Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- BULLETIN
- DE LA
- S« E* Ë»
- ^Bibliothèque
- L’INDUSTRIE NATIONALE
- PUBLIÉ
- SOUS LA DIRECTION DES SECRÉTAIRES DE LA SOCIÉTÉ
- MM. ED. COLLIGNON & AIMÉ GIRARD
- QUATRIÈME SÉRIE. — TOME VII. — 1892
- Pour faire partie de la Société, il faut être présenté par un membre et être :nomin@pa*Je Conseil d’administration.
- (Extrait du Règlement.)»
- PARIS
- SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ, RUE DE RENNES, 44
- 1892
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- SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ
- -Communications, dépôts, renseignements, abonnements au Bulletin tous les jours, de 1 à 4 heures.
- RÉDACTION DU RULLETtN
- Renseignements tous les jours, de 1 à 4 heures.
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- 91e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- JANVIER 1892.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES, DES MEMBRES HONORAIRES ET DES MEMBRES CORRESPONDANTS ARRÊTÉE DANS LA SÉANCE DES ÉLECTIONS
- du 23 décembre 1891 pour l’année 1892
- BUREAU.
- Année
- au conseil6 Président.
- 1866. Tisserand (Eug.) (G. O. ^),conseiller d’État, directeur au Ministère de l’agriculture, rue du Cirque, 17.
- Vice-présidents.
- 1876.
- 1876.
- 1883.
- 1869.
- Pierre (A.-C.-P.) (G. ü£), colonel d’artillerie en retraite, rue de Varenne, 14.
- Davanne (O. ^), président du Comité d’administration de la Société française de photographie, rue des Petits-Champs, 82.
- Mascart (C. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, di-iecteur du bureau central météorologique, rue de l’Université, 176.
- Roy (G.) (G. ^), ancien président de la Chambre de commerce de Paris, membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue de Tilsitt, 12.
- Secrétaires.
- 1876. Collignon (Ed.) (#), inspecteur général des ponts et chaussées, inspecteur de 1 École des ponts et chaussées, rue des Saints-Pères, 28.
- 1876. Girard (Aimé) (O. #), professeur au Conservatoire des arts et métiers, boulevard Henri IV, 44.
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- Année de l’entrée au Conseil.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1892.
- Trésorier.
- 1868. — Goupil de Prépeln (#), rue des Mathurins, 30.
- Censeurs.
- 1864. — Legrand (Al.), vice-secrétaire de la Société des amis des sciences, rue Bel-Respiro, 11.
- 1884. — Bordet, inspecteur des finances, ancien élève de l’École polytechnique, boulevard Saint-Germain, 181.
- Membre honoraire du bureau.
- 1864. — Lavollée (Gh.) (#), ancien préfet, rue de Passy, 78. Vice-président honoraire.
- Commission des fonds.
- 1864. — Legrand (Al.), vice-secrétaire de la Société des amis des sciences, rue Bel-Respiro, il.
- 1868. — Goupil de Préfeln (#), rue des Mathurins, 30.
- 1873. — Mengin-Lecreulx (G. O. *fc), général de division, rue de Vaugirard, 58.
- 1876. — Bischoffsheim (#), membre de l’Institut, rue Taitbout, 3.
- 1884. —Lutsciier, ancien banquier, place Malesherbes, 22.
- 1884. —Bordet, inspecteur des finances, ancien élève de l’École polytechnique, boulevard Saint-Germain, 181.
- 1887. —Pereire (Henry), ingénieur des arts et manufactures, boulevard de Cour-
- celles, 33.
- 1888. — Fouret, examinateur d’admission à l’École polytechnique, rue Washington, 16. 1891. — D’Eicrtiial (Eug.), administrateur de la Compagnie des chemins de fer du
- Midi, rue Jouffroy, 57.
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- Comité des arts mécaniques.
- 1869. — Haton de la Goupillière (O. #), membre de l’Institut, directeur de l’École nationale supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60.
- 1876. —Pierre (A.-G.-P.) (G. $?), colonel d’artillerie en retraite, rue de Varenne, 14.
- 1876. —r Collignon (Ed.) (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, inspecteur de
- l’École des ponts et chaussées, rue des Saints-Pères, 28.
- 1877. —Boutillier ($ü),inspecteur général des ponts et chaussées, professeur à l’École
- des ponts et chaussées et à l’École centrale des arts et manufactures, rue de Madrid, 24..
- 1878. —De Comberousse (Gh.) (&), ingénieur, professeur au Conservatoire des arts
- et métiers et à l’École centrale des arts et manufactures, rue Saint-Lazare, 94.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1802.
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- Année de l’entrée au Conseil.
- 1879.___Redier (O. #), horloger-mécanicien, cour des Petiles-Écuries, 8.
- 1881. — Simon (Ed.), ingénieur, boulevard Montparnasse, 89.
- 1884.___Lévy (Maurice) (0. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France
- et à l’École centrale, boulevard Saint-Germain, 258.
- 1884. — Brüll (#), ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, boulevard
- Malesherbes, 117.
- 1885. —Tresca (Alfred) (#), professeur à l’École centrale des arts et manufactures
- et à l’Institut national agronomique, rue Turbigo, 57.
- 1886. —Hirsch (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur à l’École
- des ponts et chaussées et au Conservatoire des arts et métiers, rue Casti-glione, 1.
- 1889. — Lemonnier (#), ingénieur, rue de Saint-Pétersbourg, 43.
- 1890. — Bienaymé (O. #), directeur des constructions navales, rue de Rennes, 74.
- 1891. —Richard (Gustave) (#), directeur de la Société de constructions mécaniques
- spéciales, rue Lecourbe, 246.
- 1891. — Imbs (#), professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue Meissonier, 6. 1891. — Sauvage, ingénieur des mines, professeur à l’École des mines, rue Chaptal, 4.
- Comité des arts chimiques.
- 1862. — De Luynes (Victor) (O. #), professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue de Bagneux, 16.
- 1872. —Troost (O. #), membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences, rue Bonaparte, 84.
- 1876. — Schutzenberger (P.) (O. #), professeur au Collège de France, membre de l’Académie de médecine, rue Séguier, 18.
- 1876. — Girard (Aimé) (O. #), professeur au Conservatoire des arts et métiers, bou-
- levard Henri IV, 44.
- 1877. — Bérard (E.-P.) (#), secrétaire du Comité consultatif des arts et manufactures,
- rue Casimir-Delavigne, 2.
- 1880. — Vincent (C.) (&), ingénieur, professeur à l’École centrale des arts et manufactures, boulevard Saint-Germain, 28.
- 1880. —Jungfleisch (#), professeur à l’École de pharmacie, membre de l’Académie de médecine, rue des Écoles, 38.
- 1883. — Carnot (Adolphe) (O. #), ingénieur en chef des mines, inspecteur de l’École
- supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60.
- 1884. — Cailletet (O. ^), membre de l’Institut, boulevard Saint-Michel, 75.
- 1885. — Le Chatelier (Henri) (#), ingénieur en chef des mines, professeur à l’École
- supérieure des mines, rue Notre-Dame-des-Champs, 73.
- 1885. —Biver (Hector) (#), administrateur de la Compagnie de Saint-Gobain, rue Meissonier, 8.
- 1885. — Poirrier (#), sénateur, ancien président de la Chambre de commerce, rue La-fayette, 105.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- JANVIER 1892.
- Année de l'entrée au Conseil.
- 1887. — Roussin (Z.) (#), ancien professeur à l’Ecole du Yal-de-Grâce, boulevard de la Tour-Maubourg, 48.
- 1887. — Vée (Amédée) (#), ancien président du syndicat des produits chimiques, rue Vieille-du-Temple, 24.
- 1889. — Vieille (#), ingénieur des poudres et salpêtres, quai Bourbon, 19.
- 1890. — Jordan (S.) (O. #), ingénieur, professeur à l’École centrale des arts et manu-
- factures, rue Yiète, 5.
- Comité des arts économiques.
- 1861. —Le Roux (F.-P.) (#), professeur à l’École de pharmacie, boulevard Montpar-
- nasse, 120.
- 1862. — Peligot (Henri) (#), ingénieur, rue Saint-Lazare, 43.
- 1866. — Bouiliiet (Henri) (O. ifc), ingénieur-manufacturier, rue de Bondy, 56.
- 1876. —Paris (F.-E.) (G. C. #), vice-amiral, membre de l’Institut et du bureau des longitudes, au Louvre (musée de la marine), et rue Jacob, 22.
- 1876. —Rousselle (H.) (0. üfc), inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, rue Saint-Guillaume, 21.
- 1876. — Fernet(E.) (O. #), inspecteur général de l’Instruction publique, ruedeMédicis, 9. 1876. — Sebert (général H.) (G. *&), administrateur des forges et chantiers de la Méditerranée, rue de la Cerisaie, 13.
- 1883. —Bardy (#), directeur du laboratoire central des contributions indirectes, rue du Général-Foy, 26.
- 1883. — Mascart (G. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, directeur du bureau central météorologique, rue de l’Université, 176.
- 1883. — Laussedat (G. $fc), colonel du génie, directeur du Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin, 292.
- 1885. — Prunier (L.), professeur à l’École supérieure de pharmacie, membre de l’Aca-
- démie de médecine, boulevard de Port-Royal, 119.
- 1886. — Becquerel (Henri) (#), membre de l’Institut, ingénieur des ponts et chaussées,
- boulevard Saint-Germain, 21.
- 1887. — Carpentier (#), ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, rue du
- Luxembourg, 34.
- 1888. — Raymond (O. &), directeur de l’École supérieure de télégraphie, boulevard de
- Courcelles, 87.
- 1888. — Mayer (O. &), ingénieur en chef conseil de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, boulevard Malesherbes, 66.
- 1891. — Rouart (Henri) (O. #), ingénieur-constructeur, boulevard Voltaire, 137.
- Comité d’agriculture.
- 1864. — Ciiatin (O. #), membre de l’Institut, rue de Rennes, 149.
- 1866. — Tisserand (Eug.) (G. O. &), conseiller d’Ëtat, directeur au ministère de l’agriculture, rue du Cirque, 17.
- 1866.—Heuzé (G.) (O. #), inspecteur général honoraire de l’agriculture, rueBer-thier, 27, à Versailles (Seine-et-OiseL
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. --- JANVIER 1892.
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- Année de l’entrée au Conseil.
- 1876. — Pasteur (L.) (G. G. &), membre de l’Institut, rue Dutot, 25.
- 1879. — Risler (C. #), directeur de l’Institut agronomique, rue de Rennes, 106 bis.
- 1879. — Schloesing (O. #), membre de l’Institut, directeur de l’École d’application des
- manufactures de l'État, quai d’Orsay, 67.
- 1880. — Ronna(C. #), ingénieur civil, membre du Conseil supérieur de l’agriculture,
- avenue du Trocadéro, 19.
- 1881. __Lavalard (Ed.) (O. #), membre du Conseil supérieur de l’agriculture, maître
- de conférences à l’Institut national agronomique, rue Gounod, 8.
- 1882. — Muntz (Achille) (O. #), professeur à l’Institut national agronomique, rue de
- Condé, 14.
- 1882.____Prillieux (E.) (O. #), inspecteur général de l’enseignement agricole, profes-
- seur à l’Institut national agronomique, rue Cambacérès, 14.
- 1884. __Muret (#), membre de la Société nationale d’agriculture de France, place du
- Théâtre-Français, 4.
- 1885. —Thénard (baron Arnould) (#), chimiste-agriculteur, place Saint-Sulpice, 6.
- 1888. — Liébaut (O. #), président de la Chambre syndicale des ingénieurs construc-
- teurs-mécaniciens, rue Galilée, 59.
- 1889. — Demontzey (O. #), inspecteur général des Eaux et Forêts, rue Raudin, 24. 1889. — Krantz (#), député, boulevard Saint-Germain, 226.
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- Comité des constructions et des beaux-arts.
- 1876. — Bunel (H.) (#), ingénieur, architecte en chef de la Préfecture de police, rue du Rocher, 67.
- 1876. — Davanne (O. #), président du comité d’administration de la Société française de photographie, rue Neuve-des-Petits-Champs, 82.
- 1876. — Dufresne de Saint-Léon (comte) (O. *fc), inspecteur général de l’Université, rue Pierre-Charron, 61.
- 1876. — Guillaume (Eug.) (C. #), membre de l’Institut, directeur de l’Académie de France à Rome.
- 1876. — Popelin (Claudius) (#), artiste peintre, rue de Téhéran, 7.
- 1876. — De Salverte (comte Georges) (&), maître des requêtes au Conseil d’État, avenue Marceau, 54.
- 1876. — Huet (E.) (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, sous-directeur des travaux de Paris, boulevard Raspail, 12.
- 1879. — Yoisin-Bey (0. #), inspecteur général des ponts et chaussées, rue Scribe, 3.
- 1879. — Rossigneux (Ch.) (#), architecte, quai d’Anjou, 23.
- 1884. Schlemmer (O. &), inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, bou-
- levard Saint-Germain, 70.
- 1885. — Armand-Dumaresq (O. #), artiste peintre, rue d’Offemont, 3.
- 1885. De Romilly (Félix), ancien président de la Société française de physique, avenue Montaigne, 25.
- 1885. — Appert (Léon) (0. #), ingénieur-verrier, rue de Londres, 50.
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- CONSEIL D ADMINISTRATION.
- JANVIER 1892.
- Année de l’entrée au Çonseil.
- 1887. — Plon (E.) (#), imprimeur-éditeur, rue Garancière, 8.
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- Comité du commerce.
- 1856.—Block (Maurice) î(&), membre de l’Institut, rue de l’Assomption, 63, à Auteuil.
- 1858. — Rondot (Natalis) (G. #), délégué de la Chambre de commerce de Lyon, rue Saint-Joseph, 20, à Lyon.
- 1864. — Lavollée (Gh.) (#), ancien préfet, rue de Passy, 78.
- 1866. — Say (Léon), député, membre de l’Institut, rue Fresnel, 21.
- 1869. — Ciiiustofle (Paul) (0. #), manufacturier, rue deBondy, 56.
- 1869. — Roy (Gustave) (G. &), ancien président de la Chambre de commerce de la Seine, membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue de Tilsitt, 12.
- 1873. — Magnïer (E.) (#), négociant, rue de l’Arcade, 16.
- 1887. —Gheysson (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, boulevard Saint-Germain, 115.
- 1890. — Gibon (#), ancien directeur des usines de Commentry, rue de Grenelle, 42.
- N...
- MEMBRES HONORAIRES.
- 1856. —Trélat (Émile) (O. #), architecte, professeur au Conservatoire des arts et métiers, boulevard Montparnasse, 136.
- 1871. —De Turenne (marquis) (#), ancien élève de l’École Polytechnique, rue Ve-zelay, 9.
- MEMBRES CORRESPONDANTS Comité des arts mécaniques.
- Correspondants français.
- Bukfaud, mécanicien-constructeur, chemin de Barraban, 27, à Lyon.
- Jaquiné (E.), inspecteur général honoraire des ponts et chaussées, à Nancy.
- De Quillacq, constructeur-mécanicien, à Anzin (Nord).
- Petit (Émile), ingénieur civil, château de Suduirant (Gironde).
- Jarre, directeur des usines d’Ornans (Doubs).
- Bietrix, directeur de l’usine de la Chaléassière, à Saint-Étienne (Loire).
- Buxtorf, mécanicien à Troyes (Aube).
- Cadiat, directeur des établissements de constructions mécaniques Mouraille et Cie, à Toulon (Yar).
- Witz (Aimé), docteur ès sciences, ingénieur des Arts et Manufactures, place Yau-ban, 104, à Lille.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. --- JANVIER 1892.
- Correspondants étrangers.
- Agudio, ingénieur-constructeur, à Turin (Italie).
- Chapman (Henry), ingénieur-conseil, Victoria Street, 69, Westminster (S. W.), àLondres. Colladon (Daniel), ingénieur, correspondant de l’Académie des sciences, boulevard du Pin, 1, à Genève.
- Sellers(W.), constructeur-mécanicien, à Philadelphie (États-Unis).
- Llaurado, ingénieur en chef des forêts d’Espagne, à Madrid.
- Sulzer-Steiner, de la maison Sulzer frères, à Winterthur (Suisse). Dwelshauvers-Dery, ingénieur, professeur à l’Université de Liège (Belgique).
- Habich, directeur de l’Ecole des Mines à Lima (Pérou).
- Thurston, professeur à la Cornell University d’Ithaca (État de New-York). , Walther-Meunier, ingénieur en chef de l’Association des propriétaires de machines à vapeur, à Mulhouse (Alsace).
- Comité des arts chimiques.
- Correspondants français.
- Guimet fils, manufacturier, à Lyon.
- Pechiney, directeur de la Société des produits chimiques, à Alais (Gard).
- Manhès, directeur de la Société métallurgique du cuivre, à Lyon.
- Kessler, fabricant de produits chimiques, à Clermont-Ferrand.
- BouLENGER(Hippolyte), fabricant de faïences, à Choisy-le-Roi (Seine).
- Darblay, manufacturier, à Essonnes (Seine-et-Oise).
- Schneider, maître de forges, au Creusot (Saône-et-Loire).
- Correspondants étrangers.
- Abel (Frédéric-Auguste), président de la commission gouvernementale des explosifs, Cadogan place, 40, à Londres.
- Bessemer (sir Henry), à Londres.
- Didierjean (comte), directeur général de la Compagnie des cristalleries de Saint-Louis à Münzthal-Saint-Louis (Lorraine).
- Hofmann (A.-W.), professeur à l’Université de Berlin.
- Lowthian Bell, chimiste-manufacturier, à Rounton-Grange, Northallerton (Angleterre Solvay, fabricant de produits chimiques, à Bruxelles.
- Canizzaro, professeur à l’Université de Rome.
- Mendeleef, professeur à l’Université de Saint-Pétersbourg.
- Roscoe (Henry Enfîeld), Bramham garden’s, 10, South-Kensington (S. W.), à Londres.
- Comité des arts économiques.
- Correspondants français.
- Berjot, pharmacien-chimiste, à Caen (Calvados).
- Loreau, manufacturier, à Briare (Loiret).
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Janvier 1892. î
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- CONSEIL D ADMINISTRATION.
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- JANVIER 1892.
- Mame, éditeur, à Tours (Indre-et-Loire).
- De Chardonnet, ancien élève de l’École polytechnique, rue Cambon, 43, Paris.
- Correspondants étrangers.
- Cole (Henry), directeur du Kensington-Museum, Thurloe square (S. W.), à Londres. Helmholtz, professeur de physique à l’Université de Berlin.
- Frankland, professeur de chimie à l’École royale des Mines, correspondant de l’Académie des Sciences, Lancastergate, 14, Hyde-Park, à Londres.
- Crookes (William), directeur du journal The Chemical News, Boy Court, Ludgate Hill (E. C.), à Londres.
- Preece, électricien en chef des télégraphes de l’État, à Londres.
- ElihuThomson, électricien en chef delà Société Thomson-Houston,hLynn -Mass (États-Unis). Steinlen, ingénieur-constructeur, à xMulhouse (Alsace).
- Comité d’agriculture.
- Correspondants français.
- Lecler, ingénieur des polders de la Yendée, à Bouin (Vendée).
- Mares (Henri), correspondant de l’Académie des Sciences, à Montpellier (Hérault). Perret (Michel), agriculteur, à Tullins (Isère), place d’Iéna, 7, à Paris.
- Philippar, directeur de l’École d’agriculture, à Grignon (Seine-et-Oiseb Rémond, agriculteur à Minpincien, par Guigues-Rabutin (Seine-et-Marne).
- Grosjean, inspecteur général de l’enseignement agricole, rue (Pierre-Guérin, 4 bis, à Paris.
- Cocuard, président de la Société d’agriculture de Montmédy (Meuse).
- Milliau (Ernest), chimiste, à Marseille.
- Briot, inspecteur des forêts, à Chambéry (Savoie).
- Correspondants étrangers.
- Annenkoff (Général), à Saint-Pétersbourg.
- Juhlin-Dannfelt, Great Winchester Street, 127 (E. G.), à Londres.
- De Candolle (Alphonse), à Genève.
- Easton, ingénieur de la Société royale d’agriculture d’Angleterre, à Londres.
- Lawes (sir Bennett), membre de la Société royale de Londres, à Rothamstead (Angleterre).
- Gilbert (Dr), membre de la Société royale de Londres, à Rothamstead (Angleterre). Reynold (John-P.), président du service agricole de l’Illinois, à Chicago (États-Unis). Lippens (Auguste), membre du Parlement de Belgique, à Gand.
- Marcano, professeur d’économie rurale à l’Université de Caracas (Venezuela).
- Miraglia, directeur de l’agriculture à Rome.
- Comité du commerce.
- Correspondants français.
- Bergasse, négociant, à Marseille.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — JANVIER 1892.
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- Siegfried (Jules), député, négociant au Havre.
- Fabre (Cyprien), président de la Chambre de commerce, à Marseille. Sévène, président de la Chambre de commerce de Lyon.
- Walbaum, président de la Chambre de commerce de Reims.
- Seydoux, manufacturier au Cateau (Nord).
- Permezel, membre de la Chambre de commerce de Lyon, Bessonneau, manufacturier, consul de Belgique, à Anvers.
- Aynard, député, président de la Chambre de commerce de Lyon.
- Correspondants étrangers.
- De Hemptine (comte Paul), à Gand (Belgique).
- Mevissen, conseiller intime du commerce, ancien président de la Chambre de commerce de Cologne.
- Reader Lack (Esq.), directeur du Patent Office, à Londres.
- Raday Delgado (Juan de Dios), sénateur à Madrid.
- Bodio (commandeur), directeur général de la slatistique du royaume d’Italie, place Saint-Bernard, à Rome.
- Giffin, directeur de la statistique du Board of Trade, à Londres.
- Carroll(D. Wright), commissaire du département du travail, à Washington (États-Unis).
- Comité des constructions et des beaux-arts.
- Correspondants français.
- Paris, manufacturier au Bourget (Seine-et-Oise).
- Pepratx (Eugène), ancien banquier, à Perpignan.
- Correspondants étrangers.
- Carlos Relvas, à Collega (Portugal).
- Menabrea (général comte), ambassadeur d’Italie, rue de l’Élysée, 14, à Paris. Pollok, ingénieur-consultant, à Washington (États-Unis).
- Millais (Francis), baronnet, membre de l’Académie de peinture de Londres.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- JANVIER 1892.
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ
- RAPPORT FAIT PAR M. FOURET, AU NOM DE LA COMMISSION DES FONDS.
- SUR LES COMPTES DE L’EXERCICE 1890
- Messieurs,
- J’ai l’honneur, ainsi que le prescrit l’article 31 des statuts, de vous présenter, au nom de la Commission des fonds,le résumé des comptes de l’exercice 1890.
- De même que dans les précédents rapports, nous passerons successivement en revue les trois parties dont se compose notre comptabilité : fonds généraux, fonds d’accroissement et fondations spéciales.
- ir0 PARTIE
- FONDS GÉNÉRAUX
- Les recettes de l’exercice 1890 ont été les suivantes :
- fr. e.
- 1° Excédent de recettes reporté de l'exercice 1889 ............. 6 996,25
- 2° Cotisation des membres de la Société, comprenant 544 cotisations afférentes à l’exercice 1890 et une cotisation arriérée, soit en
- tout 545 cotisations, à 36 francs l’une..................... 19 620 »
- 3° Dons divers.................................................. 1 178,90
- 4° Abonnements au Bulletin delà Société : 106abonnements, à 36 francs
- l’un........................................................... 3 816 »
- 5° Vente de numéros dudit Bulletin.............................. 434,50
- 6° Locations diverses............................................ 12 045,10
- 7° Arrérages de rentes......................................... 61 398,50
- 8° Intérêts des sommes en dépôt................................. 217,55
- 9° Divers: remboursement d’avances et vente de vieilles ferrailles. . 104,65
- Total........................... 105 811,45
- Les dépenses se décomposent comme il suit :
- 1° Prix, médailles et récompenses diverses....................... 29 617,60
- 2° Bulletin tiré à 900 exemplaires : frais de rédaction, d’impression et
- d’expédition ; remises aux libraires........................ 24 798,30
- 3° Impressions diverses : Annuaire, Procès-verbaux, Circulaires, etc.. 3 607,70
- 4° Bibliothèque: traitement des agents, reliures et acquisitions. . . 6 532,95
- A reporter. „.................. 64 556,55
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. .----- JANVIER 1892.
- Report. ........................
- 5° Agence et économat -, traitement des agents et employés, frais
- divers........................ .............................
- 6° Jetons de présence..........................• • .............
- 7° Hôtel de la Société : travaux d’aménagement, d’entretien et de
- réparation^.................................................
- 8° Mobilier.................................................... •
- 9° Chauffage, éclairage, eaux de la ville, vidange..............
- 10° Contributions et assurances.............................• •
- 11° Frais d’expériences exécutées par les comités...............
- 12° Pensions....................................................
- 13° Subventions et souscriptions diverses.......................
- Total...........................
- L’excédent des recettes sur les dépenses est par suite de.......
- Total égal à celui des recettes. .
- Les recettes de l’exercice 1890 ne diffèrent pas sensiblement de celles de l’exercice précédent. Nous devons toutefois appeler votre attention sur un don annuel de mille francs, qui nous a été accordé par le Ministère de l’agriculture, sur l’initiative de l’un de nos vice-présidents, et qui figure pour la première fois dans nos comptes. Nous serons certainement l’interprète fidèle des sentiments de la Société en adressant de bien sincères remerciements à M. le Ministre de l’agriculture et à M. Tisserand. La somme de 178 fr. 90, qui complète le montant des dons divers, représente un versement qui nous a été fait, comme les années précédentes, par la Compagnie du gaz, en sus de sa cotisation statutaire.
- Nous avons quelques remarques à vous présenter au sujet des dépenses. La distribution des prix et récompenses diverses, accordées par la Société sur ses fonds généraux en 1890, comprenait exceptionnellement deux exercices, votre Conseil d’administration ayant décidé de distribuer simultanément, en juin 1890, les récompenses annoncées pour cette année-là et pour l’année précédente. Le montant de la dépense, qu’aurait dû supporter de ce chef l’exercice 1889, est ainsi venu s’ajouter au chiffre correspondant de l’exercice 1890 et le porter à la somme de 29 617 fr. 60.
- Les frais occasionnés par la bibliothèque ont subi une légère augmentation ; elle est due à la détermination qu’a prise votre Conseil d’administration, et que vous approuvez sans aucun doute, de mettre les ressources de notre bibliothèque à la disposition des membres de la Société et même des personnes étrangères dûment autorisées.
- Vous remarquerez que nous ne faisons pas figurer, parmi les dépenses de
- 13
- fr. c.
- 64 556,53
- 13 465,20 5 625 »
- 5 444,25 946,20 2 100,15
- 2 903,30
- 40 »
- 3 499,80
- 140 »
- 98 720,45 7 090,95 105 811,40
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- 1890, l’annuité de 1800 francs, prélevée les années précédentes sur les fonds généraux, pour constituer, tous les six ans, le prix de 12 000 francs fondé par notre Société. Ce prélèvement est temporairement suspendu, la réserve afférente à cette fondation étant plus que suffisante, pour assurer l’attribution du prix à la prochaine échéance qui aura lieu en 1896.
- Quatre souscriptions perpétuelles ont été versées en 1890 par MM. Boulanger, Hallopeau, Legrand et Petitpont. Le montant en a été placé en rente 3 p. 100, conformément aux statuts.
- PARTIE
- FONDS D’ACCROISSEMENT
- Fondation destinée à développer et à perpétuer l’œuvre créée par le comte et la comtesse Jollivet.
- Cette fondation est destinée à capitaliser, jusqu’en 1933, des prélèvements successifs, effectués sur nos fonds généraux dans ces dernières années, de manière à constituer, à cette époque, un capital égal à celui qu’aurait produit, pendant cinquante ans, une somme de 100 000 francs, augmentée de ses intérêts composés, à partir du 31 décembre 1882.
- Le capital s’est accru, en 1890, du montant des arrérages échus. Une somme de 4 842 francs a été employée à l’achat de 157 francs de rente 3 p. 100. L’avoir de la fondation, au 31 décembre 1890, consistait en une inscription de 4 940 francs de rente 3 p. 100 et en un reliquat de 80 fr. 65.
- 3e PARTIE
- FONDATIONS ET DONS SPÉCIAUX
- Voici, Messieurs, quelle était, au 31 décembre dernier, la situation des diverses fondations que la Société a le mandat de gérer, conformément aux intentions des donateurs.
- 1° Grand prix fondé par le marquis d’Argenteuil.
- Le marquis d’Argenteuil, en léguant à la Société une somme de 40000 francs, a permis d’instituer un prix qui doit être décerné, tous les six ans, à l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de l’industrie française.
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- Le prix, d’une valeur de 12 000 francs, doit être décerné en 1892.
- La fondation possédait, au 31 décembre 1890, un titre de 2 000 francs de rente 3 p. 100 et une somme de 13942 fr. 90.
- 2° Legs Bapst.
- Cette fondation se compose de deux parties. L’une d’elles, destinée à venir en aide aux inventeurs malheureux, possède un revenu de 1565 fr. 20 de rente 3 p. 100. Le total des secours distribués en 1890 a été de 1 500 francs. Il restait en caisse, au 31 décembre dernier, une somme de 65 fr. 20.
- La seconde partie du legs, destinée à. aider les inventeurs dans leurs recherches, continue à n’être utilisée qu’incomplètement. Sur un revenu de 3 008 fr. 80, il n’a été alloué que 500 francs en 1890. Le reste a été employé en achats de rente 3 p. 100. Les ressources de cette partie de la fondation Bapst comprenait, au 31 décembre dernier, une inscription de 3154 fr. 80 de rente 3 p. 100 et une somme de 877 francs.
- 3° Fondation Christofle et Bouilhet pour la délivrance des premières annuités de brevets.
- Il a été accordé en 1890 huit premières annuités de brevets, représentant, aveclesfrais, une sommede 840francs.La fondationpossédait au31 décembre dernier une inscription de 1036 francs de rente 3 p. 100 et un solde de 765 fr. 65.
- 4° Fondation de la princesse G-alitzine.
- Un don de 2000 francs, dû à la princesse Galitzine, est mis en réserve et s’accroît chaque année des intérêts capitalisés, pour servir ultérieurement à la création d’un prix qui devra être décerné par le Comité des arts économiques. Une nouvelle obligation de chemins de fer a été achetée cette année avec le revenu de cette fondation, qui possédait, au 31 décembre 1890, quatorze obligations 3 p. 100 des chemins de fer de l’Est et un solde en caisse de 125 fr. 10.
- 5° Fondation Carré.
- Cette fondation, instituée dans le même esprit que la précédente, par un don de 1000 francs, possédait au 31 décembre dernier cinq obligations 3 p. 100 des chemins de fer de l’Est et une somme de 356 fr. 90.
- 6° Fondation Fauler (industrie des cuirs).
- Le but de cette fondation est de procurer des secours à des ouvriers ou contremaîtres malheureux de l’industrie des cuirs, qui se sont signalés par
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- des services appréciés. Un secours de 200 francs a été accordé en 1890. L’excédent de revenus disponible a été employé à l’achat de deux obligations de chemins de fer.
- Les ressources de la fondation comprenaient, au 31 décembre dernier, quarante-deux obligations 3 p. 100 de diverses compagnies de chemins de fer, donnant un revenu annuel de 611 fr. 10, et un reliquat en caisse de 102 fr. 15.
- 7° Fondation Legrand (industrie de la savonnerie).
- Cette fondation a pour objet de venir en aide à des ouvriers ou contremaîtres de l’industrie de la savonnerie, qui se sont distingués par leurs bons services. Aucun secours n’a été demandé ni alloué en 1890. Les sommes disponibles ont permis d’acheter trois obligations 3 p. 100 des chemins de fer de l’Est.
- L’avoir de la fondation, au 31 décembre dernier, comprenait cinquante-neuf obligations 3 p. 100 de la Compagnie de l’Est, rapportant annuellement 858 fr. 45 et un reliquat en caisse de 510 fr. 30.
- 8° Fondation Christofle et Bouilhet en faveur des artistes industriels malheureux.
- Les revenus de cette fondation ont en grande partie servi, comme les années précédentes, à payer la pension de 300 francs allouée à la veuve d’un artiste graveur. L’accumulation des excédents annuels a permis d’acheter une nouvelle obligation 3 p. 100 de la Compagnie de l’Est.
- La fondation possédait, au 31 décembre 1890, vingt-six obligations 3 p. 100 et une obligation 5 p. 100 des chemins de fer de l’Est, rapportant ensemble annuellement 402 fr. 55. Il y avait de plus en caisse une somme de 247 fr. 20.
- 9° Fondation de Milly (industrie de la stéarine).
- L’objet de cette fondation est de procurer des secours, dans le domaine de l’industrie de la stéarine, à des ouvriers ou contremaîtres malheureux, ou ayant contracté quelque infirmité dans l’exercice de leur profession. Aucun secours n’a été demandé ni alloué en 1890. Il a été acheté, sur les fonds disponibles, une nouvelle obligation 3 p. 100 de la Compagnie de l’Est.
- L’avoir de la fondation, au 31 décembre dernier, comprenait trente-sept obligations de cette nature, donnant un revenu annuel de 538 fr. 35 et un reliquat de 555 fr. 25.
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- 10° Fondation de Baccarat (industrie de la cristallerie).
- Cette fondation est destinée à venir en aide à des ouvriers ou contremaîtres malheureux ou infirmes de l’industrie de la cristallerie. Aucun secours n’a été demandé ni accordé en 1890. Au moyen des revenus annuels accumulés il a été acheté une obligation 3p. 100 des chemins de fer de l’Est.
- La fondation possédait, au 31 décembre dernier, huit obligations 3 p. 100 de la Compagnie de l’Est, rapportant annuellement 116 fr. 40 et un solde en caisse de â8jr. 55.
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- ' x ' il0 Fondation Ménier (industrie des arts chimiques).
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- G* Lé' but de cette fondation est de procurer des secours à des ouvriers ou contremaîtres dé l’industrie des arts chimiques. Aucune somme n’a été demandée ni distribuée en 1890.
- Les ressources de la fondation comprenaient, au 31 décembre dernier, huit obligations 3 p. 100 et deux obligations 5 p. 100 de la Compagnie de l’Est, rapportant ensemble annuellement 164 fr. 90. Il restait de plus en caisse une somme de 417 fr. 60.
- 12° Grand Prix de la Société d’Encouragement.
- Un grand prix, d’une valeur de 12000 francs, a été créé par notre Société, pour récompenser, tous les six ans, une découverte ou un perfectionnement d’un grand intérêt pour l’industrie nationale. Ce prix a été décerné en 1890 à Madame Veuve Normand, en récompense des progrès importants réalisés par son mari dans la construction des machines marines.
- La réserve disponible de cette fondation était, au 31 décembre dernier, de 13557 fr. 35. Cette réserve est plus que suffisante pourle prix à décerner en 1896, et nous permettra, pendant quelques années, de n’avoir recours à aucun prélèvement sur les fonds généraux.
- 13° Prix de la classe 27 à l’Exposition universelle de 1867 (industrie cotonnière).
- Sur l’initiative de M. Gustave Roy, les exposants de la classe 27, à l’Exposition universelle de 1867, ont fait don à notre Société d’une somme de 13 169 fr. 85, pour la fondation d’un prix à décerner, tous les six ans, à celui qui aura le plus contribué au développement ou aux progrès de l’industrie cotonnière en France. Ce prix, d’une valeur de 4000 francs, devait être attribué en 1890. Les revenus disponibles de la fondation, sur lesquels il Tome VII. — 91e année. 4e série. — Janvier 1892.
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- n’avait été prélevé jusqu’à présent qu’un encouragement de 2 000 francs, ont permis de décerner trois prix, de 4 000 francs chacun, à MM. Joseph Imbs, Lederlin et Yimont.
- La fondation possédait, au 31 décembre dernier, quarante-trois obligations 3 p. 100 des chemins de fer de l’Est et une somme en caisse de 3 228 fr. 50.
- 11° Prix de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1867 (génie civil et architecture).
- Les exposants de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1867, sur la proposition de Elphège Baude, ont fait don à notre Société d’une somme de 2 315 fr. 75, avec les revenus de laquelle on a fondé un prix à décerner, tous les cinq ans, à l’auteur d’un perfectionnement important apporté au matériel ou aux procédés du génie civil, des travaux publics ou de l’architecture. Le prix consiste en une médaille d’or de 500 francs. Ce prix a été décerné en 1890. Il devra l’être de nouveau en 1895.
- L’avoir de cette fondation, au 31 décembre 1890, comprenait douze obligations 3 p. 100 de la Compagnie de l’Est, rapportant annuellement 174 fr. 60 et un solde en caisse de 171 fr. 95.
- 15° Prix de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878 (industrie des produits chimiques).
- Celte fondation, créée sur l’initiative de notre regretté collègue M. Fourcade, par les exposants de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878, a pour but de récompenser, par un prix de 800 francs, un ouvrier de l’industrie des produits chimiques, choisi de préférence parmi ceux des donateurs et parmi ceux qui comptent le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement. M. Fourcade a versé en 1890 entre les mains de notre Société une somme de 1022 fr. 70, formant le complément des. sommes qui nous ont été abandonnées par les exposants de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878. Les ressources de la fondation se trouvent ainsi accrues. Elles consistent en un titre de 796 fr. de rente 3 p. 100.
- Deux médailles d’or, de 800 francs chacune, ont été distribuées en 1890, celle qui devait être accordée en 1889 ayant été reportée à l’année suivante. Une avance de 46 fr. 25 a dû être faite à cette fondation par les fonds généraux. Elle sera remboursée ultérieurement.
- 16° Fondation du général comte d’Aboville.
- Le comte d’Aboville a légué à la Société une somme de 10000 francs, destinée à fournir, avec les intérêts capitalisés, le montant de trois prix à
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- décerner à des manufacturiers qui auront employé à leur service, pendant une assez longue période, des ouvriers estropiés, amputés ou aveugles et les auront ainsi soustraits à la mendicité. •
- L’un de ces prix, d’une valeur de 3900 francs, a été décerné en 1885. Le second, qui avait dû être ajourné, et qui, en raison même de cet ajournement, a pu être porté à la somme de 4 000 francs, a été décerné en 1890 et réparti entre trois œuvres philanthropiques, qui ont paru à votre Conseil d’administration remplir les conditions indiquées par le donateur. Les ressources dont dispose encore la fondation, pour un ou plusieurs prix, comprennent neuf obligations 3 p. 100 des chemins de fer de l’Est et une somme de 2151 fr. 65.
- 17° Legs G-iffard.
- Le revenu du capital de 50000 francs, légué à la Société par Henri Giffard, a reçu, conformément aux intentions du donateur, une double destination. Suivant une délibération du Conseil d’administration, en date du 27 janvier 1888, la moitié de ce revenu a été consacré à la création d’un prix de 6000 francs qui, sous le titre de grand prix Henri Giffard, doit être attribué, tous les six ans, à une personne ayant rendu des services signalés à l’industrie française. Ce prix a été décerné pour la première fois en 1890, à M. Carré, pour l’ensemble de ses inventions. Il devra l’être de nouveau en 1896.
- L’autre moitié du revenu de la fondation doit servir à distribuer des secours. Une somme de 700 francs a été employée dans ce but en 1890.
- La fondation possédait, au 31 décembre dernier, une inscription de 1949 francs de rente 3 p. 100 et une somme en caisse de 2565 fr. 95.
- 18° Fondation Meynot.
- MM. Meynot père et fils ont fait don à la Société d’une somme de 20000 francs, pour créer un prix destiné à récompenser les progrès, inventions ou perfectionnements, intéressant la moyenne ou la petite culture. Ce prix, d’une valeur de 1 200 francs, devra être décerné en 1893.
- Les ressources de la fondation, au 31 décembre dernier, comprenaient une inscription de 700 francs de rente 3 p. 100 et une somme de 3054 fr. 95.
- 19° Fondation Melsens.
- Mme Veuve Melsens, en mémoire de son mari, a fait don à la Société d’une somme de 5000 francs, pour créer un prix destiné à récompenser l’auteur
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- d’une application intéressante de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène. Ce prix, d’une .valeur de 500 francs, doit être décerné tous les trois ans. Il l’a été pour la première fois en 1890, après avoir été différé d’une année. Il devra l’être de nouveau en 1892.
- La fondation possédait, au 31 décembre dernier, treize obligations 3 p. 100 des chemins de fer de l’Est, rapportant annuellement 189 fr. 15, et une somme de 237 fr. 60.
- 20° Fondation de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1867 (matériel des industries alimentaires).
- Sur l’initiative du baron Thénard, et grâce aux démarches de M. Savalle, la Société a reçu, à la suite de l’Exposition de 1867, une somme de 6326 fr. 14, montant d’un reliquat appartenant au groupe des exposants de la classe 50. Une fraction de cette somme, s’élevant à 1500 francs, nous est définitivement acquise, par suite de l’adhésion des intéressés. Les autres membres du groupe n’ayant pas jusqu’à présent donné leur consentement explicite, leur quote-part devra leur être remise, dans le cas où ils viendraient à la réclamer avant l’expiration du délai légal de trente ans.
- C’est sous cette réserve que la Société a reçu la somme de 63S6 fr. 14 des mains de M. Savalle. Cette somme a été employée à l’achat de seize obligations de l’Est 3 p. 100, rapportant annuellement 232 fr. 80. Il y avait de plus en caisse, au 31 décembre dernier, une somme de 1082 fr. 20.
- 21° Prix Parmentier fondé par les exposants de la classe 50, à l’Exposition universelle de 1889 (industries relatives à l’alimentaticn).
- Sur l’initiative de M. Aimé Girard, les exposants delà classe 50à l’Exposition universelle de 1889 ont généreusement fait don à la Société de la somme de 9846 fr. 75, formant le reliquat des frais de leur installation commune, dans le but de fonder, sous le nom de prix Parmentier, un prix de 1000 francs, destiné à récompenser tous les trois ans les recherches scientifiques ou techniques, de nature à améliorer le matériel ou les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires. Ce prix pourra être décerné, pour la première fois, en 1893.
- A l’aide des fonds versés pour cette fondation, il a été acheté 335 francs de rente 3 p. 100. Il y avait en outre en caisse, au 31 décembre dernier, une somme de 344 fr. 90.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ---- JANVIER 1892.
- 22° Fondation des exposants de la classe 51 à l’Exposition universelle de 1889 (matériel des arts chimiques, de la pharmacie et delà tannerie).
- Sur la proposition de M. Michel Perret, plusieurs exposants de la classe 51, à l’Exposition universelle de 1889, ont abandonné à notre Société la totalité ou une partie du reliquat qui leur appartenait sur le montant des frais de leur installation commune, lia été décidé que la somme de 2556 fr. 30, ainsi formée, servirait ultérieurement à créer un prix destiné à perpétuer le souvenir de ce don généreux, et que, dans ce but, les intérêts de cette somme seraient capitalisés, de manière à constituer un titre de 100 francs de rente 3 p. 100.
- 23° Don de la classe 21 à l’Exposition universelle de 1889 (industrie des tapis et tissus d’ameublement).
- Notre Société a reçu des mains de M. Louvet, secrétaire de la classe 21 à l’Exposition universelle de 1889, la somme de 400 francs, formant le reliquat des fonds consacrés à l’installation de cette classe. Cette somme, conformément au désir des donateurs, sera employée en actes de bienfaisance à l’égard d’ouvriers malheureux, appartenant à l’industrie des tapis et des tissus d’ameublement.
- Nous devons, Messieurs, en terminant, vous rappeler que M. Fourcade, membre du Conseil, décédé dans le courant de 1890, a légué à la Société un capital de 8000 francs, dont l’usufruit appartient à Mmo Fourcade, et qui devra être employé, jusqu’à concurrence de la somme nécessaire, pour élever de 800 francs à 1000 francs le prix annuel qu’il a contribué, pour une large part, à fonder. Nous profitons de l’occasion, qui s’offre ici, d’exprimer les sentiments de reconnaissance de notre Société pour la mémoire de notre regretté collègue.
- Le compte rendu, qui vient de vous être présenté, vous montre, Messieurs, comment le rayon d’action de la Société se trouve encore accru par les nouvelles fondations enregistrées dans le cours de l’année 1890. Le dévouement de notre trésorier doit se multiplier avec le temps, pour se maintenir au niveau du développement de nos opérations. J’ai l’honneur, au nom de la Commission des fonds, de vous proposer d’adresser de chaleureux remerciements à M. Goupil de Préfeln et d’approuver les comptes établis par ses soins.
- Signé : G. Fouret, rapporteur.
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- RAPPORT FAIT PAR M. BORDET, AU NOM DES CENSEURS, SUR LES COMPTES DE
- l’année 1890.
- Messieurs,
- Les comptes qui vous sont présentés par la Commission des fonds pour l’exercice 1890 ont été examinés par nous et reconnus parfaitement exacts. Nous vous proposons donc de les approuver et nous nous associons en même temps aux remerciements si mérités que la Commission des fonds adresse à notre digne trésorier.
- Quatre nouvelles souscriptions perpétuelles ont été recueillies et employées en achats de rente 3 p. 100. Le total des rentes qui, ayant la même origine, sont inaliénables conformément aux statuts est ainsi passé de 2185 francs à 2 316 francs.
- Le montant des cotisations n’a subi cette année qu’une diminution insignifiante et, d’autre part, le produit des abonnements au Bulletin a été sensiblement plus élevé que l’année dernière.
- Les locations n’ont pas augmenté en 1890, mais pendant l’année courante nous avons vu venir à nous la Société chimique et la Société internationale des électriciens pour ses assemblées générales, qu’elle tient maintenant dans notre hôtel où elle avait depuis longtemps son siège social.
- Les dépenses courantes de la bibliothèque ont pris une importance assez grande; c’est la conséquence de l’organisation que nous lui avons donnée pour l’ouvrir largement et utilement aux travailleurs. Les services qu’elle peut rendre sont appréciés déjà, car elle a été, pendant le dernier mois, fréquentée par plus de cent visiteurs.
- Le désir d’offrir aux sociétés scientifiques des facilités plus grandes pour leurs réunions et de prêter ainsi un nouveau concours à des œuvres utiles qui travaillent avec nous au développement de l’industrie nationale nous a conduits, vous le savez, dans les dernières années, à augmenter beaucoup l’hôtel de la Société. Toutes les constructions entreprises dans ce but sont aujourd’hui terminées et payées. L’œuvre est complète, sauf les installations accessoires de force motrice et d’éclairage électrique qui ne
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- ÉTAT FINANCIER DÉ LA SOCIÉTÉ.-----JANVIER 1892. 23
- sont pas encore achevées et dont les frais figureront aux prochains comptes.
- Il est intéressant de jeter un coup d’œil en arrière et de résumer en un total les dépenses faites dans notre immeuble.
- C’est en 1849 que la Société se décida à devenir propriétaire d’un local approprié à ses besoins. Après de nombreuses recherches, elle fit l’acquisition d’un bâtiment dit de XAncienne Gendarmerie, situé dans une impasse de la rue des Petits-Augustins (aujourd’hui la rue Bonaparte). Elle dépensa un peu plus de 150 000 francs, s’installa modestement et vécut à l’étroit pendant plus de vingt ans.
- Ce fut seulement en 1872, lorsqu’on vit approcher l’époque où on allait entrer en jouissance d’une rente de 40000 francs due à la libéralité du comte et de la comtesse Jollivet, que l’on achèta un terrain voisin et qu’on entreprit une réfection complète de l’hôtel. L’inauguration de la nouvelle salle des séances, le 11 décembre 1874, fut une grande fête pour la Société. M. Dumas retraça dans un éloquent discours l’histoire des services rendus par elle depuis sa fondation. Une description complète de l’hôtel dans le passé et dans le présent fut publiée par le Bulletin (1).
- La dépense atteignit 275 000 francs, de sorte qu’en 1877 la Commission des fonds, dans son rapport annuel, évaluait le coût total de l’hôtel, y compris le mobilier et en tenant compte de diverses améliorations réalisées en dehors des grands travaux, à 480 000 francs.
- Les derniers agrandissements ont coûté, en 1885 et 1886, 133 362 francs. On doit encore ajouter à cela diverses dépenses faites en 1888, 1889 et 1890; il est assez difficile de les distinguer des frais d’entretien, mais on peut cependant les évaluer à 12 000 francs environ.
- Il résulte de là que la Société a dépensé pour son hôtel, en frais de premier établissement, une somme totale de 625 000 francs.
- Au taux de 5 p. 100, ce capital correspondrait à un revenu annuel de 31 250 francs, supérieur à celui que donnaient les rentes qui ont été aliénées. Les locations de toutes sortes produisant environ 12 000 fr. par an, la part de loyer qui reste à la charge de la Société ne serait que de 19 250 francs. C’est là un chiffre peu élevé, eu égard à la belle et vaste installation que nous avons maintenant pour tous nos services.
- La Société a donc fait une bonne opération financière, en même temps qu’elle créait chez elle un asile précieux pour les associations scientifiques, comme pour affirmer encore cette alliance féconde de la science et de l’in-
- (1) 1875. 3e série, t. Il, p. 99.
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- 24 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ---- JANVIER 1892.
- dustrie qui a présidé à sa fondation et assuré son succès en restant constamment sa règle.
- Signé : Lucien Bordet, rapporteur.
- Approuvé en séance le 23 décembre 1891.
- Après la lecture de ces deux rapports, M. le Président ajoute que cette situation doit être considérée comme très satisfaisante. Les rapports dont il vient d’être donné lecture ont montré qu’en 1890 le chiffre des cotisations et des abonnements au Bulletin s’est maintenu. La Société s’est imposé l’envoi gratuit de ses publications à ses Correspondants étrangers; mais celte innovation n’a pas altéré ce résultat.
- Le Bulletin est de plus en plus soigné. Il paraît régulièrement à sa date de chaque mois.
- Depuis l’Exposition de 1889, des dons généreux et nombreux ont permis de créer de nouveaux prix, et de développer par là notre champ d’influence.
- Le grand prix de la Société se trouve, dès à présent, doté d’une réserve de 13500 francs. On pourrait donc le décerner demain, tout en restant en présence d’un reliquat de 1500 francs. Mais, au contraire, ce prix n’échoit qn’en 1896 ; et jusqu’à ce moment, la Société pourra réaliser l’économie annuelle de l’allocation ordinaire qu’elle y consacre. Elle a imposé à ses moyens de trésorerie une certaine charge, en avançant de huit mois l’époque réglementaire de la délivrance de la somme considérable qu’elle distribue chaque année sous forme de récompenses. Outre les prix proposés par elle au concours, suivant son usage fondamental, elle a réussi à en décerner en vue de récompenser toute une vie d’honneur, de travail et de talent, comme dans le cas de M. Beau de Rochas.
- Elle est également entrée dans une voie nouvelle en inspirant et soutenant de ses subventions des travaux scientifiques originaux effectués sous ses auspices, tels que les recherches de M. Mahler sur le pouvoir calorifique des combustibles, et la mission de M. Sérullaz dans l’extrême Orient pour la gutta-percha.
- La Société a définitivement constitué, au prix d’une importante allocation annuelle, le fonctionnement normal de sa Bibliothèque, qu’elle ouvre avec une grande libéralité, même en dehors de ses Membres.
- Enfin elle vient de faire dresser l’album complet des plans de son hôtel, d’en remettre à neuf la grande salle, et de doter en outre cet immeuble d’un service mécanique et électrique très complet de force et de lumière. Ce
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- dernier et important travail a pu être réalisé au prix d’une dépense qui ne représente qu’environ trois pour cent des déboursés effectués jusqu’ici pour la création de ce bel et utile édifice, auquel il assure plus de valeur, en l’amenant à sa perfection comme adaptation à des exhibitions scientifiques.
- Il est très important de remarquer que toutes ces nouvelles surcharges (tant celles qui sont par leur nature annuelles, que celles qui représentent un déboursé une fois effectué) ont été supportées uniquement par les ressources normales de la Société, et sans engager aucunement ses réserves, sur lesquelles on avait dû, au contraire, prélever autrefois les sommes nécessaires pour la création de l’hotel. Incontestablement les aggravations de dépenses destinées à rester périodiques devaient en effet se renfermer dans le cadre des ressources ordinaires. Mais il avait été entendu par la Société que les travaux dont son hôtel vient en dernier lieu d’être le théâtre seraient, comme par le passé, prélevés sur ses réserves. Elle a même, dans ce but, voté pour son Trésorier un pouvoir d’aliéner de la rente en quantité suffisante; pouvoir que ce dernier a encore entre les mains, mais dont il n’a fait aucun usage. Le peu qui reste encore à solder en fait de mémoires s’est de même encadré dans le projet de budget de 1892, qui a été présenté en équilibre, malgré une nouvelle surcharge extraordinaire que la Société a eu à cœur de s’imposer, à savoir : un portrait de son illustre Président, Edmond Becquerel. C’est là, pour la gestion financière de la Société, un résultat qui ne saurait passer inaperçu.
- En résumé donc, la situation doit être considérée comme rassurante, et la Société d’Encouragement peut envisager l’avenir avec confiance.
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- NOTICE SUR AUGUSTE HARDY, MEMBRE DU CONSEIL DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT, PAR M. GUSTAVE HEUZÉ
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale vient de perdre un de ses membres les plus dévoués. M. Auguste Hardy, membre du conseil d’administration et du comité d’agriculture depuis 1869, officier de la Légion d’honneur et directeur de l’École d’horticulture créée en 1873 au Potager de Versailles, est décédé le 24 novembre à l’âge de 68 ans. Cette mort plonge une honorable famille dans une profonde et douloureuse tristesse; elle est Tome VII. — 91e année. 4e série. — Janvier 1892.
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- un véritable deuil pour l’horticulture française et elle fait couler bien des larmes à ceux qui, depuis quarante ans, ont été à même d’apprécier son esprit éclairé, la nature de ses sentiments, son extrême urbanité et son cœur aimant.
- Hardy avait à peine vingt ans quand, reconnaissant que les progrès des sciences sont appelés à constituer une véritable richesse pour le jardinier et le petit cultivateur, il dirigea ses pensées vers la carrière de son père, Alexandre Hardy, qui dirigea les jardins et la pépinière du Luxembourg de 1817 à 1859, et de son grand-oncle, Christophe Hervy, qui fut chargé de la direction de la pépinière des Chartreux de 1752 à 1796, dont les travaux ont été si utiles à la culture fruitière. Son esprit d’observation lui permit promptement de saisir les plus petits détails, les faits les moins apparents concernant la vie des plantes cultivées dans les jardins.
- Hardy devait à son père en grande partie les connaissances si complètes qu’il possédait dans la culture et la taille des arbres fruitiers, mais ce fut son inclination qui le porta à s’initier à la vie des végétaux utiles, ce sont les études qu’il fit dans les jardins les mieux dirigés ou pendant son séjour (1844 à 1846) à l’École d’agriculture de Grignon; enfin, c’est son rare et remarquable talent de bien observer qui lui donnèrent le savoir si profond, si varié qu’il possédait dans toutes les branches du jardinage et qui permettait de le regarder comme l’un des premiers horticulteurs de France.
- Hardy avait vingt-quatre ans lorsqu’il fut nommé jardinier en chef des jardins de Compiègne. L’année suivante, en 1849, il devint directeur des jardins de l’Institut agronomique qui venait d’être fondé à Versailles. C’est en 1873 qu’il fut chargé de l’organisation et de la direction de l’École nationale d’horticulture.
- Le Potager de Versailles et l’École d’horticulture ont été le théâtre de ses travaux, de ses études et de ses investigations pendant l’époque la plus active de sa vie. C’est dans ce vaste jardin qu’il mit en application les connaissances scientifiques et pratiques qu’il avait acquises avec un succès si complet que son nom restera à jamais associé au nom de La Quintinie, dont il honora la mémoire en obtenant de l’Etat sa statue en marbre. Sans doute, c’est le célèbre jardinier du grand roi qui créa le Potager, mais c’est à Auguste Hardy que revient l’honneur d’avoir organisé et dirigé pendant dix-huit années l’École d’horticulture, dont l’incontestable succès fait l’admiration de ceux qui ont demandé sa création et la recommande à l’estime publique. Sa passion pour la culture des jardins, le caractère de son talent, la vigueur
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- de son esprit étaient bien appropriés à la mission difficile que le gouvernement lui confiait et qu’il accepta avec joie et bonheur.
- Hardy, si plein d’aménités vis-à-vis de ses collaborateurs et si ferme dans son autorité, aimait ses élèves avec une grande tendresse. Plein de sollicitude pour eux, il s’imposait la tâche de stimuler leur émulation et d’encourager leurs efforts. Dans ses leçons, où il était précis, naturel, il éclairait toujours ceux qui écoutaient avec respect sa voix persuasive et sympathique.
- La promotion admise il y a six semaines à l’École a été très nombreuse. Le succès qui vint couronner une fois de plus ses efforts fit naître dans son cœur une douce et bien sincère satisfaction. Hélas! les chants funèbres ont remplacé l’allégresse de tous, Auguste Hardy n’est plus !
- Un jour viendra très certainement où son nom sera béni par l’horticulture française. Dans ce jour, on proclamera bien haut que le directeur-fondateur de l’École nationale de jardinage de Versailles en a été le véritable bienfaiteur par sa science éclairée, sa haute intelligence et son dévouement sans borne. Alors ceux qui n’ont pas connu Auguste Hardy pourront, en examinant son buste, qui est d’une grande exactitude et qui ornera très certainement l’une des salles de l’École, se rendre facilement compte de la sympathie qu’il avait inspirée à tous les amis de l’horticulture.
- La vie tout entière d’Auguste Hardy fut pleine de noblesse et de simplicité. Il ne chercha jamais les honneurs et son zèle ne se ralentit pas un seul instant. Ce sont les distinctions et les fonctions qui vinrent récompenser son dévouement pour la prospérité de l’horticulture. Remarquables sont les objets d’art et les grandes médailles qui lui furent offertes comme témoignage de la reconnaissance des horticulteurs pour les services considérables qu’il a rendus à l’art des jardins. Ces dons constituent le plus bel hommage rendu à sa bienveillance et à ses connaissances si variées et si complètes.
- On doit à Hardy des écrits nombreux et remarquables sur l’horticulture, travaux insérés principalement dans le Dictionnaire cl’agriculture dirigé par M. Sagnier et d’une exactitude aussi scrupuleuse que sa conscience. Son ouvrage sur la taille des arbres fruitiers est devenu classique par ses nombreuses éditions.
- Doué d’un caractère aimable et expansif, bienveillant, affable et très modeste, de mœurs douces et ayant la franchise de ses opinions, il était honoré de l’estime et du respect de tous et la vie de famille fit toujours le bonheur de son existence.
- Auguste Hardy appartenait à toutes les sociétés qui, à Paris et à Ver-
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- sailles, s’intéressent à la prospérité des champs et des jardins. Il avait succédé à son père dans la section des cultures spéciales à la Société nationale d’agriculture de France. Il était le premier vice-président de la Société nationale d’horticulture, et, depuis trente-six années, il remplissait les fonctions de secrétaire général de la Société d’horticulture de Seine-et-Oise.
- Sa mort, complètement inattendue, a très douloureusement émotionné ceux qui avaient la douce satisfaction de le connaître. Avec quel charme, quel bonheur on se plaisait à converser avec lui, à s’instruire de son expérience éclairée. Par suite de sa gaieté vive et touchante, les heures près de lui devenaient des minutes et on était souvent étonné, lorsqu’on le quittait, de constater qu’on avait causé avec lui pendant plusieurs heures. C’est, en effet, dans l’intimité qu’on appréciait la délicatesse de son cœur et combien sa société était pleine de félicité. Alors sa physionomie, ouverte et calme ordinairement, devenait souriante, pleine de gaieté et on était heureux de constater avec quelle joie il s’épanchait dans les conversations amicales et combien ses entretiens étaient agréables et utiles.
- Hardy avait un cœur excellent. Bon par nature, il était heureux de pouvoir être utile. C’est pourquoi bien grand est le nombre de ceux auxquels il a donné de précieux conseils ou des marques de sa bienveillance pendant son long séjour au Potager de Versailles. Instruire et propager la science, telle fut sa devise. Ces mots résument sa vie tout entière.
- Quinze jours avant sa mort, il prenait part encore aux travaux de la Société nationale d’agriculture, et tous ses confrères, qui avaient pour lui une grande affection, étaient loin de penser qu’ils le voyaient pour la dernière fois. Hélas ! une maladie organique devait le conduire lentement au tombeau. La douleur que lui causa la mort prématurée de son fils, Paul Hardy, âgé de vingt-cinq ans, vint tout à coup affaiblir sa vitalité, et malgré les soins les plus dévoués et les plus tendres, il s’est endormi, il y a deux jours, du dernier sommeil dans le calme de son âme et la sérénité de l’homme de bien en pensant à Dieu !
- Puissent les nombreux témoignages de sympathie qui sont parvenus de tous côtés à la veuve de M. Hardy, adoucir les souffrances de cette famille si cruellement éprouvée, et si digne à tous égards d’estime et de respect!
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- LA PAIX DES ATELIERS. -INSTITUTIONS DE NATURE A FACILITER LA CONCILIATION ET l’ARBI-
- TRAGE ENTRE PATRONS ET OUVRIERS, PAR M. A. GIRON, INGÉNIEUR DES ARTS ET MANUFACTURES, ANCIEN DIRECTEUR DES FORGES DE COMMENTRY, VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ D’ÉCONOMIE SOCIALE.
- Le Congrès des Sociétés savantes a rétabli cette année dans son programme une question très actuelle, dont je transcris l’énoncé :
- « Étudier en France et à l’étranger les institutions qui sont de nature à faciliter l’arbitrage et la conciliation entre patrons et ouvriers. »
- Cette étude est à la fois délicate et complexe; déjà, l’année dernière, nous étions en sa présence et, envisagée dans son ensemble, elle nous a effrayé. Nous nous sommes borné à traiter l’un des points qu’elle renferme, l’accord sur le salaire, par une étude sur les divers modes de rémunération du travail (1). Aujourd’hui, la délégation de la Société des Ingénieurs civils au Congrès des Sociétés savantes (2), a jugé que son devoir était de se placer bien en face de cette importante question : elle m’a fait l’honneur de me nommer son rapporteur; les membres de cette délégation se sont réunis plusieurs fois, pour s’entendre sur les principes et sur les faits, qui devaient servir de base à leur étude, puis à leur conclusion. C’est donc un travail collectif que je vais présenter au Congrès, et, bien que la Société des Ingénieurs civils, d’après ses statuts, ne soit pas solidaire des opinions émises par ses membres, c’est une délégation nommée par elle, comprenant, dans son sein, l’un de ses vice-présidents, qui vient exposer au Congrès son avis sur l’un des points les plus importants de la paix des ateliers. Elle n’a du reste d’autre ambition que d’apporter une pierre utile à la solidité de l’édifice, dont le Congrès provoque la construction.
- Notre travail est divisé en deux parties : la première partie comprendra une comparaison succincte, de l’industrie ancienne et de l’industrie moderne, un examen de la situation de l’ouvrier dans nos puissantes Sociétés anonymes, le caractère des grèves etdes congrès ouvriers, en Franceetà l’étranger. La deuxième partie, naturellement la plus importante, exposera les institutions des pays industriels d Amérique et d’Europe, qui sont de nature à faciliter la conciliation et
- (1) Guillaumin et Cie, éditeurs.
- (2) Les membres de cette délégation sont : MM. Paul Buquet, président, vice-président de la Société des Ingénieurs civils; E. Bert, ingénieur, docteur en droit; Gibon, ancien directeur des usines de Commentry; Gruner, ingénieur civil des mines, secrétaire du Comité central des houillères de France; Moreau, professeur au collège Chaplal ; Hémaury, ingénieur-conseil.
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- l’arbitrage entre patrons et ouvriers; particulièrement, en Angleterre et en Belgique, elle fera l’examen des études qui ont été faites en France, depuis vingt années, sur cette importante question et présentera les conclusions de la délégation.
- Nous entrons en matière sans plus long préambule.
- Patrons et ouvriers. — Grèves et Congrès. -— Nous chercherons d’abord à préciser comparativement la situation relative du patron et de l’ouvrier, dans l’état ancien et dans l’état nouveau de l’industrie.
- Dans l’état ancien, et nous ne reculons pas d’un siècle pour nous y reporter, le patron, c’est-à-dire le manufacturier, l’industriel, était à la fois le capitaliste, le technicien, le négociant de l’industrie qu’il pratiquait; il y engageait toute sa fortune, celle de sa famille et tout son honneur; vis-à-vis des tiers, il était absolument responsable jusqu’à sa dernière obole.
- La force motrice dont il pouvait disposer était limitée. Quelquefois celle de l’ouvrier suffisait, il employait souvent les animaux, les chevaux surtout; puis le vent, les chutes d’eau et même la vapeur, jusqu’au moment où les perfectionnements apportés aux machines à vapeur, par la science et par l’expérience, ont permis d’obtenir de ces nouveaux moteurs des forces indéfinies.
- La grande industrie, qui constitue réellement l’industrie moderne, ne date que de cinquante à soixante ans. Jusque-là, avec le patron, tel que nous venons d’en faire le portait, l’exploitation était limitée, comme la puissance motrice et le personnel ouvrier, qui va nous occuper particulièrement l’était lui-même ; son chef, responsable sous tous rapports, était en communication constante avec son personnel, il en connaissait tous les membres, ce personnel constituait pour lui une famille spéciale; la permanence des engagements était absolue, souvent de père en fils : c’était là un état social parfaitement équilibré, il n’était pas question de grèves. On en cite dans le passé, mais elles ont des causes générales d’un caractère tout exceptionnel.
- Aujourd’hui, la situation de l’industrie est tout autre. La science l’a complètement transformée, ses progrès ont fait de la machine à vapeur un outil d’une force sans limite, qui permet à l’homme de pénétrer dans les entrailles de la terre et de fouiller son sol sur l’épaisseur d’un kilomètre, d’en extraire les richesses ; toutes les sciences donnent leur concours à cet engin puissant, qu’un simple ouvrier attentif, conduit plus sûrement, que le plus habile cavalier ne dirige un cheval, dont il n’est jamais assuré d’être le maître. Quand les minerais sont extraits du sol, la métallurgie crée des usines pour les purifier et leur donner les formes utiles à leur emploi. La petite forge, mue par les chutes d’eau, est remplacée par des ateliers qui utilisent des milliers de chevaux-vapeur et des milliers d’hommes; le petit haut fourneau, qui produisait 4 tonnes en vingt-quatre heures,
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- par des appareils qui en produisent 100 et 150 ; le martinet de quelques 100 kilogrammes, par des pilons de 10 000 et jusque 100 000 kilogrammes, par des presses de 4 000 000 de kilogrammes, et c’est avec ces nouveaux engins que tous les pays opèrent la transformation formidable de leur matériel de guerre. Des réseaux infinis de voies ferrées, qui transportent des milliers de voyageurs et des millions de tonnes de produits, remplacent nos chariots et nos messageries ; des filatures et des manufactures qui, réunies, forment des villes entières, succèdent au rouet et au métier du foyer domestique. La houille, indispensable à tous ces travaux, voit tripler sa production et sa consommation dans ces trente dernières années; on la transforme en gaz, on récupère sa chaleur; l’admirable invention de Siemens fait faire à la métallurgie, aux manufactures de glaces, aux verreries, à toutes les industries qui ont besoin de hautes températures, des progrès merveilleux. L’électricité, qu’on entrevoyait à peine au milieu de ce siècle, nous apporte une lumière magique et une force qui n’a d’autres limites que celles de la nature ; appliquée à la télégraphie, à la téléphonie, elle nous met en rapport continu, intime, par la conversation même, avec le monde civilisé.
- Ces merveilles de notre temps sont vulgarisées dans nos grandes écoles. La science pure, qui était un privilège, est aujourd’hui largement enseignée. Son application à l’industrie est un fait constant. Les écoles industrielles, appuyées sur la science, sont partout; la science sera toujours leur guide le plus respecté, le seul conducteur, solide et sûr, de tous les travaux de l’industrie. Si répandues et si importantes que soient ces grandes écoles dans notre pays, elles ont des émules à l’étranger, et souvent ces émules nous donnent des soucis, non pour la science pure, mais pour l’instruction technique; non pour la formation des ingénieurs, chefs distingués de nos grandes usines ; mais principalement pour la formation de contremaîtres éclairés, d’ouvriers d’élite, qui ont des services signalés à rendre dans le monde du travail.
- La science est donc la base réellement puissante de l’industrie moderne. Ses progrès imposent l’ampleur à nos exploitations ; cette ampleur, indispensable pour obtenir les produits à bas prix, exige la réunion de gros capitaux ; le manufacturier dont nous avons fait le portrait devient impuissant, il tend à disparaître, dans tous les pays industriels il est remplacé par la société anonyme. Il était capitaliste, technicien, négociant; le capitaliste est aujourd’hui l’actionnaire, le technicien est l’ingénieur; le négociant, l’agent commercial. L’ingénieur a le rôle actif et prépondérant dans ces sociétés; les études supérieures qui Font formé en font souvent le chef respecté de nos plus puissantes compagnies, il est devenu indispensable ; on le jugeait presque un fléau il y a cinquante ans, il est aujourd’hui la cheville ouvrière de l’industrie... il a pour chef les conseils d’administration des sociétés anonymes. Ce sont ces conseils qui sont responsables vis-à-vis des actionnaires qui les nomment.
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- Dans cette organisation, la responsabilité vis-à-vis des tiers, si complète et absolue, quand le manufacturier est le chef de son usine, disparaît presque complètement. L’actif social est le seul engagé. La mission supérieure du conseil est de faire valoir le capital qui lui est confié par les actionnaires.
- Que devient l’ouvrier dans ces puissantes compagnies ? Il n’est plus lié à son chef, comme il l’était dans l’organisation familiale que nons avons rappelée, il ne le connaît plus, il n’a avec l’administration aucun contact, il est isolé, il subit naturellement les conditions qui lui sont faites, il se trouve dans une position trop modeste pour pouvoir défendre ses intérêts, on peut facilement abuser de lui. La fatalité lui a fait une position sans solidité, sans garantie. C’est là un fait indéniable. Si considérable que puisse être la situation des agents supérieurs des compagnies, ils sont des agents, ils ne peuvent avoir l’autorité supérieure, effective et morale, de l’ancien patron.
- Ce fait, si pénible qu’il soit, n’a rien qui doive nous surprendre. Des progrès comme ceux que nous venons d’indiquer, des transformations aussi radicales, des organisations, si différentes de celles du passé, devaient modifier profondément le monde du travail et, dans toutes les nations, ce monde n’est plus en équilibre, la paix sociale est en question. L’illustre auteur des ouvriers européens l’a signalé par l’ouvrage le plus puissant de ce siècle, la liéfurme sociale. Aujourd’hui, cette situation occupe le monde entier, la plus grande autorité morale vient de l’exposer dans une œuvre, qui sera le monument suprême de son règne. Les révolutions politiques, si nombreuses depuis un siècle, les onze constitutions successives dont elles ont gratifié particulièrement notre pays, n’ont pas troublé le monde du travail, comme l’ont fait les conséquences des progrès de la science appliquée à l’industrie.
- Si grave que soit ce trouble général, ce serait une faiblesse coupable de désespérer de l’avenir. Le siècle qui a produit ces merveilles sera un grand siècle, et tous ses travaux, après les épreuves de l’enfantement, coopéreront au bonheur de l’humanité tout entière, nous en avons la ferme conviction. Il y a beaucoup à faire sans doute pour atteindre ce but, la bonne volonté générale témoigne du désir d’arriver à des solutions équitables ; de tous côtés l’action individuelle, celle des associations diverses, les parlements et les gouvernements font des efforts permanents, la patience et la sagesse sont indispensables : mais le succès final ne saurait être mis en doute.
- Voici quelques-réflexions relatives aux difficultés qu’il faut résoudre :
- L’industrie moderne, à côté d’un minimum d’ouvriers d’élite, arrive, par la division du travail en grands ateliers spéciaux, à l’exagération de la production; elle absorbe plus de bras, mais développe moins l’intelligence ; l’ouvrier est appliqué à une besogne uniforme, toujours la même ; si cette besogne, par suite de la surproduction liée au moindre prix de revient, tend à lui manquer, il est voué
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- au chômage; car ses habitudes ne l’ont pas préparé à aborder facilement d’autres travaux. Lorsqu’au moment d’une crise, on vient lui dire que le capital est son ennemi, parce que son travail habituel est diminué ou suspendu, il est disposé à le croire et à se révolter contre le capitaliste, qui est accusé d’imprévoyance et déclaré coupable du mal dont il souffre avec 1 ouvrier.
- Les lois promulguées en faveur de l’ouvrier ne lui ont pas toujours fait grand bien et souvent lui ont fait beaucoup de mal. Les lois sociales doivent être dans les mœurs avant défigurer dans les codes. La liberté du travail proclamée en 1791 n’est pas encore une vérité : on en a la preuve par l’histoire de toutes les grèves , mais, en outre et à tout instant, dans la pratique de la vie industrielle. La liberté des coalitions a donné la liberté des grèves, qu’elle avait la prétention de supprimer. Nous allons les étudier et nous jugerons des bienfaits de cette loi, qui n’a pas su régler les conditions pratiques de son action. La loi des Syndicats, dont l’ouvrier devait tirer profit, n’a donné jusqu’à présent, pour lui, que de médiocres résultats : bien que ce soit une loi de liberté, elle menace l’industrie de devenir tyrannique si, à côté d’elle, les pouvoirs publics ne font pas respecter la liberté du travail, qui est la plus respectable des libertés; jusqu’à présent, au lieu de pratiquer cette loi pour défendre leurs intérêts, les ouvriers en ont fait souvent, sous la conduite de ceux qui les mènent, une loi d’agitation politique, c’est-à-dire une loi d’agitation néfaste et décevante, un piédestal aux politiciens.
- Toutes les lois que nous rappelons ici, très sommairement, sont cependant le fruit de cette observation ; que l’ouvrier est isolé dans l’industrie moderne et qu’il faut le fortifier à la fois par la liberté et l’association ; la pensée est excellente, et nous la défendrons à chaque page de cette étude. Nous avons la confiance que peu à peu elle sera comprise et entrera utilement dans les mœurs avec des sentiments de modération et de sage pratique; mais nous avons à décrire les abus qu’on en a faits. Nous allons voir les luttes sociales qui se traduisent par les grèves et par les congrès ; il faut connaître ces maux sous toutes leurs formes, leurs conséquences désastreuses et douloureuses; nous aurons ainsi plus de force pour indiquer les moyens d’y apporter remède; nous chercherons à nous appuyer à la fois sur des autorités élevées et sur l’expérience.
- Avant d’entrer dans l’historique et l’examen de ces luttes, nous pouvons dire qu’il y sera naturellement question des revendications ouvrières ; ces revendications, formulées par des agitateurs violents, sont souvent excessives et font bon marché des libertés publiques qui nous sont chères, que nous entendons défendre ; elles attaquent également les droits acquis et ne dissimulent pas leur but, de les confisquer au profit du collectivisme; dans ces conditions, les termes,socialisme et socialiste, viendront quelquefois sous notre plume, nous tenions à expliquer le sens que nous y attachons. Ces expressions s’appliquent aussi à des mesures générales qui sont pratiquées par certains États et que plusieurs ont tendances Tome VII. — 91e année. 4e série. — Janvier 1892. o
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- à introduire chez nous. Nous jugeons ces mesures aussi décevantes que dangereuses, pour cette raison qu’elles sacrifient les intérêts généraux au profit d’intérêts particuliers. Ce sont les intérêts généraux que nous voulons défendre. Toutefois, nous ne méconnaissons pas le droit et le devoir de l’Etat de réprimer les abus et d’écarter les dangers, son action doit rester dans ces limites. Nous ajouterons encore qu’il convient absolument de distinguer les questions sociales du socialisme, que ce socialisme soit révolutionnaire ou d’Etat, c’est-à-dire qu’il conduise au collectivisme ou à la tyrannie. Nous nous occupons ici d’uoe question sociale au premier chef, d’une question capitale : la conciliation entre patrons et ouvriers, la conciliation conséquente d’une parfaite entente sur toutes les conditions du travail, règlements et salaires. Pour obtenir ce bienfait, nous ne voulons nous appuyer que sur le régime des droits acquis et des libertés publiques, qui constituent le domaine de tous les citoyens d’un pays libre.
- Les grèves existent dans tous les pays industriels, dans le vieux monde comme dans le nouveau : aux Etats-Unis et en Australie, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en Italie et en France. Aux Etats-Unis, ce sont de véritables guerres : en 1877, il a fallu des armées pour les dompter; en Australie, en 1890, les grévistes sont devenus les chefs du gouvernement.
- Les grèves des Etats-Unis démontrent, au plus haut degré, l’irritation profonde des masses ouvrières coutre l’aristocratie de la richesse.
- C’est un pays où l’éclat du luxe n’a pas de bornes; on n’y sent pas que cet éclat est profondément outrageant pour l’homme qui n’arrive à gagner sa vie et celle de sa famille que par un rude et incessant labeur. Cette observation ne s’applique pas seulement aux Etats-Unis : elle nous vient sous la plume, au moment où nous allons faire des grèves une revue rapide, parce que l’envie est cousine germaine de la haine et que ces deux sentiments ne sont pas étrangers aux grèves. Us sont de tous les pays et, dans aucun, on ne devrait oublier que la fortune impose des devoirs sacrés. Le premier est de respecter les humbles. Les parvenus n’ont pas souvent cette vertu; en Amérique il s’en produit beaucoup, et c’est dans ce pays que le travail n’a souvent d’autres égards que ceux qu’on accorde généralement à une marchandise. A l’époque dont nous parlons, l’application désordonnée du système protecteur et l’immoralité financière, qui ont suivi la guerre de sécession, avaient ruiné, déshonoré le parti vainqueur et réduit au chômage, à la misère, un million d’hommes. La grève de 1877 s’organisa au milieu de la terreur. La liberté du travail fut non seulement méconnue, mais ceux qui dirigeaient la grève portaient partout la ruine par les incendies et la destruction. L’assassinat, des ouvriers qui voulaient continuer le travail était un principe. Les autorités étaient partout méconnues. Les grévistes formaient une armée sauvage, qui mit en question l’existence des Etats-Unis. Il fallut toute l’énergie du président Hayes et de ses ministres, toutes les forces du pays, réu-
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- nies sous les ordres du général Sheridan, pour écraser ces barbares et ces malheureux.
- Depuis, les grèves sont incessantes et souvent formidables; elles ont progressé constamment. Déjà, elles étaient nombreuses en 1880; on en compte 443 en 1884; 645 en 1885; 1411 en 1886. Carrol Wright établit que, de 1881 à 1886, elles ont coûté plus de 400 millions de francs, dont trois huitièmes aux chefs d’industrie et cinq huitièmes aux ouvriers. Il y a, depuis, une certaine accalmie, mais on compte encore 872 grèves en 1887 et 679 en 1888. La grande armée des Chevaliers du Travail, dont M. Brelay vient d’écrire l’histoire et l’état actuel (1), ne paraît pas avoir été sans action sur les grèves de ces dernières années. C’est par centaines de mille que se comptent ses membres. Ces associations sont des armées. Aux États-Unis, les chefs d’industrie ne s’occupent pas de leurs devoirs moraux ; tout est fini pour eux quand ils ont payé le salaire convenu ; ils oublient que l’homme est, comme eux, un homme. L’ouvrier se révolte et cherche son refuge dans la pratique du socialisme, qui ne saurait, hélas! qu’empirer son état.
- L’Australie nous donne un autre exemple. On sait que dans ce pays où l’industrie fait ses premiers pas, le socialisme d’Etat est le principe du gouvernement. On y fixe les heures de travail, les heures d’ouverture et de fermeture des magasins ; les taxes fiscales frappent principalement la grande propriété ; les droits des successions sont progressifs; les voies de communication sont aux mains de l’État. Dans cette situation, on est bien près de fixer le salaire, et des Sociétés sont organisées en vue d’obtenir ce bienfait, destiné, parait-il, à assurer le bonheur parfait. Ces Sociétés, réellement puissantes, on va le voir, se recrutent, non pas dans les masses qu’elles veulent diriger, mais dans une certaine élite d’ouvriers et dans le personnel de la marine marchande. Elles ont pour objectif la domination du pays, elles ont des ramifications dans toutes les cités industrielles. Sur un ordre de l’office central de ces Sociétés, les grèves éclatèrent en 1890 avec un parfait ensemble, les travaux furent partout arrêtés, le gouvernement fut impuissant et les grévistes prirent sa place. Ils fixèrent le salaire et la durée maximum de la journée de travail fut réglée à huit heures; ils imposèrent ces conditions aux armateurs et au personnel de la marine marchande et régnèrent en maîtres pendant six mois. Leur autorité s’était, partout, substituée à celle des pouvoirs publics. Heureusement, les masses ouvrières étaient en dehors de ces Sociétés, dont la tyrannie les révolta; elles réclamèrent la liberté du travail, ce qui restait d’autorité put, avec leur appui, user de la force publique pour la défense de la liberté. Toutes les classes delà société, un moment dominées par la secte absolue des socialistes, appuyèrent le gouvernement, et après six mois de désordre, cette singulière aventure sombra dans le ridicule.
- Il faut un bouleversement social, dont fort heureusement jusqu’ici, nous (1) Voir la Revue des Institutions de prévoyance, 1890 et 1891.
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- n’avons pas d’exemple en Europe, pour expliquer des faits aussi désordonnés, mais il ne faut pas trop s’en étonner, les transformations qui se produisent dans ces pays neufs ont des résultats excessifs sur les fortunes, sur les misères. On y est égoïste, l’argent est la seule divinité, la guerre sociale est un résultat naturel de cet état moral.
- Après ce coup d’œil sur ce qui se passe dans le Nouveau Monde, nous allons rentrer en Europe; nous y constaterons également des faits bien graves et bien douloureux, qui compromettent à la fois la richesse du pays et la paix publique.
- L’Allemagne est, en Europe, le foyer le plus ardent du socialisme sous toutes ses formes; les grèves se sont déclarées dans ce pays au lendemain de la loi de 1869, qui les autorisait; des associations de métier se sont constituées pour les fomenter et les soutenir; de 1869 à 1880, on a compté en Allemagne 204 grèves. Elles ont toujours été progressant, et les lois d’assurances contre les maladies, les accidents et la vieillesse n’ont eu d’autre but que de dompter le socialisme révolutionnaire par la pratique du socialisme d’ïltat : c'est un résultat apposé qui fut atteint.
- « Les socialistes voteront les lois, a dit Liebknecht; ce n’est pas eux qui sont allés au chancelier, c’est le chancelier qui est venu à eux, et quand il aura, de sa main puissante, fait entrer la nouvelle loi, comme la pointe d’un coin, dans l’organisation sociale moderne, il faut espérer que le gros bout fera éclater le reste. »
- Cette prédiction menace de se réaliser, au moins le nombre des socialistes allemands s’augmente chaque jour; à la dernière législature, ce nombre s’est élevé à 1 500 000 et celui des députés a passé de 7 à 33.
- La grève de 1889, d’un caractère général, a duré un mois; elle s’est déclarée spontanément, sans avis, les paroles de l’empereur l’ont plutôt encouragée que blâmée, ellea mis 200 000 ouvriers mineurs en chômage, ils ont obtenu satisfaction. Les grèves sont fréquentes dans ce pays, elles sont calmes; mais ce qui se passe dans les congrès, nous le verrons bientôt, démontre que les vues des meneurs sont absolument socialistes; dans tous les cas, les grévistes exigent la solidarité complète des ouvriers et méconnaissent absolument la liberté du travail. L’état des esprits est toujours très excité. Aujourd’hui, le gouvernement, d’accord avec les industriels, résiste aux revendications ouvrières, les industriels se constituent en syndicats pour s’y opposer, c’est une mesure grave et délicate, ce n’est pas la constitution de deux camps armés en guerre qui fera la paix. De nouvelles grèves assez sérieuses viennent de se produire, les meneurs ont vu qu’elles n’avaient pas chance d’aboutir; le calme de la rue, que le gouvernement a pu rétablir, n’est pas le calme des esprits. Les Allemands sont disposés à recommencer dès qu’ils seront prêts.
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- On sait que l’Angleterre est la terre classique des grèves. Les ouvriers anglais ont cette liberté depuis 1824; les grèves, chez eux, ont été souvent violentes et criminelles, elles n’ont jamais respecté la liberté du travail, mais elles se sont toujours cantonnées dans la limite des intérêts; la politique en a été sévèrement écartée; enfin, les Trades Unions, organisées pour les fomenter et les soutenir, sont aujourd’hui des institutions qui, souvent, cherchent la conciliation et réservent leur fortune pour soulager les malades, les blessés, et venir au secours des malheureux. Quoi qu’il en soit, les grèves existent toujours en Angleterre; elles ont été en 1888 l’objet d’une enquête générale dirigée par le Ministre du Commerce : l’enquête a constaté 509 grèves. 357 de ces grèves se sont réglées par les conseils de conciliation, 12 par l’arbitrage, 140 ont été sans résultat. Elles ont privé les ouvriers de 12 à 15 millions de salaires.
- De certains côtés, les Anglais, eux aussi, réclament l’intervention de l’Etat, pour fixer à huit heures la journée des adultes; le socialisme d’Etat pénètre aujourd’hui partout, le Ministre a répondu à cette réclamation qu’zY ne saurait intervenir pour empêcher des hommes faits de disposer et d’user de leurs forces. C’est une parole vraie-et virile.
- Deux grèves récentes, celle des hauts fourneaux et celle des chemins de fer, toutes deux en Ecosse, grèves qui ont eu une durée de six mois pour les hauts fourneaux, de plus de quarante jours pour les chemins de fer, ont donné l’une et l’autre des résultats négatifs ; la solution de la grève a surtout été dure pour les métallurgistes, qui ont dû reprendre le travail avec une réduction notable de salaire; c’est là un rude échec pour les ouvriers et pour les associations qui ont soutenu ces grèves. Elles n’étaient pas justifiées, la fermeté des Compagnies et des industriels et l’opinion publique ont fait justice des prétentions exagérées des grévistes.
- Depuis 1886, les grèves de Belgique sont marquées par de grandes violences; elles sont conduites par des meneurs d’un caractère particulier, la politique joue un rôle principal dans ces grèves; en ce moment, une grève générale des mineurs a pour but principal, avoué, l’obtention du suffrage universel; en 1886, la grève des verriers, dont le caractère a été sauvage, a eu pour prétexte la mise en activité de nouveaux fours à bains ; ç’a été un vrai cyclone gréviste: les usines et les habitations des chefs d’industrie ont été incendiées; des agitateurs avaient réussi à faire croire aux ouvriers que leurs positions étaient compromises par les inventions. Les ouvriers gagnaient de 400 fr. à 1 000 fr. et même plus par mois! L ouvrier n’a pu formuler aucune plainte; on s’était excité, on quittait le travail, on brûlait tout et malheur à qui travaillerait! Et, à côté de ces ouvriers, privilégiés par des salaires très élévés, on voyait alors des mineurs gagnant 15 à 18 fr. par semaine. Voilà des chiffres bien insuffisants, et que dire quand, avec ces salaires, la moitié des charbonnages de Belgique sont en perte? De 1876 à 1884, le béné-
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- lice total des charbonnages de ce pays s’élève à 19 404 000; c’est, par an, 2400 000, chiffre qui représente l’intérêt annuel de plus de 500 millions de capital. Cette somme donnerait 24 fr. par an à chacun des 100 000 ouvriers occupés dans les mines.. Yoilà les misères de l’industrie!... Vers la fin de 1888, les besoins de houille amenèrent un relèvement des prix de vente, les ouvriers réclamèrent une augmentation, les exploitants n’y purent satisfaire. La population ouvrière, travaillée par des meneurs, par des journaux violents, se mit en grève; elle fut longue, agitée et tenace. L’intervention salutaire de MM. Sabatier et Smeysters eut la bonne fortune d’arrêter cette grève.
- Il faut dire un mot de ce qui s’est passé à cette époque aux charbonnages de Mariemont et de Bascoup, où fonctionnaient, depuis 1875, des chambres d’explication, formées de délégués des patrons et d’ouvriers nommés par leurs pairs. C’était là un obstacle que les meneurs avaient à cœur de renverser; le parti socialiste, plus connu sous son nom véritable de parti anarchiste, mit tout en œuvr# pour atteindre ce but : il n’y put réussir. M. J. Weiler, ingénieur de la Compagnie de Mariemont, a fait un historique très intéressant de ce fait dans le Journal des Economisf.es de mai 1889. Nous reviendrons sur cette institution. Déjà, à cette époque, les meneurs des ouvriers belges voulaient la grève générale ; les ouvriers éclairés jugeaient son plan irréalisable. Aujourd’hui, au moment où j’écris ces lignes, la grève générale des ouvriers mineurs existe en Belgique et quelle qu’en soit l’issue, c’est là un fait d’une gravité capitale, dont l’exemple peut avoir les plus graves conséquences. Dans tous les cas, c’est un parti politique qui conduit la grève de mai 4891, il ne peut changer la situation économique de la Belgique. L’ouvrier se laisse conduire par ses pires ennemis, l’ouvrier croit tout ce que les meneurs, spécialistes des grèves, veulent lui faire croire. Mille fois trompés, mille fois ils donnent leur confiance à ceux qui, chaque jour de leur yie, manquent à leur parole. Mais leur parole est si passionnée, si violente, si outrageante pour les industriels! Nous admettons sans réserve que les ouvriers défendent leurs intérêts, nous les blâmerons toujours quand ils mêleront â ces intérêts des agissements politiques. Nous voulons croire que la duplicité des meneurs et les résultats négatifs de leurs vaines promesses éclaireront un jour leurs victimes.
- Nous ne dirons rien de l’Autriche, de l’Espagne, de l’Italie. Ces pays ne sont pas exempts de certains troubles et, dans ces derniers temps ils se sont manifestés, surtout en Espagne. L’expérience des autres ne sert pas plus aux peuples, que l’expérience des hommes ne sert aux enfants. — Nous passons à la France.
- Ici, au moins, nous avons une statistique assez complète : M. Turquan vient de publier dans le Génie Civil (1) un travail considérable, qui comprend l’en-
- (1) Voir les nos 21 et 22 des 21 et 28 mars 1891 du Génie Civil.
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- âemble des grèves pour la période de 1852 à 1889. Si nous voulons remonter dans le passé, M. Cl. Jannet nous apprend que les premières grèves en France remontent au xive siècle, après la terrible peste de 1348; et, au xvie siècle, elles ont pris, dans notre pays, le caractère de véritables coalitions. De même au xvnè siècle, on peut signaler celle des maraîchers de Paris, et en 1744 1a grève des ouvriers en soieries de Lyon.
- M. Turquan relève 17 grèves de 1852 à 1857 ; 50, de 1858 à 1860 : 83, de 1861 à 1864; 196, de 1865 à 1875; 218, de 1876 à 1880; 918, de 1882 à 1888. La progression est rapide, de trois par année; à dater de 1852, nous arrivons à 321 en 1889, et ce chiffre sera dépassé en 1890. Le Nord de la France est la contrée la plus éprouvée par les grèves.
- Nous ne pouvons examiner ici les observations diverses, que M. Turquan tire de son patient travail, relativement aux contrées frappées par les grèves, à leurs motifs, à leur durée, aux divers genres d’industries éprouvées, à leurs résultats favorables ou défavorables. A ce sujet, cependant, nous signalerons, que sur 1 804 grèves, M. Turquan en relève 372 favorables aux ouvriers, 345 qui ont donné lieu à des transactions, 1 038 qui ont échoué et 49 dont les résultats sont inconnus. Il signale encore que, pendant les vingt dernières années, le salaire perdu par les ouvriers s’est élevé à 20 millions de journées par an. En moyenne, 1 million de journées. Si l’on admet 3 fr. 50 pour la journée, c’est 3500 000 francs de salaire perdu. D’après certains résultats qui nous sont connus, on peut en induire que la perte des-industriels a été au moins moitié de ce chiffre.
- * Les issues défavorables sont en moyenne de 55 à 60 p. 100; les grèves qui donnent des résultats favorables vont toujours en décroissant. Yoici quelques chiffres : 35 p. 100 en 1882, 31 p. 100 en 1883, 30 p. 100 en 1884, 19 p. 100 en 1885; 17 p. 100 en 1886; 16 p. 100 en 1887.
- M. Turquan, au point de vue statistique, nous donne tout ce que cette science peut nous donner; mais, au point de vue social, nous ne trouvons que des chiffres. La statistique n’est pas la monographie qui fouille les menus détails, qui relève, à côté des chiffres, les faits qui les déterminent.
- Nous avons étudié quelques grèves, depuis la loi de 1864, celles qui ont le plus marqué, et, notamment, les grèves de la Ricamarie, d’Aubin, du Greuzot, rapprochées de la promulgation de la loi; celles d’Anzin, de Yierzon, de Decaze-ville en 1886. Nous avons étudié la grève du Nord et du Pas-de-Calais de 1889. Nous y avons toujours constaté deux faits caractéristiques : le premier est Faction du politicien; le second est la violation de la liberté du travail.
- Le politicien attaque les chefs de l’industrie, le capital; il appuie les revendications les plus insensées. Il fait miroiter, aux yeux de l’ouvrier le bonheur dont il jouira quand il aura spolié la société, quand il aura conquis la collectivité.
- L’ouvrier travaille, l’ouvrier est courageux, il est honnête; sa vie est rude;
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- son avenir, fort sombre; il est naïf, peu instruit. Ses meneurs ont facilement une action sur lui, surtout quand, pour ces questions, il est livré à lui-même.
- Quant à la liberté du travail — cette liberté si précieuse — elle est toujours méconnue : qu’on étudie les grèves aux Etats-Unis, en Australie,, on y constate l’action tyrannique des grévistes contre les ouvriers qui veulent travailler. On a vu cette action tyrannique dominer toute la classe ouvrière de l’Angleterre pendant plus d’un demi-siècle et encore aujourd’hui. Le despotisme des violents est une caractéristique générale en Allemagne, en Belgique, partout et, chez nous, elle a été tout particulièrement marquée dans les grèves que nous avons étudiées (1), et on peut dire qu’il n’existe pas une grève dans laquelle on ne méconnaisse ce droit garanti par les lois; des jugements nombreux en donnent le témoignage.
- Les politiciens, les meneurs, ne sont pas toujours de la nationalité des ouvriers vis-à-vis lesquels ils agissent. Souvent ces hommes dangereux sont des étrangers. On l’a constaté dans plusieurs grèves. Les ouvriers devraient, avant tout, écarter les étrangers. Loin de le faire, ils les écoutent naïvement, acceptent et suivent leurs avis. Notre gouvernement ne prend pas souvent le parti naturel et légal de les conduire courtoisement à la frontière.
- On peut dire que le meneur domine l’ouvrier, l’exalte ; il forme un noyau de mécontents et ce noyau formé terrorise les masses.
- Parmi ses procédés il en est un très habile : il consiste, pour le politicien, à agir sur les jeunes ouvriers de seize à vingt ans. Il leur parle de l’exploitation de l’infâme capital, du sort misérable de leurs familles, de l’organisation vicieuse de la société; que cet état doit changer, qu’il appartient à la jeune génération d’opérer ce changement, qu’il faut s’y dévouer, que le sort de la classe ouvrière est dans leurs mains. Il éveille chez ces jeunes gens les sentiments les plus généreux, il les exalte, et quand il est arrivé à les fasciner, il les réunit mystérieusement la nuit, et les serments les plus terribles engagent ces enfants à l’exécution d’un ordre, quel qu’il soit. Ils se croient les sauveurs des déshérités de la société tout entière, et, en effet, sur un mot d’ordre, ces jeunes gens abandonnent l’usine, et comme ils jouent un rôle dans chacun des services, aucun ne pouvant fonctionner sans eux, la grève se trouve effective. On voit les pères suivre leurs enfants. Les ouvriers sont souvent des enfants.
- Sans doute les ouvriers doivent défendre leurs intérêts, c’est leur droit; mais, nous ne pouvons trop le répéter, que dans les questions des grèves ils se bornent à la défense de ces intérêts, à ce qui touche au salaire et aux règlements du travail; que ces intérêts soient débattus loyalement. Qu’on en écarte toute politique, toute pensée révolutionnaire. C’est une affaire, et rien autre. Avant de
- (1) La Liberté du travail et les Grèves. — A. Gibon, Guillaume et Cie, Paris.
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- déclarer une grève, qu’on en connaisse, des deux côtés, les vrais motifs, et qu on cherche à s’entendre, avant de rompre tout rapport.
- Pour agir suivant ces vues, il faut le désir réciproque de l’harmonie ; malheureusement, les mauvais sentiments prennent souvent la direction de la volonté; l’envie, la haine sont les maîtres de la maison et l’antagonisme devient 1 état normal. C’est là le mal qui constitue la gravité de la question sociale; ce mal funeste qui est au fond des cœurs et qu’il est si difficile de guérir; nous allons voir à quel point ce mal existe et surtout comment il est exploité par les pires ennemis de la classe laborieuse dans les congrès ouvriers (1).
- Nous avons jeté un coup d’œil sur les grèves, il faut absolument voir rapidement ce qui se passe depuis plusieurs années dans les congrès ouvriers. Nous ne voulons pas en tracer l’historique, mais nous voudrions en faire connaître l’esprit et les tendances (2).
- Nous citerons en première ligne le Congrès international de Paris en 1889, l’année même de l’Exposition universelle, la date du Centenaire de la Révolution française. Ce Congrès peut s’appeler le Congrès de toutes les écoles et de tous les pays, son but est l’expropriation politique et économique des capitalistes, l’union des prolétaires du monde entier. Il a été le rendez-vous des plus célèbres révolutionnaires, et vraiment international; le premier, il a décidé que le 1er mai serait la date qui marquerait à l’avenir l’internationalité de l’action des travailleurs de toutes les nations. « L’avenir est aux ouvriers, il est à la démocratie socialiste! » s’est écrié Liebknecht, président, dans le banquet de clôture du Congrès.
- Quelques mois après, on sortait à peine du congrès de Berlin, qu’une réunion cosmopolite d’agitateurs de nations diverses, d’Amérique et d’Europe, adressait en ces termes un nouvel appel aux travailleurs de France, pour les entraîner à la manifestation du 1er mai 1890 (3) :
- « Ce jour-là, disaient-ils, se dressera devant les plus indifférents la question sociale tout entière. En présence de cette surproduction de richesses, qui se traduit, pour la classe productive, par une misère sans précédent, tous réfléchiront et se demanderont le pourquoi d’un pareil état de choses. »
- Les mineurs allemands ont tenu, à Halle, un congrès important, du 15 au 19 septembre 1890. 40 délégués de tous les bassins houillers y représentaient plus de 200 000 ouvriers. Ce Congrès a décidé la formation d’une union générale
- (1) On ne saurait trop étudier, sur ces questions des grèves et sur les revendications des meneurs des ouvriers, le beau livre de M. Cl. Jannet, le Socialisme d’État et la Réforme sociale, principalement le chapitre premier : « l’Etat et le régime du travail ». Librairie Plon. Paris.
- (2) La généralité des faits que nous allons citer sont extraits des circulaires publiées par le Comité des houillères de France.
- , (3) L Internationalisme dans les questions sociales, par E. Cheysson. Congrès de la Société d’Economie sociale. Mai 1891.
- Tome VIL — 91e année. 4e série. — Janvier 1892.
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- des mineurs allemands. Voici les termes d’une pétition qu’ils adressèrent aussitôt aux différents pouvoirs de leur pays :
- « Les mineurs allemands, soumis à une oppression sans bornes par les capitalistes entrepreneurs de mines et par les agents de l’administration minière royale, se voient contraints de se refuser à cet esclavage absolu, au point de vue social ; car ils ne veulent pas perdre tout droit civil et ils veulent assurer une situation digne de l’humanité à eux et à leurs enfants. »
- Puis, après ce préambule, ils demandent le poste de huit heures, le salaire minimum de 5 francs, la suppression du marchandage, le paiement hebdomadaire, l’organisation des tribunaux arbitraux dont, seuls, ils nommeront les juges, limitation du droit de renvoi, sans restriction du droit de sortie des ouvriers mineurs, interdiction des syndicats des exploitants; ils ajoutent que, n’ayant obtenu aucune amélioration à leur situation par l’empereur, ils agissent directement eux-mêmes.
- Une réunion de ces mineurs à Bochum, du 15 février dernier, a pris les résolutions suivantes :
- 1° Durée du poste de huit heures, y compris l’entrée et la sortie;
- 2° Défense de faire des postes supplémentaires;
- 3° Institutions d’arbitres et délégués mineurs ;
- 4° Suppression des annulations de wagons ;
- 5° Élévation des salaires proportionnellement à la hausse des prix de vente;
- 6° Réembauchage des mineurs remerciés pour réclamation au sujet du travail;
- 7° Maintien des caisses minières.
- Ces congrès sont loin d’être une cause d’apaisement; aux congrès des ouvriers vont répondre des congrès de patrons. Déjà une association pour la défense des intérêts miniers est constituée par les exploitants.
- Ils répondent à ces résolutions des ouvriers par un refus absolu, sauf au sujet de l’article 7 qui n’est pas en cause.
- Le Moniteur de l’Empire repousse ces mêmes résolutions.
- Le fait est que, depuis la grève du printemps de 1889, les salaires des ouvriers mineurs ont été augmentés d’au moins 30 p. 100.
- En Belgique, les mineurs fondent une fédération nationale au 25 décembre 1889. Ici, les tendances ont un nouveau caractère. Nous allons l’indiquer par le texte de quelques articles des statuts de cette fédération :
- Art. 2. — La fédération a pour mission de réclamer en toute occasion Je suffrage universel.
- Art. 3. — Elle correspond avec les sociétés étrangères.
- Art. 6. — En cas de grève, la fédération s’oppose à l’exécution des marchés des charbonnages en grève, par des charbonnages en dehors de la grève.
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- ^RT 29._____La fédération a pour but l’émancipation politique et économique
- de la classe populaire.
- Ces articles exposent les tendances nouvelles.
- Voici les résolutions du premier congrès de la fédération tenu à Jolimont en mai 1890; il a affirmé :
- 1° Que la journée de travail ne devait pas dépasser huit heures ;
- 2° Que les unions, de tous les pays, devaient étudier la solution de cette question par une grève internationale ;
- 3° Qu’une constitution d’une fédération nationale devait être constituée.
- On a dû, aux ouvriers anglais, d’écarter l’intervention de l’État pour la réglementation du travail.
- Un nouveau congrès belge s’est réuni à la Louvière le 14 décembre 1890. M. Gustave Desnet a présenté un rapport au nom du comité exécutif de la fédération. Ce rapport se termine ainsi :
- « Les hommes qui siègent au parlement ne sont pas les représentants de la nation ; ils sont les mandataires d’une oligarchie financière, qui dicte la loi aux classes ouvrières; trop longtemps nous avons baissé la tête, nous la relevons aujourd’hui et nous voulons trouver, avec la force qui donne le droit, les moyens d’obtenir satisfaction.
- « Si justice ne nous est pas rendue, bientôt sonnera le ralliement de tous les exploités et la marche en avant du suffrage universel, pour le triomphe de la grève générale. »
- Le suffrage universel et, pour l’obtenir, la grève générale : telles sont les déclarations de la fédération.
- En France, un congrès des mineurs, tenu à Saint-Étienne en avril 1890, demande la fixation de la journée de travail à huit heures, par mesure législative.
- La fédération du Nord remet au Préfet un manifeste important, absolument socialiste; c’est l’État qui doit réglementer le travail et fixer la journée à huit heures.
- Le congrès national réuni à Commentry, en mars 1891, veut la journée de huit heures, y compris la descente et la montée, avec une heure pour les repas, la suppression de la tâche; il demande une retraite minimum de 1 095 francs par an et les caisses de secours à la charge de l’industrie; enfin 30 p. 100 d’augmentation de salaire; il veut le retrait des concessions, etc., etc.
- Toutes ces prétentions ne sont pas de nature à nous donner la paix; elles paraissent avoir pour conséquence la formation de syndicats de patrons, tels que déjà ils existent en Allemagne et en Belgique. On comprend que les chefs d’industrie songent à se défendre, mais eette arme nous paraît dangereuse.
- Nous ne pensons pas que les revendications formulées dans le Congrès répondent à un mouvement général et profond des ouvriers français.
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- Nous arrivons au Congrès international, qui s’est tenu à Paris le 1er avril 1891.
- Ce Congrès n’a pas atteint le but cherché par ses promoteurs ; son objectif principal, annoncé dans les divers congrès nationaux qui l’ont précédé, était la grève générale des houillères de l’Europe; elle a été repoussée à une très grande majorité et absolument, par les huit neuvièmes des mineurs représentés et formant, pour ainsi dire, Funanimité des délégués anglais, allemands et français. M. Basly, lui-même, a déclaré que l’on n’était pas prêt et qu’on ne le serait pas de longtemps; les esprits exaltés applaudissent toujours les motions les plus violentes et n’acceptent aucune parole de bon sens. M. Basly a été fort mal accueilli; quoi qu’il en soit, la grève générale a été repoussée. Les Belges seuls ont voté la grève, au point de vue politique, dans le but exprimé de presser sur les pouvoirs publics pour obtenir le suffrage universel ; on leur avait promis des secours et aussi, une opposition résolue à l’expédition des charbons étrangers, en vue de favoriser leur action; on sait que ces promesses ont été vaines. L’agitation a été sensible en Belgique, mais très irrégulière et sans violence; en fait, on ne s’est pas entendu et les chefs de ce mouvement n’ont pas à se féliciter des résultats, ils ont perdu beaucoup de leur autorité sur les ouvriers.
- Le Congrès de Paris avait dû employer de longues séances pour régler la question du vote, et le vote par nation, qui l’a emporté sur le vote personnel, n’a pas prouvé la force de l’internationalité : chacun a voulu rester de son pays.
- L’altitude du Conseil municipal de Paris vis-à-vis les congressistes, dans cette circonstance grave, a été trop remarquée pour que nous affections de l’ignorer ; mais nous n’avons pas à la discuter, notre mission est tout autre; nous cherchons la paix des ateliers, on ne saurait l’obtenir que par l’union. Nous allons voir dans la deuxième partie de cette étude par quels moyens nous voulons espérer d’y parvenir.
- (A suivre.)
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- BREVETS D’iNVENTION ET MARQUES DE FARRIQUE EN ALLEMAGNE.
- La législation allemande sur les brevets d’invention a été revisée et complétée récemment, par une loi du 7 avril 1891, de même que la législation sur les modèles de fabrication, par une loi du 1er juillet 1891. Ces deux lois sont entrées en vigueur le 1er octobre. Elles intéressent nos inventeurs et nos industriels. Le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse en a publié la traduction complète en français, dans un supplément du numéro de septembre. En voici les dispositions :
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- TRADUCTION DE LA LOI ALLEMANDE SUR LES BREVETS ü’iNVENTION DU 7 AVRIL 1891 (REICHSGESETZBLATT 1891, PAGE 79). MISE EN VIGUEUR LE 1er OCTOBRE 1891.
- Nous Guillaume, par la grâce de Dieu Empereur d’Allemagne, Roi de Prusse, etc., etc. ordonnons au nom de l’Empire, après assentiment du Conseil fédéral et de la Chambre de l’Empire, ce qui suit :
- ARTICLE PREMIER
- A la place des §§ 1 à 40 de laloi sur les brevets du 25 mai 1877 (Reichsgesetzblatt, page 501), les dispositions suivantes entreront en vigueur :
- I. DROIT AUX BREVETS D’INVENTION
- § 1. Objet d’un brevet. — Des brevets sont accordés pour les inventions pouvant recevoir une application industrielle. Exceptions :
- 1° Les inventions dont l’exploitation serait contraire aux lois ou aux bonnes mœurs ;
- 2° Les inventions relatives aux substances alimentaires, aux médicaments ainsi qu’aux composés chimiques, à moins que les inventions ne se rapportent à un procédé spécial pour l'obtention de ces produits.
- § 2. Nouveauté de l’invention. — Une invention n’est pas considérée comme nouvelle, lorsqu’au moment de la demande du brevet, faite conformément à la présente loi, elle est déjà décrite dans des publications datant de moins d’un siècle, d’une façon suffisante, ou employée en Allemagne d’une manière assez notoire pour en permettre l’exécution par des personnes compétentes.
- § 3. Priorité de la demande. — A droit au brevet celui qui, le premier, aura fait connaître l’invention et déposé une demande conforme à la présente loi. Une demande ultérieure à celle-ci ne peut être prise en considération lorsque l’invention forme l’objet du brevet accordé à la suite d’une demande antérieure.
- Le droit au brevet n’existe pas lorsque les parties essentielles de la spécification ont été empruntées à des descriptions, dessins, modèles, outils, dispositions ou procédés appartenant à une autre personne sans son consentement, et que cette dernière fait opposition pour cette raison. Lorsqu’il en résulte que la demande est retirée ou refusée, l’opposant pourra, dans le cas où, dans un délai d’un mois, à partir de la notification du refus, il dépose à son tour une demande de brevet pour l’invention en question, exiger que son inscription soit antidatée de un jour sur la première déclaration,
- § 4. Effets du brevet. — Le brevet a pour effet de ne permettre qu’à l’inventeur seul l’exploitation de l’objet de l’invention, de le vendre ou de l’utiliser industriellement.
- Lorsque le brevet est relatif à un procédé, les produits fabriqués d’après ce procédé jouiront, de la même protection.
- § 5. Exceptions dans les effets du brevet. — Le brevet est sans effet contre celui qui, au moment de la demande, avait déjà appliqué l’invention en Allemagne ou fait les préparatifs nécessaires à son application. U est autorisé à exploiter l’invention pour les besoins de sa propre fabrication ou dans d’autres ateliers. Ce droit ne peut être vendu ou légué qu’en même temps que la raison sociale qui l’exploite.
- Le brevet est également sans effet lorsqu’en vertu d’une ordonnance du chancelier de l’Empire 1 invention doit être appliquée pour les besoins de l’armée, delà flotte ou, en général, dans 1 intérêt public. Mais, dans ce cas, le breveté recevra de l’Empire ou de l’État qui demande la restriction pour ses propres intérêts, une indemnité convenable qui, en cas de contestation, sera fixée par voie judiciaire.
- L effet du brevet ne s’étend pas aux dispositifs pour les bâtiments, vaisseaux et navires qui ne pénètrent que passagèrement en Allemagne.
- § 6. Transmissibilité du brevet en cas de décès ou par des traités. — Le droit à l’obtention d’un
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- brevet et le privilège résultant d’un brevet accordé passent aux héritiers. Ces droits peuvent aussi être transmis à des tiers, en tout ou en partie, par traité ou par testament.
- § 7. Durée du brevet. Brevets de perfectionnement. — La durée du brevet est de quinze ans, qui commencent à courir le lendemain de la demande formulée à l’Office impérial. Si un inventeur apporte un perfectionnement à une invention déjà protégée par un premier brevet en son nom, il peut demander un brevet additionnel qui expire avec le brevet primitif.
- Lorsque, par suite de l’annulation d’un brevet principal, un brevet de perfectionnement devient lui-même brevet autonome, sa durée et la date de l’échéance des primes sont fixées d’après la date de l’inscription du brevet principal. Le montant des primes est fixé d’après la date d’inscription du brevet de perfectionnement. Est considérée comme la première année du brevet l’époque comprise entre la date du dépôt de la demande du brevet de perfectionnement et la date anniversaire prochaine de l’inscription du brevet principal.
- § 8. Frais occasionnés par un brevet. — Une taxe de 30 marks est à payer avant la remise du brevet.
- Il est, en outre, perçu pour chaque brevet — sauf pour les brevets de perfectionnement — au commencement de la seconde année et de chaque année suivante, une prime qui est de 30 marks pour la première fois, et qui augmente chaque année de 50 marks.
- Cette prime doit être réglée dans un délai de six semaines. Après ce délai, il est accordé un sursis de six autres semaines, mais le payement devra comprendre une surtaxe de 10 marks.
- Lorsqu’un inventeur démontre qu’il est sans ressources pécuniaires, les frais des deux premières années peuvent lui être avancés, et si le brevet cesse après la troisième année, il peut être déclaré exempt de tous frais.
- Le payement des primes peut s’effectuer avant leur échéance. Si le brevet est abandonné, ou annulé, ou retiré, les primes payées mais non échues sont remboursées.
- § 9. Expiration du brevet. — Le brevet tombe lorsque le titulaire y renonce ou que les primes ne sont pas payées à temps à la caisse de l’Office des brevets ou par mandat à l’un quelconque des bureaux de poste de l’Empire.
- § 10. Déclaration de nullité. — Le brevet est déclaré nul, lorsqu’il est établi :
- 1° Que l’invention n’était pas brevetable ;
- 2* Que le brevet empiète sur une invention déjà brevetée;
- 3° Que les parties essentielles de la spécification étaient empruntées aux descriptions, dessins, modèles, outils, dispositions ou procédés appartenant à une autre personne, et cela sans le consentement de cette dernière.
- Lorsque l’une de ces conditions n’est remplie qu’en partie, la déclaration de nullité se bornera à une restriction correspondante du brevet.
- § 11. Retrait du brevet. — Le brevet peut être retiré après un délai de trois ans, à partir de la date à laquelle a eu lieu la publication de la concession.
- 1° Lorsque le titulaire néglige d’exploiter l’invention en Allemagne sur une échelle convenable, ou s’il ne fait pas tout ce qui est nécessaire pour assurer cette exploitation ;
- 2° Lorsque, dans l’intérêt public, il paraît nécessaire d’accorder à des tiers une licence d’exploitation de l’invention, et que le breveté refuse néanmoins d’accorder cette licence moyennant une indemnité équitable et des garanties suffisantes.
- § 12. Conditions faites aux étrangers. — Quiconque habite l’étranger ne pourra obtenir un brevet ni profiter des privilèges qui en résultent que s’il a constitué un mandataire en Allemagne. Celui-ci aura le droit de représenter l’inventeur pour toutes les formalités à remplir en vertu de la présente loi, ainsi que dans les actions civiles concernant le brevet. Le lieu où le mandataire a élu domicile ou, à défaut de celui-ci, le lieu où siège l’Office des brevets, est considéré comme le lieu où se trouve l’objet de la fortune.
- Sur la proposition du chancelier et avec l’approbation du Conseil fédéral, il pourra être décrété que les sujets d’une nation étrangère soient traités suivant la « loi du talion », c’est-à-dire que, suivant l’attitude que prendra un pays étranger, le chancelier pourra décréter une ligne de conduite correspondante pour l’Allemagne.
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- II. OFFICE DES BREVETS
- § 13. Composition de l’Office des brevets. — La délivrance, l’annulation et le retrait des brevets sont effectués par l’Office des brevets, dont le siège est à Berlin.
- U se compose d’un président, de membres ayant la qualification de magistrats ou d’employés de l’administration supérieure (membres juristes) et de membres compétents dans une branche de l’industrie (membres techniques). Ces membres sont nommés par l’Empereur, le président sur la proposition du Conseil fédéral. La nomination des membres juristes est soit à vie, soit, lorsqu’ils possèdent une charge dans l’État, pour la durée de cette charge. La nomination des membres techniques est soit à vie, soit pour une durée de cinq ans. Dans ce dernier cas, les dispositions du § 16 de la loi du 31 mars 1873 sur la situation légale des fonctionnaires de l’Empire ne leur est pas applicable.
- § 14. Organisation de l’Office des brevets. — L’Office des brevets comprend :
- 1° Des sections pour les demandes de brevets (Anmeldeabtheilungen) ;
- 2° Une section pour les propositions d’annulation ou de retrait de brevets (Nichtigkeitsab-theilungen) ;
- 3° Des sections pour les réclamations (Beschwerdeabtheilungen).
- Les membres techniques faisant partie des sections pour les demandes doivent être des membres nommés à vie. Ils ne pourront pas faire partie des autres sections et les membres de celles-ci ne pourront pas faire partie des sections pour les demandes.
- Les sections pour les demandes et celles pour les réclamations ne sont compétentes que lorsqu’elles comprennent trois membres, dont deux membres techniques.
- Pour les déclarations de nullité, il faut la présence de deux membres juristes et de trois techniciens. Pour les autres décisions, la présence de trois membres suffit.
- Les dispositions du Code de procédure civile sur l’exclusion et la récusation des juges sont applicables, s’il y a lieu.
- Des experts choisis en dehors des membres pourront être consultés, mais ils n’ont pas voix délibérative.
- § 13. Décisions de l’Office des brevets. — Les décisions et les arrêts des sections sont rendus au nom de l’Office des brevets; ils doivent être accompagnés de considérants rédigé» par écrit et adressés officiellement à tous les intéressés.
- § 16. Réclamations. — On peut en appeler des décisions de l’Office des brevets. Tout membre ayant participé à la décision attaquée ne pourra pas prendre part à la délibération.
- § 17. Règlement. — La constitution des sections, la détermination de leurs cercles d’activité, les formes de la procédure, y compris la manière de transmettre les pièces aux intéressés, et la marche à suivre dans les affaires par l’Office des brevets, sont arrêtées par ordonnance impériale avec l’assentiment du Conseil fédéral, pour tout ce qui n’est pas réglé par la présente loi.
- § 18. Avis émis par l’Office des brevets. — L’Office des brevets devra, à la requête des tribunaux, donner son avis sur les questions relatives aux brevetg, en tant que la procédure judiciaire, des avis différents émis par plusieurs experts se trouvent en présence.
- Dans les autres cas, il ne pourra prendre de décisions ni donner son avis, en dehors de sa compétence légale, sans le consentement du chancelier de l’Empire.
- § 19. Registre des inscriptions. — L’Office des brevets tiendra un registre sur lequel seront relatés l’objet et la durée de brevets délivrés, le nom et le domicile des brevetés et de leurs mandataires. L’entrée en vigueur, l’expiration, l’annulation et le retrait des brevets seront communiqués sur ce registre et publiés par le Moniteur de l’Empire (Reichsanzeiger).
- En cas de changement du titulaire du brevet ou de son représentant, l’inscription devra en être faite sur le registre et publiée par le Moniteur de l’Empire, si l’Office des brevets a été dûment avisé de ce changement. Tant que cet avis n’aura pas été inséré et publié, les droits et obligations du premier titulaire ou représentant resteront en vigueur, conformément à la présente loi.
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- Tout le monde pourra consulter le registre, les descriptions, dessins, modèles et échantillons d’après lesquels un brevet aura été accordé, à moins qu’il ne s’agisse d’un brevet pris au nom de l’Administration impériale pour l’armée ou pour la flotte.
- L’Office des brevets publie les parties essentielles des descriptions et des dessins dans une feuille officielle, excepté, toutefois, les brevets qui doivent rester secrets. Cette feuille publiera également les avis qui, en vertu de cette loi, doivent paraître au Moniteur de l’Empire.
- III. — PROCÉDURE EN MATIÈRE DE BREVETS
- § 20. Demande d’un brevet. — Pour obtenir un brevet il faut, pour chaque invention, adresser par écrit une déclaration spéciale à l’Office des brevets. La déclaration doit contenir la demande de brevet et désigner exactement l’objet à breveter. Dans un mémoire-annexe, l’invention doit être décrite avec assez de précision pour que son exécution par des personnes compétentes soit possible. A la fin de la description, la chose qu’on veut protéger par un brevet doit être désigné succinctement. En outre, tous dessins, modèles ou échantillons nécessaires doivent être joints à la description.
- L’Office des brevets prend les dispositions relatives aux autres formalités de la déclaration.
- La teneur de la demande ou déclaration peut être modifiée jusqu’au moment où sa publication est décidée. Cette déclaration doit être accompagnée de la somme de 20 marks pour frais administratifs.
- § 21. Examen préalable de la demande. — La demande est examinée par un membre de la section pour les demandes.
- Dans le cas où la demande ne paraît pas satisfaire aux conditions exigées, le demandeur est invité, par décision préliminaire, à la rectifier dans un délai donné.
- Lorsqu’il ressort de cet examen préalable que l’invention ne paraît pas brevetable, le demandeur en est informé : les motifs de cette décision lui sont communiqués et il est invité à se prononcer dans un délai fixé.
- Si le demandeur ne se prononce pas à temps, 1a, demande est considérée comme retirée; s’il se prononce dans le délai voulu, la section pour les demandes prendra une décision.
- § 22. Rejet de la demande. — Lorsque la demande ne satisfait pas aux conditions exigées ou s’il est prouvé que l’invention n’est pas brevetable, la section pour les demandes la rejette. Le membre qui a procédé à l’examen préalable de la demande ne pourra pas participer à cette décision.
- Si le rejet doit avoir lieu pour des causes qui n’ont pas encore été communiquées au demandeur, il lui est laissé le temps nécessaire pour prononcer son avis à ce sujet dans un délai fixé.
- § 23. Publication de la demande. — Lorsque l’Office des brevets considère que la demande a été dûment présentée et qu’une concession de brevet n’est pas exclue, il décide la publication de la demande. Par cette publication, les effets légaux du brevet entrent provisoirement en vigueur.
- Le nom du demandeur et la teneur succincte de sa demande sont publiés une fois par le Moniteur de l’Empire. Un avis indiquant que l’invention est provisoirement protégée est joint à cette publication.
- En même temps la demande et ses annexes peuvent être examinées à l’Office des brevets par le public. Il peut en outre être ordonné que la demande soit aussi exposée en dehors de Berlin.
- Le demandeur peut exiger que la publication de la demande soit ajournée à six mois au plus, à partir de la date de la décision relative à la publication. L’ajournement à moins de trois mois ne peut pas être refusé.
- § 24. Décisions sur le brevet lui-même. — Dans les deux mois qui suivent la date de la publication, la prime de la première année doit être payée. Si le payement n’est pas effectué dans ce délai, la demande est considérée comme retirée.
- ~ Pendant la même période, il peut être fait opposition à la délivrance du brevet. Cette opposition, écrite et motivée, devra s’appuyer uniquement sur l'hypothèse que l’objet n’est pas
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- brevetable, ou que le demandeur n’a pas droit au brevet. La personne lésée dans ses intérêts
- est seule autorisé à réclamer.
- Après ce délai de deux mois, l’Office des brevets aura a se prononcer sur la délivrance du brevet. Le membre qui a procédé à l’examen préalable de la demande (g 21) ne pourra pas participer à cette décision.
- s 25. Citation des intéressés et d’experts. — Avant de prendre une decision et pendant la procédure devant la section pour les demandes, l’Office des brevets peut faire citer et entendre les intéressés, consulter des témoins et des experts et s’entourer de tous les renseignements nécessaires pour élucider la question.
- § 26 Réclamations.____Le demandeur d’un brevet peut, dans un délai d un mois à partir de
- la notification, interjeter appel de l’arrêt rejetant la demande ; et le demandeur ou l’opposant peuvent, dans le même délai, adresser un recours contre l’arrêt qui décide de la délivrance du brevet. La notification du recours doit être accompagnée de la somme de 20 marks pour fi ais de procédure; si ce versement n’est pas effectué, le recours est considéré comme nul et non avenu.
- Si la réclamation n’est pas fondée ou si elle est remise trop tard, elle est rejetée.
- Si la réclamation est agréée, la procédure suit les prescriptions du § 25. La citation et l’audition des intéressés doit avoir lieu sur la requête de l’un d’eux. Cette requête ne peut être rejetée que lorsque cette citation a déjà eu lieu pendant la procédure devant la section pour les demandes.
- Si la décision relative à la réclamation doit se baser sur des raisons autres que celles qui sont alléguées dans la décision attaquée, l’Office des brevets fournit auparavant aux intéressés l’occasion de s’expliquer à ce sujet.
- L’Office des brevets peut, de propos délibéré, déterminer dans quelle mesure les frais dé la procédure de réclamation doivent incomber à un intéressé dans le cas où il perdrait sa cause, et ordonner que la taxe soit remboursée à l’intéressé dont la réclamation se justifie.
- § 27. Publication et expédition du brevet. — Si le brevet est définitivement accordé, l’Office des brevets publie un avis à ce sujet dans le Moniteur de l’Empire et expédie ensuite le titre à l’inventeur.
- Si la demande est retirée après la publication ou si le brevet est refusé, il en est également fait publication. Dans ces cas, la taxe de la première année est remboursée. En même temps que le brevet est refusé la protection provisoire est considérée comme nulle et non avenue.
- § 28. Annulation et retrait des brevets. — L’annulation ou le retrait d’un brevet ne peuvent être provoqués que sur requête spéciale.
- Dans le cas de l’alinéa 3 du § 10, la partie lésée est seule fondée à requérir une instruction.
- Dans le cas de l’alinéa 1 du § 10, la requête n’est plus prise en considération après un délai de cinq ans comptés à partir de la date de la publicatiou du brevet.
- La requête doit être adressée par écrit à l’Office des brevets et doit indiquer les faits sur lesquels elle s’appuie. Avec la requête, une taxe de 50 marks est à payer. Si ce payement ne s’effectue pas, la requête est considérée comme non avenue. Cette somme est remboursée si le différend est réglé sans l’intervention des intéressés.
- Lorsque le plaignant habite l’étranger, il doit fournir à son adversaire une caution pour le payement des frais. Le montant de la caution est fixé par l’Office des brevets et doit être assuré dans un délai fixé. Si ce délai est dépassé, la plainte est considérée comme retirée.
- § 29. Invitation à se prononcer adressée au titulaire. — L’instruction décidée, l’Office des brevets communique au breveté la requête ou opposition en l’invitant à se prononcer dans un délai d’un mois.
- Si le breveté ne se prononce pas dans ce délai, il pourra être statué sans retard, conformément à la requête, et cela sans citer ni entendre les intéressés; dans cette décision, les faits allégués par le requérant pourront être considérés comme vrais et prouvés.
- § 30. Suite de la procédure; décision. — Si le breveté répond en temps utile ou si, dans le cas prévu par 1 alinéa 2 du § 29, il n’est pas statué de suite dans le sens de la demande, l’Office des Tome VII. — 91e année. 4e série. — Janvier 1892. 7
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- brevets prend les dispositions nécessaires pour éclaircir la cause ; dans le premier cas, la réponse du titulaire est communiquée au requérant. L’audition de témoins et d’experts, auxquels s’appliquent les dispositions correspondantes du Code de procédure civile, peut être ordonnée. La procédure a lieu en présence d’un greffier assermenté.
- L’arrêt est prononcé après citation et audition dés intéressés.
- Si le retrait du brevet est demandé en vertu de l’alinéa 2 du § 11, la décision faisant droit à cette demande doit être précédée d’un avis menaçant le breveté du retrait de son titre avec indication des motifs et fixation d’un délai convenable.
- § 31. Répartition des frais. — L’Office des brevets, dans sa décision (§§ 29, 30), détermine la part des frais de procédure incombant à chacun des intéressés.
- § 32. Assistance de la justice. — Les tribunaux sont tenus de prêter aide et assistance à l’Office des brevets. La fixation des amendes contre des témoins et des experts qui refuseraient de comparaître, de témoigner ou de prêter serment, incombe aux tribunaux ; il en est de même pour la délivrance de mandats d’amener, lancés sur requête, contre des témoins qui n’auraient pas comparu.
- § 33. Appel auprès du Tribunal suprême de l’Empire. — On peut interjeter appel des arrêts de l’Office des brevets (§§ 28, 29). L’appel est du ressort du Tribunal suprême de l’Empire, il doit être motivé et présenté par écrit à l’Office des brevets dans un délai de six semaines après la notification.
- L’arrêt fixera aussi, conformément au § 31, les frais de la procédure.
- Pour le reste, la procédure sera fixée par un règlement élaboré par la Cour et arrêté par ordonnance impériale avec l’assentiment du Conseil fédéral.
- § 34. Langue des affaires. — Les dispositions de la loi sur l’organisation des Cours de Justice sont applicables, s’il y a lieu, relativement à la langue en usage auprès de l’Office des brevets. Les requêtes qui ne sont pas rédigées en langue allemande ne sont pas prises en considération.
- IV. PÉNALITÉS
- § 35. Violation d’un brevet. — Quiconque, contrairement aux dispositions des §§ 4 et 5, applique une invention sciemment ou par grossière négligence, doit des dommages-intérêts à la partie lésée.
- Lorsqu’il s’agit d’une invention qui a pour objet un procédé pour la préparation d’une nouvelle matière, toute matière similaire sera considérée corçime préparée d’après ce procédé, jusqu’à preuve du contraire.
- § 36. Publication du jugement. — Quiconque, contrairement aux dispositions des §§ 4 et 5, applique sciemment une invention, est passible d’une amende de 5 000 marks ou d’un an de prison, au maximum.
- Les poursuites n’ont lieu que sur requête. Celle-ci pourra être retirée à temps.
- Si le jugement conclut à une condamnation, la partie lésée aura par ce fait même le droit de faire publier le jugement aux frais du condamné. Le jugement déterminera le mode et le délai de 1a, publication.
- § 37. Amendes. — En lieu et place de dommages-intérêts, le condamné peut être obligé, à la requête de la partie lésée, et en outre de la peine déjà encourue, à lui payer une amende pouvant aller jusqu’à 10000 marks. Les condamnés sont individuellement et solidairement responsables du paiement de cette somme.
- Cette amende exclut tout droit à des dommages-intérêts ultérieurs.
- § 38. Décisions en dernière instance. — En matière d’actions civiles, dans lesquelles une requête en vertu des dispositions de la présente loi est rendue valable après plainLe ou contre-plainte, la procédure et la décision en dernière instance sont assignées à la Cour suprême de l’Empire dans le sens du § 8 de la loi d’introduction des lois de l’organisation judiciaire.
- § 39. Prescription. — Il y a prescription au bout de trois ans pour les actions relatives aux atteintes portées aux droits des brevetés.
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- § 40. Fraudes. — Est passible d’une amende pouvant atteindre d 000 marks :
- 1° Celui qui, sans en avoir le droit, appose sur des objets ou sur leur enveloppe une marque tendant à faire croire que ces produits sont couverts par un brevet, conformément à la présente loi;
- 2° Celui qui, dans des annonces, enseignes, prospectus, etc., se sert d’une indication dont le but est de faire croire que les objets qui y sont mentionnés sont protégés par un brevet conformément à la présente loi.
- ARTICLE II.
- Dispositions transitoires. — La disposition du § 28, al. 3 de 1 article 1er s applique aux brevets actuellement existants; la requête est possible pendant trois ans à partir du jour de la mise en vigueur de la présente loi.
- article m.
- Mise en vigueur de la loi. — La présente loi entre en vigueur le 1er octobre 1891.
- Fait et signé, etc.
- Kiel, le 7 avril 1891.
- (L. S.) Guillaume.
- Von Bœtticher.
- TRADUCTION DE LA LOI ALLEMANDE SUR LA PROTECTION ACCORDÉE AUX MODÈLES DE FABRICATION DU 1er JUIN 1891. MISE EN VIGUEUR LE 1er OCTOBRE 1891
- modèles de fabrique.
- Nous Guillaume, par la grâce de Dieu Empereur d’Allemagne, Roi de Prusse, etc., etc., ordonnons au nom de l’Empire, avec l’assentissement du Conseil fédéral et de la Chambre de l’Empire, ce qui suit :
- § 1. Définition des modèles. — La présente loi protège les modèles d’objets ou de parties d’objets dont la forme ou l’agencement sont nouveaux ou qui constituent un perfectionnement sur les objets existants.
- Un modèle n’est pas considéré comme nouveau, lorsqu’au moment de la demande il est décrit dans des ouvrages répandus dans le domaine public ou employé couramment en Allemagne.
- § 2. Conditions que doit remplir la demande. — Pour obtenir le dépôt de modèles, il faut en faire la demande par écrit à l’Office des brevets.
- La déclaration doit indiquer la dénomination du modèle et les formes ou dispositions nouvelles qu’il présente.
- A la déclaration on ajoutera une reproduction ou un dessin du modèle.
- L’Office des brevets déterminera les autres conditions à remplir.
- Avec la déclaration, une taxe de 13 marks est à payer, pour chaque modèle.
- § 3. Inscription dans le registre des dépôts. — Si la déclaration est conforme aux dispositions du § 2, 1 Office des brevets ordonne l’inscription du modèle dans le registre des modèles de fabrication.
- L inscription doit indiquer le nom et le domicile du demandeur, ainsi que la date de la déclaration.
- Les inscriptions doivent être publiées par le Moniteur de VEmpire dans un délai déterminé.
- Lorsque le modèle change de propriétaire, il en est fait mention dans le registre, sur demande.
- Le registre des inscriptions et les déclarations elles-mêmes qui ont provoqué l’inscription peuvent être examinés par le public.
- §4 .Effets de l inscription. — L’inscription d’un modèle a pour effet de permettre au titu-
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- laire seul de fabriquer le modèle, de le répandre, de le vendre ou de l’utiliser industriellement.
- Un droit revendiqué par une demande ultérieure et qui empiète sur un droit conféré à la suite d’une demande antérieure, ne peut être utilisé qu’avec la permission du titulaire de ce dernier.
- Lorsque les parties essentielles de l’inscription sont empruntées à des descriptions, dessins, modèles ou dispositions d’autrui sans son consentement, la protection accordée par la loi ne s’applique pas à la partie lésée.
- § 5. Empiètement d’un modèle sur un brevet et réciproquement. — Lorsqu’un droit accordé conformément au § 4 empiète sur un brevet dont la déclaration a été faite antérieurement à celle du modèle, le titulaire du modèle ne pourra pas faire usage de ce droit sans la permission du breveté.
- Réciproquement, lorsqu’un droit accordé conformément au § 4 est empiété par un brevet déclaré ultérieurement, le brevet n’aura de valeur qu’avec l’autorisation du titulaire du modèle.
- § 6. Exceptions dans les effets de l’inscription. — Lorsque les conditions du § 1 ne sont pas remplies, chacun a le droit de demander l’annulation du modèle.
- Dans le cas du § 4, al. 3, la partie lésée a le droit de revendiquer l’annulation.
- § 7. Transmissibilité en cas de décès ou par des traités%—Le droit conféré par l’inscription passe aux héritiers et peut être transmis à des tiers, en tout ou en partie, par traité ou par testament.
- § 8. Durée de la protection accordée par le dépôt. — La durée de la protection est de trois ans, qui courent à partir de la date de la demande. Par le payement d’une nouvelle taxe de 90 marks avant la fin de cette période, la protection est renouvelée pour trois ans encore. Cette prolongation est inscrite dans le registre.
- Lorsqu’au courant de la période le titulaire renonce au dépôt, l’inscription est rayée.
- Les annulations qui n’ont pas lieu par suite de l’expiration du dépôt doivent être publiées dans le Moniteur de l’Empire dans les délais déterminés.
- § 9. Violation d’un dépôt. — Quiconque utilise [un modèle de fabrication sciemment ou par grossière négligence, doit des dommages-intérêts à la partie lésée.
- Il y a prescription pour les plaintes en violation du dépôt, au bout de trois ans, pour les actions relatives aux atteintes portées aux droits du titulaire.
- § 10. Pénalités. — Quiconque utilise sciemment un modèle de fabrication est passible d’une amende de 5 000 marks ou d’un an de prison, au maximum.
- Les poursuites ne sont entamées que sur requête. Celle-ci peut être retirée à temps.
- Lorsqu’il y a condamnation, la partie lésée pourra faire publier le jugement aux frais du condamné. Le jugement déterminera le mode et le délai de la publication.
- § 11. Amendes. — En lieu et place des dommages-intérêts, le condamné peut être obligé, à la requête de la partie lésée et en outre de la peine déjà encourue, à lui payer une amende pouvant atteindre 10000 marks. Les condamnés sont individuellement et solidairement responsables du payement de cette somme.
- Cette amende exclut tout droit à des dommages-intérêts ultérieurs.
- § 12. Décisions en dernière instance. — Dans les actions civiles intentées en vertu de la présente loi, les délibérations et décisions en dernière instance incombent au Tribunal suprême de l’Empire, conformément au § 8 de la loi d’introduction à l’organisation judiciaire.
- § 13. Conditions faites aux étrangers. — Quiconque habite l’étranger ne pourra profiter de la protection accordée par la présente loi, que lorsque, dans le pays qu’il habite, les modèles allemands peuvent être protégés également, d’après un avis publié dans le Bulletin des lois de l’Empire.
- Quiconque dépose une demande basée sur cette disposition doit constituer en Allemagne un représentant dont le nom et le domicile sont inscrits dans le registre. Ce représentant aura le droit de représenter l’inventeur dans les actions judiciaires concernant le modèle. Le lieu du domicile du représentant et, à défaut de ce lieu, le siège de l’Office des brevets, est considéré, dans le sens du § 24 du Code de procédure civile, comme le lieu de l’objet du litige.
- § 14. Dispositions transitoires. — Les dispositions pour la mise en vigueur de la présente loi,
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- pour l’organisation de l’Office des brevets et pour la marche à suivre dans les affaires, seront définies par ordonnance impériale avec l’assentiment du Conseil fédéral.
- § 15. Mise en vigueur. — La présente loi entre en vigueur le 1er octobre 1891.
- Fait et signé, etc., etc., le 1er juin 1891.
- (L. S.) . Guillaume.
- Von Bœtticher.
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Progrès dans la fabrication de l’acier en Autriche-Hongrie. — Les établissements métallurgiques de l’Autriche-Hongrie ont toujours attiré d’une manière spéciale l’attention des ingénieurs français. Les capitaux de notre pays se portés à divers moments vers ces entreprises, sans y trouver toujours, il faut bien le dire, les avantages qu’on leur avait fait espérer. Les renseignements puisés à des sources autorisées sur les progrès de la métallurgie austro-hongroise pourront donc présenter quelque intérêt.
- Peu de pays sont aussi richement doués que l’Autriche-Hongrie sous le rapport des minerais de fer. Quantité et qualité se trouvent ici réunis. Le gisement le plus anciennement exploite et aussi le plus célèbre est Y Evzberg deStyrie, non loin de la petite ville de Leoben. C’est l’Erzberg qui alimente principalement les usines de la Société minière et métallurgique des Alpes autrichiennes (Alpine), société qui intéresse précisément un certain nombre de nos compatriotes pour les raisons financières que nous venons d’indiquer.
- Comme les Alpes, les Karpathes renferment de nombreux minerais de fer aussi remarquables par leur haute teneur en fer et souvent en manganèse, que par leur pureté. Dans la partie nord de cette chaîne, ces minerais alimentent les hauts fourneaux au bois de la Haute-Hongrie, et aussi les hauts fourneaux au coke de la Moravie et de la Silésie autrichienne. Vers le sud-ouest, sur les confins de la Roumanie et de la Serbie, les gisements de fer de Morawitz et de Sognaska fournissent la matière première aux usines de Reschitza et d’Anine, appartenant à la Société Autrichienne-Hongroise des chemins de fer de l’État. Plus a l’est encore, on trouve, à travers les immenses forêts de la Transylvanie, a Gyalar, près de la vieille cité historique de Vayda-Huniad, des dépôts d’hématites louges qui pourraient alimenter pendant des centaines d’années de grandes usines à fer. Ces gisements sont à peine attaqués aujourd’hui.
- Tous les minerais dont nous venons de parler ne contiennent que des quan-insitonifîantes de phosphore et sont transformés en acier par le procédé
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- Bessemer acide. Leur exploitation pourrait être beaucoup plus active, si le combustible minéral, et surtout le combustible minéral susceptible de donner un bon coke métallurgique, se trouvait à leur portée.
- Les minerais phosphoreux de la Bohême (gisement de Wucie, près de Kladno) jouissent, au contraire, de cet avantage. Aussi, bien que ces minerais soient, en eux-mêmes, d’un traitement moins avantageux que ceux de Styrie et de Hongrie, leur emploi prend chaque jour une importance de plus en plus grande. C’est là, soit dit en passant, une des causes d’insuccès de l’Alpine. Lorsque les actions de cette Société, formée vers 1880 parla fusion de toutes les petites usines styriennes, ont été offertes au public français, on n’avait pas prévu que les minerais de Bohême, réduits jusqu’alors à la fabrication du fer le plus ordinaire, viendraient disputer aux minerais spathiques de Styrie la fabrication de tous les produits en acier, dans des conditions de prix de revient plus avantageuses. C’est ainsi que nos prévisions, toujours trop courtes quoi qu’on fasse, sont souvent bouleversées par une découverte inattendue.
- Une autre cause est venue réduire encore l’emploi des minerais purs en Autriche. Là, comme ailleurs, on a reconnu que l’acier obtenu sur la sole d’un four à réverbère (procédé Siemens ou Martin) possédait, à composition chimique identique, une supériorité réelle sur le métal de la cornue. Cette supériorité tient à ce que, dans le four Martin, le bain d’acier se forme sans insufflation d’air, et d’ailleurs la possibilité d’utiliser ainsi tous les débris de fabrication suffirait à elle seule pour assurer à cet appareil sa place dans toutes les aciéries. La fabrication de l’acier sur sole s’est donc rapidement développée en Autriche-Hongrie, sur sole acide d’abord, puis sur sole basique, cette dernière prenant de plus en plus le pas sur la première comme les chiffres qui suivent vont le montrer (1).
- Ce sont ces diverses circonstances que M. Kupelwieser, professeur de métallurgie à l’Ecole des Mines de Leoben, a cherché à mettre en lumière dans une série de tableaux résumant année par année la production de chaque espèce d’acier depuis le moment où on a commencé à le fabriquer (2). Nous trouvons d’abord comme point de départ :
- Années.
- Mise en marche de la lre cornue Bessemer acide................... 1863
- — du Ier four Martin acide.......................... 1869
- — de la lre cornue Bessemer h i si que.............. 1879
- — du 1er four Martin basique........................ 1886
- (1) IL doit être entendu ici que les indications concernant la sole basique s’appliquent a fortiori à la sole neutre en fer chromé, dont les avantages au point de vue des réactions chimiques à produire dans le four sont égaux sinon supérieurs à ceux des soles calcaires et magnésiennes, et qui possède en même temps une résistance à l’usure supérieure à ces dernières.
- (2) Journal autrichien des Mines et des Usines (GEsterreischc Zeitschrift fur Berg und Hütten-wesen, 1891, page 49o).
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- BIBLIOGRAPHIE. ---- JANVIER 1892.
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- La comparaison de ces chiffres avec ceux qu’on trouverait pour la France, l’Allemagne, l’Angleterre, etc., ne serait pas sans intérêt. Bornons-nous à remarquer que pour l’emploi de la cornue, les Austro-Hongrois ont été des premiers en ligne ; ils se sont, au contraire, laissé quelque peu devancer pour l’emploi du four aussi bien acide que basique.
- Sans remonter trop loin dans le passé, le tableau ci-dessous donne la décomposition et le total de la production pour les cinq dernières années :
- Cornue. Four Martin. Total
- Années. Acide. Basique. Total. Acide. Basique. Total. général.
- 1886. . . 111,122 106,830 216,961 29,062 13,944 43,006 259,967
- 1887. . . 114,783 118,379 233,162 22,508 43,522 66,030 299,192
- 1888. . . 149,220 139,127 288,347 28,672 75,794 104,466 392,813
- 1889. . . 133,001 141,416 274,417 35,921 106,174 142,095 416,512
- 1890. . . 149,660 138,021 288,681 33,904 178,015 211,919 499,600
- En examinant ce tableau, on est frappé d’un premier fait, c’est que le procédé acide dans la cornue comme dans le four reste à peu près stationnaire depuis cinq ans. Le progrès de la cornue basique est sensible, mais pour le four ce progrès est absolument remarquable; 178000 tonnes contre 53000, et cela, dans un pays qui occupe en Europe le premier rang pour l’abondance des minerais riches et purs à la fois! C’est que le four basique, utilisé d’abord pour arriver à de bons produits avec des matières phosphoreuses, est employé maintenant pour obtenir d’excellents produits avec des matières déjà bonnes. Il a fait faire, en quelque sorte, une marche en avant à toute la série des produits métallurgiques. Il en est de même en France, et peut-être même est-ce notre pays qui, dans ses usines du Centre et de la Loire, a tracé la voie à suivre; mais nous n’avons pas en France une statistique permettant de préciser les faits aussi clairement que la statistique autrichienne que nous venons d'invoquer.
- {Le Génie civil.)
- BIBLIOGRAPHIE
- JOURNAUX ET REVUES
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences. — Séance du 4 janvier 1892. — Chimie. — Sur la combinaison directe de l’azote avec les métaux alcalino-terreux, par M. de Maquenne.
- Séance du 11 janvier 1892. — Chimie. — Sur l’oxydation spontanée de l’acide humique et de la terre végétale, par MM. Berthelot et G. André. — Contribution à l’histoire chimique de la truffe, par M. A. Chatin. — Sur la formation des dextrines, par M. P. Petit. — Influence, dans
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- m
- BIBLIOGRAPHIE. — JANVIER 1892.
- les terres nues, des proportions d’argile et d’azote organique sur la fixation de l’azote atmosphérique, par M. P. Richard.
- Séance du 18 janvier 1892. — Physique. — Sur la masse de l’atmosphère, par M. Mascart.
- Annales des Mines. — Janvier 1892. — Expériences sur les lampes de sûreté. Rapport présenté à la Commission du grisou, au nom de la sous-commission chargée des recherches expérimentales. — Note sur la fabrication des fontes aux États-Unis, par M. E. de Billy.
- Le Génie civil. — 2 janvier 1892. — Excavateur et amalgameur combinés. — Tramway funiculaire de la rue Broadway.
- 9 janvier 1892. — Les machines du Wai, bateau à vapeur à trois hélices de la Bombay-Steam navigation C°. — La grande tour de 315 mètres projetée pour l’exposition de Chicago, par E. Pontzen. — Les plaques de blindage en métal mixte et en acier, à propos d’essais récents en Angleterre et en Amérique, par L. Bâclé. — Maison à doubles parois à chauffage intérieur, par Ch. Somasco.
- 23 janvier 1892. — Le pont Washington à New-York, par G. Richou. — Le matériel électrique construit par MM. Schneider et Cie au Creusot, par L. de Thunimont. — Lampes à arc Japy, par Foris. — Les moteurs à gaz et à pétrole, par G. Richard, par M. Max de Nansouty. — Progrès dans la fabrication de l’acier en Autriche, par M. G. Brisson.
- La Lumière électrique. — 2 janvier 1892. — Installations hydrauliques de la Société d’électrochimie de Vallorbes (Suisse), par A. Boucher. —' Applications mécaniques de l’électricité, par G. Richard.
- 9 janvier 1892. —Prix de revient de la force transmise électriquement, par A. Bouchu.
- — Applications mécaniques de l’électricité, par G. Richard. — L°s machines Kummer, par Ch. Jacquin.
- 16 janvier 1892. — Le tannage électrique, par A. Rigaut. — Chemins de fer et tramways électriques, par G. Richard. — Les machines Kummer, par Ch. Jacquin.
- 23 janvier 1892. — Les tramways urbains, par Frank Géraldy. — Détails de construction des dynamos, par G. Richard.
- Annales de Chimie et de Physique. — Janvier 1892. — Détermination de quelques constantes physiques du fluor, par H. Moissan.
- Journal de Pharmacie et de Chimie. — Janvier 1892. — Rapport sur l’introduction de la strontiane dans les aliments, par A. Riche.
- Moniteur scientifique. — Janvier 1892. — Sur l’aluminium, ses alliages et son emploi, par G. Arth. — Les nouveaux alliages et leurs emplois industriels, par F. Lymuood Garrisson.
- — Analyse des alliages d’aluminium, par M. Regelsberger. — Sur la détermination du chrôme dans l’acier, par T. W. Hoog. — Analyse de la glycérine, par C. Mangold.
- Revue scientifique. — 23 janvier 1892. — L’œuvre de Cahours, par M. Grimaux.
- E. W.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. - Typ. Chamerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères. —28285.
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- 91e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- FEVRIER 1892.
- BULLETIN. - .
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT.
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport, fait par M. Hirsch, au nom du Comité des arts mécaniques, sur l’épurateur des eaux système Howatson.
- La Société d’épuration des eaux, 165, avenue du Roule, à Neuilly (Seine), présente, par l’intermédiaire de son directeur, M. Howatson, un appareil ayant pour objet l’épuration des eaux destinées, soit à l’alimentation des générateurs de vapeur, soit aux usages de la blanchisserie, du lavage, de la teinture, des apprêts, etc.
- En ce qui concerne les générateurs de vapeur, qui rentrent plus spécialement dans les attributions du Comité des arts mécaniques, la question qu a essayé de résoudre M. Howatson présente un véritable intérêt.
- On sait à quels ennuis donnent lieu les incrustations qui se forment dans les générateurs, quels désordres, quels dangers elles peuvent provoquer. Un grand nombre de procédés ont été proposés pour éviter ces dépôts ou pour en favoriser l’expulsion ; quelques-uns ont été décrits dans les bulletins de notre Société ; mais, il faut bien l’avouer, les résultats obtenus sont loin d avoir toujours répondu aux espérances des inventeurs. Ces procédés peuvent se diviser en deux catégories, suivant que l’action se produit à l’intérieur ou à l’extérieur de la chaudière.
- En agissant à 1 intérieur de la chaudière, on ne peut espérer diminuer 1 importance des dépôts ; car leur quantité dépend de la nature des eaux d’alimentation et de 1 activité de la vaporisation. Les matières solides introduites avec 1 eau dans la chaudière y demeurent, augmentées, dans plus d’un cas, du poids des réactifs à laide desquels on a essayé de combattre les Tome VII. — 91e année. 4e série. — Février 1892.
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- 58 ARTS MÉCANIQUES. --- FÉVRIER 1892.
- incrustations. 11 serait inutile de chercher à réduire cette quantité. On s’efforce simplement de modifier la consistance des précipités, de les empêcher de prendre la forme pierreuse ; on cherche à les maintenir à l’état de boues, faciles à expulser par des purges ou des balayages, en un mot, à éviter ou à retarder l’opération pénible et fâcheuse du piquage du tartre. 11 est inutile de parler ici de ces produits mystérieux, recommandés, par une réclame
- active, comme des palladiums infaillibles contre toutes les maladies des chaudières, produits parfois fort dangereux, malgré les dénominations bizarres et ronflantes dont on les décore. Mais il s’est fait, dans la direction que nous avons indiquée, des travaux estimables et sérieux, qui ont amené de véritables améliorations dans l’entretien et l’économie des chaudières.
- Néanmoins la purification des eaux avant leur admission dans la chaudière semble un remède plus rationnel et plus radical. On a tenté plus d’une fois de Fig. 1. —• Épurateur cFeau système Howatson. l’appliquer; mais, dans la
- plupart des cas, on a été arrêté par des obstacles d’ordre purement pratique. L’opération chimique en elle-même n’offre, il est vrai, rien de bien difficile; on peut, pour la plupart des eaux en usage, trouver des réactifs permettant de précipiter les sels en dissolution, dans des conditions de prix parfaitement abordables. La véritable difficulté réside dans la séparation des précipités une fois formés dans le sein de la liqueur. Deux procédés de séparation sont en usage dans les laboratoires : la décantation et la filtration; mais, eu égard au volume considérable du liquide à traiter, ces deux procédés, sauf cas exceptionnels,
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- sont ici pratiquement impuissants. La décantation exigerait des. bassins d’un volume énorme; la filtration aurait pour effet d’encombrer rapidement les filtres et de les mettre en quelques heures hors de service.
- Depuis quelques années, cependant, la question a fait un progrès notable ; on en est arrivé à combiner la décantation avec la filtration. Les eaux, préalablement mélangées à des réactifs appropriés, sont conduites dans un récipient assez vaste, où se déposent les précipités les plus volumineux et les plus denses ; elles ne tiennent plus dès lors en suspension que des matières ténues, légères et en faible quantité, dont la filtration les débarrasse aisément. L’opération faite ainsi en deux temps n’exige plus que des vases décanteurs de capacité acceptable, et, d’autre part, le renouvellement des filtres se fait bien plus rarement.
- Il est difficile de préciser les origines de cette idée si simple et si rationnelle. Elle a reçu, depuis quelques années, un assez grand nombre d’applications. Les appareils établis pour la réaliser diffèrent entre eux de formes et de dispositions. Celui présenté par M. Howatson est bien agencé, et les dispositions semblent convenablement appropriées au résultat à atteindre.
- Les réactifs employés par M. Howatson sont, comme d’ordinaire, la chaux et le carbonate de soude. La chaux, en s’emparant de l’acide carbonique en excès, précipite le carbonate de chaux qui existait dans les eaux à purifier; le carbonate de soude, par double décomposition, agit sur le sulfate de chaux, qu’il précipite à l’état de carbonate insoluble, en se transformant en sulfate de soude. Les deux réactifs, étendus d’eau en quantité suffisante, sont soumis à l’action d’un agitateur dans une cuve spéciale ; après quelques instants de repos, ils demeurent à l’état de dissolution claire. C’est cette dissolution qui est versée dans l’eau à purifier, en proportions déterminées, au moyen d’un système de flotteurs et d’orifices de dimensions calculées. Le mélange ainsi formé arrive dans le bas d’un gros cylindre vertical ; les particules les plus denses se séparent et demeurent à l’état de boues dans la partie inférieure du cylindre, d’où il est facile de les extraire à l’aide d’un robinet de purge. Le milieu de la hauteur du cylindre est occupé par un filtre, composé d’une couche épaisse de paille de bois serrée entre deux grilles. C’est là que s’achève la purification. Les eaux purifiées passent dans le haut du cylindre, formant réservoir, d’où elles sont délivrées à la chaudière au fur et à mesure des besoins de l’alimentation.
- L appareil est simple, pas trop volumineux et d’un prix abordable. La dépense en réactifs n’est pas très élevée : avec des eaux de Seine, marquant
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- 19° à 21° à l’hydrotimètre et ramenées par l’opération à 4° ou 5°, il a suffi, par mètre cube d’eau, d’ajouter environ 180 grammes de chaux et 70 grammes de carbonate de soude ; la dépense de purification s’est élevée à quelques centimes. Quant à la manœuvre de l’appareil, elle est assez simple : avec des eaux ordinaires, on prépare chaque matin la solution de réactifs nécessaire à la consommation de la journée, en même temps qu’on évacue les boues décantées de la veille ; l’opération dure quelques minutes et peut être faite par n’importe quel ouvrier convenablement guidé ; le remplacement de la matière filtrante est peu coûteux et se fait facilement.
- La véritable difficulté que l’on rencontre dans l’emploi du système dont il s’agit et autres similaires, c’est évidemment l’analyse des eaux à épurer et la détermination des quantités de réactifs à employer; la question est particulièrement délicate lorsque l’on a affaire à des eaux fortement incrustantes, ou, comme cela arrive assez souvent, dont la. composition n’est pas constante et varie d’un jour à l’autre.
- Néanmoins, dans un grand nombre de cas, l’appareil Howatson peut rendre de sérieux services.
- Le Comité des arts mécaniques a l’honneur de vous proposer de remercier M. Howatson de son intéressante communication, et d’insérer le présent rapport dans votre Bulletin, avec figure dans le texte et légende.
- Signé : J. Hirsch, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 décembre 1891.
- LÉGENDE DE LA FIGURE REPRÉSENTANT l’ÉPURATEUR d’eAü SYSTÈME HOWATSON.
- A, Récipient dans lequel s’opère la solution des réactifs;
- B, Vase jaugeur de l’eau d’alimentation ;
- C, Yase jaugeur de la solution ;
- D, Mélangeur;
- E, Tuyau plongeur, dans lequel s’achève le mélange ;
- F, Yase de décantation;
- G, Filtre en paille de bois ;
- K, Réserve d’eau épurée;
- a, Arrivée de l’eau, distribuée en A ou en B par un jeu de robinet;
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- b, Agitateur;
- c, Poignée de l’agitateur;
- d, Robinet de vidange du récipient A;
- /, Flotteur portant un tuyau de caoutchouc, pour ne délivrer au jaugeur C que de la solution claire ;
- g, h, Orifices en bronze, dont les dimensions ont été déterminées par tâtonnement, et qui débitent l’eau à purifier et la solution des réactifs dans des proportions invariables à cet effet; la charge sur ces orifices est maintenue constante par des flotteurs; le débit s’arrête lorsque le liquide s’élève dans le vase D, par suite du remplissage de la réserve K;
- «, i, Grilles maintenant la matière filtrante ;
- Le robinet de vidange du vase F se trouve en bas et à droite de l’appareil, et le départ de beau épurée se trouve en haut du réservoir K et à gauche.
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Redier, au nom du Comité des aids mécaniques,sur une
- serrure de sûreté présentée par M. Mégissier, à Neuilly-sur-Seine.
- ' Messieurs,'
- La serrure présentée par M. Mégissier est une serrure à gorges mobiles, à laquelle il a été ajouté deux autres groupes de gorges placées à droite et à gauche de l’entrée.
- Ces gorges supplémentaires sont combinées avec une roue étoile et un loquet à bascule, de telle sorte que la clé de la serrure peut seule franchir 1 une ou l’autre de ces gorges supplémentaires, pour atteindre les gorges mobiles ordinaires.
- Le pêne a un caractère particulier : il est divisé en deux parties, qui font double crochet en se séparant à leur sortie et pénètrent ainsi au-dessus et au-dessous de la gâche.
- La gâche se compose de deux parties qui s’emboîtent en se superposant. La seconde partie couvre lés vis qui fixent la première et constitue ainsi un élément de solidité à toute épreuve.
- Enfin, une disposition du cache-entrée le fait fonctionner automatiquement.
- Il n est pas nécessaire d’insister sur les avantages de ces combinaisons.
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- Le travail est exécuté avec uo soin qui fait de cette serrure un modèle d’atelier.
- L’ensemble présente une certaine complication; aussi l’emploi de cette serrure sera-t-il limité, mais ne resterait-il que la solidité de la gâche qui peut être employée dans toute la serrurerie, l’invention mérite qu’on la propage.
- En résumé, votre rapporteur vous propose de remercier M. Mégissier de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société avec une figure.
- Signé : A. Redier, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 décembre 1891,
- DESCRIPTION DE LA SERRURE DE SURETE DE M. MÉGISSIER.
- Les particularités que présente cette serrure sont destinées à assurer une complète sécurité dans la fermeture et à mettre son mécanisme à l’abri de toute détérioration.
- Une disposition de gorges supplémentaires G, G, placées à droite et à gauche
- Fig, 1. — Serrure dejsûreté de M. Mégissier.
- de l’entrée (fig. 1), combinées chacune avec une roue-étoile a et un loquet à bascule /, /, permet à la clef de la serrure de les franchir seule pour atteindre les gorges mobiles ordinaires.
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- Cette disposition a pour but d’empêcher de prendre l’empreinte des gorges.
- Les gorges supplémentaires G, G, portent chacune à la partie postérieure un talon b, b, qui verrouillent les roues-étoiles a, a, dont les axes c, c, sont fixes. Lorsque la clef repousse l’une de ces gorges, celle-ci par sa rotation autour de son axe n, dégage le talon b de la denture de la roue a; cette roue, devenant libre, peut alors tourner et laisser passer la clef qui atteint les gorges ordinaires C. Toutefois cette rotation de la roue-étoile a, n’est possible qu’autant que la clef, en entrant à fond dans la serrure, appuie sur le loquet ou levier l, lequel porte à son autre extrémité, non visible sur la figure, un crochet qui vient s’engager dans une rainure circulaire pratiquée sur la roue.
- Ainsi la roue-étoile ne peut donner passage à la clef qu’à la condition que celle-ci repousse à la fois la gorge supplémentaire et le levier /.
- Fig. 2. — Vue de la position du pêne dans la fermeture du second tour.
- Une fois le passage de la roue-étoile franchi, la clef soulève les gorges ordinaires C et peut déplacer les pênes.
- Ceux-ci sont au nombre de trois (fig. 2) : le pêne principal D, D, D’, en deux parties; un second pêne F qui repose sur le premier, c’est le pêne de l’équerre non visible sur la figure, chargé d’ouvrir du dehors le demi-tour B et de le condamner lorsque le pêne D est fermé; puis le pêne E E', qui est le pêne entraîneur du vrai pêne D et qui le condamne lorsque celui-ci est fermé, en maintenant ses parties ecartees dans 1 intérieur de la gâche au moyen de goujons g, y, qui sont engagés chacun dans une rainure h du vrai pêne et de la tête E qui pénètre dans les deux ancres écartées du pêne.
- Le pêne LE porte deux barbes e, e, que le panneton de la clef pousse en même temps que la barbe d du second pêne F, dans un premier tour, en entraînant le vrai pêne D. Mais pour éviter que dans ce mouvement le pêne E ne
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- dépasse la position qu’il doit occuper, il existe un arrêt /qui s’introduit dans un cran du second pêne et l’empêche de trop avancer. Cet arrêt /est soulevé par l’une des gorges C, qui est en fer, lors du second tour et les pênes peuvent continuer leur mouvement d’avancement.
- Le pêne DDD’ est guidé dans son mouvement par deux talons rri, m", qui servent en même temps d’arrêt quand ce pêne est ouvert (fig. 2); il est aussi guidé par les deux goujons i, i, fixés dans le palâtre A, qui glissent chacun dans une rainure/,/ de ce pêne.
- Lorsque le pêne D est à fond, comme l’indique la figure 2, le pêne F condamne l’équerre du demi-tour au moyen d’un talon qui bute sur cette équerre, de sorte que l’on ne peut plus ouvrir le pêne B au moyen du bouton P. Au contraire lorsque le pêne D est en place, comme dans la figure 1, en donnant encore un tour de clef, le petit talon, dont il est question plus haut étant écarté, le panneton n’agit plus que sur la barbe d du second pêne F, et fait fonctionner l’équerre dont une branche agit sur la tige de B et fait fonctionner le demi-tour.
- Cette disposition du vrai pêne D en deux parties qui s’écartent dans la gâche lors du deuxième tour donne une sécurité de fermeture qui caractérise cette serrure. Pour compléter cette fermeture, la gâche N s’emboîte sur une pièce en équerre qui se fixe solidement sur le chambranle de la porte et dissimule les vis à bois qui la maintiennent. On voit en M (fig. 2) la coupe de cette pièce en équerre qui est reliée à la gâche N au moyen des vis K, K.
- Enfin des cache-entrée automatiques constitués par une plaque maintenue par un ressort et qui est déplacée par la clef même pour lui donner passage, du côté du canon, et par un cache-entrée tournant, également maintenu par un ressort, du côté du palâtre, complètent les dispositions spéciales de celte serrure de sûreté.
- COMMERCE
- *
- Rapport fait par M. Gibon, au nom du Comité de commerce, sur /’Étude sur l’inventaire des sociétés industrielles présentée par M. Didier, secrétaire général de la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry.
- Messieurs,
- M. Didier, secrétaire général de la Compagnie anonyme des forges de Châtillon et Commentry, a présenté à la Société d’Encouragement, le 8 juin dernier, une étude sur l’inventaire des Sociétés industrielles. Le Comité de
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- COMMERCE.
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- commerce a été chargé, par le Conseil, de présenter un rapport sur ce travail, qui déjà, en 1885, avait été publié par le Journal des Sociétés.
- Les inventaires des Sociétés industrielles, quand ils sont établis par des comptables expérimentés et consciencieux, précisent par quelques chiffres les faits importants d’un exercice, et, après un certain nombre d’années, ces Sociétés peuvent y lire leur histoire. Cette histoire sera toujours la vérité la plus scrupuleuse, si les règles, à la fois justes et sévères, pré-3 cisées par M. Didier, ont été rigoureusement observées.
- Ces règles ne sont pas déterminées par la loi, qui se borne à imposer, à tout commerçant, l’obligation de dresser annuellement son inventaire ; mais lui laisse la liberté de faire, comme il l’entend, l’estimation de son actif et de son passif ; il peut, suivant son tempérament et son caractère, se montrer sévère ou facile; estimer ses immeubles du simple au double; ses marchandises, détériorées ou de mévente, à des prix supérieurs à leur valeur réelle ; avoir confiance dans des débiteurs douteux ; comprendre à son actif de mauvaises créances et se faire ainsi, sur le papier, une position absolument fausse. C’est là le fait d’un commerçant léger, ce fait le frappe seul, il est seul responsable ; s’il court à la ruine, il en sera la première victime.
- 11 n’en est pas ainsi des Sociétés industrielles ; des auteurs de mérite, qui ont traité de la tenue de leur comptabilité, ont montré le grave intérêt qui s’y attache, au point de vue de la rédaction d’un bilan. Cette question doit être la préoccupation morale des Conseils d’administration. Les règles que M. Didier précise, sont le résultat d’une pratique éclairée par l’esprit d’un observateur scrupuleux et attentif, elles dégagent nettement le résultat réel d’une exploitation industrielle. Toute Société qui les suivra, n’aura jamais d’inquiétude sur la légitimité du dividende qu’elle distribuera à ses actionnaires.
- Les considérations générales, que l’auteur expose, se traduisent par cette conclusion : que la sévérité dans Vestimation des valeurs actives et passives d une Société est une loi impérieuse.
- Voici, en substance, comment M. Didier établit le bilan d’une Société industrielle.
- A 1 actif il porte les immobilisations, les approvisionnements, les produits finis, les débiteurs, les valeurs financières; au passif, le capital, les emprunts, les réserves, les créanciers.
- L auteur divise les immobilisations en deiix parties : la première com-Tome VII. — 91e année. 4e série. — Février 1892.
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- prend lès usines, complètement armées de leur matériel, de leur outillage, de leurs pièces de rechange; une Société, à son origine, se trouve dans l’obligation de porter à son actif ses immobilisations à leur valeur, résultant d’apports ou d’achats ; si elle construit elle-même, elle porte à son actif les dépenses de ses constructions; mais elle devra, au moment de ses inventaires successifs, réduire progressivement la valeur de ses immobilisations, jusques au moment où leur amortissement sera complet... Elle ne conservera, à son actif, que la valeur des terrains. Tout ce qui est en dehors doit en effet être amorti en un délai convenable, aussi réduit que possible, pour cette raison : que le matériel, l’outillage et les pièces de rechange, qui constituent une usine, forment un ensemble qui n’est pas seulement soumis à une usure continue et rapide ; mais surtout, parce que cet ensemble n’a aucune durée d’activité certaine, les progrès industriels, conséquents des progrès de la science, sont incessants, ils ont pour effet la réduction des revients et tout établissement, qui veut vivre, doit être outillé en vue du revient minimum du produit qu’il fabrique. La Société d’Encouragement constate ces progrès à chacune de ses séances, il faut donc amortir pour être en mesure de les appliquer. La seconde partie, relative aux immobilisations, comprend les constructions nouvelles, les grosses réparations, la réfection de l’outillage ; toutes ces dépenses intéressent la conservation des usines, leur extension ; elles ont pour but d’assurer l’avenir. Le compte de profits et pertes doit les amortir au fur et à mesure qu’elles se produisent ; souvent même, on fera bien de constituer des réserves spéciales, en vue de ces travaux, qui sont continus dans une grande exploitation. Le mieux, dit M. Didier, est de les amortir régulièrement, absolument par les bénéfices de l’exercice qui les établit ; dans tous les cas il convient d’en faire l’objet d’un chapitre spécial et de les amortir le plus rapidement possible.
- En résumé : le bilan présentera une situation de tout repos, s’il ne porte à son actif, pour toutes les constructions industrielles, comme pour la valeur des usines, que les terrains estimés au prix normal des terrains de la localité. Les bâtiments, le matériel, l’outillage d’une usine, ne sont pas généralement des valeurs réalisables, le bilan peut et doit les signaler simplement pour mémoire.
- Cette sévérité, nous dit M. Didier, ne doit pas avoir pour conséquence de supprimer l’inventaire du matériel, de l’outillage et des pièces de rechange, il convient au contraire de l’établir en annexe.
- Rien ne nous paraît plus sage que la règle de l’amortissement progressif
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- des usines et des constructions d’une exploitation, elle a non seulement le précieux avantage de ne pas illusionner les intéressés sur la valeur de leur actif • mais elle maintient le fonds de roulement intact et c’est ce fonds de roulement, toujours à disposition, qui seul permet la liberté d’action des Sociétés industrielles.
- Après les immobilisations viennent les mille objets de magasin, qui ne sont pas fabriqués à l’usine ; puis, les matières premières ou à demi élaborées, destinées à la confection des produits finis.
- Pour les objets de magasin, le mieux est de les estimer au prix coûtant, si ce prix n’est pas supérieur au cours de la date de 1 inventaire ; quand le prix d’achat est supérieur à ce cours, il convient d’y ramener ces objets; c’est là une mesure prudente que nous approuvons. Pour les matières premières et les demi-produits, c’est le prix de facture ou de revient, sans frais généraux, qu’on doit appliquer ; il ne convient jamais d’admettre le cours du jour, ou un revient basé sur ce cours, parce qu’il pourrait réaliser, sur les matières premières, des bénéfices au moins incertains.
- Nous arrivons aux produits finis : il importe de n’y comprendre que des marchandises de qualité loyale et commerciale. Tout ce qui est défectueux doit rentrer, suivant son état, dans les demi-produits ou dans les matières premières. Quant à la valeur qu’il convient d’appliquer, c’est le revient, quelles que soient les conditions des marchés, la vente n’est pas réalisée, elle peut donner lieu à des difficultés, le prix de revient n’expose à aucun mécompte.
- Les débiteurs forment un chapitre qui exige des soins ; mais il n’est sujet à aucune discussion de principe ; il est clair qu’on ne doit pas faire figurer à l’actif des sommes d’un recouvrement douteux.
- Le dernier chapitre de l’actif comprend les valeurs financières, c’est-à-dire les dépôts dans les banques, le portefeuille, les espèces en caisse. Ce chapitre peut comprendre des placements, participations, rentes, obligations, actions. Quel cours donner à ces valeurs?
- M. Didier s’étend sur cette question : mais, en somme, il dit que le mieux est de suivre la pratique de la Banque de France, c’est-à-dire de maintenir le prix coûtant ; toutefois, si le cours est au-dessous, c’est le cours le plus bas qu’il convient d’adopter.
- Nous arrivons au passif : son premier chapitre est le capital social ; il est ce qu il a plu aux fondateurs de le constituer dans les conditions de contrôle prévues par la loi. Notre auteur recommande aux fondateurs de
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- toute Société de l’établir dans des limites raisonnables et, surtout, que les apports en espèces, qui vont constituer le fonds de roulement, répondent largement au fonctionnement normal de la Société.
- Le second chapitre du passif est appliqué aux emprunts, les prêteurs sont des créanciers ; les intérêts et la somme à leur rembourser annuellement doivent être portés au débit du compte de profits et pertes.
- Le chapitre troisième du passif comprend les réserves : elles sont obligatoires ou facultatives ; les réserves obligatoires sont celles imposées par les statuts, les réserves facultatives sont celles que les Sociétés décident et règlent en prévision de projets à réaliser ou d’éventualités diverses.
- Le quatrième chapitre est réservé aux créanciers ; il comprend tout ce que doit la Société, à la date de l’inventaire, en principal et intérêts ; M. Didier observe qu’il existe dans certaines Sociétés des dettes latentes, dont le quantum, pour n’être pas liquide ou nettement déterminé, n’en constitue pas moins des charges; ces charges doivent figurer au bilan. Les garanties de droit commun, de durée, de qualité et toutes autres stipulées dans les contrats, qui engagent l’avenir, doivent être évaluées largement et figurer spécialement au passif ; de même, et par paragraphe spécial, les dépôts du personnel, le salaire, les fonds de caisse de secours, de retraites et autres institutions.
- C’est le compte de profits et pertes qui clôt le passif, quand il y a profit. C’est, d’après ce compte, que se règlent les dividendes. La répartition s’en fait après l’approbation des commissaires ou des censeurs et suivant les prescriptions statutaires.
- Le point capital qui préoccupe l’auteur du mémoire, dont nous venons de tracer les lignes principales, c’est la constitution d’un fonds de roulement largement suffisant, au moment où se forme une Société et sa conservation intégrale pendant son fonctionnement; il insiste pour la formation des réserves statutaires ou facultatives, et impose comme règle fondamentale l’amortissement des usines et de toutes les réfections et constructions qui ont en vue leur avenir. Cet amortissement intégral est certainement désirable. C’est là une question de mesure, la règle ne nous a pas paru absolue, elle dépend beaucoup de la nature de l’exploitation.
- Quoi qu’il en soit de cette réserve limitée, l’étude présente bien les règles dictées par l’observation, l’expérience et le bon sens ; les avis de l’auteur dénotent une sévérité nécessaire, qui doit conduire nos Sociétés à suivre la pratique des industriels, qui ont fondé les maisons les plus hono-
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- râbles et les plus solides. Ce sont bien ceux, du reste, qu’on pouvait attendre du secrétaire général d’une Compagnie, qui a su constituer son fonds de roulement et ses réserves, amortir ses immobilisations d’origine, ses acquisitions et ses constructions nouvelles, en remboursant quinze millions d’emprunts. C’est bien cette pratique qui devait fixer les règles formulées par l’auteur, personne n était mieux place que lui pour les tiacer.
- Le Comité du commerce les a prises en très sérieuse considération, il vous propose de remercier M. Didier de sa communication intéressante et utile; il vous demande également de vouloir bien autoriser l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé: Gibon, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 23 décembre 1891.
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- NOTICE SUR ERNEST FÉRAY, MEMBRE HONORAIRE DU CONSEIL D ADMINISTRATION
- DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE, PAR M. LE
- COLONEL PIERRE, VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ.
- La Société d’encouragement pour l’industrie nationale vient de perdre le plus ancien des membres du Conseil d’administration, M. Ernest Féray, décédé à Chantemerle, près d’Essonnes, le 28 décembre 1891.
- M. Ernest Féray, né à Paris le 29 mai 1804, entra à PÉcole polytechnique en 1823, et en sortit en 1825, avec le grade de sous-lieutenant d’artillerie; mais il quitta l’armée avant sa sortie de l’École d’application, pour embrasser la carrière de l’industrie.
- Digne petit-fils du célèbre Oberkampf, il montra toutes les qualités qui font un grand industriel; il fonda en 1840, l’importante papeterie d’Essonnes dans laquelle, en 1869, la force motrice comprenait déjà sept roues hydrauliques et quinze machines à vapeur. A proximité de cette usine de premier ordre, M. Féray établit une filature, une fonderie et des ateliers de construction.
- Ses nombreux travaux industriels ne l’occupèrent pas exclusivement; il consacra une partie de son temps et de sa fortune à de nombreux actes de bienfaisance, surtout en vue de l’amélioration du sort des personnes
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- attachées au service de ses usines. Il y a plus de 25 ans déjà, 300 ouvriers sur 600 étaient logés gratuitement; un médecin était attaché au service des établissements ; les enfants des ouvriers étaient admis à partir de deux ans et demi, soit dans une salle d'asile, soit dans une école primaire gratuite, pourvue de tous les objets nécessaires à cette instruction. Tous ces bienfaits ont été augmentés ou perfectionnés avec le temps.
- M. Féray, sollicité par plusieurs corps ou établissements qui s’occupent de science ou d’industrie, fit partie des conseils d’administration de l’Ecole centrale, du Conservatoire des Arts et Métiers, de la Société d’encouragement pour l’Industrie nationale, etc. Dans toutes ces assemblées sa parole était écoutée et ses avis toujours appréciés.
- Quoique déjà arrivé à un grand âge, notre regretté collègue était toujours à la recherche du progrès; il le poursuivait avec une ardeur toute juvénile. Il s’occupait notamment d’entreprises agricoles.
- L’année dernière, il présidait encore une commission chargée de rechercher les moyens de propager en France la culture de la ramie ou china-grass, et les moyens industriels de décortiquer cette plante et d’utiliser sa filasse pour le tissage. Il fit lui-même de nombreux essais sur cette utilisation; ses avis, fruits d’une longue expérience, étaient toujours d’une netteté et d’une sûreté remarquable; et si l’industrie de la ramie prend du développement, c’est à ses efforts et à ses conseils qu’on le devra pour une bonne part.
- A toutes les qualités de l’industriel et du savant, M. Féray joignait celles de l’homme de cœur. Pour tout le monde comme pour ses ouvriers, il était bon, affable, obligeant. Il savait se mettre à la portée de tous, et être utile à tous.
- Il était membre du consistoire de l’église réformée de Paris.
- Officier de la Légion d’honneur depuis 1846, il reçut la croix de commandeur à la suite de l’Exposition de 1878.
- Pendant près d’un demi-siècle, notre conseil d’administration a eu l’honneur de le compter parmi ses membres. Il y siégeait avec deux polytechniciens de sa promotion, M. le marquis de Turenne, actuellement membre honoraire, et M. l’amiral de Chabannes que la mort nous a enlevé l’année dernière.
- La reconnaissance et l’estime des habitants de Seine-et-Oise lui firent prendre au Parlement la place dont il était digne. Membre de l’Assemblée nationale de 1871, il fut ensuite sénateur de 1876 à 1891. Aux dernières
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- élections, sous prétexte de son grand âge, il refusa d’accepter la continuation de son mandat. Mais, jusqu’à sa mort, il s’occupa de ses créations industrielles.
- M. ErnestFéray est arrivé à 88 ans, âge où peu de personnes parviennent. Mais l’homme de bien est toujours ravi trop tôt à sa famille et à ses amis.
- Notre conseil d’administration, au nom des membres delà Société, prie la famille de M. Féray de vouloir bien agréer l’expression de ses regrets et de ses sympathies.
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- RAPPORT FAIT PAR M. LE GÉNÉRAL SEBERT AU NOM DE LA COMMISSION CHARGÉE
- DE SUIVRE LES TRAVAUX D’iNSTALLATION DES MOTEURS DE LA SOCIÉTÉ
- d’encouragement pour l’industrie NATIONALE.
- Messieurs,
- La Commission que vous aviez chargée de suivre les travaux d’installation des moteurs à air comprimé et des circuits électriques dont la Société a décidé 1 établissement dans sa séance du 5 juillet 1890 a aujourd’hui terminé la majeure partie de sa tâche (1).
- Elle croit par suite devoir venir vous rendre compte de l’exécution de la mission que vous lui aviez confiée et vous saisir de diverses propositions destinées à assurer le service régulier des moteurs et des appareils qui se trouvent dès maintenant susceptibles d’être utilisés.
- Vous savez que les installations prévues comprenaient des conduites d’air comprimé reliées à la canalisation récemment établie par la Compagnie Popp sur le boulevard Saint-Germain et destinées à assurer différents services.
- Ces conduites devaient alimenter tout d’abord des petits moteurs à air comprimé destinés à être placés dans les grandes salles du rez-de-chaussée et du premier étage et à mettre en marche également un petit moteur spécial installé dans les combles pour commander le ventilateur servant à l’aérage de la grande salle du premier étage.
- Elles devaient également desservir un moteur à air comprimé, de la force
- (16 ma^ISgif0”11111881011 ^ C°mp°sée de MM* Carpentier, Letnonnier, Mascart et Sebert
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- d?au moins 16 chevaux, placé dans la salle du rez-de-chaussée donnant sur la rue Saint-Benoît et destiné à commander, par courroie, des machines dynamo-électriques mises en relation, par des circuits spéciaux, avec les salles des séances et avec les autres salles de l’hôtel susceptibles d’être ouvertes au public, soit pour assurer l’éclairage électrique de ces salles, soit pour y amener les courants destinés à d’autres manifestations de l’énergie électrique.
- Les travaux nécessaires pour ces diverses installations ont été commencés pendant la période des vacances de la Société, en mettant à profit les travaux de réparation qui devaient être exécutés dans la grande salle des séances; ces travaux étaient en grande partie terminés lors de la rentrée.
- Dès le mois de décembre 1890, la Commission a pu constater que les canalisations d’air comprimé que devait établir la Compagnie Popp, les circuits électriques que devait mettre en place la maison Sautter, Harlé et Ci0 et les conduites de ventilation que devait installer la maison Geneste et Herscher avaient été établis suivant les plans qui avaient été préparés sous la direction de M. le général Sebert, conformément aux bases adoptées par vous dans la séance du 5 juillet 1890.
- La Commission n’a eu qu’à réclamer quelques modifications de détail ayant pour but, en ce qui concerne les circuits électriques, d’éviter toute chance d’accident par un meilleur isolement des lignes en certains points et, en ce qui concerne les moteurs à air comprimé, de supprimer le bruit que pouvait produire l’évacuation en reportant à l’extérieur des salles, par une canalisation spéciale, l’échappement de l’air évacué.
- Les constructeurs se sont empressés de satisfaire aux observations qui leur ont été faites à ce sujet et de faire exécuter les modifications demandées.
- Vers la fin du mois de janvier 1891, l’arrivée de l’air dans la canalisation de la rue Saint-Benoît a permis à la Commission de faire procéder à la mise en marche, par l’air comprimé, du moteur destiné à la ventilation et de vérifier le bon fonctionnement du dispositif adopté par la maison Geneste et Herscher pour assurer l’aérage de la grande salle des séances.
- Elle a constaté que la mise en marche des appareils de ventilation est très facile puisqu’il s’agit simplement d’ouvrir un robinet pour mettre le moteur en mouvement.
- La marche de ce moteur est très régulière et la vitesse de rotation peut être modifiée à volonté, en ouvrant plus ou moins le robinet*
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- Lorsque le moteur est en marche normale, l’air arrive en abondance aux trois grilles de diffusion placées à la partie inférieure des gaines d’aérage ménagées dans les parois des murs de la grande salle des séances, les unes près de l’entrée de la salle, et les autres au fond de l’hémicycle derrière le bureau. Des registres placés dans les gaines d’aérage ou devant les grilles permettent de modérer' ou même d’arrêter complètement l’afflux de l’air sans changer l’allure du ventilateur.
- On reste donc toujours maître de la ventilation.
- Il est à remarquer que l’air ainsi amené est pur, puisqu’il est puisé directement par le ventilateur dans les couches supérieures de l’atmosphère, au-dessus des toits de l’hôtel, mais il est introduit à la température ambiante, aucune disposition n’ayant été prise pour en opérer le réchauffement. On doit donc admettre que la ventilation ne sera utilisée qu’en été.
- Elle est d’ailleurs rendue inutile en hiver, puisque l’air chaud envoyé par les calorifères suit dans la salle des séances le même trajet que l’air mis en mouvement par le ventilateur, car il arrive, comme ce dernier, près du parquet et s’échappe par les rosaces du plafond.
- La Commission a pu également, dès le mois de janvier, procéder aux essais de mise en marche de petits moteurs à air comprimé, mis gracieusement par la Compagnie Popp à la disposition de la Société d’Encouragement et installés l’un dans la grande salle des séances du premier étage où se trouve une prise d’air pour un moteur de la force de 2 chevaux et l’autre dans la grande salle du rez-de-chaussée où se trouve une prise d’air pour un moteur de la force de 4 chevaux.
- Les deux moteurs envoyés d’abord par la Compagnie Popp comprenaient un petit moteur spécial pour machine à coudre, et un moteur spécial pour machine dynamo-électrique pouvant alimenter plusieurs lampes à incandescence.
- La Commission a pu constater combien était facile et commode la mise en marche de ces deux moteurs qui, étant reliés à leur canalisation respective par de simples tuyaux en caoutchouc, pouvaient être déplacés à volonté.
- Le seul inconvénient qu’a constaté la Commission dans ces premiers essais résultait du bruit un peu fort produit par l’évacuation de l’air qui s’effectuait, à 1 origine, dans la salle même ; mais cet inconvénient a disparu lorsque 1 évacuation a été reportée au dehors, ainsi que le prévoyait d’ailleurs le projet adopté.
- Les deux moteurs spéciaux que la Compagnie Popp avait ainsi mis à la
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- disposition de la Société d’Encouragement constituaient deux spécimens intéressants d’application de l’air comprimé à des machines d’un usage déterminé.
- Elles pouvaient servir à montrer, à titre d’exemple, les services que l’air comprimé est appelé à rendre à la petite industrie parisienne, mais ces moteurs ne pouvaient être avantageusement utilisés pour le but que la Société s’était proposé et qui était de pouvoir mettre à la disposition des inventeurs désirant faire certaines communications, des moteurs susceptibles de se prêter à la mise en mouvement de machines variées. — Il fallait, à cet effet, disposer de moteurs isolés, c’est-à-dire non appliqués déjà à la mise en marche d’une machine spéciale, mais faisant simplement tourner un tambour susceptible d’être mis en relation par courroie avec les diverses machines que l’on peut avoir à mettre en mouvement devant la Société.
- Pour plus de commodité, il était désirable que ces moteurs pussent être montés sur des socles mobiles à roulettes permettant de les déplacer facilement, de façon à pouvoir les ranger après les séances.
- La Compagnie Popp a bien voulu se prêter à la réalisation de ce programme.
- Elle a fait monter sur des socles à roulettes deux de ses moteurs rotatifs, l’un de la force de 1 cheval et l’autre de la force de 2 chevaux, et elle les a mis gracieusement à la disposition de la Société.
- Le moteur le plus fort, dont le poids est d’environ 45 kilogrammes, a été laissé au rez-de-chaussée de l’hôtel ; le second, dont le poids ne dépasse pas 30 kilogrammes, a été placé dans la grande salle du premier étage.
- La Compagnie Popp a, en même temps, complété les prises d’air établies dans les deux salles en les munissant chacune de deux robinets et de deux tubulures indépendantes, de façon à permettre d’adapter à chacune d’elles, soit simultanément, soit séparément, des moteurs de forces très différentes.
- On dispose ainsi à chaque étage du moyen d’organiser des expériences variées. Au premier étage, on peut mettre en mouvement deux moteurs dont la force réunie atteindrait 2 chevaux et au rez-de-chaussée on peut faire mouvoir de même deux moteurs dont la force réunie atteindrait 4 chevaux. — On pourrait d’ailleurs, à l’aide de bifurcations établies sur les tuyaux de caoutchouc qui s’adaptent aux tubulures, obtenir une plus grande division de force motrice si on le désirait.
- Les moteurs que la Compagnie Popp met à la disposition de la Société
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- d’Encouragement étant montés sur des plateaux mobiles, il sera facile de les utiliser sans installations compliquées pour mettre en mouvement les machines de force appropriée que l’on peut avoir à faire fonctionner dans les deux grandes salles de l’hotel. Il suffira, à cet effet, de disposer de plateaux semblables pouvant venir se relier à ceux des moteurs et sur lesquels les machines dont il s’agit pourront se fixer à des distances convenables, pour permettre de donner la tension voulue aux courroies motrices.
- On a réalisé ainsi un dispositif qui permet, dans les conditions les plus simples, de donner satisfaction au désir qui avait été exprimé par un certain nombre de membres de notre Société de pouvoir assurer à nos séances l’attrait qui résulte toujours du fonctionnement de machines en mouvement pour les communications qui se prêtent à des démonstrations de ce genre.
- La Commission a eu à prendre une décision importante relativement au choix du type à adopter pour le moteur de 16 chevaux qui devait être installé dans la salle des machines du rez-de-chaussée pour la mise en marche des appareils électriques d’éclairage et de transmission de force.
- N’ayant pu, comme elle l’aurait désiré, recourir au type de moteur horizontal de la maison Weyher et Richemond qu’elle avait tout d’abord espéré pouvoir installer, elle a choisi, après examen, parmi les types qu’offrait la Compagnie Popp, un moteur vertical de la maison Jean et Peyrusson de Lille et elle a fixé, de concert avec l’architecte de la Société, les dispositions à prendre pour l’installation de ce moteur.
- Pour éviter l’ébranlement des voûtes et la transmission des trépidations, elle a décidé de monter le moteur sur un massif en maçonnerie isolé de la voûte de la cave sur laquelle est placée la salle affectée aux machines, en faisant descendre ce massif jusqu’au sol de cette cave.
- Des rondelles de caoutchouc ont été interposées, en outre, entre le bâti et les écrous des boulons de fixation du moteur, et la plaque de fondation de ce dernier a été montée avec interposition d’un cadre en bois et de feuilles de feutre entre cette plaque et le massif, de façon à s’opposer à la transmission des vibrations.
- Pour atténuer le bruit produit par l’évacuation, la boîte dans laquelle se produit cette évacuation a été placée dans la cave et éloignée des murs de refend qui pouvaient transmettre le bruit aux étages supérieurs.
- L installation de ce moteur a pu être terminée dans les premiers jours
- du mois de mars 1891 et les essais de recette en ont été effectués le 25 mars.
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- Il a été fait devant la Commission des essais au frein qui ont montré que ce moteur peut satisfaire largement aux conditions qui lui avaient été imposées.
- Ces essais ont donné, en effet, les résultats suivants :
- P, Poids supporté par le levier du frein. n, Nombre de tours du volant par minute.
- d, Distance de l’axe du volant au point de suspension des poids. Formule : T (chevaux) = ~~ ^ ?
- 1" expérience.
- P = 105 kil. n = 185 d = 0,7 T = 18chev-9
- 2e expérience.
- P = 115 n = 195 d = 0,7 T = 21,9
- 3e expérience.
- P = 100 n = 165 d = 0,7 T = 16,1
- Le moteur a donc pu développer une puissance qui a dépassé 20 chevaux-vapeur, en portant le nombre de tours à 195 et il pourra, avec la pression normale de 4 kilogrammes dans les conduites d’air comprimé et à l’allure normale de 160 tours, développer une puissance de 16 chevaux.
- Dans ces essais,.l’air introduit était échauffé à l’aide du réchauffeur alimenté au coke qui est placé près du moteur. On obtient ainsi un meilleur rendement et l’on évite les congélations qui se produiraient à la sortie des tuyaux d’évacuation.
- On a constaté que la conduite du réchauffeur est facile, il suffît de pousser le feu de façon que l’air sorte du moteur à une température légèrement supérieure à celle de l’air ambiant. On s’assure aisément que ce résultat est obtenu en posant la main sur le tuyau d’évacuation dont la température doit rester supportable.
- La Commission a constaté, d’autre part, que la mise en marche du moteur est très facile ; il suffit, pour le mettre en mouvement, d’ouvrir le robinet d’arrivée de l’air après avoir tourné le volant dans la position convenable pour que la manivelle ne soit pas au point mort, et l’on règle l’allure en agissant sur la valve de détente.
- La Commission n’a eu à faire exécuter que de très légères retouches à quelques pièces de la machine et elle a pu prononcer, le 25 mars 1891, la recette du moteur.
- Parallèlement à l’installation du moteur même, la Commission avait aussi à s’occuper de l’installation des arbres de transmission de mouvement
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- ou arbres intermédiaires appelés à recevoir, par courroies, le mouvement du moteur et à le transmettre aux machines dynamo-électriques destinées au service de l’éclairage ou aux expériences de transmission de force.
- Il existait dans l’hôtel de la Société un arbre de transmission muni de poulies et disposé pour être monté sur des chaises en fonte pouvant se fixer sur des boîtes à scellement placées dans le dallage de la salle des machines.
- Cet arbre avait été établi pour transmettre le mouvement d’une locomo-bile à une machine dynamo-électrique de 70 volts et 150 ampères qui avait déjà été employée en diverses circonstances pour produire l’éclairage électrique des salles de l’hôtel.
- Ces appareils, arbre, chaises et machine, étaient la propriété de la Société de Physique, et celle-ci avait déclaré qu’elle les mettrait gratuitement à la disposition de la Société d’Encouragement à la condition de pouvoir les utiliser, ainsi que le moteur même, pour les grandes séances qu’elle tient, à certaines époques, dans l’hôtel de la Société.
- On avait, dans l’établissement du projet d’installation des moteurs, admis que l’on utiliserait, dans l’état où il se trouvait, l’arbre de transmission dont il s’agit, en le complétant toutefois par l’addition de poulies pour une seconde machine dynamo-électrique et par l’addition également d’organes de débrayage nécessaires pour une installation d’un caractère permanent.
- Mais la nécessité dans laquelle la Commission s'était trouvée de renoncer à l’emploi d’un moteur horizontal du type de la maison Weyher et Riche-mond et de recourir à l’emploi d’un moteur vertical Jean et Peyrusson, dont le nombre de tours et le diamètre du volant étaient différents, entraînait l’obligation de faire subir à la disposition de l’arbre de transmission de profondes modifications.
- Le bureau de la Société de Physique, mis au courant de cette situation, consentit à laisser exécuter cette transformation, et la Commission put ainsi confier à la maison Sautter, Harlé et Cie, qui déjà était chargée de l’installation des canalisations électriques prévues au projet soumis au Conseil dans la séance du 5 juillet 1890, le soin de préparer l’installation complète des arbres de transmission et des machines dynamo-électriques également prévues par ce projet.
- La Société de Physique désirait que tous ces travaux d’installation pussent être terminés pour l’époque des vacances de Pâques en vue des séances du soir qu elle avait projeté d’organiser pour ce moment, comme elle le fait ordinairement chaque année.
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- On sait que, d’après la décision rappelée ci-dessus, la Société d’Encou-ragement n’a pris à sa charge que l’installation des canalisations fixes qui ne pourraient être mises en place ou modifiées sans risquer de dégrader l’immeuble et qu’elle a admis que les appareils d’éclairage électrique, avec leurs conducteurs volants venant se rattacher aux prises de courant, ménagées dans chaque salle, devraient être fournis par les sociétés qui voudraient éventuellement réaliser l’éclairage électrique de l’hôtel.
- La Société de Physique avait dû, par suite, se préoccuper de se procurer et d’installer, en vue des séances qu’elle projetait, les appareils d’éclairage nécessaires, lampes à arc et lampes à incandescence avec leurs accessoires d’appareillage.
- La maison Sautter, Harlé et Cie avait été chargée par elle de lui fournir ces appareils.
- Cette maison voulait bien aussi mettre à sa disposition pour les séances dont il s’agit une machine dynamo-électrique de 120 volts et 25 ampères, destinée à compléter l’organisation qui avait été prévue pour les générateurs d’électricité.
- Cette maison se trouvait ainsi chargée de réaliser l’organisation complète des réseaux et des appareils électriques de destinations variées qui constituaient l’ensemble des dispositifs prévus.
- C’était pour la Commission une occasion excellente de s’assurer que toutes ces installations seraient réalisées dans les conditions voulues pour assurer le bon fonctionnement des diverses parties et de l’ensemble.
- Elle a suivi avec soin les travaux et s’est assurée qu’ils étaient exécutés conformément aux projets arrêtés et avec les précautions nécessaires pour éviter toute chance d’accident ou de méprise dans l’emploi des divers circuits électriques.
- Nous ne pensons pas qu’il soit utile d’entrer ici dans le détail des dispositions prises ; nous rappellerons seulement que, conformément au programme arrêté dans la séance du 5 juillet 1890, il a été établi, pour desservir les différentes salles, des circuits distincts affectés respectivement aux différentes applications que l’on peut avoir à faire de l’énergie électrique.
- Un grand tableau de distribution installé dans la salle des machines renferme les commutateurs, les clés de manœuvre, les résistances et les instruments de mesure nécessaires pour le service de ces différents circuits.
- Toutes ces installations ont été réalisées avec un soin qui fait honneur à la maison Sautter, Harlé et Cie.
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- Les transmissions de mouvement et les installations des machines dynamo-électriques ont pu, ainsi que les appareils d’éclairage, être mis en place pour la date indiquée par la Société de Physique, et dès le 27 mars, la Commission a pu assister aux essais de mise en marche de tous les appareils et s’assurer ainsi que toutes les parties des installations prévues étaient établies dans les conditions voulues pour réaliser le résultat cherché et assurer un bon service.
- La Société a pu d’ailleurs elle-même juger, au moins partiellement, des résultats obtenus, dans la séance du 10 avril, où l’on a fait fonctionner les différents moteurs à air et allumé les lampes à incandescence qui, simplement adaptées sur les appareils d’éclairage au gaz en service, ont pu être provisoirement laissées en place sans nuire à l’aspect décoratif de ces derniers.
- En résumé, notre Société est aujourd’hui pourvue des installations dont elle avait décidé l’établissement en vue de permettre l’emploi, dans'les différentes salles de son hôtel, de l’énergie électrique sous ses différentes formes et en vue de donner également le moyen de disposer d’une force motrice produite par l’air comprimé et applicable à certaines expériences.
- La Commission s’est assurée que ces installations ont été réalisées dans des conditions tout à fait satisfaisantes et sans donner lieu à aucun des inconvénients que l’on aurait pu redouter.
- Les dépenses sont restées dans les limites prévues au projet.
- Les mémoires des constructeurs se sont élevés, en effet, au total à 16981 fr. 80, sur lesquels 15000 francs pourront être soldés sur le crédit spécialement voté pour les travaux; le restant, soit 1 981 fr. 80, sera prélevé sur les fonds prévus pour les travaux d’entretien et de grosses réparations de l’immeuble pendant l’exercice 1891.
- Ces sommes, toutefois, ne comprennent pas la valeur des petits moteurs à air comprimé placés dans les deux salles des séances du premier étage et du rez-de-chaussée, de la machine dynamo-électrique pour transmission de force et des appareils d’éclairage électrique amovibles.
- L acquisition de ces appafieils n’avait pas été prévue, en effet, dans le projet et restait réservée comme éventualité pour l’avenir.
- Cette acquisition ne s’impose pas actuellement, puisque la Compagnie Popp veut bien laisser les petits moteurs gratuitement à notre disposition, et que la maison Sautter, Harlé et Cie a fourni, dans les mêmes conditions, la
- machine dynamo de 120 volts et les lampes à incandescence qui sont restées en place.
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- Cette maison pourra enlever ces lampes quand on lui en fera la demande, mais elle offre de les laisser, si on le désire, sans d’ailleurs fixer de délai ferme pour leur acquisition.
- La Commission croit devoir faire remarquer qu’en laissant ainsi ces lampes montées, on permettrait aux Sociétés qui utilisent notre hôtel pour leurs réunions de recourir à volonté pour leurs séances, et sans frais spéciaux se répétant à chaque fois, à l’éclairage électrique ou à l’éclairage au gaz, ou même aux deux éclairages combinés, et cette faculté augmenterait sans doute les attractions sur lesquelles nous avons compté, dans une certaine mesure, pour accroître nos revenus par de nouvelles ou plus fructueuses locations.
- A ce point de vue, la Commission est d’avis que la Société aurait intérêt à faire l’acquisition de ces appareils d’éclairage lorsque l’état de ses finances le lui permettra, ce qui nécessitera d’ailleurs une dépense peu importante.
- La Commission ne considérerait pas son oeuvre comme terminée si elle ne se préoccupait pas des mesures à prendre pour assurer le service des installations électriques et mécaniques qui y ont été réalisées.
- Ces installations qui comportent des parties délicates et des organes dont l’emploi exige un certain apprentissage ou même des connaissances spéciales ne pourraient sans inconvénient être laissées sans entretien ni être confiées au premier venu.
- Il convient donc d’en confier la direction à un employé compétent qui puisse leur faire donner les soins d’entretien voulus et qui puisse guider et diriger les personnes qui auront à les manier ou à s’en servir.
- Il était désirable d’obtenir ce résultat avec le personnel dont dispose déjà la Société.
- La Commission a eu, pendant l’exécution des travaux, l’occasion d’utiliser la bonne volonté du bibliothécaire M. Castagnol, qui s’est offert pour suivre journellement la marche des installations, pour veiller à l’observation de ses recommandations et même pour procéder aux différents essais qu’elle a fait exécuter.
- La Commission propose, avec son consentement, de le préposer au service de ces installations mécaniques et électriques.
- Elle a préparé à cet effet, avec sa coopération, un projet de règlement qu’elle joint à ce rapport et qui fixe les règles d’après lesquelles les sociétés qui tiennent leurs séances dans notre hôtel pourraient faire usage des installations dont il s’agit.
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- Il indique également les obligations qui incombent à l’agent chargé du service de ces installations et les attributions qui lui seraient d’autre part
- dévolues.
- Ce projet est précédé d’une description sommaire de ces installations et de leur usage et il nous paraîtrait utile, si le Conseil l’approuve, de l'insérer au Bulletin avec les légendes et figures nécessaires pour en rendre la lecture plus facile.
- 11 est accompagné d’un projet de tarif destiné à fixer les redevances qu’auraient à payer les sociétés faisant usage des installations dont il s’agit.
- Ce tarif a été établi de façon à couvrir la Société d’Encouragement des frais qu’entraînera effectivement la mise en marche des moteurs, tels que salaires des mécaniciens, frais de consommation de l’air comprimé, etc., et aussi de façon à lui assurer, au moins dans une certaine mesure, l’intérêt des fonds qu’elle a dû débourser pour l’acquisition des machines et des appareils électriques et le remboursement des dépenses qu’elle a à prévoir pour les frais d’entretien et de service général des installations.
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- RÈGLEMENT RELATIF A LA LOCATION DES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES ET D’AIR COMPRIMÉ DE l’hÔTEL DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Les installations électriques et d’air comprimé de l’hôtel de la Société d Encouragement peuvent être mises à la disposition des sociétés locataires de 1 immeuble et des organisateurs de conférences ou réunions occupant l’une des salles publiques de l’hôtel de la Société.
- Le présent règlement a pour but de fixer les conditions de cette location, soit en ce qui concerne la redevance pécuniaire qu’elle comporte, soit au point de vue de la conservation du matériel et de la sécurité.
- Règlement. Un ingénieur désigné par la Société d’Encouragement est
- chargé de la direction du service des appareils et machines faisant partie des
- installations précédemment décrites.
- Les sociétés locataires doivent s’adresser à lui pour toutes les opérations Tome VII. — 91e année. 4e série. — Février 1892.
- Il
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- ayant pour effet d’utiliser ces installations et en général pour tous renseignements ou réclamations concernant ce service.
- Il est chargé de veiller à l’observation du présent règlement, et assure l’exécution des mesures de précautions relatives à la sécurité, à l’entretien des locaux et à la conservation du matériel.
- Il a sous ses ordres le personnel chargé de la mise en marche des machines et peut requérir le concours du personnel delà Société pour le service des installations précédemment décrites.
- Il doit faciliter autant qu’il lui est possible aux sociétés locataires la mise en œuvre des divers appareils ou machines, et les aider dans les dispositions qu’elles pourront avoir à prendre pour leur utilisation ou leur fonctionnement.
- Il est dépositaire des clefs des locaux et appareils, et notamment des clefs des cadenas condamnant les robinets.
- Le fonctionnement des machines et la mise en œuvre des appareils se feront par l’intermédiaire de mécaniciens et électriciens choisis par la Société d’Encouragement et mis par elle à la disposition des sociétés locataires.
- Celles-ci devront, à cet effet, s’entendre, en temps utile, avec l’ingénieur chargé du service des machines, en lui faisant connaître la nature des expériences qu’elles se proposent d’exécuter ou des appareils qu’elles désirent mettre en œuvre, afin qu’il puisse prendre ses dispositions pour s’assurer le concours du personnel nécessaire.
- Toutefois, si ces sociétés en font expressément la demande et s’il s’agit seulement de l’emploi des petits moteurs à air comprimé, elles pourront être autorisées à faire directement usage de ces moteurs, sans l’intervention des mécaniciens choisis par la Société d’Encouragement, mais dans ce cas ces sociétés resteront responsables des accidents ou détériorations qui pourraient survenir.
- D’autre part, et au moins jusqu’à nouvel ordre, la Société d’Encouragement ne s’engage pas à fournir les appareils d’éclairage électrique à adapter aux prises de courant réservées dans les différentes salles. Les sociétés qui voudront installer un éclairage électrique pour leurs séances devront donc fournir et mettre en place ces appareils d’éclairage et en resteront responsables.
- Tarif de location. — Les prix de location, pendant une séance, des appareils mécaniques et électriques installés dans l’hôtel de la Société d’Encouragement sont fixés de la façon suivante :
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- Pour la location du moteur de 16 chevaux, des machines dynamoélectriques et des circuits et accessoires destinés, soit à l’éclairage électrique, soit à des expériences, y compris 1 mécanicien et 1 électricien : 50 francs.
- Même location, sans l’électricien : 40 francs.
- Pour la location d’un petit moteur à air comprimé, y compris 1 mécanicien : 20 francs.
- Même location, sans mécanicien : 10 francs.
- Ces prix ne comprennent pas le prix de l’air dépensé qui sera payé à part, d’après la consommation indiquée par le compteur, et au prix du tarif de la Compagnie Popp. (Ce prix est actuellement de 0 fr. 0151e mètre cube réduit à la pression atmosphérique.)
- Il ne sera rien payé pour l’emploi du ventilateur.
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- DESCRIPTION DES INSTALLATIONS d’ÉLECTRICITÉ ET d’AIR COMPRIMÉ FAITES DANS l’hÔTEL DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE.
- La présente description a pour but de faire connaître les travaux que la Société d Encouragement pour l’industrie nationale a fait exécuter dans son hôtel pour permettre d’obtenir, dans les séances publiques, l’éclairage électrique des principaux locaux et pour mettre à la disposition des conférenciers et des personnes désirant présenter des appareils ou des inventions, la force motrice et les moyens nécessaires pour actionner ces appareils et pour réaliser certaines expériences.
- Ces travaux comprennent des installations d’air comprimé et des installations électriques.
- Les installations d’air comprimé comportent :
- 1 Une canalisation intérieure reliée à la canalisation municipale établie sur le boulevard Saint-Germain par la Compagnie parisienne de l’Air comprimé (procédés Victor Popp) et desservant la salle des machines, les deux grandes salles des séances du rez-de-chaussée et du premier étage et la cage des appareils de ventilation dans les combles;
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- 2° Un moteur principal à air comprimé de la force nominale de 16 chevaux, installé dans la salle des machines du rez-de-chaussée et destiné spécialement à mettre en mouvement les machines électriques ;
- 3° Des petits moteurs à air comprimé de forces diverses pouvant être placés dans les deux salles des séances pour être mis à la disposition des expérimentateurs ;
- 4° Un petit moteur à air comprimé installé à poste fixe pour la commande du ventilateur de la grande salle.
- Les installations électriques comprennent :
- 1° Des canalisations électriques reliant la salle des machines du rez-de-chaussée aux différents locaux dans lesquels peuvent être disposés des appareils d’éclairage et particulièrement aux deux salles publiques dans lesquelles peuvent en outre être installés des appareils de projection et des appareils électriques divers. Ces canalisations comportent des circuits distincts pour l’éclairage à arc, l’éclairage à incandescence, les lampes de projection et les appareils d’expériences divers. Elles sont pourvues de dispositifs accessoires pour la distribution, le réglage et la mesure des courants produits.
- 2° Une machine dynamo-électrique génératrice spéciale pour l’éclairage.
- 3° Une machine dynamo-électrique génératrice, pour les expériences de transmission de force ou autres.
- 4° Des prises de courant pour l’installation éventuelle de lampes à arc dans les locaux servant aux séances publiques et des prises de courant pour lampes à incandescence.
- La communication du mouvement du moteur de 16 chevaux aux machines dynamo-électriques se fait à l’aide d’un arbre de transmission intermédiaire, commandé par courroies et pourvu d’organes de débrayage installés d’une façon particulière.
- Nous décrirons successivement en détail les installations d’air comprimé, les transmissions et les installations électriques.
- INSTALLATIONS d’àIR COMPRIMÉ
- Les installations d’air comprimé comprennent :
- 1° Un système de conduites d’air comprimé ;
- 2° Un aéromoteur fixe de 16 chevaux et ses accessoires;
- 3° Trois petits moteurs et leurs accessoires. L’un de ces moteurs, placé à poste fixe, actionne le ventilateur de la grande salle des séances; les deux autres, laissés mobiles, sont destinés aux salles publiques du rez-de-chaussée et du premier étage.
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- Conduites d’air comprimé. — L’air comprimé arrive dans la salle des machines (pl. 70) par un tuyau a qui prend naissance sur la conduite du réseau urbain de la rue Saint-Benoît et amène l’air successivement dans un compteur, dans un régulateur de pression, dans un réchauffeur et finalement dans l’aéromoteur à 16 chevaux. La disposition de ces divers appareils est représentée (pl. 72).
- Un système de conduites, commandé par un robinet spécial, est branché sur ce tuyau d’origine, il sert à amener l’air comprimé dans les deux salles publiques du rez-de-chaussée et du premier étage pour le service des petits moteurs. De chacune de ces salles part en outre un tuyau d’évacuation aboutissant à la petite cour de l’hôtel et destiné à conduire au dehors l’air employé de manière à éviter le bruit de la détente.
- Dans les deux salles, ces tuyaux ont des dimensions qui permettent le fonctionnement de moteurs de 4 chevaux, et ils sont munis de divers ajutages correspondant à l’emploi éventuel de moteurs de forces diverses.
- Ventilation de la grande salle des séances. — Une conduite d’air comprimé, branchée sur la canalisation précédente et dépendant du même robinet de commande, pénètre dans les combles situés au-dessus de la grande salle des séances; elle sert à actionner un petit moteur de 1/3 de cheval commandant un ventilateur qui peut refouler l’air dans la grande salle (pl. 71) par l’intermédiaire de trois gaines de ventilation.
- Ces gaines aboutissent chacune à deux grilles de diffusion verticales v, v, situées dans la salle, à la partie inférieure des murs dont elles continuent le parement : l’une des gaines est placée au fond de la salle, derrière l’estrade, les deux autres sont dans le voisinage de la porte d’entrée, l’une à droite, l’autre à gauche, sur les grands côtés de la salle.
- Des registres placés dans les gaines permettent de réduire ou de supprimer complètement l’arrivée de l’air, malgré le fonctionnement du ventilateur. La marche de celui-ci peut d’ailleurs être modérée à volonté en manœuvrant un robinet placé dans les combles.
- L air comprimé qui a servi à faire marcher le petit moteur des combles est évacué au dehors sur une terrasse voisine.
- Aéromoteur de 16 chevaux. —Le moteur de 16 chevaux installé dans la salle des machines est du type dit pilon (pl. 72, fig. 2), il a été construit par la maison Jean et Peyrusson de Lille. Il ne diffère pas d’une machine à vapeur ordinaire à détente variable à la main, système Meyer.
- Le diamètre du piston est de 285 millimètres et sa course de 200 millimètres.
- Pendant les essais au frein qui ont été faits lors de la réception, ce moteur a développé une puissance qui a atteint 16 chevaux-vapeur en marche normale à la vitesse de 175 tours par minute et a dépassé 20 chevaux-vapeur, à la vitesse de
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- 200 tours. Il est donc capable de fournir largement l’énergie nécessaire aux dynamos qu’il commande.
- L’air comprimé arrive à l’aéromoteur à sa sortie du réchauffeur; il se détend et se refroidit dans le cylindre, puis s’échappe au dehors. Afin d’éviter le bruit et les trépidations considérables qui se produisent à l’évacuation, l’air est dirigé à sa sortie du moteur dans un gros tuyau en plomb qui descend verticalement dans la cave de la salle des machines, et aboutit à une boîte d’étouffement établie aussi loin que possible des murs de l’hôtel.
- Le moteur repose par l’intermédiaire d’une garniture de feutre sur une assise de bois de chêne de 0m,18 de hauteur; au-dessous est disposée une seconde couche de feutre qui recouvre un socle en briques de 0m,30 de hauteur, ce socle a lm,lo de long et 1m, 10 de large. Il est supporté par un massif en maçonnerie qui traverse dans toute sa hauteur la cave située sous la salle des machines et qui repose sur le sol par l’intermédiaire d’une fondation en béton de 2m,40 de longueur, 2m,20 de largeur et 0m,50 de profondeur. Ce massif construit sur plan rectangulaire a 3 mètres de hauteur, lm,70 de long et lm,50 de large à sa partie supérieure; au niveau du sol sa longueur est de 2m,30 et sa largeur de 2m,10 ; ses parements sont par suite inclinés avec un fruit de 1/10.
- Le moteur est fixé sur ce massif par 4 boulons d’ancrage correspondant aux trous pratiqués dans les angles de la base en fonte du bâti. Chacun de ces boulons est constitué par une tige de fer verticale de 2 mètres de longueur, presque entièrement noyée dans la maçonnerie et portant à sa partie inférieure un œil à travers lequel passe une barre de fer servant d’ancre et établissant la solidarité entre le boulon et le massif maçonné ; à sa partie supérieure le boulon d’ancrage se dégage de la maçonnerie, traverse successivement le couronnement en brique, la couche de bois de chêne et les garnitures de feutre et passe par l’un des trous de la base du moteur; à ce niveau il est fileté jusqu’à son extrémité supérieure qui porte un écrou et un contre-écrou; ceux-ci, fortement serrés, relient le moteur à la masse des maçonneries qui, de cette façon, contribue à diminuer par son inertie l’effet des vibrations.
- Les appareils accessoires sont représentés (pl. 72) dans la situation même qu’ils occupent dans la salle des machines. Ils comprennent :
- 1° Un réchauffeur A;
- 2° Un régulateur-détendeur B;
- 3° Un compteur d’air C ;
- 4° Et enfin un manomètre D donnant la pression de l’air comprimé, soit en amont, soit en aval du régulateur.
- Les trois premiers appareils sont représentés en détails fig. 4, 2, 3 du texte.
- Ils sont d’un modèle spécial à la Compagnie parisienne de l’Air comprimé et figurent au nombre des dispositifs brevetés au nom de cette Société.
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- 1° Réchauffeur. — L’air comprimé, avant de pénétrer dans le moteur, passe par un réchauffeur. Cet appareil a pour but d’amener l’air à une température élevée afin de lui communiquer une énergie aussi, grande que possible sous forme de chaleur ; cette énergie est ensuite utilisée dans le moteur pendant la détente et les chutes de température qui en résultent. On augmente ainsi le rendement de ce moteur et l’on évite les inconvénients qui peuvent résulter des congélations qui se produisent à l’évacuation de l’air froid.
- Le réchauffeur est représenté figure i, il se compose d’un calorifère cylindrique, à la partie inférieure duquel l’air comprimé froid arrive et pénètre dans une série de tuyaux verticaux. Ceux-ci sont reliés en haut par des coudes et montés à la partie inférieure sur une bride annulaire, boulonnée elle-même sur une boîte en gouttière annulaire munie de cloisons, de manière à permettre la communication de deux tuyaux consécutifs. La bride est réunie à la cuvette par un joint en amiante.
- Un porte-grille circulaire, posé sur la bride, porte les barreaux mobiles de la grille du calorifère. Ce porte-grille est surmonté d’une pièce circulaire ou manchon réfractaire destiné
- Fig. 1. — Récliaufïeur d’air.
- à garantir les tuyaux contre une chaleur trop forte qui pourrait les détériorer. L appareil tout entier repose sur un socle en fonte dont le plateau est percé de trous pour permettre l’enlèvement des cendres.
- Le tout est entouré d’une enveloppe cylindrique surmontée d’un chapiteau teiminé par une gorge circulaire dans laquelle on place le couvercle. Le joint est
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- formé par une couche de sable fin. Une seconde enveloppe en tôle entoure la précédente, et l’espace annulaire qui les sépare est rempli d’une garniture calorifuge. Les produits de la combustion, après avoir chauffé les tuyaux d’air comprimé, s’échappent dans un tuyau de cheminée; on a disposé dans ce dernier un souffleur qui reçoit un jet d’air sous pression et détermine un tirage énergique.
- 2° Régulateur-détendeur. — Le régulateur-détendeur a pour but d’amener
- l’air au moteur de 16 chevaux sous unepression déterminée et de maintenir cette pression constante.
- Cet appareil se compose essentiellement d’une boîte horizontale représentée figure 2. Dans cette boîte pénètre le tuyau d’arrivée de l’air à la suite duquel est disposée une bague mobile de même diamètre et de même épaisseur K, commandée par une tige verticale F. A la partie supérieure, cette tige porte un piston M qui glisse dans un cylindre N vissé sur la boîte; ce cylindre communique par le bas avec le tuyau d’arrivée de l’air, Fig. 2. — Régulateur-détendeur. dont la pression s’exerce
- par conséquent au-dessous du piston; sa tige descend verticalement dans un presse-étoupes O et se termine au-dessous de la boîte par une fourche articulée avec un levier P qui est lui-même articulé à l’une de ses extrémités sur l’une des parois de la boîte, tandis que l’autre est chargée d’un contrepoids Q dont le point d’attache sur le levier peut varier. Ce contrepoids abaisse le levier, la tige verticale avec la bague qu’elle commande et le piston qui lui est fixé : par suite l’air comprimé traverse la bague et remplit l’intérieur de la boîte, pour s’échapper par des orifices R disposés sur le pourtour du tuyau d’échappement ; l’air agit en même temps sur le piston qui remonte aussitôt et tend par conséquent à relever le levier et son contrepoids.
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- Ce contrepoids, suspendu en un point couvenable du levier, permet de réaliser une pression d’air déterminée dans l’intérieur de la boîte et par suite dans le conduit d’échappement : si par exemple la pression de l’air traversant la boîte vient à diminuer, le piston, sollicité par le contrepoids, s’abaisse, entraîne la bague et laisse passer une plus grande quantité d’air dans le même temps; si la pression de l’air augmente, le mouvement inverse se produit.
- Au sortir du régulateur, le conduit d’air communique avec un réservoir vertical E reposant sur le sol. Cette disposition a pour but d’amortir les chocs qui pourraient se produire dans la conduite à la suite de chaque admission d’air dans le moteur. Le volume de ce réservoir est à peu près égal à la capacité du cylindre du moteur.
- A sa partie inférieure, il porte un robinet de purge pour l’eau de condensation.
- 3° Compteur d'air comprimé. — Le compteur d’air comprimé est représenté fig. 3.
- L’air arrive d’abord par la conduite A dans une chambre circulaire, soulève les clapets d’admission et pénètre enfin dans le réservoir B du
- Fig. 3. — Compteur d’air comprimé.
- compteur. A 1 entrée de
- ce réservoir est disposée une roue à ailettes en nickel, montée sur un arbre vertical, lequel est muni à sa partie supérieure d’une vis sans fin qui actionne un mouvement d’horlogerie ; ce mécanisme est placé dans une petite boîte cylindrique à la partie supérieure de l’appareil. L’air en entrant dans le réservoir vient frapper les ailettes D et imprime à la roue un mouvement de rotation. Le volume d’air qui traverse 1 appareil est ainsi évalué et enregistré parle nombre de tours de la roue.
- Après avoir traversé le réservoir de bas en haut, l’air pénètre par des orifices F situés à la partie supérieure dans un conduit annulaire G et s’échappe ensuite en H. Deux soupapes de sûreté sont destinées à fonctionner en cas d’accident.
- La partie supérieure de la boîte renfermant le mouvement d’horlogerie est feimée par une glace à travers laquelle on voit les cinq cadrans enregistreurs. Ils portent chacun dix divisions numérotées de 1 à 10. Les quatre premiers Tome VII. — 91e année. 4e série. — Février 1892. 12
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- cadrans portent respectivement les indications : mille, centaines, dizaines, unités; quant au cinquième, ses divisions représentent des dixièmes, lorsque son aiguille a fait un tour complet l’aiguille du cadran unités avance d’une division, et ainsi de suite pour les autres. Le nombre qui résulte de l’ensemble des indications de ces cadrans, doit être multiplié par un certain coefficient dépendant de la pression de l’air et représente alors le volume d’air dépensé, ramené à la pression atmosphérique. Une table donne, en regard des différentes pressions que l’air comprimé peut atteindre, les coefficients à appliquer; elle est gravée sur le couvercle de la boîte du mouvement d’horlogerie, au-dessous des cadrans enregistreurs.
- La table suivante est la reproduction de celle que porte le compteur placé sur la conduite qui amène l’air au moteur de 16 chevaux installé dans la salle des machines de l’hôtel de la Société.
- 1 kilog. = 8 unités. 2. ... x 12 ,3. ... x 16 4. . . . x 20
- b. . . . X 24
- La pression à laquelle l’air est généralement employé est de 4 kilog. et demi; dans ce cas, le coefficient qui permet d’obtenir le volume de l’air dépensé est 22.
- Petits moteurs. —La Compagnie parisienne de l’Air comprimé a installé dans l’hôtel de la Société d’Encouragement trois petits moteurs rotatifs dont les forces respectives sont : 1 cheval; 1/2 cheval; 1/3 de cheval environ. Ce dernier est établi à poste fixe dans les combles et sert à actionner le ventilateur.
- Les deux premiers ont été mis gracieusement à la disposition de la Société, par la Compagnie parisienne de l’Air comprimé qui a bien voulu promettre en outre de les échanger plus tard contre des machines plus puissantes, s’il était nécessaire.
- Ces deux moteurs sont destinés à la salle publique du premier étage et à la grande salle des séances. Us peuvent l’un et l’autre fonctionner isolément, ou être réunis et mis en œuvre à la fois dans l’une quelconque de ces salles.
- Ces deux moteurs sont construits sur le type représenté fig. 4, partie en élévation, partie en coupe. Quant au moteur qui actionne le ventilateur, il est également de ce système; mais il ne comporte ni régulateur à force centrifuge, ni détente variable. La Compagnie parisienne de l’Air comprimé supprime en effet ces organes dans les moteurs dont la force est inférieure à 1/2 cheval.
- Les parties essentielles et caractéristiques du type représenté fig. 4 sont :
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- un piston de forme elliptique tournant autour d’un axe excentré, un régulateur à boule avec levier commandant la détente, un graisseur automatique.
- Piston ellipsoidal. — Le piston se compose d’un bloc métallique perforé dont les surfaces planes sont dressées et appliquées contre le cylindre, de façon à obtenir une étanchéité parfaite. Il est traversé par une ouverture rectangulaire dans laquelle passe barbre du moteur. A chaque extrémité du grand diamètre du piston est pratiquée une ouverture dans laquelle vient se loger un segment mobile. L’étanchéité est assurée par l’interposition de pièces de cuir contre le piston dans le logement de ces segments, et de plus, par deux petits ressorts fixés dans le corps du piston et qui pressent continuellement les segments mobiles contre les parois du cylindre.
- Régulateur à détente variable. — Le régulateur à détente variable est représenté avec le petit moteur (fig. 4). Il présente les dispositions suivantes :
- Un tiroir A, mobile dans sa boîte, obstrue plus ou moins complètement l’orifice d’admission de l’air et règle ainsi la détente. Il est actionné par une tige horizontale faite en deux parties B et G ; à l’extrémité de celle-ci tourne un galet D. Ce dernier est commandé par une came double symétrique E calée sur l’arbre même du moteur, et se trouve appliqué contre cette came par la pression qui règne dans la boîte à tiroir et par un ressort antagoniste.
- La tige du tiroir B se meut horizontalement dans un guide presse-étoupe, qui porte, dans sa partie moyenne, une échancrure pour le passage d’une fourche
- F'ig. 4. — Petit moteur à air comprime.
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- actionnée par le régulateur à force centrifuge F. Les deux extrémités contiguës des deux portions B et C de la tige coupée du tiroir sont l’une mâle, l’autre femelle ; la fourche vient se mettre à cheval sur l’extrémité amincie de la partie mâle et touche, par ses deux joues, les abouts des deux moitiés de la tige ; ces abouts sont taillés en biseau afin de diminuer les frottements en rendant le contact minimum.
- Il résulte d’une pareille disposition qu’aucun déplacement relatif des deux moitiés de tige, ne peut se produire, sauf l’écartement ou le rapprochement dans le sens horizontal. Les deux joues de la fourche sont inclinées, de sorte que sa descente détermine l’écartement des extrémités biseautées des deux moitiés de tige; ainsi, lorsque la fourche est arrivée au point le plus bas, cet écartement est maximum et le tiroir recouvre entièrement l’orifice du distributeur.
- Pour étudier une révolution du piston, supposons-le d’abord au point mort, son axe est alors horizontal et sa surface excentrée, nulle : il ferme à la fois les orifices d’admission et d’échappement; mais l’échappement de l’air a eu lieu. Immédiatement après, par suite de l’ouverture du tiroir, l’air comprimé arrive à Ja partie supérieure du piston, du côté opposé à l’échappement; cette pression agit de concert avec les deux ressorts à boudin ci-dessus mentionnés pour appliquer les segments mobiles contre la paroi du cylindre; en même temps, elle s’exerce sur la surface excentrée du piston qu’elle fait tourner. Cette surface excentrée, d’abord très petite, augmente de plus en plus jusqu’à ce que le piston soit au milieu de sa course ; ce point dépassé, elle diminue progressivement jusqu’à devenir nulle au moment où l’échappement a lieu et où une nouvelle révolution va s’opérer.
- Pendant cette révolution du piston, le tiroir actionné par sa came fait varier l’arrivée de l’air comprimé, la pleine admission n’agit que pendant une certaine partie de la course, et ce laps de temps est en rapport avec l’état du régulateur à force centrifuge; l’expansion de l’air agit pendant le reste de la période. Supposons par exemple le moteur au repos et les bras du régulateur abaissés, la fourche est dans sa position la plus élevée, les bouts biseautés des deux portions delà tige du tiroir appuient contre cette fourche dans sa partie inférieure, là où elle est le plus mince. Aussitôt le moteur en marche, le régulateur s’anime de la vitesse voulue, la fourche descend, écarte les deux moitiés de la tige qu’elle allonge et le tiroir ne découvre l’orifice d’admission que pendant un laps de temps plus court.
- La fourche peut suivre dans le sens horizontal le mouvement de la tige du tiroir, grâce à une charnière disposée à son extrémité supérieure et par l’intermédiaire de laquelle elle est actionnée par le régulateur.
- • Graisseur automatique à air comprimé. — Ce système de graisseur comporte un réservoir dliuile à la partie supérieure duquel débouche un tuyau en communication avec l’air comprimé. Un second tuyau plongeur pé-
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- nètre jusqu’au fond du récipient et établit la communication avec la partie à graisser.
- Dans les moteurs rotatifs, ce dernier tuyau aboutit à la partie supérieure d’un petit vase en verre fixé sur la conduite d’admission de l’air. Sur ce tuyau et au-dessus du vase en verre est disposé un ajutage avec vis de réglage qui permet d’augmenter ou de diminuera volonté l’arrivée de l’huile. Après avoir traversé le vase en verre, l’huile pénètre dans la conduite d’admission, elle est entraînée dans le cylindre par l’air comprimé et lubrifie les surlaces en contact.
- Transmission. —L’arbre de transmission intermédiaire est représenté pl. 73, fig. 2. Il reçoit au moyen de courroies le mouvement du moteur et le transmet de la même façon aux tambours des machines dynamo-électriques. Il repose sur des chaises'en fonte scellées dans le sol.
- Cet arbre porte une première poulie sur laquelle passe la courroie motrice et deux autres séries de poulies comprenant chacune une poulie fixe et une poulie folle pour les courroies commandant les deux machines dynamo-électriques. Une double barre de débrayage permet de faire passer à volonté chacune de ces dernières courroies de la poulie folle sur la poulie fixe et inversement.
- L’arbre de transmission ne motiverait pas une description détaillée, s’il ne présentait pas une disposition particulière sur laquelle il peut être utile d’appeler l’attention parce qu’elle constitue un perfectionnement sur les dispositions habituellement adoptées.
- On sait que dans les appareils de transmission par courroies, avec poulie fixe et poulie folle, établis dans les conditions ordinaires, la poulie folle est placée sur l’arbre de la machine commandée et que l’arbre moteur porte un tambour présentant une largeur double de celle de la courroie pour permettre le déplacement latéral de celle-ci. Cette courroie est ainsi toujours en mouvement, lors même que l’on arrête la machine commandée, et la poulie folle tourne à vide entraînée par cette courroie.
- Il y là évidemment un inconvénient assez grave lorsqu’il s’agit de machines qui doivent subir des arrêts prolongés, la poulie folle et la courroie travaillant à vide subissent, en effet, une usure en pure perte et la marche continue de ces organes crée des difficultés de service et des chances d’accident qu’il y aurait intérêt à éviter. On est conduit ainsi, dans la pratique, à faire tomber la courroie des machines que 1 on veut arrêter, mais cette solution présente à son tour un grave inconvénient, car les risques d’accident sont assez grands si l’on cherche ensuite, comme on est souvent porté à le faire, à remettre en place la courroie sans arrêter la marche du moteur.
- A première vue il semblerait que, pour faire disparaître ces inconvénients, il suffirait de placer la poulie folle sur l’arbre moteur à côté de la poulie motrice en disposant un tambour double sur l’arbre de la machine commandée ; mais, en y
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- réfléchissant, on verra que si Ton peut ainsi obtenir facilement l’arrêt de cette machine, on ne peut pas la remettre en marche à volonté à l’aide d’une barre d’embrayage ordinaire, car dans la disposition usuelle, si l’on peut facilement faire passer la courroie d’une machine de la poulie folle sur la poulie mobile, c’est parce que cette courroie est déjà en mouvement et peut ainsi, à l’aide d’une simple traction latérale, produite par la fourche d’embrayage, être entraînée à passer sur la poulie motrice.
- Toutefois on conçoit que Ton pourrait obtenir le même résultat avec la disposition indiquée ci-deisus, si au moment où l’on veut faire passer la courroie supposée en repos sur la poulie fixe motrice on donnait à la poulie folle qui porte cette courroie un mouvement susceptible d’entraîner celle-ci. On réalisera cette conception en rendant momentanément la poulie folle, montée sur l’arbre moteur, solidaire de la poulie fixe et supprimant cette liaison quand la courroie se trouvera amenée sur la poulie fixe et que la machine à commander aura été mise en marche.
- C’est cette solution qui a été appliquée par la maison Sautter, Harlé et Cie dans l’installation de l’arbre de transmission intermédiaire de la Société d’En-couragement, comme on le verra par la description ci-après (1).
- L’arbre de transmission, de 70 millimètres de diamètre et de 13m,20 de longueur repose, par l’intermédiaire de coussinets en bronze, sur des chaises en fontefsolidement fixées par des boulons de scellement dans l’aire bétonnée qui forme le sol de la salle des machines, son axe horizontal est à 0m,65 de hauteur au-dessus du sol.
- Les poulies sont réparties sur l’arbre en deux groupes, constitués chacun par deux poulies, l’une fixe et l’autre folle. La poulie folle est supportée par un manchon venu de fonte avec le palier, dans l’intérieur duquel l’arbre de transmission tourne librement. Tout à côté est calée sur l’arbre une poulie exactement de même grandeur que la précédente ; cette dernière présente dans son moyeu, sur la tranche qui regarde la poulie folle, une gorge circulaire bien dressée dans laquelle peut venir se coincer une couronne tronconique pratiquée sur le moyeu de la poulie folle; en outre, les jantes de ces deux poulies sont dressées en tronc de cône de manière à pouvoir s’engager l’une dans l’autre. La poulie folle peut se mouvoir parallèlement à elle-même en glissant sur son manchon et ce mouvement est commandé par un levier de mise en marche.
- Supposons la dynamo à l’arrêt, la courroie étant sur la poulie folle, pour effectuer la mise en marche, il suffit d’agir sur le levier; cette opération comprend
- (1) La disposition adoptée a été calquée sur celle qui existe déjà dans des conditions analogues au Laboratoire central de la marine. Un dispositif du même genre avait été antérieurement appliqué dans les usines du Creuzot pour la commande d’un certain nombre de machines-outils.
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- trois temps : dans le premier, la poulie folle glisse sur son manchon et se trouve serrée contre la poulie motrice qui lui communique son mouvement de rotation, à partir de ce moment la courroie se meut et la dynamo est actionnée. Dans le second temps, une fourche entraînée par le levier fait passer la courroie de la poulie folle" sur la poulie fixe. Dans le troisième temps, le levier étant toujours déplacé dans le même sens, la poulie folle est dégagée de la poulie motrice et s’arrête bientôt. On voit donc que l’embrayage par friction entre la poulie folle et la poulie motrice doit se produire puis cesser par le fait d’un déplacement continu et de même sens de la barre de commande; ce qui revient à dire qu’une fois l’embrayage bien assuré, le mécanisme de commande ne doit pas se trouvercoincé mais doit pouvoir continuer son mouvement pour le déplacement de la courroie, puis le débrayage de la poulie folle. Cette condition semble exiger un ajustage mathématiquement exact que la moindre usure altérerait, compromettant ainsi le fonctionnement du système. Le constructeur a paré à cet inconvénient en donnant au levier commandant le déplacement de la poulie folle une forme courbe étudiée de façon à donner l’élasticité nécessaire pour laisser une certaine marge permettant toujours de déplacer, jusqu’à fin de course, la tringle de commande, tout en assurant l’embrayage. De plus, une vis de butée a été placée au bout de l’arbre de transmission pour assurer sa position suivant l’axe, ce qui est indispensable pour le bon fonctionnement des embrayages de friction.
- Pour débrayer, on pousse à fond le levier en sens inverse, on fait ainsi passer la courroie sur la poulie folle; cette dernière sera d’abord entraînée par la courroie, mais son mouvement s’annulera bientôt en même temps que celui de la dynamo.
- L’arbre de transmission est supporté par cinq chaises en fonte que l’on peut distinguer en deux groupes : trois d’entre elles servent à supporter l’arbre, elles sont munies de paliers graisseurs; les deux autres sont d’un modèle différent, chacune de ces dernières est placée près d’un des groupes de poulies du côté de la poulie folle, elle porte à sa partie supérieure un manchon cylindrique traversé par l’arbre de transmission et autour duquel la poulie folle tourne librement.
- Le diamètre de la poulie du moteur de 16 chevaux est de lm,27 ; le diamètre des poulies de l’arbre de transmission est de 0m,65 pour celle de ces poulies qui est reliée directement avec le moteur, et de 0m,83 pour les autres poulies tant folles que fixes; enfin, les diamètres des tambours des machines dynamo sont : de 0m,30 pour la machine à lumière et de 0m,20 pour la machine destinée aux expériences.
- Ces dimensions sont en rapport avec la vitesse moyenne du moteur qui est de 175 tourspar minute, ainsi qu’avec les vitesses prévues pour les arbres des dynamos.
- , Comme on le verra plus loin, la vitesse normale de l’arbre de la dynamo à lumière est de 950 tourspar minute, elle correspond à une vitesse de 175 tours pour le moteur; de même la vitesse normale de la seconde dynamo qui est de 1 200 tours suppose pour le moteur une vitesse de 148 tours.
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- INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES ET APPAREILS ACCESSOIRES
- Les installations électriques établies dans l’hôtel de la Société d’Encoura-‘ germent se composent des appareils suivants :
- 1° Deux machines dynamo-électriques;
- 2° Un tableau de distribution;
- 3° Un réseau de conducteurs électriques comprenant 17 circuits;
- 4° Des appareils d’éclairage ;
- 5° Des instruments de mesure.
- Machines dynamo-électriques. — La salle des machines peut recevoir deux dynamos génératrices commandées au moyen de courroies par l’intermédiaire de la transmission.
- La Société dispose actuellement de deux machines : l’une affectée à l’éclairage électrique de l’immeuble, l’autre destinée à fournir les courants nécessaires à diverses expériences. Ces deux dynamos sortent des ateliers de MM. Sautter, Harlé et Cie.
- 1° Dynamo pour éclairage. — La machine affectée à l’éclairage est à courant continu, elle peut fournir un courant de 150 ampères à la tension de 75 volts, elle tourne alors avec une vitesse de 950 tours environ par minute; sa puissance électrique est par conséquent de 11000 watts : elle peut servir à alimenter, soit 160 lampes à incandescence de 16 bougies, soit 300 lampes à incandescence de 10 bougies, soit 15 lampes à arc de 100 carcels. Elle absorbe en pleine charge 20 chevaux-vapeur.
- Cette machine (pl. 73, fig. 1) est de l’ancien type à lumière système Gramme à électro-aimants plats. Le champ magnétique est obtenu par l’emploi de deux bobines rectilignes horizontales B dont les noyaux servent d’entretoises à deux bâtis verticaux en fonte M qui supportent les paliers de l’arbre C. Chaque bobine est composée de deux parties pour lesquelles l’enroulement a été disposé en sens contraire de manière à faire naître au milieu de chacune d’elles un pôle conséquent. Ces deux pôles conséquents sont de polarité opposée, de telle sorte que l’ensemble des deux bobines produit précisément l’effet que l’on obtiendrait avec deux électro-aimants ordinaires à deux branches placés en face l’un de l’autre. Chacun des pôles conséquents est muni d’une pièce polaire épanouie, et ces deux pièces constituent une cavité circulaire dans laquelle tourne l’anneau induit. Ce dernier est un anneau Gramme ordinaire composé d’un noyau en fils de fer doux, autour duquel sont disposées les bobines élémentaires, dont les points de jonction sont reliés aux lames isolées du collecteur. Le fil de l’induit a 6 millimètres de diamètre, sa résistance est de 0ohm,025.
- Cette machine est compound, les électro-aimants sont à double enroulement ; l’un, en fil de 5 millimètres de diamètre, présente une résistance de 0ohm,055;
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- l’autre, en fil fin de lmill,8 de diamètre, a une résistance de 10ohms,09. Le premier enroulement est en série avec le circuit extérieur et se trouve ainsi parcouru par le courant principal, tandis que le second est en dérivation aux bornes de la dynamo. Cette disposition a pour but de maintenir la chute de potentiel constante aux bornes, quelles que. soient les variations de résistance du circuit extérieur, et, par suite, de rendre les divers groupes de lampes, commandés par un même interrupteur, indépendants pourvu que la vitesse du moteur reste constante.
- Le bâti de la dynamo est fixé au moyen de quatre boulons sur une plaque en fonte pourvue d’une oreille, qui sert de douille à une vis de rappel. On peut par le moyen de cette vis éloigner ou rapprocher la machine de la poulie de commande et régler ainsi à volonté la tension de la courroie.
- 2° Dynamo 'pour expériences. — La seconde machine dynamo-électrique B (pl. 73, fig. 1) est à courant continu comme la première, c’est le type le plus récent construit dans les ateliers de la maison Sautter,
- Harlé et Cie. Elle présente sur les machines de l’ancien type de très sérieux avantages, dont les principaux sont : un rendement supérieur, un volume moins encombrant, une plus grande facilité de conduite et de démontage qui provient de la grande simplicité de ses divers organes. Cette machine peut fournir un courant de /
- 60 ampères, sous une différence de potentiel de 120 volts, à la vitesse de 1 200 tours par minute environ; elle absorbe alors 12 chevaux-vapeur 1/2.
- Le champ magnétique est produit au moyen de deux électro-aimants verticaux 1,1 de sections rectangulaires; ils sont compris entre deux masses polaires P, P'a lésées de manière à présenter un évidement central, où se trouve logé l’anneau induit E. La pièce polaire inférieure, ainsi qu’un des paliers sont venus de fonte avec le bâti de la machine. Le chapeau supérieur P' est fixé simplement aux noyaux de fer doux par deux boulons; le second palier est démontable, afin que l’on puisse enlever facilement la bobine sans soulever la pièce polaire supérieure. • .
- L’induit est un anneau Gramme formé par des rondelles en tôle; toutes ces rondelles sont isolées les unes des autres et sont montées sur une poulie en bronze calée sur l’arbre. Sur l’anneau ainsi constitué et très fortement isolé sont enroulées les sections qui sont reliées au collecteur.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Février 1892. 13
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- Porte-balais.
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- Fig. 6. — Graissage des paliers.
- Il est nécessaire, à mesure que le débit augmente ou diminue, de changer le calage des balais, c’est-à-dire de les déplacer légèrement sur le collecteur jusqu’à une position pour laquelle il ne se produit plus d’étincelles. Ce résultat est obtenu par le dispositif ci-contre (fig. 5). Les balais sont fixés sur un porte-balais D mobile autour de l’axe A de la dynamo et porté par une saillie du palier du côté du collecteur. Une vis de serrage n sert à maintenir le porte-balais dans la position qu’on lui a donnée en agissant sur la poignée m. Les balais, représentés en pointillé sur la figure, sont fixés par la pression d’une vis d dont l’écrou k est mobile autour d’un axe O. Cet axe est fixé parallèlement à l’arbre de la dynamo sur le support du porte-balais D. Le contact des balais avec le collecteur est assuré par les ressorts r dont la tension peut être réglée en faisant tourner un bouton moleté. II est nécessaire de pouvoir lever les balais de ihanière à empêcher le contact avec le collecteur. Dans ce but, la douille k (fig. 6) porte une vis p dont l’extrémité se meut dans une rainure circulaire y pratiquée sur l’axe, de plus cet axe porte encore, en un point convenable de la gouttière, l’encoche x. Pour lever le balai et le mettre au cran d’arrêt, on le soulève et on le fait glisser sur son axe de façon que la vis vienne se loger dans l’encoche x.
- Le graissage des paliers s’effectue automatiquement au moyen d’une bague a (fig. 7) entraînée avec l’arbre dans son mouvement de rotation. Cette bague plonge par en bas dans le réservoir d’huile II. Une petite fourche en fil de fer /recueille l’huile entraînée à la partie supérieure et la déverse dans les pattes d’araignée du coussinet en bronze ; cette fourche empêche aussi la bague de venir s’appliquer et de rester collée contre l’une des parois verticales de son logement. L’écoulement de l’huile se fait par un robinet situé à la partie inférieure du palier.
- La plaque à vis employée dans la dynamo précédente pour tendre la courroie qui la commande est ici avantageusement remplacée par deux rails R fixés inférieurement par des boulons b. Le mouvement est déterminé par quatre vis de butée V et guidé par quatre crochets qui au repos s’engagent soüs les rails par-dessous et assurent l’immobilité de la machine.
- La dynamo est reliée à une plaque de fondation dite plaque d’essais qui est elle-même fixée sur le sol par des boulons de scellement disposés de façon à pouvoir être enlevés sans laisser sur le sol aucune saillie.
- Fig. 1. —Graissage des paliers.
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- A cet effet, ces boulons de scellement, qui présentent une tête méplate, s’engagent par cette tête dans des boîtes de scellement en fonte en forme de pyramides tronquées qui sont placées à poste fixe dans le sol où elles affleurent (fig. 8). Le vide ménagé à l’intérieur de ces boîtes présente à la partie supérieure une ouverture rectangulaire livrant passage à la tête méplate du boulon quand celle-ci est présentée dans l’orientation voulue ; l’ouverture est disposée de façon que le boulon une fois engagé puisse faire un quart de tour dans le sens habituel de la rotation des vis, avant que sa tête ne se trouve arrêtée par une butée qui le maintient immobile si l’on essaie de continuer le mouvement de rotation.
- La plaque de fondation est assujettie par quatre boulons de scellement ainsi disposés; ils s’engagent dans quatre trous ménagés aux angles de cette plaque et sont fixés à l’aide d’écrous vissés sur leurs extrémités filetées.
- Cette plaque est du type de celles dont on se sert dans les ateliers de construction mécanique et qui ont pour but de permettre de remplacer facilement une machine par une autre. Elle se compose d’une table carrée d’un mètre de côté présentant six rainures parallèles, placées par groupes de trois et distantes dans chaque groupe de 0m,10 d’axe en axe. Ces rainures ont une section en forme de T renversé, elles débouchent à leurs deux extrémités sur les tranches opposées de la plaque, leur section est de 40 millimètres à la surface de la plaque et de 60 millimètres dans la partie la plus large.
- Pour monter une machine sur une plaque ainsi disposée, on se sert de boulons à têtes aplaties et carrées que l’on introduit dans les rainures par les tranches de la plaque, leurs dimensions sont telles qu’ils sont alors maintenus par le rebord des rainures et ne peuvent en sortir que par leurs extrémités. On engagera ainsi quatre boulons dans les rainures de la plaque et on fera passer leurs extrémités libres dans les trous du bâti de la machine à fixer. Ces extrémités sont filetées et peuvent recevoir des écrous que l’on serre fortement.
- Tableau de distribution. — Le tableau de distribution (pl. 73, fig. 1) situé dans la salle des machines peut recevoir les courants de trois dynamos.
- Il porte seize interrupteurs correspondant aux circuits posés dans l’hôtel et il est construit de manière à permettre de lancer le courant de l’une quelconque-des dynamos dans l’un quelconque des circuits.
- La disposition qu’il présente est connue sous le nom de Gril hollandais; elle
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- consiste en un système de six barres horizontales en laiton formant deux groupes égaux. Les trois barres du groupe supérieur communiquent avec une série de pôles des dynamos, les trois barres inférieures sont reliées aux pôles opposés de ces machines. A une petite distance de ces barres et au-devant d’elles sont disposées trente-deux tiges verticales de laiton; seize de ces tiges croisent à angles droits les trois barres horizontales supérieures, chacune d’elles fait partie intégrante d’un circuit dont elle représente l’origine. Les seize autres tiges verticales, exactement situées au-dessous des précédentes, croisent de même les trois barres inférieures ; elles sont reliées par en bas à seize interrupteurs, et, par leur intermédiaire, aux fils de retour des circuits. Les tiges verticales présentent, au niveau de leur croisement avec les barres horizontales, des trous filetés dans lesquels on peut visser des clefs en laiton, ces dernières enfoncées et serrées contre les barres horizontales, établissent la communication métallique entre les tiges et les barres. De cette façon, pour lancer le courant d’une des dynamos dans un circuit déterminé, il suffit de chercher les trous des deux tiges verticales répondant au circuit considéré, qui se trouvent situés au-devant des deuxbarres correspondant aux pôles de la machine? de visser à fond des clefs dans ces deux trous et de manœuvrer l’interrupteur.
- Le tableau de distribution porte actuellement un ampèremètre et un voltmètre placés sur les barres correspondant à la dynamo destinée à l’éclairage. On a réservé la place nécessaire pour la fixation de deux autres ampèremètres et de deux autres voltmètres relatifs aux deux autres machines. A la partie inférieure du tableau et sur chacun des conducteurs se trouvent des coupe-circuits de sûreté à plomb fusible. Les résistances de réglage pour les lampes à arc peuvent être placées suivant les besoins au-dessous du tableau de distribution.
- Conducteurs électriques et prises de courant. — Le réseau des conducteurs posés dans l’hôtel de la Société se divise en 4 7 circuits qui sont tous en dérivation sur le tableau de distribution. Ce sont :
- Un circuit d’incandescence ;
- 40 circuits pour les lampes à arc;
- 2 circuits pour les projections;
- 2 circuits pour transmission de force ;
- 2 circuits d’expériences.
- Total : 47 circuits.
- Circuit d’incandescence. — Ce circuit est destiné à alimenter les lampes à incandescence prévues pour l’éclairage de l’hôtel. Le conducteur a, au sortir du tableau de distribution, une section de 40mra2. En admettant qu’une densité de courant de 3 ampères par millimètre carré ne doive pas être dépassée, ce circuit peut être parcouru par un courant de 420 ampères et pourrait par suite suffire à l’alimentation de 430 lampes à incandescence de 16 bougies, ou de 240 lampes de 40 bougies avec une tension électrique de 70 volts.
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- Le circuit d’incandescence (pl. 70 et 71) se divise par dérivations successives et les extrémités de ces ramifications viennent aboutir à des prises de courant, système Edison, placées dans chacun des locaux à éclairer.
- Ces prises de courant sont distribuées comme l’indique le tableau suivant :
- LOCAUX. PRISES DE COURANT. LAMPES DESSERVIES.
- Rez-de-chaussée.
- Salle des machines 2 4
- Entrée de la salle des Comités. 1 3
- Vestiaire . . . 1 1
- Salle des Comités 6 15
- 1er étage.
- Salle d’entrée 1 6
- Salle des Séances 14 36
- Bibliothèque . 6 10
- Combles 2 10
- Les lampes desservies par les prises de courant placées dans les combles peuvent être placées sur les grands lustres de la salle des séances.
- Toutes ces prises de courant ont été disposées près des appareils à gaz existant de façon à pouvoir utiliser ces appareils pour adapter les lampes à incandescence, pour lesquelles il n’a pas, jusqu’à ce jour, été créé d’appareils spéciaux.
- Les conducteurs sont protégés, contre toute exagération anormale de courant, par des coupe-circuits à plomb fusible placés soit sur les câbles principaux, soit sur les dérivations secondaires, à côté des prises de courant.
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- Ces coupe-circuits sont du modèle adopté par la maison Sautter, Harlé et C,e; ils consistent en un socle en verre qui porte deux plaques de cuivre, entre lesquelles la lame de plomb est disposée. Un couvercle en verre, réuni au socle par un pas de vis, sert à enclore le plomb dans une enceinte complètement fermée et empêche tout accident dans le cas où la lame viendrait à fondre.
- Circuits des lampes à arc. — Les circuits des lampes à arc sont au nombre de 10; ils sont tous commandés depuis le tableau par des interrupteurs individuels.
- Les fils qui les constituent ont 3 millimètres carrés de section et permettent d’alimenter des lampes à arc de 8 à 10 ampères, et d’une puissance lumineuse de 80 à 100 carcels. Chacun de ces conducteurs aboutit à une prise de courant, auprès de laquelle est fixée une petite plaque nickelée qui porte le même numéro d’ordre que l’interrupteur correspondant dans le tableau de distribution.
- Les prises de courant sont réparties de la manière suivante (pi. 70 et 71) :
- Vestibule d’entrée. — La prise de courant n° 2 est disposée en face de la porte d’entrée ; les prises nos 1 et 7, placées de chaque côté de la porte, peuvent servir à l’illumination de la façade.
- Grand escalier. —La prise n° 4 est sur le premier palier, la prise n° 10 est au milieu de la cage du grand escalier.
- Salle d’entrée. Prises n° 5 et 9.
- Grande salle des séances. — Les prises nos 3, 6 et 8, destinées aux lampes prévues pour la grande salle des séances, sont placées dans les combles au-dessus des rosaces du plafond de cette salle.
- Circuits de projections. — Les circuits de projections sont au nombre de deux. Chacun d’eux est commandé depuis le tableau par un interrupteur ; les câbles ont 8 millimètres carrés de section, ce qui correspond à une intensité maximum de 22 ampères. Le premier de ces circuits aboutit à deux bornes de prise de courant j placées dans la salle publique du rez-de-chaussée entre l’estrade etle tableau noir, le deuxième a sa prise de courant dans la grande salle des séances en j à droite du tableau noir; à côté de chacune de ces prises de courant se trouve une plaque indicatrice portant le mot : Projections.
- Circuits de transmission de force. —• Les circuits de transmission de force sont au nombre de deux ; ils sont commandés par deux interrupteurs placés sur le tableau de distribution, et aboutissent à deux prises de courant : l’une est située dans la salle publique du rez-de-chaussée en /, à gauche du tableau noir; l’autre, dans la grande salle des séances en /, à gauche du tableau. Chaque prise, constituée par deux bornes, est pourvue d’une plaque indicatrice portant les mots : Transmission de force.
- Les fils de ces circuits ont une section de 30 millimètres carrés; ils peuvent laisser passer un courant de 90 ampères au maximum.
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- Circuits d'expériences. —Les prises de courant auxquelles aboutissent ces circuits se trouvent l’une dans la grande salle du rez-de-chaussée à droite du tableau noir, l’autre dans la grande salle des séances à gauche du tableau, à côté de la prise pour transmission de force. Des plaques, portant le mot : Expériences, sont disposées au-dessous des bornes. Ces circuits sont constitués par des câbles de 45 millimètres carrés de section, ils peuvent conduire un courant de 150 ampères au maximum. Ils sont branchés l’un sur l’autre derrière le tableau et sont commandés à la fois par un interrupteur unique.
- Les câbles de ces divers circuits sont complètement isolés et montés presque partout sur des poulies en porcelaine. Ce n’est que dans les locaux où la décoration devait être respectée, tels que le grand escalier et la salle des séances qu’ils sont renfermés dans des moulures en bois.
- Quatre interrupteurs placés dans la grande salle des séances permettent d’éteindre, suivant les besoins des démonstrations, les foyers à arc et les lampes à incandescence établis dans cette salle. Un cinquième interrupteur commande les lampes de la salle des comités qui sont ainsi rendues indépendantes de l’éclairage général.
- Appareillage des lampes. — U ressort de ce qui précède que la Société d’Encouragement s’est bornée à amener le courant aux prises établies dans les locaux où l’éclairage a été prévu, en laissant aux sociétés locataires de ces installations le soin de déterminer elles-mêmes selon leurs besoins le nombre, la nature des lampes et leurs appareils. Toutefois elle a jugé à propos d’installer définitivement des lampes à incandescence dans les locaux où les réunions sont les plus fréquentes, c’est-à-dire, dans la salle des comités, dans la grande salle des séances ainsi que dans la salle des machines.
- Les appareils d’éclairage prêts à fonctionner actuellement comprennent donc :
- Salle des séances. —34 lampes à incandescence de 16 bougies, montées sur les appareils à gaz existants au moyen de raccords à étrier et munies de griffes et de tulipes.
- Vestiaire de la salle des comités.— Une lampe de 16 bougies montée sur l’appareil à gaz.
- Vestibule de la même salle. — 2 lampes de 16 bougies montées sur l’appareil à
- gaz.
- Salle des comités. — 45 lampes de 16 bougies, dont 3 sont montées au moyen de raccords sur l’applique à gaz existante; les 12 autres sont supportées par 4 appliques spéciales, nouvellement posées. Toutes sont pourvues de tulipes.
- Entrée de la salle des machines. — 2 lampes de 16 bougies, fixées sur l’appareil à gaz.
- Salle des machines. — 3 lampes de 16 bougies, dont 3 placées sur appliques simples de chaque côté du tableau de distribution et près du voltmètre de l’aéro-
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- moteur, les 2 autres sur les appareils à gaz. Toutes sont munies de tulipes.
- En résumé, l’éclairage prêt à fonctionner actuellement comprend 59 lampes à incandescence de 16 bougies.il absorbe une force [motrice de 8 chevaux-vapeur.
- Instruments de mesure. — Divers instruments de mesure ont été disposés dans la salle des machines : ils permettent de régler la marche des appareils et l’intensité des courants.
- Sur le tableau de distribution on a ménagé la place d’un voltmètre et d’un ampèremètre pour chacune des trois machines prévues. Il ne s’y trouve actuellement qu’un voltmètre Carpentier pour 80 volts et un ampèremètre Carpentier pour 200 ampères destinés à la machine dynamo à lumière. Il fallait en outre que le mécanicien chargé de la conduite du moteur pût, tout en restant près de sa machine, se rendre compte à chaque instant de la vitesse et de la force électromotrice existant aux bornes de la dynamo. A cet effet un tachymètre Büss à force centrifuge et un tachymètre Richard frères ont été disposés sur l’arbre de la poulie motrice du côté du mécanicien et un voltmètre pour 120 volts a été fixé à proximité sur le mur de la salle. Il peut être mis en relation avec la dynamo employée.
- T. C.
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- LA PAIX DES ATELIERS. - INSTITUTION DE NATURE A FACILITER LA CONCILIATION ET l’ARBI-
- TRAGE ENTRE PATRONS ET OUVRIERS, PAR M. A. GTBON, INGÉNIEUR DES ARTS ET MANUFACTURES, ANCIEN DIRECTEUR DES FORGES DE COMMENTRY, VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ d’économie SOCIALE (1).
- Conciliation et arbitrage. — Il nous paraît que nous venons d’établir un dossier, non complet, mais suffisant, des pièces du procès qui trouble le monde du travail; nous avons montré ce que sont, dans des cas généraux et dans certains cas particuliers, les luttes sociales. Nous pouvons en conclure que souvent, après un travail latent, elles se manifestent spontanément. C’est une mine qui fait explosion.
- C’est là un grand malheur, car la guerre est un préjudice pour tous les intérêts. D’abord, c’est la suspension du travail, c’est-à-dire la suppression du salaire, dont la durée est incertaine ; elle frappe l’ouvrier dans ses besoins les plus absolus, dans ceux de sa famille, menacée de la misère ; c’est pour les chefs d’indus-
- (1) Voir le Bulletin de janvier 1892.
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- trie, patrons ou Compagnies, l’impossibilité de remplir leurs engagements; pour leur clientèle, laborieusement conquise, la nécessité, l’obligation de s’adresser à d’autres fabricants, dans d’autres centres, quelquefois même à l’étranger ; ce peut être plus grave, les grèves peuvent causer la ruine des Compagnies qui en sont frappées et, par contre-coup, celle du personnel de ces Compagnies; elles sont toujours une diminution de richesse pour le pays, elles sont un malheur public et, souvent, ce malheur est la conséquence d’un malentendu ; on ne se parle pas, on forme deux camps; dans des conciliabules privés, on s’accuse, on s’échauffe, on s’exalte, on se cabre, on refuse toute explication; on formule des plaintes et des réclamations souvent excessives ; l’industrie n’y peut faire droit sans compromettre son existence ; la rupture prend alors un caractère plus vif, le chômage persiste, la passion accentue la résistance, les besoins se font sentir, ils deviennent impérieux, et l’ouvrier, qui s’est engagé dans la lutte, sans en mesurer les conséquences, est contraint de se soumettre et reprend le travail, concentrant en lui-même les plus mauvais sentiments contre ses chefs et contre la société.
- Ce tableau sincère ne nous montre-t-il pas la voie que nous devons suivre, pour prévenir ces événements funestes ? L’ouvrier peut avoir des griefs : ne doit-il pas, avant tout, les faire connaître, les exposer et les discuter librement, paisiblement, dans son intérêt sans doute, mais aussi dans l’intérêt général? Est-ce trop de dire que la loi devrait prescrire cette obligation? elle le fait dans la vie civile. Pourquoi ne l’a-t-elle pas imposée à la famille industrielle?
- Nous allons voir ce que sont actuellement les institutions de conciliation et d’arbitrage ; nous devons toutefois déclarer que notre intention n’est pas d’étudier ces questions au point de vue juridique. De même que nous avons cherché à tracer, par l’exposé des faits, la situation actuelle du patron et de l’ouvrier dans l’industrie moderne, de même aussi que nous avons relevé les actes nombreux de luttes sociales dans les divers pays, qui se traduisent par les grèves et se manifestent dans les congrès, nous allons chercher, ici, les us et coutumes, les mœurs, les faits. Depuis de longues années, nos idées sont acquises aux mesures préventives pour la conciliation et l’arbitrage, comme dans la question des accidents du travail, où les ingénieurs les pratiquent chaque jour; ces mesures s’imposent et nous les défendrons, en cherchant à démontrer que déjà elles pénètrent tous les esprits réfléchis. Nous laissons donc à d’autres le soin d’étudier le côté juridique de la question, nous pourrons être obligés quelquefois d’y avoir recours, mais nous ne nous y arrêterons pas ; c’est le côté social qui nous touche le plus, quand les mœurs auront résolu la question, les lois se trouveront toutes faites et seront d’une application facile.
- C’est en Angleterre que nous trouverons l’origine des conseils de conciliation et d’arbitrage ; mais, avant d’en parler, nous dirons quelques mots de l’état de la question dans d’autres pays.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Février 1892.
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- Commençons par l’Amérique.
- Nous avons vu la violence des grèves aux Etats-Unis, nous jugeons très légitime que les ouvriers défendent leurs intérêts et, à ce point de vue, nous sommes partisans de la loi de 1864, qui porte le nom malheureux de loi de coalitions; mais nous trouvons que cette légitimité disparaît, quand la liberté du travail est méconnue, quand la grève menace la vie sociale, quand un gouvernement est obligé de reconnaître qu’il faut une armée de 50000 hommes pour assurer, par la force, la tranquillité de la rue. Ces conséquences se sont produites dans les grèves des chemins de fer en Amérique.
- Il faut sans doute obtenir le calme de la rue, mais il faut plus ; M. Ch. Adams, membre de la Commission des chemins de fer des Etats-Unis (1) le déclare hautement et trouve dans les institutions nationales, pratiquées par nos grandes Compagnies, les moyens les meilleurs, pour éviter les bouleversements terribles que nous avons décrits. Le personnel de nos Compagnies jouit de la plus complète sécurité, ses droits sont respectés, son avancement dépend de sa valeur et de la.manière dont il remplit ses devoirs. Déjà, en 1867, M. Jacqmin, directeur de la Compagnie de l’Est, l’a démontré dans son beau travail sur l’exploitation des chemins de fer ; on peut dire que toutes les Compagnies des chemins de fer français rivalisent de zèle pour assurer l’avenir de leur personnel et le repos des vieux jours, par l’extension de pensions de retraites, garanties par des réserves contrôlées par les actuaires. M. Ch. Adams engage son pays à appliquer ces institutions; les grèves de 1886 ne nous ont pas démontré que les Etats-Unis avaient suivi ses conseils. Chez nous, depuis 1867, les progrès de nos institutions patronales privées se sont développées. La Compagnie de l’Ouest donne les exemples les plus touchants de sa sollicitude pour son personnel, par son asile, ses classes, son ouvroir, par sa Société de secours, par le règlement de sa caisse de retraites; M. Noblemaire, directeur de la Compagnie de Lyon, président du Congrès de la Société d’Economie sociale en 1890, a décrit l’état actuel des institutions de la Compagnie qu’il dirige; ces institutions existent dans toutes les Compagnies (2). C’est un exemple admirable que la France donne à toutes les nations; elle est, sans conteste, à la tête de tout ce qui se fait de bien dans les chemins de fer du monde entier.
- Il est difficile de compter sur le succès des efforts de M. Ch. Adams et, par conséquent, d’espérer l’application en Amérique des institutions patronales de notre pays. L’ouvrier américain n’est pas plus disposé à accepter les bienfaits du patronage, que l’industriel à en supporter les charges et les soucis. Ces deux forces de l’industrie, dont l’union est capitale, sont en lutte permanente, dans
- (1) Annuaire de l’Économie sociale, 1877-1878,pages 52 et suivantes. La grève des chemins de fer en Amérique, A, Delaire.
- (2) Voir la Réforme sociale, n° 108, 16 juin 1890.
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- ce pays puissant et riche et, on peut le dire, en lutte voulue ; l’industriel traite ses ouvriers avec la plus grande dureté, il l’exploite à la fois sur le produit de son travail, par des retenues et des amendes excessives, et sur le coût de la vie, en lui imposant des aliments, à des prix exagérés en paiement de son salaire (1). De son côté, quand il le peut, l’ouvrier impose ses volontés avec violence aux chefs d’industrie. C’est là l’état général. Cependant, on a tenté divers modes d’apaisement en Amérique (2).
- L’un d’eux présente un grand intérêt : c’est le règlement du salaire, suivant une échelle mobile en rapport avec le cours du produit ; un minimum est déterminé, en dessous duquel, quel que soit ce cours, le salaire reste fixe. C’est là un système qui nous paraît très pratique, pour les matières premières et surtout pour la houille; il est moins acceptable pour les produits compliqués, dont les prix de revient sont liés à ceux des matières premières et dont, par conséquent, les prix de vente n’ont plus de rapport avec les bénéfices. Ce système est appliqué aux exploitations d’anthracite de la Pensylvanie. On ne peut pas dire qu’il résolve les difficultés; il remonte à 1870; à cette époque on fit des efforts pour arriver à l’arbitrage, on dut reconnaître son impuissance. Des tentatives analogues eurent les mêmes résultats dix ans plus tard à Pittsburg et dans l’Ohio. La conciliation et l’arbitrage ne peuvent donner de bons résultats sans le respect de l’opinion publique, sans l’honnêteté des parties et sans la dignité des conseils : ces trois conditions ne se réalisent pas facilement en Amérique. On comprend qu’il est utile de s’entendre, on fait des tentatives dans ce but; mais quand on se sent fort, on rompt les engagements, sans s’inquiéter des conséquences; l’association des chevaliers de Saint-Crépin, dans le Massachusetts, en donne un témoignage frappant. L’entente n’existe qu’au moment où les deux partis en présence sont épuisés ; quand l’un est plus fort que l’autre, toute son action n’a qu’un seul objectif, l’écrasement du plus faible. Aucun lien moral n’attache le patron à l’ouvrier. Le gain est le but unique et, pour l’obtenir, on foule aux pieds tous les devoirs et tout respect de la loi. C’est au moins ce qui se produit le plus souvent dans ce pays de l’argent. Ce qui fait le plus défaut en ces pays, ce sont les rapports entre patrons et ouvriers. Quand, par exception, ces rapports peuvent s’établir, on obtient aussitôt de bons résultats, mais c’est fort rare.
- M. Carrol Wright, dans son ouvrage : Strikes and Lock oats, qui comprend une statistique générale des grèves, nous apprend que sur cent grèves et du fait des conseils d’arbitrage, quatorze aboutissent à des concessions mutuelles, quarante échouent complètement et quarante-six réussissent. Nous avons déjà vu les résultats obtenus en Angleterre, l’Amérique en est fort loin ; les efforts de quelques hommes de bien n’ont pas d’action sensible sur le monde du travail.
- (1) Claudio Jannet, États-Unis contemporains.
- (2) Ch. Morisseaux, Conseils de l'industrie et du travail. 24, Folk Bruxelles.
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- On doit cependant constater les quelques résultats auxquels on est arrivé, au milieu de cette fièvre de la spéculation et des abus les plus révoltants. On doit aussi retenir le système de l'échelle du salaire progressant ou diminuant suivant le prix du produit; il est dû à l’initiative privée, il est lié à un désir d’apaisement, de conciliation; il témoigne au moins d’une certaine bonne volonté qui peut amener, dans l’avenir, un état plus humain que celui que nous nous trouvons dans la douloureuse obligation de signaler.
- Si les États-Unis voulaient suivre le bel exemple d’un pays qui leur est voisin, du Canada, qui grandit chaque jour, pays qui ne connaît pas les luttes sociales, qui ne connaît pas les grèves, qui est simple, patriarcal, petit par sa population, grand par son travail, par sa fortune, par ses idées, par ses principes, ils seraient vite débarrassés de leurs misères. Le premier ministre de la province de Québec, qui est en France depuis quelque temps, nous en a fait un tableau saisissant; ce pays donne vraiment l’exemple des plus grandes vertus : Français par le cœur, heureux de parler de la mère patrie, malgré les souvenirs d’un abandon, qui est une tache dans notre histoire, M. Mercier nous disait, en faisant allusion aux luttes sociales, qui sont le fléau actuel de toutes les nations industrielles, que l’arbitrage était le seul moyen de résoudre ces difficultés troublantes; il ajoutait cependant qu’on n’aboutirait par ce moyen qu’en s’appuyant sur les grandes vérités. Cette parole venant de si haut et d’un véritable ami de la France, d’un fils à sa mère, comme il le dit souvent, sera-t-elle entendue? Elle devait, dans tous les cas, être rappelée ici, où nous voulons éviter ces luttes, où nous cherchons à trouver la paix par la conciliation des intérêts et par l’arbitrage des difficultés. Si, malheureusement, ces difficultés se poursuivent, si seulement elles restent à l’état latent, pour éclater un jour avec violence, quand la passion sera leur seul guide, nous sommes menacés de gros orages, de véritables cataclysmes, qui peuvent nous ramener, et l’Europe avec nous, aux temps les plus mauvais de notre histoire et peut-être causer la ruine complète de la civilisation.
- L’Autriche-Hongrie, l’Espagne, l’Italie, ne sont pas absolument tranquilles ; il y a là aussi des mouvements grévistes assez graves ; en Autriche-Hongrie, ils se produisent depuis un certain temps; en Espagne, des agitations récentes donnent des préoccupations; en Italie, nous ne voyons pas de troubles sérieux; les mesures de conciliation et d’arbitrage n’y ont pas encore de grandes racines.
- L’Autriche, revenue au régime corporatif, a rétabli l’institution d’une juridiction arbitrale, qui règle les difficultés relatives à l’apprentissage, au salaire et généralement au travail; cette institution est d’un grand intérêt, mais nous n’avons pas à l’étudier au point de vue pratique et au profit de notre pays; nous ne pensons pas qu’on songe à rétablir en France les corporations telles qu’elles existaient avant la Révolution. En Espagne, en Italie, nous ne voyons que l’arbi-
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- trage volontaire, qui peut toujours se constituer. Les agitations, qui se sont produites dans ces pays, n’ont pas, jusqu’à présent, le caractère violent, qui fait sentir aux populations le besoin de mesures spéciales.
- Que pouvons-nous dire de l’Allemagne au point de vue de la conciliation et de l’arbitrage? Au temps présent, on a en Allemagne l'arbitrage d’État. C’est la conséquence naturelle des lois de ce pays, qui ont un caractère de socialisme d’Etat, qui n’est plus à discuter; on peut juger de leurs résultats, par l’état actuel des relations qui existent entre patrons et ouvriers; la lutte est marquée très nettement dans l’industrie houillère, où, en face des associations puissantes des ouvriers, nous trouvons aujourd’hui l’association patronale pour la défense des intérêts miniers. Le fait nouveau des grèves générales, qui tendent à s’organiser, est de nature à constituer ces syndicats de patrons en face des syndicats d’ouvriers. Ces luttes pourront être tempérées et le sont depuis longtemps en Angleterre par des conseils de conciliation et d’arbitrage. Si troublée que soit l’Allemagne par les socialismes de toutes sortes, les penseurs allemands ne se désintéressent pas de cette situation; l’un d’eux, M. Hirsch, déjà en 1872, tentait d’en faire comprendre les dangers et exposait l’exemple de l’Angleterre. Une loi spéciale a été votée en 1890, elle n’est pas encore appliquée; cette loi établit un tribunal industriel, qui se rapproche de l’institution des prud’hommes; il juge du contrat de louage et de l’application des règlements d’atelier; subsidiairement, le tribunal peut faire office de conseil de conciliation. La loi, on le voit, est toute récente; elle ne s’appliquera pas sans difficulté, dans un pays où la pratique du socialisme d’Etat détruit les vrais principes de la liberté. M. Maurice Block fait observer que les socialistes révolutionnaires s’unissent pour la lutte (1). Le nombre de leurs adhérents, nous l’avons déjà dit, s’accroît chaque jour, on arrive peu à peu par la propagande des idées; il n’est pas impossible que les deux socialismes fassent un jour bon ménage, malgré des vues différentes, le fait s’est déjà produit ; mais tous les socialismes réunis ne feront jamais la force d’une nation, cette force ne saurait avoir d’autre base que la liberté. 11 paraît difficile qu’elle prenne racine dans ce pays, très puissant sans doute, mais dirigé par des principes qui menacent son avenir.
- C’est bien en Angleterre, nous l’avons déjà dit, dans ce pays si longtemps éprouvé par les grèves, par des grèves à la fois terribles et criminelles, qui ont fait connaître des souffrances cruelles, des abus révoltants ; c’est en Angleterre aussi que les conseils de conciliation et d’arbitrage ont pris naissance. Les grèves ont des conséquences très douloureuses, elles sont souvent la misère, une misère dont la cause est d’abord volontaire, puis imposée. C’est ce fait fatal, qui a inspiré un grand esprit et aussi un homme de bien, à chercher et à trouver
- (I) Économiste français, 22 novembre 1890. La réorganisation du socialisme allemand.
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- dans l’organisation des conseils de conciliation un moyen, sinon d’éviter toutes les grèves, au moins d’en réduire sensiblement le nombre ; l’honneur de cette pensée féconde et l’honneur de son application appartiennent à M.Mundella. Une grève imminente se préparait à Nottingham en 1860 ; les ouvriers se disposaient à quitter les manufactures, les patrons étaient sur le point de fermer leurs usines... M. Mundella réunit, dans un conseil et en nombre égal, quelques patrons et des délégués ouvriers; les hommes en présence se calment, s’expliquent, se mettent d’accord, la grève est évitée. Le Conseil constitué s’est maintenu à l’état permanent, son organisation s’est conservée jusqu’aujourd’hui parfaitement intacte. L’exemple a été suivi par toute l’Angleterre. En 1864, dans des circonstances analogues, un peu plus difficiles probablement, M. Kettle, sous une forme plus juridique, introduisit avec succès, dans l’industrie du bâtiment, des conseils d’arbitrage composés, comme les conseils de conciliation, d’un nombre égal de patrons et d’ouvriers; ces conseils ne sont appelés à formuler leur avis qu’après une tentative infructueuse de conciliation. Généralement, les deux parties s’engagent à se soumettre à leur décision. Ces conseils sont aussi permanents.
- Ces conseils de conciliation et d’arbitrage existent dans presque toutes les industries. On sait la gravité des luttes qui ont été provoquées par les trades unions; mais aujourd’hui, et déjà depuis plus de quinze années, que leur existence légale est reconnue, ce sont les trades unions qui, généralement, désignent les ouvriers délégués aux conseils de conciliation et d’arbitrage. Ces Sociétés rendent d’éminents services à la classe ouvrière, elles appliquent leur puissance à vulgariser la conciliation et l’arbitrage, elles agissent au grand jour ; dans toutes les réunions solennelles, elles manifestent, avec éclat, leur opinion favorable à l’action bienfaisante de ces conseils, et le fondateur de l’arbitrage, M. Kettle lui-même, déclare qu’il n’existe pas d’organisation plus digne que les trades unions pour élire les délégués ouvriers.
- En fait, ces conseils rendent les services les plus éminents. D’après un travail de M. Berau, qui a pu relever les résultats de 702 grèves dans la période décennale 1870-1879, on a constaté que 63 p. 100 de ces grèves avaient abouti à la conciliation, et que sur les 37 p. 100 complémentaires, en dehors du concours des conseils, 27 avaient échoué, 10 seulement avaient réussi.
- Un autre résultat plus précis, qui résulte de l’enquête ordonnée par M. le Ministre du Commerce sur les grèves de 1888, nous apprend que pendant cette année l’Angleterre a subi 309 grèves, que, sur ce chiffre, 72,2 p. 100 ont été résolues par la conciliation, 3,3 p. 100 seulement par l’arbitrage. C’est là un résultat vraiment considérable, il démontre jusqu’à l’évidence que l’application du principe est entrée dans les mœurs. Il est en effet dans l’intérêt de tous. On constate avec une vive satisfaction que, depuis la pratique de ces conseils, les grèves terrifiantes, que l’histoire a dû enregistrer avec douleur, ont complè-
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- tement disparu. L’Angleterre est un pays de liberté. L’initiative individuelle et les associations libres y ont toute leur puissance, espérons que la France jouira bientôt de ces bienfaits (1).
- Avant d’arriver à notre pays, nous avons encore à étudier ce qui a été fait en Belgique dans les vues qui nous occupent.
- On se rappelle les grèves qui ont sévi en Belgique en 1886 et qui ont frappé de stupeur tous les pays civilisés. Sans hésiter un instant, le gouvernement belge a ouvert une enquête sur les faits et les causes de cet événement, sur l’état social de la grande famille industrielle, et déplus a chargé la Commission royale à laquelle il confiait cette enquête, de lui indiquer les remèdes qu’elle jugerait utile d’appliquer, en vue d’éviter, dans l’avenir, des bouleversements aussi terrifiants.
- Le chevalier de Moreau, ministre de l’Agriculture et de l’Industrie, a ainsi précisé son devoir à la Commission du travail : « Il est indispensable au bien de la patrie, disait-il, que l’accord règne entre le capital et le travail. »
- Pénétrée de la même vérité, la délégation des Ingénieurs civils a cru devoir prendre ces paroles pour épigraphe de son étude, c’est cette vérité qu’elle s’efforce de démontrer.
- M. le Ministre belge de l’Agriculture et de l’Industrie a divisé les travaux de la Commission en trois parties : 1° l’organisation du régime du travail ; 2° les rapports entre patrons et ouvriers ; 3° les institutions destinées à améliorer le sort de l’ouvrier. Et, en exposant ces trois parties dans une revue rapide, M. le Ministre s’occupe particulièrement des conseils de conciliation, reconnaît que la réglementation du travail s’établit plus sagement par les mœurs que par les lois, dans tous les cas, que l’initiative privée doit avoir, pour l’organiser, une action prépondérante. La Belgique avait chez elle un exemple de ce système, il n’est pas sans intérêt de le faire connaître, car il va être la base d’un projet qui sera admis parles parlements de la Belgique.
- En parlant des conseils de conciliation établis en Angleterre, nous avons dit que la Compagnie des charbonnages de Mariemont et de Bascoup les pratiquait; ils ont en effet été importés d’Angleterre dans cette exploitation, l’une des plus importantes de la Belgique; mais M. Weiler,. ingénieur en chef des charbonnages de Mariemont et de Bascoup, modifia, en les étendant, les attributions de ces conseils.
- M. Weiler a surtout été préoccupé par la pensée de prévenir les difficultés, et c’est là, en effet, le point essentiel. Pour les prévenir, il faut les connaître, au moins les pressentir. Pour cela, les rapports fréquents sont nécessaires. Ce sont
- (1) Voir encore à ce sujet un article intéressant de M. Pierre Fontaine sur les Chambres de conciliation à propos des grèves des dockers et des ouvriers du Gaz de Londres, numéro du 1er mars 1890 (Économiste français).
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- les rapports qu’il songe d’abord à établir, et il le fait en organisant des chambres d'explications composées de représentants de l’administration et de délégués ouvriers. Ces représentants des deux intérêts, qui doivent être unis et non divisés, sont en nombre égal; ils se réunissent chaque mois, ils étudient toutes les réclamations des ouvriers que leurs délégués jugent dignes d’un examen, et notamment, ce-qui intéresse le salaire, les règlements, le contrôle du travail, les pénalités; on échange les raisons, les observations; on admet ou on refuse. L’ouvrier a une réponse motivée, précise, détaillée; il sait et voit qu’on s’est occupé de sa réclamation. On le considère comme un homme sérieux, c’est là un élément de paix et cette manière de faire lui est due.
- Ces rapports sont aussi utiles au chef d’industrie qu’aux ouvriers, car dans les chambres d’explications les règlements sont étudiés. Les délégués ouvriers les apprécient, ils en examinent la portée, leurs observations peuvent les modifier, quelquefois les faire rejeter. Dans tous les cas, quand on les applique, on sait ce que l’on fait, on a tiré parti des vues de tous ceux qui sont intéressés à la pratique d’un nouvel élément utile. On ne rencontre plus dans l’application la force d’inertie qui est souvent un obstacle fatal à toute mesure utile.
- Ces chambres d’explications fonctionnent depuis plus de quinze années, dans cette grande exploitation de Mariemont, qui occupe plus de 6 000 ouvriers. Le terrain, était parfaitement préparé pour y pratiquer les conseils de conciliation et d’arbitrage, et la loi de 1887 tiendra grand compte de ce bel exemple. La paix n’avait jamais été troublée dans ces ateliers et dans ces derniers temps même, à l’occasion des grèves de 1891, si les ouvriers ont dû quitter quelques jours leurs travaux, ils ont déclaré à leurs patrons qu’ils ne le faisaient que par un sentiment de solidarité et qu’ils n’avaient rien à réclamer à la Compagnie. On sait qu’il s’agissait d’une question politique.
- La Commission royale belge, dont M. Brants était le rapporteur (1), crut devoir limiter ses vues au système de la conciliation; elle connaissait la pratique des conseils de conciliation et d’arbitrage de l’Angleterre. Nous avons exposé les résultats importants obtenus par ces conseils; ils ont été en partie la base du projet de la Commission royale. Son but était d’aplanir les difficultés entre patrons et ouvriers; ses décisions étaient sans sanction, ou au moins n’avaient pour sanction que l’opinion publique. La Commission s’inspirait de la pratique du système de M. Mundella, qui avait fait ses preuves en Angleterre, comme nous l’avons constaté.
- Le projet de la Commission laissait à l’initiative privée le droit de constituer ces conseils. Le gouvernement n’intervenait d’office, en cas de grève, qu’à son défaut.
- (I) Voir, pour plus de détails, le Rapport de M. Brants. Bruxelles, éditeur A. Lévêque.
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- Dans des questions aussi délicates, il n’est pas toujours sage de transporter dans un pays une coutume pratiquée dans un autre, quel que soit son succès. La Belgique n’est pas l’Angleterre. Le gouvernement belge a jugé qu’il fallait modifier le système anglais; il a voulu, comme M. Weiler, prévenir les difficultés, agir avant tout conflit, avant la déclaration de guerre. Nous verrons que c’était déjà là le but où tendait, en 1872, la Société que nous avons l’honneur de représenter au Congrès.
- Le projet des conseils de l’industrie et du travail, consacré par la loi belge du 16 avril 1887, forme d’abord une assemblée consultative, qui traite des intérêts communs aux patrons et ouvriers et qui, en outre, peut agir comme conciliateur et comme arbitre. Son rôle important est celui de s’occuper des intérêts communs, d’étudier dans ce but les divers modes de rémunération du travail, les habitations ouvrières, l’économie de la vie, l’épargne, les assurances, tout ce qui intéresse la réglementation du travail.
- Ce rôle pourra être rempli en France par le conseil supérieur du travail. Il vient d’être créé un conseil de ce genre en Angleterre, il en est question dans d’autres pays, particulièrement en Espagne et même en Amérique; partout ces conseils sont appelés à rendre de grands services.
- Voici, en résumé, les traits principaux de la loi belge de M. Frère Orban :
- Le Conseil de conciliation est institué dans toute localité où l’utilité en est constatée, il peut se diviser en plusieurs sections; chaque section est composée, en nombre égal, de patrons et d’ouvriers, elle choisit dans son sein un président et un secrétaire. Quand un conflit se produit, la section cherche les moyens de conciliation qui peuvent y mettre fin ; si l’accord ne peut s’établir, la délibération est résumée dans un procès-verbal qui est rendu public.
- Le but de la loi est de favoriser le moyen de discuter les intérêts communs des patrons et des ouvriers et aussi de débattre toutes les questions qui intéressent le travail ; les Conseils ne peuvent rien prescrire, rien ordonner, leurs décisions n’ont d’autre sanction que celle de la bonne volonté; mais les procès-verbaux sont publiés : il en résulte une sanction morale, celle de l’opinion publique. C’est aussi ce que demandait la Commission royale.
- On ne saurait juger de l’effet de cette loi; en fait, elle n’a pas encore fonctionné, le ministre s’occupe de la mettre en œuvre. La Belgique reste très troublée par des grèves qui prennent un caractère spécial, les ouvriers sont de plus en plus sous l’action des meneurs, des politiciens, des anarchistes ; la question des intérêts occupe une place secondaire, ce n’est pas le moment d’espérer un résultat général favorable, analogue à celui obtenu en Angleterre. Mais il faut noter que les Conseils de conciliation et d’arbitrage en Angleterre datent de 1860 et de 1864; le temps a permis qu’ils entrassent dans les mœurs, ils ont pu faire juger leur bonne volonté, leur esprit de justice, leur indépendance, leurs Tome VII. — 91e année. 4° série. — Février 1892. 13
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- grands services ; il convient aussi d’observer qu’en Angleterre Faction politique est toujours en dehors des intérêts, c’est, là un bienfait que la Belgique ne possède pas en ce moment.
- Nous ne terminerons pas ce que nous avons à dire de la Belgique, au sujet des rapports relatifs aux patrons et ouvriers, sans dire un mot des grèves vis-à-vis la législation des prud’hommes et devant la justice de paix.
- Le fonctionnement des Conseils de prud’hommes a été organisé en Belgique par la loi du 7 février 1859 ; il a été notablement modifié et étendu, par la loi du 31 juillet 1889. Leur caractère est ainsi défini :
- « Ces Conseils sont institués dans le but de vider, par voie de conciliation, ou, à défaut de conciliation, par voie de jugement, les différends qui s’élèvent, soit entre les chefs d’industrie et les ouvriers, soit entre les ouvriers eux-mêmes. »
- La statistique des affaires portées devant le Conseil des prud’hommes de Charleroi, en 1889, constate que 732 affaires lui ont été soumises, que, sur ce nombre, 160 seulement n’ont pu être conciliées.
- Sur l’avis des Conseils de prud’hommes, les règlements industriels ont été déposés au greffe des Conseils. L’usage établit que, dans le bassin de Charleroi, le contrat de louage, conclu sans limitation de durée, ne peut prendre fin que sur un préavis de quinze jours. D’après cet usage, une Société poursuivait X... et consorts pour abandon de leur travail sans motif. Il s’agissait d’un abandon général au moment d’une grève, sans le préavis de quinzaine exigé par la coutume. X... et consorts ont été condamnés. Un jugement analogue a été rendu par le juge de paix du canton de Seraing (1).
- Ces jugements ont un caractère nouveau d’une importance qui ne saurait nous échapper et que nous tenons à faire remarquer; ils se rattachent à notre vœu le plus ardent en vue de la paix des ateliers; l’abandon du travail sans préavis, qui se pratique dans le monde entier, est contraire à tous les usages, on ne s’explique pas qu’il soit toléré; c’est un grand honneur pour la Belgique de réagir pratiquement, légalement et juridiquement, contre un abus dont partout chacun a pu juger les dangers.
- On a vu les efforts de la Belgique et on est obligé d’observer que les efforts ne paraissent pas calmer les esprits. La grève de mai 1891 n’est pas cependant une lutte contre l’industrie, elle a eu un caractère exclusivement politique, elle paraît témoigner le désarroi complet des hommes qui ont eu les prétentions de la diriger.
- Les ouvriers belges comptaient sur un double concours de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la France; on devait s’opposer aux expéditions de houille, elles ont été considérables et tous les pays y ont contribué ; l’argent des ouvriers devait
- (1) Voir les circulaires n°‘ 372 et 428 du Comité central des Houillères de France, 20 janvier, 16 avril et 18 mai 1891.
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- soutenir la grève, on ne s’est pas aperçu qu’il en ait été mis à la disposition des grévistes.
- Cette grève n’a pas été générale ; aucune réclamation n’a été présentée aux industriels, ni avant, ni pendant, ni après le chômage.
- Nous avons la confiance qu’elle sera pour les ouvriers une leçon salutaire, qu’ils verront enfin que leurs meneurs se jouent d’eux, qu’ils comprendront leurs devoirs.
- La loi' des conseils d’industrie et du travail est une loi de liberté et de sage progrès, nous espérons que le gouvernement belge va en organiser l’application et nous avons la conviction qu’elle rendra les plus signalés services ; elle éclairera le-s ouvriers. Les industriels doivent faire les plus grands efforts dans ce but; nous avouons que nous sommes surpris qu’ils ne suivent pas, de leur propre initiative, les beaux exemples de la Compagnie de Mariemont; car c’est certainement par les rapports continus que la confiance peut s’inspirer et la paix s’établir.
- Nous arrivons à notre pays et nous devons constater, tout d’abord, que nous n’avons jusqu’à présent aucune organisation, libre ou légale, qui se rapproche des Conseils libres d’Angleterre ou de la loi belge de 1887; nous devons cependant dire, de suite, que les études sur ce sujet ne font pas défaut et nous allons voir ce que la Société des Ingénieurs civils a fait dans cette voie, au lendemain de nos désastres, en 1872.
- Quelques mots, d’abord, sur l’historique juridique des droits de l’ouvrier.
- La liberté du travail en France date de la Révolution, elle fut l’objet de la loi du 17 mars 1791 ; trois mois après, elle était réglementée sévèrement par la loi des 14-17 juin 1791 ; en 1810, elle fut modifiée et la loi célèbre, qui porte cette date, édicta des peines très graves contre les coalitions fomentées par les patrons et ouvriers, et aussi contre la liberté du travail; en 1849, divers projets, soumis à l’Assemblée législative, furent étudiés et aboutirent au maintien des principales dispositions de la loi de 1810, qui resta en vigueur jusqu’en 1864. On sait qu’à cette date, sur l’initiative de l’empereur, la loi de 1849 fut abrogée et que la Chambre, ne tenant aucun compte des catastrophes qui, à l’étranger et particulièrement en Angleterre, avaient suivi les lois sur les coalitions, vota la loi présentée par M. Ollivier, qui proclame la liberté absolue des coalitions, autant pour les patrons que pour les ouvriers.
- Cette loi, on voulait l’espérer, devait avoir pour résultat l’harmonie du corps social. Les grèves de la Ricamarie, d’Aubin, du Creuzot ont démontré, trop vite, qu’elle n’avait pas calmé les esprits et, de 1865 jusqu’en 1870, les grèves ont été partielles, mais constantes : nous avons vu leur progression rapide. Nous sommes toujours sous le régime de cette loi, qui présente un défaut grave, ou du'moins une lacune importante, Elle fixe un droit sans en définir l’exercice.
- M. E. Muller, président de la Société des Ingénieurs civils, en 1872, fit à la
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- Société une proposition en vue de nommer une Commission pour étudier la loi de 1864 sur les coalitions et pour chercher les améliorations qu’on y pourrait apporter; il tint à la présider (1). Cette Commission était principalement composée d’ingénieurs qui, par expérience, connaissaient les questions ouvrières et leurs devoirs touchant les grands intérêts qui leur étaient confiés; elle était absolument indépendante. Son premier acte, sans discussion, a été de reconnaître, à ^unanimité, le droit des ouvriers de se concerter et de s’entendre, pour discuter les prix et les conditions de leur travail; elle jugea également que ce droit était, à ses yeux, conséquent du principe de la liberté du travail et qu’il pouvait être, comme l’espéraient les auteurs de la loi, un gage de relations meilleures entre le capital et le travail, dont l’union est indispensable à la fortune publique.
- Cette Commission a jugé, avec la même unanimité, que l’exercice de ce droit devait être défini, qu’il ne devait pas s’exercer brutalement ni spontanément, que l’ouvrir ne devait l’appliquer qu’à la dernière extrémité et qu’après avoir épuisé tous les moyens de conciliation.
- Sous l’empire de ces préoccupations, elle observa que dans le domaine de la famille civile, la loi s’efforçait de retarder les désunions et les séparations les plus justifiées, par des délais, des formalités, des conseils et des tentatives obligatoires de conciliation. Elle jugea qu’il convenait d’entourer de ces dispositions tutélaires la grande famille industrielle, elle voulut éviter les surprises et décourager les agitateurs, les politiciens sans scrupule, qui se servent si facilement des masses, auxquelles ils promettent l’impossible, pour asseoir leur fortune politique. Sa préoccupation était aussi de défendre le principe de la permanence des engagements, ce principe si bienfaisant de la stabilité dans le même atelier, si honorable pour l’ouvrier qui le pratique, si respecté généralement par les patrons et surtout par nos grandes Compagnies de chemins de fer; elle songeait également à ménager les épargnes, dont les grèves sont destructives. Son avis a été que la collectivité seule pouvait garantir la vraie liberté et en même temps établir l’équilibre des forces en présence. Pour tous ces motifs, elle voulait avant tout retarder la déclaration de guerre, elle proposa de modifier la loi du 27 mai 1864. Voici ses conclusions :
- Une peine serait infligée aux patrons et ouvriers, qui n’auraient pas fait précéder la suspension ou l’interruption du travail des prescriptions suivantes :
- 1° Toute suspension ou interruption collective du travail, ayant pour but d’en changer le prix ou les conditions, devrait être précédée d’un avis signifié quinze jours à l’avance.
- 2° Dans les quinze jours qui suivraient la déclaration de suspension ou cessation de.travail, les parties intéressées porteraient le débat devant une chambre
- (1) Composition de la Commission : MM. Deligny, Forquenot, Gibon, Marché, Normand, Périssé.
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- de conciliation. Cette chambre, nommée chaque année et par chaque corps d’état, serait composée d’un nombre égal de patrons et d’ouvriers; son président serait nommé par elle, ou, en cas de partage, ce serait de droit le juge de paix du canton.
- La chambre de conciliation, ainsi constituée, recevrait les dires contradictoires, chercherait et proposerait les termes d’une conciliation, elle tiendrait procès-verbal de ses travaux, sauf des réserves expressément demandées par les parties. Ces procès-verbaux seraient mis à la disposition des intéressés, qui pourraient les consulter sans déplacement, après la clôture des négociations,
- 3° Si, dans le délai de quinze jours, la conciliation n’était pas obtenue, mais cependant présentait une sérieuse probabilité de réussite, la chambre pourrait prolonger le délai obligatoire de quinze jours en plus.
- Je ne dois pas cacher que si ces conclusions ont obtenu l’unanimité des membres de la Commission, elles n’ont pas eu l’adhésion complète de.nos collègues; elles ont été discutées notamment par MM. Benoît Duportail, Desmousseaux de Givré et Gaudry. Toutefois les objections ne portaient pas, en fait, sur les conclusions, elles portaient sur le principe même du droit de coalition que nous jugions indispensable; le temps a bien prouvé que nous ne nous étions pas trompé. Nos contradicteurs avaient également une foi douteuse dans l’autorité des Conseils de conciliation (1).
- Sans doute; ces Conseils n’ont d’autre caractère que celui que nous leur avons donné : la conciliation n’aura jamais le même effet qu’un jugement. Mais dans le cas présent ce jugement ne dépend de personne, c’est l’affaire des parties en présence, on ne saurait pas plus imposer une augmentation de salaire à la charge d’un patron ou d’une Compagnie industrielle, qu’on ne saurait contraindre un ouvrier à donner son travail pour un prix défini : ainsi le veut la liberté. Quoi qu’il en soit, il paraît certain que des Conseils composés d’hommes de bien, en dehors de toute pression politique, donneront ces avis précieux et rendront de grands services. L’Angleterre pratique ces Conseils depuis trente années; nous avons précisé leurs résultats par des chiffres qui parlent plus haut que tous les raisonnements.
- Nous voulons répéter ici, avec la Commission de 1872, dont l’un de nous faisait partie, que nous reconnaissons, comme elle, le droit des ouvriers de s’entendre et de se concerter pour discuter les prix et les conditions de leur travail : rien n’est plus juste et nous reconnaissons par là la légitimité des grèves, — s’il y en a d’injustes, il y en a de fondées; — mais quand les ouvriers abandonnent leur travail brusquement et brutalement, quand ils compromettent ainsi tous les intérêts, ils manquent gravement à leurs devoirs, aux contrats d’usage et la loi
- (1) Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, année 1872.
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- ne doit pas le permettre, nous venons de voir la jurisprudence des Conseils de prud’hommes et de la justice de paix de la Belgique. Ce pays nous donne là un exemple précieux. Rompre ses engagements, c’est un acte injuste, la loi doit être inspirée par la justice. Quel que soit le motif d’une grève, il doit être présenté aux chefs d’industrie, par ceux qui le jugent assez grave pour abandonner leur travail, tous moyens de conciliation doivent être épuisés avant la déclaration de guerre... c’était ainsi que nos devanciers jugeaient la question, nous la jugeons de même aujourd’hui. La conciliation, au besoin l’arbitrage, sont des moyens puissants de ménager à la fois les intérêts et les bons rapports, qui sont encore plus précieux. La Société des Ingénieurs civils et son éminent président ont bien fait d’étudier dès 1872 les moyens d’y arriver et le Congrès des Sociétés savantes, permettez-nous, Messieurs, nos honorés maîtres, de le dire ici, fait bien également d’en poursuivre l’étude.
- Notre pays n’a pas seulement à produire cet acte isolé, il en est d’autres d’un caractère de plus grande autorité.
- Le Gouvernement et plusieurs groupes de députés se sont occupés de projets de loi divers sur cette question importante des Conseils de conciliation et d’arbitrage. Mais rien encore n’a pu être ni discuté ni résolu : quand une législature produit de 3800, à 4000 projets de lois, il est difficile de les faire aboutir. Nous devons cependant penser que la question est sérieusement à l’étude et que bientôt elle arrivera en discussion.
- M. Le Cour Grandmaison a déposé, dans la séance du 7 décembre 1889, un projet de loi sur l’arbitrage et les Conseils de conciliation, précédé d’un rapport très remarquable, qui expose les diverses tentatives qui ont été faites antérieurement à cette date ; nous avons le devoir de parler de cette étude.
- L’honorable député de Nantes rappelle d’abord que la Chambre précédente a été saisie de plusieurs projets et propositions de loi relatifs à cette question; ces projets ont fait l’objet d’un rapport de M. Lyonnais, mais aucun n’a pu arriver à discussion. Il signale notamment le projet de loi de M. Lockroy, ancien ministre, et celui de MM. Benjamin et Camille Raspail. Ces projets méritent d’arrêter quelques instants notre attention.
- Nous savons qu’en Angleterre, les Conseils de conciliation, et aussi l’arbitrage, ne sont que des institutions privées; les parties peuvent les accepter ou les refuser, il est maintenant dans les mœurs d’y avoir recours et c’est un grand bonheur. M. Lockroy, dans l’exposé des motifs de son projet, exprimait l’intention d’introduire ces dispositions dans la loi française; toutefois, M. Le Cour Grandmaison fait remarquer, avec raison, que le texte du projet de loi du ministre tendait à rendre l’arbitrage obligatoire pour les patrons et méconnaissait ainsi le caractère d’une convention qui doit rester facultative pour les deux parties ; en outre, d’après le projet deM. Lockroy, le maire de la commune était
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- désigné comme l’intermédiaire entre les parties ; M. le Ministre oubliait que le maire en France a toujours eu et a surtout, dans ces temps présents, un caractère politique très marqué et que si une loi faite en vue de conciliation doit entrer dans nos mœurs, la politique doit en être absolument écartée. Un point grave est à relever dans le projet, c’est que l’arbitrage est obligatoire et cette même obligation existe dans le projet de M. Raspail. Cette seule condition suffit pour que nous repoussions ce projet. L’arbitrage ne peut s’imposer par la loi.
- M. Le Cour Grandmaison, dans son exposé des motifs, commence par montrer l’isolement dans lequel se trouve l’ouvrier; il n’a aucune force pour discuter ses intérêts, la suppression de la magistrature spéciale, constituée par les syndics ou jurés des corporations, a laissé l’ouvrier dans l’abandon : de là les coalitions qui se sont formées, le lendemain du jour où la liberté du travail a été proclamée ; de là les répressions violentes contre ces coalitions.
- L’institution des prud’hommes appelés à juger, si le contrat de louage du travail était loyalement exécuté de part et d’autre, a rendu des services; [mais cette institution a une base trop étroite, pour agir avec autorité, quand des différends graves se produisent dans la grande industrie; elle ne peut intervenir utilement dans les grèves. Nous avons vu, dans plusieurs jugements récents, prononcés par les prud’hommes/de Charleroi, que cette loi avait été élargie en Belgique.
- De très bons [esprits ont pensé qu’il fallait revenir aux corporations, M. Ducarre, cité par M. Le Cour Grandmaison, écrivait en 1871 qu’il fallait réduire ou supprimer « la liberté individuelle du travail » et la remplacer par des collectivités. Nous ne sommes pas de cet avis; mais, si nous voulons conserver la liberté individuelle qui est une force, que tout pays libre doit respecter, nous devons reconnaître que la liberté d’association est indispensable et la loi de 1884 sur les syndicats professionnels doit devenir la base de ces associations ; c’est une loi de liberté, nous ne l’avons jamais méconnu, mais à la condition (absolue qu’en toute circonstance les syndicats professionnels respecteront la liberté du travail ; sans cette liberté, ils ne seraient qu’un instrument de tyrannie. Malheureusement, jusqu’ici, cette loi n’a été pour les ouvriers qu’une arme fatale, elle n’a servi qu’à ceux qu’ils ont la faiblesse de subir comme chefs, qu’aux meneurs et qu’aux politiciens qui n’ont pas l’honneur d’être leurs pairs : ainsi, cette loi a [été l’arme qui a fomenté les grèves ; sous ce rapport et dans ce but elle existait en fait avant d’être votée. On sait que des syndicats tolérés ont amené la grève d’Anzin de 1886, que les grèves de Decazeville, deVierzon, dans la même année, n’ont eu pour meneurs que les pitres politiciens, qui tous se sont servis de cette arme des syndicats pour atteindre leurjmt. Gette arme est à deux tranchants, il faut cependant qu’elle serve au bien qu’on en peut tirer, et ce bien, c’est l’association au point de vue des intérêts bien étudiés, bien défendus, des intérêts directs en dehors de
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- toute politique. Or ces intérêts se résument dans l’union des deux forces indispensables à la richesse publique, le capital argent, le capital travail. C’est là le but des Conseils de conciliation et d’arbitrage.
- M. Le Cour Grandmaison passe en revue ce qui s’est fait à l’étranger en vue de ces Conseils, nous en avons fait l’exposé. Il revient ensuite aux études que la France a produites directement, car ce n’est pas d’hier que cette grave question préoccupe les esprits sérieux.
- Il rappelle à ce sujet que M. Emile Ollivier, au moment où il présentait la loi sur les coalitions, d’accord avec la majorité de la Commission, songea un instant à introduire dans la loi l’idée féconde de tentative de conciliation, avec sanction morale et sanction pénale, au cas d’inobservation de la prescription légale.
- L’article préparé par la Commission était ainsi conçu :
- « Seront punis d’une amende de 16 à 200 francs et privation des droits politiques et civils, pendant un an au moins et six ans au plus, tous ouvriers ou entrepreneurs d’ouvrages qui, par suite d’un plan concerté, auront cessé ou fait cesser le travail sans avoir en préalablement recours à une tentative de conciliation. La tentative aura lieu devant les personnes désignées, d’un commun accord, par les parties; à défaut d’accord, devant le Conseil des prud’hommes, et, lorsqu’il n’en existera pas, devant une Commission mixte, composée d’un nombre égal de patrons et d’ouvriers, formée par le tribunal de commerce. Si la tentative de conciliation échoue, soit parce qu’il aura été impossible de s’entendre, soit parce que les parties appelées n’auront pas comparu, il sera dressé procès-verbal, faisant sommairement mention que les parties n’ont pu s’accorder. »
- L’article fut rejeté par le Gouvernement, nous devons le regretter vivement.
- M. Le Cour Grandmaison, à qui rien n’a échappé dans son historique, arrive à la Commission nommée en 1872 par la Société des Ingénieurs civils. Nous avons rendu compte de ses travaux, nous n’y reviendrons pas ; mais nous devons exprimer à la fois notre vive satisfaction et notre gratitude de voir les travaux de cette Commission (composée d’hommes d’opinions politiques très diverses, qui ont su résoudre à runanimité l’une des questions sociales les plus controversées) appréciés comme ils le sont par l’éminent député dont nous rappelons le beau travail. M. Le Cour Grandmaison reproduit dans son rapport ce que je puis appeler l’exposé des motifs de la loi que nous avons formulée en 1872 et termine par ces paroles :
- « On le voit, la commission des Ingénieurs civils a précisé des dispositions qui forment un projet de loi complet; nous n’en avons pas adopté tous les détails, mais nous croyons, dans l’ensemble du projet que nous soumettons aujourd’hui à l’appréciation du Parlement, avoir tenu compte, dans la mesure du possible, des vœux formulés par les hommes si compétents et si distingués dont nous venons de citer les noms. »
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- Ces prémisses et ces efforts n’ont pas été absolument sans conséquence, des tentatives d’arbitrage se sont produites et ont eu quelques résultats, mais elles ont été isolées; cependant M. Le Cour Grandmaison cite celles pratiquées à Nantes, dans l’industrie des chaussures; l’action des Syndicats des jardiniers, à Nantes également; un Conseil d’arbitrage permanent des menuisiers et ébénistes dans la même ville; l’Association des tisseurs de Lyon pratique également l’arbitrage; bien que nous n’ayons pas de statistique relative à ces institutions, nous ne pensons pas qu’elles aient un développement marqué dans notre pays, une loi est nécessaire, et nous arrivons au projet de M. Le Cour Grandmaison. Nous ne pouvons qu’en indiquer les lignes principales ; pour en connaître les motifs et les termes, nous renvoyons au Journal officiel du 4 mars 1890.
- Le projet se divise en deux titres :
- Titre premier : De Varbitrage.
- Les patrons et ouvriers pourront provoquer entre eux un arbitrage sur tous litiges relatifs aux salaires, aux modes et dates de paiement, à la durée du travail, aux garanties de salubrité et de sécurité du travail.
- Le président du tribunal de commerce, à son défaut le président du tribunal civil ou le juge de paix, sont intermédiaires entre les parties qui veulent se soumettre à l’arbitrage; les parties nomment leurs arbitres.
- Les conditions de tout arrangement sont consignées par un procès-verbal, elles seront affichées au lieu désigné pour les affiches judiciaires ; elles peuvent être rendues exécutoires.
- Titre second : Conseils permanents de conciliation et d’arbitrage.
- Les patrons et ouvriers appartenant à des industries similaires peuvent constituer d’un commun accord un Conseil permanent de conciliation et d’arbitrage. En vue de régler toutes difficultés relatives aux questions professionnelles, ils prennent l’obligation d’honneur de se soumettre aux décisions du Conseil. Quand ils sont légalement constitués en syndicats, l’engagement du Conseil syndical lie l’association. Le nombre des délégués ouvriers est égal à celui des délégués patrons. Je ne parle pas du mode d’élection assez complexe : les délégués nomment leur président, leur secrétaire, au besoin des tiers arbitres.
- L’institution du Conseil de conciliation a pour but de prévenir, avant quelles se soient manifestées par des actes extérieurs, toutes les difficultés qui pourraient survenir entre patrons et ouvriers et d’intervenir, avant tout conflit, dans les questions professionnelles qui pourraient troubler les bons rapports entre patrons et ouvriers.
- Quand le Conseil de conciliation ne peut rétablir les bons rapports, il renvoie les parties devant le Conseil d’arbitrage.
- Les patrons et ouvriers qui ont constitué des Conseils permanents de conciliation ne peuvent, en ce qui touche les patrons, modifier les règlements d’atelier, Tome VII. — 91e année. 4e série. — Février 1892. 16
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- ni changer les tarifs des salaires sans en donner avis quinze jours à l'avance ; et, en ce qui touche les ouvriers, ils continueront le travail pendant tout le temps que le Conseil sera saisi des réclamations contre les nouveaux tarifs ou nouveaux règlements.
- Les décisions des Conseils de conciliation et d’arbitrage sont rendues publiques, elles engageront seulement l’honneur des parties qui ont accepté leur juridiction.
- Il y a certainement dans ce projet de loi des mesures qui favorisent la conciliation; le principe le plus important qu’on y a introduit, comme l’avait fait la commission de la Société des Ingénieurs civils, est le temps de la réflexion, l’obligation de pratiquer tous les moyens de conciliation avant aucune manifestation extérieure, avant tout conflit.
- C’est là une mesure capitale, un principe tutélaire qui est pratiqué régulièrement, sous l’empire de la loi, dans l’intérêt des familles ; la commission des Ingénieurs civils l’avait observé, il serait juste de l’appliquer à la grande famille industrielle, dans son intérêt et dans l’intérêt du pays.
- Nous n’avons pas terminé la revue des études sur la conciliation et l’arbitrage. Vous savez, Messieurs, que la Chambre des députés a décidé, dans la séance du 4 novembre 1890, la création d’un Conseil supérieur du travail ; ce Conseil est un instrument d’études pour examiner les projets et pour préparer les solutions sur lesquelles le Parlement doit avoir à se prononcer. M. le Ministre l’a constitué à la date du 23 janvier dernier. Il est composé d’abord des hauts fonctionnaires du Ministère du Commerce et de l’Industrie, des présidents de la Chambre et du Tribunal de commerce de la Seine, de sénateurs et de députés, d’ingénieurs de l’État, d’ingénieurs civils, d’industriels, de publicistes, d’ouvriers attachés aux syndicats ou faisant partie des Conseils de prud’hommes ; il comprend cinquante membres; il est présidé par le Ministre.
- Ce Conseil est divisé en quatre commissions. La première question qui lui a été posée est celle de l’arbitrage (1). Il est d’un grand intérêt de rendre compte ici de ses travaux : son rapporteur, M. Finance, peintre en bâtiment, membre du Conseil des prud’hommes, membre de la commission des logements insalubres à Paris, les a exposés dans un rapport substantiel qui mérite notre attention. Ce rapport, sage et modéré, nous paraît une réponse indirecte aux revendications violentes qui se sont produites récemment aux congrès nationaux et internationaux; il peut avoir des résultats fructueux pour la paix des ateliers, il répond aux préoccupations du Congrès. Sa place est marquée dans notre étude.
- M. Finance établit, en premier lieu, que toute discussion du principe lui paraît hors de cause, personne aujourd’hui ne conteste les bienfaits de l’arbi-
- (I) Cette Commission était composée de MM. Baïhaut, président, Barailler, Bertrand, Bes-sand, Boude, Dépassé, Finance, Janin, Mazurier, de Mun, Parché, Parent et Viliard.
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- trage; on se demande seulement si, pour en tirer profit, une loi est nécessaire. Il résulte, en effet, d’une enquête ordonnée par M. le Ministre du Commerce en 1890, que la plupart des chambres de commerce, des chambres consultatives des arts et manufactures et même des conseils de prud’hommes, se sont montrés hostiles à l’édiction d’une loi spéciale sur l’arbitrage.
- Les objections sont : que la loi des syndicats autorise l’arbitrage, que les décisions des arbitres sont sans sanction.
- Le rapport répond : qu’on peut soutenir, en effet, que la loi autorise l’arbitrage, mais rien dans cette loi n’invite à la conciliation, à l’arbitrage; on n’y trouve aucune indication qui doit y conduire; il expose que les grèves, que l’on se propose de prévenir, ou que l’on espère abréger, se produisent souvent dans des localités où il n’existe pas encore de syndicats.il n’y a pas de sanction légale aux décisions des arbitres, est-ce une raison pour y renoncer? Le Conseil supérieur ne le croit pas. Nous partageons son avis.
- Depuis trente années, en effet, l’Angleterre pratique la conciliation et l’arbitrage avec succès ; l’action de ces Conseils est souvent préventive, c’est là un fait; si l’arbitrage n’a pas une sanction légale, il a une sanction morale — l’opinion publique ; — cette force morale, si puissante et à laquelle nous attachons le plus grand prix, s’oppose aux revendications injustes et frappe les abus de déconsidération ; mais, pour obtenir ces précieux résultats, les membres de ces Conseils doivent être choisis parmi les hommes qui méritent l’estime publique.
- Le Conseil supérieur indique que les Conseils devraient être composés en nombre égal de patrons et d’ouvriers; ils nommeraient au besoin les tiers arbitres choisis parmi les hommes d’une impartialité sans conteste.
- Un tribunal arbitral, composé de juges respectés, serait la digne la plus solide qu’on puisse opposer à l’injustice ; l’injustice ne se produisant pas, la paix est garantie.
- En suivant cet ordre d’idées, on est conduit à laisser l’arbitrage facultatif; le juge de paix se trouve désigné pour être l’intermédiaire naturel des parties pour deux raisons principales : il n’est pas industriel et n’est pas soumis à l’élection. Nous voulons espérer qu’il sera indépendant, dans tous les cas il n’est pas juge, son rôle se borne à mettre les parties en rapport. Sans doute ces mesures ne pourront pas avoir immédiatement tous leurs bons effets, mais peu à peu elles entreront dans les mœurs, par leur esprit de justice et par les services qu’elles rendront, la publicité des décisions sera pour elles un puissant appui.
- Nous avons dit que ces décisions, rendues publiques, auraient d’excellents effets sur l’opinion, et, de plus, que l’opinion mettrait toujours les ouvriers et les patrons en garde d’actions injustes; il faut que les décisions fassent plus et le Conseil supérieur a raison d’indiquer que les décisions formulées seront la loi des parties, qu’elles auront une durée précisée, ou au moins qu’on devra, avant de
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- les modifier, les dénoncer par un avis donné pour un temps défini; que, dans cette période, le travail ne pourra, pour aucune raison, être abandonné. Cette prescription doit être la pensée dominante des auteurs de la loi, si l’on veut assurer la stabilité des intérêts, la sécurité des personnes et s’assurer le respect de l’opinion publique.
- En résumé, le Conseil supérieur du travail demande qu’il y ait une loi, que son caractère soit facultatif, que le juge de paix soit l’intermédiaire officiel des parties, que l’administration publie les décisions des Conseils; que les décisions fixent la durée des conventions, ou, au moins, la durée d’un délai d’avis pour les dénoncer.
- Tels sont les points essentiels de l’arbitrage, au moment où une grève est sur le point de se déclarer, même quand elle est déclarée.
- Le Conseil supérieur du travail s’est demandé si ces Conseils devraient être permanents. Il a répondu par l’affirmative, et, en effet, la permanence de ces Conseils est encore une mesure préventive, peut-être la meilleure, en vue d’éviter de nouveaux conflits collectifs ; leur existence fixe l’attention des patrons et des ouvriers, ils sont des organes permanents de conciliation. On observe, avec raison, que le principal obstacle à l’établissement d’un système permanent d’arbitrage et de conciliation est le défaut d’organisation chez les ouvriers et chez les patrons. C’est au moins l’avis de M. H. Crompton, arbitre permanent pour les manufactures de dentelles de Nottingham. « L’arbitrage, dit-il, a toujours un plein succès, partout où il existe des associations régulières » (on se rappelle que Nottingham a été le berceau des Conseils de conciliation). Sans nul doute, il faut des associations, et, dès lors, nous revenons à la loi de 1884 sur les syndicats, qui est une loi de liberté, nous ne saurions trop le répéter, surtout parce que jusqu’ici les ouvriers ont permis, très maladroitement pour eux, qu’elle fût appliquée par des chefs étrangers à leurs intérêts et souvent ennemis de ces intérêts. En toute occasion, nous avons affirmé cette opinion sur les syndicats ; en l’exprimant encore au moment où nous arrivons au terme de cette étude, nous devons ajouter que le syndicat professionnel doit être avant tout un instrument de concorde, et s’il échappe aux meneurs, il ne faut pas qu’il devienne une arme d’oppression et de tyrannie aux mains des ouvriers; nous devons éviter ici toute politique, nous dirons cependant que les hommes de gouvernement sont sous la dépendance du suffrage universel, les ouvriers ont leurs flatteurs. Il y a là un danger que nous signalons simplement. Les courtisans font les despotes. Nous ne voulons, quant à nous, ni tyrannie ni privilège d’aucune sorte.
- Jusqu’ici nous devons reconnaître que la politique a joué le rôle prédominant dans les groupements d’ouvriers qui ont formé ces syndicats, on y a fait souvent appel à l’intervention de l’État pour régler les conditions de la vie professionnelle : c’est là une faute et un danger : les questions de personnes y ont
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- eu plus d’action que l’intérêt général. Or, c’est avant tout l’intérêt général que toute association doit avoir en vue, si elle veut réussir; c’est cet intérêt qu’elle doit surtout avoir en vue. L’ouvrier français saura-t-il se servir utilement de la liberté d’association?
- M. Finance, qui est leur pair, qui vit dans leur milieu, nous affirme, dans son rapport, qu’il se produit un mouvement spontané des esprits vers la conciliation dans les conflits collectifs, que ce mouvement grandit chaque jour. 11 exprime cette opinion fort sage, que les syndicats devraient rayer de l’ordre du jour de leurs assemblées les sujets se rapportant à la politique et dit que cette opinion s’établit ; il en donne quelques témoignages en citant : 1° la Fédération typographique, qui groupe une centaine de syndicats, qui n’apporte son aide à ses adhérents qu’après qu’ils ont épuisé toutes les voies de conciliation; 2° il nous informe qu’à l’inauguration de la Bourse du Travail à Lyon, le délégué de Paris déclarait que les questions qui divisaient les patrons et les ouvriers devaient être réglées par l’arbitrage.
- Dans ces conditions, le Conseil supérieur du travail demande des Conseils permanents de conciliation et d’arbitrage, pouvant se constituer dans chaque profession similaire, entre patrons et ouvriers; que les syndicats professionnels de patrons et d’ouvriers et employés, régulièrement établis d’après la loi de 1884, pourront les constituer et exprime le vœu que l’Administration mette à leur disposition les locaux nécessaires à leur réunion.
- Les résultats obtenus par les Conseils de conciliation et d’arbitrage en Angleterre ont eu certainement leur influence très justifiée sur l’opinion du Conseil supérieur du travail.
- Ce sont des mesures auxquelles nous pouvons nous rallier et nous déclarons que nous les trouvons excellentes. Si d’abord la liberté du travail est respectée et si on écarte des discussions tout ce qui a un caractère politique ou socialiste, si enfin on ne s’y occupe que des intérêts, les Conseils d’arbitrage permanents ne peuvent avoir que de bons résultats. '
- Ce qui préoccupe l’industrie, ce qui la compromet, ce qui aggrave sa position relativement aux grèves, c’est l’acte de l’abandon du travail sans avis préalable et sans l’examen des réclamations. C’est ce point essentiel qui avait frappé la commission de la Société des Ingénieurs civils. Toutes les considérations générales, exposées dans le rapport de M. Finance, ont été l’objet de ces discussions. 11 y a un fait frappant, que les mêmes préoccupations soient celles exposées par le Conseil supérieur du travail, par tous ses membres et à l’unanimité. Ce fait devrait être souligné.
- Il convient aussi de signaler les paroles prononcées par le Ministre à la clôture de la première session de ce Conseil : « Le Gouvernement, a-t-il dit, qui a pris parti de nommer un Conseil supérieur du travail, doit se féliciter des faits qui se
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- sont produits dans sa première session, il remercie vivement le Conseil supérieur de l’esprit de vérité, de justice et de concorde sociale, qui a présidé à ses délibérations, il constate que la politique n’a jeté aucune division dans ses débats, qui ont paru n’avoir pour émules que les membres d’une même famille. »
- Avant de préciser nos conclusions, il peut convenir de dire encore un mot des congrès ouvriers, pour bien affirmer que ce n’est pas de ce côté que nous trouverons des appuis pour les institutions que recherche le Congrès des Sociétés savantes.
- La raison en est simple : les chefs de ces Congrès sont généralement des hommes politiques, si l’on peut donner ce nom aux révolutionnaires, aux anarchistes, aux utopistes qui sont à leur tête.
- Nous avons cherché à faire, dans un chapitre spécial, l’exposé des revendications qui se sont produites dans ces Congrès, nous n’y avons trouvé que des appels violents à la haine, depuis le premier Congrès de Halle jusqu’au Congrès de Commentry, comme aussi dans les Congrès internationaux de Paris en 1889 et en 1891 ; les quelques paroles modérées ou de sagesse, qu’on rencontre rarement, sont l’objet d’une indignation générale.
- La réunion des ouvriers du 1er mai, dont on ne peut méconnaître la gravité, mais qui, heureusement jusqu’ici, n’a pas en fait l’importance que les agitateurs voudraient lui donner, a le caractère d’une menace qui peut nous conduire à la barbarie. La journée de huit heures est un acte de socialisme que repousse le principe de la liberté... Il y a plus : au 1er avril dernier, le Congrès des ouvriers tenu à Paris a été international, les délégués se sont déclarés les représentants des mineurs de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la Belgique et de la France. Il s’est occupé surtout de politique internationale. On a voté qu’on soutiendrait les mineurs belges dans leur grève générale, en vue de contraindre les pouvoirs publics d’un pays voisin à voter le suffrage universel. Nous n’avons pas à discuter ces vues, mais elles démontrent le danger de ces Congrès, faits, paraît-il, pour toutes les guerres et non pour la paix que nous cherchons. Nous ne pouvons pas les faire intervenir dans les solutions que nous désirons vous présenter... Nous applaudissons au contraire à l’opinion de M. Finance qui nous a annoncé dans son rapport qu’un mouvement spontané des esprits porte les ouvriers vers la conciliation, que ce mouvement grandit chaque jour et qu’il conduit les syndicats à écarter, de l’ordre du jour de leurs assemblées, tous les sujets qui se rapportent à la politique.
- Nous avons parlé surtout de la grande industrie, mais ce que nous avons dit pour elle doit s’appliquer également aux industries moyennes et à la petite industrie, les Conseils de conciliation et d’arbitrage auront à leur égard les mêmes effets, le problème qui les intéresse se trouve résolu par les mesures que nous allons préciser. Leur caractère est général.
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- Nous sommes arrivés au moment de conclure, nous formulons cette conclusion sous forme d’un vœu.
- Considérant :
- 1° Que la loi du 27 mai 1864, qui proclame le droit absolu des coalitions, n’en définit pas l’exercice;
- 2° Qu’en fait ce droit s’exerce spontanément, souvent violemment, que généralement les ouvriers abandonnent une exploitation et se déclarent en grève sans avoir précisé aucune réclamation aux chefs des établissements qui les occupent, qu’il résulte de cette pratique des préjudices graves pour les patrons comme pour les ouvriers ;
- 3° Que des Conseils de conciliation et d’arbitrage, établis spontanément en Angleterre en 1860 et 1864, par l’initiative privée, ont eu pour résultat d’éviter ou de limiter la durée de nombreuses grèves et notamment en 1888 près de 75p.100;
- 4° Que des lois créées en Belgique en 1887 et en 1889 dans les mêmes vues font espérer des résultats favorables ;
- 5° Qu’une commission, nommée en 1872 par la Société des Ingénieurs civils, en vue d’étudier la loi de 1864, a formulé l’obligation d’épuiser tous les moyens de conciliation avant de déclarer la grève, sous peine d’amende et d’emprisonnement ;
- 6° Que divers projets de loi, dans les mêmes pensées de conciliation et d’arbitrage, ont été présentés à la Chambre des députés, par tous les partis et notamment par M. Le Cour Grandmaison en décembre 1889;
- 7° Que le Conseil supérieur du travail a exprimé les mêmes principes, à l’unanimité de ses membres, par un rapport publié en février dernier, qui appuie la constitution de Conseils permanents de conciliation et d’arbitrage ;
- La Commission, nommée par la Société des Ingénieurs civils, pour la représenter au Congrès des Sociétés savantes, forme le vœu :
- 1° Que toute suspension ou interruption de travail, du fait des ouvriers ou des patrons, doit être précédée d’un délai de quinze jours au moins, pendant lequel les ouvriers ou patrons porteront vis-à-vis d’un Conseil de conciliation, composé en nombre égal de patrons et d’ouvriers nommés par leurs pairs, l’objet du débat qui peut exister entre eux, sous peine d’une pénalité fixée par la
- 2° Que si le désaccord persistait, il serait porté vis-à-Vis d’un Conseil d’arbitrage, composé comme le premier de patrons et d’ouvriers ; les jugements seraient facultatifs, c’est-à-dire qu’ils n’obligeraient pas les parties, mais ils seraient rendus publics.
- 3° Les Conseils de conciliation et d’arbitrage seraient permanents, ils nom-
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- meraientleur président et leur secrétaire, au besoin des tiers arbitres; le juge de paix du canton serait intermédiaire entre les parties.
- La délégation de 1891 arrive ainsi à une conclusion analogue à celle de la Commission de 1872 que nous avons rappelée, mais elle y arrive avec plus d’autorité, parce qu’elle s’appuie sur les faits suivants :
- 1° Depuis vingt ans, la situation des ouvriers vis-à-vis des patrons est devenue plus isolée, principalement par le développement des grandes Sociétés anonymes.
- 2° Les grèves ont pris une extension considérable, que nous attribuons principalement au défaut des rapports constants, nécessaires entre patrons et ouvriers.
- 3° Des projets de loi ayant en vue la conciliation et l’arbitrage ont été présentés au Parlement par tous les partis.
- 4° Les conclusions du Conseil supérieur du travail, félicité par le Ministre pour l’esprit élevé qui a présidé à ses délibérations, sont dans les mêmes vues.
- Devons-nous saluer sans réserve l’ensemble de bonnes volontés que nous venons de rappeler, que nous voyons avec une vive satisfaction se produire sur le terrain social? Nous pouvons au moins le considérer comme un symptôme précieux, comme une appréciation salutaire et juste des difficultés qu’il est grand temps de résoudre ; on étudie, nous en avons donné la preuve, on ri aboutit pas, c’est là un danger pour cette loi, comme pour d’autres qui touchent aux mêmes intérêts. Tous les hommes qui se vouent, sans parti pris et avec indépendance, à l’étude des luttes sociales, qui voient avec effroi le danger de la guerre entre les deux forces vives de la production, jugent que cette guerre, si elle [persistait, serait une ruine et que, pour la prévenir, les classes élevées doivent remplir leurs devoirs vis-à-vis des ouvriers, comme ceux-ci doivent comprendre et remplir les leurs vis-à-vis de ceux qui utilisent leurs forces et leurs mérites. Il faut, des deux côtés, la bonne volonté et l’esprit de justice, il faut surtout les rapports continus, le contact permanent, il faut se connaître, pour tout dire, s’estimer et s’aimer. Dans ces conditions les malentendus ne sont plus à redouter, on cherche la vérité, on évite les conflits, on a la paix des ateliers.
- La plupart des membres de la Commission, dont je cherche à traduire les sentiments, ont vécu de longues années au milieu de nombreux ouvriers, ils les connaissent et les apprécient; ce sont très généralement de braves gens qui, en somme, passent leur vie dans le travail, bons pères de famille, attachés à l’industrie qu’ils pratiquent et qu’ils aiment ; ils sont animés de bonnes intentions, le travail continu ne produit ni révolutionnaires ni anarchistes ; ils sont faibles, très faibles, défiants vis-à-vis de leurs chefs, quand ces chefs les abandonnent et ne leur font point sentir leur intérêt, leur estime, leur affection ; ils se livrent, sans défiance, au premier venu, souvent à ceux qu’ils ne connaissent pas, et même,
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- depuis quelque temps, à des hommes étrangers à leur pays. Il appartient aux chefs d’industrie français, aux ingénieurs, qui partout sont les directeurs effectifs des travaux, de gagner leur confiance : il suffit de le vouloir pour que ce soit. L’action des meneurs est superficielle ; on parle à nos ouvriers de socialisme, est-il difficile de leur prouver que le socialisme leur ferait un sort qui les ramènerait à une réglementation telle, qu’elle serait pour ainsi dire l’esclavage? Allons franchement à eux, et bientôt nos ouvriers reconnaîtront les erreurs qui les conduisent dans les mains de ceux qui n’ont d’autre but que d’abuser, à leur unique profit, de leur force numérique et morale.
- Les conseils de conciliation formés de patrons et d’ouvriers, choisis par leurs pairs, ne doivent pas avoir pour but unique d’intervenir dans des débats; leur but principal, à nos yeux, serait de les prévenir; il est à désirer que la pratique de la Compagnie de Mariemont s’établisse partout. Ces Conseils doivent être permanents; pourquoi ne s’occuperaient-ils pas officieusement, dans des réunions d’un caractère familial, des questions de salaires, de primes diverses, de participation, là où elle peut être pratiquée; d’épargne, appliquée à la mutualité, à la famille, au patrimoine de l’ouvrier; de l'économie de la vie, si facile aujourd’hui par les Sociétés coopératives, si favorable à l’épargne ; du foyer, qu’il serait si précieux d’avoir dans des conditions favorables et d’avenir ? Ce sont là des sujets inépuisables qui, bientôt, rapprocheraient les hommes qu’on veut diviser, et feraient cesser des désaccords qui ne sont que des malentendus. Nous pouvons beaucoup pour arriver à ce résultat, nous n’avons à demander à nos conseils d’administration que de la bonne volonté . Il y a, parmi ceux qui les composent, beaucoup d’hommes distingués et supérieurs, des hommes du plus grand mérite, de la plus haute valeur ; leur esprit n’est certes pas celui des Américains, ils sont en situation d’agir dans des vues élevées, générales et généreuses. Nous avons eu et nous avons encore des luttes en France, les luttes sont dans l’essence même de l’humanité, elles existeront toujours ; mais ces luttes, si regrettables qu’elles soient, n’ont que par exception un caractère aigu ; supprimez les agitateurs, les meneurs, les utopistes, tous ceux qui font beaucoup plus de bruit que de besogne, et surtout beaucoup de mal, tous ceux qui n’ont d’autres armes que l’envie et la haine, ou la folie'; tous ceux qui veulent la guerre qui ne peut amener que la ruine. Ne cherchez pas à les convaincre, ceux-là sont les ennemis communs. Mais les honnêtes gens doivent s’entendre et agir au grand jour, afin de mériter par des actes utiles le puissant concours de l’opinion publique, qui est une force morale facile à conquérir quand on n’a en vue que la justice ; il ne faut pas que par ignorance de la part des ouvriers, par abandon de la part des patrons, et pour le bon plaisir de criminels ou de fous, la patrie soit déclarée en danger.
- Nous n’atteindrons jamais ce but d’une parfaite entente que par l’intervention des forces morales. Un illustre maître, F. Le Play, nous dit que ces forces mo-Tome VII. — 91e année. 4e série. Février 1892. 17
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- BIBLIOGRAPHIE. --- FÉVRIER 1892.
- raies sont la route qui conduit à la vérité. Espérons, Messieurs, qu’il en sera ainsi, ne laissons pas le temps seul agir dans ces vues ; agissons nous-mêmes, travaillons sans relâche, sans défaillance, avec la conscience du devoir. Soyons à la fois patients et actifs; appelons à nous simplement, sans flatterie, mais loyalement, des cœurs qui doivent battre à l’unisson des nôtres, et le succès répondra à notre amour pour le bien public.
- BIBLIOGRAPHIE
- PUBLICATIONS P.ÉRIODIQUES
- La Société d'Encouragement pour l’Industrie nationale reçoit les publications suivantes :
- Aéronaute.
- American Journalof Science.
- Annales de Physique et de Chimie.
- ,— de la Sociedad Rural Argentina.
- — de l’École polytechnique de Delft.
- — des Mines.
- — des Ponts et Chaussées.
- — du Commerce extérieur.
- — télégraphiques.
- Année scientifique, par L. Figuier.
- Bibliographie de la France, journal de l’Imprimerie et de la Librairie.
- — de minas [Lima).
- Bulletin de l’Aéronautique.
- — de l’Association des Élèves de M. Frémy.
- — de hAssociation philotechnique.
- — de la Société centrale des Architectes français.
- — — chimique de Paris.
- — — de Géographie.
- — — de Géographie commerciale de Paris.
- — — d’Economie politique.
- — — d’Émulation d’Abbeville.
- — — de l’Industrie minérale (avec Atlas).
- — — de Photographie. .
- — — des Sciences et Arts du Havre. , .
- — — industrielle d’Amiens. .. .
- — — — d’Angers.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- Bulletin de la Société cl’Elbeuf'.
- — — de Mulhouse.
- — — de Reims.
- — — de Rouen.
- — — internationale des Électriciens.
- — de rInstitut égyptien. >
- — des Séances de la Société nationale d’Agriculture.
- — du Comité des Forges de France.
- — officiel de la propriété industrielle et commerciale.
- — consulaire français.
- — du Comité des travaux historigues et scientifiques {section des sciences
- économiques et sociales).
- — du Ministère de VAgriculture.
- — du Ministère des Travaux publics.
- — de Géographie historique et descriptive.
- — général de la Papeterie.
- — de la Chambre syndicale de Vameublement.
- — du Syndicat des ingénieurs conseils.
- — de Statistique et de législation comparée du Ministère des Finances.
- — de Statistique et de législation comparée du Ministère des Travaux publics.
- — technologique de la Société des anciens élèves des écoles nationales
- d! Arts et Métiers.
- — trimestriel de iinstitut des actuaires français.
- Chemical News.
- Comptes rendus de l’Académie des sciences.
- Cosmos.
- Dingler’s polytechnisches Journal.
- Economiste français.
- Electricien.
- Engineering.
- Gazette de l’Université de Kief (en russe). ,
- Génie civil.
- Industria.
- Industrie française.
- Institution of Mechanical Engineers.
- Iron.
- Journal d’Agriculture pratique.
- — de lAqricidture, fondé par M. Barrai.
- — d’Education populaire.
- — de la Société nationale d’Horticulture de France.
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- Journal des Fabricants de sucre.
- — d’Hygiène (climatologie).
- — o f the Franklin Institute.
- — of the Society of Aids.
- — of the Society of Chemical industry.
- — de Pharmacie et de Chimie.
- Lumière électrique.
- Le Chercheur.
- Le Gaz.
- Mémoires et comptes rendus de la Société des Ingénieurs civils. Mémoires de la Société d'Agriculture du département de la Marne. Memorias de là Sociedad scientifica Antonio Alzate.
- Moniteur scientifique du Dr Quesneville.
- Moniteur officiel du commerce.
- Nature,
- Nature [la).
- Nouvelles Annales de la construction d’Oppermann.
- Official Gazette of the United States patent office.
- Portefeuille économique des machines dé Oppermann.
- Proceedings of the royal Society o f London.
- Recueil des publications de la Société havraise d’études diverses. Réforme sociale.
- Rendi conto deW Accademia delle scienze fisiche e mathematiche. Reports from the consuls of the United States.
- Revue agricole, industrielle, littéraire et artistique de Valenciennes.
- — chronométrique, journal de l’Horlogerie française.
- — de Géographie.
- — de ïArchitecture.
- — des Arts décoratifs.
- — des Travaux scientifiques (Ministère de l'instruction publique).
- — des Deux Mondes.
- — du Génie militaire.
- — générale des Chemins de fer.
- — générale des sciences pures et appliquées.
- — maritime et coloniale.
- — scientifique.
- — universelle des inventions nouvelles.
- Science illustrée.
- Science française.
- Séances de la Société française de physique.
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- Semaine des constructeurs. . - - .
- Smithsonian miscellaneous collections.
- Smithsonian contributions to knowledge.
- Tour du Monde.
- Transactions of the institution of Engineers and Shipbuilders in Scotland. Travail national.
- Valentin Haüy.
- Verhandlungen des Vereines zur Befôrderung des Gewerbfleiszes.
- Zapiski [Mémoires de la Société Impériale technique de Russie et Brevets d’invention).
- BIBLIOGRAPHIE
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- Séance du 1er février 1892. — Sur la mesure optique des températures élevées, par H. Lechâtelier. — Recherche sur l’adhérence aux feuilles des plantes des composés cuivriques destinés à combattre leurs maladies, par Aimé Girard.
- Séance du 8 février 1892.— Observations sur une note de M. H. Lechâtelier intitulée : « Sur la mesure optique des températures élevées », par H. Becquerel. — Sur la silice dans les végétaux, par MM. Berthelot et André. — De la décomposition de l’acide sulfureux par le carbone aux températures très élevées, par Scheurer-Kestner.
- Revue générale des Chemins de fer. — Janvier 1892. — Essais d’éclairage électrique des voitures sur différents réseaux d’Europe. — Valeur relative des différents types de locomotives Gompound employées en Amérique.
- Comité des Forges de France. — Janvier 1892. — N° 546. — Situation respective de la France vis-à-vis des États étrangers à la suite de la dénonciation des traités de commerce. — N° 547. — La superstructure métallique des voies de chemins de fer en Allemagne. — N° 550. — Production de la fonte et des rails d’acier Bessemer aux États-Unis, en 1891. — N° 552. — Consommation des rails en France.
- Le Génie civil. — 30 janvier, n° 13. — Locomotives mixtes à grande vitesse de la Compagnie des chemins de fer de l’Est, par Max de Nansouty. — Méthodes américaines modernes de fusion des minerais de cuivre, par P. Leproux.
- 6 février, n° 14. — Essais de déformation faits en Autriche sur des poutres de diverses natures de métal, par Z. Bâclé. — Nouveau procédé de clairçage du sucre, par
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- 13 février, n° 13. — L’altération des peintures artistiques, par P. Jannettaz. — La pompe demi-rotative Japy, par G. Forts.
- Bulletin de la Société Internationale des électriciens. — Janvier 1892, n° 84.
- — Nouveau mode d’emploi des transformateurs à courant continu, par Rechnieivski.
- — Affinage électrolytique du cuivre, par H. Fontaine.
- La Lumière électrique. — 23 janvier 1892, n°4. —Argenture et dorure de l’aluminium. — Sur une nouvelle méthode permettant d’obtenir une température constante, par H. Crew.
- 6 février, n° 6. — Applications mécaniques de l’électricité, par G. Richard. — Influence de la température sur l’aimantation du fer et d’autres corps magnétiques, par E. Wilde.
- 13 février, n° 7.— Nouvelles applications scientifiques du téléphone, par C.'Raveau.
- L’Électricien. — 6 février 1892, n° 58. — Des turbines à vapeur dans les stations centrales.
- Journal de Pharmacie et de Chimie. — 15 janvier 1892, n° 2. — Falsification des denrées alimentaires au moyen du pain grillé, par E. Collin.
- 15 février 1892, n° 4. — Sur la falsification de l’huile de lin par les huiles de résine, par Coreil.
- Moniteur scientifique du Dr Quesneville. -— Février 1892. — Des conditions que doivent présenter les solutions fermentescibles pour que les fluorures y produisent un maximum d’effet, par J. Effront. — Épuration automatique et continue |des alcools par première distillation, par E. Laurens. — Sur l’analyse optique et chimique des beurres, par Ferdinand Jean. — Sur le dosage des matières grasses dans l’oléine, par R. Williams.
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- 14 janvier, n° 2. — Le Gombo, par A. Leblond. — Le lupin en Champagne, par Ronsard.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- --- FÉVRIER 1892.
- du lait, par J. Reiset, Georges Diéterle. — Histoire de la législation des sucres, par F. Couvert. •
- janvier, n° 4. — Rapport entre les fumures et les récoltes, par E. Lecouteux. — Expériences sur l’emploi de divers engrais dans la culture de la betterave à sucre, par A. Larbalétrier. —Les fumures vertes de lupin en Allemagne depuis cinquante ans, par E. Lecouteux et E. Risler. — La margarine dans le beurre, par Georges Pouchet.
- 4 février, n° 5. — Évaluation rapide de la richesse en fécule des pommes de terre, par H. Roiret. — Les engrais verts dans les sols calcaires, par Jules Crevai.
- 11 février, n° 6. — Nouvelles pommes de terre à grand rendement, par E. Schri-baux. — Évaluation rapide de la richesse en fécule des pommes de terre, par H. Roiret.
- Journal de l’Agriculture. — 2 janvier 1892, n° 1278. — Le bambou dans la région sous-pyrénéenne, par Edmond Loze.
- 6 janvier, n° 1279. — Le bambou dans la région sous-pyrénéenne, par Edmond Loze.
- 9 janvier, n° 1280. — L’extrait sec dans les vins, par Rouffard. — Le bambou dans la région sous-pyrénéenne, par Edmond Loze.
- 16 janvier, n° 1282. — Nouvelles variétés de fraises, par De Pradel.
- 20 janvier, n° 1283. — Plantes potagères nouvelles, par De Pradel. — Cultivateurs et fabricants de sucre, par Henry Sagnier.
- 30 janvier, n° 1286. — Cultivateurs et fabricants de sucre, par Henry Sagnier.
- 13 février, n° 1290. — Les fibres d’ananas, par De Dubor.
- LA CONSTRUCTION MÉCANIQUE. — ÉLÉMENTS, PAR J. BUCHETTI (Paris, 1891, 1 JVol. in-4, pl. chez l’auteur).
- L’ouvrage de M. Buchetti : la Construction mécanique. Eléments, résume les connaissances qu’un contremaître ou un ouvrier instruit doit posséder sur son métier; de plus, il est indispensable à ceux qui ont à faire exécuter ou à diriger des constructions mécaniques, car on y trouve, sous un petit volume, toutes les données qu’il est nécessaire de connaître dans cet ordre de travaux. Quoique ce traité soit, comme son nom l’indique, tout à fait élémentaire, les divers sujets sont exposés d’une manière suffisamment complète et ont été mis au courant des nouvelles méthodes et des progrès de l’industrie.
- L’auteur s’occupe d’abord des matériaux sur lesquels s’exerce le travail de l’ouvrier constructeur de machines. Après la description et l’usage des bois, divisés en bois durs, blancs, fins, résineux et exotiques, viennent quelques notions succinctes sur le mesurage, le débit, les défauts et la conservation des bois, ainsi que sur les assemblages. Le deuxième chapitre est consacré aux métaux employés dans la construction mécanique : fonte, acier, fer, cuivre et alliages. Cet exposé est extrait du Manuel des Constructions métalliques et mécaniques du même auteur. Le chapitre suivant traite du travail des métaux et des divers instruments employés à cet effet; il contient des détails étendus sur les outils de tours et rabots et sur le travail à la fraise.
- L’auteur décrit ensuite plusieurs machines-outils : les tours en particulier sont l’objet d’une assez longue étude.
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- RECTIFICATION. --- FÉVRIER 1892.
- Il passe également en revue les machines à percer, à raboter, à mortaiser, à fraiser. Ces descriptions sont accompagnées de grandes figures représentant la vue perspective de chaque machine, ce qui facilite l’intelligence du texte et permet d’acquérir rapidement une notion exacte de chaque mécanisme. Le chapitre VIII contient des développements étendus, avec tableaux numériques, sur les rivets, le rivetage des tôles, ainsi que la description sommaire d’une poinçonneuse et de riveuses hydrauliques; il se termine par une étude sur les vis, les boulons et les clavettes. Un appendice s’occupe du traitement des cuirs, de la fabrication et du calcul des courroies, des huiles, des graisses et du graissage des machines. Enfin l’ouvrage est accompagné de nombreuses planches qui contiennent des dessins d’outils, des épures et des tableaux numériques.
- T. G.
- RECTIFICATION Bulletin de janvier 1892, page 9 :
- Ajouter à la liste des correspondants français, Comité des Arts chimiques, Boire (Emile), administrateur-directeur des sucreries de Bourdon (Puy-de-Dôme), boulevard Malesherbes, 80, à Paris.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Caris. — Typographie Chamerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères. — 28101.
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- 91* ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- MARS 1892.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Imbs, au nom du Comité des arts mécaniques, sur les
- PROCÉDÉS GRAPHIQUES ET LES APPAREILS de M. HENRI RoNSSE POUR LA
- REPRODUCTION EN TISSUS ET A TOUTE ÉCHELLE DÉSIRÉE, SANS ARMURES NI
- CARTONS, DES PEINTURES OU DÉCORATIONS LES PLUS VARIÉES.
- L’exécution de tissus d’un effet artistique, nécessitant l’intervention très fractionnée d’un grand nombre de coloris et de tons dégradés est encore aujourd’hui une œuvre manuelle et artistique elle-même, qui concerne le domaine de la tapisserie plutôt que celui du tissage proprement dit. Sans même recourir aux nombreux tons que la manufacture des Gobelins utilise actuellement, en se reportant à l’époque des anciennes tapisseries qui ne recouraient ordinairement qu’à une gamme de douze couleurs chacune en quatre tons, la combinaison de quarante-huit coloris se localisant exactement dans un tissu à leur position voulue par l’esquisse, constitue un projet qui, sans être absolument irréalisable aujourd’hui en tissage façonné, ne serait cependant exécutable qu’au prix d’efforts équivalents à ceux qu’entraîne l’exécution des tissus spoulinés qui méritent le nom de tapisseries artistiques, et avec une dépense considérable de matière perdue.
- M. Ronsse a imaginé et amené à l’état pratique des procédés qui, pour certaines contextures spéciales, tournent les difficultés existantes, et permettent avec simplicité, économie et aisance de réaliser mécaniquement des effets décoratifs du tissu, représentant des peintures, tableaux, esquisses, etc., pour lesquels le peintre ne s’est en rien préoccupé de prévoir et de faciliter la reproduction de son œuvre sous forme de tissu.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Mars 1892.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- MARS 1892.
- M. Ronsse envisage particulièrement la réalisation des tissus-chenille. Dans ces tissus le fil de la trame apparente est préparé au préalable sous forme de chenille veloutée, à coloris successifs s’échelonnant sur sa longueur. L’échelonnement des coloris divers doit être tel, que dans les évolutions alternatives que fera cette trame-chenille dans le tissu définitif, ses coloris divers longitudinaux viennent avec exactitude se juxtaposer transversalement et construire les figures ou effets désirés. L’exécution du tissu définitif n’est donc rien autre que celle d’un tissu ordinaire des plus simples. C’est la préparation de la trame-chenille à coloris successifs qui présente toute la difficulté. Cette préparation exige l’exécution d’un premier tissu à claires voies longitudinales du sens chaîne; par un découpage longitudinal effectué ensuite le long et au milieu de chacune de ces claires-voies, ce premier tissu fournira autant de cordons frangés qu’il contenait de bandes étroites et chacun de ces cordons frangés doit devenir, au besoin en le munissant d’une certaine torsion, la trame nécessaire pour un tableau tissé semblable à l’esquisse voulue. C’est donc, naturellement, dans ce premier tissu, que les duites, qui vont former la frange des cordons, doivent se succéder en changeant de temps en temps de couleur, pour y former des bandes transversales ou zones dont, pour chacune, la dimension longitudinale, ou le nombre proportionnel de duites successives à insérer, varie selon l’espace transversal que la partie ainsi colorée de la trame-chenille doit parcourir dans le second tissu définitif.
- M. Ronsse ne change rien à ce principe qui est la combinaison même du tissu-chenille à coloris décoratif. Mais il en simplifie extraordinairement la réalisation dans sa partie difficile de l’exécution du premier tissu, et les moyens qu’il emploie constituent par le fait un développement pratique considérable des facultés utilisables de ce principe constitutif, en tant qu’effet décoratif.
- Jusqu’ici, et bien entendu à un petit nombre de couleurs, l’application de ce principe exigerait les opérations suivantes :
- 1° La reproduction de l’esquisse, avec ses coloris mis à la corde, sur un papier quadrillé carré dont les interlignes verticaux seraient une subdivision proportionnelle des dimensions transversales du panneau à tisser et dont les interlignes horizontaux seraient dans le même rapport proportionnels à l’écartement de succession des duites chenilles à insérer (fig. 1).
- 2° Sur cette carte, en suivant en aller et retour les interlignes horizontaux successifs, le dénombrement des cases rencontrées entre chaque chan-
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- gement de couleur, leur prise en note avec annotation de la couleur, et enfin la construction d’un tableau d’ordre où les zones de couleurs seraient notées dans toutes leurs alternances successives, avec le nombre de duites nécessaire pour chaque zone, d’après les nombres de cases traversées affectés d’un coefficient constant correspondant à la réduction trame du tissu préparatoire.
- 3° Ces données obtenues, l’exécution manuelle, et attentivement conforme au tableau d’ordre, du tissu préparatoire serait la plupart du temps seule possible. En effet, les métiers mécaniques à boîtes ou à navettes changeantes, existant dans l’industrie moderne, ne se prêtent bien qu’à des changements réguliers continus par une duite de chaque couleur, comme l’exigent les tissus à effets de trames multiples, ou bien à des changements irréguliers, mais qui au bout d’un nombre très limité d’alternances facultatives, aboutissent à une répétition périodique qui se continue régulièrement et indéfiniment, comme pour les rayures transversales. Supposant même un métier mécanique moderne des plus complets en ce sens, par exemple, à deux boîtes indépendantes de six compartiments chacune, à double coup de fouet, et permettant d’utiliser dix navettes différentes, le jeu de ces boîtes et de leurs compartiments repose toujours sur les principes d’une mécanique Jacquart, c’est-à-dire sur une sélection se renouvelant à chaque duite, et cela est indispensable pour que à toute duite quelconque la sélection et les compartiments en fonctionnement puissent être modifiés. Dans les métiers les plus complets c’est une véritable petite Jacquart, appropriée au but, qui fonctionne à chaque coup de battant comme organisme déterminant la sélection. On peut supposer cette petite mécanique faite sous sa forme la plus réduite et la moins dispendieuse en cartons, comme la mécanique Yerdol au papier, le nombre des cartons n’en reste pas moins celui des duites. M. Ronsse n’exagère rien en disant qu’un panneau de 3 mètres sur lm,50 tissé à raison de 7 duites-chenille au centimètre, et avec une chenille tissée elle-même à raison de 20 duites au centimètre, exigerait 6 300000 petits cartons; quelque réduit que soit le nombre des couleurs, cela serait vrai. Si ce nombre de couleurs grandit, et. dépasse
- B’ig. 1. — Esquisse décomposée.
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- 6 et exige la seconde boîte indépendante que peut comporter le métier, c’est même le double de ce nombre de cartons qu’il faut compter, chacune des deux boîtes exigeant sa chaîne indépendante en rapport avec l’autre. Si le métier est à duite double, il resterait encore nécessaire de faire les deux chaînes de 3150 000 cartons chacune. L’exécution de ces deux chaînes de cartons, avec la décomposition des couleurs qui appartiennent à chacune, avec le pointé du compartiment vide à opposer au compartiment en fonction, et avec celui des alternances, serait évidemment presque interminable et l’utilisation de ces chaînes serait de même presque impossible par leur longueur même. Enfin une dizaine de couleurs ou de tons serait une limite extrême.
- Voici les procédés imaginés et employés par M. Ronsse.
- 11 place le tableau ou l’esquisse originale à reproduire le long d’une
- échelle ou règle verticale di-
- * ; -<^o—--—^ -----------~~°T~°—T° " visée en un nombre de degrés
- s____1______o____o_______°_______________0___égal au nombre de duites-
- e —,---------------------------------------— °
- $ • -U chenille qui formeront le ta-
- l----j-----------------------------------;---bleau tissé. Une seconde règle
- % j • : semblable placée parallèle-
- 44---;-----------------------------------;---
- „ n „ . ment du côté opposé assurera
- Fig. 2. — — Papier, relevé graphique.
- la direction rectangulaire et constamment parallèle des relevés à opérer. Le nombre et la nature des coloris differents que comporte la reproduction du tabeau ayant été déterminés au préalable, M. Ronsse prend une bande de papier continu semblable au papier télégraphique (fig. 2), mais portant autant de lignes longitudinales parallèles que l’on emploiera de coloris. Chacune de ces lignes sera, par convention, afférente à un des coloris ayant son numéro d’ordre, ou bien mieux encore, chacune de ces lignes pourrait être tracée d’avance avec le coloris auquel elle doit correspondre. Supposons 24 couleurs et 24 lignes semblables courant le long du papier.
- Sur le premier degré, au bas des deux échelles, l’opérateur couche sa bande de papier et commençant au bord de gauche par exemple suit vers la droite les coloris divers rencontrés à l’affleurement du papier, et au moyen d’une équerre reporte, par un trait ou un point, sur la ligne correspondante, le point de départ de chaque coloris succédant à un autre. Arrivé au bord opposé à droite, l’opérateur retourne sa bande sur elle-même au point où il en était arrivé, l’affleure, en cepoint aubord de droite, sur le deuxième degré
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- ARTS MECANIQUES.
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- des échelles, et continue cette même opération de pointage en suivant, vers la gauche cette fois, la seconde intersection produite sur le tableau par l’affleurement du papier. Au bord de gaucbe il y aura un nouveau retournement ou renversement du papier et continuation de l’opération, de nouveau vers la droite, sur le troisième degré des échelles, et ainsi de suite. Si le tableau tissé doit comprendre 2 000 duites-chenille et si le tableau original a 0m,50 de large, la bande de papier ainsi obtenue aura 1000 mètres de long, en conséquence des 2 000 intersections relevées, et les pointés qu’on y aura appliqués relateront dans une proportion constante les longueurs que devront occuper sur la trame-chenille les différents coloris, dans l’ordre et pour chacune de leurs alternances. Il ne reste qu’à percer dans ce papier un trou à la position de chacun des points marqués sur les 24 lignes de couleur. C’est cette bande de papier qui, sur le métier à préparer la chenille, remplacera les 6000000 de cartons dont on aurait eu besoin autrement. Elle se déroulera, sur ce métier, placée sur un rouleau d’appel que le régulateur de ce métier commandera par un rapport d’engrenages facultatif, et tel que
- 1 000 mètres de papier correspondront, quelle que soit la réduction ou le serrage de duites, à une longueur de tissu préparatoire égale, pour notre hypothèse, à 2000 fois la largeur du panneau à tisser plus tard. Pour utiliser cette bande de papier, le métier préparatoire va, comme on le verra, être muni d’un organisme de sélection qui ne sera pas comme celui d’une mécanique Jacquart à action temporaire pour un coup de battant du métier, mais à action stable ou permanente, se modifiant seulement quand les longueurs de papier déroulées viennent amener, sur l’une des 24 lignes, un nouveau trou.
- Voici quels sont pour ce but les dispositifs spéciaux du métier prépara-ratoire et de l’organisme de sélection.
- 1° Le métier n’a pas de navette ni de chasse-navette, mais une lance double rappelant, pour un autre but, le fonctionnement de la double lance porte-navette de Vaucanson (fîg. 3). Une des lances de demi-longueur entre à gauche dans le pas ouvert ayant accroché au passage et déroulant un fil de trame qui s’était présenté à la hauteur de sa tête en forme de fourche.
- Fier. 3. — Lance tramcuse.
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- L’autre lance de demi-longueur entre à droite, vient à la rencontre, accroche ce fil de trame et en se retirant achève de dérouler la trame au travers du pas, sous forme d’une double duite, pour ne la lâcher que lorsque le pas en se fermant l’emprisonne dans les fils de chaîne. Du côté delà lance introductrice, partent de la lisière 24 fils de trame de 24 couleurs différentes, qui sont passés dans 24 maillons, comme le seraient des fils de
- chaîne, et proviennent chacun d’une grosse bobine fusantpar le sommet et placée sur un râtelier à l’arrière du métier. Chaque maillon a sa tire verticale en dessus et son plomb en dessous; 23 maillons restent constamment baissés, un seul est relevé portant son fil à hauteur voulue pour que la lance introductrice le rencontre et en emporte une duite double à chaque coup de battant.
- 2° C’est l’organisme de sélection que le papier, en se déroulant, va faire agir, à un moment donné, pour relever ! l’un des 23 maillons abaissés 1 et mettre son fil en prise, en Fig. 4. — octaves. même temps que pour baisser
- le maillon et le fil de la couleur qui fonctionnait et doit cesser. Le battant met en mouvement vertical alternatif deux couteaux horizontaux. Le long et à proximité de ces deux couteaux sont rangés dans un rapport convenable 24 pendants en bois, 12 pour l’un, 12 pour l’autre, en deux rangs, qui pourraient n’en former qu’un seul pour un seul couteau plus long. Ces pendants (fig. 4) d’une forme particulière (que M. Ronsse appelle octaves ou octavies) reçoivent chacun, par le haut, une tire redescendant par un galet à l’un des 24 maillons dont le plomb tend à relever l’octave jusqu’au sommet delà course verticale qui lui est réservée. Ces octaves sont d’ailleurs disposés du bas pour pouvoir être accrochés et
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- abaissés par les couteaux quand ceux-ci descendent. En outre, ils ont à hauteur convenable une partie renflée protubérante, qui, si l’un d’eux vient à être accroché et abaissé, refoulera un instant au passage la lame qui peut les
- encocher tous et peut les maintenir abaissés en rentrant dans un cran moins saillant que cette protubérance. Dans ces conditions, un octave quelconque, parmi les 24, venant à être accroché et abaissé, libère en s’abaissant tout autre octave qui jusque-là était resté encoché. Cet octave libéré se relèvera donc laissant son maillon descendre, en même temps que l’octave accroché s’en-
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- cochera dans la barre, pour rester baissé et tenir son maillon et son plomb levés, jusqu’à ce qu’un nouvel octave s’accroche et s’abaisse à un autre moment ultérieur. Enfin le crochet en fer que porte à sa partie inférieure chaque octave, pour pouvoir être à un moment donné saisi et abaissé par le couteau, n’est pas rigide, mais articulé eKort léger et porte une branche d’équerre,horizontale, qui, danslaposition relevée de l’octave, est au-dessous et tout près d’un petit électro-aimant; si ce dernier vient à être mis en activité par un courant, il relèvera la branche d’équerre en l'attirant, déviera le bas du crochet proprement dit de sa position naturelle d’inertie et le mettra en prise avec le couteau.
- D’autre part la bande de papier passe sur un petit rouleau en cuivre (fig. 5) dont le support est en communication avec le pôle négatif d’une pile. Au-dessus du papier un jeu de 24 aiguilles verticales est monté dans un support isolant. Chaque aiguille libre d'appuyer sur le papier correspond à une des lignes-couleurs du papier qui chemine peu à peu. Par son sommet chaque aiguille se relie par un fil à l’éleetro-aimant de l’octave de sa couleur, et de chaque électro-aimant les fils convergent vers le pôle positif de la pile.
- On comprend que si le papier amène un de ses trous sous une des aiguilles, celle-ci touchera le rouleau en cuivre, établira le courant qui, passant par l’éleetro-aimant de son octave, mettra celui-ci en prise et le fera s’abaisser en dégageant et faisant se relever l’octave précédemment baissé dont la couleur est à remplacer dans les duites à insérer.
- Les fils des 24 couleurs se substituent ainsi automatiquement l’un à l’autre dans l’avancement du tissu préparatoire suivant le pointé et les espaces proportionnels relevés dans l’opération graphique.
- La combinaison de 24 éléments qui fonctionnait au métier exposé au Palais de l’Industrie n’avait rien de compliqué. On peut admettre que, sans inconvénients, leur nombre étant doublé, on disposerait du nombre de couleurs ou tons qu’utilisait l’ancienne tapisserie, que bien des connaisseurs spéciaux affirment avoir été supérieure en effet décoratif à la production moderne, trop amollie par un excès de dégradé dans les tons.
- Bien entendu, le rapprochement fait ici ne se rapporte qu’aux effets de coloris. Il ne peut être question de comparer la magnifique et solide contexture des velours Gobelins, par exemple, àcelle des tissus-chenille auxquels, pour le moment en tout cas, M. Ronsse peut uniquement appliquer ses procédés avec une supériorité marquée.
- Tout tissu-chenille a en effet un inconvénient qui devient d’autant plus
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- grave que la destination du tissu implique plus de fatigue : la trame-chenille ne peut être liée au tissu que par une chaîne très à claire-voie, pour que les liages n’en recouvrent pas l’effet.
- Mais les procédés de M. Ronsse sont simples et pratiques autant qu’ingénieux et bien amenés à point. Il y a, dans la classe de tissus à laquelle ils s’appliquent, économie stricte de matière dispendieuse employée. Le tissu peut être à double face et d’un riche effet décoratif, en même temps souple, chaud et moelleux, tout en restant économique. On ne peut donc douter que notamment pour certaines étoffes d’ameublement les procédés de M. Ronsse ne trouvent des applications utiles.
- Le Comité des arts mécaniques propose de remercier M. H. Ronsse de son intéressante communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin avec les dessins nécessaires.
- Signé : J. Imbs, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 décembre 1891.
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Rrüll au nom du Comité des arts mécaniques sur une chaudière multitubulaire a tubes curvilignes présentée par M. Durenne.
- M. Durenne, ingénieur-constructeur à Courbevoie, membre de la Société, a présenté à son appréciation une chaudière à vapeur multitubulaire à circulation.
- La Société d’encouragement connaît déjà la part considérable qu’a prise M. Durenne, et avant lui son père, dans les progrès de la construction des chaudières à vapeur. Notre regretté collègue, Victor Bois, dans une remarquable communication faite dans les séances des 13 et 27 décembre 1867 (1), en présentant plus de cent dessins différents communiqués par ces constructeurs, a fait ressortir que, depuis 1819, ils avaient étudié avec succès un grand nombre de formes de générateurs et que la chaudière tubulaire inventée en 1828 par Seguin, n’avait été très répandue que depuis sa construction dans les ateliers Durenne.
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement, année 1868, p. 90. Tome VIL *— 91e année. 4e série. — Mars 1892.
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- Le générateur multitubulaire, aujourd’hui soumis à votre examen, est de l’invention de M. Krebs, major du régiment des sapeurs-pompiers, membre de la Société d’encouragement.
- M. Krebs, dont les beaux travaux sur l’aérostation vous sont bien connus, avait besoin en 1880, pour actionner le treuil de manœuvre monté sur les chariots des ballons dirigeables, d’une chaudière légère, donnant rapidement de la pression.
- Parmi les systèmes connus, plus d’un remplissait ces conditions. Nous citerons entre autres la chaudière Field et la chaudière que M. Thirion applique aux pompes à incendie.
- Mais M. Krebs se préoccupait surtout de faciliter la surveillance, le nettoyage et l’entretien des tubes qui viennent souvent à fuir si l’on ne sait pas éviter la corrosion de leurs emmanchements; les matériels militaires doivent, en effet, pouvoir rester longtemps inactifs en réserve et se trouver en état de subir inopinément un dur service.
- M. Krebs, ayant combiné des dispositions qui répondaient aux conditions de ce programme, ne pouvait mieux faire que de s’adresser à l’expérience consommée de M. Durenne pour l’étude définitive, l’expérimentation et la construction industrielle de la chaudière qu’il avait imaginée. Il assurait ainsi la solution pratique du problème spécial qu’il s’était posé et mettait l’invention à la portée de ceux qui pourraient l’utiliser pour d’autres applications.
- C’est ainsi que M. Durenne vous présente aujourd’hui la chaudière multitubulaire brevetée qui fait l’objet de ce rapport. Il a déjà construit trente-cinq générateurs de ce type qui ont été appliqués avec succès aux chariots d’àérostation, aux chariots électriques du service des signaux, aux pompes à incendie, aux canots à vapeur et à quelques machines fixes. Nous décrirons ici, à titre d’exemple, la chaudière de 7,48 mètres carrés de surface de chauffe adoptée par le régiment des sapeurs-pompiers de Paris.
- Le générateur est vertical et à foyer intérieur; il est formé d’un corps annulaire et d’un faisceau de tubes.
- La partie inférieure du corps annulaire, dont l’intérieur constitue le foyer, a la forme d’un double tronc de cône reposant par sa grande base, où est placée la grille, sur une embase formant cendrier. Grâce à cette disposition, la grille a une surface de 0,5153 mètres carrés, qui est relativement grande, et la chambre de combustion présente une hauteur convenable. La grille est constituée par des barreaux en fer très minces et hauts; leur section trans-
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- versale est en couteau. Cette disposition donne une grille légère, dans laquelle les vides offrent une surface sensiblement double de celle des pleins.
- Sur le foyer tronconique se trouve rivé un cylindre vertical fermé à la partie supérieure par un fond embouti. Ces trois pièces, qui reçoivent Faction du feu sont en tôle fine; le cône et le cylindre sont soudés suivant une génératrice.
- Le tronc de cône extérieur, relié par un cadre à la base du foyer, est en tôle rivée et l’intervalle entre les deux parois, au travers duquel s’ouvre la porte de chargement, constitue le bas de la chambre à eau annulaire. Ce tronc de cône porte à son bord supérieur une cornière dont la face horizontale est dressée et tournée. Sur cette face s’assemble, par un joint à boulons, une cornière semblable formant la base d’une enveloppe cylindrique en tôle d’acier sur laquelle est rivé un fond embouti.
- Le conduit de fumée se rive à sa base sur un collet relevé au centre du ciel du foyer. Il s’élève à travers l’eau qui recouvre celui-ci, puis traverse la chambre de vapeur. A la hauteur du couvercle de l’enveloppe, ce conduit est entouré d’une collerette sur laquelle le couvercle s’assemble à l’aide de boulons. En défaisant les deux joints qui assemblent ainsi l’enveloppe de la chaudière sur le cône extérieur et sur la collerette supérieure, on a libre accès à toutes les parties de la chaudière qui peuvent exiger des soins d’entretien.
- Le corps tubulaire est composé de cinq rangées circulaires de dix-huit tubes en cuivre rouge, étirés sans soudure, de 25 millimètres de diamètre intérieur et de 1,5 millimètres d’épaisseur. Les tubes descendent de la partie annu-
- — Chaudière multitubulaire à tubes curvilignes.
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- laire du ciel du foyer qui entoure le conduit de fumée. Ils y tracent cinq circonférences concentriques et, sur chacune d’elles, un tube correspond à l’intervalle laissé libre entre deux tubes consécutifs du rang précédent. De là, les tubes descendent en s’obliquant vers l’axe général de l’appareil et ils se rapprochent jusqu’à s’accoler en un faisceau vertical assez compact pour que les gaz de la combustion ne puissent traverser ses interstices. Les tubes de chaque rangée se recourbent ensuite vers le bas d’un angle droit pour aboutir, en s’écartant les uns des autres, à la partie inférieure de la surface latérale de la boîte à feu, où ils s’implantent suivant trois circonférences horizontales en conservant une disposition en quinconce. Chaque tube est serti et bagué à ses deux extrémités, mais il n’est pas rivé comme cela se fait d’ordinaire, parce qu’en raison de la courbure, les variations de température qui affectent le tube ne tendent pas à le déplacer dans son emmanchement. Grâce à cette disposition, les tubes peuvent être extraits et reposés assez facilement,
- On conçoit que les gaz chauds qui se dégagent du foyer, appelés soit par le simple tirage de la cheminée, soit par l’action d’un souffleur, ne peuvent gagner la cheminée en s’élevant dans la partie centrale obstruée : ils traversent d’abord les intervalles que laissent entre eux les tubes dans leur courbe inférieure, puis lèchent en montant la muraille du foyer en même temps que le faisceau vertical de tubes, et sortent de cet espace annulaire en passant de nouveau et en sens inverse entre les tubes écartés, pour s’engager enfin dans le conduit de fumée et, de là, dans la cheminée qui le surmonte. Ce parcours brasse les gaz et leur offre de grandes surfaces de refroidissement.
- L’eau entre dans le générateur par le bas. Elle s’élève dans la partie inférieure du corps annulaire, puis circule activement de bas en haut des tubes curvilignes en raison de la légèreté que lui donnent lesjbulles de vapeur qui se forment; elle arrive sur le ciel du foyer et redescend dans la partie supérieure de la chambre annulaire.
- Le mélange de vapeur et d’eau qui se dégage tumultueusement au-dessus du foyer se sèche dans un surchauffeur qui entoure le conduit de fumée. Cet appareil se compose de deux coquilles demi-cylindriques posées à 20 millimètres du conduit auquel elles sont réunies en haut et en bas par des cornières. Le haut d’une de ces coquilles est percé d’une multitude de petits trous donnant ensemble une section double de celle du conduit de vapeur. La vapeur humide pénètre par ces orifices dans le sécheur. Mais, suivant les génératrices qui réunissent les deux coquilles, sont placées des
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- lamelles qui, partant du haut, s’arrêtent à 40 millimètres environ du bas. La vapeur est ainsi obligée de descendre, en léchant sur une demi-circonférence le conduit de fumée, puis de traverser les deux passages ménagés et de remonter dans la seconde coquille au contact de l'autre demi-circonférence du conduit, pour s’échapper, séchée et même surchauffée, par le tuyau de prise de vapeur.
- Cette combinaison de tubes demandait, pour réussir, à être expérimentée au double point de vue de la vaporisation et de la circulation des produits de la combustion. M. Durenne a fait varier le diamètre et les courbures des tubes, et ce n’est qu’après des essais minutieux et multipliés qu’il s’est arrêté aux dispositions qui viennent d’être décrites. Il donne aux tubes une longueur de 26 à 27 fois leur diamètre intérieur. C’est ainsi que la longueur totale des 90 tubes du générateur qui nous occupe est de 61,200 m.; soit en moyenne 0,68 m. par tube de 25 millimètres.
- Le nettoyage de la chaudière qui vient d’être décrite est des plus simples. La faible quantité d’eau qu’elle contient, eu égard à sa grande surface, permet de faire la vidange chaque fois que le travail est terminé; car, même si ce travail intermittent était régulier, il n’y aurait pas avantage, au point de vue de la mise en pression, à conserver l’eau dans la chaudière. On conçoit, en effet, que celle-ci se refroidit très vite grâce à la grande surface d’échange de température. La vidange de la chaudière entraîne la plus grande partie des pellicules d’incrustation qui se seraient déposées sur la tôle, et qui s’en détachent en écailles par suite de la contraction du métal en se refroidissant. Des tampons de lavage placés au bas du corps annulaire permettent l’évacuation des écailles trop grosses qui n’ont pu franchir le robinet de vidange. Quant aux tubes, la très rapide circulation d’eau qui s’y produit s’oppose à la formation de tout dépôt.
- Une chaudière installée dans les ateliers de M. Durenne, et alimentée avec un mélange d’eau de Seine et d’eau de puits marquant 34° à l’hydrotimètre, a été ouverte après 13 mois de service pendant lesquels il n’avait été pratiqué d’autre nettoyage que les lavages faits dans les conditions que nous venons de faire connaître. Nous n’y avons trouvé qu’une très légère couche d’incrustation sur la tôle et rien dans les tubes.
- La chaudière qui vient d’être décrite pèse, à vide, 645 kilogrammes, soit un poids de 86,3 kilogrammes par mètre carré de surface de chauffe. Comme on le voit, cette chaudière est très légère, plus légère même que celle de MM. de Dion, Bouton et Trepardoux, dont notre collègue M. Le-
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- monnier a décrit la disposition (1), car cette dernière pèse 109,2 kg. par mètre carré de surface de chauffe.
- La quantité normale d’eau contenue dans le générateur est de 87 litres, ce qui donne 12 millimètres pour l’épaisseur moyenne de la lame d’eau en contact avec la surface de chauffe.
- On brûle sur la grille divers combustibles : du coke, de la houille ou de la briquette. Un nettoyage à la lance pratiqué à des intervalles peu rapprochés suffît pour maintenir la surface des tubes en bon état de propreté.
- La chaudière est timbrée à 10 kilogrammes pour une marche normale à 8 kilogrammes de pression. A partir de l’allumage, il s’écoule au plus 15 minutes avant que la pression de 8 kilogrammes soit atteinte : c’est donc une chaudière à mise en pression très rapide.
- Généralement la chaudière des pompes à incendie fonctionne avec tirage forcé au moyen de l’échappement de vapeur de la pompe. Elle comporte aussi, pour la mise en pression, un souffleur dans la cheminée. Ce souffleur est constitué par une couronne creuse percée de trous ; un robinet permet de régler la quantité de vapeur à envoyer dans le souffleur pour obtenir un tirage déterminé.
- La production de vapeur augmente progressivement avec l’activité du tirage. Dans les essais dont M. Durenne nous a communiqué les résultats, la dépression à la base de la cheminée a varié de 5 à 40 millimètres d’eau. La consommation par heure de briquette d’Anzin a passé de 49 à 107 kilogrammes. La production de vapeur, à la pression de 8 kilogrammes par centimètre carré, avarié de 362 kilogrammes à 567 kilogrammes par heure, soit, par mètre carré de surface de chauffe, de 44 à 76 kilogrammes.
- Dans ces conditions, la production de vapeur par kilogramme de combustible a été de 5,30 kilogrammes pour la vaporisation la plus active et s’est élevée à 7,36 kilogrammes pour l’allure la plus modérée.
- Ce sont là des résultats qui méritent de fixer l’attention des administrations et des industriels qui ont besoin de générateurs légers, susceptibles d’être conservés facilement en bon état, d’être mis rapidement en pression et de fonctionner assez économiquement à tout instant.
- Pour ces motifs, le Comité des arts mécaniques vous propose de féliciter M. Krebs d’avoir combiné et M. Durenne d’avoir expérimenté et construit cet ingénieux appareil, de remercier M. Durenne de son intéressante com-
- (I) Bulletin de la Société d’Encouragement, année 1890, p. 200.
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- munication, et d’autoriser l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec une figure dans le texte permettant de comprendre la construction et le fonctionnement du générateur multitubulaire à tubes curvilignes.
- Signé : Brüll, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 12 février 1892.
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- Rapport fait par M. Mascart, au nom du Comité des arts économiques, sur un compteur d’énergie électrique présenté par M. Mares.
- La distribution de l’électricité à domicile exige l’emploi de compteurs analogues à ceux qui sont utilisés depuis longtemps pour le gaz d’éclairage. L’appareil présenté à la Société par M. Marès est un de ceux qui répondent le mieux au problème.
- Comme dans beaucoup d’instruments imaginés dans le même but, l’énergie électrique s’évalue à chaque instant par l’action réciproque de deux bobines, dont l’une reçoit le courant principal, et l’autre un courant dérivé proportionnel à la force électromotrice entre les points d’entrée et de sortie du circuit utilisé. Cette force est équilibrée à intervalles périodiques par le déplacement d’un poids curseur sur le fléau d’une sorte de romaine. La somme de déplacements du curseur s’enregistre sur un rouage approprié; elle est proportionnelle au travail électrique correspondant.
- L’appareil de M. Marès a été réalisé avec une perfection qui est en même temps à l’éloge du constructeur. Il donne de très bons résultats dans la pratique, et il a été l’objet d’une récompense dans le concours ouvert par la Ville de Paris.
- Nous proposons de remercier l’auteur de sa communication et de faire insérer dans \q Bulletin de la Société, outre le rapport actuel, la notice descriptive donnée parM. Marès, avec les figures destinées à faire comprendre le fonctionnement de son appareil.
- Signé : E. Mascart, rapporteur.
- Approuvé en séance le 12 février 1892.
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- DESCRIPTION DU COMPTEUR d’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE SYSTÈME ÉTIENNE. MARÈS.
- Le compteur d’énergie électrique de M. E. Mares appartient à la classe des compteurs à intégration discontinue.
- Ces appareils comprennent ordinairement :
- Un compteur de temps ;
- Un mesureur d’énergie électrique (wattmètre).
- Nous nous occuperons d’abord du mesureur d’énergie électrique; ce wattmè-Ire, comme la balance de sir William Thomson, comprend deux bobines à gros fil traversées par le courant fourni à l’abonné, une bobine à fil fin en dérivation sur les deux bornes du compteur. La bobine à fil fin est suspendue à l’une des extrémités du bois d’une balance romaine et peut se déplacer d’une petite quantité entre les deux bobines en circuit. La bobine mobile est sollicitée de haut en
- bas par une force égale à la puissance El, en vertu du principe bien connu du watt-mètre.
- Soit (fig. t), AB le bras de la balance romaine, S son point de suspension : l’action électro-dynamique qui se développe entre les deux bobines produit une force / (El) équivalente à un poids suspendu au point A, et agissant sur le bras du levier AS. Pour mesurer cette force, il suffira de lui faire équilibre à l’aide d'un poids/? que l’on déplace le long du bras du levier BS. Ce poids sera le peson de notre balance romaine, qui est réglée de façon à ce que le centre de gravité de ce peson passant par le point de suspension du fléau, et aucun courant ne traversant l’appareil, ce fléau soit en équilibre parfait.
- Si nous déplaçons le peson, nous opposerons à l’action électrodynamique une réaction qui variera depuis zéro jusqu’à une valeur supérieure à cette action (le maximum atteint par cette valeur étant la puissance maxima pour laquelle le compteur est construit). Nous passerons donc par la position d’équilibre : à ce moment la longueur dont le peson aura été déplacé sera proportionnelle au produit El.Il s’agit donc, pour obtenir l’intégration, de déterminer ces longueurs et d’additionner à intervalles de temps égaux les résultats successivement obtenus.
- Le peson de la romaine est constitué par le chariot mobile DE, auquel est suspendu le peson/?.
- La partie supérieure de ce chariot est une crémaillère, et la roue F est dentée.
- Si nous faisons avancer le chariot, tant que le levier repose sur la butée b, la crémaillère entraîne la roue F commandant les cadrans compteurs. Cela a
- Fig. t. — Mesureur d’énergie électrique.
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- lieu s’il se produit une attraction de haut en bas au moyen de la bobine G. Mais, quand le chariot et le peson ont été suffisamment écartés du point de suspension pour vaincre cette attraction, le levier AB bascule et vient porter sur la butée V ; le chariot suit le levier, et cesse d’engrener avec la roue de commande des cadrans compteurs.
- Le chariot a sur l’arête du fléau un mouvement de va-et-vient périodique, et son excursion est égale à sa longueur. On équilibre le levier de manière à ce qu’il bascule dès que l’on écarte le chariot de la position pour laquelle son centre de gravité passe par le point de suspension S du fléau.
- Le chemin parcouru par le limbe de la roue F est donc égal à la distance dont le peson a été écarté du point de suspension, jusqu’au moment précis où le levier a basculé.
- Cette mesure se répète à des intervalles périodiquement réguliers et permet de totaliser sur les cadrans l’énergie dépensée.
- Description de l’appareil. — Le compteur comprend deux parties prin-
- Fig. 2. — Détail du levier sur lequel glisse le chariot.
- cipales : un mesureur d’énergie électrique et un mouvement d’horlogerie.
- Le mesureur d’énergie se compose, comme nous l’avons déjà dit, d’un fléau de balance romaine. A une extrémité du fléau est suspendue la bobine à fil fin, à l’autre un contrepoids à vis permettant de régler l’équilibre. L’arête supérieure de ce fléau est taillée en dos d’âne : c’est sur elle que rouleront les galets du chariot peson. Le fléau est suspendu sur deux pointes à vis en acier, dont la hauteur est réglable, portant dans des cuvettes également en acier.
- Une masse de laiton placée au-dessus de ces vis permet de rendre la balance plus ou moins sensible. Ce fléau porte un trou qui forme butées; une tige de laiton traverse ce trou une fois le fléau en place et ne lui laisse qu’un léger mouvement d’oscillation.
- La bobine à fil fin est placée entre deux bobines à gros fil ou à lames, suivant le cas, traversées par tout le courant à mesurer. La bobine à fil fin est en dérivation sur les deux bornes ; on laisse entre les bobines à gros fil une distance suffisante pour permettre le mouvement de haut en bas de cette bobine. Le système constitue donc un wattmètre des plus sensibles et rappelant la balance de sir William Thomson.
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- Le chariot, roulant sur deux galets portés par le fléau, reçoit son mouvement périodique de va-et-vient du mouvement d’horlogerie. La crémaillère qu’il porte engrène la première roue de comptage, ou la laisse libre, suivant la position du fléau.
- Le mouvement d’horlogerie est à pendule conique ; toutes nos pièces marchent ainsi sans secousses. Le mouvement est transmis à ce pendule par une série de rouages commandés par un ressort moteur dont on voit la roue à rochet au centre des platines.
- Le mouvement rectiligne alternatif dont le chariot est animé lui est transmis par unengrenage double de Lahire, lié à une coulisse sur laquelle est atta-
- Fig. 3. — vUe postérieure du compteur, montrant le wattmètre, le levier et le chariot d’intégration, le mouvement hypocycloïdal d’entraînement du chariot et le mécanisme d'arrêt du pendule conique.
- chée une bielle très légère fixée au chariot. On sait qu’un point de la circonférence de la petite roue dentée de cet engrenage décrit un diamètre à l’intérieur de la grande. Le point d’attache de la coulisse décrit donc un diamètre horizontal.
- Le mouvement périodique du chariot peson étant assuré, il s’agit d’entretenir ce mouvement par un remontage électrique de l’horloge tout le temps que le compteur sera en action.
- Un électro-aimant logé dans les platines commande un bras qui vient accrocher les dents du rochet. Chaque fois que le courant est lancé dans cet électro, ce bras est abaissé et remonte le ressort d’une dent. A la rupture du courant, un ressort à boudin fait remonter le bras, qui accroche une nouvelle dent. Pour entretenir indéfiniment le mouvement, il suffit de remonter à chaque mesure le ressort moteur du nombre de dents dont il s’est détendu.
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- A cet effet, un commutateur circulaire, faisant un tour à chaque excursion de chariot, présente cinq chevilles au contact d’un ressort qui lance cinq fois le courant dans l’électro de remontage.
- Le ressort moteur est remonté de cinq dents; comme il se détend justement
- Fig. 4. — Vue de face du compteur, montrant le wattmètre, le pendule conique, le mouvement de remontage, le mécanisme d’arrêt du pendule conique et le cadran totalisateur.
- de la même quantité, il est toujours également tendu. Le même commutateur lance le courant dans la bobine à fil fin pendant une demi-révolution, correspondant à la période de comptage. Si le courant restait tout le temps dans cette bobine, lorsque le chariot repasserait par le point où il a quitté la roue du totalisateur, il se relèverait, et la roue tournerait en arrière de la quantité dont elle a avancé.
- Cet effet ne peut alors se produire; mais, dès que le chariot arrive à l’origine d’une nouvelle mesure, le courant est lancé dans la bobine et le fléau se relève. Nous ferons observer, en passant, que ces courants sont très faibles et donnent lieu à des étincelles de rupture tout à fait négligeables;
- nous les éteignons du reste entièrement au moyen d’une petite bobine de dérivation.
- La résistance de la bobine du wattmètre est de cinq mille ohms; celle de l’électro de remontage de deux mille ohms. <
- Nous avons adopté une disposition spéciale pour produire l’arrêt et la marche de
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- l’horloge. Ceci est nécessaire, car, lorsque le courant est coupé, le ressort moteur se détendrait jusqu’au bout de sa course, etle compteur ne pourrait plus se remettre en marche lorsqu’on y lancerait le courant. On a d’ailleurs intérêt à maintenir le ressort moteur à la même tension : c’est la garantie du bon réglage de l’horloge.
- A côté du pendule se trouve un électro dont l’armature dégage ou arrête l’aiguille conductrice de ce pendule. Dès que le courant est coupé, l’armature tombe et arrête l’horloge; dès qu’il passe, l’armature se relève, et l’horloge se met en marche. Un rochet d’encliquetage lié à cet armature entraîne le rouage du dernier mobile avec une très grande force et lance le pendule. On voit donc que ces dispositions assurent l’arrêt et la marche du compteur. Le pendule fait 120 tours à la minute, et le chariot effectue une mesure toutes les quatre minutes.
- Le courant à mesurer arrive à la borne de la bobine à gros fil et sort par l’autre extrémité du compteur ; il suffit de ramener à l’autre borne une dérivation prise sur le fil de retour.
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- Recherches sur l’adhérence aux feuilles des plantes et notamment aux
- FEUILLES DE LA POMME DE TERRE DE DIVERSES COMPOSITIONS CUIVRIQUES EMPLOYÉES POUR COMBATTRE LEURS MALADIES, PAR M. AIMÉ GIRARD, SECRÉTAIRE
- DU CONSEIL.
- Tout le monde sait aujourd’hui que, pour combattre certaines maladies d’origine cryptogamique, qui se développent à la surface des feuilles des plantes et en déterminent la mort, on emploie des bouillies préservatrices dans la composition desquelles figurent toujours les composés du cuivre.
- C’est ainsi que l’on combat le mildew de la vigne, la maladie ordinaire de la pomme de terre, celle des tomates, etc.
- Il y a un certain temps déjà que l’on recourt aux compositions cuivriques pour combattre le mildew; il y a trois ans seulement qu’à la suite des observations de M. Jouet et de M. Prelliez, à la suite surtout des essais que je venais de faire en grande culture, le traitement de la pomme de terre a commencé de se répandre.
- Sauf de très rares exceptions, ce traitement, jusqu’ici, a toujours réussi ; au cours de la campagne 1890, cependant, à côté de succès très nombreux, quelques insuccès se sont produits, particulièrement dans l’Est de la France, sous l’action des pluies persistantes et surtout violentes des mois de juillet
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- et d’août; lavées par les eaux météoriques, les feuilles traitées ont laissé échapper les compositions cuivriques dont elles étaient couvertes, la maladie s’est développée en liberté, la récolte a été perdue.
- En réfléchissant à cet accident la pensée m’est venue que très certainement il les fallait attribuer à ce fait que la bouillie employée pour ces traitements (c’était la bouillie cupro-calcaire connue sous le nom de bouillie bordelaise) n’avait pas, dans les circonstances météorologiques qui viennent d’être rappe^ lées, montré une adhérence assez forte aux feuilles de la pomme de terre et que, par suite, il serait intéressant de rechercher si, parmi les autres préparations cuivriques proposées dans le même but, il n’en est pas que caractérise une faculté d’adhérence plus marquée, et sur lesquelles, par conséquent, on puisse compter avec plus de certitude.
- Poursuivies pendant l’été de 1891, achevées au commencement de cet hiver, ces recherches m’ont donné des résultats d’une très grande netteté.
- Elles m’ont permis d’établir, en effet, que les principales préparations cuivriques conseillées pour combattre le phytophtora et le mildew adhèrent aux teuilles de la pomme de terre et probablement aux feuilles de la vigne avec des intensités très différentes. La pluie fait disparaître les unes rapidement, tandis que les autres, sous son influence, restent longtemps en place; et, parmi ces préparations, celle dont la faculté d’adhérence est la moindre est précisément la bouillie bordelaise.
- Pour résoudre avec précision le problème que je m’étais posé, c’est évidemment en face de conditions météorologiques artificielles que je devais me placer; c’est, non pas en plein champ, en abandonnant les plantes au caprice des pluies naturelles qu’il convenait d’expérimenter, mais bien dans le laboratoire, en déterminant et faisant varier à volonté des phénomènes calculés, se rapprochant autant que possible des phénomènes naturels.
- C’est à couvert, en un mot, qu’il fallait soumettre à des pluies d’intensités différentes, pour ensuite en mesurer l’effet, des plantes traitées d’avance par des préparations préservatrices différentes et définies.
- Plusieurs points étaient alors à considérer successivement.
- En premier lieu, je devais avoir à ma disposition des plantes en pleine végétation, assez nombreuses pour que les essais fussent importants; mobiles d’ailleurs pour qu’on les pût exposer à l’action de la pluie pendant un temps fixé d’avance, pour, aussitôt ce temps écoulé, les y soustraire.
- Dans ce but, j’avais, dans la serre tempérée de la Faisanderie, à Joinville-le-Pont, planté dès le mois de janvier, dans de grands pots soigneusement
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- numérotés, cent tubercules bien égaux de la variété Aurora, c’est-à-dire d’une variété hâtive. La végétation s’est, en serre, accomplie avec une parfaite régularité; à la tin d’avril les tiges couvertes de belles feuilles vertes s’élevaient à près de 0m,70 de hauteur, et, au pied, les tubercules commençaient à apparaître ; les plantes étaient bonnes à traiter.
- La nature et l’intensité des pluies, à l’action desquelles il convenait de soumettre, par série, les plantes différemment traitées, étaient extrêmement importantes à fixer. J’aurais été fort embarrassé dans cette partie de mes recherches si MM. Mascart et Angot ne m’avaient pas aidé de leurs conseils. Guidé par eux, j’ai été conduit à admettre qu’au point de vue spécial qui m’occupait et pour évaluer comparativement l’action entraînante ou dissolvante que les eaux météoriques peuvent exercer sur des matières solides déposées à la surface des feuilles des plantes, il était suffisant d’adopter trois types de pluie correspondant aux circonstances les plus habituelles d’une campagne normale.
- Ces trois types ont été : d’abord une pluie d’orage violente correspondant à la chute de 15 millimètres d’eau en vingt ou vingt-cinq minutes, puis une forte pluie correspondant à la chute de 15 millimètres d’eau en six heures, en dernier lieu, enfin, une pluie douce correspondant à une chute d’eau de 10 millimètres en vingt-quatre heures.
- Ces deux points fixés, se présentait la question singulièrement difficile de faire tomber en pluie régulière, mouillant également tous les points d’une surface donnée, en des temps aussi différents (vingt minutes, six heures, vingt-quatre heures), les quantités d’eau qui viennent d’être indiquées.
- J’ai essayé dans ce but plusieurs combinaisons; aucune d’elles n’était bonne; mais, après les avoir abandonnées, j’ai eu l’heureuse pensée de demander à M. Schlœsing, s’il ne serait pas possible de transformer en une machine de dimensions un peu importantes l’appareil si élégant qu’il a imaginé pour arroser régulièrement la surface du sol, et extraire de celui-ci par déplacement les dissolutions qu’il contient.
- M. Schlœsing m’a donné aussitôt la solution du problème qui me préoccupait. Il a calculé, dessiné lui-même l’appareil tout entier qui m’était nécessaire, et j’ai eu enfin la bonne fortune de trouver dans un ancien élève de l’Ecole polytechnique, M. Cazaubon,aujourd’hui constructeur mécanicien, un interprète aussi habile que complaisant des combinaisons imaginées par M. Schlœsing.
- C’est dans ces conditions qu’a été construit l’appareil sûr et précis dont j’ai fait usage et que représente la figure ci-jointe.
- L’organe essentiel en est un large cône renversé, très évasé, fait de
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- fer-blanc, mesurant lm,50 de diamètre sur 0m,2o seulement de hauteur qui, sous l’action d’un mécanisme simple, tourne à la vitesse de 8 tours à la minute, et dont la surface latérale est découpée comme l’indique le plan dessiné à la partie inférieure de la figure suivant une spire calculée de telle façon que, par les bords dentelés qui terminent la découpure, l’eau reçue à la circonférence s’écoule à l’état de gouttes uniformément réparties sur toute la surface .inférieure.
- Sur le sol du laboratoire, j’ai fait élever de grands madriers de 3 mètres de hauteur, reliés à leur extrémité supérieure par une traverse semblable; au milieu de cette traverse, à l’aide de poutrelles et de patins, ont été librement suspendus, à 2m,50 de hauteur, le cône de distribution et le mécanisme moteur.
- Celui-ci, tout entier enfermé dans un cadre en bronze nervuré, comprend un petit arbre en fer forgé, à l’une des extrémités duquel est calée une poulie à gorge, à laquelle, au moyen d’un petit moteur hydraulique, on communique le mouvement, tandis qu’à l’autre bout, cet arbre porte un pignon qui engrène avec deux roues d’angle horizontales RR, placées en regard l’une de l’autre, tournant naturellement en sens contraire au commandement du pignon, et portant, l’une 95, l’autre 96 dents, de façon à donner à l’une et à l’autre une légère inégalité de marche.
- Suivant l’axe du cône, s’allonge un tube creux T en cuivre fort, portant à la partie supérieure un entonnoir destiné à l’arrivée de l’eau, un peu plus loin un manchon claveté sur la roue supérieure, et, au sommet du cône renversé enfin, un support sur lequel le ^sommet de ce cône vient frotter dans son mouvement de rotation.
- Fig. 1.
- Appareil à produire la pluie de M. Aimé Girard.
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- Au-dessous du cadre, le tube creux porte un manchon encore, sur lequel sont brochés deux tuyaux ^qui, par leur extrémité, vont déverser à la circonférence de l’appareil tournant l’eau que le tube de cuivre reçoit par l’entonnoir.
- D’autre part, et sur la roue inférieure, est claveté un autre manchon ee, portant trois tringles emboîtées et soudées, d’un côté, sur le manchon tournant, d’un autre, sur le cercle qui forme la circonférence même de la base du cône. C’est par ces tringles que l’appareil de distribution est entraîné.
- C’est chose aisée alors que d’en comprendre la marche. Le moteur hydraulique agit directement sur la poulie; le pignon qu’elle entraîne fait tourner de gauche à droite, je suppose, la roue supérieure, et par conséquent le tube creux avec les tuyaux chargés de porter à la circonférence l’eau que l’opérateur dirige dans l’entonnoir; la roue inférieure, au contraire, tourne de droite à gauche, et dans ce mouvement entraîne le cône dont la surface est incessamment mouillée par les arrivées d’eau nouvelles que la circonférence de la base reçoit et que la spire découpée laisse aussitôt échapper à l’état de gouttes régulièrement réparties.
- Une fois en possession de cet appareil, je n’avais plus qu’à choisir les préparations cuivriques dont je voulais déterminer l’adhérence comparative aux feuilles. Forcé de me borner, j’ai choisi six de ces préparations, qui m’ont paru être les plus usitées. Ce sont :
- 1° La bouillie cupro-calcaire, dite bouillie bordelaise, obtenue par le mélange de :
- Sulfate de cuivre.............................................................. 2 kilog.
- Chaux éteinte (pesée à l’état vif)........................................... 2 —
- Eau..........................................................................100 litres.
- 2° Une bouillie cupro-calcaire contenant une proportion de chaux moindre et composée de :
- Sulfate de cuivre. ....................................................... 2 kilog.
- Chaux....................................................................... 1 —
- Eau.........................................................................100 litres.
- 3° Une bouillie à la composition de laquelle il m’avait semblé intéressant de faire intervenir l’alumine dont la puissance comme mordant permettait d’espérer un bon effet. Cette bouillie que j’appelerai bouillie cupro-calcaire et alumineuse comprend :
- Sulfate de cuivre. ...................................................... 2 kilog.
- Sulfate d’alumine........................................................ 1 —
- Chaux................................................................... 3 —
- Eau................................................................... 100 litres.
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- 4° Une bouillie dans laquelle la chaux est remplacée par le carbonate de soude, bouillie désignée tantôt sous le nom de bouillie dauphinoise, tantôt sous le nom de bouillie bourguignonne, à laquelle je donnerai le nom, plus général, de bouillie cupro-sodique, et composée de :
- Sulfate de cuivre............................................................. 2 kilog.
- Cristaux de soude.............................................................. 3 —
- Eau.......................................................................... 100 litres.
- 5° La bouillie cupro-calcaire sucrée, dont la composition est due à M. Michel Perret et qu’on obtient en mélangeant :
- Sulfate de cuivre.......................................................... 2 kilog.
- Chaux..................................................................... 2 —
- Mélasse.................................................................... 2 —
- Eau.......................................................................100 litres.
- 6° Enfin une bouillie préconisée depuis deux ans dans le Midi, au sujet de laquelle des essais intéressants avaient été déjà faits à l’Ecole de Montpellier, et qu’on obtient en délayant dans l’eau un acétate de cuivre biba-sique ou verdet, préparé par M. Bencker. La formule que celui-ci conseille comprend te délayage de 1 kilog. de verdet dans un hectolitre d’eau. Pour mettre cet essai en concordance avec les précédents au point de vue des quantités de cuivre employées, j’ai adopté la préparation suivante :
- Verdet............................................... 1 kilog. 600
- Eau..................................................100 litres.
- Pour reconnaître la faculté d’adhérence de ces diverses compositions, j’ai alors opéré de la manière suivante :
- Douze pots étant sortis de la serre, rangés sur deux files espacées de 0m,60, les pots à 0m,50 de distance sur les lignes, dans les conditions, en un mot, d’une culture ordinaire, le lot tout entier était d’un seul coup, à l’aide d’un pulvérisateur Bourdil, arrosé de l’une des compositions ci-dessus à la dose de 01U,180 par mètre carré (18 hectolitres par hectare).
- Les pots étaient ensuite rentrés en serre et abandonnés à eux-mêmes pendant trois ou quatre jours, afin de laisser à la composition le temps de faire prise.
- Au bout de ce temps, quatre d’entre eux en étaient sortis de nouveau, et sur chaque pied on enlevait alors, aussi exactement que possible, la moitié des feuilles, toutes bleues de composés cuivriques, que l’on portait à l’étuve pour, une fois sèches, les enflaconner avec soin.
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- Cela fait, on mettait l’appareil à pluie en mouvement, en faisant arriver continûment dans l’entonnoir la quantité d’eau correspondant à la production de la pluie d’orage précédemment définie. A l’aide d’un grand pluviomètre établi sous l’appareil, on constatait d’abord, en le laissant marcher quelque temps, que son débit correspondait bien à une chute d’eau de 17 millimètres en vingt-deux minutes; puis, le pluviomètre étant enlevé, l’appareil continuant à tourner, on plaçait vivement, en les espaçant convenablement, les quatre pieds en partie exfoliés sous la pluie, et on les y abandonnait exactement pendant vingt-deux minutes.
- Les pieds étaient alors rentrés en serre, abandonnés à la dessiccation naturelle et, au bout de deux jours, la seconde moitié des feuilles, lavée par la pluie d’orage, était arrachée, séchée à l’étuve et enflaconnée, pour être, comparativement avec la première moitié, soumise à l’analyse qui devait établir la quantité de cuivre enlevée par l’action de la pluie.
- Quatre autres pots étaient ensuite, et dans les mêmes conditions, débarrassés de la moitié de leurs feuilles, soumis à une pluie de six heures dite forte pluie, et correspondant à une chute de 15 millimètres d’eau pendant cette période de temps. A la suite de cet arrosage, les pots étaient rentrés en serre, et deux ou trois jours après débarrassés de la deuxième moitié de leurs feuilles; celles-ci, enfin, étaient enflaconnées, pour être plus tard analysées comparativement avec les feuilles arrachées avant la pluie.
- De la même façon, enfin, les quatre autres pots étaient, péndant vingt-quatre heures consécutives, soumis à l’action de la pluie faible qui, précédemment, a été définie par la chute de 10 millimètres d’eau durant une semblable période.
- Pour chacune des compositions préservatrices dont j’ai plus haut indiqué la formule, douze pieds ont été traités de cette façon : quatre ont subi l’action de la pluie d’orage de vingt-deux minutes; quatre, l’action de la forte pluie de six heures; quatre, l’action de la petite pluie pendant vingt-quatre heures.
- Durant toute la durée des expériences, l’appareil a fonctionné avec une régularité parfaite; une seule fois, l’eau ayant été administrativement arrêtée pendant la nuit, il a cessé de fonctionner ; quatre pieds pris sur la réserve sont alors venus remplacer ceux dont l’arrosage ne pouvait plus être considéré comme régulier.
- Chaque lot de feuilles a été ensuite séché à 100 degrés, pesé à l’état sec et incinéré. Dans les cendres enfin, on a dosé le cuivre par les procédés ordinaires de l’analyse.
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- Les résultats fournis par ces analyses comparatives sont consignés dans le tableau suivant où sont indiqués, pour chaque préparation, les poids de cuivre contenus dans 100 parties de feuilles sèches avant et après chaque sorte de pluie, et par conséquent la quantité de métal préservateur enlevée par chacune d’elles.
- PROPORTION DE CUIVRE CONTENUE DANS CENT PARTIES DE feuilles sèche s avant et après la
- Pluie d’orage de 22 min. Forte pluie de 6 h. Petite pluie de 24 h.
- Bouillie cupro-calcaire ordinaire, j Avant. Après . . . I ,51 0,74 1,39 0,91 1,51 1,31
- Perte . . . 0,77 0,48 0,20
- Bouillie cupro-calcaire faible en ( Avant. . . 1,70 1,22 1,45
- chaux. | Après . . . 1,10 0,79 1,21
- Perte . . . 0,60 0,43 0,24
- Bouillie cupro-calcaire alumineuse, j Avant. . . Après . . . 2,26 1,52 2,16 1,63 2,19 1,84
- Perte . . . 0,74 0,53 0,35
- Bouillie cupro-sodique j Avant. . . Après . . . . 3,59 . 2,88 3,71 3,12 3,47 3,20
- Perte . . . 0,71 0,59 0,27
- Bouillie au saccharate de chaux t Avant. . . . 1,78 2,13 2,00
- et de cuivre. j Après . . . . 1,58 2,16 2,07
- Perte . . . 0,20 Néant. Néant.
- Bouillie au verdet . j Avant. . . Après . . . 2,44 . 2,02 2,36 1,95 2,45 2,28.
- Perte . . 0,42 0,41 0,17
- Si, désireux d’apprécier plus aisément l’importance des quantités de métal préservateur enlevées dans ces différents cas, on considère comme égale à 100, pour chacun d’eux, la quantité de cuivre dont les feuilles étaient couvertes avant le traitement, on reconnaît que la perte a été en centièmes pour la :
- Pluie d'orage Forte pluie de 22 min. de 6 h. Petite pluie de 24 h.
- Bouillie cupro-calcaire ordinaire 50,9 34,5 13,2
- Bouillie cupro-calcaire faible en chaux. . . . 35,3 35,2 16,5
- Bouillie cupro-calcaire alumineuse. 32,7 24,5 15,9
- Bouillie cupro-sodique 19,7 15,9 7,7
- Bouillie au saccharate de cuivre et de chaux. 11,2 nulle nulle
- Bouillie au verdet 17,2 17,3 10,2
- Les chiffres qui précèdent portent avec eux plusieurs enseignements.
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- Tout d’abord, ils nous montrent que les préparations cuivriques possèdent, suivant leur composition, des facultés d’adhérence aux feuilles très différentes.
- Ils nous apprennent que, d’une manière générale, c’est sous l’action des pluies violentes que la disparition des composés cuivriques se produit dans la plus large mesure. D’où cette conclusion autorisée, que c’est à un phénomène d’entraînement mécanique bien plus qu’à un phénomène de dissolution chimique que cette disparition est due.
- Ils nous apprennent que, des principales compositions conseillées jusqu’ici, celle qui fléchit le plus sous l’action des pluies, et surtout des pluies d’orage, est la bouillie cupro-calcaire dite bouillie bordelaise. La diminution de la proportion de chaux, en diminuant sans doute l’épaisseur de la couche déposée à la surface de la feuille, en augmente un peu la solidité; l’intervention de l’alumine ne produit pas l’amélioration que j’avais espérée.
- Ils nous font enfin reconnaître que la bouillie cupro-sodique, d’une part, la bouillie au verdet, d’une autre, possèdent des facultés d’adhérence presque doubles de celles que possèdent les bouillies précédentes, et que, par-dessus toutes les autres, la bouillie au saccharate de cuivre et de chaux de M. Michel Perret résiste avec une force inattendue aux pluies faibles ou fortes, et se laisse à peine entamer par les pluies d’orage.
- C’est donc à l’une ou l’autre de ces trois bouillies, à la bouillie sucrée de préférence, que, suivant leurs convenances personnelles, devront, à mon avis, s’adresser dorénavant les cultivateurs soucieux de garantir leurs champs de pommes de terre contre la maladie.
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- RAPPORT SUR LES OPÉRATIONS DU CONCOURS DE MACHINES ET APPAREILS PROPRES A LA DÉCORTICATION DE LA RAMIE ORGANISÉ PAR LA SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS DE FRANCE, PAR M. A. TRESCA, RAPPORTEUR DU JURY.
- Comme suite aux concours officiels de 1888 et 1889 et voulant se mettre dans des conditions plus voisines de la pratique agricole, la Société des agriculteurs de France a décidé qu’un concours de machines à décortiquer la ramie serait organisé par ses soins, en septembre 1891, en disposant d’une étendue assez vaste de culture de ramie, de la variété blanche (Urtica ni va), et en plaçant les machines immédiatement à côté du champ, afin de réduire à néant les objections
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- présentées précédemment, en ce qui concerne une coupe antérieure de quelques jours à la décortication même, et les détériorations que pouvaient avoir subies les tiges ainsi coupées, par suite d’un commencement de fermentation.
- L’un des membres du jury, M. Charrière, amis, dans ce but, à la disposition de la Commission, le champ de Gennevilliers, d’une surface de plus d’un hectare d’un seul tenant (1 hectare 4/3) et disposé pour être arrosé par les eaux d’égout de la Ville de Paris.
- On se trouvait ainsi dans des conditions satisfaisantes pour arriver à un essai sérieux des machines qui nous étaient présentées. Nous avons regretté seulement que la ramie travaillée en septembre était la première coupe de l’année, par suite d’une plantation un peu tardive. Il aurait été certainement plus normal de décortiquer les tiges provenant d’une seconde ou d’une troisième coupe, présentant des tiges d’un diamètre plus faible mais plus égal, et offrant plus complètement les conditions ordinaires de la ramie mûre pour laquelle les tiges doivent présenter vers le pied une coloration brune qui ne se rencontrait pas, cette année, dans les tiges provenant de l’exploitation de Gennevilliers.
- C’est sur un emplacement de forme rectangulaire, réservé à cet effet, que l’on a pu disposer les machines à décortiquer ainsi que les moteurs et transmissions nécessaires pour leur mise en action.
- Six constructeurs de ces machines se sont présentés :
- M. Barbier avec sa machine système Armand.
- M. Faure avec deux machines, l’une fonctionnant au moteur, l’autre disposée pour être mise en mouvement à bras d’hommes.
- La Compagnie de Fives-Lille avec une machine mise en mouvement par un moteur spécial.
- M. Kelsen avec une machine fonctionnant à bras et ne pouvant que décortiquer deux tiges à la fois.
- M. Norbert de Landtsheer avec une machine.
- M. Subra avec deux machines disposées pour marcher isolément ou accouplées.
- Une transmission actionnée par une locomobile de la maison Boulet et Cie mettait en mouvement les machines de MM. Barbier, Norbert de Landtsheer et Subra.
- Les autres appareils étaient actionnés par moteurs spéciaux ou à bras d’hommes.
- Les journées des 26, 27 et 28 septembre ont été consacrées au placement des machines et des transmissions. Les machines à moteurs indépendants ont pu être employées à décortiquer une certaine quantité de tiges de ramie, afin de les régler en vue du travail courant qui leur serait demandé le jour de l’essai officiel.
- L’une de ces machines, oelle construite par la Compagnie de Fives-Lille, n’a pas été considérée par les agents de cette Compagnie comme suffisamment réglée
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- en vue du travail courant qui lui serait demandé. Malgré sa présence sur le champ de concours, cette machine n’a été soumise à aucun des essais réguliers pour la raison qui vient d’être indiquée.
- Les membres du jury qui s’étaient rendus sur le champ de concours le 19 septembre au matin (1) se sont réunis dans un local dépendant du service des Ponts et Chaussées à Gennevilliers et ont désigné :
- M. H. Muret, comme président.
- MM. Neveu et Touaillon fils, comme secrétaires.
- Et M. Alfred Tresca, comme rapporteur.
- Ils ont arrêté immédiatement l’ordre des opérations, et d’une discussion à laquelle ont pris part plusieurs membres de la réunion, il est résulté que l’on prélèverait sur le produit de chaque machine une certaine quantité de lanières (5 à 10 kilogrammes) pour que cette matière première, une fois séchée d’une manière complète, puisse être soumise à l’opération du dégommage.
- Il a été de plus décidé que cette opération serait faite au laboratoire de la Société des agriculteurs de France, et que MM. Aubin, Gharrière, Gassaud, Tresca et Urbain seraient chargés de procéder à cette opération du dégommage au laboratoire, en adoptant le même procédé pour chaque lot de lanières, et en opérant, autant que possible, en même temps. Pour satisfaire à cette condition, M. Aubin, directeur du laboratoire de la Société des agriculteurs de France et membre du jury, a été autorisé, par M. le trésorier, à faire l’acquisition d’un autoclave de dimensions suffisantes.
- C’est donc en se conformant à cette décision que les lanières ont été dégommées par les soins ou en présence de délégués du jury.
- La journée du 29 septembre a été employée à la mise en marche des machines et à leur examen au point de vue de leur fonctionnement et de la préparation des produits. Cet examen a occupé toute la matinée. L’après-midi du même jour a été consacré à la marche en service courant des différentes machines.
- A cet effet, chacune des machines, mise en mouvement par moteur spécial ou par la transmission, a été alimentée de lots de tiges pesées. Le produit en lanières a été pesé également, et le temps nécessaire pour le passage d’un poids donné de matières a été pris exactement.
- Quelques arrêts de l’alimentation ont été nécessités par les difficultés de la pesée d’une si grande quantité de tiges; ces arrêts ont été défalqués du temps total, puisqu’ils ne devaient pas être portés au compte de la machine qui aurait pu fonctionner d’une manière continue et sans interruptions si l’alimentation avait été suffisante.
- (1) Les membres du jury étaient : MM. Ch. Arnould, Aubin, Charrière, Imbs, Frédéric Jacquemart, Gassaud, Muret, Neveu, Ch. Petit, Saint, Saint-Léger, Touaillon fils, Alf. Tresca, Urbain et Yial.
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- Pour éviter que, pendant ces arrêts, les intéressés aient pu faire procéder à un nettoyage même partiel de la machine, l’ordre était donné de continuer à faire tourner les différents organes comme si l’alimentation eût été régulière.
- C’est ainsi que pour l’une des machines, la machine Faure, par exemple, il a fallu constater deux arrêts, d’une minute chacun, pendant le passage des 500 premiers kilogrammes de tiges et que cette machine a dû subir un arrêt prolongé d’une heure deux minutes, l’attention du jury ayant été portée, pendant ce temps, sur le fonctionnement des autres appareils. Le travail a été ensuite repris pendant 24 minutes pour faire passer 200 kilogrammes de tiges, et ce n’est qu’après ce dernier essai que la machine a été arrêtée pour en constater l’état.
- Dans la journée du 30 septembre, il a été procédé à des essais dynamométriques sur trois des machines; le temps employé, soit pour le déplacement du dynamomètre, soit de la machine opératoire, étant toujours assez considérable, il n’a pas été possible de terminer ces essais le même jour. Ce n’est que le lendemain matin que l’on a pu terminer ces expériences en opérant sur la quatrième machine, celle de M. Barbier.
- Dans cette même matinée, il a pu être encore procédé aux essais de décortication en sec, pour satisfaire ainsi à cette dernière partie du programme, dont la réalisation a été demandée plus spécialement par l’un des exposants, M. Barbier.
- Toutes les machines ont fonctionné régulièrement, et nous n’avons eu à signaler qu’une rupture d’engrenage dans la machine de M. Norbert de Landtsheer, dès le commencement des opérations. Le remplacement de cet organe s’est effectué sans difficultés, et n’a occasionné qu’un arrêt de huit minutes.
- Dans tous les essais du 29 septembre et la plus grande partie de ceux des 30 septembre et 1er octobre, des échantillons de lanières ont été prélevés sur le produit total de chaque machine. Les lanières à l’état vert ont été d’abord séchées à l’air libre sur le champ de concours, puis, après dessiccation plus complète, pesées à nouveau.
- Sur les lanières ainsi séchées provenant des essais en service courant du 29 septembre, il a été prélevé les échantillons qui ont été soumis aux opérations du dégommage.
- Nous avons réuni dans les deux tableaux suivants tous les éléments recueillis par chacun de nous et soigneusement contrôlés.
- Le premier de ces tableaux est relatif aux différentes opérations en vert.
- Le second comprend les résultats des opérations en sec.
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- Machines à décortiquer la ramie. — Travail en vert, — Résultats des essais des 29 et 30 septembre et du 1er octobre 1891.
- 05
- QO
- DESIGNATION
- des
- MACHINES.
- Machine Faure, marchant au moteur. — Mouvement continu des lanières. — Déboisage...........
- Machine Norbert de Landtsheer, marchant au moteur. — Mouvement continu des lanières. — Déboisage...........
- Machine Barbier, marchant au moteur. Mouvement rétrograde.............
- Machine Subra, marchant au moteur. — Mouvement rétro -grade.............
- Machine Kelsen, fonctionnant à bras. — Déboisage.........
- D A T K S des ESSAIS. 2 QUANTITÉ w de matière livrée à chaque machine. POIDS * en vert des lanières produites- RAPPORT m du poids des lanières à celui des tiges. DUR d d’e s Totale. 6 ÉE 3 A I. Par 100 kil. de tiges. 7 QUANTITÉ de lanières sèches 00 correspondant à 100 kil. de tiges. QUANTITÉ de filasse après œ dégommage correspondant à 100 kil. de tiges. RAPPORT des nombres o des colonnes 8 et 9 du tableau. NOMBRE d’hommes employés pour desservir la machine. Travail \ _ en kilogrammètres 1 (o pour traiter 1 a 100 kil. de tiges. J * : 1 > ESSAIS MOMÉraiq J) s a m 1 g a a o os g o.» * e* o ^ u ri ci Ph 13
- kil. kil. k i 1. kil. klgm. klgm.
- 29 sept. 700 215,50 0,305 87'(2) 12' 25" 3,770 1,3873 0,368 5(1) » »
- 30 sept. 100 29,00 0,290 » 11'30" 3,683 » » » 34,382 49,83 \
- 30 sept. 100 29,00 0,290 » (A) 8' 30" 4,205 » » » 35,712 70,26 '
- 29 sept. 300 80,00 0,270 42' (B) 14' 00" 4,700 1,8529 0,394 3 « >,
- 30 sept. ' 100 30,00 0,300 » 19' 00" » )) » » 44,750 39,20 il 7 \
- 30 sept. 100 28,00 0,285 »(C) 12' 10" » » » » 36,868 50,50 i
- 39 sept. 300 41,00 0,137 91' (D) 30'20" 2,340 1,1045 0,472 2 « »
- 1er oct. 100 15.00 0,150 » 28' 15" 2,625 » » » 69,825 41,20
- 29 sept. 400 77,80 0,195 83' (E) 20'45" 3,450 1,4007 0,406 2 .» »
- 30 sept. 100 19,50 0,195 >> 21'00'' 3,693 )) » » 35,075 28,39
- 29 sept 35 5,50 0,157 2h 10' 6M1'26" « » » 3 ” . »
- H s. -g
- d u Oh g
- i 2)1,60
- 24,39
- 28,33
- 11,80
- 1) Dans ce nombre 3 étaient employés i l'alimentation et 2 pour reprendre les lanières du transporteur. Ce nombre aurait pu être réduit à 3, en en supprimant un de l’alimentation et un pour la reprise des lanières. Les lanières étaient bien nettoyées sur toute leur longueur, à l’exception de quelques centimètres au pied. Pas de matières fibreuses dans les déchets.
- (2) Après ce temps de marche utile, la machine n’était nullement encrassée.
- (A) Dans ce dernier essai à plus grand débit, deux hommes, au lieu d’un, étaient occupés à disposer les tiges sur le tablier.
- (B) Les lanières contenaient une assez rande quantité de bois. Les déchets
- contenaient peu de fibres. Après cet essai, les cylindres alimenteurs présentaient un peu d’engorgement. Le nettoyage en a été facile.
- Dans le premier essai du 30 septembre, les courroies ont glissé à plusieurs reprises.
- (C) Ce dernier essai a été fait pour ettre la machine dans des conditions
- de fonctionnement plus normales, et remplacer le précédent.
- (D) Les lanières étaient parfaitement nettoyées. Les déchets contenaient une assez grande quantité de fibres. Les cylindres servant à. l’alimentation étaient fortement encrassés. Il a fallu agir avec un burin pour enlever les déchets qui s’étaient accumulés au fond des cannelures.
- (E) Les lanières étaient bien nettoyées. Les déchets contenaient une petite quantité de fibres qui venaient s’enrouler avec une certaine quantité de bois et feuilles autour de l’arbre inférieur. La machine était restée en bon état de fonctionnement après son service en travail continu.
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- Machines à, décortiquer la ramie. — Travail en sec. — Résultats des essais du 1CI* octobre 1891.
- DÉSIGNATION des MACHINES. I QUANTITÉ de matière livrée <& chaque machine. 2 POIDS de la matière décortiquée. 3 RAPPORT des nombres des colonnes 3 et 2 4 DURÉE de l'essai. 5 ESSAI DYNAI TRAVAIL en kilogrammètres pour traiter 100 kilos de tiges. 6 dOMÉTRIQUE TRAVAIL en kilogrammètres dépensé par seconde. OBSERVATIONS.
- Machine Faure. — Marchant à bras 10 kilogram. 6 k. 00 0,600 20' 00" )) )> Cotte machine a donné, pour ce travail en sec un très mauvais résultat Le rapport 6 : 10 — 0,60 en est la preuve.
- Machine Norbert de Land- tsheer. — Marchant au moteur. — Mouvement rétrograde. 10 kilogram. 2 k. 50 0,250 O O -r-l )> » Lanières bien préparées.
- Machine Barbier. — Marchant au moteur. — Mouvement ré-trograde 10 kilogram. 3 k. 00 0,300 22' 15" 64 875 kiigm. 48 kiigm. 60 Lanières assez bien préparées.
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- de la même façon que dans la première opération la partie restante de chacune des tiges. Il peut arriver que le milieu de chacune d’elles soit soumis deux fois à l’opération de l’écrasage et du battage, ce qui peut constituer un petit inconvénient, venant s’ajouter à celui résultant de la lenteur de l’opération.
- Dans les machines à mouvement continu, le travail est plus rapide mais moins complet, et il est de toute évidence que le pied des tiges ne peut pas être décortiqué aussi complètement que le reste. Dès que, en effet, on arrive vers le pied de la tige, cette extrémité n’est plus maintenue entre les cylindres entraîneurs, constituant une sorte de main mécanique, et la tige, en très grande partie décortiquée, se trouve projetée en dehors |de la machine pour être recueillie, soit sur un transporteur mécanique, comme dans la machine Faure, soit sur un simple chevalet, comme dans d’autres dispositions.
- Cet inconvénient, que l’on a reproché aux machines continues, n’est pas bien sérieux; il suffit, en effet, de couper la partie des lanières correspondantes aux pieds des tiges pour enlever la portion déboisée incomplètement, avant de soumettre les lanières vertes aux opérations du séchage et du dégommage.
- La machine de M. Faure se compose d’un bâti métallique sur lequel on a disposé l’essieu de roues porteuses de grandes dimensions; l’une d’elles seulement est enlevée lorsque l’appareil est amené dans la position qu’il doit occuper. Deux brancards sont fixés à demeure à ce bâti, de manière à pouvoir atteler un cheval et déplacer rapidement la machine d’un point à un autre.
- Les organes principaux de cet appareil se composent d’un couloir légèrement évasé présentant une certaine analogie avec ceux employés dans les hache-pailles ou instruments analogues. C’est sur ce tablier que l’on vient disposer horizontalement les tiges, en plaçant leurs têtes vers la machine proprement dite.
- Ce couloir est terminé par deux cylindres à surface lisse, pressés l’un vers l’autre par des ressorts dont la tension peut être réglée à volonté. Ces cylindres ne jouent ici que le rôle d’entraîneurs et non d’écraseurs, comme dans d’autres systèmes.
- Derrière ces organes servant à l’alimentation se trouvent ceux produisant le déboisage. Un batteur présentant quelque analogie avec ceux des machines à battre, et un contre-batteur fixé au bâti.
- Le batteur se compose d’un tambour en tôle garni, sur toute sa surface, de fers à simple T dont Fâme forme les palettes proprement dites. Douze de ces battes sont ainsi réparties tout autour de l’axe tournant assez rapidement.
- Le contre-batteur est formé d’une sorte de cuvette cylindrique d’un rayon notablement plus petit que celui de la circonférence décrite par un point de l’extrémité d’une des palettes, de manière à être ainsi excentré par rapport au batteur. Cette disposition a pour but de faire agir violemment les palettes sur la
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- matière à traiter, au commencement de son passage dans l’appareil, puis de laisser flotter ensuite les lanières entre le batteur et le contre-batteur pour en dégager les bois, et enfin ressaisir les lanières à leur sortie et les projeter sur le transporteur.
- En dessous du contre-batteur qui affecte la forme d’un quart de cylindre, se trouve une courroie sans fin à marche lente, de faible largeur et d’une longueur aussi grande que l’on veut qui constitue le transporteur. Les lanières sortant de la machine sont projetées et tombent à cheval sur ce transporteur, sans exiger la présence d’un homme pour dégager la machine du produit déboisé. Un manœuvre vient recueillir les lanières disposées à égale distance les unes des autres, sur la courroie du transporteur et les place sur des cordes disposées au soleil pour en obtenir un premier séchage.
- Ce transporteur constitue une des particularités intéressantes de la machine de M. Faure. Il y a lieu de remarquer que son emploi exige une vitesse assez régulière à la circonférence extérieure du batteur pour que les différentes lanières soient projetées de la même façon sur la courroie du transporteur.
- Dans les machines présentées par M. Faure, ce constructeur a proscrit d’une manière absolue l’emploi d’engrenages accélérateurs de mouvement.
- La poulie de commande est située sur l’axe même du batteur.
- Deux transmissions par courroies croisées donnent le mouvement, ralenti, dans un certain rapport, aux cylindres entraîneurs.
- Cette même transmission à mouvement retardé en commande une troisième composée d’une vis sans fin et d’un engrenage à denture hélicoïdale, pour donner le mouvement à la courroie du transporteur.
- Grâce à l’emploi de transmissions par courroies et à des dispositions spéciales des coussinets et tourillons des différents arbres, la machine de M. Faure a une marche silencieuse, si on la compare à d’autres systèmes dans lesquels des engrenages accélérateurs ou retardateurs de mouvements sont employés.
- Si l’on détermine, pour l’ensemble des essais de cette machine, la vitesse avec laquelle les ailettes du batteur viennent agir sur les tiges de la matière en travail, on trouve :
- Que pour un nombre de tours moyens de 380 t. 25 de l’axe du batteur, déterminé au moyen du dynamomètre de rotation, placé, dans les expériences du 30 septembre, entre le moteur et la machine.
- La vitesse d’un point de la circonférence décrite par les extrémités des ailettes est de 15m,630.
- Et que les cylindres entraîneurs ont, pour cette même rapidité de rotation de l’axe du batteur, une vitesse à leur circonférence de 0m,5792, qu’ils communiquent aux tiges de ramie, pour en obtenir l’alimentation continue.
- Machines de M. Barbier. — M. Barbier a présenté à ce concours une machine du système Armand, semblable à celle qui a été expérimentée en 1889.
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- Nous ne saurions mieux faire que de transcrire ici la description qui en a été faite par M. Grandvoinnet, rapporteur des opérations du Jury concernant le concours de machines à décortiquer la ramie en 1889.
- « Elle se compose d’un cylindre central à larges et profondes cannelures qui tourne sous les trois cylindres qui l’entourent en le recouvrant à moitié. Le premier de ces petits cylindres peut être dit alimentaire, il est conduit par engrenages, tandis que les deux autres ne tournent que par engrènement de leurs cannelures avec celles du cylindre central. Ces quatre cylindres forment ensemble l’appareil alimentateur et broyeur et, de plus, ils présentent les tiges broyées à deux cylindres squelettes batteurs ou teilleurs. Ces cylindres sont placés au-dessous du cylindre cannelé central et du dernier, de façon que les battes (lames d’acier) passent en tournant en sens contraire aussi près que possible des arêtes des cylindres broyeurs. L’un par rapport à l’autre, ces cylindres et les roues d’engrenages qui les solidarisent sont calés sur leurs arbres de façon qu’une palette de l’un soit toujours entre deux palettes de l'autre et à distance égale. En attirant et broyant en festons les tiges broyées,ces palettes les débarrassent des fragments ligneux et les réduisent à l’état de lanières fibreuses. Les batteurs ou teilleurs tournent toujours dans le même sens pendant toute la durée de l’opération, tandis que le train des quatre broyeurs peut, à la volonté de l’ouvrier qui dessert la machine, changer de sens de rotation. Les tiges, d’abord avalées par la machine, reviennent à l’état de lanières en partie déboisées, en sens contraire, tout en subisssant le teillage comme h. Y aller, mais plus énergiquement cette fois. On peut aussi enlever absolument toute la partie ligneuse et peut-être les fausses fibres internes non textiles et l’épiderme. Mais il faut que l’ouvrier desservant la machine ait une certaine habileté pour éviter qu’au changement de sens de la rotation, une traction sensible soit exercée sur les lanières ; car alors, le déchet fibreux, tombant avec les fragments ligneux et les fausses fibres, pourrait être considérable. L’embrayage, pour le mouvement de retour, se fait à l’aide d’un levier, agissant sur un cône de friction. Lorsque l’on cesse d’appuyer sur ce levier, il revient à sa place primitive par l’action d’un contrepoids, et dès lors le sens de la rotation est celui qui attire dans l’appareil broyeur les tiges à décortiquer. »
- L’arbre portant les poulies de transmission a tourné à raison de 158,68 par 1', lors de l’essai dynanométrique avec travail en vert, et de 150,96 par 1', lors du dernier essai de travail en sec.
- Machines de M. Subra. — Ces machines sont à deux batteurs tournant en sens inverse l’un de l’autre, comme dans les machines de M. Norbert de Landtsheer et Barbier, précédemment décrites.
- Deux cylindres alimentaires légèrement ondulés terminent, du côté de la machine, un tablier en tôle sur lequel viennent reposer les tiges que l’on veut décortiquer.
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- Les ondulations de ces cylindres ont pour effet de casser le bois en le comprimant par places, en évitant les engorgements que l’on remarque dans lefonc-tionnement de quelque durée de cylindres à cannelures profondes. Les principaux organes de la machine sont installés sur un bâti en fonte portant à sa partie inférieure l’arbre de la transmission. Une chaîne de Galle réunit un engrenage d’assez grandes dimensions calé sur cet arbre à un pignon monté sur l’axe du batteur inférieur ; le tambour supérieur étant relié à l’autre par deux engrenages de même diamètre.
- Enfin, le mouvement de rotation est transmis aux cylindres entraîneurs par deux engrenages, de diamètres différents, l’un calé sur l’axe du batteur supérieur, l’autre calé sur l’axe du cylindre entraîneur inférieur.
- Les deux cylindres entraîneurs étant obligés de tourner en sens inverse l’un de l’autre, deux engrenages de même diamètre les relient et obligent ainsi les tiges enserrées entre les surfaces des deux cylindres à se déplacer pour être soumises à l’action des batteurs.
- Un levier à branches inégales, manœuvré à distance par le pied de l’ouvrier, par l’intermédiaire d’une chaîne et d’un étrier, permet à volonté d’élever ou d’abaisser Je cylindre entraîneur supérieur, de manière à produire l’entraînement des tiges vers la machine, ou de pouvoir les retirer à l’arrière, pour se servir du mouvement rétrograde employé dans toutes les machines servant au déboisage et à l’enlèvement de la pellicule.
- L’ouvrier doit donc, en se servant de cet appareil, lorsqu’il veut suspendre le mouvement d’avancement des tiges vers la machine, agir sur l’étrier, soulever ainsi à l’aide du levier l’un des cylindres entraîneurs, supprimer par ce fait toute pression sur les tiges. En les retirant à l’arrière, elles restent soumises, pendant ce retrait, à l’action continue des batteurs.
- La machine est disposée pour marcher au moteur, machine à vapeur ou manège, ou pour fonctionner à bras d’hommes. Dans ce dernier cas la chaîne de Galle, reliant les deux arbres principaux de la machine, est enlevée, et une manivelle est installée sur un arbre spécial, situé à côté de l’arbre batteur inférieur et relié à celui-ci par une transmission par engrenages accélérateurs, de manière que les arbres des batteurs puissent tourner six fois plus rapidement que l’arbre portant la manivelle.
- Si l’on prend, comme nombre de tours de l’arbre inférieur, celui résultant de l’essai dynamométrique du 30 septembre, c’est-à-dire 107 tours 40 par minute, la vitesse à la circonférence des batteurs était égale, dans cet essai, à 2m,932, par seconde, le diamètre de ceux-ci étant égal à 0m,150.
- Les cylindres entraîneurs communiquaient aux tiges, dans ce même essai, une vitesse de 4m,269 par seconde.
- Machines de M. Kelsen. — La machine de M. Kelsen est de petites dimen-
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- sions et ne permet de faire passer que deux tiges effeuillées à la fois. Elle fonctionne à bras d’hommes.
- Deux tubes, d’un diamètre un peu plus considérable que celui des plus fortes tiges, sont disposés verticalement au sommet de la machine. En dessous de chacun d’eux se trouve une sorte de couteau séparant la tige en deux parties et mettant à nu le bois. Un système de rouleaux et de cylindres lamineurs, à surface émerisée, oblige les demi-tiges à se déformer en rompant ainsi le bois qui est obligé d’abandonner la lanière que l’on recueille à la partie inférieure de la machine.
- Pour arriver à une appréciation des mérites de ces différentes machines, le Jury s’est réuni, une première fois, au siège de la Société des agriculteurs de France, 21, avenue de l’Opéra, pour prendre connaissance des différents résultats des essais, et entendre les observations présentées par un certain nombre de membres du jury.
- Après délibération, le jnry, à l’unanimité des membres présents (1), a proposé les attributions de médailles suivantes :
- Médaille d’or. — M. Faure.
- Médaille d’or. — M. Norbert de Landtsheer.
- Médaille d’argent. — M. Barbier.
- Médaille de bronze. — M. Subra.
- Le jury a tout d’abord écarté l’attribution du grand prix, ou objet d’art, tout en reconnaissant que les machines exposées avaient résolu, d’une manière pratique, l’opération du décorticage de la ramie. Il a pensé qu’il fallait réserver cette première récompense et ne décerner que les médailles d’or, d’argent et de bronze.
- En ce qui concerne les médailles d’or, deux machines se sont trouvées en présence, celle de M. Norbert de Landtsheer et celle de M. Faure.
- La première, qui ne peut convenir, dans ses dimensions actuelles, que pour des exploitations de moyenne importance, est livrée à bas prix par le constructeur. Elle permet, à volonté, de travailler la ramie, à l’état vert ou à l’état sec, de procéder au décorticage en vert, soit par un passage continu des tiges à travers la machine, lorsqu’on veut obtenir un simple déboisage avec un débit plus considérable, soit en se servant du mouvement rétrograde, lorsqu’on veut enlever la pellicule, au moins en partie, et se contenter d’un moindre débit.
- Ces différents mérites, joints à ce fait que M. Norbert de Landtsheer s’occupe
- (1) Etaient présents à cette réunion : MM. Ch. Arnould, Aubin, Charrière, Imbs, Frédéric Jacquemart, Muret, Neveu, Saint, Touaillon fils, A!f. Tresca et Urbain. M. Honoré s’était fait représenter par MM. Adam et Barbe.
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- depuis longtemps de cette question de la ramie, que les différentes machines proposées ou employées dérivent toutes plus ou moins des inventions dé ce vétéran de la question, ont décidé le Jury à proposer une médaille d’or pour la machine de M. Norbert de Landtsheer.
- Les machines de M. Faure ont été plutôt disposées de manière à produire un grand débit sans occasionner de fatigues exceptionnelles aux hommes desservant la machine. Elles ne peuvent servir industriellement qu’au déboisage de la ramie en vert, et effectuent cette opération dans de très bonnes conditions. Les lanières sont bien préparées, elles sont, recueillies par le transporteur et sont éloignées ainsi de la machine sans être exposées à y être salies par les déchets des décortications successives. Enfin, ce qui peut constituer un certain avantage, les feuilles sont arrachées et rejetées avec les déchets, sans être déchirées ni froissées ; elles peuvent donc constituer un bon aliment pour les animaux.
- La machine, montée sur roues, serait d’un déplacement très facile, permettant, pour ainsi dire, de suivre avec la décortiqueuse la coupe de la ramie sur un champ de grande étendue, si les dispositions du transporteur, naturellement placé à la partie basse de la machine, n’obligeaient pas de pratiquer, sur le terrain, une tranchée à chaque nouvelle station.
- Les détails y sont tous très bien étudiés et la marche silencieuse de la machine, fonctionnant à sa vitesse normale, atteste de sa bonne construction.
- Cette perfection d’exécution a pour conséquence toute naturelle le prix élevé de l’appareil, et l’on peut se demander si une construction aussi soignée est absolument nécessaire dans ce genre de machines, exposées à toutes les intempéries et appelées à être souvent conduites par des hommes peu expérimentés.
- Le jury n’a pas hésité à accorder aux machines de M. Faure une médaille d’or, en distinguant spécialement la machine mue du moteur, celle actionnée par des hommes à la manivelle, de mêmes dimensions que la première, ne pouvant pas être mise en mouvement facilement d’une manière continue, pour un travail de quelque durée.
- La machine de M. Barbier soumise aux essais est, comme nous l’avons dit, du type déjà connu. Elle a fonctionné en employant le mouvement rétrograde. Les lanières ont été bien préparées, mais, probablement par suite d’un mauvais réglage de la machine, l’enlèvement de la pellicule s’opérait d’une manière trop complète, et un certain nombre de bonnes fibres étaient rejetées avec les déchets.
- Les chiffres contenus dans les colonnes 5,8 et 9 indiquent parfaitement ce fait :
- La quantité de lanières à l’état sec n’a été que de 2k,340 p. 100 kilogrammes de tiges vertes non effeuillées.
- Mais, par contre, ces 2k,340 de produit sec ont donné, après dégommage, Tome VII. — 91e année. 4e série. — Mars 1892. 23
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- lk,1045 de filasse, c’est-à-dire 47,2 p. 100 de la matière première, tandis que les trois autres machines ont produit respectivement :
- kilogr. kilogr.
- 4,700 ) 3,450 3,770 / de lanières sèches pourl00kilogr.de 1 tiges vertes non effeuillées et ... i f 1,8529 J 1,4007 ! 1,3873 J 1 défilasse l P* de filasse Q _ S0“ ( 36,80 -
- Il faut attribuer aussi, au moins en partie, au mauvais réglage de la machine la quantité considérable de travail qu’elle a exigée.
- La consommation d’une si grande quantité de travail ne peut s’expliquer qu’en partie, si l’on considère la part perdue en vibrations des différents organes de la machine, et aussi en résistances anormales produites par la compression de la matière entre les dents des cylindres cannelés entraîneurs.
- La machine de M. Barbier a fonctionné en vert et en sec dans d’assez bonnes conditions, et le jury propose de lui décerner une médaille d’argent.
- La machine de M. Subra a fonctionné en se servant du mouvement rétrograde, lequel n’est plus obtenu par un changement de sens de mouvement des cylindres alimentaires, mais par l’action en arrière de l’homme servant à l’alimentation et à la conduite de la machine.
- Il suffit, dans cette machine, comme nous l’avons fait remarquer plus haut, de supprimer momentanément la pression du cylindre alimentaire supérieur sur l’autre pour dégager ainsi les tiges qui peuvent être retirées par l’action en arrière de l’homme de manœuvre.
- Le jury a trouvé que ces deux mouvements simultanés, demandés au même ouvrier, pouvaient occasionner, s’ils n’étaient pas bien exécutés, des accidents regrettables, et que cette machine, très légère, peu compliquée, ne peut cependant, et pour cette raison, être mise entre les mains d’ouvriers peu expérimentés.
- Le produit obtenu était de bonne qualité, la décortication était très satisfaisante; mais, comme dans toutes les machines à mouvement rétrograde, la production par machine est très limitée.
- Le jury propose de décerner à M. Subra une médaille de bronze.
- En résumé, le concours de machines proposées pour la décortication de la ramie, organisé par la Société des agriculteurs de France, a permis de constater que la préparation des lanières ayant une véritable valeur industrielle peut être obtenue pratiquement à l’aide des machines dont il nous a été donné d’expérimenter les principaux types.
- Les constructeurs se sont ingéniés à combiner des dispositions d’organes permettant de traiter des quantités de matières plus considérables que précédemment.
- Dans ces nouvelles dispositions, le mouvement rétrograde paraît abandonné
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- toutes les fois que l’on veut obtenir par machine une production un peu grande, et ce n’est pas sans étonnement que l’on a vu, à Gennevilliers, un champ de ramie tout entier traité en trois journées environ de travail par des machines en nombre assez restreint.
- La matière première, qui faisait quelquefois un peu défaut dans les premiers concours, a été cette fois assez abondante, et les inventeurs et constructeurs ont trouvé ainsi le moyen d’expérimenter leurs machines dans des conditions plus voisines de la pratique agricole et industrielle.
- Il serait à désirer que le concours de 1891 puisse être suivi d’autres aussi importants, au point de vue de la quantité de matières premières mise en œuvre dans lesquels on pourrait réunir et expérimenter un plus grand nombre de systèmes de ces machines spéciales.
- Ce ne peut être qu’en multipliant ces concours, et en s’entourant de toutes les précautions nécessaires pour que les déterminations diverses y soient faites avec exactitude et précision, que l’on pourra arriver à résoudre complètement ce problème, qui, au premier abord, paraît hérissé de difficultés de toutes sortes : la transformation des filaments contenus dans la ramie en matière textile réellement utilisable.
- C’est à dessein que, dans ce compte rendu des opérations du jury, il n’a pas été fait une mention détaillée des essais dynanométriques des 20 septembre et 1er octobre. Une note jointe à ce rapport en fait connaître les principaux éléments.
- Le rapporteur du jury,
- Alf. Tresca.
- NOTE RELATIVE AUX ESSAIS DTNAMOMÉTRIQUES DES 30 SEPTEMBRE ET 1er OCTOBRE, ENTREPRIS SUR UN CERTAIN NOMBRE DE MACHINES A DÉCORTIQUER LA RAMIE
- Dans le rapport précédent, il vient d’être rendu compte des résultats du concours de machines à décortiquer la ramie, et les tableaux résumant ces résultats font mention des quantités de travail employées pour décortiquer une même quantité de tiges en se servant des différentes machines expérimentées.
- La commission d’organisation du concours a pensé qu’un des éléments d’appréciation de la valeur industrielle de ces machines était le travail moteur nécessaire pour leur mise en action, et les mesures ont été dès lors prises pour sa détermination.
- Pour ne pas compliquer les opérations du concours en lui-même, il a été décidé que ces essais seraient faits immédiatement après la marche des machines en service courant qui a occupé toute la journée du 29 septembre. Les essais dynanométriques ont exigé, de leur côté, une journée et demie, le 30 septembre et le 1er octobre.
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- Machines à décortiquer la ramie en vert ou en sec. — Essais dynamométriques des 30 septembre et 1er octobre 1891.
- • NOMBRE TRAVAIL DÉPENSÉ, MESURÉ, O
- QUANTITE NOMBRE DE TOURS SOIT AU COMPTEUR DE TRAVAIL, ta
- de DE L’ARBRE DE TOURS soit üi l’aide du tracé dynamométrique te
- DESIGNATION des NATURE de DATE de MATIÈRE livrée à DU RÉE de du dynamo mètre de l’arbre principal de la pendant la marche utile de la machine. à vide, essai ;>ar seconde rapporté à la vitesse de te > H
- MACHINES. l’opération, l’essai. chaque toute la durée par machine opératoire spécial. la machine O Z
- machine. de l’essai. minute. par minute. Total p. seconde vert. w
- 1 2 3 4 8 6 7 8 9 10 il 12 13
- klgm. klgm. kglm. klgm.
- Machine Faure. Débit
- analogue à celui ob- .Travail en vert 30 sept. 100 kilogr. 11' 30" 1082t.enll' 98 t. 36 385 t. 74 ] 34382 49 826 » ’>
- serve en service courant ( 38025
- Machine Faure. Débit plus considérable en 1 ]Travail en vert 30 sept. lOOkilogr. 8' 30" 860 t. en 9' 95 t. 56 374 t. 76 ] 35 712 70255 » »
- forçant l'alimentation jMarche à vide 1 30 sept. » 3'0 0' 282 t. 941.00 368 t. 63 ” 22817 23600
- Machine Norbert de Landtsheer (1). . . 1 |Travail en vert 30 sept. lOOkilogr. 19' 00" 9411. 49t.53 139 t. 52 44750 39200 » )) Des glissements assez consi-
- 1 dérables des
- Machine Norbert de Landtsheer (2). . . | Travail en vert 30 sept. lOOkilogr. 12' 10" 665 t. 54 t. 66 153 t. 97 36868 50 504 >> >> courroies ont exigé un nouvel essai.
- Machine Norbert de Landtsheer . . . . 1 jMarche à vide 30 sept. » 3' 00" 167 t. 55 t. 67 156 t. 80 y> « 24 833 24385
- ! Travail en vert 30sept. lOOkilogr. 21' 00" 798 t. 38 t. 00 107 t. 40 35 075 28 390 ); »
- Machine Subra . . .
- (Marche à vide 30 sept. » 3'00" 147 t. 491. 00 138 t. 03 » » 15158 11800
- 1 (Travailen vert 1er oct. 100 kilogr. 28' 15” 2 552 t. 96 t. 00 158 t. 68 69 825 41 200 » »
- Machine Barbier. . . (Marche à vide 1er oct. » 3'00" 213 t. 71t. 00 117 t. 36 » » 20 095 28330
- | Travail en sec 1er oct. 10 kilogr. 22' 15" 2 032 t. 911 33 150 t. 96 64 875 48 600 ))
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- Ces essais ne pouvant s’effectuer avec un certain degré d’exactitude, qu’en employant des appareils spéciaux, les dynanomètres de rotation, il aurait fallu compliquer les transmissions du mouvement aux différentes machines, multiplier les causes d’arrêt indépendantes de celles des machines opératoires elles-mêmes.
- Enfin il aurait fallu opérer isolément et successivement sur chacune d’elles, en perdant ainsi, en périodes d’installations successives, un temps considérable qui n’aurait pas permis de terminer les opérations principales du concours en une même journée.
- Le dynamomètre de rotation employé est celui qui appartient à la Société des agriculteurs de France, et bien qu’il fût un peu puissant pour ces essais, il y a cependant été utilisé, en raison des moyens de contrôle dont il est muni actuellement et qui permettent d’être plus certain des résultats obtenus.
- Le dynamomètre constituant une sorte de transmission intermédiaire entre le moteur et la machine opératoire, il a fallu modifier la position de celui-ci ou de celle-là pour chaque machine, de là des temps perdus qui ne peuvent étonner aucune personne habituée à ce genre d’opérations.
- Une fois le dynamomètre installé devant chaque machine, il a été possible de procéder aux constatations relatives à la mesure du travail dépensé, soit pour la marche de la machine à différentes allures, marche normale ou marche un peu excessive, marche à vide, etc.
- Un totalisateur de travail permettait d’enregistrer le travail total dépensé pendant l’opération tout entière. Un tracé sur papier continu donnait une nouvelle évaluation de ce même travail, enfin, un compteur de tours donnait aussi, pour l’opération tout entière, le nombre de tours de l’arbre du dynamomètre. Des débrayages permettaient de ne compter utilement que les travaux ou les nombres de tours correspondant à l’opération elle-même.
- Il a été possible de profiter de la présence du dynamomètre de rotation devant la quatrième machine expérimentée, la machine Barbier, pour constater, sur une même machine, la différence au point de vue du travail mécanique dépensé, entre la décortication en vert et la décortication en sec, et ces nombres relatifs, obtenus, je crois, pour la première fois, permettent de comparer, à un nouveau point de vue, ces deux genres de décortication.
- Ce double essai a constaté, en effet, qu’avec la machine Barbier : 100 kilogrammes de tiges vertes non effeuillées ont exigé 69,825 kilogrammètres, et 10 kilogrammes de tiges sèches ont employé 64,875 kilogrammètres, nombres peu différents l’un de l’autre.
- Si l’on détermine, d’autre part, le rapport en poids des tiges vertes non effeuillées et des tiges sèches provenant de la même quantité de matières, on sait que le rapport est environ égal à 5, c’est-à-dire que 20 kilogrammes de tiges
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- sèches correspondent, à peu près, à 100 kilogrammes de tiges vertes non effeuillées.
- Le rapport des travaux nécessaires pour décortiquer en sec ou en vert est donné, d’après ces essais comparatifs, par :
- 64 875 w 20 69 825 X 100
- X
- 100
- ïô
- 1,8583
- Environ deux fois plus de travail mécanique serait nécessaire pour décortiquer en sec, au lieu de décortiquer en vert les matières nécessaires pour donner la même quantité de produits préparés.
- Il aurait été très intéressant de faire les mêmes constatations, en ce qui concerne les différentes machines pouvant décortiquer, à volonté, en sec ou en vert; mais le temps a manqué pour obtenir ces résultats.
- Dans le tableau qui termine cette note ont été groupés tous les éléments des divers essais dynamométriques pour lesquels j’ai été secondé par mon frère, M. Gustave Tresca, ingénieur adjoint du Conservatoire des Arts et Métiers, et par M. Urbain, membre du jury, qui s’est chargé spécialement de prélever les échantillons de lanières, de surveiller les pesées, de manière à contrôler, dans une certaine mesure, les chiffres des essais en service courant, par ceux obtenus dans ces essais complémentaires.
- Il y a lieu de faire remarquer que les travaux mécaniques nécessaires, pour faire fonctionner les machines à vide, ont tous subi les corrections nécessaires pour passer du nombre de tours constaté lors de cet essai spécial à celui correspondant à la marche normale en charge, en faisant l’hypothèse, très admissible, que le travail ainsi dépensé est proportionnel au nombre de tours, dans la limite des variations de vitesses constatées.
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES
- Prix proposé par la Société industrielle de Mulhouse pour un projet d’installation d’une station centrale de force dans la Haute-Alsace. —
- Les progrès réalisés dans ces derniers temps par les moyens de transport de la puissance, ont ouvert le champ à des projets multiples qui se manifestent surtout pour l’utilisation à distance des forces hydrauliques naturelles. Toutefois, tant au point de vue de l’économie que des facilités résultant de la centralisation, il ne semble pas que ce soit uniquement pour les chutes d’eau qu’il pourrait y avoir avantage. Les moteurs à vapeur, particulièrement
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- par l’application de l’expansion multiple, ont reçu des perfectionnements tels, que la consommation de vapeur par cheval et par heure s’est abaissée à 5 — 6 kilogrammes dans la pratique, pour les grands moteurs. Or, dans un ensemble industriel comme celui de Mulhouse, on peut admettre 10 kilogrammes pour la consommation moyenne actuelle de l’ensemble des moteurs existants.
- Les résultats obtenus jusqu’à présent, dans les expériences faites pour le transport à distance, sembleraient rendre possible une économie résultant de l’installation d’un moteur central à vapeur.
- La Société industrielle, désireuse d’encourager les recherches qui seraient faites dans la voie de centralisation des moteurs en général, soit hydrauliques, soit à vapeur, offre une médaille d’honneur et une somme de 2 oOO francs au meilleur mémoire comparatif présenté sur cette question et visant spécialement la région industrielle de la Haute-Alsace. Ce mémoire devra être accompagné d’un projet aussi complet que possible; il devra entrer dans les détails de la construction des moteurs et de la distribution de la puissance ; établir les dépenses probables avec toute l’exactitude possible, et donner le prix de revient comparatif du cheval-vapeur rendu à l’usine par les moteurs employés jusqu’à ce jour. Il devra s’appuyer sur des données d’installations déjà réalisées, existant ou ayant existé. Le projet pourrait ne viser qu’une fraction du centre industriel envisagé, avec un minimum de 5 000 chevaux.
- N. B. — A titre de renseignement, on estime actuellement à 20 000 chevaux la puissance totale des machines à vapeur existant dans Mulhouse et ses environs immédiats.
- Les mémoires, dessins, pièces justificatives et échantillons devront être marqués d’une devise ou épigraphe choisie par l’auteur et adressés franco de port, avant le 15 mai 1892, au président de la Société industrielle de Mulhouse, en même temps qu’un pli cacheté renfermant le nom exact et l’adresse du concurrent.
- Purification de l’eau par le professeur Albert R. Leeds. — En comparant la composition des eaux prises le 2 mai, à midi, dans la Genessee River, à celle venant de la conduite, prise au réservoir de Mount Hope, le professeur Leeds constata que l’eau du Genessee avait une couleur légèrement jaune due à des matières tourbeuses. Elle avait un goût fade et une légère odeur. Celle du réservoir était sans couleur mais charriait une boue blanchâtre; elle était agréable au goût et n’avait pas d’odeur. L’eau du Genessee contenait 0,284 gramme d’ammoniaque pure pour 4,5 litres; celle du Hemlock 0,207. L’eau du Genessee contenait de l’ammoniaque provenant de matières albuminoïdes, avec des matières azotées organiques dans la proportion de 0,458 gramme; le Hemlock un peu plus, 0,503 gramme. Le Genessee avait besoin, pour oxyder la matière orga-
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- nique, de 0,303 gramme d’oxygène, le Hemlock 0,877 gramme ou un peu moins. La différence était due à ces matières organiques tourbeuses en solution qui nécessitent une plus grande quantité d’oxygène pour les oxyder. La crudité du Genesseeétait de 44,183 ; le Hemlock, 20,64.Le total des matières solides en solution dans le Genessee était de 106,232 centimètres cubes ; dans le Hemlock 32,766. En comptant les bactéries contenues dans les eaux, on trouva que celles de la rivière Genessee contenaient 112 colonies de bactéries par centimètre cube, dans le lac Hemlock, 63 colonies.
- Après avoir fait l’analyse M. Leeds ajouta 6,43 centigrammes de sulfate d’alumine à chacun des échantillons de ces eaux, puis les filtra à travers le sable. Il n’y avait plus alors de différence. Les deux échantillons étaient aussi parfaitement limpides et incolores que l’eau la plus pure que l’on puisse produire dans un laboratoire. Ces eaux étaient absolument sans couleur et sans odeur.
- Le professeur conclut qu’il n’est pas possible de rendre les eaux organiquement pures autrement que par le filtrage, et, de plus, qu’il n’y a pas de méthode pratique capable de produire ce résultat, en dehors du système américain de filtrage et de purification mécanique. Pour le prouver, M. Leeds fait l’histoire abrégée des connaissances et de la pratique à ce sujet pendant les dix dernières années. Londres nous donne l’exemple le plus remarquable, pour le filtrage des eaux, avec sa population de 3 millions et demi d’habitants. Sa fourniture d’eau est presque entièrement tirée de la Tamise, qui cependant reçoit les immondices d’une très grande population. La méthode anglaise consiste à faire courir les eaux dans de grands réservoirs contenant du sable. Ce sable a environ 0m,600 de profondeur et est supporté par une couche de pierres grossières. A mesure que la saleté est enlevée, elle s’accumule en un mince lit sur lé sommet du sable; et lorsque l’eau ne filtre que trop lentement, on est obligé d’envoyer des manœuvres pour enlever la couche supérieure de sable et de boue avec des pelles, de la laver et de la remettre dans le filtre. C’est ainsi qu’on agit à Berlin et dans les autres grandes villes du continent.
- Il est facile de voir comment les couches filtrantes enlèvent la boue, le gravier et les matières en suspension, et comment ces profonds bassins de sable peuvent arrêter ces organismes vivants que nous connaissons sous le nom de bactéries et qui produisent la fièvre typhoïde et d’autres maladies. On sait maintenant comment les bactéries chassent les bactéries; elles se dévorent entre elles. Afin que le filtre puisse bien opérer, il est nécessaire de faciliter la formation des bactéries jusqu’à ce que la couche en soit peuplée d’un nombre considérable. En se multipliant elles forment au sommet du filtre et entre les particules de sable une sorte de gelée; et c’est à l’aide de cette gelée que les bactéries sont éliminées de l’eau. Si le mouvement de l’eau est assez lent, on peut commencer avec l’eau semblable à celle de la Sprée, qui constitue une partie de l’approvisionnement
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- d’eau de Berlin et qui contient 100000 bactéries par centimètre cube et, après avoir passé à travers un des filtres, l’eau qui sort ne contient que 40 à 50 bactéries.
- Ceci arrive quand la vitesse de la filtration est telle que 1000 mètres cubes d’eau passent à travers les couches, pari 000 mètres carrés en vingt-quatre heures. Si la quantité d’eau est réduite à 300 mètres cubes, les bactéries peuvent diminuer jusqu’à ce qu’il n’en reste que de 5 à 10 par centimètre cube. Mais cette vitesse est insuffisante pour faire un usage économique de ces filtres, et en conséquence les autorités de Berlin exigent que l’eau passe au travers des filtres dans la proportion de 1 000 mètres cubes par 1 000 mètres carrés en vingt-quatre heures.
- Voici la description du filtre américain. Ce filtre est simplement une cage composée d’un tube en fer de lm,7 et de 6m,7 de diamètre assez solide pour pouvoir résister à toute pression éventuelle. Elle contient un lit de sable de lm,4 à lm,2 de profondeur. L’eau passe au travers du filtre sous pression et sort par le fond par une série de valves construites de manière à laisser passer l’eau, mais à retenir le sable. Après un moment, quand la saleté s’accumule à la surface et à travers le lit de sable, l’opération est inverse, un courant de l’eau filtrée par pression est renvoyé de bas en haut, le sable est lavé et les impuretés sortent par un tuyau et le filtrage recommence. Dans la pratique, après avoir filtré pendant dix heures, un filtre opérant sur une eau comme celle du Genessee, peut être purifiée par un lavage de dix minutes.
- Maintenant il s’agit de savoir si on doit éliminer les bactéries au moyen d’une gelée bactérienne ou d’une gelée d’alumine. Quelques personnes pensent qu’aucun agent chimique ne doit être employé dans la purification de l’eau. L’hydrate d’alumine est retenu par le filtre et l’alumine qui entre dans l’eau en très faible quantité existe aussi dans l’eau naturelle. En effet, c’est l’alumine du sel qui fait couler l’eau si limpide et qui filtre l’eau des puits. Tout ce qu’on se propose dans cette méthode, c’est de tirer profit des méthodes de la nature.
- Comme conclusion, on sait que plus de cent villes en Amérique font usage des filtres pour la purification de leurs eaux
- Dans une récente réunion à Philadelphie, les ingénieurs ont émis à la grande majorité l’opinion que, dans un avenir prochain, cette méthode de traitement des eaux serait généralement adoptée. Lorsque la ville de Liverpool fit venir du lac Vyrnwy, pour son nouveau service d’eau, l’eau la plus pure qui se puisse trouver dans le pays de Galles, elle plaça dans la conduite descendante un système de filtres. M. Leeds étonné demanda à l’ingénieur en chef de Liverpool pourquoi il filtrait cette eau de montagne. L’ingénieur répondit que l’opinion publique en Angleterre est si bien fixée sur ce sujet que l’on ne peut fournir d’eau non filtrée; il faut ajouter que dans les systèmes de filtres anglais l’eau filtrée est passée dans un puits au fond duquel se trouve un pavé de porcelaine blanche, et l’ingé-Tome VII. — 91e année. 4e série. — Mars 1892. 24
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- nieur et le peuple ne sont satisfaits qu’en voyant à travers une masse liquide de lm,70 à 2 mètres l’eau filtrée passer toujours parfaitement limpide sur la porcelaine blanche.
- [Chemical News.)
- Procédé de Greenwood pour la production directe du chlore et de la soude caustique. — Dans le numéro du 6 janvier du Chemical News on a eu l’occasion d’examiner le procédé employé actuellement dans l’usine provisoire de Battersea. L’inventeur, M. Greenwood, a porté son attention sur la décomposition électrolytique du sel commun lors de l’extraction de l’or de son minerai au moyen du chlore, et certainement, autant que l’on en peut juger pour l’instant, il a fait un pas considérable dans l’application des courants électriques dans la chimie industrielle. La matière brute, dont il se sert, est le sel commun, qui est dissous dans l’eau, et la dissolution, sans être filtrée ni purifiée, est alors soumise à un courant d’environ 4,4 volts et une intensité de 10 ampères par pied carré de l’électrode.
- La première difficulté à vaincre était de trouver une matière, pour les anodes, qui résisterait à l’action du chlore naissant. L’inventeur a choisi le coke de cornue, en forme de plateaux et rendu impénétrable par une composition dont il ne fait pas connaître la nature. Pour augmenter la conductibilité de l’anode et lui donner une plus grande fermeté, il est pourvu d’un noyau en fer. Ce noyau est complètement protégé du contact avec le chlore, par la composition dont il est question.
- L’autre difficulté est d’empêcher le chlore et la soude de se combiner de nouveau. Dans ce but, M. Greenwood les a divisés au moyen d’un diaphragme particulier; il consiste en bandes d’ardoise fixées horizontalement comme les lattes des jalousies, dont les interstices sont remplis d’asbeste. Si une particule de chlore se heurte sur les bandes, elle ne peut passer par le diaphragme qu’en descendant, et comme son poids spécifique est plus léger que celui du liquide, une telle descente est impossible.
- Les cathodes sont faits de fonte, sur laquelle les alcalis caustiques n’ont pas d’action. Le liquide, après avoir passé par une série descendante d’auges électrolytiques, est pompé pour être de nouveau soumis à l’action du courant. Le chlore est aussitôt repoussé et passe dans un lait de chaux qui l’absorbe; ou bien il peut être appliqué à tout autre emploi. Ainsi, il peut être passé dans des chambres de plomb pour la production du chlorure de chaux à la manière ordinaire. :
- La soude caustique peut, s’il est nécessaire,être convertie en masse solide par l’évaporation. Pendant cette opération, le sel commun qui a échappé à la décomposition, environ 20 p. 100, est éliminé par déposition.
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- La production de la soude caustique et du chlore par ce procédé, au dire de l’inventeur et d’experts consultés, donneraitune économie de 50 p. 100 comparée aux autres méthodes. On est loin du procédé Leblanc.
- M. Greenwood ne s’est pas encore occupé de la production de l’acide chlorhydrique à prix réduit.
- [Chemical News.)
- Principes fondamentaux de l’analyse chimique des vins par M. Frése-nius et B. Haas. — Pour l’examen chimique des vins, on doit en résumé opérer comme il suit :
- 1. La détermination du poids spécifique qui doit servir de base, doit être faite avec l’alcoomètre à 15° C. ; le résultat doit donner quatre décimales.
- 2. Les autres résultats doivent être donnés en grammes par 100 cc. ou par litre.
- 3. Il faut déterminer l’alcool par la distillation; le poids spécifique du liquide expérimenté est pris avec l’alcoomètre à 15° G. (respectivement 15,5, et la proportion d’alcool calculée en conséquence).
- 4. La proportion d’extrait : — (a): Des vins, avec un extrait montant à 3 grammes pour 100 cc., 50 cc. sont évaporés dans une capsule de platine à fond plat, au bain-marie ; le résidu est chauffé pendant 2 heures et demie à l’étuve, et enfin refroidi dans l’exsiccateur et pesé. —[b). Les vins qui contiennent une plus grande proportion d’extrait seront étendus d’eau, de manière à ne pas contenir plus de 3 grammes d’extrait par 100 cc. L’extrait est traité comme ci-dessus. — (c). Pour les vins légers, on doit préférer une méthode indirecte pour déterminer l’extrait d’après le poids spécifique du vin dont on a extrait l’alcool.
- 5. L’acide libre est déterminé par le titrage avec une dissolution titrée de potasse ou de soude, en se servant du papier à tournesol comme indicateur, et en calculant le résultat cemme acide tartrique (C4 H6 O6). Les acides volatils seront déterminés par distillation dans la vapeur d’eau, et recueillis comme l’acide acétique. (C2 H4 O2).
- 6. La détermination de la glycérine dans les vins ordinaires (non les vins
- légers) se fera par la méthode adoptée par les chimistes allemands et autrichiens, sans rectification pour l’évaporation. La détermination de la glycérine dans les vins légers ne donne pas de résultats exacts. En cas de besoin, on doit préférer la méthode de Bergmann. (
- 7. On trouve la matière minérale en brûlant les résidus de l’évaporation de 50 cc.
- 8. On peut souvent se dispenser de l’examen au polarimètre pour les vins secs ; mais il faut y avoir recours pour les vins légers avant et après l’inversion.
- 9. On détermine le sucre d’après la méthode de Soxhlet ou d’Allihn, et on le
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- compte comme du sucre de raisin. Si la proportion de sucre est considérable, ou si la différence entre la proportion d’extrait et la quantité de sucre directement réductible est exceptionnellement élevée, une détermination du sucre devra être faite après l’inversion.
- 10. L’acide sulfurique est directement précipité avec le chlorure de barium dans le vin acidulé d’acide chlorhydrique, et déterminé par la méthode ordinaire.
- 11. On détermine l’acide sulfureux en distillant une partie du vin à laquelle on a ajouté de l’acide phosphorique, en recevant le produit de la distillation dans une solution d’iode, et en déterminant l’acide sulfurique ainsi formé.
- 12. La détermination de l’acide phosphorique sera faite dans la cendre au moyen de la liqueur molybdique.
- 13. Le tartre sera déterminé par la méthode de Nessler et Barth.
- 14. On ne fera la détermination de l’acide tartrique libre que s’il est nécessaire de compléter les autres résultats analytiques. Un simple essai qualitatif est inutile. Pour la détermination de l’acide tartrique libre, de même que pour celle du tartre, la méthode de B. Haas est recommandée.
- 15. Analyse des matières colorantes : — a. Couleurs végétales. Le vin est mêlé avec un excès d’acétate de plomb, et filtré. La couleur du précipité, dans un vin rouge naturel, peut être bleu grisâtre, gris bleuâtre, couleur de cendre ou verdâtre. Si on obtient un précipité ne différant pas beaucoup de ces couleurs, la recherche d’autres matières colorantes végétales ne peut donner aucun résultat. La matière colorante des airelles donne un précipité bleu ; les baies de mauve et de sureau, un précipité vert. La couleur des baies de phytolaques diffère de celle du vin rouge, en donnant avec le plomb un précipité rouge violet.
- b. Couleurs de goudron. Comme la coloration de toute matière alimentaire par les couleurs de goudron est illégale, il suffit de prouver la présence de quelque matière colorante de ce genre dans le vin. Dans la plupart des cas, une couleur de goudron peut être découverte dans le vin par les trois méthodes suivantes :
- a. — En agitant le produit filtré de l’acétate de plomb basique avec de l’alcool amylique, et en essayant l’alcool amylique coloré. Dans ce but, on prend 100 cc. de vin et 30 cc. de solution d’acétate basique de plomb.
- b. — Par l’essai de la laine, d’après Strohmer et Areta (teinture de la laine).
- c. — Par l’excès de l’oxyde mercurique de Caseneuve. De plus, on recommande les deux épreuves suivantes :
- d. — Agiter le vin avec de l’éther avant et après la sursaturation avec l’ammoniaque.
- e. — Une pareille agitation avec de l’alcool amylique.
- 16. L’acide salicylique est très facilement découvert en agitant le vin avec du sulfure de carbone dans un mélange de volumes égaux d’éther sulfurique et
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- d'éther de pétrole, en laissant évaporer et enfin en traitant le résidu par le chlo-lure de fer. Si la quantité de vin analysé dépasse de beaucoup 100 cc., une faible couleur peut être occasionnée parles corps normaux qui constituent le vin.
- 17. Pour découvrir la saccharine, on recommande la méthode de C. Schmitt. On agite le vin dans un mélange d’égales quantités d’éther et d’éther de pétrole, et le résidu évaporé est liquéfié dans de l’hydroxyde de soude. Il ne faut pas prendre pour cette opération plus de 100 cc.
- 18. On découvre l’acide nitrique en ajoutant de 1 à 3 gouttes de vin à une solution de diphenylamine dans l’acide sulfurique pure.
- (The Chemical News.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
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- Séance du 8 janvier 1892
- Présidence de M. Tisserand, Président.
- En ouvrant la séance, M. le Président prononce les paroles suivantes :
- Messieurs et chers collègues,
- Avant de donner la parole à MM. les Secrétaires pour le dépouillement de la correspondance, je vous demande la permission de fa prendre pour quelques minutes.
- Je désire en effet que ma première parole en prenant possession de la présidence de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, soit une parole de remerciement pour le grand honneur que vous m’avez fait, pour la marque de haute estime et de confiance que vous m’avez donnée.
- En appelant à la Présidence un membre du Comité d’Agriculture, vous avez certainement voulu témoigner de votre intérêt pour notre grande industrie nourricière, et montrer la part qu’elle tient dans vos travaux et dans vos préoccupations.
- En portant vos suffrages sur mon nom, vous avez voulu honorer en moi le vieux collègue, attaché depuis de bien longues années déjà à notre grande Société.
- Je vous en suis profondément reconnaissant.
- Ce n’est pas toutefois sans une vive émotion, sans une certaine crainte, que je
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- prends ce siège qui a été occupé depuis bientôt cent ans par des hommes si illustres ; illustres par la parole, illustres par la science, illustres par les services, et qui tiennent une si belle place dans l’histoire de notre siècle !...
- Et je me sens en vérité bien humble quand, jetant mes regards sur les murailles de cette salle, je vois l’image des grands hommes qui ont présidé aux destinées de notre Société et qui rappellent son passé glorieux !...
- Notre dernier président, l’honorable M. Haton de la Goupillière, s’est montré le digne successeur de ces illustres maîtres ; vous avez pu apprécier ses grandes qualités, ainsi que la distinction et le zèle avec lesquels il a rempli ses fonctions ; je croirais manquer à mon devoir, je manquerais assurément à vos propres désirs, si je ne vous proposais de lui voter d’acclamation l’expression de notre gratitude pour les signalés services qu’il a rendus à la Société pendant sa trop courte présidence !... Je répondrais incomplètement à votre pensée si je ne vous demandais de joindre à cette manifestation de reconnaissance les noms des anciens vice-présidents, MM. Troost, de Luynes et le général Sebert, qui eux aussi ont bien mérité de la Société.
- Nos prédécesseurs, messieurs et chers collègues, nous ont laissé de grands et beaux exemples à suivre, mais aussi bien difficiles à imiter !...
- Ce qui me rassure pour mon compte, c’est que vous m’avez d«nné, pour me suppléer, des vice-présidents dont la grande et solide expérience et l’affectueux dévouement me sont connus ; c’est que je trouve au bureau de laborieux et savants secrétaires, qui depuis longtemps ont fait leurs preuves; c’est que je sais que nos finances sont entre bonnes mains.
- Je compte sur eux pour m’aider à remplir les difficiles fonctions auxquelles vous m’avez appelé.
- Je compte surtout, mes chers collègues, sur votre bienveillance, et j’en aurai grand besoin. Tout ce que je puis vous dire, c’est que je ne négligerai rien pour répondre à votre confiance. Le développement et la prospérité de notre Société seront le plus cher de mes soucis ; mes collègues du bureau et moi nous travaillerons sans relâche à étendre la sphère de son action et à lui maintenir le rôle qu’elle doit remplir, qu’elle a toujours rempli dans le grand mouvement scientifique, industriel et agricole de notre époque.
- Faire des efforts constants pour atteindre ce but sera, j’en suis convaincu, la meilleure manière de vous témoigner notre gratitude et de gagner toute votre sympathie.
- M. le Président fait ensuite part des pertes que la Société vient d’éprouver :
- M. Ernest Feray, manufacturier, membre du Comité des arts mécaniques depuis 1846, et qui n’a cessé jusqu’à un âge très avancé de s’intéresser activement aux progrès de l’industrie.
- M. Hulot, membre de la Société, graveur à la Monnaie, a été le créateur de
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- la fabrication ’galvanoplastiquedes cartes à joueret des timbres-poste, fabrication dont il a conservé la direction pendant de longues années;
- M. Paul Morane aîné avait rendu à l’industrie de la stéarinerie les plus grands services. Successeur de Gahouët, auquel on doit les premières machines à couler les bougies, il n’avait cessé, pendant plus de 25 ans, de perfectionner ces machines; c’est à lui que sont dus presque tous les perfectionnements apportés dans ces dernières années à l’outillage de la fabrication des bougies.
- En 4880, la Société d’Encouragement avait récompensé ses travaux par une médaille d’or.
- C’était un constructeur ingénieux, un travailleur infatigable, un homme aimable et bon qui sera vivement regretté de tous ceux qui l’ont connu.
- M. le colonel Pierre lit ensuite une notice sur les travaux de M. Ernest Feray. [Bulletin.)
- M. Haton de la Goupillière annonce que Mme neuve Vetillart fait don à la Société d’une collection de son Bulletin ayant appartenu à M. Marcel Vetillart, son mari, qui a été membre et lauréat de la Société.
- M. le Président remercie M. Haton de sa communication ; des remerciements seront également adressés, au nom de la Société, à Mm0 Vetillart pour le don qu’elle a bien ^oulu faire et qui est accepté avec reconnaissance.
- La rédaction de" la Revue de la Société Polytechnique impériale de Russie demande l’échange de la Reçue contre le Bulletin de la Société. (Commission du Bulletin.)
- M. Thommerel, menuisier, proteste contre la décision de la Société qui écarte sans examen son projet de mouvement perpétuel.
- M. le colonel de Banye, créateur d’un nouveau système d’artillerie, pose sa candidature au prix d’Argenteuil.
- M. Turcan, chef de la statistique générale de France, rue Galilée, 10, annonce qu’il a entrepris de dresser un album de statistique graphique des professions industrielles ; il demande une subvention de la Société. (Commerce.)
- M. Boesch, rue Baudelique, 18. -— Canne-siège. (Arts économiques.)
- M. Chutaux envoie de nouveaux documents sur l’appareil électro-médical qu’il a présenté à la Société. (Arts économiques.)
- M. Antoine Eyheramendy, horlogerà Mauléon.— Horloge astronomique. (Arts mécaniques.)
- M. Jules Hardy, rue d’Alésia, 145-147. — Gouttières et chenaux en fonte* (Construction et Beaux-Arts.)
- MM. Pierre Viala et Ravaz. — Ouvrage intitulé : les Viy nés américaines: adaptation, culture, greffage, pépinières. (Agriculture.)
- M. hipcy, professeur d’agriculture, à Pontivy.— Etude sur l’agriculture et l’économie rurale du département du Morbihan, (Agriculture.)
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- M. A. Du Puy de Montbnm, à Auriac (Haute-Garonne). — Monographie rurale des Basses-Alpes. (Agriculture.)
- Les ouvrages suivants sont offerts à la Société :
- Annuaire pour l’an 1892, publié par le Bureau des Longitudes ;
- Eight annual report of the Bureau of stalistics of labor of the State of New-York for the year 1890. Part I et II;
- Projet de loi présenté à la Chambre des députés portant fixation du budget général de l'exercice 1892. 3 vol. in-4 ;
- Révision critique des fourmis de la Tunisie, par C. Emery, professeur de zoologie à l’Université de Bologne ;
- Ciments et chaux hydrauliques. Fabrications, propriétés, emploi, par M. Candiote ingénieur de la Société des ciments français de Boulogne-sur-Mer. 1 vol. in-8 ;
- Manuel populaire des premiers soins à donner aux malades et aux blessés avant l'arrivée du médecin. — Rédigé par une commission de la Société française d’hygiène,
- L’Œuvre internationale d'éducation (fondation du Conseil permanent et international d’éducation). — Rapport annuel, 1891 ;
- Association alsacienne des propriétaires d'appareils à vapeur. — Applications de la surchauffe de vapeur et expériences exécutées du 1er janvier au 31 août 1891. — Résumé par M. Waltier-Meunier, ingénieur, correspondant de la Société.
- Communication. —Procédé Deacon. — M. Emile Kolb, directeur des établissements Kuhlmann, à Lille, fait une communication sur le procédé Deacon.
- Après avoir exposé le rôle important du chlore dans l’industrie chimique européenne, il rappelle que la fabrication sans cesse croissante de la soude ammoniacale menace de détruire l’équilibre établi par le procédé Leblanc entre la production de la soude et la production du chlore par l’oxyde de manganèse. Il montre que le Weldon aggrave la situation plutôt qu’il ne l’améliore, et que le problème s’impose de produire un équivalent de chlore sans sacrifier environ trois équivalents d’acide chlorhydrique. Le procédé Deacon constitue à ce point de vue un progrès considérable. M. Kolb en fait la description détaillée : il expose pour quelles raisons l’acide dégagé des calcines des fours à moufle ne pouvait être employé, et comment, en combinant le procédé Deacon avec la réaction de Hargreaves, il est arrivé à triompher de cette difficulté. Il décrit enfin le four inventé par M. Laurent, directeur technique des établissements Kuhlmann. Grâce à ce four, le courant gazeux introduit dans le Deacon a une composition à peu près constante. M. Kolb termine en rappelant les origines du procédé Deacon, en résumant sa situation actuelle et en exprimant son opinion sur son
- avenir.
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- M. le Président remercie M. Kolb de son intéressante communication, qui est renvoyée à la Commission du Bulletin.
- Chemins de fer. — M. de Paleville développe le système de signalement automatique des trains de Victor Germain.
- Ce système a pour but d’éviter les collisions et les tamponnements des trains, en permettant aux chefs de gares, aiguilleurs et autres agents de la voie, de signaler un danger au mécanicien d’un train en marche, quelle que soit la distance qui les sépare.
- Le système se compose de deux parties :
- 1° Sur l’avant de la locomotive, une sirène qui vibre sous l’impulsion d’une tige munie d’un galet à sa partie inférieure ;
- 2° Dans l’axe de la voie, de distance en distance, sont placées des longrines en fer à T qui peuvent être levées en cas de danger au moyen de leviers ou de volants. Ces longrines forment plan incliné. Lorsqu’elles sont levées, elles sont forcément rencontrées par le galet placé à l’avant de la locomotive. Ce galet est obligé de monter sur le plan incliné et par conséquent de faire remonter la tige qui commande la sirène. La sirène vibre jusqu’à ce que le mécanicien ait arrêté sa machine.
- Les avantages principaux de ce système sont :
- 1° De pouvoir être appliqué sur toutes les lignes sans rien changer ni à la voie, ni à la locomotive;
- 2° D’être aussi efficace par le brouillard le plus intense que par le temps le plus clair;
- 3° D’avertir par l’ouïe le mécanicien, qui est obligé d’entendre l’ordre d’arrêt donné, puisque la sirène siffle jusqu’à ce qu’il ait arrêté la machine ;
- 4° De ne reposer que sur des principes de traction mécanique, à l’abri de toutes les variations atmosphériques ;
- 5° De mettre en communication directe les agents de la voie avec le mécanicien de tous les trains en marche entre deux stations, quelle que soit la distance qui les sépare. Les stations elles-mêmes sont averties du danger;
- 6° De permettre au mécanicien d’un train en détresse entre deux gares de fermer la voie à l’avant et à l’arrière de son train et d’avertir en même temps les deux gares.
- M. le Président remercie M. de Paleville de sa communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Ameublement. —M. Bardy, membre du Conseil, présente, au nom de M. Coq, tapissier décorateur, rue de Provence, 59, un système d’anneaux à crochet et divers modèles de têtes de rideaux qui facilitent la dépose et la repose des rideaux. Ce système présente des dispositions ingénieuses et qui simplifient beaucoup les opérations nécessitées par la pose des rideaux.
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- M. le Président remercie M. Bardy de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des beaux-arts.
- Séance du 22 janvier 1892.
- Présidence de M. Gustave Roy, Vice-Président.
- La Société industrielle de Mulhouse envoie le programme d’un prix proposé pour un projet d’installation d’une station centrale de force dans la Haute-Alsace. [Bulletin.)
- M. Michaud, ouvrier forgeron, boulevard d’Italie; 117. — Système de crochet à clavette. (Arts mécaniques.)
- Compagnie Continentale d'exploitation des locomotives sans foyer, avenue Kléber, 15. — Nouveau type de locomotive à vapeur sans feu. (Arts mécaniques.)
- M. Allain, ingénieur à Créteil (Seine). — Brûleur pour appareil de chauffage, etc. (Arts économiques.)
- M. Drzewiecki, rue de Lisbonne, 66. — Mémoires sur l’aviation. (Arts mécaniques.
- M. Gustave Théry, tapissier, rue Saint-Lazare, 84. — Nouvelle ferrure pour rideaux. (Construction et Beaux-Arts.)
- M. Francis Laur, ingénieur civil des mines, demande l’échange du Bulletin avec la publication l'Echo des Mines, etc. [Bulletin.)
- Le Comité du centenaire de la découverte de l’Amérique envoie le programme des fêtes qui auront lieu cette année au couvent de la Rabida. Il demande l’adhésion de la Société. (Bureau.)
- Le Comité de patronage pour la souscription à une statue à élever à Duhamel du Monceau demande le concours de la Société. (Bureau.)
- M. le Directeur du laboratoire régional d’entomologie agricole, à Rouen, demande l’échange du Bulletin avec les bulletins trimestriels publiés par ce laboratoire. [Bulletin.)
- M.Gruner, ingénieur des mines, remet, au nom du Comité permanent du Congrès des accidents du travail, le volume contenant les rapports et procès-verbaux du deuxième congrès des accidents, qui s’est tenu à Berne, en septembre 1891. (Commerce.)
- M. Emmanuel Buxtorf, correspondant de la Société, fait hommage du compte rendu général de l’année 1870 de l’Ecole française de bonneterie fondée à Troyes. (Bibliothèque.)
- M. Carroll D. Wright, correspondant de la Société à Washington, envoie le Sixième Rapport de la Commission du travail, 1890. (Commerce.)
- MM. Biehler frères, rue Voltaire, 68, à Puteaux (Seine). — Batteuse de cartes à jouer automatique et portative. (Arts économiques. )
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- M. le Président annonce la mort de M. Ernest Daguin, ancien président du tribunal de commerce, membre du comité de commerce de la Société. Il retrace, en quelques mots, les travaux de M. Daguin, et se fait l’interprète de la Société en exprimant ses regrets pour la perte de cet éminent collègue.
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Regia Université degli studi di Roma. — lnstituto chimico. Ricerche eseguite nelT anno scolastico 1890-1891, 1 vol. in-4;
- Rapports du jury de ïExposition universelle de 1889. — Rapport de M. Cor-nuault, ingénieur, sur les appareils et procédés d’éclairage non électrique ;
- Exposition universelle de 1889. — Rapport de M. A. Rethouart, ingénieur civil, président du tribunal de commerce de Chartres, sur le matériel et les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires;
- M. le Ministre du commerce, de l’industrie et des colonies fait don d’un exemplaire du Rapport à M. le Président de la République sur les opérations des Caisses d’épargne ordinaires, année 1890;
- Fontaines lumineuses Trouvé de table et de salon, bijoux électriques, par M. Trouvé, ingénieur constructeur, membre de la Société;
- Recueil d'éléments de prix de construction. — Une série de prix, par M. A. Me-grot, conducteur des ponts et chaussées.
- La Récentralisation administrative, revue paraissant le 15 de chaque mois, n° 1 ;
- Rulletin trimestriel de ï Institut des actuaires français, n° 7 ;
- L’Industrie électrique, rédacteur M. E. Hospitalier, n° 1.
- Communications. — Epurateur des eaux. — M. Gibault fait une communication sur son épurateur des eaux d’alimentation des chaudières à vapeur.
- L’épurateur parisien est un système qui a pour but d’épurer les eaux d’alimentation des chaudières à vapeur. Il est construit d’après le principe de la distillation.
- C’est, en effet, un serpentin de forme ordinaire, muni d’une clef à double effet. Cette clef commande la conduite d’eau d’alimentation, et, d’autre part, permet la sortie de vapeur avec les dépôts calcaires, lorsque l’on fait la purge.
- Les tubes renferment des obstacles, tels que : filtre, tôle ondulée, hélice, etc., pour empêcher l’entraînement des sels calcaires dans la chaudière.
- Une soupape, libre pendant l’alimentation, fermée au moment de la purge, se trouve à l’extrémité du serpentin, ain^i qu’un plateau incliné et une cuvette, qui servent de réceptacles aux sels entraînés.
- La partie inférieure de l’appareil plonge dans l’eau; l’autre est dans la vapeur.
- La purge se fait, trois, quatre ou cinq fois par jour, suivant que les eaux sont plus ou moins calcaires. Pour faire cette opération, on ferme avec la clef Ja
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- conduite de l'alimentation. Aussitôt, en sens inverse de l’alimentation, se produit une forte pression qui entraîne en dehors de la chaudière, sous l’action de la vapeur, tous les dépôts réservés par l’appareil.
- L’épurateur se place dans les chaudières sans boulons ni rivets, et il n’y a besoin de percer aucun trou.
- Les expériences démontrent les avantages suivants :
- L’appareil sert de réchauffeur et donne une économie de combustible de plus de 20 p. 100 ;
- Il retient les dépôts de toute nature, permet leur expulsion à l’extérieur de la chaudière, sans entraver la marche des machines;
- Placé dans une chaudière encore entartrée, les incrustations anciennes se détachent.
- Cette suppression de tartre donne une économie sérieuse dans la robinetterie ; on évite les coups de feu, et, aussi, les explosions occasionnées par les incrustations.
- M. le Président remercie M. Gibault de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Distribution de vapeur. — M. Edmond Roy, ingénieur civil, présente à la Société un petit modèle de distribution de vapeur à grande détente, étudié surtout en vue de son application aux locomotives et aux machines à changement de marche rapide par la coulisse.
- Pour obvier aux défauts d’excès d’avance à l’échappement et de compression du tiroir simple en usage dans les locomotives, il sépare les conduites d’échappement et celles d’entrée de vapeur dans les cylindres, emploie un tiroir spécial pour chacune de ces fonctions de la vapeur, et arrive à rendre les phases de compression et d’avance à l’échappement tout à fait indépendantes de l’action des tiroirs en les faisant régir par le piston, quand il passe sur l’orifice d’échappement.
- Son mouvement de distribution est un mouvement de distribution bien connu du système Wulchnen, qu’il modifie légèrement, pour faire commander par le même excentrique, en leur imprimant à chacun un mouvement, les deux tiroirs d’admission et d’échappement; de sorte qu’il ne change en rien la manœuvre qu’a à faire le mécanicien pour mettre la machine en marche soit à l’avant, soit à l’arrière, et pour régler la position de la tête de tirette de relevage dans la coulisse qui règle sa détente, comme dans l’état actuel des choses : le mécanicien n’a donc qu’un seul levier à manœuvrer pour la mise en train et le réglage de la période d’admission.
- Avec cette nouvelle distribution, la détente effective de la vapeur pour une admission à 10 p. 100 de la course est neuf fois et demie le volume de vapeur introduit; la compression se fait sur 43 à 14 p. 100 de la course,tandis que, dans les meilleures distributions par tiroir simple, pour la même admission, la détente
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- effective n’est que cinq fois et demie le volume de vapeur introduit, et que la compression a lieu pendant 47 p. 100 de la course.
- Comme corollaire à l’emploi de la grande détente, il réchauffe les parois des cylindres, non avec un courant de vapeur vive, ainsi que cela se pratique généralement, mais simplement par un courant de gaz chaud, pris à l’aide d'une coquille placée dans la boîte à fumée, embrassant un certain nombre de tubes dont les gaz sont conduits dans l’espace compris entre le corps du cylindre et leur chemise en tôle, et dont la circulation est activée par un tube qui les ramène dans la boîte à fumée, auprès de l’échappement de vapeur.
- M. Boy montre et explique le fonctionnement d’une prise de vapeur à soupapes différentielles., appliquée depuis trois années sur des locomotives de chemins de fer de l’État; les avantages qu’elle présente sont d’empêcher le mécanicien d’ouvrir brusquement l’arrivée d’une grande quantité de vapeur à pleine pression dans les cylindres, de faciliter le démarrage en évitant le patinage, et d’être très douce à manœuvrer, quelle que soit la pression de la vapeur.
- M. le Président remercie M. Ed. Boy de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Séance du 12 février 1892.
- Présidence de M. Tisserand, Président.
- M. Boulleau, rue Popincourt, 2. — Cheminée hygiénique, économique et pratique pour appartements. (Arts économiques.)
- M. Brunery, avenue des Ternes, 15. — Portes à] coulisses. (Constructions et beaux-arts.)
- M. Delaurier, rue Daguerre, 77. — Moteur à feu inexplosible applicable à la navigation aérienne. (Arts mécaniques.)
- M. Jules Maistre, manufacturier à Villeneuvette (Hérault.) — Nouvel ensimage des laines. (Arts chimiques.)
- M. Martin, à Loudun (Vienne). — Photosculpture à bon marché. (Constructions et beaux-arts.)
- MM. Boizard et Tardieu font hommage de l’ouvrage qu’ils viennent de publier sous le titre de : Histoire de la législation des sucres (1664-1891).
- Mme Ser fait hommage du tome II, 2e partie, de l’ouvrage de son mari, ancien membre du Conseil, intitulé : Traité de physique industrielle ; production et utilisation de la chaleur, par L. Ser, avec la collaboration de MM. Carrette et Herscher.
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Ponts et viaducs mobilisables à éléments portatifs en acier, pour chemins de fer et routes stratégiques, par B. Henry, lieutenant-colonel du génie. Berger-Le-vrault et Cie, éditeurs, à Paris;
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- Bulletin de la Société d’Encouragement, pour le commerce français d’exportation. Assemblée générale du 28 décembre 1891 ;
- Rapports du jury international de l’Exposition universelle de 1889 :
- Rapport de M. Alexis Godillot sur le matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements;
- Méthode pour les calculs des terrassements et du mouvement des terres, etc., par
- L. Votez, conducteurdespontsetchaussées. Gauthier-Villarsetfils,éditeursàParis;
- Les nouveaux tarifs de douanes.. Texte définitif, avec une introduction, des
- notes et un index, par Eugène Pierre, secrétaire général de la présidence de la Chambre des Députés;
- Annuaire de l’imprimerie, 1892, par Arnold Muller, typographe;
- IJ Aluminium : fabrication, emploi, alliages, par M. Adolphe Minet, Bernard-Tignol, éditeur, à Paris.
- Nomination des membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Stéphane Manigler, directeur des mines de Bert (Allier), présenté par
- M. Haton de la Goupillière ;
- M. Daubre'e, inspecteur général des forêts, présenté par MM. Tisserand et Aimé Girard ;
- M. Emile Bloch-Alcan, architecte-expert, à Paris, présenté par M. Edouard Simon.
- Rapports des]Comités. — Chaudière midtitubidaire. — M. Brüll fait un rapport sur la chaudière multitubulaire à tubes curvilignes présentée par M. Durenne, ingénieur-constructeur à Courbevoie.
- Le Comité des arts mécaniques propose au Conseil de féliciter M. Krebs d’avoir combiné et M. Durenne d’avoir expérimenté et construit cet ingénieux appareil, de remercier M. Durenne de son intéressante communication, et d’autoriser l’insertion au Bulletin de la Société du présent rapport, avec figures dans le texte permettant de comprendre la construction et le fonctionnement du générateur multitubulaire à tubes curvilignes.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Compteur d’énergie électrique. — M. Mascart fait, au nom du Comité des arts économiques, un rapport sur le compteur d’énergie électrique de M. Marès, ingénieur à Montpellier.
- Le Comité propose de remercier M. Marès de sa communication et de faire insérer dans le Bulletin de la Société, outre le rapport actuel, la notice descriptive donnée par l’auteur, avec figures destinées à faire comprendre le fonctionnement de l’appareil.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Adhérence des préparations cuivriques aux feuilles des végétaux. — M. Aimé Girard communique à la Société le résultat des recherches
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- qu’il a entreprises en i 891, pour comparer entre elles, au point de vue de leur faculté d’adhérence aux feuilles des végétaux, les principales préparations cuivriques recommandées contre le mildew de la vigne, la maladie de la pomme de terre, celle des tomates, etc.
- * M. le Président remercie M. Aimé Girard de son intéressante communication, qui est renvoyée à la Commission du Bidletin.
- Recherches sur les levures dans les industries de fermentation. — M. Kayser fait une communication sur les ferments du cidre, du vin et de la bière. Il traite surtout la question des levures pures. Après avoir constaté que de tout temps on a fait de bon vin et d’excellent cidre; que de plus, dans la nature, on a toujours affaire à un mélange de ferments, il s’est demandé si, au lieu d’employer la levure issue d’une cellule unique, on n’obtiendrait pas de meilleurs résultats par la combinaison de deux ferments purs. La fermentation secondaire semble, en effet, toujours se faire sous l’action d’une autre levure que la fermentation tumultueuse.
- Il a dès le début insisté sur ce fait que le cépage intervenait sûrement tout autant que la levure dans la fabrication d’une bonne boisson.
- Le seul moyen de résoudre le problème ainsi posé était d’isoler ces ferments et de les faire agir, soit en combinaison, simultanément ou successivement, soit isolément.
- Après la description sommaire des méthodes employées à cet effet, au laboratoire des fermentations de l’Institut agronomique, M. Kayser a passé successivement en revue les ferments du cidre, du vin et enfin ceux de la bière.
- Parmi les ferments du cidre, il en a trouvé qui donnaient du cidre doux, d’autres du cidre sec; la combinaison d’un ferment vigoureux et d’un ferment lent a donné de très bons résultats.
- Par l’étude des ferments du vin, M. Kayser avait en vue, non seulement d’isoler des ferments à bouquets, mais encore et surtout, parmi ceux-ci, des ferments qui jouissent de la faculté de bien marcher aux températures de 34 et 35°. On comprend tout l’intérêt qui peut résulter de leur emploi en Algérie et en Tunisie, où les fermentations sont souvent défectueuses par suite d’une température trop élevée.
- M. Kayser cite quelques exemples où la combinaison de deux levures a poussé la fermentation plus loin que chacune des deux levures prises isolément.
- Il présente un même liquide sucré, ensemencé avec des ferments différents et exhalant un parfum très prononcé et différent en raison de ces ferments.
- La pratique pourra tirer grand profit de ces données du laboratoire.
- Pour ce qui concerne la brasserie, M. Pasteur aurait déjà employé des levures pures en 1874 à la brasserie deTantonville. Le Dr Hansen de Copenhague a fait entrer leur emploi dans la pratique, et a montré qu’il existe également ici des
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- types à arome'particulier. Ces résultats concordent avec ceux de l’expérience journalière.
- M. Kayser signale toute Futilité qui résulterait de l’emploi des levures pures, en insistant sur les résultats déjà obtenus dans la brasserie.
- Il cite des bières françaises fabriquées avec la levure pure, très limpides, de bon goût et d’un moelleux parfait.
- Il termine en rendant hommage à M. Pasteur, fondateur de la microbiologie, et à M. Duclaux, directeur du laboratoire de fermentations à l’Institut agronomique.
- M. le Président remercie M. Kayser de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité d’agriculture.
- Séance du 26 février 1892.
- Présidence de M. Tisserand, Président.
- M. Fargue, inspecteur général des ponts et chaussées, président du Comité de l’Exposition du Ve Congrès international de navigation intérieure, qui doit se tenir à Paris en 1892, demande l’adhésion de la Société. (Bureau.)
- M. Alfred Basin, à Lillers. — Mémoire sur les communications entre la France et l’Angleterre. — Nouveau système de constructions sous-marines. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. Achille Le Duc, à Puteaux (Seine). — Mémoire intitulé : La vérité sur le mode de calculer les intérêts et la 'possibilité d'en rectifier les erreurs. (Commerce.)
- M. Barthélemy, constructeur, rue Dauphine, 16. — Appareil dit : Élasticimèire enregistreur de MM. Néel et Clermont, perfectionné par M. Barthélemy. (Arts économiques.)
- M. Bonnard, meunier, à Xertigny (Vosges). — Appareil de nettoyage et de fendage du blé. (Arts mécaniques.)
- MM. Szczeniowski et Piatkowski, ingénieurs à Kapriseiany, Podolie (Russie). — Essoreuse ou turbine continue. (Arts économiques.)
- M. Lefort, à Soignies (Belgique). — Système de dessèchement des caves inondées. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. Émile Raynal, rue Saint-Spire, 4. — Enveloppe-lacet pour assurer la sécurité de la correspondance. (Arts économiques.)
- M. Thomas, maire du 13e arrondissement, demande que la Société veuille bien faire participer M. François Poteaux à la fondation Fauler. (Commission des fonds.)
- M. le Président du Patronage industriel des enfants de ïébénisterie demande à la Société de vouloir bien lui accorder, comme les années précédentes, la subvention qu’elle destine à récompenser ses apprentis. (Commission des fonds.)
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- M. le Président de l'Exposition d'hygiène internationale technique et professionnelle sollicite le patronage de la Société en faveur de cette Exposition, fondée en 1882 et renouvelée en 1892. (Bureau.)
- M. Jaubert, directeur de l’Observatoire populaire du Trocadéro et de l’Institut populaire du Progrès, demande l’aide de la Société. (Arts économiques.)
- M. Chntaux, chimiste-électricien, faubourg Saint-Martin, 47, demande à la Société d’accepter le dépôt d’un pli cacheté contenant deux modèles dits métcillo-magnéto-électriques. (Dépôt accepté.)
- M. Serullas, qui a reçu une subvention de la Société pour poursuivre ses recherches sur la culture des plants à gutta-percha en Malaisie, écrit à M. le Président pour lui faire part des résultats qu’il a obtenus, et annonce que, dès son retour à Paris, il s’empressera de venir communiquer à la Société des renseignements complets sur les travaux qu’il a accomplis dans ce pays.
- M. le Président annonce la mort de Mme Fourcade, veuve de M. Fourcade, ancien membre du Conseil, qui a fait don à la Société d’une somme de 8 000 francs, réalisable après la mort de sa femme, pour porter au chiffre annuel de 1 000 francs le prix de la fondation de la classe 47, à l’Exposition de 1878, en faveur des ouvriers de fabriques de produits chimiques. Ce prix portera désormais le nom de Prix Fourcade.
- M. le Président fait part du décès de M.- Auguste Baux, manufacturier à Civet, membre perpétuel de la Société.
- M. Georges Carré, éditeur, rue Saint-André-des-Arts, 58, fait hommage à la Société d’un ouvrage intitulé : Traité de photométrie industrielle spécialement appliquée à l'éclairage électrique, par M. Palaz, docteur ès sciences, professeur à l’Université de Lausanne. (Bibliothèque.)
- M. Willon, ingénieur-chimiste, fait hommage à la Société d’une brochure intitulée : L’éclairage, le chauffage et la force motrice par les hydrocarbures lourds, M. Bernard Tignol, éditeur, quai des Grands-Augustins, 58 bis. (Bibliothèque.)
- Bapports des Comités. — Extracteur d'eau de condensation. — M. Gustave Richard fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur l’extracteur universel d’eau de condensation de M. Prost. r
- Le Comité des arts mécaniques a l’honneur de proposer au Conseil de remercier M. Prost de l’intéressante communication qu’il a faite à la Société par l’intermédiaire de son représentant M. Depoisse, et d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bulletin, avec les figures et légendes nécessaires à leur explication.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Tfavaux de M. Samain. — M. Alfred Tresca fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur diverses inventions présentées à la Société d’Encou-ragement par M. Samain, ingénieur mécanicien.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Mars 1892.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- MARS 1892.
- Il classe les appareils en six catégories, savoir :
- 1° Compteurs d’eau;
- 2° Ascenseurs et compensateurs à adapter à ces appareils ;
- 3° Moteur à eau sous pression à dépense variable;
- 4° Machines élévatoires diverses ; pompes rotatives ou à pistons à mouvements rectilignes; balances hydrauliques à simple ou à double effet ;
- 5° Presses et pressoirs ;
- 6° Poinçonneuse à vis et à leviers.
- Le rapporteur passe en revue les inventions diverses de M. Samain, et caractérise par leurs points principaux celles qui ont fait l’objet des applications les plus importantes et qui répondent le mieux aux besoins de l’industrie moderne. Le Comité des arts mécaniques propose de remercier M. Samain de ses intéressantes communications et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin, avec les gravures sur bois, planches et légendes nécessaires pour pouvoir suivre la description des principaux appareils.
- Ces conclusions sont adoptées.
- BIBLIOGRAPHIE
- JOURNAUX ET REVUES
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences. —Séance du 15/ern'erl892, n° 7. — Sur la mesure des hautes températures, par H. Le Châtelier. — Amélioration de la culture de la pomme de terre industrielle et fourragère en France ; résultats de la campagne 1891, par Aimé Girard.
- Séance du 22 février, n° 8. — Sur la mesure des hautes températures. — Réponse à des observations de H. Le Châtelier, par Henri Becquerel. — Recherches sur l’effeuillage de la vigne et la maturation des raisins, par A. Müntz.
- Séance du 29 février, n° 9. — Sur les températures développées dans les foyers industriels, par H. Le Châtelier. — Sur la récherche de l’huile de résine dans l’essence de térébenthine, par Zune. — Nitrification comparée de l’humus et de la matière organique non altérée, et influence des proportions d’azote de l’humus sur la nitrification, par P. Pichard.
- Séance du 14 mars, n° 11. — Sur les engrenages sans frottement, par A. Rateau. — Sur quelques alliages bien définis de sodium, par Joannis. — Sur l’essai des minerais d’antimoine, par Ad. Carnot. — Sur la végétation de la vigne, par L. Roos et E. Thomas.
- Annales des Mines. — Janvier 1892. — Mémoires sur les progrès de la métallurgie du nickel et sur les récentes applications de ce métal, par David Levât. — Note sur les gîtes de naphte de Ken-é-Chirin (gouvernement de Ser-i-Poul), par J. de Morgan.
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- BIBLIOGRAPHIE. --- MABS 1892.
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- Comité des Forges de France. — 3 mars 1892, n° 566. — Cinq années de fonctionnement de l’assurance contre les accidents en Allemagne.
- Le Génie civil. — 20 février 1892, n° 16. — Le chauffage des trains de chemins de fer, par Max de Nansouty. — Marteau-pilon pneumatique pour poser les bandages des roues.
- 27 février. — Machine à vapeur à grande vitesse Willams à tige de piston creuse et à tiroir central, par J. Delannoy.
- 12 mars. — Élévation et distribution d’eau, système Carré, par Henri Mamy. — Le chauffage des trains de chemins de fer {suite), par Max de Nansouty. — Résistance des matériaux. Détermination graphique des moments fléchissants et des efforts tranchants produits dans une section donnée d’une poutre à deux appuis simples pendant la durée du passage d’un convoi sur cette poutre (le convoi pouvant être contenu entièrement ou non dans la travée), par Bedaux.
- 19 mars. — Étude sur le roulement des hauts fourneaux américains, par Urbain Le Ven ner. — Siphon élévateur. Élévation automatique des eaux, par J. Desquiens.
- Bulletin de la Société internationale des électriciens. — Février 1892, n° 83.
- — Utilisation des chutes de la Valloirette (Saint-Michel-de-Maurienne), Société Che-vrant et Bernard frères, par Hillairet.
- La Lumière électrique. — 20 février 1892, n° 8. —La soudure électrique, par Gustave Richard. — Substitution du fer au platine dans les thermocautères électriques.
- — Électrolyse des mattes de nickel cupro-argentifères, procédé Strap.
- 27 février, n° 9. — Fabrication électrolytique des fils de cuivre, système Tavernier.
- — Préparation électrolytique de l’hydrogène et de l’oxygène. (Yoltamètre de laboratoire à grand débit du commandant Renard.)
- 5 mars, n° 10. — Réflexions sur le second principe de la théorie mécanique de la chaleur, à propos de la conférence de M. Tesla, par MM. Hutin et Leblanc. — Blanchiment électrique des fécules parles procédés Hermitte.
- 12 mars, n° 11. — Chemins de fer et tramways électriques, par Gustave Richard. —
- — Histoire chronologique de l’électricité, du galvanisme, du magnétisme et du télégraphe par P.-F. Mottelay. — Fabrication des plaques d’accumulateurs, procédé Da-vies. — Fabrication électrothermique du phosphore, par MM. Readmann et Parker.
- 19 mars, n° 12. — Suppression des étincelles aux balais des dynamos, par G. Pellis-sier. — Régénérateur du chrome des liquides excitateurs des piles, par Max Müthel.
- L’Électricien. — 27 février 1892, n° 61. — Sur l’équation générale des courants induits périodiques, par Félix Lucas.
- 12 mars, n° 63. — L’utilisation des chutes du Niagara, par «/.-A. Montpellier.
- Annales de Chimie et de Physique. — Mars 1892. — Sur le dosage des matières minérales contenues dans la terre végétale et sur leur rôle en agriculture. Méthode d’analyse, par MM. Berthelot et G. André.
- Journal de Pharmacie et de Chimie. — 15 mars 1892, n° 6. — Résumé des procédés pour combiner l’azote au carbone ou à l’hydrogène, par C.-A Fawsitt. —
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- BIBLIOGRAPHIE. —- MARS 1892.
- Composition du beurre, par W. Johnstone. —Procédé rapide de dosage des nitrates dans l’eau potable, par G. Harrow. — Méthode de l’analyse du vin adoptée par l’Association des chimistes agricoles officiels des États-Unis. — Dépôts d’aluminium par l’électrolyse. — Alliage métallique ressemblant à l’argent.
- Moniteur scientifique. — Mars 1892. — Sur la détermination du manganèse dans ses minerais et ses alliages, par John Pattinson et Salvin Pattinson. — Nouvelle méthode de séparation quantitative du fer, de l’aluminium et du chrome, par C. Marchai et J. Viernik. — Nouveau réactif de l’acétone, par Alfred Sehwincker. — Sur les méthodes employées pour la recherche de l’huile de terre-noix dans l’huile d’olive, par Holde. — Dosage de la résine dans ses mélanges avec les acides gras, par E. Tur-tchell. — Sur la méthode de Hubl pour l’analyse des huiles par l’absorption d’iode, par Holde. — Essai des vernis à l’huile de lin, par le docteur W. Fahrion. — Un nouveau dissolvant de la cellulose, par Coss et Beoan. — Dosage de la cellulose de l’amidon, par Honig. — Action du permanganate de potasse sur l’amidon, par Lintner, — De l’humidité dans la pâte à papier, par Z. Griffin et Holyake. — Id., par Gemmel. — Papier à l’adansonia, par Herzberg. — Dosage de raffînose en sucrerie, par Seyffart.
- Revue scientifique. — 5 mars 1892, n° 10. — Les mines d’or de l’Afrique australe, par Chaper.
- 12 mars, n° 11. — Influence de l’éclairage électrique sur les plantes, par,/.-A. Mont pellier.
- 19 mars, n° 12. — Edmond Becquerel, par Jules Violle.
- La Nature. — 5 mars 1892, n° 979. — Les travaux de dérochement du Danube aux Portes-de-Fer, par N. de Tedesco.
- 12 mars, n° 980. — Les grands navires à voile, par Gaston Tissandier.
- Bulletin de la Société française de Photographie. — 1er mars 1892, n° 5. — Épreuves positives directes à la chambre noire, par Rossignol.
- Journal d’Agriculture pratique. —18 février 1892, n° 7. —Nouvelle faucheuse Wood en acier, par A. Dubois, — Évaluation rapide de la richesse en fécule des pommes de terre, par H. Boiret.
- 25 février, n° 8.—Nouvelle variété de pommes de terre, par A. Dubois.
- 3 mars, n° 9. — La pomme de terre Imperator. — Culture. — Prix de revient, valeur alimentaire, par André Gouin. — Application des engrais verts, par Gustave Heuzé. —Le maïs-fourrage en mattes, par /. Crevât.
- 10 mars, n° 10. — Culture intensive des prairies, par E. Lecouteux.
- 17 mars, n° 11. — Les fumures vertes et les engrais chimiques en terres pauvres, par E. Lecouteux. — Féculomètre pourpommes de terre, par X... —Procédé de sélection des blés de semence, par Paul Genay.
- Journal de l’Agriculture. —17 février 1892, n° 1291. — Entretien et amélioration des prairies naturelles, par F. Chassant.
- 24 févïùer, n° 1293. — Le prix des fruits de luxe, par Anatole Cordonnier.
- 2 mars, n° 1295. — Les cartes agronomiques communales, par Gatellier.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- MARS 1892.
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- 5 mars, n° 1296. — Sur l’effeuillage de la vigne, par Müntz.
- 9 mars, n° 1297. — De l’influence de l’égrappage sur les vins du Midi, par Caste-F'ioret.
- 12 mars, n° 1298. — Sur la fumure des vignes, par Paul Muller.
- 16 mars, n° 1299. — Le germinateur Quarante-Descalonne, par Schribaux.
- 19 mars, n° 1300. — Le fromage de Vendôme, par Piégard. — Recherches expérimentales sur l’assimilabilité de divers engrais phosphatés et la durée de leur action, par Garola.
- OUVRAGES REÇUS
- Distillation des grains et des mélasses, par M. F. Malepeyre
- (Paris, 1890, 1 vol. in-18 et atlas in~8°, Roret, éditeur.)
- Cet ouvrage est une nouvelle édition du Manuel de la distillation des grains et des mélasses de M. F. Malepeyre. Il vient d’être publié par M. A. Larbaletrier, professeur de chimie et de technologie agricole à l’École d’agriculture du Pas-de-Calais et lauréat de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, qui l’a revu, complété et mis au courant des innovations et des perfectionnements apportés jusqu’à ce jour à cette industrie. A côté des procédés employés en France, l’auteur a également exposé les procédés usités à l’étranger, en mettant à profit les observations et les renseignements pris par lui sur place, ou recueillis à l’Exposition universelle de 1889.
- L’ouvrage débute par une exposition des propriétés des alcools et des eaux-de-vie tant au point de vue physique qu’au point de vue chimique, et par l’étude des graines propres à être alcoolisées. L’auteur traite ensuite de la germination et de ses produits en vue de la préparation du malt et de l’obtention de la diastase, de la macération ou saccharification, de la fermentation et des procédés divers de préparation dés moûts, de la distillation proprement dite et des appareils qui s’y rapportent. La rectification des alcools fait l’objet d’un chapitre dans lequel une large place a été réservée au nouveau procédé de MM. Bang et Ruffln. Les chapitres suivants contiennent des renseignements très complets sur l’essai chimique des matières premières et des alcools de grains et un long développement sur l’alcoolisation et la distillation des mélasses. L’ouvrage se termine par des considérations pratiques sur l’établissement et l’administration d’une distillerie.
- Enfin il convient de mentionner les données historiques et les tableaux de statistique que l’on rencontre à côté des exposés théoriques et pratiques toutes les fois que le sujet le demande. Ce manuel est destiné aux distillateurs et aux agriculteurs, surtout à ceux de ces derniers qui emploient les résidus de la distillation des grains. Il convient également aux ouvriers des distilleries, car, chaque fois qu’un sujet scientifique est exposé, il est toujours simplement et clairement vulgarisé et mis à la portée de tout le monde.
- T. C.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- MARS 1892.
- Agenda du progrès agricole. — Guide du cultivateur praticien pour 1892, par Auguste Eloire et Georges Raquet.
- (Amiens, 1 vol. in-12, aux bureaux du Progrès Agricole.)
- M. Eloire vient de publier un agenda agricole pour la région du nord de la France. C’est ainsi qu’après avoir résumé les différents travaux qui doivent s’effectuer chaque mois, il donne des notes de comptabilité pour le personnel, le bétail, les récoltes, les engrais, etc.
- Le carnet se termine par différents renseignements agricoles, tels que la connaissance du sol, les assolements, les cultures des céréales, des betteraves et autres racines, des fourrages naturels et artificiels, l’emploi des engrais, l’alimentation du bétail, la composition moyenne des principales substances alimentaires, l’âge des animaux domestiques, la législation rurale et une foule d’autres détails très utiles au fermier.
- Le carnet de M. Eloire a été très bien accueilli par les intéressés et le ministère de l’Agriculture l’a honoré d’une souscription.
- C. L.
- Annuaire du Bureau des longitudes.
- (1 vol. in-18, broché, Paris 1892, Gauthier-Villars et fils.)
- Outre les renseignements pratiques qu’il contient chaque année, Y Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1892 renferme des articles dus aux savants les plus illustres sur les Monnaies, la Statistique, la Géographie, la Minéralogie, etc., enfin les Notices suivantes : Notice sur la 3e réunion du Comité international permanent, pour /’exécution photographique de la Carte du Ciel, à /’Observatoire de Paris, en avril 1891 ; par le Contre-Amiral Mouchez. — Notice sur la Lune et son accélération séculaire; par par F. Tisserand. — Session de VAssociation gèodêsique internationale, tenue à Florence, le 8 octobre 1891 ; par A. Bouquet de la Grye. — Les Observatoires de montagne. Un Observatoire au Mont-Blanc; par J. Janssen. — Sur la Mire lointaine de C Observatoire de Nice; par A. Cornu. — Discours prononcés à l’inauguration de la statue du chevalier de Borda, à Dax, le dimanche 24 mai 1891 ; par A. Bouquet de la Grye et le Vice-Amiral Paris.
- Bactéries et Ptomaïnes des Viandes de conserve, par le Dr Cassedebat.
- (In-8°, Paris, Masson, 1890).
- M. le Dr Cassedebat a publié, sous le titre Bactéries et ptomaïnes des viandes de conserve, un petit ouvrage intéressant au point de vue de l’hygiène alimentaire, dans lequel
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- BIBLIOGRAPHIE.
- MARS 1892.
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- il paraît avoir pour but de montrer les accidents toxiques qui peuvent résulter de l’ingestion de certaines substances conservées. Après avoir décrit la cause véritable et l’aspect de ces accidents, il indique le moyen de les éviter.
- L’auteur a fait choix, pour ses expériences, de quatre boîtes de conserves remplies et fermées depuis trois ans ; leurs parois, primitivement planes, étaient bombées et, lorsqu’on les ouvrit, un gaz fétide s’en échappa; quant à la viande, son aspect témoignait de son altération. Tous ces caractères indiquent clairement que la viande renfermée dans les boîtes avait servi de terrain de culture à certaines espèces microbiennes. L’auteur a isolé du contenu des boîtes vingt-six espèces de microbes qu’il cultiva, puis inocula à des cobayes et à des souris : 11 espèces produisirent des accidents infectieux et déterminèrent la mort des animaux en expérience; à l’autopsie on observa la congestion des viscères et des centres nerveux, de l’œdème sous-cutané et de l’épanchement péritonéal. On peut en conclure : 1° que les boîtes renfermaient des micro-organismes; 2° que parmi ceux-ci quelques-uns jouissaient de propriétés pathogéniques.
- Après avoir étudié les microbes, l’auteur a recherché l’action des substances toxiques contenues dans la viande conservée; il a fait, dans ce but, macérer la viande dans l’alcool, puis il a filtré le produit décanté à travers un filtre Chamberland ; il a pu ainsi écarter les microbes et étudier les propriétés des toxines produites par eux.
- Ces toxines ou ptomaïnes sont des alcaloïdes qui, injectés dans des animaux, affectent directement le système nerveux ; elles produisent d’abord la paralysie des organes de relation et elles déterminent ensuite l’arrêt des fonctions de la vie végétative. Chez l’homme, l’ingestion de ces ptomaïnes est suivie des accidents suivants : d’abord de la céphalalgie et une sensation croissante de malaise et de lassitude, puis surviennent des vomissements alimentaires et bilieux, des coliques violentes et un état de prostration complète; la peau se couvre de sueurs froides et abondantes; le pouls est à 120, il est petit, irrégulier, la température est ordinairement au-dessus de la normale/quelquefois, au contraire, on remarque de l’hypothermie. Tous ces troubles atteignent rapidement leur maximum et en général ne tardent pas à disparaître.
- D’après l’auteur et contrairement à l’opinion de G. Pouchet, ce n’est pas le microbe qu’il faut considérer comme l’agent immédiat de l’état morbide qui suit l’ingestion des viandes altérées ; il affirme, au contraire, que ces accidents sont produits par les ptomaïnes existant préalablement dans les viandes et non par les ptomaïnes sécrétées par les microbes après leur introduction dans l’économie.
- Après avoir démontré que les accidents toxiques résultent de la pénétration dans l’organisme des ptomaïnes produites par les microbes auxquels la viande a servi de milieu de culture, il s’agissait d’indiquer d’où venaient ces micro-organismes. On pouvait penser qu’ils existaient déjà chez l’animal vivant, livré à la boucherie en état de maladie ; mais la température à laquelle sont portées ensuite les viandes les stérilisent évidemment d’une manière complète, l’infection ne peut donc se faire que pendant le temps qui s’écoule depuis cette cuisson jusqu’à la fermeture de la boîte. Elle tient à une faute commise pendant la fabrication. Pour éviter la contamination de la viande, il suffirait de fermer la boîte avant la cuisson en ménageant seulement un orifice muni d’un tube contenant un tampon de ouate. Ce mode de fermeture permettrait aux vapeurs de sortir et empêcherait la pénétration des germes extérieurs.
- La question de savoir si l’on peut impunément faire usage de conserves alimentaires a une grande importance pratique. Quelques accidents ont été constatés; ils sont rares
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- toutefois, même pour les médecins de la marine qui sont plus que les autres à même de les rencontrer. II est vrai qu’à bord certaines précautions sont prises, ainsi, on jette toujours à la mer les boîtes dont les parois, au lieu d’être planes, sont même légère-, ment bombées.
- Le travail de M. Cassedebat est le résumé de nombreuses expériences ; il met nettement en relief les différents points de cette importante question d’hygiène alimentaire. Au point de vue scientifique, il sera intéressant de rapprocher les espèces bactériennes qu’il a décrites des types actuellement connus. Au point de vue industriel et pratique, cet ouvrage renseigne les fabricants de conserves sur les dangers qu’ils doivent éviter et leur indique les moyens d’obtenir des boîtes de viandes dépourvues de germes vivants.
- T. G.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Chamerot et Renouard, 19» rue des Saints-Pères. — 28592.
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- 91e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- AVRIL 1892.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. G. Richard, au nom du Comité des Arts Mécaniques, sur /'Extracteur universel d’eau de condensation de M. Prost.
- Les extracteurs ou purgeurs d'eau de condensation sont des appareils destinés à débarrasser les conduites de vapeur des eaux de condensation qui s’y précipitent et tendent à s’accumuler dans les parties les plus basses de ces conduites. Ils sont indispensables dans la plupart des canalisations un peu étendues, notamment dans celles des chauffages à vapeur.
- Ces appareils s’installent aux points inférieurs des canalisations de vapeur, où les eaux de condensation tendent naturellement à s’accumuler, et leur fonctionnement idéal consisterait à laisser l’eau de condensation s’évacuer par un orifice réglé automatiquement en fonction de cette condensation, de telle manière que l’eau seule s’écoulât sans jamais laisser échapper de vapeur.
- On a proposé pour la résolution de ce problème un grand nombre de dispositifs, parfois très ingénieux, mais dont un petit nombre seulement a pu satisfaire aux exigences de la pratique. Il n’y a pas lieu de s’en étonner si l’on songe aux difficultés pratiques du problème. Dans presque toutes les solutions proposées, les mécanismes des purgeurs fonctionnent, en effet, soit sous l’action de forces relativement faibles, soit à l’aide de mouvements de très faible amplitude; conditions évidemment fâcheuses pour lutter contre les accroissements de résistance et les engorgements produits par les oxydations, les encrassements ou les entartrements à peu près inévitables. Si l’on
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Avril 1892.
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- ajoute à ces difficultés, qui résultent de la nature des choses, celles qui proviennent de l’obligation où l’on est souvent de placer les purgeurs dans des endroits peu accessibles, de la négligence et de l’abandon qui en résultent, on se rendra vite compte de la complication réelle de ce problème en apparence des plus simples.
- En un mot, il faut, pour réussir en pratique, non seulement que le fonctionnement du purgeur soit théoriquement exact et rationnel, mais que ses mécanismes soient robustes, faciles à vérifier, à nettoyer et à régler, et que l’appareil tout entier puisse être longtemps abandonné à lui-même dans un endroit plus ou moins abrité de la poussière.
- Ainsi que l’indiquent la figure 1 ci-contre et sa légende, le purgeur de M. Prost a pour organe moteur de sa soupape d’évacuation g une cloche en cuivre r/, solidaire d’une tige /, guidée à sa partie supérieure par un croisillon p, coulissant dans des guides héliçoïdaux b. Il en résulte que, lorsque la cloche monte ou descend, comme nous le verrons, sous l’action des condensations, elle reçoit en même temps, de la tige un mouvement de rotation qu’elle communique,par son guide interne e, au bras I de la vis /, laquelle fait ainsi s’ouvrir ou fermer la soupape g. Ceci posé, voici comment fonctionne l’appareil, qui doit être, comme l’indiquent les figures 2 et 3, relié par sa tubulure inférieure V au bas du tuyau de vapeur à purger, et par sa tubulure supérieure E au tuyau d’évacuation des purges.
- À l’origine de la mise en train, l’appareil doit être plein d’eau jusqu’au niveau de E. Peu à peu, la vapeur admise en Y et, par la soupape g alors ouverte, se condensant dans cette eau, dont l’excédent s’évacue parE, l’eau sous la cloche s’échauffe assez pour se vaporiser en partie et acquiert une
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- Fis.
- Installation.
- tension de vapeur suffisante pour soulever la cloche et fermer la soupape g.
- A partir de ce moment, cette vapeur, renfermée dans le haut de la cloche, dont l’eau n’est plus réchauffée par Y, se refroidit; sa tension baisse, et laisse la cloche retomber de manière à rouvrir de nouveau la soupape g. L’appareil entre alors en fonctionnement normal. Tant qu’il ne se présente en V que de l’eau de condensation, la température de l’eau sous la cloche ne s’élève pas assez pour qu’elle se soulève, et la condensation se borne à déplacer cette eau, qui s’évacue par E en passant entre les parois de la cloche et celles de son enveloppe à mesure que la condensation pénètre sous la cloche. Une fois l’eau de condensation épuisée, la vapeur qui la suit pénètre de nouveau par V,
- soulève la cloche comme nous l’avons expliqué précédemment et rabaisse, mais sanslafermer complètement, la soupape g. On a, en effet, constaté que, dans la pratique, la cloche ne subit que des oscillations lentes et très peu
- étendues, limitant les variations de l’ouverture de la soupape g à ce qu’il faut pour évacuer les condensations par un débit presque continu et avec une dépense de vapeur extrêmement faible.
- On remarquera sur le haut de la cloche deux orifices R et r : l’un, constamment ouvert et très petit, sert à évacuer l’air dissous dans l’eau de condensation, et l’autre, fermé par un renifflard, ne sert qu’à évacuer, lors de la mise en train, l’air des conduites, qui, repoussé par la vapeur, arrive avec une pression trop faible pour fermer le renifflard. Dès que la vapeur atteint, au contraire, sous la cloche, la pression, d’ailleurs très faible, suffisante pour la soulever, le renifflard se ferme, du moins théoriquement. En fait, le jeu de cette petite soupape devrait être extrêmement sensible, et son emploi ne paraît pas indispensable.
- Quant aux autres organes de l’appareil, ils sont évidemment robustes et très accessibles; on peut facilement vérifier, en l’actionnant à la main par
- Fig. 3. — Installation.
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- la poignée p, le bon état de la petite soupape g, facile à remplacer, et dont le fonctionnement, d’ailleurs visible de l’extérieur, est très doux.
- Le purgeur de M. Prost est donc ingénieusement établi d’après un principe rationnel. Il a, d’autre part, malgré sa date récente, été l’objet, tant pour les installations de chauffage que pour les chaudières ordinaires à hautes pressions, d’applications nombreuses et importantes, où il s’est, d’après les certificats qui nous ont été présentés, parfaitement comporté.
- En conséquence, nous avons l’honneur de vous proposer de remercier M. Prost de l’intéressante communication qu’il nous a faite par l’intermédiaire de son représentant, M. Despoisse (1), et d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société, avec les figures et légendes nécessaires à leur explication.
- Signé : G, Richard, rapporteur.
- Approuvé en séance le 26 février 1892.
- LÉGENDE DES FIGURES REPRÉSENTANT LE PURGEUR PROST.
- Fig. 1. — Purgeur Prost, pouvant débiter jusqu’à 4 500 litres d’eau par heure. Coupe verticale médiane, au quart d’exécution.
- V, Tubulure communiquant avec le tuyau à purger et pourvu d’une crépine arrêtant les impuretés; E, tubulure d’évacuation du purgeur.
- g, Soupape en caoutchouc durci, avec siège en bronze, solidaire d’une vis/, dont le bras I est guidé dans la coulisse verticale e de la cloche d. —oo orifices do 3 à 4 mill. de diamètre faisant communiquer V avec la cloche d quand la soupape g est ouverte.
- d, Cloche en cuivre, dont la tige t est guidée dans les coulisses héliçoïdales, b par un croisillon p fixé par une vis de pression k et un écrou v. La soupape g se ferme quand la cloche s’élève et -s’ouvre quand elle s’abaisse.
- r, Renifflard laissant évacuer l’air des conduites chassé par la vapeur lors de la mise en train.
- R. Petit orifice de 3 millimètres, toujours ouvert, laissant échapper l’air dissous dans l’eau de condensation.
- a, Trois clavettes qu’il suffit et décaler pour pouvoir enlever le couvercle de l’appareil et la cloche d.
- Démontage et visite de l'appareil. — Il suffit de sortir les clavettes a du plateau et d’enlever celui-ci en le saisissant par ses guides héliçoïdaux b ; la cloche
- (I) Rue Bloraet, 126, à Paris.
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- sortira du même coup. On sort ensuite la vis / pour visiter la rondelle-soupape g et la remplacer au besoin.
- Remontage. — Remettre la vis / en la descendant bien à fond; replacer le plateau et la cloche de façon que l’extrémité de la clef T entre dans la rainure e de la cloche, puis remettre les clavettes a.
- Réglage. — La vis k étant desserrée ainsi que l’écrou v, soulever la cloche par sa tige et passer dans le petit trou M de cette tige un fil de fer du calibre du trou et de longeur telle qu’il puisse tourner entre les guides b; laisser reposer ce fil sur le bossage s du plateau et faire ensuite pivoter la tige t dans le sens de la flèche jusqu’à ce qu’on ressente une résistance qui indique que la rondelle-soupape g est bien appliquée sur son siège ; maintenir dans cette position et serrer fortement la vis k et l'écrou v. Retirer le fil de fer et laisser retomber la cloche. JJ appareil se trouve ainsi régie.
- Installations diverses. — Dans les installations où l’eau de condensation se trouve entraînée par une pente, comme dans les chauffages à vapeur, l’extracteur doit être posé de telle façon que sa tubulure supérieure ou de sortie E se trouve en contre-bas de la tuyauterie du chauffage, de manière que l’écoulement se fasse par suite de la différence des niveaux (fig. 2). Cependant, si les eaux devaient se déverser à un niveau plus élevé que celui des récipients de vapeur où la condensation a lieu, on obtiendrait ce résultat en donnant {fig. 3) une forme en col de cygne double au tuyau reliant le système de chauffage à l’extracteur, que l’on devrait alors placer au niveau du point de déversement visé.
- Le col de cygne inférieur V”, faisant syphon, devrait alors se trouver au-dessous du point de sortie du récipient de vapeur, tandis que le col de cygne supérieur Y' devrait arriver aux trois quarts au moins de la hauteur totale de l’extracteur.
- La différence des niveaux que l’on peut ainsi atteindre est fonction de la pression que possède la vapeur dans la canalisation de chauffage.
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- Rapport fait par M. J. Carpentier, au nom du Comité des arts économiques, sur un SCRUTATEUR ÉLECTRIQUE INSTANTANÉ de M. LeGOAZIOU.
- Dans sa séance du 24 avril 1891, la Société d’Encouragement a reçu de M. Legoaziou, commis de l’administration des Postes et des Télégraphes, communication d’une note concernant un scrutateur électrique instantané de son invention.
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- Quand on considère le nombre et la complication des problèmes que les progrès de l’industrie moderne ont permis de résoudre, on se demande comment les grandes assemblées politiques consentent encore à se soumettre aux lenteurs toutes primitives des scrutins actuels.
- Frappés de cette' inconséquence, un certain nombre d’inventeurs ont, depuis une trentaine d’années, conçu et proposé des systèmes destinés à rendre faciles et rapides les opérations qui s’effectuent encore si péniblement.
- M. Legoaziou, à son tour, a abordé la question, et, après avoir consciencieusement étudié les travaux de ses devanciers, il a imaginé la solution dont l’analyse va suivre :
- Les exigences auxquelles doit satisfaire un appareil scrutateur résultent exclusivement des moeurs parlementaires, et c’est de l’assemblée même appelée à faire usage d’un semblable appareil que devrait émaner le programme à remplir.
- A défaut d’un programme officiel, M. Legoaziou, s’inspirant des faits observés, s’en est tracé un qu’il a résumé dans les articles suivants :
- 1° Chaque votant doit pouvoir exprimer son vote pour ou contre la question soumise au scrutin; l’appareil doit aussi pouvoir se prêter, au besoin, à l’émission du vote d'abstention, si le Parlement adopte plus tard cette troisième forme du vote, réclamée à diverses reprises dans ces dernières années.
- 2° Il faut que le votant puisse rectifier et modifier à volonté son vote pendant toute la durée de l’ouverture du scrutin, jusqu’au moment où le dépouillement commence.
- 3° Tout vote multiple, unilatéral ou bilatéral, doit être rendu impossible: et, en général, toute cause d’erreur ou d’altération des résultats numériques doit être écartée, pour dispenser de pointages ultérieurs.
- 4° La personnalité du vote doit être sauvegardée, afin d’empêcher toute modification des suffrages par des tiers non autorisés.
- 5° En cas de scrutin public à la tribune, le vote pour les absents doit être rendu impossible.
- 6° Le dépouillement complet d’un scrutin devra fournir, pour l’impression au Journal officiel : les totaux des voix pour, des voix contre et éventuellement des abstentions ; la liste, dressée par ordre alphabétique comme actuellement, de ceux qui ont voté pour, de ceux qui ont voté contre, et éventuellement la liste de ceux qui ont émis un vote J abstention; enfin la liste de ceux qui nont pas pris part au vote.
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- 7° La totalisation et l’enregistrement devront être très rapides, pour que le dépouillement par une machine soit vraiment avantageux.
- 8° Après le dépouillement d’un scrutin, les organes ayant servi à l’exprimer devront revenir automatiquement au repos, pour éviter que les mêmes suffrages soient émis aux scrutins suivants, sans la participation des votants.
- 9° Enfin les machines employées devront être assez simples pour garantir un fonctionnement régulier, quelque élevé que soit le nombre des votants.
- Pour résoudre un problème aussi complexe, M. Legoaziou, ainsi que les inventeurs qui l’ont précédé, emprunte le concours de l’électricité.
- Les appareils de M. Legoaziou n’ont pas été construits,, sauf quelques organes qui ont été réalisés sous forme de modèles de démonstration. Mais les études sur le papier ont été poussées assez loin, et le système, consigné dans un brevet, a été décrit en détail dans diverses publications, notamment dans une brochure parue en 1890, chez M. Carré, éditeur.
- Nous nous contenterons ici d’en expliquer l’économie, en exposant l’organisation qu’il comporterait, à la Chambre des députés, par exemple.
- A la place de chaque député, sur ou dans son pupitre, est installé comme un petit poste télégraphique simple d’où, par l’intermédiaire de circuits convenablement agencés, certains signaux peuvent être transmis dans un local réservé. Là, ces signaux sont recueillis par des appareils spéciaux qui les totalisent et les enregistrent.
- Deux conducteurs, que nous appellerons, pour plus de clarté, conducteur pour et conducteur contre, après avoir circulé parallèlement dans toute la salle et passé par tous les postes, aboutissent aux appareils récepteurs. En chaque poste, d’autre part, arrive directement un conducteur particulier servant à mettre le poste, à un instant donné, en relation avec une pile centrale : nous nommerons ce conducteur conducteur porte-courant.
- Chaque poste est muni d’un manipulateur. Ce manipulateur comporte deux manettes, et permet, suivant qu’on manœuvre l’une ou l’autre, de relier le conducteur porte-courant au conducteur pour ou au conducteur contre.
- Pour le vote, chaque député doit manœuvrer l’une ou l’autre des manettes, suivant l’opinion qu’il entend exprimer.
- Dans le poste central se trouve un distributeur composé d’une série de contacts métalliques, en nombre égal à celui des manipulateurs et disposés circulairement sur un plateau isolant; de chaque contact part lin des corn ducteurs porte-courant, et un balai métallique relié à une pile permet de
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- mettre successivement chacun d’eux en rapport avec cette source d’électricité.
- Au moment de la fermeture du scrutin, le balai du distributeur est mis en mouvement pour exécuter un tour complet; chaque fois qu’il arrive sur l’un des contacts, il envoie au manipulateur correspondant un courant qui, suivant la position des manettes, revient au poste central par le conducteur pour ou par le conducteur contre.
- Pour totaliser le vote de chaque espèce, un compteur est placé au bout de chacun de ces deux conducteurs, et ces appareils suffisent à l’expression d’un scrutin ordinaire.
- Pour le vote nominal, l’installation comporte un appareil d’enregistrement, dont on peut se faire une idée d’après les indications suivantes : Un cylindre de diamètre convenable est monté sur l’axe même du distributeur et porte une feuille de papier enroulée à sa surface. JCelle-ci est rayée, dans le sens des génératrices, d’autant de lignes qu’il y a de députés ou de contacts au distri-nuteur. Sur chaque ligne est inscrit d’avance le nom d’un député. Deux molettes encrées, placées l’une à côté de l’autre, tout près du cylindre et sur la même génératrice, peuvent, chacune séparément, sous l’action d’un électro-aimant, venir faire une trace sur la feuille de papier. Quand le balai du distributeur est mis en mouvement, le cylindre l’accompagne, et les choses sont disposées de telle sorte que, au moment où le balai touche un contact, la feuille de papier présente devant les molettes précisément la ligne du député correspondant. Le courant, après avoir traversé le manipulateur, agit au retour sur l’une des molettes, en même temps que sur l’un des compteurs, et le vote du député est enregistré en même temps que totalisé.
- Dans le cas où ni l’une ni l’autre des deux manettes du manipulateur n’aurait été manœuvrée, compteurs et molettes resteraient évidemment au repos et le député titulaire serait considéré comme absent.
- Tels sont, en gros, les organes essentiels du scrutateur de M. Legoaziou.
- Mais un instant de réflexion suffit pour mettre en évidence deux graves défauts que présenterait le système s’il n’était complété par les dispositifs qu’il nous reste à faire connaître.
- Tout d’abord, qu’arriverait-il si un député oubliait de ramener au repos la manette qu’il aurait manœuvrée pour exprimer un vote?Évidemment, dans les scrutins ultérieurs, le même vote s’émettrait automatiquement, sans l’intervention du député négligent, et cela même contre son gré.
- Pour éliminer cet inconvénient capital, M. Legoaziou munit chaque manipulateur d’un électro-aimant qui, sous l’action d’un courant parti du poste
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- central aussitôt après le dépouillement du scrutin, ramène les deux manettes au repos. Cette addition entraîne naturellement avec elle l’addition d’un certain nombre de circuits supplémentaires ; mais la complication qui en résulte n’est point gênante, et d’ailleurs elle s’impose d’une manière absolue.
- Qu’arriverait-il en second lieu si, au moment du vote, un député, au lieu de manœuvrer une seule manette, manœuvrait les deux à la fois? Evidemment les deux compteurs et les deux molettes fonctionneraient simultanément. Les totaux indiqués en fin d’opération ne concorderaient pas avec le nombre des votants. Par une comparaison entre le total général des votes exprimés et le nombre des votants, on pourrait sans doute apprécier le nombre des votes doubles; mais la détermination du nombre exact des votants, même dans le cas où l’appareil enregistreur fonctionne, exige une opération spéciale. Et d’ailleurs comment interpréter cette manifestation du vote double?
- Dans l’état actuel des choses, le vote double s’impose pour laisser à un député, dans le cours d’un scrutin, la latitude de revenir sur un vote trop hâtivement émis; dans le système de M. Legoaziou ce subterfuge est inutile, puisque la préparation du vote est modifiable jusqu’à la dernière minute sans qu’il en reste trace.
- Le vote double apparaît donc comme un trouble qu’on devrait s’ingénier à rendre impossible.
- M. Legoaziou fait mieux : il l’utilise. Il propose de l’affecter à l’expression de M abstention et de fournir ainsi aux députés une ressource nouvelle et dont l’utilité est évidente, l’abstention intentionnelle ne pouvant raisonnablement être confondue avec l’absence.
- Dans cet ordre d’idées, M. Legoaziou complète l’installation du poste central par un troisième compteur et une troisième molette d’enregistrement qui ne fonctionnent l’un et l’autre que sous une double émission de courant par un même manipulateur. Ce résultat s’obtient soit par une combinaison additionnelle des circuits locaux, soit mieux, par l’emploi d’une sorte de relais, auquel M. Legoaziou donne le nom de répartiteur de votes.
- A défaut du répartiteur, une émission double a pour effet d’actionner à la fois les trois compteurs et les trois molettes; ce qui oblige, en fin d’opération, d’annuler un nombre de pour et de contre égal à celui des abstentions exprimé. Avec le concours du répartiteur, la double émission est sans action sur les compteurs et les molettes des pour et des contre, et n’actionne que le compteur et la molette des abstentions. L’avantage que présente le ré-* Home VII. — 91e année. 4e série. — Avril 1892.
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- partiteur est donc manifeste, et l’appareil d’ailleurs est peu compliqué.
- Pour satisfaire aux exigences du scrutin public à la tribune, M. Legoaziou montre que ces appareils n’ont besoin d’aucune modification ; il indique seulement la nécessité de procéder à un appel nominal des députés présents et propose une méthode de contrôle qui lui paraît présenter des garanties toutes particulières. Cette méthode n’ayant aucun lien avec le système proprement dit, nous ne la mentionnons ici que pour mémoire.
- Les appareils de M. Legoaziou, nous le répétons, n’ont point été construits, mais leurs dispositions sont arrêtées déjà, jusque aux moindres détails, dans les projets de l’auteur. Ces détails, qui ont été communiqués au rapporteur du Comité des arts économiques, ne peuvent trouver place dans ce rapport; mais leur ensemble témoigne, delà part deM. Legoaziou, d’une vue très nette des nécessités pratiques.
- Le Comité des arts économiques estime que, dans l’état actuel de la science et de l’industrie, la réalisation d’un scrutateur électrique irréprochable est chose relativement facile, et que, si nos assemblées législatives se décidaient à encourager, par voie de concours ou autrement, la construction d’un appareil de ce genre, elles seraient à bref délai en possession de procédés de vote aussi sûrs et incomparablement plus expéditifs que ceux dont elles se contentent actuellement.
- Le Comité des arts économiques pense que le système de M. Legoaziou peut être classé parmi ceux qui fourniraient les meilleures solutions, et que scs appareils, sauf les modifications secondaires que pourraient indiquer les études de construction, seraient propres à assurer le service pour lequel ils ont été conçus.
- Le Comité des arts économiques propose donc de remercier M. Legoaziou de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : J. Carpentier, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 mars 1891.
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- Rapport fait par M. Prunier, au nom du Comité des Arts économiques, sur
- une lampe a récupération désignée sous le nom de Lampe la Rouennaise.
- Depuis l’apparition du type Wenham,qui s’est rapidement répandu, on a proposé un grand nombre de modifications plus ou moins heureuses.
- La lampe la Rouennaise représente un modèle de ce genre, et probablement l’un des premiers où l’on soit arrivé à fondre d’un seul morceau la lampe et son récupérateur.
- Ce perfectionnement se retrouve aujourd’hui dans plusieurs des lampes les plus usitées, et notamment dans la lampe dite la Parisienne.
- En dehors de cette modification principale, la Rouennaise présente encore plusieurs dispositions bien comprises ou nouvelles à l’époque de son apparition.
- C’est ainsi par exemple que le joint annulaire en amiante placé ordinairement entre la lampe proprement dite et la coupe transparente est supprimé et remplacé par un renvoi d’air qui se fait régulièrement à ce même niveau et sans gêner en rien le fonctionnement de la lampe.
- On écarte ainsi plusieurs causes de fonctionnement défectueux ou de rupture de la coupe de verre, en même temps que l’ouverture et la fermeture de la lampe se font plus commodément au moment de l’allumage.
- Les dimensions du brûleur et le nombre de trous qui livrent passage au gaz ont été augmentés sans qu’il en résulte d’accroissement dans la consommation du gaz ni de diminution du pouvoir éclairant proportionnel.
- La flamme est d’une blancheur remarquable. Le rendement comme lumière est sensiblement égal à celui des modèles les plus perfectionnés. Un réflecteur en porcelaine, placé immédiatement au-dessus du brûleur, est destiné à augmenter le pouvoir éclairant de la lampe.
- C’est la seule pièce fragile dans cet appareil. Encore convient-il de remarquer que, malgré cette fragilité relative, ce réflecteur résiste pendant un temps très long et peut, en tout cas, être remplacé sans difficulté et à peu de frais.
- Enfin le robinet de réglage est soigneusement construit et muni de deux chaînettes qui rendent sa manœuvre commode, même pour les personnes peu au courant de ce genre d’appareils.
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- Différents modèles de la Lampe Rouennaise ont été établis en vue de faire face aux diverses exigences de la pratique.
- Le modèle moyen nous a paru celui dont le fonctionnement et le rendement sont les plus satisfaisants.
- Gomme dépense de gaz, il consomme environ 33 litres par carcel, équivaut à 12 carcels, et brûle environ 375 litres à l’heure.
- En résumé, la lampe de la Compagnie française des lampes à gaz à récupération, qui a obtenu déjà une médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1889, constitue un spécimen bien compris de lampe du système Wenham et soutient, sans désavantage, la comparaison avec les modèles les plus nouveaux.
- Notre Comité des Arts économiques vous propose donc d’adresser à la Compagnie, par l’intermédiaire de son représentant, M. Despoisse, des remerciements à l’occasion de son intéressante communication, et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport.
- Signé : Prunier, rapporteur.
- Approuvé en séance le 25 mars 1892.
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- Rapport fait par M. Gibon, au nom du Comité de Commerce, sur les TRAVAUX DE M. E. GrüNER RELATIFS AUX ACCIDENTS DU TRAVAIL.
- M. E. Gruner, ingénieur civil des mines, a présenté à la Société ses diverses études sur les accidents du travail, cette question a été étudiée dans un congrès tenu à l’Exposition universelle en 1889, elle fait l’objet des travaux d’un comité permanent; M. E. Gruner, secrétaire général de ces comices dans lesquels on a discuté et on continue d’étudier les documents qui doivent concourir à fixer les principes de la loi sur les accidents du travail a fait hommage à la Société de deux volumes, dans lesquels il a réuni les travaux du Congrès ; et, de deux autres volumes qui renferment ceux du Comité permanent pour les années 1890 et 1891, de plus, tout récemment, il vient d’y ajouter le volume des rapports présentés au Congrès de Rerne, tenu en septembre 1890 sur la même question.
- Votre bureau a renvoyé ces documents importants au Comité du Commerce. Je viens vous en rendre un compte très succinct.
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- Nous parierons d’abord des travaux de M. E. Gruner, qui ont précédé le Congrès international de 1889; ils ne sont ni les moins intéressants, ni les moins utiles, ils ont eu l’honneur d’être encouragés par le Comité central des houillières de France qui, dès la première heure jusques aujourd’hui même, s’est intéressé tout particulièrement à ces études.
- Ces premiers travaux comprennent, sous diverses formes :
- 1° L’étude des lois d’assistance ouvrière en Allemagne (1887) ;
- 2° Les lois de patronage et d’assistance ouvrière en Autriche (1887);
- 3° Une étude d’ensemble des lois d’assistance ouvrière en Allemagne, en Autriche et en Suisse, publiée dans les mémoires de la Société des ingénieurs civils en 1887. Ce dernier travail a été récompensé par une médaille d’or, décernée par cette Société.
- Ces mêmes questions, en 1887, 1888 et 1889, onf été l’objet de plusieurs communications de M. E. Gruner à la Société de législation comparée ; elles ont été publiées dans l’Annuaire de cette société.
- L’ensemble de ces travaux, sur une question qui déjà préoccupait tous les esprits, au moment où nos parlements étudiaient la transformation complète de notre législation sur les accidents du travail, désignait M. E. Gruner comme secrétaire du Congrès international de 1889.
- Ce Congrès n’avait pas mission de résoudre le problème, il a évité de formuler aucun vœu; mais il a réuni de précieux documents et plusieurs des rapporteurs’, qui ont présenté leurs travaux à ce Congrès, ont fait des études, vraiment scientifiques, d’un puissant intérêt. Avant de se séparer, le Congrès de 1889 a décidé qu’un comité permanent continuerait l’œuvre commencée ; ses travaux, qui vous sont offerts, témoignent que cet engagement a été rempli. Enfin, le Congrès de Berne, qui vient d’avoir lieu, a publié de nombreux rapports qui, à divers points de vue, présentent, d’après leurs auteurs, l’état actuel d’une question dont la solution législative, dans notre pays, ne paraît plus devoir être bien longtemps retardée. Nous voulons espérer qu’on saura profiter de l’expérience acquise et qu’on ne pressera pas cette solution. M. E. Gruner a rempli un rôle particulier dans l’organisation de ces congrès comme aussi dans celle du Comité permanent.
- M. E. Gruner a parfaitement compris que tout était grave dans la question des accidents du travail, pour cette raison capitale, qui résulte de l’exemple des nations qui ont créé ef pratiquent cette législation nouvelle, qu’il paraît impossible de la limiter.
- On conçoit très bien que l’état actuel de l’industrie, avec la puissance
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- indéfinie de ses machines et les engins formidables qui lui sont nécessaires, elle puisse et doive être responsable, vis-à-vis ses agents, des conséquences des accidents dont elle est la cause, quand ces accidents sont indépendants des mesures préventives que toute compagnie industrielle, comme tous les patrons particuliers, ont le devoir d’appliquer et, quand aussi ils ne sont causés par aucune imprudence grave des victimes. Mais, quand on aborde la constitution d’une loi, qui a pour but de parer, par Vassurance obligatoire, aux conséquences des accidents du travail, on ne sait plus où s’arrêter : tous les freins qu’on veut opposer à la conséquence logique du principe se desserrent d’eux-mêmes et, qu’on le veuille ou non, on est conduit à faire ce qui a été fait en Allemagne et en Autriche; après l’assurance obligatoire contre la maladie, on a celle des accidents, celle contre la vieillesse, en attendant celle contre les chômages et toutes les réglementations dont l’ensemble constitue le socialisme d’Etat, en fait, l’action de l’Etat substituée à l’action individuelle, l’autorité et la contrainte substituées à la liberté.
- Si nous rendons bien la pensée de M. Gruner, c’est l’action et la responsabilité individuelles qui lui sont chères et qu’il met toujours en avant, car il conclut avec M. Fawcett, le célèbre économiste anglais : « Tout projet de loi, quelques bonnes qu’aient été les intentions qui l’ont fait naître, accroîtra indéfiniment les maux qu’il cherche à soulager, s’il affaiblit la responsabilité individuelle, s’il encourage le peuple à compter moins sur lui-même et plus sur l’État. » C’est absolument notre avis.
- Bien qu’il nous soit impossible de songer à faire l’analyse des travaux du Congrès de 1889, le rôle que M. Gruner y a rempli en sa qualité de secrétaire général, les soins qu’il a pris pour publier les rapports des auteurs qui y ont concouru et aussi des discussions qui se sont produites en séance, nous font un devoir de dire au moins quelques mots de ces travaux importants.
- Le Comité d’organisation de ce Congrès, constitué par le ministre, a été conduit à en répartir les études en trois sections : 1° technique, 2° statistique, 3° économique et cle législation.
- La section technique s’est occupée des mesures préventives. Elle a réuni des documents précieux, très honorables, surtout pour l’Alsace, qui a tenu le premier rang dans cette section.
- La section statistique a trouvé le rapport très complet de M. O. Relier, ingénieur en chef des mines, qui présentait un résumé précis des accidents survenus dans les chemins de fer, dans les mines, les carrières et dans l’em-
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- ploi des appareils à vapeur; mais, en fait de statistique des accidents dans les autres industries, nous n’avons encore, en France, rien à citer de précis.
- La section économique et de législation a traité surtout des mesures réparatrices. M. Luzzatti a fait à cette occasion l’éloge le plus brillant et levplus saisissant des pratiques patronales de l’Alsace. M. Dejace a traité avec compétence les questions du risque professionnel et la responsabilité. Notre collègue, M. Cheysson, a présenté des vues originales d’un intérêt marqué sur l’organisation de l’assurance.
- M. Numa Droz, chef du département des affaires étrangères en Suisse, a fait un exposé de l’état de la question en France et à l’étranger. Cette étude figure en tête du premier volume.
- Dix-sept rapports, traitant chacun des points liés aux trois sections : technique, statistique, économique et de législation, ont été présentés et défendus au Congrès par leurs auteurs.
- L’ensemble de ces travaux forme le premier volume.
- Le second volume contient un résumé complet des discussions auxquelles ces travaux ont donné lieu et aussi de propositions et études spéciales; douze nations étaient représentées ; l’intérêt que le Congrès a inspiré en France a été marqué par des allocations de divers corps constitués; le conseil municipal de Paris, des Chambres de commerce, syndicales, de nombreuses sociétés ont envoyé des délégués. Le Comité central des houillères de France, toujours à la tête de ces études, la Société d’économie sociale, des ingénieurs civils, etc., etc. Cet ensemble donne une idée du labeur qui est incombé au secrétaire général de ce Congrès, on peut en juger par les tables qui terminent le second volume. Quatre-vingt-dix orateurs ont pris la parole et plusieurs un grand nombre de fois.
- Le Congrès présidé par M. Linder, inspecteur général des mines, s’est borné à l’étude des questions ; il avait posé en principe qu’il n’avait pas à conclure; mais il a constitué un comité permanent chargé de continuer ses travaux.
- M. Linder est resté président de ce Comité et M. E. Gruner son secrétaire général. Deux volumes renferment ses études variées.
- Ici, nous retrouvons, dès la première page du premier volume, une étude personnelle de M. Gruner sur la situation législative de la question des accidents du travail en France, au 15 février 1890.
- Le premier projet de loi sur les accidents du travail remonte à 1880, il est de M. E. Martin Nadaud ; le 10 juillet 1888, la Chambre des députés a voté
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- un projet profondément transformé par le Sénat et voté par lui le 13 février 1890. M. E. Gruner le résume ainsi :
- « L’article premier pose le principe de la responsabilité, l’art. 2 précise les indemnités, l’art. 18 autorise les syndicats à constituer des caisses spéciales d’assurance mutuelle contre les risques prévus par la loi. »
- Ce projet de loi écartait toute assurance obligatoire, M. Gruner le constatait et ajoutait avec raison : c’est à la liberté que l’industrie des assurances doit tous ses perfectionnements; il faut éviter, avant tout, un nouvel afflux des épargnes du pays dans les caisses du Trésor; sinon, que resterait-il pour vivifier les industries locales et l’œuvre économique de la production?
- Dans ce même premier volume, M. Gruner a publié des études de grand intérêt que je me borne à signaler; ce sont principalement : l’état législatif de la question en Italie, la mise à exécution de la loi d’assurance en Autriche, les projets d’assurance obligatoire en Suisse, des données, statistiques relatives à l’application des lois d’assurance en Allemagne pendant l’année 1887, des données analogues sur les caisses de maladies, des études bibliographiques diverses.
- Sans entrer dans l’examen de ces travaux, nous devons dire que, notamment, dans ceux relatifs à la statistique, M. Gruner signale les dangers des lois obligatoires; ainsi, aux yeux des ouvriers, la moindre petite blessure constitue les droits les plus étendus; on constate une augmentation extrêmement grave des accidents, malgré les prescriptions les plus sévères et les plus complètes pour les prévenir; les charges augmentent constamment, elles inspirent des craintes sérieuses à l’industrie allemande.
- Le second volume du Bulletin du Comité permanent renferme également des travaux personnels de M. E. Gruner : une revue, d’après la statistique allemande, de l’organisation corporative et ses limites au point de vue de la question des assurances; les résultats statistiques des cinq premières années d’application des lois d’assurance obligatoire contre les accidents en Allemagne. L’étude des charges probables, pour notre pays, résultant des projets de lois d’assurance contre les accidents. C’est là un point sérieux de la question. Ces charges doivent être supportées par le revient des produits et si une réduction de revient est un progrès, un élément de richesse, toute augmentation est le contraire, non seulement elle a pour conséquence directe une élévation de prix, mais elle ouvre plus facilement notre marché à l’étranger. C’est bien ce que nous avons à craindre d’après les résultats constatés en Allemagne, les lois d’assurance obligatoire augmentent sensi-
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- blement et progressivement les charges de l’industrie, c’est une conséquence dont M. E. Gruner a voulu démontrer la gravité.
- Le Bulletin du Comité permanent rend les plus grands services, les hommes les plus compétents y traitant tous les sujets qui intéressent la question au point de vue législatif, préventif, statistique et économique; M. E. Gruner, au Congrès international des accidents de travail tenu à Berne du 21 au 26 'Septembre 1891, a présenté un exposé du but et des travaux de ce Comité, il a rappelé son origine et aussi le nombre de ses adhérents, qui s’élève à 600 et forme un faisceau composé d’industriels, d’économistes, de jurisconsultes et d’ingénieurs, qui tous sont résolus à suivre dans tous les pays, les lois et les faits inhérents aux accidents du travail, et déclare que le Comité aspire à être 1’office international des accidents du travail. Ce Comité a son bureau central dans la belle installation du Comité des houillères de France; il y réunit, dans une bibliothèque spéciale des accidents du travail, tous les documents des divers pays ; il évite les plaidoyers, mais il groupe les faits, décrit les expériences, rapproche les chiffres épars dans les documents divers, laissant au lecteur la responsabilité de conclure. Un but semblable ne saurait être atteint que par un travail continu et une grande persévérance. C’est là le rôle du secrétaire du Comité.
- M. Léon Aucoc, membre de l’Institut, publiait récemment une étude traitant de T usage et de l’abus en matière de législation comparée ; et, à cette occasion, il appelait l’attention sur les travaux de M. Gruner,non seulement sur les lois d’accidents en Allemagne et en Autriche, mais aussi sur la loi allemande du 22 juin 1889, qui a créé des assurances contre l’invalidité et la vieillesse.
- M. Léon Aucoc loue M. E. Gruner de faire observer, qu’en Allemagne on paraît déjà regretter cette loi du 22 juin 1889, pour les raisons suivantes : La modicité des pensions qu’elle assure; l’âge éloigné, 70 ans, où elles seront accordées; les obligations et charges qu’elles imposent aux ouvriers et aux patrons; enfin, la sujétion d’un contrôle permanent.
- Oui, certes, M. E. Gruner a raison de signaler le fait et les raisons qui l’expliquent et M. L. Aucoc agit très sagement en signalant le danger d’appliquer à un pays des lois étrangères, qui répondent à un ensemble de lois, d’us et coutumes, souvent très différents des usages, des pratiques et des lois du pays où l’on est tenté d’en faire l’application. Cette observation est particulièrement opportune pour les lois sur les accidents du travail et sur les pensions ouvrières, qui sont en ce moment l’objet de l’examen et bientôt probablement des discussions de nos parlements.
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- En dehors des publications personnelles de M. Grimer, de ses situations au Congrès d’abord, puis au Comité permanent; nous devons signaler ses travaux au Comité central des houillères de France, où M. Grimer a eu l’honneur de succéder à M. Dujardin-Beaumetz, en qualiié de secrétaire général, fonctions qu’il remplit depuis bientôt deux ans et dont le caractère l’amène à étudier particulièrement les questions ouvrières en général, comprenant encore celle des accidents du travail et, en outre, les projets législatifs qui touchent à l’industrie, les travaux de l’office du travail, l’étude des grèves, des congrès ouvriers, des manifestatiois ouvrières, des syndicats professionnels et industriels, de la réglementation du travail, etc., etc. Chaque année, le Comité publie de nombreuses circulaires sur ces questions; elles sont traitées ou, plus justement, exposées sans discussion. Ces circulaires qui représentent un gros travail sont très appréciées dans l’industrie. Elles n’ont pas seulement le caractère complexe aux points de vue que nous venons d’indiquer; elles sont également commerciales et fournissent de précieux renseignements statistiques. Tous ces travaux sont naturellement sous l’autorité du Comité, mais ils incombent en fait à son secrétaire général qui est chargé de leur exécution.
- Messieurs,
- Le Comité de commerce a cherché à vous exposer l’ensembe de l’action et des études de M. E. Grimer sur la question des accidents du travail; on peut dire que depuis les premiers jours de 1887 il n’a pas cessé un seul instant de s’en occuper, et c’est ainsi qu’il a été appelé au poste de secrétaire général du Congrès de 1889, puis en la même qualité à celui du Comité permanent, enfin, au Comité central des houillères de France.
- En conséquence, le Comité de commerce vous propose de remercier M. E. Gruner de la communication de ses importants travaux personnels, du don qu’il a fait à la Société des publications des travaux des Congrès internationaux de Paris et de Berne et du Comité permanent auxquels il a coopéré; et aussi de vouloir bien ordonner l’insertion du rapport au Bulletin de la Société.
- Approuvé en séance le 11 mars 1892.
- Signé : Gibon, rapporteur.
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- LE PROCÉDÉ DEACON, PAR M. J. KOLB.
- Messieurs,
- Si, d’une part, comme l’a dit Dumas, la richesse d’une nation se mesure par la quantité d’acide sulfurique qu’elle consomme; si, d’un autre côté, la propreté d’un peuple est fonction de la quantité de soude qu’il emploie, on pourrait presque ajouter que le chlore qu’il absorbe est un des gros facteurs de la mesure du niveau de son instruction.
- Le chlore en industrie, c’est le chlorure de chaux ; c’est-à-dire du gaz chlore réduit à occuper environ un centième de son volume et, par suite, facilement transportable à grande distance.
- C’est du gaz chlore absorbé par de la chaux éteinte dans des proportions qui, théoriquement ou pratiquement, n’ont jamais pu dépasser deux équivalents de chlore pour trois équivalents de chaux hydratée [2 Cl, 3 CaOHO].
- Que se passe-t-il dans cette union?
- J’attends, pour vous le dire, que tous les savants qui s’en sont occupés dans les dix dernières années, entre autres, MM. Crace-Calvert, Davis, Stahlschmidt, Lunge, Schaeppi, Kraut, Trant O’Shea, Gœppner, Richters, Junkers, Dreyfus, Schoch, se soient mis d’accord sur ce point que leurs travaux rendent de plus en plus obscur au lieu de l’élucider.
- Toujours est-il que, quel que soit l’arrangement moléculaire que donne l’absorption du chlore par la chaux, on tire à volonté du chlorure de chaux, comme d’une bouteille de Robert-Houdin, du chlore, de l’acide hypochloreux, de l’oxygène plus ou moins actif; en d’autres termes, c’est, à mes yeux, le générateur le plus économique d’ozone, aussi ne sera-t-il jamais, je le pense, supplanté par les essais récents de la « Badische Soda et Anilin fabrick » qui vend maintenant du gaz chlore liquéfié sous pression, en cylindres de tôle, comme on livre de l’acide sulfureux liquéfié. Mais ce chlore liquide, dangereux à manier du reste, ne trouve d’écoulement que dans les industries assez rares qui ont besoin de chlore pur (1). -
- Le chlorure de chaux s’adresse au contraire à tous ceux qui ont besoin
- (I) Le chlore liquéfié occupe 1/400 environ du volume du chlore gaz. Ce serait donc du chlore transportable sous un volume encore quatre fois plus petit que celui du chlorure de chaux.
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- d’ozone et leur nombre est assez respectable, car il se fabrique, bon an, mal an, en Europe, environ 220 000 tonnes qui se subdivisent à peu près ainsi :
- Angleterre France. .
- 150 000 tonnes. 30 000 —
- 30 000 —
- 10 000 —
- Allemagne et Autriche Autres pays.......
- 220 000 tonnes.
- La production de telles quantités de chlore a failli pendant ces 15 dernières années devenir un problème assez grave pour l’industrie ; non pas qu’on craigne de manquer de matière première ; la mer est assez vaste pour nous rassurer, mais parce qu’on voyait se rompre l’équilibre nécessaire entre la production de la soude et celle du chlore.
- Comme vous le savez, il y a dans l’eau salée deux ménages : l’eau d’une part, le chlorure de sodium de l’autre.
- Si l’on pouvait opérer un double divorce, on obtiendrait la soude et l’acide chlorhydrique, c’est-à-dire le chlore. Mais les deux ménages sont chacun si énergiquement unis, que toute tentative directe avait échoué jusqu’au moment où, par un ingénieux artifice, Leblanc en faisant intervenir le soufre, la chaux et la chaleur, obtint les deux séparations.
- Il est vrai que les intermédiaires restaient sacrifiés, mais par des progrès successifs on est arrivé à en régénérer deux si bien, qu’à part les pertes inévitables en industrie, il ne reste de perdu que la chaleur c’est-à-dire l’énergie nécessaire pour opérer la séparation.
- Ce sacrifice d’énergie, je le dirai entre parenthèses, donnait lieu à un gaspillage qu’on ne peut appeler insignifiant, puisque, dans le procédé Leblanc, la quantité de chaleur nécessaire à faire la transformation n’est que 5 p. 100 de celle employée.
- «rajouterai enfin, comme corollaire, que la nature, avare de ses biens, s’empresse de rétablir ce que nous avions si laborieusement désuni et que, si l’on cherche à savoir ce que deviennent la soude et l’acide chlorhydrique après avoir rendu leurs divers services à l’industrie on les voit finalement se rejoindre à la mer sous des formes diverses et y reconstituer le chlorure de sodium primitif.
- Nous restituons ainsi à l’Océan non seulement nos emprunts actuels, mais même une vieille dette, c’est-à-dire tout le sel gemme actuellement consacré à nos industries.
- Le procédé Leblanc, seule source de la soude,^donnait donc sensiblement équivalent pour équivalent de soude et d’acide chlorhydrique. Une forte proportion de ce dernier servait à préparer le chlorure de chaux; le reste se vendait en nature.
- Tantôt rare, tantôt surabondant suivant les petites variations d’équilibre
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- entre les ventes de soude et de chlorure, le reliquat d’acide chlorydrique subissait des fluctuations de prix souvent considérables. C’était parfois une valeur et parfois un résidu mais c’était toujours une quantité réelle.
- Comment retire-t-on le chlore de l’acide chlorhydrique ?
- En enlevant à ce dernier son hydrogène, et on a longtemps employé pour cela un peroxyde que la nature nous fournit; celui de manganèse.
- Industriellement pour faire une tonne de chlorure de chaux, il fallait environ 3 tonnes et demi à 4 tonnes d’acide chlorydrique à 20 à 21 Baumé. (On n’y regardait pas de trop près.) C’est-à-dire qu’un équivalent de chlore, au lieu de coûter deux équivalents d’acide chlorhydrique, en coûtait environ trois ou, autrement dit, sur 100 kilos de chlore contenus dans l’acide chlorhydrique on en obtenait 40 à l’état de liberté (1).
- Le procédé Weldon (2) tout en constituant un progrès considérable, n’en fut pas un au point de vue du gaspillage de l’acide chlorhydrique ; au contraire.
- En effet, les oxydes naturels de manganèse contiennent 70 à 80 p. 100 de
- (1) En effet, dans l’équation :
- 2 MnO2 + 4 HCl + 3 CaO,HO = 2 Cl, 3 CaO,HO + 2 MnCl + 4 HO 100 parties de chlore contenues dans l’acide chlorhydrique se répartissent ainsi :
- ( Transformé en MnCl............... 40
- Chlore définitivement perdu. 1 Restant à l’état deJHCl étendu. . . 15
- l Absorbé par les boues............ 5
- Chlore obtenu à l’état libre..................................
- (2) Le cycle du procédé Weldon se compose de deux équations :
- 1° x MnO2 + y + (2 x + y) HCl + ^ a; CaO,HO =
- x ^C1 ^ CaO,HO^ + x MnCl + y (^) Gl’+ aq. 2° x MnCl + y Cl + (a? + y) CaO + x O =
- * MnO2 + y + (x + y) CaCl.
- 60
- 40
- 100
- /MnO\
- Dans la pratique, on a 0,7, équivalents de bases J pour 1 équivalent de MnO2
- . , , f MnO2 réel \ 77
- et le rapport f ——-—-------—— ) = —
- \Mn02 possible/ 100
- On en conclut : y = 0,7 x et la répartition des bases équivalentes est : CaO = 0,4 MnO == 0,3
- ce qui fait que devient :
- x MnO2 + (““JJ) + (* +y) CaCl MnO2 + 0,3 MnO + 0,4 CaO + 1,4, CaCl
- ce que serait la formule de la composition de la boue Weldon : d’où l’on peut conclure que la formule donnée par M. Laurent pour la boue du Weldon (et que j’ai indiquée dans Y Encyclopédie chimique de Fremy) :
- 30 (CaO, 2 MnO2) + 25 (MnO, MnO2) + 110 CaCl représente assez exactement sa composition.
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- bioxyde, soit pour 100 de bioxyde réel (MnO2), 40 à 25 p. 100 de matières inertes en parties inattaquables par l’acide; tandis que la boue Weldon, qui dans le procédé de ce nom remplace le bioxyde, contient au contraire pour 100 kilos de bioyxde, réel, 66 kilogrammes de bases attaquables par l’acide (1), soit un rendement de 33 de chlore libre p. 100 du chlore total contenu dans l’acide chlorhydrique.
- Les rendements en chlore libre étaient donc dans le rapport de 33/40, c’est-à-dire au désavantage du Weldon. En réalité, dans la pratique, ce rapport était de 35/40 et cela, à cause de l’acide sulfurique contenu dans l’acide chlorhydrique.
- Dans l’ancien procédé, celui-ci était totalement perdu sous forme de sulfate de manganèse abandonné avec le chlorure acide de manganèse ; dans le procédé Weldon, il est, au contraire, intégralement utilisé en donnant son équivalent de chlore, par ce fait qu’au contact du chlorure de calcium imprégnant la boue de manganèse, il donnait de l’acide chlorhydrique utilisable et du sulfate de chaux.
- C’était un avantage du Weldon de pouvoir employer utilement des acides chlorhydriques assez chargés d’acide sulfurique; mais en réalité, le progrès qu’il apportait ne consistait pas à économiser l’acide chlorhydrique (au contraire), mais à supprimer presque absolument l’emploi de l’oxyde de manganèse.
- En effet, 100 kilos de chlorure de chaux, au lieu d’en exiger 56 kilos, n’en prenaient plus que 2 pour réparer les pertes. J’ajouterai même qu’aux établissements Kuhlmann, le Weldon n’eut jamais à en acheter grâce à la sage prévoyance de Kuhlmann qui, depuis l’origine de ces usines, n’avait pas voulu se débarrasser des résidus de chlorure de manganèse, affirmant que tôt ou tard on pourrait regretter de ne plus les retrou ver.
- Il les précipitait parla chaux, et la boue obtenue était versée dans une sorte de cratère immense, ménagé à dessein dans une montagne creuse faite des divers détritus de l’usine.
- Pendant dix-huit ans que fonctionna chez lui le Weldon, on vint chercher dans le cratère, lavé, purifié par les pluies, tout l’oxyde de manganèse nécessaire pour récupérer les pertes, soient l’équivalent de 20 000 tonnes environ de bioxyde naturel et il en reste encore un lot respectable pour les surprises de l’avenir.
- Si le procédéWeldon constituait unprogrès par la suppression àpeu près complète de l’auxiliaire manganèse, la soude ammoniacale arriva comme une révolution.
- (1) Il en résulte que 100 parties de chlore contenues dans l’acide chlorhydrique se répartissent de la façon suivante :
- / Transformé en MnCl............... 33 J
- Chlore définitivement perdu. J Perdu dans les stills.......... 10 | 67
- ( Absorbé par les bases............ 24 /
- Chlore obtenu à l’état libre.................................. 33
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- Produire la soude sans donner le chlore comme corollaire (1), c’était rompre l’équilibre établi par les besoins de l’industrie.
- Cette rupture menaçait de marcher à grands pas, car en France, par exemple, s’il s’est fabriqué, en 1877, 200 tonnes de soude ammoniacale, il s’en est produit en 1890 plus de 100 000 tonnes, c’est-à-dire plus des deux tiers de la consommation du pays.
- Le problème s’est donc imposé de ne plus sacrifier trois équivalents de chlorure pour n’obtenir qu’un équivalent de chlore; et, comme toujours en pareille circonstance, la nécessité a enfanté des solutions nouvelles.
- Comme toujours aussi, c’est en sortant de la voie exploitée, difficilement perfectible au point de vue nouveau (puisqu’il ne s’agissait plus* d’économiser le manganèse mais l’acide), que Deacon a résolu le problème.
- Son système est surtout admirable par sa simplicité.
- Si l’on fait passer à une température de 450 degrés centigrades du gaz chlorhydrique et de l’air sur une surface poreuse, imprégnée de chlorure de cuivre, CuCl, il en sort une forte proportion de chlore et de vapeur d’eau, sans que le chlorure de cuivre soit facilement modifié, et on n’a absolument dépensé que de l’air et de la chaleur (2).
- Théoriquement, pour que la réaction Deacon HCl + O = Cl + HO se fasse, il faut, pour 1 vol. HCl, qu’il y ait 1,2 volume d’air.
- Comment la réaction se fait-elle?
- On a essayé de l’expliquer par des équations successives (3), mais, en chimie,
- (1) La préparation qui donne la soude ammoniacale peut se résumer dansda formule suivante :
- NaCl + HO + AzH3 + 2 CaOCO1 2 = CaCl + AzH3 + NaOHO + CaOCO2 + CO2
- qui montre que le chlore est perdu sous forme de CaCl,
- Que l’ammoniaque ainsi que la moitié du carbonate de chaux se régénèrent.
- Que la moitié de l’acide cai’bonique est perdue.
- (2) La réaction elle-même dégage de la chaleur, elle élève de 230 degrés environ la masse des gaz en présence; ainsi lorsqu’un décomposeur est maintenu à une température de 3G0 à 380 degrés et qu’on y lance les gaz, la masse se met d’elle-même assez rapidement à la température de 450 degrés.
- Il n’est donc pas étonnant que le Deacon soit un procédé économique au point de vue du combustible.
- (3) D’après Hensgens, on a :
- 6 CuCl = 2 (CuCl + 2 Cu*Cl) + 2 Cl
- 2 (CuCl + Cu2Cl) — 3 Cu2Cl + Cl
- 3 CuaCl + 30 = 3 CuO + 3 CuCl
- 3 CuO + 3 CuCl + 3 HCl = 6 CuCl + 3 HO
- D’après une autre théorie, on aurait :
- 2 CuO + 2 HCl = 2 HO + Cu2Cl -f Cl
- Cu2Cl + 2 0 = 2 CuO + Cl.
- Les deux réactions se passeraient à la même température.
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- on peut expliquer tout ce qu’on veut par des équations; c’est un simple jeu d’arrangements, combinaisons ou permutations, qui ne signifie rien lorsqu’on omet d’introduire dans l’équation un terme important : le terme des éléments calorifiques qui seul donne la clef des permutations admissibles.
- Je crois, du reste, que lorsqu’un simple contact de passage suffit pour qu’il y ait une réaction, la nature ne procède pas par des équations successives; ses moyens sont bien plus simples que les échafaudages que nous construisons pour les expliquer lorsque nous ne les comprenons pas.
- Il en est de cela comme des vérités mathématiques : V = 4/3 nr3 est un axiome, une vérité simple et non une résultante ; mais nous n’arrivons à la comprendre qu’après avoir subi l’enchaînement ininterrompu des syllogismes de huit livres de géométrie.
- Quoi qu’il en soit, la réaction Deacon est un fait dont la thermochimie donnera la raison et que Deacon, l’inventeur, faute de mieux, a expliqué par la force catalytique.
- Pour ma part, je ne crois pas que cette réaction soit due à une réaction particulière aux sels de cuivre.
- En effet, Sainte-Claire Deville a montré qu’aux températures les plus élevées que puisse supporter un tube de porcelaine, le gaz chlorhydrique ne subit qu’une décomposition insignifiante. Si on y ajoute de l’oxygène, on voit déjà à la température rouge se former du chlore et de l’eau, mais la réaction est fort incomplète. Elle réussit mieux en présence de corps poreux, pierre ponce, brique pilée, kieselguhr (farine d’infusoires), oxydes de fer, tel que résidus de pyrites, oxydes de manganèse, de chrome et de plomb (1).
- La première réaction de Hensgens est impossible. Au point de vue termochimique elle exigerait une température de 3 000 degrés environ.
- Les trois autres seraient possibles.
- Remarquons que les trois premières équations d’Hensgens peuvent être réunies en une seule comme l’a fait Riche.
- Soit : 2 CuCl + O = CuGl + GuO + Cl
- et la quatrième peut se réduire à :
- CuCl + GuO + HCl = 2 CuCl + HO
- Ces deux équations sont possibles.
- Les deux équations de la deuxième théorie sont également possibles.
- (1) Dans le cas des oxydes de fer, il n’y a pas à craindre la volatilisation du chlorure de fer, ce corps ne pouvant exister à la température à laquelle se fait la réaction soit, 900 degrés environ.
- La fonte elle-même jouit d’une action décomposante très notable à une température déterminée. Dans un appareil en fonctionnement régulier un défaut de tirage dans la cheminée amena un jour le surchauffeur des gaz à s’échauffer jusqu’à atteindre 900 degrés. On a aussitôt constaté que les gaz sortant du surchauffeur contenaient jusqu’à 3 p. 100 de chlore en volume avant leur entrée dans le Deacon.
- Bien entendu, on se hâta de remédier à cet état de choses qui eût détruit très rapidement la fonte du surchauffeur par brûlage et non par attaque.
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- Certains sels la facilitent encore, mais il semble que ce soit le chlorure de cuivre qui ait la propriété d’opérer la décomposition partielle la plus avancée et à la plus basse température, c’est-à-dire à partir de 450 degrés.
- La décomposition ne peut donc être attribuée à une réaction particulière du chlorure de cuivre, lequel paraît simplement être le corps dont l’action de présence facilite le mieux la décomposition du gaz chlorhydrique par l’oxygène, sous l’influence de la chaleur.
- En exagérant la quantité de chlorure de cuivre en présence ou en élevant la température du milieu, on n'arrive pas à des résultats plus complets.
- Examinons maintenant la pratique du procédé Deacon.
- Tout d’abord, il sort d’un four à sulfate deux espèces de gaz chlorhydrique. Les 2/3 de la totalité s’échappent de la cuvette, et 1/3 se dégage de la calcine (1).
- Prenons les gaz de la cuvette.
- Ils en sortent mélangés d’air et de vapeur d’eau à une température relativement peu élevée. Leur mélange présente une composition très variable suivant l’âge de l’opération ; mais on peut en prendre la composition moyenne. Pille est environ en volume de : 50 p. 100 de gaz chlorhydrique, 25 d’eau et 25 d’air plus ou moins pur.
- Il faut condenser cette eau dans des appareils spéciaux, mais sa condensation entraîne celle de 10 p. 100 environ du gaz chlorhydrique; le liquide, marquant 21 à 24 degrés Baumé suivant la température ambiante, est recueilli; c’est autant qui échappe déjà à la transformation en chlore.
- Il reste donc 90 p. 100 du gaz chlorhydrique de la cuvette étendu d’air et formant un mélange gazeux composé de : 1 volume gaz chlorhydrique, 3 volumes d’air.
- La teneur en acide chlorhydrique par mètre cube a donc notablement diminué entre le four à sulfate et l’arrivée au Deacon, tant par suite de la condensation qu’à cause des rentrées d’air par les joints de l’appareil qui fonctionne sous dépression.
- (1) En effet, il arrive dans l’opération une phase de stabilité où, à la température de 120 degrés; le mélange pâteux présente la composition :
- NaO,HO + 2 SO3 et ne dégage plus trace NaO,S03 de gaz chlorhydrique
- NaCl
- A ce moment, un séjour plus prolongé dans la cuvette devient complètement inutile et c’est alors qu’on le fait passer dans la calcine où, la température étant plus élevée, la réaction s’achève.
- Cette phase est tellement stable qu’elle a donné à M. Laurent l’idée de ses fours à calcine séparée et indépendante des cuvettes. On peut détourner à l’air et transporter à la calcine commune, même à grande distance, la masse pâteuse des cuvettes sans qu’il s’en échappe trace de gaz.
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- Ce mélange, 1 volume HCl, 3 volumes air, arrive en présence du chlorure de cuivre dans un appareil décrit dans tous les ouvrages.
- Il sort de ce contact un mélange gazeux composé, en volume, de :
- Cl = 8 p. 100 , HCl = 9 —
- * HO = 8 —
- air =75 —
- dont il faut séparer le gaz chlorhydrique et la vapeur d’eau par condensation, égouttages, lavages et séchages. Après cette séparation, il reste donc 8/83 du volume en chlore, soit environ : 10 chlore, 90 air, en volume que les rentrées d’air réduisent à 5 ou 7 chlore, 93 ou 93 air en volume.
- En définitive pour 100 kilos d’acide chlorhydrique donné par la cuvette, on obtient 60 kilos de cet acide transformé en chlore et il reste 40 kilos d’acide non transformé (1).
- Comme la cuvette n’a livré que les 2/3 de l’acide chlorhydrique total dégagé du sel, il résulte que pour 100 de chlore du chlorure de sodium, il y en a, au maximum, 40 réellement convertis en chlore. Donc, rien que par l’emploi des gaz de la cuvette, le rendement en chlore de 40 p. 100 est déjà supérieur à celui du Weldon, avec cet inconvénient que les gaz sont plus dilués, mais avec cet avantage que les 60 p. 100 qui restent, au lieu d’être perdus à l’état de chlorure de calcium, peuvent être ramenés à l’état gazeux et retourner à la décomposition.
- Ce n’est qu’une question de progression géométrique décroissante dont pratiquement la somme des termes ne dépasserait guère 5 ou 6, et permettant de transformer en chlore à peu près tout l’acide chlorhydrique dégagé du chlorure de sodium.
- Je m’arrêterai ici un instant pour faire une remarque.
- J’ai dit que pour 100 kilos d’acide chlorhydrique dégagé de la cuvette (soit pour 90 kilos arrivant à l’appareil décomposeur) il sort de ce dernier 60 kilos transformés en chlore : soit un. coefficient de décomposition de 2/3 pour l’acide qui traverse le chlorure de cuivre, c’est ce qu’on appelle le percentage.
- (1) D’autre part l’acide chlorhydrique et l’eau ainsi séparés donnent de l’acide chlorhydrique à 18 et 14 degrés.
- Il en résulte qu’à partir de la sortie des gaz de la cuvette, on obtient p. 100 HCl sortis de la cuvette :
- 1° Avant l’entrée au Deacon :
- 10 p. 100 en volume à 21°/24° AB.
- 2° Dans le Deacon :
- 60 p. 100 à l’état de gaz chlore.
- 3° Après la sortie du Deacon :
- Bp. 100 à 18°
- 25 p. 100 à 14°
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- Il ne faudrait pas en conclure que ce coefficient 2/3 (ce percentage) est un critérium, un point d’équilibre de réaction ; car, dans un appareil bien construit dont la garniture est neuve, la décomposition peut atteindre jusqu’à 88 p. 100 et il est probable même qu’on pourrait, en perfectionnant l’appareil, arriver à un percentage encore plus élevé. Lorsque la garniture vieillit, le percentage s’abaisse peu à peu, tombe à 30, à 25 et peut-être même plus bas.
- C’est pour éviter les inconvénients de cette décroissance progressive, que le décomposeur est divisé en sections dont les garnitures sont renouvelées à tour de rôle. De cette façon, le percentage s’établit d’une façon régulière à 65 ou 66. Cette quasi fixité n’est donc pas un fait chimique, mais un régime moyen, stable et perfectible.
- Examinons maintenant ce qui se passe, si nous envoyons vers le Deacon les gaz de la calcine. Comme ceux de la cuvette, ils ont une composition très variable suivant l’âge de l’opération, mais on peut prendre leur composition moyenne à la sortie du four et on trouve qu’un mètre cube contient en volume environ : «
- Cuvette. Calcine.
- Gaz acide..........
- Eau................
- Air plus ou moins pur
- 50 p. 100 20 p. 100
- 25 — 40 —
- 25 — 40 —
- Avant d’arriver au Deacon, il se condense environ 40 p. 100 des gaz acides à un degré moyen de 22 à 24 degrés AB et ne contenant que 3 à 5 p. 100 SO3. HO.
- Par suite de cette condensation, il reste donc 60 p. 100 des gaz acides de la calcine, étendus d’air et formant un mélange gazeux dilué par les rentrées d’air jusqu’au Deacon où il arrive avec la composition : 1 volume gaz acides, 9 volumes air, c’est-à-dire 3 fois moins riche que pour la cuvette.
- Le Deacon transforme également les 2/3 en chlore et il en sort un mélange
- gazeux contenant en volume : Cl 3
- HCl 3
- HO 3
- Air 91
- 100
- dont on sépare l’eau et l’acide chlorhydrique par condensation, égouttages, lavages et séchages; ce qui donne de l’acide chlorhydrique à 15 à 18 degrés AB.
- En résumé, pour un four dont la cuvette et la calcine sont reliées au Deacon, il y a 52 p. 100 de la production d’acide chlorhydrique qui sont transformés, le reste est condensé.
- La pauvreté des gaz de la calcine affaiblit la teneur moyenne en chlore du
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- gaz final ; mais cet affaiblissement peut être considérablement diminué, si Ton remplace la calcine classique par certains appareils spéciaux et méthodiques (1).
- Ce n’est donc pas la dilution des gaz qui ferait rejeter l’emploi des gaz de la calcine dans le Deacon, mais un fait d’une nature toute différente.
- ..... Lorsqu’on emploie ces gaz de la cuvette, l’action de présence du chlorure de cuivre, sans être infinie, ne diminue que très lentement : c’est ainsi que 1 kilogramme de chlorure de cuivre permet d’obtenir 800 à 1000 kilogrammes de chlorure de chaux, sans que le rendement moyen, cité plus haut, s’affaiblisse sensiblement.
- Si nous ajoutons aux gaz de la cuvette ceux de la calcine, la puissance de la masse décomposante décroît plus vite ; si, enfin, on n'emploie que les gaz de la calcine, elle tombe avec une grande rapidité.
- C’pst ce qui fit dire parfois que le Deacon était un appareil capricieux. Il n’en est rien cependant. Son fonctionnement, comme celui d’un organisme vivant, dépend avant tout du régime auquel on le soumet.
- Le Deacon n’est pas plus capricieux que ne le serait un patient condamné à des alternatives de jeûnes et d’indigestions. Avec une alimentation régulière, que ne peut lui donner le four à moufle ordinaire, il devient le plus docile des instruments.
- On a, depuis longtemps, remarqué que la présence de l’acide sulfurique dans les gaz abrège rapidement l’action de la garniture; et je puis dire que ce n’est pas, comme on pourrait le croire, parce qu’il agit sur le chlorure pour le transformer en sulfate, car Deacon, au début, employait le sulfate de cuivre et non le chlorure (2).
- L’acide sulfurique diminue la porosité de la masse minérale par suite de la sulfatisation des bases : chaux, oxyde de fer, alumine, qui s’y trouvent naturellement.
- L’acide sulfurique est le grand ennemi, et par suite l’acide sulfureux dont on ne paraît pas s’être assez préoccupé.
- Or, les gaz de la calcine arrivant au Deacon contiennent jusqu’à 2 p. 100 de leur volume en acides sulfurique et sulfureux (et le chlore convertit ce dernier en acide sulfurique). C’est ce qui rend si nuisible l’emploi des acides de la calcine.
- (1) Le four Laurent rend complètement indépendants le travail de la cuvette et celui de la calcine.
- Il en résulte que la calcine peut travailler d’une façon continue et uniforme sans attendre à vide l’opération parfois en retard de la cuvette. Cette dernière est remplacée par cinq ou six petites cuvettes dont les opérations sont échelonnées.
- De là une composition sensiblement uniforme des gaz de la cuvette comme de la calcine.
- (2) Le calcul démontre du reste qu’au contraire, si la garniture du Deacon était imprégnée de sulfate de cuivre au lieu de chlorure, le courant gazeux se chargerait de transformer lui-même ce sulfate en chlorure et mettrait en liberté l’acide sulfurique, lequel viendrait alors attaquer les parois et les briques ou s’échapperait en vapeur. .
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- Retenir l’acide sulfurique qui persiste, en partie, à l’état anhydre dans les gaz de la calcine, a toujours été une difficulté; on a tenté, sans grand succès, les tours remplies de coke, de poterie ou même de blocs de craie et arrosées d’eau; on a essayé l’addition de la vapeur. M. Laurent a été plus heureux en imaginant de faire couler dans une tour de l’acide muriatique concentré; celui-ci retient presque tout l’acide sulfurique entraîné par les gaz, mais l’acide sulfureux la traverse encore et reste à peu près intact.
- C’est alors que j’ai songé à emprunter à Hargreaves son ingénieuse réaction, non plus dans le but de faire du sulfate, mais pour faire absorber, à haute température, par un grand excès de briquettes poreuses de sel, l’acide sulfurique et l’acide sulfureux des gaz.
- Or, la température du Deacon s’y prête parfaitement; on y a créé un compartiment spécial d’entrée des gaz rempli de briquettes de sel. Les gaz s’y dépouillent complètement de leur acide sulfurique et sulfureux en s’enrichissant de leur équivalent d’acide chlorhydrique, ce qui élève notablement la température de la masse; de plus, il se forme déjà une certaine quantité de chlore par le fait seul du passage des gaz sur la masse poreuse de sel (1).
- Au bout d’un certain temps, on remplace la garniture de sel, très imparfaitement transformée en sulfate, et on achève la conversion totale en le passant au four à sulfate.
- Ce compartiment spécial de briquettes de sel, au lieu d’être placé au Deacon même, peut se mettre immédiatement à la suite de la calcine et être chauffé par un petit foyer auxiliaire.
- L’avantage que présente cette nouvelle disposition est qu’on fait passer dans le purifîeur les gaz apportant leur température de la calcine et avant qu’ils soient étendus des infiltrations d’air recueilli en route. L’inconvénient est qu’on surchauffe une première fois les gaz sortant de la calcine, pour les refroidir ensuite afin de les dépouiller de leur eau (ce qui augmente les appareils refroidisseurs) ; et, qu’une fois refroidis, on les surchauffe de nouveau pour entrer dans le Deacon. La pratique n’a pas encore bien nettement indiqué quelle est la meilleure des deux solutions.
- Telle est la situation actuelle du Deacon et, pour moi, il n’a pas dit son dernier mot.
- Son installation, à production égale, ne coûte pas sensiblement plus que
- (1) En effet les réactions :
- NaCl + SO2 4- 2 0 = NaOSO3 + Cl NaCI 4- SO3 4- 0 = NaOSO3 4- Cl
- donnent lieu à un dégagement considérable de chaleur et suffisant pour que la présence de 2 p. 100 de SO2 et SO3 en volume dans le mélange gazeux élève la température de ce mélange gazeux de 30 degrés environ.
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- celle du Weldon ; elle exige moins d’entretien, de main-d’œuvre et de combustible.
- Le reproche qu on lui a souvent fait, et qui peut s’adresser à d’autres procédés nouveaux concurrents, c’est de donner des gaz pauvres; mais cette critique n’est pas bien sérieuse, et je puis dire que, pour qui a bien étudié les conditions d’hygrométrie et de température les plus favorables à la réaction, le problème de faire du chlorure de chaux très riche, avec des gaz ne contenant même que 2 p. 100 de chlore, ne présente guère de difficultés.
- Quel est l’avenir du Deacon?
- Il est évidemment lié à ce qui reste d’avenir à la soude Leblanc et au sulfate de soude consommé par la verrerie.
- Dans cette poussée tumultueuse vers le progrès, dans cette légion de découvertes de toutes natures, qui fait que, chaque soir, on se demande si, dans l’invention du jour, on trouvera un auxiliaire ou un ennemi, bien imprudent serait celui qui voudrait prédire quel sera demain le sort du combattant le mieux armé d’aujourd’hui.
- Actuellement c’est le Deacon, demain c’est l’inconnu, et peut-être même cette électricité que nous avons côtoyée pendant tant de siècles sans presque en soupçonner l’existence.
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- PROCÉDÉ ANGLAIS DE FONTE d’aNTIMOÏNE PAR EDWARD RODGER (1).
- Pour utiliser le procédé anglais, il faut que les minerais soient exempts de plomb et d’arsenic ; car ni l’un ni l’autre de ces métaux ne peut être éliminé.
- Le minerai employé est un sulfure mêlé de quartz, la slilénite des minéralogistes, et qui contient environ 82 p. 100 d’antimoine métallique.
- Le minerai arrive en Angleterre ordinairement en petits morceaux et est expédié en sacs dont la moyenne est de 50 kilos. Le minerai est broyé sous des meules et passé au travers d’un crible grossier. Les plus gros morceaux qui peuvent passer sont de la grosseur d’une noisette, pendant que la plus grande partie du minerai consiste, par conséquent, en particules plus petites, variant depuis la grosseur d’un pois jusqu’à la line poussière.
- Après la trituration, on prépare un échantillon qui est essayé pour indiquer la quantité de métal que donnera la réduction.
- Le procédé de fonte consiste à réduire le sulfure d’antimoine au moyen du fer métallique et la fusion se fait dans des creusets chauffes dans de très longs fours à réverbère.
- Le four est un massif arrivant au niveau du sol et qui a 2m,80 de largeur sur
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- 16m,50 de long, y compris un foyer à chaque extrémité; le carneau conduisant à la cheminée les produits de la combustion se trouve au milieu pour répartir également le tirage.
- Il est fortement armé de plaques de fonte maintenues par des montants et des tirants en fer.
- Les creusets sont introduits par le haut à travers des ouvertures pratiquées dans la voûte; ils pèsent 19 kilos.
- Ces creusets ont 50 centimètres de hauteur. Ils sont faits d’un mélange d’argile réfractaire et de plombagine exempte de fer. Voici l’analyse des deux sortes d’argile employées :
- STOURBRIGE. HEXHAM.
- Eau (HaO) 7,00 7,4 i
- Silice (Si02) 69,00 59,05
- Alumine (AI203). 22,00 25,61
- Protoxyde de fer (FeO).. ...... 1,50 2,20
- Chaux (CaO) 0,49 0,88
- Manganèse (MgO) 0,54 0,75
- Potasse (K20) 0,41 1,97
- Acide titanique (TiO») 0,18 1,53
- Soude (Na20). < . 0,18 0,28
- 101,12 99,71
- Après séchage complet, ils sont chauffés soigneusement jusqu’au rouge, dans des fours convenables avant d’être placés dans le fourneau. Ces fours sont de simples chambres, pourvues sur le devant d’une porte haute, et communiquant au sommet avec la cheminée. Au-dessous est un foyer, au-dessus duquel est bâtie une voûte basse dont le sommet est nivelé au moyen de revêtements d’argile réfractaire et est percé d’ouvertures en nombre convenable afin de laisser passage à la flamme du foyer dans la chambre supérieure. Les creusets sont placés sur la sole en laissant les trous libres. Quand la chambre est pleine, la porte est fermée et lutée; on fait un feu doux qui est poussé avec précaution jusqu’à ce que les creusets soient à la chaleur rouge cerise; on les maintient à cette chaleur le temps nécessaire.
- Le four contient 42 ouvertures sur deux rangs. Les creusets les plus proches des foyers, à chaque extrémité, sont gardés pour l’affinage du métal, tandis que les autres sont répartis, selon la convenance, pour les premières et secondes fontes du métal. La charge de chaque creuset est de 19 kilos de minerai, de 7 kilos de ferraille, de lks,7 de sel commun et 450 grammes de scorie d’une fonte antérieure.
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- Naturellement ces poids varient avec chaque minerai, mais celui donné ci-dessus est exact pour un minerai à 52 p. 100.
- Les débris de fer doivent provenir de fer et non de fonte ; il faut préférer le fer étamé; on pense généralement, ce qui n’a pas été vérifié, que le peu d’étain qu’il contient blanchit l’antimoine qui en résulte. Une partie de la ferraille éta-mée est assemblée en masse assez large pour couvrir librement le dessus du creuset. Ces paquets pèsent environ 6 kilos et un seule suffît pour chaque charge, le reste du fer dont on a besoin provient de tournures ou de poinçonnage et est mêlé avec le minerai, en même temps que le sel, dans une pelle à charger.
- Le mélange du minerai, du sel et du fer est coulé dans le creuset au moyen d’un entonnoir, le paquet de ferraille tassée est jeté en dernier, de manière à former une sorte de couvercle; l’orifice du four est alors fermé avec son couvercle pendant une heure environ et alors on examine de nouveau le creuset. Dans l’intervalle une nouvelle charge est pesée, toute prête à mettre dans le creuset quand celui-ci sera vide. Comme la charge fond, le paquet de fer du sommet tombe et est graduellement absorbé, le fer réduisant l’antimoine à l’état métallique et étant lui-même converti en sulfure. Le fer aide à la séparation de la scorie et contribue à augmenter la fusion des matières siliceuses du minerai.
- L’ouvrier examine de temps en temps le creuset pour s’assurer si la fusion se fait convenablement, et enfonce le paquet de ferraille avec une barre de fer. Le temps nécessaire à la fusion et à la décomposition varie avec la position occupée par les creusets; on fait environ quatre fontes par creuset en 12 heures, le minerai le plus riche est celui qui fond le plus vite. En face de chaque creuset, excepté ceux qui servent au dernier affinage, est placé un moule conique en fonte pourvu d’un couvercle. Lorsque la fusion est complète, le creuset est retiré, et son contenu est versé dans le moule, qui est aussitôt fermé avec son couvercle; le creuset est aussitôt rechargé.
- Le moule est percé au fond d’un trou circulaire d’environ 2Cm ou moins; le métal ne s’échappe pas par ce trou, parce que la première partie, qui touche le moule, se refroidit et empêche le reste de s’échapper; le but de ce trou étant de faciliter le démoulage de la masse fondue, quand elle est froide, au moyen d’un marteau et d’un poinçon. Quand la masse est enlevée du moule, l’antimoine réduit qui est au fond est séparé de la scorie. Le métal, obtenu par ce procédé, est le régule connu sous le nom de singles; voici l’analyse d’un échantillon de ce métal :
- Antimoine.............................. 91,63
- Fer.......................................• • • 7,23
- Soufre. . ............... . . ...................... 0,82
- Matière insoluble................................. . »
- 99,68
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- On voit par cette analyse que ce régule contient une grande quantité de fer, qui provient de la nécessité d’employer un excès de fer pour réduire la totalité de l’antimoine du minerai ; l’opération suivante consiste à enlever ce grand excès de fer, et en même temps d’affiner le métal. Pour cela, on fond le régule avec une petite quantité de sulfure d’antimoine pur; on se sert dans ce cas de sulfure fondu.
- Pour la seconde fusion, la charge est de 38 kilos de régule en fragments, et de 3 kilos à 3kg,5 de sulfure d’antimoine fondu, avec lkg,7 de sel comme fondant. Quelquefois on se sert de sel de soude qui paraît très avantageux. La réaction dans cette fusion est pareille à celle de la précédente opération, l’excès de fer du métal réduisant le sulfure d’antimoine pur à l’état métallique, et étant lui-même converti en sulfure de fer. On brasse avec précaution, afin d’exposer le moins possible l’outil de fer à l’action du sulfure d’antimoine. Lorsque la fusion est complète, la masse est soigneusement écumée au moyen d’une cuiller en fonte attachée au bout d’un long manche, le métal est ensuite coulé dans des moules identiques à ceux dont on s’est servi précédemment. On appelle le régule provenant de cette fonte star boxais, et chaque fusion fournit environ 36 kilos.
- Un échantillon de ce second métal a donné à l’analyse :
- Antimoine.........................................99,53
- Fer. ............................................... 0,18
- Soufre. ............................................. 0,16
- 99,87
- Si la surface des cristaux de ce métal est couverte de taches brillantes, ces taches sont un signe certain de la présence du soufre, et le métal ainsi marqué est dit enfariné. Pour enlever ce soufre, une autre fonte est nécessaire; et comme il est d’usage dans le commerce de vendre l’antimoine en lingots plats et cristallisés, il est nécessaire de prendre des précautions afin d’obtenir l’apparence cristalline par laquelle l’acheteur juge de la pureté du métal. Ces deux résultats sont atteints en refondant le métal avec un fondant particulier.
- Pour obtenir ce fondant, on opère à peu près comme il suit :
- Trois parties de potasse d’Amérique ordinaire sont fondues dans un creuset avec deux parties de sulfure d’antimoine naturel. Quand la fusion est tranquille, la masse est coulée et essayée, afin de voir si elle fournit une bonne cristallisation.
- Le personnel de chaque four se compose d’environ trente-six hommes et trois femmes, en dehors de la fabrication des creusets. Le charbon employé est d’environ 22 tonnes par semaine.
- Environ 11 creusets produisent une tonne de métal raffiné; mais on pourrait réduire le chiffre des creusets avec un travail intelligent, et le rapport du métal fini, produit un minerai donnant 52 p. 100 de métal, par un fourneau semblable, est d’environ 14 tonnes et demie, ou un peu plus, par semaine.
- Une grande volatilisation seproduit dans les creusets ; le métal se condense dans Tome VII. — 91e année. 4e série. — Avril 1892. 31
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- les carneaux des fours qui, pour cela, présentent un grand développement; on peut dire qu’environ 10 p. 100 de la quantité d’antimoine contenue dans le minerai est volatilisée, et que la plus grande partie en est condensée, mais certainement, il s'en perd inévitablement une certaine partie.
- La poussière de condensation est un corps blanc, lourd et un peu cristallin, ayant une certaine ressemblance avec l’arsenic, quoiqu’il ait une couleur plus grise. Elle contient environ 70 p. 100 d’antimoine métallique. La fonte de cette poussière se fait de la manière suivante : on fait un essai préliminaire pour s’assurer de la quantité de carbone, sous forme de coke ou d’anthracite, nécessaire pour réduire tout l’antimoine existant dans la vapeur. Puis la poussière mélangée à la quantité de charbon voulue est introduite par petites quantités à chaque charge de minerai et de fer dans la première fusion.
- On estime la valeur de chaque échantillon, non par l’analyse, mais par l’apparence, et un bon échantillpn de métal doit avoir les caractères suivants :
- Les cristaux doivent être bien nets; le métal doit être blanc et brillant, et non terne et couleur de plomb. Enfin, lorsqu’on brise le lingot, les cristaux doivent être grands, et leurs surfaces exemptes de taches, qui sont le signe de la présence du soufre dans le métal, ce qui constitue l’impureté la plus fâcheuse; de ce dernier point, surtout, dépend la valeur attribuée à l’échantillon soumis à l’estimation.
- Le docteur Beadman trouve le procédé défectueux en ce qui concerne les creusets. On devrait chercher à s’en passer, parce que la méthode de fonte par creusets est très coûteuse. Chaque creuset coûte 3 fr. 10, et tous ensemble ne remplissent qu’une faible partie du fourneau.
- Un haut fourneau a été établi, à titre d’essai, pour fondre l’antimoine, mais ce fourneau était très bas et marchait avec du minerai pauvre, le but étant de produire autant de fumée que possible, pour être recueillie, puis réduite par le carbone. Un fourneau à réverbère a été essayé, mais il ne paraît pas bien fonctionner.
- On ne fond plus d’antimoine en Ecosse, le travail ayant été suspendu faute de minerai; Newcastle est actuellement le siège de cette industrie.
- [Journal of the Society of Chemical mdustry.)
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- La sériciculture en Asie Mineure. — L’industrie de la soie en Asie Mineure s’est relevée, à partir de l’année 1885, d’un état d’anéantissement presque complet causé par les ravages de diverses maladies de vers à soie qui ont ruiné également les magnaneries de France et d’Italie.
- Cette renaissance est due en grande partie à un Anglais, M. Griffitt, qui s’établit à Bournabat, village voisin deSmyrne, et là fit les plu s grands efforts pour augmenter l’aisance des cultivateurs turcs et les revenus de leur pays par l’élevage des vers à soie. Les travaux de M. Griffitt datent d’environ cinquante ans; longtemps avant M. Pasteur, il étudia les maladies des vers à soie, mais, tandis que le célèbre physiologiste français obtenait des encouragements et l’appui de son gouvernement, M. Griffitt luttait seul contre l’inertie, l’ignorance et l’hostilité des fonctionnaires turcs et contre l’envie et le manque de scrupule de quelques-uns de ses voisins. Il se déclara l’un des premiers disciples de M. Pasteur, il applaudit à ses découvertes, les mit en pratique et compléta ensuite les méthodes données par le grand chimiste.
- Actuellement, en France, les magnaneries sont très éprouvées. Dans un rapport présenté à la Chambre des députés vers le commencement de l’année 1891, on peut voir le triste état de cette branche d’industrie : en effet, si les travaux de M. Pasteur ont permis de vaincre la pébrine, un autre mal terrible, laflacherie, fait partout des ravages; pour les combattre et pour venir en aide aux sériciculteurs, le rapport précité concluait à la demande de quelques millions de francs.
- Pendant ce temps-là, M. Griffitt avait créé seul une exploitation scientifique de vers à soie; en tenant compte à la fois des découvertes de M. Pasteur et de la méthode d’un Suisse, M. Roland, il obtiût, en 1885, 2k,74 de cocons par gramme de graine couvée, ce que l’on considérait à cette époque comme un splendide résultat: en 1890 sa récolte fut de 3k,20. Ces nombres sont certifiés par M. Char-mand, chef, dans le district de Smyrne, de la direction générale de l’administration de la Dette publique ottomane, à Constantinople. M. Charmand les a recueillis dans les magnaneries mêmes de M. Griffitt et les a cités dans un rapport adressé à ses supérieurs.
- M. Griffitt eut encore, l’année dernière, un nouveau succès : il obtint 3k,23 de cocons par gramme de graine couvée. Il semble donc qu’en présence de ce fait, l’exploitation de Bournabat soit destinée à être, dans un bref délai, une des premières écoles de sériciculture du monde et le principal entrepôt des graines de vers à soie.
- [Journal of the Society of Arts).
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- Tubes sans soudure. — Depuis quelques années, on a fait de grands progrès dans la fabrication des tubes sans soudure longitudinale. Le résultat, que l’on cherche à obtenir, est de former des tubes dans lesquels la soudure, qui est un point faible, soit supprimée, et dans lesquels le métal soit distribué d’une manière homogène. La supériorité de ces tubes est manifeste, parce que la résistance d’un tube soudé n’est pas celle du métal dont il est fait, quelle que soit sa qualité, elle est celle de la partie la plus faible, c’est-à-dire la soudure. Il ne faut donc pas s’étonner si tant d’essais ont été faits pour fabriquer des tubes sans soudure, également résistants dans toutes leurs parties. Quelques-uns de ces essais ont bien réussi, tandis que d’autres ont échoué. Le dernier procédé, ayant donné des résultats pratiques, est celui de MM. Taylor et Challen, de la fonderie Derwent, à Birmingham. Le système de fabrication de ces industriels n’est pas arrivé tout d’un coup à la perfection; c’est le résultat d’un travail persévérant et continu pendant plusieurs années.
- Ce procédé consiste dans le façonnage progressif d’un disque d’acier qui, se creusant et s’allongeant de plus en plus et changeant graduellement d’épaisseur et de diamètre, finit par constituer un tube parfait. L’acier, dont on se sert, est de différentes qualités, selon l’usage auquel les tubes sont destinés. Les disques circulaires sont d’abord estampés, puis passés sous une première presse. Ils passent ensuite dans des matrices successives, d’une profondeur graduellement croissante et d’un diamètre décroissant jusqu’à ce que le disque ait pris la forme d’un tube fermé à l’une de ses extrémités, d’environ 25 à 30 centimètres de longueur et de 5 à 7,5 centimètres de diamètre. Après chaque estampage, le tube en cours de fabrication est soumis à un léger recuit qui s’opère dans deux vastes fours. L’allongement final se fait au moyen de bancs à tirer horizontaux. Le tube métallique est étiré à travers des orifices, de plus en plus étroits, sur des mandrins qui décroissent d’une manière correspondante et l’épaisseur du métal diminue aussi uniformément. Les tubes sont encore recuits après chaque passage ; de temps en temps leurs extrémités ouvertes sont régularisées dans une machine spéciale; enfin les tubes terminés sont coupés à la longueur voulue.
- Telle est la méthode ingénieuse de MM. Taylor et Challen pour la fabrication de tubes sans soudures, étirés à froid. On fait ainsi des tubes dont les diamètres peuvent varier entre 9mm,5 et 38 millimètres et dont la longueur peut atteindre de 3 mètres à 3m,35. Ces tubes, partout où ils ont été employés, ont donné des résultats très satisfaisants.
- (Iron.)
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- SEANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 11 mars 1892.
- Présidence de M. Tisserand, Président.
- M. le Président fait part de la mort de M. Charles Millot, constructeur, membre de la Société, à Gray (Haute-Saône).
- M. Hure', rue Lafayette, 218. —Machines-outils. (Arts mécaniques.)
- M. Joseph Gigar, passage de la Folie-Regnault, 14. — Composteur universel. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. le Directeur de l’Exposition internationale Cycles et Sports offre un emplacement pour l’exposition des appareils, engins ou publications de la Société. Cette exposition aura lieu du 12 mars au 3 avril, dans les locaux de la Plaza de Toros, 58, rue Pergolèse.
- M. Péraux, négociant à Nancy. — Réglettes à calcul. (Arts mécaniques.)
- MM. les Petits-Fils de François de Wendel et Cie, à Hayange (Lorraine). — Rapport sur les essais faits en vue de reconnaître la qualité et les propriétés de résistance des produits de MM. de Wendel et Cie, par M. Tetmajer (Traduction française de M. Ed. Meister, ingénieur civil). (Bibliothèque.)
- M. Périssé, membre de la Société, fait hommage de son rapport à l’Exposition universelle de 1889, classe 59, sur les machines, instruments et procédés usités dans divers travaux. (Bibliothèque.)
- M. Louis Figuier fait hommage de la 35e année (1891) du recueil qu’il publie sous le titre de Année scientifique (Bibliothèque.)
- M. Barbiche, rue de Chézy, à Neuilly-sur-Seine. — Nouvelles ruches d’abeilles. (Agriculture.)
- M. Cuenin, à Beaumont (Haut-Rhin). —Agriculture et économie rurale dans le territoire de Belfort. (Agriculture.)
- M. Decaux, rue du Marché, à Neuilly-sur-Seine. — Réponse aux critiques de M. le docteur Henneguy, insérées dans son rapport à la Société entomologique de France, sur l’histoire naturelle de l’Anthonome du pommier. (Agriculture.)
- M. Lorenz Albert Groth, ingénieur civil. — Brochure intitulée : Application de Vélectricité au tannage. (Arts chimiques.)
- M. le Ministre de l’instruction publique et des beaux-arts annonce, à l’occasion du prochain congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne, qu’aucune lecture ne sera admise si les auteurs, au préalable, n’ont soumis leurs manuscrits au Comité, {Bulletin.)
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- M. Risler, membre du Conseil, fait hommage des Annales de l'Institut national agronomique, n° 12, 11e et 12e années,, 1886-1887, et 1887-1888 (Bibliothèque.)
- M. Ch. Lavollée, membre du Conseil, présente une Étude sur la loi des patentes, par M. G. Petitpont, manufacturier à Choisy-le-Roi, membre perpétuel de la Société.
- Cette étude résume la législation des patentes, ainsi que celle des portes et fenêtres, et signale les modifications qui pourraient y être apportées utilement pour l’industrie des cuirs et peaux.
- Le travail de M. Petitpont, approuvé par le syndicat général de l’industrie des cuirs etpeaux, pourra être consulté avec profit dans la bibliothèque de la Société.
- M. le Président remercie M. Lavollée de la présentation de la brochure de M. Petitpont. (Bibliothèque.)
- Rapports des Comités. — Scrutateur électrique. — M. J. Carpentier fait, au nom du Comité des arts économiques, un rapport sur un scrutateur électrique instantané de M. Legoaziou.
- Le Comité pense que le système de M. Legoaziou peut être classé parmi ceux qui fourniraient les meilleures solutions, et que ses appareils, sauf les modifications secondaires que pourraient indiquer les études de construction, seraient propres à assurer le service pour lequel ils ont été conçus.
- Le Comité des arts économiques propose donc de remercier M. Legoaziou de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Accidents du travail. — M. Gibon présente, au nom du Comité de commerce, un résumé des travaux de M. E. Gruner, ingénieur civil des mines, sur les accidents du travail :
- 1° L’étude des lois d’assurance en Allemagne;
- 2° Les lois de patronage et d’assistance ouvrière en Autriche ;
- 3° Une étude d’ensemble des lois d’assistance ouvrière en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Ce dernier travail, publié par la Société des ingénieurs civils, a été récompensé par une médaille d’or.
- M. E. Gruner a présenté encore d’autres travaux importants sur ces mêmes questions à la Société de législation comparée.
- Le Comité de commerce propose au Conseil de remercier M. E. Gruner de lui avoir communiqué ses importants travaux, et aussi de vouloir bien ordonner l’insertion du rapport de M. A. Gibon, dans le Bulletin de la Société.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Porcelaine d'amiante. — M. F. Garros fait la communication suivante : Il n’existe pas de fibres plus petites que celles de l’amiante; leur diamètre varie entre 0mm,0016 et 0mm,00020. Avec de pareilles fibres, on devait donc produire facilement une poudre d’une extrême ténuité, et, sjil était
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- possible d’agglomérer les particules de cette poudre sans addition de corps étrangers, il est évident que, dans certaines conditions, la matière poreuse ainsi formée posséderait entre les particules constituantes des interstices (pores) d’une finesse incomparable.
- La composition chimique de l'amiante (silicate du magnésie et de chaux) m’a fait penser que cette poudre devait, avec l’eau, fournir une pâte plastique pouvant acquérir par la cuisson une certaine dureté. En conséquence, voici comment l’on procède :
- On pulvérise de l’amiante, ce qui se fait assez difficilement dans un mortier, mais avec la plus grande facilité au moyen des appareils employés dans l’industrie. Avec la poudre obtenue, on fait une pâte avec de l’eau ; cette pâte, malaxée, est ensuite étendue d’eau, raffermie, malaxée à nouveau, et sert à faire des objets de formes quelconques par n’importe quels procédés de façonnage déjà employés dans l’industrie des porcelaines. Si l’on veut avoir un objet très homogène, le procédé par coulage doit être employé de préférence. En cuisant ces objets en cazette à une température de 1700°, on obtient une porcelaine d’une translucidité comparable à celle de la porcelaine ordinaire; de là le nom de porcelaine d’amiante que j’ai donné à cette nouvelle matière. Et si l’on chauffe pendant 18 heures à 1200°, on obtient alors la porcelaine d’amiante poreuse, légèrement jaunâtre, ou très blanche, si l’on a eu soin de laver la poudre d’amiante avec de l’acide sulfurique. Cette nouvelle matière possède des pores d’une finesse telle qu’ils sont à peine perceptibles au microscope. J’ai fait des coupes microscopiques dans la porcelaine d’amiante et dans la porcelaine ordinaire : il est facile de voir en les examinant que les pores de la nouvelle porcelaine sont beaucoup plus petits que ceux de la porcelaine ordinaire. Une simple expérience permet de le constater, et fait voir en outre que les pores de la porcelaine d’amiante, contrairement à ceux de la porcelaine ordinaire, ne se laissent pas pénétrer par les micro-organismes : en effet, lorsqu’elle a filtré de l’eau pendant deux mois, il suffit, pour lui rendre son débit primitif, de la laver avec une éponge imbibée d’eau chaude;
- Ces avantages, et de plus la propriété de l’amiante d’être inattaquable par la plupart des agents chimiques, m’ont fait penser à l’utiliser d’abord pour la filtration et la stérilisation de tous liquides. Dans ce but, MM. les docteurs Durand-Fardel et Badois ont fait des expériences avec l’eau de la Vanne, contenant 1 200 colonies par centimètre cube, avec des bouillons de culture de bacille typhique, de bactéridie charbonneuse, avec de l’eau contenant de la levure de bière et avec du vin rouge, contenant de la levure alcoolique et des bacilles caractéristiques d’une maladie des vins d’Algérie. Ces messieurs ont constaté que la porcelaine d’amiante retient tous ces microbes, bacilles, levures, sans altérer en rien la composition des liquides filtrés, pas même la coloration du vin. La glycé-
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- rine des vins ne passait pas à travers ia porcelaine ordinaire : j’ai constaté qu’elle passait sans altération, de môme que les vinaigres, la bière, les huiles lubrifiantes ou comestibles, l’acide sulfurique, chlorhydrique, etc., à travers la nouvelle porcelaine, qui jouera dès lors un rôle important dans ces différentes industries, où l’on recherchait une matière ayant ces propriétés. J’ajoute même que ses propriétés seront toujours identiques, même fabriquée en grand comme elle commence à l’être déjà, puisqu’elle est faite exclusivement d’eau et de poudre d’amiante, dont la composition et la ténuité ne varieront pas sensiblement.
- La finesse et l’homogénéité de la poudre sont cause qu’elle possède un très grand nombre de pores, qui font qu’elle happe très fortement la langue et absorbe 43 p. 100 d’eau, tandis que la porcelaine ordinaire en absorbe seulement 22 p. 100. Cette propriété permettra de l’utiliser en plaques poreuses desséchantes dans les laboratoires; elle pourra également servir à faire des filtres destinés à la filtration des préparations chimiques.
- La porcelaine d’amiante filtre sans pression appréciable, son débit sous une petite colonne d’eau de 10 centimètres est de lsr,103 à l’heure par centimètre carré, et sous une pression de 40 mètres d’eau (pression moyenne, eau de la ville de Paris) une petite boule de 6 centimètres de diamètre, fournit 8 litres d’eau stérilisée dans une heure, et 100 litres environ dans 24 heures.
- M. le professeur d’Arsonval a constaté que des vases poreux pour piles électriques, en porcelaine d’amiante, avaient une résistance plus petite que les vases poreux ordinaires. Un certificat du laboratoire central d’électricité me permet aussi d’affirmer ce dernier fait, et de dire en outre qu’elle a un pouvoir isolant 2,73 fois plus grand que celui de la porcelaine employée jusqu’à présent.
- M. le Président remercie M. Garros de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts économiques.
- Locomotive à vapeur. — M. D.-A. Casalonga est heureux d’appeler l’attention de la Société d’Encouragement sur les perfectionnements que deux ingénieurs distingués, MM. Francq et Mesnard, ont apportés à la locomotive à foyer.
- Dans ces perfectionnements, le plus important consiste dans la substitution, au dôme ordinaire de la chaudière, d’un réservoir cylindrique longitudinal, réuni à la chaudière par des cuissards, et dans lequel le niveau de l’eau est élevé et se maintient assez normalement à la hauteur de son centre.
- A l’avant de ce réservoir, du côté du foyer, est disposé un détendeur de vapeur, suivi par un réchauffeur tubulaire qui traverse l’eau du réservoir. Comme la vapeur est produite dans ce réservoir à 12 ou 13 kilogr., et que la vapeur est détendue jusqu’à une pression moitié moindre, la vapeur détendue éprouve, en traversant l’air du réservoir, un certain échauffement, et arrive plus sèche aux cylindres, d’où elle peut s’échapper de trois manières différentes :
- 1° Elle s’échappe dans la cheminée, en y provoquant le tirage ordinaire;
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- 2° Elle s’échappe par un tuyau distinct, placé au centre de la cheminée, laquelle est alors encapuchonnée et ne donne lieu à aucun tirage ;
- 3° La cheminée étant toujours encapuchonnée, la vapeur se rend dans un condenseur spécial, formé dans les caisses à eau de la locomotive.
- Grâce à ce£ dispositions, la locomotive de MM. Francq et Mesnard, exploitée par la Compagnie continentale des locomotives sans foyer, jouit d’une grande élasticité de puissance, sans qu’il soit nécessaire de pousser le feu outre mesure, sans avoir à redouter un coup de feu au ciel du foyer ou à la première rangée des tubes, le chauffeur fût-il inexpérimenté.
- La grande quantité d’eau, et par suite la grande quantité de chaleur accumulée dans la chaudière, permet à la machine, au moment d’attaquer une rampe, de trouver dans la chaudière une abondante production de vapeur, sans effervescence, sans se préoccuper de l’abaissement du niveau de l’eau ni de l’alimentation.
- Ce grand effort de la chaudière peut même être obtenu sans le secours du foyer si, la rampe étant une allée fréquentée, bordée de maisons, il y avait lieu de supprimer momentanément le tirage, afin d’éviter l’écoulement de la fumée et l’entraînement des escarbilles.
- Le détendeur-réchauffeur a été indiqué déjà ou appliqué par divers ingénieurs, et tout d’abord, semble-t-il, parM. N.-J. Raffard en 1851. Malgré certains avantages, il offre, notamment pour les machines fixes pouvant effectuer des détentes prolongées, l’inconvénient de produire une notable perte de charge presque en pure perte.
- Toutefois, son application aux locomotives s’explique, non seulement en raison du réchauffage, mais parce que, avec la distribution par coulisse Stephen-son, la détente ne peut sortir des limites 40 et 50 centièmes de la course, qui correspondent à la moindre avance à l’échappement et à la moindre compression. La locomotive, sans aucune complication de mécanisme, est ainsi très maniable et d’un démarrage facile, la mise en train s’effectuant avec de la vapeur à pleine pression sur les pistons.
- Lorsque, par suite du passage d’un tunnel, par exemple, on veut supprimer jusqu’à l’échappement de la vapeur, celle-ci est amenée à la partie supérieure des caisses à eau, où, à l’aide de soupapes, l’air confiné à la partie supérieure est expulsé. Après quoi, par suite de l’injection produite par une pompe de circulation, prenant l’eau à la partie inférieure de la caisse, la vapeur affluente se trouve condensée au fur et à mesure pour un certain temps.
- Les perfectionnements qui viennent d’être indiqués conviendraient aux locomotives en général, mais ils sont plus spécialement applicables aux locomotives pour tramways, pour les lignes secondaires ou d’intérêt local, généralement à voies étroites, posées sur l’accotement des routes, accidentées, à fortes rampes et à petites courbes.
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- Le Comité de l’exploitation technique des chemins de fer a déjà jugé favorablement le nouveau type de locomotive, et, sans trouver qu’il y eût là une solution générale de la traction, il y a appelé l’attention des Compagnies de chemins de fer et de l’administration de l’Etat.
- Déjà cette administration fait suivre par M. Parent, ingénieur en chef du matériel et de la traction, la transformation d’une locomotive à six roues couplées, dont le volume d’eau a été doublé. Sur l’initiative de M. Sartiaux, la Compagnie du Nord, sous la direction de M. du Bousquet, fait construire d’après ces données une locomotive de service urbain et suburbain, qui fonctionnera, dès qu’elle pénétrera dans Paris, sans échappement de fumée et de vapeur.
- M. D.-A. Casalonga est persuadé que la Société d’Encouragement examinera avec intérêt la nouvelle locomotive, et que son Comité de mécanique trouvera que MM. Francq et Mesnard ont résolu d’une manière pratique un des problèmes les plus intéressants de la traction, notamment de la petite traction.
- M. le Président remercie M. Casalonga de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Séance du 25 mars 1892.
- Présidence de M. Tisserand, Président.
- M. le Président annonce la mort de M. Lutscher, membre du Conseil, qui avait été longtemps l’un des chefs de la maison de banque Heutsch, Lutscher et Cic. M. Lustcher était administrateur de la Compagnie d’assurances la Nationale et administrateur délégué de la Société des Houillères d’Epinac.
- La Commission des fonds de la Société, qui appréciait hautement son expérience des affaires et l’aménité de son caractère, l’avait choisi récemment pour son président.
- M. le Président annonce aussi la mort de M. Edouard Jaquiné, inspecteur général des ponts et chaussées, membre correspondant de la Société, à Nancy.
- M. Cadet, rue Camille-Desmoulins, 8. — Système de mécanisme pour les tricycles et voitures légères. (Arts mécaniques.)
- M. Dutheil, rue du Château-d’Eau, 55. —Pédale autodifférentielle appliquée à la locomotion pédestre. (Arts mécaniques.)
- M. Ch. Rivage, avenue Bosquet, 40. — Travail sur les phénomènes de la lumière. (Arts économiques.)
- M. T.-A. Mosquera fils, chimiste industriel, à Caracas (Venezuela), remercie de sa nomination comme membre de la Société.
- M. Gauthier- Villars et fils font don à la Société de quatre volumes de l’Encyclopédie scientifique ou Aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Leauté, membre de l’Institut. — Transmission de la force motrice par air comprimé ou
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- raréfié, par M. A. Gouilly. — Etude calorimétrique de la machine à vapeur, par M. Dwelshauvers-Dery. — Distribution de F électricité, par M. R. V. Picou: — Résistance des matériaux, pari/. Duquesnay. (Bibliothèque.)
- M. Jules Siegfried adresse un exemplaire de la Proposition de loi relative aux habitations ouvrières qu’il a présentée avec un grand nombre de ses collègues députés. (Commerce.)
- Société alsacienne de constructionsmécaniques, Belfort-Mulhouse-Graffenstaden. — Crics à crémaillère, à manivelle de sûreté. (Arts mécaniques.)
- Les ouvrages suivants sont offerts à la Société :
- Par M. le Ministre de Vinstruction publique : Lettres de Catherine de Médicis, publiées par M. le comte Hector de la Ferrière, tome IV, 1570-1574. — Œuvres complètes d’Augustin Cauchy, publiées sous la direction scientifique de l’Académie des sciences et sous les auspices de M. le Ministre de Vinstruction publique, lre série, tome VII. — Œuvres de Lavoisier, publiées par les soins du Ministre de l’instruction publique, tome V ;
- La participation des ouvriers aux bénéfices et les difficultés présentes, par M. A. Gibon, membre du Conseil de la Société ;
- The sources of the nitrogen of our leguminous crops, par sir John Bennet Lawes et Joseph-Henry Gilbert;
- Note sur les conditions de recette des tubes de chaudières multitubulaires, par Ch. Compère, membre de la Société;
- Manuel pratique de phototypie, par J. Voirin, membre de la Société.
- Chambre de commerce de Paris. — Avis exprimés sur les principales questions soumises à son examen pendant l’année 1891.
- Annuaire de la Société des anciens élèves des Ecoles nationales d’arts et métiers, 1892.
- Bapport. — Iæ Lampe Rouennaise. — M. Prunier fait, au nom du Comité des arts économiques, un rapport sur une lampe à récupération désignée sous le nom de I^ampe Rouennaise.
- En résumé, la lampe de la Compagnie la Rouennaise constitue un spécimen bien compris de la lampe du système Wenham, et soutient sans désavantage la comparaison avec les modèles les plus nouveaux. Le Comité propose donc d’adresser à la Compagnie, par l’intermédiaire de son représentant à Paris, M. Despoisse, des remerciements à l’occasion de son intéressante communication et de voter l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Formation des mélanges. — M. T^ezé, professeur à l’Ecole d’agriculture de Grignon, fait une communication sur les nouveaux procédés de M. Paul Marix pour la formation rationnelle des mélanges.
- Pour obtenir des mélanges de corps fluides de densités différentes et non nui-
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- sibles, en vue de réaliser une émulsion plus ou moins stable, une réaction chimique ou un simple contact intime et passager, on amenait généralement ces corps, suivant les proportions requises, dans des récipients convenables ; on brassait la masse entière au moyen d’agitateurs, pendant que l’on faisait agir les agents physiques ou mécaniques à intervenir.
- Cette méthode ne donne aucune certitude d’obtenir un mélange tout à fait homogène, ni la possibilité de faire agir également les réactifs sur chacune des parties du mélange.
- Pour arriver au but que l’on poursuit, l’idéal serait de pouvoir grouper les corps, molécules par molécules, rigoureusement dans les proportions voulues ; mais les moyens de division dont nous disposons sont impuissants à nous donner les proportions dans ce fractionnement poussé jusqu’à l’élément des corps, car dans nos opérations usuelles un grand nombre de molécules des constituants échappent au fractionnement.
- M. Paul Marix est parvenu à résoudre ce problème difficile par un ensemble de conceptions ingénieuses, appuyées de raisonnements logiquement poursuivis. Son invention est la conséquence d’études et de raisonnements; il a su interpréter un fait d’expérience et en déduire l’application industrielle.
- Voici l’expérience qu’il a imaginée, et le principe sur lequel s’appuie l’élégante solution du problème cherché :
- M. Paul Marix a établi ce principe : il suppose un vase fermé que l’on remplit des deux liquides à mélanger ; une ouverture placée en un point quelconque du vase est munie d’un robinet; une fois le vase plein, on continue l’alimentation des liquides en ouvrant le robinet de façon à obtenir un écoulement rigoureusement égal à l’alimentation de la somme totale des deux liquides.
- On conçoit alors que le vase restera plein, et nous allons démontrer :
- 1° Que la surface de séparation des deux liquides s’établira constamment dans le plan horizontal de l’ouverture ;
- 2° Que les proportions à la sortie seront rigoureusement celles de l’alimentation.
- En effet, à l’origine, le liquide seul qui se trouvera en face de l’orifice sortira, tandis que la proportion de l’autre liquide augmentera dans le vase jusqu’à ce que son volume l’amène à affleurer à l’orifice.
- A partir de ce moment, les deux liquides sortiront forcément ensemble; et comme tout ce qui entre dans le vase doit en sortir, il est évident qu’à partir de ce moment les deux liquides sortiront en quantité égale à celle qui est introduite.
- Si on vient à changer l’ouverture de place, le régime se modifiera automatiquement jusqu’à ce quele plan de séparation vienne passer à nouveau par l’orifice.
- Cette théorie étant absolue, le résultat restera le même, quelles que soient la grandeur de l’orifice et la pression sous laquelle les liquides sont introduits ; d’où la conclusion formulée par M. Marix :
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- Réduire au minimum l’orifice de sortie et porter la pression au maximum.
- Ces principes fort simples donnent la solution industrielle de la formation rationnelle des mélanges.
- Si, au lieu de deux liquides, on en avait trois ou un plus grand nombre, les liquides de densités extrêmes affleureront aux parties supérieures et inférieures de l’orifice, et les liquides de densité moyenne s’établiront en couches pellicu-laires entre les deux extrêmes.
- Pour mettre en évidence la généralité de cette découverte ingénieuse, nous allons examiner ce qui se passera si l’on se sert par exemple d’un vase ouvert.
- Prenons un vase ouvert dans lequel un tube descend pour amener jusqu’au fond le liquide lourd, l’autre liquide arrivant par la partie supérieure. Etablissons le régime d’introduction des liquides dans les proportions voulues, jusqu’à ce que le plan du plus léger atteigne un niveau AA'.
- A ce moment, ouvrons le robinet de l’orifice de sortie de façon à ce que le débit soit égal à l’alimentation. On conçoit qu’à partir de ce moment, le niveau AA' restera fixe, tandis que le plan de séparation se déplacera peu à peu jusqu’à s’établir en face de l’ouverture, etle débit seferadansles proportions de l’arrivée.
- On comprend que l’on pourra, tout en maintenant le rapport des liquides à l’arrivée, diminuer indéfiniment l’orifice d’écoulement en élevant la hauteur de chute ou le niveau AA' jusqu’à ce que la charge corresponde au débit de l’alimentation.
- Signalons maintenant deux applications des plus intéressantes de cette théorie si nouvelle :
- M. Marix a utilisé la force de compression produite par des pompes, et dans ce cas on peut refouler les liquides à la vitesse énorme qui correspond à des pressions de 4 ou 500 atmosphères.
- Les liquides en expérience restant séparés jusqu’à l’orifice de sortie, on obtient par l’écoulement sous pression dans cet orifice capillaire un fractionnement des deux liquides et une juxtaposition de leurs molécules toujours dans des proportions constantes et mathématiques.
- D’autre part, il a déterminé ce qui se passe dans un vase ouvert tournant avec une grande vitesse. Prenons par exemple une turbine consistant en un tambour cylindrique tournant à plusieurs milliers de tours, et supposons que l’écoulement de sortie se fasse par un tube fixe, comme dans la turbine Burmeister et Waüs. Les liquides introduits dans la proportion voulue rempliront la turbine jusqu’à ce que la surface du plus léger vienne affleurer au tube d’emprise. A partir de ce moment, la sortie s’établira égale à l’alimentation.
- En raison de la force centrifuge, les liquides s’étant classés en deux cylindres concentriques, le cylindre intérieur est formé par le liquide le plus léger : en conséquence, au début, le liquide le plus léger sortant le premier s’écoulera jus-
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- qu’à ce que le plus lourd, dont le volume s’est accru, vienne affleurer à son tour ; et à partir de ce moment, le régime d’écoulement est établi et fixé conformément à la théorie de M. Marix.
- Il est intéressant de remarquer qu’à partir de ce moment, le liquide le plus lourd formera un cylindre d’épaisseur constante et sensible, tandis que le liquide léger ne restera toujours que sous forme de couche pelliculaire.
- Il résulte^de ceci que dans toutes ces opérations l’ouvrier n’a à se préoccuper que de l’alimentation.
- Cela est si vrai que, quelles que soient les chicanes que l’on dispose à l’intérieur de la turbine pour obtenir les classements divers des liquides introduits, le régime général s’établira comme nous l’avons dit plus haut : les liquides de densités extrêmes formeront les fonds du vase en rotation, et les liquides de densités moyennes viendront affleurer avec ceux-ci en couches pelliculaires à l’orifice du tube d’emprise, l’épaisseur des couches pelliculaires étant proportionnelle aux quantités respectivement introduites.
- Prenons l’exemple d’une turbine à diaphragme système Burmeister et Waüs.
- Alimentons, par exemple, avec de l’huile et de l’eau, et supposons un seul tube d’emprise au-dessus du diaphragme. Au commencement, l’eau seule passera au-dessus du diaphragme, remplira la chambre supérieure, tandis que l’huile s’accumulera dans la chambre inférieure ; l’eau s’écoulera par le tube d’emprise jusqu’à ce que l’huile accumulée arrive à l’ouverture circulaire du diaphragme et passe dans la chambre supérieure : à partir de ce moment, la chambre d’en haut sera remplie d’eau jusqu’au tube d’emprise, et l’huile s’établira en couche pelliculaire devant ce même tube ; la couche d’huile du bas restera constante et les liquides introduits s’éco uleront par l’orifice d’emprise dans les proportions voulues.
- Si, au lieu de deux liquides, nous en introduisons trois, il sera possible d’en extraire deux par un tube d’emprise en bas et un par le tube du haut. C’est cette dernière qui est appliquée par M. Marix pour la fabrication de la graisse alimentaire.
- On alimente la turbine avec du lait et de la graisse; on extrait par le tube du haut le petit-lait qui se sépare par l’écrémage, tandis que l’on recueille par le bas les proportions exactement dosées de crème et de graisse, et ces deux matières, en pénétrant simultanément dans le tube d’emprise, s’y émulsionnent avec l’aide du brassage actif produit par l’air entraîné.
- On comprend par ces raisonnements et ces exemples, combien la théorie des mélanges a fait de progrès dans la pratique nouvelle.
- La turbine n’agit pas comme appareil mélangeur, ainsi qu’on le croyait autrefois, en commettant une erreur grossière; au contraire, le turbinage a précisément pour effet et pour but de maintenir les liquides séparés, juxtaposés en couches pelliculaires, et de n’effectuer leur émulsion que pendant leur écoulement dans le tube de sortie.
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- M. le Président remercie M. Lezé de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- Soupape de sûreté. — M. S.-L.Dulac,ingénieur-constructeur à Paris,membre de la Société, fait une communication sur une soupape dite de sûreté.
- Même avec des dimensions exagérées, un appareil de ce genre ne saurait, sans une surpression dangereuse, évacuer automatiquement toute la vapeur qu’un générateur est susceptible de produire. Agir sur le levier pour aider au soulèvement du clapet est une manœuvre dangereuse : aussi de nombreuses dispositions ont-elles été préconisées pour augmenter le débit automatique des soupapes.
- Mais, s’il est facile d’utiliser l’énorme puissance disponible pour aider au soulèvement du clapet, il est plus difficile et cependant nécessaire de n’évacuer que la quantité de vapeur en excès, tout en limitant la surpression. Pour déterminer nettement les conditions d’un problème aussi délicat. M. Dulac a conçu un appareil enregistreur, que MM. Richard frères ont exécuté sur ses plans avec une remarquable habileté.
- Cet appareil trace simultanément, sur une même feuille, deux courbes superposées. La courbe supérieure indique les variations de la pression, la courbe inférieure indique le soulèvement du clapet au cours d’une expérience. La durée d’une expérience varie de 18 à 20m; l’amplification des mouvements permet de lire sur le diagramme les écarts de soulèvement de 1/20 de millimètre et les différences de pression de 25 grammes.M. Dulac présente cet intéressant appareil d’investigation.
- C’est grâce à cet enregistreur que M. Walkenaer, ingénieur des mines du département de la Seine, a pu réaliser ses belles expériences comparatives sur des soupapes de sûreté de divers systèmes, et déterminer nettement le fonctionnement de ce genre d’appareils.
- Le remarquable rapport de M. Walkenaer, dont l’impression a été votée par la commission consultative des machines à vapeur, a paru dans les Annales des Mines en août 1889.
- Les résultats obtenus dans ces expériences sont partiellement consignés dans le tableau suivant (p. 456).
- Les soupapes expérimentées par M. Walkenaer étaient construites avec précision, leur sensibilité était remarquable.
- La soupape expérimentée par M. Libert était de construction récente, mais sans précision : c’est le produit ordinaire de la plupart des constructeurs de robinetterie. Ces expériences ont donné lieu à des remarques aussi intéressantes qu’inattendues :
- 1° Si le débit d’une soupape varie avec le soulèvement du clapet, il varie d’une façon insignifiante avec l’accroissement de pression initiale;
- 2° La surpression nécessaire pour produire une levée déterminée du clapet,
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- augmente avec la pression initiale. A surpression égale, le soulèvement du clapet est d’autant moindre que la pression initiale est plus élevée;
- DÉBIT
- SURFACE SECTION DÉBIT par Sur- COEFFI-
- PRESSION c. q. CIENT
- DÉSIGNATION de de de la par heures du débit
- initiale. chauffe. grille- soupape. heure. de la section totale. pression. par c - q. heure-
- gr. mq mq cq kilog. kilog- gr- kilog.
- Type ordi- 1,750 35 T,50 29 675 23,300 0,150 20
- naire très 3,750 35 1,50 29 875 30 0,550 20
- précis. . 6,000 35 1,50 29 950 32,700 0,900 20
- Type du 6,000 24 0,80 28 329 11,700 2 kil. 6
- commerce.'
- Type Dulac à grand débit. . . 4,125 5,000 35 35 1,50 1,50 8,55 8,55 1010 885 120 104 0,175 0,400 100 100
- N. B. La soupape, type du commerce, a été expérimentée par Monnier-Libert, ingénieur des mines de l’État belge, dans une usine à Liège.
- 3° De ces remarques on peut conclure que, pour un même débit, soit en poids, soit en volume, la surpression augmente rapidement avec la pression initiale. On peut en conclure également que, pour déterminer la section d’une soupape en vue d’un débit maximum déterminé, il faut tenir compte uniquement du poids de vapeur que la chaudière peutproduire dans l’unité de temps, abstraction faite, soit de la surface de chauffe, soit de la pression initiale
- Les résultats consignés dans le tableau ci-dessus mettent en évidence l’insuffisance du soulèvement du clapet dans les soupapes ordinaires les mieux construites. Alors que le débit maximum de ces soupapes atteint 33 kilos par c. q. avec une surpression de 0,900 grammes, la soupape à grand débit atteint 120 kilos par c. q. avec une surpression de 0,175 gr. seulement.
- M. Dulac présente les diagrammes obtenus au cours des expériences consignées au tableau; l’allure des courbes donne une idée très nette des effets et des causes.
- Vraisemblablement la vapeur en écoulement éprouve sous le clapet une perte déchargé locale qui ne peut être compensée, dans les soupapes ordinaires, que par une surpression d’autant plus grande que le soulèvement du clapet est plus accusé et la pression initiale plus grande.
- Dans la soupape à grand débit, cette perte de charge locale est presque entièrement compensée par l’action de la vapeur, dans l’espace annulaire compris entre le prolongement tronconique extérieur au clapet, et l’ajutage cylindrique dans lequel pénètre le clapet et son prolongement. On réalise ainsi l’équilibre constant des forces et un soulèvement du clapet rigoureusement suffisant pour l’écoulement du fluide en excès.
- En outre, le levier est traversé par un couteau en acier qui s’engage dans
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- l’encoche inférieure d’un cylindre en acier dur. Pour éviter que le couteau puisse sortir de cette encoche, le cylindre traverse le levier de part en part, sans frotter sur les parois de l’orifice ménagé dans ce levier. Le cylindre d’acier est horizontalement engagé dans les flasques latérales supérieures d’un-support, fixé sur la bride de la soupape.
- La dernière colonne du tableau indique le coefficient de débit qui sert à déterminer le diamètre respectif de chaque genre de soupapes, pour un certain poids de vapeur écoulé par heure et par c. q. de la section totale. Ce coefficient donne des dimmensions telles que la surpression oscille entre 5 et dû p. 100 en plus de la pression initiale. Il convient de remarquer que la section des soupapes à grand débit est cinq fois plus faible que celle des soupapes de construction courante appliquées à la généralité des chaudières.
- Le progrès réalisé par la soupape à grand débit consiste donc à substituer, sans accroissement de dépense initiale, des soupapes de grande précision et d’une efficacité certaine, aux appareils dangereux qui, dans aucun cas, ne sauraient limiter automatiquement la pression.
- M. Dulac présente ensuite différents spécimens de soupapes à grand débit, répondant à des besoins industriels spéciaux ;
- Une soupape à levier avec enveloppe en fonte pourvue d’une large tubulure d’évacuation ;
- Une soupape à charge directe par ressort destinée aux locomotives ou aux chaudières de bateaux. Dans cette soupape l’air entrant par le courant de vapeur ajoute son action à celle de cette vapeur, pour comprimer la surcharge occasionnée par la compression du ressort pendant le fonctionnement de la soupape;
- Enfin la coupe en grandeur d’exécution d’une soupape régulatrice, exécutée d’après le programme de M. l’ingénieur Horsin-Déon.
- Ce remarquable appareil fonctionne depuis quatre ans en Belgique, dans la grande sucrerie de Veinze. Dans le cas considéré, la soupape fait fonction de robinet de prise de vapeur, avec cette particularité qu’elle ne livre de vapeur calorifère que la quantité produite au-dessus de la pression minimum, indispensable au fonctionnement régulier des moteurs de l’usine.
- Les applications de ce genre de soupapes se sont multipliées dans l’industrie sucrière, à laquelle elle rend de signalés services.
- En résumé, aucun doute ne subsiste sur le débit des soupapes ordinaires les mieux établies; la moindre imperfection dans leur exécution peut paralyser le fonctionnement et créer de sérieux dangers.
- Il est possible de transformer la soupape par l’addition d’un compensateur de forme appropriée, en un appareil précis, peu coûteux, faisant fonction de robinet de décharge automatique et limitant la perte de vapeur à la quantité nuisible.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Avril 1892.
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- M. le Président remercie M. Dulac de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Chronographes. — M. W. Schmidt présente à la Société divers modèles de chronographes pouvant mesurer jusqu’au dix-millième de seconde. Ces appareils sont toujours fondés sur le principe de Ceux qui ont déjà décrits par lui il y a près d’une année. C’est sur la régularité et la rapidité du mouvement du balancier d’échappement que reposent les mesures d’intervalles de temps ayant une durée inférieure à celle d’une oscillation.
- Un mécanisme spécial assure une amplitude constante de 360° à ce balancier, auquel est fixé l’index qui doit marquer les millièmes ou dix-millièmes de seconde. On amène cet index au zéro de la graduation : le ressort spiral est alors armé d’un demi-tour et le balancier ainsi au repos se trouve dans la même situation que le balancier libre à la fin d’une oscillation. Il est mis en marche et est arrêté par un courant électrique rompu au moment où l’observation commence, et rétabli quand elle prend fin. Le nombre de divisions parcouru sur la graduation par l’index donne la durée de l’expérience.
- Dans les nouveaux modèles de chronographes présentés par M. Schmidt, le balancier destiné à la mesure d’intervalles de temps inférieurs à une oscillation est rendu absolument indépendant du ressort moteur et de l’échappement. On amène l’index au zéro à l’aide d’un verrou spécial. Le balancier, en fer doux, est maintenu dans sa position de départ par l’action d’électro-aimants dans lesquels passe un courant qu’on règle à l’intensité voulue. Ces électro-aimants deviennent inactifs et dégagent le balancier au commencement de l’expérience pour entrer de nouveau en fonction et l’arrêtera la fin. Ce dispositif est combiné do façon à éviter les temps perdus qu’on rencontre dans beaucoup d’appareils de ce genre, à l’arrêt et à la mise en marche.
- Ces chronographes ont été appliqués à la mesure de la vitesse initiale d’un projectile. Au moment du départ, celui-ci coupe le courant en traversant un fil tendu sur un premier cadre. Le chronographe se met en marche jusqu’à ce que le projectile traverse un deuxième cadre et marque la fin de l’expérience.
- M. Schmidt explique comment la graduation de l’appareil en millièmes et dix-millièmes de seconde est facilitée par l’emploi d’un disjoncteur consistant en un corps pesant tombant qui, pendant sa chute, interrompt à différents points fixés d’avance et à des intervalles bien précis les courants des électro-aimants.
- M. Schmidt termine en appliquant l’un de ses chronographes à la mesure de la durée de chute d’une tige de métal tombant d’une hauteur très faible. Il montre que diverses expériences successives donnent très sensiblement les mêmes valeurs pour la durée de cette chute.
- Son chronographe a certains avantages sur ceux qui sont employés aujourd’hui. Il est portatif et n’exige aucune installation sur une base solide. Il peut
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- être placé près du fusil sans que la vibration des coups produise des erreurs. Il ne demande aucune connaissance spéciale pour s’en servir. L’aiguille part et s’arrête avec grande netteté. La lecture en est très facile, surtout avec la petite loupe placée pour cet usage. Les résultats comparatifs faits en divers polygones ont donné de bons résultats.
- M. le Président remercie M. Schmicltde son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts économiques,. -
- BIBLIOGRAPHIE
- JOURNAUX ET REVUES
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences. — Séance du 21 mars 1892. n° 12. — Sur les tensions des vapeurs saturées des différents liquides à la même tension, par Edmond Colot.— Sur l’origine des matières colorantes de la vigne ; sur les acides ^ ampélo-chroïques et la coloration automnale des végétaux, par Armand Gautier.
- Séance du 28 mars, n° 13. — Sur le dosage du fluor, par Adolphe Carnot.
- Séance du 11 avril, n° 15. — Sur la chaleur spécifique, par Le Verrier.
- Annales des Ponts et Chaussées. — Janvier 1892. — Un tunnel sous la Clyde.
- Mémoires de la Société des ingénieurs civils. — Janvier 1892. — Sommaire de questions traitées. — Sommaire des ouvrages, mémoires et manuscrits reçus. — Séance du 8 janvier. — Séance du 22 janvier. — Étude de l’ensemble des lois et règlements qui réagissent actuellement la propriété industrielle en Allemagne, par D.-A. Cazalonga. — Compte rendu et notes techniques sur l’excursion en Hollande (2e partie), par E. Lippmann.
- Revue générale des Chemins de fer. —- Mars 1892. —Calculs de résistance des ponts métalliques, par Jules Michel. — Montage d’une locomotive en dix heures, par Edmond Sauvage. — Expériences sur la flexion des rails.
- Comité des Forges de France. — 29 mars 1892, nu 579. — Proposition de loi relative aux habitations ouvrières, présentée le 5 mars 1892, par M. Jules Siegfried et un grand nombre de ses collègues députés. f
- 8 avril, n° 586. — Rapport fait au nom de la Commission du travail sur les divers projets et propositions concernant la responsabilité des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail, et l’organisation de l’assurance obligatoire, par Louis Richard, député, déposé le 25 février 1892.
- Le Génie civil. — 26 mars 1892, n° 21. — Moteur rotatif Gloarec, par 0. Boulet. — Les nouveaux tarifs de grande vitesse des grandes Compagnies de chemins de fer, par G. Féolde.
- 2 avril, n° 22. — La locomotive électrique de MM. Bonneau et Desroziers, par Max
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- 260 BIBLIOGRAPHIE. ----- AVRIL 1892.
- de Nansouty. — Les nouveaux tarifs de grande vitesse des grandes Compagnies de chemins de fer (suite), par G. Féolde, — Essai de tir sur des plaques de blindage en acier spécial, à Sevran-Livry, par L. Bâclé.
- 9 avril, n° 23. — Grue de cent tonnes mue par l’électricité, de C.-J. Bâtes, par G. Foris. — Les nouveaux tarifs de grande vitesse des grandes Compagnies de chemins de fer (suite et fin), par G. Féolde.
- 16 avril, n° 24. — L’épuration des eaux industrielles, système H. Desrumaux, par F. Desquiens. — L’aluminium. — Prix de revient. — Nouveau procédé de M. Faure, par Henry Thiviel. — Les chemins de fer à crémaillère, de Lévy-Lambert, par Foris. — Dynamomètre de rotation de MM. Richard frères, par A. Gouilly. — Une cause de danger des canalisations électriques, par G. Lesourd.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. — Février-mars 1892. — Note sur les nouveaux chemins de fer de l’Oberland bernois, par P. Favre-Bourcart. — Rapport sur le travail « Fac et spera », présenté au concours pour le prix divers n° 11 (introduction d’une nouvelle industrie dans la Haute-Alsace), par B. Geigy. — Nomenclature raisonnée des plantes susceptibles de fournir des matières tannantes. Extrait du travail présenté avec la devise « Fac et spera » pour l’obtention du prix divers n° 11, par F.-E. Mafat. — Notes sur les jaunes d’alizarine, par Paul Werner.
- Bulletin de la Société internationale des électriciens. —Mars 1892, n° 86. — Rayonnement de la chaleur par la surface des machines dynamo-électriques, par Rechniewski. — Première application des tramways électriques à Paris, par Frank Géraldy.
- La Lumière électrique. — 26 mars 1892, n° 13. — Histoire chronologique de l’électricité, du galvanisme, du magnétisme et du télégraphe, par P.-F. Mattelay. — Appareil pour la fusion du fer dans l’air raréfié. — Isolants en pierre artificielle de MacLean.
- 2 avril, n° 14. — Applications mécaniques de l’électricité, par Gustave Richard. — Les premiers essais de traction automobile des véhicules par accumulateurs électriques.
- — Électrométallurgie de l’aluminium. — Le rendement des transformateurs en fonction de leurs capacités, par L.-B. Stülwell.
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- — Pyromètre électrique, par L. Callendar.
- 16 avril, n° 16. — Dissolution du cuivre dans les solutions de sulfate de cuivre, par F. Cintolesi.
- L’Électricien. — 19 mars 1892, n° 64. — L’extension progressive de l’éclairage électrique par stations centrales, par Em. Dieudonné. —Perceuse électrique amovible, par E. Meylan.
- 26 mars, n° 65. — Les indicateurs de pôles, par Aliamet.
- 2 avril, n° 66. — Mérite relatif des différents métaux comme conducteurs électriques, par A. Bouchon. — Un succédané du zinc, par E. D.
- 9 avril, n° 67. — Communication électrique des voitures d’un train, par Em. Dieu-donné. — L’emploi de l’huile comme isolant.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- Annales de Chimie et de Physique. — Avril 1892. — Nouvelle méthode de détermination du point critique. — Application de cette méthode au cas particulier de l’eau et à la recherche de la loi des tensions de la vapeur d’eau saturée, par Cailletet et Colardeau.
- Journal de Pharmacie et de Chimie. — 1er avril 1892, n° 7. — Sur un nouveau procédé industriel permettant de séparer directement la baryte d’un sel de strontium quelconque, par Adrian et Bougarel. — Sur un moyen simple de reconnaître les viandes congelées, par Maljéan. — Soudure du verre et de la porcelaine avec les métaux.
- 15 avril, n° 8. — Dosage de l’amidon, par Guichard. — Sur la dissolution du chlorure d’antimoine dans les solutions saturées de chlorure de sodium, par H. Causse.
- Moniteur scientifique. — Avril 1892. — Sur le procédé de L. Grabau, relatif à la production électrolytique du sodium, par N.-V. Klobukow.— Sur un nouvel alliage d’aluminium pour la fabrication des bidons et autres récipients, par G. Lunge. — Sur la corrosion du fer, par R. Irvine. — Alliage de cuivre et d’antimoine semblable à l’or.
- — Sur les moyens d’augmenter le pouvoir colorant des extraits de bois, par N. Soxhlet. Sur la caféine ; son extraction du thé, son dosage ; teneur en caféine des diverses espèces de thé commerciales, par P. Cazeneuve et A. Biétrix.
- Revue générale des Sciences. — 30 janvier 1892, n° 2. — La photographie des couleurs ; son principe ; ses progrès les plus récents, par G. Lippmann.
- 15 février, n° 3. — Sur les laboratoires d’enseignement chimique à Paris, par A. Le Bel. — Le perfectionnement dernier et final de la machine à vapeur, par V. Dwelshauvers-Déry.
- 29 février, n° 4. — Le progrès de l’artillerie, par A. Londridge, — La grande industrie chimique, par G. Lunge. — Matières colorantes et produits chimiques, par A. Guye.
- 15 mars, n° 5. — Les eaux potables et la méthode hydrotimétrique, par A. Lévy.
- — Le pourridié de la vigne et des arbres fruitiers, par C. Sauvageau.
- 15 avril, n° 7. — De la puissance de vaporisation dans les chaudières, par A. Witz.
- Revue scientifique. — 26 mars, 1892, n° 13. — La vitesse des trains, par Schœller.
- — Machine électrique à recensement. — L’usure des rails de chemins de fer. — L’électrocution aux Etats-Unis.
- 2 avril, n° 14. — La viticulture dans les Landes, par E. Ratoin. — Influence de la lumière électrique sur les plantes.
- 9 avril, n° 15. — La coloration artificielle des fleurs, d’après MM. Planchon et Houdas.'
- La Nature. — 26 mars 1892, n° 982. — Les compteurs horo-kilométriques pour voitures de place, par X.
- 2 avril, n° 983. — La conservation des fruits frais par le froid, par Alfred Benouard.
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- Bulletin de la Société française de Photographie. — 1er avril 1892, n° 7. — La photographie des couleurs, par Lippman.
- Journal d’Agriculture pratique. — 7 avril 1892, n° 14. — Le revers de la médaille, par E. Lecouteux. — Machine à arracher les pommes de terre, par H. Hitler. — Les insectes de la betterave, par Marcel Blanchard. — Le cheval de boucherie, par le Dr Hector George.
- Journal de l’Agriculture. — 23 mars 1892, n° 1301. — Recherches expérimentales sur l’assimilabilité de divers engrais phosphatés et la durée de leur action, par Garola. — Parasites animaux de la vigne, par L. Bignon et Kehrig.
- 30 mars, n° 1303. —Expériences sur les engrais en 1891, par Paul Genay. — La culture des abeilles, par Hommel.
- 2 avril, n° 1304. — La culture des abeilles, par Hommel. — Sur la suppression des fleurs de pommes de terre, par H. S.
- 6 avril, n° 1305. — Sur l’assolement, par A. de Villiers de VIsle-Adam. — Pomme de terre kernous, par De Pradel. — Ecrémeuse à réfrigérant, par G. Delante.
- 9 avril, n° 1306. — La question des levures de vins cultivés, par Boy-Chevrier. — Culture des plantes aromatiques aux environs de Pontarlier, par Fontaine. — Culture des prairies artificielles, par Bourgue.
- 20 avril, n° 1309. — La question des levures de vins cultivés, par Boy-Chevrier.
- OUVRAGES REÇUS
- EXPERIMENTS IN AERODYNAMICS, PAR S. P. LANGLEY.
- (1 volume grand in-i°: Smitlisonian institution, Washington, 1891.).
- La théorie du vol de l’oiseau a été, dans les cinq dernières années, l’objet d’un certain nombre de recherches et d’expériences importantes qui ont conduit à admettre que l’aile de l’oiseau fonctionne en général comme un véritable aéroplane ; il suffit, pour mettre ce fait en évidence, de composer le mouvement propre de l’aile avec le mouvement de translation de l’oiseau entier. Cette conception une fois admise, l’étude pratique de l’aéroplane revêtait le plus grand intérêt tant au point de [vue de la connaissance des conditions mécaniques du vol des oiseaux que pour guider les efforts de ceux qui cherchent à imiter ce vol en utilisant l’air comme voie de transport.
- Tel est le but de l’ouvrage de M. le professeur Langley : il renferme l’exposé des intéressantes expériences de l’auteur sur le déplacement d’une surface plane dans l’air et les conclusions auxquelles elles ont conduit.
- Pour mettre en mouvement ses ailes planes, l’auteur les a fixées à un appareil tournant, ou Whirling Table, composé d’un axe vertical mobile, partant à son extrémité supérieure deux bras horizontaux situés dans le prolongement l’un de l’autre et longs de 9m15. Lorsque l’axe tourne, les bras sont animés d’un mouvement de rotation et servent alors à entraîner les divers appareils dont l’auteur s’est servi, et qui sont
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- décrits dans les chapitres suivants de son ouvrage. La vîtess'e de rotation de l’appareil tournant est connue à chaque instant au moyen d’un tachymètre électrique.
- Le Suspended Plane sert à mettre en évidence l’action d’un courant d’air horizontal sur une aile plane inclinée. Il se compose d’une tôle mince carrée de 0m 32 de côté suspendue par un ressort à boudin à l’intérieur d’un cadre mobile lui-même autour d’un axe horizontal situé dans son plan. Cet instrument étant fixé à l’extrémité de l’un des bras de l’appareil tournant, la plaque prendra d’elle-même une certaine obliquité, en même temps qu’elle s’élèvera en cédant au ressort sous l’influence de la pression duvent.Un dispositif permet d’enregistrer d’une manière continue ces deux mouvements.
- Les expériences que l’auteur a décrites ensuite dans le chapitre IV ont pour but de déterminer la direction de la pression du vent, et de vérifier si, comme l’a énoncé Newton, son intensité varie proportionnellement au sinus carré de l’angle de la surface avec sa propre vitesse. L’appareil employé, le Résultant Recorder, se compose d’un axe vertical supportant un fléau de balance, mobile à la fois dans le sens vertical et dans le sens horizontal ; l’une des extrémités du fléau porte une plaque mince qui peut être fixée dans une inclinaison quelconque sur l’horizon, l’autre extrémité du fléau se termine par un crayon. Un dynamomètre enregistreur est placé sur la base même qui supporte le pivot vertical de l’appareil, en regard de la pointe de ce crayon : il se compose d’une surface verticale, recouverte par une feuille de papier, et donnant attache à quatre ressorts à boudin rectangulaires fixés d’autre part au crayon de l’extrémité du fléau. Pour se servir de cet appareil, on le fixe tout entier à l’extrémité de l’un des bras de l’appareil tournant : on conçoit alors que, le fléau obéissant dans une certaine mesure à la pression du vent, le crayon laissera sur la feuille de papier une trace qui, par sa longueur et sa direction, pourra donner l’intensité et la direction de la pression du vent.
- Les résultats de ces expériences, après d’habiles corrections, ont conduit l’auteur à affirmer que la loi de Newton est manifestement erronée : en particulier, si l’on suppose la surface en expérience inclinée de 3° sur l’horizon et si l’on prend pour unité la pression normale que le vent exerce sur elle, la composante verticale, ou composante de soutien, est, d’après Newton:
- sin25° Cos 5° = 0,0076,
- tandis que les expériences de l’auteur lui assignent la valeur 0,15 qui est vingt fois plus considérable.
- Le chapitre Y contient la description du Plane-Dropper et l’exposé des expériences faites avec cet appareil. Le Plane-Dropper consiste en une barre verticale sur laquelle peut glisser un curseur en aluminium disposé de manière que les frottements soient réduits autant que possible ; la chute totale du curseur est de lm 30. La barre verticale étant fixée à l’extrémité de l’un des bras de l’appareil tournant, on peut adapter au curseur placé au haut de sa course des ailes planes de formes diverses. Lorsque l’appareil tournant a acquis la vitesse uniforme voulue, un électro-aimant déclanche le curseur, qui tombe sous l’influence de la pesanteur diminuée de la composante de soutien : deux contacts électriques permettent d’enregistrer avec exactitude le temps de chute.
- Ces expériences avaient pour but :
- 1°) De montrer que la composante de soutien croît avec la vitesse horizontale de l’aéroplane ;
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- 2°) D’étudier l’influence de la forme de l’aile sur le temps de chute.
- Les résultats, représentés graphiquement par des courbes et exposés dans de nombreux tableaux numériques, sont très intéressants ; ils montrent, par exemple, qu’une aile longue et étroite est un support bien plus efficace qu’une aile courte et large de même surface.
- Le Comportent-Recorder (chap. VI) permet d’évaluer les composantes horizontales et verticales de la pression du vent. L’appareil tournant sert encore de support et de moteur à l’aile plane, mais par l’intermédiaire du Component-Recorder, auquel elle est directement fixée. Ce dernier appareil est une balance dont les bras, longs de lm,00, sont très mobiles à la fois dans le sens horizontal et dans le sens vertical : un ressort dynamomètre tend à maintenir le fléau dans un certain plan vertical ; et, si une force l’en éloigne, un appareil enregistreur permet de noter à chaque instant les excursions du ressort et par suite l’intensité de la composante horizontale de cette force. Si l’on suppose l'appareil tournant en mouvement, supportant le Component-Recorder auquel la surface plane est fixée, on. aura ainsi à chaque instant la composante horizontale de la pression du vent ; quantàla composante verticale, elle n’est mesurée que dans le cas où elle est égale au poids de l’aéroplane. M. le professeur Langley expose dans des tableaux et par de? courbes graphiques ses nombreuses expériences, qui portent : sur les vitesses correspondant au cas où la surface se soutient en planant; sur les variations de la composante horizontale de la pression, suivant la forme des ailes, l’angle qu’elles font avec l’horizon et leur vitesse; enfin sur le travail à dépenser pour mouvoir une surface plane dans l’air.
- La conclusion la plus importante est la confirmation de ce principe: Le travail nécessaire pour maintenir une aile plane en vol horizontal est d’autant moindre que la vitesse est plus considérable. Ces expériences montrent aussi que le problème de Vaerodromique, ainsi que l’auteur propose de l’appeler, n’est pas théoriquement impossible avec les moteurs dont nous disposons. Ainsi, d’après M. Langley, un moteur peut transporter dans l’air plus de 90 kilos par cheval-vapeur à la vitesse de 20m par seconde, tandis que son poids propre, chaudière comprise, peut être réduit au dixième de cette valeur.
- Dans les chapitres suivants sont présentées plusieurs séries d’expériences, les unes portent sur les propulseurs aériens, les autres sont relatives à la position du centre de pression de l’air sur) une aile plane en mouvement et à la mesure de la pression que supporte une aile normale à la direction du vent.
- Enfin M. Langley annonce qu’il étendra et complétera ses curieuses expériences dans une future publication.
- T. G.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Chamerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères. — 28677.
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- 91e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- MAI 1892.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MECANIQUES
- Rapport fait par M. Alf. Tresca, au nom du Comité des arts mécaniques,
- sur un graisseur pour machines de M. Egger, 4, rue des Charbonniers,
- à Paris.
- M. Egger, ouvrier ajusteur à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, a présenté à la Société d’encouragement un graisseur de son invention qu’il a pu appliquer notamment sur une des machines locomotives du chemin de fer de l’Exposition de 1889.
- Ce graisseur est destiné à amener l’huile dans le cylindre moteur lorsque les orifices ordinaires d’admission sont fermés et que la locomotive descend une pente plus ou moins prolongée.
- M. Egger a pensé qu’il y avait lieu de soigner tout particulièrement le graissage des parois du cylindre et du piston lorsque la machine fonctionne à vide, sans nouvelle admission de vapeur.
- L’appareil qu’il a imaginé dans ce but se compose d’un godet cylindrique A, fermé par un couvercle C, et communiquant par un tube E avec l’intérieur du cylindre à desservir.
- Une glace G permet de vérifier le niveau de l’huile dans le godet graisseur.
- En D se trouve une pointe conique dont la position variable permet de régler la quantité d’huile pouvant arriver vers le cylindre.
- Une grille cylindrique H sert à arrêter les corps étrangers qui pourraient être mélangés à la matière grasse.
- Le tube vertical E est fermé à sa partie inférieure par une soupape à siège Tome VII. — 91e année. 4e série. — Mai 1892. 3ï
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- ARTS MÉCANIQUES.' ---- MAI 1892.
- plat; un bouchon à vis F percé de trous inclinés sert de support à un ressort à boudin forçant la soupape à s’appuyer sur son siège.
- Une autre soupape B appuyée sur son siège conique B'par un ressort B'' permet, lorsqu’on le déplace à la main, de remplir avec une burette la capacité cylindrique du godet A.
- Toutes les fois qu’un certain vide tend à se former dans le cylindre,-la
- première soupape s’ouvre, une certaine quantité d’huile passe autour de son siège en même temps que la soupape B s’ouvre de dehors en dedans et permet à une petite quantité d’air de Tenir remplacer dans le réservoir A le même volume d’huile ayant passé parle conduit E.
- L’énergie du graissage peut varier en modifiant le passage du corps lubrifiant autour de la pointe D.
- Cet appareil, construit et expérimenté, a donné l’idée à M. Egger de perfectionner son graisseur afin de l’employer dans des conditions plus variées que celle qui vient d’être relatée.
- Avec de la vapeur à haute pression et en employant des ajutages coniques, il a pu constituer un petit injecteur dans lequel le liquide entraîné par le courant de vapeur n’est autre que la matière lubrifiante employée; mais cette disposition ingénieuse n’a pas encore reçu la sanction de la pratique et ne doit dès lors être mentionnée, dans ce rapport, que comme simple indication complémentaire.
- En résumé, le Comité des arts mécaniques vous propose de remercier M. Egger de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin avec une figure sur bois représentant l’appareil graisseur appliqué aux locomotives.
- Fin’. 1.
- Graisseur de M. Eiraer.
- Signé : Alf. Tresca, rapporteur,
- Approuvé en séance, le 8 avril 1892.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- 267
- --- MAI 1892.
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Alf. Tresca, au nom du Comité des arts mécaniques, sur
- une note présentée par M. L. Fayot, ingénieur de la maison lire gu et,
- RELATIVE A DES REMARQUES SUR. LE FREIN DE PRONY.
- Dans une note adressée à la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, étayant pour titre « remarques sur le frein de Prony », M. Fayot a cherché à tenir compte de deux causes d’erreurs qui peuvent vicier les résultats obtenus à l’aide du frein dynamométrique, tel qu’il a été réalisé par son inventeur, de Prony.
- La première est relative à l’influence du poids de la poulie de frein et de son levier, déterminant une pression supplémentaire sur les coussinets de l’arbre, et occasionnant, par suite,un travail de frottement qui absorbe une partie plus ou moins considérable du travail moteur disponible.
- Pour remédier à cette première cause d’erreur, M. Fayot propose d’exercer sur le levier du frein une action de bas en haut, au lieu d’agir en sens inverse, en appliquant, comme à l’ordinaire, des poids directement à.l’extrémité du levier.
- A l’aide d’une corde et d’une poulie de renvoi, cet effet de bas en haut se trouve produit, et il suffît d’attacher, à l’extrémité libre de la corde, des poids de valeur plus ou moins considérable.
- M. Fayot indique, dans sa note, qu’il suffit, dans le cas d’un frein non équilibré, de choisir comme poids P appliqué à l’extrémité libre de la corde un poids Q égal à celui de la poulie, additionné du poids q du levier du frein.
- R ajoute que si le frein doit servir à mesurer des travaux variables, la variation du moment, pris par rapport au centre de la poulie, de la force P appliquée à l’extrémité du levier, doit être obtenue, non plus en modifiant l’intensité de cette force, mais la longueur du bras de levier, ce qui revient à modifier, pour chaque essai, le point d’application de la force sur le levier du frein.
- Si l’équilibre du frein est obtenu au moyen d’une charge supplémentaire p, agissant sur le petit bras du levier, le poids à appliquer à l’extrémité libre de la corde devra être pris égal à cette charge supplémentaire p additionnée du poids de la poulie de frein Q et de celui q du levier du frein.
- Cette remarque, qui a surtout de l’importance lorsqu’il s’agit d’exécuter
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- ARTS MÉCANIQUES.
- MAI 1892.
- des essais de précision, avait été faite, au moins en partie, par M. Raffard qui, dans sa balance dynamométrique, s’est arrangé pour contrebalancer l’effet dû au poids propre de l’appareil de mesure.
- Une seconde cause d’erreur, signalée par M. Fayot, résulte de ce que, au bout d’un certain temps de fonctionnement, le sabot inférieur du frein dynamométrique vient à s’user d’un côté, que la longueur du frein diminue, de ce fait, dans une certaine mesure, et que ce déplacement est d’autant plus grand que l’arc d’embrassement du sabot sur la poulie est plus petit.
- M. Fayot fait remarquer que dans la disposition du frein à levier équilibré par une charge supplémentaire p, cette force p s’éloigne de la verticale passant par l’axe de l’arbre de la même quantité que la force P s’en rapproche, et qu’il suffit, pour éviter la seconde cause d’erreur qui a été signalée précédemment, de prendre, pour valeur de P, la somme p + q.
- p étant la valeur de la charge additionnelle servant à équilibrer le frein ; et q le poids du levier du frein.
- M. Fayot arrive à démontrer ce fait au moyen d’équations fort simples, développées dans sa note, et il fait encore remarquer que la condition nécessaire pour éviter complètement le travail supplémentaire de frottement de l’arbre sur ses coussinets, résultant de l’application du frein dynamométrique exigerait, pour être réalisée, que l’on ait :
- P = p -t- q + Q
- ce qui exigerait Q = 0, si l’on voulait satisfaire en même temps à la condition relative à l’usure.
- Il conviendrait donc d’employer une poulie de frein aussi légère que possible pour s’approcher de la condition précédente.
- La disposition ordinaire du levier de frein à deux branches inégales, et avec charge supplémentaire à l’extrémité du petit levier, élimine d’elle-même la seconde cause d’erreur qui subsiste seulement dans la disposition du frein à levier non équilibré.
- Le Comité des arts mécaniques vous propose de remercier M. Fayot de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin, avec la note de M. Fayot et les trois figures qui l’accompagnent.
- Signé : Alf. Tresca , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 8 avril 1892.
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- ARTS MECANIQUES
- REMARQUES SUR LE ERE1N DE PRONY, PAR M. FAYOT, INGÉNIEUR DE LA MAISON BRÉGUET
- Première remarque.—Soit un frein de Prony disposé comme l’indique la figure 1. Si nous voulons ne pas avoir à tenir compte du travail de frottement de l’arbre de la poulie dans ses coussinets, occasionné par le poids même de l’appareil, nous devons produire sur l’axe de cette poulie une réaction verticale, de bas en haut, égale au poids de l’appareil.
- On arrivera à ce résultat en choisissant un poids
- P = Q + q
- Q étant le poids de la poulie etq le poids du levier du frein.
- Si nous appelons n le
- nombre de tours de la poulie par seconde, le travail absorbé par le frein est :
- W = 2tcw/(P — p)
- p étant le poids que l’on doit mettre en A pour équilibrer le poids du levier lorsque l’appareil est au repos.
- Si nous appelons /" la distance horizontale du centre de gravité du levier à l’axe de la poulie, on a : pl=qln
- Q + q étant un poids constant pour un appareil donné, P devra donc aussi être un poids constant, et si nous avons à mesurer un travail
- Fi?. \.
- Fio-, 2.
- AV' autre que W, nous devrons faire varier l et non P;
- Si par exemple nous avons à mesurer un travail AV' = poids P à une distance de la poulie (fig. 2)
- ............... i-l.
- AV
- 2'
- , nous fixerons notre
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- Supposons maintenant un frein de Prony disposé comme l’indique la figure 3. Le travail absorbé pour un nombre de tours n par seconde est :
- \V = 2 t- n (P/ + p V — q 7")
- Si le contrepoids p équilibre exactement le poids du levier, c’est-à-dire si pl — ql" le travail absorbé se réduit à
- W = 2 TT il P/.
- Dans ce cas le travail de frottement de l’arbre dans les paliers sera évité si
- P p + Q + q.
- Deuxième remarque. — Lorsqu’un frein fonctionne, le frottement de la pou-
- Fig. 3.
- lie sur le sabot fixe du levier tend à pousser celui-ci dans le sens du mouvement de rotation. La pression augmente en c (fig. 1 et 3), le sabot s’use plus de ce côté que de l’autre et le bras de levier i du poids P diminue. Ce déplacement est d’autant plus grand que l’arc d’embrassement du sabot est plus petit.
- Dans le cas de la disposition représentée par la figure 1, il faut toujours faire une correction. Nous allons voir que dans le cas de la figure 3 on peut éviter de faire cette correction, ce qui a une certaine importance, étant donnée la difficulté de mesurer le déplacement pendant le fonctionnement de l’appareil.
- Reprenons pour cela l’équation du travail dans le cas de la disposition représentée par la figure 3.
- W = 2 iz n (P / + p l' — q 1")
- Et supposons que le levier soit déplacé vers la gauche d’une longueur e
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- / deviendra i — s, l deviendra /' + s et /" deviendra /" — s. Le travail absorbé par le frein sera alors
- d’où
- ou
- W = 2 7ï n [P (/—e) + p (/' + e) — q (/'' — e)l W’ — W = % 7; n (— P z + p z + q e)
- W' — W = 2 tc n £ (— P + p + q)= — 2 tc n e [P — [p + q)]
- On voit donc que si on aura
- P = P + q W' = w-
- C’est-à-dire que le travail absorbé par le frein sera toujours
- W — 2 t: n (P / + p l' — q /") ou
- W = 2iznPl
- dans le cas où p /' — q l" ; et cela quel que soit le déplacement du levier par rapport à l’axe de la poulie; c’est-à-dire quelles que soient les positions relatives de l’axe de la poulie et du plan vertical à partir duquel on mesure les bras du levier de P, de p et de q.
- On peut donc, à la condition de toujours maintenir P — p + q? prendre comme origine des bras de levier le plan vertical passant par le centre de gravité du levier.
- Dans ce cas, l’équation du travail devient
- W = 2 TU n (P 1 + pi)
- On devra alors déterminer la position du centre de gravité, mesurer les bras de levier / et l' des points de suspension de P et de p au plan vertical passant par ce centre de gravité, et mesurer le poids q du levier. Pour avoir le travail absorbé il suffira d’appliquer l’équation précédente en ayant soin de faire pendant l’expérience P — ^-hç'OuP — p — q.
- Pour réaliser pratiquement cette condition, on mettra en A (fig. 3) un poids égal à q, et on continuera à charger le frein par des poids égaux en A et en B. En opérant ainsi , il n’est même plus nécessaire de connaître d’avance le travail à mesurer, ni d’opérer par tâtonnements.
- Dans le cas que nous venons d’examiner, nous devons avoir constamment
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- ARTS MÉCANIQUES. — MAI 1892.
- P =p + q, et nous avons vu que pour éviter complètement le travail de frottement de l’arbre dans ses coussinets nous devions avoir
- P =p + q + Q.
- Pour éviter complètement ce travail de frottement nous devrions donc faire Q = 0. Nous ne pouvons pas arriver parfaitement à ce résultat, mais nous devrons prendre Q le plus petit possible.
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Imbs, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un
- appareil a mêler les cartes a jouer, présenté par MM. Biebler, à
- Puteaux.
- Malgré la futilité de son but, cet appareil ingénieusement conçu et élégamment exécuté par son auteur, modeste ouvrier ébéniste, n’est pas, par cela même, indigne d’un mot d’éloge de la Société d’Encouragement.
- Une boite en ébène ou bois verni, dont le socle s’allonge d’un côté, forme le petit meuble qui contient l’appareil. En bas du socle est un tiroir où tombent les cartes rangées l’une sur l’autre. Au sommet est l’orifice rectangulaire d’un compartiment recevant le jeu à mêler, et le contenant sans compression et debout. Dans cette position, les cartes posent d’un côté par leur talon sur une cloison en tôle ayant des évidements en forme de longues dents triangulaires dirigées du côté où sont les cartes.
- En baissant un manneton ou une touche, on abaisse un levier et on enclenche et met en tension un ressort qui met en activité un mouvement d’horlogerie, lequel retire petit à petit et toujours de côté la cloison d’appui. Les cartes s’enfoncent et tombent une à une, de-ci, de-là, rencontrant un plan incliné au bas duquel un ressort les fait se placer en ordre l’une sur l’autre dans le tiroir.
- Le Comité des arts mécaniques propose au Conseil de remercier MM. Biehler de leur intéressante communication, et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : Imbs, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 8 avril 1892.
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- FÉCULOMÈTRE POUR POMMES DE TERRE, PAR MM. AIMÉ GIRARD ET FLEURENT.
- La valeur commerciale des pommes de terre destinées à la féculerie, à la distillerie, à l’alimentation du bétail, dépend de leur richesse en fécule, et c’est, par conséquent, d’après cette richesse que leur prix devait être fixé.
- Jusqu’ici, l’agriculture et le commerce, en France du moins, ne se sont guère préoccupés de ce point de vue, mais dans d’autres contrées, c’est toujours d’après leur teneur en fécule que la pomme de terre industrielle et fourragère est vendue.
- Au moment où la culture améliorée de la pomme de terre riche et à grand rendement se développe dans notre pays, il est permis d’espérer que le commerce loyal adoptera bientôt cette manière de faire.
- Des procédés chimiques qui permettent de doser la fécule avec précision, il ne saurait être question en cette circonstance ; c’est à des procédés physiques, les seuls qui permettent d’opérer rapidement, qu’il convient de recourir.
- On admet, en général, qu’il existe un rapport constant entre la densité d’un tubercule et sa richesse en fécule. Cette proposition n’est pas absolument exacte, mais elle se rapproche assez de la réalité pour permettre de déduire de la mesure de la densité d’un lot de pommes de terre sa richesse approximative en fécule.
- Pour évaluer cette densité, divers appareils sont déjà à la disposition de l’agriculture et du commerce : balance hydrostatique de Reinmann, appareil de Stohman, etc., mais parmi ces appareils, les uns sont d’un prix relativement élevé, les autres d’un maniement délicat, et, par suite, leur emploi ne s’est, jusqu’ici, que fort peu répandu en France. 11 en est de même de la méthode qui repose sur l’immersion des tubercules dans des bains d’eau salée de richesse croissante.
- Ce serait chose fort désirable, cependant, que de voir, en attendant mieux, l’application de la méthode densimétrique à l’évaluation de la richesse féculente des pommes de terre se généraliser dans notre pays.
- Pour rendre cette vulgarisation facile, MM. Aimé Girard et Fleurent ont pensé qu’il serait possible d’adopter des dispositions plus simples que celles proposées jusqu’ici, et d’établir pour la mesure de la densité d’un lot de Tome VII. — 91e année. 4e série. — Mai 1892. 3o
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- pommes de terre un appareil d’un prix modeste et cependant d’une exactitude suffisante.
- L’appareil qu’ils ont imaginé et dont, avec leur autorisation, ML Digeon a spécialement entrepris la construction (1), est représenté sur la figure ci-jointe; il reproduit, dans des conditions qui assurent l’exactitude des mesures, le dispositif classique d’Archimède : la détermination de la densité y repose sur la mesure du volume d’eau déplacé par un kilogramme de pommes de terre; cette mesure est donnée par la simple lecture d’un vase gradué.
- Désigné par ses auteurs sous le nom de féculomètre pour pommes de terre, cet appareil comprend, principalement, un seau en fer-blanc de cinq litres environ de capacité, portant à la partie supérieure une hausse évasée, et à l’intérieur duquel peut être logé un panier métallique mobile et d’une légèreté aussi grande que possible. C’est dans ce seau que les pommes de terre, préalablement placées dans le panier, sont descendues, et c’est par la mesure du volume d’eau que les tubercules déplacent alors que doit avoir lieu l’appréciation de la densité.
- Pour éviter les erreurs qu’apporterait nécessairement à la mesure de ce volume la grande surface du liquide contenu dans le seau, MM. Aimé Girard et Fleurent ont disposé latéralement un tube de verre de 8 millimètres de diamètre intérieur, destiné à rendre l’observation plus précise ; ce tube porte un trait d’affleurement placé un peu au-dessus de l’orifice du robinet par lequel a lieu l’écoulement de l’eau. Dans le même but, ils ont donné à ce robinet une longueur très faible, en même temps qu’un bec horizontal pour atténuer les effets de la capillarité.
- (I) Le prix de l’appareil complet est de 13 fr. 30; on le trouve chez M. Digeon, constructeur-mécanicien, 17, rue du Terrage, à Paris.
- iüs§ggp
- Fig. I. — Féculomètre de MM. Aimé Girard et Fleurent.
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- Enfin, pour mesurer la quantité d’eau écoulée, ils emploient un ballon jaugé dont le col porte une graduation correspondant à des richesses comprises entre 12 p. 100 et 25 p. 100 de fécule et d’autant plus grandes que la quantité d’eau écoulée est moins abondante.
- En résumé, pour faire usage du féculomètre de MM. Aimé Girard et Fleurent, on opère de la façon suivante :
- 1° Le panier étant logé dans le seau en fer-blanc, on remplit celui-ci, jusqu’à 1 ou 2 centimètres au-dessus du robinet, d’eau prise à la température de la pièce où l’on opère; on ouvre le robinet et on laisse écouler l’eau dans un vase quelconque, en suivant attentivement la descente du niveau dans le tube latéral ; lorsqu’on voit celui-ci se rapprocher de la ligne d’affleurement, on tourne doucement le robinet, de façon à rendre l’écoulement plus lent, et enfin, au moment précis où la ligne de courbure de ce niveau (ménisque) prend contact avec la ligne d’affleurement, on ferme brusquement le robinet,
- 2° Les pommes de terre ayant été soigneusement échantillonnées, lavées, essuyées, on en pèse sur une balance ordinaire 1 kilogramme; pour faire l’appoint, on peut, sans inconvénient, employer un ou deux fragments;
- 3° Le panier est alors soulevé de façon à émerger de l’eau pour la plus grande partie, mais en restant cependant toujours à l’intérieur du seau, et dans ce panier on descend une à une, en évitant les chocs qui détermineraient la projection de l’eau au dehors, les pommes de terre qui composent le kilogramme pesé ;
- 4° On descend doucement le panier jusqu’au fond du seau, puis on l’agite légèrement et d’un mouvement circulaire de façon à faire remonter à la surface les bulles d’air entraînées;
- 5° Le ballon jaugé est alors placé au-dessous du robinet; on ouvre celui-ci, et on laisse écouler l’eau déplacée par le kilogramme de tubercules, en suivant, comme lors de la première opération, la descente du niveau dans le tube latéral, et en arrêtant l’écoulement au moment précis où, dans les mêmes conditions, l’affleurement se produit ;
- 6° On lit alors sur le col du ballon jaugé la graduation qui correspond au niveau de l’eau; celle-ci exprime, en centimètres cubes, le volume d’eau déplacé par le kilogramme de pommes de terre soumis à la mesure. Une table imprimée, jointe à l’appareil, donne enfin la richesse centésimale en fécule anhydre qu’indique la lecture de la graduation.
- L’appareil qui vient d’être décrit est depuis dix-huit mois en fonctionnement dans le laboratoire de M. Aimé Girard, au Conservatoire des Arts et
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- ^Métiers ; deux chimistes attachés à ce laboratoire, MM. Dagand et Pinaudier ont, à son aide, exécuté plusieurs centaines de mesures, et toujours l’essai répété deux fois sur le même kilogramme de pommes de terre a donné des nombres concordants, à 1 centimètre cube près ; on peut donc être sûr de son exactitude à 0,2 ou 0,3 p. 100 de fécule. C’est là, pour les transactions commerciales auxquelles la pomme de terre industrielle et fourragère peut donner lieu, une approximation largement suffisanté.
- PHYSIQUE
- SUR LES TEMPÉRATURES DÉVELOPPÉES DANS LES FOYERS INDUSTRIELS PAR H. LE CHATELIER, INGÉNIEUR EN CHEF DES MINES, MEMBRE DU CONSEIL.
- La mesure des températures élevées présente pour un grand nombre d’opérations industrielles une importance capitale. Si jusqu’ici des mesures semblables n’ont pas été faites plus fréquemment, c’est que l’on ne possédait aucun procédé assez simple et assez précis pour les réaliser d’une façon utile. Les tentatives isolées faites pour estimer la température des foyers métallurgiques avaient conduit à des résultats différant de plusieurs centaines de degrés. Tandis que Grimer avait estimé la température des fours à acier aux environs de 1 500 degrés, Langley leur a récemment attribué une température de 2 000 degrés. Dans les autres industries les incertitudes sont aussi grandes ; ainsi la cuisson de la porcelaine qui est habituellement estimée aux environs de 1 800 degrés s’effectue en réalité, comme je le mon-trerai plus loin, au-dessous de 1400 degrés; de même la distillation delà houille fixée habituellement à 1200 degrés est en réalité terminée vers 900 degrés.
- Les pyromètres thermo-électriques et optiques que j’ai étudiés permettent aujourd’hui de faire ces mesures de température d’une façon simple et précise. J’ai pensé à les utiliser pour reviser les témpératures des principales opérations industrielles. Le premier de ces appareils utilise la mesure de la force thermo-électrique d’un couple platine-platine-rhodié ; le second utilise la mesure de l’intensité des radiations rouges émises par les corps incandescents. La graduation de ces instruments a été faite en partant d’un certain nombre de points fixes dont les températures réelles ont été déterminées soit par Régnault, soit par M. Violle.
- HO Naphtaline Hg S Au Pd Pt
- 100 209 360 448 1045 1500 1773
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- Des expériences plus précises pourront peut-être modifier d’un petit nombre de degrés les points de fusion de l’or, du palladium et du platine; les expériences faites avec des pyromètres gradués au moyen de cette échelle de température ne seront pas perdues pour cela, car il sera toujours facile de faire subir à ces nombres la correction correspondante.
- Points de fusion et de transformation. — Avant de donner les températures des différentes opérations métallurgiques, je rappellerai les points de fusion et de transformation des métaux qui y sont élaborés :
- Fonte blanche très pure* Fonte de moulage.
- C = 4p. 100 C = 3.5 Si = 1.73 Ph = 0.5
- Fusion 1133° 1 220°
- Acier doux. Acier demi-dur. Acier dur.
- C = 0.1 Mn = 0.3 C = 0.3 Mn = 0.2 C = 0.9 Mn = 0.1
- Fusion
- Ferro-Nickel.
- à 25 p. d00 Ni 1 460°
- 1 475°
- Acier manganésé.
- à 13 p. 100 Mn 1430°
- 1 455°
- Bronze d’aluminium.
- à 10 p. 100 d’Al 980°
- 1 410°
- Bronze d’étain, à 20 p. 100 790°
- Le fer et l’acier éprouvent des transformations moléculaires, de véritables changements d’état, qui ont été découvertes et ensuite étudiées avec grand soin par M. Osmond. Dans les expériences de ce savant les températures auxquelles ces transformations se sont produites ont varié dans des limites étendues. En fait ces écarts semblent résulter uniquement de retards analogues à ceux que l’on observe dans la surchauffe ou la surfusion des liquides. Ces retards changent nécessairement de sens avec le sens de la variation de température, leur importance croît avec la vitesse du refroidissement ou de réchauffement, avec la nature et la proportion des impuretés contenues dans le métal. Il doit néanmoins exister pour chacune de ces transformations une température normale qui est rigoureusement définie.
- J’ai essayé de déterminer ces points normaux de transformations en opérant dans une atmosphère d’hydrogène et en laissant la température longtemps stationnaire. L’état du métal était caractérisé par des mesures de résistances électriques. La présence de l’hydrogène atténue considérablement les retards à la transformation, qui n’ont pas dépassé les erreurs possibles d’expériences, c’est-à-dire une dizaine de degrés.
- Il est résulté de ces expériences que les corps non isomorphes avec le fer, c’est-à-dire le carbone, le silicium, etc., etc., qui ne peuvent pas se mêler à la totalité du fer, mais lui restent juxtaposés à l’état de combinaisons variées
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- sont sans influence sur la température normale des transformations; ils rendent seulement plus ou moins faciles les retards à la transformation. Les métaux isomorphes du fer, nickel, manganèse, déplacent au contraire les températures normales de transformations.
- Les températures ainsi déterminées ont été, en l’absence de métaux isomorphes du fer :
- Ar, 720° Transformation du carbure de fer des aciers;
- -Ar2 750° Transformation du fer correspondant à la disposition des propriétés magnétiques ;
- Ar3 850° Transformation principale du fer.
- Pour les alliages du fer et du nickel, il ne semble exister qu’un seul point de transformation correspondant à la perte des propriétés magnétiques et se traduisant à des températures intermédiaires entre celle du nickel 340 degrés et celle du fer 750 degrés. Ces alliages donnent souvent des retards à la transformation considérables qui persistent même dans une atmosphère d’hydrogène. Cet effet est particulièrement marqué avec le ferro-nickel alliage à 25 p. 100 de nickel qui, dans certaines conditions, peut rester non magnétique à la température ordinaire, bien que son point de transformation soit à 550 degrés.
- Si la détermination des températures normales de transformation peut être intéressante au point de vue théorique, il ne faut pas oublier qu’au point de vue des opérations de trempe par exemple, les températures réelles de transformation, celles qui ont été définies par M. Osmond, sont seules à considérer et elles peuvent différer de plus de 100 degrés, suivant les conditions de refroidissement ou d’échauffement.
- Je passerai successivement en revue les différentes opérations de la métallurgie du fer en commençant par la production de la fonte et terminant par le travail du fer.
- Haut fourneau pour fonte Bessemer. — Les opérations ont été faites au moyen du pyromètre optique en visant par l’œil de la tuyère les matières incandescentes, qui passent en avant. La température des matières solides, sans doute principalement composées de coke, va en augmentant de 200 degrés depuis la paroi jusqu’à la distance où l’on peut apercevoir entre les morceaux, soit environ 0m,50. Lu température dans cette région la plus chaude a été trouvée de :
- Haut fourneau
- Degrés.
- 1930.
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- La fonte qui s’accumule dans le creuset présente des températures très variables avec la profondeur. Dans une coulée de six tonnes de fonte pour Bessemer, l’écart de température entre le fond et le sommet du creuset atteint près de 200 degrés, comme le montrent les chiffres suivants :
- Coulée de la fonte.
- Commencement Fin.........
- ha température moyenne peut être d’environ
- Degrés.
- 1 400 1 570 1 450
- Cornue Bessemer. — Une opération Bessemer a donné les résultats suivants :
- Degrés.
- Coulée de la fonte dans la cornue........................................ 1 330
- Coulée de l’acier de la cornue dans la poche.............................1 640
- Coulée de l’acier de la poche dans les lingotières.......................1 580
- Solidification de l’oxyde des battitures Fe304 à la surface du lingot
- en refroidissement...................................................1340
- Une autre opération Bessemer dans une usine différente a donné les résultats suivants :
- Degrés,
- Coulée de la fonte dans la cornue.................................1 250
- Coulée de l’acier de la cornue dans la poche......................1 600
- Coulée de l’acier de la poche ( Commencement......................i 600
- dans les lingotières. \ Fin....................................1 500
- Ces observations ont été faites avec le pyromètre optique. Des observations faites avec le pyromètre thermo-électrique ont donné pour une opération ayant porté sur une tonne d’acier et faite dans une petite cornue Bessemer Bobert :
- Degrés.
- Flamme vers la tin de la période des étincelles..........................1 330
- Flamme enfin d’opération.................................................1580
- On peut donc prendre la température de 1 600 degrés pour la température moyenne de l’acier obtenue dans une opération Bessemer. Cette température est en nombre rond supérieure de 150 degrés à celle de solidification du métal. Un écart aussi faible suffit pour permettre lacoulée du métal, qui demande toujours un certain temps, parce qu’en raison delà chaleur spécifique très élevée du métal, celui-ci doit perdre une quantité de chaleur considérable avant que sa température ait baissé de 150 degrés. On ne connaît pas la chaleur spécifique de l’acier liquide; on sait seulement que la chaleur
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- spécifique du métal solide augmente très rapidement avec la température; elle est déjà à 1 000 degrés dix fois plus grande qu’à la température ordinaire.
- Four Siemens Martin. — Une observation faite avec le pyromètre thermoélectrique a donné les résultats suivants :
- Degrés.
- Four à la Fin de la fusion de la fonte.....................................1 350
- Four vers la fin de la période d’affînage . ........................... 1 500
- Dans une autre usine, des observations faites au pyromètre optique sur des coulées d’acier pour canon et pour blindage ont donné les résultats sui-
- vants :
- Degrés.
- lrc opération. — Coulée d’acier à canon / Commencement........... 1580
- du four dans la poche. ( Fin....................1 490
- Coulée de la poche dans la lingotièrc...........1 520
- 2e opération. — Coulée d’acier à blindage ; Commencement..........1640
- dans la poche. j Fin...................... 1610
- Coulée de la poche dans la lingotièrc...........1 580
- La température moyenne de l’acier obtenue dans les fours Siemens Martin peut être estimée à 1 550 degrés. La fin de la coulée est toujours beaucoup plus froide que le commencement, ce qui indique une température plus élevée dans la partie centrale que vers les extrémités. Ce résultat aurait pu être prévu, car la partie centrale est toujours également chauffée, quel que soit le sens d’ouverture des valves.
- Four Siemens Pernod.
- . . , ( Commencement
- Coulée de 1 acier du lour dans la poche. { „.
- r ( fin........
- Coulée delà poche dans les lingolières. j
- Cette opération était trop froide, une partie de l’acier est restée solidifiée dans la poche.
- Contrairement aux opérations précédentes, la fin de la coulée de l’acier est la plus chaude ; cela tient à ce que, d’après la disposition du four, les dernières parties d’acier coulé formaient la surface du bain où elles ont été plus fortement chauffées par la flamme.
- La différence de température entre le commencement et la fin de la coulée
- Degrés.
- 1 580 1 525 1 525 1 460
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- de la poche dans les lingotières tient à ce que la coulée a, dans cette opération, été répartie en un grand nombre de petites lingotières, ce qui a prolongé la durée de la coulée.
- Fours Siemens à creusets. — La température prise entre les creusets à acier au moyen du pyromètre thermo-électrique a été trouvée vers la fin d’une opération égale à 1 600 degrés. A l’intérieur des creusets la température doit être très peu inférieure, soit 1575 degrés par exemple, température intermédiaire entre celle de l’acier fondu sur sole et de l’acier Bessemer.
- Gazogènes et récupérateurs Siemens. — La température du gaz combustible au sommet du gazogène a été trouvée :
- Degrés.
- Gazogène alimenté à la houille grasse sans eau sous la grille.720
- Gazogène alimenté à la houille avec eau sous la grille........585
- Gazogène alimenté au coke avec eau sous la grille.............740
- On peut admettre comme température moyenne du gaz de gazogène 650 degrés.
- Le gaz sorti à 720 degrés du premier de ces gazogènes ne possédait plus qu’une température de 400 degrés à sa sortie du siphon pour entrer aux récupérateurs.
- Enfin, dans la même opération, les gaz sortant des récupérateurs pour entrer dans un four à acier, cinq minutes après le renversement des valves,
- possédait les températures :
- Degrés.
- Gaz combustible.................................................1220
- Air.............................................................1 070
- La température dans le four était au moment de ces mesures. ... 1 500
- Four à puddler rotatif. — La fonte était introduite fondue dans l’appareil, sa fusion était produite sur sole dans un four Siemens.
- Degrés.
- Coulée de la fonte du four dans la poche...............................1 340
- Coulée de la poche dans le four..........................................1 230
- Loupe de fer en fin d’opération..........................................1 331
- Travail du fer. Marteau-pilon. — Un lingot d’acier Bessemer a présenté sous le marteau-pilon vers la moitié de l’opération une température superficielle de 1 080 degrés.
- Laminoir. —- La fabrication d’un rail avec un lingot d’acier Bessemer a présenté pendant le travail les successions de températures suivantes :
- Degrés.
- Lingot sortant du four à réchauffer.. ...................................1 195
- 5e cannelure du dégrossisseur, moitié de l’opéralion.....................1 130
- Tome VIL — 91e année. 4e série. — Mai 1892. 36
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- Degrés.
- Après la dernière cannelure du dégrossisseur la bilielte retournant au
- four à réchauffer.................................................
- Bilielte revenant du réchauffage......................•..............
- 2e cannelure du prépareur............................................
- Fin du prépareur. ...................................................
- Rail terminé sortant du finisseur.
- Corps du rail Patin du rail
- 1 110 1250 1 180 1 150 1 100 1 000
- Ces chiffres montrent que les températures de travail de l’acier pour rail sont comprises entre 1 200 et 1000 degrés.
- Je donnerai en terminant comme terme de comparaison quelques températures déterminées pour des industries autres que celle du fer.
- Fours Siemens pour fabrication du gaz d'éclairage. — Dans ces fours du type de la Compagnie parisienne la récupération porte exclusivement sur l’air secondaire. Les gaz du gazogène arrivent directement au four avec leur température de 740 degrés.
- Degrés.
- Température au sommet du four du côté de l’arrivée des flammes
- (point le plus chaud)............................................
- Bas du four vers la sortie des flammes (point le moins chaud).......
- Intérieur de la cornue vers la fin j à lm,00 du tampon..............
- de la distillation. \ à lm,50 du tampon................
- Fumées à la sortie des récupérateurs se rendant à la cheminée. . . .
- Fours üe verrerie. — Four Siemens à bassin : Intérieur du four à lm,50
- de la porte de chargement........................................
- Verre fondu au même point que ci-dessus.............................
- Recuit des bouteilles...............................................
- Fours à pots Boétius Appert : Four entre les pots................... .
- Verre dans les pots pendant l’affinage..............................
- Verre dans les pots pendant le travail..............................
- Verre à vitre à l’étendage..........................................
- Fours à porcelaine : Cuisson de la porcelaine feldspathique dure de
- Sèvres, de Bayeux, de Mehun-s.-Yèvre.............................
- Four Hoffmann pour briques : Cuisson des briques rouges.............
- Électricité : Lampes à incandescence................................
- r . ( Charbon positif....................................
- Lampes a arc. < . ,
- ( Charbon négatif....................................
- 1 190 I 045 875 950 680
- I 400 1 310 585 1 375 I 310 1 045 600
- 1 370 1 100 1 800 4100 3 000
- Quand on augmente l’intensité du courant on n’élève pas la température, mais on accroît seulement l’étendue de la surface incandescente.
- Soleil. —La température effective du soleil, c’est-à-dire celle d’un corps ayant un pouvoir émissif égal à l’unité qui aurait le même éclat que le soleil serait de 7600 degrés.
- Mais pour arriver à ce chiffre il faut faire subir à la loi du rayonnement
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- une telle extrapolation que l’on ne peut guère répondre de celte température qu’à 1 000 degrés près.
- Je n’ai pu mener à bien ces recherches qu’avec le gracieux concours d’industriels qui ont consenti à m’ouvrir leurs usines malgré le dérangement inévitable que de semblables expériences occasionnent toujours.
- Qu’il me soit permis d’adresser tout particulièrement mes remerciements aux Directeurs et Ingénieurs des usines à fer du Creuzot, de Saint-Chamond, d’Unieux et de Denain ; des verreries de Clichy-Levallois et de Folembray; de la manufacture nationale de Sèvres et de la manufacture de porcelaine de Mehun-sur-Yèvre; de la Compagnie parisienne pour l’éclairage et le chauffage au gaz; de la briqueterie d’Auberville (Calvados); de la fonderie de la rue Oberkampf (Paris); de l’usine d’électricité des Halles (Paris).
- PHYSIQUE
- SUR LA CHALEUR SPÉCIFIQUE DES MÉTAUX, PAR M. U. LE VERRIER,
- INGÉNIEUR EN CHEF DES MINES.
- J’ai l’honneur de soumettre à l’Académie les résultats de quelques recherches que j’ai faites au Conservatoire sur la chaleur spécifique de divers métaux (cuivre, argent, aluminium, zinc et plomb).
- Dans ces expériences je mesurais, au moyen du pyromètre de Le Châtelier, la température au moment même de l’immersion dans le calorimètre. Cette méthode m’a permis de constater, dans tous les métaux étudiés, des points singuliers analogues à ceux que M. Pionchon a signalés pour le fer, le nickel et le cobalt.
- La chaleur spécifique reste sensiblement constante pendant des pé-
- riodes qui n’excèdent pas, en général, un intervalle de 200° à 300° ; puis elle change brusquement. La variation de la chaleur totale est donc représentée, non par une courbe continue, mais par une ligne brisée.
- Les différentes portions droites de cette ligne peuvent se raccorder par des éléments de courbe variables. Au voisinage des points singuliers, l’état du corps n’est pas fonction de sa température seule ; il change avec la manière dont elle a été atteinte. Le travail moléculaire qui correspond au changement d’état subit, en général, un certain retard, et l’on ne trouve pas les mêmes chaleurs totales pendant le réchauffage ou le refroidissement. Si l’on part d’une température inférieure, pour y revenir, après avoir dépassé celle qui correspond au point singulier, on obtient un cyde fermé, et non une courbe unique.
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- Je signalerai le cas du plomb : ce métal commence à se modifier à un moment où la chaleur totale correspondante à l’état qu’il va prendre serait inférieure à celle qu’il possède déjà. Aussi la courbe présente un palier : la chaleur totale reste à peu près la même de 20° à 30°.
- Le zinc est remarquable par les anomalies considérables qu’il présente pendant sa seconde phase, enlre 110° et 200°. On sait qu’à cette température il subit aussi une modification prononcée au point de vue mécanique : il devient malléable et acquiert une faculté d’allongement presque infinie.
- Si l’on rapproche mes observations de celles que M. Le Ghatelier a données sur les variations de la résistance avec la température, on peut remarquer que la seconde phase (commençant à desjjtempératures de 200° à 300°), coïncide toujours avec la période où les métaux sont le plus malléables, en ce sens que le rapport entre l’allongement et la charge de rupture y est maximum : au delà de cette seconde phase, ils deviennent cassants parce que la charge de rupture devient très faible.
- Les résultats de ces expériences sont consignés dans le tableau ci-joint.
- A. 0 à 230 . .
- B. 220 à 230 . .
- A'. 230 à 300. .
- A. 0 à 110 . .
- B. 100 à 140
- (très variable).
- A'. 110 à 300 . ,
- A". 300 à 400. .
- Av; 0 à 300 . . A'. 300 à 330. .
- B'. 330 à 360 . .
- A". 540 à 600 .
- A. 0 à 260 . . A'. 260 à 660. .
- AA 660 à 900. .
- Plomb.
- Chaleur spécifique moyenne.
- 0.038
- A peu près nulle.
- 0,0465
- U Zinc.
- 0,096
- Absorption
- 0,105
- 0,122
- Aluminium.
- 0,-22 0,30
- La cristallisation du silicium se fait vers 500°, et le point singulier B' se rapproche de cette température dans l’aluminium siliceux.
- 0,46
- Argent.
- 0,0363
- 0,075
- 0,066
- Chaleur totale.
- 0,038#
- Presque constante.
- 8,15 + 0,0463 (# — 250)
- 0,096 x t al, 8 vers 110°.
- 11,36 + 0,105 (t — 110)
- 31,4 + 0,122 (t — 300)
- Croît rapidement au-dessus de 400 et s’élève à 460al vers 410, un peu avant la fusion.
- 0,221
- 65 + 0,30 (t — 300) Absorption de 10oal vers 535.
- 139 + 0,46 (#— 530)
- 170oal vers 600; se relève ensuite rapidement et dépasse 200 avant la fusion (620°).
- 0,0565#
- 14cal.7 + 0,075 (# — 260) 44cal,7 + 0,066 (f — 660)
- 62eal vers 930, un peu avant la fusion.
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- Cuivre.
- A. 0 à 360 . . 0,104 0,104<
- B. 320 A 380. . )) Absorption de 2cal vers 350.
- A'. 360 ci 580 . . 0,125 • 37,2 + 0,125 (t — 360)
- B'. 560 à 600. . » Absorption de 2cal vers 580.
- A". 580 à 780. . 0,09 • 37 + 0,09 (t — 580)
- B". 740 à 800. . » Absorption de 3eal,5 vers 780
- A'" 780 à 1000.. 0,118 | 92 + 0,118 (t — 800)
- • I 117ca' vers 1020°.
- J’ai tracé les courbes des chaleurs totales à partir de zéro : mais, aux températures basses, le procédé de mesure employé n’est pas sensible et les déterminations n’offrent d’intérêt qu’au-dessus de 100°.
- (Comptes rendus, de VAcadémie des Sciences.)
- ARTS CHIMIQUES
- LE MALTAGE ET LE BRASSAGE DES BIÈRES DE CONSERVE, PAR M. ERNST SAALFELD ,
- BRASSEUR A TOTTENHAM, LONDRES.
- Le but principal du maltage est d’obtenir la dissolution des cloisons des cellules renfermant l’amidon, et de faire développer la diastase.
- Après un criblage soigné, on verse l’orge dans une cuve (cuve mouilloire), en la faisant complètement baigner dans l’eau, afin de la débarrasser de l’amertume que contiennent presque toutes les orges, et ensuite de lui permettre d’absorber l’humidité nécessaire à sa germination.
- Les cuves mouilloires, dont on fait usage, sont ordinairement placées dans un local spécial séparé des planchers où se font le fanage et la germination. La durée du trempage varie entre 48 et 96 heures, selon la qualité de l’orge ainsi que la température et la qualité de l’eau.
- Toutes les orges doivent être lavées, avant, pendant ou après le trempage, et peuvent également être aérées pendant l’opération.
- On a l’habitude de laisser tremper l’orge assez longtemps afin d’éviter les arrosages ultérieurs, mais cependant si l’orge n’absorbe pas l’humidité d’une façon uniforme, on diminue la période du trempage et on a recours aux arrosages sur les planchers. Pour cette dernière opération, on a découvert un appareil très utile qui combine ensemble l’air et l’eau, de façon à faire retomber cette dernière sous forme de brouillard, ce qui purifie l’atmosphère et permet à l’orge d’absorber l’humidité uniformément. L’eau dure est préférable à l’eau douce pour le trempage, car elle n’enlève pas en aussi grande quantité les substances
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- utiles à la nutrition du levain, telles que la dextrine, les albuminoïdes et les phosphates.
- Le trempage terminé, on transporte l’orge selon l’usage dans le germoir.
- Pour déterminer la germination, on emploie deux procédés, l’un appelé sueur chaude, et l’autre sueur froide. Dans le premier, la chaleur peut atteindre 28° G, mais dans le second on ne doit pas dépasser 20°.
- Le maltage par sueur froide fournit une plus grande quantité d’extrait à l’égrugeage et aussi plus de protéine
- Avec une température de 10° dans le germoir, la période de germination dure de 7 à 12 jours.
- Si l’on a besoin de gemmules et de radicelles bien développées, on ne laisse tremper que très peu de temps et on emploie dans le germoir la méthode dite de Vienne.
- Deux ou trois jours après que l’on a étendu l’orge dans le germoir, on la retourne toutes les 8 ou 12 heures et on continue en se réglant sur les progrès constatés et sur la longueur de radicelles désirée : le nombre de tours varie entre 25 et 28, et la température ne doit pas dépasser 18 à 20°.
- Dans le système dit de Munich, on laisse tremper longtemps; les couches ne sont retournées d’abord que toutes les 12 heures, puis toutes les 7 ou 8 heures si l’on remarque un fort échauffement. Le 5e ou 6e jour, on laisse reposer 18 ou 24 heures, ce qui permet aux radicelles de se développer uniformément; à chacun des tours le grain n’est pas autant soulevé ni aéré que dans la méthode de Vienne. La période de germination dure 8 ou 9 jours pendant lesquels la température atteint 21 et 22°. Avec ce système, les dimensions des radicelles deviennent une fois et demie celles du grain, et la gemmule devient égale aux trois quarts du grain.
- L’absorption de l’eau dans la méthode de Munich est de 52 à 58 p. 100, mais dans la méthode de Vienne elle n’est que de 45 à 50 p. 100.
- On se sert en Bohême de la méthode de Vienne, mais en laissant les radicelles se développer davantage.
- Le fanage du malt n’est pas absolument nécessaire, quand on se sert de bonnes tourailles à double plateau avec un fort tirage naturel et que l’on laisse sécher longtemps.
- Le malt est la base de la bière; la nature de celle-ci dépend donc essentiellement du travail dans le germoir, du touraillage et du nettoyage du malt.
- La plupart des tourailles sont à deux plateaux et l’on n’en emploie que très peu à trois. Pour les bières de la nature de celles de Munich, on se sert de tourailles dites anglaises dans lesquelles la tuyauterie passe sous le plateau inférieur et donne sa chaleur par radiation.
- Pour les bières pâles ou blondes genre Pilsner, on emploie des tubes à air
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- chaud, et pour les bières de Vienne on combine les deux systèmes. Pour les bières blondes, les deux plateaux sont en toile métallique, tandis que pour les bières brunes, le plateau inférieur appelé grilloir est en tôle perforée.
- Toutes les nouvelles tourailles sont pourvues d’un mécanisme qui permet de tourner le malt dans des délais variant entre unè demi-heure et trois heures.
- Il faut de 24 à 48 heures (48 à Munich! pour sécher et nettoyer, en employant moitié de cette période sur chaque plateau.
- D’après la méthode de Munich, le malt vert est étendu par couches très épaisses (30 à 35 centimètres), mais non tassées par suite de la présence des radicelles.
- La température, au début du touraillage, est d’environ 31° G., relevée au-dessous du plateau supérieur; puis on ouvre tous les ventilateurs, et la température s’élève doucement.
- Quand sur le plateau supérieur le malt paraît sec à la main, mais pas assez cependant pour être égrugé, on amène rapidement la température à 71° ou 72° en fermant les ventilateurs. On maintient cette température pendant les 3 ou 6 dernières heures, et pendant cette période le malt du plancher inférieur atteint jusqu’à 100 ou 106° de chaleur.
- Selon Lintner, s’il reste encore une certaine quantité d’eau dans le malt à une température de 65 à 70° G., l’influence de la diastase sur l’amidon produit Yisomcdtose, qui commence à foncer à 85° et donne à la bière de Munich sa saveur douce et agréable.
- D’après la méthode de Vienne, le malt vert est déposé en couche épaisse sur le plateau supérieur et complètement séché, la chaleur variant entre 32 et 50° On ferme ensuite graduellement les ventilateurs et on porte doucement la tempé rature à 71°, relevée entre les deux plateaux. En maintenant fies ventilateurs fermés, on peut conserver cette chaleur pendant 2 ou 3 heures.
- Il faut des orges à écorces très minces et contenant très peu de protéine pour la fabrication des bières très blondes de Pilsner. On recherche également des radicelles bien développées, et la manœuvre des calorifères se fait comme plus haut. La période de touraillage n’est que de 24 à 36 heures, mais aussi il faut pratiquer le fanage.
- La couche supérieure est étendue très mince (15 à 20 centimètres). Le malt vert est complètement séché à une température de 31 à 38°, avec un fort tirage et on termine avec une chaleur de 57 à 81° entre les deux plateaux.
- On estime la perte, pendant la préparation du malt, à 22 ou 26 p. 100.
- On passe ensuite le malt chaud dans le cylindre nettoyeur, afin de le débarrasser des radicelles ainsi que des gemmules et achever de le nettoyer; puis on l’emmagasine dans des silos au moins 4 semaines avant d’en faire usage.
- La plupart des brasseurs préfèrent se servir du malt de leur fabrication, et
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- comme les locaux où s’opère le brassage sont ordinairement contigus à ceux dans lesquels on prépare le malt, on a coutume de conduire la poussière produite par les cylindres dans un endroit spécial, car cette poussière aurait un effet nuisible aux moûts dans les bacs à refroidir.
- Le véritable emplacement d’une brasserie est du reste entre les locaux où se prépare le malt et les caves.
- Le combustible et l'approvisionnement de malt doivent être bien à portée, et les eaux provenant des égouttures de cuves convenablement drainées.
- Tous les locaux doivent être spacieux et bien éclairés; on doit de préférence voûter les planchers et leur donner la plus grande portée possible pour éviter les piliers. Ces planchers doivent être bien pavés, et la ventilation doit être bien établie. La transmission de la force doit être agencée de telle sorte qu’il n’y ait aucun danger pour le personnel.
- Afin d’éviter l’égouttage de l’huile, il est préférable de placer la force motrice au-dessous de la cuve matière et du bac à clarifier. Les enveloppes des cuivres des cuves matières doivent être soigneusement peintes et tous les vaisseaux doivent être munis d’escaliers en fer et de galeries circulaires.
- On peut à volonté laisser les murs bruts ou les blanchir à la chaux, ou bien encore les enduire de ciment ou les garnir de carreaux céramiques.
- Le moulin à broyer avec sa trémie doit être situé au-dessus de la brasserie.
- Le matériel d’une brasserie consiste en une cuve matière avec un fort vagueur à palettes, un broyeur automatique placé au-dessous des magasins à malt, une chaudière à cuire munie d’un fort agitateur à chaînes, un bac à clarifier avec palettes intérieures pour brasser la matière et pourvu d’un double fond, un laveur de drèche avec une tuyauterie munie de robinets suffisants, une cuve réverdoire, une petite pompe, une chaudière à cuire le moût, un filtre à houblon, deux fortes pompes centrifuges et des conduites d’eau chaude, d’eau froide et de vapeur; ces dernières doivent être en communication avec les conduites principales, de manière que l’on puisse refouler de la vapeur dans chaque tuyau, chaque robinet et chaque pompe.
- Avec un matériel de brassage installé comme if est dit ci-dessus, on peut exécuter 4 brassages par 24 heures.
- Cependant, dans certains cas, on se sert de la cuve matière pour brasser et pour clarifier, et de la chaudière pour bouillir les métiers et les moûts.
- Il y a plusieurs désavantages à ce système : chaque vaisseau ne peut être convenablement adapté à ces diverses opérations. Il faut modérer le tirage du foyer afin d’empêcher la masse pâteuse de brûler ou de se colorer; il faut donc plus de combustible pour la coction du moût. La cuve matière doit être munie de son double fond, au-dessous duquel on trouve toujours de l’amidon, ce qui indique une déperdition d’extrait et peut nuire à la bonne conservation de la bière.
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- Pour obvier à cet inconvénient, il est indispensable de brasser sans le double fond. Puis, l’opération terminée, on refoule la masse entière dans la chaudière, on nettoie les conduites, on place le double fond et on ramène ensuite la matière dans la cuve.
- Les méthodes ordinaires employées pour la fabrication de la bière sont l’infusion et la décoction ; mais cette dernière est préférée en Autriche et en Allemagne où on emploie le système à trois brassages. Ce procédé comporte trois opérations : le brassage, la coction du moût avec le houblon et la clarification.
- Le malt froid passe dans le broyeur automatique, où il se trouve mélangé à l’eau froide, puis est ramené dans la cuve matière dans laquelle on maintient pendant ce temps le vagueur à une vitesse accélérée. La quantité d’eau nécessaire au brassage et au lavage doit être environ le double de la quantité de bière désirée. On emploie l’eau dans les proportions de 1/2 à 2/3 pour le brassage, et 1/2 à 1/3 pour le lavage. Le mélange de l’eau froide avec le malt dans la chaudière se fait dans les proportions de 360 à 450 litres d’eau pour 300 litres de malt environ.
- Quand tout le malt est dans la cuve matière, on ralentit le feu de la chaudière, puis on laisse couler dans la cuve matière un large filet d’eau chaude et on porte la température à 35°, ce qui favorise le développement des peptones. Le vagueur est alors arrêté (spécialement pour les bières brunes) et on ramène avec la large lame qui manœuvre au fond de la cuve la plus grande quantité possible de malt vers le robinet de vidange.
- On fait alors passer environ 33 à 40 p. 100 de la matière dans la chaudière dans laquelle on a laissé assez d’eau pour en recouvrir et en protéger le fond. Le vagueur ou la lame de la cuve matière sont arrêtés, puis les agitateurs de la chaudière commencent à brasser le malt, qui est rapidement amené à ébullition. Quand le malt est de mauvaise qualité ou de transformation lente, la température doit être maintenue quelque temps entre 60 et 75° C.
- Si la chaudière n’est pas munie d’agitateur, on se sert de longues pelles en bois qui permettent de brasser la masse jusqu’à ce que l’on atteint 88°.
- Le malt monte alors à la surface, ce qui l’empêche de brûler sur le fond de la chaudière. On fait bouillir le premier brassin de 10 à 45 minutes. Une longue ébullition est très avantageuse, mais comme cette opération fonce la couleur, on ne la pratique que pour les bières brunes.
- On baisse alors le feu et on met de nouveau en marche la pompe et le vagueur de la cuve matière dans laquelle on refoule doucement ce premier bouillon, jusqu’à ce que la masse entière ait atteint une température de 49 à 53°.
- On laisse au fond de la chaudière une petite couche du brassin précédent et on y fait passer à peu près la même quantité de matière que précédemment, que l’on échauffe et que l’on fait bouillir comme ci-dessus.
- Tome VII. — 91e année. 4° série. — Mai 1892.
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- Ce second brassin refoulé, la température s'élève à 60 ou 66°. On fait alors à nouveau passer 40 p. 100 de la masse entière (indifféremment de la masse liquide Lauter mash ou pâteuse) dans la chaudière. Après de 10 à 30 minutes d’ébullition, ce dernier brassin est renvoyé à la cuve matière, dont la température atteint alors 74 à 76°.
- Si l’outillage est en double, on refoule immédiatement le tout dans le bac de clarification, dont le double fond a été au préalable recouvert d’eau bouillante. On fait faire quelques tours à l’agitateur pour bien niveler la matière, puis on laisse au repos de 15 à 4b minutes.
- Toute cette période du brassage, y compris le passage de la cuve matière au bac de clarification, dure de 3 heures trois quarts à 5 heures. Si l’on a eu soin de conduire l’opération avec tout l’ordre et toute la précision nécessaires, il est impossible que le malt brûle dans la chaudière.
- Quand on emploie du maïs, du riz, ou tout autre grain cru, il faut les chauffer et les bouillir dans une chaudière spéciale avec un peu du brassin, ou bien encore les mélanger dans la chaudière avec le premier ou le second bouillon .
- Après que la dextrine s’est formée pendant l’ébullition dans la chaudière, on peut aisément faire passer l’amidon dans la cuve matière.
- Si on ne fait que deux codions, le malt est brassé à l’eau froide, puis amené avec de l’eau chaude à une température de 70°. Ce premier brassin refoulé, on obtient 57 à 60°; puis on chauffe rapidement le second, qui, après ébullition, est lui-même ramené dans la cuve matière, qui atteint 74 à 75°.
- Il y a intérêt à employer ce système à deux codions quand on brasse des bières de forces différentes avec le même outillage, car on économise du temps eL du combustible, et comme on peut faire passer dans la chaudière une plus grande quantité de matière, on peut donner aux bières légères le même corps, qu’aux bières fortes.
- Dans un système analogue, on commence avec de l’eau à une température de 40°, ce qui amène la masse à 35°; l’eau bouillante la porte à 50 ou 53°, elle s’élève à 60 ou 65° après la première coction, et à 75° après la seconde. Cette opération dure de 3 à 4 heures.
- Quand le malt est pauvre en diastase, il y a intérêt à le brasser et le laisser séjourner dans l’eau froide une demi-heure à trois heures avant de le mélanger avec l’eau bouillante.
- Les principaux résultats de la coction des moûts sont les suivants : l’amidon se transforme parfaitement en dextrine, on obtient 5 p. 100 d’extrait de plus que par l’infusion, l’albumine est précipitée, la caséine et la glutine sont transformées en peptones et en parcelles d’amidon qui ne s’étant pas précipitées pendant la coction du moût nourrissent efficacement le levain, tout en donnant du corps à la bière et en la rendant propre à la conservation.
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- En opérant par infusion une grande partie de la glutine n’est pas transformée et ne fournit au moût ni acide phosphorique, ni azote, ce qui rend les moûts par infusion préférables pour la nourriture du bétail.
- La coction des moûts détruit en partie la diastase, dont il reste cependant une quantité suffisante pour permettre à l’amidon de se convertir en dextrine, l’extrait se trouve augmenté et les moûts deviennent parfaitement clairs au filtrage.
- D’après les expériences du Dr Lintner, la décoction est plus favorable à la formation de Yisomaltose.
- On laisse les moûts de 15 à 45 minutes environ dans les bacs à clarifier ; puis, une fois éclaircis, on les fait passer dans la chaudière, où ils atteignent une température de 70°; on met alors l’agitateur en mouvement jusqu’à complet brassage de la masse, afin d’obtenir une plus grande quantité d’extrait, pendant que l’on jette une ou deux trempes.
- Si les bacs à clarifier sont bien abrités, le refroidissement est nul, et il n’est pas besoin, pour le lavage, de se servir d’eau à une température supérieure à 75°, car si on se sert d’eau trop chaude ou bouillante pour jeter les trempes, on risque de convertir en dextrine l’amidon du malt qui n’a pas bouilli et de donner un goût de paille aux bières blondes.
- La vidange des moûts dure de 3 à 5 heures ; on les envoie dans une chaudière où ils sont bouillis pendant 2 ou 3 heures, et ils doivent prendre une apparence granuleuse.
- On ajoute alors le houblon en deux ou trois fois, à raison de 3 à 7 livres par 300 litres de malt.
- Quand on approvisionne du houblon pour plus d’une année, il faut le préparer aussitôt la récolte faite, le comprimer dans des cylindres métalliques hermétiquement fermés et l’emmagasiner dans la cave à conserve.
- L’aération de la liqueur chaude est des plus essentielles pour obtenir une bonne fermentation et pour la clarification de la bière.
- Une des meilleures manières d’arriver à ce résultat est de fixer au tuyau de vidange une plaque de métal’recourbée qui force la liqueur chaude à s’étaler en une nappe large et très mince.
- On se sert presque toujours de bacs à refroidir en fer, permettant aux moûts d’absorber de l’oxygène sur une grande surface, et de se refroidir pendant que l’albumine tombe au fond.
- Le seul désavantage qu’offre ce système, spécialement pendant les derniers mois de l’été si l’atmosphère environnante est impure, est d’exposer le moût à se corrompre plus facilement.
- Quand on se sert de bacs à refroidir, on y laisse séjourner le moût de une à six heures avant de le faire passer dans les cuves de fermentation (cuves guilloires) ; on envoie le dépôt par des conduites spéciales pour être passé dans les sacs à
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- trouble ; mais, malgré cela, on peut considérer le moût comme étant plus exposé encore à se corrompre pendant cette période que pendant son séjour dans les bacs à refroidir.
- Si l’on décante les moûts au-dessus du houblon, il y a intérêt à ne pas se servir des sacs à trouble et à envoyer tout le brassin dans un grand récipient pour le ramener en 24 heures environ dans les cuves guilloires, après y avoir ajouté la levure.
- Il est de toute importance que les moûts soient maintenus en état de stérilité jusqu’à la fin.
- On peut établir les caves ou sous terre ou au niveau du sol. Une ventilation vigoureuse, des murs et des plafonds bien asséchés, et des planchers convenablement pavés ou cimentés constituent de bonnes caves. Les murs des caves de fermentation doivent être ou enduits au ciment, ou garnis de carreaux céramiques.
- La température normale des caves de fermentation doit être de 1 à 2° et celle des caves de conserve de 4 à 5° C.
- Les conduites amenant des machines frigorifiques l’eau nécessaire au refroidissement doivent être fixées au plafond, de telle sorte qu’aucune goutte d’humidité condensée ne puisse tomber dans la bière, car les risques de corruption sont encore plus nombreux avec l’eau qu’avec l’air.
- Les cuves guilloires sont en bois de chêne et presque cylindriques ; elles sont ordinairement vernies à l’intérieur, et leur contenance varie entre 2 000 et 4 000 litres environ.
- Pour régler la température du moût à une température de 5 à 9° dans les cuves guilloires, on distribue par parties égales, dans chacune d^elles, de 3 kilogrammes à 4kH,500 environ (par 300 litres de malt) de bonne levure mélangée et brassée au préalable avec deux fois son volume de moût froid. Aussitôt les cuves pleines, on mélange et on brasse à plusieurs reprises le moût et la levure avec une grande palette.
- Au bout de 24 à 36 heures, il se forme une forte écume blanche, et c’est alors que commence la fermentation de ce que l’on appelle les krausen, qui atteint son maximum d’intensité et de température (8 à 11°) de 4 à 3 jours après. Les krausen tombent alors lentement au fond et la température s’abaisse graduellement à 5°.
- Vers la fin de l’opération, c’est-à-dire de 8 à 14 jours après que l’on a commencé, la partie supérieure, composée de résine, de houblon et d’écume, présente une surface tigrée. Toute la levure tombe alors au fond et on la retire après que la bière a été envoyée dans les foudres d’emmagasinage.
- Si le moût sortant des bacs à refroidir n’a pas été réuni en un seul vaisseau, comme il est dit plus haut, puis refoulé dans les cuves guilloires, pendant les 24 heures qui suivent le mélange de la levure, la partie supérieure et la partie
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- inférieure de la levure déposée contiennent des déchets provenant des bacs à refroidir et de la petite levure et doivent être rejetées.
- La partie intermédiaire qui contient' une quantité de levure égale au double de celle qui a été employée pour l’opération est souvent si épaisse qu’il faut l’enlever avec une pelle.
- On se sert de cette levure pour commencer une nouvelle opération si l’eau employée pour le brassage n’était pas absolument pure, ou bien on la lave à grande eau pour la débarrasser de la petite levure et on l’emmagasine pour 2 ou 3 jours après l’avoir recouverte d’une légère couche d’eau pure et froide.
- Dans beaucoup de brasseries, on se sert exclusivement et avec succès de levure pure constamment renouvelée par l’appareil de culture.
- Le mélange de levure pure, dû à l’éminent savant danois, le Dr Hansen, en admettant que l’on fasse usage de malt de bonne qualité et que les règles de la propreté la plus rigoureuse soient observées partout, a l’avantage de purifier le goût de la bière, de rendre sa qualité invariable et de développer sa propriété de conserve : c’est également une garantie contre la corruption de la levure.
- (Transactions of the Institute of brewing.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 8 avril 1892.
- ' Présidence de M. Tisserand, Président.
- Le Directeur de la Revue générale de mécanique appliquée demande l’échange avec le Bulletin de la Société. [Bulletin.)
- M. Mauvezme, tourneur sur métaux, à Tarbes. —Projet de turbine. (Arts mécaniques.)
- M. Auguste Coret, boulevard Bineau, 53, à Neuilly. — Mémoire et dessin d’un instrument pouvant indiquer l’heure moyenne. (Arts économiques.)
- M. Paysan, rue Poncelet, 45, aux Ternes (Seine). — 1° Nouvelle forge; 2° Gintreuse pour forger un fer à cheval. (Agriculture.)
- M. Beau de Rochas, ingénieur, avenue des Charmes, 24, à Vincennes. — Thermodynes à combustible liquide ou gazeux. (Arts mécaniques.)
- M. Lombart, rue Meslay, 65. — Appareil receveur, diviseur et répartiteur des diverses sortes de monnaies. (Arts mécaniques.)
- M. Pinchard, cité Industrielle, 59, à Montpellier. — Brochure intitulée : Du moyen d'empêcher les inondations de se produire. (Agriculture.)
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- M. Billebault de Chaffault, à Chartres. — Vernis pour la conservation des substances animales. (Arts économiques.)
- M. le Ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts annonce que l’ouverture du Congrès des Sociétés savantes aura lieu, à la Sorbonne, le mardi .7 juin prochain.
- M. Périsse, président de l’Association des industriels de France contre les accidents du travail, adresse une invitation pour la réunion de l’Assemblée générale annuelle des membres de cette association, qui se tiendra le jeudi 21 avril à 3 heures, dans les bureaux du Génie civil, 6, rue de la Ghaussée-d’Antin.
- M. Puille, professeur d’agriculture, à Nyons (Drôme). —Rapport sur le danger de l’emploi du Botrytis tenella pour la destruction des vers blancs dans les zones sé-ricicoles, et mode d’application à adopter afind’en atténuerles effets. (Agriculture.)
- M. Eugène d’Eichthal, membre du Conseil, fait hommage des publications suivantes : Socialisme, Communisme et Collectivisme, Coup d’œil sur Fhistoire et les doctrines. — Le nouveau projet de loi sur F arbitrage facultatif. — La participation aux bénéfices facultative et obligatoire. (Bibliothèque.)
- M. Dwelshauvers-Dery, correspondant de la Société, à Liège, fait hommage du volume qu’il vient de publier sous le titre : Etude calorimétrique de la machine à vapeur. (Bibliothèque.)
- Les machines électrigues à influence, par John Gray, traduit de l’anglais et annoté par Georges Pélissier, 1 vol. in-8, offert par MM. Gauthier-Villars.ei fils, éditeurs.
- Bulletin météorologique du département de F Aude, publié par M. Rousseau, sous les auspices du Conseil général, année 1891.
- Sociétéd'agriculture et des arts de Seine-et-Oise. — Projet de loi sur la représentation officielle et élective de l’agriculture.
- Recueil des publications de la Société havraise dé études diverses, année 1891.
- Nomination d’un membre de la société. — M, Albert Durand, propriétaire, à Paris, présenté par M. Legrand, est nommé membre de la Société.
- Rapports des comités. — Batteuse de cartes à jouer. — M. Imbs fait un rapport sur une batteuse de cartes à jouer de M. Biehler, à Puteaux, et conclut en proposant au Conseil de remercier l’auteur de son intéressante communication, et d’insérer le présent rapport au Bulletin de la Société.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Frein de Prony. —M. Alfred Tresca fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur une note présentée par M. L. Fayot, ingénieur de la maison Bréguet, relative à des remarques sur le frein de Prony.
- Le Comité propose de remercier M. Fayot de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin, avec la note de M. Fayot et les trois figures qui l’accompagnent.
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- Ces conclusions sont adoptées.
- Pompe.—M. Tresca fait un rapport, au nom du Comité des arts mécaniques, sur une pompe à débit variable et à course constante de MM. Ph. Rousseau et Bal-land et conclut en demandant au Conseil de remercier les auteurs de leur intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin, avec une gravure sur bois représentant la pompe à débit variable réalisée par ces inventeurs.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Graisseur. — M. Tresca fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur un graisseur pour machines de M. Egger, ouvrier ajusteur à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée.
- Il propose, au nom du Comité, de remercier M. Egger de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin avec une figure sur bois représentant l’appareil graisseur appliqué aux locomotives.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Féculomètre. — MM. Aimé Girard et Fleurent présentent à la Société le féculomètre pour pommes de terre qu’ils ont imaginé et dont M. Digeon a entrepris la construction.
- M. le Président remercie MM. Aimé Girard et Fleurent de leur très intéressante communication, qui sera insérée au Bulletin.
- Essai de semences. — M. Schribaux, directeur de la Station d’essais de semences, fait à la Société la communication suivante :
- En 1884, le ministère de l’agriculture fondait à l’Institut national agronomique, sur la proposition de M. Risler, la première station d’essais de semences qui existe en France.
- Les travaux qu’on y poursuit sont de deux sortes. Ils comportent : 1° des analyses de graines de semences adressées par des agriculteurs ou des négociants ; 2° des recherches relatives au choix et à l’amélioration des variétés, recherches exécutées à la fois à la ferme expérimentale de l’Institut agronomique et sur différents points de la France et de l’Algérie.
- I. —La culture demande au commerce la presque totalitédes semences fourragères, légumineuses et graminées. Ce sont celles qui font presque exclusivement l’objet des analyses de la station. Malheureusement la qualité en est rarement irréprochable : ou bien elles germent mal. ou bien elles sont souillées d’impuretés dangereuses, telles que les insectes que l’on rencontre dans près de la moitié des échantillons de trèfle et de luzerne. Tantôt, on substitue une espèce à une autre. L’acheteur juge delà qualité des semences par leurs caractères extérieurs : nombre de commerçants colorent leurs semences artificiellement ou les décolorent, rendant ainsi cette appréciation illusoire.
- M. Schribaux présente à la Société une série d’échantillons de semences sophistiquées.
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- Pour certaines semences, pour certaines graminées notamment, la fraude était tellement fréquente, il y a quelques années, qu’elle rendait impossible la création rationnelle de prairies temporaires à base de graminées et de légumineuses.
- La Station a appelé l’attention des agriculteurs sur ce déplorable état de choses et cherché les moyens d’y porter remède sans recourir à l’intervention du législateur. La fraude n’a pas disparu, mais elle ne s’exerce plus au grand jour comme par le passé ; l’agriculteur qui le désire peut actuellement se soustraire aux incertitudes du marché en s’adressant aux marchands grainiers déjà nombreux qui, à l’instigation de la Station, livrent des semences dosées.
- Le laboratoire de la Station se met au service des marchands grainiers qui désirent s’assurer de la qualité de leur marchandise, et des agriculteurs soucieux de s’assurer, par une contre-analyse, de l’exactitude des garanties qui leur ont été données par les fournisseurs.
- M. Schribaux décrit ensuite l’étuve qu’il a imaginée pour les essais de germination, étuve qui peut servir également pour des expériences de physiologie. Il s’agit d’une étuve auto-régulatrice à température uniforme.
- L’uniformité de température est telle, que, dans un appareil de 1 mètre de hauteur, les écarts entre le sommet et la base ne dépassent pas un 1/10 de degré. L’étuve est chauffée au gaz. Les produits de la combustion et l’air chaud s’écoulent par une série de tubes en cuivre, disposés à l’intérieur et sur tout le pourtour de l’appareil, dans une boîte à fumée, et de là s’échappent dans l’atmosphère.
- L’uniformité de température est due, non seulement à la grande surface de chauffe présentée par l’ensemble des tubes, mais encore à la présence d’une plaque métallique mobile disposée au-dessus du brûleur pour empêcher celui-ci de chauffer directement le fond de l’appareil.
- Pour les essais de germination, il est indispensable, pour obtenir de bons résultats, de se rapprocher des conditions naturelles et de faire varier la température. Pendant 18 heures, on chauffe à 20° et pendant 6 heures à 28°. Comme régulateur de température, on se sert d’un régulateur à alcool avec obturateur à mercure imaginé par M. Etienne, préparateur adjoint à la Station. Ce régulateur est très simple et peut fonctionner pendant plusieurs années sans éprouver aucun dérangement.
- IL — Les expériences culturales de la Station, qui datent de 1887, ont porté jusqu’alors presque exclusivement sur les céréales et sur les légumineuses fourragères. Elles ont pour but : 1° de déterminer quelles sont, parmi les variétés en honneur dans les différents pays, celles qui méritent d etre recommandées aux agriculteurs français; 2° ces variétés de choix une fois déterminées, de rechercher les moyens d’en améliorer les qualités. De 1887 à 1891 plus de 200 variétés de céréales ont été l’objet d’une étude attentive.
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- Pour simplifier le travail, et surtout pour opérer avec une rigueur comparable à celle qu’on réalise dans les expériences de physiologie, les essais se font dans des caisses de végétation de 1/2 m. q. de surface sur 0m,45 de profondeur. Ces caisses, au nombre de 880, sont protégées par une cage métallique qui met les plantes à l’abri des ravages des oiseaux et des rongeurs; des traitements au sulfure de carbone débarrassent le sol des insectes qu’il pourrait renfermer. Les champignons sont les seuls ennemis qu’on ait à redouter. L’un d’eux, YOphiobolus graminis, étudié récemment par MM. Prillieux et Delacroix, revêt, en ce moment, un champ d’expériences de la Station avec une intensité qui rend impossible toute culture de blé.
- Malgré ce contretemps, la Station a pu mener bon nombre d’expériences jusqu’au bout.
- Parmi les variétés de seigle cultivées comparativement, la Station a distingué le seigle de Schlanstedt, obtenu par sélection du seigle de Probstée, que M. Tisse--rand signalait il y a plus de 25 ans dans ses Etudes économiques sur le Danemark. Le seigle de Schlanstedt jouit en ce moment d’une grande faveur en Bretagne. Il est également apprécié par les cultivateurs de méteil du centre de la France. Son seul défaut est de fournir une paille un peu grosse. La Station étudie en ce moment une variété qui donnera satisfaction aux cultivateurs désirant obtenir beaucoup de grain avec de la paille assez fine : c’est le seigle de Zélande.
- La Station commence à cultiver en grand d’autres variétés très prolifiques : le blé hybridé précoce de Rimpau, et l’avoine de Bescler, pour être réparties ensuite entre les écoles d’agriculture des différentes parties de la France, qui se chargeront de les propager dans leur voisinage.
- Le blé à épi carré, dont on a beaucoup parlé dans ces dernières années, a été signalé pour la première fois par la Station à l’attention des agriculteurs français.
- La comparaison de nombreux types de céréales originaires de régions très différentes a permis à la Station de relever quelques observations intéressantes relatives à l’influence exercée par le climat sur les qualités des semences.
- Des seigles et des blés tirés de Norvège se sont montrés très précoces. Dans ses Études sur la végétation dans les hautes latitudes, M. Tisserand avait déjà signalé cette particularité curieuse. M. Schribaux en a cherché l’explication.
- Les beaux travaux de M. Duclaux sur les vers à soie ne permettaient guère de douter du rôle prépondérant que les froids rigoureux des hivers septentrionaux devaient jouer dans ce phénomène. L’expérience est venue confirmer l’exactitude de cette hypothèse. Du sarrasin et de la spergule, tenus tout l’hiver dans un milieu réfrigérant composé de sel et de glace pilée, ont fleuri environ 8 jours plus tôt que les témoins. Du blé et du maïs soumis aux mêmes conditions ont montré également une avance très nette sur les semences non traitées.
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- Du blé cultivé en Tunisie pendant une année a gagné déjà en précocité.
- Combien faudrait-il d’années de culture dans les pays froids ou dans les pays chauds pour modifier utilement la précocité d’une variété? C’est là une question intéressante au premier chef. Nos variétés les plus prolifiques de blé, de betteraves, de pommes de terre, etc., sont malheureusement très tardives, ce qui les expose à toutes sortes d’accidents et empêche le cultivateur de préparer convenablement le sol en vue des cultures suivantes.
- Si nous pouvions, en fabriquant nos semences soit dans le Nord, soit dans le Midi, faire disparaître ce défaut, ne serait-ce que temporairement, nous aurions accompli une véritable révolution dans la production végétale. La Station cqnti-nuera ses recherches sur l’influence du climat pour déterminer le profit éventuel que la pratique peut tirer des observations relatées précédemment.
- La Station ne poursuit pas l’amélioration de telle ou telle plante cultivée, elle se propose de découvrir des règles générales, s’appliquant à toutes les espèces végétales. Les études minutieuses qu’elle a entreprises depuis cinq années Font conduite à formuler une loi de sélection très simple : Dans un individu donné, les fleurs qui s1 épanouissent les premières fournissent les semences les plus prolifiques, et comme celles-ci se trouvent être les plus volumineuses, il suffit, pour les isoler, de recourir à un triage rigoureux.
- Les essais de sélection concernant le trèfle des prés nous donnent de grandes espérances. Quand on sème un échantillon quelconque de trèfle des prés, on découvre parmi les plantes qui en proviennent un grand nombre de variétés d’une valeur agricole très différente. La Station s’occupe d’isoler les bonnes variétés pour les cultiver ensuite à l’état de pureté.
- Les produits végétaux de la grande culture obtenus annuellement en France représentent une valeur de près de 9 milliards. Un choix judicieux des reproducteurs augmenterait certainement la production de 1/10 au moins, soit de 1 milliard environ et, comme les frais de production demeurent à peu près constants quelle que soit l’importance de la récolte, cette somme de 1 milliard représente le bénéfice que nos cultivateurs pourraient réaliser chaque année. On conçoit l’importance qu’offrent pour la valeur nationale toutes les questions touchant l’amélioration de nos variétés végétales.
- M. le Président remercie M. Schribaux de la très intéressante communication qui est renvoyée au Comité d’agriculture.
- Gutta-percha. — M. Serullas fait une communication sur le voyage qu’il a fait dans les Indes orientales pour rechercher l’arbre à gutta-percha.
- M. le Président remercie M. Serullas de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts économiques.
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- Séance du 22 avril 1892.
- Présidence de M. Mascart, Vice-Président.
- M. le Préfet de la Seine adresse l’ampliation du décret qui autorise le Président de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale à accepter, au nom de cette Société, le leg's fait à elle par M. Fourcade, le 16 janvier 1889, et consistant en un capital de 8 000 francs, exigible au décès de Mme Fourcade, légataire universelle.
- M. le Ministre de /’Agriculture informe qu’il a accordé, sur le crédit des encouragements à l’agriculture, une subvention de 1 500 francs à la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale.
- M. Bouhey fils, avenue Daumesnil, 43, adresse une brochure extraite du Génie Civil, sur le tournage automatique des bandages de roues pour locomotives, ten-ders, wagons, par E. Desgrandchamps. (Bibliothèque.)
- MM. Augier et Puille, à Nyons (Drôme). — Application du poids de l’homme ou d’un poids quelconque à la vélocipédie, aux machines à coudre, etc. (Arts mécaniques.)
- M. Delaurier, rue Daguerre, 77, demande que le mémoire qu’il a adressé à la Société sur un projet de navigation aérienne soit déposé à la bibliothèque pour pouvoir être consulté par les lecteurs. (Arts mécaniques.)
- M. Gury, architecte, rue Guibal, 12, à Marseille. — Notice sur la constitution et l’usage du météorographe astronomique de son invention, et sur la méthode systématique pour en appliquer avec certitude les indications aux changements de temps dans chaque localité. (Agriculture.)
- M. Beau de Rochaz envoie une notice additionnelle concernant les thermodynes à combustible liquide ou gazeux. (Arts mécaniques.)
- M. Caron, professeur, 81, rue Saint-Philippe, Nouvelle-Orléans, E. U. A. — Notice intitulée : La Terre horloge, cadran mobile divisé en 24 heures. (Arts économiques.)
- M. Noël, rue du Texel, 30. — Système de bouchage rendant les récipients inviolables et irremplissables. (Arts économiques.)
- M. Frantz. — Machine hydraulique élévatoire, mise en mouvement par la houille blanche. (Arts mécaniques.)
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Notes on the Leicester and Swaunington Railway, par Clement E. Stretton, offert par M. Chapmann, correspondant de la Société.
- Sanitation as applied to our homes, par Perey C. Gilchust, Regincild, Midle-ton, etc.
- Smithsondia-Institution. Catalogue of prehistoric ivorks east of the Rocky Mountains, par Cyrus Thomas, 1 vof.
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- Ohama and Porcka letters, par James Owen Dorsey, i vol.
- Reports from the Consuls of the United States. N°* 135-136-137.
- Rapports du Jury international de VExposition universelle de 1889 à Paris. Groupe Y. Industries extractives, produits bruts et ouvrés (lre partie), classes 41 à 44, offert par le Ministère du commerce et de l’industrie.
- Rapports des comités. — Nettoyeur du filtre Chamberland. — M. Prunier fait, au nom du Comité des arts économiques, un rapport sur le nettoyeur mécanique de M. O. André pour les bougies Chamberland.
- Le Comité des arts économiques propose au Conseil de remercier l’inventeur de son intéressante communication, et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec les figures destinées à montrer le fonctionnement de l’appareil.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Acide carbonique liquide. — M. Troost fait, au nom du Comité des arts chimiques, un rapport sur la préparation industrielle de l’acide carbonique liquide par M. H. Gall. C’est en Allemagne que cette préparation a pris naissance, et elle s’y est rapidement développée, grâce à l’énorme consommation de bière en ce pays. Son succès en France est dû à l’emploi de très grandes quantités d’acide salicylique par la médecine.
- M. H. Gall, en introduisant en France la préparation industrielle de l’acide carbonique liquide, a rendu un signalé service à l’industrie nationale; le Comité des arts chimiques propose au Conseil de remercier M. H. Gall de son intéressante Communication et d’autoriser l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Blanchiment électro-chimique. — M. de Luynes fait, au nom du Comité des arts chimiques, un rapport sur les procédés de blanchiment des matières végétales par voie électro-chimique, par ./H. üermite.
- L’importance de ces résultats qui ouvrent une voie nouvelle à l’industrie du blanchiment, l’emploi judicieux que M. Hermite a fait de la méthode scientifique pour apporter une solution de plus au problème de la décoloration des matières végétales, sont dignes de tout l’intérêt de la Société.
- Le Comité des arts chimiques propose au Conseil de remercier M. Hermite de son intéressante communication, et d’insérer le présent rapport au Bulletin avec les dessins des appareils et la légende explicative.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communications. — Explosions des chaudières. — M. Aimé Witz, ingénieur des arts et manufactures, à Lille, fait une communication sur les explosions de chaudières.
- M. le Président remercie M. Witz de sa très intéressante communication, qui sera renvoyée à la Commission du Bulletin.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- BIBLIOGRAPHIE
- JOURNAUX ET REVUES
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences. — Séance du 19 avril 1892, n° 16.— Sur la mesure optique des hautes températures, par A. Crova.
- Séance du 25 avril, n° 17. — Sur la photographie des couleurs, par G. Lippmann.
- Séance du 2 mai, n° 18. — Recherche du fluor dans différentes variétés de phosphates naturels, par Ad. Carnot. — Sur le dosage des petites quantités d’oxyde de carbone, au moyen du perchlorure de cuivre, par L. de Saint-Martin.
- Annales des Mines. —Mars 1892. — Note sur l’essai des minerais d’antimoine, par Ad. Carnot.
- Mémoires de la Société des ingénieurs civils. — Février 1892. — Épures des mouvements fléchissants et des efforts tranchants développés dans un pont à une seule travée sous le passage du train-type de la circulaire ministérielle, du 29 août 1891, par J. Pillet. — Sur la détermination des efforts tranchants maximums produits dans un pont à une travée, par le passage du train-type défini par le règlement ministériel du 29 août 1891, par E. Bertrand de Fontviolant. — Nouvelles notes de mécanique, par F. Chaudy. — Note sur les déformations élastiques maximum des arcs métalliques, par E. Bertrand de Fontviolant. — Analyse de l’ouvrage de G. Grugnola sur les bassins de retenue des lacs artificiels, par Edmond Coignet.
- Mars. — La vapeur surchauffée et le surchauffeur Uhler, par G. Thareau. — L’éclairage électrique des gares de chemins de fer, par G. Dumont.
- Comité des Forges de France. — 5 mai 1892, n° 595. — Production de l’acier basique en 1891.
- 11 mai, n° 599. — Delà réparation des accidents de travail en Belgique.
- 12 mai. — Les Trades-Union en Angleterre.
- Le Génie civil. — 23 avril 1892, n° 25. — Fabrication des cycles, par Félix Beau-jouan et Yves Guédon. —Exposition internationale de Chicago. — Les bains d’ouvriers par Max de Nansouty. — Nouvelles expériences sur la poussée des terres. —Avertisseur en cas d’inondation. — Manivelle à bouton mobile supprimant les points morts.
- 30 avril, n° 26. — Le service militaire à l’École centrale. Visite du ministre de la Guerre et du ministre de l’Industrie et du Commerce, par Max de Nansouty. — Fabrication des cycles (suite et fin), par Félix Beaujouan et Yves Guédon. — L’aluminium, par Camille Faure.
- 7 mai, n° 1. —Emploi, dans la construction des ponts, du fer fondu Thomas, obtenu au convertisseur basique. — Les tramways électriques, par Max de Nansouty. — Application de l’eau oxygénée dans l’analyse chimique.
- 14 mai, n° 2. — L'observatoire du Mont-Blanc, par F. Bourdil. —Laiterie de Roche, par Arc-Senans (Doubs), par Ch. Vincent. — La navigation électrique, par Max de Nansouty. — Transport de l'énergie électrique à grande ditsance. Historique des expé-
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- BIBLIOGRAPHIE.
- MAI 1892.'
- riences de Francfort-Lauffen, par G. Fm'ris. — La manufacture de:porcelaine de Chantilly, par Germain Bapst. — Note sur la puissance des canons à tir rapide.
- Bulletin de la Société internationale des électriciens. —Avril 1892, n° 87. — Expériences avec les courants alternatifs de grande fréquence et de haute tension, par Nikola Testa.
- La Lumière électrique. — 23 avril 1892, n° 17. — Les troubles de voisinage entre les conducteurs électriques, par Frank Géraldy. — Fabrication électrolytique de l’amalgame desodiunj, procédé Greenwod. — Les lois de fonctionnement des moteurs électriques. —Préparation des métaux alcalins par électrolyse. — Sur le rayonnement des corps incandescents et la mesure optique des hautes températures, par J. Violle.
- 30-avril, n° 18. — A propos des huiles employées en électricité, par A. Rigaut. — Quelques détails sur la fabrication d.es lampes, à-incandescence, par H. Falcon.
- 7 mai, n° 19. — L’emploi industriel des condensateurs, par Frank Géraldy. — Les isolateurs à huile Schomburg pour la transmission électrique de l’énergie, par E. Zetzsche. — Le prix de revient de l’aluminium. — Emploi des dynamos en télégraphie.
- 14 mai, n° 20. — Utilisation des forces naturelles (les moteurs marins), par G. Pel-lissier. — Préparation électrolytique du bleu de méthylène, par le Dr Klein. — Préparation de l’acide chromique, par Plaeett et Bonnet. .
- L’Électricien. — 16 avril 1892, n° 68. — Les dangers que présentent les canalisations souterraines en cuivre nu, par J.-A. Montpellier.
- 23 avril, n° 69. — Le théatrophone et les auditions théâtrales, par L. Montillot. — Moyens de réduire la production d’étincelles au collecteur d’un dynamo, par Æ’m. Dieu-donné.
- 30 avril, n° 70. —Traction électrique, par Em. Dieudonné.
- 7 mai, n° 71. — L’arc normal et l’arc sifflant, par/. A. Montpellier.
- 14 mai, n° 72. — Systèmes de distribution des courants alternatifs avec l’emploi de condensateurs, par Cam. Rechniewski.
- Annales de Chimie et de Physique. — Avril 1892. — Nouvelle méthode de détermination du point critique. — Application de cette méthode au cas particulier de l’eau et à la recherche de la loi des tensions de la vapeur d’eau saturée, par Cailletet et Colardeau.
- Mai. — Le coefficient critique et la détermination du poids moléculaire au point critique, par Philippe A. Guye.
- Journal de Pharmacie et de Chimie^— 1er mai 1892, n° 9. — Essai rapide des bicarbonates alcalins, par Patein. — Loi de l’absorption de l’oxyde de carbone par le sang d’un mammifère, par N. Gréhant.
- 15 mai, n° 10. — Sur le dosage du tannin, par G. Fleury. — Recherches expérimentales sur le bichlorure de mercure, toxicologie et physiologie, par Cathelineau.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. — Février-mars 1892. — Note sur les nouveaux chemins de fer de l’Oberland bernois, par P. Favre-Boureart. —
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- Bibliographie.. — mai 4892. 303*
- Rapport sur le travail « Fac et spera », présénté au- concours pour le prix divers n° 11 (introduction d’une nouvelle industrie dans la Haute:Alsace), par R. Geigg. — Nomenclature raisonnée des plantes susceptibles de fournir des matières tannantes. Extrait du travail présenté avec la devise « Fac et spera » pour l’obtention du prix divers n° 11, par F.-E. Mafat. — Notes sur les jaunes d’alizarine, par Paul Werner.
- Moniteur scientifique. — Avril 1892. — Sur la caféine; son extraction du thé, son dosage; teneur en caféine des diverses espèces de thé commerciales, par P. Cazeneuve et A. Biétrix. — Sur le procédé' /,. Graban, relatif à la production électrique du sodium, par N.-V. Klobukow. — Sur un nouvel alliage d’aluminium. — Sur l’emploi de l’aluminium pour la fabrication des bidons et autres récipients, par G. Lunge. — Sur la corrosion du fer, par R. Irvine. — Alliage de cuivre et d’antimoine semblable à l’or. — Sur les moyens d’augmenter le pouvoir--colorant des extraits de bois, par N. Soxhlet.
- Mai. — Sur la préparation industrielle des métaux légers, par Clémens Winckler. — Production industrielle du cobalt. — La fabrication de l’oxygène d’après les brevets Parkinson. — L’analyse du dégras, par F. Simand. — Nouveau procédé d’analyse du beurre et des corps gras, par/. Kœnig et F. Hart. — Falsification de l’huile de navette, par O. Schweissinger. — Recherche de l’huile de résine dans les huiles minérales et les huiles grasses, par Holde.
- Revue scientifique, — 30 avril 1892, n° 18. —L’action du massage, par Maggiora. — Inaudi et le calcul mental.
- 7 mai, n° 19. — La coloration artificielle au xvme siècle.
- Revue générale des Sciences. — 30 avril 1892, n° 8. — Le Congrès international de nomenclature chimique (Genève, 18-24 avril 1892), par A. Combas.
- La Nature. — 30 avril 1892. — Projections polychromes à l’aide de photographies non colorées, par Léon Vidal. — Les agrandissements successifs de la gare de Paris-Nord, par L. B.
- 7 mai. — Compteurs horo-kilométriques, par X.
- 21 mai. — La fabrication des instruments de musique et de physique en Saxe, par D. B.
- Journal d’Agriculture pratique. — 14 avril 1892, n° 15. — L’épuisement du sol par les récoltes, par E. Lecouteux. — Un demi-siècle de culture sans fumier de ferme. — Restauration de terres devenues impropres à la culture du trèfle, parÆ7. Schri-baux. — Instruments pour la plantation régulière des pommes de terre, par /. Gaudet et Paul Genay. — Cause peu connue d’infécondité chez la vache, par Emile Thierry.
- 21 avril, n° 16. — Les insectes de la betterave, par Marcel Blanchard. '
- 28 avril, n° 17. — L’azote dans l’alimentation du bétail, par E. Lecouteux.
- 5 mai, n° 18. — Sur la culture de la pomme de terre, par Paul Genay. — La cochylis de la vigne, par A. Lesne.
- Journal de l’Agriculture. — 23 avril 1892, n° 1310. — Destruction des vers blancs par le Botrytis tenella, par Fribourg.
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- 27 avril, n° 1311. — L’agriculture à l’étranger, par Du Pré-Collot. — Pisciculture dans la Haute-Marne, par Chabot-Karlen.
- 30 avril, n° 1312. — Les principales maladies de la vigne, par De Dubor.
- 4 mai, n° 1313. — Utilisation des eaux vannes, par H. Petit.
- 7 mai, n° 1314. — La culture des abeilles, par Hommell. — Sur les pulvérisateurs à grand travail, par de Sardriac. — La loi allemande sur le vin, par Paul Muller.
- 11 mai, n° 1315. — Clôtures économiques, par de Sardriac. —Dessiccation et valeur alimentaire des cossettes de diffusion, par Mallèvre.
- 14 mai, n° 1316. — La culture des abeilles, par Hommell. — Appareils pour laiteries, par de Sardriac.
- 18 mai, n° 1317. — Considérations sur la production chevaline, par Lavalard. —Les pulvérisateurs à grand travail, par Feimouillat.
- 21 mai, n° 1318. — Lait cru et lait boulli, par Bieler.
- OUVRAGES REÇUS
- ÉTUDE EXPÉRIMENTALE CALORIMÉTRIQUE DE LA MACHINE A VAPEUR,
- PAR DWELSHAUVERS-DERY.
- (1 toI. in-8, Gauthier-Villars et fils. Paris, 1892.)
- Ce livre, qui s’adresse spécialement aux ingénieurs, constitue un exposé complet et méthodique de la Théorie expérimentale de la machine à vapeur. L’influence capitale des parois sur les pertes de chaleur, y est présentée clairement; l’étude des machines monocylindriques est donnée d’une façon complète; celle des machines compound est également traitée. L’auteur insiste, en particulier, sur ce qu’il appelle le cycle idéal de la machine réelle, idée nouvelle, fort importante, et qui lui est due.
- Ce petit volume ne sera pas moins utile au théoricien qu’à l’ingénieur; il s’adresse à tous ceux qui construisent ou emploient la machine à vapeur.
- DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ PAR INSTALLATIONS ISOLÉES, PAR R.-V. PICOU.
- (1 vol. in-8, Gauthier-Villars et fils. Paris, 1892.)
- L’auteur s’est proposé, dans cet ouvrage, d’indiquer les procédés à employer et les modes de calcul correspondants pour distribuer l’électricité entre les divers organes d’utilisation. La question si importante de réchauffement des conducteurs est traitée à fond, ainsi que celles des terres, des coupe-circuits, etc. De nombreux tableaux numériques et les résultats d’expérience les plus récents complètent ce volume, d’un caractère très pratique.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Chamerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères. — 288)6.
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- . 91e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- JUIN 1892.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Alf. Tresca, au nom, du Comité des arts mécaniques,
- sur une pompe a débit variable de MM. Ph. Rousseau et F. Ralland.
- MM. Ph. Rousseau et F. Ralland se sont proposé de disposer une pompe à course et à vitesse constantes, dont le débit peut varier cependant, au gré du conducteur de la machine, par la manœuvre d’un simple levier.
- Le procédé ingénieux que ces inventeurs ont imaginé consiste à faire fonctionner, dans une capacité A, munie d’un clapet d’aspiration et d’un clapet de refoulement, deux pistons plongeurs, B, B', mis en mouvement par une même transmission et dont la course doit rester la même.
- A cet effet, un arbre horizontal C porte deux excentriques, D, Dr, entourés par leurs colliers munis de tiges venant actionner les pistons B, B'. Une poulie située à l’extrémité de l’arbre reçoit le mouvement du moteur.
- L’un des excentriques, D, par exemple, est calé à demeure sur l’arbre C; l’autre, D', est à calage variable.
- Une partie filetée H préparée sur une douille en bronze entourant l’arbre C pénètre dans le moyeu de l’excentrique D' et permet de modifier son calage sur l’arbre, par rapport à celui du premier excentrique D.
- Si nous supposons, tout d’abord, les deux excentriques calés à 180°, l’un par rapport à l’autre, l’un des pistons B s’enfoncera dans le corps de pompe A de la même quantité que l’autre B' en sortira; le volume de l’eau contenue dans la capacité A restera le même, les soupapes d’aspiration et de refoulement resteront fermées, et le débit de l’appareil sera nul. .
- Supposons maintenant que les excentriques soient, tous les deux, dans Tome VII. — 91e année. 4e série. — Juin 1892.
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- la même position par rapport à l’arbre. Les deux pistons plongeurs se déplaceront dans le corps de pompe de la même quantité et dans le même sens, et le débit de l’appareil aura atteint son maximum, correspondant à la somme des volumes engendrés par les deux pistons plongeurs de la pompe.
- Entre ces deux limites extrêmes, on peut concevoir une série de calages
- Fig. 1. — Pompe Rousseau et Balland à débit variable.
- différents de l’un des excentriques par rapport à l’autre, et, par suite, toute une série de volumes débités par un même appareil, suivant les conditions de calage des excentriques.
- Une pompe de ce système était exposée, classe 52 de l’Exposition universelle de 1889, et y a fonctionné dans de bonnes conditions.
- Il y a lieu de faire une réserve quant au fonctionnement de cette pompe
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- à débit variable, lorsque la pression de l’eau est assez élevée. Dans ce cas, les excentriques sont soumis à des pressions considérables ; il faut done5 pour obtenir le déplacement de l’un des organes de la transmission par rapport à l’autre, vaincre les résistances correspondantes dues au frottement. De là des difficultés de réglage, pendant la marche, dont l’importance doit croître avec la pression communiquée à l’eau refoulée par les pistons de la pompe.
- Malgré cette réserve, votre Comité des arts mécaniques a pensé qu’il y avait lieu d’encourager les inventeurs, MM. Rousseau et Balland, dans la voie dans laquelle ils se sont engagés, et vous propose de remercier ces messieurs de leur intéressante communication, et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin, avec une gravure sur bois représentant la pompe à débit variable réalisée par MM. Ph. Rousseau et F. Balland, suivant le principe indiqué au début de ce rapport.
- Signé: Alf. Tresca, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 8 avril 1892.
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- Rapport fait par M. Charles Lavollée, au nom du Comité de commerce,
- sur la STATISTIQUE DU TRAVAIL AUX EtATS-ÜNIS ET EN EUROPE.
- Messieurs,
- L’un de nos correspondants étrangers pour le Comité de commerce, l’honorable colonel Carroll Wright, nous a transmis le dernier rapport annuel (1891) publié par le Département du Travail aux États-Unis. (Department of Labor.)
- Ce rapport concerne l’industrie métallurgique. Il présente la statistique aussi complète que possible de la production américaine comparée avec la production des principaux pays d’Europe, les prix de revient, les conditions du travail et le taux des salaires, ainsi que le prix des denrées nécessaires à la vie : ce dernier renseignement est indispensable, si l’on veut se rendre compte de la valeur exacte du salaire.
- Le programme des études auxquelles s’est livré le Département du Travail a été tracé par l’acte du Congrès qui, à la date du 13 juin 1888, a constitué
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- le Department o f Labor. Une enquête approfondie doit être faite, aux États-Unis et à l’étranger, sur toutes les industries, et particulièrement sur celles qui sont soumises à des droits de douane. L’industrie du fer et de l’acier occupe, à cet égard, l’une des premières places. Il a été importé aux États-Unis, pendant l’exercice fiscal 1889-90, pour une valeur de plus de 220 millions de francs en articles d’acier, de fer et surtout de fer-blanc, soit 8 et demi p. 100 de l’importation totale des États-Unis. Cette industrie, d’ailleurs, présente moins de difficultés que beaucoup d’autres pour un travail statistique, parce qu’elle s’exerce dans de grands établissements et parce que les calculs peuvent le plus souvent s’appliquer à une unité bien connue, la tonne de production. Enfin, elle mérite d’autant plus de fixer l’attention et d’appeler l’intérêt des législateurs américains qu’elle a réalisé depuis quinze ans de très rapides progrès. De 1878 à 1889, la production de la fonte aux États-Unis s’est élevée de 2300 000 tonnes à 7603000 tonnes; et, pour la même période, celle de l’acier, par suite de la vulgarisation du procédé Bessemer, a été portée de 732000 tonnes à 3835000 tonnes, c’est-à-dire que la production américaine est devenue presque égale à la production anglaise et qu’elle ne tardera pas à dépasser celle-ci. Le progrès s’explique non seulement par les énormes quantités de métal qu'a exigées la construction des chemins de fer (le réseau américain atteint aujourd’hui 275000 kilomètres), mais encore par l’exploitation plus rationnelle des mines et des charbonnages, ainsi que par les facilités de la main-d’œuvre, sans cesse alimentée par l’immigration.
- Le rapport du Département du Travail contient 1 400 pages sur lesquelles plus de 1200 sont occupées par des tableaux de chiffres. Nous n’essaierons même pas de les résumer. Il nous suffira de signaler l’intérêt que présentent les documents industriels et techniques recueillis dans les principaux États manufacturiers de l’Union, et d’appeler l’attention sur une enquête très détaillée à laquelle le Département du Travail a procédé au sujet du coût de la vie (cost of livmg). L’enquête a porté sur 2490 familles d’ouvriers de la métallurgie aux États-Unis et sur 770 familles d’ouvriers se livrant, en Europe, au même travail. La comparaison entre la condition des ouvriers de l’ancien et du nouveau monde est, en effet, l’un des objets essentiels de cette vaste étude, au moyen de laquelle le législateur s’applique à dégager tous les éléments de la concurrence, afin de protéger plus ou moins, selon les résultats de la comparaison statistique, la production nationale. Citons ici quelques chiffres.
- Sur les 2490 familles d’ouvriers recensées aux États-Unis, 540 sont pro-
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- priétaires des maisons qu’elles habitent ; le nombre de pièces occupées par 1 742 familles est en moyenne de 4,1. En Europe, sur 770 familles, 31 seulement sont propriétaires, et la moyenne des pièces occupées est de 3,7. L’ouvrier américain consacre ainsi une somme plus considérable que l’ouvrier européen à la dépense de loyer pour la famille : 74 dollars 58 c. (environ 372 fr. 50) (1) aux États-Unis ; 41 dollars 76 c. (208 fr. 75) en Europe. Pour la nourriture, la dépense moyenne annuelle d’une famille est, aux États-Unis, de 1215 francs, ou 245 francs par tête, et en Europe de 1110 francs, ou 210 francs par tête. Pour les autres dépenses, vêtements, chauffage, éclairage, tabac, liqueurs, livres et journaux, taxes, frais du culte, quêtes, etc., la statistique donne une moyenne annuelle de 1 270 fr. 50 par famille, et 253 fr. 75 par tête aux États-Unis, et de 1180 francs par famille, et 165 francs par tête-en Europe. Enfin, tous comptes faits, il résulte de l’enquête faite par le Department of Labor que la famille d’un ouvrier américain dans la métallurgie dépense, en moyenne, 2 779 francs, alors que son revenu moyen, provenant des salaires, serait de 3111 francs : d’où un excédent de recette de 332 francs. En Europe, la dépense d’une famille d’ouvriers similaires serait de 2 189 francs, et le revenu, de 2355 francs; soit un excédent de recette de 166 francs seulement. Mais il convient de remarquer qu’il s’agit ici de moyennes générales. Si l’on entre dans le détail, on observe que, suites 2490 familles d’ouvriers américains, 1580 (63 p. 100) ont leur budget annuel en bénéfice plus ou moins sensible, et 869 l’ont en déficit. De même, pour les 770 familles d’ouvriers européens, il y aurait excédent de recettes dans 441 budgets (57 p. 100), et déficit dans 167. Il semble donc que la condition des ouvriers métallurgistes aux États-Unis serait plus favorable qu’en Europe. Ce résultat général de la statistique ne saurait pourtant être accepté sans réserve. Les moyennes, on le sait, sont bien souvent trompeuses, et elles peuvent aboutir à des conclusions très incertaines. Ainsi, l’on voit par la statistique même du Department of Labor, quels écarts considérables présente le budget des ouvriers américains, selon la branche d’industrie métallurgique à laquelle ils appartiennent, selon les régions où ils travaillent, selon la nationalité originelle des familles ; car, par suite de l’immigration, il y a aux États-Unis un très grand nombre d’ouvriers irlandais, allemands, anglais, etc. La seule conclusion générale qui se dégage de l’ensemble de ce travail, c’est qu’aux États-Unis, comme en Europe, le budget des familles ouvrières est resserré dans de très étroites limites, que le déficit y apparaît (l^Le dollar est supposé équivalent à 5 francs.
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- trop fréquemment, que le salaire ne suffit pas toujours pour solder toutes les dépenses, que des subventions sont souvent nécessaires, et que, là comme ailleurs, l’intérêt social conseille de veiller à la bonne tenue des mœurs, d’encourager l’économie, en même temps que le devoir social commande d’organiser, partout où cela est possible, les institutions patronales, ainsi que les combinaisons ouvrières qui ont pour objet de rendre la vie plus saine et moins coûteuse. La méthode adoptée par l’école Le Play pour l’établissement du budget des familles permet de calculer approximativement les ressources supplémentaires et très variées, qui contribuent à l’entretien du ménage ; elle élargit et complète l’enquête, en relevant les faits qui tiennent aux traditions, aux mœurs, aux habitudes sociales, au sentiment religieux des groupes observés. La statistique purement chiffrée d’un document officiel ne comporte pas ce genre de développement. Elle n’en a pas moins une réelle valeur, et nous ne saurions trop féliciter M. Carroll Wright pour les excellents travaux que le Department of Labor accomplit ainsi chaque année sous son habile direction.
- Ce sont les États-Unis qui, les premiers, ont créé dans le mécanisme administratif un rouage spécial pour l’examen des questions qui intéressent le travail manuel. L’initiative vint des Congrès ouvriers. En 1869, un Bureau du Travail fut institué dans l’État des Massachusetts ; puis, en Pensylvanie (1872), dans le Connecticut (1873), enfin, successivement dans les principaux États manufacturiers : le nombre de ces bureaux est aujourd’hui de 21. On ne tarda pas à reconnaître que ces bureaux d’États, opérant avec des ressources insuffisantes, avec un personnel peu expérimenté et soumis à de fréquents changements, et quelquefois sous l’influence des partis politiques, ne présentaient point les garanties nécessaires pour une bonne statistique du travail. De là vint naturellement le projet de créer un office fédéral, qui, sans porter atteinte à l’existence légale des bureaux organisés par les États, fût en mesure d’instituer une statistique plus complète, plus impartiale, et destinée à éclairer plus sûrement le Congrès pour l’étude des lois économiques. Dès 1874, la Chambre des représentants avait été saisie d’un projet pour l’installation, à Washington, d’un bureau national de statistique du travail. Ce fut en 1884 seulement, après de nombreuses propositions analogues et sous la pression électorale des partis ouvriers, que fut votée la loi créant le Bureau national, et ce bureau, placé sous la direction de M. Carroll Wright, qui avait fait ses preuves à la tête du Bureau des Massachusetts, rendit immédiatement les plus grands services par l’abondance et la variété
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- de ses informations, de telle sorte qu’en 1888, le Congrès jugea devoir lui donner une existence plus stable et un rang plus élevé en l’érigeant en ministère spécial, sous le titre de Department of Labor, dépendant directement du président de la République des États-Unis. Nous avons pu apprécier, par le rapport sur la condition des ouvriers de la métallurgie, à quel point le nouveau ministère du travail justifie la confiance que l’on a placée en lui et l’emploi de la dotation considérable (près de 800000 francs) qui lui est allouée pour ses dépenses annuelles.
- A l’exemple des États-Unis, l’Angleterre créa, de son côté, une organisation pour la statistique du travail. Déjà, de nombreux blue-books, publiés à l’occasion des lois relatives au travail dans les manufactures et dans les mines, avaient fourni d’abondantes informations sur la condition des ouvriers anglais. Mais ces documents, très précieux d’ailleurs, s’appliquaient à des industries spéciales ou à des régions déterminées ; ils ne permettaient pas un examen général, ni les vues d’ensemble, qui sont nécessaires pour la préparation des lois ouvrières. Dès 1876, M. Georges Howell, secrétaire delà commission parlementaire des Trade’s Unions, proposa la création d’un bureau de statistique du travail. La proposition fut reprise en 1885 par sir Thomas Brassey et donna lieu à une motion formelle soumise en 1886 à la Chambre des communes par M. Bradlaugh. Le gouvernement s'empressa d’adhérer à cette motion, et le ministre du commerce, M. Mundella, institua immédiatement un bureau spécial, dépendant de son ministère (division de la statistique), sous la direction de sir Robert Giffen, assisté de M. John Burnett, lequel fut chargé, avec le titre de Correspondant du travail, d’établir des relations directes entre le gouvernement et les diverses unions et associations ouvrières. De nombreux et utiles documents ont été publiés par le bureau ainsi constitué. Toutefois, l’organisation est moins complète, moins libéralement dotée que celle du Department of Labor aux États-Unis.
- De même, en Suisse, les associations ouvrières qui existent et fonctionnent librement dans la plupart des cantons, se sont concertées pour constituer le Secrétariat ouvrier, approuvé et subventionné dès 1886 par le Conseil des États. Le Secrétariat recueille les renseignements relatifs à la statistique des salaires, des accidents, des secours mutuels, à la condition des ouvriers et des ouvrières, au régime des fabriques, aux tarifs de douanes. Il n’a point le caractère d’une administration officielle ; c’est une association d’ouvriers se dirigeant elle-même et se rattachant aux pouvoirs publics plutôt par les services qu’elle leur rend que par le faible lien d’une subvention, laquelle
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- est, d’ailleurs, insuffisante pour la préparation d’une statistique complète et indiscutable (1).
- La France a donc été devancée par les Etats-Unis, par l’Angleterre et par la Suisse pour la création d’un service spécial consacré à l’étude des questions ouvrières. Nous devons rappeler cependantque, dès 1848,1a constitution d’un ministère du travail fut réclamée par la commission qui siégea au Luxembourg sous la présidence de Louis Blanc. Plus récemment, depuis 1870, une proposition analogue fut soumise au Parlement. Il n’est pas besoin de signaler l’importance toujours croissante qu’ont prise, en France comme dans les autres pays, les discussions qui intéressent le travail manuel. Nombre de lois votées ou projetées attestent l’ardente sollicitude qui anime à cet égard les pouvoirs publics. S’il ne fut pas jugé nécessaire de créer un ministère spécial, le gouvernement institua, au ministère du commerce, un Conseil supérieur du travail et, dès la première session de ce Conseil, en 1890, le ministre proposa l’organisation d’un Office du travail. « Il est actuellement impossible, en France, disait le ministre, de se rendre exactement compte des diverses conditions du travail, du prix de la main-d’œuvre, des capitaux engagés dans les entreprises industrielles, de la valeur de l’outillage et des produits, en un mot de l’état réel de l’industrie. Centraliser toutes les informations relatives à la législation ouvrière, au mouvement de la production des échanges, telle serait la fonction de cet organe administratif dont la création répond à un besoin impérieux. Déjà, aux États-Unis et dans divers pays, des offices du travail existent et rendent des services considérables. » Le Conseil supérieur s’empressa d’adhérer à l’avis du ministre ; un projet de loi fut présenté aux Chambres, et, le 21 juillet 1891, fut promulguée la loi créant un Office du travail « destiné à rassembler, coordonner et vulgariser tous les renseignements concernant la statistique du travail ». Un règlement d’administration publique, en date du 19 août 1891, détermina les attributions et le fonctionnement du nouveau service. Aux termes de ce règlement, Y Office du travail a pour mission « de recueillir, de coordonner et de publier toutes informations relatives au travail, notamment
- (1) Nous avons dû nous borner à résumer ici les écrits publiés en Allemagne par le DrJ. Joachim, et en France, par M. Armand Liégeard, secrétaire de la commission de statistique, ainsi que par M. de Billy, sur l’institution des services aux États-Unis, en Angleterre et en Suisse. Ces écrits sont à consulter pour les détails de l’organisation et pour l’énumération des travaux de la statistique ouvrière dans chacun de ces pays. Ils ont été mis à profit par M. Marvejouls, rapporteur de la commission de la Chambre des députés pour le projet de loi relatif à la création de l’Office du travail en France.
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- en ce qui concerne l’état et le développement de la production, l’organisation et la rémunération du travail, ses rapports avec le capital, la condition des ouvriers, la situation comparée du travail en France et à l’étranger ». Programme très étendu, qui est emprunté en grande partie à celui du Department of Labor des Etats-Unis, et qui comprend en outre le problème, aussi vague qu’ambitieux, de 1’ « organisation du travail ». Ajoutons qu’un crédit annuel de 200000 francs environ est affecté à Y Office du travail.
- Il serait prématuré de contester Futilité de cette création. Par l’effet de son organisation administrative, la France est depuis longtemps en possession de la plupart des documents statistiques et sociaux que d’autres États ont dû demander à l’organisation d’un service central. Indépendamment des statistiques officielles que publient les ministères sur les mouvements du commerce et de la navigation, sur les mines, sur la sucrerie indigène, etc., etc., nous avons les nombreuses enquêtes ouvertes devant les Chambres, notamment celles qui ont été établies au sujet des tarif de douanes ; nous possédons les comptes rendus des chambres de commerce et des chambres consultatives, les rapports annuels des grandes sociétés anonymes, quant aux transports, à la métallurgie et aux industries les plus considérables, sans compter les travaux des sociétés de statistique, d’économie sociale et autres qui complètent et éclairent les publications officielles. Le gouvernement et les législateurs semblent donc être dès à présent suffisamment outillés pour connaître en France les conditions du travail, la situation des industries, les rapports de la main-d’œuvre et du capital. Cela explique comment le besoin d’un Office du travail s’était fait moins sentir en France qu’ailleurs et pourquoi cette création y a été plus tardive qu’aux États-Unis, en Angleterre et en Suisse. Cela dit, nous ne pouvons que désirer le succès du nouvel Office qui saura mettre en œuvre les éléments qui existent déjà, ouvrir de nouvelles sources d’informations, et, par une enquête impartiale, préparer les décisions utiles.
- L’exactitude et l’impartialité sont les conditions premières d’une pareille enquête. Ce n’est point dans l’intérêt exclusif de la main-d’œuvre que l’enquête doit être poursuivie, c’est au profit du travail national à tous ses degrés et sous toutes ses formes. Ce serait, par exemple, tromper les ouvriers que de leur faire accroire que Y Office du travail aura la puissance d’élever le taux des salaires, de subordonner le capital à la main-d’œuvre et de bouleverser les conditions générales de la production. Nous hasardons cette réflexion, après avoir observé que plus d’une fois les institutions, qui sem-Tome VIL — 91e année. 4e série. — Juin 1892.
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- blaient le mieux conçues dans l'intérêt des ouvriers, ont été détournées de leur but, dénaturées par la politique et converties en périls. Les Bourses de travail qui pourraient être si bienfaisantes, sont devenues des sièges de grèves, où l’on prêche la suspension du travail. La loi de 1884 sur les syndicats, loi dont le principe libéral est incontestable et dont la saine application serait avantageuse pour les ouvriers comme pour les patrons, a été dès le début transformée en machine de guerre, frappant tout à la fois le capital et le travail. Ces précédents donnent l’exemple des risques auxquels sont exposées les meilleures institutions visant l’amélioration du sort des ouvriers.
- C’est par l’exactitude et par l’impartialité des renseignements que les travaux du Department of Lahor ont obtenu aux Etats-Unis la confiance de tous les partis. Nous sommes heureux de féliciter notre honorable correspondant, M. le colonel Carroll Wright, à qui la publication du présent rapport dans le Bulletin, si vous voulez bien l’ordonner, transmettra nos remerciements et nos sentiments de haute estime.
- Signé : C. Lavollée, rapporteur, Approuvé en séance le 13 mai 1892.
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- Rapport fait par M, Troost, au nom du Comité des arts chimiques, sur la . préparation industrielle de l’acide carbonique liquide, par M. H. Gall.
- Dans la séance du 22 février 1889, M. H. Gall a présenté à la Société l’acide carbonique liquide fabriqué industriellement pour la première fois en France,
- C’est en Allemagne que la préparation industrielle de l’acide carbonique liquide a pris naissance ; elle s’y est rapidement développée, grâce à l’énorme consommation de la bière qui y constitue une boisson et un aliment d’un usage général. On y a bien vite reconnu que la pression exercée par l’acide carbonique sur la bière contenue dans des tonneaux placés à la cave, permet de faire monter dans les salles de consommation la bière aussi bonne que lorsqu’elle arrive de chez le brasseur, tandis qu’une égale pression exercée par de l’air comprimé ne donne qu’une bière fade, ayant perdu une grande partie de l’acide carbonique qui lui donne sa saveur.
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- Si le succès de la liquéfaction de l’acide carbonique est dû èn Allemagne à la consommation de la bière, son succès en France est dû à l’emploi de très grandes quantités d’acide salicylique par la médecine.
- En effet, tant que l’acide carbonique liquide a été surtout employé par les cafés et les brasseries, la France est restée tributaire de l’Allemagne. Elle n’a songé à s’en affranchir que lorsque, en 1888, la Compagnie générale des produits antiseptiques est devenue concessionnaire pour la France des brevets Kolbe et Schmidt relatifs à la préparation de l’acide salicylique par la réaction de l’acide carbonique liquide ou solide sur le phénol sodé. C’est à cette date qu’a commencé, dans l’usine de Villers, près Hermes (Oise), la production de l’acide liquide à l’aide d’un appareil basé sur les indications de MM. Ozoux et Moison, et perfectionné par le directeur technique, M. H. Gall.
- L’acide carbonique pur y est produit très économiquement par la combustion du coke. Ce combustible est d’abord transformé dans un gazogène du système Lancauchez en oxyde de carbone, dont on détermine ensuite la combustion complète par l’arrivée d’un excès d’air. Le mélange d’acide carbonique, d’azote et d’oxygène contient environ 18 p. 100 d’acide carbonique. On le lave soigneusement pour le débarrasser des petites quantités d’acide sulfureux qu’il pourrait contenir et on le refoule ensuite dans une solution de carbonate de potasse contenu dans un récipient muni d’un agitateur.
- Le carbonate neutre absorbe l’acide carbonique et passe à l’état de bicarbonate, tandis que l’azote et l’oxygène s’échappent dans l’atmosphère.
- La solution de bicarbonate est portée à l’ébullition dans une chaudière chauffée par la chaleur produite par la combustion de l’oxyde de carbone du gazogène ; elle dégage la moitié de son acide carbonique à l’état pur, et le carbonate neutre, revenu à la température ordinaire, est prêt à absorber de nouvelles quantités d’acide carbonique. Il pourra, par suite, si l’on fait abstraction des pertes résultant des transvasements, servir indéfiniment.
- Le gaz acide carbonique est recueilli dans un gazomètre, d’où il est aspiré pour être séché et comprimé à l’aide d’un compresseur dont le principe rappelle la pompe à cascade de Régnault. Il est ainsi amené successivement aux pressions de 5, de 25 et de 70 atmosphères et emmagasiné dans des bouteilles en fer forgé d’une épaisseur de 5 à 6 millimètres que l’on fabrique couramment aujourd’hui dans l’usine de Louvroil (Nord).
- La plus grande partie de l’acide carbonique liquide produit par la Compagnie générale des produits antiseptiques a été consommée par la fabri-
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- cation de l’acide salicylique ; mais, les applications se multipliant, M. H. Gal^ a perfectionné ses procédés et augmenté sa puissance de fabrication. Les compresseurs actuels peuvent liquéfier 300 kilogrammes d’acide carbonique par jour, ils arriveront prochainement à une liquéfaction journalière de 1 000 kilogrammes.
- Les frais généraux ont en même temps été diminués, si bien qu’on livre aujourd’hui l’acide carbonique liquide à 0 fr. 60 le kilogramme rendu à Paris.
- Dans ces conditions, la production française est en état de lutter avec la production allemande. Elle en livre non seulement pour la mise en pression de la bière, mais aussi pour la fabrication de l’eau de Seltz et des eaux gazeuses en général. 8 kilogrammes d’acide liquide contenus dans un récipient de 10 litres donnent 4000 litres de gaz. Les chais du Bordelais s’en servent pour filtrer le vin : le gaz ramené à une pression convenablement réduite comprime le liquide sur la surface filtrante sans l’altérer.
- La grande quantité de chaleur qu’il absorbe en se vaporisant peut êtrç utilisée pour produire un refroidissement très énergique.
- Enfin les métaux en fusion soumis à la pression énorme que fournit l'acide carbonique liquide, se solidifient pendant leur refroidissement, en une masse dépourvue de soufflures et présentant des qualités qu’on ne rencontre pas dans les métaux solidifiés sous la pression ordinaire.
- La consommation de l’acide carbonique liquide s’accroîtrait rapidement si son transport à de grandes distances n’était rendu très difficile par suite de son assimilation à celui des explosifs et, comme tel, frappé d’une surtaxe de 50 p. 100.
- M. H. Gall, en produisante premier en France la liquéfaction industrielle de l’acide carbonique liquide, a rendu un signalé service à l’industrie nationale.
- Votre Comité des arts chimiques a l’honneur de vous proposer de remercier M. H. Gall, de son intéressante communication et d’autoriser l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Signé : Troost, rapporteur,
- Approuvé en séance le 22 avril 1892.
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- Rapport fait par MM. A. Carnot et H. Le Chatelier, au nom du Comité des arts chimiques, sur une étude du pouvoir calorifique des combustibles industriels, faite par M. Mahler, sous les auspices de la Société d’En-
- COURAGEMENT.
- Le Conseil de la Société d’Encouragement, sur la proposition de son Comité des arts chimiques et après discussion d’un rapport de M. Hirsch (1) sur cette proposition, s’est décidé à entrer dans une voie nouvelle d’encouragements à l’industrie. Tout en continuant à décerner des prix aux travaux et mémoires qui lui sont présentés, la Société d’Encouragement a pensé qu’elle pourrait également rendre des services à l’industrie en prenant l’initiative de recherches expérimentales, qui auraient pour objet la détermination scientifique de certaines constantes spécifiques des corps, dont la connaissance précise présente une importance de jour en jour plus considérable pour un grand nombre d’opérations industrielles. A cet effet, un crédit de 3000 francs a été ouvert au Comité des Arts chimiques pour faire entreprendre de nouvelles recherches calorimétriques sur les combustibles industriels.
- Avec des ressources aussi modestes, votre Comité des arts chimiques n’a pu mener à bien la tâche que vous lui avez confiée que parce qu’il a eu l’heu reuse fortune de trouver un jeune ingénieur, M. Mahler, qui s’est offert pour ce travail en acceptant par avance, et sans la connaître, la rémunération quelconque qui pourrait lui être allouée par la Société d’Encouragement. D’autre part, le laboratoire de l’Ecole des Mines a consenti pour cette fois à prendre à sa charge les frais d’expériences, fournissant le matériel et le combustible indispensables (2). Ce sont là des conditions particulièrement favorables, sur lesquelles il ne faudrait pas compter pour une seconde tentative du même genre.
- Le programme de recherches soumis à votre approbation comprenait
- (1) Voir t. VI, 4e série, 1891, p. 65.
- (2) Ce concours du laboratoire de l’École des Mines ne s’est appliqué qu’aux expériences sur les combustibles; M. Mahler a personnellement supporté toutes les dépenses qu’a entraînées l’étude des modifications apportées à la bombe calorimétrique dont il est question plus loin. Il n’a d’ailleurs pris aucun brevet, ni retiré aucun avantage personnel de cette invention qu’il a laissée dans le domaine public.
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- 50 analyses chimiques et déterminations de pouvoir calorifique des houilles, goudrons et gaz combustibles. Ces expériences ont été, conformément à votre décision, poursuivies sous le contrôle direct de deux de vos délégués choisis parmi les membres du Comité des arts chimiques : MM. Carnot et Le Chatelier, qui viennent aujourd’hui vous rendre compte des résultats obtenus.
- M. Mahler a rempli et au delà le programme qui lui avait été tracé. Non content d’étudier la houille et les combustibles liquides ou gazeux qui en dérivent, il a étendu ses recherches à divers autres combustibles : pétrole, lignite, tourbe, bois, huiles végétales. Au cours de ce travail, il a fait quelques observations très importantes sur l’oxydation spontanée des houilles, phénomène si redoutable par les incendies qu’il occasionne, si nuisible dans la fabrication du coke et celle du gaz d’éclairage. Toutes les déterminations expérimentales ont, de l’avis de vos deux délégués, été conduites avec un soin et une habileté qui donnent aux résultats obtenus un degré de certitude aussi grand qu’il était possible de le désirer.
- En plus de ces recherches numériques, M. Mahler a étudié, sans que cela rentrât en aucune façon dans le programme qui lui avait été tracé, un appareil industriel, modification de la bombe calorimétrique de MM. Ber-thelot et Vieille, qui permet de mesurer pratiquement et très exactement le pouvoir calorifique de tous les combustibles. La solution donnée par M. Mahler à ce problème délicat paraît satisfaire à toutes les conditions désirables. L’approbation donnée par M. Berthelot aux modifications, que M. Malher a fait subir à la bombe calorimétrique, sont la meilleure garantie que ces modifications n’ont en rien altéré l’exactitude d’une méthode qui, entre les mains de ce savant et de ses élèves, a donné à la thermochimie des matières organiques une précision inconnue auparavant. L’approbation non moins complète des savants et ingénieurs, qui s’occupent plus spécialement de calorimétrie industrielle, montre qu’en même temps toutes les conditions de simplicité et de maniabilité indispensables dans un appareil réellement industriel sont parfaitement remplies. L’obus calorimétrique de M. Mahler, qui n’est encore connu que par la présentation verbale qu’il en a faite à la Société d’Encouragement, s’est très rapidement répandu, tant en France qu’à l’étranger, dans les laboratoires scientifiques et industriels.
- Par les perfectionnements apportés aux méthodes calorimétriques, M. Mahler a donc, sous les auspices de la Société d’Encouragement, rendu à l’industrie un service immédiat et direct, plus important encore que celui
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- qui pourra résulter des déterminations expérimentales qui lui avaient été demandées par notre Société. Sur une matière où il n’existait auparavant que des données contradictoires et contestées, non seulement il a donné des mesures d’une précision très grande, mais il a encore mis à la portée des industriels le moyen de répéter ces mesures avec la même précision et de les étendre à tous les combustibles qu’ils peuvent employer.
- En conséquence, votre Comité des arts chimiques a l’honneur de proposer au Conseil d’adresser à M. Mahler toutes ses félicitations pour cet important travail et de décider l’impression in extenso, avec tableaux et planches, du mémoire qui lui a été remis, en le faisant précéder du rapport de vos deux délégués soussignés.
- Signé : A. Carnot, H. Le Chatelier, rapporteurs.
- Approuvé en séance le 13 mai 1892.
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- CONTRIBUTION A l’étude DES COMBUSTIBLES : DÉTERMINATION INDUSTRIELLE
- DE LEUR POUVOIR CALORIFIQUE, PAR P. MAHLER, INGÉNIEUR CTVIL DES MINES.
- Je présente, dans ce mémoire, les résultats des travaux que .j’ai exécutés, durant l’année 1891, sous les auspices de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- Avant d’aborder le sujet, je dois exprimer toute ma reconnaissance à ceux qui, après avoir provoqué les recherches, ont suivi leur réalisation avec intérêt : M. Haton de la Goupillière, président de la Société d’Encouragement et directeur de l’Ecole des mines; M. A. Carnot, inspecteur de l’école; M. H. Le Chatelier, ingénieur en chef des mines. J’ai trouvé dans les laboratoires de l’Ecole des mines une cordiale hospitalité qui m’a permis de mener à bonne fin un nombre considérable d’expériences.
- Je remercie les industriels qui, à divers titres ont facilité les recherches : MM. Deutsch et la Compagnie parisienne du gaz, ensuite les Compagnies minières, dont l’inépuisable générosité a mis à ma disposition les échantillons que j’ai essayés. Je cite notamment la Société de Commentry-Fourchambault, dont le directeur est M. H. Fayol.
- Enfin, je rendsjjustice au zèle et à l’intelligence de M. Goûtai, aujourd’hui chimiste à l’Ecole des mines, que je me suis adjoint comme collaborateur, surtout dans la partie analytique des essais.
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- La physique industrielle n’offre pas de problème plus important que l’estimation de la valeur calorifique (1) des combustibles, seul moyen de les comparer entre eux.
- Les chimistes ont proposé de nombreux procédés pour fournir cet intéressant renseignement. Un des plus employés encore est le procédé de Berthier; mais, s’appuyant sur une hypothèse fausse, il ne saurait donner des résultats sérieux.
- On peut aussi déduire le pouvoir calorifique soit de la mesure directe de la quantité de chaleur dégagée par la combustion, soit de la composition même de la matière essayée.
- Bans quelles limites les chiffres de l’observation calorimétrique exacte sont-ils comparables à ceux qui proviennent de l’analyse élémentaire ? Autrement dit, existe-t-il une relation d’une approximation suffisante dans la pratique, entre le pouvoir calorifique et la composition d’un charbon?
- A compter les écrits publiés sur la question depuis cinquante ans, on doit supposer qu’elle est élucidée et même usée, et que les industriels (2) savent comment ils doivent apprécier leurs houilles. Malheureusement le doute existe encore.
- En ce qui concerne particulièrement les houilles, la Société d’Encouragement a pensé qu’une étude, guidée par les plus récentes découvertes de la thermochimie, aidée par les nouveaux appareils que M. Berthelot a mis à la disposition des chercheurs, éclaircirait la question.
- Telle est l’origine du travail que j’ai entrepris. Seulement, durant l’exécution des recherches, voyant avec quelle aisance les instruments fournissaient des résultats précis, j’ai étendu les expériences à toutes les catégories de combustibles, comme les gaz et les huiles minérales.
- J’ai également cru devoir aborder certains points d’un intérêt scientifique ou industriel tout particulier, comme la distillation de la houille et sa détérioration à l’air.
- Enfin, voulant discuter dans quelles limites une formule est capable de traduire en calories la composition d’une houille, question présentant quelque intérêt pratique, puisqu’il était admis que la calorimétrie de précision présentait des difficultés impossibles à surmonter dans les usines, j’ai dépassé le but. Ce mémoire même ne sera peut-être que la démonstration de ce fait, qu’il est beaucoup plus pratique de se servir du calorimètre que de la grille à analyses pour étudier un combustible.
- Avant de présenter les résultats acquis, je commencerai par décrire les
- (1) La puissance calorifique absolue d’un combustible est la quantité de chaleur dégagée par la combustion complète de Vunité de poids de ce combustible.
- (2) Voir à ce sujet le Traité de physique industrielle, par M. L. Sër, t. I, p. 63 et suivantes.
- On y trouvera les Formules de M. Gornut et de M. Ser, relatives au pouvoir calorifique des.
- houilles.
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- méthodes d'observation. Je ne passerai aucun détail important, voulant surtout mettre le lecteur à même de contrôler mes assertions et de refaire, au besoin, les essais. Mon dessein, en outre, n’est pas de dérouler des théories, mais de faire connaître des méthodes et des chiffres.
- I. Analyse élémentaire des combustibles. — L’analyse élémentaire est une opération classique dans les laboratoires. Le lecteur la trouvera décrite et particulièrement appliquée aux combustibles dans les ouvrages de Rivot, de Post (1), etc. Toutefois, je crois utile de revenir brièvement sur ce sujet, parce que j’ai constaté certaines différences entre les nouveaux résultats et ceux de plusieurs devanciers.
- Par exemple, le tableau imprimé plus loin indique des teneurs en carbone généralement plus fortes pour les houilles à gaz et pour les houilles flambantes spécialement que celles des houilles analogues étudiées par Régnault (2) et d’autres chimistes.
- Principe de la méthode. — On pratique l’analyse élémentaire des combustibles dans le tube bien connu à analyse organique.
- Ce tube est garni d’oxyde de cuivre, porté au rouge et chargé d’assurer l’oxydation des éléments constitutifs du combustible.
- On opère toujours, aujourd’hui, la combustion des matières minérales dans un courant continu d’oxygène pur et sec.
- On recueille l’eau et l’acide carbonique résultant de la combustion, et on les pèse à la fin de l’opération, pour en déduire les teneurs en hydrogène et en carbone. Par différence on détermine l’oxygène et l’azote.
- Appareil. — La figure 1 (pl. 74) représente l’appareil à analyse organique monté à l’Ecole des mines. Yoici en quoi consiste cet appareil :
- Fig. 1. —Montage de l’appareil à analyse élémentaire (combustibles solides et liquides).
- G, Gazomètre à oxygène ; P, Tube à solution de potasse ; L, E, Dessiccation de l’oxygène; K, Laveur contenant de l’acide sulfurique; R, R', Grilles; T, Tube à combustion; G, Gouttière en fer; W, S, Tubes de condensation de l’eau; M, Tube à solution de potasse; S', Tube à ponce sulfurique.
- Cet appareil se distingue par la grande longueur du tube à combustion. Le tube, en verre de Bohême, a lm,300 de longueur totale, dont 0m,85 sont occupés par la colonne d’oxyde de cuivre. Une petite colonne de cuivre métallique, non réduit par l’hydrogène, empêche la formation des composés oxygénés de l’azote. Quelques centimètres de chromate de plomb, placés en avant, arrêtent le soufre.
- (1) Post, Traité d'analyse industrielle, page 35. — F&ësenius, Traité d’ûnalyse quantitative.
- (2) Régnault, Annales des Mines, 1837.
- Tome VII. — 91e année. 4e séries — Juin 1892.
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- Beaucoup de livres enseignent la manière de garnir le tube : je n’ai rien à y ajouter.
- La longueur du tube n’est pas exagérée. Je l’ai constaté en analysant, dans des tubes plus courts, des houilles chargées de ces matières volatiles qui, pour peu que le courant gazeux s’accélère, tendent à traverser l’oxyde de.cuivre, même au rouge, sans se décomposer. Un tube aussi long se prête d’ailleurs, sans modification, à l’analyse des combustibles liquides volatils, comme l’essence de pétrole.
- L’oxygène, avant de traverser le tube, est purifié comme à l’ordinaire, et passe dans un petit laveur à acide sulfurique. Ce laveur, réduction du tube de Schlœsing, dont il sera question plus loin, permet à l’opérateur de compter les bulles de gaz, et par conséquent de régler la vitesse du courant gazeux de l’appareil.
- Les tubes analyseurs, chargés de retenir l’eau et l’acide carbonique, sont d’une construction spéciale. J’ai renoncé à tous les supports qui encombrent les tables de chimie, et à ces manchons de caoutchouc qui dans les appareils ordinaires réunissent les tubes : j’emploie exclusivement pour cette jonction des bouchons, et j’assure ainsi la parfaite étanchéité et le prompt montage du système.
- Les observations ci-dessus expliquent les formes et la disposition que le dessinateur a figurées.
- Un tube de Wurtz et un tube en U retiennent l’eau. L’acide carbonique est absorbé par une dissolution de potasse, à 1,45 de densité, contenu dans un tube de Schlœsing, légèrement modifié. A la suite du tube de Schlœsing, on voit un tube en U, à ponce sulfurique, destiné à arrêter l’eau qui peut s’échapper du tube à potasse.
- Le principe du tube de Schlœsing est connu. L’appareil consiste en un tube en U large, surmonté de deux boules. Le gaz pénètre dans la première boule, abaisse le niveau du liquide et passe dans la seconde par l’intermédiaire d’une traverse sinueuse, inscrite dans un plan incliné.
- Le tube que j’ai fait construire (1) est d’un emploi commode. Quatre petits pieds, en verre creux, permettent de l'installer sans support sur la table. Grâce à un ajutage que ferme un bouchon émerisé, et convenablement vaseliné, on le •remplit, on le vide et on le nettoie facilement.
- L’orifice du tube sinueux dans la seconde boule est peu élevé au-dessus du niveau de l’orifice de ce tube dans la première. Comme conséquence, il n’est plus nécessaire de créer une assez forte pression pour assurer la circulation des gaz dans le système, comme on est obligé de le faire quand on sert du laveur de Lie-big. Cette condition est excellente pour le succès de l’opération. Une disposition
- (-1) M. Lécluse, constructeur.
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- spéciale permet de relier le tube à celui qui le précède, par l’intermédiaire d’un bouchon.
- Remarquons, enfin, que la figure présente deux grilles, une petite de 0m,350 et une de la dimension habituelle usitée pour les analyses organiques. On installe sur ces grilles le tube à combustion. Forcé d’adopter cette disposition, eu égard à l’outillage du laboratoire de l’Ecole des minés, je lui reconnais certains avantages. Elle isole, en effet, la plus longue partie du tube, celle où se trouve l’oxyde de cuivre, et qui doit rester rouge durant toute l’opération, pendant que le chimiste peut conduire à volonté la température de la section du tube qui reçoit la matière à essayer.
- Détails sur/’opération.—Avec l’appareil, dont je viens de parler, la dessiccation de l’oxyde de cuivre et l’élimination du carbone qu’il peut retenir avant l’analyse, se pratiquent en faisant circuler un courant rapide d’oxygène dans le tube porté au rouge.
- Cette dessiccation opérée, on ferme les becs de gaz correspondant à la petite grille, on ajuste les tubes à eau et à acide carbonique, et on prolonge quelques instants le courant, un peu ralenti, d’oxygène. De cette façon, la solution de potasse se sature d’oxygène, et le système de tubes absorbants est amené dans les mêmes circonstances accessoires où il sera quand on le pèsera pour mettre fin à l’analyse.
- On tare alors les tubes. On prend les précautions d’usage, et on introduit le combustible pesé dans une nacelle de porcelaine ou de platine.
- A ce moment, toute la partie du tube à combustion située sur la grande grille est déjà rouge. On peut donc aussitôt commencer à décomposer le combustible.
- La conduite de l’opération est décrite dans tous les livres; j’insiste seulement sur deux points.
- Le succès de l’analyse dépend en grande partie de la vitesse du courant gazeux dans le tube. Pendant le temps de la distillation des matières volatiles hydrocar-burées, il ne faut jamais compter plus d’une bulle en deux secondes. On peut doubler la vitesse au moment de la combustion du coke.
- Il est aussi indispensable de porter l’oxyde de cuivre à une température aussi élevée que possible (1).
- L’analyse élémentaire d’une houille demande quatre heures pour une prise d’essai de 0s'r,500, en y comprenant le temps nécessaire au montage de l’appareil. Cette opération exige une attention continuelle de la part du chimiste, à cause de la complexité de la matière à décomposer.
- Analyse des liquides. — Comme je l’ai dit, l’appareil dont je viens de parler
- (I) L’appareil à analyse organique et la méthode ont été soigneusement vérifiés par des expériences directes : analyses de corps de composition connue, vérification de l’absence de toute trace d'hydrocarbures non brûlés et d’oxyde de carbone au sortir du tube à combustion, etc.
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- s’applique sans modification à l’analyse des combustibles liquides et des matières hydrocarburées les plus volatiles.
- Les liquides lourds sont pesés dans une nacelle; les autres, qui émettent des vapeurs sensibles, dans une ampoule en verre mince.
- La conduite de l’opération est toujours la même. La crainte des explosions indique que le courant d’oxygène doit être presque nul pendant la distillation de la matière, et qu’il faut se garder de pousser trop rapidement la température de la région où se trouve la prise d’essai.
- Les pétroles contiennent toujours une petite quantité d’eau dont il est difficile de tenir compte dans les analyses. On met cette eau en évidence en jetant dans le liquide un peu de sulfate de cuivre blanc qui bleuit en s’hydratant.
- Détermination des cendres. — Les cendres restent dans la nacelle : il est donc facile de lepeser. D’ailleurs j’ai eu toujours le soin de vérifier ce chiffre, en pesant le résidu de la calcination de quelques grammes du combustible.
- La comparaison des deux résultats montrait si l’échantillon du charbon examiné avait été réduit en poudre suffisamment homogène.
- Dosage de l’eau hygroscopique. — L’évaluation de l’eau d’un combustible précisément étudié au point de vue calorimétrique est très importante, puisqu’il peut en résulter des erreurs appréciables dans la teneur en hydrogène.
- J’ai effectué cette détermination, à part, sur 5 grammes. Les prises d’essai étaient pesées avant et après une dessiccation de dix jours dans le vide de la machine pneumatique à mercure.
- J’ai contrôlé les résultats ainsi obtenus en dosant l’eau de quelques houilles de la manière suivante :
- On pesait 5 grammes dans un tube que l’on mettait en communication avec la trompe à mercure ; et on chauffait le tube de verre progressivement (1). On détachait de temps en temps le tube de la trompe, pour noter son changement de poids. Quand la balance cessait d’indiquer une perte de poids, on considérait l’opération comme terminée.
- La trompe à mercure permettant l’examen des produits qu’elle aspire, je pouvais donc vérifier que la perte de poids se rapportait bien à l’eau hygroscopique et non à des gaz combustibles.
- Je me suis surtout préoccupé, en procédant par les méthodes ci-dessus, d’opérer à l’abri du contact de l’air. On sait, en effet, que la houille s’oxyde à l’air, et que l’oxydation de certains charbons est déjà assez rapide à 100 degrés pour fausser les résultats de l’essai.
- (I) En moyenne l’eau s’élimine à 110° C. pour les houilles ordinaires. Mais, pour la plupart des houilles on peut élever la température jusqu’à 150° G sans crainte d’expulser des matières hydrocarburées.
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- Je reviendrai d’ailleurs plus loin sur ce phénomène d’oxydation (1).
- Voici un procédé peut-être plus pratique que l’usage de la pompe à mercure dans les laboratoires imparfaitement outillés.
- J’ai obtenu sensiblement les mêmes résultats que dans le vide, en chauffant 2 ou 3 grammes de houille à 110° C. dans un petit tube de 8 millimètres de diamètre environ qui ne laissait au contact direct de l’air qu’une faible surface de charbon. L’opération exige environ deux heures.
- Dosage de l'azote. — Le dosage de l’azote importe assez peu dans l’analyse élémentaire de la houille.
- J’ai cependant pratiqué ce dosage pour quelques houilles, en partie pour constater si un nouveau procédé, surtout répandu en Allemagne, le procédé de Kjeldahl (2), donnait des résultats comparables à ceux de l’ancienne méthode de Will et Warren trapp.
- On sait que la méthode de Kjeldahl consiste dans l’attaque de la matière, 1 gramme environ, par l’acide sulfurique à l’ébullition dans une fiole.
- J’ai appliqué la méthode de Kjeldahl à sept houilles, et, par comparaison avec le procédé de Will et Warrentrapp, à 4 échantillons.
- Voici les résultats :
- DÉSIGNATIONS. WILL ET WARRENTRAPP. KJELDAHL.
- p. 100. p. 100.
- Houille de Blanzy 1,08 1,13
- Houille d’Anzin 1,10 1,18
- Houille de Kébao 0,60 0,65
- Anthracite de Pensvlvanie ...... 0,80 0,75
- Moyenne des quatre échantillons. . . 0,89 0,93
- On active la réaction en ajoutant un peu d’oxyde de mercure. Pour les houilles, il convient, au bout de deux heures d’ébullition, de jeter dans le liquide quelques cristaux de permanganate de potasse. Après trois heures, la liqueur devient claire; on précipite le mercure par le sulfure de sodium, on sature l’acide par une base, et on achève en distillant l’ammoniaque, par les procédés connus (3), dans une liqueur titrée d’acide sulfurique.
- La méthode de Kjeldahl paraît indiquer plus d’azote que le procédé à la chaux sodée.
- (1) Voir p. 365.
- (2) Deuxième supplément du Dictionnaire de Wurtz, p. 244.
- (3) Appareil de Schlœsing.
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- Je la crois capable de rendre des services dans les usines à gaz, par exemple, où l’on a parfois une quantité d’échantillons à analyser simultanément.
- Dosage du soufre. — Le soufre a peu d’importance dans les houilles, au point de vue calorifique. Les échantillons étudiés ont d’ailleurs été choisis parmi les moins sulfureux, et je me suis borné à vérifier que la teneur en soufre ne dépassait pas 1 p. 100 dans un certain nombre de prises d’essais. J’ai à peine trouvé plus de 0,80 p. 100.
- J’ai pratiqué cette opération en recherchant l’acide sulfurique dans le résidu de la combustion calorimétrique. Je dirai un mot plus loin sur cette question.
- Analyse en poids du gaz d’éclairage. — Je donne, à propos du gaz d’éclairage, sa composition en poids. Il importe de savoir comment les chiffres ont été établis.
- J’ai appliqué le procédé général de l’analyse élémentaire, qui, à ma connaissance, n’avait pas encore été usité dans de semblables circonstances.
- La figure 2 (pl. 74), montre l’appareil installé à cet effet, il est ainsi composé :
- Fig. 2. — Montage de l’appareil à analyse élémentaire (gaz d’éclairage).
- G, Gazomètre à gaz d’éclairage; N, Cuve à eau ; I, Tube servant au jaugeage du gaz : pendant l’analyse, on bouche ce tube d’une façon quelconque, pour empêcher le liquide de sortir par là; Y, Entonnoir à robinet. Les autres indications, comme dans la fig. 1.
- On y retrouve les principaux détails déjà énumérés à propos des combustibles solides. Le même système est employé pour condenser l’eau et absorber l’acide carbonique.
- La longueur du tube à combustion a été portée à lm,75. Le tube repose sur deux grandes grilles.
- La prise d’essai est emmagasinée dans une fiole que le chimiste fait fonctionner comme un gazomètre. De là, le gaz est dirigé dans l’oxyde de cuivre, porté au rouge.
- La fiole reproduit exactement un gazomètre. Elle a 2 ou 3 litres de capacité et porte trois tubulures.
- La première reçoit un bouchon traversé par un tube court qui se raccorde à un autre tube horizontal par l’intermédiaire d’un robinet à trois voies. Dans la seconde tubulure on voit un tube long surmonté d’un entonnoir à robinet. Enfin par la troisième passe un tube long, ouvert à l’air libre.
- Pour faire passer un litre de gaz, la prise d’essai habituelle dans le gazomètre, on le remplit d’eau saturée de gaz d’éclairage, dont l’emploi est plus commode que celui du mercure. Puis, après avoir balayé par le gaz même, le tube transversal, on tourne le robinet à trois voies de façon à mettre le gaz en com-
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- munication avec l’intérieur du gazomètre. Il suffît alors de recevoir, dans un ballon jaugé d’un litre, l’eau déplacée par le gaz et qui s’écoule par le tube ouvert à l’air libre, convenablement incliné pour la circonstance. Lorsque le ballon est plein, on ferme les robinets, on redresse le tube ouvert, et on a dans le gazomètre 1 litre de gaz, saturé d’humidité, sous la pression atmosphérique et à la température ambiante.
- L’opération peut commencer aussitôt. On relie donc le tube à combustion, déjà porté en rouge, au tube transversal dont il a été question plus haut, ce tube étant lui-même en relation avec l’arrivée de l’oxygène pur. Après avoir balayé le tube transversal et le tube à combustion par un courant d’oxygène, on ajuste le tube de Wurtz et celui de Schlœsiug, tarés. On continue le courant d’oxygène. On tare à nouveau les tubes absorbants, et on les fixe définitivement à l’appareil.
- Agissant sur le robinet à trois voies, le chimiste arrête le courant d’oxygène et met le gaz en communication avec le tube à combustion. Le déplacement du gaz se fait lentement avec de l’eau saturée de gaz, que reçoit l’entonnoir.
- Le gaz expulsé de la fiole, on la ferme, et on achève la manipulation par un courant d’oxygène pur et sec.
- Comme on connaît la densité du gaz, la pression barométrique, la température, la tension de la vapeur d’eau dans le gaz; les pesées pratiquées à la fin de l’analyse donnent le carbone total, l’hydrogène, l’oxygène et l’azote de 1 gramme de gaz.
- Toutefois, il est intéressant de compléter l’analyse précédente au point de vue calorifique par les teneurs en oxyde de carbone et en acide carbonique.
- L’acide carbonique a été fixé en poids, en faisant passer o litres de gaz dans une liqueur de potasse. On précipite l’acide carbonique à l’état de carbonate de baryte, que l’on pèse.
- On a eu recours à une analyse volumétrique très soignée pour apprécier l’oxyde de carbone.
- Je dois dire ici que les opérations relatives au dosage de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone, à la détermination de la densité, ont été effectuées, à l’usine expérimentale de la Villette, sous la direction de M. Sainte-Claire Deville. Je remercie cet ingénieur, si compétent, de son obligeant concours.
- Evaluation de la vapeur d’eau dans les gaz. —J’ai aisément tenu compte de la vapeur d’eau dans le calcul de l’analyse élémentaire, puisque le gaz était saturé d’humidité. La même remarque s’applique à la plupart des essais calorimétriques exposés plus loin, les gaz ayant été recueillis sur l’eau.
- Toutefois, quand j’ai éprouvé le gaz courant, emprunté à la colonne montante de l’Ecole des mines, pour faire la correction exigée par la présence de la vapeur, j’ai fait usage d’un procédé particulier.
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- En réalité, dans ce cas, on aurait tourné la difficulté en saturant le gaz par quelques gouttes d’eau placées au fond de la chambre de combustion. J’indiquerai cependant la méthode suivie, parce qu’elle repose sur un principe qui peut rendre des services, soit dans les laboratoires, soit dans les usines.
- On arrive rapidement à évaluer la vapeur d’eau mélangée à un gaz en la dosant hygrométriquement, c’est-à-dire en faisant fonctionner dans le gaz un hygromètre analogue à ceux des météorologistes.
- Ce point posé, la figure 1 n’a pas besoin d’une longue explication.
- L’hygromètre esta condensation; il est imité de celui de Régnault. Le réservoir est constitué par un dé en cuivre mince nickelé, dont une des faces est aplatie en vue de faciliter la constatation du point de rosée (1).
- Le dé porte un couvercle vissé, que traverse un thermomètre à boule minuscule, divisé en demi-degrés. Le couvercle est aussi traversé par un tube mé tallique long de 0m, 150. L’appareil hygrométrique est complété par une poire en caoutchouc aspirante, qu’un tube unit au tube métallique.
- Pour effectuer une expérience, on introduit l’hygromètre, garni d’éther, dans une grande fiole tubulée, préalablement desséchée. La fiole porte des robinets, des bouchons de caoutchouc, un manomètre, comme le montre le dessin.
- On fait circuler dans tout l’appareil le gaz à essayer assez longtemps pour que l’air soit complètement déplacé, et que la fiole soit finalement pleine de gaz, sous la pression atmosphérique et à la température ambiante.
- On isole le gaz et on agit deux ou trois fois sur la poire, et bientôt on observe le point de saturation et la température qui lui correspond.
- Comme le mouvement de la poire aspire toujours une petite quantité de gaz, le manomètre à mercure indiquerait une dépression, si l’on ne remédiait à cette cause d’erreur. Il suffit, par exemple, de relier la poire à l’un des robinets de la fiole de façon à refouler le gaz aspiré dans la fiole même. La poire (2) est disposée
- (1) M. Golaz, constructeur.
- (2) La petite poire de l’hygromètre peut donc aspirer et refouler. Elle est capable de rendre des services dans bien des manipulations de laboratoire.
- Fig. 1. — Appareil pour l’évaluation de la vapeur d’eau dans les gaz.
- H, Hygromètre; P, poire à double effet;
- R, R' robinets ; M, manomètre à mercure.
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- à cet effet. On introduit bien ainsi quelques traces de vapeur d’éther dans le gaz, mais la cause d’erreur est négligeable.
- Grâce à la longueur du tube de caoutchouc reliant la poire à l’hygromètre, grâce aussi à la netteté des divisions du thermomètre, on observe le point de rosée de loin, sans échauffer l’appareil.
- L’expérience s’achève par la lecture de la table de Régnault, qui donne la tension de la vapeur d’eau. On en déduit, au besoin, le poids de l’eau par litre de gaz.
- Supposons, maintenant, dans un appareil du genre de celui que je viens de décrire, le thermomètre hygrométrique remplacé par un thermomètre à course plus longue, l’eau substituée à l’éther.
- Le lecteur conçoit, dès lors, la possibilité d’apprécier facilement l’eau en suspension dans des gaz chauds. Or, cette évaluation intéresse les industriels qui se servent des gazogènes.
- II. Détermination directe du pouvoir calorifique des combustibles solides liquides et gazeux. — Procédé industriel. — Depuis Lavoisier (1), à qui l’importance de la question n’avait pas échappé, de nombreux savants se sont proposé de déterminer expérimentalement la puissance calorifique des matières combustibles. Je sortirais du cadre d’un mémoire en analysant dans les détails l’histoire de la question ; qu’il me suffise donc de nommer parmi ces chimistes les plus connus : Rumford, Desprelz, Dulong.
- Il faut aussi convenir qu’avant les travaux de MM. Favre et Silbermann (2) et l’apparition des théories thermo-chimiques, aucune détermination n’a été pratiquée d’une façon sérieuse.
- La création du calorimètre de MM. Favre et Silbermann a eu pour conséquence une quantité de recherches relatives à la chaleur de combustion, dont les plus remarquables, au point de vue qui nous occupe, furent celles de MM. Scheu-rer-Ketsner et Meunier (3).
- Je signale aussi l’invention par M. Thomson d’un appareil calorimétrique, avec combustion à l’aide du chlorate de potasse. Cet appareil, d’un emploi commode, a été fréquemment, usité dans des essais industriels. M. Thomson a récemment remplacé, dans son calorimètre, le chlorate de potasse par un courant d’oxygène (4).
- Enfin, je note les nombreuses recherches effectuées par le Dr Bunte de 1882 à 1891. Le dernier travail du Dr Bunte a été publié en 1891 dans le Journal fur
- (1) Berthelot, La Révolution chimique.
- (2) Annales de physique et de chimie, 2° série, t. XXXV.
- (3) Annales de physique et de chimie, 4e série, t. XXI et XXVI, et années suivantes. Pendant l’exécution de mon travail, M. Scheurer-Ketsner a publié un certain nombre de pouvoirs calorifiques de houilles, déterminés avec la bombe du Collège de France. (Annales de physique et de chimie, 6e série, t. XXIV.)
- (4) The Institution of civil Engineers, 1890, MM. Donkin et Holliday.
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- Gasbeleuchtung cle Munich. Ce savant a éprouvé un grand nombre de houilles avec le calorimètre du Dr Fischer, instrument qui ne diffère guère de l’appareil de Favre et Silbermann.
- Parmi les instruments employés par les expérimentateurs que j’ai nommés, les uns manquent absolument d’exactitude, les autres peuvent donner de bons résultats, mais au prix de manipulations très délicates; et encore brûlent-ils souvent le combustible imparfaitement. On doit alors recourir à de.s corrections qui, si elles sont importantes par rapport au résultat cherché, suffisent pour faire suspecter la méthode expérimentale elle-même.
- MM. Berthelot et Vieille (1) ont, dans ces derniers temps, indiqué un instrument dit bombe calorimétrique qui offre des avantages considérables, si on le compare aux appareils dont se sont servis les autres savants.
- C’est cette bombe que j’ai choisie pour l’exécution de mes recherches. Malheureusement, ayant promptement constaté que son prix d’achat dépassait de beaucoup le budget des laboratoires ordinaires, j’ai été conduit à la transformer.
- Comme on le verra plus loin, les modifications que j’ai imaginées, loin d’enlever à l’appareil ses qualités originales, l’ont plutôt amélioré et en ont fait une machine industrielle.
- Je rappelle que l’appareil en question a été présenté à la Société d’encouragement le 27 novembre 1891 (2), et à l’Académie des sciences, par M. Berthelot, le 30 novembre suivant. Depuis lors, la presse spéciale (3) s’en est emparée, et il a paru sur lui des articles si complets que les choses qui vont suivre ne seront peut-être pas neuves pour tous les lecteurs.
- Principe de ïappareil. — Dans une capacité à parois résistantes, on place une matière combustible ; on introduit ensuite de l’oxygène sous une pression convenable et on ferme exactement Fenceinte. Si l’on immerge ensuite l’appareil dans l’eau d’un calorimètre, et si on enflamme le combustible par un artifice quelconque, le charbon brûle complètement et presque instantanément (4). Sa cha-
- (1) Annales de physique et de chimie, 1885. Mélhode pour mesurer la chaleur de combustion du charbon et des composés organiques. — Annales de physique et de chimie (1881), M. Berthelot, méthode pour mesurer la chaleur de combustion des gaz par détonation.
- (2) De l’essai public exécuté à la Société d’Encouragement je dois rapprocher la communication, avec expérience faite le 27 mai 1892, par M. Thwaite à l’Institut du fer et de l’acier. M. Thwaite s’est servi d’une bombe émaillée, acquise par M. Wilson, chimiste, à Londres. Une autre communication a été présentée, au milieu de juin, à l’Institut du gaz à Londres. A la même époque, le Dr Bunte a montré un obus émaillé au Congrès des appareils à vapeur, à Nuremberg; cet obus appartient à l’École technique de Carlsruhe.
- (3) Le Génie civil, 23 janvier 1892; la. Nature, la Lumière électrique, Iron, Dinglers pol. Journal, etc., etc.
- (4) L’eau formée par la combustion de l’hydrogène se condense sur les parois de la bombe.
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- leur dégagée se transmet alors, sans aucune déperdition (1), à l’eau du calorimètre, et il est facile de l’estimer, comme dans toutes les opérations calorimétriques.
- Seulement dans le cas présent, eu égard à la rapidité de l’expérience, la plupart des corrections en usage dans les cabinets de physique deviennent négligeables (2) : par exemple celles qui proviennent de l’évaporation de l’eau et des variations de la température de la salle.
- La pression de l’oxygène est déterminée par la condition que la combustion soit toujours complète. Un excès d’oxygène est indispensable.
- Pour vérifier que la condition est remplie, il suffît d’ouvrir la bombe et de
- Fig. 2. — Appareil pour la détermination industrielle du pouvoir calorique des combustibles.
- A, Enveloppe isolante; B, obus en acier émaillé; C, capsule on platine; D, calorimètre; E, électrode; F, fil de fer servant d’amorce; G, support de l’agitateur; Ii, mécanisme do l’agitateur; S, agitateur; L, levier de l’agitateur; M, manomètre; O, tube d’oxygène; P, générateur d’électricité; T. thermomètre; Z, pièce servant d’étau; C, dispositif pour la combustion des liquides.
- constater que la matière essayée s’est intégralement transformée en eau et en acide carbonique. Ainsi, on démontre l’absence de l’oxyde de carbone en faisant passer les gaz, après la combustion, dans un laveur à potasse qui retient l’acide carbonique, puis dans un tube de verre garni d’oxyde de cuivre au rouge. Les gaz, en sortant de ce tube, ne doivent pas blanchir l’eau de baryte.
- Description de l’appareil (3). — L’appareil que j’ai installé à l’Ecole des mines
- (1) Seule, parmi les appareils calorimétriques, la bombe réalise complètement ces conditions si importantes pour l’exactitude des résultats.
- (2) Voir Essai de mécanique chimique, par M. Berthelot, t. T, p. 137 et suivantes.
- (3) M. Golaz, constructeur.
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- est représenté par la figure 2. Il se compose essentiellement d’un obus en acier supérieur doux, forgé. Cet acier, fondu au four Martin-Siemens, présente 50 kilogrammes de résistance par millimètre carré de section, et 22 p.. 100 d’allongement. La qualité a été choisie avec soin, non seulement à cause de la résistance que doit offrir la chambre de combustion, mais surtout pour faciliter l’émaillage dont il sera question plus loin. Ce métal est très pur, très peu phosphoreux, très peu sulfureux. Les essais à la traction que je lui ai demandés, étaient la meilleure garantie de sa supériorité.
- L’obus a 654 centimètres cubes de capacité. Il a été jaugé à 15° C., avec une balance accusant le décigramme sur 5 kilogrammes. Son poids total est d’environ 4 kilogrammes, avec les accessoires (1).
- Les parois de la chambre de combustion ont 8 millimètres d’épaisseur.
- La capacité de l’obus est bien plus grande que celle de M. Berthelot, et elle a l’avantage d’assurer dans tous les cas la parfaite combustion du charbon par un certain excès d’oxygène, même quand la pureté de ce gaz livré par le commerce laisse un peu à désirer.
- En outre, l’obus est destiné à l’étude de tous les combustibles, même les gaz. Or, il arrive souvent que les gaz des gazogènes industriels, les gaz des hauts fourneaux contiennent plus de 70 p. 100 de matières inertes, acide carbonique et azote, et il est indispensable d’en prendre une quantité importante si l’on veut provoquer une élévation observable de la température du calorimètre.
- Augmentant la capacité de la chambre de combustion, j’ai donc réuni dans un seul instrument et la bombe calorimétrique à haute pression de MM. Berthelot et Vieille, et l’ancienne bombe dont M. Berthelot s’est servi pour l’étude des gaz hydrocarbonés.
- La forme ogivale de l’instrument se prête aisément à l’émaillage. Les forgerons qui, depuis longtemps, ont fait leur apprentissage pour de semblables pièces l’obtiennent sans difficulté au marteau pilon.
- L’obus est nickelé extérieurement. Intérieurement il est préservé par une couche d’émail blanc contre l’action corrosive et oxydante de la combustion. Cette couche d’émail, nécessaire à la conservation de l’appareil, remplace la chemise de plusieurs milliers de francs de platine qui garnit la bombe du Collège de France. L’enduit d’émail ne saurait s’opposer à la transmission de la chaleur, car il est extrêmement mince. On en jugera d’après le poids de cet enduit qui est de 20 grammes environ.
- L’obturation de l’obus se fait par un bouchon en fer à vis qui vient serrer une bague de plomb enchâssée dans une rainure circulaire. Les mécaniciens con-
- (I) Ces détails s’appliquent particulièrement à l’instrument dont je me suis servi. De légères modifications ont été introduites dans les dimensions, dans le métal des bombes émaillées que M. Golaz a établies, depuis six mois, pour divers laboratoires.
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- naissent depuis longtemps l’efficacité de cet artifice grâce auquel j’ai pu effectuer plus de trois cents expériences, sans constater la moindre déperdition du gaz.
- Le bouchon porte un robinet à vis conique, dit robinet pointeau, [qui sert à l’introduction de l’oxygène. La vis conique est en ferro-niekel, métal presque inoxydable. Une électrode bien isolée, et prolongée à l’intérieur par une tige de platine, traverse le bouchon.
- La figure 3 montre d’ailleurs les détails de cette partie très importante de l’appareil.
- Une autre tige de platine, également fixée au bouchon, soutient la capsule plate où l’on place le combustible à essayer.
- On enflamme celui-ci en le mettant en contact avec une petite spirale en fil de fer qu’un courant électrique brûle au moment voulu, et qui joue ainsi le rôle d’amorce.
- Le calorimètre, l’enveloppe isolante, la pièce qui supporte l’obus dans l’eau et l’agitateur diffèrent par de nombreux détails qui ont baissé le prix des pièces analogues en usage dans le laboratoire de M. Berthelot.
- Le calorimètre est en laiton mince; à cause du grand volume de l’obus, sa capacité est considérable. J’y verse habituellement 2 kil. 200 d’eau, éliminant ainsi les causes d’erreur qui pourraient provenir de la perte de quelques gouttes d’eau et de l’évaporation (1). Je réduis aussi à presque rien la correction due à la perte de chaleur de l’appareil pendant l’opération et sur laquelle je reviendrai.
- Toutes ces circonstances sont excellentes au point de vue scientifique, et permettent à un industriel de faire, sans difficulté, de la calorimétrie de précision.
- L’agitateur hélicoïdal de M. Berthelot est, dans l’appareil de l’Ecole des mines, commandé par une
- combinaison cinématique très simple et très douce, dite mouvement de drille, qui permet à l’opérateur d’imprimer, sans fatigue, au système un mouvementrégulier.
- Je signale enfin les thermomètres (2) indiquant nettemént les centièmes de degré, le générateur d’électricité (machine magnéto-électrique ou pile au bichro-
- Fig. 3.
- — Coupc de la chambre de combustion.
- R, Robinet-pointeau en ferro-nicko E, étoupe et stuffing-box ; P, rondelle en plomb.
- (1) L’évaporation par heure en été ne dépasse pas I gramme.
- (2) M. Baudin, constructeur.
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- mate de Trouvé), de 10 volts et 2 ampères environ, et le compteur de minutes, montre à secondes ou sablier.
- J’emprunte l’oxygène à un tube fourni par la Compagnie continentale d’oxygène. Cette Compagnie qui applique les procédés de MM. Brin, livre un gaz pur d’acide carbonique, mais contenant généralement de 10 à S p. 100 d’azote.
- Ce mode de remplissage simplifie beaucoup la manipulation ; au point de vue de l’exactitude des résultats, il permet d’éviter l’introduction dans la bombe de quelques traces de matières huileuses, comme cela peut arriver quand on comprime directement l’oxygène, dans la chambre de combustion, avec une pompe de laboratoire.
- Le gaz est comprimé dans des tubes de dimensions variées, à 120 atmosphères. Le modèle moyen, qui contient 1200 litres comprimés, m’a paru le plus commode. Tous ces tubes portent d’ailleurs le même taraudage. Il en résulte que la tuyauterie de cuivre qui à un moment donné unit la bombe au manomètre et à la source d’oxygène, une fois munie de l’ajutage à vis convenable, peut se raccorder à n’importe quel tube de la Compagnie d’oxygène (1).
- Détermination dé un pouvoir calorifique avec l’obus. — La manœuvre de T appareil est des plus simples. Yoici comment il faut procéder pour déterminer le pouvoir calorifique d’un combustible solide ou liquide :
- On pèse un gramme de la substance à essayer dans la capsule, on noue à l’électrode et au support de la capsule un petit morceau de fil de fer (n° 26 à n° 30) (2) d’un poids connu qui sert d’amorce. Après avoir introduit le bout dans l’obus, on serre fortement le bouchon de la chambre de combustion, que Ton saisit à cet effet entre les mâchoires d’un étau.
- On met le robinet pointeau de l’obus en communication avec le tube d’oxygène. Ouvrant ensuite le robinet de celui-ci avec précaution, on laisse entrer l’oxygène jusqu’à ce que le manomètre marque la pression jugée convenable, de 20 à 25 atmosphères ordinairement. Après avoir fermé le robinet du tube à oxygène, on ferme aussi très exactement le i;obinet pointeau et on desserre l’écrou du tube en cuivre qui faisait communiquer l’obus avec le réservoir d’oxygène.
- J’ai soin de ne pas peser la substance et en particulier le charbon en poudre trop fine, et aussi d’introduire lentement l’oxygène, de peur de soulever, par le courant de gaz, la matière qui se trouve dans la capsule.
- L’obus ainsi préparé est placé dans le calorimètre. On ajuste d’abord le thermomètre (3) et l’agitateur. Le mécanisme de celui-ci permet de régler sa course
- (1) On trouve les tubes de la Compagnie d’oxygène dans toutes les contrées de l’Europe et aux États-Unis.
- (2) Jauge anglaise.
- (3) Les thermomètres dont j’ai fait usage sont à l’École des mines depuis longtemps. Ils ont été vérifiés à plusieurs reprises. Leur calibrage ne laisse rien à désirer.
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- de façon à éviter la rupture du thermomètre. On verse l’eau, qui a été préalablement jaugée. On agite quelques minutes le liquide, pour que l’ensemble du système se mette en équilibre de température, et on commence l’observation.
- L’expérimentateur note la température de minute en minute pendant quatre ou cinq minutes, et fixe ainsi la loi que suit le thermomètre avant l'inflammation. Puis, il met le feu en approchant de l’obus les électrodes d?une machine électrique ou d’une pile : une des électrodes est mise au contact d’une borne correspondant à l’une des tiges de platine, dont j’ai déjà parlé; l’autre pôle est simplement appliqué en un point quelconque du robinet.
- L’inflammation a lieu aussitôt; la combustion est presque instantanée, mais la transmission de la chaleur à l’eau du calorimètre prend quelques minutes.
- On inscrit la température une demi-minute après la mise en feu, puis à la fin de la minute d’inflammation. On continue les observations thermométriques de minute en minute, jusqu’au point à la suite duquel le thermomètre commence à descendre régulièrement. C’est le maximum.
- On continue l’observation encore pendant cinq minutes environ, pour déterminer la loi que suit le thermomètre après le maximum.
- On a alors les éléments principaux du calcul et en particulier de l’unique correction qu’il est convenable de faire dans les circonstances de l’opération. C’est la correction due à la perte de chaleur que le calorimètre a éprouvée avant d’arriver à la température du maximum. Encore cette correction est-elle minime, vu la rapidité de l’expérience et la masse considérable d’eau que j’introduis dans le calorimètre.
- Il n’est nullement ‘nécessaire, avec mon instrument, d’avoir recours au système de corrections dit de Régnault et Pfaundler. L’application de la loi de refroidissement due à Newton conduit à des résultats d’une précision suffisante, même dans les expériences rigoureuses.
- J’ai pratiqué des expériences spéciales en vue d’observer la loi de refroidissement de l’eau du calorimètre, l’appareil étant d’ailleurs installé comme s’il s’était agi d’une combustion régulière. J’en ai déduit que la correction pouvait s’effectuer par une règle simple, vraie dans d’assez larges limites, même lorsque l’on fait varier de plusieurs centaines de grammes Y équivalent en eau totale du système. Voici cette règle (1) :
- 1° La loi de décroissance de température observée à la suite du maximum représente la perte de chaleur du calorimètre avant le maximum, et pour une minute considérée, à la condition que la température moyenne de cette minute ne diffère pas de plus de 1 degré de la température du maximum.
- 2° Si la température considérée diffère de plus de 1 degré, mais de moins de
- (1) Il est clair que cette règle devrait être modifiée, s’il s’agissait d’un appareil notablement différent du mien.
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- 2 degrés de la température du maximum, le chiffre qui représente la loi de décroissance au moment du maximum, diminué de 0°,00S, donne encore la correction cherchée.
- Les deux remarques précédentes suffisent, dans tous les cas, avec l’appareil de l’Ecole des mines. On conviendra d’ailleurs, et sans altérer la précision de l’expérience, que la variation de chaleur éprouvée pendant la première moitié de la minute où a eu lieu l’inflammation peut se corriger au moyen de la loi de variation constatée avant le point pris comme minimum.
- Pendant toute la durée de l’observation, l’expérimentateur doit avoir soin de faire fonctionner régulièrement l’agitateur.
- Lorsque l’observation est terminée, on ouvre premièrement le robinet pointeau, puis l’obus lui-même.
- On lave l’intérieur de l’obus avec un peu d’eau distillée, de façon à réunir le liquide acide formé pendant l’explosion. La proportion d’acide entraîné par l’oxygène au moment de l’ouverture du robinet est, du reste, négligeable.
- Je dose l’acide azotique formé volumétriquement au moyen d’une dissolution de potasse titrée.
- Il est convenable, quand on expérimente des substances pauvres en hydrogène, comme le coke, et par conséquent incapables de fournir, par combustion, assez d’eau pour la formation de l’acide azotique, de mettre un peu d’eau au fond de la bombe, autrement on n’obtiendrait que de l’acide hypoazotique.
- Tous ces points acquis, il est aisé de calculer le pouvoir calorifique, Q0.
- Posons : A, la différence de température observée; a, la correction du refroidissement;
- P, le poids de l’eau du calorimètre;
- P', l’équivalent en eau de l’obus et des accessoires; p, le poids de l’acide azotique (Az05,H0 constaté); p', le poids de la spirale de fer :
- 0cal,23 est la chaleur de formation de 1 gramme d’acide azotique dilué ;
- lcal,6 est la chaleur de combustion de 1 gramme de fer.
- On aura :
- Q,o = (A + a)(P + P')-(0,23p + l,6p').
- S’il s’agit d’un essai de houille, en procédant ainsi, on ne tient pas compte de la petite quantité d’acide sulfurique qui résulte de l’oxydation du soufre de l’échantillon et qui se trouve dosée comme acide azotique. L’erreur est, en effet, négligeable dans un essai industriel. Relativement à mes expériences, elle est des plus minimes, puisque j’ai eu soin de choisir des échantillons très peu sulfureux. On peut d’ailleurs tenir compte de la formation de l’acide sulfurique dilué, en le
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- dosant et en sachant que la chaleur dégagée par la réaction correspond à 0cal,73, par grammes de S O3, H O. • A
- Les détails que je viens de donner s’appliquent aussi bien aux matières liquides qu’aux combustiles solides. J’ai pu peser directement dans la petite capsule les combustibles lourds comme l’huile, le goudron, les huiles lourdes. Quant aux liquides qui émettent des vapeurs sensibles, le pétrole brut, l’essence, etc., il faut les peser dans une ampoule de verre (fig. 2) à pointes effilées par lesquelles on fait passer l’amorce en fil de fer. L’ampoule se place dans la capsule de platine. Il convient, immédiatement avant la fermeture de l’obus, de briser les pointes pour permettre un plus large accès à l’oxygène jusqu’au contact du liquide.
- En procédant avec des combustibles très variés comme je viens de l’indiquer, j’ai presque toujours obtenu la disparition complète de la matière, sauf naturellement les cendres. Dans trois expériences, j’ai trouvé cependant un résidu de quelques dixièmes de milligrammes. Cela provenait de ce que de petits grains éparpillés dans la capsule, et non en contact avec la masse principale du combustible, n’avaient pas été enflammés. J’ai, d’ailleurs, recommencé les expériences, avec succès. ;
- Au début de la série de combustions, craignant que certains charbons, d’une combustion difficile, comme le coke, ne soient pas entièrement brûlés, je les ai mélangés avec un poids connu de naphtaline, dont le pouvoir calorifique a été déterminé par plusieurs expérimentateurs. J’ai constaté, plus tard, que cet expédient était habituellement inutile.
- Un ou deux échantillons de charbons pulvérulents ont été aussi mélangés à de la naphtaline fondue, cet artifice ayant pour but d’empêcher l’éparpillement de la matière à l’entrée de l’oxygène. Avec un peu de précaution, j’ai pu ensuite me passer de cette complication.
- Après la combustion des cendres du combustible dans la capsule, il est donc possible de le peser. Mais, ces cendres étant mélangées avec de l’oxyde de fer, j’ai trouvé plus commode de les estimer par une incinération à part.
- Cette incinération est celle dont j’ai parlé à propos de l’analyse élémentaire, la même prise d’essai servant à l’analyse et à la combustion calorimétrique. Cette prise d’essai mélangée donnait 10 grammes environ, dont une partie était analysée, une autre brûlée dans l’obus, le reste étant réservé à l’évaluation des cendres et de l'eau hygroscopique.
- Détermination du pouvoir calorifique des gaz. — En vue d’estimer le pouvoir calorifique d’un gaz à volume constant, on fait le vide dans l’obus exactement jaugé. On le remplit une première fois de gaz. On recommence la manœuvre de la machine pneumatique pour obtenir un nouveau vide de quelques millimètres de mercure, et on remplit une dernière fois la chambre de gaz, sous la pression Tome Vit. — 91e année. 4e série. — Juin 1892. 43
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- atmosphérique et à la température du laboratoire. On peut admettre alors que l’obus est garni de gaz pur.
- L’opération s’achève comme pour les liquides et les solides.
- Relativement au gaz, l’opérateur ne doit pas perdre de vue une circonstance particulière : il doit se garder de diluer dans le gaz une quantité d’oxygène telle que le mélange cesserait d’être combustible. Avec le gaz d’éclairage, 5 atmosphères d’oxygène suffisent; avec le gaz des gazogènes Siemens, on ne dépassera pas une demi-atmosphère, mesurée au manomètre à mercure (1).
- Telle est la méthode que j’ai suivie pour l’examen calorimétrique des gaz. Les gaz essayés, étant emmagasinés dans des gazomètres à l’eau saturée de gaz ou à l’eau salée, suivant les cas, se trouvaient saturés d’humidité au moment de leur introduction dans la bombe.
- Un essai cependant a été pratiqué sur le gaz provenant de la conduite du laboratoire. Ce gaz, étudié hygrométriquement, contenait de la vapeur d’eau à 8 millimètres de tension.
- Détermination de ïéquivalent en eau. — J’ai fait usage de plusieurs procédés pour fixer ce chiffre important de l’équivalent en eau de l’obus du calorimètre et des accessoires :
- 1° D’après les capacités calorifiques des diverses pièces, en négligeant le verre et l’émail (2). J’ai trouvé 485gl’,6 comme il suit :
- grammes.
- Acier doux, 3,945 gr. x 0,1097 =432,76
- Laiton, 545 gr. x 0,093 = 50,68
- Mercure, platine et plomb, 72 gr. x 0,03 = 2,16
- Somme.......... 485,60
- Le coefficient 0,1097 est celui qui a été adopté au Collège de France, pour un acier d’une qualité voisine, dans leurs expériences, par MM. Berthelot et Vieille.
- 2° En cherchant directement la capacité calorifique du système.
- L’appareil étant installé comme pour une expérience, on versait 2 000 grammes d’eau à la température ambiante. Une fois l’équilibre établi, on ajoutait un poids connu d’eau à 0° C. Après avoir fait l’observation, d’après la méthode que j’ai déjà indiquée, j’écrivais que l’eau à 0°C., 200sr environ, avait gagné la chaleur perdue par le système.
- J’ai fait ainsi deux essais :
- 1er essai......................... 470 grammes,
- 2e essai.......................... 484 —
- La moyenne des deux essais est 477 grammes.
- (1) Pour les faibies pressions, les indications des manomètres métalliques sont presque toujours illusoires.
- (2) M. Matignon, au Collège de France, a déterminé récemment la chaleur spécifique de cet émail, il a trouvé : 0,2045.
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- J’ai adopté finalement, comme équivalent en eau, la moyenne des chiffres fournis par les deux méthodes, c’est-à-dire 481 grammes.
- 3° J’ai ensuite contrôlé le nombre en cherchant la chaleur de combustion d’un corps de composition fixe.
- J’ai choisi la naphtaline, que l’on trouve à l’état de pureté dans le commerce, et dont la chaleur de combustion est connue. Un grand nombre d’essais pratiqués au Collège de France assignent à ce corps 9692 calories pour 1 kilogramme.
- J’ai opéré trois combustions de 1 gramme. Les circonstances de mes observations sont réunies dans le tableau suivant :
- 1er Essai. 2e Essai. 3e Essai.
- Prise d’essai . . lgr jgr
- Poids de l’eau dans le calorimètre. . . . . 2,200gr 2,200er 2,20ûgr
- Équivalent en eau . . 481gr 481gr 481gr
- Différence de température corrigée. . . . ... 3°,640 3°,637 3°, 640
- Acide azotique formé . . 0^,fl . 0gr,ll 0gr,ll
- Poids de fer employé comme amorce. . . . 0sr,030 0gr,025 0gr,025
- Chaleur de combustion. ...... . . 9oa’,6855 9cal,68oo 9cal,693o
- La moyenne des trois essais est, pour 1 kilogramme, 9688 calories ; elle s’ap-1
- proche à moins de —près du chiffre trouvé au Collège de France. Dans ces
- conditions, j’ai considéré l’équivalent en eau comme acquis.
- L’équivalent en eau du système peut aussi se déterminer par une méthode d’une exécution facile et d’une précision incontestable :
- Il suffit de brûler dans l’obus un poids connu, 1 gramme par exemple, d’un produit de composition bien fixe et de pouvoir calorifique connu, la naphtaline, pour en déduire l’équivalent en eau cherché (1).
- On peut aussi, d’après M. Berthelot, brûler une substance de composition fixe à deux reprises, mais avec des poids d’eau différents dans le calorimètre. On a alors deux équations entre lesquelles on élimine la chaleur de combustion de la naphtaline, pour en tirer l’équivalent en eau cherché.
- Il faut avoir soin de ne peser la naphtaline qu’après l’avoir légèrement fondue dans la capsule. Cette substance est si légère que, si on ne l’agglomérait pas ainsi, l’oxygène, en entrant dans l’obus, en éparpillerait quelques milligrammes, qui ne seraient pas brûlés.
- L’industriel disposant d’un appareil calorimétrique en réglera rapidement les expériences. Une fois l’équivalent en eau déterminé, il pourra, pour plus de sûreté, le vérifier encore par la combustion d’une substance commune, le sucre de canne par exemple (C^EUO11) pour lequel MM. Berthelot et Vieille ont trouvé 396dcal,7 (brûler 2 grammes, dans le cas du sucre de canne).
- (I) Cette méthode, pratiquée dans les conditions mêmes des combustions calorimétriques, a l’avantage d’éliminer automatiquement les causes d’erreurs.
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- Exemples de calculs de pouvoirs calorifiques. — Je donne ci-dessous, d’après mes notes, des types de calculs calorimétriques, en les choisissant de façon à présenter les diverses circonstances qui peuvent se présenter dans la pratique.
- A. Huile de colza. L’analyse élémentaire de l’échantillon m’a donné :
- Carbone........................................................ 77,182 (n° 62)
- Hydrogène..................................................... 41,711
- Oxygène et azote.............................................. 11,107
- 100,000
- Le poids essayé est un gramme. Le calorimètre contient 2 200 grammes L’équivalent en eau est 481 grammes. Pression de l’oxygène : 25 atmosphères.
- L’appareil étant préparé comme il a été dit ci-dessus, on a attendu quelques instants pour établir l’équilibre de température dans la masse; puis on a mis en marche le compteur de minutes et on a noté les températures comme ci-après :
- Période préliminaire.
- degrés.
- 0 minute.................................................................... 10,23
- 1 —...................................................................... 10,23
- 2 minutes. . . ............................................................10,24
- 3 — 10,24
- 4 — 10,25
- 5 — ...........'.......................................................10,25
- La loi de variation de la température, dans le calorimètre, est, durant la période préliminaire, exprimée par :
- = = 0M)04
- 5
- On met alors le feu en approchant les électrodes.
- Période de combustion
- 5 minutes 1/2.................................
- 6 minutes.....................................
- 8 — ...........................................
- degrés.
- 10,80
- 12,90
- 13,79
- 13,84 maximum.
- degrés.
- 9
- 10 11 12 13
- minutes.
- 13,82 13,81 13,80 13,79 13,78
- Période consécutive au maximum.
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- JUIN 1892.
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- La loi de variation de la température, dans le calorimètre, après le maximum, est :
- 13°,84 — 13°,78
- 0°,012.
- On arrête les observations thermométriques.
- La variation brute de température a été :
- 13°, 84 — 10°,25 = 3°,59.
- Voyons maintenant les corrections dont il faut tenir compte.
- Comme je l’ai expliqué, elles proviennent de la perte de chaleur que le système a éprouvée pendant l’expérience.
- Le système a perdu pendant les minutes (7,8) (6,7) une quantité de chaleur correspondant à 2 at.
- 2 oct= 0,012 x 2 = 0°,024.
- Pendant la demi-minute (51/2,6) il a perdu une quantité de chaleur représentée par
- ^(oq— 0,005) = 0°,0035.
- A
- Mais, pendant la demi-minute (5,5 1/2) il gagnait :
- 2 a°
- 0,004
- = 0°,002.
- Par suite, la perte relative à la minute (5,6) est :
- 0,0035 — 0,002 = 0,0015.
- En somme, le système a perdu avant d’arriver au maximum :
- 0,024 + 0,0015 = 0°,0255.
- quantité qu’il faut ajouter aux 3°,59 déjà trouvés.
- La variation de température corrigée est donc 3°,615, en négligeant les dix-millièmes.
- La quantité de chaleur observée est donc, en vertu de la définition même de la calorie
- (2200 + 481)3,615 =2681'x 3,615 = 9cal,691815.
- Prenons : 9eal,6918.
- Pour avoir le résultat définitif, nous retrancherons de ce chiffre :
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- lù La chaleur de formation de Ogr, 13 d’acide azotique
- (Az03,H0) dosé volumétriquement, soit..............0,13 X 0,23 ~ 0cal,0299
- 2° La chaleur de combustion de 0gr,025 de fil de fer
- employé comme amorce, ou........................... 0,023 x 1,6 = 0cal,0400
- Soit à retrancher............................... 0cal,0699
- Le résultat final est en somme 9cal,6918 — 0cal,0699 = 9cal,6219, ou, pour un kilogramme d’huile, 9621cal,9. Les détails qui précèdent me permettront d’abréger l’explication des calculs suivants.
- B. Type d’examen industriel d’un charbon.
- Le charbon soumis à l’étude est un échantillon du Coal Nixons Navigation, South-Wales, remis par M. B. Donkin, ingénieur à Londres.
- L’analyse par voie sèche a donné :
- Carbone fixe sans les cendres............................................ 86,30
- Matières volatiles sans l’eau............................................ 10,15
- Eau hygroscopique, dosée dans un tube à 110°,comme il a été expliqué plus haut. 1,85
- Cendres par calcination................................................... 1,70
- Total..................................100,00
- PÉRIODE PRÉLIMINAIRE COMBUSTION ‘PÉRIODE CONSÉCUTIVE
- degrés. 0 minutes 15,20 1 — 15,20 2 — 15,20 3 — 15,20 «0 = 0 ' degrés. 3 minutes 1/2.. . . 16,60 4 — .... 17,92 5 — .... 18,32 6 — .... 18,34 (maximum) Pression de l’oxygène : 25 atmosphères. degrés. 7 minutes 18,32 8 — 18.30 9 — » 10 — » 11 — 18,26 18°,34 —18°,26 A A1„ at — n =--0°,016 O
- Différence de température brute.......................... 3°, 140
- Correction (4,5) (5,6) 0,016 x 2......................... 0,032
- Correction (4,3 1/2)..................................... 0,005
- Correction (3,3 1/2)......................• . ........... 0,000
- Différence de température corrigée....................... 3,177, adoptons 3°, 18
- Il vient alors pour la quantité de chaleur dégagée. 3er,18 X 2681 = 8cal,3236 Le poids du fil de fer était de 0sr,025 comme toujours, soit, pour sa chaleur de combustion. . . 0sr,023 x 1,6 = 0cal,040
- On a trouvé 0gr,15 d’acide azotique, soit pour la
- chaleur de formation de cet acide................0gr,13 x 0,23 = 0cal,0343
- Total. . . . 0cal,0743
- On retranche donc de la quantité totale de chaleur observée . . . 0cal,0743
- Le pouvoir calorifique cherché est donc........................8cal,4511
- ou, pour un kilogramme de charbon, 8 431 calories.
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- L’expérience calorimétrique, y compris le temps nécessaire à sa préparation et au dosage de l’acide azotique, a pris 35 minutes.
- C. Recherche du pouvoir calorifique d’un gaz.
- Le gaz d’éclairage courant du laboratoire a été essayé dans les conditions suivantes :
- Pression barométrique........................................ . 761 millimètres.
- Tension de la vapeur d’eau dans le gaz....................... 8 —
- Température du laboratoire.. .................... 18°50 C.
- Volume de l’obus (1). ....................................... 654 cent, cubes.
- Volume sec à 0° et 760 millimètres. .•....................... 606 —
- J’ai déjà indiqué les détails de la manipulation ; j’ajoute qu’en laissant la capsule de platine à sa place habituelle, dans l’intérieur de l’obus, on empêche les gouttes d’oxyde de fer de tomber sur l’émail et de le salir au moment de l’inflammation :
- Yoici le tableau qui résume les observations calorimétriques relatives au gaz d’éclairage.
- PÉRIODE PRÉLIMINAIRE COMBUSTION PÉRIODE CONSÉCUTIVE OBSERVATIONS
- degrés. 0 minute. 18,80 1 — 18,80 2 — 18,80 3 — 18,80 4 — 18,80 a0 = O degrés. 4 minutes 1/2. 19,50 5 — 20 6 — 20,08 7 — 20,08 (maximum) degrés. 8 minutes . . 20,07 9 — 20,06 10 — 20,06 11 — 20,055 12 — 20,05 20°,08 — 20,°05 at=— =0,006 0 grammes. Pression de l’oxygène : 5 atmosphères. Acide azotique. 0,06 Spirale de fer.. 0,025
- Différence de température brute, A................................ I°,28
- Correction suivant la méthode générale, «......................... 0°,015
- Différence corrigée, A + a........................ 1°,295
- Calories.
- Quantité de chaleur observée. ........ I°,295 x 2861 = 3,47189
- Calories.
- Chaleur développée par l’acide azotique........... 0,06 x 0,23 = 0,0138
- Chaleur développée par le fer..................... 0,025 x 1,6 = 0,0400
- Soit à retrancher . ................... 0,0538 0,05380
- Pouvoir calorifique de 606 centimètres à 0° et 760 millimètres........... 3,41809
- Ou par mètre cube de gaz à 0° et 760 millimètres......................... 5 640
- (1) Exactement 653,9.
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- Cette expérience calorimétrique, y compris le temps nécessaire pour faire le vide dans l’obus, a exigé 45 minutes.
- D. Exemple de combustion avec combustible auxiliaire. — On trouve parfois un résidu intact quand on se propose de rechercher la chaleur de combustion de certaines substances difficiles à enflammer, comme le diamant, le graphite.
- Dans ce cas, il faut recourir à un combustible auxiliaire pour obtenir la disparition complète de la prise d’essai.
- Le combustible auxiliaire le plus convenable est fa naphtaline (1), dont la chaleur de combustion est exactement connue, 9 692 calories.
- J’ai procédé ainsi pour essayer le coke de 'pétrole, corps qui se rapproche, beaucoup du graphite.
- Le coke a été mélangé avec un peu de naphtaline, que l’on a fondue légèrement pour l’agglomérer. Après fusion, on a noté le poids de la naphtaline.
- Le coke éprouvé avait pour composition :
- Carbone....................................................... 97,855
- Hydrogène............................................. . . . . 0,489
- Oxygène........................................................ 1,196
- Azote.......................................................... 0,260
- Cendres...............................................• . . 0,200
- Total............................ . . . 100,000
- Yoici les chiffres donnés par l’observation calorimétrique :
- PÉRIODE PRÉLIMINAIRE. COMBUSTION. PÉRIODE C O N S Ii C ü T I Y E. OBSERVATIONS.
- degrés. degrés. degrés. grammes.
- 0 minute. 22,05 5 minutes 1/2 22,60 10 minutes. 25,12 Naphtaline, poids : 0,034
- 1 — 22,05 6 — 24,20 14 — 25,05 Spirale de fer, poids : 0,025
- 5 — 22,04 7 — 25,02 Aride azotique : 0,080
- 8 25,13
- 9 25,14 Eau de calorimètre. 2 200 gr.
- a0 = — 0,002 (maximum) at — 0,015 Équivalent en eau. 481 gr.
- degrés. degrés. degrés.
- Différence de température brute....................... 25,14 — 22,04 = 3,100
- Correction des minutes (9,8), (8,7), (7,6)...... 0,015 x 3 = 0,045
- Correction de la demi-minute (5 1/2,6).................................0,005
- Perte relative à la demi-minute (5, 5 1/2).............................0,001
- Différence de température corrigée......................3,151
- (1) Naphtaline C20H8.
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- Il vient donc :
- calories.
- Chaleur totale développée....................................3°,15 x 2,681 = 8,4451
- dont il faut retrancher :
- calories.
- La chaleur développée par la combustion de la naphtaline soit.......................................... 0,034 x 9,692 = 0,3295
- La chaleur développée par le fer......................... 1,6 x 0,025 = 0,0400
- La chaleur relative à l’acide azotique.................. 0,08 x 0,23 — 0,0184
- Ensemble........................ 0,38790; 0,3879
- Chaleur de combustion du coke. . 8,0572
- Nous trouvons pour un kilogramme de coke 8057 ,2.
- J’ai dépensé 40 minutes, en y comprenant le temps nécessaires aux pesées, pour exécuter cette détermination calorimétrique.
- Concordance des essais calorimétriques. — On a déjà vu que trois combustions de naphtaline m’ont donné des résultats remarquablement concordants. Au cours des expériences dont je donne plus loin les résultats, j’ai recommencé à diverses reprises, plusieurs fois, l’essai calorimétrique d’un même combustible, ayant des doutes sur l’exactitude d’une première observation.
- Dans tous les cas, sans exception, le contre-essai a donné des résultats s’approchant très près des chiffres fournis par la première expérience; et encore la petite différence qui existe entre l’essai et le contre-essai peut être attribuée à une faible variation dans la teneur en cendres.
- Yoici, par exemple, les chiffres relatifs à deux essais de la houille maréchale de Roche-la-Molière. Je choisis ces expériences parce qu’elles ont été pratiquées dans des conditions assez différentes, eu égard à la température ambiante :
- Houille maréchale de Roche-la-Molière (1er essai).
- OBSERVATIONS CALORIMÉTRIQUES OBSERVATIONS.
- PÉRIODE PRÉLIMINAIRE COMBUSTION. PÉRIODE CONSÉCUTIVE.
- degrés. 0 minutes. 14,28 5 — 14,29 «o = 0,002 degrés. 5 minutes 1/2 14,60 6 _ 16,40 7 — 17,40 8 - - 17,46 9 — 17,46 (maximum) degrés. 10 minutes. 17,44 14 — 17,41 at = 0,010 Différence brute de température-.: 3,17 Correction : 0,03 Variation de température corrigée : 3,20 Variation de température corrigée = 3°,20 Acide azotique dilué, 0k,13. Poids de la spirale de fer, 0s,25. Eau et équivalent en eau, 2681s. Chaleur de combustion : 8509cal“
- Tome VIL — 91e année. 4e série. — Juin 1892. 44
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- Houille maréchale de Roche-la-Molière (2e essai).
- OBSERVATIONS CALORIMÉTRIQUES
- PÉRIODE PRÉLIMINAIRE. COMBUSTION. PÉRIODE CONSÉCUTIVE. OBSERVATIONS.
- degrés. degrés. degrés.
- 0 minute. 10,73 5 minutes 1/2 11,20 9 minutes. 13,88 Variation de tempé-
- 5 — 10,73 6 — 12,90 10 — 13,86 rature corrigée== 3°,20
- 7 — 13,83 13 — 13,83 Acide azotique di-
- «o — 0 8 — 13,89 Iué, 0ff,13.
- (maximum) «t = 0,012 Poids de la spirale
- Différence brute de de fer, 0&,02o.
- température : 3,16 Equivalent en eau et
- Correction : 0,03 eau du calorimètre,
- Variation de température corrigée : 3,19 2681 gr. Chaleur de combustion : 8482cal-
- Enfin, j’ai réuni dans un même tableau toutes les houilles sans exception sur lesquelles j’ai pratiqué plusieurs essais. Ce tableau présente les divers pouvoirs calorifiques obtenus ainsi, et les chiffres qui m’ont permis de les calculer.
- Concordance des essais calorimétriques.
- DÉSIGNATION DIFFÉRENCES DE TEMPÉRATURE ACIDE AZOTIQUE POUVOIRS CALORIFIQUES
- des corrigées. formé. observés
- COMBUSTIBLES. 1 2 3 i 2 3 1 2 3
- degrés. degrés. degrés. gram. gram. gram. Cal. cal. cal.
- Houille flambante de Monvic.. . . 2, 93 2, 935 2,940 0, 11 0,10 0,11 7 790 7 806 7817
- Houille à gaz de Commentry.. . • 2,96 2,90 2,96 0,11 0,12 0,12 7 870 7 868 7868
- Houille de Lens grasse 3, 21 3,24 » 0,14 0,15 » 8614 8 612 >>
- Houille à gaz de Montrambert. . . 3,11 3,10 3,12 0, 13 0,12 0,16 8 268 8243 8 282
- Houille à gaz de Firminy. .... 3,07 3,07 » 0,13 0,15 » 8161 8156 »
- Houille grasse de Roche-la-Molière. 3,20 3,19 » 0,13 0,13 » 8 509 8482 >>
- Houille d'Anzin Saint-Marc. . . . 3,159 3,168 » 0,16 0,15 » 8 373 8419 »
- Anthracite de Pensylvanie 2,80 2,81 » 0,04 0,04 >> 7 458 7 484 »
- Houille de Ronchamp 2,95 2,956 >' 0,13 0,14 » 7 839 7 853 »
- Houille de Lens à gaz 3,160 2,265 0,16 0,15 8 395 8411
- OBSERVATIONS.
- Equivalent en eau, V8I grammes.
- Poidls de l’eau d-ans le calorimètre. 2 200 gr.
- Poids de la spirale de fer, 0,025.
- Dans l’essai no 1, \ milligrammes n’ont pas été brûlés (anthracite).
- Pour la désignation plus complète des houilles, voir les tableaux suivants.
- Précision de la méthode. — Les exemples que je viens de donner font concevoir la simplicité de la méthode employée. Quanta sa précision, depuis les publications de M. Berthelot, il n’est pas possible d’en douter.
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- Les chiffres que j’ai mentionnés relativement à la chaleur de combustion de la naphtaline montrent quel parti on peut tirer d’un procédé qui conduit, avec des observateurs et des appareils différents, à des résultats aussi comparables (1).
- Si quelque cause d’erreur venait à l’esprit du lecteur, il lui suffirait, d’ailleurs, de la comparer au résultat final de l’observation pour constater son peu d’importance.
- Dans mes calculs, je n’ai pas cru devoir tenir compte de ce fait que le vide de l’obus au commencement de l’expérience est sec, tandis qu’il est saturé d’humidité après la combustion.
- En réalité, la chaleur latente de vaporisation d’un poids minime d’eau quhl faudrait ajouter à la quantité de chaleur observée est absolument négligeable. J’ai calculé que dans la moyenne de mes expériences elle serait de 5 calories,
- 1
- pour une quantité de chaleur observée de 8500 calories, soit conviendra
- que l’on ne saurait s’inquiéter dans des expériences industrielles, et même dans des essais scientifiques, d’une cause d’erreur de cet ordre.
- Toutefois, quand on éprouve des combustibles gazeux qui déterminent une élévation de température bien moins importante que celle des combustibles solides ou liquides, la rigueur scientifique exigerait que l’on tienne compte de cette chaleur latente de vaporisation de l’eau dans les conditions de l’expérience. Le calcul est facile à faire; mais je n’ai pas eu l’occasion de l’appliquer dans mes essais, puisque les gaz expérimentés étaient ou saturés de vapeur d’eau ou très près de leur point de saturation.
- On peut aussi se demander s’il n’y aurait pas à tenir compte de la chaleur apportée par l’électricité au moment de l’inflammation. La chaleur développée par un courant d’intensité I, et de force électromotrice E, est, en petites calories, El
- C = * représentant des secondes. Si t était appréciable, il faudrait en effet
- tenir compte de cette quantité de chaleur, au moins dans des expériences rigoureuses. Mais, en réalité, t est très petit : le petit contact est à peine établi que déjà le fil est brûlé et le circuit rompu (2).
- (1) Voici des chiffres qui corroborent cette assertion en ce qui concerne les houilles. J’ai essayé, à l’École des mines, un charbon que, de son côté, M. Scheurer-Kestner a éprouvé, au Collège de France, avec la bombe de M. Berthelot.
- Suivent les résultats :
- M. Scheurer-Kestner. M. Mahler.
- Charbon de Bascoup pur (Belgique). . . 8 828 calories. 8 813 calories.
- Un essai analytique a donné à l’École des mines : C = 92,19, H = 4,24, O 4- Az = 3,57.
- (2) Dans des recherches spéciales, on estimera, au besoin, sans difficulté, la quantité de chaleur apportée par l’électricité.
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- Simplifications de la méthode expérimentale. —- La méthode expérimentale que j’ai décrite est celle qui a été suivie dans les expériences dont je donnerai bientôt les résultats.
- Je ne doute pas d’ailleurs que, si l’appareil calorimétrique s’introduit dans les usines, on ne simplifie beaucoup la manière de s’en servir. En cherchant une simplification dans l’augmentation du poids du combustible, 3 grammes par exemple au lieu de 1 gramme, on déterminerait, il est vrai, une élévation de tem-
- 1
- pérature considérable, observable avec un thermomètre au — de degré, moins
- 1
- coûteux que le thermomètre au mais l’appareil perdrait une partie de sa
- précision. Les corrections et les causes d’erreur deviendraient importantes, et on rentrerait dans les conditions primitives de l’emploi du calorimètre par Régnault.
- On peut se proposer, néanmoins, de rendre les calculs plus simples et l’observation plus rapide, tout en conservant une précision suffisante dans les usages industriels.
- Reprenons la relation :
- Q0 = (A + a) (P +Pr) — (0,23 p + 1,6 p') ; (1)
- Mettons en évidence les termes relatifs aux corrections :
- Q0 = A (P + P') + [a (P + P') — (0,23 p +1,6 p')]. (2)
- Il est clair que le calcul de l’opération calorimétrique se réduirait à la constatation du maximum et à une multiplication, si l’on avait
- a(P + P') = 0,23 p + 1,6 p'. (3)
- Or, au bout de quelques expériences, on s’aperçoit rapidement des valeurs que peut prendre oc. oc croît avec la quantité de chaleur dégagée dans l’obus; il est, du reste, un peu plus important quand la température ambiante est élevée que lorsqu’elle est basse ; fait qu’il *Paut attribuer à l’influence de l’évaporation sur le refroidissement de l’eau du calorimètre (1).
- Dans ce but, il suffira de mesurer, en volts, la force électromotrice du courant dont on dispose. On intercalera ensuite, dans la ligne qui conduit l’électricité dans la bombe, un ampèremètre, et on mettra le feu au combustible de la façon habituelle. Les déplacements de l’aiguille de l’ampèremètre permettront d’apprécier l’intensité du courant, dans les circonstances de l’expérience, et aussi le temps durant lequel le circuit est resté fermé.
- El
- La formule C = ^ t donnera la quantité de chaleur cherchée, en petites calories.
- (1) La vitesse de refroidissement dans l’appareil que j’emploie est, pour les expériences faites entre 15° et 25° C. :
- = 0,005 (T-T0),
- T0 étant la température à laquelle le refroidissement est nul.
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- 349
- D’un autre côté, l’acide azotique paraît augmenter avec la quantité de chaleur dégagée, et tend à balancer la correction provenant de a.
- Enfin, p' est, dans certaines limites, à la disposition de l’observateur, de même que P'.
- On conçoit donc qu’il soit possible de régler une fois pour toutes les expériences, de façon à vérifier l’expression (3) d’une façon suffisante pour les usages industriels. '
- C’est ce qui a lieu, dans mon appareil. Ainsi, pour l’huile de colza, la multi-
- .1
- plication A (P + P') donne 9 625 calories, qui approche à moins de ^ — du
- chiffre obtenu après corrections. Relativement au charbon Nixons Navigation
- on trouverait que A (P + P') = 8418 qui diffère de
- du pouvoir calorifique
- exact. Enfin, le gaz d’éclairage conduit à la même constatation, car le produit 2 681 X 1,28 fournit 3432 calories, tandis que le résultat corrigé est 3418 calories ; approximation,
- A ces simplifications dans le calcul calorimétrique, on peut en ajouter encore une. J’ai trouvé pour P + P', 2681. Il est clair qu’une fois l’équivalent en eau de l’obus déterminé, j’aurais pu choisir le poids P de l’eau par la condition que le facteur (P + P') soit simple. En prenant P = 2019 grammes, (P + P') serait devenu 2 500 grammes, facteur d’un emploi commode dans les calculs.
- Emplois de la bombe calorimétrique. — L’appareil que je viens d’étudier a été expérimenté en public à la séance du 27 novembre 1891 de la Société d’Encou-ragement. Le 30 novembre de la même année, M. Berthelot l’a déposé sur le bureau de l’Académie des Sciences.
- Depuis cette époque, j’ai fait de nombreuses expériences dans les laboratoires de l’Ecole des mines, devant des ingénieurs de chemins de fer, devant des mineurs, des métallurgistes.
- L’opinion de ces hommes compétents est que l’instrument doit rendre des services à l’industrie. Il est industriel, parce qu’il donne des renseignements précis, toujours comparables entre eux, et cependant au prix de manipulations d’une pratique aisée. La première personne venue (1), même étrangère à la chimie, pour peu quelle sache faire une pesée, tire des résultats exacts de l'instrument calorimétrique. En outre, pour exécuter l’opération, un laboratoire est inutile, puisque tous les objets nécessaires peuvent être installés sur une table de lm,50 sur 0m,70 (2).
- (1) La Nature, o mars 1892.
- (2) L’habileté personnelle de l’expérimentateur ne joue qu’un rôle secondaire dans la précision des résultats obtenus avec la bombe; tandis que l’importance de cette habileté est consi-
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- L’analyse élémentaire demande au contraire un laboratoire bien outillé, et elle ne peut se passer du concours d’un chimiste de profession. Je me suis convaincu des difficultés réelles que présente cette opération, après l’avoir pratiquée plus de cent cinquante fois au cours d’une même série d’expériences.
- En outre des évaluations industrielles de pouvoirs calorifiques, il est clair que l’obus permet de réaliser toutes les recherches auxquelles se prête la bombe calorimétrique au Collège de France et au laboratoire des Poudres et Salpêtres (chaleurs de combustion, combustion d’explosifs, etc.). L’appareil peut servir à instituer les.études les plus variées de thermochimie, au point de vue scientifique et au point de vue industriel. Pour ne citer qu’un exemple, puisque le fer brûle aisément sous la pression de l’oxygène, l’instrument ne permettrait-il pas de préciser dans quelles conditions thermiques se forment des alliages de fer, comme le ferro-nickel (J)?
- Les ingénieurs qui ont assisté aux expériences de l’Ecole des mines, pendant le mois de décembre dernier, ont été frappés des services que rend l’obus comme appareil de chimie analytique. Je suis persuadé que si l’appareil s’introduit dans les laboratoires de chimie industrielle, il y sera employé dans une multitude de circonstances qu’il est impossible de prévoir dès à présent (2).
- Remarquons, comme l’ont fait, dès le début, MM. Berthelot et Matignon, que la combustion, telle qu’elle a lieu dans la bombe, transforme, en l’oxydant, le soufre en acide sulfurique, le phosphore en acide phosphorique. Ces oxydes se réunissent dans le liquide acide et dans les cendres que l’on trouve dans l’obus après la combustion, et on les précipite sans difficulté par les méthodes ordinaires. Quand on se propose de les doser, il est bon d’ailleurs de mettre, avant la combustion, quelques centimètres cubes d’eau au fond de la bombe, afin de dissoudre et de rassembler les corps en question.
- Cette précaution de mettre un peu d’eau, dont on tient compte dans le calcul calorimétrique, est, on le sait, indispensable dans les combustions de charbons peu hydrogénés comme le coke, qui produisent une quantité d’eau insuffisante pour former même l’acide azotique.
- Je donne plus loin des tableaux d’analyse et de pouvoirs calorifiques qui offrent quelques teneurs en soufre. Ces teneurs ont été obtenues par le procédé ci-dessus.
- Généralement, dans les combustibles métallurgiques, il n’y a à se préoccuper
- dérable dans la plus simple des analyses chimiques. Ce point n’a pas échappe' aux industriels qui ont vu fonctionner l’appareil à l’École des mines.
- (1) Chaleur de combinaison du fer et du nickel.
- (2) Voir aussi Comptes rendus, 15 février 1892 : M. Berthelot.
- Peu de temps après l’invention de la bombe, on a vérifié, au Collège de France, par la combustion de corps connus, comme le sulfure de carbone, que le soufre était entièrement oxydé à l’état d’acide sulfurique (MM. Berthelot et Matignon).
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- que du soufre, et ce dosage, surtout quand il s’agit du coke, est très important. L’estimation du soufre dans le coke est également d’un intérêt considérable dans les sucreries. Je rendrai donc service aux industriels en indiquant une méthode volumétrique qui n’exige aucune filtration, et qu’il est commode d’appliquer, en quelques minutes, au liquide provenant du lavage de l’obus.
- Je veux parler du procédé volumétrique de M. Sidersky (1), convenablement modifié.
- Dans ce cas, au lieu de la liqueur de potasse ou de chaux pour saturer le liquide acide, on prendra de l’eau de baryte exactement titrée. Une seconde solution titrée, préparée au carbonate de soude, permettra ensuite de doser la baryte en excès qui ne s’est pas unie à l’acide sulfurique et, par conséquent, l’acide sulfurique lui-même. L’emploi du phénol-phtaléique comme virage est nécessaire pour constater l’instant où toute la baryte est précipitée à l’état de carbonate (2).
- Relativement au dosage du soufre dans les cokes, une addition de naphtaline est prudente; la combustion d’une certaine quantité d’hydrogène étant indispensable pour assurer l’oxydation de tout le soufre à l’état d’acide sulfurique (M. Matignon).
- III. Pouvoir calorifique des combustibles d’origine végétale. — Résultats âé expériencesJ’ai effectué l’analyse et la combustion calorimétrique d’un nombre considérable de combustibles d’origine végétale. J’ai réuni les résultats obtenus dans-deux tableaux et dans un tracé graphique.
- Tableau I. — Ce tableau a déjà été présenté à la Société d’encouragement. Il offre le pouvoir calorifique et la composition de 7 houilles. C’est par eux que j’ai commencé la série de mes expériences, et c’est autour d’eux que primitivement j’ai groupé les autres résultats. Le tableau I met en évidence les teneurs en azote ; il prouve que les teneurs en azote n’ont aucun rapport avec les propriétés des houilles. Ces teneurs sont irrégulières. Leur moyenne dans le tableau I est de 1 p. 100. C’est le chiffre moyen constaté par Régnault, il y a longtemps.
- (1) Société industrielle du Nord, 1888.
- (2) Je n’ai pas fait d’essai relativement au dosage du soufre dans des matières non combustibles. Il est cependant possible, et, au risque de m’écarter de mon sujet, j’indiquerai, par un exemple, d’un caractère industriel, sous quel aspect j’envisage la question.
- Dans les usines à zinc, il importe de connaître combien la blende grillée garde encore du soufre. Or, grâce à la combustion sous pression, je crois facile de déterminer rapidement cette teneur en soufre. Il suffirait peut-être, sans s’occuper de calorimétrie, de brûler dans l’objet 0sr,500 de blende grillée mélangée avec une certaine quantité de naphtaline, 3 grammes par exemple. La combustion opérée, on doserait par la méthode volumétrique l’acide sulfurique total réuni dans l’eau de lavage de la bombe. On aurait ainsi, en quelques minutes, une première donnée. Un autre dosage volumétrique, sur une prise d’essai spéciale de blende, compléterait l’analyse en indiquant la teneur en acide sulfurique du sulfate de zinc préexistant dans la blende grillée.
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- Tableau I. — Composition et puissance calorifique de divers combustibles.
- DÉSIGNATION ANALYSE ÉLÉMENTAIRE. P Xfl < pd J? d J H “ » < “g ^ S-a oSc ANALYSE ÉLÉMENTAIRE abstraction faite des cendres et de l’eau. POUVOIR CALORIFIQUE.
- DES COMBUSTIBLES. Carbone. ^ Hydrogène. Oxygène. ' / Azote. 3 O* n g O W § &/) -C TS a CJ ^ £ § hSS « 1-•W o-S r~! <1 5 PS <1 É- % % Carbone- j Hydrogène. | Oxygène 1 et soufre- 1 O < Observé j directement, f Abstraction / faite 1 des cendres 1 et de l’eau. !
- calor. calor.
- Houille flambante du puits Sainte-
- Marie (Blanzy) 79,378 4,967 8,725 1,13 3,90 1,90 31,95 84,265 5,273 9,262 1,20 7 865,8 8350,1
- Houille à gaz de Commentry . . . 80,182 5,245 7,193 0,98 3,00 3,40 39,96 85,664 5,604 7,682 1,05 7870,4 8408,5
- Houille à gaz de Lens 83,727 5,216 6,007 1,00 1,05 3,00 30,80 87,261 5,436 6,263 1,04 8 395 8 744,7
- Houille grasse du Treuil (Saint-
- Étienne) 84,546 4,772 4,592 0,84 1,25 4,00 20,80 89,231 5,026 4,856 0,887 8 391,7 8 856,7
- Houille demi-grasse du puits Saint-
- Marc (Anzin) Houille anthraciteuse de Kébao 88,473 4,139 3,158 1,18 1,35 1,70 14,08 91,256 4,269 3,255 1,22 8 392,5 8656,5
- (Tonkin) 85,746 2,733 2,671 0,60 2,80 5,45 5,20 93.456 3,065 2,825 0,654 7 828,1 8 532
- Anthracite de Pensylvanie. . . . 86,456 1,995 1,449 0,75 3,45 5,90 3,00 95,373 2,201 1,596 0,83 7 484,4 8 256,4
- Tableau II. — Ce tableau est le plus important. C’est le seul que je considérerai, dans la suite. On y trouve les échantillons que j’ai essayés de janvier à décembre 1891. Des 44 essais présentés, 31 ont rapport aux houilles, 6 à des combustibles divers, lignites, tourbes, bois ; 7 à des combustibles naturels modifiés soit par une chaleur élevée (coke), soit par l’action de l’air (houilles oxydées).
- Les houilles occupent une place prépondérante, parce que leur étude est en réalité le principal but de ce travail. J’ai surtout essayé des charbons français. La plupart de nos bassins houillers sont représentés dans le tableau II. Je ne crois pas qu’il existe d’ensemble plus complet sur ce sujet.
- Les colonnes du tableau II n’ont pas besoin d’explication. Tous les résultats ont été calculés abstraction faite des cendres et de l’eau. C’est seulement dans ces conditions que je comparerai les combustibles entre eux et le pouvoir calorifique à la composition.
- J’ai calculé les pouvoirs calorifiques indépendamment du soufre. Le soufre en petite quantité n’influe pas sensiblement sur le pouvoir calorifique. Toutefois, j’ai ajouté, dans la colonne des observations, la teneur en soufre d’un certain nombre d’échantillons choisis parmi les plus sulfureux. Le lecteur pourra donc vérifier que l’introduction du soufre dans les calculs les aurait inutilement compliqués et n’aurait pas changé les résultats généraux du travail.
- J’ajoute enfin que les chiffres, pesées, différences de température, etc., qui
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- ont concouru à l’établissement du tableau II et des suivants ont été réunis dans un tableau spécial, à la suite de ce mémoire.
- Remarques. — Les tableaux montrent que si l’on fait abstraction des cendres et de l’eau hygroscopique, le pouvoir calorifique des combustibles solides d’origine végétale varie, en chiffres ronds, de 4 500 calories (bois), à 8 900 calories (houille grasse) par kilogramme.
- En ce qui concerne les houilles, les moins chaudes sont les houilles flam-
- bantes ; leur chaleur de combustion variant de ........... 7,840caL à 8,570caL
- dans mes expériences ; ensuite viennent les houilles à gaz
- offrant de................................................ 8,400cal- à 8,770cal:
- Les houilles les plus avantageuses paraissent être, d’une façon générale, les houilles grasses et les houilles demi-grasses, puisque nous constatons pour ces charbons, de........................................................ 8,570cal: à 8,870caL
- Enfin, certaines houilles anthraciteuses ont un pouvoir calorifique important, tandis que les anthracites véritables se rapprochent, par leur chaleur de combustion, des houilles flambantes ordinaires..................................... 8,700cal: à 8,100oaL
- On voit donc à quelles erreurs s’exposerait le chef d’usine qui, faute de données précises, donnerait, a priori, la préférence, au point de vue calorifique, à l’une des catégories de houilles.
- Au-dessus de ces pouvoirs calorifiques se placent ceux des huiles végétales (huile de colza, 9 600 cal.), et ceux que nous constaterons plus loin, H 000 calories environ, pour le pétrole et le kilogramme de gaz d’éclairage.
- Rapports entre la composition et le pouvoir calorifique des combustibles. — Ces données permettent maintenant de discuter cette question de savoir si l’on peut trouver une relation suffisamment exacte, dans la pratique, entre la composition élémentaire des combustibles et leur puissance calorifique. Je ne m’occuperai ici que des combustibles d’origine végétale : ce sont, d’ailleurs, les plus importants.
- Le pouvoir calorifique d’un combustible est une fonction plus ou moins complexe de sa composition. Il est possible de représenter cette fonction sous une forme simple, en exprimant (1) que la chaleur de combustion du combustible est égale à la différence entre la chaleur de combustion des éléments de ce corps et la chaleur qui a été dégagée pour sa formation (2).
- (1) M. Berthëlot, Essai de mécanique chimique.
- (2) Gela suppose que le combustible s’est formé avec dégagement de chaleur. On verra plus loin que dans les conditions où j’établis les calculs, mes expériences ont partout justifié cette hypothèse. Je n’ai donc pas constaté d’exception à la règle. Je dois remarquer cependant que pour un des essais (n° 12), la différence Qt — Q0 est très petite, 19 calories.
- Tome VII. — 91° année. ¥ série. — Juin 1892.
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- Tableau II. — Composition et Pouvoir calorifique
- DÉSIGNATION DES COMBUSTIBLES
- O Hl
- ^ P ' PS o
- W œ,
- r-i f. Z W
- Anthracite de Pittville (Pensylvanie)..................
- Anthracite de la Murre (Grande couche). ...............
- Anthracite de Ilay-Duong (Tonkin)......................
- Houille anth. de Kébao (galerie U).....................
- Houille anth. de Commentry.............................
- Houille anth. de Blanzy, Puits Sainte-Barbe, D'= couche . Houille anth. Gd Combe, couche Champclauson, Puits Petassas. Houille anthraciteuse du Creusot. . . G. .“ . . .*
- 9
- 10 té m
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- 4*
- 12 té
- 13 O
- 14 cn
- 15 K
- 16 té té
- 17
- 18 P
- 19 O té
- Demi-grasse d’Anzin, Fosse Saint-Marc, 4° veine du Nord. . . Demi-grasse de la Grand-Combe, Couche du Puits Saint-Jean Demi-grasse de la Roche-la-Molière..........................
- Demi-grasse d’Aniehe, veine Ferdinand, fosse l’Archevêque.. Grasse d’Anzin, grande,veine. Fosse-Enclos. . . ^ ... . . •.
- Grasse Ronchamp, Puits Magny, 2» Couche........... .
- Grasse de Lens, fosse n° 8, veine de Im,90..............
- Grasse de Carmaux................................. .
- Grasse maréchale de Roche-la-Molière....................
- Grasse des Houillères de Saint-Etienne, 8e couche, Treuil. . Grasse des Mines de Portes (Gard).......................
- De Béthune (gazogène de la verrerie Follembray)
- De Lens (veine Dusouich, fosse n» 5). ........
- De Firminy....................................
- De Montrambert, grande couche, étage 356m. . .
- De Commentry...................................
- Cannel de Wigan (Lancashire)..................
- Cannel-Coal Niddrie...........................
- •J a
- De Montvic......................
- De Blanzy (puits Sainte-Marie, 31
- De Decazeville (Bourran).........
- De Blanzy (puits Sainte-Eugénie, 1 De Decazcville (Tramont).........
- couche à 354m). couche, étaj
- e 380m).
- De la Terre-de-Feu. De Trifail (Styrie).. De Vaugirard.. . .
- 35 Tourbe. De Bohême . .
- 36 w
- 37 J 37 bis pq
- Bois sapin de Norvège. . . Bois de Chêne de Lorraine. Cellulose C12HJ0O10........
- 38 H ( Métallurgique de la Grand-Combe....................
- 39 y ) De Houille de Commentry, préparé à l’Ecole des Mines..
- 40 o j De Houille demi-grasse d’Anzin, préparé à l’Ecole des Mines..
- 41 ° ( D’Anthracite de Pensylvanie, préparé à l’Ecole des Mines...
- 42 f A Chaud de Commentry..........................
- 43 Houille oxydée. < A froid de Blanzy, 1er échantillon
- 44 1 .... - —
- A froid de Blanzy, 2e échantillon.
- ANALYSE ÉLÉMENTAIRE
- H H P
- w 55 H O1 CO
- £ •té H
- O P •W 2 P o té
- ça O P o o P
- té té ï* 'S H * 55
- <! « * ^ Pi P
- O w O
- a K
- 86,456 1,995 2,199 3,450 5,900
- 86,564 1,367 2,969 4,700 4,400
- 86,114 2.000 4,626 3,260 4,000
- 85,746 2,733 2,731 2,800 5.450
- 84,928 2,892 5.005 1,775 5,400
- 82.746 2,916 6,278 1,760 6,300
- 84.068 3.631 4,220 0,831 7,25C
- 89,386 3,661 37703 1,800 1)450
- 88.473 4,139 4,338 1,350 1,700
- 87,164 4.265 4,161 0,610 3,800
- 85,691 4,167 5,242 0,900 4,000
- 85,937 4,193 5,240 0,625 4,000
- 83,754 4,385 5.761 1.100 5,000
- 79,200 4,311 5,589 1,200 9,700
- 87,736 4,678 5,036 1,000 1,550
- 85,200 4,724 7,076 1,500 1.500
- 85,636 4,628 5,386 1,350 3,000
- 84,546 4,772 5,432 1,250 4,00C
- 78,240 4,370 7,700 0,780 8,910
- 82,418 5,089 7,193 1.200 4,100
- 83.727 5,216 7,007 1.050 3,000
- 81,273 5,309 8,593 1,225 3,600
- 81,273 5,330 9,553 0.841 3,000
- 80,182 5,215 8,173 3.000 3,400
- 78,382 5,060 5,058 0,600 10,900
- 76,545 6,005 8,800 3,950 4,700
- 76,310 5,122 9,468 4,300 4,800
- 79.378 4,967 9,855 3,900 1,900
- 75,273 5,144 10,083 1,700 7,800
- 74,727 5,167 11,756 3,500 4,850
- 75,273 5,425 14,922 1,580 2,800
- 16,159 3,862 14,979 16,500 18,500
- 35,435 4,782 24.303 0,710 4,750
- 59,795 4,512 25,799 3,144 6,750
- 53,183 5,542 34,230 6,125 0,920
- 47,366 5,581 39,780 6.940 0,333
- 46,568 5,427 40,335 6,920 0,750
- 44,440 6,170 49,390
- 89,273 0,212 2,215 0,500 7,800
- 92,727 0,444 2,629 » 4,200
- 91,582 0,633 1.585 » 3,200
- 91,036 0,685 2,146 0,233 5,900
- 70,036 3,311 23,053 )) 3,600
- 72,436 4,344 15,020 3.600 4,600
- 72,546 5,032 13,722 3,500 5,200
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- des Combustibles solides d’origine végétale.
- É L Ê abstr des cen H % O CQ . O 7 A L Y S MENTA action dresetc W •W B O B « î* B E IRE aite e l'eau. H 1 ” O O X N X * O MATIÈRES VOLATILES ABSTRACTION FAITE DES CENDRES ET DE L’EAU, p. 100. g POUVOIR CALORIFIQUE O OBSERVÉ K P 5 a « a S ~ ü -4 3 (à * $ O Z ^ |J O B ^ £ l-H w T3 o g >a° P^S O -a PU calories. 2 1 H © d S E - il £ jû o o “««g H J o “ a a u> + 05 » ’ô o JD C5 255 S B -g P Æ calories. p CHALEURS DE COMBINAISON g Qi-Qo- a D Cf § ES 3 ° + T oS S l J A «2-l§° 5s h P à O P calories. 5 o POUVOIR CALORIFIQUE | Q'o 2. H34SOO + C81VO — 3 000 (0-+-Az). O O S. OBSERVATIONS
- 95.373 2,201 2,426 3.00 7 484 8 256 8 523 267 8 462 8 450
- 95,241 1,504 3,255 2,75 7 468 8 216 8 270 54 8 173 8 172
- 92,855 2,157 4,988 3,17 7 533 8 121 8 302 181 8130 8 152
- 93,456 3,065 3,479 5,20 7 828 8 532 8 635 103 8 528 8 531 Soufre :0,700p. 100.
- 91.493 3,115 5,392 3,19 7 850 8 456 8 522 66 8 333 8 360 Soufre. 0,797 p. 100.
- 90.000 3,172 6.828 6,00 7 773 8 203 8 420 217 8169 8 215
- 91,459 3,950 4,591 6,71 7 850 8 540 8 807 267 8 653 8 515
- 92,389 3,784 3,827 10,44 8 404 8 687 8 826 139 8 701 8 712
- 91,256 4,269 4,475 14,08 8 392 8 656 8 901 245 8 751 8 767 Soufre :0,673p. 100.
- 91,185 4,462 4,353 13,38 8 371 8 756 8 962 206 8 817 8 832
- 90,106 4.382 5,512 14*00 8 417 8 767 8 846 79 8 651 8 681 Cendres de l’obs. ca-
- lorimétr. : 3,10 0/0.
- 90,104 4,402 5,494 11,93 8 426 8 834 8 853 19 8 659 8 688 Soufre : 0,810 p. 100.
- 89,195 4,670 6,135 21,51 8 051 8 574 8 872 298 8 651 8 689
- 88,889 4,838 6,273 23.23 7 839 8 797 8 905 108 8 678 8 717 Soufre : 0,556p. 100.
- 90,032 4,800 5,168 19^50 8 614 8 839 8 984 145 8 805 8 829 Soufre :0,858p. 100.
- 87,835 4,870 7,295 21,75 8 380 8 639 8 830 191 8 559 8 611
- 89,530 4.838 5,632 22^85 8 482 8 867 8 957 90 8 757 8 788
- 89,231 5,026 5,743 20’84 8 392 8 857 9 001 144 8 796 8 829 Soufre: 0,591 p. 100.
- 86,520 4,840 8,640 19Î29 7 616 8 667 8 711 44 8 382 8 452
- 87;031 5,374 7,595 30,41 8 210 8 668 8 938 270 8 654 8 710
- 87,261 5,436 7,303 30.80 8 395 8 749 8 977 228 8 705 8 758
- 85,388 5,578 9,134 32,02 8 161 8 573 8 875 302 8 524 8 601
- 84,522 5,543 9,935 34,27 8 268 8 598 8 792 194 8 407 8 494
- 85,664 5,604 8,732 39.96 7 870 8 408 8 906 498 8 573 8 644 Soufre :0,591p. 100.
- 88,567 5,718 5,715 31,64 7 761 8 768 9 182 414 8 979 9011
- 83,793 6,574 9,633 53,00 7 703 8 431 9 089 658 8 717 8 800
- 83,949 5,635 10,416 37,07 7 790 8 570 8 777 207 8 371 8 465 Soufre :0,687 p. 100.
- 84,265 5,273 10.462 31,95 7 866 8 350 8 678 328 8 271 8 364 Soufre: 0,481p. 100.
- 83,174 5,684 11,142 35,80 7 486 8 270 8 731 461 8 294 8 397
- 81,535 5,638 12,827 39,39 7 408 8 083 8 582 499 8 072 8 197 Soufre: 1,28p. 100.
- 78,721 5,673 15,606 41,23 7 494 7 837 8 365 528 7 735 7 897 Soufre :0,82 p. 100.
- 71,013 5,942 23.045 52,77 4 885 7 039 7 832 793 6 882 7 141 Soufre :0,273 p. 100.
- 69,235 5,058 25,707 50,34 6 284 6 646 7 381 735 6 317 6 610 Soufre : 1,47 p. 100.
- 66,361 5,007 28,632 49,95 5 530 6 076 7129 1 053 5 938 6 270 Soufre : 1,50p. 100.
- 57,214 5,962 36,821 68,93 5 489 5 903 6 714 811 5 169 5 609
- 51,081 6,019 42,900 4 477 4 828 6 234 1 406 4 428 4 947
- 50,437 5,878 43,685 >1 4 329 4 689 6 133 1 454 4 293 4 823
- 44,444 6,170 49,390 ” 4 200 4 200 5 746 1 546 3 617 4 264
- 97,353 0.231 2,416 7 010 7 920 8 004 84 7 943 7 932 N.-B. Les teneurs
- 96,792 0,463 2,745 » 7 665 8 001 8 039 38 7 964 7 957 en soufre se rap-
- 97,709 0.654 1,637 )) 7 787 8 04 4 8 179 135 8 152 8 130 portent au combus-
- 96,984 0,730 2,286 » 7 528 8 036 8 146 110 8 091 8 078 tible brut.— Les cinq
- 72,652 3,437 23,911 ), 6155 6 384 7 099 715 6112 6 382 dernières colonnes,
- 78,906 4,732 16,362 » 7 119 7,754 8 056 302 7 594 7 565 abstraction faite des
- 79,459 5,512 15,029 35,70 7 169 7 852 8 369 517 7 765 7918 cendres et de l’eau.
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- Soient donc :
- Q0, le pouvoir calorifique du combustible;
- Q, la chaleur de combustion des éléments;
- W, la chaleur de combinaison.
- Q0 = Q1-W ou W = Qi — Q0.
- Posons maintenant :
- II, la teneur centésimale en hydrogène du combustible ; n, la chaleur de combustion de l’hydrogène;
- C, la teneur du carbone ;
- y, la chaleur de combustion du carbone;
- O et Az, les teneurs en oxygène et en azote.
- Comme W est évidemment une fonction de l’oxygène et de l’azote, en particulier, l’azote n’ayant ici qu’une importance secondaire, nous mettons la teneur en oxygène et en azote en évidence, en posant :
- W — w (C "1“ Az), sans rien piejuger encore de la nature de co.
- D’après les conventions ci-dessus, nous écrivons l’expression :
- Qü = Cy + Ht) — w (O + Az). (1)
- Le choix des chaleurs de combustion y et n offre une certaine indétermination, car la chaleur de combustion d’un corps simple peut varier suivant la forme allotropique du corps.
- Ainsi, pour le carbone, AI. Berthelot (1) donne les chiffres suivants :
- Calories.
- Chaleur de combustion du diamant. . ................................... 7859
- — du diamant bort....................................... 7860,9
- — du graphite........................................... 7901,2
- — du carbone amorphe du bois............................ 8137,4
- Ces réserves faites, j’adopterai pour la valeur de n, 34500 calories par kilogramme. C’est la chaleur de combustion de l’hydrogène, avec condensation de l’eau formée.
- Je prendrai pour la valeur de y la chaleur de combustion du charbon de bois, 8140 calories par kilogramme. Ce chiffre est certainement plus près de la vérité que les 8080 calories encore en usage dans les calculs; il paraît raisonnable de l’adopter ici, puisqu’il s’agit de combustibles d’origine végétale, comme le charbon de bois.
- Les conventions qui précèdent nous conduisent à écrire l’expression du
- (1) MM. Berthelot et Petit, Comptes rendus, 1889.
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- pouvoir calorifique d’un combustible, rapportée à 1 kilogramme, sous la forme :
- Qo =
- 8140 G + 34500 H 100
- w (O + Az)
- (2)
- Or, on peut constater expérimentalement qu’il est possible d’assigner à w une valeur numérique constante telle que l’expression (3) représente sensiblement le pouvoir calorifique d’un combustible défini par les teneurs G, H et O + Az.
- Tracé graphique. — Des tableaux précédents on pourrait déduire, par des calculs de moyennes, quelle valeur il convient d’assigner à w pour que w (O + Az) représente approximativement la chaleur de combinaison d’un quelconque des combustibles essayés. Mais il est préférable de recourir à une représentation graphique, abstraction faite des cendres et de l’eau.
- Traçons, dans un plan, deux axes de coordonnées. Nous leur rapporterons les expériences en définissant chaque essai par une abscisse proportionnelle à la teneur en oxygène plus azote du combustible considéré et par une ordonnée proportionnelle à la quantité W de calories, W = Qf — Q0. En réunissant les points ainsi déterminés par une ligne brisée, nous avons sous les yeux les variations de la chaleur de combinaison, dans notre série d’expériences, et il est dès lors possible de voir s’il n’existe pas une fonction simple, telle qu’une droite, capable de remplacer, dans certaines limites, le tracé polygonal, pour la représentation des chaleurs de combustion des combustibles essayés.
- La planche hors texte (pl. 75) a été établie comme je viens de l’expliquer. Chaque essai y porte un chiffre d’ordre, le numérotage étant le même que celui du tableau II.
- Faisons quelques remarques relativement à la ligne qui unit tous les points marqués sur le dessin. On constate d’abord que, dans l’ensemble, les ordonnées décroissent avec les teneurs en oxygène. D’abord très importantes (bois, tourbe), elles donnent ensuite, après diverses oscillations, des points se rapprochant de l’une des abscisses (lignites, houilles oxydées, houilles). Ge premier résultat était prévu. Ensuite la courbe paraît se relever légèrement avec les anthracites et les cokes.
- Cette circonstance s’explique-t-elle par le fait que le pouvoir calorifique du carbone du coke et des véritables anthracites est nettement différent de la chaleur de combustion 8 140 calories adoptée dans mes calculs ? Les combustions calorimétriques que j’ai effectuées avec des échantillons indiquent, en effet, que le pouvoir calorifique du carbone du coke s’éloigne de celui du charbon de bois, pour se rapprocher de la chaleur de combustion du graphite. Il est d’environ 8 050 calories.
- Voulant accuser les remarques ci-dessus, j’ai complété le tracé polygonal par la représentation du graphite, substance bien éloignée, il est vrai, des combus-
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- tibles végétaux. J’ai adopté la chaleur de combustion déterminée par MM. Ber-thelot et Petit, 7 901 calories. Pour ce corps, les coordonnées sont O + Az = 0, et W = 8 140 — 7 901 = 239 calories.
- De même, à l’autre extrémité de la courbe, accentuant l’augmentation progressive de la chaleur de combinaison avec la teneur en oxygène, j’ai amorcé la ligne qui, en dehors des limites de l’épure, irait rejoindre le point figurant la cellulose. J’ai pris pour la-chaleur de combustion de cette substance 4 200 calories, conformément aux expériences de MM. Berthelot et Vieille.
- Le tracé polygonal dont je viens de parler réunit sans exception (1) toutes mes observations, y compris les cokes, les houilles oxydées.
- Pour simplifier la recherche de la fonction susceptible de remplacer la ligne brisée dans la représentation approximative des chaleurs de combinaisons, je n’ai considéré que les combustibles naturels courants. J’ai donc fait abstraction des houilles oxydées, des cokes, des cannels dont les pointements forment une des singularités remarquables du tracé. En réalité, les combustibles éliminés sont en petit nombre. J’aurais très peu altéré le résultat final, que je donne plus loin, si j’avais tenu compte de ces essais.
- Cela posé, on constate qu’il est possible de choisir parmi les droites issues de l’origine une ligne pouvant jouer le rôle de la fonction cherchée.
- J’ai dessiné cette ligne d’autant plus aisément que le tracé original est à très grande échelle : 30 millimètres y correspondent à 4 d’oxygène et d’azote ; d’autre part, suivant les ordonnées, 20 millimètres représentent 400 calories.
- La ligne obtenue a pour équation rapportée aux axes W et O + Az (2) :
- W = 30cal- (O + Az). (3)
- La méthode graphique nous conduit donc à 30 calories pour la valeur de w.
- Expression du pouvoir calorifique en fonction de la composition. — L’expression de Q0 devient dans ces conditions :
- _ 8 440 C + 34 500 H — 3 000 (0 + Az)
- U°“~ 400 W
- que l’on peut simplifier en vue de faciliter les calculs. On a en effet :
- O + Az = 400 — C — H.
- (1) Les tableaux et le graphique présentent tous les combustibles, sans exception, que j’ai examinés, au cours de ce travail. Par suite d’une inadvertance, la houille n° 15 ne figure pas sur le dessin. Cette omission n’a pas d’importance, la houille n° 15 s’accordant très bien avec la droite 30 (O -{- Az).
- (2) En coordonnées cartésiennes, cette droite a pour équation :
- 1
- y = Kx
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- Remplaçant (0 + Az) dans (4) par sa valeur et divisant par 100, il vient :
- Q\> =111,40 C + 375 H— 3 000,
- en calories, pour un kilogramme de combustible.
- Examen de la formule. — J’ai calculé d’après la formule (4) les pouvoirs calorifiques de tous les échantillons essayés, abstraction faite des cendres et de l’eau.
- Ces résultats sont inscrits dans une des colonnes du tableau II. On peut donc les comparer avec les chaleurs de combustion directement observées.
- Voici comment on peut résumer cette comparaison :
- La moyenne de tous les pouvoirs calorifiques, du n° 1 au n° 37 bis, obtenus par l’obus est 8 000 calories. La moyenne des mêmes échantillons, d’après la formule, est 8 020.
- La moyenne des pouvoirs calorifiques des houilles du n° 1 au n° 31, sauf les nus 25 et 26, qui correspondent aux cannels, est, d’après'la formule, 8 530 calories. On trouve exactement le même chiffre en faisant le même calcul avec les chaleurs de combustion observées.
- Le pouvoir calorifique moyen des lignites est 6 587 calories, tandis que la formule donne 6 673, qui en approche à moins de 2 p. 100.
- Le pouvoir calorifique de l’unique échantillon de tourbe essayé est 5 903 calories. La formule fournit un chiffre qui en approche à 5 p. 100 près. C’est le plus grand écart constaté dans mes expériences. Malheureusement, il a rapport à un échantillon qui représente seul une classe importante de combustibles.
- Le pouvoir calorifique calculé des deux échantillons de bois s’éloigne de moins de 3 p. 100 du pouvoir calorifique réel.
- 11 est indispensable d’indiquer les écarts les plus importants, dans le tableau II, entre le pouvoir calorifique calculé et le pouvoir observé.
- Laissons de côté la tourbe, et examinons seulement les houilles.
- La plus grande différence a lieu pour les combustibles que je n’ai pas considérés en établissant la droite W = 30 (O 4- Az). Ainsi, le Cannel Coal Niddrie a un pouvoir calorifique réel de 8 431 calories, qu’il faudrait augmenter de 4 p. 100 pour trouver le chiffre calculé.
- Enfin, parmi les combustibles courants dont j’ai tenu compte en traçant la droite W = 30 (O + Az), l’écart maximum a lieu pour la houille de Commentry : la formule donne alors 2,83 p. 100 de plus que le calorimètre. Ce combustible s’écarte donc de la formule comme le font les cannels, dont il se rapproche par ses propriétés.
- J’ajoute que j’ai contrôlé la valeur de la formule Q'0 par rapport aux résultats d’essais pratiqués par d’autres expérimentateurs (1).
- (1) La formule s’applique aussi aux goudrons, voir p. 368.
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- Comme résumé de tout ce qui précède, je puis dire que l’expression 8140 C + 34500 H — 3000(0 + Az)
- u°— ioo
- dans les limites de mes observations, permet d’apprécier le pouvoir calorifique d’un combustible courant d’origine végétale à moins de 3 p. 100 près de la vérité. En réalité, l’approximation est beaucoup plus stricte relativement aux houilles, comme le montre le tableau II (1).
- La relation ci-dessus ne donne sans doute qu’une évaluation à l’usage des industriels.'Mais, au point de mie scientifique, dans l’état actuel des connaissances sur la question, on ne conçoit pas une formule générale reliant rigoureusement à leur composition le pouvoir calorifique des combustibles, substances très comqüexes et excessivement variées.
- La relation Q'0 suppose d’ailleurs que dans les combustibles naturels d’origine végétale, tout se passe comme si le rapport de la chaleur de combinaison à la teneur en oxygène était constant. Une telle loi ne peut être qu’approximative.
- Je remarquerai cependant qu’elle s’applique dans les limites que j’ai indiquées non seulement aux corps figurant dans le tableau II, mais à des matières sur la composition desquelles on est exactement renseigné, comme la cellulose.
- Ainsi la chaleur de combustion de la cellulose, observée par MM. Berthelot et Vieille, s’approche, à moins de 2 p. 100 près, du chiffre calculé.
- Tout récemment encore, MM. Berthelot et André ont publié un travail important sur l’acide humique(2). J’ai calculé, d’après la composition donnée par ces savants, pour un échantillon d’acide humique, 5 830 calories. Or le chiffre exact obtenu avec la bombe calorimétrique est 5 880 calories, chaleur de combustion qui ne s’éloigne que de 0,9 p. 100 du pouvoir calorifique calculé.
- Ces coïncidences sont au moins curieuses.
- Loi de Dulong (3). — Bien des industriels estiment encore leurs combustibles au moyen de l’ancienne loi de Dulong. Je crois utile de comparer les résultats que donne cette loi à l’observation directe.
- La formule de Dulong est connue. Je la modifierai cependant en remplaçant le pouvoir calorifique du charbon généralement adopté par la chaleur de combustion obtenue récemment par M. Berthelot, 8140 calories. Je conserverai 34 500 calories pour la chaleur de combustion de l’hydrogène.
- Afin d’appliquer la loi de Dulong aussi exactement que possible, je tiendra^ compte de la teneur en azote. Le tableau I indique que, dans les houilles, cette
- (1) La composition de deux combustibles, d’après la formule, peut donner lieu à des erreurs de plus de 3 p. 100. Les pouvoirs calorifiques calculés pouvant s’écarter, en sens contraire, des chaleurs de combustion réelles.
- (2) Annales dephysique et de chimie, 1892.
- (3) Loi de Dulong : La chaleur dégagée par un combustible est égale à la somme des quau-
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- teneur est d’environ 1 p. 100 en moyenne. Les autres combustibles contiennent à peu près la même quantité de ce gaz.
- Il résulte des conventions ci-dessus que la loi de Dulong peut s’écrire :
- O", =^[81400 + 34300 (h-(° ±4''~1) ]
- Remarquons d’abord que, dans les combustibles naturels d’origine végétale, on a toujours O + Az — 1 > O, au moins suivant les expériences faites jusqu’à présent.
- Ce point noté, on peut, après avoir effectué la division de 34 500 par 8 mettre Q"0 sous la forme :
- _ 8140C + 34500H — 4312,5 [(O + Az) —1]
- ^ °— 100
- Q''0 devient ainsi comparable à Q'0. Or si l’on a O + Az > 3,3, ce qui est le cas général des expériences résumées parle tableau II, l’inégalité Q”0 < Q'0 est vérifiée. Comme d’autre part Q'0 est' l’expression moyenne de toutes mes observations calorimétriques, l’inégalité ci-dessus signifie que, dans mes expériences, j’ai constaté habituellement un pouvoir calorifique supérieur à celui que donne la loi de Dulong (i ).
- Comparons d’un peu plus près les chaleurs de combustion observées à celles qui résultent de la loi de Dulong. La comparaison est facile, en se servant du graphique que j’ai déjà décrit. Il suffit de tracer sur le dessin la droite représentant la loi de Dulong, d’après les conventions. La loi de Dulong suppose, en effet, implicitement que le rapport entre la chaleur de combinaison et la teneur en oxygène est constant; seulement on va voir que la constante indiquée est loin de permettre l’appréciation exacte de toute espèce de combustibles.
- La droite en question a pour équation (2) :
- tités de chaleur dégagées par les éléments qui le constituent, en ne tenant pas compte toutefois de la portion d’hydrogène qui peut former de l’eau avec l’oxygène du combustible.
- (1) Annales de physique et de chimie, 6e série, t. VI (MM. Berthelot et Vieille).
- (2) En coordonnées cartésiennes l’équation de cette droite est sensiblement
- y = j(x — 30)
- On voit, de suite, que cette droite rencontre la droite y = £ x dont j’ai parlé plus haut, au point
- x— 100 ou 0 + Az= 3,3, d’après les conventions du dessin. En ce point, la comparaison des coefficients angulaires montre que l’angle des droites est très aigu, et que par conséquent dans la région avoisinante (houilles) on peut, sans grande erreur, prendre l’une ou l’autre droite pour apprécier les chaleurs de combinaison.
- Tome VII. — 90e année. 4e série. — Juin 1891.
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- W = 43,12 [(0 + Az) — 1J (1)
- Elle coupe Taxe des x au point : W — 0, O + Az= 1.
- Si nous consultons le graphique, nous remarquons que la courbe, des chaleurs de combinaison est en général au-dessous de la droite de Dulong. Ce qui est une autre manière de dire que Q"0 < Q'0. Cependant, quand la proportion d’oxygène, et en somme d’hydrate de carbone, diminue dans le combustible, la courbe des chaleurs de combinaison a une certaine tendance à serpenter autour de la droite de Dulong. Il s’agit alors des houilles. La courbe finit même par traverser nettement la loi de Dulong, quand elle représente des charbons maigres.
- J’ai déjà expliqué la raison de ce fait. En somme, bien que le pouvoir calorifique des houilles soit habituellement supérieur à celui que donne la loi de Dulong; il n’en est pas moins vrai que, pour certains charbons, sans parler des anthracites, il lui est parfois très inférieur. On remarquera parmi les charbons en question plusieurs qui appartiennent, en quelque sorte, à une même famille : ce sont le cannel coal de Wigan, le cannel coal Niddrie et la houille de Com-mentry.
- Tableau III.
- COMBUSTIBLES ESSAYÉS. CHALEURS de combustion observées : Q0 POUVOIRS CALORIFIQUES suivant Dulong : Q"0 DIFFÉRENCES Qo — Q"o approximations
- Moyenne de tous les échantillons de Calories. Calories. Calories. p. 100.
- 1 à 37 Ms Moyenne des bouilles sans les can- 8000 7900 100 1,10
- nels Moyenne des houilles avec les can- 8530 8490 40 0,5
- nels 8530 8510 20 0,2
- Moyenne des bois et de la tourbe. . 5140 4630 510 10,0
- Moyenne des lignites. ....... 6590 6375 215 4,0
- Moyenne des houilles flambantes. . 8220 8150 70 0,8
- Moyenne des houilles grasses. . . . 8700 8650 50 0,6
- Moyenne des houilles anthraciteuses. 8380 8400 — 20 0,2
- OBSERVATIONS
- La différence la plus importante entre le pouvoir calorifique exact et celui que donne la loi de Dulong a lieu parmi les houilles sauf les cannels pour le charbon de Portes : houille grasse remarquablement oxygénée. La loi de Dulong donne dans ce cas 3,2 p. 100 de moins que l’observation directe.
- Dans un autre sens, je trouve un écart de 2,5 p. 100 entre le pouvoir calorifique calculé de l’anthracite de Pcnsylvanic et son pouvoir réel. En comparant la houille de Portes et celle de Pensyl-vanie d’après leurs compositions, on se tromperait donc de plus de 5 p. 100.
- Je compléterai ces renseignements en indiquant numériquement avec quelle
- '(1) Dans le tableau II, on a calculé le pouvoir calorifique, suivant Dulong, en diminuant la 'chaleur de combustion des éléments de 43,12 [0 + Az — 11.
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- approximation on estimerait, en moyenne, les combustibles si l’on faisait usage de la loi de Dulong pour toutes les substances naturelles d’origine végétale. Je dresserai, à cet effet, un tableau. Les éléments qui me permettent de l’établir figurent dans le tableau II, où j’ai inscrit le pouvoir calorifique, suivant Dulong, de tous les combustibles essayés. Ces moyennes, en ce qui concerne les pouvoirs calorifiques calculés proviennent de chiffres qui divergent, parfois, d’une façon importante, d’un côté ou de l’autre de la chaleur de combustion observée. *
- La loi de Dulong ne peut donc servir à l’évaluation du pouvoir calorifique de tous les combustibles d’origine végétale, puisqu’elle conduirait à des erreurs de 10 p. 100, qui seraient encore aggravées si l’on adoptait pour le pouvoir calorifique du carbone l’ancien chiffre de 8 080. Comme on le constatera plus loin, la loi de Dulong donnerait des résultats tout à fait inexacts si on l’appliquait à l’estimation de la puissance calorifique des combustibles du genre du pétrole.
- Relativement aux combustibles d’origine végétale, peu oxygénés, comme la houille (O + Az <15, environ), elle semble donner des résultats suffisants dans la pratique. Bien plus, dans un certain nombre de mes essais, la différence entre la chaleur de combustion réelle et celle qui provient de la loi de Dulong est si faible, une cinquantaine de calories, qu’elle est de l’ordre même des incertitudes d’une bonne analyse organique. Le procédé calorimétrique direct est certainement d’une grande exactitude; mais dans une analyse élémentaire, pour 100 de houille on ne peut pas garantir mieux que 0,5 pour la teneur en carbone, en général, et mieux que 0,02 pour la teneur en hydrogène. Or, 0,5 de carbone et 0,02 d’hydrogène correspondent précisément à une incertitude d’une cinquantaine de calories dans l’évaluation de la chaleur de combustion d’après la composition.
- Malgré cela, je considère la formule établie au chapitre précédent comme plus recommandable que la règle de Dulong. La formule en question s’applique, en effet, à tous les combustibles d’origine végétale; elle est plus facile à calculer, et est, au point de vue industriel, au moins aussi exacte que la loi de Dulong pour l’estimation des houilles : Q = 111,4 G + 375 H — 3000.
- En somme, mes expériences paraissent indiquer que l’industriel qui appréciera une houille d’après sa composition élémentaire aura de grandes chances pour trouver un chiffre suffisamment voisin de la vérité (1), sauf en ce qui concerne les houilles extra-hydrogénées du genre du cannel-coal.
- Seulement, je soupçonne d’être peu répandu l’art de peser avec précision l’hydrogène et le carbone contenus dans une houille. En outre, il est infiniment plus simple d’avoir recours à l’observation calorimétrique directe.
- IV. Sur l’altération des houilles à, l’air. — Importance de la question. — L’étude de l’altération de la houille par l’air offre un intérêt considérable au poin
- (I) Voù l’article du Dr Bunte, Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, t. XXVI, p. 440.
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- de vue pratique. Car à cette question se rattache l’examen des phénomènes qui président à l’inflammation spontanée du charbon, soit dans les mines, soit dans les locaux où il est emmagasiné, tels que les soutes des navires.
- Les travaux de M. Favol ont jeté une vive lumière sur la question. M. Fayol lésa publiés en 1879, dans le Bulletin de la Société de l’Industrie minérale de Saint-Etienne, sous ce titre : Élude sur F altération et la combustion spontanée de la houille exposée à l’air. L’ouvrage réunit un grand nombre de documents éminemment pratiques, sur lesquels je n’ai pas à insister ici, mais que tout ingénieur consultera avec profit.
- Encore maintenant bien des auteurs trouvent dans la chaleur dégagée par l’oxydation des pyrites la principale cause de l’inflammation spontanée du charbon. Ce n’est pas l’avis de M. Fayol : cet ingénieur a déduit de ses recherches que si un dégagement, parfois très dangereux, de chaleur se produit dans certaines houilles exposées à l’air, c’est à une véritable oxydation de la matière charbonneuse qu’il faut l’attribuer, et non à la combustion d’une quantité souvent minime de substances pyriteuses.
- Malgré cela, le doute existe encore chez quelques-uns ; grâce aux méthodes que j’ai fait connaître dans les chapitres précédents, il est possible de le faire cesser et de démontrer scientifiquement l’exactitude des vues de M. Fayol.
- Oxydation de la houille. — Le principal effet de l’exposition d’une houille à l’air est l’augmentation de son poids. Le phénomène est général, d’après les essais de Commentry. L’action de la chaleur, dans certaines limites, le rend encore plus sensible. On le constate sans difficulté, en chauffant une houille au laboratoire, dans une étuve portée à 120 degrés centigrades.
- J’ai observé un accroissement de poids pour toutes les houilles que j’ai étudiées dans ces conditions, en tenant compte de l’évaporation de beau hygroscopique.
- L’augmentation de poids pouvant dépasser 10 p. 100 pour les houilles grasses comme celle de Commentry, en huit jours, s’atténue beaucoup dans les combustibles maigres. Ainsi, un échantillon d’anthracite de Pensylvanie a pris un mois pour gagner 2 p. 100 de son poids; et cependant faut-il attribuer ce gain, en grande partie, à l’oxydation de la pyrite.
- L’oxygène sec, agissant sur une houille desséchée sous la cloche de la pompe à mercure, a un effet analogue à celui de l’air atmosphérique.
- Comment l’analyse élémentaire et l’expérience calorimétrique rendent-elles compte de ces résultats?
- J’ai essayé la houille de Commentry après l’avoir exposée durant huit jours dans l’étuve à dessiccation. J’ai aussi étudié des poussières de charbon de Blanzy ramassées dans les galeries où elles ont séjourné pendant très longtemps. Je dois dire que leur composition est excessivement variable, en ce qui concerne les cendres et l’eau hygroscopique.
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- Voici mes résultats, abstraction faite des cendres et de l’eau. Les chiffres suivants sont, du reste, empruntés au tableau II :
- HOUILLE DE COMMENTRY HOUILLE DE BLANZY
- HOUILLE BRUTE HOUILLE chauffée. PUITS Sainte-Marie. PUITS Sle-Eugénie. POUSSIÈRE des Galeries.
- Carbone Hydrogène Oxygène et azote . . 85,664 5,604 8,732 72,-652 - 3,437 23,911 84,265 5,273 10,462 83,174 5,684 11,142 79,459 5,512 15,029
- Pouvoir calorifique observé 8408 calor. 6384 calor. 8350 calor. 8270 calor. 7852 calor.
- Pouvoir calorifique suivant Dulong.'. . 8573 — 6112 — 8271 — 8294 — 7765 —
- On pourrait objecter sur les échantillons du puits Sainte-Marie et du puits Sainte-Eugénie, qu’ils ne sont pas comparables à la poussière des galeries. Je crois, au contraire, que les analyses ci-dessus donnent une idée assez exacte de la houille flambante de Blanzy. M. Sainte-Claire Deville (1) a analysé, à la Gillette, un grand nombre de types de houille de Blanzy, et il a trouvé des chiffres analogues aux miens. Il lui a été impossible de rencontrer une prise d’essai contenant les 16 p. 100 d’oxygène indiqués jadis par Régnault.
- L’exposition de la houille à l’air a en somme pour effet d’augmenter sa teneur en oxygène et en matières volatiles (2), et de dégager une quantité de chaleur qui peut être considérable. Nous sommes en présence d’une véritable combustion des matières charbonneuses dans laquelle le soufre ne joue aucun rôle. Ainsi la teneur en oxygène de la houille de Commentry a triplé, pendant l’oxydation artificielle, et ce charbon a perdu 20 p. 100 de son pouvoir calorifique.
- Le fait de l’oxydation et du dégagement de chaleur étant établi pour passer du phénomène observé en petit à ce que les mineurs constatent chaque jour, je renvoie le lecteur au livre de M. Fayol. Il y verra comment l’oxydation, une fois commencée, se prolonge presque indéfiniment,et comment Réchauffement d’une masse de charbon peut finalement l’enflammer, pour peu que la nature du combustible s’y prête. Enfin, le fait de l’oxydation admis, M. Fayol en déduit la manière de lutter victorieusement contre les incendies des houillères.
- Examen du phénomène d’oxydation. — On sait, depuis longtemps, que les
- (1) Étude sur le gaz de houille.
- (2) La distillation des matières volatiles commence, pour une houille oxydée, à plus basse température que pour la même houille à l’état normal. Le gaz de houille oxydée est naturellement moins éclairant que le gaz de ce charbon non altéré.
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- tourbes et les lignites contiennent un hydrate de carbone spécial, produit de l’altération de la matière ligneuse, de composition très variable et nommé acide ulmique.
- M. Frémy a constaté que cette substance n’existe pas dans les houilles. Rien de plus vrai quand il s’agit de houilles à l’état normal.
- Mais, de mes expériences il résulte que les houilles oxydées, poussières de houilles de Blanzy, houilles d’affleurement, houilles de Commentry altérées, etc., reprennent, en quelque sorte, les propriétés qu’offraient, aux temps géologiques, les accumulations de végétaux en décomposition qui les ont formées. Les analyses de houilles fortement oxydées diffèrent peu de celles des lignites. En consultant le graphique dont j’ai parlé, on remarque que les houilles oxydées sont venues se ranger dans le voisinage des lignites, sans compromettre l’allure générale de la courbe des chaleurs de combinaison. Enfin il y a de l’acide ulmique, parfois en abondance, dans les houilles oxydées.
- Quand on traite ces combustibles par la potasse étendue, la liqueur, au lieu d’être claire, comme cela a lieu pour les houilles ordinaires, est colorée. Après filtration, on précipite la matière ulmique sans difficulté par addition d’un acide, l’acide chlorhydrique par exemple. Le précipité est en tout identique à celui que donnent la tourbe et le lignite.
- Ce n’est, d’ailleurs, autre chose, je l’ai vérifié, que la substance humique que les chimistes ont fréquemment examinée. J’ai au moins constaté que l’acide ulmique de la houille avait les propriétés des substances humiques récemment étudiées par MM. Berthelot et André (1).
- La manipulation très simple qui sert à reconnaître l’acide ulmique est susceptible de rendre des services aux industriels. B suffit de verser un peu d’une solution à 5 p. 100 de potasse, par exemple, sur une prise d’essai, et de filtrer pour reconnaître immédiatement si le charbon a été altéré par l’air et si par conséquent il a perdu une notable partie de son pouvoir calorifique depuis le moment de son extraction et a une certaine tendance à s’enflammer spontanément.
- Les lignes précédentes montrent que l’examen de l’altération de la houille par l’oxygène offre un certain intérêt au point de vue industriel. Je suis convaincu qu’une étude approfondie de la question permettrait d’éclaircir des points encore mal connus de la chimie de la houille. Par exemple, les faits assez obscurs d’où dépend la cokification des combustibles. Il n’y a pas de doute à ce sujet.
- On sait, en effet, que de deux approvisionnements d’une même houille, celui qui est resté le plus longtemps exposé à l’air donne le tnoins bon coke. L’action de l’oxygène, en formant de l’acide ulmique, arrive même à détruire entièrement la substance agglomérante.
- (I) Loc. cit.
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- Ainsi, la houille de Commentry, très oxydée, que j’ai analysée, ne fournit plus, par calcination en vase clos, qu’un charbon pulvérulent, comme cela a lieu avec la plupart des lignites. Il faut donc chercher la matière collante des houilles à coke parmi les hydrates de carbone susceptibles de se transformer en acide ulmique au contact de l’oxygène.
- V. Sur la distillation de la houille. — Bilan de la distillation d’une houille. — Par les méthodes d’observation, et en particulier par les procédés calorimétriques que j’ai exposés, on peut entreprendre facilement l’étude technique d’un certain nombre d’opéraLions industrielles.
- J’ai appliqué ces méthodes à l’examen de la distillation en grand de la houille; question importante si l’on songe à l’extension croissante que prend l’emploi des moteurs à gaz, si l’on constate la tendance raisonnable qu’ont les ingénieurs à s’affranchir de la chaudière à vapeur pour rendre mécaniquement utilisable le calorique des combustibles.
- Grâce à l’obligeance de la Compagnie Parisienne du gaz, j’ai étudié, dans un cas particulier, au point de vue calorimétrique, les circonstances qui accompagnent la distillation d’une bonne houille à gaz.
- C’est le charbon de Commentry qui a été expérimenté. C’est d’une véritable opération industrielle qu’il s’agit ici.
- On a recueilli et mesuré avec soin les divers produits de la distillation. Je les ai, ensuite, analysés et essayés dans l’obus, à l’Ecole des mines.
- J’ai alors dressé le bilan de la distillation de la houille que le tableau IV présente au lecteur.
- Ce tableau a déjà été présenté à la Société d’Encouragement et résumé dans une note lue, le 14 décembre, à l’Académie des sciences, par M. Haton de la Goupillière.
- Ce tableau met en évidence qu’une certaine quantité de chaleur a été perdue pendant la distillation. De 100 calories, on n’a retrouvé que 96cal,S0, réparties comme l’indique le bilan. Je n’ai pas tenu compte, il est vrai, d’une très faible proportion de graphite de cornue et d’un peu de goudron adhérant aux appareils de condensation ; ces matières, difficiles à recueillir, introduites dans le bilan, ne l’auraient guère modifié.
- En somme, la distillation de la houille est une bonne opération industrielle, puisqu’elle se solde par une perte minime de chaleur.
- Les faits que je signale, jusqu’à présent assez obscurs, ressortent du tableau avec netteté. Ils montrent aussi que la formation de quelques composés endo^-thermiques, favorisée par la chaleur du four, n’a pas assez d’importance, durant l’opération, pour changer le déficit en boni.
- Les substances (1) solides ou liquides inscrites dans le tableau suivent sen-
- (I) Voir L. Grüner, Traité de métallurgie générale) t. I, p. 51*
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- Tableau IV. — Bilan de la distillation de la houille de Commentry.
- DÉSIGNATION DES COMBUSTIBLES ANALYSE ÉLÉMENTAIRE POUVOIR CALORIFIQUE observé. QUANTITÉS EN POIDS retrouvées à la distillation surtOOkilog. de houille. CHALEUR DÉGAGÉE PAR les produits de la distillation.
- Carbone. Hydrogène. Oxygène. Azote. Cendres. Eau.
- 45. Houille de Commentry 75,182 5,176 8,202 0,94 7,05 3,45 Calories. 7 423,30 kilogr. 100,00 Calories. 742330,00
- 46. Coke de la houille 85,773 0,414 2,043 0,62 10,27 0,88 (1) 7 019,4 65,66 460893,8
- 47. Goudron du barillet, condensé à 70° C 90,186 4,848 4,966 » » 8887,0 3,59 31904,3
- 48. Goudron du collecteur, condensé à 65° C 89,910 4,945 5,145 » » 8942,8 0,87 7 780,2
- 49. Goudron du réfrigérant, température à l’entrée 51° C. . . . 87,222 5,499 6, 279 » »> 8831,0 1,16 10243,9
- 50. Goudron du condensateur, température à l’entrée 16° C. . 85,183 5,599 9,218 » » 8538,4 1,89 16137,6
- 51. Gaz de la houille 55,086 21,460 23,454 » 11111,0 17,09 189887,0
- 52. Eaux ammoniacales » » » 14 gr. par litre. » » 9,36 »
- Totaux » » » » » » » 99,62 716846,8“ (2)
- Calories perdues >» » « >, „ „ » ,, 25 483,2
- Coke employé à la distillation " ” " » « 7 019,4 21,09 148053,2
- Distillation en grand à l’usine expérimentale de la Villette les 1“'', 2 et 3 oetobrel891 (essai n°, 823, 4e série).
- (1) Le coke a repris une certaine quantité d’eau au laboratoire, mais les pouvoirs calorifiques ont été observés sur le coke sec, tel qu’il sort des cornues.
- (2) Chaleur disponible après la distillation.
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- siblement la règle que j’ai indiquée à propos des combustibles d’origine végétale. Le rapport de leurs chaleurs de combinaison à leurs teneurs en oxygène est à peu près constant et égal à 30 calories (1).
- Chaleur de combustion du gaz de houille. — J’ai analysé en poids le gaz de la houille de Commentry, et je l’ai essayé dans l’obus calorimétrique. J’ai fait subir les mêmes opérations à deux autres échantillons de gaz que la Compagnie Parisienne a mis à ma disposition.
- On a dosé directement l’oxyde de carbone et l’acide carbonique des gaz essayés, et établi comme le tableau V.
- Tableau V. — Analyses et chaleurs de combustion de divers gaz d’éclairage.
- DÉSIGNATION. «3 'W H T/l £ « AN ALYS E EN POIDS Chaleur de combustion du mètre cube (0o et 76» m/m). Chaleur de combustion du kilogramme.
- Carbone. Hydrogène. 1 Oxygène, azote et soufre. ar’oone d es hydrocarbures. \ ; Hydrogène. | Oxyde 1 de carbone. 1 j Acide | carbonique. Oxygène, azote i et soufre. j
- 63. Gaz de Cannel Niddrie (31 oc- cal. cal.
- tobre 1891) 0,6367 52,077 13,598 34,325 43,333 13, 598 16,843 9,262 14,964 6365 7 735
- 51. Gaz de houille de Commentry
- (3 octobre) 0,4040 55,086 21,460 23,454 43, 740 21,460 24,964 7,087 5,749 5 804 nui
- 64. Gaz d’émission de la Villette
- (31 octobre) 0,4033 53,219 21,342 25,439 42,254 21,342 21,237 6,834 8,333 5 602 10 744
- 65. Gaz du laboratoire de l’École
- des mines (septembre 1891). . . ” 5 640
- OBSERVATIONS
- COMPOSITION VOLUMÉTRIQUE DES GAZ D’APRÈS LES ANALYSES INDUSTRIELLES FAITES A L’USINE
- Gaz de Cannel. Gaz de Commentry. Gaz d’émission.
- Vapeurs de benzol . . . . 1,53 i,n 1,09
- Autres carbures absorbables par le brome . . . . 14,03 3,88 3,28
- Hydrogène protocarboné et azote . . . . 38,00 33,56 33,09
- Hydrogène . . . . 30,41 49,44 50,88
- Oxyde de carbone . . . . 11,09 9,15 8,86
- Acide carbonique . . . . 8,85 1,87 1,80
- Oxygène . . . . 1,09 0,99 1,00
- 100,00 100,00 100,000
- Analyses faites suivant la méthode indiquée par M. Sainte-Claire Deville (Étude sur le gaz de la houille, Paris, 1888).
- Je rappelle que j’ai brûlé ces gaz, à volume constant, dans une chambre de
- (1) L’huile lourde d’usine à gaz est un combustible assez important. J’ai trouvé pour un échantillon brut, provenant de la Villette, 8 830 calories.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Juin 1892.
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- combustion assez vaste. Les prises d’essai étaient de 654 centimètres cubes, et les explosions ont déterminé des élévations de température’ que l’on a pu, sans difficulté, observer, avec précision (de 1°,29 à 1°,477). J’ignore si d’autres expérimentateurs, étudiant la même question, se sont placés dans de meilleures conditions.
- Le tableau indique que le pouvoir calorifique du gaz d’éclairage peut varier dans des limites considérables, suivant la qualité du charbon. Toutefois, nous remarquons que les deux échantillons de gaz réglementaire (1) (gaz d’émission
- et gaz du laboratoire) ont donné, à moins de le même nombre de calories.
- Certes, de deux essais, on ne saurait tirer des conclusions définitives ; mais, si je rapproche ce résultat de la conclusion déduite par M. Le Chatelier (2) de ses études sur l’inflammabilité des mélanges gazeux, je pourrai, peut-être, avancer qu’en adoptant 5 600 calories dans les calculs pour la chaleur de combustion d’un gaz quelconque de pouvoir éclairant normal, on ne sera probablement pas loin de la vérité.
- Notons, enfin, que si l’on calcule les chaleurs de combustion des gaz d’après leurs compositions élémentaires, on trouve des chiffres notablement supérieurs à ceux que l’observation a donnés. En effet, la place la plus importante parmi les hydrocarbures du gaz est occupée par le formène : or nous savons, d’après M. Berthelot, que la chaleur de combustion d’un carbure d’hydrogène n’est jamais égale à celle de ses éléments et lui est toujours inférieure pour les.hydrocarbures de la série forménique.
- Gaz de gazogène. — L’obus calorimétrique permet d’évaluer le pouvoir calorifique des gaz des gazogènes industriels. C’est là une application importante de l’appareil.
- Principalement, pour démontrer la vérité de cette affirmation, on a essayé, à l’Ecole des mines, un échantillon des gaz de la verrerie de Follembray. La
- composition de ce gaz était volumétriquement :
- I Formène...................................... 2
- Hydrogène .... .............. ....... 12
- Oxyde de carbone.......................... 21
- Acide carbonique............................. o
- Azote....................................... 60
- Total...................100
- D’où l’on peut déduire un certain pouvoir calorifique.
- D’autre part, l’obus a donné comme chaleur de combustion, à 0° et sous 760 millimètres de mercure, 1112 calories.
- (1) Le gaz de hoitillede Cominentry est bien supérieur, commequalité, au gaz réglementaire
- (2) Annales des Mines, mars 1891.
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- Tableau VI. — Analyses et chaleurs de combustion de divers hydrocarbures d’origine interne.
- DÉSIGNATION DES COMBUSTIBLES ANALYSE ÉLÉMENTAIRE ANALYSE ÉLÉMENTAIRE ABSTRACTION FAITK des cendres et de l’eau. POUVOIR CALORIFIQUE
- Carbone. 1 Hydrogène. Oxygène. | Azote. | Eau I hygroscopique. | Cendres. j Carbone. ^ Hydrogène. . Oxygène. j ! Azote. ! Observé directement. ' J Abstraction faite des cendres et de l’eau Qo g » il s 9 + Différences Qi — Qo.
- Calories. Calories. Calories. Calories.
- 53. Coke de pétrole d’Amérique. . 97,855 0,489 1,196 0,26 » 0,20 98,051 0,490 1,198 0,261 8057 8073 7 876 —197
- (Pour mémoire).
- 54. Huile lourde de pétrole d’Amé-
- rique 86,894 13,107 ) » » 86,894 13,107 » 10913 10913 11352 439
- 55. Pétrole raffiné d’Amérique. . . 85,491 14,216 • 0,293 » » 85,491 14,216 0,293 11047 11047 11624 577
- 56. Essence de pétrole d’Amérique. 80,583 15,101 4,316 ? )) ? ? ? 11086 11086 11543 457
- 57. Pétrole brut d’Amérique. . . . 83,012 13,889 3,099 ? )) 9 ? 9 11094 11094 11316 222
- 58. Huile lourde de Bakou (Russie). 86,700 12,944 » )> 0,35 87,00b 12,989 » 10805 10843 11320 477
- 59. Pétrole de Novorossisk (Cau-
- case) 84,906 11,636 3,458 ? » ? ? ? 10328 10328 10688 360
- 60. Naphto-Schiste de la Nouvelle-
- Galles 74,574 10,576 3,913 ? 10,937 83,732 11,875 4,393 9246 10381 10678 297
- 61. Ozokérite de Boryslaw. . . . 83,510 14,440 0,100 ? 1,95 85,170 14,720 0,11 10946 11163 11 773 610
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- Or, il faut trois fois moins de temps pour la détermination directe et exacte que pour l’évaluation indirecte au moyen d’une analyse volumétrique faite par des procédés qui sont rarement à l’abri de la critique.
- VI. Examen d’hydrocarbures d’origine interne. — Le tableau VI donne les résultats de quelques essais d’hydrocarbures minéraux. J’ai abordé ce sujet brièvement, voulant surtout attirer l’attention sur l’intérêt scientifique et industriel qu’offrirait l’examen détaillé des propriétés calorifiques du pétrole. C’est là une question qui a été peu étudiée depuis le travail mémorable de Sainte-Claire Deville.
- Je signale, parmi les expériences résumées par le tableau VI, celles qui concernent les produits de la distillation du pétrole d’Amérique par MM. Deutsch, à l’usine de Pantin. J’ai inscrit dans une colonne spéciale les chaleurs de combustion calculées Qj d’après les éléments des corps observés, en supposant le pouvoir calorifique du carbone égal à 7 860 calories par kilogramme. Sans motif pour choisir pour chaleur de combustion du carbone celle du charbon de bois, j'ai adopté le chiffre qui a trait au diamant, d’après M. Berthelot. En consultant ce tableau, on ne peut nier, au point de vue calorimétrique, la profonde différence qui sépare les combustibles d’origine interne de ceux que nous avons étudiés plus haut.
- Cette différence s’atténue beaucoup quand il s’agit des produits d’émanation que l’action de l’oxygène a modifiés. Ainsi, j’ai vérifié que l’asphalte de la mer Morte obéit sensiblement à la loi de Dulong.
- Asphalte de la mer Morte.
- (Échantillon provenant de
- la collection de l’École des
- raines.)
- Cendres : 36,20 p. 100.
- Total. . . . 100,00
- Quoi qu’il en soit, il est clair, d’après le tableau VI, que la composition des pétroles ne saurait donner une idée de leur chaleur de combustion. Il est indispensable, si l’on veut se renseigner à ce sujet, de recourir au calorimètre ; résultat qui n’a rien de surprenant, quand on songe à la complication de la chimie des huiles minérales.
- Ainsi, on remarquera que, dans les essais du tableau VI, le pouvoir calorifique réel, q0 est toujours inférieur à la chaleur de combustion des éléments. En outre, pour les produits de la distillation du pétrole d’Amérique, la quantité QrQ0 de l’huile brute est inférieure à la même quantité relative à l’un quelconque des liquides provenant de l’opération industrielle. D’autre part, le pouvoir calorifique de l’huile brute est supérieur à celui des autres produits, quelle que soit leur composition.
- Les pouvoirs calorifiques des huiles minérales étudiées sont compris entre
- Carbone .... Hydrogène . . . Oxygène et azote. Soufre........
- 76,31
- 9,16
- 11,53
- 3,00
- Chaleur de combustion abstraction faite des cendres : 8 900 calories observées.
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- 10 300 cal. (pétrole brut de Russie) et 11100 cal. (pétrole brut d’Amérique). Les produits américains ont donné plus de chaleur que les produits russes, de même espèce.
- Tel est le compte rendu des expériences que j’ai faites, en 1891, dans jes laboratoires de l’Ecole des mines.
- Je serais assez récompensé d’avoir entrepris ce travail s’il pouvait contribuer à augmenter le nombre de ceux qui pensent que les méthodes de la thermochimie et la calorimétrie de précision, en guidant les ingénieurs, sont destinées à concourir puissamment au progrès de l’industrie (1).
- L. Mahler,
- Ingénieur civil des mines.
- DOCUMENTS JUSTIFICATIFS
- Résultats des Observations.
- OBSERVATIONS OBSERVATIONS
- d H analytiques. CALORIMÉTRIQUES .
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- gr. p. 100. p. 100. gr. degr. gr.
- l 0,500 1,685 0,107 3,45 5,90 1 2,81 0,04 0,025 (1) Y compris un peu d’acide sulfurique.
- 2 0,500 1,587 0,085 4,70 4,40 1 2,81 0,11 0,025
- 3 0,400 1,263 0,085 3,26 4, 1 2,80 0,04 0,025
- 4 0,500 1,572 0,137 3,04 4,40 1 2,94 0,061 0,025
- 5 0,500 1,557 0,139 1,775 5,40 1 2,95 0,08 0,025
- 6 0,500 1,517 0,140 1,76 6,30 1 2,92 0,15 0,025
- 7 0,400 1,233 0,134 0,831 7,25 1 2,95 0,08 0,025
- 8 0,400 1,311 0,139 1,80 1,45 1 3,16 0,12 0,025
- 9 0,500 1,622 0,191 1,35 1,7 1 3,159 0,16 0,025
- 10 0,500 1,598 0,195 0,61 3,80 x 3,15 0,15 0,025
- 11 0,500 1,571 0,192 0,90 4,00 1 3,17 0,18 0,025
- 12 0,500 1,575 0,192 0,625 4,00 1 3,17 0,14 0,025
- 13 0,500 1,535 0,208 1,10 5,00 1 3,03 0,14 0,025
- 14 0,500 1,452 0,200 1,20 9,70 1 2,95 0,13 0,025
- 15 0,500 1,608 0,216 1,00 1,40 1 3,24 0,14 0,025
- IG 0,500 1,562 0,220 1,50 1,50 1 3,15 0,11 0,025
- 17 0,500 1,572 0,214 1,35 3,00 1 3,19 0,13 0,025
- 18 0,500 1,550 0,221 1,25 4,00 1 3,157 0,14 0,025
- (1) Ce résultat est d’ailleurs déjà acquis, en partie, puisqu’à peine la bombe calorimétrique, rendue économique et industrielle, était-elle signalée, qu’elle était adoptée par un grand nombre de laboratoires de savants et d’ingénieurs : en France, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Amérique, en Russie et en Hongrie.
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- ARTS CHIMIQUES
- JUIN 1892
- % O 03 H Ê OBSERVATIONS ANALYTIQUES. OBSERVATIONS CALORIMÉTRIQUES •
- <1 <J1 23 | M ü •w g O « £ Tube à acide carbonique, j 1 Tube à eau. i & ES ‘g-si 9 w U O te Cendres. Prise d’essai. i Différence de température corrigée. O 'j sS Poids du fil de fer. OBSERVATIONS.
- 19 0,600 gr. 1,720 0,241 p. 100. 0,781 p. 100. 8,91 gr. 1 degr. 2,98 0,15 gr. 0,025
- 20 0,500 1,511 0,235 1,20 4,10 i 3,09 0,15 0,025
- 21 0,500 1,535 0,240 1,05 3,00 i 3,16 0,16 0,025
- 22 0,500 1,490 0,245 1,225 3,60 i 3,07 0,13 0.025
- 23 0,500 1,490 0,244 0,844 3,00 i 3,11 0,13 0,025
- 24 0,500 1,470 0,251 3,00 3,40 i 2,96 0,11 0.025
- 25 0,500 1,437 0,228 0,60 10,90 i 2,92 0,12 0,025
- 26 0,300 0,842 0,174 3,95 4,70 i 2,90 0,14 0,025
- 27 0,500 1,399 0,252 4,30 4,80 i 2,93 0,11 0,025
- 28 0,500 1,457 0,245 3,90 1,80 i 2,959 0,12 0,025
- 29 0,500 1,380 0,240 1,70 7,80 i 2,83 0,15 0,025
- 30 0,500 1,370 0,250 3,50 4,85 i 2,79 0,14 0,025
- 31 0,500 1,380 0,248 1,58 2,80 i 2,823 0,15 0,025
- 32 0,400 0,677 0,205 16,50 18,50 i 1,824 0,06 0,025
- 33 0,400 0,960 0,175 0,71 4,75 i 2,37 0,13 0,025
- 34 0,400 0,877 0,175 3,144 6,75 i 2,09 0,12 0,025
- 35 0,300 0,585 0,170 6,125 0,92 i 2,07 0,09 0,025
- 36 0,300 0,521 0,171 6,94 0,33 i 1,69 0,06 0,025
- 37 0,400 0,683 0,223 6,92 0,75 i 1,635 0,06 0,025
- 38 0,500 1,650 0,012 0,50 7,80 i 2,64 0,12 0,025
- 39 0,500 1,700 0,020 » 4,20 i 3,30 0,12 0,025 Naphtaline ; 0Sr,ll5.
- 40 0,500 1,734 0,0285 » 3,20 i 3,03 0,15 0,025 0 ,027.
- 41 0,500 1,669 0,032 0,233 5,90 i 2,94 0,06 0,025 — 0 ,031.
- 42 0,500 1,284 0,149 « 3,60 i 2,35 0,08 0,025 - 0 ,009j
- 43 0,500 1,328 0,236 3,60 4,60 i 2,68 0,115 0,025
- 44 0,500 1,330 0,244 3,50 5,20 i 2,70 0,13 0,025
- 45 0,500 1,425 0,252 3,45 5,30 i 2,79 0,107 0,020 Cendres indiquées au tableau IV,7, 05 p. 100.
- 46 0,500 1,572 0,023 0,88 11,10 i 2,64 0,08 0,025
- 47 0,440 1,455 0,192 ? » i 3,34 0,12 0,025
- 48 0,364 1,200 0,162 ? » i 3,36 0,11 0,025
- 49 0,505 1,615 0,250 9 » i 3,32 0,13 0,025
- 50 0,389 1,215 0,196 ? » i 3,21 0,12 0,025
- 51 1 lit. 0,957 0,929 » » 654 s 1,31 0,035 0,0125 Analyse : II = 757m/m,3. T=21» c.Température de la cuve, 20».
- 51bls 1 lit. 0,953 0,932 j. » 654e3 1,30 0,044 0,0250 Combustion : H = 757. T = 18»,5 c. Anal. : II = 75Gm/m,2. T = 20° c. Comb. : 75im/m j = 18»,b c.
- 52 1 lit. » » » » » » )) 7 £r, 81 de AzH3.
- 53 0,500 1,794 0,022 )) 0,20 i 3,15 0,08 0,025 Naphtaline, OS1',034.
- 54 0,284 0,905 0,335 >» » 0,936 3,89 0,13 0,015
- 55 0,297 0,931 0,280 » » 0,967 4,01 0,14 0,025
- 56 0,298 0,8805 0,405 » » 0,850 3,54 0,12 0,025
- 57 0,160 0,487 0,200 ,, » 0,841 3,507 0,14 0,025
- 58 0,285 0,906 0,332 » 0,35 1 4,057 0,14 0,025
- 59 0,212 0,660 0,222 )> » 0,968 3,75 0,14 0,015
- 60 0,384 1,050 0,3655 » 10,937 1 3,48 0,19 0,025
- 61 0,302 0,925 0,393 » 1,95 1 4,11 0,14 0,025
- 62 0,500 1,415 0,527 )> » 1 3,59 0,13 0,025
- 63 1 lit. 1,485 0,963 » )) 654uil 1,477 0,08 0,025 Anal. : H = 769m/m,4. T = 15«c. Comb. : 754n,/m- T = 18»,5 c.
- 63bis 1 lit. 1,460 0,955 » )) 654 )) » » Analyse : H = 776m/m,4. T = 13» c.
- 64 1 lit. 0,955 0,955 » » 654 « » 3) Anal.: H = 764m/<",4.T = 14» c.Température de la cuve à eau,17»
- 64bis 1 lit. 0,970 0,965 » » 654 1,306 3,055 0,025 Anal. : H = 766“/“,4.T = 12° c.Comb. : II = 754“/m.T=ll» c.
- 65 >’ )) 654 1,295 0,060 0,025 H = 76im/m. T = 18»50.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Notes sur la production des cyanures, par D.-J. Playfair. — En 1878, MM. Teherniac et Gunzburg prirent un brevet relativement à un procédé pour la production des cyanures provenant des sulfocyanures. Ce procédé consistait à chauffer au rouge un mélange de six équivalents de sulfocyanure de potassium, cinq de chaux, cinq de carbone, et un de fer. Le fer qu’on employait était sous forme d’éponge; on l’obtenait en réduisant le fer des pyrites à l’état métallique dans une atmosphère réductrice au moyen de fours spécialement construits, Comme résultat de la réaction, ils prétendent que le soufre des sulfocyanures se combine avec le calcium et le fer, en laissant le potassium entièrement à l’état de cyanure, lequel est converti en ferrocyanure par lixiviation.
- Sans avoir connaissance de ce brevet, M. Playfair tenta une expérience semblable ; mais il n’obtint aucun résultat satisfaisant. En étudiant la décomposition des sulfocyanures, il fit chauffer un mélange de sulfocyanures de sodium et de potassium dans une atmosphère d’hydrogène. Les sulfocyanures étaient placés dans un tube à combustion en verre, et chauffés au rouge, pendant qu’un courant constant d’hydrogène passait au travers du tube. A la sortie, l’hydrogène sulfuré commença à se dégager aussitôt que la chaleur eut atteint le rouge, et le dégagement continua pendant plus d’une demi-heure ; cependant la quantité de cyanures produits n’était que de quelques grammes. L’expérience fut arrêtée et le contenu du tube examiné.
- Environ 80 p. 100 des sulfocyanures étaient décomposés, donnant du sulfure et du cyanure de sodium et de potassium. Le sulfure et le cyanure se trouvaient à peu près en égale quantité.
- Evidemment on ne peut espérer obtenir, par cette méthode, plus de la moitié de cyanure du sulfocyanure, et il se trouve dans un état très impur, étant mêlé avec une grande quantité de sulfure, dont la séparation est très difficile et coûteuse,
- L’expérience ci-dessus fut recommencée avec une atmosphère d’hydrocar^ buTes, au lieu d’hydrogène. On employa la vapeur de naphle, et comme précédemment, quand là chaleur fut élevée, l’hydrogène sulfuré se dégagea. A la fin de l’expérience le contenu du tube fut examiné, mais il n’y Testait plus de cyanure, Les sulfocyanures décomposés furent convertis en sulfures avec quelques traces de formiates.
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- NOTICES INDUSTRIELLES. --- JUIN 1892.
- Le sulfoeyanure de sodium, chauffé au rouge dans un creuset, ne fournit qu’une petite quantité de cyanure, et une grande quantité de sulfure.
- On obtint de meilleurs résultats, en employant un métal pour débarrasser le sulfoeyanure de soufre. Les deux seuls métaux reconnus utilisables sont le plomb et le zinc.
- Il est inutile de détailler les expériences préliminaires qui furent faites dans les creusets; il suffît de décrire la méthode maintenant employée.
- L’opération se fait dans une sorte de creuset en plombagine fermé par un couvercle; ce creuset est descendu dans le four tout en émergeant à la partie supérieure. On introduit d’abord le zinc avec un peu de charbon pour maintenir l’atmosphère réductrice, et aussitôt que le zinc est fondu, on ajoute une quantité équivalente de sulfoeyanure de sodium.
- Celui-ci fond et devient très fluide, puis la charge est bien agitée, afin de produire un mélange intime des matières. Aussitôt que la température nécessaire est atteinte, la charge devient soudain très épaisse, et commence à briller, principalement sur la trace de l’agitateur, la réaction est alors complète. On place le couvercle sur le creuset et le tout est tiré hors du fourneau, pour refroidir. Il se dégage beaucoup de chaleur pendant la réaction, car quand le zinc est en excès, il s’échappe en vapeur et brûle sur le bord du couvercle, après que le creuset a été retiré du four.
- Si le sulfoeyanure est en excès, aucune flamme de zinc n’apparaît.
- Lorsque la charge est froide, elle sort facilement du creuset. La masse fondue doit avoir une couleur d’un gris uniforme et sa solution ne doit pas contenir de sulfures solubles.
- Si la charge a été surchauffée, une partie de celle-ci a un aspect sombre et rougeâtre. Elle donne alors une solution contenant des sulfures alcalins.
- Si l’on fait usage du creuset décrit ci-dessus, l’opération peut généralement être menée de telle sorte que l’on n’y trouve pas de sulfure alcalin, ou à peine une trace. Dans les opérations qui se faisaient anciennement dans de grands creusets, ce cas se présentait naturellement parce que la partie de la charge, qui était au fond des creusets, se trouvait surchauffée, et produisait du sulfure de sodium qui s’élevait quelquefois à 15 p. 100 du cyanure.
- La réaction qui s’opère s’exprime ainsi :
- NaCyS + Zn = NaCy + ZnS.
- La perte en poids de toute la charge dans le fourneau est d’environ 5 p. 100, dont la moitié provient de l’humidité du sulfoeyanure employé. Un peu de cyanate et des traces de carbonate se forment également pendant cette opération.
- Quand il y a un léger excès de zinc, aucune partie du sulfoeyanure ne reste sans être décomposée; mais il se produit une légère perte de zinc, sous forme
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- JUIN 1892.
- de vapeur, et une faible quantité de cyanure double de zinc et de sodium peut se former dans une charge mal calcinée, et atteindre jusqu’à 15 parties de cyanure de zinc pour 100 parties de sodium. Cependant, si, au lieu de cela, on ajoute un léger excès de sulfocyanure, le cyanure de zinc formé est réduit à environ 2 ou 3 pour 100 du cyanure de sodium. Dans ce dernier cas, le produit contient un peu de sulfocyanure non décomposé, mais la perte de zinc est évitée et le produit est meilleur.
- La lixiviation de la masse fondue, qui a lieu ensuite, ne présente aucune difficulté, elle est faite, comme d’ordinaire, dans une série de cuves. Ce lavage est intermittent; le cyanure brut est agité à chaque lixiviation, et, sur la matière insoluble, on décante ou l’on pompe la solution liquide d’une cuve à la suivante. On obtient de cette manière, dans la cuve forte, une solution de 35° Tw., contenant 24 grammes de cyanure de sodium pour 100 cc., pendant que le dernier lavage dans la cuve faible est de 0° Tw., et contient moins de 0,4 p. 100 de cyanure de sodium.
- Cette dernière liqueur faible est tout à fait claire, mais, en essayant d’enlever par le lavage les dernières traces de cyanure de- sodium du sulfure de zinc, on obtient une solution laiteuse qui ne se clarifie que quand elle est mêlée avec une solution de cyanure de sodium. Il est possible d’obtenir une solution à 30 p. 100 de la cuve forte, mais celle-ci ne se solidifie pas aussi bien qu’une solution à 24 ou 25 p. 100.
- Si la liqueur contient un peu de cyanure de sodium, on l’agite avec du cyanure de plomb, qu’on obtient facilement en précipitant une partie de la solution avec du chlorure de plomb, en faisant déposer, puis en décantant la solution du chlorure de sodium.
- La matière insoluble, qui consiste en sulfure de zinc, est à peu près de 65 p. 100 de la masse fondue.
- Une analyse de la solution prête pour l’évaporation a donné pour 100 cc. :
- grammes.
- Cyanure de sodium.............................................. 22.00
- Cyanate de soude................................................ 3.06
- Cyanure double de zinc et de sodium................................ 1.55
- Carbonate de soude................................................. 0.71
- Sulfocyanure de sodium............................................. 1.80
- La solution forte de cyanure de sodium est alors placée dans une cuve à vide et évaporée jusqu’à la consistance d’une pâte épaisse, qui se solidifie par le refroidissement.
- Le cyanure parfait contient environ 26 p. 100 d’eau et à peu près 55 p. 100 de cyanure de sodium, sans compter celui qui existe comme cyanure double.
- Tome VII. — 91e année. 4° série. — Juin 1892. 48
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- Celui-ci contient la même somme de cyanogène utilisable, ou d’acide cyanhydrique qu’un cyanure de potassium à 73 p. 100.
- Par un chauffage subséquent, la totalité de l’eau peut être supprimée sans une grande perte de cyanure.
- Une analyse du produit de la cuve à vide a donné ce qui suit :
- Cyanure de sodium................................................. 54.7
- Cyanate de soude.................................................. 9.45
- Cyanure double de zinc et de sodium............................ 3.9
- Sulfocyanure de sodium. . ..................................... 4.3
- Carbonate de soude............................................. 1.65
- Eau............................................................... 26.0
- 100.0
- Dans le procédé décrit ci-dessus, la production de cyanure utilisable donne une moyenne d’environ 70 p. 100 de la production indiquée par la théorie. Dans l’évaporation, la perte de cyanure due à la décomposition de sa solution par le chauffage varie de 2 à 4 p. 100 de cyanure, pourvu que le vide soit bon, c’est-à-dire égal à 5 centimètres de mercure, et à condition également que la solution soit à 33°. Si la solu tion est moitié plus faible, ou que le vide soit moindre, la perte se monte au double.
- Au lieu de zinc, comme ci-dessus, le plomb peut être employé pour décomposer le sulfocyanure. Il a le désavantage, à cause de son équivalent élevé, d’exiger plus de lkil,350 de métal pour produire le même effet que 434 grammes de zinc; de plus, dans la fusion, il ne se convertit pas en sulfocyanure aussi aisément que le zinc. D’un autre côté, il a l’avantage de ne pas former un sel double avec le cyanure alcalin, bien que le cyanure de plomb soit soluble, jusqu’à un certain point, dans le cyanure de sodium.
- Quel que soit le métal employé, le sulfure qui en résulte peut être traité par le procédé ordinaire, afin d’extraire le métal, ou, lorsqu’on emploie du zinc, les sels de zinc peuvent être extraits directement du sulfure.
- D’autres métaux ont été essayés à la place du plomb et du zinc sans donner de résultats satisfaisants.
- L’étain, par exemple, réduit les sulfocyanures à Tétât de cyanures, mais le sulfure d’étain, ainsi formé, se change en grande partie en sulfure alcalin.
- D’autres sulfocyanures, tels que les sulfocyanures de potassium et debarium, se conduisent comme le sulfocyanure de sodium, et donnent environ 70 p. 100 des produits similaires. Le sulfocyanure de sodium a l’avantage d’être meilleur marché que les autres, et, à cause de la faible quantité de sodium en combinaison, donne un cyanure plus fort.
- Les sulfocyanures peuvent être manufacturés directement, ou obtenus comme produits accessoires dans la fabrication du gaz.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- Le docteur Lunge trouve que la proportion de sulfocyanure d’ammonium dans les eaux du gaz en Angleterre est de 25 kilos par tonne.
- Dans aucune autre eau de gaz dont il a été possible d’avoir des échantillons, le sulfocyanure n’atteint une pareille quantité.
- Dans les eaux de gaz d’Ecosse, lorsqu’elles ont été traitées pour l’extraction de l’ammoniaque, on ne trouve que 1 kilo environ de sulfocyanure de calcium par tonne. La chaux de rebut, provenant des purificateurs du gaz, contient des sulfocyanures dans une plus grande proportion; mais l’eau sortant des gazomètres écossais contient moins de 9 kilos de sulfocyanure de calcium, par tonne. Dans la chaux du gaz il y a une grande quantité d’hyposullite de chaux qu’on devrait séparer du sulfocyanure, parce que la présence des composés d’oxygénés est préjudiciable à la formation des cyanures par les sulfocyanures. Les petites quantités qui se trouvent dans les résidus du gaz ne valent pas la peine d’être recueillies; il est donc préférable de produire les sulfocyanures par des procédés directs.
- Il est certain que le bon marché des cyanures serait très profitable à plusieurs industries, principalement pour l’extraction de l’or par les cyanures; et comme le sulfocyanure, dont on extrait le cyanure, pourrait être utilisé au lieu de bisulfure de carbone, ce serait un avantage pour les manufacturiers, parce que, dans certains districts, la consommation a été en décroissant graduellement; en effet les fabricants de caoutchouc ont cessé de s’en servir pour la fabrication des étoffes imperméables.
- Quant à la fixation de l’azote par le carbone rendu alcalin, elle n’a jamais pu réussir industriellement, malgré toutes les dépenses et les essais que l’on a faits, parce qu’elle exige une trop grande élévation de température, celle-ci occasionnant une usure importante des appareils, sans conduire à aucun résultat économique.
- [Journal of the Society of Chemical inclustry.)
- Dosage de l’étain et du cadmium par M. Freneh. — Le procédé de Loü-venthal pour la séparation de l’étain et du cadmium a le défaut de fournir un oxyde d’étain gélatineux dont la réunion et le lavage demandent beaucoup de temps et de soins. Ce procédé consiste à oxyder la solution de chlorure stan-neux, en la chauffant avec un mélange de sulfate de soude et de nitrate d’ammoniaque.
- Pour cette opération, M. Freneh préfère l’emploi du peroxyde d’hydrogène qu’il ajoute à la solution presque neutre des chlorures d’étain et de cadmium. Sous l’influence de la chaleur l’oxyde d’étain se précipite puis se rassemble, se coagule et se lave avec facilité. Le cadmium reste dans la solution filtrée et il est facile de le précipiter directement par le carbonate de soude ou de potasse.
- [Chemical News.)
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- JUIN 1892.
- Méthode pour l’attaque et l’analyse du ferrochrome par H. N. Warren.
- — Les échantillons de ferrochrome qui contiennent une grande proportion de chrome, ne sont que très peu attaqués par l’eau régale, même après un temps assez long, et les autres acides n’ont qu’une action insignifiante. L’action est lente et incomplète par la fusion avec le bisulfate de potassium; on peut l’activer par une addition de borax; mais les produits de l’attaque contiennent une grande quantité de borates, qui compliquent l’analyse. M. Warren a employé avec succès la méthode suivante :
- On attaque à chaud le ferrochrome réduit en poudre impalpable par une quantité convenable d’acide sulfurique. Il se produit presque aussitôt un grand dégagement d’acide sulfureux, on chauffe alors jusqu’à dégagement de fumée d’acide sulfurique. A la solution qu’on obtient ainsi, on ajoute quelques gouttes d’acide chlorhydrique et l’on filtre, pour» séparer quelques résidus de carbone; on titre ensuite une fraction de la liqueur pour déterminer le fer, et l’autre partie est précipitée à l’état d’hydrate de chrome et de fer. On peut, par ce procédé, déterminer promptement la proportion du chrome ainsi que celle du fer; et si l’on veut rechercher les proportions de manganèse ou d’aluminium, on traite les précipités en conséquence. Aucune autre méthode ne donne une analyse plus complète et plus exacte, et les chimistes, dans les hauts fourneaux, pourront en tirer un parti avantageux.
- (Chemical News.)
- Exposition internationale des inventions nouvelles. — Le 1er juillet prochain s’ouvrira à Paris, sous le patronage du Ministre du Commerce et de l’Industrie et du Ministre de l’Agriculture, une Exposition Internationale des Inventions nouvelles.
- Cette Exposition sera installée dans le vaste cadre du Palais des Machines dont le souvenir grandiose est toujours présent à l’esprit de ceux qui ont visité l’Exposition Universelle de 1889.
- Cette entreprise, dont le succès est assuré par la participation des plus grands inventeurs français et étrangers, sera une des curiosités de Paris pendant l’été de 1892.
- S’adresser pour tous renseignements au Commissaire général : M. E. Bœttcher, Ingénieur civil, 15, faubourg Montmartre, à PARIS.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 13 mai 1892.
- Présidence de M. Tisserand, Président.
- M. le généralMengin-Lecreulx adresse une lettre à M. le Président pour donner sa démission de membre de la Commission des fonds. Son grand âge et l’état de sa santé ne lui permettent plus de continuer à faire partie du Conseil d’administration de la Société.
- M. le Président exprime tous les regrets de la Société pour la détermination prise par M. le général Mengin-Lecreulx, qui avait rendu de grands services comme président de la Commission des fonds et comme censeur de la Société.
- M. Le Chatelier, membre du Conseil, envoie pour le Bulletin de la Société une note sur les températures développées dans les foyers industriels. {Bulletin.)
- M. Bandit, rue Duquesne, 75, à Lyon. Dérompeuse et polisseuse des étoffes de soie. (Arts mécaniques.)
- Le Président de la Société des ingénieurs civils demande l’aide de la Société en faveur de M. Louis Fontenay, âgé de 74 ans, qui a autrefois occupé une situation des plus brillantes dans l’industrie et les travaux publics, et que des revers de fortune ont réduit au dernier dénûment. (Bureau.)
- M. Larcher Costa, à Saint-Loup de la Salle. Mécanisme pouvant être appliqué aux locomotives pour éviter le mouvement de lacet. (Arts mécaniques.)
- M. Delaurier, rue Daguerre, 77. — Rapport sur les applications scientifiques et industrielles de la thermo-électricité. (Arts économiques.)
- M. Parize, gare de Châteaudun. — Moteur aérien. (Arts mécaniques.)
- M. Corel, à Neuilly-sur-Seine, qui a déposé un pli cacheté (heure vraie et heure moyenne), demande qu’on regarde sa communication comme non avenue.
- M. Bougier, chez M. Dupeyron, mécanicien, rue Oberkampf, 7. — Chaînes de tout calibre, faites d’une seule barre de métal, acier, fer ou laiton et sans aucune soudure. (Arts mécaniques.)
- M. Max de Nansouty, directeur du Génie civil, adresse une brochure sur l’usine modèle de Mme veuve Leroy, à Clichy-Levallois. (Commerce.)
- M. Buxtorf, correspondant de la Société, à Troyes, présente les Comptes rendus annuels de l’École française de bonneterie pour 1890 et 1891, et demande l’aide de la Société en faveur de cette école. (Arts mécaniques.)
- M. Ernest Milliau, correspondant de la Société, à Marseille, adresse une note sur le beurre de Karité. (Agriculture.)
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- PROCÈS-VERBAUX.
- JUIN 1892.
- M. Magnien, ingénieur agricole, professeur départemental, à Dijon. -— Instructions relatives à la destruction des vers blancs. (Agriculture.)
- M. Maxime Buisson, ingénieur chimiste, à Compiègne. — Moyen de détruire les vers blancs et les hannetons. (Agriculture.)
- M. Collignon, secrétaire, fait hommage à la Société de deux brochures qu’il vient de publier. — Congrès de Marseille 1891. — Sur certaines séries de triangles et quadrilatères. — Remarques sur le travail des moteurs employés aux transports. (Bibliothèque.)
- Ouvrages offerts a la Société. — Électrolyse, 1 vol. in-8 avec gravures sur bois, offert par M. Hippolyte Fontaine, membre de la Société.
- Analyse des vins, par M. Magnier de la Source, offert par M. Gauthier-Villars, membre de la Société.
- Tiroirs et distributeurs de vapeur, par M. Madamet, offert par M. Gauthier-Villars, membre de la Société.
- Nouvelle analyse physique des vibrations lumineuses basée sur la mécanique de l'élasticité..., par M. l'abbé Le Dantec, professeur de sciences à Tréguier (Côtes-du-Nord).
- Enumération des champignons observés en Tunisie,])^ M. Narcisse Patouillard, président de la Société mycologique de France. Brochure avec atlas.
- Exposition universelle cle 1889. Rapport de MM. Duclaux, membre de l’Institut, et Grosjean, inspecteur général de l’enseignement agricole, sur l’organisation, les méthodes et le matériel de l’enseignement agricole.
- Smithsonian Institution. — Rapport sur le musée national. — Washington.
- Exposition internationale de Chicago, 1893. — Règlement général.
- Nomination de memrres de la Société. — M. Secretan (Georges), ingénieur-opticien, à Paris. Présenté par M. Collignon.
- M. Gardair, directeur de la Compagnie générale des produits chimiques du Midi, à Marseille. Présenté par M. Aimé Girard.
- M. Andrew Howatson, ingénieur civil, à Neuilly. Présenté par M. Hirsch.
- Rapports des comités. — Statistique du travail. — M. Lavollée fait, au nom du Comité de Commerce, un rapport sur la statistique du travail aux Etats-Unis à l’occasion du dernier rapport publié par le Département du travail aux Etats-Unis (Department of labor, 1891), transmis par l’un des correspondants étrangers de la Société, l'honorable colonel Carroll Wright.
- Le Comité est heureux de féliciter l’honorable correspondant de la Société, M. le colonel Carroll Wright, et demande la publication du présent rapport dans le Bulletin.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Fabrication du vinaigre. — M. Troost fait, au nom du Comité des arts chimiques, un rapport sur la fabrication automatique du vinaigre de vin, de bière,
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- de cidre ou d’alcool de M. Barbe. Dans ce procédé, le travail manuel est supprimé et l’alimentation des cuves se fait avec la plus grande régularité le jour et la nuit.
- Le système automatique employé par M. Barbe constitue un important perfectionnement du procédé Schuttenbach, et le Comité propose au Conseil de remercier M. Barbe de son intéressante communication et de voter l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Épurateur des eaux. — M. de Comberousse fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur le nouveau système d’épurateur économique des eaux d’alimentation des chaudières à vapeur présenté par M. Gibault.
- Le Comité propose de remercier M. Gibault de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin avec deux figures dans le texte.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Pouvoir calorifique des combustibles. — MM. Carnot et Le Chatelier font, au nom du Comité des arts chimiques, un rapport sur une étude faite par M.Mahler, sous les auspices de la Société d’Encouragement, du pouvoir calorifique des combustibles industriels. Le résumé des travaux de M. Mahler a été inséré dans le compte rendu de la séance du 27 novembre 1891. Par les perfectionnements apportés aux méthodes calorimétriques, M. Mahler a, sous les auspices de la Société d’Encouragement, rendu à l’industrie un service immédiat et direct plus important encore que celui qui pourra résulter des déterminations expérimentales qui lui avaient été demandées parla Société, sur une matière où il n’existait auparavant que des données contradictoires et contestées ; il a non seulement donné des mesures d’une précision très grande, mais il a encore mis à la portée des industriels que ces questions peuvent intéresser, le moyen de répéter ces mesures avec la même précision et de les étendre à tous les combustibles qu’ils peuvent employer.
- Le Comité des arts chimiques a l’honneur de proposer au Conseil d’adresser ses félicitations à M. Mahler pour son important travail et de décider l’insertion au Bulletin du présent rapport et l’impression in extenso, avec tableaux et planches du mémoire de l’auteur.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communication. — Applications industrielles de l'électricité. — M. Hippolyte Fontaine, président honoraire de la Chambre syndicaledes industries électriques, fait une communication sur l’ensemble des applications de l’électricité, et spécialement sur celles qui ont été réalisées récemment.
- M. le Président remercie M. Fontaine de sa très intéressante communication, qui est renvoyée à la Commission du Bulletin.
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- Séance générale du 27 mai 1892.
- DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES DÉCERNÉES POUR 1.’ANNÉE 1892.
- Présidence de M. Tisserand, président.
- Le fauteuil de la présidence est occupé par M. Tisserand, président, de la Société. A ses côtés siègent M. le colonel Pierre, vice-président et MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires de la Société.
- M. le Président ouvre la séance et prononce le discours suivant : (Voir au Bulletin.)
- Distribution des prix et médailles. — Grand prix du marquis d’Argen-teuil. — Sur le rapport de M. Troost, ce prix est décerné en 1892 à M. Berthelot, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, pour ses remarquables travaux, qui ont puissamment contribué aux progrès des industries chimiques.
- Grande médaille des Constructions et des Beaux-Arts.— La Société, sur le rapport de M. Ros.signeux, au nom du Comité des Constructions et des Beaux-Arts, décerne, pour 1892, la grande médaille Jean Goujon à M. Froment-Meurice pour ses remarquables travaux en orfèvrerie, joaillerie et bijouterie.
- Prix Fourcade pour les ouvriers des fabriques de 'produits chimiques. — Sur le rapport de M. Aimé Girard, le prix pour 1892 est attribué à M. Jean-Marie Navarre, saunier, qui compte 57 ans de service aux Salins de Berre, appartenant à la Compagnie des Salins du Midi.
- Prix d’Aboville pour les manufacturiers qui emploient des ouvriers infirmes. — Sur le rapport de M. Lavollée, le prix pour 1892 est partagé de la manière suivante :
- Internat des sourdes-muettes dépendant de l’imprimerie Firmin Didot et Cie, au Mesnil-sur-l’Estrée, canton de Nonan-court (Eure).................................,............. 2 000 francs.
- Ouvroir des ouvrières aveugles, à Uliers (Eure-et-Loir) . 1 000 —
- Prix de 3 OOO francs pour le moyen de transporter à grande distance les forces mécaniques naturelles. — Le prix, sur Je rapport de M. de Comberousse, est décerné, pour 1892, à M. Hillairet, ingénieur-constructeur, à Paris.
- Prix de 4 OOO francs pour Une publication utile à l’industrie chimique ou métallurgique. Un prix de 2 000 francs est décerné, sur le rapport de M. SchuG zenberger, à M. Joseph Dépierre, chimiste, à Epinal (Vosges).
- Un prix de 1 000 francs est décerné, sur le rapport de M. de Luynes, à M. Léo Vignon, maître de conférences à la Faculté des sciences de Lyon.
- Prix de 3 OOO francs pour un appareil qui permette de déterminer la puissance calorifique des combustibles. — Un encouragement de 500 francs est dé-
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- cerné, sur le rapport de M. Prunier, à M. Wiborgh, professeur à l’École des mines de Stockholm.
- Prix de 2 000 francs pour la meilleure étude sur Vagriculture et l'écono-mierurale d’une province ou d’un département. — Le prix est décerné, pour 1892, sur le rapport de M. Risler, à M. Prudhomme, professeur départemental d’agriculture de la Meuse, à Commercy. .
- Prix de 3 000 francs pour le meilleur instrument permettant de mesurer facilement le travail des machines agricoles. —Le prix est décerné, sur le rapport de M. Ronna, à M. Maximilien Ringelmcinn, professeur à l’École d’agriculture de Grignon.
- Prix de 4 000 francs pour les meilleures expériences sur l’alimentation du bétail. — Un prix de 2 000 francs est décerné, sur le rapport de M. Muntz, à M. Cornevin, professeur à l’École vétérinaire de Lyon.
- Prix de 1 500 francs pour la meilleure étude sur /’anthonome et le moyen de prévenir ses ravages. — Sur le rapport de M. Hezé, le prix est partagé de la manière suivante :
- Frère Abel de l’Institut des Frères de l’Instruction chrétienne, à Ploërmel (Morbihan).................................. . 500 francs
- M. Hérissant, directeur de l’École pratique d’agriculture des Trois-Croix, à Rennes........................................... 500 —
- M. Félix Henneguy, docteur ès sciences naturelles, préparateur au Collège de France..................................... 500 —
- I. Liste des médailles décernées par la Société pour des inventions ou des perfectionnements aux arts industriels. — Médailles d’or. —MM. Courtier, publications industrielles; Durenne, ensemble des travaux; DT Effront, emploi des fluorures en distillerie; Galf fabrication de l’acide carbonique liquide; Gruner, ensemble de ses travaux sur les accidents du travail; Hermite, blanchiment électro-chimique; Samain, ensemble des travaux; Villain fils, métier à gazer les fils de coton.
- Médailles de platine. — Barbe, fabrication du vinaigre ; Mares (Étienne), compteur d’énergie électrique.
- Médailles d’argent. — O. André, nettoyeur de filtre pour eau potable; Bar-rouin, piano perfectionné; Belloc, appareil de sondage; Burot, poulie en papier; Brancher, embrayage élastique; Chabaud-Latour (James de), tour pour horlogerie; Didier, étude sur les inventaires industriels; Howatson, système d’épuration des eaux; Krebs, chaudière multitubulaire; Rousseau et Balland, pompe à débit variable; Ronsse, reproduction de dessins sur tissu.
- Médailles de bronze. — Compagnie française de lampes à gaz à récupération, lampe dite la Ilouennaise; Egger, graisseur pour machines; Mégissier, Tome VII. — 91e année. 4e série. — Juin 1892. 49
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- serrure de sûreté; Legoaziou, scrutateur électrique; Prost, extracteur universel d’eau de condensation.
- Des médailles commémoratives sont remises par M. le Président aux personnes qui (en dehors de ses propres membres) ont bien voulu faire à la Société des communications importantes (autres que celles des industriels qui désirent faire connaître leur propre industrie).
- MM. Sorel, ingénieur, séance du 13 février 1891. —Rectification de l’alcool.
- MM. Kolb, directeur des établissements Kuhlmann, à Lille, séance du 8 janvier 1892. — Procédé Deacon.
- Fontaine (Ilippolyte), ingénieur, séance du 13 mai 1892. Applications industrielles de l’électricité.
- IL Liste des contremaîtres et ouvriers auxquels ont été décernées des médailles d’encouragement. — MM. Adam (Charles), ouvrier modeleur à la Société des anciens établissements Cail, à Paris.
- Blondeau (Jean), ouvrier boiseur à la Société des houillères d’Êpinac.
- Bondoux (Alexandre-Denis), découpeur marqueteur chez M. Chevrel, à Paris.
- Bouvier (Jean), ouvrier corroyeur chez M. Petitpont, manufacturier, à Choisy-le-Roi.
- Brancq (Maximin-Auguste), ouvrier chez M. Soyer, fabricant de cuirs vernis, à Puteaux.
- Caillot (Jean-Baptiste), maître mineur à la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry.
- Chambet (Marc), contremaître chez M. Paul Garnier, horloger, à Paris.
- Chapelle (Philippe), ouvrier corroyeur chez M. Petitpont, manufacturier, à Choisy-le-Roi.
- Chazelet (Léon), mécanicien de précision de la maison Breguet, à Paris.
- Chilouet (Alphonse), ouvrier tréfileur à la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry.
- Cogniaux (Joseph), ouvrier chez M. Gaubert, facteur de pianos, à Lille.
- Colmard (Jean-Hubert), ouvrier tanneur chez M. Soyer, fabricant de cuirs vernis, à Puteaux.
- Delobeau (Auguste), chauffeur chez MM. Poure O’Kelly et Cie, manufacturiers, à Boulogne-sur-Mer.
- Dubois (Dominique), ouvrier menuisier de la maison Breguet, à Paris.
- Gossens (Emile), ouvrier typographe à l'imprimerie Jacquin Bourges, à Fontainebleau.
- Guérin (René), gouverneur des cylindres à la papeterie de M. Ch. de Montgol-fier, à la Haye-Descartes.
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- Hastier (Pierre), chef d’équipe monteur à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, à Troyes.
- Jeandel (Prosper), contremaître chez M. Paul Garnier, horloger, à Paris.
- Kieffer (Jean-Joseph), ouvrier en précision chez MM. Redier et Cie, à Paris.
- Lemoine (Camille), contremaître de puddlage à la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry.
- Levasseur (Jules-Florentin), façonneur en éventails chez Mme Vve Bastard-Lan-noy, àAndeville.
- Levasseur {Mme Joséphine), graveur en éventails chez Mme Vve Bastard-Lannoy, à Andeville.
- Matignon (Léon-César), contremaître à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, à Oullins.
- Montjotin (Antoine), ouvrier mineur à la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry.
- Moustier (Césaire), conducteur de machines à la Société des charbonnages des Bouches-du-Rhône.
- Munie (Jules-Joseph), ouvrier chaudronnier à la Société des anciens établissements Cail, à Paris.
- Odent (Auguste), riveur à la Société Chameroy, à Paris.
- Paradis, ouvrier menuisier ébéniste de la maison Breguet, à Paris.
- Passereau (Yictor), ouvrier teinturier chez M. Petitpont, manufacturier, à Choisy-le-Roi.
- Perrier (Benoist), ouvrier bitumier à Y usine Chameroy, à Lyon.
- Perrin (Auguste), ouvrier raboteur à la Société des anciens établissements Cail, à Paris.
- Pichon (Joseph), contremaître chez MM. Poure O'Kelly etCie, manufacturiers, à Boulogne-sur-Mer.
- Pillot (Jean), ouvrier garde-barrières à la Société des houillères d’Épinac.
- Plense (Paul), ajusteur à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, à Arles.
- Pomba (Jules), ouvrier à la Société Chameroy, à Paris.
- Richard (Auguste), ouvrier teinturier chez M. Petitpont, manufacturier à Choisy-le-Roi.
- Saulnier (Louis), surveillant chargé de la fabrication à la papeterie de JJ. Ch. de Montgolfier, à la Haye-Descartes.
- Schmid (Gustave-Adolphe), ouvrier tourneur à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, à Paris.
- Signoret (Gabriel), ouvrier tôlier à Y usine Chameroy, à Lyon.
- Sorin (Alfred-Léon), ouvrier ferblantier chez M. Carnaud, fabricant de boîtes métalliques, à Paris.
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- Stein (Pierre), ouvrier zingueur à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, à Paris.
- Thesz (Charles-Eugène), contremaître adjoint à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, à Paris.
- Vial (Marc), ouvrier tourneur à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, à Oullins.
- Voisin (Lazare), ouvrier boiseur à la Société des houillères d’Épinac.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. - Tip. Chamerot et ltenouard, 19, rue des Saints-Pères. —2S8G9.
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- 91e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- JUILLET 1892.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- PRÉSIDENCE DE M. TISSERAND
- PRÉSIDENT, CONSEILLER d’ÉTAT, DIRECTEUR DE L’AGRICULTURE
- La Société d’Encouragement pour l’industrie nationale a procédé, le 27 mai 1892, en séance générale, à la distribution des récompenses instituées par elle (prix et médailles).
- Le fauteuil de la présidence était occupé par M. Tisserand, président de la Société. A ses côtés siégeaient : M. le colonel Pierre, vice-président, et MM. Collignon et Aimé Girard, secrétaires.
- M. le Président ouvre la séance par un discours où il énumère les faits principaux qui se sont passés depuis la dernière séance générale consacrée à la distribution des récompenses.
- Les récompenses sont ensuite distribuées.
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- DISCOURS DU PRÉSIDENT. ----- JUILLET 1892.
- DISCOURS DU PRÉSIDENT
- DISCOURS DE M. TISSERAND, CONSEILLER d’ÉTAT DIRECTEUR DE L’AGRICULTURE, PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ
- Messieurs et Chers Collègues,
- Mes premières paroles, en ouvrant cette séance, doivent être prononcées pour rendre un solennel et dernier hommage à ceux de nos collègues que nous avons eu la douleur de perdre pendant l’année qui vient de s’écouler.
- Leurs noms ne doivent-ils pas, en effet, être appelés les premiers dans cette séance où la Société d’Encouragement récompense les services et les mérites entre les plus grands de ceux qui lui ont été signalés, et proclame les noms d’illustres savants, d’éminents industriels qui comptent parmi nos gloires, et dont le souvenir doit être conservé dans nos annales comme dans le cœur de tous ceux qui aiment la France et ont souci de sa prospérité.
- Cette pieuse tradition, je n’avais garde de l’oublier, parce qu’elle répond à un profond sentiment de justice, qu’elle est, en le perpétuant, le culte des hommes qui ont consacré leur vie et leur intelligence au progrès de l’humanité et concouru à la grandeur de la patrie.
- Rarement, Messieurs, les vides se sont creusés aussi profondément dans les rangs de la Société.
- Nous avons perdu sept membres du Conseil, autant de correspondants, et un nombre plus considérable encore de membres notables.
- Les membres du Conseil qui nous ont été enlevés sont : MM. Lecœuvre, Lavastre, Popelin, Lutscher, Dagiiin, Hardy et Féray.
- M. Ernest Féray était notre doyen! Depuis quarante-six ans, il faisait partie du Comité des Arts mécaniques, soit comme membre titulaire, soit comme honoraire. La plupart d’entre nous ne l’avons connu qu’à un âge déjà avancé et au déclin de sa laborieuse carrière, et cependant nous admirions l’énergie toute juvénile qu’il avait conservée et qu’il montrait toutes les fois qu’il s’agissait de la cause de l’industrie, de la défense de ses intérêts ou du perfectionnement de ses procédés.
- Dès sa sortie de l’École polytechnique, en 1823, il embrassa la carrière industrielle, vers laquelle un goût irrésistible l’entraînait, et pendant près de
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- DISCOURS 1*1 PRÉSIDENT. — JUILLET 1892.
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- soixante-dix ans il ne cessa de diriger de grands établissements. Doué d’ap~ titudes variées, il créa la papeterie d’Essonne, fonda une grande filature où il essaya Fun des premiers le filage de la ramie et tenta même une grande entreprise agricole dans les landes de la Gascogne!
- L’un des premiers encore il comprit les devoirs du patron envers ses ouvriers, et chercha, il y a vingt-cinq ans déjà, la solution du problème social qui agite tant notre époque. Son caractère élevé, sa bienveillance, sa haute intelligence des affaires, appelèrent sur lui de bonne heure l’attention de ses concitoyens. Pendant de longues années il remplit les fonctions de député et de sénateur, et occupa une large place dans le jury des expositions universelles qui se sont succédées depuis 1851.
- M. Feray est mort à 88 ans, laissant dans l’industrie un nom vénéré, à ses concitoyens l’exemple d’une vie de travail et de dévouement bien remplie, et à notre Société le souvenir d’un collègue aussi éminent que bienveillant.
- Moins brillant dans son œuvre, M. Lecœuvre, qui, depuis 1867, faisait partie du Conseil, comme membre du Comité de Arts mécaniques, n’en a pas moins rempli aussi dignement sa place dans le grand mouvement industriel de notre époque.
- Soit dans sa chaire à l’Ecole centrale, soit comme commissaire et membre du jury des expositions universelles de 1855 à 1889, M. Lecœuvre a montré partout de grandes qualités, comme organisateur, comme juge et comme expérimentateur.
- Dans ses succès, il a su rester toujours modeste, c’était le trait saillant de son caractère.
- Vous garderez, comme l’a si bien dit le général Sebert, son souvenir comme celui d’un travailleur consciencieux, d’un homme de bien et d’un serviteur qui a su se rendre utile à son pays, en travaillant pour sa prospérité et pour sa défense.
- Le Comité des Beaux-Arts a été particulièrement éprouvé. 11 a perdu M. Lavastre il y a quelques mois, et, au commencement de cette semaine, on conduisait à sa dernière demeure M. Claudius Popelin, qui fut à la fois un peintre de talent et un écrivain érudit. Il est mort à l’âge de 67 ans, et était entré dans notre Conseil en 1876.
- Nous avons malheureusement à peine eu le temps de voir siéger parmi nous M. Lavastre, qui laisse dans la peinture de décors un nom estimé; il avait été élu membre du Comité des Beaux-Arts en 1889, mais nous ne
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- DISCOURS DU PRÉSIDENT. ----- JUILLET 1 892.
- saurions oublier que c’est à lui que nous devons la belle décoration de cette salle.
- M. Lutscher, membre de la Commission des fonds, lui aussi, nous a été enlevé trop tôt. Entré au Conseil en 1884, il se fît bientôt remarquer par son zèle pour ses fonctions ; sa connaissance des affaires et sa grande compétence en matière financière le firent appeler par ses collègues à la présidence de la Commission des finances. Aussi laisse-t-il parmi nous d’unanimes regrets.
- M. Daguin appartenait au Comité du commerce depuis 1877. Ancien président du Tribunal de commerce, ancien membre du Comité des arts et manufactures, M. Daguin était pour son comité un conseiller précieux, un collègue dont l’esprit élevé et la grande expérience ont été hautement appréciés.
- M. Hardy avait été élu membre du Comité de l’agriculture en 1869; d’une santé délicate et habitant Versailles, nous le voyions rarement dans nos séances du soir, mais jamais membre ne fut plus assidu aux séances du Comité. Ses avis étaient toujours empreints d’une grande sûreté de vue et d’une rare bienveillance. Fils d’un horticulteur distingué, il suivit les traces de son père, dirigea avec succès l’École d’horticulture, fut pendant de longues années vice-président de la Société nationale d’horticulture; il a fait sur l’arboriculture des ouvrages demeurés classiques. Partout il était tenu en haute estime pour son caractère élevé et sa modestie : on peut dire de lui qu’il ne connut dans sa longue carrière que des amis, et n’a laissé après lui que des regrets.
- M. le général Mengin-Lecreulx vous a envoyé sa démission de membre de la Commission des fonds, où il avait été appelé en 1873. Son grand âge, ses infirmités ne lui permettent plus, vous a-t-il écrit, de remplir ses fonctions! C’est bien là le langage, la résolution du soldat! Il a souci de ses devoirs, il ne peut plus les remplir, il se retire; mais ses services sont trop présents à votre mémoire pour que nous le laissions disparaître de nos cadres. En respectant la volonté du vieux général, vous voudrez certainement le conserver parmi nous en le rattachant au Conseil "par les liens que vous permettent nos statuts !
- Parmi les membres correspondants que nous avons perdus je dois citer :
- M. Jaquiné, inspecteur général honoraire des ponts et chaussées,* à Nancy, correspondant du Comité des Arts mécaniques, qui a coopéré à la construction du canal de la Marne au Rhin ;
- M. Cornut, ingénieur en chef de l’Association des propriétaires de
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- machines à vapeur, à Lille, correspondant du Comité des Arts mécaniques ;
- M. Stas, membre de l’Académie royale de Belgique, correspondant du Comité des Arts chimiques ;
- M. Lockyer, correspondant de l’Académie des sciences, correspondant du Comité des Arts économiques, à Londres;
- M. Heimendhal, conseiller intime du Commerce, président de la Chambre de commerce de Crefeld, correspondant du Comité de Commerce ;
- M. Samuel Ruggles, avocat à New-York, correspondant du Comité de Commerce;
- M. Wesselowsky, conseiller d’Etat, directeur du journal F Économiste russe, à Saint-Pétersbourg, correspondant du Comité de Commerce.
- Chacun de ces noms rappelle des services éminents et de hautes positions occupées dans les arts, dans l’industrie et dans les sciences.
- Je ne puis vous nommer tous les membres notables que la Société a perdus depuis un an.
- Je rappellerai seulement à vos regrets :
- M. Clèmandot, lauréat de la Société, ancien directeur de la cristallerie de Clichy, collaborateur de M. Erémy, auteur de remarquables progrès dans la verrerie ;
- M. Hulot, graveur à la Monnaie, créateur de la fabrication galvanoplas-tique des cartes à jouer et des timbres-poste;
- M. Paul Morane, lauréat de la Société, qui a rendu les plus grands services à l’industrie de la stéarinerie en perfectionnant les machines à couler les bougies;
- M. Magueritte, chimiste, membre perpétuel de la Société.
- Je dois enfin rappeler la perte douloureuse que nous avons faite en M. Barbedienne, qui fut lauréat en 1886 d’un des grands prix de la Société.
- C’était le fils d’un pauvre cultivateur : parti pour Paris comme simple ouvrier, sans ressources, sans position, vous savez celle qu’il a conquise par son travail opiniâtre et son talent remarquable.
- Je ne dis rien de plus de cette belle illustration de notre époque, car vous avez certainement encore le souvenir des pages éloquentes et touchantes du rapport que fit M. Rossigneux à l’appui de la proposition de médaille que fit en sa faveur le Comité des Beaux-Arts.
- Après le juste tribut payé à la mémoire de ceux qui ne sont plus, il me
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- reste, messieurs, la tâche bien douce de féliciter nos lauréats de ce jour,
- Mais, auparavant, laissez-moi encore m’acquitter en votre nom d’une dette de reconnaissance envers nos conférenciers : eux aussi ont bien mérité de la Société en nous faisant assister aux travaux, aux découvertes fécondes, aux merveilleux progrès dont l’humanité recueille chaque jour les bienfaits.
- ' Il n’est pas possible, de même, de passer sous silence les premiers résultats d’une innovation introduite tout récemment dans notre fonctionnement. Comme vous le savez, notre Société, désireuse d’étendre dans toutes les directions les services qu’elle rend à l’industrie, avait chargé un jeune ingénieur, M. Mahler, de faire, suivant un programme tracé à l’avance, une étude complète du pouvoir calorifique des combustibles industriels en même temps que leur analyse.
- Sur un sujet où l’on ne possédait jusqu’ici que des données insuffisantes, M. Mahler a réussi à faire une lumière complète et à donner des résultats dont la précision semble échapper à toute critique. Mais, non content de remplir le programme qui lui avait été tracé, il a encore, par des perfectionnements ingénieux apportés à la bombe calorimétrique de MM. Berthelot et Vieille, créé un appareil, l’obus calorimétrique, qui, tout en étant industriel conserve une précision toute scientifique.
- L'obus calorimétrique de M. Mahler s’est rapidement répandu en France et bien au delà de nos frontières, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, aux États-Unis, etc.
- La Société peut donc se féliciter de son initiative, qui a fourni à M. Mahler l’occasion de faire un si important et si utile travail.
- J’arrive maintenant aux lauréats, aux héros de la séance!
- En décernant aujourd’hui Je grand prix du marquis d’Argenteuil à M. Berthelot, la Société est fière d’inscrire le nom de ce savant illustre à côté des noms de Chevreul et de Pasteur.
- Les découvertes dont il a enrichi la science ont été fécondes pour l’industrie française, et libéralement, comme Chevreul, comme Pasteur, il en a laissé à tous le profit.
- Si chaque jour nous voyons augmenter la liste des composés organiques utiles aux arts que crée la synthèse, c’est à M. Berthelot que nous le devons; si chaque jour l’industrie chimique, la métallurgie, l’art de la guerre lui-même prévoient et mesurent maint phénomène jadis obscur, c’est à la
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- découverte, par M. Berthelot, des lois de la thermochimie qu’il faut reporter l’origine de ce grand progrès. C’est une illustre et féconde carrière que la Société récompense!
- Le Comité des Constructions et des Beaux-Arts a décerné cette année la grande médaille d’or de Jean Goujon à M. Emile Froment-Meurice, orfèvre-joaillier à Paris.
- Le nom de Froment-Meurice est connu partout depuis longtemps. Emile Froment-Meurice est le chef de cette maison, type d’honneur et de probité, qui a été fondée en 1774 par son grand-père.
- Il a succédé à son père il y a trente-sept ans et a continué avec succès les traditions de son père et de son grand-père.
- C’est donc trois générations d’hommes distingués que la Société récompense dans la personne de M. Emile Froment-Meurice.
- Vous avez entendu, Messieurs, dans votre dernière séance, le récit émouvant de M. Fontaine sur les merveilleux progrès réalisés dans l’industrie par l’application de l’électricité. Un prix de 3 000 francs avait été institué par la Société pour l’auteur des meilleurs moyens de transport des forces mécaniques à de grandes distances. Ce prix est décerné à M. Hillairet, ingénieur-électricien. Sa belle installation de Domène (Isère), où l’électricité transporte à une usine lointaine la puissance d’une chute d’eau recueillie dans les ravins d’une montagne, lui fait le plus grand honneur, et peut être regardée comme un modèle.
- C’est encore encourager l’industrie française que d’accorder de hautes récompenses aux traités ou mémoires originaux qui mettent en lumière les théories ou les procédés auxquels recourent les manufacturiers modernes. Parmi les ouvrages nombreux qui, écrits dans ces conditions, ont été soumis à son examen, la Société a été heureuse de distinguer les ouvrages de M. Dépierre sur les apprêts, la teinture et l’impression, et le mémoire dans lequel M. Léo Yignon a exposé ses Recherches sur la soie.
- -l’aurais encore bien des choses à vous dire, j’aurais à vous parler des travaux d’un jeune ingénieur agronome, M. Ringelmanh, que vous couronnez aujourd’hui pour sa belle découverte d’un ingénieux dynamomètre enregistreur. J’aurais à vous signaler les services de M. Cornevin, qui a un prix pour ses belles Etudes sur T alimentation du bétail; ceux de M. Prud'homme-Laurent pour son mémoire sur l’agriculture de la Meuse; de MM. Hen-neguy, Hérissant et Abel, récompensés pour leurs recherches sur les moyens de détruire l’anthonome, qui cause de si grands ravages dans nos vignobles.
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- J’aurais à vous parler de ces vaillants ouvriers et contremaîtres sur lesquels s’étend avec tant de raison la sollicitude et les encouragements de la Société.
- Je voudrais enfin pouvoir vous entretenir de l’atelier des sourdes-muettes du Mesnil-sur-l’Estrée, organisé par MM. Firmin-Didot, et de l’Ouvroir des ouvrières aveugles d’Illiers, qui obtiennent les prix fondés par le général d’Aboville. Donner aux amputés, aux estropiés, aux aveugles, un travail honorable et rémunérateur qui les soustrait à la mendicité comme le font ces établissements, c’est donner à la charité l’une de ses formes les plus dignes.
- Mais je n’ose insister : Je crains d’avoir déjà dépassé les limites du temps que je m’étais assigné, et d’avoir fatigué votre patience. MM. les rapporteurs vous diront d’ailleurs, bien mieux que je ne le pourrais faire, les travaux et les services de nos lauréats !
- Notre liste des prix est longue sans doute, elle l’eût été davantage si nos ressources nous avaient permis d’accepter toutes les propositions des Comités. Elle augmente d’année en année, à ce point que, si j’en crois les chiffres que j’ai sous les yeux, la somme dépensée par la Société, en prix, est cette année triple de celle qu’elle consacrait à ses récompenses il y a douze ans : nous ne devons pas nous en plaindre! Si nos prix augmentent, ce n’est pas que les Comités soient plus faciles et cèdent davantage aux entraînements généreux. Non, messieurs ; ils augmentent parce que, dans ce siècle de vapeur et d’électricité, dans le grand mouvement scientifique et industriel qui caractérise notre époque, dans la lutte pour la vie qu’ont à soutenir, non pas seulement les individus, mais toutes les industries, il n’y a pas de repos possible, et les transformations sont incessantes dans toutes les branches de l’activité humaine.
- De là la multiplicité des travaux, des recherches, des études, des découvertes et, partant, des mérites à récompenser. *
- De là aussi le rôle de plus en plus actif, de plus en plus étendu, de nos Comités pour suivre, pour encourager cette grande évolution de l’esprit humain.
- La Société d’Encouragement a un passé glorieux; elle a toujours été la promotrice des perfectionnements de l’industrie, en stimulant les recherches, et en récompensant les travailleurs de tous ordres! La solennité d’aujourd’hui en est une nouvelle preuve.
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- Mais on ne saurait se dissimuler que sa tâche ne soit maintenant plus lourde, plus difficile, à raison des besoins croissants et de la marche à pas précipités de l’industrie et de l’agriculture; votre Bureau se préoccupe de rechercher les ressources indispensables pour y aider; il sait d’ailleurs qu’avec un Conseil composé d’hommes aussi dévoués, aussi éminents dans toutes les branches de l’industrie, de la science et des arts, la Société saura, par de nouveaux efforts, rester fidèle à ses vieilles traditions, et se tenir à la hauteur de la mission qui lui est dévolue dans la patrie française.
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- Rapport fait par M. Troost sur les titres de M. Berthelot au grand prix du marquis d’Argenteuil.
- Prix de 12000 francs.
- La Société d’Encouragement pour l'industrie nationale doit décerner cette année le grand prix du marquis d’Argenteuil pour la découverte la plus utile au perfectionnement de l’industrie française.
- Par ses grandes récompenses, la Société d’Encouragement rattache à son histoire les noms les plus honorés de la science et de l’industrie, comme ceux de Chevreul, de Pasteur, de Vicat, de Champonnois, de Lenoir, de Benjamin Normand, etc., etc. Le Conseil est heureux d’y ajouter aujourd’hui le nom de M. Berthelot, l’illustre chimiste dont les travaux ont fourni des lois générales et des méthodes rigoureuses qui contribuent chaque jour davantage au perfectionnement des industries chimiques.
- Avant les recherches de M. Berthelot, la chimie organique procédait presque exclusivement par analyse, partant de composés complexes pour arriver à des composés plus simples.
- En 1860, M. Berthelot, dans son traité de Chimie organique fondée sur la synthèse, montra qu’à l’aide des corps simples, et par le seul jeu des forces moléculaires, on peut reproduire les composés définis naturels, et les métamorphoses chimiques que la matière éprouve au sein des êtres vivants.
- Ses principes, d’abord contestés, sont aujourd’hui acceptés par tout le monde; ils ont pris un développement qui grandit de jour en jour, et ont donné naissance aux découvertes scientifiques et industrielles les plus importantes. Énumérer ces découvertes, ce serait faire l’histoire de la chimie Tome VII. — 91e année. 4e série. — Juillet 1892. ol
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- organique et des industries qui en dérivent pendant ces trente dernières années.
- Non seulement M. Berthelot a réalisé lui-même la synthèse d’un grand nombre de substances organiques choisies parmi les plus caractéristiques, comme les carbures d’hydrogène, l’alcool, l’acide acétique, l’acide oxalique, etc. ; non seulement il a reproduit un grand nombre de composés organiques naturels, mais encore, en systématisant les méthodes générales de la synthèse, il a montré qu’elles comportent une extension singulièrement féconde, et que la méthode par laquelle on reproduit tel ou tel composé permet de former une multitude d’autres substances, les unes identiques avec les substances naturelles déjà connues, les autres nouvelles et jusqu’alors inconnues.
- On ne compte plus aujourd’hui les substances qui, après avoir, à l’origine, été extraites des êtres vivants, ont été depuis produites synthétiquement par l’industrie :
- Comme Yalizarine et la purpurine extraites d’abord delà garance,
- L'indigo tin e extraite des indigofera,
- La vanilline extraite de la vanille,
- La coumarine extraite des fèves de Tonka,
- La cocaïne extraite des feuilles de Coca, etc., etc.
- M. Berthelot a été l’initiateur de la production des innombrables matières organiques artificielles que l’industrie fabrique actuellement par voie de synthèse pour les besoins les plus variés de la teinture, de la parfumerie, de la pharmacie, etc.
- Dès 1854, ses études sur la glycérine, complétant les travaux de M. Che-vreul sur les corps gras, avaient fait connaître la nature exacte de cette substance et ouvert la voie aux diverses applications qu’on en fait aujourd’hui.
- L’étude des réactions pyrogénées a fourni à M. Berthelot des données nombreuses dont l’industrie a largement profité. La détermination des relations et des équilibres qui s’établissent entre les produits divers qu’elle utilise a été pour elle une source de renseignements précieux, et lui a fourni dans beaucoup de cas la théorie qui doit la guider.
- Ses travaux de thermochimie n’ont pas moins d’importance pratique que ses recherches sur la synthèse et sur les équilibres des carbures pyrogénés.
- Bien qu’il ait eu des prédécesseurs dans les études de chimie thermique, personne ne conteste aujourd’hui que c’est à ses travaux d’ensemble qu’est
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- dû le développement remarquable que cette partie de la science a pris depuis peu.
- Or, en dehors de leur intérêt philosophique et de leur influence sur le développement général de nos connaissances, les recherches de thermochimie de M. Berthelot ont donné lieu à des applications industrielles d’une très grande importance.
- Pour ces recherches, il a longtemps employé, en les perfectionnant, les appareils calorimétriques connus. Mais avec ces appareils, les expériences les plus habilement conduites exigent plusieurs corrections dont la plus importante, en même temps que la plus incertaine, tient à ce que les combustions, non seulement durent un temps notable, mais encore ne sont d’ordinaire pas absolument complètes.
- L’hydrogène et le carbone des matières organiques n’y sont pas entièrement transformés en vapeur d’eau et en acide carbonique ; un peu d’hydrogène peut rester libre, un peu de carbone peut passer à l’état d’oxyde de carbone. ,
- De là, des incertitudes dans les résultats ; de là, les nombres différents publiés à des époques plus ou moins éloignées pour une même combinaison, par un même auteur d’ailleurs très expérimenté.
- C’est ainsi que M. Thomsen, l’habile expérimentateur de Copenhague, après avoir donné en 1872, pour la chaleur de combustion de l’oxyde de carbone, le nombre de 66°,8 a été conduit à donner en 1888 le nombre 68e,3.
- L’impossibilité d’éviter ces causes d’incertitude avec les appareils ordinaires, après avoir longtemps préoccupé M. Berthelot, lui a fait imaginer dans ces derniers temps un appareil nouveau, supprimant toutes les corrections, parce que les combustions y sont instantanées et toujours complètes.
- Dans sa Bombe calorimétrique, les matières combustibles sont brûlées par détonation, au milieu d’une atmosphère d’oxygène en grand excès et comprimé sous des pressions pouvant varier de 5 à 25 atmosphères.
- Dans ces conditions, pour que les combustions soient absolument complètes, il suffit que la quantité d’oxygène nécessaire aux réactions soit au plus 0,40 de l’oxygène introduit dans l’appareil.
- M. Berthelot a pu ainsi reprendre et fixer définitivement les chaleurs de combustion du charbon, des carbures d’hydrogène, des composés oxygénés, comme le sucre et l’amidon, et des composés azotés les plus complexes, comme l’albumine, la laine, etc.
- Parmi les applications industrielles auxquelles a donné lieu l’emploi de
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- la bombe calorimétrique, l’une des plus intéressantes est certainement celle qui, sous l’inspiration de la Société d’Encouragement, a été faite par M. Mahler à la détermination du pouvoir calorifique des houilles, c’est-à-dire à la connaissance de la valeur de la plus importante de toutes les matières premières employées par l’industrie.
- Grâce aux mémorables recherches thermochimiques inaugurées par M. Berthelot pendant le siège de Paris, et poursuivies par lui depuis cette époque, la théorie des effets de la poudre et des substances explosives a reçu en France un développement qui n’a été égalé dans aucun autre pays.
- On ne possédait, il y a vingt ans, pour régler les conditions de l’artillerie, que des règles empiriques, et l’on savait à peine quelle est la nature des gaz fournis par la combustion de la poudre ordinaire. On connaît aujourd’hui toutes les causes qui déterminent et modifient la décomposition des explosifs les plus divers dans les circonstances variées de leur emploi ; on calcule les effets qu’ils produisent dans les armes avec toute la précision que peuvent atteindre les sciences appliquées. •
- On sait par les publications de MM. Berthelot et Vieille, le rôle considérable qu’ont joué les déterminations thermochimiques dans la découverte des poudres dont se sert actuellement l’armée française.
- Les travaux publics et l’exploitation des mines n’ont pas moins bénéficié de ces découvertes que l’administration de la guerre.
- Jamais la puissance de la science pure et la grandeur des résultats pratiques qu’on peut en attendre n’ont été mises dans une plus complète évidence.
- Aussi l’opinion de l’Europe savante appréciant des travaux si dignes de servir de modèle par la nouveauté et la précision des méthodes employées, comme par l’étendue de leurs applications à l’industrie, consacrera la décision du Conseil de la Société d’Encouragement d’attribuer à M. Berthelot le grand prix du marquis d’Argenteuil.
- Signé : Troost, rapporteur.
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- Rapport fait par M. Rossigneux sur les titres de M. Émile Froment-Meurice, orfèvre à Paris, a la grande médaille dite de Jean Goujon.
- Messieurs,
- Douze années déjà se sont écoulées depuis que votre Comité des Constructions et des Beaux-Arts avait été appelé à décerner la Grande médaille d’or de Jean Goujon en 1880, à un architecte d’un rare mérite, Charles Garnier, et, en 1886, à un fabricant de bronze qui avait porté son art au plus haut degré de perfection, Ferdinand Barbedienne, qui vient de s’éteindre en pleine renommée, dans un âge relativement avancé, après avoir réalisé une fortune que les longues et pénibles épreuves qu’il avait eu à surmonter n’auraient pas pu laisser prévoir. Sa perte sera d’autant plus ressentie par la Société d’encouragement pour l’Industrie nationale, qu’elle tenait à grand honneur de le compter au nombre de ses membres.
- C’est donc pour la troisième fois qu’incombe au Comité des Constructions et des Beaux-Arts la tâche, toujours si délicate, d’attribuer cette haute récompense à celui des auteurs, français ou étrangers, dont les travaux auraient exercé la plus grande influence sur l’industrie française.
- De tous les arts appliqués à l’industrie, celui qui lui a paru le mieux répondre aux conditions du programme a été l’orfèvrerie, la bijouterie et la joaillerie qui en sont, en quelque sorte, les corollaires obligés.
- En effet, l’orfèvrerie, c’est-à-dire l’art de travailler l’or et, par extension, l’argent, a été porté à un haut degré de perfection dès les temps les plus reculés, et sans parler de cette quenouille d’or merveilleusement ouvrée, qu’Hélène reçut en don le jour de son mariage avec Ménélas, vous avez tous présente à la mémoire la description, par Homère, du bouclier d’Achille, ou l’emploi de l’or, de l’argent, de différents métaux et de leurs alliages, donne à supposer que les orfèvres de son temps étaient d’une rare habileté, et n’ignoraient rien des pratiques des orfèvres de nos jours. Il est, du reste, avéré que les Grecs et les Romains ont excellé dans cet art, ainsi que le témoignent les vases et les bijoux d’or et d’argent qui sont parvenus jusqu’à nous, et dont le trésor de Varus, entre autres, reproduit avec tant d’exactitude par les procédés galvanoplastiques de MM. ChristofleetBouilhet, nous ont rendus familiers avec ces œuvres de l’antiquité dont la perfection
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- peut être égalée, mais non surpassée par l’industrie moderne. Bien plus, si j’en crois une légende que j’ai rapportée de mes voyages d’Orient, c’est à la naissance même du monde, il y a 4000 ans, suivant la Genèse, que remonterait l’invention des bijoux qui sont devenus les accessoires obligés des toilettes des femmes de nos jours. Comme je crois cette légende peu connue, sinon tout à fait ignorée, je vous demanderai la permission de vous la raconter afin de constater qu’en fait de bijouterie, comme en bien d’autres choses encore, il n’y a, peut-être, rien de nouveau sous le soleil.
- Ce n’est pas, comme vous pourriez le croire, à la coquetterie d’une des descendantes de notre mère Eve, que nous serions redevables de cette gracieuse invention, mais bien à la jalousie d’une femme envers une rivale abhorrée. La scène se passe au temps d’Abraham. Je n’ai pas à vous dire son histoire, vous la connaissez aussi bien que moi ; mais ce que vous ignorez sans doute, c’est que Sara, l’épouse légitime d’Abraham, voulant se venger de son esclave Agar, qui l’avait supplantée dans les affections de son mari en lui donnant un fils, devint mère à son tour, et que, reprenant tous ses droits d’épouse, elle en profita pour martyriser Agar avant de la chasser au désert. Elle lui fît percer les oreilles pour y suspendre des anneaux d’argent à l’instar de ceux qu’on passait aux oreilles des bestiaux pour les enchaîner au pâturage, mais, ainsi accommodée, elle parut si charmante aux femmes de la tribu, que toutes se firent percer les oreilles pour les orner de boucles semblables. Furieuse, Sara lui fit entraver alors les bras et les jambes avec des anneaux de même métal, pour bien marquer son humble condition d’esclave, mais, là encore, elle fut déçue dans sa vengeance : les entraves rendirent la démarche d’Agar si gracieusement nonchalante, ses bras alourdis pendirent si harmonieusement le long de son corps souple et délié que la mode s’en répandit aussitôt dans toute la partie féminine de la tribu. La légende ne dit pas si Sara, vaincue, se laissa aller jusqu’à subir le joug de de la mode dont elle était la créatrice involontaire ; mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’à l’heure présente, les femmes du monde entier ne sont que les imitatrices inconscientes de la trop séduisante Agar.
- Le Comité s’étant arrêté à récompenser le travail et la mise en œuvre des métaux précieux qui, sous le nom générique d’orfèvrerie, a jeté tant d’éclat sur les diverses industries auxquelles elle a donné naissance, restait à faire choix du pays dans lequel se rencontrerait l’orfèvre, joaillier, bijoutier, dont les mérites, hors de pair, seraient jugés dignes des suffrages unanimes de notre Société.
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- Tout d’abord, il ne lui fut pas difficile de se mettre d’accord sur le choix du pays : l’Exposition internationale de 1889 ayant démontré, d’une manière péremptoire, que la France continuait à l’emporter, de beaucoup, sur les nations rivales en tout ce qui touche à l’art dans ses applications à l’industrie et, d’une manière plus spéciale et plus particulière, aux œuvres de ses orfèvres, de ses bijoutiers et de ses joailliers.
- Quant à l’orfèvre, joaillier, bijoutier, sur les mérites duquel le Comité avait à se prononcer, il n’eut qu’à consulter le palmarès de cette exposition de 1889 pour en retenir deux noms, ceux de MM. L. Falize et Émile-Froment Meurice, dont les droits, également supérieurs, rendirent longtemps indécis le jugement du Comité. Enfin, comme il fallait conclure, il fut décidé, d’un commun accord, qu’on interrogerait le passé des deux concurrents, et que le prix serait donné, en quelque sorte, à l’ancienneté des services rendus dans cet art, où toux deux excellaient avec une égale supériorité.
- La maison dont M. Émile Froment-Meurice est le troisième occupant en ligne directe fut fondée par son grand-père, François Froment, en 1774, tandis que celle de M. L. Falize, qui a succédé à son père, Alexis Falize, est relativement récente, puisqu’elle ne date que de 1838 (1). C’est de ce chef que M. Émile Froment-Meurice est devenu le titulaire incontesté de la Grande médaille d’or de Jean Goujon.
- (I) Alexis Falize ou, plus exactement, Mignon Falize, descendant d’une très ancienne et très honorable famille originaire de Huy-sur-Meuse, est né à Liège en 1811. Il était l’aîné de cinq enfants. Il fut envoyé à Paris, à l’âge de 12 ans, par sa mère restée veuve sans fortune, et confié à uîi parent, M. Favard, chef d’une institution renommée, qui se chargea de son éducation. Il fit toutes ses études au collège Charlemagne en vue du professorat. Ne se sentant aucuue vocation pour l’enseignement, mais porté par un goût irrésistible vers l’étude du dessin dans ses applications à l’industrie, il devait bientôt passer maître dans les arts qui en découlent. Distingué par M. Mandoux, bijoutier en renom à cette époque, il entra sous ses auspices comme commis chez les frères Mellerio qu’il quitta, presque aussitôt, appelé par Jannissetpour prendre la direction de ses ateliers. De 1833 à 1838 il remplit cette délicate fonction avec le plus grand succès et ne quitta cette hospitalière maison que pour se marier et s’établir à son tour. Avec son talent souple et varié il devint alors le fabricant attitré de toutes les grandes maisons d’orfèvrerie, de bijouterie, de joaillerie de Paris, représentées par les Fossin, les Morel, les Dupon-chel, les Bapst, les Mellerio, les Beaugrand, les Halphen, les Marret, les Moïana.
- Les nombreux ouvrages qu’il créa et qu’il exécuta sous ces noms d’emprunt, sont d’une grande perfection, et plusieurs d’entre eux sont devenus historiques.
- Ignoré du public, mais recherché par les artistes et les gens de métier qui, eux, n’ignoraieiq rien de ses rares mérites, il fut par eux porté à la présidence de la Chambre syndicale des orfè» vres, et c’est grâce à lui qu’a été créée, organisée et dirigée pendant de longues années, avec l’aide du général Morin, le directeur émérite du Conservatoire des arts et métiers, la première école de dessin des apprentis de l’orfèvrerie, qui a servi de modèle aux écoles de dessin professionnelles qui ont été créées depuis. Fixé en France, aimant son pays d’élection comme s’il y était né, il a rempli ses devoirs de Français en prenant une part active à la défense de Paris assiégé.
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- Du reste, Messieurs, le fait est si rare de nos jours de voir des enfants prendre l’état de leurs pères, que je ne puis résister à cette bonne fortune de vous annoncer que ces deux rivaux, si dignes l’un de l’autre, ont des fils qui s’élèvent pour leur succéder, et dont les fortes études nous donnent l’espérance de luttes futures, où l’art de l’orfèvrerie aura tout à gagner, grâce à ces jeunes émules des Germain, des Ballin, des Loir, etc., etc., dont les œuvres, hélas ! ont disparu pour la plupart dans la fin calamiteuse du règne de Louis XIV et dans la tourmente révolutionnaire de 1793.
- Bien que la maison de Froment-Meurice soit plus que centenaire, ce n’est que depuis 1830 qu’elle a conquis cette renommée qui l’a rendue célèbre dans le monde entier, grâce à la haute intelligence, à l’initiative persévérante de François Froment-Meurice, pour régénérer cet art de l’orfèvrerie qui avait peine à se remettre des atteintes portées à sa prospérité par la suppression des jurandes et des maîtrises au sein desquelles se perpétuaient ces traditions de métier, d’art et de goût, ces relations presque familiales entre le maître, ses apprentis et ses ouvriers, qui avaient amené l’orfèvrerie française à son plus haut degré de perfection et de gloire.
- L’heure, il est vrai, était propice pour tenter cette réforme : le romantisme battait son plein, et il faut avoir vécu à cette époque profondément remuée, pour se faire une idée des enthousiasmes soulevés dans toutes les classes de la société par cette tentative hardie de renouer l’histoire de l’ancienne France à celle du temps présent en exhumant des ruines de son passé tout ce qui avait survécu des chefs-d’œuvre de ses architectes, peintres, sculpteurs, historiens, poètes, littérateurs ou simples artisans.
- Fils d’orfèvre, François Froment-Meurice fut élevé à l’atelier paternel dans cette exacte discipline des apprentis d’autrefois. Ses progrès furent si rapides que bientôt le métier n’eut plus de secrets pour lui, et, dès l’âge de seize ans, il fut mis sous la tutelle de Lenglet, habile ciseleur, dont il s’assimila rapidement les procédés d’exécution et de main-d’œuvre. Ces travaux fatigants ne l’absorbaient pas tellement encore, qu’il ne trouvât le temps de se livrer à l’étude sérieuse du dessin et de la sculpture sous la discipline sévère du peintre Girodet.
- Ainsi armé pour la lutte qu’il allait entreprendre avec tant de succès, profondément instruit dans l’histoire même de l’orfèvrerie dont il allait devenir le maître incontesté, il sut grouper autour de lui une élite d’artistes en tous genres et les animer en quelque sorte de son souffle pénétrant. Grâce à leur concours, il put créer ces œuvres originales que l’on ne saurait
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- mieux comparer qu’à celles des artistes les plus renommés de la Renaissance italienne et française, à la tradition de laquelle il savait les rattacher sans en être cependant le copiste servile. Bref, il fut l’orfèvre par excellence de l’École romantique, comme Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Vigny, de Musset, en furent les poètes, Balzac le romancier, Dumas l’intarissable et merveilleux conteur, Eugène Delacroix le peintre à la palette fulgurante, David et Rude les statuaires énergiques, Berlioz le symphoniste grandiose et, enfin, Lassus et Viollet-le-Duc les architectes et les restaurateurs inspirés de ces cathédrales gothiques aux milliers de clochetons, aux arêtes fines et dentelées comme les merveilleuses aiguilles que forment les métaux en cristallisant, et qui, tleurons d’une vaste couronne, entourent la flèche audacieuse et percée à jour qui s’élance vers la nue, comme pour indiquer aux fidèles le chemin du ciel, tandis que les gargouilles avançant au dehors leurs têtes hideuses et grimaçantes semblent être les démons postés par l’enfer pour empêcher les âmes damnées d’aborder au céleste séjour.
- Tous ces artistes, dont l’histoire conservera les noms, le reconnaissaient pour l’un des leurs et se liaient avec lui de la plus étroite amitié, tandis que les princes d’Orléans, le duc de Luynes, le grand seigneur artiste par excellence, se faisaient gloire d’utiliser ses rares talents et que le comte de Ram-buteau, qui, dès la première heure, se déclara son admirateur et son ami, ne trouvait rien de mieux pour récompenser ses rares mérites, qui jetaient un si grand éclat sur la ville dont il avait la charge et l’administration, que de ressusciter pour lui le titre d’« orfèvre-joaillier de la Ville de Paris », dont le privilège avait été aboli pendant les jours néfastes pour les arts et pour l’industrie de la Révolution de 93. >
- Il faudrait un volume entier rien que pour vous faire l’histoire de ce laborieux infatigable et convaincu, ce qui m’entraînerait à faire celle de cette époque glorieuse entre toutes, aux événements de laquelle il s’est trouvé intimement mêlé ; mais pour ceux qui seraient curieux de la connaître dans ses moindres détails, je ne saurais mieux faire que de les renvoyer au livre si attachant qu’un critique d’art des plus autorisés, M. Burty, a consacré à sa mémoire sous le titre : E.-D. Froment-Meurice, argentier de la Ville, 1802-1855.
- Ces deux dates sont celles de sa naissance et de sa mort, qui eut lieu subitement, le 17 février 1855, à la veille de l’Exposition universelle, à l’apogée de la fortune et du succès qui l’y attendait. Pour bien comprendre l’émotion, si loin de nous déjà, que produisit sa mort parmi tout ce que Tome VII. — 91e année. 4e série. — Juillet 1892. 52
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- la République des sciences, des arts, des lettres, de l’industrie, comptait d’hommes éminents, il vous suffira de lire les notices nécrologiques que lui consacrèrent la plume autorisée des Jules Janin, des Théophile Gautier, des Ferdinand de Lasteyrie, des d’Albert de Luynes et de tant d’autres encore.
- On put craindre un instant que la perte si prématurée, si inattendue, de Froment-Meurice, n’entraînât celle de sa maison : il laissait, en effet, une veuve jeune encore avec deux enfants en bas âge, bien faibles pour porter le fardeau d’un si pesant héritage; aussi les amis etles conseils de Mme Froment-Meurice la pressaient-ils de céder les ateliers de son mari au plus offrant et dernier enchérisseur, et à se retirer avec la fortune acquise pour se livrer en paix à l’éducation de ses enfants. Elle résista. Il lui sembla que l’héritage de Froment-Meurice était bien plus dans sa renommée que dans sa fortune, et elle résolut, malgré les obstacles entrevus, à prendre elle-même en main la direction de cette lourde et difficile entreprise, en attendant que son fils eût acquis l’âge et les talents nécessaires pour continuer l’œuvre paternelle si brusquement interrompue. Elle assembla alors les ouvriers de son mari, dont plusieurs étaient ses élèves de prédilection, leur fit part de ses projets, et leur demanda de l’aider à mener à bien sa généreuse mais, aussi, bien hasardeuse entreprise.
- Le dévouement d’aucun d’eux ne fit défaut. Réconfortée, ne doutant plus de l’avenir, vêtue de ses longs habits de deuil, qu’elle ne devait plus quitter, Mme Froment-Meurice, prenant son fils par la main, l’amena au milieu d’eux, les priant de ne lui laisser rien ignorer de cet art dans lequel ils étaient passés maîtres, grâce aux leçons du chef vénéré dont ils pleuraient la perte.
- C’est ainsi qu’Émile Froment-Meurice, devint l’apprenti des apprentis de son père.
- Le dévouement de la mère ne fut pas stérile. On aurait dit que l’âme de son mari était passée tout entière dans la sienne, tant elle sut s’assimiler rapidement les connaissances et la pratique nécessaires à la direction des travaux multiples, délicats et variés d’un atelier d’orfèvre aussi considérable, ainsi qu’aux relations commerciales de l’extérieur.
- Elle a pleinement réussi dans la tâche ardue que lui avait imposée cet amour maternel qui pénètre les cœurs les plus rebelles, et qui a fait dire à Lamartine, dans son langage de poète, que « la beauté idéale de la femme lui vient de la vertu ».
- Emile Froment-Meurice se montra digne de ce dévouement. Formé à
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- l’école pratique des artisans émérites groupés par son père, il fut bientôt en état de prendre utilement part à leurs travaux sans rien négliger de ses études universitaires, non plus que de celle du dessin, « cette probité de l’art » comme Ingres l’a si bien définie, et qui est à l’artiste ce que la plume est au poète pour fixer ses pensées. Reconnaissant des services rendus, mû par un sentiment de piété, pour ainsi dire filiale, M. Froment-Meurice m’a témoigné le désir que les noms de ceux dont il fut l’apprenti privilégié fussent mis à l’honneur à côté du sien.
- C’étaient les chefs orfèvres Babeur et Croville, Jules Wiesse qui joignait le goût à l’extrême habileté de la main; les ciseleurs Poux, Mulleret, Alexandre, les deux Audouard, si adroits bijoutiers, remplis d’idées neuves alors. Sauf le plus jeune de ces derniers, sauf le chef orfèvre Ambroise Dumoulin, aujourd’hui retiré à la campagne, ces artisans d’élite n’existent plus, mais leurs tombes ne sont pas désertes et le pieux souvenir de leur jeune compagnon d’atelier ne les laisse pas dans l’oubli.
- Trente ans se sont écoulés depuis, durant lesquels Émile Froment-Meurice, après un long et nécessaire apprentissage, put arriver à diriger, à son tour, le laborieux établissement qu’est une maison d’orfèvre importante dans la seconde moitié du xixe siècle. De 1859 à 1892, j’ai compté, sans parler des nombreux ouvrages de bijouterie et de joaillerie courants,’cinquante-neuf œuvres d’art du plus grand prix, du plus haut intérêt, et dont une seule suffirait pour établir la renommée de son auteur. Je ne saurais vous les énumérer toutes. Je fais donc une sélection de celles qui m’ont paru mériter le plus d’attirer l’attention de la Société d’Encouragement, en vous citant en première ligne : le berceau offert par la Ville de Paris au prince impérial en 1856. De 1860 à 1886 : les épées d’honneur offertes aux généraux Lamoricière, de Cissey, d’Aumale, ainsi qu’à l’amiral Courbet, l’une des gloires les plus pures de la marine française; le buste de Napoléon III en orfèvrerie lapidaire, exécuté pour l’Hôtel de Ville en 1867 ; les girandoles d’argent, portées par des génies d’ivoire, que l’on peut admirer au palais de Chantilly dans le salon d’Europe (1877); l'aiguière de cristal de roche enrichie de perles, commandée en 1876 parle jeune roi d’Espagne, AlphonseXII, et enfin le grand vase d’argent ciselé qui a figuré à l’Exposition internationale de 1889. Quant à cette dernière œuvre, qui a été l’une des plus remarquées à cette exposition qui fait époque dans les annales du monde entier, voici en quels termes, M. Falize le maître orfèvre ès arts par excellence, le rapporteur autorisé de la classe 24, s’exprime sur son compte :
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- (( Une œuvre de grande dimension et d’une audace peu commune, c’est le vase d’argent exécuté d’après les dessins de M. Sédille. La construction en est robuste et rappelle les beaux vases de la Renaissance italienne. Elle est sans pareille dans l’orfèvrerie française et rien ne saurait lui être comparé chez les orfèvres étrangers. »
- Il conclut en ces termes :
- « Userait superflu de nous étendre sur les qualités de goût de M. Froment-Meurice : la clientèle la plus aristocratique lui est restée fidèle; il a su garder et agrandir encore la réputation de son père, il a réalisé ce difficile problème d’être habile dans un art où son père avait été des plus habiles, et son jeune fils s’essaye à des travaux d’orfèvrerie, déjà! En sorte qu’on verra trois générations de Froment Meurice comme on a vu trois générations de Germain. » •
- En dehors des œuvres de M. Froment-Meurice, la Société d’Encourage-ment a tenu à récompenser son souci dominant d’honorer le travail national, et à rendre hommage aux mœurs industrielles de cette maison plus que centenaire. En se plaçant à un point de vue différent, mais aussi plus élevé, elle a encore eu pour but de mettre en lumière l’une des plus nobles branches de nos « arts décoratifs » si bien représentée par l’éclat que jette sur l’industrie des métaux précieux des noms tels que ceux de : Fannière, Odiot, Christofle, Bouilhet, Bapst, Falize, Dufresne de Saint-Léon et Boucheron, qui, pour être un des derniers venus dans cette pléiade d’orfèvres-joailliers qui honore au plus haut point l’industrie d’art française, a su y conquérir une place prépondérante et méritée.
- J’ajoute encore que si la maison Froment-Meurice a su se maintenir au rang qui a attiré sur elle le choix de la Société d’Encouragement, c’est qu’elle a su faire une large part à ses collaborateurs les plus habiles, tels que Henri Cameré, le dessinateur à l’imagination toujours en éveil; l’adroit bijoutier-orfèvre Léopold Hubert; puis Gustave Pomba, d’un goût si sûr; Eugène Roger; Gustave Férin, maître dans l’exécution, et qu’elle n’a jamais cessé non plus de demander ses inspirations aux sources d’art les plus pures, à la tradition, se souvenant que le « beau est antique puisqu’il est éternel », depuis le temps déjà lointain où elle allait frapper à la porte de Duban, de Simart, jusqu’aux années plus récentes où elle s’honorait d’avoir pour conseils et pour guides des artistes comme Daumet,comme Chapu,sans oublier ceux d’égale valeur qui font trop intimement partie de la grande famille de la Société d’Encouragement pour qu’il soit permis de les nommer ici.
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- C’est grâce à ces forces réunies, c’est pour le passé, beaucoup pour le présent, peut-être pour l’avenir, que la Société d’Encouragement a voulu décerner à Emile Froment-Meurice cette belle et rare médaille qui sera conservée chez lui avec un soin jaloux auprès d’une autre médaille, bien modeste celle-là! mais qui lui tient fort au cœur, une simple médaille de mérite, en argent, décernée en 1792 à François Froment, son grand-père.
- Messieurs, il y a précisément cent ans.
- PRIX FOURCADE
- Rapport fait par M. Aimé Girard, au nom du Comité des Arts Chimiques, sur le Prix Fourcade, fondé par les exposants de la classe 47 a /'Exposition UNIVERSELLE DE 1878, POUR LES OUVRIERS DES FABRIQUES DE PRODUITS CHIMIQUES.
- Prix de 800 francs.
- Les contre-maîtres et ouvriers présentés comme candidats au prix Fourcade par les chefs d’industrie qui, à l’Exposition de 1878, ont figuré dans la classe 47 sont, cette année, nombreux et particulièrement méritants.
- Parmi ces candidats, on en peut compter dix certainement qui, tant par l’ancienneté de leurs services, que par leur bonne conduite et leur intelligence seraient dignes de recevoir ce prix, et c’est pour la Société un véritable regret que d’être obligée d’ajourner la récompense de mérites si intéressants et si considérables.
- Mais il lui faut faire un choix, et ce choix, après examen approfondi des titres de tous les candidats, elle l’a fait porter sur M. Navarre, saunier aux salins de Rerre, que la Compagnie des Salins du Midi lui a présenté comme le modèle de l’ouvrier dévoué, honnête et laborieux.
- M. Navarre est âgé de près de quatre-vingt-trois ans ; il est entré comme saunier aux salins de Rerre en 1835; il y est chef saunier depuis 1844 et, malgré son âge, il travaille encore sur le salin où il compte au nombre des plus actifs ; la durée de ses services est de cinquante-sept ans.
- Mais ce n’est pas seulement par cette longue durée, par la régularité de son travail, par son excellente conduite, que M. Navarre s’est recommandé au choix de la Société, c’est aussi par l’intelligence avec laquelle il a su se
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- mettre à la hauteur du rôle de plus en plus important qu’il se trouvait appelé à remplir.
- M. Navarre n’a reçu aucune instruction primaire ; cependant, par des efforts personnels et vraiment surprenants, non seulement il a appris à lire et à écrire, mais encore il s’est fait une série de règles pratiques au moyen desquelles il effectue les opérations de calcul et de mesure, même compliquées; nivellement des tables salantes, sondage, évaluation de déblais et de remblais de terrassements, il fait toutes ces opérations avec une sûreté et une précision remarquables.
- Au point de vue social, ses mérites ne sont pas moindres qu’au point de vue technique ; il a bien élevé une nombreuse famille et trois de ses fils sont aujourd’hui employés comme sauniers dans les établissements de la Compagnie des Salins du Midi.
- Déjà, il a reçu de la Société d’Encouragement, en 1883, une médaille de contre-maître; l’année dernière M. le Ministre du commerce et de l’industrie lui a accordé une médaille d’argent, et si nous remontons plus haut, nous voyons, en 1855, le jury de l’Exposition internationale lui décerner une médaille de coopérateur.
- C’est au premier rang que ces mérites et ces récompenses placent M. Navarre parmi les candidats au prix Fourcade, et la Société, en lui décernant ce prix, est heureuse d’attribuer la plus haute récompense dont elle dispose en faveur des ouvriers à celui que ses chefs lui ont présenté comme un modèle.
- Signé: Aimé Girard, rapporteur.
- PRIX D’ABOVILLE.
- Rapport fait par M. Charles Lavollée, au nom du Comité de commerce, sur le
- CONCOURS POUR LE PRIX d’AbOVILLE.
- Prix de 3000 francs.
- Le legs de 10000 francs, du général d’Aboville, a déjà fait l’objet de deux distributions, l’une de 3000 francs en 1885, l’autre de 4000 francs en 1890. Il restait disponible, au 31 décembre 1891, avec les intérêts composés depuis la délivrance du legs, une somme de 6 152 francs, sur laquelle il est proposé d’employer 3000 francs pour le concours de 1892, en réservant le
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- solde pour un dernier concours, lorsque l’addition des intérêts en aura élevé le montant à 3 000 francs.
- Nous rappelons que le legs est destiné à « tel manufacturier qui aura employé à son service, pendant une période déterminée, des ouvriers estropiés, amputés ou aveugles, et qui, par ce moyen, les aura soustraits à la mendicité ».
- Se sont présentés au concours l’Ouvroir des ouvriers aveugles fondé en 1886 à Illiers (Eure-et-Loir) et la Société marseillaise des ateliers d’aveugles. Ces deux établissements ont déjà concouru en 1890. La Société marseillaise a obtenu une part du prix, soit 1 000 francs. Nous ne pensons pas qu’il y ait lieu de l’admettre une seconde fois au concours. Les récompenses allouées aux termes du legs d’Aboville ne sauraient avoir principalement le caractère d’une subvention ; elles ont surtout pour objet de signaler à la gratitude publique les œuvres qui font de louables efforts et donnent le bon exemple pour l’emploi des ouvriers invalides. Après avoir décerné, en 1890, à la Société marseillaise un prix de 1 000 francs, il nous suffît de constater aujourd’hui les services qu’elle continue à rendre, et qui justifient la récompense qu’elle a déjà obtenue. Quant à l’Ouvroir d’Illiers, nous avions, en 1890, ajourné toute décision à raison de la date, trop récente alors, de sa fondation. Deux années de plus se sont écoulées, et il est permis aujourd’hui de compter sur l’avenir de cet établissement, qui a été créé par la Société de placement et de secours, en faveur des élèves sortis de l’Institution nationale des Jeunes Aveugles. D’après le témoignage très autorisé de M. Maurice de la Sizeranne, « l’Ouvroir d’Illiers est un véritable atelier, avec internat, dans lequel une quinzaine d’ouvrières aveugles exercent leur profession, et où elles fabriquent au filet, au tricot et au crochet, des objets de tous genres. C’est la Société de placement et de secours qui se procure les commandes : elle paye les ouvrières aux pièces, et elle se charge d’écouler les objets à ses risques et périls. « L’Ouvroir d’Illiers remplit donc les conditions requises pour être admis au concours. Nous vous proposons de lui décerner un prix de 1000 francs.
- En 1890 comme en 1885, nous exprimions le regret de ne rencontrer parmi les concurrents pour le prix d’Aboville aucun chef d’usine utilisant régulièrement la main-d’œuvre, si imparfaite qu’elle puisse être, des ouvriers mutilés ou infirmes, et nous devions répartir le legs entre des œuvres philanthropiques et des ateliers charitables, qui paraissaient le mieux répondre à la pensée et aux intentions du généreux donateur. Nous éprou-
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- verions, cette année, le même regret, si l’un de nos collègues n’avait appelé notre attention sur l’Internat des sourdes-muettes, dépendant de l’imprimerie de MM. Firmin-Didot, au Mesnil-sur-l’Estrée, dans le département de l’Eure.
- Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire l’exposé qui, sur notre demande, nous a été transmis :
- « Notre maison, dit M. M. Firmin-Didot, emploie des sourdes-muettes dans son imprimerie du Mesnil. Le recrutement local ouvrier étant devenu insuffisant par suite de l’importance prise par l’usine, nous avons eu l’idée, il y a treize ans, d’employer dans le travail de la composition de jeunes sourdes-muettes, sortant des institutions de Bordeaux et d’Alençon; déjà instruites, elles pouvaient se mettre facilement à la lecture de la copie et à la levée de la lettre. L’essai fait a été pleinement satisfaisant, et nous avons constitué alors, dans une partie séparée de notre usine, un internat de vingt-quatre jeunes sourdes-muettes, sous la direction de cinq sœurs, venant elles-mêmes de l’institution d’Alençon, et connaissant les habitudes et le langage spécial des petites infirmes.
- « Nous tenons à bien constater que notre institution n’a jamais eu le caractère d’un asile dont l’existence dépend de la durée des intentions charitables de quelques personnes. Elle a été fondée pour répondre à un besoin industriel, elle y a satisfait; c’est donc une œuvre qui porte sa force en elle-même, qui est par conséquent viable.
- «... Une ouvrière moyenne, au bout de dix-huit mois de présence à l’atelier, peut gagner environ 3 francs par jour. La retenue qui lui est faite pour subvenir à son entretien ne dépasse guère 1 franc, c’est donc 2 francs par jour, soit 600 francs au moins par an, qui sont déposés à son livret de la Caisse d’épargne. L’ouvrière restant une vingtaine d’années dans l’établissement, se retirera avec un petit capital, capable de lui assurer dans la suite sa subsistance.
- « Les sourdes-muettes se plaisent dans l’Internat, où elles trouvent les avantages de la vie collective, et où elles ne souffrent guère" d’une infirmité qui leur est commune à toutes. Nous en avons plusieurs depuis l’origine. »
- L’Internat du Mesnil nous semble réaliser pleinement les conditions du prix d’Aboville. C’est une fondation industrielle; c’est l’emploi d’une catégorie très intéressante d’infirmes dans le travail de l’usine, avec l’allocation d’un salaire normal.
- Nous n’hésitons pas à proposer de décerner le prix d’Aboville, avec une
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- somme de 2000 francs, aux honorables créateurs de cet Internat. Il y a là un exemple qu’il est utile de signaler à l’attention des chefs d’usines. Dans res régions rurales, la main-d’œuvre valide, attirée vers les grandes villes, est quelquefois insuffisante; sans doute, pour certaines industries, il serait possible de remédier à ce déficit par l’emploi d’ouvriers et d’ouvrières, qu’une infirmité naturelle ou accidentelle ne rend pas incapables de tout travail. Ce qui a réussi à l’imprimerie du Mesnil réussirait ailleurs* non pas seulement comme institution patronale, mais encore comme organisation industrielle. La plus précieuse récompense que vous décernerez à MM. Firmin-Didot, c’est de leur susciter des imitateurs par la publicité donnée à l’allocation du prix d’Aboville, et à l’œuvre utile et bienfaisante qu’ils ont fondée.
- Signé : C. Lavollée, rapporteur.
- PRIX DES ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. de Comberousse, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur le prix proposé pour le transport a grande distance des
- FORCES NATURELLES.
- Prix de 3000 francs.
- Messieurs,
- Durant l’année 1889, la papeterie de Moutier, établie à Domène (Isère) et appartenant à M. Charles Chevrant, a été l’objet d’une très importante et remarquable transformation, confiée à M. Hillairet, ingénieur des Arts et Manufactures, ancien directeur des ateliers de là maison Rréguet.
- Jusqu’alors, l’usine Chevrant marchait par turbines d’une puissance de 50 chevaux; mais son développement avait nécessité dans ces dernières années l’adjonction de machines à vapeur auxiliaires qui ne se trouvaient plus suffisantes. Or, un nouvel accroissement dans la dépense de combustible l’aurait mise dans l’impossibilité absolue de soutenir la concurrence des papeteries voisines, empruntant toutes leur puissance motrice à des chutes d’eau qui sont l’une des richesses de cette région montagneuse. L’usine de Moutier, pour ne pas péricliter en face de ses rivales, devait donc forcément emprunter à une nouvelle chute le surcroît de puissance devenu indispensable.
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- C’est dans ces conditions que l’emploi d’une transmission électrique fut décidé.
- A la fin de septembre 1889, la substition, effectuée sans arrêt de l’usine, était accomplie.
- Dans cette transmission, la dynamo-génératrice, directement conduite par une turbine à axe horizontal, est reliée aux deux câbles de la ligne aérienne qui porte sa puissance à la dynamo-réceptrice établie à l’usine de Moutier..
- La puissance de la génératrice représente 300 chevaux au maximum, avec un maximum de vitesse de 240 tours par minute. La puissance de la réceptrice représente 200 chevaux au maximum, avec un maximum de vitesse de 300 tours par minute. La longueur de la ligne est de 5 kilomètres; le maximum de la force électro-motrice s’élève à 2850 volts, et le maximum de l’intensité du courant, à 70 ampères.
- La résistance totale du circuit étant égale à 60hras,829, le rendement électrique a été de 83 pour 100; et le rendement mécanique brut, d’après les essais au frein de la turbine motrice et de la dynamo-réceptrice, a pu être évalué en moyenne à 65 pour 100, comme rapport du travail réellement recueilli sur l’arbre de la réceptrice au travail réellement développé sur l’arbre de la génératrice.
- Le frein spécial à circulation d’eau, construit par M. Hillairet pour ces essais est extrêmement ingénieux et a fourni les meilleurs résultats (1).
- La conduite de cette installation n’a donné lieu, depuis sa création, à aucun mécompte. La transmission n’a pas cessé de fonctionner jour et nuit. Le personnel de l’usine n’a pas été modifié et a pu s’habituer rapidement à régler et à entretenir sans difficulté ces puissantes machines dynamos. On peut toucher impunément les collecteurs, balais et conducteurs en pleine marche.
- L’usure actuelle des collecteurs permet d’attribuer à leurs lames une durée d’environ cinq années, avec un service journalier de 24 heures et, au moins, 360 jours de marche par an.
- L’entretien pendant la première année s’est borné à la fourniture mensuelle d’une paire de balais par porte-balais, rien de plus.
- Le prix de la transmission électrique est annuellement de 18750 francs. S’il avait fallu demander à une machine à vapeur les 150 chevaux de surplus obtenus à l’aide de la présente installation, la dépense annuelle se serait
- (1) Voir les Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, novembre 1889.
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- élevée, en raison du combustible nécessaire, à 57906 francs. Le bénéfice annuel se chiffre ainsi par une somme de 39156 francs.
- En définitive, la création de M. Hillairet, aujourd’hui complètement éprouvée, lui fait grand honneur; et, par de notables améliorations, il a encore ajouté à la valeur de l’ensemble de l’installation de Domène.
- Le Comité de Arts mécaniques juge donc que cette installation remplit d’une manière très satisfaisante le programme tracé par la Société, et vous propose de décerner à M. Hillairet, avec des éloges tout spéciaux, le prix institué pour le transport à grande distance des forces mécaniques naturelles.
- Signé : Ch. de Comberousse, rapporteur.
- PRIX DES ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Schutzenrerger, au nom du Comité des Arts chimiques,
- sur LE PRIX PROPOSÉ POUR UNE PUBLICATION UTILE A L’iNDUSTRIE CHIMIQUE.
- Prix de 4000 francs.
- Messieurs,
- Le Comité des Arts chimiques est unanime pour vous proposer de décerner à M. Joseph Dépierre, chimiste à Thizy (Rhône), une part importante (2500 francs) du prix de 4000 francs fondé parla Société d’Encoura-gement pour une publication utile à l’industrie.
- Les deux ouvrages de M. J. Dépierre ont trait :
- L’un aux apprêts des tissus de coton blanc teints et imprimés (1 volume in-octavo de 500 pages, 1887, J. Raudry, 15, rue des Saints-Pères, éditeur).
- L’autre à la peinture et Vimpression des matières colorantes artificielles (2 volumes in-octavo de 500 et de 600 pages, 1892, J. Raudry, éditeur).
- Ils répondent entièrement aux conditions du prix et aux intentions de ceux qui l’ont fondé.
- L’important traité de l’impression des tissus de J. Persoz père, publié en 1846 et couronné par la Société d’Encouragement il y a près d’un demi-siècle, n’avait pas été remplacé depuis par un ouvrage analogue, mis au courant des progrès réalisés. Cependant, aucune industrie n’a été dans la seconde moitié du xixc siècle aussi profondément modifiée, on peut dire transformée de fond en comble, que celle de la teinture et de l’impression
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- des tissus. Ce résultat est dû en grande partie à la découverte des matières colorantes artificielles qui tendent de plus en plus à se substituer aux colorants d’origine végétale.
- Le travail de M. J. Dépierre fait son apparition dans un moment favorable. Rédigé il y a dix à quinze ans il tombait dans la période aiguë de révolution et risquait d’être débordé par les progrès nouveaux et par conséquent de vieillir en peu de mois.
- Aujourd’hui ces risques ne sont plus aussi à craindre; sans nier les progrès nouveaux, on peut dire que nous vivons dans une époque plus calme et il est à prévoir que les procédés décrits avec tant de soins et de détails par l’auteur trouveront encore longtemps leurs applications.
- M. J, Dépierre est un homme du métier.
- Formé à l’école de la belle et puissante industrie du Haut-Rhin, ayant consacré une grande partie de son existence à l’utilisation pratique des méthodes dont il parle, il était admirablement préparé pour faire une œuvre utile de ce genre.
- Les matières sont traitées avec ordre et méthode, avec assez de détails pour permettre au lecteur d’y puiser des indications pratiques sérieuses.
- Les parties scientifiques et théoriques y sont clairement développées sans cependant occuper une place prépondérante et exagérée aux dépens de la partie technique.
- L’auteur est au courant de tous les progrès de l’industrie des toiles peintes. Son ouvrage est illustré par de nombreuses figures et dessins d’appareils et de machines et aussi par une très grande variété d’échantillons peints et imprimés sur divers tissus, échantillons grâce auxquels le lecteur est à même de juger de l’effet produit par l’usage de telle ou telle matière colorante, de tel ou lel procédé.
- C’est bien convaincu que M. J. Dépierre a rendu un réel service à l’industrie que votre Comité des Arts chimiques vous propose de lui décerner une part de 2500 francs prélevée sur le prix de 4000 francs pour une publication utile à l’industrie chimique.
- Signé : Schutzenberger, rapporteur.
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- PRIX DES ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. deLuynes, au nom du-Comité des Arts chimiques, sur un
- PRIX PROPOSÉ POUR UNE PUBLICATION UTILE A L’iNDUSTRIE CHIMIQUE.
- Prix de 4000 francs.
- Messieurs, sur la proposition du Comité des Arts chimiques, la Société a proposé un prix de 4000 francs, pour une publication utile à l’Industrie chimique ou métallurgique (Traité, Mémoires). Parmi les pièces présentées au concours, votre Comité a retenu un volume intitulé : Recherches sur la soie, par M. Léo Yignon, maître de conférences à la Faculté des sciences et sous-directeur de l’École de chimie industrielle de Lyon.
- L’ouvrage est divisé en cinq parties.
- La première partie se rapporte à l’état actuel des connaissances chimiques concernant la soie. C’est un exposé complet de toutes les recherches sur la nature chimique de la soie depuis les expériences de Roard exécutées en 1801 à la manufacture des Gobelins, jusqu’aux mémorables travaux publiés de 1875 à 1888 par notre éminent collègue M. Schutzenberger. Il est inutile d’insister sur l’intérêt que présentent les monographies de cette sorte : en rendant compte des résultats acquis, elles fixent le point d’où l’on peut partir pour arriver à de nouvelles découvertes.
- Les quatre parties suivantes contiennent les recherches personnelles de l’auteur. Elles se rapportent d’abord à la mesure des quantités de chaleur dégagées par la soie, la laine et le coton au contact de l’eau et de différentes dissolutions salines. M. Yignon est ainsi conduit à l’étude des phénomènes de teinture. Il établit que la soie et la laine affectent des fonctions acides et basiques très nettes, comparables à celles des acides amidés; que le coton n’accuse que des fonctions chimiques très faibles comparativement à celles des fibres animales; et de plus que la fonction acide existe seule dans ce textile à l’exclusion de la fonction basique. Il est amené ainsi à modifier la molécule du coton en lui conférant des fonctions chimiques déterminées, et à chercher dans quelles mesures les propriétés tinctoriales de cette fibre se trouvent changées. Il n’est pas possible d’entrer dans le déta.x des nombreuses expériences décrites dans l’ouvrage ; M. Yignon conclut que la force chimique qui préside à Tunion des matières colorantes et des texti-
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- les ou des oxydes métalliques est de même nature que celle qui fait réagir les bases et les acides pour la formation des sels.
- Enfin les deux dernières parties sont consacrées à l’étude de la densité de la soie et de l’influence de l’eau dans la filature des cotons.
- En résumé, l’ouvrage de M. Vignon est aussi intéressant au point de vue pratique qu’au point de vue scientifique. Placé au centre du travail et de la teinture de la soie, l’auteur était préparé mieux que personne à mener à bonne fin les recherches délicates qu’il avait entreprises. Votre Comité des Arts chimiques pense que cette publication est appelée à rendre de véritables services, et il a l’honneur de vous proposer de décerner à M. Léo Vignon un prix de 1 000 francs.
- Signé : V. de Luynes, rapporteur.
- PRIX DES ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport fait par M. Prunier, au nom du Comité des Arts économiques, sur le prix proposé pour un appareil permettant de déterminer la puissance CALORIFIQUE ü’UN COMRUSTIRLE INDUSTRIEL.
- Prix de 3 OOO francs
- Un seul appareil a été présenté au concours: c’est un calorimètre imaginé par M. Wiborgh, professeur à l’École des Mines de Stockholm (Suède) et exécuté d’après les indications de ce savant.
- La Commission nommée par le Comité des Arts économiques, après avoir examiné l’appareil et pris connaissance du mémoire qui l’accompagne, a acquis la conviction que les conditions du programme n’étaient pas complètement remplies, et que, par conséquent, il n’y a pas lieu de décerner le prix.
- Persuadée d’autre part qu’il convient de reconnaître explicitement la valeur intrinsèque du mémoire de M. Wiborgh, elle vous a proposé de lui témoigner par un encouragement l’intérêt marqué avec lequel la Société a suivi ses efforts.
- Ces conclusions ont été adoptées par le Conseil,qui a voté une somme de cinq cents francs, offerte à M. Wiborgh à titre d’encouragement.
- Signé : Prunier, rapporteur.
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- PRIX D AGRICULTURE.
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- PRIX D’AGRICULTURE
- Rapport fait par M. Risler, au nom du Comité d’Agriculture, sur le prix proposé pour la meilleure étude sur l’agriculture et l’économie rurale d’une province ou d’un département.
- Prix de 2 000 francs
- Nous avons eu cette année neuf concurrents pour le prix de 2 000 francs destiné à la meilleure étude sur l’agriculture et l’économie rurale d’une province ou d’un département.
- M. Deleporte-Bayart, agronome à Roubaix et trésorier de la Société des Agriculteurs du Nord, a pris comme collaborateurs différents instituteurs pour faire les monographies agricoles d’un certain nombre de cantons du département du Nord. Ces monographies ont été imprimées, et M.Deleporte-Bayart nous en a adressé quelques-unes, celles des cantons de Bergues, de Marchiennes, de Cornières, de Roubaix, d’Avesnes-Nord, etc. Ce sont des statistiques qui nous renseignent sur le sol, le climat, la population, les productions agricoles, non seulement du canton, mais de chaque commune. Mais ce ne sont guère que des statistiques ; les procédés qu’emploie l’agriculteur n’y sont pas décrits. M. Deleporte-Bayart a fait spécialement pour notre concours, en collaboration avec M. Lemoine, instituteur, une étude sur l’ensemble de l’agriculture et de l’économie rurale du département du Nord, qu’il nous a envoyée à l’état de manuscrit. Dans cette étude, très complète et très précise au point de vue statistique, les auteurs donnent plus de détails que dans les monographies de canton sur les diverses cultures et industries agricoles du pays.
- En ce qui concerne les engrais, les auteurs en sont à 1850 et ne paraissent guère connaître les progrès que nous avons faits depuis cette époque.
- L’étude sur l’économie rurale et l’agriculture du département de la Côte-d’Or, que nous présente M. J. Coquillion, est tout le contraire. C’est un manuscrit qui laisse beaucoup à désirer comme forme. Dans ce manuscrit, il n’est nullement question de l’ensemble du département. M. J. Coquillion ne paraît connaître que les environs de Semur, mais il fait preuve d’un sens pratique et d’un esprit d’observation très remarquable.
- Tandis que dans beaucoup de cantons de la Bourgogne, la récolte de blé
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- ne dépasse pas en moyenne 15 hectolitres à l’hectare et reste même souvent à 12, M. Coquillion nous montre comment on est arrivé dans sa commune et quelques villages voisins à 30 et plus, en réduisant la surface consacrée aux céréales et augmentant celle des fourrages pour nourrir plus de bétail et faire plus de fumier, en complétant le fumier par des engrais chimiques et en adoptant les variétés les plus productives (Noé, Dattel, etc.). Ces progrès ont été réalisés par de petits cultivateurs aussi bien que par les fermiers des grands domaines. Mais M. Coquillion aime tout particulièrement la petite, ou plutôt la moyenne propriété, car les exemples qu’il cite sont des propriétés qui valent une trentaine de mille francs et qui font vivre quatre à cinq personnes, tout en donnant ! 200 à 1 500 francs de bénéfice net. « Pour que la petite propriété donne ces résultats, dit-il, il faut qu’elle ne paie pas ses terres trop cher et que ses terres soient toutes desservies par de bons chemins. » Malheureusement, ces chemins n’existent pas dans toutes les communes, et il considère la loi comme peu favorable à leur établissement. Il cite, entre autres, les exemples de vignes en coteaux dont la culture est très négligée et qui dépérissent parce qu’il n’y a que des sentiers pour y amener les engrais.
- M.Guénin, à Beaucourt (Haut-Rhin),nous a envoyé, sous le nom d'Etude sur Vagriculture et Véconomie rurale, une dissertation où il y a beaucoup de phrases mais aucun fait. Cet auteur ne se doute pas de ce qu’est l’économie rurale, et encore moins de ce que nous avons demandé pour notre concours.
- M. Dupuy-Montbrun, ancien professeur départemental des Basses-Alpes, a fait une Monographie de ce département des Basses-Alpes qui est très volumineuse et au milieu de laquelle un homme de bon sens pourrait sans doute trouver à glaner quelques faits intéressants ; mais ces faits intéressants sont noyés au milieu de détails inutiles et quelquefois à peine compréhensibles. Ce n’est qu’un fouillis de notes écrites à tort et à travers sur des feuilles de papier qu’il est impossible de classer les unes à la suite des autres.
- M. Henri François, propriétaire et agriculteur à Moutiers en Perche, nous envoie douze pages qu’il intitule Etude pratique et économique dé agriculture ; il n’y a dans cette étude aucun plan, dit-il; mais, si nous jugeons à propos que les mémoires aient besoin de confortable, nous n’avons qu’à le demander.
- M. Zipcy, professeur à l’École pratique d’agriculture du Grand-Resto, nous présente une Etude sur /’agriculture et l'économie rurale du département
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- du Morbihan. C’est un manuscrit qui se lit facilement, nous donne une bonne description des terrains du Morbihan, un résumé de son histoire, puis des détails intéressants sur ses diverses cultures et productions animales, division de la propriété et systèmes d’exploitation, instruments et engrais qu’on y emploie, enfin industries agricoles, et conseils pour les améliorations nouvelles à faire. Ces conseils sont très judicieux, et le mémoire de M. Zipey pourra être utile aux agriculteurs du département. Mais, s’il le fait imprimer, il fera bien d’y ajouter une table des matières et de ranger ces matières dans un ordre plus logique ; par exemple, de mettre les engrais et amendements après l’étude du sol qu’ils doivent compléter, l’état de la population et de la propriété après le résumé historique; puis de revoir et de corriger les analyses qu’il donne, sans citations de leurs auteurs, de la composition chimique des végétaux cultivés, etc.
- M. Jouffroy, professeur départemental à Auxerre, présente au concours un fascicule sur T agriculture du département de VAllier. Comme ce fascicule fait partie d’une publication générale sur les départements français, et que d’autres collaborateurs se sont occupés de ce qui concerne le climat et le sol, M. Jouffroy en parle très peu. Mais tout ce qui concerne les cultures, le bétail et l’économie rurale du département de l’Ailier est fort bien traité. L’auteur y montre une connaissance approfondie de la situation actuelle de son département et des progrès qu’il y a lieu d’y réaliser encore. Ce qui concerne le métayage est particulièrement bien.
- Etude sur ïagriculture et l'économie rurale de ïArdèche, par A. Benoît d’Entrevaux.
- Ce qu’il y a de mieux dans ce mémoire, ce sont les photographies qui l’accompagnent. Le reste témoigne chez l’auteur d’un grand amour du sol natal et du paysan ardéchois, mais ce n’est qu’une peinture bien faible et bien vague de son agriculture. Pour lui être utile comme le voudrait sincèrement M. Benoît d’Entrevaux, il faudrait un peu mieux connaître ce dont elle a besoin.
- Le meilleur incontestablement des travaux qui ont été présentés à notre concours est VAgriculture du département de la Meuse, par M. Prudhomme professeur départemental. Aucun des autres ne peut lui être comparé. C’est complet, exact à la fois au point de vue pratique et au point de vue scientifique, clair et bien écrit. L’auteur nous montre bien comment les caractères agronomiques du sol superficiel et cultivé dépendent de la constitution géologique de la contrée.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Juillet 1892.
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- Au centre-, se trouve la vallée de la Meuse, dont les riches alluvions sont couvertes de belles prairies, entre autres celles de Yaucouleurs. Des deux côtés de la vallée s’étendent des plateaux de calcaires jurassiques interrompus de loin en loin par des fractures qui forment les vallées secondaires du pays.
- Du côté de l’ouest, ces plateaux n’ont qu’une faible pente et s’élèvent doucement jusqu’à des hauteurs qui sont couvertes de forêts; mais, du côté de l’est, les pentes sont abruptes, et sur ces pentes, quand elles sont exposées au sud, on trouve encore, malgré la latitude du département, des vignes qui valaient plus de 10 000 francs par hectare il y a quelques années et qui donnaient, d’après M. Prudhomme, un produit brut de 50 hectolitres et un produit net de 500 à 600 francs dans les années favorables.Mais,hélas! ces années favorables sont devenues de plus en plus rares : aux gelées tardives sont venues se joindre des maladies de toutes sortes. Les vignerons meusiens ont beaucoup souffert, et quelques-uns ont complètement abandonné leurs vignes.
- Au nord-est du département s’étend la vaste plaine de la Woëvre, dont le sol serait bien fertile s’il n’était pas trop compact et souvent trop humide. Après une jachère nue, labourée à plusieurs reprises au moyen d’un attelage de six chevaux, on y fait une récolte de blé médiocre, et pour clore cet antique assolement triennal, une avoine encore plus maigre. Il n’y a rien d’étonnant à ce que le prix de revient des céréales obtenues dans ces conditions aient de la peine à lutter contre la concurrence de celles de l’Amérique. Il faudrait drainer ces terres. On l’a fait sur certains points, mais il faudrait le faire partout. On pourrait alors supprimer la jachère improductive et intercaler entre le blé et l’avoine des fourrages ou des racines qui fourniraient de quoi nourrir plus de bétail et permettraient de faire plus de fumier. En ajoutant à ce fumier des phosphates, on aurait dans la Woëvre des récoltes et des bénéfices aussi considérables que dans les meilleurs pays. Quelques agriculteurs l’ont montré, et, grâce à leur exemple, grâce au développement de l’instruction agricole, ces progrès tendent à se généraliser.
- La Meuse a une excellente école pratique d’apiculture aux Merchines, dans la partie nord-ouest du département qui confine à la Champagne et aux Ardennes, et qui en a déjà les caractères agricoles.
- Elle a également une école primaire supérieure à Ménil-la-Horgne. Il y a même des cours d’agriculture dans les collèges de Commercy, de Verdun et d’Etain.
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- prix d’agriculture.
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- Le plus grand obsfacle à l’application de beaucoup d’améliorations agricoles, c’est l’extrême division et l’enchevêtrement des parcelles de terre, qui souvent n’aboutissent pas à un chemin, en sorte qu’elles sont obligées de suivre le même mode de cultures que toutes leurs voisines. Au lieu de la liberté de la culture, on a l’omnipotence de la majorité, qui n’est pas toujours du côté du progrès, ou du moins qui ne l’était pas jusqu’à présent. Mais, à notre époque de suffrage universel, il ne faut pas médire de la majorité et avoir foi dans la puissance de l’instruction pour l’amener au bien : c’est ce qui arrive peu à peu dans l’agriculture. Par des abornements sérieux et de nouveaux tracés de chemins, quelques communes de la Meuse ont déjà remédié à ces inconvénients de l’extrême morcellement, et elles ont si bien réussi que leur exemple tend à être suivi ailleurs.
- Je proposerai donc de donner le prix de 2 000 francs à M. Prudhomme.
- Signé: Risler, rapporteur
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- Rapport fait par M. Ronna, au nom du Comité d’Agriculture, sur le prix
- PROPOSÉ POUR LE MEILLEUR INSTRUMENT PERMETTANT DE MESURER FACILEMENT LE TRAVAIL DES MACHINES AGRICOLES.
- Prix de 3 000 francs.
- Le programme de ce concours précise nettement les conditions à remplir pour obtenir le prix de la Société :
- « L’amélioration du matériel agricole doit être la conséquence de l’établissement d’expériences exactes et complètes dans lesquelles aucune quantité ne doit être laissée à l’estimation de l’expérimentateur. Pour cela, il est indispensable d’avoir des appareils de mesure évaluant et enregistrant d’une façon continue toutes les données nécessaires.
- « En ce qui touche en particulier les instruments de culture, il ne suffit pas d’en déterminer la traction moyenne, il convient de considérer aussi le travail exécuté. »
- Des trois candidats au prix proposé par la Société :
- 4° M. Vuaillet a adressé, à l’appui d’un mémoire très succinct, les dessins, plans et élévations d’un dynamomètre de rotation à compteur, enre-
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- gistreur et totalisateur, de la force de 10 chevaux, applicable à l’évaluation uniquement du travail mécanique. Un modèle, pour la force d’un cheval, figure depuis 1890 dans les galeries du Conservatoire des Arts et Métiers. L’envoi de M. Vuaillel est accompagné d’un plan d’installation pour essais : le moteur, le dynamomètre de rotation et les treuils qui actionnent les instruments à expérimenter y sont fixes ;
- 2° M. Mauler s’est borné à soumettre l’idée de deux systèmes de dynamomètres enregistrant le travail mécanique, dont l’un est basé sur le principe du levier de la balance romaine, et l’autre, d’un piston agissant par compression sur l’eau d’un cylindre qu’il refoule dans un réservoir gradué. Ces systèmes ne sont représentés que par des croquis et la photographie de l’instrument à levier;
- 3° M. Maximilien Ringelmann, par l’exécution d’appareils enregistrant le travail pratique des machines agricoles, en même temps que leur travail mécanique, suivant le programme, et aussi par une étude complète des exigences des essais relativement aux données des appareils de mesure, que renferme son mémoire descriptif, est le seul des candidats ayant atteint le but que se proposait la Société.
- On sait que le travail mécanique s’évalue de longue date au moyen de dynamomètres de systèmes très variés, plus ou moins exacts, délicats à manœuvrer, ou dispendieux, dont les meilleurs, tels que le dynamomètre Morin, réclament de la part de F expérimentateur, surtout pour les essais des instruments de culture, une grande habileté due à une pratique assidue des opérations en plein air et à un contrôle incessant des attelages, ou des accidents de la marche. Toutefois, quelle que soit la correction de la manipulation, de la planimétrie et du calcul des tracés graphiques du dynamomètre, on ne peut obtenir par cet essai qu’une donnée, celle du travail mécanique dépensé, sans égard pour le travail accompli, c’est-à-dire, s’il s’agit de charrues, sans égard pour la largeur, la profondeur du sillon et les inclinaisons.
- Or, la détermination rigoureuse du travail pratique accompli est non moins essentielle que celle accusée par le dynamomètre, et c’est seulement sur base du rapport entre ces deux données que, faisant intervenir les questions accessoires de choix des matériaux, de montage, de solidité, d’usure, de prix, etc., l’on peut, avec sûreté, classer les machines d’après leur réelle valeur, et apporter les perfectionnements dont elles sont susceptibles pour certains travaux désignés.
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- Dans le cas de machines fixes ou d’intérieur, soumises aux essais, telles que concasseurs, coupe-racines, etc., l’estimation du travail pratique consiste en pesages, en mesurages de volumes ou de surfaces. Le rapport entre l’effort dynamométrique et le travail pratique est dès lors facile à établir exactement.
- Dans le cas, au contraire, de machines d’extérieur, les plus nombreuses, qui fonctionnent par des moteurs animés en se déplaçant, c’est-à-dire d’une façon variable et accidentée, telles que charrues, scarificateurs, semoirs, faucheuses, moissonneuses, etc., l’appréciation du travail pratique exécuté est laissée actuellement à l’expérimentateur. Pour choisir un exemple, celui de l’essai de divers types de charrues, le tracé dynamométrique est une courbe irrégulière dans laquelle le maxima et les minima se succèdent sans aucun ordre et sans indication des causes de relèvement ou d’abaissement des ordonnées. Aussi, faut-il mesurer après coup, de place en place, la profondeur et la largeur du labour. Quelque rapprochés que soient les points où cette mesure sera prise, la dimension moyenne résultant de la moyenne arithmétique des chiffres constatés ne totalisera que des approximations ou des erreurs, sans qu’il soit possible pour cela d’estimer les effets de variations dues au défaut d’homogénéité du sol, à la rencontre d’obstacles ou à l’action du laboureur sur l’attelage, sur les mancherons, etc.
- Le rapport entre le travail mécanique et le travail pratique ne saurait donc être rationnellement fixé que par l’enregistrement automatique, continu et mathématique de l’effort dynamométrique, en même temps que des dimensions du travail exécuté. C’est le problème posé par la Société, que M. Ringel-mann a résolu avec succès pour la mesure des dimensions du labour.
- Dans l’appareil imaginé par M. Ringelmann, le dynamomètre Morin, avec quelques légères modifications, reste chargé d’inscrire le travail mécanique. Quant aux dimensions du travail, elles sont fournies par une tige qui se déplace, à l’aide d’une roue dite exploratrice, d’une quantité égale à la dimension cherchée, dans le plan vertical ou dans le plan horizontal. L’amplitude des mouvements de la roue exploratrice étant enregistrée par un certain nombre de courants électriques transmis à un organe récepteur, ces courants sont convertis en tracés graphiques sur la même bande de papier qui porte les indications dynamométriques.
- L’appareil Ringelmann comprend, dès lors, outre un chariot de dynamomètre ordinaire avec mouvement chronométrique qui déroule le papier : 1° Un enregistreur ou manipulateur, monté sur la machine en expérience,
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- laquelle est reliée au crochet du dynamomètre par une chaîne de traction ; et 2° d’un récepteur correspondant, qui s’ajuste au dynamomètre dont le rôle a été signalé.
- Une description sommaire suffira pour faire comprendre les mécanismes et le fonctionnement de l’appareil.
- La roue exploratrice étant reliée par un levier qui se meut autour d’un point fixe par rapport à l’instrument soumis à l’essai, son essieu suivant les mouvements du terrain décrit un arc de cercle, mais le centre reste à une hauteur constante au-dessus du sol, c’est-à-dire à une hauteur égale au rayon de la roue. S’il s’agit de mesurer, par exemple, la profondeur d’un labour, comme l’axe de la roue se meut dans une glissière horizontale, surmontée d’une tige verticale guidée par des galets, lorsque la roue s’abaissera, la glissière dans laquelle coulisse le centre descendra, et avec elle la tige. La roue s’élevant, l’inverse aura lieu. De telle sorte que la tige se déplace perpendiculairement au sol d’une quantité mathématiquement égale à la profondeur du sillon. Cette tige s’applique à une crémaillère dont l’extrémité inférieure est fixée également à la coulisse, qui s’engrène avec un pignon transformant le mouvement rectiligne en mouvement circulaire et transmettant chaque oscillation de la crémaillère vers le haut ou vers le bas, par deux sortes de courants électriques, les courants montants et les courants descendants.
- Cette transmission s’opère au moyen d’une roue à rochets dont l’échappement est guidé par un doigt à ressort, portant une tige en os, ou en ébonite, avec extrémité garnie d’un manchon en cuivre qui se relie par un fil conducteur à une borne où aboutit le courant positif d’une pile. Pour chaque dent qui s’échappe, le contact du manchon s’effectue et le courant est renvoyé au récepteur. Le mécanisme est agencé de façon qu’à chaque tour complet du pignon chargé d’opérer les contacts électriques, correspondant à une course de 80 millimètres de la crémaillère, le récepteur perçoit 40 courants séparés. Ainsi, chaque courant correspond à un déplacement de 2 millimètres d’amplitude de la crémaillère.
- Le même mode de transmission s’applique aux mouvements ascendants et descendants.
- L’enregistreur cinématique ainsi constitué, avec son double système de roues à rochets pour les deux mouvements, est enfermé dans une petite boîte à parois en tôle mince, avec fond en bois ou en ébonite, à cause des courants électriques, et s’adapte avec la plus grande facilité au bâti dans une posi-
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- tion verticale, horizontale ou oblique, selon la machine à expérimenter.
- Le bâti même sur lequel s’ajustent les diverses pièces de l’enregistreur est en tôle mince, rendue rigide par une cornière. Il porte la fusée fixe servant d’axe de rotation au bras qui termine l’essieu de la roue exploratrice et se meut dans la glissière dont la tige crémaillère traverse la boîte d’enregistrement. Quant aux fils conducteurs, ils partent de trois bornes fixées à une plaque de la cornière.
- L’ensemble du bâti est monté sur une longrine en coulisse formée de deux fers cornières, ou mieux de deux tubes creux en acier pour alléger le poids. Grâce à cette longrine-coulisse, le bâti peut être rapproché ou éloigné des extrémités de l’instrument soumis à l’essai ; des étançons, par exemple, dans le cas de charrues. Lorsque ce réglage a été arrêté, la longrine est définitivement assujettie au corps de l’instrument par des étriers et des vis de pression, de manière à assurer une résistance et une rigidité suffisantes, eu égard au poids.
- De même que l’enregistreur, le récepteur comprend deux mécanismes symétriques, dont l’un pour les courants ascendants, et l’autre pour les courants descendants. Chaque mécanisme consiste en un petit levier mobile dans le plan d’une roue à rochets de mêmes dimensions que celles des roues de l’enregistreur. Le petit levier porte à un bout un doigt poussé par un ressort contre les rochets, et sur sa face inférieure une plaque, ou armature en fer doux, au-dessous de laquelle agit un électro-aimant en communication par un fil avec la borne où aboutissent les courants de l’enregistreur. 11 résulte de cette disposition qu’à chaque courant qui se produit, l’électro-aimant attire l’armature de fer doux et le doigt laisse mouvoir d’une dent la roue à rochets. Quand le courant cesse, un ressort antagoniste ramène le levier à sa position primitive.
- Comme dans l’enregistreur, chaque roue à rochets décrit un tour complet pour 40 courants, dont chacun correspond à un déplacement de 2 millimètres de la crémaillère maîtresse. Au moyen de pignons coniques engrenant sur des roues à denture conique de même diamètre et du même nombre de dents que les roues à rochets, à l’instar de ce qui est réalisé dans le mécanisme différentiel de Redier, le rapport est réduit d’un quart, c’est-à-dire que les roues à rochets accomplissent quatre tours pendant que les pignons en accomplissent un seul ; ou en d’autres termes, si la crémaillère parcourt 80 millimètres pour faire opérer un tour à la roue à rochets, elle devra en parcourir 320 pour faire décrire un tour au pignon denté.
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- Sur le prolongement des petits arbres centraux qui tournent par le déplacement des pignons dans un sens ou dans l’autre, s’adaptent des crémaillères munies de crayons traceurs.
- Tel qu’il est distribué en deux parties symétriques, l’appareil récepteur se monte sur le chariot du dynamomètre, de chaque côté du mouvement chronométrique.
- Tandis que le crayon fixe du dynamomètre trace la ligne droite des abscisses ou de hase, et que le crayon mobile trace les efforts consécutifs dus à la résistance, les crayons du récepteur inscrivent respectivement sur la même bande de papier les variations du travail pratique. Il est facile ainsi, pour chaque ordonnée du diagramme, de comparer et d’évaluer les deux sortes de données mathématiquement inscrites.
- Le chariot du dynamomètre porte, en outre, la batterie composée d’éléments à plaques agglomérées (système Leclanché), ou de couples à un seul liquide, hermétiquement fermés. Le système de piles à préférer est celui qui permet d’accumuler le maximum de force sous le moindre volume et d’éviter toutes projections. Le fil, relié au positif, passe par un commutateur à portée de l’expérimentateur qui suit le chariot. De ce commutateur des fils envoient le courant à l’enregistreur, tandis que les fils de retour aboutissent au récepteur dont les électros sont reliés au négatif de la batterie. Tous les fils conducteurs, bien isolés, sont suspendus entre des fourches du bâti et ne présentent aucun embarras pour la marche.
- L’appareil Ringelmann, qui vient d’être décrit dans ses parties essentielles, a été construit et essayé depuis la fin de l’année 1886, puis réformé dans certains organes, en vue de diminuer le poids des pièces,, de faciliter le maniement, le montage et le réglage, et d’assurer la précision des communications électriques. Les améliorations réalisées et projetées font l’objet d’un chapitre du mémoire remis par l’inventeur qui a consacré d’ailleurs à l’établissement d’enregistreurs d’inclinaisons longitudinales et transversales, une étude très intéressante des mécanismes pouvant utiliser le manipulateur et le récepteur existants, afin d’obtenir un tracé graphique simultané des variations de l’angle d’inclinaison des machines soumises aux essais.
- « Le prix proposé par la Société pourra être attribué », aux termes du programme, « à l’inventeur d’un appareil spécialpouvant servir à mesurer et à enregistrer d’une façon continue le travail pratique exécuté par les divers instruments de culture : charrues, scarificateurs, herses, rouleaux, semoirs, faucheuses, moissonneuses, etc. »
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- M. Ringelmann a inventé et construit cet appareil spécial dans des conditions d’application aux instruments de labour, qui ne pourront que s’àmé-liorer, grâce aux ingénieux perfectionnements que lui a suggérés sa grande pratique des expériences agricoles et facilement s’étendre aux autres instruments d’extérieur. La Société n’hésite pas à reconnaître, dès maintenant, que ce problème est résolu en principe, et en conséquence, à accorder à l’inventeur le prix de 3000 francs proposé pour le concours.
- Signé : A. Ronna, rapporteur.
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- Rapport fait par M. Mïintz, au nom du Comité d’Agriculture, sur le prix
- PROPOSÉ POUR LES MEILLEURES EXPÉRIENCES SUR L’ALIMENTATION DU BÉTAIL.
- Prix de 3000 francs.
- La Société d’Encouragement, en instituant un prix de 4 000 francs pour les meilleures expériences sur l’alimentation du bétail, a voulu venir en aide à l’industrie la plus importante delà France. La production de la viande, du lait, de la laine, du fumier, du travail par les moteurs animés, repose tout entière sur l’utilisation des aliments végétaux. Mais combien parmi ceux-ci restent sans emploi! combien d’autres sont incomplètement utilisés! Le plus petit progrès apporté dans la question de l’alimentation des animaux domestiques prend une importance considérable quand on songe qu’il peut être multiplié par un facteur énorme. La Société d’Encouragement doit se féliciter d’avoir mis ce sujet au concours, car son appel a été entendu, et des travaux importants ont été soumis à son appréciation. Parmi ceux-ci, nous en retiendrons particulièrement un, qui, par son originalité, par son intérêt pratique, par le nombre considérable d’expériences habilement conduites, nous a paru digne d’être récompensé.
- M. Cornevin, professeur à l’École vétérinaire de Lyon, et dont le nom est bien connu par des travaux de la plus haute distinction, a étudié l’emploi des résidus industriels dans l’alimentation du bétail. Dans un mémoire considérable, qui constitue un véritable répertoire de cette importante question, M. Cornevin passe en revue les nombreux résidus laissés par l’indus-
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- trie, tels que les pulpes, les drèches, les marcs, les tourteaux, etc... Il indique leur composition, leur rôle dans l’alimentation, leurs effets favorables ou nuisibles sur la production de la viande, du lait, etc... Cette partie descriptive, qui contient le résumé des notionsles plus certaines acquises jusqu’à ce jour, présente le plus grand intérêt et peut servir de guide aux agriculteurs pour l’emploi des résidus industriels, qui constituent généralement des aliments à très bas prix.
- Ce travail clair et précis, conçu avec méthode et dans lequel la compétence spéciale de l’auteur frappe les yeux à chaque page, suffirait à lui seul pour justifier la récompense que nous vous proposons. Mais ce qui donne à ce travail une valeur bien autrement grande, ce sont les nombreuses expériences personnelles faites par M. Cornevin, les nombreux produits récemment introduits sur nos marchés, que M. Cornevin examine et décrit pour la première fois. Profitant de sa situation à l’École vétérinaire de Lyon, à laquelle est annexée une ferme d’application comprenant un bétail nombreux, il a toujours complété ses études de laboratoire par l’expérimentation à l’étable. Il a étudié la façon dont les animaux accueillent et consomment les résidus industriels, et notamment ceux qui sont nouvellement entrés dans l’alimentation, tels que plusieurs tourteaux exotiques. Il signale les inconvénients qui peuvent résulter, pour la santé des animaux, des altérations spontanées qu’ils subissent fréquemment. Il décrit les falsifications dont ils sont l’objet et les moyens pratiques de les reconnaître. Il serait trop long d’énumérer les nombreux produits sur lesquels a opéré M. Cornevin, ainsi que les études longues et délicates auxquelles il s’est livré pour déterminer dans quelles conditions ces produits peuvent être utilement donnés aux animaux.
- M. Cornevin ne se borne pas à l’étude de l’alimentation par les produits végétaux; il examine au même point de vue les industries qui travaillent les matières animales. Les déchets d’abattoirs, les résidus de la boyauderie, de la ganterie, de la tannerie, ont été de sa part l’objet de nombreux essais, et il a montré le parti que peuvent en tirer les agriculteurs avisés.
- Pour certains produits, dont le goût ou l’odeur répugne aux animaux et qui sont refusés par eux, M. Cornevin a eu l’ingénieuse idée, pour les faire accepter, de leur donner l’odeur du foin en les saupoudrant de faibles traces de coumarine, principe auquel le foin naturel doit principalement son parfum.
- Le beau mémoire de M. Cornevin, qui, nous l’espérons, sera bientôt publié, constituera un livre que tous les agriculteurs soucieux de leurs intérêts devront avoir entre les mains et qui sera pour eux un guide sûr pour l’in-
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- prix d’agriculture.
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- troduction, dans l’alimentation de leur bétail, des résidus industriels, si nombreux et si imparfaitement employés jusqu’à présent.
- Votre Comité d’Agriculture vous propose d’accorder à M. Côrnevin un prix de 2 000 francs pour ses importants travaux sur l’alimentation du bétail.
- Signé : A. Müntz, Rapporteur.
- AGRICULTURE
- Rapport fait par M. Gustave Heuzé, au nom du Comité dé Agriculture, sur le
- PRIX PROPOSÉ POUR LE MEILLEUR TRAVAIL SUR l’aNTHONOME.
- Prix de 1 500 francs.
- La consommation du cidre a pris en France une grande extension depuis l’apparition du phylloxéra dans les principaux centres viticoles appartenant à la région septentrionale. Malheureusement cette boisson, à la fois nutritive, agréable et hygiénique, est menacée dans sa production par un petit insecte appelé anthonome (Anthonomus pomorum). Les dégâts causés par ce coléoptère en Rretagne, dans le Maine et en Normandie depuis trois années, ont été tels que* la Société d’Encouragement a jugé utile de proposer un prix de 1 500 francs pour la meilleure étude sur l’anthonome et le procédé le plus pratique et le plus efficace pour le détruire ou prévenir ses ravages.
- Divers mémoires ont été adressés à la Société au sujet de ce prix.
- Les uns contiennent des descriptions qui ne caractérisent pas exactement les mœurs de l’anthonome du pommier, et ils renferment de longues relations des faits secondaires publiés depuis plusieurs années par divers observateurs. Les autres mentionnent les diverses métamorphoses que subiraient les larves de ce charançon particulier dans le sol à 0m, 20 ou 0m,25 de profondeur, etc.
- Les moyens de destruction indiqués dans ces mémoires n’ont pas une valeur plus grande. Adoptant pour la plupart les idées de la scolastique allemande, ces mémoires recommandent comme procédés de destruction les liens goudronnés placés autour des troncs, l’enlèvement des boutons à fruit ayant pris une teinte rousse ou jaune rougeâtre, le choc d’un maillet sur les grosses branches charpentières dans le but de faire tomber les insectes qui sont à l’état parfait, le flambage des crevasses qu’on observe sur
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- les vieilles écorces et dans lesquelles hivernent un grand nombre d’antho-nomes, les fumigations sulfureuses ou l’arrosage de la terre qui enveloppe la base des arbres avec le pétrole. Tous ces moyens sont peu pratiques dans les champs, et l’expérience a démontré qu’ils n’avaient aucune efficacité.
- Trois mémoires présentent un grand intérêt : le premier, adressé par le Frère Abel, de Ploermel, qui, le premier, en 1889, au Congrès pomologique de Saint-Brieuc, a appelé l’attention des agriculteurs sur les ravages causés par l’anthonome dans la région de l’Ouest, contient des observations très exactes et très intéressantes sur les premières phases d’existence de ce coléoptère. Il en est de même des mémoires présentés par M. Hérissant, directeur de l’École pratique d’agriculture de Rennes, et le Dr Henneguy, préparateur au Collège de France, qui a été chargé par le ministre de l’agriculture d’étudier les mœurs de l’anthonome dans la Bretagne et la Normandie.
- D’après ces observations, l’anthonome se réveille à la fin de l’hiver ou au commencement du printemps, lorsque les boutons à fruit des pommiers commencent à grossir. Alors, quand la température s’élève et que ces boutons sont sur le point de s’ouvrir, la femelle qui a été fécondée plusieurs jours avant, dépose un œuf dans un trou qu’elle a fait avec ses mandibules situées à l’extrémité de son rostre. Chaque bouton ne reçoit qu’un œuf, mais chaque femelle en pond de vingt à vingt-cinq en moyenne. Les œufs éclosent du cinquième au dixième jour, suivant la température atmosphérique. La larve, qui prend alors naissance, est blanche avec une tête noire; elle vit au détriment des organes floraux et empêche la fécondation ou la production du fruit. Vers la fin de mai, cette larve se transforme en nymphe et, du 10 au 15 juin, elle apparaît en dehors du bouton comme insecte parfait, qui prend aussitôt son vol pour disparaître aux yeux des observateurs. Les mâles meurent après que les femelles ont été fécondées, et celles-ci cessent d’exister quand leur ponte est terminée.
- Que deviennent les anthonomes pendant l’été? Quel est leur habitat pendant cette saison? Ces deux points sont encore obscurs.
- C’est en septembre ou octobre qu’on les voit de nouveau sur les pommiers; mais ils ne tardent pas à se dérober à la vue une fois encore pour se réfugier et hiverner sous les vieilles écorces, les lichens, les mousses, les feuilles, jusqu’au moment où les boutons à fruit du pommier entreront de nouveau en végétation.
- Les moyens de destruction expérimentés avec succès et proposés aux cul-
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- tivateurs bretons et normands sont simples et d’une application facile et peu coûteuse. Ils consistent :
- 1° Dans le grattage et le nettoyage des troncs dans le but de les débarrasser des vieilles écorces et des lichens;
- 2° Dans le badigeonnage à la chaux des troncs et des principales branches charpentières qui ont été nettoyés ;
- 3° Dans le secouage des ramifications au moment où les boutons à fruit vont s’épanouir, après avoir étendu une toile sur le sol et sous le pommier. Cette opération doit être répétée plusieurs fois sur chaque pommier à plusieurs jours de distance, afin de pouvoir s’emparer des anthonomes qui circulent sur les ramifications et les brindilles.
- Ces trois opérations sont celles qui ont été recommandées par le Frère Abel et MM. Hérissant et Henneguy. Elles se complètent très heureusement l’une par l’autre. Toutefois, pour qu’elles soient réellement efficaces, il est utile que les débris et les insectes qui proviennent du nettoyage des troncs et du secouage des branches soient recueillis promptement et renfermés dans des sacs. On les détruit par le feu ou par l’eau bouillante. On doit opérer de préférence le matin ou dans la soirée, car l’anthonome est doué d’une grande agilité et d’un vol rapide quand l’air est chaud ou le soleil ardent.
- Le Frère Abel a beaucoup contribué à faire connaître les mœurs de l’an-thonome, en publiant une notice accompagnée d’une gravure coloriée représentant avec une grande exactitude cet insecte dans ses diverses phases d’existence. Cette notice, tirée à 200000 exemplaires au prix de 5 centimes chaque, a été répandue dans les localités cidricoles par les soins du Ministère de l’agriculture, de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, et des sociétés et comices agricoles. Le Frère Abel a aussi démontré à un grand nombre d’instituteurs des campagnes qu’il leur appartenait de faire connaître à leurs élèves les mœurs de ce charançon et les moyens pratiques de le détruire.
- De son côté, M. Hérissant s’est livré depuis trois années à de nombreuses expériences et observations qui lui ont permis de reconnaître que le secouage des branches constituait le procédé de destruction le plus simple et le plus efficace. C’est lui qui le premier a fait usage d’une bâche ayant 100 mètres carrés et présentant sur l’un de ses côtés une fente qui permet d’envelopper la base du tronc des pommiers. Dans le but d’exercer une grande action sur les esprits attachés encore aux anciennes coutumes, il a rappelé en 1891 et 1892, vers le 15 avril, que le moment était arrivé de procéder au secouage des branches en leur faisant connaître en même temps le nombre considé-
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- rable d’insectes qu’il a pu recueillir en agitant les ramifications des deux cents à trois cents pommiers qui composent son verger.
- M. Henneguy n’a pas été étranger aux excellents résultats obtenus dans la destruction de ce petit et terrible insecte. Par les intéressantes conférences qu’il a faites dans la Bretagne et en Normandie, il a fait voir combien est grande la faute commise par les agriculteurs possesseurs de pommiers à cidre qui restent dans une complète inaction pendant les mois d’avril et de mai.
- Il est incontestable qu’on connaît maintenant les mœurs de l’anthonome depuis le réveil de son sommeil hivernal jusqu’au moment où la génération qui lui succède apparaît à l’état d’insectes parfaits en sortant des boutons roussis. On sait aussi que sa grande rusticité lui permet de supporter sans périr les froids les plus intenses et qu’il peut rester plusieurs semaines sans prendre de nourriture. Toutefois, il existe dans sa biologie des points qui sont encore obscurs et qui demandent de nouvelles et incessantes études. Ainsi, on ignore encore s’il a des parasites, quels sont les oiseaux qui le détruisent, s’il vit sur les feuilles pendant la saison estivale et si la matière grasse qu’il contient dans une notable proportion, quand il est adulte, suffit à son existence jusqu’au moment où il cherche un abri pour passer l’iiiver. Enfin on se demande, en présence du grand nombre d’insectes qui attaquent les pommiers au moment où ces arbres vont fleurir, si l’anthonome ne donnerait pas naissance à une seconde génération avant la fin de l’été.
- Les faits constatés par le Frère Abel et MM. Hérissant et Henneguy ont une telle importance, que je n’hésite pas à proposer d’accorder à chacun de ces observateurs une somme de 500 francs. Ces allocations seront de justes récompenses pour les services incontestables qu’ils ont rendus àla pomologie depuis trois années par suite d’expériences et d’observations qui ont été très utiles, puisqu’elles ont permis d’atténuer dans une large mesure les dégâts causés aux pommiers à cidre par l’anthonome.
- Signé : Gustave Heuzé, rapporteur.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT. ---
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- MEDAILLES
- I. LISTE DES MÉDAILLES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ POUR DES INVENTIONS OU DES PERFECTIONNEMENTS AUX ARTS INDUSTRIELS
- Ph Q o NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- MÉDAILLES D’OR
- MM. MM.
- 1 Courtier. G. Richard. Publications*industrielles.
- 2 Durenne. Bru ll. Ensemble des travaux.
- 3 Dr Effront. Vincent. Emploi des fluorures dans la dis-
- tillation.
- 4 Gall. Troost. Fabrication de l’acide carbonique
- liquide.
- 5 Gruner. Gibon. Ensemble de ses travaux sur les
- accidents du travail.
- 6 Hermite. De Luynes. Blanchiment électro-chimique.
- 7 Samain. Tresca. Ensemble des travaux.
- 8 Yillain fils. Simon. Métier à gazer les fils de coton.
- MÉDAILLE DE PLATINE
- MM. MM.
- 1 Barbe. Troost. Fabrication du vinaigre.
- <2 Mares (Etienne). Mascart. Compteur d’énergie électrique.
- MÉDAILLES D’ ARGENT
- MM. MM.
- 1 André. Prunier. Nettoyeur de filtre pour eau potable.
- 2 Barrouin. Rousselle. Piano perfectionné.
- 3 Belloc. Colonel Pierre. Appareil de sondage.
- 4 Brancher. Brull. Embrayage élastique.
- 5 Burot. Tresca. Poulies en papier.
- 6 Ghabaud - Latour Redier. Tour pour horlogerie.
- (James de).
- 7 Didier. Gibon. Étude sur les inventaires industriels.
- 8 Howatson. Hirsch. Système d’épuration des eaux.
- 9 Krebs. Brull. Chaudière multitubulaire.
- 10 Rousseau et Bal- Tresca. Pompe à débit variable.
- LAND.
- 11 Ronsse. Imbs. Reproduction de dessins sur tissus.
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- MÉDAILLES DECOURAGEMENT.
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- ta cd O rt o . *Q h NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motive les médailles.
- MM. MÉDAILLES DE MM. BRONZE
- i Compagnie fran - ÇAISE DE LAMPES A GAZ A RÉCUPÉRATION. Prunier. Lampe dite La Rouennaise.
- 2 Egger. Tresca . Graisseur pour machines.
- O 0 Mégissier. Redier. Serrure de sûreté.
- 4 Legoaziou. • Carpentier. Scrutateur électrique.
- 0 Prost. G. Richard. Extracteur universel d’eau de condensation.
- Les Secrétaires de la Société,
- Ed. COLLIGNON.
- AIMÉ GIRARD.
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- MÉDAILLES D ENCOURAGEMENT. --- JUILLET 1802.
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- DISTRIBUTION DES MÉDAILLES
- DÉCERNÉES POUR LES INVENTIONS UTILES OU LES .PE RFECTIO NNEM ENT S DANS LES ARTS INDUSTRIELS
- (Extraits des Rapports des différents comités.)
- (Voir le tableau I.)
- MÉDAILLES D’OR
- 1. Albums de dessins industriels, de M. Courtier.
- Tous les ingénieurs qui s’occupent de mécanique ou de construction connaissent les beaux travaux de dessins industriels exécutés par M. Courtier et en apprécient à chaque instant la grande utilité. Quelques-uns de ces travaux, parmi lesquels je citerai l’Album des chemins de fer, constituent des collections du plus haut intérêt historique et pratique. M. Courtier a ainsi rendu de grands services à de nombreuses industries, notamment aux chemins de fer, tant par l’importance de ses travaux, que par l’éducatien de nombreux élèves formés dans ses ateliers comme dans une véritable école supérieure et pratique de dessin industriel.
- Sur la proposition du Comité des Arts mécaniques, le Conseil de la Société d’Encouragement décerne à M. Courtier une médaille d’or.
- 2. Chaudière multitubulaire à tubes curvilignes et ensemble des travaux
- de M. J.-F. Durénne, fabricant de chaudières de moteurs à vapeur, 4, rue Legendre, à Paris.
- M. Durenne, membre de la Société, a expérimenté et construit une chaudière, multitubulaire à tubes curvilignes combinée par M. Krebs. Le conseil a reconnu les mérites de ce système spécial de générateurs.
- Les travaux de M. Durenne sont connus depuis longtemps de la Société d’Encouragement. Il a étudié et construit un grand nombre de types de générateurs et aussi d’autres ouvrages remarquables de chaudronnerie. Il a certainement contribué, dans une large mesure, aux progrès de la construction métallique.
- C’est pour récompenser toute une existence de travail que la Société d’Encouragement décerne une médaille d’or à M. J.-F. Durenne.
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- 3. Sur l’emploi de l’acide fluorhydrique et des fluorures en distillerie,
- par M. le Dr Effront.
- M. le Dr Effront a présenté à la Société lin long mémoire résumant ses travaux sur l’emploi de l’acide fluorhydrique et des fluorures en distillerie, et indiquant les résultats économiques qu’il a obtenus dans l’industrie.
- La transformation des matières amylacées en alcool n’est jamais que partielle, et ne représente guère que 80 p. 100 de l’amidon mis en œuvre.
- Une partie échappe à l’action de la diastase pendant la saccharification. Une autre, pendant la fermentation alcoolique, sert à nourrir la levure et à donner, en outre, d’une façon constante, de la glycérine et de l’acide succi-nique.
- Mais, à côté de ces pertes normales, il en est une autre aussi importante, qui peut être considérablement diminuée : c’est l’action des ferments nuisibles, ferments lactique et butyrique.
- Ces ferments, qui envahissent toujours plus ou moins les moûts, transforment rapidement en acides organiques une partie importante de la matière sucrée, représentant couramment 8 et 10 p. 100 de son poids.
- Ces acides paralysent en outre notablement l’action de la diastase sur la matière amylacée, et nuisent à la vitalité de la levure.
- M. Effront a cherché à combattre le développement de ces ferments nuisibles par l’emploi des acides minéraux.
- Il a établi l’action prépondérante de l’acide fluorhydrique, et, après de longues et délicates recherches, il a créé un procédé nouveau de saccharification et de fermentation des grains, qui a reçu depuis plusieurs années la sanction de la pratique industrielle.
- En affaiblissant les ferments nuisibles par l’emploi judicieux de l’acide fluorhydrique, il augmente d’une façon importante le rendement en alcool, et il obtient des produits meilleurs et plus neutres à la rectification.
- M. le Dr Effront a donc apporté un perfectionnement à l’une des industries les plus importantes : aussi, votre Comité des Arts chimiques propose-t-il de lui décerner une médaille d’or pour l’ensemble de ses travaux.
- 4. Préparation industrielle de l’acide carbonique liquide, par M. H. Gall.
- La préparation industrielle de l’acide carbonique a été réalisée pour la première fois en France par M. H. Gall.
- Cet habile ingénieur a rapidement perfectionné ses procédés, qui per-
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- mettent d’employer l’acide carbonique, non seulement pour la mise en pression de la bière, mais aussi pour la fabrication de l’eau de Seltz et des eaux gazeuses en général, et pour un grand nombre d’applications nouvelles.
- M. Gall a rendu ainsi à l’industrie nationale un signalé service, pour lequel la Société lui décerne une médaille d’or,
- 5. Travaux sur la question des accidents du travail,
- par M. E. Gruner, ingénieur civil des Mines.
- M. E. Gruner est l’un des ingénieurs qui a étudié avec le plus de soin et de talent la question complexe des accidents du travail; ses premières études nous font l’historique des lois, appliquées en Allemagne et en Autriche, où la législation a réglé les charges conséquentes de ses accidents. En 1887, M. E. Gruner a publié tous les documents qui intéressent cette question dans ces deux empires. En 1889, M. Gruner, secrétaire général du Congrès des accidents du travail, a réuni tous les travaux qui ont été communiqués à ce Congrès et les discussions importantes auxquelles ils ont donné lieu, il a fait hommage de ces travaux à la Société d’Encouragement. En 1891, il a représenté à Berne le Comité permanent qui a continué ces études après le Congrès de 1889, il a coopéré à ses travaux.
- Des publications sur cette importante question ont déjà mérité à M. E. Gruner une médaille d’or, qui lui a été décernée par la Société des ingénieurs civils; ses travaux ont reçu de hautes approbations; notamment un éloge de M. Aucoc, membre de l’Institut, qui a été publié par la Société de législation comparée.
- L’ensemble des publications de M. Gruner présente un caractère scientifique et un respect de la liberté qui font grand honneur à leur auteur. Le Comité de Commerce auquel ces travaux ont été renvoyés a soumis au Conseil de la Société un rapport qui a été approuvé et publié dans son Bulletin d’avril dernier ; c’est à la suite de ce rapport que le Conseil, sur l’avis du Comité, a accordé à M. Gruner une médaille d’or, qui va lui être décernée.
- 6. Blanchiment électro-chimique de la pâte â papier,
- par M. Hermite.
- M. Hermite a fait connaître son procédé de blauchiment de matières végétales par voie électro-chimique dont il fait une application au blanchiment de la pâte à papier dans l’usine de MM. de Montgoltîer et C°, à la Haye-Descartes. L’économie qui résulte de l’emploi de ce procédé est consi-
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- dérable et l’importance des résultats qui ouvrent une voie nouvelle à l’industrie du blanchiment sont dignes de l’intérêt de la Société d’Encouragement. Pour ces raisons le Conseil décerne à M. Hermite une médaille d’or.
- 7. Inventions et perfectionnements divers dus à M. Samain.
- M. Samain a présenté à la Société d’Encouragement toute une série d’inventions ou de perfectionnements qui ont fait l’objet d’un rapport détaillé, lu et approuvé en séance le 26 février 1892 :
- Son compteur à eau adopté maintenant sur une large échelle.
- Les perfectionnements apportés dans la construction des ascenseurs hydrauliques à tubes télescopiques.
- Les différents appareils compensateurs pouvant être appliqués aux ascenseurs à piston plongeant ainsi qu’aux ascenseurs à tiges développables doivent être cités dans ce résumé comme constituant de véritables inventions d’une utilité incontestable.
- La boîte à clapets à ouverture automatique, du même inventeur, permet de compenser les pertes d’eau par les différentes garnitures des ascenseurs, sans que l’on ait à s’occuper, par des manœuvres plus ou moins pénibles, de faire le plein de l’appareil à intervalles plus ou moins rapprochés.
- Son moteur hydraulique à dépense variable a déjà reçu des applications importantes, là où le travail demandé à un même appareil varie rapidement dans de grandes limites, comme cela se présente dans les appareils de levage, au moyen de l’eau sous pression, les cabestans hydrauliques, par exemple.
- En citant encore les pompes à débit variable basées sur le même principe que le moteur, les différents genres de pompes rotatives ou à piston, les balances hydrauliques, les perfectionnements à différents genres de pressoirs, parmi lesquels il convient de citer la presse à losanges, nous aurons passé rapidement en revue les diverses inventions de cet inventeur infatigable dont chaque étude constitue un véritable progrès dont peut profiter l’industrie nationale.
- La Société d’Encouragement décerne cette année à M. Samain une médaille d’or après l’avoir récompensé à diverses reprises et depuis longtemps par des médailles d’argent et de platine lorsqu’il a soumis à l’examen de la Société ses différents genres de presses à losanges (1).
- (1) Rapports des 8 mai 1861 et 11 février 1870.
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- 8. Métier à gazer les fils de coton, par MM. Villain fils et Cie.
- La médaille d’or décernée à MM. R. Villain fils et Cie se justifie doublement. La machine présentée par ces constructeurs réalise, mieux que les appareils antérieurs, la délicate opération du gazage des fils (4) ; de plus, les dispositions adoptées permettent la ventilation de l’atelier et constituent, par suite, un notable progrès hygiénique.
- MÉDAILLES DE PLATINE
- 1. Fabrication automatique du vinaigre, par M. E. Barbe, ingénieur.
- La fabrication automatique du vinaigre installée avec succès par M. E. Barbe à Lagny, puis à Lyon, à Brest, à Toul, à Clermont-Ferrand, à Bordeaux et à Valence, constitue un important perfectionnement du procédé Schutzenbach.
- Le travail manuel y esta peu près complètement supprimé; l’alimentation des cuves se fait avec la plus grande régularité le jour et la nuit.
- La Société accorde à M. E. Barbe une médaille de platine.
- 2. Compteur d’énergie électrique, par M. Mares.
- L’appareil présenté par M. Marès est un de ceux qui répondent le mieux aux conditions qu’exige l’emploi d’un compteur dans la distribution de l’électricité à domicile. Cet appareil a été réalisé avec une grande perfection et donne de très beaux résultats dans la pratique. La Société d’Encourage-ment, voulant récompenser les travaux de M. Marès, lui décerne une médaille de platine.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- 1. Nettoyeur pour filtre Pasteur, par M. O. x\nbré.
- Le nettoyeur automatique inventé par M. André et adapté par lui aux bougies Chamberland en assure le fonctionnement et le débit dans des conditions réellement pratiques et avantageuses.
- (T) Voir le Rapport de M. Simon, Bulletin d’octobre 1891, p. o37.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT. --- JUILLET 1892.
- En somme, c’est un progrès sérieux réalisé dans la filtration des eaux potables.
- Et en présence de l’intérêt qui s’attache, au point de vue hygiénique, à ce genre d’applications, le Conseil a décerné à M. André une médaille d’argent.
- 2. Régulateur de touches de piano, par M. Barrouin, facteur de pianos,
- rue de Sèvres, à Paris.
- M, Barrouin, facteur de pianos, a imaginé un appareil simple, peu coûteux et susceptible d’être appliqué aux pianos déjà construits, afin de permettre aux exécutants de graduer à volonté la résistance des touches. Ce système, qui fournit aux professeurs de piano le moyen d’imposer à leurs élèves l’effort musculaire qu’ils jugent le plus propre à rendre leurs études fructueuses, constitue un progrès notable. La Société d’Encouragement, voulant récompenser M. Barrouin de ses travaux d’autant plus méritoires que cet inventeur est privé de la vue, lui décerne une médaille d’argent.
- 3. Appareil de sondage, par M. Belloc.
- M. Belloc, officier d’Académie, rue de Rennes, 105, à Paris, a présenté à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, un sondeur ou Appareil de sondage portatif à fil d’acier, destiné à mesurer les profondeurs de la mer et des lacs.
- La solidité et les qualités de ce petit appareil ont été démontrées par l’expérience, car il a servi à opérer avec succès plusieurs milliers de sondages. lia été aussi employé à recueillir des matériaux destinés aux analyses chimiques des eaux et des sédiments.
- Un appareil semblable, mais de dimensions plus grandes, a été approprié au service à la mer, pour les ingénieurs hydrographes et autres explorateurs de la mer.
- Dans le cours de l’année 1891, le sondeur Belloc a été employé avec succès dans la mer du Nord par M. le prince de Monaco, et sur les lacs de la Haute-Savoie par M. Delebecque, ingénieur des ponts et chaussées.
- Le Comité des Arts mécaniques propose de décerner à M. Belloc une médaille d’argent.
- 4. Embrayage élastique, par M. Brancuer, 6, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- M. A. Brancher a combiné un embrayage à friction dans lequel il utilise
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- l’énorme frottement que donne un lien flexible enroulé plusieurs fois autour d’un tambour cylindrique.
- Cet appareil a reçu d’assez nombreuses applications et rend des services appréciables en permettant de mettre en jeu progressivement, sans choc et sans vibration, des résistances assez considérables.
- La Société d’Encouragement décerne une médaille d’argent à M. A, Brancher.
- 5. Poulies en papier, par M. A.-L. Burot.
- M. A.-L. Burot a présenté à la Société d’Encouragement un système de poulie dont la jante est formée de papier en bande enduit de colle, enroulé et comprimé, puis tournée et enfin trempée dans un mélange d’huile et de résine pour lui permettre de résister à l’action de l’humidité, tout en augmentant la consistance de la matière dont elle est formée.
- Ces poulies, mise en usage à l’Exposition universelle de 1889, ont été expérimentées, à nouveau, chez M. N. Duval, constructeur mécanicien, et c’est à la suite d’expériences qui ont duré environ quatre mois, et au bout desquels les poulies de M. Burot ont été reconnues en aussi bon état que lors de leur mise en place, que la Société d’Encouragement a décerné h M. A.-L. Burot une médaille d’argent.
- 6. Tour pour horlogerie, par M. James de Ciiabaud-Latour.
- M. James de Chabaud-Latour, mécanicien à Boulogne-sur-Seine, a présenté à la Société des modèles de tours pour l’horlogerie qui rappellent les tours américains destinés aux mêmes travaux. Son usine merveilleusement installée livre des tours perfectionnés qui font, quasi automatiquement, toutes les pièces d’une montre. Les détails nouveaux de cet outillage, l’installation d’un atelier de ce genre aux portes de Paris justifient la médaille d’argent que la Société attribue à M. de Chabaud-Latour.
- 7. Étude sur l’inventaire des Sociétés industrielles,
- par M. Didier, secrétaire général de la Compagnie desForges de Châtillonet Commentry.
- Le rapport sur cette intéressante étude a été présenté au Conseil, qui a bien voulu l’approuver, dans la séance du 23 décembre 1891. Le point capital, mis en relief par M. Didier, est que toute Société industrielle doit, au moment même où elle se forme, constituer un fonds de roulement large-
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- ment suffisant, le respecter pendant toute l’existence de la Société et l’ac_ croître par des réserves; de plus, la prospérité continue de l’industrie étant incertaine, M. Didier croit nécessaire de préciser des règles d’amortissement sévères pour tout ce qui constitue l’actif industriel.
- Ces deux conditions sont très nettement précisées dans le travail de M. Didier, le Comité de Commerce leur a donné toute son approbation et par suite a proposé au Conseil de la Société de vouloir bien accorder à M. Didier, auteur de l’étude, une médaille d’argent qui va lui être décernée.
- 8. Épurateur d’eaux, par M. Howatson, avenue du Roule, 165, à Neuilly-sur-Seine.
- M. Howatson, directeur de la Société d’épuration des eaux, 165, avenue du Roule, à Neuilly, vous a présenté un appareil ayant pour objet l’épuration des eaux destinées soit à l’alimentation des générateurs de vapeur, soit aux usages de la blanchisserie, delà teinture, des apprêts, etc.
- Le système dont il s’agit a été décrit dans notre Bulletin : il consiste à traiter par des réactifs appropriés les eaux à épurer, puis ensuite à séparer les précipités ainsi formés à l’aide d’une décantation suivie d’une filtration. L’appareil est simple, bien disposé et d’un prix abordable.
- Nous avons l’honneur de vous proposer de décerner à M. Howatson une médaille d’argent.
- 9. Chaudière multitubulaireàtubes curvilignes, par M. Krebs, major du régiment
- de sapeurs-pompiers, 9, boulevard du Palais, à Paris.
- M. Krebs, major du régiment de sapeurs-pompiers, membre delà Société, a combiné un générateur multitubulaire à tubes curvilignes. Ce générateur léger, susceptible d’être conservé facilement en bon état, d’être mis rapidement en pression et de fonctionner assez économiquement à tout instant, mérite de fixer l’attention des administrations et des industriels.
- La Société d’Encouragement décerne à M. le major Krebs une médaille d’argent.
- 10. Pompe à débit variable,par MM. Rousseau et F. Balland.
- MM. Rousseau et Ralland se sont proposé de disposer une pompe à course et vitesse constantes dont le débit peut varier cependant, au gré du conducteur de la machine, par la manœuvre d’un simple levier.
- C’est en changeant le calage d’un excentrique commandant l’un des pistons plongeurs d’une pompe à deux pistons fonctionnant dans le même corps que l’on peut faire varier le débit depuis 0 jusqu’à un débit maximum corres-
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- pondant à la somme des volumes développés par les deux pistons plongeurs.
- Cette solution ingénieuse a paru au Comité des Arts mécaniques digne d’une récompense et la Société d’Encouragement décerne à MM. Ph. Rousseau et F. Balland une médaille d’argent.
- 11. Reproduction des dessins et peintures sur tissus, par M. Ronsse.
- La médaille d’argent décernée à M. Henri Ronsse est largement méritée par les remarquables procédés qu’il a imaginés et qu’il emploie pour l’exécution de tissus-chenille reproduisant avec aisance et économie, et à une échelle facultative, tous les détails de coloris de véritables tableaux.
- MEDAILLES DE BRONZE
- 1. Lampe à, récupération, dite la Rouennaise.
- La lampe la Rouennaise est une lampe Wenham dans laquelle on est parvenu à fondre d’une seule pièce la lampe et son récupérateur.
- Dans son ensemble, c’est un spécimen bien compris et bien exécuté de lampe à récupération.
- Le Conseil de la Société a voté à la Compagnie française de lampes à gaz à récupération une médaille de bronze.
- 2. Graisseur pour machines, par M. Egger.
- M. Egger, ouvrier ajusteur à la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée, a présenté à la Société d’Encouragement, un graisseur destiné spécialement à faire arriver la matière lubrifiante dans les cylindres de machines locomotives lorsque celles-ci circulent sur une pente prolongée.
- La disposition imaginée par M. Egger permet de remplir le but qui vient d’être indiqué, et la Société d’Encouragement décerne à M. Egger une médaille de bronze.
- 3. Serrure de sûreté, par M. Mégissier.
- M. Mégissier a présenté à la Société une serrure réunissant des conditions nouvelles de sûreté et de solidité qui en font un modèle destiné à un long avenir.
- Une médaille de bronze est attribuée à M. Mégissier pour ce travail.
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- 4. Scrutateur électrique, par M. Legoaziou.
- M. Legoaziou a étudié et proposé un système destiné à rendre faciles et rapides les opérations du scrutin qui s’effectuent si péniblement encore dans les grandes assemblées politiques. x4près avoir consciencieusement étudié les travaux de ses devanciers, il s’est arrêté comme eux à la solution qui emprunte le concours de l’électricité.
- Les appareils de M. Legoaziou n’ont point été construits, mais leurs dispositions sont arrêtées dans leurs moindres détails, et elles témoignent d’une vue très nette des nécessités de la pratique. Aussi le Comité des Arts économiques pense que le système de M. Legoaziou peut être classé parmi ceux qui fourniraient la meilleure solution, et propose de lui décerner une médaille de bronze.
- 5. Extracteur automatique d’eau de condensation, par M. Prost.
- M. Prost a présenté à la Société d’Encouragement un purgeur d’eaux de condensation établi d’après un principe rationnel et qui s’est parfaitement comporté dans des installations nombreuses et importantes de chauffage et de chaudières à vapeur.
- Sur la proposition du Comité des Arts mécaniques la Société d’Encouragement décerne à M. Prost une médaille de bronze.
- MÉDAILLES COMMÉMORATIVES
- Le Conseil d’Administration a décidé d’offrir à plusieurs personnes qui ont bien voulu faire des communications intéressant la Société, des médailles commémoratives en argent, à titre de remerciement, pour marquer l’intérêt avec lequel elles ont été accueillies.
- Ces médailles sont remises à :
- MM. Sorel, ingénieur, séance du 13 février 1891. — Rectification de l’alcool.
- Kolb, directeur des Etablissements Kuhlmann, à Lille, séance du 8 janvier 1892. — Procédé Deacon.
- Fontaine (Hippolyte), ingénieur, séance du 13 mai 1892. — Applications industrielles de l’électricité.
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- II. LISTE DES CONTREMAITRES ET OUVRIERS AUXQUELS ONT ÉTÉ DÉCERNÉES DES MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT
- Nos d’ordre. NOMS ET PRÉNOMS. J ANNÉES | DE SERVICE. ‘ 1 i
- MM.
- 1 Adam (Charles) 33
- 2 Blondeau (Jean) 47
- 3 Bondoux (Alexandre-Denis). . . 40
- 4 Bouvier (Jean) 43
- 0 Brancq (Maximin-Auguste). . . 38
- 6 Caillot (Jean-Baptiste) 37
- 7 Chambet (Marc) 31
- 8 Chapelle (Philippe) 49
- 9 Chazelet (Léon) 32
- 10 Chilouet (Alphonse) 42
- 11 Cogniaux (Joseph) 38 (
- ETABLISSEMENTS
- AUXQUELS
- ILS APPARTIENNENT.
- Ouvrier modeleur à la Société des | anciens EiablissementsCail, à P a ris.
- Ouvrier boiseur à la Société des houil-lières d'Épinac.
- Découpeur marqueteur chez M. Chèvre l, à Paris.
- Ouvriercorroyeur chezM. Petitpont, manufacturier, à Ghoisy-le-Roi.
- Ouvrier chez M. Soyer, fabricant de cuirs vernis, à Puteaux.
- Maître mineur à la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry.
- Contremaître chez M. Paul Garnier, horloger, à Paris.
- manufacturier, à Choisy-le-Roi.
- [écanicien de précision de la ma son Breguet, à Paris.
- uvrier tréfileur à la Compagnie dt forges de Châtillon et Commentry,
- uvrier chez M. Gauhert, facteur pianos, à Lille.
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- 1 d’ordre. NOMS ET PRÉNOMS. NNÊES SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS
- O < Îl3 Q ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- 12 Colnard (Jean-Hubert) .... 33 Ouvrier tanneur chez M. Soyer, fabricant de cuirs vernis, à Puteaux.
- 13 Delobeau (Auguste) 38 Chauffeur chez MM. Poure, 0'Kelly et Cie, manufacturiers, à Boulogne-sur-Mer.
- 14 Dubois (Dominique) 38 Ouvrier menuisier de la maison Bre-guet, à Paris.
- 15 Gossens (Émile) 44 Ouvrier typographe à l’imprimerie Jacquin Bourges, h. Fontainebleau.
- 16 Guérin (René) 34 Gouverneur des cylindres à la papeterie de M. Ch. de Montgolfier, à la Haye-Descartes.
- 17 Hastier (Pierre) 35 Chef d’équipe monteur à la Compagnie des Chemins de fer de l'Est, à Troyes.
- 18 Jeandel (Prosper) 31 Contremaître chez M. Paul Garnier, horloger, à Paris.
- 19 Kieffer (Jean-Joseph) 33 Ouvrier en précision chez'MM. Re-dier et Cie, à Paris.
- 20 Lemoine (Camille) 44 Contremaître de puddlage à la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry.
- 21 Levasseur (Jules-Florentin) . . 34 Façonneur en éventails chez Mme Vve Bastard-Lannoy, à Andeville.
- 22 Levasseur (Mme Joséphine). . 40 Graveur en éventails chez Mmo VVR Bastard-Lannoy, à Andeville.
- 23 Matignon (Léon-César).- .... 40 Contremaître à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, à Oullins.
- 24 Montjotin (Antoine). . . 36 Ouvrier mineur à la Compagnie des forges de Châtillon et Commentry.
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- Nos d’ordre.
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- NOMS ET PRÉNOMS.
- MM.
- 25
- Moustier (Césaire)
- 26 Munie (Jules-Joseph)
- 27 Odent (Auguste)
- en
- H
- 'ta
- z;
- K
- w
- O
- P3
- w
- en
- H
- Q
- 52
- ÉTABLISSEMENTS
- AUXQUELS
- ILS APPARTIENNENT.
- Conducteur de machines, à la Société des charbonnages des Bouches-du-Rhône.
- 35 Ouvrier chaudronnier à la Société des anciens établissements Cail, à Paris.
- 38
- Riveur à la Société Chameroy, à Paris.
- 28
- Paradis
- 37 Ouvrier menuisier ébéniste de la maison Breguet, à Paris.
- 29
- 30
- 31
- 32
- 33
- 34
- 35
- Passereau (Victor). Perrier (Benoist). Perrin (Auguste).
- Pichon (Joseph). .
- Pillot (Jean) . . Plense (Paul). . .
- Pomba (Jules). . .
- 46 Ouvrier teinturier chez M. Petitpont, manufacturier, à Ghoisy-le-Roi.
- 34 Ouvrier bitumier à la Société Chameroy, à Lyon.
- 36 Ouvrier raboteur à la Société des anciens établissements Cail, à Paris.
- 38
- Contremaître chez MM. Poure, O’Kelly et Cie, manufacturiers, à Boulogne-sur-Mer.
- 46 Ouvrier garde-barrières à la Société des houillères d'Epinac.
- 36
- Ajusteur à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, à Arles.
- 35 Ouvrier à la Société Chameroy, à Paris.
- 36
- Richard (Auguste)
- 43
- Ouvrier teinturier chez M. Petitpont, manufacturier à Ghoisy-le-Roi.
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- H PS u 2 ÉTABLISSEMENTS
- Ph O NOMS ET PRÉNOMS. > ê « AUXQUELS
- ê; * * Ed Q ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- 37 Saulnier (Louis) 32 Surveillant chargé de la fabrication à la papeterie de M. Ch. de Montgolfière à La Haye-Descartes.
- 38 Schmid (Gustave-Adolphe).... 38 Ouvrier tourneur à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, à Paris.
- 39 Signoret (Gabriel) 3 Ouvrier tôlier à la Société Chamerog, à Lyon.
- 40 Sorin (Alfred-Léon). .... 34 Ouvrier ferblantier chez M. Carnaud, fabricant de boîtes métalliques, à Paris.
- 41 Stein (Pierre) 36 Ouvrier zingueur à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, à Paris.
- 42 Theisz (Charles-Eugène) .... 38 Contremaître adjoint à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, à Paris.
- 43 Vial (Marc) 45 Ouvrier tourneur à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, à Oullins.
- 44 Voisin (Lazare) 35 Ouvrier boiseur à la Société des houillères d'Epinac.
- Les Secrétaires de la Société,
- Ed. COLLIGNON.
- AIMÉ GIRARD.
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- MÉDAILLES
- DÉCERNÉES AUX CONTREMAITRES ET OUVRIERS DES ÉTABLISSEMENTS MANUFACTURIERS
- ET AGRICOLES.
- (Voir le tableau II.)
- 1. Adam (Charles).
- M. Adam, né à Billy (Meuse), le 8 février 1829, est entré le 27 août 1857 à la Société des établissements Cail où il est actuellement employé en qualité de modeleur. C’est un excellent ouvrier qui compte 35 ans de service. Avant son entrée aux usines Cail, il avait fait 7 ans de service militaire et avait fait la campagne de Crimée au cours de laquelle il reçut une blessure.
- 2. Blondeau (Jean).
- M. Blondeau, âgé de 66 ans, compte 47 années de service à la Société anonyme des houillères et du chemin de fer d’Epinac, où il est employé en qualité de boiseur. C’est un très bon ouvrier qui a toujours donné satisfaction à ses chefs.
- 3. Bondoux (Alexandre-Denis).
- M. Bondoux, ouvrier découpeur, marqueteur est-entré, le 15 juillet 1851, dans les ateliers de marqueterie et do découpage de M. Chevrel, rue de la Cerisaie, à Paris, où il travaille encore. Depuis 40 ans qu’il est employé dans la même maison, son maître n’a eu qu’à se louer de ses longs et dévoués services.
- Il a reçu récemment du ministre du commerce et de l’industrie une médaille d’honneur en argent.
- 4. Bouvier (Jean).
- M. Bouvier, né en 1832, est entré à la maroquinerie de Choisy-le-Roi, actuellement Petit-Pont et Cie, en 1849, employé comme ouvrier corroyeur. 11 compte 43 ans de service; il s’est toujours montré rangé et assidu à son travail.
- 5. Brancq (Maximin-Auguste).
- M. Brancq, né le 7 décembre 1832, à Marquise (Pas-de-Calais), est employé actuellement dans le magasin de cuirs et vernis de M. L. Soyer, rue Mayran, à Paris, après être entré dans l’usine de la maison Soyer le 6 décembre 1854. Pen
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- dant 38 années il a rendu les plus grands services autant par son habileté professionnelle que par son intégrité dans les fonctions qui lui ont été confiées.
- 6. Caillot (Jean-Baptiste).
- M. Caillot, âgé de 59 ans, est entré en 1854 en qualité de maître mineur à la houillère de Doyet (Allier) où il occupe encore la même position. Il compte 37 ans d’excellents services.
- En 1874, au péril de ses jours, il est allé courageusement au secours de deux, ouvriers qui étaient en danger par suite d’une inondation dans les travaux souterrains.
- 7. Chambet (Marc).
- M. Chambet, né le 13 décembre 1839, à Bonneville (Savoie), est entré comme ouvrier le 12 octobre 1861 dans les ateliers d’horlogerie de la maison Garnier.
- Il est actuellement contremaître dans les mêmes ateliers depuis 20 ans, où s’est toujours fait remarquer par sa conduite et ses aptitudes; il compte ainsi 31 années de service.
- 8. Chapelle (Philippe).
- M. Chapelle, né en 1822, est entré dans la fabrique de maroquins de Choisy-le-Roi, actuellement maison Petit-Pont. etCie, en 1843. Ouvrier corroyeur attaché spécialement à l’atelier du noir, c’est un homme très rangé ; il a deux fils ouvriers dans la même maison. Il compte ainsi 49 ans de très bon service et est le plus ancien des ouvriers de la fabrique.
- 9. Chazelet (Léon).
- M. Chazelet est entré dans la maison Bréguet en octobre 1856 comme apprenti; c’est un ouvrier hors ligne chargé de tous les travaux délicats; il ne s’occupe que de mécanique de précision ; il est très laborieux, très rangé et intelligent.
- Il amis 18 ans à construire, chez lui, un régulateur de haute précision qui a remporté le premier prix au dernier concours de l’Ecole d’horlogerie.
- Il compte 32 ans d’excellents services.
- 10. Chilouet (Alphonse).
- M. Chilouet, âgé de 55 ans, est entré aux forges de Tronçais (Allier) en 1850. Employé d’abord comme aide affineur, puis comme affineur, il a été placé comme tréfileuren 1868, à l’ouverture de la tréfilerie, poste qu’il occupe encore actuellement.
- Bon travailleur et d’une conduite exemplaire, il compte 42 ans de service.
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- 11. Cogniaux (Joseph).
- M. Cogniaux, né à Saint-Omer le 17 janvier 1819, est entré dans la maison Gaubert pour la fabrication des instruments de musique à Lille, le 1er mars 1834. Depuis 58 ans qu’il est employé comme ouvrier dans cette maison, on n’a jamais eu qu’à se louer de sa parfaite honorabilité, de son dévouement et de sa bonne conduite.
- 12. Colnard (Jean-Hubert).
- M. Colnard, né le 9 septembre 1834 à Saint-Rémy (Meuse), est entré dans l’usine de corroierie Soyer le 18 avril 1857, comme ouvrier tourneur. Sa bonne conduite et la connaissance de la fabrication lui ont fait confier plus tard la direction de l’atelier en qualité de contremaître. Pendant ses 35 années de présence dans l’usine son caractère ferme et conciliant lui a mérité l’affection des ouvriers, et l’estime de ses patrons.
- 13. D ELOBEAU (Auguste).
- M. Delobeau est employé dans la fabrique de plumes métalliques Poure, O’Kelly et Cie, à Boulogne-sur-Mer, en qualité de chauffeur depuis le 1er novembre 1853. Il compte ainsi 38 ans de service; c’est un ouvrier laborieux et assidu à son travail.
- 14. Dubois (Dominique).
- M. Dubois, ancien surveillant des lignes télégraphiques de l’Etat, est entré comme monteur de lignes télégraphiques dans la maison Bréguet en octobre 1854. Il a fait des montages de lignes en France, en Portugal et en Espagne. Dans l’intervalle il s’occupait du réglage et du contrôle des appareils télégraphiques, fonction qu’il remplit actuellement. Ouvrier probe, travailleur et rangé, il compte 38 ans d’excellents services.
- 15. Gossens (Émile).
- M. Gossens, né à Fontainebleau, est entré à l’âge de 12 ans, en juillet 1847, en apprentissage dans l’imprimerie Jacquin Bourges. Il compte aujourd’hui 44 ans de présence dans le même établissement; sa conduite est irréprochable et il a rendu d’excellents services, connaissant parfaitement la typographie dans toutes ses parties.
- 16. Guérin (René).
- M. Guérin, né le 31 mars 1828 à Yzeures (Indre-et-Loire), est entré à la papeterie de Montgolfîer à la Haye-Descartes le 1er septembre 1858, où il est employé actuellement comme gouverneur des cylindres. Il compte 34 ans de bons services.
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- 17. Hastikr (Pierre).
- M. Hastier, né à Troyes (Aube), le 25 décembre 1826, et entré au service de la Cie des chemins de fer de l’Est le 5 décembre 1847. Sorti le 31 août 1849, puis rentré le 5 novembre 1856; sorti à nouveau le 31 décembre 1860 et rentré une dernière fois le 11 septembre 1862, il occupe actuellement l’emploi de chef d’équipe monteur au dépôt de Troyes. C’est un bon ouvrier dont la conduite a toujours été irréprochable; il s'est toujours montré zélé, exact et assidu à son travail pendant les 35 ans de présence à la Compagnie.
- 18. Jeandel (Prosper).
- M. Jeandel, né à Paris le 24 juin 1839, est entré dans la fabrique d’horlogerie de Garnier en 1861, en qualité d’ouvrier. Aujourd’hui il a la direction de tout ce qui concerne les montres. Il compte 31 ans d’excellents services.
- 19. Kieffer (Jean-Joseph).
- M.Kieffer, âgé de 53 ans, a été d’abord pendant 16 ans chez M. Secretan qui l’a cédé à M. Redier; depuis cette époque M. Redier l’a employé dans ses ateliers de mécanique de précision. C’est un excellent ouvrier qui compte 33 ans de service.
- 20. Lemoine (Camille).
- M. Lemoine, âgé de 51 ans, compte 42 ans de services à l’usine de Commen-try (Allier),' où il a été employé d’abord pendant 28 ans comme chef puddleur, puis pendants ans comme contremaître dupuddlage, poste qu’il occupe actuellement, Il s’est toujours fait remarquer par son excellente conduite.
- 21. Levasseur (Jules-Florentin).
- M. Levasseur, né à Andeville (Oise), le 27 mars 1833, est entré dans la maison Bastard-Lannoy comme ouvrier façonneur en éventails en octobre 1858. C’est un ouvrier qui a toujours montré de l’attachement pour ses patrons et du zèle pour son travail. En 1877 il a eu à l’exposition de Compiègne un diplôme d’honneur pour son travail sur la nacre. Il compte 34 ans de très bons services.
- 22. Mme Levasseur (Joséphine).
- Mme Levasseur, née à Bordeaux-Rozalbat, le 7 mars 1834, est entrée dans la maison Bastard-Lannoy comme ouvrière graveuse en éventails le 27 décembre 1852. Elle compte 40 ans de service dans cette maison où elle a toujours fait preuve de zèle et d’attachement pour ses maîtres.
- Elle a obtenu un diplôme d’honneur à l’exposition de Compiègne en 1877
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT. -- JUILLET 1882.
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- pour son travail sur les éventails et, en janvier 1892, une médaille d’honneur en argent du ministre du commerce.
- 23. Matignon (Léon-César).
- M. Matignon est à la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée depuis 1852. Entré d'abord à Nîmes le 14 septembre 1852, il a été nommé contremaître dans les mêmes ateliers le 1er janvier 1862, puis il est passé aux ateliers d’Oullins, comme contremaître de la fonderie de cuivre. Pendant quarante ans, il s’est toujours signalé par son zèle, son activité et son intelligence et a rendu beaucoup de services à la Compagnie.
- 24. Montjotin (Antoine).
- M. Montjotin, âgé de 51 ans, est entré depuis 36 ans à la houillère de Saint-Eloy (Puy-de-Dôme), appartenant à la Société des forges de Châtillon et Commen-try où il est employé comme ouvrier mineur. Il s’est toujours fait remarquer par sa conduite et son travail.
- 25. Moustier (Césaire).
- M. Moustier, né à Gréasque (Bouches-du-Rhône), le 27 août 1829, est depuis 52 ans au service de la Société anonyme de charbonnages des Bouches-du-Rhône, à Gréasque, où il est employé actuellement comme chef pompier et conducteur de machines. Il s’est toujours fait remarquer par son zèle et son intelligence et a rendu d’importants services dans plusieurs circonstances ; en 1889, il a obtenu une médaille d’honneur en argent du ministre du commerce.
- 26. Munie (Jules-Joseph).
- M. Munié, né à Dijon le 18 mars 1832, est entré aux Anciens établissements Cail, à Paris, le 19 février 1857, où il est encore employé en qualité de chaudronnier. C’est un très bon ouvrier qui compte 35 ans de service dans le même établissement.
- 27. Odent (Auguste).
- M. Odent, né à Franvillers (Somme), est entré à l’usine de fabrication des tuyaux Chameroy, actuellement P. deSingly et Cie, à Paris, en avril 1854, où il est employé comme riveur. Il compte 38 ans de présence dans cette maison, temps pendant lequel il s’est toujours fait remarquer par sa bonne conduite et son assiduité au travail.
- 28. Paradis.
- M. Paradis, entré en février 1855 dans la maison Bréguet, comme ouvrier
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- 456 MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT. ---- JUILLET 1892.
- ébéniste; il est devenu contremaître en 1866. Il s’est fait remarquer par sa grande habileté manuelle et s’est instruit lui-même en suivant aux mairies les cours du soir. Il compte 37 ans de très bons services.
- 29. Passereau (Victor).
- M. Passereau, né en 1826, est entré à la manufacture de maroquins deChoisy-le-Roi en 1846, où il est employé à la mise en couleur. Il est un de ceux qui ont fait primitivement les rouges de Ghoisy teints avant le tannage. Excellent ouvrier, il compte 46 ans de service ; il s’est fait remarquer par plusieurs sauvetages.
- 30. Perrier (Benoist).
- M. Perrier, né à la Mure (Isère), est entré à l’usine de fabrication des tuyaux Chameroy, actuellement P. de Singly et Cie, à Lyon, en mai 1858. Il y est employé depuis 34 ans en qualité d’ouvrier bitumier et s’est toujours montré régulier et assidu à son travail.
- 31. Perrin (Auguste).
- M. Perrin, né à Nancy-le-Duc, le 10 août 1832, est entré dans les anciens établissements Cail à Paris, le 1er février 1856; il est actuellement employé comme raboteur. C’est un ouvrier sérieux et dévoué qui compte 36 ans de bons services.
- 32. Pichon (Joseph).
- M. Pichon est entré dans la fabrique de plumes métalliques de Blanzy-Poure et Cie, à Boulogne-sur-Mer, le 3 octobre 1854. Contremaître d’un atelier important, il a rendu de véritables services depuis 38 ans qu’il est dans cette maison.
- 33. Pillot (Jean).
- M. Pillot, âgé de 65 ans, est garde-barrière à la Société des houillères et du chemin de fer d’Epinac; il compte 46 années de service et a donné constamment satisfaction à ses chefs par son travail et sa conduite.
- 34. Plense (Paul).
- M. Plense, né le 10 octobre 1837, à Arles, est entré aux ateliers de chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, à Arles, le 16 août 1855, en qualité d’ajusteur.
- Depuis son admission, cet ouvrier a toujours rempli avez zèle et exactitude les obligations de sa profession et s’est fait remarquer par sa bonne conduite, depuis 36 ans.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
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- 35. Pomba (Jules).
- M. Pomba, né à Ugny (Moselle), est entré à l’usine Chameroy de Paris, pour la fabrication des tuyaux, en novembre 1857. Il y est encore employé comme homme de courses et compte 35 ans de bons services; il s’est toujours distingué par son zèle et sa probité.
- 36. Richard (Auguste).
- M. Richard, né en 1821, est entré à la maroquinerie de Choisy-le-Roi, actuellement maison Petitpont et Cie, où il a été attaché à l’atelier de noir. Il s’est fait une spécialité à la recharge, la mise en huile, au suif et en dégras, ayant su se rendre très utile dans cette partie. Il compte 43 ans d’excellents services.
- 37. Saulnier (Louis).
- M. Saulnier, né le 5 juin 1830, à la Rochefoucauld (Charente), est entré à la papeterie de la Haye-Descartes, chez MM. de Montgolfier et Cie, le 3 mai 1860. Il y occupe le poste de surveillant chargé de la fabrication; depuis 32 ans il s’est toujours fait remarquer par son intelligence et sa bonne conduite.
- 38. Schmid (Gustave-Adolphe).
- M. Schmid, âgé de 59 ans, est entré à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, le 26 avril 1859, à Paris, en qualité de tourneur; depuis 33 ans qu’il fait partie du personnel de la Compagnie, cet agent a toujours été un modèle de probité, d’exactitude et de moralité.
- 39. Signoret (Gabriel).
- M. Signoret, né à Lyon, est entré à l’usine Chameroy à Lyon, pour la fabrication des tuyaux, en juin 1858. Il est encore employé comme tôlier; il compte ainsi 34 ans de service et s’est toujours fait remarquer par sa conduite et son assiduité au travail.
- 40. Sorin (Alfred-Léon).
- M. Sorin, ouvrier ferblantier, est entré le 7 août 1858 dans la fabrique de boîtes métalliques de J.-J. Carnaud, anciennement A. Paillard et Cie, à Paris. Pendant 31 ans sa conduite et son travail ont toujours été dignes d’éloges.
- 41. Stein (Pierre).
- M. Stein, âgé de 64 ans, est entré à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée le 14 janvier 1856 en qualité de zingueur, emploi qu’il occupe encore actuellement. Depuis 36 ans qu’il est à la Compagnie
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- il s’est particulièrement fait remarquer par son exactitude, sa conduite exemplaire et ses aptitudes professionnelles.
- 42. Theisz (Charles-Eugène-Frédéric).
- M. Theisz, né le 18 février 1821, à Cherbourg, est entré au service de la Compagnie des chemins de fer de l’Est le 7 avril 1856 en qualité de menuisier. Sorti le 11 avril 1860 et rentré le 18 septembre suivant, il occupe, depuis 1873, l’emploi de contremaître adjoint aux ateliers de la Villette, service du matériel roulant. Il s’est toujours distingué par son excellente conduite et par le zèle qu’il a mis à faire exécuter les travaux qui lui ont été confiés.
- 43. Vial (Marc).
- M. Vial, entré aux établissements Parent et Schaken, en mai 1854, à Oullins, passa au service de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée en novembre 1861, lorsque cette Compagnie reprit les établissements d’Oullins. Employé comme tourneur, cet agent s’est toujours fait remarquer par son exactitude, sa conduite irréprochable et sa parfaite honorabilité; il compte 38 ans de service dans le même établissement.
- 44. Voisin (Lazare).
- M. Voisin, âgé de 62 ans, est entré depuis 45 ans comme boiseur à la Société des houillères et du chemin de fer d’Epinac, où il est employé actuellement comme boiseur. Il a toujours donné satisfaction à ses chefs par son travail et sa conduite.
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 10 juin 1892.
- Présidence de M. Mascart, Vice-Président.
- L’Association des industriels de France contre les accidents du travail envoie le programme d’un concours pour la création d’un bon type de lunettes d’atelier. Ces lunettes devront remplir les conditions suivantes : 1° être à la fois légères et solides, d’un port facile et commode; 2° être d’un prix peu élevé; 3° garantir efficacement les yeux contre les projections directes ou latérales des particules métalliques ou pierreuses, ou de gouttelettes en fusion; 4° ne pas produire réchauffement des yeux ; 5° ne pas gêner 1a, vision de l’ouvrier.
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- ; Le prix de 600 francs sera décerné au candidat placé au premier rang, ou sera partagé en deux prix, l’un de 400 francs, et l’autre de 200 francs, pour les deux premiers candidats. Ce concours est ouvert jusqu’au 31 octobre 1892, et les pièces doivent être adressées au siège de l’Association, rue de la Chaussée-d’Antin, 6.
- M. D.-A. Casalonga, président du syndicat des ingénieurs-conseils en matière de propriété industrielle, rue Rougemont, 10, envoie la pétition adressée aux Chambres pour demander la révision de la législation en matière de propriété industrielle. (Commerce.)
- Le Maire du VIe arrondissement envoie le programme d’une Union (Uassistance par le travail, et demande des souscriptions.
- M. Chassèrent, directeur de l’office Desnos, sollicite l’intervention de la Société en faveur de Mlle Amélie Maillard, fabricante de gants, victime de la catastrophe de Saint-Mandé. (Arts économiques.)
- M. Jolliot, rue Doudeauville, hôtel Doudeauville, à la Chapelle, demande l’aide de la Société pour l’exploitation d’un kaléidoscope pour artistes-dessinateurs. (Arts économiques.)
- M. Sevestre, à Beaumontel, près Beaumont-le-Roger (Eure). — Procédé de rouissage ou dégommage du lin et du chanvre. (Arts mécaniques.)
- M. Dorian, quai Jemmapes, 80. — Graisseur mécanique. (Arts mécaniques.)
- M. Basile, Grande-Rue, 63, à Issy. — Table portative pour colporteur, etc. (Arts économiques.)
- M. le colonel Lierre fait hommage à la Société : 1° d’une notice de M. le colonel de la Noë sur le colonel Goulier; 2° d’un exemplaire du n° 28 du Mémorial de l’officier du génie, qui contient une Etude sur les levers topométrigues et sur la tachéométrie du colonel Goulier.
- M. Jules Gouge, rédacteur au Journal des Mines, fait hommage d’un exemplaire de Y Annuaire des mines, de la métallurgie, de la construction mécanique et de Vélectricité, pour 1892.
- M. Sauvage, membre du Conseil, fait hommage, pour la bibliothèque, des brochures suivantes dont il est l’auteur, sauf pour la première qui est due à son père :
- Notice nécrologique sur M. Ebelmen. — Congrès international des chemins de fer, question X, Production de la vapeur. — Notice nécrologique sur Edouard Phillips. — Note sur laccélération des pièces à mouvement des machines à vapeur, — Note sur la consolidation des essieux coudés de locomotives. — Note sur les appareils perforateurs à diamants aux Etats-Unis. — Notices sur les minerais de fer du lac Supérieur et sur la méthode de traitement des minerais d’or et d’argent suivie à l’usine de Black tiawk, Colorado. — U apprentissage dans les ateliers des Compagnies de chemins de fer. — Visite des élèves de l’École des mines à l’Exposition des chemins de fer le 5 juillet 1889. (Bibliothèque.)
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- M. Armand-Dumaresq, membre du Conseil, fait hommage à la Société de plusieurs exemplaires d’une notice biographique surHervé Mangon, par le général de division de Montluisant, ornée d’un portrait exécuté par lui.
- M. Chapel, secrétaire de la Chambre syndicale du caoutchouc et toiles cirées, présente un ouvrage intitulé : le Caoutchouc et la Gutta-percha, précédé d’une préface par M. Schutzenberger, membre de l’Institut. (Arts chimiques.)
- M. Cotet, maréchal-ferrant à la garde républicaine. — Nouvelle muserolle à breuvage. (Agriculture.)
- M. Max de Nansouty, directeur du Génie civil, présente deux ouvrages de M. P.'Fery d’Esclatids : Agriculture de Kercado-Kerdrowras, fondée par MM. de Wolbock ; 2° Baie de Quiberon, Ostréiculture dans la rivière de Crach ou Trinité-sur-Mer. (Agriculture.)
- Ouvrages offerts a la Société. — Report ofthe third meeting of the Australasian Association for the advancernent of science. Christchurch, New-Zealand, janvier 1891.
- Société de placement et de secours en faveur des élèves sortis de h Institution nationale des jeunes aveugles. 29e Assemblée générale annuelle, 6 avril 1892.
- Vindustrie du gaz à lyExposition universelle de 1889, par M. Auguste Lévy, ingénieur de la Compagnie parisienne du gaz, 1 vol. in-4 et atlas.
- Les levures pures de vin actives et l’amélioration des vins, par Georges Jacque-min. Nancy, 1892, br.
- Encyclopédie Léauté : Travail des bois, par Alheilig. — Distribution de l’électricité, usines centrales, par R.-V. Picou.
- La taille des arbres fruitiers avec une étude complète sur les bons fruits, par Forney, professeur d'arboriculture de l’Association polytechnique, etc., 2 vol. in-12, avec gravures sur bois dans le texte.
- Contributions to the North American Technology, zoological and geological survey of the Rocky mountain région, par J.-W. Powel, 1 vol. in-4.
- Association alsacienne des propriétaires cl’appareils à vapeur, section française, exercice 1891.
- Exposition universelle internationale de 1889. — Rapport de M. Barrier : Sur le matériel et procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Ministère de l’agriculture. — Statistique agricole annuelle, 1890.
- Annali di statistica. — Statistica industriale. — Provinces de Grosse to, Sienne, Ber game, 3 fascicules.
- Ministère des travaux publics. — Ecole des ponts et chaussées. — Documents sur’es fermes métalliques à grande ouverture, 1891, réunis et coordonnés par F. de Dartein, avec le concours de J. Boulard. Atlas in-4°.
- R4pports des comités. — M. Bordet fait, au nom de la Commission des fonds, un rapport pour demander une déclaration de vacance.
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- Cette vacance est déclarée par le Conseil.
- Élasticimètre < — M. Roiicirt fait, au nom du Comité des Arts économiques, un rapport sur un élasticimètre enregistreur de MM. Neel, Clermont et Berthe-lemy. Le but que se sont proposé les inventeurs en faisant construire par M. Berthelemy leur appareil dit élasticimètre enregistreur a été de rendre automatique et de traduire par un tracé graphique de grande précision les observations relatives à l’élasticité d’une barre éprouvette, telles qu’on les pratique avec les machines d’essai en usage dans l’industrie.
- Le Comité des Arts économiques propose de remercier MM. Neel, Clermont et Berthelemy de leur intéressante communication et d’insérer le rapport au Bulletin avec les figures et la légende nécessaires pour la compréhension de l’appareil.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communication — Gutta-percha. — M. Jungfleisch communique à la Société quelques indications relatives à un nouveau procédé de production de la gutta-percha. Il y a deux mois, M. Sérullas, en rendant compte des missions dont il a été chargé en Malaisie, pour y rechercher la plante qui fournit la meilleure gutta, avait déjà fait allusion à cette méthode nouvelle, mais sans en préciser la nature.
- M. le Président remercie M. Jungfleisch de sa très importante communication, et le prie d’en faire une rédaction pour le Bulletin de la Société.
- Séance du 24 juin 1892.
- Présidence de M. Tisserand, Président.
- M. Langeron, ingénieur, au Creuzot, présente, pour le concours de 1893, un obturateur photographique de son invention. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. Alfred Basin, à Lillers (Pas-de-Calais). — Mémoire sur le transport des eaux minérales en baril. (Arts économiques.)
- M. Edouard André, rue Saint-Denis, 112. —Poêle ou calorifère à gaz. (Arts économiques.)
- M. Roulleau, rue Popincourt, 12. — Cheminée hygiénique, pratique et économique. (Arts économiques.)
- M. Collignon, président de l’Association française pour l’avancement des sciences, invite la Société à se faire représenter au 21° Congrès de l’Association, qui se tiendra à Pau du 15 au 22 septembre 1892.
- M. Henrivaux, directeur de la manufacture de glaces de Saint-Gobain. — Observations sur la Cliematobie hyémale de M. Lecœur, pharmacien, à Vimou-tiers (Orne). (Agriculture.)
- M. le Président de la Société des Ingénieurs civils adresse une lettre de remerciements pour la suite favorable qui a été donnée à la demande qu’il avait adressée en faveur de M. Tony-Fontenay.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Juillet 1892.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- JUILLET J 892.
- M. Haton de la Goupillière, membre du Conseil, fait hommage du volume qu’il vient de publier sur les chaudières d vapeur. C’est la fin de son cours d’exploitation des mines et de machines dont il a commencé la rédaction il y a dix ans.
- M. Brüll, membre du Conseil, fait hommage d’une brochure qu’il vient de publier sous le titre de Bassin houiller du Donetz, Notes de voyage.
- M. Ronna, membre du Conseil, fait hommage de sa brochure intitulée : Le Ministère de /’Agriculture et ses réformes (1882-1892).
- M. Cheysson, membre du Conseil, fait hommage d’un volume qu’il vient de publier, intitulé : François Jacqmin, directeur de la Compagnie des chemins de fer de l’Est, inspecteur général honoraire des ponts et chaussées.
- M. Collignon, secrétaire de la Société, fait hommage de son Rapport sur le matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de Varchitecture. (Exposition universelle de 1889.)
- M. le Président fait part de la mort de M. le général Mengin-Lecreulx, membre du Conseil depuis 1873 et qui s’était récemment retiré de la Commission des fonds à cause de son grand âge. Le Bureau se proposait de le faire nommer membre honoraire du Conseil lorsque la mort est venue le frapper.
- M. le Président fait part de la perte que vient de faire M. le colonel Pierre, en la personne de sa petite-fille Mlle Alice-Augustine Trilhe, décédée à l’âge de 23 ans.
- Ouvrages offerts a la Société. — Le Rôle de F eau dans les cylindres à vapeur, par L. Anspach, ingénieur, professeur à l’Université libre de Bruxelles. Br.
- Professions et métiers, Guide pratique pour le choix d'une carrière, à l’usage des familles et de la jeunesse, publié sous la direction de M. Paul Jacquemart, ingénieur civil des mines, inspecteur général des Ecoles d’arts et métiers, et de l’enseignement technique. — 2 vol. in-8, Armand Colin et Cie, éditeurs.
- Bulles de savon, traduit de l’anglais, par Ch. Ed. Guillaume, 1 vol. in-12, Gauthier-Villars et fils, éditeurs.
- Thermodynamique à l’usage des ingénieurs, par M. Aimé Witz, 1 vol. in-12, Gauthier-Villars et fils, éditeurs.
- Bibliography of the Algonquian languages, par James Constantin Pilling. — Ouvrage publié par la Smithsonian Institution-Washington.
- Bulletin de l’Institut Égyptien, 3e série, n° 2, année 1891.
- Nomination des membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Billotte, secrétaire général de la Banque de France, présenté par MM. Tisserand et Bordet.
- M. Courtier, ingénieur civil, à Paris, présenté par MM. Haton, Simon et Richard.
- Nomination d’un membre du Conseil. — Le scrutin est ouvert pour la nomination d’un membre de la Commission des fonds.
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- M. Beurteau, directeur de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, est nommé à l’unanimité.
- Rapports des comités. — Déclarations de vacance. — M. Bordet demande au Conseil, au nom de la Commission des fonds, de déclarer une vacance dans cette Commission, par suite du décès de M. Lutscher.
- M. Cheysson demande au Conseil, au nom du Comité de Commerce, de déclarer une vacance dans ce Comité, par suite du décès de M. Daguin.
- M. Rossigneux demande au Conseil, au nom du Comité des Constructions et des Beaux-Arts, de déclarer une vacance dans ce Comité, par suite du décès de M. Lavastre.
- Ces trois déclarations de vacance sont votées par le Conseil.
- École de bonneterie. — M. Edouard Simon fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur YÉcole française de bonneterie à Troyes. L’un des membres correspondants de la Société, M. Buxtorf, président du Conseil de la Société anonyme de Y École française de bonneterie, créée à Troyes, en 1888, a récemment écrit pour réclamer, en faveur de cette Ecole professionnelle, l’appui de la Société d’Encouragement.
- M. le Rapporteur expose l’état de la question, fait connaître l’organisation de cette Ecole qui peut rendre de grands services à l’industrie de la bonneterie.
- Le Comité des arts mécaniques propose au Conseil de remercier M. Buxtorf de sa très intéressante communication, d’adresser au Conseil d’administration de YÉcole française de bonneterie, de vives félicitations pour son heureuse initiative et de voter l’insertion au Bidletin du présent rapport.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Communication. — Moteurs à pétrole. — La parole est donnée à M. Gustave Richard pour une communication sur les moteurs à pétrole depuis 1889.
- M. le Président remercie M. Gustave Richard de sa très intéressante et très importante communication et le prie d’en faire l’objet d’un mémoire qui sera publié dans le Bidletin de la Société.
- BIBLIOGRAPHIE OUVRAGES REÇUS
- Dictionnaire des Arts et Manufactures et de l’Agriculture, par Charles Laboulaye.
- 7° édition, revue et complétée à la suite de l’Exposition de 1.889.
- 5 vol. in-4, — G. Masson, éditeur, Paris.
- L’encyclopédie technologique à laquelle M. de Laboulaye, l’éminent secrétaire de la Société d’encouragement, a attaché son nom et consacré sa vie, vient d’être l’objet d’une réédition.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- Les nouveaux articles qui la complètent ont été rédigés d’après les principes qui régissent l’ensemble de ce bel ouvrage et qui peuvent se résumer ainsi : la science est la base de toute industrie, la théorie doit toujours être mise à côté de la pratique pour guider l'inventeur et pour rendre fécondes les recherches dans la voie des perfectionnements à apporter aux procédés techniques.
- Etabli sur ce plan méthodique qui rattache les diverses industries aux sciences dont elles dérivent, le Dictionnaire des Arts et Manufactures rend depuis longtemps d’utiles services aux ingénieurs, aux industriels et aux fabricants. Mis au courant des questions nouvelles, àla suite de l’Exposition de 1889, parles collaborateurs de M. de Laboulaye qui continuent son œuvre, ce Dictionnaire embrasse aujourd’hui toutes les applications industrielles des sciences, et non seulement fait connaître la théorie des procédés techniques, mais il indique les résultats de l’expérience acquise et les règles que la pratique a consacrées.
- Parmi les nombreux articles introduits dans la 7e édition, il convient de mentionner notamment les suivants :
- Physique industrielle. —Électricité, E lectromélrie, Eclairage électrique (installations ‘isolées, usines centrales), Compteurs délectricité, Galvanoplastie et électro-métallurgie, Induction et transformateurs, Machines électriques, Piles et accumulateurs, Transmission du travail par moteurs électriques.
- Compteurs d'eau, Fontaines lumineuses.
- Production du froid (machines frigorifiques et conserves alimentaires).
- Industries chimiques et Métallurgie. — Linoléum, Sucre de betteraves et législation sucrière, Cànne à sucre, Pierres précieuses, Verrerie et glaces, Soie artificielle.
- Acier, travail en masse et déphosphoration, Électro-métallurgie de l'aluminium, Soudures électriques.
- Agriculture. — Enseignement agricole, Eo?'êts, Instruments d'agriculture, statistiques agricoles.
- Mécanique et Machines. — Machines-outils, Machines à imprimer, Locomotives et locomotives routières.
- Fabrications mécaniques. — Armes à feu, Tubes sans soudure.
- Constructions, Travaux publics, Mines. — Statistique graphique et ses applications, Grosse serrurerie (constructions métalliques, galerie des machines, tour Eiffel).
- Canaux, Chemins de fer et voies économiques, Eaux (distributions d’), Pavage en bois, Routes, Fortifications, Cuirassements.
- Puits de mines, Feu grisou.
- Art naval. — Cuirassement des navires, Bateau sous-marin.
- Economie industrielle et statistiques. — Accidents du travail et assurances, Caisses de retraite, Coopération, Enseignement industriel, Réglementation du travail en France et à l'étranger, Syndicats professionnels.
- Statistiques et monographies, Statistique de l'industrie française.
- Classification des produits de l'industrie, Exposition de 1889.
- Rien n’a été négligé, comme on le voit par cet aperçu, pour mettre la nouvelle édition du Dictionnaire des Arts et Manufactures au courant des progrès industriels et des questions économiques ou sociales qui passionnent ajuste titre l’intérêt public. Elle ne comprend pas moins de 5000 gravures, et de 1175 articles, dont quelques-uns constituent de véritables traités. Son maniement se trouve facilité par une Table alphabétique des matières introduite à la fin du tome Y.
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- Cet ouvrage, tel qu’il est aujourd’hui, constitue donc l’une des plus complètes encyclopédies technologiques. On le consultera avec fruit, soit pour y trouver des renseignements sur une science ou sur une industrie déterminées, soit pour y étudier les questions générales qui intéressent toute entreprise industrielle ou agricole.
- JOURNAUX ET REVUES
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences. — Séance du 16 mai 1892, n° 20. — Sur la détermination de la densité des gaz liquéfiés et de leurs vapeurs saturées. Éléments du point critique de l’acide carbonique, par E. H. Amagat. — Sur une méthode de séparation des xylènes, par/. M. Crafts.
- Séance du 23 mai, n° 21. — Sur quelques faits touchant l’histoire chimique du nickel, par P. Schutzenberger. — Recherche du fluor dans les os modernes et les os fossiles, par Adolphe Carnot.
- Séance du 13 juin, n° 24. — Nouvelle contribution à l’histoire de la Truffe : Tirma-nia Cambonii; Cerfas du Sud algérien, par A. Chatin.
- Séance du 20 juin, n° 25. — M. Haton de la Goupillière fait hommage à l’Académie d’un volume qu’il vient de publier sur les « chaudières à vapeur ».
- Séance du 27 juin, n° 26. — Sur l’aluminium, par Balland.
- Annales des Ponts et ^Chaussées. — Avril 1892. — Prix décernés aux auteurs des meilleurs mémoires publiés dans les Annales en 1890. — Note sur les travaux d’abaissement du chemin de fer de Ceinture de Paris dans les 17e et 18e arrondissements pour la suppression des passages à niveau, par Weill.
- Mémoire de la Société des ingénieurs civils. — Avril 1892. — Les machines frigorifiques, par H. Faucheu. — Les compteurs électriques, par G. Roux. — La navigation à grande vitesse, par J. Gaudry.
- Mai 1892. — Du rôle de l’ingénieur dans la question du sauvetage, par E. Cacheux.
- — Plan incliné pour transbordement de bateaux, à Beauval, près Meaux, par A. Mallet.
- — Voyage au bassin houiller du Douetz, par A. Brüll.
- Revue générale des chemins de fer. — Mai 1892. — Note sur les différences de résultats dans les essais par traction pour des barreaux d’essais prélevés côte à côte dans la même masse, par Schatzmann.
- Le Génie civil. — 21 mai 1892, n° 3. — Appareils de compression d’air pour la Compagnie Parisienne de l’air comprimé, par L. de Thunimonl. — Tannage rapide du cuir par l’électricité, procédé Warms et Balé, par Max de Nansouty. — Conférence de M. le commandant Renard sur l’aviation, par L: Maurice. .
- 28 mai, n° 4. — Avertisseur universel, système Digeon, par Edouard Bernheim. — Installation de filtrage des eaux à Libourne (Gironde), par Z7. Delannoy.— L’altération des peintures artistiques (suite et fin), par P. Jannetaz.
- & juin, n° 5. — Rotondes de 70 mètres de diamètre des grands dépôts d’entretien
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- de la Compagnie des chemins de fer de l’Est, à Noisy-le-Sec et à Troyes-Preize. — Exposé de la théorie cellulaire des propriétés de l’acier, par L. Bâclé.
- Bulletin de la Société de l’industrie minérale. — /Ftf livraison, 1891. — Exposition de Saint-Étienne. — La construction métallique, par G. Gorrand. —Etude sur les gisements cuivreux de la Société anonyme de Jerez-Lanteira, province de Grenade, Espagne, par H. Terraillon. — Essai d’une théorie générale applicable à toutes les machines à fluide, par P. Mortier.
- Revue industrielle. —2 janvier 1882, n° 1. — Machines à mouler pour les fonderies. — Fabrication et pose des tubes isolants en papier pour canalisations électriques. — Perceuses électriques à arbres flexibles, construites par MM. Sauter, Harlé et Cie. — Emploi de l’aluminium en électricité. — Solidification du pétrole.
- 9 janvier, n° 2. — Les canons à tir rapide. — Les procédés perfectionnés du puddlage. — Détermination de l’altitude du ballon en équilibre. —Tricycle électrique. — La rathite. — L’éclairage électrique des trains. — Transmission en fer creux.
- 1 § janvier, n° 3. — Propulsion par hélice à ailes mobiles sans moteur réversible, système Mac Glasson. — Les procédés actuels d’affinage électrolytique du cuivre, par Hippolyte Fontaine. — Distribution de la force par le gaz. — Scierie à avancement automatique pour le dédoublage des madriers, construite par MM. Pesant frères. — Déclin de l’extraction du sucre des mélasses de betterave.
- 23 janvier, n° 4. — Machine à plier le zinc dite « de chantier », construite par MM. B. Soyer et fils. — Préparation mécanique des minerais. — Installation d’une usine frigorifique à Paris. — Gravure typographique rapide. —Compteur automatique de grains, système B. G. Assan.
- 30 janvier, n° 5. — Chaudière multitubulaire, système Mills. — Appareils pour la fabrication des eaux gazeuses, système Chinnery. — Travail de la pierre par le diamant. — Tarif des douanes pour les métaux.
- 6 février, n° 6. — Fabrication des cylindres de machines à vapeur aux ateliers Corliss. — L’explosif Fortis. — Sur l’équation caractéristique de la vapeur d’eau, note de Ch. Antoine. — Forgeage des métaux par l’électricité.
- 13 février, n° 7. — Machine à distribution centrale et à grande vitesse, système Willans. — Godets et boulons de drague en acier au manganèse. — Les canons à tir rapide. — Distribution de vapeur, système Edmond Roy. — Fabrication des couteaux mécaniques en acier durci par concentration, système E. Belot. —Nouvel hygromètre à condensation de Henri Gilbault.
- 20 février, n° 8. —Tramways tubulaires souterrains de Paris à traction électrique, projet de J.-B. Berlier. — Nouveau système de navigation maritime avec pile à eau de mer, système Trouvé.
- 27 février, n° 9. — Transmission et distribution de l’énergie électrique à distance, par courants alternatifs polyphasés. —Action des acides sulfurique et nitrique sur l’aluminium. — Préparation mécanique des minerais (suite). — Argenture et dorure de l’aluminium. — La laine minérale.
- 5 mars, n° 10. — Moteur à vapeur et compresseur d’air, système Dujardin et Cie. — Préparation mécanique des minerais.
- 12 mars, n° 11. —Transmission et distribution de l’énergie électrique à distance par courants alternatifs polyphasés. — Bascules à vérification simplifiée, système
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- 25 juin, n° 26. — La locomotion à grande vitesse et la résistance de l’air, par G. Lavergne.
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- La Nature. — 28 mai 1892, n° 991. —Le microbe de la grippe, par le Dr A. Car-raz. — Appareil enregistreur de la vitesse des trains de la Compagnie d’Orléans, par L. B. — Importation du beurre australien en France, par D. B.
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- 18 juin, n° 994. — Un nouveau palmier. — La contamination des sources dans les terrains calcaires, par E.-A. Martel.
- 25 juin, n° 995. — Le théatrophone, par G. Mareschal. — Les armes de chasse, par A.-F. Landrin.
- 2 juillet, n° 996. — L’amiral Mouchez, par Gaston Tissandier. — Les grandes profondeurs des mines. — Bateau à hélice. — Constructions américaines à ossature en fer, par G. Bichou. — Vieilles horloges, par Ch. Ed. Guillaume.
- 9 juillet, n° 997. — La chute des corps et la résistance de l’air, par Gaston Tissandier. — Adduction des eaux del’Avre à Paris, par G. Bichou. — Emploi du cerf-volant comme engin de sauvetage, par X.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Typographie Chamerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères. — 29031
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- 91* ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- AOUT 1892
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Alf. Tresca, au nom du Comité des arts mécaniques,
- sur divers inventions et perfectionnements présentés par M. Samain,
- ingénieur mécanicien, 12, rue Saint-Amande à Paris.
- M. Samain, précédemment établi à Rlois, nous a présenté une série d’appareils de son invention qui peuvent se ranger dans les six catégories suivantes :
- 1° Compteur d’eau.
- 2° Ascenseurs et compensateurs à adapter à ces appareils.
- 3° Moteurs à eau sous pression, à dépense variable, et leurs applications.
- 4° Pompes rotatives et pompes à pistons à mouvements rectilignes. Ralances hydrauliques à simple ou à double effet.
- 5° Presses et pressoirs.
- 6° Poinçonneuse à vis et à leviers.
- Nous allons examiner successivement chacun de ces groupes, en cherchant à faire ressortir les mérites des principaux appareils imaginés par M. Samain, et que l’industrie emploie depuis longtemps déjà.
- C’est, en effet, depuis 1856, que M. Samain a commencé à s’occuper de la question des presses et pressoirs, en imaginant, à cette époquerle pressoir, dit à losange, dont le principe a été utilisé, sous des formes assez différentes, depuis la petite presse de laboratoire jusqu’aux grands pressoirs de l’industrie viticole.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Août 1892.
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- Plus tard, à partir de 1876, il s’est occupé de la construction des ascenseurs hydrauliques, et y a apporté un certain nombre de perfectionnements notables, dont il sera rendu compte plus loin. Nous retrouvons encore, dans l’étude de cette série d’appareils, une originalité de conception qui caractérise toutes les inventions de M. Samain.
- La difficulté de disposer d’une presse hydraulique enfoncée dans le sol et ayant un corps de presse de hauteur un peu plus considérable que la hauteur au-dessus du sol du dernier étage à desservir, et la nécessité d’équilibrer, à chaque instant, le poids variable du piston, à mesure qu’il sort de la presse, ont conduit M. Samain à adopter différentes solutions qui lui sont propres, et que nous aurons à passer en revue dans cet exposé.
- Nous citerons encore, au début de ce rapport, son moteur à eau sous pression à consommation variable, permettant de proportionner la production de l’eau sous pression à sa dépense, et d’éviter ainsi, dans une certaine mesure, la présence, sur la conduite, de réservoirs à volume variable connus sous le nom d’accumulateurs hydrauliques.
- Compteur d’eau. — Depuis de longues années, les administrations des grandes villes ont reconnu l’avantage que présente la vente de l’eau au compteur, permettant d’exiger des consommateurs une rétribution proportionnelle à la quantité d’eau employée.
- Beaucoup d’appareils ont été présentés et expérimentés, et les bulletins de notre Société contiennent un grand nombre de rapports faits sur des instruments de ce genre.
- Environ mille compteurs du système que nous allons décrire fonction-
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- nent actuellement sur les canalisations de la Ville de Paris, et à la satisfaction des intéressés.
- Il se compose, fîg. 1 et 2, de quatre cylindres à simple effet disposés dans un même plan horizontal et fondus d’une seule pièce.
- Dans chacun d’eux se meut un piston à fourreau, avec garniture formée d’un cuir embouti, qui glisse dans l’intérieur d’une chemise rapportée et bien alésée.
- Les bielles de ces quatre pistons sont réunies en un même point d’une manivelle dont l’axe est terminé, à sa partie supérieure, par un plateau horizontal venant masquer et démasquer les orifices d’introduction de l’eau sous pression.
- Le cylindre, diamétralement opposé à celui qui reçoit l’eau sou s pression,est ouvert àl’échap-pement, et l’eau qui y était contenue se dirige vers un collecteur pour déboucher dans la conduite d’eau alimentant l’établissement.
- Il suffît, par conséquent, de couper, sur une faible partie de sa longueur, une conduite d’eau, d’y interposer le compteur, pour avoir un moyen de connaître exactement la quantité d’eau ayant passé par cette conduite.
- L’arbre à manivelle est surmonté d’une tige de faibles dimensions actionnant les rouages d’un compteur de tours dont les différents cadrans donnent l’indication du volume débité en mètres cubes, litres, etc.
- Quelques détails de construction intéressants méritent d’être indiqués.
- Par suite de la pression de l’eau sur la partie supérieure du tiroir de distribution, tout l’appareil a une tendance à descendre sous l’effet de cette pression, ce qui occasionnerait des résistances assez considérables dues au frottement des pièces en contact.
- Pour éviter cet effet, le pivot de l’arbre vertical est soulevé par l’eau sous
- Fig. 2. — Compteur d’oau, coupe horizontale.
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- pression qui agit au-dessous de ce pivot, en y arrivant par un conduit spécial, et cette pression, de bas en haut, vient contre-balancer, dans une certaine mesure, l’effet inverse produit sur la boîte circulaire de distribution. En un point de sa longueur, l’arbre porte un collet qui vient rencontrer une sorte de garniture élastique l’empêchant de s’élever trop haut, et d’amener la séparation du tiroir circulaire et de la glace disposée en dessous, et, par suite, troubler le rôle des différents orifices d’introduction et d’échappement.
- Il est peut-être nécessaire d’ajouter que tous ces appareils compteurs, quel qu’en soit le type, maintenant en usage, sur une grande échelle, ont besoin d’être vérifiés de temps en temps, et la Compagnie des eaux de la Ville de Paris procède à cette vérification au moyen d’une installation portative qui permet d’amener, à la porte de chaque maison, un réservoir d’assez grandes dimensions et exactement jaugé, lorsque l’on veut s’assurer des bonnes indications d’un compteur en service.
- Ascenseurs et compensateurs. — Depuis l’année 1876, M. Samain s’est adonné à la construction des ascenseurs et a étudié, entre autres, une disposition d’ascenseur à cabine suspendue, avec freins de sûreté, un ascenseur à tige développable et des perfectionnements aux ascenseurs à tige plongeante.
- Le problème de l’équilibrage du poids mort de la cabine et de celui de la tige du piston, à chaque instant de la course, a été résolu, par lui, de différentes manières, et nous indiquerons plus loin deux types de ces compensateurs.
- Frappé des inconvénients résultant de l’installation d’un ascenseur à tige plongeante, constitué par une grande presse hydraulique, dont la course du piston doit atteindre une vingtaine de mètres, et nécessitant le forage d’un puits d’une profondeur au moins égale, M. Samain a perfectionné le système d’ascenseur à tige développable, dans lequel la tige du piston est formée de tubes de diamètres allant en décroissement, vers le haut de l’appareil, et qui se développent, les uns à la suite des autres, à la manière des tirages successifs d’une lorgnette (fîg. 3).
- Dans cette disposition d’ascenseur, chaque tube est terminé, à sa partie inférieure, par un fond largement ouvert à son centre, et qui porte à son pourtour un rebord venant saisir, en haut de course, la base annulaire du presse-étoupe du tube qui l’entoure. Ce tube est donc obligé de suivre le mouvement du premier, et ainsi de suite, jusqu’au complet développement du piston de l’ascenseur.
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- Pour éviter les chocs, à chaque reprise, l’eau contenue dans l’espace annulaire compris entre les parois des deux tubes, limité à sa partie supérieure par le presse-étoupe et à sa partie inférieure par le rebord qui sert à produire l’entraînement en haut de course, s’échappe vers l’intérieur de l’appareil par une série de petits orifices latéraux constituant ce que l’on est convenu d’appeler le dash-pot, et l’entraînement ne s’effectue que lorsque ce tampon de choc a agi efficacement (fig. 4).
- Une disposition analogue est adoptée, dans ce genre d’ascenseur, pour éviter les chocs qui pourraient se produire lors de la descente de l’appareil.
- Dans la description qui précède, nous avons fait remarquer que les fonds des différents tubes emboîtés les uns dans les autres sont largement ouverts et que, par conséquent, l’eau sous pression vient agir, pendant toute la montée de l’ascenseur, sur la base même de la cabine qui se trouve ainsi élevée ou soutenue par une colonne d’eau de grande hauteur.
- La conséquence de cette disposition est que le piston de l’ascenseur ne peut être soumis à aucun effort de flexion résultant d’une compression considérable dans le sens de son axe, comme dans le cas des ascenseurs à piston plongeur. Les tubes concentriques développés ne servent que d’enveloppe à la colonne liquide ainsi maintenue, et le guidage ordinaire des ascenseurs peut être employé, dans ce cas particulier, en toute sécurité.
- En adoptant cette disposition, l’on peut supprimer toute la dépense relative àl’établissement du puits foré, mais la construction de l’appareil est plus compliquée, ainsi que l’on peut en juger par l’examen de la vue d’ensemble (fig. 3), et des
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- Fig. 3. — Asce
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- Fig. 4. — Dash-pot.
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- détails (fig. 4), et l’on peut admettre que ces frais supplémentaires de construction sont à peu près l’équivalent de la dépense du forage, nécessaire lorsque l'on adopte la construction ordinaire.
- Ce genre d’ascenseur présente donc un avantage certain, toutes les fois que des difficultés spéciales se rencontrent lorsqu’on veut effectuer le forage, présence de conduites d’eau importantes, terrain de mauvaise nature à traverser, etc.
- Si l’on compare les deux genres d’ascenseurs, à tubes télescopiques ou à piston plongeur, on voit que, pour ces derniers, le piston de grande longueur est soumis à une force longitudinale égale à la pression de l’eau sous sa face inférieure, et que, sous l’influence de cette force, le solide cylindrique qui le forme peut fléchir.
- L’on peut remarquer encore que la visite du corps de presse est impossible, lorsqu’il est enfoncé profondément dans le sol, ce qui constitue encore un certain désavantage des appareils à piston plongeur par rapport à ceux à tubes télescopiques.
- Quel que soit le genre d’ascenseur employé, à tubes télescopiques ou à piston plongeur, une difficulté considérable réside dans les variations de la résistance à vaincre, par suite du poids variable de la tige de l’ascenseur, suivant la position que la cabine occupe dans la hauteur de rétablissement à desservir.
- Lorsque l’ascenseur est arrivé à sa partie inférieure, presque toute la tige est plongée dans l’eau contenue dans le corps de presse, s’il s’agit d’un ascenseur ordinaire; lorsque, au contraire, l’ascenseur est arrivé à sa partie supérieure, le piston est presque entièrement sorti du cylindre qui l’enveloppe.
- Il faut donc que, dans les dernières parties de la course ascendante de l’ascenseur, l’eau sous pression, agissant sur la base inférieure du piston, ait assez d’énergie pour soulever le poids de ce piston ainsi que celui de la cabine.
- Il est vrai que l’on peut, à l’aide de contrepoids situés
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- dans des gaines verticales et attachés à l’extrémité de chaînes fixées à la cabine, ou mieux à la tige du piston, contre-balancer, au moins en partie, l’influence de ce poids total.
- Il n’en reste pas moins comme résistance variable à vaincre une valeur égale au poids de la par-
- tie développable de la tige. Ce sont ces variations derésistanc e qu’il s’agit d’atténuer, autant que possible, et les différents inventeurs et constructeurs de ces appareils ont été conduits à interposer des engins spéciaux appelés compensateurs.
- Parmi ceux-ci nous décrirons deux des dispositions imaginées par M. Samain et remplissant parfaitement le but que l’on s’est proposé d’atteindre.
- Dans la première de ces dispositions, représentée
- (fig. 5), on emploie un cylindre vertical d’assez grand diamètre dans lequel se meut un piston sur lequel viennent agir, à sa partie inférieure, l’eau «arrivant de la canalisation générale et devant être évacuée après chaque opération, et, à sa partie supérieure, de l’eau emprisonnée dans l’appareil et venant exercer sa pression sur le piston de l’ascenseur. Cette eau ainsi emprisonnée doit être d’un volume égal à celui développé par le piston sortant de la presse et doit servir indéfiniment, à la condition de compenser les pertes qui peuvent se pro-
- Fig. 5. — Compensateur, balance hydraulique.
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- duire, par le passage de petites quantités d’eau à travers la garniture de ce piston soumis sur les deux faces à des pressions très différentes.
- L’eau de la ville, agissant au-dessous du piston du compensateur sur une surface de valeur constante, transmettrait à l’eau emprisonnée, dans la chambre supérieure, une pression constante aussi, si l’appareil était réduit à ces seuls organes. Pour constituer une force variable, le piston P du compensateur est relié par l’intermédiaire d’un lien flexible /, passant à travers un presse-étoupe E, disposé sur le couvercle du compensateur C, ce lien flexible vient entourer une poulie p, sur une demi-circonférence, pour s’attacher à un fort contrepoids Q pouvant se mouvoir librement dans un puits de faible hauteur.
- Cette poulie est montée sur un axe horizontal situé en dehors de son centre. Des guides à galets G, G, obligent les deux brins de la lame flexible à rester dans la même position par rapport à l’appareil, et c’est l’axe de la poulie qui se déplace horizontalement, ainsi que ses paliers, sur une série de galets ff, lorsque, sous le jeu des pressions de l’eau, le piston P du compensateur vient à se déplacer verticalement dans le cylindre C.
- 11 suffît d’examiner la fîg. 5 pour se rendre compte du fonctionnement de cet appareil :
- En bas de course du piston P, le contrepoids Q a la plus haute position qu’il peut occuper et agit, en ce moment, sur la poulie en un point distant de son axe de la valeur la plus faible, tandis que l’autre brin de la lame flexible se détache de la même poulie p en un point distant de l’axe de la poulie d’une valeur maximum. Le contrepoids aura donc pour effet d’ajouter, à la force verticale due à la pression de l’eau agissant sur la face inférieure du piston, une force supplémentaire la plus faible possible, et équilibrant seulement le poids de la cabine et de la partie de la tige restant en dehors du corps de presse, lorsque l’ascenseur est arrivé dans sa position la plus basse.
- En haut de course du compensateur, la cabine sera arrivée à la partie supérieure de sa course, et le contrepoids agit alors à l’extrémité d’un levier de longueur égale au plus grand rayon de la poulie, en même temps que le brin flexible, attaché au piston, agit à l’extrémité du plus petit levier faisant suite au premier. Le contrepoids aura donc, pour cette position, un effet maximum, lorsque la résistance à vaincre aura ainsi atteint sa valeur la plus grande.
- On peut donc, en adaptant ce premier appareil à un ascenseur, quel
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- qu’en soit le mode de construction, égaler, à chaque instant, la puissance et la résistance, et faire que la montée et la descente de la cabine puisse s’effectuer sans ces accélérations dangereuses, ou simplement inquiétantes, que l’on observerait inévitablement, si l’on voulait se passer de ces appareils compensateurs. La dénomination de balance hydraulique, donnée à ce genre d’appareils, est parfaitement exacte et rend compte, en deux mots, de la fonction de cet appareil compensateur.
- La seconde disposition que nous allons décrire , qui est due, comme la première, à M. Samain, mais qui est de construction plus récente, résout le même problème d’une manière plus élégante et supprime l’inconvénient qui réside dans le déplacement horizontal de l’axe de la poulie de renvoi sur laquelle se trouve appliquée la lame flexible.
- Si l’on se reporte à la figure 6^ on voit que le compensateur se compose d’un cylindre vertical C dans lequel se meut un piston P. La chambre inférieure de ce cylindre doit avoir un volume égal à celui de l’eau devant passer sous le piston de la presse hydraulique pour en effectuer son transport vertical complet.
- Le piston P est surmonté d’une tige de forte dimension P', guidée verticalement,et portant, à sa partie supérieure, une traverse horizontale T. Des extrémités de cette traverse partent deux tiges verticales pendantes T' et quatre bielles B, B' à inclinaison variable, suivant la position de la tige du piston P'.
- Les tiges pendantes verticales T sont terminées, à leur partie inférieure, par les points d’articulation d’autres bielles B', formant, avec les premières B, les tiges pendantes T' et les pièces verticales T" réunissant leurs extrémités, des parallélogrammes articulés.
- « Sur ces tiges T", restant toujours verticales, on place des rondelles pesantes Q, formant, par leur ensemble, des contrepoids assez considérables.
- Une tige horizontale D vient réunir les deux bielles inférieures situées Tome VII. — 91e année. 4e série. — Août 1892. 61
- Fig. 6. — Compensateur, seconde disposition.
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- d’un même côté de la tige du piston, et, en son milieu, se trouve placé un galet G venant rouler sur un chemin de forme courbe I, fixé au cylindre verticale.
- Cet ensemble de pièces a pour but de permettre au contrepoids de se déplacer verticalement avec une vitesse pouvant différer, autant qu’on le veut, de la vitesse du piston du compensateur et, par suite, de l’eau motrice.
- Il serait même possible de supprimer, pour un instant, Faction des contrepoids, si un des éléments du chemin de forme courbe était horizontal; on pourrait ainsi former, siir le chemin I, un ou plusieurs paliers qui auraient pour effet d’annihiler l’action des masses pesantes des contrepoids qui resteraient, momentanément, dans la même position, tandis que le piston du compensateur continuerait sa marche ascendante ou descendante.
- L’effet de cet appareil compensateur est donc de constituer une marche variée du centre de gravité de chaque contrepoids, et de produire ainsi, par leur descente libre dans l’espace, un travail variable venant s’ajouter à celui de l’eau sous pression arrivant par le tuyau A et agissant sur la face supérieure du piston P pour en provoquer la descente. Ce travail variable allant en croissant à mesure que le travail résistant augmente, par suite de l’augmentation de la charge à soulever résultant du poids de plus en plus considérable du piston, à mesure qu’il sort du corps de presse.
- Le poids de la tige P', celui du piston P, de la traverse supérieure T, etc., en un mot, le poids des différentes pièces suivant exactement le mouvement du piston P, équilibre le poids mort constant de l’appareil, c’est-à-dire le poids de la cabine, celui de la partie supérieure de la tige du piston de l’ascenseur, etc.
- Il est à peine nécessaire de faire remarquer que les dispositions du cylindre du compensateur sont ici inverses de celles du premier exemple ; le contrepoids à action variable agissant directement sur la tige du piston, au lieu d’agir par l’intermédiaire d’une poulie entourée d’une lame flexible.
- Dans le second exemple, la chambre supérieure du cylindre A' est en communication, par le tuyau A, avec l’eau de la ville, par l’intermédiaire d’un distributeur, et la chambre inférieure du même cylindre communique avec le corps de presse de l’ascenseur par un tuyau S'.
- Dans une note remise au dossier par M. Samain, et préparée par M. F. Rossel, ancien ingénieur des manufactures de l’Etat, la forme des chemins de roulement est établie au moyen de formules qu’il n’est pas nécessaire de
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- transcrire ici. Il suffit, nous croyons, d’indiquer, qu’en partant de la condition que le travail moteur doit être, à chaque instant, égal au travail résistant, pour obtenir pour le fardeau un mouvement uniforme.
- En faisant remarquer que ce travail moteur su compose de trois parties ;
- 1° Le travail de l’eau sur le piston du compensateur;
- 2° Le travail résultant de la descente des différentes parties de la traverse T, des tiges pendantes T', de la tige P' et du piston P du compensateur, suivant l’eau dans son mouvement;
- 3° Le travail variable, résultant de la descente des contrepoids Q, des bielles B et B’, des traverses D et des tiges T";
- La courbe que doit décrire l’axe D des galets, ou un point de leur circonférence est du quatrième degré, de l’espèce des lemniscates, lorsque les dispositions de l’appareil compensateur permettent d’employer une courbe symétrique par rapport à l’horizontale tracée par le point milieu de l’axe du cylindre (fîg. 7), ou une courbe, encore du quatrième degré, mais non symétrique par rapport à cet axe, en adoptant la disposition précédemment décrite et représentée» (fîg. 6).
- Quant à la position du compensateur, par rapport à celle de l’ascenseur, elle peut être variable ; ou bien le compensateur forme un appareil entièrement séparé de l’ascenseur et est placé à une distance plus ou moins considérable de celui-ci, suivant les dispositions locales, ou bien il a même axe que celui du piston de l’ascenseur en entourant le corps de presse sur une partie de sa hauteur. Le piston a alors une section annulaire égale à la section circulaire de la disposition précédente.
- Les mêmes causes d’irrégularité de charge, exigeant la présence de compensateurs, existent dans les ascenseurs à tubes télescopiques et dans ceux à piston plongeur, et les compensateurs, qui viennent d’être décrits, sont applicables à tous les ascenseurs. Les différentes figures de la planche 79 permettent de se rendre compte de leur application dans chacun des cas qui peuvent se présenter.
- Dans la disposition représentée (fîg. 1, pl. 79), le compensateur est concentrique à la presse, il est appliqué à un ascenseur a tige plongeante.
- Fig. 7. — Guide des galets du compensateur.
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- Dans ce compensateur, la section du piston est annulaire, ce qui oblige d’en exagérer un peu les dimensions, pour obtenir la même section utile.
- Dans les deux autres dispositions (fig. 2, 3, 4 et 5) de la même planche, le compensateur est appliqué à des ascenseurs à tubes télescopiques.
- Il est disposé à côté de l’appareil principal et présente deux variantes, suivant l’énergie de la pression motrice.
- Lorsque l’eau des canalisations de la ville est à assez basse pression, au point où on veut installer l’ascenseur, ce qui se produira dans les quartiers hauts, la disposition employée est celle des figures 2 et 3 de la planche 79.
- Le piston du compensateur porte, à partir de sa face inférieure, une tige de gros diamètre.
- La surface supérieure du piston est circulaire, la surface inférieure est annulaire, ce qui permet d’obtenir, dans la chambre inférieure du cylindre, une pression aussi considérable qu’on le veut, tout en employant de l’eau motrice à faible pression, en augmentant le rapport des deux sections, supérieure et inférieure, du même piston.
- Lorsque l’on a à sa disposition de l’eau à très haute pression, l’appareil est constitué comme l’indiquent les figures 4 et 5 de la planche 79.
- La section annulaire se présente en dessus du piston du compensateur, et la section circulaire existe en dessous. %
- On peut obtenir ainsi une pression modérée de l’eau agissant sur le piston de l’ascenseur, en employant une grande pression pour l’eau motrice, et le problème est ainsi résolu à l’inverse du précédent.
- Dans ces trois dispositions, l’eau de la ville est envoyée dans la chambre supérieure du compensateur par l’intermédiaire d’un distributeur D manœuvré à distance par les cordes de manœuvre t et un levier L, et d’un conduit A.
- La chambre inférieure communique avec le corps de presse par un tuyau S faisant communiquer constamment ces deux appareils, le compensateur et l’ascenseur.
- Reste maintenant à indiquer comment il est possible de conserver, dans le compensateur, un volume d’eau toujours le même, en ajoutant, à la fin de chaque opération, une quantité d’eau égale à celle qui s’en serait échappée par les fuites autour du piston du compensateur et aussi par la garniture du corps de presse de l’ascenseur.
- Un double clapet à ouverture automatique, placé au niveau du sol, comme l’indiquent, en X, les figures 1,2 et 4 de la planche 79, permet à une certaine quantité d’eau, provenant de la conduite de la ville, de passer dans
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- le compensateur, et de rétablir, à fin de course inférieure de l’ascenseur, le volume d’eau logée dans le cylindre du compensateur, au fur et à mesure que, par suite des fuites, ce volume tend à diminuer.
- La disposition de ce double clapet est donnée ci-dessous (fig. 8).
- ; Les tiges T' et T" des deux clapets S et S' sont assemblées, à leur partie supérieure, à une traverse portant, en son milieu, une fige T terminée par une pièce de forme arrondie, B.
- Cette tête B est déplacée par la cabine de l’ascenseur lorsqu’elle arrive au bas de sa course, et les clapets S et S' sont par suite abaissés, de manière à laisser un certain espace libre entre leurs surfaces horizontales et le siège des clapets.
- Quatre conduits sont branchés sur cette boîte à soupapes :
- Le conduit A est en communication libre avec la conduite de la ville.
- C communique avec la chambre inférieure du compensateur.
- C' avec la chambre inférieure du même appareil. Enfin E avec le conduit de décharge à l’égout.
- Lorsque les soupapes seront séparées de leurs sièges, l’eau de la ville passera par le conduit C, de manière à venir soulever le piston du compensateur, s’il n’est déjà à fin de course, et, en soulevant ce piston, obligera une certaine quantité d’eau située au-dessus du piston à s’échapper par le conduit de décharge E.
- Les choses resteront ainsi en l’état jusqu’à ce que, par une nouvelle manœuvre de l’ascenseur, la cabine se trouvera soulevée, les ressorts rr viendront refermer les soupapes S et S', jusqu’à ce qu’une nouvelle descente de la cabine, à fin de course, vienne les ouvrir à nouveau.
- Fig. 8. — Disposition du double clapet.
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- On sera ainsi assuré que le piston de l’ascenseur pourra décrire sa course complète, effet qui ne pourrait pas se produire si le volume d’eau du compensateur n’était pas ramené, après chaque opération, au volume primitif.
- Moteurs à eau sous pression. — L’eau sous pression, obtenue souvent à grands frais, est employée, de plus en plus, pour permettre d’effectuer des manœuvres diverses en des points souvent éloignés les uns des autres.
- Il suffit d’avoir des réserves de cette eau sous pression, au moyen d’accumulateurs hydrauliques, et d’ouvrir un simple robinet pour effectuer une manœuvre qui aurait exigé, par des procédés manuels, un nombre d’hommes quelquefois considérable.
- Les grandes gares de chemins de fer, les bassins des ports de mer et les docks sont maintenant munis d’appareils hydrauliques, parmi lesquels se trouvent des cabestans que l’on entoure d’une corde qui vient s’attacher à un ou plusieurs wagons lorsqu’on veut déplacer ceux-ci, ou les faire changer de direction à l’aide de plaques tournantes ou de chariots.
- L’un des inconvénients que l’on rencontre dans l’emploi de ces appareils résulte de ce que l’eau ne peut pas se détendre, comme d’autres fluides, l’air ou la vapeur, et que, par suite, la quantité d’eau sous pression que l’on emploie est invariable, pour un même déplacement d’un point de la circonférence du cabestan, quelle que soit la résistance à vaincre.
- Le moteur à eau sous pression, actionnant le cabestan, est ordinairement formé de plusieurs cylindres, dans lesquels se déplacent, sous l’action de l’eau, des pistons à course constante, mettant en mouvement, par l’intermédiaire de bielles, un arbre à manivelle ayant même axe que le cabestan, et faisant tourner ce dernier.
- Dans cette application, et dans d’autres du même genre, M. Samain a cherché un moyen de proportionner le travail moteur au travail résistant, et il y est arrivé à l’aide d’un dispositif très ingénieux qui modifie automatiquement, et dans de certaines limites, le rayon de la manivelle, de manière à réduire ou à augmenter le volume de l’eau dépensée par tour de l’appareil, suivant l’importance du travail résistant à vaincre.
- M. Samain a construit l’un de ces appareils pour la Compagnie des Docks de Bordeaux, où il est en usage depuis deux années.
- Nous allons en donner la description en nous aidant des différentes figures de la planche 80, et en commençant par indiquer le principe sur lequel repose la construction de cette manivelle de rayon variable.
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- Au lieu de constituer la manivelle sous la forme d’un bras venu de forge avec l’axe et dirigé perpendiculairement à celui-ci, ou sous la forme d’un plateau-manivelle calé à l’extrémité de l’arbre, M. Samain l’a composée de deux pièces, l’une circulaire N, fixée à l’arbre F par son centre, et portant en E un tourillon excentré (fig. 1, pi. 80). Autour de ce tourillon E, peut tourner librement un second plateau M, excentré par conséquent par rapport au premier N. Cette pièce M, d’une certaine épaisseur, présente une cavité annulaire occupée, en partie, par un piston P, muni d’une garniture en cuir embouti p, et présentant, suivant un de ses rayons, un fond B. Sur cette même pièce se trouve fixé, en D, le manneton sur lequel viennent se monter les différentes bielles motrices.
- Un conduit A est ménagé dans l’arbre F et dans le plateau N, qui en est le prolongement, de manière à faire arriver l’eau motrice dans la cavité annulaire et lui permettre d’agir sur le fond B, de façon à modifier le volume de cette cavité. Le centre du bouton de manivelle D tourne alors autour de E, et sa distance à l’axe F peut ainsi varier, à chaque instant, suivant l’énergie des efforts exercés.
- Si l’on suppose, pour un instant, que la résistance est égale à la puissance, le plateau M occupera par rapport à N la même position, et la distance de D à F restera la même.
- Si l’on admet que la résistance croît dans une certaine mesure, l’eau sous pression, agissant dans la capacité annulaire, exercera un certain effort sur le fond B de cette capacité pour modifier la position de D, si cet effort est suffisant pour contre-balancer, et au delà, l’effet de la pression de la même eau sur l’ensemble des pistons moteurs.
- Si cette dernière action est prépondérante, au contraire, le fond B est repoussé, la capacité annulaire diminue de volume, et le bouton de manivelle change encore de position, mais en sens inverse, cette fois.
- Il se produira donc, en employant cette disposition, toute une suite de positions du bouton de manivelle, correspondant à des courses plus ou moins considérables de chacun des pistons, et correspondant, par conséquent, à des débits et, par suite, à des travaux variables, entre certaines limites, que l’on est libre de fixer à l’avance, lors de la construction de l’appareil.
- L’un des inconvénients principaux des moteurs à eau sous pression se trouve ainsi évité, en employant ce dispositif, applicable toutes les fois que le travail résistant à vaincre doit varier dans des limites assez étendues.
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- Nous avons représenté, fig. 2 et 3, planche 80, l’application de ces moteurs à la manœuvre d’un cabestan. :
- L’exemple choisi est celui du cabestan de douze tonnes, étudié pour la Compagnie des docks de Bordeaux.
- Le tambour du cabestan C est disposé à l’extrémité supérieure d’un axe vertical G, pénétrant dans le sol et disposé au centre d’une fosse de forme rectangulaire, recouverte de plaques de fonte que l’on peut enlever au moment des réparations ou nettoyages.
- Près de l’extrémité inférieure de cet arbre vertical G s’y trouve fixé un grand engrenage O relié par des pignons O' et O" aux axes F et F' de deux moteurs à eau sous pression de consommation variable.
- Des tiges verticales t, P, t1} permettent, au moyen de pédales P', P', et de leviers L, L, de produire le mouvement ascendant ou descendant d’embrayages à griffes K, Kn montés sur les deux axes F, F'.
- Si l’effort résistant est considérable, s’approchant de la résistance maximum de douze tonnes, les deux arbres F et F' sont actionnés par les moteurs correspondants, et le mouvement est produit par l’ensemble des engrenages O', Off, 0.
- Si l’effort à développer est moins considérable, inférieur à six tonnes, un des moteurs seulement est mis en mouvement, au moyen de l’eau sous pression, par l’intermédiaire de l’un des pignons O' ou 0" et de l’engrenage O monté sur l’arbre G.
- D’autres pédales, disposées au niveau du sol en P" et P/' permettent d’agir au moyen de leviers L' et h\, sur les soupapes des boîtes de distribution I et It, mises en communication avec l’arrivée de l’eau sous pression provenant de l’accumulateur. Les conduites T, T, permettent l’alimentation des deux moteurs AF, M',, disposés sur des supports en fonte S, fixés au fond de la fosse.
- Ghacun de ces moteurs est composé de trois cylindres oscillants recevant l’eau sous pression par leur fond, celui-ci est à rotule, de manière à produire l’articulation nécessaire pour le déplacement de leurs axes dans un même plan horizontal; les boutons D et Dj des manivelles communes aux trois moteurs accouplés sont entourés par les extrémités des tiges de piston, formant en même temps bielles des cylindres oscillants.
- A l’extrémité supérieure de chaque arbre F et F' se trouvent assemblés les plateaux manivelles à course variable, composés chacun des mêmes éléments que celui représenté, fig. 1, de la même planche. ’
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- L’eau sous pression agit constamment dans les capacités annulaires de volumes variables X, Xn par suite de son libre passage par les axes des arbres F et F' de manière à modifier, à chaque instant, le calage des boutons de manivelle D, Dt, pour satisfaire constamment à la condition de l’égalité des travaux moteur et résistant.
- En même temps, l’eau sous pression arrive successivement derrière chacun des pistons contenus dans les cylindres M', M't, M's, par des conduits T", T/', T/, fermés ou ouverts à l’admission ou à l’échappement par des tiroirs circulaires U et U' dont les axes u et u' sont situés dans les prolongements des axes moteurs F et F', et qui sont mis en mouvement par des transmissions par manivelles commandées par les boutons D, Dn des manivelles motrices.
- En résumé, l’appareil peut, par l’emploi de manivelles à course variable, proportionner le volume d’eau sous pression à dépenser au travail résistant, pouvant varier dans des limites très étendues, sans que l’on ait à faire d’autre manœuvre que d’appuyer sur les pédales P", P"l5 pour faire arriver l’eau motrice dans un ou dans les deux groupes de cylindres moteurs, et d’agir sur les pédales P' ou P'], lorsque l’on juge que l’effort exercé à la circonférence du cabestan ne dépasse pas la limite pour laquelle un seul des groupes d’appareils moteurs est nécessaire.
- Le mouvement vertical de la pédale se transmet à la tige £ou à la tige tu portant en a ou une encoche dans laquelle s'engage le verrou v ou vY. L’appareil se trouve ainsi débrayé, jusqu’au moment où l’on vient déplacer la pédale P' ou P5, de manière à venir agir, soit sur t', soit sur t!i} à l’aide d’un levier b ou bt, d’une tige horizontale d ou di} et d’un ressort situé dans la boîte p ou pu le verrou v ou se trouve déplacé horizontalement, la tige t ou tif peut remonter librement sous l’action d’un ressort p ou jo/, et l’appareil se trouve embrayé par cette seule manœuvre supplémentaire.
- Machines à élever les eaux. — M. Samain a appliqué le principe du moteur à course variable à la constitution d’une pompe à débit variable permettant de diminuer le volume d’eau débité à mesure que la pression à laquelle elle est amenée augmente, de manière à n’employer, pour sa mise en mouvement, que le même travail mécanique.
- Il suffit, pour ainsi dire, de renverser l’appareil ; la poulie-volant du moteur devient, dans cette application, la poulie conduite d’une transmission de mouvement ordinaire, le tuyau d’arrivée de l’eau sous pression devient le
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- tuyau d’aspiration, et, à l’inverse, le tuyau de décharge devient le tuyau de refoulement.
- Par le jeu des pressions, et par suite de la présence de la manivelle à course variable, l’eau est aspirée, puis refoulée, à une pression plus ou moins considérable, suivant la résistance à vaincre. L’appareil est même disposé pour supprimer, à la limite, toute course aux pistons servant à la compression de l’eau.
- M. Samain indique comme un des avantages de cet appareil de pouvoir se passer d’accumulateurs hydrauliques dans le cas de la mise en action de presses hydrauliques servant à la compression de diverses substances. On sait que cette compression n’exige, au début, qu’une faible pression, mais un déplacement assez grand du plateau presseur, et que la pression sur le piston de la presse doit aller en croissant à mesure que le degré de compression augmente et s’approche de la limite que l’on s’est fixée, le volume d’eau nécessaire doit décroître en même temps, pour un même nombre de tours de l’arbre de la pompe, et la pompe à débit variable remplit parfaitement le but indiqué, puisque, dans cet appareil, la quantité d’eau sous pression peut varier à chaque instant, suivant les besoins de l’appareil à desservir.
- Depuis un grand nombre d’années, M. Samain a construit une petite pompe rotative à palettes permettant, par son exécution soignée, et l’absence de toute garniture, d’être employée, par exemple, pour le soutirage des vins et d’autres liquides.
- Cette pompe a été l’objet d’un rapport de la Société d’Encouragement, en date du 10 mai 1877. Nous nous bornerons donc à la signaler ici, pour nous occuper d’autres dispositions de pompes du même inventeur.
- Pompe à double effet sans clapet. — Cet appareil est formé de deux pistons se déplaçant dans un même corps cylindrique, mais en sens inverse l’un de l’autre.
- Chacun de ces pistons porte une large soupape à grille et cuir embouti, et leur mouvement alternatif, tantôt dans le sens de leur rapprochement, tantôt dans le sens de leur éloignement, a pour effet de produire un mouvement continu de l’eau vers la colonne de refoulement.
- Quelquefois, au lieu d’employer cette disposition, M. Samain s’est servi de pistons de surfaces inégales, montés sur une même tige, et se déplaçant
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- dans des cylindres situés l’un au-dessous de l’autre. Une pompe à pistons différentiels ainsi composée peut permettre, comme dans la précédente disposition, un mouvement continu du fluide à déplacer.
- Pompe automotrice ou multiplicateur de pression. — Lorsque l’on veut obtenir, à l’aide d’une grande quantité d’eau, amenée à une pression peu élevée, une plus petite quantité d’eau à une pression plus grande, les machines, dites à colonne d’eau, peuvent être employées. On a disposé aussi des appareils, connus sous le nom d’accumulateurs multiplicateurs, pour arriver au même résultat.
- M. Samain a employé un moteur à trois cylindres, analogue à celui précédemment décrit, et il a ajouté, sur le prolongement de chacun d’eux, un autre cylindre de plus faible diamètre, dans lequel se meut un piston ayant évidemment même course que le piston moteur correspondant.
- Ces cylindres de compression prennent l’eau à faible pression, au moment où elle agit sur le piston moteur. Les pistons compresseurs la refoulent dans trois conduits se réunissant à la partie supérieure de l’appareil et l’amènent ainsi à une pression plus considérable.
- Cet appareil est représenté, fig. 1,2 et 3 de la planche 81.
- La fig. 1 représente cette pompe en coupe verticale.
- Les deux pistons P et P', l’un du cylindre moteur G', l’autre du cylindre à haute pression H, sont réunis par une tige I.
- Trois bielles B, attachées à une manivelle M, rendant solidaires les mouvements des trois pistons P, actionnent, par l’intermédiaire d’un axe vertical N, le tiroir de distribution de l’eau sous pression.
- L’eau motrice arrive en A, passe dans la boîte à tiroir, et se rend, par un conduit D, derrière chacun des pistons P. En même temps, un conduit E permet l’alimentation du cylindre H, dans lequel se meut le piston P'.
- Par le jeu des pistons, l’eau arrivant en E, est refoulée dans les conduits F qui se réunissent en G, pour de là se diriger vers les appareils dans lesquels cette eau sous pression peut être utilisée.
- Un ressort R, surmonté par un piston pouvant se déplacer dans un cylindre vertical, est destiné à amortir les chocs qui peuvent se produire lors de la mise en mouvement des pistons P'.
- La figure 2 montre, en plan, la disposition des trois cylindres moteurs C, C', C", ainsi que de leurs prolongements H, H', H".
- Enfin la figure 3 donne la coupe transversale de l’un des cylindres C, le
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- conduit D, préparé au-dessus de ce cylindre, sert à l’arrivée de l’eau à basse pression derrière le piston P.
- Enfin, pour ne pas allonger, outre mesure, ce rapport, nous citerons seulement toute une série d’appareils, dénommés balances hydrauliques, et qui ont pour objet d’élever, à l’égal des béliers, une petite quantité d’eau à
- grande hauteur, en dé-
- pensant un grand volume d’eau tombant d’une hauteur beaucoup plus faible, avec cette différence appréciable quel’eau, élevée àgrande hauteur, peut être de nature différente de celle de l’eau motrice.
- Ces appareils, à simple ou à double effet, ne demandent aucune surveillance, et les attestations, que nous avons eues entre les mains, montrent que ces engins fonctionnent, depuis plusieurs années, à la satisfaction des propriétaires quilesontinstallés dans leurs domaines.
- Pressoirs. — A côté
- Fig. 9. — Pressoir avec dynamomètre.
- de ces nombreux appareils, de formes diverses, mettant en jeu l’eau sous pression, M. Samain s’est occupé aussi, depuis longtemps, de la construction des pressoirs.
- L’un de ces appareils, connu sous le nom de presse à losange, a été l’objet de deux rapports de la Société d’Encouragement, les 8 mai 1861 et 11 février 1870, à la suite desquels il a été décerné à l’inventeur une médaille d’argent et une médaille de platine.
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- Cet appareil, très ingénieux, ne permettait pas, au début, de faire parcourir au plateau presseur une course un peu longue, aussi M. Samain a-t-il perfectionné cet appareil, en adaptant à la tige du pressoir, lorsqu’elle est filetée, un système d’écrou et de contre-écrou, qui permet de reprendre l’opération au point où elle a été amenée, par une première pression, en ouvrant les branches du losange articulé, et les refermant ensuite pour faire descendre le plateau d’une nouvelle quantité, égale à la première, et ainsi de suite.
- M. Samain a ajouté aux pressoirs de diverses formes un dynamomètre permettant de se rendre compte des modifications de la pression, au cours des différentes périodes d’une même pressée, afin de ne jamais dépasser la pression par unité de surface au delà de laquelle le produit perdrait de sa qualité, et, en même temps, permettant de rester en dessous de la limite pour laquelle l’appareil a été calculé et construit.
- Ce dynamomètre peut être adapté à peu de frais, et sans grandes modifica-tions apportées aux or- Flg l0 _ Poinçono<!llse Samai„.
- ganes ordinaires d’un
- pressoir à vis, et lafigure 9, ci-dessus (page 488), permet de se rendre compte de sa position par rapport aux organes différents d’un pressoir fonctionnant au moteur.
- Enfin, M. Samain a tenu à montrer que, dans le cours de sa longue carrière industrielle, il a été conduit à s’occuper de l’étude d’appareils d’usages très divers.
- Une poinçonneuse pour métaux a été brevetée par lui, le 11 janvier 1856, c’est-à-dire il y a 36 ans, et l’inspection de la figure 10 permet, mieux que toute description, de montrer quelle analogie existe entre cet outil déjà ancien, et d’autres plus récents employés, d’une manière courante, dans l’industrie mécanique.
- En résumé, après avoir passé en revue les inventions diverses de M. Samain, après avoir caractérisé, par leurs points principaux, celles qui ont fait l’objet des applications les plus importantes, et qui répondent le mieux aux besoins de l’industrie moderne, le Comité des arts mécaniques vous
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- propose de remercier M. Samain de ses très intéressantes communications, et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin, avec les gravures sur bois, planches et légendes nécessaires, pour pouvoir suivre la description des principaux appareils imaginés par cet inventeur infatigable.
- Signé : Alfred Tresca, rapporteur.
- Approuvé en séance le 26 février 1892.
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- Rapport, fait par M. de Comberousse, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur le nouveau système d’épurateur économique des eaux d’alimentation des chaudières a vapeur, présenté par M. A, Girault.
- Le problème d’éviter sûrement les incrustations que les matières en suspension dans l’eau forment dans les chaudières à vapeur par suite de l’élévation de température, offre à tous les points de vue un intérêt pratique considérable, sans parler des dangers qui résultent de ces incrustations.
- Aussi, un très grand nombre de solutions ont-elles été proposées.
- On peut purifier chimiquement les eaux avant leur introduction dans le générateur, en séparant ensuite par décantation et filtration les précipités obtenus. C’est là un procédé très rationnel sans doute, mais qui exige des appareils spéciaux plus ou moins encombrants, plus ou moins coûteux, et dont le fonctionnement n’est pas exempt de difficultés.
- On peut mélanger directement à l’eau de la chaudière des matières, qui, parleur présence, empêchent les dépôts de se transformer en incrustations et les maintiennent à l’état boueux. On peut alors s’en débarrasser plus ou moins aisément par des purges et des nettoyages suffisamment rapprochés. Mais ces matières, ajoutées à l’eau, si elles peuvent diminuer l’adhérence des dépôts, en augmentent nécessairement l’importance; et, dans tous les cas, elles doivent être choisies avec le plus grand soin, pour que leur emploi ne donne lieu à aucun autre inconvénient.
- Il reste enfin une troisième solution qui consiste à introduire, dans la chaudière, des vases ou des réservoirs spéciaux où les courants soient très diminués et où les dépôts puissent s’accumuler. Mais il faut les enlever et
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- les nettoyer plus ou moins fréquemment, ce qui peut être une gêne au point de vue de la marche de la machine.
- Le nouvel appareil présenté à la Société par M. Gibault est une application de cette troisième solution. Mais sa disposition particulière permet de le regarder comme un épurateur pour ainsi dire continu.
- Nous en donnerons d’abord la description (voir les figures 1 et 2); puis, nous indiquerons les résultats fournis par deux essais prolongés.
- Des tubes A en fer, de 12 centimètres de diamètre environ, sont réunis horizontalement et verticalement par des coudes en fonte B. Les joints sont faits à l’amiante et par brides boulonnées. La longueur de ces tubes n’a pas absolument besoin d’être pro-portionnée à celle de la chaudière qui doit recevoir l’épurateur; mais il estpréférable d’accepter ce principe. En hauteur, le nombre des tubes doit être tel,quedeuxoutrois au moins, à la partie su-
- . ii; m Fig. 1. — Plan de l’épurateur Gibault.
- péneure de 1 appareil,
- soient plongés dans la vapeur, tous les autres étant immergés dans l’eau chaude. C’est là, semble-t-il, une condition essentielle de bon fonctionnement.
- Chaque tube rencontré en hauteur répond à un plan horizontal où se développent trois tubes placés au même niveau, si ce n’est à la partie supérieure où un coude oblique réunit les deux derniers tubes horizontaux. On a ainsi une espèce de serpentin où l’eau peut circuler facilement.
- On entre l’appareil par le dôme de la chaudière, et l’on appuie chacune
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- de ses extrémités sur un fer plat posé simplement sur le fond. Le poids de l’épurateur est suffisant pour qu’il demeure absolument fixe.
- Le dernier tube horizontal supérieur, de plus grand développement que le’s.autres, aboutit à un plateau P à rebords, qui est légèrement incliné et qui se termine aime cuvette G prolongée verticalement jusqu’au tube horizontal immédiatement inférieur sur lequel elle repose. Une soupape à contre-
- Fig. 2. — Dispositioa de l’épurateur Gibault.
- poids T'ferme le fond de cette cuvette pendant l’alimentation, tandis que, dans le même temps, une autre soupape T, ouverte au contraire, permet à l’eau qui remplit le dernier tube horizontal supérieur de se répandre en nappe mince sur le plateau incliné P. Enfin, un tube P', incliné en sens inverse, réunit le fond de la cuvette C avec la partie du tube horizontal supérieur qui précède la soupape T et le plateau P, et assure le jeu complet de l’appareil.
- Dans l’intérieur des tubes A, pour s’opposer à l’entraînement partiel des dépôts précédents lors d’une nouvelle alimentation, on introduira utilement des tôles ondulées, comme l’a fait ultérieurement M. Gibault sur le conseil bienveillant de M. Chapsal, ingénieur à la Compagnie de l’Ouest, qui avait été chargé d’examiner son appareil au point de vue de son application aux locomotives.
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- Pour que l’épurateur, placé dans une chaudière fixe, puisse immédiatement remplir son office, il suffît de monter sur la partie extérieure de la conduite d’alimentation un robinet à trois eaux qu’on manoeuvre à l’aide d’une clé à double effet. Ce robinet R permet de produire à volonté l’alimén-tation du générateur par cette conduite ou sa purge par un tuyau branché sur ladite conduite. Le tuyau d’alimentation descend d’ailleurs verticalement dans la chaudière, et se trouve continué par le dernier tube horizontal de l’appareil.
- Le robinet étant ouvert pour l’alimentation, l’eau en charge pénètre, par le prolongement vertical indiqué, dans le dernier circuit horizontal de l’épurateur, plongé dans l’eau chaude du générateur. L’eau d’alimentation, qui a traversé d’abord la couche supérieure de vapeur, prend presque immédiatement la température de l’eau de la chaudière; puis, s’élevant dans le serpentin, elle finit par s’écouler sur le plateau P et par se réunir à l’eau de la chaudière sans modifier sa température.
- La précipitation des sels en suspension, déjà obtenue dans les tubes immergés dans l’eau, est encore plus parfaite dans la partie supérieure de l’appareil située dans la vapeur. Quant aux matières solides plus fines qui peuvent encore être entraînées par l’eau purifiée sortant du tube horizontal supérieur au moment de l’alimentation, elles se déposent sur le plateau incliné P et remplissent le haut de la cuvette terminale C dont le fond est alors fermé par la soupape Tf.
- Telle est la première période d’action de l’appareil. Passons à la seconde.
- Lorsqu’une purge paraît nécessaire, et la conduite d’alimentation étant fermée, on ouvre le tuyau de purge. La pression de la vapeur dans la chaudière agit alors immédiatement sur les deux soupapes T et T', fermant la première et ouvrant la seconde. Cette vapeur, en traversant d’abord le tube incliné P', parcourt donc le serpentin tout entier en sens inverse de la marche suivie par l’eau d’alimentation, et entraîne violemment au dehors, par le tuyau de purge, la plus grande partie des dépôts formés dans le serpentin, avec une faible quantité d’eau.
- Les purges journalières doivent être d’autant plus fréquentes que les eaux dont on fait usage sont moins pures. Leur nombre peut varier de trois à cinq, et ce dernier chiffre répond à des eaux très séléniteuses. Chaque purge demande une minute à peine, et la quantité de vapeur qu’elle consomme est insignifiante.
- On peut ainsi regarder l’épurateur comme fonctionnant d’une manière Tome VH. — 91e année. 4e série. — Août 1892.
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- continue, puisque les dépôts concentrés dans l’appareil sont expulsés au fur et à mesure de leur formation.
- indiquons maintenant les deux applications qui ont été faites de l'épurateur.
- L’appareil a d’abord été essayé dans une chaudière à bouilleurs de 35 chevaux appartenant à M. Aucher, qui possède une teinturerie importante à la Ferté-Macé (Orne). L’épurateur est resté installé dans cette chaudière depuis le mois de juin 1890 et n’a gêné en rien par son volume la marche du générateur. Sa longueur, en effet, n’est que de lm,30 pour une longueur de la chaudière égale à 4m,60.
- Il résulte de deux lettres écrites par M. Aucher, la dernière en date du 17 octobre 1891 et qu’il a bien voulu m’adresser en réponse aux questions que je lui avais posées, que :
- 1° Le meilleur état des parois de la chaudière lui a procuré une économie de combustible;
- 2° La purge, qui s’effectue très vivement, avec élimination d’une faible quantité d’eau et de vapeur, n’influe pas sur la réserve de vapeur, comme le prouve l’examen du manomètre;
- 3° Il se forme encore du tartre dans la chaudière, mais il est beaucoup moins épais et beaucoup moins dur, comme le montrent les échantillons prélevés avant la pose de l’épurateur et trois mois après. Quant aux boues qui existaient précédemment en très grande quantité, elles sont complètement éliminées par les purges ;
- Il faut remarquer que, dans ce premier modèle, les tubes de l’appareil sont lisses à l’intérieur. Il serait évidemment très utile d’y introduire des tôles ondulées, ainsi que l’a fait plus tard M. Gibault.
- 4° On avait tous les ans à remplacer un grand nombre de robinets que le tartre usait rapidement. Depuis l’emploi de l’épurateur, il n’y en a eu que quelques-uns à changer : encore étaient-ils déjà très détériorés au moment où l’appareil a été introduit dans la chaudière ;
- 5° Le travail ne subissant plus aucun arrêt pour cause d’insuffisance de production de vapeur, la quantité de coton teint journellement a pu être augmentée d’un tiers.
- En définitive, d’après la déclaration de M. Aucher, le modèle essayé chez lui n’a pas cessé de fonctionner depuis vingt-trois mois, en lui donnant toute satisfaction.
- La seconde application a été faite dans l’usine de teintures et d’apprêts
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- de M. Lacour, à Puteaux, usine dirigée par M. Legouay, ingénieur des arts et manufactures.
- L’épurateur y a été installé en novembre 1891 dans une chaudière àbouil-leursde80 chevaux, présentant 89 mètres carrés de surface de chauffe. La longueur du corps de la chaudière est de 12m,10 et celle des bouilleurs, de 13m,90; le diamètre de la chaudière est de lm,40 et celui des bouilleurs, de 0m,72; le trou d’homme a 0m,80 de diamètre.
- M. Gibault, malgré les dimensions beaucoup plus grandes de la chaudière, n’a pas modifié les proportions de son appareil qui a lm,30 de longueur comme chez M. Aucher et 11 tubes. Le résultat constaté a été aussi favorable. L’épurateur est placé dans le générateur de M. Lacour, alimenté en eau de Seine, après le trou d’homme, et l’alimentation se fait à 3 mètres en arrière du dôme. L’appareil s’appuie sur la tôle du corps de la chaudière par l’intermédiaire de deux fers plats simplement posés, sans rivure ni boulons.
- Un premier essai a donné les résultats ci-après. Ces résultats sont certifiés dans une lettre qu’a bien voulu m’écrire le directeur de l’usine, M. Legouay, et il me les a confirmés lorsque je me suis rendu à Puteaux pour assister à la purge de la chaudière.
- La mise en marche a eu lieu le 19 novembre dernier. Le feu, allumé à 6 heures du matin, était éteint le soir de 6 à 7 heures. On a fait trois purges par jour, la première à 10 heures du matin, la seconde à 2 heures, la troisième une heure avant l’arrêt. Le 31 décembre au soir, la chaudière avait fonctionné d’une manière effective pendant 447 heures et avait consommé 96 tonnes de charbon.
- Au moment de la mise en train, la chaudière était recouverte à l’intérieur d’incrustations, atteignant 2 à 3 millimètres d’épaisseur. Pour vérifier si l’épurateur empêchait la formation d’incrustations nouvelles, M. Legouay avait pris la précaution de faire piquer complètement une tôle inférieure de chaque bouilleur. Lors de la visite qui fut faite après l’arrêt, le 2 janvier 1892, on trouva dans les bouilleurs une certaine quantité de boue non adhérente aux tôles, et qui se composait à peu près pour moitié des incrustations antérieures, lesquelles s’étaient fendillées et détachées. Auparavant, il existait à chaque vidange une quantité, double de boue. Quant aux tôles qu’on avait piquées, elles étaient absolument nettes de tartre.
- Un second essai se poursuit actuellement depuis le 4 janvier, dans les mêmes conditions. On a seulement porté de 3 à 5 le nombre des purges journalières.
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- La vapeur étant employée d’une façon assez irrégulière dans l’usine La-cour, M. Legouay n’a pu constater exactement l’économie de combustible; mais il croit qu’elle est réelle.
- Les échantillons de tartre expulsé que j’ai pu recueillir lors de la purge effectuée sous mes yeux, sont d’ailleurs analogues à ceux pris chez M. Aucher.
- En résumé, l’épurateur des eaux d’alimentation des chaudières fixes présenté à la Société par M. A. Gibault nous semble offrir les avantages suivants :
- Il est très économique de construction. On peut facilement varier sa forme suivant le système de chaudière. Il ne tient aucune place, puisqu’il est situé dans le générateur lui-même sans nuire à sa marche. Sa pose, dans les conditions normales, exige une dizaine d’heures. Au point de vue de l’entretien de l’appareil, il suffit, au moment des arrêts réguliers de la chaudière, qui ont lieu en général deux fois par an, à Pâques et à la Noël, de le retirer, de déboulonner les différentes brides et de nettoyer les tubes, les coudes, et le plateau incliné avec sa cuvette. Tout peut se faire en une journée et demie au maximum.
- Quant aux effets de l’épurateur, il paraît s’opposer très efficacement à la formation de nouvelles incrustations en purifiant l’eau introduite d’une manière immédiate et continue; et, comme conséquence, il n’est pas douteux que son emploi n’entraîne une certaine économie de combustible.
- Le Comité des Arts mécaniques vous propose donc de remercier M. A. Gibault de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport dans votre Bulletin, avec deux figures dans le texte.
- Signé : Ch. de Comberousse, rapporteur.
- Approuvé en séance le 13 mai 1892.
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- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur / École française de bonneterie, à Troyes.
- Messieurs,
- L’un de nos membres correspondants, M. Ruxtorf, président du Conseil d’Administration de la Société anonyme de Y École française de bonneterw (créée à Troyes, en 1888), a récemment écrit à notre Président pour récla-
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- mer, en faveur de cette Ecole professionnelle, l’appui de la Société d’Éncou-ragement.
- Le Comité des Arts mécaniques, auquel le dossier a été renvoyé tout d’abord, m’a chargé de vous exposer l’état de la question. Vous savez, messieurs, de quelle importance est pour notre pays l’industrie des étoffes tricotées : la production évaluée à 70 millions de francs, en 1862, s’élevait à 175 milions, en 1889, d’après le rapporteur du jury de la classe 35 à l’Exposition universelle. Si l’on tient compte des progrès mécaniques réalisés au cours de la même période, progrès qui ont permis de réduire le prix de vente des produits, des deux tiers environ (pendant que les salaires augmentaient en proportion inverse), il faut admettre que la somme de 175 millions de francs représente effectivement un chiffre de production plus que triple du total relevé en 1862. Le département de l’Aube a largement participé à cette progression; il fournissait, à lui seul, 60 des 175 millions de francs portés à l’actif de l’année 1889. L’importance de cette région désignait donc la ville de Troyes comme le siège naturel d’une école de tricot.
- Dans la bonneterie ainsi que dans la plupart des industries modernes, l’ouvrier exclusivement attaché à un genre de machines acquiert une grande habileté particulière, une compétence pour ainsi dire localisée, mais cette spécialisation devient une cause de faiblesse, si les chefs d’atelier, tout au moins, ne sont pas préparés, par une éducation technique bien conçue, aux changements brusques, aux transformations d’outillage que provoquent les perfectionnements mécaniques, les nécessités de la concurrence.
- Depuis longtemps nos rivaux étrangers l’ont compris : l’Angleterre et la Saxe possèdent des écoles de bonneterie largement pourvues du matériel nécessaire à l’enseignement professionnel. La bonneterie française, plus hésitante, a senti toutefois qu’il s’agissait du maintien de son bon renom, de la supériorité d’une production sérieusement menacée par les efforts de nos voisins d’outre-Manche et d’outre-Rhin ; quelques industriels entreprenants ont fondé, sous la forme d’une Société anonyme, l’œuvre patriotique que ce rapport est destiné à vous faire connaître (1).
- (1) Le Conseil d’administration de l'École française de bonneterie est constitué comme suit : MM. E. Buxtorf, ingénieur-mécanicien, membre de la Chambre de Commerce et de la Chambre syndicale des fabricants de bonneterie, président; A. Mortier, ancien élève de l’École polytechnique, président du Tribunal de Commerce, président de la Chambre syndicale des fabricants de bonneterie, vice-président ;LRerbin,secrétaire de laChambrede Commerce, membre de la Chambre syndicale des fabricants de bonneterie, secrétaire-trésorier ; L. Chanvin, ingénieur des Arts et Manufactures, vice-président de la Chambre syndicale des fabricants de bonneterie, membre;
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- Le Ministère du Commerce, le Conseil général de l’Aube, les Chambres de Commerce de Troyes et de Bar-le-Duc, la municipalité de Romilly-sur-Seine, les Chambres syndicales de la bonneterie de Paris ont aidé, dans des mesures diverses, au développement de la nouvelle institution et sont venus grossir le nombre des souscripteurs particuliers de Troyes, de Paris, de Lyon, de Roanne, de Nîmes, etc. Aux subventions pécuniaires se sont ajoutés les dons et les prêts de machines, afin de mettre chaque élève en mesure d’apprendre pratiquement son métier sous la surveillance d’un contremaître de la profession. Dans une semblable école, en effet, contrairement à ce qui se passe avec les enseignements exclusivement théoriques, les dépenses augmentent proportionnellement au nombre des élèves, puisque chacun d’eux doit disposer de matières premières en quantité suffisante pour produire industriellement et doit procéder par comparaison, en se servant successivement d’outillages variés. Nous touchons ici à l’une des difficultés matérielles de l’heure présente, car si l’École de Troyes possède à peu près toutes les machines utilisées en France et généreusement fournies par des fabricants ou des constructeurs (2), il lui manque les fonds nécessaires à l’acquisition de certaines machines employées à l’étranger et d’autant plus intéressantes à étudier par nos futurs chefs d’ateliers.
- L’enseignement se donne à Troyes en deux années (3). A la fin de chaque
- P. Raguet, ancien membre de la Chambre de Commerce, membre de la Chambre syndicale des fabricants de bonneterie, membre ; A. Bonbon, membre de la Chambre syndicale des fabricants de bonneterie, membre.
- (2) La valeur du matériel appartenant à YÊcole française de bonneterie s’élevait, en 1892, après amortissement, à plus de vingt mille francs, sans compter, bien entendu, le matériel prêté.
- (3) Matières enseignées. — Mathématiques. — Arithmétique, — Notions d’algèbre, — de géométrie élémentaire, — de géométrie descriptive, — de trigonométrie.
- Notions de physique, — de chimie et d’hygiène.
- Notions de cinématique, — principes de mécanique.
- Comptabilité industrielle (prix de revient, devis, etc.), —• comptabilité commerciale.
- Dessina main levée, — dessin géométrique.
- Arts textiles. — Matières premières, coton, laine, soie.
- Notions élémentaires de filature, — titrage et conditionnement.
- Principes élémentaires du tissage.
- Bonneterie. — Machines de préparations, — bobinoirs, etc.
- Monographie des différents métiers à tricots.
- Métiers rectilignes avec et sans diminutions.
- Métiers circulaires, à platines ou à mailleuses.
- Métiers tubulaires.
- Métiers chaîne.
- Combinaisons des dessins pour tricots fantaisie.
- Comparaisons des systèmes français et étrangers.
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- semestre, des examens de classement ont lieu pour les élèves des deux divisions et, à la fin des deux années, les élèves ayant subi avec succès l’examen définitif reçoivent un diplôme d’ancien élève de l’Ecole française de bonneterie.
- Tous doivent être Français, âgés de 15 ans au moins lors de leur admission et justifier d’une instruction primaire complète; ils sont externes et la rétribution scolaire est de 250 francs par an ; un certain nombre de bourses ont été créées par des souscripteurs.
- En 1890, l’Ecole comprenait 16 élèves, dont 7 en lre année ou 2° division, et 9 en lro division.
- En 1891, les élèves, au nombre de 17, étaient encore 7 en 2e division et 10 en première.
- Déjà, en novembre 1890, lors de l’inauguration officielle de l’Ecole, par M. Jacquemart, inspecteur général des Écoles nationales des Arts et Métiers et de renseignement technique, spécialement délégué parM. le ministre du commerce, le président du Conseil d’Adminislration était autorisé à dire : « L’École française de bonneterie a donné un résultat immédiat, avantageux et 'profitable aux petits et aux grands tout à la fois, puisque ses jeunes élèves diplômés ont trouvé de suite une place sociable, et les industriels, autant de travailleurs éclairés, n’ayant plus à acquérir que de l’expérience pour faire, plus tard, d’excellents chefs d’ateliers. »
- Ce résultat immédiat s’est affirmé depuis et après trois années d’essai les associés, plus que jamais convaincus de l’utilité et de l’avenir de leur fondation, ont décidé, pour une nouvelle période, la prorogation de la Société anonyme de Y Ecole française de bonneterie.
- La Société d’Encouragement ne saurait se désintéresser d’une oeuvre aussi profitable à l’une de nos grandes spécialités industrielles. Le Comité de mécanique vous propose, messieurs, de remercier M. Buxtorf, de sa très intéressante communication, d’adresser de vives félicitations au Conseil d’Administration de Y Ecole française de bonneterie, pour son heureuse initiative et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport.
- Signé : Édouard Simon, rapporteur.
- Approuvé en séance le 24 juin 1892.
- Coupe et confection.
- Opérations et matériel d’apprêts.
- Travaux pratiques. — Des travaux pratiques et des visites aux ateliers complètent les cours théoriques.
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- Rapport fait par M. Troost, au nom du Comité des Arts chimiques, sur la fabrication AUTOMATIQUE DU VINAIGRE, par M. E. RaRBE.
- Dans la séance du 26 juillet 1889, M. E. Rarbe, ingénieur civil, a présenté à la Société ses appareils pour la fabrication automatique du vinaigre de vin, de cidre ou d’alcool.
- Dans ce procédé le travail manuel est supprimé et l’alimentation des cuves se fait avec la plus grande régularité le jour et la nuit.
- Les cuves disposées en longues lignes parallèles ont 2ra,25 de hauteur, lm,15 de diamètre à la base et 0m,85 de diamètre à la partie supérieure. Leur capacité est d’environ 15 hectolitres; elles renferment 260 kilogrammes de copeaux de hêtre enroulés en spirale, et dont la surface développée est de plus de 34 mètres carrés.
- A la partie inférieure des cuves, l’air nécessaire à l’acétification est réparti en un très grand nombre de points différents par des boîtes perforées, disposées en croix, et recevant l’air par une ouverture unique munie de douilles concentriques qui permettent d’augmenter ou de diminuer l’accès de l’air suivant la température intérieure et la marche de l’acétification.
- Des tablettes disposées toutes sur un même plan horizontal supportent au-dessus de chaque cuve un flacon d’un litre environ de capacité. Ce flacon communique par son goulot avec une canalisation générale qui, grâce à un clapet spécial (1), peut rester en communication avec l’atmosphère ou être mise à un moment donné en communication avec un réservoir d’air comprimé.
- Le fond du flacon est percé de deux ouvertures. L’une d’elles est munie d’un tube par lequel arrive le liquide à acétifier, venant d’un récipient alimenté par un réservoir placé à l’étage supérieur. Le niveau du liquide dans
- (1) Ce clapet se compose essentiellement d’un tube vertical, renflé au milieu de sa hauteur. Dans ce renflement se trouve une balle de liège d’un diamètre un peu supérieur à celui du tube. Elle est soutenue par- des griffes entre lesquelles l’air passe librement tant que la canalisation doit rester en communication avec l’atmosphère; mais quand de l’air comprimé arrive par la partie inférieure, la balle de liège, brusquement soulevée, ferme la partie supérieure du tube et intercepte toute communication avec l’extérieur.
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- le récipient est maintenu constant par un robinet flotteur. L’autre ouverture du flacon laisse passer la grande branche d’un siphon dont la partie recourbée se trouve un peu au-dessus du niveau que peut atteindre le liquide.
- Cette grande branche communique inférieurement avec un tourniquet hydraulique en verre, placé entre le couvercle de la cuve et la partie supérieure des copeaux dont elle est remplie. Le liquide venant du récipient à niveau constant met environ dix minutes à s’élever à sa hauteur maximum, la même dans tous les flacons.
- Or, à des intervalles de quinze à dix-huit minutes, la canalisation d’air est mise automatiquement par une balance hydrostatique en communication pendant quelques instants avec un réservoir d’air comprimé. Cet air exerçant instantanément sa pression sur la surface du liquide dans tous les flacons y amorce les siphons par lesquels le liquide s’écoule dans le tourniquet hydraulique qui le répartit à la surface des copeaux recouverts du myco-derma aceti.
- Le liquide descend lentement à la surface de ces copeaux et arrive complètement transformé en vinaigre à la partie inférieure des cuves. Il passe de là par un tube de décharge dans une canalisation générale qui le conduit dans des foudres où il se refroidit et se clarifie pour être ensuite livré à la consommation.
- Un seul employé suffît pour la surveillance de tous les appareils.
- Dans le cas de la préparation du vinaigre d’alcool, on ajoute au mélange d’alcool et d’eau une infusion de maltou d'autres matières azotées nécessaires au développement du mycoderma aceti; on l’additionne ensuite d’une proportion d’acide acétique provenant d’une opération antérieure, et qui varie avec le degré du vinaigre que l’on veut obtenir. Cette addition maintient le mycoderme dans le milieu acide qui convient le mieux à son activité, elle évite en même temps une trop grande élévation de température.
- Grâce aux dispositions adoptées par M. E. Barbe, la perte par évaporation est réduite à son minimum, l’acétification se maintient à un degré sensiblement uniforme, et la production du vinaigre est augmentée dans une forte proportion.
- Ce procédé breveté en 1888 a été d’abord expérimenté dans une fabrique de Paris. Il a été ensuite installé à Lagny où 120 cuves fonctionnent depuis trois ans dans l’usine de MM. Mathon père et fils. Il a été également établi à Lyon dans la fabrique de vinaigre de MM. Fontenay et Estienne qui comprend 200 cuves et dans d’autres fabriques moins importantes à Brest, à Toul, à
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- Clermont-Ferrand, à Bordeaux et à Valence. Il y a actuellement en fonction 514 cuves produisant journellement 200 hectolitres de vinaigre.
- Le système automatique employé par M. Barbe constitue un important perfectionnement du procédé Schutzenbach.
- Votre Comité des Arts chimiques vous propose de remercier M. E. Barbe de son intéressante communication et de voter l’impression au Bulletin du présent rapport.
- Signé : Troost, rapporteur.
- Approuvé en séance le 13 mai 1892.
- LÉGENDE EXPLICATIVE DES FIGURES REPRÉSENTANT LE SYSTÈME DE FABRICATION DU
- VINAIGRE DE M. BARBE.
- Description de l’appareil. — La figure 1 représente une vue intérieure d’une vinaigrerie faisant voir une des cuves en coupe verticale.
- a, Cuves remplies de copeaux.
- b, Copeaux de hêtre roulés en spirales.
- c, Douilles d’entrée de l’air dans les cuves.
- d, Croix percées de trous pour la répartition de l’air à la partie inférieure des copeaux.
- e, Tourniquets en verre maintenus entre deux plaques de verre.
- f, Champignon portant un godet en verre dans lequel pivote un tourniquet.
- g, Supports des tablettes munis de vis en bois pour la mise de niveau.
- h, Tablettes supportant les flacons.
- i, Flacons recevant le liquide à acétifier.
- j, Conduit de liquide venant du flotteur.
- k, Flotteur.
- l, Cuve supérieure contenant le liquide à acétifier.
- m, Tuyau allant au flotteur.
- n, Tuyaux amenant le liquide aux flacons.
- o, Siphons à cloche.
- p, Capsules en caoutchouc adaptées sur chaque flacon.
- q, Tube recourbé allant à la canalisation de l’air parallèle à celle du liquide.
- r, Clapet à air.
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- Fig. 1. — Fabrication du vinaigre, systèmeïE. Barbe.
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- œ, Tuyau venant de l’appareil hydrostatique et allant à la canalisation générale de l’air.
- s, Tubes de vidange des cuves.
- t, Canalisation conduisant le vinaigre fini dans les foudres du magasin inférieur.
- u, Chantiers supportant les cuves.
- v, Thermomètre servant à indiquer la température intérieure des cuves.
- x, Faux plancher pour le service.
- y, Escalier. '
- Appareil hydrostatique (fig. 2). — L’appareil hydrostatique se compose d’un réservoir en cuivre a muni d’un indicateur de niveau d’eau b et d’un manomètre c. A la partie supérieure, il porte un clapet à soupape d s’ouvrant de haut en bas sous l’action d’un levier e, articulé au point e', agissant sur la tige f dudit clapet, lequel porte une tubulure postérieure œ perpendiculaire à son axe vertical qui est en communication directe avec la canalisation d’air de la vinaigrerie. Sur le levier e est fixé un timbre de sonnerie g sur lequel vient frapper un marteau g' monté à l’extrémité d’un levier h articulé au point h1. A la partie inférieure du réservoir a est adapté un clapet à soupape d\ semblable au précédent, mais s’ouvrant de bas en haut, lequel est actionné par un levier e2 articulé en e3, agissant sur la tige du clapet, qui se termine par un robinet f. Le levier du clapet supérieur commande à l’aide d’une tige verticale i et d’une goupille ix le levier du clapet inférieur. La tige i porte un contrepoids de rappel/; un contrepoids/1 est également fixé au levier e2 par une tige/2. Le compteur k fixé à la table de la machine est actionné à l’aide d’un levier kx par un fil de métal k2 tourné au milieu sur une faible longueur en ressort à boudin; ce fil, qui est fixé au levier e, tire, lors de chaque mouvement, le levier du compteur et fait marquer celui-ci d’une unité ; un petit contrepoids t sert à le rappeler.
- La machine est montée sur un pied en fonte m fixé au sol par des vis ; il est muni d’une table n consolidée par deux consoles nl sur laquelle est fixé le réservoir a par des pattes o ; ce pied est venu de fonte avec deux grands bras p, px et deux petits bras p2 ps; à l’extrémité du grand bras p est articulé un levier q venu de fonte avec un collier r et une tige verticale r1 munie d’un cliquet r2. Dans le collier, est suspendu par deux tourillons diamétralement opposés un vase en cuivre s portant au centre un siphon à cloche s1 muni d’un tube désamorceur s2. Ce levier est suspendu par son autre extrémité à une petite chaîne t passant dans la gorge d’une poulie tx et portant à l’autre bout un contrepoids de rappel f. A ce levier est articulée une tige verticale u coulissant dans le levier e et portant à sa partie supérieure un cliquet ux et une goupille transversale id ; un fil métallique v muni d’un anneau sert d’arrêtoir au levier q et limite sa course ascendante.
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- Sur le bras p1 est fixé une platine portant, articulé au point.x, un petit levier
- compensateur x1 muni d’une tige x et d’un contrepoids x'\
- Le bras p2 sert à supporter un vase en cuivre te4 muni d’un tuyau de décharge x5 ; ce vase reçoit l’eau de la balance et celle de purge du côté de l’admission.
- Sur le petit bras p3 est adapté le système d’alimentation de l’eau, qui.com-* prend une douille, à l’intérieur de laquelle est pressé entre deux rondelles de caoutchouc un disque en porcelaine percé au centre d’un petit trou dont le débit doit correspondre à la marche de la machine ; ce disque peut se changer à volonté en dévissant un écrou à oreilles y. Un robinet y1 laisse entrer l’eau dans l’appareil qui est conduite par un tuyau y2 dans le réservoir a ; un second robinet y3 sert à purger le système d’admission au moyen de la pression intérieure du réservoir et en fermant le robinet y1.
- Enfin, un tube plongeur z dont l’extrémité inférieure arrive jusqu’à un centimètre du fond intérieur du réservoir est en relation avec un tuyau zl qui forme une boucle dont le sommet arrive jusqu’à un mètre environ au-dessous du niveau de l’eau d’un baquet à flotteur placé à une hauteur conventionnelle et revient à la machine où son autre extrémité se recourbe dans le vase s de la balance hydrostatique.
- Fonctionnement. — Un réservoir à flotteur étant placé à une hauteur déterminée, mais variable en raison de la pression à obtenir, reçoit constamment de l’eau qui est ensuite amenée à la machine par un tuyau et le robinet ?j\ de là elle est conduite dans le réservoir a par
- TTirni iTil uWH t ;
- Fig. 2. — Appareil hydrostatique.
- le tuyau y2, après avoir traversé un
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- disque percé d’un trou dont le débit est calculé. Le réservoir a étant fermé de toutes parts et rempli d’air, l’eau y comprime cet air au fur et à mesure de son arrivée, mais sous l’effet de la pression de l’eau, pénètre par le plongeur z dans le tuyau z1 et le suit pour aller reprendre son niveau, et comme ce tuyau arrive à un mètre au-dessous du niveau de l’eau dans le flotteur, l’équilibre ne pouvant jamais être atteint, elle va se déverser dans le vase de la balance par l’extrémité du tuyau z\ Lorsqu’une certaine quantité d’eau y a été admise, le levier q s’abaisse jusqu’au bec du levier compensateur x1, où il est arrêté par le cliquet r2. Dans ce mouvement, il entraîne d’une certaine quantité le contrepoids f et la tige u portant un cliquetis ul qui fait basculer le levier h du timbre avertisseur.
- L’eau continuant à arriver dans le vase s, lorsque celui-ci est rempli, le déclenchement se produit : le cliquet r1 quitte alors le levier x\ qui décrit un arc de cercle, et dans ce mouvement, le levier q entraîne la tige u qui, par sa goupille u2 fait abaisser le levier e du clapet à air cl et l’air comprimé est aussitôt lancé violemment par la tubulure œ et le tuyau œl dans la canalisation d’air de la vinai-grerie, où il fait amorcer tous les siphons des flacons; le mouvement se continuant, le levier e2 du clapet inférieur dl est tiré par la goupille il de la tige i et laisse échapper dans le vase s l’eau qui a agi et va ensuite se 'perdre en passant parle siphons1 du vase s. Lorsque toute l’eau s’est écoulée par le siphon s1, la balance revient à sa position normale, entraînée par les contrepoids t2, j et/1 ; les deux clapets s’étant refermés, une nouvelle compression s’opère, et ainsi de suite, par intermittence.
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- SUR LA MICROSTRUCTURE DU FER FORGEABLE ET DE l’aCIER EN PARTICULIER PAR A. MARTENS, INGÉNIEUR A BERLIN, TRADUIT PAR M. OSMOND, INGÉNIEUR (1)
- Dans l’étude de la structure des métaux par le microscope, le moyen le plus sûr d’arriver au but est celui que j’ai indiqué antérieurement : partir des cassures pour déterminer les formes cristallines et passer ensuite à l’examen des coupes. Lorsqu’on aura étudié les faits essentiels, on pourra logiquement s’attaquer aux accidents secondaires qui résultent des procédés particuliers de fabrication. Mais si l’on commence, sans préparation suffisante, par ces accidents secondaires, on risque de se faire des idées préconçues et d’arriver à des conclusions erronées.
- (1) Voir Zeits. d. Ver. dents. Ing., 1878 et 1880, et Verhandl. d. Ver. fur Gewerbfleiss, 1882.
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- Comme on le sait, on ne peut employer pour l’examen des cassures que de faibles grossissements, et les verres d’un grand pouvoir pénétrant (système objectif a* et a a, ou en tout cas A de Cari Zeiss, à Iéna) sont alors d’une valeur inestimable. Les reproductions photographiques sont forcément encore plus réduites et l’on est obligé de s’en tenir aux agrandissements de 3 à 6 diamètres (1). Ces reproductions de cassures, comme celles des coupes, ne présentent pas de difficultés sérieuses, pour peu que l’on ait quelque habitude de ce genre de travail. Mais, comme de récentes publications pourraient donner une idée exagérée de la valeur de ces photographies, il faut dire bien haut que la photographie ne saurait être pour le microscopiste qu’un simple auxiliaire et un auxiliaire qui n’est pas sans danger. Le savant qui fait lui-même ses dessins pénètre par cela seul plus prof ondément et plus rigoureusement dans le sujet de son travail que celui qui s’en tient à /’observation simple aidée de la photographie; cette dernière, employée seule, devient trop facilement un but au lieu de rester un moyen, et conduit aux conclusions superficielles et légères.
- A. Microstructuré des cassures. — A la simple inspection d’une cassure d’acier, on juge immédiatement de la couleur, du grain et de l’aspect général. Si nous laissons de côté la couleur, il reste le grain et l’aspect général. L’objet de ce travail ne saurait être dès maintenant de décrire à mes lecteurs tous les détails d’une question dont ils connaissent l’ensemble ; je devrai plutôt m’étendre sur certains cas particuliers, puisque mes recherches, malheureusement incomplètes, ne me permettent pas encore d’esquisser un tableau achevé. Les apparences que j’ai à décrire, et qui se présentent fréquemment dans les cassures d’acier, sont reproduites dans les planches 76, 77 et 78.
- La structure de l’acier est considérablement modifiée, comme on le sait, par les travaux successifs que l’on fait subir à ce métal. La structure grossièrement cristalline de l’acier Bessemer en lingot devient la structure à grain fin des rails, etc. L’examen microscopique montre donc aussi, aux différentes phases du travail, d’importants changements de structure, bien que certaines particularités semblent persister à travers toutes ces phases. Comme pour la fonte (2), il est difficile d’appliquer de forts grossissements à l’étude des cassures de l’acier. Un
- (1) Je dois ajouter, pour établir aussi sur cette question mes droits de priorité, que, dès 1879, je me suis livré d’une façon suivie à la microphotographie et que j’ai montré mes clichés et mes positifs au Dr Wedding et à d’autres personnes. Plus tard, j’ai décrit dans la Zeits. des Ver. d. lng. (1880), pl. XXI, la construction d’un microscope pour la photographie des métaux. La maison Franz Schmidt et Haensch, de Berlin, est sur le point d’établir, pour le même usage, un microscope d’une forme différente, pour la construction duquel on a pris et suivi mes conseils. Enfin, le microscope à joint sphérique, que le Dr Wedding a mentionné sans indication d’auteur dans son travail Ueber die Mikrostructur einer Pcinzerplatte (Verhandl. d. Ver. f. Gewerbfleüs, 1886, p. 237), a été construit par moi et figure sous mon nom dans les catalogues de la maison susnommée.
- (2) Comparer Zeits. d. Ver. deuts. Ing., 1878.
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- objectif de quelque pouvoir pénétrant ne saurait être approché de l’objet à moins de 3 ou 4 millimètres, d’autant plus qu’il faut assurer un éclairage suffisant; et, même pour les faibles grossissements dont on dispose ainsi, on est obligé de manœuvrer sans cesse le tube du microscope, lorsqu’on veut saisir convenablement tous les détails. Aussi est-il très difficile, comme nous le verrons souvent plus loin, d’approfondir la nature exacte de tels détails.
- La planche 76 (fig. 1 à 6) donne d’abord en vraie grandeur les photographies de différentes cassures d’acier. Les figures 7 et 8 représentent au sextuple de l’acier à outils (acier pour ciseaux). Les détails de structure sont figurés planches 77 et 78.
- La grosseur du grain ne peut guère être déterminée par des mesures micrométriques, puisque les différents grains n’ont pas de limites nettes ni de formes régulières. Il suffira, en général, de définir cette grosseur du grain d’après l’aspect de la cassure et avec l’expérience acquise par la comparaison de nombreux échantillons. Cependant, il sera toujours difficile de faire comprendre à une personne peu exercée ce qu’il faut entendre par les termes usuels de « grain fin » et de « gros grain ». Peut-être y réussirait-on au moyen de types, par exemple de papiers analogues aux papiers d’émeri et préparés avec des grains criblés de couleur convenable. Mais la détermination exacte de la grosseur du grain ne parait pas avoir une grande importance pratique, et aucun procédé de ce genre n’a été appliqué.
- Les lingots d’acier, surtout quand ils ont été refroidis lentement, ont souvent des faces cristallines si grandes que le champ du microscope n’en peut embrasser une entière. Dans les aciers à outils très durs (fig. 3 à 5, pl. 76), le grain peut devenir tellement fin que l’œil ne le distingue en aucune façon et que le microscope lui-même montre à peine les faces cristallines. La cassure prend alors un éclat soyeux doux et velouté. L’examen au microscope d’une pareille cassure confirme ce fait connu que le mode de cassure a une influence sur la nature du grain : les facettes cristallines brillantes sont presque toujours moins nombreuses et plus petites du côté rompu sous traction que du côté rompu sous pression ; j’essaierai plus loin d’expliquer ce fait.
- Avant de passer à la description spéciale de la microstructure des faces cristallines, il est nécessaire de dire quelques mots d’une autre apparence générale que présentent les cassures. Il s’agit des lignes, sillons ou plis que montrent surtout les cassures à grain fin uniforme (fig. 2 à 7, pl. 76). J’emploierai à l’avenir, pour désigner ces figures, l’expression abrégée de lignes de cassure. Ces lignes de cassure ne sont pas propres à l’acier, ni même à l’acier à grain fin; on les retrouve au moins aussi régulièrement dans toutes les substances grenues et vitreuses, aussi bien dans le basalte que dans le verre, les scories, la colle forte et les corps gélatineux. Il me suffira, pour le moment, d’avoir appelé l’attention
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- sur ces figures; j’aurai plus tard à revenir avec détails sur leurs particularités.
- La microstructure des cassures ne peut être bien observée que sur les facettes les mieux formées et les plus brillantes; la partie grenue grise ne montre rien de spécial et échappe presque complètement à l’étude microscopique. Les figures 1 à 16 et 21 à 23, pl. 77, reproduisent exactement les apparences que présentent en général les susdites facettes. Les figures 1 à 4 montrent, grossies un peu plus de 100 fois (1), les facettes cristallines brillantes d’un acier à outils à grain très fin, spécial, très dur de Bohler, à Vienne, acier dont la cassure possède un éclat soyeux et velouté : ces facettes sont très découpées et montrent des traces de lignes et de points. (Comparez aussi les fig. 3 à 8.) La petitesse des figures observées et l’impossibilité de les éclairer suffisamment sous des grossissements plus forts ne permettent pas de donner une description plus exacte des formes et de la nature de ces images. A mesure que les facettes deviennent plus grandes, on peut mieux en étudier les particularités, et on y reconnaît le plus souvent des groupes de lignes ramifiées, très nets sur les figures 7, 9, 10, 13 et 16. Ces groupes de lignes doivent être rapportés, du moins en partie, à la nature cristalline de l’acier, nature primordiale de la masse, mais qui ne pouvait être mise en évidence que par le passage d’une cassure à travers les grains. Mais ces figures sont aussi communes en partie aux corps non cristallisés, et peuvent représenter, dans une certaine mesure, ces lignes de cassure dont j’ai déjà parlé et que je décrirai plus loin.
- Il résulte de ce qui précède que l’on doit distinguer deux classes de groupes de lignes. Les figures 6, 8, 11, 12, 14, 21 et 22 (parmi lesquelles 21 et 22 sont les plus exactement reproduites) donnent une idée des groupes de la première classe. Les figures 6, 11 et 12 ont été prises sur des aciers Bohler de différentes duretés : on y reconnaît la tendance de la masse à s’organiser suivant des lignes droites parallèles. Dans les meilleures conditions et sous un éclairage convenable, ces lignes se décomposent, et l’on voit, par les minces faces terminales placées dans l’ombre, qu’elles sont formées de facettes plus ou moins planes imbriquées les unes sous les autres comme les tuiles d’un toit : c’est ce que montre bien la figure 22, plus fortement grossie. Les figures 21 et 22 sont prises sur un loup qui s’était formé par accident devant un four Martin-Siemens et qui a pu se refroidir lentement; la figure 22 reproduit, sous un grossissement à peu près triple, une partie de la figure 21. Dans la figure 21, la structure cristalline est mise hors de doute par les deux joints de séparation qui se coupent à angle droit, et aussi par les faces terminales planes au coin gauche inférieur de la figure. A côté de ces
- (1) Par remploi de l’objectif A et de l’oculaire Os de Zeiss, le tube étant rentré. A l’avenir,
- AO»
- je représenterai cette combinaison, pour abréger, par le symbole et toute autre combinai-
- cl
- son par un symbole analogue, b en dénominateur signifiera que le tube était tiré.
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- formations nettement cristallines peuvent aussi se placer les lignes du second groupe que l’on rencontre très fréquemment et que représentent surtout les figures 9, 10, 43 et 46. Ces lignes paraissent dues à de faibles plissements de la surface; mais il est ordinairement très difficile de se faire une idée nette de leur véritable nature, et il faut avoir recours à tous les artifices possibles pour se convaincre, en faisant varier l’éclairage et la position de l’objet, que l’on a bien affaire à des plissements. On réussit quelquefois, comme le montre la figure 16, à éclairer la surface de telle manière que l’on puisse, soit d’après les traces des ombres portées (en tenant compte de la forme des arêtes qui portent ombre), soit par l’observation d’un bord de cassure à travers les plis et de la position corrélative des ombres dans les thalweg, se former une opinion sur la véritable nature de ces apparences. Mais c’est là toujours chose difficile et incertaine. L’aspect de la figure 13 ne se présente que rarement et exceptionnellement; je crois que la figure 6 doit en partie aux mêmes causes son réseau de lignes très compliqué, et je dois renvoyer, à ce sujet, à la figure 8, pl. IX, de la Zeits. d. Ver. deuts. Ing., 1878. Je soupçonne que dans ce cas (acier Bessemer pour rails, fig. 9, 10 et 13), la séparation a pu se produire au contact des deux constituants essentiels que les coupes nous montreront dans l’acier, et que cette séparation met en évidence le plus dur des constituants.
- Quant aux groupes de lignes ramifiées, il est également difficile d”en établir l’origine et la véritable conformation. On ne sait trop s’ils doivent être rapportés à la nature cristalline de l’acier ou à des formes de rupture. Je penche cependant vers cette dernière opinion. Mais, avant de m’étendre davantage sur cette question, je dois étudier de plus près les lignes de cassure dont j’ai parlé ci-dessus.
- Outre les figures déjà citées de la planche 76, les figures 25 à 27, pl. 77, montrent nettement aussi ces lignes de cassure. On voit particulièrement bien sur les figures 7, pl. 76, et 25 à 27, pl. 77, comment la maîtresse branche, partant d’un point, court à travers toute la cassure, tandis que les rameaux qui s’en détachent ont une tendance à se diriger perpendiculairement aux faces extérieures de la pièce. Survient-il une fente, une soufflure, etc., la maîtresse branche se divise souvent, et les rameaux se dirigent vers les parois de la soufflure (fig. 27, éprouvette d’essai Bessemer forgée et trempée). Ces lignes deviennent très régulières dans les cassures d’aciers à grain fin et dans celles que produisent les efforts répétés des expériences de Wohler (fig. 3 à 6, pl. 76, grandeur naturelle, et 24,
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- (pl. 77), grossissement de - ). Les figures 18 et 19 (pl. 77), représentent une de
- ces dernières : on y distingue nettement deux régions bien tranchées, l’une à grain fin, en bas, et l’autre, en haut, à grain plus gros ; sur la partie à grain fin, on aperçoit les lignes de cassures, d’ailleurs peu marquées. Quand on a obtenu ainsi, par flexions répétées, la rupture d’un barreau à section rectangulaire, la
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- limite entre la partie à gros grain et la partie à grain fin est dessinée par un arc d’ellipse auquel les lignes de cassure sont perpendiculaires; souvent même, on remarque une ou plusieurs ellipses concentriques à la ligne de séparation (1). Les figures 28, 32 et 33 montrent, sous un grossissement plus fort, la différence de grain, de part et d’autre de cette ligne : on voit que la démarcation reste encore bien nette sous le microscope, sans cependant être toujours aussi tranchée que sur la figure 32. La formation de ce genre de cassures dans les essais de Wôhler est si régulière et si absolue que nous sommes évidemment en présence d’une loi. Je pensais d’abord avoir affaire à un changement de structure dû aux épreuves plusieurs millions de fois répétées qu’avait subies la barre, et j’étais persuadé que cette hypothèse serait confirmée parle microscope. Je fis donc, sur le barreau qui avait fourni les figures 28, 32 et 33, une coupe à 0mra,5 à peine de la surface : cette coupe fut polie, attaquée et dessinée (fig. 39, pl. 78) exactement à l’endroit de la ligne elliptique de séparation entre les deux régions de grain différent. Comme on le voit, la coupe ne montre pas trace d’ellipse (remarquons que le dessin a été fait à la chambre claire, de sorte que les contours tracés peuvent être considérés comme absolument fidèles). Je dois avouer que ce résultat me surprit alors (en 1880) d’autant plus que je croyais ma première opinion bien établie par des expériences sur les changements de texture de l’acier à rails, sous l’action du martelage à froid.
- Dans les expériences en question, j’avais martelé à froid, sur une seule face, des cubes d’acier à rails jusqu’à l’apparition de fentes. La pièce était ensuite entaillée suivant les trois plans diamétraux et brisée. La cassure perpendiculaire à la face martelée est représentée figure 29 et la cassure parallèle à cette face figure 30, pl. 77 : il semble que les grains aient été aplatis et présentent à l’observateur leur champ dans le premier cas, et leur plat dans le second. La figure 30 rappelle beaucoup la partie à grain des cassures de Wohler, et je m’étais persuadé que les efforts incessamment répétés de traction et de compression devaient produire dans l’acier des effets analogues à ceux du martelage. J’avais donc rapporté aux mêmes causes le fait ci-dessus mentionné, à savoir que la structure cristalline est plus développée dans la partie comprimée que dans la partie étirée de la cassure. Quand je me fus aperçu que mon opinion était démentie par les faits, j’ai repris l’étude de la question, et, après des recherches comparées qui ont duré plusieurs années, j’ai vu que les groupes de lignes et de surfaces qui se produisent dans les cassures sont essentiellement le résultat de la rupture ; à ce titre, elles ne sont pas particulières à l’acier, mais communes à tous les corps amorphes ou à grain fin. Je crois pouvoir en dire autant des inégalités du grain dans les différentes parties des cassures : c’est là encore un phénomène qui dépend
- (1) Voir aussi Spangenberg, TJeber das Verhalten der Metalle bei wiederholten Anstrengungen, Zt. fur Bcmwesen, 1874 et 1875.
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- du processus général de la rupture et non de la structure propre de l’acier (fig. 39, pl. 78). Cependant, de nouvelles recherches sont nécessaires pour arriver à une conclusion définitive, et j’espère pouvoir revenir sur ce sujet.
- Les vues que je viens d’émettre sont confirmées de la façon la plus claire et la plus brillante par les cassures des corps vitreux, verre à glaces, silex, scories vitreuses, etc., c’est-à-dire par tous les corps à cassure conchoïdale. Cette structure conchoïdale du verre à glaces est représentée en vraie grandeur par la figure 31, planche 77, et grossie par les figures 34 et 35. La figure 31 montre l’agencement de ces conchoïdes elliptiques et concentriques avec leurs rayons normaux : l’aspect est tout à fait semblable à celui que présentaient les cassures de Wôhler. On peut voir (fig. 34 et 35) avec quelle régularité ces lignes sont ordonnées : elles se présentent comme des élévations en forme de toit, s’étendant de crête en crête, à travers la vallée de la conchoïde (fig. 35). L’un des longs pans du toit est en pente douce et l’autre en pente raide ; l’inclinaison des pans homologues paraît constante. Si on suit le cours des conchoïdes en allant de l’intérieur vers l’extérieur, on trouve que les vallées successives ont leur maximum de profondeur au point de départ de la cassure (au bas de la figure 31 et au-1
- dessus du signe - ) et vont en s’aplanissant et s’élargissant vers le bord opposé ;
- une coupe transversale des conchoïdes donnerait donc un profil tel que celui de la figure 34, planche 78. On voit sur la même figure et sur la figure 35, planche 77, que, dans la région où les ondulations conchoïdales sont profondes, les rayons en forme de toits ne passent pas par-dessus les crêtes ; puis, à mesure que les ondulations s’adoucissent, les rayons en surmontent les sommets, légèrement d’abord et de plus en plus ensuite, comprenant entre eux les amorces d’autres rayons dans les fonds de vallées. Si on continue à s’avancer vers le bord, on obtient l’aspect de la figure 34, planche 77 : les rayons se bifurquent avec une grande régularité et les fonds des ondulations tendent à disparaître complètement; le long pan à pente douce d’un rayon coupe directement le long pan à pente raide du rayon voisin, si bien que le fond des ondulations conchoïdales elliptiques ne se reconnaît plus que difficilement à la forme des intersections des deux pans. Si l’on embrasse, sous un grossissement plus faible, une plus grande étendue de la cassure conchoïdale, on trouve encore dans la bifurcation des rayons une surprenante régularité. Les points de bifurcation sont placés sur des ellipses concentriques qui correspondent aux lignes de faîte des ondulations ci-dessus décrites. Les écaillements secondaires sur les rayons suivent les mêmes lois que la cassure principale, comme le montre la figure 34 : les faces d’écaillement sont parallèles, à l’ordinaire, aux faces principales. Les petits plissements remarqués dans les fonds entre deux rayons se décomposent d’habitude, sous de plus forts grossis-
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- sements, en groupes de lignes et de surfaces qui ont la même allure générale que les groupes principaux ci-dessus décrits.
- Ces cassures conchoïdales sont soumises à des lois si régulières que l’on ne peut résister à la tentation de penser à une cristallisation ; et cependant, les corps qui possèdent cette cassure n’ont aucune structure cristalline marquée qui puisse faire prévoir une forme définie de rupture. On ne saurait guère mettre en doute que les différentes surfaces homologues de la cassure ne soient dans le corps des surfaces de tension maximum qui sont devenues enfin des surfaces de séparation. Les formes de la cassure ne dépendraient donc, dans les corps amorphes ou à grain fin régulier, que de la distribution des tensions et non de la structure de la masse. Mais quelles lois président à la formation des surfaces de séparation? La rupture se produit-elle simultanément sur toute l’étendue de la cassure, ou chemine-t-elle sur cette étendue en partant d’un point initial? La seconde hypothèse est la plus vraisemblable ; en fait, elle se réalise fréquemment. Les ramifications des figures 15, 25 et 27 se reproduisent très régulièremeut aussi lorsqu’on marche avec des chaussures humides sur une aire recouverte de sable : la semelle, en se soulevant progressivement, détermine un arrangement du sable en dessins de même genre.
- Les lignes de cassure des cassures d’acier ont exactement la même configuration et les mêmes causes que celles du verre : les figures 4 et 5, pl. 76,24 et 17, pl. 77, le prouvent abondamment. La figure 24 montre clairement la ramification des rayons, bien que les détails ne viennent pas très nets en photographie, la profondeur des sillons ne permettant pas l’usage d’un fort grossissement. La figure 17, sous un grossissement plus fort, montre déjà mieux la forme des rayons : on voit que le pan éclairé est à pente douce, tandis que le pan opposé est escarpé. Une coupe perpendiculaire aux rayons aurait donc l’aspect que reproduit la figure 32 (pl. 78). La figure 33 donne la coupe parallèle aux rayons, telle qu’elle se présente fréquemment sur les bords des cassures à grain très fin des aciers à outils. Les figures 30 et 31 se rapportent à un fait que l’on observe souvent, sur une grande échelle, dans la cassure des gros blocs brisés au mouton. Il se détache de ces cassures des fragments recourbés en forme de faucilles et de section elliptique ; de pareils fragments restent fréquemment adhérents aux surfaces des cassures : on en trouve aussi sur les petites cassures à grain fin (fig. 7, pl. 76, en bas). Ces fragments correspondent aux rayons que nous avons décrits.
- On sait que l’on juge souvent de la qualité d’un acier d’après l’aspect de sa cassure. On pouvait donc se demander si le microscope ne fournirait pas des caractères d’appréciation meilleurs et plus précis que ne fait l’œil. Je dois reconnaître que je ne pourrais indiquer actuellement de tels caractères; mais le temps et l’expérience nous apporteront encore des données. Certains aciers présentent plus fréquemment que d’autres certaines particularités qu’il est difficile de décrire
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- exactement. Il n’y a que l’acier brûlé qui ait des formes bien définies : la cassure est devenue tellement cristalline, la structure est tellement relâchée, que chaque grain peut apparaître détaché sur la cassure (fig. 20 et 23, pl. 77). Lorsque le refroidissement a été rapide, les grains sont en général plus irréguliers et leurs faces plus gauches que si l’acier brûlé avait été abandonné à un refroidissement lent; l’échantillon représenté par la figure 8 (pl. 76) est dans ce dernier cas : on y remarque sans peine, en beaucoup d’endroits, des faces cristallines planes que l’emploi d’un verre grossissant montre mieux encore. L’étude de la structure du fer brûlé fournira certainement des renseignements sur le processus intime du phénomène ; mais, pour des raisons connues et impérieuses, j’ai dû, bien qu’à regret, m’interdire de pousser plus avant mes recherches sur cette intéressante question ; j’en dois dire autant de la microstructure de l’acier en lingots. Sur cette question, malgré la riche collection que les usines du Rhin et de la Westphalie ont mise à ma disposition, je n’ai pu faire que peu de chose ; et ce peu est relatif à la formation des soufflures et des cristallisations qu’on y trouve ainsi que dans les retassures. Je regrette vivement de n’avoir à offrir que ce qui suit. Je ne veux pas rappeler ici tous les faits connus relatifs à la formation, aux causes, à la naissance et au développement des soufflures; je me contenterai de rappeler quelques sources, celles qui me reviennent en mémoire, et que les lecteurs du Stahl und Eisen pourront, je le suppose, se procurer facilement (1).
- Les principaux caractères des soufflures, leur figure piriforme ou vermiforme, leur fond plat, leurs étranglements, leur position dans le lingot et la direction de leur axe principal se reconnaissent facilement sur la figure 1, pl. 76. La grosse soufflure du milieu est figurée planche 78, fig. 22, aune échelle un peu plus grande pour mieux faire voir les raies du fond. La figure 38 représente, sous un grossissement de ^ , le fond d’une soufflure trouvée dans le loup de fer fondu dont
- il a été question plus haut : à ce grossissement, il n’y a, bien entendu, qu’une partie de l’objet qui soit nette; on aperçoit cependant les sillons parallèles de la paroi de la soufflure, et on voit que ces sillons sont composés d’innombrables
- petits mamelons. Sous un grossissement un peu plus fort ou , on dé-
- couvre diverses figures étranges (fig. 17). Les détails de ces formations, regardés
- (I) Chernoff, Untersuchungen ûber die Structur der Stahlingots. 7j. Strmk. u. Knthn, 1880, p. 307. et Zeits. d. Ver. d. Ing., 1881, p. 517.
- Sattmann, Verânderungen der Eigenschaften des Flusseisens,welche durch physikcdische Ursachen bedingt sind. Stahl and Eisen, 1884, p. 266.
- Tetmajer, Zur Fr âge der Qualitatbestimmung von Flusstahlschienen. Stahl und Eisen, 1884, p. 612, pl. II.
- Moro, Ueber dichle Bessemer-Ingots. Z. Strmk. u. Knthn, 1880, p. 1.
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- sous un grossissement encore plus fort et en manœuvrant constamment le tube du microscope, sont représentés par les figures 1 à 12, 18 et 24 à 26, tels qu’ils ont été relevés sur différentes soufflures. Quelle est l’origine de ces formes singulières ?
- On peut s’expliquer cette origine comme il suit : Il est clair que pendant la formation des soufflures, l’acier était déjà pâteux jusqu’au point où l’ascension du gaz vers la surface s’est trouvée impossible. On peut bien supposer aussi que la soufflure, au moins dans beaucoup de cas, se rétracte dans une certaine mesure pendant le refroidissement du lingot pâteux et encore plastique, alors que l’afflux gazeux s’est fortement ralenti.
- Il n’est pas impossible que les sillons soient le résultat des plissements qui se formeraient ainsi par retrait à la surface des soufflures. Jusqu’à un certain moment, les soufflures voisines pourront se réunir, les plus mobiles se joignant à celles qui sont moins mobiles ou déjà fixées : de là leur croissance de la périphérie vers l’intérieur des lingots; de là leurs nœuds et leur configuration ver-miforme, pouvant devenir piriforme avec fond plat vers l’intérieur du lingot, lorsque le refroidissement et la formation des soufflures marchent rapidement; le fond reste un peu plus longtemps plastique et pourra être repoussé vers l’intérieur pendant le retrait que tend à subir la soufflure quand la pression du gaz y diminue. Les phénomènes que nous venons de suivre se reproduisent à plus petite échelle sur la soufflure déjà formée, comme le prouve l’examen microscopique.
- Le dégagement gazeux sous forme de très petites soufflures (4) se prolonge probablement beaucoup, car on trouve généralement, sur les parois des soufflures et des petites proéminences ci-dessus décrites, un nombre infini de granulations et de cavités microscopiques; dans de bonnes conditions d’éclairage et sous un fort grossissement, ces apparences se montrent formées de corps sphériques entremêlés d’excavations avec ou sans mamelon central. Ces petites cavités ont souvent une bordure annulaire renflée. Bref, nous sommes en présence d’apparences telles qu’on en rencontre souvent, sur une plus grande échelle, dans les géodes du Spiegeleisen (2) et telles que les représente rapprochées en coupe la figure 36, pi. 78. On reconnaît facilement que l’on a affaire à une formation de soufflures, et que les soufflures en question ont crevé immédiatement avec la solidification de l’acier, ou bien se sont affaissées, ou bien
- (1) Dr Friedrich C. G. Muller, TJntersuchungen iiber den Gasgehalt vonEisenund Slahl. Stahl und Eisen, 1883 et 1884. — Ber. chem. Gesells., t. XII, p. 93. — Zeits. d. Ver. deuts. Ing., t. XXIII, p. 493. — Zeits. (Estr. f. Bergw., t. XXVII, p. 120, Ihrg. 1880, p. 375; 1881, p. 74. — Z. Strmk, u. Knhtn, 1880, p. 375.
- Voir aussi : J. Parry, Iron a. Steel Inst., 1872; Richards, Ann. indus tr., 1881, p. 83.
- (2) Comp. Zeits. d. Ver. deuts. Ing., 1878, pl. X, fig. 16.
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- encore ne se sont pas complètement développées; les premières sont évidemment les plus anciennes et les dernières les plus récentes. Les figures 21, 25 et 26 représentent ces petites soufflures à leurs différentes phases. On pourrait aussi rapporter à la formation des soufflures la plupart des mamelons arrondis de la figure 18; mais il faut être très circonspect dans cette interprétation, car les mamelons peuvent avoir également une autre origine, comme nous le verrons dans un instant. On ne peut les attribuer à la formation de soufflures que si l’on trouve à proximité deux au moins des formes plus anciennes que nous avons dessinées figure 36. Gela n’est généralement pas difficile : la figure 23 en fournit un excellent exemple.
- Les formes variées que représentent les figures 1 à 12 ne peuvent être rapportées que pour la plus faible part à la production des soufflures. Il est possible que les dernières petites soufflures qui font explosion dans une grande soufflure gardent des bords déchiquetés ou projettent des lambeaux de paroi qui gardent en se solidifiant ces formes surprenantes. Mais il est plus vraisemblable que les divers constituants de l’acier ne se solidifient pas en même temps et que l’inégal retrait de ces divers alliages pendant le refroidissement détermine des tensions capables de comprimer les parties molles entre les parties plus résistantes. Les petites masses plastiques exprimées à travers les parois des soufflures prendraient ainsi leurs formes tordues et tourmentées. On peut d’ailleurs rendre compte de ce processus en faisant écouler de l’argile à travers une passoire percée d’orifices variés. Il est certain que la matière exprimée possède encore, peut-être sous l’influence de la pression du gaz qu’elle contient, la faculté de se gonfler ou de se rassembler sous des formes arrondies ou même de cristalliser, comme le montrent clairement les figures 1 à 12. La figure 3 présente des excroissances capillaires dont l’une (la supérieure) porte des renflements sphériques et les autres des traces évidentes de formations dendritiques. Les figures 11 et 12 prouvent d’une façon indéniable cette tendance à la cristallisation ; cependant les excroissances cristallines sont rares dans les cavités des soufflures : la cristallisation se fait plutôt sur les parois mêmes, comme on peut le voir sur les figures 26 et 25.
- La formation des petites soufflures, telle que je viens de la décrire, se retrouve encore sur les faces cristallines du fer brûlé (fig. 23, pl. 77). L’état brûlé paraît donc se relier à un dégagement gazeux. Mais cette question demande un complément d’études : des essais convenables, conduits de front avec l’observation microscopique doivent donner des résultats importants.
- Les formations cristallines bien développées se rencontrent plus fréquemment dans la retassure au milieu des lingots (fig. 13 à 16, 19, 20, 27 à 29). On voit que la forme octaédrique se présente bien nette dans l’acier coulé. Dans l’acier laminé, il est naturellement impossible d’en retrouver les restes. Comme
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- suite à ce que j’ai dit plus haut des petites soufflures en forme de mamelons, je dois appeler ici l’attention sur la figure 27 (1), qui montre les terminaisons arrondies de petites dents cristallines. Ces terminaisons pourraient être facilement confondues avec les petits mamelons hémisphériques ; mais elles sont, comme on le voit, de nature absolument différente.
- Quelle est la véritable essence de ces organisations cristallines et quelle est leur importance dans la structure de l’acier? C’est ce que de bonnes coupes peuvent seules apprendre. Il n’en restera pas moins difficile de trouver des échantillons de dimensions suffisantes pour cette étude. Tous les spécimens que nous avons décrits ou dessinés sont trop petits pour fournir une coupe utile : aussi serais-je très obligé à mes collègues s’ils pouvaient me procurer, à l’occasion, un échantillon plus gros de ces formations cristallines.
- Je dirai encore quelques mots d’autres formations cristallines, parce que la figure 1, planche 76, m’en fournit l’occasion; mais je serai très bref sur ce chapitre, auquel je reviendrai plus tard ën faisant la description des coupes. Il s’agit de la disposition rayonnée que l’on trouve fréquemment à la périphérie des cassures de lingots. La figure 1 montre, tout autour des bords, des corps cristallins allongés dont le grand axe est perpendiculaire, à la surface de refroidissement. Cette structure rappelle beaucoup celle de l’étain de Banca, dont la photographie grossie six fois (fîg. 37, pl. 78) est d’ailleurs très confuse, pour les raisons connues. Sans être toujours aussi accentuée, cette structure est, comme on le sait, commune à beaucoup de lingots d’acier de diverses qualités. Mais, à mon regret, je n’ai pas eu l’occasion d’examiner de près cette question. M. Sieg-frid Stein revient d’ailleurs (cahier 2, p. 86) sur des apparences tout à fait semblables qu’il a remarquées dans l’acier forgé et que je me réserve d’étudier de plus près à propos des coupes; et il a eu l’obligeance de m’envoyer une photographie, faite à Düsseldorf, d’un bloc à structure rayonnée.
- (Sthal und Eisen, avril 1887.)
- (1) Voir aussi la flg. 2, pl. XX, de la Zeits. d. Ver. deuts. Ing., 1880.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Août 1892.
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- PROPOSÉS PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR l’iNDUSTRIE NATIONALE A DÉCERNER
- DANS LES ANNÉES 1893 A 1896
- GRANDES MÉDAILLES.
- La Société décerne, chaque année, sur la proposition de l’un des six comités du Conseil, une médaille en or portant l’effigie de l’un des plus grands hommes qui ont illustré les arts ou les sciences, aux auteurs, français ou étrangers, des travaux gui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de l’industrie française, pendant le cours des six années précédentes.
- Ces grandes médailles seront distribuées dans l’ordre suivant :
- 1893. Agriculture............
- 1894. Arts économiques. . . .
- 1893. Commerce...............
- 1896. Arts mécaniques ....
- 1897. Arts chimiques. .....
- 1898. Architecture et beaux-arts
- à l’effigie de Thénard.
- — d’Ampère.
- — de Chaptal.
- — de Prony.
- — de Lavoisier.
- — de Jean Goujon.
- Dans les années précédentes, ces médailles ont été décernées, savoir : en 1868, pour le commerce, à M. F. de Lesseps; — en 1870, pour la chimie, à M. H. Sainte-Claire Deville ; — en 1872, pour l’agriculture, à M. Boussingault ; — en 1873, pour la physique et les arts économiques, à sir Charles Wheatstone; — en 1875, pour le commerce, à M. Jacques Siegfried; —en 1876, pour les arts mécaniques, à M. H. Giffard; — en 1877, pour les arts chimiques, à M. Walter Weldon; — en 1880, pour l’architecture et les beaux-arts, à M. Ch. Garnier, architecte; — en 1882, pour les arts économiques, à M. Gaston Planté; — en 1883, pour le commerce, à la Chambre de commerce de Paris ; — en 1884, pour les arts mécaniques, à M. Joseph Farcol; — en 1885, pour la chimie, à M. Michel Perret; — en 1886, pour les beaux-arts, à M. Barbedienne; — en 1887, à M. Gaston Bazille, pour l’agriculture ; — en 1888, à M. Émile Baudot, pour les arts économiques ; — en 1889, pour le commerce, à la Société de géographie commerciale de Paris; — en 1890, pour les arts mécaniques, à M. Pierre-André Frey ; — en 1890 (hors tour), pour les arts économiques, à M. Gramme; — en 1891, pour les arts chimiques, à M. Solvay ; — en 1892, pour les constructions et beaux-arts, à M. Froment-Meurice.
- GRAND PRIX DU MARQUIS D’ARGENTEUIL.
- Le marquis d’Argenteuil a légué à la Société d’Encouragement une somme de 40 000 francs pour la fondation d’un prix qui doit être décerné, tous les six ans, à
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- l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de Vindustrie française, principalement pour les objets dans lesquels la France n'aurait point encore atteint la supériorité sur ïindustrie étrangère, soit quant à la qualité, soit quant aux prix des objets fabriqués.
- Le prix de 12 000 francs, ainsi fondé, a été décerné, en 1846, àM. Vicat, pour ses travaux sur les chaux hydrauliques ; — en 1852, à M. Chevreul, pour ses travaux sur les corps gras; — en 1858, à M. Heilmann, pour sa peigneuse mécanique; — en 1864, à M. Sorel, pour la galvanisation du fer; — en 1870, à M. Champenois, pour l’organisation des distilleries agricoles; — en 1880, à M. Poitevin, pour ses découvertes en photographie; — en 1886, à M. Lenoir, pour son moteur à gaz, et l’ensemble de ses inventions ; — en 1892, à M. Berthelot, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, pour ses remarquables travaux qui ont puissamment contribué aux progrès des industries chimiques.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1898.
- GRAND PRIX DE LA SOCIÉTÉ.
- La Société d’Encouragement décerne, tous les six ans, un grand prix de 12 000 francs à Fauteur de la découverte la plus utile à F industrie française. Ce prix alterne avec celui qui a été fondé par le marquis d’Argenteuil.
- Il a été décerné, en 1873, à M. Pasteur, pour ses travaux sur l’éducation des vers à soie, sur la conservation des vins et sur la fabrication de la bière et du vinaigre ; — en 1883, à M. Faucon, pour le traitement par submersion des vignes ; — en 1889, àM. Benjamin Normand, pour l’ensemble de ses travaux mécaniques.
- Il sera décerné de nouveau, s’il y a lieu, en 1895.
- GRAND PRIX HENRI GIFFARD.
- La Société a fondé sur les revenus du legs qui lui a été fait par Henri Giffard un grand prix de 6 000 francs qui sera décerné tous les six ans, à partir de l’année 1890, à la personne qui aura rendu des services signalés à l’industrie française. Il a été décerné pour la première fois, en 1890, à M. Ferdinand Carré pour ses travaux relatifs à la production artificielle du froid et à la fabrication des crayons destinés à l’éclairage électrique.
- Ce prix sera décerné en 1896.
- PRIX POUR LE PERFECTIONNEMENT DE L’INDUSTRIE COTONNIÈRE.
- Les exposants de la classe'Fl, à l’Exposition universelle de 1867, sur l’initiative de M. Gustave Roy, ont donné à la Société d’Encouragement une somme de 13 169 fr. 85 c. pour la fondation d’un prix qui sera délivré, tous les six ans,, à
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- celui qui aura contribué le plus efficacement au développement ou aux progrès de l’industrie cotonnière en France.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1895.
- PRIX POUR LE MATÉRIEL DU GÉNIE CIVIL ET DE L’ARCHITECTURE.
- Les exposants de la classe 65, à la même Exposition universelle, sur l’initiative de M. Elphège Raude, ont donné à la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale une somme de 2 315 fr. 75 c. pour fonder un prix qui sera décerné, tous les cinq ans, à Vauteur des perfectionnements les plus importants au matériel et aux procédés du génie civil, des travaux publics et de l’architecture.
- Ce prix consiste en une médaille d’or de 500 francs ; il sera décerné, s’il y a lieu, en 1895.
- PRIX POUR LES OUVRIERS DES FARRIQUES DE PRODUITS CHIMIQUES.
- Les exposants de la classe 47, à l’Exposition universelle de 1878, sur l’initiative de M. Fourcade, ont fondé auprès de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale un prix provenant du produit net en argent d’un capital de 19 011 fr. 85 c., qui sera remis chaque année, en séance publique de cette Société, au simple ouvrier des exposants de la classe 47 ayant le plus grand nombre d’années consécutives de service dans la même maison.
- Ce prix est décerné tous les ans ; il est de 800 francs.
- PRIX DE LA CLASSE 50 A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867.
- Les exposants de cette classe, sur l’initiative du baron Thénard, ont donné à la Société d’Encouragement une somme de 6 326 fr. 80 c. pour la fondation d’un prix qui sera donné à l’auteur du perfectionnement le plus important apporté dans le matériel des usines agricoles et des industries alimentaires.
- PRIX PARMENTIER.
- Les exposants de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1889 ont donné à la Société d’Encouragement, sur l’initiative de M. Aimé Girard, une somme de 9 846 fr. 75 c. pour la fondation d’un prix triennal de 1000 francs destiné à récompenser les recherches scientifiques ou techniques, susceptibles d’améliorer le matériel ou les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
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- PRIX D’ABOVILLE, POUR LES MANUFACTURIERS QUI EMPLOIENT
- DES OUVRIERS INFIRMES.
- Le général d’Aboville a laissé à la Société une somme de 10 000 francs, qui a été divisée en prix à distribuer, avec intérêts échus, à tel manufacturier qui aura employé à son service, pendant une période déterminée, des ouvriers estropiés, amputés ou aveugles et qui, par ce moyen, les aura soustraits à la mendicité; le premier a été décerné en 1885 à la Société d’ateliers d’aveugles, le second a été partagé en 1890 entre l’œuvre des sœurs aveugles de Saint-Paul, à Paris, la Société marseillaise des ateliers d’aveugles et l’œuvre de la Providence des infirmes Sainte-Elisabeth de Lyon. Le troisième a été réparti entre l’internat des sourdes-muettes dépendant de l’Imprimerie Firmin-Didot et Cie, à Mesnil-sur-l’Estrée, et l’ouvroir des ouvrières aveugles, à Illiers.
- Prix biennal Meynot aîné père et fils, de Donzère [Drôme], de la valeur de 1 200 francs provenant du don de M. Meynot aîné père et fis.
- Ce prix sera attribué tous les deux ans à celui qui aura inventé ou perfectionné un instrument ou une machine propre à la moyenne ou à la petite culture.
- L’invention ou le perfectionnement devra avoir pour résultat de réaliser une amélioration notable et avantageuse, soit dans la préparation des terres, soit dans le traitement des plantes et des animaux, soit encore dans les manipulations des produits de l’exploitation.
- Ce prix pourra être encore attribué à celui qui aura introduit un procédé perfectionné de culture ou un végétal, ou un animal nouveau propre à accroître les profits de la petite ou de la moyenne culture.
- Il sera décerné, en 1893, aux concurrents résidant dans le département de l’Isère.
- Il sera attribué en 1895 et 1901 aux concurrents des autres départements de France, en 1897 aux concurrents de la région du Sud-Est et ainsi de suite de façon à revenir tous les six ans dans cette dite région du Sud-Est.
- Au cas où aucun concurrent ne serait jugé digne de la récompense aux époques fixées, le concours sera remis d’année en année jusqu’à ce qu’un mérite suffisant se soit produit.
- En cas de non-attribution, le montant du prix fera retour au capital pour accroître la valeur du prix à distribuer ultérieurement.
- Les concurrents devront se faire inscrire avant le 1er janvier de l’année du concours.
- Le prix tel qu’il est formulé ne sera pas disputé par de nombreux concurrents ; le champ des inventions d’outils et machines pour la petite et moyenne culture est en effet limité et il est à craindre que souvent le prix ne puisse être décerné. En conséquence, la Société a admis une variante.
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- Le prix tel qu’il a été défini sera décerné tous les six ans. Il sera mis au concours dans toute la France.
- Pendant la période de six ans, il y aura deux prix biennaux qui seront décernés :
- Au cultivateur, viticulteur ou maraîcher qui, cultivant son bien ou le bien d’autrui en qualité de colon à mi-fruits ou à prix d’argent, avec les bras de sa famille, soit seul, soit avec un ouvrier au plus, donnera le meilleur exemple par sa conduite, son assiduité au travail, par l’ordre dans son ménage et qui, par l’application des meilleures méthodes de culture et de l’outillage le plus perfectionné-, aura réalisé les meilleurs résultats dans sa petite exploitation.
- Ce prix sera décerné alternativement et successivement dans chacun des départements de la région du Sud-Est; d’abord dans la Drôme, puis dans l’Isère, etc., etc.
- Ce prix aura une certaine importance, il constituera une petite fortune pour celui qui l’obtiendra, et fera bénir le bienfaiteur par les familles laborieuses du pays.
- La Société joindra à la récompense pécuniaire une médaille d’argent qui en perpétuera le souvenir dans les familles.
- Pour atteindre le but et empêcher le prix d’aller à de gros cultivateurs, il faudra tenir la main à ce que les concurrents soient ceux qui-cultiveront leur bien avec leurs bras, seuls ou avec l'aide d'un ouvrier au plus (homme ou femme).
- SUCCESSION DES PRIX.
- Prix en 1893 de petite culture dans l’Isère.
- — 1895 pour l’invention dans toute la France.
- — 1897 prix de petite culture dans l’Ardèche.
- — 1899 — — dans le Rhône.
- — 1901 pour l’invention dans les départements de larégion Sud-Est.
- — 1903 prix de petite culture dans la Savoie.
- — 1905 — — dans la Haute-Saône. Etc.
- PRIX MELSENS.
- Mmc veuve Melsens, voulant perpétuer la mémoire de M. Melsens, son mari, a donné à la Société une somme de 5 000 francs, pour fonder un prix destiné à récompenser l’auteur d’une application de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène.
- Ce prix de la valeur de 500 francs est triennal. Il sera décerné en 1893.
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- 1° Prix de 2000 francs pour ïapplication à la mouture des grains de procédés donnant des résultats meilleurs que le système habituel.
- Depuis quelques années, on applique des procédés de mouture qui donnent des résultats supérieurs à ceux que fournissent communément les meules.
- La Société d’Encouragement pense qu’il est d’un grand intérêt, pour la prospérité de la meunerie en France, soit d’appliquer promptement les procédés perfectionnés connus actuellement ou d’autres meilleurs, soit d’améliorer l’ancien système, de façon à obtenir des résultats plus avantageux.
- En conséquence, la Société met au concours un prix de 2 000 francs, qui sera décerné à l’industriel qui aura fait, en France, à la minoterie, l’application la plus considérable et la mieux entendue, soit de nouveaux procédés, soit de perfectionnements aux procédés actuels, et qui sera parvenu par là à produire des farines dans les conditions les plus avantageuses.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- Prix relatifs à la navigation aérienne.
- Depuis quelques années, grâce aux travaux de MM.Krebs, Renard, Tissandier et autres savants aéronautes, la science de la navigation aérienne a fait des progrès considérables. Sans que le problème de la direction des navires aériens ait encore reçu une solution entièrement pratique, il semble que le moment ne soit plus bien éloigné où il sera possible à l’homme de se soutenir et de se diriger dans les airs : la question, on peut le dire, touche à sa maturité, car les études antérieures ont défini à la fois ce qu’il faut chercher et dans quel sens il faut chercher. On sait aujourd’hui que le problème rentrerait dans la catégorie de ceux que résolvent chaque jour les mécaniciens, si l’on était en possession à la fois d’un moteur très puissant et très léger, et de données et coefficients numériques permettant de calculer l’intensité des réactions qui s’exercent entre une surface mobile et l’air dans lequel elle est en mouvement.
- Le Conseil de la Société a pensé que le moment était venu d’aborder enfin ces questions, et c’est pour en hâter la solution qu’il propose les deux prix ci-après :
- 2° Prix de 2000 francs pour un moteur d’un poids de moins de 30 kilogrammes par cheval de puissance.
- La puissance est effective et mesurée au frein sur l’arbre de couche.
- Le poids est celui de l’appareil moteur complet, y compris, s’il y a Heu, la
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- PROGRAMME DES PRIX.
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- chaudière, les volants, la tuyauterie, les outils de service et autres accessoires, les approvisionnements pour une marche à pleine puissance pendant deux heures au moins, et les récipients contenant ces approvisionnements. Le moteur devra être produit tout prêt à fonctionner; il sera soumis à des essais sous le contrôle de la Société d’Encouragement ; le fonctionnement devra être sûr et régulier. L’agent moteur pourra être quelconque, vapeur, gaz, électricité, etc.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 3° Prix de 2 000 francs 'pour une étude des coefficients nécessaires au calcul mécanique dé une machine aérienne.
- Il s’agit de recherches ayant pour objet la détermination des réactions qui se produisent aux divers points d’une surface se mouvant dans l’air, dans les circonstances variées que peut offrir le problème de la navigation aérienne; les principales de ces circonstances sont : l’étendue de sa surface, sa nature, sa forme, sa vitesse, la nature de son mouvement, etc. L’étude aura un caractère essentiellement expérimental ; les calculs théoriques ne seront pas exclus, mais en tant seulement qu’ils ne comporteront rien d’hypothétique.
- Le prix sera délivré, s’il y a lieu, en 1893.
- 4° Prix de 3 000 francs pour un appareil diminuant dans une large mesure la fumée des chaudières à vapeur.
- Les foyers industriels alimentés avec de la houille ou des agglomérés, notamment ceux des chaudières à vapeur, donnent lieu à une production abondante de fumée dont tout le monde connaît les inconvénients.
- On a proposé un grand nombre de dispositions pour y remédier, on est même parvenu à obtenir des foyers complètement fumivores. Tous ces appareils sont restés à l’état d’essai et n’ont pas été adoptés principalement à cause de leur complication, de leur prix élevé, de leurs fréquentes réparations, de la prompte destruction des chaudières et parfois de la nécessité de faire usage d’une puissance motrice.
- En présence de l’augmentation toujours croissante du nombre des chaudières à vapeur et des plaintes de plus en plus pressantes des voisins des grandes usines, la Société d’Encouragement a pensé qu’elle rendrait un service signalé aux habitants des grandes villes en mettant au concours la construction d’un appareil simple et peu coûteux atténuant la production de la fumée de telle façon qu’elle cesse d’être incommode.
- La préférence sera accordée au système qui, pouvant s’appliquer à tous les foyers, procurera la plus grande économie de combustible.
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- Pour avoir droit au prix, il faudra que l’appareil soit en fonction depuis environ six mois sur un groupe de chaudières vaporisant au moins deux mille litres d’eau par heure.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 5° Prix de 3 OOO francs pour le perfectionnement de ïaérage mécanique
- des mines.
- L’aérage mécanique des mines présente une grande importance pour le bien-être et pour la sécurité des ouvriers.
- Les perfectionnements apportés à l’aérage mécanique des mines de charbon paraissent constituer les moyens les plus actifs de diminuer les dangers du grisou.
- Sans s’attacher aux procédés et appareils de tout genre si souvent proposés pour combattre le grisou, la Sociétéjdésire recevoir communication de tous travaux théoriques ou pratiques ayant trait à la construction, à l’installation et au fonctionnement des ventilateurs, à la répartition de l’air, au contrôle et à la mesure de l’aérage, dans les diverses parties des mines.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 6° Prix de 1000 francs pour un moteur à huile lourde.
- Les bas prix auxquels peuvent être obtenus actuellement divers combustibles liquides, tels que les huiles lourdes, les résidus de pétrole et les goudrons, doivent engager les industriels à rechercher l’emploi avantageux de ces combustibles riches pour l’opération directe de la puissance motrice à bas prix.
- La Société d’Encouragement propose un prix de 1 000 francs, en vue d’exciter les recherches dans ce sens.
- Pour avoir droit au prix proposé, il faudra présenter, en service pratique et constant, un ou plusieurs moteurs fonctionnant par l’emploi direct, non de l’essence minérale, mais bien de l’huile de pétrole lampante ou, mieux encore, d’huiles lourdes ou de goudrons, résidus de la distillation du pétrole, des schistes ou des charbons minéraux.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1894.
- 7° Prix de 3 000 francs pour une machine motrice de 23 à 100 chevaux,
- dépensant au maximum, en travail courant, 6 kilogrammes 1/2 de vapeur par
- heure et par cheval indiqué.
- L’importance toujours croissante de la machine à vapeur dans tous les travaux de l’industrie a amené, avec la généralisation de son emploi, des perfectionnements qui ont réduit successivement le chiffre de la consommation de vapeur par cheval.
- Tome VH. — 91e année. 4e série. — Août 1892.
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- PROGRAMME DES PRIX.
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- La Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, qui a favorisé ce mouvement par le concours qu’elle a ouvert en 1848, n’a pas cessé, depuis lors, de suivre avec la plus vive sollicitude les améliorations que l’on a obtenues: elle serait heureuse d’avoir à constater de nouveau un progrès marqué.
- C’est dans ce but qu’elle a institué le prix proposé. Dans le cas où plusieurs concurrents atteindraient le même résultat, la préférence sera accordée à celui qui présentera la machine la plus légère et la moins chère. Les expériences devront durer assez longtemps pour que les faits constatés acquièrent une certitude suffisante, et ne pourront être faites que sur des machines ayant déjà fonctionné industriellement pendant une durée d’au moins six mois.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1894.
- ARTS CHIMIQUES
- 1° Prix de 1000 francs pour T utilisation des résidus de fabrique.
- Il fut un temps où les chimistes rejetaient, comme inutile et sans objet, le résidu, 1 e, caput mortuum, de leurs opérations. En tenir compte fut une révélation qui, de proche en proche, conduisit de Glauber à Lavoisier, c’est-à-dire de la manipulation indécise à la théorie la plus sûre.
- Beaucoup d’industries en sont encore à cette période où les résidus de leurs travaux demeurent sans emploi et deviennent, par leur importance, l’occasion de troubles pour l’hygiène publique, ou de lourdes dépenses et de grandes gênes.
- Tout emploi utile de ces matériaux dégrèverait d’une charge les industries qui les produisent, et réduirait d’autant le prix de revient de leurs produits, au profit du consommateur.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 2° Prix de 2000 francs pour la fabrication industrielle, en France, de
- l’acide sulfurique fumant et de l’acide sulfurique anhydre.
- La fabrication de l’acide sulfurique de Nordhausen a été jusqu’ici le monopole de quelques fabriques de l’Allemagne. La consommation était d’ailleurs limitée à l’emploi qu’on en faisait pour dissoudre l’indigo. Aujourd’hui que l’acide fumant est, pour ainsi dire, indispensable à la production de corps importants tels que l’alizarine artificielle, il serait utile que nos industriels, au lieu de faire venir de loin et à grands frais un produit dont l’usage s’étend déjà beaucoup et s’étendra certainement encore plus dans l’avenir, pussent le tirer des fabriques nationales d’où ils tirent leurs autres produits.
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- La Société d’Encouragement a décidé qu’un prix de 2 000 francs serait décerné au fabricant qui produirait le premier, en France, l’acide fumant ou l’acide anhydre, par un procédé plus économique que ceux qui ont été appliqués jusqu’ici.
- Des prix seront décernés, s’il y a lieu, en 1893.
- 3° Prix de 2 000 francs pour de nouveaux progrès réalisés dans la fabrication du chlore.
- La fabrication de la soude suit, en ce moment, une grave transformation. Au procédé de Le Blanc tend à se substituer, de tous côtés, le procédé de fabrication qui repose sur la décomposition à froid du chlorure de sodium par le bicarbonate d’ammoniaque.
- L’exploitation de ce procédé, tentée déjà à plusieurs reprises, et notamment en 1855, par MM. Schlœsing et Rolland, a, depuis quelques années, pris rang définitivement parmi les grandes industries chimiques, et, dès à présent, elle livre au commerce des quantités de sel de soude dont le prix de revient est, dans une large mesure, inférieur au prix de revient de la soude fabriquée par le procédé Le Blanc.
- Cependant le développement de cette nouvelle industrie se trouve forcément limité par la nécessité, pour la fabrication des produits chimiques, de fournir aux arts non seulement le sodium, mais encore le chlore que le sel contient. En effet, tandis que, dans le procédé Le Blanc, le manufacturier, par la production du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique, utilise ces deux éléments, on voit, dans les procédés à l’ammoniaque, tout le chlore évacué à l’état de résidus et généralement sous la forme de chlorure de calcium. D’où résulte, d’une façon nécessaire et dans une mesure fixée par les besoins du blanchiment, de la papeterie, etc., la conservation actuelle du procédé ancien en face du procédé nouveau.
- Il en serait autrement si, résolvant un problème jusqu’ici considéré comme insoluble, la fabrication des produits chimiques parvenait à retirer des résidus laissés par la fabrication de la soude à l’ammoniaque, le chlore que ceux-ci emportent à l’état inutile. Complétés par cette découverte, les procédés à l’ammoniaque exerceraient une influence de premier ordre sur la valeur des produits chimiques de grosse fabrication, qui,pour nombre d’industries, sont de véritables matières premières, en même temps que la salubrité publique trouverait tout avantage à la suppression de résidus que jusqu’ici les manufacturiers sont obligés d’évacuer dans les cours d’eau.
- La Société d’Encouragement, préoccupée des conséquences importantes qu’entraînerait l’utilisation de ces résidus, propose un prix de 2 000 francs pour celui qui parviendra à en retirer, industriellement, le chlore qu’ils contiennent.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
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- 4° Prix de 2 OOO francs pour la fabrication de verres destinés aux opérations
- chimiques.
- On sait le rôle important que joue le verre dans la construction des instruments de toutes sortes employés parles chimistes et les industriels dans leurs laboratoires. Le verre destiné à ces usages doit présenter des qualités spéciales que n’offrent pas, en général, les verres préparés pour la gobelelterie. Leur composition doit être telle que, tout en se prêtant aux divers travaux et opérations de laboratoire, ils présentent des conditions de fusibilité et d’inaltérabilité en rapport avec les usages auxquels ils sont destinés. Ils doivent être travaillés dans des conditions d’épaisseur, de forme et de légèreté spéciales. Il est malheureusement certain que les verriers et constructeurs français ne se sont pas encore préoccupés sérieusement de cette question, qui est résolue dans plusieurs pays étrangers.
- La Société propose un prix de 2 000 francs pour celui qui aura constitué une fabrication de verrerie de laboratoire satisfaisant aux conditions qui viennent d’être énoncées.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 3° Prix de 2000 francs pour la fabrication de grès cérames.
- Les poteries que Brongniart a désignées sous le nom de grès cérames présentent des propriétés précieuses, qui permettent de les employer à un grand nombre d’usages. Elles sont solides, dures, imperméables; elles peuvent être fabriquées sous de grandes dimensions, et elles se prêtent, dans l’industrie et dans les constructions, aux applications les plus variées et les plus utiles. La fabrication des grès cérames a été portée à un haut degré de perfection à l’étranger. 11 serait désirable que les grès français pussent être obtenus dans des conditions de qualités et de prix qui leur permissent de lutter contre la concurrence étrangère.
- La Société propose un prix de 2 000 francs, qui sera décerné au fabricant qui aurait satisfait à ces conditions.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 6° Prix de 3000 francs pour une étude scientifique dé un procédé industriel dont la théorie est e7icore imparfaitement connue.
- Un grand nombre d’industries se développent d’une façon purement empirique; les procédés permettant d’obtenir un résultat donné sont connus souvent bien longtemps avant qu’on ne soupçonne la nature ou l’enchaînement des phénomènes mis enjeu. Leur connaissance exacte présenterait pourtant un grand intérêt au point de vue industriel en réduisant le nombre des tâtonnements nécessaires pour arriver à réaliser de nouveaux perfectionnements.
- La Société propose un prix de 3 000 francs pour le meilleur travail qui lui
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- sera soumis; elle se réserve de partager le prix ou même d’en différer l’attribution. Les mémoires les plus intéressants pourront être publiés en entier, ou par extrait dans les bulletins de la Société.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 7° Prix de 4 000 francs 'pour une publication utile à l’industrie chimique ou métallurgique (traités, mémoires).
- Les progrès rapides de l’industrie font que les traités technologiques cessent, peu de temps après leur publication, d’être au courant des plus récents perfectionnements. La publication de semblables traités présente un grand intérêt pour les industriels qui ne peuvent se tenir au courant des progrès réalisés que par la lecture de mémoires dispersés de tous côtés et difficiles à se procurer.
- A côté des traités purement descriptifs où l’énumération des recettes et procédés particuliers à chaque industrie tient une place prépondérante, il est une catégorie d’ouvrages plus utiles encore au progrès de l’industrie et dont la publication ne saurait être trop encouragée. Ce sont les traités qui font surtout connaître les principes et les méthodes scientifiques des divers procédés industriels, c’est-à-dire montrent comment ces procédés peuvent se déduire de quelques faits plus simples et plus généraux, susceptibles de mesures précises, tels que réactions chimiques, propriétés physiques, dont les expériences de laboratoire ont permis l’étude rationnelle. — La publication d’un traité de chimie métallurgique résumant les travaux parus sur ce sujet dans ces vingt dernières années rendrait les plus grands services à l’industrie française.
- La Société d’Encouragement propose pour de semblables publications un prix de 4 000 francs qu’elle se réserve de diviser. Il ne sera accordé de récompense qu’aux ouvrages d’un mérite réel dont les auteurs auront fait preuve d’une compétence spéciale sur les sujets qu’ils traitent.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 8° Prix de 2 000 francs pour une étude sur la dilatation, l'élasticité et la ténacité des pâtes et couvertes céramiques.
- Les différents produits céramiques présentent au point de vue de la solidité des qualités bien différentes. Les porcelaines et les grès peuvent être environ dix fois plus résistants que les terres cuites et faïences communes; l’addition de fondant à la pâte des faïences fines leur donne à ce point de vue une situation intermédiaire entre les produits extrêmes. Des mesures précises de résistance à l’écrasement, à l’arrachement ou à la flexion de ces divers produits seraient évidemment très utiles si elles étaient rapprochées de la nature et de la proportion des éléments constitutifs des pâtes, de leur température de cuisson.
- L’accord des pâtes et des couvertures est un des problèmes les plus délicats de
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- la céramique; ce n’est actuellement que par des tâtonnements indéfiniment prolongés, et partant très coûteux, que l’on arrive à quelques solutions particulières plus ou moins satisfaisantes. Ainsi, pour arriver à reconstituer la véritable porcelaine chinoise, il n’a pas fallu moins de trente années de travail. Il semble que la connaissance exacte des coefficients de dilatation et des limites d’élasticité de pâtes et de couvertes de nature déterminée, en permettant de réduire le nombre des essais analogues, serait d’un bien grand secours pour le perfectionnement de notre industrie céramique.
- Enfin la mesure de la dureté des couvertes présente également un intérêt incontestable.
- La Société d’Encouragement propose pour une semblable étude un prix qui pourra s’élever à 3 000 francs, et qui sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 9° Prix de 2000 francs pour la découverte de procédés capables de fournir,
- par des transformations chimiques quelconques, des espèces organiques utiles,
- telles que la quinine, le sucre de canne, etc.
- La chimie organique est en possession de doctrines et de méthodes pratiques au moyen desquelles on peut prévoir et réaliser la production, par voie de transformation, d’un grand nombre de substances. L’urée, l’huile d’amandes amères, l’huile volatile de reine-des-prés, l’alcool, l’acide des fourmis, les essences à odeur de fruit, etc., ont été reproduits au moyen de procédés certains, en partant de substances qui semblaient très éloignées de la composition de ces corps, et quelquefois avec autant d’économie que de facilité.
- Il n’y a pas de limites à ces sortes de créations, ou plutôt de ces nouveaux arrangements, Aux yeux de la théorie, il n’y a pas de différence entre la production de l’urée et celle de l’indigo ou de la quinine, entre celle de l’acide formique ou de l’alcool et celle du sucre de canne.
- Aux yeux de la pratique, il n’en est pas de même, et, tandis que les alcaloïdes artificiels connus demeurent presque tous d’un faible intérêt à ses yeux, la découverte de la quinine artificielle aurait un retentissement immense et rajeunirait la gloire de Pelletier et de Caventou.
- La Société d’Encouragement, convaincue que les progrès de la chimie organique permettent d’aborder ces sortes de problèmes, ne craint pas d’engager les chimistes à s’en occuper; s’ils n’atteignent pas le but, ils seront du moins récompensés de leurs efforts par des résultats scientifiques nouveaux.
- Elle fait remarquer, d’ailleurs, qu’il ne s’agit point de la découverte de procédés exploitables au point de vue commercial, mais de la découverte pure et absolue d’un moyen quelconque pour la formation artificielle d’une substance éminemment utile de l’ordre de celles qui sont citées plus haut.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1894.
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- 10° Prix de 1 OOO francs pour la substitution à l'acide sulfurique dans la teinture, et notamment dans la teinture des soies, d'un autre composé donnant aux fibres l’apprêt voulu, mais n'exerçant pas sur elles la même action destructive.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1894.
- 11° Prix de 2000 francs pour une étude expérimentale des propriétés physiques ou mécaniques d’un ou plusieurs métaux ou alliages, choisis parmi ceux qui sont d’un usage courant.
- La plupart des procédés industriels reposent sur F utilisation, de certaines propriétés des corps (coefficient de dilatation, ténacité, malléabilité, fusibilité, etc.) dont le rôle est généralement connu d’une façon purement qualitative. Il serait très important de posséder des mesures précises de ces diverses grandeurs, qui permettent d’apprécier exactement leur influence individuelle. Pour ne citer qu’un exemple, on sait que dans le moulage de la fonte une des plus grandes difficultés que l’on rencontre provient du retrait du métal; or, aujourd’hui, l’on ne possède aucune donnée précise sur la loi de dilatation de la fonte et même les expériences capitales de Gore sur les changements brusques de volume que les fers, aciers ou fontes éprouvent au rouge n’ont pas été reprises et sont complètement tombées dans l’oubli.
- La Société espère que la création d’un prix de 2 000 francs encouragera les recherches dans cette voie. Elle se réserve de partager le prix ou de n’en accorder qu’une partie suivant la valeur des travaux qui lui seront soumis.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1894.
- 12° Prix de 2000 francs pour une étude scientifique des propriétés physiques
- et mécaniques des verres.
- La composition chimique des verres varie avec les usages auxquels ils sont destinés. Ce ne sont pas seulement la considération de l’abaissement du prix de revient d’une part, et celle de l’éclat, delà transparence, d’autre part, qui motivent ces variations de composition. Les conditions variées de travail et d’emploi du verre exigent des qualités également variées. D’une façon générale le verre doit prendre une fluidité telle que l’affinage soit complet, le dégagement des bulles gazeuses parfaitement assuré. En outre, pour la gobeletterie, il faudra un verre restant longtemps malléable et pouvant se travailler jusqu’à une température relativement assez basse; pour les bouteilles à champagne, il faut un verre résistant et peu altérable ; pour les émaux, il faudra des verres ayant une élasticité considérable leur permettant de se prêter aux dilatations inégales des corps qui les supportent.
- Ces diverses qualités sont susceptibles, les unes de mesures rigoureuses, les
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- autres de mesures approchées dont la connaissance présenterait un intérêt incontestable. On peut déterminer la température à laquelle un verre commence à plier sans rompre; puis à se déformer sous son propre poids, à couler comme un liquide et enfin à laisser monter à la surface les bulles gazeuses. On peut également mesurer la ténacité à des températures croissantes. Le coefficient d’élasticité et celui de dilatation peuvent aussi faire l’objet de mesures précises.
- De semblables mesures, bien entendu, ne peuvent avoir d’utilité qu’à condition d’être rapprochées de la composition chimique du verre, des conditions de refroidissement lent ou rapide, en un mot de toutes les circonstances dont ces grandeurs peuvent être fonctions. Des expériences faites sur des matières insuffisamment déterminées seraient totalement dénuées de valeur.
- La Société d’Encouragement propose pour une semblable étude un prix qui pourra s’élever à 3000 francs, suivant l’importance du travail et des résultats obtenus.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1894.
- 13° Prix de 2000 francs pour la préparation industrielle de l’ozone
- et pour ses applications.
- Schônbein a constaté l’existence d’une modification de l’oxygène à laquelle il a donné le nom d’ozone.
- Cette modification prend naissance, quand on électrise l’oxygène ou l’air; quand on dégage par certains procédés spéciaux l’oxygène des corps qui en contiennent; quand le phosphore; les essences et certains corps combustibles s’oxydent à froid ; enfin quand l’air est agité par les orages ou modifié par l’action de végétaux vivants.
- L’ozone possède, comme corps oxydant, une activité incomparable à celle du chlore. Il oxyde l’argent à froid ; il détruit instantanément une foule de substances organiques ; il décolore les matières colorantes ; il brûle les miasmes, etc. Il aurait tous les avantages du chlore sans en avoir peut-être les inconvénients.
- Si l’industrie avait à sa disposition un procédé qui lui permît de produire l’ozone avec économie et de le conserver ou de l’utiliser facilement, elle pourrait en tirer un parti avantageux ; car, après avoir agi sur les matières organiques, par exemple, l’ozone ne laisse que des substances inertes, l’eau et l’acide carbonique. Le chlore donne, comme on sait, de l’acide chlorhydrique, dont il faut se débarrasser ; de plus, il se substitue à l’hydrogène dans une foule de cas et crée ainsi des complications dont il faut tenir compte et que l’ozone ne fait jamais naître.
- La Société est disposée, en conséquence, à favoriser tout effort tendant à produire l’ozone avec économie et facilité, et donnant les moyens de récolte et de conservation nécessaires pour que ce corps remarquable puisse être mis régulièrement à la disposition de l’industrie.
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- Le prix est proposé pour une solution complète du problème, mais la Société se réserve d’encourager toutes les tentatives sérieuses, soit de préparation, soit d’application.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1895.
- 14° Prix de 1 000 francs pour la découverte d'un nouvel alliage
- utile aux arts.
- La plupart des alliages employés dans l’industrie sont connus depuis longtemps. Cependant de nouveaux métaux ont été découverts, et l’un d’eux, l’aluminium, a fourni un bronze doué de qualités extraordinaires dont les arts et les beaux-arts tireront un parti considérable, lorsque son prix de revient le rendra accessible aux emplois communs de la vie.
- Le bronze d’aluminium, éminemment malléable et ductile, partage avec le fer et l’acier la propriété de se laisser forger à chaud et de pouvoir être soudé. Fusible à une température élevée, il se prête à tous les travaux de moulage. Il résiste mieux à l’air et aux agents d’oxydation que les bronzes ou laitons anciennement connus.
- Pourquoi les métaux nouvellement connus ne seraient-ils pas susceptibles de fournir aussi des alliages doués de qualités spéciales dignes de l’attention de l’industrie? Ce sont des études à entreprendre et des essais à tenter : la Société, en les provoquant, tiendra compte, du reste, de tout travail exact, faisant connaître les propriétés des alliages anciens ou nouveaux, lors même que leurs auteurs n’auraient pas trouvé l’occasion défaire sortir de leurs recherches de nouvelles applications industrielles.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1895.
- 15° Prix de 2 000 francs pour une étude scientifique de la combustion dans les fours chauffés par gazogènes.
- Depuis les travaux classiques d’Ebelmen sur l’emploi des combustibles gazeux, il n’a été fait en France aucune recherche d’ensemble sur un sujet si important. Ce mode de chauffage, actuellement appliqué dans les industries les plus variées, est appelé à prendre un développement de jour en jour plus grand et à se substituer complètement au chauffage direct par grille. Les analyses de gaz qui ont été faites, quoique très nombreuses, présentent généralement peu d’intérêt. Elles sont toujours incomplètes, un des éléments importants, l’eau, n’étant jamais dosé; elles se rapportent à des gaz dont les conditions de production ne sont pas spécifiées, et un grand nombre d’entre elles ne présente aucune garantie d’exactitude.
- Il serait très important d’avoir une série d’analyses complètes, se rapportant à des gaz obtenus dans des conditions parfaitement déterminées, comme eompo-Tome VII. — 91e année. 4e série. — Août 1892. 68
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- sition chimique du combustible solide, poids d’eau vaporisée sous la grille, durée de séjour des gaz au contact du charbon, température du gazogène. Des analyses des produits de la combustion devraient être faites parallèlement en les rapprochant de la durée de séjour des flammes dans les fours, de la température de ce dernier, de la vitesse relative d’arrivée des gaz et des sections et positions relatives des carneaux d’émission.
- De semblables données numériques seraient très utiles à l’industrie en faisant connaître par avance les résultats que l’on peut attendre d’un combustible donné, et plus encore en faisant ressortir la nécessité absolue des analyses fréquentes de gaz pour la conduite des gazogènes, — analyses dont l’utilité pratique est loin d’être admise comme elle devrait l’être.
- La Société d’Encouragement propose pour une semblable étude un prix qui pourra s’élever à 3 000 francs. On attachera moins d’importance au nombre des résultats d’expérience obtenus qu’à la précision des analyses, et au soin avec lequel les conditions déterminantes des phénomènes auront été mises en évidence.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 16° Prix de 2000 francs pour la fabrication courante d'un acier ou fer fondu
- doué de propriétés spéciales utiles, par /’incorporation d'un corps étranger.
- On sait par les recherches de Faraday que plusieurs métaux, le platine, le palladium, le chrome, etc., modifient les propriétés de l’acier, d’une façon notable dans le cas où ces métaux ne sont alliés au fer qu’en minime proportion.
- Plus récemment, il a été constaté que les aciers sont rendus d’autant plus durs qu’ils renferment plus de tungstène. Leur ténacité statique s’accroît aussi; mais le métal devient plus aigre; il s’allonge moins. Les effets utiles ou nuisibles du manganèse sur l’acier ont été signalés également dans ces derniers temps. Mais il y a loin encore de ces indications plus ou moins vagues à une fabrication régulière et courante.
- Cependant aujourd’hui que, grâce aux procédés Bessemer et Martin Siemens, l’emploi de l’acier et des fers fondus s’est considérablement élargi, l’attention se reporte de nouveau sur les travaux de Faraday. Il importe de connaître l’influence spéciale des métaux étrangers sur les propriétés du fer et de l’acier.
- La Société d’Encouragement, désirant favoriser ces études, décernera un prix de 2 000 francs à celui qui fabriquera sur une large échelle, et qui aura fait accepter par les arts ou les ateliers de construction un fer fondu doué de propriétés spéciales par l’incorporation d’un corps étranger.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1896.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- 1° Prix de 2000 francs 'pour la construction d’une essoreuse
- à effet continu.
- L’industrie des produits chimiques utilise avec grand profit les essoreuses à force centrifuge. Mais dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit d’opérer la séparation et le lavage de précipités, de cristaux, etc., des substances volatiles, l’alcool, la benzine, le chloroforme, etc., avec lesquels ces corps sont mélangés, l’emploi des appareils ordinaires devient très onéreux par suite des pertes occasionnées par la manipulation nécessaire pour retirer les matières solides du panier de l’appareil, ces matières consentant toujours une petite quantité du liquide volatil qu’il s’agissait d’extraire.
- Une essoreuse dans laquelle les matières à séparer s’introduiraient d’une manière continue et qui permettrait de recueillir sans arrêt, d’une part, les substances essorées et de l’autre les liquides, réaliserait un grand progrès dans la séparation des matières industrielles.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 2° Prix de 2000 francs pour l’invention de procédés nouveaux permettant d’utiliser le pétrole avantageusement et sans danger, soit dans l’industrie, soit dans Véconomie domestique.
- Le pétrole, dont la production augmente de jour en jour et dont l’usage sous des formes diverses tend à se développer, fournit une source précieuse de chaleur et de lumière. Il importe de perfectionner les appareils à l’aide desquels on l’emploie, et cela non seulement au point de vue de T utilité que l’on peut en retirer, mais aussi pour éviter complètement, ou du moins pour diminuer autant que possible, les accidents auxquels donne trop fréquemment lieu l’usage du pétrole. La Société d’Encouragement accordera le prix à l’inventeur qui, dans ce double ordre d’idées, aura réalisé les plus grands progrès.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 3° Prix de 3 000 francs pour la présentation d'une substance pouvant remplacer complètement la gutta-percha dans l'un au moins de ses principaux usages ou pour un ensemble de travaux ayant contribué à développer la production ou à améliorer l’exploitation de cette gomme.
- La gutta-percha, dont l’introduction en Europe remonte seulement à l’année 1847, provient du suc laiteux d’un arbre qui ne se développe que dans la zone équatoriale, à une altitude restreinte et le plus souvent dans la presqu’île de Malacca et les îles de Sumatra et Bornéo. Son usage s’est rapidement répandu; elle a été utilisée pour l’isolement des fils électriques et a reçu les applications les
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- plus diverses. Elle est absolument indispensable pour la construction des lignes télégraphiques sous-marines. Or la production de cette précieuse gomme qui est limitée par les conditions auxquelles est soumise la végétation des arbres d’où on l’extrait n’a pas suivi une progression en rapport avec le développement que prenaient ses applications. L’exploitation par les indigènes ayant été faite sans prévoyance, les arbres ont peu à peu disparu. La gutta-percha, de la qualité de celle qu’on pouvait se procurer à l’origine, la seule qui convienne pour les principales applications, fait aujourd’hui complètement défaut. Malgré une hausse considérable des prix, on ne trouve sur les lieux mêmes de production et le commerce ne peut fournir que des mélanges, gomme de qualité inférieure ayant la même apparence, mais qui ne sauraient remplacer la gutta-percha.
- L’industrie des câbles sous-marins est celle qui souffre le plus de cette disette de bonnes guttas; on peut même craindre qu’elle ne soit complètement entravée.
- Des ingénieurs et des savants ont été chargés de missions officielles ayant pour but d’étudier sur place les conditions de la production et les moyens de la développer, d’acclimater l’arbre à gutta-percha dans une colonie française. Ils sont arrivés à des résultats intéressants au point de vue de l’avenir ; on ne saurait toutefois attendre une solution prochaine de ces recherches que le climat, la distance et l’organisation des pays propres à la culture des arbres à gutta-percha rendent très délicates, très difficiles et très pénibles.
- Les inventeurs ont tenté, de leur côté, de substituer diverses substances à la gutta-percha, mais leurs essais n’ont donné que des résultats incertains ou n’ont pas été suffisamment prolongés.
- La Société d’Encouragement avait depuis plusieurs années prévu cette fâcheuse situation. Se préoccupant de sauvegarder l’avenir, elle avait cherché à encourager l’étude de la question en proposant un prix de 3 000 francs qui n’a pu encore être décerné.
- Elle maintient ce prix à son programme en donnant au concours une base plus large. Elle y admettra non seulement les constructeurs ou inventeurs qui auront présenté une substance propre à remplacer la gutta-percha, dans l’une au moins de ses principales applications, et qui pourront établir sa valeur pratique par un essai prolongé, mais encore les savants et les explorateurs qui, par un ensemble de travaux bien conduits, seront parvenus à développer la production de la gutta-percha ou à améliorer et perfectionner son exploitation.
- Ce prix sera donné, s’il y a lieu, en 1893.
- 4° Prix de 2 OOO francs pour un appareil ou procédé industriel qui permette
- de mesurer ou d’évaluer rapidement iisolement des diverses parties d’une
- installation électrique en activité.
- Les industries électriques emploient depuis longtemps des instruments de
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- formes variées pour déterminer les variations de potentiel aux sources des générateurs, l’intensité du courant et par suite le débit ou la quantité d’électricité produite. Des compteurs et le travail effectué servent à évaluer la consommation ou le rendement. Il est un autre élément qui a une grande importance, au double point de vue de l’économie et de la sécurité dans les exploitations : c’est l’isolement des conducteurs, des appareils et des masses métalliques qui entrent en jeu.
- Les instruments dont on fait usage en télégraphie ou dans J es recherches de précision pour mesurer les résistances d’isolement seraient trop encombrants, trop délicats ou d’un maniement trop lent. Les indicateurs qu’on trouve dans les usines centrales les mieux outillées ne peuvent servir qu’à signaler un grave défaut lorsqu’il est souvent trop tard pour y remédier.
- Un appareil ou un procédé industriel nouveau permettant de mesurer ou d’évaluer sûrement et rapidement le degré d’isolement des diverses parties d’une installation électrique en activité (machines, canalisations, transformations, organes divers) et d’en prendre les variations répondrait à un besoin réel. Il pourrait largement contribuer au développement et à la sécurité des industries électriques, s’il leur fournissait les moyens d’éviter des déperditions inutiles qui diminuent le rendement et d’écarter une cause de danger qui est grave dans les installations fonctionnant avec des courants à haute tension, surtout avec les courants alternatifs dont l’emploi tend à se répandre.
- La Société d’Encouragement propose un prix de 2 000 francs à décerner en 1893 pour l’étude de cette question qui intéresse particulièrement les entreprises d’éclairage électrique ou de transport de l’énergie par l’électricité.
- 5° Prix de 2000 francs pour la découverte de procédés propres à diminuer le
- nombre des feux de cheminée et la gravité des dommages qui en résultent.
- Les feux de cheminée sont très fréquents à Paris ; leur nombre dépasse sensiblement celui des autres incendies. Ces accidents, qui ont quelquefois des conséquences graves, résultent généralement de l’imperfection des procédés mis en usage pour enlever la suie qui obstrue les conduits de fumée. 11 serait très désirable que l’on trouvât le moyen de supprimer ou au moins de diminuer l’adhérence de la suie et que l’on inventât des appareils propres à enlever cette suie d’une manière complète, quelles que fussent les dimensions et les sinuosités des tuyaux. Enfin il serait très utile de pouvoir, par des moyens simples, vérifier si les conduits ne présentent pas des fissures par lesquelles la fumée ou la flamme des cheminées pourrait se répandre dans les planchers, dans les appartements, dans un autre corps de cheminée.
- Le prix sera décerné en 1894 à l’inventeur qui aura réalisé des améliorations notables dans l’une ou l’autre de ces directions.
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- AGRICULTURE
- 1° Prix de 2000 francs pour la meilleure étude sur la constitution physique
- et la composition chimique comparées des terrains d'une des régions naturelles
- {ou agricoles) de la France, par exemple, de la Brie, de la Beauce, du pays de
- Caux, etc., etc.
- Les cartes géologiques de détail que publie l’administration des mines indiquent non seulement les divers étages géologiques qui ont formé les terrains superficiels, mais les dépôts de limon quaternaire qui les recouvrent en certains points, sur une épaisseur plus ou moins grande, les dépôts meubles qui, provenant des précédents, sont venus s’accumuler sur les pentes ou former des allu-vions au fond des vallées.
- Ce sont de véritables cartes agronomiques qu’on pourrait rendre encore plus utiles aux agriculteurs en étudiant chacun de ces étages, d’un côté, par l’analyse dans le laboratoire, et, de l’autre, par des essais méthodiques d’engrais chimiques (engrais analyseurs, analyse du sol par les plantes) dans les champs.
- Un petit nombre d’analyses faites sur des échantillons assez bien choisis, d’après les indications des cartes pour représenter le type de chacun de ces terrains, pourrait ainsi servir pour tous les champs désignés sur des cartes par la même teinte.
- Il faudrait employer pour ces analyses des méthodes qui permettent de donner aux agriculteurs des conseils pratiques sur l’emploi de l’acide phosphorique, de la potasse, etc., pour telle culture ou telle autre (par exemple, les méthodes indiquées par M. P. de Gasparin dans son Traité de la détermination des terres arables dans le laboratoire).
- Dans les cas où il serait d’usage dans le pays d’employer de la marne ou de la chaux, il faudrait étudier aussi la composition chimique de ces amendements, leur action sur le sol, etc.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 2° Prix de 2000 francs pour les meilleures expériences pour l'alimentation du bétail.
- Certains déchets d’industrie ont une valeur alimentaire qui n’est pas suffisamment appréciée ; des expériences précises, suivies pendant un certain temps et contenant les renseignements les plus complets, tant sur la composition de l’aliment que sur son prix et sur les résultats obtenus, soit pour la production du lait, de la viande ou du travail, soit pour l’élevage, rentreraient dans le programme de ce concours. La meilleure utilisation des produits ensilés, l’étude de leur valeur nutritive et de leur influence sur le rendement des produits de la ferme, répondraient également aux vues de la Société, ainsi que la préparation
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- des aliments, la substitution d’un fourrage à un autre, qui réaliseraient une économie ou un progrès réel dans l’alimentation des bêtes bovines ou ovines.
- En résumé, toute expérience bien faite, poursuivie dans une exploitation agricole pendant un temps assez long et conduisant à des résultats avantageux pour la pratique agricole de n’importe quelle région de la France, sera admise à ce concours, mais à la condition qu’elle soit accompagnée d’observations précises et de chiffres dont le contrôle soit possible et qu’elle conduise à une innovation heureuse, à un perfectionnement dans l’emploi des aliments usuels, ou qu’elle constitue une étude approfondie des résultats comparatifs obtenus avec les principales substances alimentaires. La valeur du prix ne sera délivrée qu’après que l’auteur aura fait imprimer le mémoire couronné.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 3° Prix de 2000 francs relatif à la découverte de moyens pour reconnaître
- les falsifications du beurre.
- Le commerce du beurre a pris un développement considérable ; mais en même temps que la valeur de ces produits a augmenté, que leur commerce à l’intérieur et à l’extérieur a pris une grande extension, les falsifications dont ces matières peuvent être l’objet se sont multipliées. Elles se sont accrues au point que plusieurs conseils généraux des régions intéressées se sont émus des préjudices qu’elles causaient à notre agriculture et de l’atteinte qu’elles portaient à la bonne réputation de nos beurres sur les marchés étrangers. Les Associations agricoles s’en sont préoccupées. Nous avons pensé que ce serait rendre un grand service au pays que de trouver des moyens faciles et expéditifs de découvrir les falsifications dont il s’agit. Le Comité d’agriculture a, en conséquence, proposé la mise au concours de la découverte de moyens pour reconnaître la falsification du beurre.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 4° Prix de 3 000 francs institué pour rétude des ferments alcooliques.
- L’étude des ferments qui interviennent dans la production des boissons fermentées a pris depuis les travaux de M. Pasteur une importance considérable. Les diverses levures entrent en jeu, non seulement pour produire de l’alcool, mais encore pour développer le goût et le bouquet qui établissent de si grandes différences dans la valeur de ces produits.
- L’étude de ces levures n’est pas, à l’heure qu’il est, suffisamment avancée, leur rôle dans la qualité des boissons fermentées ri’est pas bien défini. La Société désire provoquer de nouvelles recherches sur ce sujet.
- En outre, à côté de ces levures qui sont les agents de la production du vin, du cidre, de la bière, se trouvent d’aulres organismes dont le rôle est bien différent et qui agissent sur les boissons fermentées d’une manière défavorable, occasion-
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- nant ce qu’on appelle les maladies des vins, du cidre, de la bière. L’étude de ces organismes et des moyens propres à soustraire à leur action les boissons fermentées présente également le plus haut intérêt. La Société a pensé qu’elle devait encourager ceux qui, dans ces questions délicates, auront fourni des documents nouveaux pouvant s’appliquer à la pratique.
- Les concurrents à ce prix devront apporter des données précises, obtenues avec une rigueur scientifique. Ils devront indiquer en outre l’application de ces données à l’amélioration de la qualité et à la conservation des boissons fermentées.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- b° Prix de 1 500 francs pour les meilleures variétés d'orges de brasserie.
- Il est ouvert, par la Société nationale d’Encouragement pour l’Industrie nationale, un concours pour la culture des variétés d’orges d’hiver et de printemps, en vue de la brasserie.
- Les conditions du concours sont les suivantes :
- 1° Nul ne peut être admis au concours si la culture pour chaque variété n’est pas de deux hectares au moins.
- 2° Le poids à l’hectolitre devra être de 68 kilos au minimum.
- Les caractères qui serviront à l’appréciation du jury sont ceux d’une bonne orge de brasserie, savoir :
- 1° Couleur jaune clair de paille, ou serin ou blanc jaunâtre, uniformément répartie sur tout le grain.
- 2° Cassure blanche, farineuse et de bon goût.
- 3° Odeur franche.
- 4° Bonne conformation des grains (forme bombée, courte, ronde, grains bien nourris et finement ridés).
- 5° Propreté et homogénéité des grains.
- 6° Grande faculté et énergie germinatives (92 à 96 p. 100 de grains germés dans un délai de 3 jours).
- La pureté, la faculté germinative et la composition chimique seront examinées au laboratoire de l’Institut national agronomique.
- Les échantillons exposés devront être de 20 litres; ils seront envoyés en sac scellé et seront accompagnés d’une gerbe.
- La Société aura le droit de disposer de ces échantillons.
- La Société se réserve le droit de faire inspecter, par des délégués, les champs ensemencés et d’assister à la récolte.
- Les concurrents dans leur déclaration devront faire connaître :
- 1° Leur nom et domicile.
- 2° L’étendue de leur culture.
- 3° L’étendue consacrée à la culture de l’orge.
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- 4° La variété d’orge cultivée.
- 5° L’origine ou la provenance des semences d’orge qu’ils emploient.
- 6° La nature du sol et du sous-sol, où se fait leur culture d’orge.
- 7° Les façons données au sol et l’assolement suivi.
- 8° Les fumures, — fumiers, — engrais complémentaire ou chimiques, — quantité, — époque des applications.
- 9° Epoque des semailles, — mode de semailles (en lignes ou à la volée), —> quantité de semences employée à l’hectare.
- 10° Sarclage, binage.
- 11° Date de la floraison.
- 12° Date de la moisson.
- 13° Conditions climatériques dans lesquelles elle s’est faite (beau temps, temps froid, pluvieux, etc., et température).
- 14° Etat de maturité du grain au moment de la moisson.
- 15° Mode et durée de la dessiccation des gerbes.
- 16° Mode et époque du battage.
- 17° Mode de conservation des grains.
- 18° Rendement total en grains.
- Rendement en paille.
- 19° Rendement par hectare en grains.
- Rendement par hectare en paille.
- 20° Poids del’hectolitre du grain au moment dubattage et au moment de la vente.
- 21° Quantité d’orge vendue en 1890 et en 1891.
- Prix obtenu par hectolitre.
- Prix obtenu par quintal.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1894.
- 6° Prix de 3 OOO francs pour la reconstitution des vignobles sur les terrains
- calcaires crayeux.
- Le phylloxéra, depuis son apparition en France, a causé de grands dommages dans les vignobles des régions du Sud et du Sud-Ouest. Dans beaucoup de localités appartenant à ces régions, les vignes ont été complètement anéanties; mais, grâce à divers cépages américains cultivés soit comme producteurs directs, soit comme porte-greffes pour les anciennes vignes françaises, on est parvenu, depuis quinze années, sur un assez grand nombre de points, à reconstituer des vignobles remarquables par leur vigueur et leur productivité. Toutefois, ces excellents résultats n’ontpu êtreobtenus que sur des terrains argilo-siliceux, silico-argileux ou silico-calcaires, profonds et de bonne fertilité. Jusqu’à ce jour, c’est en vain qu’on a tenté de créer des vignobles sur les sols calcaires crayeux à sous-sol crayeux, à la place des vignes détruites par le phylloxéra. C’est aussi sans succès qu’on a cherché à Tome VII. — 91e année. 4° série. — Août 1892. 69
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- reconstituer les vignobles qui ont fait larichesse delà Champagne dans l’Angoumois, parce que leurs produits servaient àla fabrication de V eau-de-vie dite fuie champagne.
- La Société d’Encouragement espère qu’un prix de 3 000 francs encouragera les tentatives dans cette voie. Elle se réserve de partager le prix ou de n’en accorder qu’une partie, suivant les mémoires qui lui seront adressés.
- Les concurrents devront fournir, avec la dénomination exacte du cépage cultivé, un échantillon du terrain, une description du sol, l'étendue plantée, l’âge et le mode de direction des plants, et un échantillon du produit avant et aprôsla distillation. Tous ces détails devront être certifiés exacts par le professeur départemental d’agriculture et les agents des contributions indirectes.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1894.
- 7° Prix de 2000 francs pour le repeuplement des rivières non navigables, ruisseaux et étangs, en poissons et écrevisses.
- Le prix sera décerné à celui qui indiquera le meilleur moyen et le plus économique de repeupler les eaux douces en poissons et écrevisses, qui en aura fait l’application et démontré la réussite.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1894.
- 8° Prix de 2000 francs pour la meilleure étude sur l’agriculture et l'économie rurale d'une province ou d'un département.
- L’agriculture et l’économie rurale des diverses parties de la France présentent des différences dignes de remarque, provenant de causes locales encore peu connues. Il serait très utile de pouvoir comparer entre elles les méthodes ou systèmes qui y sont mis en pratique. Une série de monographies faisant connaître ce qui se passe dans chaque région agricole permettrait de faire ces rapprochements et contribuerait ainsi puissamment aux progrès de l’agriculture.
- Quelques études de ce genre qui avaient été tentées ont engagé la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale à proposer un prix pour ce genre de recherches, et elle a pu décerner déjà des prix et des mentions honorables aux auteurs de remarquables monographies de ce genre. Ce succès l’a décidée à maintenir la question au concours. Elle propose donc de nouveau un prix de 2 000 francs pour la meilleure description de l’agriculture et de l’économie rurale d’une région agricole. L’étendue de cette région pourra embrasser une province entière ou se borner à un département; mais les investigations dont cette contrée sera l’objet devront être précises et détaillées, et faire connaître, aussi complètement que possible, les pratiques agricoles et surtout les méthodes d’économie rurale qui y sont employées. La valeur du prix ne sera délivrée qu’après que l’auteur aura fait imprimer le mémoire couronné.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1895.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- 1° Prix de 1 OOO francs pour un obturateur photographique répondant
- aux conditions suivantes:
- La rapidité du fonctionnement sera environ d’un cinquantième de seconde au moins.
- Le temps d’ouverture totale ou pleine pose devra égaler la moitié du temps de fonctionnement, ou plus s’il se peut, le reste étant employé pour ouvrir et fermer. Le diamètre de l’ouverture totale égalera au moins le dixième de la longueur focale de l’objectif auquel l’obturateur est principalement destiné.
- Les dimensions seront restreintes, appropriées à un appareil de campagne, la manœuvre sera facile pour la mise au point; la pose à volonté, les variations de temps de pose rapide.
- S’il se peut, le même obturateur s’adaptera à des objectifs de différents diamètres.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
- 2° Prix de 1 000 francs pour la découverte d’une matière plastique de ton coloré imitant la pierre, le marbre ou la terre cuite, ayant la solidité nécessaire pour résister, soit au dedans, soit au dehors des habitations, comme le ferait la terre cuite, mais ne présentant ni les dangers de la cuisson, ni ses infidélités ou ses retraits. Cette matière devra se prêter à un moulage, à un estampage et à des retouches comme le plâtre.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1894.
- COMMERCE
- 1° Prix de 2000 francs pour une étude économique d’un centre industriel
- en France.
- I. —Acclimatation de l’industrie dans la contrée. — Ses transformations successives. — Ses progrès. — Ses crises. — Situation actuelle.
- IL — Organisation des ateliers. — Recrutement du personne]. —Situation et habitudes générales de la famille ouvrière. — Institutions de prévoyance. — Salaires. — Grèves. — Chômages. — Rapports entre le capital et le travail.
- III. — Organisation commerciale. — Comptoirs. — Dépôts. — Approvisionnements des matières premières. — Vente des produits fixés. — Transports. — Action de la concurrence. — Législation douanière. — Débouchés.
- Ce prix sera décerné, s’il y a lieu, en 1893.
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- FONDATIONS ET DONS SPÉCIAUX
- Legs Bapst.
- Cette fondation se compose de deux parties. L’une d’elles, destinée à donner des secours aux inventeurs malheureux, possède un litre de 1 565 fr. 20 de rente 3 p. 100.
- La seconde partie du legs, qui doit servir à aider les inventeurs dans leurs travaux, possède un titre de 3 210 fr. 80 de rente 3 p. 100.
- Fondation Christofle et Bouilhet pour la délivrance des premières annuités de brevets.
- Cette fondation possède un revenu annuel de 1 036 francs de rente.
- Fondation Fauler (Industrie des cuirs).
- Cette fondation a pour but de secourir des ouvriers ou contremaîtres malheureux, ayant rendu des services appréciés dans l’industrie des cuirs.
- Son revenu annuel est de 619 fr. 65 de rente.
- Fondation Legrand (Industrie de la savonnerie).
- Cette fondation est destinée à venir en aide aux ouvriers ou contremaîtres malheureux de l’industrie delà savonnerie ayant rendu des services appréciés.
- Son revenu annuel est actuellement de 892 fr. 80 de rente.
- Fondation de Milly (Industrie de la stéarine).
- Cette fondation a pour but de venir en aide à des ouvriers et contremaîtres malheureux, ou ayant contracté quelque infirmité dans l’exercice de leur profession.
- Son revenu annuel est actuellement de 561 fr. 60 de rente.
- Fondation de Baccarat (Industrie de la cristallerie).
- Cette fondation, destinée à secourir des ouvriers et contremaîtres malheureux ou infirmes, possédait un revenu annuel de 115 fr. 20.
- Fondation Menier (Industrie des arts chimiques).
- Celte fondation a pour but de venir en aide à des ouvriers et contremaîtres appartenant à l’industrie des arts chimiques.
- La fondation possède un revenu annuel de 177 fr. 60.
- Legs Giffard.
- Le revenu du capital de 50 000 francs, légué à la Société par Henri Giffard, a été divisé en deux parties : l’une à instituer un prix de 6 000 francs à décerner
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- tous les six ans, et l'autre à distribuer des secours dans des conditions qu’il appartient au Conseil d’administration de la Société de fixer.
- Fondation Christofle et Bouilhet (Artistes industriels)
- Cette fondation, destinée à venir en aide à des artistes industriels malheureux , possède un revenu annuel de 412 fr. 40.
- CONDITIONS GÉNÉRALES
- A REMPLIR PAR LES CONCURRENTS
- 1° Les modèles, mémoires, descriptions, renseignements, échantillons et pièces destinées à constater les droits des concurrents seront adressés franco de port au Secrétariat de la Société dé encouragement pour U industrie nationale, rue de Rennes, 44. Ils devront être remis avant le 31 décembre de l’année précédant la distribution des prix : ce terme est de rigueur. Ainsi la clôture des concours pour 1893 est fixée au 31 décembre 1892.
- 2° Les procédés ou machines seront examinés par des commissaires que la Société désignera.
- 3° Les membres du Conseil d’administration sont exclus des concours.
- 4° Les autres membres de la Société sont admis à concourir ; les étrangers le sont également.
- 5° Les concurrents sont avertis que la communication qu’ils font à la Société de leurs procédés ne peut leur tenir lieu d’un brevet d’invention, et que, s’ils veulent prendre le brevet, il faut qu’ils le fassent avant de se présenter au concours.
- 6° Les brevets d’invention n’étant délivrés que sur la description détaillée des procédés, et chacun, d’après la loi du 5 juillet 1844, pouvant en prendre connaissance, la Société se réserve expressément la faculté de publier, en totalité ou en partie, les découvertes qui auront obtenu les prix et médailles, mais les concurrents ne pourront user de cette faculté sous quelque prétexte que ce soit.
- 7° Les auteurs jugés dignes d’une récompense, qui ne se seraient pas pourvus d’un brevet d’invention et qui désireraient garder le secret de leurs procédés, seront tenus d’en déposer sous cachet la description, dont l’exactitude sera attestée par un membre du comité compétent. La durée du dépôt ne pourra excéder quinze ans, à l’expiration desquels la description sera publiée.
- 8° La Société conservera les mémoires descriptifs et les dessins qui n’auront point été couronnés ; mais elle permettra aux auteurs d’en prendre copie et elle leur rendra les modèles.
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- 9° Les concurrents qui auraient traité plusieurs des questions mises au concours sont invités à envoyer des mémoires séparés sur chacune d'elles.
- 10° Les médailles ou les sommes seront remises à ceux qui auront obtenu les prix ou à leurs fondés de pouvoir.
- Les pièces déposées restent la propriété de la Société.
- MÉDAILLES
- a décerner aux contremaîtres et aux ouvriers des établissements industriels
- ET DES EXPLOITATIONS AGRICOLES.
- La Société d’Encouragement, dans le but d’exciter les contremaîtres et les ouvriers à se distinguer dans leur profession et à encourager ceux qui se font remarquer par leur bonne conduite et les services qu’ils rendent aux chefs qui les emploient, a pensé que le moyen le plus propre à amener ce résultat était d’accorder des récompenses à ceux qu’une longue expérience aurait fait reconnaître comme ayant servi avec zèle, activité et intelligence ; en conséquence, elle a pris l’arrêté suivant :
- 1° Il sera décerné, chaque année, dans la séance générale, des médailles de bronze aux contremaîtres et ouvriers des grands établissements industriels et des exploitations agricoles de France.
- 2° Chaque médaille, à laquelle seront joints des livres pour une valeur de 50 francs, portera gravés le nom du contremaître ou de l’ouvrier, et la désignation soit de l’atelier, soit de l’exploitation agricole à laquelle il est attaché.
- 3° Les contremaîtres ou ouvriers qui voudront obtenir ces médailles devront se munir de certificats dûment légalisés, attestant leur moralité et les services qu’ils ont rendus, depuis cinq ans au moins, à l’établissement auquel ils sont attachés. Ces certificats devront être appuyés tant par le chef de la maison, par le maire et les autorités locales, que par les ingénieurs civils ou militaires, en activité ou en retraite, et par les membres de la Société d’Encouragement qui résident sur les lieux.
- 4° Le contremaître ou l’ouvrier ne pourra être ni le parent, ni l’allié, ni l’associé, par acte, des propriétaires de l’établissement. Il devra savoir lire et écrire et s’être distingué par son assiduité à ses travaux, son intelligence et les services qu’il aura rendus à l’atelier ou à l’exploitation agricole ; à mérite égal, la préférence sera accordée à celui qui saura dessiner et qui aura fait faire des progrès à la profession qu’il exerce. Enfin, les certificats, en attestant que ces conditions sont remplies, donneront sur le candidat tous les détails propres à faire apprécier ses qualités.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- AOUT 1892.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 8 juillet 1892.
- Présidence de M. Tisserand, Président.
- M. le Président fait connaître à la Société la perte douloureuse qui empêche M. Aimé Girard d’assister à la séance. Il a été frappé dans ses plus chères affections, il a perdu une mère qu’il adorait. Le Président croit être l’interprète du Conseil, en envoyant d’ici à M. Aimé Girard l’expression de sa vive et profonde sympathie.
- MM. Baudry et C'l% éditeurs à Paris, adressent un Vade-mecum du fabricant de produits chimiques de M. G. Limge. (Arts chimiques.)
- M. Victor Germain, rue Lamartine, 8. — Nouvelle grille à feu instantané avec briquettes spéciales pour la cuisine. — Sirène d’alarme pour les bateaux voiliers. (Arts mécaniques.)
- M. le baron de Wolbock, à Kercado (Morbihan), écrit au sujet de la communication faite par M. Max de Nansouty, des documents concernant la création du travail national, qu’il a publiés dans l’intérêt général. (Agriculture.)
- M. Chapuis, rue Lourmel, 10.—Roue à rayon différentiel. (Arts mécaniques.)
- M. Dunand, ouvrier modeleur, rue Sedaine, 44. — Appareil assurant la sécurité aux voitures en cas de rupture d’essieux. (Arts mécaniques.)
- M. Robin, rue Legendre, 103. — Systèmes de balais mobiles pour la dépolarisation de toute pile. (Arts économiques.)
- M. Cordier, rue Servandoni, 18. — Tables d’intérêts à taux classés par jours. (Commerce.)
- M. Cayrol, rue Gabrielle, 10, Paris-Montmartre. — Ballon fin de siècle. (Arts mécaniques.)
- M. Michel de Vinant, à Cholet (Maine-et-Loire). — Traité pratique de teinture et d’impression. (Arts chimiques.)
- MM. Laussedat et Sabatier, rue Saint-Martin, 233, envoient des spécimens de cartes, adresses, portraits, et font des offres pour gravure et pour reproduction de photographie en gravure. (Constructions et Beaux-Arts.)
- Les ouvrages suivants sont offerts à la Société :
- Conseil municipal de la ville de Barcelone. — Grande fête pour le centenaire de Christophe Colomb.
- La Société royale de la Nouvelle-Galles du Sud envoie son programme de prix pour les années 1892, 1893, 1894.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- AOUT 1892.
- Mémo panda of the origin, plan and results of the field and other experiments conductcd on the farm and in the laboratory of sir John Bennet Laives, à Rothams-ted, Herit. —Juin 1892.
- Histoire de la cartographie. — Conférence faite à l’École des hautes études commerciales, par M. A. Laussedat.
- Vélectricité au Conservatoire des arts et métiers, par M. le colonel Laussedat, directeur.
- Annual Report of the board of regents of the Smithsonian Institution. — Juillet 1890.
- La prévoyance et l’assurance contre les accidents du travail en Italie. — Analyse et traduction par E. Gruner.
- Histoire d’un centre ouvrier (Les concessions d’Anzin), par Georges Michel, avec la collaboration d’Alfred Renouard. — 1 vol. in-12.
- Association parisienne des propriétaires d’appareils à vapeur, 18° Bulletin. — Exercice 1891.
- Association pour prévenir les accidents de fabrique, fondée sous les auspices de la Société industrielle de Mulhouse. — Comptes rendus des vingt-troisième et vingt-quatrième exercices. — Années 1890-1891.
- Nomination de membres du conseil. — M. le Président ouvre le scrutin pour la nomination de trois membres du Conseil :
- Commission des fonds. —M. Rillotte, secrétaire général de la Banque de France.
- Comité du Commerce. — M= E. Gruner, ingénieur des mines.
- Comité des Constructions et des Beaux-Arts. — M. Froment-Meurice, fabricant d’orfèvrerie.
- Ces trois candidats ayant obtenu l’unanimité des suffrages, sont nommés membres du Conseil.
- Rapport. — Soupape de sûreté. — M. Sauvageîmi, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur la soupape de sûreté de M. JDulac.
- Le Comité propose de remercier M. Dulac de son intéressante communication et d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société, avec la figure et la légende annexées.
- M. Brull, tout en appréciant les intéressants travaux de M. Dulac, fait quelques observations sur un passage de ce rapport qui lui paraît devoir être modifié.
- M. le Président prie M. Brull de s’entendre avec M. le Rapporteur pour cette modification.
- Sous cette réserve, les conclusions du rapport sont adoptées.
- Communication. — M. Casalonga fait une communication sur la perte de chaleur subie par les chaudières qui alimentent les machines à vapeur.
- M. D. A. Casalonga s’est proposé de démontrer : 1° que de toute chaudière qui
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- PROCÈS-VERBAUX. --- AOUT 1892.
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- alimente une machine à vajpeur, il disparaît une quantité de chaleur Apu, équivalente au travail de pleine pression, et qui n’a jamais été comptée; 2° qu’il est nécessaire de distinguer la vaporisation avec compensation simultanée, à pression constante et à volume constant, d'avec la vaporisation s'effectuant, à volume variable, contre un piston qui rétrograde sous pression constante..
- D’après lui, M. le professeur Zeuner, partant de prémisses posées par Claus-sius, aurait fait une double confusion, en assimilant la vaporisation telle qu’elle s’effectue dans les appareils de Régnault et de M. Bcrthelot avec celle qui se produit dans une chaudière contre un piston mobile, et en considérant la valeur^, déterminée par Régnault, comme la quan tité de chaleur totale fournie à la vapeur, et non par celle J contenue par cette vapeur, cette dernière quantité ayant pour valeur : J = \ — Apu.
- M. D. A. Casalonga dit que la valeur \ de Régnault représente bien la quantité de chaleur totale, soit fournie, soit contenue, soit restituée, et que, dans le cas où la vapeur est formée contre un piston mobile, la chaleur totale fournie Q est : Q = "X Apu, pendant que la chaleur contenue est toujours : \ = q r.
- M. le Président remercie M. Casalonga de sa communication.
- Séance du 22 juillet 1892.
- Présidence de M. Tisserand, Président.
- M. Meunier, à Montataire (Oise). — Barrière pour chemin de fer. (Constructions.)
- M. Normand, ébéniste, rue Saint-Sabin, 12. — Table pliante portative. (Constructions.)
- M. Dervies, ingénieur, à Bruxelles. — Nouveau système de chaudière utilisant plusieurs dixièmes perdus delà chaleur produite. (Arts mécaniques.)
- M. Harvengt, à Euhies (IlainauL). — Billet pour chemins de fer. (Commerce.)
- M. Hem'i Martin, chaudronnier au chemin de fer de l’Ouest, à Sotteville-les-Rouen. — Chaudière tubulaire de 150 mètres carrés de surface de chauffe. (Arts mécaniques.)
- M. Langlassé, avenue du Maine, 85. — Modèle de serrure de sûreté. (Arts mécaniques.)
- M. Decrette, rue du Retrait, 7. — Compteur automatique. (Arts mécaniques.)
- Le directeur de l'école Boulle, rue de Reuilly, 25, demande le concours de la Société pour assurer le bon recrutement des élèves de cette école. [Bulletin.)
- M. Légat, président de l’Association des inventeurs et artistes industriels, demande le remboursement d’une partie de l’annuité de brevet qui a été accordée par l’Association à M. Prévost, mécanicien, inventeur de perfectionnements dans les courroies de transmission. (Arts mécaniques.)
- Tome VII. — 91° année. 4e série. — Août 1892.
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- M. Peschard, chimiste, Cours de Vincennes, 45. — Toile imperméabilisée. (Arts chimiques.)
- La société d’exploitation des brevets Workmann, rue Bergère, 27. — Procédé de reliure pour livres et registres. (Commerce.)
- M. Kraemer, charpentier, à la Capuche, 28 (Grenoble). — Mécanisme permettant l’emploi économique de la vapeur. (Arts mécaniques.)
- M. Heurdier, chauffeur-mécanicien, rue Broca, 36. — Chaudière à vapeur multitubulaire. (Arts mécaniques.)
- M. Parize, à la gare de Chalindres. — Décortiqueusc d’osier. (Arts méca_ niques.)
- M. Buxtorf, président du Conseil d’administration de l’Ecole française de bonneterie, à Troyes, correspondant de la Société, remercie de la subvention temporaire qui a été accordée à cette Ecole.
- MM. Dangny et Auber tin, à Dijon. — Ouvrage intitulé : Les grands vins de Bourgogne {la Côte-d’Or). (Agriculture.)
- M. Casalonga, ingénieur civil, fait hommage d’un exemplaire de la communication qu’il a faite à l’Assemblée générale du 25 février 1892 de l’Association de l’industrie française.
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Sur la rectification des arcs des courbes dites limaçons de Pascal, par M. Joseph Marchand, br.
- Reports from the Consuls of the United States, n° 140, mai 1892.
- Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires. Choix de rapports et instructions,publié sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. — Tome I.
- Congrès international de photographie. — Première et deuxième sessions. — Paris, 1889. — Bruxelles, 1891.
- Rapport. — Système de foyer. — M. Brüll fait, au nom du Comité des Arts mécaniques, un rapport sur le foyer Cohen, présenté par MM. Hermann, Cohen et Cie, rue Saint-Lazare, 74.
- M. Leroux a présenté à la Société, dans la séance du 23 décembre 1891, le système de foyer de M. Cohen, exploité par MM. Ilerrmann, Cohen et Ci0. L’inventeur s’est proposé, après bien d’autres inventeurs, de diviser la combustion en deux phases successives :
- La distillation avec combustion des gaz fournis;
- La combustion du coke produit.
- Le Comité propose de remercier M. Leroux de son intéressante communication, de féliciter M. Coben de son travail et d’autoriser l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société avec une planche de dessins et une légende explicative.
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- Ces conclusions sont adoptées.
- Communication. — Utilisation de la chaleur dans les fours à récupération. — M. Emilio Damour fait une communication sur l’utilisation de la chaleur dans les fours à récupération et sur les résultats comparés que donnent à ce point de vue le four Siemens ordinaire et le nouveau four Siemens récemment proposé par MM. Biedermann et Harvey.
- Après avoir rappelé le point de départ du nouveau système, l’idée de faire repasser les produits brûlés sous la grille, pour régénérer l’acide carbonique, M. Emilio Damour démontre l’impossibilité de l’économie annoncée de 50 p. 100; néanmoins, le nouveau four ayant un réel intérêt et ayant été appliqué dans un certain nombre d’usines, il a trouvé nécessaire de faire une étude comparée, d’autant qu’il lui a été donné de faire expérimentalement une telle étude d’un côté sur un four de verrerie ancien Siemens, de l’autre sur un four à réchauffer du nouveau type.
- Il donne la description du four de verrerie sur lequel a porté ses recherches : four à gazogènes ouverts, avec eau sous la grille, sans siphon, à tirage naturel à double récupération par le gaz et l’air, donnant à 1450° une marche régulière et satisfaisante. Puis il indique les résultats des mesures de pertes de chaleur inutiles rapportées à la chaleur totale disponible, c’est-à-dire au pouvoir calorifique du combustible : elles se ramènent à trois chapitres : 1° pertes par rayonnement : on n’envisage ici que la chaleur perdue par les organes extérieurs au four, le rayonnement du four étant considéré comme nécessaire ; 2° pertes résultant de la combustion imparfaite du charbon ou de la production d’escarbilles ; 3° pertes par les fumées.
- La chaleur inutilement perdue par ces trois causes représente dans le four étudié environ 20 p. 100 de la chaleur totale disponible.
- M. Emilio Damour donne ensuite la description du nouveau four et en explique le fonctionnement; il montre comment il est possible d’insuffler sous la grille des produits brûlés et do l’air chaud, et ajoute que dans la pratique on insuffle toujours aussi de l’air froid.
- Il attire l’attention sur ce qu’il y a d’ingénieux dans le nouveau dispositif considéré dans son agencement, et en laissant de côté la question de retour des fumées qui sera discutée ensuite : 1° Ce four réalise un groupement excellent de tous les organes, chambres, gazogènes, four, et diminue ainsi le refroidissement; 2° Il permet, et par un dispositif très simple, d’insuffler sous la grille, en môme temps que les produits brûlés, soit de l’air chaud, soit de l’air froid, soit de la vapeur d’eau. Il en résulte qu’avec une seule paire de chambres de récupération on peut chauffer la totalité de l’air de combustion, celui qu’on envoie au four (air secondaire) aussi bien que celui qu’on envoie aux gazogènes (air primaire). Pratiquement on est limité par la conservation de la grille qui oblige à maintenir
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- dans le cendrier une température inférieure à 450° ; mais, même avec cette restriction que la pratique des fours arrivera à atténuer, il n’en reste pas moins vrai que le dispositif des chambres par rapport aux gazogènes est très ingénieux et qu’il résume tous les perfectionnements apportés aux gazogènes jusqu’ici. M. Emilio Damour complète ces remarques en faisant observer que les deux avantages ci-dessus signalés, qui sont, il faut le dire, tout à fait indépendants de la régénération des produits brûlés, ont comme effet d’annuler les deux premières causes de perte de chaleur signalées dans le four Siemens ancien, car le refroidissement entre les gazogènes et le four est supprimé, et d’ailleurs la combustion est complète, sans production d’escarbilles.
- Il aurait voulu poursuivre ici la comparaison, en établissant expérimentalement la perte de chaleur par les fumées; mais l’allure absolument irrégulière d’un four à réchauffer l’a empêché de faire cette étude. 11 est donc obligé de recourir à des considérations d’un ordre plus théorique pour apprécier les avantages ou inconvénients du nouveau système au point de vue delà chaleur emportée par les fumées, c’est-à-dire de la récupération.
- Après avoir énoncé les lois essentielles qui président à la combustion et à la récupération de la chaleur dans les fours à gaz, il étudie ensemble le rôle spécial de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau dans les fours au point de vue de la gazéification et de la récupération, montrant les rapports qu’il y a entre ces deux gaz et délimitant le rôle qu’il convient de leur assigner. Il conclut en prouvant l’inefficacité absolue de l’acide carbonique et aussi de la vapeur d’eau dans un four réalisant le chauffage total de l’air, primaire et secondaire, et ne possédant pas une chambre de régénération pour le gaz. Un tel fonctionnement de four n’a pas encore été réalisé, ainsi qu’il a été dit ; c’est cependant l’hypothèse dans laquelle se sont placés MM. Siemens dans la description de leur nouveau four: leur découverte est donc sans valeur.
- M. Emilio Damour conclut en affirmant de nouveau que,si la découverte de la régénération du carbone est sans intérêt, le dispositif créé pour réaliser cette idée est un four très ingénieux, qui, bien construit et bien conduit, pourra donner des résultats très satisfaisants et constitue un réel progrès dans l’art du chauffage industriel.
- M. le Président remercie M. Emilio Damour de son intéressante communication, qui sera renvoyée au Comité des Arts chimiques.
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- BIBLIOGRAPHIE
- JOURNAUX ET REVUES
- Bulletin de la Société française de photographie. — 15 avril 1892, n° 8. — Photo-fumivore, par Brichaut. — Nouveaux composés de l’or, par Mercier.
- 1er mai, no 9. — Sur le papier simili-platine du professeur Boivin, par A. Pavard.
- 1er juin, n° 11. — Photographie des couleurs, nouveaux résultats obtenus par M. G. Lippmann ; résumé de la conférence de M. Berger.
- 15 juin, n° 12. — Pied-canne en aluminium de M. Gadot, par Mareschal. — Monture d’objectif en aluminium, par Lemaire. — Obturateur de M. Monti, l’isochrone, par le général Sebert. — Agrandissements avec le papier au bromure d’argent, par Pack.
- Journal d’agriculture pratique. — 12 mai 1892, n° 19. — L’agriculture et la viticulture dans l’Australie du Sud, par A. de Céris.
- 19 mai, n° 20. — Le dégraissement des porcs, par le Dr Hector George. — Les stations de météorologie agricole, par H. et F. Marié-Davy.
- 25 mai, n° 21. — Installation de la culture intensive, par E. Lecouteux. — Le roulage des terres sèches, par Léon Dumas. — Le champ d’expériences de la station agronomique de l’Est, par L. Grandeau.
- 9 juin, n° 23. — Remèdes à l’insuffisance des fourrages, par E. Lecouteux.
- 16 juin, n° 24. — La sécheresse et les fourrages, par Vilmorin-Andrieux. — Pulvérisateurs à grand travail, par A. Dubois. — Laits condensés conservés et stérilisés, par E. Rigaux.
- 23 juin, n° 25. — L’agriculture à grands rendements, par E. Lecouteux. — Les petites distilleries agricoles, par le comte d’Armancourt.
- 30 juin, n° 26. — La situation agricole en Russie, par Gigueaux. — La lutte contre le phylloxéra, par le Dr Menudier.
- 7 juillet, n* 27. — Frais de culture en pays riches, par E. Lecouteux.
- Journal de l’Agriculture. — 21 mai 1892, n° 1318. — L’acidité et le sulfate de potasse dans les vins, par H. S. — Lait cru et lait bouilli, par Bieler»
- 25 mai, n° 1319. — Plantes ornementales. — Les bambous, par de Pradel.
- 28 mai, n° 1320. — Sur les levures de vins cultivés, par Bietsch.
- 1er juin, n° 1321. — Sur l’exercice du droit de chasse, par Marc de Haut. — Ceci-domyie du blé et mouche de Hesse, psirGaudot. — Application des composés cuivriques au traitement de la maladie de la pomme de terre en 1891.
- 8 juin, n° 1323. — L’association agricole de prêts Raiffeisen, à Eguisheim, par Ben-delé. —Nouveau système de faneuse, par de Sardriac.
- Il juin, n° 1324. — Sur les levures de vins cultivés, par Jàcquemin.
- 15 juin, n° 1325. — Instructions au sujet des enquêtes à poursuivre sur l’origine des cas de maladie contagieuse constatés.
- 18 juin, n° 1326. — Pisciculture; la sardine, par Chabot-Karlen. — La sécheresse et les fourrages, par Vilmorin-Andrieux.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- Wjtiin, n° 1327. — Apparition du Black-rot, par de Dubor. — Question de droit rural, par Euçf. Pouillet.
- 25 juin, n° 1328. —Entretien et amélioration des prairies naturelles, par Florent Chassard. — Culture des groseilliers épineux.
- 29 juin, n° 1329. — L'entérite diarrhéique des veaux, par Delantc.
- 2 juillet, n° 1330. — L’ajonc pour l’alimentation du bétail, par de Sardriac. — Sur la traite des vaches, par Jean Kiener.
- 6 juillet, n° 1331. — Boisement des terrains improductifs, par J.-D. Brice.
- OUVRAGES REÇUS
- COURS DE MACHINES, PAR M. IIATON DE LA GOUPILLIÈRE, MEMBRE DE L’iNSTITUT, INSPECTEUR
- GÉNÉRAL DES MINES, DIRECTEUR DE L’ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DES MINES, MEMBRE DE
- LA COMMISSION CENTRALE DES MACHINES A VAPEUR ET DU COMITÉ DE L’EXPLOITATION TECHNIQUE
- DES CHEMINS DE FER.
- (Veuve Ch. Dunod, 49, quai des Grands-Augustins.)
- M. Haton de la Goupillière vient d’offrir à la bibliothèque de la Société d’Encoura-gement le dernier fascicule de son Cours de machines, professé à l’Ecole des mines de Paris, dont il poursuivait la publication depuis 1886.
- Ce cours, qui comprend l’étude des moteurs hydrauliques éoliens et thermiques, constitue, avec ses deux volumes de près do mille pages chacun, un ouvrage d’une extrême importance, dont le cadre forcément restreint du Bulletin nous interdit l’analyse complète; nous nous bornerons à présenter le compte rendu de son dernier fascicule, consacré presque tout entier à l’importante question des Chaudières à vapeur.
- Le premier chapitre de ce fascicule traite de la combustion, de l’utilisation des llammes, de la vaporisation et de la conduite du feu. Après avoir signale' comme il le mérite l’usage absurde, où l’on persiste encore, de caractériser les chaudières, non par leur vaporisation normale, mais par le nombre des chevaux, d’ailleurs arbitraire, auquel elles sont censées correspondre, et fait remarquer combien peu la chaleur totale de la vapeur augmente avec la température et la pression, l’auteur en conclut que la véritable caractéristique d’une chaudière, au point de vue de sa puissance de vaporisation est, en pratiquera surface de chauffe. On entend ici, par surface de chauffe celle qui, baignée d’eau d’un côté, est, de l’autre côté, directement exposée soit à la flamme et au rayonnement du foyer, soit au contact des gaz chauds, surface totale qui pourra vaporiser en moyenne, suivant la nature de la chaudière et de son service, et suivant la balance que l’on établit entre la dépense de combustible et le prix d’établissement, de 10 à 20 kilogrammes d’eau par heure.
- Ce qui rend difficile l’application a priori, d’un coefficient de vaporisation de ce
- (I) 2 volumes, 1886-1892. Dunod, Paris.
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- genre, c’est qu’il dépend à la fois de la nature du combustible, de l’allure du foyer, et aussi de l’utilisation do la chaleur des flammes par la surface de chauffe totale. On sait, en effet, que la puissance spécifique de vaporisation des surfaces de chauffe varie considérablement suivant une foule de circonstances, et notamment suivant qu’elles sont directes, c’est-à-dire qu’elles voient le feu, ou indirectes, c’est-à-dire soumises, comme les tubes, au contact seul des gaz chauds déjà refroidis par les surfaces directes. Le développement proportionnel de la surface de chauffe directe augmente la puissance de la chaudière, et celui de la surface indirecte son économie; mais, comme le fait remarquer l’auteur, en s’influençant mutuellement dans une certaine mesure, parce que les gaz sortis plus chauds d’un court foyer sont plus énergiques dans les tubes, et réciproquement, de sorte que le rapport des deux surfaces de chauffe peut, dans certains cas, varier notablement sans influencer beaucoup le rendement final de la chaudière.
- Ce rendement : vaporisation par calorie dépensée au foyer, dépend, en somme, presque totalement de la température du gaz à l’entrée de la cheminée, température que la nécessité d’un tirage suffisamment actif limite aux environs de 300 degrés, et que l’on gagnerait d’ailleurs peu à abaisser par l’emploi de surfaces de chauffe démesurées. En fait, dans la pratique, toutes les chaudières bien étudiées, propres, pourvues d’une circulation d’eau suffisante et d'un dégagement de vapeur assuré ont à peu près, malgré les différences extrêmes de leurs types si variés, le même coefficient d’utilisation thermique oscillant entre 55 et 65 p. 100 de la puissance calorifique du foyer, c’est-à-dire, qu’elles rendent en eau vaporisée environ 60 p. 100 de la chaleur développée par la combustion au foyer. La principale raison d’être de cette grande variété dans les types de chaudière n’est donc pas, réellement, d’en augmenter le rendement, mais bien plus de les adapter à telle ou telle condition de service ou d’encombrement absolument dominantes, comme c'est, par exemple, le cas des chaudières marines et locomotives, et qui font même parfois rejeter au second plan les considérations d’économie.
- On attribue fréquemment une grande influence sur le rendement et la puissance des chaudières à la conductibilité proprement dite, métallique ou interne, de leurs tôles. Or, la résistance que le corps même de la tôle oppose à la transmission de la chaleur est à peu près négligeable par rapport à celles que lui opposent les deux surfaces de la tôle en contact l’une avec l’eau et l’autre avec les gaz du foyer, cette dernière surtout, de sorte, qu’au point de vue de la conductibilité de la chaleur, l’épaisseur de la tôle et la nature de son métal n’interviennent guère en pratique : ce qui importe avant tout, c’est d’assurer la propreté la plus absolue possible des deux faces de la tôle débarrassées des suies et des entartrements. L’auteur présente à ce sujet quelques observations très intéressantes.
- Le second chapitre est consacré à la construction du corps cylindrique : matériaux^ rivure, etc. En ce qui concerne la matière à employer pour le corps cylindrique, l’auteur, d’accord avec la pratique actuelle, donne la préférence à l’acier doux, parfaitement homogène, ne devant pas dépasser une résistance à la rupture de 40 à 50 kilogrammes par millimètre carré, avec un allongement d’environ 25 p. 100 sur 200 millimètres, restant doux après la trempe, d’une composition chimique et d’une uniformité telles qu’il constitue pratiquement du fer fondu presque pur, débarrassé de toute crique, scorie, paille, etc. Il n’est pas étonnant qu’une pareille matière, sûrement
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- réalisable aujourd’hui, donne, si on ne la détériore pas au forgeage, ce qui est facile avec les outillages modernes, des résultats supérieurs à ceux des meilleurs fers.
- Pour les rivets, au contraire, le meilleur métal est le fer à grain fin. La rivure doit avoir ses trous entièrement percés, autant que possible sur viroles assemblées d’avance afin d’assurer une concordance mathématiques de leurs trous, ou forés à la broche après le poinçonnage, qu’il ne faut jamais employer seul et sans recuit. Quant aux viroles, elles doivent être uniformément décroissantes à partir du foyer ou télescopiques, de manière à faciliter le nettoyage des purges, en évitant l’accumulation des dépôts entre deux redans de rivures. Enfin, il faut prendre le plus grand soin à ne pas contrarier par des armatures trop rigides les dilatations particulières et naturellement différentes des diverses parties de la chaudière; ne pas craindre, par exemple, de laisser aux fonds emboutis du corps cylindrique un surcroît de flexibilité. Les effets des dilatations contraires sont irrésistibles, et ne tardent pas à ruiner les meilleures tôles. L’auteur insiste avec raison sur ce point souvent négligé, et termine ce chapitre par l’établissement de quelques formules simples et pratiques pour le calcul de$ rivures et de l’épaisseur des tôles.
- La description des différents types de chaudières commence au chapitre III par celui des chaudières à corps cylindriques : à foyer extérieur avec ou sans bouilleurs et à foyer intérieur avec ou sans tubes, tubulaires ou semi-tubulaires, suivant la plus ou moins grande prédominance des tubes. On trouve dans ce chapitre, à côté de la discussion générale de ces types fondamentaux, la description détaillée d’un grand nombre d’exemples choisis parmi les plus heureux de la pratique actuelle : foyers ondulés Fox et Pw'ves, foyers à circulation de Galloway et Gamgee, chaudières à foyers amovibles de Thomas-Laurens et Weyer-Richemont. Le chapitre se termine par quelques considérations générales sur les tubes, leur pose et les différents systèmes récemment proposés pour en augmenter la vaporisation {Serve, Guebbard) ou pour en faciliter le remplacement.
- Le quatrième Chapitre est consacré tout entier à la classe si intéressante des chaudières tabulées ou à tubes d’eau, dans lesquelles les tubes, fonctionnant comme des petits bouilleurs, sont remplis d’eau en ébullition très active au lieu d’être parcourus par les gaz du foyer et enveloppés d’eau. L’auteur divise ces chaudières en trois groupes : à circulation, genre Field\ multitubulaires ou à petits éléments; et à serpentins : types Du Temple, Serpollet, etc.
- Cette classification, conforme aux habitudes de la pratique, n’a, l’auteur nous en avertit lui-même, rien d’absolu; c’est ainsi que certains types que l’on fait tout naturellement rentrer dans la classe des chaudières tubulées à petits éléments devraient, à la rigueur, en sortir, comme le type Roser, par exemple, dont les tubes d’eau sont traversés par les gaz du foyer. 11 n’en est pas moins logique de classer la chaudière Roser parmi les types multitubulés, puisque sa caractéristique dominante est bien sa division en une série de tubes vaporisateurs remplis d’eau, et que l’addition d’un tube de retour de flamme intérieur à ces tubes d’eau n’amène qu’un développement de leur surface de chauffe, sans rien changer au principe fondamental du type. On sait quel développement ont pris les applications de ces chaudières'multitubulées, que leur sécurité impose presque pour l’installation des grandes forces motrices au milieu des locaux habités, fréquente aujourd’hui depuis l’extension et la multiplication si rapide des stations
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- électriques et des installations de chauffage et de distribution de force par la vapeur.
- Il existe à New-York des installations de ce genre de plus de 16000 chevaux d’un seul bloc : aussi, est-ce avec raison que l’auteur s’est tout particulièrement étendu sur ce genre de chaudières, dont il décrit avec soin les principaux types : Belleville, Babcox, Wilcox, de Nayer, Collet, Roser, Root, Bourgeois et Lencauchez, Terme et Deharbe, Thorneycroft... Le chapitre se termine parla description de quelques chaudières à vaporisation instantanée et par l’exposé des principes essentiels de l’installation des batteries de générateurs.
- Le cinquième chapitre s’occupe des chaudières à combustibles spéciaux : gaz de gazogènes, pétrole, combustibles pauvres, et des chaudières sans feu : à soude (Honin-gman), à eau surchauffée et à huile. Parmi les chaudières à gaz, il faut citer les chaudières verticales dites métallurgiques chauffées par les gaz perdus des forges, dangereuses sous tous les rapports, et qui devraient disparaître : quant aux chaudières à gazogènes : Siemens, Muller et Fichet, Lencauchez, elles ne sont évidemment avantageuses que pour de grands services en marche ininterrompue. Les chaudières à pétrole ne se sont guère répandues en dehors des pays de production : Russie, États-Unis, où elles fonctionnent avec succès principalement à bord des locomotives et des bateaux. Il suffit de rappeler les types principaux de Brandt, d’Urquhart et de d’Allest, qui ont pour point de départ les beaux travaux de Sainte-Claire Deville. Parmi les foyers à combustibles spéciaux autres que les gazogènes, l’auteur attire tout particulièrement l’attention sur les grilles Perret, à dalles et à cônes étagés pour les combustibles pulvérulents.
- Nous abordons au sixième chapitre l’étude des détails de construction des générateurs, en débutant par le foyer, ses registres automatiques, sa grille, les fumivores et le tirage à vent forcé, qui permet d’atteindre jusqu’à des consommations de 650 kilos de charbon par mètre carré de grille et par heure. Gomme le fait très justement remarquer l’auteur, l’objet principal de la fumivorité n’est pas une économie de combustible, mais d’éviter les inconvénients du voisinage de la fumée, et le meilleur des fumivores est, encore aujourd’hui, un bon chauffeur. Quant au tirage à vent forcé, il s’impose aussi moins par raison d’économie de charbon que par nécessité d’activer la chaudière, comme sur les navires, ou en raison de l’impossibilité d’une cheminée, comme sur les locomotives. Son emploi n’est cependant pas nécessairement accompagné d’une perte, on en a même constaté parfois l’économie, parce qu’il permet, en principe, de dépouiller les gaz chauds d’une partie de l’excédent de température nécessaire au tirage naturel, excédent qu’il suffit d’employer en partie seulement pour produire la vapeur nécessaire à l’actionnement des ventilateurs. On sait avec quelle rapidité le tirage à vent forcé se répand aujourd’hui dans la marine (Howden), et aussi à quelles épreuves il soumet parfois les tôles et les tubes des chaudières. Le chapitre se termine par l’étude des prises, détendeurs et sécheurs de vapeur et des réchauffeurs d’alimentation : Farcot, Green, Babtock, Lencauchez, etc.
- Le septième chapitre est consacré tout entier à l’importante question de l’alimentation. L’auteur divise les appareils d'alimentation en quatre grandes classes, suivant qu’ils ont pour principe d’action, soit un agent mécanique statique ou dynamique, soit un agent thermique, également statique ou dynamique. Dans la première catégorie, il range les appareils à pression hydrostatique, tels que la curieuse boucle de vapeur Tome VII. — 91e année. 4e sérifi. Août 1892.
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- ou steam loop. La seconde catégorie est celle des pompes alimentaires ; la troisième celle des bouteilles alimentaires, et la quatrième, la plus intéressante, comprend les injec-teurs, dont l’auteur présente une théorie fort simple. Ces appareils sont parfois complétés par l’adjonction de régulateurs d’alimentation fort ingénieux, mais assez délicats en général : l’auteur en décrit les plus appréciés parla pratique : Belleville, Fromentin, Cleuet, sans pourtant les recommander comme d’une sécurité absolue dispensant le chauffeur de sa surveillance habituelle.
- La question des dépôts et des incrustations a été, on le sait, obscurcie comme à plaisir, et l’on voit encore aujourd’hui une foule d’inventeurs présenter, pour en débarrasser les chaudières, les panacées les plus universelles et les plus contradictoires. Il n’y aura jamais d’autre remède universel aux corrosions que l’emploi d’eaux purifiées au préalable; c’est d’ailleurs le moyen auquel se sont ralliés presque tous les grands consommateurs de vapeur, les chemins de fer en particulier, et c’est avec raison que l’auteur décrit en détail les principaux procédés d’épuration actuellement employés. Il insiste aussi à très juste titre sur les dangers, encore ignorés de beaucoup de praticiens, que présente l’introduction des corps gras dans les chaudières, dangers très redoutables, si clairement mis en évidence par les expériences désormais classiques de M. Hirsh. A côté de ces renseignements généraux et de leur discussion, l’auteur publie un document d’un intérêt exceptionnel : le tableau de quarante analyses de tartres et dépôts de chaudières, exécutées à l’Ecole des mines par MM. Carnot et Rioult.
- Le chapitre se termine par quelques considérations générales sur l’entretien des chaudières : nettoyages, réparations, visites indispensables pour en assurer la sécurité.
- Le huitième chapitre, consacré à Yétude des explosions, est l’un des plus intéressants de l’ouvrage. Après avoir indiqué par un calcul très élégant avec quelle rapidité le volume d’eau des chaudières augmente leur puissance explosible, l’auteur passe en revue les principales causes des explosions; défaut d’établissement, d’entretien et de fonctionnement. En tête des deux premières il faut ranger en premier lieu les défauts originaires et les altérations de la tôle: soufflures, corrosions, sillons, dont on ne peut pas toujours se préserver entièrement, mais dont on peut éviter les conséquences fatales, et considérablement atténuer les effets par de fréquentes visites, un emploi rationnel de quelques désincruslants signalés par l’auteur, et par une conduite intelligente du feu. La cause principale des explosions les plus désastreuses est toujours le manque de surveillance du niveau de l’eau, ayant pour conséquence soit une explosion immédiate par coup de feu, soit une altération profonde et dangereuse des tôles. Quant aux effets que pourrait produire la formation d'un état sphéroïdal déjà difficile à réaliser dans un laboratoire ou la surchauffe de l’eau, on peut, sans hésitation aujourd’hui, les considérer comme absolument improbables. L’importance, évidente d’ailleurs, d’un entretien vigilant et d’une surveillance régulière sur la sécurité des chaudières est mise en évidence par ce fait frappant, signalé par l’auteur : l’innocuité presque absolue des chaudières locomotives, pourtant plus compliquées et plus actives que la plupart des appareils de l’industrie.
- Après un chapitre consacré à l’exposé des règlements de l’administration française
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- pour Tépreuve, l’établissement et la surveillance des chaudières et aux résultats obtenus parles associations de propriétaires machines à vapeur, que l’on ne saurait trop encourager, l’auteur passe à l’étude des appareils de sûreté.
- En tête du chapitre consacré à ces appareils, figurent les clapets de retenue, d’alimentation et d’isolement de vapeur :les premiers ont pour objet d’isoler automatiquement la chaudière d’un tuyau d’alimentation brisé, en évitant qu’elle dégage par là toute son eau; l’objet des clapets d’isolement ou de retenue de vapeur est d’isoler, en cas d’explosion d’une chaudière en batterie, toutes les autres chaudières de la conduite générale de vapeur, et d’éviter ainsi la transformation d’un accident déjà grave en un véritable désastre. Cet isolement a été réglementé parle décret du 29 juin 1886, et son obligation a donné naissance à un grand nombre de dispositifs fort ingénieux : l’auteur décrit en particulier ceux de MM. Hirsh, Belleville, Labeyrie, Vaullier, Pile. Vienne ensuite les manomètres, les indicateurs de niveau et enfin les soupapes et leur théorie. On remarque, en lisant la partie de ce chapitre consacrée aux soupapes, l’importance du développement que prennent chaque jour les soupapes à réaction; Adams, Dulac, etc., dont le fonctionnement est beaucoup plus régulier et plus actif que celui des soupapes coniques ordinaires.
- L’ouvrage se termine par deux chapitres importants consacrés l’un à l’indicateur et à l’analyse du diagramme et l’autre aux condenseurs, dont l’auteur donne une théorie simple et très élégante.
- Ce compterendu, forcément écourté, d’une partie seulement de l’important ouvrage de M. Haton de la Goupillière donnera peut-être quelque idée de l’intérêt qu’il présente par l’abondance des sujets qui y sont traités avec une compétence absolue; mais ce qu’il ne saurait rendre, c’est la méthode rigoureuse et l’admirable clarté, l’art professoral avec lesquels les questions les plus complexes et les plus abstraites sont rendues nettes, faciles, presque visibles à l’intelligence du lecteur. Tout ceux qui ont eu la bonne fortune de suivre les leçons de M. Haton de la Goupillière savent combien ces qualités si rares caractérisent au plus haut point son enseignement; on les retrouve se manifestant sans cesse et sans faiblir un instant pendant les 2000 pages de ce grand travail, qui doit être considéré, à tous égards, comme un modèle de haut enseignement technique.
- A côté de ces qualités maîtresses de l’ouvrage de M. Haton de la Goupillière, il faut encore en signaler une particularité des plus remarquables : presque à chaque page, suivant pas à pas le développement du sujet, documentant chaque affirmation, se trouvent, en notes, des indications de sources, des références bibliographiques sûres, empruntées à toutes des littératures, française, allemande, anglaise, italienne, d’une abondance extraordinaire, et qui donnent bien l’impression du labeur véritablement colossal, aride, minutieux auquel l’auteur s’est livré pour écrire cet ouvrage d’une lecture si facile. Pour le chercheur, pour celui qui veut approfondir les sujets dont on ne peut ici qu’exposer les principes, rien ne saurait être plus utile que cette bibliographie magistrale, et l’on ne saurait trop féliciter l’auteur de la libéralité avec laquelle il a mis à la disposition de tous les richesses en apparence inépuisables de son érudition.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- AOUT 1892.
- VADE-MECUM DU FABRICANT DE PRODUITS CHIMIQUES, PAR M. G. LUNGE, PROFESSEUR DE CHIMIE INDUSTRIELLE A L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE FÉDÉRALE DE ZURICH.
- (Traduit sur la deuxième édition, par MM. V. Hassreidter et Prost.— Paris, libraire polytechnique
- de Baudry, rue des Saints-Pères.)
- M. Lunge, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, dont le nom fait autorité dans l’industrie des produits chimiques, a publié, en langue allemande, au cours de l’année 1883, un livre particulièrement utile et intéressant. Une deuxième édition de ce livre vient de paraître qui, traduite en français par MM. Y. Hassreidter et Prost de Liège, est présentée par MM. Baudry et Cie au public industriel sous le nom de Vade-mecum du fabricant de produits chimiques.
- On sait combien sont nombreux et variés les procédés dont l’analyste fait usage pour suivre, dans l’usine de produits chimiques, la marche de la fabrication, et pour apprécier les qualités des produits auxquels cette fabrication aboutit; on sait aussi que, parmi ces procédés, beaucoup sont défectueux, et qu’adoptés souvent faute de critique suffisante, ils conduisent à des résultats inexacts. De là des difficultés non seulement au point de vue du travail de l’usine, mais aussi au point de vue des relations entre acheteurs et vendeurs.
- Pour éviter ces difficultés, M. Lunge a entrepris l’étude critique et comparée des divers procédés d’analyse proposés jusqu’ici au fabricant de produits chimiques, de façon à pouvoir, parmi ceux-ci, faire un choix judicieux, et recommander, en fin de compte, un procédé unique et sûr au chimiste et au manufacturier.
- C’est le fruit de cette longue et patiente étude qu’apporte M. Lunge avec la deuxième édition de son Vade-mecum.
- Dans ce livre, il aborde successivement toutes les branches de la fabrication des gros produits chimiques : acide sulfurique, sulfate de soude et acide chlorhydrique, chlorure de chaux, soude, acide nitrique, potasse et ammoniaque.
- Chacune de ces industries est considérée successivement au point de vue des matières premières, des produits en cours de fabrication, des marchandises fabriquées enfin; et, pour chacune de ces matières, de ces produits, de ces marchandises, l’auteur indique un procédé, un seul, qui, sûr et précis, permet d’en fixer, sans hésitation, la composition et la valeur.
- Des tableaux très développés fournissent au chimiste toutes les données nécessaires sur les poids atomiques, les équivalents, les formules, les densités, les poids pécifiques, etc., des corps mis en œuvre, et le volume enfin se termine par un exposé général de la marche à suivre pour la préparation des liqueurs titrées et pour l’échantillonnage des produits.
- Le Vade-mecum de M. Lunge, en résumé, est un ouvrage d’une grande importance, auquel la compétence reconnue de son auteur donne un prix particulier, dans lequel les méthodes à suivre sont exposées avec une grande clarté, et que consulteront avec fruit toutes les personnes qui, soit au point de vue manufacturier, soit au point de vue commercial, s’intéressent à la grande industrie des produits chimiques.
- Le Gérant : J.-II. Ginestou.
- Paris. — Typographie Chame-rot et Renouard, 19, rue (les Rain(s-Pt‘res. — 201KÎ.
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- Légende.
- Acier an creuset, dur, brut «le cou»*»-: î>At< «le carbone. Acier fondu à Tn k»’ de résistance par «mi carré, a • >, Acier à outils de liolder frères, à Vienne: b extra dur: l îrè.-> dur. spécial; A extra moyenne dureté: d tenace. iFip'. 1 à d ynrùdessr naturelle,:
- Acier pour ciseaux avec lignes de cassure: u fois «rrossi, AvU'V pour ciseaux brûlé, refroidissement lent: 0 fois
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- Fig-, i à 11. Figures observées sur les facette? cristalline* de l'acier à outils et de l’acier à rails.
- Fig', 15 et i*l. Figures analogues sur acier Ressemer brut de
- Fig. 17 et 2-1. Formation des plissements et leur ramification:
- Fig. is. 3 V*. 2A 82 et 85. Apparence des cassures dans les essais
- Fig. 21 et 22. Fer fondu brut de coûtée; facettes cristallines, Fig*. 20 et 28. Acier Ressemer brûlé.
- Fig. 25 et 2*1. Eelisses en acier.
- Fig. 27. Eprouvette d’essai, acier Ressemer.
- Fig. 20 et. 80. Acier Ressemer martelé à froid et cassé.
- Fig. Ul, 34 et 85. Verre à glaces, cassure eonchoïdak*.
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- Î>1« ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- SEPTEMBRE 1892.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport fait par M. L. Prunier, au nom du Comité des arts économiques, sur le nettoyeur mécanique de M. 0. André, pour les bougies Chamberland.
- Tout le monde connaît aujourd’hui le filtre de porcelaine qui porte le nom de bougie Chamberland et qui sert journellement à la filtration de l’eau potable. Malheureusement, dans la pratique, la bougie Chamberland se recouvre assez vite de dépôts, variables évidemment avec la composition de l’eau qu’il s’agit de stériliser, mais qui, dans tous les cas, ralentissent le débit et finissent par le réduire à très peu de chose.
- Il devient alors nécessaire de procéder à des nettoyages réitérés, parfois même il faut recourir à la calcination pour rendre à l’appareil ses propriétés primitives.
- Ces opérations, qui entraînent le démontage des bougies, sont gênantes et dispendieuses, mais surtout elles exposent à la rupture ou simplement à la fêlure des bougies ; ce dernier accident étant peut-être plus redoutable que la cassure pure et simple, dont, au moins, on est immédiatement averti. De là, la nécessité de surveiller minutieusement les moindres détails.
- Ces difficultés, d’importance majeure dans les applications, sont aujour-d hui bien près d’être écartées grâce à un ingénieux système de nettoyage automatique des bougies Chamberland inventé par M. 0. André, qui vous a présenté son appareil (fig. 1).
- L’eau à filtrer arrive dans un réservoir cylindrique de métal résistant dont les dimensions varient suivant le nombre des bougies de porcelaine Tome VII. — 91° année. 4e série. — Septembre 1892.
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- ARTS ÉCONOMIQUES. --- SEPTEMBRE 1892.
- qu’on y place et le débit qu’on se propose d’obtenir. De là différents modèles. Ces bougies B sont disposées verticalement en séries circulaires concentriques, séparées par des intervalles calculés de manière à se prêter à un nettoyage automatique et simultané.
- Entre les bougies circule une sorte de peigne métallique T, constitué par un assemblage de tigescreuses, etmanœu-vré à l’extérieur par une manivelle M qui lui communique un double mouvement alternatif vertical et circulaire.
- Chacun des tubes verticaux du nettoyeur, mobile entre les cercles de bougies, est fermé à l’extrémité inférieure et percé latéralement de trous par lesquels sortent,au moment du nettoyage seulement, des jets d’eau cinglants J. Toutefois, ce lavage ne suffirait pas etles tubes en question sont munis de frot-teurs élastiques en caoutchouc, se termi-
- Fig. 1. — Nettoyeur O. André pour les bougies Chamberland.
- nant en /', de manière à pouvoir atteindre dans leur mouvement hélicoïdal alternatif toute la surface extérieure de chacune des bougies.
- Quelques tours de manivelle donnés dans les deux sens suffisent pour que le nettoyeur ait passé partout. Mais les dépôts formés, dont l’abondance est évidemment proportionnée à l’impureté plus ou moins grande de l’eau amenée par la conduite, sont de nature variable, souvent ils sont glaiseux,
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- comme visqueux. Un frottement très énergique deviendrait nécessaire pour les enlever en totalité, mais en même temps il pourrait provoquer l’usure rapide des appareils.
- Pour échapper à cet inconvénient, M. André a eu l’heureuse idée d’introduire dans son appareil des substances insolubles, mais capables, en se mélangeant aux dépôts que la pression tend à former sur les bougies, de constituer un enduit qui reste perméable et qui a surtout le grand avantage de permettre en quelques instants un nettoyage complet.
- Il suffit donc, au moment de mettre en marche, d’introduire par l’orifice R une petite quantité (15 à 20 grammes) de cette poudre dite d'entretien et qui est formée de silice pure additionnée ou non de charbon végétal. L’enduit complexe qui se dépose à l’extérieur des bougies est beaucoup plus facile à enlever au moment du nettoyage.
- On arrive ainsi à restituer aux bougies sensiblement le même débit qu’à l’état neuf, et sans qu’il soit besoin d’autre chose que quelques tours de manivelle.
- D’autre part, le montage des bougies assemblées circulairement au moyen de tubes en caoutchouc sur des ajutages de bronze débouchant dans un collecteur G où se rassemble l’eau filtrée, permet une surveillance rapide et efficace du fonctionnement de l’appareil en marche.
- Le collecteur, en effet, peut être en verre et transparent (et alors la surveillance est plus facile encore), ou bien en métal et rapidement démontable par un simple écrou. C’est le cas le plus ordinaire.
- De toute façon, on peut, à volonté, s’assurer de la manière dont chaque bougie fonctionne en examinant, pendant la marche, le débit de chaque ajutage de bronze.
- VALEUR MOYENNE DU DÉBIT EN 24 HEURES.
- Eau de Seine prise en amont de Paris.
- PRESSION TYPES DES APPAREILS.
- d’eau. 50 BOUGIES. 25 BOUGIES. 12 BOUGIES. 6 BOUGIES. 3 BOUGIES.
- litres- litres. litres. litres- lilres.
- 5 300 150 70 35 17
- 10 000 300 140 70 35
- do 900 450 210 105 52
- 20 1,200 600 280 140 68
- 25 O O iO 750 350 175 85
- 30 1,800 900 420 210 102
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- Les chances de bris ou de fêlure des bougies sont diminuées dans une très large proportion, puisqu’il est inutile de les démonter; mais si, par accident, l’une d’entre elles venait à se fêler, on en serait averti par l’augmentation du débit de l’ajutage en bronze qui lui correspond, et comme cet
- ajutage est muni d’un pas de vis intérieur, on peut, séance tenante, obturer cet ajutage au moyen d’un bouchon à vis et annuler ainsi la bougie défectueuse sans avoir besoin de toucher au reste, ni d’interrompre la filtration.
- Bien entendu, le débit augmente pour un même nombre de bougies, avec la pression de l’eau, avec le nombre de nettoyages, et en raison inverse de la quantité d’impuretés en suspension dans l’eau. En admettant un seul nettoyage par jour, le tableau ci-dessus fournit la valeur moyenne du débit en 24 heures pour les cinq principaux modèles d’appareils établis par M. André, et pour les pressions d’eau comprises entre 5 et 30 mètres.
- On voit immédiatement que le débit croît proportionnellement à la pression. Ce débit, d’ailleurs, peut être augmenté à volonté en quelque sorte, de manière à faire face à toutes les exigences de la consommation. C’est ainsi, par exemple, que tout dernièrement un appareil donnant couramment
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- 10000 litres d’eau par jour a été installé par M. André au Grand-IIôtel.
- Lors donc que la pression dont on dispose est faible, ou très variable, on trouvera avantage à adjoindre à l’appareil (fig. 2) une pompe capable d’amener rapidement et de maintenir la pression au voisinage de 25 mètres.
- Quand on se trouve dans ces conditions, M. André adapte à ses appareils une pompe à double effet P, très robuste, qui dispense de l’installation d’un réservoir spécial. Une sorte de soupape de sûreté R, (fig. 1) peut s’ouvrir, de manière à empêcher la pression de dépasser une certaine limite, et l’on peut obtenir en quelques instants une filtration relativement abondante.
- En résumé, votre Comité des arts économiques estime que le système de nettoyage de M. André constitue un perfectionnement sérieux apporté à la filtration de l’eau potable au moyen des bougies Ghamberland ou des filtres analogues.
- En conséquence, il vous propose de remercier l’inventeur de son intéressante communication, et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec les figures destinées à montrer le fonctionnement de l’appareil.
- Signé : L. Prunier, rapporteur.
- Approuvé en séance le 22 avril 1892.
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Brüll, au nom du Comité des arts mécaniques, sur F embrayage élastique de M. A. Brancher, ingénieur-constructeur, 6, rue de la Chaussée-d’ Antin, à Paris.
- On a imaginé depuis longtemps déjà d’utiliser la friction pour transmettre le mouvement de rotation d’un arbre à un autre arbre qui lui fait suite. On peut ainsi embrayer ou débrayer pendant leur marche des machines ou appareils en leur donnant ou leur retirant d’une façon graduelle leur vitesse normale; et l’on évite les chocs que produisent forcément les dispositifs à entraînement absolu, tels que les embrayages à griffes, avec les dislocations et les ruptures qui sont quelquefois la conséquence de ces chocs. Plusieurs systèmes d’embrayage basés sur le principe de la friction ont été successivement présentés à la Société et ont fait l’objet de rapports insérés au Bulletin.
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- L’embrayage le plus connu est celui dans lequel l’entraînement est obtenu par le frottement d’un tronc de cône entrant dans un évidement de même forme. Une application de ce genre a fait en 1859 l’objet d’un remarquable rapport de notre regretté collègue Henri Tresca.
- Depuis cette époque, bien des combinaisons ont été imaginées pour graduer à volonté l’entraînement à friction. Nous nous bornerons à mentionner un seul système qui est bien connu et dont plusieurs milliers d’exemplaires fonctionnent avec succès dans les conditions les plus diverses : c’est l’embrayage inventé par M. L. Mégy, membre de la Société d’Encouragement.
- Dans l’embrayage Mégy, un manchon calé sur l’arbre moteur est entouré à quelque distance par une couronne fixée sur l’arbre qu’il s’agit d’entraîner. Des lames circulaires d’acier trempé, garnies de cuir sur leur face convexe, sont placées entre le manchon et la couronne. Ces ressorts sont solidaires du manchon dans sa rotation. La courbure donnée aux ressorts est telle, qu’abandonnés à eux-mêmes, ils s’appliquent exactement sur l’intérieur de la couronne et y exercent une pression suffisante pour entraîner celle-ci avec l’arbre dont elle dépend et les plus fortes résistances qui puissent être attelées sur cet arbre. Il suffit, pour faire cesser cet entraînement, de rapetisser suffisamment le cercle formé par les ressorts pour qu’ils n’adhèrent plus à la couronne. Cet effet est obtenu au moyen d’une combinaison de galets et d’une chaîne de Galle. On peut ainsi faire varier la pression des ressorts contre la couronne et limiter comme on le veut l’effort à transmettre.
- En 1889, M. A. Brancher, ingénieur-constructeur, a combiné un embrayage à friction qui se rapproche un peu de l’embrayage Mégy, mais dans lequel il utilise l’énorme frottement que donne un lien flexible enroulé plusieurs fois autour d’un tambour cylindrique.
- On sait que le rapport entre la force de traction d’une des extrémités du lien flexible et l’effort à exercer sur l’autre extrémité varie suivant une fonction exponentielle de l’arc d’enroulement.
- Cette propriété remarquable, appliquée dans le cabestan, a été mise à profit il y a quelques années parM. le capitaine Lemoine dans la construction d’un frein pour voitures. Le frein funiculaire Lemoine vous a été décrit en février 1885 dans un savant rapport de notre collègue M. Collignon.
- Dans l’embrayage de M. Brancher, le lien élastique est composé de bandes d’acier garnies de cuir qui font deux tours et demi autour d’un galet cylindrique. La partie supérieure de la figure 1 représente ce lien développé sur
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- ARTS MÉCANIQUES
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- un plan; on voit que les tours successifs entrent l’un dans l’autre pour s’appliquer sur le pourtour du galet.
- L’effort à exercer par l’arbre moteur sur le petit bout du lien est très faible, la force transmise par le gros bout à l’arbre mené est considérable.
- Sur l’arbre moteur, un petit manchon d’embrayage tronconique à friction, mobile suivant l’axe de rotation, permet d’intéresser, moyennant
- Fig. 1. — Self-embrayage élastique Brancher.
- un très petit effort, un tambour ou galet fou sur cet arbre qui tire le petit bout du lien élastique.
- L’autre extrémité de celui-ci s’enroule sur le manneton d’un plateau calé sur l’arbre mené.
- Dès qu’on met en prise légèrement les cônes de friction, l’entraînement se produit. On peut graduer par une manœuvre à levier, à tirage ou à vis, l’effort exercé sur l’arbre mené.
- La figure 1 montre les dispositions de détails de la construction.
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- Quand l’effort d’entraînement est très considérable, on emploie deux couronnes concentriques et deux liens élastiques comme le montre le croquis ci-contre (fig. 2).
- On doit remarquer que cet embrayage ne peut donner le mouvement rotatif que dans un seul sens, tandis que l’embrayage Mégy et la plupart des
- Fig. 2. — Embrayage élastique Brancher pour marche directe et renversée.
- embrayages à friction permettent de tourner dans les deux sens. Mais il y a dans la pratique un grand nombre de cas où cette faculté ne présente pas d’avantage.
- Nous avons pu voir plusieurs applications de ce système d’embrayage, d’abord dans l’atelier de M. Brancher, 7, passage Piver, pour la manœuvre des machines-outils, puis à la fonderie de M. Dalifol, 172, quai Jemmapes. où l’appareil relie la force motrice à une transmission générale dont le travail résistant est évalué à 45 chevaux.
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- SEPTEMBRE 1892.
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- L’embrayage Brancher a figuré avec honneur à l’Exposition universelle de 1889. Il a reçu depuis d’assez nombreuses applications et paraît donner en général de bons résultats.
- La combinaison mécanique d’après laquelle est construit cet appareil est fort ingénieuse, il rend des services appréciables en permettant de mettre en jeu progressivement sans choc et sans vibration des résistances assez considérables. Pour ces raisons, nous avons l’honneur de vous proposer, Messieurs, de féliciter M. Brancher et d’autoriser l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société avec les croquis représentant l’appareil ainsi que les légendes nécessaires.
- Signé : Brüll, rapporteur.
- Approuvé en séance le 10 avril 1891.
- LÉGENDES EXPLICATIVES DES FIGURES REPRÉSENTANT L’EMBRAYAGE ÉLASTIQUE
- DE M. ANT. BRANCHER.
- Fig. 1. —Vue du self-embrayage élastique.
- A, arbre moteur.
- A, arbre entraîné.
- P, plateau manivelle, calé sur A'.
- C, cône de friction fixé sur l’arbre A.
- G, galet calé sur l’arbre moteur:
- R, R, collier élastique en acier.
- M, manneton d’entraînement du plateau P.
- Les lames d’acier R, R, R, forment le collier dont le serrage détermine la connexion des deux organes. Cette connexion dépend de l’approche ou de l’éloignement du cône fou C dont la traction sur R est multipliée quatre fois, est transmise au manneton M du plateau P à entraîner.
- Les lames d’acier développées sont représentées sur la partie supérieure de la figure.
- Fig. 2. — Vue de l’embrayage pour marches directe et inverse et pour forces au-dessus de 100 chevaux.
- A et A', arbre moteur et arbre à entraîner.
- M, plateau fixe calé sur A' et portant un manneton sur lequel sont montées les dernières spires ru r2, r3, du collier entourant le galet G calé sur l’arbre A.
- P, plateau fou sur l’arbre A et relié à la petite spire r.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- SEPTEMBRE 1892.
- N, cône de friction glissant sur la rainure de l’arbre A.
- Quand ce cône est en dehors du plateau, les colliers intérieurs et extérieurs rv r2, r3, sont distendus et ne sont pas en contact avec le galet G.
- Dès que le cône est en connexion avec le plateau P, celui-ci détermine une tension sur la spire ri ; cette tension se multiplie progressivement sur le galet et se transmet au manneton R qui est solidaire du collier serrant le galet G et participant à son mouvement, puis entraîne l’arbre A' qui devient ainsi solidaire de l’arbre A.
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Redier, au nom du Comité des arts mécaniques, sur
- le tour a l’usage de l’horlogerie présenté par M. James de Chabaud-
- Latour, mécanicien, boulevard de Strasbourg, 225, à Boulogne-sur-Seine.
- Messieurs,
- Le tour à pied est d’un emploi relativement récent dans l’horlogerie de petit volume. Le tour à l’archet était à peu près seul en usage avant 1840.
- VVinerl vers cette époque en installa sur tous ses établis, mais il fallait toujours achever les petites pièces à l’archet qui seul en permettait le loucher délicat.
- Les Américains qui osèrent, il y a vingt*ans, lutter avec les usines françaises et suisses, firent un tour qui supprima l’emploi de l’archet.
- C’est ainsi qu’on assista à ce spectacle d’un pivot d’un dixième de millimètre tourné automatiquement avec cent autres sous l’action d’une puissante machine à vapeur.
- En Suisse et en Allemagne on a imité le tour américain, mais, indépendamment de son prix élevé, cette imitation a beaucoup d’imperfections.
- Le tour et ses accessoires présenté par M. de Chabaud-Latour est le premier fabriqué en France, aux portes de Paris, à Boulogne-sur-Seine.
- Sur les données premières du tour américain, M. de Chabaud-Latour a produit un appareil réellement universel, c’est-à-dire propre à la production de toutes les pièces d’une montre, y compris la boîte. 11 est aussi propre au travail de la même pièce par quantités, qu’au travail du petit atelier, au travail du rhabilleur.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- SEPTEMBRE 1892.
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- Son prix est de beaucoup au-dessous du prix des tours américains et allemands.
- Il n’en constituerait pas moins une dépense considérable si l’interchangeabilité de ses détails ne permettait de l’acquérir par éléments séparés. L’ouvrier qui possède l’appareil principal complète son outillage à mesure qu’il fait quelques économies.
- C’est ainsi qu’il fait de son outil fondamental un outil à percer, à fraiser, à sertir les pierres, à tailler les roues, à limer les carrés, à polir les pivots, etc.
- M. de Chabaud-Latour n’a pas hésité dans l’installation des moyens de produire avec une précision absolue les différentes parties de son tour universel. Un atelier où peuvent se mouvoir deux cents ouvriers, admirablement aménagé comprend des machines-outils telles que tours-revolver, raboteuses, fraiseuses, machines à rectifier, à faire les vis, à diviser, à affûter, et enfin les meilleurs modèles des machines à travailler automatiquement les métaux.
- En perfectionnant le tour dit américain, M. de Chabaud-Latour répond à une préoccupation sérieuse des fabricants d’horlogerie suisses et français, qui voient déjà leurs concurrents du nouveau monde produire et répandre la moitié de la consommation, et qui vendent en quantité leurs montres en France et même en Suisse.
- Votre rapporteur vous propose de remercier M. de Chabaud-Latour de son intéressante communication, et de publier dans le Bulletin le présent rapport suivi de la description du tour universel qu’il a présenté, avec les dessins nécessaires.
- Signé : A. Redier, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 décembre 1891.
- LÉGENDE EXPLICATIVE DES FIGURES REPRÉSENTANT LE TOUR UNIVERSEL DE PRÉCISION DE M. JAMES DE CHABAUD-LATOUR, MÉCANICIEN-CONSTRUCTEUR, A BOULOGNE-SUR-SEINE.
- Ce tour est spécialement destiné à l’horlogerie, principalement au travail de la montre; longueur de banc, 370 millimètres, et hauteur de pointe, 60 millimètres.
- La figure 1 le représente monté pour le filetage. La poupée de commande, dont le cône est à quatre changements de vitesse, peut à volonté se placer à droite
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- ou à gauche. En outre, le serrage du pied sur l’établi permet la rotation complète à droite et à gauche.
- La forme du banc a été calculée de façon à donner le maximum de résistance avec le minimum de volume.
- La poupée de commande est mobile, elle peut être placée à un point quel-
- Fig. 1. — Tour d’horlogerie.
- conque sur le banc, et aussi prise à la main pour vérifier plus commodément l’ouvrage en exécution, que l’on termine en remettant en place la poupée. Sa coupe, figure 2, en montre la construction.
- En cc et aa sont ajustées dans la fonte : deux bagues coniques en acier, rectifiées après la trempe. L’arbre en aa porte un cône pour recevoir les différents accessoires qui y sont maintenus par le poulet F.
- L’arbre est percé dans toute [sa longueur, il est trempé et rectifié; on l’introduit par aa, son extrémité sortant en cc. On y place une troisième bague (conique extérieurement, et cylindrique intérieurement), en acier trempé et rectifié. Le jeu se règle par un écrou cc.
- Quatre anneaux d en simili-or recouvrent les cuvettes de graissage, et protègent les ajustements. Le cône en ébonite qui porte une plaque divisée en degrés, est constamment à la disposition de l’ouvrier, le doigt d’arrêt étant en L, figure 1. Des plaques à diviser, se fixant en M avec un doigt d’arrêt en D, (fig. J), font de la poupée une machine à diviser universelle.
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- Fig. 3. — Accessoires.
- Fig. 4. — Mandrin concentrique à 3 segments.
- En aa (fig. 2), et en E (fig. 1), se fixe dans l’arbre un grand nombre d’accessoires, dont nous ne nommons ici que les principaux :
- Tasseau à trou conique pour contre-pointe (à points et à trou), pour forets, tarauds, etc. Tasseau à trou fileté et à vis filetée, pour plaques à gommer, meules de toutes espèces et de toutes formes; Tasseau à vis filetée avec écrou, pour scies circulaires, pour lapidaires, fraises, brosses diverses; Tasseau avec cône percé conique, pour scies circulaires, pour lapidaires, fraises, brosses diverses.
- . Tasseau avec cuivrot d’entraînement et tasseaux divers.
- Les pinces à trous C (fig. 3), et à roues A (fig. 3) (dites à gradins ou à crans) sont en acier, et rectifiées après la trempe.
- L’accessoire D (fig. 3) vient faire épaule avec des bouchons et dans les trous des pinces à trou C, et permet ainsi de se dispenser des pinces à épaules B (fig. 3).
- Ces pinces, qui présentent de sérieuses difficultés dans leur construction, méritent une attention spéciale, car elles permettent de faire rapidement du bon travail.
- Plateau d’entraînement, plateau à trou, plateau avec vis à bois (queue de corbeau), plateau avec quatre griffes indépendantes.
- Mandrin concentrique à couteau, et mandrin universel à trois griffes.
- Mandrin concentrique à trois segments, à crans B (fig. 4) ; il est destiné à tout le travail de la boîte de montre.
- Le plateau universel A (fig. 5) est destiné à tout Je travail exécuté au burin fixe, il permet de placer de toute façon les platines de montres, de manière à centrer n’importe quel trou. Les pinces donnent le maximum de force avec le minimum de volume ; des meurtrières aaa permettent de centrer commodément.
- Le chariot, bien que les hauteurs de pointes ne soient que de 60 millimètres, est ainsi complet que possible, grâce à ses deux glissières et à ses deux mouvements tournants. Il est très résistant.
- La figure 6 montre la coupe du mouvement tournant qui est à cône. La partie supérieure étant a a a a a a, et la partie inférieure b b b b b b. La bague Z fait corps avec la partie inférieure, l’ajustement conique est en m c, np, et permet la rotation complète. En arrêtant le mouvement tournant on serre par le cône les deux parties l’une sur l’autre. Le porte-
- Fig. 5. — Plateau universel.
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- Fig. 6. — Coupe du mouvement tournant.
- burin peut se remplacer par deux autres, de façon à satisfaire à toutes les exigences de l’horloger.
- Tous les mouvements portent des divisions et permettent de travailler au
- centième de millimètre.
- En lieu et place du porte-burin, et bénéficiant ainsi de ce chariot complet, peuvent se placer une série d’accessoires qui constituent de véritables machines. La principale est une machine à tailler, à fraiser et à arrondir, machine universelle donnant tous les mouvements désirables (fig. 7); elle a un porte-fraise sur commande et est exécutée à trois et à six porte-fraises, possédant chacun tous les mouvements nécessaires. Sur la semelle glissante portant le chariot se place également une série d’accessoires. Le support à main à serrage concentrique.
- La machine revolver (fig. 8), utile pour faire les vis et faisant du tour une machine à décoller de précision universelle.
- La machine à polir les pivots (fig. 9;, avec mouvements tournants élévatoires et gradués. La poupée porte-meule de cette machine donne à la fois à la meule un mouvement de va-et-vient, un mouvement oscillatoire et un mouvement rotatif.
- L’accessoire à limer les carrés etles polygones.
- Une poupée horizontale servant de banc pour une scie circulaire, remplaçant ce qu’en menuiserie on appelle une toupie, et permettant une série de fraisage, entre autres celui des angles de ponts. Sur cette même poupée, on peut placer
- Fig. 7. — Machine à tailler et à fraiser.
- Fig. 9. — Machine à polir lesjrivots.
- successivement tous les accessoires qui vont sur la poupée de commande.
- Une console se fixant sur le chariot permet d’y adapter les porte-burins et accessoires horizontalement.
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- Le tour est ainsi d’horizontal transformé en tour vertical; la poupée de tête présentant horizontalement l’ouvrage à travailler.
- La poupée de queue (poupée mobile ou contre-points) (fig. 1) peut ainsi servir comme perceuse horizontale.
- Plusieurs poupées de queue différentes se fixent sur le banc de la même façon et sont destinées aux différentes opérations de la montre.
- Une des plus importantes est la poupée à sertir (fig. 10), munie d’un calibre pour les pierres. Dans certains cas, elle remplace avantageusement le burin fixe et peut exécuter les moyeux de roues, etc.
- Sur le banc se place également une perceuse verticale, une taraudeuse, une scie à ruban, etc.
- Le tour comporte un renvoi spécial à deux et trois colonnes, correspondant à une roue (du volant) marchant au pied, mais commandées par une pédale (ou plutôt par un chir) oscillante. Un renvoi entièrement différent du précédent a été construit spécialement pour transmettre la force motrice d’une transmission au tour et à scs accessoires.
- Ce tour est remarquable par sa précision, et par le peu de place qu’il occupe tout en étant robuste. Muni de tous ses accessoires, il représente bien en plus petit une usine d’horlogerie tout entière.
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- Rapport fait par M. Henri Rouart, aa nom du Comité des Arts économiques, sur un ÉLASTICIMÈTRE ENREGISTREUR de MM. NeEL, CLERMONT ET ReRTIIÉLEMY.
- Le but que se sont proposé MM. Neel et Clermont en faisant construire par M. Berthélemy leur appareil dit Elasticimètre enregistreur a été de rendre automatique et de traduire par un tracé graphique de grande précision les observations relatives à T élasticité d’une barre-éprouvette, telles qu’on les pratique avec les machines d’essai en usage dans l’industrie.
- La méthode a pour effet de supprimer l’emploi du cathétomètre à l’aide duquel se font habituellement ces opérations.
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- Le cathétomètre est un appareil délicat, d’un maniement difficile, qui exige une heure d’application d’un observateur très expérimenté pour faire l’étude élastique d’un barreau-éprouvette.
- Avec l’enregistreur de MM. Neel, Clermont et Berthélemy, il faut dix minutes au premier venu pour obtenir non seulement un résultat aussi précis, mais l’inscription des phénomènes sur une plaque noircie, facilement transformable en cliché photographique donnant un nombre indéfini d’épreuves.
- L’idée mère de cette appareil est très simple ; elle consiste à rendre soli-
- daire du barreau-éprouvette une grande aiguille multiplicatrice, dont on inscrit les mouvements.
- La réalisation pratique de cette idée offrait de grandes difficultés, parce que la matière de l’éprouvette peut n’être pas absolument homogène, et aussi parce que l’effet de traction dont on dispose peut ne pas être symétrique. De ces causes d’erreur il résulte des effets de torsion dans différents sens.
- Si l’on s’en rapporte à l’observation des déplacements d’un point donné de la surface de l’éprouvette, on peut arriver à des résultats très faux quant à l’allongement de la fibre neutre.
- Pour éliminer ces causes d’erreur, les auteurs se sont servis de deux bandelettes rigides d’acier fixées à leur partie supérieure sur le barreau lui-même par des vis, et reliées à leur partie inférieure à ce barreau par l’inter-
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- médiaire de deux étriers de forme particulière ingénieusement disposés et sur lesquels elles sont articulées.
- Ces deux étriers sont mobiles autour d’axes horizontaux et parallèles.
- Le premier prend son axe de rotation sur le barreau lui-même au moyen de deux vis à pointe, dans une direction perpendiculaire à l’attache supérieure des bandelettes d’acier.
- Le second étrier s’articule sur le premier et porte en son milieu l’aiguille indicatrice, qui reste ainsi pendant ses mouvements dans le plan de la fibre neutre.
- Dans le mémoire publié par les auteurs, ils démontrent qu’à l’aide de ces moyens de suspen- _ sion l’allongement enregistré est la moyenne des allongements pris sur quatre
- fibres parallèles à l’axe de l’éprouvette, placées à 90° l’une de l’autre, et par suite que l’indication recueillie est le véritable allongement de la fibre neutre.
- Si l’on soumet le barreau-éprouvette à des efforts de traction s’augmentant de quantités constantes, la loi de l’élasticité se lit facilement sur le tracé fourni par l’aiguille.
- Cette lecture est facilitée par une disposition simple et ingénieuse qui a pour effet, à chaque accroissement méthodique de la charge, de produire électriquement un déplacement horizontal de la plaque de verre réceptrice Tome VII. — 91e année. 4e série. — Septembre 1892.
- Fig. 2. — Détails de l’élasticimètre enregistreur.
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- des résultats de l’expérience, et de déterminer ainsi sur le cliché un trait horizontal.
- L’examen des épreuves photographiques permet de lire a priori le point exact où la limite d’élasticité est dépassée.
- On voit en effet la portion de courbe représentant l’allongement, au lieu de rester rigoureusement égale à elle-même pour des surcharges égales, devenir tout à coup plus longue.
- Une simple lecture indique la charge correspondant au point critique dont l’observation précise est le plus souvent le but de l’opération. Il serait cependant à désirer que l’appareil se prêtât à l’étude de l’effort de rupture, et aussi qu’une indication de la durée des charges fût jointe à celles déjà fournies.
- MM. Neel, Clermont et Berthélemy ont donné de leur appareil une description raisonnée et complète dans le numéro de la Revue générale des Chemins de fer paru en avril 1890 : il conviendra de s’y reporter pour l’étude des détails.
- Les bonnes dispositions de cet appareil, vraiment pratique et appelé à rendre de véritables services à l’industrie, font honneur à MM. Neel et Clermont.
- L’excellence de la construction, la recherche parfaite des détails d’exécution, quelques perfectionnements de détail, non sans valeur, font honneur à M. Berthélemy.
- Le Comité des Arts économiques est d’avis de remercier MM. Neel, Clermont et Berthélemy de leur communication, et de demander l’insertion de la description de l’Elasticimètre et des figures s’y rattachant dans le Bulletin de la Société.
- Signé : H. Rouart, rapporteur.
- Approuvé en séance le 10 juin 1892.
- LÉGENDE EXPLICATIVE DES FIGURES REPRÉSENTANT l’ÉLASTICIMÈTRE ENREGISTREUR DE MM. NÉEL, CLERMONT ET BERTHÉLEMY.
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de l’appareil et de l’enregistreur.
- Fig. 2. —Détail des appareils.
- Deux lames flexibles en acier L L', légèrement bandées au moyen de rouleaux
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- rr\ sont disposées sur deux côtés diamétralement opposés d’une éprouvette A. Ces lames sont maintenues solidement à une de leurs extrémités par deux vis de pression Y Y' faisant partie d’un étrier fixe et articulées en o et d avec un ensemble de deux étriers EE' de forme spéciale et respectivement mobiles autour d’axes horizontaux b et V.
- L’un de ces étriers E est porté par l’éprouvette elle-même, en b, à une distance ab de l’étrier fixe, égale à la longueur utile sur laquelle on veut opérer. L’étrier E' prend au contraire son point de rotation sur le premier en un point b\ tel que bb'=bo\ il est en outre muni d’une longue aiguille qui, par suite du mode de fixation des étriers et de la position des axes, ne peut, dans son mouvement, sortir du plan de la fibre neutre.
- Dans ces conditions, si la distance ab augmente, c’est-à-dire, si le barreau d’épreuve s’allonge sous l’effet d’une charge qui lui est appliquée, le premier étrier s’abaisse verticalement d’une certaine quantité l qui, par suite des dispositions prises, est exactement la quantité dont s’est allongée la fibre neutre sous l’action de la charge; autrement dit, si on appelle m, n, p, q, les allongements, égaux ou non, pris par chacun des côtés de l’éprouvette,
- on a : /= Les inégalités des allongements latéraux peuvent se
- produire du reste sous l’influence d’un mouvement de flexion ou autre, dû à un défaut de symétrie, de répartition de la charge ou d’homogénéité de la matière.
- Par suite de ce déplacement vertical /, l’étrier E tourne autour du point fixe o et entraîne l’étrier E'. Celui-ci tournant autour du point fixe o', l’extrémité de l’aiguille décrit une courbe M M' et, par la proportion donnée par les éléments
- , , P o'b' o'M
- de la figure, on a : r=zrFrr, 6 ’ 2/ MM'
- D’où, en faisant o'M = R
- MM' ~ 2R
- 2 R est le coefficient de l’appareil.
- L’enregistrement automatique de la courbe décrite dans l’espace par l’extrémité de l’aiguille et des charges successives qui donnent lieu aux différentes parties de courbes MM' se fait de la manière suivante.
- Dans le plan même que décrit l’extrémité de l’aiguille est disposée une plaque de verre enduite d’une mince couche de noir de fumée, sur laquelle cette aiguille vient tracer un trait (fig. 1).
- Cette plaque est maintenue par un cadre spécial PQ pouvant osciller autour d’un axe horizontal K et est munie d’une petite lame en fer doux N faisant face
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- Départ à 1000%
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- aux deux pôles d’un électro-aimant T lixé sur le môme support. Au moyen de deux fils électriques, cet élcctro est réuni, d’une part à un godet rempli de mercure porté par le levier gradué de la balance qui sert à mesurer les efforts de traction, d’autre part à une sorte de stylet vertical isolé électriquement de la balance. Les choses sont disposées de telle façon que, au moment où le levier de la balance est horizontal, c’est-à-dire à l’instant où la charge est atteinte, le stylet plonge dans le mercure et ferme le circuit d’une pile sur l’électro.
- Immédiatement, le cadre mobile supportant la plaque est attiré et, par suite de ce mouvement, l’aiguille trace sur le noir de fumée un petit trait horizontal perpendiculaire à la direction de la courbe continue qu’elle dessinait primitivement.
- Au même instant l’opérateur ajoute une nouvelle charge sur le levier, celui-ci s’abaisse, le contact est rompu entre le stylet et le mercure, l’électro cesse d’attirer le cadre qui reprend sa position primitive sous l’action d’un ressort antagoniste et l’aiguille continue à tracer la courbe des allongements jusqu’à ce que, la surcharge ajoutée étant équilibrée, un nouveau contact se produise et que, par suite d’une nouvelle attraction de l’électro, la courbe soit coupée par un nouveau trait perpendiculaire.
- La portion de courbe comprise entre deux traits représente l’allongement que le barreau d’épreuve a pris sous la surcharge imposée.
- L’expérience continue ainsi de proche en proche, sans arrêts, donnant en définitive une courbe (fig. 3) qui présente un certain nombre d’encoches dont la distance varie avec la surcharge et la résistance du métal.
- Ces encoches sont à égale distance pendant la période élastique. L’intervalle qui les sépare croît rapidement dès que la limite élastique est atteinte, et cela d’une manière tellement sensible que le plus souvent la détermination de cette limite est aussi nette que celle du point de rupture lui-même.
- Dès que l’opération est terminée, on place la plaque de verre dans un vernis qui fixe le tracé d’une manière indélébile. On obtient ainsi un véritable cliché négatif permettant de tirer, sur papier au ferro-prussiate, autant d’épreuves positives que l’on désire en conserver. Elles servent ensuite à calculer et contrôler tous les éléments de l’expérience sans qu’il soit possible d’en contester l’exactitude.
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- Fig. 3. Courbe d’expérience.
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- Bapport présenté par M. le général Sebert au nom de la Commission
- de la Bibliothèque.
- Messieurs,
- A la date du 30 novembre 1888, un rapport, rédigé par notre collègue M. Simon, vous était présenté par la sous-commission que vous aviez chargée d’étudier les mesures à prendre pour assurer le classement des ouvrages de notre bibliothèque dans les nouveaux locaux qui venaient de lui être spécialement affectés.
- Les pouvoirs donnés temporairement à la Commission de la bibliothèque ont été transférés, sur la demande même de cette Commission, à la Commission ordinaire du Bulletin, nouvellement reconstituée, à la suite d’un vote du Conseil en date du 25 janvier 1889.
- Ce rapport vous rendait compte du travail fait d’abord par M. Lemoine puis par M. Baur qui avait été chargé de continuer l’œuvre de ce dernier, pour arriver à réunir les ouvrages épars dans les différentes salles de l’hôtel de notre Société et pour établir, pour chacun de ces ouvrages, une fiche individuelle réunissant les indications bibliographiques usuelles et les repères nécessaires pour assurer le classement.
- Il vous demandait l’autorisation de faire procéder, par un copiste à la tâche, à la copie des fiches déjà établies, et ces fiches devaient en même temps être complétées et revisées, de façon à rendre possible l’établissement de répertoires par fiches destinés à faciliter les recherches dans nos archives.
- Le rapport exprimait l’espoir que grâce à cette mesure le travail de classement de la bibliothèque pourrait être terminé dans le délai de six mois à un an et ajoutait qu’en même temps M. Baur continuerait à assurer le maintien de l’ordre dans le service courant, en préparant l'envoi des ouvrages à donner à la reliure, assurant le classement, au jour le jour, des nombreuses publications périodiques que nous recevons et ouvrant de nouvelles fiches pour les ouvrages nouveaux versés à la bibliothèque.
- Ces propositions ont été acceptées parla Commission de la bibliothèque
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- dans la séance du 6 décembre 1888 et il a été décidé en même temps que les bonnes copies des fiches seraient faites sur des fiches spéciales du modèle Bonnange destinées à être placées dans un appareil classeur qui en assure la conservation et le maintien en ordre, tout en rendant faciles et commodes la lecture et les recherches.
- C’est le travail fait en exécution de ces décisions dont le présent rapport doit vous rendre compte; il appellera, en même temps, votre attention sur les mesures qu’il paraîtrait utile de prendre aujourd’hui pour tirer des efforts et des sacrifices qui ont été faits pour la conservation et le classement de nos collections tout le fruit qu’on doit en attendre.
- Le travail de révision et de copie des fiches n’a pas été exécuté avec toute la célérité que nous aurions désirée. Les causes de ce retard sont multiples, mais elles n’ont aujourd’hui qu’un intérêt secondaire, car, malgré ces difficultés, le travail est actuellement terminé sans que les délais extrêmes qu’avait prévus comme pis aller le rapport de M. Simon aient été dépassés.
- A ce jour, les fiches établies pour les ouvrages inventoriés et classés s’élèvent au nombre de 10698, auquel il faut ajouter une centaine de fiches en préparation pour des ouvrages nouvellement arrivés.
- Ces fiches sont en double expédition.
- Les bonnes copies revisées et vérifiées sont classées alphabétiquement dans le répertoire Bonnange qui rend faciles les recherches des ouvrages dont on connaît le titre et le nom d’auteur.
- Les minutes, malheureusement peu lisibles, sont provisoirement classées aussi alphabétiquement, mais elles permettront, à l’aide démesures dont il sera parlé plus loin, de constituer, à peu de frais, un répertoire méthodique qui, à défaut de catalogue par nature d’ouvrages rendra possibles les recherches des volumes dont on ne connaîtrait pas le nom d’auteur, et dont on saurait seulement le titre ou la nature.
- Les fiches portent toutes un repère qui indique dans quelle partie de la bibliothèque se trouvent les ouvrages correspondants, et en outre dans quel corps de vitrine et sur quelle étagère ils sont rangés.
- Ces mêmes indications sont, en outre, portées avec le titre abrégé de l’ouvrage sur les talons des fiches Bonnange qui resteraient engagés dans les casiers à vis si ces fiches venaient à être arrachées. Enfin, les volumes de recueils factices dont il est parlé plus loin sont signalés par un numéro d’ordre qui est reproduit par une étiquette collée au dos des volumes.
- Il y a lieu de signaler ici que le nombre de fiches qui, comme nous
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- l’avons dit, s’élève déjà à près de H 000, représente en réalité un nombre beaucoup plus considérable de volumes, car, sans parler des publications périodiques qui comportent souvent un grand nombre de volumes pour un même titre, beaucoup d’ouvrages se composent naturellement de plusieurs tomes.
- Il faut tenir compte toutefois que, par une pratique absolument vicieuse, un grand nombre d’ouvrages, en forme de brochures, ont été, à une époque reculée, reliés en volumes qui en réunissent un nombre souvent considérable sous forme de recueils factices.
- Chacune de ces brochures a été inventoriée à part et comporte une fiche spéciale; mais toutes les fiches correspondant aux brochures d’un même volume se réfèrent naturellement au classement de cet unique volume.
- En résumé, en tenant compte, d’une part, des volumes différents qui constituent un même ouvrage ou une même publication et, d’autre part, de la réunion en un seul volume des nombreuses brochures que comprennent les recueils factices, on peut évaluer à 14000 le nombre des volumes distincts classés sur les rayons de nos vitrines. Sur ce nombre, il existe 138 volumes reliés de recueils factices. Le nombre exact, d’après le recensement effectué, serait de 13724 volumes dont 138 recueils factices, et il y a en outre 1960 brochures à grouper en cartons classeurs.
- Ces volumes n’ont pas été classés dans les vitrines en cherchant à grouper les ouvrages qui se rapportent à des objets similaires.
- On sait que ce mode de classement, qui conduit à des difficultés matérielles insurmontables pour de grandes bibliothèques est, en effet, complètement abandonné aujourd’hui, comme d’ailleurs la formation des recueils factices sous forme tout au moins de volumes reliés.
- A l’exception des groupes formés pour les publications périodiques et les ouvrages renfermant un grand nombre de tomes, les volumes ont par suite été placés sur les rayons sans distinction de leur nature mais d’après leur état et simplement dans l’ordre où ils se sont présentés au classement.
- Cet ordre doit être considéré comme définitif; il ne pourrait être modifié qu’exceptionnellement et pour quelques ouvrages isolés, car on s’exposerait, en le bouleversant, à introduire à nouveau le désordre en créant des discordances entre les repères portés par les fiches et le classement réel des ouvrages.
- Parmi nos volumes, un grand nombre sont encore sans reliure et il conviendrait de prendre des dispositions pour les en pourvoir.
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- Nous ne voulons pas toutefois parler ici des brochures qui ne comportent pas une reliure. Pour celles-ci, il conviendrait d’adopter le système des cartons classeurs aujourd’hui en usage qui assurent la conservation et le classement par format sans avoir les inconvénients des recueils factices reliés.
- Ces indications nous amènent à parler des mesures qu’il nous paraîtrait nécessaire de prendre pour assurer, pour l’avenir, le service de notre bibliothèque et pour recueillir le fruit des efforts qui ont été faits pour la constituer et la classer.
- Il n’entre pas, croyons-nous, dans les intentions de la majorité des membres du Conseil de notre Société de constituer une bibliothèque ouverte sans restriction au public, ce qui ne pourrait se faire qu’au prix de sacrifices considérables et nécessiterait des mesures difficiles à réaliser pour le moment.
- Mais notre bibliothèque doit, d’après nos statuts mêmes, être ouverte aux membres de notre Société; il est à désirer, d’autre part, que les ressources précieuses qu’elle renferme puissent être mises à contribution sans difficultés, ne fût-ce que par les membres du Conseil qui peuvent avoir à y faire des recherches personnelles, notamment pour la rédaction de leurs rapports.
- Pour que ces résultats soient atteints, il faut d’une part que le classement réalisé soit maintenu en bon ordre, que les ouvrages nouveaux soient répertoriés au fur et à mesure de leur arrivée, que les brochures et fascicules soient rapidement mis en place, que les reliures à faire préparer soient exécutées en temps utile, que les ouvrages consultés soient remis en place au fur et à mesure et que des soins matériels soient pris pour l’entretien et la propreté des ouvrages.
- Il faut encore que des répertoires convenables puissent, avec le concours d’une personne bien au courant des ressources que renferme la bibliothèque, rendre faciles les recherches pour le travail et il faut qu’une personne compétente puisse contrôler le travail de classement à faire journellement pour les nouvelles entrées d’ouvrages.
- Il reste aussi à s’occuper des mesures à prendre pour compléter certains ouvrages, heureusement en petit nombre, qui sont dépareillés ou incomplets.
- Cet exposé fait, croyons-nous, ressortir la nécessité de disposer, pour le service de la bibliothèque, de deux agents : l’un chargé des soins matériels et du service d’ordre, l’autre chargé de la direction du service, de l’établisse-
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- ment des fiches et répertoires et des recherches à faire pour les travaux des membres du Conseil.
- Le premier serait un simple commis d’ordre ou garçon de bureau pouvant classer et distribuer les volumes, préparer le groupement des brochures et le travail de reliure et veiller sur le matériel. M. Baur pourrait être conservé pour cet emploi*
- Le second serait un véritable bibliothécaire qui devrait, selon nous, avoir des connaissances techniques suffisantes pour n’être pas déplacé dans le milieu où il se trouvera et pouvoir coopérer ainsi efficacement à l’œuvre de notre Société.
- Un employé ayant l’instruction et les aptitudes voulues et pouvant consacrer au service de notre bibliothèque un temps suffisant, né peut être rémunéré que par des appointements qui s’élèveraient à un taux notable.
- Cette création d’un bibliothécaire pourrait donc grever sensiblement le budget de la Société, mais nous pensons qu’on pourrait atténuer ces dépenses et réaliser des conditions acceptables en combinant l’organisation de la bibliothèque avec les améliorations que réclame la publication du Bulletin.
- Pour développer la partie de ce Bulletin consacrée à la chronique et arriver, en même temps, à publier en temps utile des traductions d’articles présentant un intérêt d’actualité, il a été admis déjà, dans le sein de la Commission du Bulletin, qu’il conviendrait de pouvoir disposer d’un agent attaché à la Société, auquel on puisse confier le soin de rechercher les articles de chronique qui pourraient figurer utilement dans le Bulletin et qui, après avis préalable des membres des Comités compétents ou sur l’initiative de ceux-ci, pourrait être appelé à préparer rapidement l’analyse ou la traduction des passages ou articles à reproduire.
- Ces travaux de rédaction ou de traduction étant payés, on pourrait arriver à constituer à un bibliothécaire qui accepterait de prêter, dans ces conditions, son concours à la rédaction du Bulletin un supplément de salaires qui, avec le traitement fixe de 3000 francs par exemple qui pourrait lui être alloué comme bibliothécaire, permettrait de lui demander de consacrer tout son temps à la Société.
- On éviterait ainsi à la fois les inconvénients qui peuvent résulter du partage du temps d’un employé entre plusieurs services et on serait aussi assuré d’obtenir du bibliothécaire un concours efficace puisqu’il serait pécuniairement intéressé à produire, en améliorant sa situation.
- En résumé, la sous-commission que vous avez chargée d’étudier le parti Tome VII. — 91e année. 4e série. — Septembre 1892. Tri
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- à tirer des ressources de notre bibliothèque, a constaté que cette bibliothèque est aujourd’hui classée et en ordre et qu’elle renferme des richesses qui méritent qu’elle ne soit pas de nouveau délaissée.
- Elle vous propose, en conséquence, de prendre les mesures nécessaires pour organiser d’une façon permanente le service de cette bibliothèque, de telle sorte qu’elle puisse être ouverte chaque jour, à des heures déterminées, aux membres du Conseil et aux membres de la Société qui, par nos statuts, sont autorisés à mettre à contribution ses ressources.
- Ce résultat lui paraît pouvoir être obtenu, en attachant à ce service, indépendamment d’un commis d’ordre, un bibliothécaire qui serait appelé, d’autre part, à prêter son concours à la rédaction du Bulletin.
- Il conviendrait, en outre, d’augmenter les fonds alloués pour achats d’ouvrages, abonnements et frais de reliure et de maintenir un certain crédit pour la continuation des répertoires.
- Le crédit de 5000 francs qui avait été alloué au service de notre bibliothèque sur le budget de 1889 voté dans la séance du 15 décembre 1888 devrait dès lors, pour l’année 1890, être porté à 7000 francs, se décomposant de la façon suivante :
- Bibliothécaire...................................................... 3000 francs.
- Commis d’ordre......................................................J 200 —
- Abonnements et acquisitions......................................... 1200 —
- Reliures............................................................ 800 —
- Fiches, répertoires et frais divers, non compris ceux de chauffage et éclairage que l’on suppose prélevés sur les fonds généraux du budget ainsi que ceux d’entretien des locaux........................ 800 —
- Total . . . 7000
- Votre commission du Bulletin vous propose aujourd’hui de ratifier par un vote ces propositions qui ont été soumise à la Commission des fonds et acceptées par elle dans sa séance du 23 décembre 1889, et dont il a été tenu compte dans ses prévisions budgétaires.
- Elle vous demande enfin l’autorisation de mettre dès maintenant en fonctions un bibliothécaire qui se déclare prêt à accepter, dans les conditions indiquées ci-dessus, l’emploi dont il s’agit et qui, tant par ses connaissances spéciales et ses travaux antérieurs que par les liens de reconnaissance qui l’attachent déjà à notre Société, paraît devoir nous apporter une fructueuse collaboration.
- Signé : H. Sebert, rapporteur.
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- Le Conseil, après discussion, a approuvé, dans sa séance du 28 décembre 1889, les conclusions de ce rapport et voté la nomination de M. Tony Castagnol comme bibliothécaire.
- RÉGLEMENT DE LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT pour l’industrie NATIONALE.
- 1. — La bibliothèque de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale a pour but principal de faciliter les recherches et les travaux des membres de la Société et plus spécialement la préparation des rapports des membres du Conseil.
- 2. — Le service de la bibliothèque comprend le classement et la conservation des ouvrages appartenant à la Société ainsi que des manuscrits et documents déposés aux archives.
- Le bibliothécaire peut être autorisé à y joindre le service des bibliothèques et collections d’ouvrages des autres sociétés locataires de locaux dans l’hôtel de la Société d’Encouragement, mais ces ouvrages doivent toujours rester déposés dans des pièces ou dans des vitrines séparées.
- 3. — Elle est ouverte aux membres de la Société ainsi qu’aux personnes qu’ils recommandent par écrit.
- Les ouvrages ne peuvent être consultés que sur place.
- 4. — Le service de la bibliothèque est confié à un bibliothécaire et à un commis d’ordre.
- L’entretien des locaux est confié à un homme de peine qui fait partie du personnel ordinaire de la Société.
- 5. — Le bibliothécaire et le commis d’ordre doivent être présents pendant toute la durée des séances.
- Pendant la période des vacances de la Société, ils pourront être autorisés à s’absentera tour de rôle, de façon que le service reste toujours assuré.
- 6. — La bibliothèque est ouverte tous les jours non fériés de 1 heure à 6 heures, et pendant les séances du soir de la Société, à partir de 8 heures.
- Pendant la période des vacances de la Société, elle est ouverte tous les jours non fériés de 1 heure à 5 heures.
- 7. — Tout ouvrage entrant à la bibliothèque est inscrit immédiatement sur un inventaire qui en fait connaître sommairement le titre et les conditions.
- Il est ouvert en outre, pour chaque ouvrage, deux fiches du système Bonnange, destinées à être classées, l’une dans un répertoire par ordre alphabétique de noms d’auteurs, l’autre dans un répertoire méthodique.
- Pour les publications périodiques, il est tenu un registre spécial, sur lequel
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- sont inscrites à leur date, au compte de chaque publication, les entrées des livraisons et fascicules successivement reçus.
- 8. — Il sera fait, le plus tôt possible, par les soins du bibliothécaire, un relevé du catalogue méthodique destiné à être imprimé et distribué aux membres de la Société.
- Ce catalogue sera tenu à jour par des suppléments annuels.
- 9. — Les répertoires sur fiches articulées sont constamment à la disposition des lecteurs.
- Le bibliothécaire est seul dépositaire des clefs de ces répertoires, et veille à ce qu’ils soient tenus constamment en bon ordre et à jour.
- , t 10. —Le bibliothécaire remet ou fait remettre aux lecteurs les ouvrages qu’ils demandent et se tient à leur disposition pour leur fournir les indications qui peuvent leur être utiles.
- Il veille à ce que les ouvrages soient réintégrés par eux, s’assure qu’ils sont rendus en bon état, et les fait remettre en place sans retard.
- 11. — Le bibliothécaire fait préparer, en temps opportun, les livres destinés à être reliés ; il vérifie les reliures faites et prend, s’il y a lieu, les mesures nécessaires pour réparer les fautes commises par le relieur.
- 12. — Le bibliothécaire doit se tenir au courant des ouvrages nouvellement publiés et des éditions nouvelles ainsi que des articles parus dans les publications françaises et étrangères qui peuvent intéresser la Société.
- Il établit des propositions pour l’acquisition de ceux de ces ouvrages qui lui paraissent pouvoir avantageusement figurer dans la bibliothèque ou pour l’échange du Bulletin avec les publications périodiques nouvelles.
- Ces propositions sont soumises à la Commission du Bulletin, qui décide, s’il y a lieu, l’achat sur les fonds prévus au budget.
- 13. — Le bibliothécaire tient, par délégation de l’agent général, la correspondance de la bibliothèque pour les commandes, échanges, réclamations ou réponses aux demandes de renseignements bibliographiques des membres de la Société, etc.
- Il reçoit de l’agent général, sur bons signés de lui, soit les fournitures de bureau nécessaires pour le service, soit les fonds d’avance nécessaires pour les menues dépenses.
- Il vise pour vérification, avant paiement, les factures pour fournitures de livres ou d’ouvrages ou pour travaux de reliure ou autres faits pour la bibliothèque.
- 14. — Le bibliothécaire est chargé, par délégation de l’agent général, de préparer le travail de dépouillement de la correspondance imprimée destinée à être présentée par les secrétaires aux séances de la Société.
- A cet effet, il doit parcourir les ouvrages nouveaux et les publications périodiques reçus par la Société, qui lui sont remis dès leur arrivée avec la correspondance qui les accompagne, et faire parvenir, avant chaque séance, aux secrétaires,
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- d’après les indications qui lui sont données par chacun d’eux, les livres ou journaux contenant des articles qui peuvent présenter de l’intérêt pour la Société.
- 15. — Le bibliothécaire doit son concours à la rédaction du Bulletin de la Société.
- Il est chargé, à cet effet, sous la direction des secrétaires de la Société, de la recherche des articles parus dans les publications que reçoit la bibliothèque et qui paraissent pouvoir figurer avantageusement soit in extenso, soit par extraits ou analyses, dans le Bulletin.
- Il est chargé de préparer, d’après les instructions qui lui sont données par le secrétaire de la rédaction du Bulletin ou par les membres de la Commission, les analyses, extraits ou traductions, ainsi que les comptes rendus d’ouvrages dont l’insertion doit avoir lieu dans le Bulletin.
- Il assiste aux séances de la Commission du Bulletin.
- Approuvé en séance par la Commission du Bulletin le 20 février 1890.
- PREMIER RAPPORT ANNUEL SUR LE FONCTIONNEMENT DE LA BIBLIOTHÈQUE PRÉSENTÉ PAR M. CASTAGNOL, BIBLIOTHÉCAIRE
- L’organisation actuelle de la bibliothèque de la Société d’Encouragement a été fixée par le rapport de M. le général Sebert, approuvé par la Commission du Bulletin dans la séance du 28 décembre 1889. Ce rapport exposait l’état de la bibliothèque à cette époque, énumérait les travaux exécutés, qui consistaient principalement dans le classement définitif des volumes sur les rayons des armoires delà salle de la bibliothèque, du vestibule et de la grande salle des séances et dans la confection d’un catalogue alphabétique en deux expéditions, l’une faite sur fiches simples, l’autre sur fiches Bonnange articulées.
- M. le général Sebert terminait son rapport en énonçant les travaux encore à exécuter, en fixant le personnel capable d’assurer le service et enfin en établissant le budget de la bibliothèque pour l’année 1890. Le fonctionnement régulier de la bibliothèque a commencé, sur ces bases, à partir du 1er janvier 1890 : cette organisation a été définitivement consacrée par la rédaction d’un règlement que la Commission du Bulletin a approuvée dans sa séance du 20 février 1890.
- Le présent rapport a pour but d’exposer le fonctionnement de la bibliothèque depuis le 1er janvier 1890 jusqu’au 1er janvier 1892, de mentionner les travaux qui ont été exécutés pendant ces deux années et d’indiquer les disposi tions qui semblent devoir être prises pour améliorer encore l’état de choses existant. Il est divisé en deux parties : la première est relative aux ouvrages que possède la bibliothèque et s’occupe des différentes opérations qui concernent ces ouvrages ;
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- leur inscription sur les registres, leur classement et la confection des catalogues. La deuxième partie est réservée à l’exposé du fonctionnement delà bibliothèque, au mouvement des lecteurs, et mentionne en dernier lieu les demandes et propositions ayant pour but d’améliorer l’organisation actuelle.
- Première partie. — Inscription et classement des ouvrages qui composent la bibliothèque.
- Les ouvrages de la bibliothèque sont inventoriés suivant leur nature et la date de leur entrée sur trois registres.
- 1° Registre inventaire série A.
- 2° Registre inventaire série B.
- 3° Registre inventaire des périodiques série C.
- La série A comprend tous les ouvrages existant antérieurement au 1er janvier 4890. Us sont au nombre de 40698.
- Un registre inventaire a été ouvert pour les inscrire, et ce travail se poursuit d’une manière continue. Ce registre, série A, porte aujourd’hui la mention bibliographique de 1 784 ouvrages.
- L’organisation de la bibliothèque n’a pas permis d’inscrire jusqu’à ce jour une plus grande quantité de volumes, mais, à l’avenir, cette inscription pourra être poussée avec plus d’activité.
- La série B est formée des ouvrages dont la date d’entrée est postérieure au 4cr janvier 1870, elle s’accroît chaque jour, car tous les livres nouveaux y sont inscrits au fur et à mesure de leur arrivée.
- Leur nombre est aujourd’hui de 843.
- La série G comprend les publications périodiques. En regard de leur inscription une mention indique celles de ces publications qui ne paraissent plus ou celles dont l’envoi à la Société a été arrêté; quant aux périodiques en cours de publication, un registre spécial mentionne les fascicules dès leur arrivée et le registre inventaire, série C, ne porte, en ce qui les concerne, que l’indication des années ou volumes après qu’ils ont été complétés.
- Tous ces ouvrages portent un numéro d’ordre.
- Catalogues. — La bibliothèque possède deux catalogues établis sur fiches articulées, système Bonnange ; l’un est dressé par ordre alphabétique de noms d’auteurs, l’autre est disposé par ordre méthodique.
- Le catalogue alphabétique est complet, il est continuellement mis à jour au fur et à mesure de l’arrivée des livres nouveaux.
- D’après les instructions données au bibliothécaire par la Commission de surveillance, le catalogue méthodique des ouvrages de la bibliothèque a été com-
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- mencé. Les fiches minutes ont d’abord été classées et réparties dans un certain nombre de divisions et de subdivisions ainsi disposées :
- A. — Enseignement.
- A a Ouvrages servant à l’enseignement.
- Ab Éducation.
- A b 1 Traités d’éducation.
- Ab 2 Gymnastique.
- Ac Enseignement primaire.
- Ad Enseignement secondaire et supérieur. Ae Enseignement professionnel.
- Af Questions annexes relatives à l’enseignement.
- B. — Histoire et Géographie.
- B a Histoire.
- Ba 1 Traités d’histoire.
- Bai Notices biographiques et nécrologiques.
- Bb Géographie.
- B b 1 Traités de géographie.
- Bb 2 Voyages.
- G. — Politique et Législation.
- Ca Politique.
- G b Documents officiels.
- Cb 1 Documents officiels français.
- Cb 2 Documents officiels étrangers. Ce Droit. Jurisprudence.
- Ce 1 Droit.
- Ce 2 Jurisprudence.
- Cd Lois, ordonnances, décrets.
- Cd 1 Règlements généraux.
- Cd 2 Accidents du travail.
- Cd 3 Assistance publique.
- Maisons pénitentiaires.
- Ce Questions ouvrières.
- Travail des enfants.
- Cf Assurance. Secours mutuels.
- Prévoyance. Bienfaisance.
- D. — Commerce.
- Da Le commerce en général.
- Da 1 Traités généraux. Publications périodiques.
- Da 2 Le commerce en France.
- Da 3 Le commerce extérieur.
- Da 4 Le commerce à l’étranger.
- Db Colonies françaises.
- De Impôts. Douanes.
- Dd Brevets d’invention.
- De Chambres de commerce.
- Sociétés d’Encouragement du commerce. Df Statistique.
- Dg Comptabilité. Poids et mesures.
- Dh Finances. Crédit.
- Di Économie politique et sociale.
- E. — Industrie.
- Ea Traités généraux. Publications périodiques industrielles.
- Eb Expositions.
- Eb 1 Expositions diverses.
- Eb 2 Paris 1855.
- Eb 3 Londres, 1855, 1862, 1872.
- Eb 4 Paris, 1867.
- Eb 5 Paris, 1878.
- Eb 6 Paris, 1889.
- F. — Littérature.
- G. — Philosophie. Religion.
- H. — Sciences mathématiques.
- Ha Sciences en général.
- H b Arithmétique, algèbre.
- H c Analyse.
- Hd Géométrie, trigonométrie.
- He Astronomie.
- Nota. — Pour la mécanique rationnelle, voir en P c 1 les Arts mécaniques.
- I. — Sciences physiques.
- la Traités généraux.Publications périodiques. Ib Collections de Mémoires. le Élasticité. Capillarité.
- Id Chaleur.
- Idi Mémoires divers.
- Id 2 Thermodynamique.
- Id 3 Changement d’état des corps. le Optique.
- le 1 Mémoires divers. le 2 Spectroscopie.
- If Électricité.
- If 1 Traités généraux. Publications. If 2 Mémoires divers.
- If 3 Éclairage. Transport de la force. 1/4 Télégraphie.
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- Ig Acoustique.
- Ih Météorologie.
- Pour Y optique photographique voir en Q d
- Constructions et Beaux-Arts.
- J. — Chimie.
- Jet Traités généraux de chimie. Publications périodiques.
- J b Mémoires spéciaux.
- Jb 1 Théories de chimie.
- J b 2 Chimie minérale.
- Jb 3 Chimie organique.
- Je Chimie analytique.
- Jd Chimie industrielle.
- Je Chimie agricole.
- Jf Chimie biologique.
- Jg Mélanges. Sociétés.
- K. — Sciences naturelles.
- Ka Traités généraux d’histoire naturelle.
- Kb Géologie.
- Kc Minéralogie.
- Kd Zoologie.
- Kd 1 Mémoires divers.
- Kd 2 Ornithologie. Oiseaux.
- Kd 3 Entomologie. Insectes.
- Kd 4 Ichthyologie. Pêche.
- Ke Chasse. Vénerie.
- Kf Art vétérinaire.
- Kg Botanique.
- Kg 1 Traités généraux.
- Kg 2 Traités particuliers.
- Kg 3 Maladie des végétaux.
- L. — Agriculture.
- La Traités généraux.
- La 1 Ouvrages français.
- La 2 Ouvrages étrangers.
- Lb Engrais. Dessèchement.
- Irrigation. Drainage.
- Le Forêts. Reboisement.
- Ld Horticulture.
- Le Céréales.
- Lf Bestiaux. Élevage.
- Animaux utiles à l’agriculture.
- Lf 1 Mémoires divers.
- Lf 2 Hippologie.
- Lg Agriculture locale.
- Lh L’agriculture à l’étranger.
- Li Concours. Comices agricoles.
- Lj Économie agricole.
- Lk Cultures ou exploitations particulières. Lk 1 Culture de la vigne.
- Lk 2 Vers à soie.
- Lk 3 Plantes textiles.
- Lk 4 Abeilles. Ruches.
- Lk o Pommes de terre.
- Lk 6 Plantes oléifères.
- Lk 7 Betterave. Canne à sucre.
- Ll Machines agricoles.
- Lm Technologie agricole.
- M. — Sciences biologiques.
- Ma Médecine.
- Mb Physiologie.
- Mc Hygiène.
- Md Pharmacie.
- N. — Industries technologiques diverses.
- Na Traités généraux de technologie.
- N b Imprimerie, lithographie.
- Ne Filature. Tissage.
- Nd Distillation. Boissons fermentées.
- Ne Technologie du sucre.
- Nf Éclairage.
- Nf 1 L’éclairage en général.
- Nf 2 Éclairage au gaz.
- Ng Verres.. Poteries.
- Nh Teinture. Peinture. Vernis.
- Ni Meunerie. Boulangerie.
- Nj Chauffage. Ventilation.
- Nk Horlogerie. Bijouterie.
- NI Papeterie.
- Nm Technologie de l’habitation, de l’ameublement, du vêtement.
- Nn Cuisine.
- No Autres industries technologiques.
- Pour l’éclairage électrique, voir en 1^3 les Sciences physiques.
- Pour les impressions photographiques, voir
- en Qd Constructions et Beaux-Arts.
- O. — Sciences et industries minéralogiques.
- Oa Exploitation des mines.
- O a 1 Traités généraux.
- Oa 2 Houille. Houillères.
- O a 3 Grisou.
- O b Métallurgie.
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- P. — Sciences et industries mécaniques.
- Pa Hydraulique.
- P b Résistance des matériaux.
- P b 1 Traités généraux.
- P b 2 Expériences diverses.
- Pc Mécanique.
- Pci Mécanique rationnelle.
- Pc 2 Mécanique appliquée.
- Pc 3 Traités pratiques de mécanique. Pd Publications de mécanique.
- Établissements spéciaux.
- Pe Machines à vapeur.
- Pe 1 Traités généraux.
- Pe 2 Navigation à vapeur.
- Pe 3 Locomotives.
- Pf Moteurs à gaz et à air chaud.
- Pf 1 Moteurs à gaz.
- Pf 2 Moteurs à air chaud.
- P g Machines diverses.
- Q. — Constructions et Beaux-Arts.
- Qa Art de l’ingénieur.
- Qa 1 Traités généraux.
- Qa 2 Constructions métalliques.
- Qa 3 Construction des chemins de fer. Qa 4 Matériaux de construction.
- Qb Architecture.
- Qc Dessin. Peinture. Sculpture.
- Qd Photographie.
- Qe Musique.
- R. — Voies de communication. Transports.
- Ra Routes et chemins.
- Rb Chemins de fer.
- Rc Transports par eau.
- S. — Mélanges. Publications. Sociétés savantes.
- Sa Ouvrages français.
- S b Ouvrages anglais.
- Sc Ouvrages allemands.
- Sd Ouvrages italiens et espagnols.
- T. — Art militaire.
- La commission de surveillance ayant adopté cette classification, la copie des fiches minutes a été commencée. Ce nouveau catalogue méthodique sera semblable au catalogue alphabétique actuellement existant, c’est-à-dire qu’il sera aussi établi sur fiches articulées et casier système Bonnange.
- Ainsi qu’on le verra plus loin, les ouvrages qui composent les bibliothèques de la Société de chimie et de la Société française de physique sont à la disposition des lecteurs de la bibliothèque de la Société d’Encouragement. Afin de faciliter à ces lecteurs les recherches qu’ils peuvent avoir à faire dans ces ouvrages, les fiches correspondantes ont été faites et figurent dans le Catalogue méthodique. Les fiches relatives à la bibliothèque de la Société chimique ont été écrites à l’encre rouge, et celles qui se rapportent à la bibliothèque de la Société française de p hysique ont été écrites à l’encre bleue ; on peut donc facilementdis-tinguer ces ouvrages de ceux qui appartiennent la Société d’Encouragement et dont les fiches sont écrites à l’encre noire.
- En résumé, le catalogue méthodique contient aujourd’hui 4 329 fiches, ce sont :
- Fiches série A....................................................... 1784
- Fiches série B............................. 845
- Fiches des ouvrages delà Société chimique (encre rouge)................1347
- Fiches des ouvrages de la Société de physique (encre bleue)........... 353
- Total. ...................................................... 4329
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- Bibliothèques des Sociétés étrangères mises à la disposition des lecteurs. — A la suite d’une décision du Conseil delà Société chimique, approuvée parle Conseil de la Société d'Encouragement dans sa séance du 22 décembre 1890, les ouvrages appartenant àcette Société ontété confiés aux soins du bibliothécaire de la Société d’Encouragement.
- Ces ouvrages ont été transportés dans l’hôtel le 18 novembre 1890 et déposés dans un local particulier ; là ils ont été classés sur des rayons par ordre alphabétique. Leur nombre est aujourd’hui de 1 347.
- Cette bibliothèque comprend un certain nombre d’ouvrages de fond, de traités généraux que la Société d’Encouragement ne possédait pas : ils ont été fréquemment demandés par les lecteurs.
- Les ouvrages qui composent la bibliothèque de la Société française de physique ont été également mis à la disposition des lecteurs à la suite d’une convention passée le 22 février 1891 entre le président de la Société et M. le secrétaire général de la Société de physique.
- Ces ouvrages étaient depuis longtemps déposés dans les vitrines de la salle publique du rez-de-chaussée de l’hôtel de la Société, lis sont au nombre de 333.
- Ils ont été, comme les ouvrages de la Société chimique, souvent demandés et très appréciés. En somme, la faculté qu’ont actuellement les lecteurs de consulter les ouvrages appartenant à ces deux Sociétés, leur est très avantageuse et constitue un sérieux attrait pour la Bibliothèque.
- Reliures. — Six trains de livres ont été donnés à la reliure depuis le 1er janvier 1890.
- 1° Le 15 janvier 1890 un train comprenant 83 volumes.
- 2° Le 15 mars 1890 un train comprenant 18 volumes.
- 3° Le 15 juin 1890 un train comprenant 77 volumes.
- 4° Le 29 septembre 1890 un train comprenant 220 volumes
- 5° Le 12 février 1891 un train comprenant 97 volumes.
- 6° Le 10 juin 1891 un train comprenant 6 volumes.
- Le nombre total des volumes reliés depuis le 1er janvier 1890 jusqu’à ce jour s’élève donc à 501. La majeure partie de ces volumes appartiennent aux collections de périodiques français et étrangers qui constituent une partie importante de la bibliothèque de la Société.
- Il ne reste pl us àrelier actuellement d’ouvrages appartenant aux anciennes collections. Les trains dereliure ne seront désormais composés que des ouvrages courants.
- A la suite d’une décision du Conseil d’administration, les plans relatifs à l'hôtel de la Société ont été réunis sous forme d’un grand album dont la reliure a été particulièrement soignée et sont déposés à la bibliothèque.
- Les reliures ordinaires que reçoivent les livres de la bibliothèque sont des cartonnages ou des demi-reliures simples en maroquin ou en veau.
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- Disposition dos plaquettes dans les cartons classeurs. — Conformément à une décision de la Commission de surveillance, les paquets ficelés contenant les brochures minces ou plaquettes ont été défaits, et ces fascicules ont été repartis dans des cartons classeurs. Ces cartons sont de cinq dimensions variant depuis le format petit in-8° jusqu’au grand in-4°.
- Les plaquettes qui entrent à la bibliothèque sont également conservées dans ces cartons classeurs, elles y sont déposées au fur et à mesure de leur arrivée après avoir été timbrées, inscrites et pourvues d’un numéro d’ordre.
- Les plaquettes, au nombre de 2 462, remplissent aujourd’hui 114 cartons.
- Transport des ouvrages anciens et rarement demandés dans la galerie de la salle du rez-de-chaussée. — Les ouvrages antérieurs à 1820 et paraissant devoir être rarement demandés ont été descendus dans les vitrines de la galerie de la salle du rez-de-chaussée, afin de faire place aux ouvrages récents dans la Bibliothèque et de permettre une distribution plus commode pour le service.
- Les ouvrages ainsi descendus ont été préalablement inscrits dans le registre série A, ils ont été timbrés, étiquetés et leurs fiches ont été modifiées en conséquence de leur déplacement.
- Les ouvrages qui se trouvent actuellement dans les vitrines de la galerie de la salle du rez-de-chaussée sont au nombre de 793, correspondant à environ 2000 volumes.
- Déplacement et remplacement des volumes situés dans les vitrines de la grande salle. — Les ouvrages primitivement situés dans les vitrines de la grande salle ont été enlevés et remplacés par les volumes les mieux reliés de la bibliothèque. Ce changement était nécessité par l’aspect défectueux que présentaient ces ouvrages.
- Il a été prescrit par la Commission de surveillance, par dérogation exceptionnelle aux règles posées dans le rapport de M. le général Sebert, en vertu desquelles le classement actuel des ouvrages doit être regardé comme définitif.
- La plupart de ces ouvrages, d’une date fort ancienne, ont été descendus dans les vitrines de la galerie de la salle du rez-de-chaussée; les autres ont été mis à la place des volumes déplacés dans la bibliothèque. Les mentions correspondantes des fiches et des registres ont été modifiées pour tenir compte de ces changements.
- Deuxième partie. — 1° Fonctionnement de la Bibliothèque. Lecteurs.
- Le nombre des lecteurs a été constamment en augmentant depuis le 1er janvier 1890. Le tableau suivant donne le nombre total des lecteurs pour chacun des mois de l’année 1891 :
- Janvier .... 37 Avril 48
- Février .... 49 Mai 49
- Mars . . 33 Juin
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- Juillet .... 37 Octobre . . . . 109
- Août .... 60 Novembre .... . . . . 86
- Septembre. . . . .... 76 Décembre .... . . . . 104
- Pendant la première quinzaine du mois courant, on a pu compter plus de 70 lecteurs, ce résultat dépasse encore les moyennes de l’année passée et montre que le mouvement qui porte les gens d’étude à fréquenter la bibliothèque s’accentue de plus en plus.
- 2° Améliorations apportées au fonctionnement de la bibliothèque.
- Envoi de caries d’admission à la bibliothèque. — Il a été envoyé 280 cartes d’admission à la bibliothèque. Elles ont été adressées aux membres de diverses associations scientifiques.
- Bulletin de demande. — Afin de connaître le nom et l’adresse des lecteurs et de pouvoir ainsi retrouver l’auteur de dégradations qui auraient été faites aux ouvrages de la bibliothèque, il a été commandé des bulletins de demande d’un modèle uniforme. Ils ont été mis à la disposition des lecteurs à partir du 1er avril 1890.
- Eclairage de la salle. — L’éclairage de la salle fourni par le lustre central et les becs de gaz de la galerie étant insuffisant, les globes en verre dépoli du lustre ont été remplacés par des abat-jour en verre blanc. Cette modification a permis d’obtenir une lumière très satisfaisante ; elle a permis en outre de réaliser sur la dépense du gaz une notable économie en rendant inutile l’allumage des becs de gaz de la galerie.
- Demandes et propositions. — Les achats nécessaires au fonctionnement de la bibliothèque se font, en ce qui concerne la papeterie, les fiches et les registres, au fur et à mesure des besoins. Les dépenses sont notées sur un registre spécial et les factures sont présentées chaque mois à l’approbation du président de la Commission du Bulletin. Le matériel de la bibliothèque est satisfaisant dans les conditions du fonctionnement actuel.
- Achats d’ouvrages. — Depuis le 1er janvier 1890 il n’a été acheté que 35 ouvrages : grammaires et dictionnaires de langues étrangères. Le besoin se fait actuellement sentir de tenir la bibliothèque au courant des découvertes scientifiques et industrielles et de satisfaire les demandes des lecteurs qui sont de jour en jour plus nombreux. Une liste d’ouvrages, préparée dans ce but, a été soumise à l’examen de la Commission du Bulletin et des comités compétents.
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- Note sur un appareil a percer portatif de m. a. rotth, ingénieur-mécanicien A MAGDEBOURG, PAR M. A. TRESCA, MEMBRE DU CONSEIL.
- Un grand nombre de machines à percer portatives, à mouvements de rotation discontinu, ont été proposées et sont entrées dans la pratique industrielle. Ces appareils de petite dimension sont ordinairement mis en mouvement par un archet ou par une vis à pas allongé qui tourne dans un écrou que Ton déplace à la main, de manière à produire le mouvement de rotation dans le sens voulu pour obtenir la coupe du métal, et un mouvement de rotation en sens inverse, entièrement perdu au point de vue de l’effet utile de l’appareil, pour ramener les différents organes de manœuvre dans leur position primitive.
- Il se produit, pendant cette seconde rotation, un frottement du taillant de l’outil sur la matière à percer qui a pour effet d’user ce taillant, et d’obliger, par conséquent, de recourir plus fréquemment à un nouvel affûtage de la mèche.
- Quelquefois, à l’aide de roues à rochets et de cliquets, on a cherché à éviter cet inconvénient, et la disposition imaginée par M. Rotth, ingénieur mécanicien, àMagdebourg, rentre dans cette catégorie, avec cette différence, par rapport aux appareils existants, qu’un volant relativement puissant, étant données les petites dimensions de l’appareil, emmagasine un travail mécanique suffisant pour faire tourner la mèche, d’une manière continue, en se servant d’un mouvement intermittent donné, à certaines parties de l’instrument, par l’homme chargé de la manœuvre.
- L’encliquetage employé par M. Rotth dérive de la disposition originale de Dobs, connue sous le nom d’encliquetage sans bruit, et qui repose, en principe, sur l’emploi d’une came qui vient coincer avec une surface cylindrique, dans le sens de la marche utile, pour donner à la poulie ou volant l’impulsion nécessaire, et qui se dégage instantanément lorsque le mouvement des organes moteurs change de sens.
- La machine à percer de M. Rotth se compose (fîg. 1) d’un axe R portant, à Tune de ses extrémités, la mèche A, et se terminant, à l’autre bout, par une pointe R' s’engageant dans la conscience, portée par l’ouvrier, et qui permet de diriger la mèche et, en même temps, de donner la pression à
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- l’outil. Vers l’extrémité 13' est fixé, sur cet axe, un volant V, portant un évidement circulaire R.
- Un tulie en cuivre 11, de grande longueur, entoure cet axe, et peut tourner indépendamment de R, dans un sens ou dans l’autre. Le mouvement de rotation lui est communiqué au moyen d’un double levier S actionné parl’ouvrierqui, avecsesdeux mains, cherche à l’éloigner de la pointe de l’outil, en l’amenant dans une position S', parallèle à la première. Un ressort, comprimé lors de ce déplacement de S vers S', agit, à son tour, en se détendant, pour ramener le double levier S dans sa position primitive.
- Enfin, deux cordes C, G' sont attachées en deux points diamétralement opposés d’une rondelle h, fixée à H, entourent le tube H, en s’y enroulant, puis viennent se fixer aux extrémités du levier S.
- Le mouvement du levier S dans le sens des flèches, fig. 1, vers la position limite S', aura donc pour effet de faire tourner le tube H sur lui-même, par suite du déroulement des cordes C, C'; le retour du même levier, sous l’action du ressort, produira l’effet inverse, et les cordes C, C' s’enrouleront, à nouveau, sur le tube H qui tournera en sens inverse du précédent mouvement.
- Pour donner un mouvement de rotation continu à l’outil, au moyen d’un
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- mouvement de rotation de II, dans un sens ou dans l’autre, ce tube porte, à l’autre extrémité, une douille à', sur laquelle se trouve disposé, en h, le point d’articulation d’une came K, dont l’extrémité vient s’appuyer sur la partie cylindrique creuse, R, du volant Y, par l’intermédiaire d’une garniture de cuir.
- Si le tube H tourne dans le sens de la flèche, la came sera entraînée dans la même direction, et il y aura coincement de la came et du volant, qui sera entraîné, ainsi que l’arbre B, et l’outil A, dans le même mouvement de rotation. Si le tube H vient à tourner en sens inverse, la came K abandonne immédiatement le volant Y, qui est libre de continuer son mouvement, en raison de sa vitesse acquise, jusqu’à ce qu’une nouvelle rotation de H, en sens inverse, vienne amener, à nouveau, le coincement de la came K avec la partie cylindrique R du volant V, donnant ainsi une nouvelle impulsion au volant V et, par suite, à l’axe B et à l’outil A. Il est peut-être utile d’ajouter que l’appareil peut être disposé de manière que l’homme puisse agir en exerçant son effort vers l’outil, c’est à tirer en poussant, au lieu de tirer, comme dans la disposition qui vient d’être décrite, et qu’un appareil, de plus petites dimensions, peut être construit de manière à produire le déplacement du levier, à l’aide d’une main seulement, comme le représente la fig. 2, lorsque l’on veut constituer un appareil très portatif.
- Le principe sur lequel reposent ces différentes dispositions est toujours le même et la figure 1 rend suffisamment compte de leur mode de fonctionnement.
- Fig. 2. — Mode d’emploi du perforateur Rotth.
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- BIOGRAPHIE
- Notice biographique sur le colonel Goulier, par M. G. delà Noé, colonel du génie.
- Goulier (Charles-Moyse) naquit à Richelieu, le 31 janvier 1818. D’une famille peu fortunée, il dut à sa vive intelligence d’être remarqué par ses professeurs, qui engagèrent ses parents à faire quelques sacrifices pour le préparer à l’Ecole polytechnique, où il fut admis en 1836. Quatre ans plus tard, il sortait de l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie, le premier de sa promotion, pour servir comme lieutenant du génie dans le 3e régiment de cette arme. Presque aussitôt, il était détaché avec sa compagnie aux travaux de fortifications de Paris. C’est là qu’il commença à montrer ses aptitudes pour la topographie, ce qui lui valut d’être nommé, dès 1844, professeur de géodésie et de topographie à l’Ecole d’application, fonctions qu’il exerça jusqu’en 1875. Dans cet intervalle, survint Ja guerre de 1870-1871. Bloqué dans Metz, il prit alors une part active à l’organisation des ballons et installa sur les tours de la Cathédrale un poste d’où il observait les mouvements et les travaux de l’ennemi. Après la reddition de la place, il reçut la pénible mission de livrer aux Allemands tout le matériel de l’école.
- Sa mission terminée, il demanda à l’officier étranger sous la surveillance duquel on l’avait placé, ce qu'il lui restait à faire : ;< Allez au diable! » lui fut-il brutalement répondu. Se jugeant suffiamment dégagé par cette réponse, il ne songea plus qu’à rejoindre l’un des corps d’armée où l’on se battait encore. Un travestissement lui permit de franchir les lignes prussiennes et de gagner le Luxembourg. Quelques jours après,nous le retrouvons chef d’état-major du génie à l’armée du Nord; il remplit ensuite les mômes fonctions à l’armée de Cherbourg, où il dirigea les travaux de protection élevés dans cette région. Dans ces diverses situations, il refusa le grade de colonel que lui offrait le Gouvernement de la Défense nationale, estimant qu’il ne pouvait accepter un avancement au détriment de ses camarades détenus en Allemagne, plus anciens et moins heureux que lui.
- Lorsque, quelques mois plus tard, l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie fut reconstituée à Fontainebleau, il y reprit ses fonctions de professeur. L’outillage topographique était à reconstituer en entier. Il profita de cette occasion favorable pour apporter aux modèles anciens tous les perfectionnements que lui avait enseignés sa longue expérience ; en même temps, il en créait de nouveaux.
- Pendant son séjour à l’École d’application, il avait été nommé successivement chef de bataillon en 1862 (après dix-neuf ans de grade de capitaine!), lieutenant-colonel le 24 juin 1870. Il avait reçu, en 1857, la croix de chevalier de la Légion d’honneur et, en 1867, celle d’officier. Ce fut seulement alors qu’il était à la retraite que, par une justice tardive, il reçut la croix de commandeur.
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- Nommé colonel en 1875, il dut, non sans regrets, quitter l’École d’application. Après avoir rempli pendant quelques mois les fonctions de directeur du génie à Marseille, il fut enfin appelé au Dépôt des fortifications à Paris. C’est là que la limite d’âge vint l’atteindre. Mais, pour ne pas se priver des services exceptionnels que lui seul était capable de rendre, le Ministre de la guerre créa en sa faveur l’emploi civil de conservateur du Dépôt central des instruments de précision du service du génie, qu’il occupa jusqu’à sa mort, survenue le 14 mars 1891.
- Cette dernière période de sa carrière ne fut pas la moins fructueuse. Dégagé des préoccupations courantes du service actif, disposant d’un atelier de construction où il pouvait réaliser facilement et à peu de frais ses conceptions, il se livra à des expériences et à des études nouvelles qui lui permirent de créer de nouveaux instruments et d’apporter aux anciens des améliorations importantes.
- Sa présence à Paris lui valut d’être appelé à faire partie de diverses commissions, ce qui lui donna de nouvelles occasions de montrer et d’exercer ses qualités exceptionnelles. C’est ainsi que dans la commission du nivellement de la France, il prit une part des plus actives et souvent la part prépondérante dans la discussion des méthodes et dans le choix des instruments. A cette occasion, il imagina, après avoir fait une étude critique des plus ingénieuses sur les causes d’erreur du nivellement Bourdaloue et démontré le défaut d’étalonnage des mires de cet opérateur éminent et même les habitudes et presque le caractère de chacun de ses aides, les mires de précision dont l’emploi assura le succès de cette vaste entreprise. De même dans le sein de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, il se distingua par ses rapports, toujours étudiés avec la conscience extrême qu’il apportait en toutes choses et toujours féconds en aperçus nouveaux.
- En même temps, il était devenu le guide et souvent l’inspirateur des constructeurs et des inventeurs qui venaient en nombre réclamer ses conseils, sùr de trouver chez lui une critique impartiale, un jugement infaillible, accompagnés d’une bonne volonté inaltérables.
- Les savants mêmes avaient recours à ses lumières.
- Il avait donc enfin trouvé le théâtre qui convenait à ses vastes aptitudes, mais trop tard, hélas ! pour obtenir de son vivant l’entière justice due à son mérite exceptionnel :
- La liste des instruments que nous devons au colonel Goulier est trop longue pour la donner ici tout entière ; d’ailleurs, en ne citant que ceux dont il consentait à accepter la paternité, notre liste ne serait pas complète car il en a inspiré un grand nombre dont il a laissé à d’autres le mérite. Nous nous contenterons de citer les plus remarquables et, sans les décrire, nous signalerons, en passant, les principaux avantages qu’ils réalisent, afin de faire connaître, du moins dans une certaine mesure, les vues qui dirigeaient le colonel dans ce genre de recherches.
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- Parmi les instruments destinés aux levers à grande échelle, nous trouvons:
- Deux modèles d'équerre à prismes. Instruments qui permettent d’opérer plus rapidement qu’avec l’équerre d’arpenteur, parce qu’ils se tiennent à la main, et qui ont sur l’équerre à miroirs l’avantage de ne jamais se dérégler.
- L'alidade à lunette. Les dispositions des pièces de cet instrument permettent de le construire avec une précision telle que l’on évite l’emploi de vis de rectifications dont, à tort, on complique souvent les alidades. Un niveau sphérique, dont le verre a un rayon de courbure de ()m,50, permet de faire le calage de la planchette avec une précision suffisante.
- La boussole nivelante, dite du génie. Elle réalise entre autres sur les anciennes boussoles les avantages suivants : le contrepoids est supprimé, ce qui la rend plus légère sans exclure la solidité : une bascule automatique y garantit la sensibilité de l’aiguille, malgré les négligences de ïopérateur. Un niveau à jambes, que l’on peut fixer sur la lunette, permet de faire le nivellement direct avec la mire et d’obtenir alors cinq fois plus d’exactitude qu’en calculant les différences de niveau en fonction des pentes et des distances.
- Le tachéomètre portatif du génie, instrument de petites dimensions, qui est débarrassé de toutes les vis de rappel dont on peut se passer, et qui, dans l’emploi, est beaucoup plus commode et au moins aussi précis que les énormes instruments que l’on avait exécutés auparavant sous le même nom. Ces avantages sont réalisés principalement par l’emploi d’une lunette anallatique spéciale étudiée par le colonel. Il avait dans les questions d’optique une compétence exceptionnelle. Les constructeurs et les topographes de métier devront lire et méditer les pages qu’il a consacrées, dans ses Etudes sur les levers topométriques, aux lunettes d’instrument. Ils y trouveront en particulier la description complète d’un nouvel oculaire, qui mériterait de conserver le nom du colonel, au même titre que les oculaires de Ramsden et de Huygens, auxquels il est supérieur par quelques dispositions spéciales.
- Dans ce tachéomètre on s’est contenté d’une lunette grossissant 12 fois ; mais le grossissement est suffisant, parce qu’il permet de rayonner jusqu’à une centaine de mètres, tandis que, si on dépassait cette limite, on perdrait du temps et on s’exposerait à des fautes nombreuses.
- Par le retournement de la lunette, on vérifie facilement Vinstrument ou bien on compense ses défauts de rectification. L’aiguille du déclinatoire est assez petite et assez légère pour se passer de bascule; cependant, grâce à l’amplification produite par un oculaire, elle orien te aussi exactement qu’une grande aiguille dont on consulterait les deux pointes.
- Le tachéomètre Goulier, avec éclimètre prompt calculateur, dans lequel, à la division en grades ou centigrades de l’éclimèlre, on a substitué une division dont la graduation donne le facteur par lequel il faut multiplier la distance lue sur
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- une stadia verticale, pour obtenir la différence de niveau des deux stations par un calcul plus simple que dans le procédé ordinaire.
- Le tachéomètre à grandes portées, terminé seulement postérieurement à la mort du colonel. Son bâti est le même que celui du tachéomètre du génie; mais les dimensions linéaires ont été augmentées de façon à permettre l’emploi d’une plus forte lunette. Grâce au double objectif dont elle est munie, elle grossit 30 fois, et cependant sa longueur est assez réduite pour que les retournements nécessaires puissent se faire sans une augmentation trop considérable du poids et du volume de l’instrument.
- L’euthymètre. C’est le complément du tachéomètre. La stadia peut être disposée perpendiculairement au rayon visuel de l’observateur et, à volonté, soit dans le sens horizontal, soit dans le plan vertical de visée, ce qui évite les inconvénients de la stadia verticale.
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- La règle ci calcul du topographe. Tout en n’ayant qu’une longueur de 0m,25 elle donne la même précision que les règles de 0m,50, dites du tachéomètre ; cette précision est double de celle des règles à calcul ordinaires. La disposition des échelles facilite beaucoup les calculs.
- Échelles de projection et de réduction à l'horizon. Lorsqu’il s’agit de porter sur un plan les longueurs mesurées sur le terrain, les échelles graphiques sont, dans le plus grand nombre des cas, suffisantes et donnent des résultats aussiexacts que ceux que l’on obtiendrait en calculant numériquementlaprojection delà longueur mesurée ou lue, et en construisant ensuite cette projection sur le plan avec le double décimètre divisé.
- Le niveau à collimateur. Il est avec le niveau d’eau le seul instrument de nivellement qui n'exige pas de rectification; mais il a sur lui divers avantages : son volume est infiniment moindre; il est soustrait à l’action du vent; son emploi est assez facile pour n’exiger aucun apprentissage; avec lui la rapidité et l’exactitude des opérations sont 3 à 4 fois plus grandes.
- Quatre mires parlantes. Elles présentent sur les mires parlantes ordinaires du commerce divers avantages dont le principal, outre leur légèreté, est le suivant: Les formes des chiffres, leurs dispositions ont été étudiées pour produire le maximum de visibilité, eu égard à la largeur de la mire, et pour faire éviter les fautes de lecture: en effet, les dimensions des chiffres sont choisies de telle sorte qu’z’/.s cessent d'être lisibles à la distance à laquelle on ne peut plus fractionner suffisamment les divisions; l’opérateur est donc forcé de se tenir dans les limites au delà desquelles l’emploi de la mire n’est plus exact!
- Parmi les instruments pour les levers à petite échelle, nous citerons:
- Le petit déclinatoire, construit pour les levers à 1/5 000° et aux échelles plus petites; nous en avons déjà parlé.
- Les alidades nivellalrices simples et àrallonges, avec lesquelles la visée estsure,
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- parce que, pendant qu’on la fait, on n’est pas exposé à déranger le calage, comme il arrive avec les instruments auxquels il faut toucher pendant la visée.
- La règle à éclimètre. Sa lunette coudée rend l’observation plus facile, puisque cet instrument repose sur une planchette qui, devant servir à dessiner sur le terrain, ne peut être montée sur un pied élevé. Cette disposition permet en outre de placer le viseur de telle sorte que les pentes peuvent être mesurées dans une amplitude beaucoup plus grande qu’avec les alidades ordinaires. Un limbe denté permet de faire varier la position de la lunette de 5 en 5 grades, et c’est à l’aide d’une échelle micrométrique (image photographique), placée au foyer de la lunette, qu’on lit les fractions de 5 grades complémentaires. On évite ainsi l’emploi de vis de rappel pendant la visée et l’on ne risque pas, par conséquent, de déranger le calage en faisant cette opération.
- Validade holométrique, instrument analogue au précédent ; mais ayant une portée et une précision plus grandes. Diverses dispositions très ingénieuses mériteraient d’être signalées. C’est le dernier instrument imaginé par le colonel, qui s’en occupait encore l’avant-veille de sa mort. Il comble la lacune regrettable qui existait jusqu’à ce jour dans le matériel des levers précis à une petite échelle.
- Parmi les instruments de reconnaissance, nous trouvons :
- La boussole de batterie, adoptée par l’artillerie française,
- La boussole Burnier, qui diffère des boussoles Burnier du commerce par des dispositions essentielles, ce qui n’a pas empêché le colonel de lui conserver le nom du premier inventeur.
- Le niveau-lyre, niveau à collimateur, portatif, à rectification permanente et d’un emploi très commode.
- Le clisimètre à collimateur, le plus commode et le plus exact des clisimètres portatifs (1).
- Le clisimètre simple et le clisimètre associé à la boussole Hossard.
- Le baromètre orométrique et le baromètre altimétrique, qui dispensent de l’usage des tables de Laplace.
- Jm longue-vue stadimétrique, qui peut être rendue immobile pour la visée, grâce à une vrille qui permet de la fixer à un arbre, un poteau, etc. Dans ces conditions, la portée de la vue est multipliée par 15, tandis qu’elle ne le serait que par 6, si l’instrument était tenu à la main.
- Un micromètre sur verre, placé au foyer, donne les grandeurs apparentes des objets et un abaque gravé sur le corps de la lunette donne les distances en fonction de ces grandeurs apparentes et des grandeurs réelles.
- Parmi les instruments divers, nous nous contenterons de citer :
- Le tèlomètre à prismes, adopté par le service de l’artillerie pour la détermi-
- (i) Il n’ existe qu’un modèle de cet instrument, qui mériterait cependant d’être répandu et mis à la disposition des topographes.
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- nation rapide des distances. L’appareil est utilement applicable jusqu’à 4 000 mètres. Il est invariable et n'a jamais besoin d'un réglage. Il est d’un transport facile : il se loge dans un sac qu’un homme peut porter à cheval.
- Le colonel a laissé inachevé un télomètre pour batterie de côtes, extrêmement ingénieux. Le modèle est cependant assez complet, et tout fait espérer qu’il sera possible de procéder à sa construction définitive.
- Des lunettes de divers modèles, soit pour le service du génie dans les places, soit pour les états-majors, réunissant toutes les qualités de clarté, de légèreté, de grossissement et de facilité d’emploi qu’on peut réclamer de ces instruments.
- La chambre claire à 'planchette inclinée, qui a sur les chambres claires de Wollaston, telles qu’on les construit en France, l’avantage de pouvoir être employées en pleine lumière et non pas seulement dans les intérieurs sombres. L’inclinaison donnée à la planchette diminue considérablement la fatigue que l’on éprouve avec les chambres claires ordinaires, lesquelles obligent à dessiner sur un plan horizontal. Des dispositions' spéciales détruisent la parallaxe optique et évitent les éclipses alternatives du crayon et de l’objet que produisent, avec les autres chambres, les oscillations involontaires de la tête.
- La chambre claire mégaloptique, à planchette inclinée. Instrument analogue au précédent, maispermettantd’obtenirlesvuesavec un grossissement de quatre fois.
- Cette liste, déjà longue, ne contient cependant que les instruments les plus importants inventés par le colonel Goulier. Telle qu’elle est, elle donnera toutefois une idée de sa fécondité extraordinaire. Elle n’en montrera pas suffisamment, à notre gré, toute l’ingéniosité et toute l’originalité. Mais en entrant ici dans des détails trop techniques et trop minutieux, nous craindrions de nuire à notre sujet.
- Pour combler cette lacune, on devra recourir à la lecture des écrits du colonel. Malheureusement, on n’y trouvera pas encore toute sa pensée. Mais il sera possible, nous l’espérons, de publier un jour une partie des nombreuses notes qu’il a laissées. C’est un devoir pieux que ses plus fidèles élèves auront à cœur de remplir, afin d’empêcher que le fruit de sa grande expérience et de son grand savoir soit à jamais perdu pour la science.
- Enfin, nous rappellerons que c’est à lui qu’appartient la découverte de l’astigmatisme de l’œil et des moyens d’y remédier (1), découverte considérable par ses résultats, puisqu’elle a permis de corriger un défaut de conformation très fréquent. A ce titre, le colonel Goulier doit être placé au nombre des bienfaiteurs de l’humanité.
- Dans l’examen rapide qu’on vient de lire, trop rapide en comparaison de
- (1) Pii cacheté adressé en 1852 à l’Académie des sciences par le colonel Goulier et ouvert dans la séance du 7 août 1865. Voir Comptes rendus de VAcadémie des sciences, 1865, t. LXI,
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- 1 [importance de l’œuvre que nous analysons, nous avons eu plusieurs fois l’occasion de faire ressortir quelques-unes des qualités intellectuelles et morales du colonel Goulier ; mais ces échappées ne suffisent pas, et pour faire connaître l’homme après avoir surtout montré le savant, quelques mots sont encore nécessaires.
- Ceux qui l’ont connu n’oublieront jamais sa figure si vivante, son regard intelligent et scrutateur, son air toujours aimable et souriant, son allure alerte, image de la vivacité de son esprit. Ils témoigneront, comme nous, de sa patience à toute épreuve et de sa parfaite égalité d’humeur que n’altérèrent jamais, grâce à son extrême modestie, les déboires inséparables de toute carrière. Sa nomination comme professeur à l’Ecole d’application avait été un bonheur pour la topographie ; mais non pas pour sa carrière militaire, non plus que pour sa carrière scientifique. Car, nul doute que s’il avait été appelé à exercer ses facultés exceptionnelles sur un plus vaste théâtre, il eût obtenu des succès beaucoup plus retentissants et beaucoup plus flatteurs pour lui. Son esprit était, en effet, ouvert à toutes les connaissances et il aurait apporté dans l’étude des autres parties de la science le môme génie d’observation et d’invention qu’il a mis au service de la topographie.
- Cependant il n’a jamais songé à se plaindre, et il n’a jamais brigué ces honneurs qui sont aux yeux de beaucoup de savants le couronnement envié et le but de leur carrière, honneurs auxquels il était pourtant en droit de prétendre. C’est qu’il n’avait qu’une passion, la science, à laquelle il a tout sacrifié, même sa santé, et qu’il ne recherchait qu’une récompense, la satisfaction du devoir accompli.
- Curieux de tout savoir, il savait bien tout ce qu’il avait appris et il était pour tous ceux qui le consultaient un guide sûr et parfait, même dans les questions qui ne faisaient pas l’objet habituel de ses études.
- Il accueillait tous les inventeurs avec une bienveillance extrême, interrompant sans hésiter ses propres travaux pour les écouter et leur venir en aide, et il lui est arrivé bien souvent de rendre réalisable une invention qu’on lui avait présentée informe, en laissant cependant à l’inventeur le mérite de la paternité. C’était encore une manière à lui d’être charitable.
- Avec son esprit pratique et alerte, doué d’ailleurs d’une grande habileté manuelle (l),ilavait étudié méthodiquementles procédés mêmes de construction et de fabrication et il a été, par la connaissance approfondie qu’il avait de ces questions, la providence de nombreux constructeurs, dont il a souvent fait la situation et parfois la fortune, sans avoir jamais cherché à tirer un profit pécuniaire de ses inventions.
- Honnête et consciencieux à l’extrême, il réalisait mieux que personne la con-
- (I) A dix ans, il avait démonté et remonté sa montre, faisant preuve d’une adresse et d’un esprit d’observation et de méthode bien rares à pareil âge.
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- dition que réclamait le commandant Clerc, dont il se plaisait à rappeler le propos : « Pour être bon topographe, avant tout, il faut être honnête homme. »
- Il était d’une bonté touchante. N’ayant jamais eu le temps de se marier, comme il le disait plaisamment, il avait reporté toute son affection sur quelques-uns de ses plus anciens et plus fidèles élèves, dont il n’oubliait jamais de combler les enfants d’étrennes au commencement de chaque nouvelle année.
- Extrêmement hospitalier et charitable, il ouvrait sa bourse à toutes les misères et à toutes les œuvres utiles, et nul ne saurait mesurer tout le bien qu’il a fait, le hasard seul en ayant décelé parfois les traces à ses amis.
- Lorsque, deux années avant sa mort, il éprouva les premières atteintes du mal auquel il devait succomber, il se mit à étudier sa maladie avec le même esprit de méthode qu’il apportait en toutes choses et le même désir de savoir qu’il avait montré pendant toute son existence, et il prédit alors lui-même l’époque de sa mort. Ici encore, la sûreté de son jugement ne lui fit pas défaut, comme s’il s’était agi d’une observation ordinaire, d’un fait qui ne le touchait pas directement et non d’un événement en présence duquel tant d’autres aiment à se faire illusion. Aussi a-t-il vu venir la mort avec une sérénité admirable.
- Quelques jours avant qu’elle vînt le frapper, alité déjà depuis plusieurs semaines, il avait réuni autour de lui quelques-uns de ses fidèles ; il s’agissait d’une modification à son testament. Après avoir, du ton le plus calme, dicté ses dernières volontés, il nous appela successivement auprès de lui pour nous remercier et nous serrer la main. C’était bien un adieu qu’il nous faisait dans sa pensée et nous étions tous émus jusqu’aux larmes. Seul, il gardait le calme et la sûreté de sa parole. Dans les jours qui suivirent, ses forces allèrent toujours en déclinant, mais il conservait encore toute la netteté de sa grande intelligence et sa fermeté d’âme. Dans les visites fréquentes que nous lui faisions, il discourait sans cesse avec nous de ses chères études ; l’avant-veille môme de sa mort, il se préoccupait encore d’une disposition à donner au dernier instrument qu’il faisait construire. Comme, en le quittant, nous lui donnions quelques paroles d’espoir, il nous répondit simplement: « Il n’y a plus rien à faire », et cela d’un ton si calme que nous crûmes avoir mal compris.
- Cette sérénité parfaite, il l’a conservée jusqu’au moment où l’agonie vint s’emparer de lui. Aussi, quand nous pensons à cette tranquillité admirable devant la mort, à cette fin si digne de sa belle existence, nous répétons ces paroles par lesquelles Platon termine le récit de la mort de Socrate: « Voilà quelle fut la fin de l’homme, nous pouvons le dire, qui a été le meilleur des hommes que nous avons connus de notre temps, le plus sage d’ailleurs et leplus juste des hommes. »
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- CONFÉRENCE SUR LES APPLICATIONS INDUSTRIELLES DE l’ÉLECTRICITÉ PAR M. HIPPOLYTE FONTAINE (l).
- Les applications des courants électriques se développent considérablement; elles pénètrent petit à petit dans toutes les branches de l’industrie, et, considérées dans leur ensemble, elles constituent actuellement une des plus grandes manifestations de l’activité humaine.
- A la suite de l’Exposition internationale d’électricité de 1881, je fis une conférence sur les applications industrielles de l’électricité et je me souviens avoir été fort embarrassé pour justifier ce titre, car, en dehors de la télégraphie et à part quelques installations concernant l’éclairage, le transport des forces, la galvanoplastie, il n’existait rien de bien saillant à signaler. Je ne pus que décrire les générateurs produisant le courant et quelques appareils et mécanismes servant à l’utiliser; puis, ne pouvant parler du présent trop pauvre en applications industrielles, je parlai de l’avenir réservé à toutes les belles inventions qu’on venait d’admirer au Palais de l’Industrie.
- Aujourd’hui, j’éprouve un embarras contraire; les applications sont devenues tellement nombreuses que j’ai peur d’en oublier, même parmi les plus intéressantes. Mais, quelles que soient les omissions que je puisse involontairement faire, j’ai cependant la conviction de vous démontrer que, selon l’expression imagée du général Sebert, l’électricité est prête à mettre la main sur le monde entier.
- Avant d’entrer en matière, je dois rendre hommage aux auteurs des grandes inventions auxquelles sont principalement dus les immenses progrès accomplis récemment dans le domaine de l’électricité industrielle. Je veux parler du téléphone, de la dynamo et de la lampe à incandescence.
- Le téléphone articulant de Graham Bell est d’une simplicité admirable, d’un fonctionnement parfait et d’un usage universel. Sir William Thomson l’appelle la merveille des merveilles, parce que c’est l’appareil qui fait le plus d’honneur au génie inventif de l’homme. La France a décerné à Graham Bell le prix Yolta, suprême récompense destinée aux découvertes comparables à celles du paratonnerre et de la pile électrique. Aucune invention n’a eu, comme je l’expliquerai plus loin, un succès aussi rapide, aussi colossal.
- La dynamo, due à Gramme, simple ouvrier menuisier, était moins inattendue que le téléphone ; j’entends, par là, qu’elle procédait davantage d’appareils à l’état
- (d) Conférence faite à la Société d’Encouragement le d3 mai 1892.
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- embryonnaire ; elle a aussi moins de portée scientifique; mais, au point de vue industriel où je me place, elle a encore plus de conséquences, elle a remué plus d’intelligences, suscité plus d’inventions, permis de résoudre plus de problèmes. M. Mascart a très bien caractérisé l’œuvre magistrale de Gramme quand il a dit:
- « La découverte de Volta était restée dans le laboratoire, les applications industrielles en étaient très limitées, malgré tant d’efforts et toutes les espérances qu’avaient fait naître les travaux de Faraday. Depuis les travaux de M. Gramme, l’électricité a sa place marquée dans l’industrie à côté de la vapeur. »
- Le prix Yolta a été décerné à M. Gramme en 1888.
- La Société d’Encouragement n’avait pas attendu cette consécration pour reconnaître les mérites de l’inventeur, et dès 1873, elle accordait à Gramme une des principales récompenses dont elle dispose. En 1890, elle lui a décernée une grande médaille à l’effigie d’Ampère.
- Les belles et nombreuses inventions d’Edison ont rendu son nom populaire dans le monde entier; mais, c’est surtout sa lampe à incandescence qui le place, dès maintenant, au rang des bienfaiteurs de l’humanité. L’invention de cette lampe marque dans l’histoire de l’électricité une date mémorable, car c’est elle seule qui a permis à l’éclairage électrique de pénétrer dans tous les locaux publics ou privés. La bougie Jablochkoff avait fait faire un premier pas à la question : la lampe Edison a résolu complètement le problème de la division de la lumière électrique et lui a donné une très rapide extension. On pourrait presque dire que, sans elle, il n’y a pas d’éclairage électrique possible dans les habitations.
- Il me faut aussi vous dire quelques mots d’une invention remarquable qui n’en est encore qu’à ses débuts industriels, mais qui est appelée à un avenir très brillant ; je veux parler de l’accumulateur, inventé par Gaston Planté et perfectionné par Camille Faure, deux Français.
- L’accumulateur remplit, dans l’industrie électrique, le même rôle que le gazomètre dans l’industrie du gaz. Il permet de transporter facilement une certaine quantité de courant et de l’utiliser loin de la source de production. Il peut aussi régulariser le débit des moteurs qui actionnent les dynamos et rendre l’utilisation de ces moteurs plus complète et plus économique.
- Celte justice rendue aux grands inventeurs électriciens, j’aborde les applications.
- Je commencerai par vous dire quelques mots des applications concernant la médecine et l’hygiène; ce n’est guère industriel, mais la santé est chose si précieuse que je puis bien faire une exception en sa faveur. Je ne vous donnerai d’ailleurs que des renseignements généraux très concis.
- Les procédés anciens basés sur l’action thérapeutique de l’électricité statique sont encore en usage de nos jours, mais ils sont sujets à contestation et, malgré qu’on cite à leur actif de nombreux cas de guérison, ils tendent à disparaître faute Tome Vit. — 91e année. 4e série. — Septembre 4 892. 78
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- de méthode rationnelle et d’explications théoriques admissibles. Les courants voltaïques sont seuls préconisés aujourd’hui par presque tous les médecins ayant adopté le traitement électrique. On emploie ces courants de diverses manières et à des doses très différentes, suivant le mal qu’il faut combattre. Les courants continus agissent surtout par l’électrolyse des liquides organiques; si les rhéo-phores qu’on introduit dans le corps sont insolubles, les produits de la décomposition se localisent aux pôles : les acides au pôle positif, les bases au pôle négatif, et forment de véritables cautères chimiques. Si les rhéophores sont solubles, il se forme des composés variables avec la nature de ces rhéophores qui agissent par leur action propre. Si, par exemple, on se sert de rhéophores en cuivre, il se forme de l’oxychlorure de cuivre ; dans ce cas, le tissu n’est ni cautérisé ni desséché. L’action électrique est indirecte; elle ne fait que créer surplace une petite quantité d’agents chimiques qui opèrent ensuite. Si on voulait résoudre une tumeur d’un certain volume parle courant lui-même, l’intensité de ce courant ne dépassant pas quelques milliampères, il faudrait plusieurs mois consécutifs de traitement, un milliampère ne pouvant décomposer, théoriquement, que 7 milligrammes d’eau en vingt-quatre heures, alors que quelques minutes suffisent souvent pour amener une cautérisation efficace.
- Les courants alternatifs agissent d’une façon toute différente: au lieu de produire une action chimique, ils déterminent une excitation mécanique du système nerveux ou musculaire, dont le principal effet est d’augmenter la nutrition dans une proportion considérable.
- M. d’Arsonval, auquel nous devons l’étude de ce phénomène, a montré qu’avec des courants de forme sinusoïdale, à période très lente, incapables de provoquer aucune contraction musculaire ni aucune douleur, on pouvait doubler la quantité d’oxygène absorbée en un temps donné, par suite d’une nutrition plus intense.
- Au point de vue de l’hygiène, je signalerai :
- 1° L’épuration des eaux potables par l’électricité ; épuration basée sur le pouvoir réducteur de l’oxyde de fer vis-à-vis des matières organiques : l’eau à traiter passe dans un filtre électrolyseur ayant des cathodes en charbon et des anodes en fer; le courant décompose une petite quantité d’eau, l’oxygène attaque le fer et l’oxyde de fer est éliminé avec les matières organiques.
- 2° La désinfection des eaux d’égout basée, soit sur la réduction des matières organiques par l’oxvde de fer, soit sur l’emploi du chlore provenant de la décomposition du sel marin. Le premier de ces procédés est essayé à Londres, le second à Rouen. Les résultats obtenus jusqu’à ce jour sont très satisfaisants.
- Mais le plus grand service rendu à l’hygiène par l’électricité réside dans les applications d’éclairage au moyen de lampes à incandescence. Tous les autres systèmes d’éclairage artificiel vicient l’air ambiant en lui empruntant une partie
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- notable de son oxygène et en lui restituant de l’acide carbonique. La lampe à incandescence seule laisse à l'air sa composition normale. On oublie trop souvent qu'un homme adulte absorbe environ 13 kilogrammes d’air en vingt-quatre heures et qu’il est de la plus haute importance que cet air ne soit pas souillé d’impuretés qui fatiguent les poumons et altèrent rapidement la santé. Tout le monde sait que le gaz a des inconvénients au point de vue hygiénique, mais on est habitué à considérer les autres systèmes d’éclairage comme inoffensifs. C’est là une grande erreur. On s’éclaire souvent très peu et on croit que l’air reste pur. J’ai déjà dit, dans plusieurs conférences, et je ne saurais trop répéter, qu’à lumière égale, l’huile, la bougie, le pétrole consomment plus d’oxygène et produisent plus d’acide carbonique que le gaz. La lumière électrique par incandescence est la seule qui ne consomme pas d’oxygène, la seule qui ne produise pas d’acide carbonique; la seule, par conséquent, qui ne vicie pas l’air.
- L’électricité s'emploie aussi pour enlever le mauvais goût aux alcools, pour vieillir les eaux-de-vie et pour bonifier les vins. Une seule fabrique, à Tournus, traite 120 hectolitres d’eau-de-vie par jour et lui donne, après quelques mois de repos, toute la qualité qu’elle acquiert ordinairement au bout de plusieurs années. Pour les vins, on est encore dans la période des essais : certains crus se trouvent très bien de l’électrolysation, d’autres la subissent sans s’améliorer. J’ai suivi attentivement une série d’expériences sur les vins de Bourgogne et j’ai remarqué que les qualités ordinaires étaient plus susceptibles que les autres d’une bonification, presque immédiate due au passage d’un faible courant.
- Puisque je parle des objets de consommation directe, je dois vous signaler une méthode usitée à la Havane pour débarrasser les jus sucrés des sels qu’ils contiennent et d’un procédé appliqué dans une grande raffinerie anglaise pour donner au sucre une qualité supérieure. La méthode havanaise réunit l’osmose et l’électrolyse ; le procédé anglais consiste à séparer le sucre des matières colorantes et à le blanchir au moyen de l’ozone. Ce ne sont pas là de simples tentatives, ce sont de sérieuses applications des courants électriques.
- Une autre belle application est celle du tannage électrique. Avec les procédés ordinaires, il faut six mois pour obtenir un bon cuir, avec l’électricité il faut quatre jours. Je vous laisse à penser quel grand progrès d’ordre économique va se trouver ainsi réalisé par l’emploi d’un simple courant voltaïque de faible intensité. Les moyens employés par les électriciens pour arriver à un aussi beau résultat, diffèrent suivant les pays. En Russie, on place les peaux entre deux grandes électrodes, reliées à une dynamo à courants continus; en Suède, on se sert de courants alternatifs sans presque rien changer aux anciennes dispositions; en France, on agite les peaux dans un bain de liquide tannique traversé par un courant continu, etc.
- Gomme on a essayé beaucoup de procédés pour accélérer le tannage avant
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- de demander le concours de l’électricité et que tous ces essais ont donné de très mauvais résultats, on met aujourd'hui en doute l’efficacité des nouvelles méthodes qui sont cependant excellentes si l’on s’en rapporte aux conclusions auxquelles M. Müntz, professeur à l’Institut agronomique, est arrivé, après étude approfondie du prodédé Worms et Ballé, appliqué à Paris.
- Yoici ces conclusions :
- « 1° Dans les cuirs tannés électriquement, le tannin est bien combiné au cuir de la même manière qu’il l’est avec le tannage ordinaire et, par suite, on a bien affaire à du cuir réel, jouissant de toutes ses propriétés.
- « 2° Malgré la courte durée du contact de la peau avec la matière tannante, presque tous les cuirs examinés sont tannés à fond, autant qu’ils le sont par les procédés de tannage ordinaire.
- « 3° Si quelques-uns des échantillons ont un tannage insuffisant, cela n’est attribuable qu’à ce que le temps du tannage a été par trop écourté; quelques heures de séjour en plus dans les appareils eussent complété le tannage.
- « 4° Les peaux de diverses natures peuvent être tannées par ce procédé, avec la seule différence d’une durée plus ou moins longue.
- « 5° Le degré hygrométrique des cuirs tannés par ce nouveau procédé est sensiblement le même que dans les cuirs ordinaires.
- « En conséquence, dit M. Müntz en terminant, ce procédé constitue un progrès considérable, par la rapidité avec laquelle il transforme la peau en cuir. »
- J’arrive aux applications concernant la reproduction des objets ou leur revêtement d’une mince couche de métal; ces applications, suivant leur but, sont désignées sous les noms de : galvanoplastie, électrotypie, argenture, dorure, nickelage, cuivrage, etc.
- La galvanoplastie, qui permet de reproduire les œuvres d’art les plus grandioses, comme les plus délicates, a fait de très grands progrès depuis que M. Lenoir a eu l’idée d’employer des anodes insolubles et que M. Pellecat a imaginé de faire les moules en gutta fondue. L’Exposition de 1889 contenait de véritables chefs-d’œuvre obtenus ainsi, surtout dans la section française où l’on pouvait admirer, par exemple, le buste de J.-B. Dumas et l’armure Henri II des collections du Louvre.
- Le procédé est simple; il consiste à mouler l’objet à reproduire et à loger dans le moulage, molécule par molécule, du cuivre chimiquement pur. Pour mouler, on se sert de plâtre, de cire, de stéarine, de gélatine ou de gutta-percha. Cette dernière substance se laisse très bien travailler et se prête admirablement à toutes les exigences du modelage, aussi l’emploie-t-on de préférence aux autres, malgré la dépense un peu forte qu’elle occasionne. La surface du moule sur laquelle doit se déposer le cuivre est rendue conductrice de l’électricité au moyen de plombagine ou d’un mélange de plombagine avec du zinc, du cuivre,
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- do l’argent ou de l’or. Ainsi préparé, le moule se place dans un bain de sulfate de cuivre et est relié au pôle négatif d’un générateur d’électricité, pile ou dynamo. Le pôle positif du même générateur est relié à une plaque de cuivre placée dans le bain vis-à-vis du moule. Lorsque le courant traverse le bain, celui-ci se décompose; le cuivre se porte sur le moule et l’oxygène attaque l’anode qui se dissout dans le bain. En très peu de temps le moule est entièrement recouvert d’une couche de cuivre reproduisant minutieusement tous les détails de l’objet qu’on a moulé.
- Quand il s’agit d’une statue ou de tout autre objet en ronde bosse, on fait le moule en plusieurs parties qu’on réunit ensuite entre elles avec soin, et, au lieu d’une anode soluble, on place dans l’intérieur une sorte de carcasse en plomb, épousant, autant que possible, les principaux contours de la pièce. Cette carcasse a pour effet de conduire et de répartir convenablement le courant dans toutes les parties du moule.
- C’est par ces moyens qu’ont été faits, chez MM. Christolle et Cie les beaux groupes en cuivre, « la Musique » et« la Poésie », qui surmontent la façade de l’Opéra, et une foule d’œuvres d’art très remarquables.
- Ce qui caractérise le procédé Pellecat dont je parlais tout à l’heure, c’est qu’il permet de reproduire des objets compliqués, en plâtre ou en terre, quelque fouillés qu’en soient les détails; des bouquets par exemple, sans battre de pièces, c’est-à-dire, dans un moule unique et d’un seul morceau. L’objet à reproduire étant placé dans une caisse en bois, doublée de plomb, de dimensions convenables, on coule de la gutta entre les parois de la caisse et l’objet original; puis, après refroidissement, on brise le plâtre ou la terre qu’on sort par petits fragments. Ce moulage est analogue à celui à cire perdue, usité par les fondeurs en bronze, mais il donne des moules plus fidèles encore et d’une netteté irréprochable. Le dépôt du cuivre galvanique ne pouvant, en aucun cas, fatiguer le moule, comme cela arrive souvent avec le cuivre en fusion, rien n’égale la perfection des reproductions obtenues par le procédé Pellecat.
- La fabrication des clichés d’imprimerie, spécialement de ceux qui reproduisent les gravures sur bois, se fait par les procédés de galvanoplastie ordinaire. On moule l’original avec une composition très plastique, au moyen d’une presse, on dépose sur le moule une couche de cuivre, on garnit le dépôt d’un métal fusible afin de lui donner de la solidité, et on monte la plaque ainsi obtenue sur une pièce de bois d’épaisseur voulue.
- Les progrès réalisés dans cette industrie sont surtout relatifs à la rapidité des opérations. Il fallait, il y a quelques années, plusieurs jours, pour obtenir de bons clichés; aujourd’hui, les journaux illustrés, toujours en quête d’actualités, exigent que le travail soit terminé en quelques heures, et on réussit à les satisfaire.
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- Quand le cliché doit être tiré à un nombre considérable d’exemplaires, on dépose sur le cuivre une mince couche de fer ou de platine. Dans le même but on a exécuté des clichés où le nickel remplaçait le cuivre galvanoplastique, sinon dans toute l’épaisseur, du moins pour la première couche
- Je ne vous parlerai pas de l’argenture ni de la dorure électrique; ce sont des industries bien connues et depuis longtemps très appréciées dans toutes les classes sociales. Je dois cependant réfuter en passant une erreur assez répandue dans le monde artistique. On dit, à tort, que la dorure au mercure est supérieure à la dorure galvanique. La vérité, comme M. Bouilhet l’a judicieusement fait remarquer, est que la dorure au mercure est toujours très bonne parce qu’il est impossible par ce moyen de mettre une très faible épaisseur d’or; un gramme d’or recouvre deux décimètres carrés au maximum ; tandis que les procédés électriques permettent de dorer 2000 décimètres carrés avec la même quantité d’or. On peut donc, par ce dernier moyen, obtenir une dorure mille fois moins épaisse et par suite bien moins durable. Quand on veut avoir une bonne dorure, il suffit simplement d’y mettre le prix; à épaisseur égale la dorure électrique est supérieure à toutes les autres. Il est d’ailleurs très facile de lui donner le ton verdâtre, recherché des amateurs.
- Ce n’est ni l’argenture ni la dorure qui tiennent aujourd’hui le premier rang dans l’industrie des dépôts électriques; c’est le nickelage. Pour dorer et argenter, il faut une mise de fonds importante; pour niçkeler, il suffit d’un petit matériel et d’un très faible capital; aussi, le nombre des ouvriers qui s’établissent nicke-leurs est-il considérable, surtout en Amérique.
- Les constructeurs-mécaniciens commencent à placer des bains de nickel dans leurs ateliers pour revêtir une foule de pièces polies, et ils s’en trouvent très bien.
- Le nickel coûte trente fois moins que l’argent; il se dépose facilement, surtout depuis que M. Adams a trouvé son bain de chlorure double, de nickel et d’ammoniac. Il est d’une belle couleur, conserve bien son brillant et convient admirablement pour recouvrir une foule d’objets usuels.
- Les dépôts électriques de cuivre sont également très employés, surtout au revêtement des fontes de moulage. Les candélabres de la Ville de Paris et les fontaines de la place de la Concorde sont de beaux exemples à citer dans ce genre d’industrie.Ici, le cuivre n’adhère pas directement à la fonte; il est déposé sur une couche de minium dont sont préalablement enduits les objets à cuivrer.
- Ce mode d’opérer, qui nécessite des dépôts assez épais, a l’inconvénient de faire disparaître les finesses obtenues à la fonderie, aussi a-t-on cherché depuis longtemps à déposer directement le cuivre sur la fonte.La difficulté qui provient surtout de l’opération de décapage avant la mise au bain de cuivre, a été tournée assez adroitement par MM. Gaudoin et Weill, mais leur procédé n’a pas encore
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- reçu beaucoup d’applications. Je puis cependant citer de Lrès belles pièces obtenues par la Société du Yal d’Osne dans ses ateliers de Paris.
- Le temps me manque pour parler des dépôts de platine, de fer, de plomb, de zinc, d’étain, de palladium, d’antimoine, d’aluminium, de cadmium, de cobalt, d'iridium, etc., etc.
- Je me contenterai de signaler, pour terminer cette partie de ma conférence, un curieux procédé imaginé par M. Bertrand pour rendre la fonte inoxydable : le métal est d’abord revêtu électriquement d’une mince couche de cuivre ou de nickel; puis il est soumis à une température de 800 à 1 000°. L’oxygène pénètre en assez grande quantité pour former de l’oxyde magnétique, mais pas suffisamment pour former un sesquioxyde de fer non préservatif. Les pièces ainsi traitées ont une belle couleur bleue et ne s’oxydent jamais. L’inventeur fabrique en ce moment plus de 400 casseroles ou marmites par jour, et les personnes qui les emploient ne se doutent même pas que la qualité de ces objets leur vient d’un traitement électrique.
- En métallurgie, l’électrolyse permet notamment d’affiner les métaux, de traiter divers minerais. J’examinerai seulement dans cette spécialité l’affinage du cuivre et la fabrication de l’aluminium, qui constituent actuellement deux grandes industries.
- Le principe sur lequel repose l’affinage électrolytique de cuivre est identiquement le même que celui dont on fait usage en galvanoplastie.
- Le courant traverse un bain de sulfate de cuivre dans lequel sont placées deux électrodes en cuivre, décompose ce bain en cuivre, oxygène et acide sulfurique ; le cuivre se porte à la cathode, l’oxygène attaque l’anode qui se dissout et vient reformer, avec l’acide libre, du sulfate de cuivre. Dans cette double action chimique, le cuivre se dépose à l’état de pureté parfaite, si l’opération est conduite avec soin et si rien ne vient troubler le liquide au fond duquel se déposent les corps étrangers. En pratique, on dispose une centaine de bacs en tension et au lieu d’une seule paire d’électrodes, on place dans chaque bac beaucoup d’anodes et de cathodes. Il existe actuellement, tant en Europe qu’en Amérique, 22 affine-ries électrolytiques de cuivre produisant environ 25 tonnes de cuivre pur par jour, et nous ne sommes encore qu’aux débuts de cette industrie, car le cuivre affiné est incomparablement supérieur au cuivre brut et la consommation totale du cuivre, en Europe seulement, atteint 500 tonnes par jour. J’ajouterai que le prix du traitement ne dépasse pas 100 francs la tonne, 0 fr. 10 le kilo, ce qui est insignifiant lorsqu’il s’agit d’un métal d’une valeur aussi grande que le cuivre.
- L’électricité ne se borne plus à débarrasser le cuivre de ses impuretés; elle permet de façonner des tubes admirablement calibrés en cuivre chimiquement pur, en traitant directement des cuivres bruts. Ces tubes sont obtenus dans un bain de sulfate de cuivre,, sur un mandrin circulaire servant d’anode; ils sont
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- très réguliers et présentent au point de vue de la résistance à la traction un avantage marqué sur tous les tubes de cuivre obtenus par les autres procédés. Les cuivres ordinaires offrent une résistance atteignant rarement 20 kilogrammes par millimètre carré, tandis que les cuivres dont je parle ne se rompent que sous une charge de 40 à 50 kilogrammes par millimètre carré. L’inventeur du procédé, M. Elmore, a eu la très ingénieuse idée de comprimer les molécules de cuivre au fur et à mesure de leur dépôt sur le mandrin circulaire, à l’aide de petits galets en agate qui se promènent le long des génératrices de ce mandrin. C’est à cette compression initiale, mille et mille fois répétée, que le métal doit ses étonnantes propriétés.
- .L’usine de Dives (Calvados), qui utilise le procédé Elmore en France, est outillée pour produire 15 tonnes de cuivre en 24 heures; actuellement elle n’en fabrique dans le même temps que 2 tonnes environ.
- La fabrication de l’aluminium et des bronzes d’aluminium par l’électricité a fait, depuis quelques années, d’immenses progrès; on compte aujourd’hui 10 grandes usines produisant ensemble 4 tonnes environ d’aluminium par jour, alors que de 1857 à 1887, la quantité d’aluminium fabriquée dans le monde entier, n’a pas dépassé 5 tonnes. Le prix moyen de vente était, avant 1888, de 100 francs le kilogramme ; il est aujourd’hui de 6 francs le kilogramme.
- Les procédés les plus connus sont ceux do MM. Cowles frères, aux États-Unis, de M. Héroult, en Suisse, et de M. Minet en France.
- MM. Cowles se sont attachés à produire non de l’aluminium à l’état pur, mais à l’état d’alliage de cuivre ou de fer, par la réduction directe du corindon par le carbone, sous l’action de l’arc voltaïque et en présence du métal servant de base à l’alliage. M. Héroult électrolyse la cryolithe en fusion et produit tantôt de l’aluminium pur, tantôt des alliages de fer, de cuivre ou d’argent. M. Minet emploie également la cryolithe, mais il y joint une très forte proportion de sel marin pour obtenir un bain suffisamment fluide à 900° ; pendant le passage du courant, l’aluminium se porte au pôle négatif, le fluor se dégage au pôle positif et le fluorure de sodium se précipite au fond du bain.
- M. Camille Faure, connu pour les perfectionnements qu’il a apportés aux accumulateurs, est l’inventeur d’un nouveau procédé qui, grâce à un sous-produit d une vente certaine, le chlorure de chaux, fera ressortir le prix de l’aluminium à 0 fr. 35 le kilogramme. C’est du moins ce que dit l’inventeur.
- Je n’ose espérer la réalisation d’une aussi belle combinaison ; je n’en parle qu’afin de vous montrer la tendance actuelle des fabricants d’aluminium. Le bas prix de ce métal a déjà amené une assez grande demande, et il est certain que le marché s’agrandira et que la consommation deviendra considérable, si ce prix diminue encore dans de notables proportions.
- Cela sera d’autant plus avantageux pour la France, qu’elle possède d’im-
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- menses quantités de minerais d’aluminium, alors qu’elle est presque privée de la plupart des minerais des autres métaux usuels, le fer excepté.
- Pressé par l’heure, je ne puis que vous signaler, en passant, la fabrication du sodium, le traitement des minerais de cuivre, l’affinage du plomb, l’affinage du zinc, etc., qui sont également du domaine de l’électro-chimie.
- L’électrolyse commence à rendre de grands services dans l’industrie du blanchiment, notamment dans les fabriques de papier. M, Hermite est l’inventeur d’un procédé qui consiste à électrolyser un bain de chlorure de sodium et de chlorure de magnésium, auquel on ajoute une petite quantité d’hydrate de magnésie. Sous l’action du courant, il se forme un composé oxygéné de chlore qu’on envoie sur les matières à blanchir et qui est ramené dans les électrolyseurs pour y reprendre un nouveau pouvoir décolorant. M. Hermite ayant fait ici même une communication sur ses procédés, je n’insisterai pas sur leur description et je me bornerai à constater leur succès aujourd’hui chez tous nos grands fabricants de papier : MM. Darblay, Montgolfier, Lacroix, etc.
- M. Andréoli, pour arriver au même résultat, se contente d’électrolyser du sel marin, avec un dispositif permettant d’éviter, ou tout au moins d’atténuer les réactions secondaires qui limitent ordinairement le rendement des agents décolorants. M. Bonneville se sert d’une solution froide de brome et de soude caustique qu’il régénère par le courant électrique. M. Villon réduit le bisulfate de soude par l’hydrogène électrolytique, etc. Toutes ces méthodes sont bonnes, mais elles n’ont pas, comme celle de M. Hermite, reçu assez d’applications pour que je m’y arrête.
- Avant de quitter les applications chimiques, je dois encore citer l’électrolyse du sel marin que M. Fogh effectue dans d’excellentes conditions ; la préparation du fluor, due à M. Moissan ; le dosage des métaux par les procédés de MM. Clasen etLow; le retaillage des limes par M. Personne; la fabrication de la céruse, du vermillon et du chlorate de potasse et enfin la décomposition de l’eau par le commandant Renard.
- Ce dernier est parvenu à combiner un voltamètre tout à fait industriel : 1° en séparant les gaz par des cloisons poreuses convenables et peu coûteuses ; 2° en remplaçant l’électrolyte acide, généralement employée dans les laboratoires, par une dissolution alcaline de soude caustique, ce qui permet d’employer des électrodes en fer au lieu d’électrodes en platine.
- Bien que le voltamètre n’ait pas encore reçu un grand nombre d’applications, je le considère comme un appareil tout à fait pratique et je suis persuadé qu’il est appelé à un avenir des plus brillants.
- Je passe à l’éclairage électrique qui est, sans conteste, au point de vue des capitaux engagés, la plus importante des industries électriques, après la télégraphie.
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- 11 y a dix ans, les installations de lumière électrique étaient citées, analysées et discutées une à une dans les journaux techniques ou dans des petites brochures spéciales; leur nomenclature occuperait aujourd’hui à elle seule un gros volume. On en trouve, en effet, partout : dans les usines, les gares, les théâtres, les magasins, les hôtels, les cafés, les maisons privées; sur les voies publiques, sur les navires, etc., etc. La force motrice absorbée par l’ensemble de ces installations dépasse un million de chevaux-vapeur. Dans dix ans, la lumière électrique sera la plus répandue de toutes les lumières artificielles.
- A Paris, où la lutte avec le gaz est des plus vives, il y a une force motrice de 30 000 chevaux consacrée aux stations centrales et aux installations particulières. Un seul magasin, le Bon-Marché, possède 20 dynamos Gramme et une puissance motrice de plus de 1 000 chevaux. Les deux principales stations de la Société Edison, réunies par leurs canalisations, alimentent déjà 40 000 lampes à incandescence et absorbent une force supérieure à 3 000 chevaux.
- Dans toutes les villes principales d’Europe, on signale un grand enthousiasme en faveur de l’éclairage électrique ; les villes secondaires suivent le môme mouvement, et il n’est pas de bourgade, un tant soit peu peuplée, qui ne rêve aujourd’hui de posséder une usine électrique. Ce rêve n’a d’ailleurs rien de chimérique car il est plus facile de créer une petite station d’éclairage électrique que d’établir une petite usine à gaz, surtout quand on dispose d’une force hydraulique. Permettez-moi d’insister en passant sur ce dernier point et de vous faire remarquer que parmi les avantages de la lumière électrique, sur la lumière au gaz, la possibilité d’utiliser les chutes d’eau pour produire la première, n’est pas le moins grand.
- Les Etats-Unis sont beaucoup plus avancés que l’Europe dans presque toutes les applications de l’électricité et notamment dans celles qui concernent l’éclairage public ou privé. A eux seuls, ils possèdent 1 800 stations centrales alimentant 200 000 lampes à arc et 2 500 000 lampes à incandescence, absorbant 450 000 chevaux-vapeur et ayant coûté 575 millions de francs. 125 villes n’ont pas d’autre système de distribution de lumière. C’est à faire croire que l’Amérique fut le berceau de cette grande industrie, comme elle a été celui de la téléphonie. Il n’en est cependant rien et nous pouvons, Messieurs, revendiquer hautement cet honneur pour la France: la première installation permanente d’éclairage électrique ayant été réalisée dès 1873 dans les ateliers de la Société Gramme et la seconde, l’année suivante, dans les ateliers de MM. Sautter Lemonnier et Cie à Paris. En 1876, lorsque M. Gramme exposait des dynamos et des lampes à arc à Philadelphie, il n’existait pas un seul foyer électrique servant à l’éclairage dans tous les Etats-Unis.
- A l’Exposition universelle de 1878, on comptait en France plus de 200 installations importantes, entre autres celle de l’Hippodrome et celle de l’avenue
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- de l’Opéra, et il n’y en avait aucune aux Etats-Unis. Enfin, ce serait faire acte de fausse modestie, puisqu’il s’agit d’établir une priorité en faveur de la France, que de ne pas répéter les propres paroles qu’Edison m’a adressées en 1889, lors de sa visite triomphale à Paris. Edison m’a dit : « C’est la lecture de votre ouvrage sur l’éclairage à l’électricité qui m’a suggéré l’idée de m’occuper de cette question. » Or, la première édition de cet ouvrage a paru en 1877, et elle contient la description de plusieurs installations d’éclairage électrique fonctionnant alors en France dans d’excellentes conditions pratiques. ;
- La lumière électrique est produite de deux façons différentes: par lampes à arc ou par lampes à incandescence. L’arc voltaïque procure une lumière à la fois puissante et économique. Généralement l’intensité d’un seul foyer atteint de oO à 100 becs carcels ; dans certaines applications, on se sert de foyers ayant une puissance de plusieurs milliers de becs carcels. L’inconvénient principal de ce mode d’éclairage, c’est que les pointes de charbon entre lesquelles l’arc jaillit s’usent assez vite et qu’il faut à peu près tous les jours changer les charbons. Comme ces lampes sont ordinairement placées à une assez grande hauteur, le remplacement des charbons est une sujétion coûteuse, présentant quelquefois de sérieuses difficultés.
- Une lampe à incandescence, au contraire, quand elle est bien construite, que le vide de l’ampoule est parfait, que le filament est bien établi et que le courant n’est pas trop intense, dure pendant très longtemps, 1 000 heures en moyenne, et son remplacement est très rapidement effectué. Les lampes de ce système, les plus répandues ont une intensité de 10 ou de 16 bougies ; mais on en fait de 100 et même de 500 bougies ; on en fait aussi de minuscules, lorsqu’il s’agit par exemple d’éclairer le réticule de télescopes ou les cavités du corps humain.
- Ainsi que je le disais tout à l’heure, l’éclairage par incandescence est le seul système d’éclairage artificiel qui ne prive pas l’air ambiant de son oxygène. Cette raison devrait suffire pour lui assurer la préférence sur les autres modes d’éclairage et ce n’est cependant pas elle qui influe le plus sur la décision des consommateurs ; elle ne vient qu’en troisième ou quatrième ordre ; souvent même on la néglige complètement.
- La lumière électrique présente moins de dangers d’incendie ; elle conserve aux couleurs les nuances qu’elles ont à la lumière solaire; elle préserve les étoffes, les peintures murales et les tableaux de toute détérioration; elle est enfin d’un emploi très commode. C’est cet emploi plus simple et plus expéditif, n’exigeant aucun travail préalable et presque pas de précautions, qui est sa qualité commerciale par excellence ; nous avons tous en nous un certain fonds de paresse qui s’accommode très bien de cette diminution de travail ou de surveillance. Les lampes à huile exigent une préparation quotidienne, les bougies demandent également certains soins journaliers; le gaz est relative-
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- ment d’un emploi commode, puisqu’il suffit, pour s’en servir, d’ouvrir un robinet et de présenter sur le brûleur une allumette enflammée, puis de régler la hauteur de la flamme. Avec l’électricité, rien de tout cela n’est nécessaire : la lumière jaillit dans une lampe isolée, dans toutes les lampes d’un même local, d’une même maison, d’un même quartier, de toute une ville, par le simple déplacement d’un levier; l’extinction s’opère tout aussi simplement en ramenant le levier à sa position primitive. Une lampe peut s’allumer ou s’éteindre quand on touche à son support et qu’on agit sur un petit commutateur placé à n’importe quelle distance. Sa durée est en moyenne de 4 000 heures et, comme on s’en sert rarement 1 000 heures par an, l’entretien est à peu près nul.
- Tout le personnel d’un établissement est intéressé à conserver un système aussi facile à manœuvrer, à surveiller et à entretenir; la dépense seule peut faire hésiter à l’employer. Le prix de revient est l’arme dont se servent les concurrents; c’est le véritable obstacle qui, sans arrêter le mouvement progressif des applications de la lumière électrique, le modère beaucoup. Car il faut que les électriciens aient le courage de le dire : la lumière électrique coûte généralement un peu plus cher que le gaz.
- Les gaziers disent que c’est une lumière de luxe; nous ne les contredisons pas, mais nous ajouterons que ce luxe ne donne lieu qu’à une faible majoration dans la dépense et qu’il présente de grands avantages. J’ai toujours plaidé la même cause, et, dès les débuts de l’éclairage électrique dans les appartements, j’ai fait ressortir ses qualités, sans jamais dissimuler son prix de revient qui d’ailleurs est loin, comme vous allez le voir, d’être excessif.
- Tout d’abord, je ferai remarquer que l’arc voltaïque donne la lumière la plus économique qui soit connue, et que dans les ateliers, les manufactures, partout où l’on fait usage de grandes forces motrices, on peut avoir un très brillant éclairage électrique à peu de frais; je pourrais même citer nombre d’usines qui s’éclairent presque pour rien, parce qu’elles possèdent des chutes d’eau plus que suffisantes pour leurs besoins ordinaires. ‘
- Les stations centrales ayant leurs dynamos actionnées par des moteurs hydrauliques peuvent fournir de la lumière à un prix moins élevé que ne le fournirait une usine à gaz. Mais, c’est là l’exception; les marchands de lumière électrique sont, le plus souvent, forcés d’employer des moteurs à vapeur et de consommer du charbon; et, comme ils n’ont pas de sous-produits, on comprend de suite qu’ils soient dans des conditions inférieures aux marchands de lumière au gaz qui vendent le coke presque aussi cher qu’ils achètent la houille.
- Je ne veux pas entrer dans le détail et calculer ce que coûtent respectivement un bec de gaz et une lampe à incandescence brûlant pendant le même temps, cela me conduirait trop loin. Je préfère vous donner quelques chiffres d’ensemble, en faisant ressortir des moyennes comparables entre elles.
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- Une station centrale complète, avec sa canalisation propre et les conducteurs secondaires placés chez les clients, coûte, de premier établissement, environ 100 francs par lampe de 10 bougies; exemple, la station de Saint-Etienne, d’une puissance de 8 000 lampes, a coûté 800 000 francs, en chiffres ronds; la station municipale parisienne des Halles centrales, de 11 000 lampes, a coûté 1 130 000 francs ; les stations Trudaine et Drouot, capables d’alimenter 50 000 lampes, ont coûté environ 5 millions ; la station de Darmstadt, en Allemagne, a coûté 800 000 francs et elle alimente 8 000 lampes, etc., etc. C’est là un prix de base facile à retenir, qui se vérifie dans presque toutes les stations centrales actuelles.
- Une lampe de 10 bougies rapporte, en moyenne, 35 francs par an. Cette recette atteint 50 francs dans les quartiers qui consomment beaucoup de lumière eL descend à 20 francs dans certaines villes où les veillées sont courtes.
- Chaque bec de gaz installé par la Compagnie parisienne du gaz qui, en action, donne rarement une lumière de 10 bougies, rapporte 33 francs; dans des villes moins importantes, cette recette, par bec installé, descend à 20 francs et même en dessous. Une moyenne de 28 francs étant très près de la vérité, nous pouvons conclure du rapprochement de ces données que les consommateurs de lumière électrique paient 35 francs ce que les consommateurs du gaz paient 28 francs. L’éclairage au gaz dans les villes coûte donc, en moyenne 20 p. 100 meilleur marché que l’éclairage électrique.
- Si, maintenant, vous me demandez combien coûte aux électriciens et aux gaziers ce qu’ils vendent respectivement 35 et 28 francs par an, il me sera facile de vous montrer par quelques chiffres que l’industrie du gaz donne généralement de plus grands bénéfices que l’industrie électrique.
- Il résulte, en effet, d’un grand nombre de statistiques, que le prix de revient, du mètre cube de gaz ne dépasse pas quelques centimes et que le prix moyen du gaz consommé par chaque bec installé est de 13 francs par an, ce qui correspond à un bénéfice de 14 francs (plus de 100 p. 100 du prix de revient); tandis que le prix de revient moyen de la lampe à incandescence est de 35 francs par an, c’est-à-dire exactement son prix moyen de vente. Ce prix de revient se décompose ainsi : 10 francs de combustible, d’huile et de chiffons, 10 francs de personnel, de loyer et de frais généraux, 5 francs d’entretien et 10 francs d’amortissement.
- Ainsi, les stations centrales d’électricité, prises dans leur ensemble, ne gagnent rien. Il en est, cependant, qui donnent d’assez beaux dividendes, comme celle de Bordeaux, par exemple; mais, par contre, on peut en citer beaucoup qui, fondées depuis plusieurs années, n’ont pas payé un centime d’intérêt à leurs actionnaires. Il y en a même eu plusieurs qui ont été mises en faillite.
- En somme, tous ces résultats seraient peu encourageants, si les électriciens ne pouvaient pas espérer les améliorer. Heureusement que les progrès dont est
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- susceptible le matériel des stations, sont loin d’être tous réalisés : les moteurs consomment de moins en moins de charbon pour une puissance donnée; les lampes, dont la durée moyenne augmente, coûtent de moins en moins cher et utilisent de mieux en mieux le courant; l’organisation des services se perfectionne, les frais généraux de toute nature diminuent, etc., etc.
- Le nombre des installations possibles est, pour ainsi dire, illimité. Pour ne parler que de la France, il me suffira de dire que, sur 38 millions d’habitants, 43 millions seulement peuvent profiter de l’éclairage au gaz et que les autres 25 millions sont, à l’heure présente, privés de toute distribution d’éclairage, pour montrer combien est vaste encore le champ des applications de la lumière électrique.
- Le transport des forces naturelles au moyen de courants électriques, est entré dans la pratique industrielle quelques années après l’éclairage électrique. Il est loin d’avoir pris un développement aussi rapide que ce dernier, cependant ses applications sont déjà très nombreuses, et présentent un grand intérêt surtout au point de vue de l’avenir. Je ne parle ici que de l’utilisation des chutes d’eau loin des moteurs hydrauliques qu’elles actionnent. J’examinerai ensuite deux industries basées sur le même principe : les transmissions électriques et la traction électrique.
- Le principe, vous le connaissez, c’est l’utilisation des dynamos comme générateurs et comme moteurs; on fait tourner une dynamo par un moteur quelconque et on envoie le courant d’induction, qui résulte de cette rotation, dans une deuxième dynamo placée à une distance plus ou moins grande de la première. Cette deuxième dynamo tourne sous l’action du courant, et développe un travail qui peut atteindre facilement 60 et même 80 p. 100 du travail développé par le moteur initial. Deux dynamos et deux fils conducteurs suffisent ainsi pour opérer le transport d’une force motrice naturelle à une grande distance de la chute qui.lui donne naissance.
- Le point de départ des industries du transport de force et des transmissions électriques est une expérience que j’ai faite à Vienne, en 1873, où je transportais électriquement la puissance mécanique d’un cheval-vapeur à un kilomètre de distance. Cette expérience fut suivie d’une vingtaine d’applications en France, puis des beaux travaux théoriques de Cabanellas et de M. Marcel Deprez.
- L’expérience réalisée par M. Deprez, en 1885, entre Creil et Paris, eut un très grand retentissement, car elle comportait, pour la première fois, une grande puissance et une grande distance. M. Deprez transportait en effet 50 chevaux à 50 kilomètres, avec un rendement de 50 p. 100 environ.
- Dans le domaine du transport électrique des forces motrices, comme dans celui de l’éclairage électrique, la France peut donc revendiquer, à bon droit, l’honneur de la priorité.
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- Pour ne pas fatiguer votre attention sur ce sujet, je ne vous parlerai que de la remarquable installation faite par M. ilillairet à Domène, et des récentes expériences de Francfort à Lauffen.
- A Domène, on utilise, pour les besoins d’une papeterie, la puissance d’une chute d’eau située à 5 kilomètres en pleine montagne, presque inaccessible, et sans aucune communication antérieure avec Domène. La dynamo génératrice développe une puissance maxima de 300 chevaux, et la dynamo réceptrice produit 200 chevaux au maximum à la vitesse de 300 tours par minute. Le rendement mécanique est de 65 p. 100.
- Les dynamos ont été mises en route le lor novembre 1889 et, depuis cette époque, elles n’ont pas cessé un seul instant de fonctionner, malgré le froid rigoureux des hivers, et malgré les violents orages des étés que nous venons de traverser. Ainsi, voilà deux ans et demi que ces dynamos tournent jour et nuit, sans avoir exigé le plus petit entretien. Je ne connais aucune installation mécanique qui puisse être comparée à celle-là, et je ne manque jamais d’en féliciter M. Hil-lairet, chaque fois que l’occasion s’en présente.
- Le second exemple de transport de force que je citerai est celui exécuté entre Francfort et Laufîen, dans l’automne de l’année dernière, au moyen de machines à courants alternatifs, de transformateurs et de moteurs triphasés. Ce n’est, à proprement parler, qu’une simple expérience, mais ses grandioses proportions en ont fait une véritable manifestation scientifique et industrielle. La distance franchie est de 175 kilomètres, la puissance transmise de 75 chevaux, le rendement obtenu de 70 p. 100. C’est principalement l’emploi de courants à très haute tension qui caractérise l’installation de Francfort-Laulfen, tandis qu’à Domène, M. Hillairet emploie une force électro-motrice un peu inférieure à 3000 volts. M. Brown, auquel on doit la dynamo génératrice expérimentée, n’a pas craint d’aller jusqu’à 30 000 volts.
- Si le développement industriel des applications du transport électrique des forces naturelles n’a pas encore pris une très grande extension, les transmissions électriques pour répartir la force motrice entre les outils d’une même usine, ou pour actionner des appareils éloignés d’un moteur quelconque, sont au contraire très répandues, et tendent à se répandre chaque jour davantage. On s’en sert dans les ateliers pour remplacer les arbres de transmission ordinaires et les courroies; dans les entrepôts et les gares de marchandises, pour les opérations de manutention, etc., etc. Aux Etats-Unis, leurs très nombreuses installations constituent une industrie des plus prospères; les stations centrales distribuent de la force motrice le jour, et de la lumière la nuit. Dans certaines villes, à Boston, par exemple, il y a plusieurs grandes stations électriques qui n’ont d’autre but que de distribuer la force motrice à domicile, pour la manœuvre des ascenseurs, le fonctionnement des presses typographiques et d’une foule d’outils utilisés par la petite industrie.
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- Dans les ateliers de constructions mécaniques, la suppression des transmissions actuelles et leur remplacement par des transmissions électriques, présentent des avantages de premier ordre, dont le principal est une réduction notable dans la force motrice dépensée. Les arbres en mouvement et les courroies absorbent souvent plus de la moitié de la force motrice dont on dispose et, comme les machines-outils ne travaillent jamais toutes en même temps, il arrive que le travail réellement utilisé dans une journée n’est pas le dixième du travail total engendré par le moteur, tandis qu’avec l’emploi des dynamos, le fonctionnement de chaque outil est indépendant des autres, et le travail utilisé atteint le plus souvent de 30 à 4-0 p. 100 du travail total. J’aurais bien d’autres considérations à faire valoir en faveur des transmissions électriques : simplicité dans la construction des charpentes, disparition des grandes courroies, aussi dangereuses que disgracieuses ; possibilité d’obtenir toujours la vitesse qui convient le mieux, etc.; mais le temps me manque, et je suis forcé d’écourter.
- Une très intéressante application de transmissions électriques a été réalisée, il y a près de douze ans, à l’Hôtel de Ville de Paris, où 30 ventilateurs, dissimulés dans la maçonnerie et distribués dans diverses parties de l’édifice, sont actionnés par des petits moteurs Gramme, recevant le courant de deux dynamos génératrices placées dans les caves.
- La traction électrique se fait, soit au moyen de moteurs fixes avec des conducteurs aériens ou souterrains parallèles à la voie, soit au moyen d’accumulateurs actionnant les moteurs installés sur les voitures. Ce dernier système est presque entièrement abandonné aujourd’hui, malgré certains avantages qui semblaient devoir lui assurer la suprématie sur l’autre.
- La première application des tramways électriques à moteur fixe a été faite par la maison Siemens, à Berlin, en 1879, et la première application des tramways avec accumulateurs a été réalisée par la société Philippart, en 1881, à Paris. Ces essais ont été remarqués et très étudiés par les compagnies de tramways à traction animale, mais ils n’ont pas jusqu’à présent prévalu dans l’ancien monde, car il n’existe encore que deux lignes de tramways électriques en France, et l’Europe tout entière n’en compte pas 15. C’est encore en Amérique qu’il faut aller, si l’on veut constater le grand développement de ce nouveau système de traction.
- On compte aux Etats-Unis plus de 500 lignes de tramways électriques, immobilisant un capital supérieur à 500 millions de francs, et présentant un développement de près de 0500 kilomètres. La ville de Boston tient le premier rang dans cette industrie. On y termine un réseau qui aura à sa disposition 650 voilures et une usine pouvant développer 26000 chevaux-vapeur. Boston possédant déjà deux autres usines électriques pour les tramways, ayant ensemble 10 000 chevaux de puissance motrice, c’est, donc une puissance totale de 36000 chevaux,
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- qui va servir à transporter les voyageurs dans une ville contenant environ 400 000 habitants. x
- Dans le même ordre d’idées, on çherche aujourd’hui à substituer des dynamos au mécanisme qui actionne les roues des locomotives de chemins de fer ordinaires, et on espère, par ce moyen, obtenir des vitesses beaucoup plus grandes, tout en supprimant presque totalement les secousses produites par la double action des pistons sur les manivelles. Avec l’emploi de dynamos, la locomotive sera, en effet, parfaitement stable, les mouvements de lacet et de trépidation pratiquement nuis. Des locomotives électriques sont actuellement en construction, et les expériences ne tarderont pas à être faites; mais cela rentre dans les applications de demain, je ne dois pas m'y arrêter; celles d’aujourd’hui suffisent amplement à ma tâche.
- La soudure et le forgeage électriques sont des industries toutes nouvelles qui n’ont guère reçu encore d’applications qu’aux États-Unis, bien qu’on ait fait de nombreux essais, fort intéressants, dans presque toutes les contrées d’Europe. On compte déjà une vingtaine de fabriques importantes de voitures, de vélocipèdes, de métiers à filer, de scies, etc., qui ont définitivement renoncé à toute autre espèce de soudure. Une seule maison de Soth Band (Indiana) a fait plus de 600 000 soudures électriques eu une seule année. Il existe à Boston une grande fabrique de pièces de forge, qui ne chauffe le fer que par l’électricité et qui y trouve, paraît-il, un bénéfice important en même temps qu’un travail plus solide et de meilleure apparence.
- Comme vous le voyez, les Américains utilisent mieux que nous les dynamos dans une foule de spécialités, et, si nous ne faisons pas de vigoureux efforts pour améliorer notre outillage, nous devrons bientôt subir leur suprématie dans la plupart des branches de l’industrie électrique.
- La télégraphie électrique, qui n’a guère que cinquante ans d’existence, est devenue une des industries les plus grandioses qui soient au monde; le capital engagé dans toutes les lignes terrestres ou sous-marines doit dépasser actuellement 3 milliards de francs. Au commencement de l’année dernière, il y avait 2 millions de kilomètres de fils en Europe, 1 735 000 en Amérique et 240 000 de câbles sous-marins. En tout, près de 4 millions de kilomètres.
- Le nombre des bureaux télégraphiques atteint 100 000; le nombre des appareils 200 000. Il y a près de 400 000 employés télégraphistes. Le nombre annuel des dépêches transmises est de 300 millions; le produit brut dépasse 530 millions de francs. Et je ne compte pas les lignes d’exploitation de chemins de fer, ni les lignes particulières qui sont également très nombreuses et qui représentent un capital immobilisé considérable.
- En présence de ces résultats généraux, il est inutile de vous parler des fabrications accessoires, telles que celles des piles, des câbles, des appareils d’expé-Tome VII. — 91e année. 4e série. — Septembre 1892. 80
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- dition et de réception de dépêches, des isolants, etc., qui ne manquent pas d’importance, mais qui rentrent dans la grande industrie des télégraphes. Les progrès survenus dans ces diverses fabrications ont naturellement contribué à augmenter les services immenses que le télégraphe rend partout et à tous.
- La téléphonie a eu un succès encore plus étonnant que la télégraphie électrique. Il y a à peine quinze ans que le premier appareil de Graham Bell a été installé, et on compte aujourd’hui plus de 700 000 appareils en fonction, servant à échanger plusieurs millions de conversations par jour. C’est le plus bel exemple qu’on puisse citer du développement rapide d’une industrie. La puissante compagnie qui exploite les brevets Bell aux Etats-Unis compte à elle seule 500 000 abonnés payant ensemble 22 millions de francs, ce qui laisse un bénéfice net annuel de 12 millions de francs.
- Ce n’est pas seulement entre habitants d’une même ville que le téléphone permet de communiquer, on peut maintenant engager une conversation entre Paris et Marseille, Paris et Londres, Paris et Bruxelles, etc. ; le moment n’est pas éloigné où la parole humaine pourra être entendue d’Europe en Amérique.
- On a appliqué le téléphone de mille façons différentes aux besoins de la vie moderne, pour faciliter l’échange de communications rapides on a installé dans les grandes villes des cabines téléphoniques qui sont mises à la disposition du public moyennant une petite rétribution ; les abonnés peuvent transmettre des dépêches aux bureaux télégraphiques ; on a créé des appareils peu coûteux pour mettre en communication les divers locaux d’un même immeuble ou d’un même appartement; on a organisé des auditions théâtrales dans des établissements publics et même chez les particuliers, etc., etc. Les Anglais ont poussé le progrès jusqu’à employer le téléphone pour écouter la messe à domicile !
- Que dire de plus? J’ai, au début de cette conférence, appelé le téléphone la merveille des merveilles, ce que je viens de dire explique et justifie cette définition.
- Après avoir passé en revue la plupart sinon toutes les industries électriques, il me reste à vous parler très brièvement de leurs applications à l’art militaire, à la navigation, aux mines et aux chemins de fer, pour vous donner une idée complète des services qu’elles rendent dans les grandes administrations.
- Les arts militaires mettent à contribution : la télégraphie, la téléphonie, la lumière électrique, la galvanoplastie, la transmission électrique, c’est-à-dire presque toutes les industries électriques pour les services divers de l’armée et pour l’étude du matériel de guerre.
- La télégraphie et la téléphonie, étudiées tout spécialement pour la transmission rapide des ordres et informations, se sont pliées à toutes les exigences d’une armée en campagne ; ce qui a donné naissance à des appareils tout spéciaux, inventés le plus souvent par des militaires et ne servant qu’à eux. Parmi les travaux
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- récents nous citerons ceux du capitaine Charollais qui est parvenu à établir en cinq heures une ligne téléphonique de 25 kilomètres de long et à la faire relever en une heure seulement ; et ceux du lieutenant-colonel Henry qui a imaginé un appareil nommé cryptophone, qui révèle à grande distance la présence de l’ennemi en un point déterminé.
- Les projections lumineuses permettent d’observer, la nuit, les mouvements et les travaux de l’ennemi, et protègent puissamment les forts, les côtes et les navires de guerre. Ces projections sont obtenues généralement à l’aide d’un appareil inventé par le colonel Mangin, et par des lampes à arc voltaïque. On peut, à l’aide du projecteur Mangin, distinguer nettement des troupes, des maisons, des chariots, à une distance de 6 kilomètres et empêcher les bateaux-torpilleurs de pénétrer dans les passes de n’importe quel port de mer. Tous les navires de guerre sont aujourd’hui pourvus de projecteurs électriques : les torpilleurs en ont un, les croiseurs deux, les cuirassés quatre.
- Pour les signaux de guerre, on se sert d’une petite dynamo assez légère qu’on fait mouvoir à bras d’homme. Dans les forts, on se sert de projecteurs pour l’extérieur et de lampes à incandescence pour l’éclairage des casemates.
- L’étincelle électrique sert à mettre le feu aux mines et aux torpilles ; la galvanoplastie, à garnir les obus d’une ceinture en cuivre; la transmission électrique, à soulever les projectiles et à manœuvrer les grosses pièces d’artillerie. Il n’est pas jusqu’au service des aérostats de campagne qui ne demande aux électriciens soit de l’hydrogène pour gonfler les ballons, soit des piles et des moteurs légers pour les diriger. Vous savez que, dans ses remarquables expériences de 1885, M. le commandant Renard se servait d’une pile à acide chromique de son invention et d’une petite dynamo spéciale étudiée par Gramme.
- La première utilisation des courants électriques pour favoriser la navigation fut faite en 1863, sur les côtes françaises, où les phares de la Hève reçurent des lampes à arc voltaïque, au lieu et place des lampes à huile. Cette application eut un plein succès : le rayon d’action des feux se trouvait doublé et les navires étaient plus efficacement protégés à leur entrée dans les ports. Les phares électriques se sont multipliés en France comme à l’étranger et, chaque fois que la chose est possible, on n’en installe plus d’autres systèmes.
- Une fois entrée dans le domaine de la navigation, l’électricité s’y est répandue sous toutes ses formes : presque tous les grands navires sont aujourd’hui éclairés électriquement; les cabestans, les pompes et les gouvernails sont souvent ma-nœuvrés par des transmissions électriques ; la télégraphie et la téléphonie sont devenues indispensables à bord, etc., etc.
- Deux innovations, dans cette spécialité, méritent une mention particulière : les bateaux électriques de la Tamise, et les appareils de touage combinés par M. de Bovet.
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- Il existe en ce moment sur la Tamise une véritable flotte électrique comprenant au moins 60 embarcations de plaisance. La plus grande de ces embarcations peut transporter soixante-dix personnes; la plus petite, douze seulement. Le service est organisé sur une distance d’environ 95 kilomètres entre Londres et Oxford. Une série de stations munies de moteurs à vapeur, les unes fixes sur les rives du fleuve, les autres mobiles sur des bateaux spéciaux, sont destinées à entretenir le chargement des accumulateurs. Chaque embarcation contient un moteur électrique et une batterie d’accumulateurs qui sert en même temps à l’éclairage. Rien n’est plus agréable que ce système de locomotion, débarrassé de la poussière, de la chaleur, du bruit et de l’odeur qui caractérisent les canots à vapeur. Le succès des deux compagnies qui ont créé ce service sur la Tamise est si grand, que nous ne tarderons pas à voir des flottes de plaisance sur tous nos grands fleuves, d’autant plus que les prix de la location des bateaux électriques et du chargement des accumulateurs est relativement faible si on le compare à celui nécessité par l’entretien et la marche des petits bateaux à vapeur.
- L’application faite récemment à la navigation, par M. de Bovet, présente également beaucoup d’intérêt. Il ne s’agit plus ici de bateaux de plaisance, mais bien de toueurs faisant le service de remonte sur les rivières ayant du courant. Au lieu d’enrouler plusieurs fois la chaîne sur les treuils, ce qui en amène l’usure inégale et rapide des maillons, M. de Bovet donne l’adhérence nécessaire du bateau sur la chaîne, au moyen de poulies électro-aimants qui permettent d’opérèr la traction en n’exigeant qu’un très faible enroulement. Cette traction magnétique ne torturera plus les maillons et donnera à la chaîne une longue durée. Voilà bien longtemps que les mécaniciens cherchent à modifier les appareils de touage pour en rendre l’exploitation plus rémunératrice et toutes leurs tentatives n’ont pas abouti. L’électricité réussit donc, au premier coup, là où la mécanique a éprouvé de nombreux et coûteux échecs.
- Les applications de l’électricité au matériel des mines sont devenues si nombreuses, que tout récemment, M. Saladin, ayant eu à en entretenir la Société internationale des Electriciens, a dû négliger toutes celles relatives aux divers signaux, au triage des mines, au triage des minerais, à l’éclairage des travaux souterrains, etc., pour ne s’occuper que de celles relatives à la force motrice. 11 n’a ainsi traité que du rôle de l’électricité dans l’abatage des minerais et des roches stériles, dans leur transport jusqu’au jour par le roulage et l’extraction et dans l’assainissement de la mine par l’épuisement des eaux et la ventilation.
- Je ne suivrai pas M. Saladin dans les développements fort intéressants qu’il a donnés à chacune de ces questions ; je me contenterai de vous donner la conclusion à laquelle il est arrivé après avoir décrit les principaux appareils en usage dans les mines françaises et dans les mines étrangères : « L’industrie
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- électrique, aussi bien en France qu’à l’étranger, est en mesure de répondre largement aujourd’hui aux exigences toujours croissantes de l’industrie minérale, elle peut même lui permettre d’exécuter des travaux spéciaux que le prix et lé rendement défectueux d’un matériel différent rendraient impraticables. »
- En me plaçant encore une fois sur le terrain des revendications d’antériorité, je vous dirai que c’est en France qu’ont été réalisées les premières installations de transmissions électriques dans les mines. Avant l’Exposition de 1881, qui a mis en relief une série d’applications nouvelles de l’électricité, les mines de Blanzy possédaient un ventilateur électrique aérant une galerie de recherches de 500 mètres de profondeur ; les mines de la Péronnière employaient des treuils d’extraction mus par l’électricité, qui, depuis douze ans, n’ont jamais cessé de fonctionner dans d’excelleutes conditions, et M. Taverdon avait placé dans plusieurs mines ses perforatrices électriques.
- Ce qui, dans une certaine mesure, a ralenti le développement des installations électriques dans l’intérieur des charbonnages, ce sont les dangers d’inflammation du grisou par les étincelles qui se produisent aux prises de courant dans les dynamos. Malgré les perfectionnements apportés à la construction de ces appareils, il était, en effet, très difficile d’éviter complètement la production des étincelles entre les balais et les collecteurs. La découverte récente des moteurs à courants polyphasés, qui n’ont plus ni collecteurs ni balais, va donner un nouvel essor à cette branche de l’industrie électrique.
- De toutes les grandes administrations publiques, c’est celle des chemins de fer qui met le plus à contribution l’électricité. Tous les services y ont recours : la voie, la traction, la construction et l’exploitation. On ne pourrait pas concevoir actuellement des chemins de fer fonctionnant sans le concours de l’électricité, pas plus qu’on ne les concevrait fonctionnant sans charbon, et encore pourrait-on, à la rigueur, remplacer le charbon par des accumulateurs chargés au moyen de forces hydrauliques et se passer de combustible.
- Grâce à l’emploi du télégraphe, du téléphone, des appareils spéciaux de correspondances et des sonneries, les agents des gares sont prévenus de tous les incidents de la marche des trains et peuvent tout disposer pour les recevoir. Ils savent de plus, parles instruments de contrôle, que tous les appareils qu’ils ont manœuvrés : leviers, aiguilles, signaux, etc., sont bien dans la position voulue. Grâce à l’emploi des sémaphores électriques, des cloches électriques et autres signaux visibles mus par l’électricité, les mécaniciens et agents des trains savent que la voie est libre ou sont prévenus si elle est occupée. Ils peuvent donc marcher avec sécurité dans le premier cas et doivent s’arrêter dans le second. Grâce aux signaux visuels et acoustiques, les agents de la voie sont également prévenus des passages de trains, assez à temps pour effectuer le service qui leur incombe.
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- De telle sorte que tout le personnel de l'exploitation, aussi bien les employés des gares que ceux des trains et ceux de la voie, sont renseignés à tout instant sur le mouvement des trains, et cela, par un seul et unique agent, l'électricité, qui actionne une foule d'appareils se contrôlant les uns par les autres.
- Quant aux voyageurs, ils peuvent appeler les conducteurs et faire arrêter le train en cas de danger, à l’aide de sonneries électriques d’intercommunication.
- L’éclairage électrique des gares facilite le service et évite bien des erreurs. Il permet d’utiliser beaucoup mieux qu’avant les grandes gares de triage pour le classement des wagons et la décomposition des trains. Certaines lignes ont leurs voitures éclairées par des lampes à incandescence, et la commodité qui en résulte amènera certainement le même perfectionnement sur les autres lignes.
- J’ajoute que les transmissions électriques rendent également de grands services dans les gares et dans les ateliers des compagnies de chemins de fer.
- Il me faut finir. Je ne vous parlerai donc pas de l’utilisation de l’électricité dans les entreprises de travaux publics où cependant elle est très appréciée ; dans les théâtres où elle permet de respirer librement et où elle donne lieu à des effets de scène splendides ; ni dans une foule d’autres industries qui commencent à lui demander un simple concours et qui, petit à petit, se transforment sous sa puissante intervention.
- Il ne m’est même plus possible de vous parler des applications domestiques que les stations centrales développent sans cesse et qui envahissent insensiblement toutes les parties de nos appartements et changent presques toutes nos habitudes : vous connaissez les ascenseurs électriques, les sonneries et les téléphones privés, la ventilation électrique, la mise en action des machines à coudre au moyen de moteurs électriques, etc. Ce que vous connaissez moins, parce que les applications en sont moins fréquentes, ce sont : les calorifères électriques, les brosses électriques pour les parquets, les machines à laver la vaisselle mues par l’électricité, les annonciateurs électriques contre le feu et les voleurs, les étuves, les séchoirs, les fers à repasser chauffés électriquement. Il y a, en ce moment, dans l’exposition du Palais de Cristal, un restaurant où toute la cuisine est faite sur des fourneaux électriques, et cette cuisine, surtout en ce qui concerne les viandes rôties, paraît bien supérieure à celle faite au gaz ou au charbon.
- Vous voyez, Messieurs, que l’électricité a fait bien du chemin depuis dix ans et que j’avais raison de vous dire en commençant qu’elle était en train de faire la conquête de la terre !
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- INFLUENCE DE LA DURÉE DES EXPÉRIENCES SUR LES ESSAIS DE DIVERS MÉTAUX,
- PAR M. I. BANSCHINGER.
- L’influence de la durée sur le résultat des épreuves se traduit par un accroissement de la déformation pendant que la charge reste constante.
- S’il s’agit de matériaux qui ont une limite d’élasticité, la déformation n’a lieu que lorsque cette limite est dépassée; tandis qu’on la constate dès le début de l’expérience quand les matériaux essayés n’ont pas de limite d’élasticité. Cet accroissement de déformation (allongement s’il s’agit d’épreuves à la traction) a par conséquent une limite que l’on atteint dans une période qui augmente avec la charge.
- Le maximum de charge auquel on peut arriver est moindre quand l’allongement se produit lentement que quand il se produit d’une façon rapide.
- A l’appui de cet exposé, l’auteur cite les expériences de Fischer sur du lil d’étain et celles de Martens sur du zinc laminé; il décrit également des expériences faites dernièrement sur du plomb en feuilles au Mechanisch Technischen Laboratorium de l’Université technique de Munich. Ces dernières démontrent que l’influence de la durée et de la rapidité des expériences sur la charge de rupture est très importante. L’auteur se reporte en outre à nn article qu’il a publié dans les Glaser s Annalen{Sol. I. v, 1879, p. 269), où il démontre que lorsqu’on détermine la résistance de pièces de fer ou d’acier devant servir à des usages industriels, l’influence de la durée des épreuves peut être négligée, pourvu qu’après chaque augmentation de la surcharge on laisse au levier ou au mécanisme équivalent de la machine à essayer le temps nécessaire pour lui permettre de revenir à peu près à sa position normale de repos. L’auteur rappelle également des expériences faites avec quatre paires d’éprouvettes, chaque paire ayant été prélevée sur la même barre, et qui viennent confirmer l’opinion émise ci-dessus. Les résultats sont sensiblement les mêmes pour des durées d’épreuves variant entre 11' et 4 h. 17'.
- L’auteur arrive aux mêmes conclusions à la suite d’expériences faites sur des rondelles d’acier Bessmer, toutes prises de la même barre. Au congrès qui s’est ^enu à Munich en 1884 dans le but d’arriver à une méthode uniforme pour l’essai des matériaux, ainsi qu’à celui de Berlin en 1890, on discuta la question de l’influence de la durée des expériences sur les épreuves de matériaux.
- Après un rapide exposé des communications les plus importantes faites à ces congrès, l’auteur entreprend les descriptions de ses plus récentes expériences. Elles furent faites avec la machine à essayer de Werder qui n’était pas munie de l’appareil enregistreur automatique, et comme il avait été impossible à l’auteur
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- d’en imaginer un réalisant le but qu’il poursuivait, on consigna les résultats point par point et à intervalles différents. Les éprouvettes étaient de section rectangulaire, et en général toutes de 0M,030 de largeur et d’une longueur effective de 0m,20. Jusqu’à la limite d’élasticité on observa les allongements au moyen d’un appareil à miroir et cette limite atteinte on se servit d’un instrument spécialement choisi à cet effet, indiquant sur un eadran le degré d’allongement. On pratique des expériences sur des matériaux de différentes natures tels que : de l’acier, du fer forgé, du cuivre, du zinc, du zinc laminé, de l’étain, du plomb laminé, du bronze, du laiton et de la fonte de fer. Dans chaque cas on essaya à des vitesses d’expérience différentes des matériaux dont la qualité se rapprochait le plus possible.
- L’exemple suivant des résultats consignés fera comprendre la méthode adoptée :
- DURÉE CHARGES. par mmq. ALLONGEMENTS par 0m,150. DURÉE. CHARGES. par mmq. ALLONGEMENTS par 0m,150.
- h. m. s. kil. millim. h. m. S. kil. millim.
- 0 0 ü » 0,129 5 0 19 3 15,40 15,135 3
- 0 0 59 10,64 0,190 5 0 21 0 » 16,101 4
- 0 I 0 10,70 0,200 6 0 22 0 » 16,509 4
- 0 0 29 10,80 0,220 9 0 23 0 » 16,900
- 0 0 59 10,98 0,3951 0 42 54 15,02 38,403 3
- 0 2 32 11,12 0,769 5 0 46 30 11,26 42,472
- 0 0 41 11,26 0,8813 Rupture.
- Pour chaque éprouvette on figura les résultats sur trois diagrammes différents. Dans le premier les ordonnées représentaient les efforts, dans le second les allongements et dans chacun des deux cas on a pris comme abscisses la durée. La troisième série de diagrammes se rapportait aux diagrammes des efforts généralement adoptés et que l’auteur appelle diagrammes de travail; les efforts y ligurenten abscisses et les allongements en ordonnées. Nous indiquons en regard du nom de chaque métal essayé les résultats généraux et les conclusions auxquelles l’auteur est arrivé.
- Acier. — Quatre éprouvettes numérotées de 1 à 4 furent prises sur la môme barre d’acier d’une section de 0m,0356 x 0m,040 x 2m,40. On leur donna la dimension normale, en leur laissant la surface extérieure et elles furent recuites. La matière employée était de l’acier basique (Thomas) de qualité supérieure. La durée totale des expériences, après que l’on eut atteint la limite d’élasticité, fut respectivement pour les numéros 1, 2, 3 et 4 de 26', 4T, 46' et 77'.
- Nous donnons ci-après un extrait des principaux résultats :
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- NUMÉROS DES ÉPROUVETTES. l. 2. 3. 4.
- Effort maxim.(kil. par mmq. de sect.). Effort de rupture.. ........ Contraction p. 100 Allongement pour 20 c. p. 100.. . . kil. 37.1 26,9 70 32.1 kil. 37.3 26.4 73 31.4 kil. 36,9 26,3 65 28,8 kil. 37,6 25,9 75 31,4
- Les diagrammes d’efforts obtenus (indiqués dans les documents originaux) se rapprochaient tellement les uns des autres, qu’en pratique il n’y avait pas de différence entre eux. Quoique l’influence de la rapidité des expériences dans le sens dont nous venons de parler soit sensible, ses effets sont si minimes que des irrégularités dans la matière peuvent facilement les annuler. Les principaux résultats déjà cités ne permettent donc pas de fixer avec certitude les effets de la rapidité des expériences.
- Fer forgé. — On fit des expériences sur sept éprouvettes de ce métal. On prit d’une barre de 0m,04 x 0m,014 x lm,50 quatre morceaux qui furent préparés comme on l’avait fait précédemment pour l’acier. Une barre de 0,036 x 0,014 X 2 ,40 fournit les trois autres dont deux furent recuits et le troisième laissé en son état normal.
- La rapidité des épreuves comme pour l’acier n’a pas fait varier d’une façon appréciable les résultats principaux; cependant il a été possible de tracer le diagramme de son influence.
- Cuivre. — On détacha d’une plaque de tête de boîte à feu, 4 barres de ce métal qui furent numérotées de 4053 a à 4053 d, puis soumises aux épreuves. Les observations faites au moyen de l’appareil à miroir démontrent clairement qu’il n’y avait pas de limite d’élasticité ni de point de rupture précis.
- Les résultats obtenus furent, en ce qui concerne l’extension, quelque peu différents, la pièce a étant composée du métal le plus tendre et la pièce b du métal le plus dur. Après que l’on eut enlevé l’appareil à miroir on continua les expériences à des vitesses différentes et on arriva à des conclusions sensiblement les mêmes que celles auxquelles on était arrivé pour l’acier et le fer forgé. On a pu également remarquer que quoique certaines expériences aient été faites d’une façon continue, tandis qu’au cours de certaines autres il y ait eu des interruptions, les résultats n’en furent que très peu modifiés.
- Zinc. — Quatre barres de ce métal appelées d,e,f,g étayant une section de 33 x 8 ; 32 x 8,3; 32 x 8,3; 32 x 8,3 millimètres carrés furent coulées du même creuset.
- En raison du peu de résistance et des propriétés d’extension peu développées de ce métal, on recueillit toutes les observations au moyen de l’appareil à miroir. On reconnut qu’il n’existait pas de limite d’élasticité ni de point de rupture.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Septembre 1892. 81
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- Les positions relatives occupées par les diagrammes d’efforts pour des matériaux passant pour être de qualité semblable, étaient absolument opposées à celles qu’une étude antérieure faite par l’auteur aurait pu faire supposer; les efforts maxima étaient les plus grands quand les diagrammes étaient levés à une faible vitesse et les efforts minima étaient moindres quand la rapidité des expériences était très développée. L’auteur attribue ces résultats à des irrégularités dans la nature des matériaux, ce qui, selon lui, est bien suffisant pour annuler l’influence de la rapidité des expériences. Nous donnons ci-après les résultats principaux dont les chiffres diminuent avec la vitesse :
- d. e. g- A
- Efforts maximaparmmq. de section. . Contraction p. 100 Allongement maximum p. 100.. . . kil. 2,0 3,1 0,35 kil. 2,1 1,3 0,47 kil. 2,3 L3 0,12 kil. 2,4 1,3 0,30
- La pièce d était d’une première fusion et les autres d’une deuxième.
- Zinc laminé. — Les éprouvettes de ce métal étaient au nombre de quatre, numérotées de 3989 k à 3989 n, prises d’une môme feuille de zinc laminé de Silésie et d’une section transversale de 0,030 x 0,007; en raison de leur faible épaisseur on ne put se servir de l’appareil à miroir car les vibrations étaient trop fortes pour permettre une lecture précise. L’épreuve la plus courte dura 643" et la plus longue 81'. L’influence de la durée des expériences sur les résultats ressort bien clairement. Le diagramme des efforts obtenu avec la vitesse d’expérience la plus grande s’élevait beaucoup au-dessus des autres qui venaient à la suite d’après le degré de rapidité des expériences, la ligne la plus basse correspondant à la vitesse la moins grande.
- Les principaux résultats sont les suivants :
- k. m. l. n.
- Efforts maximaparmmq.de section. — de rupture — — Contraction p. 100.. . ...... Allongement max. sur 0m,15 p. 100. kil. 20,1 » 53 16,5 kil. 17.3 15.4 53 9,9 kil. 16,4 14,0 53 11,2 kil. 16,1 13,0 61 20,3
- On xoit d’après ces chiffres que les efforts maxima ainsi que les forces de rupture diminuent avec la vitesse et que celle-ci n’influe pas sur la contraction, tandis que, d’après l’auteur, l’allongement dépend plus du hasard que de la rapidité des expériences.
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- Plomb. — Les éprouvettes, au nombre de quatre, numérotées de 4056 a à 4056 d, d’une section de 30 x 7,8 millimètres carrés étaient toutes de la même, fusion. Gomme une de ces pièces se rompit en dehors des proportions d’épreuves et que l’on remarqua des défectuosités dans la cassure, on refondit les fragments des éprouvettes et on en coula trois de plus 4056 e à 4056 g d’une section de 28 x 8,3 millimètres carrés.
- On ne lit que trois épreuves au moyen de l’appareil à miroir, en raison des difficultés matérielles rencontrées dans les opérations.
- Les résultats principaux classés d’après la vitesse à laquelle les expériences furent faites (en décroissance de e à g) sont les suivants :
- e. d. f- b. ; C. d-
- Efforts maxima....... Allongemei)tsur0m,20p. 100. ko. » 27,6 kil. » 28,7 kil. » 24,8 kil. » 31,2 kil. » 31,1 kil. » 24,8
- La section contractée, à l’endroit de la cassure, avait presque dans tous les cas été réduite à l’épaisseur d’une lame de couteau.
- L’inlluence de la vitesse des épreuves sur les efforts maxima était incontes-table, tandis qu’elle était à peine sensible dans les allongements. La vitesse moyenne avec laquelle on conduisit les opérations fut à peu près la même pour df et b environ le quart de celle employée pour e, et cette dernière était près de quatorze fois plus forte que celle à laquelle on fit les essais sur c et g.
- Pour le plomb laminé on obtint à peu près les mêmes résultats : ces résultats sont consignés dans les documents originaux.
- Étain fondu. — Des essais furent faits sur quatre éprouvettes de ce métal ayant chacun une section de 0,0294 x 0,0094. On se servit de l’appareil à miroir jusqu’à ce que la limite d’élasticité ait été atteinte, ce qui arriva sous un effort de 0k,217 par millimètre carré. Comme dans les cas précédents on fit les expériences à des vitesses différentes; mais pendant les expériences sur b, on passa brusquement de temps en temps d’une vitesse à une autre afin de modifier sensiblement les diagrammes des efforts.
- L’influence de la rapidité des expériences sur l’allongement était très visible et paraissait beaucoup plus importante à une vitesse moindre qu’à une vitesse accélérée. Cependant la contraction devient d’autant plus forte que l’allongement est moins grand et l’allongement plus brusque quand la contraction diminue, de sorte que, étant donné l’allongement déterminé par la contraction, le tant pour cent d’allongement demeure environ le même dans tous les cas.
- Bronze fondu. — Le métal employé en éprouvettes était composé de 10 parties de cuivre rouge, une partie d’étain, une de cuivre jaune et 0,05 de cuivre
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- contenant 10 p. 100 de phosphore. Sept éprouvettes d’une section de 20,15 x 8,9, dont la surface extérieure avait été enlevée, furent essayées au moyen de l’appareil à miroir. On ne peut dire qu’il existait réellement de limite d’élasticité dans ce cas.
- Les résultats démontrent, comme dans d’autres cas déjà cités, que l’influence de la vitesse est presque entièrement annulée par des inégalités dans la nature des matériaux, quoique cependant cette influence existe tant soit peu. La durée des expériences varia entre 10'6" et 48'17”. L’influence de la vitesse fut démontrée par ce fait qu’à l’instant où une modification brusque fut apportée dans la marche des expériences on remarqua une légère déviation dans le diagramme.
- Cuivre jaune. — On ne fit des expériences que sur trois morceaux de laiton fondu et les différences constatées dans la nature de ce métal étaient si grandes que les résultats obtenus n’ont aucune valeur.
- On prépara sept éprouvettes de laiton laminé, toutes de la même feuille et ayant 30 millimètres de large sur 6 millimètres d’épaisseur. La durée des expériences varia entre 21' et 212'; mais l’influence de la durée sur les diagrammes d’efforts n’est pas sensible. L’auteur cite parallèlement aux essais faits sur ce métal un phénomène qu’il n’a pas observé dans les autres expériences : il a en effet remarqué que les accroissements dans l’allongement étaient intermittents et que l’aiguille du cadran enregistreur restait stationnaire pendant des périodes durant jusqu’à 11" et 12" et se remettait ensuite brusquement en marche. Des recherches minutieuses ont démontré que ces variations n’étaient dues ni à une imperfection de l’appareil ni à toute autre circonstance fortuite et que l’on ne pouvait même pas les attribuer à une extension des éprouvettes au delà des dimensions normales.
- Fonte de fer. — L’auteur se reporte à des expériences qu’il a faites sur ce métal il y a sept ans. Il fit des essais sur quatre sortes de fonte tant à la tension qu’à la compression. Les résultats résumés dans les documents originaux ont démontré que l’effet de la durée sur les essais faits sur de la fonte de fer est négligeable dans la pratique.
- L’auteur ne partage pas, entre autres, l’opinion de Fischer et Connert, qui attribuent à la cohésion moléculaire l’influence de la rapidité des expériences sur la résistance de certains matériaux; car il considère cette théorie comme insoutenable, étant donné le grand écartement qui existe entre les molécules de matériaux même solides, par rapport à leurs dimensions; il estime, comme il l’a dit précédemment, qu’il faut en rechercher la vraie cause dans ce fait que jusqu’à un moment déterminé et sous une charge constante, l’allongement continue à se produire pendant une période assez considérable.
- On se demande alors pourquoi l’acier, le fer forgé, le cuivre rouge et les autres métaux chez lesquels se produit, au plus haut degré, le phénomène de ce que l’auteur appelle >< l’extension ultérieure » présentent des diagrammes qui
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- coïncident presque ensemble pour des vitesses très différentes. En réponse à cette question on a établi que la direction du diagramme, après chaque période ou « pause » pendant laquelle la charge est maintenue constante, dépend essentiellement de la durée de cette « pause » ; car en effet plus cette dernière se prolonge, plus la courbe se raidit après chaque accroissement de charge, de sorte que les lignes obtenues à une vitesse très minime se rapprochent souvent de celles que l’on a obtenues à une vitesse d’expériences plus grande et les dépassent même quelquefois.
- Afin de se convaincre de l’exactitude de sa théorie, l’auteur a entrepris une série d’expériences complémentaires avec quatre éprouvettes tirées d’une barre plate de fer forgé d’une section transversale de 29,5 x 14.
- Une des éprouvettes fut essayée sans interruption, en sorte que le diagramme présente des courbes continues et l’expérience dura en tout 24' 31". On laissa une charge constante séjourner sur les autres éprouvettes pendant des périodes plus ou moins longues, après chaque accroissement de charge. La première expérience (a) dura 29'10", et la seconde 170'57". Les résultats et les diagrammes qui figurent dans les documents oi’iginaux démontrent clairement que dans les périodes correspondantes de différentes épreuves, pendant que la charge augmente, la vitesse à laquelle l’allongement se produit, en ce qui concerne l’accroissement des efforts, diminue d’autant que la pause précédente est prolongée.
- Des modifications convenables apportées au mode d’opération ont prouvé à l’auteur que le phénomène en question est dû à la durée de la pause, la durée est donc le facteur principal.
- L’allongement qui a lieu pendant une pause sous une charge constante (Afterstretch) se trouve modifié par la durée de la pause précédente; il diminue d’autant que la pause est plus longue, c’est-à-dire après que l’on a laissé une pièce au repos pendant quelques instants. Le même effet se produit quand l’éprouvette a été déchargée pendant la pause précédente.
- (.Iron.)
- BIBLIOGRAPHIE
- JOURNAUX ET REVUES
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences. — Séance du 4 juillet 1892* n° 1. — Recherches expérimentales sur la chute des corps et sur la résistance de l’air à leur mouvement; expériences exécutées à la tour Eiffel, par L. Cailletet et Collar-deau. — Sur la détermination précise de la densité critique, par E. Mathias. — In-
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- Iluence de la masse du liquide dans les phénomènes de caléfaction, par A. Witz.— Sur la composition de l’eau et la loi des volumes de Gay-Lussac, par A. Leduc, -r- Utilisation de la pyrite grillée, pour la fabrication des sels de fer, par A. et P. de Businc. — Sur les altérations des eaux ferrugineuses, par F. Parmentier. — Sur le passage des substances dissoutes à travers les filtres minéraux et les tubes capillaires, par C. Cha-brié.
- Séance du lt juillet, n° 2. — Sur la détermination de la densité des gaz, par Henri Moissan et Henri Gautier. — Des effets de la gelée et de la sécheresse sur les récoltes de cette année, et des moyens tentés pour combattre le mal, par Chambrelent. — Sur le calcul pratique de la dimension des orifices d’écoulement de la vapeur d’eau saturée dans l’atmosphère, en régime constant et en régime varié ; application aux soupapes de sûreté, par H. Parent]/. — Recherches sur le nickel et le cobalt, par Ch. Lapierre et M. Lachaud. — Sur quelques médicaments ferrugineux, par H. Lechâtelier. — Contribution à l’étude des eaux minérales ; sur l’alumine contenue dans ces eaux, par/7. Parmentier. ' '
- Séance du 18 juillet, n° 3. — Sur la chaleur spécifique et la chaleur latente de fusion de l’aluminium, par J. Pionchon. — Sur le principe du travail maximum, par //. Lechâtelier.— Sur les eaux minérales ferrugineuses conservées, par J. Ribàn.
- Séance du 25 juillet, n° 4. — Analyse micrographique des alliages, par Geoi'ges Guil-lemin.
- Séance du 8 août, n° 6. — Application de la mesure des densités à la détermination du poids atomique de l’oxygène, par A. Leduc. — Le savon calcaire et les explosions de chaudières à vapeur, par A. Vivien.
- Séance du 16 août, n° 7. — Vaporisation dans les chaudières, par de Swarte.
- Annales des Mines. — Juin 1892. — Note sur les dégagements instantanés de grisou aux mines de Bessèges, par Ichon et Lombard.
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- guet. — Expériences faites en Allemagne dans le but de comparer, sur une voie de largeur normale, la résistance en ligne droite et en courbe de wagons munis ou non d’appareils radiaux (Lenkachsen). — Tableau des chemins de fer à crémaillère, système Riggcnbach et système Abt.
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- 18 juin, n° 7. — Les patentes américaines, par Henry Japy.
- 25 juin, n° 8. — Traitement des vins et en particulier des vins d’Algérie, par P. Paul.
- — L’encre et sa fabrication, par Max de Nansouly. — Note sur la recherche du moment fléchissant maximum maximorum, produit par le passage d’un convoi sur une poutre à deux appuis simples, par Bedaux.
- 2 juillet, n° 9. — Applications nouvelles des machines à écrire. Cryptographie et sténographie mécaniques, par H. Erré. — Construction et protection du creuset et des étalages des hauts fourneaux, par Victor Deshayes. — Les canons français à tir rapide. Canons du Creuzot; canons Canet.
- 9 juillet, n° 10. — Réfrigérants-pulvérisateurs pour l’eau de condensation, construits par E. et P. Sée à Lille, par F. Delannoy.
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- 30 juillet, n° 13. — Machine dynamo à induit bimétallique, système Reignier et Parot, par James Chappuis. — Moteur à vapeur perfectionné à allure rapide, système Locoge et Rochart, par F. üesquiens. — Coussinets demi-liquides, système Dymkoff, par Max de Nansouly. — Éclairage et chauffage par les hydrocarbures lourds, par A.-M. Villon.
- 6 août, n° 14. — Sur la machine dynamo-électrique Reignier et Parrot, par E. Des-roziers. — Locomotives compound articulées, système Mallet, des chemins de fer du Gothard et du Central suisse, par Max de Nansouty. — La question du tout à l’égout. Protestation de la banlieue de Paris. — Les bacilles typhiques et le tout à l’égout. — Levures et bactéries contenues dans les vins naturels et les vins artificiels.
- 13 août, n° 15. — Sur la machine dynamo-électrique Reignier et Parrot, par James Chappuis. — Application de l’électricité à la navigation de plaisance, par B. Audra.
- 20 août, n° 16. — Moteur aéro-thermique, système L. Genty, par G. Foris. — Les moteurs électriques pour l’aérostation, par Marcel Delmas.
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- 25 juin, n° 26. — Les isolants, par Frank Géraldy. — Les lampes à incandescence, par Gustave Richard.
- 2 juillet, n° 27. — L’ozonisation et les appareils ozonothérapiques, par A.Rigaut. — Turbo-moteur compound A. Morton. —Les étincelles aux balais des dynamos.
- % juillet, n° 28. — Applications mécaniques de l’électricité, par Gustave Richard. — Dépôt de cuivre à raison de 10000 ampères par mètre carré, par E. Andréoli. — Elec-trolyse des alliages zinc-argent par la « London metallurgical Company ». — Sur les parafoudres et la découverte de métaux qui étouffent l’arc, par Alex. J. Wurts.
- 16 juillet, n° 29. — Sur le choix des machines généralement employées dans les distributions d’énergie électrique, par J.-P. Anney. — Sur la force motrice du vent, par D. Ruchholtz. — Électrolyse des minerais d’or, procédé Atkins. — Electrométallurgie de l’aluminium, par A. Schneller et Astfalk. — Nouvelle méthode électrique pour la recherche des combinaisons de deux métaux, par A. Laurie.
- 23 juillet, n° 30. — Nouveau procédé électrique de la préparation de la céruse, par Stevens.
- 30 juillet, n° 31. — La position du cobalt et du bismuth dans la série thermo-électrique, par G. Knoll.
- 6 août, n° 32. — Cuisine électrique Burton et Angell.
- 13 août, n° 33. — Purification du sulfate d’alumine. — Électro-métallurgie de l’antimoine, par Kapp, d’Oestrich (Rheingau).
- 20 août, n° 34. — Dorure, argenture de l’aluminium, par G. Wergner. —Sur l’essai industriel du fer. — Énergie absorbée pendant les inversions de polarité, par Schmoller.
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. — Tjp. Chamerot et Keiiouard, 19, rue des Saints-Pères. — 29214.
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- 91e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- OCTOBRE 1892.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D'ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS CHIMIQUES
- Rapport, fait par M. de Luynes, au nom du Comité des arts chimiques, sur le
- PROCÉDÉ DE BLANCHIMENT ÉLECTRO-CHIMIQUE de M. HeRMITE.
- Messieurs,
- Dans la séance du 8 mai 1894,M. Hermite a entretenu la Société de ses nouveaux procédés de blanchiment des matières végétales par voie électrochimique. Votre Comité des arts chimiques, prenant en considération l’importance des travaux de M. Hermite, a chargé deux de ses membres, M. Aimé Girard et votre rapporteur, de se rendre à l’usine de MM. de Montgolfîer etCie,à la Haye-Descartes, où les procédés de M. Hermite sont en plein fonctionnement, afin d’étudier, de visu ces nouvelles méthodes, et de se mettre en mesure de vous en rendre compte. C’est à la suite de cette visite qu’a été rédigé le rapport que j’ai l'honneur de présenter au Conseil.
- Les principaux agents du blanchiment des fibres végétales sont les chlorures de chaux ou de soude qui résultent de l’action du chlore libre sur la chaux ou sur la soude.
- Pour obtenir des chlorures décolorants, sans recourir à l’emploi du chlore, on a soumis le chlorure de sodium en solution aqueuse à l’action du courant électrique. On espérait ainsi produire, du premier jet, une liqueur décolorante pouvant remplacer avec avantage les composés généralement employés. Mais ces tentatives n’ont pas donné de résultats pratiques.
- Tome VII. — 91° année. 4e série. — Octobre 1892.
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- M. Hermite a repris ces expériences en 1883 ; après avoir étudié avec soin ce qui se passe dans l’électrolyse du chlorure de sodium, et après avoir reconnu que l’emploi de ce sel seul devait être abandonné, il fut conduit à examiner le mode de décomposition des différents chlorures alcalins et alcalino-terreux, et il fixa son choix sur le chlorure de magnésium, sel abondant et peu coûteux qui, à l’emploi, présente les avantages suivants : il est neutre, sa solution convenablement étendue n’offre qu’une faible résistance au passage du courant, sa chaleur de combinaison est faible, et par suite sa décomposition électro-chimique facile. A l’état libre, il n’exerce sur les fibres aucune action fâcheuse. De plus, c’est un fait connu que les fibres végétales sont plus respectées par l’hypochlorite de magnésie que par les autres hypo-chloriles alcalins ou alcalino-terreux du commerce.
- En cherchant à déterminer les conditions pratiques dans lesquelles le chlorure de magnésium devait être utilisé, M. Hermite a constaté d’abord qu’il ne pouvait pas être employé seul, car il se forme par sa décomposition de l’hydrate de magnésie, lequel, en présence du chlorure de magnésium non décomposé, forme un oxychlorure qui encrasse les électrodes et entrave ainsi le passage du courant. Pour éviter cet inconvénient, M. Hermite se sert d’une dissolution de chlorure de magnésium diluée dans une autre solution saline. Le mélange qui lui a donné le meilleur résultat est le suivant :
- Eau..............................1000
- Chlorure de sodium................ 50
- Chlorure de magnésium.............. 5
- Dans l’électrolyse de ce bain, le chlorure de magnésium paraît seul décomposé en même temps que l’eau ; il se forme au pôle positif un composé doué d’un pouvoir décolorant énergique, et il se dépose au pôle négatif de la magnésie gélatineuse qui, en présence de la faible quantité de chlorure de magnésium contenu dans la liqueur, ne peut que difficilement se transformer en oxychlorure. Comme la magnésie qui se dépose à l’électrode négative ne se délaie pas suffisamment dans la liqueur pour se combiner au composé oxygéné du chlore produit au pôle positif, M. Hermite ajoute à la solution une certaine quantité de magnésie hydratée provenant de la précipitation du sulfate de magnésie par la soude caustique. On n’a pas à craindre la présence de la soude libre qui pourrait provenir de la décomposition du chlorure de sodium, car cette base réagirait immédiatement sur le chlorure
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- de magnésium. D’ailleurs, la solution contient toujours de la magnésie combinée, comme il est facile de s’en assurer par le dépôt qu’elle donne à tout moment lorsqu’on la précipite par une solution alcaline.
- Le titrage de la liqueur décolorante se fait comme pour les hypochlorites commerciaux au moyen d’une solution titrée d’acide arsénieux. Les bains employés par M. Hermite contiennent de 0gr,5 à 2 grammes au maximum de chlore par litre.
- D’après l’auteur, le liquide obtenu par l’électrolyse contiendrait un hypochlorite de magnésie complètement neutre, et c’est à cette neutralité qu’il faudrait attribuer, suivant lui, les propriétés remarquables du produit qui peut blanchir, sans les altérer, les fibres les plus délicates, et même des
- Fig. 1. — Electrolyseur. Fig. 2. — Electrode positive
- matières qu’on ne pourrait songer à traiter par les hypochlorites du commerce tels que l’amidon et la fécule.
- Voici comment M. Hermite a pu réaliser la décomposition des sels et l’emploi de la liqueur décolorante dans des conditions pratiques et économiques.
- Une cuve en fonte galvanisée à section rectangulaire (fig. 1) est munie sur le contour supérieur d’un rebord formant canal. Dans le fond de la cuve et dans le sens de la longueur, règne un tube perforé muni d’un robinet en zinc. Le mélange de chlorure de sodium et de magnésium est amené d’un réservoir supérieur à l’origine de ce tube, il remplit la cuve, déborde dans le canal et s’écoule par un tuyau s’ouvrant dans ce dernier. La cuve est donc traversée par un courant continu du mélange salin.
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- De chaque côté du tube perforé et un peu au-dessus sont placés deux rabres qui tournent lentement sur eux-mêmes et qui communiquent, ainsi que la cuve, avec le pôle négatif de la machine. Sur ces arbres sont montés des disques en zinc parallèles entre eux, dont l’ensemble constitue l’électrode négative.
- Les électrodes positives consistent en toiles de platine maintenues dans des cadres en ébonite (fig. 2). Ces toiles communiquent avec une pièce de plomb parfaitement isolée qui peut s’ajuster sur une barre de cuivre placée au-dessus de la cuve dans le sens de la longueur. Les cadres présentent une échancrure au milieu de laquelle passe sans contact la barre soutenant les disques de zinc, de telle sorte que les toiles de platine et les disques de zinc sont disposés alternativement les uns devant les autres. L’ensemble des cadres de platine communique par l’intermédiaire de la barre de cuivre qui les soutient avec le pôle positif. Le courant est donc distribué dans les électrodes de platine, d’où il passe, en traversant le liquide, aux disques de zinc communiquant par la cuve en fonte avec le pôle négatif de la dynamo.
- Afin de maintenir les disques de zinc parfaitement propres, des couteaux flexibles en ébonite sont placés sur les plaques positives. Ces couteaux pressent sur les disques de zinc, et comme ceux-là tournent continuellement, tout dépôt se trouve détaché.
- L’appareil est disposé de telle sorte que les plaques positives puissent être enlevées et réparées séparément sans interrompre la marche de l’opération ; la cuve aussi peut être nettoyée avec facilité au moyen d’une porte latérale dont elle est munie.
- Quand en emploie plusieurs électrolyseurs, on les monte en tension. A la Haye-Descartes, on se sert généralement d’un courant de 1 200 ampères avec une force électro-motrice de 5 volts. Des instruments de mesure placés dans le courant permettent à chaque instant de se rendre compte de la marche des appareils et de la force absorbée.
- L’entretien des électrolyseurs est très simple. L’usure des électrodes est en quelque sorte nulle, tous les mois la cuve est lavée à grande eau.
- Pour donner une idée plus complète de l’emploi des appareils de M. Her-mite, nous décrirons comment on les utilise pour décolorer la pâte à papier. Le schéma ci-joint montre la disposition adoptée (fig. 3).
- Le mélange de chlorure de magnésium et de sodium s’écoule du réservoir A dans l’électrolyseur B, de là il descend dans la pile blanchisseuse C, munie d’un tambour laveur D qui déverse le liquide ayant agi sur la pâte dans
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- un réservoir inférieur en ciment ou en tôle galvanisée E, d’où une pompe rotative le ramène au point de départ dans le réservoir A; il repasse alors dans les électrolyseurset suit le même chemin que précédemment. La pâte à papier de la pile blanchisseuse est descendue dans une cuve G, d’où elle passe sur un presse-pâte H. Le liquide exprimé tombe dans le réservoir inférieur E et est remonté en A par la pompe J. Il y a donc une circulation continue du liquide décolorant du réservoir supérieur A au réservoir inférieur E en passant successivement dans les électrolyseurs et dans la pile blanchisseuse. Comme la quantité de pâte mise dans la pile blanchisseuse est cal-. culée de façon à n’absorber dans un temps donné que la quantité de composé chloré que peut produire l’électrolyseur, le titre du bain reste à peu près constant, ce qui permet d’obtenir un blanchiment très rapide et très complet.
- La liqueur qui a épuisé son action décolorante sur la pâte renferme, parmi les produits de décomposition, de l’acide chlorhydrique, qui, avec la magnésie hydratée en suspension dans le bain, régénère le chlorure de magnésium.
- M. Hermite estime que, pour 100 kilogrammes de pâte sèche, on perd environ 150 kilogrammes de liqueur, qui reste dans la pâte et n’en peut être retirée, ce qui correspond à uneperte de 7kil, 500 de chlorure de sodium et 0,750 de chlorure de magnésium.
- L’économie qui résulte de l’emploi de ce procédé de blanchiment varie suivant les localités où sont placées les papeteries, et le prix de la force motrice. Elle serait de 404 70 p. 100. Voici les chiffres fournis parM. Hermite :
- Un électrolyseur du système Hermite produit en vingt-quatre heures l’équivalent de 100 kilogrammes de chlorure de chaux sec en employant au maximum 10 chevaux de force effectifs.
- Le chlorure de chaux vaut actuellement en France de 20 à 22 francs les 100 kilos franco dans les usines. Voici à quel prix on obtient l’équivalent de ces 100 kilogrammes de chlorure de chaux, suivant qu’on se sert d’une force hydraulique ou de la vapeur.
- Dans les usines à force hydraulique, le prix est de 5 fr. 22, amortissement du matériel électrique compris, sans tenir compte de la main-d’œuvre
- Fig. 3. — Schéma de la circulation des liquides.
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- qui est la même que celle qu’exige l’emploi du chlorure de chaux, soit, par rapport à 20 à 22 francs, une économie de 80 p. 100 environ.
- Ces chiffres sont basés sur une marche industrielle de deux années.
- Dans les usines où la force est fournie par la vapeur, le prix de revient serait de 10 fr. 02, soit 50 p. 100 d’économie.
- Ce dernier rendement peut être diminué dans les localités où le charbon coûte plus cher. Mais, d’après M. Hermite, il serait toujours de 40 p. 100.
- C’est dans ces conditions que vos délégués ont vu fonctionner les appareils Hermite auxquels la force est fournie par des turbines établies sur la Creuse.
- Les batteries se composent de deux groupes de 5 électrolyseurs chacun, qui produisent par an l’équivalent de 300000 kilogrammes de chlorure de chaux.
- L’importance de ces résultats qui ouvrent une voie nouvelle à l’industrie du blanchiment, l’emploi judicieux que M. Hermite a fait de la méthode scientifique pour apporter une solution de plus au problème de la décoloration des matières végétales sont dignes de tout l’intérêt de la Société.
- Votre Comité des arts chimiques vous propose donc, Messieurs, de remercier M. Hermite de son intéressante communication, de lui adresser des félicitations pour ses travaux et d’insérer le présent rapport au Bulletin, avec les dessins des appareils.
- Signé : de Luynes, rapporteur.
- Approuvé en séance le 22 avril 1892.
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- Rapport fait par M. Rrüll, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur le
- foyer Cohen, présenté par MM. Herrmann, Cohen et C10, 5, rue de Châ-
- teaudun, Paris.
- M. Leroux, ingénieur civil, a présenté à la Société, dans la séance du 23 décembre 1891, le système de foyer de M. Cohen, exploité par MM. Herrmann, Cohen et Cie.
- Chargé par le Comité des Arts mécaniques d’examiner et d’apprécier ce système, nous avons visité plusieurs établissements industriels où il est appliqué et nous avons recueilli de divers côtés des renseignements sur les résultats de service qu’il fournit.
- M. Cohen s’est proposé, après bien d’autres inventeurs, de diviser la combustion en deux phases successives :
- La distillation avec combustion des gaz formés ;
- La combustion du coke produit.
- Le foyer, qui se charge par trémie, comporte trois grilles.
- La grille supérieure est formée de barreaux de forme spéciale qui varient suivant la nature du combustible. Cette grille, à peu près verticale, est oscillante et se manœuvre à l’aide d’un levier placé sur un des côtés extérieurs du foyer. Les barreaux sont munis de nervures qui empêchent le combustible menu de tomber dans le cendrier.
- A la hauteur de cette première grille et à une petite distance, se trouve une voûte réfractaire.
- La grille moyenne, où le coke se brûle, est la plus grande des trois ; elle est inclinée d’environ 45 degrés sur l’horizon. Elle est formée de barreaux en fonte à nervures, reposant à leur pied sur un sommier en fer, et à leur partie supérieure sur une barre de fer transversale portée par deux bras en fonte calés sur un arbre. En faisant tourner cet arbre à l’aide d’un levier de manœuvre, on abat la grille de façon à la rendre presque horizontale. Cette manœuvre se fait pour l’allumage.
- Enfin la grille de pied, qui est destinée à recevoir les cendres et mâchefers, repose à plat sur un sommier en fonte prolongé par un autel incliné en maçonnerie de briques réfractaires et sur une traverse en fonte encastrée dans les murs latéraux du foyer. Les barreaux sont très rapprochés et même
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- jointifs sur une partie de leur longueur afin de restreindre à cet endroit le passage de l’air.
- Diverses entrées d’air réglables sont disposées sous la trémie, sur les parois latérales près de la voûte, et dans la façade du four, au droit delà grille de distillation.
- Telles sont, dans leurs parties essentielles, les dispositions du foyer Cohen. Les figures et légendes jointes à ce rapport permettront d’en connaître les détails. Voici maintenant comment fonctionne l’appareil.
- La provision de charbon est placée dans la trémie. Un sabre vertical que l’on manœuvre de temps en temps en assure la descente régulière.
- Sur la grille supérieure, le combustible est soumis au rayonnement de la voûte et il se produit une abondante distillation. L’air, que le tirage de la cheminée appelle à travers les barreaux et par les orifices de la façade et des côtés du foyer, se mêle avec les gaz dégagés et les brûle.
- Les flammes, rabattues parla voûte, lèchent la couche de coke qui garnit la grille inclinée et achèvent de se brûler, en même temps que l’air qui passe à travers cette grille produit la combustion du coke.
- Les oscillations que l’on donne à la grille inférieure en font tomber le charbon au fur et à mesure qu’il est distillé et alimentent la grille principale. On dispose ainsi d’un moyen de régler la consommation suivant les besoins.
- Les résidus de la combustion parviennent sur la grille de pied. Pour les enlever, on ouvre les portes du cendrier, on brise les mâchefers à la lance et on les fait tomber dans le cendrier, on fait ensuite descendre avec un ringard ceux qui obstruent la grille inclinée et on les laisse sur la grille plate jusqu’à l’opération suivante.
- Malgré ces diverses manœuvres le chauffeur a moins de peine que pour desservir une grille ordinaire. Il lui faut moins d’habileté pour obtenir un fonctionnement satisfaisant. Avec dés charbons moyennement fumeux, on arrive à atténuer la production de fumée. 11 est probable aussi que les tôles des générateurs de vapeur sont moins exposées aux courants violents d’air froid qui se produisent avec les grilles usuelles pendant le chargement du combustible.
- On peut alimenter la grille Cohen avec des charbons d’assez faible composition. On peut y brûler aussi des déchets de bois de teinture, des tannées et des bagasses chargées d’humidité. Mais le foyer doit être alors spécialement approprié.
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- Gomme on le voit, le système Cohen repose sur des idées justes. L’application de ces idées, déjà tentée bien des fois, a nécessairement amené comme précédemment une certaine complication. On conçoit que ces grilles mobiles, ces voûtes exposées en plein feu, ne sont pas sans donner quelques difficultés. En général, on ne s’était pas bien trouvé jusqu’ici de l’application de ces dispositifs.
- Aussi ne s’étonnera-t-on pas que, dans certaines applications et surtout dans les débuts, des barreaux trop chauffés se soient soudés entre eux et brûlés, des voûtes insuffisamment réfractaires aient exigé des remplacements trop fréquents.
- Mais nous sommes heureux par contre d’avoir pu constater que MM.Herr-mann Cohen et Cie ont pu réaliser de très nombreuses installations, que quelques-unes ont bien réussi, tellement que les établissements dans lesquels on avait adopté une première fois ce système en ont fait depuis des applications successives.
- Tel est en particulier le cas pour MM. Geneste et Herscher qui construisent le foyer Cohen, et l’emploient dans les installations de chauffage dont ils ont la charge, de la Société Edison qui l’a monté dans plusieurs stations d’éclairage électrique et de MM. A. Guillaumet et G. Maës, teinturiers à Clichy-la-Garenne, qui, après avoir, des premiers, essayé le foyer Cohen, en ont trois actuellement en service à leur entière satisfaction.
- Dans ces divers établissements nous avons vu fonctionner le foyer avec régularité, avec aisance et sans production abondante de fumée.
- On peut donc, malgré les inconvénients qui ont été quelquefois éprouvés et qui tendent d’ailleurs à s’atténuer par des soins effectifs de construction, d’entretien et de conduite, encourager et recommander le foyer Cohen.
- Nous avons l’honneur de vous proposer de remercier M. Leroux de son intéressante communication, de féliciter M. Cohen de son travail et d’autoriser l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société avec une planche de dessins et une légende explicative.
- Signé : A. Brüll, rapporteur.
- Approuvé en séance le 22 juillet 1892.
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- LÉGENDE I)E LA PLANCHE 82 REPRÉSENTANT LE FOYER SYSTÈME COHEN.
- Fig. 1, 2, 3, Coupe et vues du foyer Cohen.
- A, Trémie de chargement mobile autour de l’axe /.
- B, Grille de distillation mobile autour de Taxe b.
- C, Grille principale pouvant s’abaisser pour faciliter rallumage en restant appuyée sur le sommier fixe / et le sommier mobile m'.
- D, Grille de pied ou de décrassage.
- Ces trois grilles sont représentées séparément figure k.
- E, Voûte en briques réfractaires.
- /, Sommier fixe.
- m, m, Sommier mobile autour de m. Ce sommier est maintenu dans sa position au moyen d’un secteur denté a calé sur l’axe m, sur lequel vient s’engrener une vis sans fin, qui se manœuvre au moyen d’un volant à main c (fig. 3).
- Le poids du sommier est contre-balancé par deux contrepoids en fonte H, H, par l’intermédiaire de chaînes g passant sur les poulies P et venant se fixer, par leur autre extrémité, sur un secteur à gorge d calé sur l’axe m.
- F, F, Papillons pour la rentrée d’air sous la grille principale.
- y, Registre de rentrée pour la grille mobile B.
- Ces arrivées d’air sont séparées des précédentes par le diaphragme n.
- G, Orifices latéraux de rentrée d’air.
- Fonctionnement. — Le chargement du combustible se fait dans la trémie A. Elle porte sur sa face antérieure deux fers plats entre lesquels on peut introduire un ringard pour assurer la descente régulière du combustible sur toute la largeur du foyer et éviter toute obstruction à la partie basse de la trémie.
- En raison de la hauteur de l’appareil et afin de ne pas gêner le nettoyage des bouilleurs ou des tubes de la chaudière, cette trémie A peut se rabattre complètement sur l’avant du foyer en tournant autour de l’axe f (fig. 1 et 2).
- Le combustible glisse d’une part entre une plaque en fonte ou en fer à l’ar-, rière dont l’extrémité inférieure a pour but de régler l’épaisseur de la couche de combustible sur la grille, d’autre part entre les fers plats cités plus haut sur la face antérieure.
- Ce combustible tombe sur la grille supérieure B. Il y est soumis à la chaleur due au rayonnement de la voûte E, ce qui a pour effet de produire la distillation. Les gaz combustibles dégagés sont mélangés à de l’air passant à travers la grille B et arrivant également par les orifices latéraux G au-dessus de la couche de combustible. L’air entrant ainsi suivant deux directions perpendiculaires produit un brassage énergique des gaz et favorise leur combustion.
- Le mélange, par suite du tirage de la cheminée, passe entre la voûte E, maintenue à une température très élevée, et la masse incandescente placée sur la
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- grande grille.C. La combustion de ces produits gazeux se trouve donc assurée., : Le mouvement de rotation donné à la grille B a pour effet, grâce à la forme spéciale des barreaux, de rejeter le combustible distillé et déjà enflammé à la. surface de celui qui brûle sur la grande grille C. Puis, lors de la remise de la grille mobile dans sa position normale, le combustible nouveau vient prendre, la place de celui qui a été déplacé. ' . '
- La grille B permet ainsi de régler la puissance de vaporisation du foyer comme dans le cas d’un chargement à la pelle, mais elle présente l’avantage de né charger sur la grande grille que du combustible ayant précédemment subi une distillation et déjà en ignition,au lieu d’y jeter du combustible absolument frais.
- La combustion se fait ensuite sur la grille C comme sur une grille ordinaire, mais il n’y tombe que du coke, et les fines du combustible employé y arrivent déjà agglutinées.
- Les cendres et les mâchefers ne se produisent qu’au bas de la grille G et sur la grille de pied D, d’où il est facile de les enlever en la soulevant.
- Les portes du cendrier doivent rester fermées en temps normal ; leur papillon seul est ouvert ainsi que le registre y, mais ces ouvertures peuvent être réglées suivant le tirage de la cheminée, la nature du combustible et la quantité de vapeur à produire.
- ARTS MÉCANIQUES y
- LES MOTEURS A PÉTROLE DEPUIS 1889, PAR M. GUSTAVE RICHARD, MEMBRE DU CONSEIL.
- L’objet de cette conférence (1) est de décrire les principaux progrès réalisés depuis l’Exposition de 1889, à l’étranger, dans la construction et l’exploitation des moteurs à pétrole.
- J’entends par moteurs à pétrole ceux qui utilisent directement dans leur cylindre, à la façon des moteurs à gaz, la puissance calorifique, non pas des gazolines ou des essences, mais des huiles minérales lampantes, raffinées ou non/ Ces huiles coûtent, non pas en France où leur prix est, comme celui du gaz, absolument fictif, mais en Angleterre, environ 0 fr. 10 le litre, et les bons moteurs à pétrole n’en consomment, même pour les petites puissances d’un à deux chevaux, qu’un demi-litre par cheval-heure effectif, de sorte que la dépense de combustible s’abaisse ou tend à s’abaisser dans ce cas au taux extrêmement économique de 0 fr. 05 par cheval-heure effectif. . • , • -,
- , Le moteur à pétrole économique, inoffensif, simple, sûr, régulier, durable,
- o (1) Faite à la Société d’Encouragement, le 24 juin 1$92. ' : ; : !
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- d’une mise en train presque instantanée — ayant, en un mot, toutes les qualités du moteur à gaz actuel, avec la mobilité en plus — répond évidemment à de nombreux besoins. Aussi, et bien que le problème ne soit pas encore tout à fait résolu, les compte-t-on déjà par milliers en Allemagne et en Angleterre. En France, il n’existe pour ainsi dire pas : son développement y est paralysé par le prix élevé du pétrole, comme celui du moteur à gaz par le prix du gaz.
- Il y a, entre les moteurs à pétrole proprement dits et les moteurs à gazoline,
- PM 45 -
- 140° 150°
- Fig. 1. — Distillation du pétrole. Courbes de Robinson. (Températures centigrades.)
- une grande différence, qui tient à la différence des propriétés physiques de la gazoline et des pétroles lampants ou autres.
- Les gazolines : pétroles rectifiés de densités 0,650 à 0,700, sont à peu près homogènes, très volatiles, d’une tension de vapeur toujours supérieure à celle de l’eau, de sorte que le problème de la carburation de l’air au moyen des gazolines est relativement des plus faciles. Cette carburation se fait presque toujours par aspiration. Le moteur en tout semblable, sauf parfois l’allumage, à un moteur à gaz ordinaire, aspire une partie de son air au travers de mèches ou de feutres plongeant dans la gazoline maintenue à une température sensiblement constante par une dérivation de l’eau de refroidissement ou des gaz brûlés du cylindre moteur, et le mélange très carburé qui en résulte est ensuite admis au cylindre
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- avec le complément d’air nécessaire pour en assurer la combustion vive (d). Avec les pétroles, un pareil procédé de carburation serait tout à fait inefficace. C’est que les pétroles sont, à l’inverse des gazolines, constitués par des mélanges les moins homogènes et les plus variables d’une série d’hydrocarbures de formule générale C4H24 + 2, allant au moins de CH4 à C16 H36, de volatilités, de densités et de stabilités diverses, se séparant par distillation, vaporisation ou décomposition en une foule de produits de tensions et d’inflammabilités très différentes. La carburation par aspiration, efficace avec les gazolines, ne parviendrait à peine
- Air sec .
- 10* 2a* 30° M° 60° 60' _ 70* 0.0°-' 90°
- *' Températures "
- Fig. 2. — Tension de vapeur des pétroles entre 0 et 100 degrés.
- qu’à entraîner quelques-unes des parties les plus volatiles du pétrole auquel on voudrait l’appliquer : la grande masse de ce pétrole, vite épuisée, ne donnerait plus rien au bout de quelques minutes d’une marche irrégulière.
- L’examen des courbes de distillation et de tension de vapeur des différents pétroles les plus usités en Angleterre, établies par M. Robinson et représentées par
- (I) Exemples : moteurs Daimler, Delamare, Duerr, Durand, Diétrich, Otto (Gustave Richard, Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole).
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- lçs figures 1, 2 et 3 (1), achèvera de faire saisir toute la difficulté du problème de leur carburation pour moteurs, si l’on réfléchit que cette carburation doit fournir des dosages presque invariables malgré les variations inévitables de la dépense du moteur, afin de ne pas avoir d’allumages manqués ou ratés, ni de combustions imparfaites occasionnant, en même temps qu’une mauvaise utilisation du combustible,des en crassemcnts intolérables. ;
- Ces courbes, complétées par les tableaux de l’annexe n° 1, font bien saisir la grande différence qui peut exister parfois, au point de vue de leur utilisa-tiondans les moteurs, entre deuxpétrolesde densités et d’aspects peu différents.Lepétrole blanc : Water White américain, par exemple, qui distille entièrementen-tre 150 et 200°, ce qui tient probablement à ce qu'il est, comme
- l’huile Trinify House des phares anglais, formé en grande partie d’un seul hydrocarbure bien défini, est d’un emploi particulièrement facile pour les moteurs, tandis quele Royal Daylight qui bout à 140°, commence à distiller à 160°, se vola-
- 130“ I4fl“ l60°
- Températures
- Fig. 3. — Tension de vapeur[des pétroles'de 70 à 210 degrés.
- (i) Ces figures ainsi qu’un grand nombre d’autres, sont extraites de mon ouvrage sur: Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole (1 vol. 1000 p., 790 ftg. avec atlas de 30 pl.), édité par Mme Dunod, qui a bien voulu les mettre gracieusement a notre disposition.
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- tilise de 35 p. 100 à 236% de 76 p. 400 à 300o, et de 82 p. 100 à 360°, exige un procédé de carburation beaucoup plus énergique.
- En fait, ces procédés de carburation se divisent en deux grandes classes : suivant que l’on opère, tout à fait en dehors des moteurs, en volatilisant ou décomposant le pétrole en ses éléments gazeux dans des appareils distil-latoires ou cornues à gaz de pétrole, ou que l’on opère, ce qui est la véritable solution pour les petites forces, au moyen d’appareils carburateurs compacts, faisant partie du moteur même, et solidaires de sa marche.
- Nous dirons d’abord quelques mots des premiers appa- Fi 4 _ Gaz Mansfield
- roils <y r *
- U bazei ^ réservoir d'huile alimentant par B la cornue C. — D, four on fonte, avec garniture réfrac ficateurS in- taire P, entourant la cornue C, reliée au laveur G- par E, le joint au plomb fondu O, lo joint à l'eau N et le tuyau FR. — K, porte du laveur avec siphon J. — H, tuyau allant dépendants. au gazomètre. — Q, regard. — L, grille. — M T, registres. — S, poignée pour retirer la cornue Cl.
- Gazêificalenrs indépendants. — Parmi les gazéificateurs de pétroles et d’huiles lourdes, il faut citer comme l’un des plus simples et des plus usités l’appareil de Mansfield, représenté par la figure 4.
- Cet appareil consiste essentiellement en une cornue en fonte C, portée à une température voisine du rouge, variable avec la nature de l’huile à gazéifier. Cette huile tombe dans la cornue, d’un réservoir A, par un siphon B, et les gaz se dégagent par le col E, le joint hydraulique N, le tuyau F et le laveur G, vers le gazomètre relié au coude II.
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- La cornue C est reliée au col E par un joint hydrostatique au plomb fondu O : elle dure près de deux ans et se remplace très facilement : le foyer dans lequel elle plonge, en fonte garnie de terre réfractaire, dure aussi très longtemps ; il est pourvu d’un registre M, permettant d’en régler la température. On obtient par cet appareil, avec des huiles brutes ou même avec des graisses fondues ou du suif de mouton, un gaz presque permanent, parfaitement utilisable dans les moteurs. Avec des résidus d’huile de paraffine d’Ecosse (1) de densités de 0,840 à 0,865, à point d’inflammation de 105°, qui coûtent 125 francs la tonne, le gaz revient à 0 fr. 20 le mètre cube (2). D’après Robinson (3) un moteur Otto-Crossley de 6 chevaux effectifs a consommé aux essais 300 litres de ce gaz par cheval-heure, ce qui ramène à 6 centimes le prix du cheval-heure. En Australie, plusieurs de ces moteurs fonctionnent avec des appareils Mansfield alimentés par du suif fondu et chauffés au bois.
- Le gaz Pintsh, plus connu en France par son emploi pour l’éclairage des trains, convient parfaitement pour les moteurs. On l’obtient aussi par la décomposition des huiles de paraffine dans des cornues au rouge cerise; on retire ainsi, d’une huile de paraffine de densité 0,85 et à point d’inflammabilité de 145°, environ 600 mètres cubes de gaz par tonne d’huile. C’est un gaz fixe très éclairant, mais dont le prix de revient assez élevé : 0 fr. 25 le mètre cube, fait que son emploi s’est peu répandu pour les moteurs (4).
- Le gaz Keith est un produit analogue. On peut en citer une belle installation au phare d’Ailsa Craig en Ecosse. Cette installation comprend trois fours de quatre cornues chacun. Les cornues, en fonte, sont d’abord portées au rouge cerise après trois ou quatre heures de chauffage ; puis on y fait tomber graduellement l’huile de paraffine qui s’y volatilise très rapidement en un gaz fixe : un litre d’huile donne environ 600 litres de gaz. L’installation d’Ailsa Craig en fournit environ 280 mètres cubes en quatre heures et demie, avec une dépense de 450 litres d’huile et de 1 000 à 1 500 kilos de charbon pour chauffer les cornues et faire le gaz. Ce gaz, lavé puis refroidi, est mélangé à la moitié environ de son poids d’air, et ce mélange sert directement à l’éclairage du phare et à l’actionne-ment des moteurs Otto-Crossley — 5 moteurs de 8 chevaux —qui commandent le service des deux sirènes à air comprimé. Le gaz revient, en payant l’huile 42 francs les 100 kilos et le charbon 18 francs la tonne, à 0 fr. 25 le mètre cube ;
- (1) Brunton. Paraffin and paraffin. oils [Inst, of civil Engineers, 3i mai 1881). Steüart, Manufacture of paraffin oils (Journal of the Society of chimical industry, avril 1889). Lepany, Manufactures de la paraffine à Broxburn, en Écosse (Revue industrielle, 18 mai 1889). Miles. Des-tmctive Distillation, 1 vol. Londres, chez Gurney.
- (2) 1 kilog. de cette huile donne 0m3,92 de gaz à 7 750 calories par mètre cube, soit 7130 calories, tandis que la combustion directe de l’huile donne 11 000 calories (Robinson. Journal of the Society of arts, 28 oct. 1892, p. 1012).
- (3) Gas and Petroleum Engines, p. 395.
- (4) Hunter, Manufacture of oil Gas ou the Pintsh System (Inst, of civil Engineers, vol. XCV, 1888-1889).
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- il en résulte, pour la force motrice, le prix de 0 fr. 115 par cheval-heure, très peu élevé en de pareilles circonstances, c’est-à-dire, sur un îlot assez éloigné en pleine mer, privé de tout moyen de communication régulier avec la terre (1).
- Le gazogène pour moteurs de M. Thwaite consiste essentiellement en une grille annulaire au centre de laquelle est suspendue une cornue verticale en fonte, au fond de laquelle l’huile descend par un tube central fixe. Les vapeurs s’échappent dans l’espace annulaire ménagé entre les parois du tube et les parois de la cornue dans laquelle il plonge, et dont la chaleur achève leur gazéification (2).
- On a souvent proposé d’associer la vapeur d’eau aux gaz de pétrole : d’injecter, par exemple, dans les cornues des gazogènes un mélange d’huile minérale et de vapeur d’eau (Rogers) (3) ou de décomposer ce mélange au travers d’une couche de charbon incandescent (Thwaite) (4). On obtient ainsi un gaz très riche, que l’on peut utiliser au taux de 500 à 600 litres par cheval-heure ; mais ces appareils ne se sont pas encore répandus dans l’industrie.
- Les appareils que nous venons de décrire sont, comme on le voit, parfois très économiques et souvent des plus commodes pour les grandes forces, surtout quand il s’agit d’alimenter de leur gaz, en même temps que des moteurs, des appareils d’éclairage ou de chauffage. Il était donc intéressant de les faire connaître, bien qu’ils soient, en pratique, inutilisables dans l’immense majorité des applications du moteur à pétrole de petite et de moyenne force.
- Il faut, dans ce cas, avoir recours aux appareils de la deuxième classe, ou carburateurs automatiques proprement dits.
- Les carburateurs. — Ces carburateurs se présentent, comme nous le verrons en les décrivant avec leurs moteurs, sous les aspects et avec les détails les plus divers; mais ils procèdent tous d’un principe commun : la vaporisation, volatilisation ou gazéification du pétrole goutte par goutte, charge par charge, à mesure des besoins du moteur. Comme la dépense du pétrole à chaque course du moteur est très faible — environ 1 de pétrole liquide pour 12 000 à 13 000 fois son volume d’air — on conçoit, qu’avec une composition moyenne à peu près constante de l’huile employée et un réglage établi en conséquence par tâtonnements, la volatisation énergique, rapide et complète de ce pétrole, goutte à goutte, donne une carburation des charges motrices suffisamment parfaite et un dosage suffisamment invariable pour assurer une marche régulière et sans encrassement.
- Quant à la réalisation de ce mode de carburation, le procédé théoriquement
- (1) Stevenson. Ailsa Craig Lighthouse andFog. signais. Inst of Civil Eng. London, 1886-1887 vol. LXXXIX. — Gustave Richard, Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 796.
- (2) Robinson. Journal of the Society of arts, 28 oct. 1892, p. 1013.
- (3) Robinson. Gas and Petroleum. Engines, p. 391.
- (4) G. Richard. Les nouveaux moteurs (i gaz et à pétrole, p. 913.
- Tome Vit. — 91e année. 4e série. — Octobre 1892.
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- le plus parfait, et qui paraît avoir donné jusqu’ici les meilleurs résultats, principalement au point de vue des encrassements, consiste, en principe, à pulvériser, à chaque course motrice, la goutte de pétrole sous la dispersion d’une petite quantité d’air comprimé, puis à volatiliser cette poussière de pétrole dans un réchauf-feur ou volatilisateur chauffé par les gaz d’échappement, la chaleur même de l’explosion, ou par une flamme extérieure.
- Dans certains moteurs, on supprime le pulvérisateur et l’on se contente d’injecter le pétrole dans un vaporisateur chauffé par une lampe, ou même, tout simplement, dans un prolongement de la chambre de compression isolés du cylindre moteur, chauffée, pour la mise en train, par une lampe, puis ensuite parla chaleur seule des explosions.
- Les résultats donnés aux essais par ces différentes variétés de carburateurs semblent à peu près équivalents, du moins en ce qui concerne la dépense d’huile; mais la pratique ne s’est pas encore définitivement prononcée sur la question de savoir quel en est réellement le plus efficace et le plus simple à l’usage prolongé.
- Il est assez difficile d’établir, en partant du mode de carburation, une distinction ou une classification rationnelle et rigoureusement systématique entre les moteurs qui emploient ces différents moyens de carburation, dérivant tous du même principe général : la volatilisation du pétrole goutte par goutte, ou charge par charge, à mesure des besoins du moteur.
- Cette réserve faite, voici comment on pourrait classer approximativement les différents types de moteurs à pétrole actuellement usités, d’après leur mode de carburation, en moteurs effectuant la carburation par volatilisation du pétrole goutte à goutte :
- (A) , après pulvérisation, et en présence du complément d’air nécessaire à sa combustion, dans un vaporisateur séparé, chauffé aune température relativement basse (250°) par les gaz de l’échappement (prototypes, Etôve (1), Humes (2), Priestman);
- (B) , dans un appareil distinct de b chambre de compression du cylindre et porté constamment à une température élevée par une lampe, avec addition de l’air complémentaire après admission au cylindre moteur (Crossley) ;
- (C) , dans un prolongement de la chambre de combustion isolé du cylindre, et chauffé par les explosions seules, avec ou sans pulvérisation, pendant l’aspiration du complément d’air ou à la-fin de sa compression (Àkroyd, Capitaine, Otto).
- Tous ces moteurs fonctionnent à quatre temps, et, sauf celui de Brayton, Suivant le cycle d’Otto — universellement adopté aujourd’hui pour les moteurs à gaz — qui consiste en l’accomplissement du cycle à quatre temps dans un
- (1) Annexe n° 2.
- (2) Annexe n° 3.
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- seul cylindre, d’un seul côté du piston moteur, et en n’expulsant que partiellement les gaz brûlés.
- Ce n’est pas à dire que ce cycle, le plus simple de tous, soit définitivement le meilleur ; il se peut que, pour les grands moteurs, quand on aura trouvé le moyen de leur appliquer les régénérateurs, la combustion sous pression constante, moins violente, moins chaude, et qui se prête mieux à l’emploi des régénérateurs, devienne, en somme, préférable à l’explosion sous volume constant des moteurs
- Fig. 5. — Moteur Friestman, de 1892.
- P, pompe à simple effet, commandée par un excentrique tournant deux fois moins vite que le moteur, et comprimant par f de l’air dans le réservoir Y, au-dessus du pétrole. O, vaporisateur chauffé par les gaz d’échappement . recevant du pulvérisateur s (flg. 7) un mélange de poussière de pétrole et d’air comprimé, qui s’en échappe au cylindre moteur z à l’état de mélange détonant. — l, lampe chauffant le vaporisateur pour la mise en train. — M, pompe à main comprimant de l’air en Y pour la mise en train. — e, robinet à six voies permettant de faire J communiquer l’air et le pétrole du réservoir Y avec la lampe l, avec le vaporisateur O, ou de l’isoler. (Annexe 4.
- actuels. Les nouveaux moteurs de Richards, que je décrirai tout à l’heure, et ceux de Hargreaves, fonctionnent ainsi, et leur étude est certainement des plus dignes d’intérê t. (Yoir l’annexe n° 7.)
- Nous allons maintenant aborder la description des différents types de moteurs à pétrole les plus usités aujourd’hui, en suivant la classification précédente, qui ne saurait prétendre, comme on le verra par la description même de ces moteurs, à rien d’absolu.
- Moteurs du type A.
- Moteur Friestman. — Le fonctionnement général du moteur Priestman actuel est le suivant (1).
- (1) W. Robinson. Petroleum OU Engines (British Association, août 1891). Journal of the Society of Arts, 21 oct. 1892.Unwin. Petroleum Engines (Inst. of Civil Engineers, 8 mars 1892). Voir l’annexe n° 4.
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- La pompe à simple effet P (fig. 5), commandée par un excentrique tournant
- Fig. 6. — Détail du cylindre moteur Z.
- K, chambre de compression. — L, partie alésée du cylindre. — s, soupape automatique d’admission. — e, soupape d’échappement menée par l’excentrique de la pompe P (fig. 5). — i, allumeur électrique.
- deux fois moins vite que le moteur, comprime de l’air dans le réservoir Y, à soupape régulatrice, au-dessus du pétrole qu’il refoule, au travers du pulvérisateur S, dans le vaporisateur O, chauffé parles gaz de l’échappement, où cette pulvérisation de pétrole se gazéfie en même temps qu’elle se mélange au complément d’air nécessaire pour constituer un gaz détonant, qui passe ensuite, par la soupape automatique d’admission s (fig. 6), au cylindre moteur, où il accomplit le cycle d’Otto. L’échappement s’opère par une soupape e, menée par l’excentrique de la pompe P. Pour mettre en train, on charge le réservoir Y d’air comprimé par la pompe à main M ; puis on pulvérise du pétrole au vaporisateur O, après l’avoir chauffé pendant 10 à
- . ii. . Fig. 7. — Variantes successives du pulvérisateur Priestman.
- 25 minutes, suivant les dimensions
- du moteur, au moyen d'une lampe /, alimentée d’air par le réservoir Y. Gette ma-
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- nœuvre se fait aisément au moyen du robinet à 6 voies c, qui permet de faire communiquer Y avec la lampe ou le vaporisateur, ou de l’isoler complètement.
- Lvpulvérisateur a été l’objet de nombreux tâtonnements par lesquels on est passé peu à peu de la forme a (fig. 7) à la forme e, dite à ajutage rentrant, où l’air qui arrive tout autour du petit jet central de pétrole le rencontre, non pas parallèlement, comme en a, mais en opposition. Ce rebroussement donne une pulvérisation uniforme absolument parfaite.
- Le réchauffeur ou vaporisateur est constitué (fig. 8) par un cylindre O, traversé dans son enveloppe par les gaz de l’échappement, et à l’intérieur, en sens contraire, par le pétrole pulvérisé, mêlé au complément d’air nécessaire pour con-
- Fig. 8. — Détail du réchauffeur 0 (même légende qu’aux fig. 9 et 10).
- stituer un mélange détonant prêt à fonctionner dans le cylindre moteur.
- La pulvérisation du pétrole se fait en E (fig. 9 et 10), par l’air comprimé, refoulé sur l’ajutage rentrant autour du jet de pétrole K, réglé par le robinet H, soumis au régulateur, et dont l’orificeM, triangulaire comme celui d’Etève (Annexe 1), permet une régularisation très sensible. Le complément d’air est aspiré par la soupape L au travers de la valve G, calée sur le robinet H, et, par conséquent, soumise aussi au régulateur, de manière que le dosage du pétrole, ou la richesse du mélange détonant reste à peu près constante. Après avoir traversé la valve régulatrice G, l’air arrrive au vaporisateur par B et les trous D,de manière qu’il se mêle intimement au jet de pétrole pulvérisé E. La pression de l’air pulvérisateur reste sensiblement invariable dans le réservoir Y (fig. 6) et en E (fig. 9) — de 0kil,15 à 0kil,8 effectifs suivant l’allure du moteur; — ce qui varie, pour la régularisation, c’est le volume du mélange détonant admis à chaque aspiration, et cela, en faisant varier simultanément, par H et par G, le pétrole et l’air, de manière à s’écarter le moins possible du meilleur dosage.
- L’allumage se fait (fig. 11) par le passage d’un contact k, porté par la tige de
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- l’excentrique, entre deux lames de contact fixes ee ; ce passage rétablit, pendant toute la durée de son contact, le circuit d’une bobine d’induction, et fait ainsi jaillir l’étincelle entre les électrodes de platine des bornes en porcelaine i. Le courant est fourni par une petite pile au bichromate qui dure de vingt à trente heures, et dont l’entretien revient à environ 0 fr. 10 par heure. Dans cette machine, l’encrassement est presque nul, c’est même sa propriété caractéristique. Pendant la compression, en général assez faible, il se liquéfie au cylindre un peu de vapeur de pétrole qui le graisse, mais sans empêcher, malgré le pouvoir isolant del’huile, lejaillis-sement de l’étincelle.
- Ainsi qu’on le voit par les essais relatés à l’annexe n° 5, on arrive aujourd’hui à ne plus brûler, dans un moteur Priestman de moyenne force (5 chevaux) que 400 à 450 grammes d’huile lampante, de densités allant de 0,800 à 0,825, et de point d’inflammabilité allant jus-On
- Fig. 9.
- Détail de l’entrée A du réchauffeur O (fie
- Fig. 10.
- 8).
- degrés.
- H, robinet à ouverture triangulaire M, commandé, ainsi que la valve G, par le régulateur. — E, pulvérisateur recevant par K, au travers de M, le pétrole du réservoir Y (fig. 5) et, par J, son air de pulvérisation, au droit de K. — L, sou- ,, pape d’aspiration automatique, amenant, par E G B et les trous D, au droit de la qu a 67 pulvérisation de pétrole, et lors de l’aspiration du cylindre, le complément d’air . ..
- nécessaire à la formation du mélange détonant. pourrait diminuer Cn-
- core cette consommation déjà très faible en augmentant la température du vaporisateur et la compression, qui est, elle-même, fonction de la température du vaporisateur et des parois de la chambre de compression. Dans les moteurs Priestman actuels, la compression est faible : 2 kilos à 2kU,50 effectifs : point auquel la vapeur du pétrole commence à se condenser; en la faisant passer, dans un moteur de 5 chevaux, de lkll,75 à 2kil,45, avec le pétrole Daylight, M. Robinson vit la pression moyenne s’élever de 3kil,29 à 3kil,71, et le travail au frein de 7ch,05 à
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- 7ch,72. On remarquera, en outre, que, dans ces machines, la quantité d’air admise est toujours deux à trois fois plus grande que celle qui est chimiquement nécessaire à la combustion du pétrole — 30 à 40 fois le poids de ce pétrole, — de sorte que l’on marche avec un mélange très dilué. La dilution du mélange est, dans les moteurs à gaz, une raison d’économie, puisqu’elle n’en abaisse pas la température d’admission, ni la limite de compression, et qu’elle assure une détente plus complète, avec une allure plus douce et une moindre influence des parois.
- Ici, le cas est différent, parce que la nature du mélange détonant est différente.
- Il s’agit non plus d’un mélange d’air et d’un gazpermanent, mais d’un mélange d’air et de vapeur de pétrole, qui se condense au delà d’une compression moyenne de 2kil,50 au plus, et ne brûle pas aussi facilement que si cette vapeur était surchauffée; delà, peut-être, un intérêt tout spécial à diminuer le dosage de l’air, afin d’avoir un mélange Fis' »•-Détail de raiiumeur électrique.
- plus chaud, plus compressible, et une vapeur de pétrole, si possible, surchauffée.
- Fig. 12. — Pulvérisateur vaporisateur Smyers (1885).
- JI G J, pulvérisateur recevant le pétrole par H et l’air par O., puis injectant ce mélange sur le vaporisateur A, constitué par un cône métallique chauffé en B par les gaz C de l’échappement du moteur, qui s’évacuent par E- D, aspiration du gaz carburé au moteur.
- Je ne décrirai à la suite des moteurs Priestman que deux pulvérisateurs vaporisateurs : ceux de Smyers et de Butler, qui donnent des résultats satisfaisants (1).
- • Le vaporisateur db Smyers consiste (fig. 12) en un cône de cuivre B, chargé de co-
- (1) A citer ceux de Capitaine et Brunler, Williams. List et Ko-sakoff. Browelt et Lindley, Har-tley. (G. Richard. Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole.) Gray. Griffin. (Brevets anglais, 191 de 1891 et 19962 de 1890. Engineering, 4 nov. 1892, p. 685.)
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- peaux de cuivre et chauffé par des gaz de l’échappement admis en C puis éva-
- Admission
- Fig. 13. — Carburateur autorégulateur Butler pour huiles lourdes (1890).
- V. capsule chauffée par l’échappement EE' du moteur. — a, entrée, autour de V, de l’air chauffé aussi par EE'. —p, tuyau amenant le pétrole du réservoir à niveau constant P au vaporisateur V, au droit du courant d’air aa. p', tuyau amenant l’air très carburé de V au cône de l’éjecteur. — MA A', enveloppe d’uu cylindre renfermant l’éjec-teur M, chauffé par le prolongement E" de l’échappement EE', et, amenant à l’éjecteur, le complément d’air nécessaire pour constituer, avec le gaz très carburé de V, un mélange explosif. L’aiguille de l’éjecteur est maintenue par un ressort qui lui permet de s’ajuster automatiquement à l’aspiration du moteur. T, papillon réglant l’aspiration du moteur.
- cués en D. Le pulvérisateur J, qui reçoit son air en O et son pétrole en H, autour de l’aiguille régulatrice G, projette ce mélange au-dessus du cône B, dans
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- la chambre A, qui communique en D avec l’admission du moteur. Ce carbu-
- rateur fonctionne sur les moteurs Ragot, Altman-Kupper mann, etc. (1).
- M. Butler, qui a beaucoup étudié la question et réalisé quelques types de moteurs remarquables, a proposé un grand nombre de pulvérisateurs vaporisateurs : celui que représente la fig. 13 est l’un des mieux étudiés.
- Le pétrole, huiles lourdes, kérosènes, etc., arrive du réservoir à niveau constant P, par le tuyau p, au droit du courant d’air pulvérisateur aa!, dans une cloche Y, chauffée par l’échappement E du moteur, d’où l’air carburé s’échappe par // autour de l’aiguille de l’injec-teur M, où il rencontre le complément d’air nécessaire à sa combustion, amené par l’enveloppe A d’un cylindre A', chauffé, comme l’injecteur, par le prolongement E' de l’échappement E ; puis le mélange explosif ainsi formé se rend au cylindre moteur au travers du papillon T.
- M. Butler a étudié de nombreux types de moteurs à pétrole, parmi les plus intéressants desquels il faut citer le type marin compound vertical, à trois cylindres, dont deux à haute pression et l’intermédiaire à détente, et le type domestique d’un sixième
- O J) A
- L Courti er
- Fig. 14. — Moteur Ivnight-Weyman (vue par bout).
- P P', pompe commandée en îf par le bec X du régulateur-pendule G, aspirant le pétrole en O, et le refoulant par T au vaporisateur R. — G, soupape d’admission de la vapeur de pétrole commandée, du levier B A, parle bec X du régulateur G, monté sur le levier LL, mû par un excentrique de l’arbre de distribution. — V' soupape d’admission de l’air commandé par le levier L L\ — V, soupape d’échappement en E, commandée par le levier L L'. —s s, écrous de réglage des soupapes V et VL — L, lampe chauffant le vaporisateur lors de la mise en train.
- (I) Brevets anglais 11290. 22 septembre 1885. Engineering, 17 octobre 1890. (Revue industrielle, 16 juillet 1892, p. 286). Tome Vil. — 91e année. 4e série. — Octobre 1892. 85
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- de cheval, qui ne pèse que 50 kilogramme, vaporisateur compris (t).
- Moteurs du type B.
- Moteur Knight Weyman.—La figure 14 suffira pour faire comprendre le fonctionnement àum.oiç,m Knight Weyman, connu en Angleterre sous le nom do Trusty.
- Ce moteur marche à quatre temps. Le pétrole, amené à l’aspiration O d’une petite pompe P, est refoulé par T dans le tube réservoir R, d’où il tombe goutte
- Fig. 15. — Moteur Otto-Crossley au pétrole.
- à goutte, au travers d’un tube de verre, dans le vaporisateur situé au bas de ce tube et chauffé par les explosions du cylindre moteur, où l’allumage s’opère par un tube I, que porte au rouge la flamme d’une puissante lampe à pétrole L.
- L’admission de la vapeur de pétrole au cylindre moteur se fait par la soupape G, commandée en X, de même que la pompe P, par le régulateur pendule G, monté sur le levier L, qui commande l’admission d’air Y. L’échappement s’opère par le levier L' et la soupape Y' (2).
- Une machine de 4 chevaux a donné aux essais les résultats suivants :
- Pleine charge. Demi-force.
- Tours par minute.............................. 230 227
- Puissance indiquée en chevaux................. 6,2 5,13
- — effective................................ 4,28 2,80
- (1) Gustave Richard. Les nouveaux m.oteurs à gaz et ùpétrole, pp. 650 et 747.
- (2) Brevet anglais Weyman, Drake, Knight et Hitchcoek, 14133, 18640, 20926, 21015, 21229 21 août, 29 oct., 1er, 2 et 5 déc. 1891. 10752, 11141, 7 et 14 juin 1892.
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- Pleine charge. Demi-force.
- Rendement organique 0,69 0,54
- Dépense de pétrole par cheval-heure indiqué 0k,300 0,270
- — — effectif. 0k,440 0,590
- Chaleur de combustion convertie en travail
- effectif 14 p. 100 10,4 p. 100
- Chaleur de combustion convertie en travail
- indiqué 20,3 p. 100 22,9 p. 100
- Chaleur perdue à l’échappement 39,8 47,55
- — — aux parois 19,3 18,75
- — — aux résistances du moteur et à l’échaufFement du pé-
- trole 26,9 23,3
- On remarque qu’il n’y a plus ici de pulvérisation du pétrole, qui ne fait que tomber goutte à goutte dans un vaporisateur : l’encrassement est, paraît-il, assez faible, et le réchauffeur se nettoie facilement. Le fonctionnement est normal et régulier, même avec des pétroles de Broxburn. Avec des huiles très lourdes, à point d’inflammabilité descendant jusqu’à 66°, la puissance de la machine baisse, par exemple, de six à quatre chevaux (1), mais on peut y remédier en réglant en conséquence réchauffement du vaporisateur et l’allumage.
- Moteur Otto-Grossley de 1892 (2). — Le moteur Otto-Crossley au pétrole, représenté par les figures 15 à 23, se distingue par sa lampe et son vaporisateur très ingénieux : son aspect général diffère aussi peu que possible de celui des moteurs à gaz actuellement construits par la maison Crossley, à soupapes avec allumage par tube.
- La lampe A (figure 16) qui chauffe à la fois le vaporisateur D et le tube d’allumage D, est alimentée (fig. 17) de pétrole par AA' et d’air comprimé par A10 A9, en un jet central A4, qui entraîne à la façon d’un éjecteur, par les orifices As, le complément d’air nécessaire pour brûler le pétrole volatilisé du réservoir A de la lampe. L’air comprimé est fourni par une pompe A2(fig. 19) dont le piston, soulevé par le levier d’échappement du moteur (figure 16) et ramené par le ressort Y', aspire l’air, au travers des amortisseurs de bruit A", parles clapets A7 (fig. 18) et le refoule dans le réservoir régulateur A3, à membrane de caoutchouc faisant matelas. La lampe peut, ainsi que l'indique la figure 18, tourner autour de A10 de manière à faciliter son nettoyage. La mise en train s’opère en chauffant la lampe au moyen de gazoline flambée en A0 (fig. 17) et en manœuvrant la pompe à air par la pédale W (fig. 16).
- La pompe à pétrole E a son piston E' (fig. 20 et 21) soulevé d’une course constante par le levier F1? que commande la came F de l’arbre de distribution G, puis
- (1 ) Uwnin. Petraleum Engines. Discussion, p. 53.
- (2) Brevets anglais, 10298 de 1891, 7714, 8546, 10437, de 1892.
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- abaissé par le ressort E2 d’une course limitée par la butée E3 ; et sa distribution est faite, non par des clapets, mais (fig. 21) par un petit tiroir E:i, dont Ja tige E4est mue par le levier E3 P L. L’extrémité L de ce levier, qui commande aussi, par L1 (fîg. 16), 1 admission des vapeurs de pétrole au cylindre moteur, est menée, par la
- Fig. 16. — Moteur Otto-Crossley. Vue par bout du cylindre et de la culasse.
- B, cylindre moteur. — G, arbre de distribution tournant deux fois moins vite que le moteur et commandant :
- 1°, par FF, (fig. 20) le piston de la pompe à pétrole E ; — 2° par J J1, K L L1, l’admission de la vapeur de pétrole au cylindre moteur; — 3o par JJ1 L P E3 (fig.20) le tiroir de la pompe à pétrole; —4° par V, l’échappement V3 et la tige V1 de la pompe à air pour la lampe A du vaporisateur D (fig. 18). — 5° par une came et un galet la soupape des tubes d’allumage D4 (fig. 17).
- U, soupape d’admission d’air au cylindre moteur. — Q, levier d’arrêt reculant, par R, le levier J1 au delà de la came J, et arrêtant ainsi l’admission du pétrole. — W, pédale faisant marcher, pour la mise en train, la pompe à air delà lampe A. — E9, réservoir à trop-plein alimentant la lampe A de pétrole (fig. 17 bis). — C, cheminée du réchauffeur et du tube d’allumage.
- came J de l’arbre de distribution, au moyen du régulateur pendule I J' K, dont la masse I soulève, dès que le moteur s’accélère, la dent K autour de son articulation J', malgré son ressort K', de manière qu’elle manque L au passage de J, laisse l’admission du pétrole fermée et le tiroir Eg de la pompe levé, comme en fig. 21, et que l’aspiration seule, E2, soit constamment ouverte au réservoir à pétrole dans lequel la pompe est immergée.
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- Au-dessus du tiroir Es, formant piston, se trouve ménagé un espace annulaire dans lequel le haut du tiroir aspire du pétrole par E7 (fig. 22) puis le refoule par Es au réservoir à trop-plein E9 (fig. 16) qui communique avec le conduit A'A' (fig. J 7) d’alimentation de la lampe.
- Le vaporisateur consiste (fig. 23, 24 et 25) en une pièce de fonte D, chauffée
- Fig. 17. — Moteur Otto-Crossley. Plan du cylindre et de la culasse. (Même légende qu’en fig. 16.)
- ig/17 bis. — Moteur Otto-Crossley. Détail de la lampe du vaporisateur. Coupe XX
- (fig. 18).
- par la lampe A, dont les flammes traversent ses quatre canaux D' avant d’arriver à la cheminée G. Lorsque la tige L', repoussée par L (fig. 16) ouvre, par L2 L3 D3 (fig. 24) la soupape D2,un peu après le commencement du refoulement du pétrole, par E„, dans le vaporisateur, le piston du cylindre moteur aspire, par D2, C2C', au travers du vaporisateur et le long des ailettes chaudes de la cheminée C, de l’air qui, arrivant ainsi échauffé au vaporisateur, entraîne avec lui la vapeur de pétrole dans le cylindre moteur, où l’on admet par la soupape U (fig. 17) le complément d’air nécessaire à sa combustion.
- Pour arrêter le moteur, on recule, au moyen du levier Q et de sa bielle R. (fig. 17) le levier J', de manière à le dégager de sa came J (fig. 20) et à fermer
- Ai A1,conduit communiquant avec le réservoir à trop plein E9 (fig. 16) et amenant en A l’huile refoulée parle haut du tiroir Es (fig. 20) de la pompe à pétrole. — A2 (fig.19), pompe commandée parle levierV (fig. 16) aspirant de l’air parles clapets A7, au travers de la sourdine A", et lorefoulant par A9, A10 A9, au tube central A1, d’où il entraîne par le tirage A5 le complément d’air nécessaire à i’alimentation de la lampe. — A3, poche en caoutchouc uniformisant la pression de l’air en A)0. — A®, godet où l’on brûle de la gazoline pour la mise en train de la lampe.
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- ainsi l’admission du pétrole : on déplace aussi qn même temps, par ce même levier Q, la came d’allumage qui commande la soupape du tube D4 (fig.16) de manière à retarder un peu l’allumage pour la prochaine mise en train (1).
- Ces moteurs se fabriquent en deux types de sept et quatorze chevaux au frein, garantis ne consommer : l’un 0ut,o0 et l’autre O'^o de pétrole « Daylight » et similaires par cheval-heure effectif.
- Moteur Akroyd. — Ce moteur, inventé par MM. Akroyd, Stuart et Binney, et
- Fig. 18. — Moteur Otto-Crossley. Détail de la lampe du vaporisateur. Plan de la fig/17 bis. (Même légende qu’en ligure 17 bis.)
- Fig. 19. — Moteur Otto-Crossley. Détail de la lampe du vaporisateur Coupe YY (fig. 18). (Même légende qu’en figure 17 bis.)
- construit par la maison Hornsby, est remarquable par sa grande simplicité (2).
- Le pétrole est injecté dans un vaporisateur isolé du cylindre moteur qui reçoit son complément d’air de la soupape d’aspiration automatique c (fig. 24),
- (1) G. Richard. Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 527.
- (2) Brevets anglais, 9886, 15319 de 1886; 10667, 14076 de 1888;’14868 de 1889; 7146, 15994 de 1890, 17073 de 1891, 8128, 11962 de 1892.
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- puis, au retour du piston, le mélange s’allume spontanément par la chaleur de la compression et celle du vaporisateur, qui s’entretient ainsi d’elle-même, sans le secours d’aucun autre moyen de chauffage que les explosions de la charge
- motrice. L’échappement s’opère par la soupape desmodromique D.
- Lapompeàpétrole, que l’on voit (fig. 23 bis) montée sur le socle, est menée par une came tournant deux fois moins vite que le moteur, et qui laisse ensuite son piston retomber en décrivant, sous le rappel d’un ressort, sa course de refoulement limitée par une butée réglable. Le régulateur agit sur la sou-
- G, arbre de distribution tournant deux fois moins vite que le moteur. — F, came commandant, par F,, lo piston E1 de la pompe à pétrole E. — J, came commandant, d’une part, par K L L1 (fig. 16), la soupape d’admission D2 (fig. 23) des vapeurs de pétrole au cylindre moteur, et, d’autre part, par KLPE3,le tiroir Es de la pompe E (fig. 21). Quand cetiroir descend repoussé, malgré son ressort de rappel, par la pression de E3 sur sa tige E*, il fait communiquer l’aspiration E2 de la pompe avec son refoulement E° au vaporisateur. Quand la machine s’arrêtera, la masse I, articulée sur le levier J1, relève, malgré le ressort K1, le cliquet K du régulateur-pendule I K, qui, évitant L, laisse la soupape D2 fermée et le tiroir de la pompe E5 ouvert à l’aspiration, comme en figure 21. — E7 (fig. 22), aspiration. — E1, refoulement, par le haut du tiroir, du pétrole alimentant (fig. 17 bis) la lampe A par A1. — R, bielle d’arrêt (fig. 17).
- allumages intempestifs. C’est aussi dans (fig. 24) au cylindre moteur que par un
- Moteur Otto-Crosslcy. Détail de la pompe à pétrole et de sou mécanisme. Coupes verticales orthogonales de la pompe. (Même légende que pour la figure 20.) ,
- pape d’aspiration de cette pompe.
- On ne semble pas encore bien fixé sur le moment exact où il faut injecter le pétrole au vaporisateur : ce serait, d’après les inventeurs (1), au commencement de l’aspiration et, d’aprèsM. Robinson, à la fin de la compression : précaution qui paraît utile pour éviter les ce but que le vaporisateur n’est relié étranglement d’un diamètre environ
- (1) Brevets anglais, 15994 de 1890.
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- quatre fois plus petit, de façon qu’il ne passe pas du vaporisateur au cylindre, pendant l’aspiration d’air, assez de vapeur de pétrole pour y constituer un mélange explosif, mélange qui, au contraire, ne se forme qu’à la fin de la compression, parle refoulement de l’air dans le vaporisateur. En outre, le piston laisse, entre sa face amenée au fond de course et le vaporisateur, un certain espace vide, ou
- Fig. 23. — Moteur Olto-Crossley. Détail du vaporisateur D. Coupes verticales par WW et ZZ.
- E°, refoulement du pétrole au travers des canaux D1 chauffés par la lampe A (fig. 16). D2 soupape ma-nœuvréo par le cliquet K (fig. 20) et la transmission L1 L2 L3 (fig. 16 et 25) et admettant au cylindre moteur le pétrole vaporisé on D1, mélangé à l’air aspiré et chauffé suivant C1 C2, autour de la cheminée C.
- chambre de compression, nécessaire pour éviter les encrassements, probablement parce que l’air comprimé dans cet espace au moment de l’explosion atténue le contact direct des produits de la combustion avec les parois du cylindre et la face du piston, en même temps qu’il assure une combustion plus complète.
- La mise en train s’opère au moyen d’une grosse lampe B, soufflée par un ventilateur à main A, et que l’on éteint après quatre ou cinq minutes : la flamme de lampe, prise dans une hotté (fig. 25), entoure le vaporisateur, qui peut être muni d’ailettes rayonnantes intérieures.
- Le moteur Akroyd est à marche rapide, à haute compression et à cylindre chaud. Les diagrammes (fig. 26) ont été relevés par M. Robinson sur deux moteurs Akroyd : l’un de six chevaux (diagrammes a, 6, c), l’autre de quatre chevaux, avec du pétrole schisteux d’Ecosse, de densité 0,850, et une dépense moyenne d’environ 0kil,430, ou d’un demi-litre par cheval-heure effectif. L’encrassement est, paraît-il, très faible (1).
- Moteur Capitaine et Grob. — Le fonctionnement du moteur Capitaine et Grob, représenté par les figures 27 à 30, est le suivant (2).
- Quand le piston s’abaisse, à sa première course descendante, il aspire, par la
- (1) Robinson, Use of Petroleum.
- (2) Engineering, 1er janvier 1892. Union, Petroleum Engines, discussion, p. 61. Brevets anglais, 15840, de 1888, 7581 de 1885, 2110 de 1886, 2919 de 1889, 8069, 9323 de 1891, 5819, 6872
- de 1892 (Bulletin de la Société d’Encouragement, octobre 1889).
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- Fig. 23 bis. — Moteur Akroyd (1890) de 3 chevaux. Diamètre du. cylindre 160 millimètres.
- soupape A ouE, de l’air au-dessus des gaz brûlés non expulsés et à la suite du mélange d’air et de pétrole pulvérisé dans le vaporisateur D, chauffé par un éoly-pile G : à cet ef-
- a
- fet, le vaporisateur reçoit son pétrole un peu avant l’ouverture de l’aspiration A, de sorte qu’il se trouve présent au cylindre, à la fin de l’aspiration, un mélange hétérogène riche en vapeurs de pétrole du côté du piston et pauvre dans le haut du cylindre. Quand le piston remonte, il comprime ce mélange sans en dénaturer sensiblement la stratification, de manière que sa partie riche et inflammable n’arrive à être refoulée que vers la
- fin de la compression dans le vaporisa leur, dont les parois sont assez chaudes pour l’enflammer sûrement. Dans les anciennes machines (fig. 28), l’allumage se faisait par un tube chauffé par la lampe, du vaporisateur, et qui débouchait, comme l’indiquent les fig. 27 et 28, dans la partie très riche du mélange en avant du vaporisateur, aux environs duquel la combustion était imparfaite, et qui s’encrassait très vite. Avec la disposition actuelle, cet encrassement est considérablement Fig. 24. — Moteur Akroyd. Détail delà distribution. diminué, et il ne Se produit guère
- C. soupape automatique d’admission d’air. — D. soupape d’échap- d’allumages anticipés, parce que le pement commandée par le levier indiqué en pointillés sur la
- figure 23 bis. — B, lampe de mise en train soufflée par le ven‘ vaporisateur est, dès le commence-
- tilateur à main A. , . , ,
- ment de 1 aspiration, balaye par l’air de pulvérisation, et que la stratification du mélange en isole la partie riche jusqu’à la fin de la compression.il faut nettoyer la soupape d’échappement O une fois par semaine, et le reste de la distribution une fois par mois. Après l’explosion, Tome VII. — 91e année. 4e série. — Octobre 1892. 86
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- P II g
- 1/
- Fig. 2o. — Moteur Akroyd-Hornsby de 1892 avec pompe et mécanisme de distribution à l’arrière.
- (D’après Robinson.)
- G, régulateur ouvrant/quand le moteur s’accélère, le retour à l’aspiration de la pompe à pétrole. C, vaporisateur à ailettes rayonnantes intérieures, communiquant avec le cylindre-moteur A par un orifice étranglé, recevant en N l’injection de pétrole, soumise au régulateur G, et enveloppé d'une hotte qui l’abrite de l’atmosphère et régularise sa température. L, lampe de mise en train soufflée en B par le ventilateur à main F. D. soupape automatique d’admission d’air. E, soupape d’échappement. P, piston moteur. W, enveloppe de circulation d’eau.
- a) 7ch,715 effectifs à 216 tours. Pression moyenne, 2k,8, dépense O1,51 par cheval-heure.
- b) 7ch,25. Pression 2l,25, dépense O1,55.
- c) 7 chevaux. Pression 2k,75, dépense O1,50.
- d) Moteur à cylindre de 230 à 300 millimètres à 200 tours (4 chevaux).
- Fig. 26. — a b c d. Diagramme de moteurs Akroyd.
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- vers la fin de la détente, la soupape d’échappement O s’ouvre; et, comme elle ne doit s’ouvrir qu’une fois tous les deux tours du volant, son excentrique la commande non pas directement, mais par le mécanisme représenté en figure 29. Ce mécanisme consiste essentiellement en un osselet s qui, à la fin de sa course montante effective, vient, après avoir soulevé par R M L la soupape d’échappement,
- Fig. 27. — Moteur Capitaine et Grob (1891).
- A, soupape automatique de l’aspiration d’air réglée par le papillon B. — D, vaporisateur représenté en détail en H (flg. 28). —G, lampe de mise en train chauffant le vaporisateur et le tube d’allumage F, supprimé sur certains moteurs. — O, soupape d’échappement. — P, Q, circulation d’eau de refroidissement du cylindre moteur. — M L, leviers actionnant (flg. 29) la soupape de distribution et la pompe à pétrole K (flg. 30).
- heurter le taquet de droite de son enveloppe, et repousser ainsi R à gauche, de manière à manquer M à la montée suivante, à la suite de laquelle la poussée de la butée de gauche ramène l’osselet et R à la position figurée.
- La pompe à pétrole K est menée par le levier L. Le pétrole admis par sa charge en Y S (fig.30), sous la soupape H, est refoulé au pulvérisateur T lorsque la tige W, repoussée par le levier L (fig. 29), ferme par sa pointe le piston creux S et le remonte. La course normale est réglée par les écrous a et b', et le régula-
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- teur agit sur le levier M de manière à la faire varier suivant la vitesse du moteur.
- La fig. 31 représente la pompe des moteurs de 1892, où l’aspiration seule du pétrole est desmodromique : le refoulement se faisant rapidement sous l’action des ressorts faciles à régler.
- Ces moteurs ont reçu de nombreuses applications, notamment en Allemagne : leur consommation serait d’environ un demi-litre de pétrole par cheval effectif. Ils marchent très vite (300 à 400 tours) à course courte, et à forte compression.
- Moteur Otto de 1890. — La Gasmotorenfabrik de Deutz (moteurs Otto) a pris en 1890 deux importants brevets pour moteurs à pétrole, dont les particularités
- les plus importantes sont représentées par les figures 32 à 42 (1).
- Dans le moteur représenté par les figures 32 à 37 l’air carburé arrive au cylindre moteur par le canal d’allumage C, non refroidi par l’eau de circulation, derrière les gaz brûlés de la course motrice précédente, et au droit de la prise d’air complémen-Fig. 28. — Grob. Vaporisateur de 1889. taire H. La chaleur
- H, injection d’air très carburé ouverte par le coin c en même temps que l’aspiration du Canal C aSSUl’6 la du complément d’air E. .
- vaporisation du pétrole, et l’attaque de l’allumage se fait sûrement en Z, au point le plus riche du mélange comprimé. Le pétrole arrive d’un réservoir supérieur, par le tuyau U, au déverseur à niveau constant T, qui le distribue par la vis de réglage O au pulvérisateur E, à la sortie duquel il est saisi par l’air amené, de la soupape D, en deux nappes Q et Q', qui le pulvérisent dès qu’il s’écoule, lors de l’ouverture de la soupape m, le long des rainures p. Le ressort de la soupape D est suffisamment tendu pour que l’air arrive en Q et Q' avec une vitesse considérable, et assure une pulvérisation efficace du pétrole.
- Le régulateur agit en fermant l’admission de l’air et du pétrole, en ouvrant (1) Brevets anglais 1942 et 5275 (5 février et 5 avril 1890).
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- l’échappement, et même, si on le veut, en arrêtant (fig. 32) la circulation de l’eau de refroidissement, de manière que la température du cylindre varie aussi peu que possible pendant son inactivité. A cet effet, le levier d’échappement e actionne à chaque coup le manchon L des cames d’admission, qu’il fait aller et venir sur son arbre où il est calé à rainure, et, dès que le moteur s’accélère, le levier c du régulateur enclanche par d le levier e, de manière à l’empêcher de ramener les cames d’admission k et / sous leurs leviers t et u, ainsi que de refer-mer l’échappement. En même temps, le régulateur maintient par a, ii, n' (fig. 35) la soupape d’aspiration delà pompe de circulation d’eau R constamment ouverte.
- JDans la variante Fjg' 29‘ Fig'30*
- Moteur Capitaine Grob (1891). Détails du mécanisme commandant la soupape représentée par la d’échappement O (fig. 27) et de la pompe à pétrole.
- fig. 38, le pulvéri- L, levier sur lequel appuie la tige de la soupape d’échappement. — S, osselet articulé à . . la tige d’un excentrique calé sur l’arbre du moteur, et animé d’un mouvementée va-et-
- Sateur reçoit 1 air vient entre deux taquets fixes. Après avoir soulevé par R M L la tige de la soupape . ^ d’échappement, cet osselet heurte le taquet de droite, qui le fait osciller dans une
- non seulementpar position telle, qu’à sa seconde montée, il évite R, n’ouvre pas la soupape, et vienne i cminnnp Fl mni« frapper le taquet de gauche, lequel le ramène à sa position primitive de manière que la la soupape JJ, mais soupape d’échappement ne s’ouvre qu’une fois tous les deux tours. — M, levier intermé-nap linp af|_ diaire entre L et R, et soumis au régulateur. — W, plongeur de la pompe à pétrole K c r (fig. 30) à rappel de ressort recevant le pétrole en ,V, sous le piston creux S, mû par
- mission Q autour ^ev*er E> et rofoulant, par la soupape II, au pulvérisateur T. — a et 6, écrous permettant de régler la course normale de W.
- de la soupape E.
- On peut aussi, comme l’indique la fig. 39, supprimer la soupape F (fig. 38), et bifurquer l’admission d’air D de manière que l’air complémentaire passe par G' autour du tube d’admission et d’allumage C.
- Le pulvérisateur de la distribution représentée par les figures 40 à 42 amène le pétrole, par i h et les trous de la pomme d, au droit de l’air aspiré par g dès l’ouverture de la soupape d’admission a. Le pétrole achève de se vaporiser par la chaleur du canal C, isolé du cylindre moteur, et chauffé, mais pour la mise en train seulement, par une flamme k.
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- Un moteur de ce genre, de 4 chevaux, avec allumage par tube chauffé par la lampe de mise en train, a donné aux essais, avec du pétrole américain ordinaire, de densité 0,82 et de point d’inflammabilité à 30°, les résultats suivants :
- •s par minute. Puissance au frein. Dépense d'huile par cheval-heure.
- 212 5,3 0k,400
- 214 4,28 0\460
- 215 3,01 0k,540
- 218 2,07 0k,590
- 220 1,10 0k,900
- 220 à vide
- De 5 à 3 chevaux, la dépense d'huile par cheval augmente peu ; et la vitesse varie peu de la pleine charge à la marche à vide. L’allumage est irréprochable d’après le diagramme (flg. 43), et la pression d’explosion atteint, malgré la compression modérée de 3 atmosphères, une pression d’environ 14 atmosphères. A la fin de la course, la pression d’échappement est encore de 2 atmosphères et demi. La lampe du tube brûle environ 0ut,,10 de pétrole par heure : elle est alimentée par un petit réservoir de pétrole chargé d’air à une faible pression par une pompe à main.
- Moteur Brayton de 1890. — Le moteur à pétrole Brayton
- Fig. 3i. — Grob. Pompe à qe 1890 représenté par les figures 44 à 47, a été réalisé pétrole type de 1892. . . , .
- par son inventeur à la suite de nombreux essais, dont les
- c x, corps de pompe à deux pis- A
- tons, det b. —d', aspiration. plus intéressants sont relatés dans l’annexe n° 6.
- — e refoulement du pétrole. . .
- Quand le ressort g repousse Le piston moteur B porte une soupape automatique b établie entre l’aspiration d> (Jig- 45), qui, a la descente du piston, pendant la course d as-foufe^péu-oie^x aveVTé phation, s’ouvre pour admettre l’air nécessaire à l’expulsion piston d, jusqu’à ce que l’en- complète des gaz brûlés de l’explosion précédente puis à la
- coche i de d ouvre le relou- 1 ° 1 A 1
- îement e. En ce moment, le combustion de la vapeur de pétrole, ou, plus exactement,
- collier k arrête d. Après le _ __
- refoulement, b, tiré en hu descend, d’abord suivi par d poussé par f jusqu’à la fermeture de e, puis jusqu’au fond de course d’aspiration.
- — hhit écrous réglant la course de la pompe. La pression de refoulement est réglée par les ressorts g et f.
- de l’air très carburé admis en haut du cylindre moteur à la fin de la compression.
- L’admission de cet air carburé s’opère au travers d’une petite soupape f, dont la chambre reçoit par e l’air comprimé, et, par e', du pétrole, lesquels, à l’ouverture de la soupape /, pénètrent dans l’axe du cylindre au travers d’une crépine à toile métallique qui en achève le mélange et la vaporisation au droit du brûleur G.
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- L’échappement se fait par une large soupape centrale h, abaissée, au moyen des tiges à rappel de ressorts h6, par le balancier /, qui commande la soupape d’admission.
- Ce balancier est commandé, à l’aide de renvois faciles à suivre sur la figure 44 et d’un levier à trois bras N (fig. 46), par une roue m2, qui tourne deux fois
- Fig. 32. — Moteur à pétrole Otto de 1890.
- A, cylindre moteur. — T, alimentateur du pétrole à niveau constant (fig. 33). — L, manchon commandant par les cames R et l les soupapes d’admission du pétrole E et de l’air F, et recevant, par g h, du levier d’échappement e (fig. 35) un mouvement de va-et-vient sur l’arbre de distribution. — f, came d’échappement. — c, levier du régulateur enclanchant, lorsque la machine s’accélère, le levier e par d, de manière à maintenir l’échappement ouvert et l'admission fermée.
- moins vite que le moteur, et qui porte un taquet zï8 et une double came o, o2.
- Au retour du piston, après sa course motrice, c’est la came \o2 qui, repoussant le levier N, ouvre en grand la soupape h pendant toute la durée de la course d’échappement. A la deuxième course descendante ou d’aspiration du piston, la soupape / se ferme, et la soupape b' du piston, soulevée par la pression atmosphérique, admet de l’air derrière la portion des gaz brûlés conservée dans la chambre de combustion B. Lors de la deuxième montée du piston, pendant la course de compression, la petite came o ouvre de nouveau la soupape d’échappement h, de manière que l’air primitivement admis par b' derrière les gaz brûlés
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- les chasse complètement de la chambre de compression B; puis la soupape h
- ^777/////////////////////?77Z777Z.
- Fig, 33. — Moteur Otto de 1890. Coupe longitudinale.
- C, canal d'admission du gaz carburé et d'allumage. — F, soupape d’admission du complément d'air. — B, piston moteur. — H, échappement (fig. 35). — U, tuyau amenant le pétrole au régulateur d’écoulement T. à flotteur U2U', d’où il passe, sous niveau constant, au pulvérisateur E (fig. 36),
- se ferme, et la compression de l’air restant s’effectue jusqu’à la fin de la course. C’esl en ce moment que la bulée du taquet it sur le bras n6 vient ouvrir brusque-
- Fig. 34.
- Moteur Otto de 1890. Vue par bout et coupe par les soupapes
- Fig. 35.
- d’admission d’air F et d’échappement H.
- ment la soupape d’admission /, et admettre au milieu de l’air qui remplit la chambre de compression et de combustion B, et au droit du brûleur G, toujours en feu, le mélange très riche d’air comprimé de vapeur et de poussière de pétrole qui constitue la charge motrice.
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- L’air comprimé est pris par le tuyau c (fig. 45) d’un réservoir logé (fig. 44), dans le socle du moteur, où il est refoulé par la pompe J, et où sa pression est limitée par la soupape de sûreté J7.
- Le pétrole est injecté en et, par une petite pompe de dosage spéciale K, dont le piston (fig. 47), mené par l’excentrique m (fig. 46) et la tige i, a sa course réglée par le coin 4 du régulateur. Le plongeur Kj est mis alternativement en communication avec l’aspiration ?'q, puis avec le refoulement eu par un tiroir /c2, nvariablement conduit par l’excentrique m (fig. 46).
- Quant au brûleur permanent G, il est constitué par une chambre à deux-compartiments séparés par une toile perforée. Le compartiment de droite, rempli d’amiante, reçoit constamment du tuyau g un mélange d’air comprimé et de pétrole, qui, une fois la machine en train, se vaporise par la chaleur du. milieu, et brûle constamment au contact des pailles de platine renfermées dans le compartiment d’avant de G. Ce mélange de pétrole et d’air comprimé est fourni au brûleur par un vaporisateur spécial I, qui reçoit l’air comprimé du réservoir du socle par un tuyau 4, RR bas d’un tube dont le fond communique avec le pétrole par les petits trous 4, et dont le haut débouche sous une mèche 4 qu’il imprègne ainsi constamment d’une poussière de pétrole. Cette mèche déverse directement le pétrole à l’extrémité du tuyau G, où l’air arrive par la bifurcation 4, de sorte qu’il s’écoule constamment en g un mélange d’air et de pétrole réglé par les robinets et 24>
- La mise en train s’opère en tournant au volant, après avoir amorcé l’allumage en portant au rouge les pailles de platine du brûleur au moyen d’une torche d’amiante imbibée de pétrole introduite par l’ouverture P, que l’on ferme ensuite.
- Le moteur Brayton marche donc à quatre temps, mais en chassant complètement les gaz brûlés : le mélange de pétrole et d’air, admis à la fin de la compression Tome VII. — 91e année. 4° série. — Octobre 1892. 87
- Fig. 36.—Moteur Otto de 1890. Détail du pulvérisateur.
- O,'vis réglant l’arrivée du pétrole en m, sur la soupape d'admission à rainures p, commandée par la came k (fig. 32) et le levier t (fig. 34). — D, soupape automatique admettant en D' de l’air qui saisit et pulvérise le pétrole par les nappes E Q et Qi. — M, réglage de l’admission de l’air. — N, robinetdemise en train par du gaz.—Z, allumage par tube (fig. 34) à l’extrémité du canal non refroidi C (fig. 33), c’est-à-diro au point le plus riche et le plus chaud de la charge motrice hétérogène.
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- et au droit du brûleur au milieu même d’une masse d’air comprimée surabondante, s’enflamme instantanément, et donne une combustion parfaite. L’encrassement est presque nul, et le brûleur fixe dure, d’après M. Brayton, très longtemps.
- Ces machines, déjà répandues en Amérique, viennent d’être introduites en Europe, à l’exposition de la Société royale d’agriculture d’Angleterre, en juillet 1892, à War-wick.
- Moteur Richards de 1888. — Le moteur Richards est (figure 48) un remarquable exemple de machine à compression, avec combustion sous pression constante et allumage par mèche perpétuelle.
- Le moteur est (figures 49 et 50) à deux cylindres : l’un, moteur B, l’autre, A, servant de pompe à comprimer l’air, et dont les pistons sont conjugués par des manivelles à 90°.
- Le pétrole est injecté sur la mèche d’allumage par une pompe P, que l’on peut faire marcher à la main par le volant T", pour la mise en train.
- La pompe à air A aspire l’air par une soupape placée sur le fond du cylindre, et la refoule par une seconde soupape O, sous une pression de 5 à 7 atmosph ères, au-dessus de la soupape d’admission R du cylindre moteur. Une dérivation h, prise dans la chambre de cette soupape, amène do l'air comprimé
- Fig. 38. — Moteur Otto de 1890. Première variante du pulvérisateur.
- Admission de l’air de carburation en D et en Q, autour de la soupape E et du pulvérisateur m (même légende qu’en fig. 33).
- Fig. 37. — Moteur Otto de 1890. Pompe de circulation d’eau.
- R, pompe de circulation d'eau. — e, levier d’échappement actionnant, par ann’ la soupape d'aspiration de la pompe et la maintenant ouverte tant que le régulateur b (fig. 32] maintient e a baissé par l’enclenchement cd.
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- au réservoir H, qui sert, pendant la marche, d’accumulateur d’air comprimé, puis au réservoir de mise en train H,, que l’on isole du premier une fois chargé.
- Au cylindre moteur, l’allumage et l’admission s’opèrent par la soupape R, et l’échappement par la soupape S, commandées toutes deux par un arbre de distribution T, tournant
- Fig. 39. — Moteur Otto de 1890. Deuxième variante du pulvérisateur.
- Admission d’air axiale par D, à la fois, en D' Q Q', au pulvérisateur E, et en C\ autour du tube de carburation et d’allumage C.
- Fig. 40, 41 et 42. — Moteur Otto de 1890. Troisième variante du pulvérisateur carburateur.
- I, réglage de l’arrivée du pétrole à la soupape i, qui l’admet, par h, au pulvérisateur d, un peu après l’ouverture de l’admission a, au droit de l’air aspiré par g. — 6, chambre de mélange de l’air avec le pétrole pulvérisé. — e, poche de vidange du pétrolo non vaporisé pour le robinet f.
- Fig. 43. — Diagramme d’un moteur Otto à pétrole de 1890 (4 chevaux : 1/4 d’atmosphère par millimètre).
- à la même vitesse que l’arbre de couche. La formation, rallumage et l’admission
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- du mélange moteur d'air et do vapeur de pétrole s’effectuent au moyen d’un ensemble d’organes ingénieux, représentés en détail par les figures 51 et 52, et situés en haut du cylindre moteur B.
- Le pétrole est injecté parla pompe P dans la chambre de mélange m, au-dessus de laquelle l’air comprimé arrive par le tuyau i' et la chambre q. Au-dessous de cette chambre, se trouve la chambre de vaporisation W, puis celle d’allumage W', séparée de W par une toile métallique U, et communiquant avec le cylindre moteur par une ouverture u'. La chambre m communique toujours avec l’air comprimé par un petit orifice q', et le double jeu des soupapes R et R' ouvre puis ferme alternativement l’admission en grand de l’air comprimé aux chambres m et
- W. Enfin, la chambre W est entourée d’une garniture incombustible m!, d’amiante imbibée par le pétrole qui s’y écoule constamment des parois légèrement inclinées de la chambre m.
- La machine étant supposée en marche, l’air comprimé constamment admis en m par le petit orifice q' filtre au travers de la mèche circulaire m', et entretient pendant l’échappement, alors que les soupapes R et R' sont fermées, une flamme annulaire qui débouche au haut de la chambre d’allumage W'. Lors de l’admission, la sou-
- B, cylindre moteur. — J, pompe à air. — K, pompe à pétrole (flg. 47).—G, allumage.—J'soupape limitant la pression de l’air pape R, dont la tige enveloppe comprimé dans un réservoir logé au fond du socle du moteur. # r
- avec un certain jeu celle de la soupape R', se lève la première et admet d’abord en m une prise d’air comprimé qui renforce sa flamme circulaire en passant au travers de la mèche m!, avec un supplément de pétrole entraîné : ensuite, l’ouverture de la soupape R' admet la charge motrice d’air et de pétrole, qui achève de se vaporiser en W', et s’allume au contact de la flamme circulaire et du diaphragme U porté au rouge.
- On obtient ainsi un allumage graduel, presque continu : une grande flamme, dont le développement sous la pression presque constante de l’air refoulé par A constitue la première partie de la course motrice, les 5/8 environ, jusqu’à la fermeture de l’admission, commandée par une came R2 (fig. 49), soumise au régulateur.
- Le piston moteur est graissé par l’immersion de ses bords dans un bain d’huile y (fig. 49) et le piston de la pompe A par une arrivée d’huile y entre ses seg-
- Air comprimé
- Fig. 44. — Moteur à pétrole Brayton de 1890.
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- ments espacés d’une longueur égale à sa course : une partie de cette huile arrive à la rotule de la bielle par des canaux creusés dans le corps du piston.
- La mise en train s’opère au moyen d’un allumage temporaire k (fig. 49), dont on ferme ensuite l’orifice au moyen d’un levier K" (fig. 53 et 54). Pour mettre en train, on découvre l’orifice k en faisant passer le levier K" de la position (fig. 53) à la position
- (fig. 55).
- Ce mouvement ramène en même temps vers la droite (fig. 53) le coin B', et fait ainsi descendre le point d’appui du levier t" (fig. 51), de sorte que les soupapes R et R' ne peuvent plus se soulever sous l’action de la came R2 pendant toute la durée de la mise en train. Cette opération s’effectue donc très simplement de la manière suivante : après avoir amené la manivelle motrice un peu au delà du point mort, et déplacé le levier K" de manière à ouvrir l’orifice d’allumage k et à fermer les soupapes RR', on injecte quelques cylindrées de pétrole, en tournant à la main la manivelle T", qui commande à volonté la pompe P, on ouvre les robinets h2 et P" de manière à admettre dans la chambre q l’air comprimé du réservoir H' qui, pénétrant en m par le petit orifice q' seulement, force au travers de la mèche m'du pétrole dont on peut allumer les vapeurs en k. On étrangle d’abord un peu l’arrivée P" de l’air comprimé, pour permettre à la flamme en k de se propager en remontant jusqu’à la mèche m', puis on l’ouvre de grand, en ramenant aussitôt le levier de mise en train K" à sa position primitive.
- Fig. 45.
- Moteur Brayton de 1890.|Détail de la distribution et de l'allumage.
- F, balancier commandé par le levier N (fig. 44) ouvrant de bas en haut, à la fin de la compression, la soupape f d'admission d’air comprimé e et de pétrole e1, et, de haut en bas, h la fin de la course motrice, la soupape d’échappement h, rappelée par les ressorts /t5. — b', soupape montée sur le piston, admettant, lors de sa deuxième descente, et derrière les gaz brûlés restés après l’échappement, de l’air qui, à la seconde montée du piston, chasse ces gaz par la soupape h, ouverte de nouveau, puis se comprime. — G, capsule divisée, par un diaphragme, en deux compartiments remplis : celui d’avant, par des spirales de platine, et celui d’arrière par de l’amiante, et recevant, par g, une injection continue de pétrole et d’air comprimé, réglée par la vis i2. — I/, capacité fermée, pleine de pétrole, recevant en i1, par une charge d’air comprimé réglée par le robinet r*. Cet air refoule, par i°, le pétrole pulvérisé au droit de la mèche i', qui l’amène en g.
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- Détails de construction des moteurs à pétrole.
- Nous compléterons les quelques monographies que nous venons de donner des principaux moteurs à pétrole actuellement en usage par l’examen som-
- Fig.46. — Moteur Brayton de 1890. Commande du balancier F (fig.45) par le levier N.
- m3, roue tournant deux fois moins vite que le moteur, portant un taquet na et deux cames o1 o-, Après la course motrice, o- ouvre l’échappement jusqu’à la fin de la première montée du piston moteur; puis o'I’ouvre de nouveau, pendant une partie de la seconde montée, pour l’expulsion complète des gaz brûlés, mais seulement pendant le temps très court de son passage sur w8. A la fin do la compression, le taquet ouvre la soupape d’admission /(fig. 45).—metmi, excentriques commandant respectivement la pompe à pétrole et son tiroir de réglage (fig. 47).
- e
- 3
- Fig. 47. — Moteur Brayton de 1890.
- Détail de la pompe à pétrole.
- K, pompe aspirant le pétrole par l9 au travers d’un tiroir Ii-, mû par l’excentrique m (fig. 46) et le refoulant par eb —i, tige du piston K, mue par l’excentrique m', et dont la course de refoulement est réglée par le coin l3 du régulateur.
- maire de quelques détails de construction autres que les carburateurs particuliers à çes machines.
- Nous avons vu que l’allumage s’opère, dans ces machines, en dehors des types à mèches, soit par l’électricité, qui a l’avantage de ne présenter aucune flamme extérieure au moteur, soit spontanément, par la chaleur seule de la chambre de combustion isolée, soit enfin par un tube incandescent. Ce tube, en fer ou en porcelaine, tend à s’encrasser; il faut le chauffer très vivement, et pouvoir le rem-
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- placer facilement. L’intensité du chauffage s’obtient par une flamme d’éolypile analogue à celle que représente la figure 56; la facilité du remplacement, par un dispositif analogue à celui des figures 57 à 62, et on peut atténuer les effets de l’encrassement en nettoyant à chaque coup le tube par une chasse d’air, comme dans certains moteurs Crossley.
- La construction des lampes d'allumage et de mise en train doit être particu-
- Fig. 48. — Moteur Richards de 1888.
- lièrement soignée. Les figures 63 à 66, qui s’expliquent par leurs légendes seules, en sont de bons exemples à ajouter à ceux précédemment décrits.
- La pompe à pétrole doit être fort simple, étanche, avec le moins de frottement possible : la pompe à tiroir de Crossley est(p. 671) une bonne solution : nous citerons encore les solutions de Browett et Lindley (fig. 64 et 67), de Butler (fig. 68) et de Pieper (fig. 68 bis), remarquables par leur originalité.
- On attache souvent une grande importance à maintenir la température du
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- cylindre sensiblement invariable; ce qu’il faut, en pratique, c’est de ne pas la laisser s’abaisser notablement en marche légère prolongée. La solution de M. H oit (fig. 69) est la suivante. La circulation automatique de l’eau de refroi-
- ' Ji
- ;& en train §
- Air comprime pour la mise en tram
- Fig. 49 et 50. — Moteur Richards de 1888. Coupe longitudinale et vue par bout.
- B, cylindre moteur, avec soupapes d’admission R (fig. 51) et d’échappement S, commandées par l’arbre de distribution T tournant comme le moteur. — A, pompe à comprimer l’air, avec soupape de refoulement O, emmagasinant, par h, l’air comprimé dans le réservoir II et au réservoir de mise en train H', isolé ensuite par h-, — P, pompe à pétrole, que l’on fait fonctionner à la main par T" pour la mise en train (fig. 53). —Y, graisseur du piston A et de sa bielle en J. — Y' graissage du cylindre moteur B. — P", robinet admettant, pour la mise on train, l’air du réservoir H' au cylindre moteur,
- dissement autour du cylindre moteur s’opère par siphon, en mettant le bas de l’enveloppe en communication avec celui d’un grand réservoir et le haut avec la partie supérieure de ce réservoir, comme dans les moteurs Otto ordinaires, mais le niveau de ce réservoir est maintenu constant par un flotteur.
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- L’eau chaude venant du haut de l’euveloppe arrive au réservoir, par II, dans
- Cylindre moteur
- Fig. 51. — Moteur Richards de 1888. Ensemble de l’admission et de l’allumage.
- Légendes des fig. SI et SS. — q, chambre en communication constante, par i, avec 1 air comprimé du réservoir H (fig. 50).
- — m, chambre de mélange séparée de q par la soupape R recevant, par p', l’injection de pétrole de la pompe P (fig. 50) et communiquant toujours avec q par le petit orifice q'. — U, chambre de vaporisation séparée de m par la soupape R' et communiquant avec la chambre d’allumage W; par la toile métallique U. — u', diaphragme percé d’un trou central reliant le cylindre moteur B à la chambre d’allumage W' et en diminuant l’encrassement.
- — m> mèche circulaire d’amiante imbibée de pétrole. — t", balancier commandant les soupapes RR’ par la came R2 de l’arbre T.
- le compartiment d’un déversoir E, d’où elle s’écoule par un trop-plein G, avec un niveau constant LL déterminé par le seuil du déversoir E. Dans ces con-
- jv
- If Vu
- Fig. 52. — Moteur Richards de 1888. Détails de l’admission et de rallumage.
- ditions, la charge, ou la différence entre les colonnes d’eau froide et chaude du réservoir et du retour augmente avec l’activité du cylindre de manière à empê-Tome VII. — 91° année. 4e série. — Octobre 1892. 88
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- cher automatiquement toute variation sensible de sa température moyenne, comme la pompe du dispositif décrit à la page 682.
- MM. Browett et Lindley obtiennent un résultat analogue en réglant (fig. 70
- Pctroh
- ^ Allm iacje de mis
- Fig. 53, 54 et 55. — Moteur Richards de 1888. Allumage de mise en train.
- Élévation, coupes q-q et 10-10 (fig. 51). — W, chambre d’allumage. — R, orifice d’allumage débouchant sous la mèche annulaire ni', ouvert pour la mise en train, puis fermé par le levier K'^. — B/, coin soulevant le levier t" lorsque li.1' ouvre (fig. 55) l’orifice k, de manière à fermer les soupapes R et R' pendant la mise en train.
- l’ouverture de la circulation d’eau K par un thermomètre métallique M,
- plongé dans cette circulation.
- Le dispositif représenté par la figure 71 a pour objet de fournir le pétrole du grand réservoir A au moteur sous une charge sensiblement constante.
- A étant rempli : lorsqu’on ouvre r, le pétrole passe de A par f au moteur, puis, par le trou b, d’un débit plus grand que celui de f, dans le réservoir C, où son niveau s’élève un peu au-dessus du trou»,, auquel il s’arrête, parce que l’eau de C ne peut plus s’échap-
- h, tube d’allumage en communication avec le cylindre moteur pare. — C, flamme de pétrole épanouie sur le barreau g, à l’entrée de l’appel d’air f, et chauffant, en même temps que le tube n, la gaine b et le canal b', de manière que le pétrole d’allumage se vaporise presque totalement le long de son trajet a b' d avant d’arriver en e.
- per par D. A partir de ce moment, le pétrole s’écoule de C en f sous une charge sensiblement constante, oscillant autour du niveau de a.
- Enfin,M. Thwaite a proposé, pour l’emmagasinement des grandes provisions de pétrole, le réservoir de sûreté représenté par la figure 72,72t qui consiste en une sorte de cloche de gazomètre renversée sous laquelle le pétrole peut dé-
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- gager ses vapeurs dans un joint hydraulique à récupération, qui les rend tout à fait inoffensives.
- Les régénérateurs. — Je terminerai cet examen des détails de construction des machines à pétrole par quelques mots sur les régénérateurs de chaleur, dont Implication pratique aux moteurs à pétrole, aussi bien qu’aux moteurs à gaz, constituerait, à mon avis, un grand progrès, peut-être le seul par lequel on
- Fig. 57. — Allumage Otto (1891) par tube amovible.
- Tube ouvert.
- B, brûleur Bunsen, avec chambre de mélange de l’air et du gaz d ou v, et disque C, percé de trous « ou muni de tuyères e, inclinés vers le tube et de trous d'air i, concentrant sur la zone incandescente du tube d’allumage r toute la chaleur de sa flamme à combustion complète, indépendamment du diamètre du tube, r, tube d’allumage réfractaire, ouvert aux deux bouts en fig. 57, fermé à un bout en fig. 58, serré sur la rondelle d’amiante z en fig. 57 par le ressort r et le piston n et, en fig. 58, par le filetage de la chambre v. — ?•/, poche de réglage toujours en communication avec le canal d’allumage /t, et de volume tel que le mélange actif du cylindre moteur atteigne, en refoulant en 2», les gaz brûlés, la zone incandescente du tube au moment fixé pour l’allumage. E, cheminée à dôme K et à trous de tirage L.
- puisse espérer augmenter notablement le rendement thermique de ces moteurs.
- Ce rendement atteint, pour les moteurs à gaz, 20 p. 100, et 15 p. 100 pour les moteurs à pétrole : c’est-à-dire, que l’on ne peut compter utiliser en travail indiqué plus de 15 à 20 p. 100 de la chaleur de combustion du pétrole ou du gaz; et cela tient à ce que ces moteurs subissent forcément deux grandes pertes, de 20 à 40 p. 100 chacune: l’une, par l’influence des parois forcément refroidies du cylindre, et l’autre par la chaleur qu’emportent des gaz de l’échappement.
- De plus, ainsi qu’on le verra développé dans l’annexe n° 7, la somme de ces pertes paraît, en dehors de l’application des régénérateurs, à peu près irréductible
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- en raison de leur solidarité telle que toute diminution de l'influence des parois entraîne, du moins dans les tentatives faites jusqu’à ce jour, une augmentation corrélative à peu près équivalente de la perte par l’échappement.
- A priori, la solution du régénérateur ne paraît pas échapper à cette objection générale; car, si l’on emploie de l’air plus chaud, il faudra bien, à dosage égal, refroidir davantage le cylindre,pour ne pas dépasser, malgré la chaleur de l’air
- Fig. 59 à 62. — Allumage Holt par tube amovible (1892).
- E, tube ouvert, ou fermé en F, ou obturé (fig. 61 et 62) par un bloc F, à garniture d'amiante et appuyé par le ressort S. — D, flamme de Bunsen chauffant le tube dans la capsule réfractaire A G du bloc B,. — G, chambre de la soupape d’allumage faisant communiquer le tube au cylindre moteur M par L. — Il suffit, pour changer le tube, d’enlever B (fig. 59 et 60) ou P (fig. 61 et 62).
- admis, la température limite imposée aux parois, et, d’autre part, pour tenir compte de la dilatation de cet air régénéré, augmenter presque d’autant, toutes choses égales, le volume de la cylindrée et, par conséquent, la surface active des parois.
- Il semble donc, qu’ici encore, l’on soit obligé de reprendre aux parois la chaleur restituée par le régénérateur: mais cette objection suppose gratuitement que l’on se borne à ajouter à un moteur à gaz ordinaire, à un Otto par exemple, le régénérateur, sans rien changer ni au dosage ni à la préparation de sa charge, et ce n’est bien évidemment pas ainsi qu’il faut entendre l’application des régénérateurs aux moteurs à gaz. 11 est bien évident qu’il faudrait profiter de cette cha-
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- leur acquise par l’air admis — et qui recule la limite d’inflammabilité — pour diluer le mélange actif, en s’aidant au besoin d’une stratification plus prononcée,
- Fig. 63. —Lampe d’allumage Hartley (1890).
- q. réserve de pétrole de la lampe, qu'elle alimente au niveau constant ss2 par le clapet r et le déversoir qtq>. — tut112 circulation d’eau du réservoir q> autour du pétrole de la lampe. — v, axe de pivotement de la lampe. — u’, axe de pivotement du chapeau «2wi>. — s4, cheminée. — s3, tube d’allumage.
- de manière à ne pas augmenter sensiblement la température de l’explosion, ce qui lève la première partie de l’objection; et, comme rien n’empêche, d’autre part, de comprimer au préalable, avant l’admission, l’air régénéré, comme cela se fait dans tous les moteurs à compression extérieure, on voit bien vite que la
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- Fig. 66. —Browett et Lindley (1889). Eolypile pour le chauffage des vapo-
- risateurs.
- B B, injecteur du pétrole autour de la tige L B', dans le serpentin A, chauffé par la llamme H. — M N, injection d’air formant, avec la vapeur de pétrole en A et l’air extérieur entraîné en E2, un mélange combustible qui brûle en H.
- Fig. 64 et 65. — Browett et Lindley (1887). Vaporisateur et pompe d’injection.
- a, tube en communication par O avec le cylindre moteur, et vaporisant le pétrole injecté par p, puis admis au cylindre par N. — S, 1, 2, 3, éolypile chauffant le tube a pourlamise en train.—T' tube recourbé flexible, repoussé parle levier w', soumis au régulateur en w, de manière à aspirer le pétrolepar æ, puis le refoulant par a1 en se recourbant.
- Fig’. 67. — Browett et Lindley (1889). Pompe d’injection.
- C, tuyau communiquant avec le cylindre moteur par un clapet de retenue.— AB, piston différentiel. — A chaque aspiration du cylindre moteur, ce piston aspire le pétrole par D, puis il le refoule par son poids au vaporisateur suivant A2EE'. — G, tuyau récupérateur des fuites du pétrole en A'.
- seconde partie de l’objection tne tient pas plus que la première, en un mot, qu’il
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- n’existe, contre cet emploi des régénérateurs, aucune objection de principe.
- En fait, comme on le verra développé dans l’annexe 7, il n’y a, contre l’emploi des régénérateurs, qu’une objection, malheureusement capitale: l’impossibilité de les réaliser pratiquement faute d’une matière convenable ; mais cette ob-
- Fig. 68. — Butler (1888), pompe à pétrole) auto-régulatrice.
- V, clapet repoussé par l’aspiration de l’air au cylindre moteur et imprimant, par Y1 t, à la pompe d’injection du pétrole en 6, une course foulante proportionnelle à cette aspiration. — a, aspiration do l’air au pulvérisateur b1. — r, ressort du rappel du clapet V, par la vis v.
- Fig. 68 bis. —Pompe à pétrole. Pieper à garniture de glycérine D (1891).
- Quand le disque came F, monté sur l’arbre de distribution tourne dans le sens de la flèche : de w en x> il soulève le piston B par gG etrefoule, par b,m, a, le pétrole qui a été préalablement admis au-dessus de la glycérine D, avec laquelle il ne se mé'ange pas. — De x en z, B reste immobile et le levier H, pivoté en u et appuyé en h sur la came, oscille vers la gauche, de manière que le tiroir C, poussé à droite, ferme le refoulement a, et fasse communiquer l’aspiration o avec A par o, m, b. — De r en v, H et C restent immobiles et B descend, G étant appuyé sur F par un ressort en aspirant le pétrole, par o, m, b, au-dessus de D. — De veaw, B reste immobile et le tiroir C prend la position indiquée, faisant communiquer le refoulement a avec D par a, m, b, S, vis permettant de régler la course du piston B par sa butée T.— M, Mq garniture en cuirs emboutis graissée parla glycérine en i.
- jection n’enlève rien à l’intérêt que présente, au point de vue thermique, l’étude de l’application des régénérateurs aux moteurs à gaz ouà pétrole de grandes forces(l).
- (1) Je ne mentionne ici que pour mémoire les propositions, faites par plusieurs inventeurs, d’utiliser la chaleur perdue des moteurs à gaz à faire marcher des machines à éther, sulfure de carbone, etc., compliquées, et surtout extrêmement dangereuses.
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- Il suffira, je crois, pour s’en convaincre, de parcourir la description suivante de la machine expérimentale construite en 1888 par il/. Hargreaves, et dont le rendement thermique n’a pas encore été égalé, à ma connaissance du moins, par aucun autre moteur (1). Le cycle de la machine à pétrole et à régénérateur construite par M. James Hargreaves en 1887 est le suivant :
- Fig. 69. — Holt (1892). Réservoir d’eau de circulation à réglage automatique.
- H, arrivée de l’eau chaude au réservoir C. — D G, trop-plein. — E, déversoir à niveau constant LL.
- L’air aspiré dans l’atmosphère par la pompe C(fîg. 71) est refoulé autour des tubes de l’économiseur T, d’où il passe, lorsque la soupape d’admission M s’ouvre à la chambre de combustion D, au travers du régénérateur E. Au-dessus de D, porté au rouge, l’air rencontre un jet d’huile lourde ou de goudron pulvérisé A, qui s’enflamme, de sorte qu’il se dilate en repoussant le piston moteur B. Au retour de ce piston, l’échappement s’opère au travers du régénérateur E, du tuyau Q, et des tubes T de l’économiseur.
- (I) Brevets anglais 5i8o (10 avril 1887) 10980 12360 (30 juillet, 28 août 1888); the Engineer, 27 janvier 1888.
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- Le régénérateur E, en terre réfractaire, est rempli d’un amas de crayons en porcelaine entaillés de profondes rainures hélicoïdales.
- Le pulvérisateur A est alimenté de goudron par la pompe F.
- Le piston B et le cylindre moteur sont refroidis par une circulation d’eau alimentée par la pompe G. La vapeur de cette eau va se joindre à celle d’une
- Fig. 70. — Browett et Lindley. Réglage de la température du cylindre moteur.
- O, sortie de la circulation d’eau. — M, thermomètre métallique fixé en M', plongé en H dans l'eau de refroidissement du cylindre moteur, et ouvrant par L'LK la soupape I, à mesure que la température augmente.
- Fig. 71. — Otto (1891). Réservoir de pétrole à charge constante.
- A, réservoir de pétrole rempli par TR, communiquant en haut par le tube D, à trous a et b avec le réservoir C, et par le bas, en r f, au réservoir du moteur.
- petite chaudière AV ; cette vapeur se mêle en A2 à l’air appelé au régénérateur, et la partie condensée, reprise par la pompe J, est refoulée en Ai, de manière à absorber le plus de chaleur possible à l’économiseur T.
- La pompe de compression G est aussi refroidie par une injection d’eau, dont la vapeur se mêle à l’air comprimé.
- Le régulateur agit sur la valve d’étranglement O.
- La mise en train s’opère par l’air d’un compresseur auxiliaire X, mû par la vapeur de la chaudière W.
- En marche normale, suivant les diagrammes figure 74, les principales tem-Tome Vif. — 91e année. 4e série. — Octobre 1892. 89
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- pératures du cycle sont à peu près les suivantes : en D : 1 360°; à l’échappement, au sortir du régénérateur E : 150°; au sortir de l’économiseur T : 80°; température de l’air refoulé au sortir de l’économiseur et mélangé de vapeur surchauffée : 90° environ.
- Dépense de goudron de gaz : 0ltil,235 par cheval indiqué, dans les conditions spécifiées par les diagrammes, figure 74.
- On a supprimé, dans la machine de 1888 représentée par les figures 75 et 76 l’économiseur T et sa chaudière; l’air passe directement de la pompe G au régénérateur E, au travers de la soupape d’admission automatique a, après s’être
- Fig. 72. — Réservoir à pétrole de sûreté Thwaite.
- saturé en Y de vapeur d’eau venant de l’enveloppe du cylindre moteur. L’échappement s’opère par une soupape c, commandée par la came oscillante F' au moyen du levier e'. Cette came commande aussi la pompe d’injection du pétrole F, par le levier RF, tant que le régulateur n’immobilise pas ce levier par son cliquet R, de manière à empêcher le ressort r de repousser le piston de la pompe et d’effectuer le refoulement en A. L’admission de la vapeur Y est commandée par le balancier b au moyen d’un renvoi non figuré.
- Le régénérateur E est constitué par des crayons de poterie à spirales, serrés à l’avant et dispersés à l’arrière, du côté de la pompe. Ces crayons sont plongés au rouge dans une dissolution d’un sel de nickel ou de platine, produisant, d’après M. Hargreaves, un dépôt dont la force catalytique achèverait, à l’cchappcment, la combustion des gaz : c’est douteux. La garniture du bas du cylindre et de la
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- Fig. 13. — Moteur Hargreaves de 1881.
- C, pompe à air refroidie par une injection d’eau. — B, piston moteur. — T, économiseur réchauffant l’air refoulé par la pompe C autour de ses tubes traversés par l’échappement Q du cylindre moteur. — E, régénérateur. — D, chambre de combustion réfractaire portée au rouge. — M, soupape admettant au régénérateur E l’air refoulé de C à l'économiseur. — O. papillon du régulateur. — A, injection de pétrole pulvérisé, refoulé par la pompe F. — G, pompe refroidissant le cylindre et le piston moteur par une circulation d’eau, dont la vapeur se joint à celle de la chaudière W. —A2, injection de vapeur autour des tubes de l’économiseur. — J, pompe reprenant la partie condensée de la vapeur A2 et l’injectant en A1, de manière à absorber le plus de chaleur possible à l’économiseur T-— X, pompe à air comprimé de mise en train, mue par la vapeur de W.
- Fig. 74. — Moteur Hargreaves de 1887.
- a, diagramme du cylindre moteur : diamètre, 630 millimètres; course, 460; pression moyenne, 2 kilogrammes; vitesse, 40 tours par minute; puissance indiquée, 63 chevaux. b, diagiamme de la pompe c : diamètre, 380 millimètres; course, 460; pression moyenne, lk,5; résistance indiquée, 23 chevaux. — Travail net indiqué, 40 chevaux; dépense de goudron, 0k,235 par cheval indiqué.
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- Fig. 75 et 76. — Moteur Hargreaves de 1888.
- A, injection du pétrole refoulée par une pompe F, et arrêtée, quand la machine s’accélère, par l’enclenchement R, soumis au régulateur. —e, soupape d’échappement commandé par e' et la came oscillante F', qui actionne aussi la pompe F. — qb, transmission de la bielle motrice à la pompe à air C. — a, soupape automatique de refoulement de l’air au travers du régénérateur E. — Y, admission de vapeur provenant de l’eau de refroidissement du cylindre moteur. — G, grattoir nettoyant le piston moteur 6, soutenu par la menotte n.
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- chambre de combustion est formée de briques réfractaires en talc ou en plomba-
- Fig. 77. — Moteur Priestman de 4 chevaux et demi monté sur chariot, poids 2t,37. Diamètre du cylindre 215 millimètres. Course 305. Vitesse 180 tours. Dépense O^t^O d’huile lourde par cheval effectif.
- Fig. 78. — Moteur Priestman d’un cheval monté sur chariot à main.
- gine, bouillies dans du goudron et soutenues par des armatures en fonte. Le plongeur du piston est constamment nettoyé par un grattoir g. Le frottement du piston est diminué par la suspension de sa tige en n.
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- Applications des moteurs à, pétrole.
- Applications des moteurs a pétrole. — Les moteurs à pétrole sont évidemment aptes à toutes les applications des moteurs à gaz, mais avec une bien plus grande mobilité, puisqu’ils transportent leur combustible sous la forme la plus compacte possible. Aussi a-t-on cherché dès l’origine à profiter de cette mobilité pour installer le moteur à pétrole sur des locomobiles, des bateaux, et même des ballons.
- La locomobile à pétrole de Priestman est (fig. 77 et 78) portée sur un chariot à quatre roues avec bâti renfermant le carburateur, une provision d’eau et de pé-
- Complément ti'sjr
- Fig. 79.
- Pulvérisateur du type fig. 9, avec vanne de réglage pour l’air de carburation
- o, Il pour l’air et le pétrole.
- Fig. 80.
- et filtres en coton
- trole. Un moteur de quatre chevaux et demi pèse 2 tonnes, 37, ce qui n’est pas plus lourd qu’une locomobile à vapeur de même force. M. Chapman s’est déclaré très satisfait de l’emploi d’un moteur de ce genre pour des travaux agricoles et pour la conduite de petites scieries, où ces moteurs ne s’emballent pas, malgré les variations extrêmes du travail. En plein air, il faut éviter que la poussière, ou l’eau en temps de pluie, ne s’introduisent au cylindre; on y arrive en filtrant l’air et le pétrole sur du coton, comme en fig. 79 et 80.
- La machine de M. Robey a tout à fait l’aspect de 1a, locomobile à vapeur ordinaire. A la place du foyer, se trouve un réservoir à pétrole, à la place du corps cylindrique un réservoir renfermant assez d’eau de circulation pour un jour de travail, et l’échappement s’effectue dans la boîte à fumée (1).
- MM. Priestman ont étudié, pour les bateaux et canots, le type de machine verti-
- (1) The Engineer et Engineering, 24 juin 1892.
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- cale, représenté parles ligures 81 à 83, à deux cylindres, à manivelles parallèles,
- Fig. 81.
- Fig. 82.
- Fig. 83.
- Moteur Priestman pour bateaux.
- Coupes orthogonales. Ensemble du moteur. On voit à gauche de la figure 82 et à droite de la figure 83, la soupape d'admission et le vaporisateur. Force, 5 chevaux effectifs. Diamètre et course 178 millimètres. Vitesse 240 tours.
- avec soupapes d’admission automatiques, et soupapes d’échappement conduilespar un arbre tournant deux fois moins vite que le moteur. Cet arbre commande aussi
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- la pompe à air et la pompe de circulation d’eau. L’échappement se fait, paraît-il, sans odeur, au-dessous de la ligne d’eau, et l’arbre de l’hélice est commandé par un mécanisme de changement de marche à friction. L’allumage est électrique, la régularisation, la pulvérisation et la vaporisation du pétrole s’opèrent comme
- iC O. ..
- ' :
- — Moteur Roots. Détail de la distribution.
- B. Tige de distribution mue par un excentrique calé sur l’arbre de couche, admettant le pétrole, au travers des robinets de réglage AA, aux tuyaux CC, puis aux vaporisateurs DD situés au-dessus des tubes d’allumage II et du réchauffeur B, que l’air de carburation traverse avant de revenir, par F, se mêler au pétrole en A. J, soupapes automatiques d’admission, à lumières J, du mélange d’air et de pétrole vaporisé, achevé par une admission du complément d’air de combustion au travers des robinets de réglage K. G, soupapes d’échappement manœuvrées par le levier H. e, circulation d’eau.
- dans le type décrit à la page 659. Le bateau porte l’approvisionnement de pétrole pour une semaine, dans des réserves d’où on le pompe sans danger au réservoir du moteur (1).
- L’administration des travaux du canal de Manchester à Liverpool possède deux canots munis de moteurs Priestman de dix chevaux, dont les principales particularités sont les suivantes :
- Longueur du service Durée
- Poids du canot de Warrington du Dépense d’huile
- Dimensions du canot. chargé. à Manchester. parcours. par heure.
- 22m,90 X 4m,45 X l“,o0 de cale. 42 tonnes. 30kiI,60 5 h. 1/4 8 litres.
- (1) Robinson. Petroleum Engines (British Association, août 1891). TJnwin, id., Trans. Civ. En-gineers, London, mars 1892). Mountain. « On Priestman oil Engine » Inst, of Engineers and Shipbuilders in Scotland, 22 mars 1892, p. 31. — Un canot de 4m,80 de long circule régulièrement sur la Tamise (the Engineer, 10 juin 1892). (Voir l’annexe n° 5.)
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- Ces canots ont aussi été adoptés par la « Grand Canal Company » d’Irlande. Le moteur Grob Capitaine a aussi été appliqué avec succès sur une vingtaine de canots dans le port de Hambourg.
- Je citerai encore les machines de Richards (p. 689), les essais de Butler et de Daimler (1) fort ingénieux, mais dont on n’a encore publié aucun compte rendu
- Fig. 85. — Moteur Priestman actionnant une pompe à air comprimé pour mines.
- La machine, placée à 1800 mètres environ du puits d’entrée et de sortie d’air, envoie son échappement directement
- dans les galeries de retour.
- authentique. On a en outre récemment essayé avec succès sur la Tamise un bateau de 8m,50 de long sur lm,80 de creux, avec une machine verticale Roots, à deux cylindres de 125 millimètres de diamètre, à cycle d’Otto (fig. 84), marchant à grande vitesse avec de l’huile Tea-Rose (2).
- Quant aux applications du moteur à pétrole aux tramways, voitures, et môme aux vélocipèdes, elles n’ont pas encore été couronnées de succès : nous nous
- • (1) G. Richard. Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 837.
- (2) Cii. Enguan, 30 sept. 1892, et Brevet anglais, 19,275, 7 nov. 1891.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Octobre 1892.
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- contenterons de signaler les travaux de MM. Daimler, Connelly et Weyman (1).
- M. Steavenson a, au contraire, fait quelques applications heureuses du moteur Priestman aux pompes et aux perforatrices de mines (2) sous les formes repré-
- Fig. 86. — Moteur Priestman actionnant une pompe à eau.
- Fig. 87. — Moteur actionnant une perforatrice.
- sentées en fig. 84 à 87. La perforatrice peut couvrir un front de taille de 3 mètres de haut sur 5m,20 de large, et perce en huit heures 70 trous, correspondant à
- (1) G. Richard. Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 817, 933. La Nature, 24 oct. 1891. Engineering, 1er juillet 1892, p. lo.
- (2) Brevet anglais, 1 1394 de 1890.
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- un abatage de 150 tonnes de houille. Elle ne pèse que 2 500 kilos, et peut se rouler très facilement. D’après M. Steavenson, ces machines fonctionnent dans
- Fig. 88. — Moteur Priestman de 26 chevaux actionnant les projecteurs de la Queensclilï'e Batterie, à Port-Phillip. Deux cylindres : diamètre, 330 millimètres; course, 405. Variation de vitesse, 3,75p. 100 quand on lâche le /rein.
- le district de Durham avec succès et une économie considérable, qui résulte du bilan ci-contre :
- Une machine avec moteur à pétrole de 5 chevaux abat 900 tonnes par semaine, avec un mécanicien, un aide et un mineur pour tirer les mines. Dépense 0 fr. 45 par tonne
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- abattue + 0 fr. 45 pour le déblayage, soit : 0 fr. 90 par tonne enlevée, non compris la dépense d’huile; l’abatage à la main coûte 1 fr. 25; d’où, pour 900 tonnes ; travail d’une semaine, l’économie suivante :
- (1 fr. 25 — 0 fr. 90) x 900 = 315 fr.
- moins la dépense d’huile. . . 11 fr. 50
- Économie par semaine. . . . 304 fr. 50
- — par tonne............. 0 fr. 35
- Parmi les applications des moteurs Priestman, il faut encore citer celles qui en ont été faites pourle service des phares en Angleterre, en Australie (fig. 88) et en Norvège, et, en particulier, celles des sirènes de Point of Ayr et de Corsewall, établies par M. A. Steavenson (fig. 89).
- Chacune de ces installations comprend trois moteurs de cinq chevaux, dont un de réserve, pouvant en développer 6 au frein : il faut un quart d’heure pour les mettre en train. Ils sont conduits par un gardien ordinaire, et dépensent 4 litres à 4 litres et demi d’huile de paraffine par jour. Il en est de même à Dungeness. La sirène d’Oxo (Norvège) a son compresseur d’air mené par un moteur de onze chevaux, dépensant par heure 5 kilos d’huile de densité 0,82.
- (.A suivre.)
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- LA PRODUCTION DE LA GUTTA-PERCHA, PAR M. E. JUNGFLEISCH, MEMBRE DU CONSEIL.
- Messieurs,
- Il y a deux mois, en vous rendant compte des missions dont il a été chargé en Malaisie, pour y rechercher la plante qui fournit la meilleure gutta-percha, M. Sérullas a fait allusion à une méthode nouvelle d’extraction de cette substance. Il a bien voulu me reconnaître la paternité de cette méthode, à l’étude de laquelle il a pris lui-même une part importante. Je voudrais aujourd’hui vous fournir quelques renseignements sur ce sujet.
- Tout d’abord, je vous demande la permission d’indiquer rapidement la raison d’être, l’origine, des essais en question. Je ne me propose pas par là d’expliquer et de justifier mon intromission dans des questions un peu différentes de celles dont je m’occupe d’ordinaire; ce point de vue personnel ne saurait, en effet, vous intéresser. Je désire seulement vous résumer les
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- desiderata d’une industrie très digne, à tous égards, de votre attention, particulièrement par le rôle qu’elle joue dans les applications chaque jour plus nombreuses de l’électricité. Cet exposé permettra de juger mieux l’intérêt que présentent les tentatives dont je vais vous entretenir ainsi que la valeur des résultats qu’on paraît autorisé à en espérer.
- Il y a longtemps déjà, j’avais été conduit à étudier les principes dont le mélange constitue la gutta-percha. Avec le concours de l’un de mes élèves, M. Damoiseau, j’avais isolé ces principes dans un état de pureté qui, je crois, n’avait pas été atteint encore; je les avais, tous les trois, obtenus cristallisés, c’est-à-dire sous une forme que ne fait guère prévoir la nature plastique si accentuée du mélange. Toutefois l’inconstance de la composition de la matière première que nous fournissait le commerce, certaines différences relevées entre les propriétés des principes obtenus avec des guttas différentes, la crainte de ne pouvoir reproduire à coup sûr avec une seconde gutta les résultats observés avec une première, nous avaient fait ajourner toute publication de nos observations, lorsque la mort est venue enlever mon collaborateur.
- Entre temps, la mission de M. l’ingénieur Séligmann-Lui m’avait expliqué les difficultés que l’on rencontre à se procurer, même en petite quantité, une gutta-percha d’origine parfaitement assurée, provenant d’un végétal bien déterminé. C’est donc avec un grand intérêt que j’ai recueilli de M. Sérullas les renseignements rassemblés par lui, lors de ses premières missions. Par une considération quelque peu égoïste, j’y voyais apparaître la possibilité de reprendre, sur une gutta-percha d’origine certaine, le travail commencé autrefois. A un point de vue plus général, les missionnaires français apportaient dès lors un peu de lumière dans un sujet singulièrement obscurci, d’abord par la nature propre des choses, mais plus encore par les agissements des intérêts.
- Jusqu’à cette époque, nos connaissances sur la pratique de la récolte de la gutta-percha, aussi bien que sur la nature des plantes qui produisent cette substance, étaient restées singulièrement vagues. Certains végétaux, dits producteurs de gutta-percha, avaient bien été décrits par divers botanistes, mais aucune relation n’avait été établie entre l’espèce de ces végétaux et la qualité du produit fourni par chacun d’eux. Il y a plus. Nous savons maintenant que certaines plantes auxquelles on attribuait alors la production de la gutta-percha ne donnent en réalité que des matières résineuses, absolument impropres aux usages pour lesquels on recherche cette substance. M. Séligmann-
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- Lui et M. Sérullas ont étudié sur place l’extraction malaise de la gutta-percha et nous ont procuré sur ce sujet des données précises. Celles-ci ont été confirmées par les observations de M. Burck, directeur-adjoint du jardin botanique de Buitenzorg. En outre, dès 1888, M. Sérullas annonçait avoir retrouvé Y Isonandra gutta de Hooker, et reconnu l’existence de véritables forêts de ce végétal réputé détruit; il avait étudié sa floraison et sa fructification; enfin il avait établi que le produit de ce végétal est bien celui dont les qualités remarquables ont été hautement appréciées autrefois, celui dont les électriciens déplorent la rareté toujours croissante. C’étaient là des résultats d’une importance incontestable.
- Pour préciser, permettez-moi de vous rappeler, en quelques mots seulement, comment opèrent les Malais pour se procurer la gutta-percha. Us commencent par abattre l’arbre qu’ils ont choisi. Aussitôt le végétal couché sur le sol, ils s’empressent d’en détacher les branches, les feuilles continuant à fonctionner et à enlever au tronc le latex dans lequel se trouve la gutta-percha. Ils pratiquent ensuite dans l’écorce, en partant du haut du tronc, des incisions parallèles, inclinées sur la direction du tronc, incisions entre lesquelles ils enlèvent un lambeau d’écorce. Le latex s’échappe des canaux lati-cifères sectionnés et se rassemble dans les cavités ainsi pratiquées ; presque instantanément, la matière se coagule et il est possible de la recueillir. En la plongeant un peu plus tard dans l’eau bouillante, en la malaxant et en la battant avec des maillets de bois, la gutta-percha brute est ensuite réunie en pains plus ou moins façonnés et livrée au négociant chinois, intermédiaire obligé du commerce européen. Ce qui frappe le plus dans cette exploitation trop primitive, c’est l’énorme consommation d’Isonandra qu’elle entraîne. Or il s’agit d’arbres de grandes dimensions ; des troncs de trop petit diamètre ne se prêteraient pas fructueusement à une semblable exploitation. En fait, les Malais s’adressent de préférence aux arbres d’une trentaine d’années, dont le tronc a environ 90 centimètres de tour un peu au-dessus du sol. Les arbres plus gros, outre qu’ils sont fort rares, sont d’un abatage pénible. D’ailleurs, au delà d’un certain développement, au delà d’un certain âge du végétal, le rendement va en diminuant et même s’annule. Les repousses des arbres anciennement abattus, plus abondamment nourries par un système radiculaire très développé, peuvent être abattues et traitées fructueusement à partir de l’âge de quatorze à quinze ans.
- Si l’on n’utilise de préférence que des arbres d’un âge avancé, le rendement obtenu en gutta-percha est-il du moins proportionné à la valeur que l’on
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- doit accorder à des végétaux aussi âgés, ainsi qu’à la main-d’œuvre considérable qui est nécessaire pour leur abatage ? C’est là une question à laquelle il est possible aujourd’hui de répondre par des faits précis.
- Il résulte des observations de M. Sérullas, qui a vu opérer les malais, qu’un arbre de trente ans, au tronc bien régulier, fournit, dans les meilleures conditions, un maximum de 265 grammes de gutta-percha. Il y a plus, M. Sérullas a imité les Malais, en apportant à son opération tous les soins possibles; il a poussé l’extraction aussi loin que faire se pouvait, avec plus de persévérance qu’on n’en aurait montré dans la pratique ordinaire ; or voici la totalité de l’échantillon de gutta-percha qu’il a pu extraire d’un arbre de trente ans environ, dont je place sous vos yeux une section du tronc. Cet échantillon, plus pur, il est vrai, que la gutta-percha malaise, ne pèse que 230 grammes. Une repousse de quinze ans lui a fourni de même cet autre échantillon du poids de 90 grammes.
- Quand on observe que l’arbre de trente ans atteint d’ordinaire une hauteur qui n’est pas inférieure à 24 ou 25 mètres, et qu’il ne saurait sans beaucoup de travail être étendu sur le sol de la forêt, on est frappé de la faible valeur que le Malais doit attribuer à sa main-d’œuvre. M. Sérullas a vu abattre dans l’Etat de Pahang, par des Dayaks venus en bande de Bornéo pour récolter la gutta-percha, un arbre dont le tronc n’avait pas moins de lm,20 de diamètre, un véritable géant, par conséquent ; il n’a été recueilli devant lui que 382 grammes de produit. C’était un bien pauvre profit pour un si gros labeur.
- M. Burck a vu, sur la côte orientale de Sumatra, extraire la gutta-percha d’arbres assez rares en cette région, identiques, semble-t-il, à Xlsonaiulra gutta. Il admet un rendement moyen de 313 grammes par arbre adulte. L’écart entre les chiffres des divers observateurs peut être dû à des différences de pays ou de saisons; la proportion plus ou moins forte, mais toujours considérable, des débris végétaux retenus par le produit suffirait d’ailleurs à l’expliquer.
- D’après ce qui précède, l’exploitation malaise se résume en peu de mots : 1° nécessité de s’attaquer aux arbres d’un âge assez avancé ; 2° production extrêmement limitée pour chaque arbre abattu.
- Si l’on rapproche de ce moyen de production, moyen essentiellement dévastateur, les chiffres représentant la consommation du produit, on est immédiatement effrayé de l’avenir réservé à l’approvisionnement des industries électriques. En 1884, par exemple, M. N.-P. Trevenen, après avoir relevé dans
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- les différents ports de la Malaisie les quantités de gutta-percha, bonne ou mauvaise, expédiées en Europe, arrivait à un total de 52 067 piculs, soit de 3 144 847 kilogrammes. Or, si l’on s’en tient aux indications que je viens de rapporter, cette production de 1884 aurait exigé la destruction de plus de 12 millions d’arbres de trente ans. Je sais bien que les Malais abattent en très grand nombre des arbres autres que Y lsonandra gutta, arbres avec lesquels la qualité est surtout remplacée par la quantité ; que les mêmes Malais ajoutent à leur récolte les matières végétales et même minérales les plus diverses. Je sais aussi que l’intermédiaire chinois, sous prétexte de donner à la gutta-percha une soi-disant forme commerciale, travaille le produit avec assez d’habileté pour en accroître singulièrement le poids. Je sais enfin que le négociant européen purifie la marchandise qu’il tient des Asiatiques en la faisant rebouillir, ce qui réalise une nouvelle multiplication des pains. Mais en admettant pour toutes ces opérations le coefficient d’accroissement qu’elles comportent, il n’en reste pas moins certain que la consommation d’arbres est énorme, tellement grande que le précieux végétal est destiné à disparaître rapidement. Une circonstance relevée par M. Sérullas est de nature à hâter encore le dénouement : Y lsonandra ne devient adulte que vers trente ans, c’est-à-dire qu’il ne commence à produire les fruits indispensables à la reproduction naturelle de l’espèce qu’à l’âge où il ne peut avoir échappé que par hasard à la hache des Malais.
- D’ailleurs, toutes ces causes n’ont, pas tardé à porter effet. Les quantités de gutta-percha exportées de Malaisie ont diminué dans les années qui ont suivi 1884 et la valeur du précieux produit s’est élevée rapidement. C’est ainsi que je trouve dans un très beau volume récemment publié sur le caoutchouc et la gutta-percha, par M. Chapel, secrétaire de la Chambre syndicale des fabricants de caoutchouc, que la gutta-percha de première qualité, vendue 9 francs le kilogramme en janvier 1889, montait à 10 francs au mois de mai, puis à 13 francs en juillet de la même année ; au mois de juillet de l’année 1891, il atteignait 17 francs. Aujourd’hui il est plus élevé encore. Or, il s’agit ici de la gutta d’importation, non épurée, contenant jusqu’à 50 p. 100 de matières étrangères, débris d’écorce, eau, etc. ; il faut donc augmenter beaucoup ces chiffrespour le produit utilisable dansles diverses applications.
- En somme, la production diminue à mesure que la consommation s’accroît.
- Dès l’année 1881, le Congrès général des électriciens réuni à Paris avai^ jeté le cri d’alarme. Depuis cette époque, le mal ayant augmenté considé-
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- rablement, les doléances des industriels s’étaient adressées sous des formes diverses aux grands États européens. Eux seuls, disait-on, ont la vie assez longue, disposent de moyens financiers assez puissants pour créer des forêts capables d’assurer, dans un avenir forcément éloigné mais souhaitable cependant, l’approvisionnement de l’industrie en une matière première devenue indispensable. Tels sont les projets, les desiderata, que l’on retrouve développés dans les publications les plus récentes.
- Telles étaient certainement les idées de l’administration des télégraphes quand, en 1888, elle envoyait M. Sérullas en Malaisie, avec mission de rapporter des plants d’Isonandra gutta; accédant au vœu unanime des intéressés, elle se proposait dès lors l’acclimatation de ce végétal dans diverses colonies françaises. A la même époque, les gouvernements anglais et hollandais semblaient vouloir s’engager dans une voie analogue.
- 11 n’était pas possible cependant de n’êtrepas frappé des difficultés avec lesquelles la mission de M. Sérullas parvenait à s’organiser. La caisse de l’État s’entr’ouvrait à peine. Ne faut-il pas à un ministre une foi robuste et de longs espoirs pour qu’il adopte une entreprise dont les résultats ne se manifesteront qu’un tiers de siècle plus tard, après trente ou trente-cinq ans de dépenses faites à 20000 kilomètres de la commission du budget? Les hésitations administratives m’ont fait douter dès lors de l’efficacité de cette action gouvernementale réclamée de toutes parts et, encore aujourd’hui, recommandée par les personnes les plus compétentes. Comment espérer que les États européens feront à un avenir éloigné les sacrifices énormes, nécessaires pour fournir à une destruction annuelle de 12 millions d’/so-nandra de trente ans, alors qu’ils reculent devant les frais très limités d’une simple mission préparatoire? Il fallait évidemment, m’a-t-il semblé, chercher ailleurs la solution de la question.
- La culture forestière de Y Isonandra gutta constitue la seule raison d’une intervention gouvernementale. Le mode de récolte des Malais est ainsi, indirectement, l’origine de toutes les difficultés; c’est lui qn’on doit chercher à modifier.
- La première idée qui se présente, lorsqu’on songe à le remplacer, est de soumettre les Isonandra à un traitement analogue à celui adopté pour extraire la térébenthine des conifères. Une pratique aussi primitive et aussi simple apparaît bientôt comme inapplicable, puisque les Malais ne l’emploient pas. M. Sérullas a tenu cependant à faire quelques essais dans cette direction, lors de ses premières missions. Il a constaté que la plaie Tome VII. — 91e année. 4e série. — Octobre 1892. 91
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- pratiquée au tronc sèche presque immédiatement après avoir fourni une quantité de latex presque insignifiante; si l’on nettoie ensuite cette plaie, les canaux oblitérés ne laissent plus écouler la moindre trace de liquide. Il semble que les propriétés plastiques de la gutta-percha contribuent à rendre le procédé inefficace ; d’ailleurs, l’abondance du latex dans l’/so-nandra gutta n’est nullement comparable à celle que l’on a constatée dans les plantes à caoutchouc ou même dans le Mimusops balata.
- Les renseignements recueillis par M. Sérullas, et surtout l’examen des échantillons qu’il a rapportés lors de son avant-dernière mission, m’ont fait entrevoir la solution du problème dans une tout autre direction. Ces échantillons, destinés surtout à l’étude botanique, étaient trop peu abondants pour servir à une expérimentation régulière; ils permettaient cependant de reconnaître la présence de la gutta-percha dans les diverses parties du végétal; ils permettaient notamment de constater que les organes autres que le tronc contiennent de la gutta-percha en des quantités que la simple observation démontre être tout à fait comparables à celles renfermées dans le tronc lui-même.
- Le rôle de la matière coagulable du latex dans le végétal n’est pas bien établi. Certains botanistes, et non des moins autorisés, la considèrent comme un produit d’excrétion. Le fait est que sa résistance à l’action des réactifs et des dissolvants aqueux semble de nature à justifier une semblable opinion. Que devient donc dans la plante cette matière peu transformable que le latex charrie? Ne s’accumulerait-elle pas en quelque organe du végétal où il serait possible d’aller la chercher par des moyens plus délicats que ceux des Malais? Si, par hasard, ces organes se trouvaient être de ceux que l’on peut séparer du végétal sans compromettre sa vie, la question aurait fait un grand pas. Je n’hésitais pas à croire, en effet, renseigné que j’étais par mes recherches antérieures sur les composants de la gutta-percha, qu’il serait possible de trouver des dissolvants permettant de retirer cette matière des organes qui la contiennent et de la retirer seule.
- Je fis part de mes observations et de mes suppositions à M. Sérullas avant son départ pour l’Indo-Chine et il voulut bien me promettre de chercher à les contrôler. Je me plais à reconnaître que si ces projets encore vagues ont pu prendre corps et aboutir aux promesses heureuses de l’heure actuelle, c’est à lui que ces résultats sont dus.
- Je rédigeai un programme d’observations et même d’expériences à faire, programme trop vaste et même un peu chimérique pour les ressources
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- expérimentales de la presqu’île Malaise. Je dressai surtout une liste des matériaux à expédier en Europe pour servir aux essais projetés. Quoique trop souvent arrêté par la fièvre, M. Sérullas a répondu à mes questions dans la limite du possible. Il m’a fait parvenir les échantillons recueillis dans les conditions que je lui avais demandé d’observer. Il me reste à vous faire connaître ce que nous a appris leur étude.
- Je ne vous arrêterai pas, Messieurs, aux hypothèses fausses que l’observation ou l’expérience ont éliminées. Je vous parlerai seulement de celles qui se sont trouvées justifiées.
- En premier lieu, les dissolvants utilisables pour extraire la gutta-percha du végétal sont nombreux. Celui qu’il me paraît, quant à présent, le plus avantageux d’employer, est le toluène. Il dissout simultanément, sans les altérer, les trois composants essentiels de la gutta-percha; il est très facile à séparer du produit dissous; il est très maniable sans grandes pertes quand on le met en œuvre dans des appareils appropriés; il est par suite économique. Pour simplifier, c’est le seul dont je parlerai ici.
- J’ai craint, à l’origine, qu’il ne dissolve en quantité notable quelque autre principe existant dans le végétal, lequel principe resterait ensuite mélangé à la gutta-percha. Si l’on néglige une faible proportion de chlorophylle, dont le pouvoir colorant intense tend à exagérer aux yeux la quantité, il n’en est rien. Je craignais surtout la dissolution par le toluène des corps gras et des matières cireuses dont je supposais l’existence dans divers organes de la plante ; j’ai donc fait quelques expériences pour m’éclairer sur ce point. Le pétrole léger dissolvant les impuretés en question sàns dissoudre sensiblement la gutta-percha, on a lessivé avec ce liquide la poudre végétale sèche et on a distillé la dissolution ; or, les quantités de matières laissées comme résidu à la distillation ont été trouvées tout à fait négligeables. Il était dès lors inutile de s’en préoccuper, au moins pour les expériences préalables.
- Les premières expériences, faites sur les matériaux rapportés par M. Sérullas, ont eu pour objet de connaître la richesse comparative en gutta-percha des divers organes détachés de FIsonandra gutta. Ces matériaux se composaient principalement :
- 1° De feuilles sèches, exposées à l’air depuis longtemps et venues peu serrées dans une caisse;
- 2° De feuilles venues immergées dans de l’eau additionnée d’un antiseptique, afin d’éviter toute oxydation des produits contenus dans les cellules végétales ;
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- 3° De jeunes pousses séchées à l’air et dépouillées de leurs feuilles;
- 4° Enfin, de branches plus anciennes, de deux ans environ, séchées à l’air comme les jeunes pousses.
- Contrairement à mon attente, les expériences ont montré que les dissolvants enlèvent aux branches déjà ancienes, aux jeunes pousses et aux feuilles, des quantités de gutta-percha à peu près constantes et toujours considérables. C’était là un premier fait dont on ne saurait méconnaître l’intérêt. Non seulement il faisait entrevoir un résultat favorable au point de vue de la possibilité d’extraire la gutta-percha sans détruire complètement le végétal, en détachant seulement quelques-unes de ses parties dont l’élimination ne pourrait compromettre son existence; en outre, il fixait immédiatement les idées sur les organes qu’il serait le plus avantageux de traiter. En coupant les bourgeons et les branches, si l’on ne compromet pas la plante, on amoindrit tout au moins les récoltes futures ; en détachant les feuilles qui se renouvellent sans cesse et que le végétal lui-même ne tarde pas d’ailleurs à éliminer, on réduit au minimum le tort porté à Y Isonandra, de telle sorte qu’avec quelque prudence et quelque connaissance des conditions de son développement, on peut espérer lui faire donner régulièrement des récoltes relativement abondantes. Dès les premiers essais, les feuilles se sont trouvées ainsi désignées comme la matière première la plus recommandable pour la production de la gutta-percha.
- D’ailleurs, l’abondance du précieux produit se reconnaît dans les feuilles par l’examen le plus superficiel. Il suffit de déchirer doucement, par une traction modérée des doigts, une feuille sèche d'Isonandra gutia, dans une direction perpendiculaire à celle des vaisseaux, pour voir s’allonger entre les orifices produits par la rupture de chacun de ces derniers un fil de gutta-percha qui s’étire peu à peu. Autrement encore, quand on pulvérise les feuilles sèches, en les passant dans un moulin à noix, par exemple, la poudre obtenue prend, en s’agglomérant, un aspect spécial, dû à la présence de la gutta-percha, aspect que ne présentent pas d’ordinaire les poudres de feuilles et qui dénonce la richesse de la matière première.
- Fixé sur ce point, j’ai dirigé mes essais dans le but d’instituer un procédé simple et aisément praticable pour extraire la gutta-percha des débris végétaux qui la contiennent. Je laisse de côté les tâtonnements inévitables et je vous indique seulement la méthode pratique à laquelle ils ont conduit.
- Le débris végétal est pulvérisé assez finement, puis mis en suspension dans le toluène; la bouillie fluide obtenue est mise en digestion, au bain-.
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- marie, pendant quelque temps. La gutta se dissout dans le toluène avec une certaine lenteur; sa dissolution est facilitée par des agitations répétées et par des chauffages intermittents au bain-marie. Après quelques heures on verse le tout dans un appareil à épuisement sur un filtre de coton. Le toluène passe; les débris végétaux restent sur le filtre. On épuise ces derniers par une lixiviation pratiquée avec du toluène tiède. On arrive ainsi à enlever assez rapidement la totalité des matières solubles. On obtient une solution toluénique épaisse, visqueuse lorsqu’elle est très chargée, colorée en vert par un peu de chlorophylle. Il reste à séparer le dissolvant de la gutta-percha qu’il tient en dissolution. Le toluène, puisque c’est lui que j’ai pris pour exemple, bout à 110°, température que la gutta-percha ne peut supporter sans inconvénient ; il ne faut donc pas songer à l’éliminer par la distillation. D’ailleurs, même avec des véhicules plus volatils, avec la benzine comme avec le sulfure de carbone, on n’arrive pas facilement à leur expulsion complète par distillation, bien qu’on élève la température jusqu’au point où le produit s’altère. J’ai cherché alors à faire intervenir une autre vapeur dont la tension, s’ajoutant à celle du dissolvant, produirait l’entraînement de celui-ci. L’emploi de la vapeur d’eau était dès lors tout indiqué. Avec le toluène, cette intervention de la vapeur d’eau à 100°, c’est-à-dire à une température inférieure cependant de 10° au point d’ébullition du toluène, est remarquablement efficace : 1 volume d’eau vaporisée entraîne ainsi de 3 à 4 volumes de toluène. Il suffit, dès lors, de faire passer la vapeur d’eau à 100° dans la solution toluénique de gutta-percha, maintenue elle-même à 100°, pour entraîner très rapidement le dissolvant. La gutta-percha reste dans l’appareil avec de l’eau condensée. Si l’on prolonge suffisamment le courant de vapeur passant dans la masse qu’il agite, la totalité du toluène est expulsée, le produit perd l’odeur de l’hydrocarbure, et enfin son poids cesse de varier. Cette expulsion complète est facile à réaliser quand on opère sur des poids de gutta-percha limités. Dès que, dans les petits appareils de laboratoire, on veut opérer sur des centaines de grammes, elle devient au contraire longue et pénible. Toutefois, les faits observés ne permettent pas de douter que dans un appareil industriel, où la matière pâteuse serait agitée vivement au sein du courant de vapeur d’eau, le résultat voulu pourrait être atteint très rapidement, même avec des masses considérables de produit.
- Telle est la méthode très simple à l’aide de laquelle ont pu être établies quelques données qu’il me reste à vous soumettre.
- D’abord les rendements en gutta-percha sont supérieurs de; beaucoup à
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- tout ce qu’il était permis d’espérer. Voici des chiffres propres à fixer les idées sur ce point :
- 2 000 grammes vieux bois sec ont donné 209 grammes de gulta-percha, soit 10,4b p. 100
- 2000 — — — 183 — — 9,15
- 1 000 grammes bourgeons secs — 102 — — 10,20
- 2 000 — — — 211 — — 10,50
- 2 000 grammes feuilles venues sèches 204 — — 10,02
- 5 000 — — (épuis. incomp.) 453 — — 9,06
- 200 grammes feuilles venues dans l’eau 21 — — 10,05
- 200 — — — 18 — — 9,00
- On peut donc compter sur un rendement de 9 à 10 pour 100.
- Mais quelle est la nature de la gutta-percha ainsi obtenue? La qualité ne serait-elle pas inférieure à celle de la gutta-percha malaise? Un rendement aussi élevé ne serait-il pas dû au mélange de quelques principes végétaux entraînés parle dissolvant?
- L’apparence du produit n’est certainement pas tout à fait celle de la gutta-percha malaise. Celle-ci est fortement mélangée de débris végétaux qui la colorent en rouge, d’une teinte particulière n’appartenant pas en propre à la gutta-percha, mais à laquelle le commerce est habitué. La matière extraite par dissolution ne contient pas ces substances étrangères ; elle est plus homogène et plus compacte, semblable par là à la gutta-percha épurée ; de plus, étant chargée d’une petite quantité de chlorophylle, elle reçoit de cette dernière une teinte verte marquée. Le nouveau produit aura donc contre lui le préjugé relatif à la couleur. Celle-ci, d’ailleurs, n’est pas persistante: quand on expose à la lumière un pain de gutta-percha verte, immergé dans l’eau pour éviter l’oxydation, la chlorophylle se détruit comme elle le fait dans les feuilles tombées et la teinte feuille morte ne tarde pas à remplacer la teinte verte. 11 y a plus, les réactifs qui détruisent la chlorophylle sans altérer la gutta-percha, permettent d’éliminer la matière colorante; par exemple, si, avant d’épuiser par le toluène les feuilles pulvérisées, on les imbibe d’une solution alcaline très diluée et qu’on les sèche de nouveau, on obtient de la gutta-percha presque dépourvue de matière colorante. Mais il est inutile d’insister sur cette question de la coloration du produit; elle n’a qu’un intérêt fort limité et, en outre, la matière colorante sera toujours facile à éliminer par un emploi judicieux des dissolvants (1).
- (1) A ma connaissance, les dissolvants n’ont guère été utilisés industriellement jusqu’ici pour la purification de la gutta-percha ; ils me paraissent cependant susceptibles de rendre aux fabricants de grands services ; ils permettent notamment d’écarter les matières résineuses
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- Je ne voudrais pas affirmer que les guttas données par le bois, par les jeunes pousses ou par les feuilles aient absolument les mêmes qualités. Les différences sont cependant trop peu marquées pour être reconnues nettement en travaillant des poids de matières premières aussi limités que ceux dont j’ai pu disposer; elles s’accentuent bien davantage quand on varie les modes d’extraction appliqués à une même matière première; elles ne pourront être valablement constatées qu’à la suite d’opérations industrielles. Le point capital actuellement acquis est la valeur considérable du produit extrait des feuilles au moyen des dissolvants; les importateurs de gutta-percha, auxquels il a été soumis, l’ont évalué aux prix les plus élevés; les personnes compétentes ont été unanimes à le considérer comme étant égal en qualité aux meilleures guttas importées autrefois en Europe. Je crois pouvoir dire que celte opinion a été celle des membres d’une commission d’ingénieurs des postes et télégraphes, qui m’a fait l’honneur de venir à mon laboratoire examiner la nouvelle méthode d’extraction et les produits qu’elle fournit. Enfin quelques fabricants des plus autorisés ont porté des jugements semblables; l’un de ces jugements a été précédé d’une analyse et d’études de laboratoire. Sans doute, il ne s’agit là que d’un premier examen et des essais industriels pourront seuls établir une opinion définitive. Une déconvenue sur la qualité paraît cependant fort improbable.
- Je place sous vos yeux un certain nombre d’échantillons; ils permettront aux personnes compétentes de se renseigner à ce sujet.
- Quelques-uns de ces échantillons montrent en particulier que les feuilles venues sèches, lesquelles sont restées exposées à l’air pendant plusieurs mois, ont donné une gutta-percha de très bonne qualité. Mes craintes préconçues de voir l’hydrocarbure de la gutta-percha, c’est-à-dire sa partie essentielle, s’oxyder à l’air pendant les transports, ne se sont justifiées qu’en partie; elles étaient tout au moins fort exagérées. Sans doute, les feuilles séchées au soleil et expédiées dans des caisses à claire-voie, sans avoir été serrées, c’est-à-dire les feuilles maintenues pendant 7 ou 8 mois dans les conditions les plus favorables à l’oxydation, donnent une gutta-percha plus riche en résine d’oxydation que celle des feuilles constamment maintenues à l’abri de l’air par immersion dans l’eau; mais la faiblesse de la proportion de la matière résineuse formée a été pour moi une cause d’étonnement, la grande oxydabilité du produit m’élant connue. Les conditions où se trouve
- provenant d’une oxydation plus ou moins avancée. Mais c’est là un ordre d’idées que je dois ici me borner à signaler.
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- la gutta-percha dans le végétal sont évidemment très favorables à la conservation. Il y a plus : l’oxydation n’a été que très superficielle. Si, en effet, on lave avec un peu de toluène froid la poudre de ces feuilles longtemps exposées à l’air, le dissolvant leur enlève d’abord la matière résineuse provenant de l’oxydation, de telle sorte que le résidu, laissé par la vaporisation du dissolvant, est surtout formé de résine mélangée de fort peu de gutta-percha; un traitement au toluène tiède enlève ensuite aux feuilles une forte quantité de gutta-percha de la meilleure qualité. Les feuilles convenablement séchées et expédiées en ballots fortement comprimés seraient évidemment dans de meilleures conditions de conservation que celles dont j’ai disposé. On vient de voir d’ailleurs qu’un commencement d’oxydation ne serait nullement un obstacle à la fabrication de la gutta-percha dépourvue de résine.
- Les conditions de préservation offertes par les feuilles au produit qu’elles renferment et plus encore la nature peu résorbable de la gutta-percha posent une question dont l’importance pratique est évidente : les feuilles tombées spontanément de X Isonandra, celles dont le développement continu du végétal jonche constamment le sol de la forêt, les feuilles mortes, en un mot, ne sont-elles pas elles-mêmes chargées de gutta-percha, tout comme celles détachées de l’arbre avant leur jaunissement? J’ai demandé des feuilles mortes à Singapour au mois de mars dernier afin de me renseigner à cet égard; elles ne me sont pas encore parvenues.
- Sans s’attarder à des points secondaires, il est permis dès maintenant d’imaginer une exploitation des Isonandra dans laquelle les feuilles récoltées et séchées seraient importées en Europe par ballots fortement pressés, puis seraient traitées par des dissolvants. Je vous demande la permission de faire ressortir brièvement les avantages d’une pareille manière d’agir.
- La feuille de XIsonandra gatta présente une forme et une apparence toutes spéciales; quand on la connaît, on ne saurait la confondre avec les feuilles d’espèces voisines. Les fabricants pourront donc se soustraire aisément aux sophistications qui altèrent aujourd’hui presque tous les produits importés en Europe.
- Ce n’est là cependant, malgré l’intérêt réel qu’il comporte, qu’un petit côté de la question. Le point important est que le nouveau mode d’extraction de la gutta permettra d’assurer à bref délai l’approvisionnement de l’industrie. Quand il aura fait ses preuves, si, comme je l’espère, rien n’est venu troubler les espérances qu’il donne à concevoir, la culture de XIsonandra gutta ne saurait tarder à se développer. 11 ne sera plus question d’une culture
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- forestière, à récolte éloignée ; il s’agira de produire des feuilles ou des menues branches, c’est-à-dire qu’il s’agira de préparer une récolte très prochaine, que des végétaux jeunes peuvent fournir aussi bien et même beaucoup mieux que les grands arbres. La proximité de la récolte sera pour le cultivateur le meilleur des encouragements. L’initiative privée, ainsi qu’il est arrivé pour la culture des quinquinas, rendra bientôt inutiles les sacrifices pénibles vainement demandés jusqu’ici aux gouvernements.
- Ne verra-t-on pas dès lors s’arrêter plus ou moins vite l’exploitation actuelle? Les négociants demandant aux Malais de récolter les feuilles des arbres et non plus de détruire ces végétaux, l’intérêt particulier sera en cela d’accord avec l’intérêt général. Quelques chiffres suffiront à le montrer.
- M. Sérullas a récolté les feuilles de plusieurs arbres, les a pesées fraîches et les a pesées de nouveau après dessiccation. Un arbre de trente ans, tel que ceux pris tout à l’heure pour exemple, fournit de 25 à 30 kilogrammes de feuilles vertes et humides, perdant par dessiccation de 58 à 62 pour 100 d’eau. Un de ces arbres, dépouillé de toutes ses feuilles, donnerait ainsi en moyenne H kilogrammes de feuilles sèches. C’est fort peu et il est à présumer qu’une taille appropriée modifierait singulièrement ce chiffre. Quoi qu’il en soit, 11 kilogrammes de feuilles, traitées par les dissolvants, produiraient 1 000 ou 1100 grammes de gutta-percha, alors que l’arbre abattu en donne au plus 265 grammes. Lors donc que les Malais abattent un arbre dont ils exploitent seulement le tronc et les grosses branches, ils laissent perdre sur le sol de la forêt, dans les feuilles et les menues branches, une quantité de gutta-percha égale à plusieurs fois le poids que leur rapporte la pratique actuelle. En cueillant à plusieurs reprises, dans le courant d’une année, les feuilles que le végétal peut perdre sans inconvénient pour son existence, les Malais auront, avec moins de peine, plus de profit qu’en tuant l’arbre, c’est-à-dire en anéantissant par un travail pénible leurs récoltes futures.
- Il n’en faudra pas moins compter avec les habitudes actuelles, habitudes trop lucratives pour les intermédiaires, trop favorables à la falsification, pour qu’elles n’apportent pas des obstacles sérieux à toute innovation. Admettons donc que l’exploitation malaise se poursuivra longtemps encore; elle sera cependant rapidement amoindrie dans ses effets destructeurs puisque la plus grande partie de la gutta-percha, jusqu’ici perdue sur le sol avec les feuilles et menues branches, sera recueillie et utilisée. Il est même permis de penser que les profits ainsi perçus par les indigènes seront un encouragement efficace pour les déterminer à se livrer à la récolte exclusive des feuilles.
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- Voici un pain de gutta-percha commerciale du poids de 265 grammes. Il représente ce que fournit au maximum un arbre de 30 ans. Or cette substance est, vous le remarquez, fortement mélangée de débris de bois et d’impuretés diverses. C’est là une circonstance dont il serait nécessaire de tenir compte lorsqu’on compare les rendements de la nouvelle méthode à ceux de l’ancienne, puisqu’elle augmente souvent les premiers de près de 50 pour 100. Je continuerai cependant à la négliger; mon raisonnement n’en sera que plus démonstratif. Pour obtenir ces 265 grammes de gutla-percha, c’est-à-dire un maximum plutôt exagéré, il faudrait environ 2780 grammes de feuilles sèches, soit un peu moins de 7 kilogrammes de feuilles fraîches. Or l’arbre pris pour exemple en portant constamment de 25 à 30 kilogrammes, il ne paraît pas excessif d’admettre que, durant l’année entière, il sera possible de lui en enlever sans inconvénient 6 ou 7 kilogrammes, soit le quart. Les arbres que nous cultivons pour leurs feuilles, malgré nos hivers qui les immobilisent pendant la moitié de l’année, en fournissent, je crois, une plus forte proportion. On récolterait ainsi en feuilles, chaque année, ce que rapporte, mais une seule fois, la destruction de l’arbre.
- Ce n’est pas tout. Les arbres hors d’âge, que leur taille ou leur caducité protègent contre la hache du Malais, portent toujours des feuilles. Actuellement improductifs, ils pourront avec la nouvelle exploitation fournir des poids de gutta-percha considérables.
- Beaucoup plus importante encore serait la récolte à obtenir des repousses vigoureuses qui couvrent les forêts immenses exploitées depuis moins de quinze ans et dont les jets abondamment chargés de feuilles sont aujourd’hui sans utilité pour la production de la gutta-percha. Les forêts de ce genre reconnues par M. Sérullas seraient susceptibles, par une mise en valeur immédiate, de fournir dès maintenant assez de gutta-percha de la meilleure qualité pour subvenir aux besoins actuels. La récolte ménagée de leurs feuilles, en rendant inutiles les hécatombes malaises, laisserait en outre l’avenir assuré.
- Un autre avantage de l’exploitation parles feuilles doit encore être signalé. C’est, nous l’avons vu, seulement à partir de l’âge de vingt-huit ou trente ans que, devenus adultes, lesIsonandra commencent à fleurir et à fructifier: on détruit ces végétaux au moment même où ils vont pouvoir assurer la multiplication de l’espèce. En laissant vivre des Isonandra adultes, la cueillette des feuilles rendra possible cette multiplication.
- En résumé, il est permis de penser que, même dans leur état présent
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- d’épuisement, les forêts de la Malaisie sont, au moyen du procédé nouveau, en état d’alimenter l’industrie européenne et celle des États-Unis, en leur livrant des feuilles d'Isonandra. En outre, la perspective de récoltes prochaines ne tardera pas à provoquer les efforts des cultivateurs de l’extrême Orient, qui fourniront bientôt plus régulièrement la nouvelle matière première.
- Si, comme j’ai tout lieu de l’espérer, les essais industriels confirment les observations du laboratoire, la crainte de manquer de gutta-percha devra disparaître et le problème de la production abondante de cette substance, problème qui a vivement préoccupé l’industrie en général et les industries électriques en particulier, se trouvera résolu. Je serai très heureux, quant à moi, si mon incursion sur un terrain qui n’est guère le mien m’a permis de contribuer à la réalisation d’un progrès considéré comme très désirable et de participer au développement de l’une des plus brillantes parmi les applications des sciences physiques.
- Qu’il me soit permis en terminant de rappeler encore une fois la part considérable qu’a prise M. Sérullas dans une étude à laquelle il a seul fait de véritables sacrifices. Il a consacré de nombreuses années à la recherche des plantes à gutta-percha; ce n’est qu’en s’exposant trop longtemps au dangereux climat de la presqu’île Malaise qu’il a réussi à élucider les points les plus intéressants de leur histoire, montrant ainsi la réunion trop peu commune des connaissances techniques et des qualités de l’explorateur. C’est à lui incontestablement qu’il faudra rapporter les progrès accomplis dans la question dont je viens d’avoir l’honneur de vous entretenir.
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- Communication faite par M. Solignac, ingénieur de la maison Popp, sur l’industrie de l’air comprimé.
- Je n’ai pas l’intention de faire un exposé complet de l’industrie de l’air comprimé que vous connaissez tous, du moins comme principe, par l’exploitation qu en est faite depuis longtemps dans les mines. Malheureusement, dans l’exploitation minière, on n’a eu en vue que Ja facilité de l’installation et l’innocuité de l’agent de transmission, Ces deux qualités, qui sont l’essence même de ce mode de transmission de l’énergie, ont fait perdre de vue les questions de rendement.
- Lorsque M. Popp voulut faire de l’air comprimé une véritable marchandise,
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- il fallut qu’il se préoccupât de cette question de rendement, et comme la nécessité fait toujours découvrir le moyen d’y satisfaire, il transforma, on peut le dire, l’industrie de l’air comprimé, en cherchant à augmenter le rendement des moteurs-récepteurs et en créant des sous-produil^ utilisant le froid de l’air d’échappement, transformant ainsi un inconvénient en une source de bénéfices.
- Je vais d’abord en quelques mots vous exposer l’ensemble de l’organisation de la Compagnie Parisienne et l’outillage dont elle dispose dans la distribution d’air à Paris.
- L’air comprimé est fourni à Paris par deux usines, l’une à Saint-Fargeau, l’autre au quai de la Gare, à Bercy. Cette dernière est en montage, mais va incessamment entrer en service.
- Les conduites présentent un réseau de 80 354 mètres de longueur, qui se ramifie sur un certain nombre d’artères principales constituées par deux lignes sortant de Saint-Fargeau, et descendant, l’une, la rue de Belleville, le faubourg du Temple pour gagner par les grands boulevards la rue Royale. L’autre gagnant la place de la Bastille par les boulevards extérieurs et la rue de Charonne et se rejoignant à la conduite du Nord par les quais et la rue Royale.
- Ces deux conduites sont chacune de 0m,300 ; elles sont en fonte et à joints parfaitement étanches.
- Ce joint, dont voici un échantillon, est intéressant en ce sens que, donnant une étanchéité parfaite, il laisse cependant la conduite libre de se dilater, de subir même des flexions, et enfin, au point de vue de la pose, il a l’avantage de ne pas nécessiter des longueurs définies de tuyaux, puisque le joint ne nécessite pas la présence d’un cordon pour se faire.
- La conduite provenant du quai de la Gare est de plus grand diamètre, 0m,500, ce qui a nécessité de la faire en tôle. Elle est double, comme pour celle de Saint-Fargeau. Une des branches gagne la place de la Bastille après avoir traversé le pont de Tolbiac, la rue de Charolais et l’avenue Daumesnil.
- L’autre s’étend sur la rive gauche, en suivant les quais et le boulevard Saint-Germain, pour se joindre à l’ancien réseau à la place de la Concorde.
- Ces artères principales sont reliées entre elles par une infinité de conduites secondaires, les unes en plomb, les autres en fer, et, tous les jours, de nouvelles conduites venant croiser les conduites existantes, resserrent les mailles du réseau, unifiant la pression, et rendant de moins en moins préjudiciable au service une rupture accidentelle d’une des mailles de ce réseau.
- On peut prévoir qu’un jour la Compagnie Parisienne possédera un système de conduites analogue à celui du gaz.
- Il semble a priori que dans une canalisation destinée à transporter un gaz à une pression de 6 kilogrammes, les fuites doivent être nombreuses. Il n’en est cependant rien, comme le prouvent les diagrammes que je mets sous vos yeux.
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- Ils ont été pris sur une portion de 5kil,400 mètres de la conduite de 0m,500 et représentent une perte de charge enregistrée en 22 heures.
- Vous voyez que d’une pression initiale de 4 kilogrammes, nous sommes tombés à une pression de 2 kilogrammes, soit moitié, c’est-à-dire que la conduite a perdu le double de son volume d’air ; et si on admet cette perte pour l’ensemble des conduites qui représentent environ 20 500 mètres cubes à 5 kilogrammes, il en résulte une perte totale de 10 250 mètres cubes par jour, ce qui représente pour la production totale des usines à peine une perte de 1/4 p. 100. Vous voyez donc que de ce côté les pertes sont absolument négligeables.
- Ce résultat qui peut sembler étonnant a 'priori n’a rien qui doive surprendre si on se rend compte que toute fuite d’air, si minime qu’elle soit, se relève par un bruit strident et que, même dans les conduites enterrées, elle provoque en s’infiltrant à travers les terres une projection de sable ou de poussière qui indique infailliblement l’endroit précis de l’accident.
- Il y a une autre cause dans la distribution de l’air, perte non pas volumétrique, mais bien de force vive, qui se manifeste par une diminution de pression. On peut dire d’une façon générale que cette perte est directement proportionnelle à la longueur de la conduite, à la vitesse de l’air dans cette conduite et inversement proportionnelle à la section.
- Cette formule générale se trouve modifiée par une série de coefficients que l’on peut négliger en pratique, et qui proviennent des étranglements ou des élargissements de section, de la nature des parois de cette conduite, de la pression, du changement brusque de direction; mais ces différents éléments sont loin d’avoir l’importance des trois premiers qui doivent être seuls considérés en pratique.
- Sur le réseau de la Compagnie Parisienne, la perte de charge entre la Madeleine et le lac Saint-Fargeau, au moment de la grande charge des lignes, est à peine de 1 kilogramme et quart au maximum, mais pendant le reste de la journée, la perte est bien moins sensible, et du reste, comme nous le disions plus haut, la perte ira toujours en diminuant, et la pression s’unifiera au fur et à mesure du resserrement des mailles du réseau de distribution.
- La conduite est complétée par une série d’appareils destinés à expurger l’eau entraînée par l’air au moment de l’expulsion des compresseurs. Ces appareils sont :
- 1° Des réservoirs de purge, dont j’indique la disposition d’ensemble ,
- 2° Des chicanes en fonte disposées le long de la conduite et purgées par des appareils automatiques.
- Maintenant que nous avons examiné d’une façon générale la canalisation, nous allons parcourir rapidement les usines qui l’alimentent.
- Elles sont au nombre de deux, comme nous le disions plus haut, l’une à Saint-Fargeau, et l’autre au quai de la Gare.
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- Celle de Saint-Fargeau, qui comprend S 000 chevaux, présente en quelque sorte l’histoire des progrès faits par les compresseurs depuis ces dernières années. Nous nous arrêterons en effet uniquement à ces appareils qui ont trait au sujet de cette note, laissant de côté les installations mécaniques qui sont celles que l’on rencontre dans toutes les grandes usines de cette importance.
- Les desiderata que l’on demande à un compresseur sont :
- 1° D’opérer une compression du gaz à une température constante, c’est-à-dire iso thermiquement ;
- 2° De refouler ce gaz, une fois comprimé, par des orifices de sections suffisantes.
- 3° D’opérer l’aspiration à la plus basse température possible, et par des orifices tels qu’il n’y ait pas de dépression à l’intérieur du cylindre.
- 4° Que la proportion de temps nécessaire au jeu des clapets par rapport à la durée de la course du piston soitminima.
- Ce sont ces différents progrès que l’on voit successivement atteints dans les divers types employés à l’usine Saint-Fargeau.
- On y rencontre d’abord les anciens compresseurs de Sautter et Lemonnier, qui servirent au début de l’exploitation, et qui ne présentaient aucune des conditions énoncées dans le programme ci-dessus.
- Puis, on trouve à la suite une importante batterie de compresseurs Blanchot qui tendent à réaliser une partie de ces avantages. En effet, la durée du jeu des clapets est réglable, mais la diminution de course ne s’obtient qu’au détriment des sections d’orifices. La compression isothermique y est tentée au moyen d’une injection d’eau entraînée au moment de l’aspiration, mais cet artifice est encore bien insuffisant, car ce n’est pas tant au moment de l’aspiration qu’il faut obtenir un refroidissement, mais bien au moment de la compression, qui est l’instant où la température de l’air s’élève, transformant en chaleur le travail qüe lui transmet le piston. De plus, ce mode d’injection, ne mélangeant que très imparfaitement l’air à l’eau, ne permet pas entre eux un échange de température suffisant pour donner une compression isothermique.
- La dernière partie de l’usine, de construction récente, est constituée par des compresseurs François de la maison Gockerill de Seraing. Dans ceux-ci le progrès réalisé porte surtout sur une meilleure proportion des orifices, et sur une injection mieux étudiée d’eau, non seulement à l’aspiration, mais pendant la compression même à l’intérieur du cylindre.
- Enfin le dernier type que l’on trouve à l’usine de Saint-Fargeau est le compresseur Riedler, uniquement employé dans la nouvelle usine du quai de la Gare. Il résout d’une façon presque absolue le problème que pose la théorie.
- La compression s’y fait en cascade, c’est-à-dire que l’air aspiré dans un premier cylindre de grand diamètre est refoulé à 3 kilogrammes dans un second cylindre qui le comprime de nouveau à 7 kilogrammes.
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- Cette disposition a l’énorme avantage de permettre de refouler complètement le mélange à la sortie du premier compresseur dans un réservoir de connexion qui le conduit au second dans lequel il arrive à une température inférieure quelquefois à celle de l’aspiration primitive, de sorte que si la compression totale du volume d’air de la pression atmosphérique à 6 kilogrammes ne se fait pas absolument isothermiquement, du moins elle en approche beaucoup.
- Dans ce modèle, les clapets d’aspiration et de refoulement qui sont de très grandes sections, s’ouvrent très largement, et sont ramenés automatiquement auprès de leurs sièges par des organes mécaniques se déplaçant proportionnellement à la course du piston, et non sous l’action des différences de pression, comme dans les autres compresseurs. On réalise ainsi les grands orifices et les déplacements rapides des organes de distribution dont nous parlions au début.
- Tous ces différents compresseurs sont groupés par unités de 400 chevaux.
- Au quai de la Gare, au contraire, les unités sont de 2 000 chevaux, ce qui est naturel, étant donné le grand développement qu’a pris depuis une année la Compagnie Parisienne ; et puisque à Saint-Fargeau on est obligé d’entretenir même au milieu de la nuit 4 à 5 machines de 400 chevaux pour satisfaire aux besoins de la clientèle à cette heure la moins chargée de toutes, il était donc naturel de prendre comme unité minima une force de 2 000 chevaux dans la nouvelle usine.
- On est en train d’installer 4 machines de ce type, ce qui donnera une totalité de 8 000 chevaux au quai de la Gare.
- Les premiers compresseurs de Saint-Fargeau avaient un rendement à peine de 8 mètres cubes et demi par cheval. Ceux de Cockerill en donnaient presque 10, et les nouveaux compresseurs en donneront 11. On peut donc compter sur une moyenne de 10 mètres cubes par cheval pour un aperçu d’ensemble de l’exploitation, ce qui permet à la Compagnie Parisienne, avec ses deux usines conjuguées, de distribuer sur son réseau 120 à 130 000 mètres cubes par heure.
- Maintenant que nous connaissons les moyens de production et de distribution de l’air comprimé, voyons quels sont ses modes d’application.
- Le nombre en est considérable, et tous les jours on lui donne de nouvelles applications, et ce mouvement ne fera qu’augmenter au fur et à mesure qu’on connaîtra les ressources qu’offre ce mode de transmission de l’énergie.
- Commençons par la plus petite application, sinon comme importance commerciale et comme notoriété, du moins comme dépense d’air. C’est l’horloge pneumatique. Il est de toute justice de mettre en tête des applications de la Compagnie Parisienne ce petit appareil, puisque ce fut l’embryon de cette entreprise qui actionne aujourd’hui des moteurs de 150 chevaux.
- La pendule que je mets sous vos yeux est du type adopté par la Compagnie et varie comme force d’organes suivant la grandeur du cadran.
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- Ces pendules sont alimentées par un réseau horaire de petit diamètre indépendant des grosses conduites d’air comprimé et rayonnant autour d’un réservoir où on injecte et où on purge successivement de minute en minute un volume d’air déterminé et proportionnel à la capacité du réseau horaire.
- Cette distribution d’air se fait au moyen d’un tiroir analogue à celui d’une machine à vapeur, et commandé par une horloge centrale.
- La pression maxima à l’intérieur de la conduite horaire est d’environ un demi-kilogramme. Ces variations isochroniques de pression déterminent le mouvement synchronique des horloges, comme je l’opère du reste sur le modèle que je vous présente.
- Il y a actuellement 2 stations centrales régulatrices de distribution horaire : l’une rue Sainte-Anne, qui commande toute la portion de Paris située à l’ouest du boulevard Sébastopol, et l’autre rue de Franche-Comté pour toute la partie située à l’est. L’ensemble des deux réseaux représente actuellement 69 410 mètres de conduites, et alimente 7 500 horloges.
- La principale application de l’air comprimé est sans contredit la force.
- Les types de machines employées varient avec leur importance.
- Pour les petites forces, nous employons un moteur rotatif dont vous voyez ici plusieurs types. Le plus petit numéro correspond à 6 kilogrammètres et le plus grand à 2 chevaux. A partir de cette force on emploie des machines à vapeur en ayant soin simplement de ménager de plus grandes sections pour l’air comprimé.
- Dans les petits moteurs, les consommations d’air peuvent se chiffrer à 35 mètres cubes par cheval sans réchauffage, et à 27 mètres cubes par réchauffage. Si on prend le chiffre de 27 mètres et qu’on le vende à 0 fr. 015 le mètre cube, on a une dépense totale de 0 fr. 40 par cheval.
- Or, si on compare ce prix de revient à celui du gaz, on le trouve à peu près équivalent pour les petits moteurs. Si on le compare à l’électricité où les petits moteurs rendent à peine 60 p. 100, il faut pour les 1 000 watts nécessaires une dépense de 1 franc en prenant seulement 0 fr. 10 par II. W.
- Enfin, en examinant tout à l’heure les ascenseurs, nous verrons que le prix de revient est de beaucoup inférieur à celui des moteurs à eau.
- Quant aux moteurs plus puissants, on peut compter sur une consommation de 15 mètres cubes par cheval, ce qui à 0 fr. 15 représente 0,225, chiffre de beaucoup inférieur à celui des moteurs à gaz.
- Pour ces grandes forces, l’emploi de moteurs sans chaudière est quelquefois, dans le centre des grandes villes, une nécessité si impérieuse, que la question économique se trouve forcément reléguée au second plan, car il ne faut pas seulement, pour juger une industrie, examiner son rendement théorique, ou son prix de revient, mais il faut encore tenir compte du milieu dans lequel on veut développer son industrie, et des besoins auxquels elle répond.
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- , Ces consommations d’air sont peu connues, car la difficulté d’obtenir des foyers de chaleur dans les mines, a fait que l’on n’a jamais considéré la machine à air comme une machine thermique, ce qui pourtant est sa véritable application.
- Ce réchauffage peut s'obtenir de plusieurs façons: d’abord par le passage de l’air dans un poêle à serpentin. C’est ce que la Compagnie Parisienne fait dans ses applications ordinaires ;
- 2° Parla détente à travers deux cylindres successifs; l’échappement du premier cylindre se rendant dans le second, après s’être réchauffé dans un poêle intermédiaire. C’est en quelque sorte l’inverse de ce que nous avons vu dans les compresseurs Riedler.
- Enfin, on peut encore obtenir ce réchauffage de Pair au fur et à mesure de sa détente, et de la transformation de ses calories de chaleur latente en travail, en y injectant un volume de vapeur qui, se condensant au fur et à mesure de l’abaissement de température dans le cylindre, restitue à l’air sa chaleur perdue, en lui abandonnant sa chaleur de vaporisation.
- Enfin on peut encore compenser la chaleur perdue par Pair, au moyen de la combustion d’un hydro-carbure mélangé à Pair comprimé à l’intérieur du cylindre, comme cela a lieu dans les moteurs à gaz ou à pétrole.
- Vous voyez donc, Messieurs, que les moyens sont nombreux qui permettent, en échauffant l’air, de diminuer de beaucoup sa consommation, et que, dans ces conditions, il surpasse sans conteste tous les autres agents de production de petites forces, et que, pour les grandes, il peut, en raison de ses facilités d’application, de son innocuité, de sa simplicité, l’emporter dans des cas spéciaux même sur des moteurs à vapeur.
- A cette question de force est liée pour l’air comprimé une question de sous-produit si important que, dans bien des cas, il peut devenir l’objet principal de l’exploitation. Je veux parler des applications frigorifiques.
- En effet, puisqu’un poids d’air, en produisant un travail, doit trouver en lui-même les calories nécessaires pour opérer la transformation, il est évident que sa température, lorsqu’il travaille dans les meilleures conditions, c’est-à-dire à pleine détente, doit être considérable.
- Dans les grosses machines, le poids d’air consommé par cheval est de 30 kilogrammes environ. Or, comme un calorie représente 425 kilogrammes, un cheval
- , , i 75 x 3600 . .
- représentera par heure : ——-------= 636 calories.
- Or, comme 30 kilogrammes d’air pour baisser de 4° représentent 30 calories, 636 x 4
- ils baisseront de ——— = 84° et si l’air est entré à 14° on aura à l’échappement
- 70°.
- Dans les anciennes exploitations, cette propriété de l’air, loin d’être considérée
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- comme un avantage, était regardée comme un inconvénient énorme, auquel on cherchait à remédier par toutes sortes d'artifices, car les tiroirs d'échappement se bouchaient par les glaces. Il a suffi, pour obvier à cet inconvénient, de rendre les échappements complètement distincts des orifices d’admission et de leur donner une grande section, débouchant dans les boîtes à neige.
- Du reste ces dispositifs étaient déjà résolus dans les détendeurs des machines de Hall et de Haslam, qui, en réalité, réunissent sur un même bâti ce que la Compagnie Parisienne répartit aux deux extrémités de sa conduite aux usines génératrices et aux usines réceptrices.
- Mais l’avantage est encore au profit de notre exploitation, car dans les machines du genre Hall et Haslam, les cylindres compresseurs étant très près des cylindres détendeurs, ces derniers reçoivent l’air encore chaud des compresseurs, dans lesquels on ne peut injecter une quantité d’eau suffisante par crainte d’entraînement dans le détendeur, où elle produirait un amoncellement de neige préjudiciable à la bonne marche de l’appareil, tandis qu’au contraire, entre l’usine productrice de Saint-Fargeau, et une réceptrice placée à la Bourse du Commerce, une séparation complète de l’eau a le temps de se faire, et la quantité de neige formée dans le cylindre détendeur est bien moins considérable, ce qui donne encore un grand avantage pour le rendement, car la formation de neige absorbe 70 calories par kilogramme aux dépens de l’air froid.
- Ces applications frigorifiques sont donc, comme vous le voyez, la conséquence forcée et le sous-produit naturel de toute production de force par l’air comprimé.
- Elles existent aussi bien pour les petites applications d’un demi-cheval, comme vous venez de le voir, que pour des machines de 150 chevaux comme cela existe à la Bourse du Commerce. On peut donc dire, non seulement, que l’air comprimé permet à tout client de lumière, ayant besoin de froid, d’obtenir presque gratuitement ce second produit. C’est ce qui arrive par exemple pour les limonadiers qui font tourner leur dynamo d’éclairage avec le moteur et frappent leurs carafes ou conservent leurs denrées avec l’échappement du même moteur.
- Quant aux grandes chambres frigorifiques, la Compagnie Parisienne vient d’entrer dans cette voie, seulement depuis une année. Elle a installé à la Bourse du Commerce un vaste dépôt divisé en seize chambres louées en moyenne 2000 francs par an et par chambre à des industries d’alimentation. On y conserve des viandes de boucherie, de la triperie, des fromages, des laitages, du poisson et surtout du gibier, dont vous pouvez voir ici un échantillon tué à l’ouverture de la chasse il y a deux ans. Nous conservons même à notre usine de Saint-Fargeau des morceaux de viande, des pièces anatomiques et même deux cadavres entiers qui y sont depuis plus de trois ans dans un état de conservation parfaite.
- Yis-à-vis des résultats heureux que donne cette nouvelle application de l’air
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- comprimé, la Compagnie a l’intention de développer les chambres froides et d’en créer de nouvelles dans tous ses centres, et elle est vivement encouragée en cela par le gouvernement qui voit là un outillage précieux pour la défense nationale au point de vue de la conservation des viandes en temps de siège. C’est ce qu’a fait ressortir le Gouverneur de Paris, M. le général Saussier, dans sa visite à nos établissements de la Bourse du Commerce.
- Je suis obligé forcément de passer sous silence de nombreuses applications de l’air comprimé, mais je tiens cependant à vous signaler encore un emploi dans lequel il présente de sérieux avantages.
- C’est dans les monte-charges et ascenseurs. Il est d’abord plus économique que l’eau, et cela se démontre a priori, puisqued’air est distribué à la même pression que l’eau : 5 atmosphères. Un mètre cube d’air à 5 kilogrammes représente 5 mètres cubes d’air détendu, que nous vendons 0 fr. 015 le mètre cube soit Ofr. 075.
- Tandis que pour remplacer avec de l’eau un cylindre d’ascenseur d’un mètre cube de capacité il faudrait dépenser 0 fr. 30.
- Enfin, l’air comprimé permet pour ce genre d’application, en faisant varier la détente, d'approprier la puissance de l’appareil élévateur au poids à déplacer, tandis qu’avec les appareils hydrauliques, quel que soit le poids à mouvoir, il faut toujours dépenser le même volume d’eau sous la même pression. Cette considération serait très importante dans l’outillage d’un quai de débarquement.
- Je ne ferai que vous citer les applications de l’air comprimé, à la gravure, à taille des limes, par entraînement de sable, à la sculpture, avec les ciseaux à vibration rapide, à toutes les industries de souffleries, à l’élévation des liquides, en un mot, à tous les usages où on a besoin d’un ressort toujours bandé et prêt à fournir une quantité d’énergie immédiatement disponible et dans quelque proportion que ce soit.
- Yous voyez donc, Messieurs, que la Compagnie Parisienne, comme je vous le disais au début, a créé une industrie tout à fait nouvelle et n’ayant que des rapports fort éloignés avec celle que nous connaissions jusqu’à présent, par son application dans les mines. Elle a doté Paris d’un réseau transportant l’énergie sur tous les points,sous toutes les formes, répondant à des besoins laissés jusque-là en souffrance et en créant de nou veaux, elle donne du travail à une population de 400 ouvriers, et consomme 200 tonnes de charbon par jour, bien qu’ayant eu des débuts très modestes et fort contestés avec cette petite pendule.
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- LA fabrication des tubes flexibles et leur application a l'industrie, )
- par Gilbert R. Redgraye (Assbc. Inst. C. E.)
- On peut rapprocher le développement de l’usage des tubes flexibles de celui du caoutchouc, qui, sous ses différentes formes a fourni les principaux modèles de tuyaux flexibles qui se trouvent dans le commerce.
- Avant la découverte du caoutchouc (nom d’origine indienne que porte la gomme, siphonia elastica, dans l’Amérique du Sud et sous lequel on désignait la gomme à l’état naturel) on préparait des tubes flexibles soit avec des bandes de cuir reliées par des rivets de métal, soit en enroulant autour d’un noyau ou mandrin de fines bandes de tissus ou d’autres produits imbibés de vernis ou d’une gomme quelconque.
- L’invention des tubes élastiques faits d’une seule pièce et sans couture est plus récente, et on la doit selon toutes apparences à T. B. Brown qui fit breveter un tube sans couture en 1849, quoique cependant Hegner semble l’avoir devancé en 1792.
- L’emploi dans l’industrie de la gomme élastique (suc épaissi ou coagulé de différentes espèces d’arbres) remonte aux premières années de ce siècle, mais il n’a pris réellement d’importance qu’après la découverte du procédé d’Hancock en 1837 qui permit d’étendre la matière en couches uniformes et aussi après l’invention de la vulcanisation du caoutchouc, procédé par lequel on le combine avec une quantité déterminée de soufre et pour lequel Hancock prit un brevet en 1843.
- Un autre événement marquant de l’histoire de la gomme, fut la découverte de son épuration à froid, au moyen du sulfure de carbone, faite par Parker en 1846.
- La fabrication des tubes en caoutchouc s’opère de deux manières différentes :
- 1° En comprimant et en faisant passer avec force la gomme à l’état presque liquide dans un tube ou calibre ;
- 2° En soudant mécaniquement les bords de feuilles de gomme enroulées en cylindres.
- Dans la machine inventée par M. Francis Shaw, on fait passer toutes les matières nécessaires par une trémie dans un cylindre horizontal, maintenu à une température convenable par un manchon à vapeur. On comprime la gomme dans ce cylindre au moyen d’un piston, de manière à la faire passer à l’autre bout par un tube, ou calibre, de la section désirée. Au fur et à mesure de sa sortie, le tube est enduit de stéatite en poudre, puis étendu sur une couche de cette matière ; il est enfin vulcanisé à l’air chaud, et après cette dernière opération il est prêt à être livré au commerce.
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- Dans le second procédé on étend la gomme sur de la toile qui est ensuite découpée en feuilles, elles-mêmes découpées en bandes de largeur voulue, de manière qu’elles puissent fournir un tuyau d’un calibre déterminé, une fois en-roulées autour d’un noyau. On en taille les bords en biseau afin de leur permettre de s’appliquer parfaitement l’un sur l’autre, puis, une fois la forme cylindrique donnée, on les fait passer dans un calibre (de la dimension requise) chauffé, et dans lequel les bords sont serrés l’un contre l’autre de manière à les faire se souder et à former un tube qui,^à sa sortie du calibre, est enduit de poudre de stéatite, pour être ensuite vulcanisé.
- On obtient les tubes en caoutchouc rouge, réputé pour être de meilleure qualité que le gris, en mélangeant du sulfure rouge d’antimoine à la pâte ; la supériorité de ce caoutchouc n’est pas due à la matière colorante, mais bien à une meilleure préparation.
- L’établissement de tuyaux ou de tubes métalliques flexibles a fait longtemps l’objet des recherches minutieuses des inventeurs ; et on peut, sans entrer dans le détail de toutes leurs découvertes, dire que le système le plus usité pour arriver au but a été d’enrouler en plusieurs épaisseurs des fils métalliques en spirale en les recouvrant dans certains cas d’une bande métallique d’une autre section plus forte.
- Un projet d’origine américaine permettait de former un tube avec du fil métallique et une toile métallique également de forme appropriée.
- On comprend aisément qu’un tube formé d’une hélice, dans ces conditions, doive avoir une force de résistance considérable; mais, étant donné le peu de surface de contact du métal, on peut admettre qu’il n’est pas bien étanche, quoique la quantité de métal nécessitée pour sa construction soit plus de trois fois plus grande que dans une autre sorte de tube.
- On emploie également le système dit accordéon pour la fabrication des tubes flexibles : dans ce système on soude ensemble alternativement par leurs bords intérieurs et extérieurs un certain nombre de rondelles de métal, ce qui constitue un tube formé d’une série d’anneaux ; mais ces tubes ne sont pas solides et sont d’un prix élevé relativement au résultat obtenu. On a également fabriqué des tubes flexibles en superposant des anneaux de métal présentant deux canner-lures sur leurs bords extérieurs reliés entre eux par des anneaux également mér talliques d’une seule section demi-ronde avec une garniture de caoutchouc à chaque joint : ce système se rapproche beaucoup de celui qui est employé par M. Levavasseur.
- Enfin, en garnissant un tube de caoutchouc, à l’intérieur et à l’extérieur, de fil métallique enroulé en spirale, on obtient les différentes sortes de tubes connus sous le nom de sphincter grif armoured hose.
- Pour obtenir, dans de bonnes conditions, un tube métallique flexible, il faut
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- donc que ce tube soit composé d’une grande quantité de parties mobiles, et le degré de flexibilité obtenu sera en raison de la dimension de ces pièces.
- La meilleure solution du problème a été, comme on va le voir, de former un tube, en enroulant en spirale une bande continue de métal, car il aurait été impossible, en raison du prix de revient, d’arriver au même degré de flexibilité avec une série d’anneaux de dimensions restreintes solidement rattachés les uns aux autres par des joints annulaires. On peut cependant se servir de ce dernier mode de joint, quand on n’a pas besoin d’une très grande flexibilité.
- Pour les tuyaux en poterie ou en grès qui sont dans des tranchées et qui, malgré une pose très soignée, sont susceptibles de se déplacer par suite de mouvements ou de tassements du terrain, M. Stanford a imaginé de garnir l’emboîtement mâle de ces tuyaux d’un bourrelet d’asphalte ou de mastic, qui s’adapte dans la gorge du tuyau suivant, lui-même préalablement préparé de la même manière. Comme on le voit, un léger déplacement n’aurait aucun inconvénient sur ce joint, tandis que le moindre tassement briserait un joint fait avec du ciment ou toute autre matière rigide.
- Pour le raccordement des tubes de métal qui sont posés par grandes sections de 2m,75 à 3m,75, on a imaginé un joint très ingénieux, qui consiste en une bague de caoutchouc maintenue par une rainure sur le raccord mâle du tuyau et qui roule dans la gorge du tuyau suivant quand on les emboîte : le bon état du caoutchouc rend ce joint plus ou moins étanche, et comme le caoutchouc employé dans ces conditions se détériore et finit par se corrompre complètement, on peut supposer que ce joint ne présente pas une garantie de durée suffisante.
- M. Levavasseur fut le premier à découvrir un système de fabrication qui permit de former un tube flexible en enroulant en hélice autour d’un mandrin ou d’un noyau une bande de métal dont le joint continu entre chaque spire soit non seulement parfait comme adhésion, mais conserve aussi toute son élasticité.
- M. Levavasseur adapta à la fabrication de tubes les différents systèmes d’agrafage qu’il avait imaginés pendant qu’il s’occupait de bijouterie ; il fabriquait, il y a une vingtaine d’années, des bracelets et des colliers formés d’une bande de métal (or ou argent) à deux gorges longitudinales, enroulée en forme de tube et dont les cannelures étaient ensuite reliées l’une à l’autre par une deuxième bande de métal de section semi-circulaire ; il fut amené à chercher à adapter ce système à la fabrication des tubes flexibles, après avoir remarqué, dans un de ses voyages à Paris, combien les tuyaux mobiles montés sur galets employés pour l’arrosage de cette ville, étaient encombrants et difficiles à manœuvrer.
- Ce fut alors que M. Levavasseur chercha, en lui donnant des proportions moins restreintes, à rendre étanche son système de colliers en spirale en introduisant une bande de caoutchouc dans chaque joint.
- Si on suppose que l’on opère d’abord avec une bande de métal plat suscep-
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- tible de s’enrouler en spirale, ayant subi une certaine déformation pour empêcher qu’elle ne prît la forme d’un cône tronqué, on obtiendrait un tube dont la flexibilité proviendrait du glissement des parties les unes sur les autres ; mais cette flexibilité serait minime et diminuerait d’ailleurs rapidement par suite de la déformation des spires et l’introduction de poussières ou de corps étrangers entre les joints. Pratiquement, il serait impossible, même en plaçant une bande de caoutchouc le long du joint, d’établir un tube réellement étanche et flexible dans ces conditions.
- Il fallut donc, tout en conservant la bande simple comme point de départ, chercher quelque chose de plus avantageux que le simple joint à recouvrement dont il vient d’être question.
- Comme il fallait que la bande métallique fût très régulière, elle fut faite, dans le premier essai, dans un laminoir cannelé. La section de la bande obtenue primitivement présentait une double cannelure longitudinale qui, se recouvrant d’une spire sur l’autre, comprimait une mince bande de caoutchouc entre ses deux épaisseurs ; l’étanchéité de ce joint dépendait donc réellement de la présence du caoutchouc, et sa flexibilité de l’importance du jeu d’une cannelure dans l’autre. Quand on plie un tube établi dans ces conditions, les joints du côté extérieur de la courbe ont une tendance marquée à se rapprocher et à comprimer plus fortement la bande de caoutchouc, tandis qu’au contraire, du côté extérieur de la courbe, les joints s’ouvrent et relâchent le caoutchouc. Il a été reconnu que des tubes exposés à de grandes courbures souvent répétées, fatiguent et détériorent rapidement leur garniture. Ce tube, malgré sa grande souplesse, offre donc non seulement l’inconvénient de dépendre entièrement, pour l’étanchéité, du caoutchouc qui n’est pas à toute épreuve, mais encore celui de l’exposer à une fatigue anormale.
- Dans un second essai, on employa des bandes d’une section différente qui présentaient plus d’adhésion entre chaque spire. La flexibilité d’un tube établi dans ces conditions était peut-être moins grande que dans le premier modèle à deux cannelures, mais le caoutchouc y était mieux assujetti et moins exposé à être détérioré. En outre, il est presque impossible, même sous une grande près, sion, d’arriver à séparer les spires l’une de l’autre, et la rupture d’un tube ne peut guère se produire que sous l’action d’une force assez considérable pour déchirer la bande de métal.
- Quoique la bande de caoutchouc constitue une partie faible, on peut s’en servir avec avantage et sans danger, quand le contenu des tubes flexibles est à basse pression, comme le gaz, par exemple, mais on doit en éviter complètement l’emploi, quand il faut que les tubes soient étanches à la vapeur, surtout si elle est à une pression relativement élevée.
- Une garniture de caoutchouc en contact avec du fer et de l’acier peut demeurer
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- pendant une période de temps assez considérable sans être renouvelée* mais, en contact avec du cuivre ou du laiton, elle subit une action chimique qui la transforme en une matière résineuse de couleur foncée entièrement dépourvue de propriétés élastiques. Quand le caoutchouc est modifié dans ces conditions, le tube se trouve complètement privé de sa flexibilité, quoique sa garniture conserve tous ses avantages sous le*rapport de l’étanchéité.
- Le Dr Burghardt a démontré que cette détérioration était due à l’action de l’oxygène qui est un des plus actifs oxydants des gommes élastiques en général. Certaines huiles lourdes de goudron, de houille, et beaucoup d’huiles d’origine animale et végétale, telles que l’huile de suif, les huiles de poisson, l’huile d’olive et l’huile de lin font faire de très rapides progrès à l’oxydation quand elles sont en contact avec le caoutchouc. L’oxyde ou Je sulfure de cuivre, mélangé avec l’huile, constitue un principe essentiellement nuisible au caoutchouc, et on a pu se rendre compte, en moins de 12 mois, de ces effets destructifs dans une tubulure en cuivre ; on doit donc, si l’on est absolument forcé de se servir de bourrelets en caoutchouc, revêtir la surface du cuivre de fer-blanc ou de tout autre métal, afin d’éviter son influence.
- Le caoutchouc, une fois oxydé, devient cassant et se sépare en deux matières résineuses, dont l’une, découverte par Spiller, est soluble dans l’alcool, l’éther et le sulfure de carbone, tandis que l’autre, découverte par le Dr Burghardt, ne subit pas l’action de ces dissolvants.
- On peut, dans la fabrication et dans l’emploi des tubes de cuivre et de laiton, remplacer l’huile dont on se sert généralement par de l’eau et du savon, ou par tout autre lubrifiant, et en même temps augmenter l’épaisseur du bourrelet de caoutchouc entre les spires de métal pour parfaire la déperdition.
- Après plusieurs tentatives infructueuses, on se rendit compte qu’il était impossible, d’une façon générale, d’établir un tube dont l’étanchéité fût obtenue au moyen de joints en caoutchouc ; on essaya alors de fabriquer un tube en spirale, dans lequel l’assemblage des spires de métal fut fait sans aucune espèce de garniture. Il parut presque impossible, à priori, d’obtenir, métal contre métal, un joint parfait ; mais cependant, après quelques expériences, on parvint à un succès presque complet.
- Pour amener, sans trop la fatiguer, une bande de métal plat à la section désirée, il fallait la faire passer à plusieurs reprises dans une série de cannelures graduées, pour obtenir les 6 angles presque droits que présente le joint en section et l’on ne pouvait se servir pour cette fabrication que de fer doux de qualité supérieure, de cuivre ou de laiton.
- Tous les essais successifs qui ont servi à trouver la bande métallique employée aujourd’hui ont demandé beaucoup de temps et de précision; mais dans le dernier, on a complètement supprimé toute espèce de garniture. Ce perfec-
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- tionnement donne à chaque spire métallique une plus grande surface de contact avec la voisine, et, étant donné les dimensions différentes de chacune des parties du joint, le jeu se produit avec la plus grande facilité.
- La possibilité d’obtenir un joint étanche capable de retenir du gaz ou du pétrole à une pression de 14 kilos par centimètre carré de section, peut paraître encore plus douteuse à des gens experts dans l’industrie des métaux que l’établissement d’un tube dans les conditions que l’on vient de citer. Cependant le fait est bien établi, et non seulement l’étanchéité, dans ces conditions, est assurée d’une façon parfaite, mais le tube conserve son entière flexibilité. On explique ce résultat par le fait que, dans ce joint, l’adhérence des parties planes en contact est d’autant plus parfaite que la pression intérieure augmente ; cette adhérence des surfaces métalliques empêche également toute déformation pouvant amener la distorsion du tube, et son étanchéité est elle-même aussi en raison directe de la pression intérieure jusqu’à ce que l’effort supporté par la bande métallique produise un allongement ou une modification quelconque dans sa forme, ce qui n’arrive que sous une pression de 14 kilos par centimètre carré de section, pour un tube de 2 centimètres de diamètre formé d’une bande de 6 dixièmes de millimètre d’épaisseur sur 1,4 centimètre de largeur.
- Ce tube est non seulement étanche à une haute pression intérieure, mais il peut également supporter la pression atmosphérique quand le vide est fait à un certain degré à l’intérieur; l’explication de ce phénomène est. plus difficile à donner que dans le cas précédent, car les conditions sont différentes; cependant, un examen attentif de la construction de ces tubes permet de reconnaître que la pression atmosphérique tend également à en resserrer les spires.
- Le degré de flexibilité de ces tubes varie nécessairement d’une façon considérable selon l’épaisseur du métal employé et le diamètre de chaque tube ; mais, d’une façon générale, on peut dire qu’un tube de 8 millimètres de diamètre peut être enroulé sur 20 centimètres de diamètre et un tube de 25 millimètres sur 30 millimètres.
- D’après le principe sur lequel ce modèle de tuyau a été établi, on peut voir qu’en pratique il n’y a pas de limite aux dimensions qu’on peut leur donner, on ne doit considérer que la question de force mécanique nécessaire pour donner à la bande métallique la section désirée pour l’enrouler ensuite en tube; car, comme on obtient ce résultat sans interruptions et avec la même machine, quoiqu’on ne puisse prévoir l’usage fréquent de tubes flexibles d’un diamètre dépassant 25 à 30 centimètres, il est facile de comprendre qu’il faille une installation très puissante pour fabriquer un tube de fortes dimensions. Pour ne citer que les principales difficultés rencontrées pour arriver à ce résultat, il faut citer d’abord la fabrication de bandes métalliques d’une uniformité d’épaisseur absolue, d’une longueur très grande et composées d’un métal soupleet ductile au plus haut degré.
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- Poiar la fabrication d’un tube de 19 millimètres de diamètre, on emploie des bandes de métal de G dixièmes de millimètre d’épaisseur sur 14 millimètres de largeur; quant à leur longueur maxima, elle ne dépasse pas 480 à 200 mètres pour le moment.
- Il faut environ 3 mètres de bande métallique pour produire 30 centimètres de tube de 25 millimètres de diamètre; la longueur d’un tube continu se trouve donc limitée jusqu’ici, mais on peut présumer qu’avec le nouveau procédé de soudure électrique, il deviendra possible de souder ensemble, d’une façon parfaite, plusieurs bandes de métal, de sorte que, dans la pratique, il n’y aura plus réellement de limite de longueur pour la fabrication de ces bandes.
- La bande de métal convenable obtenue, il faut, en second lieu, procéder à sa mise en forme d’après la section donnée. Cette mise en forme, au moyen de laminoirs, constitue une opération très délicate, et l’obtention des angles vifs que l’on observe dans la coupe du joint nécessite un mécanisme de pression très soigneusement établi et de cannelures graduées avec une grande précision.
- Dans la dernière partie de l’opération, qui consiste à enrouler la bande métallique laminée autour d’un noyau pour former le tube, les trois points qui méritent une attention toute spéciale sont la tension régulière de la bande, la mise en contact des surfaces métalliques et le dégagement du mandrin.
- Si l’on considère les tubes flexibles par rapport à leur application aux diverses branches de l’industrie, on remarque qu’ils doivent répondre à deux conditions principales : 1° la flexibilité d’abord considérée seule; 2° la résistance qu’ils opposent à une pression intérieure ou extérieure. Dans le premier cas, le but est atteint d’une façon très satisfaisante avec le tube en caoutchouc qui peut facilement prendre toutes les formes désirées; mais dans le second cas cette matière laisse beaucoup à désirer.
- Il faudrait, pour permettre à un tube de caoutchouc de résister à une pression intérieure même modérée, en augmenter seusiblement l’épaisseur, ce qui le rendrait rigide et encombrant, ou bien encore l’entourer de fils ou de bandes métalliques, ce qui lui enlèverait beaucoup de sa flexibilité. En outre, si un tube en caoutchouc avait à résister à une pression extérieure par suite d’un vide survenu à l’intérieur, il n’offrirait 'aucune résistance, car il s’affaisserait et perdrait beaucoup de son volume.
- Les tubes métalliques, par contre, offrent de grands avantages dans ces deux derniers cas, car ils peuvent supporter une pression intérieure de 190 kilos par centimètre carré de section et résister à un vide presque égal Là la pression atmosphérique, c’est-à-dire 0k, 912.
- Une autre grande supériorité du tube métallique sur les autres tubes de matières diverses, est la résistance qu’il offre à. l’écrasement pour une charge qu’il viendrait à supporter extérieurement.
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- Le tableau ci-joint donne les résultats d’expériences faites sur des tubes de . dimensions diverses et sur lesquels on a placé des charges réparties par millimètres carrés de surface :
- DIAMÈTRE INTÉRIEUR du tube. POIDS AYANT AMENÉ une déformation ovale du tube. POIDS AYANT A SI E N É l’écrasement du tube.
- millim. kilog. kilog.
- 8 060 1 370
- 10 500 1 370
- 12,5 660 1 500
- 16 660 1 800
- 20 900 2100
- 25 — 900 2 500
- Un tube de ce modèle reposant sur le sol peut, sans que l’on coure aucun risque, supporter le poids d’une personne et même le passage d’une voiture lourdement chargée, ce qui est d’une grande importance pour la canalisation du gaz, car le fait de ce qu’une fuite peut se déclarer, dès que l’on a marché sur un tube à gaz en caoutchouc, constitue un réel danger et les Compagnies d’assurance pourraient se rendre compte des garanties de sécurité qu’offre ce nouveau tube, qui peut en outre résister à une température qui détruirait complètement un tube en caoutchouc.
- Le tube métallique offre encore une supériorité en ce qu’il ne s’écrase pas, ce qui devrait contribuer à le faire adopter immédiatement pour les cloches à plongeurs, afin d’éviter le retour d’accidents funestes occasionnés par les tubes actuellement en usage.
- Le poids relativement peu considérable de ce tube par rapport à sa résistance amènera également son adoption en pays étranger pour remplacer les tubes métalliques rigides dans les divers usages que l’on en fait, et on le verra sans aucun doute faire partie de l’équipement des explorateurs en raison des proportions restreintes auxquelles on peut le ramener et de la rapidité avec laquelle il peut être monté, même par des mains inexpérimentées, au moyen des raccords à vis.
- Pour qui connaît les désagréments de l’emploi des tubes en caoutchouc en pays chaud, il offre en outre le grand avantage de ne pas craindre les attaques des fourmis blanches, il ne nécessite par non plus une pose en tranchée pour le mettre à l’abri.
- L’emploi de ce tube dispense également pour les canalisations un peu importantes de la nécessité de faire faire des coudes spéciaux qui coûtent très cher, demandent beaucoup de temps à fabriquer et exigent pour leur pose beaucoup
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- de soin et d'habitude, tandis que même dans des courbes très compliquées le tube flexible est immédiatement posé et conserve, sans modifications, la forme qu’on lui a donnée. Comme il peut aisément se déplacer et se développer sans perdre son étanchéité, il trouverait également sa place à bord des navires où, par suite du mouvement et des efforts qui s’exercent de toutes parts, les tubes rigides employés jusqu’ici sont exposés à fuir et même à se briser; les mêmes raisons le font aussi résister facilement aux effets de la gelée et les propriétaires accueilleront certainement avec empressement une canalisation qui leur éviterait les notes toujours élevées des plombiers et le désagrément des fuites.
- On vient de voir les divers cas dans lesquels il serait possible de faire usage du tube flexible, on verra ci-après la nomenclature des nombreuses applications qui en ont été faites jusqu’ici.
- On l’a utilisé pour conduire de l’air comprimé et actionner des excavateurs et des perforateurs. On a reconnu son étanchéité à la vapeur assez parfaite pour qu’il soit employé à l’exposition maritime pour transporter de la vapeur sous une pression s’élevant jusqu’à 10 kilogrammes par centimètre carré de section. Dans les conditions de travail admises aujourd’hui on peut lui faire subir des épreuves encore plus fortes, car on en a déjà fourni des quantités considérables à une grande compagnie de chemins de fer, pour amener, sous une pression de 14 kilogrammes par centimètre carré, le gaz de pétrole du réservoir aux voitures.
- On a également appliqué avec plein succès ce tube aux manipulations à la pompe dans l’exploitation de l’huile de pétrole qui est un liquide qui a la propriété de traverser les joints de tout espèce de modèle; ce dernier fait constitue une épreuve des plus sérieuses pour un tube de cette nature. Il a également donné les plus satisfaisants résultats quand il a été employé dans les fabriques de vernis, dans les confitureries, dans les brasseries, pour les pompes à bière des débitants, pour la conduite de l’air dans les grandes orgues, pour les machines à battre les tapis et pour l’acoustique.
- On peut prévoir que cette invention prendra une grande extension quand elle sera utilisée pour la garniture des fils télégraphiques et téléphoniques isolés, car il serait impossible d’enfoncer une pointe dans un câble ainsi protégé et il serait également impossible en pratique ou de l’écraser ou de le détériorer par frottement, ce qui a lieu ordinairement ; ce dernier avantage démontrerait assez son utilité pour recouvrir les câbles sous-marins à leur arrivée sur la côte. La modicité du prix de revient du câble ainsi protégé favorisera également son adoption.
- Ce système a rendu de réels services dans les phares pour l’alimentation des mèches, qui, comme on le sait, se fait par un mécanisme automatique en communication directe avec les réservoirs à huile.
- Dans toutes ses applications ce tube, tout en étant flexible, conserve la rigidité
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- nécessaire pour conserver la forme qui lui a été donnée, et comme son plus ou moins de flexibilité dépend de la mise en forme et de l’épaisseur de la bande de métal, on peut la régler selon les besoins.
- On s’est encore servi de ce tube pour établir des réfrigérants, pour recouvrir des volants tournant à une très grande vitesse et on pourrait l’employer avec avantage pour la construction de serpentins de distilleries et d’appareils de condensation. On l’a également employé pour les calandres dont on se sert dans l’imprimerie, pour les fers à gaz, etc.
- Les tubes flexibles sont d’une grande commodité dans les grandes installations provisoires de gaz qui doivent être rapidement menées dans les ateliers où les établis doivent être pourvus de réchauds à gaz ainsi que dans les laboratoires de chimie pour les lampes de Bunsen; ils constituent également d’excellents tuyaux d’aspiration pour les pompes et les appareils hydrauliques.
- Le tableau ci-dessous donne les poids des tubes de divers calibres :
- Les deux plus petits calibres ont été essayés à une pression hydraulique d’environ 190 kilos par centimètre carré et les plus forts calibres ont subi des pressions descendant graduellement jusqu’à 107 kilos pour le tube de 25 millimètres de diamètre ; quant à la pression de rupture, elle dépend quelque peu de l’épaisseur des bandes de métal employées dans la fabrication de ces tubes.
- Le moyen d’obtenir un joint ou raccord solide est une question d’une grande importance quand on fait usage de tubes. Le but a été atteint avec un simple raccord à pas de vis. On fixe, comme à l’ordinaire, le tube au moyen de céruse ou de soudure à un raccord à écrou à double filetage qui sert à mettre le tube en communication ou à le rapprocher d’une autre longueur de tube dont l’extrémité a été au préalable agencée de la même manière. Pour les tubes à gaz on peut ne se servir que du simple raccord à recouvrement et dans les cas où il faut un raccordement solide, avec des’pressions relativement basses, on emploie alors le raccord ordinaire à double collier enserrant une rondelle de caoutchouc entre le joint.
- DIAMÈTRE. POIDS PAR MÈTRE courant. DIAMÈTRE. POIDS PAR MÈTRE courant. DIAMÈTRE. POIDS PAR MÈTRE courant.
- millim. grammes. millim. grammes. millim. grammes.
- 8 220 12 380 23 1000
- 10 280 16 600 30 1330
- 20 800 38 1 600
- Il ne faut pas perdre de vue que, dans aucun cas, on ne doit visser directe-
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- ment des tubes de ce modèle, car cette opération pourrait détruire le principe hélicoïdal de leur construction et les exposer à fuir.
- Les prix de revient de ces tubes peuvent supporter la comparaison avec ceux des tubes en caoutchouc, car, si on fait entrer en compte la supériorité qu’ils offrent comme force et comme durée, on reconnaît facilement que la dépense supplémentaire de premier établissement est rapidement regagnée.
- (Journal of the Society of Arts.)
- BIBLIOGRAPHIE
- JOURNAUX ET REVUES
- Bulletin de la Société de l’industrie minérale. — Tome VI, Ta livraison, 1892.
- — Note sur les mines de cuivre du Boleo (Basse-Californie), par E. Saladin. — Considération sur les turbo-machines, et particulièrement sur les ventilateurs, par Rateau.
- Contrôle des quantités de grisou se dégageant dans les travaux, par Léon Poussigue.
- Revue industrielle. — 2 avril 1892, n° 14. — Bec de gaz à incandescence, système Ghâlons. — Traitement électrolytique des minerais de cuivre, par le Dr Hopfner.
- — Application du procédé Bessemer basique à la métallurgie du plomb, procédé Rœsing.
- 9 avril, n° 15. — Lampe sans flamme obtenue avec le gaz d’éclairage. — Résultats d’essais sur les pétroles et les moteurs à pétrole. — Sur l’essai des minerais d’antimoine.
- 16 avril, n° 16. — Nouveau plan différentiel de Moore. — [Sur l’emploi de l’aluminium pour la fabrication des bidons et autres récipients. — Conférence de M. Dudley sur les alliages employés en Amérique pour les pièces exposées à des frottements. — La fabrication électrolytique du sodium, par Grabau.
- 23 avnl, n° 17. — Nouvelles pompes rotatives : pompe rotative à deux axes, système Johnson ; pompe rotative à galets mobiles, système A. Lambert ; pompe à'double effet dite à battant, système Japy frères. — Locomotive électrique de MM. Bonneau et Desroziers. — Emploi du ferro-silicium dans les fonderies.
- 30 avril, n° 18. — Chaudière multitubulaire, système J. et A. Niclausse. —Machine à vapeur compound, système Fricart. — Notes sur la résistance des rivures.
- 7 mai, n° 19. — Machine à affûter les fraises, par Edmond Dubosc. — Construction èn ciment et fer, système Monica. — Moteur à gaz à soupape unique.
- 14 mai, n° 20. — Four cubilot creuset, système Piat. — Barreaux de grille aciérés de [Otto Thost.— Le bi-métal or-platine pour la construction des appareils à concentrer l’acide sulfurique. — De l’emploi du gaz d’huile et du gaz de houille pour Féclairage des wagons de chemins de fer. — Sur les lois de l’électrolyse, par A. Chassy.
- 21 mai, n° 21. — Les débarcadères mobilisables et le wharf de Kotonou. — Pompe
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- à plongeurs a double effet, construite par MM. Hayward, ïyler et Cic. — Joints vulcanisés des câbles électriques. — Composition de la fumée, par Peler Lochiin.
- 28 mai, n° 22. — Chaudière multitubulaire inexplosible, système Paxman. — Machine dynamo-électrique multipolaire, système Kapp. — Des effets à distance des explosions de dynamite sur les êtres vivants. — Emploi du convertisseur Thomas pour le traitement des plombs pauvres.
- 4 juin, n° 23. — Affinage électrique du cuivre. — Bélier hydraulique à pulsations rapides, système Paul Decœur.
- 1 l juin, n° 24. — Procédés Thofehrn pour le traitement du cuivre. — Cisaille à chaud des aciéries de Newburn. — Exposition de Chicago. Commissions d’admission et de classement des exposants français.
- 18 juin, n° 2o. — Marteaux mécaniques et pneumatiques, système Longworth. — Machine à façonner les bois des charbonnages de Sars-Longchamps et Bouvy. — Nouveau règlement relatif aux ponts métalliques.
- 2ojuin, n° 26. — Procédés Thofehrn pour le traitement du cuivre.
- 2 juillet, n° 27. —Essais des filtres minéraux. — Nouveaux graisseurs de M. de La Coux. — Le perfectionnement « dernier et final » de la machine à vapeur. — A propos du métropolitain de Paris. — Nouveau règlement relatif aux épreuves des ponts métalliques.
- 9 juillet, n° 28. — Moteur aéro-thermique, système Genty. —Le cahier des charges de 1888 pour les concessions d’électricité à Paris et le rapport de la troisième commission du conseil municipal. — Perfectionnements apportés par MM. Campbell et Boyd à la fabrication du chlore par le procédé Weldon.
- \0 juillet, n° 29. — Nouvelle locomotive à grande vitesse des chemins de fer de l’Est. — Influence des mélanges sur les propriétés industrielles du caoutchouc et de la gutta-percha. — La cellulosine, matière plastique incombustible.
- 23 juillet, n° 30.— Compas dynamométriquepour mesurer la puissancedesmachines à vapeur. — De l’emploi du diamant pour le travail de la pierre au temps des Pharaons. — La fibre graphitée, matière lubrifiante solide. — De l’inflammation spontanée du sulfure de carbone.
- 30 juillet, n° 31. — Tannage électrique. — Explosion de dynamite-gélatine à la suite d’un choc. — De la substitution de l’électricité à la vapeur pour l’exploitation des chemins de fer. — Dépenses de premier établissement d’une usine d’affinage électrolytique du cuivre.
- 6 août, n° 32. — Moteur à gaz, système L. Levasseur. — Bélier hydraulique, système Schwabaver. — Production directe de l’acide azotique au moyen de l’air. — Extraction de l’or et de l’argent de l’eau de mer. — Recherches sur les alliages de fer et d’aluminium.
- 13 août, n° 33. — Utilisation de la pyrite grillée pour la fabrication des sels de fer, par A. et P. Buisine. — Tannage électrique. — La fabrication de l’oxygène pur par le manganate de soude : appareil Fanta. — Soies artificielles et soies naturelles.
- 20 août, n° 34. — Nouvelle locomotive compound à quatre cylindres et à grande vitesse du chemin de fer du Nord. — Dosage direct de l’aluminium dans les fers et aciers. — A propos du revêtement calorifuge des surfaces à vapeur. — Le savon calcaire et les explosions de chaudières à vapeur.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. — Juin 1892. — Impression
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- ERRATA.
- OCTOBRE 1892.
- sur étoffes au moyen de rouleaux gravés en relief, par A. Rosensliehl. — Appareil mixte en fonte et platine pour la concentration de l’acide sulfurique à 66°, par Scheu-rer-Keslner. — Rapport sur l’ouvrage deM. le docteur Bleicher : « Commerce et industrie des populations primitives de l’Alsace et de la Lorraine », par Mathieu Mieg.
- Rapport sur les travaux de M. René Bohn dans le domaine des matières colorantes artificielles, par Albert Scheurer. —Document pour servir à l’histoire des toiles peintes, par PrucVhomme.
- Juillet 1892. — Rapport de M. Moreillan sur la description de la station centrale d’électricité de Mulhouse rédigée par Glassmann.
- L’Électricien. — 1S juin 1892, n° 77. — Traitement géométrique des problèmes concernant les courants alternatifs, par Wr Cam. Rechniewski.
- 9 juillet, n° 80. — La pile Renard pour les laboratoires.
- 16 juillet, n° 81. — Nouveau micromètre.
- 30 juillet, n° 83. — Renseignements divers sur l’exploitation du tramway à air comprimé de Berne.
- 6 août, n° 84. — Chemin de fer électrique et à vapeur.
- 29 août, n» 86. —Emploi des accumulateurs comme régulateurs, par G. Martin. — Un nouveau système de propulsion électrique, par H. Ward-Léonard.
- ERRATA
- Fautes à corriger dans le Bulletin de la Société de juin 1892, mémoire de M. Mailler intitulé : Contribution à Vétude des combustibles.
- au lieu de lire
- Page 326 32e ligne trois tubuleuses deux tubuleuses
- — 33e —. seconde même
- — 36e — troisième deuxième-
- Pages 343 et 333. Tableau II
- — 4e colonne, 4e ligne 2,731 3,271
- — 16e — 7e — 8,513 8,670
- — |re 29e Decazeville (Bourran) Blanzy (Sainte-Eugénie'
- — 1rc — 30e — Blanzy (Sainte-Eugénie) Decazeville (Bourran)
- Page 336 3e — Q Qi
- — 337 14e — Q' Qi
- — 337 19e — combustion combinaison
- — 369 Tableau V. 10e colonne, lre ligne 14,964 16,964
- — 374 Tableau 8e colonne, 6e ligne 3,39 3,613
- en remontant. Le Gérant : J.- H. Ginestou.
- Paris. — Typ. Chamerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères. — 29255.
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- 91° ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- NOVEMBRE 1892.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- A1ITS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Ed. Sauvage, au nom du Comité des arts mécaniques,
- sur la COMMUNICATION DE M. DuLAC, RELATIVE AUX SOUPAPES DE SÛRETÉ.
- Une soupape de sûreté, montée sur une chaudière, se lève lorsque la pression de la vapeur dans la chaudière atteint une certaine valeur/?; pendant le dégagement de la vapeur, la pression monte jusqu’à une valeur/?', et enfin est redescendue à p" au moment de la fermeture.
- Pour que l’appareil fonctionne bien, il faut que ces trois pressions p, p', /?", soient suffisamment rapprochées, quelle que soit l’activité de la vaporisation : or la soupape ordinaire, pressée par un poids ou par un ressort, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un levier, permet un écart considérable des pressions p et /?' : tenant compte de ce défaut, le décret du 30 avril 1880, relatif aux appareils à vapeur, admet qu’une soupape sera « au besoin convenablement déchargée ou soulevée » pour laisser dégager toute la vapeur que peut produire la chaudière. Cette restriction ne figurait pas dans le décret du 25 janvier 1865, et l’ordonnance du 22 mai 1843 se contentait de fixer la surface des soupapes proportionnellement au quotient de la surface par la tension maximum de la vapeur.
- Les causes de l’élévation de pression pendant l’écoulement de la vapeur autour d’une soupape soulevée sont indiquées dans le mémoire de M. Walke_ naer, publié en 1889 dans les Annales des Mines (8e série, t. XYI, p. 124; nous signalerons quelques fautes d’impression de ce mémoire : p. 140, au
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Novembre 1892.
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- début du paragraphe intitulé allure de* courbes, le mot seconde est mis deux fois à la place de minute; sur la pl. III, la figure 2 représente en réalité l’expérience n° 7 et le mot kilogramme est employé à la place de millimètre; la figure 3 représente l’expérience n° 6). L’élévation de la tension de la vapeur, bien que la soupape soit levée, peut tenir en partie à ce que les pressions dans la nappe de vapeur varient depuis la pression dans la chaudière jusqu’à la pression atmosphérique ; la zone à pression décroissante a sans doute une assez grande largeur sous la soupape, d’où résulte une réduction notable de l’effort qui la soulève; cette réduction est compensée par une élévation de la pression dans la chaudière.
- L’air entraîné par la nappe de vapeur vient aussi frapper la soupape et tend à la refermer. (Des expériences familières mettent en évidence cette action : c’est ainsi qu’en soufflant dans une pipe ordinaire on ne peut chasser une carte posée sur le fourneau.)
- On ne connaît pas avec précision les lois de ces phénomènes, et l’on ne peut en calculer théoriquement l’effet. Mais il en existe quelques mesures expérimentales, qui sont l’objet principal du mémoire de M. Walkenaer. Les expériences ont porté sur des soupapes ordinaires et du système de M. Dulac : on y enregistrait simultanément les levées du clapet, les pressions dans la chaudière, et le temps écoulé depuis l’ouverture. Ces relevés montrent clairement les surpressions considérables que peuvent donner les soupapes ordinaires, surtout si elles sont négligemment construites. Les surpressions sont d’autant plus grandes que la pression p est plus élevée : l’ancienne formule administrative, qui fixe la surface de la soupape en raison inverse de la pression, est donc vicieuse surtout pour les fortes tensions.
- Dans une expérience exécutée en Belgique, le 6 avril 1888, une soupape ordinaire de construction peu soignée, se levant sous une pression de 6 kilogrammes par centimètre carré, a laissé la tension monter jusqu’à 8 kilogrammes.
- Un grand nombre de dispositions ont été proposées pour remédier à ce grave défaut des soupapes ordinaires : M. Walkenaer en donne une classification. Parmi les nombreuses descriptions de ces appareils, nous citerons le rapport de M. Hirsch dans le Bulletin de la Société d'Encouragement (1888, p. 513) sur la soupape annulaire de M. A. Schmidt : dans les Annales des Mines, l’étude de M. Vicaire sur les soupapes Adams (7e série, t. XIX, p. 92), les descriptions des soupapes Codron (8e série, t. II, p. 107), Barçon Coret (8e série, t. XI, p. 171); dans la Revue générale des chemins de fer
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- (1881, premier semestre, p. 161), un article étendu de M. G. Richard, donnent une théorie des soupapes, mentionnant un grand nombre de types, et accompagné d’une longue note bibliographique; un récent ouvrage anglais de M. W. Barnet le Van [sa fety valves ; theïr history, antécédents, invention and calculation). Une étude des soupapes vient de paraître dans le t. II du Cours de Machines, de M. Haton de la Goupillière (p. 840).
- Nous voyons dans l’article de M. Richard (p. 195) et dans l’ouvrage de M. Haton de la Goupillière (p. 851), la description de la soupape Klotz, qui ne rentre dans aucune des catégorie de M. Walkenaer : la vapeur qui presse le clapet et le soulève communique par un long tube avec la chaudière et se trouve en dehors de la nappe qui s’écoule.
- Quelques types de ces soupapes perfectionnées ont été fréquemment appliqués : ce sont surtout ceux où la vapeur même qui s’échappe agit sur des appendices du clapet et du siège : ces appareils conservent la simplicité de la soupape ordinaire; ils n’ont pas de pièces mobiles supplémentaires compliquant l’entretien ou risquant d’être paralysées.
- La soupape Dulac rentre dans cette catégorie. Ce que son auteur a surtout cherché, c’est une action graduelle : la plupart des soupapes de ce genre, notamment la soupape Adams, fonctionnent par intermittences : la levée paraît être à peu près constante ; la soupape reste ouverte pendant un temps assez court, puis se referme brusquement pour se rouvrir un peu plus tard si la vaporisation continue dans la chaudière. Les ouvertures successives sont plus ou moins rapprochées suivant l’activité de la vaporisation. Les écarts entre les pressions extrêmes p" et p' ne dépassent pas 0,5 à 0,7 kilogramme pour les appareils bien réglés, la pression p" de fermeture étant un peu inférieure à la pression p d’ouverture.
- La soupape Dulac, au contraire, peut s’ouvrir plus ou moins suivant la quantité de vapeur à dégager : elle commence par laisser échapper une bouffée un peu forte de vapeur, puis elle se rapproche de son siège et oscille autour d’une position moyenne qui permet un dégagement continu de toute la vapeur produite. L’excès de la pression p sur la pression p à l’ouverture ne dépasse pas 0,5 kilogramme, et la chute de pression p-p" à la fermeture 0,2 à 0,3 kilogramme. Ces chiffres peuvent varier, bien entendu, suivant la grandeur deS soupapes et la production des générateurs qui les portent : mais il est facile de se tenir entre ces limites sans donner de grandes dimensions aux appareils.
- M. Dulac estime qu’on peut réduire la surpression au 20e de p, en pre-
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- nant pour diamètre la moitié du chiffre donné par la formule prescrite en 1843.
- C’est à la suite d’un grand nombre de tâtonnements et d’essais que l’inventeur a fixé les profils les plus convenables de la soupape et de son siège; la soupape porte un tronc de cône sur lequel agit la nappe de vapeur, guidée d’autre part par un prolongement du siège qui s’approche de ce tronc de cône. La figure ci-jointe représente un des types les plus simples de M. Dulac.
- Le compensateur conique monté sur le clapet est formé d’une lame de cuivre emboutie et écrouie. Cette construction était commode pour les essais de profils divers : il semble que la forme étant définitivement adoptée, on
- Fig. \. — Soupape de sûreté de M. Dulac.
- pourrait fondre d’une pièce le clapet avec son compensateur. Toutefois M. Dulac préfère s’en tenir à la première forme, pour les motifs suivants : le centre de gravité du clapet est au-dessous de la surface de portée; l’outillage d’emboutissage étant construit, l’exécution des clapets est fort simple; l’usure, par le jet de vapeur, de la feuille de cuivre écrouie est très lente; enfin quand les rodages ont usé notablement les surfaces de portée et par suite rapproché le compensateur de la saillie du siège, on peut le ramener à la distance primitive par l’addition d’une rondelle entre le clapet et son compensateur.
- La figure montre un amortisseur ou frein à air fixé au levier, pour éviter toute brusque levée et éteindre les mouvements oscillatoires : mais de l’avis même de M. Dulac, il vaut mieux supprimer l’amortisseur, qui risque de
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- gêner les mouvements du levier s’il n’est pas en parfait état d’entretien et n’offre aucun avantage pratique.
- Le levier tourne autour de l’axe d’un couteau qui porte au fond d’une encoche pratiquée dans un cylindre en acier: le montage est fait de telle sorte que le couteau ne peut sortir de cette encoche.
- La même soupape peut être construite avec une enveloppe à tubulure recevant un tuyau pour dégager la vapeur hors de la chambre de chauffe ; le levier est extérieur à l’enveloppe. Un clapet de garantie, fermé par un ressort à boudin léger, donnerait issue à la vapeur si, par suite d’une obstruction, la pression de la vapeur venait à s’élever dans l’enveloppe.
- La soupape peut aussi être chargée directement par un ressort : M. Dulac fait usage de ressorts Brown dontles déformations sont très faibles; une manette permet de soulever à volonté la soupape et de la faire tourner sur son siège.
- Dans un type destiné aux locomotives, le compensateur conique est prolongé jusque vers le haut du ressort et placé à l’intérieur d’une enveloppe ouverte en haut et en bas : ce long compensateur est soumis au frottement de la vapeur et de l’air qu’elle entraîne. Nous ne voyons pas bien l’avantage de cette disposition spéciale.
- M. Dulac a profité de la grande levée que peut prendre la soupape à compensateur conique pour la monter à l’origine des prises de vapeur pour chauffage usitées dans les sucreries : il importe en effet que la tension dans les chaudières ne tombe pas au-dessous d’une certaine limite, nécessaire pour le fonctionnement des moteurs qu’elles alimentent : la soupape, placée dans une enveloppe et chargée pour cette pression minimum, limite automatiquement la dépense de vapeur pour le chauffage et facilite la conduite des appareils. Il faut seulement qu’un piston étanche entoure le pointeau sortant de l’enveloppe ; une vis manœuvrée par un volant limite la course du levier et permet de fermer la soupape.
- Un appareil de ce genre, monté à la sucrerie de Veinze, en Belgique, avec un diamètre de 200 millimètres, peut débiter 30 000 kilogrammes de vapeur à l’heure.
- Nous pouvons dire, en résumé, qu’il existe des types de soupapes de sûreté entièrement automatiques, capables de limiter effectivement la pression d’une chaudière sans être soulevées ou déchargées au besoin. La restriction introduite à cet effet dans le décret du 30 avril 1880 n’est donc plus nécessaire aujourd’hui.
- Ces soupapes automatiques sont plus petites que les soupapes ordinaires,
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- moins efficaces ; il est donc plus facile de les bien roder sur leur siège, et l’augmentation du prix résultant de leurs dispositions spéciales ou des droits de brevet peut être compensée par la réduction des dimensions.
- Parmi ces appareils automatiques, la soupape Dulac est simple et bien étudiée; elle offre la disposition de charge par poids et levier usuelle en France pour les générateurs fixes.
- Nous avons l’honneur de vous proposer d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société, avec la figure annexée. »
- Signé : Ed. Sauvage, rapporteur.
- Approuvé en séance le 8 juillet 1892.
- ARTS MÉCANIQUES
- LES MOTEURS A PÉTROLE DEPUIS 1889, PAR M. GUSTAVE RICHARD,
- MEMBRE DU CONSEIL (1) (ANNEXES)
- Annexe n°l (page 652).—Les tableaux suivants, empruntés à mon ouvrage sur « les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole », complètent les renseignements donnés à la page 654, sur les huiles minérales.
- Pour qu’elles puissent être manipulées sans danger, le point d’inflammabilité de ces huiles (flashing point) ne doit pas être inférieur à 35 degrés; c’est-à-dire, que l’on doit pouvoir promener sans l’allumer une flamme à peu de distance du pétrole porté à 35 degrés. C’est la limite admise en France pour les huiles lampantes du commerce. On peut déduire approximativement le point d’inflammabilité de la densité ou de la tension de vapeur du pétrole, qui mesure sa volabilité, mais d’une façon incertaine, car ce point dépend aussi de la composition des huiles, variable, non seulement avec leur degré de distillation, mais aussi avec le plus ou moins de soin apporté à leur raffinage. D’autre part, une addition de 1 p. 100 d’essence abaisse de 45 à 40 degrés le point d’inflammabilité du pétrole ordinaire rectifié; avec 5 p. 100 d’essence, il tombe à 30 degrés, puis à 15 degrés avec 10 p. 100.
- On obtient par la distillation des schistes des huiles brutes de densités 0,860 à 0,850 qui se fractionnent, comme les pétroles, en un peu de gazoline (0,25 à 0,30 p.100), des naphtes de densités 0,70 à 0,76, — des huiles combustibles — (38 p. 100 d’huiles de densité 0,80 à 0,82 à point d’inflammabilité de 30 à 68 degrés), des huiles lubrifiantes et de la paraffine. Ces huiles souvent impures sont d’une carburation difficile. Il en est de même des produits de la distillation des goudrons de gaz.
- (1) Voir le numéro d’octobre, p. 651. Errata du numéro d’octobre. A la page 653, ligne 5, à partir du haut de la page, lire : CnH2n + 2 au lieu de : C4H24 + 2; et, dans la légende de la figure 20, page 671, à la 7° ligne, à partir du bas, lire : s’accélère au lieu de s’arrêtera.
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- Tableau A. — Propriétés de divers pétroles, d’après M. Sainte-Claire Deville.
- HUILE LOURDE de la VI R GI NI H. HUILE LÉGÈRE de PHNSYLVAN1K. HUILE LOURDE de PKNS YLVANÏE. PÉTROLE de PA RM K. PÉTROLE DR JAVA. PÉTROLE DE PECHEUIRON N. 1 PÉTROLE de GARIAN. PÉTROLE DD HANOVRE. PÉTROLE de G AI. ICI K. PÉTROLE DE CIRC ASSIE. HUILE DR BIRMANIE. PÉTROLE de CHINE. HUILE DU CAUCASE. Q . X » O 2 O - ,_3 B O 5 s
- Partie volatile à 100°. . en tant p. 100. 1,0 4,3 1,1 1,0 0,5 2,1 3,3
- — 140°. . 1,3 16,0 33,3 5,0 8,7 15,7 4,9 1,0 2,7
- — 180°. . 12,0 28,7 60,5 7,7 7,8 14,3 24,0 5,8 20,0 13,3
- — 200°. . 31,0 69,3 15,0 15,2 11,0 21,7 27,7 35,0 12,5
- — 220°. . 22,3 25,7 14,0 25,3 32,7 8,0 45,0 19,0
- 260°. . 30,0 40,6 20,0 33,0 35,0 14,0 70,0 29,3
- — 280°. . 12,0 0,5 36,0
- Densité à 0° . . . . . . 0,873 0,816 0,886 0,786 0,923 0,892 0,894 0,892 0,870 0,887 0,680 0,884 1,044
- à 50° 0,853 0,784 0,853 0,747 0,888 0,888 0,831 0,860 0,836 0,880 0,822 0,854 1,077
- Coefficient de dilatation. 0,00072 0,00084 0,00072 0,00106 0,00077 0,00079 0,00087 0,00077 0,00081 0,00075 0,00077 0,00082 0,00072 0,00074
- [carbone. . 85,3 82,0 84,9 84,0 86,2 85,7 16,1 80,4 82,2 84,2 83,8 83,5 86,3 82,0
- Composition < hydrogène. 13,9 14,8 13,7 13,4 12,2 12,0 12,7 12,7 12,1 12,4 12,7 12,9 13,6 7,6
- ! oxygène. . 0,8 3,2 1,4 1,8 1,6 2,3 1,2 6,9 5,7 3,4 3,5 3,6 0,1 10,4
- Chaleur de combustion . 10180 9903 10672 10121 10831 10020 10005 11460 8916
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- Tableau B. — Principales caractéristiques de quelques huiles minérales (Robinson
- bS
- DÉSIGNATION. DENSITÉ. POINT d’inflammabilité Abel. ASPECT. ODEUR à FROID. POINT d’ébullition du liquide. COMME? de distil Liquide. ÏCEMKNT la ation. Vapeur. DISTIL] SOI Liquide. LATION JS : Vapeur. VOLUME DISTILLÉ p. 100. DURÉE de la DISTILLATION.
- A A B A B
- (fig. ÜI9'-.
- Kérosènes. degrés. degrés. degrés. degrés. degrés. degrés. heures.
- Américaine Water-White. 0,780 42 Incolore. Agréable. 145 175 110 215 200 56 °/0 3
- — Ordinaire.. . 0,791 24 Jaune paille pâle. Plus âcre. 145 154 95 223 200 36 »
- — Royal-Day-
- light. . . . 0,799 25,5 )) Légèrem. âcre. 144 157 100 230 198 34,5 ))
- — Tea Rose.. . 0,797 28,3 Un peu trouble. — 150 167 107 243 202 37,5 »
- Russe ordinaire 0,825 27,8 Fluorescent. — 151 166 105 221 200 55,5 ))
- Broxburn pour phares. . 0,811 66,7 Très clair. A peine sensible. 162 211 110 243 230 56 »
- » 0,811 66,7 Jaune paille. — 170 214 140 274 270 90 1 3/4
- Trinity House (phares an-
- glais) 0,811 66,7 Très clair. — 164 211 135 243 230 54 2 1/2
- Broxburn, Pétroline. . . 0,805 35,6 » Acre. 160 177 120 265 242 65 2
- Huiles intermédiaires.
- American Minerai Sperm. 0,833 Jaune paille clair. Forte od. de brûlé 195 00 115 290 230 4,5 3
- Huile à gaz Slorrar(Ecosse) 0,843 Brunâtre non
- fluorescent. Légère — 195 274 156 280 230 5 »
- Huile de shiste internié-
- diaire (Écosse) 0,846 Brunâtre fluorescent. — 195 252 142 291 261 18 2
- Huile de graissage légère. 0,854 _ _ Plus âcre. 195 255 125* 285 266 17 ))
- Huiles de goudron.
- Sharp Oil 1,062 67 Vert sombre opa- Désagréable de
- que av. dépôts. goudron. )> )) )) )) )) )) »
- Huile verte redistillée. . 1,110 98 Brun verdâtre. Désagréable de chaux.
- d’épurat. à gaz. )) )) » )) » )) »
- ARTS MÉCANIQUES. - NOVEMBRE 1892.
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- ARTS MÉCANIQUES.------NOVEMBRE 1892.
- 7B3
- Tableau B'. — Distillation fractionnée de quatre échantillons de pétroles (Robinson).
- AMERICAN WRITE. BROXBURN POUR PHARES. PÉTROLE POUR PHARES. TR1NITY HOUSE (PHARES).
- TEMPÉRATURE ; TEMPÉRATURE TEMPÉRATURE TEMPÉRATURE
- 1
- du (le la Volumes du de la Volumes du . de la Volumes du de la Volumes
- liquide. vapeur. recueillis. liquide. vapeur. recueillis. liquide. vapeur. recueillis. liquide. vapeur. recueillis.
- degrés/ degrés. degrés- degrés. degrés. degéés. degrés degrés.
- 175 110 Début de la distillation. 110 » Vapeurs 136 • * )> Vapeurs 143 ’ )> Vapeurs Ebullition
- 181 151 3 p.100 170 » . Ebullition .160 )> Ébullition 166 )) Ébüll. vive
- 183 161 5 — 200 » Ebullition vive 192 )) Ébullition vive 195 )) Début
- 186 165 3 — 214 140 Début de la ,211 , 120 ‘: Début 21.1 135 de la distillation
- distillation 216 195 4o p. 100
- distillation
- 188 171 4 —
- 191 174 4 — 216 190 1,5p.100 214 195 4,4p.100 219 202 4 ;; —
- 193 176 3 — 219 196 4 — 218 202 4,5 - 121 205 2".!
- 196 179 5 — 223 205 6 — 222 208 7 — 225 209 10 —
- 197 181 3,5 — 226 211 6,5 — 225 213 5 229 209 5,5 —
- 200 183 4,5 — 232 224 17 — 227 216 4 — 232 211 5,5 —
- 202 186 2,5 — 240 • 232 15 — 230 218 7 • :— 234 211 2,5 —
- 208 188 6,5 — 249 242 Il — 235 220 10 — 236 214 5 ! —
- 210 188 O -— 255 250 10 — 237 223 3 — 229 221 4,5 —
- 211 197 5 — 264 260 10 — 240 225 6 — 241 221 3,5 —
- 215 200 2 274 270 9 - 243 230 5 243 230 7 —
- 3 heures. 56 p.100 1 h. 41 min. 90 p.100 3 heures. 56 p.100 2 h. 30 min. 54 p. 100
- Tableau G. — Produits du pétrole de Russie.
- POUR CENT. DENSITÉ. . . POINT d’inflammation.
- degré.
- Benzine huile légère 1 0,725 10
- Gazoline ou benzine lourde 3 0,775 . . . o
- Kérosine ; huile lampante 27 0,822 . 25
- Pyronaphte 12 0,858 105
- Veregenni : huile à graisser 10 0,890 150
- Huile à graisser 17 0,905 175
- — pour cylindre 5 0,916 • 200
- Vaseline i ; 0,925
- Résidu. Combustible liquide 14
- Perte. ... 10
- Tome VII. — 91° année. 4e série.. — Novembre 1892. 90
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- ARTS MÉCANIQUES.
- NOVEMBRE 1892.
- Tableau D. — Produits du pétrole américain (D. 0,800).
- TEMPÉRATURE de distillation. POUR CENT. DENSITÉS. POINTS d’inliammat.
- de^r^s. degrés.
- 45 Rhigolène traces. 0,59 à 0,60'
- 45 à 60 Chymogène )) »
- 60 à 70 Gazoline 1,5 0,63 à 0,66
- 70 à 120 Benzine, naphle G 10,0 0,68 à 0,70 — 10
- 120 à 170 ! — B 2,5 0,72
- — A 2,0 0,72 à 0,74 0
- 170 Kerosinc : huile lampante . . 50,0 0,80 à 0,82 38 à 50
- 250 Huile à graisser 15,0 0,85 à 0,91 110
- Paraffine 2,0
- Résidu et perte ....... 16,0
- Tableau E. — Produits de la distillation des huiles de schistes à la paraffine
- Light and Oil Company (d).
- POUR CENT.
- Gazoline. 0,257
- Naphtes (D. 0.700 à 0,760) Huiles à brûler. — D. 0,800 à 0,820. Point d’inflammation (Abel) 5,75
- 100 à 140° ... 38,00
- Huiles de graissage 14,50
- Paraffine solide 11,00
- Pertes 30,50
- Tableau F. — Carbures isolés du pétrole, par Pelouze et Cahours.
- SÉRIE Cn,H2n -f 2
- DENSITÉ à l’état LIQUIDE. POINT D EBÜL.LITIOX. DENSITÉ à l’état DE GAZ.
- de g r<?s.
- Méthane. . . C, Hu Gaz des marais.
- Éthane.. . . c,,b6
- Propane. . . G;} 5 Liquéfié à —20°.
- Butane.. . . C*,H10 Cymogène. 0,600 à 0° 0 2
- Pentane. . . c5,H12 0,628 à 18° 30 2,557
- Hexane.. . . G6j Hu 0,669 — 68 3,055
- Heplane. . . Ct,H16 Benzolines. 0,690 — 92 à 94 3,600
- Octane.. . . C8,Hi8 ] 0,726 — 116 118 4,010
- Nonane.. . . C9,H20 j Ess. lourdes. 0,741 — 136 138 4,541
- Décane.. . . C10,H22 0,757 — 158 162 5,040
- Endécane. . Cu,H2v j 0,766 — 180 182 5,458
- Dodécane . . C,2,H26 Huiles lampan- 0.778 — 198 200 5,972
- Tridécane. . c13,h28 tes normales. 0,796 — 218' 220 6,569
- Tetradécane. Cu,H30 0,809 — 236 240 7,199
- Pentadécane. C15,H2î ] 1 0,825 — 258’ 262 7,526
- (1) D’après Redwood.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- NOVEMBRE 1892.
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- Tableau G. — Chaleurs de combustion de quelques huiles minérales (1).
- DENSITÉ. c C. OMPOSITK II. )N. O (*). CHALEUR do combus- tion. AUTEURS.
- Pétrole brut lourd de Bakou 0,938 86,6 12,3 1,1 calor. par kg. 11,200 Deville.. . .
- Pétrole brut lourd de Bakou...... » » )) » 10,820 Gulishambarof.
- Pétrole brut léger de Bakou 0,884 86,3 13,6 0,1 11,480
- Pétrole brut léger de Bakou 0,884 ' 86,9 13,0 0,1 11,660 Deville.
- Pétrole brut léger de Bakou 0,882 87,4 12,5 1,5 11,370
- Pétrole brut ordinaire de Bakou 0,897 86, o 12,0 1,2 11,060
- Pétrole brut ordinaire de Bakou 0, 928 87,1 11,7 1,2 11,000
- Astatki (résidu de pétrole de Bakou). . >) 84,9 .13,9 10,340 Allen.
- Pétrole brut lourd de Pensylvanie. . . . 0,886 84,9 13,7 0,8 10,680 Luglio.
- Pétrole commun de Virginie )) 88,3 13,9 1,2 10,102 Valerius.
- Pétrole résidu de Virginie. ...... 0, 928 87,1 11,7 1,2 10,680
- Huile schiste (Écosse). 0, 860 86, a 7,0 0,5 )) Church.
- Huile des hauts fourneaux (Glascow). . » 83, a 10,6 | 5, 9 8,925 Allen.
- (*)Évalué par différence
- Tableau H. — Chaleurs de combustion de quelques pétroles russes,
- d’après Deville.
- 1 2 3 4 5
- Hydrogène 12,5 11,7 12,0 13,6 12,3
- Carbone 87,4 87,1 86,5 86,2 86,6
- Oxygène 0,1 1,2 1,5 0,1 1,1
- Densité à 0° 0,882 0,928 0,897 0, 884 0,938
- Chaleurde | calculée . . 11,370 11,000 11,060 11,666 11,200
- combustion ( déterminée. 10,070 10,760 10,760 11,460 10,800
- (1) Robinson, Gas and Petrolwm, Engines.
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- Tableau I. — Chaleur de combustion de quelques huiles russes, d’après Goulishambarof.
- HUILE do Pensylvanio. . légères. UTILES RUSSE lourdes. S naphtes.
- Carbone 84,9 86,3 86,6 17,8
- Hydrogène 13,17 13,6 12,3 11,7
- Oxygène.. . 1,4 0,1 1,1 1,2
- Densité à 0° 0,886 0,884 0,938 0, 928
- Chaleur de combustion. . . . 10,650 12,630 10,730 10, 700
- Tableau J. — Produits de la distillation des huiles de schistes, à Broxburn,
- d’après Redwood.
- Naphtes (0,730) 5 0/0
- Huiles à brûler (0,800 à 0,810) 37.28
- — de graissage 17.40
- Paraffine solide 12.52
- Pertes 27.80
- Tableau K. — Carbures isolés du pétrole russe par Markownikow et Oglobine
- SÉRIE Cn, Hîn. POINT D'ÉBULLITION.
- c8, h16 119
- C9, Hl8 136
- Cio, H20 161
- CH, H22 180
- C12, ILi 196
- cn, H28 240
- Cj5, H30 247
- Tableau L, — Produits de la distillation industrielle des pétroles américains,
- d’après Ho fer.
- QUANTITÉS p. 100 DENSITÉ en degrés Baumé. POINT d'ébullition.
- Gazogène 110 0°
- Rhigogène 100 19,4 à 70
- Gazoline 1.5 83 à 90 129
- Naphte 10.0 71 il 76 152
- Kerosine ou pétrole raffiné 55.0 46 170
- Huile paraffinée 19.3 30 »
- Coke, pertes, etc 10 )) »
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- Annexe n° 2 (page 658).
- Brevets Etève, Laelement et Braam. — Dans leur brevet français n° 142877 du J 6 mai 1881, MM. Etève et Lallement s’expriment ainsi :
- « Notre moteur génère lui-même le fluide hydrocarburé nécessaire à son fonctionnement, et il en arrête par conséquent la consommation aussitôt qu’il arrive au repos.
- « Cette génération du fluide hydrocarburé consiste à lancer dans un récipient contenant un hydrocarbure, pétrole ou autre, de l’air sous pression, de manière à pulvériser, en quelque sorte, l’hydrocarbure distribué, et emplir du mélange, augmenté encore d’une admission d’air ambiant, l’espace engendré par le piston dans les deux cinquièmes de sa course soit d’avant soit d’arrière. »
- Quant au moyen employé pour réaliser cette pulvérisation, il consistait à comprimer par une pompe du moteur, et dans un réservoir spécial, à pression réglée par une soupape, de l’air dont une partie allait au haut du réservoir à pétrole h (figure 1), et l’autre à chaque bout du cylindre moteur par des tuyaux t. Le pétrole refoulé par l’air comprimé au-dessus de lui sortait de h par un tuyau plongeant k, qui l’amenait, à chaque bout du cylindre a, en un tuyau n, parallèle au tuyan t, et commandé par un même robinet r', actionné par la distribution du moteur. Au commencement de la course, à chaque extrémité du cylindre, les robinets r' s’ouvraient, introduisant, en même temps que de l’air admis à la pression atmosphérique par une soupape, un mélange d’air et de pétrole pulvérisé par l’air comprimé de t', qui le saisissait à sa sortie de ri.
- Dans leur brevet anglais nu 2135, du 25 janvier 1884, correspondant au brevet français 159841, du 21 janvier 1884, MM. Etève et Braam décrivent l’ingénieuse combinaison représentée par les figures 2, 3 et 4.
- Le moteur commande deux pompes i et /, à comprimer l’air. La première pompe i, à simple effet, refoule l’air comprimé à la partie supérieure du récipient à pétrole n, pourvu d’une soupape qui en règle la pression, légèrement supérieure à celle de l’air comprimé par la pompe à double effet/dans le réservoir/', également pourvu d’une soupape de réglage.
- « Le pétrole ainsi comprimé s’écoule par le tuyau plongeant W, à travers les éponges enfermées dans un robinet de réglage W' (fig. 4), dont la lumière allongée permet un
- Fig. 1. — Brevet Etève et Lallement de 1881.
- a, cylindre moteur. — h, réservoir à pétrole chargé par le haut d’air comprimé qui refoule le pétrole au cylindre moteur, par /en, au droit du tuyau à air comprimé t, et au travers d’un même robinet d’admission r, actionné par le mécanisme de distribution. La même disposition existe à chaque bout du cylindre.
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- ARTB MÉCANIQUES. •<
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- grand déplacement pour une petite variation dans le débit. Plus loin, le liquide traverse un autre robinet S, où aboutit un tuyau L d’air comprimé venant du réservoir /. Du robinet S descendent les deux tuyaux u u', l’un conduisant l’hydrocarbure, l’autre l’air comprimé dans un petit conduit u?1 (fîg. 4) ; de sorte que, le robinet de mise en marche étant ouvert, l’hydrocarbure se projette, se pulvérise dans l’arrivée d’air. Ce mélange par pulvérisation de l’hydrocarbure et de l’air sous pression se répand et s’emmagasine dans le récipient ou pulvérisateur m, dans lequel une certaine quantité
- d’air du réservoir j arrive directement, pour constituer ensemble le mélange détonant. Une tuyauterie met en commu-nicationles boîtes des tiroirs de distribution avec lepulvérisateur. En un point quelconque de ces tuyaux, nous disposons des toiles métalliques qui, traversées parle gaz, mettent le contenu du réservoir/ à l’abridetoute flamme et de toute cause d’é-chaufl'ement ou d’explosion (1). »
- Annexe n° 3.
- Brevets de J. IIu-
- c, socle du moteur. — i, pompe à air à simple effet comprimant de l’air dans le haut du réservoir à pétrole n. —j, pompe à double effet comprimant de l’air dans le réservoir ji sous une pression moindre qu’en n. — AV, tuyau amenant le pétrole de n au robinet m1 (fîg. 4) à lumière allongée pour faciliter le réglage, d’où il passe par le robinet s et le tuyau m' au pulvérisateur a2 (fîg. 3). — S, tuyau amenant l’air comprimé du réservoir j' au pulvérisateur n2 par le robinet s et le tuyau u. — m, récipient appelé pulvérisateur par les inventeurs, ou le mélange d’air et de pétrole pulvérisé sortant de l’injecteur m2 se complète avant d’être introduit aux cylindres moteurs par une addition d'air comprimé admise du réservoir /' à m.
- simple effet L, marchant deux fois moins vite que le moteur,
- aies.—M. J. R. Humes a breveté en 1885 la machine représentée par les figures 5 et 6 (2).
- La pompe à comprimait, par /,
- (1) La description du brevet français Etève et Braam, au vol. Lit de la publication officielle des brevets français, est tout à fait incomplète : il y manque plusieurs figures, notamment celle du pulvérisateur. Cette persistance de notre administration à publier, après un retard de plusieurs années, des textes officiels faux, facilite beaucoup les procès de mauvaise foi et met les inventeurs français 'dans l’impossibilité de se tenir au courant : ce sont là des avantages que l’on ne nous envie pas, car, partout ailleurs, on livre au public, immédiatement et à très bon marché, la reproduction authentique des brevets.
- (2) Brevet anglais 8411, 11 juillet 1885.
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- de l’air en M, au-dessus du pétrole, qu’il refoulait par m! au pulvérisateur N (fig. 6), où ce pétrole (gazolinc) rencontrait l’air comprimé venant du haut de M par le tuyau m. Du pulvérisateur, le mélange s’achevait dans un réservoir O, d’où il était admis au cylindre, moteur A, par une soupape d’admission automatique,
- Fig. 5 et 6. — Moteur Humes de. 1885. Ensemble du moteur et détail du mélangeur.
- A, cylindre moteur. — B, bielle motrice commandant par la manivelle C l’arbre de couche D et le volant F, et, par par les pignons GH, la manivelle J et la bielle K, la pompe à air L,'à simple effet, qui marche ainsi deux fois moins vite que le moteur, et qui comprime, par l, de l’air dans le haut du réservoir à pétrole M. — N, pulvérisateur à écrous étanches nn, communiquant par m avec l’air comprimé, par m' avec le pétrole de M, et injectant une pulvérisation de pétrole dans le mélangeur O, lequel communique par a avec le cylindre moteur et, avec l’atmosphère par la soupape o, à ressort du rappel o' et à écrous de réglage o*. — s2, corde commandant le régulateur qui agit sur l’admission m' du pétrole en N. Ce moteur marchait avec un allumage électrique.
- avec le complément d’air aspiré au récipient O par la soupape o, également automatique.
- Le régulateur agissait en étranglant plus ou moins l’admission m du pétrole au pulvérisateur N.
- Le pulvérisateur Humes de 1886 (1) consiste (fig. 7) en un tube b' amenant l’air comprimé en /
- obliquement au jet de pétrole refoulé par le tube étroit d, que l’on peut retirer facilement. Les débits de l’air et du pétrole se règlentpar des robinets
- indépendants ou conjugués de manière à maintenir le dosage du mélange à peu près invariable.
- Le pulvérisateur-vaporisateur de 1888 (2) admet (fig. 8 et 9) le jet de pétrole refoulé par une charge d’air en et l’air pulvérisateur en «2 #3, autour de ce jet, qu’il saisit en d a6, où le mélange pulvérisé reçoit de c' son complément d’air
- Fig. 7. — Pulvérisateur Humes de 1886.
- (1) Brevet anglais 1464, 1er février 1886.
- (2) Brevet anglais 5632, 16 avril 1888-
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- appelé, par l’aspiration bn du cylindre moteur, dans la chambre réfractaire de vaporisation D, autour de la capsule B, chauffée par les gaz de l’échappement du moteur, qui s’évacuent suivant le trajet b, b', bk, b2.
- Les produits non volatils et les dépôts divers s’évacuent de temps en temps par ô6.
- Le chauffage préalable de B, pour la mise en train, s’opère au moyen d’une forte lampe, dont la flamme est introduite par l’orifice b3, ayant son tirage activé par celui du tuyau d’échappement b2.
- Annexe n° 4 (page 659).
- Variantes du moteur Priestman.—Avant d’arriver à sa forme actuelle décrite
- a a
- Fig. 8 et 9. — Carburateur Humes de 1888. Ensemble et détail du pulvéristeur A. ’ '
- D, vaporisateur en fonte C, à déflecteur c et à garniture réfractaire isolante E, communiquant par 67 avec l’aspiration du moteur, et par et avec l’atmosphère. — A, pulvérisateur facile à visiter, recevant en a, a° le jet de pétrole refoulé par une charge d’air comprimé, et en a2 a3 «®, obliquement sur a6, l’air de pulvérisation. —B, réchaufïeur recevant par b b1 ô4 les gaz d’échappement du moteur et les évacuant par bî. — b3, plaque empêchant ces gaz de s’échapper directement de 64 en ô2, et les forçant à parcourir toutes la surface des parois de B. — ô,; regard permettant de chauffer B, pour la mise en train, par la flamme d’une lampe placée en ô5 et activée par lé tirage naturel du tuyau d’échappement 62. — 6°, purge du vaporisateur D.
- à la page 659,1e moteur Priestman a passé, dans son ensemble et dans ses détails, par plusieurs variantes dont il est intéressant de signaler les principales.
- Le premier moteur : celui de 1887, était à compression extérieure. Une pompe à simple effet aspirait du carburateur pulvérisateur un mélange explosif de vapeur de pétrole et d’air, qu’elle refoulait au cylindre moteur par une soupape d’admission, après la fermeture de laquelle l’explosion se produisait par un allumage électrique (1).
- Le carburateur-pulvérisateur de cette machine recevait son jet de pétrole central dans un premier pulvérisateur, où il était saisi par l’une des nappes d’air
- (1) brevets anglais 1394, 16779 de 1886, 3830 de 1891*
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- 761
- comprimé distribuées par le tiroir cl (fig. 10); après s’être pulvérisé dans une première chambre o', ce mélange était saisi, au sortir de cette chambre, par une seconde nappe d’air comprimé, qui en achevait la pulvérisation avant de l’admettre à la pompe du cylindre moteur. Le régulateur agissait sur la pression de l’air comprimé au-dessus du pétrole dans le réservoir d’injection, en chargeant ou soulageant sa soupape de réglage (fig. 11) (1).
- Les figures 12 à 17 représentent une variante du vaporisateur, construit en tôles ondulées très résistantes et légères, avec un mélangeur fixé par un joint à baïonnette facile à enlever (2).
- Les soupapes représentées en figure 18, entourées d’une circulation d’eau k', peuvent s’enlever facilement en tournant l’écrou /.
- On peut aussi, comme l’indique la figure 19, monter ces soupapes sur une bifurcation du canal d’admission et d’échappement /e2, ou, comme en figure 20, les protéger par un déflecteur q, disposé de façon à accélérer la vitesse du passage des gaz brûlés devant la soupape d’admission pendant leur échappe-
- Fig. 10. — Pulvérisateur double Priestman (1886).
- d. tiroir distribuant l’air comprimé au premier pulvérisateur o', et autour de ce pulvérisateur, dont il complète le mélange à sa sortie.
- Fig. 11. — Priestman (1886). Régularisation du moteur par la pression de l’air comprimé.
- h tige du régulateur soulageant par q1 la soupape q du réservoir d’air comprimé dès que le moteur s’accélère.
- ment, et à les diriger de manière qu’ils balaient continuellement les dépôts qui tendraient à s’y former.
- Le moteur de 1889 représenté par la figure 22 ne diffère du moteur actuel que par des détails accessoires.
- Son allumage s’opère par l’électricité (page 663) ou par une lampe à pétrole (fig. 23) alimentée par de l’air comprimé pris au-dessus du réservoir à pétrole m (fig. 22), par un robinet spécial et semblable à la lampe E (fig. 22) qui sert à réchauffer le carburateur lors de la mise en train. Il est pourvu d’un réservoir
- (1) Brevet anglais 1394, 30 janvier 1880.
- (2) Brevet anglais 12132, 13 septembre 1887.
- Tome VII. — 91° année. 4e série. — Novembre 1892.
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- „ -, V ' , > 1 t
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- do mise en train A et d’une réserve de pétrole G. Le réservoir de mise en train A est préalablement rempli d’une réserve d’air comprimé venant du dessus du réservoir à pétrole m, de manière qu’il suffise, pour alimenter la lampe du
- cr air carbure
- a ir corn plt
- Fig. 12 à 17.
- Carburateur vaporisateur Priestman de 1887. Ensemble de l’appareil et détails de la couronne
- d’admission démontable.
- a, carburateur rcchaulïour enveloppé suivant bi b b- par les gaz brûlés du cylindre moteur. — a', entrée de l’air carburé du pulvérisateur.au vaporisateur a. — h' h?, entrée du complément d’air. — h, entrée du mélange d’air et de gaz carburé. — a2, sortie du mélange vaporisé. — f f' f*, joint à baïonnette fixant la couronne f au collet é du carburateur.
- vaporisateur, lors de la mise en train (fig. 21), de faire communiquer par a' le réservoir à pétrole avec A (1).
- Quand la réserve de pétrole se trouve, comme en G', en contre-bas du moteur, on fait monter son huile en m par de l’air qu’y refoule en b la pompe de compression B. En outre, les gaz brûlés peuvent se débarrasser de la majeure partie de leurs impuretés dans l’eau du pot d’échappement D.
- (1) Brevet, anglais, 6682, 18 avril 1889.
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- Enfin, tout récemment, MM. Priestman ont (fig. 26 et 27) proposé de diviser l’enveloppe du cylindre moteur en deux parties parcourues : l’une B, par l’eau de circulation, l’autre B' par le mélange détonant, sorti du vaporisateur qui s’y échauffe avant de pénétrer au cylindre moteur (1).
- Annexe n° 5 (page 662).
- Essais des moteurs Priestman.
- Essais du professeur Unwin. — Ces essais ont porté sur un moteur Priestman horizontal de cinq chevaux, à cylindre de 216 millimètres de diamètre sur 305 millimètres de course, marchant à 200 tours par minute : vitesse du piston,
- 2 mètres par seconde. Le cylindre n’était graissé que par une faible condensation de vapeur de pétrole : il était rafraîchi par une circulation d’eau automatique par gravité, ou par l’eau de la ville, à volonté.
- On avait pris les mesures nécessaires pour mesurer les températures d’entrée et de sortie de l’eau, ainsi que celles des gaza la sortie du vaporisateur et à l’échappement. On employa, pour la mesure du travail indiqué, des indicateurs de Crosby et de Mac Innés : ces derniers, à bras plus raides, donnaient des diagrammes plus réguliers. Le travail effectif était mesuré par un frein à cordes et à peson passé sur le volant, et graissé avec de l’huile de paraffine, qui donne un coefficient de frottement constant, et refroidit le frein par son évaporation. La dépense de pétrole se lisait au niveau du récipient S, fig. 6, page 660, préalablement calibré à 7 grammes près et se vérifiait par des pesées.
- Priestman (1887). Détails des soupapes d’admission et d’échappement
- (1) Brevet anglais, 4142, 7 mars 1891.
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- On mesurait la quantité relativement faible d’air refoulé par la pompe d’après son débit calculé, et l’on a, dans un des essais, mesuré par un gazomètre la quantité d’air sortie du réservoir Y (fig. 5, p. 659) par la soupape qui en règle la pression. Le volume d’air aspiré par la soupape S, (fig.6,p. 660) au vaporisateur était mesuré, mais approximativement seulement, par un anémomètre à compteur électrique installé dans une boîte d’aspiration en bois montée à l’entrée de la soupape.
- En pleine charge, la combustion du pétrole est presque parfaite, et l’échappe-
- Fig. 22. — Moteur’ Priestmcin (de 1880',.
- m. réservoir à pétrole alimemtant le moteur. — C ou C', réserve de pétrole. — B, pompe comprimant l'air au-dessus du pétrole dans le réservoir m. Pour remplir le réservoir m on marche, on en fait communiquer le haut avec le tuyau c et le bas avec c', de manière que le pétrole do c s’y écoule par son poids; quand la réserve de pétrole est en contre-bas de m, comme en C', on refoule le pétrole do C> en m, en les faisant communiquer par bet en refoulant par B de l’air en C'. — D, pot laveur d’échappement. — E, lampe de mise en train (fig. 23). — A, réservoir do mise en train rempli d'air comprimé de m ou refoulé de B par a.
- ment invisible ; à faibles charges, il se produit un peu de fumée et quelques ratés, ainsi qu’à vide. La température des gaz de l’échappement a, dans le cinquième essai, dépassé 315°. Elle restait, en général, sensiblement constante pendant toute la durée d’un essai, ainsi que celle du vaporisateur, qui ne fut jamais assez élevée pour gazéfier complètement le pétrole.
- Les principales dimensions du moteur étaient les suivantes :
- Diamètre du cylindre moteur...........................
- Course................................................
- Surface du piston.....................................
- Volume d’une course...................................
- Volume de l’espace nuisible et de la chambre de compression . ..............................................
- V
- Rapport — = 1,8:5.
- 216 millim.
- 305 —
- 366 cent, carrés. V = 11^,163.
- v = 5ut,95.
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- Diamètre de Ja pompe de compression.....................130 millim.
- Course. ............................................... 70 __
- Volume d’une course.................................... 0m,930
- Espace nuisible........................................ 0 20
- Frein. Diamètre du volant.............................. Im,403
- — — de la corde............................. 10
- — — effectif................................ lm,415
- Poids du moteur, 1 800 kil., y compris le volant de 500 kil.
- Fig. 23. — Priestman (1889). Lampe d’allumage ou de mise en train.
- E, réservoir de pétrole. — é, éjce-teur d’air comprimé. — e2 mèche de la lampe, qui donne ainsi une flamme très intense. Au départ, l’air comprimé arrive du réservoir de mise en train A (fig. 22) au réservoir de pétrole m, par a, puis do m on e'.
- i <1h î
- I pétrole
- Fig. 24 et 23. — Priestman (1887).
- Robinet à 3 voies pour mise en train et carburation.
- Ce robinet permet d’envoyer du pétrole et de l’air comprimé à la lampe de mise en train, par c2 d-, en même temps qu’au pulvérisateur par c'd', puis do supprimer cet envoi, une fois la machine en train, en tournant le robinet dans la position indiquée à droite.
- Les principaux résultats des essais sont consignés au tableau de la page 767.
- La dépense d’huile a oscillé, en pleine charge, entre 0Ht,385 pour le pétrole Daylightet Okil,4aO avec la Rus-soline, équivalents en tenant compte des puissances calorifiques, à 0kil,450 et 0kil,550 de charbon, chiffres qui ne sont pas atteints même par les meilleures machines à vapeur de grandes dimensions.
- Composition des huiles employées.
- Carbone ...................................
- Hydrogène. . ..............................
- Oxygène par afférence......................
- Densité à lu0..............................
- Point d’inflammabilité (Abel)..............
- Puissance calorifique calculée (1).........
- Russoline.
- Daylight.
- 85,88 0/0 14,07 — 0,05 —
- ÏÔÔ
- 84,62 0/0 14,86 — 0,52 —
- ÏÔÔ
- 0,8226 0,793
- 30° 25°
- 11 000caI- 12300oal-
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- Ainsi qu’on le voit, l’huile Daylight, plus légère et plus volatile que la Rus-soline, a donné aussi de meilleurs résultats : une combustion plus vive et plus complète, un rendement thermique de 0,155 au lieu de 0,139 et 0,133.
- Rendements thermiques absolus
- OU RAPPORT DU TRAVAIL EFFECTUÉ A LA CHALEUR REÇUE
- Travail indiqué. Travail effectif.
- Essai n° V...................................................... 0,188 0,155
- — 1 ...................................................... 0,152 0,139
- _ IV...................................................... 0,161 0,133
- SS»
- Fig. 26 et 27. — Priestman 1891).)
- Cylindres A à chambres de compression A' séparées de la circulation d’eau B, et réchauffant en B, le mélaDge détonant, au sortir du vaporisateur, avant son admission au cylindre.
- Fig. 28. — Essais Unwin. Concours de Plymouth (1890).
- Diagramme d’un moteur Priestman de 4 chev. et demi en pleine marche (vitesse 180 tours). Dépense : 0kil,49 d’huile de Broxburne par cheval indiqué.
- Analyse thermique de l’essai n° IV.
- Chaleur développée par la combustion de la russoline..............100
- Travail au frein..................................................... 13,31
- Frottement de la machine.............................................. 2,81
- Travail indiqué...................................................... 16,12
- (1) En tenant compte de la chaleur de vaporisation des 9 x 0,1407 et 9 x 0,1486 kil. d’eau fournis par la combustion de ces huiles.
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- Résultats généraux des essais de M. Unwin. — Moteur Priestman de 5 chevaux.
- NUMÉROS DES ESSAIS.
- 5 PLEINE CHARGE. 1 PLEINE CHARGE, 4 PLEINE CHARGE. 2 DEMI-CHARGE. 3 A VIDE.
- Nature du pétrole em-
- ployé Daylight Russoline Russoline Russoline Russoline
- Tours par minute. . . 204,33 7,73 211,32 214,29 187,3
- Pression moyenne ef-
- fective en kilog. par
- centimètre carré . . 3,73 2,90 3,20 1,78 0,4
- Charge moyenne efîec-
- tive du frein .... 38k,85 33,35 33,35 17,30 0
- Rayon moyen du frein. 708 mill. 708 708 708
- Travail au frein. . . . 7Ch,722 6,765 6,882 3,62 0
- — indiqué. . . . 9ch,369 7,408 8,332 4,706 0,889
- Travail, rendement or-
- ganique 0,824 0,91 0,826 0,769
- Dépense d’huile par
- cheval effectif . . . 0k,385 0k,428 0k,450 Ok,635
- Dépense d’huile par 0,370
- cheval indiqué . . . 0,316 0,390 0,435 2,60
- Pression de l’air sur le
- pétrole (effective) . . 0k,57 0,57 0,60 0,76 0,65
- Température ambiante. 15° 14,5 14,5 16,00 15°
- Température initiale de
- l’eau de circulation. 7° 5,5 8,5 4 4,5
- Température finale de 46,0
- l’eau de circulation . 49° 53,5 46 40,5
- Échauffement de l’eau
- de circulation. . . . 42° 48,5
- Température au vapo- 38,5 42 36,5
- risateur 142° 129°
- Température à l’échap- 131 123» 127°
- pement plus de 315° 300 277 237 173
- Air aspiré par seconde. 22\3 20,8 30,0 11,0 5,30
- Air aspiré par kilogr. 43,2
- d’huile 33k,4 (!) 31,7 21,7 10,1
- Pressions moyennes ef-
- fectives au diagram- 9,00
- me (Explosion). . . 10k,6 9,40 3,40 0,67
- Finales 0,25 0,17 0,18 0,11
- A l’aspiration (vide). . — 0,07 -—0,28 — 0,23 — 0,40 — 0,50
- A la compression. . . 2k,45 1,92 1,82 1,05 0,42
- (1) Non compris l’air de pulvérisation évalué à 1/30 environ de l’air aspiré.
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- Chaleur emportée par l’eau de circulation...................... 47,54
- — — l’échappement.............................. 16,72
- Pertes par rayonnement et autres............................... 9,61
- Ainsi que le montrent les diagrammes, le régulateur agit non pas en modifiant l’origine ou le point de l’allumage, mais bien sa vivacité, en ralentissant la combustion, en diminuant la compression, et en augmentant le vide ou le travail d’aspiration.
- M. Unwin avait auparavant, en 1890, au concours de la Société royale d’agriculture d’Angleterre, essayé un moteur Priestman de quatre chevaux monté sur roues et du poids de 2870 kilos, présentant les particularités suivantes :
- „ . ( Diamètre,............
- Cylindre. . . < „
- J ( Course...............
- Volume de la chambre de compression Vitesse .............................
- 215
- 305
- 31U,600 180 tours.
- On marchait avec de l’huile minérale de Broxburne:
- Densité................................................ 0,81 à 15°
- {Carbone..................................86,01 en poids.
- Hydrogène...............................13,90
- Résidu.................................. 0,09
- Puissance calorifique, environ 11 000 calories par kilogramme.
- Les principaux résultats des deux essais exécutés en pleine marche et à demi-force sont les suivants :
- Pleine marche. Demi-force.
- 2h, 1/2 2 heures.
- 179‘,5 180,8
- 4ch,496 2,362
- 5ch,243 3,210
- 0 ,837 0,738
- 2k, 38 1,45
- 0k, 56 0,90
- 0k, 48 0,66
- Durée de l’essai...................................
- Vitesse moyenne....................................
- Puissance au frein.................................
- — indiquée,...............................
- Rendement organique................................
- Pression moyenne indiquée..........................
- Dépense d’huile par cheval-heure effectif..........
- — — — indiqué. . .
- La dépense augmente, comme dans tous les moteurs, quand le travail effectif diminue, parce que le rendement organique baisse de ce que la résistance propre du moteur reste à peu près invariable : cette résistance qui était, en pleine marche, de 14 p. 100 du travail effectif, s’élevait à 26 p. 100 en demi-force.
- L’analyse thermique de ce moteur a donné les résultats moyens suivants :
- Chaleur de combustion de l’huile dépensée...........................100,00
- — équivalente au travail effectif.............................. 10,86
- — — à la résistance du moteur.......................... 1,80
- — — au travail indiqué................................ 12,67
- — emportée par l’eau de circulation.......................... 53,39
- — — par l’échappement et divers........................ 33,96
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- ARTS MÉCANIQUES. —1 2 3 4 NOVEMBRE 4892.
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- On employa pendant ces essais environ 130 litres d’eau de circulation par cheval-heure entrant à 16° dans l’enveloppe du cylindre et sortant à 40° : c’est ce qui explique la perte considérable par les parois : 53,4 p. 100.
- M. Unwin a dressé, d’après ces essais, le tableau suivant, qui permet de comparer le moteur Priestman aux machines à vapeur et à gaz.
- MACHINE
- MEILLEURES machines à vapeur Turner MOTEURS A GAZ OTTO MOTEUR
- à vapeur à condensation. sans condensation (1) au gaz d’éclairage (2). au ^'az Dowson. Priestman
- Combustible par cheval-heure
- indiqué Prix par cheval-heure indiqué, 0kg,70 3kg,80 0kg,40 (3) 0kg,;j9 0kg,63
- en centimes 2(4) 10,9 7,47 1,67 8,30
- Le petit moteur à pétrole est, d’après, ce tableau, plus économique en chaleur utilisée ou en combustible par cheval indiqué que les meilleures machines
- b /1
- Fig. 29. — Diagramme Robinson Moteur Priestman de 6 chevaux, à 180 tours.
- Diamètre : 215 millimètres ; course, 305; puissance indiquée, 8ch,5; effective. 7,6. — Dépense d’huile Royal-Daylight un demi-litre par cheval-heure effectif; O1,400 par cheval indiqué : compression, 2kiI,30: pression moyenne, 3kil,80.
- Fig. 30. — Machine d’un cheval (huile des phares).
- Vitesse, 213 tours; pression moyenne, 4kil,60; puissance indiquée, 3ch,37 ; effective 2e,05; dépense, O1,60 par cheval effectif.
- à vapeur, et ne le cède comme rendement thermique qu’aux moteurs à gaz Otto. Son utilisation est six fois plus élevée que celle d’une bonne locomobile de même force, sur laquelle il l’emporte même comme dépense en argent. En revanche, il coûte plus cher que le moteur à gaz Otto avec le gaz d’éclairage — à 0 fr. 12,
- (1) Machine locomobile de 5 chevaux, ayant obtenu le 2e prix à ce même concours de Ply-mouth.
- (2) Essais Kennedy : dépense 0ta,62B de gaz par cheval indiqué, à 12 cent. 1/2 par mètre cube.
- (3) Équivalent en charbon des 0to3,62o de gaz.
- (4) Houille de Galles à 30 francs la tonne, à laquelle on a ramené les dépenses des autres machines.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Novembre 1892.
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- 770 ARTS MÉCANIQUES.
- ]e mètre cube — et beaucoup plus
- Fig. 31. — Diagramme d’un moteur Priestman d’un cheval (Robinson).
- Royal-Daglight : vitesse 216 tours; pression moyenne, 4kil,30; puissance indiquée, 3ch,l8; effective, 2,56 ; dépense, O1,58 par cheval-heure effectif.
- -- NOVEMBRE 1892.
- que l’Otto au gaz Dowson, qui est le
- Fig. 32. — Même légende qu’en ligure 31.
- Tea Rose : vitesse, 186 tours; pression moyenne, 4ch,20; puissance indiquée, 2ch,67 ; effective, 2ch,l0 ; dépense, O1,70 par cheval-heure effectif.
- plus économique de tous les moteurs analysés au tableau de M. Unwin.
- IIUILE EMPLOYÉE RUSSOLINE. MARQUE PHARE LIGIITHOUSE. ROYAL DAYLIGHT. RUSSIAN LUSTRE.
- Poids spécifique à 13°,5 C. 0,824 0,810 0,811 0,825
- Coefficient de dilatation. . 0,00068 0,00072 0,00067 0,00072
- Carbone par kil. d’huile. . 0,86 0,86 0,85 0,86
- Hydrogène par kil. d’huile. 0,44 0,14 0,15 0,14
- Point d’inflammation (Abel) 27° 8 C 66o 7 C 24° ,5 C ))
- Point d’ébullition 131 C 163 o C 144o C ))
- — —. —
- Nature de l’essai pleine charge demi-charge pleine charge demi-charge pleiue charge demi-charge pleine charge demi-charge
- Durée 3 heures 3 heures 2 heures 2 heures 2 heures 2 heures 2 heures 2 heures
- Tours par minute .... 204 212 212 218 212,4 211 211 212
- Chevaux mesurés au frein. 6,76 3,54 7,5 3,9 7,05 3,7 6,9 3,7
- Dépense d’huile par che-
- val-heure au frein.. . . 0,43 kil. 0,60 kil. 0,43 kil. 0,55 kil. 0,41 kil. 0,62 kil. 0,45 kil. 0,60 kil.
- Prix en gros de l’huile par
- litre 0,08 fr. )) 0,11 fr. » 0,10 fr. „ 0,072 fr. »
- Dépense par cheval-heure
- au frein 0,04 — 0,060 fr. 0,060 — 0,073 — 0,05 — 0,08 fr. 0,04 — 0,052 fr.
- Utilisation des calories de
- l’huile, en chevaux effec-
- tifs 14 0/0 10,5 0/0 14,4 0/0 11,160/0 14,9 0/0 10 0/0 13,72 0/0 9,18 0/0
- Utilisation des calories dans
- le cylindre 10 à 13 0/0 de plus qu’au frein.
- Température au vaporisa-
- teur 126« 133« 126® 130o 133» 1350 139» 149°
- A l’échappement O O eo 249»
- Les moteurs avaient une enveloppe h circulation d’eau enlevant 10 à 50 p. 100 de la chaleur totale évaluée à 10 600 calories par kilo
- d'huile. La pression d’explosion, de9ks,8à8k6,4enpleine marche, tombait à 3kg,5 en demi-force, et la compression tombait de 2 kil. à 0k,8.
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- Essais de M. Robinson. — M. W. Robinson a aussi exécuté un certain nombre d’essais sur les moteurs Priestman.
- Les diagrammes (fig. 29 à 33) permettent de se rendre compte de la marche du moteur Priestman avec différentes qualités de pétroles spécifiées au tableau, page 770 ceux des figures 31 à 33 ont été relevés sur une machine d’un cheval : diamètre 415mni, course 303, avec une cylindrée de 3lit,lS et une chambre de compression de lm,45.
- On admettait à chaque course 2OC,50 d’huile pour 3m,15 d’air à la température moyenne de 78°. Les courbes de compression indiquent, principalement pour la Storrar’s Oil, une petite condensation favorable au graissage; l’huile des phares, plus homogène que les autres, a donné les puissances moyennes les plus élevées parce qu’elle se vaporise mieux et s’enflamme plus vite (4).
- Des essais plus récents, exécutés avec un moteur Priestman à cylindre de 216mm X 305 de course : volume de la chambre de compression 61U,07, ont donné les résultats résumés au tableau de la page 770 (2).
- Nous complétons ces divers renseignements sur le moteur Priestman par le tableau des diamètres et courses des cylindres des types courants.
- Force nominale. Diamètre. Course.
- 1 111 millim. 203 millim.
- o 137 254
- 3 165 305
- 5 216 303
- 7 248 3:10
- 9 273 356
- 11 298 381
- Annexe n° 6 (page 678).
- Moteurs Rrayton (3). — Les principaux types de moteurs essayés par M. Bray-ton avant d’arriver à celui décrit à la page 678 sont ceux de 4872 et de 1882.
- La machine de 1872 est un moteur à combustion sous une pression constante
- (1) Robinson. TJse of petroleum in prime Motors. Society of Arts, 1er mai 1891.
- ^2) ld., mars 1892.
- (3) G. Richard. Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 669.
- Fig. 33. — Même légende qu’en figures 31 et 32.
- Storrar’s Scotch oil Gas : vitesse 184 tours ; pression moyenne 3kil,70; puissance indiquée, 2ch,33 ; effective, 1,92 : dépense, O1,67 par cheval-heure effectif.
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- sensiblement égale à celle de la pompe G, figure 35, conjuguée au cylindre moteur par un balancier B. Cette pompe comprime de l’air à 4 ou 5 atmosphères dans un réservoir R, d’où il passe à la soupape d’admission et d’allumage D. L’échappement s’opère ensuite par L.
- La soupape d’admission D s’ouvre en c (fig. 37) sur un tamis de toiles métalliques feutrées a, au travers duquel la pompe E refoule à chaque course motrice la quantité de pétrole nécessaire. Une fois allumé par F, lors de la mise en train, le pétrole ne cesse de brûler en a comme dans une grosse mèche ; et c’est, en réalité, le renforcement de cette flamme à l’admission qui détermine l’impulsion motrice.
- La pompe d’injection du pétrole E, dont les dimensions sont très faibles —
- Fig. 34. — Moteur Brayton de 1872. Ensemble de la partie supérieure du moteur.
- 4mm,5 de diamètre pour un moteur de quatre chevaux — a sa distribution commandée par un petit tiroir très simple.
- Le régulateur agit en diminuant simultanément la course de la pompe E — entre 2 et 13 millimètres — et la durée de l’admission D.
- Deux essais exécutés en 1878, par M. Dugald Clerk, sur un moteur à pétrole Brayton de quatre chevaux, à cylindre moteur de 200 X 300 de course et à pompe à air de 200 X 150, ont donné les résultats suivants :
- Vitesse moyenne (tours par minutes)..............................200
- Puissance effective (chevaux)....................................... 4,26
- — indiquée.................................................. 5,39
- Rendement organique................................................. 0,79
- Puissance indiquée au cylindre moteur............................... 9,49
- Résistance indiquée à la pompe...................................... 4,10
- Pression moyenne au cylindre moteur............................... 2k,2Q
- — — à la pompe....................................... 2k.10
- Dépense de pétrole de densité 0,85 par cheval indiqué............ 11,15
- Effectif............ 11,46
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- 773
- La dépense élevée de ce moteur tient principalement à son mauvais réglage : la pression finale du refoulement de la pompe y est, en effet, notablement plus élevée que celle de l’admission au cylindre moteur, ce qui indique une chute de
- Fig. 35 et 36. — Moteur à pétrole de Brayton, type de 1872 (un coup par tour).
- C, pompe refoulant de l’air comprimé à 4 ou 5 atmosphères dans des réservoirs R. — M, cylindre moteur, conjugué avec C par le balancier B, recevant de la soupape d’admission D une injection de pétrole fournie par la pompe E, et d’air comprimé enflammée en a (fig. 37), et brûlant en M sous une pression constante de 3kil,5 environ, jusqu’à la détente, qui commence aux 0,4 environ de la course. — L, tuyau d’échappement sous une pression effective d’environ 0kil,70. — O, came soumise au régulateur et agissant sur le débit de la pompe à pétrole E.
- pression de la pompe au réservoir d’air comprimé R, puis de ce réservoir au cylindre moteur. L’influence des parois est aussi très considérable ; elle abaisserait, d’après M. Clerk, considérablement la température de la flamme à l’admission, et ramènerait de 30 à 6 p. 100 de la chaleur totale le rendement thermique du moteur (1).
- (1) Clerk. The Gas Engine, p. 156.
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- La principale difficulté pratique qui empêcha le succès de ce moteur fut l'encrassement rapide des cylindres et des organes d’allumage.
- Dans la machine de 1882, représentée par les figures 38 à 40, cet allumage a été perfectionné par l’addition, aux toiles métalliques, d’une garniture poreuse imper"
- méable^fig. 39), au travers de laquelle le pétrole est injecté par le tuyau q, de manière à développer une flamme circulaire continue (1). Lamise en train s’opère en injectant un peu de pétrole dans la garniture s par la pompe d’injection, que l’on fait tourner à la main, puis un peu d’air comprimé du réservoir de mise en train, en ouvrant R, après quoi l’on allume s par le trou H, que l’on referme aussitôt. Il est, comme on le voit, facile d’enlever, pour les nettoyer, les toiles d’allumage P et la soupape d’admission.
- La culasse d’allumage, le cylindre et le piston sont refroidis par une circulation d’eau très étendue, et qui paraît exagérée.
- La pompe à air est représentée par la figure 40. L’aspiration se fait en H et le refoulement au réservoir d’air comprimé par L, sous une pression de 5kil,6 environ.
- Le régulateur agit, comme dans la machine précédente, simultanément sur la course de la pompe à pétrole et sur la soupape d’admission.
- Ces machines, qui se construisent jusqu’à des forces de 30 chevaux, dépensent environ 0ut,900 de pétrole brut par cheval-heure effectif (2).
- o °o.
- O O0o0° N
- °o o°0 o°<ï\ o oo o O O O
- O Ùn0°0Q°0
- 0°OÔ° o o o o
- Fig. 37. — Moteur à pétrole Brayton, de 1872.
- Détail de l’allumage.
- b et c, robinet et soupape d'admission de l’air comprimé. — a, tamis de toiles métalliques maintenues entre deux plateaux en laiton perforé. Ces toiles sont constamment traversées d’un petit filet de pétrole, qui y entretient, une fois allumée par F, une petite flamme permanente brûlant au delà du tamis. Lors de l’ouverture de la soupape c, la pompe à pétrole E (fig. 35) injecte sur ce tamis du pétrole, qui le traverse en formant avec l’air de c un mélange qui s’allume à la flamme permanente, dont le développement constitue, en réalité, la course motrice.
- Annexe n° 7 (page 691).
- LES RÉGÉNÉRATEURS
- Les régénérateurs. — iNous avons souvent indiqué le rôle important que les
- (1) Brevets américains 4 51468 et français 10403o de 1874.
- (2) American Machinist, 11 nov. 1882.
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- régénérateurs ou récupérateurs de chaleur sont appelés, suivant nous, à remplir dans les moteurs à gaz, principalement dans les moteurs de grande force (1). Nous allons développer ici quelques-unes des raisons générales qui motivent cette opinion, tout en renvoyant, pour ce qui concerne les détails d’exécution des régénérateurs, aux ouvrages traitant plus spécialement des machines à air chaud.
- C’est, en effet, sur les machines à air chaud seules — dont les moteurs à gaz ne sont qu’un cas particulier — que les régénérateurs ont été essayés jusqu’à
- Fig. 38. — Moteur Brayton de 1892, donnant une explosion par tour. Construit par la Brayton Petroleum Engine C° de Boston.
- présent, mais sans succès : nous allons essayer de montrer que cet insuccès est dû à des difficultés d’ordre purement pratique, et non pas, comme on l’a cru longtemps, à un défaut théorique ou de principe des régénérateurs.
- Il est nécessaire, pour cela, de rappeler quelques principes de thermodynamique, universellement admis aujourd’hui.
- On sait que l’on désigne d’une façon générale par coefficient économique d’un
- (1) G. Richard. Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole (1892), p. 453. Les moteurs à gaz (1884), p. 14. Les moteurs secondaires à l’Exposition de 1889, p. 234 et 303.
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- moteur thermique quelconque le quotient de la chaleur (Qt—Q2) restée dans la machine, par la chaleur totale Qt, prise au foyer ou au corps chaud, et que ce coefficient est, entre les mêmes limites de températures tx et t2, maximum quand le corps travailleur décrit un cycle de Carnot, c’est-à-dire, un cycle fermé réversible limité par deux adiabatiques et deux isothermiques, à t} et t2. Ce cycle est, en effet, celui où le corps travailleur reçoit la chaleur motrice à une température invariablement la plus haute possible et en abandonne le résidu minimum à la température la moins élevée possible, tandis que ses changements de température s’effectuent sans variation de chaleur. On ne saurait prolonger la détente adiabatique du corps travail-
- Fig. 39. Fig. 40.
- Moteur Brayton de 1882. Détails du cylindre moteur et de la pompe à air.
- II, (fig. 3Ô) allumage de la flamme permanente pour la mise en train. — P, tamis métallique semblable à celui de la figure 37. — a, garniture en coton entourant le tamis P, et dans laquelle on injecte le pétrole en Q. — R, aiguille permettant d’injecter de l’air comprimé on a pour la mise en train. — E, soupape d’échappement. — H et L (fig. 40), soupapes d’aspiration et de refoulement de la pompe à air.
- leur au delà du point le plus bas de ce cycle, ou sa compression au-dessus du point le plus élevé, autrement qu’en abaissant artificiellement, c’est-à-diré avec une certaine perte de rendement, sa température au-dessous de celle
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- du réfrigérant, ou qu’en l’élevant, artificiellement aussi, au-dessus de celle du
- Fig. 41. — Diagramme d’un moteur Brayton de 1882 de 5 chevaux. Diamètre 200 millimètres, course 30.'), marchant au pétrole brut. — Marche A' vide ; résistance 5ch,30.
- foyer. On n’a donc aucun intérêt à dépasser les limites mêmes du cycle de
- Fig. 42. — Marche normale. (Même légende qu’en figure 4L’
- Carnot, ni, évidemment, à les restreindre; et comme la chaleur Q1? cédée du
- Fig. 43. — Marche en pleine force, 11ch,90 indiqués. (Même légende qu’en figure 41.)
- foyer au corps travailleur pendant l’isothermique t{, est, par définition, transformée tout entière en travail, tandis que la chaleur Q2, cédée par le corps au Tome VII. — 91e année. 4e série. — Novembre 1892. 99
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- réfrigérant à t,, l’est, par définition aussi, le plus économiquement possible, on conçoit, sans qu’il faille, comme cela est d’ailleurs très facile, le démontrer
- y.-Qi
- rigoureusement, que le coefficient économique p
- Qi
- soit maximum
- dans le cycle de Carnot.
- On sait, en outre, que ce coefficient est donné, pour le cycle de Carnot, et indépendamment de la nature du corps travailleur, par la formule
- P
- 0, - Qo
- Qi
- — 1
- T.j C1
- Tj étant la température absolue : ty + 273° la plus élevée du cycle.
- Sous une autre forme, le travail maximum que peut rendre un corps est indépendant de sa nature et proportionnel au quotient de la chute de température disponible : ty — t,. par la température absolue disponible la plus élevée t,.
- Comme ce travail maximum ne peut théoriquement s’obtenir que par l’emploi d’un cycle de Carnot, on en a conclu souvent que tout le perfectionnement des moteurs thermiques devait consister à s’y rapprocher le plus possible du cycle de Carnot. Or, cette conclusion est absolument fausse, car le cycle de Carnot est irréalisable et ne conduirait, fût-il réalisable, qu’à des machines tout à fait impraticables.
- Le cycle de Carnot est irréalisable parce qu’il suppose que la chaleur y soit reçue et rejetée à des températures constantes; c’est-à-dire que, pendant ces opérations, la température du corps travailleur ne diffère, à chaque instant, qu’infiniment peu de celles du foyer et du réfrigérant. Or, cette condition suppose, indépendamment des phénomènes de dissociation et des variations des chaleurs spécifiques qui se produisent plus ou moins dans les moteurs à gaz, deux impossibilités physiques : des foyers et des réfrigérants d’une capacité calorifique infinie, et un corps travailleur d’une conductibilité également infinie. Notez que, en outre, ce corps doit travailler dans des cylindres de conductibilité nulle, pour pouvoir décrire ses adiabatiques, et que sa pression ne doit jamais différer qu’infiniment peu de la résistance du piston, afin que ses mouvements intérieurs n’y développent aucune force vive appréciable, conditions qui imposent des cylindres en une matière imaginaire, et des pistons animés d’une lenteur irréalisable.
- Mais supposons que l’on puisse réaliser ces échangeurs de température de capacités et de conductibilités infinies, en même temps que des cylindres adiabatiques : la grandeur, le prix et les résistances passives des machines à cycle de Carnot s’opposeraient encore à son emploi d’une façon presque absolue. En fait, l’emploi du cycle de Carnot supposé réalisable conduirait, pour des coefficients économiques théoriquement modérés — 0,70 par exemple — à des pressions et à des températures très élevées — dépassant 120 atmosphères et 900 degrés — et à des volumes inadmissibles. En pratique, on ne pourrait dépasser un coefficient de 0,55.
- C’est ici qu’intervient la considération très importante des courbes isodiabatiques de
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- Rankine (1). On appelle ainsi deux courbes, remplaçant les deux adiabatiques a, a.2 du cycle de Carnot, et telles que la chaleur cédée par le corps pendant son refroidissement, suivant l’isodynamique remplaçant a2, soit, à chaque instant, égale à la chaleur reçue pendant son échauffement suivant l’isodynamique remplaçant ar
- Un pareil cycle, étant fermé et réversible, satisfait à l’équation de Clausius :
- et, comme la portion de cetle intégrale relative aux transformations isodiabatiques est nulle par définition, il faut, pour que l’intégrale totale soit nulle, que l’on ait, comme dans le cycle de Carnot
- Q1 = 0if
- U T,> ’
- de sorte que l’on peut dire que le coefficient économique industriel de ce cycle, défini par le rapport de la chaleur utilisée en travail indiqué à la chaleur totale dépensée, est le même que celui du cycle de Carnot, mais pourvu que la chaleur qiv fournie suivant l’un des isodiabatiques, soit restituée, en son isodiabatique conjugué, sous une forme qi.2 réellement utilisable. Sinon, il faut tenir compte des chaleurs et qi2, quinesontpas nulles, et le coefficient économique reprend sa valeur théorique générale, égale au quotient de la différence totale des chaleurs fournies et rejetées par la chaleur totale fournie. Cette valeur :
- (Qi + y?i) — (Qa + y»)____Qi Q2
- Qi + y h Qi + ç n
- est inférieure au coefficient économique du cycle de Carnot.
- On se rend d’ailleurs facilement compte de l’intérêt que l’on a de remplacer les adiabatiques av a.2 d’un cycle de Carnot par deux isodiabatiques iy et i.2, en conser-
- vant pratiquement le même coefficient économique 1 — ^, avec des pressions et des
- Ti
- volumes extrêmes beaucoup plus petits.
- Le difficile n’est pas de tracer théoriquement les isodiabatiques (2), mais de les réaliser pratiquement au moyen d’appareils permettant de satisfaire à leurs échanges de température sans perte de chaleur sensible pour la machine. Les appareils qui permettent de réaliser plus ou moins ces conditions sont connus sous le nom de Régénérateurs de chaleur.
- Leur utilité incontestable est telle que, de leurs perfectionnemements, paraît dépendre presque entièrement l’avenir des machines à air chaud et le perfectionnement des moteurs à gaz (3).
- (1) On the Geomelrical Représentation of the Expansive Action of Heat, and the Théorie of Ther-modynamic Engines (Royal Institution, janvier 1834).
- (2) Haton de la Goupillière, Cours de machines, vol. 2, p. 627.
- (3) Rankine a été l’un des premiers à caractériser nettement l’utilité des régénérateurs (1). Voici comment il s’exprime à ce sujet dans son célèbre Manuel de la machine à vapeur, aux pages 363, 364 de la traduction française (2) :
- «Entre les mêmes limites données de températures, le rendement d’une machine thermique est maximum quand toute la réception de la chaleur se fait à la température la plus élevée et
- (1) Air Engines. British Association, sept. 1854. Edinhurg Philosophical Journal, janv. 1855.
- (2) On- se faisait, avant la vulgarisation des théories de la thermodynamique, les idées les plus
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- Dans son sens le plus général, un régénérateur n’est autre chose qu’un appareil permettant d’emmagasiner puis de restituer de la chaleur, théoriquement sans perte de calorique, et pratiquement avec une faible perte. On connaît les services inappréciables rendus par ces appareils aux arts chimiques et métallurgiques, notamment par leurs applications aux fours Siemens ; nous savons très bien qu’ils n’ont pas eu le même succès sur les machines à air chaud; mais cela ne tient pas, comme on l’a dit quelquefois, à une erreur de principe, cela tient uniquement aux difficultés pratiques qui se sont opposées jusqu’à présent à la réalisation d’un bon régénérateur. Ces diffi-
- tout le rejet à la plus basse. Pour remplir exactement cette condition du rendement maximum entre deux températures données, l’élévation de température du fluide doit s’accomplir entièrement sans compression (mécanique), et son abaissement sans dilatation: opérations en général impossibles à cause des énormes volumes qu’elles imposeraient aux cylindres.
- « Cette difficulté est presque entièrement évitée par la méthode suivante, qui permet d’abaisser et d’élever alternativement la température du fluide avec une faible dépense de chaleur. Elle fut inventée, en 1816, par le Révérend Dr Robert Stirling, perfectionnée ensuite par M. James Stirling, le capitaine Ericson et d’autres.
- « Le fluide dont il faut abaisser la température passe au travers des interstices d’un appareil appelé économiseur ou régénérateur, formé d’un grand nombre de feuilles de métal ou d’un autre corps conducteur, ou par des tamis de toiles métalliques exposant une grande surface sous un faible volume. L’économiseur s’échauffe en refroidissant le fluide./Quand il faut relever la température du fluide, on lui fait retraverser l’économiseur en sens contraire; il lui reprend en partie la chaleur qu’il a précédemment cédée.
- « 11 est impossible d’accomplir cette opération absolument sans perte de chaleur. Dans quelques expériences de M. Siemens sur l’air, la perte de chaleur par course fut à peu près de 1/20 de la chaleur alternativement cédée puis enlevée à l’air. Dans la machine à air chaud du navire Ericson, cette perte était d’environ 0,10. »
- Voici comment M. Haton de la Goupillière s’exprime au sujet des régénérateurs dans son Cours de machines (vol. II, pp. 627-628) :
- « On peut se figurer clairement l’intervention du régénérateur. Jusqu’ici, une fois que le fluide était soustrait à l’action du calorifère, sa température tombait de h à t-i dans une enceinte incapable d’exercer sur lui aucune influence. Actuellement, pour opérer le refroidissement, on fait intervenir une paroi active, qui soutire à l’air, suivant une loi quelconque, les quantités de chaleur capables de déterminer l’abaissement progressif de la température.
- « Elle ne le fait pas dans les mômes conditions que le réfrigérant, qui engouffre définitivement, et en pure perte, durant la phase de compression isotherme, les calories dont il est chargé de dépouiller le gaz. Le régénérateur les reçoit seulement en dépôt. Il les emmagasine momentanément, pour les restituer ultérieurement, aux instants et dans la proportion convenable, pendant la quatrième phase du cycle. Ainsi donc, tandis que le calorifère se borne à fournir, et le réfrigérant à soustraire de la chaleur à l’air, ce troisième organe la recueille et la rend alternativement. Il en devient transitoirement le dépositaire, pour la régénérer au moment opportun. De là son nom de régénérateur. »
- M. Hirsch a donné, dans sa Théorie des machines aérothermiques, une théorie complète des régénérateurs, avec exemples numériques chiffrant leur utilité.
- étranges sur les régénérateurs, que leur inventeur lui-même, Stirling, présentait un peu à la manière d’une sorte de mouvement perpétuel (Inst, of Civil Enyineers, London, 1845 et 1852). Voir aussi les deux remarquables mémoires de sir William Siemens : On the conversion of Heat into Mechanical Effort et On,a Regenerative Engine. (Inst, of Civil Eng., London, 1852, vol. XII, pp. 571, 590, et Royal Institution Proc., vol. II, 1856, pp. 227, 236.)
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- cultés sont nombreuses et très graves. Le régénérateur doit, en effet, présenter une capacité calorifique très considérable, sous un volume aussi réduit que possible : offrir au passage du gaz des surfaces très étendues, et qui ne l’étranglent pas ; il doit surtout durer, ne pas se brûler ni s’effriter. C’est là la grande difficulté. Les toiles métalliques présentent bien une puissance d’absorption ou une activité d’échange très considérables (1), mais pendant peu de temps seulement, après quoi elles s’encrassent et se brûlent; aucun métal ne résiste, sauf peut-être le platine ou le nickel, encore trop coûteux. Les matériaux réfractaires, tous poreux, s’effritent ou s’engorgent. Bref, malgré de nombreuses recherches, poursuivies parfois avec la persévérance la plus éclairée et la mieux aidée de toutes les ressources (2), le problème de la construction d’un régénérateur de chaleur véritablement pratique est encore à résoudre.
- Nous allons maintenant dire quelques mots des cycles théoriques autres que celui de Carnot, dont on cherche habituellement à se rapprocher le plus possible dans la pratique. Ces cycles sont, comme on le sait, au nombre de deux, limités, l’un par deux’adia-batiques et deux horizontales, l’autre par deux adiabatiques et deux verticales. Les variations de chaleur s’effectuent dans le premier cycle à pressions constantes et, dans l’autre, sous volumes constants. — Ces deux cycles sont isodiabatiques, et ils donnent, entre des températures limites fixées, tl et t2, le plus grand travail possible lorsque les températures intermédiaires t3 et tk — au commencement de réchauffement et à la fin de la première adiabatique — sont égales entre elles et au produit t/tv t.y C’est ainsi que l’on obtiendrait la machine la plus énergique possible, point important dans l’industrie, et non la plus économique, et c’est aussi en se plaçant à ce point de vue que l’on a parfois contesté l’utilité des régénérateurs dans une machine bien construite, mais en prenant soin de ne pas indiquer par quelle bonne construction on pourrait bien arriver à réaliser ces cycles, puis à y faire t3=li. En fait, on n’a réussi qu’à détourner malheureusement l’attention des inventeurs d’un organe absolument essentiel à toute bonne machine à air chaud de quelque importance.
- Le coefficient économique de ces cycles
- Qi - Q* j **
- Ql ^3
- est inférieur à celui du cycle de Carnot, correspondant : p = 1 —
- Ti
- Dans le cas du travail maximum, ou f.,= tk = \/tl t2, le coefficient est en effet égal à
- et son rendement spécifique à
- Ce rendement augmente peu avec la température t{, comme le démontrent les chiffres du tableau ci-dessous, pour lequel on a pris t2= 0°.
- (1) Pochet. Mécanique industrielle, pp. 167.
- (2) Notamment celles de M. Hirsch.
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- Pour G = 100° ? = 0,54
- C O O 0,57
- 300° 0,59
- O O 0,61
- 500° 0,63
- Le second de ces cycles — variations de chaleur à pressions constantes — a été presque réalisé dans la machine de Joule (1), et non pas, comme on l’a dit souvent, dans la machine d’Ericson.
- Dans les machines célèbres d'Ericson (2) et de Stirling (3), les adiabatiques irréalisables des cycles précédents étaient remplacées par des isothermiques, isodiabatiques par définition, et qui rendent l’emploi des régénérateurs indispensables, de sorte que le reproche que nous avons signalé plus haut ne porte pas, même au point de vue purement théorique, lorsqu’il s’agit des véritables cycles d’Ericson et de Stirling, ou mieux des cycles dont leurs machines se rapprochent le plus.
- C’est dans les machines à foyer intérieur que l’on retrouve des cycles qui se rapprochent le plus de celui de Joule, limité par deux courbes d’égales pressions et deux adiabatiques. Tel est, par exemple, le cas de la remarquable machine américaine de Shaw, peu connue en France, bien qu’elle ait été exposée à Paris en 1867 (4).
- Les machines à foyer direct, dont l’invention remonte à Cayley (1825), sont presque toujours construites sans économiseur ou régénérateur de chaleur : c’est le seul moyen que l’on ait encore trouvé d’en éviter l’encrassement. Elles sont alors très inférieures aux machines du genre Stirling et Ericson, mais théoriquement, et seulement en ce qui concerne le rendement du corps travailleur ou de l’air en jeu. Le rendement du foyer est, au contraire, bien meilleur, puisque le cylindre moteur en est comme le prolongement, c’est-à-dire que les gaz du foyer chauffent l’air moteur le plus directement possible. Il en résulte que ces machines seraient, au point de vue du rendement, de beaucoup les meilleures, si on pouvait leur adapter un régénérateur efficace et durable, qui augmenterait leur rendement thermique de 50 à 60 p. 100.
- La machine à cdr chaud n’a fait, depuis longtemps, que de très faibles progrès. Cela tient à ce qu’elle ne présente, en principe, que d’assez rares avantages d’économie sur la machine àvapeur, pour les grandes forces du moins, et à ce qu’elle a rencontré, pour les forces moyennes, un rival presque toujours victorieux dans le moteur à gaz. Il n’y a rien d’anormal à cela, car le moteur à gaz n’est pas autre chose qu’une machine à air chaud à foyer intérieur débarrassée de tous les impedimenta habituels à ce genre de foyer, c’est-à-dire, excessivement simple, propre, automatique, marchant sans surveillance, plus énergique et moins encombrante parce qu’elle fonctionne à des pressions beaucoup plus élevées. Très économique aussi, car, lorsqu’on fabrique
- (1) Rankine. La Machine à vapeur, pp. 391 et 635, et Philosophical Trans., 1851.
- (2) Rankine. La Machine à vapeur. Portefeuille économique des machines (1880). — Bulletin de la Société d’Encouragernent (1853, p. 44). — Lissignol, Description de la machine Ericson (le Havre, 1834); brevets anglais : 3298, de 1826; 6409, de 1833; 1033, de 1885; 751, de 1856; 2110, de 1860; — français : 49806, de 1861 ; 92478, de 1871 ; 13851, de 1880 et Life ofJ. Ericson by W. C. Cliurch (New-York, Scribner, 1891).
- (3) Gustave Richard. Les moteurs secondaires à VExposition de 1889. Revue technique de l’Exposition, 6e partie, vol. II, p. 307. Bernard, 1891.
- (4) Gustave Richard. Les Moteurs secondaires, p. 326.
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- spécialement son gaz, au Dow son, par exemple, elle ne consomme même pas un kilogramme de charbon par cheval effectif. C’est, en somme, le plus commode et le plus économique des moteurs à air chaud sans régénérateur. On ne s’en doute guère en France, où le moteur à gaz est à peu près dix fois moins employé qu’en Angleterre ou en Allemagne; mais cette interdiction du moteur à gaz en France tient à ce que, dans notre pays, le gaz de force motrice est vendu en moyenne trois ou quatre fois plus cher qu’à l’étranger, en vertu de combinaisons administratives incapables de se troubler pour si peu que de suivre les progrès de la mécanique ou de satisfaire aux besoins de l’industrie.
- Pour les grandes forces, avec des machines dont le développement comporterait l’emploi rationnel mais compliqué, coûteux et encombrant d’un régénérateur, le moteur à air chaud reprendrait théoriquement l’avantage. Nous disons théoriquement, car cet avantage n’a jamais été acquis, même par la meilleure des machines à air chaud: celle de Stirling; et, du jour où l’on aurait trouvé un régénérateur pratique pour la machine à air chaud, il le serait aussi pour le moteur à gaz. Là se résume, en effet, toute la question des moteurs à air chaud pour grandes forces : ils n'y seront pratiques — nous ne disons pas supérieurs aux bonnes machines à vapeur — que du jour où le régénérateur industriel sera trouvé. Actuellement, ce régénérateur n’existe pas : tous les régénérateurs actuels, de capacité à peu près suffisante, bien entendu, sont excessivement encombrants, mais surtout excessivement fragiles; aucune matière usuelle ne résiste à leurs variations incessantes de température; tout s’oxyde, se brûle ou s’effrite.
- L’histoire des machines à air chaud présente donc ce fait, bien rare et curieux, d’une machine théoriquement presque parfaite — celle de Stirling — découverte presque du premier coup, bien avant que l’on pût en faire la théorie exacte, puis arrêtée dans son développement par une difficulté d’ordre purement pratique, et que l’on croirait, au premier abord, facile à vaincre. Jamais problème ne fut plus nettement posé, mieux défini, dans ces vingt dernières années du moins, que celui du régénérateur de chaleur; et pourtant, à l’Exposition de 1889, il n’y avait aucune machine à air chaud fonctionnant avec un régénérateur.
- Avec le moteur à gaz, l’utilité d’un régénérateur est presque évidente : théoriquement (1), le rendement thermique d’un moteur Otto à compression moyenne (2k,10 effectif) passerait de 0,45 à 0,56 ; avec une compression plus élevée (5k,6), ce rendement passerait de 0,54 à 0,72. En fait, et sans s’arrêter à aucune théorie, un régénérateur parfait économiserait en grande partie les 30 à 40 p. 100 de la chaleur totale de combustion des gaz perdus à l’échappement. C’est dire, d’un mot, tout l’intérêt que présente pour l’amélioration des moteurs à gaz l’étude des régénérateurs, actuellement presque délaissée.
- Les moteurs à compression, où la combustion s’opère sous pression constante, se prêtent, en général, mieux à l’emploi des régénérateurs : c’est, en effet,à cette classe qu’appartiennent les régénérateurs que nous allons décrire, et qui constituent, avec les remarquables machines de sir W. Siemens et de
- (1) Gustave Richard. Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 909.
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- M. Hirsch (1), à peu près les seules tentatives dignes d’intérêt dans la voie, à notre avis, des plus rationnelles, de l’application des régénérateurs avec moteurs à gaz.
- On verra, d’après la description de ces moteurs, empruntée presque entièrement aux brevets mêmes des inventeurs, que toutes la difficulté de l’application des régénérateurs aux moteurs à gaz est bien d’ordre purement pratique ; les machines que nous décrivons ici sont théoriquement presque parfaites, et marcheraient très bien, après quelques retouches d’exécution, si l’on pouvait réaliser leurs régénérateurs en une matière durable et d’une grande capacité caloriiique. Il faudrait, en outre, pour les moteurs qui emploient des garnissages forcément volumineux, atténuer les effets de l’agrandissement considérable de l’espace nuisible dû à la porosité excessive des matières réfractaires, à laquelle on n’a encore remédié que très imparfaitement.
- La machine Atkinson à régénérateur représentée par les figures 44 à 46 est à deux cylindres : un cylindre moteur A et un cylindre distributeur B, deux fois plus petit. En outre, la manivelle du piston moteur G est en avance de 80° sur celle du piston I). Suivant la position du robinet G, les fonds des cylindres A et B communiquent soit au travers du régénérateur E, soit directement par F. Enfin, le gaz est fourni au cylindre moteur par une pompe à simple effet L, dont la course s’accélère vers la fin du refoulement de manière à injecter le gaz le plus vivement possible.
- Dans les positions indiquées, le volume compris entre les pistons C et D est réduit au minimum ; la valve G vient de faire communiquer les cylindres par le régénérateur, en fermant F. La pompe L refoule en C du gaz qui s’y enflamme avec l’air comprimé que B refoule au travers du régénérateur.
- Lorsque le piston moteur C arrive au milieu de sa course motrice, D arrive au fond de sa course de compression, ainsi que L ; 1a. détente commence, activée parce que le piston D aspire la partie la plus chaude des gaz brûlés au travers du régénérateur, de sorte qu’il ne s’en échappe que très peu par les orifices I lorsque le piston moteur les découvre. Le refroidissement des gaz brûlés par le régénérateur doit, en effet, être assez puissant pour que leur contraction les fasse tenir presque entièrement dans le cylindre B, bien qu’il soit moitié de A. Le résidu des gaz brûlés une fois échappé dans l’atmosphère au travers d’un orifice M, pourvu d’un clapet de retenue, la pression tombe en A au-dessous de celle de l’atmosphère, de manière qu’il y pénètre de l’air par les orifices H aussitôt que le piston les découvre. Cet air, aspiré par H au travers d’une soupape de retenue N, jusqu’à ce que le piston C ferme, au retour, les orifices H, chasse devant lui en B, au travers du régénérateur, les gaz brûlés du fond de A. Dès que le piston moteur a refermé H, le piston D ouvre les orifices K, et le robinet G tourne de
- (1) Gustave Richard. Les nouveaux moteurs à gaz et à pétrole, p. 17 et 463. — Moteurs de Siemens, Hirsch, Arson, Babcock, Atkinson, Garvie, Oowe...
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- manière à ouvrir sur B le canal F pendant la moitié de la course arrière de C. Cette course s’accomplit sans compression, l’air de A chassant par F K la majo-
- Fig. 44 à 46. — Atkinson (1889). — Moteur à régénérateur.
- A, cylindre moteur. —B, pompe de volume moitié de celui de A. — C et D, pistons moteur et do la pompe, attelés à des manivelles calées k 80°. — L, pompe à gaz. —• E, régénérateur à distributeur G. Partant de la position d’allumage indiquée figure 46, oti les gaz occupent le moindre volume possible entre les pistons C et D, le piston C marche en avant, et D en arrière, refoulant au travers du régénérateur de l'air, qui s’échauffe et brûle en O le gaz injecté par L, jusqu’à cc que C vienne à la moitié de sa course-avant, et D au fond de sa course-arrière. A partir de cc point, milieu de la course motrice de C, l’injection du gaz cesse, les pistons C et D marchent tous deux en avant, et la pression baisse, par la détente et parce que les gaz qui passent de A en B au travers du régénérateur se refroidissent en lui cédant leur chaleur. A la fin de sa course motrice, le piston A découvre les orifices I, — par où l’échappement s'opère au travers de la soupape M — puis les orifices H, par où l’air entre do la soupape N dans le cylindre moteur, où la pression est tombée au-dessous de celle de l’atmosphère, en chassant devant lui, au travers du régénérateur, les gaz brûlés du cylindre A au cylindre B, d’où ils s’échappent ensuite par KM, vers la fin de la course-avant de D. Un peu après le commencement du retour du piston moteur C, le robinet G ouvre le canal F, de manière que l’air froid, qui remplit alors presque entièrement A, passe directement de A en B. L’échappement se termine en K, et la compression commence quand le piston moteur se trouve presque à mi-course-arrière.
- rité des gaz brûlés du cylindre B. Lorsque C arrive au milieu de sa course-arrière, le piston D, qui revient aussi en arrière, ferme l’échappement K ; la valve directrice G s’ouvre au régénérateur, et la compression commence en A et B, jusqu’à l’allumage, qui a lieu une fois par tour. En ce moment, il ne reste dans la machine Tome VII. — 91e année. 4e série. — Novembre 1892. 100
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- qu’une petite quantité de gaz brûlés, confinés derrière le piston D, et dont la présence ne peut nuire en rien à l’allumage.
- Le moteur deM. Atkinson est théoriquement des plus rationnels. La valve G, qui n’a pas besoin d’être parfaitement étanche, peut être facilement rafraîchie: la difficulté n’est pas là, mais dans la construction même du régénérateur, sur la-laquelle M. Atkinson ne dit rien. Quant à la pompe à gaz L, elle peut être très
- petite. M. Atkinson préfère à juste titre, et afin d’utiliser le mieux possible son régénérateur, employer un grand excès d’air; il assure alors l’inflammabilité de son mélange en actionnant la pompe à gaz par une came profilée de manière qu’elle le refoule en abondance, par une courte course, à la fin de la compression.
- Cet allumage s’opère par l’incandescence d’un tube de porcelaine O (fig. 47) à garniture d’amiante, rougi par une flamme de chalumeau. Au droit de l’injection du gaz, c’est-à-dire au point le plus riche du mélange actif, une partie du gaz injecté par L s’enflamme directement au contact du tube, et allume le reste du mélange.
- Les figures 48 à 51, qui représentent l’application des régénérateurs Atkinson à un moteur brûlant du combustible solide, montrent avec
- O, tube en porcelaine a zone rougie par une flamme de eha-lumeau sur laquelle arrive le jet L de la pompe U gaz quelle facilité On paSSe du moteur Û figure 46. 1 1.
- gaz au moteur à air chaud similaire proprement dit. La modification se borne essentiellement au remplacement de la pompe à gaz L du moteur précédent par un foyer fermé P, aussi petit que possible, et communiquant avec le cylindre moteur A par le canal R. La compression refoule dans ce foyer un peu d’air frais qui brûle son combustible en oxyde de carbone, lequel se rend, mélangé aux hydrocarbures distillés de ce même combustible, au cylindre A, lorsque son piston monte. Ces gaz rencontrent, avant d’arriver en A, l’air chaud venant du régénérateur E, qui les brûle en engendrant une pression motrice à peu près constante sous A.
- Le petit piston F ne fait que fermer le canal G : la résistance du régénérateur
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- Fig. 47. — Atkinson. — Allumage par tube.
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- Fig. 48 à 31. — Atkinmi (1889). — Moteur à air chaud à régénérateur pour combustible solide.
- (Même légende générale qu’en figure 44.)
- Vue d’arrière du foyer et coupe par les orifices d’écliappement II et K des cylindres A. et B. — P, foyer fermé remplaçant la pompe L du moteur précédent, alimenté, par une glissière ST, do combustible que l’on tasse avec le pilon U. — V, soupape régulatrice laissant, quand le moteur s’emporte, une partie de l’air refoule par B s’échapper directement dans l’atmosphère.
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- au passage des gaz, plus élevée que celle de F, suffit, en effet, pour que les gaz cessent de traverser le régénérateur dès que G est ouvert.
- Lorsque la machine s’emporte, le régulateur ouvre une soupape V qui laisse échapper une partie de l’air refoulé de la pompe B au foyer.
- On peut, avec du pétrole purilié et léger, marcher en le pulvérisant à l’aide d’une pompe d’injection analogue à la pompe L (fig. 46) ; tandis, qu’avec les huiles lourdes, les goudrons et les pétroles impurs, on emploie, comme dans la seconde machine (fig. 48), un petit foyer renfermant du coke ou du mâchefer incandescents sur lequel on injecte le pétrole.
- Non seulement le régénérateur est, comme nous venons de le voir, un moyen d’augmenter le rendement des moteurs à gaz, mais il constitue en outre, à notre avis, le seul moyen, peut-être pratique un jour, d’augmenter notablement ce rendement : c’est ce que nous allons tâcher d’établir par les considérations générales suivantes (1).
- J’insisterai tout d’abord sur une particularité capitale et des plus intéressantes du mélange gazeux employé par l’immense majorité des moteurs à compression.
- « Dans la plupart de ces machines, c’est-à-dire dans presque tous les moteurs à compression intérieure, où la compression s’effectue par l’unique face motrice du piston, on ne chasse pas complètement du cylindre les gaz brûlés pendant la course motrice; on conserve au contraire, vers la fin de l’échappement, dans la chambre de compression, un volume très notable : un quart environ de ces produits de la combustion. Il en résulte, qu’au moment de l’allumage, le cylindre moteur se trouve rempli d’un mélange de gaz d’éclairage, d’air et de gaz inertes, ou produits de la combustion motrice précédente, constitués en grande partie d’acide carbonique et d’azote. En outre, ces gaz ne sont pas intimement mêlés dans toute leur masse, de sorte que le mélange gazeux présent au cylindre au moment de l’allumage n’est pas uniforme ou homogène, mais hétérogène. La composition de ce mélange varie d’un point à l’autre du cylindre; mais il faut, en plus, que cette variation suive une certaine loi, que l’on peut formuler en disant que le mélange doit être d’autant plus riche en gaz, ou plus pur et plus actif que l’on se rapproche plus du point d’allumage ; en un mot, le mélange doit “présenter sa région la plus riche à l'allumage.
- La réalité de ce mélange hétérogène, longtemps contestée par toutes sortes d’arguments a priori, ne l’est plus aujourd’hui depuis sa constatation expérimentale absolument indéniable, notamment en Angleterre par Dewar, et enBel-
- (1) Extrait d’une conférence faite par l’auteur, le 16 octobre 1891, dvant la Société des Ingénieurs civils.
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- gique par M. Dwelshauvers. On n’en conteste pas davantage la nécessité relative, c’est-à-dire, l’obligation de ne pas mélanger uniformément aux gaz actifs les produits de la combustion conservés au cylindre, mais, au contraire, de conserver à ce mélange une région riche aux environs de l’allumage. Ces deux points sont actuellement acquis, et ce que l’on discute, ce n’est plus l’existence de ce mélange, ni la logique de sa constitution, étant admis qu’il faille garder les gaz brûlés, mais la question de savoir s’il faut ou non conserver ces gaz, s’il est ou non avantageux de chasser complètement les produits de la combustion.
- Au premier abord, il semble que l’expulsion complète s’impose. Il semble en effet presque évident que ces gaz devraient provoquer des détonations intempestives par leur contact brûlant avec les gaz actifs, ou s’y mélanger au point d’en rendre l’allumage presque impossible et la combustion très imparfaite; et c’est, en effet, contre ces objections, des plus spécieuses, que les inventeurs de moteurs à gaz ont si longtemps et si vainement lutté. On admettait comme un axiome, ainsi que le spécifiait Beau de Rochas, la nécessité de l’emploi d’un mélange intime d’air et de gaz, sans gaz inertes,, donnant la pression la plus élevée possible. De là, cette persévérance, en apparence inexplicable aujourd’hui, à compliquer le moteur à compression de toute sorte d’organes destinés soit à chasser complètement les gaz brûlés, soit à les séparer mécaniquement des gaz actifs ; erreur d’une importance telle, et si universellement admise, que le principe capital de la compression ou du cycle à quatre temps ne put être appliqué que soixante-seize années après sa découverte par Lebon. C’est dire combien il faut, en matière de moteurs à gaz comme en presque toute chose, se méfier extrêmement des raisonnements a'priori et des affirmations basées sur une évidence autre que la preuve expérimentale.
- Ce n’est pas à dire que l’on ne puisse arriver à construire de bons moteurs à gaz sans y conserver les produits de la combustion. On peut y parvenir soit avec un seul cylindre, par des mécanismes à courses inégales ou à pistons auxiliaires, ou en ajoutant au cycle à quatre temps des périodes supplémentaires, soit, et c’estle moyen le plus usité, par l’emploi d’une compression effectuée en dehors du cylindre moteur : c’est la solution des machines à compression extérieure. Mais on peut, sans préjuger de l’avenir, affirmer que, jusqu’à présent, aucune de ces machines n’a présenté des avantages suffisants pour les faire préférer au type plus simple à quatre temps et à compression intérieure, presque universellement adopté aujourd’hui.
- Il faudrait, en effet, pour justifier les complications qu’entraîne l’expulsion complète des gaz brûlés, que cette expulsion améliorât notablement la combustion du gaz et le rendement du diagramme. Or, l’expérience a démontré que, dans l’immense majorité des cas, et, bien entendu, avec une formation du mélange
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- et un allumage convenablement disposés, la conservation des gaz brûlés ne nuit pas à la combustion des gaz. Ces gaz n’agissent que comme atténuateurs du choc de l’explosion, ainsi que le ferait un matelas d’air en excès, également inerte, mais avec cet avantage qu’ils diminuent par leur chaleur la perte à l’échappement ; et, comme il suffit, d’autre part, pour assurer l’allumage au point le plus riche, de l’effectuer dans le canal même d’introduction du mélange actif d’air et de gaz, ou tout près de ce canal, et autant que possible dans l’axe du cylindre, il n’apparaît aucune raison de renoncer au type fondamental de moteurs si nettement défini par Otto en 1876, lequel résulte essentiellement, comme nous venons de le voir, non pas de l’emploi seul du cycle à quatre temps, mais de la combinaison de ce cycle avec la conservation d’une partie notable des gaz brûlés pendant la course motrice.
- C’est donc, actuellement du moins, à cette combinaison fondamentale qu’il faut se rallier en cherchant par quels moyens on pourrait en améliorer encore les résultats.
- Ces moyens sont de deux sortes : d’ordre thermique et d’ordre mécanique.
- Dans l’ordre thermique, il faut s’efforcer de diminuer le plus possible les deux grandes pertes du moteur à gaz : la perte parles parois et la perte par l’échappement.
- Dans la moyenne des moteurs actuels, la 'perte par les parois, autant qu’on peut la déduire approximativement de la chaleur emportée par l’eau de refroidissement, oscille entre 30 et 45 p. 100 de la chaleur totale de combustion du gaz. On peut la réduire par trois moyens isolés ou combinés : en diminuant la durée, l’intensité ou l’étendue de l’action des parois.
- On diminue la durée de l’action des parois en augmentant la vitesse du piston moteur soit par une rotation plus rapide, soit, pendant la course motrice seulement, par des dispositifs à courses inégales ou par l’emploi de pistons libres, difficilement applicables aux machines à compression.
- La vitesse du moteur ne saurait être augmentée indéfiniment en raison de l’influence destructive des chocs qui croît à peu près comme le carré des vitesses ; mais, sans aller jusqu’aux limites dangereuses mécaniquement, d’autres causes limitent aux environs de 250 à 300 tours la vitesse pratique des moteurs d’une force supérieure à un cheval. La principale est que, d’après l’expérience, l’économie des moteurs n’augmente pas, ou que de très peu à partir de 250 tours environ : l’augmentation des résistances passives du moteur arrive très vite à compenser l’accroissement du diagramme, et cet accroissement même n’a pas toujours lieu; car, si la température de l’explosion est plus chaude, il en est souvent de même de celle de l’échappement.
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- C’est à cette même cause : l’augmentation corrélative de la porte par l’échappement, qu’il faut attribuer, sans même parler de la complication de leurs mécanismes, le peu d'économie réalisée par les machines à"courses inégales. Yoici, par exemple, comment se répartissait la chaleur dans un moteur Otto et dans un moteur Atkinson essayés en 1888, dans des conditions aussi comparables que possible, par la Société des Arts de Londres :
- Otto. Atkinson.
- Puissance calorique du gaz dépensé.....................100 100
- Chaleur convertie en travail............................... 22,1 22,8 0/0
- Chaleur perdue par l’eau de refroidissement................ 43,2 27
- Chaleur perdue par l’échappement........................... 35,5 50,2
- Le moteur Atkinson, l’un des plus ingénieux des types à courses inégales, chassait complètement les gaz brûlés, tout en n’employant qu’un seul piston dans un cylindre ouvert, et donnait une course motrice d’un tiers environ plus longue que celle de l’aspiration. On voit que le rendement du diagramme est presque identique dans les deux moteurs : 22 p. 100 dans l’un, 23 p. 100 dans l’autre, et que ce fait s’explique parfaitement de ce que le moteur Atkinson perd à très peu près à l’échappement ce qu’il gagne aux parois.
- On n’a donc, jusqu’à présent, rien ou presque rien gagné à diminuer la durée de l’action des parois, ou, plus exactement, la durée de la course motrice dans les moteurs à compression.
- Gagne-t-on à en diminuer l’intensité, c’est-à-dire à augmenter la température moyenne des parois, ou, plus exactement, à diminuer la différence entre leur température et celle des gaz pendant la course motrice? Il existe, pour cela, deux moyens : augmenter la température des parois, diminuer celle de l’explosion.
- Augmenter la température des parois de la totalité du cylindre au delà de celle correspondant à une circulation d’eau sortant à 70 ou 80°, il n’y faut pas songer : le piston gripperait bientôt, même avec un graissage exagéré, et dépenserait d’ailleurs en huile, en usure et en frottement plus que le gain parfois nul du diagramme. Mais l’on n’est pas obligé de chauffer tout le cylindre, on peut en isoler plus ou moins la chambre de compression, où se fait l’allumage et où le piston ne pénètre pas, et que l’on peut ainsi laisser à une température plus haute. C’est la solution des chambres de compression isolées, appelées parfois réchauffeurs, proposées depuis très longtemps sous les formes les plus diverses, mais à peine employées sur deux ou trois types de moteurs. L’économie de cette disposition n’est pas évidente, car rien ne dit que l’on ne perd pas à l’échappement ce que l’on gagne au diagramme pendant les premiers instants de la course; en tout cas, le gain ne saurait être que très faible. Des expériences
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- exécutées avec deux moteurs ne différant entre eux notablement que par l’isolement de la chambre de compression, marchant à peu près à la même vitesse et à la même compression, avec le même allumage, ont en effet donné des résultats comparables et plutôt favorables au moteur sans chambre isolée ou sans réchauffeur. Si l’on ajoute à cette considération celles de la situation défavorable des organes mécaniques solidaires du réchauffeur et de la chaleur désagréable qu’il dégage, il n’y a pas lieu de s’étonner du peu de considération que son usage a reçu de la pratique, bien qu’il ait été proposé et essayé depuis longtemps. En fait, si quelques constructeurs reviennent aujourd’hui à l’emploi des chambres de combustion isolées, c’est plutôt soit concurremment avec d’autres dispositifs, soit à la recherche d’un moyen de réaliser ainsi, pour les machines à pétrole, l’allumage spontané de Beau de Rochas.
- La dilution du mélange actif dans une masse plus ou moins importante de gaz inertes : air ou produits de la combustion, contribue aussi à diminuer l’influence des parois en abaissant la température propre de la course motrice. Dans quelle mesure? Il est très difficile de la préciser en présence des phénomènes extrêmement complexes qui se produisent dans le cylindre d’un moteur à gaz, mais on peut néanmoins affirmer que, toutes choses égales, aussi bien sans qu’avec la compression, le rendement sera d’autant meilleur, à combustion complète, que le dosage moyen du mélange sera plus faible. Ce fait, dès longtemps indiqué par la théorie, a été parfaitement démontré par de nombreuses expériences, notamment par celles de Clerk, Slaby, Salanson et Debuchy. Le dosage le plus usuel oscille aux environs de 1 de gaz pour 10 d’air en volume; on peut aller à la rigueur jusqu’à 14 ou 15 d’air, mais en usant à l’extrême des trois moyens dont on dispose pour reculer la limite d’inflammabilité des mélanges gazeux : des parois très chaudes, une compression très élevée, une dilution ordonnée de manière que le mélange présente à l’allumage sa région la plus riche. On a bien cherché, mais sans succès, à perfectionner cette dilution en disposant dans le cylindre certains organes mécaniques, ou en y créant des tourbillons de manière à distribuer les gaz brûlés tout autour du mélange actif en une sorte de gaine l’isolant des parois; aucun résultat avantageux n’est venu justifier ces complications.
- Nous arrivons au seul moyen pratique de diminuer la surface refroidissante des parois au moment de l’explosion, c’est-à-dire à la compression, caractéristique dominante du moteur à gaz moderne. Mais la compression ne se borne pas à diminuer ainsi l’influence des parois : augmentant, au moment de l’allumage, la température du gaz dont elle rapproche en même temps les molécules, elle en recule la limite d’inflammabilité et permet l’emploi de dosages plus pauvres, ce qui est, comme on le sait, une raison d’économie.
- De plus, elle joue un rôle mécanique précieux en atténuant, supprimant
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- même les chocs dus au jeu des articulations qui se trouvent ainsi resserrées au moment même de l’explosion. La question est de préciser jusqu’à quel degré il convient de pousser la compression. Au point de vue thermique, la réponse est facile : il faut l’élever jusqu’à sa limite, jusqu’à l’allumage spontané; mais, outre que cet allumage est à peu près irréalisable avec les gaz ordinairement employés, et, qu’à cette limite, le cylindre ne durerait pas longtemps, il faut remarquer que l’avantage à retirer d’une augmentation de la compression est loin d’être proportionnel à cette augmentation. En admettant, ce qui est au-dessus de la vérité, que la pression d’explosion augmente proportionnellement à la compression et que la détente soit isothermique, le rendement n’augmenterait qu’avec le logarithme de la compression (formule de Salanson). Le moteur à grande compression sera toujours le plus avantageux, mais avec un gain d’autant moindre que l’on comprimera davantage ; et, d’autre part, à compression égale, cet avantage sera d’autant plus sensible que la pression d’explosion sera moindre. D’après cette formule logarithmique, évidemment trop favorable, on ne gagnerait que très peu en passant, par exemple, de 3 à 4 atmosphères à la compression; de sorte que l’on peut affirmer qu'il n’y a, dans l’état actuel de la construction, en tenant compte de la fatigue imposée au cylindre et au mécanisme par les grandes compressions, aucun intérêt pratique à dépasser une compression de 3 atmosphères effectives ; et c’est, en effet, aux environs de ce chiffre, plutôt au-dessous, que se tiennent la grande majorité des constructeurs.
- En résumé, des divers moyens dont on dispose pour diminuer l’influence des parois, aucun ne semble pouvoir êlre utilement prolongé au delà des limites que leur a fixées actuellement l’expérience, tandis que plusieurs d’entre eux seraient plutôt nuisibles à l’ensemble du moteur; et l’une des raisons principales de cet état de choses, c’est que l’on perd, en général, à l’échappement ce que l’on gagne aux parois.
- Ce n’est donc pas par une diminution de l’influence seule des parois qu’il faut chercher à perfectionner notablement le rendement thermique des moteurs à gaz.
- Voyons si nous pouvons quelque chose du côté de la perte à U échappement, qui oscille, comme on le sait, entre 30 et 40 p. 100 de la chaleur motrice. Théoriquement, la réponse est immédiate. Même en ne modifiant que le moins possible le reste du cycle usuel des moteurs à gaz, il est bien évident que l’emploi d’un régénérateur parfait, recevant les gaz de l’échappement et parcouru en sens inverse par ceux de l’admission, restituerait au mélange moteur la chaleur actuellement emportée par les gaz de l’échappement, et nous éviterait en très grande partie la perte de cette chaleur.
- C’est donc aux régénérateurs qu’il faudrait théoriquement recourir pour réa-Tome VII. — 91e année. 4e série. — Novembre 1892. 101
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- liser le seul perfectionnement notable du cycle des moteurs à gaz dont on entrevoit en ce moment la possibilité; d’autant plus, qu’évitant de perdre à l’échappement ce que l’on gagnerait, comme nous l’avons vu, par certains moyens, aux parois, l’emploi des régénérateurs lèverait en partie les objections présentées contre ces moyens et permettrait de gagner doublement, en réduisant à la fois la perte des parois et celle de l’échappement.
- Pourquoi n’a-t-on pas encore appliqué aux moteurs à gaz le régénérateur, du moins aux moteurs de grande force ? Nous touchons ici à l’un des points les plus curieux de l’histoire des machines thermiques, dont l’étude est bien faite pour démontrer quelle distance sépare souvent la théorie de la pratique, et quelle différence il faut savoir reconnaître entre l’énoncé d’un théorème et la réalisation d’une machine. Le régénérateur est connu depuis l’origine des machines à air chaud, dont les moteurs à gaz ne sont qu’un cas particulier. En 1816, Stirling lui donna, dans sa remarquable machine, l’une de ses formes théoriquement les plus parfaites. On n’a jamais conçu de machine à air chaud plus ingénieuse, plus irréprochable en théorie que celle de Stirling; et pourtant son illustre inventeur en expliquait le fonctionnement par les idées les plus singulières, attribuant au régénérateur le rôle d’une sorte de mouvement perpétuel. On explique maintenant ce rôle, on en reconnaît unanimement l’efficacité, même pour les machines à air chaud les plus parfaites possibles, dans lesquelles ce rôle n’est pas évident, à telles enseignes qu’on l’a parfois nié en se fondant sur certaines applications trop incomplètes de la thermodynamique à l’étude des moteurs. Si donc les régénéra, teurs ne se rencontrent pas, ou presque pas, sur les machines à air chaud, cela ne tient ni à une erreur de principe, ni à la nouveauté de leur invention : cela tient uniquement aux difficultés pratiques qui se sont sans cesse opposées à la réalisation d’un bon régénérateur.
- Ces difficultés sont, en effet, multiples et très graves. Le régénérateur doit, comme nous l’avons vu, présenter, sous un volume aussi réduit que possible, une capacité calorifique considérable, une grande puissance d’échange de températures; offrir au passage des gaz, mais sans en étrangler l’écoulement, des surfaces de contact très étendues, autant que possible inaltérables et parfaitement accessibles au nettoyage; il doit surtout durer. C’est là la difficulté principale. Les toiles et les lames métalliques, d’une si puissante activité d’échange, s’encrassent et se brûlent. Aucun métal ne résiste, sauf le platine, et peut-être le nickel, encore trop coûteux. Les matières réfractaires, plus encombrantes et moins actives, presque toutes poreuses, s’engorgent, s’écaillent ou s’effritent; et le fait est, qu’après les recherches les plus nombreuses et les mieux dirigées, celles de M. Hirsch notamment, on est encore à chercher une matière capable de satisfaire au service d’un régénérateur véritablement pratique. La partie thermique et mécanique de l’application du régénérateur aux moteurs à gaz et à air
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- chaud est presque entièrement résolue; on sait comment il faut l’introduire dans le cycle de ces machinés, et quels résultats il donnerait. Pour les moteurs à gaz, le problème esta l’étude depuis longtemps. De 1860 à 1881, sir William Siemens, familiarisé mieux que personne avec la pratique des régénérateurs de la métallurgie, en a étudié l’application aux moteurs à gaz dans une série de travaux extrêmement remarquables, d’où sortira peut-être le moteur à gaz de l’avenir. D’autres, à la suite de Siemens, ont repris la question autant pour les machines à huiles minérales brutes que pour les moteurs à gaz ; bien des solutions ont été proposées et sont présentées chaque jour, parfois très ingénieuses aux points dé vue thermique et mécanique, mais échouant sans cesse, comme Siemens, parce que la matière manque. C’est au chimiste, au métallurgiste — à qui la mécanique a rendu de si grands services — de venir à leur tour en aide au mécanicien.
- On voit comment ce problème de l’amélioration thermique du moteur à gaz, ramené en apparence à deux termes très simples : réduire la perte aux parois et à l’échappement, s’est, dès l’abord, compliqué extrêmement, non seulement par le fait des difficultés pratiques particulières à chacune de ces solutions, mais surtout par la solidarité de ces deux causes de pertes réagissant l’une sur l’autre au point qu’il paraît extrêmement difficile de diminuer l’une sans augmenter l’autre presque d’autant; et c’est ainsi que nous avons été amené à présenter le régénérateur comme le seul moyen théorique, malheureusement encore impraticable, d’arriver à améliorer notablement, à plus que doubler le rendement du moteur à gaz.
- Cette solidarité que nous avons constatée entre la perte aux parois et la perte à l’échappement, il ne faut jamais oublier qu’elle existe entre tous les organes du moteur à gaz. Le cylindre d’un moteur ne présente, en réalité, qu’une analogie plus lointaine qu’on ne le croit souvent avec l’appareil de laboratoire dans lequel on étudie séparément le phénomène d’une explosion de mélanges gazeux. Dans les moteurs à gaz, une course motrice n’est jamais isolée ; son allure dépend de la course précédente et influe sur la suivante; en outre, les résultats finals et dominants : le rendement sur l’arbre, la durée, la sûreté et la régularité du moteur, sont soumis à bien d’autres influences, solidaires aussi les unes des autres, parfois contradictoires, et dont l’ensemble doit toujours être présent et Comme agissant et vivant sous les yeux du constructeur. Aussi, tout en reconnaissant l’extrême importance des recherches de laboratoire et leur parfaite exactitude en soi, faut-il se garder d’en généraliser trop hâtivement les conclusions et bien se rappeler, en appliquant ces conclusions, qu’elles portent sur des phénomènes considérés isolément et non pas sur ce qu’ils deviennent, comme dans ce moteur en marche, parmi tout un ensemble de réactions diverses et multiples, dont la plupart sont encore inexpliquées.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- NOVEMBRE 1892.
- C’est ainsi que, pour ne considérer que l’une des périodes du cycle des moteurs à gaz, et la plus importante : la course motrice, il faut bien reconnaître qu’elle est extrêmement complexe et, en allant au fond des choses, encore inexpliquée. On ne peut pas encore répondre complètement à cette question : D’où vient la perte à l’explosion et à la détente? De l’influence des parois? En partie, cela n’est pas douteux ; cette influence agit, on a même pu en formuler certaines lois particulières, en la considérant isolément; mais pour combien et dans quel sens, variable ou constant, intervient-elle au milieu des autres phénomènes simultanés de la course motrice, tels que l’augmentation des chaleurs spécifiques aux températures de l’explosion — qui n’est pas encore universellement admise ; — les dissociations — plutôt soupçonnées que démontrées; — le prolongement de la combustion pendant la détente — nié par les uns, magistralement affirmé par d’autres — et qui est en tout cas, s’il existe, comme je le pense, fonction de la nature du mélange, de la compression, de la puissance de l’allumage, en un mot, qui se présente comme un phénomène des plus complexes en lui-même et en raison de sa solidarité avec l’ensemble des actions qui se manifestent simultanément dans le temps si court d’une course motrice.
- Nous sommes donc encore dans l’incertitude au sujet de la nature réelle de la plupart des phénomènes qui se produisent dans le cylindre des moteurs à gaz; et il serait plus que présomptueux de dire qu’il n’y a pas d’intérêt pratique à les connaître. La théorie expérimentale du moteur à gaz n’est pas faite ; on sait comment s’est ébauchée celle de la machine à vapeur; par quels travaux persévérants, désintéressés, avec quels résultats d’une incontestable utilité et glorieux pour notre pays. La théorie expérimentale des moteurs à gaz ne s’établira pas non plus toute seule ; mais elle est certainement d’une importance suffisante pour qu’on s’y applique sans reculer devant sa difficulté, l’aridité des travaux, la longueur et le prix des études. J’ajoute qu’il serait à souhaiter que cette théorie fût établie par des savants et des ingénieurs français, et qu’il n'est en apparence besoin, pour que ce souhait se réalise, comme aussi bien d’autres études extrêmement importantes pour l’art de l’ingénieur, que d’une chose très simple en elle-même, et dont l’urgence s’impose à tous égards : la réorganisation la plus prompte possible du laboratoire de notre Conservatoire des Arts et Métiers.
- Gustave Richard.
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- THÉORIE DU PUDDLAGE PAR THOMAS TURNER.
- Le présent article a spécialement pour objet d’étudier le mode d’élimination du silicium pendant le puddlage.
- On admet généralement que ce métalloïde est chassé très rapidement, ce fait a été énoncé par Calvert et Johnson en 1857 ; tous les métallurgistes sont aussi d’accord sur ce point que l’oxygène de l’air ne joue qu’un rôle secondaire dans les réactions du puddlage, le rôle principal est rempli par l’air combiné que renferment les crasses et les scories.
- On conçoit dès lors que les conseils à donner doivent se rapporter surtout au mode d’action des substances oxydantes contenues dans le four. L’oxyde de fer a été pendant trop longtemps aux yeux des métallurgistes l’agent actif de l’oxydation : il existe plusieurs oxydes de fer, et ce composé est loin d’être le seul digne de considération. Une explication de la théorie du puddlage, basée uniquement sur l’action de ce corps, serait peut-être à sa place, malgré son peu de précision, dans une conférence où l’on tiendrait avant tout à la simplicité, elle est inadmissible dans une recherche scientifique.
- M. Snelus, en parlant du procédé de Dank, a proposé pour le puddlage la théorie suivante. L’oxyde ferrique est l’agent actif de l’opération, le fer qu’il contient est réduit par l’action du carbone, du silicium, et des autres corps réducteurs, de sorte que la formule suivante rend compte de l’élimination du silicium :
- 2 Fe2 O3 -h 3 Si = 3 Si O2 + 4 Fe
- Cette explication est très simple; malheureusement, elle n’est pas d’accord avec l’expérience. M. Snelus base sa théorie sur deux faits : le premier consiste dans la constitution de la scorie en majeure partie composée d’oxyde ferrique ; le deuxième est l’expérience suivante devenue classique : 5 grammes de silicium cristallisé et 8 grammes de minerai de Bilbao, mélangés et placés dans un creuset de chaux, donnent, après deux heures de chauffe dans un four Siemens, un volumineux résidu de silice et quelques parcelles de fer.
- Au point de vue industriel on peut objecter à cette expérience, qu’elle porte sur trop peu de matières ; d’ailleurs, le silicium cristallisé et l’oxyde de fer pur no se rencontrent pas dans la pratique.
- Au point de vue chimique, la réaction précédente montre seulement que dans certaines conditions l’oxyde de fer peut oxyder le silicium ; les produits résultant de l’expérience n’ontpas été pesés, et celle-ci n’a pas été répétée avec d’autres proportions, aussi n’esl-il pas absolument prouvé que la théorie de M. Snelus soit exacte.
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- Les 5 grammes de silicium employés exigent bsr,7 d’oxygène pour être convertis en silice, et les 8 grammes de minerai ne peuvent fournir plus de 2gr,4 d’oxygène; on voit donc que le silicium se trouvait en grand excès, tandis que c’est précisément le contraire que l’on observe dans les fours à puddler.
- Le docteur Percy formula cette objection en 1864 ; de plus,il estima, sans baser son opinion sur aucune expérience, que l’oxyde de fer devait être réduit à la haute température des fours, avec formation de silicate de fer; dans ce cas, le silicium ne pourrait réduire ce silicate ferreux. Quant à nous, nous ne mettons pas en doute que si M. Snelus avait employé plus d’oxyde dans son expérience en se rapprochant ainsi des conditions de l’opération industrielle, il n’eût obtenu un résultat différent, et que l’apparition du silicate ferreux n’ait prouvé la justesse des prédictions du docteur Percy.
- Jusqu’à présent le sujet qui nous occupe a été envisagé dans l’hypothèse de M. Snelus, c’est-à-dire en supposant que l’acide ferrique est l’agent oxydant.
- Le docteur Percy affirme que cet oxyde est infusible, sauf aux températures très élevées, et qu’alors il fond en perdant de l’oxygène avec formation d’oxyde magnétique. Il est probable que dans l’expérience de M. Snelus, à la température du four Siemens, c’était l’oxyde magnétique seul qui réagissait.
- Ces considérations sur la fusibilité et la stabilité relative de l’oxyde magnétique conduit à ce que nous croyons être la vraie théorie du puddlage.
- Sir William Siemens présenta en 1868 à la British Association un travail sur le puddlage du fer; ce mémoire jugé très important fut imprimé en entier dans les rapports de l’Association. Voici dans quels termes sir William conclut :
- a En me basant sur ces observations, je puis affirmer que l’élimination du silicium et du carbone pendant la phase d’ébullition de la fonte est due en entier à l’action de l’oxyde de fer en fusion; une quantité équivalente de fer est alors réduite et s’ajoute à la masse totale; cependant ce gain est, en général, perdu dans les phases subséquentes de l’opération... La scorie peut être considérée comme formée de Fe3 O4 (combinaison fusible de peroxyde et de protoxyde) avec plus ou moins de silicate tribasique 3Fe0S03, substance inerte, qui n’affecte pas la réaction. »
- Siemens calcule alors que chaque partie de silicium dissous dans la fonte, en s’oxydant aux dépens de l’oxyde magnétique réduit 2,8 fois son poids de fer qui s’ajoute à la masse. En prenant 28 pour le poids atomique du sicilium,on obtiendrait 3 parties de fer pour chaque partie de sicilium transformée en Si O2, alors, en considérant le silicate produit comme étant du silicate ferreux 2 FeOSiO2, on constate que l’ancienne et la nouvelle formule ne diffèrent dans l’évaluation de fer que de 0,5 p. 100.
- Ce travail fut publié quelques années avant le mémoire sur le procédé de Dank. Cette théorie de Siemens n’est pas basée comme celle de M. Snelus sur
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- une expérience faite dans un simple creuset avec moins d’une demi-once de matière; elle repose sur les résultats donnés par le traitement, dans un four, d’une demi-tonne de fonte d’une composition connue, en présence d’une atmosphère inerte.
- Dans le mémoire sur le puddlage que j’ai présenté le mois de mai dernier et quia suscité les objections de M. Snelus, j’exposais mes vues sur la théorie de cette opération telle que je la conçois; ces vues sont basées en partie sur mes propres expériences, mais surtout sur mes observations. Certainement les points principaux de l’explication de Siemens s’accordent avec la pratique de chaque jour et ce n’est que sur les questions de détail que l’on peut avoir une opinion différente de la sienne. Ainsi je ne puis admettre que l’élimination du sicilium et du carbone soit due en entier à l’oxyde de fer en fusion ; quoique l’importance de l’oxydation par l’atmosphère ait été très exagérée, cependant on doit reconnaître que, dans tous les cas, l’action de l’oxygène de l’air est appréciable. Ce fait est prouvé par le changement de composition que subit la fonte dans un four où elle ne se trouve pas en présence d’oxyde fusible, c’est-à-dire d’oxyde magnétique. Dans ce cas, l’élimination du sicilium se fait indirectement, le fer est d’abord oxydé et cède ensuite son oxygène au silicium. Il ne nous semble pas non plus que le silicate de fer soit une matière inerte n’affectant en rien la réaction.
- Ainsi qu’il a été dit plus haut, le docteur Percy affirme que le silicate normal de fer n’oxyde pas le silicium, et l’on doit bien s’y attendre; de même, on doit penser que le phosphate de fer ne doit pas oxyder le phosphore; cependant ce dernier sel n’est pas pour cela inerte, car il oxyde le carbone, en même temps que le phosphore réduit s’unit au fer; on peut prétendre avec raison que le silicate de fer se conduit d’une manière analogue, et, tout en restant inerte vis-à-vis du silicium, comme le prétendent Percy et Siemens, il peut réagir avec une autre des substances en présence.
- Dans le laboratoire de Mason College, M. A.-E. Barrows a préparé récemment une certaine quantité de silicate de fer normal chimiquement pur, afin d’étudier son influence sur les éléments ordinairement en présence dans le four à puddler. Cette préparation consistait à mélanger les corps constituants en proportion calculée et à les chauffer dans un grand creuset de fer soigneusement fermé.
- Le composé obtenu absorbe promptement l’oxygène si on le chauffe à l’air libre, si on le chauffe en présence du charbon il est réduit à l’état métallique. Il fond bien au-dessous du point de fusion du fer forgé, il est alors très fluide. Jusqu’ici, en dépit de nombreuses tentatives il n’a pas été possible de déterminer l’action du silicate pur sur une fonte de composition connue ; cet insuccès doit être attribué à la difficulté que l’on éprouve à trouver un vase convenable. Divers essais ont été faits dans ce but avec plusieurs espèces d’argile, en employant des
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- revêtements de chaux, de magnésie et d’autres substances réfractaires; mais, l’action du silicate ferreux est si énergique qu’il attaque rapidement toutes ces matières en se décomposant lui-même. En résumé, la promptitude avec laquelle le silicate ferreux est réduit par le carbone et oxydé par l’air atmosphérique conduit à donner à ce composé, dans l’opération du puddlage, plus d’importance que ne lui en a attribué sir W. Siemens dans l’article ci-dessus mentionné. En résumé, le silicate ferreux n’est pas seulement une source d’oxygène, il doit aussi servir à l’oxydation directe du carbone ou de quelque autre élément présent.
- Pour qu’une action chimique se produise, il est essentiel qu’il y ait contact entre les corps correspondants; cette condition n’est pas remplie par l’oxyde de fer, qui ne fond pas à la température du four à puddler, à moins qu’il ne soit au préalable décomposé ou dissous dans une autre substance. Le silicate ferreux fond facilement, et il a la propriété de dissoudre l’oxyde magnétique en formant une scorie fluide. Une théorie du puddlage, basée uniquement sur l’action de l’oxyde ferrique, serait très incomplète, car ce composé ne forme qu’environ 10 p.100 de la scorie, tandis que les autres constituants, loin d’être inactifs, sont utiles ou nuisibles selon les cas.
- Ces considérations conduisent à concevoir les réactions du puddlage de la manière suivante : l’oxygène de l'air ne joue qu’un rôle secondaire. Il sert à purifier la fonte pendant la fusion et détermine une perte notable dans la dernière phase de l’opération. Les composés infusibles, constitués essentiellement par de l’oxyde ferrique, ne prennent qu’une part très restreinte à la réaction tant qu’ils restent dans cet état; c’est seulement lorsque l’oxyde de fer entre en solution dans le bain de scorie fondue qu’il sert effectivement à fournir de l’oxygène pour la purification. La portion vraiment active du bain est la scorie fluide qui se compose essentiellement d’oxyde magnétique de fer dissous dans le silicate ferreux avec une petite quantité d’autres substances en proportions variables. Si les conditions sont favorables, un certain poids de fer réduit s’ajoute à la charge du four, tandis qu’un poids équivalent de silicium, de carbone, de phosphore est éliminé par l’oxydation. Le poids de fer réduit dans des conditions convenables est supérieur à celui des impuretés oxydées, car d’une part le poids atomique de ces éléments est faible, d’autre part la proportion d’oxygène qu’ils fixent est élevée. En conséquence, la présence d’une quantité modérée de silicium, carbone, phosphore, etc., produit une augmentation de la masse de fer traité.
- La fusibilité et la composition de la scorie a naturellement une grande influence ; ainsi, dans le cas d’un fer impur en présence de corps infusibles, il ne se formerait pas de bain liquide de scorie après la fusion du fer; comme les impuretés ne sont pas oxydées directement et ne peuvent être éliminées qu’au moyen d’oxyde de fer rendu fluide, il serait nécessaire qu’une partie de la masse de fer serve à former cet oxyde indispensable ; il se produirait donc une grande perte
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- de métal, perte qui peut être évitée en ajoutant une plus grande quantité de scorie, ce qui en pratique peut se faire sans frais. Au contraire, considérons le cas où l'oxyde de fer est plus abondant qu'il n’est nécessaire pour éliminer le silicium présent. La réaction peut être ainsi représentée :
- 2 Fe2 O3 -t- Si = 2 FeO SiO2 + 2 FeO.
- Quoique le silicium soit éliminé, il n'y a pas une réduction équivalente de fer métallique, et l'on subit une double perte; une perte de fer et une perte de scorie utile.
- Aussi, quoique l’oxyde de fer soit le seul corps important dans l’opération du puddlage, c’est cependant un grand inconvénient quand il se trouve en trop grande quantité dans le four. Ce qui précède explique sans nul doute l’avantage que l’on trouve à mélanger par exemple des tournures ou autres débris d’acier à l’oxyde ferrique. Dans ce cas, le bénéfice ne vient pas de l’adjonction directe de fer à la masse, mais de la réaction qui se produit dans la scorie et par laquelle l’oxyde ferrique est réduit en oxyde magnétique :
- 4 Fe2 O3 + Fe = d Fe:i 0\
- Plus la fonte àpuddler est impure, plus les scories doivent être réfractaires; il faut toujours cependant que le métal soit recouvert pendant qu'il fond. La proportion de silicium, phosphore, etc., qu’il convient d’avoir en mélange dans la fonte est comprise entre des limites bien définies. La sole du four à puddler doit être peu profonde et les dispositions doivent être telles qu'il ne se produise pas de crasse superficielle et qu’il n'y ait pas à faire de constants renouvellements dans la garniture.
- Le four devrait conserver indéfiniment sa forme, mais cela ne peut avoir lieu dans la pratique et, autant que j’ai pu m’en rendre compte, la meilleure conduite à tenir consiste à garnir la sole de telle sorte qu’on n’ait à faire que des réparations occasionnelles, une fois chaque jour, par exemple.
- Il est bien connu qu’une fonte riche en impuretés et particulièrement en silicium est extrêmement avide et use beaucoup de garniture; de plus, la durée de l’opération devient si longue que la perte due à ces deux causes contre-balance et au delà le bénéfice que procure la présence du silicium. C’est probablement à cette sorte de fonte que pensait sir Lowthian Bell lorsqu’il mettait en doute devant l'bon and Steel Inslitnte l’opinion que j’avais ainsi formulée : Ce sont les fontes les plus communes qui souvent, on peut même dire en général, donnent le meilleur rendement. La fonte ordinaire de Cleveland, à laquelle je présume que sir Lowthian Bell faisait allusion, peut être considérée dans ce district comme une fonte commune ; or, si l’on augmentait dans ce cas la proportion déjà consi-Tome VII. — 91e année. 4e série. — Novembre 1892. 102
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- dérable d’impuretés, on ne ferait que rendre cette fonte plus mauvaise ; mais ce fait particulier n’infirme pas mon énoncé général.
- Dans ce district, quelques maisons font travailler leurs puddleurs on les payant suivant la quantité produite lorsqu’ils traitent de la fonte commune. Ce fait confirme bien le résultat de ma longue expérience en montrant qu’un pudd-leur peut, en s’y prenant bien, augmenter notablement le poids du métal traité.
- Je terminerai cette note en recherchant quelle est la composition de la fonte qui convient Je mieux pour obtenir un bon fer puddlé. En premier lieu, la qualité de la fonte doit être en rapport avec la garniture et la méthode adoptée pour le travail ; si cela n’avait pas lieu, il faudrait modifier les conditions de l’opération pour qu’elles s’accordent avec la fonte; ou modifier la fonte eu égard aux conditions de l’opération. Il est en général plus commode au métallurgiste, qui ne possède pas de haut fourneau, de changer sa manière de faire dans l’opération du puddlage; cependant.il peut, par un choix convenable, faire varier entre certaines limites la composition de la fonte qu’il achète. Dans le sud du Staffordshire, le maître de forges doit être en mesure de traiter les diverses fontes qu’il peut se procurer selon les fluctuations du marché et bien se garder de se mettre sous la dépendance d’un producteur, quels que soient les avantages que présente cette marque particulière.
- Actuellement, depuis que la majorité des fontes contient 2 p. 100 de silicium et plus de 1 p. 100 de phosphore, il ne faut plus penser à un puddlage vraiment rapide, mais la composition de la fonte doit être telle que l’on gagne autant de temps que possible dans cette opération.
- M. Kirk a montré que la fonte qui permet un puddlage rapide ne cloit contenir qu’une quantité modérée de silicium, celle dont se sert M. Kirk présente à peu près la composition suivante :
- Silicium......................................... 1,00 p. 100
- Soufre.............................................. 0,14 —
- Phosphore.......................................... 1,2.‘( —
- Manganèse........................................... 0,70 —
- M. Kirk a déclaré dans un mémoire lu à YInsfitute qu’avec une pareille fonte il pouvait puddler sans que la perte dépasse 3,52 p. 100.
- Cette affirmation peut paraître contredire ce que j’ai dit plus haut sur le bénéfice qui résulte du traitement de la fonte impure, car la composition précédente est celle d’un métal plus pur que la majorité des fontes de ce district et pourtant la perte est moindre. Mais cette fonte est préparée spécialement pour s’accorder avec la méthode de puddlage rapide suivie par M. Kirk. Sir W. Siemens assure que la perte réelle dans le four à puddler est d’environ 2,0 p. 100 et je ne pense pas que celte estimation soit exagérée. Le poids de fer puddlé calculé d’après la composition chimique serait beaucoup plus considérable que le poids de fonte en
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- charge; pourtant, en pratique, il n’en est pas ainsi, excepté peut-être dans des conditions éminemment favorables qui ne sauraient être maintenues. La différence qui existe entre le poids réel du fer puddlé et le poids calculé est d’environ 2,0 p. 100 et représente une perte réelle, le plus souvent négligée, qui est due à une oxydation excessive. Maintenant, depuis que M. Kirk fait sept charges par tour, soit une déplus que dans la méthode ordinaire, il bénéficie du sixième de la perle en fer, parce que ce métal ne reste dans le four que pendant un temps d'autant plus court. Gela représente une économie de fer voisine de 3etdemip. 100 qui correspond à un effet réducteur un peu plus grand que celui que j’obtiens avec le silicium. Voilà la différence entre la méthode usuelle et celle que suit M. Kirk.
- En résumé, une fonte contenant 1 p. 100 de silicium, avec sept charges par tour, on obtient pratiquement le même résultat qu’avec 2,3 de silicium et six charges par tour ; ce fait montre la marche à suivre pour obtenir la meilleure production dans le puddlage : elle consiste à choisir une fonte suffisamment riche en silicium, phosphore, carbone, puis à la traiter dans le temps le plus court possible. La première condition permet de réduire le fer des scories, la seconde prévient la perte par oxydation. Malheureusement, ces conditions sont en grande partie contradictoires, puisqu’une fonte impure demande beaucoup de temps pour être complètement purifiée.
- Dans la pratique, pour obtenir un bon rendement il faudra choisir, soit une fonte pauvre en silicium, comme l’a fait M. Kirk, ou bien employer par exemple la composition suivante :
- Silicium. . Phosphore. Manganèse
- avec beaucoup de carbone et aussi peu que possible de soufre.
- Si l’on opère judicieusement suivant ce qui a été dit ci-dessus, ces deux fontes donneront à peu près le même rendement. La première économise le travail et la garniture, la seconde est d’un prix beaucoup moindre.
- En disant qu’une fonte de la composition précédente peut être travaillée avec une perte aussi faible que celle que M. Kirk a obtenue, je ne me fonde pas seulement sur des considérations théoriques, mais sur des observations pratiques s’étendant à plusieurs années. La perte que l’on éprouve dans le puddlage est généralement de 5 p. 100, souvent de 6,7 et 8 p. 100 de la fonte en charge : je suis sûr que dans la plupart des cas cette perte peut être en grande partie réduite; s’il en est ainsi, les procédés de perfectionnement du puddlage sont certainement dignes de fixer l’attention des métallurgistes.
- (bon.)
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- ALLIAGES DE COUSSINETS, PAR C. B. DUDLEY
- La quantité de métal dépensé pour la fabrication des coussinets est énorme. Une grande compagnie de chemins de fer n’en use pas moins de 450 000 à 570 000 kilogrammes par an. Ce fait s’explique d’ailleurs facilement; le poids d’un coussinet varie entre 4 kU, 5 et 6 kil, 8, et leur nombre par wagon est de 8 à 12 ; de sorte que 5 000 voitures, par exemple, représentent environ 230 000 kilogrammes de coussinets. D’autre part, l’expérience montre qu’un bon coussinet perd environ 450 grammes par 40 000 kilomètres de parcours. La somme de nouveau métal nécessaire pour remplacer la perte produite par l’usure est donc énorme et représente un capital considérable.
- Le métal dont on se sert pour faire les coussinets est le bronze, car on a remarqué que l’usure est plus rapide et le frottement plus grand, quand le coussinet et la fusée sont du même métal. Cependant, la fonte est employée quelquefois lorsque le tourillon est en fer forgé ou en acier. Il est d’ailleurs nécessaire que le métal du coussinet s’use plutôt que celui de la fusée, dont le remplacement est bien plus onéreux ; l’emploi d’alliages permet d’obtenir ce résultat.
- Le métal des coussinets doit satisfaire à cinq conditions :
- 1° Il doit être suffisamment résistant. Dans les voitures de chemins de fer, la pression par centimètre carré, sur le coussinet, peut s’élever de 65 à 70 kilogrammes. Il faut donc que le coussinet puisse supporter cette pression.
- 2° Le métal doit s’échauffer le moins possible. Sur ce point, on possède moins de renseignements qu’on pourrait le désirer. Cependantl’expérienceamontréque plus l’alliage est doux, moins le coussinet est susceptible de s’échauffer en service.
- 3° Le métal des coussinets doit être facile à couler. On le fond en général dans des creusets contenant de 40 à 200 kilogrammes de matières. Pour éviter l’oxydation de l’alliage, il faut couvrir le creuset et répandre, au-dessus du métal fondu, du charbon pulvérisé ; malgré ces précautions, l’alliage s’oxyde notablement pendant ou après la fonte. On doit donc chercher à réduire l’oxydabilité de l’alliage, et par suite la main-d’œuvre et les soins à apporter pendant la fonte et le coulage. C’est dans ce but que l’on ajoute au métal de 1 à 2 p. 100 de zinc. L’addition d’une petite quantité de phosphore est également utile. En effet, le phosphore est l’un des éléments principaux de l’alliage bien connu sous le nom de phosphore-bronze pour coussinets .
- 4° Un bon métal de coussinets doit donner peu de frottement. On peut affirmer, d’après toutes les expériences qui ont été faites à ce sujet, que le frottement dépend presque uniquement du corps employé comme lubrifiant.
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- 5° Le métal doit résister autant que possible à l’usure.
- Les métaux qui entrent communément dans la composition des alliages destinés à la fabrication des coussinets sont les suivants : le cuivre, l’étain, le plomb, le zinc, l’antimoine, le fer et l’aluminium; le manganèse, le silicium, le bismuth, le mercure, le cadmium, le nickel, le cobalt, le soufre, l’arsenic et le phosphore peuvent aussi entrer dans les alliages de coussinets, comme constituants essentiels ou accidentels. Les deux derniers ne sont pas rares, et sont employés à dessein. Les combinaisons des alliages sont très nombreuses ; car outre les différentes sortes de métaux, il faut considérer leurs proportions.
- Le tableau suivant donne ici quelques-unes des analyses faites dans le laboratoire du chemin de fer de Pennsylvanie sur les principaux alliages employés aux Etats-Unis :
- DÉSIGNATION des ALLIAGES. CUIVRE. ÉTAIN. PLOMB. ZINC. FER. ANTIMOINE. PHOSPHORE. OBSERVATIONS.
- Métal camélia . 70,20 4,25 14,75 10,20 0,55 » ))
- Métal anti-friction 1,60 98,13 » » trace » ))
- Métal blanc » » 87,92 » )) 12,08 » Antimoine par différence.
- Métal pour coussinets )) trace 84,87 » » 15,10 )>
- Métal anti-friction de Salgee.... 4,01 9,91 1,15 85,57 )) » ))
- Métal graphite pour coussinets. . . )) 14,38 67,73 » 9 16,73 )> Fer indéterminé.
- Plomb antimonié » » 80,69 » » 18,83 » Antimoine par différence.
- Carbone-bronze 75,47 9,72 14,57 » » » )> Trace possible de car bone.
- Bronze de Cornouailles 77,83 9,60 12,40 trace trace trace
- Métal Delta 92,39 2,37 5,10 » 0,07 » »
- Métal Magnolia trace » 83,55 trace trace 16,45 »
- Métal anti-friction américain. . . . )> » 78,44 0,98 0,65 19,60 ))
- Bronze Tobin 59 » 2,16 0,31 38,40 0,11 » ))
- Bronze Graney 75,80 9,20 15,06 )> » » »
- Bronze Damar 76,41 10,60 12,52 )) )) )> »
- Bronze manganèse 90,52 9,58 » )) » » »
- Métal Ajax . 81,24 10,98 7,27 )> » » 0,37
- Métal anti-friction . » » 88,32 )> » » ))
- Bronze Harrington 55,73 0,97 )> 42,67 0,68 11,93 )>
- Métal pour boîtes d’essieu de wagons. )> )> 84,33 trace 0,61 )) )>
- Plomb dur )) » 94,40 )) » 14,38 »
- Phosphore-bronze 79,17 10,22 9,61 » » 6,03 0,94
- Ex-B. métal 76,80 8 >> 15 » » » )> 0,20
- On voit que, dans ces analyses, le fer n’est pas rare; il est reconnu qu’une petite quantité de fer donne au bronze des propriétés précieuses. Ainsi, le bronze
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- MÉTALLURGIE. --- NOVEMBRE 1892.
- de Harrington présente une résistance à la traction de 133 kilogrammes par millimètre carré, et un allongement d’environ 20 p. 100 pour une section de 5 centimètres carrés.
- Dans les recherches suivantes qui ont pour but de trouver expérimentalement quel est le meilleur alliage pour coussinets, la méthode a consisté à comparer un certain nombre de coussinets faits avec un métal type déterminé, à un nombre égal de coussinets faits avec le métal expérimenté.
- A chacune des extrémités d’un même essieu de voiture ou de tender fut posé un coussinet de métal à essayer et de métal type. Les coussinets furent pesés soigneusement avant d’entrer en service, puis, au bout d’un certain temps, ils furent retirés et pesés de nouveau.
- Le métal choisi comme type est celui qui est connu sous le nom de phosphore-bronze; il a été décrit par la Compagnie du phosphore-bronze, sous le nom de « Alliage S. ». Ce métal contient approximativement :
- Cuivre........................................... 79,70
- Plomb.............................................. 10,00
- Phosphore............................................. 0,80
- Il était intéressant de rechercher si ce bronze présentait une usure uniforme. Plusieurs expériences ont conduit à admettre que le phosphore-bronze perd par l’usure 450 grammes de métal, pour des parcours variant entre 25 000 et 40 000 kilomètres. Cette usure n’est pas uniforme et cette grande variation était due vraisemblablement aux causes suivantes :
- 1° La pression par centimètre carré n’était pas constante dans les divers essais.
- 2° L’état de lubrification dans différentes voitures et machines était également fort variable. Quoi qu’il en soit, le phosphore-bronze est suffisamment régulier dans la manière dont il se comporte pour qu’il soit avantageux de le prendre pour terme de comparaison, du moins en se basant sur une comparaison directe de la perte de métal des coussinets types, placés aune extrémité des essieux, à la perte subie par les coussinets expérimentés placés à l’autre extrémité des mêmes essieux. Seize coussinets de chaque groupe ont été mis ainsi en service, dans une sorte d’essai éliminatoire, et si, dans ce premier essai, l’alliage paraissait avantageux, on faisait une seconde expérience comprenant de .50 à 100 coussinets. Les essais préliminaires étaient faits sur destenders,où les coussinets sont traités avec soin. Les expériences définitives se faisaient en général sur des voitures.
- Les premières recherches consistèrent dans la comparaison au métal type, de l’alliage de cuivre et d’étain, depuis longtemps en usage. Yoici quels furent les résultats obtenus :
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- Bronze ordinaire comparé au phosphore-bronze.
- COMPOSITION. GUI VUE-ÉTAIN. p. 100. PHOSPHORE-BRONZE. p. 100.
- Cuivre 87, 50 79,70
- Étain 12,30 10,00
- Plomb )) 9,30
- Phosphore » 0,80
- Ces analyses sont des moyennes approximatives; on n’a pas tenu compte de quelques légères traces de zinc, de fer, d’antimoine, etc.
- Ve expérience : L’alliage cuivre-étain perdit 48 p. 100 de plus que le phosphore-bronze ;
- Arsenic comparé au phosphore dans le bronze. 1re Expérience.
- COMPOSITION. ARSENIC-BRONZE p. 100. PHOSPHORE-BRONZE p. 100.
- Cuivre 89,20 79,70
- Etain 10,00 10,00
- Plomb )) 9,50
- Phosphore » 0,80
- Arsenic 0,80 ))
- 2e expérience : Il perdit 53 p. 100 de plus que le phosphore-bronze ;
- 2e Expérience.
- COMPOSITION. ARSENIC-BRONZE. p. 100. PHOSPHORE-BRONZE p. 100.
- Cuivre 79,20 79,20
- Étain 10,00 10,00
- Plomb .... 7,00 9,50
- Phosphore » 0,80
- Arsenic. ..... 0,80 »
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- 3e expérience : 11 perdit 47 p. 100 de plus que le phosphore-bronze.
- L’alliage cuivre-étain est donc loin de valoir le phosphore-bronze comme métal de coussinets, d’autant plus que ces expériences, qui ont porté sur plusieurs centaines de pièces, ont montré que les coussinets d’alliage cuivre-étain s’échauffent bien plus facilement que ceux de phosphore-bronze.
- L’usure p. 100 de l’arsenic-bronze a été 42 fois plus considérable que celle du phosphore-bronze. *
- 3° Expérience.
- COMPOSITION. ARSENIC-BRONZE p. 100. PHOSPHORE-BRONZE p. 100.
- Cuivre 79,70 79,70
- Étain 10,00 10,00
- Plomb 9,50 9,50
- Phosphore » 0,80
- Arsenic 0,80 ))
- L’usure p. 100 de l’arsenic-bronze a été double de celle du phosphore-bronze.
- Dans cette 3e expérience, l’usure observée pour les coussinets des deux alliages a été presque la même : d’ailleurs, réchauffement des coussinets d’arsenic-bronze n’a pas surpassé celui des coussinets de phosphore-bronze.
- Ces expériences semblent indiquer que, tandis que le mélange de plomb a une grande influence sur l'usure, il n’en est pas de même de l’introduction d’arsenic dans l’alliage, à la place du phosphore, ces deux métalloïdes semblent avoir une action presque identique.
- Alliage K comparé au phosphore-bronze.
- COMPOSITION. ALLIAGE K. p. 100. PHOSt>HORE-BRONZ E. p. 100.
- Cuivre 77,00 79,70
- Étain . 10,50 10,00
- Plomb ...... 12,50 9,50
- Phosphore . , . . )) 0,80
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- MÉTALLURGIE.
- NOVEMBRE 1882.
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- Pour étudier plus complètement l’influence du plomb, on expérimenta ensuite l'alliage K dont la teneur en plomb est encore plus élevée. L’usure p. 100 de l’alliage K a été 7,30 fois plus faible que celle du phosphore-bronze.
- Dans ces essais réchauffement des coussinets a été sensiblement le même.
- L’importance du plomb est ainsi bien établie ; il reste à trouver dans quelles proportions il convient d’introduire ce métal dans l’alliage.
- Il semble, en examinant les résultats de ces diverses expériences, que l’on puisse les résumer comme il suit :
- L’alliage de coussinets qui résiste le mieux à l’usure est celui qui, essayé à la torsion, est susceptible de présenter avant, de se rompre, l’allongement le plus considérable.
- Partant alors de ce principe on chercha les alliages supportant le mieux la torsion. On détermina ainsi, d’abord les proportions de cuivre et d’étain de l’alliage, et ensuite sa teneur en plomb.
- Yoici le résumé des résultats obtenus :
- Le métal à miroir (2 parties de cuivre et 1 partie d’étain) est des plus fragiles et ne peut, pour ainsi dire, supporter aucune torsion sans se rompre.
- L’alliage de 3 parties de cuivre et de 1 partie d’étain est moins fragile.
- L’alliage de 4 parties de cuivre et 1 partie d’étain supporte avant la rupture une torsion encore plus grande.
- L’alliage de 5 parties de cuivre et 1 partie d’étain donne le métal des cloches.
- L’alliage de 7 parties de cuivre et 1 partie d’étain donne le bronze des canons dont on s’est souvent servi pour les coussinets.
- En continuant à diminuer ainsi la proportion d’étain, on s’estarrêté à l’alliage de 9 parties et demie de cuivre et 1 partie d’étain. Ce rapport une fois fixé, on s’est occupé de chercher la tèneur en plomb la plus avantageuse en observant qu’à mesure que la quantité de plomb augmente, tandis que la proportion d’étain diminue, la résistance à la compression du métal décroît, de sorte qu’il est nécessaire de s’assurer dans chaque cas de la valeur de cette résistance.
- Alliage B comparé au phosphore-bronze.
- COMPOSITION. ALLIAGE B p. 100. PHOSPHORE-BRONZE p. 100.
- Cuivre 77,00 79,70
- Étain 8,00 10,00
- Plomb 15,00 9,50
- Phosphore » 0,80
- Tome VIF. — 91° année. 4e série. — Novembre 1892.
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- ARTS CHIMIQUES. ---- NOVEMBRE 1892.
- Après un travail préliminaire considérable, on s’arrêta à X alliage B ; des coussinets furent fondus et les essais d’usure donnèrent les résultats précédents :
- Comme propriétés physiques, ces métaux donnent respectivement comme résistance par millimètre carré 38k,5, et 53k,10 et pour allongement 11 et
- 6 p. 100.
- L’usure p. 100 de l’alliage K a été 8 fois plus faible que celle du phosphore-bronze.
- L’usure p. 100 de l’alliage 11 fut 13,50 fois plus faible que celle du phosphore-bronze.
- Tel est l’alliage type auquel les essais ont conduit.
- Une légère variante a été adoptée par la Compagnie du Chemin de fer de Pen-sylvanie; l’alliage B a été ainsi modifié pour permettre l’utilisation des débris de phosphore-bronze.
- Cuivre................................................... 47,670
- Phosphore bronze........................................ 26,240
- Étain.................................................... 4,42,6
- Plomb. ................................................. 11,350
- En résumé l’alliage B paraît devoir être considéré comme le meilleur métal à coussinets.il ne saurait en effet être amélioré sans inconvénient par une augmentation sensible de plomb, ni par une diminution d’étain, car ce dernier métal est nécessaire pour maintenir le plomb allié au cuivre, et il est probable que le rapport du poids du plomb à celui de l’étain dans l’alliage B est très voisin du rapport nécessaire; de plus, l’expérience a montré que l’introduction des six ou huit autres corps simples employés quelquefois dans les alliages n’a pas une grande influence sur la supériorité de l’alliage pour coussinets.
- (Journal of Franklin Institute.)
- ARTS CHIMIQUES
- EXPÉRIENCES DE FILTRATION DES EAUX d’ÉGOUT, FAITES PAR LE CONSEIL DE SANTÉ
- DE L’ÉTAT DE MASSACHUSETTS
- Des rapports sur la purification des eaux d’égout exécutée par le Conseil de Santé de Massachusetts ont déjà été plusieurs fois mentionnés, il est donc intéressant de donner ici un compte rendu complet de ces expériences, qui devraient devenir bientôt classiques.
- Le Conseil se composait de sept membres et l’ingénieur était M. Iliram F. Mills,
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- ARTS CHIMIQUES.
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- auteur d’un rapport modèle de clarté et de perfection, une étude sur les méthodes employées et leurs résultats obtenus. Toutes les expériences ont été faites sur un petit terrain de 27 ares, situé sur la rive septentrionale de la rivière de Merrimac et à l’est de la ville de Lawrence, sur les égouts de laquelle on faisait les expériences.
- Cette ville contient environ 10 000 habitants et comme le raccordement avec le principal égout se trouvait au-dessus de l’entrée des ruisseaux provenant des manufactures de la ville, l’eau d’égout pouvait être regardée comme l’eau d’égout ordinaire de la ville, presque pure quand le temps est sec, mais très boueuse quand il pleut. Le total des matières solides variait considérablement, montant quelquefois à 12 parties sur 10 000, et d’autres fois tombant à 3,5 parties pour la même quantité. On peut donc considérer la partie solide comme un peu plus forte que celle des égouts de Londres, qui contient 4 dix millièmes de matière solide.
- Sur la pièce de terre en question, il y avait dix bassins de 5m,8 de diamètre au sommet, de 5ra,6 de diamètre au fond et de 2 mètres de profondeur; ils étaient enfoncés à 2 mètres dans la terre et rendus complètement imperméables. Dans chacun de ces bassins un conduit circulaire de 0m,05 de section ouvert était posé sur des blocs qui le maintenaient à lm,5 au-dessus du fond. Le fond était ensuite couvert de cailloux à gros grains d’environ 2 centimètres, et au-dessus étaient placées successivement d’autres couches de gravier, décroissant régulièr rement, couche par couche jusqu’au gravier d’environ 3 millimètres. Ce fin gravier était recouvert de gros sable à mortier bien égalisé à la surface, sur une épaisseur de 8 centimètres au centre du bassin, et le fond avait une inclinaison suffisante pour faciliter le drainage. La couche inférieure était ainsi préparée pour tous les bassins, mais les couches supérieures, sur une épaisseur de 1 mètre à lm,50, variaient dans neuf bassins, le bassin n° 10 étant réservé uniquement pour recueillir l’eau provenant des autres bassins.
- Un certain nombre de bassins plus petits préparés de la même manière pouvaient servir à des expériences de contrôle et à d’autres essais qu’on ne pouvait faire convenablement dans les grands bassins.
- Les bassins étaient remplis de la manière suivante : le bassin n0 1 de 1m,50 de sable à mortier très grossier et propre. Le n° 2 de 1m,50 de sable très fin et presque blanc. Le n° 3 de tourbe, provenant d’un champ cultivé, sur une épaisseur de lm,40, et recouvert d’une garniture faite de la couche supérieure naturelle de la tourbe. Le n° 4 était rempli de sable de rivière très fin sur une profondeur de lm,50. Le n° 5 garni de lm,50 de bonne terre de jardin qui avait été fumé et cultivé l’année courante. Le n° 6, plein de 1m, 10 de sable fin et de gravier. Le n° 7 contenait en outre comme le n° 6 un lit de glaise jaune de 0m,25 d’épaisseur et de 0m,15 de terre brune. Le n° 8, comme le n° 6, avait une couche de0m,20 de glaise sablonneuse jaune recouverte d’une épaisseur de 0m,20 de sable
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- ARTS CHIMIQUES.
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- et de gravier. Le n° 9 contenait lm,30 d’une couche très dure et très compacte d’argile, de sable et de gravier, recouvert de 0m,20 de terre brune.
- Les expériences avaient à la fois un but chimique et biologique. Au point de vue chimique, il était nécessaire de s’assurer dans quelles conditions les principes azotés organiques des eaux d’égout étaient le plus rapidement et le plus efficacement oxydés à l’état d’azotate, état dans lequel ils deviennent de simples sels inorganiques. Au point de vue biologique, il fallait déterminer la proportion des bactéries et autres organismes restés dans l’eau sortant des filtres, par rapport à ceux que l’on trouve dans l’eau d’égout non filtrée.
- Ces deux recherches aboutirent à un résultat, car il fut prouvé que la nitrification de l’eau d’égout était l’œuvre d’un organisme ou ferment, qui, en présence de l’air atmosphérique, pouvait oxyder l’eau d’égout. On trouva que la présence de l’air était absolument nécessaire pour la purification complète de l’eau d’égout au point de vue chimique. Dans la filtration continue, il n’y a pas d’air dans le filtre, et par cette raison, quoique les bactéries aient été drainées et l’eau d’égout purifiée au point de vue biologique, l’eau qui sort contient autant de matière organique que l’eau non filtrée et est aussi propice à une nouvelle naissance de bactéries qu’auparavant. Il s’ensuit que toute purification biologique est en ce cas simplement temporaire. Ces résultats furent vérifiés par des expériences répétées sur les bassins. La filtration continue se trouva invariablement inefficace. Alors on fit de nombreux essais de filtration intermittente, en n’admettant l’eau d’égout qu’en mince couche au sommet du filtre, laquelle passant plus ou moins vite dans le filtre, entraînait après elle l’air qui descendait prendre la place de celui qui en avait été chassé.
- Un point important établi fut que la nitrification des eaux d’égout n’avait pas lieu avant que le filtre n’eût été quelque temps en fonction, ce qu’on attribua à ce que les organismes nitrifiants avaient besoin d’un certain temps pour se multiplier et agir sur toute l’eau qui passait. Cependant, au bout de quelque temps on établit une moyenne, et dans les meilleurs filtres, excepté lorsque la température était trop basse, on trouva que plus de 90 p. 100 de la matière azotée de l’eau d’égout était oxydée et transformée en nitrates.
- Tous ces essais prouvèrent la nécessité de couches de grains de sable non recouvertes au sommet du filtre, pour que la nitrification pût avoir lieu. On vit que la terre de jardin et la tourbe étaient inutiles comme agents purificateurs bien que ces terres arrêtassent les bactéries. Mais quoiqu’elles reçussent une très petite quantité d’eau, le sommet des couches ne séchait jamais, de telle sorte que l’air ne pouvait pas pénétrer dans le filtre.
- Prenant le n° 1, on remplit celui-ci, ainsi que trois des petits bassins, de lm,50 de sable, dont 76 p. 100 des grains avaient des diamètres de 0,5 à 2,5 millimètres; les résultats généraux des expériences, qui furent continuées environ deux
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- ans, montrèrent que les eaux d’égout à la quantité de 220 000 litres par 40 ares et par jour pouvaient être filtrées de cette manière. On trouva que 99 p. 100 de la matière organique des égouts étaient détruits, et les bactéries de l’eau à la sortie étaient moins de 1/10 p. 100 de celles qui existaient dans l’eau non filtrée. De plus grandes quantités d’eaux d’égout, jusqu’à 820 000 litres par 40 ares et par jour, furent aussi filtrées efficacement, 97 p. 100 des impuretés étant éliminées dans une seule opération, mais les expérimentateurs n’avaient pas encore trouvé le moyen de continuer la purification indéfiniment pour une aussi grande quantité.
- Pour Je bassin n° 2, le sable avec lequel celui-ci avait été rempli était tel que 90 p. 100 des grains avaient un diamètre inférieur à 0mm,5 et était fin et propre. Avec ce sable, on trouva que les égouts pouvaient être filtrés pendant un temps indéfini dans la proportion de 90 000 litres par 40 ares et par jour, l’eau sortant du filtre était brillante, propre et incolore; 99,5 p. 100 de la matière organique était détruite, et les bactéries trouvées dans celle-ci étaient seulement de 1 centième p. 100 de celles qui étaient contenues dans l’eau non purifiée. Cette eau servit pendant des mois comme boisson exclusive d’un chien, et beaucoup de personnes en burent sans en être incommodées. Conservée en bouteille pendant quinze mois dans un endroit chaud, elle resta claire et brillante sans laisser aucun dépôt, et au bout de ce temps, on n’y trouva aucune bactérie. Ce résultat est tout à fait remarquable. On ne se servit d’aucun agent chimique pour précipiter ou désinfecter cette eau qui était, cependant, aussi pure que la meilleure eau de source.
- On fit aussi des expériences avec un sable encore plus fin, un sable de rivière. On obtint, en ce cas, des résultats peu satisfaisants, jusqu’à ce qu’on fit usage de canaux remplis de gros sable pour distribuer l’eau d’égout. Cependant, par ce moyen, quand l’eau d’égout fut prise à la quantité de 92 000 litres par 40 ares et par jour, la destruction des matières organiques fut si parfaite que l’eau de sortie était plus pure que la plupart des eaux potables de l’Etat. Pendant dix-huit mois, les bactéries ne se trouvèrent qu’au nombre de 32 par centimètre cube, celles des eaux non filtrées atteignant 700 000 par centimètre cube.
- Dans les cas où les filtres étaient remplis de tourbe ou de sable et de gravier, recouvert de terre de jardin ou autre matière similaire, les résultats obtenus furent très frappants. Contrairement à la croyance générale, on s’aperçut que la terre de jardin était complètement impropre à la purification des égouts, même prise en petite quantité. Pendant six mois, l’eau d’égout fut essayée dans la proportion au taux de 30000 litres par jour, ou moins. Il n’y eut pas nitrification, et l’ammoniaque albuminoïde se monta dans l’eau de sortie à 82 p. 100 de celle de l’eau non filtrée. D’un autre côté, toutes les bactéries avaient été complètement drainées par le filtre et l’on n’en trouva aucune dans l’eau de sortie;
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- mais comme la matière organique n’était pas détruite, l’eau filtrée ne devait pas tarder de nouveau à se remplir de bactéries, par suite des spores et des germes provenant de l’air.
- Il est particulièrement instructif de comparer les résultats obtenus avec le filtre n° 6, qui était rempli de lm,30 d’un mélange de sable et de gravier, avec ceux du filtre n° 7, qui ne différait du n° 6 que parce qu’il avait une couche supérieure de terre. Dans le n° 6, 99 pour 100 de la matière organique des égouts fut détruite en passant à travers le filtre à la vitesse de 150000 litres par 40 ares et par jour, et l’eau de sortie avait l’apparence de bonne eau de source. Quant au n° 7, la nitrification eut lieu, bien que les résultats ne fussent jamais aussi bons que dans le bassin n° 2, mais après avoir passé par un maximum elle s’affaiblit, et finalement cessa, la surface du filtre devenant presque imperméable. En réalité, le n° 6 qui était identique au n° 7, excepté pour le revêtement supérieur, filtrait 2 fois et demie autant d’eau d’égout que le n° 7, lorsque ce dernier en filtrait le plus, et donnait une eau beaucoup plus pure tout en maintenant indéfiniment son efficacité.
- En général, les résultats prouvèrent que la couche supérieure de terre améliorait le filtre, en ce qui concerne l’arrêt des bactéries, mais diminuait considérablement la quantité d’eau d’égout qui pouvait être purifiée par 40 ares et par jour, la réduisant de plus d’un tiers, sans donner une eau plus claire. Cependant, si les couches du filtre sont sur le bord d’un ruisseau destiné à la consommation, un tel revêtement peut être utile, grâce à la perfection avec laquelle elle empêche le passage des bactéries à travers le filtre, bien que, naturellement, son usage exige une plus grande étendue de terrain.
- Quant à la tourbe, on peut faire les mêmes remarques. Cette matière donne des résultats mauvais comme filtre, et si on l’emploie comme enduit supérieur, il faut l’enlever complètement pour que le sable puisse agir en toute efficacité.
- Les expériences prouvèrent définitivement que la filtration par le sable ou le gravier n’est pas un simple filtrage, mais que la matière organique des égouts est, dans ce cas, entièrement brûlée et détruite par l’action d’un organisme que les expérimentateurs ont réussi à isoler pour la première fois en Amérique, bien qu’un organisme semblable eût été auparavant reconnu en Europe.
- Les observateurs eurent beaucoup de peine, à cause de ce fait que l’organisme ne croît pas dans la culture de gélatine qu’on emploie ordinairement pour ces expériences. Cet organisme a besoin de la présence de l’oxygène pour opérer sur l’eau d’égout, de là la nécessité d’une filtration intermittente, qui permette à la couche supérieure du filtre de sécher, et de laisser passer l’air. Même lorsque le gravier dont on se servait consistait en pierres de 1 à 2 centimètres, la purification était parfaite. Ce fait, que la purification dépend d’un organisme, explique
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- aussi pourquoi, quelquefois, il est nécessaire d’adapter le filtre à sa destination. Dans certains cas, la nitrification ne commence que quelques semaines après le passage des eaux d’égout sur le filtre, mais quand celui-ci est en pleine activité, il peut fonctionner pendant un temps indéfini, pourvu que la quantité des eaux traitées ne soit pas trop grande. On a trouvé avantageux de racler la surface du filtre une fois par semaine.
- L’importance d’une matière filtrante découverte est clairement démontrée par de nombreuses et récentes expériences faites avec un gravier composé de pierres aussi grosses que des haricots. Avec un Jit composé de celui-ci sur de profondeur, 98,6 p. 100 de la matière organique de l’eau d’égout, traité à raison de 160 000 litres par 40 ares et par jour, était détruite, et 99,6 p. 100 des bactéries étaient aussi détruites. Cette proportion fut continuée pendant six mois, et s’éleva alors à 454 300 litres par jour avec très peu de changement dans le résultat. A la fin de l’expérience, on trouva les pierres du filtre parfaitement propres.
- Le Conseil de Santé a aussi fait beaucoup d’expériences avec des réactifs chimiques; mais après en avoir essayé un grand nombre, y compris ceux qu’on emploie généralement, on trouva qu’il était impossible d’obtenir un aussi bon résultat que par une simple filtration intermittente à travers le sable. On remarqua cependant, en essayant la chaux, qu’il y avait une certaine proportion dépendant de la composition des eaux d’égout, qui donnait un meilleur résultat qu’une quantité moindre, et un aussi bon ou un meilleur résultat qu’une quantité plus grande. Cette quantité de chaux est celle qui suffit exactement à former des carbonates normaux avec tout l’acide carbonique des eaux d’égout. Avec l’eau de Lawrence, cette quantité est 906 kilos de chaux pour 4543 000 litres. Parmi les différents réactifs employés, l’oxyde de fer donna les meilleurs résultats, mais la couperose et la chaux donnèrent un presque aussi bon effet.
- Comme conclusion, on ne peut trop admirer l’intelligence et le soin avec lesquels les expériences ont été conduites, et louer l’Etat de Massachusetts qui a fourni les fonds nécessaires pour entreprendre une étude aussi complète et aussi utile.
- [Journal of Franklin Institute.)
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 28 octobre 1892.
- Présidence de M. Tisserand, Président.
- M. le Président annonce la perte que la Société vient de faire dans la personne de M. Henri Peligot, membre du Conseil.
- Ingénieur distingué, M. Henri Peligot avait pris, depuis 1862, une part active aux travaux de la Société, et il apportait toujours à l’étude des questions qui lui étaient confiées autant de zèle que de compétence. La sûreté de son jugement, l’aménité de son caractère, le feront vivement regretter par ses collègues.
- M. Aimé Girard a bien voulu accepter de consacrer à sa mémoire une notice qui sera présentée à la Société dans une de ses prochaines séances.
- M. Pnrson, rue Poissonnière, 3. — Objet nécessaire à tous les chevaux. (Agriculture.)
- M. Potelune, mécanicien, rue Beaurepaire, 31, à Angers. — Perfectionnements à la bicyclette. (Arts mécaniques.)
- M. Stéphane, mercier, rue de Beauvais, 113, à Amiens. — Mouvement perpétuel. (Arts mécaniques.)
- MM. Augier et Paillet, à Nyons (Drôme).— Nouvelle machine à coudre, mise en mouvement par le poids du corps. (Arts mécaniques.)
- M. le docteur Régnai, à Saint-Cyprien (Dordogne). — Articles du journal la France aérienne relatifs à la navigation aérienne. (Arts mécaniques.)
- M. Boudeville, rue du Vieux-Palais, 37, à Rouen. — Utilisation des flots de la mer. (Arts mécaniques).
- • M. Jules Guillermet, négociant à Châtillon-de-Michaille (Ain). — Prospectus d’une force hydraulique de 20000 chevaux-vapeur, à Châtillon-de-Michaille, dont il propose l’exploitation facile et peu coûteuse.
- M. Collingwood, secrétaire de la Société américaine des Ingénieurs civils, à New-York, annonce l’intention de cette Société de faire un congrès du Génie civil à l’Exposition de Chicago ; il demande des adhésions et envoie le programme des questions qu’on pourra traiter. (Bureau.)
- M. Aubry, horloger, à Saint-Jamme-sur-Sarthe. — Moteur perpétuel. (Arts mécaniques.)
- M. Baure, rue du Chemin-Vert, 133. — Perfectionnements apportés à la bicyclette. (Arts mécaniques.)
- M. N ode, horloger, à Blidah. — Pendule électrique. (Arts mécaniques.)
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- MM. Bouge frères, à Besançon. — Système de valve à tiroir à grille équilibré pour le réglage des machines à vapeur (Arts mécaniques.)
- M. Pain, avenue de la Station, 4, à Neuilly-Plaisance (Seine-et-Oise). — 1° Graphonome, 2° Crémone automatique. (Constructions et Beaux-Arts.)
- Le Comité français de l’Exposition internationale électrique de Moscou, 1892-1893, envoie ses programmes et sollicite des adhésions.
- La Revue de la législation des mines et statistique des houillères en France et en Belgique demande l’échange avec les publications de la Société. [Bulletin.)
- M. Jean Pinchard, conducteur principal des ponts et chaussées en retraite, Cité Industrielle, 69, à Montpellier. — Mémoire sur un moyen d’empêcher les inondations de se produire. (Agriculture.)
- M. le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts envoie le programme du 31e Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements, qui s’ouvrira à la Sorbonne le mardi 4 avril 1893.
- M. Zune, rédacteur en chef du Moniteur du praticien, rue de Rennes, 108 bis. — Traité général d’analyse des beurres, seconde partie. (Agriculture.)
- La Société industrielle d’Amiens envoie le programme des questions qu’elle a mises au concours pour l’année 1891-93.
- M. Blum de Lamothe, rue de Clichy, 67. — Mémoire sur l’éclairage des mines par l’électricité. (Arts économiques.)
- M. Alexandre Desmarchis, rue de la Carterie, 18, à Nantes, demande à concourir aux récompenses delà Société. (Commission spéciale.)
- M. de Bonneville, ingénieur civil des arts et manufactures, à Saint-Etienne, demande l’insertion d’une note qu’il envoie en réponse aux assertions de M. Emilio Damour, relatives au four Siemens, à là séance du 22 juillet. (Bul1 letin.)
- M. Ferraris, rue Lecourbe, 266. — Procédé pour tuer les animaux en leur évitant toute souffrance. (Agriculture.)
- M. Kraemer, charpentier-mécanicien, à la Capuche, 28, Grenoble. — Moyens pour éviter le dépeuplement des rivières. (Agriculture.)
- La Société générale dé assainissement, boulevard Poissonnière, 12. — Nouveau produit intitulé le Désinfectant excelsior. (Arts chimiques.)
- M. Delaurier, rue Daguerre, 77. — 1° Recherches sur les combinaisons optiques et photographiques qui, avec les instruments actuels, peuvent servir à observer notre satellite avec le plus fort grossissement possible. (Arts économiques.) 2° Analyse qualitative des composés de l’azote. (Arts chimiques.)
- M. Chevalet, ingénieur-chimiste, à Troyes. — Brochures : 1° sur le réchauf-feur-détartreur d’eau pour chaudières à vapeur; 2° de l’alimentation des chaudières à vapeur par l’eau bouillante et détartrée. (Arts mécaniques.)
- M. Vctssilière, professeur départemental d’agriculture, à Bordeaux. — Ou-Tome VII. — 91e année. 4e série. — Novembre 1892. 10i-
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- vrage intitulé : Les landes girondines. En appendice, une Note sur l'Allios (Agriculture.)
- M. F. de Mare, rue Lemercier, 24. — Mémoire sur l’ozone. Monographie sur sa production industrielle. (Arts chimiques. Concours.)
- M. Hadfield, ingénieur de l’usine Hecla, à Sheffield, adresse deux mémoires imprimés : 10 L'acier d'aluminium; 2° Les alliages de fer et de chrome, accompagné d’un rapport de M. Osmond. (Arts chimiques.)
- M. Bernard, directeur du laboratoire départemental de Saône-et-Loire, à Cluny. — Etudes sur le rôle du calcaire dans les terre arables. (Agriculture.)
- Les ingénieurs américains, représentant le génie civil, la mécanique, les mines et l’électricité, offrent leurs services à leurs confrères d’Europe qui se rendront à l’Exposition de Chicago.
- La Société a reçu deux plis cachetés : 1° un pli sans titre de M. Casella jeune; 2U un pli de M. Mariette, rue de la Borne, 21, à Sannois (Seine-et-Oise) portant pour titre Projet Mariette. (Exposition universelle de 1900.)
- Ces deux plis sont acceptés par le bureau.
- M. Collignon, secrétaire, annonce qu’il a versé à la caisse de la Société la somme de 88 fr. 30, reliquat du compte de la classe 28 à l’Exposition française de Moscou 1891.
- M. Berthier, instituteur à Plessis-Gâtebled par Trainel (Aube). — Brochure intitulée : Les Conseils du bon Cultivateur. (Agriculture.)
- Sont signalés dans la correspondance imprimée les ouvrages suivants offerts à la Société :
- ùe l'emploi du système Compoundpour les machines locomobiles et demi-fixes en Angleterre, par M. Gustave Bichard, offert par l’auteur, membre du Conseil de la Société ;
- Traité pratique d’électricité industrielle, par MM. Cadiat et Dubost, 1 vol. in-8 orné de 257 figures dans le texte, offert par les auteurs; M. Baudry, éditeur ;
- Du Saint-Gothard à la mer. Le Rhône, histoire d’un fleuve, par Charles Len-théric, ingénieur en chef des ponts et chaussées. — Histoire de la vallée, par laquelle ont passé tous les peuples de l'antiquité, toutes les religions, tous les progrès.— 2 vol. in-8 renfermant dix-sept cartes et plans, offert par l’auteur; M. Plon, éditeur ;
- Formules, table et renseignements usuels. Aide-mémoire des ingénieurs, des architectes, etc., par/. Claudel, ingénieur civil ; 10° édition entièrement refondue, par L.-A. Barré, ingénieur civil ; 2 vol. iu-8 offerts par l’auteur et par Mme Vve Du-nod, éditeur;
- Collection Léauté. — Le Grisou, par M. Le Chatelier ; La Chimie agricole, par M. Th. Schlœsing fils ; La Bière, par M. Lindct ; Essai des moteurs à vapeur, par
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- M. Dudebout; Moteurs à vapeur, par M.Ed. Sauvage; Canons, torpilles et cuirasses, pari)/. Croneau;
- Ces derniers ouvrages sont offerts par les auteurs et par MM. Gauthier-Villars et fils, éditeurs;
- Notice sur Amédée Boitel, par Louis Passy, secrétaire perpétuel de la Société nationale d’agriculture de France;
- Compteur totalisateur à deux roulettes et à mouvement différentiel. — Historique de Vapplication de la vapeur surchauffée aux machines à vapeur fixes et aux locomotives, pari)/. Baffctrd, offerts par l’auteur;
- Four Siemens, nouvelle disposition. Mémoire lu au Congrès de l’Iron and Steel Institute, tenu en septembre 1889, par M. John Hecid;
- Note sur Vintroduction de vapeur à la raffinerie Say, par M. Perissé; offert par l’auteur ;
- Plan incliné pour transbordement de bateaux à Beauvalprès Meaux. Notice descriptive par M. Mallet. Offert par l’auteur;
- Roentgen et la machine Cornpound, par D.-A. Casalonga; offert par l’auteur ;
- Réservoirs établis en Espagne. Rapport par M. A. de Llaurado, ingénieur en chef du district forestier, à Madrid, correspondant de la Société;
- Vorgue électrique n’est pas d’origine américaine, par Albert Peschard, docteur endroit, ancien organiste du grand orgue de Saint-Etienne de Caen;
- De la vente du lait en nature ou de l’utilisation des vacheries ou laiteries pour l’alimentation des grandes villes. — De la sciure de bois et de la tourbe considérées comme litière et comme engrais. Vade-mecum de l'ensileur. Brochures par M. Gaston Jacquier, offertes à la Société ;
- Notions générales sur les matières colorantes organiques artificielles, par Jules Mamy, agrégé de l’Université, professeur au lycée de Poitiers;
- VAlcool et le Sucre, revue mensuelle illustrée, par M. Barbet. Première année. n° 1 ;
- Direction générale des douanes. — Tableau général du commerce de la France avec les colonies et les puissances étrangères pendant l’année 1891 ;
- Smithsonian Contributions to knowledge, vol. XXVIII, Washington;
- Exposition universelle internationale de 1889, à Paris. — Rapports du Jury international. Groupe VIII : Agriculture, viticulture et pisciculture. Groupe IX : Horticulture. Tome IX : JJéconomie sociale, etc., 2 vol. Tome VII : Voutillage et les procédés de l'industrie mécanique. Tome VIII : Les produits alimentaires;
- Philosophical Transactions of the Royal Society of I^ondon. 1891. A.-R., vol. 182;
- Annuaire de la Société philo technique. — Année 1891 ;
- The impérial Institute Year Book. — 1892. London;
- Annali di statistica. — 1891. Roma;
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- Caria idrografica d’Italia. Roma;
- The Proceedings and Transactions of lhe Nova Scotia Institute of science. Halifax, Nova Scotia. — Session 1890-1891. Vol. I, part. 1 ;
- Uelettricita nella lavorazione delle minière, par M. Bertoglio, ingénieur du corps royal des mines d’Italie ;
- Bibliothèque utile. — Alcoolisme ou Epargne, par Ad. Coste; Félix Alcan éditeur;
- Méthodes de travail pour les laboratoires de chimie organique, par 1 e DT Laisar Colin, professeur de chimie à l’Université de Kœnigsberg, traduit de l’allemand par F. Ackermann, ingénieur civil des mines. 1 vol. in-12, offert par M. Raudry, éditeur;
- Le Congrès de l’Association pomologique de l’Ouest, par M. Charles Ballet. 9B session, tenu à Avranches du 20 au 25 octobre 1891.
- .< Communications. — Goniospectroscope. — M. Zune, rédacteur en chef du Moniteur du praticien, vue de Rennes, 108 bis, présente un goniospectroscope, formant réfractomètre simple et différentiel.
- Cet appareil, imaginé par l’auteur au cours de ses travaux sur l’analyse des beurres et appliqué par lui à la recherche des falsifications de ces produits, présente les avantages que voici :
- Outre ses usages comme spectroscope et comme goniomètre ordinaires et de précision, il peut être employé :
- 1° Comme spectromètre, au moyen d’un oculaire micrométrique spécial et d’une fente dont les bords se déplacent parallèlement au moyen d’un pas de vis commandé par un tambour gradué;
- 2° Comme spectroscope pour l’ultra-violet, en remplaçant les objectifs et le prisme ordinaire par des pièces correspondantes en quartz et l’oculaire micrométrique par un oculaire de Soret. Le dispositif employé pour enlever et remettre ces diverses pièces est d’une nature telle que les manipulations sont pour ainsi dire instantanées ;
- 3° Comme réfractomètre simple de haute précision, au moyen d’une cuve prismatique de 60° dont les dimensions et la monture sont telles qu’il est possible de déterminer les indices à toutes températures, quelle que soit celle de l’air ambiant, et au moyen de très petites quantités de liquide : moins de 1 cc. suffit. L’instrument permettant des mesures de 6 et même de 3 secondes d’arc, les indices peuvent donc être calculés à la 9e et même à la 10e décimales, aussi bien qu’à la 4e ou à la 5e;
- 4° Et comme réfractomètre différentiel, tant pour la détermination des indices différentiels que pour celle des angles de même nature, au moyen d’une seconde cuve prismatique de 90° et d’une étuve ad hoc, le tout étant posé sur le plateau supérieur de l’appareil, aux lieu et place du prisme spectral.
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- A tous ces avantages viennent s’ajouter : une construction mécanique exceptionnellement soignée, un prix très modique, une partie optique ne laissant rieu à désirer, et, enfin, la grande facilité d’employer un seul instrument au lieu de quatre; ce qui permet de faire sur une simple table de chambre d’hôtel, par exemple, de multiples et précises déterminations.
- Flacon à densité. — Ce flacon nouveau modèle diffère des flacons ordinaires : 1° par la forme spiralée du réservoir thermométrique et par l’adjonction d’un tube gradué permettant de déterminer la dilatation volumétrique des liquides ou des solides fusibles au-dessous de 60° C. (graisses, huiles, éthers, alcools, etc.).
- M. le Président remercie M. Zune de son intéressante communication et en renvoie l’examen au Comité des arts économiques.
- Conservation du lait. — M. Gaston Jacquier, inspecteur de la Société française du lait pasteurisé, rue Richer, 20, fait une communication sur la conservation du lait par les procédés de M. le Dr Autefage. Il rappelle les différents procédés de conservation du lait : lait concentré, en poudre, en mélange avec de la farine, lait stérilisé, etc. ; il signale les inconvénients de ces divers modes de conservation, par lesquels le lait perd son arôme ou acquiert des propriétés nuisibles.
- Il fait connaître le procédé du docteur Autefage, qui consiste tout à la fois dans la conservation et dans la stérilisation du lait, sans lui enlever aucune de ses qualités primitives. Le lait préparé est enfermé dans des boîtes en fer-blanc ayant préalablement subi une préparation spéciale, qui les empêche de lui communiquer un goLit désagréable, et qui lui assure une conservation indéfinie. Il n’entre dans la préparation de ce lait aucun principe chimique ni aucune matière étrangère; il est mis dans la boîte tel qu’il est sorti du pis de la vache, comme le prouvent les analyses de M. Riche, chimiste directeur de la Monnaie, et de M. Charles Girard, chef du laboratoire municipal.
- La Société du lait français pasteurisé, qui s’est fondée pour utiliser le procédé du docteur Autefage, a fait faire des expériences répétées avant de lancer le produit dans la consommation. Elle a fait envoyer des boites et des bidons dans toutes les parties du monde, et partout le lait, analysé par des personnes compétentes, a été trouvé excellent.
- Devant ses succès, le docteur Autefage a continué ses recherches et a obtenu des résultats tout à fait semblables pour la conservation de la crème; elle est également stérilisée, se conserve indéfiniment, peut monter en chantilly et se transformer en beurre. On peut donc avoir chez soi sa provision de lait et de crème comme on a sa provision de vin.
- M. Jacquier termine sa communication en faisant ressortir les avantages de la conservation du lait par le procédé Autefage, pour les colonies, la marine, les armées de terre et les hôpitaux civils et militaires. Il fait remarquer la grande extension que ce nouveau procédé va donner à l’écoulement, des produits laitiers
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- français et qui encouragera nos cultivateurs à s’adonner davantage à la production du lait.
- M. le Président remercie M. Jacquier de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité d’agriculture.
- Séance du 11 novembre 1892.
- Présidence de M. Tisserand, président.
- Le journal de VAssociation polytechnique de Munich, qui fait l’échange avec le Bulletin de la Société à partir du 1er janvier 1892, demande à recevoir les Bulletins antérieurs. (Commission du Bulletin.)
- M. Laussedat, directeur du Conservatoire des arts et métiers, envoie l’affiche des cours publics de cet établissement pour l’année 1892-1893.
- M. Péraux, à Nancy, demande la publication du rapport du colonel Goulier sur sa réglette à calcul. (Arts mécaniques.)
- M. le Président du Conseil d’administration de la Société anonyme de YEcole française de bonneterie, à Troyes, membre correspondant de la Société, adresse des remerciements pour la subvention que la Société a accordée à cette Ecole.
- M. Faye, boulevard de l’Hôpital, 28. —Four portatif de campagne. (Arts économiques.)
- M. Heurdier, chauffeur-mécanicien, rue Broca, 36.—Chaudière multitubulaire. (Arts mécaniques.)
- M. Dupont, rue du Sommerard, 13. — Machine démontrant la possibilité du mouvement perpétuel. (Arts mécaniques.)
- M. Morin, dessinateur-mécanicien, rue du Port, 13, à Saint-Denis (Seine). — Moteur très léger. (Arts mécaniques.)
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Exposition universelle française de 1900-1901.—Historique de la proposition qui en fut faite en novembre 1889, par M. Casalonga, ingénieur civil.
- M. Kayser. — Contribution à l’étude des levures du vin. (Travail du laboratoire de fermentation, à l’Institut agronomique.)
- The scientific Transactions of the Boy al Dublin Society. —Yol. IV, 2e série. — N08 de juillet à décembre 1891.
- The scientific proceedings of the Royal Dublin Society. — Yol. VII. — Mars-juin 1892.
- Ecoulement de l’eau des chaudières, par M. Ed. Sauvage, professeur à l’Ecole nationale des mines, membre du conseil de la Société.
- Ministère des travaux publics. — Ecole nationale des ponts et chaussées. — Cours de travaux maritimes, par M. Laroche, ingénieur en chef. — 2e et 3e fascicules. — Atlas.
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- NOVEMBRE 1892.
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- Rapport fait au nom de la Commission chargée d’examiner la proposition de loi de M. Jules Siegfried et plusieurs de ses collègues, relative aux habitations ouvrières, par M. Jules Siegfried, député, membre correspondant de la Société.
- Nomination de membres. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Louis Holtzer, maître de forges, ancien élève de l’Ecole supérieure des mines, à Unieux, présenté par MM. Haton de la Goupillière et Brustlein;
- M. Fourcy, constructeur, à Corbehem (Pas-de-Calais), présenté par MM. Tisserand et Aimé Girard.
- Communications. — Patinage artificiel. —M. G. Richard, membre du Conseil, fait une communication sur le patinage artificiel du Pôle Nord.
- M. le Président remercie M. G. Richard de son intéressante communication, qui est renvoyée à la Commission du Bulletin.
- Microscope Zune-Nachet. — M. Zune fait une communication sur un nouveau microscope de son invention.
- Il a fait construire par la maison Nachet, de Paris, pour ses travaux sur les textiles, les fécules, les graisses, etc., un modèle de microscope, dont voici les principaux avantages :
- 1° Il peut être employé à la fois comme microscope simple, binoculaire, polarisant simple et chromatique, et ce, sans qu’il soit nécessaire de quitter un seul instant l’œil de l’oculaire;
- 2° La platine, dite à substage, est graduée circulairement et tourne autour de son axe en entraînant, dans son mouvement de rotation, le nicol polariseur, ce qui permet, l’analyseur restant fixe, de mesurer l’intensité et l’étendue ou la valeur de la polarisation d’une substance;
- 3° L’analyseur est placé immédiatement au-dessus de l’objectif et peut être croisé ou non à angle quelconque avec le polariseur par une simple traction très légère sur un boulon ad hoc;
- 4° La platine supérieure est percée d’une ouverture rectangulaire permettant l’introduction d’un porte-lames sensibles muni de trois lames d’ordres différents et donnant par conséquent une très grande variété de teintes chromatiques pour l’étude des diverses substances actives;
- 5° L’appareil est pourvu d’un condensateur à grand angle, d’un diaphragme iris, et d’un mouvement lent et rapide pour les modifications d’éclairage, chose jugée si importante dans certains cas par M. le Dr fl. Van Heurck;
- 6° La construction est très soignée, très solide, et son prix n’est pas supérieur à celui d’un bon appareil de premier ordre.
- M. le Président remercie M. Zune de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité d’agriculture.
- Transbordement des bateaux. — M. A. Mallet fait une communication sur un plan incliné pour transbordement des bateaux, établi à Beauval, près Meaux.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- NOVEMBRE 1882.
- L’objet de cette installation est de fournir à la batellerie qui fréquente le canal de l’Ourcq et la Marne, un moyen de communication direct entre ces deux voies navigables, qui ne sont distantes, aux environs de Maux, que de quelques centaines de mètres, tandis qu’il faudrait sans cela passer par Paris et faire en pure perte un parcours de plus de 100 kilomètres. Ce travail a été exécuté par M. Jules Fournier, entrepreneur de transports par eau, à Meaux, à ses frais, risques et périls.
- Dans l’endroit le plus favorable, la distance horizontale à franchir était de 450 mètres environ, et la différence de niveau de 12 mètres. Une série d’écluses bout à bout eût entraîné des dépenses considérables ; il a paru préférable de faire un plan incliné, en profitant delà disposition naturelle du terrain.
- Ce plan incliné est à double pente avec faîte intermédiaire, et aboutit aux deux extrémités à des bassins en communication avec les cours d’eau. Sur toute sa longueur est posée une voie à l’écartement de lm,94 en rails d’acier pesant 42 kilogrammes par mètre courant. Sur cette voie roule un chariot métallique, supporté par deux trucs à quatre roues chacun, lequel reçoit les bateaux qui ont 28 mètres de longueur sur 3m,10 de largeur et pèsent 70 à 75 tonnes avec chargement complet.
- Les roues de ces trucs sont à double cercle de roulement, disposition qui, combinée avec l’emploi de files auxiliaires de rails dans les bassins extrêmes, permet au chariot de conserver sa plate-forme toujours horizontale jusqu’à immersion complète dans l’eau des bassins, malgré la double pile du plan incliné.
- La propulsion du chariot se fait par une roue dentée, placée au-dessous et vers le milieu, laquelle engrène avec une crémaillère Riggenbach fixée dans l’axe de la voie. Cette roue est actionnée par des transmissions convenables, mises en mouvement par un câble sans fin, courant le long du plan incliné et partant d’une turbine installée près du bassin inférieur. Cette turbine est mue par la chute de la Marne créée par le barrage des Basses-Fermes. La transmission comprend un dispositif d’embrayage à friction qui permet, le câble étant toujours en mouvement, de faire marcher le chariot dans une direction ou dans l’autre, de ralentir sa marche ou même de l’arrêter complètement.
- Un système de freins automatiques arrête le chariot si sa vitesse s’accélère au delà d’une certaine limite.
- L’inclinaison du plan est de 4 p. 100 dans un sens et de 6 dans l’autre. Il faut environ une heure un quart pour un voyage double, aller et retour. Depuis que cet ouvrage est établi, il y a passé plus de 1 000 bateaux, sans qu’aucun accident soit survenu. La dépense s’est élevée à 100 000 francs en nombres ronds.
- M. le Président remercie MM. Mallet et Jules Fournier de leur intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
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- BIBLIOGRAPHIE. — NOVEMBRE 1892.
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- Gaz ogènes. —M. Lencauchez, ingénieur civil, fait une communication sur les gazogènes.
- M. le Président remercie M. Lencauchez de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- BIBLIOGRAPHIE
- JOURNAUX ET REVUES
- Annales de chimie et de physique. — Juillet 1892. — Sur les propriétés thermiques des vapeurs, par Ange Battelli.
- Journal de pharmacie et de chimie. — 15 Juillet 1892, n° 2. — Sur l’aluminium, par Balland. — Recherche du nickel en présence du cobalt, par Laurent Lafray.
- — Procédé de fabrication artificielle du camphre, par de Mare, Ney, Saunier, Damb-mann. — Mastic malléable, imperméable et élastique, par Fournier-Delattre. — Noté sur le dosage de la potasse, par Ferdinand Jean et Trillat.
- 1er août, n° 3. — Dosage électrolytique des métaux à l’état d’amalgame, par G. Wortmann.
- Moniteur scientifique. —Juillet 1892. — Procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d’impression et d’apprêt, par Jules Persoz. — Sur le peroxyde de sodium et ses applications au blanchiment, par Prud'homme. — Nouvelle méthode de dosage volumétrique du manganèse, par Blum.
- Août. — La fuchsine au point de vue de la toxicologie et de l’hygiène, par Paul Cazeneuve.
- Revue scientifique. — 23 juillet 1892, n° 4. — La stérilisation de l’eau.
- 20 août, n° 8. —La photographie appliquée aux levés de précision, par P. Gaultier.
- Revue générale des sciences. — 30 juillet 1892, n° 14. — Revue annuelle de chimie pure, par A. Etard.
- 30 août 1892, n° 16. — L’électricité atmosphérique : les observations récentes et les théories actuelles, par C. André.
- 15 septembre, n° 17. — La nomenclature chimique au congrès de Pau, par A. Combes. — L’électricité atmosphérique : les variations de sens et de grandeur du potentiel, par C. André.
- 30 septembre, n° 18. — La production du froid et ses récentes applications, par C. Guye.
- Bulletin de la Société française de photographie. — 14 juillet 1892, n° 13.
- Détermination de la courbure de l’objectif grand angulaire pour vues, Ad. Martin. - -
- 15 juillet 1892, n° 14. — Monture d’objectif, par Darlot. — Chambre noire, par Gillon.
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Novembre 1892. 105
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- BIBLIOGRAPHIE.
- NOVEMBRE 1892.
- — Nouveaux progrès de la photographie des couleurs, par Lippmann. — Procédé perfectionné d’impression au platine, par Pizzighelli.
- 1er août 1892, n° 15. — Nouveaux développateurs, par Eder.
- 15 août 1892, n° 16. — La saturation des corps pour les couleurs, son application à la photographie, par Gosselin. — Photographie pratique sur un nouveau procédé de platinotypie, par Ganichot. — Utilisation des plaquesvoilées. — Hypobromite de soude contre le voile des épreuves au platine, par Burton.
- 15 septembre, n° 18. — L’union internationale de photographie. Session d’Anvers 1892, par Pector. — Positifs sur verre sans développement. — Émulsion au collodio-chlorure. — Développement rapide à l’hydroquinone, par Lainer. — Véhicule pour les couleurs employées en photographie, par Phipson.
- Bulletin de la Société internationale des électriciens. —Juin 1892, n° 89.— Expériences avec les courants alternatifs de grande fréquence et de haute tension (suite et tin), par Nikola Tesla.
- Juillet, n° 90. —Appareil inscripteur de la marche des trains et système de signaux destinés à éviter les collisions, par H. Pellat.
- La Nature. — 16 juillet 1892, n° 998. — Sur l’innocuité de l’aluminium appliqué aux usages domestiques.
- 6 août, n° 1001. — Production industrielle des très basses températures, par X.
- 13 août, n° 1002. — Ressources minérales du Brésil.
- 27 août 1892, n° 1004. — Dépôt rapide de cuivre électrolytique, par E. H. — La conservation de l’eau de source, par L. L'Hôte. — La vulcanisation du bois. — La soya, par Henri Coupin.
- 3 septembre, n° 1005. — Transport d’énergie électrique à grande distance, par E. Hospitalier.
- 10 septembre, n° 1006. — Les polders du mont Saint-Michel, par C. Crépeaux.
- 17 septembre, n° 1007. —L’utilisation des chutes du Niagara, par Lucien Périssé.
- 24 septembre, n° 1008. — Les applications du chauffage électrique. — La disparition de la voie de 7 pieds sur les chemins de fer anglais, par D. B.
- 8 octobre, n° 1010. — Bateau en aluminium, par J. Laffargue.
- Journal d’agriculture pratique. — 1er juillet, 1892, n° 28. — Le sanatorium de la Villette, par le docteur Hector Georges. — La pelle à cheval, par B. —Principaux crus des vins de Bergerac, par Gagnaire.
- 21 juillet, n° 29. — La folle avoine, par Henry Mullat. — La cuscute, par Gustave Heuzé. — Sur la seconde plantation des pommes de terre Early rose, par Gugnaire.
- 28 juillet, n° 30. — Une belle création pastorale par les phosphates, par E. Lecou-teux. — La folle avoine et les blés sarclés, par Michel Perret. —Une plante fourragère intéressante. — La vesce velue, par E. Schribaux. — Le bétail à l’abattoir, par le D Hector Georges.
- 4 août n° 31. — Le phylloxéra vastatrix, par Maurice Maindron.
- 11 août, n° 32. — Les meilleurs utilisateurs de fourrages, par E. Lecouieux. — Quelques chiffres à propos du métayage et de la culture intensive, par Pageot. — Les chevaux méchants ou v-icieux, par H.-V. de Loncey. — L’oscine dévastatrice et l’avoine, par Ch. Poirson.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- NOVEMBRE 1892.
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- 18 août, n° 33. —La situation agricole en Russie, par C. Giqueaux. — Quelques chiffres à propos du métayage et de la culture intensive, par Pageot. — Arrose-moût automatique, par A. Dubois. — Les betteraves à la station expérimentale de Capelle, par H. Desprez.
- 25 août 1892, n° 34. — Nourriture du bétail pendant l’hiver 1892-1893, par E. Le-couteux. — Nouveau distributeur d’engrais, par A. Dubois.
- 1er septembre, n° 35. — La vesce velue, par E. Leeouleux. — Avantages de la vesce velue d’après le docteur Stebler, par E. Schaeltel. — Expériences sur les céréales, par H. Desprez. — Sur l’emploi simultané du nitrate de soude et du plâtre, par L. C.
- 8 septembre, n° 36. — L’agriculture à grands rendements, par E. Lecouteux. — Les gelées printanières de la vigne. — Moyens de les prévenir et d’y remédier, par Milla7'det. —Application des fumiers, par Gustave Heuzé. — A propos delà vesce velue, par E. Schribaux.
- 15 septembre, n° 37. —De la culture intensive de la poule, par Ernest Lemoine.
- 22 septembre, n° 38. — État approximatif de la récolte du blé, du méteil et du seigle en 1892, Document officiel.—Des charrues multiples ou à plusieurs raies, parBingelmann.
- 29 septembre, n° 39. — Des charrues multiples ou à plusieurs raies, par Ringelmann. — De la vesce velue, par Schaettel.
- 6 octobre, n° 40. — La vesce velue ou des sables. — Ses commencements. — Observations récentes, d’après le docteur Julius Kuhn. — Fumure rationnelle des plantes agricoles. — Les engrais phospho-potassiques, par P. de Maillard. — Transplantation des vieilles vignes, par J. Chennevière.
- 13 octobre, n°41. — Les blés sarclés, par E. Lecouteux. — Chanvre et engrais chimiques, par G. de Capol.
- Journal de l’agriculture. — 9 juillet 1892, n° 1332. — Une nouvelle usine de levures. — Microbiologie dans ses rapports avec la fabrication de l’alcool, de la bière, du vin et du pain, par V.-V. Courbery. — La lutte contre le phylloxéra, par le Dr Menudier.
- 13 juillet, n° 1333. — Faucheuse et moissonneuse-lieuse Wood, par de Sardriac. — Installation d’un poulailler de produit, par Paul Devaux.
- 16 juillet, n° 1334. — Installation d’un poulailler de produit, II, par Paul Devaux.
- 20 juillet, n° 1335. — Nouvelle méthode de vérification, par Paul. — L’agriculture dans le Nord-Est par Bronsvick.
- 23 juillet, n° 1336. —L’attelage delà vigne, par Florent.
- 27 juillet, n° 1337. —Appareils de laiteries, par de Sardriac.
- 30 juillet, n° 1338. — Le râteau-caoutchouc de Bajac, par de Sardriac. — La pisciculture en 1892, par Chabot-Karien. — Fixation de l’azote ammoniacal sur la paille, par Vogué.
- 3 août, n° 1339. — Culture potagère. — Les haricots, par de Pradel. — Une expérience d’engrais chimiques sur vigne, par A. Bernard.
- 6 août, n° 1340. — Une expérience d’engrais chimiques sur la vigne, par A. Bernard, — Sur l’amélioration des plantes cultivées, par Schribaux. — Les porcs de race croisée. par Gaudol.
- 10 août, n° 1341. —Les qualités laitières des vaches Durham, par Henry Sagnier.
- 13 août, n° 1342. — L’égrappage de la vendange dans le Midi, par Coste Floret. —
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- BIBLIOGRAPHIE.
- NOVEMBRE 1892.
- Le maniement des bœufs engraissés, par Gaudot. — Bibliographie agricole, par Henry Sagnier. -
- 17 août, n° 1343. — Une variété de seigle à essayer. — Le seigle de Schlanstedt, par Schribaux. — L’égrappage de la vendange dans le Midi, II, par Cosle-Floret.
- 20 août, n° 1344.—L’industrie des fromages de gruyère, par A. Gobin. — L’égrappage de la vendange dans le Midi, III, par Coste-Floret.
- 27 août 1892, n° 1345. — L’industrie des fromages de Gruyère, par A. Gobin. — Expérience sur les betteraves à sucre à la station expérimentale de Capelle, par H. Desprez.
- 3 septembre, n° 1346. — Les semoirs à vis d’Archimède, par de Sardriac. — Sur la production des fruits de luxe pendant toute l’année, par Vray.
- 10 septembre, n° 1347. — Les vins allemands, par Paul Muller. — Détermination de la richesse des pommes à cidre, par Truelle.
- 24 septembre, n° 1349. — Culture des pommes de terre, par Cordier. — Le progrès en agriculture, par Maist?'e.
- , 1er octobre, n° 1350. —Arrachage mécanique des betteraves, par de Saj'driac. — Le germinateur Quarante, par Sch'ibaux.
- 8 octobre, n° 1351. — Installation d’un poulailler de produit, par Devaux.,
- Le Gérant : J.-H. Ginestou.
- Paris. —-Typographie Chamerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères. — 29180 '
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- 91e ANNÉE.
- Quatrième Série, Tome VII.
- DÉCEMBRE 1892.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MECANIQUES
- Rapport fait par M. Hirsch, au nom du Comité des Arts mécaniques,sur une
- PROPOSITION RELATIVE A UNE MISSION A CONFIER A M. OsMOND POUR DES
- ÉTUDES SUR LA TREMPE DE l’aCIER.
- Messieurs,
- A la suite des études faites par la Commission que vous aviez nommée à cet effet, vous avez adopté, dans la séance du Conseil en date du 14 novembre 1890, une résolution intéressant au plus haut degré le progrès industriel et la prospérité de notre Société. Vous avez admis qu’il y avait lieu, dans certains cas, d’exercer une action plus active et plus efficace sur les études des problèmes qui se posent chaque jour dans l’industrie, de prêter un appui moral et financier aux expérimentateurs qui cherchent à préciser les données indispensables à la science, de contrôler et de rendre authentiques les résultats des études poursuivies dans cette direction.
- Conformément à cette résolution, vous avez successivement chargé M. Malher d’expériences sur le pouvoir calorifique des divers combustibles, M. Sérullas de recherches sur la culture des plants à gutta-percha en Malaisie, et inscrit à votre budget une somme de 2500 francs pour subventionner de nouvelles études.
- On pouvait compter, sans trop de témérité, que les travaux ainsi inaugurés, sous les auspices et le contrôle de la Société, porteraient leurs fruits. Mais les résultats, on peut le dire, ont dépassé toute attente. Les belles
- Tome VII. — 91e année. 4e série.
- Décembre 1892.
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- expériences de M. Malher sont aujourd’hui connues de tous les industriels ; le rapport qui les a résumées, après avoir été inséré dans votre Bulletin, a a été reproduit, avec les plus grands éloges, dans la plupart des publications industrielles françaises et élrangères, répandant ainsi partout le nom, trop peu connu peut-être, de notre Société. Je n’ai pas à vous rappeler les magnifiques travaux de M. Sérullas, dont les résultats sont si précieux pour toutes les industries électriques; peut-être même, comme conséquence indirecte, ces travaux n’ont-ils pas été étrangers aux belles et utiles études de notre collègue, M. Jungfleisch, sur l’extraction de la gutta-percha.
- Il se présente aujourd’hui une occasion favorable pour faire un pas de plus dans la voie inaugurée avec tant de succès. Il s’agirait d’élucider les phénomènes de la trempe et du recuit de l’acier. Malgré les nombreuses études auxquelles ils ont donné lieu, ces phénomènes restent encore fort obscurs, non seulement dans leur essence, mais encore dans leurs effets pratiques, dont la connaissance exacte serait si nécessaire à toutes les industries de la construction.
- La grande Commission récemment instituée auprès du Ministère des travaux publics, et qui a pour mission d’étudier les méthodes d’essai des matériaux, a été vivement frappée des lacunes graves que présentent nos connaissances sur ce point capital ; en particulier, la Section des métaux a exprimé à plus d’une reprise son désir de voir des expériences décisives mettre enfin un terme à ces incertitudes si regrettables.
- M. Osmond, l’un des membres les plus distingués de cette Commission, a été interrogé par plusieurs de nos collègues, et s’est montré disposé à accepter la mission d’entreprendre ces expériences avec le concours de notre Société. M. Osmond est membre perpétuel de la Société d’Encouragement ; il est bien connu de tous ceux qui s’occupent de la matière, par ses beaux travaux sur la structure des métaux et sur les variations de l’état moléculaire du fer et de l’acier à diverses températures.
- La question intéressant au premier chef les mécaniciens, c’est au Comité des Arts mécaniques que la proposition a été soumise; elle a été accueillie avec la plus grande faveur et adoptée à l unanimité. C’est au nom du Comité des Arts mécaniques que j’ai l’honneur de vous soumettre le présent rapport.
- Sans vouloir empiéter sur les résolutions que vous croirez devoir prendre, le Comité des Arts mécaniques a jugé utile de s’entourer de tous les renseignements nécessaires.
- L’aptitude personnelle de M. Osmond étant au-dessus de toute contes-
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- tation, le Comité s’est assuré que les moyens matériels d’exécuter les recherches ne feraient pas défaut ; grâce à l’obligeance éclairée de notre collègue, M. le colonel Laussedat, on disposera au Conservatoire de la plupart des machines et outils dont on aura besoin ; les professeurs de l’établissement seront heureux de prêter à M. Osmond leur concours le plus empressé ; on trouvera également une aide efficace auprès de divers laboratoires de mécanique et de chimie; ces ressources, convenablement utilisées, permettront de réduire dans une mesure importante les dépenses à faire et les crédits à demander à la Société.
- M. Osmond a préparé un avant-projet d’expériences qui servira utilement de base pour établir le programme définitif. Enfin le Comité a étudié à nouveau les décisions adoptées par la Société dans sa séance du 14 novembre 1890; et c’est en s’inspirant de l’esprit de ces décisions qu’il a l’honneur de vous proposer la résolution ci-après :
- « La Société d’Encouragement confie à M. Osmond la mission d’exécuter des recherches expérimentales sur la trempe et le recuit de l’acier.
- « Ces expériences seront faites sous la direction et le contrôle d’une Commission nommée à cet effet par le Conseil de la Société.
- « Cette Commission arrêtera, de concert avec M. Osmond, le programme des recherches à poursuivre.
- « Il est ouvert à M. Osmond, pour l’exécution de ces recherches, un crédit de 3 000 francs sur les fonds de la Société.
- « Les résultats des recherches seront, s’il y a lieu, publiés dans le Bulletin de la Société, sur la proposition de la Commission de contrôle; dans tous les cas, la Société se réserve, pour cette publication, le droit de priorité. »
- En outre, le Comité des Arts mécaniques a l’honneur de vous prier de vouloir bien nommer la Commission de contrôle.
- Signé : Hirsch, rapporteur.
- Approuvé en séance le 25 novembre 1892.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Ed. Sauvage, aa nom du Comité des arts mécaniques, sur le cric a manivelle de sûreté, système Dubois, présenté par la SOCIÉTÉ
- ALSACIENNE DE CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES.
- Dans le cric, appareil de levage simple et d’un emploi fréquent, la charge est portée par une crémaillère, qu’entraîne un jeu d’engrenages, actionnés
- à l’aide d’une manivelle. Une roue à ro-chet, fixée sur l’arbre de la manivelle, s’oppose à la descente de la charge : lorsqu’on veut permettre cette descente, il faut relever le cliquet qui maintient cette roue; mais alors on doit maintenir solidement la manivelle, car elle se met à tourner rapidement, si on la laisse échapper : la charge redescend sans qu’on puisse l’arrêter, et la manivelle risque de causer de graves blessures.
- On obvie à ces dangers en employant, pour amplifier l’effort de l’homme, une transmission de mouvement non réversible, dont l’organe principal est la xis : c’est ainsi que sont constitués les vérins. Malheureusement lavis consomme en frottements une grande partie du travail qu’elle reçoit; aussi ne peut-elle toujours se substituer aux engrenages du cric. Il convient donc de munir ces appareils d’un frein agissant avec certitude pendant la descente : la disposition imaginée par M. Dubois et présentée par la Société alsacienne de constructions mécaniques est à la fois simple et efficace.
- La roue à rochet, figurée en G sur les croquis ci-joints, est folle sur l’arbre
- Fig. 1. — Cric à manivelle de sûreté.
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- de la manivelle, mais elle peut être serrée entre un collet que porte cet arbre et le moyeu de la manivelle : à cet effet, la manivelle est construite de manière à se visser sur l’arbre; une rondelle E, fixée sur l’arbre, vient la maintenir en place, mais en lui laissant un jeu d’une fraction de millimètre. Ajoutons qu’on préfère ne pas exécuter le collet et la vis sur l’arbre même, mais les pratiquer sur une douille A invariablement fixée sur l’arbre. Quand on tourne la manivelle pour lever la charge, la vis vient fortement l’appuyer contre la roue à rochet C, qui se trouve entraînée et fonctionne à la manière ordinaire.
- Si l’on arrête l’appareil, une fois la charge soulevée, la roue à rochet G reste coincée et maintient la charge. Pour la faire descendre, il faut détourner la manivelle : ce mouvement l’écarte de la roue C, qui cesse alors de s’opposer au mouvement de descente: mais dès que la descente se produit, c’est l’arbre A qui se visse dans la manivelle, arrêtée ou marchant moins vite : la roue à rochet C se trouve de nouveau pincée et le cliquet arrête la descente.
- En fait, l’appareil fonctionne avec assez de précision pour que la descente de la charge suive régulièrement le mouvement de la manivelle et se règle aisément. Une fois mise en marche, l’effort nécessaire pour détourner la manivelle est faible et on peut lui imprimer une assez grande vitesse de rotation si on le désire.
- On voit que toute la sécurité de l’appareil repose sur l’adhérence de la roue à rochet contre les surfaces qui la serrent : si cette adhérence venait à manquer, la charge retomberait librement en entraînant la manivelle. Mais la vis, à pas assez faible, produit une pression si forte que cet accident n’est pas à craindre : on assure d’ailleurs l’adhérence en garnissant de rondelles en cuir (ou en fibre vulcanisée) les deux faces de la roue à rochet.
- On voit que pendant la manœuvre du cric muni de la manivelle de
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- ARTS CHIMIQUES.
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- sûreté on ne doit jamais relever le cliquet à la main. Pour éviter qu’on ait l’idée de faire cette fausse manœuvre, un arrêt F ne laisse au cliquet que la course strictement nécessaire pour le passage des dents de la roue à la montée. Sur des appareils brutalement maniés et mal surveillés cet arrêt pourrait disparaître ; il serait bon de l’établir un peu plus solidement, par exemple en le formant d’un étrier rapporté au-dessus du cliquet.
- Enfin, comme il faut compter avec les maladresses de toutes sortes, comme les crics peuvent être manœuvrés par des hommes qui ne les emploient pas habituellement, il ne serait pas inutile d’ajouter une inscription recommandant de ne jamais soulever le cliquet et une flèche avec le mot descente, indiquant qu’il faut détourner la manivelle pour la descente.
- Des Compagnies de chemins de fer font usage de ces crics en assez grand nombre et depuis quelque temps déjà : leur expérience montre que le frein de sûreté ne s’use pas trop vite. Ajoutons que cet appareil peut assez facilement s’ajouter à des crics ordinaires. Il mérite d’être cité parmi les dispositions de nature à réduire le nombre des accidents du travail. En conséquence, votre Comité a l’honneur de vous proposer l’insertion au Bulletin du présent rapport, avec les croquis qui l’accompagnent.
- Signé : Sauvage, rapporteur.
- Approuvé en séance le 9 décembre 1892.
- ARTS CHIMIQUES
- LE NOIR ANIMAL
- Fiquier, pharmacien à Montpellier, découvrit en 1811 les propriétés absorbantes du noir animal. Le charbon de bois, dont les propriétés avaient été étudiées parLowitz en 1790, était alors employé couramment pour le traitement des jus de betteraves. En 1811, on appliqua le noir animal au raffinage du sucre. Devosne s’en servit en 1812 pour purifier les jus de betteraves, et pendant le blocus continental, dont l’influence a été si favorable au développement de l’industrie sucrière en France, l’usage du nouveau décolorant s’accrut rapidement. C’est de cette époque que datent les premiers essais de fabrication industrielle du noir animal ; ils furent d’abord restreints, car, malgré ses avantages, Femploi de cette substance, que l’on ne savait pas encore régénérer, était coûteux. Charmes en 1822, Dumont en 1828, employèrent le noir animal en morceaux et comme.n-
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- ARTS CHIMIQUES. — DÉCEMBRE 1892.
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- cèrent à le régénérer : dès lors, la fabrication de ce décolorant devint une branche d’industrie indépendante et commença à prendre de Fimporlance.
- On se servait, pour le préparer, de fourneaux à réverbère dans lesquels on plaçait des pots remplis d’os concassés et débarrassés autant que possible de leur graisse par leur cuisson dans l’eau; plus tard on employa des fourneaux, plus larges et moins longs que les précédents, dans lesquels on disposait les pots en pile, de manière que le fond de chaque pot servît de couvercle au pot placé au-dessous de lui. Les 4éfauts de ces deux systèmes venaient de la mauvaise utilisation du combustible : après chaque opération, on laissait le fourneau se refroidir assez pour qu’on pût enlever les pots de noir et les remplacer par de nouveaux pots pleins d’os, puis on recommençait une nouvelle opération. Ces alternatives de température amenaient rapidement la détérioration des fourneaux et entraînaient une grande dépense de main-d’œuvre et de combustible.
- Pour remédier à ces inconvénients, on imagina des appareils à fonctionnement plus ou moins continu ; le plus important d’entre eux se compose d’un fourneau analogue aux fourneaux à réverbère, mais chauffés à ses deux extrémités; l’espace situé au-dessus de la sole était fermé par une voûte portant en son centre le tuyau de cheminée; des cylindres verticaux au nombre de k à 6 traversaient ce fourneau de part en part, et leurs extrémités situées, les supérieures au-dessus de la voûte et les inférieures au-dessous de la sole, pouvaient être fermés par des couvercles. A la partie supérieure de chaque cylindre étaient pratiquées quelques ouvertures par lesquelles s’échappaient les produits de la distillation. Dans certaines usines on cherchait à utiliser ces produits comme combustible en les dirigeant dans le foyer.
- Après avoir chauffé le fourneau, on remplissait les cylindres d’os concassés; au bout de six heures on enlevait le couvercleinférieureton faisaittomber les os carbonisés dans des récipients que l’on fermait aussitôt pour empêcher le noir de brûler au contact de l’air. Puis on garnissait de nouveau les cylindres d’os, et l’opération recommençait. Cette méthode avait plusieurs inconvénients : la carbonisation des os situés aux extrémités des cylindres était très imparfaite, la température n’étant pas assez élevée dans ces parties; on cherchait bien à tourner cette difficulté en garnissant le fond des cylindres de charbon d’os obtenu dans les opérations précédentes, mais dans cette seconde cuisson ce charbon perdait de sa teneur en carbone et diminuait par suite de valeur. Les produits volatils de la distillation des os sont variés et précieux, et ce n’est pas en tirer un assez bon parti que de les utiliser comme combustibles.
- Lorsqu’on se fut rendu compte de la valeur de ces produits accessoires et de l’importance qu’il y avait à les recueillir, on employa des cornues pour la fabrication du noir animal.
- Ces cornues étaient dans le principe semblables à celles dont on se sert pour
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- préparer le gaz d’éclairage; mais on s’aperçut qu’il était nécessaire de les faire en fonte, car les produits de distillation des os n’ont pas, comme les carbures dérivés de la houille, la propriété de boucher les pores des cornues : l’air, pénétrant en petite quantité au contact du noir, abaissait sa teneur en carbone et diminuait sa qualité.
- Cette méthode était désavantageuse, car elle sacrifiait les qualités du charbon d’os, produit principal, au profit des composés obtenus par distillation: malgré toutes les précautions que l’on pouvait prendre, le charbon rouge restait trop longtemps au contact de l’air pendant le déchargement; en outre, les dimensions des cornues étaient trop fortes, ce qui rendait la calcination inégale.
- L’appareil fut donc modifié, les cornues furent rendues plus petites et placées verticalement dans le fourneau : cette disposition permit un déchargement très rapide dans des récipients situés au-dessous des cornues, et, si l’influence fâcheuse de l’air sur le charbon d’os au rouge n’était pas complètement écartée, elle était de la sorte considérablement réduite.
- Avant de fixer plus complètement les conditions auxquelles doit satisfaire un appareil à carboniser les os, il convient de remarquer que les exigences des consommateurs sont différentes suivant les régions : la fabrication doit dans chaque cas être modifiée en conséquence.
- En Autriche, les fabricants de sucre emploient le noir en gros morceaux, allant même jusqu’aux dimensions d’une noix; ils veulent un produit poreux, sans songer que dans ces conditions le noir s’use plus vite et prend beaucoup de place dans les filtres.
- En Allemagne, les demandes des consommateurs sont toutes différentes : les grains de charbon d’os doivent être tout au plus de la grosseur d’une noisette; ils ne doivent pas être spongieux, mais aussi durs et aussi compacts que possible, ce charbon doit en outre être très noir avec des reflets brillants. Depuis quelques années on exige une teneur de 8 p. 100 de carbone, tandis qu’auparavant on se contentait de 6 p. 100, enfin l’humidité ne doit pas compter pour plus de 8 p. 100. On emploie en Allemagne deux sortes de noir, satisfaisant plus ou moins à ces conditions, ce sont le Patentknochenkole et le Vrimapatentkonik.nochenkole.
- En Erance, et surtout à Paris, où se trouvent d’importantes raffineries, on demande un noir en grains variant de la grosseur d’une graine de lin à la grosseur d’une noisette, quelle que soit d’ailleurs la forme de ces grains; certains consommateurs veulent du charbon poreux et léger, contenant au moins 10 p. 100 de carbone et au plus 6 p. 100 d’eau; d’autres préfèrent du charbon plus lourd et moins poreux, sans imposer aux producteurs de limite pour la teneur en carbone.
- En Angleterre et en Amérique, on consomme presque exclusivement un produit de la grosseur d’un grain de millet, aussi durs et aussi sphériques que possible.
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- En résumé, certaines de ces exigences sont relatives aux qualités physiques du noir, couleur, grosseur, forme des grains, consistance et porosité ; d’autres se rapportent à la composition chimique du charbon. La connaissance de ces diverses conditions permet d’étudier d’une manière rationnelle la fabrication du noir, de choisir dans chaque cas la matière première convenable et de déterminer le mode de préparation qu’elle doit subir.
- Les os sont composés d’une masse dure, un peu élastique, recouverte par le périoste, membrane formée par un tissu dense et fibreux. La substance osseuse se présente sous deux variétés : elle peut être spongieuse ou compacte, et, suivant l’os considéré, c’est l’une ou l’autre de ces variétés qui prédomine. La couche superficielle des os est toujours formée d’une épaisseur variable de tissu compact.
- En anatomie, on divise les os en trois classes : os longs, os courts et os plats; dans le commerce on confond les deux dernières classes : elles se distinguent cependant par des propriétés fort importantes au point de vue industriel qui fait l’objet de cette étude. Les os longs, tels que le fémur, sont constitués dans la plus grande partie de leur longueur par une couche épaisse de tissu compact, et sont percés, suivant leur axe, d’un canal cylindrique rempli de moelle; les os plats, les os du crâne par exemple, sont formés de deux lames de tissu compact, comprenant entre elles une couche très mince de tissu spongieux, enfin les os courts, comme les vertèbres, sont presque en entier composés de tissu spongieux, et ne sont recouverts que d’une très mince lame de tissu compact.
- Si l’on enlève à un os sa graisse par l’éther et la matière minérale qui le constitue par l’acide chlorhydrique, il reste une substance demi-transparente, conservant la forme de l’os, que l’on appelle osséine, et qui se transforme en gélatine lorsqu’on la traite par l’eau à chaud. Sa composition, d’après Bibre, est la suivante :
- Carbone . Hydrogène Azote. . . Oxygène. Soufre. .
- 50
- 18,4
- 24,2
- 0,2
- 100,00
- On a reconnu d’ailleurs que la composition de l’osséine peut varier suivan l’os que l’on considère : ainsi dans le même bœuf la teneur en azote a varié poui les différents os de 14,5 à 17,5 (W. Storck). L’os calciné à l’air se réduit en cendre blanche; l’analyse de cette cendre a donné :
- Phosphate tribasique de calcium...................................... 77,95
- Pyrophosphate monobasique de calcium.................................. 5,38
- Carbonate de calcium................................................. 13,52
- Phosphate tribasique de magnésium..................................... 2,07
- Fluorure de calcium et autres corps............................... 1,08
- 100,00"
- Tome Vil. — 9P' année. 4e série. •— Décembre 1892. 107
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- Dans la fabrication industrielle du noir, il est important de connaître le rapport qui existe entre les matières minérales et les matières organiques contenues dans les os que l’on emploie. Le tableau suivant donne les limites de ce rapport chez les différentes classes de vertébrés :
- MATIÈRES MINÉRALES. MATIÈRES ORGANIQUES.
- Amphibies et poissons osseux.. Mammifères. Oiseaux. p. 100. De 21 à 57 — 64 — 73 — 75,8 — 84,5 p. 100. De 79 à 43 — 36 — 27 — 24,2 — 15,5
- Parmi les mammifères, quelques variations se rencontrent d’une espèce à l’autre : ainsi les os de l'homme sont plus riches en matières organiques que les os du bœuf ou du mouton.
- Chez les animaux jeunes, les os ne donnent que peu de cendre ; ils contiennent au contraire de grandes quantités de matières solubles dans l'eau froide.
- Par suite des progrès de l’age, les os présentent moins d’eau, et leur teneur en graisse et en substances minérales s’élève. Ces résultats ont été confirmés par les analyses de AVildt*
- La maladie peut influer sur la composition des os; il n’en est pas de même du mode d’alimentation qui est indifférent; cela résulte des expériences de Weiske, qui a détruit sur ce point l’opinion contraire, soutenue par Papillon.
- Les divers os d’un même animal diffèrent un peu de.composition. Dans l’industrie du noir animal, ce sont les os du gros bétail qui intéressent particulièrement.
- Le tableau suivant renferme les variations que présentent les os du bœuf, en tenant compte de la classification proposée ci-dessus pour les différentes pièces du squelette :
- OSSÉIXE. CENDRE. AZOTE DANS L’OS desséché.
- p. 100. p. 100. p. 100.
- Os long (métatarsien) . . . 29,10 70,90 4,72
- Os plat (occipital) 31,87 68,13 5,58
- Os court (vertèbre) 39,58 65,08 5,59
- Os mixte (coxal) 33,89 66,11 4,95
- Le rapport que l’on observe entre l’osséine et la cendre dépend du rapport
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- qui existe dans l’os entre la matière compacte et la matière spongieuse. Cette dernière est plus riche en cendre et plus pauvre en osséine, et par conséquent en azote.
- En résumé, si ]’on prend la moyenne des analyses de tous les os d’un squelette entier de bœuf, on obtient la proportion suivante :
- Osséine.............................................. 34 p. 100
- Cendre................................................ 66 —
- En dehors de ces substances fondamentales, les os contiennent encore de l’eau, dont la quantité s’élève parfois jusqu’à 25 p. 100; de la graisse, dont le poids peut atteindre 15 p. 400, et accidentellement des corps étrangers, sable, terre, etc., ainsi que des morceaux très adhérents de chair et de tendons.
- Afin d’obtenir un charbon animal homogène, il est indispensable de ramener, par une opération préalable sur la matière brute, la proportion des corps étrangers à un taux sensiblement constant : c’est alors seulement que l’on soumettra les os à la carbonisation.
- Les os qui ont séjourné à l'air ou dans l’eau, perdent de leur valeur au point de vue de la fabrication du noir animal : en effet, soit à cause de l’humidité, soit par la putréfaction, ils perdent leur osséine. Le charbon qu’ils donnent a peu de valeur, et se reconnaît facilement à sa couleur grise.
- A leur arrivée dans l’usine, les os doivent être réduits en morceaux de la grosseur d’une noix; on en sépare la graisse d’abord, parce que cette substance a par elle-même de la valeur, et en outre parce que, laissée avec les os, elle, se décomposerait pendant la calcination en donnant naissance à un charbon compact qui obstruerait les pores du noir animal et abaisserait considérablement sa qualité. La graisse doit donc être éliminée avec le plus grand soin.
- La cuisson des os à l’eau chaude ne donne à cet égard qu’un résultat très imparfait.
- L’application des produits légers de la distillation du pétrole à l’extraction de la graisse des os a réalisé un tel progrès, que l’on peut affirmer que ce n’est que depuis L’introduction de ce procédé, c’est-à-dire depuis l’année 1879, que l'on a pu obtenir de bon noir animal. On a pu en effet extraire ainsi la graisse de l’os lui-même,parce que les hydrocarbures légers pénètrent dans les pores; en outre, ce traitement laisse l’osséine intacte, tandis que cette substance est plus ou moins endommagée par la cuisson à l’eau.
- Après le traitement aux hydrocarbures, les os ne contiennent plus que 1 à 2 p. 100 de graisse. Les os dégraissés sont desséchés dans une étuve dont la température doit rester inférieure à 70° : une chaleur plus forte rendrait les os fragiles, ce qui présenterait des inconvénients lors du broyage. Après le passage à l’étuve, il ne reste plus que 8 à 10 p. 100 d’humidité.
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- Autrefois on transformait en noir les os entiers; il est bien préférable de les concasser auparavant : la carbonisation de chaque morceau est plus régulière, la production est augmentée, car les os sont plus tassés dans les cornues qui peuvent contenir beaucoup plus de matières; enfin le noir est de qualité bien supérieure.
- Parmi les machines à broyer on peut mentionner:
- Les cylindres cannelés, les désintégrateurs, les moulins, les meules, les broyeurs à pilon.
- L'action des cylindres est la même sur les os compacts et sur les os spongieux : ils donnent des morceaux oblongs et tranchants dont la grosseur dépend de la distance des cylindres. La production des cylindres n’est pas abondante, mais ils demandent peu de force.
- Les désintégrateurs à force centrifuge agissent par choc ; leur rendement est excellent, mais le concassage est irrégulier; les parties dures des os se présentent sous forme de fragments longs, étroits, tranchants, et les parties molles sont réduites en morceaux arrondis, en sorte que le noir manque d’homogénéité.
- Les moulins sphériques, très employés pour préparer la farine d’os, n’ont pas donné jusqu’à présent de résultats pratiques pour le concassage.
- Les meules sont surtout employées en France : elles ne paraissent pas avoir permis d’atteindre le but d’une manière complètement satisfaisante.
- Les moulins à pilons sont les moins avantageuses de toutes ces machines au point de vue économique. Ils demandent beaucoup de force, s’usent vite et font peu de travail; ils sont cependant très employés. Pendant la période comprise entre les années 1870 et 1880, le traitement des os avait surtout pour but de préparer de la gélatine, et comme les moulins à pilons sont tout à fait impropres à cette fabrication, on les délaissa temporairement; depuis 1880, les demandes de farines d’os riches en azote devinrent de plus en plus importantes, et d’autre part des acheteurs nombreux se présentèrent avec des exigences très rigoureuses et même souvent injustifiées pour le noir animal. Alors l’usage des pilons se généralisa d’autant mieux que plusieurs constructeurs parvinrent à les perfectionner, notamment en remplaçant les pilons en bois par des pilons métalliques et en augmentant leurs rendements.
- Les pilons exercent sur les os une action spéciale. Ils broient la matière spongieuse plus rapidement que la matière compacte, aussi obtient-on finalement la première en poudre fine, la seconde en grains plus ou moins gros et très lourds. On sépare alors mécaniquement ces deux produits: la poudre qui provient de la matière spongieuse est traitée comme farine d’os, et les grains compacts sont très propres à la fabrication du noir animal. On voit par ce qui précède que le travail ,des pilons donne des grains homogènes répondant bien aux exigences raisonnées de la fabrication,
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- Si l’on veut avoir des grains arrondis de la grosseur de petits pois, on est obligé pour les obtenir de se servir en outre de machines spéciales. Pour faciliter cette opération, les fabricants remollissent les fragments à l’aide de la vapeur et leur donnent ensuite la forme arrondie; mais il n’est pas douteux que la vapeur ne détruise une partie de l’osséine et ne change en même temps la structure de l’os; on obtient en définitive un charbon fragile et de qualité inférieure.
- On recherche les noirs durs et compacts parce qu’ils résistent mieux à l’usure dans les manipulations multiples auxquelles ils sont soumis pendant la régénération. On croit généralement aussi que le noir dur agit avec plus d’intensité que celui que l’on obtient avec des os mous. Cela vient uniquement de ce que les parties dures des os se conservent plus longtemps et résistent mieux que les autres aux influences extérieures. Si la putréfaction agit sur une masse d’os, ce sont les parties molles qui se décomposent les premières; souvent même les parties dures ne sont pas atteintes. Le noir préparé avec des os pourris est bien inférieur à celui que donnent les os frais, à cause de la destruction d’une portion de l’osséine et des modifications subies par la structure des os. L’action des broyeurs à pilon présente dans ce cas une utilité incontestable, car les parties molles des os, en partie corrompues, sont complètement broyées, tandis que les parties dures, encore intactes, fournissent seules les grains.
- L’ingénieur Wendel, de Vienne, a imaginé un appareil, breveté en 1887, pour arrondir les fragments d’os, et les débarrasser des matières adhérentes de qualités inférieures. Il se compose d’une meule verticale recouverte par une enveloppe cylindrique en fonte formant tambour, dont la surface intérieure est à quelques centimètres de la tranche convexe de la meule : cette surface concave peut être garnie d’armatures perforées en fer dont l’ensemble forme un cylindre concentrique à la meule. Celle-ci et le tambour tournent en sens opposés, tandis que les fragments d’os parviennent dans l’espace annulaire situé entre eux. Les débris enlevés passent par les nombreux trous de l’armature intérieure du tambour en fonte; ils sont ensuite rejetés par une ouverture latérale. L’opération terminée, on arrête l’appareil, et l’on fait sortir par des portes spéciales les grains d’os arrondis et purifiés. Cette machine présente plusieurs inconvénients : sa complication, la petite quantité de matière qu’elle traite et son usure rapide ne permettent pas d’en recommander l’emploi.
- Dans le même ordre d’idées on vient d’inventer, en Amérique, un appareil à cyclone dans lequel la préparation du grain se fait par le frottement îles fragments d’os les uns sur les autres. Ces machines fonctionnent depuis trop peu de temps pour qu’on ait pu les apprécier.
- Après avoir ainsi examiné la matière première du noir animai ainsi que les procédés de fabrication imaginés pour la traiter, il convient d’envisager maintenant les exigences des divers consommateurs relativement à la dureté, à la po-
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- rosilé et à la grosseur des grains, afin de trouver les moyens de les satisfaire. Ainsi, pour répondre aux demandes des industriels autrichiens et français qui se contentent d’un noir spongieux, on peut se dispenser de trier les os s’ils sont frais, et pour le broyage on peut employer à volonté la meule, les cylindres ou les désintégrateurs, qui donneront un produit suffisant.
- Quelques consommateurs français demandent un noir compact : on arrivera à les satisfaire, soit en triant les os bruts, de manière à ne prendre que les plus durs, soit en employant des broyeurs à pilon. Enfin, pour fabriquer un noir tel que le demandent les industriels allemands, anglais et américains, ils convient de trier la matière première afin de ne prendre presque exclusivement que des os longs, de se servir de broyeurs à pilon, et de terminer la préparation en soumettant les os broyés à l’action de meules ou de machines spéciales. Une fois les os préparés, le mode de carbonisation influe sur la couleur du noir et sur sa teneur en carbone.
- Pendant cette opération, il se dégage des vapeurs qui se condensent en partie ; de sorte que l’on obtient, en définitive, des produits gazeux complexes, brûlant avec une flamme éclairante, et que l’on désigne sous le nom de gaz d'os; des produits liquides formant deux couches, l’une aqueuse, rouge brun, riche en sels ammoniacaux, l’autre huileuse, épaisse, brune ou noire et d’une odeur infecte ; enfin, des produits solides formés en majeure partie de carbonate d’ammoniaque qui se déposent sur les parois du récipient. Ce carbonate est souillé par une partie liquide condensée, ce qui lui donne une couleur brune et une odeur désagréable. On le rectifie en le sublimant, et l’on obtient finalement un corps ayant la composition suivante :
- Gaz ammoniac........................... 31 p. 100
- Acide carbonique...............: . . . 56 —
- Eau.................................... 13 —
- Ce sel doit être conservé en vase clos dans un endroit froid et sec, car l’humidité le décompose avec dégagement d’ammoniaque.
- L’huile d’os est un composé fort complexe ; elle contient les nitriles de plusieurs acides gras dans la proportion de 40 à 45 p. 100, le pyrol et ses homologues dans la proportion de 10 à 15 p. 100, de 7 à 10 p. 100 d’ammoniaques composés et de 1 à 2 p. 100 de bases pyridiques. Son analyse immédiate donne la composition suivante :
- Carbone.......................... 78 à 82 p. 100
- Hydrogène........................ 8 à 10 —
- Azote............................ 10 à 12 —
- D’après Weidel, ce serait la graisse retenue dans les os qui contribue principalement à donner l’huile d’os pendant la distillation. Ainsi, tandis que les.os
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- traités à l’eau chaude donnent 3 p. 100 d’huile, on n’obtient plus qu’à peine 1 p. 100 de ce produit en distillant les os dégraissés par les hydrocarbures.
- La formation des divers corps composant l’huile d’os s’explique facilement. La graisse donne, dans la distillation, de la glycérine et des acides gras. Ces derniers, rencontrant les amines produits par la décomposition de l’osséine, donnent naissance à des amidesqui, en perdant ensuite une molécule d’eau se transforment en nitriles. D’autre part, la glycérine se déshydrate et se change en acroléine qui, réagissant sur les amines, produisent les bases pyridiques. La synthèse de la picoline obtenue en partant de l’acroéline confirme cette manière de voir. Le pyrol, d’après Weidel, viendrait de la distillation de l’osséine.
- L’huile d’os a pour densité 0,97 ; elle peut être utilisée dans la fabrication du bleu de Prusse; distillée, elle donne l’huile de Dippel, dont on se sert en médecine et dans l’art vétérinaire. Depuis quelque temps on traite l’huile de Dippel pour en extraire la pyridine et ses homologues, que l’on emploie pour dénaturer l’alcool.
- L’eau ammoniacale produite dans la distillation des os est un liquide plus ou moins foncé qui renferme de l’eau, du sel ammoniac identique au composé solide obtenu simultanément et une proportion variable d’huile d’os. Sa densité varie de 1,03 àl,10àla température de 13°. Généralement onianeutraliseparl’acide sulfurique : elle constitue alors, sans qu’il soit besoin de l’épurer davantage, un engrais azoté excellent. On l’emploie aussi dans la fabrication de la soude à l’ammoniaque.
- Le gaz d’os se compose de divers hydrocarbures, d’amines volatiles, d’oxyde de carbone, d’acide carbonique, de cyanate d’ammoniaque et de cyanogène. La plupart de ces constituants étant combustibles, le gaz d’os peut être utilisé, après épuration, pour le chauffage et l’éclairage. Le poids moyen du gaz d’os produit est environ le vingtième de celui des os employés.
- En résumé, sans perdre de vue le produit principal de la fabrication, il convient de combiner les appareils de manière à recueillir autant que possible les produits secondaires dont l’utilisation peut être une source de bénéfice. La température à laquelle s’effectue la distillation aune grande influence sur la quantité et la qualité des produits obtenus : si elle est élevée, les produits volatils ont une composition plus simple, et le charbon qui reste dans la cornue est moins abondant; si elle est basse au contraire, on obtient plus de charbon, mais les matières distillées sont plus compliquées. Dans ce dernier cas, la constitution du charbon est également plus complexe. La pratique a montré que la température la plus convenable pour la distillation des os correspondait au rouge cerise : on obtient alors un charbon complètement noir, tandis qu’en chauffant moins, l’os-séine n’est qu’en partie décomposée, et le noir a un reflet rouge brun caractéristique. Si l’on dépasse le rouge cerise, le charbon produit est reconnaissable à
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- ses reflets bleuâtres; on dit qu’il est brûlé. Le carbonate de chaux s’est alors décomposé en laissant un résidu fixe de chaux; d’un autre côté, le phosphate amené partiellement à l’état de fusion a fait perdre au noir sa porosité et sa résistance. La durée de la distillation est également très importante et influe considérablement sur la nature du produit. L’élévation de température et la durée ne sont pas les seuls facteurs à considérer dans la distillation du noir animal: il faut encore faire la plus grande attention à la conduite et à la marche de l’opération. Si les os sont portés d’emblée à une température élevée, l’osséine se détruit rapidement, et les composés gazeux formés se décomposent en se simplifiant et en augmentant de volume : il en résulte un dépôt de charbon sur les parois de la cornue et dans les pores de la masse à distiller, ce qui abaisse notablement la qualité du noir animal.
- L’élévation brusque de la température de la cornue a encore pour effet de diminuer la solidité et la résistance du produit, cela tient à ce que les os contiennent environ 8 à 10 p. 100 d’eau dont la vaporisation subite détruit en partie la structure de la matière osseuse. On chauffera donc d’abord faiblement la cornue pour déterminer l’évaporation de l’eau, puis on élèvera graduellement la température, et l’on n’atteindra le rouge cerise qu’à la fin de l’opération.
- L’un des procédés de carbonisation des os consiste dans l’emploi de pots que l’on place, après les avoir garnis, dans des fours froids dont on élève progressivement la température; ce système satisfait complètement aux conditions qui viennent d’être exposées; c’est pour cette raison que quelques industriels préfèrent le charbon préparé dans les pots et refusent celui qui a été distillé dans les cornues, et l’on trouve encore en Allemagne des fabricants qui continuent à se servir de ce procédé primitif de carbonisation.
- On se sert généralement aujourd’hui de fours à cornues; dans leur emploi on doit avoir égard aux remarques suivantes : afin d’obtenir un produit homogène qui ne soit pas brûlé au contact des parois du récipient et imparfaitement cuit à l’intérieur, l’épaisseur de la masse à carboniser ne doit pas dépasser 20 centimètres. L’accès de l’air, même en faible quantité, doitêtreévilé; il a pour effet de déterminer la combustion partielle du carbone et diminue la valeur du noir : aussi doit-on veiller à ce que les cornues soient hermétiquement closes et à ce que l’appareil entier ne comporte aucune pièce en terre poreuse qui livrerait passage à l’air, par diffusion, à cause de la grande différence des densités gazeuses. Sans cette précaution le charbon d’os serait bleuâtre et plus ou moins mélangé de parties blanches, il pourrait même survenir une explosion. Dans le même ordre d’idées, il est absolument nécessaire de laisser complètement refroidir le noir avant de l’exposer au contact de l’air, on doit aussi se garder de décharger le charbon dans l’eau, car à la température élevée où il se trouve il se désagrège au contact de l’eau, perd sa solidité et produit une grande quantité de poussière.
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- La pratique a démontré que cette division du noir s’obtient au contact de l’eau même après refroidissement.
- Dans ces conditions le noir absorbe 80 p. 100 de son poids d’eau; il en résulte une élévation de température qui pont amener d’autres inconvénients.
- Les appareils actuellement employés pour la distillation des os permettent de satisfaire plus ou moins complètement aux conditions qui viennent d’être exposées.
- Le système Lorenzen, breveté en Allemagne en 1880, se compose de trois fours dans lesquels on dispose plusieurs rangées de pots. Les gaz du foyer mélangés aux produits de la distillation circulent entre ces pots, les éléments combustibles de ce mélange gazeux brûlent et contribuent à entretenir la chaleur du four. Les gaz, fortement chargés d’ammoniaque, passent ensuite dans des appareils où ils se refroidissent, se condensent en partie, et perdent enfin le reste de leur ammoniaque au contact de l’acide sulfurique. De cette façon, Lorenzen obtient en définitive un poids de sulfate d’ammoniaque égal à 5 p. 100 du poids des os.
- Ce système a deux inconvénients : d’abord l’action du four est intermittente, et, après avoir été 48 heures en activité, il doit être abandonné pendant un temps à peu près égal pendant lequel il se refroidit ; de plus, à cause de ses grandes dimensions, il ne peut être chauffé uniformément, et ces inégalités de température déterminent des différences dans le degré de carbonisation et dans la valeur du noir, suivant la situation des pots où il se trouve.
- Le four François Brison est à production continue. 11 se compose de quatre cornues verticales en terre réfractaire pouvant se décharger dans des étouffoirs placés au-dessous d’elles en dehors du four. Chaque cornue peut traiter en 24 heures de la à 20 hectolitres d’os, ce qui correspond environ à 500 kilogrammes de noir animal.
- L’inventeur ne donne pas assez de détails sur l’utilisation des produits secondaires pour qu’on puisse juger son système à ce point de vue. Sous le rapport de la fabrication même, on peut remarquer que la matière à carboniser pénètre brusquement dans les cornues portées au rouge : réchauffement a donc l’inconvénient de ne pas être progressif; de plus, pendant le déchargement du noir dans les étouffoirs, l’accès de l’air n’est pas complètement évité. En revanche, grâce aux petites dimensions des cornues, l’appareil de Brison permet un échauffement uniforme des os et donne un produit homogène.
- En 1884, l’ingénieur viennois Zwillinger a fait breveter un appareil pour la carbonisation des os par la vapeur surchauffée. Cet appareil fut ensuite modifié et installé sous sa nouvelle forme dans l’usine du Duc-Albert, à Zeibach.
- Il se compose d’un réchauffeur de vapeur en forme de serpentin, chauffé par un foyer dont la flamme arrive jusqu’aux cornues qu’elle contourne. Les produits Tome VII. — 91e année. 4e série. — Décembre 1892. 108
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- de la distillation passent dans un appareil à condensation, puis sont successivement traités par l’acide sulfurique dilué, qui absorbe l’ammoniaque, et par le sulfure de fer, qui retient les composés cyaniques. En résumé, l’appareil de Zwil-lingerestun four ordinaire, avec cette particularité que les cornues renferment de la vapeur d’eau surchauffée. Cette innovation n’évite pas les inconvénients inhérents à l’emploi des cornues, mais rend le noir plus mou, moins résistant à l’usure et de moindre valeur, car la vapeur, en se décomposant au contact du charbon rouge, produit de l’oxygène libre qui a la même influence fâcheuse que s’il provenait d’une rentrée d’air.
- La vapeur d’eau ne doit donc pas être employée pour la carbonisation des os à cause de la température élevée de cette opération ; elle peut, au contraire, servir utilement pour la régénération du noir. Les particules organiques d’origine végétale qui se sont déposées par l’usage dans les pores du noir animal se transforment pendant la régénération en charbon végétal, dont le pouvoir décolorant est très faible : aussi est-il désirable que l’opération soit conduite de telle sorte que ces particules laissent un résidu charbonneux aussi petit que possible. Dans la pratique, ce résultat s’obtient par l’élévation de température, ce qui détériore dans une certaine mesure le noir animal; au contraire, la vapeur d’eau surchauffée non seulement détermine la carbonisation directe des matières organiques, mais, en se décomposant elle-même au contact du charbon, elle produit de l’oxygène qui se combine avec le résidu carbonisé de ces particules et forme ainsi de l’oxyde de carbone à une température où le noir animal reste inaltéré.
- Au point de vue de l’utilisation des produits secondaires, l’appareil de Zwil-linger est très satisfaisant, ce qui peut s’expliquer par l’action de la vapeur d’eau dans les cornues. Par contre, la dépense en combustible est très forte. En résumé, ce système ne présente aucun avantage bien marqué sur les appareils précédents.
- Le four de MM. Tessier, Huzard et Gie figurait à l’Exposition universelle de Paris en 1889. Il se compose de cornues verticales disposées sur deux rangées, à chacune desquelles correspond un appareil à condensation pour les produits secondaires ; le résidu gazeux est conduit dans le foyer et sert au chauffage des cornues. Les inventeurs affirment que leur fourneau est très avantageux sous le rapport de l’utilisation des produits de la distillation, et que, si l’on y carbonise des os secs, il ne demande aucun combustible et se maintient de lui-même à la température nécessaire.
- On voit par ce qui précède que, si les fours à cornue permettent Tutilisation des produits secondaires et rendent possible la production continue, les fours à pots présentent deux qualités bien précieuses, car dans ces appareils la température de la matière à carboniser s’élève progressivement,et le noir animal une fois produit ne subit aucune manipulation qui pourrait le détériorer.
- Rezwy, de Saint-Pétersbourg, a cherché à réunir les avantages des deux sys-
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- ternes. Le four comprend deux rangées superposées de cornues unies les unes aux autres par un joint hermétique qui permet au métal de se dilater librement. Le couvercle des cornues supérieures porte deux tuyaux, le plus gros sert à l’introduction continue des os broyés, le plus petit conduit dans un appareil condensateur les produits de la distillation. Les cornues de la rangée inférieure communiquent par en bas avec un gros tuyau qui sort du four et sert à la décharge du noir; il est soigneusement fermé à son extrémité. Le chauffage se fait au commencement de l’opération avec du gaz de houille produit dans un générateur; il se continue ensuite exclusivement avec le gaz produit parla distillation des os.
- TENEUR EN CARBONE A INDICATION du CHROMOSCOPE lî DÉCOLORATION C COEFFICIENT de DÉCOLORATION D
- I. Charbon incomplètement carbonisé.
- a, rouge brun 26,03 » » »
- b, roussâtre 9,69 66,12 2,95 554
- II. Charbon normal.
- a, moyen. 10,65 81,24 5,33 1000
- b, compact 8,82 79,62 4,91 921
- c, spongieux 11,84 82,58 5,74 1077
- III. Charbon bridé.
- a, brillant 14,92 73,40 3,76 705
- b, bleu gris 2,91 68,12 3,14 589
- c, réduit en cendres. 0,04 )> » ))
- IV. Charbon d’essai.
- a, traité par l’acide chlorhydrique. . 99,15 74,16 3,87 726
- b, provenant des parties spongieuses
- des os 8,86 81,91 5,53 1038
- c, provenant des parlies compactes
- des os 5,13 78,28 4,60 863
- Ce four est satisfaisant sous le rapport de l’économie du combustible et de la productivité. Il recueille peut-être moins bien les produits secondaires que l’appareil de Zwillinger, mais il répond parfaitement aux conditions que nous avons examinées plus haut et qui caractérisent une bonne fabrication. A côté de ces avantages précieux il présente un grave défaut : l'usure rapide des cornues. Après avoir servi pendant un temps relativement court, les cornues se brûlent, et il devient nécessaire de les remplacer, ce qui entraîne à de fortes dépenses.
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- Depuis 1880, les consommateurs attachent une grande importance à la teneur en carbone du noir animal. Ils croient qu'une grande richesse en carbone est le signe distinctif d’un produit de bonne qualité. Des expériences ont été faites dans mon laboratoire pour vérifier cette assertion et ont porté sur onze variétés de charbon d’os. On a déterminé le poids d’eau, de carbone et de résidu insoluble dans l’acide chlorhydrique que contiennent chacun deces échantillons; puis le poids de carbone a été rapporté à 100 parties de noir sec, et le résultat obtenu a été inscrit dans la colonne A.
- On a chauffé 5 grammes de noir parfaitement desséché avec 150 grammes d’un jus de betterave noir à 10 p. 100. Après refroidissement, le mélange de noir et de jus a été ramené à son poids primitif et filtré ; puis on a déterminé le taux d’absorption des matières colorantes par le charbon au moyen du chromoscope Staumer. Les nombres ainsi obtenus ont été placés dans la colonne B.
- Dans la colonne C se trouvent les rapports de la coloration du jus avant et après l’usage du noir. Enfin, pour faciliter la comparaison, on a inscrit dans la colonne D le rapport du pouvoir décolorant des divers échantillons au pouvoir décolorant, représenté par 1000, d’un charbon normal type.
- Tous ces nombres représentent la moyenne d’un grand nombre d’expériences.
- I a. — Ce charbon représente la transition entre l’os et le noir animal; il contient une proportion d’osséine incomplètement carbonisée. Loin de décolorer, il fonce la teinte des jus sucrés et ne peut être d’aucun emploi.
- I b. — Ce charbon a un aspect roussâtre, quoiqu’il contienne 9,69 p. 100 de carbone; son pouvoir décolorant est très faible; il constitue un produit de mauvaise qualité.
- II a. —Ce charbon noir mat a été obtenu dans les meilleures conditions de fabrication; il a été pris pour type.
- II b et II c. — Afin de déterminer l’influence de la structure de l’os, on a conservé le mode de fabrication et les matières premières de l’exemple précédent et on a séparé les parties spongieuses des os des parties compactes; on les a ensuite converties séparément en noir.
- L’examen du tableau montre que le noir provenant des parties spongieuses des os a un pouvoir décolorant plus élevé, et que dans les 3 charbons du groupe II le pouvoir décolorant varie dans le même sens que la teneur en carbone.
- III a. — Ce charbon a été porté brusquement à une température élevée pendant sa distillation. Si l’on observe la forte proportion de carbone qu’il contient et son faible pouvoir décolorant, on peut en déduire qu’il a dû se déposer dans ses pores, lors de la décomposition des carbures gazeux, des particules de carbone n’ayant aucun lien de structure avec l’os et sans valeur au point de vue industriel.
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- HT b. — Ce noir a perdu la majeure partie de son carbone par combustion partielle au contact de l’air ; c’est un produit de mauvaise qualité.
- III c. — Cet exemple met encore davantage en évidence les inconvénients de l’action de l’air sur le noir animal pendant sa fabrication. Ce produit est presque blanc; il ne contient presque pas de carbone : mis au contact des jus sucrés, il augmente leur coloration à cause de sa réaction alcaline.
- IY a. — Ce charbon n’est autre que le noir type II a auquel on a enlevé, par des lavages à l’acide chlorhydrique, les éléments inorganiques qu’il contient.
- 11 se présente sous la forme d’une poudre contenant 99,15 de carbone ; au point de vue de la décoloration il est bien inférieur au charbon type dont il provient.
- IV b. — Ce charbon a été préparé avec les parties spongieuses des os; il contient peu de carbone, et cependant son pouvoir décolorant est très élevé.
- IV c. — Ce noir provient des parties les plus compactes des os ; afin de diminuer sa teneur en carbone, la matière première a été traitée par la vapeur, qui a éliminé une portion de la matière organique sous forme de colle. Ce charbon d’os, qui contient très peu de carbone, a cependant un assez bon pouvoir décolorant.
- De ce qui précède on peut conclure que le facteur principal de la décoloration réside dans la porosité du noir animal ou dans l’état particulier de sa structure; néanmoins sa teneur en carbone joue aussi un rôle important, pourvu que ce carbone provienne exclusivement de l’os et soit intimement lié à son squelette minéral.
- Plusieurs savants ont expliqué l’action purement physique du noir animal sur les particules colorantes. D’après F. Schiller, le noir est traversé par des canaux très fins de diamètre très variable ; chacun d’eux retiendrait les particules colorantes en rapport avec ses dimensions : cette hypothèse explique pourquoi le noir agit plus complètement et plus vite sur certaines préparations que sur d’autres dont les particules ont des dimensions moins en rapport avec celles de ses canaux; elle explique aussi le fait de la décoloration d’une liqueur par un noir qui a déjà épuisé son action sur un premier liquide coloré : dans la première opération, les particules n’ont rempli que les canaux en rapport de grandeur avec elles ; il peut donc se faire que les canaux vides puissent arrêter à leur tour des particules de volume différent.
- A cette théorie physique de la décoloration par le noir animal d’autres expérimentateurs ont opposé l’effet des actions chimiques.
- Birnbaum et Bomasch, en faisant agir du noir sur l’ammoniaque et ses sels, ont observé des phénomènes chimiques. Avril montra que l’absorption par le noir des substances salines déterminait une réaction indépendante de la chaux et des sels contenus dans le noir lui-même. Muspratt fit observer que l’azote du charbon d’os le distingue essentiellement des charbons d’origine végétale et attribua la
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- mauvaise qualité des noirs trop cuits à la perte d’azote qu’ils commencent à subir à la température rouge, plutôt qu’à une fusion partielle du phosphate de chaux qui aurait pour effet d’oblitérer une partie des pores.
- Enfin plusieurs expérimentateurs, Anthon (1), Wernecking (2), F. Meyer (3), W. Heintz (4), Libermann (5), P. Cazeneuve (6) ont soutenu le rôle chimique du noir animal.
- D’un autre côté, MM. Scheibler (7) et Kohlrausch (8) ont combattu les conclusions de quelques-uns de ces savants.
- Les résultats et les opinions étaient d’autant plus difficiles à comparer que les charbons d’os sont de nature très variable, et qu’il est presque impossible de préparer des produits similaires comme structure et comme composition.
- Au point de vue pratique, M. Dux (9) a proposé de prendre pour mesure delà qualité d’un noir le poids d’eau qu’il est susceptible d’absorber, mais ce procédé ne peut évidemment renseigner que sur la porosité du produit et sur sa siccité relative.
- M. Bodenbender(lO) pensequelafacultéquepossèdelenoird’absorber certaines bases telles que l’ammoniaque et la chaux peut être utilisée dans le même but.
- Bussy, Schober, Zaloziecki ont cherché à déterminer la valeur du noir par son action décolorante sur une solution d’indigo. Brimeyer a employé, à cet effet, l’iode dissous dans l’iodure de potassium, la fuchsine, etc.
- Toutes ces méthodes ont un défaut commun, qui provient de ce fait qu’un même noir agit différemment sur des liqueurs colorées avec des matières différentes, et que la connaissance de son pouvoir décolorant dans un cas particulier ne donne aucune idée de sa conduite dans d’autres conditions. Sous le rapport de la décoloration des jus sucrés, des sirops et des mélasses, beaucoup de recherches ont été faites; mais, comme on n’a aucun procédé qui permette de déterminer la quantité de matières colorantes contenues dans ces solutions, il faut se contenter d’une détermination relative. A ce point de vue, les recherches spectroscopiques du professeur Vierordff (11) méritent de fixer l’attention.
- Dans la pratique industrielle on se contente ordinairement des indications du chromoscope de Stammer ou d’autres appareils analogues, basés sur ce que le
- (1) Dengl. Polyt., journ. CLX.
- (2) Org. d. C.-V. f. R.-Z. Industr., X, 145.
- (3) Org. d. C.-V. f. R.-Z. Industr., XI, 591.
- (4) Zeitschr. d, V. f. R.-Z. Industr., XXXVII, 853.
- (5) Journ. de la Soc. chim. de Russie, IX, 309.
- (6) Chemik. Zeilung, 1890, n° 38, 124.
- (7, Zeitschr. d. V. f. R.-Z. Industr., XXII, 101.
- (8) Org. d. C.-V. f.R.-Z. Industr., XVIII, 807.
- (9) Org. d. C.-V. f. R.-Z. Industr., XVII, 924.
- (10) Zeitschr. d. V. f. R.-Z. Industr., XXV, 90G.
- (11) Org. d. C.-V. f. R.-Z. Sud., XII, 41. — Musfratt’s Chemie, 4e éd., 1889, 129.
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- poids de matières colorantes d’une liqueur est pour une même intensité en rapport inverse de l’épaisseur de la couche liquide.
- Depuis soixante ans on a fait un grand nombre de tentatives pour affranchir l’industrie sucrière de la nécessité de consommer une matière aussi coûteuse que le noir animal et pour trouver un produit à bon marché doué des propriétés du noir animal : aucune de ces tentatives n’a réussi. Il faut admettre actuellement que l’on ne peut obtenir sans charbon d’os un sucre raffiné complètement blanc ou un sucre en poudre de qualité supérieure. Mais, si le noir animal est indispensable, on est parvenu à en réduire l’emploi et à réaliser de notables économies en perfectionnant les procédés de filtration et de purification mécanique des jus sucrés.
- Le noir animal sert encore dans plusieurs industries importantes, telles que la fabrication des huiles, de la glycérine, de la paraffine, en un mot partout où l’on a besoin d’éclaircir ou de décolorer. Vu l’importance de ce produit, il y a lieu d’accueillir avec le plus grand intérêt les études et les innovations qui tendent à en perfectionner la fabrication.
- (.Zopiski.)
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- LA FOURNITURE DU LAIT A COPENHAGUE, D’APRÈS LE RAPPORT DE M. IIENRY-B. RYDER, CONSUL DES ÉTATS-UNIS A COPENHAGUE.
- La Compagnie d’approvisionnement de lait de Copenhague a été fondée pour ainsi dire par hasard. Il y a une douzaine d’années environ, M. G. Busck, de Copenhague, fondateur de la Compagnie Scandinave des beurres conservés, fut frappé d’apprendre qu’il était impossible à ses ouvriers de se procurer du lait ailleurs que chez leur distillateur qui possédait des vaches, et qu’en outre, quand le père de famille ne consommait pas d’alcool, on se refusait absolument à lui fournir le lait qui lui était nécessaire pour sa famille.
- En approfondissant la question, M. Busck fut également surpris devoir qu’au cune espèce de contrôle n’était exercée sur le bétail et le personnel des fermes qui approvisionnaient la ville de Copenhague et que les habitants de cette ville, comme ceux de bien d’autres grands centres, du reste, étaient obligés de se contenter de lait qui, au point de vue du frelatage dont il pouvait être l’objet et de la santé des vaches qui le fournissaient, ne donnait aucune espèce de garantie et qu’il n’était même pas facile à obtenir, comme on l’a vu plus haut.
- M. Busck vit donc de suite, au point de vue commercial, le débouché immense qu’offrait cette industrie, et en même temps, au point de vue philanthropique, la
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- belle occasion qui lui était donnée de suppléer à une réelle nécessité en fondant un établissement agricole pouvant fournir, dans de bien meilleures conditions de bon marché que partout ailleurs, le lait à une grande partie de la ville et surtout aux enfants à qui il est si indispensable.
- Une des conditions principales, pour l’exécution de ce projet, devait donc être de s’assurer un stock important de vaches bien tenues et bien portantes, afin de sauvegarder la santé des consommateurs et éviter que le lait ne serve de véhicule à la tuberculose ou à toute autre maladie. Des expériences faites par Galvatier, en 1889, ont, en effet, prouvé qu’un homme pouvait s’inoculer le germe de la phtisie en absorbant, sous la forme de lait caillé ou de fromage frais, sec ou salé, le lait d’une vache atteinte elle-même de phtisie ; des volailles et des porcs nourris avec du lait caillé, provenant d’une fromagerie possédant des vaches souffrant de la tuberculose, ont été eux-mêmes atteints par cette maladie.
- La Compagnie pour /’ approvisionnement de lait de Copenhague fut donc, à la suite de ces considérations, fondée sous les auspices et avec l’aide du professeur Panum, l’éminent physiologiste, aujourd’hui décédé, du docteur Borch, de M. Bille, ex-consul dé Danemark à Washington, du docteur Engelsted, de M. H.-B. Ilalkier, avocat général (aujourd’hui un des directeurs), et de beaucoup d’autres médecins ou philanthropes qui prêtèrent leur zélé concours, non seulement pour l’élaboration du plan d’opération, mais aussi dans le fonctionnement de l’exploitation dont nous donnons ci-après un aperçu rapide.
- Cette Compagnie, au capital initial de 15 000 francs, n’ayant pas été fondée dans un but réellement commercial, on décida comme principe que les bénéfices réalisés dépassant les 5 p. 100 dus aux actionnaires seraient employés à réduire le prix de vente du lait, et d’une façon générale à augmenter ou à améliorer les installations de l’entreprise.
- On statua également que les membres du Comité de contrôle, au nombre de trois, ne recevraient aucune indemnité et ne seraient intéressés en aucune manière dans l’entreprise.
- La possibilité de fournir un lait pur et non frelaté aux habitants et surtout aux nombreux enfants de Copenhague étant le but principal de l’association, on commença par soumettre à une visite bimensuelle toutes les vaches des fermes d’où provenait l’approvisionnement ; cette inspection est passée avec beaucoup de minutie et d’exactitude.
- Chaque animal, soit dans les étables, soit dans les pâturages, est visité avec soin ; on prend des notes qui sont comparées avec celles qui sont relevées à la visite précédente, et d’après cette comparaison, on réforme certaines vaches reconnues impropres à la fourniture du lait, et on en ramène par contre d’autres qui avaient été réformées provisoirement à de précédentes visites.
- Ces inspections sont passées par des vétérinaires qui ont à dresser un rapport
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- sur l’état de santé du bétail dans les différentes fermes. Ils ont à faire fréquemment des visites spéciales pour la tuberculose, car il est reconnu que le développement de cette maladie dans le pis s’opère, dans certains cas, d’une façon si rapide qu’il est d’une nécessité absolue de diagnostiquer le plus tôt possible, afin d'éviter les dangers qui pourraient survenir du mélange du lait sain avec celui qui provient des vaches malades.
- En outre, pour assurer d’autant mieux la pureté du lait, la Compagnie met en jeu l’intérêt des fermiers, et sa manière de traiter avec eux donne une excellente idée du système de l’entreprise.
- On fait signer aux fournisseurs l’engagement de «rendre compte par tous les moyens dont il dispose, de tout cas de maladie infectieuse qui viendrait à se déclarer sur l’étendue de sa ferme ou parmi son personnel, et à en adresser immédiatement rapport à la Compagnie ».
- Par contre, la Compagnie s’engage vis-à-vis d’eux, « à payer le lait des fermes où se sera déclaré un cas de maladie infectieuse, comme d’usage, au plus haut cours du marché, à condition qu’avis en ait été donné à temps pour empêcher qu’il en soit vendu ».
- En raison de ces précautions, on peut garantir que l’approvisionnement de lait est hygiénique à tous les points de vue; d’autant plus que la Compagnie impose, en outre, à ses fournisseurs des règlements spéciaux concernant la propreté, la nourriture et le régime général des vaches.
- Le vétérinaire influe beaucoup par ses rapports sur la qualité et le mode de distribution de la nourriture, sur l’état général et la propreté des vaches et des vacheries, ainsi que sur les maladies qui pourraient atteindre, ou dont sont atteints les animaux; il spécifie en outre les bêtes qui doivent fournir le lait pour l’usage général, ainsi que celles qui doivent fournir le lait spécial, et établit la quantité de lait fourni par les vaches malades ou réformées momentanément, ainsi que l’usage qui en est fait; mais comme il ne peut que faire des visites espacées régulièrement, l’exploitation de chaque ferme se trouverait sans aucun contrôle pendant son absence ; aussi pour le seconder dans ce genre de travail, on a nommé des inspecteurs qui passent continuellement surveiller les installations des laiteries, ils remplissent des imprimés détaillant l’état général des vaches et la qualité des fourrages, et doivent se rendre compte que, dans chaque ferme, on suit bien exactement les règlements imposés par la Compagnie, concernant la nourriture du bétail et la propreté à observer pendant la traite ; ils ont, en outre, à examiner le réfrigérateur et à rendre compte de son fonctionnement dans leur rapport, ainsi que de la glace et du mode de conservation.
- Enfin, une laitière experte surveille tout spécialement la traite et prête une attention toute particulière aux soins de propreté à observer pendant celte opération, ainsi qu’à la réfrigération du lait ; elle organise ses tournées d’une façon Tome VII. — 91° année. 4e série. — Décembre 1892. 109
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- très irrégulière, de manière à tomber à l’improvistc dans chaque ferme pour y exercer sa surveillance.
- Le tableau suivant fera voir qu’on ne prend pas trop de précautions pour enrayer les effets pernicieux de la maladie, et éviter qu’elle ne prenne de trop grandes proportions.
- Vaches réformées pour cause de tuberculose pendant l’année 1889.
- DÉSIGNATION DES FERMES. NOMBRE dos TROUPEAUX. NOMBRE des VACHES.
- Fermes ayant pris un engagement pour l’année environ
- entière Fermes ayant pris un engagement pour une 3 a 2 673
- partie de l’année . . . 13 1710
- Totaux 48 4 383
- RÉFORMÉES POUR CAUSE DE TUBERCUr.OSE. TROUPEAUX
- NOMBRE p. 100. CONTAMINÉS- NON CONTAMINÉS.
- 103 3,93 26 9
- 48 2,81 11 2
- 133 3,49 37 11
- 11 ressort clairement des chiffres qui précèdent que, malgré toutes les précautions prises dans les fermes où les vaches sont nourries et pansées comme des chevaux de prix, on a été obligé d’en réformer 153 pour cause de tuberculose (3 pour la tuberculose du pis).
- On en a également réformé quelques-unes temporairement pour maux de dents, rétention de l’arrière-faix, inflammation de la matrice et lait de qualité inférieure occasionnée par un allaitement trop prolongé.
- Les règlements de la Compagnie imposent également aux fermiers d’avoir à abaisser la température de leur lait à 4°C., en plongeant les pots de lait fraîchement trait dans des réservoirs remplis de glace, de manière que, même en été, ce qui est absolument essentiel en cette saison, le lait arrive dans de bonnes conditions à Copenhague, c’est-à-dire à moins de 10° C.
- Si, à la réception, le lait est reconnu avoir une température de 10°, la Compagnie le supprime immédiatement de sa fourniture et en dispose aux frais et risques du soumissionnaire.
- Pour assurer un refroidissement convenable, le règlement force les fermiers à avoir continuellement un approvisionnement (perte non comprise) de 15 kilogrammes de glace par 50 litres de lait, d’après la moyenne de production de ses vaches établie pendant une quinzaine d’essai préalable.
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- Le lait partant de la ferme ne doit arriver dans les gares que juste à l’heure du train, afin que ni dans la voiture, ni dans la gare, ni même dans le train, il ne séjourne au soleil.
- L’exécution de ces articles du règlement dépend, il est vrai, de la conscience du soumissionnaire ; cependant, en général, le système fonctionne bien, les fermiers étant vivement intéressés à respecter les engagements qu’ils ont pris envers la Compagnie, en raison du prix qui leur est payé pour leur lait et qui est de beaucoup supérieur à celui qu’ils pourraient obtenir ailleurs, ce qui, dans le cas de résiliation, leur causerait un préjudice considérable.
- Le lait commence à arriver de la gare à l’établissement vers 9 heures du soir, les fermiers expédiant presque tous la nuit. Ils déposent, en effet, dans la glace, tout le lait trait du matin qui est écrémé dans la journée, et ne font, le soir qu’une seule expédition de ce lait du matin (lait écrémé à demi ou complètement à la crème) et du lait trait du soir même.
- On prend le soir même dans les magasins de l’établissement un échantillon de tous les laits, au fur et à mesure de leur arrivée des différentes fermes ; ces échantillons sont soumis, le lendemain matin, à un examen sommaire dans le laboratoire particulier de la Compagnie qui fait partie des batiments des laiteries situés près de la station de Frédéricksborg, afin de pouvoir rejeter séance tenante tout lait présentant quelque défectuosité.
- Avant que le lait ne quitte l’établissement pour être distribué le matin dans la ville, on prélève à nouveau des échantillons sur chaque qualité de lait et de crème, qui sont soumis aux analyses du docteur Bohr, professeur à la Faculté, lequel donne à la fin de chaque mois le résultat de ses analyses.
- Pendant un des derniers mois, il a été procédé à 2 100 analyses environ, pour déterminer les qualités chimiques du lait de 4 300 vaches, réparties sur 30 fermes environ, c’est-à-dire pour établir la densité du lait naturel, des laits écrémés et des deux qualités de crème. Toutefois, ces analyses ne permettant que de déterminer les qualités chimiques du lait, on est obligé, en ce qui concerne ses qualités physiques, c’est-à-dire hygiéniques, de s’en rapporter entièrement au système d’inspection et de surveillance décrit précédemment.
- Comme précautions complémentaires, on impose en outre aux fermiers les sujétions suivantes :
- Le lait des vaches ayant vêlé récemment ne peut être mélangé à la fourniture que 12 jours après la mise-bas. Nous n’avons pas besoin d’insister sur l’importance de cette mesure.
- La nourriture distribuée au bétail, doit être telle qu’elle ne donne aucun mauvais goût au lait. Les navets en général, et les navets suédois en particulier? ainsi que les feuilles de navets à l’automne, ne doivent pas entrer dans l’alimentation des vaches.
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- Les betteraves à sucre et Jes carottes ne peuvent être distribuées qu’à raison de 18 litres environ pour 3kil,500 de blé et par tête, ainsi que les tourteaux à raison de 0kil,700 pour 2kil,500 d’avoine et d’orge à l’exclusion complète du foin.
- Il est formellement interdit de donner de la dresche ou des résidus similaires de distilleries et, en général, toute nourriture qui ne serait pas fraîche et dans de bonnes conditions hygiéniques.
- Les proportions dans lesquelles les différentes natures d’aliments sont distribuées, doivent être le résultat d’un arrangement préalable entre la Compagnie et la partie contractante.
- Sous aucun prétexte, il n’est permis de nourrir en été les vaches dans les étables, elles doivent paître en plein air, dans des prairies naturelles ou dans des pâturages de trèfle. Le lait des vaches à qui on aurait donné des vesces ou de l’avoine en vert, pendant cette période, sera rigoureusement refusé par la Compagnie.
- Les fermiers ayant passé un contrat avec la Compagnie doivent s’engager à répondre consciencieusement à toute demande qui leur serait posée, concernant aussi bien cette question de nourriture que toute autre, et à adresser immédiatement un rapport à la Compagnie sur toute infraction qui serait faite à la règle.
- Si, d’après les avis émis par ses agents supérieurs, aussi bien au point de vue médical qu’au point de vue chimique, la Compagnie venait à considérer un lait comme étant de qualité inférieure et par conséquent impropre à la consommation, elle se reconnaît le droit de le refuser sans qu’il soit dû pour ce fait aucune indemnité au fournisseur.
- A leur arrivée dans les laiteries de la Compagnie et aussitôt échantillonnés, les laits sont dégustés, puis on en relève la température : on les maintient dans les pots dans lesquels ils sont arrivés, et, qu’ils soient naturels ou écrémés, on les plonge dans de grands réservoirs à glace, où ils demeurent jusqu’au lendemain matin, pour être alors filtrés à la première heure, et enfin versés dans les pots qui doivent servir à leur transport dans la ville.
- La crème, après avoir été pesée et échantillonnée, est filtrée, mise dans des bouteilles en verre blanc, puis déposée dans la glace jusqu’au lendemain matin.
- Le lait pour enfants, appelé ainsi à cause des précautions toutes spéciales que l’on prend pour lui conserver sa pureté et ses qualités hygiéniques, est également filtré (dans un filtre spécial), puis mis en bouteilles. Autrefois, il existait une grande différence de qualité entre le lait d’enfants et le lait naturel ordinaire ; mais aujourd’hui, comme l’a dit le docteur Woodhead, que les niveaux ont été rapprochés, non en abaissant les qualités de l’un, mais en augmentant celles de l’autre, la différence n’existe plus qu’en ce que, pour la fourniture du lait pour les enfants, on réserve les vaches dont la santé est la plus robuste.
- En hiver, la nourriture des vaches fournissant cette espèce de lait se compose
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- de foin, de son, de blé, de paille, d’avoine, et d’un peu de carottes. On comprend facilement qu’un lait obtenu dans ces conditions revient nécessairement plus cher et laisse moins de profit que le lait ordinaire, mais les personnes qui contrôlent et dirigent la Société, considérant que Je bien-être de la généralité des enfants doit être la seule considération dans une exploitation de ce genre, sacrifient une partie des bénéfices pour atteindre ce but.
- Le filtre dont on fait usage est composé de deux récipients en fer émaillé placés à des niveaux différents. Un tube formant siphon est adapté par sa partie la plus longue au fond du réservoir supérieur, et par sa partie la plus courte au fond du réservoir inférieur; de sorte que le lait que l’on verse dans le récipient le plus élevé vient ressortir en forme de jet dans le récipient placé plus bas.
- A la base de ce dernier, se trouvent trois couches de gravier superposées ; la première composée de graviers de la grosseur d’un pois, la deuxième de sable plus fin, et la troisième de sable dont les grains ont à peine la grosseur d’une tête d’épingle ; ces couches sont séparées entre elles par de petits plateaux en fer-blanc perforé. Au-dessus de la couche supérieure de sable, il y a, en outre, six épaisseurs de toile fine, et le tout est maintenu en place par un châssis de bois de forme conique qui comprime les plateaux de fer-blanc les uns contre les autres.
- A mesure que le lait monte dans la partie supérieure du réservoir, il s’écoule dans un grand bac de mélange d’où il passe dans le local où se fait la mise en bouteilles.
- Le filtrage au moyen d’éponges a été abandonné sans regret par la Compagnie, en raison de la gêne et de la dépense que ce système occasionne. La dépense nécessitée par ce mode de filtrage s’était élevée pendant la dernière année de son emploi à 5 300 francs, tandis que le filtrage au sable n’est que d’un prix de revient très modique.
- Les filtres actuellement en usage sont au nombre de quatre : un petit pour la crème, un très grand pour le lait d’enfants et deux grands pour les autres laits ; on passe le lait dans l’un de ces derniers, puis on filtre dans l’autre le lait écrémé et le lait de beurre ensuite, afin que les produits de qualité inférieure ne portent pas préjudice aux qualités relativement supérieures.
- On emplit alors les pots méalliques qui sont de grandeurs différentes selon les besoins de la clientèle et dont la liste est dressée avec soin d’après les livraisons de la veille : ces pots, après avoir été pesés sont étiquetés, ficelés et plombés, puis transportés dans les voitures de livraison.
- Le filtre pour le lait d’enfants est placé dans un local spécial; à la sortie de ce filtre le lait passe dans une machine semblable à celles en usage pour la mise en bouteilles de la bière, il y est soumis à une pression suffisante pour alimenter six robinets au moyen desquels on emplit les bouteilles dont la contenance est
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- d’environ 1 litre. Au fur et à mesure qu’elles sont emplies, on les passe à des femmes qui les bouchent mécaniquement, les ficèlent, puis enfin les donnent au chef d’atelier qui pose les plombs de façon à rendre toute falsification impossible, sans que le client ne s’en aperçoive.
- On place enfin les bouteilles dans des porte-bouteilles en bois déposés la veille en nombre suffisant par les livreurs, chacun connaissant la quantité de bouteilles qui lui est nécessaire pour sa clientèle.
- La crème est traitée de la même manière que le lait d’enfants. Chaque pot est pesé, puis l’expert en déguste le contenu qui est ensuite échantillonné et analysé. On divise la crème en deux qualités et, cette opération terminée, on la met dans des bouteilles dont la contenance est de un quart, un demi et un litre qui sont cachetées puis déposées dans la glace.
- Les voitures rendent par leur disposition toute fraude impossible; comme les pots les portes en sont plombées, et comme complément de précautions prises pour que le lait arrive en bon état chez le consommateur, les pots y sont complètement entourés de glace pendant toute la saison d’été.
- Les livreurs sont en uniforme et chaque véhicule porte la marque de l’association qui représente deux Heurs de trèfle, une rouge et une blanche, croisées sur une feuille verte, peintes sur un fond noir de forme triangulaire se détachant lui-même sur un petit panneau rouge.
- Le lait écrémé qui n’a pas été livré pendant la tournée est vendu au retour à très bas prix et même quelquefois distribué gratis aux pauvres du quartier. Le lait naturel qui reste est transformé en beurre.
- Le personnel compte environ 180 employés qui ont à se répartir les travaux suivants.
- Le nettoyage des pots à lait constitue leur première occupation : ces pots sont d’abord rincés deux ou trois fois à l’eau froide, puis frottés à la brosse avec de l’eau chaude et du carbonate de potasse et enfin stérilisés par des jets de vapeur à haute pression lancés à l’intérieur; on les met alors égoutter à l’envers sur des râteliers construits à cet effet, puis on les étiquette pour recevoir les ordres du lendemain ou être retournés aux fermes auxquelles ils appartiennent.
- Le lavage des bouteilles vient ensuite; il est opéré très soigneusement avec de l’eau chaude et du carbonate de potasse ; on nettoie alors vigoureusement l’intérieur au moyen d’une brosse rotative et avec de l’eau bouillante, puis on frotte enfin l’extérieur de la même manière avec une brosse dure avant de les rincer définitivement à l’eau claire.
- Les sables et les graviers constituant les couches des filtres sont également nettoyés dans de l’eau bouillante; on les brasse dans cette eau en la renouvelant jusqu’à ce qu’elle ressorte absolument claire, on les soumet alors à des jets de vapeur à une température d’environ 165°, puis on les rebrasse encore plusieurs
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- fois et on ne néglige aucune précaution pour les débarrasser complètement de toutes les impuretés qu’ils peuvent contenir.
- M. Busck,l’inventeur de ce procédé, dit qu’on ne saurait trop insister sur la nécessité de stériliser les filtres chaque fois que l’on en a fait usage, car il est, en effet, surprenant de voir la quantité de matières malpropres et presque répugnantes qui sortent des sables des filtres, quoiqu’on ne puisse, cependant, prendre plus de soins de propreté qu’on ne le fait dans les fermes qui approvisionnent la Compagnie.
- La discipline de l’Etablissement est très rigoureuse, le mérite seul provoque l’avancement; la moindre infraction au règlement entraîne la dégradation ou le renvoi de l’agent qui s’en est rendu coupable; mais, par contre, on accorde une prime aux employés qui exécutent le règlement à la lettre d’une façon continue.
- La surveillance la plus sérieuse est exercée sur l’état de santé du personnel. Tout agent, dès qu’une maladie infectieuse se déclare, soit dans sa famille, soit même dans la localité où il réside, doit en adresser immédiatement un rapport aux médecins de la Compagnie qui, s’ils le jugent nécessaire, ont le droit de suspendre l’agent de son travail jusqu’à ce qu’ils considèrent qu’il peut reprendre ses occupations sans danger pour l’exploitation. Cette suspension de travail n’entraîne pas la suppression des gages, les employés n’ont donc aucune raison pour être tentés de cacher un cas de maladie aux docteurs; ils encourent au contraire parce fait un renvoi immédiat, et leurs appointements étant assez élevés, ils ont tout intérêt à le faire.
- Les livreurs touchent environ 2 centimes par litre de lait naturel ou écrémé ou même parlitre de lait de beurre qu’ils vendent, et environ 6 centimes par litre de crème. Sur la somme totale de leur gain journalier, on leur retient 1 fr. 35 pour la location du cheval et de la voiture, et environ 70 centimes pour les faire aider par les jeunes gens qui les accompagnent.
- Les autres hommes employés touchent environ 3 fr. 50 par jour régulièrement, sont habillés et boivent du lait à discrétion pendant leur présence à l’établissement. Le personnel affecté à la mise en bouteilles doit être vêtu de blouses, de tabliers et de coiffures en toile blanche.
- Les jeunes gens au-dessous de 14 ans sont payés environ 15 francs par mois pour une demi-journée de travail par jour, car on les oblige à aller à l’école l’après-midi ; au-dessus de 14 ans ils touchent de 20 francs à 35 francs par mois. On leur place environ 2 fr. 80 par mois pour leurs chaussures; mais, en cas d’inconduite cette somme leur est confisquée.
- Les résultats suivants donneront une idée de l’accroissement considérable du chiffre d’affaires auquel est arrivée la Compagnie.
- En 1880, la consommation journalière était de 7 500 litres; en 1889, elle s’est élevée à 15000 litres, soit 5 475000 litres par an, sur lesquels 500 000 litres en-
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- viron ont été fournis à des prix très réduits, ou même distribués gratuitement aux pauvres, aux hôpitaux, aux hospices, aux asiles d’enfants et à beaucoup d’établissements similaires. Ce chiffre de 5 475 000 litres obtenu en 1889 était le produit de 4 300 vaches, environ réparties sur 50 fermes, situées dans toutes les directions et aussi éloignées que possible des grands centres.
- Le dernier cahier des charges ou règlement ci-joint imposé par la Compagnie à ses fournisseurs résume brièvement ce qui précède.
- I. — 'Nourriture et Administration générale.
- 1° La nourriture des vaches doit être de nature et de qualité telles qu’elle ne donne ni mauvais goût, ni couleur au lait.
- a. — La dresche et tous les résidus similaires des distilleries sont rigoureusement prohibés, ainsi que les fourrages qui ne seraient pas frais.
- b. — Les navets, les choux-raves et les rutabagas., ainsi que toutes les feuilles de navets en général, ne doivent pas servir à l’alimentation du bétail.
- c. — Les carottes et la betterave à sucre ne sont autorisées, à raison de 18 litres par vaches, que quand elles sont mélangées avec au moins 3kil,300 de blé, de son et de tourteaux. Les vaches spécialement désignées pour la fourniture du lait d’enfants ne doivent jamais recevoir plus de 9 à 10 litres de carottes par tête.
- d. — Les tourteaux de graines de navette sont les seuls dont l’usage soit autorisé, mais seulement à raison de 1 kilogramme environ pour 2kil,500 de son et de blé. Les vaches désignées pour fournir le lait d’enfants ne doivent pas recevoir de tourteaux.
- e. — La proportion dans laquelle chaque espèce de nourriture doit être distribuée, sera le résultat d’un accord survenu entre la Compagnie et le fournisseur, avant qu'il ne commence ses livraisons.
- 2° On n’autorisera, sous aucun prétexte, les fermiers à donner en été la nourriture dans les étables. Ils devront faire paître en plein air dans des prairies naturelles ou artificielles (trèfle). Les vesces sont prohibées. En cas de nécessité absolue on pourra donner dans le pré des aliments secs ou du blé coupé.
- 3° Les vaches devront être tondues en automne autour du pis, de la queue et sur la partie postérieure du train de derrière.
- 4° On devra organiser les vêlages de manière que la quantité de lait expédiée pendant les mois de septembre et d’octobre ne soit pas inférieure aux 2/3 de la quantité expédiée en temps ordinaire.
- 3° Le lait des vaches nouvellement vêlées devra être mis de côté : elles ne devront pas donner moins de 4 litres au minimum par jour et par tête pendant cette période.
- II. — Traite.
- 6° On devra observer la propreté la plus rigoureuse pendant que l’on trait, et le lait sera passé dans une passoire en fil de fer recouverte d’un tissu de laine propre.
- 7° Aussitôt la traite terminée et en toutes saisons, le lait sera rafraîchi à 40° F. au moyen d’eau glacée.
- 8° Chaque fournisseur doit se procurer un réfrigérateur « Lawrence » qu’il pourra se procurer en location à la Compagnie.
- 9° 13 kilogrammes de glace par 30 litres de lait, calculés sur le rendement d’une semaine d’essai, doivent être conservés en permanence (en tenant largement compte de la déperdition).
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- III. — Livraison du lait.
- 10° a. — Le lait sera livré à la station la plus proche une ou deux fois par jour selon les besoins de la Compagnie, à l’état de lait naturel, de lait demi-écrèmé et de crème.
- b. — Le lait ne doit quitter la ferme qu’au moment voulu pour qu’il ne reste que le temps nécessaire pour arriver à l’heure exacte des trains.
- c. — En été les chariots servant au transport du lait devront être munis d’une couverture afin de préserver le lait de la chaleur du soleil.
- 11° La Compagnie fournit les pots nécessaires au transport.
- 12° La Compagnie nettoie les pots avant de les renvoyer, mais à leur retour à la ferme ils doivent être soigneusement rincés, afin de les débarrasser de la poussière qu’ils auront pu recevoir pendant le voyage.
- 13° On ne pourra se servir des pots pour d’autres usages que le transport du lait.
- IV. — Articles additionnels.
- 14° Les fournisseurs doivent s’engager sur l’honneur à répondre à toute demande de la Compagnie au sujet de la fourniture du lait.
- 15° Les fournisseurs devront permettre aux vétérinaires de visiter leur bétail aussi souvent que la Compagnie le leur imposera; ils devront aller chercher et reconduire en voiture les vétérinaires et exécuter à la lettre leurs prescriptions.
- 16° Toute vache déclarée atteinte de la tuberculose par le vétérinaire devra être immédiatement séparée du troupeau, et on devra s’en débarrasser le plus tôt possible.
- 17° Le fournisseur doit s’engager à informer la Compagnie de tous cas de maladie qui viendrait à se déclarer entre deux visites du vétérinaire, et, jusqu’à l’arrivée de ce dernier, il devra, s’il le juge nécessaire, mettre de côté son lait, qui, dans ce cas. lui est payé intégralement.
- 18° Le fournisseur doit veiller, par tous les moyens dont il dispose, sur la santé de tous ceux qui résident ou travaillent sur le territoire de la ferme ainsique sur celle de leurs familles ; il devra immédiatement adresser un rapport à la Compagnie, dans le cas où une maladie infectieuse viendrait à se déclarer parmi eux et conserver son lait qui lui sera intégralement payé s’il a rempli exactement les conditions ci-dessus stipulées.
- 19° Chacune des parties contractantes peut, si elle en a donné avis six mois auparavant, résilier son engagement le 1er janvier de chaque année.
- 20° Si la Compagnie venait à reconnaître que le lait est de qualité inférieure, et par conséquent invendable, elle se reconnaît le droit de le refuser sans indemnité aucune pour le fournisseur.
- 21° Si cette infériorité de qualité était due à une épidémie ou à toute autre cause que l’on ne puisse éviter, on suspendrait la vente de ce lait à Copenhague et le soumissionnaire sera tenu de le conserver sans indemnité pendant une période plus ou moins longue.
- Le tableau suivant donne les prix approximatifs auxquels la Compagnie vend ses différentes espèces de lait et de crème.
- Le lait demi-écrémé est l’aliment le plus nourrissant que l’on puisse se procurer pour le même prix. Il n’offre aucun des inconvénients que présentent les laits dédoublés par les autres procédés (notamment par des appareils centrifuges), puisque n’étant trait que depuis douze heures au maximum, sa fraîcheur est encore parfaite et que la montée de la crème ne se produit que pendant qu’il est plongé dans la glace.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- En écrémant le lait à demi, il conserve environ 10 p. 100 de son élément graisseux et n’en perd que 2 à 3 p. 100 qui peuvent être facilement remplacés à très bon compte. Quant aux autres éléments nécessaires au développement et à la croissance des enfants, tels que la caséine de l’élément azoté qui produit la chair, les muscles, la peau et les cheveux, la saccharine ou les matières car-burées qui fournissent la chaleur animale et les sels qui contribuent à ériger la charpente osseuse du corps, on les retrouve absolument intacts. Ce lait est particulièrement recommandé aux adultes, ayant une tendance à prendre de l’embonpoint, comme leur étant plus avantageux que le lait naturel ou entier, tout en ne coûtant que moitié prix.
- DÉSIGNATIONS. PRIX DU LITRE.
- Lait demi-écrémé francs. 0,11
- — de beurre 0,11
- — naturel 0,22
- Lait d’enfants, j 0,38
- Crème n° 1. . > Livrés en bouteilles de 1/4, 1/2 et 1 litre. . 1,90
- Crème n° 2. . J 1,15
- Comme conclusion, considérant les services rendus par la Société d’approvisionnement de Copenhague à la population de cette ville, on ne peut qu’émettre le vœu que les grandes nations européennes, ainsi que les Etats-Unis d’Amérique, suivent l’exemple qui leur est donné en Danemark, en créant dans tous leurs grands centres des entreprises similaires, fournissant aux habitants du lait sain et naturel à des prix très peu élevés.
- ('Consular Reports.)
- NOTICES INDUSTRIELLES1
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES.
- Châssis automatique de Howie contre la neige et la poussière. — M. W. Howie vient de construire près de Burghead, sur le Highland Railway, une sorte de châssis automatique fort ingénieux, pour protéger la voie contre la neige et la poussière. La charpente se compose de voliges de 6 mètres, chevillées et serrées diagonalement, et les poutres du bas sont enterrées dans le sable de manière à former l’inclinaison du déblai. Les extrémités supérieures, celles
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- qui sont le plus éloignées de la voie sont assujetties par de vieux rails en fer. Les poutres les plus hautes de la charpente sont attachées à d’autres rails enterrés dans le sable au moyen de fil de fer solide, parallèles à l’ouvrage de défense et un peu plus loin de la ligne, parce que la force des grands vents s’exerce plutôt par soulèvement sur une construction de ce genre. Le châssis incliné est placé à un angle d’environ trente degrés de l’horizontale. Or le côté du tranchant qui est sous le vent, loin d’être encombré par la poussière, en est préservé par les souffleurs, selon l’expression des hommes d’équipe. Il est même curieux de voir comme le gazon y est vigoureux, tandis que le sable, chassé par le vent au delà des traverses opposées, s’en va former au dehors du châssis un amoncellement dont la blancheur éclatante forme un curieux contraste avec le vert sombre du gazon abrité par la palissade et que le vent semble protéger et rafraîchir. De plus, on a constaté que nulle part, près des rails, il n’y a eu d’accumulation de neige causée par le châssis. La couverture est en fer ondulé et mesure 3m,50 et 5m,50 en largeur. Cette dernière largeur était nécessaire au commencement pour passer au-dessous des tas de poussière qui se trouvaient du côté du vent, mais qui depuis ont été considérablement réduits. Les poutres horizontales supérieures de ce châssis sont placées sur des tôles de fer, de manière à ne pas s’opposer au libre passage du vent sous le châssis. On a reconnu l’inutilité de cette disposition, et dans la section construite plus récemment, ces poutres sont placées au-dessous de la toiture, qui est faite de planches de pin créosoté. L’inclinaison du châssis est suffisante pour chasser les escarbilles qui pourraient s’échapper des locomotives.
- [Engineering.)
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- PROCÈS-VERBAUX
- Séance du 25 novembre 1892.
- Présidence de M. Tisserand, président.
- M. Caron, 76, rue Dutot. — La terre-horloge. (Arts économiques.)
- M. le Directeur de la Société nationale du Canal des deux mers, rue Ros-sini, 22. — Documents relatifs à cette entreprise pour laquelle il demande l’adhésion de la Société d’encouragement. [Bulletin.)
- M. Kraemer, charpentier, à Grenoble. — 1° Nouvelle poulie pour câbles aériens; 2° dessins relatifs à une machine à souder et à des pompes à balancier avec piston d’un nouveau genre, etc. (Arts mécaniques.)
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- M. Louis de Place, capitaine commandant au lCr cuirassiers, à Versailles. — Brochure intitulée : Exposé des méthodes, machines et instruments inventés par lui. (Arts économiques.)
- M. Ei de Herckenrath, rue de Saint-Quentin, 24. — Ressort métallique inséré dans le trait des chevaux, de manière aménager la graduation de l’effort à exercer pour le démarrage. (Arts mécaniques.)
- M. Mowbray, artiste lyrique, rue Legendre, 107. — Système assurant la vie sauve aux spectateurs en cas d’incendie d’un théâtre. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. Henri Martin, à Sottevillc-les-Rouen. — Projet de chaudière pour concourir au prix de 1893. (Arts mécaniques.)
- M. Duponchel, ingénieur en chef en retraite.— Sur la possibilité de reprendre les travaux de Panama sans recourir à de nouveaux versements de fonds. (Bulletin.)
- M. Demangeot, rue de Vaugirard, 335. — Fabrication de patins à glace. (Arts mécaniques.)
- M. Fisch, rue des Alouettes, 42, demande à la Société d’accepter le dépôt d’un pli cacheté portant pour titre : Nouveau propulseur pour la navigation aérienne, maritime et fluviale. Direction des ballons. (Le dépôt est accepté.)
- M. Bechhoefer, place de la Nation, 9. — Projet d’un nouveau fume-cigare et fume-cigarette. (Arts économiques.)
- Le Dr Jean Dufour, professeur à l’Université de Lausanne, annonce la mort de son père, correspondant de la Société. (Comité des arts économiques.)
- M. Herbé annonce l’ouverture, le 24 décembre prochain, à Meaux, d’une exposition de l’industrie laitière et de produits alimentaires. {Bulletin.)
- M. Georges Duclou, propriétaire, à Bordeaux. — Brochure intitulée : De la prévision de la qualité des vins et de leur avenir par les pesages comparatifs des raisins et de leur jus pendant les vendanges. (Agriculture.)
- M. Henrivaux, à Argentan (Orne). — Fabrication du cidre par diffusion (diffuseur Laforet). (Agriculture.)
- M. Charles Baltet, à Troyes. — L’horticulture française, ses progrès, ses conquêtes depuis 1789. (Agriculture.)
- M. le DT Jeannel, à Villefranche (Alpes-Maritimes). — Recherches sur la diminution de la population dans les départements montagneux, ravagés par le déboisement. (Agriculture.)
- M. Eaton de la Goupillière, membre du Conseil, signale un long et intéressant article du Bulletin des mines de Lima sur la mission confiée à M. Serullas par la Société et sur les travaux de M. Jungfleisch, relatifs à l’extraction de la gutta-percha. {Bulletin.)
- M. Hallopeau, membre de la Société, fait hommage d’une notice qu’il vient
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- de publier, intitulée : États généraux, 23 juin 1780. — Bronze colossal à cire perdue d’un seul jet, de M. Jules Dalou, statuaire et M. Eugène Gonon, fondeur.
- M. Eugène Plon, membre du Conseil, fait hommage à la Société pour sa bibliothèque de trois magnifiques ouvrages dont il est l’auteur et l’éditeur : Thor-valdsen, sa vie et son œuvre, — Leone Leoni, sculpteur de Gharles-Quint, et Pompeo Leoni, sculpteur de Philippe II, — Benvenuto Cellini, orfèvre, médailleur, sculpteur.
- M. le Président du Conseil d’administration de l’École française de bonneterie, à Troyes, fait hommage d’une photographie représentant les ateliers de cette Ecole.
- La Direction générale des douanes adresse un exemplaire du tableau général des mouvements du cabotage en 1891.
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Collection Léauté. — Textiles végétaux, par H. Lecomte.
- Essais d’or et d'argent, par H. Gautier. — Offerts par MM. Gauthier-Villars et fils, éditeurs.
- Bidletinde l'Institut égyptien. — 3° série. — N® 3.
- Bulletin de la Société agricole et industrielle d’Angers et du département de Maine-et-Loire. — 1er et 2e semestres 1891-1892.
- M. le Ministre du commerce et de l’industrie adresse le Rapport sur l’application de la loi du 19 mai 1874 et de la loi du 9 septembre 1848 pendant l’année 189 !, présenté à M. le Président de la République par MM. les membres de la Commission supérieure du travail dans l’industrie.
- Nomination d’un membre de la Société. — Est nommé membre de la Société M. Sorel, ancien ingénieur des manufactures de l’Etat, à Paris, présenté par MM. Schlœsmg et Aimé Girard.
- Nomination d’un correspondant. —Al. Petitpont, manufacturier à Choisy-le-Roi, est nommé correspondant de la Société dans le Comité des arts chimiques.
- Rapport. — Recherches sur la trempe de l'acier. — Al. Hirsch fait un rapport sur une proposition présentée par le Comité des arts mécaniques, relative aune mission à confier à AI. Osmond pour des études sur la trempe de l’acier.
- Il est ouvert à M. Osmond, pour l’exécution de ces recherches, un crédit de 3 000 francs sur les fonds de la Société.
- Les résultat des recherches seront, s’il y a lieu, publiés dans le Bulletin de la Société, sur la proposition de la Commission de contrôle ; dans tous les cas, la Société se réserve pour cette publication le droit de priorité.
- Ces propositions sont adoptées par le Conseil.
- En outre, le Conseil décide que la Commission de contrôle sera composée de cinq membres, trois pris dans le Comité des arts mécaniques, et deux dans le Comité des arts chimiques, savoir : MM. Haton de la Goupillière, Bienaymé, Hirsch, Troost et Jordan.
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- Communications.— Croies et sables phosphatés. — M. Lindet, professeur à l’Institut agronomique, fait une communication sur l’exploitation et l’enrichissement des craies et sables phosphatés.
- M. le Président remercie M. Lindet de son intéressante communication qui est renvoyée à la Commission du Bulletin.
- Gazogènes. — M. Alexayidre Lencauchrz a fait, dans la séance du 11 novembre, une communication sur les gazogènes et sur la transformation des combustibles solides en gaz combustibles.
- § 1. — M. Lencauchez dit que les chauffages par les gaz le plus savamment combinés, tout en rendant de très grands services, ne donnent généralement pas des températures plus élevées que les fours au coke à quatre creusets pour acier fondu et les fours de Ballefin à neuf creusets pour acier et fer fondu (1). Les fours soufflés ou à très fort tirage peuvent, dans un laboratoire restreint, donner les plus hautes températures connues industriellement, mais sur une très petite étendue, là où la flamme donne son maximum d’intensité. C’est pourquoi il est souvent inutile d’imaginer des chauffages par les gaz, quand le combustible brûlé directement peut produire facilement la température requise et quand les flammes perdues des fours peuvent utilement produire de la vapeur en échappant à la cheminée leurs gaz brûlés (fumées) à des températures variant entre 250 et 300 degrés.
- Mais si l’étendue des fours est très grande et s’ils réclament une température très élevée, ce n’est que par le chauffage au gaz, avec chaleur récupérée, que l’on peut pratiquement suffire à ces exigences.
- Si encore, quoique rétendue des fours ne soit pas très considérable et que la température reste limitée au rouge seulement ; si l’usine ne réclame pas la production de la vapeur et que 30, 40, ou 50 p. 100 du calorique soient perdus par la cheminée, le chauffage par le gaz s’impose, car seul il permet alors d’utiliser les deux tiers environ de ce calorique perdu au moyen de la récupération, c’est-à-dire au chauffage de l’air qui va brûler le gaz dans les fours.
- § 2. — Tous les combustibles, bois, tourbe, lignite, houilles et anthracite, ne se comportent pas également bien dans les gazogènes ; certains donnent des sous-produits utilisables : goudron, ammoniaque, acide pyroligneux, esprit de bois, etc. ; d’autres, comme les cokes, lignites parfaits et anthracites, se comportent très bien sans donner de sous-produits. Mais à côté de ces combustibles faciles à employer, il faut quelquefois faire usage de tourbes à 25 p. 100, de lignites à 40 p. 100 d’eau, qui, par l’extrême quantité de vapeur d’eau qu’ils dégagent dans les gazogènes, sont la cause d’arrêt et d’embarras de toute nature. Enfin les houilles à coke forment, dans les gazogènes, des encombrements (de
- (1) Chauffés à ]a houille avec foyers soufflés.
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- coke) qui s’opposent à la descente des charges, il se fait des voûtes sous lesquelles le gaz brûle en pure perte et les fours ne reçoivent plus de la fumée.
- § 3. — Certains combustibles, comme les anthracites, les ligniles et les houilles maigres à 4 0 p. 100 et moins de matières volatiles, décrépitent au feu des gazogènes et s’opposent (tassés en fin poussier) au passage du vent, qui doit les convertir en gaz : quelquefois, avec la pression de 120 millimètres d’eau, les gazogènes refusent le vent ; si on augmente la pression, le vent chasse les charges sous forme de poussière qui va remplir les canaux du gaz.
- § 4. — Avec les combustibles résistant aux pressions élevées, 35, 45, 60 millimètres et au-dessus, les souffleries à jet de vapeur ne sont plus possibles^ attendu que la quantité de vapeur d'eau employée pour chasser le vent est sensiblement proportionnelle au carré des accroissements de la pression de vent ; de sorte que si, pour des pressions de 5 à 20 millimètres d’eau et même de 25 millimètres, la quantité de vapeur employée ne dépasse pas 0lul,400 par kilogramme de carbone fixe, qui est la quantité que les gazogènes peuvent décomposer au vent froid, sans pouvoir dépasser 0kU,550 au vent chaud à 400 degrés, si la pression du vent monte, l’accroissement du poids de vapeur d’eau conduit à une production exagérée d’acide carbonique et enfin à l’extinction des appareils (gazogènes).
- § 5. — Certains combustibles du Nord et de la Belgique à 6, 7, 9 et 11 p. 100 de matières volatiles, se comportent, aux gazogènes, comme du graphite à faire des creusets extra-réfractaires, et se refusent à toute combustion. Ainsi, dans le Nord, en 1888, on m’a donné des briquettes ovoïdes du poids de 0kil,500 très bien faites et bien agglomérées, de charbon de fort belle apparence, à 8 p. 100 de matières volatiles et à 6 p. 100 de cendre. Seules, ces très belles briquettes amenaient rapidement l’extinction des gazogènes ; chargées dans la proportion en poids de 50 p. 100 avec du coke de première qualité, métallurgique, cassé entre 30 et 70 millimètres, ces briquettes étaient portées au blanc sur la grille des gazogènes; elles y distillaient leur brai, avec lequel on les avaient agglomérées, mais elles ne brûlaient pas du tout. Des briquettes de graphite n’auraient pas été plus réfractaires.
- Au haut fourneau au vent chaud, à 800° sous pression de 2 000 mètres d’eau, ces briquettes brûlent, mais très mal, en donnant des poussières noires dans l’ouvrage, où elles ne brûlent que partiellement.
- A côté de ce combustible graphita, j’ai reçu de l’anthracite de Briançon (Hautes-Alpes), qui, quoique à 1 p. 100 de matières volatiles et à 1 p. 100 d’eau, avec 22 p. 100 de cendres, additionné de 27 p. 100 de houille de Liévain, à 30 p. 100 de matières volatiles, s’est très bien comporté au gazogène. Ceci prouve qu’il ne faut pas trop se hâter d’après une analyse de déclarer un combustible bon ou mauvais pour un usage déterminé.
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- § 6. — Les gazogènes ont aussi besoin d’être appropriés aux combustibles qu’ils doivent gazéifier, ceux qui ne doivent marcher qu’avec des combustibles secs, ne donnant aucune agglomération, peuvent (sauf la grille qui doit rester invariable) se construire à la façon d’un fourneau à cuve ; mais, ceux qui sont destinés à gazéifier des houilles plus ou moins collantes, doivent être à plans inclinés de distillation, où se forme le coke, que plus tard on pousse sous la grille, avant de faire une nouvelle charge.
- § 7. — On construit aussi des gazogènes à quatre gueulards et à barrage ; sur le plan incliné, on charge la houille, et, contre le barrage, par deux gueulards, on charge du petit coke, après avoir fait les charges de houille; de cette façon, les vapeurs d’eau, gaz et vapeurs de goudron sont forcés de traverser 0m,500 de coke incandescent, où le carbone en excès se précipite, pour ne laisser sortir des gazogènes que du gaz clair et propre. On pourrait citer un établissement qui était forcé, avant la marche mixte (au coke), de flamber et de nettoyer ses conduites de gaz tous les huit ou dix jours et qui, aujourd’hui, marche pendant dix-huit mois sans arrêt.
- § 8. —Les hauts fourneaux peuvent être considérés comme des gazogènes, leurs gaz, employés dans les appareils à air chaud, genre Cowper, brûlent bien, si la chambre de combustion est assez spacieuse, cette combustion se faisant dans une enceinte à haute température; mais il n’en est pas de même pour la partie des gaz qui est brûlée pour faire de la vapeur : dans ce cas souvent la moitié de l’oxyde de carbone CO échappe à la combustion. Pour forcer ce gaz à brûler, on le force à rester enflammé dans une enceinte portée au rouge et bien chicanée, dans les cloisons de laquelle circule l’air qui doit le brûler ; cet air s’échauffe à 300 degrés environ et il vient ensuite à cette température se mélanger au gaz dans les nombreuses tuyères par lesquelles celui-ci arrive dans ces brûleurs. La combustion se faisant à haute température et dans une enceinte chaude, est complète avec le minimum d’air, aussi la production de vapeur est-elle maxima pour une quantité de gaz déterminée.
- § 9. — Les occasions de transformer un combustible en gaz, pour le brûler ensuite pour la production de la vapeur, sont assez rares encore ; mais l’emploi des combustibles de qualités très inférieures à 3 et 4 000 calories au plus, conduit à installer, dans les grandes usines, des petits chemins de fer porteurs, à la voie de 0m,40 à 0m,60, pour introduire dans les gazogènes des charges comme dans les fours à coke, et sous les grilles de petits chemins de fer semblables pour enlever les cendres : de cette façon, on peut localiser le feu (flammes) sur une surface de brûleurs de 1,2,3 et 4 mètres carrés, comme on a fait à Saint-Denis, alors qu’il faut 15 à 20 mètres carrés de surface de grille pour mal brûler ces combustibles de qualité inférieure.
- § 10. — Une des installations les plus intéressantes, comme production de
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- vapeur par l’emploi des gaz chauffés, se voit à Saint-Denis, dans l’établissement de M. Lencauchez. Une force de 5,00 chevaux-vapeur, répartie entre quatre chaudières multitubulaires, grâce à un régulateur de pression, agit sur le tirage de la cheminée; la pression se maintient très bien, quel que soit le travail développé par le groupe. Les gazogènes fonctionnent comme accumulateurs; au lieu d’un volume de 150 à 200 mètres cubes d’eau à l’état d’ébullition dans les bouilleurs de la chaudière, on a 12 mètres cubes de combustible incandescent, qui donnent du gaz à la demande des machines à vapeur ou de leurs chaudières.
- § 11. — Enfin, M.Lecauchez dit qu’il a eu l’occasion d’examiner de très près une question qui a passionné l’industrie en général, il y a quelque temps : cette question est celle de la prétendue régénération du carbone, et M.Emilio Damour, dans sa très intéressante communication à la Société du 22 juillet dernier, termine et conclut sur ce sujet en disant : « Si la découverte de la régénération du carbone est sans intérêt, le dispositif créé pour réaliser cette idée est un four très ingénieux constituant un réel progrès dans l’art du chauffage industriel. »
- Mais M. Lencauchez croit devoir ajouter que cette découverte ne date pas d’hier et que, laissant de côté avecM. Emilio Damour la prétendue régénération du carbone, le dispositif qui fait à juste titre son admiration date de 1873 à 1878, et il est dû aux ingénieurs de la Compagnie parisienne du gaz qui possède actuellement 200 fours environ, construits de façon que gazogène, fours et accumulateurs seulement, pour l’air, ne font qu’un seul et unique massif, et M. Lencauchez assure que jusqu’ici rien d’aussi parfait n’a été fait autre part que dans les usines de la Compagnie parisienne. L’usine à gaz de Clichy n’a pas d’autres fours et elle a été construite en 1880.
- M. le Président remercie M. Lencauchez de son intéressante communication qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- Séance générale du 9 décembre 1892.
- ÉLECTION DU BUREAU POUR 1893.
- Présidence de M. Tisserand, président.
- M. le Président déclare le scrutin ouvert pour l’élection du Bureau pour 1893, et la ratification des nominations des membres élus pendant l’année 1892.
- M. Laus, rue Ménilmontant, 62. — Bicyclette par engrenage à deux chaînes. (Arts mécaniques.)
- M. Paul Gury, faubourg Saint-Martin, 47. — Mode d’attelage des chevaux vicieux. (Arts mécaniques.)
- M. Ricaris, ingénieur civil, rue d’Assas, 17. — Phonomètre accordeur, phonomètre d’acuité, phonomètre économique. (Arts économiques.)
- Tome VII. — 91e année. 4e série. Décembre 1892. 111
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- M. Duverger, peintre de genre, à Écouen (Seine-et-Oise). — Projet de propulseur applicable aux ballons dirigeables. (Arts mécaniques.)
- M. Dornier, aiguilleur, impasse Druinot, 8, rue de Puteaux. — Signaux automoteurs pour chemins de fer. (Arts mécaniques.)
- M. Dupont, rue du Sommerard, 13. — Nouvelle communication sur un projet de mouvement perpétuel. (Arts mécaniques.)
- M. Corthell, président du Congrès des ingénieurs à l’Exposition de Chicago, adresse le programme de ce Congrès qui aura lieu du 31 juillet au 3 août 1893 et invite la Société à participer à ses travaux.
- M. Petitpont, manufacturier à Choisy-le-Roi, adresse ses remerciements pour sa nomination de membre correspondant du Comité des arts chimiques.
- Mmc veuve Périer, à Giel (Orne). — Demande une annuité de brevet pour une charrue dite normande inventée par son mari décédé. (Agriculture).
- M. Auguste Bossan fils, boulevard de l’Ouest, 11, à Romans (Drôme).—Nouvel alambic à vapeur à distillation et rectification simultanées. (Arts chimiques.)
- M. Cousté, président de la Chambre de Commerce de Paris, et de la Société d’encouragement pour le commerce français d’exportation, annonce que cette Société se réunira en assemblée générale annuelle, à la Chambre de Commerce de Paris, 2, place de la Bourse, le mercredi, 28 décembre 1892, 3 h.
- La Direction du journal le Phosphate envoie un numéro de son journal et demande l’échange avec le Bulletin de la Société. [Bulletin.)
- Mme veuve Pierre Vimont annonce la mort de son mari, M. Pierre-Jules Vi-mont, membre de la Société, décédé à Mattosinhos (Portugal).
- M. Édouard Simon, membre du Conseil, fait hommage à la Société d’un album des Ateliers de construction de machines-outils publié en 1847 par M. A . Decoster et Cic.
- Les ouvrages suivants sont signalés dans la correspondance imprimée :
- Rapports du jury international publiés sous la direction de M. Alfred Picard.— Exposition universelle de 1889. — Groupe VI. Outillage et procédés des industries mécaniques. 6e partie. — Groupe de ïéconomie sociale. 2e partie, 2e fascicule.
- École nationale des ponts et chaussées. — Cours de chemins de fer par M. Bricka, ingénieur en chef, professeur. r
- On the iron trade and its progress during sixteen years, par sir Lothian Bell, correspondant de la Société.
- Revue de législation des mines et statistique des houillères en France et en Belgique, publiée sous la direction de M. Emile Delacroix, septembre-octobre 1892.
- JJ Art de greffer, 5e édition, par M. Charles Baltet, horticulteur, à Troyes.
- Ministère du commerce et de /’industrie. — Office du travail, — Étude statistique des accidents du travail d'après les rapports officiels sur Vassurance obligatoire en Allemagne et en Autriche. Fascicule 1.
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- Le placement des employés, ouvriers et domestiques en France. — Son histoire, son état actuel. (Bibliothèque.)
- Nomination d’un membre de la Société. — M. Lindet, professeur à l’Institut national agronomique, présenté par MM. Tisserand et Aimé Girard, est nommé membre de la Société.
- Rapports des Comités. — Déclaration de vacance. — M. le général Sebert demande, au nom du Comité des arts économiques, que le Conseil déclare une vacance dans ce Comité par suite du décès de M. Henri Peligot.
- Cette vacance est déclarée.
- Graisseur. — M. Bienaymé fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur un graisseur deM. G. Dorian, constructeur, quai Jemmapes, 80.
- Le Comité propose de remercier M. Dorian de sa communication et d’insérer au Bulletin de la Société le présent rapport avec les croquis qui l’accompagnent.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Cric à manivelle de sûreté. — M. Sauvage fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur le cric à manivelle de sûreté, système Dubois, présenté par la Société alsacienne de constructions mécaniques.
- Le Comité propose de remercier la Société alsacienne des constructions mécaniques de son intéressante communication, et d’insérer le présent rapport au Bulletin avec les croquis qui l’accompagnent.
- Ces conclusions sont adoptées.
- Confèrence sur ïAfrique. — M. Dybowsky fait une conférence sur les produits et les industries de l’Afrique centrale. Il donne d’intéressants détails sur les mœurs, les produits ignorés et si nombreux de ces régions, sur leurs remarquables industries et sur les péripéties de son voyage d’exploration. Ce récit est accompagné de nombreuses projections, reproduisant les paysages et les types des habitants du pays.
- M. le Président adresse les remerciements de la Société à M. Dybowsky pour sa conférence qui sera insérée au Bulletin.
- M. le Président constate que le scrutin ouvert au commencement de la séance pour l’élection des membres du Bureau pour 1893 et la ratification des nominations des membres du Conseil faites dans le courant de l’année 1892, n’a pas fourni le nombre de votes exigé par les statuts pour que les élections soient valables.
- En conséquence, il sera procédé de nouveau, dans la prochaine séance du 23 décembre, aux élections générales qui seront valables, quel que soit le nombre des votants.
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- PROCÈS-VERBAUX. --- DÉCEMBRE 1892.
- Séance du 23 décembre 1892.
- Présidence de M. Mascart, vice-président.
- M. le Président ouvre le scrutin pour l’élection du Bureau de 1893 et pour la ratification des nominations des membres élus pendant l’année 1892.
- M. Coret, maison Galignani, à Neuilly-sur-Seine. —Projet de cadran solaire donnant l’heure moyenne et l’heure nationale. (Arts économiques.)
- MM. Margue et Grangé, rue d’Alésia, 143. —Nouveau système de bourrelets, jets d’eau et châssis. (Constructions et Beaux-Arts.)
- M. Brenot, rue des Gravilliers, 29. — Appareil spécial pour la chirurgie vétérinaire, zoo-cautère. (Agriculture.)
- M. Zographakis, professeur à Marathon (Grèce). — Thermomètre indiquant à distance la température des lieux éloignés. (Arts économiques.)
- M. Guillot, Faubourg Saint-Denis, 150. — Chrono-dynamomètre servant aussi à mesurer le temps. (Arts mécaniques.)
- M. 'Boni Fontenay, ancien ingénieur en chef des Chemins de fer du Dauphiné, demande un secours de la Société. (Bureau.)
- M. le Président de la Société nationale d’horticulture de France annonce que cette Société ouvrira un congrès au mois de mai 1893, pendant la durée de son Exposition, et donne le programme des questions à traiter. [Bulletin.)
- M. Sorel, ancien ingénieur des manufactures de l’Etat. — Note sur l’appareil à distiller horizontal, système Sorel. (Agriculture.)
- M. Serullas, à Singapoor, annonce un travail sur ses missions relatives à la gutta-percha, pour le concours de 1893. (Arts économiques.)
- M. Georges Jacquemin, place Carrière, 39, à Nancy. — Etude des perfectionnements apportés dans la culture et l’emploi des levures destinées à la production des boissons alcooliques. (Agriculture.)
- M. Barbet, ingénieur des arts et manufactures, rue d’Assas, 76. — Mémoire relatif à la rectification de l’alcool. (Arts chimiques, prix Parmentier.)
- M. Natalis Rondot, membre du Conseil, fait hommage d’un ouvrage qu’il vient de publier sous le titre de : Les potiers de terre italiens au seizième siècle. — 1 vol. grand in-8, avec gravures. (Bibliothèque.)
- M. G. Trouvé, ingénieur-constructeur, fait don à la Société de son Manuel d’électrologie médicale, in-12, avec 273 figures dans le texte. (Bibliothèque.)
- M. Aug. Elvire, médecin-vétérinaire, à Caudry, envoie la deuxième année de son Agenda agricole, Guide du cultivateur praticien pour 1893, qui a été récompensé par la Société en 1889. (Bibliothèque.)
- M. Raffard, membre de la Société, fait hommage d’une brochure qu’il vient de publier : Ancien projet de locomotive électrique à grande vitesse. — Régulari-
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- sation du mouvement des machines au moyen de /’accouplement élastique Baffard. (Bibliothèque.)
- M. Charles Baltet, horticulteur, à Troyes, fait hommage à la Société des deux publications suivantes : 1° Quelques souvenirs horticoles dans le nord de la France. — Il horticulture française, ses progrès et ses conquêtes depuis 1789, 1 vol. in-8, illustré de 110 dessins ou photogravures. (Bibliothèque.)
- Nomination d’un membre de la Société. — M. Maxime Cornu, professeur au Muséum d'histoire naturelle, présenté par MM. Tisserand et Bisler, est nommé membre de la Société.
- Rapports des Comités. — Comptes de 1891. — M. Fouret fait, au nom de la Commission des fonds, un rapport sur les comptes, présentés par M. le Trésorier pour l’exercice 1891.
- La Commission des fonds déclare de tous points exacte et régulière la situation financière de la Société au 31 décembre 1891, présentée par M. le Trésorier.
- M. Bordet, censeur, lit, au nom des censeurs, un rapport sur les comptes de l’exercice 1891. Il propose de les approuver et s’associe aux remerciements que la Commission des fonds adresse à M. le Trésorier.
- Les comptes de 1891 sont approuvés.
- Communications. — Epuration des eaux. — Dans cette communication sur l’épuration des eaux par les sels ferriques, M. Buisine s’occupe principalement de l’épuration des eaux d’égout.
- Après avoir établi la nécessité d’épurer les eaux d’égout avant de les rejeter dans les rivières, M. Buisine passe en revue les procédés qui ont été proposés pour cet objet.
- 11 examine d’abord le procédé d’épuration par le sol, système qui a été adopté pour la ville de Paris. Il en fait ressortir les inconvénients ; il montre que l’application de ce système exige de vastes superficies de terrains, et de terrains spéciaux, perméables, qu’on ne rencontre pas partout.
- Il faudrait, pour épurer la totalité des eaux d’égout de Paris, 4 000 hectares environ.
- Il étudie ensuite les procédés chimiques qui, bien appliqués, présentent tous les avantages du système d’épuration par le sol, et sont beaucoup plus pratiques. S’ils n’ont pas été employés en grand jusqu’à présent, cela tient au prix élevé des réactifs qui peuvent être utilisés à cet effet. Mais on peut préparer maintenant à très bas prix, au moyen des résidus de pyrite, les sels ferriques, dont l’action sur les eaux contaminées est extrêmement remarquable.
- Le sulfate ferrique, par la modicité de son prix, est celui qui se prête le mieux à cette application. Ajouté en petite quantité à de l’eau impure, ce sel précipite la totalité des matières en suspension et les 9 dixièmes environ des matières organiques en dissolution. Les microbes eux-mêmes sont éliminés, c’est-à-dire
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- entraînés avec le précipité dans une forte proportion. L’eau ainsi traitée, après décantation, est rejetée parfaitement claire, incolore, neutre, complètement désinfectée et imputrescible.
- M. Buisine a eu l’occasion d’essayer son système sur les eaux d’égout des villes de Roubaix et de Tourcoing. L’expérience a été poursuivie sans arrêt, jour et nuit, pendant 5 semaines, à raison de 20 000 mètres cubes environ par 24 heures.
- Cet essai important a montré que le procédé donnait une eau parfaitement épurée et qu’il était très pratique ; de plus, les résidus de l’épuration peuvent être mis en valeur et couvrir ainsi une partie et peut-être même la totalité des frais d’épuration.
- M. Buisine donne ensuite les résultats qu’il a obtenus avec le sulfate ferrique sur les eaux d’égout de la ville de Paris.
- Il montre que l’eau est ainsi parfaitement épurée et que le prix du réactif nécessaire n’atteindrait pas un demi-centime par mètre cube. Il estime qu’il faudrait au maximum 6 à 700 000 francs de sulfate ferrique par an.
- C’est évidemment une grosse dépense, mais il est certain que la ville de Paris devra en tous cas faire de gros sacrifices pour arriver à un résultat. Du reste, sait-on ce que coûtera le procédé d’épuration par irrigation? L’achat des immenses terrains nécessaires pour l’application de ce système et les travaux importants qu’il exigera représentent un gros capital, dont l’intérêt dépassera probablement 700 000 francs, en supposant même qu’on parvienne à louer ces terrains pendant le fonctionnement.
- Le procédé par le sulfate ferrique, tout en donnant entière satisfaction au point de vue de l’épuration, ne demanderait pas une installation aussi vaste, et son fonctionnement serait plus pratique. L’épuration par le sulfate ferrique fournirait environ 500 000 kilogrammes de résidus par jour, dont il serait facile de se débarrasser. Ces résidus sont, en effet, assez riches en matières azotées pour pouvoir être utilisés en agriculture; ils ont même une certaine valeur marchande, et on pourrait peut-être ainsi rentrer dans une partie des frais d’épuration.
- M. le Président remercie M. Buisine de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts chimiques.
- Fontaines lumineuses. — M. Trouvé présente des fontaines lumineuses automatiques, à jets multiples et à feux multicolores changeants. Elles sont fondées sur un nouveau principe, où l’éclairage direct des gerbes d’eau et leur englobe-ment total dans le faisceau lumineux ont permis de leur donner toutes les formes et toutes les dimensions voulues, depuis les plus petites jusqu’aux plus gigantesques. Quel que soit le modèle, l’éclat et la pureté de l’éclairement ne laissent rien à désirer. Les principaux types réalisés à ce jour sont : 1° la fontaine d’appartement en corbeille de fleurs pour surtout de table ; 2° la fontaine avec rocher
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- naturel, bassin et vasque; 3° la fontaine de démonstration pour cabinet de physique ; 4° et 5° la fontaine en forme de guéridon avec pied de style en bronze doré et ciselé; elle comporte deux spécimens : l’un à gerbe unique centrale, l’autre à gerbes multiples.
- Puis viennent les fontaines monumentales aux variétés indéfinies. (L’inventeur décrit spécialement la fontaine lumineuse monumentale qu’il a érigée au château de Graig-y-nos, résidence de Mme Patti-Nicolini.)
- M. Trouvé propose de construire dans l’enceinte de Paris ou sur une éminence voisine, pour l’Exposition de 1900, une fontaine gigantesque de 250 à 300 mètres de hauteur, dont les colorations changeantes pourraient, en temps opportun, servir de signaux sémaphoriques. Au cas où l’on craindrait de rencontrer dans cette érection des difficultés trop grandes, il signale le moyen de tourner l’obstacle en établissant une immense cataracte lumineuse dont la tour Eiffel fournirait l’assise.
- Enfin, il termine sa communication en exposant son procédé nouveau pour la fabrication de réflecteurs paraboliques à courbure géométriquement parfaite, et en dévoilant quelques trucs, électriques et autres, dont il a doté le théâtre.
- M. Trouvé a mis en fonction, pendant toute la soirée, et dans le vestibule, une de ses fontaines automatiques lumineuses.
- M. le Président remercie M. Trouvé de son intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des arts mécaniques.
- Dépouillement du scrutin. — M. le Président, assisté de MM. Collignon et Aimé Girard, procède au dépouillement du scrutin pour l’élection du Bureau 1893 et la ratification des nominations des membres du Conseil faites pendant l’année 1892.
- Composition du Bureau pour 1893 :
- Président. — M. Tisserand.
- Vice-présidents. —MM. le colonel Pierre, Davanne, Mascart et G. Roy ;
- Secrétaires. —MM. Collignon et Aimé Girard;
- Censeurs. — MM. Legrand et Bordet;
- Trésorier. — M. Goupil de Préfeln;
- Commission des fonds. — MM. Heurteau et Billolte ;
- Comité des constructions et des beaux-arts. — M. Froment-Meurice ;
- Comité de commerce. — M. Gruner.
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- BIBLIOGRAPHIE. --- DÉCEMBRE 1892.
- BIBLIOGRAPHIE
- JOURNAUX ET REVUES
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences. —Séance du 10 octobre 1892^ n° 15. — Dosage volumétrique des alcaloïdes, par L. Barihe.
- Séance du 24 octobre, n° 17. — Nouvelles recherches sur la fixation de l’azote atmosphérique par les microbes, par Berthelot. — Sur la température du maximum de densité des solutions aqueuses, par L. de Coppet. — Sur un photomètre photopto-mètre destiné à la mesure des faibles éclairements, par Charles Henri.
- Séance du 31 octobre, n° 18. — Observations sur la communication de M. Berthelot présentée dans la dernière séance de l’Académie, par Th. Schlœsing. — Réponse à la communication précédente, par Berthelot.—Sur les lois de compressibilité des liquides, par E.-H. Amagat. — Sur la température du maximum de densité des mélanges d’alcool et d’eau, par L. de Coppet. — Sur la dissociation du bioxyde de baryum, par H. Le Cha-ielier. —Sur la fixation de l’azote libre par les plantes, par Th. Schlœsing. — Épuration des eaux d’égout par le sulfate ferrique, par A. et P. Buisine.
- Séance du 7 novembre, n° 19. — Influence sur la répartition des engrais dans le sol sur leur utilisation, par H. Schlœsing. — Note sur la réponse de M. Berthelot h ma note du 24 octobre, par Th. Schlœsing. — Effets de la pesanteur sur les fluides au point critique, par Gouy. — Sur la dilatation du fer dans un champ magnétique, par Berget. — Dosage volumétrique des alcaloïdes, par E. Leger. — Sur la fixation de l’azote libre par les plantes, par Th. Schlœsing fils, et Em. Laurent.
- Observations relatives à la Note précédente, par Duclaux. — Observations sur les communications précédentes, par Berthelot.
- Séance du 14 novembre, n° 20. — Sur la fusion du carbonate de chaux, par H. Le Chatelier. — Recherches sur le mode d’élimination de l’oxyde de carbone, par L. de Saint-Martin.
- Annales des Mines. — Août 1892. — État actuel de l’industrie du naphte dans la presqu’île d’Apchéron, par A. Leproux.
- Septembre 1892. — Note sur la métallurgie du cuivre en Russie, par Weiss. — Note sur deux procédés directs pour la fabrication de l’acier sur sole aux États-Unis, par Ed. de Billy.
- Annales des Ponts et Chaussées. — Juillet 1892. — Note sur un abaque destiné au calcul des profils de terrassements, par d’Ocagne.
- Mémoires de la Société des ingénieurs civils. — Juillet 1892. — Le premier réseau de câbles sous-marins français, par E. Vlasto. — Le Chili minier, métallurgique, industriel, par Ch. Vattier. — Le gaz à l’eau, par A. Lavezzari.
- Aoûti 892. — Rapport sur les locomotives àl’Exposition de 1889.— Les eaux de Newton, par H. Woods. — Discours prononcé aux obsèques de M. A. Lavalley, par</. Fleury.
- Revue générale des Chemins de fer. — Septembre 1892. — Suppression défi-
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- BIBLIOGRAPHIE.
- DÉCEMBRE 1892.
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- nitive de la voie large sur Great Western Railway. — Bases employées à la Compagnie du chemin de fer du Gothard pour le calcul des ponts métalliques.
- Octobre 1892. — Le nouveau matériel à voyageurs des chemins de fer de l’État suédois, par A. Ruelle.
- Comité des Forges de France. — 20 octobre 1892, n° 632. — Avantage des voies sur traverses métalliques au point de vue des frais d’entretien.
- 19 novembre, n° 643. — Régime des chutes et débris de rails d’acier.
- Le Génie civil. — 27 août 1892, n° 17. — Achèvement du canal à écluses de Panama.
- 3 septembre, n° 18. — Note sur la composition des moûts de vendange. De leur analyse première et de leur constitution supplémentaire, par P. Paul. — Emploi de l’oxygène dans la fabrication du verre.
- 10 septembre, n° 19. — Rôle de l’électricité dans le tannage, par A. Bandsept.
- 17 septembre, n° 20. — Les mines de la Nouvelle-Calédonie (suite), par L. Pelatan
- — La fibre vulcanisée. Ses propriétés et ses principales applications, par Félix Beau-jouan.
- 24 septembre, n° 21. — L’utilisation de la force hydraulique des chutes du Niagara, par L. Bâclé. — Les mines de la Nouvelle-Calédonie (suite), par Louis Pelatan. — Appareil pour la mesure des déformations élastiques, système L. Le Châtelier, par Gérard Lavergne.
- 1er octobre, n° 22. — Les mines de la Nouvelle-Calédonie (suite et fin), par Louis Pelatan. — Expériences pratiquées par M. H. Morcillon pour étudier les transformations moléculaires dans le fer, par L. Bâclé.
- 8 octobre, n° 23. — L’aluminium.
- 22 octobre, n° 25. — Nouveau procédé pour la fabrication de la potasse, par D. Si-derski. — Barrage et aqueduc de Vyrnwy pour l’alimentation de la ville de Liverpool.
- — Yacht en aluminium et au pétrole Mignon. — Les eaux potables dans les campagnes, par Max de Nansouty.
- 29 octobre, n° 26. — La féculerie de Beaulieu, près Loches, par B. Lezé. — Le tout-à-l’égout. Épuration chimique et électrique des eaux vannes, par Max de Nansouty. — Application de l’électrolyse à la construction des tubes de manomètre.
- 5 novembre, n° 1. — A propos du canal de Nicaragua, par Fr. Mange. — Contrôleur électrique de rondes, système de Poulpiquet, par L. Viennot. — Application de l’aluminium au ferrage des chevaux.
- 12 novembre, n° 2. — Installation pour l’épuration des eaux d’égout à Scheepshead bay (États-Unis). — A propos du canal de Nicaragua, par Fr. Mange.
- 19 novembre, n° 3. — Arrêt probable de la production du cuivre en Australie, par Louis Pélatan. — Dangers et avantages physiologiques de l’électricité, par Max de Nansouty. — Ivoire artificiel.
- 26 novembre, n° 4. — La roue Pelton. Touage par adhérence magnétique, système de Bovet, par H. Boileau. — Les alchimistes modernes, par Max de Nansouty. — Assainissement de la Seine par l’épuration et la nitrification des eaux d’égout, par Ernest Bouret.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. — Août-Septembre 1892. — Tome VII. — 91e année. 4° série. — Décembre 1892. 112
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- Étude sur le changement des propriétés physiques et chimiques de la cellulose du coton quand elle se transforme en oxycellulose. Travail présenté au concours avec la devise « Sine ira » pour le prix n° L des Arts chimiques, par M. Alexandre Nasljukoff. — Conférence sur le transport de la force par l’électricité. Quelques-unes de ses applications récentes.
- Octobre 1892. — Rapport de M. Galland, sur le mémoire «Aurora » remis pour concourra’ au prix LI des Arts chimiques. — Teinture et impression au moyen de sels d’or. — Mémoire présenté avec la devise « Aurora » pour concourir au prix LI des Arts chimiques, par Edgar Odernheimer. — Mémoires additionnels de M. Edgar Odernheimer sur la teinture et l’impression au moyen de sels d’or et d’argent, par II. Lussy. —Affaiblissement du tissu dans la fabrication, blanc, enlevage sur bleu indigo cuvé. Confirmation des résultats de M. de Niederhausen, par Albert Scheurer. — Rapport sur un travail présenté au concours avec la devise « Urania stellitana » pour l’obtention du prix n° XXIX des Arts chimiques, par Paul Werner.
- Revue industrielle. — 27 août 1892, n° 35. — Les alliages anti-friction. — La fabrication du chlore par la méthode Campbell et-Boyd.
- 3 septembre, n° 36. — Machine rotative à vapeur, système Brown. — L’avenir du glucinium, d’après M. Réginald A. Fessenden.
- 10 septembre, n° 37. — Machines à cintrer à froid, système Fovvler. — Engrenage à friction Robertson. — La métallurgie du nickel dans le district de Sudbury.
- 17 septembre, n° 38. — Garniture Magnolia.
- 24 septembre, n° 39. — Utilisation des forces motrices du Rhône, pour la distribution de l’énergie électrique à Lyon. —La métallurgie du nickel dans le district de Sudbury (Ontario). — La traction électrique à Paris.
- 1er octobre, n° 40. — Moteur à gaz à compression extérieure, système Campbell. — Four à reverbère, système Pielzka. — Le gaz d’huile et ses applications à l’éclairage. — Méthode d’analyse quantitative par l’électrolyse.
- 8 octobre, n° 41. — Utilisation des forces motrices du Rhône pour la distribution de l’énergie électrique à Lyon.
- 15 octobre, n° 42. — Toueur remorqueur à hélice de 150 chevaux de la compagnie anonyme de touage de la Basse-Seine et de l’Oise. — Distribution de vapeur à grande détente, système Edmond Roy.
- 22 octobre, n° 43. — Chaudière à collecteur et séparateur de vapeur, système Thornycroft.
- 29 octobre, n° 44. — Métallurgie du cuivre. — Préparation nouvelle du sulfure de zinc phosphorescent. — Argenture du fer et de l’acier.
- 5 novembre, n° 45. — Nouvel élévateur du liquide par l’air comprimé, système Paul Kestner.— La cuisine à l’électricité.
- 12 novembre, n° 46.— Extraction de l’ammoniaque des eaux de condensation du gaz d’éclairage. — Le cuivre trempé. — Séparation électrolytique du zinc, procédé de MM. Siemens etHalske.
- 19 novembre, n° 47. — Accumulateur électrique de Crompton-ltowel. — Introduction de l’acide métastannique dans la potée d’étain, à la cristallerie de Baccarat.
- Chronique industrielle. — 18 septembre 1892, n° 38. — Le système métrique hors de France. — Causes de l’effleurement de certains papiers.
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- 25 septembre, n° 39. — Le tramway tubulaire du bois de Vincennes au bois de Boulogne. — Alliage pour souder l’aluminium.
- 2 octobre, n° 40. — Les canons pneumatiques aux Etats-Unis.
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- 23 octobre, n° 43. — Nouveau mode de fabrication des briques, usité dans certaines parties de l’Asie centrale.— Compteur de tours perfectionné. — Le tramway électrique du Havre à Montivilliers.
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- 6 novembre, n° 45. — Les vins obtenus à pression basse. — La turbine Hercule.
- 13 novembre, n° 46. — Tramway électrique à Paris. — Amélioration des eaux-de-vie et des liqueurs. — Tramway électrique, système Brain.
- Bulletin de la Société internationale des électriciens. — Août-Septembre-Octobre 1892, n° 91. — Instructions générales pour l’exécution des installations électriques à l’intérieur des maisons.
- La Lumière électrique. — 27 août 1892, n° 35. — Transformateurs de la Société d'éclairage électrique, par Franck Géraldy. — Le nouveau phonographe Edison, par Gustave Richard.—Utilisation des forces naturelles; les moteurs marins, par G. Pélissier.
- 3 septembre, n° 36. — Applications mécaniques de l'électricité, par Gustave Richard.
- — Sur une nouvelle disposition du système de distribution mixte à trois fils, par J.-P. Anney.
- 10 septembre, n° 37. — Chemins de fer et tramways électriques, par Gustave Richard.
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- 17 septembre, n° 38. — Purification du mercure. — Dorure de l’aluminium, par Vienne frères.
- 24 septembre, n° 39. — Les nouveaux ateliers des services électriques de la Compagnie du chemin de fer du Nord, par Franck Géraldy. — Appareil électrique pour la détermination du degré des alcools, etc. — Accumulateur Lloyd. — Pile Cohen. — Boîte à télégrammes automatique.
- 1er octobre, n° 40. — Désétamage électrique des rognures de fer-blanc, par Narf (New-York) et Raynaud (Narbonne).
- 8 octobre, n° 41. — Etude sur la gutta-percha, par Léon Rrasse. — Chauffage et fusion par l’électricité, par Stephen B. Emmens. — Le procédé électrolytique Siemens pour l’extraction du cuivre de ses minerais. — Un nouveau photomètre.
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- 22 octobre 1892, n° 43. — Etude sur la gutta-percha, par Léon Brasse.
- 29 octobre, n° 44. — Application mécanique de l’électricité, par Gustave Richard. — Le chlore et la soude électrolytique, systèmes Richardson-Holland et B. Cutten. — Ciseau électrique pour sculpture. — Fourneau électrique Parker pour la fabrication du phosphore. — Sur quelques appareils de chauffage électrique.
- 5 novembre, n° 45. — Sur la température obtenue dans des fils parcourus par des courants électriques, par Cardani.
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- 19 novembre, n° 47. — Thermomètre à indications instantanées, par Edme Gen-
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- 17 septembre, n° 90. — Pile Georges d’Infreville, par J. A. Montpellier. — Perceuse électrique, par Em. Dieudonné. — Une nouvelle forme de moulin à vent destiné aux applications électriques et autres. — Un succédané des lubrifiants comme substance antifriction dans les coussinets. — Utilisation des détritus des villes à la production de la lumière électrique.
- 24 septembre, n° 91. — Les moteurs électriques pour tramways, par Em. Dieu-donné.
- 15 octobre, n° 94. — L’éclairage électrique de Perpignan, par Ch. Haubtmann. — Le système Brain de conducteur souterrain pour tramways électriques.
- 22 octobre, n° 95. — Le système téléphonique Gibboney-Thomson, par Eug. Meylan.
- — Sur les éléments Latimer Clarke, par Kahle.
- 29 octobre, n° 96. — La fabrication en France des câbles sous-marins. — L’accumulateur Ercole.
- 5 novembre,n° 97.—La recherche des courts-circuits dans les bobines, par E. Meylan.
- — Recherches électriques de l’Institut physique et technique de l’empire d'Allemagne, à Charlottenbourg, par le Dv Saint-Lindeck. — Comparaison de l’éclairage à l’électricité pour les gares de chemins de fer, par Dumont.
- 12 novembre, n° 98.— La distribution de l’énergie électrique à Gênes, par E. Yorel.
- — Obombration des ampoules des lampes à incandescence.
- 19 novembre, n° 99. — Un rhéostat simple. — Appareil révélateur du grisou de Murray. — Alternateur de 500 chevaux de la maison Westinghouse.
- Annales de chimie et de physique. — Août 1892. — Sur l’arc-en-ciel, par Mas-cart. •— Sur quelques réactions du nickel carbonyle, par Berthelot. — Sur l’oxydation du nickel carbonyle, par Berthelot. — Sur une combinaison volatile de fer et d’oxyde de carbone, le fer carbonyle, par Berthelot.
- Octobre. — Sur la détermination de l’équivalent mécanique de la calorie, par C. Miculescu.
- Novembre. — Sur le dosage de l’extrait laissé par l’évaporation du vin, par J.-A. Muller. — A propos du coefficient critique, par E. Heilborn.
- Journal de pharmacie et de chimie. — 1erseptembre 1892, n° 5. — Purification de l’eau, par A. R. Leeds.
- 15 septembre, n° 6. — Le mercure et le platine en Russie.
- 1er octobre, n° 7. — Sur le durcissement du plâtre, par Dennstedt.
- 1er novembre, n° 9. — Les émulsions d’huile de houille comme succédanées du crésyl, par Delabrousse. — Séparation de la résine des acides gras, par A. Wilson. — Dosage de l’alcali combiné dans les savons, par A. Wilson.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- DÉCEMBRE *892.
- 881
- 15 novembre, n° 10. — Assainissement de Paris et de ses environs. —: Amélioration de l’état de la Seine, par Riche. — Note sur l’altération progressive de la Seine en amont, dans la traversée et en aval de Paris, par Albert Lévy et Miquel. — Action des métaux, des sels métalliques et des acides sur le caoutchouc, par W. Thomson et F. Lewis.
- Moniteur scientifique. — Septembre 1892. — Dosage du manganèse dans les spiegels et ferro-manganèse, par C. Bastin. — Perfectionnement dans la fabrication de l’alumine. —Sur une nouvelle méthode de titrage des sels de sesquioxyde de fer, par Moraht. — Sur quelques nouvelles séparations par voie électrolytique, par Edgar Smith et D. Wallace. — Nouvelle méthode de séparation du zinc et du manganèse, par Jannasch et Rob. Niederhofheim. — Sur le dosage volumétrique du zinc parla méthode de Schafîner, par Prost et Hassreidter.
- Octobre. — Sur le rôle de l’oxygène dans le fer forgé, par P. Gladky.
- Novembre. — Les carbonyles métalliques, par Ludwig Monde. — Recherches des huiles de résine dans l’essence de térébenthine, par A.-J. Zune. — Sur le mode d’emploi de l’amydol. — Dosage de l’aluminium dans les aciers, fontes et ferro-aluminium, par Paul Rozycki. — Étude sur la fabrication des encres, par Eugène Dietrich.
- Sur la composition de la fumée, par P. Laktine.
- Revue scientifique. —10 septembre 1892, n° 11. — Les canons pneumatiques aux États-Unis.
- 17 septembre, n° 12. — La science et l’art de l’ingénieur, par Ed. Collignon.
- 24 septembre, n° 13. — Projet de dérivation en France des eaux des lacs de Neuchâtel et de Genève.
- 15 octobre, n° 16. — Les auxiliaires de la science : amateurs et théoriciens, par A. Schuster. —Les conditions de milieu dans les lacs d’eau douce, par Imhof.
- 22 octobre, n° 17. — La conquête de la mer au Mont-Saint-Michel, par C. Crépeaux.
- 5 novembre, n° 19. — L’application de la photographie au lever des plans, par A. Laussedat.
- Revue générale des sciences. — 15 octobre 1892, n° 19. — Les projectiles pris au vol, par C. Boys.
- 30 octobre, n° 20. — Le contrôle de la vitesse des trains, par F. Sinigaglia. — Les nouvelles recherches de Lippman sur la photographie des couleurs : photographies sur albumine et gélatine bichromatées, par A. Berget.
- La Nature. —• 15 octobre 1892, n° 1011. — Les chemins de fer de l’Asie, par Emmanuel Ratoin. — Les réservoirs de neige pour les irrigations en Sibérie, par D. B.
- 22 octobre, n° 1012. — Le chemin de fer de Jaffa à Jérusalem, par A Ibert Tissa,ndier.
- 19 novembre, n° 1016. — Durée des lampes à incandescence, par E. H. — Patinage par tous les temps, par G. Mareschal. — Le gaz comme agent général de distribution d’énergie. — Le marteau-pilon à vapeur de 100 tonnes, parX. —Le tratic par le canal de Suez.
- 28 novembre, n° 1017. — Mesure de la puissance électrique des courants alternatifs, par E. H.
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- BIBLIOGRAPHIE. --- DÉCEMBRE 1892.
- Bulletin de la Société française de photographie. — 1er octobre 1892, n° 19. — Le virage au cobalt, par Alexis Rédarcs. — Application du procédé de gravure de Talbot pour l’obtention de blocs typographiques avec demi-teintes, par le colonel Waterhouse.
- 15 octobre, n° 20. — La mesure de l’opacité des clichés, par de la Baume-Pluvinel.
- lor novembre, n° 21.— De l’écran coloré dans la photographie orthochromatique, par Vidal. — Photomicrographie dans l’espace, par le DT Fayet. — Photographie et perspective, par Wallon.
- 15 novembre, n° 22. — Photographies colorées du spectre sur albumine et gélatine bichromatées, par G. Lippman.
- Journal d’Agriculture pratique. — 20 octobre 1892, n° 42. — Chanvre et engrais chimiques, par G. de Capol.
- 27 octobre, n° 43. — Couchage et enfouissement des sarments pour préserver les vignes de la gelée, par Ch. Baltet-Guerrapain. — Soins à apporter aux écuries en automne, par H.-V. de Loncey. — Les blés semés en lignes dans la Provence, par E. Lecouteux.
- 3 novembre, n° 44. — Fumures et récoltes maxima, par E. Lecouteux. — Le lapin géant des Flandres, par Dr Hector George. — Le recrutement des chevaux et des mulets, par E. du Paz.
- 10 novembre, n°45. — Une triple alliance anti-agricole, par E. Lecouteux. — Destruction des souris par un bacille, par E. Schribaux. — Prix de revient de l’écrémage mécanique du lait, par M. Ringelmann. — La vigne et les engrais azotés, par Pageot. — Situation du vignoble de la Charente-Inférieure, par D* Menudier.
- 17 novembre, n° 46. — Les cultures forcées de M. Anatole Cordonnier, par Ed. André.
- Journal de l’Agriculture. — 22 octobre 1892, n° 1353. — Essais de traitement contre la cochylis, par Hoc. — Sur la culture des betteraves en hillons, par Cham-ponnois. — Les étables à plancher en claire-voie, par Labrouche. — Semoir pour la petite culture, par de Sardriac.
- 29 octobre, n° 1354. — Culture des abeilles, par Hommel. —La tuberculine et son utilisation contre la tuberculose, par Hage.—Les levures cultivées et pures dans la fabrication du cidre, par Rivière et Bailhache. — Sur la germination des graines, par de Pradel.
- 5 novembre, n° 1355. — La vigne et les engrais en Alsace, par Laugel. — Nouveaux moulins agricoles, par de Sa?‘driac.
- 12 novembre, n° 1356. — Le bouturage du Berlandieri, par Viola et Ravaz. — Installation d’un poulailler de produit, par Devaux.
- 19 novembre, n° 1357. — Culture des abeilles, par Hommel. — L’importation des vins et eaux-de-vie de France au Canada, par D. Bellet.
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES
- ADMIS EN 1892
- A FAIRE PARTIE DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE
- MM.
- Billotte, secrétaire général de la Banque de France, à Paris.
- Brousset, mécanicien, à Paris. Blocii-Alcan, architecte, à Paris. Béthouart, ingénieur civil, à Chartres. Courtier, ingénieur civil, à Paris. Daubrée, inspecteur général des Forêts, à Paris.
- Durand (Albert), propriétaire, à Paris. Gardair, directeur général de la Société
- MM.
- des produits chimiques, à Marseille. Howatson, ingénieur civil, à Neuilly-sur-Seine.
- Lequin , directeur de la fabrication des produits chimiques, à Saint-Gobain. Manigler , directeur des mines de Bert (Allier).
- Rosel, à Paris.
- Secretan (Georges), ingénieur-opticien, à Paris.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNES
- DANS LA QUATRE-VINGT-ONZIÈME ANNÉE DU BULLETIN (Quatrième, série. — Tome VIT)
- (La lettre (P) à la suite d’un article indique qu’il ne s’agit que d’une présentation.)
- A
- Abel (Frère). Prix d’agriculture; rapport de M. Heuzé, 431.
- Adam (Charles). Ouvrier (méd. br.), 451.
- Allatn. Brûleur pour chauffage (P), 194.
- André (Édouard), Calorifère à gaz, 461.
- André (O.). Nettoyeur mécanique pour bougies Chamberland; rapport de M. L. Prunier (b), 561. Méd. arg., 441.
- Association des industriels de France con -tre les accidents du travail. Lunettes d’atelier, programme de concours, 458.
- Aubertin. (Voy. Danguy.)
- Aubry. Moteur perpétuel (P), 816.
- Augier et Puille. Mouvement pour machine à coudre (P), 816.
- — Vélocipède (P), 299.
- Autefage (Dr). (Voy. Jacquier.)
- B
- Balland. (Voy. Rousseau.)
- Bansciiinger (J.).Influence delà durée des. expériences sur les essais de divers métaux, 631.
- Barbe (E.). Fabrication automatique du vinaigre; rapport de M. TROOST(b), 500. Méd. pl., 441.
- Barbet. Sur la rectification de l’alcool (P), 872.
- Tome VII. — 91e année. 4e série.
- Barbiche. Ruches d’abeilles (P), 245. Bardy. Système d’anneaux de rideaux de M. Coq (extr.), 193.
- Barrouin. Méd. arg., 442.
- Barthélemy. (Voy. Néel.)
- Basile. Table portative pour colporteur (P), «9.
- Basin (Alfred). Transport des eaux minérales en baril (P), 461.
- — Constructions sous-marines (P), 200. Baudit. Dérompeuse des étoffes de soie (P), 381.
- Baudry. (Voy. Lunge.)
- Baure. Perfectionnements à la bicyclette (P), 816.
- Baux (Auguste). Nécrologie, 201.
- Beau (de Rochas). Thermodynes (P), 293, 299.
- Bechhoefer. Nouveau fume-cigare (P), 864. Belloc. Méd. arg., 442.
- Bernard. Rôle du calcaire dans les terres arables (P), 818.
- Berthélémy. Perfectionnement de l’Élas-ticimètre enregistreur de MM. Néel et Clermont (P), 200.
- Berthelot. Grand prix d’Argenteuil; rapport de M. Troost, 397.
- Bertiiier. Les conseils du bon cultivateur (P), 818.
- Bieliier. Appareil à mêler les cartes à jouer; rapport de M. Imbs, 272.
- Décembre 1892. 113
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- Bienaymé. Rapport sur le graisseur de M. G. Dorian (extr.), 871.
- Billebaulï de Giiaffault. Vernis pour la conservation des substances animales (P), 294.
- Blondeau (Jean). Ouvrier (méd. br.), 451. Blum de Lamothe. Eclairage des mines par l’électricité (P), 817.
- Boesh. Canne-siège (P), 191.
- Boire (Émile). Comité des arts chimiques, 136.
- Bonneville (de). Réponse à M. Émilio Da-mour (P), 817.
- Bondoux (Alexandre-Denis). Ouvrier (méd. br.), 451.
- Bonnard. Appareil de nettoyage et de fen-dage du blé (P), 200.
- Bordet. Rapport sur l’examen des comptes de l’année 1890, 22.
- Bossan (Auguste). Alambic à vapeur (P),870. Boudeville. Utilisation des flots de la mer (P), 816.
- Bouvier (Jean). Ouvrier (méd. br.), 45t. Brancher (A.). Embrayage élastique; rapport de M.Brüll (b), 565. Méd. arg., 442. Brancq (Maximin-Auguste). Ouvrier (méd. br.), 454.
- Brenot. Appareil de chirurgie (P), 872. Brüll. Rapport sur la chaudière multitu-bulaire de M. Durenne (b), 145.
- — Rapport sur l’embrayage élastique de M. Brancher (b), 565.
- — Rapport sur le foyer Cohen (pl.), 647. Brunery. Portes à coulisses (P), 197. Buchetti. Construction mécanique, 135. Buisine. Épuration des eaux d’égout, 873. Buisson (Maxime). Destruction des vers
- blancs et des hannetons (P), 382.
- Burot. Méd. arg., 443.
- Buxtorf. Compte rendu de la situation de l’École française de bonneterie, 381.
- c
- Cadet. Mécanisme pour tricycles (P), 250. Caillot (Jean-Baptiste). Contremaître (méd. br.), 452.
- --- DÉCEMBRE 1892.
- Carnot et Le Chatelier. Rapport sur le pouvoir calorifique des combustibles, par M. Mailler, 317.
- Caron. La terre horloge (P), 299, 863. Carpentier. Rapport sur le scrutateur électrique de M. Legoaziou, 213. Casalonga (D.-A.). Sur la locomotive à foyer de MM. Franco et Mesnard, 248.
- — Législation des propriétés industrielles, 459.
- — Déperdition de chaleur dans les chaudières, 548.
- Casella (jeune). Pli cacheté, 818. Cassedebat (Dr). Bactéries et ptomaïnes des viandes de conserve, 206.
- Castagnol (T.). Fonctionnement de la bibliothèque de la Société d’Encourage-ment, 589.
- Cayrol. Ballon fin de siècle (P), 547. Chabaud-Latour (James de). Tour d’horlogerie; rapport de M. Redier (b), 570. Méd. arg., 443.
- Giiambet (Marc). Contremaître (méd. br.), 452.
- Chapel.Caoutchouc et gutta-percha(P),460. Chapelle (Philippe). Ouvrier (méd. br.), 452.
- Chapuis. Roueàrayon différentiel (P), 547. Ghassevent. Demande de secours pour Mllc Amélie Maillard, 459.
- Ghazelet (Léon). Ouvrier (méd. br.), 453. Chevalet. Réchauffeur-détartreur d’eau pour chaudières à vapeur. — Alimentation des chaudières à vapeur par l’eau bouillante et détartrée (P), 817.
- Cuilouet (Alphonse). Ouvrier (méd. br.), 452.
- Ciiutaux. Appareil électro-médical (P) ,191. Clermont. (Voy. Néel.)
- Cogniaux (Joseph). Ouvrier (méd. br.), 452. Cohen. Système de foyer; rapport de M. Brüll (pl.), 647.
- Collignon. Versement du reliquat de la classe 28 à l’Exposition française de Moscou, 818.
- Collingwood. Congrès du Génie civil à l’Exposition de Chicago (P), 816.
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1892.
- 887
- Golnard (Jean-Hubert). Ouvrier (méd. br.), 453.
- CoMBERoussii(de). Rapport sur le prix pour le transport des forces à grande distance, 413.
- — Rapport sur l’épurateur des eaux de M. Gjbault (b), 490.
- Compagnie Continentale d’exploitation des locomotives sans foyer. Locomotive à vapeur sans feu (P), 194.
- Compagnie française de lampes à gaz à récupération laRouennaise(méd. br.),445. Coq. Anneaux de rideaux (P), 193.
- Cordier. Tables d’intérêts (P), 547.
- Coret (Auguste). Indicateur de l’heure moyenne (P), 293.
- — Heure vraie et heure moyenne (P), 381.
- — Annulation d’un pli cacheté, 381.
- — Cadran solaire (P), 872.
- Cornevin. Prix d’agriculture; rapport de M. Müntz, 429.
- Cotet. Muserolle à breuvage (P), 460. Courtier. Méd. or, 437.
- Cuenin. Économie rurale dans le territoire de Relfort (P), 245.
- D
- Daguin (Ernest). Nécrologie, 195.
- Damour (Ëmilio). Four Siemens à récupération, 551.
- Danguy et Aubertin. Les grands vins de Bourgogne (P), 550.
- Decaux. Anthonome du pommier (P), 245. Decrette. Compteur automatique (P), 549. Delaurier (E). Moteur pour navigation aérienne (P), 197.
- — Navigation aérienne (P), 299.
- — Thermo-électricité (P), 381.
- — Combinaisons optiques et photographiques. — Analyse qualitative des composés de l’azote (P), 817.
- Delobeau (Auguste). Ouvrier(méd.br.), 453. Demangeot. Patins à glace (P), 864.
- Dépierre '(Joseph). Prix des arts chimiques ; rapport de M. Schutzenberger, 415.
- Dervies. Chaudière utilisant la chaleur perdue (P), 549.
- Didier. Inventaire des sociétés industrielles; rapport de M. Gibon, 64. Méd. arg., 443.
- Dorian (G.). Graisseur; rapport deM.BiEN-aymé (extr.), 871.
- Dornier. Signaux automoteurs (P), 870. Douge (frères). Système de valve à tiroir pour machines à vapeur (P), 817. Drzewiecki. Aviation (P), 194.
- Dubois. (Dominique). Ouvrier (méd. br.), 453.
- Dubois. Cric à manivelle de sûreté. (Voy. Société alsacienne de Constructions
- MÉCANIQUES.)
- Dudley (C.-B.). Alliages de coussinets, 804.
- Dufour (Dr Jean). Nécrologie, 864.
- Dulac. Soupape de sûreté; rapport de M. Sauvage, (b), 745.
- Dunaud. Appareil de sécurité pour voitures (P), 547.
- Duponciiel. Projet de reprise des travaux du Panama (P), 864.
- Dupont. Mouvement perpétuel (P),822,870. Durenne. Chaudière multitubulaire ; rapport de M. Brüll (b), 145. Méd. or, 437.
- Dutheil. Pédale autodifférentielle pour locomotion pédestre (P), 250.
- Duverger. Propulseur de ballons (P), 870 Dwelshauvers-Dery. Étude sur la calori métrie de la machine à vapeur, 304. Dybowski. Produits et industries de l’Afrique centrale (extr.), 871.
- E
- Effront (Dr). Méd. or, 438.
- Egger. Graisseur pour machines ; rapport de M. A. Tresca (b), 265. Méd. br., 445.
- Eloire (Auguste) et Baquet (Georges).
- Agenda du progrès agricole, 206. Eyueramendy (Antoine). Horloge astronomique (P), 191.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1892.
- F
- Faye. Four portatif de campagne (P), 822.
- Fayot. Remarques sur le frein de Prony (b); rapport de M. A. Tresca, 267.
- Féray (Ernest). Notice nécrologique, par le colonel Pierre, 69.
- Ferraris. Procédé pour tuer les animaux (P), 817.
- Féry d’Esclands. (Voy. de Nansouty.) Firmin-Didot. Prix d’Aboville ; rapport de M. Charles Lavollée, 110.
- Fisch. Pli cacheté : Nouveau propulseur et direction des ballons, 864.
- Fleurent. (Voy. Aimé Girard.)
- Fontaine (Hippolyte). Conférence sur les applications industrielles de l’électricité, 608. Méd. com., 446.
- Fourcade (Mme Vve). Nécrologie, 201. Fouret. Rapport sur les comptes de l’exercice 1890,12.
- Fournier (Jules). (Voy. Mallet.)
- Franco et Mesnard. Locomotive à foyer, com. par M. Casalonga, 248.
- Frantz. Machine hydraulique élévatoire (P), 299.
- Frensch. Dosage de l’étain et du cadmium, 379.
- Frésénius et B. Haas. Analyse chimique des vins, 187.
- Froment-Meurice (Émile). Grande médaille de Jean Goujon ; rapport de M. Rossigneux, 401.
- G
- Gall (H.). Préparation de l’acide carbonique liquide ; rapport deM. Troost, 314. Méd. or. 438.
- Garros. Porcelaine d’amiante, 246. Germain (Victor). Signalement des trains, 193.
- — Grille à feu; sirène d’alarme (P), 347. Gibault. Épurateur des eaux, 193; rapport de M. de Comberousse (b), 490.
- Gibon (A.). La paix des ateliers, 29, 104.
- — Rapport sur l’inventaire des sociétés industrielles, par M. Didier, 64.
- — Rapport sur les travaux de M. Gruner sur les accidents du travail, 220.
- Gigar (Joseph). Composteur universel (P), 243.
- Girard (Aimé). Adhérence aux feuilles des plantes de diverses compositions cuivriques (b), 156.
- — et Fleurent. Féculomètre pour pommes de terre (b), 273.
- — Rapport sur le prix Fourcade, 409. Gossens (Émile). Ouvrier (méd. br.), 453. Goulier (colonel). Notice biographique,
- parM. G. de la Noé, 600.
- Grange. (Voy. Margue.)
- Greenwood. Procédé de production directe du chlore et de la soude caustique, 186.
- Groth (Lorenz-Albert). Tannage électrique (P), 245.
- Gruner. Congrès des accidents à Berne (P), 194.
- — Travaux sur les accidents du travail ; rapport de M. Gibon, 220. Méd. or, 439.
- Guérin (René). Contremaître (méd. br.), 453.
- Guillermet (Jules). Force hydraulique (P), 816.
- Guillot. Chrono - dynamomètre (P), 872. Gury (Paul). Attelage pour chevaux vicieux (P), 869.
- — Météorographe astronomique (P), 299.
- H
- Haas (B). (Voy. Fresenius.)
- Hadfield. Acier d’aluminium. — Alliages de fer et de chrome (P), 818.
- Hardy (Auguste). Notice nécrologique par M. G. Heuzé, 25.
- Hardy (Jules). Gouttières en fonte (P), 191.
- Harvengt. Billets pour chemins de fer (P), 549.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ------ DÉCEMBRE 1892.
- 889
- Hastier (Pierre). Contremaître (méd. br.), 454.
- Haton de la Goupilliére. Cours de machines, 454.
- Henneguy. Prix d’agriculture ; rapport de M. Heuzé, 431.
- Henrivaux. Fabrication du cidre par diffusion (P), 864.
- — Chematobie hyémale de M. Lecueur, 461.
- Herckenrath (Eric). Ressort de trait pour le démarrage des chevaux (P), 864.
- Hérissant. Prix d’agriculture ; rapport de M. Heuzé, 431.
- Hermann. (Voy. Cohen.)
- Hermite. Blanchiment électro-chimique; rapport de M. de Luynes (b), 641. Méd. or, 439.
- Heurdier. Chaudière multitubulaire (P), 550, 822.
- Heuzé (Gustave). Notice nécrologique sur Auguste Hardy, 25.
- — Rapport sur le prix pour un travail sur l’anthonome, 431.
- Hillairet. Prix des arts mécaniques; rapport de M. de Comberousse, 413.
- Hirsch. Rapport sur l’épurateur des eaux, système Howatson (b), 57.
- — Rapport sur la mission à confier à M. Osmond, pour recherches surla trempe d’acier, 829.
- Hoyvatson. Système d’épurateur des eaux; rapport de M. Hirsch (b), 57. Méd. arg., 444.
- Howie. Châssis automatique contre la neige et la poussière, 862.
- Hulot. Nécrologie, 190.
- Huré. Machines-outils (P), 245.
- l
- Imbs. Rapport sur les procédés graphiques de reproduction des tissus de M. Ronsse, 137.
- — Rapport sur l’appareil à mêler les cartes à jouer de MM. Biehler, 272.
- J
- Jacquemin (Georges). Étude des levures (P), 872.
- Jacquier (Gaston). Procédé du Dr Autefage pour la conservation du lait, 821.
- «Taquiné (Édouard). Nécrologie, 250.
- Jaubert. Demande de subvention pour la Société pour l’Institut populaire du Progrès, 201.
- Joandel (Prosper). Contremaître (méd. br.), 454.
- Jolliot. Kaléidoscope (P), 459.
- Jungfleisch. Sur la production de la gutta-percha, 708.
- K
- Kayser. Levures dans les industries de fermentation, 199.
- Kieffer (Jean-Joseph). Ouvrier (méd.br.), 454.
- Kraemer. Économie de vapeur, (P), 550.
- — Moyen pour éviter le dépeuplement des rivières (P), 817.
- — 1° Poulie pour cables aériens; 2° dessins de machine à souder et de pompe à balancier (P), 863.
- Krebs. Méd. arg., 444.
- Kolb (J.). Procédé Deacon, 257. Méd. com., 446.
- Kyder (Henry-B.). La fourniture du lait à Copenhague, 851.
- L
- Laboulaye (Charles de). Dictionnaire des arts et manufactures, 463.
- Langeron. Obturateur photographique (P), 461.
- Langlassé. Serrure de sûreté (P), 549.
- Langley (S. P.). Experiments in aerody-namics, 262.
- Larciier-Costa. Mécanisme pour éviter le mouvementde lacet dans les locomotives (P), 381.
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- 890
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1892.
- Laus. Bicyclette (P), 869.
- LAüSSEDATet Sabatier. Photogravures (P), 547.
- Lavollée (Charles). Rapport sur le prix d’Aboville, 110.
- — Loi des patentes de M. Petitjont (P), 246.
- — Travail aux États-Unis, 307.
- Le Ciiatelier (H.). Températures développées dans les foyers industriels, 276.
- — (Voy. Ad. Carnot.)
- Le Duc (Achille). Calculs des intérêts (P),
- 200.
- Lecoeur. (Voy. IIenrivaux).
- Leeds (Albert R.). Purification de l’eau, 183.
- Lefort. Dessèchement des caves (P), 200.
- Légat. Annuité de brevet de M. Prévost, 549.
- Legoaziou. Scrutateur électrique instantané; rapport de M. J. Carpentier, 213. Méd. br., 446.
- Lemoine (Camille). Contremaître (méd. br.), 454.
- Lencauciiez (Alexandre). Gazogènes, 866.
- Leroy (veuve). Usine modèle, par M. Max de Nansouty, 381.
- Levasseur (Jules-Florentin). Ouvrier (méd. br.). 454.
- Levasseur (Mme Joséphine).Ouvrière (méd. br.), 454.
- Le Verrier (U.). Chaleur spécifique des métaux, 283.
- Lezé. Sur le procédé Paul Marix, pour la formation des mélanges, 251.
- Lindet. Craies et sables phosphatés (extr.),
- 866.
- Lombart. Appareil répartiteur des monnaies (P), 293.
- Lunge (G.). Vade-mecum du fabricant de produits chimiques, 547-560.
- Lutscher. Nécrologie, 250.
- Luynes (de). Rapport sur le prix pour une publication utile à l’industrie chimique, 417.
- — Rapport sur le blanchiment électrochimique de M. Hermite (b), 641.
- M
- Magnien. Destruction des vers blancs (P), 382.
- Mahler. Pouvoir calorifique des combustibles industriels (pl.), 319; rapport de MM. A. Carnot et H. Le Ciiatelier, 317.
- — Errata pour son mémoire, 744.
- Maillard (Mlle Amélie). (Voy. Chassevent).
- Maistre (Jules). Ensimage des laines (P),
- 197.
- Malepeyre (F.). Distillation des grains et des mélasses, 135.
- Mallet (A.). Plan incliné pour transbordement des bateaux, par M. Jules Fournier, 823.
- Marc (F. de). Production industrielle de l’ozone (P), 818.
- Mares. Compteur d’énergie électrique; rapport de M. Mascart (b), 151. Méd. pl. 441.
- Margue et Grange. Système de bourrelets, jets d’eau et châssis (P), 872.
- Mariette. Pli cacheté, 818.
- Marix (Paul) (Voy. Lezé.)
- Martens (A.). Microstructure du fer et de l’acier; traduction de M. Osmond (pl.), 506.
- Martin (Henri). Chaudière (P), 864.
- — Photosculpture à bon marché (P), 197.
- — Chaudière tubulaire (P), 549.
- Mascart. Rapport sur le compteur d’énergie électrique de M. Mares (b), 151.
- Matignon ( Léon-César). Contremaître (méd. br.), 455.
- Mauvezine. Projet de turbines (P), 293.
- Mégissier. Serrure de sûreté ; rapport de M. Redier (b), 61. —Méd. br., 445.
- Meister (Ed.). (Voy. Wendel.)
- Mesnard. (Voy. Franco.)
- Meunier. Barrière pour chemin de fer (P), 549.
- Miciiaud. Crochets à clavette (P), 194.
- Milliau (Ernest). Note sur le beurre de Karité (P), 381.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1892.
- 891
- Millot (Charles). Nécrologie, 245.
- Ministre de l’Agriculture. Subvention de 1,500 francs accordée à la Société d’En-couragement, 299.
- Montjotin (Antoine). Ouvrier (méd. br.), 455.
- Morane (Paul) aîné. Nécrologie, 190.
- Morin. Moteur très léger (P), 822.
- Moustier (Césaire). Ouvrier (méd. br.), 455.
- Mowbray. Système de préservation contre l’incendie des théâtres (P), 864.
- Munie (Jules-Joseph). Ouvrier (méd. br.), 455.
- Müntz. Rapport sur le prix proposé pour les expériences sur l’alimentation du bétail, 429.
- N
- Naciiet. (Voy. Zune.)
- Nansouty (Max de). Usine modèle de Mme Ve Leroy (P), 381.
- — Agriculture de [Kercado-Kerdrowras, fondée par MM. de Wolbock; Baie de Quiberon, ostréiculture, par M. P. Fery d’ESGLANDS, 460.
- Navarre. Prix Fourcade; rapport de M. Aimé Girard, 409.
- Néel, Clermont et Barthélémy. Elasticimè-tre; rapport de M.Henri Rouart (b),575.
- Node. Pendule électrique (P), 816.
- Noé (G. de la). Notice biographique sur M.le colonel Goulier, 600.
- Noël. Système de bouchage (P), 299.
- Normand. Table pliante portative (P.), 549.
- O
- Odent (Auguste). Ouvrier (méd. br.), 455.
- Osmond. Traduction de la microstructure du feretde l’acier de M.A.Martens(pL), 506.
- — (Yoy. Hirsch), 829.
- Ouvroir d’Illiers. Prix d’Aboville ; rapport de M. C. Lavollée, 411.
- P
- Pain. Graphonome. — Crémone automatique (P), 817.
- Paleville (de). Signalement des trains, système Victor Germain, 193.
- Paradis. Ouvrier (méd. br.), 455.
- Parize. Moteur aérien (P), 381.
- — Décortiqueuse d’osier (P), 550.
- Passereau (Victor). Ouvrier (méd. br.),
- 456.
- Paysan. Appareils pour la fabrication des fers à cheval (P), 293.
- Peligot (Henri). Nécrologie, 816.
- Péraux. Réglettes à calcul (P), 245.
- Perrier (Benoist). Ouvrier (méd. br.), 456.
- Perrin (Auguste). Ouvrier (méd. br.), 456.
- Pescuard. Toile imperméabilisée (P), 550.
- Petitpont. Loi des patentes, présentation par Cii. Lavollée, 246.
- PlATKOWSKI. (Voy. SZCZENIOWSKI.)
- Pichon (Joseph). Contremaître (méd. br.), 456.
- Picou (R.-V.). Distribution de l’électricité par installations isolées, 304.
- Pierre (colonel). Notice nécrologique sur Ernest Feray, 69.
- Pillot (Jean). Ouvrier (méd. br.), 456.
- Pinciiard (Jean). Moyen d’éviter les inondations (P), 293, 817.
- Place (Louis de). Exposé des méthodes, machines et instruments inventés par lui (P), 864.
- Playfair(D.-J.). Production des cyanures, 375.
- Plense (Paul). Ouvrier (méd. br.), 456.
- Pomba (Jules). Ouvrier (méd. br.), 457.
- Potelune. Perfectionnements à la bicyclette (P), 816.
- Préfet de la Seine. Autorisation d’accepter le legs Fourcade, 299.
- Prévost. (Voy. Légat.)
- Prost. Extracteur universel d’eau de condensation ; rapport de M. G. Richard (b), 209. Méd. br., 446.
- Prud’homme. Prix d’agriculture; rapport de M. Risler, 419.
- Prunier (L). Rapport sur une lampe à gaz â récupération, 219.
- — Rapport sur le prix pour un appareil
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- 892
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1892.
- servant à déterminer la puissance calorifique des combustibles, 418.
- — Rapport sur le nettoyeur mécanique de M. O. André (b), 561.
- Puille. Sur le Botrytis tenella (P), 294.
- — (Voy. Augier.)
- Purson. Objet nécessaire à tous les chevaux (P), 816.
- Puy Montbrun (A. du). Monographie rurale des Basses-Alpes (P), 192.
- R
- Raquet (Georges). (Voy. Éloire.)
- Ravaz. (Voy. Viala.)
- Raynal (Émile). Enveloppe-lacet pour correspondance (P), 200.
- Redgrave(GilbertR.).Fabrication et application à l’industrie des tubes flexibles, 732.
- Redier. Rapport sur la serrure de sûreté de M. Mégissier (b), 61.
- — Rapport sur le tour d’horlogerie de M. James de Guabaud-Latour (b), 570.
- Reynal (Dr). Navigation aérienne (P), 816.
- Ricaris. Phonomètre (P), 869.
- Richard (Gustave). Rapport sur l’extracteur d’eau de condensation de M.Prost (b),209.
- — Moteurs à pétrole (b), 651, 750.
- — Patinage artificiel (P), 823.
- Richard (Auguste). Ouvrier (méd. br.), 457.
- Rivage (Ch.). Travail sur la lumière (P), 250.
- Ringelmann (Maximilien). Prix d’agriculture; rapport de M. Ronna, 423.
- Risler. Rapport sur le prix pour une étude sur l’agriculture d’un département, 419.
- Robin. Balais mobiles de dépolarisation (P), 547.
- Rodger (Edward). Procédé anglais fonte d’antimoine, 238.
- Ronna. Rapport sur le prix pour un instrument de mesure du travail des machines agricoles, 423.
- Ronsse. Appareils graphiques pour reproduire les tissus; rapport de M. Imbs (b), 137. Méd. arg., 446.
- Rossigneux. Rapport sur les titres de
- M. Fmile Froment-Meurice à la Médaille de Jean Goujon, 401.
- Rotth (A.). Perceuse portative; note de M. A. Tresca (b), 597.
- Rouart (Henri). Rapport sur l’élasticimè-tre de MM. Néel, Clermont etBERTHÉLEMY (b), 575.
- Rougier. Chaîne sans soudure (P), 381.
- Roulleau. Cheminée hygiénique (P), 197.
- — Cheminée hygiénique (P), 461.
- Rousseau (Ph.) et Balland (F.). Pompe à
- débit variable; rapport de M. A. Tresca (b), 305. Méd. arg., 445.
- Roy (Edmond). Distribution de vapeur, 196.
- S
- Saalfeld (Ernst). Maltage et brassage des bières de conserve, 285.
- Sabatier. (Voy. Laussedat.)
- Samain. Compteur d’eau et divers inventions et perfectionnements ; rapport de M. Alf. Tresca (b), 469. Méd. or, 440.
- Saulnier (Louis). Ouvrier (méd. br.), 457.
- Sauvage (Ed.). Rapport sur le cric à manivelle desûreté,système Dubois (b), 832.
- — Rapport sur la soupape de sûreté de M. Dulac (b), 745.
- Schmid (Gustave-Auguste). Ouvrier (méd. br.),457.
- Schmidt (W.). Chronographe, 258.
- Schribaux. Essai de semences, 295.
- Schutzenberger. Rapport sur le prix pour une publication utile à l’industrie chimique, 415.
- Sebert (général). Rapport sur les moteurs de la Société d’Encouragement, 71.
- — Rapport sur la bibliothèque de la Société d’Encouragement, 581.
- — Règlement de la bibliothèque, 587.
- Serullas. Gutta-percha, 298. (Voy. Jung-
- FLEISCH.)
- Sevestre. Procédé de rouissage du lin et du chanvre (P), 459.
- Siegfried (Jules). Proposition de loi relative aux habitations ouvrières (P), 251.
- Signoret (Gabriel). Ouvrier (méd. br.), 457.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- — DÉCEMBRE 1892.
- 893
- Simon (Édouard). Rapport sur l’écolo française de bonneterie de Troyes, -495.
- Société alsacienne des constructions mécaniques.Cric à manivelle de sûreté, système Dubois, 251 ; rapport de M. Sauvage (b), 832.
- Société générale d’assainissement. Nouveau désinfectant (P), 817.
- Société des brevets Workmann. Reliure, (P), 550.
- Solignac. Industrie de l’air comprimé, 723.
- Sorel. Méd. com., 446.
- — Appareil à distiller (P), 872.
- Sorin (Alfred-Léon).Ouvrier (méd.br.), 457.
- Stein (Pierre). Ouvrier (méd. br.), 457.
- Stéphane. Mouvement perpétuel (P), 816.
- Szczeniowski et Piatkowski. Essoreuse ou turbine continue (P), 200.
- T
- Tetmajer. (Voy. Wendel.)
- Theisz (Charles-Eugène). Ouvrier (méd. br.), 458.
- Théry (Gustave). Ferrure pour rideaux (P), 194.
- Tisserand (Président). Allocution, 189.
- — Discours prononcé à la séance générale du 27 mai 1892, 390.
- Tresca (A.). Rapport sur la décortication de la ramie, 164.
- — Rapport sur le graisseur pour machines de M. Egger (b), 265.
- — Rapport sur la note de M. Fayot, relative au frein de Prony (b), 267.
- — Rapport sur les ascenseurs hydrauliques de M. Samain (b. pl.), 469.
- Troost. Rapport sur le procédé de préparation de l’acide carbonique liquide de M. H. Gall, 314.
- — Rapport sur les titres de M. Bertiielot au Grand Prix d’Argenteuil, 397.
- — Rapport sur la fabrication du vinaigre de M. E. Barbe (b), 500.
- Trouvé. Fontaines lumineuses, 874.
- Turcan. Album de statistique graphique des professions industrielles (P), 191.
- Turner (Thomas).Théorie du puddlage,797.
- Y
- Vassilière. Les landes girondines (P), 817.
- Yial (Marc). Ouvrier (méd. br.), 458.
- Viala (Pierre) et Ravaz. Vignes américaines (P), 191.
- Vignon (Léo). Prix des arts chimiques; rapport de M. de Luynes, 417.
- Villain (fils). Méd. or, 441.
- Vimont (Pierre-Jules). Nécrologie, 870.
- Vinant (Michel de). Traité de teinture (P), 547.
- Voisin (Lazare). Ouvrier (méd. br.), 458.
- w
- Warren (H.-N.). Attaque et analyse du ferrochrome, 380.
- Wendel (Petits-fils de François de). Propriétés de résistance de leurs produits, par Tetmajer ; traduction de M. Ed. Meis-TER (P), 245.
- Wiborgh. Prix des arts économiques; rapport de M. Prunier, 418.
- Witz (Aimé). Les explosions des chaudières, 300.
- Wolbock (le baron de). Création du travail national (P). (Voy. de Nansouty.)
- Workmann. (Voy. Société des brevets.)
- Wright (Carrol D.). Sixième rapport de la Commission du travail, 1790 (P), 194.
- z
- Zipcy. Économie rurale du département du Morbihan (P), 191.
- Zographakis. Thermomètre (P), 872.
- Zune. Analyse des beurres (P), 817.
- — Goniospectroscope, formant réfracto-mèlre simple et différentiel. — Flacon à densité, 820.
- — Microscope Zune-Nachet, S23.
- Tome VII. — 91e année. 4e série.
- Décembre 1892.
- 114
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- ET
- ANALYTIQUE DES MATIERES
- CONTENUES DANS LA QUATRE-VINGT-ONZIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (Quatrième série. — Tome Vil)
- (La lettre (P) à la suite d’un article indique qu’il ne s’agit que d’une présentation.)
- A
- Accidents du travail. Travaux de M. Gruner; rapport de M. Gibon, 220.
- Acide carbonique liquide. Sa préparation industrielle, par M. H. Gall; rapport de M. Troost, 314.
- Acier. Rapport de M. Hirsch sur une mission à confier à M. Osmond pour études sur la trempe, 829.
- Afrique centrale. Conférence deM. Dy-bowski (extr.), 871.
- Agriculture. Adhérence aux feuilles des plantes de diverses compositions cuivriques, par M. Aimé Girard (b), 156.
- Air comprimé. Installation dans l’Hôtel de la Société, 83.
- — Son industrie, par M. Solignac, 723.
- Alliages pour coussinets, parC.-B. Dudd-ley, 801.
- Allocution de M. Tisserand, Président de la Société, 189.
- Amiante (Voy. Porcelaine), 193.
- Anneaux de rideaux de M. Coq, par M. Bardy, 193.
- Antimoine. Procédé anglais de la fonte d’antimoine, par Edward Rodger, 238.
- Appareils hydrauliques Samain; rapport de M. Alf. Tresca (pl. b), 469.
- B
- Bibliographie. Publications périodiques, 130.
- — Construction mécanique, parBucHETTi, 135.
- — Distillation des grains et des mélasses, par F. Malepeyre, 135.
- — Agenda du progrès agricole, par Auguste Eloire et Georges Raquet, 206.
- — Annuaire du Bureau des Longitudes pour l’année 1892, 206.
- — Bactéries et ptomaïnes des viandes de conserve par le Dr Cassedebat, 206.
- — Expériments in aerodynamics, par S. P. Langley, 262.
- — Étude calorimétrique de la machine à vapeur, par Dwelshauvers-Dery, 304.
- — Dictionnaire des Arts et Manufactures et de l’Agriculture, par Charles de La-boulaye, 463.
- — Cours de machines par M. Haton de la Goupillière, 554.
- — Vade-mecum du fabricant de produits chimiques, par G. Lunge, 560.
- — Distribution de l’électricité par installations isolées par R.-V. Picou, 304.
- — Journaux et Revues, 55, 133, 202, 259, 301, 465, 553, 637, 742, 825, 876.
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- 896
- TAULE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1892.
- Bibliothèque. Rapport de M. le général Sébert, 581.
- — Règlement, 587.
- — Son fonctionnement; rapport deJM. Cas-tagnol, 589.
- Biographie. Notice sur le colonel Gou-lier, par M. G. de la Noé, 600.
- Blanchiment électro - chimique, par M. Hermite; rapport de M. de Luynes (b), 641.
- Brassage. (Voy. Maltage.)
- Brevets d’invention et marques de fabrique en Allemagne, 44.
- c
- Cadmium. (Yoy. Étain.)
- Cartes à, jouer. Appareil à mêler les — de MM. Riehler; rapport de M. Imbs, 272.
- Chaleur. Perte dans les chaudières par M. D. A. Casalonga, 548.
- — spécifique des métaux, par U. Le Verrier, 283.
- Châssis automatique contre la neige et la poussière, système Howie, 862.
- Chaudière multitubulaire à tubes curvilignes de M. Durenne; rapport de M. Brüll (b), 145.
- Chlore. Procédé Greenwood pour la production directe du — et de la soude caustique, 186.
- Chronographe par M. W. Schmidt, 258.
- Compteur d’eau de M. Samain ; rapport de M. Alf. Tresca (b), 469.
- — d’énergie électrique de M. Mares; rapport de M. Mascart (b), 151.
- Conservation du lait, système du Dr Autefage, par M. Jacquier, 821.
- Conseil d’administration. Liste des membres titulaires et honoraires et des correspondants] du Conseil de la Société, 3.
- Craies et sables phosphatés. Leur exploitation et leur enrichissement, par M. Lindet (extr.), 865.
- Cric à manivelle de sûreté système Dubois, de la Société alsacienne de constructions mécaniques ; rapport de M. Ed. Sauvage (b), 832.
- Cyanures. Leur production, par D. J. Playfair, 375.
- D
- Décortication de la ramie; rapport de M. A. Tresca, 164.
- — Essais dynamométriques entrepris sur les machines à décortiquer, 179.
- Discours de M. Tisserand, président de la Société, 390.
- Distribution de vapeur, par M. Edmond Roy, 196.
- E
- Eau de condensation. Extracteur universel de M. Prost; rapport de M. G. Richard (b), 209.
- — Sa purification, par A. R. Leeds, 183.
- Eaux d’égout. Expériences de tiltration
- à Massachussets, 810.
- École de bonneterie à Troyes ; rapport de M. Édouard Simon, 496.
- Élasticimètre, de MM. Néel, Clermont et Barthélémy; rapport de M. Henri Rouart (b), 575.
- Électricité. Scrutateur électrique instantané de M. Legoaziou; rapport de M. J. Carpentier, 213.
- — Ses applications industrielles ; conférence de M. Hippolyte Fontaine, 608.
- — Son installation dans l’Hôtel de la Société, 83.
- Embrayage élastique de M. À. Brancher; rapport de M. Brull (b), 565.
- Épurateur des eaux système Howatson ; rapport de M. Hirsch (b), 57.
- — par M. Gibault, 195; rapport de M. de Comberousse (b), 490.
- Épuration des eaux au moyen des sels ferriques, par M. Buisine, 873.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1892.
- 897
- Errata pour le mémoire de M. Maliier, 744.
- Essais des métaux. Influence de la durée des expériences, par M. J. Banschinger, 631.
- Étain et cadmium. Leur dosage, par M. Frenscii, 379.
- État financier. Rapport de M. Fouret sur les comptes de l’exercice 4890, 12.
- — Rapport de M. Bordet sur l’examen des comptes de l’année 1890, 22.
- Explosions de chaudières par M. A. Witz, 300.
- Exposition internationale des inventions nouvelles, 380.
- Extracteur universel d'eau de condensation de M. Prost ; rapport de M. 0. Richard (b), 209.
- F
- Féculomètre pour pommes de terre, par MM. Aimé Girard et Fleurent (b), 273.
- Ferrochrome. Son attaque, par H. N. Warren, 380.
- Feuilles des plantes. Adhérences de diverses compositions cuivriques, par M. Aimé Girard (b), 156.
- Frein de Prony. Note de M. Fayot (b), 269; rapport de.M. Alf. Tresca, 267.
- Fontaines lumineuses, par M. Trouvé, 874.
- Fours à récupération. Note de M. Émilio Damour, 551.
- Foyer de MM. Hermann et Goiien ; rapport de M. Brull (pl.), 647.
- G
- Gazogènes et transformation des combustibles, par M. Alexandre Lencauchez, 866.
- Goniospectroscope, par M. Zone, 820.
- Graisseur de M. G. Dorian; rapport de M. Bienaymé, 871.
- — pour machines de M. Egger; rapport de M. Alf. Tresca (b), 265.
- Gutta-percha. Sa production, par M. JuNGFLEISClI, 708.
- 1
- Installation d’électricité et d’air comprimé faite à la Société d’Encouragement; description (b. et pl.), 83.
- L
- Lait. Sa conservation, système du DrAu-tefage, par M. G. Jacquier, 821.
- — Sa fourniture à Copenhague, d’après M. Henry-B. Ryder, 851.
- Lampe à récupération; rapport de M. Prunier, 219.
- Liste des nouveaux membres du Conseil de la Société, 883.
- Levures dans les industries de fermentation, par M. Kayser, 199.
- Locomotives à foyer de MM. Franco et Mesnard, par M. D. A. Casalonga, 248.
- M
- Maltage et brassage des bières de conserve, par Ernest Saalfeld, 285.
- Marques de fabrique. (Voy. Brevets d’invention.)
- Médailles. Liste des — décernées aux inventeurs, 435.
- — commémoratives, 446.
- — Liste des — décernées aux contremaîtres et ouvriers, 447.
- — (Grande) des Beaux-Arts ; rapport de M. Rossigneux, 401.
- Mélanges. Leur formation par M. Lezé, 271.
- Microscope de MM. Zune et Nacuet, 823.
- Microstructure du fer et de l’acier, par M. A. Martens ; traduction de M. Os-mond (pl.), 506.
- Moteurs de la Société d’Encouragement:
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. --- DÉCEMBRE 1892.
- rapport du général Sébert sur leur installation, 71.
- — à pétrole par M. Gustave Richard (b), 651, 750.
- — hydrauliques de M. Samain; rapport de M. Alf. Tresca (pl. b), 469.
- N
- Nécrologie. Notice sur Auguste Hardy, par M. G. Heuzé, 35.
- — Notice sur Ernest Feray, par M. Pierre, 69.
- — Ernest Feray, 190.
- — Hulot, 190.
- — Paul Morane aîné, 191.
- — M. Ernest Daguin, 195.
- — Auguste Baux, 201.
- — Mme Fourcade, 201.
- — Lutscher, membre du Conseil, 258.
- — Édouard Jacquiné, 250.
- — Charles Millot, 245.
- — M. Henri Péligot, 816.
- — Dr Jean Dufour, 864.
- — Pierre-Jules Yimont, 870.
- Nettoyeur mécanique pour les bougies
- Chainberland, de Al. André ; rapport de M. L. Prunier (b), 561.
- Noir animal, 834.
- P
- Paix des ateliers, par M. A. Gibon, 29, 104.
- Patinage artificiel, par G. Richard (extr.), 823.
- Perceuse portative de M. A. Roth, par U. A. Tresca (b), 597.
- Pli cacheté. Annulation d’un pli de M. Goret, 381.
- — M. Casella jeune, 818.
- — M. AIariette, 818.
- — M. Fisch, 864.
- Poinçonneuse à vis et à leviers de M. Sa-main ; rapport de M. Alf. Tresca (b), 469.
- Pompe à débit variable de MM. Pu. Rousseau et F. Balland; rapport de M. A. Tresca (b), 305.
- — rotative de M.Samain ; rapport de M. Alf. Tresca (p. b), 469.
- Porcelaine d’amiante, par M. F. Garros, 246.
- Pouvoir calorifique des combustibles industriels par M. Mailler (pl. b), 319; rapport de MM. A. Carnot et H. LeCiia-TELIER, 317.
- Presses de AI. Samain ; rapport de M. Alf. Tresca (b), 469.
- Prix d’agriculture; rapport de M. Risler, 418.
- — d’agriculture; rapport de M. Ronna, 423.
- — d’agriculture; rapport de M. Müntz, 429.
- — d’agriculture; rapport de AI. Gustave Heuzé, 431.
- — Fourcade ; rapport de M. Aimé Girard, 409.
- — d’Aboville ; rapport de AI. Charles La-vollée, 110.
- — des Arts mécaniques; rapport de M. de Comberousse, 413.
- — des Arts chimiques; rapportée AI.Schut-ZENBERGER, 415.
- — des Arts chimiques; rapport de Al. de Luynes, 417.
- — des Arts économiques ; rapport de M. Prunier, 418.
- — (grand) d’Argenteuil; rapport de M. Troost, 397.
- — proposé par la Société de Mulhouse pour un projet d’installation d’une station centrale de force dans la Haute-Alsace, 182.
- Procès-Verbaux. Séance du 8 janvier 1892, 189.— Séance du 12 février, 197. — Séance du 26 février, 200. — Séance du 11 mars, 245. — Séance du 25 mars, 250. — Séance du 8 avril, 293. — Séance du 22 avril, 299. — Séance du 13 mai, 381. — Séance générale du 27 mai, 384. — Séance du 10 juin, 458. — Séance
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1892.
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- du 57 juin, 461. — Séance du 8 juillet, 547. — Séance du 55 juillet, 549. — Séance du 58 octobre, 816. — Séance du 11 novembre, 855. — Séance du 55 novembre, 863. — Séance générale du 9 décembre, 869. — Séance du 53 décembre, 875.
- Procédé Deacon pour la production du chlore par M. J. Kolb, 195, 557.
- Procédé Grenwood pour la production directe du chlore et de la soude caustique, 186.
- Programme des prix proposés par la Société, 518.
- Puddlage. Sa théorie, par M. Thomas Turner, 797.
- Purification de l’eau par le professeur Albert R. Leeds, 183.
- R
- Ramie. Sa décortication ; rapport de M. Tresca, 164.
- — Essais dynamométriques entrepris sur les machines à décortiquer, 179.
- Rectification. ComitédesArtschimiques: M. Émile Boire, 136.
- Règlement relatif à la location des installations électriques et d’air comprimé de l’hôtel de la Société d’Encouragement,
- 81.
- Résistance des matériaux. Influence de la durée des expériences par J. Bans-chinger, 631.
- s
- Scrutateur électrique instantané, par M. Legoaziou; rapport de M. J. Carpentier, 513.
- Séances du Conseil d’administration. (Voy. Procès-Verbaux.)
- Semences. Leur essai par M. Schribaux, 595.
- Sériciculture en Asie Mineure, 543.
- Serrure de sûreté de M. Mégissier; rapport de M. li EDI ER (b), 61.
- Sociétés industrielles. Inventaire des —, parM.Didier ; rapportde M. Gibon, 64.
- Soude caustique. Procédé Greenwood pour la production directe de la—, 186.
- Soupape de sûreté de M.Dulac, 555 ; rapport de M. Sauvage (b), 745.
- Statistique du travail aux États-Unis et en Europe ; rapport de M. Charles La-vollée, 307.
- T
- Températures développées dans les foyers industriels, par M. H. Le Chate-LIER, 576,
- Tissus. Procédés graphiques de reproduction des —, par M. Ronsse ; rapport de M. Imbs (b), 137.
- Trains de chemins de fer. Signalement des — système Victor Germain, par M. de Pale ville, 193.
- Transbordement des bateaux, système Fournier, par M. A. Mallet, 853.
- Travail aux États-Unis ; rapport de M. Ch. Lavollée, 307.
- Tour d’horlogerie de M. James de Ciia-BAUD-LATOUR;rapportdeM.REDiER(b),570.
- Trempe de l’acier. Rapport de M. Hirsch, sur une mission à confier à M. Osmond, pour des recherches spéciales, 859.
- Tubes flexibles. Fabrication et application à l’industrie, par Gilbert R. Red-GRAVE, 735.
- — sans soudures, 544.
- Y
- Vinaigre. Sa fabrication automatique, par M. E. Barbe; rapport de M. Troost (b), 500.
- Vins. Principe d’analyse chimique des— par M. Frésenius et B. IIaas, 187.
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- TABLE DES PLANCHES ET DES DESSINS
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- PLANCHES.
- ; 1 Pages.
- PI. 70, triple. Installations d’électricité et d’air comprimé dans l’hôtel de la
- Société.................................................... 85
- PI. 71, double. Idem............................................................ 85
- PI. 72, simple. Aéromoteur de 16 chevaux avec accessoires. . ................... 86
- PI. 73, double. Tableau de distribution de l’électricité, dynamos et transmission ............................................................................. 98
- PI. 74, double. Appareils pour l’analyse des combustibles.......................326
- PI. 75, quadruple. Diagramme des pouvoirs calorifiques et de la composition des
- combustibles solides d’origine végétale..................... . 360
- PI. 76, triple. Microstructure du fer et de l’acier, par A. Martens.............507
- PI. 77, triple. Idem.......................................................... 507
- PI. 78, triple. Idem............................................................807
- PI. 79, double. Ascenseurs avec compensateurs, Samain...........................479
- PI. 80, triple. Moteurs à eau sous pression à consommation variable, Samain. 483
- PI. 81, simple. Pompe multiplicateur de pression, de M. Samain..................487
- PI. 82, double. Foyer système Cohen.............................................650
- DESSINS
- Epurateur d’eau système Howatson. — 1 figure...................................... 58
- Serrure de sûreté de M. Mégissier. — 2 figures.................................. 62
- Installations d’électricité et d’air comprimé dans l’hôtel de la Société. —
- 8 figures.................................................................... 87
- Appareils de M. H. Rousse pour la reproduction en tissu des peintures et décorations. — 5 figures..........................................................139
- Chaudière multitubulaire à tubes curvilignes de M. Durenne. — 1 figure. ... 147
- Compteur d’énergie électrique de M. Marès. — 5 figures....................... 152
- Adhérence aux feuilles des plantes des compositions cuivriques, par M. Aimé
- Girard. — 1 figure............................................................159
- Extracteur universel d’eau de condensation de M. Prost. — 3 figures.............210
- Graisseur pour machines de M. Egger. — 1 figure.................................266
- Frein de Prony, par M. Fayot. — 3 figures.......................................269
- Féculomètre de MM. Aimé Girard et Fleurent. — 1 figure..........................274
- Tome VII. — 91e année. 4e série. — Décembre 1892. 115
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- TABLE DES PLANCHES ET DES DESSINS. --- DÉCEMBRE 1892.
- Pages
- Pompe à débit variable de A1M. Rousseau et Balland. — 1 figure..................306
- Détermination industrielle du pouvoir calorifique des combustibles, par
- M. Mahler, — 3 figures ................ 328
- Appareils de M. Samain. — 10 figures............................................470
- Epurateur des eaux d’alimentation des chaudières à vapeur de M. Gibault. —
- 2 figures...................................................................401
- Fabrication automatique du vinaigre, par M. E. Barbe. — 2 figures...............503
- Nettoyeur mécanique de M. O. André, pour les bougies Chamberland. —
- 2 figures . ............................................................562
- Embrayage élastique de M. A. Brancher. — 2 figures......................... 567
- Tour à l’usage de l’horlogerie de M. James de Chabaud-Latour. — 10 figures. . 572
- Élasticimètre enregistreur de MM. Neel, Clermont et Berthélémy. — 3 figures. 576
- Appareil à percer de M. A. Rotth. — 2 figures ..............................598
- Blanohiment électro-chimique, de M. Hermite. — 3 figures....................643
- Soupape de sûreté de M. Dulac. — 1 figure...................................748
- Moteur à pétrole, par M. G. Richard. — 89, 51 figures.................... 652-757
- Cric à manivelle de sûreté, système Dubois. — 2 figures.....................832
- Paris. — Typ. Chnmerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères. — 29481.
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