide sulfurique et du noir animal, puis filtrée, est employée tantôt seule, tantôt mélangée à la stéarine dans la fabrication des cierges. Elle est beaucoup plus riche en paraffine que le produit similaire extrait du pétrole ou du lignite.
- La cérésine n’est que de l’ozokérite purifiée par l’acide sulfurique et le noir animal ; elle a presque la même apparence que la cire, et ne s’en distingue que par une faible différence de poids spécifique. Par l’addition d’une matière colorante, la gomme-gutte, le poivre de Cayenne, etc., on donne à la cérésine de deuxième qualité une ressemblance complète avec la cire naturelle. La cérésine de première qualité, obtenue en augmentant la dose d’acide sulfurique et de noir animal, est d’une blancheur égale à la cire la mieux blanchie; on y ajoute même une essence qui lui donne l’odeur de cette dernière.
- La fabrication de la cérésine est des plus simples : on fond l’ozokérite dans des chaudières en tôle découvertes à double paroi pour le chauffage à la vapeur; on y ajoute de 10 à 25 p. 100 d’acide sulfurique, et une quantité correspondante de noir animal, en variant les proportions selon la qualité du produit que l’on veut obtenir, et l’on filtre le mélange encore chaud. On agite le liquide pour l’empêcher de cristalliser pendant le refroissement et lorsqu’il est assez froid on le coule dans des formes.
- La cérésine est employée pure ou mélangée à la cire dans la fabrication des cierges.
- (Zeitschrift des Ver. deut. Ing.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 14 juin 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière, président.
- M. Édouard Simon, membre du Conseil, fait don à la Société pour sa bibliothèque de soixante-six volumes, brochures ou notices, se rapportant à diverses expositions universelles ourégionales de France ou de l’étranger. (Bibliothèque.)
- M. Beaupied, rue Chevert, 7. — Couvercle hermétique qui rend inodore le cabinet ou le seau sur lequel on l’applique. (Arts mécaniques.)
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- PROCÈS-VERBAUX. — AOUT 1889.
- M. Henri Lévêqne, administrateur de l’Annuaire des mines, de la métallurgie et de la construction mécanique, rue du Faubourg-Montmartre, 17, Annuaire des Mines, édition 1889.
- M. Féret, rue Etienne-Marcel, 16. — Mémoire sur la table Féret hygiénique, à élévation facultative, à l’usage des études scolaires. (Commerce.)
- M. Guyot, avenue de l’Est, 57, Parc Saint-Maur. — 1° Système d’accrochage pour les wagons de chemin de fer. — 2° Appareil orthopédique pour corriger les déviations de la colonne vertébrale. (Arts mécaniques.)
- M. Marmet, conducteur principal des ponts et chaussées en retraite, à Lons-le-Saulnier. — Notice sur les perfectionnements apportés à son éboueur à main, récompensé par la Société en 1858. (Arts mécaniques.)
- Les ouvrages et les articles suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- . Tome III, en deux fascicules, des Mémoires de l'Institut Égyptien, publié sous les auspices de S. A. Méhémet Thewfik Pacha, khédive d’Egypte. Le Caire, 1889. — Verhanlungen der Vereins zur Befôrderung des Gewerbfleisses. Mai 1889.
- Théorie générale des turbines, par le professeur Ludwig.
- Société industrielle de Mulhouse, février-mars 1889. Exposé de la théorie expérimentale de Hirn pour machines à vapeur à un seul cylindre, par M. Dwelshauvers-Dery.
- Transactions of the Institution of Engineers and Shipbuilders in Scotland, 32e section, 1888-89. Sur les machines à draguer et leurs applications, par M. Andrews Brown.
- Proceedings of the Institution of mechanical Engineers, janvier 1889. Sur l’emploi du pétrole comme combustible dans les locomotives, par M. Thomas Urquhart. Sur les locomotives Compound, par M. Hubert Lapage.
- Note sur les machines à double et à triple expansion, inventées par Benjamin Normand. Cette note est adressée par Mme Ve Benjamin Normand et ses enfants, en vue de concourir au grand prix de la Société à décerner en 1889.
- M. Aimé Girard, nommé secrétaire de la Société dans la précédente séance, adresse ses remerciements au Conseil dans les termes suivants :
- « Je serais un ingrat, mes chers confrères, si ma première parole, ce soir, n’était pas une parole de remerciement.
- « Vous m’avez fait, à la séance dernière, un honneur dont je suis vivement touché et auquel, il y a quelques semaines, j’étais loin de m’attendre, pour deux raisons.
- « La première est que j’espérais voir le savant éminent qui pendant 43 ans a occupé cette place, l’occuper pendant longtemps encore : c’est lui qui ne l’a pas voulu. M. Peligot a craint que sa santé ne lui permît plus d’assister à nos séances avec la même assiduité, et il nous a demandé la permission de se retirer. Nous en
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- avons tous éprouvé un vif regret, mais heureusement cette retraite n’est que partielle et pendant bien des années encore, nous trouverons M. Peligot près de nous pour nous éclairer de ses conseils, pour nous rappeler les traditions de la Société dont il est aujourd’hui le plus ancien représentant.
- « L’autre raison est que, parmi vous, beaucoup me semblaient plus dignes que moi d’occuper ce poste; mais vous avez pensé sans doute que le professeur des Arts et Métiers et de l’Institut agronomique apporterait à l’étude des questions soumises à la Société quelque compétence, vous avez pensé aussi que vivant depuis un temps déjà long, depuis 35 ans, au milieu des industriels, à côté des inventeurs, je ferais toujours à leur communication un accueil bienveillant.
- « J’espère qu’à l’un comme à l’autre de ces points de vue vous ne serez pas trompé; par mon zèle, par mon dévouement aux intérêts de la Société, je m’efforcerai de justifier votre confiance, et alors même que j’aurais présumé de mes forces, il me resterait quand même un sentiment de gratitude profonde pour la sympathie que vous m’avez montrée. »
- M. Aimé Girard procède ensuite au dépouillement de la correspondance relative aux arts chimiques et à l’agriculture.
- M. Lequier, à Boulleville (Eure). — Ensemble de considérations et de vœux relatifs.à l’utilisation qu’on pourrait faire des pellicules et des marcs de café. (Agriculture.)
- M. Sacc, à Gochabamba (Bolivie). —Notice sur la question de la conservation des substances alimentaires. [Bulletin.)
- M. Rossignol offre à la Société un ouvrage en deux volumes intitulé .* Manuel 'pratique de photographie. Cet ouvrage, qui fait partie de la Bibliothèque de Vamateur photographe, éditée par M. Octave Doin, constitue en réalité un cours complet de photographie à l’usage des amateurs et particulièrement des débutants. (Bibliothèque.)
- M. Levrier, président de la Société d’horticulture des Deux-Sèvres, lauréat de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, adresse une brochure intitulée : Des plantations commerciales. Pommiers à cidre sur doucin et autres arbres fruitiers sur sujets nains. (Agriculture.)
- Le Comité de patronage de l’école professionnelle de chapellerie de Meaux-Vil-lenoy adressent à la Société une notice sur l’organisation de cette école (Maison L. Coumes). (Commerce.)
- M. Audouin, ingénieur des arts et manufactures, membre de la Société. — Dépôtd’un pli cacheté, accompagné d’une petite boîte, également cachetée, contenant divers échantillons y relatifs. Le titre du dépôt est ainsi conçu : « Préparation industrielle de divers alliages inoxydables dont quelques-uns peuvent atteindre la dureté et la résistance du fer et même de l’acier. » Ce dépôt est accepté.
- M. le Président annonce à l’Assembée l’inauguration du portrait de J.-B. Du-
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- mas qui a présidé la Société pendant près de quarante ans. Ce portrait est dû au pinceau éprouvé d’un éminent artiste, M. Armand-Dumaresq, membre du conseil d’administration de la Société, qui avait vécu dans l’intimité deJ.-B. Dumas, et dont il a reproduit les traits avec un remarquable talent.
- M. le Président adresse les remerciements de la Société à M. Armand-Dumaresq pour cette œuvre qui perpétue si bien le souvenir de l’illustre président de la Société.
- Communications. — Synchronisation des horloges. — M. Cornu, membre de l’Institut, fait une communication sur la synchronisation des horloges.
- M. le Président remercie M. Cornu de son intéressante communication, qui est renvoyée à la commission du Bulletin.
- Pulvérisateur agricole. — M. Fernand Bourdil, ingénieur civil, avenue d’Iéna, 56, fait une communication sur un pulvérisateur destiné à l’aspersion des vignes atteintes du mildiou. Cette aspersion est faite avec un mélange de lait de chaux et de solution de sulfate de cuivre appelé bouillie bordelaise. Destiné à des bouillies pâteuses, ce pulvérisateur devait remplir des conditions particulières : ne pas s’engorger et avoir des frottements réduits à leur minimum ; aussi diffère-t-il des autres pulvérisateurs industriels par un point essentiel, il n’est pas constitué par des parois rigides, mais repose sur l’emploi d’une membrane élastique.
- L’appareil est formé par une canule métallique enveloppée par une gaine en caoutchouc et terminée par un biseau triangulaire. L’appareil est monté directement sur un corps de pompe. Le liquide, chassé par la pompe, est laminé entre la canule métallique, la membrane élastique et le biseau et sort en une nappe pulvérulente.
- Les engorgements sont rendus impossibles et les frottements réduits à leur minimum par l’élasticité même delà paroi de caoutchouc qui se dilate toutes les fois que cela est nécessaire pour laisser passer des impuretés. C’est le phénomène qui se produit quand le mouleur sur métaux mouille le sable de son moule en se servant de ses propres lèvres comme d’un appareil pulvérisateur.
- La pompe qui accompagne le pulvérisateur devant avoir des frottements aussi réduits que possible, est munie d’un piston perfectionné. Un des plateaux du piston est mobile et est maintenu par un ressort dont l’élasticité compense les excédents ou l’usure de la garniture en amiante. Le piston est d’une douceur remarquable, quoique étanche cà l’air comme un piston de machine pneumatique. La pompe communique, par un tuyau en caoutchouc, avec une hotte placée sur le dos de l’ouvrier et contenant le liquide à injecter.
- M. le Président remercie M. Bourdil de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité d’agriculture.
- Association contre les accidents du travail. — M. Mamy, ingénieur de l’Association des industriels de France pour préserver les ouvriers des accidents du travail,
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- indique le développement qu’a pris cette xAssociation depuis son établissement.
- L’intérêt sympathique et bienveillant que la Société d’Encouragement a témoigné à cette Association depuis ses débuts est tel que celle-ci croit devoir la tenir au courant de son développement, des efforts déployés et des résultats obtenus.
- L’Association a été créée en décembre 1883 sur l’initiative de la Société de Protection des apprentis et sous la présidence de M. Emile Muller.
- Elle portait alors le nom d’Association parisienne des Industriels et son action était limitée aux départements de la Seine et de Seine-et-Oise.
- Elle av'ait, et a toujours pour but, de faire prendre, dans les usines et ateliers de ses adhérents, toutes les mesures de protection et de sécurité du travail qu’il est pratiquement possible de prendre.
- Mais sa localisation ne se justifiait pas, car c’est dans toute la France, et non seulement dans la région parisienne, que les industriels sont soucieux de la sécurité et de la vie de leurs ouvriers et désireux de prendre à cet égard des mesures nécessaires.
- Aussi un énergique mouvement d’appel s’est bientôt produit dans les départements ; les Sociétés industrielles de Lille, Reims, Saint-Quentin, Nancy, Marseille, Lyon, ont fait appel à l’Association Parisienne pour créer des groupes adhérents dans leurs régions et celle-ci a dû, par la force des choses, abandonner son caractère local pour prendre un caractère d’intérêt général et devenir F Asso-ciation des Industriels de la France pour préserver les ouvriers des accidents du travail.
- Elle compte aujourd’hui les sept groupes adhérents de Paris, Lille, Reims, Saint-Quentin, Nancy, Marseille, Lyon, et d’autres groupes sont en préparation. Elle compte près de 800 membres; son action protectrice s’exerce dans 15 départements et sur plus de 80 000 ouvriers.
- C’est là une des manifestations les plus remarquables et les plus utiles de l’initiative privée. Celle-ci peut résoudre aisément, si elle veut s’en donner la peine, le grave problème des accidents du travail, et F Association des Industriels de Franco ne négligera aucun effort pour en hâter la solution.
- M, le Président remercie M. Mamy de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité du commerce.
- Séance du 28 juin 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière, président. t t M. Nielly, employé à la voirie départementale d’Alger. — Type de môle appelé frrise-lames Nielly, en fer, proposé pour le port d’Alger. (Arts mécaniques.)
- M. Hersent, membre de la Société, fait hommage d’un exemplaire du volume Tome IV. — 88e année. 4e série. — Aoiît 1889. 60 •
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- présenté à l’Exposition universelle comme résumé de ses travaux depuis vingt ans. (Bibliothèque.)
- M. Engel-Gros, président de l’Association pour prévenir les accidents de fabrique à Mulhouse. — Exemplaire d’un ouvrage intitulé : Collection de dispositions et d’appareils destinés à éviter les accidents de machines. (Arts mécaniques.)
- M. Megrot, conducteur des ponts et chaussées, à Cosne. — Recueils d’éléments de prix de construction avec une série des prix de maçonnerie. (Constructions et beaux-arts.)
- M. Salbreux, mécanicien à Doullens (Somme). — Machine à vapeur rotative, à vapeur régénérée et sans échappement. (Arts mécaniques.)
- M. le Président du Congrès international de la propriété industrielle adresse à la Société le programme de ce congrès qui doit avoir lieu du 3 au 10 août prochain, au palais du Trocadéro, pour les deux premières séances, et pour les autres à l’hôtel de l’Ecole des Sciences politiques, 27, rue Saint-Guillaume. Il exprime Fespoir que la Société, en dehors des adhésions individuelles voudra bien désigner un ou plusieurs délégués chargés de la représenter au Congrès et d’en suivre les travaux.
- M. Antoine, garde principal d’artillerie en retraite, à Payzac (Dordogne). — Alambic portatif destiné à la distillation des matières pâteuses. (Arts chimiques.)
- M. Eugène Barbe, ingénieur civil, 126, boulevard Richard-Lenoir. — Nouveau système de fabrication automatique des vinaigres de vin, de cidre, de bière, de mélanges alcooliques, etc. (Arts chimiques.)
- MM. Mathieu, professeur agrégé de physique au lycée de Constantine, et Mor-faux, pharmacien dans la même ville, adressent à la Société un mémoire relatif à la recherche dans les vins des colorants dérivés de la houille. A ce mémoire est joint un petit nécessaire contenant les réactifs qu’il convient d’employer pour caractériser les colorants. (Arts chimiques.)
- M. l’Administrateur délégué de la Société anonyme des gommes nouvelles et vernis, à Saint-Denis, adresse à la Société une lettre dans laquelle figurent quelques détails intéressants au sujet de la peinture de la tour Eiffel.
- M. Dujardin-Beaumetz, ingénieur civil, fait hommage d’un exemplaire de son Histoire graphique de l’industrie houillère en Angleterre depuis 186o, d’après les documents officiels. Bernard et Cie, éditeurs, à Paris. (Bibliothèque.)
- M. Bandsept, ingénieur à Bruxelles, fait hommage de deux brochures : 1° Inducteurs dynamo-électriques (aéro et hydro) et pyro-électriques; 2° Système de traction électrique pour voies étroites à profils courbes et rampes très prononcées. (Bibliothèque.)
- M. le Directeur de la Société anonyme du journal Y Industrie moderne, à Bruxelles, demande l’échange de sa publication avec le Bulletin de la Société. [Bulletin.)
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- M. Pellin, successeur de M. Jules Duboscq. —- Historique et catalogue de tous les instruments d’optique appliqués aux sciences et à l’industrie, avec nombreuses figures dans le texte. (Bibliothèque.)
- M. le Président annonce la perte que la Société vient de faire en la personne de M. Legentil, membre du Comité consultatif des arts et manufactures, membre du Conseil de la Société d’encouragement (Comité du commerce) depuis l’année 1867. . >
- Il prie M. Lavollée de vouloir bien rédiger une notice qui sera insérée dans le Bulletin de la Société.
- Rapport. — Mire pliante. — M. le colonel Goulier fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur une mire pliante de M. H. Bentabol, ingénieur des mines, à Madrid.
- Après quelques considérations ayant pour but d’appeler l’attention des nive-leurs sur l’importance que présente, pour leurs opérations, un mode de graduation et de chiffraison rationnelles des mires qu’ils emploient, et sur les fautes graves et nombreuses auxquelles l’usage des mires usuelles les expose, M. le Rapporteur décrit la mire présentée par M. Bentabol. Il en signale les ingénieuses dispositions, en faisant des réserves sur certaines qui demandent la consécration de l’expérience, l’originalité des charnières imaginées par l’auteur pour sa mire, qui paraissent pouvoir recevoir des applications avantageuses dans des cas analogues. Ce qui distingue cet instrument des autres ayant la même destination, c’est sa décomposition en quatre morceaux, longs chacun d’un mètre et qui, pour les transports, peuvent être-superposés de telle sorte que la longueur de la mire soit réduite à 1 mètre.
- Le Comité propose de remercier M. Bentabol de sa présentation et d’ordonner l’impression dans le Bulletin de la Société du présent rapport, accompagné, dans le texte, des figures nécessaires pour son intelligence.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. —Emploi des explosif s dans les mines à grisou. — M. Mallard, inspecteur général des mines, fait une communication sur l’emploi des explosifs dans les mines à grisou. Après avoir fait connaître sommairement les travaux faits sur cet important sujet par les commissions du grisou en Angleterre et en Prusse, il expose les résultats obtenus par la commission des substances explosives.
- M. le Président remercie M. Mallard de son intéressante communication, et le prie d’en faire une rédaction qui sera insérée dans le Bulletin de la Société.
- Lit pour malade. — M. Chappe d’Auteroche fait une communication sur un lit pour malade qu’il appelle ægrophile. Le but qu’il s’est proposé est d’éviter au malade tout déplacement qui est le plus souvent la cause d’accidents très graves. Ce lit, qui ressemble beaucoup à un lit de sangles ordinaire, si ce n’est qu’il est muni de roulettes, se compose essentiellement de quatre parties, dont deux fixes, celles
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- de la tête et des pieds, et deux mobiles pour le reste du corps. Les parties mobiles permettent de changer les linges souillés sans que le malade fasse le moindre effort, et donnent accès au médecin qui, placé au milieu du lit, peut facilement examiner le malade, l’ausculter, l’opérer et faire les pansements nécessaires. Des pieds à dispositions particulières peuvent être adaptés au lit et permettent dJen élever ou abaisser les diverses parties.
- Ce système peut, au besoin, s’appliquer au service des ambulances; on le transforme en brancards provisoires en retirant les deux pièces mobiles qui peuvent être ensuite réintégrées pour former de nouveau le lit complet. Dès à présentée système de lit estvisibleà l’exposition de l’Union des Dames françaises, esplanade des Invalides.
- M. le Président remercie M. Chappe d’Auteroche de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts économiques.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Georges Chamerot, 19. rue (les Saints-Pères. — 24G7G.
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- 88e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- SEPTEMBRE 1889.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité des arts mécaniques,
- SUr la FOULEUSE A MOUVEMENT ALTERNATIF de MM. PlERRE ET AmÉDÉE Ba-
- rette, à Romilly-sur-Andelle [Eure).
- Messieurs,
- Les machines à fouler les étoffes peuvent être classées en deux groupes principaux : Lun — le plus ancien, — basé sur l’action successive de maillets, convient surtout au feutrage des tissus moelleux, des articles de bonneterie notamment; l’autre, caractérisé par l’emploi d’une ou de plusieurs paires de cylindres, avec ou sans joues latérales, s’applique aux lainages à grain plus ou moins serré.
- Avec le dernier système, l’étoffe, cousue par les deux bouts sous forme de chaîne sans fin, se trouve comprimée transversalement comme entre les rouleaux d’un laminoir; l’énergie de la pression est réglée soit par l’intermédiaire de ressorts, soit à l’aide de leviers à contrepoids, quelquefois par la combinaison des deux moyens. A la suite des cylindres, une sorte de tampon dit sabot s’oppose, dans une mesure également variable suivant besoin, à la sortie de l’étoffe et la foule sur la longueur.
- Fabriqué sur deux mètres de largeur environ, le produit est ainsi réduit aux dimensions d’une grosse corde; la présence d’une émulsion savonneuse favorise à la fois le glissement du tissu entre les cylindres et l’enchevêtrement ou feutrage des fibres.
- L’opération, toutefois, n’est pas exempte de difficultés; il est souvent impossible d’empêcher des plissements ineffaçables et, avec certains dessins Tome IV. — 88e année. 4e série. — Septembre 1889. 61
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- SEPTEMBRE 1889.
- à lignes parallèles ou à entrelacements rectangulaires tels que carreaux, losanges, etc., des déformations complètes. Le seul moyen préventif usité jusqu’ici consistait à découdre la pièce, lorsqu’elle avait cheminé pendant un certain temps dans un sens, puis à la recoudre bout pour bout, de façon à la faire repasser à travers la machine en sens contraire, à effacer ainsi les plis en voie de formation, à redresser les lignes droites du dessin au moment où elles devenaient sinueuses. Les frais de main-d’œuvre et l’impossibilité de répéter l’opération aussi souvent qu’il serait nécessaire, l’usure exagérée des bouts ou aboutements des pièces, l’arrêt intempestif du feutrage par le refroidissement du tissu constituent le triple inconvénient d’une semblable méthode.
- Deux foulonniers expérimentés, MM. Barette frères ont eu l’ingénieuse idée de substituer à l’inversion de l’étoffe le renversement du mouvement, de disposer les organes de la machine de manière à travailler alternativement d’avant en arrière ou d’arrière en avant.
- Le problème est assez complexe, car il faut tour à tour, suivant le sens de la marche, abaisser le sabot qui doit refouler l’étoffe à la sortie des cylindres et relever le sabot de Y entrée; rapprocher ou écarter des cylindres, les lunettes symétriquement placées sur les deux faces de l’appareil et destinées à guider le tissu, resserrer ou éloigner les conduits latéraux, enfin faire passer sur la poulie folle de l’arbre moteur tantôt une courroie droite, tantôt une courroie croisée.
- MM. Pierre et Amédée Barette ont disposé sur un même côté du bâti un ensemble de bielles, de leviers oscillants et de segments dentés dans des conditions telles que le foulonnier, en tournant une manivelle soit de droite à gauche, soit de gauche à droite, produit rapidement, simultanément et sans grand effort, les effets multiples qui viennent d’être énumérés.
- Les inventeurs ont, de plus, adapté aux fouleuses munies de leur appareil un compteur qui, après un nombre de tours déterminé, avertit l’ouvrier par une sonnerie qu’il est temps de renverser le sens de la marche.
- Enfin, comme dans la plupart des machines perfectionnées, la fouleuse s’arrête automatiquement lorsque l’étoffe, au lieu de traverser lalunette, s’emmêle et butte contre cette dernière. La machine brevetée, dont nous avons l’honneur de vous entretenir, est exposée au Champ-de-Mars dans le palais des Machines (classe 55) et permet de constater la facilité avec laquelle s’effectue l’alternance des mouvements inverses.
- Des certificats communiqués à notre Société par MM. Barette frères et
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- fournis par d’importantes fabriques de Normandie, il résulte que les articles, dont les dessins se déforment habituellement au foulage, conservent, au contraire, avec le système nouveau une complète uniformité. :
- En présence de semblables témoignages, le Comité des arts mécaniques vous propose, Messieurs, de remercier MM. Pierre et Amédée Barette de leur très intéressante communication et d’autoriser l’insertion, au Bulletin, du présent rapport, avec une planche de dessins et une légende explicative.
- Signé : Edouard Simon, rapporteur.
- Approuvé en séance le 12 juillet 1889.
- LÉGENDE DE LA PLANCHE 32 RELATIVE A LA FOULEUSE A MOUVEMENT ALTERNATIF, SYSTÈME PIERRE ET AMÉDÉE RARETTE, BREVETÉ S. G. D. G.
- Fig. 1. — Coupe de la machine en élévation.
- Fig. 2. — Coupe de la machine vue en bout. .
- Fig. 3.— Détails des transmissions de mouvement pour le changement de marche de l’étoffe. .•
- AA, Bâti de la fouleuse.
- B, Cylindre inférieur à gardes ou joues latérales.
- C, Cylindre supérieur. .
- D, D', Rouleaux conducteurs de l’étoffe.
- S,S', Sabots de dessus.
- S",S"', Sabots de dessous.
- EE', Conduits à écartement variable pour le foulage sur la lèse.
- FF', Conduits fixes pour l’entrée et la sortie de l’étoffe.
- P, Poulie fixe de commande recevant alternativement la courroie droite et la courroie croisée.
- P',P", Poulies folles.
- 1, 2, 3, 4, 5, 6, Roues dentées. , . : '
- /, Leviers de débrayage. v .
- M, Manivelle actionnant le mécanisme du changement de marcher :
- 7, 8, Pignons cônes transmettant le mouvement à l’arbre horizontal 9.
- 9, Arbre inférieur muni d’une vis sans fin.
- 10, Vis sans fin actionnant le pignon 11.
- 12, Roue dentée commandant les segments dentés 13 et 14.
- 13 et 14, Segments dentés actionnant : 1° les leviers et bielles 18, 16, 17 d’une
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- NÉCROLOGIE. --- SEPTEMBRE 1889.
- part, 18, 19, 20, de l’autre, pour faire lever et baisser alternativement les sabots de dessus; 2° les leviers oscillants 21 et 22 pour faire glisser de droite à gauche ou de gauche à droite la crémaillère courbe 23, solidaire des lunettes, que traverse l’étoffe ; 3° le levier oscillant 2i relié, à la partie supérieure, par deux bras dentés 25 et 26 avec deux pignons 27 et 28, montés sur les vis 29 et 30 (fîg. 2) des conduits EE'; 4° les leviers /, des fourchettes H,H' par l’intermédiaire d’un bossage ajusté sur la crémaillère courbe 23, vu en section et en bout (fîg. 2).
- NÉCROLOGIE
- NOTICE SUR M. F. LEGENTIL, PAR M. C. LAVOLLÉE, MEMBRE DU CONSEIL.
- M. A.-F. Legentil comptait parmi les plus anciens membres du Conseil, où il fut élu en 1866. Il portait un nom honoré dans la grande industrie. Il se consacra particulièrement aux industries textiles. Membre du comité consultatif des arts et manufactures, il fut appelé, en cette qualité, à préparer, en 1860, les bases du tarif applicable aux tissus de lin et de chanvre, à la suite du traité de commerce conclu avec l’Angleterre. Dans cette mission difficile, où tant d’intérêts contradictoires étaient en jeu, il rendit les plus grands services. Pendant plusieurs années, il remplit, au sein du Conseil, les fonctions de censeur, et le Comité de commerce, auquel il appartenait, appréciait hautement sa collaboration éclairée et dévouée. M. Legentil étudiait et signalait avec une parfaite compétence les progrès industriels : mais ce qui le préoccupait avant tout, c’était la recherche du progrès moral dans les ateliers, au moyen de l’apprentissage, de l’enseignement professionnel, du bon exemple donné par les patrons. Ce sentiment se manifeste au plus haut degré dans ses rapports insérés au Bulletin. Profondément religieux, il consacrait une large part de son temps à la direction d’œuvres pieuses et charitables. L’hommage dû à sa mémoire ne serait pas complet, s’il omettait ce trait particulier et éminent du caractère de notre regretté collègue, qui avait su se concilier, dans le Comité de commerce et dans le Conseil, la sympathie et le respect.
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- ASSOCIATIONS INDUSTRIELLES.
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- ASSOCIATIONS INDUSTRIELLES
- COMMUNICATION PAR M. HENRI MAMY, INGÉNIEUR, SUR LE DÉVELOPPEMENT, PRIS PAR l’aS-
- SOCIATION DES INDUSTRIELS DE FRANCE, POUR PRÉSERVER LES OUVRIERS DES ACCIDENTS
- DU TRAVAIL (1).
- Messieurs,
- L’Association des industriels de France pour préserver les ouvriers des accidents du travail n’est pas une œuvre nouvelle pour vous. Vous la connaissez déjà; vous avez assisté à ses débuts, alors qu’elle portait le nom plus modeste d’Association parisienne des Industriels, et, reconnaissant en elle une de ces manifestations de l’initiative privée, inspirée par le sentiment d’un devoir à remplir, par l’intérêt bien compris de l’industrie nationale, vous avez bien voulu, à son origine, lui tendre une main amicale, la soutenir de votre bienveillant appui, de votre intérêt sympathique, de votre concours. Nous en avons gardé, Messieurs, un reconnaissant souvenir et nous considérons comme un devoir, que nous sommes heureux de remplir, de vous tenir au courant des progrès de notre association, du développement qu’elle a pris, des efforts qu’elle a déployés, et des résultats qu’elle a obtenus. Nous y joignons peut-être un certain sentiment de fierté, heureux de vous montrer que votre intérêt ne s’est pas égaré à faux, et que nous avons su mériter l’appui si bienveillant que vous nous avez toujours accordé.
- Pour la clarté de mon exposé, vous me permettrez, Messieurs, de remonter un peu haut, et de reprendre très rapidement, dès son début, l’historique de notre Association. Cela vous permettra d’en suivre plus facilement le développement.
- L’Association parisienne des industriels, pour préserver les ouvriers des accidents du travail, a été créé au mois de décembre 1883, sous la présidence de M. Emile Muller, et sur le modèle de l’Association de Mulhouse créée en 1867 par M. Engel Dollfus.
- L’initiative de cette création revient à la Société de Protection des apprentis. C’est sous son inspiration que M. Chaix s’adressa à M. Muller pour lui demander son concours, et que le premier noyau de l’Association fut constitué.
- Cette Association avait et a toujours pour but de faire prendre dans les usines et ateliers de ses adhérents toutes les mesures de précaution qu’il est pratiquement possible de prendre, pour diminuer, autant qu’on le peut, le nombre des accidents du travail.
- Il est malheureusement impossible de les supprimer, mais on peut en éviter
- (I) Communication faite le 14 juin 1889.
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- ASSOCIATIONS INDUSTRIELLES.
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- une proportion que l’expérience de l’Association de Mulhouse et la nôtre permettent d’évaluer à 50 p. 100 environ.
- Nous n’avons pas encore en France de statistique complète des accidents du travail, mais si l’on se reporte à celle que M. de Bismarck a fait dresser en Allemagne, en 1881, pour servir de base à sa loi d’assurance contre les accidents, on y trouve des chiffres intéressants.
- Cette statistique, dressée pour 4 mois seulement (août à novembre) a porté 1 958 000 ouvriers et a relevé 29 574 accidents, dont 1 222 suivis de morts ou d’incapacité absolue de travail et 28 352 ayant occasionné une incapacité temporaire de travail plus ou moins longue. Si nous admettons la même proportion pour toute l’année, on aurait annuellement pour un chiffre rond de 2 millions d’ouvriers, 12 388 accidents, ce qui représente une proportion d’environ 47 pour 1000.
- Réduire au minimum possible ce chiffre considérable, tel est le but que s’était assigné l’Association parisienne des industriels dont l’action devait se limiter, à l’origine, aux départements de la Seine et de Seine-et-Oise.
- Mais, Messieurs, quels que fussent l’activité de ses ingénieurs et les bons résultats qu’elle obtenait, le fait même d’être localisée à une seule région devait restreindre considérablement l’influence de l’Association et l’importance au point de vue numérique des services rendus.
- Cette localisation, d’ailleurs, ne se justifiait pas. Ce n’est pas seulement en effet, dans la région parisienne, c’est dans toute la France que les industriels sont animés d’une sollicitude attentive pour leurs ouvriers, qu’ils sont disposés à prouver qu’ils peuvent et veulent prendre d’eux-mêmes toutes les mesures de sécurité et de protection du travail qu’il est nécessaire de prendre.
- Il en résultait naturellement que la nouvelle association ne devait pas se renfermer dans le cadre étroit d’une région, mais bien au contraire étendre son action à toute la France. Son extension s’imposait au point de vue de l’intérêt général pour faire profiter de son action protectrice un très grand nombre d’ouvriers et d’industriels, pour exercer partout enfin sa légitime et salutaire influence.
- On l’a bientôt compris, Messieurs, et un énergique mouvement d’appel s’est produit dans les départements. La Société industrielle du nord de la France, sur l’initiative de son éminent président, M. Ferdinand Mathias, a sollicité l’Association parisienne d’abandonner son caractère local et de créer à Lille un groupe adhérent pour la région du Nord. Les sociétés industrielles de Reims et de Saint-Quentin ont suivi rapidement l’exemple de la Société industrielle du nord de la France. En présence de ces sollicitations, qu’elle a été heureuse d’accueillir, l’Association parisienne a dû se transformer dans un but d’intérêt général, et devenir ce qu’elle est aujourd’hui, l’Association des industriels de France contre les accidents du travail.
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- Le mouvement d’extension que vous venez de voir se dessiner devant vous ne s’est pas arrêté.
- La Société industrielle de l’Est nous a fait appel également, et un groupe adhérent a été créé à Nancy. Sur la demande de la Société scientifique industrielle de Marseille, nous avons également créé le groupe de Marseille; le groupe de Lyon est en bonne voie d’organisation, et un autre groupe va sans doute se former prochainement dans la région des Vosges. Tel est, Messieurs, le point où nous en sommes arrivés.
- Aujourd’hui, l’Association des industriels de France comprend près de 800 membres. Elle exerce son action protectrice dans 15 départements et surplus de 80 000 ouvriers.
- Nous sommes heureux, Messieurs, de vous faire connaître ces résultats; ils justifient le bienveillant intérêt que vous nous avez toujours témoigné, et nous avons l’espoir que, dans un avenir peu éloigné, nous pourrons vous annoncer un développement plus considérable encore.
- Nous avons la conviction que ce grave problème des accidents du travail peut être résolu par l’action de l’initiative privée, et nous en poursuivrons énergiquement la solution.
- (H. M.)
- Le succès de l’Association Parisienne, depuis devenue Association Française pour prévenir les accidents, est l’indice le plus heureux et le plus significatif de l’intérêt toujours plus vif que toutes les classes d’industries portent à la sécurité de leurs ouvriers.
- Cet intérêt n’est pas nouveau ; dans l’ancienne organisation industrielle, c’était le patron qui, participant journellement à la vie de ses ouvriers, s’occupait aussi, jour par jour, de leur bien-être et de leur sécurité ; dans bien des établissements cette préoccupation a survécu à l’ancienne forme de gérance, et les directeurs nommés par les sociétés anonymes ou autres qui prenaient la suite des propriétaires antérieurs ont tenu à honneur de rester fidèles aux traditions de leurs devanciers. Ainsi on a vu les directeurs des grands établissements, comme le Creusot, Commentry, Chauny et Saint-Gobain, édicter des règlements très complets pour prévenir les accidents et exercer par eux-mêmes un contrôle sévère pour en assurer l’exécution.
- Tandis que, par ses lois sur les établissements insalubres, sur les chaudières à vapeur, sur le travail des enfants, etc., le gouvernement s’occupait surtout de la sécurité générale, les fonctionnaires chargés d’appliquer ces lois ont étendu, de plus en plus, avec l’appui d’ailleurs du Conseil d’Etat, leur action en faveur des ouvriers. Si la France n’a pas d’inspection spéciale pour prévenir les accidents dans les fabriques, néanmoins dans les départements où l’inspection des établis-
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- sements classés et du travail des enfants a pu être solidement établie, on est en droit d’affirmer qu’il a été fait beaucoup pour la sécurité générale des ouvriers ; et, on peut bien le dire à l’honneur de la plupart des industriels, cette intervention des inspecteurs a été le plus souvent bien accueillie. Qu’il nous suffise de rappeler ce que sont actuellement les établissements autrefois si insalubres et si dangereux de fabrication de blanc de céruse ou d’explosifs, et dont plusieurs sont maintenant des modèles sous tous les rapports.
- Nous ne parlerons pas des mines où les ingénieurs de l’État sont toujours assurés de trouver chez les exploitants le concours le plus actif et le plus désintéressé dès qu’il s’agit d’essayer de nouveaux moyens d’assurer la sécurité des travailleurs.
- Les associations des propriétaires d’appareils à vapeur qui, au nombre de dix, couvrent toute la France de leur surveillance, ont pour principal but d’assurer la sécurité des ouvriers ; elles trouvent des adhérents dans toutes les classes d’industriels et surtout parmi les plus modestes, qui comprennent leur incompétence pour exercer eux-mêmes cette surveillance d’une manière suffisamment effective.
- L’emploi de l’électricité, qui supprime certains éléments de danger, en introduit d’autres dans les ateliers. Aussitôt ces mêmes associations sont invitées par leurs adhérents à étendre leur action et à exercer leur contrôle sur tous les appareils électriques.
- Quand la Société industrielle de Mulhouse eut donné l’exemple de créer une association pour prévenir les accidents de fabrique, elle fut bientôt imitée par celle de Rouen qui, dès 1879, sous la direction de MM. de Cœne et Poan de Sapincourt, jn’éa une organisation qui a rapidement rayonné sur toute la Normandie et étend aujourd’hui sa protection à des établissements occupant 35 000 ouvriers. Chaque année, dans le Bulletin de l’association industrielle, M. de Sa-pincourt présente, avec nombreux dessins à l’appui, les dispositifs les plus remarquables connus en vue de prévenir les accidents, et en recommande l’adoption.
- La Société industrielle de la Somme a, elle aussi, créé à Amiens une association pour prévenir les accidents.
- La préoccupation d’assurer la sécurité des ouvriers est donc ancienne; mais elle s’est affirmée dans ces dernières années avec une nouvelle intensité et sous les formes les plus diverses.
- L’Association française pour prévenir les accidents, avec ses nombreuses branches de création récente ou en voie de constitution, dont M. Mamy expose l’admirable développement et les grands services dans le travail qui précède, l’Association de Rouen, celle d’Amiens, celle de Mulhouse, la doyenne et la maîtresse de toutes, dont l’action s’étend encore, en France, sur les Vosges et le Haut-Rhin, sont venues depuis quelques années combiner leurs efforts aux associations des propriétaires d’appareils à vapeurs ; et, nous l’avons vu, les inspections
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- des établissements classés, du travail des enfants, les commissions des logements insalubres, agissent toutes dans le même sens, et, en concertant leur action, pourraient, sans modification dans la législation existante, jouer un rôle des plus importants à ce point de vue. '
- Les résultats obtenus doivent faire désirer vivement que toutes ces institutions continuent à se développer et que les nombreuses sociétés industrielles qui n’ont pas encore tourné leur attention de ce côté comprennent l’importance de la question et s’en préoccupent, soit en créant des associations nouvelles, soit, ce qui semble préférable, en se rattachant aux associations existantes et en profitant de leur expérience.
- (Note de la rédaction.)
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- NOTE SUR LE DÉVELOPPEMENT DE L AGRICULTURE EN NOUVELLE-CALÉDONIE.
- Le Comité consultatif de l’Exposition permanente des colonies a entendu, dans une de ses dernières séances, la lecture d’un rapport ayant trait à des essais de cultures en Nouvelle-Calédonie.
- La publication d’une analyse de ce document nous paraît présenter l’avantage de faire connaître les ressources que la Nouvelle-Calédonie pourra offrir à l’agriculture dans un avenir prochain.
- Au début de son entreprise de colonisation, radmiiiistration pénitentiaire se préoccupa de rechercher les cultures sur lesquelles pourrait s’appuyer l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.
- Canne à sucre. — Elle fut entraînée par le courant de l’opinion vers la culture de la canne à sucre. C’était l’époque où le Rorèr ravageait les plantations de nos anciennes colonies; on pensa que les pays neufs pouvaient être appelés à les remplacer dans la production du sucre.
- Quelques habitants de la Réunion, qui s’étaient établis en Nouvelle-Calédonie, avaient préconisé cette culture, en se fondant sur la ressemblance du climat entre les deux colonies. Cet espoir fut déçu : les frais de défrichement et de constructions, la difficulté des communications, un outillage insuffisant et démodé, enfin les ravages périodiques des sauterelles causèrent la ruine de l’industrie sucrière.
- L’administration pénitentiaire a conservé à la colonie deux de ces usines : celles de Rourail et de Koé. Actuellement leurs produits suffisent, et au delà, à la consommation des rationnaires. La culture de la canne, à laquelle participent les concessionnaires de Bourail, s’étend sur plus de 200 hectares, qui ont produit l’année dernière environ 200 tonnes de sucre et 300 000 litres de rhum.
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- Elevage du bétail. — La superficie de la Nouvelle-Calédonie est de 2102 195 hectares, dont une assez grande partie, un quart environ, naturellement couverte d’herbe, est susceptible d’être utilisée, presque sans frais, comme pâturage. Aussi, les colons libres se sont-ils presque exclusivement adonnés à l’élevage du bétail. Son extension a été si rapide que, depuis dix ans, la colonie a cessé d’être tributaire de l’Australie, et qu’actuellement, la production de la viande dépasse les besoins de la consommation locale. Son prix, qui s’élevait à 1 fr. 85 quand elle venait d’Australie, est descendu à 0 fr. 75 au détail et 0 fr. 40 le kilogramme sur pied.
- La colonie possède aujourd’hui près de cent mille bêtes à cornes, 1 800 chevaux, 10 000 moutons, autant de chèvres et de porcs.
- Maïs, haricots. — L’agriculture est loin d’être aussi développée. Elle est confinée, ou à peu près, dans les centres de colonisation pénale, où elle est réduite à la production de quelques plantes alimentaires, telles que le maïs et les haricots, dont le grain peut être consommé à Tétât sec et entier, c’est-à-dire sans nécessiter des transformations que le manque d’usines rend impossibles.
- Le maïs, employé spécialement pour la nourriture des animaux, se vend de 7 à 15 francs les 100 kilogrammes, suivant l’abondance des récoltes. Le produit d’un hectare varie de 2 500 à 4 000 kilogrammes.
- Les haricots, dont le succès est beaucoup plus précaire, donnent, en moyenne, une tonne à l’hectare. Ils se vendent de 0 fr. 20 à 0 fr. 40 le kilogramme.
- L’une des causes qui accentuent ces écarts, c’est que, faute d’étuves, ces grains se piquent et s’avarient promptement.
- Il existe, çà et là, quelques plantations de caféiers dont le produit est de première qualité. Malheureusement, surtout en plein air, le caféier ne vit que peu d’années, et les situations favorables à cette culture sont rares.
- Ce contingent de récoltes est assurément insuffisant pour assurer la prospérité de la Nouvelle-Calédonie, et c’est pour l’enrichir que l’administration pénitentiaire a entrepris des essais de cultures nouvelles visant un double résultat :
- 1° Affranchir la colonie du tribut qu’elle paye au dehors pour les denrées de première nécessité, comme elle est déjà parvenue à le faire pour la viande de boucherie ;
- 2° Créer pour l’exportation des produits d’une valeur assez élevée, par unité de poids ou de volume, pour compenser le surcroît de frais résultant de la distance et de la difficulté des communications.
- Les importations les plus considérables sont celles de la farine et du vin, On peut estimer la quantité nécessaire à la Nouvelle-Calédonie, tant pour la population que pour les services de l’État, à 3 500 tonnes de farine et à 25 000 hectolitres de vin.
- Le cours de la farine venant d’Australie est, en moyenne, dans la colonie, de
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- 400 francs la tonne pour la lre qualité, dont la consommation s’élève à 2 000 tonnes
- environ, soit. ..............................................Fr. 800.000
- L’administration pénitentiaire consomme environ 1 300 tonnes de
- farine de 2e qualité, à 32 francs, soit.......................... 400.000
- en nombre rond.
- Le vin se vend 90 francs l’hectolitre, le commerce en importe
- environ 20000, soit.............................................. 1.800.000
- Pour les besoins de l’État, cette denrée coûte environ 50 francs l’hectolitre, soit pour 6 000 hectolitres à 50 francs. . . . . . . 300.000
- Total. .................Fr. 3.300.000
- Un tribut aussi considérable, prélevé sur la colonie, est une cause permanente d’affaiblissement; la crise aiguë dont elle souffre peut être attribuée en grande partie à cette cause; elle cessera le jour où la Nouvelle-Calédonie produira elle-même les denrées nécessaires à sa consommation.
- Blé. —L’essai de la culture du blé fut commencé en 1881 avec des échantillons gracieusement fournis par la maison Vilmorin-Andrieux; le succès ne fut pas complet. On constata alors que les graines ou plantes tirées d’Australie donnaient de meilleurs résultats, et des semences furent demandées à Adélaïde, qui est la colonie anglaise la plus renommée pour l’abondance et la qualité de ses céréales. Elles furent choisies par les soins de l’agent consulaire de France, agronome distingué, parmi les variétés les plus rustiques et pénétrant le plus avant dans la région chaude et sèche.
- Des essais furent effectués, avec ces semences, à la presqu’île Ducos, à Koé, à Fomvary et à Bourail; leur résultat dépassa toute attente; sur tous ces établissements pénitentiaires le blé et l’orge réussirent également.
- L’expérience a été d’autant plus concluante que la saison a été généralement peu favorable et que le maïs et les haricots ont manqué sur plusieurs points.
- Le sol des terrains sur lesquels furent tentés ces essais est de nature schisteuse : l’analyse a indiqué la composition suivante :
- Argile. ................................................ . 56,7
- Sable.............................................. 34,3
- Chaux et magnésie........................................ . 1
- Matières organiques.................................. . . . 8
- 100
- Son inclinaison a atteint parfois 30°, l’altitude n’a pas dépassé 40 mètres; il y a eu des champs à toutes les expositions.
- Les ensemencements ont commencé le 9 juin et se sont continués de quinzaine eti quinzaine jusqu’en août. Ils ont été faits en lignes, par piquets, et à la volée. Toutes les phases de la végétation se sont accomplies avec régularité etrapi-
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- dité. Le blé semé du 9 au 15 juin a été récolté du 25 au 30 octobre : celui qui avait été semé le 15 juillet était mûr avant la fin de novembre.
- Le rendement a été fort satisfaisant; à Bourail, le blé à paille rouge semé le 15 juillet a donné 3 000 kilogrammes de grains, soit 38 hectolitres par hectare. Le blé, dit d’Afrique, semé en juin, 2 600 kilogrammes, soit 32 hectolitres.
- Une variété d’orge, dite du Cap, a rendu jusqu’à 3100 kilogrammes de grains par hectare.
- Des spécimens de ces céréales ont été envoyés en Australie, où leur qualité a été classée « bonne moyenne » comparativement aux blés d’Adélaïde. Aussitôt, des industriels se sont offerts à établir un moulin assez puissant pour suffire à la consommation de la colonie, si l’administration voulait encourager la culture du blé et consentir à traiter pour la fourniture de la farine.
- D’autres échantillons de la même récolte ont été adressés au département par l’Administration pénitentiaire. Soumis, parle conservateur de l’exposition permanente des colonies, à l’examen de l'Institut national agronomique, pour en déterminer la qualité au point de vue agricole, et à la Chambre syndicale des Halles centrales, ils ont été, des deux parts, reconnus de bonne qualité.
- Dans sa lettre, M. le directeur de l’Institut agronomique s’exprime en ces termes :
- « J’estime que les blés et les orges sont de bonne qualité. Les expériences entreprises nous semblent, à tous égards, fort dignes d’être poursuivies et encouragées. Elles démontrent déjà que la Nouvelle-Calédonie possède des terrains et le climat favorables à l’obtention des rendements élevés dans la culture du froment et de l’orge. Ces essais permettent d’espérer que, dans peu de temps, la colonie sera à même de récolter, sur son propre territoire, le blé nécessaire à l’alimentation de ses habitants et qu’elle ne sera plus obligée de faire venir, à grands frais, d’Australie, des cargaisons de farine. »
- L’analyse a révélé une teneur de gluten, dépassant 12 p. 100. Pour premier essai, on avait fabriqué 120 pains qui ont été distribués à Nouméa; si leur apparence laissait à désirer, le goût en était irréprochable.
- Le sac de farine d’Australie, de 90 kilogrammes, se paye, en moyenne, dans la colonie, 40 francs : à raison de 60 kilogrammes de farine par hectolitre, la valeur brute de ce dernier ressort à 30 francs. On peut évaluer, d’autre part, les frais de culture d’un hectare à 200 francs. En réduisant le produit à 20 hectolitres et le prix à 20 francs, le bénéfice par hectare s’élève donc à 200 francs.
- On peut employer à la culture du blé non seulement les 5 000 hectares de terres d’alluvion que contiennent les territoires colonisés de la Foa à Bourail, mais aussi les terres sédimentaires de deuxième qualité, encore incultes, que contient cette même région. La culture des céréales pourrait donc s’étendre immédiatement sur plus de 10 000 hectares, superficie à coup sûr trop considé-
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- rable, puisqu’il suffirait de 2 000 hectares pour alimenter la consommation actuelle de la colonie.
- On ne saurait donc trop insister sur Futilité qu e présente la culture du blé, étant donnée la situation économique de la Nouvelle-Calédonie :
- 1° Elle s’affranchit du tribut qu’elle paye à l’Australie, question d’autant plus importante que rien n’est préparé pour le cas où une complication quelconque viendrait entraver les communications ou fermer les ports de l’Australie ;
- 2° L’impôt que paye, de ce chef, le cultivateur néo-calédonien est d’autant plus lourd qu’il supporte seul les frais du transport de la farine, d’une part, et, de l’autre, des produits qu’il doit livrer en échange à l’exportation. Dans l’état actuel des moyens de communication, cet impôt ne s’élève pas à moins de 150 francs par tonne de farine, ce qui représente la consommation annuelle d’une famille de cinq personnes. C’est un bénéfice assuré que procurerait la culture du blé, sans accroître le prix du pain.
- Enfin, le succès de cette culture est pour la colonie une condition essentielle de prospérité. En effet, une population rurale doit vivre directement de ses récoltes, et, dans ce cas, il faut que les colons tirent du sol les denrées nécessaires à leur alimentation. Toute autre solution est précaire et de peu d’avenir.
- A la suite du blé, il faut placer le manioc : on en tire de la fécule et du tapioca. Plusieurs variétés non toxiques sont bien acclimatées dans la Nouvelle-Calédonie. La fécule peut être mélangée avec la farine du blé avec d’autant moins d’inconvénient que le grain récolté dans la colonie est plus riche en gluten.
- Il y aurait une économie notable à remplacer au moins le riz, dans la ration des indigènes et des condamnés, par une sorte de biscuit, composé avec la pulpe de manioc râpé, pressé et séché, dont le prix de revient serait d’autant plus minime qu’à dix-huit mois le manioc produit jusqu’à 250 tonnes par hectare ; les concessionnaires céderaient la tonne à moins de 10 francs.
- En le faisant entrer dans la ration à raison d’un kilogramme, et en admettant que le biscuit représente 25 p. 100 du poids du tubercule, sa valeur ne dépasserait pas 0 fr. 05, non compris les frais de fabrication. C’est une économie que paraît pouvoir réaliser l’Administration.
- ' Vignes. — La culture de la vigne fut entreprise dès 1879 ; mais les premiers essais furent contrariés par les intempéries. L’Administration ayant reçu d’Adélaïde, en 1881, un certain nombre de boutures appartenant à des cépages variés, on put reprendre ces essais.
- Le point essentiel était d’obtenir des grappes dont tous les grains fussent également mûrs : on put y parvenir en déterminant l’époque à laquelle la taille devait être faite. L’époque favorable pour la Nouvelle-Calédonie est le mois d’août et la maturité régulière arrive de janvier à février.
- Un fait à noter : c’est que les plants venus d’Australie se montrent plus fer-
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- tiles que ceux qui sont originaires d'Europe, quoique appartenant aux mêmes variétés, plantés, dans les mêmes conditions et soumis au même traitement.
- Voici la liste des principales variétés mises à l’essai :
- Vignes françaises.
- Mourvèdre ; — Poulsart;— Sirah; — Grenache; — Frontiguan; — Doradille ; — Fran-kenthal ; — Pineau (diverses variétés); — Chasselas (diverses variétés); — Muscat (diverses variétés) ; — Malvoisie; — Roussane; — Ulliade ; — Peloursin noir; — Blanquette rose.
- Vignes étrangères.
- Temprano ; — Grand Turc ; — Isabelia ; — Pedro Ximenès ; — Wortley-Hall ; — Malor negro ; — Sultana; — Wantagé; — Early; — Corinthe de Zanthe.
- Vignes da Kashmir.
- Opiman; — Kawaury; — Katchebourie.
- L’administration pénitentiaire a fait l’année dernière, à titre d’échantillon, quelques litres de vin rouge avec des grappes de mourvèdre cueillies un peu avant maturité. Ce vin est peut-être un peu vert, mais il a bon goût. La fermentation s’est parfaitement comportée, malgré l’élévation de la température, et la couleur est très belle. Un échantillon de ce vin a été analysé à l’Exposition permanente des colonies.
- En voici le résultat :
- Densité, 0,995 à 16° centigrades ;
- Alcool, 10 p. 100 ;
- Extrait sec, 28 grammes 5 par litre ;
- Sulfate de potasse, moins de 0,50 par litre.
- Cette expérience prouve qu’en choisissant un degré de maturité convenable, on produira sans aucun doute un vin de consommation courante très satisfaisant.
- 6 000 pieds de vigne ont été plantés à Koé.
- Les frais de culture d’un hectare pourraient s’élever à 500 francs environ et le produit atteindre 100 hectolitres de vin.
- La Nouvelle-Calédonie possède 300 000 hectares sur lesquels la vigne peut être cultivée avec chance de succès.
- Légumes. — En dehors de ces plantes alimentaires dont la culture est appelée à devenir une source de prospérité pour la colonie, quelques essais ont été tentés pour la production des légumes. De janvier à mai, elle est interrompue et le marché de Nouméa est alimenté par des envois d’Australie. Il est à souhaiter que ces essais soient continués de manière à affranchir également notre colonie de l’étranger.
- Fruits. — La plupart des arbres à fruits des pays chauds et tempérés paraissent susceptibles d’être acclimatés à la Nouvelle-Calédonie. Les premières expériences ont déjà donné quelques résultats. Si les cerisiers, les poiriers et les pruniers
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- n’ont pas réussi au premier essai, les figuiers ont produit dès la première année, puis plus tard, quelques variétés de pommiers, et surtout le cognassier, qui servira de porte-greffe.
- Voici la liste des principales espèces ou variétés réunies à Koé :
- Espèces acclimatées.
- Oranges (diverses variétés); — Citrons; — Mandarines; — Pommes cannelles, anones; — Corossol, anones; — Cœur-de-bœuf, anones; — Jaquier; — Litchio; — Mangues (diverses variétés); — Cerise du Brésil (Eugenia); — Coings; — Pêches (de semis); — Sapotille; — Arbre à pain; — Châtaigne d’Australie; — Bibasse ou nèlle du Japon; — Dattes; — Goyaves; — Evi; — Avocat; — Passiflores (diverses espèces).
- Espèces en cours d'acclimatation.
- Abricots; — Amandes; — Poires; — Cerises; — Prunes; — Figues; — Prune du Japon; — Abricot des Antilles; — Framboise; — Pêches (greffées); — Prune Monbin; — Cherimoye (anone); —Noix et noisette; — Prune cafre; — Pomme kaki.
- Sériciculture. — Jusqu’à présent, il n’a été parlé que des produits destinés à l’alimentation de la colonie ; mais il en est d’autres qui se recommandent au point de vue de l’exportation : en première ligne viennent ceux de la sériciculture.
- La température moyenne de la Nouvelle-Calédonie correspond, à une très faible différence près, à celle des pays dont les vers à soie sont originaires. De plus, sous le rapport géologique, le sol néo-calédonien, incomplet pour beaucoup de cultures, parce qu’il manque de chaux, convient précisément au mûrier, qui se plaît peu dans les terres calcaires.
- En quelques années, différentes variétés de mûriers ont été réunies, savoir :
- Mûriers d’Europe :
- Mûrier blanc Cédron, mûrier à feuilles de rose, mûrier de l’Etna, mûrier multicaule.
- Mûrier noir(V. Prolific), Australie.
- Mûriers de l’Inde :
- Mûrier blanc du Pendjaub, mûrier indien, variété Changa Manga.
- Mûrier de Vilati.
- Ces diverses espèces, à l’exception du mûrier multicaule, n’existent qu’à l’état d’échantillons. Quant au mûrier multicaule, il avait été introduit par les Pères Maristes depuis un certain nombre d’années. Sa merveilleuse végétation, sa rusticité, sa vigueur le désignaient pour un premier essai ; plus de 4 000 pieds ont été plantés.
- Des graines de vers à soie furent envoyées par les directeurs des stations séricicoles d’Aubenas, de Montpellier et de Cavaillon ; leur éclosion prématurée ne permit pas de les utiliser. L’année suivante, on tira des graines du Japon, mais l’éducation fut faite dans de mauvaises conditions. Ces essais se continuèrent en 1885 et 1886. En 1887, avec ces mêmes graines à leur quatrième génération, on
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- put conduire une petite éducation d’une manière à peu près normale, et dans un local assez convenable.
- De ces divers essais, il s’est dégagé ce fait que les vers à soie se comportent parfaitement, même dans les plus mauvaises conditions, que leur éducation n’exige aucune précaution particulière et qu'on peut la renouveler plusieurs fois sans inconvénient, même pendant les plus grandes chaleurs. En 1886, des éducations successives ont été faites avec un égal succès pendantprès de dix mois. Cependant les époques les plus favorables sont les mois de septembre, octobre, novembre et décembre. Les mûriers perdent leurs feuilles en juillet, ils doivent être taillés en août; les bourgeons naissent dans les premiers jours de septembre.
- Pour déterminer la qualité de la soie obtenue en 1887, des échantillons de cocons et de soie filée ont été communiqués par l’Exposition permanente des colonies au Conservatoire des Arts et Métiers, ainsi qu’aux deux Chambres de commerce de Paris et de Lyon. Il résulte de leur examen que les cocons paraissent de bonne qualité et que, si la soie est irrégulière, cela tient à ce que le dévidage a été fait par des personnes inexpérimentées et avec un outillage tout à fait rudimentaire. Malgré cela, elle rappelle les grèges de Canton et offre une apparence meilleure en ce qu’elle a moins de duvet et de bouchons. Les Chambres de commerce de Paris et de Lyon ont déclaré qu’il y avait lieu d’encourager sérieusement les tentatives d’introduction de la sériciculture en Nouvelle-Calédonie, où cette industrie paraissait appelée à un grand avenir, surtout si l’on substituait à celles du Japon des graines de races françaises dont le rendement est supérieur et la qualité meilleure.
- Ce jugement porté sur des cocons et de la soie filée obtenus par des moyens aussi imparfaits que ceux indiqués plus haut, ne peut que confirmer dans la pensée que l’œuvre entreprise est d’un très grand intérêt. Il importe donc que l’administration pénitentiaire en poursuive le développement, non seulement parmi la population pénale, mais encore chez les colons libres. Etant donné l’éloignement de la Nouvelle-Calédonie et la difficulté des communications avec la métropole, on ne peut qu’insister sur l’importance que pourrait acquérir, si elle réussissait, une industrie dont les produits, peu encombrants et d’une grande valeur, peuvent être expédiés par les paquebots des messageries maritimes, qui font un service mensuel entre la France et Nouméa. Ce serait, d’une part, ouvrir à l’agriculture de la colonie un débouché important et, de l’autre, affranchir, au moins partiellement, les fabriques de soieries de la métropole du tribut qu’elles payent à l’étranger pour leurs matières premières.
- Essences aromatiques diverses. — Enfin, on pourrait associer le mûrier à d’autres plantes, en choisissant parmi celles qui s’accommoderaient de son voisinage, et auxquelles même il pourrait être utile. On cite notamment :
- 1° La vanille, à laquelle l’écorce du mûrier peut fournir un bon soutien,
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- puisque l’épiderme est toujours lisse et vivant. La vanille pousse vigoureusement en Nouvelle-Calédonie quand elle est placée à une exposition assez chaude.
- 2° Le caféier, qui ne prospère dans la colonie qu’à l’abri d’un couvert léger, et pour lequel le mûrier conviendrait d’autant mieux qu’il perd ses feuilles à la même époque que le bois noir si estimé pour cet usage. Outre les plantations dont il a été parlé plus haut, la Nouvelle-Calédonie possède actuellement 300 000 caféiers plantés sous forêt.
- 3° La vigne. On sait qu’en Italie la vigne est associée au mûrier. Il en est de même en France, dans les bassins du Rhône et de l’Ain.
- Quelques essais ont été tentés pour l’acclimatation du poivrier, du giroflier, du muscadier, du cacaoyer et du cannellier. Pour ce dernier seul, l’essai a réussi, mais jusqu’à présent il n’a pas été exploité.
- Distillation. — Expériences industrielles. — On a fait sur l’établissement pénitentiaire de Koé quelques expériences industrielles, notamment en matière de distillation. On a cherché à tirer du vin et de l’alcool de l’ananas, qui vient très bien en Nouvelle-Calédonie. Ces essais n’ont pas été heureux; le vin constituait un cidre passable, et l’eau-de-vie n’avait aucune qualité particulièrement recommandable. Cet alcool n’est pas préférable à celui de la canne, et le produit par hectare est bien inférieur.
- Le tamarinier, au contraire, a fourni une excellente eau-de-vie, en procédant de la manière suivante : les fruits cueillis un peu avant maturité ont été broyés en présence de l’eau et le tout mis à fermenter : 13k,500 de fruits ont donné 8 litres d’eau-de-vie à 55°, d’une bonne qualité. Un fait tout exceptionnel, c’est l’absence des huiles essentielles qui polluent presque tous les alcools de fruits ou de graines au-dessous d’un certain degré. L’instrument employé était un simple alambic d’essai réduit à une cucurbite et un serpentin. Le fruit de cet arbre est d’autant plus intéressant que, outre l’alcool, on peut en extraire une certaine quantité d’acide tartrique ; il est employé également aux usages pharmaceutiques et culinaires.
- Corderie, tissage. —En outre, la colonie possède l’agave (.Fourcroya Gigantea) dont l’introduction remonte à plusieurs années et qui vient à souhait sur les coteaux les plus secs. Sa fibre a été employée par les deux corderies d’essai installées, l’une à Bourail, et l’autre à la presqu’île Ducos. L’Exposition permanente des colonies a reçu des échantillons de cordes de diverses grosseurs, qui paraissent de bonne qualité. Il ne serait peut-être même pas impossible de fabriquer avec les textiles du pays la plus grande partie des étoffes dont l’Administration a besoin.
- Jusqu’ici les essais de ramie n’ont pas réussi, le sol compact et sec de la colonie paraît peu lui convenir. Cependant dé nouvelles expériences se poursuivent avec des graines envoyées de la métropole.
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- Le lin, au contraire, a donné de bons résultats, ce qui est très satisfaisant, attendu que la colonie importe une assez grande quantité d’huile de lin. La Chambre syndicale des Halles centrales, à laquelle un échantillon des graines provenant de ces essais a été soumis, a émis l’avis que la culture du lin pouvait y être appelée à certain avenir. Elle s’est exprimée avec éloges sur la qualité de la graine, et en a fixé le prix à 23 ou 24 francs les 100 kilogrammes. Elle recommande l’emploi de semences venant de Bombay ou de Sicile.
- On a essayé récemment deux variétés de coton, le coton prolifique et le coton de Bolivie. La première variété s’est développée rapidement et s’est couverte, au bout de quelques mois, d’un nombre considérable de capsules; mais les graines se sont atrophiées, et le coton est demeuré feutré autour d’elles.
- Cet effet, dû, sans doute, au jeune âge de la plante, est appelé à disparaître avec le temps et une plus complète alimentation. Quoi qu’il eu soit, pour que le coton puisse entrer dans la pratique, il faut une main-d’œuvre abondante et à bas prix.
- Huiles. — Jusqu’ici la Nouvelle-Calédonie est tributaire de l’étranger pour l’huile qu’elle consomme, sauf pour la petite quantité d’huile de coco qu’elle produit.
- Le ricin croît spontanément dans la colonie dans des conditions de rusticité apparentes, comme l’ortie en France, mais illusoires en réalité. Un examen plus attentif permet de reconnaître que cette plante ne se développe que là où elle trouve réunies la fraîcheur et la fertilité. Cultivée, elle a l’inconvénient d’acquérir des dimensions supérieures à la taille de l’homme*ce qui rend la récolte difficile et coûteuse. Les graines mûrissent successivement, ce qui oblige à de fréquentes visites; enfin, lorsqu’une petite pluie ou une rosée abondante vient dilater les capsules aux approches delà maturité, celles-ci éclatent bruyamment aux premiers rayons du soleil et projettent les graines en tous sens, ce qui occasionne une perte sensible.
- En résumé, la Nouvelle-Calédonie pourra produire non seulement le blé et le vin, comme elle fournit déjà la viande nécessaire à sa consommation, mais encore elle est en mesure de se créer, par l’industrie séricicole, un élément d’exportation qui viendra s’ajouter à ceux qu’elle extrait de ses riches gisements miniers.
- Ce sont là des sources de richesses importantes qu’il convient de développer. Il appartient aux colons de prendre l’initiative et à l’administration d’encourager sérieusement une entreprise de laquelle dépend l’avenir de notre colonie orientale.
- (.Le Génie civil.)
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- EXPÉRIENCES SUR LES BECS ET LES LAMPES A GAZ, PAR M. LAMANSKI.
- Les différents appareils d’éclairage de l'Exposition d’éclairage et de l’industrie du naplite à Saint-Pétersbourg, en 1888, ont été soumis à des expériences très complètes par une commission d’inspection spéciale. Ces appareils ont été divisés pour cela en quatre types : 1° les becs fendus, 2° les lampes d’Argant, 3° les becs incandescents, 4° les becs régénérateurs.
- Afin de déterminer plus exactement l'effet lumineux d’un bec à gaz, c’est-à-dire de trouver les meilleures conditions de sa combustion, il faut mesurer sa puissance lumineuse pour différentes dépenses de gaz ; c’est là le problème que la méthode d’expérimentation était appelée à résoudre.
- On avait installé pour ces expériences une chambre photométrique dans laquelle étaient disposés tous les appareils indispensables, tels que : le photomètre de Bunsen, un réservoir à gaz d’une contenance de 600 litres, deux mesureurs de gaz, des régulateurs, des lampes normales d’Argant, des appareils pour mesurer le poids spécifique des gaz, etc.
- Les expériences avaient lieu le soir après l’allumage du gaz en ville ; on remplissait le réservoir sous la pression de 13 millimètres, qui était celle de la conduite de l’usine. Ce réservoir permettait de régler Técoulement du gaz dans les appareils sous une pression donnée et d’en calculer la dépense. On mesurait d’abord la dépense des becs pendant 3 minutes pour les petits et 15 minutes pour les grands ; puis on mesurait leur puissance lumineuse au moyen du photomètre de Bunsen en la comparant à celle du bec normal d’Elster.
- On mesurait chaque soir la puissance lumineuse du gaz dans le bec normal d’Elster pour une dépense de 150 litres à l’heure ; et le poids spécifique au moyen de l’appareil de Bunsen modifié par Schelling pour les expériences techniques.
- La puissance lumineuse du gaz employé a varié pendant les expériences entre 14,5 et 14,75 bougies de spermaceti, pour une hauteur de flamme de 45 millimètres, son poids spécifique étant de 0,37 à 0,45 à 15°.
- La mesure photométrique de la lumière s’opérait seulement horizontalement pour les trois premiers types d’appareils, et suivant différents angles pour le quatrième. On faisait habituellement trois observations photométriques pour chaque cas et on prenait la moyenne.
- Les résultats de ces expériences ont été consignés dans des tables où la dépense de gaz est donnée en litres et en pieds cubes, de manière qu’on puisse les comparer avec celles faites à l’étranger. De plus, afin que l’on puisse faire
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- cette comparaison à Paris, à Londres et à Berlin, on a donné les puissances de lumière du gaz de Saint-Pétersbourg en faisant les expériences sur les lampes normales d’Argant employées dans ces trois capitales, celle de Bengel, de Sugg et d’Elster.
- 1° Becs fendus. — Les becs expérimentés sont ceux appelés becs à tète creuse formés d’un tube cylindrique et d’une tête demi-sphérique de dimensions variables.
- Les conditions de la combustion du gaz dans les appareils d’éclairage ont été le mieux définis jusqu’à ce jour par les travaux d’Audoin et Bérard; ces savants ont démontré que l’on obtient la plus forte lumière pour une même dépense de gaz (de 100 litres par heure), avec une largeur de fente de 0mm,7. Cette largeur est surtout applicable au gaz de Paris.
- La largeur de la flamme dépend de celle de la fente et pour un gaz riche en hydrocarbures il faut des fentes très étroites : ainsi, pour le gaz d’huiles lourdes de naphte, il ne faut pas plus de un demi-millimètre de fente. Quant au diamètre de la tête du bec, il doit être en proportion avec la dépense de gaz.
- Audouin et Bérard ont démontré que l’on obtient la plus grande quantité de lumière avec de faibles pressions, c’est-à-dire avec un écoulement lent. Pour les becs fendus, la pression la plus avantageuse est de 2 à 3 millimètres.
- Les expériences ont démontré que le bec Brays n° 1 donnait la plus grande puissance lumineuse, savoir : une dépense de 121W,6 à l’heure pour l’intensité d’une bougie. Des expériences faites avec le gaz de Berlin avaient donné pour ce bec une dépense de 9 litres seulement pour la même puissance. C’est donc le bec le plus économique de ce type.
- Ce minimum de 12nt,6 a été pris pour type de comparaison entre les becs fendus et les autres types, comme représentant la dépense de ce premier type. Nous verrons par la suite que cette dépense est un maximum pour les appareils à gaz en général ; en un mot, que le type à bec fendu est le moins économique. Ceci s’explique parce que, dans tous les becs à flamme découverte, une partie de la chaleur est perdue à échauffer l’air ambiant, tandis que, dans les autres appareils, l’air employé à la combustion s’échauffe d’abord au contact des parties métalliques et du verre. Cet échauffement de l’air est obtenu principalement dans les appareils régénérateurs qui donnent par là un résultat supérieur.
- 2° Lampes d’Argant. — Les conditions de la combustion dans ces lampes ont été le mieux exposées par Audouin et Bérard dans leurs expériences sur la lampe normale de Bengel; ce sont les suivantes :
- 1° Le diamètre du bec le plus avantageux, sans cône, est de 6 à 8 millimètres; l’emploi du cône oblige à augmenter ce diamètre de 1 millimètre à lmm,5.
- Le nombre d’orifices de la couronne du bec le plus avantageux est de 30. La meilleure hauteur du verre est de 200 millimètres. L’emploi d’un cône diminue
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- l’intensité de 5 p. 100, mais rend la lumière plus fixe. La puissance maximum de lumière correspond à la faible pression de 2 à 3 millimètres pour le gaz.
- Le bec normal anglais de ce type est celui de Sugg; il n’a qu’un cône au lieu d’une couronne et le gaz y arrive par trois tubes.
- Le bec normal de ce type en Allemagne est celui d’Elster; il est disposé pour faire varier à volonté l’arrivée de l’air.
- Les travaux d’Audouin et Bérard ont démontré que les meilleures conditions de combustion exigeaient en moyenne 61U,5 d’air pour 1 litre de gaz, et que la lampe normale de Bengel donnait la plus forte lumière pour un rapport de 4,5 à 1 sans cône, et avec cône, de 3,5 à 1.
- En outre des trois becs d’Argant normaux cités précédemment, il en a été expérimenté dix autres que nous allons examiner, en mettant de côté tout d’abord ceux sans disque de Flourcheim et de Girtzel à verre cylindrique. Le nombre d’ouvertures de gaz dans ces becs varie de 30 à 40 ; leur plus grande diversité consiste dans la forme du godet à courant d’air, mais ces différences influent peu, sur la dépense de gaz à l’heure par force de bougie ; la présence même d’un disque dans la flamme a peu d’influence également.
- Le bec exposé par Bengel diffère peu de son bec normal ; la plus grande différence consiste dans le disque interposé et dans le renflement du verre.
- Presque tous les becs à disque présentent ce renflement, sauf le bec de précision de Siemens et le bec de Rotsiper qui ont un verre cylindrique, et qu’il convient de considérer à part, comme servant de transition avec les becs régénérateurs.
- En comparant les résultats des expériences, depuis les becs Flourcheim jusqu’au bec Galy, nous voyons que la dépense de gaz à l’heure et par bougie, varie de 9 à 15 litres, d’où nous concluons que 9 litres est la dépense minimum pour ce type, et ce chiffre nous servira à le comparer aux autres types.
- Le bec de précision de Siemens, représenté en demi-grandeur (fig. 1), consiste en une chambre ou réservoir à gaz cc, et deux cylindres dd et ee pour les courants d’air extérieur et intérieur. Toutes ces parties sont en laiton et fixées sur une platine «, formée de trois cercles concentriques réunis par des bandes minces bb. Le gaz se rend dans la chambre par le tube / dont la partie supérieure
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- est munie de la platine mince g, qui sert à faire entrer le gaz horizontalement dans le réservoir d’où il sort par les petits tubes en laiton. Le diamètre de ces tubes est de lmm,5; ils sont coiffés d’une couronne h, percés de trous de lmm,5 de diamètre. Cette lampe se distingue par une flamme cylindrique bien uniforme et bien stable; elle consomme 9 litres de gaz par bougie, et elle peut servir d’unité pour les expériences photométriques.
- Le bec de Rotsiper, représenté fig. 2, se distingue du type Argant en ce qu’il possède, en outre du tube cylindrique, un globe en verre. L’air extérieur y arrive, ainsi qu’il est indiqué par les flèches, entre le tube et le globe où il s’échauffe avant d’arriver à la flamme; cet échaufîement réduit notablement la dépense de gaz qui n’est plus que de 7m,o à l’heure et par bougie.
- 3° Becs incandescents. — On a fait beaucoup d’essais de production de lumière au moyen d’un corps solide porté à l’incandescence par la flamme d’un gaz d’éclairage, mais ces essais n’ont pas réussi parce que ces corps n’étaient pas portés à une température assez élevée pour donner une lumière brillante.
- En outre, toutes les lampes établies d’après ce système sont moins commodes que celles décrites précédemment et l’on ne peut espérer qu’elles deviennent d’un usage général. Il est utile de remarquer que ce système aurait pu présenter une utilité spéciale si l’on avait employé un gaz d’un faible pouvoir lumineux, mais cela ne peut être réalisé, à part quelques rares exceptions, parce que les compagnies sont tenues de fournir le Fig. 2. gaz d’une puissance éclairante définie.
- Bec de gaz Rotsiper. . .., .. -. . ,. .
- Il y avait a 1 exposition deux becs a incandescence ; 1 un avec un cône en fils de platine, de Selon et Lewes, de Londres; l’autre, de Auër von Welsbach, de Vienne.
- Le premier bec de Selon et Lewes est une lampe Bunsen ordinaire de laboratoire, à verre cylindrique pour le réchauffage; sa lumière est rougeâtre, peu agréable à l’œil, et d’après les expériences elle ne présente, sous le rapport de la dépense de gaz, aucun avantage sur les lampes d’Argant; car elle dépense 10ut,4 de gaz par heure et par bougie.
- Le bec d’Auër von Welsbach mérite une attention particulière en raison des résultats qu’il semble pouvoir donner. En réalité, la lumière de cette lampe se distingue beaucoup de celle des lampes ordinaires à gaz; son éclat se rapproche beaucoup de celui des lampes électriques à incandescence; c’est pourquoi cette invention avait été présentée comme le commencement d'une ère nouvelle pour l’éclairage devant faire concurrence à la‘lumière électrique; mais malheureusement, ces espérances ne se sont pas réalisées. La lampe d’Auër, malgré les dépenses considérables et tous les efforts qu’elle a occasionnés en Europe et en
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- Amérique, n’a pas trouvé d’applications jusqu’ici, uniquement en raison de sa complication et des difficultés de son entretien. On comprendra que cette lampe n’est pas pratique en étudiant sa disposition ainsi que le mode de préparation de la substance incandescente avant l’allumage de la lampe.
- Cette lampe est formée de trois parties (fig. 3) : 1° le bec Bunsen m; 2° le godet f qui reçoit le verre e et la tige &, portant le corps incandescent G; et 3° le corps incandescent.
- Le corps incandescent G est formé d’un tissu de coton imbibé de sels de cérium, d’yttrium, de didyme et de lan-tane, qui est fixé sur la tige a par un fil de platine; pour le fixer, on enlève le godet et on le retourne sur une table; ensuite on arrange avec précaution le tissu G pour lui donner la forme cylindrique, en ayant soin de ne pas le salir, on allume son extrémité d et on active sa combustion en soufflant doucement de haut en bas, jusqu’à la production de la flamme qui s’étend peu à peu le long du tube. Après l’achèvement de la combustion du tissu, il reste un squelette de cendre, conservant la forme cylindrique, mais notablement réduit.
- Ensuite on enlève la tige a, on retourne le godet et on le visse sur la lampe, puis on replace la tige a sur le godet en ayant soin que le tube incandescent corresponde bien au centre de la lampe; l’uniformité de l’incandescence et de la lumière dépendent de ce centrage. On ouvre alors le robinet de gaz que l’on allume en d, et enfin, l’on place le verre e.
- On obtient la plus forte lumière en levant ou baissant plus ou moins la tige a au moyen d’une vis h.
- Cette lampe produit la plus forte lumière pendant les premiers jours de son emploi, et en faisant varier la posi- Bec de s™ à incandescence
- d 1 > 1 < de Auër von Wclsbach.
- tion du tube incandescent, on peut reproduire la même puissance d’éclairage et l’utiliser ainsi pendant plusieurs mois. Lorsqu’elle n’est pas allumée, il faut l’envelopper de papier pour éviter la poussière.
- On voit par cette description que cette lampe n’est pas pratique et qu’elle exige trop d’entretien pour être répandue.
- La mesure de la puissance lumineuse de cette lampe varie beaucoup d’après les expérimentateurs: ainsi, d’après Gempel de Dresde, elle dépenserait 51H,3 de gaz par heure et par bougie, et Geim de Hanovre a trouvé 6m,6 avec le même gaz. Avec le gaz de Saint-Pétersbourg, nous avons trouvé 9ut,7 ; mais, en dépenserait-elle encore moins, elle ne serait pas employée parce qu’elle exige de trop minutieuses manipulations.
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- 4° Becs régénérateurs. — En 4879, Siemens prenait un brevet en Allemagne pour une lampe à gaz à bec régénérateur. Dans cette lampe, les produits de la combustion du gaz étaient utilisés pour échauffer le gaz et l’air arrivant à la flamme. Les lampes établies d’après ce principe consomment notablement moins de gaz que les autres appareils brûleurs.
- La première lampe à bec régénérateur exploitée par Siemens et qui s’était beaucoup répandue pendant les six premières années, avait une flamme de la forme ordinaire, c’est-à-dire brûlant de bas en haut; mais dans le même brevet, Siemens avait mentionné deux autres formes de flamme, l’une brûlant de haut en bas et l’autre plate et horizontale. Cependant ces deux formes n’avaient pas été exploitées par Siemens, jusqu’au moment où, en Angleterre, Bover et plus particulièrement Yenghem construisirent des lampes à bec régénérateur à flamme renversée, qui, en peu de temps, se répandirent beaucoup. C’est alors que Siemens établit sa lampe régénératrice à flamme renversée, laquelle, ainsi que nous le verrons plus loin, surpasse quelque peu celle des autres fabricants.
- Mais avant de passer à la description des lampes expérimentées, nous allons exposer la méthode employée pour mesurer la puissance lumineuse des becs à flamme renversée.
- Pour mesurer les intensités de la lumière des fortes sources lumineuses comme l’arc voltaïque, les becs régénérateurs, il ne suffit pas de prendre ces mesures dans une direction horizontale ; comme ces sources ont une intensité de lumière différente selon les différentes directions des rayons lumineux, il importe de mesurer une même intensité de lumière sous des angles différents.
- On emploie ordinairement pour ces expériences un miroir courbe tournant autour de son centre de figure ; ce miroir réfléchit ainsi les faisceaux de lumière qu’il reçoit sous différents angles et les renvoie horizontalement sur l’écran du photomètre. Cette méthode a été employée fréquemment à mesurer la lumière de l’arc voltaïque; elle a permis de déterminer exactement la courbe de répartition de la lumière, ce qui indique si elle émane d’un courant continu ou alternatif.
- Des expériences sur la répartition de la lumière des becs régénérateurs à flammes renversées ont été faites par le professeur Forster à Londres, au moyen du miroir courbe; il opérait sur la lampe Yenghem. Il a démontré que la courbe de répartition de la lumière variait selon que la lampe était munie ou non d'un réflecteur, et que la puissance maxima de lumière correspondait à des angles d’incidence de 45 à 90 degrés. Dans ces expériences, il est indispensable de déterminer le coefficient d’absorption du miroir afin d’opérer les rectifications en con* séquence.
- En 4854, Dibdin, de Londres, introduisit une modification au photomètre de Bunsen afin d’expérimenter les mêmes lampes ; cette modification consistait à incliner l’écran du photomètre de manière que les faisceaux de lumière tombant
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- sur chaque face de l’écran fussent inclinés sous le même angle. Par cette manière d’opérer, les influences de l’angle d’incidence, de l’absorption et de la réflexion des rayons lumineux des deux côtés de l’écran sont les mêmes, de sorte que la comparaison des intensités de deux sources de lumière se réduisent à l’application de la loi du carré des distances. C’est ce que l’on a appelé le photomètre radial de Dibdin.
- Ce photomètre (fig. 4) est composé de deux règles verticales dont l’une, qui porte la lampe à essayer, est fixée sur la règle horizontale base de l’instrument et dont l’autre peut glisser sur cette base. Ces deux règles verticales sont reliées entre elles par une troisième règle ; les extrémités de cette dernière peuvent tourner autour d’un axe, qui est lui-même mobile verticalement, dans deux rainures faites dans les deux règles verticales. Les extrémités de cette troisième règle peuvent être fixées dans les rainures à la hauteur voulue; à chacune de ces extrémités se trouve fixé un cercle divisé qui monte ou descend avec la règle. Le cercle placé sur la règle verticale fixe est divisé en degrés entiers ; le second cercle placé sur la règle verticale mobile est divisé en demi-degrés, mais les chiffres marquent des degrés pleins, de manière qu’un même chiffre de degré sur le second cercle correspond à la moitié de l’angle du premier.
- Sur le premier cercle, les divisions indiquent l’inclinaison de la règle de liaison avec l’horizontale, c’est-à-dire l’angle des rayons de lumière projetés sur l’écran avec l’horizontale. L’écran est placé sur l’axe du second cercle, et il tourne avec les divisions.
- Lorsque l’on veut prendre une mesure photométrique, on fait tourner l’écran au moyen d’une aiguille pour le placer sur le même chiffre de division qui est lu sur le premier cercle. Par conséquent, l’angle de l’écran avec la règle de liaison est la moitié de l’angle que forme celle-ci avec l’horizontale. Les rayons projetés sur l’écran d’un côté par la lampe à essayer, et de l’autre par la lampe étalon, qui se meut le long d’une tige horizontale fixée à la règle verticale mobile, se Tome IV. — 88e année. 4e série. — Septembre 1889. 64
- Fig. 4. — Photomètre de Dibdin.
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- rencontrent sous un même angle avec l’écran. La longueur de la règle de liaison est invariable, et par conséquent la distance de la lampe essayée à l’écran restant la même, la mesure de l’intensité de la lumière, tombant sur l’écran sous différents angles, sera la distance de la lampe étalon à l’écran; c’est pourquoi la tige horizontale portant cette dernière présente des divisions qui donnent le 'nombre de bougies.
- Elster a perfectionné le photomètre radial de Dibdin en faisant quelques modifications au photomètre ordinaire de Bunsen. Ces changements, ainsi qu’on le voit sur la figure 5, consistent en ce que la boîte qui contient l’écran est mobile autour d’un axe horizontal passant par le milieu de la tache d’huile de l’écran et peut prendre l’inclinaison voulue tout en se déplaçant sur une ligne
- horizontale. Les angles lus sur un arc de cercle sont moitié des angles que font entre eux les rayons de lumière de la lampe essayée et de la lampe étalon; mais ces angles sont indiqués en valeur absolue sur la ligne horizontale de l’écran : ainsi, pour une inclinaison de 30 degrés de l’écran, la division porte 60 de-
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- — Photomètre cTElster.
- Ce photomètre, appelé photomètre d’angle d’Elster, est plus simple que celui de Dibdin; il porte deux échelles horizontales et est accompagné d’une table servant à effectuer les calculs.
- La lampe à essayer est fixée à une hauteur déterminée au-dessus de l’échelle . du photomètre ; sa distance verticale à la ligne horizontale passant par le centre de l’écran est égale à 1,518 qui est la moitié de la longueur du photomètre. Toutes les valeurs portées sur la table de calculs se rapportent à cette distance. La lampe étalon n’est pas fixée sur sa tige, mais elle est mobile par rapport à l’écran. Sa distance à l’écran indiquée par le chiffre 1 de l’échelle de la tige est égale à 366 millimètres.
- Afin de mesurer l’intensité d’une lumière avec ce photomètre, sous l’angle de 45 degrés, par exemple, on place la boîte de l’écran, de manière que l’aiguille marque 45 degrés sur le cercle ; on regarde sur la table à calcul le chiffre correspondant de l’échelle du photomètre où doit être placé l’écran, c’est le chiffre 12. On place le photomètre sur cette division, puis on fait varier la position de la lampe étalon le long de son échelle jusqu’à ce que la tache de l’écran disparaisse : on lit le chiffre correspondant de cette échelle et on le multiplie par le facteur qui répond dans la table à la position du photomètre, ce facteur est
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- égal à 24. Supposons que le chiffre de l’échelle de la lampe étalon soit 1,27, l’intensité de lumière de la lampe étalon étant 0,88 par exemple : en multipliant entre eux ces trois quantités : 24x1,27x0,88, nous avons le produit 26,8 bougies qui représente l’intensité de la lumière de la lampe essayée en bougies de spermaceti sous l’angle de 4o degrés.
- Passons à la description des becs régénérateurs à lampe renversée connus sous les noms de lampes Benghem, Sugg (Cromartie), Siemens et Boutcke. Toutes ces lampes ont des dispositions très analogues. Dans celles de Benghem et de Sugg, la flamme est dirigée de l’intérieur à l’extérieur et dans celles de Siemens et de Boutcke la direction est inverse.
- La figure 6 représente la lampe de Benghem et la figure 7 celle de Sugg. Les mêmes lettres représentent dans les deux figures les parties correspondantes ; le gaz arrive de la conduite dans le tube R par le robinet, de là il monte à la partie supérieure du régénérateurs, puis redescend par le tube central qui l’amène au bec B. Les produits de la combustion qui échauffent le régénérateur sortent par le tube S.
- L’air, en passant autour de l’espace échauffé par la combustion, entre dans la lampe, ainsi que l’indiquent les flèches courbes. La flamme, dirigée du centre à la circonférence, brûle dans un espace fermé par le globe en verre C.
- Les lampes de Siemens (fig, 8) et
- de Boutcke (fîg.9) se ressemblent aussi beaucoup. Dans celle de Siemens, le régénérateur consiste en une enveloppe annulaire de gaz autour de laquelle sont disposés cylindriquement de petits tubes en laiton à becs dirigés vers le bas; à l’intérieur de l’anneau formé par ces tubes est placé le cylindre g en terre réfractaire, au-dessus duquel se trouve le cylindre en fonte K, qui sert à augmenter la chaleur du régénérateur. L’air vient de l’extérieur dans une enveloppe en tôle et descend autour du régénérateur pour arriver à la lampe; sa direction est indiquée par des flèches courbes. Le gaz sortant des becs radiaux passe dans le cylindre en terre réfractaire, et forme une flamme allant de la circonférence au centre. Les produits de la combustion suivant la direction des flèches pointillées montent par le tube S.
- Fig. 6.
- Lampe de Benghem.
- Lampe de Sugg.
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- Dans la lampe de Boutcke, les tubes radiaux sont renplacés par une fente circulaire de l’enveloppe annulaire de gaz. L’emploi du cylindre en terre réfractaire dans ces deux lampes produit une lumière beaucoup plus blanche que dans les lampes de Benghem et de Sugg.
- Toutes ces lampes nécessitent un échautfement préalable du régénérateur : c’est pourquoi elles 11e brûlent d’une manière normale que quelques instants après l’allumage.
- Dans ces diverses lampes à becs régénérateurs le gaz et l’air s’échauffent forte-
- Fig. 8. — Lampe de Siemens.
- Fig. 9. — Lampe de Boutcke.
- ’e
- Fig. 10. — Lampe Siemens àrégénérateur et à flamme plate.
- ment, ce qui peut influer sur la composition du gaz et sur son pouvoir éclairant. Siemens a évité cet inconvénient dans son régénérateur à flamme plate : c’est pourquoi cet appareil diffère des autres, non seulement par sa construction, mais par son principe. Dans cette lampe représentée figure 11, le gaz n’est pas échauffé préalablement, mais il brûle dans un air réchauffé.
- Cet appareil est formé des pièces suivantes : 1° un bec fendu ordinaire «, 2° un régénérateur b, 3° un réflecteur c en tôle peinte en blanc, 4° un dispositif d’allumage, 5° un chapeau en verre, 6° un tube d, pour l’échappement des produits de la combustion.
- Le gaz arrive par le tube g au dispositif d’allumage h qui consiste en un
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- petit bec qui donne une flamme longue et mince; cette flamme sert à échauffer préalablement le régénérateur, ce qui dure dix à quinze minutes. Alors on ouvre le robinet/etle bec fendu a s’allume.
- La flamme plate s’étale sous les différentes ouvertures du réflecteur.
- Les produits de la combustion sortent par une fente en forme d’arc, passent près du régénérateur b et montent par le tube d\ leur direction est indiquée par des flèches à pennes.
- . L’air extérieur entre par une ouverture dans une enveloppe en tôle; il s’échauffe le long des parois du régénérateur b et arrive à la flamme en traversant de petits trous ménagés dans le réflecteur c. Sa direction est indiquée par des flèches.
- La qualité qui distingue cette lampe est de réunir tous les avantages des becs régénérateurs sur une petite flamme : aussi on reconnaît, en examinant la table qui donne les résultats des expériences, que c’est le seul des becs régénérateurs qui donne pour une faible dépense de gaz une économie relativement aussi grande. Nous l’avons essayée avec deux largeurs de becs différents. Chaque lampe a été expérimentée pendant l’espace d’un quart d’heure à une demi-heure, en mesurant l’intensité de la lumière sous des angles de 75, 60, 45 et 30 degrés et pour différents débits de gaz. La moyenne de ces quatre mesures est le pouvoir éclairant porté au tableau des expériences.
- La lampe étalon que l’on a employée était celle d’Elster à courant d’air variable ; elle donne une lumière beaucoup plus blanche que les lampes d’Argant ordinaires, en réglant le courant d’air. L’emploi de cette même lampe est indispensable pour obtenir une teinte uniforme de la tache de l’écran, car la lumière des becs régénérateurs se distinguant par sa blancheur, on n’aurait pu obtenir une teinte uniforme avec les autres lampes d’Argant.
- Le pouvoir éclairant de la lampe d’Elster qui a servi d’étalon a été comparé à la lumière d’une bougie de spermaceti, en prenant 45 millimètres de longueur de flamme.
- En examinant les tableaux des expériences faites sur les becs régénérateurs, ' on voit que la lampe de Siemens à flamme plate est la seule des lampes à régénérateur à petit débit qui, pour une dépense relativement faible de 183ut,3 à l’heure, ait une puissance de 40,1 bougies, c’est-à-dire de 4ut,6 de gaz par bougie.
- La plus grande économie de gaz est réalisée dans les grandes lampes à régénérateur de Siemens, Benghem, Sugg (Cromartie) dépensant respectivement par heure et par force de bougie 4m,2, 4ut,5, 4üt,8; alors que les petits modèles de même construction dépensent 81U,2 et 8ut,6. Cette différence s’explique par la perte de chaleur due au rayonnement qui est relativement plus grande dans les petits modèles.
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- En comparant les pouvoirs éclairants d’une même lampe pour différentes dépenses de gaz, on voit d’après les tableaux des expériences que tous les appareils régénérateurs deviennent relativement plus avantageux et plus économiques pour une forte dépense de gaz, c’est-à-dire lorsqu’ils brûlent à flamme pleine, mais il faut pour cela que la pression du gaz soit suffisante et que les compagnies soient obligées par contrat à fournir une pression minimum de 16 à 20 millimètres à l’extrémité de leur réseau.
- On peut conclure comme règle générale pour tous les appareils régénérateurs que l’intensité de leur lumière croît plus vite que la dépense de gaz; ainsi l’on voit qu’avec la lampe Siemens à flamme plate, pour une variation de dépense de 114ut,6 à 187ut,8,la puissance éclairante varie de 10,8 à 36,1 bougies; de même pour le grand régénérateur Siemens J. n° 11 : pour une variation de débit de 930ut,6 à 12J6ut,2, la puissance éclairante varie de 161,7 à 288,4 bougies.
- En comparant entre eux les grands régénérateurs des différents fabricants, on voit que pour les différents débits il y a peu de différence sous le rapport de l’économie produite, c’est-à-dire qu’ils sont tous également économiques. La plus petite dépense de gaz à l’heure par bougie est de4m,2 : c’est le chiffre qui nous servira de point de comparaison avec les précédents systèmes de lampes.
- On a vu que pour les becs fendus le minimum de dépense par heure et par bougie était de 12m,6; avec les lampes d’Argant de 9 litres et enfin avec les régénérateurs de 4Ut,2. D’où il suit que ces derniers sont trois fois plus économiques que les becs fendus et presque deux fois plus que les lampes d’Argant.
- Les résultats de nos expériences concordent du reste sensiblement avec les expériences déjà faites sur les mêmes lampes par l’académicien Wild et le Dr Cool-son à Saint-Pétersbourg en 1887 et dont les résultats sont consignés dans le bulletin de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.
- (Zapiski. )
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Culture de l’indigo en Chine, par M. Janes.— D’après la dernière communication de M. Janes, consul américain à Tchin-Kiang, la culture de l’indigo est une partie indispensable de la récolte de chaque cultivateur de cette province ; chaque famille a besoin de la couleur fournie par l’indigo pour teindre les étoffes de coton avec lesquelles elle se vêt. Le reste de sa consommation est expédié dans les marchés pour être vendu et exporté.
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- L’indigo est une plante à cosses qui se cultive très facilement ; elle se propage par rejets et est très peu attaquée ou détruite par les insectes. Le terrain pour les semailles est préparé à la charrue ou à la herse et après l’avoir ameubli avec soin on le fume avec du jus de fumier, engrais employé par tous les Chinois pour tou tes les plantes qu’ils cultivent.
- De même que pour le riz, on sème l’indigo dans des terrains spéciaux et le plus serré possible. Un mois après les semailles, lorsque les plantes ont atteint quelques centimètres, on les repique par rangées pour les espacer d’environ 50 centimètres l’une de l’autre.
- Depuis ce moment jusqu’à leur récolte, elles réclament peu de soins, à moins que par le manque de pluie on ne soit obligé de les arroser; lorsqu’elles atteignent la taille d’environ 60 centimètres et que leurs feuilles prennent une teinte foncées, on coupe les plantes jusqu’à la racine et on les récolte pour préparer la couleur. Après l’enlèvement des tiges, les racines donnent des rejets, de manière que l’on fait deux récoltes par an.
- Dans chaque ferme, on possède une douzaine, et plus, de cuves en terre de la contenance de 160 litres environ dans lesquelles on prépare la couleur. Les familles plus aisées, et s’adonnant à cette industrie sur une plus grande échelle, construisent des réservoirs en briques enfouis en terre qui ont lm,8 à 2m,40. de profondeur sur 3 mètres à 4m,50 de diamètre et d’une contenance de 40 à50 mètres cubes.
- Les plantes sont empilées dans ces réservoirs et recouvertes d’eau pure ; on les y laisse quelques jours, jusqu’à ce que la fermentation qui se produit menace de décomposer l’indican, produit spécial contenu dans le suc des plantes.
- On peut hâter l’opération en ajoutant une petite quantité de chaux éteinte et en agitant la masse fréquemment; à la fin de l’opération, l’indigo se trouve déposé dans le fond en une couche bleue épaisse qu’il reste à sécher pour le rendre marchand.
- La qualité de l’indigo se juge à sa couleur plus ou moins intense.
- (Scientific américain.)
- Fabrication du papier au Japon, par M. Martens. — On savait depuis longtemps qu’au Japon et en Chine onfabriquait d’excellent papier, dont la qualité était notablement supérieure même au papier d’Europe. Dernièrement le consul allemand à Gioko-Osaka a envoyé au ministre du commerce et de l’industrie d’Allemagne toute une collection d’échantillons de papier provenant de différentes fabriques de koki au Japon. Il a joint à ces papiers les dessins des plantes qui servent à les préparer. Ces échantillons furent envoyés à l’Institut de Hanovre, où le professeur Miller fit des expériences sur leurs qualités et obtint les résultats consignés sur le tableau ci-joint.
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- En examinant ce tableau, on est frappé de la résistance extraordinaire du papier japonais qui atteint 10,8 kilomètres de longueur de rupture avec une densité moyenne et une épaisseur relativement faibles.
- Nous rappellerons ici que l’on entend par longueur de rupture la longueur d’une bande de papier suspendue verticalement et enroulée à son extrémité inférieure, lorsqu’elle se rompt sous son propre poids, et que les papiers européens qui ont fait le sujet d’expériences très étudiées à l’Institut de Charlotten-bourg, ont une longueur de rupture qui varie de 1 à 6 kilomètres au maximum, avec des densités moyennes et des épaisseurs bien supérieures à celles du papier japonais.
- H PS Q Pi O h ê NOMS UES PAPIERS. COMPOSITION de la PATE A PAPIER. POIDS DE CENDRE. POIDS DU MÈTRE CARRÉ. LONGUEUR DE RUPTURE. EXTENSIBILITÉ. si oi P H < Pi p 2L s p H PROPORTION d’eau.
- p. 100 gr. kil. p. 100 degrés. p. 100
- I Gampi. ...... Gampi. .... 1,2 12,6 7,2 2,9 13,5 65
- 2 Kodsu . Kodsu 2,3 22,1 4,25 3,9 13,5 65
- 3 Mitsu-Mata Mitsumata. . . 1,4 18,4 4,08 2,8 13,3 66
- 4 Kopigami Gampi.. . . 2,4 8,18 7,05 2,15 14,0 57
- 5 Ussuyossi 2/3 gampi. . . 1/3 mitsumata. 1 ,5 10,0 7,12 2,2 14,2 57
- 6 j \ Usa nedzumi. . . . Progami. . . . . . Hiro Suki 0,8 gampi. . . 0,2 soie. . . . 4,3 23,1 7,78 3,2 13,5 00
- 7 Murasaki 1 Srogami Kodsu 1,9 7,8.1 8,18 2,6 13,3 58
- 8 Atsu Hinkirigami. . Gampi 1,8 37,8 10,8 3,3 13,5 53
- 9 Usu Hankirigami. . Gampi 1,8 23,9 10,7 3,1 13,5 55
- 10 Fu Hiyoshi Gampi 2,2 84,9 10,5 4,35 17,5 54
- La substance principale qui sert à faire le papier au Japon est la fibre de trois plantes qui sont : 1° la wickstromia canescens; 2° l’edgeworthia papyrifera; 3° la broussonnetia papyrifera ; lesquelles portent au Japon les noms de gampi, mitsu-mata (dsuiko) et kodsu. Ces trois plantes sont cultivées sur une grande échelle en Chine et au Japon. Les essais d’acclimatation de ces trois plantes en Europe, qui ont été faits à Francfort-sur-le-Mein, n’ont pas été jusqu’ici couronnés de succès.
- La tille de ces plantes est formée de filaments très longs et très flexibles qui constituent la résistance extraordinaire du papier japonais. Yus au microscope, ces filaments présentent les caractères suivants :
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- 1° Wickstromia canescem (gampi). — L’iode colore les filaments du gampi en jaune. Le conduit intérieur de chaque fibre est assez étroit, il s’élargit parfois jusqu’à la moitié de l’épaisseur totale de la fibre, qui est striée en long sur une certaine longueur comme la fibre du chanvre. La surface extérieure est couverte de pores et les extrémités sont arrondies. Sous l’action d’une solution ammoniacale d’oxyde de cuivre, la fibre se gonfle et prend une forme en chapelet. Son épaisseur maximum varie entre 7 et 20 g (1 g = 0,001mm).
- 2° jEdgeworthia papyrifera (mitsumata ou dsuïko). — L’iode colore aussi les filaments du mitsumata en jaune. La fibre est très tendre et recouverte d’une mince tunique, les extrémités en sont légèrement arrondies; un de ses principaux caractères est de se ramifier parfois. Sous l’action de la dissolution ammoniacale de l’oxyde de cuivre, elle se gonfle aussi, mais elle ne présente pas aussi distinctement que le gampi la forme en chapelet, son épaisseur maximum varie entre 7 et 24 p..
- 3° Broussonetia papyrifera [kodsu). — L’iode colore les filaments du kodsu en couleur cannelle intense. La tunique de la fibre est quelquefois striée en long; la fibre est renflée par places et présente beaucoup de pores ; les extrémités en sont arrondies. L’action de la solution ammoniacale d’oxyde de cuivre n’est pas aussi énergique que sur le gampi et le mitsumata, le renflement se produit lentement et irrégulièrement, son épaisseur varie entre 14 et 31 p-.
- Presque tout le papier au Japon est fabriqué à bras d’homme, ce qui se reconnaît à ce que la fibre prise dans le papier présente, sans trace d’avaries, le même aspect que dans la tige de la plante. La confection du papier à la main est si répandue au Japon que presque chaque famille est pourvue du matériel nécessaire à ce travail. Comme l’industrie du papier au Japon s’est transmise de génération en génération par la tradition, les manipulateurs de la pâte sont arrivés à une perfection que les nôtres ne sauraient atteindre.
- Tous les procédés de cette industrie sont extrêmement simples : on enlève l’écorce de ces plantes, puis on la met tremper pendant quelques jours afin de séparer la partie extérieure qui est de couleur cannelle de la partie intérieure incolore qui fournit les filaments du papier; ensuite on lie en bottes cette dernière et on la met sécher au soleil afin de la blanchir. Ce blanchiment naturel a l’avantage sur le nôtre de ne pas exposer les fibres à l’action énergique d’agents chimiques qui peuvent en diminuer la résistance.
- Les Japonais se procurent l’alcali pour la cuite, par le lessivage des cendres de la plante; ils emploient aussi quelquefois l’eau de chaux. Ils font bouillir l’écorce pendant 12 heures dans des chaudières à découvert ; puis, pour se débarrasser de l’alcali, ils agitent cette écorce dans des paniers sous un courant d’eau; ensuite ils la frappent avec des bâtons jusqu’à ce qu’elle forme une bouillie, qu’ils brassent dans des cuves pour lui donner la consistance voulue ; enfin ils en Tome IV. —- 88e année. 4e série. — Septembre 1889. 65
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- reiirent cette pâte à papier au moyen d’épuisoirs composés de tiges de bambous reliées par des fils de soie laissant des interstices entre elles.
- Afin que la masse s’agglutine, on ajoute dans les cuves, soit un extrait de racines bouillies de l’hibiscus-manihot, ou de la tille de l’hydraugea paniculata, soit de riz bouilli. Il est vrai que cet encollage ne peut se comparer à notre emploi de la gélatine ou de la résine blanche; aussi les fibres de ce papier ne sont pas assez adhésives, ce qui nuit à son aspect extérieur en le rendant peu lisse et per-mettantaux fibres de se détacher facilement des feuilles; mais il est évident que cet encollage défectueux peut être amélioré et remplacé par un autre mieux approprié.
- Les applications de papier au Japon sont tellement multipliées que les Européens peuvent à peine s’en faire une idée. Les Japonais font en papier une foule d’objets d’un usage domestique, comme des étoffes, des imitations de peaux, des manteaux, des parapluies, des lanternes, des éventails, etc.
- (Zapiski.)
- Analyse des produits fabriqués en caoutchouc, par M. Kissling. — Avant d’examiner les procédés d’analyse, il convient d’examiner le but qu’elle doit atteindre et les objets auxquels il est nécessaire de l’appliquer : par exemple, un cordon en caoutchouc destiné aux joints des conduites d’eau ne doit pas avoir la même composition que celui des conduites de gaz; un clapet qui doit être exposé à l’action des acides ne doit pas être de la même espèce de caoutchouc que celui qui doit subir l’action des huiles minérales. En un mot, il règne sous ce rapport la plus grande incertitude et l’on n’a pas encore réglé les proportions des différentes substances qui doivent être alliées au caoutchouc pour une destination déterminée.
- On n’a pas encore non plus établi de méthode appropriée pour analyser les diverses compositions de caoutchouc vulcanisé. L’analyse des cendres ne donne par elle-même aucune indication suffisante, car il se rencontre souvent dans les produits fabriqués, en outre du caoutchouc, d’autres matières organiques qui ont les mêmes réactions chimiques avec les réactifs employés ordinairement.
- On ne peut pas compter d’autre part pouvoir former des combinaisons chimiques définies entre le caoutchouc et les différents réactifs, ce qui aurait facilité la solution du problème. Mais si, faisant abstraction de ces difficultés, on ne veut pas renoncer complètement à l’analyse chimique, il vaut mieux se contenter de l’analyse des cendres et des composés que le caoutchouc peut former avec les réactifs tels que l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, etc.
- L’auteur, enpartantde ce principe, a analysé plusieurs échantillons d’un même
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- produit pris chez différents fabricants et en particulier les rondelles de joint des tubes de distribution d’eau. lia fait simultanément l’analyse chimique et l’examen des caractères physiques : ainsi, ces rondelles étaient soumises à l’action prolongée d’une température de 100 à 110 degrés, après quoi on mesurait la diminution de leur élasticité et l’augmentation de leur fragilité.
- Les essais chimiques se faisaient de la manière suivante : on réduisait en poudre 5 grammes de l’échantillon au moyen d’une râpe, on les enveloppait de papier à filtre, puis on les mettait digérer dans le sulfure de carbone pendant 7 à 8 heures et ensuite dans l’éther pendant deux heures; après l’évaporation de la dissolution, on pesait le résidu qui se composait de soufre, de caoutchouc et de substances dissolvantes ou agglutinantes.
- Pour doser les cendres, on calcinait 2gr,5 du résidu dans une capsule de porcelaine, à la flamme d’une lampe Bunsen.
- Après la calcination et le refroidissement de la matière, on y versait de l’azotate d’ammoniaque. On faisait sécher, puis on chauffait jusqu’à la calcination complète de la partie carbonisée. Après addition de carbonate d’ammoniaque, on faisait sécher de nouveau jusqu’à ce que le poids restât invariable.
- En faisant ces essais avec précaution sur différents échantillons, on obtient des chiffres comparables entre eux, ce qui n’a pas lieu par une calcination directe du caoutchouc.
- Kissling a dressé un tableau des résultats fournis par ces expériences ; les chiffres consignés ont donné lieu aux remarques suivantes :
- La quantité de résidu laissé par le sulfure de carbone et l’éther varie de 7,5 à 10 p. 100 en général; les échantillons qui ont donné le plus de cendre avaient le moins de résidu, savoir : de 5 à 7 p. 100. Deux échantillons ont donné 11 p. 100 de résidu et se sont montrés les moins résistants à l’action prolongée d’une température de 110 degrés pendant 48 heures; en outre, la consistance de leurs résidus était liquide avec une apparence huileuse d’hydrocarbure, tandis que la consistance ordinaire des résidus des autres échantillons était visqueuse et agglutinative et composée de caoutchouc, de substance grasse et de soufre. C’est ainsi que les résultats de ces essais peuvent donner des indications précieuses sur les qualités de la matière. Il convient encore d’ajouter que les échantillons dont les résidus contenaient le plus de caoutchouc étaient moins fragiles après l’action de la chaleur que ceux dont les résidus contenaient du soufre en excès.
- La comparaison des poids de cendre pour les mêmes rondelles de tuyaux de conduite d’eau a donné les résultats suivants : ce poids a varié de 48 à 72 p. 100. On a indiqué dans les tableaux les prix des échantillons, et ces prix sont en proportion inverse de la teneur en cendre, sauf quelques différences qui s’expliquent par la sophistication du produit au moyen de matières inertes comme le liège et autres.
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- L’examen de ces chiffres montre que le poids de cendre dépassant 50 p. 100 diminue beaucoup la résistance du produit et que le prix de ce dernier n’est pas toujours en rapport avec ses qualités.
- (Chemische Industrie.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 12 juillet 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière, président.
- M. Fichet, rue de Richelieu, 43, fait connaître les noms d’ouvriers et contremaîtres qui sont depuis longtemps dans sa maison et qu’il propose pour des médailles de la Société. (Rureau.)
- M. Édouard Magnat, rue de Marly, 8, à Rueil (Seine-et-Oise). — Système de chemin de fer permettant des courbes dont le rayon peut être égal à la largeur des véhicules. (Arts .mécaniques.)
- M. le préfet de la Seine-Inférieure recommande Mmc Vw Benjamin Normand pour le grand prix de la Société à décerner cette année. Il joint à sa lettre une notice concernant les machines à double et à triple expansion inventées par Benjamin Normand. (Arts mécaniques.)
- M. Lapointe, rue Saint-Sébastien, 9. — Manchon d’assemblage des fds télégraphiques, sans soudure, sans altération de la conductibilité et de la résistance du fil. (Arts économiques.)
- M. Emile Beiber, architecte, rue Vavin, 54. — Enseignement du dessin. (Constructions et beaux-arts.)
- M. Hojioré, professeur à l’École Massillon, quai des Célestins, 2. — Mémoire sur le moyen d’avoir un pot au feu très économique et des viandes à bon marché pour l’armée, la marine et le peuple. (Arts économiques.)
- M. Casalonga, membre de la Société, rue des Halles, 15. — Adresse un pli cacheté dans lequel se trouve la description d’une nouvelle cartouche. (Dépôt accepté.)
- M. Carpcmo, à Cluses (Haute-Savoie). — Modèle d’une nouvelle machine à faire les dentures pour l’horlogerie. (Arts mécaniques.)
- M. Berthélemy, rue Dauphine, 16. —Appareil indicateur de la température à distance. (Arts économiques.)
- M. Armengaudaîné, rue Saint-Sébastien, 45. — Matériel destiné à l’enseignement de la géométrie descriptive et delà perspective. (Constructions et beaux-arts.)
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- La Direction générale de l’exploitation de l’Exposition de 1889 adresse une note-circulaire faisant connaître que le Congrès international de la participation aux bénéfices s’ouvrira le 6 juillet 1889 dans la salle du Trocadéro et continuera ses travaux les 17, 18 et 19 juillet au cercle ouvrier du groupe de l'Économie sociale, à l’esplanade des Invalides.
- M. Lacaze-Duthiers, président de l’Association française pour l’avancement des sciences, annonce que la huitième session de cette Association se tiendra à Paris du 8 au 14 août et demande que la Société veuille bien s’y faire représenter.
- M. Bernard Meyer adresse une brochure intitulée : Système déappareil auto-maticpue universel. (Bibliothèque.)
- Le journal The Sleamship envoie son premier numéro et demande l’échange avec le Bulletin de la Société. [Bulletin.)
- M. Victor Germain, rue des Martyrs, 75. — Remercie la Société de lui avoir fourni les moyens de prendre un brevet pour son extincteur instantané des incendies causés par les essences de pétrole et demande l’examen de son appareil. (Arts économiques.)
- M. le baron de Dietrich, président de la Société d’Agriculture de la Basse-Alsace, adresse un exemplaire de sa brochure intitulée : Quelques Lettres sur Vagriculture. (Agriculture.)
- M. Risler, membre du Conseil, offre à la Société le tome II de son ouvrage : Géologie agricole. Ce tome II est consacré à l’étude des terrains crétacés et des terrains tertiaires. (Bibliothèque.)
- M. Eugène Turpin, chimiste à Colombes (Seine), adresse, à l’occasion de la communication faite à la dernière séance par M. Mallard, une lettre par laquelle il réclame la priorité pour la découverte d’explosifs n’enflammant pas le grisou. A cette lettre M. Turpin joint la spécification d’un brevet pris par lui, le 17 mars 1888. (xûrts chimiques.)
- M. Drion, professeur à l’Ecole nationale d’arts et métiers d’Angers, adresse à la Société une lettre dans laquelle il expose un procédé qui, d’après lui, permettrait d’obtenir une dessiccation rapide des bois. (Arts économiques.)
- M. Sidney Langlois, rue Castex, 12. — Note indiquant le principe d’un procédé qui permettrait d’obtenir, à Paris et aux environs, la dessiccation, en vases clos, des matières de vidange et la transformation en sulfate d’ammoniaque des vapeurs fournies par cette dessiccation. (Arts chimiques.)
- M. Janssen, président du congrès international d’aéronautique pour 1889, adresse à la Société le programme de ce congrès qui aura lieu du 1er au 3 août dans la salle du Trocadéro.
- M. Gornuault, président de la Société technique de l’industrie du gaz, fait hommage d’un exemplaire du discours qu’il a prononcé à l’ouverture du congrès de cette Société pour 1889.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- SEPTEMBRE 1889.
- Los articles suivants sont signalés dans le Bulletin du Ministère de l’agri-cidtnre, mars 1889;
- Note sur la 'production de l’huile de coton au Texas.
- Extrait d’un rapport sur les mouvements du prix des blés aux Etats-Unis de 1881 à 1886.
- Rapport sur la production des blés dans l’Inde et sur leur exportation.
- M. Laussedat liL pour M. Mascart une notice sur M. Warren de la Rue, correspondant de la Société. (Voir au Bulletin.)
- M. Le Châtelier lit pour M. Lavollée une notice sur M. Legentil, membre du Conseil. (Voir au Bulletin.)
- Rapports des Comités. — Contrôleur de rondes. — M. Reclier fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur le contrôleur de rondes présenté par MM. Trenta frères, mécaniciens à Lvon, rue Claude-Bernard, 6.
- M. le Rapporteur fait la description de l’appareil dont toutes les fonctions assez compliquées ont été édifiées d’une façon simple et solide et dont quelques détails sont entièrement neufs et ingénieux.
- Le Comité se propose de remercier MM. Trenta de leur communication et de publier dans le Bulletin de la Société le présent rapport, accompagné des dessins et légendes propres à faire connaître les détails de construction du contrôleur de rondes.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Fouleuse. — M. Edouard Simon fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur la fouleuse à mouvement alternatif de MM. Pierre et Amédée Barrette, à Romilly-sur-Andelle (Eure).
- La fouleuse à mouvement alternatif de MM. Barrette se fait remarquer par des améliorations notables qui simplifient l’opération et donnent de meilleurs résultats. Ces inventeurs ont substitué à l'inversion de l’étoffe, pour empêcher la formation des plis, le renversement du mouvement; ils disposent les organes de la fouleuse de manière à travailler alternativement d’avant en arrière ou d’arrière en avant. Des certificats communiqués à la Société et fournis par d’importantes fabriques de Normandie, il résulte que les articles dont les dessins se déforment habituellement au foulage, conservent au contraire, avec le nouveau système, une complète uniformité.
- En présence de semblables témoignages, le Comité des arts mécaniques propose de remercier MM. Pierre et Amédée Barrette de leur très intéressante communication et d’autoriser l’insertion au Bulletin du présent rapport avec une planche de dessins et une légende explicative.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. —Ponts roulants électriques. — M. Mègy, ingénieur, fait une communication sur les ponts roulants électriques de l’Exposition. Le magnifique
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- palais des machines, Vaisseau de 420 mètres de longueur sur 115 de largeur, et sans appui intermédiaire, est divisé par la grande allée centrale en deux parties symétriques, où sont installées les machines et les divers appareils au-dessus desquels circulent les ponts roulants dont l’entreprise a été confiée solidairement à MM. Bon et Lustremant à'\me partet à MM. Mégy, Echeverria et Bazan, d’autre part.
- Ces ponts sont mus par l’électricité et leur installation générale se compose essentiellement :
- 1° D’une station centrale comprenant une chaudière et l’ensemble des moteurs et dynamos produisant l’énergie électrique, transmise à chacun des ponts par deux conducteurs tendus le long des voies de roulement;
- 2° D’une voie composée pour chaque pont de deux poutres en treillis à 7 mètres au-dessus du sol et 18 d’écartement supportées par une double rangée de colonnes en fonte ; ces poutres servent en même temps de soutien aux chaises pendantes de la transmission générale ;
- 3’ D’une gare d’embarquement des voyageurs à chacune des extrémités des deux voies des ponts. Les plates-formes de ces gares, au niveau des voies, sont desservies par un escalier à double vis et un ascenseur hydraulique;
- 4° De deux ponts roulants : celui de MM. Mégy et C , situé du côté de l’Ecole Militaire, celui de MM. Bon et Lustremant du côté opposé. Iis ont été aménagés de façon à satisfaire en même temps aux exigences de la manutention générale des fardeaux et au transport des visiteurs. Les ponts offrent une superficie d’environ 100 mètres carrés dont 90 sont libres et peuvent aisément donner place à 150 personnes. La force motrice est donnée au mécanisme des ponts par une réceptrice Gramme pour MM. Bon et Lustremant et par une dynamo Miot pour MM. Mégy et Cie. Chacun des deux ponts offre un système particulier, pour la manœuvre des fardeaux et la translation. MM. Bon et Lustremant transmettent tous leurs mouvements par friction plate et cônes de friction, vis sans fin et engrenages. MM. Mégy et Cie opèrent toutes les manœuvres par engrenages simples à l’aide de l’embrayage élastique bien connu du système Mégy. On sait que cet organe présente cet avantage d’offrir à la mise en mouvement des masses un accroissement graduel et lent de l’effort, ce qui évite, surtout dans les appareils de levage, tout choc possible et donne aux manœuvres une grande souplesse et une véritable précision, en même temps qu’ils remplissent l’office d’appareil de sûreté en rendant impossible toute manœuvre exigeant des efforts supérieurs à ceux que les organes mécaniques seraient en état de supporter.
- Les ponts roulants, dont la destination principale a été de coopérer au montage des appareils de la galerie des machines et plus tard à leur démontage, sont utilisés actuellement comme chemin de fer aérien; ils transportent d’une gare à l’autre, sur un parcours d’environ 400 mètres, les nombreux visiteurs qui désirent prendre une vue d’ensemble de la superbe galerie des machines. :
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- M. le Président remercie M. Mégy de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Fabrication des fers et aciers. — Le but que s’est proposé M. Robert, ingénieur, auteur de l’appareil et de la méthode d’opération présentée, a été de trouver un procédé permettant :
- Le réunir les avantages des procédés Bessemer, Martin, Siemens, Pernot, etc., sans en présenter les inconvénients ;
- De donner économiquement des produits de qualité bien régulière;
- D’obtenir, au gré de l’opérateur, depuis les fers les plus doux jusqu’aux aciers pour outils;
- De conserver au bain métallique une température telle, qu’on puisse couler en acier doux ou dur, à volonté, les moulages les plus délicats comme les pièces les plus massives.
- Le tout ne demandant qu’une mise de fonds modeste, un outillage restreint, permettant de décentraliser l’industrie du fer et de l’acier, et d’apporter en beaucoup d’endroits des sources précieuses de travail et de main-d’œuvre.
- Ces résultats ont été obtenus à l’aide d’un appareil qui permet :
- 1° De supprimer le brassage que produit dans les appareils connus le passage de l’air à travers la masse, brassage qui a pour effet : de mélanger intimement au métal les scories et les excédents d’air; de produire entre la scorie et le métal des réactions mal définies qui se prolongent jusqu’à la fin de l’opération; d’être une grande cause de refroidissement ;
- 2° De favoriser par un mouvement mécanique, imprimé sans frais au bain métallique, la séparation des scories et des gaz à mesure qu’ils se forment dans le métal ;
- 3° De produire à la surface même du bain, et à l’aide des éléments combustibles contenus dans la fonte, une atmosphère à température élevée, au contact de laquelle le métal, constamment ramené parle mouvement dont il est animé, vient se réchauffer et atteindre graduellement un degré de pureté et de fluidité tel qu’il se prête à tous les besoins de la coulée ;
- 4° De pouvoir arrêter instantanément l’opération par le dégagement simultané de toutes les tuyères.
- L’appareil permet de traiter des fontes de provenances diverses, depuis les hématites presque pures, jusqu’aux fontes du bassin de Longwy contenant 3 p. 100 de phosphore et d’obtenir en quelques minutes, et à volonté, des fers doux, ou des aciers à tous les degrés de dureté, ainsi que des moulages ayant toutes les quantités de malléabilité, de soudabilité et de résistance des pièces forgées.
- L’utilisation des éléments combustibles contenus dans la fonte semble complète. En effet, la température du bain est tellement élevée que le métal peut
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- attendre près de trois quarts d’heure avant d’être coulé. On peut le transporter à de grandes distances, le transvaser dans de petites poches sans qu’il perde de sa fluidité. »
- Les aciéries de Stenay ont déjà livré environ 2o millions de kilogrammes de fers fondus et d’acier obtenus par le procédé Robert, aux compagnies de chemins de fer, aux ateliers de la marine, de la guerre et du commerce. De nombreuses aciéries du même système fonctionnent en France, en Amérique, en Angleterre, en Belgique, en Italie; d’autres sont actuellement en construction.
- La Société des forges et aciéries de Stenay (Meuse) expose au Champ-de-Mars dans la classe 41 une série de produits tous obtenus au convertisseur Robert.
- La variété de ces produits démontre que les nombreuses applications de ce procédé sont presque illimitées.
- En effet, à côté d’un gouvernail et d’un étambot (spécimens de ceux déjà livrés à la marine française et pesant 2 400 kilogrammes) se trouvent des hélices de navire, des affûts de canon, des pièces d’agriculture, des outils de taillanderie et de terrassement, des cylindres de laminoir, etc., tous obtenus par voie de moulage.
- Les divers essais de forge, de soudabilité et de résistance exécutés sur un grand nombre de pièces exposées, sont une preuve incontestable de la qualité du métal.
- M. le Président remercie M. Robert de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- Explorateur dynamo-électrique. —M. Scola présente à la Société d’Encoura-gementun appareil de MM. Manet frères, destiné au tirage des mines par l’électricité. Cet appareil leur a été inspiré par la fréquence et la gravité des accidents dans les mines, et ils ont eu la satisfaction de se trouver en communauté de vues avec la commission spéciale nommée par le Gouvernement pour l’étude des causes d’inflammation du grisou, dont les conclusions viennent d’être publiées et recommandées dans la circulaire de M. le Ministre des travaux publics.
- Cette commission conclut à l’exclusion absolue des mèches à mine diverses, et des appareils électriques à haute tension, tels que : bobines d’induction, machines statiques, et coups-de-poing de tous genres, qui peuvent donner des étincelles à distance, et qui ont l’inconvénient, à cause de la haute tension, d’être très affectés par les dérivations et les pertes ; ils exigent donc des câbles extrêmement bien isolés et coûteux.
- L’appareil de MM. Manet frères se compose d’une machine dynamo-électrique à basse tension qui repose sur le principe de la transformation instantanée de l’inertie mécanique en énergie électrique, il présente aussi plusieurs dispositions nouvelles. Ainsi une sonnerie électrique placée dans l’appareil permet de constater si le circuit et les amorces sont en bon état.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Septembre 1889.
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- Cette machine, qui ne pèse que 10 kilogrammes, produit des résultats hors de comparaison, à poids égal, avec tous les exploseurs connus jusqu’à ce jour; elle rougit un fil de platine de 1 mètre de longueur; ces effets demanderaient une pile de 60 à 70 éléments Leclanché.
- La grande énergie de cet exploseur a engagé MM. Manet frères à en profiter pour améliorer les amorces à fil de platine, en les rendant plus robustes et absolument régulières, étant faites mécaniquement; elles présentent aussi des dispositions nouvelles et ingénieuses.
- On peut avec cet appareil faire partir simultanément et à coup sûr de 1 à 80 amorces et même plus, selon la longueur du circuit, et avec des conducteurs très ordinaires, car la tension n’est que de 100 volts environ, tandis que celles des machines statiques, bobines, coups-de-poing, atteint souvent de 2 à 10 000 volts et plus; ceci est important et permet de ne pas trop se préoccuper des pertes par dérivations.
- Les conditions demandées par la pratique des mines sont donc réalisées.
- M. le Président remercie M. Scola et MM. Manet frères de leur intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts économiques.
- Séance du 26 juillet 1889.
- Présidence de M. Eaton de la Goupillière, président.
- M. André de Llaurado, ingénieur en chef du district forestier de Madrid, correspondant de la Société, fait hommage d’une brochure qu’il vient de publier sous le titre : De /’avenir des canaux d? irrigation. (Bibliothèque.)
- M. Vasselin, médecin-vétérinaire, rue de Grenelle, 186. —Système de compteur-totalisateur honoraire applicable aux voitures et autres véhicules. (Arts mécaniques.)
- M. Barre, ingénieur, invite les membres de la Société à assister aux essais de son chemin de fer glissant qui ont lieu tous les jours de 10 à 11 heures du matin à l’esplanade des Invalides, quai d’Orsay, le long de la rue de Constantine.
- M. le Secrétaire annonce la mort de M. Eugène Deschiens, ingénieur-électricien, membre et lauréat de la Société.
- M. Le Royer, à Alençon (Orne). — Système de chaussure hygiénique à semelle articulée. (Arts économiques.)
- M. R amiral Krantz, ministre de la marine, et M. Eiffel, au nom de la Société des ingénieurs civils, recommandent M'”' Vee Benjamin Normand pour sa candidature au grand prix de la Société.
- M. Jaubert, quai de Billy, 50, demande une annuité de brevet pour les perfectionnements apportés aux microscopes scientifiques construits avec l’aide de la
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- Société, et une somme de 80 francs pour achever ces instruments. (Arts écono-miques.)
- M. Thinon, secrétaire général du Congrès international de la propriété industrielle, envoie des exemplaires de la dernière circulaire publiée par le Comité d’organisation de ce Congrès. •
- Le Conseil municipal de la Ville de Paris informe que l’annexe de l’Exposition universelle comprenant les exposants ouvriers qui n’ont pu être placés au Champ-de-Mars faute d’emplacement, est installée au pavillon de la Ville de Paris, Cours-la-Reine, Champs-Elysées, et est ouverte au public de 8 heures du matin à 6 heures du soir. Entrée gratuite.
- M. Cheysson, membre du Conseil, fait hommage de la communication qu’il a faite le 13 juin 1889, au Congrès d’économie sociale pour servir d’introduction à ses visites à l’Exposition, et de celle qu’il a présentée à la Société de statistique dans la séance du 17 avril 1889, les Charges fiscales de Vagriculteur et les Monographies des familles. (Bibliothèque.)
- Sont signalés dans la correspondance imprimée les ouvrages et les articles suivants :
- Accouplement élastique des arbres de transmission. — Vapeur sèche à de grandes distances de la chaudière. — Fermeture magnétique des lampes de sûreté des mines, par M. J. Raffard. — Catalogue de l’Exposition de MM. Saut ter, Lemonnier et Cie. Orphelinat municipal professionnel de garçons fondé en 1873. — Réponse au ques-tionnaire de la IVe section de l’exposition de l’économie sociale.
- La Forêt destructrice et préservatrice du phylloxéra et régénératrice de la vigne, par Aloïse Girard.
- Annuaire de la chimie industrielle et de /’électro-chimie, par Donato Tommasi, docteur ès sciences; lreannée, 1889. :
- Origin, scope, and plan of the Rothamstead, experiments conducted on the farm and in the laboratory ofsir John Bennett Laivs, Bart.
- M. Gréard, vice-recteur de l’Académie de Paris, fait part de la mort de son beau-frère, M. Boitel, membre du Conseil de la Société. (Comité d’agriculture.)
- M. le Président exprime les regrets de la Société, et donne la parole à M. Pril-lieux, qui lit une notice sur les travaux de M. Boitel. (Voir au Bulletin.)
- Communications. — Condensateur de vapeur. — M. Grange, ingénieur des arts et manufactures, fait une communication sur un nouveau système de condensateur de vapeur; il rappelle une formule fondamentale de la théorie mécanique de la chaleur, qui démontre l’importance de la marche à condensation pour les machines à vapeur.
- Après avoir établi que la pression de vapeur actuellement avantageuse ne dépassait pas 8 à 9 kilog., il déduitque la marche à condensation donnesur lamarche à échappement libre une économie de combustible de 25 p. 100 au minimum*
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- Les conditions dans lesquelles la condensation est ordinairement pratiquée entraîne à une dépense d’ea'u de 250 litres par cheval et par heure, quantité d’eau que, dans bien des cas, il est impossible de se procurer. Cette dépense considérable tient à ce que, dans les conditions ordinaires, les fluides en présence circulent sans méthode dans le condenseur et que l’eau, l’air et la vapeur se précipitent pêle-mêle dans la pompe à air.
- Le condenseur qu’il a inventé est un condenseury?«r mélange dans lequel l’eau chaude est extraite tà la température de la vapeur qui afflue au condenseur et qui, alimenté par de l’eau à 35° centigrades, donne encore un vide de 62 centimètres de mercure.
- Ces résultats sont dus à ce que le condenseur est mis en communication avec deux pompes qui extraient exclusivement, l’une l’eau chaude, l’autre l’air.
- Cette dernière pompe, qui, en réalité, tient le vide du condenseur, ne reçoit que de la vapeur d’eau dont la tendon correspond à la température de l’eau froide ou refroidie qui alimente l’appareil. C’est cette disposition qui fait en partie le succès de l’invention.
- Le réfrigérant est tout entier en tôle galvanisée; l’eau chaude à refroidir circule à la fois sur les quatre parois de l’appareil en forme de cheminée carrée, pendant qu’une deuxième circulation se fait au centre du réfrigérant. L’eau à refroidir se distribuant par des tôles perforées en jets parallèles se pulvérise sur des tablettes placées au-dessous. Vivement fouettée dans tout son parcours, elle émet une grande quantité de vapeur qui se trouve entraînée par le courant d’air affluant par le bas de la cheminée.
- M. Grangé démontre que, théoriquement, le poids de vapeur formée en un temps donné dans le réfrigérant est inférieur au poids de vapeur issue dans le même temps du générateur et que si, dans la pratique, on doit compter sur des entraînements d’eau à l’état vésiculaire, la grande quantité de chaleur perdue par transmission à travers les parois du réfrigérant compense la perte d’eau résultant de ces entraînements. Il affirme que, étant donnée une machine à échappement libre, si on la transforme à condensation par son système, elle dépensera moins d’eau après application du système qu’auparavant, et que l’économie de 25 p. 100 de combustible étant réalisée, il y aura intérêt à adopter ce système.
- Une installation fonctionne sur une machine de 40 chevaux depuis le 2 septembre 1888 chez M. Weidknecht, ingénieur-constructeur, 1, boulevard Macdonald, à la Villette, et n’a donné lieu à aucun dérangement, à aucune réparation depuis onze mois.
- Une seconde installation fonctionne depuis le 14 mars 1889, sur une machine de 150 chevaux chez M. Lombart, chocolatier, et d’autres sont en préparation.
- L’application de ce système n’exigeant qu’une pompe à air, une pompe à eau chaude et un réfrigérant, sans ventilateur ni mécanisme quelconque, on en a fait
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- l’application à des locomobiles qui portent sur le bâti de la machine le corps de chaudière, le condenseur et les deux corps de pompe, pendant que le réfrigérant, démontable en plusieurs tronçons, se transporte sur un truc.
- L’économie de la marche à condensation peut donc se réaliser dans les exploitations agricoles, forestières ou autres.
- En résumé, ce système rend la condensation applicable à toutes les machines, qu’elles soient ou non situées à proximité d’un cours d’eau.
- M. le Président remercie M. Grange'de sa communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Instruments de physique. — M. Pellin présente un réfractomètre à lentille qu’il a construit suivant les indications de M. Piltschikoff, professeur à l’Université de Kharkoff (Russie).
- Cet appareil est destiné à mesurer les indices de réfraction des liquides et à étudier les variations des indices avec la température.
- La théorie du réfractomètre est basée sur les relations qui existent entre l’indice de réfraction d’une lentille, les rayons de courbure de ses surfaces et sa distance focale.
- L’appareil se compose de trois parties :
- ' 1° Un collimateur portant un écran ayant trois fentes parallèles, éclairées par la lumière monochromatique du chlorure de sodium;
- 2° Un support pour la lentille creuse qui contiendra le liquide;
- 3° Une lunette d’observation, avec divisions et vernier donnant le ^ de mil-
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- limètre.
- La lentille creuse a été calculée pour donner une distance focale de 150 à 250 millimètres pour les liquides compris entre 1,3 et 1,7, c’est-à-dire entre l’eau et le sulfure de carbone; mais on peut la calculer de manière à avoir la même course pour des indices compris entre 1,3 et 1,4.
- Pour étudier les variations des indices sous l’action de la chaleur, on emploie une cuve spéciale à double paroi, construite par Wiesnegg; l’intervalle entre les deux parois est rempli d’huile, qu’on peut chauffer; un thermomètre donne la la température.
- La formule du réfractomètre donne pour l’indice :
- n — P -f-
- Q
- F'
- P et Q sont deux constantes qu’on détermine au moyen de deux liquides d’indices connus.
- F est la distance focale exprimée en divisions de l’échelle du réfractomètre.
- La précision de la détermination de l’indice est de 0, 0005 pour la lentille de
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- l’appareil ; mais, avec des lentilles spéciales, on peut arriver à 0, 00001 environ.
- M. Pellin présente un réfractom'etre qu’il a construit suivant les indications de M. A. Dupré, sous-chef au laboratoire municipal, pour déterminer rapidement les indices de réfraction des liquides et des gaz.
- Le principe de cet instrument est le suivant :
- Deux prismes ayant rigoureusement le même angle 60°, disposés en sens inverse, forment un parallélipipède oblique ; l’un est en crown d’indice connu ; l’autre creux, destiné à recevoir le liquide ou le gaz dont on veut mesurer l’indice.
- Un dispositif particulier, réalisé mécaniquement, permet de faire arriver le rayon incident normalement à la face du prisme le moins réfringent, ou de recevoir le rayon émergent normalement à cette même face.v
- L’appareil est éclairé avec la lumière monochromatique du chlorure de sodium. On fait deux lectures sur un limbe divisé qui porte un vernier donnant la minute, l’une avec le rayon incident normal à la face d’entrée du prisme le moins réfringent (lecture à gauche), l’autre avec le rayon émergent normalement à cette même face (lecture à droite). La demi-somme des deux lectures donne la déviation
- Des formules donnent l’indice de réfraction, mais on peut se servir d’un tableau des courbes des indices de réfraction croissants ou décroissants par rapport à celui du crown, comme on le fait au Laboratoire Municipal de Paris.
- Une simple lecture donne l’indice de réfraction à une demi-unité près de la quatrième décimale de l’indice.
- M. Pellin ayant observé que, lorsqu’on veut montrer aux élèves un phénomène dans le spectroscope, il arrive souvent que ce phénomène cesse au moment où, après l’avoir vu, on veut le montrer, a pensé qu’il serait utile de réaliser une disposition qui permît à deux personnes d’observer simultanément dans le même spectroscope.
- Son dispositif se compose d’un tube portant une ouverture sur le côté, fixée à la partie objective de la lunette du spectroscope. Ce tube contient deux prismes isocèles rectangles collés par leur hypoténuse de manière à former un cube et l’une des hypoténuses a été préalablement dorée.
- Dans ces conditions, on observe directement avec la lunette du spectroscope, par transparence à travers l’ensemble des deux prismes et, en même temps, au moyen d’une seconde lunette, par réflexion sur la mince couche d’or.
- L’image dans cette seconde lunette est bien retournée, c’est-à-dire que le rouge du spectre se trouve à droite, tandis que dans la première lunette il se trouve à gauche ; mais comme on voit simultanément dans les deux lunettes l’image du
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- micromètre, on a des repères suffisants pour indiquer la position du phénomène à observer. '
- Ge dispositif peut s’appliquer aux colorimètres et aux polarimètres ; dans ce dernier cas, deux observateurs peuvent étudier simultanément les variations du plan de polarisation sous l’influence d’une même solution contenue dans un même tube.
- M. le Président remercie M. Pellin de sa communication, qui est renvoyée au Comité des arts économiques.
- Fabrication automatique du vinaigre. — M. Barbe, ingénieur, présente à la Société d’Encouragement son système de fabrication automatique des vinaigres de vin, de cidre, de bière, d’alcool, etc.
- Pour la démonstration, M. Barbe a disposé ses appareils et récipients dans l’ordre qu’ils occupent réellement dans une vinaigrerie. Quatre flacons d’alimentation automatique, munis de leurs canalisations et appareils de distribution du liquide dans les cuves, ont fonctionné au moyen de l’eau.
- Ge système est essentiellement caractérisé par l’emploi de l’air comprimé ou, en opérant inversement, par le vide. A cet effet, chacun des flacons est relié, d’une part, par le goulot à l’aide d’un tuyau de caoutchouc, à une canalisation générale d’air qui est munie d’un clapet spécial, et d’autre part, à l’aide d’un tube traversant le fond du flacon et amenant le liquide dans ce dernier, à une canalisation générale de liquide. Dans chaque flacon se trouve, en outre, un siphon dont .la grande branche est reliée à un arrosoir en porcelaine ou un tourniquet en verre disposés entre le couvercle de la cuve et la partie supérieure des copeaux dont elle est remplie.
- Le liquide contenu dans un récipient élevé, ou pour mieux dire au-dessus de la vinaigrerie, est envoyé par un tuyau dans une cuvette inférieure renfermant un flotteur, laquelle est en communication directe avec la canalisation du liquide aliantauxflacons,pourréglerrécoulement et lahauteur duliquidedans ces flacons.
- Dès que le niveau est atteint, une balance hydrostatique munie d’un soufflet envoie de l’air dans la canalisation d’air et par conséquent dans les flacons; cet air exerçant une pression à la surface du liquide le fait pénétrer dans les siphons qui alors se trouvent amorcés et vident tous en même temps le contenu des flacons. Leur remplissage s’opère de nouveau et la vidange se produit de la même manière et ainsi de suite, sans discontinuité jour et nuit, à l’aide de la balance, que l’on règle de manière qu’un versement d’un litre de liquide ait lieu toutes les quinze minutes environ dans chaque cuve. Le liquide destiné à l’acétification, appelé dilution, étant composé de 50 à 60 p. 100 de vinaigre, il s’ensuit que les 40 à 50 p. 100 qui renferment avec le ferment une proportion d’alcool déterminé, sont convertis en vinaigre par un seul passage, soit à 6°, 8°, 19° ou 12° acétiques.
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- Les versements ainsi répétés ont pour but d’éviter moins de pertes par évaporation que les autres systèmes qui nécessitent la présence des ouvriers, de maintenir l'acétification à un degré plus uniforme par suite d’un travail constant de jour et de nuit, et surtout d’augmenter la production du vinaigre.
- La main-d’œuvre étant supprimée, on n’a plus qu’à faire une visite ou deux par jour dans la vinaigrerie pour la simple surveillance, et entretenir de liquide le réservoir placé au-dessus de la vinaigrerie.
- Ce système, imaginé depuis un an, est déjà appliqué avec succès dans de grandes vinaigreries, à Brest, Lyon, Lagny et dans quelques autres usines de moindre importance.
- M. Barbe peut appliquer son système automatique et pneumatique, pour le rendre continu, au procédé de fabrication du vinaigre imaginé il y a plus de vingt ans par notre illustre concitoyen M. Pasteur.
- M. le Président remercie M. Barbe de sa communication, qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- Avant de lever la séance, M. le Président annonce que la Société entre en vacances à partir du lc>- août jusqu’au 15 octobre prochain.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. — 2.803.
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- 88e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- OCTOBRE 1889
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. le colonel Goulier, au nom du Comité des arts mécaniques, sur une mire pliante (1) de M. H. Bentabol, ingénieur des mines à Madrid.
- On rencontre souvent des calculateurs qui ont tant de confiance en eux-mêmes qu’ils ne recommencent jamais une addition. Naturellement ils sont convaincus que jamais ils ne se sont trompés. Plus souvent encore, on trouve des niveleurs qui ne réitèrent pas leurs nivellements et se contentent de la vérification par fermeture (2) pour constater les fautes qu’ils auraient pu commettre. Relativement aux erreurs, ils sont convaincus de leur impec-cabilité ou, quand ils sont plus modestes, ils se confient en la perfection de leurs instruments. Cependant, il suffit d’examiner avec soin la plupart des
- (1) Brevetée en Espagne et à l’étranger. Seul dépôt pour l’Espagne et ses colonies : Manuel Recarte-Échégaray, 8, Madrid.
- (2) La vérification d’un cheminement par la clôture, soit sur le point de départ, soit sur un autre point connu, vérification dont on se contente souvent, est une vérification indirecte qui, comme la preuve par 9 dans la multiplication, laisse passer inaperçues des fautes d’autant plus nombreuses que le cheminement est plus long, parce qu’alors l’erreur de fermeture admissible est plus considérable.
- On voit que nous distinguons ici les fautes et les erreurs :
- Les erreurs sont ces inexactitudes inévitables tenant aux imperfections de nos organes et des instruments, inexactitudes dont la somme algébrique constitue l’erreur de fermeture. Celle-ci croît, en moyenne, avec la longueur des cheminements. Dans leurs discussions, beaucoup d’opérateurs n’ont égard qu’à cette sorte d’inexactitude ;
- La faute est une inexactitude grossière, de quelques centimètres, de 1 décimètre, ou même 1 mètre, provenant d’inadvertances. Quoique pouvant être faible par rapport à l’erreur de fermeture admissible d’un long cheminement, une faute n’en est pas moins plus grossière et plus dangereuse que celle-ci, parce qu’elle est locale, affectant la différence de niveau de deux points consécutifs.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. —
- Octobre 1889.
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-
- I
- 574 ARTS MÉCANIQUES. — OCTOBRE 1889.
- mires parlantes du commerce, pour voir à combien de fautes grossières de lecture exposent leur mode de graduation et surtout leur chiffraison.
- Dans ces mires, analogues à celles que représentent les parties supérieures et inférieures de la figure 1, l’unité de la division est généralement 1 ou 2 centimètres. Ces unités sont peintes alternativement en blanc et en rouge, et sont disposées par groupe de 5. Les limites des décimètres sont chiffrées 0, 1,2,... 9, et les nombres des mètres entiers 1, 2, 3 sont indiqués par 1 point, 2 points, 3 points qui surmontent les chiffres exprimant des décimètres.
- On sait comment on fait les lectures sur une mire ainsi graduée : Lorsque le fil horizontal de la lunette tombe, en mi (fig. 1) entre les deux limites AA' et BB' du décimètre chiffré 7, la lecture qui exprime la hauteur de mire doit comprendre d’abord le chiffre 3, nombre de mètres indiqué par les 3 points qui surmontent le chiffre 7, puis ce chiffre 7 lui-même complétant le nombre de décimètres pleins compris entre le talon de la mire et la limite AA'; enfin un appoint composé de 3, nombre de centimètres, et de 7, nombre estimé des millimètres compris entre le fil nn' et la limite inférieure AA' du 7e décimètre. La lecture correcte doit donc être 3m,737. Mais quand, par son éloignement, la mire approche de la limite de la lisibilité des chiffres, on confond facilement les chiffres 4 et 7, 6 et 9 et 5 et 3, ceux-ci surtout quand la tête du 3, au lieu d’être en forme de boucle (3), est en forme de ^ (3). En même temps les points cessent d’être franchement lisibles et les confusions qui en résultent font commettre des fautes dans les nombres des mètres ou dans celui des décimètres.
- Mais ce n’est pas tout : dans la lunette la mire paraît renversée et les chiffres qui y ont été peints renversés paraissent droits, comme on le voit sur la figure 2. Alors le fil du réticule tombe encore sur le décimètre chiffré 7 et accompagné de 3 points, ce qui indique comme précédemment, pour les mètres et les décimètres, les nombres 3 et 7. Mais on est exposé à se tromper sur l’appoint du nombre de décimètres et voici comment :
- Les chiffres paraissant droits, le niveleur oubliera parfois (souvent même, pourrait-on dire) que le pied de la mire paraît en haut. Alors il prendra la limite cc du décimètre 7 pour le zéro de l’appoint et il lira, pour celui-ci, en mm' 6C"“,5 au lieu de 3cent,5 (1).
- (I) Si nous avions à faire ici la critique complète des mires parlantes du commerce, nous aurions plusieurs autres défauts à signaler. Par exemple, certains constructeurs, tout en adoptant des points pour exprimer, dans la chiffraison, les nombres des mètres qui doivent précéder
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- Bourdalouë, qui avait beaucoup opéré sur le'terrain, avait constaté une fréquence si grande des fautes de lecture qu'il avait érigé en principe que toutes les lectures de l’opérateur devaient être contrôlées par celles d’un lecteur qui accompagnait le niveleur et lui servait d’aide. Puis, pour rendre plus rares ces fautes, dont la constatation causait une perte de temps très notable, il avait varié de cent façons les graduations et les chifïraisons des mires. Il en est venu ainsi à abandonner les chiffres droits ou renversés pour des chiffres qui, dans la lunette, paraissent couchés sur le flanc droit. Par suite de cette disposition, les fautes de lecture sont devenues rares, probablement parce que, pour l’opérateur qui, en nivelant, penche naturellement la tête à droite, les nombres à lire sur la mire croissent dans le sens naturel, nous voulons dire quand le regard passe de la gauche à la droite, sens auquel nous avons été habitué en apprenant à écrire, en consultant les cadrans de pendules, en faisant usage de tables de logarithmes et autres, etc. Malheureusement Bourdalouë fait donner aux lectures les demi-hauteurs de mire. Il substitue aux chiffres 3, 5, 9, que l’on peut confondre avec 5, 3, 6, les lettres T, Y, N. Il est résulté delà une petite gêne pour l’emploi de la mire Bourdalouë qui n’est guère usitée que par des niveleurs de profession. Quoi qu’il en soit, un nouveau progrès a été récemment réalisé par l’adoption, pour les mires du nivellement général de la France, du mode de division jadis adopté par Porro pour ses stadia, et qui donne à la graduation et à la chiffraison de la mire l’aspect de celles d’un double décimètre (annexe, fîg. 10 et 11). Les fautes de lecture sur la mire ont presque entièrement disparu, résultat que l’on doit attribuer à l’habitude acquise de faire les lectures sur le double décimètre et à la simplicité de ces lectures.
- Ce long préambule à notre rapport a pour but d’appeler l’attention des niveleurs sur l’importance que présente, pour leurs opérations, l’emploi de mires dont les graduations et les chifïraisons soient rationnelles, et sur les fautes graves et nombreuses auxquelles les mires usuelles les exposent (1).
- ceux des décimètres, écrivent à la place des nombres zéro décimètre, les chiffres I, 2, 3, indiquant, dans leur pensée, les nombres de mètres correspondants; mais pour faire ainsi exprimer aux chiffres 1,2, 3 tantôt des mètres, tantôt des décimètres, ils dessinent les chiffres des mètres en noir et les autres en rouge. Si ces constructeurs avaient donné dans leur vie 10 coups de niveau, ils comprendraient qu’un niveleur, exposé au soleil, au vent, à la poussière et à des distractions de tout genre, oubliera, une fois sur trois au moins, cette distinction qui serait à peine admissible dans un instrument destiné à faire des opérations en chambre.
- (I) Voir pour plus de développements sur les mires : Description raisonnée des mires de l’École d’application de l’artillerie et du génie, dans Mémorial de l’officier du Génie, n° 24. Paris, Gauthier-Villars, 1875.
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- Probablement M. Bentabol n’a pas voulu modifier, à cet égard, les usages des ingénieurs espagnols ; mais dès qu’il aura reconnu que leurs modes de graduation et de chiffraison manquent de la simplicité nécessaire, ce sera un jeu pour un homme comme lui que de faire disparaître de sa graduation les dispositions qui exposent l’opérateur aux fautes de lecture.
- Il est un second point sur lequel votre rapporteur doit faire ses réserves. L’inventeur a gradué et chiffré les deux faces de sa mire. De part et d’autre, les chiffres des décimètres et les points qui expriment les mètres sont identiques. Mais, tandis que sur l’une des faces (partie supérieure de la figure 1) les décimètres sont divisés en 10 parties égales, sur l’autre face (partie inférieure de la même figure) les décimètres sont divisés en 5 parties valant chacune 2 centimètres. L’inventeur admet que l’on devra se servir de la lre face pour les visées à faible distance et de la seconde pour les visées à grandes distances. Cela nous semble être une source de fautes nombreuses tenant à ce que, quand le niveleur aura lu en nri sur la lre face l’appoint 37 millimètres en attribuant à l’unité de la division sa valeur réelle 10 millimètres, il est à craindre qu’il oublie, en faisant la lecture sur la 2e face, que les divisions correspondent chacune à 20 millimètres ; et alors il y lirait en nxn\, pour un appoint égal à 3 divisions et demie, 35 millimètres au lieu de 70.
- On peut d’ailleurs obtenir le résultat cherché, d’une manière plus simple et plus sûre, en accolant à chaque colonne de doubles centimètres une autre colonne en simples centimètres (fig. 10 et 11), procurant, sans confusion, toutes les fois que son emploi peut être utile, une subdivision des simples ou des doubles centimètres considérés comme unités principales.
- Mais ce ne sont pas là les points les plus originaux de la mire de M. Bentabol. Ce qui la distingue surtout des instruments ayant la même destination, c’est sa décomposition en quatre morceaux, longs chacun d’un mètre et qui, pour les transports, peuvent être superposés de telle sorte que la longueur de la mire soit réduite à 1 mètre. Voici comment l’inventeur a obtenu ce résultat.
- Aux extrémités de chacun des morceaux, sauf à celles qui correspondent au talon et à la tête de la mire, sont fixées des charnières en cuivre
- En consultant ce mémoire, on y verra comment les dessins de la mire parlante de l’École (fig. 9, annexe du présent rapport), publiés par certains auteurs ou marchands, sont incorrects et même absurdes, et l’on comprendra l’inanité de leurs critiques.
- Erratum. — Dans la note Idu même mémoire; visibilité des chiffres et des divisions, page 261, ligne 3, lisez : 4m,50 x h x G, au lieu de 4m,50 x 2 h x G.
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- Fig. 1. Fig. 2.
- Éch. 1/10.
- Fig. 3. Éch- F/20.
- Fig. 5. Fig. 6.
- Éch. 1/5.
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- jaune (fig. 4 et 5), disposées de telle sorte que les quatre morceaux puissent être pliés en zigzag comme les feuillets d’un paravent (fig. 4). Alors on préserve les faces extérieures des deux morceaux extrêmes au moyen de deux planchettes à rebord, /t, /2, (fig. 4). A celles-ci sont attachées deux courroies à boucles kl et h qui permettent de maintenir la mire fermée. L’une de ces mêmes planchettes est munie de garnitures métalliques gx et g2 qu’embrasse une troisième courroie K, disposée longitudinalement, et qui, fonctionnant comme la bretelle d’un fusil, permet à un homme de porter la mire en bandoulière.
- Voici maintenant comment la mire est maintenue développée pour le service. Chaque branche des charnières est en saillie de 6 millimètres sur la tranche du bois. Dans cette partie saillante est creusée une rainure longue de 80 millimètres, large de 14 millimètres et profonde de 6 millimètres. Lorsque, par la rotation autour de leurs charnières, deux morceaux de la mire ont été amenés en prolongement l’un de l’autre, on engage, dans les deux rainures consécutives, une règle de fer rg (fig. 5), longue de 180 millimètres, large de 14 millimètres et épaisse de 5 millimètres. Cette règle est maintenue dans son double logement, en haut par une broche b, autour de laquelle elle peut tourner, et en bas par un tourniquet métallique t. Il convient de faire remarquer que cette goupille et ce tourniquet n’ont à résister à aucun effort notable; car les efforts qui auraient pour but le pliage autour d’une charnière, que ces efforts soient ou non accompagnés des effets de la pesanteur, de même que les conséquences des chocs ou des chutes de la mire ne peuvent avoir pour effet que d'évaser les rainures dans lesquelles sont logées les règles de fer, et par suite d’augmenter le jeu inévitable entre les rainures et ses règles.
- Si l’on a pu suivre cette description, on aura compris combien est ingénieux et élégant le mécanisme de la mire de M. Bentabol. C’est l’expérience qui seule montrera si ce mécanisme est assez robuste pour un instrument qui, comme une mire, est exposé à des chocs nombreux. Elle montrera encore si ces chocs et les évasements consécutifs des rainures n’augmenteront pas dans des proportions inadmissibles la flexibilité qui, déjà pour la mire neuve, est un peu gênante. Il est vrai que, par l’emploi d’un métal moins mou et plus tenace que le cuivre jaune, par l’emploi du bronze, par exemple, on pourrait remédier à ce défaut. Enfin les opérateurs auront à examiner si les cas dans lesquels l’emploi de la mire pliante est avantageux, sont assez fréquents pour les engager à l’adopter, pour toutes sortes de nivelle-
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- ments, ou s’il faut consacrer à des cas exceptionnels une mire qui est plus coûteuse et plus volumineuse que d’autres mires en usage (1).
- Mais, alors même que l’expérience ne donnerait pas, sur les divers points, satisfaction à l’inventeur, il n’en serait pas moins certain que les charnières imaginées par M. Bentabol, pour sa mire, sont très originales et paraissent pouvoir recevoir des applications avantageuses dans des cas analogues.
- Aussi le Comité des arts mécaniques a-t-il l’honneur de vous prier, Messieurs, de remercier M. Bentabol de sa présentation et d’ordonner l’impression dans le Bulletin de la Société du présent Rapport, accompagné, dans le texte, des figures nécessaires pour son intelligence.
- Signé : Colonel Goulier, rapporteur.
- Approuvé en séance le 28 juin 1889.
- (I) Les mires parlantes à rallonges de l’École d’application de l’artillerie et du génie (voir Mémorial, cité plus haut et la figure 9 de l’annexe ci-dessous) ont, développées, une longueur de 4m,63. Repliées, elles forment un colis dont la longueur est de lm,68 et la section est 0m,07 sur 0m,07, dont le volume est 8 décimètres cubes et qui pèse 5 kilos. La mire Bentabol est longue de 4 mètres seulement. Repliée, elle forme un colis dont la longueur est 1 mètre et la section est 0m,09 sur 0m,t5 et dont le volume est 12 décimètres cubes et le poids est plus de 8 kilos. La nouvelle mire est donc environ moitié plus volumineuse et plus pesante que l’autre. Celle-ci a d’ailleurs cet avantage que, en laissant sa rallonge au bureau, le niveleur n’aura à faire porter sur le terrain qu’une mire de 3m,20, longueur suffisante pour des cheminements sur des voies de fer, ou lorsque, pour se mettre à l’abri des erreurs systématiques, causées par l’inégalité des colliers de la lunette ou par les ballottements de l’objectif ou du coulant porte-fils, on s’impose l’obligation de faire en sorte que, dans chaque nivelée, le niveau soit à peu près équidistant des mires d’avant et d’arrière.
- LÉGENDE DES FIGURES REPRÉSENTANT LA MIRE PLIANTE DE M. BENTABOL
- 1. Mécanisme.
- Fig. 1. — Elévation de la mire vue à l’œil nu. PP', poignées articulées ; Yp fil à plomb.
- Fig. 2. — Mire vue dans la lunette : elle y parait renversée.
- Fig. 3. — Disposition des quatre morceaux se repliant. 1
- Fig. 4. — Mire repliée pour le transport et coupe AB ;
- li, 4, planchettes à rebords protégeant la peinture ; kjc2, courroies d’assemblage ; K, courroie-bretelle avec laquelle on peut porter la mire en bandoulière.
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- Fig. 5. — Charnières du milieu de la mire et coupes CD et EF ; rg, Réglette de fer qui peut tourner autour de la broche b et être engagée dans les rainures des charnières (coupe EF) où elle est maintenue par un tourniquet t. Fig. 6. — Elévation latérale de la charnière c et des tourniquets t.
- Fig. 7. — Double poignée articulée et coupe GH ;
- PP', poignées; a, a', arrêts à ressort.
- Fig. 8. — Élévation latérale de la poignée P et de l’arrêt a.
- II. Graduations et chiffraisons.
- Les deux faces de la mire sont divisées, Tune en centimètres, comme le représente la partie supérieure de la figure 1, l’autre en doubles centimètres comme le montre la partie inférieure de la même figure ainsi que les figures 5 et 7. Dans
- l’un et l’autre cas, les chiffres sont peints la tête en bas afin que, dans la lunette, ils soient vus droits comme le montre la figure 2. Les
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- nombres de mètres sont indiqués par 1, 2 ou 3 points ronds qui surmontent les têtes des chiffres.
- Sur toute la face divisée en centimètres et sur les deux mètres inférieurs de la face divisée en doubles centimètres, les divisions, les chiffres et les points ronds sont peints en noir sur fond blanc. Ils sont peints en rouge sur les deux mètres supérieurs de la face en doubles centimètres.
- L’inventeur prescrit d’employer, pour les petites portées, la face divisée en centimètres et, pour les grandes portées, la face divisée en doubles centimètres.
- Cette seconde face porte d’ailleurs, peintes dans chacun des demi-mètres supérieurs, des bandes de 0m,50 sur0m,01, alternativement noires etrouges (fig. 1 et 5), et dont l’inventeur prescrit l’emploi pour apprécier les hauteurs de mires à de très grandes portées, alors que les chiffres ne seraient plus lisibles.
- Fig. 10. Mires diverses.
- Fig. 11.
- Annexe du rapport sur la mire Bentabol par le colonel du génie Goulier.
- GRADUATIONS ET CHIFFRAISONS NATURELLES DE DIVERSES SORTES DE MIRES PARLANTES.
- Fig. 9. — Échelle 1 /5e, mire à rallonge du Génie militaire.
- Pour les emplois ordinaires, cette mire a 3m,20; une charnière permet de la
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- plier en deux. On y annexe à volonté une rallonge R de lm,43 qu’une broche b réunit à la mire.
- Les divisions en centimètres sont alternativement blanches et rouges; les chiffres sont noirs.
- La figure 9 nous montre la mire comme on la voit à l’œil nu, les nombres augmentant de bas en haut; les figures 10 et il représentent des mires vues dans la lunette d’un niveau ; les nombres y croissent de haut en bas.
- Fig. 10. — Echelle I/o6, mire à compensation du nouveau nivellement général de la France.
- Cette mire porte des divisions en centimètres, en demi-centimètres et en doubles millimètres : les traits et les chiffres sont noirs. Avec une lunette ayant une puissance 25, les chiffres et les divisions sont utilisables respectivement jusqu’à 180m, 90m et 36m (1).
- Dans les lectures, on prend pour unité les centimètres et l’on estime les fractions en s’aidant, quand c’est possible, des subdivisions de cette unité. Cela s’exécute d’instinct et sans confusion possible.
- Fig. 11. — Echelle l/5e, stadia du Génie militaire.
- La figure représente une stadia pour angle stadimétrique 1/50 ou une mire parlante donnant les demi-hauteurs de mire. Les divisions principales sont des doubles centimètres et leurs subdivisions, dont chacune vaut une demi-unité, facilitent l’estime des fractions des divisions principales.
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- Rapport fait par M. Redier, au nom du Comité des arts mécaniques, sur le contrôleur de rondes, présenté par MM. Trenta frères, mécaniciens à Lyon, quai Claude-Bernard, 6.
- Les contrôleurs de rondes ne datent que du premier Empire; les plus anciens connus se voient encore en parfait état dans les galeries du Louvre ; ils sont de l’invention des Lepaute.
- Schwilgué, le restaurateur de la célèbre horloge de Strasbourg, imagina, il y a quarante ans, de faire imprimer un mot par la succession des pointages
- (I) Pour avoir la plus grande lisibilité, les chiffres doivent être noirs et isolés, avoir, comme ceux des figures 9, 10 et 11, des pleins égaux au 1 /7e de leur hauteur, des déliés égaux à la moitié des pleins, et des boucles peu fermées.
- Dans ces conditions, les chiffres hauts de h centimètres sont distincts pour l’œil nu jusqu’à h x 4m,50. Vus dans une lunette dont la puissance estp, ils sont lisibles jusqu’à p x h x 4m,50.
- Les chiffres sans déliés tels qu’on les peint habituellement sur des mires parlantes, ont à hauteur égale une lisibilité beaucoup moins grande.
- Tome IV. — 88e année. 4° série. — Octobre 1889.
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- que faisait le surveillant sur sa route. Cette idée a été exploitée de différentes manières et avec beaucoup de succès.
- MM. Trenta ont voulu faire mieux et, si leur invention ne s’applique qu’à des conditions spéciales à cause de son prix un peu élevé, il n’en est pas moins vrai qu’elle offre toutes les garanties désirables.
- L’ensemble se compose d’un appareil central important, muni d’une horloge marchant huit jours et chargée de la distribution des cartes de contrôle qui seront poinçonnées parle surveillant suivant une marche indiquée.
- Avant la nuit, un appareil porte-cartes reçoit un nombre de celles-ci égal au nombre de rondes à faire. Puis l’appareil est fermé. Le surveillant doit attendre que sa carte tombe dans un récipient pour l’y saisir. S’il est en retard, une piqûre indique à quelle heure il est venu. Muni de cette carte, il passe devant chacun des postes et frappe sur ce carton un signe gravé en relief.
- Ce relief, fixé au poste à surveiller, est différent à chacun d’eux, de façon qu’on puisse s’assurer si le parcours a été complètement suivi, et dans quel ordre il a été suivi.
- La ronde terminée, la carte est remise dans un autre compartiment de l’appareil central et une piqûre faite par l’horloge indique l’heure à laquelle la ronde a été achevée.
- Un second surveillant, ou le même, suivant les circonstances, prend une seconde carte et les choses continuent ainsi pour tous les tickets ou cartes déposées dans le compartiment.
- . Enfin l’horloge a pour mission de fermer automatiquement la cage qui contient le tout, en sorte qu’on ne peut toucher aux fonctions qu’à certaines heures voulues.
- Toutes ces fonctions assez compliquées ont été édifiées d’une façon simple et solide et quelques détails en sont entièrement neufs et très ingénieux.
- Nous ajouterons qu’au point de vue de l’exécution, le travail est très remarquable. Les meilleurs ateliers de Paris ne font pas mieux et il est heureux de voir ces bonnes traditions se répandre loin de la capitale.
- Votre Comité vous propose de remercier les auteurs de leur communication et de publier dans le Bulletin de la Société le présent rapport accompagné des dessins et légendes propres à en faire connaître les détails de construction.
- Signé : Redier, rapporteur.
- Approuvé en séance le 12 juillet 1889.
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- LÉGENDE DESCRIPTIVE DES FIGURES REPRÉSENTANT LE CONTRÔLEUR DE RONDES DE MM. TRENTA FRÈRES.
- Appareil central. — L’appareil central a pour fonctions de distribuer les cartes avant chaque ronde, puis de les recevoir à nouveau sur la fin en inscrivant en même temps l’heure de leur rentrée. Il est représenté par les figures 1 et 2.
- Cet appareil se compose d’une cage de fer vitrée contenant une horloge qui marche huit jours sans être remontée et qui sert de moteur pour un mécanisme à
- Fig. 1. — Vue de lace du contrôleur de rondes de MM. Trenta.
- trappes produisant les effets désirés. Un système de fermeture automatique de la porte de l’appareil est également actionné par l’horloge.
- A droite de l’horloge (fig. 4) est un châssis A, divisé en 12 compartiments correspondant chacun à une des 12 heures de la nuit; ce châssis reçoit chaque jour du surveillant général les cartes de contrôle pour le service des rondes. Il repose sur des rails B et B' (fig. 1 et fig. 2) au moyen de 4 galets et il est dépendant de la marche de l’horloge qui, par l’intermédiaire d’un secteur denté agissant alternativement sur deux crémaillères, lui transmet un mouvement de va-et-vient régulier complet en 24 heures. Pendant le jour il va de gauche à droite et, pendant la nuit, de droite à gauche.
- A 6 heures du soir, au moment où le chariot occupe sa position extrême de droite, un tiroir qui se trouve à sa partie inférieure et que commande aussi l’horloge, laisse tomber les cartes contenues dans le compartiment qu’indique le
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- chiffré 6. Celles-ci, passant alors dans un conduit S, vont reposer par leur bord inférieur sur la face supérieure d’un tambour T, traverse en son centre par un axe autour duquel il peut faire un demi-tour dans une demi-enveloppe fixe U. Une niche T' est ménagée dans ce tambour et affecte la forme d’un secteur.
- Lorsque le gardien fait tourner ce tambour d’un demi-tour de droite à gauche, au moyen d’une oreille latérale, la partie évidée T' se présente en face du conduit S et toutes les cartes qui se trouvent dans celui-ci passent alors dans cette partie du tambour ; il suffît ensuite de remettre le tambour dans sa première position pour pouvoir prendre ces cartes.
- Cette sorte de tiroir circulaire a été imaginé dans le but de prévenir toute ten
- Fig. 2. — Vue de derrière du controleur de ronde de MM. Trenta.
- tative de la part des gardiens d’avoir les cartes avant l’heure ou de nuire à la marche du mécanisme en introduisant quoi que ce soit^dans l’orifice de sortie de ces cartes.
- Entre 6 et 7 heures, l’horloge ferme graduellement le tiroir rectiligne qui est au-dessous du chariot en même temps que celui-ci avance juste d’un compartiment; puis, à l’heure exacte, le tiroir s’ouvre de nouveau pour livrer passage aux cartes contenues dans le compartiment indiqué par le chiffre 7. Et ainsi de suite jusqu’à 6 heures du matin.
- De 6 heures du matin à 6 heures du soir, c’est-à-dire pendant que le chariot va de gauche à droite, le tiroir reste invariablement fermé par l’horloge, ce
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- qui fait qu’à n’importe quel moment de la journée on peut placer de nouvelles cartes, lesquelles ne sortiront pas avant le moment convenable.
- L’arrangement adopté pour ce tiroir est le suivant : entre les supports à rails B et B' se trouvent deux plaques de laiton placées horizontalement dans le plan du dessous du châssis à compartiments. L’une de ces plaques, celle qui se trouve du côté de l’horloge, est fixe et l’autre est mobile, c’est-à-dire peut coulisser entre deux rainures. A cette dernière est fixée une tige d'acier dont l’extrémité opposée est prise par un levier que l’on voit derrière l’horloge (fig. 2) appuyant par un couteau contre le champ d’une grande roue d’acier dont une moitié est dentée. Un ressort enroulé sur la tige d’acier sollicite constamment le tiroir à s’ouvrir, ou pour mieux dire tend toujours à faire éloigner la plaque mobile de celle qui est fixe. La grande roue en acier animée par l’horloge fait un tour en 24 heures; sur une moitié de sa circonférence on a taillé 12 échancrures et l’autre moitié est restée unie. Lorsque le couteau du levier appuie sur la partie unie de cette roue, le tiroir reste fermé, mais sitôt que, par l’effort du ressort enroulé sur la tige, une des entailles de la roue vient se présenter à lui, il y pénètre et par suite la plaque mobile faisant le fond du châssis se déplace d’une certaine quantité. :
- Un bon joint est obtenu avec les deux plaques bout à bout pendant que le tiroir doit rester fermé, en pratiquant sur ces bouts quelques entailles (mâles et femelles) qui font que lorsque ce tiroir est fermé les deux plaques ne se touchent point, mais pénètrent pour ainsi dire un peu l’une dans l’autre.
- La partie réservée pour la rentrée des cartes dans l’appareil à la fin de chaque ronde se trouve à gauche de l’horloge (fig. 1).
- Au-dessus est une plaque coulissante Y percée d’une fente ayant la longueur des cartes et assez mince. Le gardien peut, à l’aide d’un levierX, déplacer cette plaque et amener son ouverture en face de celle d’un conduit qui descend d’une certaine quantité dans l’appareil au-dessus d’une cavité Z. Devant une fenêtre pratiquée dans un des grands côtés de ce conduit rectangulaire, une aiguille se déplace continuellement par l’horloge, dans un mouvement de va-et-vient régulier qui s’accomplit en 24 heures. Le conduit est assez vaste pour permettre à une carte froissée de pénétrer aussi bien que si elle était parfaitement plane.
- Lorsque l’ouverture de la plaque coulissante supérieure est en regard du conduit, un étrier masque le côté inférieur et un petit volet bouche également la fenêtre que regarde l’aiguille; mais aussitôt que, après l’introduction d’une carte, le gardien déplace la plaque coulissante l’ouverture supérieure du conduit se trouve masquée, puis un jeu de cames et de ressorts, mis en mouvement par ce déplacement, rétrécit le conduit de façon à redresser la carte si elle est froissée, ouvre en même temps le petit volet en face de l’aiguille, fait avancer cette aiguille vers la carte jusqu’à ce qu’elle soit percée dans la division qu’elle porte en tête et enfin déplace l’étrier pour que la carte tombe dans la cavité Z pendant que le
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- conduit reprend sa première forme et l’aiguille revient à sa première position.
- Pour l’arrangement de cette partie de l’appareil, il a fallu prévoir les cas suivants : 1° qu’une carte ne puisse jamais tomber dans la cavité Z sans être piquée au passage ; 2° que toute carte froissée avant son introduction soit piquée avec la même précision que si elle ne l’était pas et ne puisse jamais se trouver arrêtée dans le conduit et gêner le passage des cartes suivantes ; 3° qu’il ne soit laissé aucun moyen au gardien qui voudrait user de malveillance à l’égard de l’appareil pour arrêter ou altérer le fonctionnement du mécanisme de ce côté.
- On a encore prévu le cas où le gardien essaierait d’arrêter l’horloge en ne déplaçant la plaque coulissante que d’une certaine quantité de façon que l’aiguille restât plantée dans la carte (ce qui pourrait quelquefois offrir une résistance suffisante à l’horloge pour l’arrêter), puis en finissant de déplacer la plaque coulissante convenablement, ce gardien ferait tomber la carte piquée dans le réduit Z et, le lendemain, on ne saurait à quoi attribuer l’arrêt de l’horloge ou un retard quelconque que l’on constaterait que cette horloge aurait prise.
- En prévision de cet arrêt possible, on a simplement placé l’aiguille sur un pivot autour duquel le côté opposé à sa pointe peut tourner si la pointe rencontre une résistance de côté. Un ressort et un talon de butée replacent cette aiguille toujours à la même position lorsque la résistance de côté cesse. On conçoit donc que, si l’aiguille se trouve, par l’intention du gardien, rester un certain temps plantée dans la carte à mesure que le porte-aiguille se déplace horizontalement par la marche de l’horloge, le fonctionnement a toujours lieu.
- Une dernière garantie indispensable a été donnée à ce système ; il s’agit de la fermeture automatique de la porte de l’appareil en question. Cette fermeture qui est encore donnée par l’horloge peut avoir lieu pendant tout le temps qu’on désire, c’est-à-dire, par exemple, pendant toute la durée des rondes.
- C’est une came C, calée sur l’arbre d’horloge faisant un tour en 24 heures, qui, par l’intermédiaire d’un levier L, déplace périodiquement une paire de verrous placés derrière le haut de la porte. C’est selon les proportions qu’on aura données à la came et aussi selon la position qu’on lui aura donnée sur l’arbre par rapport à l’heure une fois pour toutes, que les périodes de fermeture automatique dureront plus ou moins longtemps et commenceront à telles ou telles heures. Donc, par ce mécanisme, les verrous s’engagent chaque jour à une heure donnée dans des gâches faisant partie du haut de la porte, pour ne s’en dégager qu’à une autre heure connue. A part cela, la porte est de tout temps fermée à clef.
- Comme complément nécessaire à cette combinaison, en prévision d’un arrêt de l’horloge qui pourrait quelquefois se produire pendant une période de fermeture automatique si on venait à oublier de remonter le ressort à la huitaine, une dernière disposition permet d’ouvrir quand même sans détériorer l’appareil et sans que pour cela l’importance de la garantie obtenue fasse défaut.
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- A cet effet, un petit orifice a été ménagé dans l’épaisseur du couvercle delà cage, où se trouve le bouton M ; cet orifice est en temps ordinaire bouché par un scellé que le garde ne pourrait remplacer par un autre semblable ; ce scellé est généralement composé d’une rondelle de carton recouverte de dessins ou de signes quelconques de chaque côté, et le gardien ne connaît pas les signes marqués sur la face intérieure de cette rondelle.
- Pour dégager les verrous, il suffit d’enlever d’abord le bouton, puis, avec un objet quelconque, de briser le scellé et de pousser ensuite la fourchette du levier L qui est mobile.
- En devenant indépendante du levier et de la came, la tringle qui porte les verrous est immédiatement repoussée à droite par un ressort qui sert à tenir le galet du levier appuyé contre la came ; de ce fait les verrous se trouvent Fig. 3. — Timbre sec.
- dégagés, et on peut de suite achever
- d’ouvrir avec la clé ordinaire qui sert pour la fermeture simple du jour.
- Appareils de postes. — Les figures 3 et 4 représentent deux timbres secs en quart de grandeur.
- A, plaque de fonte que l’on fixe au mur ou contre la boiserie ; B, levier muni d’un bouton B' sur lequel le garde appuie après avoir introduit la carte dans le cadre Ç; T, cachet en acier portant la gravure qui désigne le poste ; R, ressort tendant constamment à tenir le cachet éloigné de sa contre-partie; cette contre-partie, composée d’un morceau de métal malléable enchâssé dans la plaque de fonte, porte en creux la gravure du cachet ; de sorte que les dessins imprimés sur les cartes sont en creux d’un côté et en relief de l’autre.
- Fig. 4. — Autre disposition Les deux timbres secs montrent comment il est possi-
- du timbre sec.
- ble, en déplaçant les cadres par rapport aux cachets, d’obtenir sur u ne même carte timbrée à différents postes une série de figures juxtaposées.
- Cartes. — La figure 3 représente, en grandeur, une des cartes employées.
- C’est dans sa division en heures et demi-heures que cette carte est piquée en rentrant dans l’appareil à la fin de la ronde; le point produit permet toujours de juger, à deux ou trois minutes près, du moment exact de cette rentrée. Le chiffre 9 répété au-dessous de la division indique qu’il s’agit ici d’une carte que le surveillant placerait dans le compartiment de distribution de 9 heures.
- Pour être assuré que le garde n’emploiera pas d’autres cartes que celles qu’ou
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- lui délivre par l’horloge, ii est nécessaire, avant de les placer dans leurs compartiments respectifs, de les revêtir au dos de quelques inscriptions particulières, telles que la date, le nom du gardien qui doit faire la ronde, etc., etc.
- La figure o montre les marques données par les timbres secs.
- Chaque poste marque un chiffre et les chiffres successifs sont séparés par des signes Chacun des signes + est produit par deux cachets; c’est-à-dire que le cachet portant le chiffre 1, par exemple, marque la barre verticale et celui du chiffre 2 marque la barre horizontale du signe qui, sur la carte, sépare
- ces deux chiffres.
- De cette façon les empreintes ne sont pas simplement juxtaposées, mais elles se chevauchent.
- Cette disposition a pour but :
- 1° De rendre la contrefaçon des cachets et des empreintes impossible ;
- 2° De marquer sur la carte l’ordre dans lequel la ronde a été faite ;
- 3° De permettre de connaître, si cela devenait nécessaire, le moment où tel ou tel poste aurait été visité.
- C’est par récrasement du carton à l’intersection des barres qui forment les signes +- que l’on voit, sans hésitation possible, si le garde a marqué la carte en suivant l’itinéraire établi par l’ordre des chiffres ou s’il a renversé cet itinéraire (ce qu’on peut lui commander de faire en certain cas). Ceci admis, il est toujours aisé (connaissant aussi l’heure de la délivrance de la carte, le moment de sa rentrée et le temps nécessaire à l’accomplissement de la ronde) de savoir à quel moment cet employé a visité tel ou tel poste. Il ne reste plus pour cela qu’à savoir le temps relatif qu’il faut pour se rendre au poste désiré, en partant de l’appareil central et en passant par l’itinéraire révélé par la carte.
- Parmi les nombreux avantages que présente l’emploi de cartes pour marquer les rondes, il faut remarquer celui de permettre au gardien de noter sur la carte même les observations courantes ou extraordinaires qu’il peut être appelé à faire pendant sa ronde. Si, par exemple, quelque circonstance l’a mis en retard ou l’a empêché de marquer son passage à un poste, il en fait mention sur la carte dont il est porteur avant de la remettre dans l’appareil central ; de cette façon le surveillant sait de suite à quoi s’en tenir le lendemain en vérifiant le service.
- 6 789 10 1112 1 2 o 456
- délivré a
- Fig. 5. — Carte de ronde.
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- Si l’on avait à faire visiter plus de 48 postes à chaque ronde, il serait aisé d’avoir des cachets plus petits, ou bien de délivrer au même gardien deux cartes à la fois au lieu d’une seule.
- On conçoit qu’avec cette disposition qui permet d’établir des postes en aussi grand nombre qu’on peut le désirer pour avoir des rondes complètes, offrant toutes garanties, on n’a plus aucune raison d’accorder au gardien un temps supérieur à celui qui aura été reconnu véritablement nécessaire, en marchant d’un pas ordinaire, pour accomplir chaque ronde.
- De la sorte, cet employé est maintenu dans un état d’activité qui lui convient parce que tout son temps se trouve utilisé d’une façon rationnelle, et le service qu’il remplit présente les meilleures conditions d’efficacité.
- NOTICE SUR M. BOITEL, PAR M. PRILLIEUX, MEMBRE DU CONSEIL
- Messieurs,
- La Société d’Encouragement vient de faire une grande perte. Le doyen de notre Comité d’agriculture, M. Boitel, n’est plus.
- Obligé, par les atteintes d’un mal dont il ne soupçonna pas d’abord la nature et la gravité, d’interrompre le cours qu’il faisait à l’Institut agronomique, il était allé chercher le grand air et le repos à la campagne dans une propriété qu’il avait créée dans le Perche et où il aimait à diriger, en praticien consommé, tous les travaux de la culture de ses champs et de son jardin. C’est là qu’il vient de succomber. Lundi dernier (1), sa famille, à laquelle s’étaient joints quelques amis intimes au nombre desquels se trouvaient deux membres de votre Comité d’agriculture, M. le baron Arnould Thénard et moi, l’accompagnaient jusqu’à sa dernière demeure dans le cimetière du petit village de Boursay.
- M. Boitel aimait la Société d’Encouragement; il avait conservé pour elle une vive gratitude; il se plaisait à redire que c’est à elle qu’il devait le choix de la carrière qu’il a si heureusement et si brillamment parcourue. Il avait terminé ses études et était fort indécis sur ce qu’il allait faire, quand il apprit par hasard que la Société d’Encouragement mettait au concours une bourse à l’École d’agriculture de Grignon. Sa décision est aussitôt prise : il se présente et subit les épreuves du concours avec succès. '
- Entré à Grignon, il est captivé par ces études agricoles auxquelles il va consacrer sa vie entière, et se place sans conteste au premier rang parmi les élèves de sa promotion.
- (1) 22 juillet 1889.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Octobre 1889.
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- A sa sortie de l’École, il se proposait de se consacrer à la pratique de l’agri-culture et il accepta la direction d’une grande exploitation dans les Landes. Mais bientôt il apprit qu’une loi nouvelle sur l’enseignement de l’agriculture venait d’être votée par l’Assemblée nationale, qu’une école supérieure d’agriculture était créée à Versailles sous le nom d’institut national agronomique et que les chaires en allaient être mises au concours. Il ne put résister au désir de venir tenter la fortune, sans grand espoir de réussite cependant, car il allait avoir à lutter, lui jeune homme inconnu et à peine sorti de l’école, contre un des maîtres reconnus de l’agriculture, Moll, qui avait déjà produit alors des travaux considérables ; mais il voulait profiter de l’occasion qui se présentait à lui de résumer pour ce concours et de classer tout ce qu’il avait appris en agriculture et aussi de faire l’épreuve publique de ce qu’il pouvait valoir. Dans ce concours, la bonne ordonnance de son programme, son esprit juste et droit frappèrent le jury que présidait l’illustre comte de Gasparin. On vit en lui un jeune professeur plein d’avenir unissant aux connaissances variées et au tact particulier du praticien un esprit vraiment scientifique et on lui attribua la chaire d’agriculture qu’il occupa avec distinction de 1851 à 1853 pendant les deux ans que dura l’Institut agronomique de Versailles.
- Quand peu après le coup d’État de décembre 1852 cette institution fut détruite, M. Boitel fut indemnisé de la perte de la chaire qu’il avait gagnée au concours par le poste d’inspecteur général de l’agriculture. Il en a exercé les délicates fonctions pendant 34 ans avec une compétence, une probité, un tact et une affabilité que tous les agriculteurs ont été unanimes à reconnaître. Durant cette longue carrière d’inspecteur général de l’agriculture, bien des œuvres particulières lui ont été confiées. Il eut d’abord à réorganiser les cultures des domaines de Sologne appartenant au chef de l’État ; plus tard, à la fin du règne, il dut prendre pendant quelque temps la direction de cette école de Grignon dont il avait été l’un des plus brillants élèves. Inspecteur général des établissements pénitentiaires en même temps qu’inspecteur de l’agriculture, il fut chargé d’organiser en Corse des cultures où le travail des détenus pût être utilisé. Partout et toujours, M. Boitel apporta, dans les missions qu’on lui confia, la droiture, la fermeté et la conscience qui faisaient le fond de son caractère.
- Homme de devoir avant tout, il savait braver le danger avec calme et résolution. L’influence pernicieuse des marais de Corse où il avait à installer les exploitations rurales qui devaient être confiées aux détenus ne le fit pas reculer : il acheva son œuvre, mais rapporta en France des fièvres paludéennes dont il ressentit bien longtemps les atteintes.
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- Très actif sous une apparence fort calme, M. Boitel était déjà au travail quand tous autour de lui dormaient encore. Dans les nombreuses excursions à travers toutes les régions de la France et de l’Algérie que lui imposaient ses devoirs d’inspecteur de l’agriculture, il poursuivait des recherches scientifiques personnelles et rassemblait à chaque occasion des observations nouvelles. La flore comparée des prairies des différentes régions, la formation du sol arable, la désagrégation et le transport des roches étaient les principaux sujets de ses études.
- Il a publié sur les prairies plusieurs mémoires d’un grand intérêt, puis réuni dans un livre, qui a obtenu un succès mérité, l’ensemble de ses observations sur ce sujet.
- Vers la fin de sa carrière, M. Boitel fut heureux de redevenir professeur. Il accepta en 1881 de faire le cours d’agriculture générale dans le nouvel Institut agronomique qui, après 23 ans d’interruption, avait repris, à la tête de l’enseignement agricole, la place qu’avait brillamment occupée pendant deux ans l’Institut agronomique de Versailles.
- Le cours que faisait M. Boitel pendant ces dernières années avait un caractère très personnel et très spécial. Le professeur réunissait dans ses leçons les faits très nombreux qu’il avait observés durant sa longue carrière agricole. La constitution du sol arable, ses origines, sa composition étaient un sujet qu’il se plaisait surtout à traiter, en détail. lise proposait de publier ce cours et de consacrer à sa rédaction les loisirs que lui laissait sa mise à la retraite comme inspecteur général. La mort ne lui en a pas laissé le temps.
- M. Boitel appartenait depuis 1864 à votre Comité d’agriculture ; il prenait une part très active à vos travaux ; il se chargeait volontiers de vous présenter sur les questions agricoles des rapports dont plusieurs sont des œuvres d’un grand intérêt.
- La mort de M. Boitel laisse un grand vide dans notre Société; elle cause à tous ceux qui l’ont connu intimement une profonde douleur.
- RAPPORTS FAITS PAR M. ROITEL DANS LE Bulletin DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT.
- 1865. Sur le procédé d’évaporation du soufre substitué à l’emploi de la fleur dans
- le traitement de l’oïdium de la vigne. Tome XII, p. 61.
- 1866. Sur l’emploi de certaines substances comme engrais et amendements.
- Tome XIII, p. 460.
- 1873. Sur les greniers et gerbiers conservateurs de M. Pavy. Tome XX, p. 234.
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- 1875. Sur le gazonnementetle reboisement desmontagnes.TomeII,pp. 404, 655.
- 1876. Acclimatation d’espèces nouvelles de maïs. Tome III, p. 265.
- 1878. Sur l’agriculture de la Corse et sur ses établissements pénitentiaires.
- Tome V, p. 139.
- 1879. Sur les prairies selon le système de M. Goëtz. Tome YI, p. 216.
- 1882. Sur les documents fournis par M. Jus au sujet de l’irrigation par puits artésiens et de la culture du dattier dans l’Algérie orientale. Tome IX, p. 385. 1884. Sur les appareils à fabriquer le beurre de M. Pilter. Tome XI, p. 366.
- 1887. Sur le concours relatif à une étude sur les cultures de l’Algérie. Tome II,p. 39.
- 1888. Sur l’ouvrage la Laiterie de M. Pouriau. Tome III, p. 460.
- 1889. Sur le concours pour la meilleure étude d’agriculture pour l’Algérie.
- SUR LA SYNCHRONISATION DES HORLOGES DE PRÉCISION ET LA DISTRIBUTION DE l’hüILE, PAR M. A. CORNU, MEMBRE DE L’iNSTITUT
- Dans l’établissement de certains dispositifs de haute précision usités en physique ou en astronomie, on est conduit au problème suivant :
- Rendre les oscillations d’un système mobile donné (balancier, lame vibrante, galvanomètre, etc.) exactement synchroniques avec un mouvement périodique également donné (battements d’une horloge, d’un relai, etc.).
- Le système oscillant à synchroniser est, en général, un solide invariable soumis à l’action :
- 1° D’une force principale proportionnelle à l’écart;
- 2° D’une force perturbatrice proportionnelle à la vitesse;
- 3° D’une force additionnelle, constituant la liaison synchronique, dont l’intensité est périodique et que, pour simplifier, nous supposerons indépendante de la position du système.
- On trouve par le calcul que le mouvement du système oscillant est la superposition de l’oscillation amortie que le système prendrait’si la liaison synchronique n’existait pas, et d’un mouvement qui dépend de la loi qui lie l’intensité de la force synchronisante avec le temps.
- Le problème proposé consiste donc à chercher s’il est possible de faire coïncider ce mouvement résultant avec une fonction périodique dont la période 0 est différente de la période T de l’oscillation propre du système. Or, d’après les équations mêmes du mouvement, il résulte que :
- Pour qu’un système oscillant puisse être synchronisé, il faut et il suffit que le mouvement libre du système soit une oscillation amortie : le régime stable est d’autant plus rapidement atteint que l’amortissement est plus grand.
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- Dans le cas d’une force périodique suivant la loi pendulaire simple, on trouve de la même manière que les conditions auxquelles doit satisfaire la liaison synchronique pour donner au système oscillant un régime stable représenté par une fonction circulaire sont telles que la force synchronisante soit aussi une fonction circulaire du temps ayant une amplitude et une phase déterminées. La différence de phase entre la force synchronisante et le mouvement synchronisé ne peut être nulle que si le coefficient d’amortissement et est égal à zéro. Cette différence de phase, conséquence de l’amortissement, correspond toujours à un retard du mouvement synchronisé.
- Le cas où la force synchronisante est une fonction discontinue du temps est fort important dans les applications, notamment à l’horlogerie, où l’on utilise une action presque instantanée pour produire la synchronisation, et demande à être examiné à part.
- Nous prendrons comme types les conditions suivantes, qui répondent à certains problèmes pratiques :
- 1° Le système oscillant est soumis périodiquement à l’action d’une force instantanée très petite;
- 2° La période © de cette force diffère peu de la période T d'oscillation libre du système;
- 3° Le coefficient d'amortissement de l’oscillation est très faible.
- Nous appellerons force instantanée une force agissant pendant un temps assez court pour qu’on puisse négliger le déplacement du système pendant la durée de l’application de cette force : elle est très petite lorsqu’elle ne produit qu’une variation relative très petite de la vitesse ; enfin nous dirons que le coefficient déamortissement est très faible lorsqu’on peut négliger devant l’unité le carré du produit a T de ce coefficient par la période T d’oscillation libre.
- La méthode que nous avons employée est fondée sur la représentation géométrique d’un mouvement quelconque par une courbe dont chaque point a pour abscisse le déplacement aune époque donnée et pour ordonnée une longueur proportionnelle à la vitesse au même instant. Ce mode de représentation, suggéré par les propriétés de l’oscillation pendulaire simple (dont la courbe représentative coïncide avec un cercle lorsque le facteur de proportionnalité de la vitesse K = T : 2 tc) s’applique d’une manière particulièrement élégante à l’oscillation amortie.
- Il résulte de ce mode de figuration qu’une oscillation quelconque, pendulaire ou amortie, est représentée par un vecteur, c’est-à-dire par une droite p issue d’une origine fixe mesurant l’amplitude à l’époque t et faisant avec une direction
- fixe un angle « = —^ , mesurant le temps écoulé depuis un déplacement nul. On
- peut ainsi utiliser toutes les relations simplesquefournitlacomjoose&oftdesvecteurs.
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- Dans le cas d’une force instantanée périodique appliquée à une oscillation pendulaire simple, on trouve, par des considérations géométriques élémentaires, que le lieu qui représente la loi de variation avec le temps de l’amplitude et de la phase pendant le régime variable (et que nous nommerons indicatrice de synchronisation.) est un cercle dont le centre, situé sur l’axe représentatif des déplacements . . , u T
- à une distance del origine égalé à — ^----Fp, est décrit avec une vitesse angulaire
- . 2 7T
- uniforme -=- = oT
- 1
- T
- 1
- 0
- )•
- Le rayon du cercle dépend de l’amplitude de la phase initiale.
- On reconnaît que l’amplitude varie périodiquement avec le temps, comme les rayons vecteurs de l’origine menés à ce cercle, et que la période est S. Le système oscillant exécute donc de véritables battements : le régime variable subsiste indéfiniment et le régime stable ne peut jamais s’établir. Nous retrouvons ici le résultat prévu par la théorie générale, à savoir que le régime stable ne peut s’établir qu’avec une oscillation amortie.
- La phase varie aussi périodiquement, mais de deux manières, très différentes suivant le rayon du cercle indicateur. Si l’origine est extérieure au cercle, cette phase, mesurée par l’angle du vecteur avec la ligne du centre, oscille entre les valeurs angulaires correspondant aux tangentes menées de l’origine au cercle : il y a donc une sorte de synchronisation périodique avec une erreur alternativement positive et négative. Si, au contraire, l’origine est intérieure au cercle indicateur, la phase varie d’une manière continue avec le temps : le système perd ou gagne une période T à chaque période oT, suivant le sens de la description du cercle. Le système échappe donc à la liaison synchronique, et la synchronisation, même imparfaite, du cas précédent, est impossible.
- Il importe de remarquer cette conséquence curieuse que, l’impulsion synchronisante restant la même, le choix des conditions initiales peut conduire à l’une ou à l’autre de ces deux espèces de régimes périodiques.
- On a supposé une force à la fois instantanée, et très petite : on démontre aisément que ces deux restrictions ne sont pas nécessaires, à la condition de remplacer l’intensité u de la percussion par le produit du moment de la force (constante
- pendant l’intervalle de temps 2 £) par deux fois le sinus de — et l’époque de la
- percussion par l’époque moyenne de l’action.
- Dans le cas d’une force instantanée périodique appliquée à une oscillation faiblement amortie, l’indicatrice de synchronisation est une spirale logarithmique dont le point asymptotique est situé à une distance de l’origine égale à
- v «’
- ôs + iir
- u T
- 2 7U (0 — T) siny,
- (i)
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- sur une droite faisant avec l’axe représentatif des vitesses le même angle y,
- (2)
- tangy
- 2 tc 0 —T ^0 T
- 2 TT
- a S"
- que la spirale fait avec le rayon vecteur du point asymptotique.
- Elle est décrite par ce rayon avec une vitesse angulaire constante^-.
- L’existence d’un point asymptotique démontre intuitivement que le mouvement tend vers un régime stable, c’est-à-dire vers une oscillation pendulaire simple représentée par le vecteur du point asymptotique : l’amplitude limite est donc eB est la phase limite y.
- De plus, en comparant les deux expressions précédentes aux formules générales, on trouverait que la percussion instantanée équivaut ici à une force périodique pendulaire. La vérification de la théorie générale est donc complète.
- La discussion de la spirale indicatrice montre que, pendant le régime variable, il peut se présenter deux cas différents suivant que les volutes de la spirale parcourues parle point représentatif embrassent ou non l’origine : le système oscillant peut donc, pour certaines conditions initiales, échapper d’abord complètement à la liaison synchronique ; mais la synchronisation parvient toujours à s’établir, d’abord imparfaite et périodique, finalement parfaite et stable.
- En raison de l’importance et de la simplicité de ces résultats, j’ai cherché une vérification expérimentale décisive ; j’ai pensé qu’elle ne laisserait rien à désirer si le système oscillant enregistrait lui-même son indicatrice de synchronisation. L’application de la méthode optique et des phénomènes décrits précédemment, jointe à l’emploi de la photographie, m’ont permis d’atteindre ce résultat.
- Les études théoriques et expérimentales relatives à la synchronisation des systèmes oscillants s’appliquent immédiatement aux horloges de précision et à la distribution de l’heure. Je décrirai brièvement la construction et les propriétés d’un dispositif très simple, applicable à toute espèce d’appareils oscillants et réalisant les conditions théoriques dans lesquelles le problème de la synchronisation a été résolu.
- Dispositif général. — On fixe transversalement à la tige du balancier à synchroniser (fig. 1), au-dessous (ou au-dessus) de la lentille et dans le plan d’oscillation, un barreau aimanté Al A2 courbé suivant une circonférence concentrique à la suspension G : deux bobines en bois ou en ébonite, couvertes de cuivre isolé, B1} B2, enveloppent respectivement les extrémités de ce barreau ; leurs axes coïncident avec la direction moyenne de déplacement du pôle correspondant. L’une de ces bobines, B,, reçoit le courant électrique synchronisant (liaison synchronique) et fonctionnera?’ attraction sur le pôle d’aimant qu’elle enveloppe ; l’autre, B2,fermée
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- sur une résistance convenable R2, produit, par l’action inductrice de l’autre pôle, l’amortissement nécessaire à la synchronisation (1).
- Si la longueur du barreau et celle des bobines sont suffisamment grandes relativement à l’amplitude du déplacement des pôles, les portions utilisées du champ magnétique des bobines ont une intensité sensiblement uniforme : on réalise ainsi d’une manière pratiquement rigoureuse les trois forces capables de produire la synchronisation, savoir :
- 1° Force principale (composante du poids) proportionnelle à l’écart ;
- 2° F orce perturbatrice (amortissement) proportionnelle à la vitesse ;
- 3° Force additionnelle (liaison synchronique) d’intensité périodique, indépendante de la position du système.
- Éléments de réglage. — Courant. — Le courant synchronisant lancé à chaque période 0 par l’horloge directrice (figurée ici parle contact-distributeurIdans le circuit de la pile P) peut être réglé de plusieurs manières :
- 1° Par le nombre et la grandeur des couples de la pile ;
- 2° Par la durée de l’émission du courant ;
- 3° Par la dérivation Rt reliant les extrémités des fils de la bobine Bt.
- La pile n’a pas besoin d’être très énergique : l’action électro-magnétique de la bobine, étant tangentielle et s’exerçant à l’extrémité d’un long bras de levier, est très puissante ; aussi reconnaît-on, dès les premiers essais, qu’un courant extrêmement faible (quelques millièmes d’ampère) suffit pour mettre en mouvement un balancier de plusieurs kilogrammes partant du repos. C’est un des avantages les plus précieux de ce dispositif : il le doit à deux particularités qu’il importe de mettre en lumière.
- L’action électromagnétique d’une bobine donnée est proportionnelle au produit de l’intensité du courant par la masse magnétique du pôle d’aimant sur lequel elle agit. On dispose donc, par le choix du barreau aimanté, d’un facteur qui permet de multiplier la force électromagnétique par un nombre considérable. Mais on dispose encore ici d’ün autre facteur, la durée de l’émission du courant : en effet, le courant n’a pas besoin d’être instantané, comme on l’a vu plus haut; or, dans le cas où l’amortissement est notable, cette durée peut s’étendre utilement jusqu’à
- (1) Ce dispositif, en apparence identique à celui de Jones et à d’autres plus récents, en diffère par Putilisation d’une bobine comme amortisseur ; condition essentielle, dont l’importance n’avait pas encore été signalée.
- Fig. 1. — Dispositif du balancier à synchroniser.
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- une demi-période. Grâce à ces deux multiplicateurs, on pourrait diminuer en quelque sorte indéfiniment l’intensité du courant, si l’on n’était pas limité par certains phénomènes secondaires et par la nécessité de laisser à cette intensité une valeur suffisante pour le fonctionnement des électro-aimants (enregistreurs, relais, parleurs, téléphones, etc.) qu’il est utile de maintenir dans le circuit.
- L’emploi des courants faibles est avantageux à bien des points de vue : l’un des principaux est d’éviter les étincelles d’extra-courants de rupture, qui altèrent à la longue les surfaces de contact (en platine pur) du distributeur; l’addition d’un condensateur Fizeau ou d’une résistance électrolytique polarisable (1) en dérivation aux bornes du distributeur achève d’assurer la conservation parfaite des contacts.
- La dérivation R, est aussi un palliatif des extra-courants de la bohine B, ; elle fournit, en outre, un réglage facile de l’action électromagnétique indépendant de celui de la pile et du distributeur, avantage très grand lorsque l’horloge distributrice se trouve à une grande distance de l’appareil synchronisé. Il ne faut pas oublier que cette dérivation ferme d’une manière permanente le circuit de la bobine Bi et la fait agir comme amortisseur concurremment avec la bobine B2.
- Réglage de Vamortissement. — La valeur de l’amortissement est corrélative de celle du courant employé : en effet, plus l’amortissement est faible, moins la force motrice synchronisante a besoin d’être énergique. Il semble donc qu’on ait intérêt à employer un amortissement et un courant aussi faibles que possible pour économiser les piles et ménager les contacts du distributeur. Mais, d’un autre côté, plus l’amortissement est grand, plus la durée du régime variable est courte, par conséquent, plus la synchronisation est rapide, parfaite et indépendante des variations inévitables du courant synchronisant : c’est donc l’amplitude de ces variations anomales qui déterminera la grandeur de l’amortissement à employer : de sorte que, en dernière analyse, le réglage cherché dépendra presque exclusivement des conditions pour ainsi dire télégraphiques du circuit.
- Le critérium d’un synchronisme parfait est, en effet, la constance de l’amplitude du balancier synchronisé : cela résulte des expressions (1) et (2) qui donnent l’amplitude cB et la phase y limites.
- On a reconnu que les erreurs de synchronisme ne sont à redouter que pendant les régimes variables accidentels survenus à la suite d’un changement dans la grandeur moyenne de l’action synchronisante u. C’est pour cela qu’on a intérêt à réduire autant que possible la durée de ces régimes variables par la grandeur de l’amortissement.
- (1) Le coupe-courant de M. d’Arsonval, formé de deux fils de fer plongeant dans quelques centimètres cubes d’une solution aqueuse de potasse, est un excellent dispositif : on en règle le nombre d’après l’étincelle de rupture; avec les courants dont il est ici question, un seul suffit en général.
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- Il est important de remarquer que, dès qu’un nouveau régime permanent est atteint (amplitude redevenue constante), toute trace de la perturbation disparaît, si la perturbation n’a porté que sur la force synchronisante u, quand bien même la nouvelle amplitude serait différente de l’amplitude primitive ; c’est qu’en effet la différence de phase y entre l’horloge directrice et le balancier synchronisé est indépendante de la valeur de cette force.
- On voit dans la formule (2) un autre motif pour donner à l’amortissement a une valeur notable : c’est qu’on atténue proportionnellement l’erreur provenant d’une variation de la différence des périodes©— T, puisque a est en dénominateur.
- Il en résulte encore qu’on peut synchroniser deux balanciers pour lesquels cette différence © — T est relativement considérable, à la condition d’augmenter l’amortissement ; on obtient aisément le synchronisme entre deux horloges dont la différence de marche diurne est de ± 4 minutes, c’est-à-dire entre une horloge sidérale et une horloge moyenne (1).
- L’amortissement, absolument nécessaire pour arriver au synchronisme, peut être obtenu de bien des manières; on pourrait, par exemple, employer un simple tube de cuivre, ou, rejetant toute induction électromagnétique^ utiliser le frottement d’un fluide visqueux, ou simplement de l’air (2). Mais l’emploi de bobines à fil isolé permet d’établir ou de supprimer à volonté l’amortissement additionnel sans rien changer aux conditions purement mécaniques de l’appareil; ainsi, il suffit d’ouvrir les circuits des deux bobines pour retrouver le mouvement du balancier libre, affranchi de toutes les actions ou réactions électromagnétiques destinées à le synchroniser. Cette condition est éminemment favorable à l’étude expérimentale du réglage.
- Balanciers entretenus mécaniquement. — Les résultats précédents, rigoureux dans le cas d’un balancier libre, c’est-à-dire indépendant de tout mécanisme, s’étendent sans peine au cas où le balancier est soumis périodiquement, comme dans les horloges, à une action automatique qui restitue la force vive absorbée par les résistances passives.
- L’analyse mécanique de l’influence de l’échappement et des rouages montre que tout revient, au point de vue analytique, à supposer le coefficient a non plus constant, mais fonction de l’amplitude, c’est-à-dire à remplacer, dans la formule (2),
- aPar {*=/($).
- (1) J’ai même atteint 6'30" : le système Foucault-Vérité, employé à l’Observatoire et cà la Ville de Paris, dans lequel l’amortissement est à dessein rendu presque nul, ne tolère que quelques secondes d’avance diurne.
- (2) C’est même à l’existence presque inévitable de résistances proportionnelles à la vitesse, produisant un faible amortissement, que divers systèmes de synchronisation, incorrects en théorie, parviennent à fonctionner : on s’explique alors pourquoi leur réglage est toujours délicat et leur stabilité précaire.
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- Cette condition complique théoriquement toutes les propriétés si simples énoncées précédemment; mais dans la pratique, la fonction / diffère très peu d’une constante et sa variation n’exerce qu’une influence minime. Dans le cas des horloges à poids (1), par exemple, on démontre aisément que la valeur (3 est donnée par
- h , 7 p z T
- P -- a0 + ai ---
- OU
- h =
- 4 TC2
- a0 représentant le coefficient d’amortissement du pendule libre, oq celui que produit l’amortisseur, et h un paramètre proportionnel au travail dû à la chutez du poids moteur p à chaque période T du balancier, et en raison inverse du moment d’inertie [x.
- Comme, dans les horloges de précision, le travail du poids moteur dépensé à chaque oscillation est très faible, le coefficients est très petit : de sorte que l’amortissement additionne] oq nécessaire pour rendre la différence de phase y sensiblement indépendante de l’amplitude limite, c’est-à-dire pour légitimer l’identification du balancier d’horloge à un balancier libre, n’est pas considérable. Il y a même un cas important où l’identification est rigoureuse, c’est celui où l’amplitude limite est égale à celle que prend le balancier quand on supprime le synchronisation (ouverture des circuits des deux bobines). Au voisinage de cette amplitude, qu’on cherchera généralement à conserver, l’influence du terme perturbateur sera donc négligeable.
- Les détails un peu minutieux avec lesquels les éléments de réglage viennent d’être décrits pourraient faire supposer que le réglage des appareils synchronisés est délicat à obtenir et difficile à conserver : il n’en est rien. L’expérience, au contraire, réussit immédiatement et l’on constate, non sans surprise, que le balancier à synchroniser, partant du repos, se met en marche de lui-même dès qu’il reçoit l’action périodique du moindre courant ; d’autre part, avec des courants relativement intenses, on reconnaît que le balancier ne s’emporte pas outre mesure : c’est qu’en effet l’amortisseur, dont l’action est presque insensible aux petites amplitudes, agit aux grandes amplitudes comme un frein puissant. Cette précieuse propriété de l’amortisseur laisse une grande latitude pour le réglage du courant. La discussion précédente a donc eu surtout pour but de mettre en lumière toutes les
- (1) L’étude expérimentale de l’amplitude des balanciers d’horloge, lorsqu’on fait varier le poids moteur, m’a conduit à la loi suivante :
- L’amplitude limite du balancier d’une horloge est proportionnelle à la racine carrée du poids moteur.
- On retrouve cette loi empirique par la théorie, en admettant :
- 1° Que la pression de la roue d’échappement sur le balancier s’effectue au moment du passage à la verticale; c’est la condition que les horlogers cherchent à remplir;
- 2° Que la force vive restituée au balancier pendant l’échappement est égale au travail de la chute du poids moteur.
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- ressources que comporte le dispositif et de montrer comment, dans chaque cas, on peut obtenir le maximum d’effet utile, soit qu’on recherche l’extrême précision, soit qu’on vise surtout à l’économie d’entretien.
- Voici d’ailleurs les avantages essentiels du système de synchronisation avec amortisseurs électromagnétiques :
- 1° Synchronisation sensiblement indépendante du signe et de la grandeur de la marche diurne relative ou tout au moins de sa variation, lorsque le coefficient
- d’amortissement a est suffisamment grand ^ analytiquement, a T grand relative-
- 0___T . \
- ment à 2^———, voir formules (1) ). Cela permet d’utiliser des appareils de médiocre précision ;
- 2° Faiblesse des courants nécessaires au fonctionnement ;
- 3° Possibilité de vérifier à chaque instant la stabilité de la synchronisation par l’observation de l’amplitude et de la phase du balancier (ces deux éléments ne peuvent rien indiquer sous ce rapport dans le système sans amortissement, parce qu’on a cherché, dans ce système, à les rendre invariables par construction) ;
- 4° Variété des moyens utilisables pour établir ou modifier le réglage, même pendant la marche de l’appareil ;
- 5° Mise en marche à peu près automatique, lorsque la synchronisation commence ;
- 6° Arrêt automatique, lorsque la synchronisation cesse.
- L’application pratique de ce système de synchronisation a été déjà réalisée dans des circonstances très diverses : la régularité du fonctionnement a toujours été complète. Je l’emploie à l’Ecole Polytechnique, depuis plusieurs années, à synchroniser divers appareils, en particulier deux horloges à secondes ; à l’Observatoire, sur la demande de notre confrère M. l’amiral Mouchez, j’ai adapté ce système à la synchronisation des deux horloges du pavillon des Longitudes ; dans les ateliers de M. Borrel, trois balanciers pesant respectivement 250 grammes, 1 kilogramme et 40 kilogrammes ont été synchronisés parle même courant depuis deux ans sans interruption. Enfin, au service géographique de l’armée, notre confrère M. le général Perrier a fait expérimenter ce système par M. le capitaine Defforges sur deux horloges distantes de 40 kilomètres ; malgré l’imperfection de la ligne qui permettait à peine la correspondance télégraphique, la synchronisation a été aussi satisfaisante que possible.
- Le problème de la distribution de l’heure à une précision voisine du centième de seconde me paraît donc complètement résolu. Il n’est peut-être pas indifférent de faire remarquer que le dispositif est simple, d’un réglage facile et n’exige que de faibles courants.
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- Le dispositif synchronisateur qui vient d’être décrit renferme plusieurs éléments indéterminés : on pourrait chercher à les définir dans chaque cas d’après certaines conditions arbitraires ou imposées, par exemple, d’après le maximum d’économie dans la construction de l’appareil, l’installation des lignes, l’intensité du courant utilisé, etc. Mais on reconnaît bien vite que ce genre de considérations est, le plus souvent, tout à fait secondaire et que la véritable économie consiste à utiliser pour la construction des appareils les éléments que la pratique des courants électriques a consacrés et qu’on rencontre couramment dans les ateliers.
- Il est donc tout naturel de renverser les termes du problème et de se proposer, étant donnés les appareils, de chercher à en tirer le meilleur parti par un réglage approprié.
- Nous supposerons donc le cas défavorable où l’on met en station une horloge munie du dispositif synchronisateur représenté fig. 1, construit sans conditions particulières et qu’on veut synchroniser loin de l’horloge directrice à l’aide d’un courant périodique ayant l’intensité ordinaire des courants télégraphiques, c’est-à-dire voisin de A d’ampère.
- La première condition à remplir est de maintenir le balancier en marche à l’amplitude convenable, tout en lui donnant un amortissement notable; condition essentielle delà stabilité du réglage synchronique. Nous allons voir qu’une fois ce résultat obtenu, on peut, par une nouvelle série d’essais méthodiques très simples, perfectionner le réglage et l’amener rapidement à réaliser les conditions qui réduisent au minimum l’influence des actions perturbatrices.
- 1° Réglage initial de l’amplitude du balancier. — Avec les données moyennes de construction auxquelles il a été fait allusion (1), l’intensité du courant de 0amp,01 donnera une attraction très énergique qui imprimerait au balancier une amplitude exagérée. On s’en apercevra à la manière dont le balancier partant du repos se met en marche sous l’influence de ce courant. Mais on dispose de deux moyens de réglage : l’un consiste à affaiblir le courant dans la bobine attirante Bt par une dérivation Rt; l’autre à accroître l’influence de la bobine amortissante B2 en diminuant la résistance extérieure R2. On est donc certain d’arriver à l’amplitude voulue et le régime limite sera atteint d’autant plus rapidement que l’amortissement sera plus considérable ; c’est donc surtout par le réglage du courant qu’on doit agir ; c’est, d’ailleurs, le seul moyen qui reste dans le cas où, pour simplifier la construction des appareils, on remplace la bobine amortissante B2 par un simple tube de cuivre de 1 à 3 millimètres d’épaisseur et de quelques centimètres de longueur. Voici comment on peut opérer :
- Le circuit de la bobine synchronisante Bt est fermé par une résistance fixe
- (I) 200 à 250 grammes de fit de cuivre couvrent une des bobines de 0m,2 de diamètre intérieur et de 0m,6 de long, en fil de 0mm,3 pour Bt et de 0mm,5 pour B2. Aimant de 0mm,18 de longueur et de 15 millimètres de diamètre.
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- Ri à peu près égale à la sienne, de sorte que la bobine Bx agit en même temps comme amortisseur concurremment avec la bobine B2. Cette résistance R, est formée par un rhéocorde, ou mieux par une boîte d’une construction spéciale, disposée de telle manière qu’on puisse intercaler entre les deux extrémités du circuit distributeur une partie quelconque rl de R, sans modifier le circuit Ba + R4 (1).
- Comme la résistance du circuit distributeur IP est ou peut être rendue très grande par rapport à la résistance réduite de la boîte B, ainsi shuntée, on peut considérer l’intensité I du courant distribué comme constante et indépendante de la résistance intercalée. Il en résulte que l’intensité i du courant efficace, c’est-à-dire de la portion du courant qui passe dans la bobine et produit la force synchronisante, est représentée par
- i—l____r-é_’
- ‘b, + r,
- elle est donc proportionnelle à la résistance intercalée rt et peut varier ainsi de fl
- zéro à I ^ > c’est-à-dire jusqu’aux environs de \ (ou de toute autre fraction
- choisie), par degrés aussi rapprochés que le permet la construction de la boîte.
- L’emploi d’une dérivation à la bobine synchronisante offre encore une ressource précieuse dans la synchronisation à grande distance : elle a été signalée et utilisée par M. le commandant Defforges, qui emploie dans ses belles observations du pendule une horloge synchronisée avec amortisseur électro-magnétique. Cette dérivation permet, en effet, d’atténuer, dans telle proportion qu’on veut, les irrégularités du courant d’une ligne télégraphique causées par des forces électromotrices anomales, étrangères à la pile (courants telluriques, induits, etc.) ; il suffit, pour cela, d’accroître le courant de la ligne jusqu’à le rendre n fois plus
- grand que les courants perturbateurs, — étant la proportion d’anomalie inoffen-
- sive ; la dérivation permet d’y puiser la fraction utile du courant, sensiblement débarrassé des influences perturbatrices qui seraient gênantes sans cet artifice.
- Le perfectionnement que j’introduis ici consiste dans l’invariabilité de la résistance du circuit dérivé Ri5 qui maintient invariable le coefficient d’amortissement propre de la bobine Bt. On peut donc, en faisant varier la résistance intercalaire ru agir exclusivement sur la force synchronisatrice, comme on agit
- (1) On construit très simplement soi-même une pareille boîte de résistance, de 110 ohms, par exemple, en mettant en série dix bobines de 10 ohms et dix bobines de 1 ohm. Les extrémités donnent une résistance totale R! de 110 ohms; si, d’autre part, on relie respectivement à une borne spéciale chaque jonction de deux bobines consécutives, on pourra composer une partie i\ ayant telle résistance qu’on veut, à une unité près, comprise entre zéro et 110 ohms; le numérotage convenable des bornes rend la lecture immédiate. On remplacerait aisément les bornes par des chevilles comme dans les boîtes ordinaires.
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- exclusivement sur l’amortissement en faisant varier la résistance extérieure R2 de l’autre bobine B2.
- Comme exemple de ce réglage de l’intensité du courant et de l’amplitude, je citerai l’une des séries d’expériences que j’ai exécutées à l’École Polytechnique : l’horloge à synchroniser, construite par M. Borrel, n’a rien de particulier; c’est une horloge à secondes de qualité ordinaire ; le balancier, à tige de sapin, pèse 6 kilogrammes; l’échappement est à chevilles, pour permettre au besoin les grandes amplitudes ; l’amplitude de strict échappement (arc de levée) est ± 0°,7.
- La série d’observations qui va suivre est particulièrement intéressante au point de vue de la démonstration de l’efficacité du dispositif synchronisateur ; en effet, l’horloge, disposée d’ordinaire pour marquer le temps moyen, a été, dans cette série, réglée sur le temps sidéral (par l’addition d’une masse de 185 grammes au milieu de la tige du balancier).
- Malgré cette avance énorme de quatre minutes par jour, elle a été synchronisée sans difficulté par le courant émis par une bonne horloge réglée sur le temps moyen (1), grâce à l’amortissement énergique imposé au balancier (tube de cuivre de 3 millimètres d’épaisseur, de 6 centimètres de longueur; barreau d’acier de 18 centimètres de long, de 15 millimètres de diamètre, aimanté à saturation).
- La boîte de résistance Ri en dérivation sur le circuit de la bobine Bj est celle décrite précédemment dans la note de la page précédente.
- Voici la série des amplitudes obtenues avec diverses intensités : on y a ajouté la valeur numérique de la phase limite de l’oscillation du balancier correspondant à l’époque moyenne du passage du courant; on verra bientôt l’importance de cet élément :
- Expérience faite avec l’horloge Borrel réglée sur le temps sidéral et synchronisée par une horloge de temps moyen.
- Intensité du courant synchronisant. Amplitude limite du balancier
- (L’unité est sensiblement le dix-millième d’ampère.) synchronisé. Différences. Phase y Remarques.
- degrés. degrés. degrés.
- 110.^. . . ± 1,94 70,2
- 100.'. . . 1,78 0,16 70,2 L’amplitude peut atteindre
- 90. . . . 1,62 0,16 68,4 ± 3°,20.
- 80. . . . 1,46 0,16 68,4
- 70. . . . 1,30 0,16 i 68,4
- 60. . . . 1,14 0,16 73,5
- 50. . . . 0,96 0,18 77,4 ± 0°,88 amplitude normale.
- 40. . . . 0,77 0,19 81,0
- 35. . . . 0,67 0,10 86,4 ± 0°,62 amplitude de strict échappement.
- (1) Dans d’autres séries, j’ai opéré depuis quatre minutes de retard jusqu’à six minutes d’avance sans que la synchronisation eût cessé d’être complète.
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- Grâce à l’amortissement conforme du balancier, l’amplitude et la phase limite de l'oscillation étaient atteintes au bout de quelques minutes : les observations successives étaient donc rapides.
- Il reste à dire quelques mots sur la détermination de la phase limite : on la mesure par l’enregistrement simultané du courant synchronisant et d’un courant auxiliaire émis par le balancier synchronisé (contact touchant un ressort latéral). On obtient ainsi sur un cylindre enfumé, à chaque période, deux couples de signaux [(A, B), («, b), début et fin du courant], qu’on relève avec une lame transparente portant onze droites convergentes, de manière à exprimer directement les époques des signaux en fraction décimale delà période commune. La moyenne des lectures donne ainsi :
- 1° L’époque moyenne du courant synchronisant \ (A + B);
- 2° L’époque de l’élongation du balancier synchronisé | [a + b) : on en déduit ici l'époque du passage à la position d’équilibre en retranchant \ de période.
- La différence de ces deux nombres donne la phase exprimée en fraction de période : on la convertit en degrés sexagésimaux en la multipliant par 360° ; on obtient ainsi l’angle y.
- Exemple numérique. — Voici comment a été obtenue la phase y = 70°,2 du tableau précédent :
- j a = 0,00 \ ! f (A + B) = 0,230,
- \ A = 0,06 \ \{a + b) — i = 0,035,
- J B = 0,40 (’ ) Différence = 0,195 x 360° = 70,2,
- [ b = 0,47 ] ( T = 70°,2.
- L’approximation dépend de la longueur linéaire de la période sur le cylindre : elle ne dépasse guère ici ^ 4e période, ce qui correspond à ^ de seconde.
- Il n’est pas inutile de faire ressortir quelques-uns des résultats obtenus, pour montrer d’abord qu’ils sont conformes aux prévisions de la théorie, malgré l’introduction d’un élément dont il n’a pas été tenu compte (restitution mécanique automatique sous l’influence des poids moteurs), et ensuite pour prouver que le réglage pratique de l’amplitude s’obtient avec une extrême facilité.
- 1° En graduant l’intensité de la force synchronisante, on peut donner au balancier telle amplitude stable qu'on désire, non seulement au-dessus, mais même au-dessous de l’amplitude normale (celle qui se produit lorsque la liaison synchronique est supprimée).
- 2° Les variations d’amplitude sont sensiblement proportionnelles aux variations d’intensité du courant synchronisant.
- C’est la généralisation expérimentale du théorème exprimé par l’équation (1) (1 ), établie pour un pendule libre : on la retrouve aisément par la théorie en ayant
- (1) Journal de Physique, t. VII, p. 234. Séances de la Société de Physique, p. 686; 1887.
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- égard aux résultats indiqués précédemment (1) pour un balancier entretenu.
- 3° Laphase de synchronisation y (correspondant à l’époque moyenne de l’action synchronisante) reste sensiblement constante tant que lamplitude ne descend pas au-dessous de l'amplitude normale.
- La phase y (voir fig. 2) (2) est, en effet, indépendante de l’action synchronisante constante avec un pendule libre, d’après l’équation (2) (3) ; avec un balancier entretenu, les variations se font sentir au voisinage de l’amplitude, où l’amortissement est compensé par le travail du poids moteur.
- Ces résultats démontrent que le dispositif est tellement efficace qu’il permet de synchroniser, avec des courants très faibles, des horloges offrant des divergences de marche bien supérieures à celles qu’on rencontre dans le problème de la distribution de l’heure : il est donc capable de parer à tous les accidents provenant d’une variation accidentelle dans la marche des horloges, fussent-elles d’une qualité très médiocre. Il reste à montrer que ce dispositif permet d’aller plus loin dans le perfectionnement des réglages et qu’il offre des ressources inattendues pour la stabilité et le contrôle permanent du synchronisme.
- 2° Réglage de l’amortissement et de la phase d’une oscillation synchronique réduisant au minimum l’influence des actions perturbatrices. Réglage apériodique. — L’une des propriétés les plus avantageuses du dispositif synchronisateur décrit précédemment est la facilité avec laquelle ce dispositif entre en fonction et s’y maintient. Aucun réglage préalable de construction n’est nécessaire : il suffit que l’amortissement électromagnétique du balancier soit notable. La grandeur de cet amortissement peut même être modifiée entre des limites étendues : l’amplitude de l’oscillation varie, mais la synchronisation persiste.
- La théorie rend aisément compte de cette propriété aussi utile que singulière : elle montre qu’il existe effectivement dans le réglage du synchronisme un élément indéterminé a priori, la phase (fraction de période s’écoulant entre l’époque moyenne de l’action périodique et l’origine de l’oscillation synchronisée), élément que la plupart des systèmes en usage déterminent par construction, mais qui reste arbitraire, comme l’amortissement, dans le dispositif précité et donne au réglage cette latitude si précieuse.
- On est amené naturellement à examiner le rôle que jouent cette phase et l’amortissement corrélatif dans la stabilité du régime et à rechercher si un choix convenable de ces éléments ne permettrait pas d’accroître encore l’efficacité du dispositif.
- La conclusion de cette étude est qu’on doit adopter le coefficient d’amortissement le plus fort compatible avec les conditions expérimentales, et donner à la
- (1) Journal de Physique, t. VIT, p. 236. Séances de la Société de Physique, p. 70; 1887.
- (2) Journal de Physique, t. VU, p. 235; Séances de la Société de Physique, p. 69 ; 1887.
- (3) Journal de Physique, t. YII, p. 234; Séances de la Société de Physique, p. 68 ; 1887.
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- phase une valeur aussi rapprochée que possible de zéro ; on tend alors vers le réglage apériodique dont les propriétés seront exposées plus loin. C’est dans ces conditions qu’on réduit au minimum l’influence des causes perturbatrices les plus fréquentes.
- La démonstration de ces résultats se déduit de la théorie des oscillations synchronisées faiblement amorties (1), exposée précédemment (2).
- Je dirai qu’une oscillation est synchronisée lorsque, sous l’influence d’une force périodique, elle est parvenue à un régime permanent tel, que la phase demeure invariable.
- Les lois qui régissent le régime permanent obtenu à l’aide du dispositif précité sont résumées par les expressions (1) et (2) (3).
- On en déduit les résultats suivants :
- 1° La phase limite y d’une oscillation synchronisée est indépendante de l’intensité u de l’action synchronisante et de l’amplitude limite cB.
- Cette propriété, très importante au point de vue pratique, montre que les réglages des deux caractéristiques de l’oscillation, la phase et l’amplitude,peuvent être rendus indépendants. Il suffît, en effet, oc, T et 0 étant donnés, de commencer par régler la phase ; l’amplitude peut être réglée à son tour sans altérer le précédent réglage, en agissant exclusivement sur l’intensité de l’action synchronisante à laquelle elle est proportionnelle.
- 2° La phase limite est proportionnelle à la différence des périodes.
- L’observation de la phase limite, qui change de signe avec cette différence, permet donc de décider, sans avoir besoin d’arrêter la synchronisation, où l’oscillation rendue libre serait en avance ou en retard sur l’action directrice. Le signe et la grandeur de la phase indiquent ainsi dans quel sens et de combien il faudrait modifier la période du système synchronisé pour la rendre égale à la période directrice. Cette propriété est fort utile pour le réglage et le contrôle en marche des appareils synchronisés.
- 3° Le coefficient d’amortissement qu’on doit imposer au système oscillant à synchroniser pour compenser une différence de période donnée (0 — T) est défini par la phase qu’on veut maintenir entre Voscillation synchronisée et l’action directrice, et réciproquement.
- La relation entre ces deux éléments est précisément l’expression (2). Comme
- (1) Dans les applications à l’horlogerie, des coefficients relativement élevés sont encore très éloignésde la limite imposée à l’oscillation par la condition d’être faiblement amortie, à savoir : que a2T2 soit négligeable devant l'imité. Ainsi, déjà pour aT = 1/100, on atteint un amortissement énorme pour des appareils de précision; car, avec cette valeur l’amplitude A = Aoe~at se réduit dans le rapport de e (ou 2,71828) à 1 au bout du temps t — 100 T, soit 3m20s si la période T est de 2S.
- (2) Journal de Physique, t. VI, p. 452; Séances de la Société de Physique, p. 150; 1887.
- (3) Journal de Physique, t. VI, p. 459 ; Séances de la Société de Physique, p. ,156; 1887.
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- la valeur de la phase est, en général, indéterminée a priori, on voit que le coefficient d’amortissement est également indéterminé, et les limites qui le comprennent sont extrêmement étendues : ces limites sont, d’une part, oc0 voisin de zéro (à l’exclusion de oc = 0, valeur pour laquelle aucun régime permanent ne pourrait s’établir); de l’autre, oq tel que a^T2 soit encore négligeable devant l’unité, condition nécessaire à la validité des formules (1) et (2) : y varie alors de
- ïo=±|ày, = 0.
- On voit là l’explication du fait signalé au début, à savoir le fonctionnement immédiat du dispositif, quelle que soit la grandeur de l’amortissement. C’est qu’en effet, l’équation (2) donnant toujours une valeur réelle pour y, quels que soient © — T, T et oc, il s’établit nécessairement un régime stable; l’oscillation est donc toujours synchronisée. Quant à la valeur de la phase, elle est le plus souvent indifférente ; elle constitue une constante instrumentale qu’on élimine par une observation préalable.
- Nous sommes donc en présence d’une indétermination réelle de la phase et du coefficient d’amortissement, et nous ne trouvons dans les formules du régime permanent aucune condition qui puisse les définir. C’est dans la grandeur des variations probables des éléments en jeu que nous allons chercher à lever cette indétermination.
- Nous remarquerons d’abord que les trois éléments 0, T, oc qui figurent dans l’expression de la phase ne varient en général que fort lentement, le plus souvent sous l’influence de causes météorologiques, particulièrement des variations de température qui modifient les dimensions des systèmes oscillants, la résistance des conducteurs électriques ou le magnétisme des aimants. Ces variations, s’accomplissant pendant une durée extrêmement grande [relativement aux périodes d’oscillation, modifient insensiblement les valeurs limites de la phase et de l’amplitude, mais sans altérer le caractère du régime, qui ne cesse pas d’être stable et d’être représenté par les formules précédentes. L’élément le plus mobile est évidemment la différence © — T (et le seul qu’il soit utile de considérer, les variations relatives de oc et de T étant trop faibles pour agir d’une manière appréciable sur y) ; la formule (2) donne le moyen d’en atténuer l’influence : c’est d’augmenter la valeur de oc. On en conclut :
- L’erreur sur la phase causée par une variation lente de la différence de période décroît lorsque le coefficient d’amortissement augmente.
- On a donc intérêt à augmenter autant que possible le coefficient oc d’amortissement, ce qui fait tendre la phase vers zéro. On déduirait de l’expression (2) un moyen de déterminer cette valeur de la phase et par suite de oc, en recherchant
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- quelle grandeur on doit donner à ce coefficient pour que l’erreur sur la phase soit inférieure à une quantité donnée.
- Les variations brusques des éléments ©, T, a et u ont évidemment pour effet d’interrompre le régime permanent et d’imprimer à l’oscillation un régime A^a-riable, pendant la durée duquel la phase présente des erreurs périodiques dont il importe de se rendre compte, afin de chercher à les ramener dans les limites de la précision adoptée.
- Ces variations brusques, à la rigueur possibles sur tous les éléments, ne sont guère à craindre que sur l’action synchronisante produite par un courant électrique : il faudrait, en effet, supposer aux appareils des vices de construction bien graA^es pour y prévoir la production habituelle de variations brusques et notables dans la valeur des périodes T, 0 ou du coefficient a.. Il n’en est pas de même des piles électriques, des distributeurs de courants ou des lignes télégraphiques : là, au contraire, des altérations inévitables se produisent, et l’on doit toujours redouter des variations brusques de la force synchronisante. Nous nous bornerons donc à examiner l’influence de ce genre de variations ; la discussion serait d’ailleurs toute semblable dans le cas d’un autre élément. ^
- La considération de Xindicatrice de synchronisation (1) donne la solution immédiate de toutes les questions relatives au régime variable qui se produit alors. L’indicatrice est une spirale logarithmique dont l’angle caractéristique est y. Comme on suppose que u seul varie, l’angle y, qui en est indépendant, reste le même que dans le régime permanent antérieur ; le point asymptotique C de la spirale (fig. 2) est donc sur le rayon vecteur OM incliné de l’angle y sur l’axe des y.
- La phase représentée par l’angle du rayon vecteur ON, aA^ec l’axe O y, oscillera donc périodiquement autour de sa valeur normale y OC.
- On doit se demander d’abord pendant combien de temps cette erreur périodique de la phase se prolongera : théoriquement, cette durée est infinie, puisque le régime permanent ne s’établit qu’après un temps infiniment grand. Mais, en fait, le régime permanent est pratiquement établi quand le rayon moyen de la spire sous-tend, vu de l’origine, un angle Ay assez petit pour que la fraction de période à laquelle il correspond soit négligeable. Calculons donc le temps nécessaire pour que le rayon vecteur CM = p0 de la spirale devienne une fraction
- donnée - de sa Araleur initiale. La spirale ayant pour angle y a pour équation
- polaire
- p — p0 e~M cot y
- avec
- O) 2 TZ
- 7~lT '
- (1) Journal de Physique, t. VI, p. 458; Séances de la Société de Physique, p. 156; 1887.
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- ARTS ÉCONOMIQUES. — OCTOBRE 1889. 609
- •
- car le rayon vecteur tourne avec une vitesse angulaire . Substituant la valeur (2) de coty, il vient
- p == p0 e—zt, d’où
- t — — log — = - log n. a p a
- Donc, le temps nécessaire pour réduire à une fraction donnée l’erreur périodique de la phase pendant le régime variable qui suit une variation brusque de la force synchronisante est, toutes choses égales d’ailleurs, en raison inverse du coefficient d'amortissement.
- D’autre part, le maximum maximorum de l’erreur Ay est évidemment NOC, donné par la tangente ON issue de l’origine O à la première spire.
- : Ay NC NC ,, , Au .
- ü^=üc=ômT1c; dou Aï<î7+Â7«5mY
- en remplaçant NC par MC qui lui est supérieur.
- Donc l’erreur maximum à craindre sur la phase est proportionnelle au sinus de la phase limite.
- Ainsi, qu’il s’agisse de variations brusques ou lentes, on a intérêt à donner au coefficient d’amortissement la plus grande valeur compatible avec les conditions expérimentales et à faire tendre la phase limite vers zéro.
- Telles sont les conditions théoriques; on peut aisément les réaliser.
- 1° Amortissement. — Le coefficient a n’a jamais besoin d’atteindre la valeur a T = ~ (ce qui correspond à une réduction de l’amplitude du balancier libre dans le rapport de e — 2,718 à 1 en 100 périodes T : on doit le diminuer, si l’on désire éviter l’arrêt en cas de la rupture du courant.
- 2° Réduction à zéro de la phase. — On y parvient en agissant sur la période T du balancier de manière à la rendre sensiblement égale à la période directrice 0. A cet effet, lorsque le régime stable est établi, on observe au chrono-graphe, ou simplement au téléphone, l'époque moyenne du courant synchronisant : si elle a lieu avant le passage du balancier à la position d’équilibre (le sens du mouvement étant le sens de l’attraction de la bobine), le balancier retarde; si elle a lieu après, il avance. A l’aide de cette règle, facile à démontrer, on corrige aisément en marche ce retard ou cette avance au moyen de poids placés au milieu de la tige du balancier, et l’on arrive à la phase nulle, y = 0, lorsque l’époque moyenne de l’attraction coïncide avec le passage à la verticale.
- Indicatrice de synchronisation
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- ÉLECTRICITÉ.
- OCTOBRE 1889.
- Régime et réglage apériodiques. — Je propose de donner le nom d’apériodique à ce mode de réglage pour rappeler que, dans ce cas (y — 0), tout régime variable de la phase et de l’amplitude est apériodique, ces éléments atteignant leur valeur limite sans la dépasser.
- La figure 2 résume les propriétés du régime apériodique comparativement avec le régime périodique ordinaire : dans le cas général, une oscillation, dont le point représentatif est P au moment où la synchronisation intervient, a pour indicatrice une spirale logarithmique d’angle y allant de P en C (point asymptotique), tel que y OC = y. Dans le cas de y = 0, la spirale dégénère en une droite PC0. Le point C0 a pour coordonnées y = 0 (axe Oy) et OC0 = u : a© conformément à l’expression (1) : c’est le point asymptotique de l’indicatrice rectiligne, car le point représentatif de l’oscillation s’en approche suivant la loi p = p0 e — <*t, p étant la distance des deux points.
- La figure donne aussi la loi des amplitudes limites pendant le réglage de la période T ; car, d’après (1), le lieu des points asymptotiques (y, oB) correspondant à un amortissement a et une force u donnés est un cercle décrit sur OC0 comme diamètre : on voit que l’amplitude limite passe par un maximum pour y = 0, condition qui la rend indépendante des petites variations de 0 — T.
- En résumé, le réglage apériodique offre l’avantage :
- 1° De ne pas dérégler l’appareil pour le synchroniser, comme l’exigent certains systèmes ;
- 2° D’éviter tout régime période pour l’amplitude et la phase;
- 3° De réduire au minimum, sinon à zéro, l’influence des perturbations les plus ordinaires ;
- 4° De fournir un contrôle incessant du réglage et un moyen simple pour le rétablir s’il vient à varier.
- ÉLECTRICITÉ
- l’ÉCLAIRAGE PAR LA COMPAGNIE EDISON A PARIS
- Ce qui suit est un résumé rapide des quatre principales installations de la Compagnie Edison à Paris, qui sont : le Grand Opéra, la Cité Bergère, le Palais-Royal et l’Exposition universelle.
- 1° Grand Opéra. — L’installation électrique de l’Opéra est placée dans les vastes caves situées sous la partie antérieure de l’édifice. Elle comprend cinq générateurs inexplosibles Belleville et une chaudière Weyher et Richemond qui n’est utilisée que dans la journée. Ces générateurs fournissent la vapeur à une machine Corliss à condensation, de la force de 230 chevaux, marchant à la vitesse
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- de 60 tours; à une machine Armington et Sims de 100 chevaux-vapeur faisant 300 tours; à cinq machines compound à condensation de Weyher et Richemond de la force de 140 chevaux-vapeur et marchant à 160 tours; à deux machines de 20 chevaux des mêmes constructeurs servant à actionner les condenseurs ; à une locomobile de 40 chevaux-vapeur qui fait 85 tours; ce dernier moteur ne sert que le jour. La force totale de l’installation est de 1130 chevaux-vapeur.
- Les générateurs d’électricité comprennent cinq dynamos Edison d’éclairage, une dynamo Gramme à courants alternatifs qui alimente 34 lampes à arc Jabloch-kofî; une petite dynamo Edison actionnant une pompe centrifuge qui sert à élever l’eau d’un puits. Le nombre de lampes à incandescence en service régulier est de 7 000.
- Cette importante installation a fait le sujet d’une convention intervenue le 1er juillet 1886 entre l’Etat propriétaire de l’Opéra et la Compagnie Edison. Aux termes de cette convention, la Compagnie fournit tout le matériel à ses risques et périls, ainsi que le personnel préposé aux machines et à la direction de l’éclairage ; ce personnel est payé par l’administration de l’Opéra. La Compagnie reçoit 1125 francs par représentation et 2 000 francs par bal; le contrat est fait pour dix ans.
- Il résulte des expériences de M. Mascart, l’éminent physicien, sur la puissance éclairante de cette installation, que cette puissance est supérieure à celle des 7 500 becs de gaz qui existaient précédemment.
- 2° Station centrale de la Cité Bergère. — Cette station dessert une partie du secteur d’éclairage dévolu à la Compagnie Edison et qui est délimité au sud par les grands boulevards et la place de la Bourse, à l’est par les rues du Faubourg-Poissonnière, Rochechouart, Clignancourt et du Mont-Cenis, à l’ouest par la place de l’Opéra, les rues de la Chaussée-d’Antin et de Clichy et l’avenue de Saint-Ouen et au nord par les fortifications. La Compagnie a commencé à établir une canalisation dans des galeries souterraines bétonnées et complètement à l’abri de l’eau; les câbles sont supportés par des isolateurs en porcelaine; des galeries transversales reçoivent les conducteurs secondaires de distribution. Les câbles principaux en bronze de silicium sont au nombre de trois avec fils de retour disposés de manière à assurer un éclairage uniforme pour toutes les formes de circuit.
- Les deux extrémités des conducteurs principaux ont une différence de potentiel de 230 volts aux bornes des machines; chaque circuit a une perte de 15 volts et les lampes sont de 100 volts; le courant est de 1 200 ampères. Dans trois mois d’ici ces chiffres seront portés à 6 500 ampères et 125 volts, avec des lampes de 115 volts; un régulateur automatique, agissant sur le champ magnétique, maintient le potentiel constant.
- La force motrice est fournie par une machine Corliss de 325 chevaux faisant
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- 40 tours; le volant a 7m,93 de diamètre. On emploie un arbre de transmission intermédiaire pour porter la vitesse à 180 tours, et la courroie de cet arbre actionne deux dynamos de 800 ampères de 120 volts, marchant à 350 tours.
- En plus de la machine Corliss, la station possède deux machines compound de Weyher et Richemond, de chacune 150 chevaux; elles commandent directement deux dynamos de 800 ampères et sont tenues en réserve. L’établissement possédera sous peu une autre machine Corliss de 325 chevaux et deux moteurs Piloy de 300 chevaux chacun, qui sont actuellement en construction ; lorsqu’ils seront installés, le nombre de dynamos sera porté à 10. La vapeur est fournie par des générateurs Belleville qui sont placés dans les caves. L’intensité maximum journalière est de 1500 ampères et elle atteindra 6500 ampères lorsque l’installation sera complète.
- La station centrale de la Cité Bergère produit l’éclairage public sur les grands boulevards, depuis la place de l’Opéra jusqu’au Gymnase, au moyen de lampes à arc du système Picper placés sur les candélabres des refuges. Elle éclaire en outre un grand nombre de magasins, de cafés, etc., ainsi que le théâtre des Folies-Bergère; les conducteurs s’étendent dans un rayon moyen de 500 mètres de la station.
- 3° Station centrale du Palais-Royal. — Elle est placée dans la cour d’honneur qui sépare le conseil d’Etat de la galerie d’Orléans, mais pour ne pas déparer cette cour toute l’installation a été faite au-dessous du sol, sauf l’espace nécessaire à l’éclairage et à la ventilation. Les dimensions de cette cave sont de 32“ x 20m sur 6m,10 de profondeur; elle est entourée de murs de soutènement et le sol est rendu imperméable au moyen d’une épaisse couche de béton recouverte de voûtes en briques. La cave est recouverte d’une lanterne centrale en verre de 2 mètres de hauteur au-dessus du niveau de la cour, qui éclaire la chambre des machines, et des deux autres petites lanternes servant à la ventilation. Tout le pourtour de l’espace occupé a été entouré d’une grille et planté d’arbres, de manière à défigurer la cour le moins possible. Un tunnel fait communiquer cette station avec le dépôt de la rue de Valois dans lequel sont placés les réservoirs d’eau, le dépôt de charbon, etc. Un large carneau, construit dans la même direction, conduit les produits de la combustion dans, une cheminée adossée à l’une des maisons de la rue de Valois. Les chaudières, les moteurs et les dynamos sont placés dans le sous-sol de la cour d’honneur. Les machines, au nombre de 8, sont du système compound à trois cylindres, de MM. Weyher et Richemond; chaque machine est de 160 chevaux-vapeur et fait 1 60 tours. Les générateurs sont au nombre de 5 et du type Belleville produisant la vapeur à 12 atmosphères dans les chaudières et à 11 atmosphères dans les cylindres; on doit ajouter, sous peu, deux chaudières semblables. L’eau provient de la Seine, du canal de l’Ourcq et d’un puits foré à 30 mètres de profondeur; elle
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- est emmagasinée dans trois grands réservoirs. Les pompes sont commandées par deux moteurs électriques de la station (1). Il y a 8 dynamos d’Edison de 800 ampères et de 125 volts, produisant 100 000 watts ; la vitesse de l’armature est de 350 tours par minute ; son diamètre extérieur est de 0m,63, la longueur de 0m,80 ; le collecteur porte 40 divisions ; la résistance est de 0,0054 ohms; le poids du cuivre, de 190 kilogrammes. La résistance de l’aimant est de 4,25 ohms ; l’intensité maximum du courant inducteur est de 29,5 ampères; le poids du cuivre est de 285 kilogrammes ; le rendement est de 96,5 p. 100.
- Le système de distribution consiste en trois conducteurs alimentés par les dynamos accouplées en séries et en nombre égal à celui des groupes de lampes : ainsi, pour deux groupes de lampes, il y aura deux dynamos en marche et si toutes les lampes sont allumées, le troisième câble ne recevra aucun courant ; si l’une des séries n’est pas allumée, aucun courant ne passera dans le câble corres pondant. Ce système réalise une économie considérable dans le poids des conducteurs. Les câbles sont tous placés au-dessous du sol et supportés par des isolateurs en porcelaine.
- La longueur totale des conducteurs approche de 10 kilomètres. A l’entrée de chaque branchement de conducteur dans la maison d’un abonné, le joint de contact fusible est enfermé dans une boîte métallique fermée à clef de manière que chaque service séparé peut être isolé facilement.
- Cette station alimente actuellement environ 3 000 lampes réparties dans les théâtres Français et du Palais-Royal, les bureaux de l’administration des beaux-arts et différents cafés, boutiques, etc. Les extensions projetées porteront le nombre des lampes à 14 000. Cette station a été commencée au mois de juillet 1888 et terminée en janvier de cette année.
- L’ éclairage du palais de l’Elysée est une dépendance de la station du Palais-Royal ; il a été organisé à la suite d’une convention passée entre la compagnie Edison et la direction des palais nationaux en avril 1889, et il a pour but l’illumination de la salle des fêtes au rez-de-chaussée de l’Elysée. La compagnie a exécuté en 15 jours l’installation intérieure de cet éclairage comprenant 1 800 lampes de 10 bougies portées par des lustres ou des consoles. Le câble placé entre l’Elysée et le Palais-Royal a une longueur de 2 400 mètres et passe par l’avenue Gabriel et la rue de Rivoli ; le courant est produit par une machine Zipernowski à courants alternatifs, installée à la station et actionnée directement par une machine compound spéciale et qui développe en marche courante 90 000 watts, produit de 45 ampères par 2 000 volts. Le câble est formé de deux conducteurs isolés et protégés par une enveloppe métallique; chacun de ces conducteurs, fabriqués par MM. Rattier et Cie, a une section de 50 millimètres carrés seulement; le
- (1) La partie inférieure de la chambre des machines est à un niveau inférieur à celui des égouts, ce qui nécessite un service spécial de pompes.
- Tome IY. — 88e année. 4e série. — Octobre 1889.
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- MÉTALLURGIE.
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- câble est posé dans les égouts jusqu'à la place de la Concorde et dans une conduite spéciale sous l’avenue Gabriel; à son arrivée dans les caves de l’Elysée, il distribue le courant à 1 2 transformateurs qui réduisent le potentiel à 90 volts. Une canalisation secondaire de 3 conducteurs du système Edison alimente les lampes qui marchent à 43 volts; la perte totale d’électricité est d’environ 10 p. 100. La station est pourvue de deux petites machines de réserve à courants alternatifs, actionnées par un autre moteur, et qui peuvent être groupées en quantité.
- \J installation à VExposition comprend plusieurs groupes distincts. La station d’électricité est installée dans un pavillon spécial situé près de la porte Rapp ; il renferme tout le matériel qui comporte 800 chevaux-vapeur de force effective répartis en cinq groupes, dont un sert de réserve.
- Les appareils consistent en 3 générateurs Belleville, 4 machines compound à 3 cylindres de Weyher et Richemond, chacune de 160 chevaux-vapeur; une autre machine compound de 130 chevaux-vapeur, 2 condensateurs automatiques Weyher et Richemond; 2 dynamos Edison de 1 000 ampères et 120 volts;
- 6 autres de 350 ampères et 120 volts; un appareil de distribution pour grouper les dynamos, des rhéostats pour régler le champ magnétique, etc.
- Le premier groupe d’éclairage public et privé comprend 149 lampes à arc et
- 7 350 lampes à incandescence répartis dans différents pavillons du Ghamp-de-Mars.
- Le second groupe est une annexe du pavillon de la compagnie Edison où sont exposés les différents types de dynamos et de lampes d’Edison.
- Le troisième groupe, placé dans la galerie des machines classe 62, expose une dynamo pour 300 lampes, une dynamo de Zipernowski à courants alternatifs de 15 ampères et 2 000 volts, deux tables de distribution dont une pour les courants continus et l’autre pour les courants alternatifs avec les transformateurs de Zipernowski, différents types de lampes Edison-Swan.
- Le quatrième groupe, placé près de la grande machine du Greusot, expose une dynamo Edison de 40 chevaux de force commandant plusieurs petits moteurs qui font marcher différentes machines-outils dans les classes 52, 56 et 63.
- (Engineering.)
- MÉTALLURGIE
- LES ALLIAGES DE NICKEL ET D’ACIER, PAR M. J. RILEY
- M. Riley, ingénieur à Glasgow, a fait des essais sur différents alliages de nickel et d’acier contenant respectivement 3, 5 et 25 p. 100 de nickel, et il a trouvé que ces alliages pouvaient être produits dans des proportions déterminées, aussi bien dans des creusets que sur sole.
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- Les opérations sur sole portées à une température très élevée peuvent être faites en aussi peu de temps que celles de riblons pour produire l’acier, c’est-à-dire en sept heures environ. La conduite de l’opération ne demande pas plus de soins particuliers, et on peut vérifier facilement la composition de l’alliage produit. On se sert des mêmes poches et des mêmes moules pour la coulée. Lorsque l’opération est bien conduite, presque tout le nickel se retrouve dans l’alliage et il en reste très peu dans les scories, contrairement à ce qui a lieu pour l’acier chromé.
- L’alliage est compact dans le moule, plus fluide et moins doux que l’acier ordinaire; il se solidifie plus rapidement et est très homogène. Les lingots ont un aspect net et uni, mais ceux qui sont plus riches en nickel présentent une surface un peu plus piquée que les lingots en acier doux. Il y a moins de perte de métalloïdes dans ces lingots, ce qui est une garantie de leur homogénéité. Tous les débris produits par le martelage, le laminage, le cisaillage, etc., peuvent être refondus dans une autre opération sans aucune perte de nickel. Ce fait est important pour les personnes qui emploient ces alliages, car les débris et les objets usés conservent une valeur proportionnée à leur contenance en nickel.
- Le réchauffage des lingots pour le travail au marteau ou au laminoir n’exige aucun soin particulier ; ils résistent aussi bien à une haute température que les lingots où le nickel serait remplacé par une égale proportion de carbone, excepté cependant l’alliage à 25 p. 100 de nickel qui exige une température un peu moins élevée et plus de précautions dans le forgeage.
- Lorsque l’acier a été bien fait et est d’une bonne composition, il se martèle et se lamine sans se fendre, qu’il renferme peu ou point de nickel et lorsqu’il est de mauvaise qualité, l’addition de nickel ne l’améliore pas.
- Pour avoir une idée exacte de la valeur industrielle des alliages du nickel avec le fer et l’acier, M. Riley a fait des expériences sur leur résistance à la traction et à la torsion dans différentes conditions.
- Il a du faire un grand nombre d’expériences, car jces alliages contiennent, en plus du nickel, du manganèse, du carbone, du silicium, du soufre et du phosphore et une petite différence dans les proportions de ces substances a une influence considérable sur les propriétés de l’alliage, ce qui exigerait plusieurs séries d’essais comportant chacune un grand nombre d’expériences. On connaît par exemple les effets d’une petite proportion de carbone dans l’acier : il en résulte que pour apprécier exactement l’influence de l’addition de nickel, il faudrait opérer sur des échantillons où la proportion de carbone (aussi bien que du manganèse et des autres composés) restât constante ; il faudrait ensuite, la proportion de nickel restant constante, faire varier celle des autres composés ; il faudrait enfin soumettre ces différents produits aux mêmes épreuves.
- M. Riley n’a pu expérimenter tous les produits résultant d’aussi nombreuses
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- MÉTALLURGIE. --- OCTOBRE 1889.
- combinaisons, mais il a choisi un certain nombre de types qui lui ont servi à dresser deux tableaux d’expériences dont les chiffres ont une valeur très appréciable.
- Le tableau 1 donne lieu à plusieurs remarques intéressantes :
- 1° Dans l’échantillon n° 6, la proportion de 0,22 p. 100 de carbone est assez faible pour nous permettre de le comparer à l’acier doux qui donne les résultats suivants lorsqu’il a été recuit : L. E. (limite d’élasticité), 25 kilos par millimètre carré; E. R. (effort de rupture), 46k,5. Allongement, 23 p. 100 sur une barre de 0m,20, et C. S. (contraction de section), de 48 p. 100. Dans ce cas, l’addition de 4,7 p. 100 de nickel a porté L. E. de 25 kilos à 43 kilos, et E. R. de 46 kilos à 63 kilos, sans diminuer l’allongement ni la contraction de section d’une quantité appréciable. Dans l’échantillon n° 3, les résultats sont à peu près semblables pour une addition de nickel de 3 p. 100 et une augmentation de carbone de 0,35 p. 100.
- 2° Les échantillons nos 2 et 5 présentent une grande dureté, qui est due en partie à la grande proportion de carbone, mais aussi à la présence du nickel. L’échantillon n° 9 qui contient moins de carbone présente une dureté caractéristique qui est due à l’addition de nickel jusqu’à 10 p. 100.
- On obtient cette dureté en portant la proportion du nickel jusqu’à 20 p. 100, lorsqu’il se substitue au carbone; mais en continuant à augmenter au delà la proportion de nickel, l’alliage devient plus malléable et plus ductile et l’influence du carbone est neutralisée de plus en plus, ainsi qu’on le voit sur l’échantillon n° 11 qui contient 25 p. 100 de nickel et 0,82 p. 100 de carbone. Il y a quelque ressemblance, dans cette augmentation de dureté, avec l’alliage d’acier et de manganèse; mais on peut constater qu’avant d’atteindre cette limite, on obtient des alliages d’acier et de nickel d’une composition intermédiaire, qui présentent les meilleures qualités pratiques.
- 3° L’alliage qui contient 25 p. 100 de nickel présente plusieurs qualités remarquables. Dans l’échantillon non recuit, l’E. R. est élevé et la L. E. assez grande, mais dans l’échantillon recuit l’E. R. reste grande, tandis que la L. E. est très réduite, jusqu’à un tiers de l’E. R. ; par contre, dans les deux cas, la ductilité marquée par l’allongement qui précède la rupture est énorme, atteignant jusqu’à 40 p. 100 dans une pièce de 0m,20 de longueur. Un autre caractère, bien marqué dans les échantillons nos 10 et 11 par la faible C. S. (contraction de section), c’est que l’allongement est à peu près uniforme dans toute la pièce.
- M. Riley ajoute qu’il résulte d’une autre série d’expériences, qui ne sont pas terminées, qu’il est possible d’augmenter dans une large mesure l’E. R., la L. E. et la dureté de ces alliages. Il a expérimenté des pièces qui présentaient jusqu’à 135 kilos d’E. R. et 81 kilos de L. E. Une autre pièce fournie par les propriétaires du brevet pris pour les alliages d’acier et de nickel présentait 148 kilos d’E. R. et 84 kilos de L. E. pour une pièce de 0m,J 0 de longueur; la contraction de section était de 49,2 p. 100.
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- Tableau I. — Épreuves des alliages d’acier et de nickel
- w oi COMPOSITION ÉPREUVES A LA TRACTION ÉPREUVES A LA TRACTION ÉPREUVES A LA TRACTION ÉPREUVES A LA TRACTION
- p PS o pour 100. DES ALLIAGES FONDUS. DES ALLIAGES FONDUS ET RECUITS. DES ALLIAGES LAMINES. DES ALLIAGES LAMINÉS ET RECUITS.
- h w ALLONGEMENT ' ALLONGEMENT ALLONGEMENT ALLONGEMENT
- PS •w g Ni. c. Mn. L. E. É.R. p. 100 sur c. s. L. E. E.R. p. 100 sur c. s. L. E. E.R. p. 100 sur c. s. L. E. E.R. p. 100 sur C. s.
- P K 0“ 20 0"',10 0m,20 0ra,10 0m,20 0m,10 0“,20 0M0
- p. 100 p. 100 p. 100 1 en lcilog par mmq. p. 100 en ] par i âlog nmq. p. 100 en l par lilog mmq. p. 100 en 1 par ilog mmq. p. 100
- 1 i 0,42 0,58 )) Échantilloi i défectueux 42 85 )) 1,5 9,5 50 89 )) 11,0 24,0 46,7 85,4 )) 18,7 45,0
- 2 2 0,90 0,50 » » )) Trop dur à travailler. Fait de bons outils après avoir été adouci au rouge sombre dans l’eau bouillante.
- : 3 3 0,35 0,57 30,7 54 » 2,5 5,6 37 54 )) 2,5 9,0 48,7 79 )) 20,3 37,0 43,4 75 » 20,3 42,0
- 4 3 0,60 0,26 » )) )) » » » » » » )> 45,5 79,8 9,0 10,1 9,0 46,9 66,5 )) 9,0 12,0
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- 6 4,7 0,22 0,23 )> » » )) )) » )) )> )) » 39 62,8 17,75 23,4 42,0 43,4 63 » 25,0 44,8
- 7 S 0,30 0,30 )) )) » » n )> » )) » )) 46,5 72 10,0 12,5 22,5 43,4 66 » 17,5 18,5
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- 9 10 0,50 0,50 Trop dur à travailler.Fait de bonnes tranches d’outils après avoirété adouci au rouge sombre dans un courant d’air froid.
- 10 25 0,27 0,8c )) » » » » )) )) » )) » 59 79,7 10,5 11,7 )) 19,7 71 » 30,0 28,6
- 11 25 0,82 0,52 )) )) )) )> » )) )» )) » » 34 73,8 43,5 47,6 60,0 23,4 65 )) 45,3 43,6
- 12 49,4 0,35 0,57 » )> )) » » » » )) )> )> 31,8 58 )> 12,0 24,0 32,5 57 )) 20,0 29,0
- L. E. Limite élastique. — E. R. Effort de rupture. — C. S. Contraction de la section.
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- Le tableau 2, qui contient les résultats de la résistance à la torsion, donne lieu à plusieurs observations :
- La colonne de droite, intitulée Observations, contient les numéros des échantillons qui correspondent à ceux du tableau 1, qui indique leur résistance à la traction, etc. Les épreuves de torsion ont été faites sur l’acier, après qu’il a été martelé et réchauffé.
- Les échantillons de ce tableau sont rangés en deux classes et par ordre de valeur, eu égard aux trois qualités d’E. R., de L. E. et de ductilité; cette dernière qualité étant marquée par le nombre de tours de torsion supportés par chaque échantillon. On voit d’après ces tableaux que pour obtenir les meilleurs résultats, il n’est pas nécessaire d’employer plus de 1 p. 100 de nickel, car il n’y a que cette proportion dans l’échantillon n° 1 des deux classes.
- Tableau II. — Épreuves de torsion
- NUMÉROS d’ordre. NOMBRE DE TOURS DE TORSION sur 0m,08. DIAM desbarr Long du levie POIDS E L. E. ÊTRE es,0,025. UEUR r, 0,305. S KILOS. E. R. CONDITION. COIV Ni. IPOSIT r. %. C. ION Mb. OBSERVATIONS.
- 1 17* 1883 4059 Martelé. 1,0 0,42 0,58 N° 1 du tableau I (non recuit).
- 2 27s 1489 3315 — 5,0 0,30 0,30 — 7 — .—
- 3 i3A 1441 3804 —. 3,0 0,35 0,57 — 3 — —
- 4 i7s 1366 3284 — 4,7 0,22 0,23 — 6 —
- 5 2 5/s 1217 3419 — 50,0 0,35 » »
- 6 3 1122 4390 — 25,0 0,27 0,85 —10 — —
- IA 17s 1533 3980 Recuit. 1, o 0,42 0,58 — 1 — (recuit).
- 2A 23/s 143 7 3267 — 5,0 0,30 0,30 — 7 — —
- 4A 25/s 1434 3175 — 4,7 0,22 0,23 — 6 — —
- 6A 5 792 4620 — 25,0 0,27 0,85 — 10 — —
- 7 1*716 1322 3717 Martelé. )) 0,51 )) 73 k. par mmq. Acier Siemens.
- 8 1716 1322 3733 — )) 0,51 » 78 k. . — —
- 9 37s 979 2794 » » » 46k,7 — —
- Les remarques à faire sur le tableau 2 sont les suivantes :
- 1° On trouve au bas de ce tableau les résultats d’épreuves de torsion faites sur de l’acier Siemens. Les n03 7 et 8 sont des échantillons de cet acier recuit et non recuit dont les résistances respectives sont de 73 kilos et 78 kilos. La comparaison de ces deux chiffres indique le peu d’augmentation de ductilité due au recuit. En les comparant au n° 9 qui est un échantillon d’acier doux ordinaire de
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- 46k,5 de résistance, on pourra en conclure qu’il vaudrait mieux sacrifier un peu de la ductilité mesurée par le nombre de tours de torsion, pour obtenir la plus grande L. E. et le plus grand E. R. indiqués aux nos 7 et 8.
- 2° En comparant les résultats obtenus avec l’acier ordinaire et ceux de l’alliage de nickel, on verra qu’avec ce dernier on pourra réduire les dimensions des pièces ou les soumettre à de plus grands efforts.
- 3° Il est intéressant de remarquer combien les chiffres du tableau 2 confirment les résultats donnés dans le tableau 1. Les L. E. et E. R. pour les mêmes échantillons recuits et non recuits ont les mêmes rapports entre eux dans les deux genres d’épreuves, et le nombre de tours de torsion, qui correspond à la ductilité, se trouve proportionnel à l’allongement produit dans les épreuves de traction.
- Les alliages de nickel et d’acier présentent encore les caractères suivants : la densité du nickel étant de 8,86, celle du ferro-nickel à 25 p. 100 de nickel est de 8,08 ; celle de l’alliage à 10 p. 100 est de 7,866 ; celle de l’alliage à 5 p. 100 est de 7,846; alors que la densité moyenne de l’acier martelé est de 7,84.
- Tous les alliages de ferro-nickel jusqu’à 50 p. 100 de nickel prennent un beau poli ; la couleur devient plus claire en augmentant la proportion de nickel.
- L’acier riche en nickel est inoxydable à l’air et les alliages pauvres en nickel sont beaucoup moins oxydables que l’acier.
- Les quelques expériences faites par M. Riley pour comparer l’acier doux à 0,18 p. 100 de carbone avec l’acier à 5 p. 100 de nickel ont montré que les oxyda-bilités sont respectivement dans le rapport de 10 à 12, et ce rapport entre l’acier doux à 0,40 p. 100 de carbone et 1,6 p. 100 de chrome, et l’acier à 5 p. 100 de nickel est de 10 à 15. Avec l’acier à 25 p. 100 de nickel, ces rapports deviennent de 10 à 870, et de 10 à 1160 respectivement. Ces résultats ont été obtenus en plongeant les échantillons dans la liqueur corrosive d’Abel, et ils ont été confirmés par une immersion dans l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique. Quelques échantillons d’acier riche en nickel après avoir été exposés à l’air pendant plusieurs semaines ont été brisés et n’ont présenté aucune trace d’oxydation dans la cassure.
- Les alliages contenant jusqu’à 5 p.100 de nickel se travaillent assez facilement; au delà de cette proportion, ils sont plus difficiles à travailler. Les alliages les plus pauvres se percent facilement soit après le laminage ou après le recuit. Les trous de poinçon peuvent être espacés de 3 millimètres sans que le métal présente de fentes.
- L’acier à 1 p. 100 de nickel se soude facilement, mais cette qualité diminue en augmentant la proportion de nickel.
- Les alliages pauvres n’ont pas d’éclat, mais les plus riches ont du brillant lorsqu’ils viennent d’être décapés.
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- Il peut être intéressant d’exposer la théorie des inventeurs relative à la formation de ces alliages. Ils admettent, d’après M. Chernoff, que l’acier est composé de cristaux de fer métallique cimentés par du carbure de fer, et ils expliquent l’accroissement de résistance due au nickel par sa combinaison avec le carbone et le fer qui forme un ciment plus solide et qui remplit plus complètement les vides existants entre les cristaux de fer, en produisant ainsi une cohésion plus grande. Ils ajoutent que d«s degrés de solidification de ce ciment et du fer étant plus rapprochés l’un de l’autre, il se produit une union plus intime entre les éléments; et que leur procédé seul a la propriété de former cette combinaison de laquelle dérivent toutes les qualités de l’alliage.
- Il est facile d’indiquer quelques applications possibles de ces alliages, car les qualités qu’ils présentent ne laissent que l’embarras du choix. L’acier à 25 p. 100 de nickel, avec son grand E. R., sa grande ductilité et sa L. E. relativement faible, serait bien approprié à toutes les opérations comportant une grande déformation, comme à l’estampage profond, aux tassements de métal.
- Son inaltérabilité le rendra précieux pour les chaudières, les locomotives et les autres machines, les coques de torpilleurs et des bateaux à vapeur.
- L’acier contenant de 25 à 5 p. 100 de nickel peut servir à tous les usages pour lesquels on emploie actuellement l’acier, mais ce sont les alliages au-dessous de 5 p. 100 de nickel qui paraissent appelés à rendre les plus grands services, pour les arbres des hélices des bateaux à vapeur, par exemple, et pour les autres pièces forgées des machines de la marine. En outre, si l’emploi des hautes pressions employées actuellement dans les bateaux à vapeur n’a été rendu possible que par la substitution de l’acier au fer, on peut attendre de nouveaux progrès dans la marine à vapeur par l’emploi d’un alliage qui, comme le n° 6 du tableau 1, demande un effort de rupture de 30 p. 100 et a une limite élastique de 60 à 70 p. 100 supérieurs aux résultats correspondants que l’on a trouvés pour l’acier doux, avec une ductilité égale et une inaltérabilité plus grande.
- On pourra donc réduire les dimensions des pièces de machines pour une même pression, ou augmenter cette pression.
- On voit donc que ces nouveaux alliages sont aussi importants pour le constructeur de navires que pour l’ingénieur civil.
- Les avantages que présente leur emploi ressortent surtout si l’on considère les grandes constructions comme le pont du Forth et la tour Eiffel; il est évident que si les ingénieurs de ces deux monuments avaient eu à leur disposition un métal de 62 kilos d’effort de rupture et de 43 kilos de limite d’élasticité au lieu de 46 kilos et 26 kilos pour le premier et de 34 kilos et 23 kilos pour le second, leurs constructions seraient encore plus légères et plus élégantes qu’elles ne le sont actuellement.
- L’ingénieur militaire trouvera aussi dans ces alliages un auxiliaire inappré-
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- ciable pour les armatures et pour l’armement, et l’on peut même dire qu’ils sont appelés forcément à cette destination, lorsque l’on aura perfectionné les méthodes de traitement.
- [Engineering.)
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- DERN1È11E APPLICATION DES DÉRIVÉS DU N A P II T E AUX MOTEURS
- En principe, lorsque l’on veut transformer en énergie mécanique la chaleur développée par la combustion des dérivés du naphte, fl faut réduire d’abord ces produits en vapeur afin de rendre plus complet leur mélange avec l’air.
- En raison des différences notables existant entre les températures deformation des vapeurs de ces nombreux produits qui se distinguent entre eux par des poids spécifiques divers, les procédés de vaporisation varient également. Pour les produits légers et volatils tels que la benzine, la gazoline et autres, il suffit do les faire traverser par un courant d’air, pour saturer celui-ci de vapeurs et obtenir un mélange capable de brûler dans le cylindre du moteur, ainsi que cela se pratique dans les moteurs Otto et Lenoir.
- Mais les huiles de naphte, plus lourdes, ne se transforment en vapeur qu’à une température plus élevée et nécessitent, dans ce but, des récipients où ils s’échauffent suffisamment. D’autre part, ces produits coûtent beaucoup moins cher et sont moins dangereux à employer. Considérant que la combustion de ces vapeurs dans le cylindre échauffe fortement ses parois, on a eu l’idée d’employer cette chaleur à former les vapeurs et c’est sur ce principe que repose le nouveau moteur de M. Emile Capitaine.
- Cet inventeur, ayant réussi d’abord à pulvériser parfaitement le kérosène, chercha à le mélanger avec un volume d’air suffisant et à enflammer une petite quantité de ce mélange. Il opéra d’abord sur un moteur à gaz à détente de moitié dont le cylindre avait 120 millimètres de diamètre et 140 millimètres de course; la partie du cylindre dans laquelle s’opérait la combustion n’était pas refroidi. Le mélange de kérosène pulvérisé et d’air était introduit par une ouverture centrale dans le fond du cylindre; une petite partie du mélange arrivait au contact d’un clapet allumeur en passant par un tube chauffé. Tout le mélange s’enflammait, mais une certaine fraction de kérosène se condensait sur les parois froides du cylindre pendant la période de combustion, puis brûlait sans profit pendant la détente et pendant la sortie des produits de la combustion. Afin de parer à cet inconvénient, il fit entrer le mélange en sens inverse, c’est-à-dire allant du piston aux parois échauffés du cylindre; le clapet pulvérisateur était alors placé dans le Tome IV. — 88e année. 4e série. — Octobre 1889. 73
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- piston et la pulvérisation du mélange était si uniforme que, toute la surface de la partie où avait lieu la compression produisait des vapeurs.
- Le moteur servant à cette seconde expérience détendait au quarl, son cylindre avait 160 millimètres de diamètre et 300 millimètres de course. La pulvérisation du kérosène était parfaite et comme le fond du cylindre était à une température suffisante, l’évaporation était instantanée. Pour évaporer préalablement une partie du mélange, on avait placé dans l’ouverture correspondante du fond du cylindre une petite plaque de fer d’une surface de 100 centimètres carrés. Cette plaque était échauffée préalablement au moyen d’une lampe à alcool, et en cinq minutes elle avait acquis une température suffisante pour mettre le moteur en mouvement. L’inflammation avait lieu au moyen du clapet pulvérisateur. Au commencement, c’est-à-dire jusqu’à réchauffement de la paroi du fond, il se produisait une condensation de kérosène, et on était obligé de le renouveler, les produits de la combustion renfermaient beaucoup de vapeur de naphte, ce qui indiquait une insuffisance d’oxygène et une évaporation supplémentaire de kérosène pendant la période de détente et de sortie des produits de la combustion. Mais lorsque la température du fond atteignait 300 degrés, cette perte n’avait plus lieu et la dépense était de 0,5 à 0,6 litre par heure et par cheval-vapeur. La lampe à alcool s’étant éteinte accidentellement, le moteur ne s’arrêta pas, ce qui indiquait que la température était devenue suffisante pour l’inflammation du mélange.
- En élevant la température du fond ou en diminuant le nombre de tours, on observa des chocs, ce qui indiquait une inflammation prématurée; réchauffement préalable du mélange avait une influence prépondérante sur ce résultat; ayant alors arrêté le moteur pendant dix minutes, pour donner au fond du cylindre le temps de se refroidir, puis remettant en marche, on observa une combustion lente, c’est-à-dire une inflammation retardée, et que l’inflammation spontanée était abrégée aussitôt que le moteur faisait un grand nombre de tours.
- Ainsi donc une insuffisance d’échauffement du fond produisait une combustion lente et un excès d’échauffement du fond produisait une inflammation prématurée accompagnée de chocs.
- Le degré d’échauffement du fond du cylindre dépend des dimensions de sa surface et de sa déperdition de chaleur, de même que le nombre de tours doit être en rapport avec la température ; ainsi donc il existe un rapport déterminé entre le nombre de tours et les dimensions de la surface intérieure du fond.
- Pour un rapport donné entre ces deux quantités, les diagrammes n’ont varié qu’avec la dépense en kérosène.
- ' En observant les rapports indiqués ci-dessus, un moteur à cylindre de 65 millimètres de diamètre et 80 millimètres de course, avec une détente des trois quarts, et un fond non refroidi, marchait avec un coefficient d’effet utile satisfaisant,
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- même avec une vitesse de 1 000 tours à la minute ; à la vitesse de 800 tours, le coefficient était maximum et le moteur produisait 0,7 cheval-vapeur.
- L’inventeur signale l’absence de toute condensation à la surface inté-
- Fig. 1. — Moteur à l’huile de naphte de M. E. Capitaine.
- rieure du cylindre, ce qu’il attribue à la température élevée des vapeurs.
- Le dessin ci-joint (fig. 1) donne la disposition du moteur : le kérosène arrive par le tube a dans l’entonnoir 6, de là dans le clapet pulvérisateur B. L’air traversant le piston le refroidit. Le clapet se ferme lorsque le piston se met en mouve-
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- ment. L’inflammation du mélange se produit au commencement au moyen du tube en porcelaine D que l’on porte au rouge en quinze minutes. On chauffe aussi le fond du cylindre à 180 degrés jusqu’à la mise en marche.
- Un moteur à cylindre de 100 millimètres de diamètre et 90 millimètres de course, marchant à 600 tours, développait 1,5 cheval-vapeur et actionnait très uniformément par action directe une machine dynamo. Son poids était de 75 kilogrammes, la dépense d'huile de 0,6 litre par heure et par cheval; la dépense d’eau pour refroidir le cylindre était de quelques litres amenés par une pompe centrifuge.
- On doit conclure avec l’inventeur que le grand nombre de tours obtenu, joint à l’indépendance des appareils amenant l’eau et le gaz, ainsi qu’à l’absence d’appareils spéciaux pour transformer les huiles du naphte en vapeur, rendent ce moteur applicable dans une foule de cas : aux cabestans mobiles, aux locomotives routières, aux bateaux, etc. Il doit être particulièrement applicable à la petite industrie par son économie en le comparant aux moteurs à gaz de naphte connus jusqu’ici ; il serait presque d’un tiers plus économique, il coûterait aussi moins cher d’acquisition et serait moins dangereux.
- (.Zapiski.)
- Le grand constructeur de vaisseaux Yarrow a fait une application assez originale des dérivés du naphte aux moteurs pour grands canots de sa construction qui ont 11 mètres de long sur lm, 80 de large.
- Il réduit en vapeur la benzine dans un générateur spécial et l’emploie à la pression de 4 à 5 atmosphères dans un cylindre ordinaire de machine à vapeur de 0m,15 de diamètre et de 0m,10 de course. Le générateur consiste en petits tubes de cuivre de 0m,025 de diamètre et de 9m,15de longueur,formant deux serpentins, les spires de l’un étant contournées en sens inverse de celles de l’autre. Ce double serpentin est renfermé dans une enveloppe en tôle, et est chauffé au pétrole ordinaire, brûlé dans un pulvérisateur spécial. La benzine renfermée dans un réservoir est puisée au moyen d’une pompe à main qui donne une pression de 0k,30 par centimètre carré au-dessus de la pression atmosphérique. Cette pression est maintenue pendant le travail par quelques coups de pompe donnés à des espaces de temps déterminés.
- C’est toujours la même quantité de benzine qui sert et qui circule dans l’appareil ; l’opération est conduite de la manière suivante. La pompe envoie la benzine dans le serpentin, où elle est portée à la pression de 4 à 5 atmosphères; de là sa vapeur passe dans le cylindre où elle produit le travail. La vapeur détendue sort du cylindre par deux petits tuyaux en cuivre qui sortent hors du bateau et plongent dans l’eau; là elle se condense et retourne au réservoir placé à la pompe, d’où la même pompe à main la reprend par un autre tuyau et la renvoie dans le
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- serpentin. L’approvisionnement total en benzine, pour ce moteur de b chevaux de force, n’est que de 9 à 13m,h, c’est-à-dire insignifiante.
- On a paré au danger d’inflammation de la benzine par la solidité du réservoir et des assemblages des tubes; les vapeurs qui peuvent s’échapper de la boîte à étoupes sont recueillies et conduites au réservoir par de petits tubes. L’écoulement de la benzine dans le foyer par suite de la rupture du serpentin présente moins de danger que si c’était de l’eau, parce que la benzine se consume rapidement tandis que l’eau produit un dégagement abondant de vapeur qui peut faire éclater l’enveloppe en tôle.
- En tous cas, le remplacement de la vapeur d’eau par celle de benzine présente des avantages incontestables : c’est d’abord le petit volume du moteur avec tous ses accessoires, ce qui est dû au remplacement de la chaudière par un serpentin et au faible poids du moteur qui n’est que de 300 kilogrammes pour un canot pesant 700 kilogrammes. C’est ensuite la rapidité d’élévation de la vapeur à la pression voulue, rapidité qui avait déjà été obtenue, meme dans des conditions supérieures, avec des chaudières analogues employées pour la vapeur d’eau. C’est enfin l’absence de dépôts dans le serpentin et la faible température correspondante à la pression obtenue, conditions favorables à la durée de la chaudière.
- L’inventeur ne dit pas s’il y a avantage à employer la vapeur de benzine au point de vue thermodynamique; d’après la théorie mécanique de la chaleur qui établit le rapport entre le travail produit et la différence de chaleur dépensée entre le foyer et le condensateur, il semble qu’il n’y ait pas d’avantage à remplacer un liquide par un autre plus volatil, et cependant VEngineer, rendant compte des expériences faites sur cette machine, dit : « Pour une même dépense de combustible, en employant la vapeur d’eau on a obtenu de 1 à 4/2 cheval-vapeur et en employant la vapeur de benzine on a obtenu 4 à 5 chevaux-vapeur, sans expliquer autrement cette différence. » •
- Les expériences ont été répétées plusieurs jours de suite, en opérant chaque fois pendant trois heures successivement avec la vapeur d’eau et avec la vapeur de benzine et en brûlant la même quantité de combustible; et l’on aurait obtenu, dans le second cas, dans le cylindre un travail plus de 4 fois plus grand. Le combustible employé était le gaz d’éclairage et le poids de benzine évaporée, pour la même quantité de gaz brûlé, était 8 fois plus grand que le poids de l’eau évaporée, ce qui s’explique par la capacité pour la chaleur et la quantité de chaleur nécessaire à la formation de la vapeur, qui sont moindres pour la benzine.
- La densité de la vapeur de benzine est supérieure à celle de l’eau, prise à la même température; elle est de 10gl’,718 et celle de l’eau est de d’où il
- suit que le volume de vapeur de benzine produit par la même quantité de com-40 748
- bustible serait 8 x ^ 9Q34 — 4,40 du volume de la vapeur d’eau. On obtient un
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- plus grand volume de vapeur de benzine qui est à une pression supérieure et qui produit un plus grand nombre de tours de la machine.
- Mais si l’on fait arriver dans la chaudière 8 fois plus de benzine que d’eau, les dimensions de la pompe d’alimentation doivent être augmentées en proportion ainsi que le travail dépensé à la faire mouvoir. Les dimensions de la chaudière et
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- des tuyaux doivent être aussi plus grandes, dans la proportion de ^ — 10,9.
- Les tubes de la chaudière ont une surface totale de 0m,718 : or un serpentin qui aurait eu une surface de chauffe de 0m,930 aurait pu fournir assez de vapeur d’eau pour développer 4 chevaux-vapeur, car, dans le système de Herreshoff, la chaudière développe 1 cheval-vapeur par 0m,22 de surface de chauffe. Il serait à désirer que des expériences plus détaillées permissent mieux de juger le moteur de Yarrow au point de vue thermodynamique.
- (.Institut of Naval Architects.)
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Sur la peinture de la tour Eiffel. —M. l’administrateur délégué delà Société anonyme des gommes nouvelles et vernis, à Saint-Denis, adresse à la Société une lettre dans laquelle figurent quelques détails intéressant au'sujet de la peinture de la tour Eiffel.
- C’est à la Société ci-dessus que cette entreprise a été concédée. L’on peut juger de son importance, lorsqu'on sait que, développés, les fers dont la tour est faite couvriraient une surface de 125 000 mètres carrés, que cette surface énorme est peinte à trois couches et que l’étente de chacune de ces couches n’a pas exigé moins de 10 000 kilogrammes de peinture.
- Mais ce qui, dans l’exécution de ce travail, doit surtout attirer l’attention, c’est le procédé auquel le constructeur a eu recours pour donner à l’ensemble un effet plus agréable ; ce procédé a consisté dans l’emploi, aux diverses hauteurs, de peinture de tonalités différentes.
- Du pied à la première plate-forme les fers sont peints en couleur ton bronze Barbedienne foncé, tirant un peu sur le rouge. De cette première plate-forme à la seconde, la teinte est la même, mais plus claire; de là, enfin, jusqu’au sommet, se succèdent trois teintes graduées de moins en moins foncées, de façon que la coupole soit presque jaune d’or.
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- Des trois couches de peinture qui recouvrent les fers de la tour Eiffel, les deux premières sont faites de peinture ordinaire, mais pour la troisième on a eu recours à la peinture dite vernissée que prépare la Société des gommes nouvelles et vernis à laquelle nous devons les détails qui précèdent.
- Falsification du saindoux par Fhuile de graines de coton, par William.
- — La falsification des saindoux expédiés d’Amérique est pratiquée sur une grande échelle, on y ajoute jusqu’à 2/3 de leur volume de l’huile de graines de coton ; cette addition change peu l’aspect du produit et un œil exercé a beaucoup de peine à la reconnaître. Ce mélange ne se distingue du saindoux pur ni par son degré de fusion (le saindoux pur fondant entre 38° et 49° et les meilleures sortes à 43°,5) ni par la proportion de chaux nécessaire pour le saponifier: c’est pourquoi le chimiste Williams propose de se servir de la différence d’action de l’iode sur ces deux graisses,le saindoux pur absorbant seulement 40 à 41 p. 100 d’iode, tandis que l’huile de graines de coton en absorbe 2 à2 fois et demie davantage.
- On opère sur un échantillon de saindoux de 0gl’,3 à O"1’,6 que l’on dissout dans le chloroforme, dans un flacon bouché à l’émeri ; on y ajoute un excès de réactif d’Hübel. (Ce réactif se prépare de la manière suivante : on dissout à part 25 grammes d’iode et 30 grammes de sublimé corrosif, chacun dans 500 c. c. d’alcool rectifié à 95°; puis on mélange les deux liquides et on laisse reposer pendant 6 à 12 heures.) On laisse digérer pendant 3 heures à la température ordinaire, le vase étant bouché. On ajoute ensuite à la liqueur de l’iodure de potassium, on étend avec de l’eau et on absorbe l’excès d’iode au moyen du sulfure de sodium.
- Il faut compter dans la pratique qu’à chaque partie d'iode en plus de la quantité absorbée par le saindoux pur, correspond 1,5 p. 100 d’huile de graines de coton. On peut reconnaître par ce procédé jusqu’à 5 p. 100 d’huile de graines de coton, ainsi qu’il ressort du tableau suivant :
- CONDITIONS. ) de graines de e coton. - X P o O g SAINDOUX ADDITIONNÉ d’hüILE DE GRAINE DE dans la proportion de : COTONS
- f—< 'B < m 5 »/. 10 •/. 15 °/„ 20 °/o 25 •/. 30 •/„ 40 »/„
- Température de fusion . 0 à 20° 43,3 43,3 42,2 41,1 40,6 40,6 39,4 39,0
- Potasse pour saponifier p. 100 19,4 19,6 19,6 19,6 19,6 19,4 19,4 19,4 19,5
- Iode absorbée p. 100. . 109,1 40,8 44,0 47,1 49,7 52,9 56,1 59,2 66,2
- {Die Chem. Ind.)
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- Carbonisation des tissus servant à produire des empreintes, par Œster-bridge.— L’objet principal de cette invention consiste dans la préparation des tissus fabriqués tels que la toile, la dentelle, etc., ou des tissus naturels organisés tel que les fougères, les herbes, les feuilles d’arbres; lorsqu’ils ont été préparés, ils peuvent être soumis à une très haute température qui fait évaporer leurs parties volatiles, sans faire subir aucune déformation au tissu.
- Les substances ainsi préparées peuvent supporter même la chaleur de la fonte en fusion et peuvent être employées à recouvrir les parties intérieures des moules de coulée; les empreintes en creux obtenues de cette manière sur la fonte ou sur tout autre métal peuvent servir à estamper des dessins sur la peau, le bois ou le métal.
- Pour préparer le tissu, on le recouvre d’une couche mince de charbon en poudre, puis on le place dans une capsule résistant au feu, soit en fonte, ou en graphite ou en terre réfractaire, que l’on remplit de charbon en poudre. La capsule est munie d’un couvercle dont la fermeture est assez hermétique pour ne pas laisser pénétrer l’air, de manière à produire une combustion incomplète, et on a ménagé une ouverture de dégagement pour les gaz produits par le chauffage. On porte la capsule dans un four chauffé à 150°et on l’y laisse pendant quelques heures jusqu’à cessation de toute volatilisation. Ensuite on la porte dans un four dont on élève la température graduellement jusqu’au rouge, on maintient cette température pendant deux heures, après quoi on enlève la capsule et on la laisse refroidir. On retire ensuite le tissu carbonisé, on le nettoie et on le calcine au rouge blanc. On le retire de la flamme lorsque toute combustion a cessé, et la préparation au charbon est terminée. Le produit obtenu est devenu comme le graphite incombustible et sert à imprimer des dessins qui auraient coûté plus cher à produire par d’autres moyens.
- Le procédé d’application du tissu ainsi préparé est très simple : on le fixe par ses bords au fond du moule qui est incliné de manière que le métal fondu ne tombe pas directement et se répande uniformément sur le tissu.
- Celte invention est appliquée actuellement à orner de dessins économiques les objets moulés, les peaux, les papiers et les surfaces métalliques ; il est probable qu’elle rencontrera plus d’applications lorsqu’elle sera plus connue.
- (Chemisch technische Zeitung.)
- Le Gérant : J.-H. Ginestoit.
- Paris. — Typographie Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. —2 .938.
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- 88e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- NOVEMBRE 1889.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- PRODUCTION MÉCANIQUE ET UTILISATION DU FROID ARTIFICIEL (1), PAR M. GUSTAVE RICHARD.
- INGÉNIEUR CIVIL DES AIINES.
- Divers moyens de production mécanique du froid. — Les divers moyens appliqués ou proposés pour la production du froid artificiel sont très nombreux, mais un seul a survécu et semble devoir se maintenir, dans la grande industrie du moins : c’est celui qui consiste à utiliser le froid produit par la détente d’un gaz comprimé ou d’une vapeur liquéfiée, refroidis pendant leur compression.
- Parmi les autres moyens, que nous nous bornerons à indiquer en passant, il faut retenir le suivant, fondé sur le principe de Leslie, et qui consiste essentiellement à vaporiser dans le vide un liquide plus ou moins volatil, dont les vapeurs sont ensuite rejetées dans l’atmosphère (A tkinson) ou absorbées par un réactif que l’on régénère indéfiniment. Le type le plus connu de ces machines est l’appareil domestique de Carré (2) qui emploie comme liquide volatil l’eau même à congeler et comme absorbant l’acide sulfurique, déjà préconisé par N aime (1880), Val-lance (3) et Tellier (4). Tout récemment M. Fleuss (5) a apporté à cet appareil quelques modifications de détail qui en rendent le maniement plus facile, mais sans lui enlever l’inconvénient du danger que présente fatalement l'emploie del’acide sulfurique dansles usages domestiques. D’autres inventeurs,notamment Windhausen{§),
- (1) Cette étude a été préparée à la demande du Comité d’organisation du Congrès international de Mécanique appliquée qui s’est réuni au Conservatoire des Arts et Métiers, du 16 au 21 septembre 1889, sous la présidence de M. Phillips.
- (2) Brevet anglais 4164 de 1876.
- . (3) Brevets anglais’4884 et 5001 de 1824.
- (4) Brevet anglais 228 de 1872.
- (5) Brevets anglais 2408 de 1886 et 223 de 1887.
- (6) Brevets anglais 1678 de 1878, 2010 de 1880. — Engineering, 27 octobre 1882, p. 404.
- La Nature, 3 mai 1884.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Novembre 1889. 74
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- Galland (1), Conacher et Williams (2) ont appliqué en grand les appareils à acide sulfurique; mais les inconvénients inhérents à la délicatesse des pompes à faire le vide, à la manutention et à la régénération de l’acide sulfurique ont empêché ces appareils de se maintenir dans la pratique, malgré leurs dispositions ingénieuses et la supériorité temporaire de leur rendement.
- On évite ces manipulations dangereuses et compliquées, mais aux dépens du rendement et de l’activité de la machine, en remplaçant l'absorption des vapeurs par une condensation, comme dans l’appareil d'Atkinson (3) et dans l’intéressante petite machine industrielle de Blythe et Southby, qui présente en compensation l’avantage très précieux d’une innocuité parfaite (4).
- La production du froid par les dissolutions salines et les combinaisons endo-thermiques est également restée limitée aux appareils domestiques, malgré l’ingéniosité développée par un grand nombre d’inventeurs, notamment par Siemens (5), Mort (6), Rossi (7), Galland et Wilson (8).
- Nous allons maintenant étudier avec quelques détails le genre de machines frigorifiques presque exclusivement adoptées aujourd’hui dans l’industrie et fondées, comme nous l’avons dit, sur l’emploi de la détente des gaz comprimés ou des vapeurs liquéfiées.
- Ces machines se divisent donc en deux classes :
- Machines à gaz comprimés ;
- Machines à gaz liquéfiés.
- Les machines à gaz liquéfiés se subdivisent elles-mêmes en deux variétés : machines à compression et machines à affinité, suivant qu'on emploie, pour liquéfier les gaz, la compression mécanique, ou, après leur dissolution dans un liquide absorbant, l’action de la chaleur sur ce liquide.
- Machines à air (9).
- Le fonctionnement des machines frigorifiques à air est théoriquement des plus simples : elles sont à cycle fermé ou à cycle ouvert.
- (1) Brevet anglais 1346 de 1873. — Péclet, la Chaleur, t. III, p. 130.
- (2) Brevets anglais 14 082 de 1886; 1181, 2319 de 1887; 860 de 1888.
- (3) Brevet anglais 16347 de 1886.
- (4) The Engineer, 28 décembre 1888, p. 330.
- (5) Brevets anglais 1103 de 1833, 2074 de 1838.
- (6) Ibid. 1208 de 1876.
- (7) Ibid. 8777 de 1884.
- (8) Ibid. 1398 de 1879. Enfin, tout récemment, M. Dewey a proposé d’utiliser pour la production du froid les effets de Peltier et de Thomson. Electrical World, 26 octobre 1889, p. 274.
- (9) Armengaud, Étude sur la production mécanique du froid; 1874. — Ledoux, Théorie des machines à froid (Annales des Mines; juillet-août 1878).— Lightfoot, Machines for producing cold air (Inst, of Mechanical Engineers; janvier 1881).— J. Coleman, Refrigerating Machinery (Inst, of Civil Engineers ; London, 14 février 1882).
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- Dans le premier cas, une même masse d’air, alternativement comprimée suivant une isothermique puis détendue en effectuant un travail, est ramenée à son état primitif en absorbant de la chaleur au corps à refroidir.
- Lorsque la machine n’est pas à cycle fermé, l’air aspiré de nouveau à chaque coup du compresseur peut être refroidi préalablement par l’air détendu qui s’échappe du réfrigérant sans avoir épuisé toute la chaleur du corps à refroidir : c’est une application ingénieuse du régénérateur aux machines frigorifiques à air, lesquelles ne sont, comme on le voit, que des machines thermiques inversées.
- A fopposé des machines thermiques, le rendement des machines frigoriques, qui convertissent du travail en chaleur de compression au lieu de transformer de la chaleur en travail de détente, diminue avec la chute de température disponible, ou avec la détente de l'air. Mais, à mesure que cette détente s’abaisse et que le rendement augmente, l'activité ou le degré frigorique de la machine diminue suivant la loi des échanges de Newton, de sorte qu'il faut tenir compte, pour établir la meilleure détente, à la fois du prix théorique de la calorie négative et de l’encombrement de la machine. Les résistances passives, ainsi que les frais d’établissement, augmentent en effet très vite avec cet encombrement. Sans prétendre proposer une solution générale de cette question complexe, on peut dire qu’une détente de 2,5 convient à la plupart des cas en pratique.
- Nous avons dit que l’air devait être, pendant sa compression, refroidi de manière à décrire autant que possible une isothermique : la raison physique en est fort simple, car, sans ce refroidissement, l’air exigerait pour sa compression un travail plus considérable. L’air doit donc toujours être comprimé à froid, sous l'influence d'une circulation d’eau extérieure au compresseur et parfois d’une injection d'eau, dont le volume par course ne dépasse pas, en pratique, le centième d’une cylindrée. Ce refroidissement augmente de 15 à 40 pour 100 le rendement des machines.
- Quant au refroidissement complémentaire de l’air aspiré par celui qui s’échappe du réfrigérant, il s'est moins répandu malgré son incontestable utilité, dont sir William Siemens a développé la théorie en même temps que démontré la réalité en appliquant avec le plus grand succès ce principe à l’amélioration d’une machine à air de Gorrie, en 1857 (1). Nous en retrouverons toutefois une heureuse application dans les machines de Windhausen (2) et de Bell-Coleman (3).
- D’autres inventeurs, notamment M. Carnegie Kirk (4), ont proposé d’utiliser dans les machines frigorifiques à air les échangeurs de température à toiles métalliques des moteurs à air chaud. Le dispositif extrêmement ingénieux de Kirk se
- (1) Brevet anglais 2064 de 1857. — Siemens, Scientific Works, t. II, p. 192.
- (2) Brevet anglais 669 de 1869.
- (3) Inst, of Civil Engineers, 14 février 1882.
- (4) Brevet anglais 1 218 en 1862. — Inst, of Civil Eng., 1874, t. XXXVII, p. 244, et 20 mars 1884.
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- Ai\
- compose essentiellement d’un gros piston déplaceur, en matière non conductrice, se mouvant dans un cylindre vertical dont le bas, où se fait la compression isothermique de l’air, est maintenu à une température constante ^ par une circulation d'eau. Lorsque le piston déplaceur descend, cet air comprimé passe en haut du cylindre, où il se détend en traversant le centre du piston occupé par une masse de toiles métalliques auxquelles il abandonne sa chaleur en s’abaissant à la température t2 de sa détente isothermique. Après avoir refroidi aux environs de t.2 le liquide incongelable qui circule dans le haut du cylindre, l’air descend, lorsque le déplaceur monte, au travers du régénérateur qui le ramène à tt, pour être comprimé de nouveau (tig. 1). Mais ce régénérateur, dont le fonctionnement théorique est presque parfait, est sujet à quelques inconvénients pratiques : la glace et la neige qui s'y précipitent l’obstruent, comme la suie des moteurs à air chaud, et exigent des lavages au liquide incongelable. Il faut, de plus, fonctionner, à moins d’exagérer les dimensions, avec de l’air préalablement comprimé à de hautes pressions. Ces raisons, et d’autres moins importantes, ont empêché les machines deKirk de se répandre : nous avons cru néanmoins devoir les signaler à cause de l’exactitude de leur principe (1).
- La condition fondamentale de la détente de l’air dans les machines frigorifiques est d’accomplir un travail qui refroidisse l’air et, en outre, s’ajoute au travail du moteur de manière à le soulager d’autant. Quant à la capacité du cylin-
- Fig. I. — Régénérateur Kirk.
- Légende. — Z?, Piston déplaceur non conducteur renfermant au centre le régénérateur à toiles métalliques C. Les deux faces du piston sont garnies de saillies circulaires qui viennent s’emboîter dans les canaux circulaires correspondants d et e dont sont munis les fonds Z) et -Z? du cylindre A . Ces canaux sont constitués par des tôles embouties galvanisées, aussi peu épaisses que possible, maintenues entre les brides du cylindre A et consolidées par des supports boulonnés a. Le fond inférieur E est rafraîchi à t,° par une circulation d’eau qui entre par f et sort par C après avoir parcouru les canaux de circulation e, et circulé autour de l’enveloppe Hh de la tige du pilon I. Cette enveloppe est pourvue d’ailettes radiales g q, destinées à transmettre son froid à l’air comprimé chaud admis du compresseur au régénérateur par /Z, lorsque le piston B se trouve au haut de sa course. L’air comprimé se refroidit alors à Z,, au contact du fond E et des ailettes g. Le fond supérieur B est parcouru, suivant fg, par une circulation de liquide incongelable, auquel l’air, refroidi à Za par sa détente lors du retour du piston compresseur, transmet son froid après avoir traversé le régénérateur C, par ko, à la descente du piston déplaceur B.
- (1) Voir aussi le brevet anglais de Postle, 709 de 1873.
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- dre de détente, d, elle est définie théoriquement, et pour de l’air sec, par l’équation
- dans laquelle on désigne par c le volume du cylindre de compression, par r le degré de détente, et par?? le rapport (1,41) des chaleurs spécifiques de l’air à pression et à volume constants.
- D’autre part, la machine frigorifique à air n’étant que l’inverse d’un moteur à air chaud, son coefficient économique maximum est donné, en supposant que l’air y décrive un cycle de Carnot entre les températures absolues extrêmes T, et T2 au compresseur et au réfrigérant, par le rapport
- T2
- Tj — TV
- Le travail 0minimum nécessaire pour produire une calorie négative est donné en kilogrammètres par la formule
- En pratique, ces rendements ne sont jamais atteints, parce que les machines à air, même à cycle fermé, ne décrivent pas un cycle de Carnot, et parce que diverses actions secondaires telles que l’humidité de l’air, dont la congélation ou la précipitation en neige impalpable nuit au fonctionnement des organes en même temps qu’au rendement frigorifique, la conductibilité imparfaite des parois réfrigérantes (cylindres et serpentins), les défectuosités des organes et les espaces nuisibles introduisent dans le jeu de la machine des perturbations dont il est impossible de formuler l’importance.
- Il en est de même des résistances passives parfois relativement très considérables en raison de l’importance des volumes d’air à traiter : le rendement organique des machines à air dépasse en effet rarement 80 pour 100.
- Sans prétendre énoncer des chiffres absolus, on peut dire qu’avec une pression de 4 atmosphères, on ne doit guère espérer atteindre un rendement supérieur à 1 000 calories négatives par cheval-heure au compresseur, ni une énergie frigorifique supérieure à 25 calories par mètre cube d’air passé dans la machine.
- Les points faibles des machines à air sont leur rendement peu élevé et leur grand volume, qui tient à la légèreté de l’air et à sa faible chaleur spécifique; leur principal avantage est de pouvoir fonctionner à cycle ouvert avec un corps travailleur qui ne coûte rien, et dont la température initiale n’influe que très peu sur le rendement. Cet avantage explique la faveur dont les machines à air jouissent dans les pays chauds et à bord des navires, où l’on préfère dépenser plus de charbon et ne pas dépendre de l’approvisionnement limité d’un corps chimique.
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- L’emploi des machines à air semble aussi tout indiqué pour la production directe de l’air froid à très basse température.
- Avant d’aborder l’analyse des principaux organes des machines à air, je signalerai quelques types dans lesquels on s’est écarté de la combinaison ordinaire de ces machines, composées d’un compresseur, d’un refroidisseur d’air comprimé, d’un détendeur et d’un réfrigérant. Telles sont les machines à.'Allen (1) et de Klein (2) où l’air fonctionne entre des pressions élevées, 28 atmosphères et 5 atmosphères, de manière à diminuer l’encombrement, la machine de M. Herbert Lloyd (3), mixte à air et à gaz ammoniac, dans laquelle l’air comprimé est, avant de passer au détendeur, refroidi par une vaporisation de gaz ammoniac liquéfié, et quelques machines, comme celles de G. Sloper(k) et de Dugald Clerk (5), où la compression puis la détente s’opèrent successivement, dans plusieurs cylindres disposés en cascade.
- Nous allons maintenant passer en revue les principaux organes des machines à air, et décrire sommairement quelques-uns des types les plus importants.
- Principaux organes des machines à air. — Les principaux organes d’une machine frigorifique à air sont, comme nous venons de le voir, les suivants :
- Le compresseur ;
- Le refroidisseur et sécheur d’air ;
- Le détendeur avec sa boîte à neige ;
- Le réfrigérant.
- Nous allons étudier successivement les principales caractéristiques de ces organes essentiels.
- Compresseur. — Le compresseur peut être à simple ou à double effet; on y distingue comme principaux éléments :
- Les soupapes et distributeurs,
- Les garnitures ou stuffing-box,
- Le jois ton,
- Les moyens de refroidissement.
- Les compresseurs à double effet sont les plus fréquemment employés, surtout sur les navires, où l’encombremeut doit être réduit le plus possible. A terre, où cette considération n’a pas la même importance, on préfère souvent les cylindres à simple effet, plus accessibles et sans autre garniture que celle du piston; moins actifs, le refroidissement de l’air pendant la compression y est plus facile, et ils durent plus longtemps.
- Les soupapes, ordinairement en fer ou en acier, sont en général pourvues d’un
- (1) Brevet anglais 472 de 1882.
- (2) Ibid. 1944 de 1881.
- (3) Ibid. 1420 de 1883.
- (4j Ibid. 1522 de 1836.
- (S) Ibid. 3 336 de 1881.
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- c/rv~
- amortisseur des chocs, dash-pot ou autre : ledispositif des machines Clerk{\) est l’un des mieux étudiés. Les soupapes dqM. Giffard sont soit en acier battant par une seule ligne de contact sur un siège en bronze ou en caoutchouc (2), soit formées d’un corps en caoutchouc serré entre deux rondelles métalliques et appliqué sur le siège par la pression même de l’air comprimé qui dilate le caoutchouc (3).
- Les soupapes d’aspiration du compresseur des machines de Haslam sont articulées à leurs tiges par un joint sphérique leur permettant de s’appliquer toujours exactement sur leur siège qui est refroidi, comme celui des soupapes de refoulement, par une circulation d’eau (4).
- Il en est de même du siège des soupapes de M. Matthews (5), qui sont formées (fig.2) par une large rondelle annulaire découpée en secteurs flexibles occupant tout le fond du cylindre.
- Les soupapes du compresseur à double effet de Chambers (6), qui occupent aussi tout le fond du cylindre, sont montées sur un faux couvercle appliqué contre un garnissage en caoutchouc par un fort ressort; ce ressort cède aux coups d’eau et permet de réduire sans danger l’espace nuisible au minimum.
- Quelques inventeurs \Gorrie (7), Nehrlich (8)j ont employé des soupapes commandées mécaniquement, dont les ouvertures sont plus promptes que celles des
- Fie. 2.
- Soupapes des machines frigorifiques à air de Robert Matthews.
- Légende. — Une circulation d’eau amenée par les tuyaux P P, a. trous p, traverse le fond q du cylindre et la plaque de garde N n de la soupape d'aspiration R. Cette soupape, constituée comme il est dit dans le texte, laisse l’air pénétrer au cylindre par les orifices n1 2 3 n4 * 6 7 8 : au retour du piston, l’air comprimé est refoulé par la soupape S, à garde s, au travers des orifices n3 ns.
- (1) Brevet anglais 3336 de 1881.
- (2) Ibid. 3108 de 1877.
- (3) Ibid. 2064 de 1873.
- (4) Ibid. 2032 de 1883.
- (3) Ibid. 3648 de 1886. — Industries, 5 octobre 1888.
- (6) Ibid. 603 de 1882. — Engineering, 7 avril 1882, p. 340.
- (7) Ibid, 13 234 de 1830.
- (8) Ibid. 1873 de 1874.
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- soupapes automatiques. D’autres constructeurs, M. Lightfoot notamment (1), emploient dans certains cas des robinets analogues à ceux des machines Corliss ou des tiroirs, comme dans les machines deHaslam (2) eld’Ellis (3) ; mais l’expérience ne paraît pas avoir encore suffisamment établi la supériorité de ces distributeurs sur les soupapes ordinaires.
- Parmi les différents systèmes de garnitures proposés pour la tige du piston, nous n’avons guère à signaler que le stuffmg-box à cuir embouti de M. Gif-fard(4), qui n’existe plus d’ailleurs sur la plupart de ses nouvelles machines.
- La garniture des pistons d eM. Giffard se compose essentiellementd’un segment en caoutchouc durci appliqué sur les parois du cylindre par la pression même de l’air refoulé(5). Cette garniture, qui peut être aussi formée de segments métalliques contre-butés par du caoutchouc (6), remplace avantageusement Ja garniture à rondelle coincée appliquée sur les premières machines de M. Paul Giffard (7).
- Les moyens de refroidissement du compresseur consistent en une enveloppe à circulation d’eau, étendue parfois au couvercle et même au piston (8), et combinée souvent avec l’emploi d’une injection d’eau pulvérisée que l’on retrouve dans les machines les plus anciennes (9). M. Kilbourn rend l’action de la circulation d’eau plus efficace en faisant le cylindre intérieur de ses compresseurs en bronze, moins épais et plus conducteur que la fonte.
- Refroidisseur-sécheur. — Le refroidissement de l’air au compresseur même ne suffît pas dans la plupart des cas : il faut alors achever ce refroidissement en soumettant l’air comprimé au contact de tubes à circulation d’eau froide ou à l’action d’une seconde injection d’eau. Dans ce dernier cas, le refroidisseur doit être forcément suivi d’un sécheur, pour débarrasser l’air de son excès d’eau avant son entrée au détendeur. Tel est le cas des machines de Teal et Fryer (10), Laidkcw et Robertson (11), Bell et Coleman (12).
- Quant aux tubes des refroidisseurs, souvent en cuivre, ils sont parfois annulaires (13) ou croisés (14) pour en multiplier les surfaces. M. Chambers refroidit l’air
- (1) Brevet anglais 673 de 1882.
- (2) Ibid. 1484 de 1880.
- (3) Ibid. 4882 de 1885.
- (4) Ibid. 2064 de 1875.
- (5) Ibid. 3 108 de 1877.
- (6) Ibid. 2064 de 1875.
- (7) Ibid. 2011 de 1871, 627 de 4873. ,
- (8) Sturgeon, Brevet anglais 4863 de 1877.
- (9) Gorrie, Brevet anglais 13234 de 1850. — Teal et Fryer, Brevet 3 957 de 1879.
- (10) Brevet anglais 3 937 de 1879.
- (11) Ibid. 2666 de 1864.
- (12) Inst, of Civil Eng., 20 mars 1884.
- (13) Bryce-Douglas, Brevet anglais 1 188 de 1880.
- (14) Allen, Brevet anglais 3788 de 1880.
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- du compresseur en lui faisant traverser plusieurs faisceaux consécutifs de tubes en U. libres de se dilater, et autour desquels circule le liquide réfrigérant, de sorte que la surface entière des tubes est également utilisée (1). M. Clerk remplace les
- b T
- 3. — Ensemble de la machine.
- Fig. S. — Sécheur intermédiaire. Fig. 3, 4 et 3. — Machine Hall et Lightfoot.
- Légende. — L’air refoulé par le compresseur à double effet C, à une pression absolue de 4k.5 environ, dans les re-froidisseurs tubulaires B, commence à se détendre dans l’espace annulaire ménagé autour du fourneau à l’avant du cylindre détendeur E, où sa température s’abaisse à 0° environ : de là, il passe au travers des chicanes G (fig. 5) du sécheur intermédiaire D où il dépose la majeure partie de son humidité et d’où il passe à l’arrière du cylindre E, pour y achever sa détente. Le cylindre moteur A est conjugué au cylindre E de manière que la détente de l’air aide son travail. La machine fait 63 tours par minute.
- tubes par une série de gros cylindres concentriques fermés à un bout seulement, emboîtés les uns dans les autres avec des jeux où circulent alternativement l’air comprimé et l’eau de refroidissement (2).
- (1) Brevet anglais 605 de 1882. — Engineering, 7 avril 1882, p. 320.
- (2) Ibid. 3536 de 1881.
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- Les tubes peuvent être, en totalité ou en partie, refroidis par un courant d’air froid venant soit en partie directement du détendeur et en partie du réfrigérant comme dans les machines de Windhausen (1) et de Haslam (2), soit en totalité par le retour du réfrigérant au compresseur, comme dans les machines de Bryce-Douglas (3), Northcott (4) Ellis, (5) et Matthews (6). Dans les machines de Bell et Coleman, l’air rafraîchi au sortir du compresseur par un arrosage achève de se refroidir, en même temps qu’il se sèche, par son passage au travers d’une série de tubes renfermés dans la chambre froide ou réfrigérant (7) (fig. 3, 4 et 5). Dans les machines de Hall et Lightfoot, au contraire, ce refroidissement supplémentaire s’opère dans un petit détendeur spécial, que l’air traverse avant d’arriver au grand détendeur, et au sortir duquel il abandonne la majorité de son eau en parcourant, entre les deux détendeurs, une série de chicanes disposées comme celles d’un antiprimeur (8). Ces deux modes de refroidissement complémentaire sont théoriquement équivalents, mais le procédé Lightfoot comporte des appareils moins encombrants et plus simples (9).
- INous ne ferons que signaler le dispositif de séchage proposé par M. Nehrlich, où l’air comprimé, préalablement refroidi, se débarrasse de la majeure partie de son humidité par un refroidissement complémentaire dans l’enveloppe du cylindre détendeur (10).
- Détendeur. —Les principaux organes du cylindre détendeur sont les mêmes que ceux du compresseur. On y retrouve, comme moyens de distribution, les soupapes automatiques ou desmodromiques (11), les robinets (12) et les tiroirs (13) plans ou cylindriques équilibrés (14).
- La détente est souvent réglée automatiquement en fonction de la pression finale au compresseur. Tel est le cas des machines de Tealet Fryer{lo),de Dugald Clerk( 16), etde Wilson et Slurgeon (17). Dans plusieurs machines, le détendeurest,
- • (1) Brevet anglais 669 de 1869.
- (2) Ibid. 6 060 de 1880.
- (3) Ibid. 1188 de 1880.
- (4) Ibid. 4061 de 1882.
- (6) Ibid. 4882 de 1886.
- (6) Ibid. 5 648 de 1886.
- (7) Ibid. 1034 de 1877.
- (8) Ibid. 4065 de 1880.
- (9) Inst, of Mechanical Eng., 4 janvier 1881.
- MO) Brevet anglais 1 873 de 1 874.
- fil) Inglis, Brevet anglais 3310 de 1877.
- (12) Matthews, Brevet anglais 5618 de 1886.
- - (13) Ha.st.am, Brevet anglais 1 481 de 1880.
- (14) Elus, Brevet anglais 4882 de 1885.
- (15) Brevet anglais 3 957 de 1879.
- (16) Ibid., 3 536 de 1881.
- (17) Ibid. 91 de 1883.
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- en outre, pourvu d’un reniflard empêchant la pression d’y tomber au-dessous de celle de l’atmosphère.
- Afin de réduire ses frottements au minimum, la soupape d’admission du détendeur de M. Sturgeon est maintenue sur son siège par un disque-membrane en acier, dont elle traverse le milieu.
- Les soupapes des machines Giffarddel877 reposentsurleur siège par une arête tranchante, coupant à chaque coup la glace qui tendrait à s’y déposer, et celles des machines de Heskelh sont disposées de manière à en faciliter le dégagement vers la boîte à neige, qui suit presque toujours immédiatement le détendeur (1).
- Ces boîtes ci neige (snow-box), utiles dans toutes les machines à air, sont indispensables à celles qui ne sont pas pourvues d’un refroidisseur-sécheur spécial ; elles consistent essentiellement en une capacité faisant suite au détendeur, dans laquelle l’air refroidi dépose sa neige ou sa glace de condensation sur des surfaces rugueuses, pourvues de pointes (2), ou mieux disposées en chicanes (3). On a proposé, pour éviter les boîtes à neige sans avoir recours aux moyens précités, divers artifices, tels que l’injection, au détendeur, d’air comprimé (4) ou de liquide incongelable (5). Ces moyens exceptionnels sont en général compliqués et préjudiciables au rendement de la machine.
- Réfrigérant. — Le réfrigérant des machines à air ne présente guère de particularités intéressantes qu’en raison de ses adaptations à des applications spéciales dont la plus importante est la conservation des viandes, que nous étudierons dans un autre chapitre.
- Les réfrigérants des machines à cycle fermé sont parfois pourvus d’un reni-ilard ou d’un régulateur de pression, constitué, par exemple, comme celui de Windhausen, par une poche en caoutchouc jouant le rôle d’accumulateur (6).
- Quelques inventeurs, Williams notamment, ont proposé, mais sans succès, d’opérer la réfrigération par la détente directe de l’air comprimé au travers d’un liquide incongelable (7) : il se produisait des commencements de congélation, et la majorité du travail de détente se dissipait hors du liquide ou par des remous qui le réchauffaient.
- Principaux types de machines à air. — Windhausen (8). — La machine Wind-hausen de 1869 est à cycle fermé. L’air, comprimé par l’une des faces d’un long-piston différentiel non conducteur, est détendu sur l’autre face après s’être refroidi
- (1) Brevet anglais 3989 de 1881.
- (2) Sturgeon, Brevet anglais 91 de 1883.
- (3) Hargreaves et Inglis, Brevet anglais 1747 de 1878.
- (4) Northcott, Brevet anglais 4051 de 1882.
- (5) Gorrie, Brevet anglais 13234 de 1850.
- (6) Brevet anglais 669 de 1869.
- (7) Ibid. 147 de 1853.
- (8) Brevets anglais 669 de 1869, 3142 de 1873, 4762 de 1876.
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- dans deux séries de tubes rafraîchies l’une par un courant d’eau, l’autre par l’air froid revenant du réfrigérant ou dérivé directement du détendeur.
- La machine de 1876 comprend deux cylindres à simple effet : un détendeur et un compresseur. L’air, aspiré du refroidisseur puis détendu, passe du bac à glace autour des tubes du refroidisseur, puis au compresseur qui le ramène à la pression de l’atmosphère où il l’expulse. Cet air, échauffé par la compression, peut être utilisé pour le chauffage ou la ventilation, et n’a pas besoin d’être refroidi par une injection ou par une circulation d’eau. Cet appareil, qui fonctionne par la création d’un vide au détendeur, est très encombrant, compliqué, et ne s’est pas répandu.
- Paul Giffarcl (1). — La machine Paul Giffard, de 1877, se compose de deux cylindres à simple effet : un compresseur et un détendeur. L’air comprimé arrive au détendeur après avoir traversé un refroidisseur tubulaire, puis un réservoir, où il dépose la majeure partie de son eau. Les soupapes du détendeur sont commandées mécaniquement de manière à graduer à volonté la détente. On y retrouve les pistons à garnitures autoclaves et les soupapes décrites aux pages 635 et 636. Ces machines ont reçu quelques applications, notamment à bord des navires de la Compagnie Peninsular Oriental. Une des machines les plus importantes de ce système, à cylindres détendeurs et compresseurs de 500 millimètres et 625 millimètres de diamètre sur 500 millimètres de course, refroidit, à — 35û, 570me d’air par heure. Parmi les applications faites en France, on peut citer les machines installées dans la fabrique de chocolat [de M. Menier, à Noisiel. L’air est, dans ces machines, insuffisamment desséché : c’est l’une des causes de leur peu de succès, malgré l’ingéniosité de leurs principaux détails de construction.
- Bell-Coleman. — Les machines de MM. Bell et Coleman (2) sont destinées principalement au refroidissement et à la conservation des viandes par l’air froid. Dans la machine de 1877, l’air comprimé est refroidi par une injection d’eau au compresseur d’abord, puis dans un saturateur à toiles perforées arrosées d’eau. De là, il traverse, pour se sécher, un antiprimeur à chicanes, qui est comme la contre-partie du saturateur, puis une série de tubes inclinés vers le fond de l’an-tiprimeur et parcourant sur une grande longueur la chambre froide. L’eau que l’air comprimé dépose dans ces tubes en se refroidissant s’évacue ainsi naturellement par le bas du sécheur. Au sortir de ces tubes, l’air refroidi et, débarrassé de son excès d’eau passe au détendeur, qui l’envoie dans la chambre froide.
- La machine de 1883, spécialement destinée aux navires, est remarquable par
- (1) Brevets anglais 627 de 1873, 2064 de 1875, 3108 de 1877. — Ledoux, Théorie des machines à froid, Revue industrielle, 1881, p. 233. —Bulletin de l’Industrie minérale, juin 1876. — The Engineer, 6 juillet, 17 août 1883.
- (2) Brevets anglais 1034 de 1877, 3862 de 1878, 4191 de 1879, 638 de 1882, 5625 de 1881, 5507 de 1883. — Inst, of Civil Enginecrs; London, 14 février 1882. — J.-J. Coleman, On air refri-gerating machiner!/ [The Engineer, 9 sept, et 18 nov. 1887, pp. 219 et 410; 14 avr. 1882, p. 267).
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- la compacité et l’harmonie de son ensemble. L’appareil, tout en double (moteur.
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- Fig. 6, T et 8. — Machine Bell-Coleman.
- Ensemble de la machine et détail d’un compresseur.
- Légende. — Les deux cylindres à vapeur V commandent quatre compresseurs c' et deux détendeurs I) Des pompes/injectent aux extrémités des compresseurs de l’eau qui opère un premier refroidissement de l’air comprimé, lequeljse rend, par les tuyaux R et D, dans un refroidisseur A, constitué par une colonne remplie de tôles perforées horizontales arrosées d’eau froide par le tuyau F. L’air, qui traverse ces plaques de bas en haut, se refroidit au contact de l’eau et arrive, froid et très chargé d’eau, par E, dans le sécheur D, constitué, comme A, d'une colonne de tôles perforées sur lesquelles l’air dépose la majeure partie de son eau entraînée. Du bas du sécheur B, l’air se rend dans les tubes cc enfermés dans le réfrigérant ou la chambre froide M, et dont la basse température précipite presque toute son humidité, qui s’évacue par une purge, de sorte que l’air arrive sec et froid au tuyau N, qui le conduit à l’aspiration des détendeurs D, d’où il se rend après sa] détente, parj le tuyau P', à ; la chambre froide M. .
- compresseur et détendeur), est formé de deux mécanismes complets, qui peuvent fonctionner en compound ou indépendamment en cas d’accident à l’un d’eux. Le
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- bâti qui las supporte renferme les pompes à air et le condenseur des cylindres à vapeur, ainsi que les boîtes à neige, disposées sous les détendeurs, où l’air passe avant d’arriver dans la chambre froide.
- Les machines Bell-Coleman sont très répandues à hord des navires, notamment sur les lignes d’Australie, où elles donnent toute satisfaction.
- Hall et Lightfoot (1). — La plupart de ces machines sont verticales ou inclinées, avec cylindres à simple elfet pour le compresseur et le détendeur, dérivant des dispositifs de Giffard. Les soupapes du détendeur sont desmodromiques. Un perfectionnement dû à M. Lightfoot consiste, comme nous l’avons dit, à refroidir l’air, entre le compresseur et le détendeur, par une détente auxiliaire effectuée dans un petit cylindre, d’où il va, déjà refroidi, se débarrasser de -la majorité de son eau dans un sécheur à chicanes. De là, l’air sec et refroidi passe au détendeur proprement dit, puis au réfrigérant.
- La machine Lightfoot de 1882 est horizontale. La distribution est faite au compresseur et au détendeur par des robinets Corliss.
- La machine Lightfoot de 1880, également horizontale, est spécialement étudiée pour le service des navires. Le compresseur a son cylindre intérieur formant enveloppe d’eau constitué par une chemise en bronze, plus conductrice que la fonte.
- Les machines de MM. Hall et Lightfoot, parfaitement étudiées sur des modèles adaptés à un grand nombre de spécialités, sont très employées en Angleterre, principalement à bord des navires et pour la conservation des viandes. Elles sont remarquables par leur peu de volume et leur simplicité.
- Machines à gaz liquéfiés par compression.
- Le principe des machines frigorifiques à gaz liquéfiés par compression est le même que celui des machines à air, à cela près que le gaz se liquéfie pendant la compression et se vaporise pendant la détente : elles sont comme l’inverse des machines motrices à vapeur, et plus actives, moins encombrantes que les machines à air, parce que la chaleur spécifique en volume du gaz liquéfié est beaucoup plus considérable que celle de l’air. Il résulte de l’effet de cette chaleur spécifique, joint à celui de la chaleur de vaporisation, qu’il faut, pour modifier d’une certaine quantité l’énergie interne et la température d’un volume de vapeur par la compression, dépenser plus de travail que pour faire varier d’une quantité équivalente la température d’un même volume d’air, et réciproquement. C’estainsi qu’il faudrait, dans les circonstances ordinaires de la pratique, environ 4 000 mètres
- (1) Brevets anglais 4065 et 1110 de 1880, 1567 de 1881, 673 de 1882, 13089 de 1885. — Inst, of Mechanical Enginecrs, janv. 1881. — Lightfoot (T.-B.), On machines for producing cold air (Revue industrielle, 15 juin 1881). — The Engincer, i,'r oct. 1880, 14 avr. 1882. — Engineering, 29 sept. 1882.
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- cubes d’air pour produire le même froid qu’avec un mètre cube d'acide sulfureux liquide, bien moins actif cependant que le gaz ammoniac et l’acide carbonique.
- Cette activité des machines à gaz liquéfiables en augmente le rendement organique et la compacité ; elle constitue leur principal avantage qui, joint à l’absence des difficultés et des complications entraînées par la présence de l’humidité de l’air, les fait presque toujours préférer, dans les climats tempérés du moins, pour les installations fixes.
- Quant à la liquéfaction du gaz, elle s’opère de deux manières, suivant que le gaz ou, plus exactement, la vapeur reste, pendant toute la durée de la compression, à l’état de saturation ou à l’état de surchauffe. Ce dernier régime, qui se rapproche de l’allure des machines à air, permet de réaliser des abaissements de température plus étendus, mais aux dépens du rendement, de sorte qu’il faut, en général, maintenir le plus possible le régime de saturation. On y arrive, à très peu près, du moins avec l’acide sulfureux et l’ammoniac, en n’exagérant pas la vitesse du piston et en refroidissant le compresseur par une circulation d’eau abondante : on peut assurer ce régime par l’injection d’un peu de gaz liquéfié à chaque aspiration dans le compresseur.
- L’un des principaux détails qui distinguent les machines à gaz liquéfiables des machines à air est la suppression presque générale du cylindre détendeur, remplacé par un simple robinet plus ou moins ouvert entre le condenseur, ou liquéfacteur, et le réfrigérant. Cette simplification est légitime, parce que le travail de détente ainsi perdu en partie est très faible, à peine équivalent aux résistances passives que présenterait le cylindre détendeur, sauf avec l’acide carbonique.
- Bien que la théorie exacte des machines à gaz liquéfiables ne soit pas encore établie, et que leur cycle s’écarte considérablement de celui de Carnot, on peut néanmoins leur appliquer les mêmes considérations générales qu’aux machines à air, et notamment cette loi : que le rendement frigorifique, sensiblement indépendant de la nature du gaz employé, diminue à mesure que la chute de température augmente du compresseur au récipient. Le choix du gaz à employer dépendra principalement de son prix d’achat, des avantages de sa manipulation (innocuité, inintlammabilité, neutralité vis-à-vis des métaux) et de l’intérêt que l’on a de réduire l’encombrement des machines ou d’abaisser la température finale. Les principaux gaz proposés ou employés jusqu’ici sont l'éther, Y acide sulfureux, Y éther méthylique, Y éthylène (1), le chlorure de méthyle, Y ammoniac et Yacide carbonique ; nous signalerons, en même temps que nous examinerons les machines qui les utilisent, les principales propriétés de ces gaz, dont l’étude scientifique, de la plus haute importance pour leur application aux machines frigorifiques, est encore à faire.
- (1) Wroblkwski, Comptes rendus, 21 juill. 1884, p. 136.
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- Nous décrirons d’abord sommairement les organes principaux communs à toutes les machines à gaz liquéfiés.
- Principaux organes des machines à gaz liquéfiés par compression. — Les organes essentiels de toute machine à gaz liquéfiés par compression sont, comme pour les machines à air, au nombre de quatre :
- Le compresseur on la pompe :
- Le refroidisseur-condenseur ou liquéfacleur ;
- Le détendeur ;
- Le réfrigérant.
- Nous allons exposer les principales particularités de ces dilFérenls organes, qui, bien qu’essentiellement les mêmes dans les différentes machines, se distinguent néanmoins les uns des autres par de nombreux détails de construction, parfois très importants suivant la nature des gaz à liquéfier.
- Compresseur. — Le compresseur peut être à simple ou à double effet, vertical ou horizontal. On y distingue comme éléments principaux :
- Les soupapes;
- Les garnitures ou stuffing-box ;
- Les pistons;
- Les moyens de refroidissement.
- Les compresseurs à double effet sont les plus employés; on les place ordinairement dans le prolongement des cylindres des moteurs à vapeur horizontaux qui les actionnent directement. Ils sont plus actifs et moins chers que les compresseurs à simple effet; c’est pour cela qu’on les emploie de préférence : mais les cylindres horizontaux s’usent plus vite, parce qu’ils s’ovalisent. Les joints et garnitures des cylindres à double effet, soumis à la pression de liquéfaction et plus difficiles à maintenir étanches, absorbent un travail de frottement plus considérable.
- Les compresseurs à simple effet sont presque toujours verticaux ; les soupapes d’aspiration et de refoulement sont ordinairement placées dans le haut, de sorte que le stuffing-box n’est jamais au contact direct du gaz à comprimer, et n’a guère à se défendre que des fuites du piston. Les compresseurs à simple effet sont le plus souvent au nombre de deux, accouplés par manivelles à 180°, et disposés de façon que l’avarie de l’un n’entraîne pas l’immobilisation de l’autre. Malgré leur prix plus élevé et leur encombrement plus assujettissant, les compresseurs verticaux commencent à se répandre beaucoup ( Vincent, Fixary, La-vergne, Windhausen et Frick), parce que leur conduite est plus facile, leur entretien moins onéreux et leur durée plus prolongée. Rien ne s’oppose d’ailleurs à ce qu’on les fasse à double effet, mais, à notre avis, sans aucun avantage réel (1).
- Soupapes. — Les soupapes les plus fréquemment employées sont en fer ou
- (I) Exemple : la machine de VArctic a un seul cylindre de 430mm x lm, faisant 40 tours par minute et 45 tonnes de glace par jour (Engineering, 8 févr. 1889).
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- en acier, coniques et à ressort : leurs mouvements sont presque toujours automatiques, c’est-à-dire déterminés par la pression même des gaz, et rarement des-modromiques, comme dans les machines à éther de Harrison ( J ) et de Dubern (2).
- Il importe que ces soupapes, celles du refoulement surtout, fonctionnent sans chocs. On évite ce choc en les munissant d’un amortisseur ou dash-pot gazeux, comme dans les machines de Pictet, de Qidri et de Wood[ 3), ou liquide comme dans celles de Laverg7ie{4). Dans cette dernière machine, la soupape de refoulemen occupe seule tout le haut du compresseur : elle fonctionne dans un bain d’huile dont elle force une partie à s’écouler, lors de sa levée, au travers d’orifices étranglés, qui en amortissent le lancé par leur résistance. Une disposition analogue avait été proposée, en 1882, par MM. Wood et Richmond (5) : le piston chargé d’huile soulevaitpar lacom-pression du gaz une soupape annulaire faisant cloche au-dessus du cylindre, et ramenée par l’élasticité d’un tampon de caoutchouc.
- Les soupapes doivent être, en outre, parfaitement accessibles : celles des machines de Kilbourn (6),
- Fixary (7), Lavergne, Quiri
- , TTr i « * p * î * Fie;. 9. — Soupapes d’aspiration et de refoulement
- 6t Wood Satisfont pleino- du compresseur vertical Wood.
- ment à cette condition importante. Les soupapes des machines Wood sont enfermées (fig. 9) dans des chapeaux qu’il suffit de dévisser pour avoir le tout dans la main (soupape, ressort, dash-pot et siège); elles peuvent, en outre, se régler très facilement en tournant de l’extérieur l’écrou de leur ressort (8). -
- On a quelquefois, dans certaines machines à éther, notamment dans celles de Blée (9), cherché à diminuer le travail d’aspiration en équilibrant les soupapes; mais c’est une complication plus nuisible qu’utile.
- Il faut, en tout cas, toujours munir, dans les machines verticales surtout, les
- (1) Brevet anglais 2362 de 1837.
- (2) Ibid. 4579 de 1882.
- (3) Ibid. 16 338 de 1884 et 14606 de 1886. — The Engineer, 4 févr. 1887.
- (4) Revue industrielle, 28 juill. 1888.
- (5) Brevet anglais 5 798 de 1882.
- (6) Engineering, 20 oct. 1882.
- (7) Haton de la Goupillière, Cours de machines, p. 888.
- (8) The Engineer, 4 févr. 1887.
- (9) Brevet anglais 3 005 de 1861.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Novembre 1889.
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- soupapes d’aspiration d’un étrier ou d’un écrou de sûreté, empêchant, comme dans les machines de Wood (1) et de Fixary, la chute de la soupape en cas de rupture de son ressort ou de sa tige, et leur assurant ainsi presque autant de sécurité qu’aux distributeurs desmodromiques. Nous ferons remarquer incidemment, à ce propos, que les machines verticales commandées par courroies présentent, à cause de leur moindre volant, en ce qui concerne les ruptures par obstruction accidentelle des cylindres, plus de sécurité que les compresseurs horizontaux rigidement reliés au moteur à vapeur.
- Stuffing-box. — Le stuffing-box.est, en sa qualité de joint mobile, le plus difficile à tenir, principalement dans les compresseurs à double effet, où il est soumis à toute la pression du refoulement. La solution la plus anciennement employée consiste à faire le stuffing-box double, et à ménager entre les deux garnitures un espace en communication avec l’apiration du compresseur. Les fuites qui échappent à la première garniture sont ainsi récupérées par l’aspiration même du compresseur, et la seconde garniture n’a plus à résister qu’à la pression d’aspiration. Cette pression, négative dans le cas des machines à éther, n’est que de 1 kilogramme à lk&,5 absolus pour les machines à gaz ammoniac, mais elle est déjà très élevée pour les machines à acide carbonique; aussi M. Raydt a-t-il fait rendre les fuites de sa première garniture non pas dans l’aspiration du compresseur, mais dans un petit gazomètre spécial, qui les restitue de temps en temps à la circulation (2). Pour les machines à ammoniac, les garnitures sont presque toujours à joint d’huile, c’est-à-dire constituées en grande partie par un bain ou par une gaine de pétrole, dont une fraction passe, à chaque coup du compresseur, dans la circulation du graissage : tel est le cas des machines de Linde, Wood, Lavergne. On en retrouve un exemple remarquable dans la machine à éther méthylique deTellier (3). Comme cas particulier, je citerai celui des machines verticales de West, dont les compresseurs, les bielles et les manivelles sont entièrement enfermés dans une enveloppe pleine d’huile ; les cylindres des compresseurs n’ont aucune garniture et plongent dans cette huile ; le stuffing-box est reporté à la pénétration de l’arbre moteur dans l’enveloppe générale, qui rend malheureusement le mécanisme inaccessible (4). Dans les machines de M. Lebrun (5), le pistons, les bielles et l’arbre moteur seuls sont enfermés dans une enveloppe d’huile.
- M. Fixary a donné, de cette question, une solution générale beaucoup plus simple, qui consiste à entourer la gaine d’huile du stufling-box d’une dérivation du gaz ammoniac détendu suffisante pour la congeler en partie : l’huile forme
- (1) Brevet anglais 7 824 de 1883.
- (2) Ibid. 13473 de 1884.
- (3) Péclet, la Chaleur, t. 111, p. 138.
- (4) Brevet anglais 3964 de 1887.
- (3) Gazette du Brasseur, 19 fév, 1888.
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- alors autour de la tige du piston un joint pâteux absolument imperméable et sans frottement; on donne, en outre, à ce joint, dans les compresseurs horizontaux, une longueur un peu plus grande que celle de la course du piston, de manière que les parties de la lige qui pénètrent dans le compresseur ne voient jamais l’atmosphère.
- Pistons. — Les pistons sont presque toujours pourvus d’une garniture à plusieurs segments analogues à ceux des machines à vapeur. Dans la plupart des machines verticales, les pistons sont surmontés d’une couche d’huile qui, pénétrant en partie sous la soupape de re-. foulement, supprime les espaces nuisibles en même temps »— qu’elle lubrifie le cylindre et concourt à l’étanchéité du piston.
- Dans les machines de Lavergne, cette couche d’huile, introduite au-dessus du piston par la soupape d’aspiration, est (fig.ll)très épaisse, et les segments ne sont pas tout à fait étanches, de manière que la majeure partie de l’huile s’écoule, pendant la montée du piston, entre
- sa garniture et les parois du cylindre : le restant passe, par la soupape de refoulement, dans la circulation de graissage. On réalise ainsi un piston parfaitement étanche, à frottement réduit, et dont la garniture d’huile absorbe, comme le joint
- Fig. 10. —Joint pâteux Fixary.
- Application aux compresseurs verticaux à simple effet.
- Légende. — Les deux compresseurs AA' communiquent au bas par une nappe d’huile D ; les pistons viennent baigner à chaque coup dans cette huile parleurs cannelures inférieures sans segments, qui en ramènent une pai’tie le long des parois des cylindres. Ils sont en outre chargés d'une couche d’huile qui supprime tout espace nuisible aux soupapes de refoulement C. Les fuites d'ammoniac aux pistons se recueille dans la chambre d’équilibre E, d’où elles retournent aux soupapes d’aspiration B dès que leur pression dépasse la charge de la soupape d’équilibre s.
- Une dérivation de l’ammoniac détendu, amené par le tuyau c, retourne h l’aspiration par d en circulant, en bb, autour de la gaine d’huile aa des tiges de pistons : cette huile, considérablement refroidie, constitue en aa le joint pâteux. La même disposition s'applique aux compresseurs à double effet.
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- pâteux de Fixary, une partie de la chaleur de compression. On peut employer
- Fig. 11. — Compresseur Lavergne.
- Légende. — L’ammoniac aspiré en A au travers du bain d’huile, alimenté par h, passe, au retour du piston,
- , dans le haut du compresseur, en même temps qu’une partie notable de l’huile, au travers de la soupape S du piston. Quand le piston remonte, il refoule l’ammoniac et une partie de l’huile au travers de la soupape A par le tuyau de refoulement R', qui aboutit au condenseur. La majorité de l’huile qui passe au-dessus du piston au bas de sa course s’écoule, pendant sa montée, entre les segments de sa garniture et les parois du cylindre de manière qu’il ne touche la soupape R que . par une couche d’huile peu épaisse, supprimant complètement l’espace nuisible et renouvelée chaque fois. La soupape de refoulement R, unique et sans autre ressort que l’ammoniac comprimé en R, occupe tout le fond du cylindre et baigne dans de l’huile dont la résistance à l’étranglement entre le bas de B et l’anneau m amortit les chocs de la levée. — tt, purgeurs.
- avantageusement, pour les hautes pressions surtout, des pistons liquides, analogues à ceux des compresseurs Som-meillier : on retrouve cette solution dans certaines machines horizontales de Kil-bourn (1), et dans les machines à acide carbonique de Windhausen (2). Dans ces derniers appareils, comme dans ceux de Gamgee (3), la compression se fait en deux fois. Commencée par une face sèche du piston, elle s’achève, au retour, par une masse d’eau glycérinée, que la face arrière de ce piston refoule j usqu’aux soupapes d’évacuation, etdontunepartie forme la garniture hydraulique du stuf-fmg-box. C’est une solution ingénieuse des liquéfactions à haute pression. M. Rayât a préféré (fig. 12) employer un piston plongeur très long, rafraîchi intérieurement par une circulation d’eau (4). Nous citerons, comme cas extrême de ce genre, le compresseur de BeyliKy (5) dont le piston est constituépar une masse de mercure, et celui de Mac Millan, où la compression s’opère graduellement par le refoulement d’eau glycérinée dans un longcylindreentôle(6).Onpeutaffîrmer, tout en reconnaissant l’ingéniosité de quelques-unes de ces solutions, qu’elles ne sont pas nécessaires avec les pressions modérées correspondant à la liquéfaction de l’ammoniac par exemple, pressions que soutiennent parfaitement,
- (1) Brevet anglais 2356 de 1879.
- (2) Brevets anglais 2548, 2549 de 1888.
- (3) Ibid. 4 065 de 1877.
- (4) Ibid. 15 475 de 1884.
- (Y) Ibid. 3062 de 1864.
- (6) Ibid. 3 333 de 1881.
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- dans les machines horizontales à double effet, les garnitures ordinaires à seg ments.
- Refroidissement.— Bien qu’il soit possible, ainsi que paraissent le démontrer de nombreux diagrammes pris notamment sur des machines Linde (1), de conserver le régime de saturation rien que par une enveloppe d’eau, plusieurs inventeurs, notamment MM. Wood (2) et Pnplett (3), ont appliqué avec succès, comme moyen de refroidissement, l’injection d’une certaine quantité de gaz liquéfié pulvérisé dans le compresseur. Dans la machine de Wood, le gaz aspiré du réfrigérant à la pompe rencontre à angle droit un petit jet d’ammoniac liquide pulvérisé au-dessus de la soupape d’aspiration. Dans la machine de Pnplett, c’est au moyen d’un petit tiroir que l’on injecte, au commencement de la compression, du gaz liquéfié du condenseur au compresseur. Nous ne savons pas si l’on a essayé ce mode de refroidissement sur les machines à acide carbonique, et nous manquons d’expériences comparatives pour en apprécier l’effet. Dans la machine Fixary, le joint congelé contribue à refroidir le compresseur, comme le bain d’huile des machines Lavergne, le piston liquide de Windhausen et le plongeur àcirculation d’eau de de Raydt; et l’application ces divers moyens semble parfaitement suffisante.
- Espaces nuisibles. — Nous avons vu comment on peut supprimer complètement les espaces nuisibles au moyen de pistons liquides ou chargés d’huile convenablement renouvelée : ce moyen, spécialement applicable aux machines à simple effet verticales, est le plus employé; mais on peut aussi, en donnant aux pistons une forme sphérique épousant celle des fonds des cylindres, arriver à réduire à presque rien les espaces nuisibles. Le plongeur de Raydt vient buter à fond de course sur la soupape de refoulement, qui occupe presque tout l’arrière du cylindre horizontal. Nous ne citerons que pour mémoire la solution proposée
- Fig. 12. — Compresseur Raydt
- Lk&bnde. — Le long piston creux K est rafraîchi intérieurement par une cir. culation d’eau x y u, et le compresseur baigne dans l’eau d’une bâche s. Le stuffing-box intérieurs est précédé d’une garniture extérieure o, alimentée de glycérine par le tuyau r et mis en rapport, par oh, avec un gazomètre dans lequel s’accumulent les fuites d’acide carbonique échappées de s.
- (1) The Engineer, 11 févr. 1887, p. 107.
- (2) Brevets anglais 5798 de 1882, 9547 de 1886.
- (3) Ibid. 12543 de 1884.
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- par M. Blée (1), qui consiste essentiellement à donner à la crosse une course plus longue que celle du piston qui lui est relié par un ressort.
- Condenseur ou liquéfacteur. — Les condenseurs sont constitués, en général, par des faisceaux de tubes droits ou de serpentins traversés par le gaz à liquéfier et entourés par l’eau de refroidissement ou de circulation. Les tubes sont en cuivre ou en fer pour les machines à éther et à acide sulfureux, en fer ou en acier pour le gaz ammoniac et l’acide carbonique.
- Les serpentins doivent être multiples et disposés de façon que l’avarie de l’un d’eux ne puisse pas entraîner l’arrêt de la machine pendant longtemps : les tubes droits réalisent au plus haut degré ce desideratum, mais ils exigent, aux plaques tubulaires, de nombreux joints analogues à ceux des condenseurs à surfaces, et qui tiennent difficilement les hautes pressions. Avec les serpentins, le
- nombre de cesjoints est très réduit.M. Kil-bourn les rend absolument étanches en serrant les bouts des tubes rabattus au moyen d’un écrou vissé dans un trou fraisé delà plaque du condenseur, sur lequel on applique ensuite une soudure à l’étain (2) maintenue elle-même par une gorge venue dans la plaque tout autour du tube et de son écrou.
- Les tubes du condenseur de M. Pu-plett sont en U, libres de se dilater sans contrainte, et divisés en deux groupes, dont le premier reçoit à l’intérieur des tubes l’ammoniac du compresseur, tandis que le second groupe reçoit ce même ammoniac autour des tubes parcourus par l’eau de refroidissement, qui circule en sens inverse (3).
- M. Pictet a proposé l’emploi d’une série de serpentins plats verticaux, débouchant chacun dans deux tubes maîtres horizontaux, sur lesquels ils sont emmanchés par des joints faciles à surveiller, et où les gaz circulent méthodiquement (4); le grand volume des tubes collecteurs faciliterait, d’après M. Pictet, la liquéfaction des gaz. M. Quiri a proposé aussi, pour sa machine à liquides hétérogènes, un condenseur à tubes en U (5). Le condenseur de M. Wood est formé d’un certain nombre de serpentins reliés au compresseur par un distributeur dont
- Fig. 13. — Joints des serpentins de Kilbourn.
- Légende. — B, Bout de tube rabattu, serré par un écrou C au fond d’un trou E fraisé dans la plaque A et recouvert en D d’une soudure à l’étain ; B', serrage analogue sans rabattement.
- (d) Brevet anglais 3003 de 1861.
- (2) Ibid. 5070 de 1882.
- (3) Ibid. 12 541 de 1884.
- (4) Ibid. 16558 de 1884.
- (5) Ibid. 14606 de 1886.
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- SU CONDENSEUR
- on peut les isoler séparément en cas d’avaries à l’un d’eux (1). Ces serpentins, plus accessibles et plus énergiques que les condenseurs immergés, ne sont pas plongés dans une circulation d’eau, mais exposés en air libre à une mince chute d’eau, comme les appareils bien connus de Baudelot. C’est un mode de refroidissement que l’on emploie volontiers aux Etats-Unis; on le retrouve dans les machines de Lavergne (2) combiné parfois avec l’addilion d’un condenseur auxiliaire refroidi par le retour de l’ammoniac gazeux détendu autour de ses tubes (3).
- Cette utilisation du froid des gaz dans des condenseurs auxiliaires n’a pas grande raison d’être avec l’amnoniac, dont les pressions n’ont rien d’excessif, mais il n’en est pas de même avec l’acide carbonique. Aussi M. Raydt a-t-il, à notre avis, bien fait d’entourer le liquéfacteur de sa machine d’un bain refroidi par le retour de l’acide carbonique à l’aspiration du compresseur (4) (fig. 14).
- Une Solution analogue consiste, comme le fait M. Puplett, à prolonger les tuyaux du condenseur dans le bain du bac à glace (5). Dans aucun cas, l’on n’augmente le rendement de la machine, mais on diminue la fatigue du compresseur.
- On a souvent proposé d’activer l’action des condenseurs en faisant traverser au gaz un espace annulaire entre deux tubes noyés dans une circulation d’eau, ou en contrariant sa marche par une série de chicanes multipliantles surfaces refroidissantes, comme danslesmachinesàétherde Harrison (6) et dans certaines machines à ammoniac de Wood{7), mais ces dispositions entraînent d’ordinaire à des complications et à des difficultés d’entretien hors de proportion avec leur utilité spéciale— notamment en ce qui concerne les fuites.
- Le mode de refroidissement du condenseur le plus employé consiste, comme nous l’avons vu, en une circulation ou en une aspersion d’eau; c’est d’ailleurs le plus simple et le plus efficace, aussi me
- Fig. 14. — Liquéfacteur Raydt.
- Légende. — Le liquéfacteur F, qui reçoit par c n l’acide carbonique refoulé du condenseur et l’évacue à l’état liquide en d, plonge dans un bac plein d’un liquide in-congelable que refroidit le serpentin fpg, parcouru par l’acide carbonique détendu revenant du bac à glace à 'aspiration du compresseur.
- (1) Brevet anglais 9547 de 1886.
- (2) Revue industrielle, 28 juill. 1888.
- (3) Brevet anglais 4 352 de 1880.
- (4) Ibid. 15475 de 1884.
- (5) Ibid. 14378 de 1887.
- (6) Ibid. 383 de 1874.
- (7) Ibid. 5798 de 1882.
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- bornerai-je à signaler seulement deux procédés particuliers proposés par MM. Beylih’g (1) et Ballantine (2). Les tubes du condenseur de M. Beylih’g sont refroidis par la vaporisation que provoque l’action d’un courant d’air lancé par
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- Fig. 15. — Machine Windhausen à détendeur.
- Légende. — Les deux compresseurs A A' communiquent au bas par une ouverture s. Les soupapes d’aspiration a a5 communiquent entre elles par a2 et les soupapes de refoulement b bf par la chambre a2. En A, c’est la face sèche du piston B, et en A', la masse liquide même qui aspire l’acide carbonique par d d'et le refoulent au condenseur par e. Les compresseurs sont refroidis par une circulation d’eau x y. Le haut du détendeur D, dont la tige du piston D' est conjuguée par un balancier à la tige B’ du piston compresseur, porte une soupape d’admission h, qui communique par c' avec l’acide carbonique du liquéfacteur : cette soupape est chargée en h3 par un ressort h.2.Le piston D vient, dans sa montée, heurter la tige h' de ce ressort et le comprime jusqu’à ce que sa compression soit égale à la pression exercée sur h par l’acide carbonique liquide : la soupape h se soulève alors et laisse l’acide carbonique liquide pénétrer en c jusqu’à ce que, au retour de D, la butée h2 vienne refermer h : à partir de ce point jusqu’à la fin de la course descendante de D, l’acide carbonique développe en C un travail de détente qui s’ajoute à celui du moteur sur B, A la montée de D et jusqu’à ce qu’il vienne soulever de nouveau h, le robinet c4 s’ouvre, de manière que l’acide carbonique détendu en C passe au serpentin du bac à glace. C’est donc la longueur de la tige h' qui règle la détente de l’acide carbonique. Les fuites d’acide carbonique autour de D s’accumulent au bas du détendeur et repassent en C par la soupape d et le conduit d' en même temps que celles du stuffing-box k k', amenées de la garniture liquide intérieure m au bas du détendeur par le tuyau y et la sôupape s.
- uil ventilateur sur des canevas mouillés qui entourent les tubes. Dans le condenseur de Ballantine, on fait agir la vaporisation d’eau pulvérisée par un certain nombre d’injecteurs à air comprimé.
- (1) Brevet anglais 3062 de 1864.
- (2) Ibid. 3121 de 1880.
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- Dans certaines machines à éther, comme celle de M. Harrison, on peut activer la condensation par un jet d’éther refroidi agissant comme l’eau d’un condenseur à injection; mais ce mode de condensation ne présente aucun avantage.
- Enfin, lorsque l’on ne dispose que d’une quantité limitée d’eau pour la condensation, on peut employer presque toujours la même eau, en la refroidissant par son passage en pluie dans un courant d’air; on ne perd ainsi que l’eau vaporisée par ce courant d’air. M. Richmond a proposé un vaporisateur-refroidisseur de ce genre bien étudié et susceptible de rendre service dans certains cas (1).
- Dé tendeur. — Dans la plupart des machines à gaz liquéfiés, le détendeur consiste en un simple robinet à pointe graduée, interposé entre le condenseur et le réfrigérant, le plus près possible du réfrigérant. On peut rendre la manœuvre de ce robinet automatique en le commandant, comme l’a proposé M. Wood (2), par un mécanisme servo-moteur fonction de la pression du réfrigérant; mais c’est une grande complication pour peu de chose. Avec l’acide carbonique, qui comporte une grande différence de pression entre le condenseur et le réfrigérant, une soupape différentielle suffit, comme l’a proposé M. Windhausen (3), ou mieux encore, ainsique cet inventeur le fait pour ses nouvelles machines (4), l’interposition, entre le condenseur et le réfrigérant, d’un cylindre détendeur, dont le travail de détente est restitué au compresseur, comme dans les machines à air (fig. 15). Dans les machines à éther, on a parfois employé avec succès, comme organe de détente automatique, une soupape flottante ouvrant le détendeur dès que le niveau de l’éther atteint une certaine hauteur au bas du condenseur (5).
- Robinetterie, tuyauterie. — La robinetterie des machines à compression doit être très soignée; celle des machines à gaz ammoniac, qui exclut l’emploi du laiton et du bronze, doit être exécutée en fonte de premier choix ou en fer et en acier. Parmi les solutions proposées pour assurer l’étanchéité parfaite de ces robinets, je citerai les robinets à garnitures d’huile de,Wood (6) (fig. 16)et à clefs calées de Kilbourn (7) dont le boisseau est forcé par un contre-écrou qu’il faut desserrer pour ouvrir le robinet. La tuyauterie doit être aussi de première qualité, en cuivre étiré pour certains gaz, enfer ou en acier pour l’ammoniac; on doit éviter les coudes brusques. Comme joints, on peut citer ceux de Kilbourn à double écrou et manchon serrés sur plomb, et ceux de Lavergne, à manchon soudé (8) ou à brides vissées, soudées et serrées sur plomb.
- (1) Brevet anglais 5798 de 1882.
- (2) Ibid.
- (3) Ibid. 28G4 de 1880.
- (4) Ibid. 2049 de 1888.
- (5) Harrison, Brevet anglais 747 de 1856.
- (6) Brevet anglais 9 547 de 1880.
- (7) Ibid. 5 070 de 1882.
- (8) Revue industrielle, 28 juill. 1888.
- Tome IV. — 88° année. 4e série. —
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- Graissage. — Le graissage se fait, pour l’ammoniac et l’acide carbonique, par une circulation d’huile minérale, presque toujours automatique. On sépare l’huile du gaz refoulé avec elle au moyen d’un égoutteur analogue aux sécheurs des chaudières à vapeur [appareils Kilbourn (1), Wood {%), Fixary). Dans quelques machines Lavergne (3), l’huile est séparée de l’ammoniac au sortir du compresseur par un chauffage qui en dégage les gaz dissous, puis refroidie et passée dans un second séparateur à chicanes avant de revenir au compresseur.
- Réfrigérant. — Le réfrigérant est comme la contre-partie, la réciproque du compresseur. Le plus souvent, il se borne à refroidir un liquide incongelable convenablement agité autour des tubes ou des serpentins dans lequel se détend le gaz liquéfié; mais les formes du réfrigérant varient considérablement suivant le
- but qu’il doit remplir, ou suivant ses adaptations, que nous étudierons en parlant des applications des machines frigorifiques. Les tubes et les serpentins du réfrigérant se prêtent, pour les mêmes raisons, aux mêmes spécialisations que ceux des condenseurs. On y retrouve, comme aux condenseurs, les tubes soit droits, soit en U greffés sur deux collecteurs supérieurs (Pictet) (4), et les serpentins sectionnés {Wood) (5) ou annulaires (Harrison) (6). La méthode la plus pratique consiste, pour les grands réfrigérants surtout, à constituer les serpentins par une série de longs tubes droits, reliés par des coudes à brides. L’agitation du liquide à refroidir est produite, le plus souvent, par une turbine placée au fond du bac, à l’un des bouts du réfrigérant. Les tubes en cuivre, en fer ou en acier sont lisses : il y aurait peut-être intérêt à essayer l’effet de tubes à ailerons ou à rondelles, permettant d’augmenter la surface réfrigérante tout en diminuant le nombre des tubes et des joints.
- Principaux types de machines à gaz liquéfiés. — Machines à éther. — L’éther sulfurique a des tensions de vapeur très faibles : 0atm,6 à 20°. Son point d’ébullition à la pression atmosphérique est de -h 35°, et sa chaleur de vaporisation de 90 calories seulement. Il exige donc des cylindres très grands, trois fois plus grands que ceux des machines à gaz ammoniac. De là, un encombrement fâcheux et un rendement organique moindre. La puissance indiquée au cylindre
- (1) Engineering, 20 oct. 1882.
- (2) Brevet anglais 9 347 de 1886.
- (3) Ibid. 14095 de 1887.
- (4) Ibicl. 12631 de 1887.
- (5) Ibid. 5798 de 1882.
- (6) Ibid. 383 de 1874.
- Fig. 16. — Robinet Wood avec garniture d’huile en h h.
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- de la machine à vapeur est souvent égale au double du travail du compresseur (1). Enfin, l’éther est très inflammable : on cite plusieurs incendies attribués à son emploi. Ses basses pressions au bac à glace et à l’aspiration nécessitent des précautions spéciales pour éviter les rentrées d’air.
- Ces inconvénients font que la machine à éther, l’une des premières adoptées en raison de ses basses pressions (2), est presque abandonnée aujourd’hui que les progrès de la mécanique permettent de maîtriser parfaitement les pressions plus élevées correspondant à la liquéfaction de l’acide sulfureux et du gaz ammoniac.
- La machine à éther ne semble plus offrir qu’un intérêt historique; sauf pour les petites installations dans les pays chauds, où ses basses pressions présentent des avantages particuliers (3).
- On peut citer, parmi les fabricants et inventeurs de machines à éther : MM. Perkins (4), Harrison (5), Dubern (6), Siebe et Gorman, Seddely-West (7) et Mackey, en Angleterre, et M. Carré en France (8). On peut compter, avec les bonnes machines à éther, sur une production de glace d’environ 12 kilogrammes par cheval indiqué au compresseur, ou de 8 à 9 kilogrammes par kilogramme de charbon (9).
- Éther méthylique. — L’éther méthylique (C3H30) se produit en faisant agir à 120° de l’acide sulfurique concentré sur de l’alcool méthylique (esprit-de-bois).
- Cet éther se liquéfie à 15° sous une pression de 4 atmosphères effectives, et à — 30°sous la pression atmosphérique. Il n’attaque pas le fer ni les bronzes, mais il est inflammable, et sa chaleur de vaporisation est relativement faible : 200 calories.
- M. Ch. Tellier (10) a construit, vers 1871, des machines à glace très ingénieuses fondées sur l’emploi de cet éther alternativement liquéfié puis détendu; parmi les détails remarquables de ces machines, il faut signaler la circulation d’huile avec égoutteur-séparateur et le stuffing-box du compresseur horizontal à double effet. Ce stuffing-box était rendu étanche par une garniture d’huile en communication avec l’aspiration du retour, afin de récupérer les fuites de l’éther dans l’huile.
- Les machines de M. Tellier ne se sont pas répandues, et leur ingénieux inventeur paraît lui-même les avoir abandonnées pour la recherche de nouveaux appareils à absorption (ammoniaque ou triméthylamine) fonctionnant par la vapeur d’échappement des machines motrices. Il est regrettable que M. Tellier
- (1) Lightfoot, Refrigerating Machinery (Inst, of Mechanical Engineers, mai 1886, p. 214).
- (2) Perkins, Brevet anglais 6662 de 1834.
- (3) Atlas Engine C° (Engineering, 4 juill. 1879, p. 13).
- (4) Brevet anglais 6662 de 1834.
- (3) Brevets anglais 747 de 1856, 2362 de 1857, 383 de 1874.
- (6) Brevet anglais 4579 de 1882.
- (7) Lightfoot, Refrigerating Machinery, p. 213. — Iron, 16 juill. 1880, p. 40.
- (8) Péclet, la Chaleur (Édit. Hudelo), t. III, p. 156.
- (9) Lightfoot, Inst, of Mech. Eng., mai 1886, p. 215.
- (10) Brevets anglais 387 de 1864, 368 de 1869. — Annales industrielles, 10 sept. 1871. — Péclet, la Chaleur (Édit. Hudelo), t. III, p. 160.
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- n’ait pas persévéré plus longtemps dans l’étude des machines à compression qu’il avait abordée avec un remarquable talent.
- Chlorure de méthyle. —> Le chlorure de méthyle bout à — 23° sous la pression de l’atmosphère : sa pression de liquéfaction atteint 2ks,50 à 0° et 4k=,8 à 20°. Il est donc, comme énergie frigorifique, supérieure à l’acide sulfureux, dont il ne possède pas les propriétés toxiques. Il n’attaque pas les 'métaux, mais il est inflammable, sans présenter toutefois les mêmes dangers que l’éther.
- L’emploi du chlorure de méthyle a été préconisé par M. Vincent, qui en a découvert une préparation industrielle (1). M. Crespin, puis MM. Douane, Jobin construisent de ces machines de toutes dimensions, depuis les appareils domestiques (21 jusqu’aux plus grandes forces. Une installation importante de machines Vincent — 100 000 calories — fonctionne à la raffinerie parisienne pour le refroidissement des jus de sucrate de strontiane (3). Les machines de M. Vincent sont, en général, verticales, avec deux compresseurs à simple effet munis d’un récupérateur de fuites par l’aspiration.
- Machines à, acide sulfureux. —L’acide sulfureux se liquéfie sous la pression atmosphérique à la température de —10° en liquide de densité 0,o20 ; à 30°, sa pression de liquéfaction est de 4 atmosphères et demie. Sa chaleur de vaporisation est de 100 calories environ (91 calories à 0° d’après MM. Cailletet et Mathias. Comptes rendus, 6 juin 1887, p.1567). Dans les grandes machines, le piston du compresseur doit engendrer environ 1 mètre cube et demi par minute et par quintal de glace à l’heure.
- L’acide sulfureux présente donc l’avantage d’une pression de liquéfaction suffisamment basse pour pouvoir s’employer sans inconvénients dans les pays chauds ; de plus, il n’est pas inflammable et graisse, dit-on, naturellement le compresseur. En revanche, la moindre trace d’eau forme de l’acide sulfurique, qui détériore rapidement les mécanismes, et la préparation de l’acide sulfureux liquide exige des appareils très compliqués, de sorte que l’acheteur ne peut pas fabriquer lui-même le corps travailleur dont dépend la marche de sa machine.
- C’est à M. B. Pictet (4) que l’on doit le développement de la machine frigorifique à acide sulfureux. Le cycle et l’ensemble de sa machine sont les mêmes que ceux de toutes les machines à liquéfaction : parmi ses principaux détails de construction, il faut citer la garniture du stuffing-box double, avec récupération des fuites par l’aspiration au compresseur, les soupapes silencieuses avec dash-pots amortisseurs des chocs, les réfrigérants à tubes en U avec grandes surfaces rayonnantes. Les tubes des condenseurs peuvent être en fer ou en cuivre ; on
- (1) Bulletin de la Société Chimique, t. XXXI.
- (2) Brevet anglais 470 de 1879. — Revue industrielle, 18 févr. 1879.
- (3) Revue industrielle, 26 août 1886.
- (4) Brevets anglais 2727 de 1875, 16 558 de 1884, 12631 de 1887. — Nouvelles Machines frigorifiques. Genève, 1885. — Comptes rendus, 9 févr. 1885. — Génie civil, 31 août 1889. De Zeitschrift der Yereines deutscher Ingénieure. B. XXXIII. 1889.
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- emploie de préférence le cuivre, plus conducteur et plus sûr. Les machines Pictet fonctionnent avec succès et en grand nombre, principalement en France et dans les pays chauds. On peut compter sur un rendement d’environ 2 500 calories négatives par cheval-heure indiqué.
- M. Pictet construit, outre ses grandes machines, de petits appareils destinés à produire de 5 à 20 kilogrammes de glace à l’heure. Ces appareils, bien groupés et pourvus d’un récupérateur de fuites ingénieux, ont, comme presque tous les dispositifs analogues, l’inconvénient de coûter relativement très cher (1).
- Nous citerons, parmi les machines à acide sulfureux autres que celles de Pictet, la machine de Reece (2) et celle de Mackay, remarquable par son stuffing-box à circulation d’huile (3), mais dont nous ne connaissons pas d’applications
- Quant à l’acide sulfureux, M. Pictetle prépare par la méthode de Melsens, en faisant agir à 400° environ de l’acide sulfurique sur de la vapeur de soufre. Il faut employer 5 kilogrammes d’acide sulfurique à 66° et 1 kilogramme de soufre pour produire 6 kilogrammes d’acide sulfureux (4).
- Machines à gaz ammoniac. '— Le gaz ammoniac liquéfié est actuellement le corps réfrigérant de beaucoup le plus employé non seulement dans les machines à affinité, où son usage est presque exclusif, mais aussi dans les machines à compression, où il rencontre de nombreux concurrents.
- La raison principale de cette préférence est que le gaz ammoniac peut se préparer très facilement en partant de l’ammoniaque du commerce, et que ce gaz, tout en développant sous un faible volume des puissances frigorifiques considérables, n’entraîne pas, aux températures habituelles de nos climats, des pressions trop élevées : 12 atmosphères à 30 degrés.
- Entre les mêmes températures — 15 et + 18 degrés, une même machine donnerait théoriquement, par mètre cube aspiré au compresseur :
- Avec l’ammoniac................................ 560 calories négatives.
- Avec l’acide sulfureux. ....................... 200 —
- Avec l’éther sulfurique ........................ 30 —
- Le rendement théorique serait le même : de 0cal,0184 par kilogrammètre indiqué au compresseur (5). Entre — 30° et 18% ce rendement tombe à 0cal,00928. Mais ces rendements ne sont jamais atteints dans la pratique, car il ne faut pas compter, même avec les meilleures machines, sur une production de glace supérieure à 25 ou 30 kilogrammes par kilogramme de charbon.
- Bien que les opérations thermiques ou le cycle soient théoriquement les
- (1) Brevets anglais 1420 de 1882, 16556 de 1884. —Revue industrielle, 4 oct. 1882.
- (2) Brevet anglais 2 483 de 1865.
- (3) Ibid. 4645 de 1888. -
- (4) Ibid. 2727 de 1875.
- (5) Ledoux, p. 51 .
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- mêmes dans les deux genres d’appareils, l’expérience paraît avoir démontré la supériorité pratique des machines à compression sur les machines à affinité, qui consomment, comme nous le verrons, plus d’eau, et, d’après M. Kilbourn, une fois et demie plus de vapeur (1).
- C’est à M. Linde que revient en grande partie l’honneur d’avoir fait prendre à la machine à gaz ammoniac le rang qu'elle occupe aujourd’hui dans l’industrie (2). Les machines de M. Linde sont très répandues, principalement en Allemagne. Parmi les détails de construction, il faut citer le stuffing-box à garniture de glycérine ou d’huile circulant sous une pression plus élevée que celle de l’ammoniac comprimé. Un essai fait à Munich, en 1886, sur une machine à glace Linde de 1 000 kilogrammes à l’heure, a donné les résultats suivants :
- Production de glace à l’heure. ..................... 1650 kilogrammes.
- Chaleur utilisée à faire la glace, par heure (c) ... . 183000 calories.
- Puissance indiquée, non compris le travail de la pompe
- de circulation et de la manutention des mouleaux (a). 53 chevaux.
- Puissance indiquée au compresseur d’ammoniac . (b). 38 —
- Rapports.......................................... 1,53 —
- Glace par kilogramme de charbon, avec une vaporisation de 8 kilogrammes par kilogramme de houille. 26ks,3
- Le compresseur à double effet était actionné directement par une machine Sulzer, dépensant 9kg,90 de vapeur par cheval indiqué. La machine Linde produisait donc, comme la plupart des bonnes machines à ammoniac, 31 kilogrammes de glace environ par cheval indiqué au moteur, et 43kg,5 par cheval indiqué au compresseur : c’est ce dernier chiffre qui donne le. véritable rendement (3).
- Les machines de Kilbourn (4) sont presque toujours verticales, à deux cylindres et à simple effet. Au bas, les cylindres communiquent librement par un bain d’huile qui recouvre les stuffing-box. Les chapelles des soupapes d’aspiration et de refoulement, placées au haut des cylindres, sont entièrement baignées d’eau. Le dessus du piston porte une garniture d’huile qui supprime tout espace nuisible. Les fuites d’ammoniac aux stuffing-box, très faibles d’ailleurs, sont renvoyées à l’aspiration des pompes. Le condenseur vertical est pourvu d’un agitateur hélicoïdal. Comme détails de construction, nous rappellerons les robinets à serrage calé, les joints des tuyaux et des plaques de condenseurs, déjà cités à la page 650. Ces machines fonctionnent avec d’excellents résultats, notamment à la brasserie de MM. Meux et Cie, à Londres, où elles ont remplacé des
- (1) Engineering, 28 oct. 1881, p. 427.
- (2) C’est néanmoins à M. Carré que l’on doit l’une des premières machines à ammoniac (1864).
- (3) Lightfoot, On Refrigerating Machinery, p. 218 (Inst, of Mechanical Engineers, mai 1886).
- (4) Brevets anglais 2356 de 1879 et 5070 de 1882. —Engineering, 20 oct. 1882 et 28 mai 1886.
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- machines à chlorure de méthyle dont les cylindres étaient deux fois plus grands.
- La machine de Lavergne et Mixer (1) est très répandue aux Etats-Unis. Les cylindres compresseurs, verticaux et à simple effet sont montés sur un bâti perpendiculaire à celui de la machine à vapeur horizontale qui en actionne directement les pistons. L’ammoniac passe du refoulement des compresseurs dans un premier séparateur d’huile, puis dans un condenseur refroidi extérieurement, comme un Baudelot, où il se liquéfie et se recueille dans un liquéfaeteur. Du li-quéfacteur, l’ammoniac passe au bac à glace, après avoir traversé un second séparateur d’huile. L’ammoniac détendu retourne à l’aspiration des pompes au travers de quelques tuyaux disposés à la partie supérieure du condenseur, de manière à refroidir l’eau qui s’y déverse.
- Le piston du compresseur est,comme nous l’avons vu (fig.11),pourvu d’une soupape s’ouvrant de bas en haut, et la partie inférieure du cylindre renferme un bain d’huile d’une épaisseur telle qu’elle passe en partie au-dessus du pistonpar sa soupape, quand il arrive au fond de course. L’ammoniac aspiré pendant la course ascendante du piston dans le bas du cylindre passe avec cette huile au-dessus du piston quand il descend, pour être ensuite refoulé au condenseur, sans aucun espace nuisible, par une large soupape unique, elle-même entièrement baignée d’huile. La garniture du piston est constituée par un seul segment assez lâche pour qu’une grande partie de l’huile qui recouvre le piston la traverse pendant la compression en diminuant considérablement ses frottements, et retourne au bas du cylindre. Le reste de cette huile est refoulé à travers la soupape du refoulement, puis repris, après avoir été séparé de l’ammoniac et refroidi, par une pompe de circulation très ingénieuse, qui le ramène indéfiniment au bas du compresseur. On obtient ainsi à la fois un graissage parfait et un refroidissement satisfaisant du compresseur, dont l’huile absorbe une partie de la chaleur de compression. L’huile se sépare de l’ammoniac, comme nous l’avons dit, en deux temps : d’abord, et en majeure partie, par différence de densité, dans un premier séparateur, au sortir du compresseur, d’où elle passe, après avoir traversé un réfrigérant, à l’aspiration de la pompe de circulation; le peu d’huile entraîné malgré cela se sépare de l’ammoniac dans un second appareil, au sortir du liquéfaeteur.
- Les soupapes de refoulement, lourdes et sans ressorts, sont pourvues d’une sorte de frein à l’huile, qui en amortit complètement les chocs et contribue, avec la largeur exceptionnelle de leurs sièges, à leur assurer un fonctionnement extrêmement doux et une durée presque indéfinie.
- La machine de Lavergne présente en outre des détails très intéressants, notamment la circulation directe du gaz ammoniac dans les tubes de ses réfrigérants à ailettes. Ces machines, très répandues aux États-Unis, commencent à
- (1) Brevets anglais 4352 de 1880; 1114,14095 et 14440 de 1887. — American Machinist, 11 oct. 1834. — Engineering, 15 juin 188S. — Revue industrielle, 28 juill. 1888.
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- se faire connaître en Europe. Elles sont des plus intéressantes par l’originalité pratique de leurs mécanismes robustes et très accessibles, aussi bien que par la parfaite harmonie de leur ensemble.
- L’ensemble de la machine de MM. Wood et Richmond (1), construite à New-York par MM. Wood et Shipley, est analogue à celui de la machine Lavergne; les cylindres des pompes sont aussi montés sur un bâti vertical et commandés directement par bielles et manivelles au moyen d’un moteur horizontal. Le piston, à garniture d’huile, n’a pas d’espaces nuisibles; les soupapes d’aspiration et de refoulement, disposées au haut des compresseurs et facilement accessibles, sont pourvues (fig. 9) dedash-pots amortisseurs de chocs. La principale caractéristique des compresseurs est leur refroidissement par une injection de gaz ammoniac liquide pulvérisé en quantité suffisante pour y maintenir constamment le régime de saturation. Le condenseur a la forme d’un Baudelot sectionné en plusieurs compartiments de manière à parer à tout accident. Les robinets sont, comme les stuffing-box, rendus imperméables par des garnitures d’huile (fig. 16). Quelques-unes de ces machines sont pourvues d’un détendeur automatique à pression constante. Les appareils de MM. Wood et Richmond fonctionnent d’une façon très satisfaisante dans plusieurs installations importantes aux Etats-Unis. La vitesse ordinaire des pompes est de 100 tours par minute. Une machine à deux cylindres, de 200 millimètres x 380 millimères, fournit, à cette vitesse et avec une puissance de 20 chevaux, 500 kilogrammes de glace à l’heure, dans les conditions ordinaires des climats tempérés. Nous avons déjà indiqué aux pages 653 et 654 quelques-uns des détails de construction les plus intéressants de ces machines, tels que la disposition particulière des séparateurs d’huile et des condenseurs à injection d’air, adoptés dans plusieurs installations.
- Les machines de M. SamuelPuplett (2) sont du type horizontal.Leur compresseu r à double effet est refroidi, comme celui de MM. Wood et Richmond, par une injection d’ammoniac liquéfié. Le condenseur est, comme nous l’avons vu page 657, d’une forme spéciale : l’ammoniac passant tantôt à l’extérieur, tantôt à l’intérieur des tubes. Une partie de l’ammoniac achève de se liquéfier dans un serpentin plongé dans le bac à glace, de manière à diminuer lapression de liquéfaction. La machine Puplett est construite en Angleterre par la Pulsometer Engineering Company. Dans une de ces machines installée à Birmingham, le compresseur, actionné par un train d’engrenages, marche deux fois moins vite que le moteur à vapeur : la pression n’y dépasse pas 12 atmosphères avec de l’eau de condensation à 33°. La machine produit 25 tonnes de glace par jour, avec une dépense moyenne de
- (1) Brevets anglais 5798 de 1882, 7824 de 1885, 9 547 de 1886. — American Machinist, 28 juin 1884. — The Engineer, 4 févr. 1887.
- (2) Brevets anglais 12541, 12543 de 1884; 14378 de 1887.— The Engineer, 25 janv. 1889. Engineering, 28 mai 1886.
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- 1 fr. 25 de charbon par tonne de glace. Nous décrirons plus bas le principe du frigorifère ou appareil à air froid de M. Puplett., ainsi que son procédé de fabrication de glace transparente par agitation.
- Les machines Fixary (1), construites en France par la Société des Constructions Mécaniques Spéciales, sont de deux sortes : horizontales et verticales.
- Les machines verticales sont à un cylindre depuis une production de glace de 5 kilogrammes à l’heure jusqu’à 25 kilogrammes; à partir de cette force, elles sontà deux cylindres. Ces cylindres, à simple effet, sont conjugués au bas (fig. 10), sur les stuffing-box, par un bain d’huile dans lequel les pistons plongent au fond de leur course. Les soupapes d’aspiration et de refoulement sont placées au haut du cylindre et entourées d’eau. Une couche d’huile sur les pistons supprime tout espace nuisible. Les fuites de gaz ammoniac qui peuvent se produire dans les garnitures des pistons s’accumulent dans une chambre dite chambre â!équilibre, logée entre les deux cylindres, pour s’en échapper à l’aspiration des pompes, et rentrer dans la circulation générale, dès que la pression atteint, dans la chambre d’équilibre, celle de l'aspiration (1 kilogramme à lkg,5 absolus). Les fuites intérieures des cylindres ne sont donc pas perdues.
- Quant aux fuites extérieures par le stuffing-box, elles sont évitées au moyen d’une garniture ingénieuse consistant essentiellement en une longue gaine d’huile minérale refroidie tout autour de la tige du piston par une dérivation de l’ammoniac détendu. Cette huile gèle en partie et forme ainsi une sorte de garniture demi-fluide ou joint pâteux, absolument imperméable et presque sans frottement.
- Ce joint pâteux se retrouve employé avec tout autant d’efficacité et plus d’utilité sur les machines horizontales à double effet, dont le stuffing-box est soumis directement à la pression de l’ammoniac refoulé.
- Dans les deux types de machines, l’ammoniac traverse, avant d’arriver au condenseur, un séparateur d’huile. L’huile, ainsi séparée de l’ammoniac presque dès sa sortie du compresseur, passe en partie au joint pâteux, en partie à l’aspiration du compresseur, dont elle graisse les soupapes et le piston.
- Quant à l’eau qui sert à faire la glace, elle passe, après sa filtration, dans un condenseur à surfaces alimenté, en tout ou en partie, par la vapeur d’échappement, et soumis au vide de la pompe à air du moteur. Cette eau se débarrasse ainsi de son air, en bouillant à une température de 70° à 80° ; de là, elle est refoulée au distributeur des mouleaux, sous la pression d’un accumulateur, au travers de serpentins refroidis par l’eau de circulation. (A suivre.)
- (1) Brevets anglais 3343 de 1883, 2387 de 1883, 3363et3793 de 1887. —Revue industrielle, 1er janvier 1886. — Génie civil, 28 août 1886. — Annales industrielles, 20 janvier 1889. — Revue universelle de la Brasserie, 22 juillet 1888. —•Moniteur de la Brasserie, 13 janvier 1889. —Annales d’Hygiène publique et de Médecine légale, juillet 1886. — Hatondela Goüpiluère, Cours de machines, t. I,;p. 886.
- Revue industrielle, 16 novembre 1889.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. —
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- CONGRÈS DE l’iRON AND STEEL INSTITUTE
- L’hôtel de la Société d’Encouragement, où diverses sociétés savantes tiennent leurs séances dans le courant de l’année, a servi, pendant cet été, de lieu de réunion à plusieurs congrès internationaux : à celui des électriciens, à celui de météorologie et au meeting de lTron and Steel Institute.
- A ce dernier meeting, la Société d’Encouragement se trouvait officiellement représentée par son président, M. Haton de la Goupillière, sur le désir exprimé parM. Eiffel, l’éminent président de la Société des ingénieurs civils, qui recevait à Paris l’Institut du fer et de l’acier.
- Le mardi matin, 24 septembre, MM. Eiffel et Haton de la Goupillière reçurent les ingénieurs anglais dans la grande salle de la Société et la séance s’ouvrit au milieu d’un grand nombre des membres de l’Iron and Steel Institute et d’invités. M. Eiffel, qui occupait provisoirement le fauteuil du président, avait à ses côtés sir James Kitson, baronnet (président de l’Iron and Steel Institute), sir Lowthian Bell, baronnet, F. R. S., M. Josiah T. Smith, M. Haton de la Goupillière, M. Daniel Adamson, M. Gautier, M. Jeans (secrétaire général) et M. Henry-Chapman (secrétaire honoraire délégué). Il exprima dans une courte allocution toute la satisfaction qu’il éprouvait de pouvoir souhaiter en France la bienvenue aux membres de la Société, disant que les ingénieurs français n’avaient pas oublié la courtoise réception dont ils avaient été l’objet, il y a quelques années, do la part de leurs confrères d’Angleterre, qu’ils considèrent comme leurs devanciers et leurs maîtres en métallurgie. 11 ajouta que ses collègues désiraient montrer, par leur cordial accueil, l’estime qu’ils ressentent pour les ingénieurs anglais.
- M. Haton de la Goupillière prit ensuite la parole au nom de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale. Il exprima la satisfaction qu’éprouverait la Société en apprenant à sa rentrée la visite de l’Iron, et les regrets qu’elle éprouverait alors de s’être trouvée dispersée. Il ajouta qu’en sa qualité d’ingénieur des mines, il tenait à dire à quel point l’arrivée à Paris de cette savante Compagnie provoquait de sympathie parmi les ingénieurs de notre pays.
- M. Eiffel ayant alors cédé Je fauteuil de la présidence à sir James Kitson, celui-ci remercia M. Eiffel, dont la réputation est aujourd’hui universelle, de l’aimable accueil qui était fait aux membres du meeting, et exprima en même temps sa gratitude pour la Société d’Encouragement. Les ingénieurs anglais sont heureux, ajouta-t-il,de visiter Paris avec ses magnifiques monuments etsapopula-tion en fête. L’hospitalité qui leur est offerte actuellement rappelle vivement à leur souvenir celle qu’ils ont reçue en 1878, au moment de la précédente Exposition.
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- Les ingénieurs français et les maîtres de forges avaient dans cette circonstance largement ouvert leurs usines aux membres de l’Iron and Steel Institute, leur permettant d’examiner les divers procédés en usage et les diverses fabrications; iis les en remercient vivement, ainsi que pour toutes les attentions qu’ils veulent bien leur ménager encore cette fois-ci.
- L'Iromnonger a donné dans ses colonnes un compte rendu très complet des séances du meeting, dont nous présenterons ici un court résumé. C’est sur la proposition de M. Daniel Adamson, ancien président de la Société lors de la réunion qui a eu lieu l’an dernier au mois d’août à Edimbourg, que l’on résolut d’accepter l’invitation adressée par la Société des ingénieurs civils de tenir à Paris la session suivante.
- Après la lecture du procès-verbal de la dernière réunion par le secrétaire, le président annonça que M. Henri Schneider, auquel la Société avait décerné à cette occasion la médaille d’or Ressemer pour les services qu’il avait rendus en France à l’industrie du fer, ayant été empêché d’assister à la séance, il proposait que cette médaille fût remise à cet éminent métallurgiste, lors de la visite qui devait avoir lieu au Creusot. Le meeting décida que sir Lowthian Bell remettrait cette médaille à M. Schneider en présence du personnel de ses établissements, sir J. Kitson devant aller de son côté dans le bassin de la Loire où M. Eiffel se proposait de l’accompagner.
- Une communication de M. Jordan, ancien président de la Société des ingénieurs civils, professeur à l’Ecole centrale des arts et manufactures, sur la fabrication du fer et de l’acier en France en 1887, fut lue par le secrétaire général, et, sauf une courte observation de sir Lowthian Bell et de M. Edward Riley, elle ne provoqua pas de discussion. On passa de suite à la grande question du pont sur la Manche. Une notice sur ce sujet, signée Schneider et Cic et H. Hersent, fut lue par M. Jeans. M. Daniel Adamson, si naturellement indiqué pour apprécier avec compétence tous les détails d’un projet aussi important, dit en commençant qu’il lui paraissait très audacieux. Il donna cependant son approbation au principe de la structure indiquée sur le plan, le regardant comme le seul moyen qui permit de mener le projet à bonne fin. Il se déclara satisfait du système de treillis des poutres, le considérant comme bien préférable à celui qui a été adopté dans la construction du pont sur le Forth et dont le prix est relativement énorme, comme on pourra s’en rendre compte plus tard. D’après la manière dont la partie supérieure de la construction se trouve indiquée, on est assuré qu’elle pourra être achevée avec succès; mais il est permis de concevoir des doutes sur la sécurité présentée par les piles et les fondations qui seront soumises à l’action des vagues. Eu cas d’accident produit par une collision, ou de toute autre façon, le service du pont se trouvera, suivant l’orateur, interrompu pendant six mois ou un an. Le projet demande une sérieuse attention à un point de vue international.
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- IL paraît inutile d’insister sur la considération des avantages qu’il doit présenter pour faciliter les bonnes relations de deux grandes nations. M. Tyldew Wright témoigne plus de confiance dans le projet et espère que d’ici à vingt ou trente ans l’exécution des travaux sera un fait accompli. Il pense aussi que le pont pourra être construit à un prix inférieur au prix prévu. Le président clôt la discussion, et ajoute avec humour que l’on peut hardiment accuser d’audace toute juvénile sir John Fowler qui a pris part à ce projet et qui s’est d’ailleurs depuis longtemps fait remarquer par la hardiesse de ses conceptions. Sir John Fowler avait, en effet, affirmé dernièrement qu’il pouvait garantir la construction d’un pont sur la Manche, et sir James Kitson avait ouï dire qu’une grande société s’était formée à Paris pour soutenir le projet au point de vue financier. Des remerciements furent votés parle meeting aux auteurs de cette communication.
- Les notes suivantes furent lues par sir Lowthian Bell relativement à l’emploi des combustibles gazeux. Elles donnèrent lieu à une discussion animée à laquelle prirent part des membres français et américains très autorisés, et qui ne prit fin qu’à la séance suivante.
- Dans l’après-midi de cette première journée, la plupart des membres du Congrès consacrèrent leur temps à visiter l’Exposition sous la conduite de délégués de la Société des ingénieurs civils. Le soir, une réception brillante les réunit à l’hôtel de cette Société.
- Le mercredi matin, l’assistance fut encore très nombreuse. On commença par résumer la question des combustibles gazeux. Les partisans du gaz à l’eau soutinrent énergiquement leur opinion, entre autres M. Wildy et M. Samson Fox, des forges de Leeds. Le premier présenta avec habileté ses résultats numériques, et le second témoigna avec autorité en faveur du système du gaz à l’eau, dont il a tiré un si grand parti. Pour résumer cette discussion très intéressante, on peut dire que cette question controversée ne peut pas être considérée comme tranchée, elle est de celles qui ne peuvent être pleinement résolues que suivant les convictions de chacun ou selon les circonstances. L’impression générale parut être que le gaz à l’eau a ses applications, mais que celles-ci ne sont pas aussi universelles qu’on semble l’avoir affirmé.
- La communication de M. Fish, de Boston (Etats-Unis), sur la fusion électrique, a été très intéressante, quoiqu’elle ne contînt rien d’entièrement nouveau; elle fut brièvement discutée. Vint ensuite celle de M. B.-A. Hadfield, sur l’alliage de fer et de silicium, suivie avec beaucoup d’attention à cause de sa valeur et de son à-propos, comme contribution à la question des alliages, en ce moment à l’ordre du jour.
- Après la lecture des notes de M. Head, sur une nouvelle forme des fours Siemens, et de M. Garrison, de Philadelphie, sur le procédé Robert-Bessemer, les questions inscrites au bureau se trouvèrent près d’être épuisées. La lecture
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- de M. Head donna lieu à quelques remarques du président; le nouveau fourneau résolvait en effet certaines difficultés relatives au gaz et la communication était d’une grande importance. La lecture de M. Garrison ne provoqua aucune discussion, beaucoup de membres commençant à être désireux de se disperser; cependant il est nécessaire de mentionner que le procédé vient d’être adopté par MM. John Brown et Cie, de Sheffield.
- Après les remerciements d’usage, adressés par le président à tous ceux qui, par leurs efforts, avaient contribué au succès du meeting, les membres passèrent l’après-midi à l’Exposition. Le soir, le dîner annuel les réunit à l’hôtel Continental.
- On fit le jeudi l’ascension de la Tour Eiffel, où un déjeuner était offert par la Société des ingénieurs civils.
- Le soir du même jour eut lieu le départ des groupes pour le Creusot, le bassin de la Loire et diverses autres directions.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- LISTE DES MEMBRES DU JURY INTERNATIONAL DES RÉCOMPENSES
- D’après le décret du 27 mars 1889, les récompenses à décerner sous forme de diplômes mises à la disposition du jury international ont été réparties d’après les catégories suivantes :
- Grands prix;
- Diplômes de médaille dé or;
- Diplômes de médaille d’argent;
- Diplômes de médaille de bronze;
- Diplômes de mention honorable.
- L’attribution de ces récompenses résulte des opérations successives des jurys de classe, des jurys de groupe et du jury supérieur.
- Chaque jury de classe a procédé à l’examen des objets exposés et a établi, sans distinction de nationalité, le classement, par ordre de mérite, des exposants qui lui ont paru dignes d’être récompensés. Il a aussi classé, sans distinction de nationalité, les collaborateurs et ouvriers qu’il a cru devoir signaler pour leur participation à la production d’objets remarquables figurant à l’Exposition.
- Les présidents, les vice-présidents et les rapporteurs des jurys de classe composent les jurys dégroupé; le président, les vice-présidents et le secrétaire peuvent être choisis en dehors des membres du jury.
- Les jurys de groupe ont révisé et arrêté les listes de classement présentées par jurys de classe.
- Le jury supérieur a examiné les propositions des jurys de groupe a arrêté
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- en dernier ressort les listes par ordre de mérite des exposants récompensés de chaque classe, le nombre et la répartition des récompenses de différentes catégories attribuées aux exposants admis à être récompensés.
- Un jury spécial de 32 membres a été formé pour Y Exposition d’économie sociale. Le décret du 28 mai a porté à 1009 le nombre total des membres titulaires français et étrangers du jury international des récompenses et le nombre total des membres suppléants français et étrangers du jury a été porté à 333.
- (Les noms précédés d'un astérisque sont ceux des membres appartenant au Conseil de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale.)
- JURY SUPERIEUR
- M.\J. Le Président du Conseil, Ministre du commerce, DE l’industrie ET DES COLONIES, Président d’honneur.
- Le Ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, Vice-Président d'honneur.
- Le Ministre de l’agriculture, Vice-Président d’honneur.
- Teisserenc de Bort, sénateur, ancien Ministre de l’agriculture et du commerce, Président.
- Dietz-Monnin, sénateur, ancien président de la Chambre de commerce de Paris, ancien directeur de la section française de l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président.
- Poirrier (A.), sénateur, président de la Chambre de commerce de Paris, Vice-Président.
- Christophle, gouverneur du Crédit Foncier, député, Vice-Président de la Commission de contrôle et de finances.
- Dautresme, député, ancien Ministre, Vice-Président de la Commission de contrôle et de finances.
- * Pasteur (Louis), membre de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, président de la Commission supérieure des Congrès et conférences.
- Simon (Jules), sénateur, membre de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, président de la Commission
- supérieure d’organisation de l’Exposition rétrospective du travail et des sciences anthropologiques.
- MM.* S ay (Léon), sénateur, membre de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques, président de la Société d’économie politique, président de la Commission d’organisation et président du jury de l’exposition d’économie sociale.
- Meissonier, membre de l’Institut, Président du jury du groupe 1.
- Roiimann, commissaire délégué pour la section russe des beaux-arts, Vice-Président du jury du groupe I.
- Melida (Enrique), directeur spécial des beaux-arts de la section espagnole, Vice-Président du jury du groupe I.
- Poubelle, préfet de la Seine, Président du jury du groupe II.
- Somerville Pinkney-Tuck, commissaire général adjoint des États-Unis, Vice-Président du jury du groupe II .
- Gobât (le Dr), membre du conseil des États, directeur du département de l’instruction publique du canton de Berne, Vice-Président du jury du groupe II.
- David-Perret, lieutenant-colonel d’état-major de l’armée fédérale, Président du jury du groupe III.
- Darcel, directeur du musée des Thermes et de l’hôtel de Cluny, Vice-Président du groupe III.
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- Cattaui (Élie), banquier, membre du Comité général austro-hongrois, Vice-Président du jury du groupe III.
- Méline, député, président de la Chambre des députés, ancien Ministre de l’agriculture, Président du jury du groupe IV.
- Leigh (Joseph), maire de Stockport, Vice-Président du jury du groupe IV.
- Zamoiski (le comte), propriétaire, membre du Comité russe, Vice-Président du jury du groupe IV.
- Sabatier, membre de la Chambre des représentants, membre du Comité exécutif belge, Président du jury du groupe V.
- Scheurer-Kestner, sénateur, Vice-Président du jury du groupe V.
- Ygarzabal (Raphaël), vice-président de la commission de la République argentine à l’Exposition de 1889, Vice-Président du jury du groupe V.
- Ricard, président de section au Conseil d’État, Président du jury du groupe VI.
- Frescot (le commandeur), ingénieur en chef de la Compagnie des chemins de fer de la Méditerranée, Vice-Président du jury du groupe VI.
- Belpaire. administrateur des chemins de fer de l'Etat belge, Vice-Président du jury du groupe VI.
- Thurston (R. H.), professeur à la Cornell-University d’Ithaca (État de New-York), Vice-Présiclent du jury du groupe VI.
- Prevet (Charles), député, commissaire général de la République française à l’Exposition de Barcelone en 1888, Président du jury du groupe VII.
- Navarro Reverther (Juan), ingénieur civil, député aux Cortès, Vice-Président du groupe Vil.
- Mariano Cyrillo de Carvaliio (le conseiller), ancien ministre des finances, député, professeur de l’École polytechnique de Lisbonne, président du Comité portugais, Vice-Président du jury du groupe VII.
- Vercruysse-Bracq,membre de la Chambre des représentants, membre du comité exécutif belge, Vice-Président du jury du groupe VII.
- Foucher de Careil, sénateur, membre du conseil supérieur de l’agriculture,
- Président du jury du groupe VIII.
- MM. Lyle (I).-A.), capitaine d’artillerie au service des Etats-Unis, commissaire militaire des Etats-Unis à l’Exposition universelle de 1889, aide de camp du commissaire général des États-Unis, Vice-Président du jury du groupe VIII.
- Blaremberg (Alexandre de), Vice-Président du jury du groupe VIII.
- Ladislas-Netto, membre du conseil de S. M. l’Empereur du Brésil, directeur du muséum national de Rio-Janeiro, Vice-Président du jury du groupe VIII.
- Sir Colville-Barclay, baronnet, Président du jury du groupe IX.
- Freiwald (J.j, président du comité exécutif néerlandais à Paris, délégué des colonies, Vice-Président du jury du groupe IX.
- * Hardy, directeur de l’Ecole d’horticulture de Versailles, Vice-Président du jury du groupe IX.
- Gréard (Octave), membre de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques, vice-recteur de l’Académie de Paris, membre du conseil supérieur de l’instruction publique, Président du comité du groupe II.
- Lemoixe (H.), fabricant de meubles et sièges, président de la Chambre syndicale de.l’ameublement, membre de la Chambre de commerce, Président du comité du groupe III.
- Dauphinot, membre de la Chambre de commerce de Reims, Président du comité du groupe IV.
- Frémy,membre de l’Académie des sciences, directeur du Muséum d’histoire naturelle, Président du comité du groupe V.
- Andréee (d’), commissaire général de la Russie.
- Bibesco (le prince Georges), commissaire général de la Roumanie.
- Carlier (Jules), membre de la Chambre des représentants, commissaire général de la Belgique.
- Gibert (Armand-B.), commissaire général de la Serbie.
- Van der Vliet, président du comité néerlandais.
- Wood, commissaire délégué de la Grande-Bretagne.
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- MM. Kentaro Yanagiya, commissaire général du Japon.
- Alcorta (Santiago), président du Comité de la République argentine.
- Antünez (Carlos), ministre, président du Comité du Chili.
- Camondo (le comte A. de), président du Comité italien.
- Cavalcanti (le vicomte de), commissaire général du Brésil.
- Diaz (le colonel Juan), ministre, président du Comité de l’Uruguay.
- Di az Mimiaga (Manuel), commissaire général du Mexique.
- Franklin (le général \Vm B.), commissaire général des États-Unis.
- Lopez (Matias), président du Comité espagnol.
- Médina (Crisanto), ministre, commissaire général du Guatémala.
- Médina (Francisco), ministre, commissaire général du Nicaragua.
- Melicio (le vicomte de), président du Comité de Lisbonne.
- Pandia-Ralli, président du Comité hellénique.
- Pector, commissaire général du Salvador.
- Voegeli-Bodmer (le colonel), commissaire général de la Suisse.
- Étienne, député, sous-secrétaire d’Etat au département des colonies.
- Muller, conseiller du gouvernement, commissaire spécial de l’Exposition algérienne.
- Sanson, commissaire spécial de l’Exposition tunisienne.
- Alpiiand, directeur général des travaux.
- Berger (Georges), directeur général de l’exploitation.
- Grison, directeur général des finances.
- Vigreux, chef du service mécanique et électrique.
- Montiiiers (Maurice), chef du service de - la section française.
- Dautresme (D.), chef du cabinet du Ministre du commerce, de l’industrie et des colonies et du commissariat général de l’Exposition.
- Larroumet, directeur des beaux-arts.
- Proüst (Antonin), commissaire spécial des beaux-arts.
- MVI. ^Tisserand, directeur de l’agriculture, conseiller d’Etat.
- SECRÉTAIRES
- Trélat (Marcel), auditeur au Conseil d’Etat.
- Hetzel (Jules), libraire-éditeur, membre du jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1883.
- Mallevoue (de), secrétaire de la direction générale des travaux.
- Thurneyssen (Émile), secrétaire de la direction générale de l’exploitation.
- Savoye, secrétaire de la direction générale des finances.
- Hémon, chef du cabinet du Ministre de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Rivière, chef du cabinet du Ministre de l’agriculture.
- Rouché, sous-chef du Commissariat général de l’Exposition.
- Baumgart, sous-chef du bureau des travaux d’art et des manufactures nationales au Ministère de l’instruction publique et des beaux-arts, secrétaire du comité du groupe I.
- Delorme, sous-directeur du commerce extérieur au Ministère du commerce, de l’industrie et des colonies, secrétaire du comité du groupe II.
- Meynard, fabricant d’ébénisterie d’art, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris en 1878, secrétaire du comité du groupe III.
- Talamon, négociant en draps, ancien président de la Chambre de commerce et de l’industrie des tissus et des matières textiles, secrétaire du comité du groupe IV.
- Chevrier, chimiste, pharmacien de première classe, secrétaire du comité du groupe V.
- GlassEr, ingénieur en chef des ponts et chaussées, sous-directeur de la compagnie des chemins de fer du Midi, secrétaire du comité du groupe VI.
- Varey (Charles), publiciste, membre du jury des récompenses aux expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en
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- EXPO SI TI ( L\ L'N1 VER SELLE.
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- --- .NOVEMBRE 1889.
- 1883, secrétaire du comité du groupe VIL
- M. IIa rdon (Alphonse), ingénieur civil, agriculteur et viticulteur, conseiller géné-
- ral de Seine-et-Marne, secrétaire du comité du groupe VIII.
- M. Soiiier (Georges), constructeur de serres, secrétaire du comité du groupe IX.
- JURYS d:
- GROUPE I. — Œuvres d’art.
- BUREAU.
- MM. Meissonier,, membre de l’Institut, Président.
- Roumain, commissaire délégué pour la section russe des beaux-arts, Vice-Président.
- Melida (Enrique), directeur spécial dos beaux-arts de la section espagnole, Vice-Président.
- * Guillaume, membre de l’Institut, sculpteur-statuaire, inspecteur général de l’enseignement du dessin, Secrétaire.
- MEMBRES.
- Artz (C.), Vice-président du jury de la classe I et 2.
- Lafenestre, conservateur de la peinture au Musée du Louvre, Rapporteur du jury de la classe 1 et 2.
- Groot (Guillaume de), artiste-statuaire, membre de l’Académie royale des sciences, lettres et beaux-arts de Belgique, Vice-Président du jury de la classe 3.
- Kaempfen, directeur des musées nationaux et de l’École du Louvre, Rapporteur du jury de la classe 3.
- Bailly, membre de l’Institut, architecte, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 4.
- Waterhouse (A.), membre de l’Académie royale de Londres, président de l’Institut royal des architectes, Vice-Président du jury de la classe 4.
- Baudot (de), Rapporteur du jury de la classe 4.
- Delaborde (le vicomte), secrétaire perpé-Tome IV. — 88e année. 4e série. — Novei
- GROUPE
- tuel de l’Académie des beaux-arts, Président du jury de la classe o.
- MM. Biot, artiste-graveur à Bruxelles, Vice-Président du jury de la classe 3.
- Bracquemond, graveur, Rapporteur du jury de la classe 3.
- Rombaut (Eugène), inspecteur général de l’industrie et de l’enseignement professionnel, ancien commissaire général de la section belge aux Expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1883 Vice-Président du jury de la classe, 3 bis.
- Colin (Paul), artiste-peintre, Rapporteur du jury de la classe 3 bis.
- GROUPE II. — Éducation et enseigne-gnement. — Matériel et procédés des Arts libéraux.
- BUREAU.
- MM. Poubelle, préfet de la Seine, Président.
- Sommerville Pinkney-Tuck, commissaire général adjoint des Etats-Unis, Vice-Président.
- Gobât (le Dr), membre du Conseil des États, directeur du département de l’instruction publique du canton de Berne, Vice-Président.
- Hetzel, libraire-éditeur, secrétaire du Comité supérieur de révision, membre du jury des récompenses aux Expositions d’Amsterdam en 1883 et d’Anvers en 1883, Secrétaire.
- MEMBRES.
- MM. Mézières, membre de l’Académie française, député, Président du Jury de la classe 6.
- re 1889.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- MM. Estrella (le baron d’), Vice-Président du jury de la classe 6.
- Buisson, délégué du Ministère de l’instruction publique aux Expositions de Londres, Bruxelles, Amsterdam, Melbourne et Barcelone, Rapporteur du jury de la classe 6.
- * Fernet, inspecteur général de l’instruction publique, Président du jury de la classe 7.
- Donaldson (Walter A.), conseiller en droit, ancien professeur, Vice-Président du jury de la classe 7.
- Pigeonneau, professeur adjoint à la Faculté des lettres, professeur à l’École des sciences politiques, Rapporteur du jury de la classe 7.
- Gauvet, directeur de l’École centrale des arts et manufactures, membre du Conseil supérieur de l’instruction publique, Président du jury de la classe 8.
- Gilbert (P.-L.), professeur à l’Université de Louvain, Vice-Président du jury de la classe 8.
- Gariel (le Dr), ingénieur des ponts et chaussées, professeur à la Faculté de médecine de Paris, professeur à l’École nationale des ponts et chaussées, Rapporteur du jury de la classe 8. Ollendore (Gustave), directeur du personnel et de l’enseignement technique au Ministère du commerce, de l’industrie et des colonies, Président du jury des classes 6, 7, 8.
- Mesureur, inspecteur régional de l’enseignement technique, Vice-Président du jury des classes 6, 7, 8.
- Jacquemart (Paul), ingénieur civil, inspecteur général des écoles d’arts et métiers et de l’enseignement technique. Rapporteur du jury des classes 6, 7, 8. Firmin-Didot (Alfred), imprimeur-éditeur, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 9, Benzinger, imprimeur-éditeur, Vice-Président du jury de la classe 9.
- Fouret (René), de la maison Hachette et Cie, libraire-éditeur d’ouvrages classiques, littéraires et de luxe, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 9. Vacquerel (Eugène), fabricant de papiers
- d’emballage et de cartons, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 10.
- MM. Lamort (Eugène), ingénieur civil, fabricant de papiers, Vice-Président du jury de la classe 10,
- Choquet, fabricant de papiers, Rapporteur du jury de la classe 10.
- *Rossigneux (Charles), architecte décorateur, Président du jury delà classe 11.
- Schou, conseiller de justice, Vice-Président du jury de la classe 11.
- Champenois, imprimeur-lithographe, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 11.
- * Davanne (A.), président du Comité d’administration de la Société française de photographie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 12.
- England (W.), membre du Conseil d’administration de la Société britannique de photographie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 12.
- Vidal (Léon), professeur à l’École nationale des arts décoratifs, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 12.
- Thomas (Ambroise), membre de l’Institut, directeur du Conservatoire national de musique et de déclamation, Président du jury de la classe 13.
- Mahillon (Victor), conservateur du musée du Conservatoire royal de musique de Bruxelles, Vice-Président du jury de la classe 13.
- Tiiibouville-Lamy, fabricant d’instruments de musique, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 13.
- Verneuil (le Dr), membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté de médecine, chirurgien des hôpitaux, Président du jury de la classe 14.
- Borlée (le Dr), membre de l’Académie royale de médecine de Belgique, professeur émérite de l’Université de Liège, Vice-Président du jury de la classe 14.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
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- MM. Berger (le Dr Paul), professeur agrégé de la Faculté de médecine, chirurgien des hôpitaux, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 14.
- Paye, membre de l’Institut, président du bureau deslongitudes, Président du jury de la classe 15.
- Ray Lankester (E.), membre de la Société royale de Londres, professeur à l’Université de Londres, Vice-Président du jury de la classe 15.
- Teisserenc de Bort (L.), chef de service au bureau central météorologique, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, Rapporteur du jury de la classe 15.
- Cloué (le vice-amiral), ancien ministre de la marine et des colonies, membre du bureau des longitudes, Président du jury de la classe 16.
- Amrein, professeur, Vice-Président du jury de la classe 16.
- Germain (Adrien), ingénieur hydrographe de la mai'ine, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 16.
- GROUPE III. — Mobilier et accessoires.
- BUREAU.
- MM. David-Perret, lieutenant-colonel d’état-major de l’armée fédérale, Président.
- Darcel, directeur du musée des Thermes et de l’hôtel de Cluny, Vice-Président.
- Cattaui (Élie), banquier, membre du Comité général austro-hongrois, Vice-Président.
- Vergé (Charles), maître des requêtes au Conseil d’État, Secrétaire.
- MEMBRES.
- Lemoine (H.), fabricant de meubles et sièges, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 17.
- Donaldson (Georges), Vice-Président du jury de la classe 17.
- Meynard, ancien fabricant d’ébénisterie
- d’art, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 17.
- MM. Leys, tapissier-décorateur, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888, Président du jury de la classe 18.
- Janlet (Émile), architecte de la section belge aux Expositions de Paris en 1878 et en 1889, Vice-Président du jury de la classe 18.
- Legriel, tapissier-décorateur, diplôme d’honneur hors concours à l’Exposition de Barcelone en 1888, Rapporteur du jury de la classe 18.
- * Luynes (Victor de), professeur au Conservatoire national des arts et métiers, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, Président du jury de la classe 19.
- Savoye (Gustave de), ingénieur et industriel, membre du Comité exécutif belge, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 19.
- Oudinot (Eugène), peintre-verrier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1818, Rapporteur du jury delà classe 19.
- Lauth (Ch.), administrateur honoraire de la manufacture nationale de Sèvres, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 20.
- Baes (J.), architecte, sous-directeur de l’École des arts décoratifs de Bruxelles, Vice-Président du jury de la classe 20.
- Loebnitz (J.), fabricant de faïences, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 20.
- Davoust, fabricant de toiles cirées, membre du jury des récompenses à l’Expo-silion d’Anvers en 1885, Président du jury de la classe 21.
- Louka Yvanisciievitch (Dr), Vice-Président du jury de la classe 21.
- Legrand (Victor), fabricant de tissus pour ameublement, juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 21,
- Leroy père, fabricant de papiers peints, membre du jury des récompenses à
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.-----NOVEMBRE 1889.
- l’Exposition de Paris en 1878, President du jury de la classe 22.
- MM. Kollot (Félix), fabricant de papiers peints, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 22.
- Cardeilhac père, fabricant de coutellerie et d’orfèvrerie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury delà classe 23.
- Galante (Henri), ancien fabricant d’instruments de chirurgie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 23. Marmuse (Gustave), fabricant de coutellerie, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 23.
- Poussielgue-Rusand, fabricant d’orfèvrerie religieuse, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 24.
- Schieb (Jacques), Vice-Président du jury de la classe 24.
- Falize (Lucien), orfèvre-joaillier, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 24.
- Gagneau (G.), fabricant de bronze, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 25.
- Van de Velde (Félix), fabricant de bronzes d’art, Vice-Président du jury de la classe 25.
- Colin (E.), fabricant de bronzes d’art et d’ameublement, de la maison G.-J. Lévy, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878,Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 25.
- Rodanet (A.-H.), fabricant d’horlogerie, membre de la Chambre de commerce de Paris, Président du jury de la classe 26.
- Dufour (J.-E.), conseiller national (section suisse), Vice-Président du jury de la classe 26.
- Garnier (Paul), fabricant d’horlogerie monumentale, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 26.
- Luchaire (Léon), constructeur d’appareils
- d’éclairage huile et pétrole, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 27.
- MM. Dery, ingénieur des chemins de fer de l’État belge, Vice-Président du jury de la classe 27.
- Grouvelle (Jules), ingénieur civil, professeur à l’École centrale des arts et manufactures, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 27.
- Guerlain (Aimé), fabricant de parfumerie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 28.
- Lecaron, de ia maison Gellé, médaille d’or à l’Exposition de Paris, en 1878, Vice-Président du jury de la classe 28.
- L’Hôte, chef du laboratoire du cours de chimie générale au Conservatoire des arts et métiers, expert près les tribunaux, Rapporteur du jury de la classe 28.
- Dupont (Émile), fabricant de brosserie fine et tabletterie, membre dujury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888, Président du jury de la classe 29.
- Schloss (Adolphe), Vice-Président du jury de la classe 29.
- Tarbouriech-Nadal, négociant commissionnaire, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 29.
- GROUPE IV. — Tissus, vêtements et accessoires.
- BUREAU
- MM. Méline, député, président de la Chambre des députés, ancien Ministre de l’agriculture, Président.
- Leigh (Joseph), maire de Stockport, Vice-Président.
- Zamoiski (le comte Charles), membre du comité russe, Vice-Président.
- Roy fils (Gustave), négociant en fils et tissus de coton, Secrétaire.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE
- NOVEMBRE 1881).
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- MEMBRES
- MM. No b lot, sénateur. Président du jury delà classe 30.
- Eloy (Émile), industriel, membre du comité exécutif belge, Vice-Président du jury de la classe 30.
- Ponnier, manufacturier en tissus de coton, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 30.
- “ Maunier, manufacturier, membre de la Chambre de commerce de Paris, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 31.
- Leirens, ancien sénateur (firme Eliaert-Cools), Vice-Président du jury de la classe 31.
- S imonnot- Godard, manufacturier, diplôme d'honneur à l’Exposition d’Anvers en 188a, Rapporteur du jury de la classe 31.
- Dauphinot, membre de la Chambre de commerce de Reims, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 32.
- Mullendorf (Ch.), industriel, président d’honneur de la Chambre de commerce de Verviers, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 32.
- Ri or,vde la maison David et Huot, fîla-teur, membre de lacommission permanente des valeurs de douanes, Rapporteur du jury de la classe 32.
- * Rondot (Natalis), président de section à lacommission permanente des valeurs de douanes, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président dujury de la classe 33. Varango (L.), membre de la commission russe de Paris et commissaire délégué, Vice-Président du jury de la classe 33. Lilienthal, négociant en soies, membre de la Chambre de commerce de Lyon, Rapporteur du jury de la classe 33.
- MM. Binot, de la maison Veaugois et Binol, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, fabricant de passementeries, Président du jury de la classe 34. Robyn-Stocquart, ancien industriel, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 34.
- Lefébure (Ernest), fabricant de dentelles et blondes, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 34.
- Hayem (Julien), fabricant de chemises et cols-cravates, membre du jury des récompenses à UExposition de Paris en 1878, Président du jury delà classe 33. Bergen (M. A. van), Vice-Président dujury de la classe 33.
- Farcy (E.), fabricant de corsets, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 33. Muzet (Alexis), membre du Conseil municipal de Paris, membre du jury des récompenses de l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de laclasse 36. Vaxelaire-Claes, industriel, Vice-Président du jury de la classe 36.
- Leduc, fabricant de chapeaux, membre de la Commission permanente des valeurs de douanes, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 36. Martial-Bernard, secrétaire de la Chambre de commerce de Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 37.
- Boas (J.-J.), membre du Comité néerlandais, Vice-Président du jury de la classe 37.
- Marret (E.), joaillier-bijoutier-orfèvre, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 37.
- Gras (le général), inspecteur des manufactures d’armes, Président du jury de la classe 38.
- Axcion (Jules), industriel, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 38.
- Gastinne-Renette, arquebusier, médaille
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- d’or à l’Exposition de Paris en 1887, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 38..
- MM. Gobron, député des Ardennes, Président du jury de la classe 39.
- Sriber (Alph.), ancien manufacturier, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur dujury de la classe 39.
- Rossolin , négociant - commissionnaire, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 40.
- Jumeau (Émile), fabricant de bébés, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 40.
- Jullien, fabricant de tabletterie et jeux en cartonnages, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 40.
- GROUPE V. — Industries extractives Produits bruts et ouvrés.
- BUREAU
- MM. S abatier, membre de la Chambre des représentants, membre du Comité exécutif belge, Président.
- Scheorer-Kestner, sénateur, Vice-Président.
- Ygarzabal (Raphaël), vice-président de la Commission de la République argentine à l’Exposition de 1889, Vice-Président.
- Alphand (Charles-Lodoïs), chef de service à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, Secrétaire.
- MEMBRES
- Daübrée (Auguste), membre de l’Institut, inspecteur général des mines, professeur au Muséum d’histoire naturelle, Président du jury de la classe 41.
- Gilleaux (V.), membre de la Chambre des représentants, président de l’Association des maîtres de forges à Char-
- leroi, membre du jury à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 41.
- MM. Martelet, ingénieur en chef au corps des mines, directeur de la Société des forges et aciéries de Denain, membre du jury des récompenses à l’Exposi-; lion de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 41.
- Chambrelent, inspecteur général des ponts et chaussées, Président du jury de la classe 42.
- Egeberg (Einar W.), négociant, Vice-Président du jury de la classe 42. Ouvré, négociant en bois de charpente et bois à brûler, conseiller général de Seine-et-Marne, Rapporteur du jury de la classe 42.
- Servant (A.), négociant en pelleteries et fourrures, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 43.
- Quiroz (le Dr A.), ministre du Salvador, Vice-Président du jury de la classe 43. Clermont (Hermann de), négociant en fourrures et poils de chapellerie, membre de la Commission permanente des valeurs de douanes, Rapporteur du jury de la classe 43.
- Abram, agriculteur,membre de la Chambre de commerce de Marseille, Président du jury de la classe 44.
- Artola (le comte de), Vice-Président du jury de la classe 44.
- Sabatié (Charles), négociant en laines, membre de la Chambre de commerce de Mazamet, Rapporteur du jury de la classe 44.
- Roscoe (Sir Henry), membre de la Chambre des communes d’Angleterre, membre de la Société royale de Londres, ancien président de l’Association britannique et de la Société de chimie de Londres, Vice-Président du jury de la classe 45.
- Riche (Alfred), membre de l’Académie de médecine, professeur à l’École supérieure de pharmacie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 45.
- Cordier, sénateur, ancien manufacturier,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. ---- NOVEMBRE 1889.
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- Président du jury de la classe 46.
- MM. Walque (François de), professeur à l’Université de Louvain, Vice-Président du jury de la classe 46.
- Persoz (J.), directeur de la condition des soies et laines à la Chambre de commerce de Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 46.
- Fortier-Beaulieu (Adolphe), tanneur, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 47.
- Verbœckhoven (Eug.), industriel, vice-président de l’union syndicale de Bruxelles, membre'du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 47.
- Poullain (Ch.), tanneur et corroyeur, médaille d’or à l’Exposition de Paris, en 1878, Rapporteur du jury de la classe 47.
- GROUPE VI. — Outillage et procédés des industries mécaniques. Électricité (1).
- BUREAU
- MM. Picard, président de section au Conseil d’État, Président.
- Frescot (le commandeur), ingénieur en chef de la Compagnie des chemins de fer de la Méditerranée, Vice-Président.
- Belpaire, administrateur des chemins de fer de l’État belge, Vice-Président.
- Thurston (R.-H.), professeur à la Cornell-University d’Ithaca (État de New-York), Vice-Président.
- Glasser, ingénieur en chef des ponts et chaussées, sous-directeur de la Compagnie des chemins de fer du Midi, Secrétaire.
- MEMBRES
- Jordan, professeur à l’École centrale des arts et manufactures, membre du jury
- (1) La classe 49 fait partie du groupe VIII (Agricul. ture).
- des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 48.
- MM. Gillon (Auguste), ingénieur, professeur de métallurgie à l’Université de Liège, Vice-Président du jury de la classe 48.
- Habets (A.), ingénieur et professeur à l’Université de Liège, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 48.
- * Girard (Aimé), professeur au Conserva-
- toire national des arts et métiers, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 50.
- Meeus (Louis), distillateur, à Wyneghen, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, Vice-Président du jury de la classe 50.
- Millot, professeur à l’École nationale d’agriculture de Grignon, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, faisant fonctions de Rapporteur du jury de la classe 50.
- Perret (Michel), administrateur de la Société anonyme des manufactures de glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 51.
- * Bardy, directeur du laboratoire des con-
- tributions indirectes, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 51.
- * Phillips, membre de l’Institut, inspec-
- teur général des mines, Président du jury de la classe 52.
- Dwelshauwers-Dery, ingénieur, professeur à l’Université de Liège, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 52.
- * Hirsch, ingénieur en chef des ponts et
- chaussées, membre de la commission centrale des machines à vapeur, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 52.
- Léon, ingénieur principal du matériel à
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1881).
- Ja Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 53.
- MM. Flamme (J.-B.), ingénieur en chef au chemin de fer de l’État belge, Vice-Président du jury de la classe 53.
- Ply (le capitaine), adjoint à l’inspection des manufactures d’armes, Rapporteur du jury de la classe 53.
- Max-Richard, manufacturier, vice-président de la Chambre de commerce d’Angers, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 54.
- Bède (E.), ingénieur, conseiller communal, Vice-Président du jury de la classe 54.
- Imbs (Joseph), ingénieur civil, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, Rapporteur du jury de la classe 54.
- Denis (Gustave), filateur et tisseur de coton, conseiller général de la Mayenne, Président du jury de la classe 55.
- Lee (Joseph), Vice-Président du jury de la classe 55.
- Escher (Rud), professeur, Rapporteur-Secrétaire du jury de la classe 55.
- Agnelet-Parfait, fabricant de chapeaux de paille et de feutre, de tulles, crêpes et fournitures pour modes, conseiller général de la Haute-Savoie, Président du jury de la classe 56.
- Gotendorf (N.-S.), constructeur-mécanicien, Vice-Président du jury de la classe 56.
- Godillot (Alexis), ingénieur civil, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 1885, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 56.
- Haret père (Pierre-Jean-Louis), membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 57.
- Serrel jeune (E.-W.), Vice-Président du jury de la classe 57.
- Cousté (J.-D.), ancien juge au Tribunal de commerce, vice-président de la Chambre de commerce de Paris, membre du jury des récompenses à l’Expo-
- sition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 57.
- MM. Ermel, ingénieur civil, directeur de la fabrication des billets à la Banque de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 58.
- Sloane (Thos.-J.), Vice-Président du jury de la classe 58.
- Dehaître, de la maison Pierron etDehaî-tre, constructeur-mécanicien,médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 58.
- Ruait, directeur général des monnaies et médailles, Président du jury de la classe 59.
- Ward (C.-S.), avocat technique à Boston, Vice-Président du jury de la classe 59.
- Périsse, ingénieur civil, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 59.
- Guiet, de la maison Million-Guiet et Cu', carrossier, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 60.
- Holmes (Charles), carrossier, Vice-Président du jury de la classe 60.
- Quenay, de la maison Binder aîné, carrossier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de
- . la classe 60.
- Galton (Sir Douglas) [K.-C.-B.J, capitaine en retraite du génie militaire, membre de la Société royale de Londres, vice-président de la Société des arts, Vice-Président du jury de la classe 61.
- Clérault, ingénieur en chef au corps des mines, ingénieur en chef du matériel et de la traction à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, Rapporteur du jury de la classe 61.
- * Mascart, membre de l’Institut, professeur au Collège de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 62.
- Preece (W.-IL), membre de la Société royale de Londres, électricien en chef des télégraphes de l’État, membre du conseil d’administration de l’Institut
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. --- NOVEMBRE 1889. 677
- des ingénieurs civils, Vice-Président duj ury de la classe 62.
- MM. Potier, ingénieur en chef au corps des mines, professeur à l’École nationale supérieure des mines, Rapporteur du jury de la classe 62.
- Baïhaut, député, Président du jury de la classe 63.
- IIaeve (de), inspecteur général, adminis-nistrateur des ponts et chaussées, Vice-Président du jury de la classe 63.
- * Collignon, ingénieur en chef des ponts el chaussées, inspecteur de l’École nationale des ponts et chaussées, Rapporteur du jury de la classe 63.
- Brouardel (le docteur), membre de l’Académie de médecine, doyen de la faculté de médecine, président du comité consultatif d’hygiène de France, médecin des hôpitaux, Président du jury de la classe 64.
- Palacios,consul général de Costa-RicaàPa-ris, Vice-Président du jury de la classe 64.
- Proust (le docteur), membre de l’Acadé-démie de médecine, professeur à la Faculté de médecine, inspecteur général des services sanitaires, médecin de l’Hôtel-Dieu, Rapporteur du jury de la classe 64.
- Régnault de Prémesnil (le contre-amiral), Président du jury de la classe 65.
- Elgar, ancien professeur de l’Université de Glascow, inspecteur des constructions navales pour l’amirauté de la Grande-Bretagne, Vice-Président du jury de la classe 65.
- Pérignon, ingénieur civil, Rapporteur du jury de la classe 65.
- Coste (le général), Président du jury de la classe 66.
- Lahure (le baron), colonel d’état-major, Vice-Président du jury de la classe .66.
- Jeanson (Gustave), chef de bureau au cabinet du Ministre de la guerre, Rapporteur du jury de la classe 66.
- GROUPE VII. — Produits alimentaires.
- l’Exposition de Barcelone en 1888, President.
- MM. Navarro-Reverter (Juan), ingénieur civil, député aux Cortès, Vice-Président.
- Marianno Cyrillo dé Carvalho (le conseiller), ancien ministre des finances, député, professeur à l’École polytechnique de Lisbonne, président du Comité portugais, Vice-Président.
- Vercruysse-Bracq, membre de la Chambre des représentants, membre du Comité exécutif belge, Vice-Président.
- * Krantz (Camille), maître des requêtes au Conseil d’État, Secrétaire.
- MEMBRES
- Way (H.-A.), négociant commissionnaire en grains et farines, membre de la Chambre de commerce de Paris, Président du jury de la classe 67.
- Bemrerg, Vice-Président du jury de la classe 67.
- Fouciier (Gustave), ancien fabricant de fécules et glucoses, membre de la Chambre de commerce de Paris, Rapporteur du jury de la classe 67.
- Guillout père, fabricant de biscuits, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 68.
- Vaury, fabricant de biscuits de troupe, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 68.
- Crétaine, ancien manufacturier, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 68.
- Leydet (Victor), député, Président du jury de la classe 69.
- Torres M. de Luna (D. Ramon), chimiste, professeur à l’Université de Madrid, Vice-Président du jury de la classe 69.
- Cabaret (Paul), chef de bureau au ministère de l’agriculture, Rapporteur-Secrétaire du jury de la classe 69.
- Luro, Vice-Président du jury de la classe 70-71.
- Potin (Julien), de la maison F. Potin, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, fabricant de produits ali—
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- BUREAU
- MM. Prevet (Charles), député, commissaire général de la République française à Tome IV. — 88e année. 4e série. — Novembre 1889.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- mentaires, Rapporteur du jury de la classe 70-71.
- MM. Mahy (de), député, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury delaclasse72.
- Wunderly (Ed.), Vice-Président du jury de la classe 72.
- Ledoux (Charles), négociant en cafés, juge au tribunal de commerce de la Seine, Rapporteur du j ury de la classe 72.
- Jarlauld, négociant en vins, membre de la Chambre de commerce de Paris, Président du jury de la classe 73.
- Galitzine (le prince), Vice-Président du jury de la classe 73.
- Féry d’Esclands (A.), conseiller maître à la Cour des comptes, Rapporteur du jury de la classe 73.
- GROUPE VIII. — Agriculture, viticulture et pisciculture.
- BUREAU
- Careil (le comte Fouciier de), sénateur, membre du Conseil supérieur de l’agriculture, membre du comité d’admission et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président.
- Lyle (L.-A.), capitaine d’artillerie au service des États-Unis, commissaire militaire des États-Unis à l’Exposition universelle de 1889, aide de camp du commissaire général des États-Unis, Vice-Président.
- Blaremberg (Alexandre de), Vice-Président.
- Netto (Ladislas), membre du conseil de S. M. l’Empereur du Brésil, directeur du Muséum national de Rio-Janeiro, Vice-Président.
- Grandeau (Louis), membre du Conseil supérieur de l’agriculture, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire.
- MEMBRES
- MM. '*Risler, directeur de l’Institut agronomique, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Pré-
- sident du jury de la classe 49.
- MM. Ward (W.-S.), Vice-Président du jury de la classe 49.
- Grandvoinnet, professeur à l’Institut agronomique, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 49.
- Flores (le Dr Manuel), Vice-Président du jury de la classe 73 bis.
- * Tisserand, conseiller d’État, directeur de
- l’agriculture au Ministère de l’agriculture, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 73 ter.
- Chauveau (le Dr), membre de l’Institut, inspecteur général des écoles vétérinaires, Vice-Président du jury de la classe 73 ter.
- Duclaux, membre de l’Institut, professeur à l’Institut national agronomique, Rapporteur du jury de la classe 73 ter.
- Récipon, député, membre du Conseil supérieur de l’agriculture, Président du jury de la classe 74.
- * Lavalard (Edmond), membre de la So-
- ciété nationale d’agriculture, administrateur de la cavalerie et des fourrages à la Compagnie générale des Omnibus, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur du jury de la classe 74.
- * Roy (G.), propriétaire-viticulteur, Prési-
- dent du jury de la classe 75.
- * Arnoult-Thénard (le baron), viticulteur,
- médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 75.
- Couanon (Georges), inspecteur général du service du phylloxéra, Rapporteur du jury de la classe 75.
- Balbiani, professeur au Collège de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 76.
- Ramé (Achille), vice-présiden t de la Société d’insectologie, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, faisant fonctions de Vice-Président du jury de la classe 76.
- Brocchi, maître de conférences à l’Institut national agronomique, Rapporteur du j ury de la classe 76.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- MM. Gerville-Réache, député, Président du jury de la classe 77.
- Perrier (Edmond), professeur-administrateur au Muséum d’histoire naturelle, Rapporteur-Secrétaire du jury de la classe 77.
- GROUPE IX. — Horticulture.
- BUREAU
- MM. Sir Colville Barclay, baronnet, Président.
- Freiwald (J.), président du comité exécutif néerlandais à Paris, délégué des colonies, Vice-Président.
- * Hardy, directeur de l’École nationale d’horticulture de Versailles, membre de la Société nationale d’agriculture, vice-président de la Société nationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition universelle de Paris en 1878, Rapporteur.
- Sohier (Georges), constructeur de serres, Secrétaire.
- MEMBRES
- André (Édouard), architecte-paysagiste, membre de la Société nationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 78.
- Joly (Charles), vice-président de la So-ciéténationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 78.
- Ghoiseul (le comte Horace de), membre de la Société nationale d’horticulture de France, Président du jury de la classe 79.
- Villard (Th.), ingénieur constructeur* membre de la Société nationale d’horticulture de France, Vice-Président du jury de la classe 79.
- Moser, horticulteur pépiniériste, membre de la Société nationale d’horti-
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- culture de France, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 79.
- MM. Cüré, horticulteur, membre de la Société nationale d’horticulture de France, Président du jury de la classe 80.
- Joret, membre de la Société nationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 80.
- Duvillard, horticulteur maraîcher, professeur de culture maraîchère du département de la Seine, membre de la Société nationale d’horticulture de France, faisant fonctions de Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 80.
- Baltet (Charles), horticulteur, membre de la Société nationale d’horticulture de France, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 81.
- Jamin, horticulteur, vice-président de la Société nationale de France, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 81.
- Mussat, professeur aux Écoles nationales d’agriculture de Grignon, membre de la Société d’horticulture de Versailles, Se-crétaire-Rapporteurduj uryde la classe81.
- Paute (Le), conservateur des forêts au service de la Ville de Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président du jury de la classe 82.
- * Demontzey, inspecteur général des forêts, Vice-Président du jury de la classe 82.
- Rivet, inspecteur des forêts, professeur à l’Institut national agronomique, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 82.
- Duchartre, membre de l’Institut, membre de la Société nationale d’horticulture de France, Président du jury de la classe 83.
- Chantin (Antoine), horticulteur, membre de la Société nationale d’horticulture de France, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président du jury de la classe 83.
- Truffault (Albert), horticulteur, membre de la Société nationale d’horticulture de France, Secrétaire-Rapporteur du jury de la classe 83.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- JURYS DE CLASSE
- GROUPE I. — Œuvres d’art.
- Classes 1 et 2. — Peintures à l’huile, Peintures diverses et dessins >
- BUREAU
- MM. Meissonier, membre de l’Institut, Président. France.
- Artz (C.), Vice-Président. Pays-Bas. Lafenestre, conservateur de la peinture au Musée du Louvre, Bapporteur. France. Dannat (W.-T.), artiste-peintre,Secrétaire.
- États-Unis.
- MEMBRES
- France. — Bonnat (Léon), membre de l’Institut, artiste-peintre, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Bouguereau, membre de l’Institut, artiste-peintre.
- — Breton (J.), membre de l’Institut, artiste-peintre.
- — Carolus-Duran, artiste-peintre.
- — Cazin, artiste-peintre.
- — Duez, artiste-peintre.
- — Fantin-Latour,- artiste-peintre.
- — Fourcaud (de), critique d’art.
- — Français, artiste-peintre.
- — Gérôhe, membre de l'Institut, artiste-peintre, professeur à l’École nationale et spéciale des beaux-arts.
- — Gervex (H.), artiste-peintre.
- — Renner, membre de l’Institut, artiste-peintre.
- — Laurens (J.-P.), artiste peintre, membre
- du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Mantz (Paul), critique d’art, directeur
- général honoraire des beaux-arts.
- — Puvis de Chavannes (P.), artiste-peintre.
- — Roll (A.-P.), artiste-peintre.
- — Vollon (Antoine), artiste-peintre. Autriche-Hongrie. — Jettel (Eugène de). Belgique. — Portaels (Jean), artiste-peintre,
- membre de l’Académie des sciences, des lettres et des beaux-arts, directeur. de l’Académie des beaux-arts.
- Belgique. —• Rorie (Jean), artiste-peintre.
- — Verlat (Charles), artiste-peintre, membre de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts, directeur de l’Académie royale d’Anvers.
- Danemark. — Tcjxen (L.).
- Espagne. —Melida (Enrique), artiste-peintre.
- États-Unis. — Rush Hawkins (le général).
- — Pearce (Charles Spargue).
- Grande-Bretagne. — Arhitage (Édouard), membre de l’Académie royale.
- — Davis (H.-W.-B.), membre de l’Académie royale.
- — Ouless (W.-W.), membre de l’Académie royale.
- Grèce. — Besnard (Albert), artiste-peintre.
- Italie. — Pittara (Charles), artiste-peintre.
- Finlande. Becker (de).
- Norvège. — Skredsvig (Christian).
- Pays-Bas. — Willy-Martens.
- Russie. — Pranishnikoff, artiste-peintre, atta-
- — ché au Ministère de la guerre.
- Suède. — Salmson (Hugo), artiste-peintre.
- Suisse. — Meuron (A. de).
- Section internationale. — Heilruth (Ferdinand), artiste-peintre.
- — Kuehl, artiste-peintre.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Michel (André), critique d’art.
- — Busson (Ch.), artiste-peintre.
- — Galland, artiste-peintre.
- — Gosselin, conservateur du Musée de Versailles.
- — Hamel (Maurice), critique d’art.
- — Harpignies, artiste-peintre.
- — Lerolle (H.j, artiste-peintre.
- Grande-Bretagne. — Deschamps (C.-W.), secrétaire honoraire du Comité des beaux-arts, au commissariat anglais.
- Autriche-Hongrie. — Thoren (Otto de), artiste-peintre.
- Belgique. — Rorèrt, artiste-peintre.
- Danemark. — Frolich.
- Espagne. — Beruete (A. de).
- États-Unis. — Bartlett (Paul-W.).
- Italie. — Rossi. ,
- Norvège. — Thanlon (Fritz).
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
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- Suède. — Hagborg.
- Section internationale. — Roger Ballu, inspecteur des beaux-arts.
- Classe 3. Sculpture et gravure en médailles. BUREAU
- MM. * Guillaume, membre de l’Institut, sculpteur-statuaire, inspecteur général de l’enseignement du dessin, Président.
- France.
- Groot (Guillaume de), artiste-statuaire, membre de l’Académie royale des sciences, lettres et beaux-arts, Vice-Président. Belgique.
- Kaempfen, directeur des musées nationaux et de l’École du Louvre, Rapporteur. France.
- Gille (P.-H.), critique d’art, Secrétaire.
- France.
- MEMBRES
- France. — Cavelier (Pierre-Jules), membre de l’Institut, artiste-sculpteur.
- — Chaplain, membre de l’Institut, graveur en médailles.
- . — Chapu, membre de l’Institut, sculpteur-statuaire.
- — Dubois (Paul), membre de l’Institut, sculpteur-statuaire.
- — Falguière, membre de l’Institut, sculpteur-statuaire.
- — Erëmiet (E.), sculpteur-statuaire, professeur de dessin au Muséum d’histoire naturelle.
- — Lefeuvre (A.). '*
- — Rodin, sculpteur.
- — Saglio, conservateur de la sculpture au Musée du Louvre.
- Autriche-Hongrie. — Beer (Frédéric). Grande-Bretagne. — Thornycroft (H.), membre de l’Académie royale. États-Unis. — Bisbing (Henry-S.).
- Italie. — Rossano.
- — Romanelli.
- Suède. — Hasselberg.
- Russie. — Rohmann.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Courajod, conservateur adjoint de la sculpture au Musée du Louvre.
- — Marquiset.
- Classe 4. — Dessins et modèles d’architecture. BUREAU
- MM. Bailly, membre de l’Institut, architecte, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président.
- France.
- Waterhouse (A.), membre de l’Académie royale; président de l’Institut royal des architectes, Vice -Président. Grande-Bretagne.
- Baudot (de), Rapporteur. France.
- Pascal, architecte du Gouvernement, Secrétaire. France.
- • MEMBRES
- France. — André (Jules), membre de l’Institut, architecte, professeur à l’École, nationale et spéciale des beaux-arts.
- — Bœswilwâld (Émile), architecte, inspec-
- teur général des monuments historiques.
- — Garnier, membre de l’Institut, archi-
- tecte.
- — Lisch, architecte, inspecteur des monuments historiques.
- — Vaudremer, membre de l’Institut, architecte de la ville de Paris, membre du jury des récompenses de l’Exposition de Paris en 1878.
- Grande-Bretagne."— White (W.-H.), secrétaire de l’Institut royal des architectes.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Magne (Lucien), architecte.
- — Moyaux.
- Belgique. — Pauli (A), architecte, membre de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts, professeur à l’Université de Gand.
- Classe 5. — Gravure et lithographie.
- BUREAU
- MM. Delaborde (le vicomte), secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts, Président. France.
- Biot, artiste-graveur à Bruxelles, Vice-Président. Belgique.
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- MM. Bracquemond, graveur, Rapporteur.
- France.
- Stewart (Julius-L.), artiste-peintre, Secrétaire. États-Unis.
- MEMBRES
- France. — Blanchard, membre de l’Institut.
- — Flameng (Léopold), artiste-graveur.
- — Waltner, artiste-graveur.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — Béraldi, bibliophile, critique d’art.
- Classe 5 bis. — Enseignement des arts du dessin.
- BUREAU
- MM. * Guillaume (Eugène), statuaire, membre de l’Institut, Président. France. Rombaut (Eugène), inspecteur général de l’industrie de l’enseignement professionnel, ancien commissaire général de la section belge aux Expositions d’Amsterdam et d’Anvers, Vice-Président. Belgique.
- Colin (Paul), artiste-peintre, Rapporteur.
- France.
- Niermans (Édouard), architecte, membre de la Commission néerlandaise, Secrétaire. Pays-Bas.
- MEMBRES
- France. — Carriot, directeur de l’enseignement primaire à la préfecture de la Seine.
- — Chaplain, graveur en médailles, mem-
- bre de l’Institut.
- — Chapu, statuaire, membre de l’Institut.
- — Deck (Théodore), administrateur de la
- manufacture nationale de Sèvres.
- — Delaborde (le vicomte H.), secrétaire
- perpétuel de l’Académie des beaux-arts.
- — Dubois (Paul), statuaire, membre de l’Institut, directeur de l’École nationale et spéciale des beaux-arts.
- — Falize, orfèvre-joaillier.
- — Follot (Félix), manufacturier.
- — Galland (P.-V.), artiste-peintre.
- — Jourde (Philippe).
- .------NOVEMBRE 1889.
- France. — Kaempfen, directeur des musées nationaux et de l’École du Louvre.
- — * Lavastre, peintre-décorateur.
- — Legriel, tapissier.
- — Lemoine, fabricant de meubles.
- — Ranvier (Jules), fabricant de bronzes.
- — * Rondot (Natalis), membre de la com-
- mission permanente des valeurs de douanes.
- — Vaudremer, architecte, membre de l’Institut.
- Égypte. — Sandoz (Gustave), joaillier. Japon. — Naruse, directeur des études du Collège commercial de Tokio.
- GROUPE II. — Éducation et enseignement. Matériel et procédés des arts libéraux.
- Classe 6. — Éducation de l’enfant. — Enseignement primaire. — Enseignement des adultes.
- BUREAU
- MM. Mézières, membre de l’Académie française, député, Président. France. Estrella (le baron d’), Vice-Président.
- Brésil.
- Buisson, délégué du ministère de l’instruction publique aux expositions de Londres, Bruxelles, Amsterdam, Melbourne et Barcelone, Rapporteur.
- France.
- Resbecq (comte Eugène de Fontaine), membre du conseil de la Société générale d’éducation, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Boutan, inspecteur général de l’instruction publique, ancien directeur de l’enseignement primaire.
- — Carriot, inspecteur d’académie, direc-
- teur de l’enseignement primaire de la Seine.
- — Colin (Paul), inspecteur de l’enseigne-
- ment du dessin, professeur à l’École polytechnique.
- — Jost, inspecteur général de l’enseigne-
- ment primaire.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- 683
- France. — Salicis, inspecteur général de l’enseignement manuel.
- Algérie. — Masqueray, directeur de l’École supérieure des lettres d’Alger.
- Colonies. — Meyer (Ernest), auditeur au Conseil d’État.
- Tunisie. — Maze (Hippolyte), sénateur.
- Espagne. — Bouteiller (Jacques de).
- États-Unis. —Welmann Parks (C.).
- Japon. — Naruse (R.), directeur des études du Collège commercial deTokio.
- Maroc. — Gabeau (C.), interprète principal de l’armée, commissaire délégué du Maroc.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Gaufrés, membre du conseil municipal de Paris, ancien président de la Société des chefs d’institution.
- — Martel, inspecteur général de l’enseignement professionnel.
- — Regnard (Paul), professeur à l’Institut national agronomique et sous-directeur à l’Ecole des hautes études.
- Belgique. — Braun, inspecteur des Écoles normales primaires de l’État, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878. •
- Suisse. — Hunziker (J.), professeur.
- Classe 7. — Organisation et matériel de renseignement secondaire.
- BUREAU
- MM.* Fernet, inspecteur général de l’instruction publique, Président. France.
- Donaldson (Walter A.), conseiller en droit, ancien professeur, Vice-Président. États-Unis.
- Pigeonneau, professeur adjoint à la Faculté des lettres, professeur à l’École des sciences politiques, Rapporteur.
- France.
- Casanova , directeur de l’institution Sainte-Barbe, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Godard, directeur de l’école Monge, membre du Conseil supérieur de l’instruction publique
- France. Hardy (L.-A.), architecte du Gouvernement, membre de la commission des bâtiments scolaires.
- — Rieder, directeur de l’École alsacienne,
- membre du Conseil supérieur de l’instruction publique.
- — Sée (Camille), conseiller d’État, direc-
- teur de la Revue de renseignement secondaire des jeunes filles.
- Hawaï. — Houle (A.).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Dreyfus (Ferdinand), membre du Conseil supérieur de l’agriculture.
- — Gay, chef de bureau au Ministère de
- l’instruction publique.
- Classe 8. — Organisation, méthodes et matériel de renseignement supérieur.
- BUREAU
- MM. Cauvet, directeur de l’École centrale des arts et manufactures, membre du Conseil supérieur de l’instruction publique, Président. France.
- Gilbert (P.-L.), professeur à l’Université de Louvain, Vice-Président. Belgique. Gariel (le Dr), ingénieur des ponts et chaussées, professeur à la Faculté de médecine de Paris, professeur à l’Ecole nationale des ponts et chaussées, Rapporteur. France.
- Perez (Fernando Ferrari), professeur de physique et de chimie à l’Ecole normale de Mexico, Secrétaire. Mexique.
- MEMBRES
- France. — Bréal, membre de l’Institut, professeur au Collège de France, membre du Conseil supérieur de l’instruction publique.
- — Maspéro, membre de l’Institut, profes-
- seur au Collège de France et à l’École pratique des hautes études.
- — Milne-Edwards (Alphonse), membre de
- l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- — Sorel (A.), secrétaire général de la
- présidence du Sénat, professeur à l’École des sciences politiques. Suisse. — Gobât (le Dr), conseiller d’État.
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- 684
- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. —Arsonval (d’), directeur du laboratoire de physique biologique du Collège de France.
- — Jourdan (Ed.), ingénieur civil, directeur de l’École des hautes écoles commerciales.
- Colonies. — Wickham, vice-président de la Société française de colonisation, trésorier de la Ligue d’enseignement, médaille d’or à l’Exposition d’Amsterdam en 1883.
- Italie. — Lauzières-Themines (le marquis de).
- Classes 6, 7, 8. — Enseignement technique.
- BUREAU
- MM. Ollendorff (Gustave), directeur du personnel et de l’enseignement technique au Ministère du commerce, de l’industrie et des colonies, Président. France.
- Mesureur, inspecteur régional de l’enseignement technique, Vice-Président. France.
- Jacquemart (Paul), ingénieur civil, inspecteur général des écoles d’arts et métiers et de l’enseignement technique, Rapporteur. France.
- Vital, ingénieur en chef des mines, pré. sident de la Sociéié philomathique de Bordeaux, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Hiélard, membre de la Chambre de commerce de Paris.
- — Louvrier de Lajolais, directeur de l’École nationale des arts décoratifs.
- Belgique. — Rombaut (Eugène), inspecteur général de l’industrie et de l’enseignement professionnel, ancien commissaire général de la section belge aux expositions d’Amsterdam et d’Anvers.
- JURÉS SUPPLÉANTS.
- France. — MUe Malmanche, inspectrice des écoles de la Ville de Paris.
- — Portevin, ingénieur civil.
- — Mlle Toussaint,, secrétaire générale de
- la Société pour l’enseignement professionnel des femmes.
- Classe 9. — Imprimerie et librairie.
- BUREAU
- MM. Firmin-Didot(Alfred), imprimeur-éditeur, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Benzinger, imprimeur-éditeur, Vice-Président. Suisse.
- Fouret (René), de la maison Hachette et Cie, libraire-éditeur d’ouvrages classiques, littéraires et de luxe, grande médailleàl’Expositionde Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Chamerot (Georges), imprimeur-éditeur, médaille d’or à l’Exposition de Barcelone en 1888, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Delalain (Paul), imprimeur-libraire, éditeur d’ouvrages classiques, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- — Doniol, correspondant de l’Institut, directeur de l’Imprimerie nationale.
- — Durand (Auguste), éditeur de musique, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- — Hetzel (Jules), libraire-éditeur d’ouvrages de littérature, d’éducation et de vulgarisation, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Jourde (Philippe), président honoraire du syndicat de la presse parisienne, membre du Conseil général des Bouches-du-Rhône.
- — Mame (Paul), imprimeur, médaille d’or à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- — Noël-Parfait, député, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Belgique. — Weissenbruch (Paul), imprimeur du roi.
- Espagne. — Enrique Gadea.
- États-Unis. — Stanton (Théodore).
- Grèce. — Queux de Saint-Hilaire (le marquis;.
- Italie. — Fantoni (le comte).
- Pays-Bas. — Loos (le Dr D. de).
- Russie. — Lehman (J.), propriétaire de la fonderie de caractères de Saint-Pétersbourg.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
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- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Colin (Armand), éditeur d’ouvrages classiques, médaille d’or à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- — Gauthier-Villars (Henri), imprimeur-libraire, éditeur d’ouvrages scientifiques, médaille d’or à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- — Ollendorff (Paul), éditeur, médaille d’or
- à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- — Rothschild, éditeur, médaille d’argent
- à l’Exposition de Paris en 1878. Pays-Bas. — Kalff junior.
- Classe 10. — Papeterie, reliure, matériel des arts de la peinture et du dessin.
- BUREAU
- MM. Vacquerel (Eugène), fabricant de papiers d’emballage et de cartons, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France. Lamort (Eugène), ingénieur civil, fabricant de papiers, Vice-Président. Luxembourg.
- Choquet, fabricant de papiers, Rapporteur. France.
- Fortin (Ch.), papetier-imprimeur et fabricant de fournitures de bureau, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Dumont (H.-L.), administrateur de la Société anonyme des papeteries du Marais et de Sainte-Marie, membre de là commission permanente des valeurs de douanes, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Engel père, relieur, membre du jury
- des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, diplôme d’honneur à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- — Johannot (Henri), fabricant de papiers,
- médaille d’or à l’Exposition de Paris ' en 1878.
- — Kléber (Émile), de la maison Blanchet
- et Kléber, fabricant de papier à écrire, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Sirven, fabricant d’articles de bureau, Tome IV. — 88e année. 4e série. — Noï
- médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Autriche-Hongrie. — Wedeles (Siegfried), membre du Comité général austro-hongrois.
- Japon. — Narushima (K.), membre de la Commission Impériale du Japon.
- Pays-Bas. — Obreen (A.-L.-R.), membre du Comité néerlandais, ingénieur, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Pauilhac, fabricant de papier à cigarettes.
- — Varin (P.), fabricant de papiers, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- États-Unis. — Rogers (H.-G.).
- Autriche-Hongrie. — Schubert (Joseph).
- Classe 11. — Application usuelle des arts du dessin et de la plastique.
- BUREAU
- MM.* Rossigneux (Charles), architecte-décorateur, Président. France.
- Schou, conseiller de justice, Vice-Président. Danemark.
- Champenois, imprimeur-lithographe, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Bouasse-Lebel, éditeur, imprimeur-lithographe en taille-douce, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — * Lavastre (J.-B.), peintre-décorateur de l’Académie nationale de musique et de danse, diplôme d’honneur à l’Exposition de Paris en 1878.
- Belgique. — Tasson (Joseph), peintre-décorateur, commissaire de la section belge à l’Exposition international de Liver-pool.
- Brésil. — Silva Prado (Eduardo da), commissaire général adjoint du Brésil à l’Exposition universelle de 1889.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Parrot, de la maison Appel, im-primeur-chromolithographe, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Bapst (Germain), publiciste d’art.
- Italie. — Gextili de Giuseppe, secrétaire général du Comité.
- Classe 12. — Épreuves et appareils de photographie.
- BUREAU
- MM. *Davannk (A.), président du Comité d’administration de la Société française de photographie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris eu 1878, Président. France.
- England (W.), membre du Conseil d’administration de la Société britannique de photographie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président. Grande-Bretagne.
- Vidal (Léon), professeur à l’École nationale des arts décoratifs, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Pricam (E.), Secrétaire. Suisse.
- MEMBRES
- France. — Darlot, fabricant d’instruments d’optique, membre du Conseil municipal de la ville de Paris.
- — Lévy (Georges), photographe, médaille
- d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Colonies. — Bilbaut, membre du Conseil supérieur de l’Exposition permanente des colonies.
- États-Unis. — Hastings (Chas. S.).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Audra, photographe amateur, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Braun (Gaston), photographe des mu-
- sées nationaux, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Chéri-Rousseau, photographe, médaille
- d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Pays-Bas. — Braam (J.-A.-D.).
- Classe 13. — Instruments de musique.
- BUREAU
- MM. Thomas (Ambroise), membre de l’Institut, directeur du Conservatoire national de musique et de déclamation, Président.
- France.
- Mahillon (Victor), conservateur du musée du Conservatoire royal de musique, Vice-Président. Belgique.
- Thiboijville-Lamy, fabricant d’instru ments de musique, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Gand, luthier du Conservatoire national de musique et de déclamation et du théâtre national de l’Opéra, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Cavaillé-Coll, facteur de grandes orgues, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Lecomte (A.), fabricant d’instruments de musique, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Ruch, facteur de pianos, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 1883.
- États-Unis. — Dickinson (A.-G.).
- Grande-Bretagne. — Clarke-Campbell.
- Italie. — Gavioli fils.
- Suisse. — Arnold, directeur de musique.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Decombes (Émile), professeur au Conservatoire national de musique et de déclamation.
- — Dumoustier de Frédilly (Aubin), chef de bureau au Ministère du commerce et de l’industrie.
- — Salvayre, compositeur de musique.
- Russie. — Illavatch (V.), artiste des théâtres impériaux en Russie etchef d’orchestre.
- Classe 14. — Médecine et chirurgie.
- Médecine vétérinaire et comparée.
- BUREAU
- MM. Verneuil (le Dr), membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, profes-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
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- seur à la Faculté de médecine, chirurgien des hôpitaux, Président. France.
- MM. Borlée (le Dr), membre de l’Académie royale de médecine, professeur émérite de PUniversité de Liège, Vice-Président. Belgique.
- Berger (le Dr Paul), professeur agrégé de la Faculté de médecine, chirurgien des hôpitaux, Secrétaire-Rapporteur.
- France.
- MEMBRES
- France. — Badin, docteur-médecin orthopédiste à Toulouse.
- — Collin (de la maison Charrière), fabricant d’instruments de chirurgie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Magitot (le Dr E.), membre de l’Académie de médecine.
- — Nocard, directeur de l’École vétérinaire d’Alfort, membre de l’Académie de médecine.
- . — Trélat (le Dr Ulysse), membre de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté de médecine, chirurgien des hôpitaux, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1818.
- Suisse. — Reverdin (le Dr Auguste), professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Genève.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — David (le Dr), ancien directeur de l’école dentaire de la ville de Paris, dentiste.
- Classe 15. — Instruments de précision.
- BUREAU
- MM. Faye, membre de l’Institut, président du bureau des longitudes, Président.
- France.
- E. Ray Lankester, membre de la Société royale de Londres, professeur à l’Université de Londres, Vice-Président. Grande-Bretagne.
- Teisserenc de Bort (L.), chef de service au Bureau central météolorogique, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, Rapporteur. France.
- M. Amsler-Laffon(J-), professeur,Secrétaire.
- Suisse.
- MEMBRES
- France. — Bassot (le lieutenant-colonel), chef de la section de Géodésie au ministère de la Guerre.
- — * Cailletet, correspondant de l’Institut,
- diplôme d’honneur à l’Exposition de Paris en 1878.
- — * Laussedat (le colonel), directeur du
- Conservatoire national des arts et métiers, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- États-Unis. — Rotch (A.-L.). Grande-Bretagne. — Cooke (Conrad), membre de l’Institut des Ingénieurs électriciens de Londres.
- Russie. — Jabloçhkoff.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Baille-Lemaire, répétiteur à l’École polytechnique, fabricant de jumelles, médaille d’or à l’Exposition, de Paris en 1878.
- — * Becquerel (Henri), ingénieur des ponts
- et chaussées, aide-naturaliste au Muséum d’histoire naturelle, répétiteur à l’École polytechnique. Belgique. — Buisset, professeur à l’Université de Bruxelles.
- Suisse. — Schneebeli, docteur.
- Classe 16. — Cartes et appareils de géographie et de cosmographie. — Topographie. — Modèles. — Plans et dessins du génie civil et des travaux.
- BUREAU
- MM. Cloué (le vice-amiral), ancien ministre de la marine et des colonies, membre du Bureau des longitudes, Président.
- France.
- Amrein , professeur, Vice-Président.
- Suisse.
- Germain (Adrien), ingénieur hydrographe de la marine, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur. France.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- MEMBRES
- France. —Derrécagaix (le colonel), directeur du service géographique de l’armée au ministère de la Guerre.
- — Levasseür, membre de l’Institut, profes-
- seur au Collège de France.
- — Maunoir, secrétaire général de la
- Société de géographie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Mexique. — Valdès (Rodrigo), lieutenant-colonel du génie.
- Norvège. — Bull (Johan Lauritz), capitaine d’état-major de l’armée norvégienne.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Delagrave (Charles), libraire éditeur d’ouvrages classiques, médaille à l’Exposition de Paris en 1878. États-Unis. — Hayes (George-W.).
- GROUPE III. — Mobiliers et accessoires.
- Classe 47. — Meubles à bon marché et meubles de luxe.
- BUREAU
- MM. Lemoine (H.), fabricant de meubles et sièges, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Donaldson (George), Vice - Président.
- Grande-Bretagne.
- Meynard, ancien fabricant d’ébénisterie d’art, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire - Rapporteur.
- France.
- MEMBRES
- France. — Beurdelet (A.), fabricant de bronzes et objets d’arts, ébénisterie et bois sculptés, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Leglas (Maurice), fabricant d’ébénisterie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Soubrier (Louis), fabricant de meubles, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- Colonies. — Gachet, délégué de la Guyane au conseil supérieur de l’Exposition permanente des colonies.
- Tunisie. — Abadie (Egbert), négociant.
- Belgique. — Mignot-Delstanche, industriel, vice-président de l’Union syndicale de Bruxelles, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris en 1878.
- Brésil. — Loürdelet (E.).
- Danemark. — Haleter, consul général.
- États-Unis. — Hillyard Lee.
- Italie. — Guggenheim.
- Russie. — Levitt.
- Siam. — Wilberforge Wyke, secrétaire de la Légation de Siam.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Guéret jeune, ancien fabricant d’ameublements, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Quignon fils, fabricant de sièges, ébénisterie et sculpture, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Belgique. — Fumière (Théophile), architecte.
- Espagne. — Gazel (Victor), délégué de la Chambre de commerce de Cuba.
- Classe 18. — Ouvrages du tapissier et du décorateur.
- BUREAU
- MM. Leys, tapissier-décorateur, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888,Président. France.
- Janlet (Émile), architecte de la section belge aux Expositions de Paris en 1878 et en 1889, Vice-Président. Belgique.
- Legriel, tapissier-décorateur, diplôme d’honneur, hors concours à l’Exposition de Barcelone en 1888, Rapporteur. France.
- Reynaud (J.), commissaire honoraire du Japon, Secrétaire. Japon.
- MEMBRES
- France. — Ouri (Alphonse), artiste-peintre décorateur, médaille d’or à l’Exposition d’Amsterdam en 1883.
- — Parfonry, marbrier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Williamson, administrateur du Mobilier national.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. --- NOVEMBRE 1889.
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- Tunisie. — Garraux (Louis), négociant commissionnaire.
- Italie. — Berolati.
- Suisse. — Bubeck (Guillaume), directeur du musée de Bâle.
- JURÉS SUPPLÉANTS.
- France. — Benda (A.), fabricant de glaces et miroiterie, arbitre rapporteur près le tribunal de commerce de la Seine.
- — Verrebout (Auguste), fabricant d’ameublements d’église, diplôme d’honneur à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- États-Unis. — Ingersoll (W. E.).
- Classe 19. — Cristaux, verrerie et vitraux.
- BUREAU
- MM.*Luynes (Victor de), professeur au Conservatoire national des arts et métiers, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, Président.
- France.
- Savoye (Gustave de), ingénieur et industriel, membre du comité exécutif, membre du jury des récompenses à l’Exposition universelle de Paris en 1878, Vice-Président. Belgique.
- Oudinot (Eugène), peintre-verrier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Deshaïsons, directeur de la Société anonyme des verreries et manufactures de glaces d’Aniche (Nord), médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — * Biver (A.), directeur de la manufacture de glaces deSaint-Gobain.Chau-ny etCirey, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Richarme, directeur des verreries de Rive-de-Gier, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Renard (Léon), député, administrateur de verreries.
- Autriche-Hongrie. — Moser (Ludwig).
- États-Unis. — Colne (Charles).
- Grande-Bretagne. — Powell (H.-J.).
- Italie. — Ricchetti.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — * Appert (Léon), ingénieur-verrier, fabricant de verres pour optique et de verres de couleur, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Champigneulle (Ch.), peintre-verrier,
- médaille d’or à l’Exposition d’Amsterdam en 1883.
- — Vidie (James), maître de verrerie.
- Classe 20. — Céramique.
- BUREAU
- MM. Lauth (Ch.), administrateur honoraire de la manufacture nationale de Sèvres, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Parisien 1878, Président.
- France.
- Baes (J.), architecte, sous-directeur de l’École des arts décoratifs, Vice-Président. Belgique.
- Lœbnitz (J.), fabricant de faïences, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Hymans van Wadenoye (H.), Secrétaire,
- Pays-Bas.
- MEMBRES
- France. — Boulenger (H.), fabricant de faïences, médaille d’or àl’Exposition de Paris en 1878.
- — Gastellier, député, président de l’Union céramique et chaufournière de France.
- — Hache (Adolphe), ancien fabricant de porcelaines, président de la Chambre de commerce de Bourges, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Redon (Martial), fabricant de porcelaines, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Soyer (Paul), peintre-émailleur, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Thierry (G.), négociant en porcelaine, membre de la Commission permanente des valeurs de douanes, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- Colonies. — Pelisson, négociant, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. --- NOVEMBRE 1889.
- Autriche-Hongrie. — Fischer (Ignaz).
- Chine. — Galy (Gaston), inspecteur et ancien secrétaire de légation.
- Danemark. — Krohn (Pietro), artiste-peintre.
- États-Unis. — Pollok (Anthony), ingénieur civil.
- Grande-Bretagne. — Woodall (William), membre de la Chambre des Communes d’Angleterre.
- Italie. — Erculei, directeur du Musée de Rome.
- Japon. — Komaï, membre de la Commission impériale du Japon.
- Perse. — Méchin, commissaire de la Perse.
- Portugal. — Silva (Jeronymo da), conservateur du musée industriel de Lisbonne, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- Roumanie. — Dally (lieutenant-colonel), membre du comité roumain, délégué du commissaire général à Paris.
- JURÉS SUPPLÉANTS.
- France. — Aubry (Jules), fabricant de faïences d’art, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Guilbert-Martin, mosaïste, fabricant d’émaux, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Grande-Bretagne. — Barclay (Sir Colville, Bar*).
- Japon. — Schmidt (Paul), chimiste manufacturier, président de la Société du travail.
- Classe 21. — Tapis, tapisseries et autres tissus d’ameublement.
- BUREAU
- MM. Davoust, fabricant de toiles cirées, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, Président.
- France.
- Louka Yvanischevitch (le Dr), Vice-Président. Serbie.
- Legrand (Victor), fabricant de tissus pour ameublement, juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine, Secrétaire-Rapporteur. France.
- MEMBRES
- France. — Duplan, membre du conseil municipal de la Ville de Paris, membre
- du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- France. —Tresca (Édouard), ancien fabricant de tissus d’ameublement, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Algérie. — Mohamed ben Siam, propriétaire à Milianah, membre du Conseil général d’Alger.
- Autriche-Hongrie. — Willy Ginzkey.
- Colonies. — Cambourg (le baron de), membre de la commission d’organisation de l’exposition coloniale, vice-président de la Société des études coloniales et maritimes.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Duché (Paul), fabricant de tissus d’ameublement, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Belgique. — De Somer Van Genechten, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 22. — Papiers peints.
- BUREAU
- MM. Leroy père, fabricant de papiers peints, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Follot (Félix), fabricant de papiers peints, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Gillou (Émile),fabricant de papiers peints, Secrétaire. France.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Jouanny, fabricant de papiers peints, membre du conseil des prud’hommes.
- États-Unis. — Rosse (Irving C.).
- Grande-Bretagne. — Wallace (Villiam).
- Classe 23. — Coutellerie.
- BUREAU
- MM. Cardeillhac père, fabricant de coutellerie et d’orfèvrerie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Président.
- France.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- 691
- MM. Galante (Henri), ancien fabricant d’instruments de chirurgie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président. France.
- Marmuse (Gustave), fabricant de coutellerie, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Mermilliod (Maurice), fabricant de coutellerie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- JURÉ SUPPLÉANT
- Russie.— Bienkovski.
- Classe 24. — Orfèvrerie.
- BUREAU
- MM. Poussielgue-Rusand, fabricant d’orfèvrerie religieuse, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Président.
- France.
- Schieb (Jacques), Vice- Président. États-Unis.
- Falize (Lucien), orfèvre-joaillier, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Chenaillier (Henri), ancien fabricant d’or-fèvrei’ie, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 188a, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Odiot, fabricant d’orfèvrerie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Danemark. — Krogh (A.), architecte.
- Égypte. — Sandoz (Gustave), joaillier.
- Russie. — Chopin, membre du comité russe de Paris.
- Siam. — Dru (Léon), ingénieur.
- Suisse. — Lamunière (V.).
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — Flamant, fabricant d’orfèvrerie.
- Classe 25. — Rronzes d’art, fontes d’art diverses,
- ferronnerie d’art, métaux repoussés.
- BUREAU
- MM. Gagneau (G.), fabricant de bronzes, membre du jury des récompenses à l’Expo-
- sition de Paris en 1878, Président. France.
- MM. VandeVelde (Félix), fabricant de bronzes d’art, Vice-Président. Belgique.
- Colin (E.), fabricant de bronze d’art et d’ameublement, de la maison G.-J. Lévy, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur. France.
- MEMBRES
- France. — Durenne (A.), fabricant de fontes d’art, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Piat (Frédéric-Eugène), artiste industriel , membre du jury des récompenses àl’Exposition de Paris en 1878.
- — Ranvier (Jules), fabricant de zincs et bronzes d’art, membres du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Servant (G.), expert en bronzes et objets d’art, [membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Italie. — Ruspoli (le prince).
- Japon. — Burty (Ph.), inspecteur des beaux-arts.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Bouhon (Mathieu), fabricant de bronzes, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Coutelier (Edmond), fabricant d’ornements en zinc, cuivre et plomb, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- Espagne. — De Cortade (A.), vice-consul d’Espagne à Simorre.
- Classe 26. — Horlogerie.
- BUREAU
- MM. Rodanet (A.-H.), fabricant d’horlogerie, membre de la Chambre de commerce de Paris, Président. France.
- Dufour (J.-E.), conseiller national, Vice-Président. Suisse.
- Garnier (Paul), fabricant d’horlogerie monumentale, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur.
- France.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. ---- NOVEMBRE 1889.
- 692
- M. ' Sandoz (Charles), fabricant d’horlogerie à Besançon, membre de la Chambre de commerce de Besançon, Secrétaire.
- France.
- MEMBRES
- France. — Leroy (Théodore), constructeur de chronomètres, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Requier (Charles), fabricant de pendules, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Saunier (Claudius), ancien fabricant d’horlogerie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Grande-Bretagne. — Tripplin (J.), vice-président de l’Institut Britannique d’horlogerie.
- Suisse. — Perret (le colonel David).
- — Brandt (César).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Antoine (Ernest), fabricant d’horlogerie, juge suppléant au tribunal de commerce de Besançon.
- — Diette (Charles), fabricant d’horlogerie, médaille d’or à l’Exposition d’Amsterdam en 1883.
- Suisse. — Tissot (Charles-Émile), conseiller national.
- Classe 27. — Appareils et procédés de chauffage.
- Appareils et procédés d’éclairage non électrique.
- BUREAU
- MM. Luchaire (Léon), constructeur d’appareils d’éclairage huile et pétrole, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en \S1S, Président. France.
- Dery, ingénieur des chemins de fer de l’État, Vice-Président. Belgique.
- Grouvelle (Jules), ingénieur civil, professeur à l’École centrale des arts et manufactures, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Beau (Henri), fabricant d’appareils d’éclairage et de chauffage pour le gaz et l’électricité, bronze et ferronnerie d’art, diplôme d’honneur à l’Exposition d’Anvers en 1883, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Cornuault, président de la Société technique du gaz.
- — Lacarrière (Amédée), fabricant de bronzes et appareils d’éclairage, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- États-Unis. — Kahn (Lazard).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Chabrié (Victor), fabricant de bronzes d’éclairage, de la maison Chabrié et Jean, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Pi et (Jules), ingénieur civil, constructeur d’appareils de chauffage et de ventilation.
- Classe 28. — Parfumerie.
- BUREAU
- MM. Guerlain (Aimé), fabricant de parfumerie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président.
- France.
- Lecaron, de la maison Gellé, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, fabricant de parfumerie, Vice-Président.
- France.
- L’Hôte, chef de laboratoire du cours de chimie générale au Conservatoire des arts et métiers, expert près les tribunaux, Rapporteur. France.
- Coudray (Edmond), fabricant de parfumerie et savons, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Roure, fabricant de parfumerie, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 1883.
- Algérie. — Fabriès, pharmacien, chimiste du syndicat des viticulteurs d’Oran.
- Tunisie. — Rehns (Aron), fa bricant de parfumerie.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Chouet (A.), de la maison du Dr Pierre, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 1883.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- M. Lemercier (Anatole), fabricant de vinaigre de toilette, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- Colonies. — Beleys, ancien industriel, membre du comité d’organisation de l’exposition coloniale.
- États-Unis. — Herrtck (W.).
- Classe 29. — Maroquinerie, tabletterie, vannerie, et brosserie.
- BUREAU
- MM. Dupont (Émile), fabricant de brosserie fine et tabletterie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888, Président. France.
- Schloss (Adolphe), Vice-Président. Russie.
- Tarbouriech - Nadal , négociant-commissionnaire, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Amson (Georges), fabricant d’articles de Paris, diplôme d’honneur à l’Exposition de Barcelone en 1888, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Maurey-Deschamps, fabricant de brosserie fine, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Maureau-Vauthier (Augustin), statuaire
- et sculpteur sur ivoire, professeur à l’École nationale des arts décoratifs.
- Colonies. — François, résident de France au Tonkin, ancien chef adjoint du cabinet du sous-secrétaire d’État des colonies.
- — Vignon (Louis), chef du cabinet du mi-
- nistre des finances.
- Autriche-Hongrie. — Stranskey (Édouard).
- États-Unis. — Hellmann (Max).
- Japon. — Hayashi (T,), négociant.
- Suisse. — Othmar Isler.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Bez, fabricant de peignes, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Pitet aîné, fabricant de brosses et pinceaux, médaille d’or à l’exposition de Paris en 1878.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — IVo
- Tunisie. — Bortoli (Joseph), négociant-commissionnaire.
- Autriche-Hongrie. — Lichtbleu (Léopold). Belgique. — Fontaine-Olinger, industriel.
- GROUPE IV. — Tissus, vêtements et accessoires.
- Classe 30. — Fils et tissus de coton.
- BUREAU
- MM. Noblot, sénateur, Président. France.
- Éloy (Émile), industriel, membre du comité exécutif, Vice-Président. Belgique.
- Ponnier, manufacturier en tissus de coton, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Waddington (Evelyn), manufacturier, de la maison Waddington fils et Cle, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France. ,
- MEMBRES
- France.—Besselièvre, fabricant d’indiennes, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Descat (Achille), fabricant de velours de colon, teints et imprimés.
- — Schwob, filateur, maire d’Héricourt.
- - Serol (Georges), manufacturier, membre de la Chambre de commerce de Roanne.
- '— Trouiller, de la maison Trouiller et Adhémar, fabricant d’articles de Tarare, Saint-Quentin et Alsace, membre de la commission permanente des valeurs de douanes.
- — Jourdain (René), de la maison Joly frères et Jourdain, manufacturier, médaille d’or en 1878.
- — Wallaert (Auguste), filateur, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Espagne. — Martorell (Bernardino), ingénieur.
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- Grande-Bretagne. — Leigh (Joseph), maire de Stockport.
- Portugal. — Mendes da Silva (Alfredo), député, membre de l’Association industrielle.
- Russie. — D. Sifferlin.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Champalle, manufacturier, conseiller général du Rhône, maire de Thizy.
- États-Unis. Wassermann (M.).
- Grande-Bretagne. — Pollock (J.-L.).
- Classe 31. — Fils et lissus de lin, de chanvre, etc.
- BUREAU
- MM. *Magnier, manufacturier, membre de la Chambre de commerce de Paris, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, membre du jury des récompenses à l’Exposition universelle de Paris en 1878, Président. France.
- Leirens, ancien sénateur (firme Eliaort-Cools), Vice-Président. Belgique.
- Simonnot-Godard , manufacturier, diplôme d’honneur à l’Exposition d’Anvers en 1885, Rapporteur. France.
- Faucheur, filateur de lin, président du comité linier du nord de la France, membre de la Chambre de commerce de Lille, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Saint (Ch.), manufacturier, filateur et tisseur de sacs et toiles, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Colonies. — Chaper, ingénieur civil, membre du conseil supérieur de l’exposition permanente des colonies.
- Grande-Bretagne. — Stevelly(J.).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Le Blan (Paul), filateur de la maison Julien Le Blan.
- — Hassebroucq (Victor), filateur, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Grande-Bretagne. — Andrews (R.-W.-J.).
- Classe 32. — Fils et tissus de laine peignée.
- — Fils et tissus de laine cardée.
- BUREAU
- MM. Daupiiinot, membre de la Chambre de commerce de Reims, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France. Mullendorf (Ch.), industriel, président d’honneur de la Chambre, de commerce deVerviers, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris en 1878, Vice-Président. Belgique.
- Huot, de la maison David et Huot, filateur, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, Rapporteur. France.
- Jourdain (Eugène), fabricant de draperies nouveautés, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, vice-président de la Chambre de commerce de Tourcoing, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Balsan (Auguste), manufacturier, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Blin (Théodore), manufacturier, mem-
- bre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Brocard, fabricant de draps, médaille
- d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Boussus, fabricant de laine et mérinos,
- médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Bréant (Eugène), fabricant de châles et
- lissus, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, membre du jury de l’Exposition d’Anvers en 1885.
- — Lagache, fabricant de draperies, mé-
- daille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Lelarge, fabricant de nouveautés et
- flanelles, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Nivert (Émile), manufacturier, médaille
- d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Robert, fabricant de draps, médaille
- d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- France.—SiÉBER(Henri),deIa maison Seydoux.
- Siéber, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, fabricant de lainages.
- — Trézart, vice-président de la Chambre de commerce d’Ëlbeuf, membre du jury des récompenses de l’Exposition d’Anvers en 188a.
- Tunisie. — Duché (Pierre), fabricant de tissus nouveautés, membre du tribunal de commerce de la Seine.
- Autriche-Hongrie. — Bruck (Heiurich).
- Belgique. — Linck (Arm.), industriel.
- Espagne. — Planas (José), fabricant.
- Grande-Bretagne. — Woodhouse (Edwin).
- Luxembourg. —Godchaux (Louis), président du conseil d’administration de la Société anonyme des draperies luxembourgeoises.
- Portugal. —Pires (Julio-José), député, membre de l’Association industrielle.
- Russie. — Lipinski, membre du Comité russe de Moscou.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Audresset fils, manufacturier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Barthe (Eugène), fabricant de draps, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Hussenot (Hubert), fabricant de châles et nouveautés, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Gibert, négociant.
- République Argentine. — Ytuno (Martinez).
- Chili. — Echaurren (Victor).
- Grande-Bretagne. — Arnold (Sidney).
- Classe 33. — Soies et tissus de soies.
- BUREAU
- MM.*Rondot (Natalis), président de section à la commission permanente des valeurs de douanes, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Varango (L.), membre de la commission russe de Paris et commissaire délégué, Vice-Président. Russie.
- Lilienthal, négociant en soies, membre
- de la Chambre de commerce de Lyon, Rapporteur. France.
- M. Gauthier (Antoine), fabricant de rubans de soie, vice-président de la Chambre de commerce de Saint-Etienne, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1818, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Blanchon (Gaston), fabricant de soies grèges et ouvrées, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Courthial, moulinier filateur, président de la Chambre de commerce de Valence (Drôme).
- — Isaac (Auguste), fabricant de tissus de la maison Dognin et Gie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Permezel , fabricant de tissus de soies, diplôme d’honneur à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- — Rebour, fabricant de rubans-cravates, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Sauvage, négociant en soieries.
- — Sévène , président de la Chambre de commerce de Lyon.
- Colonies. — Hébrard (Jacques), sénateur président de la sous-commission d’organisation de l’exposition coloniale.
- Chine. — Giquel (Émile), ancien inspecteur des domaines.
- Égypte. — Fouquier (Paul).
- Grande-Bretagne. — Wardle (Thomas),
- , président de l’Association des fabricants de soies en Angleterre.
- Grèce. — Marino Clado.
- Japon. —Nakade (S.), membre de la commission impériale du Japon.
- Suisse. —Megroz (Louis).
- — VOLLENVEIDER (Ulrico).
- Perse. — Doisy, commissaire délégué de la Perse.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Bouffier(A.), de la maison Pravas et Bouffier, fabricant de crêpes de soie, adjoint au maire de Lyon, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Germain (Léopold), négociant en soies
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- grèges et ouvrées, membre de la commission permanente des valeurs de douanes.
- Belgique. — Vi.\ (Jean), industriel.
- Espagne. — Borrell y Pujadas (Salvator Pas-quia]).
- Italie. — Rampoldi.
- Japon. — Peis’y (J), secrétaire de la commission impériale du Japon.
- Suisse. — Sieber (Gustave).
- Classe 34. — Dentelles, tulles, broderies et passementeries.
- BUREAU
- MM. Binot, de la maison Veaugeois et Binot, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, fabricant de passementeries, Président. France.
- Roby.y-Stoquart, ancien industriel, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président.
- Belgique.
- Lefébure (Ernest), fabricant de dentelles et blondes, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur.
- France.
- Blazy (L.-P.), fabricant de tapisseries et d’ouvrages à la main, médaille d’or à l’Exposition d'Anvers en 1885, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Croüvezier, fabricant de brodei’ies, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Dieutegard (Ernest), fabricant de passementeries, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Hénon (Henri), fabricant de dentelles, diplôme d’honneur à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- — Oriol (delà maison Alamagny et Oriol), fabricant de passementeries.
- Espagne. — Nos (Jayme), négociant.
- Italie. — Jeserum.
- Suisse. — Muller (Burke).
- — Alder (Otto).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Noirot-Biais (de la maison Biais aîné), fabricant d’ornements d’église.
- Colonies. — Ducret, membre du conseil supérieur de l’Exposition permanente des colonies.
- Équateur. — Woytt (Frédéric).
- Classe 35. — Articles de bonneteide et de lingerie. Objets accessoires du vêtement.
- BUREAU
- MM. Hayem, fabricant de chemises et cols-cravates, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Bergen (M. A. van), Vice-Président. États-Unis.
- Farcy (E.), fabricant de corsets, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Mortier CA.), de la maison Poron frère.s, fils et Mortier, membre du tribunal de commerce de Troyes, fabricant de bonneterie, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Borel, membre de la Chambre de commerce de Grenoble, fabricant de gants.
- — Hugot (V.), fabricant d’éventails, juge suppléant au tribunal de commerce.
- — Klotz (Eugène), fabricant de cravates, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Parent, fabricant de boutons, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Autriche-Hongrie. — Veit (Sigismond).
- Belgique. — Jonniaux (Édouard), ancien industriel.
- Russie. — Florand (Jules), commissaire délégué de la Russie.
- Suisse. — Egloff (Blumer), conseiller natio nal.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Dehesdin (Émile), fabricant de lingerie, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Falcimaigne, fabricant de cannes et ombrelles, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 1885.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- Classe 36. — Habillement des deux sexes.
- BUREAU
- MM. Mczet (Alexis), membre du conseil municipal de Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Vaxelaire-Claes, industriel, Vice-Président. Belgique.
- Leduc, fabricant de chapeaux, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Patay, jfabricant de fleurs artificielles, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 1885, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Appert (Aristide), fabricant de chaussures, membre de la Chambre consultative des arts et manufactures de Châlons-sur Marne.
- — Bessand (Charles), manufacturier, ancien président du tribunal de commerce, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Guillaumou, député.
- — Haas, fabricant de chapeaux de paille, de feutre et de casquettes, membre de la Chambre de commerce de Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Marcade (ancienne maison Bouillet), fabricant de confections pour dames, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Touzet (Henri), fabricant de chaussures, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- Autriche-Hongrie. — Fluss (Emile).
- — Reitlinger (Théodore).
- Équateur. — Reyre (Antonio).
- Espagne. —Marino (José Alvarès), déppté.
- États-Unis. — Rumrill (James).
- Grande-Bretagne. — Ablett (W.-J.), manufacturier.
- Mexique. — Zarate (Eduardo E.).
- Pérou. — Bernales (R.).
- Roumanie.— Grant,membre de la commission roumaine, délégué du conseil général.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Rucher (Hippolyte), tailleur, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- — Galoyer, fabricant de chaussures sur
- mesure, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Morin-Hiélard (ancienne maison Hic-
- lard), fabricant de plumes pour parures, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Vessière (Paulin), confections pour enfants, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Colonies. — Aron, adjoint au maire du IIe arrondissement, membre de la commission d’organisation de l’Exposition coloniale.
- Autriche-Hongrie. — Lowenstern (Adolf).
- Portugal. — Outeiro Ribejro (J.-M.).
- Roumanie. — Iscovesco, délégué du commissaire général roumain.
- Russie. — Grunwaldt (Édouard).
- Suisse. — Sporri (J.).
- Classe 37. — Joaillerie et bijouterie.
- BUREAU
- MM. Martial-Bernard, secrétaire de la Chambre de commerce de Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878,Président. France.
- Boas (J.-J.), membre du comité néerlandais, Vice-Président. Pays-Bas.
- Marret (E.), joaillier-orfèvre, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Aucoc (Louis) fils, juge au tribunal de commerce, fabricantbijoutier-joaillier, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Frojdefon (de l’ancienne maison Lion),fabricant de bijouterie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Murat, bijoutier en doublé, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Piel (A.), bijoutier en doré, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- France. — Soufflot (Paul-Justin), bijoutier-joaillier, juge suppléant au tribunal de commerce, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Autriche-Hongrie. — Taub (Louis), membre du Comité général austro-hongrois.
- Grande-Bretagne. — Toxcks (J.-W.).
- États-Unis. — Lévy (Émile).
- Italie. — Magagxa, président de la Chambre de commerce italienne de Paris.
- Norvège. — Prytz (Torolf), architecte.
- Roumanie. — De Lixche Philippesco de Mois-sac, délégué du commissaire général.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Gaillard fils, bijoutier, médaille d’argent à l’Exposition deParis en 1878.
- — Mascuraud, bijoutier en doré, membre du conseil des prud’hommes.
- Classe 38. — Armes portatives. — Chasse.
- BUREAU
- MM. Gras (le général), inspecteur des manufactures d’armes, Président. France. Axcion (Jules), industriel, ancien membre du jury à l’Exposition universelle de Paris en 1878, Vice-Président. Belgique.
- Gastixxe-Rexette, arquebusier, médaille d’or à l’Exposition de 1878, Secrétaire-Rapporteur. France.
- MEMBRES
- France. — Sarrau, directeur des poudres et salpêtres.
- — Vernay-Carron (Claudius), arquebusier.
- Colonies. — Willequez, membre de la Commission d’organisation de l’Exposition coloniale, officier d’artillerie.
- États-Unis. — Ward (Aaron), lieutenant de vaisseau.
- Grande-Bretagne. — Woodall (J.-W.), lieutenant honoraire de la réserve de la marine royale anglaise.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. Roxciiard-Cizeron, fabricant d’armes.
- Classe 39. — Objets de voyage et de campement.
- BUREAU
- MM. Gobron, député des Ardennes, Président.
- France.
- M. Sriber (Alph.), ancien manufacturier, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur. France,
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Paris (C.), emballeur de glaces et objets d’art, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- États-Unis. — Seligman (D.-W.).
- Classe 40. — Bimbeloterie.
- BUREAU
- MM. Rossolin, négociant-commissionnaire, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président.
- France.
- Jumeau (Émile), fabricant de bébés, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président. France.
- Jclliex, fabricant de tabletterie et jeux en cartonnages, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur. France.
- MEMBRES
- France. — Derolland, fabricant de jouets en caoutchouc, médaille d’argent à l’Exposition de Paris-en 1878.
- — Péax (Charles), fabricant de jouets en métal, membre du jury des récompenses à l'Exposition d’Anvers en 1885.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Gerbeau (S.), fabricant de ménages d’enfants et de soldats de plomb, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- Belgique. — Jouvenel (A.), industriel.
- GROUPE Y. — Industries extractives; produits bruts et ouvrés
- Classe 41. — Produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie.
- BUREAU
- MM. Daubrée (Auguste), membre de l’Institut, inspecteur général des mines, professeur au Muséum d’histoire naturelle, Président. France.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- MM. Gilleaux(V.), membre delà Chambre des représentants, président de l’Association des maîtres de forges à Charleroi, membre du jury à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président. Belgique.
- Martelet, ingénieur en chef au corps des mines, directeur de la Société des forges et aciéries de Denain, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Boutan (Edmond), ingénieur au corps des mines, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Boutmy, maître de forges, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — * Carnot, ingénieur en chef au corps des mines, inspecteur à l’École nationale supérieure des mines.
- — Gorneau, député, ancien fabricant d’articles de ménage.
- — Delavjlle-Le-Roulx, ingénieur civil, vice-président du Conseil d’administration de la compagnie des mines de la Grand’Combe, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Gailly, sénateur.
- — Giros (Émile), président de la Chambre de commerce de Saint-Dizier, directeur des forges de Champagne.
- — Létrange, lamineur de métaux, médaille d’or à l’Exposition de Palis en 1878.
- Mallard, inspecteur général des mines, professeur à l’École nationale supérieure des mines.
- — Mignon, membre de la Chambre de commerce de Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Montgolfier (de) , ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur de la Compagnie des hauts fourneaux, forges et aciéries de la marine et des chemins de fer, président de la Chambre de commerce de Saint-Étienne.
- — Roger,président delà Chambre de commerce de Nancy.
- — Trottier (Jules), fabricant de fer-blanc,
- médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Algérie. — Férouillat, propriétaire à l’Oued-Marsa, fondateur de l’usine de chaux et ciments hydrauliques à Sidi-Yada.
- Colonies. — Fuchs, ingénieur en chef des mines, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- — Higginson, industriel à Nouméa, di-
- plôme d’honneur à l’Exposition de Paris en 1878.
- République Argentine. — Hoskold, commissaire des mines.
- Belgique. — Durant, inspecteur général des charbonnages de la Société générale.
- Bolivie. — Caso (Joachim).
- Brésil.. — Piniieiro (Fernandez).
- Chili. — Gandarillas, (Francisco).
- Colombie. — Merino (Lorenzo).
- États-Unis.—Ciiandler (W.-H.j.
- Grande-Bretagne. — Elliot (H.-T.), ingénieur des mines.
- — Bell (Sir F. Lowthian, Bar*), ancien pré-
- sident de l’Institut des ingénieurs des mines de Londres.
- Nouvelle-Zélande. — Malfroy (Camille).
- Grèce. — Vernf.s (A.).
- Guatémala. — Crisanto Médina, ministre plénipotentiaire du Guatémala.
- B[onduras. — Gaubert (L.).
- Italie. — Serpieri.
- Luxembourg. — Metz (Émile), membre de la Chambre des députés.
- Mexique. — Salas (Gaspard).
- Norvège. — Ole Pals, négociant à Christiania.
- Pays-Bas. — Freiwald (J.), président du Comité exécutif néerlandais.
- Portugal. — Menoes Guerreiro (J.-V.), ingénieur, membre de l’Association industrielle.
- Roumanie. — Konya.
- Russie. — Ciioubersky, ingénieur des ponts et chaussées, vice-président du Comité de Paris.
- Finlande. — Hisinger (le baron de).
- Suisse. — Muller.
- Vénézuéla. — Troconis (le I)r).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Boas, fabricant d’ustensiles de ménage et de jardinage, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. --- NOVEMBRE ISSU.
- France. —Gérard (Albert),delamaison Joseph Maré et Gérard frères, fabricant de boutons et ferronnerie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Holtzer (L.), ingénieur civil, de la maison J. Holtzer et Cie, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Remaury, ingénieur civil.
- — Vaillant, de la maison Vaillant, Fontaine et Quintard, fabricant de quin. caillerie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Belgique. — Smeysters, ingénieur en chef, directeur du cours des mines.
- République Dominicaine. — Mendel (Isidore).
- Espagne. — Puyg y Valls (Rafael).
- Luxembourg. — München (Alphonse), ingénieur civil des mines.
- Nicaragua. — Mejia.
- Russie. — Jonine, ingénieur des mines.
- Serbie. — Chauveau (H.), directeur de la Société des panoramas populaires.
- République Sud-Africaine. — Montmort (le vicomte de), commissaire délégué du Cap de Bonne-Espérance.
- Classe 42. — Produits des exploitations et des industries forestières.
- BUREAU
- MM. Chambrelent, inspecteur général des ponts et chaussées, Président. France.
- Egeberg (Einar W.), négociant, à Christiania, Vice-Président. Norvège.
- Ouvré, négociant en bois de charpente et bois à brûler, conseiller général de Seine-et-Marne, Rapporteur. France.
- Hollande (Jules), négociant importateur, membre du jury à Barcelone, Secrétaire. République Dominicaine.
- MEMBRES
- France. — Daubrée, directeur des forêts au Ministère de l’agriculture.
- — Joubayre, inspecteur général des forêts.
- — Viguès, négociant en bois des îles, médaille d’or à l’exposition d’Anvers en 1885.
- Algérie. — Rebattu (Ainédée), propriétaire des forêts de Beni-Salah (Bône), prési ,
- dent du syndicat des concessionnaires forestiers d’Algérie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Colonies. — Sarlat, député, membre de la commission d’organisation de l’exposition coloniale.
- République Argentine. — Gallardo.
- — Drouard.
- Brésil. — Albuquerque (le baron d’).
- Espagne. — Jordana y Morera (José), ingénieur.
- Guatemala. — Rodriguez (Léopold).
- Mexique. — Crespo y Martinez (Gilberto).
- Nicaragua. — Chesnay (Em.).
- Paraguay. — Cadiot (Ch.).
- Portugal. — Pery (Gerardo Augusto), directeur des travaux de la carte agricole du royaume.
- Roumanie. — Fessard, inspecteur des eaux et forêts.
- Finlande. — Frenckel (T. de), membre de la Commission.
- Vénézuéla. — Alvarado (Cipriano).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Samson, négociant en matières tannantes, juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine.'
- Belgique. —Augenot (C.), professeuràl’Insti-tut supérieur du commerce, à Anvers.
- Bolivie. — Argandona.
- États-Unis. — Caiin (David).
- Salvador. — Lazard (Simon).
- Classe 43. — Produits de la chasse. Produits, engins et instruments de la pêche et des cueillettes.
- BUREAU
- MM. Servant (A.), négociant en pelleteries et fourrures, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Quiroz (le Dr A.), ministre du Salvador, Vice -Président. Salvador.
- Clermont (Hermann de), négociant en fourrures et poils de chapellerie, membre de la. Commission permanente des valeurs de douanes, Rapporteur; France.
- Moriceau, fabricant d’ustensiles pour la
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
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- ' pêche et la chasse, médaille d’or à ; l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Bresson (J.), négociant en pelleteries, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- ^— Deséglise (Victor), membre de la commission permanente des valeurs de douanes, membres du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Colonies. — Deproge, député, membre de la commission d’organisation de l’exposition coloniale.
- République Argentine. — Mendès (Angel), consul général.
- Brésil. — Santa Anna Nery (de)
- Guatemala. — Boucard (A.).
- Norvège. — Jervell (Fritz).
- Russie. — Grunwaldt (P.), membre du Comité russe de Paris et commissaire délégué.
- République Sud-Africaine. — Prévôt (Mathieu), tanneur, négociant en peaux.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Gayffier (de), conservateur des forêts au ministère de l’Agriculture, — Sauvage, directeur de la station d’aquiculture.
- Tunisie. — Coulombel (Isidore), négociant en éponges.
- Danemark. — Buch, directeur du Musée des arts appliqués à l’industrie.
- Cap de Bonne-Espérance. — Guyot (A.).
- Classe 44. — Produits agricoles non alimentaires.
- BUREAU
- MM. Abram, agriculteur, membre de la Chambre de commerce de Marseille, Président. France.
- Artola (le comte de), Vice-Président. Bolivie.
- Sabatié (Charles), négociant en laines, membre de la Chambre de commerce de Mazamet, Rapporteur. France.
- Guillemain (Paul), Secrétaire. Paraguay.
- MEMBRES
- France. — Brunet, ingénieur en chef, inspecteur des manufactures de l’État.
- Tome IV. — 88e année. 4^ séide. — No1
- Algérie. — Bastide, propriétaire, président du comice agricole de Sidi-bel-Abbès.
- Colonies. — Allègre, sénateur, membre de la commission d’organisationde l’exposition coloniale.
- République Argentine. — Çastaing.
- — Mazurel.
- Belgique. — D’Hont, directeur du Laboratoire commercial de chimie agricole et industrielle.
- Brésil. — Prince (Amédée).
- Chili. — Véga (Domingo).
- Espagne. — Galarza (comte de), sénateur, propriétaire.
- États-Unis. — Haldeman (C.-N.).
- Guatemala. — Goubaud (Émile).
- Japon. — Narushima (K.), membre de la commission impériale du Japon.
- Cap de Bonne-Espérance. — Imhaus (Émile), ancien négociant.
- Mexique. — Ségura (José G.).
- Nicaragua. — Debayle (le Dr Louis).
- Nouvelle-Zélande. —Bowman, Sc. D., membre de la Société royale d’Angleterre.
- Pays-Bas. — Prinz (G.).
- Russie. — Goutchkoff, membre du comité de Moscou.
- Salvador. — Guzman (le Dr D.).
- Uruguay. — Carassale (Americo).
- Victoria. — Holden (Isaac).
- JURÉS SUPPLÉANTS.
- France. — Chevrier, chimiste, pharmacien de Ire classe.
- Algérie. — Carrot, propriétaire-viticulteur.
- — Hamoud père, industriel.
- République Argentine. — Toledo (Frede-rico A. de).
- Égypte. — Peloux (lu baron de).
- Russie. — Koszutscki.
- Suisse. — Kyburz (le Dr).
- Classe 45. — Produits chimiques et pharmaceutiques.
- BUREAU
- MM. Scheurer-Kestner, sénateur, Président.
- France.
- Roscoe (Sir Henry), membre de la Chambre des communes d’Angleterre, membre de la Société royale de Londres,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1880.
- ancien président de l’Association britannique et de la Société de chimie de Londres, Vice-P résident. Grande-Bretagne.
- MM. Riche (Alfred), membre de l’Académie de médecine, professeur à l’École supérieure de pharmacie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- * Jungfleich (Émile), membre de l’Académie de médecine, professeur à l’École supérieure de pharmacie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Boude (Frédéric),raffineur de soufre, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Dehaynin (Félix), industriel, membre de
- la Chambre de commerce de Paris, membre de lacommission permanente des valeurs de douanes.
- — Frémy, membre de l’Institut, directeur
- du Muséum d’histoire naturelle.
- — Friedel, membre de l’Institut, membre
- du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Knieder, directeur des établissements
- Malétra, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Kolb (Jules), administrateur de la So-
- ciété anonyme des manufactures de produits chimiques du Nord, médaille ' d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Lequin, directeur de la fabrication des
- produits chimiques de la Société des glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878*
- — Levainville (Georges), fabricant de cou.
- leurs et vernis.
- — Lorilleux, fabricant d’encres d’impri-
- merie, diplôme d’honneur à l’Exposi-tion d’Anvers en 1885.
- — Michaud fils aîné, fabricant de savons,
- médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- —- Roux (Jules), fabricant de savons, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- France. — Schlœsixg, membre de l’Institut, directeur de l’École d’application des tabacs, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878. — * Schutzenberger, professeur au Collège de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — * Troost, membre de l’Institut, professeur
- à la Faculté des sciences, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Tugot (Jules), fabricant de vernis, mé-
- daille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Belgique. — Berge (Henri), ancien membre de la Chambre des représentants, professeur à l’Université de Bruxelles. Brésil. —Rousseau (Paul).
- Chili. — Lastarria (Washington). États-Unis. — Newberry (S. B.).
- Italie. — Candiani.
- Mexique. — Penafiel (le Dr Don Antonio). Norvège. — Monrad Kronh (L.), pharmacien. Pays-Bas. — Tiiyssen (le Dr), secrétaire du comité néerlandais.
- Russie. — Schneider (le Dr).
- Salvador. — Pector (E.), commissaire général de Salvador.
- Suisse. — Lunge (le Dr), professeur à l’École polytechnique fédérale.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Bonnard (de), de la maison Coi-gnet et Cie, ingénieur civil, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Hardy (Ernest), chef des travaux chimi-
- ques de l’Académie de médecine.
- — Suilliot (H.), fabricant de produits chi-
- miques, membre de la commission permanente des valeurs dédouanés.
- — *Vée (Amédée), fabricant de produits
- pharmaceutiques, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- Nicaragua. — Dubois (E.).
- Norvège. — Fougner (Johan), commissaire délégué de la Norvège.
- Portugal. — Oliveira (Üomingue d’), vice-consul de Portugal à Paris. Grande-Bretagne. — Hogg (W. Douglas).
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. ---- NOVEMBRE 1889.
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- Classe 46. —Procédés chimiques de blanchiment,
- de teinture, d’impression et d’apprêt.
- BUREAU
- MM. Cordier, sénateur, ancien manufacturier» Président. France.
- Walque (François de), professeur à (Université lie Louvain, Vice-Président.'Belgique.
- Persoz (J.), directeur de la condition des soies et laines à la Chambre de commerce de Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur. France.
- MEMBRE
- France. — Decaux, ingénieur civil, directeur des teintures aux manufactures de tapisseries des Gobelins et de Beauvais, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Vallet, ancien négociant en tissus de laine écrue, membre du jury à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- États-Unis. — Craft (J.-M.).
- Classe 47. — Cuirs et peaux.
- BUREAU
- MM. Portier-Beaulieu (Adolphe), tanneur, membre du jury des récompenses à
- l’Exposition de Paris en 1878, Président.
- France.
- Verboeckoven (Eug.), industriel, vice-président de l’unionsyndicaledeBruxelles, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris en 1878, Vice-Président.
- Belgique.
- Poullain (Ch.), tanneur et corroyeur, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Dufort (J.-H.), mégissier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. Faure (Félix), député.
- — Floquet père, fabricant de peaux ma-
- roquin ées et chamoisées, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878. France. — Pixault, député.
- — Solanet (G.), tanneur et corroyeur, mem-
- bre du jury des récompenses a l’Exposition de Barcelone en 1888. Algérie. — Bonzom, médecin-vétérinaire, propriétaire.
- République Argentine. — Gormouls-Houles (E.), manufacturier. États-Unis. — Reitllxger (A.-H.). Roumanie. — Ciurcou (A.), délégué du commissaire général.
- Russie. — Brousnitzine.
- Suisse. — Mercier (Ernest).
- Uruguay. — Artagaveytia (llamon).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Corbeau, ancienne maison Couil-lard et Vitet, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, fabricant de cuirs vernis.
- — Denan (A.), fabricant de cuirs vernis,
- membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888. Brésil. — Alméida (C. d’).
- Chili. — Larrain Zanartu (Elias).
- Espagne. — Pujol (Miguel), ingénieur.
- GROUPE YI. — Outillage et procédés des industries mécaniques. — Électricité.
- Classe 48. — Matériel de l’exploitation des mines et de la métallurgie.
- BUREAU
- MM. Jordan, professeur à l’École centrale des arts et manufactures, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Gillon (Auguste), ingénieur, professeur de métallurgie à l’Université de Liège, Vice-Président. Belgique.»
- IIabets (A.), ingénieur et professeur à l’Université de Liège, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. Belgique.
- Petitjean, ingénieur civil, administrateur de la Société des houillères et fonderies
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- de l’Aveyron, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire.
- France.
- MEMBRES
- France. — Castel, inspecteur général des mines.
- — Ledoux, ingénieur en chef au corps des
- mines, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Quillacq (de), administrateur délégué
- de la Société anonyme de constructions mécaniques d’Anzin, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- États-Unis. — Howe (Henry M.).
- Grande-Bretagne. — W. Roberts Austen, F. R. S., professeur de métallurgie à l’École des mines de Londres, et chimiste attaché à la Monnaie de Sa Majesté Britannique.
- — Le Neve Foster (Clément), inspecteur des mines, membre des jurys internationaux aux Expositions de Paris en 1867 et 1878.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. —• Bonnardel, administrateur de la Compagnie de navigation du Rhône.
- — Lodix, ingénieur au corps des mines, professeur à l’École nationale des mines.
- — Würgler, ingénieur civil, professeur à l’École centrale des arts et manufactures.
- Belgique. — Béco (Jean), ingénieur, ancien commissaire délégué aux Expositions universelles de Vienne et de Philadelphie.
- République Dominicaine. — Syroczynski (Léon), ingénieur des mines à Lera-berg (Autriche).
- Classe 49. — Matériel et 'procédés des exploitations rurales et forestières (1).
- BUREAU
- MM."* Risler, directeur de l’Institut national agronomique, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- (1) Cette classe fait partie du groupe VIII (Agriculture).
- MM. Ward (W. S.), Vice-Président. États-Unis.
- Grandvoixnet, professeur à l’Institut agronomique, membre du jury des récompenses à l’Exposition en 1878, Rapporteur. France.
- * Liébault, administrateur de la Société centrale de construction de machines, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Albaret, constructeur de machines agricoles, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Bruel, sénateur.
- — Chabrier (Ernest), ingénieur civil, mem-
- bre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Gautreau, constructeur de machines agricoles, médaille d’or à l’Exposition de Pai’is en 1878.
- Algérie. — Lecq, professeur d’agriculture, chef du service phylloxérique d’Algérie.
- Colonies. — Alype (Pierre), député, membre de la commission d’organisation de l’exposition coloniale.
- Grande-Bretagne. — Pidgeon (D.), associé de l’Institut des ingénieurs civils de Londres.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Dior, fabricant d’engrais, président du tribunal de commerce de Grandville.
- —• *Tresca (Alfred), ingénieur civil, professeur à l’École centrale des arts et manufactures et à l’Institut national agronomique, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Grande-Bretagne. —Perrault (J.-X.), vice-président de la Chambre de commerce de Montréal.
- Classe 50. — Matériel et procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- BUREAU
- MM.* Girard (Aimé), professeur au Conserva-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- . Loire nalional des arts et métiers, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Prési-. dent. France.
- MM. Meeus (Louis), disLillateur, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, membre du jury de l’Exposition d’Anvers en 1885, Vice-Président. Belgique.
- Millot, professeur à l’École nationale d’agriculture de Grignon, médaille d’or à i’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Rouart (Alexis), ingénieur civil, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878,
- Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Egrot, ingénieur-constructeur, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- --- Hignette, ingénieur-constructeur, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Joulie, pharmacien en chef de la Maison municipale de santé.
- — Lombart, fabricant de chocolat, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Boire, administrateur de la sucrerie de Bourdon, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- —. Porion (Eugène), président du syndicat des distillateurs, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- États-Unis. — Clarck (A.-H.), professeur à la Smithsonian Institution.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — Lainey, directeur de la Société des moulins de Corbeil.
- Classe 51. — Matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie.
- BUREAU
- MM. Perret (Michel), administrateur de la Société anonyme des manufactures de glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- *Bardy, directeur du laboratoire des con-
- tributions indirectes, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- M. Deutsch (Henri), raffineur d’huiles minérales et végétales, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Bérendorf, constructeur de machines et appareils pour tanneries, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — * Vincent, ingénieur civil, professeur à l’École centrale des arts et manufactures.
- Belgique. — Swarts, professeur à l’Université de Gand.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Droux (Léon), ingénieur civil.
- États-Unis. — Evans (Wt. W.).
- Classe 52. — Machines et appareils de la mécanique générale.
- BUREAU
- MM.*Philips, membre de l’Institut, inspecteur général des mines, Président. France.
- Dwelsauwers-Dery,ingénieur, professeur à l’Université de Liège, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président. Belgique.
- * Hirsch, ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre de la commission centrale des machines à vapeur, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Bourdon, ingénieur civil, constructeur-mécanicien, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire
- France.
- MEMBRES
- France. — Cornut (Ernest), ingénieur en chef de l’Association des proprietaires de machines à vapeur du Nord, diplôme d’honneur à l’Exposition de Paris en 1878. :
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- EXPOSITION UNIVERSELLE
- NOVEMBRE 1889.
- France. — Crozet-Fourneyron, député, ingénieur civil.
- — * Farcot, ingénieur civil, constructeur de
- machines, membre de la commission centrale des machines à vapeur, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878.
- — * Haton de la Goupillière, inspecteur gé-
- néral des mines, directeur de l’École supérieure nationale des mines, membre de la commission centrale des machines à vapeur.
- — Lavalley, ingénieur civil, sénateur.
- — Michel-Lévy, ingénieur en chef au corps
- des mines.
- — Tissandier (Gaston), aéronaute.
- — Weyheh(Charles), administrateur direc-
- teur de la Société centrale de construction de machines, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878. Belgique. — Schaar (E.), inspecteur général au ministère des chemins de fer, postes et télégraphes, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- États-Unis. — Thijrston (R.-H.).
- — Richards (Charles B.).
- — Massey (W.-H.), ingénieur civil, électri-
- cien de Sa Majesté la Reine d’Angleterre.
- Grande-Bretagne. — Anderson (W.), membre du Conseil d’administration de l’Institut des ingénieurs civils de Londres, vice-président de la Société des arts de Londres.
- Suisse. — Auteniieimer, professeur.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Léauté, ingénieur des manufactures de l’État, répétiteur de l’École polytechnique.
- — Piat (A.), fondeur mécanicien, grande
- médaille à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 53. — Machines-outils. BUREAU
- MM. Léon, ingénieur principal du matériel à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, membre du jury des récompenses
- l’Exposition de Paris en 1878, Président.
- France.
- Flamme (J.-B.), ingénieur en chef au chemin de fer de l’État, Vice-Président.
- Belgique.
- Ply (le capitaine), adjoint à l’inspection des manufactures d’armes, Rapporteur.
- France.
- Labouret (de), capitaine d’artillerie, attaché au laboratoire central delà marine, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Rouart (Henri), constructeur-mécanicien, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- États-Unis. — Goodwin (Ch.). Grande-Bretagne. — Perry (John), membre de la Société royale de Londres, professeur à l’Institut technique de Londres.
- JURÉ SUPPLÉANT
- Grande-Bretagne. — M. Vaslin (Henri).
- Classe 54. — Matériel et procédés de la filature et de la corderie.
- BUREAU
- MM. Max-Richard, manufacturier, vice-président de la Chambre de commerce d’Angers, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Bède (E.), ingénieur, conseiller communal, Vice-Présideni. Belgique.
- Imbs (Joseph), ingénieur civil, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, Rapporteur. France. Bessonneau, fabricant de cordages, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Le Coustellier, manufacturier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Colonies. — Paraf (Gustave), membre du jury des récompenses de l’Exposition d’Anvers en 1885.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889,
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- ,, Classe 55. — Materiel et procédés du tissage.
- . ' BUREAU
- MM. Denis (Gustave), filateur et tisseur de coton, conseillergénéral delà Mayenne, Président. France.
- Lee (Sir Joseph), Vice-Président. Grande-Bretagne.
- Esciier (Rud), professeur, Rapporteur-Secrétaire. Suisse.
- MEMBRES
- France. — Buxtorf, ingénieur-constructeur de métiers à bonneterie, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Guérin (Louis), de la maison Pinon et
- Guérin, fabricant de draps, membre de la commission permanente des valeurs de douanes, médaille d'or à l’Exposition de Paris en 1878.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — Pépin, fabricant de couvertures.
- Classe 56. — Matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements.
- BUREAU
- MM. Aunullet-Parfait, fabricant de chapeaux de paille et de feutre, de tulles, crêpes et fournitures pour modes, conseiller général de la Haute-Savoie, Président.
- France.
- Gotendorf (N.-S.), constructeur-mécanicien, Vice-Président. États-Unis.
- Godillot (Alexis), ingénieur civil, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 1878, Secrétaire-Rapporteur. France.
- MEMBRES
- France. — Hurtu, de la maison Hurtu et Hautin, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Peugeot (Benjamin), constructeur-méca-
- nicien, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — Légat, ingénieur civil, constructeur-mécanicien, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 57. —Matériel et procédés de la confection
- des objets de mobilier et d'habitation.
- BUREAU
- MM. Haret père (Pierre-Jean-Louis), membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Serrel jeune (E. W.), Vice-Président.
- États-Unis.
- Cousté(J.-D.), ancien juge au tribunal de commerce, vice-président de la .Chambre de commerce de Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Panhard,constructeur-mécanicien, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- Classe 58. — Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions.
- BUREAU
- MM. Ermel, ingénieur civil, directeur de la fabrication des billets à la Banque de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Sloane (Tho.-J.), Vice-Président. États-Unis.
- Dehaître, de la maison Pierron et Deliaî-tre, constructeur-mécanicien, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur. France.
- MEMBRES
- France. — Buffaud (B.), constructeur-mécanicien, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — L’Huillier (Louis), constructeur de ma-
- chines pour papeteries, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Marinoni, constructeur de machines
- typographiques, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878.
- Belgique. — Godin, industriel.
- Norvège. — Tostrup (Thorvald), négociant.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — Corron (César), constructeur-mécanicien, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- Classe 59. — Machines, instruments et 'procédés usités dans divers travaux.
- BUREAU
- MM. Ruau, directeur général des monnaies
- et médailles, Président. France.
- Ward (C.-S.), avocat technique à Boston, Vice-Président. États-Unis.
- Périsse, ingénieur civil, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Middleton (R.-E.j, ingénieur civil, Secrétaire. Grande-Bretagne.
- MEMBRE
- France. — Debize, ingénieur en clief du service central des constructions des manufactures de l’État.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — Bougarel, ingénieur civil.
- Classe 60. — Carrosserie et charronnage. — Bourrellerie et sellerie.
- BUREAU
- MM. Guiet, de la maison Million Guiet et Cie, carrossier, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Holmes (Charles), carrossier, Vice-Président. Grande-Bretagne.
- Quenay, de la maison Binder aîné, carrossier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Belvalette (Alfred), carrossier, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Binder (Henri), carrossier, mé-
- • daille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Lasne, sellier-harnacheur, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Mauclère, directeur des ateliers de la Compagnie générale des omnibus de Paris, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Morel-Thibault, ingénieur-constructeur de matériel roulant, président de section au tribunal de commerce de la Seine.
- France. — Muhlbacher, carrossier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Thibout, fabricant d’articles de charronnage.
- Belgique. — Fivé, capitaine-commandant de cavalerie.
- États-Unis. — Evans (Dr Thomas W.).
- Grande-Bretagne. — Boys(C.-V.), membre de la Société royale de Londres, professeur de l’École normale des sciences.
- Roumanie. — Macé, architecte.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Clément, constructeur de vélocipèdes.
- — Pozzy, de la maison Bail Pozzy et Cie, fabricant de ressorts et d’essieux, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 61. — Matériel des chemins de fer.
- BUREAU
- MM. Picard, inspecteur général des ponts et chaussées, président de section au Conseil d’État, Président. France.
- Galton (Sir Douglas) [K. C. B.], capitaine en retraite du génie militaire, membre de la Société royale de Londres, vice-président de la Société des Arts, Vice-Président. Grande-Bre tagne.
- Clérault, ingénieur en chef au corps des mines, ingénieur en chef du matériel et de la traction à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, Rapporteur. France.
- Glasser, ingénieur en chef des ponts et chaussées, sous-directeur de la Compagnie des chemins de fer du Midi, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Cendre, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des chemins de fer de l’État.
- — Desgranges, ingénieur civil, administrateur de la Compagnie des chemins de fer de Bône à Guelma, ingénieur conseil de la Compagnie des tramways de Lyon.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
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- France. — Gay, inspecteur général des ponts et chaussées, conseiller d’État directeur des chemins de fer au ministère des travaux publics.
- — Heurteaü, ingénieur en chef au corps
- des mines, directeur de la Compagnie des chemins de fer d’Orléans, membre du comité de l’exploitation technique des chemins de fer.
- — Level, ingénieur civil, ingénieur-direc-
- teur de plusieurs compagnies d’intérêt local, membre du comité de l’exploitation technique des chemins de fer.
- — Noblemaire, ingénieur en chef au corps
- des mines, directeur de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
- — Petsche, ingénieur en chef des ponts et chaussées, ingénieur en chef de la voie à la Compagnie des chemins de fer de l’Est.
- — Sartiaux, ingénieur en chef des ponts et chaussées, chef adjoint de l’exploitation de la Compagnie du chemin de fer du Nord.
- Belgique. — Stkvart, ingénieur en chef honoraire des chemins de fer de l’État, professeur à l’Université de Liège. États-Unis. — Plant (H.-B.).
- Italie. — Frescot, ingénieur en chef des chemins de fer de la Méditerranée. Suisse. — Abt (Roman), ingénieur.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Agnellet, ingénieur en chef des ponts et chaussées, ingénieur principal à la Compagnie du chemin de fer du Nord.
- — Chevalier, constructeur de matériel
- pour chemins de fer, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — David, de la maison Desouches-David,
- constructeur de matériel pour chemins de fer, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Salomon, ingénieur en chef du matériel
- et de la traction à la Compagnie des chemins de fer de l’Est.
- Belgique. — Burlet (de), directeur général de la Société nationale des chemins de fer vicinaux.
- Suisse. -— Achard (Arthur).
- Tome IV. — 88e année. 4e série. AToi
- Classe 62. — Électricité.
- BUREAU
- MM. *Mascart, membre de l’Institut, professeur au Collège de France, membre du jury des récompensesà l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Preece (W. H.), membre de la Société royale de Londres, électricien en chef des télégraphes de l’État, membre du conseil d’administration de l’Institut des ingénieurs civils, Vice-Président. Grande-Bretagne.
- Potier, ingénieur en chef au corps des mines, professeur à l’École nationale supérieure des mines, Rapporteur.
- France.
- Türettini (le colonel), Secrétaire. Suisse.
- MEMBRES
- France. — Deprez (Marcel), membre de l’Institut.
- — Fontaine, administrateur de la Société Gramme.
- — Fribourg, directeur du matériel et de la construction à la direction générale des postes et télégraphes.
- — Huet, inspecteur général des ponts et chaussées, sous-directeur des travaux de la Ville de Paris.
- — Postel-Vinay, constructeur électricien, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Sciama (Gaston), ingénieur civil, directeur de la maison Breguet, médaille d’or à l’Exposition de Paris .en 1878.
- — * Sébert (le colonel), directeur du laboratoire central de la marine.
- — Trotin, ingénieur, chef du service de vérification et de réception à la direction générale des postes et télégraphes.
- Belgique. — Rousseau (E.), professeur et ancien recteur de l’Université de Bruxelles, membre du jury à l’Exposition internationale d’électricité de Paris en 1881.
- États-Unis. — Hering (Cari).
- — Abdank (B.).
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Jousselin, ingénieur, chef de la 3e division de l’exploitation à la compagnie P.-L.-M.
- — Rau, administrateur délégué de la Société Edison.
- — Sautter, de la maison Sautter-Lemon-nier, constructeur de phares, mécanicien-constructeur électricien. Belgique. — Gody (Léon), capitaine commandant d’artillerie, professeur à l’École militaire et à l’École de guerre, membre du jury à l’Exposition internationale d’électricité de Paris en 1881. Grande-Bretagne. — Aylmer (J.), ingénieur civil, secrétaire délégué en France de l’Institut des ingénieurs électriciens de Londres.
- Classe 63. — Matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de Varchitecture.
- BUREAU
- MM. Baïhaut, député, Président. France. Raeve (de), inspecteur général, administrateur des ponts et chaussées, Vice-Président. Belgique.
- * Collignon, ingénieur en chef des ponts et chaussées, inspecteur de l’École nationale des ponts et chaussées, Rapporteur. France.
- Hasse (J.-H.), architecte, Secrétaire. Belgique.
- MEMBRES
- France. — Fabre (Gyprien),président de la Chambre de commerce à Marseille.
- — Guillemain, inspecteur général des ponts
- et chaussées, directeur de l’École nationale des ponts et chaussées.
- — Guillotin, président du Tribunal de
- commerce de la Seine.
- — Humblot, ingénieur en chef des ponts et
- chaussées.
- — Jolly (César), constructeur, médaille
- d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Michau, entrepreneur de travaux publics,
- membre du jury à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Molinos, ingénieur civil, ancien président de la Société des ingénieurs civils.
- France.—Mozet, entrepreneur de travaux publics,membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Reymond (Francisque), sénateur, membre du Comité de l’exploitation technique des chemins de fer.
- — Rousseau, inspecteur général des ponts et chaussées, conseiller d’État.
- — * Trélat (Émile), architecte, profes-
- seur au Conservatoire national des arts et métiers, directeur de l’École spéciale d’architecture, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Tunisie. — Derval (Eugène), manufacturier.
- États-Unis. — Wilkinson (A.-G.).
- Grande-Bretagne. — Leslie (Sir Bradford), K. C. I. E., ingénieur civil.
- Maroc. — Recopé (Edmond), ancien ingénieur de la marine.
- Pays-Bas. — Van Zuylen, vice-président de la Commission néerlandaise.
- — Niermans (E.), architecte, membre de la Commission néerlandaise.
- Saint-Marin. — Réaux (E.).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Dervillé, marbrier, juge au tribunal de commerce de la Seine.
- — Famchon, administrateur-directeur de la Société des ciments français de Port-land, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Fouinât, administrateur de la Compagnie des ardoisières d’Angers, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Hermant, architecte du département de la Seine.
- — Moisant, ingénieur constructeur de tra-
- vaux publics, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Pérouse, ingénieur en chef des ponts et
- chaussées.
- Brésil. — Michel (Alfred).
- Mexique. — Salazar (Luiz), ingénieur.
- Pays-Bas. — Zilcken (Ch. L. Pli.).
- Classe 64. — Hygiène et assistance publique.
- BUREAU
- MM. Brouardel (le Dr), membre de l’Académie de médecine, doyen de la Faculté de médecine, président du co-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- mité consultatif d’hygiène de France, médecin des hôpitaux, Président.
- France.
- MM. Palacios, consul général de Costa-Rica à Paris, Vice-Président. Costa-Rica.
- Proust (le Dr), membre de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté de médecine, inspecteur général des services sanitaires, médecin de l’Hôtel-Dieu, Rapporteur. France. .
- Martin (le Dr A.-Z.), membre du comité consultatif d’hygiène de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Bechmann, ingénieur en chef des ponts et chaussées, chef du service d’assainissement de la Ville de Paris.
- — Jéramec, administrateur de sociétés d’eaux minérales.
- — Monod, directeur de l’assistance et de l’hygiène publiques au Ministère de l’intérieur.
- — Nicolas, directeur du commerce intérieur au Ministère du commerce, de l’industrie et des colonies.
- — Roussel (le Dr Th.), sénateur, membre de l’Académie de médecine, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Colonies. — Dislère, conseiller d’État, ancien directeur des colonies.
- Espagne. — Trinidad Pardo de Tavera, docteur en médecine, représentant de la Chambre de commerce de Manille.
- États-Unis. — Waring junior (Geo. F.).
- Grande-Bretagne. — Faure-Miller (le Dr), médecin de l’hôpital Hertford, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Napias (le Dr), inspecteur général des services administratifs (section des établissements de bienfaisance), au Ministère de l’intérieur.
- .— Le Mardeley (Alfred), médecin principal de 2e classe, adjoint au directeur du service de santé au Ministère de la guerre.
- Belgique. — Willems (leDrL.-H.),chirurgien en chef des hôpitaux civils, secrétaire de la commission médicale d’Anvers.
- Classe 65. — Matériel de la navigation et du sauvetage.
- BUREAU
- MM. Régnault de Prémesnil (le contre-amiral), Président. France.
- Elgar (F.), ancien professeur de l’Université de Glascow, inspecteur des constructions navales pour l’amirauté de la Grande-Bretagne, Vice-Président.
- Grande-Bretagne.
- Pérignon, ingénieur civil, Rapporteur.
- France.
- Mirabaud (Paul), vice-président du conseil d’administration de la Compagnie des Chargeurs réunis, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Daymard, ingénieur en chef de la Compagnie générale transatlantique.
- — Godron, directeur des constructions navales au Ministère de la marine.
- — Maupou (de),ingénieur des constructions navales.
- — Rothschild (le baron Arthur de), membre du comité du Yacht-Club de France.
- — Ruyssen (le colonel), commandant le corps des sapeurs-pompiers de Paris.
- — Vésignié (Octave), administrateur de la Compagnie des Messageries maritimes.
- Colonies. — Rueff, armateur, médaille d’or à l’Exposition de Bruxelles en 1888.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Piaud, ingénieur des constructions navales, ingénieur en chef du bureau Véritas.
- — Querohent (de), membre de la Chambre de commerce du Havre.
- Norvège. — Andvord (Rolff), armateur.
- Classe 66. — Matériel et procédés de Part militaire.
- BUREAU
- MM. Coste (le général), Président. France.
- Lahure (le baron), colonel d’état-major.
- Vice-Président. Belgique,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- Jeanson (Gustave), chef de bureau au cabinet du ministre de la guerre, Rapporteur. France.
- Chabbert, rédacteur au cabinet du ministre de la guerre, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Canet, directeur de l’artillerie auprès de l’administration centrale de la Société anonyme des forges et chantiers de la Méditerranée.
- — Deloye (le colonel), chef du bureau du
- matériel de l’artillerie.
- — Gervais (le général).
- — Thierry, capitaine de vaisseau, membre
- du Conseil des travaux de marine.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — Pamard (le lieutenant-colonel), sous-chef du cabinet du ministre de la guerre.
- GROUPE VII. — Produits alimentaires.
- Classe 67. — Céréales produits farineux avec leurs dérivés.
- BUREAU
- MM. Way (H.-A.),négociant-commissionnaire en grains et farinesf membre de la Chambre de commerce de Paris, Président. France.
- Bemberg, Vice-Président. République Argentine.
- Foucher (Gustave), ancien fabricant de fécules et glucoses, membre de la Chambre de commerce de Paris, Rapporteur. France.
- Chapü (A.), ancien manufacturier, membre du jury des récompenses auxExpo-
- , sitions de Paris en 1878 et d’Anvers en 1885, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Groult (Camille), manufacturier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- /— Moricelly, minotier, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.,
- Algérie. — Nicolas, inspecteur de l’agriculture en Algérie.
- Colonies. — Lanessan (de), député, membre de la Commission d’organisation de l’Exposition coloniale.
- Autriche-Hongrie. — Kohn (Maurice).
- — Deutsch (Maurus).
- Brésil. — Pra (C.).
- Chili. — Guzman (Eugenio).
- Espagne. — Salvador-Vidal, professeur agricole.
- Grande-Bretagne. —Meymott-Tidy (le Dr C.).
- Japon. — Oshikava (N.), membre de la Commission impériale du Japon.
- Pays-Bas. — Kœchlin (Emile), membre de la Commission néerlandaise.
- Russie. — Cheremeteff (A.).
- Serbie. — Fauchier (Louis), ancien négociant en grains.
- République Sud-Africaine. — Dreyfus (Léopold-Louis).
- Suisse. —Maggi (Jules).
- Uruguay. — Becu (Carlos-F.-T.).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Dubray, meunier, président des associations de la meunerie française.
- — Lapostolet (Ernest), négociant en riz, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Colonies. — Brau de Saint-Pol Lias, explorateur, chargé de missions officielles dans l’Inde anglaise, la haute et basse Birmanie, le Cambodge, l’Annam, le Tonkin et la Malaisie.
- Autriche-Hongrie. — Deutscii (Cari von Harvan).
- Belgique. — Winckelmans-Delacre, ancien industriel.
- Grèce. — Gayette.
- Guatemala. — Dufay (Dr).
- Roumanie. — Bals (Michel).
- Russie. — Raffalovieil (H.).
- Suisse. — Schumacher Kopp (le Dr), chimiste de l’État.
- Classe 68. — Produits de la boulangerie et de la pâtisserie..
- BUREAU
- MM. Guillout père, fabricant de biscuits, membre du jury des récompenses à
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- EXPOSITION UNIVERSELLE
- NOVEMBRE 1889.
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- PExposition de Paris en 1878, Président.
- France.
- MM. Vaury, fabricant de biscuits de troupe, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président. France. Crétaine, ancien manufacturier, membre du jury des récompensesàl’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur. France.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Bobier (F.-D.), officier d’administration principal au service des subsistances militaires.
- — Cornet, négociant.
- Classe 69. — Corps gras alimentaires, laitage et œufs.
- BUREAU
- MM. Leydet (Victor), député, Président.
- France.
- Torres M. da Lüna (D. Ramon), chimiste, professeur à l’Université de Madrid, Vice-Président. Espagne.
- Cabaret (Paul), chef de bureau au ministère de l’agriculture, Rapporteur-Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Chirade (Armand), négociant en beurre, œufs et fromage, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Algérie. — Cabassot aîné, propriétaire-agriculteur.
- États-Unis. — Cheesman (J.).
- Portugal. — Coelho de Castro (Carlos Pinto), agronome, membre de l’Association royale d’agriculture.
- Suisse. — Fehr (Heinrich).
- — Martin (Louis).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Blouet, membre de la Chambre de commerce de Paris.
- — Dodé (Victor), négociant.
- Algérie. — Aillaud, négociant.
- Finlande.—Pippingskjôld (Dr de), conseiller d’État.
- Uruguay. — Abdon Echeniqde.
- Classes 70 et 71. — Viande et poissons; légumes et fruits.
- BUREAU
- MM. Prevet (Charles), fabricant de conserves alimentaires, député, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Luro (José), Vice-Président. République Argentine.
- Potin (Julien), de la maison F. Potin, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878, fabricant de produits alimentaires, Rapporteur. France.
- Rodocanachi (Emmanuel), Secrétaire. Grèce.
- MEMBRES
- France. — Dumagnou (Julien), de la maison Caillebotte et Dumagnou, fabricant de conserves alimentaires, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Rôdel aîné, fabricant de conserves alimentaires, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Algérie. — Fau, ingénieur civil à Batna, chef de la Société de colonisation de l’Oued-Rhir.
- Norvège. — Friel (E. Henrick-Johan), ancien négociant.
- Uruguay. — Larreta (G. Rodriguez).
- Serbie. — Ferré (Armand), ingénieur.
- Vénézuéla. — Baimbridge (Guillermo).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Chevallier-Appert, fabricant de conserves alimentaires, médaille d’or àl’Exposition de Paris en 1878.
- États-Unis. — Schweitzer (Alfred).
- Norvège. — Buch (S.-A.), inspecteur de la section des Pêcheries.
- Classe 72. — Condiments et stimulants; sucres et produits de la confiserie.
- BUREAU
- MM. Mahy (de), député, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Wunderly (Ed.), Vice-Président. Pays-Bas.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
- NOVEMBRE 1889.
- Ledoux (Charles), négociant en cafés, juge au tribunal de commerce de la Seine, 'Rapporteur. France.
- Germain-Thomas, négociant en drogueries, juge au tribunal de commerce de la Seine, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Courtin-Rossignol, président du syndicat des vins et vinaigres d’Orléans.
- — Delizy, distillateur, de la maison Delizy et Doistau, diplôme d’honneur à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- — Gaillard (Gilbert), député, vice-président de la Chambre de commerce de Clermont.
- — Guy (Louis), distillateur, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- — Pelpel (Eugène), distillateur, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Rumilhet-Charretier, député, fabricant de liqueurs.
- Colonies. — Gasconi, député, membre de la commission d’organisation de l’exposition coloniale.
- — Hurard, député, membre de la commission d’organisation de l’exposition coloniale.
- Bolivie. — Oritz (Nicolas).
- Brésil. — Klingelhoefer (A.).
- République Dominicaine.—PAisANT(Alexau-dre).
- Égypte. — Beaup (Léon), ingénieur civil.
- Équateur. — Manzano Torres.
- Espagne. — Lopez (Mathias Andres), industriel.
- Guatemala, — Guzman (Gustave-E.).
- Haïti. — Simmonds (Émile).
- Mexique. — RAMiREz(le Dr José).
- Nicaragua. — Garnaud (Paul).
- Pays-Bas. — Scheffer (F.), membre de la commission néerlandaise.
- Portugal. — Andrade Corvo (Luiz d’), agronome,! directeur du musée colonial de Lisbonne.
- Roumanie. — Graeb (le baron).
- Russie. — Titarenko.
- Finlande. — Sundmann.
- Salvador. — Mignot (Alfred).
- Suisse. — Klaus (Jacques).
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Dufresne (Paul), fabricant de confiserie, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Pelletier, fabricant de chocolat, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- République Argentine. — Manigot. Belgique. — Vercruysse-Bracq, meihbre de la Chambre des représentants, membre du comité exécutif, industriel. États-Unis. — Bailly-Blanchard, secrétaire général du Comité des États-Unis. Paraguay. — Hassler (le Dr).
- Roumanie. — Moret de Blaremberg, capitaine.
- Classe 73. — Boissons fermentées. BUREAU
- MM. Jarlauld, négociant en vins, membre de la Chambre de commerce de Paris Président. France.
- Galitzine (le prince) , Vice-Président.
- Russie.
- Féry d’Esglands (A.), conseiller maître à la Cour des comptes, Rapporteur.
- Roumanie.
- Gabriel, négociant en vins, président de la chambre syndicale du commerce en gros des vins et spiritueux du département de la Seine, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Allain, négociant, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- — Adelsward (d’), directeur de la Société
- française de distillerie, malterie et brasserie à Châlons-sur-Marne.
- — Bouchard (Antonin), président de la
- Chambre de commerce de Beaune, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Boüillay (Étienne), député, membre du
- jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — CusENiER(Élisée), de la maison Cusenier
- fils aîné, diplôme d’honneur à l’Exposition d’Amsterdam en 1883.
- — Delemer, brasseur, membre de la Cham-
- bre de commerce de Lille.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE. --- NOVEMBRE 1889.
- 715
- France.—Duras (E.), juge au tribunal de commerce de Cognac, médaille d’or à l’Expostion de Barcelone en 1888.
- — Duval, distillateur.
- — Fouilleul, négociant en cidres.
- — Griffe, sénateur.
- — Guiraud (G.), président du syndicat des
- vins et spiritueux de la Gironde, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- — Hébrard (Émile), conseiller général du
- Tarn-et-Garonne.
- — Laporte-Bisiquit, négociant en eaux-de-
- vie.
- — Marquet de Vasselot, directeur de la
- distillerie de Croisset-Rouen, médaille d’or à l’Exposition d’Amsterdam en 1883.
- — Merman (Georges), propriétaire-viticul-
- teur, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Mestreau, sénateur.
- — Regnier (Jules), propriétaire à Vougeot,
- membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1883.
- — Schouteeten, distillateur, médaille d’or
- à l’Exposition d’Anvers en 1883.
- — Tastet (Gustave), courtier en vins, mem-
- bre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Tourtel (Ernest), directeur des brasse-
- ries de Tantonville, diplôme d’honneur à l’exposition nationale de brasserie.
- — Velten, directeur des brasseries de la
- Méditerranée, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Werlé, de la maison Vve Clicquot-Pon-
- sardin.
- Algérie. — Bertrand, président de la Société d’agriculture du département d’Alger.
- — Grellet, propriétaire-viticulteur.
- — Berniard, négociant en vins.
- — Ollagnier, propriétaire et fondateur de
- la distillerie Ollagnier et Cic, de Per-regaux.
- — Bertagna (Jérôme), propriétaire.
- — Godard, propriétaire-agriculteur. Colonies. — Croizet, négociant, médaille
- d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Milon, négociant.
- Tunisie. — Savignon (Henri), commissionnaire-importateur.
- République Argentine. — Gandolfi. Autriche-Hongrie. — Wellisch (Gustave).
- — Grosse (Julius).
- Belgique. — Boeck (A. de), brasseur.
- — Steurs , membre de la Chambre des
- représentants, industriel.
- Chili. — Le Feuvre (René).
- Danemark. — Jurgensen (Paul).
- Espagne. —- Avansays (Enrique).
- — Garcia del Salîo (Rafael).
- — Garate (Galo).
- — Mudela (le marquis de).
- États-Unis. — Loeser (C. Mck). Grande-Bretagne. — Bannister (Richard),
- sous-directeur du laboratoire de chimie de l’État.
- Cap de Bonne-Espérance. — Rosenthal (C. de), consul général de l’État libre d’Orange.
- Victoria. — Seward (Harry).
- Grèce. — Rodocanachi (Michel). .
- Italie. — Bernasconi Sceti.
- Japon. — Schmidt (Paul), chimiste-manufacturier, président de la Société du travail. Mexique. — Senties (Pedro J.).
- Norvège. — Flescher (Carl-Johan). Pays-Bas. — Moltzer (C.-N.-J.).
- — Schmitz (John de).
- Portugal. — Andresen junior (John), membre de la Chambre de commerce de Porto.
- — Macieira (José Guillermo), membre de
- l’Association royale d’agriculture.
- — Villar Allen (vicomte de), propriétaire. Russie. — Khroustchoff (le général J. de). Finlande. — Dreyfus (Paul), commissaire général adjoint.
- Serbie. — Pilavlievits (S.), représentant de commerce.
- Suisse. — Fonjallaz (E.), conseiller national. JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Aurignac (Émile d’), négociant en eaux-de-vie.
- — Buhan, propriétaire-viticulteur, médaille
- d’or à l’Exposition d’Anvers en 1883.
- — Cirier-Pavard, brasseur, médaille d’or à
- l’Exposition de Paris en 1878.
- — Guichard (Albert), de la maison Guichard-Potheret, négociant en vins, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Hartmann (Georges), négociant en vins
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- et distillateur (ancienne maison Pel-pel).
- France. — Marnier-Lapostolle, distillateur, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- — Mercier, négociant en vins de Champagne, médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Prangey, directeur de la Société française des alcools purs, médaille d’or à l’Exposition de Barcelone en 1888.
- — Vieilhomme (Henri), propriétaire viticulteur, médaille d’or à l’Exposition d’Anvers en 188o.
- Colonies. — Faymoreau (de), délégué de Mayotte au Conseil supérieur des colonies.
- — Coulon (Charles), négociant, médaille d’or à l’Exposition de Bruxelles en 1888.
- Belgique. — Van de Velde (J.-M.), distillateur.
- Brésil. — Etiveaud (R. d’).
- Italie. — Gioyuzza (Giuseppe).
- Victoria. — Rosenthal.
- Pays-Bas. — Heineken.
- Suisse. — Doge (Jules).
- Uruguay. — Farini (José P.).
- Vénézuéla. —Lasserre (F.-F.).
- GROUPE VIII. — Agriculture, viticulture et pisciculture (1).
- Classe 73 bis. — Agronomie, statistique agricole.
- BUREAU
- MM. Careil (le comte Foucher de), sénateur, membre du conseil supérieur de l’agriculture, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, président. France.
- Flores (le Dr Manuel), Vice-Président.
- Mexique.
- Grandeau (Louis), membre du conseil supérieur de l’agriculture, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- (1) La classe 49 fait partie du groupe VIII. (Voir page 704.)
- * Muntz (Achille), chimiste agronome, professeur, chef des travaux chimiques à l’Institut national agronomique, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRE
- France. — *Ronna, ingénieur agronome, membre du Conseil supérieur de l’agriculture.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Hardon (Alphonse), agriculteur, conseil général de Seine-et-Marne.
- Danemark. — Grevenkop-Caltenskiold (de), grand veneur de S. M. le roi de Danemark.
- États-Unis. — Dodge (G. R.).
- Mexique. — Sayas (Enriquez).
- Portugal. — Prego (Joâo da Motta), agronome.
- Classe 73 ter. — Organisation, méthodes et matériel de l’enseignement agricole.
- MM.*Tisserand, conseiller d’État, directeur de l’agriculture au Ministère de l’agriculture, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Chauveau (le Dr), membre de l’Institut, inspecteur général des écoles vétérinaires, Vice-Président. France. Duclaux, membre de l’Institut, professeur à l’Institut national agronomique, Rapporteur. France.
- *Prillieux (Édouard), inspecteur général de l’enseignement agricole, professeur àl’Institut national agronomique, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire. France.
- MEMBRE
- France. — Vassilière, inspecteur général de l’agriculture.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — Grosjean, Inspecteur de l’enseignement agricole.
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- Classe 74. — Spécimens d’exploitaion rurales et d'usines agricoles.
- BUREAU
- MM. Récipon, député, membre du conseil supérieur de l’agriculture, Président.
- France.
- Lylk (D.-A.), capitaine d’artillerie, Vice-Président. France.
- * Lavalard (Edmond), membre de la Société nationale d’agriculture, administrateur de la cavalerie et des fourrages à la Compagnie générale des omnibus, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Rapporteur. France.
- Bornot, agriculteur, Secrétaire. France. MEMBRES
- France. — Bénard, agriculteur, vice-président de la Société d’agriculture de Meaux.
- — Bignon aîné père, membre de la Société
- nationale d’agriculture.
- — Dehérain (P.-P.), membre de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- — Desprez (Florimond), agriculteur, vice-
- président de la Société d’agriculture du Nord. m
- — Gomot, député.
- — * Heuzé, inspecteur général honoraire de
- l’agriculture, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Jobard, sénateur.
- — Lecouteux, président de la Société na-
- tionale d’agriculture, professeur au Conservatoire national des arts et métiers et à l’Institut national agronomique, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Lemoine, aviculteur, membre du jury
- des récompenses à l’Exposition d’Anvers en 1885.
- — Le Play (Albert), agriculteur, membre
- de la Société nationale d’agriculture.
- — Macarez, agriculteur, président de la
- Société des agriculteurs du Nord. Algérie. — Gazalis, conseiller général d’Oran, président du comice agricole de Reli-zane.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Nov
- Tunisie. — Potin (Paul), agriculteur.
- Belgique. — Tykort (E.), ingénieur agricole, professeur à l’Institut agricole de Louvain.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Lacorsse (de), membre du Conseil supérieur de l’agriculture. •
- — Schribaux, professeur-directeur à l’Institut national agronomique.
- Algérie. —Prades, propriétaire et maire de Bouguirat.
- — Harag-ben-Kritly, négociant à Mosta-ganem.
- Classe 75. — Viticulture.
- BUREAU
- MM. * Roy (G.), propriétaire-viticulteur, Président. France.
- * Arnould-Thénard (le baron), viticulteur, médaille d’or a l'Exposition de Paris en 1878, Vice-Président. France.
- Couanon (Georges), inspecteur général du service du phylloxéra, Rapporteur, France.
- Hunebelle, conseiller général, président du syndicat des viticulteurs d’Alger, Secrétaire. Algérie.
- MEMBRES
- France. — Bazille (Gaston), ancien sénateur, membre de la commission supérieure du phylloxéra.
- — Cazauvieilh, député, présidentdu groupe viticole de la Chambre des députés.
- France. — Ferrouillat, professeur à l’École d’agriculture de Grignon.
- — Puilliat, professeur à l’Institut national agronomique.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Lyoen, directeur de l’École pratique de viticulture de Beaune.
- États-Unis. —Darr (John F.).
- Classe 76. — Insectes utiles et insectes nuisibles.
- BUREAU
- MM. Balbiani, professeur au Collège de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
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- MM. Ramé (Achille), vice-président de la Société d’insectologie, membre du jury des récompenses àl’Exposition d’Anvers en 1885, Vice-Président. France.
- Brocchi, maître de conférences à l’Institut national agronomique, Rapporteur-France.
- Henneguy, professeur d’entomologie à l’École d’horticulture de Versailles, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Maillot, directeur de la station séricicole de Montpellier, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Raffard (Paul), négociant en soies, juge au tribunal de commerce de la Seine.
- Classe 77. — Poissons, crustacés et mollusques.
- BUREAU
- MM. Gerville-Réache, député, Président. France.
- Perrier (Edmond), professeur-administrateur au Muséum d’histoire naturelle, Rapporteur-Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Bouchon-Brandely, secrétaire au Collège de France.
- — Lacaze-Duthiers (Henri de), membre'de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences, membre du Conseil supérieur de l’instruction|publique.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Chabot-Karlen, membre de la Société nationale d’agriculture.
- — Raveret-Wattel, chef du bureau des poudres et salpêtres au Ministère de la guerre, membre de la Commission du repeuplement des eaux au Ministère des travaux publics.
- GROUPE IX. — Horticulture.
- Classe 78. — Serres et matériel de l’horticulure.
- BUREAU
- MM. * Hardy (Auguste-François), directeur de
- l’École nationale d’horticulture de Versailles, membre de la Société nationale d’agriculture, vice-président de la Société nationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses àl’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- André (Édouard), architecte-paysagiste, membre de la Société nationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président. France.
- Joly (Charles), vice-président de la So-ciétéjnationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Secrétaire-Rapporteur. France.
- MEMBRES
- France. — Sohier (Georges), constructeur de serres, membre delà Société nationale d’horticulture de France, médaille d’or à l’Exposition d’Amsterdam en 1883.
- Belgique. — Linden (Lucien), directeur de la Société « l’Horticulture internationale », président de la Chambre syndicale d’horticulture.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Bergmann père, membre de la Société nationale d’horticulture de France, chef de culture chez M. le baron Alphonse de Rotchschild, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- — Izaubert (Alexandre), constructeur de serres, membre delà Société nationale d’horticulture de France, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 79. — Fleurs et plantes d'ornement.
- BUREAU
- MM. Choiseul (le comte Horace de), membre de la Société nationale d’horticulture de France, Président. France.
- Villard (Th.), ingénieur-constructeur, membre de la Société nationale d’horticulture de France, Vice-Président. France.
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- M. Moser, horticulteur-pépiniériste, membre de la Société nationale d’horticulture de France, Secrétaire-Rapporteur .
- France.
- MEMBRES
- France. — Cornu (Maxime), professeur-administrateur au Muséum, membre de la Société nationale d’horticulture de France.
- — Thibault, horticulteur, membre de la Société nationale d’horticulture de France.
- Algérie.—Rivière, directeur du jardin d’essai, président du comice agricole d’Alger.
- Luxembourg. — Soupert (Jean), horticultcur-rosiériste.
- Monaco. — Janty, commissaire de Monnco.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Chargueraud, professeur d’arboriculture de la Ville de Paris, secrétaire de la Société nationale d’horticulture de France.
- Mexique. — Bablot (Alfredo), secrétaire général du comité mexicain.
- Classe 80. — Plantes potagères.
- BUREAU
- MM. Curé, horticulteur, membre de la Société d’horticulture de France, Président. France.
- Joret, membre de la Société nationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président.
- France.
- Duvillard, horticulteur maraîcher, professeur de culture maraîchère du département de la Seine, membre de la Société nationale d’horticulture de France, Secrétaire-Rapporteur. France.
- MEMBRE
- France. — Laizier (Napoléon), maraîcher, membre de la Société nationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 81. — Fruits et arbres fruitiers.
- BUREAU
- MM. Baltet (Charles), horticulteur, membre de la Société nationale d’horticulture de France, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Président. France.
- Jamin, horticulteur, vice-président de la Société nationale d’horticulture de France, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président.
- France.
- Mussat, professeur aux Écoles nationales d’agriculture de Grignon et d’horticulture de Versailles, membre de la Société nationale d’horticulture de France, Secrétaire-Rapporteur. France.
- MEMBRES
- France. — Michelin (Henri), membre de la Société nationale d’horticulture de France, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- Algérie. — Cauquil, propriétaire-arboriculteur.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Jolibois-Roch, jardinier en chef des jardins du Luxembourg, vice-président de la Société nationale d’horticulture de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878.
- Classe 82. — Graines et plantes d’essences
- forestières.
- BUREAU
- MM. Le Paute, conservateur des forêts au service de la Ville de Paris, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris en 1878, Président.
- France.
- * Demontzey, inspecteur général des forêts, Vice-Président. France.
- Rivet, inspecteur des forêts, professeur à l’Institut national agronomique, Secrétaire-Rapporteur. France.
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- JURÉS SUPPLÉANTS
- France. — Zurlinden, inspecteur des forêts. Classe 83. — Plantes de serre.
- BUREAU
- MM. Duchartre, membre de l’Institut, membre de la Société nationale d’horticulture de France, Président. France.
- Chantin (Antoine), horticulteur, membre de la Société nationale d’horticulture de France, grande médaille à l’Exposition de Paris en 1878, Vice-Président. France.
- Truffauld (Albert), horticulteur, membre de la Société nationale d’horticulture de France, Secrétaire-Rapporteur.
- France.
- JURÉ SUPPLÉANT
- France. — Bleu (Alfred), horticulteur, secrétaire général de la Société nationale d’horticulture de France, médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1878.
- GROUPE DE L’ÉCONOMIE SOCIALE. — Jury spécial de TExposition d’économie sociale.
- BUREAU
- MM.* Sa y (Léon), sénateur, membre de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques, président de la Société d’économie politique, président de la section VII et de la Commission d’organisation de l’Exposition d’Economie sociale, Président et Rapporteur général. France.
- Andréef (d’), commissaire général de la Russie, Vice-Président. Russie.
- Chevallier (Émile), lauréat de l’Institut professeur d’économie politique à l’Institut national agronomique et à l’École normale supérieure de Saint-Cloud,conseiller général de l’Oise, Secrétaire. France.
- MEMBRES
- France. — Bry, conseiller d’arrondissement de Seine-et-Oise, maire de Gagny (Seine-et-Oise).
- France. — Bucquet (Paul), ancien inspecteur général des établissements de bienfaisance, président du comité d’admission de la section V de l’exposition d’économie sociale.
- — Caubert (Léon), élève breveté de l’École
- des langues orientales, secrétaire du Comité d’admission de la section VII de l’exposition d’Economie sociale.
- — *Cheysson (Émile), ingénieur en chef des
- ponts et chaussées, ancien président delà Société d’économie sociale,ancien directeur du Creusot, président du comité d’admission de la section XIV de l’exposition d’économie sociale.
- — Courtois (Alphonse), professeur d’éco-
- nomie politique, secrétaire perpétuel de la Société d’économie politique de Paris.
- — Donnât (Léon), ingénieur civil des mines,
- membre du conseil municipal de Paris, président du comité d’admission de la section XVI de l’exposition d’économie sociale.
- — Foville (de), professeur d’économie in-
- dustrielle et de statistique au Conservatoire des arts et métiers, chef du bureau de statistique au Ministère des finances, membre du comité d’admission de la section VIII de l’exposition d’économie sociale.
- — Griollet, maître des requêtes hono-
- raire au Conseil d’État, vice-président du Conseil d’administration de la Compagnie des chemins de fer du Nord, membre du comité d’admission de la . section XIV de l’exposition d’économie sociale.
- — Labiche (Émile), sénateur.
- — Lami (E.-O.), auteur et directeur du
- Dictionnaire encyclopédique de l’industrie et des arts industriels, membre du jury à l’Exposition d’Anvers, président du comité d’admission de la section XII de l’exposition d’économie sociale et secrétaire de la commission d’organisation.
- —* Lavollée (Charles), ancien préfet, administrateur de la Compagnie générale des Petites-Voitures à Paris, membre de la Société d’économie politique.
- — Leroy-Beaulieu (Anatole), membre de
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- NOTICES INDUSTRIELLES. ---- NOVEMBRE 1889.
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- l’Académie des sciences morales et politiques, professeur à l’Ecole libre des sciences politiques.
- France.— Levasseur (Émile), membre de l’Institut, professeur au Collège de France et au Conservatoire des arts et métiers, président du comité d’admission de la section XV (de l’économie sociale.
- — LucAs(Charles),architecte,vice-président
- du comité d’admission de la section IV de l’exposition d’économie sociale.
- — Lyonnais, député, président du comité
- d’admission de la section XI de l’exposition d’économie sociale.
- — Neuman (Dr), secrétaire du comité d’ad-
- mission de la section XIII de l’exposi-ton d’économie sociale.
- -- Passy (Frédéric), député, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, vice-président du comité d’admission de la section I de l’exposition d’économie sociale.
- — Pernolet, député, président du comité
- d’admission de la section XI de l’exposition d’économie sociale.
- — Picot (Georges), membre de l’Académie
- des sciences morales et politiques, vice-président du comité d’admission de la section XI de l’exposition d’économie sociale.
- — Robert (Charles), ancien conseiller
- d’État, directeur de la Compagnie d’assurances l’Union, président de la Société pour l’étude pratique de la participation du personnel dans la bénéfices, président du comité d’admission de la section II de l’exposition d’économie sociale.
- France. — Siegfried (Jules), député, ancien maire du Havre, président du comité d’admission de la section XI et vice-président de la commission d’organisation de l’exposition d’économie sociale.
- — Tranchant (Ch.), vice-président de la section économique et sociale du comité des travaux historiques et scientifiques, vice-président du comité d’admission de la section VII de l’exposition d’économie sociale.
- Belgique. — Mahillon, directeur de la Caisse générale d’épargne et de retraite - sous la garantie de l’État.
- — Ridder (de), professeur à l’Université de
- Gand.
- États-Unis. — Tuck (Sommerville-Pinkney), commissaire général adjoint des États-Unis.
- Grande-Bretagne. — Faure-Miller (Dr), médecin de l’hôpital Hertford.
- — Barrington (Sir Vincent).
- Italie. — Luzzati, député.
- — Wollembourg (L.), professeur d’économie
- politique.
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Extraction de la glycérine dans les fabriques de savon. — La plus grande partie de la glycérine du commerce est obtenue par la saponification des graisses en présence de l’eau et de faibles quantités de différentes bases, en opérant sous de hautes pressions. On obtient ainsi de la glycérine de bonne qualité, mais les acides gras qui sont le produit principal, donnent un savon de qualité inférieure à celui que l’on retire de la saponification ordinaire des graisses au moyen de la soude caustique. Dans ce dernier traitement, le savon se dépose en ajoutant au liquide du sel commun et la glycérine reste en dissolution ainsi que différents
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- NOTICES INDUSTRIELLES. ---- NOVEMBRE 1889.
- sels, savoir : environ S p. 100 de chlorure de sodium, de sulfate et de carbonate de soude, de la soude hydratée, du savon en suspension et en dissolution ainsi que quelques substances grasses, goudronneuses, albumineuses et colorantes.
- Kingwate, qui s’est beaucoup occupé de l’extraction de la glycérine des lessives obtenues dans la fabrication des savons, divise les différents brevets pris pour cet objet en trois classes :
- 1° Les procédés ayant pour butla séparation ou la transformations des résidus albumineux et saponifiés ;
- 2° Les procédés qui facilitent le dépôt des sels par la diminution de la puissance dissolvante de la lessive, ou qui substituent au sel commun un autre sel produisant la saponification ;
- 3° Les procédés basés sur l’évaporation des lessives.
- Le meilleur procédé de traitement des lessives très impures dites du « Lan-castre », obtenues par l’emploi de la soude brute, est celui de Gagman, qui est le suivant : on brasse la lessive avec de la chaux et on évapore après addition de goudron, puis on neutralise la lessive avec un acide et on ajoute du chlorure de fer pour hâter la formation du dépôt; les substances grasses et le cyanoferrure de potassium se déposent. Pour séparer les sulfures, on fait passer un courant d’air et on termine par une addition de céruse. Ensuite on retire le dépôt des sulfures, on neutralise et on évapore la lessive. Bien que ce traitement améliore beaucoup la qualité de la glycérine obtenue, elle contient encore cependant des sulfocyanures.
- Dans le but de perfectionner ce procédé, Allen et Nikkelsont pris un brevet en 1887 pour opérer les dépôts au moyen de sels de cuivre au lieu de sels de fer. On sait que les sulfocyanures sont précipités seulementpar les sels de cuivre, lesquels précipitent aussi les sulfures et les cyanures ainsi que les silicates, les substances albumineuses, goudronneuses, grasses et colorantes. Le dépôt se forme facilement et en employant un sel d’oxyde de cuivre acide. En opérant ce traitement sur une lessive concentrée, il se dépose du cuivre en poudre noire qui se transforme peu à peu en protoxyde : il se forme par suite du sulfate de cuivre qui se dissout et il se dépose des cyanures insolubles.
- En ajoutant à la lessive un excès de sel de cuivre, on peut précipiter cet excès au moyen de l’hydrogène sulfuré.
- Malgré les grands avantages que présente l’emploi des sels de cuivre, on ne les emploierait pas si l’on ne pouvait les récupérer ensuite facilement; cette facilité fait préférer ces sels à ceux des autres métaux : il suffit en effet de calciner le résidu à l’air, puis de le dissoudre dans l’acide sulfurique, on en retire du sulfate de cuivre; ou bien on peut vendre les résidus aux établissements qui régénèrent ce métal.
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- On peut employer aussi à l’épuration des lessives les dissolutions brutes de cuivre des pyrites dont on précipite le cuivre par le fer.
- On peut aussi dissoudre le protoxyde de cuivre qui se forme à la fin de l’opération dans l’acide muriatique et s’en servir à nouveau pour l’épuration des lessives.
- Bien que ce procédé ne soit pas encore mis en pratique définitivement, les expériences faites en grand dans l’usine Matison et Cie à Wideness ont donné des résultats satisfaisants; la glycérine qu’on a obtenue est très supérieure. Les lessives traitées à la soude caustique et ne contenant pas de cyanures sont améliorées également par l’emploi des sels de cuivre et l’on obtient une glycérine à peine colorée en jaune pâle, par suite de la formation de précipités de composés insolubles de cuivre avec les acides gras et avec les matières goudronneuses et albumineuses.
- (Zapiski.)
- Locomotive électrique d’Immisch pour les mines. — La locomotive électrique d’immisch construite pour les mines de charbon de Wharncliffe Silkstone est actionnée par une batterie d’accumulateurs ; elle fonctionne sur une voie de 53 centimètres et dans une galerie de lm,22 de hauteur sur lm,37 de largeur; son poids en service ne dépasse pas 2 t. 5. On l’a essayée à l’air libre sur une voie qui présentait les rampes suivantes : 1/70 sur 182 mètres ; 1/40 sur 137 mètres ; 1/25 sur 228 mètres et 1/40 sur 182 mètres. Sur la rampe de 1/70 elle a remorqué un train de 20 wagons chargés de 11 tonnes en totalité : puis 15 wagons chargés de 8 t. 5 avec une vitesse de 4kil,8 à l’heure, de 45 ampères et en dépensant 100 volts. Sur la rampe de 1/40, la plus forte charge a été de 8 wagons; sur celle de 1/25, de 10 wagons et la vitesse de 3kil,2 à l’heure. En palier, elle a pu traîner 30 wagons avec une dépense de 45 ampères.
- Dans le but de bien répartir la charge, les accumulateurs sont distribués en quatre séries disposées à l’avant et à l’arrière des roues et sur le châssis. L’écartement des essieux est de 914 millimètres et les roues sont couplées pour utiliser toute l’adhérence due au poids. Le châssis a 3m,10 de longueur sur 72 centimètres de largeur ; l’axe des tampons est à 226 millimètres au-dessus de la voie.
- La batterie d’accumulateurs consiste en 44 éléments Tatham modifiés ; chaque élément mesure 260 x 165 millimètres sur 280 millimètres de profondeur. Les éléments sont doublés de plomb et répartis par 3 dans les auges en bois. Chaque élément contient 19 plaques de 175 x 106 x 5mm,5 et développe 150 ampères-heures; le poids est de 24 kilogrammes. L’intensité de la décharge varie de 25 à 50 ampères et va quelquefois jusqu’à 65 ampères. Si on adopte une moyenne de 40 ampères, on obtient pour le poids de ces éléments 227 kilomètres par cheval-vapeur et 608 kilomètres par cheval-heure. Le moteur placé sous le plancher des wagons entre les
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- PROCÈS-VERBAUX. --- NOVEMBRE 1889.
- roues est la dynamo Immisch qui pèse 203 kilogrammes etfait 800 tourspar minute en produisant 4 chevaux-vapeur. Sur l’arbre de l’armature est montée une petite roue d’engrenage en bronze phosphoreux ; elle engrène avec quatre pignons à cames placés dans le même plan et à 90 degrés l’un de l’autre. Ces pignons sont doublés en métal à canon et tournent sur des pivots portés sur un disque en fonte. Ce disque tourne sur des tourillons en dehors du moteur. A l’extérieur, mais dans le plan des pignons, est disposé un anneau en fonte renforcé de métal à canon et denté à l’intérieur. Les cames engrènent dans ce cercle qui les actionne lorsque le moteur tourne. La force est transmise par le plateau en fonte au moyen d’une chaîne assujettie à l’intérieur près du moteur, et une chaîne d’acier transmet ce mouvement à une roue montée sur l’un des essieux moteurs, et l’autre essieu est commandé par celui-ci au moyen de deux bielles.
- Un commutateur sert au changement de marche en renversant les pôles. Des bobines de résistances servent à régler la vitesse. La locomotive est munie d’un frein. Les accumulateurs se chargent au moyen d’une autre dynamo Immisch actionnée au moyen de courroies par une machine à vapeur Willams.
- (.Dinglers poiytechniches journal.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 27 octobre 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière.
- M. Jules Simonet, 12, rue de La Chaise, à Paris,, dépose un pli cacheté contenant un croquis, avec légende explicative, d’un appareil non encore breveté. (Dépôt accepté.)
- M. Claude-Marie Mi chaud, rue du Maroc, 26. — Nouveau piston. (Arts mécaniques.)
- M. Henri Auzanneau, à Écoulois (Deux-Sèvres).— Moteur destiné à un atelier de famille. (Arts mécaniques.)
- M. Chaligné, me Oberkampf, 136. — Essoreuse pour légumes et herbes. (Arts économiques.)
- M. Capelle, rue Legendre, 178. — Projet de bateau pour canaux mis en mouvement par une machine à gaz. (Arts mécaniques.)
- M. Alexis Dondaine, rue Cels, 13. — Moyen pour accélérer la marche des bateaux à vapeur. (Arts mécaniques.)
- M. Drion, professeur à l’Ecole nationale d’arts et métiers d’Angers. — Procédé
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- PROCÈS-VERBAUX.
- NOVEMBRE 1889.
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- de dessiccation des bois par l’emploi de l’air alternativement comprimé et dilaté. (Arts économiques.)
- M. Loubet, rue Greneta, 41. — Fait connaître ses titres pour concourir aux prix que la Société distribue. (Commission des prix.)
- M. Rivage, rue de Grenelle, 208. — Appareil produisant les phénomènes de la lumière. (Arts économiques.)
- M. Léon Verlinde, constructeur, à Lille. — Système d’attelage des wagons de chemins de fer. (Arts mécaniques.)
- M. Marc Blog, rue de l’Abbé-Groult, 58. — Petit moteur à acide carbonique liquéfié. (Arts mécaniques.)
- M. Carnet, chez M. Lesourd, rue des Petits-Champs, 93. — Perfectionnement des bicycles et des tricycles. (Arts mécaniques.)
- M. Alfred Morcrette, mécanicien, boulevard de Belleville, 118. — Gravure mécanique sur métaux. (Constructions et beaux-arts.)
- M. de Baillehache, boulevard Pereire, 54. — Système d’avertisseurs électriques pour les trains. (Arts économiques.)
- M. Mouchère, constructeur-mécanicien, à Angoulême. — Machine à dévider et peser automatiquement les laines, cotons, fils, etc. (Arts mécaniques.)
- M. Killian, mécanicien, rue Stephenson, 35. .— Régulateur à gaz. (Arts économiques.)
- M. Ricoche, passage d’Austerlitz, 1. — Moyen de donner de la stabilité aux torpilleurs et bateaux sous-marins. (Arts mécaniques.)
- M. Charles Tellier, rue Félicien-David, 20. — Moyen de faire produire à la vapeur, après son travail, un nouveau travail égal au premier. (Arts mécaniques.)
- M. Léon Ccimel, à Yermont, par Iguerande (Saône-et-Loire). — Nouveaux appareils pour le filage de la soie. (Arts mécaniques.)
- M. Fulgence Merelle, à Roubaix. — Machine étireuse-broyeuse-chardon-neuse. (Arts mécaniques.)
- MM. Chaise frères, à Saint-Étienne. — Système d’interrupteur de courants électriques, avec étincelle produite dans de l’eau ou dans un liquide quelconque. (Arts mécaniques.)
- M. Charbonnaud, rue du Grand-Gord, 18, à Ivry-sur-Seine. — Système de distributeur perfectionné à l’usage des machines à vapeur. (Arts mécaniques.)
- M. Robert Personne, rue de Chazelles, 24. — Appareil multiplicateur de force ; machine à air comprimé. (Arts mécaniques.)
- M. Brérat, constructeur. — Moteur domestique rotatif fonctionnant à l’eau, à la vapeur et à l’air comprimé. (Arts mécaniques.)
- MM. Mahon frères, à Roubaix. — Machine à chiner les fils, laines, cotons et soies. (Arts mécaniques.)
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- M. Candau, constructeur-boulanger, à Dax (Landes). — Système de four de boulangerie. (Agriculture.)
- M. Monnier, rue de la Tombe-Issoire, 80. — Machine à imprimer en une ou plusieurs couleurs. (Arts mécaniques.)
- M. Jannet, place du Calvaire, 5. — Chaussures légères et imperméables. (Arts économiques.)
- M. Michotte, rue de Saintonge, 43. — Traité de la fabrication industrielle des eaux gazeuses et des industries qui s’y rattachent. (Arts chimiques.)
- Humblol-Conté et C,:% rue de Rivoli, 65, adressent plusieurs exemplaires d’une brochure intitulée Conté inventeur des crayons, et un assortiment de ses produits comme hommage des petits-fils de Conté à la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale.
- M. Honoré, professeur à l’Ecole Massillon, quai des Célestins, 2. —l°La vie à bon marché pour les pauvres. Conservation des substances alimentaires. (Arts chimiques.) — 2° Fortune de la France pour tous. (Commerce.)
- M. Deval, conducteur principal des ponts et chaussées, rue Brézin, 5. — Mémoire pour concourir au prix proposé pour une étude scientifique des propriétés de divers produits hydrauliques. (Arts chimiques.)
- M. le Ministre de l’instruction publique et des beaux-arts adresse le programme du Congrès des sociétés savantes à la Sorbonne en 1890, et fait hommage des discours prononcés par MM. Lockroy et Renan aux séances générales du Congrès, ainsi que d’une lecture, les Parlers de France, faite par M. Gaston Paris.
- M. Viala, professeur de viticulture à FEcole nationale d’agriculture de Montpellier, adresse plusieurs ouvrages traitant de la viticulture pour les concours ouverts par la Société. (Agriculture.)
- M. Foret, menuisier, à Échauffour (Orne). — Découverte d’un banc de pierre lithographique très important et d’excellente qualité, dont il propose l’exploitation à la Société. (Constructions et beaux-arts.)
- Concours pour la conservation des pommes de terre, oignons, etc. Douze concurrents ont adressé des pièces pour ce concours. (Arts économiques.)
- M. Dubard, manufacturier, à Levallois-Perret. — Machine à décortiquer les cafés, riz, colza, arachides, etc. (Agriculture.)
- M. Alfred Cazeaux, viticulteur, à Casseuil (Gironde). — Ouvrage intitulé : Description des principales variétés de vignes américaines, françaises ou de l’ancien monde... (Agriculture.)
- M. Piéquet, chimiste, à Gruchet-le-Valasse (Seine-Inférieure). — Ouvrage intitulé : la Chimie des teinturiers, traité théorique et pratique de l’art de la teinture. (Arts chimiques.)
- M. Félix Moulis, rue Boyer, 3, à Montpellier (Hérault). — Procédé pour extraire l’alumine pure et produire l’aluminium. (Arts chimiques.)
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- M. Norbert de Lancltsheer, place des Batignolles, 2.— 1° Machine dite VAlgérienne, teilleuse-décortiqueuse pour l’extraction de la filasse des plantes textiles, notamment du lin, de la ramie et du chanvre. (Agriculture.) — 2° Notice sur les Causes qui ont amené la crise agricole, industrielle et commerciale en France, et recherche des moyens pour la vaincre. (Commerce.)
- M. Delaurier, rue Daguerre, 77. — 1° Considérations politiques et économiques sur l’Exposition universelle de 1889. (Commerce.) — 2° Note sur un procédé pour détruire le grisou. (Arts chimiques.)
- M. Jules Maistre, manufacturier, à Villeneuvette (Hérault). — Nouveau procédé d’imperméabilisation des tissus. (Arts chimiques.)
- M. Lorilleux. — Traité de lithographie. (Constructions et beaux-arts.)
- Mme Bonnami fait part de la mort de son mari, et demande un nouvel examen des documents soumis par lui au jugement de la Société. (Arts chimiques.)
- M. Cheysson, membre du Conseil, fait hommage de deux brochures qu’il vient de publier : 1° Programme du cours d’économie industrielle professé à l’Ecole des Mines. — 2° La statistique internationale du tonnage des marchandises transportées sur les diverses voies de communication intérieure.
- M. Victor Popp, rue Etienne-Marcel, 54. — Documents relatifs aux installations d’air comprimé et d’électricité. (Arts économiques.)
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Notice sur le chemin de fer glissant à propulsion hydraulique, système Girard, perfectionné par A. Barre.
- Bulletin de l'Institut Egyptien. — Année 1888.
- ‘ Traité théorique et pratique d’électro-chimie ,^oxBonato Tommasi.—4efascicule.
- Collection de mémoires relatifs à la physique, publiée par la Société française de physique. Tome IV. Mémoires sur le pendule, précédés d’une bibliographie.
- Notices sur les modèles, dessins et documents divers relatifs aux travaux des ponts et chaussées et des mines, rédigés par les soins du ministre des travaux publics. Exposition universelle de 1889. — 2 vol. grand in-8°.
- Congrès international des accidents du travail.
- Congrès international de sauvetage. — Procès-verbaux sommaires rédigés par M. Cacheux, secrétaire général.
- L’Influence française à, VÉtranger, par M. Gaston Cadoux.
- L’Exposition de 1889 et les constructions métalliques, par A. de Lapparent.
- Compte rendu de la situation commerciale et industrielle de la circonscription de Marseille pendant l’année 1888. — Chambre de commerce de Marseille.
- La Fabrique lyonnaise de soieries et l'industrie de la soie en France, 1789-1889. — Chambre de commerce de Lyon.
- Collection de dispositions et d'appareils destinés àéviterles accidents demachines. Album de 42 planches avec texte explicatif français, allemand et anglais. Mulhouse.
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- Ces ouvrages seront déposés à la bibliothèque.
- Nomination de membres de la Société. —Sont nommés membres de la Société :
- M. Lacustre, peintre en décors, à Paris; présenté par M. Rossigneux;
- M. le marquis de Montrichard, inspecteur des forets à Montmédy; présenté par MM. Eaton de la Goupillière et Cochard;
- Société anonyme de produits chimiques (Etablissements Maletra) ; présenté par MM. Aimé Girard et Jungfleisch.
- M. le Secrétaire de l’Ironcind steellnstitute, dont le meeting a été tenu dans l’hôtel de la Société, et M. le Président de la Société des ingénieurs civils, de Paris, adressent leurs remerciements au Président de la Société.
- La Société d’Encouragement a été particulièrement représentée à ce meeting. La Société des Ingénieurs civils, qui recevait à Paris avec un grand éclat YInstitut du fer et de l’acier, a exprimé le désir que le Président de la Société d’Encouragement inaugurât, avec M. Eiffel, son éminent président, la séance d’ouverture. M. Raton de la Goupillière a donc pris place au bureau aux côtés de M. Eiffel, et a adressé après lui, au nom de la Société d’Encouragement, quelques paroles de bienvenue aux Ingénieurs anglais. La présidence a été ensuite occupée par sir James Kitson, baronnet, président de Ylron pour les travaux de cette section, dont un résumé sera publié dans le Bulletin de la Société d’Encouragement.
- Le 21 octobre dernier, on inaugurait la statue de J.-B. Dumas à Alais (Gard), sa ville natale. La municipalité ayant adressé une invitation au président de la Société d’Encouragement, M. Eato7i de la Goupillière s’est vu, avec regret, dans l’impossibilité de s’y rendre, en raison de ses fonctions à l’Ecole des Mines. Après les orateurs qui ont parlé au nom de l’Académie des Sciences, de l’Académie de Médecine et de la Faculté des Sciences de Paris, M. Tisserand, vice-président de la Société, qui, en sa qualité de directeur de l’Agriculture, accompagnait à cette solennité M. le Ministre de l'Agriculture, a bien voulu donner lecture des paroles qu’il eût désiré prononcer lui-même dans cette circonstance. (Voir au Bulletin.)
- M. le Président annonce qu’une médaille d’or a été décernée à la Société d’Encouragement dans la distribution des récompenses de l’Exposition universelle de 1889 (Journal Officiel, 20 septembre 1889, page 4724).
- M. le Président fait part à la Société de la perte qu’elle a faite, pendant ses vacances, dans la personne de l’un de ses membres, M. Edmond Fuchs, ingénieur en chef des mines, professeur de géologie appliquée à l’Ecole supérieure des mines. Son esprit large et ouvert, son caractère loyal et affectueux, lui avaient concilié d’universelles sympathies.
- M. Eaton de la Goupillière fait hommage à la Société, en sa qualité de directeur de l’École des Mines, de deux volumes composés à l’occasion de l’Exposition universelle. Le premier renferme la collection des programmes détaillés de
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- l’enseignement de l’École, précédée d’une notice explicative sur son fonctionnement, rédigée par M. Carnot, inspecteur de cette Ecole et membre du Conseil d’administration de la Société. Le second volume est consacré à l’histoire de l’École des Mines depuis sa fondation, en 1783, jusqu’à ce jour. Celte notice, qui est le fruit des recherches les plus attentives, est due à M. Aguillon, ingénieur en chef des Mines, professeur de législation minérale de l’École des Mines.
- Rapports des Comités. — Enseignement de la géométrie descriptive. — M. Schlemmer fait, au nom du Cojnité des constructions et des beaux-arts, un rapport sur le matériel destiné à l’enseignement de la géométrie descriptive et de la perspective, présentée par M. Armengaud aîné, ingénieur, rue Saint-Sébastien, 45.
- Après avoir signalé les divers procédés employés jusqu’à présent pour éviter les difficultés que présente aux commençants l’étude de la géométrie descriptive. M. le Rapporteur expose le système imaginé par M. Armengaud aîné.
- Il propose : 1° De faire parvenir à M. Armengaud aîné des remerciements pour son intéressante communication et des félicitations pour le secours nouveau qu’il apporte à l’enseignement des premiers éléments de la géométrie descriptive ;
- 2° De décider l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Pulvérisateur pour la vigne. —M. Prillieux fait, au nom du Comité d’agriculture, un rapport sur un pulvérisateur pour le traitement du mildiou, présenté pari/. Fernand Bourdil, avenue d’Iéna, 56.
- Cet appareil a le mérite d’avoir une force de projection très grande, d’agir à plus grande distance et de permettre, par conséquent, de traiter les vignes plus rapidement qu’avec les appareils ordinaires. Des essais faits avec de la bouillie contenant 6 p. 100 de sulfate de cuivre et 6 p. 100 de chaux ont donné des résultats satisfaisants.
- La nouveauté de l’idée d’après laquelle est construit le pulvérisateur de M. Bourdil, la puissance de son effet et la facilité avec laquelle il permet l’emploi de bouillies fort épaisses, ont paru très dignes d’intérêt au Comité d’agriculture, qui propose de remercier M. Bourdil de sa communication et de décider la publication, dans le Bulletin de la Société, duprésentrapport avec un dessin de l’appareil.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Brise-lames. —M. Voisin Bey fait, au nom du Comité des constructions et des beaux-arts, un rapport sur un nouveau type de brise-lames présenté par M. Nielly, employé à la voirie départementale d’Alger.
- Le nouveau type de brise-lames a été imaginé par M. Nielly, pour détruire, par l’absorption, les effets désastreux de la vague en avant même de l’ouvrage et dans l’endroit qui reçoit le premier choc.
- Le Comité estime que l’idée du brise-lames présenté repose sur une con-
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- ception ingénieuse et que l’efficacité du nouveau type d'ouvrage, au point de vue de l’amortissement des lames, paraît probable, tout autant qu’il est permis d’en juger d’après les résultats d’expériences faites sur un modèle au centième ;
- Que, toutefois, contrairement à l’opinion de l’inventeur, le type d’ouvrage ne paraît pas susceptible d’application pratique dans la construction des môles d’abri des ports; mais qu’il pourrait peut-être, en revanche, trouver d’utiles applications dans la construction d’autres ouvrages de ports, tels que les talus brise-lames, ou, dans les travaux de défense des côtes contre les attaques de la mer.
- En conséquence, le Comité propose de remercier M. Nielly pour son intéressante communication, et de décider, comme témoignage d’intérêt, que le présent rapport sera inséré au Bulletin de la Société avec une figure.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Manomètre. — M. Mignot fait une communication sur son nouveau manomètre métallique. Ce système présente, sur les appareils analogues connus jusqu’à ce jour, des avantages importants de durée et d'économie résultant de son mode de construction. Les manomètres de M. Mignot indiquent avec une très grande sensibilité et une précision mathématique les variations, accroissements ou diminutions de pression qui peuvent se produire dans une chaudière à vapeur, un réservoir d’air comprimé, ou tout autre appareil contenant un fluide en pression.
- Ces appareils ont, de plus, l’avantage d’indiquer avec une parfaite exactitude les pressions en kilogrammes, atmosphères, etc. Les cadrans divisés en parties égales, imprimés à l’avance sur émail, sont tous identiques, de même que les différents organes du mécanisme.
- M. Mignot donne la description de son manomètre et signale une disposition des centres du levier oscillant sur des couteaux ou sur des vis à pointes, qui permet de constater les plus minimes variations de pression, soit au minimum, soit au maximum de l’échelle à indiquer. On peut ainsi apprécier d’une manière mathématique l’élasticité dans la tension d’un ressort-disque ou à boudin en acier trempé; cet ensemble de sensibilité exclut, par conséquent, tout frottement et évite toute irrégularité ou destruction des organes.
- Dans les manomètres hydrauliques à haute pression, plusieurs disques en acier sont superposés les uns aux autres, afin de correspondre proportionnellement aux différentes pressions plus ou moins élevées à indiquer; cet assemblage multiple des disques permet à chacun d’eux de rester au-dessous de la limite d’élasticité.
- M. le Président remercie M. Mignot de sa communication, qui sera examinée parle Comité des arts mécaniques.
- Graphophone. — M. George B. Ostheimer présente le graphophone de M. Charles Summer Tainter.
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- L’inventeur du graphophone, le professeur Tainter, a eu pour but de produire un appareil pratique, c’est-à-dire d’une simplicité de construction permettant à tout le monde de s’en servir.
- Après de longues recherches et de nombreux essais, il trouva que le seul moyen pratique d’emmagasiner les sons était la gravure sur de la cire, ou sur un cylindre de carton recouvert de cire. Grâce à ce procédé, il est parvenu à construire le graphophone tel qu’on le voit; l’appareil donne de merveilleux résultats.
- Il se compose de quatre parties distinctes : le système d’entraînement du cylindre ; le système enregistreur; le système répétiteur ; le système régulateur de vitesse.
- L’entraînement du cylindre est produit par un mécanisme fort simple, composé d’un axe horizontal sur lequel est fixée une poulie que fait tourner une petite corde actionnée par la pédale. Deux petits boutons placés à droite servent à l’embrayage et au désembrayage. Les cylindres sont en carton recouvert de cire. Leur vitesse normale est de 180 à 190 tours par minute.
- L’appareil enregistreur se compose d’une plaque mince de mica à laquelle est fixée une lame coupante s’appliquant contre le cylindre recouvert de cire. La plaque de mica est enchâssée dans une monture de métal munie d’un pas de vis s’engageant sur la vis horizontale et l’entraînant ainsi le long du cylindre.
- Le système répétiteur diffère entièrement du système enregistreur. Il se compose d’un petit appareil en ébonite,dont l’extrémité est munie d’une légère pointe en acier, articulée comme un levier dont l’une des extrémités s’appuie sur le cylindre, et l’autre porte un fil tendu la reliant au centre d’un disque mince en celluloïd. L’extrémité de la pointe d’acier appliquée contre le cylindre, en suivant les sinuosités produites dans la cire par la lame coupante du système enregistreur, transmet ses vibrations, par l’iutermédiaire du fil tendu, au petit disque de celluloïd et de là, par un tube en caoutchouc, à deux petits cornets qui se placent dans les oreilles de l’auditeur.
- Le système régulateur de vitesse se compose de deux plateaux de friction recouverts d’une composition spéciale. Ces deux plateaux restent en contact tant que la vitesse de l’appareil est faible. A partir du moment où elle dépasse une certaine limite, la force centrifuge du régulateur sépare le plateau fixé sur l’arbre moteur à pédale, du plateau fixé sur l’axe servant à l’entraînement du cylindre, et oblige ainsi l’axe de la pédale à tourner à vide, et à ne plus entraîner l’axe du cylindre tant que la vitesse ne se ralentit pas assez pour produire de nouveau l’embrayage par le rapprochement des deux plateaux.
- M. le Président remercie M. Ostheimer de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts économiques.
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- NOVEMBRE i 889.
- RECTIFICATIONS
- Dans le Bulletin cl’oclobre 1889 :
- Page 580, les figures 9, 10 et 11 se rapportent à l’annexe du rapport de M. Goulier sur la mire Bentabol.
- Conformément aux explications données, lignes 5 à 7, page 581, les figures 10 et Tl auraient dû être retournées.
- Page 592, au lieu de : sua la synchronisation des horloges et la distribution de l’huile.
- Lisez : ... et la distribution de l’heure.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. — 2G099.
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- 88e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome IV.
- DÉCEMBRE 1889.
- BULLETIN
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport fait par M. Voisin Bey, au nom du Comité des constructions et des beaux-arts, sur un nouveau type de brise-lames, ou digue à la mer, présenté par M. Nielly.
- Exposé. — M. Nielly, ancien ingénieur d’irrigation à titre étranger du gouvernement de l’Inde anglaise, actuellement employé à la voirie départementale d’Alger, sollicite l’appui de la Société d’Encouragement en faveur d’un type de brise-lames inventé par lui, qu’il a fait breveter il y a environ un an, et dont un modèle figure à la section algérienne de l’Exposition universelle. M. Nielly sollicite d’autant plus vivement, dit-il, l’appui delà Société pour son invention actuelle, « que cet encouragement lui permettrait de présenter rapidement l’invention d’un autre appareil, basé sur le même principe : Divide et impera, et qui rendrait possible une organisation économique, quoique formidable, de la défense des côtes. »
- La demande de M. Nielly est accompagnée :
- 1° D’une feuille de dessins de détails du nouveau type de brise-lames;
- 2° D’une notice imprimée destinée aux visiteurs du modèle de l’Exposition et d’une copie de la description fournie par l’inventeur pour l’obtention du brevet.
- Le dossier a d’ailleurs été complété plus tard par le texte manuscrit d’une conférence faite par M. Nielly, le 15 juillet dernier, sur la question des brise-lames.
- C’est d’après ces divers documents que vont être résumées ici, à la fois, les considérations qui ont guidé M. Nielly dans son invention et la description du nouveau type de brise-lames.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Décembre 1889.
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- Objet de Vinvention. — Le nouveau type de brise-lames a été imaginé par M. Nielly dans le but « de détruire, par l’absorption, les effets désastreux de la vague en avant même de l’ouvrage et dans l’endroit qui reçoit le premier choc ». L’utilité, la nécessité de son invention lui a été démontrée, dit-il, par l’impuissance du môle d’Alger et, en général, de tous les môles dont l’épaisseur à la hauteur du niveau de haute marée n’est pas suffisante, à arrêter une grande partie du mouvement oscillatoire des lames, lequel mouvement, passant à travers et au-dessus du môle, transforme le port en rade, gêne les transbordements des marchandises et fait courir des dangers aux navires qui ne sont pas très solidement amarrés.
- Fallait-il chercher le remède à ces inconvénients dans l’expérience déjà acquise dans la construction des môles? C’était, suivant M. Nielly, inutile, attendu que les compilations les plus récentes lui auraient signalé ce fait,
- Wf —
- ' en moellons
- Fig. 1. — Brise-lames de M. Nielly.
- « que la suppression des effets désastreux de la vague en avant des môles est encore inconnue ».
- M. Nielly comprit donc, dit-il encore, que l’étude de ce que peut faire la nature livrée à elle-même s’imposait dans cette question, et il mentionne qu’il fut assez heureux pour rencontrer près d’Alger, à l’ouest du port, un point du rivage où la vague, brisée et absorbée par une plage de gros sable adossée à un talus à 45°, pouvait lui fournir un modèle à imiter.
- La coupe de cette plage se rapprochant sensiblement d’une courbe cycloïdale de 3 de base pour 1 de hauteur, c’est cette courbe qu’il a adoptée du côté du large dans le profil du nouveau brise-lames.
- Quant au pouvoir absorbant du sable dans la partie située au-dessus du niveau de la haute mer, on ne pouvait mieux l’imiter que par un grillage formé de chevrons écartés de façon à présenter autant de vides que de pleins ; et M. Nielly explique, à ce sujet, que le pouvoir absorbant du sable n’étant que d’environ un tiers de vide pour deux tiers de plein, et cette absorption trop
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- limitée permettant à la vague brisée de remonter trop haut le long du talus, il a adopté la proportion du vide égal au plein afin de favoriser la disparition plus rapide de la vague entre les chevrons du grillage.
- C’est, en résumé, « la suppression ou destruction de l’action des vagues sur la face extérieure des môles, digues ou brise-lames, par une claire-voie absorbante fixée au haut du talus de cette face extérieure », qui fait l’objet de l’invention de M. Nielly.
- Nouveau profil de digue. — Le profil joint à la notice (fig. 1) s’applique à un môle supposé construit par une profondeur de 15 mètres dans un port d’une mer sans marée. Mais M. Nielly fait remarquer que l’invention est également applicable aux digues des ports de l’Océan, et qu’il suffit alors de regarder la profondeur d’eau indiquée comme celle qui correspond au niveau des plus grandes marées de vive eau.
- Dans le nouveau type de môle, la constitution du massif même de la digue, au moyen de matériaux de dimensions de plus en plus grandes, disposés par couches superposées enveloppantes, est la même que celle généralement adoptée ; mais le profil transversal de l’ouvrage présente les particularités suivantes :
- Du côté du port, le profil reste, il est vrai, dans la partie sous l’eau, établi dans les conditions habituelles; mais, « dans le but d’éviter l’effet destructif des souffleurs ou jets d’eau causés par la compression de l’eau au-dessous de la maçonnerie », le talus à 45° formé par les blocs de 15 mètres cubes est continué jusqu’à 3 mètres au-dessus du niveau de la mer, et c’est à cette hauteur de 3 mètres qu’est établie la plate-forme maçonnée de 2 mètres d’épaisseur destinée à former chaussée, et qui est ordinairement construite au niveau même de la mer.
- Du côté du large, le talus, destiné à recevoir le choc de la vague, a la forme d’une courbe cycloïdale de 3 de base pour 1 de hauteur, dont le sommet coïncide avec la partie supérieure de la plate-forme maçonnée. Cette courbe a été adoptée, comme il est dit plus haut, parce qu’elle se rapprocherait de celle que présente naturellement une plage de gros sable adossée à un talus assez escarpé ; elle a, dit M. Nielly, cet avantage, « que le fond sur lequel la lame se brise diminue moins rapidement, et que, lorsque la lame s’est enfin brisée, elle remonte un talus qui, assez escarpé à l’origine, tend de plus en plus vers l’horizontalité à mesure que la vitesse de la lame est amortie ». Les blocs qui constituent le talus du large sont disposés, au-dessous du niveau de la mer, suivant la courbe cycloïdale; mais, à ce niveau, ils sont
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- disposés horizontalement de manière à former une risberme destinée à supporter le grillage ou brise-lames absorbant. Dans le profil joint à la notice, la risberme en question a une vingtaine de mètres de largeur; cette largeur, qui détermine la longueur des fermes en fer que supporte la risberme, est cependant un peu diminuée par un enrochement à 45° appuyant la rive de la plate-forme maçonnée.
- Description du brise-lames absorbant. — Les fermes du brise-lames absorbant, espacées de 2 mètres d’axe en axe, sont supportées par des murettes en béton construites sur les blocs jusqu’à fleur d’eau. Ces fermes sont en fer (ou en bois, si on le préfère), à treillis; l’inventeur juge inutile de les décrire, parce que, dit-il, leur construction ne présente rien de particulier, que toute autre disposition que celle indiquée peut être adoptée, et que la dimension de la ferme variant avec la profondeur de l’eau, les dimensions des ferrures qui la composent doivent aussi varier. Il faut noter cependant, ajoute-t-il, que les parties du treillis destinées à rencontrer la poussée de la vague sont en fers d’angle, tandis que celles qui sont dirigées en sens contraire sont en fers plats.
- Les croix de Saint-André qui relient les fermes entre elles, à des intervalles d’environ 3 mètres, sont également projetées en fers d’angle ; mais elles pourraient tout aussi bien être construites en fers ronds reliés par des cadres à leurs points de rencontre.
- Les poutres en fer rivées sur les fermes, à des intervalles d’environ 1 mètre et demi, sont d’une forme particulière, parce que, étant destinées à rencontrer l’effort de la vague perpendiculairement, il est nécessaire qu’elles soient armées pour détruire cet effort. Elles sont en conséquence projetées avec un fer à ~L protégé du côté du large par une demi-courbe parabolique en fer présentant ainsi une lame coupante à l’effort de la translation de la vague.
- Enfin, les chevrons qui reposent sur les poutres, et qui se trouvent ainsi disposés dans le sens de la translation de la vague, ont aussi une forme particulière : leur coupe est celle d’un demi-cercle avec une aile de chaque côté pour le rivetage. Ils sont fixés de manière à laisser entre eux autant de vides que de pleins. C’est par ces vides, fait remarquer M. Nielly, que la vague divisée, en s’étendant le long du talus formé par les chevrons, retombe en pluie dans l’espace compris entre les fermes et retourne à la mer à travers les blocs.
- Modèle de VExposition. — Expériences. — M. Nielly a pensé qu’il ne
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- suffisait pas d’avoir déterminé le profil et le mode de construction du nouveau type de brise-lames, « attendu que les dessins seuls ne pouvaient prouver, même à des hommes du métier, qu’un progrès réel avait été accompli ». Il estimait que des essais en grand devaient, si cela était possible, être faits, tout au moins des expériences sur une assez grande échelle.
- Grâce au bienveillant appui qu’il a rencontré auprès de l’administration préfectorale d’Alger, il a pu faire construire le modèle qui figure à l’Exposition universelle. Ce modèle, à l’échelle du centième, comprend concurem-ment le nouveau type de brise-lames et le type du port d’Alger. Ces deux types de brise-lames sont placés à côté l’un de l’autre, séparés pourtant par une cloison, dans une même cuve rectangulaire, contenant de l’eau jusqu’à la hauteur du niveau supposé de la mer, et où une disposition ingénieuse permet de créer des lames agissant en même temps sur l’un et sur l’autre profil, ce qui permet de comparer les effets des deux types d’ouvrages.
- Or on constate, dit M. Nielly dans sa notice, que la même vague, rencontrant les deux môles, n’est que très partiellement détruite par le type d’Alger, tandis qu’elle est complètement annihilée dans le nouveau type proposé, ainsi que cela ressort clairement de l’examen des deux petits ports situés en arrière des deux môles, au moment même où ceux-ci sont frappés par la vague.
- M. Nielly a jugé utile de réfuter par avance deux objections qui peuvent, prévoit-il, être faites contre son nouveau type de môle.
- Une première objection, c’est que, ce nouveau type de môle paraissant contenir beaucoup plus de matériaux, on peut penser qu’il coûterait plus cher. Mais, suivant M. Nielly, les môles du type d’Alger n’offrent pas à la vie humaine et à la fortune publique une sécurité absolue et doivent forcément être déclarés insuffisants et incomplets; et d’autre part, le nouveau type peut être construit en matériaux beaucoup moins lourds que le type actuel. Bref, M. Nielly estime que, tous les éléments de dépense étant bien considérés, il serait peut-être possible de démontrer que l’économie est en faveur de son nouveau type de môle.
- La seconde objection consiste en ce que, si l’on supprime l’action du grillage, — ce qui peut être fait, dans le modèle, en enlevant ledit grillage, — on reconnaît que la risberme horizontale qui se trouve au-dessous « suffit en apparence pour briser complètement la lame » ; en sorte que l’on pourrait conclure de ce fait que le grillage est inutile. M. Nielly admet cette conclusion pour les môles qui n’ont pas, du côté intérieur, de chaussée de
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- trafic; en réalité, le grillage ne lui semble nécessaire que là où existe une voie quelconque à protéger. La nécessité du grillage en pareille circonstance lui paraît d’ailleurs ressortir nettement des considérations suivantes :
- « Il y a un élément, dit-il, qu’un modèle, forcément, ne peut faire entrer en ligne de compte, et cet élément est le vent soufflant en tempête contre la crête des lames brisées. Si ce phénomène pouvait être imité dans le modèle, on verrait, après avoir supprimé le grillage, la partie supérieure de la vague, transformée en écume bouillonnante, remonter le long de la face extérieure du môle et mouiller la chaussée de manière à la rendre impraticable ; tandis qu’en replaçant le grillage, on verrait cette partie bouillonnante de la vague s’étendre forcément sur son talus et être rapidement absorbée par lui, absolument comme le fait une plage de sable. Le grillage seul peut donc protéger la chaussée contre la violence de ce qu’on est convenu d’appeler les embruns. »
- Nouvelles expériences. — De nouvelles expériences ont été faites par M. Nielly, à l’aide du modèle de l’Exposition, en présence du rapporteur soussigné.
- On a d’abord renouvelé les expériences mentionnées dans la notice, et les résultats déjà signalés ont été complètement confirmés.
- On a ensuite enlevé le grillage du nouveau type de môle, et on l’a remplacé, d’abord par un talus en gros blocs, puis, par un talus en blocs plus petits (les uns et les autres, des deux échantillons employés dans la construction du double modèle). Dans le premier cas, la chaussée s’est trouvée mouillée, non par la vague même, qui était complètement amortie en arrivant au sommet du talus, mais par les petits embruns provenant du clapotis produit par les angles saillants des blocs ; dans le second cas, le clapotis a été presque insensible.
- M. Nielly a trouvé dans ces nouvelles expériences la preuve que plus la dimension des blocs déposés en avant de la chaussée diminue, — la limite extrême étant le sable, — plus le clapotis doit diminuer, et, avec lui, le risque d’inonder la chaussée; et c’était là, en effet, le raisonnement qui l’avait conduit à étudier la plage de sable et à l’imiter par un grillage. Il a fait remarquer en outre que si les expériences avaient pu être faites avec de l’eau salée, beaucoup plus dense, et avec l’action du vent sur le clapotis, la chaussée eût été certainement inondée dans les deux cas, quoique moins dans le second.
- M. Nielly a insisté d’ailleurs, à nouveau, sur l’opinion déjà exprimée
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- par lui dans sa notice, à savoir : que le grillage peut être supprimé quand la chaussée n’est pas utilisée par le trafic; mais, a-t-il ajouté, si cette suppression a lieu, le grillage ne doit pas être remplacé par des blocs, attendu que la risberme seule et le talus à 45° qui la termine suffisent amplement pour arrêter la vague et les paquets de mer ; des embruns peu sérieux viendraient seuls de temps en temps mouiller la chaussée, laquelle, étant en béton et interdite à la circulation, n’en souffrirait pas.
- Observations du rapporteur. —- M. Nielly, qui habite Alger, a été frappé des inconvénients que présente le môle d’abri du port de cette ville : dans les gros temps, la mer déferle plus ou moins violemment par dessus les blocs de garde placés en bordure, du côté du large, sur la plate-forme maçonnée qui forme le couronnement de l’ouvrage, empêchant ainsi toute circulation sur ladite plate-forme; en même temps, les lames qui viennent briser sur le talus du large emprisonnent et compriment de l’air qui ne peut s’échapper que par dessous la plate-forme maçonnée, à travers les interstices des blocs, produisant ainsi, vers l’intérieur du port, ces fortes poussées d’air et ces jets d’eau que l’on appelle des souffleurs. Mais il importe de faire remarquer de suite à ce sujet que, bien que les inconvénients en question soient réels, on ne doit pourtant pas en exagérer l’importance : d’une part, le déferlement des lames par dessus les blocs de garde, sous forme de paquets de mer ou de simples embruns tombant sur la plate-forme, n’est que peu dommageable pour l’ouvrage même, construit en conséquence, et aucun service public n’a à souffrir des interruptions momentanées de circulation sur la plate-forme, qui n’est pas une chaussée de trafic; d’autre part, c’est certainement à tort que l’on a voulu parfois attribuer aux souffleurs une part notable de l’agitation qui règne dans le port pendant les gros temps, cette agitation étant due surtout, en effet, à la trop grande largeur de l’entrée. Les deux inconvénients signalés ne seraient vraiment sérieux que si un quai d’opération se trouvait en arrière des blocs de garde; mais, comme il vient d’être dit, ce n’est pas le cas à Alger; et, dans les ports où le cas se présente, des dispositions spéciales très efficaces sont adoptées pour se mettre à l’abri de l’un et de l’autre inconvénient.
- Quoi qu’il en soit de ces observations, c’est en vue de remédier aux inconvénients qui viennent d’être rappelés concernant le port d’Alger, et qui sont communs, dit-il, à tous les môles dont l’épaisseur est insuffisante, que M. Nielly a étudié son nouveau profil de môle.
- L’idée de recourir au brise-lames absorbant pour arriver à amortir com-
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- plètement des lames venant frapper un talus d’inclinaison trop raide ou de développement insuffisant pour produire seul un tel résultat, paraît justifiée, — bien entendu, dans la mesure que peuvent comporter, soit la comparaison de circonstances en réalité très dissemblables, soit des résultats d’expériences de laboratoire, — non seulement par l’exemple des effets que produisent sur les lames les bourrelets en gros sable, gravier ou galets qui se trouvent au sommet de certaines plages, mais aussi parles expériences qui ont été faites sur le modèle au centième du nouveau type de môle de l’Exposition. En ce qui est notamment de ces expériences, elles ont montré, en effet, qu’alors que les lames viennent déferler jusque sur la chaussée dans le type du môle d’Alger, les mêmes lames sont entièrement anéanties, sans produire le moindre clapotis, par le nouveau type de môle muni de son brise-lames absorbant.
- L’idée semble donc juste. Mais le point important est de savoir si elle est pratique, tout au moins dans son application aux digues à la mer.
- A ce point de vue, il y a lieu de faire remarquer tout d’abord que le brise-lames absorbant exigeant pour son assiette, en avant de la plate-forme de couronnement du môle, à la hauteur du niveau des hautes mers, une risberme horizontale d’une vingtaine de mètres de largeur, M. Nielly s’est trouvé forcément conduit à adopter, pour le corps même du môle, un profil se rapprochant beaucoup du type des digues anglaises, qui, on le sait, sont construites tout entières en blocs naturels, avec un très long talus du côté du large, tandis que les digues françaises ont, au contraire, du côté du large, un talus assez raide constitué par des blocs artificiels. Et il ne sera pas inutile de faire remarquer encore, en passant, que cette raideur du talus des digues françaises est compensée, en ce qui est des effets d’amortissement des lames, à la fois par le pouvoir brisant des angles saillants des blocs artificiels et par le pouvoir absorbant des grands vides que laissent entre eux lesdits blocs.
- Mais il ne saurait entrer dans le cadre de ce rapport de discuter, comme l’a fait M. Nielly dans sa conférence, les mérites comparatifs des deux types de digues. Il suffira de constater ici que l’invention de M. Nielly ne pourrait être appliquée aux digues françaises actuelles, — à supposer que l’application du brise-lames absorbant fût vraiment pratique dans les môles à la mer, — que moyennant un grand renforcement de ces digues, c’est-à-dire au prix de dépenses considérables, hors de toute proportion avec les résultats à obtenir.
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- On se bornera donc à considérer, exclusivement en lui-même, le nouveau profil de môle, avec son brise-lames absorbant, tel qu’il est proposé par M. Nielly.
- Ainsi que l’inventeur l’a fait remarquer dans sa conférence, ce profil, tout au moins dans les ports à marée, se rapproche beaucoup de celui de la digue — citée comme un modèle à imiter — du port anglais de Holyhead. Le nouveau profil présente pourtant une différence notable : c’est qu’au lieu du talus très doux de la digue de Holyhead, depuis son sommet jusqu’au niveau des basses mers, M. Nielly a eu recours à sa courbe cycloïdale qui comporte au contraire un talus relativement raide sur toute la hauteur comprise entre les niveaux de la basse et de la haute mer. Or l’expérience a prouvé dans les nombreuses digues anglaises, toutes plus ou moins conformes au type de Holyhead, qu’un talus en blocs naturels ne peut se maintenir, dans toute la portion qui émerge, que sous une faible inclinaison. Dans les ports à marée, le talus à forme cycloïdale du nouveau profil s’écroulerait donc inévitablement sous l’action des lames, entraînant avec lui le brise-lames absorbant; et, par conséquent, M. Nielly serait obligé d’en revenir purement et simplement au type même de Holyhead. Mais, alors, le brise-lames absorbant deviendrait inutile, puisque, comme M. Nielly l’a lui-même énoncé dans sa conférence, « la chaussée du môle anglais peut être parcourue par tous les temps ».
- Le profil joint à la notice (fig. 1), en tant qu’il s’applique à une mer sans marée, ne donne pas lieu, il est vrai, à la même objection; mais il en soulève une autre, qui, comme il va être expliqué, conduit également à démontrer le peu d’utilité du brise-lames absorbant.
- Le but de cet ouvrage, en effet, est d’empêcher la production des embruns qui viennent mouiller la chaussée. C’est tellement l’unique but de l’invention, que M. Nielly déclare nettement que si la chaussée n’est pas utilisée pour le trafic, on peut très bien supprimer le brise-lames absorbant; et, en pareil cas, il estime qu’il vaut mieux se contenter de la simple ris-berme horizontale, plutôt que de prolonger le talus en bloc jusqu’à la plate-forme de couronnement de la digue.
- Disons de suite que, sur ce dernier point, nous croyons que M. Nielly se trompe. En effet, avec la disposition qu’il préconise, — contraire à la disposition constamment adoptée dans les digues anglaises prises comme modèles, — les lames qui auraient franchi le sommet du talus courraient sans presque perdre de leur force sur la risberme horizontale, viendraient Tome IV. — 88e année. 4e série. — Décembre 1889. ' 88
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- ainsi frapper violemment la face presque verticale de la partie supérieure de la digue, et déferleraient alors en paquets de mer sur la chaussée, par dessus le parapet. La continuité du talus, au contraire, aurait pour effet d’amortir complètement les lames, en ne donnant lieu, d’ailleurs, qu’aux faibles embruns occasionnés par les angles saillants des blocs.
- Cette réserve faite, voyons si le brise-lames absorbant aurait toute l’efficacité qu’en espère M. Nielly.
- Avec le talus relativement long qu’il propose, les lames, dans les gros temps, commenceraient certainement à briser avant d’être arrivées jusqu’au brise-lames absorbant : c’est ce que M. Nielly lui-même a figuré, avec beaucoup de raison, dans le croquis joint à sa notice; et, dès lors, les embruns produits par les sommets brisés des lames seraient inévitablement entraînés parle vent jusque sur la chaussée. Le brise-lames absorbant ne ferait donc que diminuer les embruns sans les supprimer; en sorte que la chaussée continuerait d’être le plus souvent impraticable pour les opérations de trafic pendant les gros temps.
- Mais les objections qui précèdent ne sont pas les seules. Il en est une encore, la plus importante, consistant dans la grande difficulté que l’on aurait à établir solidement le brise-lames absorbant et à en assurer la conservation.
- Il est dit, en effet, dans la notice descriptive, que les fermes du brise-lames doivent être supportées par des murettes en béton construites sur les blocs jusqu’à fleur d’eau. Or on sait que les massifs des digues, construits en blocs naturels ou artificiels, tassent pendant très longtemps; que même, quand le tassement dans la partie correspondante au noyau de la digue, paraît suffisant pour permettre d’y asseoir la plate-forme maçonnée, on reste néanmoins obligé à d’incessants rechargements sur le talus du large pour remédier aux bouleversements et aux tassements qui y sont causés par les coups de mer. Les petites murettes destinées à porter le brise-lames absorbant n’auraient donc aucune stabilité, seraient promptement brisées et détruites.
- D’un autre côté, la charpente en fer du brise-lames, tout entière de construction assez légère, avec ses nombreux boulons et rivets de liaison, ne saurait bien certainement, sans parler même des difficultés de construction ni des effets promptement destructeurs de la rouille, résister longtemps aux violentes secousses résultant des coups de mer.
- L’inventeur prévoit, il est vrai, la possibilité de*construire le brise-lames
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- en bois; mais ce serait alors une espèce de brise-lames flottant, qui serait soulevé à chaque lame pour retomber aussitôt plus ou moins violemment sur les murettes de soutien, au grand détriment de sa conservation.
- Toute cette discussion conduit à conclure que le brise-lames absorbant imaginé par M. Nielly ne semble pas susceptible d’une application pratique dans la construction des môles d’abri des ports.
- Mais on doit signaler en même temps que l’idée de cet inventeur semblerait, au contraire, susceptible de recevoir d’utiles applications dans d’autres ouvrages des ports où le brise-lames absorbant pourrait reposer sur une base solide et n’aurait à amortir que des lames oscillantes et non des lames déferlantes. 11 est fait ici allusion surtout aux ouvrages dits talus brise-lames destinés à amoindrir la houle dans les chenaux des ports et dans les avant-ports. On manque souvent, en effet, pour l’établissement de ces ouvrages, de l’espace nécessaire pour donner au talus une pente convenable et un développement suffisant, et l’on pourrait peut-être, en pareil cas, parer avec succès à l’insuffisance signalée par l’adoption d’un brise-lames absorbant du système Nielly, soit en fer, soit en bois.
- Le même type d’ouvrage pourrait peut-être aussi recevoir une autre utile application dans les travaux de défense des côtes contre les attaques de la mer. Le brise-lames absorbant serait alors appelé à jouer le même rôle que les digues pleines parallèles à la côte qu’on appelle des brise-mer. On le construirait en charpente, et les fermes seraient constituées par des pieux en-' foncés dans le sol.
- Conclusion. — En résumé, votre Comité des constructions et des beaux-arts estime que l’idée du brise-lames absorbant imaginé par M. Nielly repose sur une conception ingénieuse, et que l’efficacité du nouveau type d’ouvrage, au point de vue de l’amortissement des lames, paraît probable, tout au moins autant qu’il est permis d’en juger d’après les résultats d’expériences faites sur un modèle au centième ;
- Que, toutefois, contrairement à l’opinion de l’inventeur, ce type d’ouvrage ne paraît pas susceptible d’application pratique dans la construction des môles d’abri des ports; mais qu’il pourrait peut-être, en revanche, trouver d’utiles applications dans la construction d’autres ouvrages des ports, tels que les talus brise-lames, ou dans les travaux de défense des côtes contre les attaques de la mer.
- Votre Comité a, en conséquence, l’honneur de vous proposer d’adresser àM. Nielly des remerciements pour son intéressante communication, et de
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- décider, comme témoignage d’intérêt, que le présent rapport, qui contient une description complète de l’invention et rend compte des résultats des expériences faites avec le modèle au centième, sera inséré au Bulletin de la Société, avec un dessin reproduisant la figure 1 de la feuille de dessin annexée à la notice de l’inventeur.
- Signé : Voisin Bey, rapporteur.
- Approuvé en séance le 25 octobre 1889.
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- Rapport fait par M. Schlemmer, au nom du Comité des constructions et des beaux-arts, sur la Notice intitulée Matériel destiné a l’enseignement DE LA GÉOMÉTRIE DESCRIPTIVE ET DE LA PERSPECTIVE, par M. Ar-mengaud aîné, ingénieur, membre de la Société.
- En adressant à notre Société sa notice sur un nouveau matériel destiné à l’enseignement de la géométrie descriptive et de la perspective, M. Armen-gaud aîné, ingénieur, membre de la Société, a joint à cet envoi une lettre, en date du 4 juillet dernier, par laquelle il demande que cette méthode soit soumise à l’examen de l’un des comités de la Société d’Encouragement.
- C’est le Comité des constructions et des beaux-arts qui en a été chargé, et c’est en son nom que j’ai à vous faire connaître, Messieurs, les remarques et la conclusion auxquelles il a été amené, à la suite de son examen.
- I
- Pour beaucoup de personnes qui commencent l’étude de la géométrie descriptive, il se présente une difficulté qui provient de l’embarras où elles sont de se représenter les objets tels qu’ils existent dans l’espace; c’est dans le but de leur faciliter cette représentation, que M. Armengaud a imaginé sa nouvelle méthode. Il connaît, d’ailleurs, très bien les divers procédés qui sont employés jusqu’à présent, pour remplir ce but, et dans le préambule de sa notice, il les passe sommairement en revue et en montre les imperfections.
- Par le matériel inventé par lui, M. Armengaud s’est proposé de remédier aux inconvénients reprochés au matériel antérieur au sien; celui-ci>
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- décrit avec un soin remarquable dans la notice, à laquelle nous devons renvoyer pour l’exposé des détails, afin de ne pas allonger, sans utilité, le présent rapport, se compose d’un très petit nombre d’appareils, d’une construction simple et économique, et, à ce point de vue, dignes du plus sérieux intérêt. Les deux principaux appareils sont :
- 1° Le dièdre, constituant les plans de projection;
- 2° Les fils de caoutchouc représentant les droites ou les génératrices des surfaces.
- Les deux plans, horizontal et vertical, mobiles autour de charnières fixées au droit et derrière la ligne de terre, sont des tôles noircies, perforées d’un très grand nombre de trous, et fixées par des vis sur un tasseau en bois tendre, encadrant un panneau de fond, du même bois, qui s’applique sur le mur.
- Lorsque le dièdre est entièrement ouvert, le plan horizontal en prolongement du plan vertical, et fixé au mur, il représente absolument un tableau noir comme ceux des salles de cours. Lorsqu’on veut constituer le plan horizontal, avec la moitié inférieure du dièdre, on maintient ce plan, dans la position horizontale, à l’aide d’un crochet de support scellé dans le mur.
- Les fils de caoutchouc destinés à représenter les lignes droites dans l’espace et ensuite en projection sur les deux plans, vertical et horizontal, sont de longueurs diverses, afin qu’on ne soit pas obligé, dans le rabattement des plans du dièdre, de leur imposer un allongement trop considérable. Ces fils se terminent par des crochets en métal qui pénètrent à travers les trous de la tôle perforée et s’y trouvent ainsi arrêtés et fixés. La jonction des extrémités des fils de caoutchouc et des bouts libres des crochets se fait très solidement et très simplement par une petite douille métallique qui n’est autre chose qu’un ferret de cordon de bottine.
- Lorsqu’il s’agit de figurer, dans l’espace, une droite ayant ses extrémités en dehors des plans de' projection, on se sert d’une fiche en acier dont la pointe, passant à travers l’un des trous de la tôle, s’enfonce et se fixe dans le panneau en bois tendre qui constitue le fond du tableau; cette fiche, qui a ainsi un premier point d’appui sur le panneau en question, et un second sur les bords du trou de la tôle, devient ainsi capable de résister à des tractions latérales; elle porte un curseur glissant sur elle à frottement doux, et muni d’un anneau destiné à recevoir le crochet des fils de caoutchouc.
- Pour donner une idée précise de la manière dont on se sert de ce matériel, des tôles perforées, des fiches et des fils de caoutchouc, M. Armengaud,
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- dans sa notice, choisit, comme exemple, l’épure très élémentaire de l’intersection de deux droites dans le dièdre antérieur supérieur. — Après avoir terminé, dans l’espace, la démonstration de toutes les parties de la construction, on rabat le plan horizontal, en enlevant le crochet de support, et l’on obtient, alors, l’aspect que doit donner le tracé géométrique de l’épure, avec une parfaite rectitude de lignes, puisque celles-ci sont obtenues à l’aide de fils tendus. — A moins de se servir d’une règle, ce qui serait trop long, aucun tracé à la main ne saurait fournir une si parfaite rectitude de lignes. — Les fils peuvent être diversement teintés, et, se détachant sur un fond noir, être rendus visibles à de grandes distances.
- La tôle, qu’elle soit ou non ardoisée, est susceptible de recevoir, comme un tableau noir ordinaire, des indications par lettres ou des tracés à la craie.
- Quand on a besoin de faire usage de plans auxiliaires, M. Armengaud recommande de les faire également en tôle perforée pour recevoir des fils de caoutchouc et de les accrocher sur l’un ou l’autre des plans de projection, dans les trous mêmes de la tôle, et de les disposer à charnière, de façon à permettre les rabattements. — Quand les traces de ces plans auxiliaires se rencontrent dans les limites du dièdre, on fait emploi d’une monture métallique articulée comme les deux branches d’un compas. Sur cette monture on tend des fils de caoutchouc qui se raccourcissent ou s’allongent suivant l’ouverture variable de l’angle des deux branches. — Quand les traces ne se rencontrent pas dans les limites du dièdre, on tient alors les deux branches de la monture indépendantes l’une de l’autre au lieu de les lier ensemble par une charnière.
- II
- Après ces explications fort simples et d’une clarté qui constitue, suivant l’avis de votre Comité, le mérite essentiel dans les méthodes d’enseignement des premiers éléments de la géométrie descriptive, la notice expose l’extension de l’emploi du même matériel aux questions de géométrie descriptive qui dépassent le niveau des premiers éléments et cherche à justifier aussi son application à l’étude de la perspective. Votre Comité, se rendant bien compte des sujétions et des difficultés auxquelles on se heurte alors, pour approprier les susdits appareils à l’enseignement de ces matières d’un ordre plus élevé, n’a pas trouvé tous les renseignements justificatifs nécessaires
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- dans la notice; celle-ci est, en effet, ou muette ou pas assez explicite au sujet de ces difficultés. — S’il y a une légère réserve à formuler à cet égard, eelle-ci ne saurait arriver jusqu’à l’expression d’un regret; car autant les élèves ont de reconnaissance pour les méthodes qui leur facilitent, au début, ce qu’on appelle la lecture ou la représentation des lignes dans l’espace, autant ils peuvent et doivent même se passer du secours des mêmes moyens, quand, une fois les premières difficultés vaincues, ils abordent la partie de la géométrie descriptive qui vient après celle des premiers éléments.
- En résumé, Messieurs, votre Comité des constructions et des beaux-arts a l’honneur de vous proposer :
- 1° De faire parvenir à M. Armengaud aîné des remerciements pour son intéressante communication, et des félicitations pour le secours nouveau qu’il apporte à l’enseignement des premiers éléments de la géométrie descriptive ;
- 2° De décider l’insertion du présent rapport dans \q Bulletin de la Société.
- Signé : Schlemmer, rapporteur.
- Approuvé en séance le 25 octobre 1889.
- AGRICULTURE
- Rapport fait par M. Prillieux, au mon du Comité d! agriculture, sur le pulvérisateur de M. Rourdil, pour le traitement du mildiou.
- Depuis que les vignes de France ont été envahies par des petits champignons parasites importés d’Amérique et qui, sous le nom de Mildiou et de Rot, produisent de terribles épidémies, on a trouvé dans l’emploi de diverses matières contenant du cuivre et particulièrement dans le produit du mélange de lait de chaux et de sulfate de cuivre que l’on désigne sous le nom de bouillie bordelaise, un remède efficace pour combattre ces maladies à condition qu’il soit répandu sur les vignes en temps utile et d’une façon régulière. Ce remède n’est que préventif; il agit en empêchant le champignon du mildiou de se reproduire ; il rend impossible la germination sur les feuilles traitées des milliards de petits corps reproducteurs qui se forment dans la durée d’une nuit et infecteraient le lendemain toutes les feuilles encore
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- AGRICULTURE. --- DÉCEMBRE 1889.
- saines si elles n’avaient été traitées d’avance. On voit souvent, faute d’un traitement bien fait, une vigne perdre en quelques jours par le mildiou toutes ses feuilles après un orage quand le temps est chaud et humide. Pour se défendre utilement contre la maladie, il faut pouvoir donner à la vigne le traitement préventif le plus rapidement possible dès que l’on aperçoit les premières taches de mildiou sur les feuilles ; un jour de retard causerait alors un dommage irréparable.
- Il est donc de la plus haute importance, pour le viticulteur, de posséder un instrument à l’aide duquel il puisse répandre très rapidement sur sa vigne le remède qui doit la sauver.
- On a construit beaucoup de pulvérisateurs fonctionnant très bien et qui rendent les plus grands services. M. Bourdil vous en présente un nouveau essentiellement différent de ceux qui ont été employés jusqu’ici et qui
- paraît avoir le mérite d’avoir une force de projection très grande, d’agir à plus grande distance et par conséquent de permettre de traiter les vignes plus rapidement qu’avec les appareils ordinaires.
- Le pulvérisateur de M. Bourdil est d’une extrême simplicité; il est formé (fig. 1) par une canule métallique enveloppée par une gaine en caoutchouc et terminée par un biseau triangulaire. L’appareil est monté directement sur un corps de pompe. Le liquide chassé par la pompe est laminé entre la canule métallique, la membrane élastique et le biseau et sort en lame pulvérulente. Les engorgements sont rendus impossibles et les frottements réduits à leur minimum par l’élasticité même de la paroi de caoutchouc qui se dilate toutes les fois que cela est nécessaire pour laisser passer les impuretés. La pulvérisation, bien que moins parfaite qu’avec les appareils Biley, paraît cependant suffisante et porte à assez grande distance pour que l’on puisse traiter d’un seul coup plusieurs rangées de vigne. Des essais faits avec de la bouillie contenant 6 p. 100 de sulfate de cuivre et 6 p. 100 de chaux ont donné des résultats très satisfaisants.
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- La pompe qui accompagne le pulvérisateur est munie d’un piston perfectionné d’une très grande douceur, bien que parfaitement étanche. La pompe communique par un tuyau de caoutchouc avec un réservoir placé comme d’ordinaire sur le dos de l’opérateur qui tient la pompe à la main et l’emploie comme une seringue de jardinier.
- La nouveauté de l’idée d’après laquelle est construit le pulvérisateur de M. Bourdil, la puissance de son effet et la facilité avec laquelle il permet l’emploi de bouillies fort épaisses ont paru très dignes d’intérêt à votre Comité d’agriculture qui vous propose de remercier M. Bourdil de sa communication et de décider la publication du présent rapport avec un dessin de l’appareil que vous a présenté M. Bourdil.
- Signé : Prillieux, rapporteur.
- Approuvé en séance le 25 octobre 1889.
- ARTS MÉCANIQUES
- PRODUCTION MÉCANIQUE ET UTILISATION DU FROID ARTIFICIEL, PAR M. GUSTAVE RICHARD, INGÉNIEUR CIVIL DES MINES. (Suite.) (1)
- Machines à acide carbonique. — L’acide carbonique est de beaucoup le plus énergique des gaz réfrigérants employés dans l’industrie.
- Il se condense, sous la pression atmosphérique, à — 32°, en un liquide de densité 0,9, incolore, flottant sur l’eau comme de l’huile, et produisant par sa vaporisation à l’air libre un froid de — 75°, qui le solidifie en partie.
- Le point critique de l’acide carbonique est de 31° (2). Au delà de ce point, l’acide carbonique n’existe plus qu’à l’état mixte, et sa pression augmente très rapidement avec la température, comme l’indique le tableau suivant :
- Température........................ 0° 15° 30° 40° 43°
- Pression de liquéfaction ou de saturation. 40atm 50atm 75atm 90atm 100atm
- A 200*, la pression de saturation de l’acide carbonique serait, suivant I&upp, de 800 atmosphères.
- (1) Voir le Bulletin de novembre, p. 629.
- (2) Andrews, Phil. tram., 1869, p. 375. — J. Thomson,. Proc, of Roy. Soc. London, nov. 1871. — Van der Waals, Over de Continuiteit van den g as en Vlœistofzustand. Leyde, 1873, p. 56. — Maxwell, Theory of Heat, p. 125. — Clausius, Ann. de Chimie et de Physique, nov. 1884.— Caille-tet et Colardeau, Comptes rendus, 24 juin 1889, p. 1280. — E. Mathias, Comptes rendus, 16 septembre 1889.
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- Les emplois de l’acide carbonique liquide sont déjà nombreux ; c’est ainsi que l’on utilise son énergie mécanique considérable pour le tirage de la bière (1), l’amorçage ou la manœuvre des pompes à incendie (2), la compression des lingots (3), le renflouage des navires (4), la force motrice (5). L’acide carbonique liquide se vend aujourd’hui couramment, enfermé dans des bouteilles en acier ou en fer forgé (6). Un litre d’acide carbonique liquide fournit environ 450 litres de gaz. On le transforme facilement en une neige blanche qui fournit, lorsqu’on la dissout dans l’éther, l’acide sulfureux ou l’éther méthylique des mélanges réfrigérants très énergiques, descendant jusqu’à — 80° à l’air libre (7).
- La fabrication très simple et bien connue de l’acide carbonique a reçu récemment quelques perfectionnements, dans le but de la rendre continue et véritablement industrielle (8).
- L’acide carbonique n’attaque sensiblement aucun des métaux habituellement employés dans les appareils réfrigérants. Le principal inconvénient qu’il présente est d’exiger des joints d’une exécution difficile, l’emploi d’une circulation d’eau très active, et de ne révéler ses fuites par aucune odeur. D’autre part, les difficultés de constructions, conséquence des hautes pressions de l’acide carbonique liquide, n’ont permis d’en introduire l’usage dans la pratique industrielle des machines à froid que tout récemment, bien qu’il en soit question depuis très longtemps (9). C’est à deux ingénieurs allemands, MM. Rayât et Windhausen, que revient, à notre connaissance du moins, l’honneur d’avoir réalisé les premières machines frigorifiques à acide carbonique.
- L’acide carbonique exige, à puissance frigorifique égale, des appareils compresseurs moins grands que les autres gaz : 50 fois moindres, d’après Windhausen, qu’avec l’éther, 25 fois moindres qu’avec l’acide sulfureux, et 15 fois moindres que pour l’ammoniac ; mais il comporte, en revanche, des pressions d’environ 20 atmosphères au bac à glace et 70 atmosphères au compresseur, dans les con-
- (1) Appareils de Kunkeim, Revue industrielle, 19 févr. 1885. — Heuser, Moniteur de la Brasserie, 3 févr. 1889. — Luhrmann, Chronique industrielle, 14 févr. 1886. — Froideval, le Constructeur, 4 août 1889.
- (2) Raydt et Witle, la Nature, 12 avr. 1884.
- (3) Krupp, Annales industrielles, 29 mars 1885.
- (4) Raydt, Annales industrielles, 29 mars 1885.
- (5) Brunnel, Faraday, Marquis, Ghillano et Crestin, Mékarsky. — Haton de la Goupillière, Cours de machines, t. I, p. 437.
- (6) Raydt et Kunkeim, Revue industrielle, 19 févr. 1885. — Froideval, Société d’Encouragement, mars 1889.
- (7) Thiloriër, Hoffmann, Ducrëtet, Cailletet et Colardeau, Comptes rendus, 4 août 1884, 11 juin 1888.
- (8) Procédés Herberts et Guéret. — Brevets anglais 8617 de 1884 et 14927 de 1887. — Gall, Société d’Encouragement, mars 1889.
- (9) Lowe, Brevet anglais 952 de 1867.
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- ditions les plus favorables de la pratique. Les espaces nuisibles doivent donc être absolument supprimés; les corps de pompe et les pistons doivent être construits en fonte exceptionnellement imperméable, ou en acier, ainsi que les robinets. Les difficultés de construction, sans être le moins du monde insurmontables, sont néanmoins à considérer, et l’expérience n’a pas encore démontré la supériorité industrielle des machines à acide carbonique. Les robinets détendeurs, d’une section très petite, sont d’un réglage difficile, et doivent être maniés avec précaution.
- On peut, comme nous l’avons vu précédemment (p. 651), atténuer en partie les inconvénients des pressions très élevées en liquéfiant J’acide carbonique soit par des compressions successives, dans des pompes disposées en cascades, soit en le refroidissant, au sortir du compresseur, à la fois par l’eau de circulation et par une dérivation du gaz détendu autour du liquéfacteur. Le premier de ces moyens a été adoptée par M. Windhausen, et le second par M. Raydt.
- M. W. Raydt (1), de Hanovre, est l’un des premiers inventeurs qui aient su réaliser pratiquement une machine frigorifique à acide carbonique.
- Afin d’éviter les pressions trop élevées, l’acide carbonique passe, avant d’arriver au serpentin du bac à glace, dans un réfrigérant auxiliaire, placé à la suite du condenseur proprement dit et refroidi par la circulation de l’acide carbonique détendu revenant du bac à glace à l’aspiration. C’est dans ce réfrigérant, porté ainsi à une température notablement inférieure à celle de l’eau de condensation, que l’acide carbonique se liquéfie avant d’arriver au détendeur du bac à glace.
- Le piston du compresseur à simple effet (p. 649) a la forme d'un plongeur : il est rafraîchi par une circulation d’eau intérieure. Le stuffing-box est pourvu à l’extérieur d’un joint d’huile ou de glycérine, et l’acide carbonique qui s’en échappe est recueilli dans un gazomètre d’où on le réintègre de temps en temps au compresseur en l’y aspirant après en avoir fermé l’aspiration au bac à glace. Si l’on envoyait les fuites directement à l’aspiration de la pompe ou au serpentin du bac, il faudrait que la garniture extérieure put supporter une pression de 25 à 30 atmosphères au lieu de celle du gazomètre.
- Dans la plupart des machines de Windhausen (2), la compression, commencée par un piston ordinaire (fig. 1), se termine par un piston liquide, sans espaces nuisibles ; dans d’autres machines (p. 652), l’acide carbonique liquéfié passe, avant d’arriver au bac à glace, dans un cylindre détendeur, dont l’admission est réglée par une soupape à ressort, et dont l’échappement communique avec le serpentin du bac. Les fuites des garnitures sont récupérées en les refoulant au cylindre de compression ou en les aspirant au cylindre détendeur.
- (1) Brevet anglais 15473 de 1884.
- (2) Brevets anglais 2864 de 1886, 2548 et 2549 de 1888. — Engineering, août 1888.
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- Machines à liquides binaires. — C/est, croyons-nous, à MM. lessié du Motay et Rossi que l’on doit attribuer la première idée d’utiliser dans les machines frigorifiques à compression des liquides mixtes ou binaires, c’est-à-dire constitués par le mélange de deux liquides volatils susceptibles de se séparer en se vaporisant à de certaines pressions, puis de se recombiner ensuite lorsqu’on augmente ces pressions. Dans cette recombinaison, l’affinité chimique entrerait en jeu pour aider à la liquéfaction du mélange et soulager d’autant le travail du compresseur,
- Fig. 1. — Machine Windhausen à double compression.
- Légende. — L’acide carbonique, aspiré dans le premier compresseur A par le tuyau d et la soupape a, est refoulé par la face sèche du piston différentiel B, au travers de la soupape de refoulement b, du tuyau f et du clapet de retenue a,, au-dessus de la masse de liquide glycériné qui remplit le second compresseur A'. Au retour du piston B, ce liquide achève de comprimer l’acide carbonique, et le refoule, sans espace nuisible, au condenseur, par le tuyau e et la soupape b’. Les compresseurs sont refroidis par une circulation d’eau æy. Le liquide qui pourrait s’échapper autour de B' et du piston B1 passe en t, dans le cylindre A2, d’oix il est refoulé par p g en A', et restituée à la masse : celui qui s’échappe jusqu’à la garniture intérieure m en est aspiré de o en t, au retour de ZL, et res. titué de même, par p g, en A'.
- pourvu que l’on enlève par une circulation d’eau suffisante la chaleur de cette combinaison.
- MM. Tessié du Motay et Rossi (1) ont choisi comme liquides mixtes les combinaisons fournies par l’éther ordinaire, l’acide sulfureux ou le gaz ammoniac. L’éther absorbe à la température de 0 degré environ 50 p. 100 de son poids d’acide sulfureux et 6 p. 100 de son poids d’ammoniac. Le résultat est un liquide incolore, stable à la température ordinaire, comme l’éther. Alternativement raréfié puis comprimé, ce liquide se comporte dans la circulation d’une machine à compression comme l’éther ordinaire, mais avec une énergie frigorifique plus consi-
- (I) Brevets anglais 292 et 1284 de 1880. — The Engineer, 20 août 1880, p. 144.
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- dérable ; il présente en outre sur l’éther l’avantage de ne pas s’enflammer et de graisser naturellement les organes du compresseur, comme le fait l’acide sulfureux. On obtient ainsi une marche presque aussi active qu’avec l'acide sulfureux, mais à pressions moindres : une atmosphère et demie au plus. Quelques machines fonctionnent aux États-Unis avec les liquides binaires de MM. du Motay et Rossi, notamment aux forges de M. H. Delamater, à New-York ; il y a tout lieu de penser qu’elles sont préférables aux machines à éther, et en tout cas, plus sûres, puisque leur liquide n’est pas inflammable.
- Au lieu de chercher à diminuer les pressions de liquéfaction déjà trop basses de l’acide sulfureux, M. Pictet (1) s’est, au contraire, efforcé de les relever en l’associant avec l’acide carbonique, qu’il peut absorber en toutes proportions, en formant une série de liquides binaires dont le point d’ébullition varie de— 70° à — 7° suivant leur richesse en acide carbonique. Celui de ces liquides choisi parM. Pictet a pour formule symbolique CSO4; son point d’ébullition est de — 19°. Comme tous les liquides de la série, il se décompose aux basses températures en une suite de liquides intermédiaires émettant chacun des vapeurs pour leur compte et se recombinant aux températures ordinaires sous une pression modérée. Il en résulte, qu’aux basses températures — dans les serpentins du bac à glace, par exemple — la tension, égale à la somme des tensions élémentaires de l’acide carbonique et de l’acide sulfureux, sera plus grande que celle de l’acide sulfureux, tandis qu’aux températures ordinaires elle pourra être peu différente. C’est, en effet, ce qui a lieu : les tensions respectives du liquide (CSO4) et de l’acide sulfureux sont de 3atm,40 et 3atm,30 à 20°, de 2atm,20, et de latm,90 à — 5°. A 35°, les tensions sont égales; à 50°, elles sont de 6atm,86 pour le liquide binaire et de 8atm,3 pour l’acide sulfureux. Il y a donc économie de force motrice ou diminution du travail du compresseur parce que, toutes choses égales, la pression augmente à l’aspiration ; une partie du travail de liquéfaction est opéré par le jeu de l’affinité chimique qui s’exerce entre l’acide carbonique et l’acide sulfureux aux températures ordinaires de la compression, et dont on n’a qu’à dissiper la chaleur dans l’eau du condenseur. On aurait constaté, d’après M. Pictet, par la substitution seule du liquide (CSO4) à l’acide sulfureux, une économie ou augmentation du rendement de 50 p. 100 (340k= de glace au lieu de 215kg); mais il est permis d’élever quelques doutes à ce sujet, car l’emploi du liquide binaire ne s’est pas répandu depuis la date de cet essai (1885).
- M. Quiri (2) a proposé ensuite, en 1886, l’emploi de liquides binaires d’acide sulfureux, de sulfure de carbone et de divers hydrocarbures. Nous ne connaissons aucune application des machines de M. Quiri qui emploient, comme celles de
- (1) Brevet anglais 16557 de 1884 et 12514 de 1889. — Nouvelles Machines frigorifiques. Genève, 1885. — Comptes rendus, 9 févr. 1885.
- (2) Brevet anglais 14606 de 1886. ' .
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- Pictet, des condenseurs à tubes en U et des soupapes silencieuses à dash-pots.
- Machines à, absorption ou à affinité.
- Le principe général des machines à absorption ou affinité est le suivant :
- On évapore sous pression une dissolution ammoniacale concentrée du commerce : le gaz ammoniac dégagé, refroidi par une circulation d’eau, se liquéfie dans un condenseur, d’où il se détend en produisant du froid dans un réfrigérant. Au sortir du réfrigérant, le gaz ammoniac se rend dans un vase plein d’eau, ou absorbeur, et se dissout dans cette eau, que l’on renvoie dans la chaudière ou vaporisateur ; et ainsi de suite indéfiniment.
- La pompe qui ramène la dissolution ammoniacale de l’absorbeur au vaporisateur est le seul organe mécanique de l’appareil, et son travail est très faible (1). Les principaux travaux du cycle : la liquéfaction et Xaspiration, sont effectués respectivement par le vaporisateur et par Y absorbeur, dont la combinaison remplace le compresseur des machines précédentes. Il y a donc, théoriquement, une identité parfaite entre les machines à affinité et les machines à compression marchant sans surchauffe : le cycle est le même, l’affinité de l’eau de l’absorbeur pourl’ammoniac remplaçant l’aspiration mécanique, et réchauffement direct de la dissolution ammoniacale la compression; avec cette différence, toutefois, que l’affinité accomplit son travail d’aspiration avec un dégagement de chaleur, tandis que le travail de liquéfaction en absorbe, en apparence inversement à ce qui se passe dans les machines à compression.
- D’autres phénomènes accessoires, mais néanmoins importants, achèvent de troubler cette identité théorique. La dissolution ammoniacale n’a pas, dans le vaporisateur, une richesse uniforme : les parties basses sont très faibles, on les envoie dans l’absorbeur, d’où elles reviennent après s’être enrichies. Mais ces liquides pauvres, très chauds au sortir du vaporisateur, doivent arriver à l’absor-beur aussi froids que possible : on y parvient en les refroidissant, au travers d’un échangeur de températures, par la dissolution riche qui retourne de l’absorbeur au vaporisateur; on utilise ainsi théoriquement toute la chaleur de l’eau du vaporisateur.
- Théoriquement, le rendement de l’appareil à absorption doit dépasser celui des machines à compression de la quantité correspondant aux résistances passives de la machine à vapeur et de la pompe de compression; il doit aussi diminuer avec la température du réfrigérant, parce qu’il faut chauffer le vaporisateur p, une température d’autant plus élevée que sa dissolution est plus pauvre, et que
- (1 ) Ces pompes, assez délicates, ont été récemmént perfectionnées par M. Neild (brevet anglais, 17 931, et 21 888).
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- cette richesse s’abaisse avec la pression du réfrigérant à l’entrée de l’absorbeur.
- En théorie, la chaleur — en calories négatives — cédée au réfrigérant doit être égale à la différence des chaleurs cédées au condenseur et fournies au vaporisateur; mais il faut, en pratique, tenir compte de nombreuses causes de déchet, dont les principales sont l’influence de l’eau entraînée avec le gaz ammoniac distillé du vaporisateur et la perte de la chaleur enlevée par le refroidissement du récipient absorbeur, nécessaire pour que la dissolution y soit suffisamment concentrée.
- L’eau entraînée nuit au rendement de deux manières : en augmentant inutilement la chaleur fournie à la chaudière de toute la quantité nécessaire pour sa vaporisation, et en diminuant la puissance frigorifique de l’ammoniac, dont elle empêche en partie la volatilisation au réfrigérant. On ne peut guère, avec les meilleures machines, évaluer à moins de 3 p. 100 la proportion d’eau entraînée, — elle atteint parfois 15 p. 100, -— et cette faible proportion suffit pour abaisser très notablement le rendement théorique.
- La quantité de chaleur qu’il faut enlever à l’absorbeur augmente d’autant celle qu’il faut fournir au vaporisateur; cette quantité de chaleur est égale à la chaleur d’absorption du gaz ammoniac (515 calories) diminuée des calories négatives apportées par ce gaz du réfrigérant, ou de la chaleur nécessaire pour l’élever de la température du réfrigérant à la température normale de l’absorbeur.
- L’influence de ces deux causes de pertes seules (3 p. 100 d’eau entraînée et le maintien de l’absorbeur à la température du condenseur) suffirait, avec une température de —15° au réfrigérant, à presque décupler la chaleur théorique à fournir à la chaudière (1).
- Si l’on ajoute à ces causes de pertes principales celles qui proviennent du rayonnement des appareils, de l’imperfection de l’échangeur de températures et de l’engorgement des serpentins du réfrigérant, plus à craindre avec ce système (2), on ne s’étonne plus de voir le rendement des machines à absorption tomber parfois, malgré leur supériorité théorique, au même niveau, sinon plus bas que celui des machines à compression. D’après une analyse raisonnée de M. Kilboimi (3), les dépenses de vapeur dans les machines à absorption et dans les machines à compression conduites par un bon moteur à condensation seraient dans le rapport de 38 à 23. Les essais de Munich, exécutés, il est vrai, sous l’inspiration de M. Linde, semblent confirmer ces prévisions, car ils indiquent, pour les machines à compression, une dépense de vapeur trois fois moindre que pour les machines à affinité. Nous ne pouvons, tout en faisant nos réserves sur ces chiffres, nous empêcher d’y attacher une certaine importance, confirmée, il me
- (1) Ledoux, Machines à froid, p. 85.
- (2) Kilbourn, Engineering, 21 oct. 1881, p. 403.
- (3) Engineering, 28 oct. 1881, p. 427.
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- semble, parla prépondérance que prennent de plus en plus les machines à absorption, malgré leur caractère mécanique en apparence plus compliqué (1).
- En outre, dans la machine à absorption, la circulation d’eau doit emporter non seulement la chaleur de la vapeur d’eau entraînée par l’ammoniac, mais deux fois la chaleur de liquéfaction de ce gaz : une fois au condenseur et une seconde fois à l’absorbeur. Il en résulte qu’il faut dépenser dans la machine à affinité environ deux fois plus d’eau qu’avec la machine à compression.
- Principaux organes des machines à affinité. — Nous allons maintenant passer rapidement en revue les principaux organes des machines à affinité.
- Vaporisateur. — La chaudière ou vaporisateur est le plus souvent chauffée au bain-marie, par une circulation de vapeur qui donne un chauffage plus régulier et à l’abri des explosions qui pourraient se produire à la suite de coups de feu provoquée principalement par des incrustations. En France, on préfère, pour le vaporisateur, la position verticale, justifiée, il semble, parce que les parties riches et moins denses de la dissolution ammoniacale se localisent et se concentrent naturellement au haut de la chaudière. En Angleterre et en Allemagne, on préfère la chaudière horizontale surmontée d’un analyseur qui permet de doiftier à l’ensemble de l’appareil un aspect plus compact (KropffPontifex et Wood). Dans tous les cas, le haut de la chaudière, son plan de vaporisation, doit être mis en communication avec le condenseur au travers d’un rectificateur, et le bas avec Vabsorbeur, au travers du régénérateur oxxéchangeur de températures.
- L’analyseur, interposé entre la chaudière et le rectificateur, consiste le plus souvent en une série de plateaux perforés sur lesquels descendent, sans se mêler au courant ascendant des vapeurs ammoniacales tout en en subissant réchauffement, l’eau ammoniacale condensée et séparée dans le rectificateur, ainsi que la dissolution riche provenant de l’absorbeur. On peut citer parmi les meilleurs appareils de ce genre ceux de Reece (2), Stanley (3), Pontifex (4), Beck (3), Imbert.
- Le rectificateur, qui fait suite à l’analyseur, est composé le plus souvent d’un serpentin pourvu de poches dans lesquelles la vapeur ammoniacale entraînée se recueille à mesure qu’elle se condense en parcourant le serpentin refroidi. L’un des types de rectificatcurs de ce genre des mieux étudiés est celui de MM. Pontifex et Wood (fig. 2), qui prétendent réduire ainsi presque à rien la proportion d’eau entraînée au condenseur (6).
- Le condenseur, intermédiaire entre le rectificateur et le réfrigérant, ne diffère
- (1) Gotlieb Behrend, Eis und Kàlteerzeugungs Maschinen, pp. 200 et 301.
- (2) Brevet anglais 2891 de 1870.
- (3) Ibid. 3907 de 1875.
- (4) Ibid. 15 064 de 1887.
- (5) Ibid. 11896 de 1886.
- (6) Ibid. 15064 de 1887.
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- des appareils analogues des machines à compression que par ses dimensions sou-
- vent plus considérables en raison de l’eau entraînée.
- Il en est de même du réfrigérant placé entre le condenseur et l’absorbeur.
- Uabsorbenr, placé entre le réfrigérant et la pompe de refoulement au vaporisateur ou à l’analyseur, est, au contraire, comme nous l’avons vu, un appareil particulier aux machines à affinité. Il est, en général, constitué par une sorte de condenseur à surfaces, à tubes ou à serpentins parcourus par une circulation d’eau froide, recevant par le haut le liquide pauvre du vaporisateur refroidi par l’échangeur de températures, et, en unpoint intermédiaire, l’ammoniac du réfrigérant (1 ). L’absorbeur deBeck (2) est en deux parties, avec circulation de l’ammoniac en sens inverse de la dissolution faible. Dans l’absorbeur de Reece, l’ammoniac arrive, par de petits tuyaux percés en jets multiples, au milieu de la liqueur faible circulant dans de gros tubes en U rafraîchis à l’extérieur par un courant d’eau (3).
- C’est., presque toujours, le trop plein de la circulation du condenseur qui sert ensuite à refroidir l’absorbeur.
- L'échangeur de températures, qui transmet à la dissolution riche venant de l’absor-beur la chaleur de la dissolution pauvre qui s’y rend, est aussi construit presque toujours sur le principe des condenseurs à surfaces,etne présente rien de bien pa rticulier.
- Nous citerons comme variétés des appareils à affinité que nous venons de décrire ceux de M. Tellier, remplaçant l’am-
- o O O
- Fig. 2. — Rectificateur de Pontifex et Wood .
- Légende.—L’ammoniac venant del’analyseur arrive en A dans le serpentin du rectificateur pourvu de poches A', conjuguées par des tubes A», qui endirigentl’eau chargée d’ammoniac en i, d’où elle repasse d ans l'anal j'seur : un robinet A* permet d’isoler t de la dernière poche A'.
- Du rectificateur. l’ammoniac anhydre pénètre dans le triple serpentin y du condenseur, d’où il tombe, par k, liquéfié dans le récipient l, à tubes de niveau l’V.
- L’ensemble du condenseur, du rectificateur et du liqué-facteur est renfermé dans une bâche a, pourvue des supports x c f nécessaires aux serpentins, et refroidie par une circulation d’eau ascendante suivant b c.
- (1) Pontifex et Wood.
- (2) Brevet anglais 11896 de 1886.
- (3) Ibid. 2891 de 1870.
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- moniac parlaméthylamine, avecabsorbeur rafraîchi par un courant d’air (1), ou faisant agir l’ammoniac comme force motrice au sortir du condenseur, avant d’arriver au réfrigérant (2). Dans les machines de Rossi-Beckwith (3) et d' Ossenbriïck (4), on espère réduire les entraînements d’eau en employant comme liquide absorbeur de la glycérine concentrée à 38 degrés Baumé, absorbant de 250 à 300 fois son volume de gaz ammoniac et bouillant à 140 degrés environ. Aucune de ces modifications n’ayant encore subi l’épreuve de la pratique, nous ne pouvons que les signaler sans commentaires.
- Nous nous contenterons aussi de rappeler seulement la facilité avec laquelle le principe de l’absorption se prête à la fabrication de petits appareils intermittents. Le prototype de ces appareils est celui de Carré, auquel divers inventeurs, notamment M. Kropff (5), Dubern (6), Schmid (7), ont apporté quelques perfectionnements de détail destinés soit à en faciliter le maniement ou à en assurer la sécurité, soit, à tort, croyons-nous, à en étendre l’application à de grandes productions. Il paraît en être de même du nouvel appareil de M. A. Perkins, au sujet duquel on a mené tout récemment une certaine publicité (8).
- Principales machines à affinité. —Les machines à affinité sont d’invention française. C’est, en effet, à M. Ferdinand Carré, l’un des créateurs de l’industrie du froid, que Ton doit la première machine industrielle de ce genre (9), et l’on n’a fait qu’ajouter depuis des perfectionnements de détail à sa remarquable invention qui fut d’ailleurs récompensée par un brillant succès. On retrouve dans les premières machines de Carré tous les organes essentiels des machines à affinité, dont les formes générales et les fonctions sont très clairement spécifiées par ses brevets. Les machines Carré sont construites en France par MM. Rouart frères, et tiennent encore un rang très honorable, sinon le premier rang parmi les machines à affinité (10).
- MM. Imbert frères, de Saint-Chamond, construisent aussi des appareils analogues.
- Dans ces deux appareils, le gaz ammoniac, volatilisé par une circulation de vapeur à 150 degrés environ, se liquéfie sous une pression de 10 à 12 atmosphères : la dissolution ammoniacale de la chaudière renferme environ 1 d’ammoniac pour 4 d’eau. On peut compter sur un rendement d’environ 20 kilogrammes
- (1) Brevet anglais 1730 de 1887.
- (2) Ibid. 6212 de 1888.
- (3) Ibid. 220 de 1881.
- (4) Ibid. 719 de 1886.
- (o) Ibid. 2740 de 1879.
- (6) Ibid. 3153 de 1877.
- (7) Ibid. 16074 de 1885 et 16293 de 1888.
- (8) Engineering, 8 mars 1887. — The Engineer, 8 mars 1887. — Brevet anglais 2471 de 1888.
- (9) Brevets anglais 2503 de 1860, 3422 de 1872.
- (10) Génie civil du 21 septembre 1889, p. 492.
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- de glace par kilogramme de charbon (1 ).MM. Rouart frères auraient même obtenu jusqu’à 28 kilogrammes de glace par kilogramme de charbon.
- En 1870 et 1875, MM. Reece et Frank Stanley (2) introduisirent dans les machines à affinité quelques perfectionnements de détail importants, notamment la déshydratation de l’amoniac poussée aussi loin que possible par un analyseur analogue aux rectifîcateurs des appareils à distiller.
- MM. Ponlifex et Wood de Londres ont, après avoir longtemps fabriqué les machines de Reece, considérablement perfectionné pour leur part les appareils à absorption par d’ingénieuses modifications de détail (3). Il en est de même, en Allemagne, pour les appareils de M. O. Kropff', où tous les serpentins sont remplacés par des tubes droits (4).
- Applications des machines frigorifiques.
- Les applications du froid aux industries les plus diverses sont déjà très nombreuses et se multiplient chaque jour.
- L’emploi du froid est tout indiqué pour les industries qui utilisent les fermentations dont il faut, en certains moments, arrêter ou modérer le développement : tel est le cas des fromageries (5), des magnaneries, des sucreries, pour la conservation des jus, des fabriques de colles et de gélatine et des brasseries à fermentation basse (6). Dans cette dernière application, des plus importantes, on utilise le froid de deux manières : par l’application directe de la glace et par le refroidissement des caves et des cuves au moyen de circulations de liquide in-congelable et d’eau, sorte de volants de froid qui atteignent parfois des proportions gigantesques (25km à 30kra).
- On peut citer, comme industries similaires, la conservation des vins et la fabrication des eaux gazeuses (7).
- Parmi les industries chimiques qui utilisent le froid, il faut citer la fabrication des dynamites, des bougies, des margarines (8), du chocolat (9), de la paraffine (10), la concentration des alcools, des eaux mères et la cristallisation des dissolutions salines (11).
- On a bien essayé, mais sans succès, financier du moins, l’application
- (1) Engineering, 26 juillet 1889, p. 100 (Expériences deDENTON).
- (2) Brevets anglais 2891 de 1870 et 3907 de 1873.
- (3) Engineering, 1er avr. 1887, p. 293. — Brevet anglais 15064 de 1887.
- (4) Brevet anglais 2740 de 1879.
- (5) Fixary.
- (6) Revue universelle de la Brasserie, 31 mars 1889.
- (7) Michotte et Guillaume, Traité de la fabrication des eaux gazeuses. Hetzel, 1889.
- (8) Fondoir central de Paris (Fixary).
- (9) Usine de Noisiel (Giffard).
- (10) Kirk, Inst, of Civil Eng., 20 mars 1884. — Revue industrielle, 19 mars 1889.
- (H) Merle et Cie, à Salindres. Pour les marais salants.
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- des machines à froid à la création de petits lacs de patinage .artificiels (1).
- Une application plus récente et plus digne d’intérêt est celle de M. Poetsh, pour le forage des puits en terrains aquifères inconsistants, que l’on transforme par la congélation en une masse facile à traverser (2). Le capitaine Lendmark a appliqué avec succès, en 1886, une méthode analogue au percement d’un tunnel à Stockholm (3). Le froid, bien que très intense, n’exerce aucune influence notable sur la solidité des cuvelages en bois, en fonte, et même en maçonnerie.
- Nous ne pouvons guère qu’indiquer ces diverses applications du froid, et ne donner quelques détails que sur les trois applications suivantes :
- La fabrication de la glace ;
- La fabrication de l’air froid;
- La conservation des viandes et denrées alimentaires.
- Ces trois applications, les plus importantes, comprennent d’ailleurs, comme dérivées, presque toutes celles que nous venons de signaler.
- Fabrication de la glace. — L’application la plus importante des machines frigorifiques est la fabrication de la glace.
- La glace se fabrique en congelant l’eau renfermée dans des bacs cloisonnés fixes, à l’intérieur des parois desquelles circule un liquide incongelable, ou dans des mouleaux mobiles, plongés dans un liquide traversé par des serpentins que parcourt le gaz réfrigérant. Ces mouleaux mobiles, plus économiques et d’un maniement plus commode, sont de beaucoup les plus employés. On les fait indifféremment en tôle étamée ou galvanisée.
- On distingue dans le commerce deux sortes de glace : la glace transparente et la glace opaque. Cette dernière, préférable pour l’alimentation puisqu’elle doit son opacité à la présence d’un excès d’air, n’est pourtant admise que dans les usages industriels, où son air est parfois nuisible, et pour lesquels elle présente, en raison de sa plus grande légèreté, l’inconvénient de fondre plus vite et de moins refroidir à volume égal que la glace transparente. Ajoutons qu’il importe, pour la consommation et pour les usages médicaux, de n’employer, comme eaux servant à la fabrication de la glace, que des eaux filtrées et débarrassées autant que possible, par la chaleur ou autrement, de leurs impuretés organiques (microbes, etc.), qui ne sont pas rendus inoffensifs par la congélation (4).
- Les principaux procédés employés pour produire de la glace transparente sont au nombre de cinq- :
- La congélation lente ;
- (1) West et du Vallon, Brevet anglais 2239 de 1875. — Mackay et Rae, Brevets anglais 1 073 de 1875 et 789 de 1876. — Gamgee, Brevets anglais 411 de 1876, 4176 de 1876.
- (2) The Engineer, 30 nov. 1883, p. 417. — Génie Civil, 17 mai, 12 sept. 1884. — Annales des Mines, juil. 1885, janv. 1887 (Mémoire de MM. Lebreton et Alby).
- (3) Inst, of Mechanical Engineers, mai 1886, p. 237.
- (4) Revue scientifique, 3 sept. 1887. — Les Bactéries de la glace, par M. de Varigny.
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- La congélation dans le vide ;
- L’agitation de l’eau pendant la congélation ;
- L’ébullition ou la distillation de beau privée d’air ;
- La congélation de l’eau provenant de la condensation de la vapeur d’échappement.
- La congélation lente, dans un bain à — 3° environ, imite le procédé de la nature et donne des résultats excellents. D’une simplicité parfaite, elle présente l’inconvénient d’exiger des bacs énormes, coûteux et multipliant les chances de fuites.
- Le vide, combiné parfois avec l’ébullition (1) ou l’agitation (2), donne aussi une glace très belle ; mais il exige des appareils coûteux, compliqués et d’un maniement difficile ; aussi est-il presque abandonné.
- L'agitation exige aussi des mécanismes souvent encombrants, coûteux et compliqués. On peut la produire soit dans les mouleaux [à l’intérieur (3) ou à la surface (4) de l’eau à congeler, par des vannes (3), des ailettes (6) ou des pompes de circulation (7)], soit dans les compartiments fixes, par des moyens analogues, principalement par des pompes de circulation (8), soit, enfin, par l’agitation même des mouleaux au sein du liquide incongelable (9). Les inconvénients de ces moyens mécaniques, qui ne procurent pas toujours une glace très belle, sont tels qu’ils ne se sont guère répandus, malgré leur grand nombre et le caractère ingénieux de quelques-uns d’entre eux.
- 11 n’en est pas de même de la distillation et de l’ébullition de l’eau à congeler, coûteuses si on les opère isolément, mais économiques de combustible si on les obtient par une chaudière auxiliaire à surpression, ou en utilisant la vapeur d’échappement du moteur.
- La première solution est celle de Linde (fig. 3) (10) ; il chauffe la chaudière du moteur, à grandes surfaces évidemment, par la condensation de la vapeur d’une chaudière de distillation portée à une pression plus élevée : cette eau, condensée sous pression, passe, par un réducteur, dans un récipent ouvert à la pression atmosphérique, où elle entre en ébullition en perdant son air, puis elle est re-
- (1) Edwards, Brevet anglais 3123 de 1881. — Raydt, Brevet anglais 3 347 de 1883.
- (2) Gamgee, Brevet anglais 4064 de 1877.
- (3) Young, Brevets anglais 826 de 1879, 887 de 1880, 1460 de 1882. — Linde, Brevet anglais 9612 de 1883.
- (4) Nightingale, Brevet anglais 13 923 de 1884.
- (3) Osenbruck, Brevet anglais 934 de 1882.
- (6) Mutter, Brevet anglais 736 de 1883.
- (7) Gorman, Brevet anglais 2333 de 1879. — Puplett, Brevet anglais 12342 de 1884.
- (8) Skene, Mackay, Gorman et Willcox, Brevets anglais 1313 et 2343 de 1879, 3 038 de 1880, 533 de 1881.
- (9) Dowrie, Ingram, Rankin, Brevets anglais 4817 de 1881, 14989 et 15437 de 1885.
- (10) Brevet anglais 16270 de 1886. — Voir aussi le Brevet français n° 118846 de MM. Mignon et Rouart, en date du 1er mai 1879,
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- foulée aux mouleaux au travers d’un réchauffeur d’alimentation, dans lequel elle se refroidit en cédant sa chaleur à l’eau d’alimentation des deux chaudières. Cette solution, très rationnelle, exige l’installation d’appareils encombrants et coûteux, mais elle donne de l’eau distillée pure, sans graisses, et privée d’air.
- Lorsqu’on emploie pour faire la glace la vapeur d'échappement de la machine motrice, qui suffit ordinairement à 15 ou 20 pour 100 près, il faut au contraire employer, afin de la débarrasser de sa graisse, des dispositions spéciales. Dans l’appareil de M. de Stoppani (fig. 4) (1), la vapeur d’échappement, déjà condensée en partie par une injection complémentaire d’eau épurée, traverse, avant d’aller
- Fig. 3. — Fabrication de la glace transparente par le procédé Linde.
- Légende. — La chaudière de distillation à haute pression A envoie sa vapeur se condenser dans le serpentin b de la chaudière à basse pression B, dont la vapeur alimente, par d, la machine motrice G, d’où elle s'échappe par m dans un condenseur. L’eau chaude, provenant de la vapeur condensée en b, passe, par le réducteur de pression /et le tuyau e, dans le récipient C, à la pression atmosphérique, où elle se met à bouillir en expulsant, par g, son air avec un peu de vapeur. De C, l’eau, distillée et privée d’air surtout au bas de C, passe, par h, au refroidisseur D, puis, par q, la pompe II et le tuyau r, au service des mouleaux. L'alimentation de la chaudière de distillation A s’opère au moyen de la pompe E, qui aspire son eau par i et la refoule dans la chaudière par i le, au travers du serpentin p, où elle s’échauffe en refroidissant l’eau distillée de D.
- se condenser définitivement autour des tubes d’un condenseur à surfaces, un séparateur constitué par une série de tôles perforées disposées en chicanes de manière à contrarier son cours, etlelong desquelles la vapeur abandonne l’huile entraînée. L’air est enlevé par une pompe à air, qui maintient constamment le vide au-dessus du niveau de la vapeur précipitée dans le condenseur à surface : cette eau privée d’air est ensuite pompée dans un réservoir ou accumulateur aboutissant au remplissage des mouleaux. On peut employer pour le condenseur à surfaces la même eau que pour le refroidissement du condenseur d’ammoniac, et l’utiliser ensuite pour l’alimentation de la chaudière et le démoulage.
- Dans le système de Lavergne (2), la vapeur traverse, avant d’arriver au con-
- (1) Brevet anglais 3 363 de 1887. Revue industrielle, 16 nov. 1889.
- (2) Ibid. 14440 de 1887.
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- denseur, de l’eau dans laquelle elle barbotte en abandonnant presque toute sa
- Mitres- épurateur*
- Réservoir* de, l'eazo de.
- arcxUatzoTv et, des reseroes
- des vapeur condense
- Ibmpé de cincuZasàlo7V
- Fig. 4. — Fabrication de la glace transparente par le procédé Fixary-Stoppani. Dessin schématique,
- Légende. — L’ammoniac refoulé du compresseur par le gros tuyau a passe, après s’être débarrassé de son huile en s, dans le condenseur c, d’où il va s’accumuler à l’état liquide dans le récipient à ammoniac ou liquéfacteur L : du bas de ce récipient, l’ammoniac liquide passe, par le petit tuyau a a, au robinet détendeur d, du bac à glace G, dans les serpentins duquel il se détend en refroidissant une dissolution de chlorure de calcium incongelable où plongent les mouleaux à glace m. L’ammoniac détendu revient ensuite par oa’a’, à l’aspiration du compresseur.
- Le séparateur d’huile S est constitué par une série de tôles perforées disposées en chicanes sur lesquelles l’ammoniac dépose, en les traversant successivement, l’huile entraînée dans la circulation : cette huile tombe, par h, dans un récipient séparé au bas du liquéfacteur, d’où elle passe, ainsi sous pression, au joint pâteux du compresseur, qui la restitue à la circulation en a’ par le tuyau h’.
- L’eau destinée à faire la glace provient en grande partie de la condensation de la vapeur d'échappement de la machine motrice. Cette vapeur, amenée par le tuyau V, se débarrasse de sa graisse dans l’épurateur de vapeur s', construit sur le même principe que le séparateur d’huile s, et va se condenser dans le condenseur à surfaces V’, où elle se débarrasse en même temps en partie de son air, sous l’aspiration A’ de la pompe à air A. L’eau condensée et privée de la majeure partie de son air, mais chaude, va se refroidir et abandonne le reste do son air dans un second condenseur à surfaces R, également en rapport avec la pompe à air. L’eau distillée, refroidie et privée d’air, est prise au bas du refroidisseur R par une pompe B qui la refoule, par r', sous un accumulateur c, lequel la renvoie au réservoir de chargement des mouleaux M. Pour charger les mouleaux, on les amène, en a;, sous une série de crépines de chargement à soupapes s’ouvrant seulement lorsquelles viennent toucher le fond des mouleaux, de manière que le remplissage se fait sous l’eau, à l’abri de l’air. Le supplément d’eau nécessaire pour suffire au service de la glace, est fourni par le tuyau r, du réservoir de circulation, à un filtre F, d'où elle passe, par f à l’injection i, au haut du condenseur Y', où elle se mêle à l’arrivée de vapeur qu’elle condense en partie,
- L’eau de circulation passe, en charge, de la cuve de réserve au refroidisseur R, puis, par c', au bas du condenseur d’ammoniac C, d’où elle est refoulée, par la pompe de circulation p et le tuyau c"', dans les tubes du condenseur de vapeur V', dont elle s’échappe par c".
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- graisse, puis un filtre de noir animal ou de charbon. L’eau condensée descend, au travers d’un vase à niveau constant et ouvert à l’air libre, dans un refroidisseur Baudelot. De là, elle passe dans un réservoir collecteur, où elle dépose ses dernières impuretés, et du haut duquel elle se rend dans un accumulateur en bois fermé par un flotteur et communiquant avec le remplissage des mouleaux.
- On peut, d’ailleurs, lorsqu’on craint de ne pas arriver à se débarrasser entièrement des graisses, utiliser la vapeur d’échappement d’une façon indirecte, en lui faisant chauffer de l’eau préalablement filtrée. Cette eau passe autour des tubes d’un condenseur à surfaces traversés par la vapeur d’échappement, où elle bout à 70 degrés environ, sous le vide déterminé par une pompe à air ; on refroidit ensuite cette eau filtrée et privée d’air avant de l’envoyer aux mouleaux. Il est rare que la vapeur d’échappement suffise seule pour chauffer l’eau à une température convenable ; mais il est facile d’y suppléer par une prise de vapeur sur la chaudière.
- Parmi les autres procédés moins importants proposés pour la fabrication de la glace transparente, je citerai la formation des blocs par couches successivement congelées (1) ou per descensum, c’est-à-dire en laissant la glace se former lentement en se propageant du fond d’un récipient à liquide incongelable flotté sur Peau à congeler (2).
- La fabrication de la glace comporte en outre l’emploi d’un certain nombre de mécanismes accessoires pour l’avancement, le remplissage et le démoulage : nous n’insisterons pas sur ces appareils d’ordre purement mécanique, et que chaque constructeur établit à sa convenance.
- Quant au prix de revient delà glace au sortir des mouleaux, il oscille, suivant l’importance de l’installation, entre 6 et 10 francs la tonne avec les bonnes machines à compression.
- Refroidissement de l’air. — L’une des applications les plus intéressantes des machines à froid est le refroidissement de l’air, la fabrication d’air froid, que l’on applique ensuite à diverses opérations telles, par exemple, que la conservation des viandes, le refroidissement des salles de réunion.
- Les machines à air ont incontestablement le grand avantage de produire l’air froid directement : elles rachètent en partie par leur simplicité la faiblesse de leur rendement, et cette qualité paraît devoir leur conserver quelque temps encore le monopole des navires (3).
- A terre, où l’on se procure facilement l’agent chimique nécessaire au fonctionnement des machines à liquéfaction, où l’espace ne manque pas et où l’on
- (1) On peut, dans certains cas, utiliser directement le froid produit par la détente de l’air des machines motrices actionnées par l’air comprimé à procédé Popp.Voir aussi le Brevet anglais 5274 de MM. Marcet et Ellis.
- (2) Gorrie, Gamgee, Brevets anglais 13234, 4519 de 1850 et 1875. — Liade, The Enginccr, 17 sept. 1880, p. 211.
- (3) Kirk, Brevet anglais 2235 de 1804. — Gamgee, Brevet anglais 3682 de 1875.
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- tient plus à l’économie du combustible, on a cherché depuis longtemps à produire l’air froid indirectement en bénéficiant de l’économie des machines à gaz liquéfiés.
- Dans les systèmes proposés par MM. Roiiart, Osenbrück (1) et Linde, c’est par son passage sur des mèches ou des toiles métalliques imbibées de liquide incon-gelable refroidi, ou même à travers une mince couche de ce liquide (2) que l’on refroidit l’air; mais ce procédé a l’inconvénient d’obliger à l’entretien du liquide.1 2 * 4 5 On préfère, en général, se contenter de la circulation d’une grande masse de liquide incongelable toujours le même, faisant comme un volant de froid dans une série de tuyaux fixés au plafond de la salle à refroidir, et qu’il faut dégivrer de temps en temps.
- Je citerai, dans cet ordre d’idées, les tuyaux des machines de Lavergne (3), à ailettes, comme ceux de certains calorifères, dans lesquels ce n’est pas le liquide incongelable, mais, ainsi que dans les appareils de M. Schmitz (1884), le gaz ammoniac détendu lui-même qui circule indéfiniment. Leurs joints à brides vissées et soudées résistent à 70 atmosphères.
- Une autre solution consiste à refroidir l’air dans un appareil frigorifère, par son passage autour ou à l’intérieur de tubes parcourus par un liquide incongelable refroidi. Dans l’appareil de Chambers (4), l’air traverse successivement une série de réfrigérants à tubes en U, autour desquels circule le liquide incongelable : il dépose son eau et sa glace dans le premier réfrigérant et achève de se refroidir dans les autres, qu’il givre peu à peu. On opère le dégivrement en faisant passer de temps en temps, en sens inverse du courant normal, une chasse d’air chaud ou de vapeur dans les tubes givrés, qui reprennent ainsi leur activité première.
- M. Fixary (3) opère au contraire ce dégivrement méthodiquement au moyen de l’air même à refroidir, utilisant ainsi le givre, autrefois une cause de perte. La théorie de son appareil est fort simple. Imaginons (fig. 5) deux compartiments à serpentins séparés; désignons-les par C et G'. A l’origine, l’air à refroidir passe de C sur C', puis dans la chambre froide, et le gaz ammoniac détendu dans C seulement. Dès que C se givre, on renverse à la fois le courant d’air et la circulation d’ammoniac, de sorte que l’air fond d’abord le givre de G, qui s’écoule hors de l’appareil. L’air achève ensuite de se refroidir sur G', seul parcouru par la circulation d’ammoniac. L’action de l’appareil est d’autant plus vive, et le dégivrement d’autant plus rapide qu’il faut moins abaisser la température de l’air; aussi cet appareil donne-t-il d’excellents résultats quand il faut refroidir de grandes masses d’air aux environs de zéro. D’ailleurs, pour atteindre les basses températures,
- (1) G. Behrend, Eis Mcischinen, p. 280.
- (2) Mignon et Rouart, Brevet anglais 5219 de 1882. — Comptes rendus, 18 oct. 1875.
- (3i Revue industrielle, 28 juill. 1888.
- (4) Brevet anglais 1 984 de 1882.
- (5) Ibid. 3793 de 1887.
- Tome IV. — 88^ année. 4e série. — Décembre 1889.
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- M. Fixary obtient un dégivrement très rapide en faisant circuler dans l’intérieur des serpentins de l’ammoniac pris au refoulement du compresseur. En outre, l’expérience a démontré l’utilité d’un troisième serpentin, parcouru constamment
- Légende. — Cet appareil se compose essentiellement do trois serpentins, dont deux, / et /', sont indiqués sur la figure ci-jointe, enfermés dans les compartiments C et C' d’une caisse en bois recouverte d’une enveloppe non conductrice.
- Le gaz ammoniac liquéfié, dont la détente est destinée à produire le froid nécessaire pour refroidir l’air, est amené de la pompe à ammoniac au tuyau a, qui le fait communiquer, à travers le détendeur d, avec des robinets R et R1, disposés de façon à pouvoir faire passer l’ammoniac détendu alternativement dans l’un ou dans l’autre des serpentins.
- Dans l’état représenté sur la figure, c’est le serpentin J qui est traversé par l’ammoniac réfrigérant, lequel retourne à l’aspiration de la pompe par les tuyaux e et a’. L’air, aspiré dans la salle à refroidir par un ventilateur qui le refoule dans l’échangeur en A, traverse le compartiment C du haut en bas autour du serpentin inactif J, puis le compartiment C', sur lequel il est dévié par le jeu do vannes V' V, et revient dans la salle par A', après s’être refroidi autour du serpentin actif/'. Lorsque le serpentin actif /' est recouvert de givre, on renverse simultanément les positions des robinets R R' et des vannes V Y', de manière à faire passer la circulation d’ammoniac seulement dans le serpentin /, qui n’a pas de givre, en même temps que l’on change le sens du courant d’air, en le faisant passer de A en C', puis du bas de C' en C, qu’il traverse de haut en bas, pour revenir par A’ dans la chambre à refroidir. Lorsque le second serpentin s’est à son tour couvert de givre, on rétablit les choses dans la position figurée, et ainsi de suite, de sorte que l’air à refroidir, amené d’abord sur le serpentin inactif couvert de givre, commence à se refroidir en fondant ce givre, puis continue à se refroidir sur le serpentin actif, dont la surface n’a pâs de givre.
- Derrière ces deux serpentins, qui ont pour but de débarrasser l’air de son humidité et de fondre le givre accumulé par cette humidité sur les surfaces refroidissantes, se trouve un troisième serpentin, de plus grande surface, toujours actif, dans lequel la détente du gaz agit continuellement. L’air, après avoir léché la surface des deux premiers serpentins, arrive complètement sec et à la température de 3 à 4 degrés au-dessous de zéro, sur la surface de ce troisième serpentin, où il achève de se refroidir à une température très basse, sans formation de givre sensible, les deux premiers serpentins ayant absorbé toute l’humidité contenue dans l’air en circulation.
- En un mot, dans l’appareil Fixary, le liquide réfrigérant circule toujours dans des serpentins à surfaces parfaitement conductrices, en contact immédiat avec l’air à refroidir, et le givre qui reste sur le serpentin inactif, loin d’être un obstacle, concourt au refroidissement. L’eau distillée qui provient de la fusion de ce givre, et qui peut être utilisée, est évacuée par un purgeur p.
- Au bout d’un certain temps, l’air de la chambre à refroidir aura abandonné à l’échangeur presque toute son humidité ; on peut alors faire traverser les trois serpentins à la fois par l’ammoniac détendu, et augmenter ainsi l’étendue des surfaces réfrigérantes en activité.
- par l’ammoniac détendu, jamais givré, et sur lequel l’air refroidi et séché par les deux premiers serpentins achève de se refroidir. Des expériences exécutées en grand en France et en Allemagne donnent lieu de croire que cet appareil répondra aux espérances de son inventeur et permettra de réaliser avec économie
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- a production industrielle et la distribution de l’air froid sec : d’importantes applications ne tarderont pas à fixer l’opinion sur sa valeur pratique.
- Conservation des viandes. — L’application des machines frigorifiques à la conservation des viandes prend chaque jour une plus grande importance, Presque abandonnée en France à la suite d’essais malheureux, cette industrie prospère aujourd’hui et se développe rapidement en Allemagne, en Angleterre et en Belgique, principalement pour l’importation des viandes fraîches d’Amérique et d’Australie. En Angleterre, l’importation des viandes gelées s’est élevée, pour 1887, à plus de 69 000 tonnes de hœuf et de mouton (1).
- On peut empêcher presque indéfiniment la putréfaction des viandes en les maintenant congelées à une très basse température; mais ce moyen de préservation n’est pas à l’abri de toute critique parce que la viande, une fois dégelée sans précautions spéciales, se corrompt très vite, et perd en tout cas la majeure partie de son arôme et même un peu de ses qualités nutritives. Ces inconvénients ne se présentent pas, au même degré du moins, pour les viandes conservées dans une atmosphère d’air sec à zéro environ, et constamment renouvelée. Les viandes importées des Etats-Unis supportent dans ces conditions le voyage mieux que celles de l’Australie ou de l’Amérique du Sud, dont la préservation exige un refroidissement plus énergique.
- Le système qui consiste à entasser dans le navire les viandes ensachées et gelées d’avance à — 15° environ présente incontestablement l’avantage d’un tonnage plus élevé conservé avec une dépense de froid moins grande ; mais les viandes ainsi traitées, reconnaissables à leur fadeur, n’ont jamais pu se faire admettre, en France du moins, sur un pied comparable à celui des viandes fraîches.
- C’est à MM. Bell et Coleman que l’on doit non pas les premiers appareils — MM. Mort (2), Windhausen-Huch (3) et Tellier (4), les ont précédés dans cette voie — mais les premiers succès, les premières applications véritablement industrielles des machines frigorifiques au transport de la viande par navires. La viande est conservée par une circulation d’air froid sec produit par les machines décrites à la page 641 (5) dans des chambres en bois parfaitement isolées par des parois en sciure et charbon de 0m,30 environ d’épaisseur. L’air est distribué dans ces chambres au moyen de canaux de circulation en bois, pourvus de trappes de répartition et de snow-boxes destinées à recueillir le givre produit par la condensation des vapeurs émises par les viandes. Il faut, pour ne pas augmenter démesuré-*
- (1) En 1888, on a importé en Angleterre 939000 montons de la Nouvelle-Zélande, 108000 de l’Australie et 908000 de la République Argentine (Bellet, Revue scientifique, 27 juill. 1889, p. 114).
- (2) Brevet anglais 3 323 de 1867.
- (3) Ibid. 935 de 1869.
- (4) Péclet, la Chaleur, t. III.
- (5) Inst, of civil Engineers, London, 14 févr. 1882. — The Engineer, 28 octobre 1881, p. 318. — Engineering, 17 févr. 1882, p. 156. — Brevets anglais 3862 de 1878, 4191 de 1879, 5507 de 1883.
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- ment la dimension des machines, refroidir cette masse d’air par la diffusion de faibles volumes portés à une très basse température, dont la densité facilite d’ailleurs la répartition et la circulation. Les installations maritimes de Bell-Coleman sont très répandues et fort appréciées en Angleterre. Une machine de grande dimension, pouvant refroidir pour le transport une coque à viandes de 1 000 tonneaux, revient à 40 francs environ par mètre cube. En quatre années, de 1879 à 1884, les machines Bell-Coleman ont importé d’Amérique en Angleterre 564 000 quartiers de bœuf et 114 000 moutons conservés. Lorsqu’on expose ces viandes brusquement à l’air-libre, la vapeur de l’atmosphère s’y condense en une sorte de rosée ; on évite cette humidité en laissant les viandes reprendre peu à peu la température ordinaire dans la cale fermée du navire.
- Parmi les appareils anglais qui ont été, à la suite de ceux de MM. Bell-Coleman, appliqués avec le plus de succès à la conservation des viandes à bord des navires, je citerai ceux de MM. Hall {1), Hick-Hargreaves (2) et Lightfoot (3). Ce dernier ingénieur a récemment installé à bord du navire Fifeshire deux machines pouvant refroidir 2 300 mètres cubes d’air par heure à — 50° ou — 60°, suivant la température de l’eau de condensation : ce navire doit rapporter de la Nouvelle-Zélande environ 30 000 carcasses ou 900 tonnes de moutons gelés à chaque traversée (4). On estime que la viande reviendra, vendue à Londres, à 0 fr.50 ou 0 fr.40 le kilogramme.
- Comme nous venons de le voir, à bord des navires, l’air nécessaire à la réfrigération des viandes est produit presque toujours directement par une machine frigorifique à air. On n’a que rarement essayé de produire cet air indirectement par son passage au travers d’un frigorifère actionné par une machine à gaz liquéfié, à ammoniac par exemple : les raisons en sont l’encombrement de ces appareils et leur dépendance d’une provision limitée d’un produit chimique.
- Il n’en est pas de même à terre, où ces raisons n’ont, dans les climats tempérés et dans les pays industriels, aucune portée, de sorte que rien n'empêche de profiter autant que possible de l’économie des machines à gaz liquéfiés, aussi bien pour la fabrication de l’air froid que pour celle de la glace. Nous citerons, comme exemple, l’application faite en 1885, à l’entrepôt des Victoria Docks de Londres, d’un frigorifère Chambers (voir p. 765) capable de refroidir par heure 7 200 mètres cubes à —18° avec une puissance de 32 chevaux, tandis qu’il aurait fallu environ 80 chevaux pour produire le même résultat avec une machine à air (5).
- (1) Engineering, 31 mars 1882, p. 303.
- (2) Engineering, 4 août 1882, p. 113.
- (3) Ass. of foremen Engineers, London, 2 juin 1888.
- (4) The Engineer, 14 oct. 1887, p. 303.
- (3) The Engineer, 14 août 1883, p. 130. A Saint-Katharine’s Docks, la température est maintenue à — 15° par des machines de Hall et Haslam.
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- Les appareils Fixary, qui produisent aussi (p. 766), mais, d’une manière différente, l’air froid sec et renouvelable à volonté par le jeu d’un frigorifère à gaz liquéfiés, sont actuellement l’objet d’applications importantes aux maisons de préservation de Lisbonne, de Crefeld, et aux halles de Bruxelles (1).
- On peut évidemment appliquer à la préservation temporaire de la viande dans les entrepôts les systèmes de refroidissement de l’air par le rayonnement de tuyaux à liquide incongelable [Pictet, Shroedre, Linde, Pontifex et Wood, etc.) ou à gaz détendu (Lavergne), suspendus au plafond des caves, et plus coûteux que les frigorifères à canaux de bois. M. Osenbrück a aussi appliqué à l’entrepôt de Brême le refroidissement de l’air par son passage sur un liquide incongelable (p. 765). MM. Greathead et Sterne ont proposé (2) d’emmagasiner les viandes dans des puits congelés et refroidis à l’abri des variations atmosphériques.
- Les chambres de conservation sont rarement maintenues à une température inférieure à zéro; il est prudent, lorsqu’on y débarque des viandes gelées à fond, de laisser ces viandes acquérir lentement une température de — 4° environ, et d’employer pour leur transbordement, lorsque le mouillage l’exige, des allèges frigorifiques analogues à celles de M. S. Puplett (3).
- Les wagons pour le transport des viandes gelées sur les voies ferrées n’existent pour ainsi dire pas en Europe, mais ils fonctionnent en très grand nombre aux Etats-Unis, le plus souvent entre deux magasins de conservation. Ce sont presque toujours des glacières convenablement isolées par des parois de feutre et d’air inerte ou circulant à volonté. L’eau provenant de la fusion de la glace doit pouvoir être évacuée à mesure sans toucher la viande. Nous citerons, parmi les systèmes les plus répandus aux Etats-Unis, ceux de Tiffany (4), de Roberts (5), de Rouit (6), de Wickes (7) et de W. d'Alton Mann (8) : dans ces derniers, comme dans ceux de Knott (9), l’air n’est jamais'renouvelé ; un ventilateur le fait constamment passer et repasser sur la glace. Les wagons de Tallerman Grunning et Dawnay peuvent marcher avec un renouvellement d’air nul ou variable à volonté (10). M. Binder, ingénieur de la Staats Bahn (11), MM. Dreher, Tourte!
- (1) Journal de la Chambre syndicale des bouchers de Paris, 15 et 22 sept. — 17 et 24 nov 1er déc. 1889. — Annales industrielles, 3 fév. 1889.
- (2) Brevet anglais 13 276 de 1887.
- (3) Ibid. 17756 de 1887.
- 14) Lavoinne et Pontzen, les Chemins de fer en Amérique, t. II, p. 83. — Brevet anglais 1 226 de 1877.
- (5) Brevet anglais 3398 de 1877.
- (6) Ibid. 416 de 1889.
- (7) Lavoinne et Pontzen, les Chemins de fer en Amérique, t. II, p. 85.
- (8) Spon, Dictionary of Engineering (Suppl., p. 1017).
- (9) Ibid., p. 1019.
- (10) Ibid., p. 1020.
- (H) Couche, Voie et matériel roulant, vol. II, p. 200.
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- et Dietrich (1) ont adopté des dispositifs analogues pour le transport des bières-Quelques inventeurs ont tenté de constituer de véritables trains réfrigérants entretenus par le fonctionnement d’une machine à air placée sur la locomotive (2) ou par la détente d’une provision de gaz liquéfié (3), mais la complication, le prix élevé et la spécialisation trop exclusive de ces appareils les ont fait, jusqu’à présent, rejeter comme inapplicables à priori.
- Poissons. — Les procédés que nous venons d’indiquer pour la conservation des viandes s’appliquent aussi à celle des poissons, mais plus facilement. On peut porter les poissons à une très basse température, —> 20s, puis les conserver très longtemps à cet état de glaçons sans en dénaturer sensiblement la saveur.
- Lait. — La conservation du lait par le froid est aussi l’une des plus intéressantes : son principal concurrent est la pasteurisation, qui stérilise les ferments du lait par un chauffage à 80° environ, mais en lui donnant un goût de lait cuit peu en faveur (4). Le froid n’a pas cet inconvénient. On emploie pour conserver le lait par le froid deux méthodes : le refroidissement à 3Q ou 4° sur des Baudelots ou dans des appareils à circulation fermés, comme ceux de M. Lezé (5) et la congélation véritable, brusque, à — 20° environ, dans des mouleaux fermés, que l’on dégèle pour la consommation [procédé Guérin (6)j. — Ce dernier procédé donne un lait d’un goût parfait et d’un transport très avantageux. L’industrie de la conservation du lait est encore trop peu répandue pour que l’on puisse porter un jugement définitif sur ces différents procédés ; mais la congélation présente des avantages de manipulation tels qu’elle serait probablement préférée,, pour les grandes expéditions, du moins.
- Résumé et conclusions.
- La théorie des machines frigorifiques est connue depuis longtemps dans ses grandes ligues avec une exactitude suffisante pour guider le praticien dans l’application rationnelle des principes essentiels à leur bon fonctionnement. Si la construction des machines frigorifiques ne s’est développée notablement que dans ces dix dernières années, ce n’est pas à l’insuffisance de données théoriques qu’il faut attribuer ce développement tardif, mais plutôt aux difficultés d’exécution que comporte l’établissement de ces machines, et à ce que les divers procédés industriels qui les emploient aujourd’hui ne sont parvenus qu’à une date relati-
- (1) Revue générale des Chemins de fer, mars 1888.
- (2) James Coleman, Brevet anglais 638 de 1882.
- (3) Clay et Johnson, Brevet anglais 12917 de 1885.
- (4) Annales de l’Institut Pasteur, janv. 1889 (Mémoire de M. Duclaux). — De Saporta, Revue des Beux Mondes, 15 déc. 1889.
- (5) Machines à glace, 1889, p. 175.
- (6) Moniteur industriel, 6 déc. 1884, p. 391.
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- vement récente au développement ou à une perfection justifiant cet emploi. Il me suffira de citer les nouvelles méthodes qui ont transformé les procédés anciens de la brasserie, et l’accroissement que prend chaque jour l’industrie de la conservation des viandes et produits alimentaires.
- Les progrès réalisés dans la construction peuvent se mesurer par ce fait que l’on construit aujourd’hui couramment des machines à gaz ammoniac liquéfié de de 1 000 à 1 500 kilos de glace à l’heure, alors que l’on considérait il y a quinze ans la fabrication d’une petite machine de ce type comme un tour de force, avec bien plus d’appréhension que l’on n’en met actuellement à entreprendre la construction des machines à acide carbonique. Ce n’est pas à dire que, dès maintenant, toutes les difficultés afférentes à la haute pression de ce dernier gaz soient vaincues au point qu’il faille, même pour les pays tempérés, le préférer à tout autre : c’est une question encore indécise, mais il n’en est pas moins vrai que la liquéfaction du gaz acide carbonique est passée de l’état d’expérience de laboratoire dange reuse à l’état d’opération industrielle encore délicate, mais courante et sans danger.
- Pour le moment, dans nos climats du moins, le gaz préféré est l’ammoniac anhydre, que l’on se procure facilement par la distillation de l’ammoniaque du commerce; on l’emploie indifféremment dans les machines à compression et à affinité. La lutte reste ouverte entre ces deux systèmes, qui paraissent équivalents, du moins dans les essais de concours, avec des appareils neufs, Conduits par des hommes exercés à leurs manœuvres. Nous nous sommes efforcé de présenter le plus équitablement possible le pour et le contre des deux systèmes, mais nous ne pouvons nous empêcher de signaler la préférence accordée par la pratique aux machines à compression, dont la complication apparente disparaît dans la plupart des applications où la chaudière et le moteur à vapeur servent en même temps à d’autres emplois que l’actionnement du compresseur. Quoi qu’il en soit, l’on n’entrevoit dans l’amélioration possible de ces deux types de machinés, à compression et à affinité, aucun perfectionnement de principe : elles paraissent parvenues, comme la machine à vapeur, à ce point de leur développement où le progrès ne se manifeste plus que par des raffinements et des simplifications dans le détail des organes essentiels, ou par des hardiesses de plus en plus heureuses dans l’augmentation de la puissance des appareils.
- Il en est sans doute de même pour les machines à air : leur théorie semble avoir donné tout ce qu’elle renferme d’essentiel, et la principale difficulté, la congélation de l’humidité de l’air, paraît avoir été vaincue autant qu’on peut le désirer en pratique. Ainsi que nous l’avons dit, nous pensons que ces machines sont, malgré leur rendement frigorifique inférieur, nettement indiquées pour les applications où la question du rendement n’est que secondaire, et pour certains cas où il s’agit d'utiliser directement de l’air à une très basse température. Tel est le cas du refroidissement des cales de navires pour le transport des viandes : appli-
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- cation importante, et pour laquelle les machines à air ont conservé, jusqu’à présent, une sorte de monopole en apparence parfaitement justifié.
- S’il semble qu’il y ait, dans le perfectionnement des machines frigorifiques, peu de progrès importants à réaliser, il n’en est pas de même dans leurs applications, dont la plupart naissent à peine, où presque tout est à faire, sauf dans l’application la plus importante : la fabrication de la glace.
- C’est ainsi que les applications des machines frigorifiques au refroidissement de l’air sont très imparfaites, parfois même ignorées ; on n’a pas même abordé la question du rafraîchissement artificiel des édifices et salles de réunion, aussi importante, dans bien des cas, que celle de leur chauffage, aussi complexe et de même nature, au moins en ce qui concerne la distribution et le renouvellement de l’air froid, et d’autant plus intéressante que la civilisation gagne plus vers les pays chauds (1). Actuellement, deux méthodes générales sont en présence : la production directe de l’air froid par des machines à air, et sa production indirecte à l’aide de frigorifères activés par des machines à compression ou à affinité. On est à peu près fixé sur la première méthode, qui semble avoir donné presque tout ce que l’on peut en espérer : une atmosphère refroidie par la diffusion de petits volumes d’air très froids et secs obtenus au moyen de machines robustes, sûres, mais bruyantes, vite fatiguées et chères de combustible. L’autre méthode, qui procède par le refroidissement de grandes masses d’air à des températures modérées et d’une répartition plus facile, obtenu au moyen d’appareils économiques mais plus compliqués et plus coûteux d’établissement, paraît théoriquement préférable, à terre du moins, mais n’a pas encore reçu la sanction de la pratique.
- La conservation des viandes, qui n’est elle-même qu’une application intéressante de l’air froid, vient aussi à peine d’entrer dans sa période véritablement industrielle ; mais son développement, qui dépend en grande partie des perfectionnements à apporter dans la production et la distribution de l’air froid, dépend aussi de circonstances particulières telles, par exemple, que la possibilité d’aménager facilement sur le navire frigorifique des frets de retour. La question ne se présente pas non plus sous les mêmes aspects suivant qu’il s’agit de conserver à bord d’un navire, et dans un espace très resserré, des viandes gelées d’avance, ou de préserver des produits alimentaires dans un entrepôt de conservation, pour l’approvisionnement d’une ville ou d’une forteresse. Dans ce cas, l’espace ne manque pas; on peut y traiter les viandes, surveillées à loisir, avec plus de ménagements, par des procédés plus économiques que sur les navires et sans les congeler (2). La lutte est actuellement ouverte, pour cette nouvelle application du froid,
- (1) Consulter le mémoire de sir William Thomson. « On the economy of thc Heating or Çooling of Buildings bey means of Currents of air. » Philosophical society of Glasgow Proc. Déc. 1852, vol. III, p. 270.
- (2) On a pu conserver à l’esplanade des Invalides, pendant l’Exposition, durant près de
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- entre deux méthodes de refroidissement des salles : l’une procède par le rayonnement de serpentins à circulation de liquide incongelable, comme c’est la règle dans les caves de brasserie, l’autre par l’injection et la dispersion d’air produit directement en petites masses très froides, au moyen des machines à air, ou indirectement, en grands volumes à température moins basse, au moyen de fri gorifères actionnés par des machines à gaz liquéfiés.
- L’industrie delà fabrication delà glace artificielle, que l’on se procure aujourd’hui presque partout à meilleur compte que la glace naturelle, se développe aussi chaque jour, et peut à peine suffire à la demande; mais il ne nous paraît pas que sa technologie soit susceptible de grands progrès. De toutes les méthodes proposées pour assurer à la glace la transparence exigée par la consommation, l’utilisation directe ou indirecte de la vapeur d’échappement du moteur des machines à air ou à compression paraît le plus économique et le plus rationnel.
- Quant aux autres applications du froid, leur examen détaillé ne saurait faire l’objet de ce Mémoire : il fait partie de la technologie même des industries dans lesquelles ces applications jouent un rôle plus ou moins important, où l’on utilise le froid soit directement, soit au moyen d’appareils dont l’adaptation ne dépend souvent en rien de la source même du froid. Ces applications sont, comme nous l’avons vu, très nombreuses; elles se développent et se multiplient chaque jour; le constructeur de machines frigorifiques a le plus grand intérêt à les connaître et à les provoquer, plus d’intérêt même, dans bien des circonstances, qu’à chercher à perfectionner encore sa machine.
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- OBSERVATIONS SUR LA COMMUNICATION PRÉCÉDENTE DE M. G. RICHARD,
- RELATIVE AUX MACHINES A FROID, FAITE AU CONGRÈS INTERNATIONAL DE MÉCANIQUE APPLIQUÉE
- OBSERVATIONS DE M. R. DIESEL, INGÉNIEUR CIVIL
- M. Richard vient de nous présenter avec une compétence tout à fait remarquable un exposé sur la production et l’utilisation du froid. Ceux qui s’occupent de ces questions ne sauraient être assez reconnaissants à M. Richard de cet important mémoire qui représente une somme de travail énorme et qui est basé sur des
- trois mois, des viandes à l’état frais entre + 1° et + 5°. (Expériences exécutées par la chambre syndicale des bouchers de Paris. — Rapport de M. Liore, Journal de la chambre syndicale. — 1 7 et 24 nov. 1er déc. 1889).
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Décembre 4889.
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- recherches approfondies dans les brevets de tous les pays, puisque M. Richard ne cite et n’explique pas moins de 246 brevets différents.
- Il s’en dégage tout d’abord l’impression que la question du froid industriel doit avoir une importance tout à fait hors ligne, puisque des centaines de constructeurs s’en occupent et qu’autant de noms sont attachés à des innovations, des détails de construction, des propositions de liquides nouveaux, etc. Il y a quelques années encore, on pouvait parfaitement avoir une vue d’ensemble sur cette question, mais aujourd’hui cela me semble impossible, tellement sont nombreuses les inventions qui surgissent de tous côtés. Nous sommes en train de nous perdre dans les détails et les nouveautés; le fil, la direction où nous allons ne s’aperçoivent plus clairement. Mais puisque nous voilà réunis—pour la première fois, je crois — en un congrès spécial sur cette question, il me semble qu’il serait d’un réel intérêt et d’une utilité incontestable de chercher à grouper les divers efforts qui se sont produits, à en déduire ce qu’il est bon de poursuivre et ce qu’il y a lieu d’abandonner, à montrer une voie, enfin, nette et distincte.
- Je vais faire un modeste essai de ce genre, heureux s’il peut être le point de départ d’une discussion plus approfondie de laquelle on pourrait faire jaillir quelques axiomes immuables.
- Il est assez difficile de trouver une voie pour comparer la légion de mécanismes divers qui existent, il faut plutôt poser certains principes et voir ensuite si tel appareil s’y conforme. A ce point de vue, il existe un certain nombre de préjugés absolument enracinés chez quelques-uns de ceux-là même qui construisent les machines, et surtout chez le public qui ne va pas au fond de la question. Je vais discuter les principaux de ces préjugés en restreignant mon sujet aux machines à compression parce qu’elles sont sans contredit de beaucoup les plus importantes et les plus répandues.
- Tout d’abord, on répète partout avec la plus grande conviction que l’acide sulfureux est un corps lubrifiant et qu’en l’employant on peut supprimer tout graissage; se basant sur ce précédent, tous les constructeurs qui emploient des liquides binaires contenant plus ou moins d’acide sulfureux, et même des constructeurs qui se servent de corps spéciaux (chlorure de méthyle, etc.), répètent qu’avec leur machine le graissage est inutile.
- Mais examinons donc le bien fondé de cette thèse. Que se passe-t-il dans un cylindre compresseur? On aspire des vapeurs saturées, sèches par conséquent, et on les refoule ensuite au condenseur; pendant ce refoulement, la vapeur se surchauffe assez fort dans toutes les machines (sauf quelques rares exceptions qui ne tombent pas sous les considérations actuelles). Or qui peut prétendre qu’une vapeur sèche, et, encore mieux, une vapeur surchauffée, soit capable de lubrifier un piston, une tige et des clapets. Personne ne peut contester la surchauffe, puisque toutes ces machines emploient des circulations d’eau autour du cylindre dans
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- la tige et dans le piston; j’ai vu une machine Pictet nouveau système où l’eau introduite dans le piston ne sortait plus comme eau, mais comme vapeur, avec une certaine force et un certain bruit, ce qui indique que la surchauffe dépassait 100°. Il est donc certain que les cylindres compresseurs travaillent sec, absolument sec et qu’il n’y est pas question de graissage. D’ailleurs, en voyant ces machines en fonction, on entend des clapotements, des frottements et on a l’impression d’une marche pénible, surtout lorsqu’on a l’occasion de comparer en même temps la marche d’un compresseur bien graissé ou même d’une simple machine à vapeur ordinaire. J’ajoute qu’à ce point de vue tous les liquides employés sont égaux ; sous forme liquide ils ont tous des qualités plus ou moins lubrifiantes, à peu près comme de l’eau; mais, comme dans les compresseurs la forme liquide n’apparaît pas, je prétends qu’aucun corps intermédiaire ne lubrifie les compresseurs et que, si l’on supprime le graissage, c’est au détriment de la'conservation de la machine et aux frais de la force motrice qui devient beaucoup plus considérable, sans compter la diminution du rendement occasionnée par les fuites à travers des segments et des clapets tout à fait secs et toujours en mauvais état d’entretien.
- Cette première considération permet immédiatement une conclusion qui est celle-ci : Tout compresseur non graissé, de quel système qu’il soit, absorbera plus de force motrice, donnera un moindre rendement et sera beaucoup plus mal entretenu, durera moins, que le même compresseur graissé. L’idée qu’un corps volatil peut lubrifier un compresseur est une erreur qu’il faut déraciner.
- C’est pénétrés de cette vérité : Il faut que les compresseurs soient graissés, que nous voyons un grand nombre de constructeurs employer des bains d’huile, bains d’huile sur le stuffing-box, bain d’huile sur le piston, bain d’huile autour des clapets, etc. ; ces bains d’huile, avec pompes de circulation, sont bien l’objet de la plupart des brevets, surtout pour les compresseurs à ammoniaque. C’est surtout le désir de supprimer l’espace nuisible qui a donné lieu à la création des compresseurs verticaux avec couche d’huile sur le piston ; il y a 5 ou 6 systèmes qui poursuivent avant tout ce but. Or, ici encore, il y a préjugé, erreur, provenant de ce que l’on n’a jamais pu voir ce qui se passait dans l’intérieur d’un compresseur; mais si on ne peut pas le voir, on peut essayer de le deviner en se basant sur des observations.
- Toutes les huiles employées au graissage ont un certain pouvoir absorbant pour l’ammoniaque; ce pouvoir absorbant, trèsfaiblè sous la pression atmosphérique, devient très sensible sous les pressions de 9 ou 10 kilogrammes qui régnent dans les compresseurs. J’en ai fait souvent l’expérience et je la répéterai devant qui voudra lavoir : en lâchant à l’atmosphère l’huile retenue dans les séparateurs des machines à compression d’ammoniaque, on voit sortir par le robinet une mousse légère ; on a vite fait de remplir un seau de 12 litres de cette mousse et lorsqu’on la laisse ensuite deux ou trois heures au repos elle se condense lentement, en dégageant
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- son ammoniaque, et il reste un 1/4 ou 1/5 de litre d’huile liquide. Le même fait se produit dans les compresseurs. Supposez une couche d’huile sur le piston sous la pression du refoulement et entièrement saturée de gaz. Dès que le piston redescend, il y a diminution brusque de la pression de 9 ou 10 à 1 ou 2 kilogrammes. Il en résulte une formation de mousse tumultueuse avec dégagement abondant de gaz ammoniacal, et cela jusqu'à désaturation de l’huile ; par conséquent, retard considérable dans l’ouverture du clapet d’aspiration et augmentation, en une très forte proportion, de l’espace nuisible qu’on se proposait de supprimer.
- En dehors de cela, on voit que la couche d’huile sur le piston n’existe pas en somme; après quelques coups de piston, elle est transformée en mousse, en bouillie, qui pénètre dans tous les tuyaux, les tapisse, empêche les transmissions du calorique, et peut causer des obstructions.
- Conclusion : Le bain d’huile sur le pistonne supprime pas l’espace nuisible, mais Vaugmenté', la suppression presque complète de l’espace nuisible doit être produite mécaniquement, en faisant presque toucher le piston sur les deux fonds et en construisant avec une rigoureuse exactitude; c’est ce qui est fait dans la machine Linde.
- Le bain d’huile a en outre l’inconvénient de produire des mousses qui remplissent toutes les tuyauteries et empêchent l’action des surfaces refroidissantes.
- Il en résulte aussi que la construction verticale, faite exclusivement pour le maintien du bain d’huile, doit être abandonnée pour la construction horizontale qui offre d’énormes avantages au point de vue mécanique. Il en résulte enfin que la construction à simple effet, qui est également une conséquence du bain d’huile est non seulement inutile mais nuisible, car elle entraîne 2 pistons, 2 tiges, 2 stuffing-box, 2 bielles, etc., au lieu d’une, par conséquent plus d’entretien, plus de travail nuisible, de frottements, etc., et surtout l’entretien de 2 presse-étoupes au lieu d’un ; il faut chercher à diminuer le nombre de garnitures et non pas à les augmenter, car, nous le savons tous, là est justement le point délicat.
- Et puisque j’en suis là, je vais maintenant parler d’un troisième préjugé, plus récent que les autres, mais qui tend à se répandre rapidement, grâce à son nom qui a un attrait tout spécial : le joint pâteux; ce mot produit un effet merveilleux et pourtant un joint pâteux n’existe pas, ne peut pas exister.
- Supposons une tige immobile dans le stuffing-box; ce dernier muni d’une chambre remplie d’huile congelée par une circulation d’ammoniaque. L’huile, la chambre, la tige ayant une même température basse, le tout sera gelé ensemble et par suite imperméable aux gaz. Mettons maintenant la tige en mouvement ; l’huile pâteuse qui y est attachée par congélation y restera adhérente; le joint pâteux se déchirera au premier mouvement de la tige et, mis en morceaux, n’existera plus.
- : En réalité, ce n’est pas cela qui se passe. La tige sortant à l’air ambiant à chaque coup de piston et frottant dans ses garnitures a toujours une température
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- égale à peu près à la température extérieure, souvent même un peu plus élevée. Or, qu’arrive-t-il si on fait traverser une tige en fer, chaude de 20 à 30 degrés, dans une huile pâteuse ayant — 15 ou — 20 degrés. La tige fera dégeler l’huile tout autour d’elle sur une épaisseur plus ou moins forte; en réalité, son entourage sera toujours liquide, même si à une certaine distance l’huile est effectivement congelée. Par conséquent, le joint est, comme tous les autres, en huile liquide, et toute la complication pour faire geler le joint est inutile et superflue ; du reste, à toutes les machines Fixary, on peut observer que la tige est recouverte d’une épaisse couche d’huile liquide qui coule tout le long et vient se rassembler sur la bielle et l’arbre de couche.
- Par contre, le joint pâteux suppose l’emploi d’une huile congelable; or, comme cette huile, d’après les explications de M. Richard, est la même que celle qui est sur le piston, et comme nous avons vu tout à l’heure que cette huile forcément pénètre dans l’ensemble des tuyauteries, malgré les séparateurs d’huile qu’on peut employer; il en résulte que les serpentins du réfrigérant, aussi bien que tout le reste, contiendront de l’huiJe congelable; l’huile, dans ce milieu, se gèlera véritablement, tapissera les tuyaux d’une façon autrement nuisible que la mousse dont nous parlions tout à l’heure ; des morceaux d’huile gelée obstrueront les tuyaux, les robinets et l’application du joint congelé doit indubitablement entraîner à des chômages fréquents pour nettoyages, à des diminutions considérables du rendement, à des obstructions complètes de la tuyauterie qui peuvent à l’occasion caler la machine ou même la faire sauter; sans compter que tous ces énormes inconvénients ne sont réellement pas compensés par un gain, puisque le joint pâteux n’existe pas.
- Je ne puis donc, pour ma part, adhérer aux conclusions de M. Richard qui insiste beaucoup sur ce joint, et dit qu’il présente la solution générale du problème.
- La solution générale, à mon avis, et la plus simple, est le stuffing-box double avec chambre intermédiaire remplie d’huile, formant joint hydraulique, cette chambre étant réunie à l’aspiration par un petit tuyau et l’huile étant, condition sine qua non, incongelable. Toutes les bulles de gaz traversant la première garniture retournent à l’aspiration. La seconde garniture ne supporte que la pression de l’aspiration et n’a pas de gaz à retenir, mais simplement de l’huile liquide; ces presse-étoupes, qui sont ceux de M. Linde (et non pas à la glycérine et à une pression supérieure à celle de la compression, comme dit par erreur M. Richard), ces presse-étoupes, dis-je, donnent des résultats parfaits, car il n’y a pas ombre de difficulté à retenir de l’huile sous une pression de 2 kilog. Cette disposition a en outre l’avantage de supprimer tout autre graissage, car l’huile entraînée goutte à goutte par la tige dans le cylindre agit comme celle des graisseurs compte-gouttes des machines à vapeur. Cette huile est finement pulvérisée, elle fait corps
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- pour ainsi dire avec le gaz et lubrifie on ne peut mieux les organes intérieurs i comme elle est en quantité minime, les particules entraînées, malgré le séparateur d’huile, dans les serpentins n’y sont pas nuisibles; comme elle est inconge-lable, elle n’obstrue jamais rien.
- J’ajoute que pour les pays tropicaux, où les pressions de refoulement peuvent atteindre 13 ou 14 kilog., M. Linde a construit des compresseurs compound dont la partie avant, qui a les presse-étoupes, ne comprime que dans le réservoir intermédiaire, tandis que la partie arrière, qui n’a pas de presse-étoupes, comprime à la pression finale.
- En dehors de cet avantage, le fonctionnement compound, lorsque les pressions sont élevées, offre les mêmes avantages que pour les machines à vapeur : diminution des effets des fuites et des espaces nuisibles, diminu tion des effets produits par la conductibilité des parois. Une telle machine est exposée par MM. Sulzer frères à la section suisse; c’est la première fois, je crois, que le fonctionnement compound est appliqué aux machines à froid et à ce point de vue seul cette exposition est remarquable.
- Passons maintenant à une autre série de propositions et examinons le principe qu’elles représentent : je veux parler des machines à liquides binaires, dont le principal représentant est le nouveau système Pictet, qui emploie un mélange d’acide sulfureux et d’acide carbonique.
- Les essais de M. Pictet, dont M. Richard nous a entretenus, paraissaient avoir démontré que ce liquide avait aux basses températures des pressions plus fortes que l’acide sulfureux pur, et aux hautes températures Ides pressions plus basses ; conclusion : le travail utile de l’aspiration augmente, le travail résistant du refoulement diminue et le rendement total augmente énormément. Cette thèse, venant de M. Pictet, a donné lieu à des polémiques prolongées auxquelles les plus grands savants ont pris part; quelques-uns de ces derniers, séduits au commencement, sont totalement revenus aux données connues de la physique, surtout depuis que des essais faits à Berlin et à Genève, dont le rapport est devant moi, ont démontré clairement que la relation des pressions et températures indiquées par M. Pictet reposait sur des erreurs d’observation, et que le liquide binaire Pictet se comportait comme les autres.
- Nous en concluons que les avantages cherchés de diminuer la force motrice nécessaire même au-dessous de la quantité théoriquement nécessaire dans un cycle de Carnot parfait, que ces avantages n’existent pas. M. Pictet laisse la question ouverte, mais je crois qu’en fait elle est jugée. En tous cas, cette catégorie de machines tombe sous le coup de nos considérations sur la suppression du graissage, et cela à un très haut degré, car l’adjonction de l’acide carbonique élève la surchauffe à des températures très élevées.
- Il nous reste un dernier point à considérer, au sujet duquel de nombreuses
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- constructions ont surgi, c’est la surchauffe pendant la compression ; comme nous l’a expliqué si bien M. Richard, d’après le théorème de Carnot, il est nécessaire de rapprocher le plus possible les températures extrêmes du cycle, c’est-à-dire de ne pas descendre dans le réfrigérant à une température plus basse que celle qui est strictement nécessaire et de ne pas surchauffer à la compression ; or, toutes les machines, sauf quelques exceptions que je citerai, surchauffent plus ou moins; on combat cette surchauffe par des enveloppes à circulation d’eau autour du cylindre et des clapets, par des tiges et pistons creux à circulation d’eau et même par des refroidissements par circulation de vapeur venant du réfrigérant; mais, quoi qu’on fasse, la surchauffe existe et augmente la force motrice nécessaire dans une très notable proportion ; on peut dire à priori quune machine arec surchauffe est beaucoup inférieure, comme rendement, à une machine sans surchauffe. Quelques-uns ont essayé, par des mécanismes assez compliqués, à injecter du liquide dans le cylindre pendant la compression ; cette voie est évidemment la vraie, mais elle est compliquée et inutile, car la machine Linde n’a pas trace de surchauffe, sans posséder pour cela le plus petit mécanisme spécial ; simplement par la façon de régler la soupape régulatrice en laissant circuler, en dehors de la vapeur, quelques gouttelettes de liquide entraînées mécaniquement. Par suite, cette machine n’a pas besoin de chemise à eau, de pistons creux, etc., cela simplifie le compresseur et rend tous les organes plus accessibles ; en même temps le rendement est le plus élevé.
- Après cet examen général, nous voyons immédiatement se simplifier la question que nous nous étions posée. Si nous résumons les divers résultats, voici ce que nous obtenons :
- 1° Toutes les machines non graissées intérieurement, quelque soit le corps volatil qu’elles emploient, ne peuvent pas aspirer à figurerdans un bon rang, car leur rendement est diminué et leur entretien ne peut pas être considéré comme bon ;
- 2° Toutes les machines employant des graissages exagérés au moyen de bains d’huile diminuent leur rendement par les effets consécutifs de l’absorption et du dégagement du gaz sous la variation de pression, et par le remplissage des tuyaux d’une masse de mousse huileuse; la diminution du rendement et la complication de l’appareil sont encore augmentées par la construction à simple effet qui n’a aucune raison d’être.
- 3° Toutes les machines employant des huiles congelables donnent lieu à des chômages et à des démontages fréquents. L’intérieur des serpentins se tapisse d’une masse pâteuse incompatible avec le but à atteindre. Elles peuvent parfois devenir dangereuses.
- 4° Les liquides binaires et particulièrement le mélange d’acide sulfureux et d’acide carbonique ne présentent pas l’avantage de la diminution de la force motrice, qu’on leur a attribué à tort.
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- 5° Toutes les complications employées pour combattre la surchauffe, telles que chemises, pistons creux, couvercles creux, injections de liquide par distribution spéciale sont superflues, attendu qu’on peut atteindre le môme but par le simple réglage de la machine.
- En principe, toutes les machines avec surchauffe sont sensiblement inférieures à celles sans surchauffe.
- Tout à coup nous reconnaissons notre chemin dans ce labyrinthe.
- Que reste-t-il maintenant de ces centaines de propositions et de détails de construction?
- La simple pompe horizontale à double effet et à gaz simple construite aussi exactement que possible de façon à réduire les espaces nuisibles à quelques dixièmes de millimètres. — Avec stuffing-box en deux parties et chambre intermédiaire remplie d’huile incongelable et reliée à Vaspiration de la machine. — Pour des pressions exceptionnelles la même pompe avec fonctionnement compound. Yoilà l’idéal. Nous voyons qu’èn cherchant le meilleur, nous trouvons comme toujours le plus simple.
- La définition donnée ci-dessus du type idéal du compresseur se rapporte principalement à la construction proprement dite. Il reste maintenant à dire quelques mots du corps intermédiaire employé.
- M. Richard nous a déjà dit que l’éther sulfurique et plusieurs autres liquides peu volatils sont abandonnés aujourd’hui ; nous avons entendu également pourquoi on les a abandonnés, c’est parce qu’ils exigent des cylindres trop grands produisant des machines encombrantes. Le développement historique des machines à compression nous indique très clairement la voie suivie : on a toujours abandonné le liquide moins volatil pour un liquide plus volatil. L’éther a fait place à l’acide sulfureux et au chlorure de méthyle; puis est venu l’ammoniaque et enfin l’acide carbonique.
- L’éther étant abandonné, examinons de suite l’acide sulfureux; à son sujet, nous pouvons nous en tenir à l’appréciation de l’auteur même de ces machines, qui, nous le savons, les a abandonnées aujourd’hui pour leur substituer des machines employant un liquide plus volatil. M. Pictet a dit textuellement qu’il faut employer des liquides à plus fortes pressions que l’acide sulfureux, et il a choisi un mélange dont les pressions sont entre celles de celui-ci et de l’ammoniaque.
- Je suppose, pour ma part, que ce liquide n’a été choisi que parce que l’ammoniaque était déjà pris. J’ai déjà dit ce que je pensais des liquides binaires et surtout du liquide Pictet ; mais, même en laissant cette question ouverte, ces appareils fonctionnent sans graissage et doivent, pour cette raison, être considérés comme inférieurs ; en outre, ils surchauffent énormément, autre raison d’infériorité notable. L’ammoniaque, au contraire, se comporte très bien avec
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- les huiles minérales : c’est là une supériorité incontestable, à laquelle vient s’ajouter l’avantage des plus petits cylindres, de la neutralité absolue vis-à-vis des métaux employés ; les pressions d’aspiration étant toujours supérieures à l’atmosphère, toute rentrée d’air, d’humidité et de corps étrangers est supprimée et par là la sécurité augmentée. La supériorité de l’ammoniaque sur tous les autres corps volatils a été tellement reconnue, elle saute tellement aux yeux, que depuis trois ou quatre ans, la machine à ammoniaque fait l’objet des 9/10 de tous les brevets pris dans cette branche et qu’un très grand nombre de constructeurs, voyant le succès de ces appareils, se sont outillés pour leur construction; on pourrait certainement citer 30 à 40 usines ayant commencé cette construction depuis trois ou quatre ans seulement. Ce fait, qui est un fait pratique, confirme la supériorité de l’ammoniaque plus que toute discussion théorique.
- Reste enfin l’acide carbonique.
- D’après la loi que nous avons citée tout à l’heure, l’acide carbonique devrait venir au premier rang; j’avoue que, moi-même, j’étais, pendant des années, partisan de ce corps que je croyais appelé à supplanter l’ammoniaque. Mais depuis qu’on a pu étudier de plus près les appareils à acide carbonique, je suis revenu de mon idée.
- Pour m’expliquer, je prendrai un exemple sur les machines à vapeur.
- MM. Sulzer frères ont fait certains essais de consommation de vapeur de leurs moteurs en variant les pressions de la chaudière. Eh bien, les moteurs en question augmentaient de rendement en augmentant la pression cle vapeur do 4 à 8 kiJog. environ, et en augmentant de 8 à 12 la consommation de vapeur réaugmentait régulièrement, et pourtant ces moteurs étaient construits de la façon la plus parfaite.
- J’en conclus qu’à partir d’une certaine limite de pression, les fuites des soupapes des pistons et les autres causes de mauvais rendement acquièrent une influence prépondérante, de même et surtout les espaces nuisibles.
- Et je trouve que cette thèse peut s’appliquer immédiatement aux machines à acide carbonique, seulement à un degré beaucoup plus élevé. J’estime que les mêmes causes indiquées doivent diminuer le rendement de ces machines dans d’énormes proportions.
- A cette première considération s’en ajoute une autre : M. Richard nous a dit que la chambre du stuffing-box est reliée à un gazomètre pour éviter les fuites vers l’extérieur; or, avec les pressions de 70 atmosphères qui régnent dans ces machines, il est évident que la fuite au gazomètre n’est pas accidentelle, mais régulière, et que la recompression de cette quantité de gaz de la pression atmosphérique à celle du condenseur représente une bonne fraction du travail total.
- Enfin la troisième raison qui ne permettra jamais aux machines à acide carbonique d’avoir un fort rendement est une raison toute théorique, mathématique, Tome IV. — 88e année. 4e série. — Décembre 1889. 93
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- et par conséquent hors de doute : elle provient de ce fait que la chaleur d’évaporation r de ce liquide est très faible et sa chaleur de liquide q très forte; or, comme le liquide passe de la température du condenseur -f-15° à 20° à celle du réfrigérant — 10° par exemple, ce liquide amène dans le réfrigérant une forte quantité de chaleur qui, pour l’acide carbonique, peut devenir plus forte même que le froid ensuite produit par l’évaporation. On peut calculer le rapport de la perte de travail causée par cette raison au travail total nécessaire, et on trouve, par exemple pour — J0° au réfrigérant et -h 15° au condenseur, ce rapport pour l’ammoniaque égal à 0,088 et pour l’acide carbonique égal à 0,573.
- Avec 25 degrés au condenseur, on trouve 0,133 pour l’ammoniaque et 1,534 pour l’acide carbonique.
- On voit que, dans le dernier cas, déjà la chaleur amenée au réfrigérant est plus grande que le froid produit; c’est pourquoi les constructeurs cherchent à abaisser la température du condenseur par des circulations de vapeurs froides, mais évidemment toujours au détriment du froid utile.
- Enfin, quatrième raison, l’acide carbonique surchauffe énormément à la compression. Toutes ces causes réunies donnent aux machines à acide carbonique un rendement tout à fait insignifiant.
- Nous sommes donc autorisés à dire que la voie où se sont engagés des praticiens, c’est-à-dire le développement de la machine à compression d’ammoniaque, est la bonne, et celle à qui appartient l’avenir.
- Et nous pouvons compléter notre définition du compresseur idéal en ajoutant que c'est l’ammoniaque qu’il doit employer.
- Maintenant que dans le nombre des machines à compression nous sommes parvenus à définir un type, il faudra comparer ce type aux autres systèmes de production du froid : l’air comprimé et l’absorption.
- Pour faire utilement cette comparaison, il faudrait, pour ces deux autres classes de machines, également arriver à définir le type idéal. Je ne me reconnais pas la compétence pour le faire, mais je serais très heureux si les spécialistes ici présents voulaient bien nous donner une définition de chaque type considéré comme le meilleur.
- Une fois ces trois définitions bien établies, la question des machines à froid se trouvera singulièrement simplifiée, et il ne faudra plus beaucoup de temps pour reconnaître entre trois types seulement celui auquel appartient l’avenir.
- M. Richard discute un peu cette question dans son savant mémoire; il nous dit même que la lutte reste circonscrite entre les machines à affinité et celles à compression d’ammoniaque, et que les machines à air froid restent réservées aux bateaux et à quelques applications où le rendement joue un rôle secondaire.
- Je suis absolument d’accord avec la première partie de cette conclusion, mais en désaccord complet avec la seconde partie. Je trouve d’abord que la question
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- du rendement ne joue jamais un rôle secondaire; cette considération est même la base de tout ce que j’ai eu l’honneur de vous dire jusqu’ici.
- Je trouve que la question du rendement, de la quantité de froid produit par cent kilogrammes de combustible est précisément la question qorimordiale. Or, sans entrer dans la théorie, en ne prenant pour base que les données indiquées par les constructeurs mêmes, il m’est difficile de comprendre qu’on puisse encore choisir une machine à air froid pour une application quelconque.
- Comparons par exemple le prospectus de la maison Bell-Coleman au prospectus de la maison Linde, et prenons deux machines de production égale. Eh bien, la machine à air consomme, pour le même travail utile, de 5 à 6 fois la force motrice de la machine à ammoniaque, et cela de l’aveu même du constructeur.
- Sur un voyage d’Australie en Europe avec un appareil frigorifique de moyenne grandeur, cela fait une différence de consommation de 50 à 60 tonnes de combustible, qu’il faut non seulement payer, mais emporter au détriment de la charge utile.
- Si, malgré cela, on a préféré jusqui’ici les machines à air, c’est simplement parce que le type marin manquait pour les autres systèmes. On ne pouvait pas sur un bateau, monter séparément machine à vapeur, compresseur, condenseur réfrigérant et diverses pompes, et réunir tous ces appareils entre eux par des tuyaux; une installation de ce genre aurait certainement donné de déplorables résultats et on préférait pour cette raison une machine à air. Mais aujourd’hui le type marin est créé pour la machine à compression; MM. Sulzer frères ont àl’Exposition une machine Linde de ce genre, et, à mon avis, c’est là la plus grande nouveauté et la manifestation la plus intéressante parmi les machines de cette spécialité. Cette machine porte sur un seul socle le moteur à vapeur et un compresseur compound ; le socle contient à l’intérieur le condenseur et il porte sur ses flancs d’un côté le condenseur à vapeur, de l’autre une pompe à eau puisant directement à la mer. Voilà donc une installation complète en une seule pièce, pouvant se placer n’importe où sur un vajsseau. Aussi cette machine a-t-elle inspiré le plus grand intérêt aux capitaines de navire et aux exportateurs de viande qui ont eu l’occasion de la voir; immédiatement aussi la compagnie de laWhite-Star-Line a commandé deux de ces appareils pour ses vaisseaux.
- Il est certain qu’une fois ce type créé, il n’y a plus de raison d’employer la machine à air froid et le terrain va maintenant lui manquer rapidement dans la seule application qui lui restait, le refroidissement des cales du navire.
- Voilà donc notre question sur l’avenir des machines à froid encore plus circonscrite et réduite à la comparaison de deux systèmes, employant tous deux l’ammoniaque.
- Faut-il préférer l’affinité à la compression?
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- Quelques essais semblent avoir donné des résultats heureux pour la machine à affinité, mais la plupart des essais, ceux qui sont publiés dans tous leurs détails et dont on peut poursuivre toutes les phases, ont donné des résultats tout opposés. Les seuls essais sérieux qui sont parvenus entièrement à la publicité sont ceux de l’Association polytechnique de Munich, faits par un certain nombre de professeurs sous la direction même des constructeurs de ces appareils.
- Ces essais publiés par le rapporteur de la commission, le professeur Schrœter, de l’Ecole polytechnique de Munich, ont amené à séparer complètement les machines à affinité en un groupe spécial distinct des machines à compression.
- Je citerai la conclusion de ce rapport, et je termine avec cette citation mon exposé.
- M. Schrœter dit textuellement :
- « En remarquant expressément que les chiffres du tableau ne doivent pas encore représenter le rang définitif des divers systèmes, on peut pourtant sans difficultés en former certains groupes, séparés entre eux par de tels intervalles qu’il est certainement permis d’en tirer un jugement général sur leur valeur relative. Indubitablement les machines à absorption forment un 'groupe distinct dans lequel se présentent divers degrés d’économie de production; mais ce groupe, même avec des améliorations considérables, est toujours séparé des machines à compression par un intervalle tellement grand, que l’on reconnaît qu’il y a ici une différence fondée dans le système et qui sépare la meilleure machine par absorption de la machine par compression. Cette différence est, en réalité, prouvée également par la théorie. »
- Pour terminer, je tiens à répéter que je serais très heureux] si une discussion prolongée nous amenait à examiner de plus près les diverses questions soulevées et à approfondir leur portée.
- OBSERVATIONS DE M. HIRSCH •
- J’ai écouté avec le plus vif intérêt la remarquable discussion dont M. Diesel vient do nous donner lecture. Je me permettrai seulement d’appeler l’attention de la section sur un point, qui me semble parfaitement élucidé. Il s’agit des machines à gaz liquéfiable, et do l’état dans lequel se trouve un gaz pendant la période de compression.
- M. Diesel affirme que, dans toutes les machines de ce genre, la vapeur passe, pendant la compression, à l’état de surchauffe ; et il invoque, à l’appui de cette thèse, l’élévation de température qui se produit pendant la compression, et que, dans un grand nombre de machines, on combat à l’aide d’affusions d’eau froide.
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- Cette preuve ne paraît pas absolument indiscutable, la compression amène naturellement un échauffement, mais cet échauffement peut fort bien coexister avec la saturation et même avec la condensation partielle de la vapeur; le résultat, à ce point de vue, est fonction à la fois de la densité et de la température. Même dans la compression adiabactique, il y a parfois condensation de la vapeur saturée : tel est le cas pour la vapeur d’éther sulfurique, et, avec toutes les vapeurs, il suffit d’enlever une assez faible quantité de chaleur pour que la compression amène une condensation, et cela malgré l’élévation de température.
- L’étude de ces phénomènes est un problème qui, en principe, se résout sans difficulté à l’aide des équations de la thermodynamique. Malheureusement cette solution rencontre, dans les applications, un obstacle sérieux : pour la plupart des vapeurs employées dans les machines à froid, on ne possède pas les constantes physiques nécessaires pour le calcul numérique des équations; les coefficients faisant défaut, il paraît difficile d’affirmer à l’avance que, dans telle ou telle circonstance, il y aura surchauffe ou condensation de la vapeur saturée pendant la compression.
- RÉPONSE DE M. RICHARD
- Avant de présenter quelques observations sur la remarquable communication de M. Diesel, je dois lui exprimer tous mes remerciements pour les éloges dont il a bien voulu honorer mon mémoire sur la production et les applications industrielles du froid; mais je ne puis accepter ces éloges pour moi seul. J’ai eu, en effet, pour m’aider dans la rédaction de ce mémoire, de nombreux collaborateurs parmi les auteurs qui ont, avant moi, étudié cette question, et dans les ouvrages desquels j’ai puisé de nombreux renseignements. Je citerai, entre autres : en France, le mémoire classique de M. Ledoux sur la théorie des machines frigorifiques à air et à gaz liquéfiés, le travail très important de M. Armen-gaud sur les machines à air, le livre de M. Lezé sur les machines à glace, et le cours de mécanique de M. Ilaton de la Goupillière, où ce maître éminent traite la question des machines frigorifiques avec la méthode rigoureuse et l’inimitable clarté qui caractérisent son enseignement tout entier ; en Angleterre, les mémoires présentés aux Civil Enginecrs et aux Mechanical Engineers de Londres par MM. Bell-Coleman, Kirk, Kilbourn etLightfoot ; en Allemagne, le grand traité à peine achevé et déjà classifique de M. Behrend, qui devrait être entre les mains de toutes les personnes qui s’intéressent à la production industrielle du froid.
- Le premier effet de la communication de M. Diesel a été de provoquer, comme vous venez de le voir, entre M. Hirsch et lui, entre le savant et le praticien, une
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- discussion des plus intéressantes au sujet de l’un des points les plus importants du fonctionnement des machines à gaz liquéfiés :1e gaz se comporte-t-il, pendant sa compression, comme une vapeur saturée ou comme une vapeur surchauffée ? Et il est résulté de cette discussion, entre deux personnes aussi au courant que possible de la question, non pas la lumière, mais, tout au moins, le doute, tellement, qu’à la fin de la discussion, chacune des parties est tombée d’accord pour admettre qu’il était impossible de trancher définitivement la question dans un sens ou dans l’autre, faute de données scientifiquement établies sur les propriétés physiques des principaux gaz employés dans les machines frigorifiques.
- De là l’utilité, presque la nécessité d’une étude méthodique approfondie, à la fois scientifique et industrielle de ces corps.
- Mais cette étude ne pouvait être entreprise que par des savants disposant de l’argent nécessaire pour établir des appareils de mesure, de l’habileté indispensable pour les concevoir et les manier, du temps très long qu’exigeraient ces recherches, et enfin d’un local où ils pourraient les poursuivre à loisir. N’est-ce pas une nouvelle démonstration, ajoutée à tant d’autres, de la nécessité d’établir au plus tôt l’un de ces laboratoires industriels dont le Congrès a admis, dans sa dernière séance, l’incontestable utilité ?
- Je proposerai en conséquence à l’approbation de votre Section, si M. le Président me le permet, le vœu suivant :
- « Comme suite au vœu exprimé par le Congrès relativement à l’organisation de laboratoires de mécanique, la 3e Section recommande en particulier l’institution de recherches expérimentales précises sur les propriétés physiques des fluides usités dans les appareils à produire le froid. »
- Abordons maintenant l’examen de quelques points de la communication do M. Diesel.
- M. Diesel se déclara tout d’abord l’adversaire des machines verticales à bâtis distincts, et en particulier des machines à simple effet, dont il fait fort bien ressortir les défauts, mais sans mentionner deux de leurs avantages importants : la moindre fatigue, la non-ovalisation du cylindre qui n’a pas à supporter le poids du piston, et, dans les machines à simple effet seulement, la moindre fatigue des stuf-fing-box, qui n’ont pas à supporter la pression de liquéfaction du gaz. Si le nombre des stuffing-box est doublé, leur fatigue est diminuée de plus de moitié, considération qui n’est pas à dédaigner, quelle que soit la perfection de leurs garnitures. Le fait est que, malgré leur prix d’achat plus élevé et leur encombrement plus volumineux, et bien que venues après que les compresseurs à double effet eurent reçu presque tous leurs perfectionnements actuels, les machines à simple effet se répandent de plus en plus : il suffit de rappeler les noms de MM. Laver-gne, Ivilbourn, Wood et Fixary. Or, il paraît bien difficile d’admettre qu’un dispositif plus cher et plus encombrant remplace ainsi souvent un mécanisme moins
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- cher et plus compact en ne présentant sur ce dernier que des inconvénients. Je ne prétends pas trancher la question en faveur des machines à simple effet, mais je pense qu’il serait aussi plus prudent de ne pas la trancher, même en s’appuyant sur l’autorité de M. Diesel, exclusivement en faveur des compresseurs à double effet.
- En ce qui concerne la suppression de l’espace nuisible par le maintien d’une couche d’huile au-dessus du piston des machines à simple effet, M. Diesel pense que, loin de supprimer l’espace nuisible, cette couche d’huile l’augmente par sa transformation en une sorte de mousse ammoniacale. Cela serait parfaitement vrai si l’on avait la prétention de se servir indéfiniment de la même couche d’huile qui, d’ailleurs, ne tarderait pas à disparaître, mais on doit comprendre que l’on entend, lorsqu’on veut employer cette couche d’huile, la renouveler suffisamment pour la maintenir toujours fraîche, insuffisamment imprégnée de gaz pour se transformer en mousse. Dans certaines machines, ce renouvellement s’opère d’une façon modérée, par un graisseur que l’expérience apprend bien vite à conduire ; dans d’autres machines, celles de Kilbourn et de Lavergne notamment, il s’effectue avec une surabondance peut-être un peu trop libérale, mais qui s’oppose certainement à la formation de la mousse.
- Le joint pâteux des machines Fixary a eu le malheur de rencontrer en M. Diesel un redoutable adversaire : il va jusqu’à nier son existence, tout en l’accusant, s’il existait par hasard, des méfaits les plus noirs. Je vais tâcher de dissiper ces préventions, tout en vous avouant que je me trouve, en cette occasion, un peu embarrassé, car la société que je dirige construit les machines Fixary, et le bureau d’organisation du Congrès n’a certainement pas eu l’intention de me fournir, en m’honorant de la fonction de rapporteur, l’occasion de vous présenter, à tort ou à raison, la machine Fixary et son joint pâteux comme la plus parfaite des machines à froid. Je n’ai pas d’ailleurs la prétention d’indiquer le joint de M. Fixary comme le seul qui puisse empêcher les fuites; la disposition de M. Tellier remplit parfaitement cette condition; mais je pense, je suis même certain que notre joint pâteux est absolument imperméable, et cela, avec un moindre serrage des garnitures, un frottement moins élevé. Je dis que j’en suis certain parce que j’ai constaté maintes fois, sur des machines Fixary à double effet, qu’il suffit de supprimer l’action dé ce joint pour que l’huile, puis du gaz ammoniac sortent de la garniture, absolument imperméable auparavant. Nous ne pouvons pas spécifier à quel état de congélation ou de viscosité se trouve l’huile de ce joint, mais son efficacité, entendue comme je viens de la définir, est incontestable. Nous pouvons même aller plus loin, et vous signaler une observation tendant à démontrer que l’huile du joint pâteux n’est pas complètement liquide, même autour de la tige du piston : cette tige est en effet absolument sèche au sortir de la garniture ; on peut souvent y frotter une feuille de papier sans la
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- graisser : c’est une constatation que je viens de répéter en présence de M. Hirsch, sur la machine Fixary installée au frigorifère de l’esplanade des Invalides.
- Quant à l’objection tirée de l’obligation d’employer pour le joint pâteux de l’huile congélahle, susceptible de se répandre dans les serpentins du bac à glace et de les engorger par sa congélation, je ferai remarquer qu’il n’est pas nécessaire d’employer, pour le graissage général de la machine, l’huile môme qui circule plus ou moins dans le joint pâteux, et que, si nous n’agissons pas ainsi, c’est que nous avons constaté l’innocuité complète de l’emploi, tant pour le joint que pour le graissage général, d’une huile lourde, congélahle vers — 20°. Cette huile se trouve, en effet, presque complètement enlevée à l’ammoniac, dès sa sortie des compresseurs, par un séparateur d’huile, constitué sur le principe des antiprimeurs des chaudières à vapeur, et qui ne laisse arriver aux serpentins du réfrigérant que des traces d’huile négligeables en pratique. Cette séparation de l’huile s’opère d’ailleurs très bien, par des procédés analogues, dans les machines de Lavergne, de Wood, de Kilbourn, etc., où le graissage très abondant conduirait sans cela à une obstruction rapide des serpentins.
- L’objection à l’emploi de l’acide carbonique, tirée de la chaleur élevée de son liquide, aurait besoin, pour porter avec toute l’importance que lui attribue M. Diesel, de la confirmation expérimentale des chiffres cités par lui, et qui paraissent en contradiction complète avec les résultats affirmés par M. Windhau-sen. Ici encore/c’est au laboratoire industriel de trancher la question.
- Je ne puis m’empêcher de trouver M. Diesel un peu sévère à l’égard des machines à affinité. Je sais bien qu’elles ont été condamnées par les expériences de Munich, qui les ont accusées d’un rendement trois fois moindre environ que celui des bonnes machines à compression; mais il n’est pas bien certain que ces expériences soient sans appel. D’autres expériences, exécutées en France et en Amérique, les contredisent sur bien des points. Il y aurait lieu, pensons-nous, de comparer et de discuter les résultats de ces différentes expériences avant de considérer la sentence des juges de Munich comme tout à fait définitive.
- Le jugement prononcé par M. Diesel contre l’emploi des machines à air, même sur les navires, me parait aussi quelque peu prématuré. La principale objection des armateurs à l’emploi des machines à gaz liquéfiés sur les navires est, en effet, l’élément d’insécurité ou de risque introduit dans leur fonctionnement par leur dépendance d’un approvisionnement limité d’un produit chimique : une fausse manœuvre, un accident suffisent pour perdre la charge d’une machine, et le maniement de ces gaz exige des ouvriers spéciaux, dont la maladie peut compromettre par quelques jours d’arrêt le sort d’une cargaison infiniment plus précieuse que le combustible perdu par suite du moindre rendement des machines à air. Ces appréhensions, peut-être exagérées, mais très légitimes au fond, empêcheront sans doute l’emploi des machines à gaz liquéfiés à bord des navires
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- tant qu’elles ne les auront pas dissipées par quelques applications heureuses et prolongées. Nous souhaitons que la machine de M. Linde remporte ce succès : elle ouvrirait ainsi aux machines à gaz liquéfiés une nouvelle voie, ce dont nous ne pourrions que féliciter M. Linde et son éminent constructeur, M. Sulzer; mais nous pensons néanmoins qu’il conviendrait de rester, jusqu’au succès final, dans une certaine réserve à ce sujet.
- Ces quelques observations faites, il ne me reste plus qu’à remercier, pour mon compte personnel, M. Diesel des renseignements qu’il a bien voulu nous fournir dans son intéressante communication, où l’on rencontre à chaque pas la marque d’un praticien émérite, élevé à l’école de >1. Linde, l’un des ingénieurs les plus éminents en matière de machines à froid.
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Progrès accomplis dans l’application de la force hydraulique, par G. Co-chrane. —Au n'ombre des principaux progrès accomplis récemment dans l’art de l’ingénieur-mécanicien, on peut citer les machines hydrauliques employées au rivetage définitif de fortes épaisseurs de tôles, dans des positions où tout autre procédé serait impraticable ; au forgeage par pression et au système complet de soudure par pression uniforme sur les surfaces en contact, au lieu du martelage, ainsi qu’au cintrage des feuilles constituant l’armure du pont du Forth.
- L’application de la puissance hydraulique à la construction de ce pont a porté sur des feuilles d’acier de l’épaisseur de 8 à 10 millimètres dans des positions de 106 mètres au-dessus de l’eau et de 152 mètres en porte-à-faux. Le rivetage est fait par une petite machine portative travaillant à la pression de 70 kilogrammes par centimètre carré et exceptionnellement à 465 kilogrammes par centimètre carré. La pression est envoyée à la machine riveuse par de petits tuyaux articulés assemblés sur la machine qui porte les pompes foulantes placées sur le sol.
- Il faut mentionner aussi le système qui dispense des accumulateurs et qui fonctionne à Woodside depuis plusieurs années. Ce système consiste en trois pompes foulantes actionnées par une transmission, ou directement par la vapeur; il repose en partie sur le travail accumulé dans un volant très puissant. L’eau à sa sortie des pompes et à son retour est en circulation constante à une faible pression demandant peu de force, afin de maintenir le tube d’eau prêt à agir au moment de s’en servir; on ferme alors un robinet qui arrête le courant de retour de l’eau vers les pompes et l’envoie sur le piston de l’outil à mettre en mouve-Tome IV. — 88e année. 4e série. — Décembre 1889. 94
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- ment. L’eau est alors arrêtée et l’action de la courroie ou de la vapeur suppléée par la force vive du volant est portée sur le rivetage, le cintrage ou le forgeage de la pièce soumise à l’opération.
- La force hydraulique a été appliquée également avec succès à la manœuvre des forts canons à tourelles et à la résistance des tampons des voies de chargement des chemins de fer.
- [Institut of mechanical engineers.)
- Trempage de l’acier par l’électricité. — L’application de l’élecLricité au trempage de l’acier a donné des résultats très pratiques au point de vue de la dépense, de l’uniformité du produit et de la transformation de sortes inférieures d’acier en ressorts de bonne qualité. Une usine qui applique ce procédé en grand peut tremper 600 kilogrammes de fil d’acier n° 18 de Birmingham par heure on ne dépensant qu’un cheval-vapeur pour actionner la dynamo génératrice du courant qui échauffe le fil. Ce procédé est employé également pour adoucir ou pour durcir les fils; on peut en effet, par des dispositions différentes du courant, d’une part, durcir la surface en produisant un résultat comparable à la trempe en paquets, et d’autre part adoucir pour ressorts les fils d’acier Bessemer contenant de un demi à un pour cent de carbone. Le produit obtenu n’est pas cependant exempt de parties cassantes.
- Bien que ce procédé ait été présenté comme donnant de grands avantages, son application est encore limitée à un petit nombre d’usines américaines.
- [Engineering.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
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- Séance du 8 novembre 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière, président.
- M. Bettenbourg aîné, boulevard Voltaire, 241. — Nouveau modèle de chaussures d’une seule pièce. (Arts mécaniques.)
- M. François Chassy, rue Ordener, 96. — Mémoire intitulé Vavicoptcre ou navire aérien. (Arts mécaniques.)
- M. Robin, mécanicien, passage Vaucouleurs, 10. — 1° Nouveau mouvement d’horlogerie; 2° nouvelle combinaison de lumière électrique; 3° nouveau galet. (Arts mécaniques.)
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- M. Guyot, ouvrier-mécanicien, à Saint-Maur (Seine). — Plans et notices concernant son système d’attelage de wagons. (Arts mécaniques.)
- M. Renaud, lithographe, rue des Carbonnets, 5, à Bois-Colombes (Seine).— Copie d’une note adressée par lui à la Commission municipale d’encouragement aux ouvriers exposants.
- M. Radiyuet, rue du Tage, 20. — Note relative à un débrayeur mécanique pour métiers, au sujet d’un appareil de ce genre, présenté à la Société par M. Buxtorf. (Arts mécaniques.)
- M. Joseph Imbs, professeur au Conservatoire des arts et métiers. — Vignettes et notices explicatives se référant aune peigneuse-coton nouvelle, à un banc d’affinage pour coton, à un système de laminage sous chapeau pour le filage du coton, avec échantillons. (Arts mécaniques.)
- M. Laussedat, directeur du Conservatoire des arts et métiers. Programme des cours publics et gratuits des sciences appliquées aux arts qui auront lieu au Conservatoire pour l’année 1889-1890.
- Mémoire sur l’agriculture et l’élevage des animaux domestiques dans le département de la Haute-Marne, portant la devise : Qaid faciat lælas vegetes. (Agriculture.)
- M. Maumené, qui a présenté à la Société un procédé de fabrication des vermillons de mercure,/lemande qu’un nouveau rapporteur soit nommé pour remplacer M. Debray, décédé, qui était chargé de cet examen. (Arts chimiques.)
- M. Dejardin-Quéheu, à Elinghen, près Marquise (Pas-de-Calais). — Procédé pour la conservation des oignons, pommes de terre, etc. (Arts économiques.)
- M. Lecomte, professeur au lycée Saint-Louis. — Mémoire sur la conservation des tubercules.
- Mémoire sur la conservation des pommes de terre, portant l’épigraphe : L'observation attentive des faits est une source de progrès pour Vagriculture. (Arts économiques.)
- M. Cheysson, membre du Conseil, fait hommage à la Société des trois brochures suivantes qu’il vient de publier : 1° Album de statistique graphique ; extrait des notices sur l’exposition du ministère des Travaux publics. 2° La législation internationale du travail. 3° Organisation de Vassurance. (Bibliothèque.)
- Notice sur le Salvador. — (Exposition universelle de 1889.)
- Journal des fabricants de sucre du 30 octobre. — Analyse d’un rapport de M. Bouchereau sur l’industrie et le commerce du sucre aux Etats-Unis en 1888. [Bulletin.)
- M. le Président annonce que le Conseil d’administration a arrêté que toutes les décisions intéressant les membres de la Société seraient promulguées en séance publique.
- M. le Président pourra déléguer tel membre qu’il jugera compétent dans les
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- Comités et un membre de la Commission des fonds pour examiner certaines demandes qui pourraient être faites pendant les vacances, et prendre de suite une décision s’il est utile.
- Nomination d’un membre du Conseil. — M. Lavastre, peintre en décors, est nommé membre du Comité des constructions et des beaux-arts à la majorité des suffrages.
- Rapport des comités. — Interrupteur automatique. — M. Édouard Simon, au nom du Comité des arts mécaniques, lit un rapport sur un système d’interrupteur automatique appliqué aux transmissions électromotrices, par MM. Chaize frères, manufacturiers, à Saint-Etienne (Loire).
- MM. Chaize frères sont arrivés, en étudiant les conditions de l’industrie rubanière: l°àrégulariser la marche de plusieurs métiers actionnés par un même moteur électrique , 2'1 à réduire au minimum la consommation delà puissance motrice.
- Le Comité des arts mécaniques, en présence des résultats obtenus, propose de remercier MM. Chaize frères de leur intéressante communication et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec une planche de dessins représentant l’installation d’un moteur électrique dgns un atelier de tissage et le régulateur-interrupteur à plus grande échelle, le tout accompagné d’une légende explicative.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Machines à dévider, etc. — M. Simon fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport : 1° sur une machine ci dévider et peser automatiquement les laines, cotons et fils;'IL0 sur une machine à dévider, peser et faire les pelotes, de M. L. Mouchère, à Angoulême (Charente).
- Le but que s’est proposé l’inventeur est de fournir des pelotes ou des échc-veaux d’un poids absolument régulier. Il importe, en effet, que le consommateur ne soit pas trompé sur la quantité de matière qu’il achète et que le vendeur puisse contrôler le débit de ses produits.
- Sur un bâti à 10 têtes, deux ouvrières peuvent effectuer, en 12 heures de travail, le dévidage et le pesage de 70 kilogrammes de laine fractionnés par poids de 35 à 50 grammes, la commande delà machine étant, bien entendu, empruntée à un moteur mécanique.
- Dans certains cas, au lieu d’avoir à traiter de fortes parties, le commerce est tenu de livrer par petites commissions. Pour répondre à ce besoin, M. Mouchère a combiné une seconde machine.
- Convaincu que la publicité de notre Bulletin aidera à vulgariser un outillage qui mérite, à tous égards, les encouragements de la Société, le Comité des arts mécaniques propose de remercier if. Mouchère de sa très intéressante communication, puis de voter l’insertion du présent rapport au Bulletin, avec une planche de dessins accompagnée d’une légende et représentant : 1° la machine à dévider
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- et à peser automatiquement, à plusieurs têtes ; 2° la machine à dévider, à peser et à faire les pelotes, à une tête.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Jaugeage des fluides pesants. —M. Parenty, ingénieur des manufactures de l’État à Orléans, fait une communication sur la régulation et la mesure des pressions et des débits de tous les fluides pesants.
- La formule ,8 = m co V 2g H du débit des fluides pesants à travers les orifices en fonction de la perte de charge ou hauteur génératrice H est généralement une simple approximation très suffisante pour les besoins de la pratique, lorsqu’il s’agit des liquides ou fluides incompressibles. Pour les gaz parfaits au contraire et à fortiori pour la vapeur d’eau, le phénomène de la détente se complique de phénomènes thermiques dont l’importance s’accroît rapidement avec la valeur de H. Pour établir une formule complètement rigoureuse, il faut tenir compte de ces causes de perturbation : ce qu’on fait au moyen de deux hypothèses, type isotherme ou adiabatique, suivant que le fluide emprunte ou n’emprunte pas de chaleur aux objets extérieurs. En se plaçant dans le cas de pertes de charges extrêmement faibles, on peut assimiler pratiquement les fluides incomprimés aux fluides incompressibles et rattacher l’étude du débit à celle des pressions.
- M. Parenty montre une série d’appareils pratiques se rattachant à la théorie du débit des fluides pesants.
- Pour l’eau :
- La machine à fumer les cigares et à mesurer leur combustibilité par un procédé chronométrique.
- Le niveau constant, à siphon et cuvette mobile.
- Le robinet débiteur à manomètre gradué, remplaçant le flacon de Mariotte pour la production continue de débits constants dans les laboratoires.
- Le lavage méthodique à courant jaugé continu permettant d’extraire, à une concentration exceptionnelle, le suc des tabacs et autres, plantes pharmaceutiques et d’épuiser toutes les substances.
- Pour le gaz d’éclairage :
- Le régulateur de consommation à pressions compensées, fournissant une pression rigoureusement constante à l’entrée d’un éclairage privé ou d’une canalisation d’usine.
- Le régulateur à pression surchargée donnant une pression automatiquement croissante au fur et à mesure qu’on allume de nouveaux becs sur la conduite soumise au régulateur.
- Le compteur de débit permettant de vérifier pour les gaz l’exactitude de la formule abrégée ci-dessus.
- Pour la vapeur d’eau :
- Le compteur de vapeur, avec compensateur de densité, fournit à chaque ins-
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- tant le débit en poids d’une conduite générale de vapeur. Il vient de mesurer avec succès pendant toute la durée de l’Exposition la production de la chaudière actionnant les dynamos des ponts roulants électriques du palais des Machines.
- Enfin M. Parenty, sur le désir exprimé par plusieurs ingénieurs des ponts et chaussées, a construit une série d’appareils destinés aux travaux hydrauliques de distribution et de mesure qui sont :
- Le siphon de chasse à amorçage continu ou vanne intermittente de vidange à joint hydraulique, organe emprunté à la machine à fumer et adopté par la Ville de Paris pour le service de ses égouts, enfin exposé par elle dans son pavillon.
- Le régulateur et le partiteur de débit, destinés à assurer automatiquement la répartition de J’eau des canalisations agricoles, principalement algériennes, entre les divers intéressés, administration et abonnés.
- Le jaugeur de rivière dû à la bienveillante initiative de M. l’ingénieur en chef Lebegigim pour connaître le débit des rigoles d’alimentation du canal d’Orléans. L’Académie des Sciences a accueilli dans ses Comptes rendus le résumé des expériences intéressantes faites par les ingénieurs sur la rigole de Courpalet dont la faible pente de 1 mètre pour 32 kilomètres s’est opposée constamment à l’application de toutes les autres méthodes connues.
- Le jaugeur des conduites forcées qui a été destiné par M. Bechmann au jaugeage de la grande gerbe des fontaines lumineuses de l’Exposition. Ce procédé, basé sur l’emploi d’un tube de Pitot, n’apporte aucune perte de charge à la conduite qu’on doit mesurer.
- M. le Président remercie M. Parenty de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Pompes et moteurs.— M. le marquis de Montrichard (de Montmédy) présente les pompes et moteurs à mouvement elliptique de son invention, qui ont figuré à l’Exposition. L’organe essentiel du mouvement est une came cylindrique terminée par des rampes obliques serrées entre deux galets parallèles fixes. Cette came, dans un cylindre clos, fait en même temps fonction de pistons et de robinet commandant les tubulures d’admission et d’émission.
- Les premiers essais de M. de Montrichard ont été soumis à la Société d’En-couragement en 1887. Depuis cette époque, ses machines ont été l’objet de perfectionnements importants, qui ont porté leur rendement aux chiffres les plus élevés.
- Une pompe qui avait été installée aux Glacières de Paris dans les premiers jours d’avril 1888, a été transportée ensuite à l’Exposition, où elle a fonctionné pendant cinq mois, à raison de quatre heures par jour, donnant 2 500 litres d’eau par heure, avec élévation de 4 mètres, et le peu de fatigue résultant de cette double épreuve démontre que ces pompes présentent des qualités de durée exceptionnelles.
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- Le mouvement elliptique comporte de grandes vitesses. Le nombre des coups de piston des pompes et des moteurs est double de celui des machines ordinaires; il en résulte que leur volume est très petit eu égard aux effets produits.
- Les pièces qui les composent sont exécutées au tour et très simples, de sorte que les prix de revient sont relativement peu élevés.
- Les pompes et les moteurs de M. de Montrichard sont donc entrés dans la période pratique; et l’auteur appelle l’attention du Comité des arts mécaniques sur les résultats importants obtenus jusqu’à ce jour.
- M. le Président remercie M. de Montrichard de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Eolipyles. — M. le DT Paquelin fait la communication suivante :
- I. — Présentation dé appareils nouveaux. — Fer à souder et marque pour l’estampage des animaux, des bois, du cuir, etc.
- Ces deux appareils sont alimentés à l’essence minérale et fonctionnent automatiquement, comme son éolipyle, sans soufflerie.
- Tous deux sont en pleine activité au bout de six minutes et fournissent un travail continu de trois quarts d’heure. Tous deux fonctionnent en tous sens comme l’éolipyle.
- Eolipyle à cheminée droite.
- Accouplement de quatre éolipyles en carré.
- L’accouplement peut être utilisé avec des becs aplatis pour chauffer des moufles, ainsi que comme chauffe-bain.
- Au moyen de ces quatre éolipyles, 45 litres d’eau ont été portés en 15 minutes de 21° à 36° ; il y a eu augmentation régulière d’un degré par minute.
- Eolipyle de 9 centimètres de diamètre fournissant au minimum 45 minutes de travail continu.
- IL — Perfectionnements dans la construction de F éolipyle. — La fabrication en est désormais confiée exclusivement à M. Gillet, ingénieur, 32, boulevard Henri IV.
- L’auteur décrit divers dispositifs qui ont pour but d’assurer la solidité de construction de l’appareil, de parer aux causes de détérioration, d’obvier aux accidents par imprudence, de préserver les poignées de la chaleur, de bien assujettir l’outil en la main, d’en réduire le volume au repos, d’obtenir un bouchage hermétique, de s’opposer à l’encrassement du bec brûleur, d’abréger le temps de la mise en train et de faciliter l’extinction de l’appareil.
- L’appareil ne passe pas aujourd’hui en moins de 45 mains avant de sortir de l’atelier.
- Un éolipyle de construction nouvelle a été surchauffé jusqu’à l’explosion. La rupture s’est faite en pleine tôle, au niveau de la tète ; le fond soudé est resté intact.
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- Création d’organes nouveaux. Yersette à double poche, l’un servant pour le remplissage, l’autre pour l’amorçage de l’éolipyle; petit bec conique pour effiler la flamme, et petit bec aplati pour l’étendre; cheminées nickelées.
- III. — Vulgarisation de l’éolipyle; applications. — M. Paquelin cite les applications très variées auxquelles est employé l’éolipyle et présente l’appareil construit par M. Lagriffoul et Graillot, 4, boulevard Saint-Martin, à l’usage de l’art vétérinaire.
- Puis il mentionne deux expériences faites à son laboratoire avec Féolipyle.
- Deux grammes de carbonate de soude ont été fondus en trois minutes dans un creuset de platine.
- La calcination qui, pour l’analyse des sucres, exige, dans les moufles, trois quarts d’heure, s’est faite en une demi-heure avec 4 grammes de substance.
- D’où utilisation de l’éolipyle dans les laboratoires, à l’attaque par le carbonate de soude (voie ignée) et à l’incinération des cendres dans les matières organiques, par exemple : vin, chocolat, analyse des sucres, etc.
- On peut l’utiliser aussi pour projections lumineuses, au moyen du platine et de la magnésie portés à l’incandescence.
- On s’en sert pour écheniller; M. Thil, inspecteur adjoint des forêts, se propose d’en étudier l’emploi à la destruction des champignons et des insectes des bois.
- M. le Président remercie M. le DT Paquelin de sa communication, qui sera examinée par le Comité des arts économiques.
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- Séance du 22 novembre 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière, président.
- La Société anonyme de construction des ponts-bascule vérificateurs, à Voiron (Isère), système Guillaumin, présente de nouveaux perfectionnements apportés à ses appareils. (Arts mécaniques.)
- M. Albert Larbalétrier, professeur à l’Ecole d’agriculture du Pas-de-Calais, à Arras. — Étude sur l’agriculture et l’économie rurale du département du Pas-de-Calais. (Concours. Agriculture.)
- M .Émile Lemoine adresse pour la bibliothèque divers opuscules mathématiques.
- M. Hallopeau, inspecteur du matériel fixe aux chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, professeur h l’École centrale des arts et manufactures, adresse : 1° sa communication au Congrès des procédés de construction sur la nature de l’acier doux à employer dans les constructions ordinaires ; 2° une note présentée au Congrès international des chemins de fer sur la qualité des aciers pour rails et accessoires de la voie.
- M. le Président fait part à la Société de la mort récente du DT Quesneville.
- Bien connu de la Société avec laquelle il était en rapport depuis de longues
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- années, le Dr Quesneville avait fondé, il y a cinquante ans, un recueil d’une grande valeur auquel il avait donné le nom d’abord de Revue scientifique et industrielle et puis de Moniteur scientifique. C’est dans la première partie de ce recueil que Laurent et Gerhardt ont, jadis, publié leurs travaux ; la seconde est remplie de mémoires développés sur les questions abordées parla chimie pure et appliquée dans ces dernières années.
- Ce recueil, qui a rendu aux sciences chimiques et physiques de grands services, doit, paraît-il, disparaître avec lui.
- M. Cacheux envoie une brochure intitulée : Etat actuel en France du patronage et de l’enseignement des apprentis.
- M. Poirrier, membre du Conseil, fait hommage d’une brochure relative à Y Inauguration de la Bourse de commerce de Paris, le 24 septembre 1889.
- Les articles suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Revue maritime et coloniale. — Le dépeuplement de la mer et le Comité consultatif des pêches maritimes. Sicile des Etudes historiques de la marine militaire de France, par le capitaine Chabaud-Arnault.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. — Bulletin spécial. Les habitations ouvrières à l’Exposition universelle de Paris, par Antony Roulliet.
- Revue universelle des inventions nouvelles, n° 1. Directeur : M. Henri Farjas.
- Les Merveilles de la science, ou description des inventions scientifiques depuis 1870, par M. Louis Figuier. Supplément.
- M. le Président communique une lettre adressée à M. de Luynes par M. Léon Laurent, ingénieur-constructeur d’instruments de précision, qui, reconnaissant des encouragements qui lui ont été donnés parla Société, demande à en faire par-tire à titre de membre à vie.
- M. L. Laurent est nommé membre à vie.
- Nomination de membres de la Société. — M. Gustave Petitpont, manufacturier, à Choisy-le-Roi, présenté par M. Lavollée;
- M. Carpano, ingénieur-constructeur, à Cluses (Haute-Savoie), présenté par M. Redier ;
- M. Auguste Moreau, ingénieur des arts et manufactures, à Paris, présenté par M. Appert.
- Rapports des comités. — Acier-manganèse. — M. Le Châtelier fait, au nom du Comité des arts chimiques, un rapport sur un nouvel alliage de fer et de manganèse, soumis à la Société par M. Hadfield, directeur de Hecla Works. Ce nouveau métal, composé de 12 à 14 p. 100 de manganèse, jouit de qualités précieuses et paraît pouvoir rendre de grands services à l’industrie.
- Le Comité des arts chimiques propose au Conseil d’adresser des félicitations à M. Hadfield pour la découverte qu’il a faite d’un nouvel alliage de fer et de manganèse, et d’insérer le présent rapport au Bulletin de la Société.
- Tome IV. — 88e année. 4e série. — Décembre 1889.
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- Ces conclusions sont adoptées.
- Ciment de laitier. — M. Le Chàtelier fait, au nom du Comité des arts chimiques, un rapport sur une communication de M. Henry, relative au cimentde laitier.
- M. Henry a introduit le premier en France, et notablement perfectionné la fabrication du ciment de laitier. Il a, par son initiative, rendu un réel service à l’industrie française en introduisant dans notre pays la fabrication du ciment de laitier. Le Comité des arts chimiques propose de lui adresseras félicitations de la Société d’Encouragement et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Table chromatique des couleurs. — M. Hupé, artiste-tapissier à la manufacture des Gobelins, fait une communication sur une nouvelle table chromatique des couleurs. Il se propose de continuer l’œuvre de M. Chevreul, et de la rendre pratique en éclairant certains points restés obscurs; il développe les raisons qui le conduisent à considérer comme nécessaire une modification des dispositions présentées par la table chromatique de M. Chevreul.
- Des observations développées par M. Hupé, il résulte que les couleurs, appelées franches par M. Chevreul, ne peuvent pas trouver place sur une même circonférence, car, contrairement à l’idée généralement admise, les binaires sont des couleurs moins pures que les primitives. De plus, cette disposition ne permet pas de saisir les rapports des couleurs, même imparfaitement, lorsqu’il s’agit de couleurs appartenant à des séries différentes, comme par exemple l’orangé et le violet. Enfin, sur les 72 couleurs du premier cercle, présentées par M. Chevreul comme respectivement complémentaires lorsqu’elles occupent les extrémités d’un même diamètre, 6 seulement : les trois primitives, et les trois binaires qui leur sont diamétralement opposées, ne peuvent engendrer le gris normal par leur mélange, que dans une proportion différente de celle indiquée par l’auteur; les 66 autres, quelle que soit la proportion dans laquelle leur mélange est opéré, ne peuvent point donner naissance au gris normal,
- Partant, comme M. Chevreul, du principe que les couleurs primitives sont douées de propriétés spécifiques entièrement différentes, mais d’une égale puissance, et que leur mélange en égales proportions entraîne leur atténuation réciproque complète et produit le gris normal, M. Hupé expose la construction d’une table nouvelle présentant les dispositions suivantes :
- Les trois primitives et le gris normal occupent une situation identique à celle qui leur est attribuée par M. Chevreul, mais les trois séries de binaires, formant trois nuances qui conduisent directement de l’une à l’autre des primitives, prennent place sur trois droites reliant les points occupés par celle-ci, droites sur lesquelles des divisions à distances égales permettent de fixer les types binaires.
- Ces trois nuances forment ainsi un triangle équilatéral dont la surface comprend les couleurs ternaires. Les types de cette dernière catégorie sont fixés sur
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- cette surface par le croisement des lignes qui, de chacun des types binaires, sont menées parallèlement à chacun des côtés du triangle. Ce croisement produit une série de triangles équilatéraux égaux dont les sommets sont tous équidistants, et constitue un plan des normales sur lequel il est facile de constater les résultats produits par un mélange quelconque de couleurs.
- Ce plan permet encore de trouver rapidement et sûrement les combinaisons, souvent multiples, qui peuvent produire un résultat donné ; il permet aussi de trouver les couleurs véritablement complémentaires les unes des autres; et enfin il montre les relations qui s’établissent entre les couleurs sous le rapport de leur degré de pureté.
- M. Hupé expose ensuite comment se forment les gammes des normales, et présente Un polyèdre ayant la forme d’une double pyramide triangulaire dont la base commune, formée par le plan des normales, est inclinée de façon à placer chacune de ces normales à la hauteur qui lui convient par rapport aux sommets du polyèdre, lesquels sont occupés : le supérieur par le blanc, et l’inférieur par le noir.
- Le polyèdre comprend ainsi toutes les couleurs imaginables avec leurs dégradations claires et foncées.
- Cette nouvelle table chromatique montrant, par ses dispositions, les lois qui président à la formation des couleurs et permettant de se rendre compte des conséquences de leurs différentes combinaisons, hauteur pense qu’elle peut constituer un outil précieux et facilement maniable pour les nombreuses industries qui font usage d’éléments colorés.
- M. le Président remercie M. Hupé de sa communication, qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- . Filtres. —M. Maignen présente les filtres de son invention. Son système est le seul admis dans l’armée anglaise depuis plusieurs années.
- On trouve la description du type original de ses filtres dit « cottage » dans plusieurs revues et traités d’hygiène et de médecine.
- Le principe essentiel du filtre Maignen consiste dans l’emploi du tissu d’amiante sur lequel on dépose automatiquement une couche de carbo calcis (charbon spécial) en poudre impalpable. On mélange ce charbon en poudre avec la première eau versée dans le filtre, les particules du carbo calcis sont assez légères pour ne pas tomber au fond du filtre tout de suite et assez lourdes pour no pas flotter à la surface de l’eau : elles suivent donc le courant établi à travers les pores du tissu et vont remplir ceux-ci, faisant un colmatage à la surface de l’amiante dont elle rend la porosité absolument homogène. On ajoute par dessus du carbo calcis en grain, qui a pour but d’arrêter les grosses impuretés de l’eau et d’absorber les mauvais gaz ou autres matières nuisibles en solution.
- Les anciens filtres en pierre poreuse ou en porcelaine, comme le dit le
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- Dv Vallin, ne sauraient dépouiller l’eau « des matières toxiques ou nuisibles tenues en solution, ni des poisons minéraux tels que le plomb, ni des ptomaïnes ».
- Le filtre Maignen, au contraire, retient tout ce que l’eau peut contenir de nuisible. A l’appui de cette assertion, l’auteur cite les expériences du Laboratoire municipal de chimie de Paris sur la matière organique et les sels de plomb et de cuivre; celles du Laboratoire municipal de microbiologie do Barcelone, sur les microbes en général; de M. le D* Heyclenreich, de Yilna, qui a déclaré que non seulement le filtre Maignen retient les bacilles du choléra et le micrococcus prodigiosus, mais qu’on n’en retrouve pas dans l’eau filtrée subséquemment; et enfin les expériences physiologiques de M. le Dr Macé, professeur à la Faculté de médecine de Nancy, que voici : 5 gouttes de bouillon de culture de sang charbonneux sont inoculées à un cobaye, le filtre est rempli de ce bouillon virulent (150 centimètres cubes), l’eau filtrée immédiatement après n’entraîne pas le virus; car si l’on inocule un autre cobaye avec 2 centimètres cubes de l’eau filtrée, ce dernier demeure en excellente santé, tandis que le premier cobaye est mort en moins de 38 heures. L’expérience a été recommencée trois fois dans un mois avec le même filtre sans nettoyage et avec les mêmes résultats.
- M. Maignen montre les différentes formes de filtres construits sur le même principe, et il explique le plan d’une installation qu’il a récemment soumis à la Ville de Paris pour filtrer 20 000 mètres cubes d’eau par jour à raison de 0 fr. 025 par mètre cube. Il fait aussi l’expérience avec l’acétate de plomb. Il charge une eau de ce sel dangereux et montre par le réactif iodure de potassium qu’après filtrage il ne reste plus Lrace de plomb dans l’eau.
- M. le Président remercie M. Maignen de sa communication, qui est renvoyée au Comité des arts économiques.
- Pendules électriques. —M. Pouchard fait une communication sur des pendu-, les électriques et sur son système de transmission de l’heure à distance avec remise à l’heure.
- M. Pouchard fait observer que ces appareils, dont il donne la description, présentent des conditions de sécurité qui n’ont pas encore été obtenues et montre à l’assemblée la remise à l’heure de deux horloges placées à distance.
- M. le Président remercie M. Pouchard de sa communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Séance générale du 13 décembre 1889.
- Présidence de M. Haton de la Goupillière, président.
- M. le Président annonce à l’assemblée les dernières décisions prises par le Conseil d’administration relativement aux séances générales.
- A l’avenir, la séance générale pour les élections et pour le compte rendu finan-
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- cier de la Société se tiendra chaque année au mois de décembre. La distribution des prix et médailles aura lieu dans la lre séance du mois de mai.
- La transition s’opérera de la manière suivante :
- La distribution des récompenses qui devait avoir lieu en décembre 1889 est renvoyée à la lre séance de mai 4890.
- Par exception, on décernera, dans cette séance de mai, les prix proposés .. pour 1889 et 1890.
- La clôture des concours pour 1891 est fixée au 1er octobre 1890 et les prix en seront distribués dans la lrc séance de mai 1891.
- M. Henri Farjas, fondateur de la Revue universelle des inventions nouvelles (1888), annonce la publication nouvelle d’une édition de vulgarisation paraissant deux fois par mois, à 5 centimes le numéro de 16 pages avec 10 gravures.
- M. Casimir Rey, professeur à l’École du génie de Versailles, envoie trois plis cachetés, dont il demandera l’ouverture en 1890 : 1° Description d’un instrument pour les levers rapides ; 2° Description d’appareils pour la mise à feu à distance ; 3° Description d’appareils pour les fontaines lumineuses.
- Le dépôt de ces plis cachetés est accepté.
- M. François Latour, tourneur-mécanicien, rue des Boulets, 56. — Porte-foret de son invention. (Arts mécaniques.)
- M. Émile Paillon, boulevard de la Gare, 24.' — Retordeuse mécanique, pour retordre les ficelles, retordre et câbler tous les fils. (Arts mécaniques.)
- M. Auguste Coret, à la maison de retraite Galignani. — Compteur moteur d’électricité à mouvement alternatif avec frein à mercure ou à glycérine et avec répartiteur de force. (Arts économiques.)
- M. Thouvenin, inventeur du mors parleur, annonce que de nouvelles expériences vont avoir lieu pour confirmer la valeur de son invention. (Agriculture.)
- M. Longval, menuisier, rue Raspail, 20. — Description et coupe d’un nouveau jet d'eau et pièce d'appui à placer au bas des fenêtres, pour calfeutrer les appartements. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. Armengaud aîné adresse une note sur les appareils de chauffage, que M. Michel Perret vient d’installer dans la cathédrale de Saint-Quentin. (Arts économiques.)
- M. Francesco Fazio Amoroso, à Venise, envoie la description et le dessin d’un petit moteur de famille. (Arts mécaniques.)
- M. Magnien, professeur d’agriculture de la Côte-d’Or. — Mémoire sur le service des champs d’expériences et de démonstration. (Agriculture.)
- M. Martin, diplômé de l’enseignement supérieur agricole. — Mémoire sur l’agriculture dans la Haute-Vienne. (Agriculture.)
- M. Alfraire, ingénieur-chimiste, rue de la Verrerie, 13. — Note sur ses brevets relatifs à la fabrication de la vanilline au moyen de l’acide phénique, qui
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- permettrait de lutter contre la fabrication allemande du même produit. (Arts chimiques.) .
- M. Couderc envoie une brochure intitulée : Guide 'pratique pour la reconstitution et la préservation des vignes. (Agriculture.)
- Mémoire pour le concours du prix pour le reboisement et le gazonnement des * terres incultes des montagnes. Epigraphe : Vive bidentis amans... Juvénal, sat. III. (Agriculture.)
- M. le Président annonce l’envoi par l’Académie des Sciences du recueil des discours prononcés pour l’inauguration de la statue de J.-B. Dumas, à Alais, le lundi 21 octobre 1889. (Bulletin et bibliothèque.)
- M. Raffard, membre de la Société, fait hommage d’une brochure sur son Compteur-totalisateur à deux roulettes et à mouvement différentiel. (Bibliothèque.)
- M. le Directeur de la Compagnie des chemins de fer du Midi fait hommage de la notice publiée par cette Compagnie sur le matériel qu’elle a fait figurer à l’Exposition de 1889. (Bibliothèque.)
- M. Cheysson, membre du Conseil, fait hommage, au nom du Ministère des Travaux publics, d’un exemplaire de Y Album de statistique graphique de 1888. (Bibliothèque.)
- M.Hillairet fait hommage de la brochure qu’il vient de publier Sur un dispositif de frein de Prony destiné à. l’évaluation exacte des couples moteurs. (Bibliothèque.)
- M. Schlœsing, président de la souscription pour la statue de Boussingaidt, donne avis que cette souscription est ouverte chez M. Sagnier, directeur du Journal de l’Agriculture, secrétaire du Comité, carrefour de la Croix-Rouge, 2.
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Association pour prévenir les accidents de fabrique, fondée sous les auspices de la Société industrielle de Mulhouse. Compterendu du 21e exercice, année 1888.
- Assemblée générale de la Société chimique de Londres : Histoire spectroscopique des terres dites rares, par M. Crookes.
- Enquête décennale sur les institutions d’utilité publique de la Haute-Alsace. Rapports présentés à la Société industrielle de Mulhouse par son comité d’utilité publique.
- Rapports des comités. — Tableau mécanique. — M. de Comberousse fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur un Tableau mécanique, construit par AT. l'abbé Levis, curé de Cos, près Montauban, qui a figuré à l’Exposition universelle du Champ-de-Mars.
- Ce tableau mérite sans aucun doute des éloges, ne serait-ce qu’au point de vue de la patience de l’auteur qui y a travaillé au moins dix ans, fabricant lui-même les pièces nécessaires, parfois les outils dont il a dû se servir, et arrivant, par une ténacité remarquable et sans connaissance spéciale, à d’heureuses combinaisons cinématiques. Le résultat obtenu paraît très supérieur aux tableaux
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- mécaniques, bien connus, qui proviennent de là Suisse èt de la Forêt Noire.
- Le Comité des arts mécaniques a pensé qu’il y avait lieu d’encourager un effort si personnel. Il propose au Conseil de remercier M. l’abbé Leris de sa communication et d’autoriser l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Distribution pour machines à vapeur. — M. Hirsch fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur un système de distribution pour machines a vapeur de M. Charbonnaud, rue du Grand-Gord, à Ivry-sur-Seine.
- M. le Rapporteur signale l’étude présentée par M. Charbonnaud comme sérieuse et intéressante. Le Comité des arts mécaniques estime qu’il y a lieu de la porter à la connaissance des membres de la Société, de remercier l’auteur de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bidletin, avec ligures intercalées dans le texte.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Denture des roues de montre. — M. Redier fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur la machine et les fraises à arrondir les dents des roues de montre, présentés par M. Carpano, fabricant d’horlogerie, à Cluses (Haute-Savoie).
- Son usine occupe 80 ouvriers avec une force motrice de 25 chevaux. Ce personnel est aussi employé à la fabrication des roues de montre et autres fournitures d’horlogerie.
- La production des roues est de 100 000 par semaine, soit les éléments d’un million de montres par an. En jetant les yeux sur ces roues d’un prix minime, on aura l’idée de la perfection de l’outillage qui les façonne.
- Le Comité des arts mécaniques propose au Conseil de remercier M. Carpano de sa communication et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société, avec figures.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Tôles de Fox. — M. Gustave Richard fait une communication sur l’emploi et la fabrication des tôles de Ebarpour les chaudières et le matériel roulant des chemins de fer.
- Le principal avantage des foyers à tôles ondulés est de présenter une plus grande résistance que les tubes lisses à la déformation, et surtout à l’écrasement. Dès l’origine d’une déformation, le tube lisse prend un état d’équilibre très instable qui risque de provoquer aussitôt l’écrasement ou l’explosion; il n’en est pas de même du tube ondulé qui offre à cet écrasement une résistance élastique trois ou quatre fois plus considérable. De là, une application presque universelle de ces tubes aux chaudières marines à haute pression, actuellement nécessaires pour l’emploi des machines à triple et à quadruple expansion. En outre, les tubes ondulés présentent une surface de chauffe un peu plus étendue: ils fournissent
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- souvent une vaporisation plus économique pour que leur résistance plus élevée autorise remploi de plus grands diamètres, conduisant à remplacer, par exemple, deux petits foyers par un grand, où la combustion s’effectue plus complètement. Leur élasticité longitudinale atténue considérablement les efforts moléculaires dus aux différences des dilatations des tubes de foyers et des corps cylindriques en même temps que les petits mouvements qui se produisent de ce fait à la surface des tôles ondulées y empêchent le dépôt d’incrustations adhérentes.
- Mais le tube ondulé ne peut développer tous ses avantages que s’il est parfaitement homogène, cylindriqué', et très bien soudé. M. Fox y est parvenu à l’aide d’un outillage spécial, dont M. Richard décrit, au moyen de dessins et de modèles, les principales caractéristiques.
- D’autres constructeurs, notamment MM. Penby, Craven et Rowland, marchant sar les traces de M. Fox, fabriquent aussi des tôles ondulées.
- L’emboutissage et le bordage des tôles de chaudières s’effectuent aussi, aux forges de M. Fox, à l’aide d’outils spéciaux très intéressants, à presses hydrauliques, machines à border, etc.
- A côté des foyers et des tôles embouties pour chaudières, M. Fox a tout récemment entrepris la fabrication de longueurs et de traverses en acier embouti pour châssis de wagons et de locomotives : on réalise ainsi des châssis remarquables par leur légèreté, leur solidité, la simplicité, la précision, le petit nombre de leurs assemblages et leur résistance élastique aux chocs.
- M. le Président remercie M. Gustave Richard de sa très intéressante communication, qui est renvoyée à la Commission du Bulletin.
- Elections générales. — Le scrutin ayant été ouvert au commencement de la séance pour les élections du bureau en 1890 et la ratification des nominations des membres du Conseil faites dans le courant de l’année, M. le President constate que le nombre des votes réglementaires pour que l’élection soit valable n’a pas été atteint. Dans la prochaine séance, il sera procédé de nouveau aux élections générales qui seront valables, quel que soit le nombre des votants.
- Séance générale du 27 décembre 1889.
- • Présidence de M. Raton de la Goupillière, président.
- M. Léon Aucoc fils, secrétaire-trésorier du comité d’installation de la classe 37 à l’Exposition universelle, annonce l’envoi d’une somme de 100 francs que le Comité donne à la Société d’Encouragement.
- M. Vasselin (Edouard-Zéphirin),médecin-vétérinaire, rue de Grenelle, 186.— Système de compteur pour voitures. (Arts mécaniques.)
- M. Benoist d'Entrevaux, à Saint-Priest, près Privas (Ardèche). — 1° Étude sur l’industrie du moulinage des soies dans l’Ardèche. (Arts mécaniques.) —
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- 2° Etude sur le reboisement des montagnes de l’Ardèche. (Agriculture. Concours.)
- M. Risler (Georges), à Cernay (Alsace). — Express-carde. (Arts mécaniques.)
- M. Vaasse, directeur de l’École pratique d’agriculture et de viticulture de Va-labre (Bouches-du-Rhône). — Étude sur un cépage américain propre aux terrains calcaires. (Agriculture.)
- M. Fandrin, professeur de viticulture à l’École d’agriculture de Valabre (Bouches-du-Rhône). — Mémoire sur la reconstitution du vignoble en terrain calcaire. (Agriculture.)
- M. Campredon, chimiste des forges et aciéries de Fourchambault (Nièvre).— Etude sur les laitiers basiques, résidus de la fabrication de l'acier utilisés en agriculture. (Agriculture.)
- M. Henry, fabricant de ciment, à Saint-Dizier. — Communications sur la transformation en ciment et autres produits industriels des laitiers de hauts fourneaux. (Arts chimiques.)
- M. Mauler (Auguste), boulevard du Chemin-de-Fer, 31, à Puteaux. — Envoi d’un dynamomètre enregistreur du travail pratique des instruments de culture. (Agriculture.)
- MM. Ba sset (Nicolas), rue Truffaut, 58, et Elizalde (Arthur-Frédéric), chimiste, avenue Hoche, 23. — Mémoire relatif à la récupération du chlore dans l’industrie soudière. (Arts chimiques.)
- M. Ferté (Auguste), propriétaire-agriculteur de la loge de Chouy (Aisne). — Projet de carnet agricole, aide-mémoire. (Agriculture.)
- M. Langlais, instituteur, à Commez, par Mayenne (Mayenne). — 1° Carnet agricole aide-mémoire. (Agriculture.) — 2° Moyen de reconnaître la falsification du beurre. (Agriculture.)
- M. Prudhon (André), propriétaire à Gamay. — Envoie une pomme de terre pesant 1 kilogramme et indique le moyen d’en obtenir de pareilles. (Agriculture.)
- M. Renoux, à Bellac (Haute-Vienne). — Procédé pour suspendre au printemps la germination des pommes de terre, oignons, etc. (Arts économiques. Concours.)
- M. Louis Marx, brasseur, àHertigny (Vosges),fait hommage d’un exemplaire de la troisième édition, considérablement augmentée, de son ouvrage intitulé le Laboratoire du brasseur, couronné par la Société. (Bibliothèque.)
- M. Dirat (Paul), propriétaire, ingénieur civil, à Brignemont, par Cadours (Haute-Garonne). — Mémoire relatif au système de culture et à l’assolement des terres fortes de la Haute-Garonne. (Agriculture.)
- Le Cercle de la Librairie annonce l’échange de la Bibliographie de la France avec les publications de la Société, à partir du 1er janvier 1890.
- Le Dr Georges Quesneville annonce qu’à la suite des demandes réitérées qui lui sont arrivées de la France et de l’étranger de ne pas cesser la publication du Tome IV. — 88e année. 4e série. — Décembre 1889. 96
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- Moniteur scientifique, il a résolu de continuer l’œuvre de son père. Le prochain numéro du Moniteur scientifique paraîtra dans le courant de janvier prochain.
- M. le Président annonce la mort de M. Phillips, membre de l’Académie des Sciences et membre honoraire du Comité des arts mécaniques de la Société.
- M. Collicjnon lit une notice sur la vie et les travaux de cet éminent collègue qui sera publiée dans le Bulletin de la Société.
- Rapport des Comités. — Comptes de 1888. — M. Fouret fait, au nom de la Commission des fonds, un rapport sur les comptes de la Société pour l’exercice 1888.
- M. Bordet, censeur, lit, au nom des censeurs, un rapport sur l’exercice 1888.
- Comme conclusion et d’accord avec l’honorable rapporteur de la Commission des fonds, il propose des votes de remerciements à M. le Trésorier et d’approuver les comptes de l’exercice 1888.
- Ces conclusions du rapport et les comptes de l’exercice 1888 sont approuvés.
- Machine ètireuse-broyeuse-échardonneuse. — M. Edouard Simon fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur la machine-étireuse-broyeuse-échardonneusc de M. Fulgencc Mer elle, à Roubaix.
- L’échardonnage est une préparation relativement récente qui a remplacé le triage à la main, lors de l’apparition sur le marché, des laines de Buenos-Ayres. Les toisons de l’Amérique du Sud sont, en effet, souillées de graines de chardons ou plutôt de graines d’une espèce particulière de trèfle et il eût été impossible de les employer industriellement sans l’intervention des machines spéciales dites échardonneuses ou égratteronneuses.
- En tenant compte de la grande production, il convient d’insister plus encore sur l’amélioration du rendement et de la qualité des peignés résultant de l’emploi de l’échardonneuse-broyeuse.
- Le Comité des arts mécaniques propose de remercier M. Mer elle de son intéressante communication et d’autoriser l’insertion au Bulletin du présent rapport avec deux bois intercalés dans le texte et une légende explicative.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Pressoir continu. — M. Liébaut fait, au nom du Comité d’agriculture, un rapport sur un pressoir continu de M. Gayon, élève diplômé de l’Institut national agronomique, rue de Malte, 68.
- S’il est impossible actuellement de se prononcer d’une manière définitive sur cet appareil, qu’il faut suivre dans les opérations pratiques de la viticulture, on peut affirmer dès maintenant qu’il y a là une idée très heureuse, réalisée par des dispositions parfaitement rationnelles.
- En conséquence, le Comité d’agriculture propose de remercier M. Gayon de son intéressante communication et d’autoriser l’insertion au Bulletin du présent rapport, accompagné de figures.
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- Ces conclusions sont adoptées.
- M. le Président annonce la clôture du scrutin pour les élections générales de 1890. MM. Bordet et Fouret, scrutateurs, vont procéder à son dépouillement dont les résultats seront proclamés à la fin de la séance.
- Communications. — Pulvérisateur des huiles lourdes, 'par M. Hélouis.
- M. le Professeur 'Donny a eu le premier l’idée d’utiliser les huiles lourdes à l’éclairage intensif des grandes usines et des chantiers. Un compte rendu de l’appareil de Donny a été fait en 1857 à la Société d’Encouragement et publié au Bulletin en février 1858.
- Je signalerai d’abord la différence qui existe entre la lampe de Donny et l’appareil que j’ai l’honneur de présenter.
- Dans l’appareil de Donny, l’huile lourde n’est brûlée qu’après évaporation préalable dans un vase à combustion alimenté par un flacon de Mariotte à niveau constant. La lampe de Donny fournit au maximum 200 bougies de puissance.
- Dans mon appareil, l’huile est pulvérisée par un jet d’air sous pression. Parmi les défauts de l’appareil de Donny, la cuvette à combustion ayant la forme d’une soucoupe est alimentée régulièrement par l’huile d’un flacon de Mariotte; elle nécessite d’abord une position parfaitement horizontale pour ne pas déborder, et à mesure qu’elle est alimentée, elle se remplit peu à peu d’une couche de brai fondu qui a pu échapper à la combustion superficielle. De sorte qu’au bout d’un certain temps l’huile de la cuvette devient de plus en plus épaisse et la flamme devient fuligineuse.
- Avec le pulvérisateur cette difficulté n’existe pas. On peut placer l’appareil dans n’importe quel sens. La combustion est toujours la même, puisque l’huile fournie par le pulvérisateur possède toujours la même composition et la même densité aussi bien au commencement qu’à la fin.
- J’ai déjà eu l’honneur d’expérimenter un de mes premiers appareils devant la Société d’Encouragement il y a environ six ans. Cet appareil était composé : 1° d’un pulvérisateur que M. Agnellet avait bien voulu mettre à ma disposition pour faire mes essais, 2J d’une pièce tronconique qui est pour ainsi dire l’âme de l’appareil. En effet, si on supprime ce tronc de cône, le faisceau globulaire d’huile lourde s’éteint immédiatement. C’est donc un allumeur permanent dont j’ai fait breveter le principe. Mon appareil a reçu depuis de nombreuses améliorations entre les mains de ses habiles constructeurs, MM. Bouart frères, qui sont les concessionnaires du brevet.
- MM. Bouart frères ont fusionné mon procédé avec le système connu sous nom de Lucigène, imaginé par deux ingénieurs anglais, MM. Haunag et Lyle. Mon brevet avait la priorité de l’invention.
- En France, MM. Bouart frères ont étudié une série d’appareils destinés aux
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- diverses applications possibles de ce mode d’éclairage. Ce sont ces appareils qui ont éclairé la construction de l’hôtel terminus de la gare Saint-Lazare. Ils fonctionnent aussi dans les chantiers de la gare des Batignolles et fournissent jusqu’à 2 000 bougies de puissance, tandis que la lampe de Donny ne dépassait pas 200 bougies.
- Je signalerai encore une amélioration importante, qui în’a été suggérée par l’étude de l’appareil tronconique qui surmonte le pulvérisateur. J’ai remarqué, dès les débuts, que souvent une partie des huiles pulvérisées échappaient à la combustion; les huiles complètement brûlées étaient celles qui s’échauffaient contre les parois presque rouges du tronc de cône. J’ai donc été conduit : 1° à échauffer l’air du pulvérisateur, 2° à échauffer l’huile pulvérisée. J’ai revendiqué d’ailleurs ces deux améliorations dans un certificat d’addition à mon brevet et dans une description faite le 25 décembre 1889 dans le Génie civil.
- L’avantage que présente réchauffement préalable de l’huile avant sa pulvérisation est considérable : aucune particule d’hydrocarbure ne peut échapper à la combustion complète du faisceau globulaire. L’échauffement de l’huile est obtenu simplement au moyen d’un serpentin qui forme un deuxième tronc de cône dans l’intérieur du premier,comme le montre le petit modèle ci-joint. L’huile est amenée par le tube flottant qui communique à un récipient sous pression. Elle circule dans le serpentin et arrive au brûleur avec une température 200 à 300 degrés.
- M. le Président remercie M. Hélouis de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts économiques.
- Vignes phiylloxérées, par M. Hélouis. — La Banque Ottomane, dont M. Hélouis est l’ingénieur, possède à Yalona, en Albanie, d’importants gisements de bitumes liquides et solides contenant une très forte proportion de soufre. (Ce dernier est employé à la fabrication du sulfure de carbone.)
- La facilité avec laquelle le bitume se mélange en toutes proportions au sulfure de carbone, la fixité qu’il lui donne en entravant sa volatilisation si rapide lorsqu’il est pur, ont suggéré à M. Hélouis l’idée d’utiliser ces produits enrichis de sulfure à la destruction du phylloxéra.
- Le liquide sulfuré est un mélange, à doses égales, de bitume et de sulfure de carbone; afin d’accroître encore la durée d’action de l’insecticide en retardant la diffusion du sulfure, M. Hélouis a profité du grand pouvoir absorbant du charbon de bois (provenant de la distillation du bois en vases clos) pour lui incorporer le sulfure bitumineux : 1 kilog. de charbon anhydre absorbe environ 1200 grammes d’insecticide.
- Les essais officiels ont été exécutés dans les six arrondissements de la Gironde et dans la Dordogne chez M. Chavoix, ancien député, par les soins des professeurs départementaux chargés par le ministre de l’agriculture d’expérimenter le nouveau produit. Dans la Gironde, les doses employées par hectare étaient de 400, 600 et
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- 800 kilogrammes de charbon toxique correspondant à 100, 150 et 200 kilogrammes du sulfure absorbé.
- Le tableau suivant indique le nombre de pieds qu’on a retrouvés phylloxérés deux mois environ après les essais (tous les pieds traités, avaient été préalablement reconnus fortement phylloxérés ; en outre, les vignes d’essais avaient été choisies dans des terrains réputés réfractaires au sulfure pur) :
- Saint- Saint- Cissac
- Bourg. Émilion. Martin. (Médoc). Auros. Cénon.
- Charbon ( à 100 kilos de sulfure .... 1 1 0 0 0 0
- sulfuré | à 150 kilos de sulfure .... 0 0 0 0 0 0
- bitumineux. ( à 200 kilos de sulfure .... 2 1 0 0 0 0
- Un essai comparatif fait à Cissac avec le sulfure pur a donné pour ce dernier 20 p. 100 de pieds phylloxérés.
- Deux observations se dégagent de cette première série d’essais :
- 1° Le charbon sulfuré prime tout le reste; sa persistance d’action est la cause de cette supériorité, elle s’est manifestée encore, six mois après les essais, tandis que celle du sulfure pur n’excède pas les 95 premières heures de son application.
- 2° Les doses ne semblent pas exercer une action proportionnelle à la quantité d’insecticide employé. C’est une nouvelle preuve que la supériorité de l’insecticide est due à la lente diffusion de ses vapeurs toxiques à travers le bitume qui enrobe, pour ainsi dire le sulfure, molécule à molécule. On a constaté dans un essai que le sulfure bitumineux et le sulfure pur s’évaporent en 24 heures dans le rapport de 1 à 200.
- Le charbon toxique présente encore d’autres avantages sur le sulfure pur ; ainsi, à Cénon, près Bordeaux, les charbons ont été placés dans des sillons préalablement ouverts à la charrue et aux deux tiers pleins d’eau, à la suite de pluies persistantes; l’eau cependant n’a pas déplacé l’insecticide, elle n’a pas non plus déterminé d’arrêt dans la végétation comme il arrive lorsqu’on emploie le sulfure pur dans un terrain mouillé ou qu’une forte pluie survient après le traitement.
- D’autre part, la question argent est capitale en matière de traitement insecticide; on prévoit déjà que le traitement au charbon sulfuré (engrais compris) n’atteindra qu'à peine le traitement au sulfure pur (sans engrais) : il sera la moitié de celui au sulfo-carbonate. Comparé à la dépense de reconstitution en américains, il arrivera à • environ de Xintérêt du capital avec les porte-greffes.
- De nouveaux essais ont été ordonnés par le ministre de l’agriculture pour le printemps prochain afin de rechercher le meilleur mode d’application dans le sol, en longueur, largeur, profondeur, la meilleure époque d’application, la meilleure dose à employer, et enfin tout ce dont il y a lieu de tenir compte pour obtenir le maximum d’effet utile avec la moindre dépense.
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- M. le Président remercie M. Hêlouis de sa communication, qui est renvoyée au Comité d’agriculture.
- Elections générales. — M. le Président, assisté de MM. Bordet et Fouret, scrutateurs, et de M. Collignon, secrétaire, annonce le résultat du scrutin qui maintient le bureau actuel et proclame sa composition pour 1890.
- Président : M Haton de la Goupillière.
- Vice-Présidents : MM. Tisserand, colonel Sebert, de Luynes et Troost.
- Secrétaires : MM. Collignon et Aimé Girard.
- Censeurs: MM. Legrand et Bordet.
- Trésorier : M. Goupil de Préfeln.
- Les nominations suivantes de membres du Conseil sont ratifiées :
- Commission des fonds : M. Iyrantz.
- Comité des arts mécaniques : M. Lemonnier.
- Comité des arts chimiques : M. Vieille.
- Comité d’agriculture : M. Demontzey.
- Comité des constructions et des beaux-arts : M. Lavastre.
- M. le Président adresse ensuite les paroles suivantes :
- Messieurs,
- En me trouvant ainsi amené à promulguer moi-même la réélection dont vous voulez bien m’honorer, je tiens à vous en marquer ma plus vive gratitude. Ce sera pour moi un grand stimulant à redoubler d’efforts pour tâcher de répondre à vos premves de confiance.
- Mais je veux en même temps vous remercier pour ma part, tout en vous félicitant pour vous-même, de m’avoir entouré de nouveau d’un bureau avec lequel la collaboration est pleine de charme. Vous l’avez vu à l’œuvre pendant une année, mais non d’aussi près que moi. C’est donc à moi qu’il appartient en ce jour de rendre à ces collaborateurs l’hommage public qui leur est dû pour leur zèle sans bornes, ainsi que pour la sagesse et l’esprit d’initiative dont ils ont donné tant de preuves et qui m’ont rendu la tâche si facile.
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES
- ADMIS EN -1889
- A FAIRE PARTIE DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE.
- MM.
- Berge (René), ingénieur civil des mines, à Paris.
- Besnard, fabricant d’appareils d’éclairage et de chauffage, à Paris.
- Burot (A.-L.), ingénieur-constructeur, à Angoulême.
- Burotte (Abel), employé à la Société d’entreprise générale, à Paris.
- Candlot, chimiste de la Société française des ciments de Boulogne-sur-Mer.
- Canson (de), propriétaire, à Maisod (Jura).
- Grappe d’Auteroche, au château de Vert (Sarthe).
- Chardonnet (comte de), à Paris.
- Doublet (Emile), à Paris.
- Duval (N.), constructeur-mécanicien, à Paris.
- Godillot (Alexis), ingénieur, à Paris.
- Hache (Julien), fabricant de porcelaines, à Vierzon.
- MM.
- Joly, professeur-adjoint à la Sorbonne^ directeur du Laboratoire des hautes études de l’École normale supérieure, à Paris.
- Krantz (Camille), maître des requêtes au Conseil d’État.
- Laurent (Léon), constructeur d’instruments d’optique et de précision, à Paris.
- Lemonnier, ingénieur-constructeur, à Paris.
- Macé (Maurice), fabricant de décors sur porcelaine, à Paris.
- Marx (J.), malteur, à Marseille.
- Morel (Jules), constructeur-mécanicien, à Roubaix.
- Morin (Henri), chimiste des douanes, à Paris.
- Osmond, ingénieur civil, à Paris.
- Séguin, directeur de la Compagnie du gaz du Mans.
- Vieille, ingénieur des poudres et salpêtres.
- Le Gérant : J.-II. Ginestou.
- Paris. — Typographie Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. — 25308.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS
- DANS LA QUATRE-VINGT-SEPTIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (iQuatrième série. — Tome IV)
- (La lettre (P) à la suite d'un article indique qu’il ne s’agit que d’une présentation.)
- A
- Abram. (Voy. Danaut.)
- Albouy. Application de l’électricité [pour éviter les accidents de chemins de fer (P), 151.
- Alexis-Godillot (Georges). Foyers à combustion méhodique; rapport deM. Brüll (pl.), 289.
- Alfraire. Sur la vanilline (P), 801.
- Alibert.Cheville pourinstrumentsàcordes (méd. arg.), 83.
- Allard. Prix d’agriculture, 73
- Alvergniat. Prix des arts chimiques, 56.
- Amoroso (Francesco-Fazio). Moteur de famille (P), 801.
- Anonyme. U Observation attentive... Agriculture (P), 791.
- — Quid faciat lætas vegetes. Agriculture
- ' (P), 791.
- — Vive bidentis amans... Agriculture (P), 802.
- Antoine (Michel). Alambic pour la distilla, lion des marcs (P), 412, 462.
- Appert (Léon). Pli cacheté : moulage du verre, 247.
- Arciiereau. Inventions diverses (P), 413.
- Armand-Dumaresq. Don du portrait de J.-B. Dumas, 460.
- Armengaud aîné. Enseignement de la géométrie descriptive ; rapport deM. Schi.em-MER, 744.
- — Appareils de chauffage, (P), 801.
- Aubry et Cie. Papier adhésif pour dessein (P), 198.
- Aucoc (Léon). Don du Comité d'installation de la classe 37 à l’Exposition univer-verselle, 804.
- Audouin.PH cacheté : alliages inoxydables, 459.
- Auzauneau (Henri). Moteur pour ateliers de famille (P), 724.
- Aymé (P.). Moteur pour ateliers de famille (P), 152.
- B
- Badaire. Publication : Bulletin de la Brasserie française (P), 150.
- Bailleuaciie (de). Avertisseurs électriques pour les trains (P), 725. .
- Baker (B). Pont sur le Forth (b.), 271. Balland. (Voy. Rousseau.)
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- Barbe (Eugène). Fabrication du vinaigre, 511.
- Barette (Pierre et Amédée). Fouleuse à mouvement alternatif; rapport de M. Simon (pl.),
- Barre. Chemin de fer glissant, 154.
- Barret (Amédée). Ouvrier (méd. br.), 92.
- Basset (N). Traité de la culture de la canne à sucre (P.), 201.
- Basset (Nicolas) et Elizalde (Arthur-Frédéric). Récupération du chlore dans l’industrie soudière (P), 805.
- Baudin. Solidification de l’essence minérale (P), 246.
- Baudot (Émile). Grande médaille d’Ampère pour les arts économiques;rapport de M. Raymond, 35.
- Bazin (Alfred). Appareils nouveaux (P), 285.
- Beau de Rochas. Voyages en Afrique (P), 285.
- Beaugendre (Mme Joséphine). Ouvrière (méd. br.), 92.
- Beaujard (Lazare). Ouvrier (méd. br.),92.
- Beaupied . Couvercle hermétique pour seaux ou cabinets (P), 457.
- Beaussier (de). Pompe à sangles (méd. br.),
- 86.
- Béchade. Petit moteur (P), 193.
- Beciimann. Les fontaines lumineuses à l’Exposition (b.), 401.
- Becquerel. (Président). Allocution, 19.
- — Président honoraire, 197.
- Benoist d’Entrevaux. Industrie du moulinage des soies; reboisement de l’Ardèche (P), 805.
- Bentabol (H). Mire pliante; rapport de M. Goulier (b.), 573.
- Bérard (E.-P.). Rapport sur les papiers et encres de sûreté de M. Schlumberger, 163.
- — Rapport sur le four destiné à la fabrication du gaz ,de l’éclairage de M. André Coze (pl.), 421.
- Bergeret (Guillaume). Ouvrier (méd. br.), 92.
- Berlier. Tramways tubulaires souterrains à traction électrique (b. pl.) 376; rapport de M. Schlemmer, 369,
- Bertiiélemy. Appareil indicateur des températures à distance (P), 500.
- Bettenbourg aîné. Chaussures d’une seule pièce (P), 790.
- Billaudel (Mlles). Appareil cryptographique; rapport de M. Sebert (b.), 394.
- Biver. Rapport sur les verreries du comté de Bitche, ouvrage de M. Marcus, 248.
- — Rapport sur le recueil-poussières de M. Jouanny (b.),256.
- Blanchard (Laurent). Ouvrier (méd. br.), 92.
- Blanchard (Louis). Ouvrier (méd. br.),92.
- Blanzy. Cachet-crampon (méd. arg.), 84.
- Bloy (Marc). Moteur à acide carbonique (P), 725.
- Bodel. Robinet perfectionné (P), 246.
- Boitel. Rapportsurleprixd’agriculture, 59.
- — Notice par M. Prillieux, 589.
- Bonnami (Mme). Documents divers (P), 727.
- Bordet. Rapport sur l’examen des comptes
- de l’année 1887, 18.
- — Rapport sur les comptes de 1888 (extr.); 806.
- Bosaye (Jules). Pyromètre à air (P), 416.
- Boucuenelle(Ernest-Alexis). Contremaître (méd. br.), 92.
- Boucheron. Appareil de chauffage de M. Heim (P), 247.
- Boudard. Appareil à écrire pour les aveugles (méd. or), 87.
- Bourdil. Pompe-pulvérisateur, 460; rapport de M. Prillieux (b.), 747.
- Bourgoin. Coussinets pour voitures (P), 152.
- Bourgoin (Étienne). Ouvrier (méd. br.), 93.
- Bourgoin (François). Contremaître (méd. br.), 93.
- Branche. Trusquin à pointe mobile (P), 278.
- Brérat. Moteur domestique rotatif(P), 725.
- Bresson(G.). Fabrication et emplois du métal Thomas, 446.
- Breton. Poêle mobile Cadé (méd.br.), 87.
- Bretonneau. Musette pour chevaux (méd. arg.), 84.
- — Appareil pour les blessés. Appareil pour mesurer l’air des poumons (P), 193.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
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- Briffaut. Moteur à air (P), 243.
- Briga (François). Ouvrier (méd. br.), 93. Brosse (Alexandre). Ouvrier (méd. br.), 93.
- Brosse (Pierre). Ouvrier (méd. br.), 93. Brüll. Rapport sur la machine à vapeur système Wheelock construite par M. de Quillacq (b. pl.), 101.
- — Rapport sur le foyer à combustion méthodique de M. Alexis-Godillot (pl.), 289.
- Bunel. Rapport fait à M. le Préfet de la Seine sur une explosion de farine (b.) ,306.
- c
- Cadé. (*Voy. Breton.)
- Calendraü. Note sur les chemins de fer (P), 284.
- Camel (Léon). Appareil pour filer la soie (P), 725.
- Camet. Perfectionnement aux vélocipèdes (P), 725.
- Campredon. Laitiers basiques pour l’agriculture (P), 805.
- Candau. Four de boulangerie (P), 726. Candlot. Prix des arts chimiques, 48.
- — Étude sur le ciment de Portland, rapport de M. Le Ciiatelier, 212.
- Ganone (Alexis-Florentin-Édouard). Ouvrier (méd. br.), 93.
- Gapelle. Projet de bateau pour canaux (P), 724.
- Carpano. Machine à faire les dents d’engrenage (P), 500; rapport de M. Redier (extr.), 803.
- Carpentier (J.). Rapport sur le télégraphe multiple de Mme veuve Meyer, 167. Carette. Médaille d’argent des arts mécaniques, 40.
- — Clapet-pendule; rapport de M. Hirsch (b), 205.
- Carré. Charbons pour lumière électrique (P), 153.
- Carrington-Bolton. Salines de Petite-Anse, 411.
- Casalonga. Pli cacheté : nouvelle cartouche, 500.
- Gazeaux (Alfred). Ouvrage de viticulture (P), 726.
- Chaize frères. Interrupteur de courants électriques (P), 725; rapport de M. Simon (extr.), 792.
- Chaligné. Essoreuse pour légumes (P), 724.
- Chaligny et Guyot-Sionnest. Condenseur double à eau régénérée (méd. pl.), 82. Chandor. Bougeoir à pétrole (méd. br.), 87.
- Chansselle (Jacques - Napoléon). Prote (méd. br.), 93.
- Ciiappe d’Auterociie. Lit pour malades, 463.
- Ciiarbonnaud. Distribution de machines à vapeur (P), 725; rapport de M. Hirsch (extr.), 803.
- Chardonnet (de). Soie artificielle, 419. CiiARNEAU. Fours de verrerie chauffés au gaz (P), 151.
- Ciiassy (François). Navire aérien (P), 790. Ciiereix (Louis). Ouvrier (méd. br.), 94. Clerey. Recherche de l’alcool étranger aux boissons (P), 194.
- Cocu (Jules). Couteau pour la cossette des betteraves (P), 413.
- Combe. Fumivore distillateur (P), 242.
- — Goudron et colle anti-salpêtre, (P.), 246.
- Gomberousse (Ch. de). Rapport sur le tableau mécanique de M. Léris (extr.), 802.
- Corblin. Appareil à enregistrer la pression barométrique à distance (P), 151. Cordier. Spécimen de pierre (P), 197. Coret (Auguste). Appareil pour la démonstration du mouvement de la Terre (P), 197.
- — Compteur-moteur d’électricité (P), 801. Cornu. Synchronisation des horloges et
- distribution de l’heure (b.), 592.
- Costel. Appareil à écrire pour les aveugles (méd. br.), 87 ; rapport de M. Se-bert (b.), 165.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- Couderc. Préservation de la vigne (P), 802.
- Goümes (L.). École professionnelle de chapellerie (P), 459.
- Courtonne. Fourneau à moufle de laboratoire, 281.
- Coze (André). Four pour la fabrication du gaz de l’éclairage ; rapport de M. Bérard (pl.),421.
- D
- Danaut. Manipulateur Morse deM. Abram (P), 284.
- Debray. Notice, par M. Troost, 126.
- Decaux. La teinture des bains, par Gonfre-VILLE (P), 284.
- Déchandon. Système de fusil de chasse,156.
- — Extracteur de cartouches ; rapport de M. Pierre (b.), 298.
- Deuarbe. (Voy.TlIERME.)
- Déjardin -Quéheu. Conservateur des oignons (P), 791.
- Delahaye. Enrichissement des craies phosphatées (P), 412.
- Delamarre. Appareil pour empêcher les chevaux de s’emporter (P), 413.
- Delaurier. Théorie de la fermentation (P), 413.
- — Théorie de l’Univers (P), 416.
- — Notes diverses (P), 727.
- Deleuil (Mme J.). Liquéfaction des gaz (P), 242.
- — Système de clavette (P), 412.
- Delgorge et Kioque. Système de pompe
- (P),413.
- Deschamps (Mme Eugénie). Ouvrière (méd. br.), 94.
- Deval. Produits hydrauliques (P), 726.
- Dick (Alexandre). (Voy. Freundler.)
- Diesel (R.). Observations sur la communication de M. Richard relative aux machines à froid, 773.
- Dietrich (baron de). Lettres sur l’agriculture (P), 501.
- Dirat (Paul). Culture des terres fortes de la Haute-Garonne (P), 805.
- Doudaine (Alexis). Accélération delà marche du bateau à vapeur (P), 724.
- Douge frères. Régulateur de machines à vapeur (P), 413.
- Drion. Dessiccation rapide des bois (P), 501, 724.
- Dubard. Machine à décortiquer les cafés, riz, etc.(P), 726.
- Ducornot. Reconstitution des territoires du Midi détruits par le phylloxéra. Note sur le chauffage. Ouvrages d’un canal d’irrigation (P), 152.
- Ducretet. Appareils pour filtrer l’huile de graissage (méd.arg.), 84.
- Dumas (J.-B.). Don de son portrait par M. Armand-Dumaresq, 460.
- Dumont. Voie pour chemins de fer (P)? 279.
- Dumont (Georges). Moteur électro-mécanique Dumont et Postel-Vinay. Remise électrique à l’heure, système Dumont et Lepaute (P), 279.
- — Dictionnaire d’électricité (P), 284.
- Dupré. Réfractomètre, 510.
- Dupuis (Mme Cécile). Ouvrière (méd. br.), 94.
- E
- Edison. Éclairage par la Compagnie — à Paris, 610.
- Elizalde. (Voy. Basset.)
- Engel-Gros. Moyens d’éviter les accidents de travail (P), 462.
- Engler et Lisenko. Industrie du naphte à Bakou,230.
- F
- Fandrin. Vignobles en terrains calcaires (P), 805.
- Féat. Charrue semeuse (P), 279.
- Ferbach. Galvanomètre (P), 152.
- Féret. Table hygiénique Féret (P), 458.
- Feron. Note sur les chemins de fer (P), 197.
- Ferté (Auguste). Aide-mémoire agricole (P), 805.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
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- Filgrim (Louis). Ouvrière (méd. br.), 94.
- Fix (Théophile). Appareil pour cueillir des fruits (P), 285.
- Foucault (Théophile). Utilisation du pétrole (P), 152.
- Fouqué. Bleu égyptien, 244.
- Fourcade. RapportsurleprixFouRCADE, 40.
- Fouret. Rapport sur les comptes de l’exercice 1887, 10.
- — Rapport sur les comptes de 1888 (extr.), 806.
- Fox. Tôles de —, par M. G. Richard, 803.
- Francoz (Émile). Ouvrier (méd. br.), 94.
- Frémiot (Mlle Virginie).Ouvrière (méd.br.), 94.
- Freundler. Métal delta; rapport de M. Le Ghatelier, 108.
- Froely. Système pour dételer un cheval emporté (P), 279.
- Fritsch (J.) et Guillemin. Distillation de la betterave et du topinambour (P), 194.
- G
- Gaillac (de). Pompe élévatoire (P), 412.
- Gall. Acide carbonique liquide, 202.
- Garnier (Jules). Travaux sur le nickel (P), 278.
- Garola. Champs d'expériences (P), 279.
- Gaudrin (Jean). Ouvrier (méd. br.), 95.
- Gayon. Pressoir continu ; rapport de M. Liébaut (extr,), 806.
- Genard. Bougies électriques (P), 193.
- Geneste et Herscher. Étuves à désinfection (méd. pi.), 83.
- — Rapport de M. Rousselle (b. pi.), 207.
- Georgeson. Préparation de la levure au
- Japon, 409.
- Gérentes (Mme Vve). Nouvelle dentelle (méd. br.), 87.
- Germain. Pile électrique, 418.
- Germain (Victor). Extincteur pour essences et pétroles (P), 278.
- — Extincteur d’incendie (P), 501.
- Girard (Aimé). Rapport sur le prix des arts
- chimiques, 57.
- Girard (Aimé). Recherches sur la culture delà pomme de terre industrielle, 260.
- — Secrétaire du conseil, 417, 418. Godillot. (Voy. Alexis-Godillot.) Gonfreville. Teinture des laines, présenté
- par M. Decaux (P), 284.
- Good (A.). Gubarithme par M. Martin, 282.
- — Filage de l’huile, par M. Vivier, 281. Goulier. Rapport sur le centimètre con-
- formateur de M. Liiéon (b.), 296. Rapport sur la mire pliante de M. Ben-tabol (b.), 573.
- Gouttard (Albert). Appui pour malades (P), 416.
- Grangé. Condensateur de vapeur, 507. Grenet. Paratonnerre (méd. arg.), 84. Gross. Photomètre, par M. Krüss (b.), 327.
- Grouazel. Harnais (méd. arg.), 85.
- Gruson. Appareil d’attelage pour wagons (P), 413.
- Guérin. Compteur de résistances électriques (P), 285.
- Guillaumin. Perfectionnements aux ponts-bascule (P), 796.
- Guillemin. (Voy. Fritsch.)
- Guyot. Accrochage des wagons. Appareil orthopédique (P), 458.
- — Attelage pour wagons (P), 791. Guyot-Sionnest. (Voy. Chaligny.)]
- Gutzkow (G.). Fabrication de la magnésie à
- San-Francisco (b.), 268. *f
- H
- Hadfield. Acier-manganèse ; rapport de M. Le Chatelier (extr.), 797.
- Hallopeau (A.). Étude sur les propriétés des fers fondus (P), 151.
- — Notes présentées aux congrès (P), 796. Haton de la Goupillière (président). Allocution, 149.
- Heim. (Voy. Boucheron.)
- Hélouis. Fils métalliques d’ornements (méd. or), 79. '
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- IIélouis. Coloration des métaux pour la passementerie ; rapport de M. de Luynes, 112.
- — Pulvérisation des huiles lourdes, 807.
- — Vignes phylloxérées, 808.
- Henry. Ciments de laitier (P), 412.
- — Transformation des laitières en ciment (P), 805.
- — Rapport de M. Le Chatelier (extr.), 798.
- Héraud (André). Ouvrier (méd. br.), 95.
- Héron (Constant). Ouvrier (méd. br.), 95*
- Herscher. (Voy. Geneste.)
- Hertford. Machine à fabriquer les ressorts (P), 200.
- Herz. Extraction de l’argent de l’eau de mer (P), 278.
- Hirsch. Rapport sur le prix des arts mécaniques, 40.
- — Production des coups de feu dans les chaudières à vapeur, 200.
- — Rapport sur le clapet-pendule de M. Ca-rette (b.), 205.
- — Observations sur la communication de M. Richard relatives aux machines à froid, 784.
- — Rapport sur la distribution de machines à vapeur de M. Ciiarbonnaud (extr.), 803.
- Honoré. Aliments économiques (P), 500.
- — Inventions diverses (P), 726.
- Hupé. Table chromatique des couleurs, 798.
- I
- Imbs (Joseph). Peigneuse-coton nouvelle, banc d’affinage et laminage sous chapeau pour le filage du coton (P), 791.
- Immisch. Locomotive électrique de mines, 723.
- J
- Jacquemin (Georges). Vin et eau-de-vie d’orge (P), 152.
- Janes. Culture de l’indigo en Chine, 494.
- Jannet. Chaussures imperméables (P), 726.
- Jaubert. Perfectionnement des microscopes (P), 506.
- Jeannet (Fernand). Système d’accrochage des wagons (P), 151.
- — Perfectionnement au vélocipède (P), 242.
- Jobert. Système d’annonce du passage des trains (P), 152.
- Jouanny. Recueil-poussières ; rapport de M. Biver (b.), 256.
- K
- Kerting. Condenseur à courant d’eau, par M. Ludzki (b.), 451.
- Kessler (L.). Projet de réforme de la législation sur les établissements insalubres; rapport de M. Lavollée (extr.), 243.
- — Lettre à ce sujet, 279.
- Killian. Régulateur à gaz (P), 725.
- Kioque. (Voy. Delgorge).
- Kissling. Analyse des produits fabriqués en caoutchouc, 498.
- Kliebhau (Gustave). Transformation d’une substance (P), 243.
- Kolb. Prix des arts chimiques, 53.
- Krüss. Photomètre de Gross (b.), 327.
- L
- Labeyrie. Prix des arts mécaniques, 40.
- Laciiaud (Guillaume). Nouvelle force motrice (P), 278.
- Lacombe (Quirin). Ouvrier (méd. br.), 95.
- Lamanski. Expériences sur les becs et les lampes à gaz (b.), 483.
- Landtsiieer (Norbert de). Machine décorti-queuse pour la filasse, etc. (P), 727.
- Langlais. Carnet agricole ; falsification du beurre (P), 805.
- Langlois (Sidney). Dessiccation des matières de vidange (P), 507.
- Lapointe. Assemblage pour fils télégraphiques (P), 500.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- 819
- Larbalétrier (Albert). Agriculture du Pas-de-Calais (P), 796.
- Larpent. Note sur l’histoire de la contre-vapeur (P), 153.
- Latour (François). Porte-foret (P), 801.
- La vigne. Système de rail (P), 150.
- Lavollée (G.). Nommé vice-président honoraire, 197.
- — Rapport sur le projet de réforme de la législation des établissementsinsalubres présenté par M. Kessler (extr.), 243.
- — Notice sur F. Legentil, 468.
- Le Ghatelier. Rapports sur les prix des • arts chimiques, 42, 48.
- — Rapport sur le métal delta, 108.
- — Rapport sur l’étude sur le ciment de Portland de M. Candlot, 212.
- — Rapport sur l’acier-manganèse (extr.), 797.
- — Rapport sur le ciment de laitier de M. Henry (extr.), 798.
- Leclercq. Fabrication de limes (P), 200. Lecomte . Conservation des tubercules (P), 791.
- Le Gudenec (René). Ouvrier (méd. br.), 95. Ledru (Émile). Perfectionnement au tour à portrait (P), 152.
- Lefèbre. Mécanisme kilométrique pour voitures (P), 150.
- Legentil (F.). Notice, par M. Lavollée, 468. Lépicier (Georges). Perfectionnement aux tricycles et aux bicyles (P), 152.
- Lequier. Emplois des marcs de café (P), 459.
- Leris (l’abbé Arthur). Tableau mécanique (P), 247.
- — Rapport de M. de Gomberousse (extr.), 802.
- r
- Le Royer. Chaussures à semelles articu-culées (P), 506.
- Lesourd. Mémoire sur le générateur à vapeur Serpollèt (P), 151.
- Lethuillier et Pinel. Médaille d’argent des arts mécaniques, 40.
- Levrier. Pommier à cidre (P), 459.
- Lhéon. Centimètre conformateur ; rapport de M. Goulier (b.), 296.
- Libois (Charles-Louis). Ouvrier (méd. br.), 95.
- Liébaut. Rapport sur le pressoir continu de M. Gayon (extr.), 806.
- Lisenko. (Voy. Engler.)
- Lissieux. Note sur un métier Jacquard (P), 246.
- Longval. Jet d’eau et pièce d’appui (P), 801.
- Lonjon (J.-B.). Étude sur l’agriculture du département de la Loire (P), 151.
- Loret. Banc de pierre lithographique (P), 726.
- Lorilleux. Lithographie (P), 727.
- Loubet. Inventions diverses (P), 725.
- Loyer. Serrure-chaîne (P), 152.
- Ludzki. Condenseur Kerting à courant d’eau (b.), 451.
- Luynes (de). Rapports sur les prix des arts chimiques, 53, 56.
- — Rapport sur les procédés de coloration des métaux pour la passementerie, par M. Hélouis, 112.
- — Rapport sur le système d’impression multicolore de M. Reuille, 259.
- M
- Magna. Treuil spiral à différentielle variable; rapport de M. Tresca (b.), 301.
- — Système de chemins de fer pour courbes de faible rayon (P), 500.
- Magnien. Prix d’agriculture, 73.
- — Champs de démonstration, (P), 801. Mahon frères. Machine à chiner les fils
- (P), 725.
- Maignen. Filtres, 799.
- Maistre (Jules). Imperméabilisation des tissus (P), 727.
- Maître (Ernest). Paragel et fermeture pour sacs à raisins (méd. br.), 88.
- Malapert. Des lois sur les brevets (P), 247.
- Mallard. Emploi des explosifs dans les mines à grisou, 463.
- Mamy (Henri). Sur l’association des indus-
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- 820
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- triels de France pour préserver les ou vriers des accidents du travail, 469. Manet frères. Appareil électrique pour le tirage des mines, 505.
- Mangon (Hervé). Notice sur ses travaux, par M. SCHLGESING, 20.
- Manuel-Périer. Agrandissements par projections optiques (méd. plat.), 83.
- — Rapport de M. Rossigneux, 157 . # Marais (du). Pompe monoclapet (P), 194. Marcon. Appareil pour passementeries (P), 198.
- Marcus . Les verreries du comté de Bitche ;
- rapport de M. River, 248.
- Marmet. Éboueur à main (P), 458. Martens. Fabrication du papier au Japon, 495.
- Martin. Cubarithme (P), 282.
- Martin. Agriculture de la Haute-Vienne (P), 801.
- Marx (Louis). Prix des arts chimiques, 57. Marx. Chaise roulante (méd. br.), 88. Mathieu et Morfaux. Recherche des matières colorantes dans les vins (P), 462. Mauler. Dynamomètre pour instruments d’agriculture (P), 805.
- Maumené. Vermillons de mercure (P), 791. Maxwell-Lyte. Procédé de fabrication de la céruse (P), 151.
- May. Documents sur une société d’ateliers d’aveugles (P), 153.
- Mégrot. Éléments de prix de construction (P), 462.
- Mégy. Ponts roulants électriques de l’Exposition, 502.
- Mérelle (Fulgence). Machine étireuse-chardonneuse (P), 725.
- — Rapport de M. Simon (extr.), 806. Merland. Visiophonie (P), 242.
- Mermet. Mémoire sur l’isoline (P), 152. Meyer (Mme Vve). Appareils télégraphiques
- (méd. plat.), 83.
- — Rapport de M. Carpentier, 167.
- Michaud (Claude-Marie). Nouveau piston
- (P), 724. '
- Michelet. Ardoisières)de Rimogne (P), 197.
- Michotte. Industrie des eaux gazeuses (P), 726.
- Mignot. Manomètre métallique, 730. Milliau (Ernest). Procédés pour reconnaître les falsifications de l’huile d’olive (méd. or), 79.
- — Rapport de M.Müntz, 114.
- — Note sur ses procédés, 117.
- Millot. Prix d’agriculture, 59.
- Minier. Harnais (méd. br.), 88.
- Monet. Procédés de reproductions graphiques appliqués à l’imprimerie; rapport de M. Plon, 229.
- Monnier. Hélice composée, 287.
- Monnier. Machine à imprimer (P), 726. Montoille. Machine àfaire le levain (P), 201. Montrichard (de). Pompes et moteurs, 794. Morcrette (Alfred). Gravure des métaux (P), 725.
- Morfaux. (Voy. Mathieu.)
- Moritz (Michel). Démarre-tramway (P), 152, 246.
- Mouchère. Machine à dévider et à peser les laines (P), 725.
- Mouchère (L.). Machine à dévider et à peser les pelotes; rapport de M. Simon (extr.), 792.
- Moufle (Louis-Nicolas-Alexandre). Ouvrier (méd. br.), 95.
- Moulis (Félix). Extraction de l’alumine et de l’aluminium (P), 726.
- Muller. Système d’accrochage des wagons (P), 152, 198.
- Müntz. Rapport sur les procédés de M. Milliau pour reconnaître les falsifications de l’huile d’olive, 114.
- N
- Nielly. Brise-lames; rapport de M. Voisin-Bey (b.), 734.
- O
- OEsterbridge. Carbonisation des tissus servant à obtenir des empreintes, 628.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- 821
- Osmond. Prix des arts chimiques, 42. Ostheimer (George R.). Graphophone de Summer-Tainter, 730.
- P
- Pagès (Bne de). Pièces relatives aux travaux de Philippe de Girard (P), 246.
- Paillon (Émile). Retordeuse me'canique, (P), 801.
- PAQUELiN(Docteur).Éolipyle(méd. arg.),85, 793.
- — Appareil pour fournir rapidement de hautes températures (P), 151.
- Parenty. Jaugeage des fluides, 793.
- Peligot (Eugène). Sur la composition des alliages monétaires (b.), 171.
- — Secrétaire honoraire du conseil, 242, 246.
- Pellin. Réfractomètre Piltschikoff, 509.
- — Réfractomètre Dupré, 510.
- — Spectroscope à observations simultanées, 510.
- Pelosse (Valentin). Étude sur l’agriculture du département du Rhône (P), 151.
- Perratone. Matériel de chemin de fer (P),
- 152.
- Personne. (Robert). Verrou momentané automatique (P), 193.
- — Multiplicateur de force (P), 725.
- Petit (Émile). Télégrade pour la transmission à distance des gaz ou vapeurs (P), 151.
- — Chlorose de la vigne (P), 243.
- Pfeiffer. Moteur hydrostatique (P), 413.
- Piciiou. Expériences sur sa roue univer-
- — selle (P), 278.
- Picoche. Moyen de donner de la stabilité aux bateaux (P), 725.
- PiÉQUET. Teinturerie (P), 726.
- Pierre. Rapport sur l’extracteur de cartouches de M. Déchandon (b.), 298.
- Piltschikoff. Réfractomètre, 509.
- Pinel. (Voy. Léthuillier.)
- Platz. Extraction et traitement de l’ozo-kérite, 454.
- Plon. Rapport sur les procédés de reproductions graphiques appliqués à l’imprimerie par M. Monet, 229.
- Poncel. Chaudière Belleville perfectionnée (P), 413.
- Popp (Victor). Installation d’air comprimé et d’électricité (P), 727.
- Potain (J.-E.). Poêle à gaz hygiénique (P), 197 ; rapport de M. Prunier (b.), 390.
- Pouchard. Pendules électriques, 800.
- Pouriau. Ouvrage sqr la laiterie (méd. or), 79.
- Prillieux. Rapport sur le pulvérisateur de M.-Bourdil (P), 747.
- — Notice sur M. Boitel, 589.
- Prudhon (André). Pomme de terre de un kilogramme (P), 805.
- Prunier. Rapport sur le poêle hygiénique de M. Potain (b.), 390.
- — Rapport sur le vide-tourie de M. Ser-rin (b.), 392.
- Q
- Quarré (Jean). Ouvrier (méd. br.), 96.
- Quillacq (de) . Perfectionnements apportés aux machines à vapeur (méd. or), 79.
- — Machine à vapeur système Wheelock; rapport de M. Brüll (b. pl.), 101.
- R
- Radiguet. Débrayeurs électriques ; rapport de M. Simon (pl.), 253.
- — Note sur un débrayeur mécanique (P), 791.
- Rahoux. Filtre instantané, 288.
- Ravelli (Jacques). Système d’engrenages (méd. arg.), 85.
- — Engrenage hélicoïdal (P), 412.
- Rawson (Christophe). Détermination de
- l’indigotine dans les indigos du commerce, 97.
- Raymond. Rapport sur les titres de M. E. Baudot à la grande médaille d’Ampère, 35.
- 98
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- 822
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- Rediër. Rapport sur le contrôleur de rondes de MM. ïrenta frères (b.), 581.
- — Rapport sur les dentures des roues de montres, de M. Carpano (extr.), 808.
- Reiber (Émile). Enseignement du dessin (P), 500.
- Renaud. Note à la Commission municipale (P), 791.
- Renoux. Suspension de la germination dans les oignons, pommes de terre, etc. (P), 805.
- Reuille (Élie). Impression multicolore (méd. br.), 88.
- — Rapport de M. de Luynes, 259.
- Reyerchon. Apiculture (P), 385.
- — Ruche modèle (P), 197.
- Rey (Casimir). Plis cachetés divers, 801.
- Richard frères. Pyromètre pour petite installation. Appareil pour transmettre à distance la pression des gaz ou vapeurs. Transmission de la pression barométrique à distance (P), 151.
- Richard (Gustave). Production mécanique et utilisation du froid artificiel (b.),629, 749, 785.
- — Fabrication des tôles de Fox, 803.
- Riley. Alliages de nickel et d’acier, 614.
- Risler. Rapport sur le prix d’agriculture,
- 73.
- Risler (Georges). Express-carde (P), 805.
- — Rapport sur une étude des vignes américaines de M. Rousseau, 170.
- Rivage. Appareil produisant les phénomènes de la lumière (P), 725.
- Rivet (Auguste-Pierre). Ouvrier (méd. br.), 96.
- Robert. Procédé de fabrication des aciers, 504.
- Robin. Mouvement d’horlogerie; lumière électrique; galet (P), 790.
- Roidot (Antoine). Ouvrier (méd. br.), 96.
- Rolland (G.). Création d’oasis en Algérie (méd. or), 80.
- Ronna. Eaux et machines d’irrigation, 195.
- Rossigneux. Rapport sur le procédé d’agrandissement des dessins par pro-
- jections optiques de M. Manuel-Périer,
- 157.
- Rousseau. Étude sur la culture de la vigne dans l’Aude (méd. or), 81.
- — Rapport de M. Risler, 170.
- Rousseau et Balland. Pompe à débit variable, 283.
- Rousselle. Rapport sur les étuves à désinfection de MM. Geneste et Herscher (b. pl.), 207.
- Roux (Ch.). Pompe à colonne d’eau (méd. or), 81.
- Royeau. Nouvelle machine à chandelles et à bougies (P), 200.
- S
- Sacc. Consommation des conserves alimentaires dans l’Amérique du Sud, 444.
- Salbreux. Machine à vapeur rotative (P), 462.
- Salyétat (Jean-Baptiste). Ouvrier (méd. br.), 96.
- Schlemmer. Rapport sur un projet de tramways souterrains à traction électrique de M. Berlier, 369.
- — Rapport sur le matériel destiné à l’enseignement de la géométrie descriptive, par M. Armengaud aîné, 744.
- Schloesing (Th.). Notice sur les travaux de M. Hervé Mangon, 20.
- Schlumberger. Papiers et encres de sûreté (méd. or), 81.
- — Rapport de M. Bérard, 163.
- — Pli cacheté : encres diverses, 284. Schmid. Soupape de sûreté (méd. arg.), 86. Schott (O.). Verre facile à travailler, 147. Scola. Appareil électrique pour le tirage
- des mines de MM. Manet frères, 505. Sébillot. Navires aériens (P), 284.
- Sebert. Rapport sur un appareil à écrire pour les aveugles deM. Costel (b.), 165.
- — Rapport sur l’appareil cryptographique de MUes Billaudel (b.), 394.
- Sénée (Aristide). Planche à dessin (P) 416.
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-
-
-
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- 823
- Senetz. Platinage de la porcelaine (P),
- 246.
- Serpollet. (Yoy. Lesourd.)
- Serrin. Vide-tourie; rapport de M. Prunier (b.), 392.
- Serve. Tubes à nervures (b.), 448. Sevenet. Appareil de photosculpture (P),
- 247.
- Simon (Ed.). Rapport sur les débrayeurs électriques de M. Radiguet (pl.), 253.
- — Rapport sur une fouleuse à mouvement alternatif de MM. Barette (pl.), 465.
- — Rapport sur l’interrupteur automatique de MM. Chaize frères (extr.), 792.
- — Rapport sur l’échardonneuse de M.Mé-relle (extr.), 806.
- -— Rapport sur la machine à dévider et peser automatiquement les pelotes de M. Mouchère (extr.), 792.
- Simonet (Jules). Pli cacheté : appareil non breveté, 724.
- Sizeranne (Maurice de la). Ouvroir des sœurs aveugles de Saint-Paul (P), 247.
- Skelton-Streeter. Mines de rubis de Burma, 236.
- Stocker (Charles). Sable-mortier coloré (P), 247.
- T
- Tainter (Charles Summer). Graphophone, 730.
- Tardy (Étienne). Contremaître (méd. br.), 96.
- Tellier (Charles). Utilisation de la vapeur des machines (P), 725.
- Therme et Deharre (méd. arg.), 86. Tiiévenin (Antoine). Ouvrier (méd. br.), 96.
- Thompson. Précipitation électrique des métaux du groupe du platine, 240. Thouvenin. Bride à tête de mors parleur (P), 279. .
- — Mors parleur, 415.
- — Phonotélémètre, 416.
- Tommasi (Donato). Traité d’électrochimie (P), 243, 279.
- Toureaux (Léon - Louis). Contremaître (méd. br.), 96.
- Tourtin. Cuvettes pour cabinets d’aisances (P), 416.
- Trenta frères. Contrôle des rondes de nuit (P), 152; rapport de M. Redier (b.), 581.
- Tresca (Alfred). Rapport sur le treuil spiral de M. Magna (b.), 301.
- Troost. Notice sur M. Debray, 126.
- Turbin (Eugène). Note sur les explosifs (P), 501.
- Y
- Vaasse. Cépage américain propre aux terrains calcaires (P), 805.
- Vacher (Marcel). Médaille d’or d’agriculture, 63.
- Valette. Frein pour ascenseurs (méd. arg.), 86.
- Vallin (Henri). Marmoréine (P), 285.
- Vanlaer. Régulateur pour machines à vapeur (P), 151.
- Vasselin. (Ëdouard-Zéphirin). Comptoir-totalisateur horaire pour voitures (P), 506,804.
- Verdol. Perfectionnements aux machines à tisser (méd. or), 82.
- Verlinde (Léon). Accrochage des wagons (P), 246, 725.
- Viala. Ouvrages de viticulture (P), 726.
- Vidal (Georges). Ouvrier (méd. br.), 97.
- Villow (A.-M.). Étude sur la théorie du tannage (P), 151.
- Vivier (Alfred). Filage de l’huile, 281.
- Vivier (du). Soie artificielle, 245, 247.
- Viviès (P. de). Perfectionnement des engrenages (P), 151.
- Voisin (Juan). Comptable (méd. br.), 97.
- Voisin-Bey. Rapport sur le brise-lames de M. Nièlly (b.), 734.
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-
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- 824
- w William. Falsification du saindoux l’huile de coton, 627.
- Wallacü (Jacques). Prix Fourcade, 40. Wehyer. Tourbillons aériens, 203. Wheelock. (Yoy. de Quillacq.) Wiart (Louis). Contremaître (méd. br.), 97. Z Zigang. Trompette électrique, 417.
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-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE
- ET
- ANALYTIQUE DES MATIERES
- CONTENUES DANS LA QUATRE-VINGT-SEPTIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (Quatrième série. — Tome IV)
- (La lettre (P) à la suite d’un article indique qu’il ne s’agit que d’une présentation.)
- A
- Accidents du travail. Vœux émis par le Congrès des industriels de France à propos de la loi sur les —, 134.
- — Com. deM. Mamysut l’Association des industriels de France pour préserver les ouvriers des —, 469.
- Acide carbonique liquide par M. Gall, 202.
- Acier. Alliages de nickel etd’—, par M. Ri-ley, 614.
- — Procédé de fabrication de F—, par M. Robert, 504.
- Acier-manganèse, par M. Hadfield; rapport de M. Le Ciiatelier (extr.), 798.
- Agriculture. Sur le développement de F—, en Nouvelle-Calédonie, 473.
- — Recherches sur la culture de la pomme de terre industrielle, par M. A. Girard, 260.
- Agrandissements des dessins par projections optiques, par M. Manuel-Pé-rier, méd. plat., 83.
- — Rapport de M. Rossigneux, 157.
- Alliages monétaires. Sur leur composition, par M. Eug. Peligot, 171.
- Allocution de M. Recquerel, président sortant, 19.
- — de M.HatondelaGoupillière,président, 149.
- Aluminium. Son influence sur la fonte, 277.
- Appareil à écrire pour les aveugles, par M. Boudard, méd. br., 87.
- — à écrire pour les aveugles, par M. Gostel, méd.br.,87; rapport de M. Sébert (b.), 165.
- — pour filtrer l’huile de graissage, par M.Ducretet, méd. arg., 84.
- — télégraphique, par Mme Yve Meyer, méd. or, 83.
- — à combustion méthodique, par M. Alexis-Godillot, 153.
- Association des industriels de France pour préserver les ouvriers des accidents du travail, com. de M. Mamy, 469.
- B
- Bibliographie. Ouvrages périodiques, 250.
- Biographie. Notice sur les travaux de M. Hervé Mangon, parM. Schloesing, 20.
- — Notice, sur M. Debray, par M. Troost, 126.
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-
-
-
- 826
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- Bleu égyptien, par M. Fouqué, 244.
- Bougeoir à pétrole, par M. Chandor, méd. br., 87.
- Boulangerie. Explosion de farine ; rap-port de M. Bunel (b.), 306.
- Brasserie. Laboratoire du brasseur;rapport sur le prix décerné par M. A. Gi_ rard, 57.
- Brise-lames de M. Nielt.y. Rapport de M. Yoisin-Bey (b.), 734.
- G
- Cachet-crampon, par M. Blanzy, méd. arg., 84.
- Caoutchouc. Analyse des produits fabriqués en —, par M. Kissling, 498.
- Centimètre conformateur de M. Lréon; rapport de M. Goulier (b.), 296.
- Chaise roulante, par M. Marx, méd. br.,
- 88.
- Champs de démonstration ; rapport sur le concours, par M. Risler, 73.
- Chaudière à, vapeur, par MM. Therme et Deharbe, méd. arg., 86.
- — Production des coups de feu, par M. Hirsch, 200.
- Chauffage au naphte à l’Exposition de Saint-Pétersbourg, 324.
- Chemin de fer glissant, par M. Barre, 154.
- Cheville pour instrument à cordes, par M. Alibert, méd. arg., 83.
- Ciments. Rapport sur le concours pour une étude sur les propriétés des —, par M. Le Ch atelier, 48.
- — Étude sur le — de Portland, par M. Candlot; rapport de M. Le Chate-lier, 212.
- — de laitier, par M. Henry; rapport de M. Le Chatelier (extr.), 798.
- Clapet de retenue de vapeur; rapport sur le concours, par M. Hirsch, 40.
- Clapet-pendule de M. P. Garette ; rapport de M. Hirsch (b.), 205.
- Combustibles.Utilisation des— pauvres, par M. Alexis- Godillot ; rapport de M. Brüll (pl.), 287.
- Condenseur de vapeur,par M.Grangé, 507.
- — double à eau régénérée de MM. Ciia-ligny et Guyot-Sionnest, méd. plat., 82.
- — à courant d’eau de Kerting, par M. Ludzki (b.), 45t.
- Congélation. Points de — de mélanges d’eau et de glycérine, 99.
- Congrès des industriels de France. Vœux émis à propos de la loi sur les accidents du travail, 134.
- — internationaux qui ont eu lieu à Paris pendant l’Exposition universelle, 311.
- Conseil d’administration. Liste des membres titulaires et honoraires pour 1889,3.
- — Décisions relatives aux séances générales, 800.
- Conserves alimentaires. Leur consommation dans l’Amérique du Sud, par M. Sacc, 444.
- Contrôleur de rondes de MM. TRENTAfrè-res; rapport de M. Redier (b), 581.
- Cornues. Four à — inclinées pour la fabrication du gaz d’éclairage, par M. Coze , rapport de M. Bérard (pl.), 421.
- Couleurs. Tablechromatique,parM.HuPÉ, 798.
- Cryptographie. Appareil de Mücs Bil-laudel; rapport de M. Sebert (b.), 394.
- Cubarithme. Appareil à calcul pour les aveugles par M. Martin, présenté par M. Goon, 282.
- Culture. Étude sur la — et le climat d’Algérie ; rapport sur le concours, par M. Boitel, 59.
- D
- Débrayeurs électriques de M. Radiguet; rapport de M. Simon (pl.), 254.
- Dentelle,par MmoYveGÉRENTES, méd.br., 87.
- Désinfection. Étuves à — de MM. Ge-neste et Hersciier; rapport de M.Rous-selle, (b. pl.), 207.
- Distribution pour machines à vapeur, par M. Charbonnaud; rapport de M. Hirsch (extr.), 803.
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-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- 827
- E
- Eaux et machines d’irrigation, par M. Ronna, 195.
- Échardonneuse de M. Mérelle; rapport de M. Simon (extr.), 806.
- Éclairage par la Compagnie Edison à Paris, 610.
- Élections générales. Composition du bureau pour 1890, 804, 810.
- Électricité. Précipitation électrique des métaux du groupe du platine, par M. Thompson, 240.
- — Tramways électriques de Hambourg, 449.
- Éolipyle.par M. Paquelin, méd. arg., 85, 795.
- Empreintes. Carbonisation des tissus servant à obtenir des —, par OEster-bridge, 628.
- Encres de sûreté, par M. Schlumberger, méd. or, 81 ; rapport de M. Bérard, 163.
- Engrenages, par M. Ravelli, méd. arg., 85.
- Établissements insalubres. Projet de réforme de la législation des —, par Kessler; rapport de M. Lavollée (ext.), 243.
- État financier de la Société. Rapport de M. Fouret sur les comptes de l’exercice 1887, 10.
- — Rapport de M. Bordet sur l’examen des comptes de l’année 1887, 18.
- — Comptes de 1888 ; rapports de MM. Fouret et Bordet (extr.), 806.
- Étuves à désinfection, par MM. Geneste et Herscher, méd. pl., 83.
- Explosifs. Leur emploi dans les mines à grisou, par M. Mallard, 463.
- Explosion de farine dans une boulangerie; rapport de M. Bunel (b.), 306.
- Exposition universelle. Les fontaines lumineuses, par M. Bechmann (b.), 401.
- — Liste des Congrès internationaux qui ont eu lieu à Paris, 311.
- Exposition universelle. Liste des membres du jury international des récompenses, 665.
- Extracteur de cartouches de M. Déchan-don ; rapport de M. Pierre (b.), 298.
- F
- Falsifications. Procédés pour reconnaître les — de l’huile d’olive, par Milliau, méd. or, 79.
- Farine. Rapport fait à M. le Préfet de la Seine sur une explosion de —, par M. Bunel (b.), 306.
- Fils métalliques d’ornement, parM. Hé-louis, méd. or, 79.
- Filtre instantané, par M. Rahoux, 288.
- — par M. Maignen, 799.
- Fontaines lumineuses à l’Exposition, par M. Bechmann (b.), 401.
- Fonte. Influence de l’aluminium sur la —, 277.
- Fouleuse à mouvement alternatif de MM. Barette frères; rapport de M. Simon (pl.), 465.
- Four à cornues inclinées pour la fabrication du gaz de l’éclairage, par M. Goze; rapport de M. Bérard (pl.), 421.
- Foyers à combustion méthodique de M. Alexis-Godillot; rapport de M. Brüll (pl.), 289.
- Frein pour ascenseur, par M. Valette, méd. arg., 86.
- Froid. Production mécanique et utilisation du — artificiel, par M. G. Richard (b.), 629, 749, 785.
- — Observations par M. Diesel, 773.
- — Observations parM. Hirsch, 784.
- Fusil de chassé, par M. Décuandon (P),
- 156.
- G
- Gaz. Expériences sur les becs et les lampes à —, par M. Lamanski (b.)» 483.
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-
-
- 828
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- Gaz d’éclairage. Four à cornues inclinées de M. Coze; rapport de M. Bérard (pl.), 4-21.
- Gazomètre gigantesque de New-York, 239.
- Géométrie descriptive. Notice sur le matériel de l’enseignement de la —, par M. Armengaud aîné; rapport de M. SCHLEMMKR, 744.
- Glycérine. Extraction de la — dans les fabriques de savon, 724.
- — Points de congélation de mélanges d’eau et de —, 99.
- Graphophone de Summer-Tainter, par M. OSTIIEIMER, 730.
- H
- Harnais, par M. Grouazgl, méd. arg., 85.
- — par M. Minier, méd, br., 88.
- Hélice composée par M. Monnier, 287.
- Horlogerie, dentures de roues de montres, par M. Carpano; rapport de M. Relier (extr.), 803.
- Huile. Filage de 1’ —, par M. Vivier, présenté par M. Good, 281.
- — de graissage. Appareils pour filtrer 1’— des machines, par M. Ducretet, méd. arg., 84.
- — d’olive. Procédés pour reconnaître les falsifications de 1’ —, par M. Milliau, méd. or, 79.
- — Rapport de M. Müntz, 114.
- — Note de M. Milliau, 117.
- Huiles lourdes, leur pulvérisation, par M. Hélouis, 807.
- I
- Impression multicolore, par M.E.Re'uille, méd. br., 88.
- — Rapport de M. de Luynes, 259.
- Imprimerie. Procédés de reproduction
- graphique, par M. Monet; rapport de M. Plon, 229.
- Indigo. Culture de l’ — en Chine, par M. Janes, 494.
- Indigotine. Détermination de V — dans les indigos, par M. Ch. Rawson, 97.
- Ininflammabilité du bois, 98.
- Interrupteur automatique de MM. Chaize frères; rapport de M. Simon (extr.), 792.
- J
- Jaugeage des fluides, par M. Parenty, 793.
- Jury. Liste des membres du — des récompenses à l’Exposition universelle, 665.
- L
- Laiterie. Ouvrage sur la laiterie, par M. Pourtau, méd. or, 79.
- Lampes. Expériences sur les becs et les — à gaz, par M. Lamanski (b.), 483.
- Levure. Préparation de la — au Japon, par M. Georgeson, 409.
- Lit pour malades, par M. Ciiappe d’Aute-roche, 463.
- Liste des nouveaux membres admis en 1889, 811.
- Locomotive électrique d’iMMiscH pour mines, 723.
- M
- Machines à tisser. Perfectionnements, par M. Yerdol, méd. or, 82.
- Machine à vapeur système Wiieelock, construite par M. de Quillacq, méd. or, 80.
- — Rapport de M. BRÜLL(b. pl.), 101.
- Machine à peser et dévider les pelotes de M. Mouciière ; rapport de M. Simon (extr.), 792.
- Magnésie. Fabrication de la — à San-Francisco, par M. Gutzkow (b.), 268.
- Manomètre métallique, par M. Mignot, 730.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- 829
- Médaille. Grande — des arts économiques ; rapport de M. Raymond sur les titres de M. E. Baudot, à la grande médaille d’AMPÈRE, 35.
- Médailles de différentes classes accordées aux industriels dans la séance générale du 28 décembre 1889, 77.
- — de bronze décernées aux contremaîtres et ouvriers dans la même séance, 89.
- Métal delta. Rapport de M. Le Chate-LIER, 108.
- Métallurgie. Congrès de Ylron and Steel institute, 662.
- Métaux. Etude expérimentale sur les propriétés physiques des — ; rapport sur le concours, par M.Le Chapelier, 42.
- — Précipitation électrique des — du groupe du platine, par M. Thompson, 240.
- — Procédés de coloration des — pour la passementerie, par M. Hélouis; rapport de M. de Luynes, 112.
- Mines. Appareil électrique de tirage des —, par MM. Manet frères, 505.
- Mire pliante de M. Bentabol ; rapport de M. Goulier (b.), 573.
- Mors parleur, par M. Thouvenin, 415.
- Moufle. Fourneau à — de laboratoire, par M. Courtonne, 281.
- Musette pour les chevaux, par M. Bretonneau, méd. arg., 84.
- N
- Naphte. Application du — aux moteurs (b.), 621.
- — Chauffage au— à l’exposition de Saint-Pétersbourg, 324.
- — Industrie du — à Bakou, par MM. En-gler et Lisenko, 230.
- Nécrologie. Notice sur M. Legentil, par M. Lavollée, 468.
- —NoticesurM.BoiTEL,parM. Prillieux,589.
- Nickel. Alliages de et d’acier, par M. Riley, 614.
- Nomination. M. Ed. Becquerel, président honoraire, 197.
- Nomination. M. Lavollée, vice-président honoraire, 197.
- — M. Eug. Peligot, secrétaire honoraire, 242.
- —• M. Aimé Girard, secrétaire du Conseil, 417, 458.
- O
- Oasis. Création d’—en Algérie, parM. G. Rolland, méd. or, 80.
- Ozokérite. Extraction et traitement, par M.Platz,45L
- P
- Papier. Études sur les qualités du papier (b.), 431.
- — Fabrication du—au Japon, par M. Mar-TENS, 495.
- — et encres de sûreté, par M. Schlumber-ger, méd. or, 81.
- — Rapport de M. Bérard, 163:
- Paragel et fermeture de sacs à raisins,
- par M. Maître, méd. br., 88.
- Paratonnerre, par M. Grenet, méd. arg., 84.
- Passementerie Procédés de coloration des métaux pour la —, par M. Hélouis; rapport de M. de Luynes, 112.
- Pendules électriques, par M. Pouchard, 800.
- Pétrole. Dépôts de — au Venezuela, 276.
- Peinture de la tour Eiffel, 626.
- Phare et signaux de trompe dans l’île d’Alsa-Craig (b.), 322.
- Phototélémètre, par M. Thouvenin, 416.
- Photomètre de Gross, par M. Krüss (b.), 327.
- Pile électrique, par M. Germain, 418.
- Poêle hygiénique de M. Potain ; rapport de M. Prunier (b.), 390.
- — mobile Cadé, par M. Breton, méd. br., 87.
- Pomme de terre. Recherches sur la culture de la — industrielle, par M. A. Girard, 260.
- 99
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES.
- Pompe à débit variable, système Rousseau et Balland, 283.
- — à colonne d’eau, par M. Ch. Roux, méd. or, 81.
- — à sangles, par M. de Beaussier, méd. br., 86.
- — pulvérisateur, par M. Bourdil, 460.
- — et moteurs de M. de Montricliard, 794.
- Pont sur le Forth, par M. Baker (b.), 271.
- Ponts. Rapports de la Commission des ponts sur le Danube, 177.
- — roulants électriques de l’Exposition, par M. Mégy, 502.
- Portrait de J.-B. Dumas, par M. Armand-Dumaresq, 460.
- Pressoir continu, par M. Gayon ; rapport de M. Liébaut (extr.), 806.
- Prix Fourcade ; rapport de M. Fourcade, 40.
- — des arts mécaniques; rapport de M. Hirsch, 40.
- — des arts chimiques; rapports de M. Le Chatelier, 42, 48.
- — des arts chimiques ; rapports de M. de Luynes, 53, 56.
- — des arts chimiques; rapport de M. A. Girard, 57.
- — d’agriculture ; rapport de M. Boitel,59.
- — d’agriculture ; rapport de M. Risler, 73.
- — Programme des — proposés par la Société, 330.
- Procès-verbaux. Séance du 11 janvier 1889, 140. — Séance du 25 janvier, 193. — Séance du 8 février, 196. — Séance du 22 février, 200. — Séance du 8 mars, 242. — Séance du 22 mars, 246. — Séance du 12 avril, 278. — Séance du 26 avril, 284. — Séance dulOmai, 412. — Séance du 24 mai, 416. — Séance du 14 juin, 457. — Séance du 28 juin, 461. — Séance du 12 juillet, 500. — Séance du 26 juillet, 506. — Séance du 27 octobre, 732. — Séance du 8 novembre, 790. — Séance du 22 novembre,796. — Séance du 13 décembre, 800. — Séance du 27 décembre, 801.
- Programme des prix proposés par la Société, 330.
- Projections optiques,procédé d’agrandissement des dessins, par M. Manuel-Périer; rapport de M. Rossigneux,
- 157.
- Pulvérisateur, par M.Bourdil,460 ; rapport de M. Prillieux (b.), 747.
- R
- Recueil-poussières de M. Jouanny; rapport de M. Biver (b.), 256. Réfractomètre de Dupré, par M. Pel-lin, 510.
- — de Piltschikoff, par M. Pellin, 509. Reproductions graphiques appliqués à
- l’imprimerie par M. Monet; rapport de M. Plon, 229.
- Résidus de fabriques. Utilisation des — ; rapport sur les concours, par M. de Luynes, 53.
- Rubis. Mines de — deBurma,parM. Skel-ton-Streeter, 236.
- S
- Sacs à, raisins. Fermeture pour —, par M. Maître, méd. br., 88.
- Saindoux. Falsification du — par l’huile de coton, par M. William, 627.
- Salines de Petite-Anse, par M. Carrington Bloton, 411.
- Séance générale du 28 décembre 1888,
- 9.
- — Décisions prises par le Conseil d’administration, 800.
- Séances du Conseil d’administration.
- (Voy. Procès-verbaux.)
- Signaux de trompe et phare de l’île d’Alsa-Craig (b.), 322.
- Soie artificielle, par M. Duvivier, 245.
- — par M. de Chardonnet, 419.
- Soufflage du verre ; rapport sur le concours, par M. de Luynes, 56.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- 831
- Soupape de sûreté, par M. Sciimid, méd. arg., 86.
- Spectroscope à observations simultanées, 510.
- Synchronisation des horloges et distribution de l’heure, par M. Cornu (b.), 592.
- T
- Tableau mécanique, par M. Lrris; rapport de M. de Combrousse (extr.), 802.
- Télégraphe multiple de Mme Ve Meyer, méd. plat., 83 ; rapport de M. Carpentier, 167.
- Tissus. Carbonisation des — servant à produire des empreintes par OEster-bridge, 628.
- Tôles ondulées de Fox, parM. G. Richard, 803.
- Tourbillons aériens, par Wehyer, 203.
- Tour Eiffel. Sur la peinture de la —, 626.
- Tramways électriques de Hambourg,449.
- Tramways tubulaires souterrains à traction électrique de M. Berlier (b.pl.), 376; rapport de M. Schlemmer, 369.
- Treuil spiral' de M. Magna; rapport de M. Tresca (b.), 301.
- Trompette électrique par M. Zigang, 417.
- Tubes à nervures de M. Serve (b.), 448.
- v
- Verre facile à travailler par M. O. Schott, 147.
- Verreries du comté de Bitche, par M. Marcus; rapport de M. Biver, 248.
- Vide-tourie de M. Serrin; rapport de M. Prunier (b.), 392.
- Vigne. Étude sur la culture de la —, dans l’Aude, par M. Rousseau, méd. or, 81.
- — Rapport de M. Risler, 170.
- Vignesphylloxérées, parM. Hélouis, 808.
- Vinaigre. Sa fabrication, par M. Barbe, 511.
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- TABLE DES PLANCHES ET DES DESSINS
- PLANCHES
- PL 26, triple. Machine à vapeur système Wheelock, construite par M. de
- Quillacq.....................................................106
- PL 27, double. Étuve à désinfection de MM. Geneste et Herscher.......... 211
- PL 28, double. Débrayeur électrique de M. Radiguet........................256
- PL 29, triple. Foyer à combustion méthodique de M. G. Alexis-Godillot. . . . 293
- Pl. 30, simple. Tramways tubulaires souterrains de M. Berlier..............378
- Pl. 31, triple. Four à gaz à cornues inclinées, de M. Coze.................426
- PL 32, triple. Fouleuse à mouvement alternatif de MM. P. et A. Barette . . . 467
- DESSINS
- Points de congélation de mélanges d’eau et de glycérine. — 1 figure ...... 100
- Obturateur de la machine Wheelock. — 2 figures.................................. 103
- Appareil à écrire pour les aveugles par M. Costel. — 1 figure....................166
- Prises d’échantillons d’alliages monétaires. — 2 figures.....................173
- Clapet-pendule de M. Garette. — 2 figures....................................203
- Étuve mobile à désinfection de MM. Geneste et Herscher. — 1 figure...........209
- Recueil-poussières de M. Jouanny. — 1 figure . ..............................237
- Appareil à recueillir la magnésie. — 1 figure....................................269
- Pont du Forth. — 3 figures. .................................................272
- Centimètre conformateur de M. Lhéon. — 1 figure..............................297
- Extracteur de cartouches de M. Déchandon. —3 figures............................299
- Treuil différentiel Magna. — 4 figures.......................................302
- Plan de la boutique et de la cave de la boulangerie Metzlé. — 1 figure.......307
- Signaux du phare d’Alsa-Craig. —3 figures....................................322
- Photomètre de Krüss. — 3 figures.............................................327
- Tramway tubulaire de M. Berlier. — 3 figures.................................379
- Poêle à gaz de M. Potain. — 1 figure.............................................391
- Vide-tourie de M. Serrin. — 2 figures............................................393
- Cryptographe de MUe* Billaudel. — 1 figure...................................399
- Fontaines lumineuses. — 6 figures............................................404
- Examen microscopique du papier. — 20 figures.................................438
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- TABLE DES PLANCHES ET DES DESSINS.
- Tube à nervures de M. Serve. — 1 figure..................................... 449
- Condenseur de Kerting. — 1 figure.........................................452
- Expériences sur les becs et lampes à gaz. — 10 figures....................485
- Mires Bentabol et autres. — 11 figures....................................577
- Contrôleur de rondes de MM. Trenta. — 5 figures........................... . 583
- Synchronisation des horloges. — 2 figures.................................596
- Moteur à l’huile de naphte de M. Capitaine. — 1 figure....................623
- Machines à produire le froid. —16 figures.................................630
- Brise-lames de M. Nielly. — 1 figure......................................734
- Pompe-pulvérisateur Bourdil. — 1 figure...................................748
- Machines à produire le froid. — 5 figures.................................752
- Paris. — Typographie Georges Chamerot, 19. rue des Saints-Pères.— 24308.
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